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	<title>La Gauche</title>
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		<title>Br&#233;sil : Au pays de Lula, combattre la pauvret&#233; avec les pauvres</title>
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		<dc:date>2010-04-07T03:12:38Z</dc:date>
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		<dc:creator>BETTENCOURT Carlos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Paru en Suisse dans l'Anticapitaliste n&#176; 20 du 4 mars 2010. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le corps du ca&#239;d assassin&#233; g&#238;t dans son sang sur le sol de la favela. A l'arriv&#233;e de la police, les tueurs, membres d'un gang rival, sont encore sur place, le temps que les keufs leur taxent les pompes en croco piqu&#233;es sur le corps encore chaud &#233;tendu sur le sol. La sc&#232;ne, film&#233;e par une grande cha&#238;ne de TV s'est pass&#233;e il y a quelques semaines &#224; Rio de Janeiro. Dans un Br&#233;sil qui apr&#232;s avoir obtenu les J.O. s'appr&#234;te, apr&#232;s deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Paru en Suisse dans l'Anticapitaliste n&#176; 20 du 4 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le corps du ca&#239;d assassin&#233; g&#238;t dans son sang sur le sol de la favela. A l'arriv&#233;e de la police, les tueurs, membres d'un gang rival, sont encore sur place, le temps que les keufs leur taxent les pompes en croco piqu&#233;es sur le corps encore chaud &#233;tendu sur le sol. La sc&#232;ne, film&#233;e par une grande cha&#238;ne de TV s'est pass&#233;e il y a quelques semaines &#224; Rio de Janeiro. Dans un Br&#233;sil qui apr&#232;s avoir obtenu les J.O. s'appr&#234;te, apr&#232;s deux mandats du pr&#233;sident Lula, &#224; voter. L'occasion pour l'Anticapitaliste de s'entretenir avec Carlos Bettencourt, militant &#224; Rio du parti du socialisme et de la libert&#233;, le PSoL.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'anticapitaliste : Deux mandats de Lula, le Parti des travailleurs au gouvernement depuis huit ans. Quel bilan ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlos Bettencourt : Il faut diff&#233;rencier entre deux phases, celle qui court de 2003 &#224; 2006, le premier mandat, et celle qui l'a suivie. D&#232;s son arriv&#233;e la t&#234;te de l'Etat, Lula a voulu donner des gages &#224; la bourgeoisie en se soumettant aux diktats du Fonds mon&#233;taire international et de la banque mondiale. Ca a &#233;t&#233; la p&#233;riode des attaques contre le syst&#232;me des pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'autre phase ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a eu la phase sociale-lib&#233;rale, celle durant laquelle la poursuite de la politique n&#233;olib&#233;rale s'est combin&#233;e avec des mesures sociales et progressistes. Tout en continuant &#224; rembourser la dette, le gouvernement a par exemple adopt&#233; le plan national de d&#233;fense des droits humains, pris position une position critique face au coup d'Etat au Honduras ou encore &#233;largi le programme Bolsa familia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand t'as rien, deux dollars c'est beaucoup.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un programme fond&#233; sur la distribution de deux dollars par jour &#224; 20 millions de personnes, soit 10% de la population. Et deux dollars par jour, quand t'as rien, &#8230; c'est beaucoup. C'est pour cela qu'il b&#233;n&#233;ficie toujours du soutien de certains secteurs sociaux de gauche comme, par exemple, celui du mouvement des sans terre, le MST. Mais, il ne faut pas oublier que sous Lula, le transfert des richesses du travail vers le capital s'est poursuivi. Ainsi, en 1996, la part des salaires dans l'&#233;conomie nationale repr&#233;sentait 56%. Elle n'est plus que de 42% aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc, le PT s'achemine vers la d&#233;faite &#233;lectorale&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est loin d'&#234;tre s&#251;r. Lula dispose d'une grande popularit&#233;, et elle va servir la candidate du PT Dilma Rousset. Et puis, je crois que les bourgeois ont encore besoin du PT pour faire passer leurs projets, d'autant que Lula reste populaire. On verra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis, Lula est celui qui a amen&#233; les jeux olympiques &#224; Rio&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, parlons-en ! Les J.O. vont avoir des cons&#233;quences. Et pas des moindres. A commencer par la &#171; pacification &#187; des favelas parfois &#224; coups de flingues ou par le nettoyage g&#233;n&#233;ral de la ville, c'est-&#224;-dire par l'&#233;limination des petits marchands de rue pour rendre la ville &#171; plus propre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les J.O pour r&#233;organiser Rio&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, &#233;videmment, il y a la r&#233;organisation urbaine, la sp&#233;culation immobili&#232;re poussant les populations en dehors du centre. Cela n'a pas encore commenc&#233;, mais cela ne saurait tarder. Ce sont les loyers qui vont augmenter un peu partout dans le centre et dans le quartier portuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y aura une mise sous tutelle des favelas par les PM, la police militaire. Je te laisse imaginer, je laisse ceux qui lisent ton canard imaginer ce que &#231;a ce que &#231;a veut dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les favelas, justement, il s'y passe pourtant des choses et c'est dans les favelas qu'habite un tiers de la population&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, &#233;videmment, il y a des choses qui se passent. Il y a d'abord les ONG qui y travaillent. Et puis les associations de moradores, les locataires. Mais nous, comme parti, nous y intervenons aussi. Sous des formes particuli&#232;res, mais nous y faisons de la politique du c&#244;t&#233; des habitants, avec eux. Nous le faisons &#224; travers de la musique, du funk. C'est la musique des jeunes des favelas, criminalis&#233;e par les bienpensants, comme le fut en son temps le samba, parce que ce n'&#233;tait pas la musique des dominants. On veut l'interdire &#224; Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le funk, culture brim&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Afafunky, l'association des producteurs et des amis du funk, nous menons une campagne dans la favela favorisant la culture funk. Avec elle, nous organisons les cercles d'amis du funk pour contrer le projet de loi qui veut interdire cette musique. Ca a peut &#234;tre l'air ridicule, mais &#231;a l'est moins quand tu sais que, lorsqu'ils interviennent dans la favela, les militaires m&#232;nent la guerre psychologique d'abord, en diffusant par haut parleur des messages qui disent &#171; me voil&#224;, je suis venu te prendre ton &#226;me &#187;. Ce n'est pas rien, d'autant que ces messages ont suivis des blind&#233;s, ceux sp&#233;cialement con&#231;us pour la favela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la guerre contre les pauvres&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, &#233;videmment, c'est la guerre contre les pauvres qu'ils m&#232;nent, c'est la criminalisation de la pauvret&#233;. Nous nous y opposons par des campagnes que nous menons notamment avec l'association des m&#232;res des fils tu&#233;s, ces gamins morts assassin&#233;s, victimes de la violence et de la pauvret&#233;&#8230; C'est avec elles que nous travaillons, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Paolo Gilardi&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BETTENCOURT Carlos&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru en Suisse dans l'Anticapitaliste n&#176; 20 du 4 mars 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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