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		<title>Discours de Hugo Ch&#225;vez sur la Ve internationale</title>
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		<dc:date>2010-04-07T03:13:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Hugo Chavez</dc:creator>



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&lt;p&gt;21 novembre 2009 Publi&#233; dans Inprecor N&#176; 558-559, f&#233;vrier-mars 2010. ____________________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Du long discours introductif du pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as au Congr&#232;s extraordinaire du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le 21 novembre 2009, nous avons extrait les passages directement consacr&#233;s au projet de la Ve Internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce discours, disponible en espagnol, le pr&#233;sident Ch&#225;vez a &#233;galement longuement parl&#233; de la notion d'avant-garde, de la situation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;21 novembre 2009&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; dans Inprecor N&#176; 558-559, f&#233;vrier-mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Du long discours introductif du pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as au Congr&#232;s extraordinaire du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le 21 novembre 2009, nous avons extrait les passages directement consacr&#233;s au projet de la Ve Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce discours, disponible en espagnol, le pr&#233;sident Ch&#225;vez a &#233;galement longuement parl&#233; de la notion d'avant-garde, de la situation v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, de l'&#233;ducation, de l'&#201;tat et la r&#233;volution, du &#171; troisi&#232;me cycle, 2009-2019 &#187; de la r&#233;volution bolivarienne : &#171; la d&#233;cennie des grandes d&#233;finitions id&#233;ologiques, programmatiques, strat&#233;giques, tactiques de la grande construction du socialisme &#187;, selon ses termes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Bonsoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout d'abord un salut chaleureux, du fond du c&#339;ur, &#224; toutes et tous nos camarades compatriotes. J'ai d&#233;j&#224; salu&#233; nos invit&#233;s sp&#233;ciaux, mais je veux, au nom du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien, du gouvernement r&#233;volutionnaire, saluer de mani&#232;re toute particuli&#232;re nos invit&#233;s internationaux, qui sont tous ici avec nous, les 89 d&#233;l&#233;gu&#233;es et d&#233;l&#233;gu&#233;s venus de 39 pays &#8212; y compris, bien s&#251;r, du Venezuela &#8212;, de 55 partis politiques de la gauche du monde entier, et qui ont d&#233;battu ici ces derniers jours. Il n'y a pas de meilleure occasion que ce moment que vit le monde pour r&#233;aliser une r&#233;union internationale des partis politiques. Je veux insister tout d'abord sur l'importance de cette r&#233;union, de ses conclusions qui viennent de nous parvenir &#8212;elle s'est termin&#233;e cet apr&#232;s-midi, il y a eu une conf&#233;rence de presse et d&#232;s sa fin ils sont arriv&#233; ici en courant et, regardez-les, ils sont tous assis l&#224; de mani&#232;re disciplin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie d'accords sont le produit de ces d&#233;bats intenses qui ont dur&#233; jusqu'&#224; l'aube hier et toute la journ&#233;e aujourd'hui. C'est l'engagement de Caracas &#8212; je ne vais pas vous lire tout cela, qui devra &#234;tre publi&#233; et maintenant nous devons nous consacrer au Congr&#232;s extraordinaire du grand Parti socialiste uni du Venezuela. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lis la d&#233;cision sp&#233;ciale de la Rencontre internationale des partis de gauche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Rencontre internationale de partis de gauche, qui s'est tenue &#224; Caracas les 19, 20 et 21 novembre 2009, apr&#232;s avoir re&#231;u la proposition du Commandant Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as de convoquer une Ve Internationale socialiste en tant qu'instance des partis et courants socialistes ainsi que des mouvements sociaux du monde entier, o&#249; nous pourrons harmoniser une strat&#233;gie commune de lutte anti-imp&#233;rialiste, d&#233;passer le capitalisme pour le socialisme et l'int&#233;gration &#233;conomique solidaire d'un nouveau genre, d&#233;cide de valoriser ladite proposition au vu de sa dimension historique qui sugg&#232;re un nouvel esprit internationaliste. Aux fins de concr&#233;tiser cette proposition &#224; court terme, il est d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un groupe de travail compos&#233; par les partis et courants socialistes, ainsi que les mouvements sociaux qui souscriront &#224; cette initiative, dans le but de pr&#233;parer un agenda d&#233;finissant les objectifs, contenus et m&#233;canismes d'une telle instance mondiale r&#233;volutionnaire. En ce sens, une convocation est lanc&#233;e pour une premi&#232;re r&#233;union constitutive au mois d'avril 2010 en cette ville de Caracas. De m&#234;me, les partis et courants socialistes et les mouvements sociaux ne s'&#233;tant pas encore exprim&#233;s s'engagent &#224; pr&#233;senter la proposition &#224; leurs instances dirigeantes l&#233;gitimes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais prendre quelques minutes pour pr&#233;senter une r&#233;flexion sur ce sujet et surtout pour souligner l'importance extraordinaire de sa r&#233;alisation. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'une co&#239;ncidence, mais plut&#244;t des cons&#233;quences de processus historiques qui ont conflu&#233;, dans ce grand espace de notre Am&#233;rique, au moment m&#234;me que nous vivons, &#224; l'instar de ces pentes qui encadrent le grand Or&#233;noque par exemple, de sorte que le beau cri qui sort de vos bouches, rend honneur aux martyrs qui sont tomb&#233;s par milliers, qui ont donn&#233; leur vie pour la lib&#233;ration de nos peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui meurent pour la vie ne peuvent &#234;tre appel&#233;s morts, ils vivent en nous et ils sont pour nous un engagement, un d&#233;fi colossal, un appel pour la Ve Internationale. Je demande &#224; ce congr&#232;s extraordinaire qu'il inclue ce sujet dans son ordre du jour comme un des th&#232;mes &#224; analyser, &#224; &#233;tudier dans son contexte, cette proposition de convoquer les partis politiques, les mouvements sociaux, les courants socialistes, les partis socialistes, r&#233;volutionnaires de toute la plan&#232;te, du monde entier, de les faire venir pour cr&#233;er une nouvelle organisation qui soit ad&#233;quate au d&#233;fi que nous vivons, qui se hisse &#224; la hauteur du cri des peuples du monde, qui devienne l'instrument d'articulation et d'unification des luttes des peuples pour sauver la plan&#232;te. Parce qu'il faut le rappeler : il y aura un autre sujet important pour l'&#233;tude et le d&#233;bat de ce congr&#232;s, sujet que nous attaquons aujourd'hui, mes chers compatriotes, d&#233;l&#233;gu&#233;es et d&#233;l&#233;gu&#233;s &#8212; la crise mondiale, la crise &#233;cologique (et nous sommes aux portes du sommet de Copenhague, convoqu&#233; pr&#233;cis&#233;ment pour traiter ce sujet, un des plus importants sinon le plus important dans le monde actuellement), le syst&#232;me capitaliste, le mode de production capitaliste, la logique du capital qui a impos&#233; son h&#233;g&#233;monie durant les deux cent derni&#232;res ann&#233;es &#224; quelques exceptions pr&#232;s, ce mode de production donc, ce d&#233;veloppement destructeur qui d&#233;truit la plan&#232;te et qui menace m&#234;me la survie de l'esp&#232;ce humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les rapports scientifiques &#8212; que beaucoup ne veulent pas voir car l'h&#233;g&#233;monie mondiale des m&#233;dias mani&#233;s par l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain et les grandes transnationales capitalistes ont r&#233;ussi &#224; dissimuler une bonne partie de ces informations, issues de recherches s&#233;rieuses &#8212; qui indiquent que la temp&#233;rature de la plan&#232;te continue d'augmenter, que les grands glaciers, pr&#233;sents depuis des millions et des millions d'ann&#233;es, continuent &#224; se d&#233;sagr&#233;ger, que les calottes polaires se r&#233;duisent du fait de r&#233;chauffement de la Terre. C'est une loi physique : lorsque vous r&#233;chauffez un morceau de glace, il fond. C'est ce qui arrive &#224; la plan&#232;te, le niveau des mers continue &#224; monter. Et malgr&#233; tout cela les grands pays capitalistes, &#224; commencer par les &#201;tats-Unis, qui sont les grands coupables de la destruction de l'&#233;quilibre environnemental, de la pollution de l'atmosph&#232;re, ne veulent pas assumer leurs responsabilit&#233;s, ne veulent pas s'engager &#224; r&#233;duire les &#233;missions des gaz polluants, ne veulent pas engager des ressources&#8230; Ah ! Pourtant ils avaient trouv&#233; des milliards, c'est-&#224;-dire des millions de millions de dollars pour venir en aide aux banquiers, pour aider les grandes banques du monde dans cette tentative &#8212; qui sera vaine &#8212; de sauver le syst&#232;me capitaliste mondial. Mais ils n'ont pas d'argent pour soutenir et pour prendre l'initiative de programmes qui arr&#234;tent le r&#233;chauffement climatique, de programmes d&#233;finis par nombre de scientifiques. Car on sait ce qu'il faut faire. Et ce alors que certains scientifiques disent m&#234;me qu'il est d&#233;j&#224; tard, que nous sommes d&#233;j&#224; en train de franchir le point de non-retour au-del&#224; duquel il n'existera plus de rem&#232;des, comme contre un cancer qui se d&#233;veloppe et qui grandit et qu'&#224; un moment il n'y a plus de recours possible. C'est un th&#232;me pour l'&#233;tude, pour discuter avec vous mes chers camarades, compatriotes, d&#233;l&#233;gu&#233;s de ce congr&#232;s extraordinaire et pour l'&#233;tudier, non pas en s'enfermant ici entre quatre murs, non !, mais pour porter ce sujet dans les rues, pour le discuter avec le peuple, pour le diffuser partout car ce congr&#232;s ne doit pas se tourner sur lui-m&#234;me, il doit aller dans les rues, dans les champs, dans les usines, dans les universit&#233;s et les lyc&#233;es pour d&#233;battre et discuter avec le peuple, avec les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que j'ai dit que cette r&#233;union me para&#238;t tellement opportune et c'est pour cette raison que j'ai lanc&#233; la proposition de la Ve Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelez-vous que la Premi&#232;re Internationale a &#233;t&#233; convoqu&#233;e en 1864 &#8212; ici la Guerre F&#233;d&#233;rale se terminait, c'est-&#224;-dire qu'il y a un si&#232;cle et demi que Karl Marx et un groupe de ses camarades ont convoqu&#233; la Ie Internationale. Plusieurs ann&#233;es apr&#232;s, Friedrich Engels a convoqu&#233;, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, la IIe Internationale et, au XXe si&#232;cle, Vladimir Illich L&#233;nine, ensemble avec d'autres grands r&#233;volutionnaires, a convoqu&#233; la IIIe Internationale et, plusieurs ann&#233;es apr&#232;s, en 1936, L&#233;on Trotsky lance l'id&#233;e de la IVe Internationale. Chacune d'elles avait son contexte mais, pourriez-vous le croire, ces quatre exp&#233;riences en vue d'obtenir l'unit&#233; des partis, courants et mouvements sociaux mondiaux sont toutes rest&#233;es en chemin, pour diff&#233;rentes raisons, certaines sont devenues fortes, d'autres se sont d&#233;sagr&#233;g&#233;es en peu de temps, d'autres ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, mais en v&#233;rit&#233; aucune n'a servi, aucune n'a pu aller plus en avant vers les grands buts con&#231;us par ceux qui les ont convoqu&#233;es. De plus toutes ont &#233;t&#233; con&#231;ues depuis l'Europe, de cette Europe o&#249; est n&#233;e avec force la th&#232;se du socialisme scientifique &#224; la chaleur des grandes luttes populaires, &#224; la chaleur des luttes ouvri&#232;res contre la dite r&#233;volution industrielle et la domination de la bourgeoisie. Ces exp&#233;riences sont n&#233;es dans le feu de la grande r&#233;volution sovi&#233;tique, elles sont n&#233;es en Europe, cette Europe qui &#233;tait l'&#233;picentre des luttes lorsque au cours de toutes ces grandes ann&#233;es les mouvements sociaux r&#233;volutionnaires l'ont agit&#233;e. Et ici, en Am&#233;rique latine, dans notre Am&#233;rique, pendant ce temps nous discutions des affres de l'affreux labyrinthe, pour reprendre les termes de Gabriel Garc&#237;a M&#225;rquez, car c'&#233;tait la nuit, comme l'ont racont&#233; ceux qui l'avaient vu, Bol&#237;var pleurait, il pleurait dans sa solitude, notre p&#232;re, comme l'a dit Neruda, le p&#232;re de notre terre, de notre eau et de notre air, tout ici porte ton nom dans notre maison, l'ouragan Bol&#237;var, le peuple Bol&#237;var, le parti Bol&#237;var qui est ici, le parti bolivarien, ici nous sommes tous tes enfants et nous rendons hommage &#224; ta m&#233;moire, p&#232;re Bol&#237;var. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant nous devons le r&#233;pandre partout : Bol&#237;var est ici, le p&#232;re Bol&#237;var, il alerte le monde, l'&#233;p&#233;e de Bol&#237;var chemine et rend la justice, c'est l'&#233;p&#233;e de Sandino, l'&#233;p&#233;e de Moraz&#225;n [1], l'&#233;p&#233;e de Sucre [2], l'&#233;p&#233;e de Manuela Sa&#233;nz [3], l'&#233;p&#233;e libertaire de nos peuples. Nous en &#233;tions l&#224; alors qu'en Europe se levaient les grands courants socialistes r&#233;volutionnaires, dans la Guerre F&#233;d&#233;rale et ils avaient tu&#233; Zamora [4]&#8230; Il y a exactement 150 ans, un jour comme aujourd'hui, Zamora arrivait &#224; Guanare, ils avaient d&#233;j&#224; lib&#233;r&#233; Barinas et ont fait une Assembl&#233;e constituante dans les plaines du Sud, dans la province de Barinas, et ont commenc&#233; a avancer vers le centre du pays&#8230; Bon, c'&#233;tait il y a 150 ans et c'est &#224; ce moment que se levaient les courants socialistes et que fut convoqu&#233;e la Premi&#232;re Internationale, et quand Friedrich Engels a convoqu&#233; la Seconde Internationale, &#224; laquelle participaient Clara Zetkin, Rosa Luxemburg et nombre d'autres grands penseurs, militants et militantes, ici, en Am&#233;rique latine, nous &#233;tions dans le grand marais. Le XIXe si&#232;cle se terminait et nous n'&#233;tions pas sortis de ce labyrinthe dont parlait Bol&#237;var une de ces nuits o&#249; il pleurait &#8212; on raconte qu'il avait entendu crier certains de ses compagnons et qu'il regardait le ciel en disant &#171; Dieu, comment vais-je sortir de ce labyrinthe ? &#187;. Mais le labyrinthe de Bol&#237;var, c'&#233;tait le n&#244;tre, celui dans lequel nos peuples &#233;taient enferm&#233;s. Aujourd'hui nous en construisons la sortie et nous allons devant, avec l'&#233;p&#233;e d&#233;gain&#233;e de Sim&#243;n Bol&#237;var qui nous ouvre la voie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche de l'avant-garde a commenc&#233; au XIXe si&#232;cle, l'empire nord-am&#233;ricain &#233;tait encore &#224; venir. Au d&#233;but du XXe si&#232;cle il y avait eu ici une tentative, celle de Cipriano Castro [5], renvers&#233;e par l'imp&#233;rialisme&#8230; L&#233;nine convoquait la IIIe Internationale, puis Trotsky&#8230; Mais maintenant, je crois que nous pouvons dire que le centre de gravit&#233; des luttes r&#233;volutionnaires de cette plan&#232;te ce n'est plus l'Europe, c'est le produit des courants temporels. Les mouvements r&#233;volutionnaires &#8212; et ce n'est pas leur manquer de respect, au contraire &#8212; sont modestes en Europe, en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient, en Oc&#233;anie, en Am&#233;rique du nord &#8212; car m&#234;me aux &#201;tats-Unis existent des mouvements r&#233;volutionnaires, socialistes &#8212; mais tout observateur, tout analyste, chacun qui suit seulement le conseil de la Bible, qui ouvre les yeux pour voir et les oreilles pour entendre, sait que dans le monde d'aujourd'hui, au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, l'&#233;picentre des luttes r&#233;volutionnaires, des luttes socialistes est ici, en notre Am&#233;rique et que le Venezuela est au c&#339;ur de cette bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &#224; nous d'assumer le r&#244;le d'avant-garde et nous devons l'assumer, nous devons prendre conscience de cette immense responsabilit&#233; que nous avons sur nos &#233;paules. Chacune de vous, chacun de vous, camarades, nous le Parti socialiste uni, les partis alli&#233;s, le gouvernement, nous sommes devant cette responsabilit&#233;. Je fais r&#233;f&#233;rence &#224; Fernando Soto Rojas, &#224; son verbe incendiaire, agitateur de temp&#234;tes, et c'est pour cela que je crois honn&#234;tement que l'heure est venue de convoquer la Ve Internationale. Et nous la convoquons depuis Caracas et nous appelons tous les partis socialistes r&#233;volutionnaires, les mouvements et les courants qui luttent pour le socialisme, contre le capitalisme, contre l'imp&#233;rialisme pour sauver le monde. Reprenons les termes de Rosa Luxemburg : socialisme ou barbarie ! &#8212; sauvons le monde, faisons le socialisme &#8212; sauvons le monde, mettons en &#233;chec l'imp&#233;rialisme &#8212; sauvons le monde, d&#233;faisons le capitalisme ! Tel sont les enjeux et c'est vraiment l'essence de ce congr&#232;s extraordinaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;union des partis politiques nous avons &#233;galement approuv&#233; une d&#233;claration de soutien au Honduras, une d&#233;claration sp&#233;ciale contre le coup d'&#201;tat au Honduras, c'est aussi un th&#232;me que ce congr&#232;s doit discuter, car ce congr&#232;s que nous installons aujourd'hui, je vais y consacrer du temps, parce que j'ai conscience de l'importance de son succ&#232;s pour le futur du pays, pour le futur de la r&#233;volution. Ce doit &#234;tre un congr&#232;s vivant et non un congr&#232;s mort. Si Sim&#243;n Bol&#237;var, le p&#232;re Bol&#237;var, avait convoqu&#233; le congr&#232;s de Panama, s'il s'est donn&#233; autant de mal pour ce Congr&#232;s amphictyonique, avec une lucide &#233;laboration anti-imp&#233;rialiste, c'est parce que Bol&#237;var, comme l'a dit Fidel, &#233;tait le pr&#233;curseur de l'anti-imp&#233;rialisme sur ces terres, le premier qui a clairement vu la menace de l'empire et qui l'a nomm&#233; : les &#201;tats-Unis. Et ils ont r&#233;ussi &#224; isoler Bol&#237;var : quand il est revenu de la Bolivie, du P&#233;rou et qu'il est arriv&#233; &#224; Caracas, il a souffert d'un &#233;norme camouflet. C'est clair, ils lui ont fait des festivit&#233;s, mais avec un poignard dans le dos, puis ils l'ont expuls&#233; d'ici et lui ont interdit de revenir sur les terres v&#233;n&#233;zu&#233;liennes, il lui ont interdit de s&#233;journer &#224; Sucre&#8230; Et ce ne furent pas les Espagnols, non, ce furent des tra&#238;tres, l'aristocratie qui s'est form&#233;e en trahissant le peuple et la r&#233;volution et l'ind&#233;pendance. C'est pourquoi je dis que Bol&#237;var, sa douleur, ses larmes, ses pleurs et nous, qui sommes ses enfants, nous devons nous engager pour sortir de ce terrible labyrinthe. Bien, au Honduras une bataille a commenc&#233; et &#8212; malgr&#233; ses douleurs, ses morts, ses pers&#233;cut&#233;s, ses emprisonn&#233;s, malgr&#233; la r&#233;pression qui a lieu&#8212; je crois que le coup d'&#201;tat au Honduras va avoir des effets similaires &#224; ceux du coup d'&#201;tat que nous avons connu ici, car vous savez, cette phrase de L&#233;on Trotsky, je l'ai souvent r&#233;p&#233;t&#233;e : toute r&#233;volution a besoin du fouet de la contre-r&#233;volution. Au Honduras le processus commence, rien n'a &#233;t&#233; perdu, l'horizon est devant Patricia Rhodes, devant Mel Zelaya, devant le peuple hondurien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien, il y a ici tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s, des ambassadeurs, il y a l'ambassadeur de Bolivie au Venezuela et &#224; travers Toi, Jorge Alvarado, nous saluons Evo Morales, ce grand dirigeant sud-am&#233;ricain, latino-am&#233;ricain et tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Bolivie. Il y a ici l'ambassadeur de Cuba au Venezuela, Rogelio Polanco, &#224; qui nous transmettons le salut au Cuba r&#233;volutionnaire, &#224; Ra&#250;l Castro, le Pr&#233;sident, &#224; Fidel Castro, le dirigeant, le p&#232;re de nous tous. Germ&#225;n Espinal, l'ambassadeur du Honduras, est aussi avec nous. Piedad C&#243;rdoba, un baiser pour toi et le plus grand amour de ce peuple pour ton courage, ta solidarit&#233; de femme colombienne, notre s&#339;ur. Et il y a ici les camarades hommes et femmes de la Direction nationale, les gouverneurs, les d&#233;put&#233;-e-s, les invit&#233;s &#8212; Jos&#233; Vincente Rangel est ici, un salut sp&#233;cial &#224; notre cher Jos&#233; Vincente, toujours pr&#233;sent. Le pr&#233;sident Daniel Ortega vient de conclure une intervention en comm&#233;morant le premier anniversaire de victoire du Front sandiniste aux &#233;lections&#8230; Applaudissons et f&#233;licitons ici la Front sandiniste et le pr&#233;sident Ortega, qui est en pleine lutte et cette lutte, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, est mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie il y a une grande lutte, au Nicaragua, au Salvador, au Honduras, en Bolivie, en &#201;quateur, partout la lutte est devenue mondiale et le monde est devenu un champ de bataille. C'est pourquoi je crois que la formation de la Ve Internationale est n&#233;cessaire et que ce sera celle de la victoire, de l'avanc&#233;e du socialisme aux quatre coins du monde. (&#8230;) &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduit par J.M. de l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &#171; Cr&#233;er quelque chose de nouveau ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous reproduisons ici des extraits, consacr&#233;s au projet de la VeInternationale, de son intervention lors de la cl&#244;ture de la rencontre mondiale des partis et mouvements de gauche, qui s'&#233;tait tenue &#224; Caracas du 19 au 21 novembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous invite &#224; cr&#233;er quelque chose de nouveau ! Il ne s'agit pas de r&#233;&#233;diter des choses qui existent encore, mais qui ne servent pas pour l'entreprise que nous avons devant nous : affronter l'imp&#233;rialisme et proposer le socialisme comme alternative aux changements du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'imagine que cette Ve Internationale devrait avoir un comit&#233; pr&#233;paratoire pour travailler, &#233;changer des id&#233;es, organiser des r&#233;unions par blocs, par pays, par continent. Une &#233;cole par exemple, un syst&#232;me de formation, une &#233;cole de cadre, des d&#233;bats, des publications, etc. Cet effort id&#233;ologique et th&#233;orique devrait avoir une coordination, une organisation, une strat&#233;gie. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre id&#233;e dans le cadre d'une organisation qui nous regroupe, certains au gouvernement, certains dans l'opposition... : cr&#233;er des espaces multiples mais concrets. Je m'explique. Il y a des partis r&#233;volutionnaires, de gauche, socialistes, qui sont au gouvernement au niveau local en Afrique, en Asie, en Am&#233;rique latine, en Europe, dans des mairies, des espaces r&#233;gionaux. Une organisation de partis de gauche pourrait faire beaucoup dans ces espaces r&#233;gionaux et peut-&#234;tre influer sur les parlements... parfois dans les parlements domin&#233;s par la droite, ces projets ne passent pas. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous appelle &#224; bien r&#233;fl&#233;chir &#224; ce projet. Je demande aux organisations qui existent, certaines auxquelles nous participons, qu'elles n'aient pas peur, parce que nous voudrions nous mettre au-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, ces organisations peuvent aider. Une Ve Internationale doit s'alimenter des organisations existantes qui nous viennent du XX&#176; si&#232;cle. Par exemple nous avons en Am&#233;rique latine le Forum de S&#227;o Paulo, tr&#232;s prestigieux et tr&#232;s enracin&#233;, regroupant l'ensemble de partis de gauche, r&#233;volutionnaires, progressistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Internationale a besoin d'&#234;tre aliment&#233;e par l'exp&#233;rience de ces exp&#233;riences, de ces espaces qu'il faut renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum de S&#227;o Paulo, les groupes des partis d'Am&#233;rique centrale, des Cara&#239;bes, qui ont un profil distinct de celui qu'on imagine ici. Ils ont des espaces d&#233;termin&#233;s, un continent, parfois des groupes de partis au gouvernement qui n'ont pas forc&#233;ment la m&#234;me &#233;tiquette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'exp&#233;rience de 1864 et l'esprit de la Premi&#232;re Internationale, puis de la Seconde qui reprenait le patrimoine l&#233;gu&#233; &#224; l'humanit&#233; par Marx et Engels, Clara Zetkin, Rosa Luxembourg, L&#233;nine, Mariategui, Trotski... nous devons cr&#233;er un socialisme nouveau, qui doit &#234;tre une &#171; cr&#233;ation h&#233;ro&#239;que &#187; selon le mot de Mariategui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour cr&#233;er quelque chose de nouveau, nous devons nous alimenter, nous enraciner avec les connaissances accumul&#233;es, nous n'allons pas cr&#233;er quelque chose de nouveau &#224; partir de rien. Rien ne na&#238;t de rien : nous devons nous inspirer de ces penseurs, ces acteurs r&#233;volutionnaires, ind&#233;pendamment de comment ils ont termin&#233; leur vie, comment se sont conclues les exp&#233;riences qu'ils ont aid&#233; &#224; impulser. Unir ces pens&#233;es &#224; nos racines indo-am&#233;ricaines, comme le dit Mariategui, &#224; la pens&#233;e de nos p&#232;res fondateurs, nos lib&#233;rateurs comme Bolivar, Samartin, Sandino, Farabundo, ceux du christianisme lib&#233;rateur comme Camilo Torres, de grands hommes comme Che Guevara, Salvador Allende, Manuela Saez, Eloy Alfaro, des martyrs comme Allende, Maurice Bishop, Jorge Eliezer Gaitan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permettez-moi l'image, c'est comme la r&#233;activation de tous les volcans. C'est l'heure des volcans ! Ce n'est pas l'heure de la glace, c'est l'heure des fours ! Comme l'a dit une fois Jos&#233; Marti &#171; allumons tous les fours ! R&#233;activons tous les volcans ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci beaucoup, merci de votre attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduit de l'espagnol par S.V.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;CHAVEZ Hugo&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes[1] Francisco Moraz&#225;n (1792-1842), homme politique et dirigeant militaire lib&#233;ral centro-am&#233;ricain, chef d'&#201;tat du Honduras (1827-1830), du Guatemala (1829), Pr&#233;sident de la R&#233;publique F&#233;d&#233;rale d'Am&#233;rique centrale (1829-1838), du Salvador (1839-1840) et du Costa Rica (1840-1842), trahi par son ami, livr&#233; &#224; l'ennemi et fusill&#233; le jour du 21e anniversaire d'ind&#233;pendance de l'Am&#233;rique centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Antonio Jos&#233; de Sucre (1795-1830), leader ind&#233;pendantiste sud-am&#233;ricain, n&#233; &#224; Cuman&#225; (Venezuela), lieutenant de Sim&#243;n Bol&#237;var, victorieux dans les batailles contre les Espagnols (dont la bataille d'Ayacucho, o&#249; le vice-roi a &#233;t&#233; captur&#233;), pr&#233;sident de la province de Quito (1822), du P&#233;rou (&#233;lu &#224; vie en 1826, il abdiqua en 1828), il a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; Berruecos alors qu'il se pr&#233;sentait &#224; la pr&#233;sidence de Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Manuela Sa&#233;nz (1797-1856), combattante ind&#233;pendantiste &#233;quatorienne, consid&#233;r&#233;e comme une des premi&#232;res f&#233;ministes latino-am&#233;ricaine. Compagne de Sim&#243;n Bol&#237;var, elle lui sauva la vie par une intervention d&#233;cid&#233;e, lors d'un attentat le 25 septembre 1828 &#224; Santa F&#233; de Bogot&#225;, ce qui lui valu le titre de &#171; Lib&#233;ratrice du lib&#233;rateur &#187;. Morte en exil eu P&#233;rou. En 2007 le pr&#233;sident &#233;quatorien Rafael Correa l'a nomm&#233; &#171; G&#233;n&#233;rale d'honneur de la R&#233;publique d'&#201;quateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ezequiel Zamora (1817-1860), militaire et dirigeant politique radical v&#233;n&#233;zu&#233;lien, un des principaux acteurs de la Guerre F&#233;d&#233;rale (1859-1863) qui d&#233;fendit une r&#233;forme agraire profonde en faveur des paysans. Consid&#233;r&#233; au Venezuela comme un socialiste de la premi&#232;re heure &#8212; des groupes de gu&#233;rilleros dans les ann&#233;es 1960 avait pris son nom &#8212; il &#233;tait influenc&#233; par les r&#233;volutions europ&#233;ennes et l'insurrection qu'il dirigea avait repris les mots d'ordre de &#171; Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233; &#187;, &#171; Terre et Hommes libres ! &#187;, &#171; &#201;lections populaires ! &#187; et &#171; Mort &#224; l'oligarchie ! &#187;. Mort au combat devant la ville de San Carlos en 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Jos&#233; Cipriano Castro Ruiz (1856-1924), militaire et homme politique v&#233;n&#233;zu&#233;lien, chef d'&#201;tat (1899-1908), il a suspendu le payement du service de la dette &#233;trang&#232;re (1902) et a expropri&#233; certaines compagnies &#233;trang&#232;res, devant faire face &#224; un blocus maritime du Venezuela par les marines britanniques, allemandes et italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Publi&#233; dans Inprecor N&#176; 558-559, f&#233;vrier-mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as est pr&#233;sident du Venezuela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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