<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_auteur=299&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;quateur : coup d'&#201;tat, &#171; lumpen golpe &#187; ou d&#233;stabilisation ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Equateur-coup-d-Etat-lumpen-golpe-ou-destabilisation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Equateur-coup-d-Etat-lumpen-golpe-ou-destabilisation</guid>
		<dc:date>2010-10-07T17:33:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Cantaloube</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;quateur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;quateur a le triste privil&#232;ge de passer pour le mod&#232;le original de la &#171; R&#233;publique banani&#232;re &#187; fa&#231;on Tintin. Non seulement parce que le pays produit et exporte beaucoup de bananes, mais aussi parce que de multiples renversements de pr&#233;sidents &#233;maillent l'histoire du pays, jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment (cinq chefs d'&#201;tat ces dix derni&#232;res ann&#233;es). Avec l'arriv&#233;e de Rafael Correa au pouvoir en janvier 2007 &#8211; et sa r&#233;&#233;lection au premier tour en 2009 &#8211; ce cycle de coups, contre-coups et d&#233;missions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Equateur-+" rel="tag"&gt;&#201;quateur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;quateur a le triste privil&#232;ge de passer pour le mod&#232;le original de la &#171; R&#233;publique banani&#232;re &#187; fa&#231;on Tintin. Non seulement parce que le pays produit et exporte beaucoup de bananes, mais aussi parce que de multiples renversements de pr&#233;sidents &#233;maillent l'histoire du pays, jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment (cinq chefs d'&#201;tat ces dix derni&#232;res ann&#233;es). Avec l'arriv&#233;e de Rafael Correa au pouvoir en janvier 2007 &#8211; et sa r&#233;&#233;lection au premier tour en 2009 &#8211; ce cycle de coups, contre-coups et d&#233;missions forc&#233;es a sembl&#233; s'interrompre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une des principales raisons en est la popularit&#233; de Correa, homme de gauche qui se dit proche d'Hugo Chavez, sachant que la plupart des coups en &#201;quateur ont lieu une fois que le pr&#233;sident perd son soutien populaire. L'autre caract&#233;ristique des r&#233;voltes &#233;quatoriennes est qu'elles sont g&#233;n&#233;ralement fort peu violentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement jeudi 30 septembre, les &#233;v&#233;nements ont quelque peu contredit ce sch&#233;ma. Non seulement Rafael Correa a d&#251; affronter &#8211; pendant plusieurs heures &#8211; des policiers en armes qui voulaient attenter &#224; sa vie, mais huit personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par balles, et des centaines bless&#233;es, au cours d'affrontements entre forces de police dissidentes, arm&#233;e loyaliste et manifestants soutenant le pouvoir en place. Aujourd'hui encore, le d&#233;roul&#233; pr&#233;cis des &#233;v&#233;nements est sujet &#224; d&#233;bat, mais plus encore, l'interpr&#233;tation qui en est faite : s'est-il agi, comme le proclame Correa et son gouvernement, d'une v&#233;ritable tentative de coup d'&#201;tat, ou seulement de manifestations de m&#233;contentement qui ont mal tourn&#233;, comme le soutient l'opposition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits essentiels sont connus. Jeudi matin, des policiers protestant contre une r&#233;forme touchant &#224; leur bonus de fin d'ann&#233;e, et &#224; certaines de leurs pr&#233;rogatives qui permettaient de &#171; mettre un peu d'argent de c&#244;t&#233; &#187; (la collecte des amendes par exemple), entreprennent d'occuper des casernes et de bloquer certains axes routiers. Rafael Correa se rend alors en personne dans une des casernes pour discuter avec les m&#233;contents. La discussion s'envenime au point que le pr&#233;sident doit &#234;tre &#233;vacu&#233;, au milieu des gaz lacrymog&#232;nes, dans une clinique adjacente. Il y reste une dizaine d'heures, pendant que le pays entier s'arr&#234;te de fonctionner : routes ferm&#233;es, commerces ferm&#233;s, a&#233;roports bloqu&#233;s (&#224; Quito, il s'agit juste de techniciens sans armes), et bient&#244;t m&#233;dias suspendus par ordre du gouvernement. Il n'y a plus que la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat pour &#233;mettre, et celle-ci &#233;voque une tentative de coup d'&#201;tat. Des manifestants descendent dans la rue pour soutenir le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de soir&#233;e, des commandos de l'arm&#233;e viennent secourir Correa et &#171; l'exfiltrer &#187; hors de la clinique (des t&#233;moignages contradictoires expliquent que Correa n'&#233;tait pas vraiment s&#233;questr&#233; et qu'il aurait pu quitter les lieux avant et pacifiquement). Les combats sont violents. Le pr&#233;sident regagne son palais au centre de Quito et prononce un discours muscl&#233; o&#249; il s'en prend aux putschistes (&#171; qui ne seront pas oubli&#233;s ni pardonn&#233;s &#187;) et &#224; leurs commanditaires (il accuse nomm&#233;ment l'ancien chef d'&#201;tat Lucio Gutierez).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jours plus tard, Rafael Correa garde solidement la main sur les r&#234;nes du pays, il a renonc&#233; &#224; ses menaces de dissoudre le Parlement, et il explique qu'il va clarifier la loi qui a mis le feu aux poudres. Trois colonels de la police ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s puis rel&#226;ch&#233;s avec interdiction de quitter le pays. D'un c&#244;t&#233;, le pr&#233;sident semble jouer l'apaisement. De l'autre, il continue de proclamer haut et fort qu'on a voulu le renverser, et fait le lien avec le coup d'&#201;tat contre Hugo Chavez, en 2002 au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'appui de cette th&#232;se, le gouvernement et une partie de la gauche soulignent la violence des policiers &#8211; qui s'en sont pris physiquement &#224; Correa et &#224; ses gardes du corps &#8211; et qui ont fait usage de leurs armes &#224; feu. Ils notent &#233;galement que la r&#233;volte polici&#232;re &#233;tait organis&#233;e d'un bout &#224; l'autre du pays, qu'elle avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e et coordonn&#233;e par la distribution de tracts et la circulation d'emails. Enfin, ils soutiennent que le mouvement des policiers visait bel et bien &#224; paralyser le pays afin de provoquer une r&#233;action contre le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La th&#233;orie d'un &#171; lumpen golpe &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, l'opposition de droite et un certain nombre d'observateurs internationaux sont bien plus sceptiques. Ils reconnaissent que les policiers m&#233;contents ont d&#233;rap&#233;, mais que, jamais, ils n'ont voulu renverser le pr&#233;sident. Ils en veulent pour preuve le fait qu'&#224; aucun moment, l'&#233;tat-major militaire n'a &#233;pous&#233; la cause des forces de s&#233;curit&#233;, et que c'est l'arm&#233;e qui a secouru Correa. De plus, le contr&#244;le du pays ne lui a jamais &#233;chapp&#233;. Ils remarquent que l'un de principaux t&#233;nors de l'opposition, le maire de Guayaquil, Jaime Nebot, a imm&#233;diatement d&#233;fendu la d&#233;mocratie et d&#233;nonc&#233; les policiers rebelles ; et que le suppos&#233; inspirateur du coup, Lucio Gutierez, &#233;tait ce jour-l&#224; au Br&#233;sil (au titre d'observateur &#233;lectoral !). Ils remarquent enfin que la plupart des gouvernements &#233;trangers, &#201;tats-Unis en t&#234;te, ont imm&#233;diatement d&#233;nonc&#233; les agissements des policiers et apport&#233; leur soutien &#224; Correa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque partie a &#233;videmment un int&#233;r&#234;t politique &#224; soutenir son point de vue. Correa est trop content de pouvoir &#171; imiter &#187; son alli&#233; Chavez et de surfer sur la geste h&#233;ro&#239;que des chefs d'&#201;tat sud-am&#233;ricains soutenus par le peuple contre les &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187; (quand tant d'entre eux ont &#233;t&#233; renvers&#233;s par ces m&#234;mes forces). Aussi bien Hugo Chavez en 2002 que le Bolivien Evo Morales en 2008 sont sortis renforc&#233;s de ce genre de situation. Dans l'opposition, nul n'a envie de se retrouver associ&#233; &#224; un mouvement mal pr&#233;par&#233;, mal orchestr&#233;, pas soutenu, et qui s'av&#232;re, au final, &#234;tre un &#233;chec retentissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet affrontement de positions (un Coup d'&#201;tat avec un grand C d'un c&#244;t&#233;, un mouvement d'humeur disproportionn&#233; de l'autre), il existe n&#233;anmoins une appr&#233;ciation m&#233;diane, qui qualifie ce qui s'est pass&#233; jeudi 30 septembre de &#171; lumpen golpe &#187;, c'est-&#224;-dire un coup d'&#201;tat de pacotille. &#171; On ne peut pas exclure que les policiers, dont les revendications &#233;taient avant tout corporatistes, aient souhait&#233; entra&#238;ner derri&#232;re eux les syndicats et les mouvements indig&#232;nes, qui se disent mal trait&#233;s par le gouvernement Correa m&#234;me si celui a repris nombre de leurs id&#233;es &#187;, explique le journaliste et chercheur Marc Saint-Up&#233;ry, qui vit &#224; Quito et a suivi en direct ces &#233;v&#233;nements. &#171; Comme souvent en &#201;quateur, une situation de paralysie et de m&#233;contentement aurait pu faire chuter le gouvernement et profiter &#224; l'opposition. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre hypoth&#232;se, pas si &#233;loign&#233;e, mais un peu plus sombre, est &#233;voqu&#233;e par un des principaux ministres de Correa, qui en parle en priv&#233; mais ne veut pas se prononcer publiquement. Selon sa lecture des &#233;v&#233;nements, un projet de d&#233;stabilisation existait certainement, sous une forme peu &#233;labor&#233;e. Mais, en se rendant dans la caserne, en n'&#233;tant pas du tout au courant de ce qui pouvait se tramer, Correa a d&#233;stabilis&#233; les putschistes potentiels. Ils ont mal r&#233;agi et, au final, ont tent&#233; d'assassiner le pr&#233;sident dans un mouvement de vengeance, une fois qu'ils avaient compris que l'arm&#233;e viendrait le secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre poursuit : ayant d&#233;sormais compris qu'une grosse poign&#233;e de policiers, dont certains li&#233;s &#224; des int&#233;r&#234;ts criminels et au trafic de drogue, complotaient r&#233;ellement contre lui &#8211; et m&#234;me s'ils n'entendaient pas prendre le pouvoir d'un seul coup jeudi 30 septembre &#8211; Correa ne peut pas se permettre de les virer du jour au lendemain. Car, dans un pays tel que l'&#201;quateur, des centaines de policiers sans emploi, et sans affection pour leur gouvernement, ont vite fait de former des bandes paramilitaires, comme celles qui existent en Colombie ou au Mexique. Ce qui explique la mansu&#233;tude actuelle contre ceux qui ont attent&#233; &#224; la vie du pr&#233;sident, en d&#233;pit de la promesse qu'ils ne seraient &#171; ni oubli&#233;s, ni pardonn&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paru sur &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/international/041010/equateur-coup-detat-lumpen-golpe-ou-destabilisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
