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		<title>Dette et r&#233;parations. Le cas du syst&#232;me des pensionnats indiens au Canada </title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Philippart </dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
15 f&#233;vrier &lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1874 le gouvernement du Canada cr&#233;e avec le soutien de diff&#233;rentes organisations religieuses, des &#233;tablissements scolaires appel&#233;s &#171; pensionnats indiens &#187; &#224; travers tout le pays &#224; l'exception des provinces de Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick et de l'&#206;le-du-Prince-Edouard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant plus d'un si&#232;cle, environ 150 000 enfants indiens, inuits et m&#233;tis seront enlev&#233;s &#224; leurs parents et forc&#233;s d'int&#233;grer des pensionnats dont les deux principaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-canadienne-" rel="directory"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
15 f&#233;vrier&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1874 le gouvernement du Canada cr&#233;e avec le soutien de diff&#233;rentes organisations religieuses, des &#233;tablissements scolaires appel&#233;s &#171; pensionnats indiens &#187; &#224; travers tout le pays &#224; l'exception des provinces de Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick et de l'&#206;le-du-Prince-Edouard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus d'un si&#232;cle, environ 150 000 enfants indiens, inuits et m&#233;tis seront enlev&#233;s &#224; leurs parents et forc&#233;s d'int&#233;grer des pensionnats dont les deux principaux objectifs &#233;taient les suivants. Tout d'abord il s'agissait d'isoler les enfants de leur famille et leur &#233;viter toute influence de la part de leurs foyers, traditions et culture. En effet, les cultures et croyances spirituelles des Autochtones &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme inf&#233;rieures. Il s'agissait ensuite d'int&#233;grer les enfants dans le pays par l'assimilation de la culture dominante et de tuer l'Indien en chacun d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont les enfants qui &#233;taient mal nourris et mal log&#233;s dans les pensionnats indiens. De plus, la pratique de langues autochtones y &#233;tait interdite, de m&#234;me que la pratique et l'&#233;tude de leur propre culture, sous peine de ch&#226;timents corporels. A cela s'ajoutait le triste constat de l'absence de leurs parents auxquels ils avaient &#233;t&#233; arrach&#233;s. Certains &#233;l&#232;ves sont morts en pension, et d'autres n'ont jamais pu rentrer chez eux. Si des t&#233;moignages positifs ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s de la part d'anciens pensionnaires concernant leur passage dans ces &#233;tablissements, &#171; leur histoire est de loin assombrie par les t&#233;moignages tragiques sur la n&#233;gligence et l'abus &#233;motifs, physiques et sexuels d'enfants sans d&#233;fense et de leur s&#233;paration de familles et communaut&#233;s impuissantes &#187; |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'entre 1874 et 1996 auront exist&#233; 132 pensionnats indiens financ&#233;s par l'Etat canadien et administr&#233;s conjointement par le gouvernement f&#233;d&#233;ral et principalement les Eglises catholique, anglicane, presbyt&#233;rienne et unie selon les &#233;tablissements |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de cette partie noire de l'histoire du Canada et du sentiment d'injustice qu'elle inspire, nous nous r&#233;jouirons de la vague de revendications pour r&#233;paration qu'elle a provoqu&#233;e : des poursuites judiciaires individuelles aux excuses de l'Etat et du clerg&#233;, en passant par la Convention de R&#232;glement Relative aux Pensionnats Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1991 d&#233;buteront plusieurs proc&#232;s intent&#233;s par d'anciens &#233;l&#232;ves envers leurs bourreaux. Ces d&#233;marches individuelles de r&#233;paration jetteront alors les bases d'un grand processus de demande de reconnaissance, d'excuses et de r&#233;parations pour les abus dont ont &#233;t&#233; victimes de nombreux &#233;l&#232;ves et pour le racisme inh&#233;rent au syst&#232;me des pensionnats indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ann&#233;es nonante, les principales Eglises impliqu&#233;es dans l'administration des pensionnats indiens, &#224; l'exception de l'Eglise catholique, pr&#233;senteront tour &#224; tour leurs excuses aux peuples autochtones. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi l'Eglise anglicane pr&#233;senta ses excuses le 6 ao&#251;t 1993 par la voix du Primat de l'Eglise anglicane au Canada, l'Archev&#234;que Michael Peers. Dans son discours, ce dernier fera &#233;galement part de ses regrets au nom de l'Eglise anglicane en disant &#171; Je suis d&#233;sol&#233;, plus que je ne pourrais l'exprimer, que nous ayons fait partie d'un syst&#232;me qui vous a arrach&#233;, vous et vos enfants, &#224; vos maisons et familles. Je suis d&#233;sol&#233;, plus que je ne pourrais l'exprimer, que nous ayons tent&#233; de vous remodeler &#224; notre image en vous &#233;loignant de votre langue et de vos signes identitaires &#187; |3|. C'est ensuite le 9 juin 1994 que l'Eglise presbyt&#233;rienne du Canada pr&#233;senta ses excuses comme approuv&#233;es par son assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, reconnaissant l'ampleur de son implication en confessant que &#171; l'Eglise presbyt&#233;rienne du Canada a estim&#233; savoir mieux que les Aborig&#232;nes eux-m&#234;mes ce qui &#233;tait bon pour eux &#187; |4| et que &#171; l'origine de la souffrance [que nous avons] provoqu&#233;e se trouve dans les attitudes et les valeurs du colonialisme ouest-europ&#233;en &#187; |5|. C'est enfin en 1998 que l'Eglise Unie du Canada a quant &#224; elle pr&#233;sent&#233; ses excuses aux anciens &#233;l&#232;ves des pensionnats indiens, &#224; leurs familles et &#224; leurs communaut&#233;s, par la voix de son mod&#233;rateur, le tr&#232;s r&#233;v&#233;rend Bill Phipps, qui notamment prendra l'engagement suivant : &#171; alors que nous faisons route sur le difficile chemin du repentir, de la r&#233;conciliation et de la gu&#233;rison, nous nous engageons &#224; ne plus jamais utiliser notre pouvoir pour blesser les autres en manifestant un comportement de sup&#233;riorit&#233; raciale et spirituelle &#187; |6|. Enfin, si les congr&#233;gations et dioc&#232;ses catholiques impliqu&#233;s dans la gestion des pensionnats ont pr&#233;sent&#233;s leurs excuses aux peuples autochtones, il n'en est pas de m&#234;me pour l'Eglise. Cette derni&#232;re l'explique par le fait que la communaut&#233; catholique du Canada n'a pas de structure centrale. Le Pape Beno&#238;t XVI a cependant exprim&#233; ses regrets et beaucoup esp&#232;rent des excuses papales dans un avenir proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'Etat canadien, c'est en 1998 qu'Ottawa reconna&#238;tra les injustices et les s&#233;vices subis par les communaut&#233;s autochtones lors d'excuses officielles pr&#233;sent&#233;es par la voix de Jane Steward alors Ministre des Affaires indiennes. Ces excuses ayant &#224; l'&#233;poque &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme insuffisantes quant &#224; la question des pensionnats indiens, le Premier ministre Stephen Harper pr&#233;sentera 10 ans plus tard, le 11 juin 2008, des excuses compl&#232;tes au nom des Canadiens dans un discours relatif aux pensionnats indiens, soulignant notamment que &#171; il n'y a pas de place au Canada pour les attitudes qui ont inspir&#233; le syst&#232;me des pensionnats indiens, pour qu'elles puissent pr&#233;valoir &#224; nouveau &#187; |7|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le but de &#171; mettre au point une entente en vue d'un r&#232;glement &#233;quitable et durable des s&#233;quelles des pensionnats indiens &#187; |8|, des discussions ont commenc&#233; dans les ann&#233;es 2000 entre le gouvernement du Canada, les avocats d'anciens &#233;l&#232;ves, les avocats d'entit&#233;s religieuses, et d'autres repr&#233;sentants d'anciens &#233;l&#232;ves comme l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations et d'autres organisations autochtones. Ses n&#233;gociations donneront naissance au r&#232;glement de recours collectif le plus important de l'histoire du Canada, la Convention de R&#232;glement Relative aux Pensionnats Indiens (CRRPI), entr&#233;e en vigueur le 19 septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures pr&#233;vues par le CRRPI et dont peuvent b&#233;n&#233;ficier les anciens &#233;l&#232;ves en vue de r&#233;parer les s&#233;quelles du syst&#232;me des pensionnats indiens, sont &#224; la fois individuelles et collectives. Elles se d&#233;clinent en cinq volets : le Paiement d'Exp&#233;rience Commune qui pr&#233;voit une indemnisation par ann&#233;e de fr&#233;quentation d'un pensionnat pour chaque ancien r&#233;sident ou son h&#233;ritier ; le Processus d'Evaluation Ind&#233;pendant qui est &#171; le seul moyen par lequel un ancien &#233;l&#232;ve peut soumettre une r&#233;clamation pour les abus physiques graves, s&#233;vices sexuels ou certains actes fautifs ayant entra&#238;n&#233; de graves cons&#233;quences psychologiques &#187; |9| et ainsi obtenir une indemnit&#233; &#224; cet &#233;gard ; la Commission de v&#233;rit&#233; et de r&#233;conciliation qui est &#224; la fois un espace de parole pour les victimes et un outil de sensibilisation du public canadien au r&#233;gime des pensionnats indiens et &#224; ses r&#233;percussions interg&#233;n&#233;rationnelles ; le volet Sant&#233; et Gu&#233;rison qui est compos&#233; de deux programmes de l'Etat pour offrir aux victimes un acc&#232;s &#224; des soins et &#224; un mieux-&#234;tre &#233;motionnel, ainsi que pour soutenir des projets d'aide aux victimes &#224; travers tout le pays ; et enfin l'Initiative de comm&#233;moration qui pr&#233;voit des fonds notamment pour perp&#233;tuer le souvenir et promouvoir les langues, cultures et valeurs traditionnelles des Autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es de mise en pratique il a &#233;t&#233; soulign&#233; lors d'une table ronde &#224; Montr&#233;al, r&#233;unissant en juin 2009 les repr&#233;sentants des diff&#233;rents acteurs impliqu&#233;s, que des difficult&#233;s persistaient sur le terrain, que les indemnisations financi&#232;res &#233;taient insuffisantes pour r&#233;gler tous les probl&#232;mes ou encore qu'il manquait de programmes sociaux adapt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ce processus de r&#233;paration n'est pas parfait, certes beaucoup de travail reste &#224; faire, certes il est probable que la blessure reste &#224; jamais ouverte, mais ce cas a cependant le m&#233;rite de mettre en avant un syst&#232;me de r&#233;paration, au niveau moral, historique et financier, qui ne peut que nous encourager &#224; continuer &#224; demander r&#233;paration pour les pr&#233;judices subis par toutes les victimes dans le monde marqu&#233;es &#224; jamais au fer rouge du colonialisme et de l'inhumanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des excuses et r&#233;parations au Canada a fait l'objet d'une pr&#233;sentation de C&#233;cile Philippart &#224; l'occasion du week-end &#034;Dette et r&#233;parations&#034; organis&#233; par le CADTM les 14 et 15 novembre 2009. Cliquez ici pour acc&#232;der aux diff&#233;rents expos&#233;s tenus &#224; cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| &#171; Le Premier ministre Harper pr&#233;sente des excuses compl&#232;tes au nom des Canadiens relativement aux pensionnats indiens &#187;, Discours du 11 mai 2008, Ottawa (Ontario), &lt;a href=&#034;http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?i...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?i...&lt;/a&gt;, 2p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Pour la liste compl&#232;te des &#233;tablissements et leur administration, consulter le site web officiel de la Cour dans le r&#232;glement du Litige en Recours collectif des Pensionnats Indiens : www.residentialschoolssettle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| &#171; I am sorry, more than I can say, that we were part of a system that took you and your children from home and family. I am sorry, more than I can say, that we tried to remake you in our image, by taking you your language and your signs of identity&#8221;, in A Living Apology, Toronto, Automne 2008, &lt;a href=&#034;http://www.anglican.ca/rs/apology/i...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.anglican.ca/rs/apology/i...&lt;/a&gt;, 1p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &#171; [&#8230;]the Presbyterian Church in Canada presumed to know better than Aboriginal peoples what was needed for life &#187;, in &#8220;The confession of the Presbyterian Church as adopted by the General Assembly, June 9th, 1994&#8221;, Toronto, www.rememberingthechildren.c..., 1p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| &#171; [&#8230;] the roots of the harm we have done are found in the attitudes and values of western European colonialism [&#8230;]&#8221;, ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Eglise Unie du Canada, &#171; Excuses aux anciens &#233;l&#232;ves des pensionnats am&#233;rindiens de l'Eglise Unie, &#224; leurs familles et &#224; leurs communaut&#233;s &#187;, Toronto, 1998, &lt;a href=&#034;http://www.united-church.ca/fr/beli...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.united-church.ca/fr/beli...&lt;/a&gt;, 1p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| &#171; Le Premier ministre Harper pr&#233;sente des excuses compl&#232;tes au nom des Canadiens relativement aux pensionnats indiens &#187;, Discours du 11 mai 2008, Ottawa (Ontario), &lt;a href=&#034;http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?i...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?i...&lt;/a&gt;, 2p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada, Document d'information sur les pensionnats indiens, Ottawa, 25 avril 2008, &lt;a href=&#034;http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/rqpi/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/rqpi/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| Minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada, &#171; Processus d'&#233;valuation ind&#233;pendant &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/rqpi/...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/rqpi/...&lt;/a&gt;, Ottawa, 1p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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