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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Changer le monde sans prendre le pouvoir ? </title>
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		<dc:date>2003-12-15T03:04:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>Phil Hearse</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

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&lt;p&gt;(&#224; propos de Change the World Without Taking Power, The Meaning of Revolution Today, de John Holloway) &lt;br class='autobr' /&gt; Il est utile de discuter les th&#232;ses avanc&#233;es dans le livre de John Holloway, non parce qu'il a des l&#233;gions de partisans d&#233;vou&#233;s, mais parce que beaucoup d'id&#233;es qu'il avance au sujet du changement social sont r&#233;pandues dans le mouvement altermondialiste (appel&#233; aussi, dans les pays anglo-saxons, &#171; mouvement pour une justice globale &#187;) et dans le mouvement contre la guerre, &#224; l'&#233;chelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(&#224; propos de Change the World Without Taking Power, The Meaning of Revolution Today, de John Holloway)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est utile de discuter les th&#232;ses avanc&#233;es dans le livre de John Holloway, non parce qu'il a des l&#233;gions de partisans d&#233;vou&#233;s, mais parce que beaucoup d'id&#233;es qu'il avance au sujet du changement social sont r&#233;pandues dans le mouvement altermondialiste (appel&#233; aussi, dans les pays anglo-saxons, &#171; mouvement pour une justice globale &#187;) et dans le mouvement contre la guerre, &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de refuser la prise du pouvoir a &#233;t&#233; r&#233;cemment popularis&#233;e par le sous-commandant Marcos, dirigeant des Zapatistes. Comme bien des choses qu'indique le sous-commandant, cette id&#233;e n'&#233;tait pas d&#233;nu&#233;e d'ambigu&#239;t&#233;s, car en aucun cas l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale (EZLN), repr&#233;sentant le peuple indig&#232;ne d'un petit coin du Mexique, ne peut pr&#233;tendre prendre le pouvoir - du moins seule. Cependant l'id&#233;e de base de transformer de mani&#232;re r&#233;volutionnaire les rapports sociaux sans conqu&#233;rir le pouvoir &#233;tait en l'air depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Holloway formule quelques critiques &#224; l'&#233;gard de Tronti et d'Antonie Negri, les parents intellectuels des courants de l'autonomie italienne, ses principaux arguments viennent directement de cette source : n'affrontez pas les patrons dans le monde du travail, retirez vous de ce monde. Cr&#233;ez des espaces autonomes - autonomes vis-&#224;-vis des patrons et autonomes vis-&#224;-vis de l'&#201;tat capitaliste. Cela signifie bien s&#251;r la lutte, mais non les appareils raffin&#233;s des partis politiques ni la prise du pouvoir d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines des choses dites par Holloway dans son argumentation sont aujourd'hui largement r&#233;pandues au sein des mouvements radicaux ; elles vont au c&#339;ur de la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et explicitement c'est le marxisme r&#233;volutionnaire qui est la principale cible des pol&#233;miques d'Holloway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer en revue son livre implique de le citer largement, de mani&#232;re &#224; ce que les lecteurs puissent juger les arguments eux-m&#234;mes. Mais il est utile, pour anticiper, d'en r&#233;sumer les principaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Tant le r&#233;formisme que le marxisme r&#233;volutionnaire ont pour objectif strat&#233;gique la conqu&#234;te du pouvoir ; mais c'est un pi&#232;ge, car l'&#201;tat ne peut &#234;tre qu'une structure autoritaire (ce qui rel&#232;ve, par ailleurs, de l' anarchisme standard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'&#201;tat n'est pas le lieu du pouvoir ; les rapports sociaux capitalistes concentrent le pouvoir. Les marxistes orthodoxes ne voient pas que l'&#201;tat est fermement soumis aux rapports sociaux capitalistes et que sa conqu&#234;te ne change pas grand chose, puisque les rapports sociaux autoritaires demeurent en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les rapports sociaux capitalistes peuvent &#234;tre chang&#233;s seulement par des pratiques sociales alternative produites par les opprim&#233;s eux-m&#234;mes au cours de la r&#233;sistance et de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le fondement th&#233;orique de cet argument est la cat&#233;gorie du f&#233;tichisme (de la marchandise) et de sa reproduction. Les rapports sociaux ne sont pas une structure ou une &#171; chose &#187; mais des rapports reproduits quotidiennement dans le processus de &#171; f&#233;tichisation &#187;. Mais cette reproduction n'est pas automatique et peut &#234;tre perturb&#233;e par des pratiques sociales alternatives de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La proclamation d'Engels et d'autres que le marxisme est une &#171; science &#187; g&#233;n&#232;re de mani&#232;re automatique une pratique autoritaire : les opprim&#233;s sont divis&#233;s entre ceux qui &#171; savent &#187; (l'avant-garde, le parti) et ceux qui ont une fausse conscience (les masses). Une pratique manipulatrice et substitutionniste r&#233;sulte automatiquement de cette conception. M&#234;me Lukacs et Gramsci ne furent pas capables de rompre avec cette fausse probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Il n'y a pas de garantie d'une fin heureuse ; tout ce qui est possible c'est la critique n&#233;gative et la r&#233;sistance, et nous verrons quels en seront les r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat &#171; assassin de l'espoir &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que pouvons-nous faire pour mettre un terme &#224; toute la mis&#232;re et &#224; l'exploitation ? (&#8230;) Il y a une r&#233;ponse pr&#234;te &#224; port&#233;e de la main. Faites-le par l'&#201;tat. Rejoignez un parti politique, aidez-le &#224; prendre le pouvoir gouvernemental, changez ainsi le pays. Ou, si vous &#234;tes plus impatient, plus r&#233;volt&#233;, plus dubitatif en ce qui concerne les possibilit&#233;s des moyens parlementaires, rejoignez une organisation r&#233;volutionnaire et aidez &#224; conqu&#233;rir le pouvoir d'&#201;tat par des moyens violents ou non-violents, et employez cet &#201;tat r&#233;volutionnaire pour changer la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Changer le monde par l'&#201;tat : c'est le paradigme qui a domin&#233; la pens&#233;e r&#233;volutionnaire durant plus d'un si&#232;cle. La discussion entre Rosa Luxembourg et &#201;douard Bernstein il y a cent ans sur &#034;r&#233;forme ou r&#233;volution&#034; a fix&#233; les limites qui ont domin&#233; la r&#233;flexion sur la r&#233;volution durant la majeure partie du XXe si&#232;cle (&#8230;). L'intensit&#233; des d&#233;saccords a oblit&#233;r&#233; le point d'accord fondamental : les deux approches se concentrent sur l'&#201;tat en tant que position avantageuse pour pouvoir changer la soci&#233;t&#233; (&#8230;) &#187; (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'&#233;tait un pi&#232;ge, car, poursuit Holloway :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le paradigme de l'&#201;tat fut le v&#233;hicule de l'espoir durant une grande partie du si&#232;cle, plus le si&#232;cle progressait, plus il s'av&#233;rait l'assassin de cet espoir (&#8230;). Durant plus d'un si&#232;cle l'enthousiasme r&#233;volutionnaire des jeunes a &#233;t&#233; endigu&#233; dans la construction du parti ou dans le maniement des armes &#224; feu ; durant plus d'un si&#232;cle les r&#234;ves de ceux qui voulaient un monde adapt&#233; &#224; l'humanit&#233; ont &#233;t&#233; bureaucratis&#233;s et militaris&#233;s, le tout pour la conqu&#234;te du pouvoir d'&#201;tat par un gouvernement qui pouvait &#234;tre accus&#233;, une fois en place, de &#034;trahir&#034; le mouvement qui l'a fait surgir (&#8230; ). Au lieu de voir dans tant de trahisons une explication, peut-&#234;tre devrions-nous interroger la notion m&#234;me de la possibilit&#233; de changer la soci&#233;t&#233; par la conqu&#234;te du pouvoir &#233;tatique. &#187; (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle erreur th&#233;orique se trouve &#224; l'origine de ce pi&#232;ge, se demande Holloway ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les mouvements r&#233;volutionnaires inspir&#233;s par le marxisme ont souvent eu une vue instrumentale de la nature capitaliste de l'&#201;tat. Ils ont vu l'&#201;tat en tant qu'instrument de la classe capitaliste. La notion d'&#034;instrument&#034; implique une relation d'ext&#233;riorit&#233; entre l'&#201;tat et la classe ; comme un marteau, l'&#201;tat serait utilis&#233; par la classe capitaliste pour r&#233;aliser ses int&#233;r&#234;ts propres, alors qu'apr&#232;s la r&#233;volution il pourrait changer de main et &#234;tre employ&#233; par la classe ouvri&#232;re dans son int&#233;r&#234;t. Une telle vision reproduit, inconsciemment peut-&#234;tre, l'isolement ou l'autonomisation de l'&#201;tat de son environnement social, dont la critique est le point de d&#233;part de la politique r&#233;volutionnaire (&#8230;) une telle vision f&#233;tichise l'&#201;tat : elle l'abstrait de l'encha&#238;nement des rapports de pouvoir dans lequel il est engonc&#233;. (&#8230;) L'erreur du mouvement marxiste r&#233;volutionnaire a &#233;t&#233; non de nier la nature capitaliste de l'&#201;tat, mais de ne pas comprendre le degr&#233; d'int&#233;gration de l'&#201;tat dans le r&#233;seau de rapports sociaux capitalistes. &#187; (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci conduit &#224; des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour le mouvement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui &#233;tait initialement n&#233;gatif (le rejet du capitalisme) est converti en quelque chose de positif (construction des institutions, construction du pouvoir). L'introduction de la conqu&#234;te du pouvoir introduit in&#233;vitablement le pouvoir lui-m&#234;me. Les initi&#233;s apprennent le langage, la logique et les calculs du pouvoir ; ils apprennent &#224; utiliser les cat&#233;gories d'une science sociale qui a &#233;t&#233; enti&#232;rement form&#233;e pour son obsession du pouvoir. &#187; (4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons-l&#224; les citations du raisonnement d'Holloway &#224; propos de l'&#201;tat. Nous nous int&#233;resserons plus loin aux aspects subsidiaires. Cependant la critique du marxisme r&#233;volutionnaire pr&#233;sent&#233;e jusqu'ici est tr&#232;s radicale et soul&#232;ve beaucoup de questions sur la nature de la soci&#233;t&#233; capitaliste et sur les moyens de la transformer. Commen&#231;ons par quelques r&#233;flexions initiales sur le cas Holloway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, Holloway sait, mais il ne le souligne pas, que les marxistes-r&#233;volutionnaires ne luttent pas pour capturer l'&#201;tat capitaliste, mais pour le d&#233;truire. Pour lui, l'&#201;tat c'est l'&#201;tat - une cat&#233;gorie immuable qui n'autorise l'existence que d'un ensemble strictement limit&#233; de rapports sociaux. Sa critique se lit comme si L'&#201;tat et la r&#233;volution de L&#233;nine n'avait jamais &#233;t&#233; &#233;crit. Le concept marxiste de la r&#233;volution n'a jamais &#233;t&#233; que la classe ouvri&#232;re d&#233;truit l'&#201;tat juste pour le remplacer par un &#201;tat ouvrie qui s'attellera, lui, &#224; transformer les rapports sociaux. Notre concept d'&#171; &#201;tat &#187; ouvrier, socialiste, c'est celui de l'auto-organisation d&#233;mocratique des masses et non celui de la dictature du parti. En effet nous ne sommes pas (ou ne devrions pas &#234;tre) en faveur du monopole d'aucun parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on illogique, &#224; plusieurs reprises, Holloway se r&#233;f&#232;re positivement &#224; l'exemple de la Commune de Paris. C'est, bien s&#251;r, l'exemple qui a inspir&#233; L&#233;nine lorsqu'il &#233;crivit l'&#201;tat et la r&#233;volution.. L&#233;nine plaide en faveur de &#171; l'&#201;tat de la Commune &#187; ; ce fut le fondement de sa r&#233;flexion sur la question. Dans cette conception, les rapports sociaux sont modifi&#233;s, ou commencent &#224; &#234;tre modifi&#233;s, directement et imm&#233;diatement dans le processus de la r&#233;volution socialiste, pas simplement du fait du changement de la nature de l'&#201;tat, mais dans le changement des rapports sociaux qu'un tel processus enclenche. Dans les pays capitalistes avanc&#233;s au moins, il est impossible d'imaginer le niveau de la mobilisation sociale qu'exige le renversement de l'&#201;tat capitaliste sans qu'en m&#234;me temps - ou dans un d&#233;lai tr&#232;s court - les masses populaires de se saisissent du contr&#244;le d&#233;mocratique des usines, des bureaux et des entreprises. Notre concept de la r&#233;volution n'est pas simplement une &#171; capture &#187; de l'&#201;tat pour l'employer dans l'int&#233;r&#234;t des masses - ceci c'est une id&#233;e de la (veille) social-d&#233;mocratie ; notre alternative c'est la destruction de l'&#201;tat par un &#233;norme soul&#232;vement social et la d&#233;mocratisation des rapports du pouvoir, l'&#233;tablissement par les masses de leurs propres institutions de pouvoir au travers des- quelles elles s'auto-gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de Holloway au sujet de la &#171; soumission &#187; de l'&#201;tat aux rapports sociaux capitalistes est correct, mais il est unilat&#233;ral. L'&#201;tat n'est pas seulement enseveli dans les rapports sociaux capitalistes, il est essentiel pour le fonctionnement du capitalisme. C'est l&#224; qu'est concentr&#233;e la prise de la plupart des d&#233;cisions essentielles et strat&#233;giques. C'est le m&#233;canisme crucial de d&#233;fense contre tout changement fondamental des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de Holloway, c'est pour l'essentiel que, quel que soit le genre d'&#201;tat que vous avez, vous avez par l&#224;-m&#234;me l'oppression et le capitalisme. Il est facile de saisir le caract&#232;re illogique de cet argument. Changeons, pour les besoins de l'argumentation, la phras&#233;ologie traditionnelle du marxisme r&#233;volutionnaire. Abandonnons la formule de l'&#201;tat ouvrier et disons que nous voulons l'administration directe des affaires sociales par les masses organis&#233;es d&#233;mocratiquement. Naturellement pour ce faire les masses devront &#233;lire des fonctionnaires r&#233;vocables, tenir des r&#233;unions dans les entreprises, les bureaux et les &#233;coles et voter sur ce qu'il faut faire. Elles peuvent avoir besoin d'une sorte d'assembl&#233;e nationale et de fonctionnaires &#233;lus de cette assembl&#233;e pour exercer des fonctions ex&#233;cutives. Si l'on rejette tout cela, il est difficile d'imaginer comment le fonctionnement social de la soci&#233;t&#233; pourrait &#234;tre d&#233;cid&#233; et assur&#233;. Bizarrement (ou peut-&#234;tre sagement de son point de vue) Holloway ne s'aventure pas dans la discussion sur un quelconque aspect de la soci&#233;t&#233; post-r&#233;volutionnaire, sur la prise de d&#233;cisions en son sein ou sur les m&#233;canismes de son administration. Parce que si vous vous aventurez dans une telle r&#233;flexion, vous finissez par parler de quelque chose qui ressemble &#224; une forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela conduit &#224; un paradoxe &#233;trange dans son argumentation, que Holloway ne voit pas. Pour les besoins du raisonnement, disons que les communaut&#233;s de base zapatistes constituent un bon mod&#232;le de rapports sociaux diff&#233;rents et d'auto-gouvernement (d'autonomie). Et disons que nous voulons &#171; zapatistiser &#187; tout le Mexique. Dans le sch&#233;ma de Holloway cela est impossible, parce que de cette mani&#232;re vous &#233;tabliriez, dans le processus, un &#201;tat : &#171; l'&#201;tat zapatiste &#187;. Ce faisant vous &#233;vacuez le terrain de la lutte nationale (et internationale), vous vous concentrez sur le local et le particulier. Ce qui ne peut que conduire la classe capitaliste &#224; vous dire &#171; merci beaucoup ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La reproduction des rapports sociaux capitalistes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Holloway invente sa propre phras&#233;ologie pour d&#233;crire les rapports sociaux capitalistes. Le pouvoir capitaliste est ainsi le &#171; pouvoir-sur &#187; (&#171; power-over &#187;) qui confronte le &#171; pouvoir-de &#187; (&#171; power-to &#187;) et subjugue &#171; le flux social de l'agir &#187; (&#171; social flow of doing &#187;). Cela ne devrait pas trop nous tracasser, car le &#171; pouvoir-sur &#187; s'av&#232;re &#234;tre le &#171; pouvoir du fait accompli &#187;, c'est-&#224;-dire le pouvoir du capital accumul&#233; oppos&#233; &#224; la cr&#233;ativit&#233; du travail vivant. Le &#171; pouvoir-de &#187;, parfois d&#233;crit comme &#171; l'anti-pouvoir &#187;, peut affronter le &#171; pouvoir-sur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le mouvement du pouvoir-de, la lutte pour &#233;manciper le potentiel humain, qui fournit la perspective de briser le cercle de la domination. C'est seulement par la pratique de l'&#233;mancipation, de pouvoir-de, que le pouvoir-sur peut &#234;tre surmont&#233; (je souligne, PH). Ainsi le travail est central dans toute discussion sur la r&#233;volution, mais seulement si le point de d&#233;part n'est pas le travail-effort, le travail f&#233;tichis&#233;, mais le travail comme r&#233;alisation, comme cr&#233;ativit&#233; ou pouvoir-de qui existe comme, mais aussi contre-et-au-del&#224;, du travail-effort &#187; (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci peut avoir &#224; se r&#233;aliser dans la perspective suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le processus de la lutte-contre, des rapports se nouent qui ne sont pas le reflet des rapports de pouvoir contre lesquels la lutte est dirig&#233;e : les rapports de camaraderie, de solidarit&#233;, d'amour, des rapports qui pr&#233;figurent le genre de soci&#233;t&#233; pour laquelle nous luttons. (&#8230;) [La lutte contre le capitalisme] et la lutte pour l'&#233;mancipation ne peuvent &#234;tre s&#233;par&#233;es, m&#234;me si ceux qui luttent ne sont pas conscients du lien. Les luttes les plus &#233;mancipatrices, cependant, sont certainement celles qui lient consciemment les deux, car ces luttes sont consciemment pr&#233;figuratives, la lutte y vise, par ses formes, &#224; ne pas reproduire les structures et les pratiques contre lesquelles elle est dirig&#233;e, mais plut&#244;t &#224; cr&#233;er le type de rapports sociaux d&#233;sir&#233;s. &#187; (6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte Holloway mentionne par exemple les occupations d'usines qui ne sont pas seulement des actes de r&#233;sistance, mais dans lesquelles la production est poursuivie sous contr&#244;le social, en vue de buts socialement souhaitables. Mais Holloway conteste ce qui est &#171; politique &#187; et ce qui est &#171; l'anti-pouvoir &#187;, qu'il consid&#232;re comme t&#233;moignant de l'&#233;troitesse de vue de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'anti-pouvoir &#187; est dans la dignit&#233; de l'existence quotidienne. L'anti-pouvoir est dans les relations que nous nouons tout le temps, relations d'amour, d'amiti&#233;, de camaraderie, de communaut&#233;, de coop&#233;ration. Bien s&#251;r de telles relations sont travers&#233;es par le pouvoir &#224; cause de la nature de la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons, mais l'&#233;l&#233;ment d'amour, d'amiti&#233;, de camaraderie se trouve dans la lutte constante que nous menons contre le pouvoir, afin d'&#233;tablir ces rapports sur la base de la reconnaissance mutuelle, de la reconnaissance mutuelle de la dignit&#233; de l'autre (&#8230;). Penser l'opposition au capitalisme seulement en termes de militantisme manifeste, c'est ne voir que la fum&#233;e du volcan. La dignit&#233; (l'anti-pouvoir) existe partout o&#249; vivent les humains. L'oppression implique son contraire - la lutte pour vivre en tant qu'humains. Dans tout ce que nous vivons quotidiennement - la maladie, l'&#233;ducation, le sexe, les enfants, l'amiti&#233;, la pauvret&#233;, n'importe quoi - il y a une lutte pour faire les choses avec dignit&#233;, &#224; les faire bien. &#187; (7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait dire bien des choses &#224; propos de ces id&#233;es. Holloway a certainement raison lorsqu'il souligne le constant rejet des effets du capitalisme, la lutte constante contre la p&#233;n&#233;tration du pouvoir capitaliste tant dans les petites que dans les grandes choses, et la lutte constante de larges secteurs d'opprim&#233;s pour cr&#233;er des rapports d'aide mutuelle avec les amis, la famille et les coll&#232;gues. Mais ce n'est qu'une des faces de la m&#233;daille. Beaucoup de petitesse, d'avarice, de jalousie, de concurrence, de violence, de racisme, de sexisme, de criminalit&#233; envers d'autres opprim&#233;s, etc. existe aussi parmi les opprim&#233;s. On peut discuter de l'&#233;quilibre pr&#233;cis entre les deux. L'enjeu, la question strat&#233;gique, consiste &#224; savoir si des rapports sociaux alternatifs (stables et permanents) peuvent &#234;tre g&#233;n&#233;r&#233;s par la pratique alternative de la r&#233;sistance quotidienne. Holloway tente de justifier son point de vue qu'elles le peuvent par un adroit mouvement th&#233;orique vers la question de la f&#233;tichisation. Selon lui les rapports sociaux f&#233;tichis&#233;s sont un processus et non une structure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La compr&#233;hension de la f&#233;tichisation en tant que processus est essentielle pour la r&#233;flexion sur le changement du monde sans prendre le pouvoir. Si nous abandonnons la f&#233;tichisation cAomme processus, nous abandonnons la r&#233;volution en tant qu'auto-&#233;mancipation. L'approche du f&#233;tichisme comme un f&#233;tichisme dur peut mener &#224; la conception de la r&#233;volution comme un changement du monde au nom des opprim&#233;s et cela conduit in&#233;vitablement &#224; se concentrer sur la prise du pouvoir. La prise du pouvoir est un but politique qui donne un sens &#224; la prise du pouvoir &#034;au nom de&#034; : une r&#233;volution qui n'est pas &#034;au nom de&#034; mais autonome n'a m&#234;me pas besoin de penser &#224; &#034;la prise du pouvoir&#034;. &#187; (8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la racine de cet argument il y a un gigantesque saut. La pr&#233;misse que la f&#233;tichisation est un processus ne conduit pas &#224; la conclusion strat&#233;gique que Holloway en tire. Regardons cet argumentation plus en d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports sociaux f&#233;tichis&#233;s sont-ils une structure ou un processus ? Les rapports sociaux capitalistes doivent &#234;tre constamment reproduits et dans ce sens il s'agit certainement d'un processus. Mais ils pr&#233;existent &#233;galement ; ils ont &#233;t&#233; &#233;tablis d&#233;finitivement et ne sont pas sujets &#224; des ruptures quotidiennes et &#224; l'effondrement (c'est pourquoi la notion de Holloway d'une crise permanente et d'une instabilit&#233; du capitalisme est fausse - j'y reviendrai). A chaque fois que les ouvriers viennent au travail, les rapports sociaux capitalistes n'ont pas besoin d'&#234;tre reconstruits ou r&#233;invent&#233;s ; ils sont reproduits, on peut dire qu'ils sont r&#233;it&#233;r&#233;s - mais c'est le processus normal de la reproduction capitaliste. En les regardant de l'autre c&#244;t&#233;, les rapports sociaux capitalistes ne sont pas quotidiennement d&#233;fi&#233;s, menac&#233;s ou remis en cause. Cela commence seulement &#224; se produire au moment d'une crise politique aigu&#235;, d'un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire ou pr&#233;-r&#233;volutionnaire. Comme il manque de toute notion du politique, Holloway doit rester litt&#233;ralement sans voix devant de tels &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est lors de tels moments de crise que la question du &#171; pouvoir &#187; devient actuelle. Qu'aurait eu &#224; dire Holloway, par exemple aux ouvriers r&#233;volutionnaires de Catalogne en 1936-1937 ? Cr&#233;ez des rapports sociaux alternatifs sur une base non capitaliste ? Mais c'est exactement ce qu'ils avaient commenc&#233; &#224; faire comme n'importe qui un tant soit peu au courant des &#233;v&#233;nements pass&#233;s pourra le lui dire. Les entreprises furent collectivis&#233;es, la terre fut prise par les paysans, les fondements d'un syst&#232;me d'administration populaire et alternative, bas&#233; sur les comit&#233;s et les collectifs pouvaient &#234;tre aper&#231;us dans ce cadre. Idem au Chili en 1971-1973. Idem au Portugal en 1974-1975. Et beaucoup d'autres exemples pourraient &#234;tre mentionn&#233;s. Mais que s'est-il produit ? Dans chacun de ces cas l'avant-garde r&#233;volutionnaire de masse fut incapable de saisir ou de consolider le pouvoir politique (d'&#201;tat) national, et elle a &#233;t&#233; d&#233;faite, isol&#233;e, &#233;cras&#233;e - en Espagne et au Chili avec des cons&#233;quences sanglantes terribles. En abandonnant le terrain du politique et du strat&#233;gique, les id&#233;es de Holloway laissent l'ar&#232;ne d&#233;cisive de la lutte aux forces capitalistes et pro-capitalistes qui l'occuperont in&#233;vitablement, emp&#234;chant le changement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais maintenant pr&#233;senter un cas, qui semble a priori fortement en faveur de la position de Holloway et contre ce que je viens d'&#233;crire. Un r&#233;cent article paru dans The Observer de Londres pr&#233;sente une description fascinante de la lutte dans les banlieues pauvres de Caracas, c&#339;ur de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; dans le Venezuela de Hugo Chavez. La population locale y a pris en main sa propre vie &#224; une &#233;chelle gigantesque. L'eau et l'&#233;lectricit&#233;, les &#233;coles, l'aide alimentaire aux plus pauvres - tous les aspects de l'administration locale ont &#233;t&#233; pris en main par le peuple lui-m&#234;me. Un des activistes locaux cit&#233; dit : &#171; Nous ne voulons pas un gouvernement - nous voulons &#234;tre le gouvernement &#187;. S&#251;rement, c'est exactement de ce genre d'activit&#233; que parle Holloway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de l'activiste local recouvre une attitude totalement progressiste et positive, une attitude r&#233;volutionnaire envers le capitalisme et l'&#201;tat capitaliste. Mais alors comment &#171; nous &#187; - le peuple, les pauvres, les exclus - pouvons-nous &#171; &#234;tre le gouvernement &#187; ? C'est le clou du probl&#232;me. N'importe qui, qui dirait &#224; ces activistes &#171; Faites exactement ce que vous faites. Point &#187; leur rendrait un tr&#232;s mauvais service. Leur capacit&#233; de commencer &#224; changer les rapports sociaux au niveau local d&#233;pend du processus politique national, de l'ensemble du processus &#171; bolivarien &#187; et de l'existence du gouvernement Chavez. Si Chavez &#233;tait renvers&#233; par la r&#233;action locale et par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, cette exp&#233;rience locale du pouvoir populaire serait &#233;cras&#233;e. C'est l&#224; la faiblesse d'une non int&#233;gration des processus locaux de changement du pouvoir dans le cadre d'une lutte nationale pour un &#201;tat national alternatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article mentionn&#233; pr&#233;sente d'int&#233;ressants cas de conflits entre les comit&#233;s bolivariens et certains activistes locaux, qui t&#233;moignent du ressentiment envers les &#171; politiciens &#187; locaux qui tentent d'imposer leurs vues. De tels conflits - qu'on a pu &#233;galement observer en Argentine - constituent une part normale et in&#233;vitable du changement r&#233;volutionnaire. Et il est naturel que pour certains activistes les projets grandioses de changement du gouvernement et de l'&#201;tat apparaissent parfois comme abstraits et utopiques, contrastant avec les t&#226;ches &#233;minemment pratiques visant &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes du peuple ici et maintenant. De telles attitudes ne peuvent qu'&#234;tre renforc&#233;es par les pratiques manipulatrices et bureaucratiques de certaines organisations de la gauche r&#233;volutionnaire et pas-si-r&#233;volutionnaire. Mais en fin de compte elles sont erron&#233;es et conduisent &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En acceptant que les rapports sociaux puissent &#234;tre directement transform&#233;s simplement par la pratique sociale des opprim&#233;s, Holloway abandonne le terrain de la strat&#233;gie et de ce fait celui de la politique &#233;galement. Les marxistes sont oblig&#233;s de lui dire que les r&#233;volutionnaires doivent, en quelque sorte, &#234;tre initi&#233;s au &#171; pouvoir &#187;, apprenant les tours et les tactiques des affaires tr&#232;s sordides de la politique. Cela n'est pas sans cons&#233;quences n&#233;gatives. Il serait bien mieux, en effet, de passer directement aux rapports sociaux alternatifs sans entrer dans ces affaires sombres et d&#233;go&#251;tantes de construction de partis et de lutte pour le pouvoir. Comme aurait pu le dire Ernest Mandel, c'est malheureusement impossible dans &#171; ce mauvais monde, dans lequel nous vivons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pure na&#239;vet&#233; de Holloway appara&#238;t clairement dans ce tr&#232;s int&#233;ressant paragraphe consacr&#233; &#224; la lutte de &#171; l'anti-pouvoir &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Regardez le monde autour de nous, regardez au-del&#224; des journaux, au-del&#224; des institutions du mouvement ouvrier et vous verrez le monde en lutte : les municipalit&#233;s autonomes du Chiapas, les &#233;tudiants de l'Universit&#233; nationale autonome de Mexico (UNAM), les dockers de Liverpool, la vague des manifestations internationales contre le pouvoir du capital-argent, la lutte des travailleurs migrants&#8230; Il y a tout un monde de lutte qui ne vise pas la conqu&#234;te du pouvoir, tout un monde qui lutte contre le pouvoir-sur&#8230; Il y a tout un monde de lutte qui (&#8230;) d&#233;veloppe des formes d'autod&#233;termination et qui d&#233;veloppe des conceptions alternatives de comment le monde devrait &#234;tre. &#187; (9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, c'est vrai, en quelque sorte. Mais si nous regardons sous la surface des trois luttes particuli&#232;res mentionn&#233;es par Holloway, l'histoire semblera un peu diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord les dockers de Liverpool. Une lutte d'un petit groupe d'ouvriers, qui fut internationalis&#233;e de mani&#232;re exemplaire, avec des actions de solidarit&#233; des dockers et des marins sur diff&#233;rentes continents. Dans les coulisses, cependant, plusieurs organisations marxistes britanniques ont consacr&#233; du temps et une &#233;nergie consid&#233;rable pour construire cette lutte et cr&#233;er des liens internationaux. Cette lutte n'aurait pas &#233;t&#233; ce qu'elle fut sans cette intervention. Peut-&#234;tre Holloway ne conna&#238;t-il pas bien les faits, mais je peux lui citer les noms et les num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone des principaux permanents r&#233;volutionnaires impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, la longue lutte d'&#233;tudiants de l'UNAM contre les frais d'inscription en 1998-1999. John Holloway devrait mieux la conna&#238;tre, car il passe beaucoup de son temps au Mexique. Cette lutte fut dirig&#233;e (et aussi mal dirig&#233;e sous certains aspects) par une coalition de groupes marxistes plut&#244;t ultra-gauche. Pour le meilleur et pour le pire, ils pouvaient compter sur le soutien de cinq &#224; six mille gr&#233;vistes les plus d&#233;termin&#233;s, capables d'entra&#238;ner les autres. Il ne s'agissait pas d'une lutte sans direction politique ; cette direction veut en effet gagner le pouvoir, mais vu son caract&#232;re ultra-gauche semi-stalinien, n'a pas de chances de r&#233;ussir - du moins, c'est ce qu'on peut esp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, quoi dire de l'inspiration principale de Holloway, des Zapatistes ? Les assembl&#233;es autonomes des villages sont en effet exemplaires, mais par rapport &#224; quoi sont-elles autonomes ? Certainement pas par rapport &#224; l'organisation et &#224; sa direction politique. Le mouvement zapatiste a trois ailes : l'EZLN, les combattants arm&#233;s ; les communaut&#233;s de base dans les villages montagnards ; le Front zapatiste (FZLN), l'organisation nationale de soutien. Le Comit&#233; indig&#232;ne r&#233;volutionnaire clandestin dirige politiquement les trois ailes. Sa composition exacte n'est pas connue (puisqu'il est clandestin), mais le sous-commandant Marcos en est la figure principale. Il s'agit ni plus ni moins que de la direction d'une organisation politique, qui n'est rien d'autre que le succ&#233;dan&#233; d'un parti politique et les d&#233;mentis du Sous-commandant et de ceux qui le suivent ne changent rien &#224; l'affaire. Vous pouvez avoir la certitude absolue que si les communaut&#233;s de base d&#233;battent d'une question importante, elle a d'abord &#233;t&#233; discut&#233;e au sein de la direction clandestine bas&#233;e dans la selva. La d&#233;mocratie villageoise n'est pas exactement spontan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me le FZLN ne fait pas la moindre chose sans y &#234;tre autoris&#233; par le sous-commandant en personne. La d&#233;mocratie du FZLN n'est pas r&#233;ellement transparente. Et s'il n'est pas devenu un parti d'ampleur nationale, c'est en partie au moins parce que Marcos ne veut pas qu'il &#233;chappe &#224; son contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marxisme, science, conscience &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour anticiper un peu, pr&#233;sentons les points cl&#233;s de l'argumentation de John Holloway contre l'id&#233;e que le marxisme soit une quelconque sorte de science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les marxistes apr&#232;s Engels ont estim&#233; que la science en g&#233;n&#233;ral et le marxisme en particulier cherchent la connaissance objective du monde r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Engels et les marxistes qui l'ont suivi ont fait du marxisme une t&#233;l&#233;ologie - c'est-&#224;-dire que l'histoire serait un processus avec le socialisme comme r&#233;sultat in&#233;vitable. Ceci r&#233;duit la valeur et &#233;limine le r&#244;le de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. En consid&#233;rant le parti (ou l'avant-garde prol&#233;tarienne) comme poss&#233;dant une connaissance que les masses ne poss&#232;dent pas, les marxistes orthodoxes ont &#233;tabli un rapport autoritaire et manipulateur entre le parti et les masses. La cat&#233;gorie de la fausse conscience doit &#234;tre rejet&#233;e, nous sommes tous victimes de la f&#233;tichisation, y compris les militants marxistes. La notion gramscienne de l'h&#233;g&#233;monie est ainsi erron&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. En indiquant une fin ou un but &#224; la lutte (c'est-&#224;-dire le socialisme ou le communisme), les marxistes orthodoxes essayent in&#233;vitablement de canaliser et de diriger les luttes des masses selon des finalit&#233;s pr&#233;con&#231;ues. La notion de la rupture r&#233;volutionnaire est impos&#233;e &#171; de l'ext&#233;rieur &#187; &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marxisme est-il une science ? La science fournit-elle la connaissance objective du monde ? Une telle connaissance est-elle possible ? Avant d'apporter quelques r&#233;ponses provisoires &#224; ces questions, il faut affirmer que la r&#233;ponse que Holloway y apporte - une bowdlerisation (10) des id&#233;es de l'&#201;cole de Frankfurt - n'est pas acceptable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le concept du f&#233;tichisme implique un concept n&#233;gatif de la science (&#8230;). Le concept du f&#233;tichisme implique donc qu'il y a une distinction radicale entre la science &#034;bourgeoise&#034; et la science critique ou r&#233;volutionnaire. La premi&#232;re assume la permanence des rapports sociaux capitalistes et prend l'identit&#233; pour garantie, traitant la contradiction comme le signe d'une contradiction logique. De ce point de vue la science est une tentative de comprendre la r&#233;alit&#233;. Dans le dernier cas, la science [r&#233;volutionnaire] ne peut qu'&#234;tre n&#233;gative, elle est une critique de la fausset&#233; de la r&#233;alit&#233; existante. Le but n'est pas de comprendre la r&#233;alit&#233;, mais de comprendre (et, en les comprenant, les intensifier) ses contradictions en tant qu'&#233;l&#233;ment de la lutte pour changer le monde. Plus nous comprenons la domination totale de la r&#233;ification et plus la science devient absolument n&#233;gative. Si tout est impr&#233;gn&#233; par la r&#233;ification, alors absolument tout est un lieu de la lutte entre l'imposition de la rupture de l'agir et la lutte critique-pratique pour la r&#233;cup&#233;ration de l'agir. Aucune cat&#233;gorie n'est neutre. &#187; (11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral les arguments de Holloway pr&#233;sentent une alternative compl&#232;tement fausse. De tels arguments pourraient conduire &#224; postuler une rupture absolue entre la science &#171; bourgeoisie &#187; et la science &#171; r&#233;volutionnaire &#187; - les pires cons&#233;quences d'une telle id&#233;e ont &#233;t&#233; les produits bizarres de l'Acad&#233;mie sovi&#233;tique sous Staline (12). Si l'on suivait logiquement l'id&#233;e de la science que professe Holloway, on devrait rejeter Niels Bohr et Albert Einstein parce que leurs aper&#231;us des th&#233;ories des ondes et des corpuscules, ou de la relativit&#233;, n'&#233;taient pas une partie de la lutte pour changer le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des marxistes argueraient que la science doit &#234;tre critique et &#171; dialectique &#187; pour produire la connaissance, essayant de comprendre les contradictions de la r&#233;alit&#233;, tant sociale que physique. Cette approche &#171; dialectique &#187; a &#233;t&#233; massivement facilit&#233;e par l'arriv&#233;e de la th&#233;orie du chaos, qui a frapp&#233; un coup fondamental contre les fausses dichotomies que la philosophie bourgeoise a ouvertes entre le d&#233;terminisme et l'ind&#233;terminisme. La th&#233;orie du chaos a prouv&#233; que les &#233;v&#233;nements peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;s, c'est-&#224;-dire ont des causes qui peuvent &#234;tre &#233;tablies, mais ont &#233;galement des r&#233;sultats ind&#233;termin&#233;s, impr&#233;visibles. Loin d'&#234;tre un rejet de la pens&#233;e dialectique, cet &#233;clairage en constitue une confirmation, ou plut&#244;t son approfondissement (13). Mais il est vrai que les &#233;clairages de la th&#233;orie du chaos sont incompatibles avec la vision de la pr&#233;visibilit&#233; scientifique avanc&#233;e par Engels dans son c&#233;l&#232;bre &#171; parall&#233;logramme de forces &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de cons&#233;quences concernant notre conception de la science en d&#233;coulent. Dire que la science peut produire la connaissance du monde r&#233;el n'est pas la m&#234;me chose que de dire que les r&#233;sultats de tous les &#233;v&#233;nements peuvent &#234;tre pr&#233;dits, non parce que nous manquons de connaissances suffisantes en ce qui concerne les causes, mais par d&#233;finition. La th&#233;orie du chaos a montr&#233; les limites de la pr&#233;vision, mais elles ne sont pas absolues. Toute une gamme des r&#233;sultats possibles de beaucoup de processus physiques et sociaux peut &#234;tre connue et pr&#233;vue &#224; l'avance. Si ce n'&#233;tait pas le cas, toute science serait inutile. Nous ne pourrions jamais construire un pont, d&#233;couvrir un nouveau m&#233;dicament ou nous promener dans une rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Holloway &#233;tabli une fausse polarit&#233; entre la science positive et n&#233;gative, entre connaissance et critique. Il est possible de produire une connaissance r&#233;elle du monde sans &#234;tre engag&#233; dans la lutte r&#233;volutionnaire. Il est &#233;galement possible de d&#233;velopper une connaissance r&#233;elle des processus sociaux, sans que cela implique que la r&#233;alit&#233; sociale soit r&#233;gie par des &#171; lois objectives &#187; imperm&#233;ables conduisant &#224; une fin in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, peu de marxistes diraient aujourd'hui que le socialisme est &#171; in&#233;vitable &#187;, que l'histoire a une fin ou des r&#233;sultats pr&#233;con&#231;us. Le socialisme est un objectif, un but pour lequel nous luttons, mais c'est le produit de la r&#233;flexion th&#233;orique. Et cette r&#233;flexion th&#233;orique est elle-m&#234;me le reflet des contradictions de la r&#233;alit&#233;, c'est-&#224;-dire de la lutte des classes dans la soci&#233;t&#233; capitaliste. Pour paraphraser Marx, la th&#233;orie tend vers la r&#233;alit&#233; et (si tout va bien) la r&#233;alit&#233; vers la th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes pensent qu'ils poss&#232;dent la connaissance objective que les masses n'auraient pas, d&#233;nonce John Holloway :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La notion du marxisme en tant que science implique une distinction entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, une distinction entre ceux qui poss&#232;dent la conscience v&#233;ritable et ceux qui ont la fausse conscience (&#8230;). Le d&#233;bat politique devient alors centr&#233; sur la question de l'exactitude et de la &#034;juste ligne&#034;. Mais comment savons-nous (et comme le savent-ils ?) que la connaissance de ceux qui savent est correcte ? Comment ceux qui pr&#233;tendent au savoir (le parti, les intellectuels ou quiconque) peuvent-ils transcender les conditions de leur temps et de leur position sociale de fa&#231;on a obtenir le privil&#232;ge de la connaissance du mouvement de l'histoire ? Et sans doute encore plus important politiquement : si une distinction est faite entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas et si la compr&#233;hension ou la connaissance est per&#231;ue comme si importante pour diriger la lutte politique, quelle est alors la relation organisationnelle entre ceux qui savent et les autres (les masses) ? Est-ce que ceux qui savent doivent conduire et &#233;duquer les masses (comme dans le concept du parti d'avant-garde) ou bien la r&#233;volution communiste est-elle n&#233;cessairement la t&#226;che des masses elles-m&#234;mes (comme le soutiennent les &#034;communistes de gauche&#034; tels que Pannekoek) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) La notion des lois objectives ouvre une s&#233;paration entre la structure et la lutte. Alors que la notion du f&#233;tichisme sugg&#232;re que tout est lutte, que rien n'existe s&#233;par&#233;ment des antagonismes des rapports sociaux, la notion des &#034;lois objectives&#034; sugg&#232;re la dualit&#233; entre un mouvement structurel ind&#233;pendant de la volont&#233; populaire, d'une part, et les luttes subjectives pour un monde meilleur, d'autre part. &#187; (14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les marxistes disent que tel point de vue, ou telle suggestion de l'orientation de l'action, est &#171; correct &#187;, ils n'attribuent pas le statut d'absolu, de connaissance objective &#224; cette cat&#233;gorie - ou du moins ils ne devraient pas le faire. Toute connaissance est provisoire et sujette &#224; la r&#233;vision. En discutant d'une orientation de l'action, le terme &#171; correct &#187; est usuellement un raccourci du &#171; le plus appropri&#233; &#224; la situation &#187;. Mais d'autre part, lorsque les marxistes disent des choses comme &#171; l'invasion de l'Irak est un exemple de l'imp&#233;rialisme &#187; ils sugg&#232;rent en effet l'existence d'une cat&#233;gorie de la r&#233;alit&#233; sociale qui est &#224; la port&#233;e de la connaissance et est r&#233;v&#233;l&#233;e par l'abstraction th&#233;orique. Holloway doit admettre qu'un tel processus est possible, autrement il n'aurait pas &#233;crit son livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes ne pr&#233;tendent pas avoir la &#171; vraie conscience &#187; (bien que cela soit possible) oppos&#233;e &#224; la fausse conscience des masses. Mais ils affirment que la th&#233;orie sociale critique est possible et qu'elle permet de d&#233;velopper des concepts qui nous aident &#224; comprendre le d&#233;veloppement du capitalisme et &#224; lutter contre lui. La suggestion de Holloway que c'est impossible, les marxistes &#233;tant eux-m&#234;mes des produits de moments et de situations sociales particuli&#232;res, est simplement ridicule. &#201;videmment qu'ils le sont et le marxisme est le produit de p&#233;riodes et de circonstances particuli&#232;res. Ses concepts sont temporaires (ce n'est pas la connaissance absolue). Ils fournissent un cadre pour comprendre le monde et pour agir. Cette compr&#233;hension n'est pas absolue ou &#171; objective &#187;, elle est partielle et fragmentaire. Son crit&#232;re doit &#234;tre si c'est utile pour comprendre le monde et pour agir en vue de le changer. Sa v&#233;rification se fait dans la pratique et dans la lutte. Si nous n'avons pas une telle attitude envers la th&#233;orie r&#233;volutionnaire, alors nous abandonnerons non seulement le terrain de la strat&#233;gie et de la politique, mais aussi la th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de Holloway, selon laquelle nous sommes tous le produit de la f&#233;tichisation et de la r&#233;ification ne devrait pas n&#233;cessairement le conduire &#224; rejeter la notion de la fausse conscience ; il pourrait aussi bien dire que nous avons tous une fausse conscience. Et il y aurait l&#224; un grain de v&#233;rit&#233;. Il est &#233;galement juste de dire que certains ont une conscience plus fausse que d'autres. Cela peut ressembler &#224; une plaisanterie, mais si Holloway le rejette, alors nous entrons vraiment dans le ridicule. John Holloway peut-il vraiment affirmer que le point de vue de quelqu'un qui est raciste et chauvin est aussi valable que celui d'un internationaliste r&#233;volutionnaire ? La th&#233;orie marxiste peut &#234;tre partielle et conditionnelle, mais il s'agit certainement d'une approximation de la compr&#233;hension du monde qui est critique envers les rapports sociaux existants et qui fournit un &#233;clairage de ses contradictions ainsi que des potentialit&#233;s pour le changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position de Holloway est &#233;galement lourde de dangers. En rejetant totalement l'id&#233;e de la fausse conscience, il rejette la notion de l'id&#233;ologie comme quelque chose de s&#233;par&#233; de (mais li&#233; &#224;) la r&#233;ification et du f&#233;tichisme. La sous-estimation de l'id&#233;ologie conduit &#224; un manque de compr&#233;hension des appareils id&#233;ologiques du capitalisme moderne, qui sont puissants et capables de g&#233;n&#233;rer et de r&#233;it&#233;rer les points de vue f&#233;tichis&#233;s, pro-capitalistes. Une cons&#233;quence possible d'une telle attitude peut &#234;tre l'absence de compr&#233;hension de la centralit&#233; de la lutte id&#233;ologique, de la n&#233;cessit&#233; d'un combat incessant - par l'agitation, la propagande aussi bien que par la &#171; th&#233;orie &#187; - contre les id&#233;es &#171; fausses &#187; quotidiennement r&#233;pandues par les m&#233;dias pro-capitalistes (et par les acad&#233;mies). Une telle lutte n'&#233;merge pas spontan&#233;ment &#224; quelque &#233;chelle nationale que ce soit. C'est ce que L&#233;nine tentait d'indiquer dans un de ses textes les plus mal interpr&#233;t&#233;s, &#233;crite en 1902. Mais c'est une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusions strat&#233;giques : un monde sans partis de gauche &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de sa &#171; contribution th&#233;orique &#187;, John Holloway ne propose aucune conclusion strat&#233;gique et ne s'en excuse pas. Il n'y a, dit-il, &#171; aucune garantie pour une issue heureuse &#187;. Sur ce point, malheureusement, nous ne pouvons que l'approuver. Mais contrairement &#224; d'autres d&#233;tracteurs r&#233;cents des partis r&#233;volutionnaires, il ne met pas en avant des organisations alternatives - mouvements sociaux, ONG - comme concurrents pour la couronne du &#171; prince moderne &#187;. Il ne nie pas le besoin de la coordination pour des buts ou des luttes particuli&#232;res, ni le besoin de militants politiques. Il n'est simplement pas int&#233;ress&#233; par des organisations nouvelles ou alternatives. Nous devrions regarder le mouvement, propose-t-il, non comme une organisation, mais - inspir&#233;s par le cycle des manifestations anticapitalistes - comme &#171; une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements &#187;. C'est tout, point final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement les id&#233;es de Holloway, dont certaines sont fort r&#233;pandues, ne convaincront pas tout le monde. Si par un accident impr&#233;visible tel &#233;tait le cas, les cons&#233;quences en seraient catastrophiques. Cong&#233;diez les organisations de la gauche et les partis et cong&#233;diez les syndicats. Oubliez les &#233;lections et la lutte contre le gouvernement. Tout ce qui reste, c'est la lutte du &#171; pouvoir-de &#187; contre le &#171; pouvoir-sur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement ces id&#233;es ne deviennent pas h&#233;g&#233;moniques dans la gauche, mais il est structurellement impossible qu'elles le deviennent. Imaginez un instant, dans un monde d'o&#249; les partis auraient disparu, cinq ou six amis venant de diff&#233;rents coins d'un quelconque pays, engag&#233;s dans la coalitions anti-guerre, se rencontrant et discutant politique. Ils se rendront compte qu'ils tombent d'accord sur pas mal de choses - pas seulement la guerre, mais aussi le racisme, la pauvret&#233; et le pouvoir capitaliste. Ils d&#233;cident de se rencontrer r&#233;guli&#232;rement et d'en inviter d'autres. Puis ils produisent un petit bulletin qu'ils diffusent parmi leurs camarades de la coalition anti-guerre. En six mois ils d&#233;couvrent qu'une centaine de personnes viennent &#224; leurs r&#233;unions et d&#233;cident de tenir une conf&#233;rence. Voil&#224;, ils ont form&#233; un parti politique. Et - &#233;videmment - si personne d'autre &#224; gauche n'a form&#233; une alternative, leur parti aura des centaines de membres &#224; la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis r&#233;volutionnaires ne peuvent &#234;tre &#233;limin&#233;s, du moins tant que le travail qu'ils ont &#224; faire reste encore &#224; faire. Plus vite il sera fait et mieux ce sera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Phil Hearse est r&#233;dacteur du mensuel britannique Socialist Resistance. (Traduit de l'anglais par J.M.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. John Holloway, Change the World Without Taking Power, The Meaning of Revolution Today (Changer le monde sans prendre le pouvoir, la signification de la r&#233;volution aujourd'hui), Pluto Press 2002, p. 11. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. op. cit., p. 12. &lt;br class='autobr' /&gt;
3. op. cit., p. 13. &lt;br class='autobr' /&gt;
4. op. cit., p. 15. &lt;br class='autobr' /&gt;
5. op. cit., p. 153. &lt;br class='autobr' /&gt;
6. op. cit., p. 159. &lt;br class='autobr' /&gt;
7. op. cit., p. 156. &lt;br class='autobr' /&gt;
8. op. cit., p. 108. &lt;br class='autobr' /&gt;
9. op. cit., p. 156. &lt;br class='autobr' /&gt;
10. Du nom de Bowdler qui avait r&#233;&#233;crit les textes de Shakespeare pour les rendre plus &#171; acceptables &#187; : &#233;dulcoration, appauvrissement (ndt.) &lt;br class='autobr' /&gt;
11. op. cit., p. 118. &lt;br class='autobr' /&gt;
12. Ainsi, au nom de la &#171; science prol&#233;tarienne &#187; et de la lutte contre &#171; la science bourgeoise &#187;, Staline avait fait interdire la g&#233;n&#233;tique et la sociologie&#8230; Tout en piochant parfois dans la biblioth&#232;que anarchiste, John Holloway n'est pas sectaire et puise son inspiration aussi dans les &#233;lucubrations criminelles du &#171; petit p&#232;re des peuples &#187;&#8230; (ndt.) &lt;br class='autobr' /&gt;
13. Une discussion d&#233;velopp&#233;e de ces th&#232;mes peut &#234;tre trouv&#233;e dans le livre de Daniel Bensa&#239;d, Marx l'intempestif, Fayard 1995). &lt;br class='autobr' /&gt;
14. op. cit., p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; d'Inprecor no, 487)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il faut arr&#234;ter la nouvelle guerre de Bush !</title>
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		<dc:date>2002-09-27T01:09:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; l'opposition croissante dans le monde, le r&#233;gime Bush poursuit les pr&#233;paratifs pour lancer une guerre totale contre l'Irak.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-NON-a-la-guerre-de-l-empire-" rel="directory"&gt;NON &#224; la guerre de l'empire !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-La-guerre-imperialiste-+" rel="tag"&gt;La guerre imp&#233;rialiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; l'opposition croissante dans le monde, le r&#233;gime Bush poursuit les pr&#233;paratifs pour lancer une guerre totale contre l'Irak. Le quotidien britannique Daily Mirror pr&#233;dit que la guerre commencera le 6 novembre, au lendemain des &#233;lections en vue de renouveler un tiers de si&#232;ges du Congr&#232;s &#233;tats-unien. Les &#201;tats-Unis stockent d'&#233;normes quantit&#233;s de p&#233;trole dans les puits sous le Golfe du Mexique et ont averti les gouvernements occidentaux qu'ils doivent se pr&#233;parer &#224; une crise p&#233;troli&#232;re en remplissant leurs propres r&#233;serves. De nouveaux &#233;quipements ont &#233;t&#233; massivement construits au Qatar, qui devra &#234;tre la principale base pour les attaques a&#233;riennes. Et, afin de neutraliser d'avance les futures man&#339;uvres diplomatiques irakiennes, le Secr&#233;taire d'&#201;tat, Colin Powell, a d&#233;clar&#233; que l'ouverture de l'Irak aux inspections internationales &#171; ne suffit plus &#187;. Toute la cr&#233;dibilit&#233; de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; est aujourd'hui suspendue au &#171; crit&#232;re de Saddam &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La marche vers la guerre Pourquoi la Maison Blanche poursuit-elle cette marche vers la guerre, malgr&#233; les d&#233;g&#226;ts diplomatiques qu'elle provoque d&#233;j&#224; en accroissant l'isolement international de l'administration Bush et m&#234;me en la couvrant de ridicule - ce dont les d&#233;clarations du chancelier allemand Schr&#246;der et du gouvernement saoudien sont, selon l'opposition &#233;tats-unienne, les symboles ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L268xH240/doc-3-40ce1.jpg?1629928024' width='268' height='240' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe reaganienne recycl&#233;e autour de George W. Bush - Paul Wolfowitz, Dick Cheney, Condoleeza Rice et Donald Rumsfeld - avait saisi l'occasion fournie par la destruction des Tours Jumelles le 11 septembre 2001 pour mettre en pratique leur conviction que la menace et l'emploi de leur force militaire constituaient actuellement pour le capitalisme &#233;tats-unien les cl&#233;s de la conservation de son leadership mondial. Ils ont esp&#233;r&#233; que la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; leur permettrait de frapper simultan&#233;ment tous les ennemis et rivaux des &#201;tats-Unis - y compris les mouvements de lib&#233;ration du Tiers-Monde, les gouvernements europ&#233;ens sceptiques devant la domination sans partage des &#201;tats-Unis, leurs opposants politiques int&#233;rieurs et ce qu'ils croient &#234;tre le danger politico-militaire &#224; long terme : l'h&#233;g&#233;monie chinoise en Asie de l'Est. En particulier la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; est employ&#233;e pour contrecarrer l'influence &#233;conomique et politique europ&#233;enne au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e qui a suivi le 11 septembre les &#201;tats-Unis ont de mani&#232;re syst&#233;matique utilis&#233; la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; comme le principe d'organisation politique du monde, en l'assurant par la mise en place d'une nouvelle configuration des forces militaires dans le monde entier. A cette fin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des nouvelles bases militaires ont &#233;t&#233; construites en Asie centrale et en Afghanistan sur le flanc occidental de la Chine ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les positions militaires en Cor&#233;e du Sud ont &#233;t&#233; renforc&#233;es et l'aide militaire accord&#233;e &#224; Taiwan a &#233;t&#233; intensifi&#233;e, comme a &#233;t&#233; renforc&#233;e la pr&#233;sence de la marine nord-am&#233;ricaine autour de l'&#238;le ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une nouvelle fois les &#201;tats-Unis ont &#233;tabli une forte pr&#233;sence militaire aux Philippines, en y envoyant 10 000 &#171; conseillers &#187; pour &#171; aider &#224; combattre les rebelles islamiques &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les alli&#233;s des &#201;tats-Unis engag&#233;s dans les guerres contre-r&#233;volutionnaires ont re&#231;u le feu vert pour passer &#224; la guerre totale, par la relance de la guerre contre les gu&#233;rilleros de gauche des FARC en Colombie et par l'approbation de la guerre isra&#233;lienne impitoyable contre le peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On doit ajouter &#224; cette liste l'assassinat de 3 000 &#224; 4 000 civils abattus au cours de la guerre sanglante en Afghanistan, la violation syst&#233;matique de la Convention de Gen&#232;ve par l'assassinat massif des prisonniers de guerre et leur d&#233;portation &#224; Guantanamo, o&#249; l'emploi de la torture est devenu routinier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique de &#171; l'axe du mal &#187; Du point de vue politique g&#233;n&#233;ral l'&#233;v&#233;nement le plus dramatique de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e fut cependant le discours de Bush sur &#171; l'axe du mal &#187; prononc&#233; en janvier, dans lequel il a pr&#233;sent&#233; sa nouvelle doctrine : les &#201;tats-Unis se r&#233;servent le droit d'attaquer de mani&#232;re pr&#233;ventive les pr&#233;tendus &#171; &#201;tats sc&#233;l&#233;rats &#187;, dont l'Irak, l'Iran et la Cor&#233;e du Nord. Il a &#233;galement averti ouvertement les gouvernements europ&#233;ens, que s'ils ne soutenaient pas l'action am&#233;ricaine, les &#201;tats-Unis agiraient seuls. Et il a habill&#233; le tout de la rh&#233;torique famili&#232;re &#171; qui n'est pas avec nous est contre nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que tout cela a peu de choses en commun avec le v&#233;ritable combat contre le terrorisme. En effet la principale menace &#171; terroriste &#187; aux &#201;tats-Unis depuis le 11 septembre a &#233;t&#233; l'alarme soulev&#233;e par les envois postaux des bacilles du charbon (anthrax) adress&#233;s au Congr&#232;s et au gouvernement. Il s'est finalement av&#233;r&#233; que le responsable de ces envois &#233;tait une ex-employ&#233;e du gouvernement &#233;tats-unien qui s'&#233;tait servi des souches d&#233;velopp&#233;es par les &#201;tats-Unis en vue d'une guerre biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le projet de l'&#233;quipe Bush r&#233;ussit, les b&#233;n&#233;fices qu'en tirera le capitalisme nord-am&#233;ricain seront immenses. Depuis l'&#233;croulement de l'Union sovi&#233;tique un d&#233;bat fait rage au sein de l'&#233;lite qui d&#233;cide de la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis sur la mani&#232;re de s'assurer le leadership politique et militaire mondial en l'absence du vieux syst&#232;me d'alliances antisovi&#233;tiques h&#233;rit&#233; de la guerre froide. Trois questions sont au centre de ce d&#233;bat : Comment tenir l'Europe occidentale sous la tutelle &#233;tats-unienne ? Comment maintenir la Russie subjugu&#233;e ? Comment traiter la menace naissante de la Chine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; atteint ses objectifs, elle renforcera &#233;galement le secteur du n&#233;olib&#233;ralisme europ&#233;en (autour de Berlusconi, Aznar et Blair) favorable au maintien de l'Europe dans le r&#244;le d'associ&#233;-cadet des &#201;tats-Unis, permettant d'importer en m&#234;me temps le mod&#232;le &#233;conomique du capitalisme sauvage sur le continent europ&#233;en. Par contre le prix de l'&#233;chec serait un affaiblissement politique du capitalisme am&#233;ricain dans des proportions comparables &#224; celles de sa d&#233;bandade vietnamienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Irak est aujourd'hui au centre de ce dispositif : si l'Irak n'est pas attaqu&#233; et si Saddam Hussein n'est pas renvers&#233;, la politique de &#171; l'Axe du mal &#187; sera ruin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alli&#233;s h&#233;sitants ou hostiles Les obstacles sur la voie du succ&#232;s dans la guerre am&#233;ricaine contre l'Irak sont aujourd'hui consid&#233;rables. A la suite du 11 septembre la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; &#233;tait pr&#233;sent&#233;e en premier lieu comme devant permettre de punir et d'&#233;liminer ceux qui s'en &#233;taient pris aux &#201;tats-Unis et d'emp&#234;cher l'apparition d'autres mouvements semblables. Cela a bien s&#251;r &#233;chou&#233; et aujourd'hui la compr&#233;hension des objectifs &#233;tats-uniens r&#233;els est tr&#232;s diff&#233;rente. Le scepticisme europ&#233;en s'est maintenant ouvertement exprim&#233; au travers de la prise de position contre la guerre du chancelier allemand Schr&#246;der, ce qui repr&#233;sente un camouflet pour l'&#233;quipe Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements de l'opinion publique peuvent &#234;tre &#233;valu&#233;s au vu des d&#233;clarations d'&#233;minentes personnalit&#233;s contre une guerre en Irak. Le chanteur pop britannique George Michael a ainsi publiquement critiqu&#233; Bush et Blair. Il a &#233;t&#233; soutenu par l'acteur am&#233;ricain Woody Harrelson qui a d&#233;clar&#233; au Daily Mirror que &#171; la guerre contre le terrorisme, c'est du terrorisme &#187;, une prise de position &#233;tonnamment courageuse &#233;tant donn&#233; le climat de chasse aux sorci&#232;res qui r&#232;gne aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus significatif encore est un article du g&#233;n&#233;ral Sir Michael Rose, ancien commandant en chef du Special Air Service britannique (unit&#233;s d'&#233;lite) et commandant des troupes des Nations Unies en Bosnie, publi&#233; par le Daily Mirror le 9 ao&#251;t. Il avertit que l'Irak &#171; sera le nouveau Vi&#234;t-nam de Bush &#187; et proclame qu'il n'y a aucune preuve des liens de Saddam avec le terrorisme anti-occidental. M&#234;me si l'on admettait que l'Irak dispose d'armes de destruction massive, &#233;crit-il encore, rien ne prouve qu'il a l'intention de les employer dans des attaques terroristes. Et il soutient de plus que l'attaque a&#233;rienne contre la Libye en 1986 avait &#233;t&#233; contre-productive car elle a conduit &#224; des s&#233;v&#232;res attaques terroristes en Europe, accusant l'&#233;quipe Bush &#171; d'ignorer les le&#231;ons de l'Histoire &#187;. Sa conclusion : &#171; C'est dans la recherche d'un juste r&#232;glement en Palestine, plut&#244;t que dans le renversement du r&#233;gime irakien, qu'il faut chercher la solution de la guerre contre le terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait surprenant que ces d&#233;clarations ne repr&#233;sentent pas le point de vue priv&#233; d'un secteur important des &#233;lites militaires et des services secrets du Royaume Uni ainsi que celles d'importants fonctionnaires du Foreign Office (Minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res britannique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire doit &#234;tre &#233;vit&#233; L'incapacit&#233; d'&#233;liminer ou au moins d'affaiblir s&#233;rieusement - sauf aux &#201;tats-Unis - le mouvement plan&#233;taire contre la mondialisation capitaliste constitue un &#233;chec significatif de la politique de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187;. Au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e les mobilisations importantes - de Porto Alegre &#224; Barcelone - ont fait de la lutte contre la guerre un de leurs th&#232;mes principaux. Durant la guerre en Afghanistan, l'Italie - o&#249; le Parti de la Refondation Communiste a jou&#233; un r&#244;le clef - et la Grande-Bretagne - o&#249; la coalition antimilitariste &#233;tait organis&#233;e par l'extr&#234;me gauche - furent les centres du mouvement contre la guerre. Et ce n'est pas fini : le 28 septembre prochain une manifestation pr&#233;vue &#224; Londres a d&#233;j&#224; obtenu le soutien de six organisations syndicales, dont le plus important syndicat du pays, UNISON. La solidarit&#233; avec le peuple palestinien sera un des th&#232;mes centraux de cette mobilisation, o&#249; l'on attend des centaines de milliers de participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Bush et sa guerre contre le terrorisme constituent aujourd'hui le pivot des forces les plus r&#233;actionnaires de la bourgeoisie mondiale et le principal levier de leurs plans de r&#233;organisation de la politique mondiale autour du renforcement du leadership &#233;tats-unien et de l'imposition de son mod&#232;le socio-&#233;conomique &#224; toute la plan&#232;te. L'id&#233;e qu'il s'agit l&#224; d'une affaire qui concerne surtout les &#201;tats-Unis et le Moyen-Orient et qui n'aurait pas d'effets d&#233;sastreux ailleurs, serait une preuve de myopie fatale pour la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aujourd'hui possible de rendre politiquement impraticable le lancement d'une nouvelle orgie de la barbarie imp&#233;rialiste en emp&#234;chant ainsi les &#201;tats-Unis de provoquer de nouvelles destructions et encore des dizaines de milliers de morts. Le plan de l'attaque contre l'Irak est aujourd'hui vacillant et avec lui c'est tout le projet de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; qui pourrait &#234;tre remis en cause. Partout - et en particulier dans les pays o&#249; le mouvement contre la guerre en Afghanistan &#233;tait faible - la gauche se doit de r&#233;veiller les traditions antimilitaristes et anti-imp&#233;rialistes pour faire de l'opposition &#224; la guerre une force qui ne pourra &#234;tre ignor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non &#224; la guerre contre l'Irak !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tez la guerre contre la Palestine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tez les tortures des prisonniers &#224; Guantanamo !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun appui europ&#233;en pour la guerre de Bush !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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