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		<title>Le d&#233;fi &#233;cologique et les limites du capitalisme vert</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois L'Italien</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG mardi 8 juin 2010, par Fran&#231;ois L'Italien _________________________________ Pr&#233;sentation faite lors de la journ&#233;e d'&#233;tude sur l'anticapitalisme organis&#233;e par Presse-toi &#224; gauche ! et le Centre justice et foi le 15 mai 2010 &#224; Qu&#233;bec. L'auteur est membre du Collectif d'analyse de la financiarisation du capitalisme avanc&#233; (CAFCA). &lt;br class='autobr' /&gt;
Si on veut aborder la question de l'&#233;cologie d'un point de vue critique, il faut d'abord partir du constat que cette question est aujourd'hui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 8 juin 2010, par Fran&#231;ois L'Italien&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pr&#233;sentation faite lors de la journ&#233;e d'&#233;tude sur l'anticapitalisme organis&#233;e par Presse-toi &#224; gauche ! et le Centre justice et foi le 15 mai 2010 &#224; Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur est membre du Collectif d'analyse de la financiarisation du capitalisme avanc&#233; (CAFCA).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on veut aborder la question de l'&#233;cologie d'un point de vue critique, il faut d'abord partir du constat que cette question est aujourd'hui satur&#233;e de bons sentiments. Et je ne voudrais pas courir le risque d'en rajouter une couche. C'est une question sur laquelle on a dit beaucoup de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimerais justement partir de &#231;a : du fait qu'on parle beaucoup d'&#233;cologie, de catastrophes environnementales, de l'acc&#233;l&#233;ration du r&#233;chauffement climatique, mais sans rien en dire au fond. Sans rien dire des causes sociales r&#233;elles de ces catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'&#233;cologie comme discours m&#233;diatique nous pr&#233;sente la puissance du capitalisme actuel, nous pr&#233;sente l'une de ses facettes les plus redoutables, dans la mesure o&#249; ce discours informe tout en neutralisant. Nous savons maintenant que 60% des grands &#233;cosyst&#232;mes sur lesquels l'humanit&#233; repose sont en d&#233;clin. Nous savons maintenant que le seuil d'irr&#233;versibilit&#233;, voire d'emballement, des changements climatiques serait aux alentours de 2020. Nous connaissons les taux de disparition de plusieurs esp&#232;ces dans le monde. Bref, nous savons beaucoup de choses. Or, paradoxalement, ce que nous savons ne nous m&#232;ne pas n&#233;cessairement &#224; questionner et &#233;ventuellement renverser la dynamique qui cause ce p&#233;ril. Le tour de force de la classe qui a des int&#233;r&#234;ts dans le maintien du syst&#232;me capitaliste actuel, c'est de soustraire l'analyse de cette d&#233;gradation massive &#224; un questionnement sur ce syst&#232;me lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimerais revenir sur cet aspect de la puissance du capitalisme actuel, qui r&#233;ussit &#224; maintenir s&#233;par&#233;es la question &#233;cologique et la question &#171; &#233;conomique &#187;. C'est de cet angle mort dont je voudrais partir aujourd'hui pour montrer qu'&#234;tre anticapitaliste signifie probablement refuser de voir dissocier notre rapport &#224; la nature et notre rapport &#224; la production de la richesse. Refuser de s&#233;parer &#233;cologie et &#233;conomie. Il s'agit d'une th&#232;se fondatrice de l'&#233;cologie sociale, qui n'a jamais &#233;t&#233; aussi pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais d'abord faire un retour historique sur les premiers anticapitalistes de notre civilisation, les Grecs anciens. Ils nous ont appris qu'&#233;cologie et &#233;conomie partagent la m&#234;me racine, &#233;co-, qui vient du grec oikos. Que signifiait pour les Grecs l'oikos ? &#199;a signifiait la maisonn&#233;e, le domaine, le domaine de vie. C'est-&#224;-dire la cohabitation de tous les niveaux d'existence, de la vie priv&#233;e jusqu'&#224; la vie collective, du foyer &#224; l'agora. On dirait aujourd'hui le monde de la vie, dans toutes ses formes. Pour les Grecs, il s'agissait d'un monde limit&#233; &#8211; l'&#233;conomie &#233;tait d'abord une ma&#238;trise de soi &#8211; mais surtout d'un monde commun : l'o&#239;kos c'est ce qui est partag&#233;, commun, humain. Bien s'occuper de sa maisonn&#233;e, pour un Grec, c'est surtout s'occuper du commun, cultiver le commun, enrichir le commun. &#192; &#231;a les Grecs opposaient la chr&#233;matistique, qui &#233;tait la science de l'accumulation priv&#233;e de richesses. La chr&#233;matistique &#233;tait r&#233;serv&#233;e &#224; un groupe bien pr&#233;cis chez les Grecs, les M&#233;t&#232;ques. Qui &#233;taient les M&#233;t&#232;ques ? Les M&#233;t&#232;ques c'&#233;taient les non-citoyens, ceux qui ne venaient pas de la cit&#233;. On leur laissait ce qu'on consid&#233;rait comme &#233;tant le plus d&#233;gradant, soit le fait de commercer et de vivre sa vie en fonction de l'accumulation de richesses. La chr&#233;matistique &#233;tait m&#233;pris&#233;e par les Grecs parce qu'elle &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une science de l'&#233;change entre &#233;trangers, une science qui nous &#233;loigne du commun, qui nous prive du commun, qui &#171; privatise &#187; le commun. Bref, la valorisation de l'o&#239;konomia, qui &#233;tait l'unit&#233; du rapport &#224; la nature et du rapport &#224; la soci&#233;t&#233;, &#233;tait structur&#233;e autour du commun. Enrichir d'abord ce commun plut&#244;t que de s'en priver, telle &#233;tait la maxime de l' &#171; &#233;conomie politique &#187; grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que ce que l'on appelle aujourd'hui &#171; &#233;conomie &#187; ne r&#233;f&#232;re pas &#224; cette conception. Il y a eu, en Occident, un grand renversement qui a men&#233; la chr&#233;matistique &#224; &#234;tre centrale plut&#244;t que marginale. Et &#224; prendre la place de l' &#171; &#233;conomie &#187;. On sait que jusqu'&#224; la fin du Moyen-&#226;ge, l'&#201;glise catholique ne permettait pas le pr&#234;t &#224; usure, sauf &#224; certaines conditions bien pr&#233;cises. Or, il se produit une inversion compl&#232;te de perspective au XVIe et XVIIe si&#232;cles : l'&#201;glise permet le pr&#234;t avec usure sauf &#224; certaines conditions. On ne peut pr&#234;ter &#224; des veuves, des orphelins ou &#224; des malades. D&#232;s ce moment, l'&#201;glise sanctionne la banalisation du profit et cesse de condamner les personnes qui se consacrent &#224; l'accumulation illimit&#233;e de richesses. Ce que l'on va appeler &#233;conomie &#224; partir du XVI&#232; si&#232;cle est en fait la lib&#233;ration de la chr&#233;matistique. Plusieurs raisons ont men&#233; l'&#201;glise &#224; faire &#231;a. Mais l'une d'entre elles est le fait qu'elle a pris acte d'un puissant mouvement de transformation sociale qui commen&#231;ait &#224; balayer l'Europe. Un mouvement qui a pris son essor en Angleterre aux XVe et XVIe si&#232;cles et qui vient avec la naissance du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; lors de la naissance du capitalisme est quelque chose de dramatique, qui a structur&#233; le reste de l'histoire et qui a eu une incidence tr&#232;s concr&#232;te sur la fa&#231;on dont on a dissoci&#233; &#233;conomie et &#233;cologie. En Angleterre au XVIe si&#232;cle, &#224; la campagne, les aristocrates cherchaient une fa&#231;on de se maintenir comme classe dominante, puisque la couronne avait r&#233;ussit &#224; enlever &#224; l'aristocratie anglaise le pouvoir d'utiliser les armes. Les aristocrates cherchaient une fa&#231;on de maintenir leur domination autrement que par la coercition arm&#233;e. Or, les aristocrates ont trouv&#233; une fa&#231;on de se maintenir en selle en faisant une chose pr&#233;cise, tr&#232;s simple et finalement tr&#232;s efficace, soit exproprier les terres communes desquelles d&#233;pendaient la vie des villages. Jusqu'au XVII si&#232;cle environ, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e immobili&#232;re &#233;tait chose rare dans la soci&#233;t&#233;. Les trois quarts des terres en Occident &#233;taient des terres communes, qui appartenaient &#224; plusieurs personnes en m&#234;me temps. Il y avait une s&#233;rie de droits d'usage qui se superposaient sur ces terres : l'un avait le droit de ramasser les pommes du pommier, l'autre le droit ramasser le bois mort autour, l'autre pouvait cultiver la parcelle ou poussait le pommier, etc. On se chicanait souvent, c'est certain, mais on ne remettait jamais en cause l'usage commun du sol. Il n'y avait pas, ou tr&#232;s peu, de propri&#233;t&#233; priv&#233;e du sol. Or, ce sont les aristocrates anglais qui vont exproprier massivement la paysannerie et privatiser le commun. On a cr&#233;&#233; une masse colossale de d&#233;poss&#233;d&#233;s, de personnes qui ont &#233;t&#233; d&#233;racin&#233;es et jet&#233;es sur les routes. Et cette expropriation va mettre en concurrence, les uns et les autres, les fermiers ind&#233;pendants : &#171; Si vous voulez avoir acc&#232;s &#224; la terre, vous devez pr&#233;senter un plan vous engageant &#224; tirer le maximum de bl&#233; de cette terre qui vous est octroy&#233;e &#187;. L'aristocratie a cr&#233;&#233; un march&#233; de la rente fonci&#232;re. Un exemple fictif : la terre commune &#233;tait divis&#233;e en 10 lots priv&#233;s, appartenant au noble. Il y avait 11 fermiers qui concurren&#231;aient pour obtenir une de ces dix terres. Pour pouvoir, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, rester dans le jeu, les fermiers devaient d&#233;velopper des mani&#232;res d'exploiter le plus rationnellement possible la terre, d'en tirer le maximum de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ont-ils fait &#231;a ? Ils ont d'abord embauch&#233; les d&#233;poss&#233;d&#233;s, les gens qui n'avaient plus rien dans la vie, pour augmenter la productivit&#233; des pratiques agricoles. Naissance du rapport salarial d'un c&#244;t&#233;. Par ailleurs, les fermiers devaient trouver de nouvelles techniques pour diminuer les co&#251;ts de production, augmenter la productivit&#233; et comprimer le temps de travail au champ. Les soci&#233;t&#233;s savantes anglaises, dont la soci&#233;t&#233; royale de l'Angleterre, vont apporter leur contribution et aider les fermiers &#224; d&#233;velopper des proc&#233;d&#233;s techniques pour tirer de leur action le maximum d'efficacit&#233; possible. Naissance des techno-sciences de l'autre c&#244;t&#233;. C'est sur ce processus d'expropriation des terres communes que s'est structur&#233; le capitalisme : d'abord en tablant sur une situation de d&#233;possession, qui va mener au rapport salarial entre un &#171; travailleur &#187; et un capitaliste. Ensuite, un syst&#232;me d'exploitation rationnelle de la nature, aux cons&#233;quences &#233;cologiques d&#233;sastreuses, rendu obligatoire par la concurrence entre des fermiers qui font tout pour ne pas devenir des &#171; travailleurs &#187;. On a l&#224; la matrice du capitalisme en g&#233;n&#233;ral : le capital a besoin d'exproprier le commun pour exister et se maintenir en fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore vrai, d'abord, &#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'Occident, ou ce processus l&#224; continue toujours. Le processus d'expropriation se maintient et permet l'entr&#233;e de plusieurs soci&#233;t&#233;s du monde dans le syst&#232;me capitaliste. Vous devez vous souvenir que le 1er janvier 1994, l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale a fait une insurrection arm&#233;e dans le sud du Mexique pour d&#233;fendre les droits des autochtones mexicains et en m&#234;me temps d&#233;noncer globalement le n&#233;olib&#233;ralisme. On se leurrerait en pensant que c'est une d&#233;nonciation abstraite du n&#233;olib&#233;ralisme. Pourquoi ont-ils d&#233;cid&#233; de faire une insurrection le 1er janvier 1994 ? C'&#233;tait la date de l'entr&#233;e en vigueur de l'ALENA. Et que disait l'ALENA ? Notamment que l'ejido, le mode de tenure fonci&#232;re commune propre aux autochtones mexicains, &#233;tait aboli. L'ALENA a mis tr&#232;s clairement de l'avant une politique de privatisation des terres qui &#233;taient encore &#233;trang&#232;res au r&#233;gime de propri&#233;t&#233; priv&#233;e. C'est exactement le mode par lequel des soci&#233;t&#233;s non-capitalistes ont globalement vers&#233; dans le capitalisme et continuent &#224; le faire dans d'autres r&#233;gions du monde. Je pense que la Chine s'est aussi lanc&#233;e dans ce processus r&#233;cemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas qu'&#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'Occident que l'accumulation par expropriation fait son oeuvre. David Harvey a tr&#232;s bien montr&#233; que cette logique s'applique &#224; tout ce qui est commun et qui semblait soustrait &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e : les savoirs traditionnels, l'eau, les g&#232;nes, les connaissances scientifiques. C'est le r&#244;le des brevets, aujourd'hui, de verrouiller ce processus et l'on souhaite mettre les universit&#233;s au service de cette gigantesque entreprise de privatisation des savoirs-faire communs. L'expropriation capitaliste, c'est privatiser ce qui est d'usage commun, c'est priver l'humanit&#233; de tous ses patrimoines. Le capitalisme cherche constamment &#224; exproprier ce commun pour cr&#233;er de nouveaux rapports salariaux, d'une part, et pour rationaliser encore plus efficacement les formes de vie naturelles, breveter une nouvelle sorte d'oeuf, mettre un g&#232;ne de poisson dans un g&#232;ne de fraise. Vous voyez le portrait. Le capital, c'est une logique de s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu aujourd'hui est donc double : emp&#234;cher, d'une part, cette s&#233;paration par tous les moyens et trouver, dans la pratique, des mani&#232;res de r&#233;sister &#224; cette expropriation du commun, de ce qui appartient &#224; tout le monde. Tant dans sa dimension naturelle que sociale, il faut r&#233;sister &#224; cette logique de privatisation qui m&#232;ne &#224; la d&#233;gradation de l'humanit&#233; et de la nature. Et il faut, d'autre part, trouver de nouvelles mani&#232;res de reconnecter ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; s&#233;par&#233;. Quand on parle de nationaliser des ressources naturelles, c'est une fa&#231;on de reconnecter, de remettre en commun ce qui a &#233;t&#233; privatis&#233;. De remettre en question l'exploitation d&#233;brid&#233;e des ressources naturelles, de mettre des limites, de se ma&#238;triser. Et de trouver d'autres modalit&#233;s d'organisation et de division du travail, davantage respectueuse de la vie des individus et des collectifs. R&#233;sister &#224; la privatisation du commun et trouver dans la pratique de reconnecter ce qui a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;. C'est une fa&#231;on de se repr&#233;senter ce qui nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimerais terminer en &#233;voquant trois pistes d'action, trois grandes fa&#231;ons de sauver les meubles et d'envisager une grande transition qui s'impose. Je suis d'accord avec Gilles Gagn&#233; qu'il s'agit maintenant de nous rassembler autour de quelques grandes propositions f&#233;d&#233;ratrices qui vont dans le sens de la suite du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Il faut sortir du p&#233;trole. Le p&#233;trole est l'une, sinon la ressource strat&#233;gique du capitalisme industriel actuellement. Les plus grandes capitalisations boursi&#232;res sont des compagnies p&#233;troli&#232;res, les plus grosses boites de lobbying et les plus puissants int&#233;r&#234;ts financiers sont dans le p&#233;trole. Il est aussi urgent de sortir du p&#233;trole pour des raisons &#233;cologiques. Nous sommes confront&#233;s &#224; un processus de r&#233;chauffement plan&#233;taire dont on sait qu'il pourrait fort bien nous &#234;tre fatal. Il faut, &#224; tous les niveaux, tant localement que nationalement, valoriser et d&#233;velopper des initiatives pour nous sortir de l'industrie p&#233;troli&#232;re. Et je rajouterais : des mati&#232;res fossiles non-renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il faut sortir de la croissance. Il faut &#234;tre un fou ou un &#233;conomiste pour penser que la croissance peut continuer &#233;ternellement. Nous devons exiger de ma&#238;triser davantage la production et la consommation de biens. Individuellement mais d'abord et surtout collectivement. Le mouvement pour la d&#233;croissance est l'un des mouvements anticapitalistes qui saisit le mieux la logique d&#233;mesur&#233;e du capital. La d&#233;croissance signifie beaucoup de choses. Cela peut vouloir dire moins consommer mais cela peut aussi vouloir dire que les indicateurs &#233;conomiques de base, quantitatifs, ne sont plus les indicateurs de r&#233;f&#233;rence. Cela signifie qu'il faut pouvoir valoriser les contre-pouvoirs, les contre indicateurs et d&#233;velopper une autre matrice de saisie, de d&#233;coupage de la r&#233;alit&#233; que celle qui est bas&#233;e sur la croissance. Il faut valoriser les indicateurs qualitatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Il faut sortir du capital. Vaste programme. Il y a plusieurs niveaux compl&#233;mentaires &#224; cela. Cela veut dire d'abord d&#233;velopper des coop&#233;ratives, qui sont des instances de proximit&#233;, qui tiennent avec elles tout un patrimoine de luttes, de repr&#233;sentations, de contre-pouvoirs, de personnages et de courage encore tr&#232;s proches en Occident d'une tradition &#171; anticapitaliste &#187;. Il y a ensuite les instances municipales et r&#233;gionales, qui d&#233;tiennent un potentiel de r&#233;sistances et d'alternatives au capitalisme. Si je prend l'exemple du monde forestier au Qu&#233;bec, certaines municipalit&#233;s ou MRC ont fait et vont faire des propositions d'am&#233;nagement et de gestion du patrimoine forestier qui con&#231;oivent la for&#234;t comme un bien commun, qui ne s&#233;parent pas le rendement de la p&#233;rennit&#233; de la for&#234;t. Les projets qui donnent vie &#224; une foresterie alternative avancent, lentement mais s&#251;rement. Mais c'est aussi vrai dans l'alimentation, dans les &#233;changes locaux. L'&#233;chelle municipale et r&#233;gionale est une &#233;chelle qui permet une planification, ce qui &#233;chappe &#224; la communaut&#233; la plus proche. Puis, il y a la communaut&#233; nationale et l'&#201;tat. Certains disent, comme Hardt et Negri, que la globalisation est bonne parce qu'elle abolit l'&#201;tat. Bon. L'&#201;tat sera toujours au coeur d'un conflit pour son appropriation. Il a malgr&#233; tout d'autre chose que les caract&#233;ristiques du plus froid des monstres froids. Il y a des moments, comme ce serait le temps maintenant, ou la volont&#233; constituante se pointe le bout du nez, m&#234;me au parlement. Nationaliser l'&#233;olien me semble n&#233;cessaire. D&#233;velopper une politique de soutien &#224; l'agriculture biologique, coupl&#233; &#224; une politique d'occupation du territoire, me semble essentiel. Miser sur les moyens de transports &#233;lectriques est la solution. S'aider &#224; se sortir de l'industrie p&#233;troli&#232;re en se sortant du Canada me semble clair... On ne doit pas laisser l'&#201;tat aux porte-parole de la finance et du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire nous a montr&#233; que l'&#201;tat peut faire autre chose. C'est un puissant levier pour ressouder ce qui a &#233;t&#233; s&#233;par&#233;. La nationalisation est un exemple, mais il y en a beaucoup d'autres. Ces trois niveaux sont compl&#233;mentaires. Il y a une multitude de projets o&#249; ceux qui savent peuvent apprendre de ceux qui font, et ceux qui font peuvent apprendre de ceux qui savent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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