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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>H&#233;misph&#232;re gauche : la panne strat&#233;gique des penseurs critiques</title>
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		<dc:date>2011-04-27T18:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;ories critiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment les intellectuels critiques d'aujourd'hui pensent-ils la r&#233;volution ? Entretien avec Razmig Keucheyan, docteur en sociologie et auteur de H&#233;misph&#232;re gauche. Une cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques. &lt;br class='autobr' /&gt; ____________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; de la revue Regard &lt;br class='autobr' /&gt;
KEUCHEYAN Razmig. Propos recueillis par AUTAIN Cl&#233;mentine, ROUSSET Marion &lt;br class='autobr' /&gt;
11 avril 2011 ____________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment les intellectuels critiques d'aujourd'hui pensent-ils la r&#233;volution ? Entretien avec Razmig Keucheyan, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Histoire-et-theorie-" rel="directory"&gt;Histoire et th&#233;orie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Theories-critiques-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ories critiques&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment les intellectuels critiques d'aujourd'hui pensent-ils la r&#233;volution ? Entretien avec Razmig Keucheyan, docteur en sociologie et auteur de H&#233;misph&#232;re gauche. Une cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue Regard&lt;br&gt;
KEUCHEYAN Razmig. Propos recueillis par AUTAIN Cl&#233;mentine, ROUSSET Marion&lt;br&gt;
11 avril 2011&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Comment les intellectuels critiques d'aujourd'hui pensent-ils la r&#233;volution ? Entretien avec Razmig Keucheyan, docteur en sociologie et auteur de H&#233;misph&#232;re gauche. Une cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les th&#233;ories critiques nous aident-elles aujourd'hui &#224; penser les termes de la r&#233;volution au XXIe si&#232;cle ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Razmig Keucheyan : Elles commencent timidement&#8230; Mon hypoth&#232;se, assez &#233;vidente, c'est que nous ne sommes pas encore sortis de la gueule de bois du XXe si&#232;cle, du &#171; d&#233;sastre obscur &#187;, comme dit Alain Badiou, du socialisme r&#233;ellement existant. Les cadres de pens&#233;e du XXe si&#232;cle ont &#233;t&#233; remis en cause. Nous sommes clairement dans une p&#233;riode de transition. Nous n'avons pas encore reconstitu&#233; une ou des th&#233;ories, une ou des strat&#233;gies, pluralistes, qui pourraient en d&#233;couler. Mais un travail a d&#233;j&#224; commenc&#233;. Une s&#233;rie de penseurs nous aident &#224; analyser la situation, &#224; nous projeter dans l'avenir et &#224; penser les modalit&#233;s de la transformation sociale. Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, le marxisme a toujours &#233;t&#233; h&#233;t&#233;rog&#232;ne, fait de d&#233;bats et de d&#233;saccords. Aujourd'hui, la diversit&#233; est &#233;galement de mise. On peut distinguer plusieurs courants qui proposent des perspectives strat&#233;giques diff&#233;rentes : les adeptes de la &#171; multitude &#187; autour d'Antonio Negri, qui pensent que celle-ci a supplant&#233; la classe ouvri&#232;re comme sujet de l'&#233;mancipation ; les n&#233;o-gramsciens, qui consid&#232;rent la bataille culturelle comme essentielle ; les marxistes plus classiques, autour d'intellectuels comme Daniel Bensa&#239;d ; les n&#233;o-libertaires avec par exemple Jacques Ranci&#232;re et son &#171; axiomatique de l'&#233;galit&#233; des intelligences &#187;&#8230; Etienne Balibar propose une analyse stimulante sur le rendez-vous manqu&#233; entre L&#233;nine et Gandhi, deux grands strat&#232;ges r&#233;volutionnaires du XXe si&#232;cle qui ont m&#234;l&#233; les questions sociale et coloniale. La diff&#233;rence, c'est que dans un cas, la violence est consid&#233;r&#233;e comme l&#233;gitime : L&#233;nine propose de transformer la guerre en guerre civile r&#233;volutionnaire et de retourner la violence du syst&#232;me contre lui-m&#234;me. Chez Gandhi, la violence est tenue pour ill&#233;gitime car quiconque l'utilise est chang&#233; par elle. Etienne Balibar estime que les marxistes ont sous-estim&#233; cet argument : la violence a toujours un co&#251;t&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En revanche, des figures comme Slavoj Zizek ou Alain Badiou assument ce co&#251;t et revendiquent l'usage de la violence&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Razmig Keucheyan : La position de Badiou est ambigu&#235;. D'un c&#244;t&#233;, il sugg&#232;re d'inventer des formes d'organisation politique non militaires, contrairement &#224; celles des XIXe et XXe si&#232;cles dont le grand mod&#232;le &#233;tait les arm&#233;es modernes et les militants souvent compar&#233;s &#224; des soldats. Mais Badiou consid&#232;re aussi que les violences sont inh&#233;rentes au syst&#232;me et que, par cons&#233;quent, accuser les mouvements d'&#233;mancipation de faire usage de la violence revient &#224; se tromper de cible. Chez Zizek, il y a l'id&#233;e de &#171; bonne terreur &#187;. C'est un argument l&#233;niniste classique : une r&#233;volution non violente est difficilement concevable parce qu'est difficilement concevable le fait que les ma&#238;tres du monde se laissent d&#233;poss&#233;der sans livrer bataille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre H&#233;misph&#232;re gauche, vous expliquez que rares sont les intellectuels critiques contemporains qui ont une pens&#233;e strat&#233;gique affin&#233;e, op&#233;rationnelle&#8230; Il y a comme une panne. D'o&#249; vient-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Razmig Keucheyan : La pens&#233;e devient strat&#233;gique quand la question du pouvoir, de la prise de pouvoir et de son exercice se pose concr&#232;tement. On en est loin aujourd'hui, puisque les mouvements sociaux sont encore largement dans une phase de recul. Qui plus est, pour penser en strat&#232;ges, il faut avoir une id&#233;e un tant soit peu claire du point de d&#233;part &#8211; la soci&#233;t&#233; actuelle &#8211;, du point d'arriv&#233;e &#8211; la soci&#233;t&#233; socialiste ou communiste que nous souhaitons b&#226;tir &#8211;, et des moyens de passer de l'un &#224; l'autre. Or, nous commen&#231;ons &#224; peine &#224; nous doter de ces divers &#233;l&#233;ments. Je suis par exemple frapp&#233; de constater qu'il y a finalement peu de d&#233;bats dans les pens&#233;es et mouvements critiques sur la structure de classe des soci&#233;t&#233;s contemporaines, et sur le type de dynamiques politiques qu'elle permet. La question de la strat&#233;gie et celle de savoir avec quels acteurs on la met en &#339;uvre sont &#233;videmment li&#233;es&#8230; La panne strat&#233;gique est &#233;galement li&#233;e &#224; la sociologie des penseurs critiques. Nombre d'entre eux sont aussi des universitaires. Il n'y a pas d'&#233;quivalent de L&#233;nine ou Rosa Luxembourg aujourd'hui, qui combinent responsabilit&#233; politique de premier plan, et production th&#233;orique. A la professionnalisation des intellectuels r&#233;pond une professionnalisation du champ politique : aujourd'hui, les deux sph&#232;res sont largement s&#233;par&#233;es. On constate une sorte de d&#233;fiance r&#233;ciproque alors que de nouvelles coop&#233;rations devraient &#234;tre recherch&#233;es. Il faut poser &#224; nouveaux frais aujourd'hui la condition d'une r&#233;conciliation de la th&#233;orie et de la pratique, dans des termes qui soient ceux du XXIe si&#232;cle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Cl&#233;mentine Autain, Marion Rousset&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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