<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_auteur=312&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de raccourcis pour arriver &#224; une gauche renouvel&#233;e </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Pas-de-raccourcis-pour-arriver-a-une-gauche-renouvelee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Pas-de-raccourcis-pour-arriver-a-une-gauche-renouvelee</guid>
		<dc:date>2014-02-24T16:05:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un r&#233;cent article sur Canadian Dimension, Derrick O'Keefe &#233;crit que : &#171; au-del&#224; de quelques organisations marginales et de petites publications, la gauche est absente. Du point de vue organisationnel elle n'existe tout simplement pas &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
DAVID CAMFIELD, Canadian Dimension, 5 f&#233;vrier 2014, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr &lt;br class='autobr' /&gt; Je suis d'accord avec lui. &#171; Cette absence est une vieille affaire &#187;. De fait nous vivons &#171; des temps lamentables &#187;. Nous devons prendre en compte cette importante (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-canadienne-" rel="directory"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3304-5b16a.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un r&#233;cent article sur Canadian Dimension, Derrick O'Keefe &#233;crit que : &#171; au-del&#224; de quelques organisations marginales et de petites publications, la gauche est absente. Du point de vue organisationnel elle n'existe tout simplement pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAVID CAMFIELD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Camfield est membre de la r&#233;daction de New Socialist Webzine et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Canadian Dimension, 5 f&#233;vrier 2014,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis d'accord avec lui. &#171; Cette absence est une vieille affaire &#187;. De fait nous vivons &#171; des temps lamentables &#187;. Nous devons prendre en compte cette importante r&#233;alit&#233; quand nous analysons la force de la gauche au Canada et au Qu&#233;bec. (Au Qu&#233;bec, la situation n'est pas aussi extr&#234;me). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;veil d'un mouvement social est le meilleur outil pour renforcer la gauche. Selon moi, nous devrions diriger nos efforts en ce sens. Nous avons besoin &#224; la fois du mouvement social et des organisations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il y a beaucoup de preuves que de nouvelles organisations politiques de gauche pourraient &#233;merger quand de puissantes exp&#233;riences de mobilisation sociale auront r&#233;ussi &#224; radicaliser un grand nombre de personnes, &#224; les inspirer, les engager, &#224; d&#233;velopper leurs habilet&#233;s et leur confiance en eux et dans le mouvement. C'est ce qu'un nombre croissant de personnes ont acquis en 2000-2002 dans la lutte pour la justice globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions penser la strat&#233;gie &#224; long terme et reconna&#238;tre qu'il n'y a pas de raccourcis pour arriver &#224; nos fins. Le meilleur espoir de renforcer ceux et celles qui veulent faire plus que de mettre le NPD au pouvoir, (d'autant plus que sa direction a clairement endoss&#233; le n&#233;o-lib&#233;ralisme), c'est d'entreprendre le patient travail d'organisation de la base dans les lieux de travail, sur les campus, dans les communaut&#233;s. C'est l&#224; qu'il faut semer les graines d'un futur mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu partout, il n'y a pas de v&#233;ritables mouvements. Au mieux, il y a de petites organisations dont l'objectif est b&#226;tir des mouvements. Pourtant le potentiel pour la construction de tels mouvements est bien pr&#233;sent. Nous sommes dans une p&#233;riode o&#249; la lutte pour la justice est n&#233;cessaire, o&#249; les Premi&#232;res Nations doivent d&#233;fendre leurs terres, o&#249; les non-indig&#232;nes doivent faire preuve de solidarit&#233;, o&#249; il faut mener des campagnes contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; dont celle pour que Poste Canada ne mette pas fin &#224; la distribution du courrier de porte &#224; porte, o&#249; il y a &#224; faire dans tous les milieux de travail et dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CertainEs vont nous accuser, Derrick et moi, de pessimisme. Ils et elles soutiendront par exemple que &#171; Le changement radical est impossible &#187;, &#171; Notre civilisation est d&#233;j&#224; perdue. Alors cessez de vous battre pour une soci&#233;t&#233; meilleure et pr&#233;parez-vous &#224; l'effondrement &#187;. C'est vraiment d&#233;mobilisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons absolument analyser notre conjoncture le plus intelligemment et le plus s&#233;rieusement possible m&#234;me si les conclusions ne sont pas excitantes. Il faut r&#233;sister &#224; la tentation de minimiser les probl&#232;mes de peur que nous, ou d'autres, succombent au d&#233;sespoir et d&#233;missionnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut opposer une vision plus optimiste : &#171; Il n'y a jamais eu meilleur moment pour &#234;tre socialiste &#187;, &#171; La soci&#233;t&#233; est sur le fil du rasoir et la moindre &#233;tincelle peut d&#233;clencher la lutte &#187;, &#171; Les choses vont tellement mal qu'in&#233;vitablement les gens vont se lever et faire ce qui s'est fait en&#8230;.(choisissez le pays que vous voulez). Ce genre de discours pourrait motiver des gens et les lancer dans la lutte pour un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'arr&#234;ter sur cela au m&#233;pris des preuves contraires. Beaucoup ne mettrons pas longtemps &#224; comprendre que c'est faux. Malheureusement ils et elles se retireront et ne seront pas l&#224; pour construire de meilleures bases et poursuivre le combat. Une perspective que n'a que de faibles bases ne permettra pas quoique ce soit qui puisse rester fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, deux livres doivent &#234;tre &#233;dit&#233;s prochainement. 1- Celui d'Alan Sears, The Next New Left : A History of the Future. 2- Celui de Richard Seymour, Against Austerity : How We Can Fix the Crisis They Made. J'esp&#232;re que plusieurs liront ces livres et d'autres, discuteront sur la base de ces efforts pour r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement aux probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;Es et pour nous projeter en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est demain que la gauche canadienne se retrouvera forte. Ce que Sears nomme &#171; l'infrastructure de la dissidence &#187; est tr&#232;s faible ici m&#234;me si au Qu&#233;bec ce n'est aussi pire. Il faudra un mouvement r&#233;nov&#233; pour d&#233;passer cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle conjoncture, nous devrions mettre dans nos priorit&#233;s les efforts &#224; faire pour construire le mouvement de protestation. Il faut aussi prendre en main l'&#233;ducation politique. C'est trop important pour la laisser aux acad&#233;micienNEs. Les radicaux devraient chercher de nouvelles opportunit&#233;s pour collaborer sur le terrain politique. Solidarity Halifax est un exemple en ce sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Camfield est membre de la r&#233;daction de New Socialist Webzine et l'auteur de : Canadian Labour in Crisis : Reinventing the Worker's Movement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mouvement en difficult&#233; et une perspective de changement</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Un-mouvement-en-difficulte-et-une-perspective-de-changement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Un-mouvement-en-difficulte-et-une-perspective-de-changement</guid>
		<dc:date>2011-01-20T19:34:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-51-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH137/arton3103-24ad9.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu central de ce mouvement populaire, qui a dur&#233; plusieurs semaines, &#233;tait l'attaque du gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy contre le syst&#232;me public de pensions de retraite. En m&#234;me temps, c'&#233;tait aussi une protestation contre les politiques injustes d'un gouvernement dirig&#233; par le &#171; pr&#233;sident des riches. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des semaines, les directions des diverses centrales syndicales sont rest&#233;es unies en appui des protestations de masse. De nombreux militants de la base et les &#233;lus syndicaux les plus militants ont tent&#233; d'&#233;tendre et d'intensifier l'action directe. Les manifestations et les gr&#232;ves n'ont pas r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter l'attaque contre les retraites. Mais le r&#233;sultat n'&#233;tait pas non plus une d&#233;faite, parce que le mouvement a beaucoup nui au gouvernement, tout en renfor&#231;ant le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste avec le mouvement ouvrier au Canada et le Qu&#233;bec est frappant. Les syndicats ici sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le nombre de travailleurs syndiqu&#233;s ne diminue pas et que la baisse du taux de syndicalisation a &#233;t&#233; lente ces derni&#232;res ann&#233;es. La situation n'est pas aussi grave qu'aux &#201;tats-Unis, o&#249; le nombre de syndiqu&#233;s et la densit&#233; syndicale sont en baisse depuis des ann&#233;es. Au Canada, les institutions syndicales sont rest&#233;es g&#233;n&#233;ralement stables, m&#234;me si certains syndicats ont perdu un nombre important de membres et donc du revenu. (Par exemple, entre 2005 et 2009, les mises &#224; pieds ont fait perdre aux TCA 40,000 de leurs 265,000 membres.) Cette stabilit&#233; relative a contribu&#233; &#224; aveugler certains secteurs du mouvement quant &#224; la situation r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des signes de d&#233;gradation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le nombre de membres et la densit&#233; ne se traduisent pas n&#233;cessairement en dynamisme et en puissance. Plus inqui&#233;tants que la lente &#233;rosion du taux de syndicalisation sont les signes qui les travailleurs ont de plus en plus de difficult&#233; &#224; se servir des syndicats comme organisations pour la promotion de leurs int&#233;r&#234;ts collectifs. (J'&#233;cris qu'ils ont &#171; plus de difficult&#233; &#187; parce qu'ils ont d&#251; affronter des difficult&#233;s importantes sur ce front depuis les ann&#233;es 1940, quand les luttes ouvri&#232;res ont gagn&#233; de nouveaux droits pour les syndicats, mais accompagn&#233;s de nouvelles restrictions sur l'activit&#233; syndicale.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le mouvement est de plus en plus repli&#233; sur lui-m&#234;me, de sorte que l'action se r&#233;duit &#224; du lobbying, &#187; dit un initi&#233; du monde syndical. La bureaucratie syndicale (les &#233;lus et les fonctionnaires) est souvent pr&#233;occup&#233;e de la d&#233;fense des syndicats comme institutions. Un fonctionnaire du Syndicat des employ&#233;s d'h&#244;pital s'est exprim&#233; de la mani&#232;re suivante : &#171; Il me semble qu'il y a vraiment un manque de solidarit&#233; et de tout int&#233;r&#234;t &#224; repr&#233;senter les travailleurs et la classe ouvri&#232;re par opposition &#224; la lutte pour la survie de l'organisation. Ainsi, je vois souvent que la priorit&#233; est la survie du syndicat comme organisation au lieu du renforcement des droits des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a de nombreuses r&#233;percussions n&#233;gatives. Ainsi, les syndicats font encore moins d'attention &#224; ce que vivent la plupart non-syndiqu&#233;s salari&#233;s. Environ 20 % des hommes et 32 % des femmes, classifi&#233;s comme employ&#233;s par Statistiques Canada, n'ont pas d'emplois permanents et &#224; temps plein. Mais ces chiffres sous-estiment le probl&#232;me parce que certains des classifi&#233;s comme &#171; autonomes &#187; sont en r&#233;alit&#233; des travailleurs. Certains dirigeants syndicaux expriment du bout des l&#232;vres une inqui&#233;tude au sujet des travailleurs pr&#233;caires, mais l'action suit rarement. Seulement 23% des travailleurs &#224; temps partiel sont syndiqu&#233;s, comparativement &#224; 31 % des salari&#233;s &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de couleur sont nettement sous-repr&#233;sent&#233;s dans les syndiqu&#233;s, cela &#224; un moment o&#249; la part des salari&#233;s qui subissent le racisme est plus grande que jamais. Cela a &#233;largi l'&#233;cart entre les parties syndiqu&#233;es et non syndiqu&#233;es de la classe ouvri&#232;re. Il en va de m&#234;me pour le d&#233;clin &#224; 16% de la densit&#233; syndicale du secteur priv&#233; qui emploie la plupart des travailleurs. La pr&#233;dominance de travailleurs plus &#226;g&#233;s dans les syndicats a &#233;galement &#233;largi la distance entre de nombreux travailleurs et leurs syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un patronat de plus en plus coriace, la plupart des dirigeants syndicaux ont fini par accepter les concessions comme in&#233;vitables, au lieu des les voir comme r&#233;pugnantes et &#224; r&#233;sister tant que possible. Cela a un impact important. Comme l'a dit Bruce Allen, vice-pr&#233;sident de la section locale 199 des TCA, &#171; les travailleurs n'ont pas cr&#233;&#233; les syndicats pour reculer &#187;, mais &#171; pour d&#233;fendre leur dignit&#233;, leurs gains et pour avancer quand c'est possible. &#187; L'attrait des syndicats baisse lorsqu'ils font des concessions sans r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me connexe est que les dirigeants syndicaux, soucieux &#224; faire accepter les concessions par leurs membres, sont tent&#233;s &#224; miner la d&#233;mocratie syndicale pour que les travailleurs ent&#233;rinent la &#171; bonne &#187; d&#233;cision. La d&#233;mocratie syndicale a, par cons&#233;quent, souffert ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre signe inqui&#233;tant est la tendance des syndicats &#224; appuyer n'importe quelle force politique qui semble repr&#233;senter un &#171; moindre mal &#187;. Il en r&#233;sulte souvent un appui acritique aux partis (comme les Lib&#233;raux, le NPD dans certaines provinces, le PQ et le BQ au Qu&#233;bec) et &#224; des candidats (comme l'ancien maire de Toronto David Miller) qui jouissent de l'appui du patronat. L'action politique des syndicats cherche rarement &#224; renforcer la classe ouvri&#232;re comme force ind&#233;pendante pour la transformation de la soci&#233;t&#233;. Cette norme minimale de soutien au &#171; moindre mal &#187; a sa contrepartie dans la faible confiance des travailleurs en la capacit&#233; des syndicats de n&#233;gocier des gains. Les deux ph&#233;nom&#232;nes montrent jusqu'&#224; quel point les expectations des travailleurs ont &#233;t&#233; r&#233;duites par trois d&#233;cennies d'offensive patronale et gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure o&#249; la bureaucratie syndicale s'est repli&#233;e, sur elle-m&#234;me, les divisions entre elle et les militants des mouvements de justice sociale se sont approfondis. C'&#233;tait &#233;vident lors de la mobilisation contre le sommet du G-20 &#224; Toronto en juin 2010, notamment quand Ken Georgetti, pr&#233;sident de CTC, s'est empress&#233; &#224; condamner les attaques contre la propri&#233;t&#233; de la part de certains manifestants, tandis que le CTC a temp&#233;r&#233; sa critique de l'arrestation de quelques 1100 personnes et n'a pas contest&#233; les efforts de l'&#201;tat de criminaliser la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prises dans leur ensemble, ces tendances font preuve d'un processus de d&#233;gradation des syndicats comme organisations du mouvement ouvrier. Ce processus est in&#233;gal, mais quand m&#234;me r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est important pour deux simples raisons. D'abord, les travailleurs salari&#233;s et &#171; autonomes &#187; font face aujourd'hui par &#224; patronat et &#224; des gouvernements qui sont plus d&#233;cid&#233;s que jamais &#224; renforcer les profits et le pouvoir des entreprises. Tout ce que les travailleurs ont pr&#233;sentement pour se d&#233;fendre contre cette menace ce sont les syndicats et de beaucoup plus petites organisations communautaires. Deuxi&#232;mement, ce sont les seules organisations existantes qui offrent aux travailleurs une possibilit&#233; quelconque de changer la soci&#233;t&#233; dans le sens de leurs besoins et de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel type de changement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, le mouvement ouvrier doit-il changer ? Ceux qui aimeraient que nos organisations ouvri&#232;res mobilisent comme ont fait ceux de la France en automne 2010 doivent viser des changements du genre suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Plus de d&#233;mocratie&lt;/i&gt;. Si les membres ne contr&#244;lent pas leurs propres syndicats et leurs autres organisations, celles-ci vont tomber sous l'influence d'autrui &#8211; des fonctionnaires syndicaux, ou pire encore, des patrons. La puissance des organisations ouvri&#232;res, ont fait valoir Mike Parker et Martha Gruelle, &#034;r&#233;side dans la participation des membres, et cela prend la d&#233;mocratie pour que les membres d&#233;sirent s'engager.&#034; Dans une organisation d&#233;mocratique les travailleurs acqui&#232;rent de nouvelles comp&#233;tences et renforcent leur la confiance en eux-m&#234;mes. Cela les encourage &#224; se servir de leur pouvoir collectif. Une culture organisationnelle qui incite les membres &#224; s'exprimer, &#224; poser des questions difficiles et &#224; d&#233;battre de mani&#232;re respectueuse est essentielle pour le mouvement. Les erreurs sont in&#233;vitables, mais dans une organisation d&#233;mocratique les membres peuvent apprendre de leurs erreurs et apporter des modifications. Le titre du livre de Gruelle et Parker sur le renouveau des syndicats fait mouche : la d&#233;mocratie est le pouvoir .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus de militants&lt;/i&gt;. Pour que le mouvement se renforce, il faut impliquer plus de monde. Fernando Gapasin, qui milite dans les mouvements populaires aux &#201;tats-Unis depuis de nombreuses ann&#233;es, soutient qu'il y a deux cl&#233;s &#224; la mobilisation : les gens doivent &#234;tre convaincus de la n&#233;cessit&#233; de changer les choses ; et ils doivent croire que leur action contribuera au r&#233;sultat souhait&#233;. Des militants efficaces sont des organisateurs qui peuvent apprendre &#224; organiser des autres. Ils &#171; comprennent que la mobilisation se fait une personne &#224; la fois. Il s'agit d'organiser les gens pour qu'ils organisent d'autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De meilleurs militants&lt;/i&gt;. Le plus souvent la formation syndicale est consacr&#233;e au traitement des griefs, aux cas d'arbitrage, &#224; la n&#233;gociation. Mais les activistes, qu'ils militent dans les syndicats ou dans d'autres organisations populaires, ont besoin de plus que cela. Les militants de la base doivent &#234;tre capables de penser et d'agir de mani&#232;re ind&#233;pendante. Ce dont les militants ont besoin pour mobiliser d&#233;mocratiquement les gens ne peut s'apprendre en tr&#232;s grande partie que par l'exp&#233;rience concr&#232;te, par essais et erreurs. Les le&#231;ons apprises dans les luttes doivent &#234;tre partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi beaucoup de choses qui ne s'apprennent pas seulement par l'exp&#233;rience personnelle (ou qui s'apprennent avec beaucoup de difficult&#233;), y compris les rouages du syst&#232;me capitaliste, les desseins des employeurs et des gouvernements, les diverses formes d'oppression et l'histoire du mouvement. Tout cela demande une formation diff&#233;rente de ce qu'offrent la plupart de programmes de formation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du leadership qui &#233;mane de la base et qui refl&#232;te la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. La couche militante dans les lieux de travail et dans les communaut&#233;s devrait &#234;tre aussi vari&#233;e en termes de genre, d'identit&#233; ethnoraciale, de sexualit&#233; et de profession que la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'action&lt;/i&gt;. Les m&#233;thodes militantes sont actives et offensives, comme les gr&#232;ves tenaces, les occupations et les autres formes d'action directe. Le militantisme ne veut pas dire la violence - contrairement &#224; ce que nous disent les m&#233;dias propatronaux. Il s'agit de l'emploi de moyens qui permettent d'atteindre les buts. Le radicalisme, par contre, porte sur les fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus radicalisme&lt;/i&gt;. Sam Gindin a dit : &#034;L'adversaire s'est rendu compte que &#8230; les choix sont polaris&#233;s : pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges, ils ont conclu qu'il faut &#234;tre plus radical. Nous devons apprendre la m&#234;me le&#231;on radicale, mais, &#233;videmment, de notre propre perspective.&#034; &#202;tre radical ne signifie pas recourir &#224; la violence ou tomber dans l'irrationnel. Il s'agit d'identifier les causes profondes des probl&#232;mes et d'oeuvrer pour des changements fondamentaux dans l'organisation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'ind&#233;pendance&lt;/i&gt;. Il faut que les travailleurs comprennent que leurs int&#233;r&#234;ts et ceux de la classe dominante sont fondamentalement antagoniques. Il s'ensuit que les organisations ouvri&#232;res doivent essayer d'&#234;tre aussi ind&#233;pendantes que possible des patrons, du syst&#232;me juridique et des partis politiques existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un engagement envers la mobilisation et l'organisation de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. Comme l'a dit Winnie Ng, &#171; nous ne pouvons pas permettre que la division artificielle entre syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s nous emp&#234;che de concevoir et de reconstruire une communaut&#233; o&#249; personne ne se d&#233;fendrait seul : [il faut] un mouvement d'espoir, de justice et de solidarit&#233; &#034;. On ne peut pas se concentrer &#233;troitement sur son propre syndicat, sur les travailleurs syndiqu&#233;s, sur les salari&#233;s &#224; faible revenu, ou sur toute section particuli&#232;re de la classe ouvri&#232;re. Cette classe est large, diverse et fragment&#233;e. Le but devrait &#234;tre la cr&#233;ation d'un mouvement de tous les travailleurs et pour tous les travailleurs. Cela ne peut se faire par les seuls syndicats. Il est essentiel que les syndicats soutiennent et collaborent avec les organisations communautaires, y compris les centres de travailleurs dont la priorit&#233; est les salari&#233;s au bas de l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une solidarit&#233; plus profonde et plus englobante&lt;/i&gt;. Puisque la classe ouvri&#232;re est divis&#233;e de nombreuses mani&#232;res, la solidarit&#233; doit &#234;tre activement construite. La vieille devise syndicale &#171; un mal fait &#224; un est un mal fait &#224; tous &#187; doit cesser d'&#234;tre de la simple rh&#233;torique. Certaines des divisions proviennent principalement de la fa&#231;on dont l'emploi est structur&#233;. Un exemple est la division entre secteurs public et priv&#233;. D'autres divisions sont li&#233;es au racisme, au sexisme et aux autres formes d'oppression. Les travailleurs qui appartiennent &#224; des groupes de la soci&#233;t&#233; qui sont privil&#233;gi&#233;s ont une responsabilit&#233; particuli&#232;re &#224; tendre la main de la solidarit&#233; aux autres. Par exemple, les travailleurs blancs ne souffrent pas de racisme. Pour construire l'unit&#233; entre les travailleurs blancs et ceux qui sont directement touch&#233;s par le racisme, les premiers doivent se former au sujet du racisme et le combattre. Pour construire la solidarit&#233;, il faut aussi que les syndiqu&#233;s soutiennent les luttes pour la justice sociale des gens qui ne sont pas organis&#233;s consciemment en tant que travailleurs (m&#234;me si la plupart d'entre eux font probablement partie de la classe ouvri&#232;re). De tels exemples sont les campagnes pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, pour finir avec la violence faite aux femmes, pour gagner le statut de r&#233;sident permanent pour les immigrants sans statut. La solidarit&#233; doit aussi s'&#233;tendre aux luttes contre l'oppression par des gens qui ne font pas partie de la classe ouvri&#232;re - par exemple, les autochtones qui d&#233;fendent leurs terres ancestrales contre l'empi&#233;tement par les entreprises. Enfin, la solidarit&#233; doit aussi &#234;tre internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces changements signifie plus que le renouveau du mouvement ouvrier. Il s'agit de r&#233;inventer le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de gens, m&#234;me sur la gauche, endossent pr&#233;sentement un tel objectif. Mais ceux d'entre nous qui le font doivent se mettre &#224; discuter s&#233;rieusement de l'&#233;tat du mouvement et de comment contribuer, m&#234;me par des gestes modestes, &#224; sa r&#233;invention. Il est crucial que nos efforts partent de la fa&#231;on dont les travailleurs s'organisent et r&#233;sistent aujourd'hui, et non pas de la vision d'un autre de mouvement, tel qu'esquiss&#233; ci-dessus. De petits pas pris par des radicaux qui travaillent ensemble avec des autres qui veulent lutter de mani&#232;re plus efficace ont plus de potentiel que des initiatives radicales isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est bas&#233; sur le livre de l'auteur de Canadian Labour in Crisis : Reinventing the Workers Movement, &#224; paraitre en 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(traduit par David Mandel)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
