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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>La fin de l'ETA et les perspectives du mouvement ind&#233;pendantiste basque</title>
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		<dc:date>2012-01-21T03:17:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jos&#233; &#171; Troglo &#187; RAMON CASTANOS </dc:creator>


		<dc:subject>Pays basque (Euskadi)</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le nationalisme basque est entr&#233; dans une phase de recomposition g&#233;n&#233;rale, avec des perspectives encore incertaines. On peut, et l'on doit, reconna&#238;tre l'incompatibilit&#233; entre le caract&#232;re l&#233;gitime de la fin poursuivie et l'immoralit&#233; des m&#233;thodes utilis&#233;es par l'ETA pour l'obtenir. Parall&#232;lement &#224; ce changement de discours sur la violence, il faut r&#233;ajuster le projet ind&#233;pendantiste afin de le rendre int&#233;grateur vis-&#224;-vis de toutes les identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Pays-basque-Euskadi-+" rel="tag"&gt;Pays basque (Euskadi)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liberation-nationale-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH92/arton3271-5c348.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le nationalisme basque est entr&#233; dans une phase de recomposition g&#233;n&#233;rale, avec des perspectives encore incertaines. On peut, et l'on doit, reconna&#238;tre l'incompatibilit&#233; entre le caract&#232;re l&#233;gitime de la fin poursuivie et l'immoralit&#233; des m&#233;thodes utilis&#233;es par l'ETA pour l'obtenir. Parall&#232;lement &#224; ce changement de discours sur la violence, il faut r&#233;ajuster le projet ind&#233;pendantiste afin de le rendre int&#233;grateur vis-&#224;-vis de toutes les identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nationalisme basque est entr&#233; dans une phase de recomposition g&#233;n&#233;rale, avec des perspectives encore incertaines. Au Pays Basque, le rapport de forces qui a surgi des &#233;lections [r&#233;gionales et municipales, NdT] du 22 mai dernier donne une claire majorit&#233; aux partis nationalistes face &#224; leur concurrents espagnols. L'addition des votes en faveur des forces nationalistes basques (PNV, Bildu, Aralar) atteint 65% du total, tandis que la somme des votes en faveur du PP et du PSOE n'est que de 35%. Cette donn&#233;e est, en elle-m&#234;me, significative, car elle se r&#233;p&#232;te de mani&#232;re constante dans tous les processus &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est nouveau, par contre, c'est la progression de la gauche abertzale [pr&#244;nant l'ind&#233;pendance et le socialisme, NdT] regroup&#233;e dans la coalition Bildu, qui atteint presque le score du Parti Nationaliste Basque (PNV) en nombre de voix et en repr&#233;sentation institutionnelle. Ce fait repose en des termes nouveaux la vieille question du leadership au sein du mouvement nationaliste car il n'est d&#233;sormais plus &#233;vident, contrairement au pass&#233;, que le parti politique qui a repr&#233;sent&#233; pendant les 100 derni&#232;res ann&#233;es les int&#233;r&#234;ts de la classe bourgeoise nationaliste basque, le PNV, puisse conserver son h&#233;g&#233;monie politique et culturelle sur le mouvement ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation institutionnelle de Bildu est majoritaire dans la province de Gipuzkoa et dans plusieurs municipalit&#233;s industrielles importantes, y compris dans la ville de San Sebasti&#225;n. La gauche abertzale est ainsi pass&#233;e de l'ill&#233;galit&#233; depuis l'interdiction de Batasuna (parti politique dans lequel s'&#233;tait historiquement reconnu l'ETA) au contr&#244;le de plus de 100 municipalit&#233;s gr&#226;ce &#224; la coalition Bildu (qui signife &#171; rassembler &#187; en basque).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'es-ce que Bildu et comment expliquer la mont&#233;e de la gauche nationaliste ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bildu est une coalition &#233;lectorale impuls&#233;e par Batasuna en remplacement de Sortu (&#171; cr&#233;er &#187;, en basque), d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale par le Tribunal Supr&#234;me espagnol. En son sein participe entre autre une organisation nationaliste de type social-d&#233;mocrate, issue d'une scission du PNV dans les ann&#233;es '80 et appel&#233;e &#171; Eusko Alkatasuna &#187;, et une petite organisation de gauche, qui a r&#233;cemment fait scission avec Izquierda Unida, appel&#233;e &#171; Alternatiba &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation de ces deux organisations &#224; Bildu a &#233;t&#233; d&#233;cisive pour que le Tribunal Constitutionnel espagnol accorde la l&#233;galisation de la coalition, &#224; l'encontre d'une d&#233;cision ant&#233;rieure du Tribunal Supr&#234;me. A la diff&#233;rence de Batasuna, ces deux organisations se sont toujours caract&#233;ris&#233;es par leur prise de distance avec l'ETA et pour leurs critiques envers la violence politique. En &#233;change de ce &#171; service &#187;, ces deux partis ont obtenus une repr&#233;sentation significative sur les listes de Bildu, mais il faut dire que l'immense majorit&#233; des &#233;lus est compos&#233;e de militants de Batasuna, qui furent oblig&#233;s de se pr&#233;senter comme &#171; ind&#233;pendants &#187; afin de contourner l'interdiction qui frappe leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux circonstances (la condition d'&#234;tre injustement pers&#233;cut&#233;e et l'offre d'une plateforme unitaire pour la gauche abertzale) expliquent, entre autres raisons, le succ&#232;s de Bildu. Mais elles ne sont ni les seules, ni les plus importantes. Ce qui a &#233;galement contribu&#233; au succ&#232;s, c'est le ras-le-bol g&#233;n&#233;ralis&#233; envers la politique traditionnelle et les man&#339;uvres des &#171; politiciens espagnolistes &#187; qui veulent prendre le contr&#244;le du Gouvernement basque malgr&#233; le fait que la somme des votes du PP et du PSOE ne d&#233;passe pas les 35%. Le malaise envers les politiques n&#233;olib&#233;rales et les cons&#233;quences sociales qui en d&#233;coulent (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233; du travail, aust&#233;rit&#233; sociale, probl&#232;mes du logement, etc.) ont &#233;galement jou&#233; leur r&#244;le car Bildu est devenue l'expression politique de la gauche sociale, du syndicalisme basque et des mouvements sociaux alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait le plus significatif de cette plateforme &#233;lectorale est qu'elle a rassembl&#233; la gauche sociale et l'ind&#233;pendantisme politique. Le poids sociologique et l'influence culturelle exerc&#233;e par le syndicalisme basque sur l'ensemble du mouvement nationaliste ont sans aucun doute influ&#233; pour parvenir &#224; cela. Un syndicalisme qui, soit dit en passant, se caract&#233;rise par son radicalisme anticapitaliste, par sa combativit&#233; militante et par son soutien aux revendications nationales (souverainet&#233; nationale et unification territoriale). Le glissement &#224; gauche de &#171; Eusko Alkatasuna &#187;, qui a rompu son alliance de 30 ans avec le PNV, est &#233;galement une cons&#233;quence d&#233;coulant de cette influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il faut chercher la raison fondamentale de la mont&#233;e de la gauche abertzale dans sa rupture politique avec la violence de l'ETA, dans la r&#233;it&#233;ration de sa volont&#233; de substituer la strat&#233;gie politico-militaire par une autre, strictement politique, d&#233;mocratique et pacifique, et avec son engagement pris devant la soci&#233;t&#233; basque de contribuer au d&#233;sarmement unilat&#233;ral et inconditionnel de l'ETA. Sans ces ingr&#233;dients, ratifi&#233;s de mani&#232;re solennelle lors de l'adoption d'un document intitul&#233; &#171; Zutik Euskal Herria &#187; (novembre 2009 &#8211; f&#233;vrier 2010), et dans la D&#233;claration de Guernica (souscrite avec d'autres partis, syndicats et mouvements sociaux en septembre 2010), la progression spectaculaire de la gauche abertzale aurait &#233;t&#233; impossible et impensable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les perspectives du mouvement ind&#233;pendantiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces perspectives d&#233;pendront de la mani&#232;re dont Bildu agira face aux cinq grands probl&#232;mes actuels. A savoir : 1) Mettre un terme d&#233;finitif &#224; la lutte arm&#233;e de l'ETA, en le faisant en outre avec une explication satisfaisante qui permette de r&#233;cup&#233;rer la convivialit&#233; d&#233;mocratique dans la soci&#233;t&#233; basque et la raison &#233;thique de la gauche abertzale. 2) Remplacer le vieux discours ind&#233;pendantiste par un autre, plus ouvert, plus tol&#233;rant et int&#233;grateur envers les diff&#233;rentes identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque. Un discours qui affirme &#224; la fois la souverainet&#233; basque et un pacte entre &#233;gaux avec les peuples d'Espagne dans le cadre de souverainet&#233;s partag&#233;es. 3) Appliquer des politiques fiscales et des politiques de redistribution des richesses qui garantissent les droits sociaux &#224; tous les citoyens. 4) Impulser des mesures de consultation citoyenne afin de d&#233;mocratiser la prise de d&#233;cision dans les institutions publiques. 5) Articuler une alliance strat&#233;gique avec les organisations syndicales et les mouvements sociaux qui puisse y compris s'inscrire dans le cadre d'un nationalisme mod&#233;r&#233;, comme ce fut le cas avec le Pacte de Estella-Lizarra de 1998-2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq questions sont &#233;troitement reli&#233;es entre elles, bien que chacune a une importance diff&#233;rente pour les diff&#233;rents secteurs de gauche qui se reconnaissent dans Bildu. Cette derni&#232;re sera cependant principalement jug&#233;e pour sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er un sc&#233;nario de paix, de d&#233;sarmement de l'ETA, de libert&#233; politique et de r&#233;conciliation entre les Basques. C'est ainsi que pense la majorit&#233; sociale au Pays Basque, car cela fait longtemps qu'elle attend de la gauche abertzale &#8211; et non de l'&#201;tat &#8211; la t&#226;che probatoire d'une r&#233;elle initiative de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, et ind&#233;pendamment du fait que Bildu puisse apporter la paix (et y compris dans le cas o&#249; elle l'apporte r&#233;ellement), plusieurs secteurs vont &#233;valuer sa gestion &#224; partir des initiatives qu'elle prendra sur le terrain de la politique sociale et de la participation citoyenne afin de d&#233;mocratiser la gestion de l'administration publique. Les syndicats et les mouvements sociaux sont, naturellement, les premiers int&#233;ress&#233;s &#224; cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, personne n'attend que Bildu r&#233;solve toute seule tous les probl&#232;mes sociaux ou toutes les questions li&#233;es &#224; l'autod&#233;termination nationale et &#224; l'unit&#233; territoriale du Pays Basque (la s&#233;paration actuelle entre l'Euzkadi et la Navarre). Il y a dans la soci&#233;t&#233; basque une culture politique suffisamment &#233;lev&#233;e pour comprendre que la force de l'adversaire politique entre &#233;galement en ligne de compte et que les r&#233;sultats de l'action politique d&#233;pendent toujours du rapport de forces vis-&#224;-vis de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont donc pas tant des victoires tangibles, mais plut&#244;t des objectifs politiques justes que nous attendons de Bildu. Personne ne lui demandera non plus qu'elle impose de nouvelles taxes aux grandes fortunes et aux mouvements des capitaux car, malgr&#233; le fait qu'elle gouverne la D&#233;putation de la Province de Gipuzkoa, qui a des comp&#233;tences en mati&#232;re de politique fiscale, elle ne dispose pas de la majorit&#233; n&#233;cessaire pour le faire. Personne, donc, ne lui demandera l'impossible, mais tous exigent qu'elle proc&#232;de &#224; un r&#233;f&#233;rendum afin que les citoyens basques eux-m&#234;mes d&#233;cident de la politique fiscale et des d&#233;penses sociales qu'ils estiment n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'exigera pas d'elle non plus qu'elle fasse sortir les prisonniers basques des prisons espagnoles, car cela n&#233;cessite une mobilisation continue, un sc&#233;nario politique nouveau, et une articulation de forces plus large qu'aujourd'hui. Mais nous exigerons par contre un nouveau discours sur la violence, sur les droits humains et les droits civils, afin de r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique perdue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La v&#233;rification du d&#233;sarmement de l'ETA et le r&#233;cit sur la violence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Pays Basque, nous avons la certitude que les armes de l'ETA se sont tues &#224; jamais. Le maintien du cessez-le-feu unilat&#233;ral, le temps qui est pass&#233; sans attentats (deux ans) et la renonciation de la perception de &#171; l'imp&#244;t r&#233;volutionnaire &#187; sont prometteurs, mais il n'existe pas encore de m&#233;canismes de v&#233;rification qui offrent des garanties d&#233;finitives sur la fin de l'ETA (NdT : cet article a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avant l'annonce officielle de la fin de la lutte arm&#233;e par l'ETA, voir le texte int&#233;gral de son communiqu&#233; ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat espagnol exige comme pr&#233;alable la remise des armes tandis que l'ETA r&#233;pond que le prix &#224; payer pour cela est la lib&#233;ration des prisonniers politiques. L'ETA propose deux m&#233;canismes de contr&#244;le : 1) une m&#233;diation men&#233;e par des Prix Nobel de la paix, avec &#224; leur t&#234;te l'avocat sud-africain Brian Currin, et 2) l'ouverture de n&#233;gociations directes entre l'ETA et le gouvernement afin d'&#233;changer la lib&#233;ration des prisonniers contre les armes. La proposition du gouvernement vise &#224; symboliser la soumission et la d&#233;faite totale de l'ETA (ce qu'elle n'est pas pr&#234;te d'accepter), mais ce qu'elle propose ne trouve pas non plus beaucoup d'interlocuteurs dans l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blocage qui en r&#233;sulte laisse le champ libre &#224; la gauche abertzale afin de trouver la solution, mais elle doit &#224; nouveau vaincre &#224; la fois les r&#233;ticences de l'ETA et de l'&#201;tat espagnol, et &#233;laborer un &#171; r&#233;cit &#187; sur la fin de la violence qui r&#233;ponde aux souhaits de paix existant dans la soci&#233;t&#233; basque. Son probl&#232;me est que le discours &#233;labor&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent ne peut pas servir &#224; cette fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Batasuna n'a jamais pris ses distances avec la lutte arm&#233;e &#224; cause de convictions d&#233;mocratiques ou en raison de consid&#233;rations &#233;thiques, mais bien parce que la lutte arm&#233;e a cess&#233; d'&#234;tre une voie politiquement viable et rentable. Cela est clairement perceptible dans le document &#171; Zutik Euskal Herria &#187;, o&#249; l'on th&#233;orise le changement de strat&#233;gie, tout comme dans les statuts pr&#233;sent&#233;s pour la l&#233;galisation de Sortu. Arnaldo Otegi [dirigeant historique de Batasuna, NdT] a insist&#233; sur cette id&#233;e devant le tribunal qui l'a r&#233;cemment jug&#233; en affirmant que la &#171; lutte arm&#233;e entrave et d&#233;range &#187;, tandis que le porte-parole le plus en vue de Bildu, Mart&#237;n Garitano, affirme que &#171; le temps n'est pas aux autocritiques ni aux r&#233;parations morales &#187;. Batasuna souhaite ainsi se d&#233;barrasser de l'ETA, mais sans autocritique politique ni r&#233;paration morale et il est y compris possible qu'une partie significative de la gauche abertzale pense que les pas qui sont fait aujourd'hui seront suffisants, puisqu'en laissant de c&#244;t&#233; la lutte arm&#233;e on r&#233;cup&#232;re la l&#233;galit&#233; et on &#171; oblige &#187; l'&#201;tat &#224; bouger ses pions sur l'&#233;chiquier de la politique anti-terroriste. Le probl&#232;me est que cela n'est pas suffisant pour r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Avec un tel discours, on peut conserver pendant un temps limit&#233; le caract&#232;re de r&#233;f&#233;rence qu'&#224; aujourd'hui la gauche basque, mais on ne pourra pas obtenir les majorit&#233;s politiques n&#233;cessaires pour faire avancer le projet ind&#233;pendantiste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de Batasuna et de Bildu sont pleinement conscients de cela et il convient de se demander pourquoi ils n'ont pas encore fait le pas d&#233;cisif. Certains sugg&#232;rent que nous sommes en pr&#233;sence d'un d&#233;bat non encore r&#233;solu sur la mani&#232;re de mettre fin &#224; l'ETA. Cela est probablement le cas, car la d&#233;cision d'abandonner la strat&#233;gie politico-militaire laissait entre les mains de l'ETA la gestion de sa propre auto-dissolution. Batasuna obtenait ainsi son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'ETA mais lui laissait, sans la r&#233;soudre, le choix de la d&#233;cision finale sur quand et comment d&#233;poser les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'&#233;changer la lib&#233;ration de prisonniers contre des armes autour d'une table de n&#233;gociation avec l'&#201;tat donnerait &#224; l'ETA la l&#233;gitimit&#233; n&#233;cessaire pour se justifier devant l'histoire. La fin de la violence serait ainsi le r&#233;sultat d'un pacte sans vainqueurs ni vaincus. L'ETA pourrait justifier son action violente comme une riposte n&#233;cessaire &#224; l'oppression nationale et &#224; la violence de l'&#201;tat. Les victimes de son action arm&#233;e seraient le r&#233;sultat non d&#233;sir&#233;, mais in&#233;vitable, d'un conflit politique qui a &#233;galement provoqu&#233; des victimes dans la gauche abertzale. La r&#233;conciliation de la soci&#233;t&#233; basque serait ainsi la cons&#233;quence d'une reconnaissance mutuelle et de la fin simultan&#233;e des deux violences sym&#233;triques. Ce &#171; r&#233;cit historique &#187; fait reposer la responsabilit&#233; de la violence sur l'&#201;tat espagnol, disculpe l'ETA de toute responsabilit&#233; politique et morale et justifie en passant Batasuna pour la couverture qu'elle donn&#233; &#224; l'ETA tout au long de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, avec cette strat&#233;gie, ne r&#233;side pas dans l'offre de dialogue avec l'&#201;tat, mais bien dans le r&#233;cit qui l'accompagne. Pour faire honneur &#224; la v&#233;rit&#233;, il faut souligner que l'&#233;change de prisonniers contre des armes serait le bienvenu (et serait probablement &#171; bien accept&#233; &#187; par la majorit&#233; de l'opinion), mais cela requiert un autre discours, un autre r&#233;cit. Et je ne fait pas r&#233;f&#233;rence ici, ni &#224; l'acceptation du cadre constitutionnel espagnol &#8211; comme l'a fait la &#171; fraction politico-militaire &#187; de l'ETA en 1981, une trahison politique pure et simple &#8211; ni l'auto dissolution de facto, par l'inaction, parce que cela constituerait une mani&#232;re honteuse de mettre fin &#224; 50 ann&#233;es d'histoire militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi, on peut, et l'on doit, reconna&#238;tre l'incompatibilit&#233; entre le caract&#232;re l&#233;gitime de la fin poursuivie et l'immoralit&#233; des m&#233;thodes utilis&#233;es par l'ETA pour l'obtenir. On peut et l'on doit demander pardon pour le mal qui a &#233;t&#233; fait, et on ne doit pas le faire en &#233;change de quoi que ce soit. Le r&#233;sultat d'une telle attitude serait la r&#233;conciliation entre la fin et les moyens, la r&#233;cup&#233;ration de la raison &#233;thique et la r&#233;habilitation de la dignit&#233; dans l'action politique. Avec de tels acquis dans les mains, nous aurons la force morale n&#233;cessaire pour relancer la lutte pour la souverainet&#233; nationale et pour la lib&#233;ration des 800 prisonniers basques qui croupissent dans les prisons espagnoles et fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ce changement de discours sur la violence, il faut r&#233;ajuster le projet ind&#233;pendantiste afin de le rendre int&#233;grateur vis-&#224;-vis de toutes les identit&#233;s nationales qui vivent dans la soci&#233;t&#233; basque. Il faut renforcer les facteurs d'identit&#233; collective et cultiver l'id&#233;e d'un pacte entre les peuples et d'une souverainet&#233; partag&#233;e entre leurs institutions nationales respectives, car la souverainet&#233; que nous revendiquons ne repose pas sur une identit&#233; excluante, mais bien dans le droit d&#233;mocratique de tous les citoyens basques &#224; d&#233;cider librement de leur futur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit l&#224; d'une autre question, qui exc&#232;de de beaucoup les limites de cet article. Est-ce que la gauche abertzale sera capable de r&#233;ajuster dans cette direction son projet politique et son discours sur la violence ? Personne ne peut l'affirmer avec certitude, mais nous savons tous qu'elle dispose en elle de la masse critique suffisante pour tenter de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Ram&#243;n Casta&#241;os. Bilbao, 14/08/2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Jos&#233; Ram&#243;n Casta&#241;os&lt;/strong&gt; est un ex-militant de l'ETA-VI, courant de l'ETA qui a fusionn&#233; avec la LCR en 1972. La LCR/ETA-VI fut la section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol. Il collabore r&#233;guli&#232;rement &#224; la revue &#171; Viento Sur &#187;. Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit pour la revue &lt;a href=&#034;http://www.revistasudestada.com.ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sudestada &#187;&lt;/a&gt;. Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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