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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Dix th&#232;ses sur la crise : comment nous y sommes arriv&#233;s et comment en sortir</title>
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		<dc:date>2010-11-26T21:16:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Par Leo Panitch, Sam Gindin, et Greg Albo</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re globale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les auteurs sont des enseignants d'&#233;conomie politique &#224; l'Universit&#233; York de Toronto (Canada). Cet article a &#233;t&#233; traduit par le site Pages socialistes (Suisse). &lt;br class='autobr' /&gt; 1. La crise financi&#232;re actuelle doit &#234;tre plac&#233;e dans la dynamique historique et les contradictions de la finance capitaliste de la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que les sph&#232;res de la finance et de la production soient &#233;videmment li&#233;es (et ce de mani&#232;re significativement plus importante qu'autrefois), l'origine de la crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Crise-financiere-globale-+" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re globale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les auteurs sont des enseignants d'&#233;conomie politique &#224; l'Universit&#233; York de Toronto (Canada).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; traduit par le site Pages socialistes (Suisse).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La crise financi&#232;re actuelle doit &#234;tre plac&#233;e dans la dynamique historique et les contradictions de la finance capitaliste de la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les sph&#232;res de la finance et de la production soient &#233;videmment li&#233;es (et ce de mani&#232;re significativement plus importante qu'autrefois), l'origine de la crise financi&#232;re am&#233;ricaine ne se situe pas dans une crise de profitabilit&#233; dans la sph&#232;re productive, &#224; l'instar de ce qui s'&#233;tait pass&#233; dans les ann&#233;es 1970, ni dans les d&#233;s&#233;quilibres des &#233;changes commerciaux qui se sont install&#233;s depuis. Bien que l'importance de la finance dans les principales &#233;conomies capitalistes ait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; remarqu&#233;e dans les ann&#233;es 1960, c'est le r&#244;le de celle-ci dans la r&#233;solution de la crise des ann&#233;es 1970 qui explique sa place dans le capitalisme contemporain. L'inflation, qui &#233;tait le principal sympt&#244;me de la crise, a &#233;rod&#233; la valeur de tous les titres financiers, mais la plus grosse crainte portait alors sur l'inflation am&#233;ricaine, ce qui allait faire chuter la confiance dans la valeur future du dollar. Afin de pr&#233;server le r&#244;le du dollar dans le capitalisme global, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine a tr&#232;s fortement relev&#233; les taux d'int&#233;r&#234;t au d&#233;but des ann&#233;es 1980, afin d'augmenter le ch&#244;mage, de dompter le militantisme syndical et de restreindre les d&#233;penses sociales publiques &#8211; tous &#233;l&#233;ments cens&#233;s &#234;tre &#224; l'origine de l'inflation et de la crise de profitabilit&#233; de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente. Ceci a pos&#233; les bases des succ&#232;s &#224; venir du capitalisme financier &#224; la fin du XXe si&#232;cle. La baisse des taux d'int&#233;r&#234;t et l'injection massive de liquidit&#233;s par l'&#201;tat dans le syst&#232;me financier lors des moments cruciaux d'instabilit&#233;, se sont traduits par des r&#233;cessions moins nombreuses et moins dures en comparaison avec l'apr&#232;s-guerre. Mais ce sont pr&#233;cis&#233;ment les contradictions de ce capitalisme financier qui sont &#224; l'origine de la crise massive d&#233;clench&#233;e au d&#233;but du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. L'extension spatiale et l'approfondissement social du capitalisme dans le dernier quart de si&#232;cle n'auraient pas pu se produire sans des innovations financi&#232;res.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation de la finance am&#233;ricaine a permis la r&#233;partition et la diffusion des risques li&#233;s &#224; la globalisation de l'investissement, de la production et du commerce, organis&#233;e pour l'essentiel autour du dollar. Le d&#233;veloppement des produits d&#233;riv&#233;s a fourni une assurance contre le risque dans une &#233;conomie globale complexe, sans laquelle l'accumulation du capital aurait &#233;t&#233; significativement restreinte. En m&#234;me temps, de plus en plus de travailleuses&#183;eurs se sont retrouv&#233;s happ&#233;s dans la sph&#232;re financi&#232;re en tant que d&#233;bitrices&#183;eurs, &#233;pargnant&#183;e&#183;s et m&#234;me comme investisseuses&#183;eurs, du fait des plans de retraites priv&#233;s, des cr&#233;dits &#224; la consommation et des cr&#233;dits immobiliers. Ceci a &#233;t&#233; crucial pour soutenir la demande alors que les salaires stagnaient et que les in&#233;galit&#233;s se sont accrues. Dans cette p&#233;riode, le secteur financier a directement stimul&#233; l'accumulation capitaliste par des investissements risqu&#233;s dans les secteurs de haute technologie, mais aussi par le d&#233;veloppement des innovations technologiques dans l'informatique et les syst&#232;mes d'information. Les bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain et le dollar, qui sont &#224; la fois &#233;changeables et r&#233;mun&#233;rateurs, ont servi de valeurs refuge pour l'&#233;pargne et de base pour toutes les autres &#233;valuations dans l'&#233;conomie globale. Cette pr&#233;dominance du dollar dans la finance globale refl&#233;tait et renfor&#231;ait celle des institutions financi&#232;res am&#233;ricaines. Ces derni&#232;res ont permis d'attirer l'&#233;pargne des autres pays vers les march&#233;s financiers am&#233;ricains et d'offrir un cr&#233;dit &#224; bon march&#233;. Celui-ci a soutenu la position des &#201;tats-Unis comme principal march&#233; de consommation et d'importation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. La volatilit&#233; de la finance globale a engendr&#233; une s&#233;rie de crises financi&#232;res n&#233;cessitant l'intervention r&#233;p&#233;t&#233;e de l'&#201;tat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de l'afflux de fonds aux &#201;tats-Unis, la comp&#233;tition entre pr&#234;teuses&#183;eurs s'est accrue et a fait baisser les taux d'int&#233;r&#234;t ainsi que la profitabilit&#233; financi&#232;re. En cons&#233;quence, les entreprises financi&#232;res ont cherch&#233; de nouveaux march&#233;s, mais ont &#233;galement pr&#234;t&#233; plus par rapport &#224; leurs fonds propres. Dans les faits, ceci s'est traduit par un accroissement massif du cr&#233;dit et de l'offre r&#233;elle de monnaie qui, n&#233;anmoins, &#224; cause de la d&#233;faite des travailleuses&#183;eurs et de l'accroissement de la possibilit&#233; pour les entreprises de se financer sur leurs fonds propres, n'a pas conduit &#224; l'inflation des prix, mais &#224; l'inflation du march&#233; des actions et de l'immobilier. Ceci &#233;tait li&#233; &#224; la force relative de diff&#233;rents secteurs dans l'&#233;conomie, mais s'est traduit par diff&#233;rentes bulles financi&#232;res sp&#233;culatives. L'&#201;tat est intervenu de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e afin d'&#233;viter le krach &#224; chaque &#233;clatement de bulle, une action cruciale pour la confiance des sp&#233;culatrices&#183;eurs, et qui a encourag&#233; la formation des bulles successives. La pr&#233;tendue disparition de l'&#201;tat due &#224; la globalisation s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une illusion id&#233;ologique n&#233;olib&#233;rale. En r&#233;alit&#233;, les &#201;tats sont rest&#233;s au centre de la finance globale et ont massivement inject&#233; de l'argent dans les banques. Dans les pays en d&#233;veloppement, ils ont utilis&#233; les crises afin d'imposer la discipline financi&#232;re du march&#233; sur leurs populations. L'&#201;tat am&#233;ricain, en particulier, a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant en tant que garant imp&#233;rial, coordinateur et pompier en chef du capitalisme global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le lien &#233;troit entre la finance et l'&#201;tat a &#233;t&#233; essentiel dans la cr&#233;ation de la bulle immobili&#232;re am&#233;ricaine et dans son impact lorsqu'elle a &#233;clat&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte d'un syst&#232;me financier global hautement volatil, les investisseuses&#183;eurs se sont repli&#233;s sur la s&#233;curit&#233; repr&#233;sent&#233;e par les bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain, en d&#233;pit des bas taux d'int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains supports d'une politique mon&#233;tariste visant &#224; pr&#233;venir une r&#233;cession au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Ceci a accru la comp&#233;tition au sein de la finance globale pour obtenir des rendements &#233;lev&#233;s. La s&#233;curit&#233; historique des cr&#233;dits immobiliers, dont une grande partie &#233;tait garantie par le gouvernement am&#233;ricain, a renforc&#233; la confiance du public dans les prix de l'immobilier en permanente ascension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette immobili&#232;re s'en est trouv&#233;e particuli&#232;rement attractive pour les investisseuses&#183;eurs qui ont pu emprunter des fonds &#224; bas taux et utiliser l'argent pour acheter des paquets de cr&#233;dits offrant un rendement beaucoup plus &#233;lev&#233;. Une portion importante de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine a maintenu son niveau de consommation gr&#226;ce &#224; des hypoth&#232;ques gag&#233;es sur la valeur de leur maison faussement gonfl&#233;e par la bulle sp&#233;culative. Il s'agissait du r&#233;sultat de la d&#233;pression des salaires et de la distribution in&#233;gale des revenus, r&#233;sultant de la d&#233;faite de la classe ouvri&#232;re et de la restructuration de la production et de l'emploi. L'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re a n&#233;cessairement men&#233; &#224; un d&#233;clin de la consommation aux &#201;tats-Unis, produisant des effets que le krach boursier n'avait pas eu. Les titres fond&#233;s sur les hypoth&#232;ques devinrent difficiles &#224; &#233;valuer et &#224; vendre dans les march&#233;s financiers globalis&#233;s. Ceci, pris avec l'impact de la crise immobili&#232;re sur la consommation de masse, et donc sur la capacit&#233; des Etats-Unis &#224; fonctionner comme le consommateur des biens du monde entier, a vite dissip&#233; l'illusion qui voulait que les autres r&#233;gions seraient &#233;pargn&#233;es par la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La crise a r&#233;v&#233;l&#233; la centralit&#233; de l'&#201;tat am&#233;ricain dans l'&#233;conomie capitaliste globale tout en multipliant les difficult&#233;s de la g&#233;rer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du dollar sur les march&#233;s de devises et l'&#233;norme demande pour les bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain au fur et &#224; mesure de l'accroissement de la crise ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; quel point le monde entier se reposait sur le dollar comme standard et sur l'&#201;tat am&#233;ricain comme garant en derni&#232;re instance de sa valeur. Les bons du Tr&#233;sor ont &#233;t&#233; demand&#233;s car ils restent la r&#233;serve de valeur la plus stable dans un environnement volatil. L'illusion qui voudrait que les autres &#201;tats fassent une faveur aux &#201;tats-Unis en achetant des bons du Tr&#233;sor sera peut-&#234;tre dissip&#233;e par la crise actuelle. Le r&#244;le central de l'&#201;tat am&#233;ricain dans la gestion globale de la crise a &#233;t&#233; confirm&#233;. N&#233;anmoins, les montants massifs de liquidit&#233;s inject&#233;s par les &#201;tats afin de restaurer le niveau des pr&#234;ts interbancaires, n'ont pas amen&#233; les banques &#224; pr&#234;ter &#224; nouveau aux entreprises et aux consommatrices&#183;eurs. Du fait de la d&#233;pendance de l'&#233;conomie &#224; la finance, la crise financi&#232;re a rendu inefficace la stimulation fiscale et la baisse des taux d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La crise a d&#233;montr&#233; une des grandes id&#233;es de Marx dans Le Manifeste communiste : bien que le capitalisme soit international par essence, sa reproduction reste nationale dans sa forme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'attention apport&#233;e aux grandes r&#233;unions internationales, toutes les interventions cruciales ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre au niveau des &#201;tats. Les r&#233;actions &#224; la grande d&#233;pression de 1930 avaient fragment&#233; le capitalisme, mais les r&#233;ponses actuelles n'ont pas interrompu le libre &#233;change et la libre circulation du capital. Il s'agit d'une t&#226;che d&#233;volue individuellement aux &#201;tats qui assument la responsabilit&#233; de maintenir l'accumulation internationale du capital au sein de leurs propres fronti&#232;res, refl&#233;tant la structure du capitalisme au XXIe si&#232;cle : des connexions intimes et le partage des m&#234;mes points de vue au sein de l'&#233;lite administrative, sp&#233;cialement au sein des banques centrales et des minist&#232;res des finances, et surtout l'int&#233;r&#234;t essentiel qu'ont tous les autres &#201;tats dans l'existence d'une structure g&#233;rant et coordonnant le capitalisme global, et le r&#244;le structurant de l'&#201;tat am&#233;ricain au sein de ce syst&#232;me. Ceci a des implications importantes en terme de strat&#233;gies de r&#233;ponse &#224; la crise. Les alternatives pr&#233;tendant que les mouvements sociaux doivent accro&#238;tre leurs capacit&#233;s internationales afin de s'opposer aux forces capitalistes globales &#224; leur &#233;chelle, ratent peut-&#234;tre le probl&#232;me qui est de construire d'abord une base solide &#224; domicile. En l'absence d'une telle base et de la capacit&#233; de transformer les &#201;tats, les sentiments internationalistes ne peuvent pas se traduire en un internationalisme r&#233;el. M&#234;me si l'on va au-del&#224; de la question des pratiques alternatives, pour lesquelles le niveau national reste clairement plus important que l'international, ceci est absolument crucial pour maintenir la possibilit&#233; d'une alternative politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Vouloir revenir au &#8220;bon vieux temps&#8221; d'avant le n&#233;olib&#233;ralisme, c'est ne pas comprendre le lien entre ce pass&#233; et notre pr&#233;sent, et ignorer combien la classe ouvri&#232;re a depuis &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e aux march&#233;s financiers.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a &#233;t&#233; une r&#233;ponse au caract&#232;re non durable de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente pour le capitalisme. La crise des ann&#233;es 1970 prenait sa source dans la r&#233;sistance ouvri&#232;re aux tentatives du management de restaurer la productivit&#233; au d&#233;triment des salaires et des conditions de travail, notamment en ralentissant l'investissement et en mena&#231;ant de d&#233;localiser. Revenir &#224; cette p&#233;riode ne ferait que restaurer le conflit pr&#233;c&#233;dent : soit le pouvoir manag&#233;rial est renforc&#233; afin de r&#233;soudre la crise, soit une lutte est lanc&#233;e pour une alternative d&#233;mocratique. Apr&#232;s les ann&#233;es 1970, une longue p&#233;riode de d&#233;pression salariale a conduit les salari&#233;&#183;e&#183;s &#224; se reposer de plus en plus sur le cr&#233;dit afin de maintenir leur niveau de vie. De m&#234;me, ils se sont tourn&#233;s vers un march&#233; actionnarial en pleine croissance afin de renforcer leurs plans de retraite et les propri&#233;taires d'une maison se sont r&#233;jouis de l'augmentation des prix de l'immobilier car l'accroissement de leur avoirs a r&#233;duit d'autant leur n&#233;cessit&#233; d'&#233;pargner et leur a permis d'accro&#238;tre leur consommation. Ceci a augment&#233; la fragmentation de la classe ouvri&#232;re et min&#233; sa coh&#233;sion en tant que force sociale autonome. Alors que la lutte pour l'augmentation des salaires et pour le d&#233;veloppement des services publics reposait sur la solidarit&#233; de classe, la demande de cr&#233;dit destin&#233;e &#224; soutenir la consommation priv&#233;e a amen&#233; une r&#233;duction des capacit&#233;s d'action collective. Ce type de d&#233;pendance au syst&#232;me financier a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour par la crise actuelle : malgr&#233; la col&#232;re populaire, tout le monde s'est finalement ralli&#233; &#224; l'id&#233;e de sauver un syst&#232;me dont chacun d&#233;pend d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Les alternatives doivent &#234;tre construites en partant des besoins mat&#233;riels imm&#233;diats de la population, mais doivent viser &#224; soustraire les individus de la logique du capitalisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'importe quelle forme de r&#233;sistance visant &#224; sauver les emplois, les &#233;conomies, les programmes sociaux ou les logements de la classe ouvri&#232;re devrait bien s&#251;r &#234;tre activement soutenue. Elles r&#233;duisent la d&#233;pendance des travailleuses&#183;eurs au march&#233; et &#224; leurs employeuses&#183;eurs pour assurer la s&#233;curit&#233; de leur existence, accroissent la solidarit&#233; de classe en se concentrant sur les droits universels et les besoins collectifs. Elles montrent aussi la possibilit&#233; d'accro&#238;tre l'offre de services publics notamment du logement public. Et elles permettent de cr&#233;er un nouveau sentiment d'appartenance &#224; une communaut&#233;, en particulier &#224; l'&#233;chelle urbaine. Il faut y ajouter les r&#233;sistances locales : leurs succ&#232;s sont &#224; la fois la condition et le r&#233;sultat de mobilisations portant sur des sujets d'ampleur nationale. La triade des r&#233;sistances imm&#233;diates, du d&#233;veloppement de politiques pouvant obtenir un large soutien populaire, et de l'agitation des &#8220;grandes&#8221; questions comme la planification d&#233;mocratique ou la nationalisation des banques, ne doit pas &#234;tre comprise comme trois &#233;tapes diff&#233;rentes. Le but n'est pas de faire d'abord un premier pas, puis ensuite un pas plus radical, mais de trouver des formes de luttes qui int&#232;grent les trois simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Du fait que la d&#233;mocratie n'est pas simplement une forme de gouvernement, mais aussi un type de soci&#233;t&#233;, l'&#233;conomie devra &#234;tre d&#233;mocratis&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; la &#171; re-r&#233;gulation &#187; des march&#233;s financiers supposent faussement que l'&#201;tat et le march&#233;, ou que le pouvoir financier et le pouvoir &#233;tatique, se trouvent en opposition. Ceci peut amener &#224; la confusion plut&#244;t qu'&#224; la politisation des groupes progressistes. Il est d'ailleurs significatif que la derni&#232;re fois que la nationalisation des banques a &#233;t&#233; propos&#233;e, &#231;a l'a &#233;t&#233; par des &#233;l&#233;ments de la gauche qui pensaient que la seule mani&#232;re de d&#233;passer les contradictions de l'&#201;tat-providence keyn&#233;sien &#233;tait le contr&#244;le public de la sph&#232;re financi&#232;re. Puisque certains conservateurs ont flirt&#233; avec l'id&#233;e de nationaliser les banques pendant la crise actuelle, il est essentiel de montrer la diff&#233;rence entre une simple nationalisation temporaire et la demande d&#233;mocratique fondamentale de transformation du syst&#232;me financier en un service public, allouant l'&#233;pargne nationale selon des principes tr&#232;s diff&#233;rents de ceux qui gouvernent la banque et l'investissement actuel. Ceci permettrait une distribution du cr&#233;dit et du capital qui soit conforme aux exigences d&#233;mocratiques, et permettrait non seulement le contr&#244;le du capital face &#224; la finance internationale, mais aussi le contr&#244;le sur l'investissement domestique. En effet, le contr&#244;le de la finance a pour but de transformer les usages qui en sont fait actuellement. Cet appel &#224; une nationalisation des banques fait donc partie d'une strat&#233;gie plus large qui puisse r&#233;pondre aux probl&#232;mes incurables du capitalisme contemporain. Nous devons mettre &#224; l'ordre du jour le besoin de changer notre syst&#232;me &#233;conomique et social afin de permettre la planification d&#233;mocratique pour d&#233;cider collectivement comment et o&#249; produire ce dont nous avons besoin pour nos vies et notre environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. La duret&#233; de la crise &#233;conomique globale a soulign&#233; &#224; quel point les &#201;tats sont prisonniers de l'irrationalit&#233; capitaliste, et donc la n&#233;cessit&#233; de construire de nouveaux mouvements et partis qui puissent aller au-del&#224; des &#201;tats et les march&#233;s capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors m&#234;me qu'ils essayaient de stimuler l'&#233;conomie, les Etats ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de licencier des fonctionnaires ou de r&#233;duire leurs salaires, et de demander aux entreprises subventionn&#233;es de faire de m&#234;me. Et alors m&#234;me qu'ils font porter la responsabilit&#233; de la crise sur les march&#233;s volatils de produits d&#233;riv&#233;s, les &#201;tats promeuvent les march&#233;s de d&#233;riv&#233;s du carbone pour r&#233;soudre la crisecrise, malgr&#233; le degr&#233; de confusion et de d&#233;moralisation de l'&#233;lite capitaliste, malgr&#233; la hargne populaire contre eux, proposer une aussi grande d&#233;mocratisation n&#233;cessitera assur&#233;ment le travail acharn&#233; de nombreuses et nombreux militant&#183;e&#183;s. Ils et elles devront r&#233;fl&#233;chir non seulement &#224; la mani&#232;re d'articuler des demandes de r&#233;formes imm&#233;diates, mais aussi comment r&#233;aliser une v&#233;ritable d&#233;mocratie qui transcende l'&#233;conomie et l'&#201;tat capitaliste. Commencer par expliciter que c'est cecicrise, les nouveaux mouvements et partis dont nous avons besoin pour faire de cette d&#233;mocratie authentique une possibilit&#233; r&#233;elle. climatique. Dans ce contexte, il est possible de faire comprendre aux gens que, si l'on veut vraiment sauver les emplois et transformer la production afin de la soumettre aux exigences &#233;cologiques, il est n&#233;cessaire de rompre avec la logiques des march&#233;s capitalistes. Malgr&#233; la profondeur de la qui est &#224; l'ordre du jour est la condition essentielle permettant de construire, &#224; partir de cette&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Extrait de l'ouvrage : Leo Panitch, Sam Gindin, Greg Albo, In and Out of Crisis : The Global Financial Meltdown and Left Alternatives, Oakland, PM Press, Spectre, 2010, pp. 122-129 (&lt;a href=&#034;http://www.pmpress.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.pmpress.org&lt;/a&gt;). Traduction par Romain Felli, avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'&#233;diteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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