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		<title>Survol de la conjoncture &#233;conomique, mai 2009</title>
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		<dc:creator>pierre Beaulne</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site &#201;conomie Autrement.org mercredi 3 juin 2009, par Pierre Beaulne ___________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; plusieurs atouts, l'&#233;conomie canadienne a fini par &#234;tre emport&#233;e par la tourmente &#233;conomico-financi&#232;re qui balaie la plan&#232;te. &#192; la diff&#233;rence de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, qui a commenc&#233; &#224; &#233;prouver toutes sortes de difficult&#233;s d&#232;s la fin de 2007 &#224; la suite de l'&#233;clatement de la crise du cr&#233;dit, l'&#233;conomie canadienne a r&#233;sist&#233; jusqu'&#224; l'automne dernier [1]. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-canadienne-" rel="directory"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site &#201;conomie Autrement.org&lt;br class='autobr' /&gt;
mercredi 3 juin 2009, par Pierre Beaulne&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; plusieurs atouts, l'&#233;conomie canadienne a fini par &#234;tre emport&#233;e par la tourmente &#233;conomico-financi&#232;re qui balaie la plan&#232;te. &#192; la diff&#233;rence de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, qui a commenc&#233; &#224; &#233;prouver toutes sortes de difficult&#233;s d&#232;s la fin de 2007 &#224; la suite de l'&#233;clatement de la crise du cr&#233;dit, l'&#233;conomie canadienne a r&#233;sist&#233; jusqu'&#224; l'automne dernier [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le secteur manufacturier chancelait depuis un bon moment, et l'industrie foresti&#232;re &#233;tait encore plus mal en point. Mais la solidit&#233; des autres secteurs compensait. Alors que le commerce ext&#233;rieur faiblissait, la demande int&#233;rieure demeurait ferme. Au contraire des &#201;tats-Unis, le syst&#232;me bancaire canadien r&#233;sistait. Le march&#233; immobilier se maintenait. Ainsi, pendant la majeure partie de 2008, l'opinion la plus r&#233;pandue voulait que l'&#233;conomie canadienne puisse &#233;chapper &#224; la r&#233;cession. La mise &#224; jour &#233;conomique pr&#233;sent&#233;e par le gouvernement du Qu&#233;bec au d&#233;but de novembre, &#224; la veille du d&#233;clenchement des &#233;lections, et l'&#233;nonc&#233; &#233;conomique du gouvernement Harper &#224; la fin de novembre, t&#233;moignent du jovialisme feint ou sinc&#232;re qui animait nos gouvernement m&#234;me apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle sans pr&#233;c&#233;dent des grandes banques d'affaires am&#233;ricaines et europ&#233;ennes. En fait, ces discours ou perceptions se trouvaient d&#233;cal&#233;s par rapport &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir stagn&#233; en septembre et octobre, le produit int&#233;rieur brut (PIB) canadien a craqu&#233; en novembre 2008. Pour le quatri&#232;me trimestre de l'ann&#233;e, le PIB r&#233;el a diminu&#233; de 0,8 %. Cela correspond &#224; une baisse au rythme annualis&#233; de 3,4 %. Le recul est moins prononc&#233; qu'aux &#201;tats-Unis, o&#249; l'&#233;conomie a chut&#233; au rythme annualis&#233; de 6,4 % au m&#234;me moment, et de 6,1 % au premier trimestre de 2009. L'&#233;clatement de la bulle sp&#233;culative sur le p&#233;trole et les produits de base, qui entretenait l'illusion de prosp&#233;rit&#233; dans l'ouest canadien, mais aussi dans le secteur minier, l'affaissement des valeurs immobili&#232;res excessivement gonfl&#233;es dans l'ouest, le repli encore plus prononc&#233; des exportations du fait du ralentissement de la demande internationale, la crise de l'industrie automobile nord-am&#233;ricaine, tout cela a pr&#233;cipit&#233; l'&#233;conomie canadienne dans la r&#233;cession. La d&#233;gringolade &#233;conomique s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e en d&#233;cembre. Elle se poursuit toujours, mais &#224; un rythme qui semble ralentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les provinces les plus touch&#233;es par le ralentissement sont l'Ontario, l'Alberta et la Colombie Britannique. Malgr&#233; ses d&#233;boires, l'&#233;conomie du Qu&#233;bec fait preuve d'une r&#233;silience remarquable. Cela se refl&#232;te dans les donn&#233;es sur l'emploi. Depuis le sommet d'octobre dernier, le Qu&#233;bec a perdu 32 000 emplois (- 0,8 %). Le Canada, dans son ensemble, en a perdu 321 000, soit 10 fois plus (- 1,9 %). &#192; elle seule, l'Ontario a perdu 174 000 emplois, une chute de 2,6 %. La place plus importante du secteur public dans l'&#233;conomie du Qu&#233;bec, l'ampleur des investissements publics en infrastructures et pour le d&#233;veloppement hydro-&#233;lectrique, la plus faible pr&#233;sence des industries de l'automobile, des finances et du p&#233;trole, expliquent en bonne partie les incidences plus mitig&#233;es de la r&#233;cession au Qu&#233;bec [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'illustre la variation du taux de ch&#244;mage d'avril 2008 &#224; avril 2009, les r&#233;gions les plus affect&#233;es par la r&#233;cession sont celle de l'Estrie (+3,1 %) l'Abitibi-T&#233;miscamingue (+2,5 %) et de la C&#244;te Nord (+2,5 %). Les r&#233;gions qui s'en tirent le mieux sont celles de des Laurentides (+0,7 %), du Bas-Saint-Laurent (+0,6 %), de la Capitale-Nationale (+0,6 %), de la Gasp&#233;sie &#206;le-de-la-Madeleine (-0,4 %) et de Lanaudi&#232;re (-0,5 %). Les autres r&#233;gions pr&#233;sentent des situations interm&#233;diaires. Le taux de ch&#244;mage au Qu&#233;bec se situe &#224; 8,4 % en avril, comparativement &#224; 7,5 % &#224; pareille date l'an dernier. Fait inusit&#233; le taux de ch&#244;mage de l'Ontario, pr&#233;sentement de 8,7 %, exc&#232;de celui du Qu&#233;bec depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par branche d'activit&#233;, le recul de l'emploi depuis un an se manifeste particuli&#232;rement dans l'agriculture et les autres branches du secteur primaire, dans les transports et l'entreposage, dans la finance et les assurances, dans la construction. Les localit&#233;s mono-industrielles, qui d&#233;pendent surtout des industries foresti&#232;res ou mini&#232;res, comme l'Abitibi, sont particuli&#232;rement affect&#233;es par la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'inflation, le rythme a beaucoup ralenti apr&#232;s la flamb&#233;e des prix p&#233;troliers du milieu de 2008. En avril dernier, l'IPC Qu&#233;bec enregistrait une progression annuelle de 0,3 %. L'augmentation des prix des aliments, de 7,1 % &#224; l'&#233;chelle canadienne, se poursuit malgr&#233; la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Interventions des gouvernements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; des degr&#233;s divers, et par des moyens vari&#233;s, les autorit&#233;s politiques et mon&#233;taires des &#201;tats occidentaux ont pris des mesures pour r&#233;tablir le fonctionnement du syst&#232;me financier et pour relancer les &#233;conomies. Les initiatives les plus ambitieuses sont celles prises par le nouveau gouvernement Obama : plan de stimulation fiscal et budg&#233;taire de pr&#232;s de 800 milliards et injection de milliards de dollars de fonds publics pour d&#233;panner le secteur financier et relancer le cr&#233;dit. Une des cons&#233;quences de ces politiques est de propulser le d&#233;ficit du gouvernement am&#233;ricain &#224; des niveaux record. On se dirige cette ann&#233;e vers un d&#233;ficit de 1 800 milliards, soit plus de 13 % du PIB. De son c&#244;t&#233;, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale a amen&#233; son taux directeur au plancher, le fixant entre 0 % et 0,25 %. Elle s'oriente maintenant vers un autre type d'intervention, qualifi&#233;e pudiquement d'assouplissement quantitatif, qui consiste essentiellement &#224; faire tourner la planche &#224; billets. Tout cela n'a pas encore r&#233;ussi &#224; renverser la vapeur. Au contraire, les comportements ind&#233;cents des financiers, qui se sont rempli les poches sans vergogne &#224; m&#234;me les fonds publics, ont suscit&#233; une vive indignation chez nos voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; de justesse &#224; son cong&#233;diement en novembre dernier &#224; la suite d'un &#233;nonc&#233; &#233;conomique &#224; saveur plut&#244;t id&#233;ologique, le gouvernement Harper est revenu &#224; la fin de janvier avec un budget plus muscl&#233; visant la relance de l'&#233;conomie par de grands travaux d'infrastructures, la r&#233;novation domiciliaire, des aides cibl&#233;es aux ch&#244;meurs, certains all&#232;gements fiscaux et une aide massive &#224; l'industrie automobile ontarienne. La combinaison du co&#251;t des mesures annonc&#233;es et des incidences du ralentissement sur les recettes et les d&#233;penses du gouvernement plongera les finances du f&#233;d&#233;ral dans un d&#233;ficit de 34 milliards (2,0 % du PIB). Le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire s'&#233;talera sur cinq ans. Voil&#224; du moins le projet budg&#233;taire. Mais d&#233;j&#224;, &#224; la fin de mai 2009, le gouvernement a indiqu&#233; que son d&#233;ficit serait bien sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque du Canada a aussi abaiss&#233; au plancher son taux directeur, le fixant &#224; 0,25 % en avril dernier, tout en annon&#231;ant qu'il serait maintenu &#224; ce niveau. Cependant, on n'en est pas encore &#224; faire tourner la planche &#224; billets, comme aux &#201;tats-Unis. Le gouverneur de la Banque, monsieur Mark Carney, a toutefois indiqu&#233; qu'il pourrait avoir recours &#224; ce genre de pratique si la situation l'exigeait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ontario, la province la plus malmen&#233;e par la crise, a aussi pr&#233;sent&#233; pour cette ann&#233;e un budget lourdement d&#233;ficitaire de 14,1 milliards, l'&#233;quivalent de 2,4 % du PIB. Ce budget comprend des mesures de stimulation &#224; hauteur de 32 milliards sur deux ans qui ciblent, comme au f&#233;d&#233;ral, les infrastructures, la r&#233;novation domiciliaire, l'industrie automobile. Un effort est aussi consenti pour accro&#238;tre les d&#233;penses en &#233;ducation. Compte tenu de l'ampleur de la r&#233;cession, le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire n'est pas pr&#233;vu avant 2015-2016, soit dans sept ans. Un examen plus attentif de ce budget montre qu'il comporte un accroissement important de d&#233;penses ponctuelles, mais qu'il introduit aussi d'importantes r&#233;ductions d'imp&#244;ts, notamment pour les entreprises. Le financement des services publics &#224; long terme s'en trouve compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le gouvernement compte surtout sur les effets des investissements pr&#233;vus dans les infrastructures (8,9 milliards) et les investissements d'Hydro-Qu&#233;bec (4,9 milliards) pour soutenir l'&#233;conomie. Les interventions de novembre 2008, celles de janvier, ainsi que le budget de mars dernier, rajouteront environ un milliard en mesures diverses de stimulation &#233;conomique. Dans le budget de mars, le gouvernement a aussi assur&#233;, au minimum, la couverture des co&#251;ts de syst&#232;me des grands r&#233;seaux, sauf dans la fonction publique, o&#249; les compressions se poursuivront. Un d&#233;ficit de 3,9 milliards est pr&#233;vu pour cette ann&#233;e, soit 1,3 % du PIB. Le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire est envisag&#233; pour 2013-2014, dans quatre ans, sur la base d'une reprise de l'&#233;conomie, d'une hausse de 7,5 &#224; 8,5 % du taux de la taxe de vente, de hausses tarifaires, ainsi que d'autres mesures qui restent &#224; d&#233;terminer. Les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour restaurer les finances publiques occuperont vraisemblablement une place de premier plan dans les d&#233;bats sociaux des prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit leur couleur politique, les gouvernements se font plus interventionnistes en ce moment afin de redresser des &#233;conomies d&#233;faillantes. Par rapport aux politiques de laisser-faire et de d&#233;sengagement qui dominaient auparavant, il y a l&#224; un virage certain. Mais il ne faut pas croire que cela traduit n&#233;cessairement un changement d'orientation politique par rapport au r&#244;le de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie. Dans bien des cas, il s'agit avant tout d'une attitude pragmatique en attendant de reprendre les m&#234;mes politiques qu'auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perspectives et enjeux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ses pr&#233;visions les plus r&#233;centes (avril), la Banque du Canada estime que la r&#233;cession synchronis&#233;e &#224; l'&#233;chelle du globe est accentu&#233;e par les retards &#224; mettre en &#339;uvre les mesures visant &#224; restaurer la stabilit&#233; financi&#232;re dans le monde. En clair, cela revient &#224; dire que le d&#233;sordre qui r&#232;gne dans le monde de la finance est en train de faire couler les &#233;conomies. En cons&#233;quence, la Banque estime que le retour &#224; la croissance &#233;conomique au Canada sera retard&#233; jusqu'&#224; la fin de 2009 et que la reprise sera graduelle. La Banque centrale estime aussi que les plans de relance des pays du G-20 porteront pleinement leurs effets l'an prochain. Pour le Canada, la banque pr&#233;voit un recul du PIB r&#233;el de 3,0 % cette ann&#233;e, une croissance de 2,5 % en 2010 et de 4,7 % en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Qu&#233;bec, le gouvernement pr&#233;voyait dans son budget un recul du PIB r&#233;el de 1,2 % cette ann&#233;e (stagnation de - 0,1 % du PIB nominal) et une reprise de 1,9 % en 2010 (croissance de 3,9 % du PIB nominal) [3]. De son c&#244;t&#233;, pour citer une source priv&#233;e, la Banque Royale pr&#233;voyait en mars un recul de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise de 0,5 % en 2009 et une croissance de 2,3 % en 2010, l&#233;g&#232;rement en de&#231;&#224; de la moyenne canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat politique se concentre maintenant sur la bonification du r&#233;gime d'assurance emploi, r&#233;clam&#233;e par le Parti lib&#233;ral et les autres partis d'opposition, mais &#224; laquelle le gouvernement conservateur continue &#224; opposer une fin de non recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces aspects plus imm&#233;diats et conjoncturels, il est clair que la pr&#233;sente crise marque une inflexion, voire une rupture, dans la dynamique du capitalisme contemporain. Un certain nombre de ressorts qui soutenaient l'expansion dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente sont bris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas perdre de vue que la crise actuelle est un ph&#233;nom&#232;ne mondial. L'&#233;volution de notre &#233;conomie est largement tributaire de ce qui se passe sur la sc&#232;ne internationale. Ce ne sont pas les banques canadiennes qui sont en crise. Au contraire, elles se portent plut&#244;t bien. Mais le syst&#232;me financier international traverse une crise profonde dont il ne s'est toujours pas r&#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de bouclages qui assuraient le roulement du syst&#232;me ont saut&#233;. Par exemple le lien entre l'hyperconsommation des m&#233;nages am&#233;ricains et l'appr&#233;ciation des valeurs immobili&#232;res, ou encore l'emprunt aux Chinois par les am&#233;ricains - sous forme de vente de titres du gouvernement am&#233;ricain - des dollars utilis&#233;s pour payer leurs achats de produits manufactur&#233;s en Chine. On pourrait aussi &#233;voquer les changements dans les pratiques financi&#232;res, comme le recours aux effets de levier sur une &#233;chelle gigantesque, la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des produits d&#233;riv&#233;s, la diminution de la titrisation des cr&#233;ances, le repli des grandes banques sur leur espace national, etc. Avant m&#234;me l'introduction de nouvelles r&#233;glementations, la crise a modifi&#233; le fonctionnement des institutions financi&#232;res. Les mesures prudentielles ont repris du galon. On peut se demander jusqu'o&#249; les gouvernements voudront ou pourront aller pour mieux r&#233;glementer le syst&#232;me financier, instaurer des moyens de gestion des risques syst&#233;miques, assurer une coordination internationale, abolir ou restreindre les paradis fiscaux, etc. On imagine mal que le fonctionnement du syst&#232;me puisse reprendre comme auparavant, mais jusqu'&#224; quel point sera-t-il transform&#233; ? Il y a l&#224; des enjeux majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;ceptes n&#233;olib&#233;raux du laisser-faire et du tout-au-march&#233; se trouvent largement discr&#233;dit&#233;s. La n&#233;cessit&#233; d'une meilleure r&#233;glementation, le besoin d'un r&#244;le plus actif de l'&#201;tat en p&#233;riode de crise font consensus. Mais il est loin d'&#234;tre &#233;vident qu'on assiste &#224; une r&#233;orientation du r&#244;le et des fonctions de l'&#201;tat, plut&#244;t qu'&#224; des mouvements visant surtout &#224; limiter les d&#233;g&#226;ts et &#224; socialiser les pertes. Tout cela se jouera dans la prochaine p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les &#201;tats-Unis ont perdu 539 000 emplois en avril, en baisse par rapport aux pertes de 699 000 emplois en mars. Depuis janvier de l'ann&#233;e derni&#232;re, il s'est perdu 5,6 millions d'emplois aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En comparaison, du pic du mois d'ao&#251;t 1981 au creux du mois d'ao&#251;t 1982, l'&#233;conomie du Qu&#233;bec avait perdu 235 000 emplois, soit 8 % de la force ouvri&#232;re. En 1990-1991, l'&#233;conomie du Qu&#233;bec a perdu 160 000 emplois sur une p&#233;riode de deux ans et demi et il a fallu plus de trois ans pour r&#233;cup&#233;rer ces pertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le PIB r&#233;el, ou en volume, est le PIB nominal, ou en dollars courants, dont on soustrait l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; du site &#201;conomie Autrement.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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