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		<title>Colombie : l'oligarchie &#224; l'offensive</title>
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		<dc:creator>Ernesto Herrera</dc:creator>



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&lt;p&gt;Colombie : l'oligarchie &#224; l'offensive HERRERA Ernesto Tir&#233; de Rouge du 24 juillet 2008 n&#176;10971 &lt;br class='autobr' /&gt;
La lib&#233;ration d'otages d&#233;tenus par les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (Farc) annonce une d&#233;faite de ce mouvement de gu&#233;rilla, coup&#233; de la population. La lib&#233;ration d'Ingrid Betancourt et de quatorze otages (dont les trois mercenaires am&#233;ricains) est une grande r&#233;ussite pour le pr&#233;sident de la R&#233;publique colombien, Alvaro Uribe. L'op&#233;ration a eu un effet d&#233;vastateur chez les Farc, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Colombie : l'oligarchie &#224; l'offensive&lt;br class='autobr' /&gt;
HERRERA Ernesto&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; de Rouge du 24 juillet 2008 n&#176;10971&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration d'otages d&#233;tenus par les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (Farc) annonce une d&#233;faite de ce mouvement de gu&#233;rilla, coup&#233; de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lib&#233;ration d'Ingrid Betancourt et de quatorze otages (dont les trois mercenaires am&#233;ricains) est une grande r&#233;ussite pour le pr&#233;sident de la R&#233;publique colombien, Alvaro Uribe. L'op&#233;ration a eu un effet d&#233;vastateur chez les Farc, qui perdent leur principal instrument de n&#233;gociation. Celles-ci ont d&#233;velopp&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es, une strat&#233;gie fond&#233;e, d'une part, sur le combat de petites unit&#233;s retranch&#233;es dans les montagnes et des localit&#233;s rurales &#233;loign&#233;es et, d'autre part, l'utilisation de l'enl&#232;vement politique comme arme de pression. M&#234;me si elles demeurent militairement actives dans certains d&#233;partements, leur capacit&#233; de r&#233;sistance est aujourd'hui compromise (les communications entre les commandants et les fronts sont pratiquement rompues) et leur d&#233;faite appara&#238;t irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant &#233;chou&#233; &#224; prendre pied dans les grandes villes, les Farc se sont de plus en plus &#233;loign&#233;es des luttes et revendications populaires, et elles ont progressivement perdu tout cr&#233;dit dans la majorit&#233; de la population. La gu&#233;rilla n'a m&#234;me pas su obtenir l'adh&#233;sion des couches les plus exploit&#233;es comme, par exemple, les jeunes radicalis&#233;s des quartiers les plus pauvres des grandes villes. &#192; cet isolement social et &#224; ce que Fidel Castro a appel&#233; leur &#171; sectarisme herm&#233;tique &#187;, s'ajoutent leurs liens assum&#233;s avec les mafias r&#233;gionales de narcotrafiquants. Tout cela a fini par acc&#233;l&#233;rer leur d&#233;composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au soutien des &#201;tats-Unis, mat&#233;rialis&#233; par les &#233;normes appuis financiers et militaires du plan Colombie (6 millions de dollars, armes, avions, syst&#232;me d'espionnage de haute technologie, bataillons sp&#233;ciaux antigu&#233;rilla, mercenaires am&#233;ricains et isra&#233;liens), Uribe et les classes dominantes colombiennes se rapprochent d'un de leurs principaux objectifs, la destruction de la principale force insurrectionnelle arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oligarchie et son &#201;tat, l'imp&#233;rialisme et les multinationales m&#232;nent une offensive politique, &#233;conomique et militaire contre le peuple travailleur, offensive &#224; laquelle doivent faire face les syndicats, le mouvement paysan et indig&#232;ne, les communaut&#233;s noires, les &#233;tudiants, les organisations de droits de l'Homme et de femmes. La majorit&#233; des victimes du terrorisme d'&#201;tat et des massacres des paramilitaires sont les acteurs des luttes, les militants des mouvements populaires et des partis de gauche l&#233;galis&#233;s. Le bilan des dix derni&#232;res ann&#233;es est terrifiant : 15 000 disparus, des assassinats (2 500 syndicalistes, 1 700 indig&#232;nes et 5 000 militants de gauche), plus de 3 500 massacres commis par les paramilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette extermination planifi&#233;e par l'&#201;tat a permis de concentrer 10 millions d'hectares de terres aux mains des latifundistes et des &#171; seigneurs de guerre &#187; narco-paramilitaires. La mise en place d'un mod&#232;le de monoculture a conduit au d&#233;placement de 4 millions de personnes, d&#233;truisant non seulement la biodiversit&#233;, mais aussi des projets communautaires et des organisations sociales de descendants d'Africains et d'indig&#232;nes. Les syndicalistes sont pourchass&#233;s et assassin&#233;s par les forces de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat, les paramilitaires et des tueurs &#224; gages pay&#233;s par les patrons locaux ou les multinationales. La &#171; s&#233;curit&#233; d&#233;mocratique &#187; d'Uribe, qui n'a d'&#233;gal que ce qui a &#233;t&#233; fait au Guatemala durant les ann&#233;es 1970 et 1980, commence &#224; &#234;tre prise pour mod&#232;le au niveau continental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uribe a re&#231;u des f&#233;licitations de Bush et de Sarkozy. Mais aussi du camp &#171; progressiste &#187;. La condamnation de la lutte arm&#233;e par Ch&#225;vez et Correa conforte politiquement et judiciairement la criminalisation de la r&#233;volte sociale, et elle vise tous ceux qui se rebellent avec des &#171; moyens r&#233;volutionnaires &#187; dans les entreprises, la campagne, les universit&#233;s ou les favelas. L'appropriation des biens communs par l'oligarchie continue. Pendant ce temps, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain recompose sa strat&#233;gie, d&#233;ployant sa IVe Flotte dans les eaux d'Am&#233;rique latine et des Cara&#239;bes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HERRERA Ernesto&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru dans Rouge n&#176; 2262, 24/07/2008. Traduit par Jack Radcliff.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;flexions sur la situation pr&#233;sente et les t&#226;ches des r&#233;volutionnaires</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Reflexions-sur-la-situation-presente-et-les-taches-des-revolutionnaires</link>
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		<dc:date>2002-09-03T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ernesto Herrera</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au moment o&#249; les &#201;tats-Unis ont annonc&#233; l'ach&#232;vement de leurs bombardements massifs en Afghanistan et le r&#233;tablissement de &#034; l'ordre &#034; dans cette zone strat&#233;gique de la plan&#232;te, en Am&#233;rique latine le mythe de l'invuln&#233;rabilit&#233; du &#034; mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#034; s'&#233;croulait. L'ouverture d'un processus r&#233;volutionnaire en Argentine a contribu&#233; &#224; acc&#233;l&#233;rer la crise de direction politique bourgeoise dans un cadre de d&#233;b&#226;cle socio-&#233;conomique, de r&#233;sistances, de protestations et de r&#233;voltes sociales.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Afghanistan-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; les &#201;tats-Unis ont annonc&#233; l'ach&#232;vement de leurs bombardements massifs en Afghanistan et le r&#233;tablissement de &#034; l'ordre &#034; dans cette zone strat&#233;gique de la plan&#232;te, en Am&#233;rique latine le mythe de l'invuln&#233;rabilit&#233; du &#034; mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#034; s'&#233;croulait. L'ouverture d'un processus r&#233;volutionnaire en Argentine a contribu&#233; &#224; acc&#233;l&#233;rer la crise de direction politique bourgeoise dans un cadre de d&#233;b&#226;cle socio-&#233;conomique, de r&#233;sistances, de protestations et de r&#233;voltes sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un climat d'insurrection et de d&#233;sob&#233;issance populaire s'installe dans la r&#233;gion. Et m&#234;me si son intensit&#233; est loin d'&#234;tre uniforme, le sc&#233;nario en est l'instabilit&#233; et l'ingouvernabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re transitoire de cette nouvelle p&#233;riode de la lutte de classes est indiscutable, &#224; la mesure du conflit pour les rapports de force qui est loin d'arriver &#224; une conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles conditions, l'imp&#233;rialisme r&#233;organise sa strat&#233;gie de recolonisation, en lan&#231;ant une offensive qui vise &#224; assurer sa domination en combinant des facteurs autant politiques qu'&#233;conomiques et militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces militantes de la IVe Internationale agissent avec d&#233;cision en cette nouvelle p&#233;riode de la lutte de classes. Elles partagent les r&#233;flexions et les exp&#233;riences de lutte des mouvements sociaux, les initiatives des organisations de la gauche latino-am&#233;ricaine, tout comme les dilemmes, impasses et d&#233;fis auxquels elles s'affrontent. De m&#234;me, les forces de la IVe Internationale interviennent dans la reconstruction d'une pens&#233;e critique, d&#233;mocratique, lib&#233;ratrice et socialiste. Dans la refondation d'un programme alternatif et d'un horizon strat&#233;gique. Avec la perspective d'un regroupement de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte qui suit est une introduction au d&#233;bat dans le cadre de la pr&#233;paration de notre prochain Congr&#232;s mondial, de ses projets de r&#233;solution, et des t&#226;ches qu'impose la p&#233;riode aux forces r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. R&#233;organisation de la domination imp&#233;rialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1 Le vote de bl&#226;me de l'ONU (appuy&#233; par la plupart des gouvernements latino-am&#233;ricains) et la rupture des relations diplomatiques de l'Uruguay avec Cuba ; le coup d'&#201;tat au Venezuela ; l'approfondissement de la guerre en Colombie ; et la destruction &#233;conomique de l'Argentine pour racheter ce pays au rabais, liquider le March&#233; commun du Sud (MERCOSUR), et imposer la Zone de Libre &#201;change des Am&#233;riques (ZLEA), marquent une nouvelle phase de l'offensive de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain sur tout le continent. Avec le Mexique et l'Am&#233;rique centrale align&#233;s dans l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) et le plan Puebla-Panama, avec les Antilles soumises au contr&#244;le absolu de Washington, maintenant la bataille principale est livr&#233;e en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette offensive se renforce depuis les &#233;v&#233;nements du 11 septembre 2001 et la campagne internationale contre le &#034; terrorisme &#034;, mais surtout, apr&#232;s l'ouverture d'un processus r&#233;volutionnaire en Argentine et la crise au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2 La politique nord-am&#233;ricaine pour la r&#233;gion latino-am&#233;ricaine repose sur trois piliers : le d&#233;ploiement militaire et la criminalisation de la protestation et des r&#233;sistances sociales - sous le pr&#233;texte de la lutte contre le &#034; terrorisme &#034; ou le &#034; narcoterrorisme &#034; ; une strat&#233;gie de recolonisation &#233;conomique par le biais de la &#034;lib&#233;ralisation commerciale&#034; totale qui cherche &#224; assurer et &#233;largir les investissements des entreprises nord-am&#233;ricaines et le vol des ressources naturelles par les m&#233;ga-projets (Amazonie, Patagonie, isthme d'Am&#233;rique centrale) ; une red&#233;finition du r&#244;le des institutions constitutionnelles comme l'Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains (OEA) et le trait&#233; interam&#233;ricain d'assistance r&#233;ciproque (TIAR). Cette politique de &#034; s&#233;curit&#233; h&#233;misph&#233;rique &#034; pr&#233;tend jouer le r&#244;le de blindage devant la crise de l&#233;gitimit&#233; des classes dominantes locales et agir comme facteur de stabilisation dans un sc&#233;nario d'ingouvernabilit&#233; politico-institutionnelle, de protestation sociale et, dans certains cas, de crise du syst&#232;me de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.3 Dans ce contexte, les &#233;lites au pouvoir se retrouvent subordonn&#233;es et &#233;bauchent &#224; peine une moue path&#233;tique de d&#233;go&#251;t. Seules les contradictions du Br&#233;sil et du Venezuela (42 % du PIB d'Am&#233;rique Latine) autour de la ZL&#201;A, des subventions agricoles, de l'acier et du p&#233;trole secouent les relations des &#201;tats-Unis avec les gouvernements de la r&#233;gion. D&#233;pendantes du blindage &#233;conomique imp&#233;rialiste (march&#233;s nord-am&#233;ricains et europ&#233;ens et des conditions des organismes financiers internationaux comme le FMI, la Banque mondiale, la BID) et attach&#233;es aux r&#232;gles de l'OMC, les &#233;lites bourgeoises locales se rendent ou ne font que des demandes timor&#233;es pour un &#034; commerce libre mais juste &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du sommet de Madrid, les gouvernements latino-am&#233;ricains ont encore re&#231;u une gifle. Ils &#233;taient l&#224; pour rechercher une &#034; solide association strat&#233;gique bir&#233;gionale &#034; avec l'Union europ&#233;enne, mais n'ont obtenu qu'un refus en raison d'une &#034; absence d'int&#233;gration et de stabilit&#233; &#034;, tandis qu'on exigeait de l'Argentine des mesures d'ajustement plus dures et un accord avec le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux r&#233;unions de la ZL&#201;A de Caracas et Panama (mai 2000), les &#201;tats-Unis ont insist&#233; pour imposer une convergence autour de leurs int&#233;r&#234;ts, au moment o&#249; ils ont augment&#233; leurs mesures protectrices sur l'agriculture. L'insistance imp&#233;rialiste s'est centr&#233;e sur &#034; la lib&#233;ralisation des march&#233;s &#034; dans cinq secteurs fondamentaux : les biens industriels, l'agriculture, les services, les achats gouvernementaux et les investissements directs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.4 La r&#233;organisation strat&#233;gique des &#201;tats-Unis s'inscrit dans la double perspective de r&#233;alisation d'un processus de libre-&#233;change continental et de r&#233;pression contre le mouvement populaire. Le d&#233;ploiement militaire est en marche afin de contr&#244;ler - s'il le faut par la force - la mondialisation marchande et les d&#233;sordres et r&#233;voltes sociales qu'elle engendre. L'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique de la r&#233;gion andine fait d'elle une des priorit&#233;s pour la politique s&#233;curitaire des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Colombie (rebaptis&#233; Initiative r&#233;gionale andine) occupe une place centrale dans le dispositif contre-insurrectionnel. Troisi&#232;me pays destinataire &#034; d'aide &#034; militaire (apr&#232;s Isra&#235;l et l'&#201;gypte), et cinqui&#232;me &#233;conomie latino-am&#233;ricaine, la Colombie est le laboratoire d'une intervention &#224; grande &#233;chelle. Pendant qu'Uribe, le candidat d'extr&#234;me droite li&#233; aux paramilitaires, promet l'implication d'un million de civils dans la guerre, arm&#233;s ou comme &#034; sapos &#034; (informateurs, litt&#233;ralement &#034; crapauds &#034;), Bush redouble son appui. D&#233;j&#224;, 68 millions de dollars additionnels ont &#233;t&#233; vot&#233;s pour la lutte contre le &#034; narcoterrorisme &#034; et en 2003, il y aura 98 millions de dollars pour cr&#233;er une &#034; arm&#233;e p&#233;troli&#232;re &#034; de mercenaires pour surveiller les ol&#233;oducs de l'Occidental Petroleum. Dans leur arri&#232;re-cour et pour des raisons de s&#233;curit&#233;, les &#201;tats-Unis ont d&#233;cid&#233; de ne pas permettre un &#034; &#201;tat bris&#233; &#034;. Encore moins dans une r&#233;gion riche en p&#233;trole, charbon et mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles conditions, le Plan Colombie ne vise pas uniquement l'insurrection arm&#233;e (particuli&#232;rement la FARC) et l'ensemble du mouvement social. Il sert aussi comme m&#233;canisme dissuasif contre les r&#233;sistances populaires en Am&#233;rique latine au moment o&#249; des sc&#233;narios favorables s'ouvrent pour les soci&#233;t&#233;s multinationales nord-am&#233;ricaines. Et c'est &#233;vident que le Plan Colombie ne conna&#238;t pas de limites de fronti&#232;res ni de comp&#233;tences. Cette intervention nord-am&#233;ricaine n'&#233;pargnera aucun pays et ne sera pas modifi&#233;e en fonction de tout autre int&#233;r&#234;t que celui des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.5 Comme un &#233;l&#233;ment de ce dispositif militaire, le gouvernement de Panama augmente sa pr&#233;sence militaire dans la zone de Darien et recourt &#224; une clause de l'accord du Canal qui pr&#233;voit la possibilit&#233; que Washington y envoie des troupes. Des bases militaires ont &#233;t&#233; mises en place &#224; Aruba-Curazao, Manta (&#201;quateur), Comolapa (Salvador), Tegucigalpa et Palmerola (Honduras), Liberia (Puerto Rico) et Washington a mis en marche l'op&#233;ration Nouveaux Horizons (P&#233;rou). L'occupation de Vieques (Puerto Rico), le Plan Dignit&#233; en Bolivie, l'Op&#233;ration Caba&#241;as 2001 (Argentine) et l'entra&#238;nement de militaires &#224; Concepci&#243;n (Paraguay) constituent la liste d'un sch&#233;ma militariste r&#233;gional qui b&#233;n&#233;ficie d'un acc&#232;s exclusif &#224; la base d'Alc&#225;ntara au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;occupation nord-am&#233;ricaine de &#034; l'ins&#233;curit&#233; h&#233;misph&#233;rique &#034; s'exprime dans le document de l'&#201;tat-major de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis, &#034;Vision conjointe 2020&#034;, publi&#233; en juin 2001, qui r&#233;it&#232;re la doctrine n&#233;faste de &#034; s&#233;curit&#233; nationale &#034;. Les militaires nord-am&#233;ricains avertissent des principaux foyers d'instabilit&#233; : le &#034; triangle radical &#034; (Colombie, &#201;quateur. Venezuela), le P&#233;rou, le Panama et l'Argentine. De m&#234;me, dans le document &#034;La Politique des &#201;tats-Unis par rapport &#224; la R&#233;gion Andine&#034;, mis au point par le D&#233;partement d'&#201;tat le 17 mai 2001, on pr&#233;voit une injection &#034; d'aide de s&#233;curit&#233; sous la forme de Financement militaire &#233;tranger, d'entra&#238;nement et d'&#233;ducation militaires &#224; l'&#233;tranger &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis mobilisent la CIA, la DEA, le Pentagone, les Gardes-C&#244;tes et le Commando du Sud pour mettre en &#339;uvre cette politique d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.6 La strat&#233;gie contre-insurrectionnelle continentale s'accompagne d'op&#233;rations multilat&#233;rales dans la perspective d'une force d'intervention latino-am&#233;ricaine - une sorte de &#034;bras arm&#233;&#034; - &#034; antiterroriste &#034; de l'OEA elle-m&#234;me. En effet, l'aspect institutionnel de cette r&#233;organisation se d&#233;veloppe aussi. On revitalise l'OEA et on construit un paradigme de &#034;solidarit&#233; d&#233;mocratique&#034; pour les pays du continent (Charte d&#233;mocratique interam&#233;ricaine, vot&#233;e &#224; Lima apr&#232;s le 11 septembre 2001) qui articule &#034; la d&#233;fense des droits humains &#034; et une &#034; bonne gouvernance r&#233;gionale &#034;. En m&#234;me temps, les appareils r&#233;pressifs se modernisent, l'impunit&#233; du terrorisme d'&#201;tat est assur&#233;e, et le &#034; nettoyage social &#034; d'&#233;l&#233;ments jetables (comme en Colombie, Guatemala, Chiapas, Argentine et Br&#233;sil) fait partie du combat contre le &#034; crime organis&#233; &#034;, la &#034; contrebande &#034; les &#034; narcotrafiquants &#034;, la &#034; d&#233;linquance &#034;, &#034; l'&#233;conomie illicite &#034; et des &#034; classes dangereuses &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gouvernance interam&#233;ricaine pr&#233;tend instaurer un droit d'ing&#233;rence, qui envoie au rebut les principes de non-intervention et du respect de la souverainet&#233; nationale, tr&#232;s vifs dans des pays dont l'histoire est marqu&#233;e par les luttes anti-imp&#233;rialistes et contre les interventions &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.7 En m&#234;me temps, la crise de l&#233;gitimit&#233; et de gouvernabilit&#233; des &#233;lites bourgeoises, impose des m&#233;canismes et lois de contr&#244;le social et des atteintes aux droits d&#233;mocratiques de la &#034; soci&#233;t&#233; civile &#034;. L'&#201;tat d&#233;mocratique assume de plus en plus un caract&#232;re policier, autoritaire et de r&#233;pression contre toutes les manifestations de protestation et d&#233;sob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, la crise du &#034; paradigme n&#233;olib&#233;ral &#034; comme phase actuelle de la mondialisation capitaliste et l'&#233;chec de la &#034; modernisation du sous-d&#233;veloppement &#034; est un des facteurs cl&#233;s de cette perte de l&#233;gitimit&#233; et de coh&#233;sion du discours dominant. Il n'est plus certain de pouvoir s&#233;duire des franges tr&#232;s larges des &#034; classes moyennes &#034; avec le mirage de la consommation. Au contraire, elles passent &#224; l'opposition militante par la mobilisation, les votes de protestation ou l'abstention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de l&#233;gitimit&#233; et de gouvernabilit&#233; a &#233;t&#233; une constante des derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine, ce qui souligne l'instabilit&#233; politique dans la r&#233;gion. Cette crise frappe en plein dans la ligne d'eau la &#034; d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#034;. Les institutions ont &#233;t&#233; mises en faillite par les luttes d&#233;mocratiques de masse qui ont fait tomber au cours des derni&#232;res ann&#233;es des pr&#233;sidents &#233;lus, r&#233;&#233;lus ou impos&#233;s par les parlements et congr&#232;s : Cubas Grau (Paraguay), Bucaran et Mahuad (&#201;quateur), Fujimori (P&#233;rou), De la R&#250;a et Rodr&#237;guez Saa (Argentine). C'est une autre singularit&#233; de l'Am&#233;rique latine, o&#249; le mouvement populaire a exerc&#233; le principe de r&#233;vocabilit&#233; et de d&#233;mocratie directe, en laissant de c&#244;t&#233; la d&#233;l&#233;gation de pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.8 C'est dans ce cadre qu'on impose - sur les plans &#233;conomique, militaire et politique - une &#034; architecture multifonctionnelle &#034; qui devrait permettre de rel&#233;gitimiser la supr&#233;matie imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs qui figurent &#224; l'agenda de Washington semblent clairs : &#233;craser la nouvelle mont&#233;e populaire, l'ampleur de la d&#233;sob&#233;issance civile et la nature radicale des luttes sociales ; renverser le processus r&#233;volutionnaire ouvert en Argentine ; coopter, neutraliser ou directement saboter un &#233;ventuel gouvernement Lula au Br&#233;sil ; vaincre l'insurrection arm&#233;e en Colombie et assurer la livraison de son p&#233;trole ; d&#233;stabiliser le gouvernement de Ch&#225;vez - coupable d'un discours nationaliste et d'une alliance avec La Havane ; &#233;craser la r&#233;sistance zapatiste au Chiapas et des communaut&#233;s indig&#232;nes, les paysans, les habitants et les syndicalistes qui s'opposent au saccage du Plan Puebla-Panama ; poursuivre le blocus et infliger une d&#233;faite finale &#224; Cuba ; cr&#233;er des conditions pour la &#034; stabilit&#233; d&#233;mocratique &#034; qui permettent l'influx s&#233;curitaire des capitaux nord-am&#233;ricains pour les march&#233;s qu'ils disputent avec l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Une crise socio-&#233;conomique accablante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1 La crise socio-&#233;conomique du &#034; mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#034; tout comme celle des projets d'int&#233;gration r&#233;gionale subordonn&#233;e (MERCOSUR, CAN - Communaut&#233; Andine de Nations, March&#233; commun d'Am&#233;rique centrale) s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e avec le crash financier de 1997-1998, et l'offensive en direction de la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous consid&#233;rons que le dernier mot n'est pas dit &#224; propos de la ZL&#201;A : d'une part, &#224; cause des nouvelles conditions (protectionnistes) que le Congr&#232;s des USA a impos&#233;es &#224; Bush par le biais de la Loi d'autorit&#233; de promotion commerciale ou la voie rapide (fast-track) ; d'autre part, &#224; cause de l'augmentation de la mobilisation et la protestation sociale contre la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, la gravit&#233; de la crise non seulement d&#233;montre les effets destructeurs du programme de contre-r&#233;formes lib&#233;rales, mais aussi les cons&#233;quences brutales d'un projet litt&#233;ralement n&#233;o-colonial impos&#233; aux pays latino-am&#233;ricaines. C'est une des causes qui expliquent la r&#233;organisation de la strat&#233;gie imp&#233;rialiste de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2 Ce nouveau pacte colonial implique un transfert gigantesque des divers types de ressources vers les grands groupes imp&#233;rialistes (soci&#233;t&#233;s industrielles-commerciales-financi&#232;res) et vers une minorit&#233; de leurs partenaires locaux. Ce projet incorpore une corruption monstrueuse et un parasitisme typique d'une classe dominante qui fait plus confiance &#224; un compte bancaire ouvert aux &#201;tats-Unis, en Suisse ou dans un paradis fiscal, qu'en son propre pays. Un tel transfert de richesse passe par la destruction de couches sociales enti&#232;res et par un degr&#233; sans pr&#233;c&#233;dent de concentration de la richesse, de d&#233;sastre social, de crise &#233;conomique et financi&#232;re et par des r&#233;cessions toujours plus prolong&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choc implique une destruction industrielle des pays qui - comme l'Argentine - avaient un d&#233;veloppement relativement &#233;lev&#233;. Les coups d'une mondialisation du capital qui oblige les pays &#034; sous-d&#233;velopp&#233;s &#034; &#224; contracter leurs &#233;conomies selon une logique d'ajustement structurel et de paiement de la dette externe, pour satisfaire les exigences des pays imp&#233;rialistes et de leurs groupes industriels, a d&#233;truit le potentiel de la r&#233;gion. Presque tout a &#233;t&#233; privatis&#233; et ce qui reste est &#224; vendre : r&#233;serves d'eau et de p&#233;trole, &#233;lectricit&#233;, terres, mines, ports, services de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3 Les causes structurelles de la crise &#233;conomique sont accentu&#233;es par le d&#233;s&#233;quilibre des quatre grandes transformations qui se produisent dans la r&#233;gion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) l'augmentation de l'endettement externe &#224; partir des ann&#233;es 1980 : 709 000 millions de dollars (1999) alors qu'entre 1982 et 1988, 796 000 millions de dollars ont &#233;t&#233; vers&#233;s pour le paiement d'int&#233;r&#234;ts pendant que le paiement du service de la dette compromet l'avenir des nations, comme il accapare 39 % du PIB et 201 % des exportations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) la destruction du tissu industriel dans plusieurs pays, avec le recul de branches industrielles li&#233;es au d&#233;veloppement (strat&#233;gie de substitution des importations) et avec l'implantation de secteurs &#233;troitement li&#233;s &#224; la strat&#233;gie exportatrice des grandes soci&#233;t&#233;s transnationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) la d&#233;t&#233;rioration des termes d'&#233;change, c'est-&#224;-dire, de la valeur respective des exportations par rapport aux importations (d&#233;ficit des balances commerciales) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) l'augmentation de la pauvret&#233; et de l'in&#233;galit&#233; : 44 % de la population latino-am&#233;ricaine est pauvre, plus de 90 millions de personnes survivent avec moins de deux dollars par jour, et 10 % s'approprient plus de 50 % du revenu national. Si, pour le cynisme du Forum &#233;conomique mondial de Davos et New York, la pauvret&#233; est avant tout &#034; le manque d'information &#034;, les donn&#233;es de la r&#233;gion renversent toutes les supercheries id&#233;ologiques des seigneurs de l'argent. En pleine &#232;re d'Internet, presque la moiti&#233; de la population latino-am&#233;ricaine n'a pas acc&#232;s &#224; une ligne t&#233;l&#233;phonique et la dur&#233;e moyenne de la scolarit&#233; n'est que de 5,2 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4 La r&#233;cession globale touche directement la p&#233;riph&#233;rie latino-am&#233;ricaine : la croissance des exportations a baiss&#233; de 12 % &#224; 2 % au cours de l'ann&#233;e pass&#233;e, l'investissement &#233;tranger s'est contract&#233; et la croissance du PIB stagne &#224; 0.5 % (2001), ne pouvant atteindre en 2002 que 1.1 % selon les estimations les plus optimistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;b&#226;cle se concentre actuellement en Argentine. La dette externe d&#233;passe la moiti&#233; du PIB et &#233;quivaut &#224; cinq ans d'exportations : une dette qui a augment&#233; avec les privatisations scandaleuses. La chute du PIB atteindra les 10 % en 2002, au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es plus de 3 000 firmes ont ferm&#233; leurs portes, le ch&#244;mage atteint les 20 % et il y a 18 millions de pauvres (dont plus de 4 millions d'indigents). En m&#234;me temps, les co&#251;ts de la d&#233;valuation sont support&#233;s par les salari&#233;s, qui ont perdu 40 % de leur pouvoir d'achat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vol gigantesque de ressource avec transfert net de richesses, expropriation de revenus et privatisation de l'&#201;tat, fait face, par contre, &#224; une r&#233;ponse colossale de la part du mouvement populaire et s'accompagne d'une nouvelle p&#233;riode de la lutte de classes en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La relance des luttes populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1 Nous assistons &#224; une relance des luttes populaires de masse, de r&#233;organisation des mouvements sociaux et de reconstitution d'une conscience de classe. C'est-&#224;-dire, le pire moment de recul est derri&#232;re nous. M&#234;me s'il existe toujours des situations de fragmentation et de confusion, ce processus de franche r&#233;cup&#233;ration, de socialisation des diverses exp&#233;riences de lutte, a un caract&#232;re large et radical, en liant des demandes et programmes qui incorporent des contenus &#233;conomiques, sociaux, d&#233;mocratiques, &#233;cologiques, culturels et ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox id&#233;ologique des attentats contre les Tours Jumelles et la campagne terroriste de l'imp&#233;rialisme et des pouvoirs m&#233;diatiques n'ont pas r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter ce mouvement. Au contraire, la polarisation sociale s'est accentu&#233;e apr&#232;s le 11 septembre 2001. L'Argentinazo, et le soul&#232;vement populaire contre la tentative de coup d'&#201;tat au Venezuela, comme l'augmentation des protestations, gr&#232;ves, et concerts de casseroles massifs en Uruguay, et les luttes toujours plus massives et radicales au Paraguay et en Bolivie confirment cette nouvelle p&#233;riode de lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2 Ces luttes des mouvements sociaux portent des programmes et revendications qui acqui&#232;rent une visibilit&#233; &#034; anti-n&#233;olib&#233;rale &#034;, tout en s'inscrivant dans une dynamique concr&#232;te de caract&#232;re anti-imp&#233;rialiste et anticapitaliste de la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements et des luttes comme celles qui sont men&#233;es par la Coordination pour la d&#233;fense de l'eau et de la vie &#224; Cochabamba, les concerts de casseroles &#224; Chapare et les marches paysannes en Bolivie, la CONAIE en &#201;quateur et le MST du Br&#233;sil, les Zapatistes dans le Chiapas, le mouvement d&#233;velopp&#233; par le Conseil d&#233;mocratique du peuple au Paraguay, les enseignants, &#233;tudiants et Mapuches au Chili, les habitants de Vieques, les salari&#233;s publics et les mouvements populaires en Colombie, les innombrables mobilisations syndicales, paysannes (o&#249; Via Campesina joue un r&#244;le moteur fondamental), de travailleurs sans-emploi (l'exemple des piqueteros argentins s'est r&#233;pandu dans plusieurs pays), le mouvement des Noirs, des femmes, des militants pour les droits humains et contre l'impunit&#233;, les &#233;tudiants et habitants des quartiers populaires, les radios communautaires, jouent le r&#244;le d'articulation des diff&#233;rentes dimensions de cette r&#233;sistance qui contient des &#233;l&#233;ments - bien que partiels - de contre-offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau sc&#233;nario, le resurgissement des peuples indig&#232;nes, de leurs organisations et revendications occupe une place &#224; part. Des peuples indig&#232;nes qui ont pris la parole contre la comm&#233;moration des 500 ans de la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'insurrection arm&#233;e en Colombie se poursuit dans le cadre d'une guerre sans r&#233;pit et qui a fait des dizaines de milliers de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle p&#233;riode de luttes et de prise de conscience d&#233;mocratique radicale, explique notamment la victoire (provisoire) des masses les plus pauvres contre la tentative de coup d'&#201;tat au Venezuela. Provisoire, dans la mesure ou le populisme nationaliste de Ch&#225;vez n'assure pas l'&#233;crasement de la conspiration contre-r&#233;volutionnaire, ni l'autonomie des Cercles bolivariens, ni l'auto-organisation des forces radicalement anti-imp&#233;rialistes qui &#233;mergent au sein de la &#034; r&#233;volution bolivarienne &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.3 Toutes ces luttes - qui ne se limitent pas &#224; la p&#233;riph&#233;rie de &#034; l'exclusion sociale &#034; ou la &#034; d&#233;prol&#233;tarisation &#034; et ne peuvent pas &#234;tre d&#233;crites comme les luttes d'une &#034; multitude &#034; amorphe et &#233;clectique sans appartenance de classe - embrassent des secteurs de plus en plus larges des classes exploit&#233;es et se lient &#224; la croissance d'un mouvement de r&#233;sistance contre la mondialisation capitaliste, &#233;tablissent des liens avec les campagnes et les r&#233;seaux de solidarit&#233; et les grands affrontements contre les institutions financi&#232;res internationales, et confirment en m&#234;me temps, l'&#233;mergence d'un internationalisme renouvel&#233; (dont l'expression massive s'est exprim&#233;e depuis Seattle au Forum social mondial de Porto Alegre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement antagoniste surgit une nouvelle gauche sociale radicale, qui ne r&#233;fl&#233;chit pas seulement sur &#034; le socialisme de l'avenir &#034; ou &#034; un autre monde possible &#034; mais qui intervient dans la lutte des classes, m&#232;ne des r&#233;voltes, conteste les rapports de force, &#339;uvre quotidiennement pour la construction de &#034; contre-pouvoirs &#034; latents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.4 L'Argentinazo a acc&#233;l&#233;r&#233; cette recomposition du mouvement populaire et sa radicalisation. Ce mouvement repr&#233;sente un &#233;v&#233;nement historique d&#233;cisif dans le cours de la lutte des classes en Am&#233;rique latine. Et m&#234;me s'il ne faut pas sous-estimer la capacit&#233; de la bourgeoisie et de l'imp&#233;rialisme d'organiser une issue contre-r&#233;volutionnaire, la force du mouvement populaire est en train de jeter les bases, lentement, de nouvelles formes de d&#233;mocratie &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une ligne qui relie la lutte des masses en Argentine (et dans l'ensemble de l'Am&#233;rique latine) avec les r&#233;voltes de Seattle et de G&#234;nes, avec le mouvement contre la mondialisation capitaliste, comme avec les insurrections, la d&#233;sob&#233;issance civile, les protestations, et surtout, avec la formidable radicalisation d'une frange toujours plus large de la jeunesse &#224; l'&#233;chelle mondiale et, dans le cas de l'Am&#233;rique latine, des femmes travailleuses, sans-emploi, chefs de m&#233;nage, qui jouent un r&#244;le essentiel dans la recomposition d'une gauche sociale radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Argentinazo, &#224; son tour, a renforc&#233; ce climat anti-imp&#233;rialiste qui constitue la principale menace pour le projet de recolonisation que les &#201;tats-Unis ont con&#231;u autour de la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.5 &#034; L'Argentinazo &#034; a signifi&#233; un saut qualitatif dans cette reprise des mouvements sociaux, non seulement comme articulation de la r&#233;sistance &#034; anti-n&#233;olib&#233;rale &#034; mais &#233;galement dans la perspective de la construction d'un mouvement anti-imp&#233;rialiste et anticapitaliste. De m&#234;me, il a servi comme facteur cl&#233; pour la d&#233;l&#233;gitimation du discours et du programme n&#233;olib&#233;ral. C'est l'ouverture de ce processus r&#233;volutionnaire qui met en question comme rien d'autre, le r&#244;le du FMI et des capitaux transnationaux, la dette externe, les privatisations et la braderie du pays par les &#233;lites gouvernantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus r&#233;volutionnaire ouvert, multiforme, exp&#233;rience de d&#233;mocratie directe et d&#233;centralis&#233;e, permet l'interaction entre les diff&#233;rentes structures qui surgissent : les piqueteros, les assembl&#233;es de quartier, les groupes de petits &#233;pargnants, de travailleurs des services et des usines. Cette confluence r&#233;duit la division traditionnelle entre &#034; salari&#233;s &#034;, &#034; sans-emploi &#034; et &#034; classes moyennes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences du mouvement des &#034; piqueteros &#034; et des assembl&#233;es de voisins donnent lieu &#224; la possibilit&#233; de poursuivre la construction d'un mouvement r&#233;volutionnaire, un pouvoir populaire d&#233;mocratique et de perspective socialiste. La &#034; grande r&#233;volte &#034; a mis &#224; l'ordre du jour une strat&#233;gie qui lie la r&#233;sistance et la lutte pour le pouvoir, la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et/ou le principe de r&#233;vocabilit&#233;, les &#034; pillages &#034; pour assurer l'autosubsistance alimentaire. Y compris des exp&#233;riences d'autogestion ouvri&#232;re, voire de questionnement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et du monopole du processus de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, un immense mouvement de masse, radical et d&#233;mocratique, a subverti et disloqu&#233; tous les m&#233;canismes de repr&#233;sentations politiques et institutionnels. Il a mis en question le monopole de pouvoir &#233;tatique capitaliste et, potentiellement, exprime la possibilit&#233; d'avancer vers des formes de double pouvoir. En ce sens, l'affirmation de Trotsky assume sa pleine validit&#233; : &#034; les masses ne vont pas &#224; la r&#233;volution avec un plan pr&#233;con&#231;u de soci&#233;t&#233; nouvelle, mais avec un sentiment clair de l'impossibilit&#233; de continuer de supporter la soci&#233;t&#233; ancienne. &#034; (traduction indicative seulement, trouver citation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Construire une gauche anticapitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.1 En Am&#233;rique latine, et en particulier en Am&#233;rique du Sud, on vit une situation exceptionnelle. L'intensit&#233; d'une crise socio-&#233;conomique et du &#034; mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#034; se combine avec une crise des institutions (de gouvernabilit&#233;) et de la direction politique bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de contre-r&#233;formes a perdu toute sa l&#233;gitimit&#233; politique et id&#233;ologique et la nature large et radicale des luttes populaires pose avec plus de force la n&#233;cessit&#233; d'une &#034; refondation &#034; programmatique dans une direction anti-imp&#233;rialiste et anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, autant le front uni et l'unit&#233; de la gauche que la construction d'une force r&#233;volutionnaire avec une implantation de masse et une capacit&#233; de direction, sont des t&#226;ches fondamentales et imm&#233;diates de la gauche radicale. Ces t&#226;ches ne peuvent pas &#234;tre r&#233;alis&#233;s par &#034; l'auto-affirmation &#034; de &#034; notre identit&#233; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes r&#233;volutionnaires qui font partie des diff&#233;rentes organisations, groupes et courants de la IVe Internationale doivent opter, sans h&#233;sitations, pour une orientation politique de regroupement de la gauche radicale, d'unit&#233; de la gauche r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.2 L'extr&#234;me polarisation de la lutte des classes aiguise, exacerbe les rapports et les d&#233;bats au sein de la gauche latino-am&#233;ricaine autour des strat&#233;gies &#224; suivre. Et surtout, elle ouvre une br&#232;che entre la simple r&#233;sistance sociale et un projet politique alternatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'articulation entre la r&#233;sistance sociale et le projet politique dans une perspective strat&#233;gique de pouvoir revient sur la sc&#232;ne avec plus de force et d'actualit&#233;. La lecture unilat&#233;rale de &#034; r&#233;forme ou r&#233;volution &#034; c&#232;de sa place &#224; l'urgence de r&#233;forme et de r&#233;volution, pour la &#034; transformation de l'ordre dominant &#034; comme l'avait propos&#233; Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distance entre une gauche radicale, dont la nature contestataire ne fait pas de doute, et une autre gauche qui - sans cesser de d&#233;tenir une base sociale large et aussi de r&#233;sistance - se situe dans un horizon strat&#233;gique de d&#233;bat institutionnel, se fait plus &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; celle-l&#224; accentue ses accents &#034; r&#233;sistants &#034; et para-institutionnels, celle-ci se consolide autour de gouvernements municipaux, parlementaires, et en certains cas, comme option &#233;lectorale nationale. Pendant qu'ellerecule sur les questions programmatiques et s'adapte (m&#234;me si c'est de mani&#232;re conflictuelle) aux r&#232;gles du syst&#232;me de domination, elle se polarise avec la droite sur les &#034; mod&#232;les de pays &#034;. Ce cours se confirme chez les principales organisations qui composent le Forum de Sao Paulo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.3 Dans la gauche dominante dans les grands partis et fronts, une strat&#233;gie politique de conciliation de classes, de &#034; concertation &#034; et d'alliances avec des secteurs d'entreprises &#034; progressistes &#034; ou carr&#233;ment lib&#233;rales voit le jour. Le &#034; progressisme &#034; se rapproche de plus en plus du social-lib&#233;ralisme de la &#034; gauche plurielle &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prises dans le syndrome &#034; ni De la R&#250;a, ni Ch&#225;vez, mais ni Allende non plus &#034; les directions majoritaires avancent un programme de &#034; mod&#232;le alternatif de d&#233;veloppement &#034; avec l'accent sur &#034; le social &#034; et &#034; l'&#233;radication de la pauvret&#233; &#034; pour d&#233;passer &#034; le lourd h&#233;ritage n&#233;olib&#233;ral &#034; : endettement, d&#233;nationalisation, ch&#244;mage, pauvret&#233;, structure productive domin&#233;e par les capitaux transnationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, dans les programmes, on ne retrouve ni le moratoire sur la dette, ni la renationalisation des entreprises publiques privatis&#233;es et des fonds priv&#233;s de s&#233;curit&#233; sociale, ni une r&#233;forme des imp&#244;ts expropriatrice du capital, ni une rupture avec les conditions qu'imposent les organismes financiers internationaux, ni les politiques protectionnistes avec une certaine coupure avec la logique &#034; globalisatrice &#034;. Cette gauche ne s'inscrit pas non plus dans une strat&#233;gie de &#034; rupture d&#233;mocratique &#034; ou de &#034; r&#233;volution d&#233;mocratique &#034;. Ce qui pr&#233;vaut dans la vision des directions majoritaires est un r&#233;formisme sans &#034; r&#233;formes structurelles &#034; (dans le sens anticapitaliste qu'Ernest Mandel attribuait &#224; ces r&#233;formes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la gauche r&#233;formiste pr&#233;domine une vision &#034; redistributive &#034; sans mesures radicales de redistribution du revenu et de la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.4 N&#233;anmoins, en Am&#233;rique latine la dimension de la crise et l'arrogance imp&#233;rialiste ont acquis une telle magnitude que les espaces pour le &#034; progressisme &#034; s'&#233;vaporent. L'exp&#233;rience d&#233;sastreuse du gouvernement de l'Alliance en Argentine est l'exemple le plus fort. Et quand un processus timide de nationalisme et de populisme social surgit, comme au Venezuela, la droite, les secteurs r&#233;actionnaires de l'&#201;glise, les militaires et les multinationales avec l'imp&#233;rialisme en arri&#232;re fond, organisent la d&#233;stabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration contre-r&#233;volutionnaire - qu'on &#233;voque en parlant d'une victoire du Frente Amplio en Uruguay - s'intensifiera si le PT obtient une victoire au Br&#233;sil. Peut-&#234;tre que la droite n'aura pas recours &#224; la force pour emp&#234;cher un triomphe &#233;lectoral de Lula mais pour faire &#233;chec &#224; son gouvernement ; par la voie de la d&#233;stabilisation et du sabotage, ou en le d&#233;naturant de fond en comble. Pour le moment, les multinationales et les &#034; investisseurs &#034; parlent d'attendre six mois avant de prendre des d&#233;cisions devant un gouvernement PT. Dans ce contexte, l'&#233;volution de la direction du PT et de Lula, a cess&#233; d'&#234;tre &#034; contradictoire &#034; et se consolide autour de &#034; l'entente sociale &#034; et d'un programme de &#034; maturit&#233; &#034; d&#233;veloppiste sans point de rupture avec la logique qu'impose la mondialisation capitaliste et l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.5 Une &#034; refondation &#034; programmatique de la gauche latino-am&#233;ricaine ne peut pas se faire en la divor&#231;ant des &#034; t&#226;ches concr&#232;tes &#034; dans une p&#233;riode de radicalisation de la lutte des classes. C'est-&#224;-dire, de l'intervention dans les luttes sociales pour &#034; un autre monde possible &#034; &#8230; sans capitalisme ; de liens avec les secteurs populaires qui se radicalisent en questionnant de fait la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et en construisant des alternatives &#224; la &#034; d&#233;mocratie du march&#233; &#034; ; de la bataille contre le possibilisme qui impr&#232;gne les directions majoritaires de la gauche, et du d&#233;faitisme et de la perte de confiance en soi qui impr&#232;gnent les forces marxistes et r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#034; programme de transition &#034; passe par des questions comme le caract&#232;re qu'assume la recolonisation &#233;conomique et la question de la souverainet&#233; nationale (anti-imp&#233;rialisme concret) ; la reformulation des processus d'int&#233;gration r&#233;gionale comme la ZL&#201;A (en proposant un d&#233;veloppement r&#233;el) ; le non-paiement de la dette ; la lutte contre les privatisations ; la question de la d&#233;mocratie politique, de la r&#233;appropriation des droits confisqu&#233;s, comme la nature, la port&#233;e et limites d'une orientation de d&#233;mocratie participative au niveau local ou municipal (la gauche latino-am&#233;ricaine gouverne des m&#233;tropoles comme des petits villages au Br&#233;sil, Uruguay, Mexique, Le Salvador, &#201;quateur, P&#233;rou, Colombie) ; la relation entre luttes urbaines et rurales ; la relation entre la r&#233;sistance sociale et l'organisation politique ; les nouvelles formes qu'assument les &#034; sujets &#034; qui se reproduisent au feu de la fragmentation de la classe ouvri&#232;re (piqueteros, assembl&#233;es populaires, occupants de terres et de logements, exp&#233;riences d'autod&#233;fense, quartiers qui luttent pour les services publics, espaces pour les jeunes, pour les femmes qui organisent l'autosubsistance, les diff&#233;rentes exp&#233;riences d'&#233;conomie de troc) ; les politiques d'alliances sociales et politiques (dans le cadre d'une proposition programmatique de front uni) ; les options de construction d'organisations de la gauche r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.6 Construire une force r&#233;volutionnaire avec une implantation de masse et une capacit&#233; dirigeante dans le contexte actuel devient une t&#226;che imm&#233;diate, justement, parce que la crise elle-m&#234;me acc&#233;l&#232;re tous les d&#233;lais. Sans cette force dirigeante, la vitalit&#233; de la r&#233;sistance sociale et la radicalisation d'une avant-garde politique finissent dans un cul-de-sac, en r&#233;duisant la potentialit&#233; transformatrice &#224; une simple apologie du &#034; rebelle &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, le mouvement zapatiste n'a pas su traduire sa capacit&#233; de mobilisation dans les consultations et les marches, en une alternative politique de gauche. Il n'y a pas eu de modification du rapport des forces. La th&#233;orie de &#034; l'anti-pouvoir ind&#233;fini &#034; ou de &#034; changer le monde sans prendre le pouvoir &#034; n'a pas produit de processus de r&#233;formes radicales, ni de processus r&#233;volutionnaire. De toute mani&#232;re, la crise de toutes les formations et partis politiques au Mexique - accentu&#233;e avec l'&#233;lection de Fox - s'inscrit dans une recomposition, dans des r&#233;alignements et dans un surgissement de nouvelles options. Dans ce cadre il faudrait qu'il y ait, pour &#234;tre &#224; la hauteur des circonstances, un regroupement et une refondation de la gauche r&#233;volutionnaire et socialiste. Un regroupement qui d&#233;passe l'impasse du zapatisme et les tentatives &#233;puisantes d'une &#034; gauche card&#233;niste &#034; qui cherche &#224; transformer un PRD pi&#233;g&#233; par la logique de l'institutionnalisme, du client&#233;lisme, de la conciliation, de la corruption et compromis avec la &#034; gouvernabilit&#233; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, l'absence de cette force dirigeante est le plus grand frein. Les diff&#233;rents &#034; trotskysmes &#034; (avec l'exception partielle de certains courants du MAS) utilisent la &#034; crise r&#233;volutionnaire &#034; et les diff&#233;rents sc&#233;narios de lutte populaire, d'auto-organisation ouvri&#232;re, et de d&#233;mocratie populaire directe, pour s'emparer des assembl&#233;es de quartier, cr&#233;er leurs fronts dans le mouvement piquetero et recruter de nouveaux militants. Sans faire des pas concrets vers une proposition d'unit&#233; de la gauche anticapitaliste avec Autod&#233;termination et Libert&#233; (Zamora).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation tend &#224; favoriser le concept d'horizontalit&#233; et les questionnements des organisations politiques de la gauche &#034; traditionnelle &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#201;quateur, la crise et la rupture de Pachakutik et les tendances conciliatrices qui se manifestent au sein de la CONAIE emp&#234;chent de profiter de l'&#233;norme potentiel insurrectionnel du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie, - au milieu d'une guerre - le Front social et politique prend ses distances de la strat&#233;gie militariste de la FARC et de l'ELN et se rapproche d'une version social-d&#233;mocrate renforc&#233;e par la constitution &#233;lectorale du P&#244;le d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Uruguay, le virage &#224; droite du Frente amplio (Front large) a laiss&#233; presque seul le Courant de gauche qui, malgr&#233; ses faiblesses et contradictions internes, maintient une optique de contestation du r&#233;formisme &#224; partir d'une perspective radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.7 La construction de cette force dirigeante est &#233;galement d&#233;cisive pour la lutte contre la strat&#233;gie et le programme du r&#233;formisme et les tendances social-d&#233;mocrates et social-lib&#233;rales de la gauche ; et surtout pour pr&#233;parer le mouvement populaire &#224; l'affrontement avec la droite bourgeoise et l'imp&#233;rialisme. Parce que si nous disons qu'il y a une nouvelle mont&#233;e populaire et une exac&#233;rbation de la lutte des classes, nous reconnaissons &#233;galement les contre-tendances : autoritarisme, reculs d&#233;mocratiques, r&#233;pressions s&#233;lectives ou massives, d&#233;stabilisation de gouvernements de gauche ou populistes-nationalistes, sorties contre-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette force dirigeante est fondamentale pour favoriser un processus d'auto-organisation massive dont la caract&#233;ristique universelle r&#233;pond &#224; des p&#233;riodes de mobilisation intense et prolong&#233;e. Et aussi, pour organiser l'auto-d&#233;fense des luttes et critiquer les illusions r&#233;formistes du &#034; changement &#034; institutionnel sans affrontement et sans violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.8 Nous sommes pour la construction d'un noyau dur de la gauche et des mouvements r&#233;sistants et &#034; antagonistes &#034;. Cette perspective ne peut pas se construire &#224; partir d'une pathologie groupusculaire ni en &#233;vacuant la pens&#233;e strat&#233;gique et les initiatives audacieuses au nom de la d&#233;fense de &#034; notre identit&#233; &#034; quatri&#232;me-internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cadres militants de la IVe Internationale d&#233;cid&#233;s &#224; jouer un r&#244;le dans la construction de cette force dirigeante font face &#224; une double t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, contribuer &#224; maintenir et &#224; renforcer l'unit&#233; des forces de gauche et populaires (dans un sens large) ; intervenir dans la construction ou reconstruction d'un camp de gauche comme alternative aux courants conciliateurs dans les formations d'unit&#233; large (PT, Frente Amplio, Frente Social y Pol&#237;tico) sans perdre de vue l'hypoth&#232;se de crises et ruptures de cette gauche large &#224; mesure que son programme et sa strat&#233;gie heurtent la nature radicale des r&#233;sistances sociales et les demandes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, et bien qu'avec avec des rythmes et des dimensions diff&#233;rentes, il y a une perspective de regroupement de la gauche r&#233;volutionnaire comme expression de la nature radicale des r&#233;sistances sociales. Cette perspective de regroupements politiques radicaux s'exprime dans des exp&#233;riences nouvelles comme le Courant de gauche (CI, Uruguay), Pr&#233;sents pour le socialisme (Colombie), le Front socialiste (Puerto Rico) et la Convergence populaire socialiste (Paraguay).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exp&#233;riences permettent aussi d'enrichir l'accumulation politique et programmatique propre &#224; la IVe Internationale quand elles r&#233;ussissent &#224; &#233;tablir une relation d'aller-retour, d'&#233;change et de propositions et t&#226;ches communes pour la r&#233;flexion et l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.9. Dans le cadre de la crise et des luttes sociales, les forces de la IVe Internationale ont un r&#244;le actif &#224; jouer. Elles font la promotion et en plusieurs cas organisent ces luttes populaires quotidiennes. Elles participent &#224; toutes les mobilisations, campagnes de solidarit&#233;, r&#233;seaux et forums qui expriment les diff&#233;rentes exp&#233;riences de r&#233;sistance, comme aux espaces de r&#233;flexion des exp&#233;riences sociales et d'&#233;laboration programmatique comme le Forum social mondial. Mais aussi &#224; ATTAC, &#224; la Marche mondiale des femmes, au Bloque contre la ZL&#201;A, aux campagnes pour le non-paiement de la dette externe et contre le plan Colombie, au Forum de Sao Paulo, aux courants syndicaux de classe et aux coordinations des mouvements sociaux (Argentine, Colombie, Chili, Paraguay, Puerto Rico, Mexique, Uruguay).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perspective de regroupement des forces radicales et anticapitalistes exige qu'on situe notre exp&#233;rience accumul&#233;e dans une dimension de pluralisme r&#233;volutionnaire qui transcende nos propres fronti&#232;res organisationnelles. Une perspective qui s'inscrit dans une p&#233;riode d'acc&#233;l&#233;ration des affrontements politiques et sociaux. Tout comme la crise et les recompositions autocritiques de courants r&#233;volutionnaires, y compris certaines en provenance des divers &#034; trotskysmes &#034;. De l&#224;, la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er des r&#233;seaux et ententes qui permettent la socialisation des diff&#233;rentes exp&#233;riences et options politiques et strat&#233;giques. De l&#224;, la n&#233;cessit&#233; d'ouvrir nos &#034; instances &#034; et de sortir des microclimats &#034; d'auto-affirmation &#034; paralysante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que nous r&#233;alisons &#034; nos t&#226;ches &#034; dans un contexte rempli de difficult&#233;s comme pour aborder &#224; temps et syst&#233;matiquement les probl&#232;mes nouveaux d'analyse, d'options tactiques, de red&#233;finition programmatiques et d'approximations strat&#233;giques. Et dans une situation o&#249; notre visibilit&#233; institutionnelle (&#224; l'exception du Br&#233;sil) est tr&#232;s faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les organisations de la IVe Internationale se construisent dans des situations o&#249; les tensions font partie du paysage, et par des processus o&#249; se combinent des noyaux de militants avec exp&#233;rience et continuit&#233;, des militants qui proviennent d'autres traditions de lutte, et avec l'incorporation de jeunes radicaux qui dynamisent la r&#233;flexion et l'action. Syntoniser ou administrer cette diversit&#233; engendre des conflits et confusions sur les options politiques &#224; prendre. Cela n'emp&#234;che pas nos forces sur le continent latino-am&#233;ricain de continuer &#224; &#234;tre impliqu&#233;es dans les luttes et les mouvements sociaux, comme dans les combats anti-imp&#233;rialistes et anti-capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montevideo, 23 mai 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; su site &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'Inprecor&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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