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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Une nouvelle dynamique de changement social pour le Br&#233;sil</title>
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		<dc:date>2002-11-03T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Richard Fecteau</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dimanche le 27 octobre dernier, le peuple br&#233;silien est descendu spontan&#233;ment dans la rue. Une esp&#233;rance d&#233;mesur&#233;e habite la population puisque l'&#233;lection de &#034; Lula &#034;, l'&#233;ternel candidat du Parti des Travailleurs (PT), est per&#231;ue comme la fin de la travers&#233;e du d&#233;sert, comme l'ouverture sur un nouveau r&#233;gime pour le Br&#233;sil. Avec 61,3 % des voies exprim&#233;es contre le candidat du gouvernement actuel, Luis In&#225;cio Lula da Silva symbolise le rejet sans &#233;quivoque de la gestion du gouvernement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dimanche le 27 octobre dernier, le peuple br&#233;silien est descendu spontan&#233;ment dans la rue. Une esp&#233;rance d&#233;mesur&#233;e habite la population puisque l'&#233;lection de &#034; Lula &#034;, l'&#233;ternel candidat du Parti des Travailleurs (PT), est per&#231;ue comme la fin de la travers&#233;e du d&#233;sert, comme l'ouverture sur un nouveau r&#233;gime pour le Br&#233;sil. Avec 61,3 % des voies exprim&#233;es contre le candidat du gouvernement actuel, Luis In&#225;cio Lula da Silva symbolise le rejet sans &#233;quivoque de la gestion du gouvernement n&#233;olib&#233;ral actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du rejet d'un projet jug&#233; anti-social, le vote pour Lula en est aussi un d'affirmation d'un projet alternatif pour le Br&#233;sil et peut-&#234;tre pour l'Am&#233;rique du Sud. Apr&#232;s 4 tentatives pour remporter l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, le PT a conquis la pr&#233;sidence et Lula devra maintenant affronter la dure r&#233;alit&#233; du gouvernement d'un pays-continent fragilis&#233; par une d&#233;cennie de n&#233;olib&#233;ralisme sans partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La signification de l'&#233;lection de Lula pour le Br&#233;sil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote massif en faveur de Lula est au Br&#233;sil un signe de coh&#233;rence historique. En portant au pouvoir un ouvrier syndicaliste et, surtout, la principale figure de l'opposition des vingt derni&#232;res ann&#233;es, la population d&#233;sire poursuivre la d&#233;mocratisation du pays et rompre avec le projet des &#233;lites. Apr&#232;s avoir vu le Br&#233;sil souffrir d'une dictature militaire de 1964 &#224; 1985, la soci&#233;t&#233; refuse de sombrer dans une dictature &#233;conomique. Il est d'ailleurs surprenant de voir la proximit&#233; du discours de Lula et avec celui de Jo&#227;o Goulart, le pr&#233;sident qui est tomb&#233; sous les bottes des militaires en 1964 alors qu'il d&#233;sirait ces &#034; r&#233;formes de base &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que Luis In&#225;cio Lula da Silva a jou&#233; un r&#244;le majeur dans toutes les luttes importantes du Br&#233;sil depuis les ann&#233;es 1980. Ayant fait ses premi&#232;res armes dans le syndicat des m&#233;tallurgistes des environs de S&#227;o Paulo, il a contribu&#233; &#224; la chute de la dictature militaire en plus de contribuer le vaste mouvement en faveur des &#233;lections directes de 1985. Ayant &#233;t&#233; l'acteur principal de la naissance du syndicalisme combatif, il fut au coeur de la naissance du Parti des travailleurs au d&#233;but de la d&#233;cennie des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ternel candidat de l'opposition lors des campagnes pr&#233;sidentielles de 1989, de 1994 et de 1998, il a toujours repr&#233;sent&#233; la volont&#233; de traduire les forces sociales par un parti politique apte de prendre le pouvoir et d'effectuer une rupture avec un mod&#232;le de d&#233;veloppement excluant et in&#233;galitaire. L'arriv&#233;e au pouvoir de Lula, c'est donc l'aboutissement du travail acharn&#233; de toute une s&#233;rie d'acteurs sociaux qui sont porteurs d'une perspective de changement global &#224; long terme. Figure charismatique respect&#233;e par tous et toutes, il constitue l'articulation fondamentale entre la gauche sociale dont il &#233;merge, et de la gauche politique dont il fut le principal catalyseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces discours triomphalistes, il faut toutefois voir que l'arriv&#233;e de Lula repr&#233;sente aussi la prise du pouvoir d'une coalition &#233;lectorale autour du PT. En plus des deux partis communistes br&#233;siliens (PCB, PCdoB), sa candidature a &#233;t&#233; appuy&#233;e par le Parti Lib&#233;ral. Ce dernier parti, bien que tr&#232;s minoritaire, symbolise l'appui d'une fraction grandissante de la bourgeoisie nationale dont le vice-pr&#233;sident Jos&#233; Allencar, millionaire du textile, est le porte-parole. Cette alliance d'un candidat de gauche avec l'industrie nationale qu'il a pourtant tellement combattu lorsqu'il &#233;tait syndicaliste, c'est le meilleur exemple de l'effondrement du n&#233;olib&#233;ralisme et de la n&#233;cessit&#233; de rupture avec ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En assurant des conditions de gouvernabilit&#233;, cette forme d'alliance travail-capital national repr&#233;sente &#233;galement le &#034; nouveau contrat social &#034; dont Lula parle constamment. En relan&#231;ant l'&#233;conomie sur des bases nationales, le PT entend amorcer un cercle vertueux qui donnerait au nouveau gouvernement les marges de manoeuvre n&#233;cessaires afin de r&#233;investir le secteur social (&#233;ducation, sant&#233;, pensions de vieillesse, etc.), de relancer l'emploi et, surtout, de soutirer &#224; la bourgeoisie nationale des concessions sur les &#034; r&#233;formes de base &#034; qui ont trop attendu (r&#233;forme agraire, r&#233;forme fiscale, r&#233;forme de la loi cadre sur le syndicalisme, r&#233;forme de la protection sociale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est certes loin du socialisme d&#233;mocratique clairement revendiqu&#233; par le PT, la CUT, le Mouvement des Sans Terre et d'autres mouvements politiques et sociaux qui gravitaient autour d'eux lors des ann&#233;es 1980. En clair, cette tentative d'&#233;lection &#233;tait la derni&#232;re chance d'&#233;viter de transformer le Br&#233;sil en un m&#233;lange de Colombie et l'Argentine. La Colombie, avec sa violence urbaine et rurale ainsi que l'&#233;mergence d'un pouvoir parall&#232;le qui y r&#232;gne sans partage. L'Argentine, avec le chaos social et politique que tout le monde un tant soit peu lucide pr&#233;disait depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cutif national du PT a jou&#233; le tout pour le tout : son analyse de la conjoncture l'a convaincu d'accepter le gradualisme dans le changement social au Br&#233;sil. Alors que le pays se retrouve au bord du gouffre, Lula se r&#233;signe pour le moment &#224; accepter les grands param&#232;tres qui lui lient les mains (dette internationale, accords commerciaux, accords avec le Fonds mon&#233;taire international). Il travaillera dans ce cadre restreint afin d'assurer une r&#233;elle durabilit&#233; &#224; une rupture &#224; moyen et long terme du mod&#232;le de d&#233;veloppement du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Secousse commerciale &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il arrivera au pouvoir le 1er janvier 2003, c'est probablement en dehors du Br&#233;sil que l'&#233;lection de Lula aura les impacts les plus marqu&#233;s. Alors que sur le plan interne on ne peut esp&#233;rer de changement brusque et structurel lors de la premi&#232;re ann&#233;e du mandat de Lula, le nouveau pr&#233;sident jette une ombre d'incertitude sur la progression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans la r&#233;gion, tant dans sa forme commerciale que militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que les &#201;tats-Unis tentent d'amorcer un sprint dans les n&#233;gociations de la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A), l'arriv&#233;e du Parti des Travailleurs brouille la mise. Bien que Lula n'ait pas exclu clairement la signature d' &#034; une &#034; ZL&#201;A, il est clair que les conditions de n&#233;gociations ont chang&#233; profond&#233;ment par rapport au gouvernement br&#233;silien ant&#233;rieur. Cardoso, en effet, ne faisait que viser la surench&#232;re entre les &#201;tats-Unis et l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil de Lula rejettera-t-il ou non la ZL&#201;A ? Rappelons tout d'abord l'opposition populaire clairement exprim&#233;e en septembre dernier, lors d'un r&#233;f&#233;rendum organis&#233; par les mouvements sociaux. 98 % des 10 millions de votes &#233;taient contre la signature de l'accord, peu importe les modifications apport&#233;es. Dans les conditions politiques actuelles, Lula ne pourrait prendre part activement aux n&#233;gociations sans perdre des plumes face aux attentes &#233;lev&#233;es des mouvements sociaux qui l'ont port&#233; au pouvoir. Dans le m&#234;me sens, les secteurs industriels mis &#224; mal par la mondialisation &#233;conomique et par la financiarisation du Br&#233;sil vont certes exiger beaucoup lors d'&#233;ventuelles n&#233;gociations : un acc&#232;s &#233;largi au march&#233; am&#233;ricain, de m&#234;me qu'une protection accrue pour l'industrie nationale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me mesure, le refus de toute forme de n&#233;gociation de la ZL&#201;A serait catastrophique, car elle donnerait le pr&#233;texte attendu par les march&#233;s internationaux pour vider le Br&#233;sil de ses investissements &#224; court terme. Puisque l'&#233;conomie br&#233;silienne d&#233;pend &#233;norm&#233;ment de la finance internationale pour rester &#034; &#224; flot &#034;, un signal n&#233;gatif chez les grands sp&#233;culateurs pourrait transformer le pays en une nouvelle Argentine. La ZL&#201;A, on peut donc le constater, constitue pour le nouveau pr&#233;sident &#233;lu un terrain tr&#232;s glissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte de sortie du Br&#233;sil est donc double s'il veut &#233;viter la ZL&#201;A : d'une part, d&#233;velopper le march&#233; national en basant la production br&#233;silienne sur les besoins locaux, effectuer en quelque sorte une d&#233;connexion face aux march&#233;s internationaux. L'autre solution incontournable se situe dans la cr&#233;ation d'un bloc &#233;conomique fort en Am&#233;rique du Sud. Form&#233; autour du Mach&#233; commun du c&#244;ne sud (Mercosul), il aurait pour but de freiner l'expansion de l'Accord de libre-&#233;change nord am&#233;ricain vers le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tremblement de terre g&#233;opolitique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Lula risque de ne brouiller qu'un peu les n&#233;gociations commerciales et peut-&#234;tre faire d&#233;rapper ou &#034; humaniser &#034; la ZL&#201;A, il risque d'avoir un impact majeur sur la militarisation de l'Am&#233;rique latine et sur la volont&#233; de Washington de s'approprier les fruits de l'Amazonie. Lula d&#233;fendra jalousement la souverainet&#233; nationale du Br&#233;sil et refusera l'encerclement militaire et la biopiraterie de l'Amazonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que, depuis le tournant des ann&#233;es 1990, le gouvernement am&#233;ricain a accru sa pr&#233;sence militaire en Am&#233;rique du Sud. En utilisant pour pr&#233;texte de la lutte contre la drogue, les troupes am&#233;ricaines ont progressivement encercl&#233; l'Amazonie. Comme le d&#233;montre le Plan Colombie, Washington d&#233;sire assurer une ma&#238;trise militaire du continent advenant le cas o&#249; l'arme de la dette publique ne soit pas assez efficace pour asseoir les gouvernements locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'actuel pr&#233;sident Cardoso &#233;tait pr&#234;t &#224; c&#233;der sans condition la seule base a&#233;rospatiale du Br&#233;sil, la base d'Alc&#226;ntara, Lula entend bien contrer les volont&#233;s d'expansion militaire des &#201;tats-Unis en Amazonie. Il luttera ainsi contre le projet &#233;tats-unien d'internationaliser cette r&#233;gion et, surtout, contre la volont&#233; clairement exprim&#233;e par Washington d'&#233;tendre le conflit de Colombie &#224; ses trois voisins &#034; nationalistes &#034; : le Br&#233;sil de Lula, le V&#233;n&#233;zuela de Chavez, et l'&#201;quateur d'un potentiel Guti&#233;rrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant en termes commerciaux qu'en mati&#232;re militaire, l'arriv&#233;e de Lula &#224; Bras&#237;lia ouvre la porte &#224; la cr&#233;ation d'une nouvelle dynamique dans les relations interam&#233;ricaines. Ce que craint toutefois Washington, c'est de voir les forces du changement prendre le pouvoir dans d'autres pays de la r&#233;gion : c'est le fameux effet domino qui a &#034; justifi&#233; &#034; la guerre au Vietnam et de nombreux coups d'&#201;tat appuy&#233;s et/ou organis&#233;s par les &#201;tats-Unis. Le peuple br&#233;silien a encore en m&#233;moire le coup d'&#201;tat qui, avec la b&#233;n&#233;diction enthousiaste de Washington, a port&#233; les militaires au pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La solidarit&#233; avec les forces du changement au Br&#233;sil &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut facilement le constater, le Br&#233;sil dont h&#233;rirte Lula et le PT est sur le point de couler &#224; pic. Le candidat ouvrier est celui de la derni&#232;re chance et b&#233;n&#233;ficiera d'appuis importants dans la mesure o&#249; il saura convaincre les divers acteurs sociaux et les forces politiques des &#233;lites de la n&#233;cessit&#233; d'un changement imm&#233;diat de certains aspects du mod&#232;le de d&#233;veloppement, notamment la baisse des taux d'int&#233;r&#234;ts, et d'un redressement &#224; moyen terme des priorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contraintes de l'environnement international - alors que l'on se dirige vers une guerre injustifi&#233;e contre l'Irak et que l'&#233;conomie mondiale sombre dans la r&#233;cession - ainsi que les limites nationales - le PT n'a &#233;lu que trois gouverneurs sur un total de 27, ayant m&#234;me perdu son ch&#226;teau fort qu'&#233;tait le Rio Grande do Sul en 1989 - tout converge pour dire que la premi&#232;re ann&#233;e sera difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde est conscient de cette fragilit&#233; du nouveau gouvernement. Les forces sp&#233;culatives et politiques - Washington, pour ne pas le nommer - s'entendent comme laron en foire quand vient le temps de ne pas reconna&#238;tre le verdict des urnes. La r&#233;cente tentative de coup d'&#201;tat militaire contre le pr&#233;sident Chavez, est encore fra&#238;che &#224; la m&#233;moire des Br&#233;silienNEs. Ce qui est probable, toutefois, c'est davantage un m&#233;lange de coup d'&#201;tat par les march&#233;s et d'une prise d'otage financi&#232;re du pays. Contre un programme trop socialisant, une crise risque d'&#234;tre orquestr&#233;e par les repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts de la haute finance. Une crise pour baliser la marge de manoeuvre du gouvernement de Lula, mais surtout pour ne pas faire de lui le &#034; mauvais exemple &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; internationale s'av&#232;re donc imp&#233;rative. La charge symbolique de l'&#233;lection de Lula est immense. Ce dernier est parfaitement conscient que l'on pardonne tout aux pr&#233;sidents repr&#233;sentant les &#233;lites, mais que les standards sont beaucoup plus &#233;lev&#233;s pour les travailleurs. La population qu&#233;b&#233;coise devra &#234;tre inform&#233;e du d&#233;roulement de cette exp&#233;rience et du vent de changement qui souffle sur l'Am&#233;rique du Sud contre l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien. &#202;tre inform&#233;e, mais aussi contribuer &#224; faire du Br&#233;sil un symbole des nouvelles exp&#233;riences qui se mat&#233;rialisent progressivement autour de &#034; l'esprit de Porto Alegre &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula ne peut tout simplement pas se permettre de se tromper.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le Parti des Travailleurs : frein r&#233;el au n&#233;olib&#233;ralisme et &#224; la ZL&#201;A ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-Parti-des-Travailleurs-frein-reel-au-neoliberalisme-et-a-la-ZLEA</link>
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		<dc:date>2002-09-16T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Richard Fecteau</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En octobre prochain, les &#233;lections g&#233;n&#233;rales qui se tiendront au Br&#233;sil auront des cons&#233;quences majeures autant pour le pays que pour l'ensemble de l'Am&#233;rique du Sud. Que le candidat du Parti des Travailleurs (PT), Luis In&#225;cio Lula da Silva, remporte la pr&#233;sidence ou non, le pays et le continent en entier seront affect&#233;s par ce vote dont l'importance historique est sans &#233;gal depuis la prise du pouvoir par les militaire, en 1964.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre prochain, les &#233;lections g&#233;n&#233;rales qui se tiendront au Br&#233;sil auront des cons&#233;quences majeures autant pour le pays que pour l'ensemble de l'Am&#233;rique du Sud. Que le candidat du Parti des Travailleurs (PT), Luis In&#225;cio Lula da Silva, remporte la pr&#233;sidence ou non, le pays et le continent en entier seront affect&#233;s par ce vote dont l'importance historique est sans &#233;gal depuis la prise du pouvoir par les militaire, en 1964.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a toutefois loin de la coupe aux l&#232;vres : il ne faudrait ainsi pas croire que la victoire est assur&#233;e car les sondages ont au Br&#233;sil une longue tradition de manipulation m&#233;diatique pour faire pencher la balance lors du second tour. Bien plus, il ne faudrait pas &#234;tre na&#239;fs et assimiler une victoire pr&#233;sidentielle &#224; une prise du pouvoir r&#233;el. Cette &#233;lection doit donc &#234;tre vue comme ce qu'elle est : une &#233;tape fondamentale dans la bataille de l&#233;gitimit&#233; qui se m&#232;ne actuellement dans l'ensemble de l'Am&#233;rique du Sud, son r&#244;le rituel &#233;tant sans &#233;gal dans l'histoire r&#233;cente du pays..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage n&#233;olib&#233;ral de Cardoso remis en question&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, cette &#233;lection g&#233;n&#233;rale sera en quelque sorte le jugement de l'h&#233;ritage du r&#232;gne chaotique de Fernando Henrique Cardoso : un changement de garde &#224; Bras&#237;lia peuvent ouvrir la porte &#224; une remise en question, alors que la r&#233;&#233;lection de la coaltion de centre-droite ent&#233;rinerait l'ensemble de son oeuvre du sociologue d&#233;froqu&#233; au pouvoir de 1994 &#224; 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ses deux mandats, le pr&#233;sident sortant a appliqu&#233; la recette n&#233;olib&#233;rale &#224; la lettre en faisant fi de toute protestation, notamment des gr&#232;ves majeures du secteur public qui ont paralys&#233; l'appareil d'&#201;tat &#224; plusieurs reprises. Le Br&#233;sil, qui jouissait encore en 1994 d'une force &#233;conomique importante, aurait tr&#232;s bien pu continuer &#224; s'imposer comme l'un des piliers de la r&#233;sistance au n&#233;olib&#233;ralisme orthodoxe. Le choix de Cardoso fut toutefois de d&#233;manteler en l'espace de quelques ann&#233;es la quasi-totalit&#233; de la politique &#233;conomique br&#233;silienne et de r&#233;ussir, ce faisant, &#224; faire exploser la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au banc des accus&#233;s : la privatisation &#224; rabais des entreprises publiques parmi les plus strat&#233;giques, l'ouverture des march&#233;s &#224; une concurrence internationale de plus en plus f&#233;roce, la d&#233;r&#233;glementation &#224; tout crin de l'&#233;conomie et des rapports de travail et la compression majeure des d&#233;penses sociales pour satisfaire les exigences du Fonds Mon&#233;taire International (FMI). En fait, lors de l'&#232;re Cardoso, la souverainet&#233; nationale et les espoirs log&#233;s dans la red&#233;mocratisation du Br&#233;sil furent tous deux sacrifi&#233;s pour une cause d'une noblesse douteuse : faire la cour aux investisseurs &#233;trangers et nationaux en menant une lutte sans nuances contre l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'avaient pr&#233;vu tous ses d&#233;tracteurs, une telle politique &#233;tait un suicide &#233;conomique et social. Une fois l'ensemble du patrimoine public vendu &#224; des prix ridicules, il est devenu &#233;vident que la politique de Cardoso tournait &#224; vide et qu'elle n'avait r&#233;ussi &#224; tenir la route que gr&#226;ce aux ventes &#224; rabais du patrimoine public. Une fois que l'ensemble de l'appareil d'&#201;tat eut &#233;t&#233; privatis&#233;, le Br&#233;sil a cess&#233; de compter sur l'injection artificielle de devises &#233;trang&#232;res et s'est enfonc&#233; dans le marasme &#233;conomique caus&#233; par la politique des hauts taux d'int&#233;r&#234;ts. &#192; deux reprises, en 1998-9 et en 2002, des crises financi&#232;res ont d&#233;montr&#233; la fragitilit&#233; du chateau de cartes &#233;rig&#233; entre 1994 et 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lu en 1994 avec la promesse de faire le m&#233;nage de la dette public, Cardoso a r&#233;alis&#233; exactement le contraire : il a rendu le Br&#233;sil d&#233;pendant de capitaux sp&#233;culatifs &#224; tr&#232;s court terme qui cherchent leur profit en dollars US. En clair, le pr&#233;sident a proc&#233;d&#233; &#224; une prise d'otage dont lui-m&#234;me fut la victime... Il n'est pas surprenant de voir des caricatures illustrant un Cardoso soumis qui appelle le directeur du FMI et demande la permission faire de la f&#234;te de l'ind&#233;pendance une journ&#233;e de cong&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau positionnement du PT : tactique &#233;lectoraliste ou strat&#233;gie des conditions de gouvernabilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula en est actuellement &#224; ses quatri&#232;mes &#233;lections pr&#233;sidentielles. Th&#233;oriquement, le sc&#233;nario actuel n'a ainsi rien d'une nouveaut&#233; : &#224; chaque reprise, Lula a r&#233;ussi &#224; obtenir plus de 30% des voies mais a &#233;t&#233; victime de l'unification de la droite contre un candidat. En pratique, cette &#233;lection est la derni&#232;re tentative du candidat-vedette auquel on n'a pas pris le soin minimal de d&#233;signer un &#233;ventuel rempla&#231;ant d'envergure nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant la double conjoncture actuelle, celle d'un imp&#233;rialisme guerrier am&#233;ricain et d'une acc&#233;l&#233;ration sans frein des avanc&#233;es n&#233;olib&#233;rales (&#034;consensus&#034; de Monterrey, &#034;consensus&#034; de Daho et &#034;consensus de Johannesbourg) - cette &#233;lection n'a rien d'ordinaire. Sur le plan international, la gauche inspir&#233;e par l'esprit de Porto Alegre se cherche toujours une voie forte et cr&#233;dible, et le Br&#233;sil pourrait en &#234;tre l'incarnation institutionnelle. En clair, la charge symbolique de l'&#233;lection est immense apr&#232;s des reculs constants cons&#233;cutifs notamment des &#034;&#233;v&#233;nements&#034; du 11 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque cette &#233;lection est vue comme &#034;la totale&#034;, le Parti des travailleurs a modifi&#233; sa strat&#233;gie de communication et d'alliances. On parle d&#233;sormais d'un Lula &#034;light&#034; en raison d'un adoucissement progressif du programme du PT. Lors des &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes, Lula soutenait le non paiement de la dette ext&#233;rieure et la r&#233;pudiation des accords sign&#233;s avec le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il vraiment ? Le positionnement actuellement privil&#233;gi&#233; est-il essentiellement tactique en ne visant que la prise du pouvoir ou, au contraire, est-il davantage strat&#233;gique et concourt-il &#224; assurer les conditions de gouvernabilit&#233; d'un pr&#233;sident ouvrier face &#224; un s&#233;nat et un congr&#232;s hostiles ainsi qu'un Fonds mon&#233;taire international tout puissant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux compromis historiques du PT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re phase de la campagne &#233;lectorale laissait tout d'abord croire qu'un tel positionnement plus &#034;mod&#233;r&#233;&#034; &#233;tait &#233;lectoraliste et verrait par la suite un retour des id&#233;es traditionnelles d'un parti qui pr&#244;ne la r&#233;volution d&#233;mocratique. Le moment crucial des alliances entre les partis a toutefois &#233;t&#233; d&#233;cisif et d&#233;montr&#233; le caract&#232;re strat&#233;gique du nouveau programme. Le PT a effectivement attendu jusqu'&#224; la derni&#232;re minute avant de conclure une alliance avec les deux principaux partis communistes (PCB et PC do B) et... le Parti Lib&#233;ral, parti de centre-droite minuscule qui compte toutefois sur le prestige de certains nom prestigieux, dont le vice-pr&#233;sident de Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second geste majeur pos&#233; par Lula pour s'assurer de meilleures conditions de gouvernabilit&#233; fut de r&#233;duire la v&#233;h&#233;mence de ses critiques &#224; l'endroit de la politique &#233;conomique appliqu&#233;e sans m&#233;nagement par le gouvernement Cardoso. Lors des huit ann&#233;es de pouvoir de FHC, le PT s'est en effet impos&#233; comme un critique virulent de l'inconsistence de cette troisi&#232;me voie &#224; la br&#233;silienne. En clair, l'opposition a fait la preuve &#224; maintes reprises que le carcan impos&#233; par le FMI (r&#233;formes du travail, objectifs d'inflation, surplus budg&#233;taires, r&#233;formes fiscales, etc.) ne pouvait assurer un d&#233;veloppement &#233;conomique soutenu et encore moins des retomb&#233;es sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-ao&#251;t, Lula a toutefois jet&#233; du lest &#224; cet &#233;gard afin de r&#233;duire les appr&#233;hensions des investisseurs &#233;trangers. &#192; ce moment, le FMI est en effet intervenu pour effectuer un &#034;sauvetage&#034; du real, la monnaie br&#233;silienne, aux prises avec une d&#233;valuation de plus de 25 %. Cette intervention masque tr&#232;s mal la volont&#233; r&#233;elle de Washington : donner une chance aux candidats de la droite pour leur &#233;viter une crise financi&#232;re majeure en pleines &#233;lections. Advenant que se produise une fuite de capitaux aussi forte qu'il y a quatre ans, le candidat du gouvernement aurait chut&#233; et son principal opposant, le centriste et &#233;nigmatique Ciro Gomes, aurait eu &#224; se distancer de cette politique &#233;conomique &#224; courte vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un accord avec le FMI assurant un pr&#234;t de 30 milliards $ US, les 4 principaux candidats ont d&#233;fil&#233; devant le pr&#233;sident Cardoso afin de r&#233;citer leurs voeux d'all&#233;gence aux nouveaux accords du FMI. Bien entendu, les deux candidats d'extr&#234;me gauche, celui du PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;) et du PCO (Parti de la cause ouvri&#232;re) ont continu&#233; &#224; &#234;tre d&#233;nigr&#233;, tant par le pouvoir en place que par les grands m&#233;dias. &#192; cette occasion, un Lula souriant a promis le respect du cadre fix&#233; par Washington : cette &#233;volution dans le positionnement du PT pourait &#234;tre imputable &#224; la &#034;maturit&#233;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce dernier tour de piste, Lula a m&#234;me abandonn&#233; l'id&#233;e du moratoire sur la dette, pourtant cr&#233;dible au sein de la gauche suite &#224; une consulations nationale, en l'an 2000, &#224; laquelle avaient particip&#233; 6 millions de Br&#233;silienNEs. Les m&#234;mes compromis sont &#233;vidents en ce qui a trait &#224; la r&#233;forme agraire : Lula a commenc&#233; a courtiser l'agro-businness et a mis en sourdine cette banni&#232;re peut-&#234;tre la plus fondamentale de la gauche br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites d'un pari dangereux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de Lula a ainsi fait un double pari : s&#233;duire le centre de l'&#233;lectorat sans s'alli&#233;ner les bases traditionnelles et les groupes mobilis&#233;s. Les concessions faites lors de la campagne actuelle risquent toutefois de peser lourd sur la marge de manoeuvre politique d'un parti qui aurait fait une double erreur en voulant m&#233;nager la ch&#232;vre et le choux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le positionnement mod&#233;r&#233; s'est jusqu'&#224; pr&#233;sent d&#233;montr&#233; payant en termes &#233;lectoralistes, puisque les sondages donnent Lula gagnant au second tour des pr&#233;sidentielles. Le danger est grand toutefois que le PT se soit alli&#233;n&#233; la tol&#233;rence d'une partie substantielle des mouvements sociaux de base. Ceux-ci risquent, advenant une victoire, de d&#233;montrer une grande impatience de voir Lula amorcer la mise en oeuvre du programme &#034;initial&#034;, le &#034;vrai&#034; programme que les gauches plus radicales peuvent avoir relay&#233; au second plan pour des raisons tactiques et non strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque inverse met Lula en cisaille : l'alliance avec le Parti Lib&#233;ral de centre-droite peut entra&#238;ner un &#034;r&#233;alisme&#034; dangereux du PT qui voudrait pr&#233;server &#224; tout prix les conditions de la gouvernabilit&#233;. En clair, Lula va n&#233;cessiter une voie &#034;cr&#233;dible&#034; pour s'adresser aux secteurs &#233;conomiques qui se sentiront menac&#233;s et aux investisseurs internationaux sur lesquels reposent la stabilit&#233; du syst&#232;me actuel. Comment &#233;volueront les relations avec ce parti lorsque viendra le temps de remettre en question la lutte inconditionnelle &#224; l'inflation et que commenceront les choix r&#233;els ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT arriverait-il au pouvoir trop t&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'avis de plusieurs penseurs de la gauche br&#233;silienne - notamment C&#233;sar Benjamin, responsable de la synth&#232;se du programme Consulta Brasil mis en oeuvre &#224; partir de 1997 (A op&#231;&#227;o brasileira - L'option br&#233;silienne) - le PT arriverait au pouvoir une &#233;lection trop t&#244;t. La gauche ne serait ainsi pas encore assez organique, ayant mis trop d'efforts dans la conqu&#234;te du pouvoir pour s'&#233;manciper r&#233;ellement de la tyirannie des alliances avec le centre-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont donc les partisans de la &#034;travers&#233;e du d&#233;sert&#034; qui prioriseraient la construction d'un ensemble de contre-pouvoirs qui furent plac&#233;s sous la tutelle de l'&#201;tat sous les gouvernements de Vargas et, par la suite, presque totalement erradiqu&#233;s lors de la dictature de s&#233;curit&#233; nationale (1964-1985). Ces contre-pouvoirs seraient, dans une soci&#233;t&#233; civile br&#233;silienne mature, les v&#233;ritables conditions de la gouvernabilit&#233;, et non pas l'alliance avec le centre-droite et les strat&#233;gies &#233;lectoralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le d&#233;veloppement fulgurant de mouvements sociaux lors des ann&#233;es 80 et 90, notamment le Mouvement des paysans sans terre, le Mouvement des Sans Toit et les mouvements autochtones d'Amazonie, ceux-ci n'auraient pas encore la maturit&#233; n&#233;cessaire pour constituer les assises du pouvoir d'un pr&#233;sident isol&#233; &#224; Bras&#237;lia. La volont&#233; d'excentrer la prise du pouvoir dans la strt&#233;gie de la gauche br&#233;silienne d&#233;coule en grande partie de ce constat r&#233;aliste : il est plus facile pour le PT de se &#034;territorialiser&#034; au sein des grandes villes du pays que de faire &#233;lire des d&#233;put&#233;s et des s&#233;nateurs. L'&#233;lection d'un pr&#233;sident p&#233;tiste serait donc pr&#233;matur&#233;e dans le contexte actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Lula sans compromis : les menaces &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la cure d'amaigrissement id&#233;ologique subie par le PT, la lutte contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain demeure un des th&#232;mes les plus rassembleurs de la gauche br&#233;silienne. Lula a ainsi fait des d&#233;clarations sans compris inspir&#233;s d'un nationalisme d'une nouvelle forme qui garantirait une insertion plus sereine dans l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est principalement sur le plan militaire et g&#233;opolitique que Lula ne fait aucune concession face &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui reluque de plus en plus le Br&#233;sil. Depuis 1999, Washington effectue ainsi des pressions &#233;normes sur le gouvernement br&#233;silien pour qu'il c&#232;de la base de lancement d'Alc&#226;ntara, situ&#233;e au nord du pays. Avec cette base, les &#201;tats-Unis poursuivraient leur strat&#233;gie d'encerclement militaire de l'Amazonie avec toutes les ressources qu'elle compte (ressources g&#233;n&#233;tiques, p&#233;trole, bois, eau, zone de p&#226;turage potientiel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur g&#233;ostrat&#233;gique de la base est &#233;galement &#233;norme, puisqu'elle se situe au confluent de des trois pays o&#249; la gauche demeure la plus mena&#231;ante pour Washington : le Venezuela de Chavez, la Colombie et ses gu&#233;rillas et l'&#201;quateur avec la CONAIE) Au-del&#224; de ces int&#233;r&#234;ts, le cession de la base signifierait pour le Br&#233;sil l'abandon de son programme spatial et la concession de tout un pan de son d&#233;veloppement technologique. Cet enjeu fondamental fut d'ailleurs l'un des trois th&#232;mes choisis pour la consultation nationale sur la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal int&#233;r&#234;t menac&#233; par Lula demeurt toutefois la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques dont le Br&#233;sil s'est fait l'emp&#234;cheur de tourner en rond depuis le d&#233;but des n&#233;gociations. Alors que Washington veut en acc&#233;l&#233;rer l'implantation, il est clair que le Parti des Travailleurs refuserait clairement les termes actuellement soumis : le prolongement de l'Accord de Libre-&#201;change Nord-Am&#233;ricain s'en verrait &#224; tout le moins compromise. L'expansion du Mercosul fait partie de l'architecture &#233;conomique dont Lula s'est fait le porte-parole et dont m&#234;me ses opposants ont d&#251; imiter les accents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection br&#233;silienne est donc tr&#232;s strat&#233;gique pour l'ensemble du continent : alors que l'Argentine semble d&#233;finitivement embourb&#233;e dans son marasme apr&#232;s avoir appliqu&#233; un n&#233;olib&#233;ralisme sans concession, le Br&#233;sil menace pour sa part d'arr&#234;ter le processus de dilapidation du bien commun. Lula comptera-t-il un appui populaire suffisant pour remporter le deuxi&#232;me tour et, surtout, pour b&#233;n&#233;ficier d'un appui minimal en chambre qui lui permette d'&#233;viter le dilemme de l'attentisme et du gouvernement par d&#233;cret ? La r&#233;ponse, malheureusement, d&#233;pend non plus du Parti des Travailleurs mais, comme l'a tristement d&#233;montr&#233; l'histoire r&#233;cente, de l'impact r&#233;el qu'aura eu le pouvoir m&#233;diatique d&#233;tenu par des groupes d'int&#233;r&#234;ts qui tiennent depuis longtemps en otage une d&#233;mocratie &#224; construire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le peuple br&#233;silien rejette massivement la ZL&#201;A et la base de Alc&#226;ntara </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-peuple-bresilien-rejette-massivement-la-ZLEA-et-la-base-de-Alcantara</link>
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		<dc:date>2002-09-16T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Richard Fecteau</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>ZLEA</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 1er au 7 septembre dernier avait lieu au Br&#233;sil un r&#233;f&#233;rendum national sur la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques et sur la cessation de la base d'Alc&#226;ntara &#224; l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Dans le contexte de la campagne pour les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 6 octobre prochain, la consultation organis&#233;e par des centaines de mouvements sociaux, populaires, syndicats et ONG a attir&#233; aux urnes plus de 10 millions de Br&#233;siliens et Br&#233;siliennes qui ont rejett&#233; en bloc les projets jumeaux d'int&#233;gration et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-ZLEA-+" rel="tag"&gt;ZLEA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 1er au 7 septembre dernier avait lieu au Br&#233;sil un r&#233;f&#233;rendum national sur la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques et sur la cessation de la base d'Alc&#226;ntara &#224; l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Dans le contexte de la campagne pour les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 6 octobre prochain, la consultation organis&#233;e par des centaines de mouvements sociaux, populaires, syndicats et ONG a attir&#233; aux urnes plus de 10 millions de Br&#233;siliens et Br&#233;siliennes qui ont rejett&#233; en bloc les projets jumeaux d'int&#233;gration et de militarisation continentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rejet massif de la ZL&#201;A et d'une base militaire am&#233;ricaine en sol br&#233;silien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation d'une telle consultation est titanesque dans un pays-continent pour le Br&#233;sil. Avec 7 jours de votation dans plus 41 758 urnes &#233;parpill&#233;es dans les principaux lieux publics d'un territoire de pr&#232;s de 10 millions de kilom&#232;tres carr&#233;s, cette d&#233;monstration de la force des mouvements progressistes du Br&#233;sil en dit long sur l'&#233;nergie disponible pour barrer la route &#224; la ZL&#201;A et &#224; cr&#233;ation d'une base militaire aux fronti&#232;res de l'Amazonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois questions &#233;taient pos&#233;es &#224; l'ensemble de la population. Le Br&#233;sil doit-il signer l'Accord de libre-&#233;change des Am&#233;riques ? Le Br&#233;sil doit-il continuer &#224; participer aux n&#233;gociations sur la ZL&#201;A ? Le gouvernement br&#233;silien doit-il remettre une partie de notre territoire - la base d'Alc&#226;ntara - au contr&#244;le des &#201;tats-Unis. Dans les trois cas, plus de 95 % de la population a r&#233;pondu non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte ou le Parti des Travailleurs risque de gagner les &#233;lections pr&#233;sidentielles, le r&#233;sultat donne de l'eau au moulin &#224; l'opposition nationale et continentale &#224; une int&#233;gration &#233;conomique ax&#233;e sur le commerce au d&#233;triment des droits sociaux et de l'environnement. Au Br&#233;sil, la ZL&#201;A est devenue en l'espace d'un an la nouvelle banni&#232;re qui regroupe la gauche organis&#233;e : en clair, ce projet &#233;conomique est pr&#233;sent&#233; comme la fin de la souverainet&#233; nationale si ch&#232;re au peuple br&#233;silien, et comme un Plan d'ajustement structurel (PAS) permenant et sans retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Int&#233;gration &#233;conomique et militarisation des Am&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'opposition &#224; une nouvelle guerre am&#233;ricaine contre l'Irak se d&#233;veloppe tant chez les gouvernements que chez les populations, le rejet populaire de la cr&#233;ation d'une base militaire de l'arm&#233;e &#233;tats-unienne &#224; Alc&#226;ntara est une &#233;pine dans le pied dont George Bush se serait certainement pass&#233;. Le passage de cette base du nord du Br&#233;sil des mains nationales vers celles de l'Oncle Sam, s'inscrit dans une strat&#233;gie manifeste des &#201;tats-Unis d'encercler militairement la for&#234;t amazonienne. Avec le Plan Colombie et des bases install&#233;es en &#201;quateur et en Bolivie, Washington vise un double objectif. D'une part contr&#244;ler militairement une zone tr&#232;s instable qui compte notamment le gouvernement nationaliste de Chavez au Venezuela, les derni&#232;res guerrillas actives en Am&#233;rique latine en Colombie et un des mouvements autochtones les plus forts, en &#201;quateur. D'une autre part, la pr&#233;sence des militaires dans cette r&#233;gion vise &#224; s&#233;curiser l'approvisionnement en ressources naturelles (p&#233;trole, eau, bois, ressources g&#233;n&#233;tiques) de l'&#233;conomie am&#233;ricaine. &#192; cet effet, tout un syst&#232;me de surveillance par satellites a aussi &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, ce qui fait de l'Amazonie la for&#234;t la plus s&#233;curis&#233;e au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce r&#233;f&#233;rendum, les mouvements sociaux du Br&#233;sil d&#233;montrent clairement le lien existant entre l'int&#233;gration &#233;conomique et la militarisation des Am&#233;riques. Pr&#233;sent&#233; comme la solution aux guerres nationalistes qui avaient stupidement divis&#233; les pays lors des si&#232;cles pass&#233;s, il est de plus en plus &#233;vident que la ZL&#201;A sera militaire ou ne sera pas. Alors que l'opposition grandit et que le n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;montre ses lacunes avant l'heure, il est de plus en plus &#233;vident que le mod&#232;le sera impos&#233; de force. Si l'arme de la dette ne fonctionne pas, la bonne vieille solution militaire n'est certes pas exclue pour &#034;stabiliser la r&#233;gion&#034;, comme en font foi les bombardements masqu&#233;s en Colombie et les mouvements de troupe au Guatemala.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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