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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Prot&#233;ger le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et favoriser l'int&#233;gration par l'emploi</title>
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		<dc:date>2009-11-04T03:24:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexa Conradi</dc:creator>


		<dc:subject>droits des immigrantEs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lettre ouverte tir&#233;e du site de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec par Alexa Conradi, pr&#233;sidente de la FFQ 16 octobre 2009 _______________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis une semaine, le Qu&#233;bec est replong&#233; dans un grand d&#233;bat opposant le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et le droit &#224; la libert&#233; de religion. Les m&#233;dias ont rendu publiques certaines pratiques d'accommodement qui sont pour le moins troublantes parce qu'elles remettent en cause le principe d'&#233;galit&#233; homme-femme et la mixit&#233; dans l'espace public. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Femmes-" rel="directory"&gt;Femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-droits-des-immigrantEs-+" rel="tag"&gt;droits des immigrantEs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L72xH100/arton2580-c557f.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='72' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Lettre ouverte tir&#233;e du site de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
par Alexa Conradi, pr&#233;sidente de la FFQ&lt;br class='autobr' /&gt;
16 octobre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Depuis une semaine, le Qu&#233;bec est replong&#233; dans un grand d&#233;bat opposant le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et le droit &#224; la libert&#233; de religion. Les m&#233;dias ont rendu publiques certaines pratiques d'accommodement qui sont pour le moins troublantes parce qu'elles remettent en cause le principe d'&#233;galit&#233; homme-femme et la mixit&#233; dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec (FFQ), il y a v&#233;ritablement plusieurs d&#233;bats qui sont en cours : celui sur les accommodements raisonnables et l'&#233;galit&#233; homme-femme, celui sur la la&#239;cit&#233; et, finalement, un d&#233;bat que personne ne veut faire, soit celui sur l'int&#233;gration des personnes immigrantes &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sujet des accommodements raisonnables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La FFQ est d'accord avec celles et ceux qui pensent que la SAAQ et la Commission des droits de la personne et de la protection de la jeunesse ont err&#233; en permettant &#224; la client&#232;le de la SAAQ de demander &#224; &#234;tre &#233;valu&#233;e par une personne du m&#234;me sexe. Ces &#171; accommodements &#187; sont loin d'&#234;tre raisonnables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes toutefois troubl&#233;es par l'id&#233;e de hi&#233;rarchiser les droits dans la Charte des droits et libert&#233;s de la personne, tel que r&#233;clam&#233; par certains groupes. Les droits sont interreli&#233;s et indissociables. Il nous apparait possible dans le cadre l&#233;gal actuel que le gouvernement du Qu&#233;bec adopte une politique visant &#224; encadrer les pratiques d'accommodement de fa&#231;on &#224; respecter nos choix de soci&#233;t&#233; qui accordent une grande importance au droit &#224; l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sujet de la la&#239;cit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, le gouvernement du Qu&#233;bec doit ouvrir une vaste consultation publique pour clarifier le mod&#232;le de la&#239;cit&#233; qui convient &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. La FFQ s'engage &#224; participer activement &#224; ce d&#233;bat dans une perspective f&#233;ministe et d'inclusion. En l'absence d'un d&#233;bat global, on le fait &#224; la pi&#232;ce lorsque l'on discute de l'int&#233;gration des personnes immigrantes. Faire le d&#233;bat dans ce cadre permet alors de cr&#233;er syst&#233;matiquement une opposition &#171; immigration versus la&#239;cit&#233; &#187; ce qui est &#224; la fois dangereux et mal avis&#233;. Dangereux, car il cr&#233;e un climat o&#249; l'on se sent menac&#233; par cet &#171; autre &#187; &#8211; l'&#233;tranger &#8211; comme s'il &#233;tait en porte-&#224;-faux avec les valeurs de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Mal avis&#233;, car la la&#239;cit&#233; concerne l'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise quelles que soient notre origine ou nos croyances religieuses. Pensons &#224; la question des cours d'&#233;thique et culture religieuse critiqu&#233;s par des parents catholiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sujet de l'int&#233;gration des personnes immigrantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici le parent pauvre du d&#233;bat public actuel : l'acc&#232;s au travail pour les personnes immigrantes et racis&#233;es. Malgr&#233; qu'elles soient scolaris&#233;es ou exp&#233;riment&#233;es, elles occupent souvent des emplois bien en de&#231;&#224; de leurs qualifications et le taux de ch&#244;mage de ces populations est bien sup&#233;rieur &#224; la moyenne. Pourquoi ? Parce que le gouvernement n'a pas fait assez pour reconna&#238;tre les dipl&#244;mes et les acquis des personnes immigrantes, parce que l'on n'applique pas ad&#233;quatement les programmes d'acc&#232;s &#224; l'&#233;galit&#233; visant &#224; accro&#238;tre la participation des personnes d'origines diverses au sein de la fonction publique, parce que, malgr&#233; tout, le racisme s&#233;vit encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la FFQ est en faveur de l'adoption du projet de loi 16, qui requiert de la part de chaque minist&#232;re l'obligation de d&#233;velopper un plan d'action visant l'int&#233;gration des personnes issues de la diversit&#233; culturelle qu&#233;b&#233;coise. La loi doit &#234;tre modifi&#233;e pour donner des lignes directrices en mati&#232;re d'&#233;galit&#233; des sexes : &#224; la fois entre hommes et femmes immigrantes et dans la soci&#233;t&#233; dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la FFQ, nous pensons qu'il est dans l'int&#233;r&#234;t de toute la soci&#233;t&#233; de trouver des moyens pour prot&#233;ger notre droit &#224; l'&#233;galit&#233; tout en ouvrant les emplois de la fonction publique et parapublique aux femmes et hommes issus de l'immigration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les peuples autochtones et la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise : &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion pour repenser l'interface</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-peuples-autochtones-et-la-societe-quebecoise-elements-de-reflexion-pour</link>
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		<dc:date>2009-09-09T02:21:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexa Conradi, Daniel Sal&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site ''vers notre programme de Qu&#233;bec Solidaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise a r&#233;alis&#233; des progr&#232;s notables dans sa relation avec les peuples autochtones. La reconnaissance en 1985 par l'Assembl&#233;e nationale que les peuples autochtones pr&#233;sents sur le territoire du Qu&#233;bec y vivent &#224; titre de nations, la d&#233;cision du gouvernement qu&#233;b&#233;cois en 1994 de ne pas aller de l'avant avec le projet de d&#233;veloppement hydro-&#233;lectrique de Grande Baleine qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L92xH150/arton2396-0d44d.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site ''vers notre programme de Qu&#233;bec Solidaire&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise a r&#233;alis&#233; des progr&#232;s notables dans sa relation avec les peuples autochtones. La reconnaissance en 1985 par l'Assembl&#233;e nationale que les peuples autochtones pr&#233;sents sur le territoire du Qu&#233;bec y vivent &#224; titre de nations, la d&#233;cision du gouvernement qu&#233;b&#233;cois en 1994 de ne pas aller de l'avant avec le projet de d&#233;veloppement hydro-&#233;lectrique de Grande Baleine qui d&#233;plaisait aux Cris de la Baie James, la politique cadre de 1998 visant &#224; faciliter le d&#233;veloppement socio&#233;conomique des Premi&#232;res nations et une interface harmonieuse avec la population dominante, l'entente dite de &#171; la Paix des Braves &#187; avec les Cris en 2002 et la signature de l'entente de principes en 2004 avec les Innus constituent autant de moments forts qui t&#233;moignent de la volont&#233; de la soci&#233;t&#233; et de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois de s'ouvrir &#224; la diff&#233;rence autochtone, d'admettre qu'elle justifie une plus grande mesure d'autonomie gouvernementale et de mettre en place les conditions d'&#233;mergence d'une dynamique plus &#233;galitaire avec les Premi&#232;res Nations et les Inuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette volont&#233; est-elle aussi bien ancr&#233;e qu'on puisse le souhaiter ? Il suffit de peu parfois pour que ce capital de bonnes intentions s'effrite. Quelques incidents malheureux impliquant des &#233;l&#233;ments suppos&#233;s criminels sur une r&#233;serve, une entente qui semble avantager des communaut&#233;s autochtones plus que leurs voisines allochtones, quelques d&#233;clarations jug&#233;es intempestives d'un leader autochtone, et r&#233;apparaissent dans le discours public les pr&#233;jug&#233;s, la suspicion et le m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard des peuples autochtones. Comme si les derni&#232;res d&#233;cennies de r&#233;flexion sur le sens du vivre ensemble en contexte multiculturel et multiethnique, les injonctions &#233;tatiques r&#233;p&#233;t&#233;es contre le racisme et la discrimination et nos professions de foi en faveur de l'harmonie intercommunautaire ne trouvaient plus aucun &#233;cho en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va pour la vertu interculturelle et le renouvellement th&#233;orique de nos pratiques d&#233;mocratiques, tant que cela ne remette pas v&#233;ritablement en cause la position sociopolitique h&#233;g&#233;monique que notre statut d'h&#233;ritiers et d&#233;positaires de la norme culturelle et institutionnelle qu&#233;b&#233;coise dominante nous permet d'occuper. En cela, au fond, r&#233;side tout l'enjeu de nos rapports avec les peuples autochtones. Confortablement camp&#233;s derri&#232;re le paravent des principes lib&#233;raux et d&#233;mocratiques nobles et g&#233;n&#233;reux que nous endossons volontiers, dans quelle mesure sommes-nous pr&#234;ts-es &#224; donner vie &#224; ces principes, &#224; les assumer jusqu'au bout de leur ultime logique et &#224; sacrifier notre h&#233;g&#233;monie ? Jusqu'o&#249; sommes-nous pr&#234;ts-es &#224; aller pour favoriser la mise en place d'une interface authentiquement &#233;galitaire avec les peuples autochtones, une interface marqu&#233;e au coin d'un d&#233;sir profond de justice sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion &#224; laquelle enjoignent ces questions n'est pas ais&#233;e. Elle exige que nous nous interrogions sur le sens profond de notre engagement solidaire &#224; l'&#233;gard des peuples autochtones avec qui nous partageons un territoire. Cette &#233;galit&#233; nous am&#232;ne &#224; r&#233;&#233;valuer nos pr&#233;suppos&#233;s, nos pratiques et nos certitudes quant &#224; notre mani&#232;re d'&#234;tre avec eux. Nous devons d'abord reconna&#238;tre, puis nous d&#233;partir de cette tendance presqu'inn&#233;e que nous avons en tant que Qu&#233;b&#233;bcois-es &#224; les consid&#233;rer comme un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre, comme un objet de politique publique &#224; g&#233;rer &#224; partir de formules et d'&#233;nonc&#233;s administratifs et bureaucratiques pr&#233;d&#233;termin&#233;s. M&#234;me anim&#233;e des meilleurs desseins, cette approche participe de rapports de pouvoir historiquement ancr&#233;s qui conf&#232;rent aux non-autochtones une sup&#233;riorit&#233; sociale et confinent les Autochtones au statut de subalterne, comme si ils &#233;taient irr&#233;m&#233;diablement incapables de se prendre en main et que leur destin d&#233;pendait essentiellement du bon vouloir &#233;clair&#233; de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; dominante. Le premier pas vers une dynamique d'interaction rigoureusement &#233;galitaire entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones doit reposer sur une volont&#233; r&#233;elle de d&#233;construction de ces rapports de pouvoir et de reconfiguration de la relation selon des modalit&#233;s compl&#232;tement affranchies de toute ambition hi&#233;rarchisante. Cela implique que la reconnaissance symbolique des nations autochtones soit soutenues par une reconnaissance effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, au moins deux pr&#233;alables s'imposent. Le premier appelle la mise en place et l'assimilation par l'imaginaire social d'une &#233;thique politique fond&#233;e sur l'acceptation inconditionnelle de la diversit&#233; sociale et normative et de la diff&#233;rence identitaire. Cela suppose dans la foul&#233;e que les autochtones qui, par leurs valeurs, se d&#233;finissent et s'inscrivent en dehors des normes politiques, sociales et l&#233;gales dominantes, n'aient pas &#224; craindre d'&#234;tre absorb&#233;s contre leur v&#339;u dans un cadre politique et normatif pr&#233;d&#233;fini. Y compris l'&#201;tat-nation par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second pr&#233;alable pose l'ind&#233;termination comme le propre de la d&#233;mocratie. Celle-ci d&#233;limite par son exercice un espace &#224; l'int&#233;rieur duquel les rapports sociaux de domination, les hi&#233;rarchies qui en d&#233;coulent, de m&#234;me que les structures politiques et institutionnelles qui les pr&#233;servent peuvent &#234;tre constamment contest&#233;s et remis en question &#8211; un espace, autrement dit, o&#249; rien ne saurait &#234;tre d&#233;cid&#233; d'avance, pas m&#234;me la mani&#232;re de d&#233;finir la d&#233;mocratie ou d'en moduler la pratique ; un espace o&#249;, finalement, l'avantage qu'accordent &#224; certains groupes leur position h&#233;g&#233;monique et le contr&#244;le des m&#233;canismes du pouvoir est toujours provisoire. La d&#233;mocratie implique une ouverture totale &#224; l'inconnu, &#224; la variabilit&#233; des &#234;tres et des circonstances et &#224; la diff&#233;rence. En fait, l'allure de la d&#233;mocratie &#224; venir d&#233;pendra &#224; la fois de l'habilit&#233; des groupes autochtones &#224; promouvoir une vision plus &#233;clat&#233;e de la communaut&#233; politique et de la citoyennet&#233;, et de la propension de la majorit&#233; &#224; endosser cette vision (sachant qu'elle devra, du coup, renoncer &#224; une partie du pouvoir social que lui garantit sa position h&#233;g&#233;monique au sein de la soci&#233;t&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de ces pr&#233;alables, il faut comprendre que l'instauration de rapports v&#233;ritablement &#233;galitaires entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones constitue une entreprise autrement plus exigeante que les appels convenus des &#233;lites politiques &#224; l'harmonie interculturelle et au respect mutuel. La rh&#233;torique facile et vertueuse de la majorit&#233; bien pensante s'est trop souvent traduite en une intensification tangible des rapports sociaux historiques de domination dont les Autochtones font encore les frais ; elle ne convainc d&#233;sormais plus personne dans leur camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; du renouvellement de la relation entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones tient plut&#244;t dans une transformation fondamentale de la mani&#232;re de penser et d'instituer la communaut&#233; politique et les balises de la citoyennet&#233;. En ce sens, il ne suffit pas de r&#233;fl&#233;chir simplement &#224; la place que les Autochtones peuvent occuper au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise ou encore &#224; quel compromis (territorial, politique, &#233;conomique) il est possible de souscrire pour satisfaire leurs revendications sans que la majorit&#233; ait l'impression d'y perdre au change. Il faut plut&#244;t chercher &#224; concevoir et refonder le Qu&#233;bec comme un tiers espace vierge au sein duquel Qu&#233;b&#233;cois et Autochtones convergeraient, lib&#233;r&#233;s de tout a priori, pour d&#233;cider ensemble des codes normatifs, du langage et du cadre socio-institutionnel les plus appropri&#233;s &#224; la mise en &#339;uvre d'une interface nouvelle parfaitement &#233;galitaire, quitte &#224; faire certains parcours ensemble ou d'autres de fa&#231;on autonome et s&#233;par&#233;e. Il ne s'agit pas ici de &#171; n&#233;gocier &#187; le contenu de ce nouvel espace, de donner ou de r&#233;clamer &#8211; ce qui suppose un rapport de pouvoir in&#233;galitaire &#8211; mais d'entrer en un dialogue qui ne doit pas avoir pour but d'amener l'Autre &#224; sa vision des choses, mais bien &#224; cr&#233;er en sa compagnie un champ nouveau de d&#233;lib&#233;ration et d'interaction, n&#233;cessairement hybride, dont le contenu et la configuration ne se veulent le reflet de l'un plus que de l'autre interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi exactement pourrait ressembler ce nouvel espace de dialogue ? Difficile &#224; dire avec pr&#233;cision puisque la perspective qui sous-tend la d&#233;marche qu'il implique n'a pas encore de pr&#233;c&#233;dent av&#233;r&#233; dans l'histoire des d&#233;mocraties modernes. Mais il doit r&#233;sulter minimalement d'une transformation identitaire subie &#233;galement, au terme de laquelle ni l'un ni l'autre ne demeure tout &#224; fait ce qu'il fut. Pour les allochtones, et plus particuli&#232;rement ceux et celles qui sont les h&#233;ritiers des colons et immigrants europ&#233;ens, cela signifie d'abord prendre conscience du fait qu'ils jouissent d'un rapport de pouvoir dont ils tirent un b&#233;n&#233;fice consid&#233;rable et ind&#251; au d&#233;triment des peuples autochtones, puis, dans la foul&#233;e, chercher &#224; y mettre un terme. Cela peut aller aussi loin que de remettre en question l'int&#233;grit&#233; des limites reconnues du territoire qu&#233;b&#233;cois dans lequel l'imaginaire social dominant ancre le Qu&#233;bec ou de reconsid&#233;rer la rectitude proclam&#233;e de la norme socioculturelle et du syst&#232;me de valeurs qui nourrissent cet imaginaire. Pour les Autochtones, il pourra s'agir d'interroger le bien-fond&#233; des strat&#233;gies de culpabilisation et des discours de victimisation qui, bien qu'efficaces &#224; l'occasion, indisposent les allochtones plus souvent qu'autrement et tendent &#224; envenimer les &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme et le contenu de cet espace de dialogue se traceront et se concr&#233;tiseront d'eux-m&#234;mes dans la r&#233;alit&#233; de l'interface qu'Autochtones et allochtones entreprendront d'am&#233;nager. Mais il doit s'appuyer en bout de piste sur deux principes, deux r&#232;gles du jeu, compl&#233;mentaires : le doute solidaire et le droit &#224; l'opacit&#233;. Le doute solidaire parce que la v&#233;ritable &#233;galit&#233; r&#233;side dans la capacit&#233; de se questionner mutuellement, d'interroger avec respect les choix et les valeurs de l'Autre sans risque de repr&#233;sailles. Le droit &#224; l'opacit&#233; pour pr&#233;munir contre la tendance par trop humaine &#224; inscrire l'Autre dans un cadre conceptuel qui nous est familier, pour le prot&#233;ger contre le penchant &#224; comprendre et &#224; saisir sa diff&#233;rence en fonction de bar&#232;mes qui nous sont propres et &#224; nous seuls intelligibles. Le droit &#224; l'opacit&#233; parce qu'il est possible que subsistent des m&#233;fiances compr&#233;hensibles &#224; l'&#233;gard de l'Autre, qu'on ne le comprenne pas d'embl&#233;e, que l'on h&#233;site en raison du pass&#233; trouble qui nous s&#233;pare &#224; s'engager avec lui. Le droit &#224; l'opacit&#233; finalement, pour garantir que la voix de ceux et celles que l'histoire a cantonn&#233;s du c&#244;t&#233; des subalternes ne sera pas att&#233;nu&#233;e par celle du dominant, que la conception du social projet&#233;e par ce dernier ne serve pas &#224; englober et diminuer leur diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective propos&#233;e ici pourra para&#238;tre abstraite, voire utopique. Si tant est, cependant, que l'on ait &#224; c&#339;ur de r&#233;am&#233;nager de mani&#232;re authentiquement &#233;galitaire la relation entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones, il n'est pas inopportun d'en juger les possibles. Parce que nous en sommes l&#224;. M&#234;me les solutions les plus &#233;clair&#233;es et les politiques les plus bienveillantes restent pour l'essentiel inefficaces &#224; am&#233;liorer sensiblement le sort des peuples autochtones. Il est temps de r&#233;aliser que la dynamique de rapports de pouvoir et la logique soci&#233;tale qui informent la relation entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones entravent s&#233;rieusement les possibilit&#233;s de changement en faveur d'une plus grande mesure de justice sociale. La pr&#233;sence des peuples autochtones nous convient en fait &#224; repousser les fronti&#232;res de la d&#233;mocratie, &#224; penser nos relations sociales en dehors des paradigmes normatifs convenus et des param&#232;tres institutionnels existants. Le d&#233;fi est de taille, mais ne pas au moins tenter d'y r&#233;pondre c'est se condamner &#224; retracer cent fois encore les m&#234;mes orni&#232;res et s'y enliser toujours un peu plus chaque fois que l'on y passe. C'est se condamner &#224; une d&#233;mocratie d&#233;su&#232;te et insatisfaisante, &#224; une citoyennet&#233; &#233;troite et sans appauvrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Sal&#233;e, non-membre&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexa Conradi, membre de Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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