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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales en &#233;ducation et en sant&#233; au Qu&#233;bec : abuser des femmes au profit du priv&#233;</title>
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		<dc:date>2011-11-28T19:02:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques n&#233;olib&#233;rales</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement des femmes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Parmi les principaux enjeux politiques qui ont anim&#233; l'espace public qu&#233;b&#233;cois depuis la fin des ann&#233;es 1990, les r&#233;formes en &#233;ducation et en sant&#233; ont une place de choix. Indissociables des coupes budg&#233;taires et des privatisations qui les accompagnent, ces r&#233;formes ont boulevers&#233; les fa&#231;ons de faire de centaines de milliers de travailleurs et surtout de travailleuses ainsi que celles de l'ensemble de la population. Ce texte vise &#224; mettre en relief l'effet de ces r&#233;formes sur les femmes en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-des-femmes-348-+" rel="tag"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les principaux enjeux politiques qui ont anim&#233; l'espace public qu&#233;b&#233;cois depuis la fin des ann&#233;es 1990, les r&#233;formes en &#233;ducation et en sant&#233; ont une place de choix. Indissociables des coupes budg&#233;taires et des privatisations qui les accompagnent, ces r&#233;formes ont boulevers&#233; les fa&#231;ons de faire de centaines de milliers de travailleurs et surtout de travailleuses ainsi que celles de l'ensemble de la population. Ce texte vise &#224; mettre en relief l'effet de ces r&#233;formes sur les femmes en s'appuyant sur le corpus th&#233;orique fourni par l'analyse f&#233;ministe-marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes socialement responsables des personnes d&#233;pendantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;ministes marxistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, entre autres, Elsa Dorlin (dir), Sexe, race, classe, pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; placent au c&#339;ur de leur analyse la division sociale et sexuelle du travail. Cette division fait reposer sur le dos des femmes la responsabilit&#233; de la &#171; reproduction sociale &#187;. Ce concept d&#233;signe l'ensemble du travail aupr&#232;s des personnes permettant la production &#171; de la vie &#187;, &#171; des gens eux-m&#234;mes &#187;, &#171; la reproduction de la force de travail &#187; en opposition &#224; la production &#171; des choses &#187;. Bien qu'elles aient aussi toujours particip&#233; &#224; la production mat&#233;rielle, ce sont principalement les femmes qui ont la responsabilit&#233; de &#171; restaurer &#187; les travailleurs et de s'occuper des personnes dites d&#233;pendantes (malades, enfants, personnes &#226;g&#233;es, etc.). De fa&#231;on b&#233;n&#233;vole ou salari&#233;e, &#224; la maison, au priv&#233; ou au public, les femmes effectuent la majorit&#233; du travail m&#233;nager, des soins dans leur d&#233;finition large, de l'&#233;ducation de base des enfants et du &#171; travail sexuel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ajoutons que les rapports in&#233;gaux de genre et de classe se combinent &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'oppos&#233;, les hommes sont les principaux responsables de la production mat&#233;rielle et intellectuelle, g&#233;n&#233;ralement plus valoris&#233;es et reconnues financi&#232;rement. En plus de b&#233;n&#233;ficier de cette iniquit&#233; salariale, les hommes sont aussi les b&#233;n&#233;ficiaires du travail domestique gratuit des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'industrialisation, le travail de reproduction sociale a &#233;t&#233; principalement maintenu sous une forme gratuite dans le cadre de la famille, alors que la production mat&#233;rielle &#233;tait effectu&#233;e de plus en plus &#224; l'ext&#233;rieur de la maison, par un travail salari&#233;. Par la suite, au Qu&#233;bec, l'&#201;glise a socialis&#233; une partie de ces t&#226;ches qui n'&#233;tait pas rentable, toujours en s'appuyant principalement sur le travail b&#233;n&#233;vole charitable des femmes, tandis que l'entreprise priv&#233;e a socialis&#233; la partie rentable de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;calage avec le reste de l'Occident, c'est seulement durant la R&#233;volution tranquille que l'on assiste &#224; la construction d'un r&#233;seau public fort de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux. C'est gr&#226;ce aux luttes syndicales et f&#233;ministes que l'&#201;tat keyn&#233;sien qu&#233;b&#233;cois concentre une partie de ce travail aupr&#232;s des enfants et des personnes malades. On assiste alors simultan&#233;ment &#224; la reconnaissance juridique du statut de personne pour les femmes mari&#233;es, &#224; l'all&#232;gement des t&#226;ches domestiques par le d&#233;veloppement des services publics, &#224; l'augmentation des perspectives d'emplois f&#233;minins de qualit&#233; (surtout dans le secteur public) et &#224; la remise en question du mod&#232;le de l'&#233;pouse-m&#232;re-m&#233;nag&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Diane Lamoureux, &#171; Un &#201;tat capitaliste certes, mais &#233;galement sexiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces avanc&#233;es, une partie importante des services non-rentables de reproduction de la force de travail reste effectu&#233;e dans le cadre du travail domestique, un travail qui est invisible et gratuit. Ce travail gigantesque, malgr&#233; certaines am&#233;liorations, est toujours effectu&#233; majoritairement par les femmes. En 2005, elles y consacrent quotidiennement 4 heures contre 2,6 heures pour les hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut de la statistique du Qu&#233;bec, Donn&#233;es sociales du Qu&#233;bec, &#233;dition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'iniquit&#233; salariale entre les emplois majoritairement f&#233;minins et ceux majoritairement masculins fait des femmes les personnes toute d&#233;sign&#233;es pour limiter leur carri&#232;re afin d'effectuer ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique patriarcale est soutenue id&#233;ologiquement par des st&#233;r&#233;otypes sexistes suppos&#233;s &lt;i&gt;naturels&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;biologiques&lt;/i&gt;. On prescrit aux femmes l'&#233;thique de la sollicitude et du &#171; &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; &#187; associ&#233;e aux soins des enfants et de la famille, le souci pour les souffrances des autres, le maintien du lien &#233;motionnel et la responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard des proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales au Qu&#233;bec et les services publiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise du mod&#232;le keyn&#233;sien, les d&#233;faites du mouvement syndical et la conversion de la social-d&#233;mocratie en social-lib&#233;ralisme, on assiste &#224; un renversement du rapport de forces en faveur du capital et contre les travailleurs et les travailleuses durant les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation capitaliste, acc&#233;l&#233;r&#233;e par les politiques de libre-&#233;change, sera particuli&#232;rement p&#233;nible pour les travailleuses et les travailleurs syndiqu&#233;-es des grandes entreprises. Elle sera tout de m&#234;me favorable aux secteurs d'emploi masculins que sont la finance, les sciences et g&#233;nie et les nouvelles technologies de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application des politiques n&#233;olib&#233;rales aux services publics aura des effets particuli&#232;rement n&#233;gatifs sur les femmes. Ces politiques seront justifi&#233;es par un discours alarmiste bas&#233; d'abord sur la lutte contre l'inflation, puis sur une phobie des dettes publiques, une &#171; peur &#187; du vieillissement de la population et une soumission aux puissances financi&#232;res qui dirigent le processus de mondialisation. On proposera comme rem&#232;de aux crises leurs causes : d&#233;r&#233;glementation, coupes budg&#233;taires et privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous explorerons plus en d&#233;tail comment ces orientations ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es en sant&#233; et en &#233;ducation parall&#232;lement aux r&#233;formes qui ont &#233;t&#233; implant&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme en sant&#233; au Qu&#233;bec et les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une des grandes transformations de la R&#233;volution tranquille a &#233;t&#233; la constitution d'un syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux public et universel accessible et de qualit&#233;. Ce syst&#232;me, qui atteint une situation enviable &#224; l'&#233;chelle internationale, est remis en question &#224; partir des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aliment&#233;s par la commission Rochon, qui d&#233;pose son rapport en 1987, les gouvernements mettront en place successivement les r&#233;formes du syst&#232;me de sant&#233; &#8211; C&#244;t&#233; &#224; partir de 1991 et Rochon &#224; partir de 1995. Visant &#224; rapprocher les services des citoyens, les r&#233;formes seront le prolongement des politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales. Elles accompagneront la baisse de la proportion publique des d&#233;penses en sant&#233;, le transfert progressif des services rentables &#233;conomiquement vers les entreprises priv&#233;es et le transfert des services non-rentables vers la &#171; communaut&#233; &#187; et la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur des changements tr&#244;ne le concept de &#171; virage ambulatoire &#187;, c'est-&#224;-dire le d&#233;placement de toute une s&#233;rie de services en dehors des h&#244;pitaux. Ce virage sera appuy&#233; par le d&#233;veloppement technologique des &#171; chirurgies d'un jour &#187;, qui &#233;limine en partie les convalescences de l'h&#244;pital. On parlera aussi de &#171; d&#233;sinstitutionnalisation &#187; en sant&#233; mentale, de &#171; r&#233;insertion sociale &#187; des personnes handicap&#233;es et de &#171; maintien &#224; domicile &#187; des personnes &#226;g&#233;es en perte d'autonomie. L'id&#233;e ma&#238;tresse reste le transfert de la prise en charge des personnes momentan&#233;ment ou durablement d&#233;pendantes des &#233;tablissements vers leur milieu de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;p&#233;rissement du secteur public de sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une croissance importante des besoins, les d&#233;penses publiques en sant&#233; se sont maintenues depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 entre 6,4% &#224; 7,4% du PIB. La croissance de la part de la sant&#233; dans le budget de l'&#201;tat n'est attribuable qu'&#224; la diminution des autres d&#233;penses publiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les d&#233;penses de sant&#233; au Qu&#233;bec : La bataille des chiffres, M&#233;moire d&#233;pos&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un coup de barre est donn&#233; par le gouvernement p&#233;quiste avec sa politique du d&#233;ficit z&#233;ro adopt&#233;e en 1996. La r&#233;forme Rochon est alors accompagn&#233;e de coupes de plus de 1.6 milliards ce qui entra&#238;nent la fermeture de 40 % des &#233;tablissements de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de postes sont abolis. Les d&#233;parts massifs &#224; la retraite alors encourag&#233;s privent le r&#233;seau d'une pr&#233;cieuse expertise et cr&#233;e une p&#233;nurie durable. On alourdit dangereusement la t&#226;che de travail et on en vient m&#234;me &#224; des situations o&#249; les &#233;tablissements offrent des services en de&#231;&#224; des &#171; services essentiels &#187;. Les employ&#233;s, hommes et femmes, doivent composer avec une forte augmentation de la cadence qui limite le temps disponible pour s'occuper de chaque patient-e et qui affecte la qualit&#233; des soins offerts. Les coupes dans les services d'entretien se combinent avec une croissance des maladies nosocomiales. Les listes d'attente s'allongent pour ne plus diminuer. Les ressources affect&#233;es au service &#224; domicile sont sans commune mesure avec la croissance des besoins caus&#233;s par les r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La privatisation de la sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que l'on observe dans le secteur public, la part des d&#233;penses priv&#233;es en sant&#233; au Qu&#233;bec, en particulier les d&#233;penses en assurances priv&#233;es, sont en croissance depuis 30 ans. Dans un contexte de p&#233;nurie de personnel, la privatisation m&#232;ne n&#233;cessairement &#224; la d&#233;gradation du syst&#232;me public universel en drainant les ressources pour celles et ceux qui peuvent se le permettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette privatisation, avec ses milliards en jeu, est une priorit&#233; pour la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise et canadienne. Les m&#233;dias, les &#233;conomistes-mercenaires et les vendeurs d'assurances tels Claude Castonguay et Power corp. d&#233;fendent des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s repris lors de la commission Clair de 2001, le rapport Castonguay de 2008 et dans les &#171; fascicules &#187; du Comit&#233; consultatif sur l'&#233;conomie et les finances publiques de 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation prend plusieurs formes. On sort les soins du public par la d&#233;sassurance de certains services m&#233;dicaux, le d&#233;veloppement de centres priv&#233;s d'h&#233;bergement, les coop&#233;ratives de sant&#233;, l'instauration de centres m&#233;dicaux sp&#233;cialis&#233;s (CMS) de chirurgie priv&#233;s et la croissance de l'assurance priv&#233;e duplicative. On privatise aussi de l'int&#233;rieur par la sous-traitance des services de soutien (buanderie, services alimentaires, etc.), les agences de placement de personnel, les partenariats public-priv&#233; (PPP) pour la construction et la gestion, le r&#244;le croissant des fondations et l'explosion des co&#251;ts des m&#233;dicaments, au profit des multinationales pharmaceutiques. Ajoutons que le co&#251;t des m&#233;dicaments et le mat&#233;riel de soins, couverts dans les h&#244;pitaux, revient &#224; la charge des malades lorsqu'ils et elles retournent &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette privatisation est compl&#233;t&#233;e par la sous-traitance communautaire de la sant&#233;, amorc&#233;e dans les ann&#233;es 1980, qui prendra de l'ampleur &#224; partir du Sommet du d&#233;ficit z&#233;ro du Parti Qu&#233;b&#233;cois (PQ) de 1996. On cr&#233;e alors un Chantier de l'&#233;conomie sociale en pervertissant la revendication de la Marche du pain et des roses, qui r&#233;clamait un investissement dans les &#171; infrastructures sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nancy Neantam justifie la d&#233;cision de ne pas tenir compte du rapport Entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On r&#233;alloue alors des budgets pour permettre le d&#233;veloppement de services comme les entreprises d'&#233;conomie sociale en aide domestique (EESAD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans plus tard, on doit constater que, comme l'indique Yves Vaillancourt, &#171; il y a entre 20 % et 25 % des EESAD qui ont &#233;largi leurs services pour inclure les services d'assistance &#224; la personne &#187; et qui se substituent ainsi &#224; des emplois du secteur public. De plus, les 6 000 emplois cr&#233;&#233;s, essentiellement f&#233;minins et souvent &#224; temps partiel, sont toujours l&#224;, &#171; mais est-ce des emplois de qualit&#233; ? Non, selon nos observations [&#8230;] Les EESAD ont de la difficult&#233; &#224; fid&#233;liser leur main-d'&#339;uvre. Cela a &#233;videmment des impacts sur la qualit&#233; des services&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les entreprises d'&#233;conomie sociale en aide domestique : un diagnostic. Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#192; ces emplois sous-pay&#233;s s'ajoute le travail b&#233;n&#233;vole d'un grand nombre de personnes, principalement des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travail domestique des femmes en sant&#233; et les r&#233;formes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un contexte de red&#233;finition majeure de l'unit&#233; familiale (divorces, baisse du nombre d'enfants, femmes salari&#233;es) que l'on tente de transf&#233;rer une partie du travail effectu&#233; en institution de sant&#233; vers les &#171; familles &#187; et les &#171; proches aidants &#187;. Ces derniers sont la cible majeure de la Politique de soutien &#224; domicile du Minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux (MSSS), nomm&#233; &lt;i&gt;Chez soi : le premier choix&lt;/i&gt;. On y indique qu'ils et elles &#034;fournissent les trois quarts de l'aide aux personnes ayant une incapacit&#233;. (&#8230;) La grande majorit&#233; des proches-aidants sont des femmes&#034;. En 2006, 64,6 % des heures consacr&#233;es b&#233;n&#233;volement aux soins ou &#224; l'aide aux personnes &#226;g&#233;es, par des personnes y passant plus de 5 heures par semaine, le sont par des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Statistique Canada, Travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, groupes d'&#226;ge et sexe pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire moyen moins &#233;lev&#233; des femmes, les st&#233;r&#233;otypes f&#233;minins (les aidantes &#171; naturelles &#187; disait-on) et le partage in&#233;quitable des t&#226;ches domestiques expliquent en partie que ce soit les femmes qui sont majoritairement responsables de ce travail b&#233;n&#233;vole et peu reconnu socialement. Parmi les cons&#233;quences de cette t&#226;che plus ou moins impos&#233;e, notons l'accaparement constant, le travail routinier d'entretien du malade, l'isolement, la r&#233;duction des activit&#233;s sociales et la r&#233;duction ou la perte d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir ce travail, les moyens sont insuffisants. De l'aide &#224; domicile peut &#234;tre offerte &#224; partir des Centres locaux de services communautaires (CLSC) et des EESAD. Lorsque la perte d'autonomie devient plus importante, les personnes sont dirig&#233;es selon leur probl&#232;me vers les Centre d'h&#233;bergement de soins de longue dur&#233;e (CHSLD) publics, les r&#233;sidences priv&#233;es, dont la qualit&#233; et les co&#251;ts sont variables ou les ressources de type familial (RTF) et les ressources interm&#233;diaires (RI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une perversion des aspirations progressistes et humanistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes en sant&#233; ont une origine contradictoire. Du c&#244;t&#233; gauche, on a remis en question le contr&#244;le des m&#233;decins, la surm&#233;dicamentation et l'institutionnalisation massive et &#224; long terme des personnes en perte d'autonomie tout en d&#233;fendant l'id&#233;e de r&#233;insertion sociale et d'humanisation des soins. Les groupes de femmes et les groupes de d&#233;fense des personnes handicap&#233;es ont jou&#233; &#224; cet &#233;gard un r&#244;le important. Du c&#244;t&#233; droit, on a cherch&#233; &#224; appliquer les politiques n&#233;olib&#233;rales de r&#233;duction de l'&#201;tat social par la privatisation des services publics, entre autres, en s'appuyant sur le b&#233;n&#233;volat principalement f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-financement li&#233; &#224; ces r&#233;formes a men&#233; &#224; une d&#233;gradation de la condition des femmes comme travailleuses du secteur public et communautaire ainsi que comme proches aidantes. En tant que principales responsables de l'utilisation des services de sant&#233; pour les enfants, elles doivent composer avec un allongement des listes d'attente et une croissance des co&#251;ts, qui seront dangereusement augment&#233;s par la tarification pr&#233;vue au budget de 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les plus riches, qui jouissent des baisses d'imp&#244;t &#8211; ce qui est &#224; la base du probl&#232;me &#8211;, peuvent se b&#226;tir un syst&#232;me de sant&#233; priv&#233; parall&#232;le tout en profitant des nouvelles opportunit&#233;s d'investissement offertes par le march&#233; de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme de l'&#233;ducation, int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s et les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite du rapport Parent, le Qu&#233;bec s'est dot&#233; d'un syst&#232;me public d'&#233;ducation qui a permis de combler une bonne partie du retard dans lequel l'&#233;ducation priv&#233;e et cl&#233;ricale l'avait enferm&#233;. Ce nouveau mod&#232;le de formation g&#233;n&#233;rale des jeunes sera remis en question durant les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, les groupes de parents remettent en question les classes sp&#233;ciales pour les &#233;l&#232;ves handicap&#233;s ou en difficult&#233; d'adaptation ou d'apprentissage (HDAA). L'int&#233;gration de ces &#233;l&#232;ves en classe r&#233;guli&#232;re augmente au long les ann&#233;es 1980 et 1990. La politique d'adaptation scolaire, adopt&#233;e en 1999, confirme la priorit&#233; donn&#233;e &#224; l'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; en classe r&#233;guli&#232;re sauf &#171; si cette int&#233;gration constitue une contrainte excessive pour la commission scolaire ou qu'elle porte atteinte de fa&#231;on importante aux droits des autres &#233;l&#232;ves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jocelyn Berthelot (CSQ), Une &#233;cole pour le monde, une &#233;cole pour tout le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, le rapport final des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'&#233;ducation de 1995 synth&#233;tise les critiques de plusieurs acteurs progressistes en r&#233;clamant de &#171; remettre l'&#233;cole sur ses rails en mati&#232;re d'&#233;galit&#233; des chances &#187;. On y d&#233;non&#231;ait que :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;la stratification des lieux scolaires s'est install&#233;e, avec ses pratiques de s&#233;lection, cr&#233;ant sa minorit&#233; d'&#233;lus et son contingent d'exclus [&#8230;] En r&#233;action contre ce qu'il percevait comme la fuite de nombre de ses meilleurs &#233;l&#233;ments, le r&#233;seau public a mis sur pied ses propres fili&#232;res d'&#233;lites [&#8230;] Le r&#233;sultat est alarmant : la classe ordinaire de l'&#233;cole publique croule sous le fardeau p&#233;dagogique que lui imposent nos choix sociaux en mati&#232;re d'&#233;ducation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Berthelot, op.cit., p. 9.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En laissant cette tendance &#224; la privatisation et la stratification s'amplifier, la ministre Pauline Marois entreprend une vaste r&#233;forme mise en place dans un contexte de coupes budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;p&#233;rissement du secteur public et int&#233;gration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupes du d&#233;ficit z&#233;ro ont diminu&#233; les d&#233;penses en &#233;ducation de 12,6 % en faisant passer la d&#233;pense globale en &#233;ducation par rapport au PIB de 8,7 % en 1995 &#224; 7,6 % en 1997. Dans les commissions scolaires, l'action syndicale permet de sauvegarder les 3000 postes enseignants qui devaient &#234;tre abolis en diminuant les conditions salariales et les avantages sociaux. On ne peut par contre &#233;viter une diminution des conditions de travail et une augmentation de la t&#226;che, qui prend entre autres la forme d'une diminution des services aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, des commissions scolaires se donneront des cibles quantitatives d'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s dans les classe r&#233;guli&#232;res, ind&#233;pendamment des capacit&#233;s et besoins des &#233;l&#232;ves et sans &#233;gard aux conditions d'apprentissage de la classe. On se retrouve alors &#224; int&#233;grer des cas toujours plus lourds d'&#233;l&#232;ves en difficult&#233; qui auraient &#233;t&#233; autrement dans des classes sp&#233;ciales, tout en r&#233;duisant les services professionnels et de soutien auxquels ils ont droit. Cette int&#233;gration continue d'augmenter, en passant de 58% &#224; 64% entre 2001-2002 et 2008-2009 alors que sur la m&#234;me p&#233;riode, le nombre d'&#233;l&#232;ve HDAA a subit une augmentation fulgurante de 59% au secondaire et de 20% au primaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daphn&#233;e Dion-Viens, &#171; &#201;l&#232;ves en difficult&#233; : hausse &#034;troublante&#034; du nombre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux d'obtention d'un premier dipl&#244;me au secondaire avant l'&#226;ge de 20 ans, qui &#233;tait en hausse spectaculaire depuis la R&#233;forme Parent. Cette tendance se retourne avec les coupes du d&#233;ficit z&#233;ro en passant de 72,3 % en 1998-99 &#224; 65,8 % en 2002-2003, alors que les &#201;tats g&#233;n&#233;raux visaient 85 % en 2010 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants du primaire et du secondaire, qui sont principalement et de plus en plus des enseignantes, subissent ainsi un alourdissement de leur t&#226;che. Elles se retrouvent trop souvent seules &#224; porter le fardeau de l'int&#233;gration, avec les difficult&#233;s de gestion de classe et les batailles &#224; mener afin d'obtenir des services que cette situation implique. Pour se prot&#233;ger, de plus en plus diminue leur t&#226;che, et leur salaire, lorsque ce n'est pas le burn-out ou carr&#233;ment la d&#233;sertion de la profession, comme le font 20% d'entre elles dans les 5 premi&#232;res ann&#233;es dans les &#233;coles. Comme l'indique les recherches sur les emplois f&#233;minins, &#171; c'est seulement lorsqu'elles ont l'impression de ne plus &#234;tre capables de prendre soin ad&#233;quatement de ceux dont elles de sentent responsable qu'elles risquent l'&#233;puisement professionnel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karen Messing, La sant&#233; des travailleuses, la science est-elle aveugle ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces difficult&#233;s se r&#233;percutent sur les m&#232;res, qui sont dans la famille les premi&#232;res responsables du soutien &#224; l'apprentissage de leur enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatisation et stratification sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Ontario subventionne seulement 1 % des co&#251;ts des &#233;coles priv&#233;es, le Qu&#233;bec en subventionne 60 %, soit pr&#232;s de 400 millions $. De l'ann&#233;e 1999-2000 &#224; 2007-2008, on note une croissance du nombre d'&#233;l&#232;ve au priv&#233; de 15 % au secondaire, le priv&#233; s'accaparant 18,3% des &#233;l&#232;ves, et une croissance de 100 % au primaire, avec 10.3 % des &#233;l&#232;ves au priv&#233; en 2007-2008. La majorit&#233; de ces &#233;coles s&#233;lectionne par les notes ou le portefeuille leurs &#233;l&#232;ves et expulsent ou refusent celles et ceux qui ont des difficult&#233;s, ce qui leur permet de rester en t&#234;te du &#171; palmar&#232;s &#187; annuel de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al. Les parents qui y inscrivent leurs enfants ne b&#233;n&#233;ficierons pas de meilleurs enseignantes, mais &#233;viterons que leurs enfants c&#244;toient des &#233;l&#232;ves provenant des milieux d&#233;favoris&#233;s. Dans certains milieux, le repli sur des &#233;coles religieuses permet un enfermement communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, les &#233;coles publiques multiplient les projets particuliers s&#233;lectifs. Ces projets en art, sport, langue ou au Programme d'&#233;ducation internationale (PEI) sont rarement offerts &#224; tous. On retire plut&#244;t des classes r&#233;guli&#232;res les &#233;l&#232;ves les plus adapt&#233;s &#224; l'&#233;cole. Cet &#233;cr&#233;mage a un effet n&#233;gatif sur l'ensemble des &#233;l&#232;ves, qui ne b&#233;n&#233;ficie plus des avantage d'une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; &#233;quilibr&#233;e (classe comportant des forts, des moyens et des faibles)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p.148-151.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette dynamique d&#233;t&#233;riore les classes r&#233;guli&#232;res, o&#249; l'on extrait les &#233;l&#232;ves les plus adapt&#233;es et l'on ajoute des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s, avec tous ce que &#231;a peut impliquer pour les enseignant-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;forme et perversion des aspirations progressistes et humanistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; en classe r&#233;guli&#232;re est justifi&#233;e par le principe d'&#233;galit&#233; des chances, par l'objectif de favoriser les apprentissages, par l'id&#233;al d'insertion sociale et par l'obligation de respecter les Chartes. Loin de ces objectifs et principes progressistes, les gouvernements n&#233;olib&#233;raux et les administrations scolaires ont favoris&#233; l'int&#233;gration pour faire balancer leur budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application de l'approche par comp&#233;tence (APC) aux commissions scolaires est inspir&#233;e &#224; la fois par le besoin de former de la main-d'&#339;uvre flexible et par la tentative de renouvellement des m&#233;thodes p&#233;dagogiques. L'application concr&#232;te de la r&#233;forme du curriculum, bas&#233;e sur l'APC et le rehaussement des programmes, camouflera par ses principes p&#233;dagogiques les effets n&#233;gatifs de l'int&#233;gration sans ressources. Le principe de &#171; diff&#233;renciation p&#233;dagogique &#187;, appliqu&#233; depuis longtemps par les enseignant-es, est repris par le discours de la R&#233;forme pour indiquer aux enseignantes qu'elles n'ont qu'&#224; adapter leur enseignement pour r&#233;pondre aux besoins particuliers des &#233;l&#232;ves en difficult&#233;, malgr&#233; le manque de temps et de ressources. On leur impute donc enti&#232;rement la responsabilit&#233; d'amener chaque &#233;l&#232;ve au meilleur de ses possibilit&#233;s, peu importe leur contexte d'enseignement et les &#233;carts existant entre les &#233;l&#232;ves du groupe. D'autres mesures associ&#233;es &#224; la R&#233;forme, telles le non-redoublement des &#233;l&#232;ves, permettront de cacher les difficult&#233;s provoqu&#233;es par l'int&#233;gration en masquant leur impact statistique. Les enseignantes se retrouvent alors coinc&#233;es entre une ouverture p&#233;dagogique alternative et une d&#233;gradation de leurs conditions d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une contre-tendance : la petite enfance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines mesures progressistes serons instaur&#233;es avec la R&#233;forme de l'&#233;ducation, telle la maternelle &#224; temps plein &#224; cinq ans, le d&#233;veloppement des services de garde en milieu scolaire ainsi que le r&#233;seau des Centres de la petite enfance (CPE) &#224; cinq puis sept dollars. Les services de garde en milieu familiale, &#224; sept dollars ou non, compl&#232;tent le tableau en offrant des services de qualit&#233; variable par des &#233;ducatrices sous-pay&#233;es. Fruit de la lutte des femmes, ces avanc&#233;es sont aussi pour le gouvernement une politique nataliste, un moyen d'augment&#233; le taux d'activit&#233; des femmes et de ralentir le vieillissement de la population. La lutte pour la syndicalisation des &#233;ducatrices en CPE, puis celle des responsables d'un service de garde en milieu familial, am&#233;liore grandement leurs conditions de travail difficiles. Par contre le gouvernement lib&#233;ral favorise toujours le d&#233;veloppement des garderies priv&#233;es alors que des ministres profitent de la p&#233;nurie au public pour &#171; vendre des places &#187; afin de financer le parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre mesure progressiste majeure des derni&#232;res ann&#233;es est l'adoption, en 2006, du r&#233;gime qu&#233;b&#233;cois d'assurance parentale (RAQP) public pour les salari&#233;s et travailleur-se-s autonome. Cette mesure permet de vivre une maternit&#233; dans de bonne condition et de stimuler l'implication des p&#232;res aupr&#232;s des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour un r&#233;investissement public massif dans les services publics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales, appliqu&#233;es depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, ont provoqu&#233; une polarisation de la richesse et une stagnation des conditions de vie de la majorit&#233; de la population, malgr&#233; la croissance &#233;conomique. Ces politiques ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es aux services publics scolaires et de sant&#233; principalement sous la forme de coupure et de privatisation. Ces mesures se sont combin&#233;es &#224; des r&#233;formes qui ont, directement ou indirectement, justifi&#233;es la r&#233;duction des services sp&#233;cialis&#233;s pour les personnes en difficult&#233;. En combinant l'exploitation capitaliste et l'oppression patriarcale, ces d&#233;cisions ont pes&#233;es principalement sur le dos des femmes, travailleuses ou proche aidantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les coupes des services professionnels aux personnes en difficult&#233; sont en partie pellet&#233;es sur le dos de femmes hors du syst&#232;me public de la sant&#233;, du c&#244;t&#233; de l'&#233;ducation, les cons&#233;quences restent principalement &#224; l'interne, sur les &#233;paules des enseignantes des classes r&#233;guli&#232;res. On note m&#234;me une contre-tendance par l'extension de la prise en charge publique de la petite enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue p&#233;riode de sous-financement, il est donc n&#233;cessaire d'augmenter massivement le financement public dans les services publics, en particulier en sant&#233;, en &#233;ducation et dans la petite enfance. Combin&#233;e &#224; la lutte contre la tarification et la privatisation et pour une fiscalit&#233; plus progressive, cette alternative au budget Bachand de 2010-2011 devrait s'inscrire dans le cadre d'une vaste campagne unissant les mouvements syndicaux, f&#233;ministes et populaires, les groupes de d&#233;fense des personnes avec une incapacit&#233; et la gauche politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;investissement permettrait d'am&#233;liorer les conditions de travail et de vie des travailleuses du secteur public (et communautaire en compl&#233;mentarit&#233;), l'accessibilit&#233; et la qualit&#233; des services offerts &#224; la population, y compris les services &#224; domicile en sant&#233; et l'int&#233;gration des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; dans les classes r&#233;guli&#232;res pour ce qui est des &#233;coles. Ces revendications se doivent d'&#234;tre combin&#233;es avec l'instauration d'une plus forte imposition des entreprises et des particuliers plus riches. Il faudrait y ajouter la diminution de certaines d&#233;penses publiques, en reprenant l'exemple de l'Ontario qui a diminu&#233; les co&#251;ts des m&#233;dicaments et qui n'offre presque pas de financement public aux &#233;coles priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne pourrait ouvrir la porte &#224; relancer certains d&#233;bats, telle l'instauration de m&#233;canismes de d&#233;mocratie participative dans la gestion de l'&#201;tat, la syndicalisation des travailleuses communautaires, le partage des t&#226;ches domestiques et la lutte contre les st&#233;r&#233;otypes sexuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, le Front commun syndical du secteur public, la Coalition contre la tarification et la privatisation et la Marche mondiale des femmes doivent converger dans leur lutte contre le gouvernement Charest tout en construisant une alternative politique de gauche, Qu&#233;bec solidaire (QS), qui puisse reprendre ses revendications et mettre fin &#224; l'alternance n&#233;olib&#233;rale du PLQ-PQ-ADQ&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'indique la F&#233;d&#233;rations des infirmi&#232;res du Qu&#233;bec dans son Sp&#233;cial (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;S&#233;bastien Bouchard, novembre 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version actualis&#233;e d'un texte paru dans &lt;a href=&#034;http://www.cahiersdusocialisme.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme&lt;/a&gt;, no 4. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, entre autres, Elsa Dorlin (dir), &lt;i&gt;Sexe, race, classe, pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination&lt;/i&gt;, Paris, Coll Actuel Marx, PUF, 2009, 313p. &#192; la source de cette r&#233;flexion se trouve les travaux de Friedrich Engels, Auguste Bebel, Clara Zetkin, Alexandra Kollonta&#239;, et plus r&#233;cemment des f&#233;ministes mat&#233;rialistes telles Christine Delphy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ajoutons que les rapports in&#233;gaux de genre et de classe se combinent &#224; l'oppression sp&#233;cifique des femmes racialis&#233;e, qui se retrouvent &#224; effectuer le travail de reproduction sociale le plus sale et invisible (femme de chambre, aide-m&#233;nag&#232;re, etc.), contrairement aux travailleuses blanches, qui se retrouve plut&#244;t dans les emplois avec un contact social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Diane Lamoureux, &#171; Un &#201;tat capitaliste certes, mais &#233;galement sexiste et raciste &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 4 des &lt;i&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut de la statistique du Qu&#233;bec, &lt;i&gt;Donn&#233;es sociales du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, &#233;dition 2009, Chapitre IX. Cit&#233; dans &lt;i&gt;Portrait des femmes en 8 temps&lt;/i&gt;, produit par le Gouvernement du Qu&#233;bec, 3e &#233;dition, f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les d&#233;penses de sant&#233; au Qu&#233;bec : La bataille des chiffres&lt;/i&gt;, M&#233;moire d&#233;pos&#233; &#224; la Commission des affaires sociales par Fran&#231;ois B&#233;land du D&#233;partement d'administration de la sant&#233; Universit&#233; de Montr&#233;al, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nancy Neantam justifie la d&#233;cision de ne pas tenir compte du rapport &lt;i&gt;Entre l'espoir et le doute&lt;/i&gt;, qui fait suite &#224; la Marche, en affirmant qu'il &#171; a mis de l'avant une s&#233;rie de crit&#232;res et de normes, ce qui &#224; mon avis est &#224; l'oppos&#233; de l'entrepreneurship &#187; Gis&#232;le Dussault, &#8220;L'&#233;conomie sociale en chantier, rencontre avec Nancy Neamtam&#8221; dans &lt;i&gt;&#201;conomie locale et territoire&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Avril 1997, vol. 1, n&#176; 3, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les entreprises d'&#233;conomie sociale en aide domestique : un diagnostic. Une entrevue avec Yves Vaillancourt &#187;, &lt;i&gt;Bulletin d'information LAREPPS-ESSBE&lt;/i&gt;, , vol. 2, n&#176; 3, janvier-f&#233;vrier 2010, p.1- 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Statistique Canada, &lt;i&gt;Travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, groupes d'&#226;ge et sexe pour la population de 15 ans et plus, pour le Canada, les provinces, les territoires, les divisions de recensement et les subdivisions de recensement&lt;/i&gt;, Recensement de 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jocelyn Berthelot (CSQ), &lt;i&gt;Une &#233;cole pour le monde, une &#233;cole pour tout le monde&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, VLB &#233;diteur, 2006.p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Berthelot, &lt;i&gt;op.cit.&lt;/i&gt;, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daphn&#233;e Dion-Viens, &#171; &#201;l&#232;ves en difficult&#233; : hausse &#034;troublante&#034; du nombre de cas &#187;, &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, 17 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karen Messing, &lt;i&gt;La sant&#233; des travailleuses, la science est-elle aveugle ?&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;ditions Remue-m&#233;nage, 2000 (1998), p.169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p.148-151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'indique la F&#233;d&#233;rations des infirmi&#232;res du Qu&#233;bec dans son &lt;i&gt;Sp&#233;cial &#233;lection Qu&#233;bec 2008&lt;/i&gt; : &#171; QS est le parti ayant exprim&#233; le mieux sa volont&#233; de pr&#233;server et de d&#233;velopper sans &#233;quivoque le syst&#232;me public de sant&#233;. &#192; l'analyse, il semble de plus en plus difficile de d&#233;partager les orientations du PLQ et du PQ. Tout au plus pouvons-nous affirmer que le PQ n'est pas pr&#234;t &#224; aller aussi rapidement que le PLQ, mais tous les deux vont bel et bien dans la m&#234;me direction : la privatisation du syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux du Qu&#233;bec est &#224; leur menu respectif &#187; (p.7).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu&#233;bec solidaire adopte un programme de d&#233;passement du capitalisme </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quebec-solidaire-adopte-un-programme-de-depassement-du-capitalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Quebec-solidaire-adopte-un-programme-de-depassement-du-capitalisme</guid>
		<dc:date>2011-05-06T01:29:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux, S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 25, 26 et 27 mars dernier s'est tenu le congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire, le plus grand parti de gauche qu'a connu le Qu&#233;bec depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle. Le d&#233;bat, qui a port&#233; sur les questions &#233;cologiques, &#233;conomiques et celles concernant les droits sociaux des travailleuses et des travailleurs a permis d'adopter une orientation de d&#233;passement du capitalisme. &lt;br class='autobr' /&gt; ---- &#192; para&#238;tre dans Inprecor. Configuration politique qu&#233;b&#233;coise &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Qu&#233;bec est la deuxi&#232;me province la plus populeuse du Canada avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quebec-solidaire-76-" rel="directory"&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-solidaire-166-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Politique-quebecoise-215-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L143xH79/arton3176-760b1.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 25, 26 et 27 mars dernier s'est tenu le congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire, le plus grand parti de gauche qu'a connu le Qu&#233;bec depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle. Le d&#233;bat, qui a port&#233; sur les questions &#233;cologiques, &#233;conomiques et celles concernant les droits sociaux des travailleuses et des travailleurs a permis d'adopter une orientation de d&#233;passement du capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#192; para&#238;tre dans &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inprecor&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Configuration politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec est la deuxi&#232;me province la plus populeuse du Canada avec ses 7 millions d'habitants majoritairement francophones. La constitution de l'&#201;tat canadien fait que des secteurs tels l'&#233;ducation et la sant&#233; sont de juridiction provinciale. Au Qu&#233;bec, la question nationale (opposition f&#233;d&#233;ralisme-souverainet&#233;) a structur&#233; la vie politique des 50 derni&#232;res ann&#233;es, mais on assiste &#224; un processus de recomposition politique sur l'axe gauche-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le Parti lib&#233;ral (PLQ) est au pouvoir depuis 2003. C'est un parti f&#233;d&#233;raliste, repr&#233;sentant de la bourgeoisie canadienne et fortement appuy&#233; par les anglophones, et a un fort attrait chez les personnes immigrantes particuli&#232;rement lorsque ces derni&#232;res sont anglicis&#233;es. Discr&#233;dit&#233; par des scandales de corruption, sa principale force reste la faiblesse de ses adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition officielle est form&#233;e par le Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ), n&#233; d'une scission du parti lib&#233;ral en 1967, qui d&#233;fend la souverainet&#233;-association avec l'&#201;tat canadien. Depuis les ann&#233;es 1970, le PQ canalise les mobilisations sociales vers la cause souverainiste. N&#233;olib&#233;ral et ayant remis toute lutte concr&#232;te pour la souverainet&#233; aux calendes grecques, le PQ est dirig&#233; par des membres de la petite et moyenne bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise. La chef actuelle du PQ semble orienter clairement son parti vers la gouvernance provinciale. Plusieurs des anciens leaders du PQ, li&#233;s &#224; des leaders f&#233;d&#233;ralistes, font la promotion du projet n&#233;olib&#233;ral sous l'appellation du groupe des &#171; lucides &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ) est un parti &#171; autonomiste &#187;, c'est-&#224;-dire n&#233;olib&#233;ral et nationaliste sans &#234;tre ind&#233;pendantiste. Ce parti a momentan&#233;ment &#233;t&#233; le premier parti de l'opposition officielle en 2007 apr&#232;s avoir utilis&#233; la question des &#171; accommodements raisonnables &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les accommodements raisonnables sont des mesures adopt&#233;es par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour promouvoir son discours x&#233;nophobe. L'ADQ est pr&#233;sente dans certaines r&#233;gions. Notons que l'on assiste aussi &#224; une mont&#233;e de la droite sous diverses formes, aliment&#233;e par les radios de la droite radicale, les &#171; think tanks &#187; n&#233;olib&#233;raux et favoris&#233;e par la concentration des m&#233;dias dans les deux grands monopoles m&#233;diatiques. Le c&#339;ur de son discours porte sur une phobie de la dette publique, le &#171; choc g&#233;n&#233;rationnel &#187; (legs de la dette et du paiement des retraites) et sur le gaspillage des deniers publics par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Qu&#233;bec solidaire (QS) est un nouveau parti de gauche, que nous d&#233;crirons plus loin. Gauche socialiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gauche socialiste, la section qu&#233;b&#233;coise de la 4e internationale () est au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (GS) est l'un des collectifs (une tendance) reconnus &#224; l'int&#233;rieur de Qu&#233;bec solidaire. Soulignons ici le d&#233;calage historique entre des mouvements sociaux importants et l'absence d'un parti de gauche au Qu&#233;bec depuis la fin de la 2e Guerre mondiale. La croissance des luttes sociales de la p&#233;riode 1995-2005 a permis l'&#233;mergence d'une alternative politique au Parti Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Qu&#233;bec moins touch&#233; par la crise actuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que, sur le plan &#233;conomique, le Qu&#233;bec, soci&#233;t&#233; avec l'&#233;conomie la plus socialis&#233;e d'Am&#233;rique du Nord, a &#233;t&#233; moins touch&#233; par la crise que le reste de l'Occident. En fait, une crise manufacturi&#232;re a d&#233;j&#224; eu lieu avec la hausse du dollar canadien sous l'effet des exportations p&#233;troli&#232;res de l'Alberta. Cette hausse a aussi eu des effets n&#233;gatifs sur l'industrie foresti&#232;re. Durant la p&#233;riode qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la r&#233;cession, le Qu&#233;bec avait d&#233;j&#224; perdu 120 000 emplois, soit presque un sur cinq. La vague de fermetures et de licenciements continue. La crise foresti&#232;re a surtout &#233;t&#233; caus&#233;e par la surexploitation, par l'aplatissement du gouvernement f&#233;d&#233;ral face aux violations &#233;tasuniennes de l'accord de libre-&#233;change et par l'&#233;tat de sous investissement maintenu par les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu, malgr&#233; tout, contraction de l'&#233;conomie et surtout augmentation de l'endettement public, qui reste en de&#231;&#224; de la moyenne de l'OCDE. Les d&#233;ficits sont en partie le r&#233;sultat des subventions vers&#233;es aux industries automobile et financi&#232;re ainsi qu'aux d&#233;penses militaires, pour ce qui est du f&#233;d&#233;ral. Au provincial, un vaste programme de r&#233;novation des infrastructures, principalement autorouti&#232;res, entour&#233; d'un parfum de corruption, a constitu&#233; l'une des principales causes de la croissance de la dette avec les baisses d'imp&#244;t favorisant les plus riches et les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dynamique des mouvements sociaux &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le taux de syndicalisation au Qu&#233;bec est de 40 % et le mouvement syndical est puissant, mais peu combatif, particuli&#232;rement depuis les d&#233;faites de 2003 (loi anti-syndicale) et 2005 (d&#233;cret imposant les conditions de travail des employ&#233;s et employ&#233;es de l'&#201;tat). Les directions soutiennent plus ou moins formellement le Parti qu&#233;b&#233;cois et son pendant au f&#233;d&#233;ral, le Bloc qu&#233;b&#233;cois. Elles refusent de donner leur appui &#224; la construction d'un parti de gauche et pr&#244;nent la concertation nationale et locale avec l'&#201;tat et le patronat. La principale centrale, la FTQ, qui rassemble 500 000 travailleurs et travailleuses, poss&#232;de un &#233;norme fonds de pension sp&#233;culatif g&#233;r&#233; par une arm&#233;e de vendeurs de produits financiers. Cette situation pousse la principale organisation du mouvement social qu&#233;b&#233;cois &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts rentiers de la bourgeoisie financi&#232;re et &#224; d&#233;pendre des avantages fiscaux octroy&#233;s par le gouvernement au Fonds, sans parler de rapports douteux entre certains responsables syndicaux et des &#233;l&#233;ments du monde interlope. Finalement, les syndicats des services publics, malgr&#233; un cadre strat&#233;gique privil&#233;giant la n&#233;gociation &#224; la gr&#232;ve, ont pu limiter les reculs dans leur derni&#232;re convention collective, compar&#233;e aux pr&#233;c&#233;dentes, principalement gr&#226;ce &#224; un gouvernement lib&#233;ral discr&#233;dit&#233; par la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le mouvement des femmes a &#233;t&#233; particuli&#232;rement organis&#233; et combattif depuis les ann&#233;es 1970. R&#233;cemment, le mouvement des femmes a organis&#233; une grande mobilisation de 30 000 femmes dans le cadre de la 3e Marche mondiale &#224; l'automne 2010. On y proposait une certaine radicalisation des revendications et des actions, mais sans permettre &#224; cette mobilisation d'influencer r&#233;ellement la conjoncture. Une s&#233;rie de groupes populaires m&#232;nent des luttes sur les questions sociales (droit au logement, lutte &#224; la pauvret&#233;, &#233;ducation populaire, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; lui, le mouvement &#233;tudiant est divis&#233;, mais a d&#233;montr&#233; sa capacit&#233; de mobilisation dans les 20 derni&#232;res ann&#233;es, particuli&#232;rement avec les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales victorieuses de 1996 et 2005. Par ailleurs, on assiste &#224; une s&#233;rie de mobilisations &#233;cologistes depuis 2003 qui ont permis l'abandon de la construction d'une centrale &#233;lectrique au gaz, le d&#233;veloppement de l'&#233;nergie &#233;olienne et pr&#233;sentement la remise en question des projets d'exploitation gazi&#232;re (gaz de schiste) et p&#233;troli&#232;re. Cette mobilisation est en grande partie citoyenne et r&#233;gionale, dans le sens o&#249;, malgr&#233; des &#233;l&#233;ments de coordination nationaux, elle &#233;merge principalement de personnes initialement non organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive n&#233;olib&#233;rale prend principalement la forme de coupes budg&#233;taires et de tarification des services publics. Les groupes populaires et f&#233;ministes ainsi que la gauche &#233;tudiante et syndicale ont constitu&#233; une Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et la privatisation des services publics. En refusant d'adh&#233;rer &#224; cette coalition, les grandes centrales syndicales et &#233;tudiantes ont cr&#233;&#233; l'Alliance sociale, qui mise davantage sur la concertation et un discours &#171; raisonnable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La construction de la gauche politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1994, deux processus de fusion de partis politiques de gauche ont permis d'unir la majorit&#233; de la gauche du mouvement syndical, &#233;tudiant, populaire et f&#233;ministe et des groupes politiques de gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Naissance d'un nouveau parti de gauche : Qu&#233;bec solidaire &#187;, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu&#233;bec solidaire est l'aboutissement de ce processus de convergence. Gauche socialiste (GS), la section de la IVe internationale, a &#233;t&#233; partie prenante de ce processus d&#232;s le d&#233;but. GS est aujourd'hui un collectif (une tendance) reconnue &#224; l'int&#233;rieur de Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections de 2008, ce parti nomm&#233; Qu&#233;bec solidaire a r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire un d&#233;put&#233;, Amir Khadir, qui a &#233;t&#233; reconnu comme &#233;tant la personnalit&#233; politique qu&#233;b&#233;coise la plus appr&#233;ci&#233;e de la population. Les sondages indiquent une croissance constante des intentions de vote, qui oscillent pr&#233;sentement entre 9 et 15 %, ce qui surestime tout de m&#234;me le vote r&#233;el (4 % en 2008) qui est confront&#233; &#224; la logique du &#171; vote utile &#187; du syst&#232;me britannique (uninominal &#224; un tour).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire est un parti de gauche, &#233;cologiste et f&#233;ministe. L'ensemble de ses structures doit &#234;tre paritaire hommes-femmes, incluant les porte-parole nationaux et r&#233;gionaux. Il existe une dizaine de collectifs en son sein, dont Gauche socialiste, mais la grande majorit&#233; des membres n'est pas li&#233;e &#224; ces collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plate-forme adopt&#233;e lors des deux &#233;lections auxquelles le parti a particip&#233; propose une s&#233;rie de r&#233;formes sociales et &#233;conomiques bas&#233;e sur une fiscalit&#233; plus progressiste, le r&#233;investissement dans les services publics et les programmes sociaux et &#233;cologiques et des nationalisations limit&#233;es (&#233;nergie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un processus original et d&#233;mocratique a &#233;t&#233; mis en place pour l'adoption du programme. &#201;tal&#233; sur plusieurs ann&#233;es, il traitera successivement de cinq th&#232;mes diff&#233;rents : &lt;br class='autobr' /&gt;
1- Question nationale, autochtone, immigrante et la&#239;cit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
2- &#201;conomie et &#233;cologie &lt;br class='autobr' /&gt;
3- &#201;ducation, sant&#233; et justice sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
4- F&#233;minisme &lt;br class='autobr' /&gt;
5- Alter mondialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ces th&#232;mes suit les m&#234;mes &#233;tapes. On d&#233;bute par des &#171; cercles citoyens &#187; ouverts aux non-membres qui discutent ouvertement de th&#232;mes choisis, en lien avec les questions pr&#233;&#233;tablies dans un cahier de participation. Une synth&#232;se de ces cercles est ensuite &#233;tablie nationalement, puis relanc&#233;e dans les associations locales, qui peuvent proposer des modifications &#224; cette synth&#232;se. Ces amendements sont enfin d&#233;battus et vot&#233;s en congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier congr&#232;s programmatique a eu lieu &#224; l'automne 2009. L'orientation principale adopt&#233;e a fait de QS un parti ind&#233;pendantiste, qui mettra sur pied, s'il est &#233;lu, une assembl&#233;e constituante, dont les r&#233;sultats seront soumis &#224; un r&#233;f&#233;rendum qui pourrait d&#233;clarer l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Ce congr&#232;s s'est aussi pench&#233; sur l'&#233;pineuse question de la la&#239;cit&#233;. La position adopt&#233;e reprend la r&#233;flexion de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec et propose une &#171; ouverture &#187; au port des signes ostentatoires (foulard islamique notamment) en indiquant que c'est en incluant les femmes que l'on peut permettre de quitter les ghettos des communaut&#233;s. A aussi &#233;t&#233; clarifi&#233; notre appui &#224; l'autod&#233;termination des peuples autochtones, qui repr&#233;sentent 2 % de la population, mais qui sont majoritaires sur des grands pans du territoire o&#249; ils vivent dans des conditions socio-sanitaires tr&#232;s difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN CONGR&#200;S SUR L'&#201;CONOMIE, L'&#201;COLOGIE ET LES DROITS SOCIAUX DES TRAVAILLEUSES ET DES TRAVAILLEURS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 6e congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire s'est tenu les 25, 26 et 27 mars derniers &#224; Montr&#233;al. 350 personnes d&#233;l&#233;gu&#233;es ont d&#233;battu d'un grand nombre de propositions sur l'&#233;conomie, l'&#233;cologie et le travail qui vont constituer des pans essentiels de son programme politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; son 5e congr&#232;s, en novembre 2009, Qu&#233;bec solidaire a d&#233;fini non seulement une orientation clairement ind&#233;pendantiste, mais il a adopt&#233; une strat&#233;gie d&#233;mocratique d'accession &#224; la souverainet&#233;, la perspective d'assembl&#233;e constituante. Ce congr&#232;s a commenc&#233; &#224; esquisser les r&#233;formes d&#233;mocratiques des institutions repr&#233;sentatives (mode de scrutin) et a d&#233;fini la place des r&#233;gions. Ce 5e congr&#232;s a &#233;galement d&#233;fini l'&#201;tat du Qu&#233;bec comme &#233;tant un &#201;tat la&#239;c et d&#233;mocratique, a pr&#233;cis&#233; les conditions d'int&#233;gration des communaut&#233;s ethnoculturelles et les rapports &#233;galitaires que nous devrons &#233;tablir avec les Premi&#232;res nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6e congr&#232;s a continu&#233; &#224; d&#233;finir la physionomie politique de Qu&#233;bec solidaire autour des grandes orientations suivantes : &lt;br class='autobr' /&gt;
la d&#233;mocratie doit aussi &#234;tre une d&#233;mocratie &#233;conomique&lt;br class='autobr' /&gt;
une vision &#233;cologiste qui d&#233;passe les limites du capitalisme vert &lt;br class='autobr' /&gt;
une volont&#233; de d&#233;fendre et d'&#233;largir radicalement les droits des travailleurs et des travailleuses &lt;br class='autobr' /&gt;
le caract&#232;re transversal de la lutte f&#233;ministe pour l'&#233;galit&#233; des femmes dans tous les domaines et dans toutes les dimensions de la vie &#233;conomique, sociale et politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voulons illustrer ici davantage l'esprit que la lettre des orientations adopt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;conomie doit aussi &#234;tre d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie ne saurait s'arr&#234;ter aux portes des entreprises. Comment parler de d&#233;mocratie si les citoyens et les citoyennes n'ont rien &#224; dire sur les choix &#233;conomiques fondamentaux de la soci&#233;t&#233; ? C'est pourquoi Qu&#233;bec solidaire entend, &#224; terme, d&#233;passer le capitalisme et mettre en place un syst&#232;me &#233;conomique et politique favorisant le bien commun et ne faisant pas de la croissance une fin en soi. Qu&#233;bec solidaire favorise une &#233;conomie publique forte, mais soutient le d&#233;veloppement d'une &#233;conomie sociale (coop&#233;rative, communautaire, entreprise sociale) tout en maintenant la place du secteur priv&#233; qu'il s'agira de baliser. Les nationalisations ne se feront pas sous un mode bureaucratique, mais s'inspireront d'un mode de gestion d&#233;mocratique. L'industrie mini&#232;re doit &#234;tre plac&#233;e sous contr&#244;le public avec participation majoritaire de l'&#201;tat. Bref, en ce qui concerne les ressources naturelles, Qu&#233;bec solidaire veut mettre fin au pillage des ressources par les multinationales et rendre &#224; la collectivit&#233; sa capacit&#233; d'en ma&#238;triser le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une orientation &#233;cologiste qui d&#233;passe les limites d'un capitalisme vert&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire d&#233;fend la souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec. Le secteur &#233;nerg&#233;tique doit &#234;tre pris en charge par le secteur public. Qu&#233;bec solidaire vise &#224; permettre la transition vers un autre syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique qui doit comprendre en priorit&#233; les &#233;conomies d'&#233;nergie et les &#233;nergies renouvelables. C'est pourquoi Qu&#233;bec solidaire mettra fin &#224; l'exploration et &#224; la mise en exploitation d'&#233;nergies fossiles telles que le p&#233;trole du golfe Saint-Laurent et les gaz de schiste. Il &#233;liminera &#233;galement la fili&#232;re nucl&#233;aire et en finira avec l'exploration et l'exploitation de mines d'uranium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie &#233;nerg&#233;tique de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois doit &#234;tre d&#233;mocratiquement &#233;tablie par la collectivit&#233;, au sein de laquelle les salari&#233;s et salari&#233;es des secteurs concern&#233;s auront leur mot &#224; dire. Qu&#233;bec solidaire pr&#233;conise de r&#233;duire, d'ici 2020, d'au moins 40 % les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) par rapport &#224; 1990 et de mettre en place une strat&#233;gie pour abandonner les &#233;nergies fossiles d'ici 2030. Qu&#233;bec solidaire, en rupture avec les perspectives d&#233;fendues par le capitalisme vert, s'oppose aux bourses du carbone, rejette les fausses solutions comme les agrocarburants ou le stockage du carbone et les taxes sur le carbone qui frappent surtout les pauvres. Les entreprises du domaine de l'&#233;nergie seront plac&#233;es sous contr&#244;le public (participation majoritaire de l'&#201;tat), incluant au besoin la nationalisation compl&#232;te &#224; 100 %.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#233;largissement radical des droits des travailleurs et des travailleuses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s a adopt&#233; une s&#233;rie d'orientations concernant les droits syndicaux et la d&#233;mocratisation de milieux de travail qui permettront d'am&#233;liorer radicalement le rapport de force des travailleuses et travailleurs face au patronat. Qu&#233;bec solidaire se d&#233;finit ainsi comme un alli&#233; ind&#233;fectible des classes ouvri&#232;res et populaires. Le droit de gr&#232;ve sera reconnu dans la Charte des droits et libert&#233;s. Le droit de gr&#232;ve politique et de solidarit&#233; sera &#233;galement reconnu. Les lock-out seront interdits. D'autres mesures permettront d'&#233;tendre l'&#233;quit&#233; salariale &#224; tous les milieux de travail et d'en finir avec les ghettos d'emplois. Pour Qu&#233;bec solidaire, la notion de travail doit inclure le travail non r&#233;mun&#233;r&#233; essentiel &#224; l'existence de la soci&#233;t&#233;, travail invisible qui est le plus souvent le lot des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire d&#233;fendra une politique de plein emploi active et efficace comportant des mesures d'action positives pour les femmes, les personnes handicap&#233;es, les minorit&#233;s visibles et les Autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire minimum sera hauss&#233; substantiellement. Le recours patronal au travail &#224; temps partiel involontaire sera strictement limit&#233; et le droit au passage &#224; un emploi &#224; temps plein d&#232;s que possible sera assur&#233;. La semaine de travail sera r&#233;duite &#224; 35 heures pour la ramener ensuite &#224; 32 heures avec possibilit&#233; alternative de prolonger les vacances. Le tout sans perte de r&#233;mun&#233;ration, avec embauche proportionnelle, sans intensification du travail et avec durcissement des conditions de recours aux heures suppl&#233;mentaires dans toutes les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le caract&#232;re transversal de la lutte pour l'&#233;galit&#233; des femmes &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s a reconnu que le travail souvent invisible des femmes, r&#233;mun&#233;r&#233; ou non, fait partie int&#233;grante de l'&#233;conomie. Dans la discussion sur les droits des travailleurs et des travailleuses, la n&#233;cessit&#233; de mesures favorisant l'&#233;galit&#233; des femmes et des hommes dans le travail a &#233;t&#233; constamment rappel&#233;e et soutenue par les personnes d&#233;l&#233;gu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La strat&#233;gie de construction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition du programme qui a &#233;t&#233; adopt&#233; incluait la notion de strat&#233;gie. Ainsi, le programme ne se limite pas aux fins, au &#171; projet de soci&#233;t&#233; &#187; souhait&#233;. Il pr&#233;sente des moyens n&#233;cessaires &#224; sa r&#233;alisation. Le congr&#232;s a permis de donner certaines pr&#233;cisions &#224; ce sujet et ainsi consolider la vision de &#171; parti des urnes et le parti de la rue &#187;, ce qui inclut la question du lien avec les mouvements sociaux. Ainsi, dans le cadre des orientations prises sur la question &#233;cologique, nous avons pr&#233;cis&#233; qu'il fallait participer au mouvement populaire international, qui lie climat et justice sociale, et s'inspirer de ses recommandations. Il faut s'associer &#224; toute la gamme des mouvements sociaux et politiques dans une campagne militante pour la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des d&#233;bats qui, sans tout r&#233;gler, font avancer Qu&#233;bec solidaire dans la d&#233;finition de son projet de soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire a fait le choix de d&#233;battre sur des orientations non &#224; partir de d&#233;finitions largement id&#233;ologiques, mais davantage &#224; partir de propositions d'action visant &#224; atteindre des objectifs pr&#233;cis. Ce choix ne cherchait nullement &#224; construire des consensus artificiels. Il visait plut&#244;t &#224; permettre des d&#233;bats concrets reposant sur des &#233;valuations de situations probl&#233;matiques et l'utilisation des possibles que ces derni&#232;res rec&#232;lent. Ce fut un bon choix. Au lieu d'exacerber les nuances ou les divergences, cette approche a permis d'esquisser les t&#226;ches essentielles qui sont devant nous, sans faire dispara&#238;tre la diversit&#233; des objectifs et des strat&#233;gies pr&#233;sente dans cette volont&#233; de transformation sociale qui unifie Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait d'en rester &#224; l'essentiel, de se contenter d'analyses souvent rapides et de ne pas expliciter suffisamment les obstacles qui se dressent face aux objectifs que se fixe Qu&#233;bec solidaire, a conduit le congr&#232;s &#224; laisser dans l'ombre nombre de questions que le parti ne pourra pas toujours esquiver. Cette approche des d&#233;bats devra &#234;tre modul&#233;e de fa&#231;on &#224; expliciter davantage pour l'ensemble des membres du parti les tenants et les aboutissants tant des analyses qui soutiennent les propositions mises de l'avant que les strat&#233;gies qu'il sera n&#233;cessaire de d&#233;ployer pour parvenir aux buts que le parti se fixe. Elle devra &#234;tre corrig&#233;e pour donner plus de temps aux &#233;changes et &#224; l'appropriation de d&#233;bats qui ne sont pas toujours faciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut souligner, enfin, que le respect dans les d&#233;bats qui a caract&#233;ris&#233; l'ensemble du congr&#232;s sans exception, cela a d&#233;montr&#233; que la volont&#233; proclam&#233;e par Qu&#233;bec solidaire de faire de la politique autrement n'est pas une formule vaine. Il a &#233;galement permis de renforcer la coh&#233;rence d'un parti qui a de nombreux d&#233;fis &#224; relever, mais qui fait de plus en plus la preuve qu'il se construit comme un instrument essentiel d'un projet &#233;mancipateur emballant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les accommodements raisonnables sont des mesures adopt&#233;es par les institutions pour faire respecter les droits de certaines minorit&#233;s ayant des besoins particuliers. Principalement appliqu&#233;es aux personnes handicap&#233;es, certaines mesures appliqu&#233;es aux minorit&#233;s religieuses d&#233;fraient la manchette depuis plusieurs ann&#233;es : port du kirpan (poignard sikh) dans les &#233;coles, remise en question de l'arbre de No&#235;l, espaces de pri&#232;re dans les lieux de travail et lieux publics et bien s&#251;r, le port du voile islamique dans la fonction publique et les &#233;coles. Ces mesures, fortement m&#233;diatis&#233;es, ont &#233;t&#233; le terreau d'un discours x&#233;nophobe, parfois assimil&#233; &#224; un discours la&#239;ciste ou f&#233;ministe, parfois directement r&#233;actionnaire, appelant aux &#171; valeurs de la nation canadienne-fran&#231;aise &#187;. Une vaste commission itin&#233;rante a fait le tour du Qu&#233;bec, permettant entre autres de diffuser un discours x&#233;nophobe sinon raciste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gauche socialiste, la section qu&#233;b&#233;coise de la 4e internationale (&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lagauche.com&lt;/a&gt;) est au c&#339;ur du processus d'unification de la gauche au Qu&#233;bec depuis ses d&#233;buts. Nous sommes aussi pr&#233;sents dans les luttes sociales et impliqu&#233;s dans l'un des principaux sites Internet alternatifs : Presse-toi &#224; gauche : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.pressegauche.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Naissance d'un nouveau parti de gauche : Qu&#233;bec solidaire &#187;, dans Inprecor de mars-avril 2006. Voir aussi le site &lt;a href=&#034;http://www.quebecsolidaire.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.quebecsolidaire.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;flexions sur le mouvement syndical et la crise</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Reflexions-sur-le-mouvement-syndical-et-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Reflexions-sur-le-mouvement-syndical-et-la-crise</guid>
		<dc:date>2009-12-12T19:48:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le deuxi&#232;me num&#233;ro des Nouveaux cahiers du socialisme &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise financi&#232;re et &#233;conomique actuelle a sans contredit des r&#233;percussions sur les travailleuses et travailleurs qu&#233;b&#233;cois et sur les organisations qui les repr&#233;sentent. Les pertes d'emplois et le renouveau des d&#233;ficits publics posent un d&#233;fi particulier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment le mouvement syndical peut il r&#233;pondre aux al&#233;as de cette crise ? Le mouvement syndical peut-il contrer par son action les impacts des politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le deuxi&#232;me num&#233;ro des Nouveaux cahiers du socialisme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise financi&#232;re et &#233;conomique actuelle a sans contredit des r&#233;percussions sur les travailleuses et travailleurs qu&#233;b&#233;cois et sur les organisations qui les repr&#233;sentent. Les pertes d'emplois et le renouveau des d&#233;ficits publics posent un d&#233;fi particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le mouvement syndical peut il r&#233;pondre aux al&#233;as de cette crise ? Le mouvement syndical peut-il contrer par son action les impacts des politiques n&#233;olib&#233;rales et de la financiarisation de l'&#233;conomie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s une description comment&#233;e de l'&#233;volution du mouvement syndical&lt;br class='autobr' /&gt;
qu&#233;b&#233;cois durant les derni&#232;res ann&#233;es, nous nous pencherons sur sa dynamique actuelle et ses perspectives d'action. Nous terminerons par une analyse de certaines faiblesses structurelles qui le limitent dans sa capacit&#233; de r&#233;action &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir le fichier joint en pdf pour t&#233;l&#233;charger l'article au complet !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Occident et l'islamisme</title>
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		<dc:date>2009-02-07T05:48:27Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG mardi 3 f&#233;vrier 2009, par S&#233;bastien Bouchard ______________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Le discours m&#233;diatique dominant, inspir&#233; des positions du gouvernement &#233;tasunien, sugg&#232;re que les puissances occidentales luttent pr&#233;sentement contre l'islamisme et pour la d&#233;mocratie. L'&#233;preuve des faits d&#233;montre pourtant que les politiques imp&#233;rialistes actuelles du Canada et de ses alli&#233;s vont dans le sens d'un soutien aux dictatures des pays musulmans, elles nuisent &#224; la construction de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Societe-" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 3 f&#233;vrier 2009, par S&#233;bastien Bouchard&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le discours m&#233;diatique dominant, inspir&#233; des positions du gouvernement &#233;tasunien, sugg&#232;re que les puissances occidentales luttent pr&#233;sentement contre l'islamisme et pour la d&#233;mocratie. L'&#233;preuve des faits d&#233;montre pourtant que les politiques imp&#233;rialistes actuelles du Canada et de ses alli&#233;s vont dans le sens d'un soutien aux dictatures des pays musulmans, elles nuisent &#224; la construction de la d&#233;mocratie et elles alimentent le fondamentalisme islamique [1].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Le soutien de l'occident aux islamistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est fascinant de constater le silence au sujet du soutien de l'Occident aux dictatures islamistes depuis 50 ans. On parle ici de monarchies p&#233;troli&#232;res tels l'Arabie Saoudite, le Kowe&#239;t, le Bahre&#239;n, le Qatar et les &#201;mirats Arabes Unis. Ces alli&#233;s de l'Occident sont les principaux financeurs des organisations islamistes partout dans le monde musulman. Leur impact est particuli&#232;rement puissant lorsqu'on sait que les Plans d'Ajustement Structurel du Fonds Mon&#233;taire International FMI (contr&#244;l&#233; par Washington) ont d&#233;truit les services publics des pays pauvres (au profit des banques du Nord). La sant&#233;, l'&#233;ducation et l'aide aux pauvres est donc reprise par les organisations islamistes qui sont financ&#233;es par les alli&#233;s de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi int&#233;ressant de se rappeler que les terroristes du 11 septembre provenaient de l'Arabie Saoudite, le plus ancien alli&#233; des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion. Ce sympathique pays propose &#224; ses habitants de battre les femmes qui ne sont pas voil&#233;es ou qui osent sortir de la maison sans &#234;tre accompagn&#233;es par un homme de leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons aussi que l'invasion de l'Irak par les &#201;tats-Unis a d&#233;capit&#233; une dictature la&#239;que pour le remplacer par une majorit&#233; d'&#233;lus int&#233;gristes chiites. En Afghanistan, l'invasion occidentale a bien repouss&#233; le gouvernement des Talibans sans d&#233;truire ce mouvement qui se construit, entre autres, en ralliant les opposants &#224; l'occupation. Il faut surtout noter que l'arm&#233;e canadienne prot&#232;ge des seigneurs de la guerre qui sont aussi des religieux conservateurs qui rejettent la majeure partie des droits des femmes tout en se finan&#231;ant par le trafic d'opium (h&#233;ro&#239;ne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le r&#233;gime soudanais, qui massacre pr&#233;sentement les populations du Darfour, a &#233;t&#233; soutenu par la multinationale p&#233;troli&#232;re de l'Alberta Talisman qui y avait des investissements dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oubli&#233; non plus que les &#201;tats-Unis ont directement financ&#233; et arm&#233; des groupes islamistes contre l'ennemi principal qu'&#233;tait l'URSS et qu'est aujourd'hui la Russie et la Chine. Notons le soutien de la CIA aux moudjahidines afghans durant les ann&#233;es 1980, dont certains sont les anc&#234;tres des Talibans, le soutien &#224; l'UCK du Kossovo durant les ann&#233;es 1990 et le soutien aux groupes Tch&#233;tch&#232;nes islamistes actuellement. Ce que les m&#233;dias semblent avoir oubli&#233;, c'est aussi que l'Iran islamiste a &#233;t&#233; arm&#233; par les &#201;tats-Unis durant les ann&#233;es 1980, ce qui fut d&#233;voil&#233; dans le cadre du c&#233;l&#232;bre Irangate. En effet, des membres de l'administration Reagan ont vendu des armes &#224; l'Iran de l'ayatollah Khomeiny afin de financer les Contras, un mouvement terroriste de lutte contre le gouvernement de gauche sandiniste du Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le soutien de l'occident aux dictatures arabes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On maintient aussi le silence sur l'appui de l'Occident aux dictatures de pays tels le Maroc, l'Alg&#233;rie, la Tunisie, l'&#201;gypte, la Jordanie et le Pakistan de Muscharaf. Pourtant, la r&#233;pression de ces r&#233;gimes autoritaires et corrompus et leur collaboration avec les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l nourrissent la mont&#233;e de l'islamisme. La participation actuelle de la dictature &#233;gyptienne au blocus contre Gaza, qui menace la vie de 1,5 millions de Palestiniens et Palestiniennes, ne peut que provoquer une mont&#233;e de l'islamisme dans ce pays de 75 millions d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de l'Occident qui veut imposer la d&#233;mocratie partout, mais qui ne reconnait pas les r&#233;sultats lorsque les &#233;lus sont critiques de l'Occident. Ainsi, plusieurs pays arabes ont &#233;lus une majorit&#233; ou une forte minorit&#233; islamistes (Palestine, Liban, Irak) et ont aussit&#244;t &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s par les puissances occidentales comme terroristes, sinon r&#233;prim&#233;s par les dictatures (Alg&#233;rie, &#201;gypte). En fait, la position occidentale est claire, nous voulons que vous soyez d&#233;mocratiques mais nous ne vous laisserons pas &#233;lire le gouvernement que vous souhaitez, mais celui que nous souhaitons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Le d&#233;sint&#233;ressement de l'Occident face au mouvement d&#233;mocratique&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ne s'int&#233;ressent pas non plus aux partis politiques d&#233;mocratiques nationalistes et socialistes du monde arabe qui ont &#233;t&#233; d&#233;truits par la complicit&#233; de l'Occident. Encore aujourd'hui, les mouvements sociaux progressistes et la&#239;cs des pays du Maghreb et du Grand Moyen-Orient (groupes populaires, groupes de femmes, groupes pour les droits humains, etc.), sont r&#233;prim&#233;s par les dictatures (islamistes ou non) alli&#233;es de l'Occident. Le probl&#232;me avec ces groupes, c'est que leur combat pour la justice les am&#232;ne &#224; d&#233;noncer des r&#233;gimes pro-occidental et &#224; rejeter les politiques imp&#233;rialistes des pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le soutien &#224; l'arm&#233;e qui terrorise la r&#233;gion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre Isra&#235;l et les Palestiniens est pr&#233;sent&#233; comme la guerre d'un pays d&#233;mocratique contre la dictature islamiste du Hamas. Il s'agit pourtant d'une des arm&#233;e les plus puissante de la plan&#232;te qui occupe militairement un pays sans arm&#233;e, qui affame sa population, qui les emmures litt&#233;ralement, qui vole leurs terres par l'&#233;tablissement de colonies et ne leur permet aucun avenir, et ce, depuis trois g&#233;n&#233;rations. L'agression de l'arm&#233;e isra&#233;lienne dans toute la r&#233;gion ne fait pas que des victimes chez les populations civiles arabes, mais aussi chez les civils isra&#233;liens qui se retrouvent menac&#233;s par la r&#233;sistance de leurs voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance l&#233;gitime palestinienne contre la &#171; puissance occupante &#187;, comme l'ONU qualifie Isra&#235;l, &#233;tait la&#239;que pendant 40 ans sous Yasser Arafat. L'arm&#233;e isra&#233;lienne, appuy&#233;e par l'Occident, a attaqu&#233; ce mouvement la&#239;c et soutenu le Hamas, n&#233; en 1987, pour diviser la r&#233;sistance palestinienne et faire d&#233;railler les n&#233;gociation de pays [2]. Quinze ans plus tard, le Hamas, groupe islamiste, a &#233;t&#233; &#233;lu d&#233;mocratiquement. Tous les gouvernements Occidentaux, qui r&#233;clamaient des &#233;lections libres, ont bloqu&#233; l'aide qui permettait aux palestiniens de survivre parce qu'ils n'avaient pas vot&#233; pour le bon parti. Cette attitude et le carnage actuel contre Gaza ne font que renforcer le pouvoir du Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aussi le cas du Liban. Les massacres de l'arm&#233;e isra&#233;lienne et de ses alli&#233;s au sud du Liban au d&#233;but des ann&#233;es 1980 ont provoqu&#233; la naissance du Hezbollah. L'invasion isra&#233;lienne de 2005, qui &#233;tait suppos&#233;e d&#233;truire le Hezbollah, a consolid&#233; ce parti islamiste (d&#233;mocratiquement &#233;lu) qui est m&#234;me support&#233; aujourd'hui par une partie importante des chr&#233;tiens du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne pas cacher la v&#233;rit&#233; et oser la justice et la paix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici les principales v&#233;rit&#233;s que les gouvernements occidentaux et les commentateurs &#171; neutres et objectifs &#187; des m&#233;dias &#171; oublient &#187; continuellement. Il est beaucoup plus facile de reprendre le discours du Pentagone sur le terroriste islamique qui menace la d&#233;mocratie occidentale et qui &#171; nous force &#187; &#224; envahir ces pays ou supporter ceux qui le font &#224; notre place. Les morts civils faits l&#224;-bas ne seront jamais que des dommages collat&#233;raux ou mieux, des boucliers humains que l'on &#233;tait oblig&#233; d'assassiner pour atteindre les terroristes. Et surtout, il ne faut pas rappeler que plus de 80% des r&#233;serves de p&#233;trole de la plan&#232;te sont dans des pays musulmans alors que selon de Global fortune 500 de Forbes de 2007, 5 des 10 entreprises les plus puissante du monde sont des p&#233;troli&#232;res occidentales (ExxonMobil, Royal Dutch Shell, BP, Chevron et Total). La haine de l'islam entretenue par les m&#233;dias n'a d'&#233;quivalent que la volont&#233; de ceux qui dominent la plan&#232;te de garder le contr&#244;le sur l'or noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une position de gauche coh&#233;rente doit &#224; la fois d&#233;noncer les r&#233;gimes iraniens et les Talibans, tous comme les int&#233;gristes &#233;vang&#233;listes &#224; Washington, les colons int&#233;gristes juifs en Cisjordanie et les int&#233;gristes catholiques au Vatican. Le seul moyen de combattre l'int&#233;grisme islamique au grand Moyen-Orient et au Maghreb est d'assurer la justice dans cette r&#233;gion. Tout d'abord, il faut que le Canada et l'Occident cessent de soutenir les dictatures arabes et les r&#233;gimes islamistes. Il faut aussi soutenir les initiatives de solidarit&#233; internationale qui visent &#224; aider les mouvements sociaux d&#233;mocratiques dans ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que, dans un grand nombre de pays comme au Br&#233;sil, au Chili et en Serbie, ce ne sont pas des invasions militaires mais bien des mobilisations populaires qui ont renvers&#233; des dictatures. Enfin, il faut forcer le gouvernement Isra&#233;lien &#224; respecter les r&#233;solutions de l'ONU qui la concerne (arr&#234;t de l'occupation, respect des fronti&#232;res de 1967, J&#233;rusalem comme capitale Palestinienne, destruction du mur isra&#233;lien en Palestine, droit de retour ou compensation des r&#233;fugier palestiniens, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice, c'est la seule fa&#231;on de vaincre le terrorisme, de prot&#233;ger la population isra&#233;lienne et respecter nos soldats envoy&#233;s dans des guerres qui ne font que construire ceux que l'on veut combattre.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bouchard, militant altermondialiste et anti-militariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir entre autres &#224; ce sujet les sites : &lt;a href=&#034;http://www.mondialisation.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mondialisation.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Le fondamentalisme islamique, islamisme ou int&#233;grisme islamique est un courant politique r&#233;actionnaire qui vise la prise de pouvoir pour imposer la Charia, la loi islamique. Il faut ici &#233;viter la confusion avec l'adjectif islamique, qui est un &#233;quivalent de musulman et fait donc r&#233;f&#233;rence &#224; la religion pratiqu&#233;e par un milliard et demi de personne, et non au courant politique islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir &#224; ce sujet &#171; Hamas, le produit du Mossad &#187;, dans L'Humanit&#233; du 14 d&#233;cembre 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire et recomposition actuelle de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Histoire-et-recomposition-actuelle-de-la-gauche-politique-quebecoise-709</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Histoire-et-recomposition-actuelle-de-la-gauche-politique-quebecoise-709</guid>
		<dc:date>2003-11-05T03:59:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux, S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>La gauche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La premi&#232;re version de ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans la revue Canadian Dimension (Juillet/Ao&#251;t 2002, Volume 36, no 4), dans la revue La gauche (printemps 2002) et sur le site www.lagauche.com &lt;br class='autobr' /&gt; L'arriv&#233;e de l'humanit&#233; dans le troisi&#232;me mill&#233;naire s'effectue dans un contexte &#233;conomique r&#233;gressif et particuli&#232;rement anti-social de perp&#233;tuation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral dirig&#233; par les &#201;tats-Unis. Au niveau politique, cette &#233;poque est caract&#233;ris&#233;e par l'effondrement du stalinisme, par la faillite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-68-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-La-gauche-+" rel="tag"&gt;La gauche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re version de ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans la revue Canadian Dimension (Juillet/Ao&#251;t 2002, Volume 36, no 4), dans la revue La gauche (printemps 2002) et sur le site &lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lagauche.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de l'humanit&#233; dans le troisi&#232;me mill&#233;naire s'effectue dans un contexte &#233;conomique r&#233;gressif et particuli&#232;rement anti-social de perp&#233;tuation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral dirig&#233; par les &#201;tats-Unis. Au niveau politique, cette &#233;poque est caract&#233;ris&#233;e par l'effondrement du stalinisme, par la faillite de la social-d&#233;mocratie (qui d&#233;fend le social-lib&#233;ralisme) et par l'&#233;veil des luttes sociales, particuli&#232;rement contre la mondialisation et l'offensive guerri&#232;re de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'effectue, dans plusieurs pays, une recomposition de la gauche politique. Ce texte vise &#224; pr&#233;senter le mode de recomposition de la gauche politique au Qu&#233;bec. Il n&#233;cessite donc de prendre un certain recul historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'absence historique d'un parti de gauche au Qu&#233;bec &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans l'&#233;volution de l'ensemble de la gauche au Qu&#233;bec, de la social-d&#233;mocratie &#224; la gauche radicale, a &#233;t&#233; l'absence de parti ouvrier de masse1, cas rare dans les pays occidentaux2. Ni le Nouveau Parti D&#233;mocratique (ni le CCF), ni le Parti Communiste du Canada ne sont parvenus &#224; construire un parti qui ait eu un impact de masse r&#233;el. Construits de l'ext&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise sans jamais en comprendre les d&#233;terminants, ces partis ont soit ni&#233; la r&#233;alit&#233; de l'oppression nationale du Qu&#233;bec, soit marginalis&#233; cette question dans leurs consid&#233;rations strat&#233;giques et tactiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La radicalisation des ann&#233;es 60 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, une mobilisation massive pour la justice sociale et pour une forme ou l'autre d'autonomie nationale du Qu&#233;bec, li&#233;e &#224; une mont&#233;e mondiale des luttes sociales et des luttes anti-imp&#233;rialistes, prend forme au Qu&#233;bec. La multiplication et la radicalisation des gr&#232;ves poussent les 3 centrales syndicales &#224; r&#233;diger des manifestes critiquant le capitalisme tout en pr&#244;nant la mise en place d'un socialisme d&#233;mocratique. Pourtant, aucune strat&#233;gie n'est pr&#233;sent&#233;e pour soutenir cette perspective. L'id&#233;e de la cr&#233;ation d'un parti ouvrier n'est qu'effleur&#233;e et la critique du PQ, qui venait d'&#234;tre fond&#233;e, n'a pas &#233;t&#233; r&#233;ellement d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le PQ, parti de masse soutenu par les directions syndicales et populaires sans &#234;tre social-d&#233;mocrate &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de la radicalisation sociale et nationale des ann&#233;es 1960-70 a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par le Parti qu&#233;b&#233;cois. Fond&#233; en 1968, le PQ n'est pas un parti social-d&#233;mocrate fond&#233; par les syndicats mais plut&#244;t un parti nationaliste avec une tendance moderniste dont le leadership a &#233;t&#233; assur&#233; par une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois dirig&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque3. Par contre, la majorit&#233; de ses membres &#233;taient enracin&#233;s dans la classe travailleuse et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res moutures du discours du PQ reprenaient en partie le discours de la social-d&#233;mocratie (tout comme les lib&#233;raux l'ont fait dans les ann&#233;es 60). Les r&#233;formes et les concessions aux luttes montantes se sont doubl&#233;es d'une int&#233;gration d'une partie de la direction du mouvement ouvrier &#224; ce parti. Cette int&#233;gration &#233;tait justifi&#233;e par la th&#233;orie des &#233;tapes qui pr&#233;tendait qu'il fallait, dans une premi&#232;re &#233;tape, r&#233;gler la question nationale (ind&#233;pendance) avec le PQ et, dans une deuxi&#232;me &#233;tape, la question sociale (socialisme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort de ses appuis sociaux, en tant que principal d&#233;bouch&#233; politique du mouvement ind&#233;pendantiste et profitant de la mont&#233;e des luttes syndicales contre le gouvernement Bourassa, le PQ gagne les &#233;lections de 1976. Un fort attentisme se d&#233;veloppe alors dans les rangs du mouvement syndical. La grande valse des sommets et la multiplication des lieux de concertation o&#249; si&#233;geaient les centrales se sont mises en place, sans parler des anciens dirigeants devenus transfuges au gouvernement. Le r&#244;le que prendra le PQ constituera pour les d&#233;cennies suivantes un blocage majeur sur le d&#233;veloppement de l'autonomie politique des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gauche radicale &#224; majorit&#233; mao&#239;ste &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 70, la majorit&#233; de l'extr&#234;me-gauche qu&#233;b&#233;coise, en croissance rapide quoique toujours marginale, &#233;tait domin&#233;e par le courant mao&#239;ste. Les conceptions staliniennes qui &#233;taient d&#233;velopp&#233;es voyaient le parti diriger en tout. Ces groupes &#233;tablissaient des rapports autoritaires avec les organisations sociales et syndicales et rejetaient le mouvement f&#233;ministe et la question nationale comme divisant la classe ouvri&#232;re. Finalement, l'id&#233;e de fonder un parti ouvrier ne se posait pas, chaque groupe se proclamant LE parti ouvrier. Ces organisations ont implos&#233; en quelques mois (1982) et sont presque totalement disparues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la tendance majoritaire des courants trotskistes a &#233;t&#233; marqu&#233;e, dans un premier temps, par un gauchisme estudiantin pr&#233;voyant la r&#233;volution &#224; court terme et ne privil&#233;giant pas la cr&#233;ation d'un parti ouvrier de masse. Le temps pris pour corriger ce cours gauchiste et un travail activiste dans les mouvements sociaux (et non sur la construction de l'organisation politique) a laiss&#233; la place et le temps au mao-stalinisme pour imposer son h&#233;g&#233;monie sur la gauche radicale. Notons que les groupes trotskistes et la mouvance &#171; socialisme et ind&#233;pendance &#187; ont li&#233; la question nationale et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les reculs des ann&#233;es 80 et le MS &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 70, le mouvement ouvrier et l'ensemble des mouvements sociaux avaient &#233;t&#233; rejet&#233;s sur la d&#233;fensive. Le r&#233;f&#233;rendum de 1980 s'est fait dans une optique purement nationaliste o&#249; toute jonction entre les revendications nationales et les revendications sociales &#233;tait soigneusement &#233;vit&#233;e. La d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 80 porta un dur coup au mouvement nationaliste, mais n'entama pas s&#233;rieusement la base &#233;lectorale du PQ. R&#233;&#233;lu en 1981, le PQ renfor&#231;a sa politique r&#233;pressive contre le mouvement syndical. Lors de la crise de 1981-82, les attaques contre les syndicats du secteur public, les n&#233;gociations, coupures salariales et lois r&#233;pressives, mirent un frein aux luttes syndicales. Les directions syndicales prirent alors un virage &#224; droite et renforc&#232;rent leur tendance concertationniste avec l'&#201;tat, le patronat et le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce durcissement &#224; droite du PQ provoqua aussi une rupture de certains leaders syndicaux et universitaires r&#233;formistes avec le Parti qu&#233;b&#233;cois. Ils lanc&#232;rent le groupe des Cent, qui allait devenir le Mouvement socialiste. Fort d'un programme ind&#233;pendantiste, socialiste, f&#233;ministe et &#233;cologiste, le MS refusait le travail politique dans le mouvement social (par une phobie de reproduire les man&#339;uvres des groupes mao&#239;stes). De plus, le courant assurant le leadership du MS ne voulait pas faire du groupe un lieu de convergence de diff&#233;rents courants politiques de la gauche qu&#233;b&#233;coise et finit par exclure les autres courants. C'est affaibli, priv&#233; de l'appui des centrales syndicales, que le MS s'est finalement tourn&#233; vers le champ &#233;lectoral, ce qui fut un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les travailleurs et les travailleuses en g&#233;n&#233;ral, l'absence de parti de gauche et le contexte social et politique r&#233;gressif expliquent que la d&#233;ception face au PQ ne se fit pas par la gauche. Elle fut plut&#244;t v&#233;cue comme une immense d&#233;sillusion d&#233;politisante que le PQ avait nourrie. Cette d&#233;sillusion est &#233;galement interpr&#233;t&#233;e comme ayant &#233;t&#233; la source de sa d&#233;faite &#233;lectorale de 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du NPD-Qu&#233;bec au PDS &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 90, le NPD-Qu&#233;bec, abandonna son orientation f&#233;d&#233;raliste et s'ouvrit aux autres organisations de gauche. Des nationalistes de gauche autour de Paul Rose et les marxistes-r&#233;volutionnaires de Gauche Socialiste (IVe Internationale) le rejoignirent. La dynamique des d&#233;bats amena le NPD-Q &#224; se d&#233;finir comme le Parti de la d&#233;mocratie socialiste (PDS), parti anti-capitaliste, anti-n&#233;olib&#233;ral, f&#233;ministe, internationaliste et ind&#233;pendantiste. Lors du r&#233;f&#233;rendum lanc&#233; par le PQ, au pouvoir depuis 1994, le PDS d&#233;veloppa une position ind&#233;pendantiste de gauche. Cette deuxi&#232;me d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire (extr&#234;mement serr&#233;e), amena une contre-offensive du gouvernent f&#233;d&#233;ral dans le cadre du &#171; plan B &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDS, contrairement au MS, n'h&#233;sita pas &#224; critiquer le cours concertationniste des directions des centrales syndicales pi&#233;g&#233;es dans des sommets &#233;conomiques visant &#224; leur faire jouer le r&#244;le de complices des coupures pr&#233;par&#233;es par le PQ. Le glissement du centre vers la droite du PQ s'&#233;tait continu&#233; et prenait la forme d'une gestion n&#233;olib&#233;rale teint&#233;e d'un discours social-lib&#233;raliste propre &#224; ne pas se couper compl&#232;tement de ses alli&#233;s dans les directions du mouvement syndical, populaire et &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Regain des luttes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, tout comme dans les ann&#233;es 1980, le gouvernement au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, dirig&#233; par Robert Bourassa, met en place une s&#233;rie de contre-r&#233;formes, de coupures et de privatisation. Ces reculs sociaux illustraient la d&#233;t&#233;rioration des rapports de force en d&#233;faveur des classes domin&#233;es. Pourtant, &#224; partir du milieu de la d&#233;cennie, on a pu noter une certaine remont&#233;e des luttes illustr&#233;e par la Marche du pain et des roses de 1995, puis les gr&#232;ves et d&#233;sob&#233;issances civiles des &#233;tudiantEs (1996) et des infirmi&#232;res (1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second souffle suit avec la mobilisation anti-mondialisation de la Marche mondiale des Femmes de l'an 2000 contre la pauvret&#233; et la violence. Puis, ce sera le Sommet des Am&#233;riques, avec sa Marche des peuples (60 000 manifestantEs), qui mobilisera la majorit&#233; du mouvement social qu&#233;b&#233;cois. La ZL&#201;A est alors rejet&#233;e clairement par les 3000 personnes ayant particip&#233; au Sommet des peuples, malgr&#233; les r&#233;ticences des centrales syndicales nationales. Il faut aussi noter la participation de 20 000 personnes aux manifestations anti-capitalistes men&#233;es en partie par des courants anarchistes. Plus pr&#233;sents chez les jeunes, la majorit&#233; de ces courants anarcho-libertaires refusent par principe le travail &#233;lectoral et nient tout l'importance de la question nationale. Les mobilisations du Sommet et de la Marche des Femmes ont &#233;t&#233; importantes, mais aucune victoire concr&#232;te (rejet de la ZL&#201;A, action contre la pauvret&#233;) n'y a &#233;t&#233; gagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;ation du RAP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette mont&#233;e des luttes, une volont&#233; de cr&#233;er un grand parti de gauche au Qu&#233;bec s'est de plus en plus manifest&#233;e. Pour une partie de la gauche ind&#233;pendantiste et socialiste, le profil pris par le PDS &#233;tait trop marqu&#233; par l'anticapitalisme pour &#234;tre d'embl&#233;e le lieu de ralliement de la gauche, malgr&#233; ses conceptions ouvertes et d&#233;mocratiques au niveau de l'unit&#233;. Un autre p&#244;le de ralliement s'est donc mis en place, sans critiquer clairement et ouvertement le PDS mais en proposant une autre d&#233;marche, o&#249; la d&#233;finition de l'organisation comme parti n'&#233;tait pas donn&#233;e a priori. Suite &#224; un d&#233;bat lanc&#233; par L'Aut'Journal, le Rassemblement pour une Alternative Politique (RAP), qui a tenu son congr&#232;s de fondation &#224; la fin de mai 1998, rallia une partie de la gauche sociale et politique qu&#233;b&#233;coise. Mais ce congr&#232;s du RAP ne permit pas une v&#233;ritable unification de l'ensemble de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un processus de clarification de leur projet, le RAP finit par se d&#233;finir comme parti et d&#233;cide &#224; se pr&#233;senter aux &#233;lections de 1998. D&#233;favoris&#233; par le syst&#232;me &#233;lectoral de scrutin unilat&#233;ral &#224; un tour, aucun des partis de gauche ne re&#231;ut 1% des votes. La seule exception fut la candidature de Michel Chartrand qui a r&#233;ussi &#224; obtenir 15%, en partie gr&#226;ce &#224; l'appui de plusieurs syndicats et groupes populaires locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La victoire de Mercier &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de la campagne &#233;lectorale de 98, un colloque pour l'unit&#233; des organisations politiques et des forces progressistes a rassembl&#233; 700 personnes &#224; Montr&#233;al. Ce dernier a permis la mise sur pied d'un comit&#233; de liaison qui coordonne depuis les activit&#233;s sur le terrain de la plupart des partis politiques de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte, au printemps 2001, qu'eut lieu l'initiative dans Mercier. La formation d'une coalition &#233;lectorale de diff&#233;rentes forces de gauche et d'ind&#233;pendantEs se fit sur une plate-forme contre la mondialisation des march&#233;s, pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et reprenant les revendications de la Marche des Femmes. Un contexte local particulier (crise dans la direction p&#233;quiste du comt&#233;), et la concentration des forces de la gauche montr&#233;alaise (politique mais aussi syndicale) sur ce comt&#233; permis d'arracher un r&#233;sultat &#233;lectoral significatif (plus de 20%). Cette victoire posa plus concr&#232;tement encore la n&#233;cessit&#233; d'unifier la gauche dans un parti politique f&#233;d&#233;r&#233; et multi-tendances, ce que l'on d&#233;signa comme &#171; l'esprit de Mercier &#187;. Pour acc&#233;l&#233;rer la cr&#233;ation d'un parti unifi&#233;, des UFP locaux, unissant des membres des quatre partis et de mouvements sociaux, se sont cr&#233;&#233;es dans un certain nombre de comt&#233;s de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2001, le PDS avan&#231;a l'id&#233;e de cr&#233;er un parti de gauche uni, qui maintiendrait en son sein les anciens partis, d&#233;fini comme entit&#233;s politique. Le congr&#232;s du RAP qui suivi adopta une position similaire, malgr&#233; des tensions avec certaines r&#233;gions hostiles &#224; l'unit&#233;. Le PCQ, domin&#233; par des militants syndicaux anciennement mao&#239;stes, pr&#244;ne aussi l l'unit&#233;. Le Parti Vert est encore tout nouveau. Surtout, le conseil central de la CSN de Montr&#233;al reste parti prenante du processus. En plus, des associations locales ou r&#233;gionales de l'UFP se sont cr&#233;&#233;es dans Gouin, Mercier, Outaouais, Mont&#233;r&#233;gie, Qu&#233;bec, Rosemont, Ste-Marie-St-Jacques, Lanaudi&#232;re ; ces derni&#232;res comptant plusieurs membres non affili&#233;s aux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fondation de l'Union des Forces Progressistes (UFP) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de janvier 2002, les associations r&#233;gionales et locales de l'UFP, tout comme le PDS, RAP et PCQ, ont proc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;daction de proposition de plate-forme de revendications et de statut (type d'organisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2002, Le congr&#232;s de l'UFP a rassembl&#233; des militantes et militantes de gauche du mouvement syndical, du mouvement des femmes, du mouvement populaire, du mouvement anti-globalisation, du mouvement &#233;tudiant, du mouvement &#233;cologiste. Se r&#233;unir &#224; ce congr&#232;s, c'&#233;tait reconna&#238;tre que le travail de r&#233;sistance que chacun-e fait dans son milieu. Il s'agissait maintenant d'esquisser comment devrait &#234;tre structur&#233;e une soci&#233;t&#233; construite pour la vaste majorit&#233; de la population. Ce congr&#232;s manifestait la n&#233;cessit&#233; de se relever les manches, pour faire conna&#238;tre &#224; l'ensemble de la population les possibilit&#233;s de faire autrement. Ce congr&#232;s manifestait &#233;galement une confiance renouvel&#233;e de la gauche dans sa capacit&#233; d'offrir une alternative et de faire le travail de conviction n&#233;cessaire aupr&#232;s des couches les plus larges pour r&#233;affirmer la n&#233;cessit&#233; de rompre avec les vieux partis soumis aux int&#233;r&#234;ts des puissants et reconstruire cette soci&#233;t&#233; sur de nouvelles bases. Des militantes et des militants des r&#233;gions de Montr&#233;al, de Qu&#233;bec, de l'Estrie, de l'Outaouais, du Saguenay, du Lac-St-Jean, de la Mont&#233;r&#233;gie, de la Mauricie, de Rimouski ... ont partag&#233; des d&#233;bats et ont conclu dans l'enthousiasme &#224; la possibilit&#233; de construire un nouveau parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plate-forme adopt&#233;e par le congr&#232;s de fondation de l'UFP marquait une rupture radicale avec l'approche d&#233;magogique et manipulatrice du Parti qu&#233;b&#233;cois qui se pr&#233;tend &#224; la fois le champion du libre-&#233;change et un critique de la mondialisation capitaliste, qui est capable, dans un m&#234;me temps, de se rendre &#224; Porto Alegre pour se donner bonne figure et au Sommet des puissants tenu &#224; New York pour r&#233;aliser de bonnes affaires. Mettre sur pied l'UFP sur un tel programme, c'est affirmer sa volont&#233; de rompre radicalement avec le PQ et refuser les impasses o&#249; il a entra&#238;n&#233; &#224; plusieurs reprises la population du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion sur l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec en a &#233;t&#233; une de ralliement autour de cette perspective : l'UFP est pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec compris comme un aspect de la lib&#233;ration sociale du pays. Elle a permis de conforter la base d'unit&#233; de l'UFP, mais, elle n'a pas permis de tirer au clair les tenants et aboutissants des dimensions strat&#233;giques de cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'UFP, une organisation qui f&#233;d&#232;re des courants et vise &#224; rassembler des organisations sociales &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de l'UFP a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le rassemblement dans le m&#234;me cadre organisationnel de diff&#233;rents courants de la gauche politique du Qu&#233;bec : le Parti communiste du Qu&#233;bec, le Rassemblement pour une alternative progressiste, le Parti de la d&#233;mocratie socialiste. L'originalit&#233; de la d&#233;marche, c'est qu'elle n'implique pas la dissolution de ces courants mais la reconnaissance de leurs h&#233;ritages diversifi&#233;s et la reconnaissance de leur existence comme tendance au sein de la nouvelle organisation. Cela marque un pas important dans la gauche lui permettant de d&#233;passer sa passion pour la d&#233;marcation et la d&#233;fense des particularit&#233;s de chacun des groupes. La discussion sur les statuts a &#233;galement montr&#233; que l'ensemble des composantes &#233;taient ouvertes non seulement &#224; faire une place aux futurEs militantEs sans affiliation mais elle a permis de rappeler que le d&#233;veloppement de l'UFP allait faire de ces ind&#233;pendantEs la composante la plus nombreuse de cette nouvelle organisation. Le caract&#232;re non-acrimonieux des d&#233;bats a permis de constater que la gauche qu&#233;b&#233;coise a connu une maturation politique dont elle pourra bient&#244;t toucher les dividendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il y eut tout un spectre de points de vue sur la signification de la d&#233;finition de l'UFP comme un parti des urnes et de la rue, il n'en reste pas moins qu'il y a un large consensus pour ne pas r&#233;duire l'UFP &#224; une simple machine &#233;lectorale, que l'UFP est un parti de combat, un parti qui sera actif et solidaires des luttes quotidiennes pour la justice globale. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre un parti de combat, et pour ce faire, &#234;tre li&#233;s aux diff&#233;rents mouvements sociaux, les statuts du parti pr&#233;voient que des syndicats, des groupes populaires, des groupes de femmes, des associations &#233;tudiantes, des groupes &#233;cologistes peuvent joindre l'UFP. Les statuts pr&#233;voient m&#234;me que des organisations qui ne sont pas pr&#234;tes &#224; devenir membre avec tous les droits et obligations peuvent devenir des membres affinitaires, avec un droit de parole mais sans droite de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s a mis en place les m&#233;canismes n&#233;cessaires pour que l'organisation ait un fonctionnement d&#233;mocratique : corps &#233;lectifs &#224; tous les niveaux, parit&#233; hommes-femmes dans les structures de repr&#233;sentation, droit de tendance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contexte des &#233;lections de 2002&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un contexte de rejet par la population du gouvernement p&#233;quiste et de go&#251;t du changement que c'est pr&#233;sent&#233;es les &#233;lections. C'est aussi dans cette lign&#233;e que l'ADQ a fait une mont&#233;e fulgurante dans les sondages pour finalement se d&#233;gonfler, quand les perspectives de changement propos&#233;es ont &#233;t&#233; connues et d&#233;montr&#233;es comme profond&#233;ment anti-sociales. Le go&#251;t de changement a donc &#233;t&#233; canalis&#233; par les lib&#233;raux (sic), ce qui refl&#232;te les faiblesses de la gauche politique et surtout le fait que les directions du mouvement syndical et social ne sont majoritairement pas en rupture avec le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des luttes sociales, le traumatisme du 11 septembre s'est estomp&#233;e avec la mont&#233;e de la lutte pour la paix et contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Les grandes marches contre l'invasion de l'Irak a rassembl&#233;e un nombre record de personne, ce qui d&#233;montre la possibilit&#233; de mobilisation &#233;norme au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques mois de sa naissance, l'UFP s'engage dans la lutte &#233;lectorale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections provinciales, l'UFP a r&#233;ussi &#224; pr&#233;senter 73 candidatures. Avec &#224; peine un peu plus d'un pour cent du vote, l'UFP n'a, &#224; premi&#232;re vue, pas marqu&#233; une rupture importante avec ce qu'avait r&#233;alis&#233; la gauche politique sur le terrain &#233;lectoral. Mais cette perception est une apparence. Gr&#226;ce &#224; la bonne couverture m&#233;diatique du candidat Amir Khadir, aux petites perc&#233;es faites dans un petit nombre de comt&#233;s de la r&#233;gion de Montr&#233;al tout particuli&#232;rement, aux br&#232;ches r&#233;alis&#233;es r&#233;guli&#232;rement tout au cours de la campagne dans le mur du silence construit par les principaux m&#233;dias, aux multiples d&#233;bats auxquels les candidatEs de l'UFP ont &#233;t&#233; invit&#233;s, - d&#233;bats organis&#233;s par des organisations syndicales, des organisations &#233;tudiantes, &#233;cologistes ou f&#233;ministes - et aux noyaux de militantes et de militants que l'UFP a r&#233;ussi &#224; agglutiner autour de ses candidatEs, l'UFP a r&#233;alis&#233; le tour de force de devenir une alternative politique minoritaire, mais r&#233;elle sur la sc&#232;ne politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'abord Solidaires, la recomposition de la gauche se poursuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative de &#171; D'abord Solidaires &#187;, &#224; la veille des &#233;lections, visait &#224; faire un travail d'&#233;ducation politique afin de contrer la mont&#233;e des id&#233;es de droite. L'initiative a &#233;t&#233; un succ&#232;s et des collectifs ont &#233;t&#233; mis sur pied dans diff&#233;rentes r&#233;gions du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discussions se sont poursuivies en son sein et trois positions vont &#234;tre pr&#233;sent&#233;es lors d'un rassemblement (Imaginons l'avenir) les 28, 29 et 30 novembre prochain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. celle pr&#233;conisant que d'abord solidarit&#233;s &#171; demeure un r&#233;seau ou mouvement, un lieu d'&#233;ducation politique et d'action non-partisan &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. celle qui pr&#233;conise &#171; le d&#233;veloppement de collectifs locaux autog&#233;r&#233;s d'actions politique &#187; et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. celle qui &#171; favorise le d&#233;veloppement d'une action politique partisane, de gauche et f&#233;ministe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que cette option du d&#233;veloppement d'une action politique partisane (c) est la plus porteuse pour la recomposition de la gauche au Qu&#233;bec. Le projet se situe d'embl&#233;e au centre gauche. &#171; Bref, &#233;crit-ton dans la contribution de ce courant, un Qu&#233;bec qui ne propose pas &#171; plus d'&#201;tat &#187; ou &#171; moins d'&#201;tat &#187; mais qui propose un &#201;tat progressiste, pour encadrer et harnacher le capital, redistribuer la richesse, obliger au respect de l'environnement &#187;. Le texte propose de d&#233;finir l'action dans un cadre provincial en posant la question suivante : &#171; Un gouvernement provincial, situ&#233; en Am&#233;rique du nord, peut-il exercer un pouvoir qui conduit &#224; des changements politiques, &#233;conomiques, sociaux et culturels en profondeur ? &#187;. Est-ce que cela signifie que la question de l'ind&#233;pendance n'est pas un enjeu central pour les progressistes ? Le texte n'apporte pas de r&#233;ponses &#233;videntes &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, le texte se d&#233;finit clairement comme un courant de la gauche qu&#233;b&#233;coise. Un courant de la gauche, par la rupture propos&#233;e avec le PQ et la volont&#233; de construire un nouveau parti. Ce courant pr&#233;cise dans son texte sa volont&#233; &#171; d'en arriver &#224; une vision commune de la soci&#233;t&#233; &#224; b&#226;tir &#187; et de faire conna&#238;tre cette derni&#232;re par un manifeste largement diffus&#233;. Tout en reconnaissant l'apport de l'UFP, elles affirment se sentir mal &#224; l'aise d'adh&#233;rer &#224; ce parti et &#233;carte le ralliement &#224; l'UFP. Mais, les auteurEs du texte reste ouvert la perspective de l'unification de la gauche. &#171; Cependant, r&#233;p&#233;tons-le, une fois le manifeste publi&#233;, nous mettrons beaucoup d'&#233;nergies &#224; chercher &#224; nous entendre avec toute la gauche qu&#233;b&#233;coise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous pensons qu'une adh&#233;sion &#224; l'UFP, n'aurait nullement nuit &#224; l'&#233;laboration de leurs positions et que l'UFP repr&#233;sente un cadre de d&#233;bat d&#233;mocratique pour l'ensemble de la gauche. Ce n'est pas leur choix. Mais, il reste, qu'en mettant de l'avant cette perspective, il pose la n&#233;cessit&#233; de construire une alternative de gauche au PQ. Et cela est une position strat&#233;gique essentielle, par rapport &#224; l'option d'inviter la gauche progressiste &#224; rentrer dans le PQ pour l'influencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recomposition de la gauche est donc un processus qui va continuer de se d&#233;velopper. Pour nous, au-del&#224; d'une d&#233;finition commune sur la n&#233;cessit&#233; de construire une parti de gauche f&#233;ministe, &#233;cologiste, anti-raciste et altermondialiste, comme gauche, nous croyons que trois d&#233;bats doivent continuer de travailler le processus de recomposition de la gauche qu&#233;b&#233;coise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la question de l'ind&#233;pendance : refuser de prendre position sur cette question reviendrait pour la gauche &#224; laisser au PQ la main-mise sur cette question&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la d&#233;finition du parti de la gauche : non seulement comme une machine &#233;lectorale mais comme un v&#233;ritable parti des urnes et de la rue et enfin la n&#233;cessit&#233; de respecter la diversit&#233; de la gauche et que le parti se donne un fonctionnement d&#233;mocratique et f&#233;d&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginer l'avenir passe sans doute par des r&#233;alisations &#224; la hauteur de nos esp&#233;rances, si cet exercice est hant&#233; par la souci d&#233;mocratique et la volont&#233; de faire la politique autrement&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1- Ce qui ne veut pas dire que la gauche politique n'a pas exist&#233; au Qu&#233;bec. Notons la pr&#233;sence du Parti Ouvrier, du PCC et de toute la mouvance autour d'Albert Saint-Martin au d&#233;but du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Les deux autres pays occidentaux qui n'ont pas de parti de gauche peuvent aussi expliquer ce probl&#232;me historique par la question nationale (Irlande) et le racisme (&#201;tats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 En fait, le PQ est officiellement n&#233; de l'union d'une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois (Mouvement Souverainet&#233; Association) et d'une scission de l'Union Nationale (Ralliement national). L'organisation des nationalistes radicaux &#224; tendance sociale, le Ralliement pour l'Ind&#233;pendance Nationale, s'est alors dissoute pour rejoindre le PQ, sans jamais y &#234;tre invit&#233;e en tant qu'organisation. Le PQ fut donc, d&#232;s son origine, contr&#244;l&#233; par un personnel politique provenant de la petite bourgeoisie et de secteurs bourgeois li&#233;s &#224; l'appareil d'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, souvent issus du Parti Lib&#233;ral et de l'Union Nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Histoire et recomposition actuelle de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Histoire-et-recomposition-actuelle-de-la-gauche-politique-quebecoise</link>
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		<dc:date>2002-06-13T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux, S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de l'humanit&#233; dans le troisi&#232;me mill&#233;naire s'effectue dans un contexte &#233;conomique r&#233;gressif et particuli&#232;rement anti-social de perp&#233;tuation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral dirig&#233; par les &#201;tats-Unis. Au niveau politique, cette &#233;poque est caract&#233;ris&#233;e par l'effondrement du stalinisme, par la faillite de la social-d&#233;mocratie (qui d&#233;fend le social-lib&#233;ralisme) et par l'&#233;veil des luttes sociales, particuli&#232;rement contre la mondialisation et l'offensive guerri&#232;re de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'effectue, dans plusieurs pays, une recomposition de la gauche politique. Ce texte vise &#224; pr&#233;senter le mode de recomposition de la gauche politique au Qu&#233;bec. Il n&#233;cessite donc de prendre un certain recul historique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notre-histoire-" rel="directory"&gt;Notre histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de l'humanit&#233; dans le troisi&#232;me mill&#233;naire s'effectue dans un contexte &#233;conomique r&#233;gressif et particuli&#232;rement anti-social de perp&#233;tuation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral dirig&#233; par les &#201;tats-Unis. Au niveau politique, cette &#233;poque est caract&#233;ris&#233;e par l'effondrement du stalinisme, par la faillite de la social-d&#233;mocratie (qui d&#233;fend le social-lib&#233;ralisme) et par l'&#233;veil des luttes sociales, particuli&#232;rement contre la mondialisation et l'offensive guerri&#232;re de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'effectue, dans plusieurs pays, une recomposition de la gauche politique. Ce texte vise &#224; pr&#233;senter le mode de recomposition de la gauche politique au Qu&#233;bec. Il n&#233;cessite donc de prendre un certain recul historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'absence historique d'un parti de gauche au Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans l'&#233;volution de l'ensemble de la gauche au Qu&#233;bec, de la social-d&#233;mocratie &#224; la gauche radicale, a &#233;t&#233; l'absence de parti ouvrier de masse1, cas rare dans les pays occidentaux2. Ni le Nouveau Parti D&#233;mocratique (ni le CCF), ni le Parti Communiste du Canada ne sont parvenus &#224; construire un parti qui ait eu un impact de masse r&#233;el. Construits de l'ext&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise sans jamais en comprendre les d&#233;terminants, ces partis ont soit ni&#233; la r&#233;alit&#233; de l'oppression nationale du Qu&#233;bec, soit marginalis&#233; cette question dans leurs consid&#233;rations strat&#233;giques et tactiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radicalisation des ann&#233;es 60&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, une mobilisation massive pour la justice sociale et pour une forme ou l'autre d'autonomie nationale du Qu&#233;bec, li&#233;e &#224; une mont&#233;e mondiale des luttes sociales et des luttes anti-imp&#233;rialistes, prend forme au Qu&#233;bec. La multiplication et la radicalisation des gr&#232;ves poussent les 3 centrales syndicales &#224; r&#233;diger des manifestes critiquant le capitalisme tout en pr&#244;nant la mise en place d'un socialisme d&#233;mocratique. Pourtant, aucune strat&#233;gie n'est pr&#233;sent&#233;e pour soutenir cette perspective. L'id&#233;e de la cr&#233;ation d'un parti ouvrier n'est qu'effleur&#233;e et la critique du PQ, qui venait d'&#234;tre fond&#233;e, n'a pas &#233;t&#233; r&#233;ellement d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ, parti de masse soutenu par les directions syndicales et populaires sans &#234;tre social-d&#233;mocrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de la radicalisation sociale et nationale des ann&#233;es 1960-70 a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par le Parti qu&#233;b&#233;cois. Fond&#233; en 1968, le PQ n'est pas un parti social-d&#233;mocrate fond&#233; par les syndicats mais plut&#244;t un parti nationaliste avec une tendance moderniste dont le leadership a &#233;t&#233; assur&#233; par une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois dirig&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque3. Par contre, la majorit&#233; de ses membres &#233;taient enracin&#233;s dans la classe travailleuse et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res moutures du discours du PQ reprenaient en partie le discours de la social-d&#233;mocratie. Les r&#233;formes et les concessions aux luttes montantes se sont doubl&#233;es d'une int&#233;gration d'une partie de la direction du mouvement ouvrier &#224; ce parti. Cette int&#233;gration &#233;tait justifi&#233;e par la th&#233;orie des &#233;tapes qui pr&#233;tendait qu'il fallait, dans une premi&#232;re &#233;tape, r&#233;gler la question nationale (ind&#233;pendance) avec le PQ et, dans une deuxi&#232;me &#233;tape, la question sociale (socialisme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort de ses appuis sociaux, en tant que principal d&#233;bouch&#233; politique du mouvement ind&#233;pendantiste et profitant de la mont&#233;e des luttes syndicales contre le gouvernement Bourassa, le PQ gagne les &#233;lections de 1976. Un fort attentisme se d&#233;veloppe alors dans les rangs du mouvement syndical. La grande valse des sommets et la multiplication des lieux de concertation o&#249; si&#233;geaient les centrales se sont mises en place, sans parler des anciens dirigeants devenus transfuges au gouvernement. Le r&#244;le que prendra le PQ constituera pour les d&#233;cennies suivantes un blocage majeur sur le d&#233;veloppement de l'autonomie politique des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gauche radicale &#224; majorit&#233; mao&#239;ste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 70, la majorit&#233; de l'extr&#234;me-gauche qu&#233;b&#233;coise, en croissance rapide quoique toujours marginale, &#233;tait domin&#233;e par le courant mao&#239;ste. Les conceptions staliniennes qui &#233;taient d&#233;velopp&#233;es voyaient le parti diriger en tout. Ces groupes &#233;tablissaient des rapports autoritaires avec les organisations sociales et syndicales et rejetaient le mouvement f&#233;ministe et la question nationale comme divisant la classe ouvri&#232;re. Finalement, l'id&#233;e de fonder un parti ouvrier ne se posait pas, chaque groupe se proclamant LE parti ouvrier. Ces organisations ont implos&#233; en quelques mois (1982) et sont presque totalement disparues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la tendance majoritaire des courants trotskistes a &#233;t&#233; marqu&#233;e, dans un premier temps, par un gauchisme estudiantin pr&#233;voyant la r&#233;volution &#224; court terme et ne privil&#233;giant pas la cr&#233;ation d'un parti ouvrier de masse. Le temps pris pour corriger ce cours gauchiste et un travail activiste dans les mouvements sociaux (et non sur la construction de l'organisation politique) a laiss&#233; la place et le temps au mao-stalinisme pour imposer son h&#233;g&#233;monie sur la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reculs des ann&#233;es 80 et le MS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 70, le mouvement ouvrier et l'ensemble des mouvements sociaux avaient &#233;t&#233; rejet&#233;s sur la d&#233;fensive. Le r&#233;f&#233;rendum de 1980 s'est fait dans une optique purement nationaliste o&#249; toute jonction entre les revendications nationales et les revendications sociales &#233;tait soigneusement &#233;vit&#233;e. La d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 80 porta un dur coup au mouvement nationaliste, mais n'entama pas s&#233;rieusement la base &#233;lectorale du PQ. Le PQ, r&#233;&#233;lu en 1981, renfor&#231;a sa politique r&#233;pressive contre le mouvement syndical. Lors de la crise de 1981-82, les attaques contre les syndicats du secteur public, les n&#233;gociations, coupures salariales et lois r&#233;pressives, mirent un frein aux luttes syndicales. Les directions syndicales prirent alors un virage &#224; droite et renforc&#232;rent leur tendance concertationniste avec l'&#201;tat, le patronat et le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce durcissement &#224; droite du PQ provoqua aussi une rupture de certains leaders syndicaux et universitaires r&#233;formistes avec le Parti qu&#233;b&#233;cois. Ils lanc&#232;rent le groupe des Cent, qui allait devenir le Mouvement socialiste. Fort d'un programme ind&#233;pendantiste, socialiste, f&#233;ministe et &#233;cologiste, le MS refusait le travail politique dans le mouvement social (par une phobie de reproduire les man&#339;uvres des groupes mao&#239;stes). De plus, le courant assurant le leadership du MS ne voulait pas faire du groupe un lieu de convergence de diff&#233;rents courants politiques de la gauche qu&#233;b&#233;coise et finit par exclure les autres courants. C'est affaibli, priv&#233; de l'appui des centrales syndicales, que le MS s'est finalement tourn&#233; vers le champ &#233;lectoral, ce qui fut un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les travailleurs et les travailleuses en g&#233;n&#233;ral, l'absence de parti de gauche et le contexte social et politique r&#233;gressif expliquent que la d&#233;ception face au PQ ne se fit pas par la gauche. Elle fut plut&#244;t v&#233;cue comme une immense d&#233;sillusion d&#233;politisante que le PQ avait nourrie. Cette d&#233;sillusion est &#233;galement interpr&#233;t&#233;e comme ayant &#233;t&#233; la source de sa d&#233;faite &#233;lectorale de 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du NPD-Qu&#233;bec au PDS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 90, le NPD-Qu&#233;bec, abandonna son orientation f&#233;d&#233;raliste et s'ouvrit aux autres organisations de gauche. Des nationalistes de gauche autour de Paul Rose et les marxistes-r&#233;volutionnaires de Gauche Socialiste (IVe Internationale) le rejoignirent. La dynamique des d&#233;bats amena le NPD-Q &#224; se d&#233;finir comme le Parti de la d&#233;mocratie socialiste (PDS), parti anti-capitaliste, anti-n&#233;olib&#233;ral, f&#233;ministe, internationaliste et ind&#233;pendantiste. Lors du r&#233;f&#233;rendum lanc&#233; par le PQ, au pouvoir depuis 1994, le PDS d&#233;veloppa une position ind&#233;pendantiste de gauche. Cette deuxi&#232;me d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire (extr&#234;mement serr&#233;e), amena une contre-offensive du gouvernent f&#233;d&#233;ral dans le cadre du &#171; plan B &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDS, contrairement au MS, n'h&#233;sita pas &#224; critiquer le cours concertationniste des directions des centrales syndicales pi&#233;g&#233;es dans des sommets &#233;conomiques visant &#224; leur faire jouer le r&#244;le de complices des coupures pr&#233;par&#233;es par le PQ. Le glissement du centre vers la droite du PQ s'&#233;tait continu&#233; et prenait la forme d'une gestion n&#233;olib&#233;rale teint&#233;e d'un discours social-lib&#233;raliste propre &#224; ne pas se couper compl&#232;tement de ses alli&#233;s dans les directions du mouvement syndical, populaire et &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regain des luttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, tout comme dans les ann&#233;es 1980, le gouvernement au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, dirig&#233; par Robert Bourassa, met en place une s&#233;rie de contre-r&#233;formes, de coupures et de privatisation. Ces reculs sociaux illustraient la d&#233;t&#233;rioration des rapports de force en d&#233;faveur des classes domin&#233;es. Pourtant, &#224; partir du milieu de la d&#233;cennie, on a pu noter une certaine remont&#233;e des luttes illustr&#233;e par la Marche du pain et des roses de 1995, puis les gr&#232;ves et d&#233;sob&#233;issances civiles des &#233;tudiantEs (1996) et des infirmi&#232;res (1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second souffle suit avec la mobilisation anti-mondialisation de la Marche mondiale des Femmes de l'an 2000 contre la pauvret&#233; et la violence. Puis, ce sera le Sommet des Am&#233;riques, avec sa Marche des peuples (60 000 manifestantEs), qui mobilisera la majorit&#233; du mouvement social qu&#233;b&#233;cois. La ZL&#201;A est alors rejet&#233;e clairement par les 3000 personnes ayant particip&#233; au Sommet des peuples, malgr&#233; les r&#233;ticences des centrales syndicales nationales. Il faut aussi noter la participation de 20 000 personnes aux manifestations anti-capitalistes men&#233;es en partie par des courants anarchistes. Plus pr&#233;sents chez les jeunes, la majorit&#233; de ces courants refusent par principe le travail &#233;lectoral et nient tout l'importance de la question nationale. Les mobilisations du Sommet et de la Marche des Femmes ont &#233;t&#233; importantes, mais aucune victoire concr&#232;te (rejet de la ZL&#201;A, action contre la pauvret&#233;) n'y a &#233;t&#233; gagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s le 11 septembre, la lutte pour la paix et contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain4 aid&#233; du Canada, a &#233;t&#233; la suite de la mobilisation du Sommet, mais ces mobilisations ont &#233;t&#233; &#224; moins grande &#233;chelle. La peur du terrorisme a tout de m&#234;me cr&#233;&#233; une certaine commotion chez une grande partie de la population et le mouvement syndical et social s'est peu impliqu&#233; contre la guerre. En fait, les r&#233;centes mont&#233;es des luttes n'ont pas encore produit de rupture importante entre les directions syndicales et sociales et le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation du RAP&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette mont&#233;e des luttes, une volont&#233; de cr&#233;er un grand parti de gauche au Qu&#233;bec s'est de plus en plus manifest&#233;e. Pour une partie de la gauche ind&#233;pendantiste et socialiste, le profil pris par le PDS &#233;tait trop marqu&#233; par l'anticapitalisme pour &#234;tre d'embl&#233;e le lieu de ralliement de la gauche, malgr&#233; ses conceptions ouvertes et d&#233;mocratiques au niveau de l'unit&#233;. Un autre p&#244;le de ralliement s'est donc mis en place, sans critiquer clairement et ouvertement le PDS mais en proposant une autre d&#233;marche, o&#249; la d&#233;finition de l'organisation comme parti n'&#233;tait pas donn&#233;e a priori. Suite &#224; un d&#233;bat lanc&#233; par L'Aut'Journal, le Rassemblement pour une Alternative Politique (RAP), qui a tenu son congr&#232;s de fondation &#224; la fin de mai 1998, rallia une partie de la gauche sociale et politique qu&#233;b&#233;coise. Mais ce congr&#232;s du RAP ne permit pas une v&#233;ritable unification de l'ensemble de la gauche socialiste, f&#233;ministe et ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un processus de clarification de leur projet, le RAP finit par se d&#233;finir comme parti et d&#233;cide &#224; se pr&#233;senter aux &#233;lections de 1998. D&#233;favoris&#233; par le syst&#232;me &#233;lectoral de scrutin unilat&#233;ral &#224; un tour, aucun des partis de gauche ne re&#231;ut 1% des votes. La seule exception fut la candidature de Michel Chartrand qui a r&#233;ussi &#224; obtenir 15%, en partie gr&#226;ce &#224; l'appui de plusieurs syndicats et groupes populaires locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Mercier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de la campagne &#233;lectorale de 98, un colloque pour l'unit&#233; des organisations politiques et des forces progressistes a rassembl&#233; 700 personnes &#224; Montr&#233;al. Ce dernier a permis la mise sur pied d'un comit&#233; de liaison qui coordonne depuis les activit&#233;s sur le terrain de la plupart des partis politiques de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte, au printemps 2001, qu'eut lieu l'initiative dans Mercier. La formation d'une coalition &#233;lectorale de diff&#233;rentes forces de gauche et d'ind&#233;pendantEs se fit sur une plate-forme contre la mondialisation des march&#233;s, pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et reprenant les revendications de la Marche des Femmes. Un contexte local particulier (crise dans la direction p&#233;quiste du comt&#233;), et la concentration des forces de la gauche montr&#233;alaise (politique mais aussi syndicale) sur ce comt&#233; permis d'arracher un r&#233;sultat &#233;lectoral significatif (plus de 20%). Cette victoire posa plus concr&#232;tement encore la n&#233;cessit&#233; d'unifier la gauche dans un parti politique f&#233;d&#233;r&#233; et multi-tendances, ce que l'on d&#233;signa comme &#171; l'esprit de Mercier &#187;. Pour acc&#233;l&#233;rer la cr&#233;ation d'un parti unifi&#233;, des UFP locaux, unissant des membres des quatre partis et de mouvements sociaux, se sont cr&#233;&#233;es dans un certain nombre de comt&#233;s de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2001, le PDS avan&#231;a l'id&#233;e de cr&#233;er un parti de gauche uni, qui maintiendrait en son sein les anciens partis, d&#233;fini comme tendances officielles. Le congr&#232;s du RAP qui suivi adopta une position similaire, malgr&#233; des tensions avec certaines r&#233;gions hostiles &#224; l'unit&#233;. Le PCQ, domin&#233; par des militants syndicaux anciennement mao&#239;stes, pr&#244;ne l'unit&#233; mais est r&#233;ticent &#224; perdre son statut de parti et &#224; soutenir clairement l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Le Parti Vert, aussi minuscule et h&#233;sitant que le PCQ, est encore tout nouveau et implant&#233; essentiellement dans le milieu anglophone. Surtout, le conseil central de la CSN de Montr&#233;al reste parti prenante du processus. En plus, des associations locales ou r&#233;gionales de l'UFP se sont cr&#233;&#233;es dans Gouin, Mercier, Outaouais, Mont&#233;r&#233;gie, Qu&#233;bec, Rosemont, Ste-Marie-St-Jacques, Lanaudi&#232;re ; ces derni&#232;res comptant plusieurs membres non affili&#233;s aux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union des Forces Progressiste, quelques perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis janvier, les associations r&#233;gionales et locales de l'UFP, tout comme le PDS, RAP et PCQ, ont proc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;daction de proposition de plate-forme de revendications et de statut (type d'organisation). Le congr&#232;s de fondation de la fin de semaine des 15 et 16 juin sera le moment d&#233;terminant dans la refondation de la gauche politique au Qu&#233;bec par la construction d'un parti de gauche unifi&#233;. . o&#249; l'on pourra clarifier quelles sont les convergences et les divergences..5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;largissement et sa coh&#233;sion interne n&#233;cessitent qu'un certain nombre de conditions soient remplies. L'UFP pourra se d&#233;velopper si elle cherche &#224; s'enraciner dans les mouvements sociaux et &#224; se lier aux groupes en lutte, si elle sait mener un combat syst&#233;matique contre les politiques n&#233;o-lib&#233;rales, si elle est hant&#233;e par la souci d&#233;mocratique et qu'elle cherche &#224; faire la politique autrement. Notons tout ensuite l'importance d'instances d&#233;mocratiques, que les d&#233;bats soient transparents, que les d&#233;cisions proviennent de la base vers la direction et que cette direction soit repr&#233;sentative de la diversit&#233; du parti. L'adh&#233;sion des femmes et des jeunes, absolument essentielle, ne se fera qu'&#224; ce prix. L'ouverture vers l'ensemble des communaut&#233;s culturelles et les autochtones doit aussi mettre en relief la diversit&#233; du Qu&#233;bec dans le parti. Finalement, le f&#233;minisme doit aussi &#234;tre refl&#233;t&#233; autant dans les instances que dans les positions politiques. L'appui de larges secteurs du mouvement social et syndical de masse restera une condition pour assurer la construction d'un parti de gauche de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec, 13 juin 2002&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1 Ce qui ne veut pas dire que la gauche politique n'a pas exist&#233; au Qu&#233;bec. Notons la pr&#233;sence du Parti Ouvrier, du PCC et de toute la mouvance autour d'Albert Saint-Martin au d&#233;but du si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 Les deux autres pays occidentaux qui n'ont pas de parti de gauche peuvent aussi expliquer ce probl&#232;me historique par la question nationale (Irlande) et le racisme (&#201;tats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 En fait, le PQ est officiellement n&#233; de l'union d'une scission du Parti Lib&#233;ral Qu&#233;b&#233;cois (Mouvement Souverainet&#233; Association) et d'une scission de l'Union Nationale (Ralliement national). L'organisation des nationalistes radicaux &#224; tendance sociale, le Ralliement pour l'Ind&#233;pendance Nationale, s'est alors dissoute pour rejoindre le PQ, sans jamais y &#234;tre invit&#233;e en tant qu'organisation. Le PQ fut donc, d&#232;s son origine, contr&#244;l&#233; par un personnel politique provenant de la petite bourgeoisie et de secteurs bourgeois li&#233;s &#224; l'appareil d'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, souvent issus du Parti Lib&#233;ral et de l'Union Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Particuli&#232;rement contre la guerre en Afghanistan, puis contre l'occupation de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Une autre rencontre importante sera le colloque mouvement sociaux et groupes politiques qui se d&#233;roulera les 20 et 21 septembre 2002 &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQ&#192;M&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La phase n&#233;olib&#233;rale de l'&#233;conomie-monde </title>
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		<dc:date>1999-01-03T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis la fin des ann&#233;es 1970, on peut constater l'amplification des in&#233;galit&#233;s entre les pays et dans la plupart des soci&#233;t&#233;s. Ce recul des conditions de vie de la majorit&#233; de la population de la plan&#232;te prend la forme d'une hausse du ch&#244;mage et de la pauvret&#233;, d'une pr&#233;carisation de l'emploi et d'une multiplication des coupures dans les mesures sociales des &#201;tats. Parall&#232;lement, la valeur des actifs financiers est en hausse rapide et les multinationales, de plus en plus concentr&#233;es au fil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin des ann&#233;es 1970, on peut constater l'amplification des in&#233;galit&#233;s entre les pays et dans la plupart des soci&#233;t&#233;s. Ce recul des conditions de vie de la majorit&#233; de la population de la plan&#232;te prend la forme d'une hausse du ch&#244;mage et de la pauvret&#233;, d'une pr&#233;carisation de l'emploi et d'une multiplication des coupures dans les mesures sociales des &#201;tats. Parall&#232;lement, la valeur des actifs financiers est en hausse rapide et les multinationales, de plus en plus concentr&#233;es au fil des fusions, font des profits records. Cette polarisation de la richesse nous est pr&#233;sent&#233;e comme in&#233;vitable par le discours dominant, qui soutient que le pouvoir politique ne peut plus intervenir &#224; cause du &#034;contexte de mondialisation des march&#233;s&#034;. Pourtant, la mondialisation de l'&#233;conomie n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent mais plut&#244;t une constante, &#224; la base de l'histoire de l'humanit&#233; depuis 500 ans, qui a &#233;t&#233; permise par l'intervention des &#201;tats. Pour comprendre la situation actuelle de l'&#233;conomie mondiale, il serait n&#233;cessaire de voir comment elle s'ins&#232;re dans l'histoire et quelles sont ses caract&#233;ristiques particuli&#232;res et les principales &#233;tapes de son &#233;volution r&#233;cente.(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase n&#233;olib&#233;rale de l'&#233;conomie-monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es soixante-dix, l'ondes longue ascendante des Trentes Glorieuses se retourne alors que prend forme les d&#233;buts d'une nouvelle crise de surproduction. La grande d&#233;pression de la fin du XXe si&#232;cle, qui marque une nouvelle &#233;tape dans l'histoire de l'&#233;conomie mondiale avec la fin de la p&#233;riode keyn&#233;sienne, a comme cause et comme cons&#233;quence la mondialisation du commerce et de la production, la mondialisation des &#233;changes financiers et l'application de politiques n&#233;olib&#233;rales. Pour aider &#224; la description de cette courte et r&#233;cente p&#233;riode, les principes de base de ces trois ph&#233;nom&#232;nes seront d&#233;cris tout comme certains des &#233;v&#233;nements significatifs qui ont permis leur mise en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation (ou globalisation) des march&#233;s (ou de l'&#233;conomie) peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme la phase extr&#232;me de l'expansion du march&#233; comme r&#233;gulateur des &#233;changes internationaux. La lib&#233;ralisation des fronti&#232;res commerciales, planifi&#233;e depuis la fin de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale par le GATT, combin&#233;e aux avanc&#233;es technologiques dans le domaine des transports et des communications, a permis de d&#233;cupler le commerce mondial : &#034;1/5e de la production mondiale fait aujourd'hui l'objet d'&#233;changes internationaux. Le commerce mondial des biens et services a d&#233;pass&#233; pour la premi&#232;re fois en 1995 le seuil des 6000 milliards de dollars, soit l'&#233;quivalent de 24 fois le budget de la France. Il double en volume tous les neuf ans&#034;. Cette lib&#233;ralisation du commerce r&#233;duit la capacit&#233; d'intervention des &#201;tats : &#034;Dans une &#233;conomie ferm&#233;e, le suppl&#233;ment de revenu inject&#233; par l'&#201;tat dynamise l'activit&#233;, et g&#233;n&#232;re le suppl&#233;ment de recettes qui le finance. Dans une &#233;conomie ouverte, une large partie du suppl&#233;ment de revenu inject&#233; par l'&#201;tat sert &#224; l'acquisition de produits import&#233;s. L'impact sur l'activit&#233; est faible, le d&#233;ficit se creuse, la balance des paiements courants se d&#233;t&#233;riore, la valeur de la monnaie tend &#224; chuter&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation exacerbe aussi la concurrence entre les entreprises qui cherchent &#224; combler la faible demande des march&#233;s locaux par l'exportation. Les plus importantes d'entre elles, les multinationales, d&#233;laissent tout ce qui ne constitue pas le noyau dur de leurs activit&#233;s &#224; des petites entreprises de sous-traitants qui agissent tant en amont (fabrication d'&#233;l&#233;ments) qu'en aval (commercialisation). Les nouveaux emplois cr&#233;&#233;s par cette sous-traitance se caract&#233;risent par leur pr&#233;carit&#233; et leur faible niveau de salaire. La baisse des co&#251;ts de production qui en r&#233;sulte augmente les profits mais accentue la surcapacit&#233; de production (par la baisse de la consommation des travailleuSEs), ce qui explique en bonne partie les gigantesques fusions intrasectorielles des ann&#233;es 80-90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation des &#233;changes ne se limite pas aux secteurs industriel et commercial mais implique encore plus le secteur financier. Ce que l'on peut consid&#233;rer comme une v&#233;ritable financiarisation de l'&#233;conomie est caus&#233;e par la crise de surcapacit&#233; de production : l'investissement dans la production industrielle &#233;tant peu rentable &#224; cause de la saturation de la demande, les capitaux se dirigent vers le monde plus profitable de la finance. Cette masse de capitaux instables finance les d&#233;ficits commerciaux et budg&#233;taires de nombreux pays par l'achat d'obligations. Les gouvernements appliquent alors des politiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire (coupures), pour garantir que les dettes seront rembours&#233;s int&#233;gralement (principal et int&#233;r&#234;t). Ces capitaux financent aussi les grandes entreprises (et leurs fusions) en sp&#233;culant sur la bourse, ce qui force les compagnies &#224; couper dans leur personnel et dans leurs investissements pour faire plus de profit &#224; court terme et ainsi augmenter le prix des actions. La sp&#233;culation s'effectuent aussi sur les variations de la valeur des monnaies ce qui d&#233;stabilise les &#233;conomies nationales. Pour soutenir la sp&#233;culation financi&#232;re et pr&#233;server la valeur du capital, les banques centrales mettent en place des politiques d'aust&#233;rit&#233; mon&#233;taire de lutte &#224; l'inflation en haussant les taux d'int&#233;r&#234;ts, ce qui augmente les dettes publiques et priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat et acc&#233;l&#233;rateur de la d&#233;pression de la fin du XX si&#232;cle, la financiarisation maintient l'&#233;conomie dans un &#233;tat de stagnation en engouffrant des sommes astronomiques de capitaux dans la sp&#233;culation au lieu d'&#234;tre utilis&#233; pour la consommation ou l'investissement productif. Ces capitaux sont en majorit&#233; l'argent que les petitEs &#233;pargnantEs ont d&#233;pos&#233;s dans les banques, les compagnies d'assurances, les fond mutuels et les des fonds de pension, surtout am&#233;ricains, puis Japonais et anglais. Ces pays profitent donc massivement du pr&#233;l&#232;vement sur la richesse cr&#233;&#233;e dans la production qui est fait par la finance. La financiarisation est amplifi&#233;e par l'invention de nouveaux produits financiers (&#034;titrisation&#034; de n'importe quelle donn&#233;e &#233;conomique : dettes, immeuble, terrain, pollution, etc.), par l'expansion des march&#233;s des produits d&#233;riv&#233;s, &#224; terme et &#224; option, et par les d&#233;r&#233;glementations dans le domaine financier. La financiarisation des &#233;conomies et la lib&#233;ralisation des &#233;changes de capitaux en sont venues &#224; remettre en question la souverainet&#233; des &#201;tats et l'efficacit&#233; des politiques keyn&#233;siennes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Jadis, les gouvernements surveillaient les march&#233;s, aujourd'hui, ce sont les march&#233;s qui surveillent les gouvernements. La capacit&#233; relative d'action des banques centrales a d&#233;cru au fur et &#224; mesure que les march&#233;s ont pris de l'ampleur, car leurs r&#233;serves n'ont pas cru au m&#234;me rythme que la taille des march&#233;s des changes. La cons&#233;quence de ce ph&#233;nom&#232;ne est claire : les banques centrales ne peuvent durablement r&#233;sister &#224; un mouvement sp&#233;culatif. Les gouvernements ne peuvent plus gu&#233;rir &#224; l'aide de l'intervention de leurs banques centrales. Les maux mon&#233;taires, ils doivent donc les pr&#233;venir, c'est-&#224;-dire contr&#244;ler l'inflation et ma&#238;triser les finances publiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin des ann&#233;es soixante, les d&#233;ficits commerciaux et budg&#233;taires am&#233;ricains, particuli&#232;rement caus&#233;s par les d&#233;penses militaires li&#233;es &#224; la guerre du Vi&#234;t-nam, ont cr&#233;&#233; un bassin de dollars pr&#234;t&#233;s en dehors des &#201;tats-Unis, particuli&#232;rement &#224; partir de la City de Londres, ce qui a donn&#233; naissance aux euro-dollars. Aliment&#233; par ces premiers capitaux libres de toute entrave nationale et caus&#233; par le double d&#233;ficit des &#201;tats-Unis, l'inconvertibilit&#233; du dollar d&#233;clar&#233;e en 1971 &#224; mis fin au syst&#232;me mon&#233;taire &#233;tabli &#224; Bretton Woods. Confirm&#233;e par les Accords de Jama&#239;que en 1976, la fin de la parit&#233; fixe transforme les monnaies en marchandise dont la valeur d'&#233;change est fix&#233;e par la loi de l'offre et la demande, ce qui ent&#233;rine la perte de contr&#244;le des politiques nationales sur les monnaies. La croissance exponentielle du march&#233; des eurodevises a augment&#233; l'inflation et stimul&#233; le premier choc p&#233;trolier. D&#233;clench&#233; par l'OPEP en 1973, en r&#233;action contre l'offensive isra&#233;lienne contre les pays arabes, ce choc est le premier de l'&#233;conomie mondiale qui n'est pas d&#233;cid&#233; par les pays du Nord. Il est suivi par la r&#233;cession de 1974-75, la plus forte depuis les ann&#233;es 30. &#192; partir de 1978 se produit &#034; (...) le second choc p&#233;trolier : la R&#233;volution islamique en Iran conduit &#224; une interruption des exportations de p&#233;trole de ce pays pendant quelques mois. Sous le double effet de la sp&#233;culation et de la panique, les prix du brut seront multipli&#233;s par deux en quelques mois, passant de 16 &#224; 34 dollars le baril, provoquant des effets analogues au premier choc p&#233;trolier : inflation galopante, chute de l'activit&#233;, fort accroissement du ch&#244;mage&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer la coordination des pays d&#233;velopp&#233;s dans cette p&#233;riode de crise, Rockfeller cr&#233;e en 1972 la Commission Trilat&#233;rale, qui r&#233;unit des hommes d'affaires, des universitaires et des hommes politiques des pays de l'Am&#233;rique du Nord, de l'Europe et du Japon pour tenter d'&#233;laborer une vision globale de l'avenir du capitalisme en remettant en question la d&#233;mocratie, &#034;qui fait primer les int&#233;r&#234;ts locaux&#034;, et l'ordre construit &#224; Bretton Woods. Cette tentative de gestion de l'&#233;conomie mondiale se combine &#224; une initiative fran&#231;aise, le G5, (devenu G7 ensuite) qui tente &#224; ses d&#233;buts de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;d&#233;velopper une attitude active face &#224; un monde &#233;conomique et financier qui (...) &#233;chappait de plus en plus aux responsables politiques : crise de l'&#233;nergie, &#233;mergence des march&#233;s comme r&#233;gulateurs &#233;conomiques et donc sources de &#034;pouvoir&#034; &#233;conomique -ce qui &#233;tait assez nouveau dans le monde de cette &#233;poque-, n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire les risques d'&#233;volution incontr&#244;l&#233;e des changes flottants -qui &#233;taient aussi une nouveaut&#233;- et n&#233;cessit&#233; de promouvoir activement la croissance&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus &#233;clate apr&#232;s le deuxi&#232;me choc p&#233;trolier, en 1978, qui relance la stagflation (hausse combin&#233;e de l'inflation et du ch&#244;mage), pr&#233;sente depuis le d&#233;but des ann&#233;es 70. En fait, ce qui cause probl&#232;me, c'est surtout la chute du taux de profit moyen dans l'ensemble des pays industrialis&#233;s et celle des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els, qui deviennant m&#234;me n&#233;gatifs &#224; cause de la forte inflation. L'in&#233;ficacit&#233; des politiques keyn&#233;siennes pour mettre fin &#224; cette situation pousse alors les dirigeants &#224; d&#233;laisser la lutte au ch&#244;mage, qui est pourtant en forte croissance, pour adopter comme priorit&#233; la lutte &#224; l'inflation. C'est dans cette perspective qu'est appliqu&#233;, d&#232;s 1975, le mon&#233;tarisme qui prend au &#201;tats-Unies une forme plus radical &#224; partir de 1979 (augmentation des taux d'int&#233;r&#234;ts r&#233;els &#224; long terme &#224; 15% aux &#201;tats-Unis), ce qui provoque la plus grande r&#233;cession depuis les ann&#233;es 30 en 1981-82.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que l'on assiste &#224; l'entr&#233;e en force du n&#233;olib&#233;ralisme avec les victoires de Thatcher en 1979 et de Reagan en 1980. Cette nouvelle politique &#233;conomique, qui se diffuse dans les ann&#233;es 80, s'insurge contre la redistribution keyn&#233;sienne et l'intervention &#233;tatique qu'elle suppose en faisant l'apologie du lib&#233;ralisme &#233;conomique orthodoxe. Concr&#232;tement, la fiscalit&#233; a &#233;t&#233; r&#233;ajust&#233;e &#224; la baisse pour les entreprises et les d&#233;tenteurs de capitaux (les riches). Le manque &#224; gagner est coup&#233; dans les programmes sociaux, dont la partie rentable est privatis&#233;e en partie au profit des entreprises et la partie non-rentable, sur le dos du r&#233;seau f&#233;minin familial ou communautaire, ce qui touche directement le secteur de la reproduction humaine. Au niveau des relations de travail, le mot d'ordre n&#233;olib&#233;ral est la flexibilisation. On assiste ainsi &#224; une g&#233;n&#233;ralisation des emplois pr&#233;caires (temps partiel, occasionnel, sur appel) et du travail autonome. Un partie importante de la population est m&#234;me carr&#233;ment exclue et confin&#233;e &#224; la charit&#233; publique et priv&#233;e. Des d&#233;r&#233;glementations ont aussi lieu au niveau des normes de s&#233;curit&#233;, de l'environnement, du code du travail, des transports a&#233;riens, des t&#233;l&#233;communications, de la finance...etc. En fait, l'&#201;tat n'est pas &#233;limin&#233; mais son pouvoir se limite de plus en plus &#224; l'aide aux entreprises et au contr&#244;le des populations (arm&#233;e, syst&#232;me carc&#233;ro-judiciaire et contr&#244;le des fronti&#232;res). Ces politiques clairement antisociales ont fait qu'aujourd'hui, &#034;la crise est finie pour le capital : les taux de profit des ann&#233;es cinquante et soixante sont r&#233;tablis. Qui a pay&#233; ? Essentiellement les travailleurs, par une baisse vertigineuse de leur part dans le produit national&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau ext&#233;rieur, on assiste &#224; une r&#233;orientation du r&#244;le du G7 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Dans les ann&#233;es 1980, les choses ont chang&#233;. Tout le monde, opinions publiques comme responsables politiques, s'&#233;tait habitu&#233; de plus ou moins bonne gr&#226;ce, &#224; ce nouvel &#233;tat du monde et &#224; l'id&#233;e qu'il est beaucoup moins sous le contr&#244;le des responsables politiques. La conception dominante est donc devenue que la responsabilit&#233; des dirigeants politiques consiste plut&#244;t et d'abord, chacun dans son pays, &#224; &#034;mettre la maison en ordre&#034; (sic) en ma&#238;trisant l'inflation et les finances publiques ; donc, m&#234;me s'il reste une place pour la coordination internationale, il est d'abord imp&#233;ratif que chacun m&#232;ne une bonne (sic) politique nationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les gouvernements nationaux se transforment en &#034;agences de transmission des exigences de l'&#233;conomie-monde vers ces m&#234;mes &#233;conomies nationales&#034;, ce qui les pousse &#224; g&#233;rer les soci&#233;t&#233;s qu'ils &#233;taient suppos&#233;s d&#233;fendre par des politiques n&#233;olib&#233;rales exig&#233;es par les multinationales et la haute finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique commerciale n&#233;olib&#233;rale soutient la lib&#233;ralisation des march&#233;s. Les n&#233;gociations organis&#233;es par le G.A.T.T. dans le cadre de l'Uruguay Rond d&#233;but&#233; en 1986 ne se termineront qu'en 1994 par la cr&#233;ation de l'O.M.C. (Organisation Mondiale du Commerce), dont les arbitrages ne pourront &#234;tre renvers&#233;s que par une d&#233;cision unanime des membres. Lanc&#233; sur l'initiative des &#201;tats-Unis, ces n&#233;gociations ont comme priorit&#233; l'agriculture et les services, deux domaines o&#249; ce pays domine, ce qui explique les r&#233;ticences des autres pays &#224; accepter cet accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facilit&#233; par l'expansion du march&#233; des euro-devises, l'endettement augmente dans les ann&#233;es 70 et finit par exploser avec la hausse des taux d'int&#233;r&#234;ts et le ralentissement de la croissance du d&#233;but des ann&#233;es 80, li&#233;s aux politiques mon&#233;taristes des pays du Nord. C'est finalement en ao&#251;t 1982 qu'&#233;clate au Mexique la crise de la dette. Ce pays se retrouve &#224; &#234;tre le premier de nombreux pays du Tiers-monde &#224; se d&#233;clarer incapable de rembourser ses dettes aux banques des pays du Nord, qui leur avaient pr&#234;t&#233; des p&#233;trodollars. Pour sauver le syst&#232;me financier mondial directement menac&#233; par ce blocage et maintenir un minimum de demande dans le d&#233;bouch&#233; que repr&#233;sente le Tiers-monde, on applique le plan Baker en 1985, remplac&#233; par le plan Brady en 1989, qui r&#233;&#233;chelonnement les dettes des principaux pays d&#233;biteurs, donnant ainsi l'illusion qu'elles pourront &#234;tre rembours&#233;es. Ces plans pr&#233;voient la mise en oeuvre de politiques d'ajustement structurel par le F.M.I. et la Banque Mondiale, qui visent &#224; restreindre la demande int&#233;rieure, &#224; lib&#233;raliser l'&#233;conomie (privatisation, d&#233;r&#233;glementation, coupures dans les services publics, lib&#233;ralisation du commerce) et &#224; d&#233;velopper les exportations pour rembourser les banques en monnaie forte. &#034;Ces mesures r&#233;v&#232;lent bien une forme de solidarit&#233; financi&#232;re internationale, les acteurs (banques, &#201;tats, institutions internationales...) se souvenant des faillites en cha&#238;nes des ann&#233;es 1929-1932 et reconnaissant un int&#233;r&#234;t commun : que le syst&#232;me &#233;conomique mondial ne s'&#233;croule pas !&#034; Cette strat&#233;gie explique la stagnation de l'Am&#233;rique du Sud, de l'Afrique et d'une bonne partie de l'Asie dans les ann&#233;es 80-90. La d&#233;pendance de ces r&#233;gions face au march&#233; mondial se renforcie &#224; cause de la restructuration de leur &#233;conomie autour de quelques mati&#232;res premi&#232;res exportables dans des termes d'&#233;changes toujours plus d&#233;favorables, qui sont utilis&#233;es &#224; 40% pour payer les int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir touch&#233; les pays du Sud, le probl&#232;me de la dette atteint les pays de l'Ouest et contribue aussi &#224; restructurer les &#233;conomies en fonction des normes n&#233;olib&#233;rales. C'est la hausse des taux d'int&#233;r&#234;ts (li&#233;e aux politiques mon&#233;taristes), le ralentissement &#233;conomique, la baisse des imp&#244;ts des riches et des entreprises et la croissance des d&#233;penses publiques (li&#233;e &#224; l'appauvrissement et au ch&#244;mage), en plus des d&#233;penses militaires pour les &#201;tats-Unis, qui se sont combin&#233;es pour accro&#238;tre consid&#233;rablement les d&#233;ficits du budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ce r&#233;enlignement des &#233;conomies du Sud et de l'Ouest, les pays de l'Est engagent une restructuration qui se transforme rapidement en un effondrement du syst&#232;me communiste, qui avait r&#233;ussi &#224; industrialiser cette r&#233;gion &#224; l'ext&#233;rieur du monde capitaliste. Ce fait historique majeur aurait pu constituer un &#233;norme d&#233;bouch&#233; pour l'Occident mais l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale au pouvoir n'a pas cru bon d'adopter un &#034;Plan Marchall&#034; pour ces pays. Ces plut&#244;t les plans d'ajustement structurel du F.M.I. qui sont appliqu&#233;s pour rembourser les nouvelles dettes de ces pays en plein processus de tiermondialisation. Le cas de la Chine est tout &#224; fait oppos&#233;. L'&#201;tat communiste encadre l'industrialisation du pays &#224; partir de zones c&#244;ti&#232;res sp&#233;cialis&#233;es dans la production de biens d'exportation (par des entreprises locales ou &#233;trang&#232;res), ce qui a permis de maintenir, pendant les quinze derni&#232;res ann&#233;es, une croissance annuelle fr&#244;lant les deux chiffres, maintenant compromise par la crise asiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise est le dernier, et peut-&#234;tre le plus important, des nombreux probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'instabilit&#233; de la crise de la d&#233;pression de la fin du XXe si&#232;cle. Au niveau directement boursier, cette instabilit&#233; se r&#233;v&#232;le dans le deuxi&#232;me plus grand krach du XXe si&#232;cle, qui a lieu en 1987. Caus&#233; par une mauvaise coordination entre les &#201;tats-Unis et l'Allemagne dans un contexte de croissance continue de la sp&#233;culation, le krach est enray&#233; par un renouveau de la coop&#233;ration entre pays industrialis&#233;s relan&#231;ant la sp&#233;culation boursi&#232;re qui m&#232;ne, dix ans apr&#232;s, le Dow Jones &#224; un niveau trois fois et demie plus &#233;lev&#233; qu'en 1987. Au niveau bancaire, la crise des caisses d'&#233;pargne am&#233;ricaines (Saving and Loan Associations), caus&#233;e par la d&#233;r&#233;glementation, a &#233;t&#233; rescap&#233;e par l'injection du montant consid&#233;rable de 300 milliards de dollars par le gouvernement am&#233;ricain tandis qu'en 1995, la Banque Baring faisait faillite &#224; la suite de sp&#233;culations sur le march&#233; asiatique. Les autres march&#233;s ne furent pas &#233;pargn&#233;s comme nous le rappelle l'&#233;pisode des junk bonds am&#233;ricains dans les ann&#233;es 80 et les crises immobili&#232;res dans plusieurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est le krach mexicain de 1994, qualifi&#233; de premi&#232;re crise du XXIe si&#232;cle par le d-g du F.M.I., qui se produit avec des cons&#233;quences autrement plus douloureuses. Apr&#232;s avoir effectu&#233; l'ensemble des mesures antisociales impos&#233;es par le F.M.I. qui lui ont m&#234;me permis d'int&#233;grer l'O.C.D.E., le Mexique a vu son &#233;conomie s'effondrer par un vaste mouvement sp&#233;culatif caus&#233; par une rumeur de d&#233;valuation. La m&#234;me situation s'est reproduite &#224; une &#233;chelle encore plus grande dans la seule r&#233;gion du globe qui &#233;tait en croissance depuis les vingt derni&#232;res ann&#233;es : l'Asie du Sud-Est. Produite en 1998, cette d&#233;b&#226;cle a d&#233;but&#233; chez les &#034;4 tigres&#034; (Tha&#239;lande, Malaisie, Indon&#233;sie et Philippine) pour ensuite s'&#233;tendre aux &#034;4 dragons&#034; (Taiwan, Cor&#233;e du sud, Hong Kong et Singapour), consid&#233;r&#233;s comme des nouveaux pays industrialis&#233;s, situation rendue possible par l'interventionnisme &#233;tatique. Finalement, la Chine et surtout le Japon sont touch&#233;s par cette crise, le syst&#232;me financier de ce dernier (7 des 10 plus grandes banques au monde) &#233;tant sur le bord de la faillite. Cette situation menace directement l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale, qui avait cette r&#233;gion comme seul d&#233;bouch&#233; possible &#224; moyen terme, la sp&#233;culation ne pouvant par d&#233;finition gonfler ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, du c&#244;t&#233; des pays industrialis&#233;s, la solution qui semble vouloir s'installer pour palier &#224; la relative impuissance des divers organismes internationaux form&#233;s pour g&#233;rer les d&#233;sordres est la formation d'ensembles &#233;conomiques r&#233;gionaux. &#034;Assimil&#233;e par la critique lib&#233;rale &#224; un protectionnisme d&#233;guis&#233;, cette production de normes techniques, fiscales, financi&#232;res et r&#233;glementaires s'apparente bien davantage en r&#233;alit&#233; &#224; un travail de reconstruction au niveau supranational d'une souverainet&#233; &#233;tatique en passe d'&#234;tre vid&#233;e de sa substance par la puissance du processus de mondialisation&#034;. Le mod&#232;le le plus achev&#233; de cette tendance est la CEE, en voie d'&#233;tablir une monnaie commune qui permettrait d'&#233;liminer les effets d'une concurrence mon&#233;taire entre &#233;conomies fortement int&#233;gr&#233;es tout en constituant une monnaie capable de concurrencer le dollar comme valeur refuge mondiale, mais qui force les pays qui veulent s'int&#233;grer &#224; mener de fortes politiques d'aust&#233;rit&#233;. Face &#224; l'Europe, l'ALENA, essentiellement &#233;conomique, prend forme en Am&#233;rique du Nord et potentiellement du Sud, ou le MERCOSUR unifie les pays du c&#244;ne sud du continent. En Asie, un march&#233; s'&#233;tablit entre les pays du Sud-Est mais son institutionnalisation n'est pas encore mise en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pression de la fin du XXe si&#232;cle a remis en question le compromis qui s'&#233;tait &#233;tabli pendant la p&#233;riode keyn&#233;sienne en le rempla&#231;ant par trois tendances interd&#233;pendantes qui remod&#232;lent actuellement le monde. La mondialisation financi&#232;re a men&#233;e &#224; la cr&#233;ation d'une masse de capitaux instables qui sont transf&#233;r&#233;s d'un bout &#224; l'autre du globe &#224; la recherche d'achats sp&#233;culatifs (actions, monnaies, obligations ou autre). La mondialisation du commerce et de la production r&#233;duit les entraves qui limitent le commerce en exacerbant la comp&#233;tition et en permettant les d&#233;localisations. Le n&#233;olib&#233;ralisme restructure l'&#201;tat en r&#233;duisant ses interventions sociales, en lui faisant appliquer des politiques d'aust&#233;rit&#233; mon&#233;taire, budg&#233;taire et salariale et en l'orientant vers la d&#233;fense des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instabilit&#233; croissante qui r&#233;sulte de cette logique est peu diminu&#233;e par les instruments internationaux de r&#233;gulation et de coordination politique et &#233;conomique qui ont &#233;t&#233; r&#233;form&#233;s ou invent&#233;s, et qui appliquent leurs politiques parfois autoritaires, surtout face aux pays du Sud et de l'Est. Cette mondialisation trouve sont comble dans le projet d'Accord multilat&#233;ral sur l'Investissement (AMI), n&#233;goci&#233; &#224; partir de l'O.C.D.E. depuis 1995, qui vise &#224; donner le droit aux &#034;investisseurs&#034; de contester les lois sociales et environnementals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bibliographie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Who's in the Drinving Seat&#034;, The economist. Survey, The World Economy, 7-13 octobre 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ADDA, Jacques. &#034;Braudel, Wallerstein et le syst&#232;me de l'&#233;conomie-monde&#034;, Alternative &#233;conomique. no 143, d&#233;cembre 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ADDA, Jacques. La mondialisation de l'&#233;conomie - 1. Gen&#232;se. Paris, &#201;d. La D&#233;couverte, coll. &#034;Rep&#232;res&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ADDA, Jacques. La mondialisation de l'&#233;conomie - 2. Probl&#232;mes. Paris, &#201;d. La D&#233;couverte, coll. &#034;Rep&#232;res&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BRAUDEL, Fernand. La dynamique du capitalisme. Paris, Flamarion, coll. &#034;Champs&#034;, 1993 (1985).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHESNEY, Fran&#231;ois. La mondialisation du capital. Paris, Syros, coll. Alternatives &#233;conomiques, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COX, R. &#034;Dialectique de l'&#233;conomie-monde de fin de si&#232;cle&#034;, &#201;tudes internationales. 1990, vol. XXI, no 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DESTANNE DE BERNIS, G&#233;rard. &#034;Nation versus &#233;conomie mondiale&#034;, dans March&#233; et nation. Regards crois&#233;s. [dir. Brigitte Stern], Paris, &#201;d. Monchrestien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOMINGUE, Richard. March&#233;s financiers et politiques gouvernementales : arguments soutenant que les premiers ont une influence positive sur les secondes. Ottawa, [Service de recherche de la Biblioth&#232;que du Parlement], Minist&#232;re des Approvisionnements et Services Canada, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GALBRAITH, John K. Voyage dans le temps &#233;conomique. Paris, Seuil, 1995 (1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HOBSBAWN, &#201;ric. De la r&#233;volution industrielle &#224; nos jours, tome II de L'Histoire &#233;conomique et sociale de la Grande-Bretagne. Paris, &#201;ditions du Seuil, coll. L'univers historique, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAGAYETTE, Philippe. &#034;Histoire du G7 : ambitions et bilan&#034;, Les Enjeux du G7 Regards crois&#233;s sur la mondialisation. Paris, &#201;conomica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LARNAUDIE-EIFFEL, Xavier. &#034;Les enjeux &#233;conomiques mondiaux vus de Bruxelles&#034;, Les enjeux du G7 Regards crois&#233;s sur la mondialisation. Paris, &#201;conomica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIPIETZ, Alain. La soci&#233;t&#233; en sablier, Paris, La d&#233;couverte, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MANDEL, Ernest. &#034;Les ondes longues : essai d'une explication marxiste&#034;, Critique communiste. Paris, [Revue de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire -LOR, section fran&#231;ais de la 4e internationale], automne 1995, [&#224; partir d'une conf&#233;rence prononc&#233;e en 1979].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOREAU DEFARGES, Philippe. La mondialisation Vers la fin des fronti&#232;res ?, Paris, Dunod, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MARX, Karl. ENGELS, Friedrich. Le manifeste du parti communiste. Paris, les &#201;ditions Sociales, 1966 (1848).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STOFFA&#203;S, Christian. Fin de Mondes D&#233;clin et renouveau de l'&#233;conomie. Paris, &#201;d. Odile Jacob.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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