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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Espagne : en haut et en bas </title>
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		<dc:creator>Miguel Romero</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans cet article, Miguel Romero &#8211; responsable de la revue Viento Sur et du site du m&#234;me nom &#8211; combine l'analyse de traits du Mouvement du 15 mai avec le sens &#171; structurel &#187; des r&#233;sultats &#233;lectoraux du 22 mai 2011 (&#233;lections municipales et r&#233;gionales). Il les replace dans le contexte du syst&#232;me bipartisan qui domine dans l'&#201;tat espagnol, avec les cons&#233;quences que les r&#233;sultats du 22 mai 2011 peuvent avoir &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Il y a un certain temps, &#224; l'occasion d'&#233;lections pr&#233;sidentielles au Mexique, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3184-3e12f.jpg?1629994194' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cet article, Miguel Romero &#8211; responsable de la revue Viento Sur et du site du m&#234;me nom &#8211; combine l'analyse de traits du Mouvement du 15 mai avec le sens &#171; structurel &#187; des r&#233;sultats &#233;lectoraux du 22 mai 2011 (&#233;lections municipales et r&#233;gionales). Il les replace dans le contexte du syst&#232;me bipartisan qui domine dans l'&#201;tat espagnol, avec les cons&#233;quences que les r&#233;sultats du 22 mai 2011 peuvent avoir&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Il y a un certain temps, &#224; l'occasion d'&#233;lections pr&#233;sidentielles au Mexique, le sous-commandant Marcos proclamait : &#171; Nous n'avons rien &#224; faire, l&#224; en haut. &#187; Je suis d'accord sur le fond avec cette affirmation, bien que je diff&#232;re sur la forme. Nous aurons quelque chose &#224; faire &#171; l&#224; en haut &#187; pour contrecarrer la forteresse depuis laquelle on nous attaque impun&#233;ment nous qui sommes en bas. Mais ce n'est pas l&#224; la chose la plus importante. Le plus d&#233;cisif consiste &#224; &#234;tre conscient qu'il y a un &#171; en haut &#187; et un &#171; en bas &#187;, qui s'affrontent radicalement et qui ne partagent rien de ce qui est important : ni la d&#233;mocratie, ni la morale, ni la solidarit&#233;, ni &#233;videmment la politique pour faire face &#224; la crise capitaliste afin de d&#233;fendre le niveau de vie des classes laborieuses. S'il y a un consensus sur cela, nous pouvons continuer &#224; discuter de tout ce qui a fait d&#233;faut en relation avec ce qu'il y a &#224; faire ou &#224; ne pas faire sur le terrain hostile qui se trouve &#171; l&#224;, en haut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La co&#239;ncidence dans le temps entre les mouvements d'occupation des places, le Mouvement du 15 mai (15-M), et les &#233;lections municipales et r&#233;gionales du 22 mai 2011 permet de repr&#233;senter physiquement le conflit entre &#171; en haut &#187; et &#171; en bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; en haut &#187; est infest&#233;, comme ce nuage d'origine volcanique qui s'&#233;tend, une nouvelle fois, sur l'espace a&#233;rien europ&#233;en. &#171; En bas &#187; souffle l'air libre, pur, dans ces petites cit&#233;s alternatives qui rappellent les souks, les march&#233;s populaires pr&#233;capitalistes, les espaces de &#171; l'&#233;conomie morale de la multitude &#187;, les lieux de rencontre, d'&#233;changes, de coop&#233;ration. Des lieux vivants, mais &#224; contre-courant des valeurs dominantes et des pouvoirs &#233;tablis. Des lieux si fragiles qu'il est difficile de ne pas ressentir une pr&#233;occupation pour l'avenir de ce nouveau mouvement social qui est embryonnaire et dont la gauche sociale et politique a besoin pour respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article va aborder la question des r&#233;sultats &#233;lectoraux, c'est-&#224;-dire de ce qui est &#171; en haut &#187;, appr&#233;hend&#233; depuis en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le Parti populaire [une &#171; droite &#224; droite &#187;] a mis K.O. le PSOE [Parti socialiste ouvrier espagnol] avec seulement 500'000 votes de plus que lors des &#233;lections de 2007. D&#232;s lors, la d&#233;faite du PSOE est due &#224; la d&#233;sagr&#233;gation de sa propre base &#233;lectorale, ce qui l'a conduit &#224; perdre plus d'un million et demi de votes. Il ne semble pas que, dans leur majorit&#233; il s'agisse de &#171; votes pr&#234;t&#233;s &#187; [&#224; une autre formation], et qui reviendront &#171; &#224; la maison &#187; lors d'une prochaine occasion, sans plus d'exigences que quelques retouches cosm&#233;tiques. Il est plus probable qu'il s'agit d'une perte d'affection prolong&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ? S'agit-il d'un d&#233;placement &#171; &#224; droite &#187; de la soci&#233;t&#233; espagnole ? L'analyse des diff&#233;rences entre le PP et le PSOE en termes de droite et de gauche informe peu et mal sur les processus politiques en cours, sp&#233;cialement depuis le d&#233;but de la crise capitaliste qui dure depuis quasi trois ann&#233;es. Autrement dit : au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties de la politique spectacle, avec ses querelles et ses simulacres de querelles, il n'existe aucun d&#233;saccord de fond sur les politiques &#171; d'ajustements structurels &#187; entre le PSOE et le PP, ni d'autre part, entre le PS et le PSD (Parti social-d&#233;mocrate) au Portugal ; le PASOK et la Nouvelle d&#233;mocratie en Gr&#232;ce, entre le Fine Gael et le Fianna Fail en Irlande&#8230; Le PSOE a &#233;t&#233; ch&#226;ti&#233; au plan &#233;lectoral parce qu'il a &#233;t&#233; le responsable de l'application brutale de ces politiques, c'est-&#224;-dire pour les m&#234;mes raisons qui ont conduit &#224; la d&#233;route la droite grecque de Nouvelle d&#233;mocratie lors des &#233;lections de 2009 et la droite irlandaise du Fianna Fail. Dans le syst&#232;me politique du bipartisme, lorsqu'il y a une crise &#233;conomique, celui qui gouverne perd. Ce qui est un signe de d&#233;politisation massive des citoyens europ&#233;ens, sp&#233;cialement dans les pays les plus vuln&#233;rables face &#224; la crise, non pas des mouvements &#224; gauche ou &#224; droite, si nous attribuons un sens quelconque &#224; ces termes dans le syst&#232;me bipartiste. Parce que le &#171; bipartisme &#187; n'implique pas seulement un r&#233;gime de partis qui alternent au gouvernement ; il implique aussi l'existence d'un consensus de base entre les deux partis dans lesdites, et croissantes, &#171; politiques d'Etat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes institutionnels, le probl&#232;me ne r&#233;side pas dans le fait que la droite a gagn&#233; ; il consiste dans l'inexistence d'une alternative de gouvernement de gauche, et ce probl&#232;me continuera tant que le PSOE sera le parti qui recueille la majorit&#233; des votes des gens qui se consid&#232;rent comme de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise capitaliste de la gravit&#233; actuelle est une occasion pour rompre la base sociale populaire de la droite qui est agress&#233;e aussi par la crise d&#233;mantelant la mythologie du &#171; capitalisme populaire &#187;. Une base qui se sentira prot&#233;g&#233;e par des politiques qui d&#233;fendent un travail digne et des droits sociaux face &#171; aux march&#233;s &#187;. Au contraire, quand les gouvernements pr&#233;tendument de gauche sont les ex&#233;cutants des politiques &#171; d'ajustement &#187; l'identification de la base sociale de la droite avec ses partis se renforce, non pas en termes de &#171; programme politique &#187;, mais fondamentalement en termes de cadre de r&#233;f&#233;rences morales et id&#233;ologiques r&#233;actionnaires : l'identit&#233; espagnole, la x&#233;nophobie, la morale catholique, la non-solidarit&#233;. C'est ce qui s'est confirm&#233; le 22 mai et il semble que cela va d&#233;terminer le futur politique des prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Ainsi, le pouvoir &#233;crasant que va exercer le PP dans les institutions municipales et r&#233;gionales renforcera la d&#233;gradation politico-morale dominante dans la soci&#233;t&#233; espagnole, de diverses mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Tout d'abord, par l'appui massif &#224; des personnages corrompus, comme toute la troupe li&#233;e &#224; l'affaire G&#252;rtel [depuis 2009, l'affaire dite G&#252;rtel est li&#233;e &#224; un r&#233;seau accus&#233; de corruption du PP ; &#224; la t&#234;te de ce r&#233;seau se trouve l'entrepreneur Fancisco Correa &#8211; Correa : en fran&#231;ais ceinture renvoyant &#224; G&#252;rtel en allemand], sp&#233;cialement &#224; Valence et &#224; Madrid ; et/ou avec des profils sp&#233;cialement r&#233;actionnaires, comme le x&#233;nophobe Xavier Garcia Albiol &#224; Badalona (Catalogne), Miguel Celdran &#224; Badajoz (Estr&#233;madure), L&#233;on de la Riva &#224; Valldolid (de la communaut&#233; autonome de Castille-et-L&#233;on)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indiff&#233;rence de la majorit&#233; de la population face &#224; la corruption des politiciens est la cons&#233;quence logique qui consiste &#224; consid&#233;rer que la corruption fait partie int&#233;grante de la &#171; politique &#187;, et d&#232;s lors que ce n'est pas une donn&#233;e &#224; juger, ce qui &#233;videmment r&#233;alimente l'impunit&#233; face &#224; la corruption. La gauche politique digne de ce nom doit &#234;tre cr&#233;dible, sans le moindre doute, dans la bataille contre la corruption. La gauche institutionnelle, le PSOE, mais aussi Izquierda Unida (IU &#8211; la Gauche unie), a suffisamment de d&#233;tritus dans ses placards pour ne pas disposer de cette cr&#233;dibilit&#233;. Et lorsque certains de ses militants disposent de cette cr&#233;dibilit&#233;, comme c'est le cas de Manuel Fuentes, maire de Sesena [au nord de Tol&#232;de], il a &#233;t&#233; battu : une des mauvaises nouvelles des &#233;lections du 22 mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Ensuite, par la r&#233;affirmation d'un espagnolisme identitaire li&#233; &#224; la morale catholique du Vatican, dont le contenu fondamental est l'hostilit&#233; : aux travailleurs et travailleuses immigr&#233;&#183;e&#183;s ; contre les droits nationaux, en particulier en Catalogne et en Euzkadi, qui s'est concentr&#233;e dans ce contexte contre Bildu [coalition &#233;lectorale de gauche pour l'ind&#233;pendance du Pays basque] ; contre la m&#233;moire de la lutte antifranquiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, l'alliance politico-morale entre le PP et la hi&#233;rarchie catholique, bien renforc&#233;e dans le pacte &#233;conomique &#233;tabli par le gouvernement PSOE, est d&#233;j&#224; &#8211; et continuera &#224; l'&#234;tre dans le futur &#8211; un adversaire terrible de toutes les causes non pas seulement de gauche, mais simplement progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'&#201;glise catholique d&#233;veloppe depuis un certain temps un r&#244;le fondamental dans la propagation d'une &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; dans laquelle se c&#244;toient harmonieusement la droite et l'extr&#234;me-droite, avec le PP comme r&#233;f&#233;rent politique. Les victoires de l'extr&#234;me-droite &#171; autonome &#187; le 22 mai, bien qu'elles constituent un danger tr&#232;s fort, ne vont probablement pas modifier cette situation, du moins &#224; court terme. La majorit&#233; des porte-parole m&#233;diatiques et politiques de l'extr&#234;me-droite se trouvent bien dans leur r&#244;le, tr&#232;s efficace, de lobby.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Enfin, &#224; cause de la voie laiss&#233;e libre par les &#171; r&#233;formes &#187; de Zapatero &#224; des modalit&#233;s d'application encore plus agressives socialement qui toucheront, &#224; coup s&#251;r, la sant&#233;, l'enseignement public, et l'emploi dans le secteur public, ainsi qu'une nouvelle vague de tours de vis dans la &#171; r&#233;forme du march&#233; du travail &#187;&#8230; pour citer ce que l'on peut d&#233;j&#224; pr&#233;voir. On sait d&#233;j&#224; que sur ces th&#232;mes la r&#233;alit&#233; ne peut qu'&#234;tre pire que les hypoth&#232;ses les plus graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance face &#224; ces mesures devra d&#233;passer les obstacles de la d&#233;moralisation induite non seulement par l'avance de la droite, mais aussi par la d&#233;sastreuse politique des syndicats majoritaires apr&#232;s le 29 septembre 2010 [la journ&#233;e de gr&#232;ve : voir sur ce site les articles du 1er et du 2 octobre 2010]. Il n'est pas indiff&#233;rent que dans une enqu&#234;te d'opinion portant sur la confiance des citoyens dans les institutions, les syndicats apparaissent derri&#232;re les banques, et seulement devant les politiciens et les transnationales (El Pais, 19 avril 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Quelques voix, &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur, appellent &#224; ladite &#171; refondation &#187; du PSOE. Franchement, en se fondant sur l'exp&#233;rience, ce n'est pas un objectif tr&#232;s productif. Habituellement, les &#171; refondations &#187; impliquent un changement de discours, tout en maintenant pour l'essentiel l'appareil du parti et les m&#233;canismes de contr&#244;le de l'opinion de la base militante, spectatrice passive du processus. Dans le cas du PSOE, au moins tant que se maintient le gouvernement, il n'y aura m&#234;me pas un changement de discours. Zappatero a r&#233;affirm&#233; d&#233;j&#224; la continuit&#233; de la &#171; politique de r&#233;formes &#187; et sa faiblesse pousse les porte-parole des &#171; march&#233;s &#187;, comme le gouverneur de la Banque d'Espagne, &#224; augmenter la pression pour durcir ces contre-r&#233;formes. Tr&#232;s probablement, les &#171; march&#233;s &#187; internationaux iront dans la m&#234;me direction. Les prochains mois vont &#234;tre particuli&#232;rement s&#233;v&#232;res pour ce qui est de la &#171; question sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, au-del&#224; de Zapatero, le PSOE est un parti mort pour la cause de la gauche, comme cela est le cas pour tout le courant qualifi&#233; de &#171; social-d&#233;mocrate &#187;. Certainement, quand il passera dans l'opposition il changera de discours et continuera &#224; repr&#233;senter une alternative &#233;lectorale &#224; la droite si le bipartisme ne se rompt pas. Toutefois, il ne changera pas sa soumission au capitalisme n&#233;olib&#233;ral. La rupture d'un courant significatif de gauche, comme ce qui s'est produit dans d'autres pays : en Allemagne, en France&#8230; serait d&#233;sirable, mais il n'existe pas le moindre signe que cela va se produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. IU a am&#233;lior&#233; de mani&#232;re notable et de fa&#231;on g&#233;n&#233;ralis&#233;e ses r&#233;sultats par rapport &#224; 2007. Si cela &#233;tait son objectif, compliments. C'est ainsi que semble l'analyser sa direction, et comme l'a expliqu&#233; Cayo Lara lors de la nuit &#233;lectorale, flanqu&#233; par certains personnages tels que le puissant chef de l'appareil d'IU &#224; Madrid, Miguel Reneses, une personne dont la seule pr&#233;sence r&#233;duit la cr&#233;dibilit&#233; du message d'honn&#234;tet&#233; de l'organisation. Cependant gagner 200'000 votes quand le PSOE en perd 1, 5 million relativise s&#233;rieusement le succ&#232;s obtenu. Dit autrement, IU avance &#233;lectoralement par rapport &#224; elle-m&#234;me, mais pas comme r&#233;f&#233;rence politique pour la gauche alternative. L'ardeur pour gagner des votes du Mouvement du 15 mai, qui a &#233;t&#233; &#233;puisante et qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e contre-productive, surtout au cours des derniers jours de la campagne, n'a pas donn&#233; de r&#233;sultats significatifs : IU a obtenu des r&#233;sultats similaires &#224; ceux que lui attribuaient les sondages avant les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que, en dehors du Pays basque (Euzkadi), c'est la seule force significative dans les institutions. IU poss&#232;de cette carte, mais pas une autre. Concr&#232;tement, son r&#244;le dans les mouvements et les luttes sociales reste faible, d'autant plus lorsque les mouvements et les luttes ont un caract&#232;re plus alternatif. Il n'est pas clair dans quelle mesure cela repr&#233;sente un probl&#232;me important pour IU consid&#233;r&#233;e dans son ensemble. Certainement cela l'est pour de nombreux militant&#183;e&#183;s et quelques-uns des dirigeants. Il serait tr&#232;s positif que s'ouvre la possibilit&#233; pratique et s&#233;rieuse d'une collaboration avec la gauche anti-capitaliste. Mais pour dire la v&#233;rit&#233;, la tr&#232;s longue campagne &#233;lectorale &#224; laquelle nous faisons face [&#233;lections l&#233;gislatives de 2012] va favoriser encore plus le profil d'IU comme &#171; gauche dans les institutions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Le r&#233;sultat spectaculaire de Bildu dans les quatres provinces d'Euzkadi est la meilleure nouvelle du 22 mai &#233;lectoral. Toutefois, c'est une nouvelles, disons-le, &#171; ext&#233;rieure &#187; en termes de construction d'un r&#233;f&#233;rent politique anticapitaliste &#224; l'&#233;chelle de l'Etat espagnol. Pour ce qui a trait aux relations entre la gauche alternative &#171; au-del&#224; du Rioja &#187;, la gauche abertzale [partisan de la patrie] a &#233;tabli son ind&#233;pendance depuis de nombreuses ann&#233;es ; ce qui reste sont des amiti&#233;s, ce qui n'est pas peu, mais pas des espaces de rencontres militantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, le succ&#232;s repr&#233;sente un camouflet au syst&#232;me politique espagnol ; c'est-&#224;-dire &#224; ceux &#171; d'en haut &#187;. C'est aussi un pas tr&#232;s important en direction de la dissolution d'ETA dans un contexte qui ne suppose pas une d&#233;faite pour le monde abertzale. Tout cela est tr&#232;s positif et il faut s'en r&#233;jouir, au-del&#224; de l'Euzkadi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un th&#232;me qui m&#233;rite, de plus, une r&#233;flexion tranquille et disposant de temps, pour comprendre pourquoi le monde abertzale a r&#233;ussi &#224; se maintenir comme une puissante communaut&#233; politique, malgr&#233; les &#233;normes obstacles auxquels il s'est affront&#233; au cours de la Transition. Il est aujourd'hui dans son pays quelque chose de semblable &#224; ce &#171; peuple des gauches &#187; dans l'Etat espagnol qui n'a jamais exist&#233; r&#233;ellement, sauf, qui sait, dans le contexte exceptionnel des mobilisations du premier semestre 1976 ; et aujourd'hui c'est une pure illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Conclusion. Le Mouvement du 15 mai ne semble pas avoir eu une influence significative sur les &#233;lections. C'est le contraire qui aurait &#233;t&#233; &#233;tonnant. Il s'agit d'un mouvement dont la naissance est r&#233;cente, qui est dans une phase constituante tr&#232;s complexe, dont la caract&#233;ristique identitaire la plus partag&#233;e est la critique du syst&#232;me politique existant. Aucune candidature ne repr&#233;sentait cette critique. Il n'existe aucun Besancenot, rien qui ressemble au Bloc de gauche au Portugal, ni m&#234;me &#224; Die Linke (en Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant tout, le mouvement du 15 mai n'est pas n&#233; pour intervenir dans le champ &#233;lectoral, pour se projeter vers &#171; le haut &#187;. Son sens consiste &#224; mettre en action. A revitaliser, &#224; donner du contenu, &#224; articuler&#8230; ce qui vient &#171; d'en bas &#187;. Apr&#232;s la phase d'explosion des esp&#233;rances, de la joie de sa premi&#232;re semaine d'existence, arrive aujourd'hui la lutte pour la vie : remplacer les campements (sur les places) avec les fils invisibles des r&#233;seaux associatifs, construire des accords et g&#233;rer les d&#233;saccords et conflits de mani&#232;re d&#233;mocratique et pluraliste ; transformer l'&#233;v&#233;nement en un processus&#8230; et tant d'autres objectifs qui ont surgi et surgiront de l'int&#233;rieur des acteur du M-15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une fois au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la gauche sociale et politique n'a pas r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser les possibilit&#233;s d'avancer &#224; partir d'initiatives, de mouvements, de projets&#8230; La vie nous a donn&#233; une nouvelle et formidable possibilit&#233;, qui est en m&#234;me temps un d&#233;fi. Il est pr&#233;f&#233;rable de ne pas penser que nous pouvons la perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction : &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'Encontre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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