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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Allemagne : Rupture du champ politique</title>
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		<dc:date>2009-12-12T19:53:36Z</dc:date>
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		<dc:creator>Angela Klein</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trois articles sur la situation politique en Allemagne. Un dossier de la revue mensuelle de la IV&#232;me internationale, INPRECOR. &lt;br class='autobr' /&gt; __________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; d' Inprecor N&#176; 555, novembre 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteure, Angela Klein est membre de la direction de internationale sozialistische linke (isl, gauche socialiste internationale, une des deux fractions publiques de la section allemande de la IVe Internationale), militante de Die Linke et r&#233;dactrice du mensuel Sozialistische Zeitung. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Allemagne-294-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois articles sur la situation politique en Allemagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un dossier de la revue mensuelle de la IV&#232;me internationale, INPRECOR.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; d' Inprecor N&#176; 555, novembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure, Angela Klein est membre de la direction de internationale sozialistische linke (isl, gauche socialiste internationale, une des deux fractions publiques de la section allemande de la IVe Internationale), militante de Die Linke et r&#233;dactrice du mensuel Sozialistische Zeitung.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les partis bourgeois n'ont pas gagn&#233; les &#233;lections g&#233;n&#233;rales, ils y ont m&#234;me perdu un peu de voix. En 2005 les chr&#233;tiens-d&#233;mocrates (CDU/CSU) et les lib&#233;raux (FDP) avaient gagn&#233; 21 282 250 suffrages, en 2009 20 971 084, c'est-&#224;-dire 311 166 voix de moins. L'Allemagne compte 80 millions d'habitants, 62 millions &#233;taient admis au suffrage, 44 millions seulement se sont rendus aux urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;lections des 30 ao&#251;t et 27 septembre &#8212; r&#233;gionales dans cinq L&#228;nder et l&#233;gislatives au niveau f&#233;d&#233;ral &#8212; marquent une rupture importante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Die Linke (1) obtient d'excellents scores et s'&#233;tablit durablement comme cinqui&#232;me parti dans les parlements allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; La social-d&#233;mocratie (SPD) retombe dans le &#171; ghetto des 30 % &#187; des ann&#233;es 1950, d'o&#249; les avait sorti le tournant droitier de Bad Godesberg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;l&#233;ments ont pour cons&#233;quence que les majorit&#233;s num&#233;riques qui pourraient permettre la constitution de gouvernements rouge-rouge-verts (c'est-&#224;-dire Die Linke-SPD-Gr&#252;nen) dans les L&#228;nder ne se traduisent pas n&#233;cessairement en majorit&#233;s politiques. Dans la r&#233;gion de la Sarre une alternative de gouvernement a &#233;chou&#233; parce que les Verts ont pr&#233;f&#233;r&#233; l'alliance avec la d&#233;mocratie chr&#233;tienne et les lib&#233;raux. En Thuringe c'&#233;tait le chef du SPD qui n'a pas voulu s'allier avec Die Linke &#8212; contre la volont&#233; de la base de son parti. Dans le Schleswig-Holstein les &#233;lecteurs ont donn&#233; une majorit&#233; rouge-rouge-verte, mais du fait de la loi &#233;lectorale r&#233;gionale les partis du grand capital ont obtenu la majorit&#233; des si&#232;ges. En Saxe, la social-d&#233;mocratie n'a pas r&#233;ussi &#224; d&#233;passer les 10 % des votes &#8212; un d&#233;sastre dans une r&#233;gion qui &#233;tait jadis le berceau du mouvement ouvrier allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dans le seul (2) Land de Brandenburg que le premier ministre sortant du SPD, Matthias Platzeck, s'est engag&#233; dans une coalition avec Die Linke. Ce faisant, il a r&#233;ussi &#224; lui faire accepter un programme de gouvernement qui ne contient que les positions social-lib&#233;rales. Die Linke avait demand&#233; un secteur public de l'emploi &#8212; cela &#171; va &#234;tre examin&#233; &#187;. Elle avait demand&#233; plus d'emplois dans ce secteur &#8212; 5 000 emplois vont y &#234;tre supprim&#233;s. Elle avait propos&#233; l'abolition des tarifs d'entr&#233;e &#224; l'universit&#233;, ils seront pr&#233;serv&#233;s sous autre forme. Le programme professe son approbation du Trait&#233; de Lisbonne et pr&#233;voit la construction de nouvelles centrales thermiques au lignite. La base du parti a protest&#233; fortement contre ce programme, mais il a &#233;t&#233; accept&#233; sous la pression de Gregor Gysi (3) et de Lothar Bisky (4).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le SPD laisse un vide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat le plus important a &#233;t&#233; l'effondrement des votes de la social-d&#233;mocratie : elle est tomb&#233;e &#224; 23 %, c'est-&#224;-dire 9 990 488 voix &#8212; son score le plus bas depuis la fondation de la R&#233;publique F&#233;d&#233;rale Allemande (RFA). Pendant onze ans le SPD &#233;tait au gouvernement. En cette p&#233;riode il a perdu la moiti&#233; de ses &#233;lecteurs et est tomb&#233; en membres au-dessous de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne (&#224; peine 500 000 membres ; &#224; la fin des ann&#233;es 1970 il en comptait un million !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re Schr&#246;der, qui s'est poursuivie dans la grande coalition, a laiss&#233; ses traces. Sa ligne politique, m&#234;me si elle &#233;tait en opposition ouverte au programme &#233;lectoral (comme l'agenda 2010), a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e du haut en bas, le contact de la direction avec les fonctionnaires interm&#233;diaires et locaux s'est rompu, chez les d&#233;put&#233;s du SPD au Bundestag il y a tr&#232;s peu de fonctionnaires syndicaux. Le SPD n'est plus un parti qui aide les gens simples &#224; r&#233;gler leurs probl&#232;mes, porte-parole de ceux qui restent en arri&#232;re dans la comp&#233;tition globale. Les ouvriers syndiqu&#233;s votent &#224; 35 % SPD, &#224; 21 % CDU/CSU. Chez les ouvriers non syndiqu&#233;s c'est le contraire : ils votent &#224; 35 % CDU/CSU et &#224; 21 % SPD (au total, 24 % des ouvriers votent pour le SPD). Or, le taux de syndicalisation baisse de mani&#232;re inqui&#233;tante. Au niveau sociologique, il n'est pas un parti ouvrier, la plupart de ses membres ont un titre acad&#233;mique. La majorit&#233; de ses &#233;lecteurs sont soit des fonctionnaires (29 %), soit des retrait&#233;s (26 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Schr&#246;der le SPD pr&#234;che la responsabilit&#233; individuelle, moins d'&#201;tat, plus de priv&#233;. Il s'est tourn&#233; vers des milieux plus ais&#233;s, qui se voient &#171; au centre &#187; de la soci&#233;t&#233; et ont plus de r&#233;serves. Il est maintenant divis&#233; et ne sait plus s'il doit encore d&#233;fendre l'&#201;tat social ou le d&#233;molir. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration qui lutterait pour un vrai tournant programmatique n'est pas en vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SPD laisse un grand vide. Jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990 il avait contribu&#233; &#224; structurer la soci&#233;t&#233;, non plus avec des associations culturelles ou sportives ou des organisations d'aide mutuelle comme avant la deuxi&#232;me guerre mondiale, mais avec des r&#233;seaux d'activistes cherchant une carri&#232;re leur donnant la possibilit&#233; d'avoir acc&#232;s &#224; des pr&#233;bendes, ou avec des r&#233;gulations de l'&#201;tat social, leur permettant de vivre, m&#234;me aux ch&#244;meurs de longue dur&#233;e. Le tournant vers l'agenda 2010, la pr&#233;pond&#233;rance des m&#233;dias dans les d&#233;bats internes du parti et dans ses d&#233;cisions ont fait que le SPD a perdu pied et a laiss&#233; un gouffre dans la structure politique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Succ&#232;s et nouveaux d&#233;fis pour Die Linke&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Die Linke ne remplit pas ce vide. Elle n'a gagn&#233; qu'un sixi&#232;me des voix perdues par le SPD. Elle n'a pas fait irruption dans le camp des abstentionnistes, au contraire, elle a perdu 350 000 suffrages parmi eux. En d&#233;pit de cela, elle a gagn&#233; 5 millions de voix et a obtenu plus de 5 % dans tous les L&#228;nder, y compris &#224; l'Ouest. A l'Est elle est maintenant le premier parti au Brandebourg, le deuxi&#232;me &#224; Berlin et en Mecklenburg Vorpommern &#8212; deux L&#228;nder, qui ont connu un gouvernement &#224; participation de Die Linke, faut-il remarquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au moins &#224; l'Ouest, c'est un parti &#233;lectoral, avec une certaine audience dans les syndicats, chez les &#233;tudiants et dans l'intelligentsia, mais sans ancrage r&#233;el dans les quartiers et les entreprises. Le d&#233;fi pour Die Linke est double : construire cet ancrage est en m&#234;me temps donner une vision claire d'une soci&#233;t&#233; non capitaliste et &#233;cologique. Il y a des d&#233;ficits sur ces deux champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections en Rh&#233;nanie du nord Westphalie (NRW), en mai 2010, constitueront pour elle le grand d&#233;fi. Si elle arrive &#224; faire son entr&#233;e dans le parlement du Land le plus peupl&#233; (il compte &#224; lui seul 18 millions d'habitants) cela signifiera encore une fois un grand bond en avant. La f&#233;d&#233;ration de NRW est, &#224; c&#244;t&#233; de Br&#232;me, celle qui est le plus &#224; gauche. La droite y est ultra-minoritaire et les deux courants de gauche &#8212; la Gauche Anticapitaliste et la Gauche Socialiste &#8212; la dominent. Elle vient de tenir un congr&#232;s o&#249; elle a vot&#233; le programme pour les prochaines &#233;lections. Elle y demande, entre autres, la socialisation du secteur de l'&#233;nergie (une des principales industries dans la r&#233;gion), la semaine des 30 heures &#224; salaire &#233;gal, &#224; commencer par le secteur public, un plat de midi gratuit dans toutes les &#233;coles et cr&#232;ches, un ticket social de mobilit&#233; pour toute la r&#233;gion, une d&#233;militarisation des entreprises, la socialisation d'Opel et sa transformation dans une entreprise de mobilit&#233; &#233;cologique. Oskar Lafontaine s'est adress&#233; aux d&#233;l&#233;gu&#233;s avec une critique implicite du programme de coalition en Brandebourg. &#171; Un d&#233;montage d'emplois dans le secteur public devrait &#234;tre tabou &#187;, a-t-il dit. Le congr&#232;s a m&#234;me vot&#233; un ajout au programme, qui se d&#233;marque implicitement mais clairement du cours en Brandebourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi des risques. Plus le parti grandit en nombre, plus les nouveaux membres sont des gens sans exp&#233;rience politique, ou pire, avec les habitudes de la social-d&#233;mocratie. Les &#233;lections municipales de la fin ao&#251;t ont absorb&#233; un grand nombre d'activistes, qui si&#232;gent maintenant dans les parlements municipaux et manquent pour la construction du parti. Le poids de la routine quotidienne risque de pousser le parti vers la droite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;rive des Verts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tournant des Verts vers des coalitions avec les partis du grand capital semble devoir &#234;tre durable. Les Verts sont le parti avec la plus haute proportion d'acad&#233;miciens, leur programme pour un New Green Deal mise sur la collaboration et la persuasion des entreprises priv&#233;es. La CDU a saisi cette opportunit&#233; en faisant des concessions, qu'elle n'aurait jamais accept&#233;es auparavant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; elle a conc&#233;d&#233; l'abolition des tarifs d'entr&#233;e &#224; l'universit&#233; qu'elle avait elle-m&#234;me introduite pendant la p&#233;riode l&#233;gislative pr&#233;c&#233;dente ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; elle a accept&#233; des vraies &#233;coles &#224; temps complet (ce qu'elle a toujours refus&#233; pour des raisons id&#233;ologiques) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; des &#233;nergies renouvelables seront promues, mais des nouvelles centrales &#224; base de charbon seront construites, avec un plafond de 500 MW par centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les Verts exp&#233;rimentent avec une telle coalition (appel&#233;e &#171; Jama&#239;que &#187; &#224; cause de ses couleurs : noir, jaune, vert). Elles existent d&#233;j&#224; au niveau local et r&#233;gional, comme &#224; Hambourg, o&#249; les Verts ont pay&#233; un prix fort en approuvant la construction d'une centrale de charbon d'une puissance de 1600 MW.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les lib&#233;raux agressifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La campagne &#233;lectorale des lib&#233;raux a &#233;t&#233; tr&#232;s agressive, cela leur a valu 1,1 million de votes des chr&#233;tiens-d&#233;mocrates. Leurs slogans pr&#233;f&#233;r&#233;s &#233;taient : une r&#233;forme radicale du syst&#232;me d'imp&#244;t, en en r&#233;duisant fortement la progression ; une contribution forfaitaire (donc la m&#234;me pour le banquier comme pour la femme de m&#233;nage) &#224; la s&#233;curit&#233; sociale ; une baisse de la protection contre les licenciements ; et surtout plus de subventions pour les entreprises en difficult&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause de cela les syndicats et la social-d&#233;mocratie ont men&#233; une campagne contre &#171; la coalition du froid social &#187; en suscitant l'attente d'attaques frontales radicales d&#232;s le d&#233;but. Or, le nouveau gouvernement ne commence pas par des attaques frontales, mais par des petits pas, qui risquent de ne pas rencontrer suffisamment de r&#233;sistance et donc d'ouvrir la porte &#224; des attaques plus grandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les buts des lib&#233;raux se heurtent &#233;videmment &#224; la crise et au d&#233;ficit fiscal. Mais de plus la CDU/CSU veut se doter d'une image &#171; sociale et d&#233;mocrate &#187; et faire concurrence &#224; ce niveau au SPD. Angela Merkel a appris la le&#231;on : en 2005 elle avait men&#233; une campagne &#233;lectorale ultralib&#233;rale&#8230; et perdit son pari. Son score ne suffisait pas pour un gouvernement bourgeois, elle fut contrainte de former une grande coalition avec le SPD. L&#224;, elle a chang&#233; de cap et a commenc&#233; &#224; soigner une image sociale, dont les frais se sont report&#233;s sur le SPD. La d&#233;mocratie chr&#233;tienne reste un vrai parti populaire, qui continue &#224; attirer les suffrages de 26 % des travailleurs, et m&#234;me de 35 % des travailleurs non organis&#233;s. Elle a une aile sociale et une aile lib&#233;rale. La crise va aiguiser les conflits en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gouvernement Merkel II&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de gouvernement porte la marque de la CDU/CSU. Les propos antisociaux des lib&#233;raux ont &#233;t&#233; rejet&#233;s, la r&#233;forme fiscale est report&#233;e &#224; 2013. A part cela, c'est un document de perplexit&#233; : le nouveau gouvernement ne sait pas, comment g&#233;rer la crise, qu'il sous-estime d'ailleurs compl&#232;tement. Son seul espoir c'est le retour de la croissance, de pr&#233;f&#233;rence d&#232;s l'ann&#233;e prochaine. En vu de cela il a m&#234;me d&#233;cid&#233; un prolongement de l'allocation du ch&#244;mage partiel. L'aide aux entreprises en difficult&#233;s va par contre probablement &#234;tre r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Opel &#8212; que General Motors (GM) a d&#233;cid&#233; de ne pas c&#233;der au consortium form&#233; par la banque russe Sberbank et l'&#233;quipementier Magna (5) &#8212; d&#233;consid&#232;re les efforts de plusieurs gouvernements (au niveau f&#233;d&#233;ral comme au niveau r&#233;gional) pour c&#233;der Opel &#224; un sous-traitant autrichien et une banque russe. Cela cr&#233;e dans l'opinion publique un climat d&#233;favorable &#224; des subventions pour les entreprises. Le cas d'Opel peut tourner en un vrai d&#233;sastre : GM annonce 10 000 licenciements en Allemagne, 50 000 dans toute l'Europe, et la fermeture des usines de Bochum et Eisenach en Allemagne, ainsi que de celle d'Anvers en Belgique (En Allemagne Opel compte 25 000 salari&#233;s dans quatre &#233;tablissements : R&#252;sselsheim et Kaiserlautern en plus des deux mentionn&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs d'Opel auraient toutes les chances d'organiser une r&#233;sistance &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne et mettre en &#233;chec les plans de GM, voire de prendre l'initiative pour une reconversion de la production dans un sens &#233;cologique. En Rh&#233;nanie du nord Westphalie, Die Linke demande la nationalisation d'Opel et sa transformation en une entreprise de mobilit&#233; &#233;cologique. Dans l'&#233;tat actuel des rapports de forces ce projet a peu de chances d'aboutir, mais il est clair qu'une d&#233;faite des travailleurs d'Opel aura de graves cons&#233;quences pour la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement veut subventionner seulement une concentration ult&#233;rieure du capital dans les banques comme dans l'industrie &#171; pour faire face &#224; la concurrence &#187;. Ce mouvement de concentration est en cours : la moiti&#233; des entreprises industrielles sont atteintes par la crise, la m&#233;tallurgie est la plus fortement touch&#233;e avec 70 % des usines en difficult&#233; ; 20 % luttent contre la fermeture. Le syndicat des m&#233;tallurgistes IG Metall estime qu'en Baden-W&#252;rttemberg un tiers des usines m&#233;tallurgiques pourraient &#234;tre ferm&#233;es. On trouve la m&#234;me situation dans l'imprimerie et chez les m&#233;dias imprim&#233;s. La crise a aussi affect&#233; les cha&#238;nes des grands magasins : Karstadt, un magasin de haut niveau, veut fermer 11 &#233;tablissements, d'autres comme Woolworth ou Hertie ont d&#233;j&#224; ferm&#233;. Une vague de concentration des banques r&#233;gionales est attendue ; l&#224; c'est surtout la Commission europ&#233;enne qui pousse &#224; leur vente et privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, tout en d&#233;cr&#233;tant des mesures d'aust&#233;rit&#233; dans la sant&#233;, les syst&#232;mes de retraites et de gestion du ch&#244;mage, emprunte &#224; un niveau record : 86 milliards d'euros pour 2010. Pour 2009 il a signal&#233; &#224; Bruxelles un d&#233;ficit fiscal de 3,7 % du PIB ; pour 2010 un d&#233;ficit de 6 % du PIB se dessine. L'Allemagne a rejoint maintenant les pays de l'Union europ&#233;enne (UE) ne respectant pas le pacte de stabilit&#233; &#8212; ils sont d&#233;j&#224; vingt sur les vingt sept pays membres. Toutefois, le nouveau ministre des finances promet un redressement du budget jusqu'en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res mesures ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; annonc&#233;es. L'assurance vieillesse sera accompagn&#233; d'un deuxi&#232;me pilier priv&#233; ; la cotisation patronale pour la s&#233;cu sera plafonn&#233;e au niveau actuel, alors que les cotisations des salari&#233;(e)s et de retrait&#233;(e)s vont augmenter. Les retraites seront bloqu&#233;es au moins pendant 5 ou 6 ans (la grande coalition avait pass&#233; une loi interdisant de les baisser). Le secteur pr&#233;caire sera &#233;tendu. L'agence pour le travail, qui avait &#233;t&#233; restructur&#233;e de fond en comble avec les lois Hartz, sera &#224; nouveau r&#233;form&#233;e. La d&#233;mocratie chr&#233;tienne soutient le mod&#232;le britannique : les soins des personnes non int&#233;gr&#233;(e)s dans le march&#233; du travail doivent &#234;tre pris en charge par les municipalit&#233;s&#8230; qui n'ont pas un budget pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique climatique &#8212; dont Angela Merkel pr&#233;tend &#234;tre le fer de lancement &#8212; est une farce. Alors que le gouvernement s'engage &#224; baisser de 80 % les &#233;missions de CO2 jusqu'en 2050, il lance la construction de nouvelles centrales au charbon qui devront enterrer leur anhydride carbonique (une technique qui n'est pas encore &#233;labor&#233;e, ni exp&#233;riment&#233;e). Les &#233;nergies renouvelables doivent avoir priorit&#233;, mais en m&#234;me temps la fermeture des centrales nucl&#233;aires, en fin d'activit&#233;, sera report&#233;e &#224; plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression qui domine, c'est que le gouvernement ne sait pas d&#233;finir les priorit&#233;s dans ce domaine, qu'il veut tout &#224; la fois le nucl&#233;aire, le charbon, le gaz de Russie, le p&#233;trole de l'Asie Centrale, le solaire du Sahara, l'&#233;olien de Norv&#232;ge, etc. Cela, alors que l'Allemagne est d&#233;j&#224; un exportateur d'&#233;nergie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Difficile r&#233;sistance des travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse des syndicats &#224; ce programme de sauvetage du grand capital est tout &#224; fait inad&#233;quate. Le soir des &#233;lections, le chef de la conf&#233;d&#233;ration syndicale DGB, Michael Sommer, et celui de l'IG Metall, Berthold Huber, ont exprim&#233; l'espoir que l'aile sociale de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne veillera &#224; ce que le pire ne se produise pas. L'Opel est un bon exemple de l'orientation majoritaire de l'IG Metall : elle mise sur les subventions &#233;tatiques pour sauvegarder la &#171; substance industrielle &#187;. Alors que la multinationale GM m&#233;prise la d&#233;cision du gouvernement allemand, le syndicat r&#233;agit avec manifestations et gr&#232;ves d'avertissement sans strat&#233;gie de lutte. Car une telle strat&#233;gie dans la situation actuelle n'est possible qu'en allant au-del&#224; des raisonnements capitalistes. Pour obtenir le rachat d'Opel par Magna et la Sberbank, les ouvriers d'Opel ont renonc&#233; &#224; quelques millions de salaires par an, en contrepartie de 10 % des actions, suivant le mod&#232;le am&#233;ricain. Maintenant GM demande de b&#233;n&#233;ficier de la m&#234;me concession. Huber a laiss&#233; entendre que les syndicats ne demanderaient pas des augmentations de salaires au del&#224; d'une compensation de l'inflation. Les patrons ont tout de suite fait savoir que cela leur paraissait irresponsable et qu'ils misent sur le blocage des salaires en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal syndicat des employ&#233;s, Ver.di, poursuit un d&#233;bat plus politique. Il demande un programme d'investissements de 40 milliards d'euros pour cr&#233;er de nouveaux emplois dans le secteur public, revendique un salaire l&#233;gal minimum (qui n'existe toujours pas en Allemagne), une plus longue dur&#233;e de l'allocation ch&#244;mage (actuellement un an) et la r&#233;introduction de l'imp&#244;t sur les patrimoines. Toutefois il existe un grand foss&#233; entre les discours et les r&#233;sultats dans les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance &#224; la crise d&#233;pend de la capacit&#233; des syndicats d'organiser les luttes. La conf&#233;d&#233;ration syndicale (DGB) a aujourd'hui 6,4 millions de membres (il y a 38 millions de salari&#233;s). Le niveau de syndicalisation reste &#233;lev&#233; dans les grandes industries de l'automobile et de la chimie, mais il est faible dans la petite et moyenne industrie et, surtout, dans les services priv&#233;s (en forte croissance du fait de l'ext&#233;riorisation de ces services par les grandes entreprises), o&#249; le syndicat est interdit. Le m&#233;contentement est tr&#232;s fort face &#224; la politique conduite par les directions syndicales et les effectifs des syndicats continuent &#224; baisser. Mais il n'y a pas de culture de luttes spontan&#233;es et il est tr&#232;s rare que les &#233;quipes syndicales en fasse d&#233;marrer..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des courants minoritaires dans les syndicats demandent qu'ils soient porteurs de la lutte sociale dans le sens large du terme et d'une perspective anticapitaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Au sein de l'IG Metall, un petit courant (sous la direction de Hans J&#252;rgen Urban, membre de la direction) a repris les vieilles id&#233;es sociales-d&#233;mocrates des ann&#233;es 1920 : il demande une d&#233;mocratie &#233;conomique et une plus forte r&#233;gulation du march&#233;. Le handicap d'une telle orientation, c'est qu'elle ne pr&#233;pare pas une confrontation avec le capital mais, qu'au contraire, elle est fond&#233;e sur l'approbation du patronat dans le cadre d'un nouveau compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Un courant plus radical dans Ver.di et IG Metall demande la nationalisation des industries-cl&#233;s et une r&#233;duction radicale du temps de travail. S'il a une petite influence dans des entreprises, il reste tr&#232;s minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Chez Opel, un noyau radical &#8212; Gegenwehr ohne Grenzen (GOG, R&#233;sistance sans fronti&#232;res) &#8212; existe seulement dans l'usine de Bochum. La GOG demande que les travailleurs votent sur les concessions des syndicats dans les n&#233;gociations &#8212; et appelle &#224; voter contre &#8212; mais elle ne propose aucune alternative au-del&#224; ; les autres salari&#233;s n'ont pas l'habitude ni l'exp&#233;rience d'une confrontation avec le patronat et ne savent pas d&#233;finir un objet de lutte autre que la pr&#233;servation de leur emploi et de leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette ann&#233;e des exemples d'occupation d'usine et de conversion de la production ont eu lieu dans des petites entreprises et ces exp&#233;riences n'ont pas &#233;t&#233; un &#233;chec. Par ailleurs une lutte importante des &#233;tudiants est en cours contre les r&#233;formes de Bologne, le manque de libert&#233; dans les &#233;tudes et les tarifs d'entr&#233;e aux universit&#233;s. A la mi-novembre dans plus d'une dizaine de villes les facult&#233;s sont occup&#233;es, suivant l'exemple de leurs camarades autrichiens. C'est le SDS, une organisation &#233;tudiante li&#233;e &#224; Die Linke, mais formellement ind&#233;pendante &#8212; la plupart de ses membres ne sont pas membres du parti &#8212;, qui joue le premier r&#244;le dans l'organisation de cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un r&#233;seau de comit&#233;s locaux contre la crise pr&#233;pare une nouvelle manifestation nationale au printemps prochain. Toutefois les activit&#233;s locales sont encore tr&#232;s faibles. Die Linke aura une grande responsabilit&#233; dans l'encouragement et l'organisation de luttes locales et nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Die Linke (La Gauche) appara&#238;t en tant que coalition &#233;lectorale du Parti du socialisme d&#233;mocratique (PDS, ex-SED &#8212; le parti d'&#201;tat de R&#233;publique d&#233;mocratique allemande) et de l'Alternative &#233;lectorale travail et justice sociale (WASG, issue des courants ) pour les l&#233;gislatives de 2005, o&#249; elle obtient 8,7 % des suffrages (54 si&#232;ges au Bundestag). Son congr&#232;s fondateur &#8212; unification du PDS (devenu entre-temps Linkspartei-PDS) et du WASG &#8212; a eu lieu en juin 2007. Aux l&#233;gislatives du 27 septembre 2009 Die Linke obtint 11,9 % des suffrages et 76 d&#233;put&#233;(e)s au Bundestag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Die Linke g&#232;re &#233;galement, en coalition et sous la houlette du SPD, le Land de Berlin depuis 2001, acceptant une politique de gestion n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Gregor Gysi, n&#233; &#224; Berlin en 1948 dans une famille de hauts dignitaires (son p&#232;re, Klaus Gysi, fut ministre de la Culture de 1966 &#224; 1973), est rentr&#233; en 1967 au Parti socialiste unifi&#233; (SED), au pouvoir en R&#233;publique d&#233;mocratique allemande. Avocat, il a d&#233;fendu des dissidents au cours des ann&#233;es 1970 et 1980 (en particulier Rudolf Bahro, Robert Havemann, Ulrike Poppe et B&#228;rbel Bohley). A la fin des ann&#233;es 1980 il fait le choix de Gorbatchev contre la direction conservatrice du SED. En 1989, avec d'autres juristes, il a pr&#233;sent&#233; un projet de loi autorisant les manifestations et fut un des orateurs &#224; la manifestation historique du 4 novembre. Il a jou&#233; un r&#244;le dirigeant dans la transformation du SED en Parti du socialisme d&#233;mocratique (PDS), a &#233;t&#233; &#233;lu d&#233;put&#233; au dernier parlement de la RDA (Volkskammer) puis au Bundestag. B&#228;rbel Bohley l'a accus&#233; d'avoir &#233;t&#233; un collaborateur de la police politique est-allemande (Stasi) de 1978 &#224; 1989 sous le nom &#171; IM Notar &#187; et il a &#233;t&#233; condamn&#233; en 1998 &#224; une amende de 8 000 Deutsche Marks, malgr&#233; ses d&#233;n&#233;gations. R&#233;&#233;lu au Bundestag apr&#232;s cette condamnation en 1998. Dans le land de Berlin, il a &#233;t&#233; un des piliers de la coalition SPD-PDS qui remporta les &#233;lections en 2001 et il devint responsable de l'ex&#233;cutif berlinois pour les affaires &#233;conomiques, du travail et des femmes, qu'il a quitt&#233; en 2002 apr&#232;s un scandale sur l'emploi des &#171; bonus miles &#187; a&#233;riens, dont il b&#233;n&#233;ficiait en tant que d&#233;put&#233; du Bundestag. Apr&#232;s avoir longtemps dirig&#233; le PDS, puis le groupe parlementaire de ce parti au Bundestag, Gysi reste une des principales personnalit&#233;s de Die Linke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Lothar Bisky, n&#233; en 1941 en Pom&#233;ranie (aujourd'hui polonaise), &#233;tabli avec ses parents en Allemagne f&#233;d&#233;rale apr&#232;s la guerre, a choisi la RDA &#224; l'&#226;ge de 18 ans et a adh&#233;r&#233; au SED en 1963. Il a &#233;t&#233; informateur de la Stasi sous les noms de code de &#171; Bienert &#187; (depuis 1966) et &#171; Klaus Heine &#187; (depuis 1987). &#201;lu au dernier parlement de la RDA et 1990, il est membre du Landtag (parlement r&#233;gional) de Brandenburg depuis 1990. Il a pr&#233;sid&#233; le PDS de 1993 &#224; 2000 (o&#249; il a &#233;t&#233; mis en minorit&#233; pour son soutien &#224; l'intervention militaire en ex-Yougoslavie) et est consid&#233;r&#233; comme le plus proche collaborateur de Gregor Gysi. Co-pr&#233;sident de Die Linke depuis 2007, pr&#233;sident du Parti de la Gauche europ&#233;enne, il dirige &#233;galement le quotidien Neues Deutschland. Il est favorable &#224; un gouvernement de coalition avec le SPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cf. Jean-Claude Vessillier, &#171; General Motors : la faillite d'une industrie &#187;, Inprecor n&#176; 551/552 de juillet-ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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