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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>&#201;tats-Unis : Emplois : la chute la plus rude depuis les ann&#233;es 1930-31</title>
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		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'ampleur et la rapidit&#233; des destructions d'emplois, voil&#224; une des caract&#233;ristiques de la r&#233;cession mondiale pr&#233;sente. Et les records sont loin d'&#234;tre atteints &lt;br class='autobr' /&gt; ______________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 17 mars 2009, par Charles-Andr&#233; Udry Tir&#233; du site : &#192; l'encontre &lt;br class='autobr' /&gt;
. Ainsi au d&#233;but du mois de mars &#8211; selon le New York Times et le Wall Street Journal &#8211; les grandes entreprises industrielles et les moins grandes, ainsi que celles des services qui y sont reli&#233;es, plus la branche de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-du-Nord-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique du Nord&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ampleur et la rapidit&#233; des destructions d'emplois, voil&#224; une des caract&#233;ristiques de la r&#233;cession mondiale pr&#233;sente. Et les records sont loin d'&#234;tre atteints&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;mardi 17 mars 2009, par Charles-Andr&#233; Udry&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site : &#192; l'encontre&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;. Ainsi au d&#233;but du mois de mars &#8211; selon le New York Times et le Wall Street Journal &#8211; les grandes entreprises industrielles et les moins grandes, ainsi que celles des services qui y sont reli&#233;es, plus la branche de la construction sont les secteurs qui suppriment le plus d'emplois. Le secteur bancaire et financier contribue aussi &#224; l'envol des personnes licenci&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il faut y ajouter aujourd'hui : des &#233;coles, des administrations publiques, des biblioth&#232;ques. Elles licencient des salari&#233;&#183;e&#183;s. Pour ce secteur public &#187;, ce sont la Californie, l'Illinois, la Pennsylvanie, la G&#233;orgie et le Massachusetts qui sont au premier rang. La r&#233;duction des d&#233;penses publiques en est &#224; l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie, une firme aussi prestigieuse qu'United Technologies &#8211; un conglom&#233;rat transnationalis&#233;, bas&#233; dans le Connecticut et actif dans l'a&#233;ronautique (les h&#233;licopt&#232;res Sikorsky, les moteurs Pratt&amp;Whitney) ou la domotique (les ascenseurs Otis, syst&#232;mes antifeu, etc.) &#8211; annonce, d&#233;but mars, des &#171; r&#233;ductions d'emplois &#187; &#224; hauteur de 15'000 pour les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manpower International, dans son enqu&#234;te aupr&#232;s des employeurs sur les perspectives d'engagement de nouveaux employ&#233;s d'avril &#224; juin 2009, enregistre son r&#233;sultat le plus plat depuis qu'il &#233;tablit ce recensement en 1982. Le r&#233;sultat net est n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hache pour les emplois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple &#233;num&#233;ration des emplois supprim&#233;s entre janvier 2008 et f&#233;vrier 2009 (Tableau 1) donne une image de ce qui se passe dans la principale &#233;conomie capitaliste &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1 -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emplois perdus aux Etats-Unis (cumulatif)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 2008 72'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 216'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars 338'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 498'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 635'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 796'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juillet 924'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aout 1'099'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1'420'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1'800'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 2'397'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre 3'078'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 2009 3'733'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 4'384'000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Sources : Wall Street Journal et CNBC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 mars 2008, le Bureau of Labor Statistic (BLS) annon&#231;ait que le ch&#244;mage avait atteint le taux de 8,1%. Ce r&#233;sultat valait un grand titre, en premi&#232;re, du quotidien britannique Financial Times (7.03.09) : &#171; Le nombre de sans-emploi &#233;tatsuniens est le pire depuis 25 ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des quatre mois (novembre 2008-f&#233;vrier 2009), l'&#233;conomie am&#233;ricaine a perdu, en moyenne, 600'000 emplois par mois. Pour mieux se repr&#233;senter la situation, il est utile d'avoir en m&#233;moire la dur&#233;e, en mois, des r&#233;cessions enregistr&#233;es officiellement aux Etats-Unis : en 1973-1975 : 17 mois ; 1981-1982 : 16 mois (sans compter la r&#233;cession de janvier-juillet 1980) ; 1990-1991 (9 mois), 2001 (9 mois) ; d&#233;cembre 2007 &#224; ? : d&#233;j&#224; 16 mois et l'on est loin d'une relance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un graphique (voir ci-dessous) a &#233;t&#233; &#233;tabli par l'Economic Policy Institute. Il traduit bien l'ampleur du processus de contraction de l'emploi et surtout son accentuation en cours depuis septembre 2008 (voir : R&#233;cession actuelle) ; cela en comparaison avec l'&#233;volution du recul de l'emploi &#224; l'occasion des r&#233;cessions ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de la population employ&#233;e (qui dispose d'un emploi) a pass&#233; de 63,4%, en d&#233;cembre 2006 &#224; 60,3% en f&#233;vrier 2009. Cette chute est d&#233;j&#224; sup&#233;rieure &#224; celle enregistr&#233;e lors du repli &#233;conomique des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour maintenir le nombre d'emplois en tenant compte de l'arriv&#233;e sur le march&#233; du travail de nouvelles personnes, il aurait fallu augmenter le nombre de postes de travail de 1,8 million depuis d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne sont pas comptabilis&#233;es, ici, dans les statistiques les personnes incarc&#233;r&#233;es : 2,7 millions en d&#233;cembre 2007. Le taux de ch&#244;mage des Afro-Am&#233;ricains est, en f&#233;vrier 2009, de 13,4% et celui des Hispaniques de 10,9% ; et cela n'est que la pointe de l'iceberg. La &#171; d&#233;safiliation sociale &#187;, entre autres, d'une fraction de ces populations cr&#233;e les conditions l&#233;gitimant une politique carc&#233;rale d'une rare brutalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut avoir en m&#233;moire que le ch&#244;mage se prolonge bien apr&#232;s la fin, formelle, d'une r&#233;cession ; c'est-&#224;-dire lors de la phase dite de relance. On le constatera en Suisse en 2010 et 2011 ; ce qui ne signifie pas que 2010 sonne la fin de la r&#233;cession helv&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, plus de 23,1 millions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour disposer d'une mesure plus exacte de la situation de l'emploi, il faut prendre en compte le sous-emploi. C'est-&#224;-dire les personnes qui travaillent &#224; temps partiel et qui cherchent un emploi &#224; temps plein. Or, selon le BLS, le pourcentage de personnes sous-employ&#233;es a pass&#233; de 13,9 en janvier 2009 &#224; 14,8 en f&#233;vrier. Depuis le d&#233;but de la r&#233;cession, le nombre de salari&#233;&#183;e&#183;s contraints &#224; un temps partiel &#8211; avec la perte de revenu que cela implique, sans m&#234;me mentionner l'inexistence de couverture sociale, pour l'essentiel &#8211; a augment&#233; de 4 millions. En effet, la statistique indique le chiffre de 8,6 millions pour f&#233;vrier 2009, par rapport &#224; 4 millions en d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total entre les sans-emploi et les sous-emploi, ce sont 23,1 millions de personnes qui sont frapp&#233;es par cette pand&#233;mie propre au syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute le ch&#244;mage &#224; long terme, c'est-&#224;-dire ceux qui, aux Etats-Unis, se trouvent sans emploi durant une p&#233;riode de plus de six mois. Il est fort &#233;lev&#233; : 23,1%, ce qui n'a rien d'&#233;tonnant lorsque l'on sait que le rapport entre les &#171; places vacantes &#187; et les ch&#244;meurs et ch&#244;meuses est de 1 &#224; 4 (une place vacante pour 4 sans-emploi). Quant aux &#171; personnes d&#233;courag&#233;es &#187; de chercher un emploi, elles ne figurent pas dans les chiffres mentionn&#233;s ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, au cours de cette ann&#233;e, vont se multiplier les faillites, avec leurs effets en cascade. Le volume des emplois qui seront supprim&#233;s &#8211; en plus de celui d&#233;j&#224; effectu&#233; &#8211; par l'industrie automobile sera &#233;norme ; d'autant plus si l'on prend en compte l'ensemble du secteur (&#233;quipementiers, revendeurs, etc.) qui d&#233;pend du &#171; noyau dur &#187; que sont, en tant que telles, les firmes GM, Ford, Chrysler, mais aussi Toyota et Honda dont les ventes d&#233;clinent fortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce secteur, d&#233;j&#224; sinistr&#233;, des licenciements massifs d&#233;bouchent sur des pertes non seulement de salaire, mais aussi d'assurance-maladie et de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le titrait l'hebdomadaire Business Week : &#171; Le temps du travail pour les personnes &#224; la retraite commence &#187;. Entre autres, celles qui ont perdu leurs &#171; avoirs retraite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces seuls constats montrent que les &#171; plans de relance &#187; de l'administration Obama sont loin de r&#233;pondre aux besoins d'emplois, sans m&#234;me mentionner la qualit&#233; de ces emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise met ouvertement en question la capacit&#233; du syst&#232;me capitaliste &#224; r&#233;pondre aux besoins sociaux. Et la brutalit&#233; avec laquelle ce syst&#232;me traite les &#234;tres humains (les &#171; ressources humaines &#187; !) n'est qu'une autre facette de la rudesse avec laquelle il &#171; &#233;puise les ressources de la plan&#232;te &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Aux origines de 1968</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Aux-origines-de-1968</link>
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		<dc:date>2008-05-14T06:03:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La contribution ci-dessous a &#233;t&#233; initialement publi&#233;e en Suisse, il y a vingt ans, dans La Br&#232;che [1]. Elle a &#233;t&#233; reproduite avec une introduction actuelle sur le site de &#171; A l'encontre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; 23 avril 2008 &lt;br class='autobr' /&gt;
La contribution ci-dessous a &#233;t&#233; initialement publi&#233;e en Suisse, il y a vingt ans, dans La Br&#232;che [1]. Elle a &#233;t&#233; reproduite avec une introduction actuelle sur le site de &#171; A l'encontre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir aussi un autre article de 1988 aujourd'hui reproduit par &#171; A l'encontre &#187; : 1968-1988 : Mai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Histoire-" rel="directory"&gt;Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La contribution ci-dessous a &#233;t&#233; initialement publi&#233;e en Suisse, il y a vingt ans, dans La Br&#232;che [1]. Elle a &#233;t&#233; reproduite avec une introduction actuelle sur le site de &#171; A l'encontre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;23 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution ci-dessous a &#233;t&#233; initialement publi&#233;e en Suisse, il y a vingt ans, dans La Br&#232;che [1]. Elle a &#233;t&#233; reproduite avec une introduction actuelle sur le site de &#171; A l'encontre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi un autre article de 1988 aujourd'hui reproduit par &#171; A l'encontre &#187; : 1968-1988 : Mai 68, apr&#232;s tout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans apr&#232;s, &#171; Mai 1968 &#187; continue &#224; susciter l'int&#233;r&#234;t. On avait connu cela en 1988. Aujourd'hui, la comm&#233;moration, ces &#171; c&#233;r&#233;monies destin&#233;es &#224; rappeler le souvenir &#187;, fait &#224; nouveau flor&#232;s. Mais l'interpr&#233;tation culturaliste &#8211; superficielle &#8211; reste dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre politique d'ensemble est diff&#233;rent, d'il y a vingt ans. Ainsi a &#233;clat&#233;, depuis le milieu de 2007, la plus grave crise financi&#232;re &#8211; qui n'est que la traduction d'une classique crise de surproduction et de suraccumulation du Capital, &#224; l'&#232;re de sa mondialisation-transnationalisation la plus avanc&#233;e dans l'histoire &#8211; que le capitalisme international a connue depuis la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle remet &#224; l'ordre du jour le &#171; r&#244;le de l'Etat &#187; et des &#171; banques centrales &#187; pour socialiser les pertes des grandes banques priv&#233;es, autrement dit les faire payer par les salari&#233;s-contribuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; la question : &#171; Est-il pr&#233;f&#233;rable que le march&#233; intervienne ou que l'Etat le fasse ? &#187;, un &#233;conomiste am&#233;ricain r&#233;pondait : &#171; Cela d&#233;pend de qui contr&#244;le l'un et l'autre. En g&#233;n&#233;ral, ce sont les m&#234;mes puissants, les m&#234;mes dominants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le dogme du &#171; moins d'Etat &#187; est &#233;br&#233;ch&#233; par la crise dite financi&#232;re, il reste n&#233;anmoins &#224; l'ordre du jour pour ce qui est des contre-r&#233;formes sociales dans le domaine du syst&#232;me des retraites (AVS et caisses de pension), de l'assurance-maladie ou de l'assurance-ch&#244;mage, sans mentionner des privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la configuration &#171; g&#233;opolitique &#187; n'est plus la m&#234;me. Elle est sous-tendue par un fait d'&#233;vidence : la Chine et l'Inde concentrent des centaines de millions de salari&#233;&#183;e&#183;s qui produisent une plus-value (une valeur ajout&#233;e, si l'on veut) d'un gigantesque volume. Les cercles dominants de ces pays se l'accaparent partiellement et une partie substantielle revient &#224; ceux des pays imp&#233;rialistes : des Etats-Unis &#224; l'UE, en passant par le Japon et Ta&#239;wan. Ils utilisent ces &#171; ateliers productifs &#187; pour exporter &#224; l'&#233;chelle mondiale et, en m&#234;me temps, p&#233;n&#232;trent sur ces march&#233;s pour y vendre leurs produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la rente p&#233;troli&#232;re, elle donne lieu &#224; de vastes recyclages de flux mon&#233;taires et de n&#233;gociations en termes politiques : les d&#233;monstrations muscl&#233;es de Poutine ou les offensives en Asie centrale des Etats-Unis comme celles de l'Allemagne de Merkel ; ou encore les contrats pass&#233;s par l'Eni (soci&#233;t&#233; italienne) en Iran. Et pourquoi oublier le r&#244;le de repr&#233;sentante de commerce en gaz de Micheline Calmy-Rey aupr&#232;s de la mollahcratie de T&#233;h&#233;ran, qui est dans la ligne de mire (la fraction Mahmoud Ahmadinejad et pas Micheline C-R) des g&#233;n&#233;raux isra&#233;liens et de l'administration Bush, pour une &#171; op&#233;ration chirurgicale &#187;, qui ne peut &#234;tre exclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute la permanence de la guerre et des guerres, qui s'inscrivent, d'une part, dans le contr&#244;le de ressources &#233;nerg&#233;tiques, mini&#232;res, aquif&#232;res et &#171; biologiques &#187; (le capital g&#233;n&#233;tique de l'Amazone) et, d'autre part, dans la pr&#233;paration, sur le long terme, de nouveaux affrontements entre les pays du &#171; centre &#187; et la Chine. Cela avec des combats meurtriers par forces &#233;tatiques ou milices interpos&#233;es, comme on peut l'analyser en Afrique, ou au Liban. Peu rassurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement de la plan&#232;te et l'&#233;puisement des ressources sont aujourd'hui des th&#232;mes qui font la une. En 1988, certains, tr&#232;s minoritaires, les indiquaient d&#233;j&#224; comme fort importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au dit mouvement ouvrier organis&#233;, dans son ensemble, il est plac&#233; sur la d&#233;fensive et en voie de mutation-destruction et d'initiale recomposition. On y reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous ces changements, nous pensons que l'analyse faite il y a vingt ans reste valable. Elle n'a pas la pr&#233;tention de certains colloques acad&#233;miques organis&#233;es par des fats ; car, ils assurent &#224; leurs animateurs et animatrices quelques lignes dans un curriculum universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte &#8211; vieux de vingt ans &#8211; a comme simple fonction de susciter la r&#233;flexion sur le pass&#233;, pour l'aiguiser sur le pr&#233;sent, afin ne pas tomber dans le pi&#232;ge des analogies historiques, toutes d&#233;routantes. Il sera suivi des autres contributions &#233;crites &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles-Andr&#233; Udry (23 avril 2008)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Aux origines de 1968&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ann&#233;e ou un couple d'ann&#233;es marquent toujours de leurs empreintes une dite g&#233;n&#233;ration : 1917-1920, la r&#233;volution russe et ses suites en Allemagne, en Autriche ou en Italie ; 1933 : le nazisme triomphant ; 1936 : le Front populaire en France ; 1936-1937 : la Guerre civile et la r&#233;volution en Espagne ; 1943-1947 : l'essor de la r&#233;sistance populaire arm&#233;e dans divers pays occup&#233;s par les forces du IIIe Reich et les grands espoirs trahis de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui, aujourd'hui, ont entre 35 et 45 ans, 1968 repr&#233;sente une de ces ann&#233;es symboliques. Ceci avec la double signification des symboles, c'est-&#224;-dire renvoyant &#224; la fois &#224; des &#233;v&#233;nements bien r&#233;els du monde social et politique et &#224; un imaginaire collectif &#8211; celui d'une &#171; g&#233;n&#233;ration &#187; &#8211; qui a saisi le r&#233;el, mais l'a parfois transform&#233; au point d'en faire un mythe. Ceci, d'autant plus que, si la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; effectivement &#233;branl&#233;e dans quelques pays (&#233;videmment pas en Suisse !) en 1968, elle le fut au point le plus &#233;lev&#233; d'une longue vague de croissance &#233;conomique qui avait permis au syst&#232;me d'accumuler de tr&#232;s importantes r&#233;serves. Il put donc allouer, sans trop de difficult&#233;s, des concessions significatives, aux salari&#233;s&#183;e&#183;s taux &#233;tudiants, qui commen&#231;aient &#224; faire &#171; masse &#187;. Dans ce sens, il n'y a pas d'analogie possible entre la situation de l'entre-deux-guerres en Europe et la p&#233;riode ouverte par 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trospectivement, nombreux sont les &#171; soixante-huitards&#183;e&#183;s &#187; [2] qui, ayant nourri le mythe (et le r&#234;ve) durant quelques ann&#233;es, sont tent&#233;s de r&#233;gler les comptes avec leur adolescence. Ce faisant, ils sont enclins &#224; nier la c&#233;sure qu'a repr&#233;sent&#233; 1968 (et les ann&#233;es qui y firent suite) dans la vie sociale, culturelle et politique &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne et internationale, &#224; sous-estimer l'ampleur et les potentialit&#233;s des mobilisations sociales de cette p&#233;riode, &#224; ne pas faire la diff&#233;rence entre les esp&#233;rances (d&#233;&#231;ues et donc d&#233;ni&#233;es) et la vigueur effective de certains chocs sociaux et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;senchantement n'emp&#234;che d'ailleurs pas les d&#233;luges de nostalgie. Quant &#224; nous, nous pr&#233;f&#233;rons &#171; ni rire, ni pleurer, mais comprendre &#187; (comme le conseillait Spinoza) ce qui fut &#224; l'origine de cette rupture de 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l&#224;, nous pr&#233;ciserons sa signification, comme l'ampleur et les limites de l'envol des luttes ouvri&#232;res dans une s&#233;rie de pays europ&#233;en, avant tout la France, l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne&#8230; puis le Portugal (1974-1975).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier dossier, nous chercherons &#224; d&#233;gager les lignes de force des mutations qui frayent la voie &#224; 1968. Dans un prochain dossier, nous examinerons &#171; l'explosion de 1968 &#187; et ses suites [3]. Puis dans un troisi&#232;me volet de ce triptyque, nous tenterons de mettre en lumi&#232;re le sens de l'&#233;lan, puis du d&#233;clin, des affrontements sociaux et politiques qui marqu&#232;rent une s&#233;rie de pays europ&#233;ens jusqu'en 1975-1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les trois dimensions de 1968&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois dimensions au tournant de 1968. La premi&#232;re est internationale : une conjonction exceptionnelle dans le temps de conflits et crises &#224; l'&#233;chelle mondiale et une mont&#233;e de luttes &#233;tudiantes presque universelles. Une simple &#233;num&#233;ration traduit cette rencontre unique : en janvier 1968, l'offensive du FNL (Front national de lib&#233;ration) au Vietnam r&#233;v&#232;le la capacit&#233; miliaire du mouvement de lib&#233;ration qui frappe jusqu'au sein de Saigon (offensive du Tet), mais aussi sa faiblesse politique ; en mars, la mobilisation des &#233;tudiants polonais est brutalement r&#233;prim&#233;e par le POUP (PC polonais) qui joue ouvertement la carte antis&#233;mite et nationaliste ; le printemps se l&#232;ve &#224; Prague, le 5 avril le PC tch&#233;coslovaque adopte son nouveau programme d'action ; l'explosion &#233;tudiante de mai 1968 en France d&#233;bouche sur une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 9 millions de travailleurs, la plus grande de l'histoire du mouvement ouvrier ; en Italie, les luttes &#233;tudiantes, qui commencent &#224; la facult&#233; d'architecture de Rome en mars, se g&#233;n&#233;ralisent et les heurts avec la police sont violents ; la fermentation ouvri&#232;re commence &#224; la Pirelli, &#224; la Fiat, etc. ; d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e, les occupations d'universit&#233;s dans l'Etat espagnol font &#233;cho &#224; une accentuation des luttes ouvri&#232;res ; les &#233;tudiants de la ville de Mexico sont brutalement (des dizaines de morts) r&#233;prim&#233;s ; aux Etats-Unis, dans le sillage des derni&#232;res grandes luttes des ghettos noirs, les manifestations contre la guerre men&#233;e par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain au Vietnam prennent v&#233;ritablement leur envol&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde a trait au changement qui s'op&#232;re dans le rythme et l'ampleur des luttes ouvri&#232;res et d&#233;mocratiques dans une s&#233;rie de pays &#8211; France, Italie, Espagne et, dans une moindre mesure, la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me concerne l'&#233;mergence ou le renforcement d'organisations politiques &#8211; en Europe en particulier, mais aussi en Am&#233;rique latine, au Japon &#8211; qui se situeront &#224; l'extr&#234;me-gauche sur l'&#233;chiquier politique et une relance du mouvement syndical, puis des partis de la gauche traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La fin de la guerre froide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les &#233;l&#233;ments qui annon&#231;aient et pr&#233;paraient cette mutation de 1968 ? En effet, historiquement, pour que se d&#233;veloppe un changement dans la situation sociale et politique analogue &#224; celui connu durant la p&#233;riode 1968-1975, il est n&#233;cessaire que s'effrite, ant&#233;rieurement, le syst&#232;me de r&#233;f&#233;rences politiques et de &#171; vue du monde &#187; h&#233;rit&#233; de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. C'est ce qui se passa avec le d&#233;clin de la &#171; guerre froide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de guerre froide &#8211; suscit&#233;e par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain d&#232;s 1947 pour tenter de stabiliser la situation internationale &#224; son avantage &#8211; avait abouti, dans les esprits de la majorit&#233; du mouvement ouvrier organis&#233; europ&#233;en traditionnel, &#224; diviser le monde en deux : le &#171; bloc communiste totalitaire &#187;, d'un c&#244;t&#233;, et le &#171; monde libre occidental &#187;, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie europ&#233;enne joua &#224; fond la carte de l'Occident d&#233;mocratique et de l'anticommunisme ; les partis communistes s'alignaient sur Staline et le Kremlin, identifiant frauduleusement socialisme et r&#233;gime de pouvoir absolu d'un &#171; parti communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun se renvoyait l'image invers&#233;e des prises de position de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela aboutissait &#224; emprisonner la r&#233;flexion sociale et politique dans un syst&#232;me binaire st&#233;rile (soit la d&#233;mocratie occidentale, soit le &#171; socialisme &#224; la Staline ou &#224; la Brejnev &#187;). En outre, le pouvoir bourgeois comme bureaucratique utilisait l'argument &#171; vous travaillez pour l'autre camp &#187;, afin de l&#233;gitimer ses mesures r&#233;pressives. On avait donc la &#171; chasse aux sorci&#232;res &#187; du Maccarthysme &#8211; qui eut aussi ses adeptes enthousiastes en Suisse &#8211; &#224; l'Ouest ; les grands proc&#232;s des ann&#233;es 1950 et la r&#233;pression, &#224; l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce monde &#8211; reconstruit sans cesse avec une application propagandiste effr&#233;n&#233;e dans les &#171; deux camps &#187; &#8211; qui va &#234;tre lentement &#233;branl&#233; par des forces sociales qui sortent du lit de Procuste dans lequel les &#171; dirigeants des peuples &#187; voulaient les enfermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, il est int&#233;ressant de citer l'&#233;ditorial du num&#233;ro un de la Revue Internationale du Socialisme (janvier-f&#233;vrier 1964), une revue qui regroupait des repr&#233;sentants de la gauche anti-capitaliste europ&#233;enne en rupture aussi bien avec l'orientation officielle des partis communistes que de la social-d&#233;mocratie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; Les blocs oppos&#233;s, s'ils existent encore, ont perdu de leur caract&#232;re monolithique ; des exigences autonomes, des diff&#233;renciations se font jour &#224; l'int&#233;rieur de chacun d'eux, et les pays qui ne sont int&#233;gr&#233;s ni dans l'un, ni dans l'autre des deux blocs, repr&#233;sentent une zone de plus en plus riche et organique. Dans de telles conditions, le mouvement ouvrier international lui aussi acquiert une articulation nouvelle : n'&#233;tant plus &#233;touff&#233;, ou soumis aux exigences des blocs oppos&#233;s, il est plus &#224; m&#234;me de d&#233;velopper ses possibilit&#233;s de lutte autonome, de retrouver partout son r&#244;le historique : la lutte pour le socialisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Du nouveau &#224; l'Est&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re s&#233;rie de mutations intervient dans le &#171; monde socialiste &#187;. Staline est mort, le r&#233;gime de terreur massive qu'il symbolisait et personnalisait ne pouvait ais&#233;ment se perp&#233;tuer. La bureaucratie &#233;tait avide de mettre en place des m&#233;canismes lui assurant un peu plus de stabilit&#233;. Les purges et liquidations rendaient le &#171; m&#233;tier de bureaucrate &#187; instable et risqu&#233;, ce qui est pr&#233;cis&#233;ment l'inverse de tous les v&#339;ux des bureaucrates !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconstruction &#233;conomique comme le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; russe exigeaient une certaine &#171; lib&#233;ralisation &#187;. Une pression diffuse de la population s'exer&#231;ait. Apr&#232;s quelques maigres r&#233;habilitations effectu&#233;es par Khrouchtchev, c'est par dizaines de milliers que des lettres &#233;crites par les parents des victimes furent envoy&#233;es &#224; la direction du Parti communiste d'Union sovi&#233;tique (PCUS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XXe congr&#232;s du PCUS, en 1956, et le XXIIe, en 1961, traduisent ce passage du stalinisme au khrouchtch&#233;visme, sans que cela implique une disparition des structures fondamentales du pouvoir monopolistique de la direction du PCUS. M&#234;me apr&#232;s l'&#233;vincement de Khrouchtchev, en 1964, et le refroidissement souffl&#233; par Brejnev, le pouvoir bureaucratique ne retournera plus aux m&#233;thodes de r&#233;pressions massives de l'&#233;poque stalinienne, quand bien m&#234;me il r&#233;primera syst&#233;matiquement les tentatives d'activit&#233;s sociales, politiques et culturelles ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1956, c'est aussi la &#171; r&#233;volution hongroise &#187; et l'essor des luttes ouvri&#232;res en Pologne qui mettent &#224; l'ordre du jour la possibilit&#233; effective d'un combat de masse contre le pouvoir de la caste bureaucratique. La R&#233;volution hongroise &#8211; car ce fut une r&#233;volution ! &#8211; fit appara&#238;tre sur la sc&#232;ne politique l'id&#233;e (certes pas toujours tr&#232;s &#233;labor&#233;e) d'une d&#233;mocratie des conseils dans le cadre d'une &#233;conomie non capitaliste ; une id&#233;e qui s'appuyait sur l'exp&#233;rience m&#234;me du combat men&#233; contre l'intervention sovi&#233;tique. Une autre voie que celle du &#171; socialisme r&#233;el existant &#187; ou du capitalisme occidental commen&#231;ait &#224; &#234;tre pens&#233;e et ouverte, non seulement par des &#233;crits th&#233;oriques, des projets politiques, mais par l'activit&#233; sociale et politique des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les processus de r&#233;formes dans divers pays de l'Est, au milieu des ann&#233;es soixante, pr&#233;cipit&#232;rent &#224; leur fa&#231;on ce vaste d&#233;bat. De plus, la pol&#233;mique permanente autour de l'exp&#233;rience yougoslave d'autogestion, qui captait m&#234;me l'oreille de secteurs de la gauche sociale-d&#233;mocrate europ&#233;enne, nourrira l'id&#233;e qu'une troisi&#232;me voie est possible. Le Printemps de Prague, qui commence en janvier 1968, est l'aboutissement le plus &#233;clatant &#8211; et le plus explosif &#8211; de ces processus de r&#233;formes par &#171; en haut &#187; qui sont soudainement bouscul&#233;s par &#171; en bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tout cela viendra s'ajouter le &#171; d&#233;bat sino-sovi&#233;tique &#187; d&#232;s la fin 1962. M&#234;me si les raisons effectives pour lesquelles s'affrontent Moscou et P&#233;kin se refl&#232;tent de fa&#231;on tr&#232;s biais&#233;e dans le contenu id&#233;ologique du d&#233;bat, ce dernier va provoquer une large discussion publique dans le mouvement ouvrier d'avant-garde sur plusieurs th&#232;mes : les rapports &#233;conomiques entre &#233;conomies planifi&#233;es (les m&#233;thodes sovi&#233;tiques de pillage au sein du COMECON) et entre ces derni&#232;res et les pays imp&#233;rialistes ; la d&#233;stalinisation qui renvoie &#224; toute la probl&#233;matique de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique de la r&#233;volution russe, au r&#244;le du parti et au d&#233;p&#233;rissement de l'Etat (d&#232;s 1958, le PC chinois attaquait l'autogestion yougoslave, puis il fera une d&#233;fense, plus que tactique, de Staline face au XXIIe Congr&#232;s) ; la &#171; coexistence pacifique &#187; avec la double dimension : &#233;quivaut-elle &#224; un statu quo social et se dirige-t-on vers un condominium am&#233;ricano-sovi&#233;tique ? ; les modalit&#233;s de progression du socialisme &#224; l'&#233;chelle internationale : l'accent doit-il &#234;tre mis (comme le faisait l'URSS) avant tout sur la comp&#233;tition &#233;conomique ou sur le d&#233;crochage du syst&#232;me capitaliste de pays de la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187; qui conqui&#232;rent leur ind&#233;pendance face &#224; l'imp&#233;rialisme (le PC chinois faisait du tiers-monde le &#171; foyer des contradictions mondiales &#187;) ? Dans cette nouvelle phase de la crise du &#171; mouvement communiste mondial &#187; naissaient, en r&#233;alit&#233;, les conditions d'un nouvel internationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette pol&#233;mique s'adjoindra, d&#232;s le printemps 1966, la dite R&#233;volution culturelle. Cette derni&#232;re entrera en syntonie avec des aspirations confuses d'une partie de la jeunesse &#233;tudiante europ&#233;enne. La lutte contre les &#171; quatre vieilles &#187; - les &#171; vieilles coutumes, id&#233;es, cultures, habitudes &#187; - renvoie &#224; des sentiments et revendications qui percent dans la jeunesse &#233;tudiante. La t&#233;l&#233;vision et des m&#233;dias, qui mondialisent presqu'en temps r&#233;el les &#233;v&#233;nements, ne sont pas pour rien dans cette r&#233;utilisation de th&#232;mes politiques &#171; &#233;tranges &#187; par des acteurs tout aussi &#233;trangers &#224; l'origine m&#234;me de ces th&#232;mes. Ainsi, les &#233;tudiants catholiques de l'Universit&#233; &#171; Statale &#187; de Milan se reconna&#238;tront &#8211; avec la fausse conscience que cela implique &#8211; dans la &#171; r&#233;volution culturelle de Mao &#187;, c'est-&#224;-dire dans une r&#233;volution culturelle qui, pour eux, n'avait rien &#224; voir avec la Chine&#8230; mais avec &#171; leur malaise &#187; dans &#171; leur &#187; soci&#233;t&#233; italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La d&#233;mocratie occidentale r&#233;prime et bombarde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me grande mutation concerne le monde occidental, dit libre. Aux Etats-Unis, le combat pour les droits civiques des Noirs, au d&#233;but des ann&#233;es soixante, a r&#233;v&#233;l&#233; &#224; l'opinion publique europ&#233;enne une facette de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine qui avait &#233;t&#233; soigneusement voil&#233;e. La r&#233;volte des Noirs, surtout de 1964 &#224; 1967, &#233;taye la d&#233;mystification du mod&#232;le de d&#233;mocratie am&#233;ricaine. En 1967, &#224; Detroit, ce sont les blind&#233;s de la Garde f&#233;d&#233;rale qui &#233;crasent le soul&#232;vement du ghetto. En 1965, Malcom X est assassin&#233;. Il repr&#233;sentait l'aile la plus radicale et la plus politis&#233;e du mouvement noir et sa force de conviction, son charisme, pouvait lui permettre de jouer un r&#244;le important dans l'&#233;volution politique d'une large couche de militants noirs. Ceci explique cela. Le 4 avril 1968, Martin Luther King sera abattu. Une premi&#232;re jonction s'&#233;tait faite en 1964 entre les deux ; elle m&#233;rite plus d'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me volet du diptyque d&#233;mocratique am&#233;ricain va &#234;tre barbouill&#233; par le d&#233;but des bombardements &#233;tatsuniens sur le Vietnam et par l'intervention des GI's &#224; Saint-Domingue, en 1965. Le v&#233;ritable visage de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, pour une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re, appara&#238;t plus clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute le coup d'Etat militaire en Indon&#233;sie, en octobre 1965, all&#233;guant (sans aucun fondement) d'une tentative de coup d'Etat du Parti communiste (le PKI), dirig&#233; par Aidit. Le PKI &#233;tait le plus grand parti communiste hors du &#171; bloc socialiste &#187;, il revendiquait 300'000 cadres et plus de 2 millions de membres. L'arm&#233;e va assassiner quelques centaines de milliers militants (r&#233;els ou suppos&#233;s) du PKI. La f&#233;rocit&#233; r&#233;pressive sera toute particuli&#232;re dans l'&#238;le de Java dont le centre &#233;tait un fief du PKI. Ce massacre recevra l'assentiment de Washington, trop content de voir l'Indon&#233;sie &#171; nettoy&#233;e des communistes &#187; au moment o&#249; les Etats-Unis tentent de briser la r&#233;volution vietnamienne. Contre-r&#233;volution et &#171; terreur blanche &#187; deviennent, pour une fraction plus large de l'opinion, synonymes de politique imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dramatique liquidation du PKI, dans ce pays qui avait &#233;t&#233; un symbole de &#171; non-alignement &#187;, suscitera dans l'avant-garde du mouvement ouvrier international un large d&#233;bat sur l'orientation du PKI. En effet, ce dernier all&#233;guait de la n&#233;cessit&#233; d'une alliance strat&#233;gique avec Soukarno et les capitalistes locaux afin de &#171; vaincre les capitalistes &#233;trangers en Indon&#233;sie &#187; ; la r&#233;volution sociale devant venir plus tard. Les faits s'inscrivirent tragiquement en faux contre cette approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; De Cuba &#224; l'Alg&#233;rie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;bouche ainsi sur la troisi&#232;me mutation : celle impuls&#233;e par les r&#233;volutions cubaines et alg&#233;riennes &#8211; qui ne sont pas identiques &#8211; ainsi que par la projection, sur la sc&#232;ne internationale, de la &#171; cause palestinienne &#187;, dans la foul&#233;e du &#171; conflit isra&#233;lo-arabe &#187; de 1967. Evidemment, durant la seconde moiti&#233; des ann&#233;es soixante, la lutte arm&#233;e men&#233;e par le FNL (Front national pour la lib&#233;ration) pour l'ind&#233;pendance nationale et la transformation sociale du Vietnam restera l'&#233;l&#233;ment cl&#233; de toute la situation internationale, dans la mesure o&#249;, pour la premi&#232;re fois depuis la seconde guerre mondiale, la puissance h&#233;g&#233;monique des Etats-Unis est mise en &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une modification significative des rapports de force internationaux se dessine bien qu'encore peu perceptible. Il faut de m&#234;me mentionner les d&#233;buts de la lutte arm&#233;e en Angola et Mozambique ; en septembre 1964, le FRELIMO (Front de lib&#233;ration nationale du Mozambique) annonce les premiers engagements des gu&#233;rilleros nationalistes contre l'arm&#233;e d'occupation portugaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; la r&#233;volution cubaine, dont les incidences sur la formation politique d'une &#171; nouvelle gauche &#187;, y compris en Europe, furent importantes. La victoire du &#171; Mouvement du 26 juillet &#187;, en 1959, introduisit un &#233;l&#233;ment radicalement nouveau dans le mouvement r&#233;volutionnaire &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, c'&#233;tait la premi&#232;re fois &#8211; apr&#232;s la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne &#8211; qu'une lutte antidictatoriale (contre Battista) et une v&#233;ritable r&#233;volution sociale, conjointement, se faisaient sous la direction d'une organisation qui n'&#233;tait pas rattach&#233;e au mouvement communiste issu de la Troisi&#232;me Internationale stalinis&#233;e. Quand bien m&#234;me la direction titiste (Tito) avait rompu, en 1948, avec le Kominform (l'organisation des PC plac&#233;e sous l'&#233;gide du PCUS) la Ligue des communistes de Yougoslavie &#233;tait un enfant du mouvement communiste stalinis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle g&#233;n&#233;ration r&#233;volutionnaire et un large &#233;ventail d'intellectuels d'origines diverses, &#233;videmment d'abord en Am&#233;rique latine et dans le tiers-monde, mais aussi en Europe, vont appuyer la r&#233;volution cubaine. Guevara et Castro rompent &#8211; dans le propos, la pratique et le style &#8211; avec l'orientation des divers partis communistes latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en ao&#251;t 1961, dans son discours de Punta de l'Este, Che Guevara d&#233;clare : &#171; la r&#233;volution cubaine&#8230; est une r&#233;volution avec un caract&#232;re humaniste. Elle est solidaire de tous les peuples opprim&#233;s du monde &#187;, il d&#233;clare &#224; la fois l'originalit&#233; du projet r&#233;volutionnaire &#224; Cuba et la manifestation d'un nouvel internationalisme, expression politique de la d&#233;fense de valeurs humaines universelles et de la n&#233;cessit&#233; pratique d'un combat anti-imp&#233;rialiste radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire du &#171; Mouvement du 26 juillet &#187; conforte l'id&#233;e qu'une force r&#233;volutionnaire cr&#233;dible peut se constituer en dehors du cadre de r&#233;f&#233;rences politiques et organisationnelles des PC. Nombreux seront, alors, les militants qui esp&#233;reront la naissance dune sorte de regroupement de forces r&#233;volutionnaires allant du &#171; Mouvement du 26 juillet &#187; aux &#171; r&#233;volutionnaires vietnamiens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives prises par les Cubains, en 1966, avec la mise en place de l'Organisation de solidarit&#233; des peuples d'Asie, d'Afrique et d'Am&#233;rique latine (la Tricontinentale) nourrissent cette perspective. Et le Message du Che &#8211; tu&#233; dans les montagnes de Bolivie en octobre 1967 &#8211; &#224; la r&#233;union de la Tricontinentale mettait l'accent sur la n&#233;cessit&#233; de rompre la tragique solitude du peuple vietnamien qu'il d&#233;signait comme &#171; un moment illogique de l'histoire de l'humanit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle &#171; atmosph&#232;re politique &#187; sera enrichie &#8211; avant tout en France &#8211; de l'exp&#233;rience de la solidarit&#233; avec la lutte du peuple alg&#233;rien pour son ind&#233;pendance, avec le combat du FLN (Front de lib&#233;ration nationale). L'image de la &#171; d&#233;mocratie fran&#231;aise &#187; - la d&#233;mocratie coloniale ! &#8211; va aussi en prendre un coup durant ces ann&#233;es de guerre (depuis 1954), o&#249; tortures et tueries (des centaines de milliers de morts) deviendront un instrument quotidien de gouvernement dans la dite Alg&#233;rie fran&#231;aise. En juin 1965, le coup d'Etat conduit par Boumediene pour renverser Ben Bella provoquera, parmi ceux et celles qui avaient soutenu la cause alg&#233;rienne, une r&#233;flexion critique sur les limites de l'autogestion alg&#233;rienne, sur le r&#244;le respectif de structures comme l'arm&#233;e, le FNL, l'UGTA (syndicat), l'administration civile (fort anarchique). Cuba et l'Alg&#233;rie devenaient des points de r&#233;f&#233;rence comparatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, dans un milieu tr&#232;s restreint mais actif de militants, ces &#171; luttes r&#233;volutionnaires d'autres continents &#187; consolident l'id&#233;e d'un nouvel internationalisme, qui allie au-del&#224; du mouvement de la paix qui avait rythm&#233; la fin des ann&#233;es 1960 et le d&#233;but des ann&#233;es 1970. Cela conf&#232;re de m&#234;me une plus grande validit&#233; aux projets de formation de forces radicales &#171; &#224; c&#244;t&#233; &#187; des partis socialistes et des partis communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela peut appara&#238;tre quelque peu d&#233;tach&#233; des processus sociaux qui se d&#233;velopp&#232;rent effectivement alors en Europe capitaliste. N&#233;anmoins, pour une g&#233;n&#233;ration militante, qui a fait ses premi&#232;res armes dans les partis socialistes ou les partis communistes, l'ensemble de ces &#233;v&#233;nements &#8211; r&#233;percut&#233;s directement ou indirectement dans les grandes formations de la gauche, dans leurs organisations de jeunesse et dans les revues et la presse &#171; engag&#233;e &#187; - vont fournir un des creusets de leur formation politique. Certes, elle se fera parfois au prix d'un manque de compr&#233;hension affin&#233; de la situation sociale et politique europ&#233;enne, &#233;tant donn&#233; une politisation aliment&#233;e par ces &#171; grandes causes &#187; internationales plus que par la participation directe &#224; des luttes sociales (qui &#233;taient limit&#233;es dans leur nombre et leur ampleur, par ailleurs). Et la clart&#233; sur les &#171; appareils politiques &#187; menant ces luttes d'&#233;mancipation, dans des formations sociales bless&#233;es par le sous-d&#233;veloppement, n'&#233;tait pas celle que l'on a pu avoir a posteriori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, ces trois grands ensembles de mutations ont multipli&#233; les failles dans la &#171; vision du monde &#187; issue de la guerre froide et dans l'organisation des forces politiques que cette situation sous-tendait. Tout cela a facilit&#233; l'&#233;mergence d'une nouvelle culture politique qui ne s'est d'ailleurs pas limit&#233;e &#224; l'extr&#234;me gauche ; une culture politique dont une des caisses de r&#233;sonance &#233;tait fournie par des m&#233;dias &#8211; la TV s'imposait ! &#8211; qui rendaient pr&#233;sents, en Europe, l'intervention &#224; St-Domingue, la &#171; bataille d'Alger &#187;, l'occupation am&#233;ricaine du Vietnam, la r&#233;union de la Tricontinentale, le Printemps de Prague&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'explosion universitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, en Europe, ces chambardements dans le syst&#232;me de r&#233;f&#233;rences politiques h&#233;rit&#233; de la guerre froide s'effectuent sur la toile de fond d'une profonde transformation de la soci&#233;t&#233;, sous l'impact de vingt ans de croissance extraordinaire du capitalisme Ce n'est pas le lieu, ici, de les analyser. N&#233;anmoins, il est utile d'en mettre en relief quelques-unes dans la mesure o&#249; elles interviennent directement dans le tournant de 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'&#233;tudiants explose et l'universit&#233; change. Une universit&#233; comme celle de Nanterre, pr&#232;s de Paris &#8211; qui se veut l'exemple de l'universit&#233; moderne &#8211; compte, en 1964, 2000 &#233;tudiants. Ils seront 15'000 en 1968. En France, on comptait 128'000 &#233;tudiants de niveau universitaire en 1950 ; en 1968, ils atteignaient le chiffre de 500'000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion du nombre d'&#233;tudiants implique aussi un d&#233;but de changement dans l'origine sociale du monde &#233;tudiant. Les &#233;tudiants commencent &#224; se recruter parmi les fils et filles des salari&#233;s &#224; revenus moyens. La contradiction entre l'organisation et la hi&#233;rarchie de la vieille universit&#233; et les besoins d'une universit&#233; &#171; de masse &#187; s'aiguise. Il n'est, d&#232;s lors, pas &#233;tonnant de voir qu'aussi bien en RFA (R&#233;publique f&#233;d&#233;rale allemande), en France qu'en Italie &#233;clatent des mouvements de revendications &#233;tudiants qui portent tous sur des th&#232;mes plus ou moins analogues : en finir avec les cours ex cathedra et consid&#233;rer les &#233;tudiants comme des participants de plein droit &#224; la d&#233;termination des &#233;tudes ; d&#233;mocratiser les syst&#232;mes d'examen ; mettre fin au r&#232;gne des professeurs &#171; grands patrons &#187; dominant une arm&#233;e d'assistants et d'&#233;l&#232;ves ; accro&#238;tre le nombre de bourses et ouvrir l'universit&#233; &#224; tous et &#224; toutes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mouvements se d&#233;velopperont souvent en dehors du cadre des partis traditionnels de la gauche. Les forces d'une extr&#234;me gauche tr&#232;s petite y jouent un r&#244;le significatif. En RFA, le SDS (Association des Etudiants socialistes), qui avait &#233;t&#233; exclue de la social-d&#233;mocratie (SPD) au tout d&#233;but des ann&#233;es soixante, repr&#233;sente l'exemple le plus avanc&#233; de cette combinaison entre mobilisations &#233;tudiantes et d&#233;veloppement d'un projet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1961 d&#233;j&#224; que le SDS publie son document Hochschule in der Demokratie (Universit&#233; dans la d&#233;mocratie). Dans la pr&#233;face &#224; la deuxi&#232;me &#233;dition de ce m&#233;morandum (1965), on pouvait lire : &#171; La d&#233;mocratisation de l'instruction en R&#233;publique f&#233;d&#233;rale a &#233;t&#233; plus entrav&#233;e qu'encourag&#233;e par la pression de &#171; l'&#233;tat d'urgence de l'instruction &#187;. Des mesures &#224; courte vue n'ont en g&#233;n&#233;ral pas &#233;largi les voies d'acc&#232;s aux &#233;coles sup&#233;rieures, mais ont, au contraire, renforc&#233; les types d'&#233;cole d&#233;j&#224; existantes&#8230; Il ne sera possible de r&#233;unir les fonds n&#233;cessaires &#224; l'instruction que par le moyen d'une active politique de d&#233;tente qui r&#233;duise sensiblement les d&#233;penses militaires &#187;. Le SDS fut un facteur d&#233;cisif pour entra&#238;ner le mouvement &#233;tudiant allemand dans l'action de solidarit&#233; avec la lutte du peuple vietnamien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1967, il fut &#224; l'initiative d'importantes manifestations contre la visite du Chah d'Iran &#224; Berlin ; manifestations violemment r&#233;prim&#233;es par la police qui tuera un &#233;tudiant. Cette p&#233;riode marque la r&#233;surgence d'une activit&#233; collective d'opposition qui se fondait, en partie sur l'homog&#233;n&#233;it&#233; de leurs exp&#233;riences d'&#233;tudiants dans l'universit&#233;. Sous l'impulsion des &#233;tudiants de l'Universit&#233; libre de Berlin, des liens plus &#233;troits furent &#233;tablis, d&#232;s 1966-1967, entre le changement de l'universit&#233; et celui de la soci&#233;t&#233;. L'id&#233;e d'une &#171; universit&#233; critique &#187; (dans l'institution et &#224; c&#244;t&#233; d'elle), qui devait d&#233;voiler les implications sociales et politiques de certains enseignements, fit son chemin. La mont&#233;e &#233;tudiante de 1968 se profilait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela se vit aussi au d&#233;but mars 1968 en Italie, les formes de l'activit&#233; &#233;tudiante rompaient avec celles qui r&#233;gnaient alors dans le mouvement ouvrier. Les mobilisations &#233;tudiantes vont rythmer 1968 et les trois ou quatre ann&#233;es qui suivent. Elles marqueront la m&#233;moire collective ; elles ne constituent n&#233;anmoins pas le principal facteur de cette nouvelle p&#233;riode ouverte par 1968. Mais il reste vrai qu'elles fonctionn&#232;rent, en partie, sur le mode exemplaire. En effet, elles fray&#232;rent &#224; nouveau la voie &#224; l'action directe, &#224; l'initiative collective (dite de masse) pour mettre en avant des revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Relance des luttes ouvri&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de boom ont modifi&#233; le tissu social des pays europ&#233;ens : diminution drastique de la population paysanne et gonflement des rangs des salari&#233;s&#183;e&#183;s. Dans le milieu des ann&#233;es soixante, le poids des salari&#233;s du secteur industriel (mine, sid&#233;rurgie, m&#233;tallurgie, automobile, chimie ou production de biens de consommation durable) &#233;tait encore fort important comparativement aux secteurs des services qui certes s'&#233;largissaient. Des grandes concentrations industrielles, souvent modernes, symbolisaient ce qui sera qualifi&#233; par Jean Fourasti&#233; en 1979 : &#171; Les trente glorieuses &#187; (1945-1973) de la croissance du capitalisme. Il y a l&#224; l'explication de la place des salari&#233;s industriels dans les affrontements sociaux au cours des ann&#233;es &#224; venir. L'augmentation du nombre de travailleurs/euses durant la p&#233;riode de croissance portait aussi en elle le renouvellement de leurs rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en Italie comme en France, des jeunes travailleurs issus de r&#233;gions agricoles de leur pays &#233;taient massivement entr&#233;s dans les entreprises. Par leur culture politique et leur manque de tradition, ils &#233;taient moins enclins &#224; adh&#233;rer au mouvement syndical tel qu'il &#233;tait, ou plus exactement &#224; se soumettre passivement aux directives centrales. Ils constitu&#232;rent dans de nombreux cas le ferment de luttes ouvri&#232;res qui &#233;chapp&#232;rent aux formes, et parfois aux structures syndicales traditionnelles. En outre, un renouvellement des cadres syndicaux facilita, &#224; son tour, des initiatives de luttes. Dans divers pays d'Europe, les gr&#232;ves sauvages se firent plus nombreuses dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es soixante. Enfin, les services publics (postes, chemins de fer, sant&#233;) avaient vu les rangs de leurs salari&#233;-e-s grossir. Ils commenc&#232;rent &#224; fournir des contingents appr&#233;ciables aux mobilisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les gouvernements tent&#232;rent de mettre en place des politiques des revenus pour assurer une relation moins favorable entre salaire et productivit&#233; (d&#232;s 1962), ou encore lorsque les r&#233;cessions commencent &#224; &#234;tre marqu&#233;es (d&#232;s 1966-1967 en RFA), des ripostes des salari&#233;s se manifest&#232;rent. Les tensions sur le march&#233; du travail &#8211; le ch&#244;mage &#233;tait marginal et n'avait rien &#224; voir avec la situation pr&#233;sente &#8211; donnaient un sentiment de force aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils engageaient, en quelque sorte, des conflits d&#233;fensifs &#8211; sur les salaires &#8211; avec une capacit&#233; offensive. D&#232;s 1963-1964, dans plusieurs pays d'Europe (Italie, France, RFA, Grande Bretagne, Espagne), le nombre de conflits de travail augmente. Et les luttes se terminent la plupart du temps par des victoires. L'id&#233;e que la &#171; lutte paie &#187; - th&#232;me qui marquera de son empreinte l'apr&#232;s 1968 &#8211; commence &#224; s'affirmer. Quelques points de rep&#232;re ne sont pas inutiles pour saisir cette lente maturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, d&#232;s 1966, suite &#224; un accord unitaire entre CGT et CFDT, se d&#233;roulent une s&#233;rie de journ&#233;es d'action nationale (gr&#232;ve de 24 heures) qui touchent tous les secteurs professionnels, les administrations, les services. Mais le plus r&#233;v&#233;lateur, ce sont les gr&#232;ves prolong&#233;es fortement organis&#233;es dans l'entreprise, qui &#233;clatent en 1967 : usines a&#233;ronautiques de Dassault (&#224; Bordeaux) ; occupation de l'usine Rhodiaceta (textile artificiel) &#224; Besan&#231;on, puis extension du conflit dans tout le groupe dans la r&#233;gion lyonnaise ; gr&#232;ve aux usines Berliet ; conflit dans la sid&#233;rurgie en Lorraine et &#224; Dunkerque ; 63 jours de gr&#232;ve des travailleurs mensualis&#233;s des chantiers navals de St-Nazaire&#8230; Les revendications portent souvent sur les salaires. Des m&#233;thodes nouvelles d'action sont utilis&#233;es : d&#233;brayages surprises ; arr&#234;ts de travail limit&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s, accompagn&#233;s de manifestations originales dans les ateliers, les laboratoires, les bureaux m&#234;me ; occupation d'entreprise, ce qui renoue avec juin 1936 ; blocage de l'usine Sud-Aviation avec l'aide de wagons de chemin de fer ; participation des techniciens aux luttes. 1968 se pr&#233;parait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, d&#232;s juin 1966, les Commissions ouvri&#232;res de Biscaye au Pays basque, d&#233;clarent : &#171; Conscients de l'inefficacit&#233; du syndicat actuel, de la caducit&#233; de ses structures, de sa non-repr&#233;sentativit&#233;&#8230; les travailleurs de Biscaye ont d&#233;cid&#233; de participer aux &#233;lections syndicales dans le seul but de constituer un syndicat authentiquement ouvrier, repr&#233;sentatif et libre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avant-garde ouvri&#232;re dans l'Etat espagnol mettra &#224; profit les &#233;lections organis&#233;es par les syndicats li&#233;s au r&#233;gime franquiste pour, en septembre 1966, commencer &#224; mettre en place des structures autonomes dans les entreprises : les Commissions ouvri&#232;res (CC.OO) de Bilbao, Madrid, Barcelone, le mouvement ne pourra &#234;tre frein&#233; et, en 1967, une s&#233;rie de luttes significatives prennent leur essor (&#224; la SEAT, Olivetti, AEG). Une nouvelle &#233;tape du combat contre le r&#233;gime franquiste s'esquisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trospectivement on voit se mettre en place dans divers pays d'Europe, depuis le milieu des ann&#233;es soixante, les pi&#232;ces d'un puzzle dont le dessin n'appara&#238;tre plus clairement qu'apr&#232;s le tournant de 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Dictatures et d&#233;mocraties rigides&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une contradiction de plus en plus visible va surgir entre le d&#233;veloppement &#233;conomique, social, la &#171; modernisation &#187; de la soci&#233;t&#233; et les formes de domination politique bourgeoise. Ceci &#233;clatait avec force &#224; propos des dictatures h&#233;rit&#233;es de l'avant-guerre : le franquisme (Espagne) et le salazarisme (Portugal). Le coup d'Etat des colonels grecs en 1967 renfor&#231;a consid&#233;rablement la sensibilit&#233; de larges couches de la jeunesse &#224; la bataille antidictatoriale et d&#233;mocratique. De plus, les colonels Papadopoulos et Patakos apparaissent comme des &#233;l&#232;ves des &#233;coles de guerre psychologique de l'OTAN, ce qui donnait &#224; ce coup d'Etat une saveur particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut replacer l'avant 68 dans ce contexte pour comprendre l'impact d'un film comme Z de Costas Gavras qui sort en 1969 et l'ampleur des mobilisations, dans toute l'Europe, contre les ex&#233;cutions de militants antifranquistes dans l'apr&#232;s 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction susmentionn&#233;e ne se limitait d'ailleurs pas aux r&#233;gimes dictatoriaux, elle va bien au-del&#224;. Le type de pouvoir mis en place par le coup d'Etat de de Gaulle en 1958 se r&#233;v&#233;lait &#224; des secteurs entiers de la soci&#233;t&#233; comme une sorte de &#171; dictature constitutionnelle &#187; : Lacouture, dans sa biographie de de Gaulle, stigmatisait ainsi le gaullisme fin de r&#232;gne : &#171; Le r&#233;gime s'ossifie en une vaste entreprise d'ailleurs prosp&#232;re, o&#249; le patronat de droit divin prend le double visage d'un vieux militaire g&#233;nial (de Gaulle) et d'un intelligent fond&#233; de pouvoir (Pompidou)&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, le r&#233;gime de centre-gauche n'avait pu venir &#224; bout &#8211; et pourquoi l'aurait-il pu ? &#8211; des m&#233;thodes d'appropriation de l'appareil d'Etat d&#233;velopp&#233;es avec constance par la D&#233;mocratie chr&#233;tienne d&#232;s la fin de la Seconde guerre mondiale. Depuis que les socialistes avaient donn&#233; leur appui ext&#233;rieur au gouvernement Fanfani (en 1962), les divers gouvernements de centre-gauche, cens&#233;s &#234;tre plus &#224; gauche politiquement, n'avaient que d&#233;plac&#233; lentement &#224; droite la politique &#233;conomique. De quoi nourrir de vastes mouvements revendicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, dans une s&#233;rie de pays europ&#233;ens, vont s'entrem&#234;ler : une pouss&#233;e revendicative de la jeunesse &#233;tudiante face &#224; une universit&#233; dont les structures &#8211; inertes &#8211; craquent sous le poids de &#171; l'inflation &#187; &#233;tudiante ; des r&#233;actions d&#233;fensives des salari&#233;s devant la politique de revenus, les mesures d&#233;flationnistes, les restructurations dans des secteurs anciens (mines, sid&#233;rurgie), les modes nouveaux d'exploitation (dans de grandes concentrations industrielles modernes) ; et une crise institutionnelle plus ou moins aigu&#235;. Tout ceci au sommet d'une onde de d&#233;veloppement capitaliste presque sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en visualisant cet arri&#232;re-plan que le &#171; grand tournant &#187; de 1968 peut mieux &#234;tre compris, aussi bien dans sa dimension mondiale &#8211; qui n'est pas le fruit d'une simultan&#233;it&#233; purement hasardeuse, bien que la contingence y soit pour quelque chose &#8211; que dans sa maturation politico-culturelle et sa pr&#233;paration sociale (les lutes &#233;tudiantes et ouvri&#232;res). A ce propos, il est &#233;vident qu'un aspect g&#233;n&#233;rationnel &#8211; comme toujours dans l'histoire &#8211; a jou&#233;. Il y a eu une reconnaissance mutuelle plus facile &#8211; quand bien m&#234;me il ne s'est point agi d'une fusion &#8211; entre la jeunesse &#233;tudiante et la jeunesse salari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans plus tard, il est facile de &#171; voir venir &#187; 1968, avec le semblant d'intelligence que donne l'analyse r&#233;trospective. Sur le moment ce fut une surprise&#8230; pour tous : pour les gouvernants comme pour les partis traditionnels de gauche &#8230; et m&#234;me pour l'extr&#234;me-gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;in La Br&#232;che, le 15 avril 1988&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UDRY Charles-Andr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Publi&#233; dans La Br&#232;che, ancienne formule, n&#176; 405, du 15 avril 1988, pp. 7-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Qualificatif r&#233;v&#233;lateur, qui renvoie &#224; Quarante-huitard (1848) et donc &#224; barricades. En fait, il fait r&#233;f&#233;rence &#224; une g&#233;n&#233;ration qui a d&#233;couvert la politique, le plus souvent, en 1968 et dans les ann&#233;es qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir sur le site d'ESSF : art&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le rapport du GIEC</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-rapport-du-GIEC</link>
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		<dc:date>2007-04-11T00:05:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2005, Edouard Bard (voir sur ce site l'entretien publi&#233; le 2 f&#233;vrier 2007) dans son ouvrage L'homme et le climat. Une liaison dangereuse (Gallimard) &#233;crivait : &#171; L'utilisation des &#233;nergies non &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre ou le pi&#233;geage du gaz carbonique ne suffiront pas &#224; &#233;viter le r&#233;chauffement mondial. Pour arriver &#224; stabiliser avant la fin du si&#232;cle la concentration atmosph&#233;rique en gaz carbonique, la r&#233;duction drastique de la consommation globale d'&#233;nergie reste un passage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-108-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2005, Edouard Bard (voir sur ce site l'entretien publi&#233; le 2 f&#233;vrier 2007) dans son ouvrage L'homme et le climat. Une liaison dangereuse (Gallimard) &#233;crivait : &#171; L'utilisation des &#233;nergies non &#233;mettrices de gaz &#224; effet de serre ou le pi&#233;geage du gaz carbonique ne suffiront pas &#224; &#233;viter le r&#233;chauffement mondial. Pour arriver &#224; stabiliser avant la fin du si&#232;cle la concentration atmosph&#233;rique en gaz carbonique, la r&#233;duction drastique de la consommation globale d'&#233;nergie reste un passage oblig&#233; qui implique un bouleversement du mode de d&#233;veloppement : Les soci&#233;t&#233;s industrialis&#233;es seraient sollicit&#233;es &#224; tous les niveaux, depuis l'&#233;chelle macro-&#233;conomique jusqu'&#224; celle de l'individu. Parmi les principales variables d'ajustement, les transports &#224; longue distance [voir sur ce site les articles : &#171; Les vols de nuit r&#233;chauffent &#8220;plus&#8221; la plan&#232;te &#187;, 5 avril 2007] et la production de biens manufactur&#233;s devraient conna&#238;tre une r&#233;duction tr&#232;s nette, &#224; laquelle l'&#233;conomie num&#233;rique pourraient contribuer en &#233;vitant les d&#233;placements superflus de biens et de personnes. Mais de tels changements, &#224; contre-courant de l'&#233;volution de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; moderne n&#233;cessitent les efforts de chacun. Pour &#234;tre efficace, cette chasse au gaspillage et &#224; la consommation superflue doit &#234;tre relay&#233;e &#224; tous les &#233;chelons d'organisation, notamment au niveau des Etats. &#187; (p. 93-95)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat), dont Edouard Bard est parmi les principaux animateurs, confirme ce diagnostic et l'ampleur des changements &#224; op&#233;rer &#171; pour &#233;viter un changement envrionnemental majeur et irr&#233;versible, comparable &#224; ceux qui ont boulevers&#233; la Terre dans le pass&#233;. &#187; (Bard, p. 95)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des conclusions expertes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version initiale de la deuxi&#232;me partie du quatri&#232;me rapport &#8211; qui a &#233;t&#233; rendue publique le 6 avril 2007 &#224; Bruxelles &#8211; affirmait : &#171; Les plus pauvres seront les plus menac&#233;s car ils ont peu de moyens pour s'adapter et d&#233;pendent grandement de l'agriculture locale. &#187; (Les Echos, 6-7 f&#233;vier 2007, p. 6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, une crise climatique distribue ses effets multiples, socio-&#233;conomiques entre autres, selon des param&#232;tres analogues &#224; ceux r&#233;gissant la distribution des revenus (donc la captation de la plus-value produite). Cette phrase a &#233;t&#233; l'enjeu &#8211; avec d'autres &#8211; d'&#226;pres n&#233;gociations. (voir sur ce site, l'article publi&#233; le 5 avril 2007 : &#171; L'Occident semble exclure les pauvres &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder ces n&#233;gociations, rappelons toutefois quelques-unes des conclusions du rapport, en soulignant, pr&#233;alablement, que le document de f&#233;vrier 2007 (Paris) indiquait pour 2100 une hausse probable de la temp&#233;rature moyenne de 2 &#224; 4,5 degr&#233;s et une mont&#233;e du niveau des oc&#233;ans de 19 &#224; 58 centim&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ant&#233;rieurement, le GIEC, cr&#233;&#233; en 1988, avait publi&#233; un rapport en 1990, en 1995 et un en 2001. A Gen&#232;ve, en 1995, l'accord en son sein ne s'&#233;tait pas fait. Il fallut une seconde r&#233;union &#224; Montr&#233;al pour faire accoucher d'un texte formellement consensuel..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce deuxi&#232;me volet du quatri&#232;me rapport publi&#233; au d&#233;but avril 2007 &#8211; le troisi&#232;me volet sera port&#233; &#224; la connaissance de l'&#171; opinion publique mondiale &#187; en d&#233;cembre 2007 depuis Bali &#8211; les experts du GIEC &#233;noncent les effets de ces modifications :&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; Au-del&#224; de 2 &#224; 3 degr&#233;s de plus qu'en 1990, le r&#233;chauffement aura des impacts n&#233;gatifs sur toutes les r&#233;gions du globe.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; Au-del&#224; de 1,5 &#224; 2,5 &#176;C de plus, de 20 &#224; 30 % des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales risquent de dispara&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176; Le nombre de victimes d'inondations pourraient augmenter de deux &#224; sept millions de personnes chaque ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
4&#176; En 2080, s&#233;cheresses, d&#233;gradation et salinisation des sols conduiront 3,2 milliards d'hommes &#224; manquer d'eau et 600 millions &#224; souffrir de la faim.&lt;br class='autobr' /&gt;
5&#176; Les cons&#233;quences de ces inondations seront plus graves l&#224; o&#249; la pression d&#233;mographique s'accentue et dans les grands deltas d'Afrique de l'Ouest, d'Asie ou du Mississippi.&lt;br class='autobr' /&gt;
6&#176; &#171; Les populations pauvres, m&#234;me dans des soci&#233;t&#233;s prosp&#232;res, sont les plus vuln&#233;rables au changement climatique &#187; ont ajout&#233; les scientifiques au cours la conf&#233;rence de presse, ce qui leur permettait de contourner la censure exerc&#233;e par divers repr&#233;sentants (scientifiques) gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les int&#233;r&#234;ts derri&#232;re la censure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport devait &#234;tre accompagn&#233; d'un &#171; r&#233;sum&#233; &#224; l'intention des d&#233;cideurs &#187; dont la formulation a &#233;t&#233; au c&#339;ur du d&#233;bat. The Economist, dans sa livraison du 7 avril, affirme : &#171; En d'autres termes [les statistiques], le rapport vise &#224; mettre fin &#224; un d&#233;bat entre ceux qui pensent que l'effort principal de l'humanit&#233; devrait porter sur la tentative de renverser le changement climatique et ceux qui voudraient concentrer l'effort sur l'adaptation &#224; ses effets. &#187; Ces derniers sont donc ceux qui en ont les moyens, dont les &#171; pays riches &#187;. The Economist, dans son style de faux Salomon, conclut : &#171; Les deux strat&#233;gies sont n&#233;cessaires de mani&#232;re urgente, implique le rapport. &#187; (p. 57)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un langage liss&#233;, un d&#233;l&#233;gu&#233; allemand, Wolfang Cramer, confiait &#224; l'agence Reuters : &#171; Certains pays ont tendance &#224; vouloir des formulations plus faibles, d'autres au contraire tendent &#224; vouloir des formulations plus fortes, c'est en gros l&#224;-dessus que porte la lutte. &#187;. Gary Yohe (Wesleyan University), un des principaux r&#233;dacteurs, indiquait : &#171; Les Etats-Unis et l'Australie, mis en cause par l'Union europ&#233;enne au d&#233;but de la semaine, font montre de prudence, mais ne perturbent pas le d&#233;bat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reculs politiques glac&#233;s de l'administration Bush &#8211; sous l'impact de la guerre en Irak, de Katrina comme symbole de la s&#233;gr&#233;gation sociale, spatiale et raciale, de sa politique migratoire, du d&#233;sastre du march&#233; hypoth&#233;caire qui met &#224; la rue plus de 2,5 millions de m&#233;nages &#8211; rendent prudents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Echos sont plus explicites : &#171; Les d&#233;l&#233;gu&#233;s am&#233;ricains notamment se montraient tr&#232;s oppos&#233;s &#224; toute allusion &#224; une hausse du nombre des ouragans. &#187; Toutefois, des repr&#233;sentants &#233;tatsuniens ont r&#233;clam&#233; et obtenu l'&#233;limination d'un paragraphe mentionnant que l'Am&#233;rique du Nord &#171; devrait &#234;tre localement confront&#233;e &#224; de graves dommages &#233;conomiques et &#224; des perturbations substantielles de son syst&#232;me socio-&#233;conomique et culturel. &#187; Ce qui a conduit un des scientifiques &#224; d&#233;clarer : &#171; C'est la premi&#232;re fois que la science est ainsi mise en cause par les politiques. &#187; Il a certainement raison. Cependant, s'il avait lu deux ouvrages de l'historien des sciences Jean-Jacques Salomon &#8211; Les Scientifiques, entre pouvoir et savoir (Albin Michel, 2006) et Le scientifique et le guerrier (Ed. Belin, 2001), il aurait pu ins&#233;rer cette intervention politique dans le champ de la science comme le prolongement de nombreuses autres ing&#233;rences. Et le qualificatif de &#171; premi&#232;re &#187; aurait disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, en plus des Etats-Unis, ce sont les &#171; repr&#233;sentants scientifiques &#187; de la Chine, de la Russie, de l'Arabie Saoudite qui ont contest&#233; certains paragraphes du dit r&#233;sum&#233; pour les &#171; d&#233;cideurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; experts &#187; de Chine ont, y compris, manifest&#233; une opposition &#224; un paragraphe soulignant &#171; le risque tr&#232;s &#233;lev&#233; (...) que de nombreux syst&#232;mes naturels soient affect&#233;s par les changements climatiques. &#187; La d&#233;l&#233;gation chinoise a contest&#233; les bases scientifiques du caract&#232;re &#171; tr&#232;s &#233;lev&#233; &#187; du risque. En r&#233;ponse, un groupe de scientifiques a remis une lettre de protestation &#224; la pr&#233;sidente du groupe II du GIEC, l'Am&#233;ricaine Sharon Hays (AFP, 6 avril 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julie Chaveau des Echos cite un observateur qui permet de replacer ces d&#233;bats dans la perspective de futures n&#233;gociations politico-&#233;conomiques : &#171; Certains tirent des conclusions vers le bas sachant que les n&#233;gociations pour la poursuite du protocole de Kyoto reprendront en d&#233;cembre en d&#233;cembre &#224; Bali. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un changement de mod&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut, d&#232;s lors, reprendre &#224; nouveau un th&#232;me mis en relief par Edouard Bard dans son livre, cit&#233; plus haut. Il ne fait aucun doute, sur la base des connaissances scientifiques, qu'un changement tr&#232;s important du &#171; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187; doive &#234;tre entrepris, pour &#233;viter la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cela concerne tout un chacun, c'est l'&#233;vidence. Toutefois, qui a la haute main sur le &#171; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187; ? Quel complexe industriel d&#233;multipli&#233; &#8211; pour utiliser un terme qui fasse analogie avec celui de complexe militaro-industriel d&#233;nonc&#233; par le g&#233;n&#233;ral, puis Pr&#233;sident r&#233;publicain des Etats-Unis, Dwight David Eisenhower (1953-1961) &#8211; poss&#232;de un pouvoir de commandement sur ce &#171; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187; ? A quels imp&#233;ratifs de rentabilit&#233; (de profits privatis&#233;s) doivent s'adapter les divers &#233;chelons de ce commandement ? Sur quel espace mondial agit-il ? Quelles sont ses relations &#8211; plus exactement son intrication &#8211; avec le pouvoir politique ? Poser ces questions oblige de passer du chacun &#8211; acteur r&#233;el, certes &#8211; aux couches, strates, classes sociales auxquelles ces chacuns s'int&#232;grent et sont int&#233;gr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est &#233;minemment politique &#8211; au sens de polis &#8211; &#233;conomique et sociale, pluridimensionnelle. Cette crise climatique met en cause un &#171; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187;, ainsi qu'un mod&#232;le de &#171; d&#233;veloppement du sous-d&#233;veloppement &#187; dans la p&#233;riph&#233;rie &#8211; pour reprendre une formule du regrett&#233; Andr&#233; Gunder-Frank &#8211; et donc d'accumulation du capital ; ce dernier con&#231;u non pas seulement sous les formes d'investissements mobiles entre diverses branches, de placement financiers, mais comme un rapport social entre &#171; entrepreneurs &#187; et &#171; entrepris &#187;, avec le syst&#232;me politique de domination qui assure la reproduction de ce rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, et nous l'avons d&#233;j&#224; &#233;crit, face &#224; une crise climatique d'ampleur, un secteur des classes dominantes pourrait prendre des mesures drastiques, &#224; l'image de ce que fit Churchill durant la guerre qui dicta, de mani&#232;re autoritaire et centralis&#233;e, ses choix &#224; l'industrie anglaise. Mais le moment historique pr&#233;sent et la dimension mondiale (au minimum) de la crise climatique rendent l'analogie boiteuse. La s&#233;lection du personnel politique ad&#233;quat, la mutation des rapports de forces entre fractions du Capital exigeraient des changements bien plus profonds que ceux qui ont pr&#233;sid&#233; au New Deal de Franklin Roosevelt (1933-1945). C'est peu probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;orientation drastique de la production, reposant sur l'ouverture de nouveaux champs d'accumulation dans le domaine de la &#171; protection environnemental &#187;, pourrait s'effectuer, peut-&#234;tre, dans les r&#233;gions les plus riches. Mais l'aspect chaotique et anarchique du syst&#232;me &#8211; comme r&#233;sultat de d&#233;cisions rationnelles particuli&#232;res des divers capitaux mis en concurrence oligopolistique et des contradictions entre puissances politico-&#233;conomiques &#8211; &#233;l&#232;ve de s&#233;rieux obstacles devant une telle perspective de profondes r&#233;formes, m&#234;me s&#233;lectives. Et suivant le degr&#233; de leur s&#233;lectivit&#233; spatiale et sociale, elles n'en seraient pas, mesur&#233;es &#224; l'aune mondialis&#233;e des probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix humain serait moins &#233;lev&#233; &#224; envisager &#8211; dans le cadre d'un processus collectif se fondant sur les &#171; supports &#187; du travail intellectuel et manuel, de plus en plus interp&#233;n&#233;tr&#233; &#8211; un changement de mod&#232;le productif, de pouvoir de commandement sur les hommes et les machines, de propri&#233;t&#233; et d'appropriation. Autrement dit, un syst&#232;me socialiste, d&#233;mocratique et assumant ces d&#233;fis connus et connaissables (du moins partiellement). Il prendrait appui, entre autres, sur un respect, traduit en normes l&#233;gales, des droits et de l'autonomie des individus, ainsi que sur une autonomie qui participerait &#224; la maturation du collectif et de ses choix. Sur cette base durable, socialis&#233;e, le terme &#171; d&#233;veloppement durable &#187; pourrait acqu&#233;rir un sens autre que celui qui pr&#233;side au marketing actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce terrain que les &#171; militants &#187; &#8211; au sens de constituer une raison contre ou pour &#8211; qui ont combattu (et combattent) les r&#233;gimes tels que l'&#233;tait celui l'URSS et d'autres formations similaires et l'inhumanit&#233; (le terme est ad&#233;quat) capitaliste-imp&#233;rialiste se doivent participer, selon nous, aux d&#233;bats publics mondiaux que le GIEC a lanc&#233;. On serait alors bien loin de Nicolas Hulot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A propos du dernier rapport du BIT : r&#233;flexions critiques</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/A-propos-du-dernier-rapport-du-BIT-reflexions-critiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/A-propos-du-dernier-rapport-du-BIT-reflexions-critiques</guid>
		<dc:date>2007-03-09T21:58:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Situation des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 7 mars, le BIT (Bureau international du Travail) publiait son nouveau rapport sur &#171; Les tendances mondiales de l'emploi des femmes &#187;, &#224; l'occasion du 8 mars 2007. [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; Il constate que les femmes qui travaillent sont plus nombreuses que jamais, mais que des disparit&#233;s de statut, de s&#233;curit&#233; de l'emploi, de salaires et d'&#233;ducation entre hommes et femmes contribuent &#224; la &#171; f&#233;minisation des travailleurs pauvres &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon l'&#233;tude publi&#233;e, le nombre de femmes pr&#233;sentes sur le march&#233; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Femmes-" rel="directory"&gt;Femmes&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 7 mars, le BIT (Bureau international du Travail) publiait son nouveau rapport sur &#171; Les tendances mondiales de l'emploi des femmes &#187;, &#224; l'occasion du 8 mars 2007. [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il constate que les femmes qui travaillent sont plus nombreuses que jamais, mais que des disparit&#233;s de statut, de s&#233;curit&#233; de l'emploi, de salaires et d'&#233;ducation entre hommes et femmes contribuent &#224; la &#171; f&#233;minisation des travailleurs pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'&#233;tude publi&#233;e, le nombre de femmes pr&#233;sentes sur le march&#233; du travail - titulaires d'un emploi ou en recherche active - atteint des sommets. En 2006, le BIT a estim&#233; que les femmes repr&#233;sentaient &#171; 1,2 milliard sur 2,9 milliards de travailleurs dans le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, de plus en plus de femmes sont au ch&#244;mage (81,8 millions), selon la m&#234;me &#233;tude. Qui ajoute : &#171; De plus en plus [de femmes] sont confin&#233;es dans des emplois peu productifs du secteur de l'agriculture et des services, ou encore sont moins r&#233;mun&#233;r&#233;es que les hommes pour des postes comparables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le BIT ajoute que la proportion des femmes en &#226;ge de travailler qui disposent d'un emploi, ou qui en cherchent un, a cess&#233; d'augmenter et d&#233;cline m&#234;me dans certaines r&#233;gions, en partie &#171; du fait d'un plus grand nombre de jeunes femmes qui &#233;tudient plut&#244;t que de travailler &#187;. Et apr&#232;s les &#171; &#233;tudes &#187; ? Et quels types d'&#233;tudes ? Quant aux chiffres sur le ch&#244;mage, ils semblent plus que discutables...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur du BIT Juan Somavia - de nationalit&#233; chilienne, il a pris ses fonctions en 1999 et son mandat a &#233;t&#233; renouvel&#233; en mars 2003 pour une dur&#233;e de cinq ans - d&#233;clare lors de la pr&#233;sentation de ce rapport : &#171; En d&#233;pit de quelques progr&#232;s, beaucoup trop de femmes sont encore bloqu&#233;es dans des travaux peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, souvent dans l'&#233;conomie informelle, sans quasiment de protection juridique, peu ou pas de protection sociale et une tr&#232;s forte pr&#233;carit&#233;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute : &#171; Promouvoir le travail d&#233;cent comme instrument fondamental du combat mondial pour l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes est un travail de longue haleine qui permettra d'augmenter les r&#233;mun&#233;rations et d&#233;velopper les opportunit&#233;s d'emploi pour les femmes et sortir les familles de la pauvret&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport indique ses bonnes intentions et celles du BIT : &#171; On [qui est-ce ?] doit donner aux femmes la possibilit&#233; de travailler pour se sortir, elles et leur famille, de la pauvret&#233; en cr&#233;ant des opportunit&#233;s d'emplois d&#233;cents qui leur permettront d'exercer une activit&#233; productive et r&#233;mun&#233;ratrice dans des conditions de libert&#233;, de s&#233;curit&#233; et de dignit&#233; humaine. Sinon, le processus de f&#233;minisation des travailleurs pauvres se poursuivra et se transmettra &#224; la prochaine g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport note aussi, qu'aujourd'hui, davantage de femmes en &#226;ge de travailler occupent un emploi salari&#233; (47,9 pour cent) qu'il y a dix ans (42,9 pour cent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une sophistication socio-&#233;conomique toute particuli&#232;re, le rapport met en relief que &#171; plus une r&#233;gion est pauvre, plus les femmes risquent, davantage que les hommes, d'occuper des emplois familiaux non r&#233;mun&#233;r&#233;s ou de travailler &#224; leur compte pour de faibles revenus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, faisant coexister un v&#339;u et un constat, le BIT r&#233;v&#232;le toute l'ambigu&#239;t&#233; de ce genre de rapport et, plus g&#233;n&#233;ralement, de ses &#233;tudes : &#171; Acc&#233;der &#224; un emploi salari&#233; et r&#233;mun&#233;r&#233; est une &#233;tape essentielle vers la libert&#233; et l'autod&#233;termination pour de nombreuses femmes. Cependant, dans les r&#233;gions les plus pauvres du monde, la proportion de femmes travailleuses familiales auxiliaires dans l'emploi total est toujours de loin sup&#233;rieure &#224; celle des hommes, avec une tr&#232;s faible probabilit&#233; que les femmes soient dans l'emploi salari&#233; ou r&#233;mun&#233;r&#233;. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est, quatre femmes sur dix ayant un emploi sont class&#233;es comme travailleuses familiales auxiliaires, contre deux hommes sur dix. Six femmes sur dix ayant un emploi sont class&#233;es comme travailleuses familiales auxiliaires mais, une fois de plus, seulement deux hommes sur dix sont dans cette situation. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les proportions sont de 3 sur 10 pour les femmes contre 1 sur 10 pour les hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sum&#233; du rapport souligne que : &#171; Dans les derni&#232;res Tendances mondiales de l'emploi des femmes (2004) &#187;, on estimait qu'au moins 60 pour cent des travailleurs pauvres dans le monde qui, tout en travaillant, ne gagnent pas suffisamment pour se hisser, elles et leur famille, au-dessus du seuil de 1 dollar par personne et par jour, &#233;taient des femmes. &#187; Selon l'&#233;tude actuelle du BIT : &#171; Il n'y a pas de raison de croire que cette situation a &#233;volu&#233; consid&#233;rablement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re l'appauvrissement, la surexploitation et les rapports sociaux de sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces constats de l'&#233;tude du BIT sont soigneusement d&#233;tach&#233;s de deux processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le premier : la d&#233;stabilisation du statut de l'essentiel des salari&#233;&#183;e&#183;s &#224; l'&#233;chelle mondiale. Cela sous les coups de la mise en concurrence des travailleurs et travailleuses, quasi en temps r&#233;el et sur un march&#233; mondial du travail de plus en plus effectif et sur lequel p&#232;se de tout son poids une arm&#233;e de r&#233;serve mondialis&#233;e (le ch&#244;mage dans tous ses d&#233;grad&#233;s), dont les composantes sont taillables, corv&#233;ables (et tuables) &#224; merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en concurrence s'op&#232;re par des proc&#233;d&#233;s (souvent compl&#233;mentaires) tels que : les d&#233;localisations ; la mise en concurrence organis&#233;e &#224; l'interne par les soci&#233;t&#233;s transnationales ; l'emploi massif d'une main-d'&#339;uvre sans droits - 3 millions en Italie selon la derni&#232;re &#233;tude de la CGIL (Il Manifesto, 6 mars 2007), dont 500'000 immigr&#233;&#183;e&#183;s ; la sous-traitance en cascade ; les reculs de la &#171; protection l&#233;gale &#187;, autrement dit l'alignement vers le bas du &#171; droit du travail &#187; qui, en substance, est issu des conqu&#234;tes directes ou indirectes des luttes des salari&#233;&#183;e&#183;s ; par la multiplication des statuts, qui va jusqu'au retour du travail journalier, m&#234;me dans les pays europ&#233;ens ; la place acquise par les firmes de travail temporaire dans le march&#233; du travail (d'Adecco, Manpower jusqu'aux officines c&#244;toyant sans cesse l'ill&#233;galit&#233; la plus crasse) ; la crise du &#171; monde agricole &#187; aboutissant &#224; l'expulsion de centaines de milliers de personnes de leur lopin de terre ou de leur emploi (&#224; ce propos, l'envol&#233;e du bio&#233;thanol - sous l'impulsion des firmes occidentales et de l'agribusiness - illustre un des m&#233;canismes frappant les familles paysannes des pays de la p&#233;riph&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les figures sociales de ces travailleurs et travailleuses peuvent se d&#233;cliner sans fin et tragiquement : celle de l'ouvrier de la construction Chinois - concurrent du Bengali - construisant un palais dans les Emirats Unis ou en Arabie Saoudite ; celle de la femme provenant des Philippines servant de main-d'&#339;uvre semi-esclave dans une famille de Beyrouth ; celle de la &#171; serveuse &#187; d'un bar sp&#233;cialis&#233; &#224; Zurich, venant de Moldavie ; sans m&#234;me nommer celle des &#171; nettoyeuses portugaises &#187; assurant dans les bureaux et les familles respectables que la &#171; propret&#233; helv&#233;tique &#187; soit p&#233;renne et effectuant cette t&#226;che apr&#232;s avoir travaill&#233; d&#233;j&#224; toute la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le second : dans une &#233;conomie mondiale fortement hi&#233;rarchis&#233;e - c'est-&#224;-dire o&#249; les pays imp&#233;rialistes et en transition vers des &#233;conomies dominantes (comme la Cor&#233;e du Sud) dictent les &#171; r&#232;gles du jeu &#187; et extraient directement ou indirectement des ressources importantes des pays de la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187; - la situation des femmes travailleuses (car toutes le sont, m&#234;me si elles ne sont pas salari&#233;&#183;e&#183;s) acquiert des configurations qui mettent plus visiblement en relief leur pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re instance, cette paup&#233;risation n'est que l'expression ph&#233;nom&#233;nologique (et trompeuse) de leur surexploitation et de leur oppression. Une surexploitation qui est, de fait, camoufl&#233;e par le terme d' &#171; appauvrissement plus grand des femmes, entre autres monoparentales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples. Une femme qui vend des beignets sur le bord de la route en Bolivie, au Mexique ou ailleurs participe d'un processus de reproduction de la force de travail dont le prix a atteint le minimum physique . Ce minimum physiologique, de mani&#232;re artificieuse et r&#233;ifi&#233;e, est repr&#233;sent&#233; par la r&#233;f&#233;rence de la Banque mondiale au un dollar par jour pour fixer la &#171; limite &#187; de l'indigence et au deux dollars pour celle de la pauvret&#233;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explicitons. Le travailleur (masculin) qui va acheter ce beignet, au prix le plus bas, va pouvoir se &#171; nourrir &#187; (survivre) et d&#232;s lors chercher un travail journalier ou pr&#233;caire, mais plus &#171; r&#233;gulier &#187;, qui lui permettra de subsister et de faire v&#233;g&#233;ter sa &#171; famille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme qui a produit ce beignet a souvent mobilis&#233; sa fille pour l'aider, d'o&#249; une d&#233;scolarisation h&#226;tive ou partielle d'une partie des filles. Cette mobilisation de la fille s'inscrit dans la place du &#171; travail domestique &#187; qui suppose une sorte de disponibilit&#233; du temps des femmes au service de la famille (avec mari ou monoparentale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fille ou la s&#339;ur peut aussi fabriquer et vendre des beignets, en abaissant leur prix de vente au maximum (donc la valeur de leur force de travail) afin de trouver un acheteur ou une acheteuse, sur un march&#233; tendu. L'acheteur est un ou une salari&#233;&#183;e pr&#233;caris&#233;&#183;e. Ces femmes (adultes, adolescentes ou enfants) effectuent ce travail pour &#171; compl&#233;ter &#187; un revenu tr&#232;s faible d'une s&#339;ur ou d'une m&#232;re qui, elle, est &#171; confin&#233;e &#187; (selon le terme du BIT) dans un travail sous-pay&#233;, donc qui subit une surexploitation &#233;vidente, puisque ne lui permettant pas de reproduire sa force de travail pour elle et sa prog&#233;niture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces rapports sociaux d'exploitation qui s'articulent avec les rapports sociaux de sexe (l'assignation &#224; toute la gamme des travaux domestiques, dans et hors du m&#233;nage), le substrat de la surexploitation des femmes ne sera pas mis en relief. D&#232;s lors, la double lutte contre l'exploitation, l'oppression et pour l'&#233;mancipation ne sera pas mise &#224; l'ordre du jour, politiquement et pratiquement. Ce qui fera le &#171; bonheur &#187;, ou du moins le revenu, des bonnes &#226;mes salari&#233;es par les ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui sont, de plus en plus, des QGO (Quasi Governmental Organization).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels emplois &#171; d&#233;cents &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; cr&#233;ation des emplois d&#233;cents &#187; pour les femmes, grand th&#232;me conclusif du Rapport du BIT, il faudrait d'abord poser une question : les emplois cr&#233;&#233;s dans le monde, entre autres dans les dits services ou l'industrie, n'impliquent-ils pas, toujours plus, de flexibilit&#233;, au sens le plus large du terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela dans les pays du &#171; centre &#187; comme dans ceux de la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187;, m&#234;me si existent des diff&#233;rences quantitatives et qualitatives dans les modalit&#233;s d'exploitation du travail salari&#233; entre ces deux espaces (&#171; centre &#187; et &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, des convergences s'expriment &#224; l'&#233;chelle mondiale sous les coups de la restauration conservatrice. Laa flexibilisation est au centre de la r&#233;organisation des &#171; rapports de travail &#187;. Or, la flexibilit&#233; est en relation &#233;troite avec les rapports sociaux de sexes. En effet, le &#171; statut des femmes &#187; facilite l'expansion du travail &#224; temps partiel contraint (non choisi), avec un salaire de mis&#232;re et, conjointement, les formes de travail flexible des hommes, car &#171; l'intendance suit &#187;, c'est-&#224;-dire la charge du travail domestique (dans ses diverses facettes) assum&#233;, sous forme contrainte aussi (m&#234;me s'il y a d&#233;ni par l'int&#233;ress&#233;e de la contrainte) par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il est un peu cynique de parler de &#171; cr&#233;ation d'emplois d&#233;cents &#187; quand des enqu&#234;tes sociologiques multiples d&#233;montrent que, par exemple, dans l'industrie &#233;lectronique - o&#249; les femmes ont un emploi &#171; stable &#187; et salari&#233; - les conditions de travail et de salaire sont ex&#233;crables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'expliquaient, le 27 f&#233;vrier 2007, les mod&#233;r&#233;es &#339;uvres d'entraide helv&#233;tiques, Pain pour le prochain et Action de Car&#234;me :&#171; Derri&#232;re l'&#233;cran de nos ordinateurs se cache une r&#233;alit&#233; d'un autre &#226;ge &#187;, a d&#233;clar&#233; Chantal Peyer, responsable de la politique de d&#233;veloppement &#224; Pain pour le prochain. Pour les employ&#233;s de ce secteur, essentiellement des femmes, ce sont &#171; des horaires d&#233;ments, des salaires bas et une exposition aux produits toxiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jenny Chan, membre du SACOM (Etudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises), a cit&#233;, lors de la conf&#233;rence de presse du 27 f&#233;vrier 2007, quelques cas &#171; d'abus &#187; recens&#233;s par son organisation : travail des enfants de moins de 16 ans, heures suppl&#233;mentaires obligatoires, salaire minimum pas respect&#233; et absence d'assurance sociale. En p&#233;riode de haute production, les ouvri&#232;res travaillent 12 heures par jour, sept jours sur sept, avec des heures suppl&#233;mentaires obligatoires. Les employ&#233;es ne sont pay&#233;es que 50 centimes suisses de l'heure et inhalent des substances toxiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie &#233;lectronique est&#171; l'une des plus toxiques au monde &#187;, selon le SACOM. Elle utilise le plomb, le baryum, le chrome ou l'acide nitrique. L'inhalation et la manipulation de ces produits provoquent des probl&#232;mes respiratoires et &#171; un taux anormalement &#233;lev&#233; de cancers et de fausses couches chez les ouvri&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondre aux besoins d'emplois &#171; d&#233;cents &#187; et, conjointement, &#224; la dignit&#233; des femmes dans toutes ses dimensions - cette dignit&#233; invoqu&#233;e dans le pr&#233;ambule de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948 [2] - implique une rupture avec ces rapports sociaux d'exploitation et les rapports sociaux de sexes. Poser cette exigence - et ne pas tomber dans le pi&#232;ge, de fait, semi-caritatif du rapport BIT - implique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; de faire &#233;merger le contenu r&#233;el des exigences (explicites ou implicites) des femmes travailleuses et &#224; quoi ces besoins/exigences se heurtent effectivement, donc quels formes et types de domination r&#232;gnent dans la soci&#233;t&#233;, aux plans des multiples rapports sociaux et de propri&#233;t&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; de d&#233;passer l'anti-capitalisme. C'est-&#224;-dire, cette pens&#233;e primitive qui reste au niveau d'une n&#233;gation n&#233;gative. Autrement dit qui ne part pas des besoins et revendications ainsi que des potentialit&#233;s (d&#233;ni&#233;es, bris&#233;es, parfois) existant aujourd'hui dans les soci&#233;t&#233;s qui permettraient de briser et d&#233;passer le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela afin de faire &#233;merger une conception de n&#233;gation positive, soit une revalorisation du socialisme comme une modalit&#233; d'organisation et de gestion de la soci&#233;t&#233;, dans laquelle les droits sociaux et d&#233;mocratiques ainsi qu'une dignit&#233; amplifi&#233;e deviennent les &#233;l&#233;ments d'une &#233;mancipation faisant des &#234;tres humains les acteurs communs de m&#234;me qu'interactifs d'une mondialisation construite par celles et ceux qui la produisent effectivement, alors qu'ils/elles n'en sont que des objets m&#233;pris&#233;s et donc sans emprise sur leur propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1.Voir : www. ilo.org/public/french/bureau/inf/event/women/2007/index.htm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.&#171; Consid&#233;rant que la reconnaissance de la dignit&#233; inh&#233;rente &#224; tous les membres de la famille humaine et de leurs droits &#233;gaux et inali&#233;nables constitue le fondement de la libert&#233;, de la justice et de la paix dans le monde. &#187; (1948)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8 mars 2007)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Elections br&#233;siliennes : mise en perspective (I)</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Elections-bresiliennes-mise-en-perspective-I</link>
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		<dc:date>2006-10-15T15:17:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er octobre 2006, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Luiz Inacio Lula da Silva, pr&#233;sident de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale du Br&#233;sil et membre du Parti des travailleurs (PT), obtient 48,6% des voix, 46'661'741 citoyens et citoyennes ont vot&#233; pour lui (le vote est obligatoire, avec quelques exceptions). Son rival, Geraldo Alckmin, du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), r&#233;unit 41,6% des voix, soit 39'961'167 votants. Heloisa Helena, candidate du Front de gauche (alliance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Bresil-" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er octobre 2006, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Luiz Inacio Lula da Silva, pr&#233;sident de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale du Br&#233;sil et membre du Parti des travailleurs (PT), obtient 48,6% des voix, 46'661'741 citoyens et citoyennes ont vot&#233; pour lui (le vote est obligatoire, avec quelques exceptions). Son rival, Geraldo Alckmin, du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), r&#233;unit 41,6% des voix, soit 39'961'167 votants. Heloisa Helena, candidate du Front de gauche (alliance entre le Parti du socialisme et de la Libert&#233; - PSOL, le Parti socialiste des travailleurs unifi&#233; - PSTU et le Parti communiste br&#233;silien), rassemble 6,85% des voix, ce qui repr&#233;sente un &#233;lectorat de 6'575'393 personnes. Lula n'obtient pas la majorit&#233; des voix n&#233;cessaire pour &#234;tre &#233;lu au premier tour. Le second tour se d&#233;roulera le 29 octobre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle - ainsi que celles &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s, au S&#233;nat (renouvellement d'un tiers des membres), au poste de gouverneur des Etats de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale du Br&#233;sil et du l&#233;gislatif de chaque Etat - a donc d&#233;bouch&#233; sur une situation encore impr&#233;vue 10 jours avant le scrutin. Luiz Inacio Lula da Silva devra donc affronter Geraldo Alckmin, lors d'un second tour fix&#233; au 29 octobre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en perspective, ce r&#233;sultat &#233;lectoral, en tant que tel, n'est peut-&#234;tre pas l'&#233;l&#233;ment qui m&#233;rite le plus d'attention. En effet, ceux et celles qui, en 2002, voyaient dans l'&#233;lection de Lula et d'un &#171; gouvernement du Parti des travailleurs &#187; une victoire &#233;lectorale qui conduirait &#224; une &#171; transformation &#187; du plus grand pays d'Am&#233;rique latine doivent (ou devraient) se poser quelques s&#233;rieuses questions. D'autant plus s'ils ont particip&#233; &#224; la diffusion de la plus en plus mythique &#171; d&#233;mocratie participative &#187; ou du pr&#233;tendu &#171; nouveau mod&#232;le de parti anticapitaliste &#187; qu'aurait encore &#233;t&#233; le PT des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout pour la &#171; gouvernabilit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es nous avons publi&#233; - sur ce site - un mat&#233;riel abondant qui permettait de saisir la continuit&#233; substantielle entre la politique mise en pratique par le gouvernement bourgeois de coalition plac&#233; sous la houlette de Lula et celle de son pr&#233;d&#233;cesseur : Fernando Henrique Cardoso (FHC). Ce dernier pr&#233;sida aux destin&#233;es du Br&#233;sil de 1995 &#224; 2002. Il d&#233;roula un programme de contre-r&#233;formes n&#233;oconservatrices aboutissant &#224; un profond changement du maillage social et &#233;conomique br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; entre FHC et Lula pouvait se rep&#233;rer, avant m&#234;me la date des &#233;lections de 2002, dans les alliances pass&#233;es avec des repr&#233;sentants significatifs du grand capital. Le choix du vice-pr&#233;sident Jos&#233; Alencar, un des leaders de l'industrie du textile, donnait le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus importante a &#233;t&#233; la nomination &#224; la t&#234;te de la Banque centrale du Br&#233;sil d'Henrique de Campos Meirelles. La carri&#232;re de ce banquier ne se limitait pas &#224; la direction de la BankBoston au Br&#233;sil entre 1984-1986 et &#224; son r&#244;le de directeur de la Febraban (F&#233;d&#233;ration des banques br&#233;siliennes) ou de l'Association br&#233;silienne des banques internationales. De 1999 &#224; 2002 il fut le pr&#233;sident de la Global Bank of FleetBoston Financial (Massachusetts). Il fut aussi tr&#232;s actif dans divers organismes de pr&#234;ts (leasing) et dans la Bourse (secteur des op&#233;rations sur instruments financiers) de S&#227;o Paulo. Meilleres illustrait &#224; lui seul l'option &#233;conomique strat&#233;gique que le gouvernement Lula allait choisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant d&#232;s lors - si ce n'est pour ceux qui r&#233;duisent la politique au &#171; jeu des partis &#187; - de constater que les banques br&#233;siliennes ont doubl&#233; leurs gains d&#233;j&#224; en 2004 par rapport &#224; 2001. Or, 36% de leurs b&#233;n&#233;fices proviennent des op&#233;rations sur les obligations de l'Etat br&#233;silien ; c'est-&#224;-dire du service de la dette interne assur&#233; gr&#226;ce au budget &#233;tatique. Ce dernier est financ&#233; par une fiscalit&#233; on ne peut plus favorable aux riches. Simultan&#233;ment, l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire s&#233;vit dans le domaine social, dans celui de la r&#233;forme agraire, etc. Enfin, la politique des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els &#233;lev&#233;s, dont Meirelles a &#233;t&#233; le chef d'orchestre, va gonfler les poches des rentiers parasites, d&#233;tenteurs de la dette interne (obligations) : des gains r&#233;els annuels de 15%, garantis ! Le real s'est appr&#233;ci&#233; fortement (quelque 35%) face au dollar, ce qui arrange ceux endett&#233;s en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le gouvernement Lula a plac&#233; de suite sa politique sous le slogan : &#171; Il n'y a pas d'alternative &#187;. Cette devise thatch&#233;rienne est &#171; conceptuellement &#187; r&#233;nov&#233;e en Am&#233;rique latine. Le terme de gouvernabilit&#233; a pris sa place. Cela implique que la &#171; gauche &#187; fasse montre de son aptitude &#224; passer des alliances sociales avec des fractions effectives de la bourgeoisie et des accords politiques avec des partis bourgeois. Le tout dans un double but : 1&#176; assurer la stabilit&#233; politique et sociale tout en menant des contre-r&#233;formes ; 2&#176; coopter les repr&#233;sentants des partis et organisations sociales ; les d&#233;sarmer et d&#233;politiser au maximum les couches populaires qui pourraient s'engager dans une action directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la sorte sont satisfaites les exigences essentielles du Capital national et international. Cette orientation fut d'ailleurs mise en &#339;uvre, d&#232;s 2001, dans la m&#233;galopole phare du Br&#233;sil, S&#227;o Paulo, par la maire Marta Suplicy, &#233;g&#233;rie du new-PT. Elle n'h&#233;sita pas &#224; passer des accords avec des repr&#233;sentants de la droite la plus traditionnelle et r&#233;actionnaire. Aujourd'hui, elle dirige dans cette ville la campagne de Lula pour le second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'affirmation d'une n&#233;o-bureaucratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la candeur - ou l'ignorance - pouvait laisser croire que l'accession de Lula &#224; la pr&#233;sidence, en 2003, allait marquer un &#171; tournant &#187;. D'autant plus que sa victoire &#233;lectorale a eu lieu dans un contexte o&#249; les mobilisations sociales &#233;taient fragment&#233;es et en recul. A l'exception de celles conduites, entre autres, par le Mouvement des Sans Terre (MST) ; toutefois, il faut replacer ces luttes, importantes, dans le cadre d'un pays largement urbanis&#233; : plus de 83% de la population vit ou survit dans des conurbations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1994, la mutation du PT s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e en r&#233;ponse, partiellement, &#224; l'&#233;chec de la campagne &#233;lectorale de Lula contre FHC et comme r&#233;sultat, aussi, de son insertion croissante dans les institutions locales ; cela au moment m&#234;me d'une d&#233;crue des mobilisations socio-politiques et d'une transformation du tissu social. Le poids des salari&#233;&#183;e&#183;s de l'industrie - qui avaient port&#233; le PT sur les fonts baptismaux &#224; la toute fin des ann&#233;es 1970 - d&#233;cro&#238;t. Le recul de l'emploi industriel des ann&#233;es 1960-1980, dans des r&#233;gions politiquement de r&#233;f&#233;rence, s'accompagne de l'&#233;largissement d'un salariat de plus en plus pr&#233;caris&#233;, avec des d&#233;grad&#233;s allant jusqu'aux extr&#234;mes du &#171; secteur informel &#187;. Conjointement, le courant de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration - pr&#233;sent aussi bien dans le PT, dans le MST que dans diverses organisations sociales - subissait les coups port&#233;s par Jean-Paul II et son appareil bureaucratique. Sa vitalit&#233; a &#233;t&#233; affaiblie. Or, ses adh&#233;rents intervenaient de mani&#232;re vive dans ce &#171; paup&#233;riatat &#187; en extension. Le climat socio-politique s'en est ressenti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, Lula avec l'appui d'un secteur du PT a construit une machine politique qui prit ses distances avec le corps du PT (par exemple l'Institut de la Citoyennet&#233;), tout en contr&#244;lant l'appareil central du parti. Les rapports avec la base du PT changent. Cette derni&#232;re est consciemment d&#233;sorganis&#233;e. Une n&#233;o-bureaucratie se cr&#233;e. Son enracinement social s'effiloche compl&#232;tement, quelle que soit son histoire militante. Ce qui explique notamment la rapidit&#233; de sa conversion programmatique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux acteurs de ce remodelage du PT - autour de Lula qui en est le centre - tomberont sous les coups des scandales &#224; r&#233;p&#233;tition d&#232;s 2005 : de Jos&#233; Dirceu (le bras droit de Lula, ayant initialement la charge d'un vice-pr&#233;sident) &#224; Jos&#233; Genoino (pr&#233;sident du PT) en passant par le ministre de l'Economie Antonio Palocci, pour ne pas allonger la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; militante est sur la pente du d&#233;clin. Lors des &#233;lections, le PT paie des distributeurs de tracts et des porteurs de drapeaux et pancartes. Tout un symbole du ralliement &#224; la pratique des partis bourgeois traditionnels br&#233;siliens, avec leur client&#233;lisme bien ancr&#233;. Les campagnes &#233;lectorales de 2002 et 2006 furent exemplaires &#224; ce propos. Cela va de pair avec une politique de recrutement tr&#232;s &#171; ouverte &#187; qui est en syntonie avec la fonction possible du PT comme ascenseur social pour une client&#232;le fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le milieu des ann&#233;es 1990, Lula agence des rapports &#171; directs &#187; - ce qui n&#233;cessite la priorit&#233; donn&#233;e aux m&#233;dias - avec une partie importante d'une population &#233;loign&#233;e de toute organisation politique et sociale. Ce faisant, il va accro&#238;tre la tendance &#224; se voir d&#233;l&#233;guer un r&#244;le de thaumaturge, construit sur l'arri&#232;re-fond m&#233;diatis&#233; de sa trajectoire d'enfant du Nordeste et d'ouvrier de la m&#233;tallurgie. Toute la campagne &#233;lectorale de 2002 fut conduite par un sp&#233;cialiste de la communication, Duda Mendon&#231;a, qui avait servi les candidats de la droite. Mendon&#231;a devra reconna&#238;tre que le financement de la campagne relevait de fonds ayant transit&#233; par les paradis fiscaux des Bahamas. Les liens avec la Rede Globo, d&#233;cisive dans le monde m&#233;diatique br&#233;silien, exigeaient des promesses de soutien et des contreparties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, un candidat paradisiaque est donc mis en sc&#232;ne : &#171; Lula, paix et amour &#187;. Ce candidat &#233;crit directement au peuple br&#233;silien, tout en donnant, dans la m&#234;me lettre, toutes les assurances exig&#233;es par les puissants. Il signe, bien avant les &#233;lections, un engagement &#224; suivre les &#171; recommandations &#187; du FMI, sur injonction de FHC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait donc en place pour que la pr&#233;sidence de Lula soit celle d'une continuit&#233; pr&#233;servant (et renfor&#231;ant) les int&#233;r&#234;ts des dominants - dans un des pays les plus in&#233;galitaires au monde - et affaiblissant ou neutralisant les organisations aptes &#224; stimuler la d&#233;fense des besoins et exigences des classes populaires. Les &#233;lections de 2006 confirment cette tendance, si ce n'est qu'elles sont assombries par les cascades de scandales de corruption qui touchent le parti pr&#233;tendant avoir le monopole de &#171; l'&#233;thique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La difficile rupture et son contraire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces transformations du PT furent saisies par une partie des tendances dites de gauche du PT. Toutefois, ces courants et leurs membres seront soumis &#224; divers conditionnements et craintes, ou encore cultiv&#232;rent des illusions rassurantes, au point d'y succomber au prix... de r&#233;compenses sonnantes et tr&#233;buchantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Les critiques faites &#224; l'orientation non seulement du &#171; camp majoritaire &#187; du PT, mais aussi &#224; la machine bureaucratique mise en place par Lula et ses affid&#233;s &#233;taient souvent contenues, de peur de &#171; donner des munitions &#224; la droite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Les congr&#232;s du PT fonctionnaient comme un th&#233;&#226;tre d'illusionnistes : des prises de position &#171; de la gauche &#187; du PT pouvaient obtenir un certain appui, mais elles ne se traduisaient en rien dans l'orientation g&#233;n&#233;rale pratique et dans celle divulgu&#233;e par Lula. Ces congr&#232;s devinrent de plus en plus des rassemblements o&#249; les &#233;lus et les permanents du PT disposaient de la tr&#232;s large majorit&#233; des mandats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; La &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; aux id&#233;es initiales du parti se transforma, pour beaucoup, sous l'attrait d'avantages en termes mat&#233;riels et de reconnaissance publique, en une &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; &#224; l'appareil du parti. Le &#171; programme &#187; fut class&#233; aux archives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; La cooptation des dirigeants syndicaux de la CUT (Centrale unitaire des travailleurs) alla de pair avec le &#171; tournant &#187; du PT-Lula. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les dirigeants syndicaux ont &#233;t&#233; si nombreux dans les instances gouvernementales ou dans l'appareil de direction politico-gouvernementale lors du (premier) mandat pr&#233;sidentiel de Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur pratique de n&#233;gociation dans les grandes entreprises, en particulier les filiales des multinationales, les syndicalistes avaient pris le pli du compromis que l'on apprend &#224; vendre aux salari&#233;&#183;e&#183;s. La &#171; concertation sociale &#187; servira d'apprentissage &#224; la &#171; concertation politique &#187;. Elle sera encourag&#233;e lors des cours donn&#233;s, sur invitation, par l'appareil syndical du DGB allemand et de fondations telles que la Friedrich Ebert Stiftung.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'int&#233;gration des dirigeants syndicaux dans la gestion de sommes tr&#232;s importantes des fonds de pension les mettra en relation avec le capital financier et en fera des partenaires consentants de la politique de Meirelles. La premi&#232;re contre-r&#233;forme de la pr&#233;sidence Lula portera, pr&#233;cis&#233;ment, sur l'&#233;largissement et la lib&#233;ralisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; La crainte d'une rupture avec le PT aboutissant &#224; un certain isolement - apr&#232;s avoir agi dans le cadre rassurant d'un grand parti disposant de forts appuis institutionnels - a frein&#233; les vell&#233;it&#233;s d'oppositions claires, frontales, qui risquaient d'aboutir &#224; une cassure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette retenue a aussi r&#233;duit - m&#234;me si on peut en discuter l'ampleur - la capacit&#233; de r&#233;sistance &#224; la politique du gouvernement Lula. Les r&#233;serves dans la critique, justifi&#233;es parfois par des calculs de diplomatie politique sophistiqu&#233;s, ont contribu&#233; &#224; accro&#238;tre le scepticisme et le d&#233;couragement parmi une couche militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la rupture intervenue en 2003 &#233;tait d'autant plus importante. Elle s'est produite lorsque Heloisa Helena (candidate pr&#233;sidentielle aux &#233;lections de 2006), Luciana Genro (d&#233;put&#233;e de Rio Grande do Sul, r&#233;&#233;lue avec un tr&#232;s bon score) et Baba (Joao Batista Oliveira de l'Etat du Parana qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu) furent suspendus puis exclus du PT. Plus d&#233;cisif, ces militant&#183;e&#183;s s'engag&#232;rent de suite - malgr&#233; les doutes savants d'intellectuels marxistes de divers continents - dans la cr&#233;ation de ce qui deviendra le P-SOL (Parti du socialisme et de la libert&#233;). D&#233;but des ann&#233;es 1990, des forces qui donn&#232;rent naissance en 1994 au PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;, l&#233;galis&#233; en 1995) s'&#233;taient d&#233;j&#224; engag&#233;es dans une orientation d'expulsion-rupture avec le PT. Ces deux formations se sont retrouv&#233;es dans le Front de gauche &#224; l'occasion de ces derni&#232;res &#233;lections (voir sur ce site la pr&#233;sentation de la plate-forme &#233;lectorale du Front de gauche, 8 septembre 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La banalit&#233; de la corruption...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est courant d'entendre dans la &#171; gauche &#187; que le gouvernement du PT-Lula a fait des erreurs. Si l'on entend par l&#224; les faux pas commis par l'appareil luliste &#224; l'occasion de l'achat du vote de d&#233;put&#233;s &#224; la Chambre pour obtenir une majorit&#233;, il faut simplement parler de maladresses, mais pas d'erreurs. Certains d&#233;put&#233;s de &#171; l'opposition &#187; ont touch&#233; un versement mensuel pouvant aller jusqu'&#224; 10'710 euros pour vendre leur voix au gouvernement. Cette pratique est le propre du fonctionnement du parlement bourgeois et de ladite d&#233;mocratie br&#233;silienne. L'appareil du PT s'y est totalement adapt&#233;. En cela, il prolongeait ce que, &#224; une &#233;chelle inf&#233;rieure, il faisait souvent dans de grandes municipalit&#233;s et des Etats o&#249; ses membres dirigeants d&#233;tenaient des postes de gouverneur et de maire. Chantages et &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; sont inh&#233;rents &#224; ces pratiques. Les scandales ne pouvaient qu'&#233;clater au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi avoir &#224; l'esprit que Lula, une fois pr&#233;sident, pouvait nommer quelque 20'000 personnes &#224; divers postes. Une distribution toute particuli&#232;re de la reconnaissance pour services rendus ou &#224; rendre. Les privatisations dict&#233;es par FHC ont d'ailleurs r&#233;duit le nombre de ces postes-pr&#233;bendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'emprise sur une partie de l'appareil d'Etat central - la police et l'arm&#233;e, entre autres, ont toujours manifest&#233; leur &#171; ind&#233;pendance &#187; et les g&#233;n&#233;raux ont continu&#233; leurs relations traditionnelles avec leurs confr&#232;res des Etats-Unis - a donn&#233; au PT des ressources financi&#232;res et un r&#233;seau d'influences accru. Il n'avait pu jusqu'alors les cultiver avec autant de dynamisme. Les &#171; scandales de corruption &#187; qui &#233;clabouss&#232;rent le PT et ses dirigeants ne sont que la traduction de son int&#233;gration pleine et compl&#232;te &#224; la structure politico-&#233;tatique bourgeoise du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation politique fragment&#233;e dans le l&#233;gislatif br&#233;silien stimule aussi les n&#233;gociations - avec un prix fix&#233; en dollars ou reais - et les distributions de &#171; d&#233;dommagement &#187;. C'est un v&#233;ritable commerce. A cela s'ajoutent les relations avec les gouverneurs des Etats. Elles ont le plus souvent la forme de transactions financi&#232;res, sous formes diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... et le client&#233;lisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foss&#233; entre le fonctionnement de ce syst&#232;me politique et la tr&#232;s large majorit&#233; de la population est abyssal. En effet, plus de 43 millions de Br&#233;siliennes et de Br&#233;siliens vivent dans l'extr&#234;me indigence, soit (selon un crit&#232;re d'ailleurs discutable) avec un dollar par jour. Les d&#233;penses d&#233;di&#233;es &#224; l'&#233;ducation d'un enfant des &#171; classes moyennes &#187; sont 78 fois plus &#233;lev&#233;es que celles pour un enfant des milieux populaires, pour autant que ce dernier soit scolaris&#233;. Les int&#233;r&#234;ts encaiss&#233;s par les d&#233;tenteurs d'obligations d'Etat &#233;quivalent au revenu de la moiti&#233; pauvre de toute la population !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette aune qu'il faut aussi mesurer le foss&#233; entre le &#171; monde politique &#187; et la majorit&#233; de la population. Certes, les &#233;lections peuvent repr&#233;senter un moment exceptionnel pour des &#171; citoyens &#187; peu concern&#233;s : ils ont l'occasion de gagner 8 &#224; 10 euros par jour en agitant des drapeaux et des pancartes durant 10 heures, sur les bords des carrefours d'une ville ou lors de &#171; meetings de masse &#187; des &#171; grands partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet espace mur&#233; entre les salons des th&#233;&#226;tres institutionnels et la vie de la tr&#232;s large majorit&#233; de la population que le client&#233;lisme politique prosp&#232;re. Sur l'humus des in&#233;galit&#233;s sociales extr&#234;mes comme de la pauvret&#233; persistante et brutale les pratiques client&#233;laires fleurissent. Elles peuvent aussi prendre les formes de projets assistentialistes tels que le gouvernement Lula les a conduits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan &#233;galement, le gouvernement Lula n'a donc pas &#171; commis d'erreurs &#187;. Il a simplement continu&#233;, comme cela &#233;tait annonc&#233; d&#232;s 2002, l'essentiel de l'orientation impuls&#233;e par FHC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula a r&#233;organis&#233; les initiatives d'aides cibl&#233;es aux plus pauvres. Nombre d'analystes ont insist&#233; sur l'importance de la bourse-famille (bolsa familia) pour comprendre l'appui &#233;lectoral que Lula a re&#231;u dans le Nordeste (Nord-Est) du pays en 2006. Le fait est peu contestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il ne faudrait pas oublier que ces aides cibl&#233;es - selon les crit&#232;res m&#234;me de la Banque mondiale - ont &#233;t&#233; mises en place par FHC et m&#234;me par son pr&#233;d&#233;cesseur Jos&#233; Sarney. Ainsi, les bons d'achat de bonbonne de gaz pour la cuisson des aliments (vale-gas), les coupons pour l'achat de lait (ticket-leite) ou l'aide pour &#234;tre scolaris&#233; (bolsa-escola) existaient d&#233;j&#224;. FHC g&#233;rait ces soutiens, pour ne pas dire aum&#244;nes, comme instrument de captation de votes. Sur le fond, Lula va r&#233;unir dans la bourse-famille les diverses mesures d'assistance. Cela a permis &#224; quelques millions de familles d'acqu&#233;rir, avec des sommes pouvant aller jusqu'&#224; 35 euros par mois, de la nourriture de base (riz, haricots rouges...). Ce n'est pas &#224; n&#233;gliger. Mais l'insertion structurelle de ces millions de travailleuses et travailleurs dans le tissu socio-&#233;conomique n'a pas chang&#233; d'un iota, et ce n'est m&#234;me pas un droit universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas touche &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au plan Faim z&#233;ro (fome zero), pr&#233;sent&#233; avec fracas en 2001 conjointement aux promesses d'une r&#233;forme agraire significative, il eut la consistance de son qualificatif. Fin 2005, le sociologue Chico de Oliveira le r&#233;suma ainsi : &#171; En quoi consiste faim z&#233;ro ? L'Eglise catholique l'aurait appel&#233; extr&#234;me onction. Il sauve l'&#226;me, mais pas le corps. C'est ce que fait Faim z&#233;ro. Comment ce programme change-t-il la fa&#231;on dont sont distribu&#233;s les revenus au Br&#233;sil ? En rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la r&#233;forme agraire est une pi&#232;ce centrale de toute r&#233;ponse &#224; la &#171; faim &#187;, dans un pays o&#249;, selon l'Institut officiel (INCRA), les 32'264 plus grands propri&#233;taires terriens (poss&#233;dant chacun plus de 2000 hectares) d&#233;tiennent 31,6% des terres cultivables. La composition initiale du gouvernement laissait d&#233;j&#224; entrevoir que, malgr&#233; les espoirs et la mobilisation des organisations de sans-terre et de petits paysans, la r&#233;forme agraire serait plus que modeste. Et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Minist&#232;re de l'agriculture fut confi&#233; &#224; un repr&#233;sentant connu de l'agribusiness exportateur : Roberto Rodriguez. Celui du &#171; d&#233;veloppement agraire &#187; (r&#233;forme agraire) &#224; un repr&#233;sentant de la gauche du PT (membre du courant D&#233;mocratie socialiste), Miguel Rossetto. La hi&#233;rarchie &#233;tait &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands propri&#233;taires l'ont imm&#233;diatement compris. En alliance &#233;troite avec les juges, ils ont utilis&#233; les &#171; moyens l&#233;gaux &#187; pour frapper les paysans pauvres. En 2003, selon la Commission Pastorale de la Terre (CPT), 35'297 familles (176'485 personnes) furent expuls&#233;es des terres qu'elles occupaient ou dont elles revendiquaient la propri&#233;t&#233;, apr&#232;s les avoir travaill&#233;es durant des ann&#233;es. Un nombre annuel d'expulsions sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du Br&#233;sil. Ce qui ne freina pas les assassinats de paysans et de militants du MST durant tout le mandat de Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la place ici d'&#233;tablir un bilan de la r&#233;forme agraire. N&#233;anmoins, entre les objectifs r&#233;alistes fix&#233;s en 2003 - sur demande du gouvernement Lula - par Plinio de Arruda Sampaio, une autorit&#233; en la mati&#232;re, et le r&#233;sultat final, la distance est analogue &#224; celle s&#233;parant les latifundistes des petits paysans. Le plan de Sampaio pr&#233;voyait l'installation sur des terres d'un million de familles jusqu'en fin 2006, un syst&#232;me de pr&#234;ts bancaires et d'achat anticip&#233; de la r&#233;colte afin d'approvisionner, &#224; terme, le plan &#171; faim z&#233;ro &#187; et les acquisitions &#233;tatiques de nourriture pour les &#233;coles, les h&#244;pitaux, l'arm&#233;e, etc. Ces propositions de Sampaio pouvaient &#234;tre mises en application par d&#233;cret pr&#233;sidentiel ; donc l'obstacle parlementaire ne peut &#234;tre invoqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, il ne s'agit pas seulement d'une diff&#233;rence quantitative entre engagement chiffr&#233; et r&#233;alisation - un rapport de 1 &#224; 5 - mais d'une question essentielle de choix politico-programmatique. Le gouvernement Lula ne voulait pas affronter la question de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e - celle des latifundistes - m&#234;me sous des formes mod&#233;r&#233;es, &#171; l'expropriation &#187; des terres s'effectuant contre un paiement int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions avec le MST et d'autres organisations n'ont cess&#233; de cro&#238;tre en 2005 et 2006. Cependant, des dizaines de milliers de familles v&#233;g&#232;tent sur le bord des chemins dans l'attente de pouvoir s'installer sur des terres et d&#233;pendent donc encore des aides financi&#232;res du gouvernement. Ce qui explique, en partie, l'attitude du MST face &#224; ce gouvernement. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand l'argent occupe tout l'espace politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de d&#233;bats programmatiques entre les deux candidats qui occup&#232;rent l'avant-sc&#232;ne m&#233;diatique, Lula et Alckmin, fut la caract&#233;ristique principale du premier tour de l'&#233;lection. Le marketing politique envahit tout l'espace. L'argent, les ressources financi&#232;res prenaient la place de la &#171; mobilisation citoyenne &#187;, &#224; un point rarement connu jusqu'ici. Cela s'inscrivait dans le droit fil des ann&#233;es Lula. Une sorte de complicit&#233; en ce domaine se manifesta entre les deux principaux acteurs de la pr&#233;sidentielle. Pedro Stedile, membre de la coordination du MST, dans un entretien avec l'Agence Carta Maior, le 5 octobre 2006, affirmait : &#171; Lors du premier tour il n'y eut pas de d&#233;bat et, pratiquement, les candidats ne d&#233;fendirent pas de projet... La caract&#233;ristique de ces &#233;lections, au moins lors du premier tour, fut un &#233;tat d'h&#233;b&#233;tude g&#233;n&#233;rale en fonction du manque de d&#233;bat sur des projets. &#187; Stedile souligne que Lula en aucune mesure &#171; ne stimula la participation du mouvement social &#187;. Ce fut en effet le grand absent des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallut attendre les dix derniers jours pour enregistrer un changement. Il n'intervint pas dans la qualit&#233; du d&#233;bat politique, mais dans l'offensive - plus vigoureuse qu'attendu par la direction du PT - des m&#233;dias contre Lula et son gouvernement. T&#233;l&#233;vision et presse s'empar&#232;rent d'une affaire : la tentative d'achat, pour une somme de quelque 800'000 dollars, d'un &#171; dossier &#187; cens&#233; compromettre Jos&#233; Serra - candidat du PSDB au poste de gouverneur de l'Etat de S&#227;o Paulo, qui fut &#233;lu au premier tour - dans des affaires de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des proches collaborateurs de Lula avaient mont&#233; cette op&#233;ration, au cours de laquelle ils furent arr&#234;t&#233;s le 15 septembre. Tous les m&#233;dias mirent en sc&#232;ne la montagne d'argent, au sens litt&#233;ral du terme, qu'impliquait une telle d&#233;marche d'acquisition de documents compromettants. Ils pos&#232;rent une question : d'o&#249; viennent ces fonds ? Une interrogation &#224; laquelle les responsables du PT ne pouvaient r&#233;pondre. Une fois de plus, Lula n'&#233;tait &#171; pas au courant &#187; et renvoyait &#224; la maison les &#171; responsables &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une frange des &#233;lecteurs et des &#233;lectrices, cette exhibition d'argent &#233;clairait une fois de plus d'une lumi&#232;re crue non seulement les pratiques du PT, mais le mur s&#233;parant la vie de ces politiciens de la leur. Le passif du gouvernement Lula acquerrait &#224; nouveau les traits de la corruption, du gaspillage, de l'incomp&#233;tence. Que des actes de corruption puissent &#234;tre imput&#233;s - entre autres dans une affaire d'achat d'ambulances - au PSDB et &#224; son candidat passaient au second rang, d'autant plus que les r&#233;v&#233;lations en la mati&#232;re n'&#233;tonnent plus grand monde. Par contre, la convergence des pratiques entre les deux composantes politiques - repr&#233;sent&#233;es par les deux candidats Lula et Alckmin - se concr&#233;tisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance naus&#233;abonde, Lula refusa de participer, le 28 septembre 2006, au seul d&#233;bat r&#233;unissant les divers candidats : Alckmin, Heloisa Helena, Cristovam Buarque. Une reculade qui traduisait la difficult&#233; pour Lula de d&#233;fendre les m&#233;thodes et le contenu de sa politique &#224; l'occasion d'un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; non biais&#233;. Divers analystes, sp&#233;cialistes de l'&#233;volution des intentions de vote, ont attribu&#233; &#224; ces deux &#171; incidents &#187; le fait que Lula ne fut pas &#233;lu au premier tour, m&#234;me si son r&#233;sultat fut sup&#233;rieur &#224; celui de 2002 (48,6% contre 46,4%). Certes, il avait l'avantage de disposer de la machine &#233;tatique. De l'efficacit&#233; de cet atout, FHC en avait fait la d&#233;monstration son lors de l'&#233;lection pour son deuxi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un affrontement dans un cadre bien d&#233;limit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arri&#232;re-fond de la campagne m&#233;diatique des jours pr&#233;c&#233;dant le 1er octobre s'est profil&#233;e la volont&#233; d'un secteur de la bourgeoisie de mettre en difficult&#233; Lula et de lui infliger un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, lui imposer un second tour ne pouvait qu'aboutir &#224; s'assurer une soumission accrue, dans le futur, aux exigences du Capital. Dans un entretien avec le quotidien argentin Clarin (7.10.2006), le dirigeant de la F&#233;d&#233;ration des industriels de S&#227;o Paulo (FIESP), Paulo Skaf - tout en indiquant qu'une fraction de son organisation et lui-m&#234;me pr&#233;f&#233;raient Alckmin -, soulignait, en substance, que les deux candidats devraient introduire des changements dans la politique gouvernementale &#224; venir : r&#233;duire la &#171; dimension de l'Etat &#187;, modifier le syst&#232;me fiscal, red&#233;finir la politique des taux d'int&#233;r&#234;t, etc. La FIESP le ferait savoir, confiait-il, lors de conversations avec les deux candidats et &#233;tait certaine d'&#234;tre &#233;cout&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Chico Oliveira, cit&#233; dans des contributions publi&#233;es par Correio da Cidadania, observe &#171; qu'il s'agit, essentiellement, d'une &#233;lection entre deux options conservatrices ; il n'y a aucune nouveaut&#233; en l'esp&#232;ce. C'est une lutte pour le contr&#244;le des fonds publics entre deux grands regroupements d'une m&#234;me classe sociale, mais dont les sigles sont le PT et le PSDB. &#187; Lula lors d'un entretien avec la presse, suite au premier tour, a d'ailleurs esquiv&#233; la question de savoir &#171; s'il gouvernerait pour les pauvres ou pour les riches &#187;. Lorsque l'on gouverne, r&#233;pondit-il, &#171; on ne fait pas une s&#233;paration entre riches et pauvres &#187;. FHC, avec son sens de la formule, d&#233;clare dans la foul&#233;e : &#171; Lula est &#224; la fois le p&#232;re des pauvres et la m&#232;re des riches. Il n'a pas menac&#233; leurs int&#233;r&#234;ts, au contraire. &#187; (Le Temps, 11.10.2006)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion du second tour, Oliveira insiste n&#233;anmoins sur la d&#233;termination du candidat du PSDB &#224; acc&#233;l&#233;rer le rythme des privatisations. Ce qui tend &#224; &#234;tre confirm&#233; au vu du bilan de la gestion de l'Etat de S&#227;o Paulo sous l'&#233;gide de ce parti. Les privatisations se sont multipli&#233;es dans les transports ferroviaires (Fepasa), dans l'&#233;nergie (Eletropaulo, Comgas et Companhias Paulista de For&#231;a e Luz), dans la voirie (Sabesp) ou encore dans le secteur bancaire (Banespa et Nossa Caixa). Les &#171; revenus &#187; de ces privatisations (sold&#233;es) n'ont pas emp&#234;ch&#233; l'explosion de la dette publique de cet Etat, dette qui nourrit une couche bourgeoise renti&#232;re tr&#232;s li&#233;e &#224; cette politique ultra-lib&#233;rale. Aujourd'hui, Lula met avant tout l'accent sur la volont&#233; d'Alckmin de s'engager dans une politique de privatisations tous azimuts. Ce qu'Alckmin et les m&#233;dias le soutenant d&#233;mentent, comme on pouvait s'y attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, Lula ne prend pas l'engagement de ne pas relever l'&#226;ge donnant le droit &#224; la retraite &#224; 65 ans, de ne pas flexibiliser le droit du travail et les droits syndicaux, de refuser la confirmation d&#233;finitive de l'ind&#233;pendance de la Banque centrale, de revenir &#224; une r&#233;forme agraire qui aurait les traits de celle propos&#233;e par Sampaio, de bloquer les privatisations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son programme reste celui de la continuit&#233; social-lib&#233;rale, qui aura des accents encore plus prononc&#233;s. Lula a d'ailleurs re&#231;u, le 10 octobre, l'appui d'Antonio Delfim Netto, qui occupa, entre autres, le poste de ministre de l'Economie sous la dictature militaire et repr&#233;senta le Br&#233;sil au FMI (O Estado de S.Paulo, 11.10 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle fraction parlementaire du PT, qui a pass&#233; de 81 &#224; 83, est majoritairement compos&#233;e par sa &#171; droite &#187; officialiste. On y retrouve les personnages qui ont, conjointement, conduit la politique du gouvernement et &#233;t&#233; m&#234;l&#233;s &#224; toutes les crises et tous les scandales : Jos&#233; Genoino, Jos&#233; Mentor, Paulo Rocha, Antonio Palocci, ou encore Ricardo Berzoini, l'ex-coordinateur de la campagne de Lula au premier tour. Ce dernier dut quitter son poste suite au scandale de l'acquisition du &#171; dossier &#187; devant incriminer Jos&#233; Serra. Selon les enqu&#234;teurs, il pr&#233;parait cette initiative depuis trois mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de victoire, Lula et son gouvernement agiront dans le cadre d'ensemble fix&#233; par le grand capital. Dans le l&#233;gislatif, la recherche d'alliances au &#171; centre &#187; restera de mise. Le PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien) a d'ailleurs renforc&#233; sa position : 89 d&#233;put&#233;s contre 78 ant&#233;rieurement. Le PSDB en dispose de 65 contre 59 et le Parti du front lib&#233;ral (PFL) de 65 contre 64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec satisfaction ironique que le quotidien &#233;conomique historique, Gazeta Mercantil (11.10.2006), souligne, dans un reportage consacr&#233; &#224; la campagne conduite par Lula dans une r&#233;gion populaire du grand S&#227;o Paulo (Guarulhos), que le pr&#233;sident critique le manque de fermet&#233; du PSDB face &#224; la Bolivie, &#224; l'occasion des mesures prises par le gouvernement d'Evo Morales pour accro&#238;tre son contr&#244;le sur les ressources &#233;nerg&#233;tiques aux mains de la soci&#233;t&#233; &#233;tatique br&#233;silienne Petrobras !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des secteurs d&#233;terminants de la bourgeoisie et leurs repr&#233;sentants politiques ne pensent pas que l'issue la plus probable du second tour sera une d&#233;faite de Lula. Ils savent que le premier gouvernement de Lula leur a donn&#233;, pour l'essentiel, satisfaction. Il n'a en aucune mesure favoris&#233; la mobilisation sociale, tout au contraire. FHC peut d&#232;s lors, sans trop de risques, affirmer : &#171; S'il [Lula] perd, il n'y aura pas les tensions sociales que pr&#233;disent certains. Le PT n'a plus la capacit&#233; de mobilisation sociale qu'il avait auparavant. Et le PSDB est favorable &#224; la r&#233;forme agraire. Quant aux aides sociales aux pauvres, c'est moi qui les ai cr&#233;&#233;es. &#187; (Le Temps, 11.10.2006) Pour ce qui est de la r&#233;forme agraire et des aides sociales, FHC lance deux coups de pied de l'&#226;ne dont il est pass&#233; ma&#238;tre. La remarque la plus significative a trait &#224; la capacit&#233; pr&#233;sente de mobilisation sociale du PT. Cette atrophie accentu&#233;e du PT et de la CUT &#233;tait un des objectifs que visaient les fractions bourgeoises &#171; &#233;clair&#233;es &#187; qui, d&#232;s le d&#233;but, ont soutenu &#171; l'exp&#233;rience Lula &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant un certain recul, Joao Pedro Stedile, dans son entretien &#224; Carta Maior (5.10.2006), observe que &#171; quinze ans de n&#233;olib&#233;ralisme ont repr&#233;sent&#233; une d&#233;faite tr&#232;s grande pour les int&#233;r&#234;ts du peuple [...]. Le mouvement de masse est en reflux. La gauche en g&#233;n&#233;ral conna&#238;t une crise id&#233;ologique, de valeurs et de pratique politique [...]. Comment d&#233;passer ce cadre historique d&#233;favorable ? Ce ne sera ni par une &#233;lection ni par une formule miraculeuse ; ce sera un long travail exigeant une patience historique qui permettra de regrouper des forces populaires autour d'un nouveau projet pour le pays et, dans ce but, nous avons besoin de reprendre le travail de base, de former des militants, de disposer de nos propres moyens de communication et de stimuler tout type de luttes sociales, en particulier avec la jeunesse urbaine. &#187; L'accent mis sur la &#171; jeunesse urbaine &#187; de la part du principal dirigeant du MST m&#233;rite l'attention ; elle traduit une discussion qui est men&#233;e depuis un certain temps dans des cercles dirigeants du MST.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes discuter du jugement sur la p&#233;riode sociale et politique de Stedile. Mais il serait peu r&#233;fl&#233;chi d'&#233;carter d'un revers de main ce point de vue au nom de certaines luttes, r&#233;elles, ou de l'&#233;mergence de nouvelles et estimables organisations sociales (Conlutas) ou politiques, comme le PSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde partie de cet article, nous examinerons la campagne men&#233;e par le Front de gauche autour de la candidature d'Heloisa Helena et le d&#233;bat portant sur le mot d'ordre de vote &#224; l'occasion du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Le MST, apr&#232;s s'&#234;tre abstenu de toute indication de vote lors du premier tour, s'engage actuellement pour Lula. La direction du PSOL a, le 3 octobre, pris position pour le vote blanc (ni pour Lula ni pour Alckmin). Cette position est d&#233;battue par certains de ses membres connus. Le PSTU s'est prononc&#233; pour le vote blanc. (11 octobre 2006)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Delphi, un nouveau laboratoire d'une politique anti-ouvri&#232;re</title>
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		<dc:date>2005-11-28T02:01:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le plus grand &#233;quipementier automobile des Etats-Unis, et le second &#224; l'&#233;chelle mondiale, met en faillite... les syndicats. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but octobre 2005, aux Etats-Unis, s'acc&#233;l&#232;re un assaut contre un des derniers bastions syndicaux du priv&#233; : celui des entreprises automobiles am&#233;ricaines. Un v&#233;ritable cas d'&#233;cole. Dans une branche marqu&#233;e par une surproduction d'ampleur (trop de capacit&#233;s productives et / ou d'usines), le Capital red&#233;finit, avec violence, ses rapports au Travail. Il le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le plus grand &#233;quipementier automobile des Etats-Unis, et le second &#224; l'&#233;chelle mondiale, met en faillite... les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but octobre 2005, aux Etats-Unis, s'acc&#233;l&#232;re un assaut contre un des derniers bastions syndicaux du priv&#233; : celui des entreprises automobiles am&#233;ricaines. Un v&#233;ritable cas d'&#233;cole. Dans une branche marqu&#233;e par une surproduction d'ampleur (trop de capacit&#233;s productives et / ou d'usines), le Capital red&#233;finit, avec violence, ses rapports au Travail. Il le fait dans un contexte d'organisation mondialis&#233;e d'une production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bouleversement survient dans le sillage des ravages inflig&#233;s dans la sid&#233;rurgie et dans les compagnies a&#233;riennes, entre autres. Il symbolise, de m&#234;me, l'aboutissement d'une politique d'appareils syndicaux - celle des &#171; concessions pour sauver des emplois &#187; - qui vont encore perdre de nombreux membres, m&#234;me si la survie mat&#233;rielle de leur hi&#233;rarchie est assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laminer les contrats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 octobre 2005, le premier &#233;quipementier d'automobiles am&#233;ricain, Delphi, se met en faillite. Son nouveau patron, en place depuis juillet, Robert S. &#171; Steve &#187; Miller d&#233;clare : &#171; Del&#173;phi est simplement un point de combustion, un cas qui fera jurisprudence pour l'ensemble des orientations &#233;conomiques et sociales qui vont au-devant d'une collision dans notre pays [Etats-Unis] et de tous c&#244;t&#233;s sur la terre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphi a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1995, comme une division s&#233;par&#233;e de General Motors (GM). Elle est introduite en Bourse en mai 1999. GM l'a d&#233;tach&#233;e en vue de r&#233;duire les co&#251;ts d'acquisition des composants pour ses v&#233;hicules, soit en exer&#231;ant une pression plus efficace sur les prix de livraison, soit en pouvant passer des accords avec d'autres &#233;quipementiers, ce qui pla&#231;ait Delphi sous la con&#173;trainte de la concurrence. Ford a fait de m&#234;me en cr&#233;ant une nouvelle soci&#233;t&#233;, Visteon. Chrysler les avait pr&#233;c&#233;d&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, Delphi avait gard&#233;, pour l'essentiel, les contrats de travail pass&#233;s ant&#233;rieurement avec le principal syndicat de GM : l'United Auto&#173;mobile Workers (UAW). Ces contrats constituent une des cibles sur laquelle tire la nouvelle direction. Les salaires horaires ou mensuels et les &#171; avantages sociaux &#187; - fonds de pension et couverture sant&#233;, des actifs et des retrait&#233;s - sont au centre de l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphi emploie 185'000 travailleurs et travailleuses &#224; l'&#233;chelle mondiale. Aux Etats-Unis et au Canada on en compte 50'600, dont 34'750 sont pay&#233;s &#224; l'heure et les 15'850 restants sont mensualis&#233;s ; l'UAW en organise 24'000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphi occupe quelques 70'000 travailleurs au Mexique ; mais la firme a d&#233;j&#224; ferm&#233; des usines et licenci&#233; quelque 8 000 ouvriers. Delphi est pr&#233;sent en Chine. Delphi y planifie une forte expansion dans les cinq ans &#224; venir. Elle est aussi active en Inde, au Br&#233;sil, en Turquie, Tch&#233;quie, Slovaquie, Pologne, Hongrie, Australie, au Japon, en Cor&#233;e du Sud ainsi qu'en Allemagne et Su&#232;de. Au total, Delphi op&#232;re dans 38 pays, avec 167 usines et 48 soci&#233;t&#233;s en participation (joint-venture). En 1995, son chiffre d'affaires s'&#233;levait &#224; environ 31,7 milliards de dollars ; en 2004, il se situe peu au-dessus des 28,5 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 11 : instrument antisyndical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme faillite ne convient pas exactement pour cerner la phase ouverte le 8 octobre. Delphi a plac&#233; ses activit&#233;s aux Etats-Unis sous la protection du chapitre 11 du Code des faillites. Aux termes du chapitre 11, les entreprises rencontrant des difficult&#233;s financi&#232;res peuvent obtenir du Tribunal de faillite l'homologation d'un plan de remboursement de leurs cr&#233;anciers. Le d&#233;biteur (ici Delphi) continue &#224; exploiter son entreprise sous la supervision du Tribunal. Le but du chapitre 11 est de faire homologuer le plan de r&#233;organisation, sans &#234;tre pourchass&#233; par les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; diverses modifications de cette loi, d&#232;s 1978, le chapitre 11 - &#171; la mise en faillite &#187; - est devenu un instrument utilis&#233; par les directions pour remettre en cause, frontalement, les accords du pass&#233; avec les syndicats. L'activit&#233; syndicale elle-m&#234;me est vis&#233;e, pour autant qu'elle ne soit pas align&#233;e sur les choix strat&#233;giques du patronat. Le chapitre 11 est de moins en moins un instrument pour se prot&#233;ger des cr&#233;anciers - ceux cens&#233;s perdre dans une faillite - et de plus en plus un outil visant &#224; r&#233;viser drastiquement &#224; la baisse les contrats de travail, sous la menace de la faillite pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois plac&#233;es sous la &#171; protection &#187; du chapitre 11, les directions disposent de deux mois pour n&#233;gocier, &#171; en toute bonne foi &#187;, de nouveaux contrats. Les salaires, les contributions patronales aux &#171; caisses de retraite &#187; et le versement pour couverture sant&#233; sont pr&#233;sent&#233;s comme la cause majeure des difficult&#233;s financi&#232;res - suppos&#233;es ou r&#233;elles - de la firme. Difficult&#233;s d'autant plus &#171; visibles &#187; que de tr&#232;s nombreuses entreprises - profitant des lacunes dans la loi et la r&#233;glementation - ne s'acquittent pas des versements aux &#171; fonds de pension &#187;. Ces arri&#233;r&#233;s peuvent atteindre des sommes se chiffrant en centaines de millions et plus... Mais les soci&#233;t&#233;s en cessation de paiement passent la facture &#224; un fonds de garantie &#233;tatique f&#233;d&#233;ral (Pension Benefit Gua&#173;ran&#173;tee Corporation - PB CG - cr&#233;&#233; en 1974). Les retrait&#233;s &#171; repris &#187; par le PBCG re&#231;oivent au maximum 60 % du montant pr&#233;vu. Ce qui n'emp&#234;che pas les salari&#233;s-contribuables de financer le PBCG !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Miller, l'as de la faillite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, banques et cabinets d'avocats - &#224; l'ombre de Wall Street - manifestent un int&#233;r&#234;t grandissant pour ces faillites-restructurations. Elles peuvent permettre d'obtenir des gains significatifs. Une fois syndicalement &#171; assainie &#187; et &#171; redress&#233;e &#187;, l'entreprise peut &#234;tre jug&#233;e viable, d&#232;s lors poursuivre ses activit&#233;s ou &#234;tre revendue, car ob&#233;issant au potentiel de rentabilit&#233; exig&#233; par les tenants de la &#171; valeur actionnariale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Delphi d&#233;clare une perte de 700 millions de dollars pour l'ann&#233;e en cours, tout en disposant de liquidit&#233;s &#224; hauteur de 1,6 milliard. Elle se voit m&#234;me avancer des lignes de cr&#233;dits de 2 milliards par les banques. C'est donc la &#171; mise en faillite &#187; d'une entreprise assise sur 4 milliards de dollars ! Les pertes enregistr&#233;es sont en grande partie le r&#233;sultat du refus de GM de payer des sommes plus &#233;lev&#233;es pour les composants achet&#233;s, malgr&#233; l'incidence de la hausse du prix des mati&#232;res premi&#232;res. GM place donc Delphi dans les chiffres rouges. Cela facilite l'op&#233;ration faillite-remise en question des contrats de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau patron de Delphi, Robert S. &#171; Steve &#187; Miller, a d&#233;j&#224; mis en faillite Bethlehem Steel, onze jours apr&#232;s avoir &#233;t&#233; engag&#233; pour l'&#233;viter ! Ensuite, cette firme embl&#233;matique de la sid&#233;rurgie am&#233;ricaine a &#233;t&#233; acquise &#224; un excellent prix par un de ses amis, Wilburg Louis Ross, qui l'a revendue avec un gain substantiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miller a aussi organis&#233; la faillite de la compagnie United Airlines et particip&#233; &#224; la &#171; r&#233;organisation &#187; d'une dizaine de grandes soci&#233;t&#233;s. Il a exerc&#233; ses talents, d&#233;but des ann&#233;es 1980, chez Chrysler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fr&#233;quente les milieux bancaires et se vante de sa proximit&#233; avec l'ancien patron de la Banque mondiale, Jim Wolfen&#173;sohn. Le Chief Execu&#173;tive Offi&#173;cer (CEO) - le PDG en fran&#231;ais - de Delphi repr&#233;sente donc l'arch&#233;type du patronat propre &#224; cette p&#233;riode de domination brutale du capital financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Changer de vie &#187; : pr&#233;carit&#233; et risque de pauvret&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des centaines de milliers de personnes devront changer totalement leur vie &#187;. Miller r&#233;sume ainsi le futur des travailleurs de l'automobile. Jamais en reste d'une formule choc - apr&#232;s s'&#234;tre r&#233;clam&#233; de ses relations cordiales avec Rick Waggoner, le CEO de GM, et avec Ron Gettelfinger, pr&#233;sident de l'UAW - il laisse tomber : &#171; Pour ce qui est de Ron Gettelfinger, je ne voudrais pas &#234;tre dans ses souliers, m&#234;me pour tout le th&#233; de la Chine. Il devra aider un demi-million de travailleurs &#224; s'accoutumer &#224; l'id&#233;e que la globalisation a supprim&#233; la possibilit&#233; d'avoir quelqu'un qui tonde le gazon ou qui nettoie le sol pour un salaire de 65 dollars de l'heure &#187;. Le chiffre de 65 dollars correspond au salaire horaire d'un ouvrier syndiqu&#233;, plus l'ensemble des cotisations retraite et sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, la direction de l'UAW avait d&#233;j&#224; accept&#233; que Delphi et Visteon abaissent les salaires d'embauche de 10 dollars. Elle esp&#233;rait que le syndicat garderait ainsi les anciens membres, mieux pay&#233;s et donc aptes &#224; verser des cotisations &#233;lev&#233;es. L'appareil syndical envisageait donc un d&#233;clin ma&#238;tris&#233;. Miller et consorts agissent selon d'autres rythmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UAW a pass&#233; de 1,5 million de membres en 1979 &#224; quelque 700'000 actuellement. Ses difficult&#233;s pour prendre racine dans les entreprises &#233;trang&#232;res de l'automobile sont grandes. D&#232;s lors, pour le patronat de Delphi (ou de GM et Ford), il est temps qu'un ouvrier de l'automobile entre &#171; dans les cat&#233;gories des bas salaires, comme s'ils produisaient des s&#232;che-cheveux &#187;, souligne un expert des &#171; relations industrielles &#187;, Gary N. Chaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; concessions &#187; exig&#233;es par Miller - avant la r&#233;union du Tribunal de faillite (pr&#233;sid&#233; par Arthur J. Gonzales) - sont &#224; la hauteur du &#171; changement de vie &#187; (des ouvriers) qu'il veut imposer. Tout d'abord, les salaires vont subir une baisse de 65 %, passant de 27 &#224; 9,50-10 dollars. Les nouvelles embauches se feront au taux de 9 dollars, et non plus de 14. Ensuite, des jours f&#233;ri&#233;s seront supprim&#233;s. Une r&#233;organisation du temps de travail limitera au maximum le paiement du nombre d'heures suppl&#233;mentaires. La participation des travailleurs aux &#171; frais &#187; d'assurance maladie augmentera ; les soins dentaires et d'oculiste ne seront plus couverts. Enfin, le syst&#232;me de retraite sera adapt&#233; aux nouveaux et bas salaires et les retrait&#233;s seront soumis &#224; la di&#232;te. Avec un salaire de 9 dollars de l'heure, un travailleur de Delphi gagnera 18'720 dollars sur un an ; 600 en dessous du revenu d&#233;finissant le seuil de pauvret&#233; pour une famille de quatre personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie va changer. Pour s'en assurer, la direction de Delphi veut r&#233;duire le nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux et supprimer l'exigence, lorsqu'une usine est vendue, que le repreneur assume les anciens contrats. Une juriste du travail de Detroit, Mary Ellen Gure&#173;witz, conclut : &#171; Ces exigences envers le syndicat sont extraordinaires. Vous arrivez &#224; un niveau o&#249; les dispositions affaiblissent &#224; tel point le syndicat que les personnes se demanderont : pourquoi avoir un syndicat ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, une vaste r&#233;organisation - o&#249; les fermetures d'usine ont leur place - de la production est projet&#233;e. Certains produits, tr&#232;s standardis&#233;s, &#224; bas co&#251;t de transports, moins soumis aux exigences du flux tendu, seront fabriqu&#233;s dans les pays o&#249; le salaire est de 1 ou 2 dollars de l'heure. Delphi exportait, en 2003, 20 % de sa production effectu&#233;e en Chine, d'une valeur de 650 millions de dollars, vers les Etats-Unis et d'autres pays. Cette option et une sous-traitance exacerb&#233;e, dans divers maillons de la cha&#238;ne productive, font partie de la nouvelle strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pi&#232;ces plus sophi&#173;stiqu&#233;es, devant &#234;tre produites pr&#232;s de l'usine de montage (&#233;tant donn&#233; les d&#233;lais serr&#233;s des commandes) et en lien avec les centres de recherche, seront faites dans les usines am&#233;ricaines. Toutefois, les &#171; co&#251;ts unitaires salariaux &#187; (la part des salaires dans la valeur de chaque produit) devront ob&#233;ir aux exigences de la concurrence mondialis&#233;e. La productivit&#233; du travail sera encore plus pouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alan Greenspan, le patron sortant de la banque centrale (FED), dans son ultime rapport devant la Commission du S&#233;nat, ne soulignait-il pas que l'existence de centaines de millions de travailleurs en Chine, en Inde et dans les ex-pays &#171; communistes &#187; exer&#231;ait une pression &#171; qui a frein&#233; la hausse des co&#251;ts unitaires salariaux dans une grande partie du monde et a aid&#233; &#224; contenir l'inflation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace d'une v&#233;ritable faillite doit servir &#224; faire avaler toutes &#171; ces concessions &#187; &#224; l'appareil de l'UAW et aux travailleurs. La r&#233;organisation de l'exploitation s'accentuera sous la protection du chapitre 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miller est conscient que les rapports de force et la dimension internationale de l'offensive rendent peu probable une contre-attaque efficace. Au-del&#224; de la &#171; restructuration &#187; de Delphi, c'est donc l'existence m&#234;me d'un syndicat qui est en jeu. Voil&#224; un des param&#232;tres nouveaux d&#233;terminant l'action syndicale, dont l'instrument et le profil ne peuvent plus &#234;tre la simple r&#233;p&#233;tition du pass&#233;, sous une forme plus combative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources : Financial Times, 11.11.05 ; Anderson Economic Group (AEG) : &#171; Working Paper 2005-10 &#187; ; Executive Intelligence Review, 11.11.05, entretien avec Mark Reutter ; Executive Intelligence Review, &#171; Delphi in Advance Planning for Shutdowm &#187;, Richard Freeman, 11.11.05 ; Washing&#173;ton Post, 29.10.05, entretien avec Robert S. &#171; Steve &#187; Miller ; Wall Street Journal, 17.10.05, entretien avec Robert S. Miller ; Wall Street Journal, 13.10.05, &#171; The Oracle of Delphi &#187; ; Labor Notes, novembre 2005 ; New York Times, 10.10.05 ; Wall Street Journal, 4.11.05 ; Wall Street Journal, 28.10.05 ; Business Week, 10.10.05 &#171; A run on Detroit's parts makers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi sur le site A l'encontre : Une ville industrielle brutalement confront&#233;e au changement. Sholnn Freeman (18 novembre 2005) et Apr&#232;s Delphi, GM : des dizaines de milliers d'emplois massacr&#233;s. Charles-Andr&#233; Udry (21 novembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ----&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de La br&#232;che, &lt;a href=&#034;http://www.labreche.ch&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.labreche.ch&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Apr&#232;s Delphi *, GM : des dizaines de milliers d'emplois massacr&#233;s</title>
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		<dc:date>2005-11-28T01:57:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 21 novembre 2005, la direction de General Motors (GM) annonce une vaste &#171; restructuration &#187; de ses usines de montage aux Etats-Unis et au Canada. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un contexte de surcapacit&#233;s de production accentu&#233;es, GM va fermer un grand nombre d'usines jusqu'en 2008, neuf au total. Quelque 30000 emplois seront supprim&#233;s ; soit 22% de la main-d'&#339;uvre employ&#233;e aux Etats-Unis. Des r&#233;gions enti&#232;res (Michigan, Georgie, Ohio, etc.) vont &#234;tre d&#233;vast&#233;es par un v&#233;ritable cyclone de pertes d'emplois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Etats-Unis-58-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 21 novembre 2005, la direction de General Motors (GM) annonce une vaste &#171; restructuration &#187; de ses usines de montage aux Etats-Unis et au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de surcapacit&#233;s de production accentu&#233;es, GM va fermer un grand nombre d'usines jusqu'en 2008, neuf au total. Quelque 30000 emplois seront supprim&#233;s ; soit 22% de la main-d'&#339;uvre employ&#233;e aux Etats-Unis. Des r&#233;gions enti&#232;res (Michigan, Georgie, Ohio, etc.) vont &#234;tre d&#233;vast&#233;es par un v&#233;ritable cyclone de pertes d'emplois (directs et indirects). De 2000 &#224; 2006, c'est 40% des emplois qui ont &#233;t&#233; (et seront) supprim&#233;s. Fin 2008, GM devrait compter au total 86000 travailleurs (cols bleus) ; en gros le nombre qu'il employait seulement &#224; Flint (Michigan) au d&#233;but des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de GM l'explique (Wall Street Journal, 21 novembre 2005) : la r&#233;duction des capacit&#233;s de production d'un million d'unit&#233;s jusqu'en 2008 est imp&#233;rative pour r&#233;tablir la rentabilit&#233; et r&#233;pondre aux attentes des principaux actionnaires. Parmi lesquels on trouve un requin de la finance Kirk Kerkorian un patron des casinos de Las Vegas qui pourrait se profiler comme un repreneur de GM... &#224; bon prix, une fois la lessive faite et m&#234;me la faillite prononc&#233;e. Il aurait, apr&#232;s, la possibilit&#233; de vendre GM par &#171; appartements &#187; (secteurs plus ou moins rentables) afin d'en tirer le maximum de b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle &#171; contraction &#187; des installations s'ajoute &#224; celle d&#233;j&#224; intervenue un million d'unit&#233;s aussi entre 2002 et 2005 ! Les actions GM ont atteint le niveau le plus bas depuis 18 ans et les obligations GM sont jug&#233;es &#171; pourries &#187;. GM est soumis &#224; une enqu&#234;te portant sur ses comptes : en 2001 GM a &#171; surestim&#233; &#187; ses b&#233;n&#233;fices de 400 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres indiquent l'ampleur des surcapacit&#233;s de production install&#233;es et la perte des parts de march&#233;. Aux Etats-Unis, GM ne &#171; contr&#244;le &#187; plus que 25% du march&#233; am&#233;ricain. Les mod&#232;les de GM sont d&#233;phas&#233;s par rapport &#224; la demande. La concurrence des autres constructeurs (japonais et europ&#233;ens) s'op&#232;re dans le cadre d'une contraction relative des d&#233;bouch&#233;s. Cette derni&#232;re s'explique, en partie, par la stagnation du pouvoir d'achat des salari&#233;s et le degr&#233; de surendettement des m&#233;nages. Un surendettement qui pourrait prendre des proportions tr&#232;s inqui&#233;tantes si les prix de l'immobilier baissaient ; ce qui se pr&#233;pare. En effet, c'est en s'appuyant sur la mont&#233;e des prix de l'immobilier que les m&#233;nages ont pu s'endetter &#224; cette hauteur (le logement servant, en quelque sorte, de gage aupr&#232;s des banques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute une mise en question des d&#233;penses pour couverture de sant&#233; et retraite des travailleurs et travailleuses. Le PDG de GM, Wagoner, a fait savoir que GM avait &#171; un accord avec l'UAW (United Auto Workers - syndicat de la branche) qui aidera de mani&#232;re significative &#224; faire face au d&#233;fi des co&#251;ts de couverture maladie &#187; (Wall Street Journal, 21 novembre 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif est clair : GM va r&#233;duire au maximum les revenus directs (salaires) et les allocations sant&#233; et retraite des travailleuses et travailleurs. En m&#234;me temps, GM va &#233;trangler, lentement, le syndicat. Ce qui s'accompagnera du versement de primes &#233;normes aux &#171; tueurs d'emplois &#187; : les managers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Delphi : le massacre s'annonce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 novembre, l'UAW a confirm&#233; que la direction de Delphi l'&#233;quipementier qui avait &#233;t&#233; d&#233;tach&#233; de GM et &#233;tait entr&#233; en Bourse en 1999 avait annonc&#233; la r&#233;duction, sur trois ans, de 24000 emplois (soit l'&#233;quivalent de la fermeture de 12 usines), sur les 34000 existant aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miller, le PDG de Delphi entreprise en faillite depuis le 8 octobre (voir article dans La br&#232;che de novembre 2005, sur ce site) a indiqu&#233; que c'&#233;tait sa &#171; derni&#232;re offre &#187;. En outre, quelque 10000 retrait&#233;s et leurs conjoints vont voir fondre leur retraite. La pauvret&#233; les guette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; concession &#187; est faite par Delphi : le salaire horaire direct ne passera que de 27 dollars &#224; 12,5 dollars pour les anciens et 10,5 dollars pour les nouveaux embauch&#233;s (qui ne seront certainement plus syndiqu&#233;s) ; et non plus &#224; 9,5 dollars ! Le total du salaire (salaire direct plus contributions sant&#233; et retraite) doit, lui, passer de 65 dollars &#224; 21 dollars ; ce qui est consid&#233;r&#233; comme entrant dans la fourchette compatible avec les exigences de la concurrence, selon la direction !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de l'UAW, Ronald Gettelfinger, a d&#233;clar&#233; que cette proposition de la direction de Delphi qui doit &#234;tre examin&#233;e par le juge du Tribunal des faillites est &#171; une insulte &#187; et une &#171; une voie trac&#233;e vers l'affrontement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de Delphi met le couteau sur la gorge des travailleurs : si un accord n'intervient pas avant le 16 d&#233;cembre 2005, une demande de mise en faillite effective sera d&#233;pos&#233;e devant le juge Robert Drain. Il en d&#233;coulera que tous les contrats seront annul&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations combatives de la part de la direction de l'UAW ne vont pas manquer dans les semaines &#224; venir. Cela d'autant plus apr&#232;s l'annonce de la massive restructuration chez GM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la politique de concessions qui est conduite depuis des ann&#233;es chez GM, Ford o&#249; l'UAW engage une discussion pour une r&#233;duction massive de la couverture sant&#233; et chez Chrysler laisse augurer du d&#233;mant&#232;lement d'un des derniers bastions historiques du syndicalisme am&#233;ricain : l'UAW.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : une paup&#233;risation rapide de centaines de milliers de travailleurs et travailleuses... dans cette &#233;conomie &#171; mod&#232;le &#187;, celle des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe aux Etats-Unis s'inscrit dans une restructuration internationale de l'industrie automobile et pose, avec encore plus d'actualit&#233;, l'exigence d'un syndicalisme internationalis&#233;, plongeant ses racines dans les entreprises. Mettre en &#339;uvre ce type d'organisations syndicales est fort difficile. Mais, sans cela, le Capital imposera, sans coup f&#233;rir, toutes les exigences de sa valorisation maximale (de la production et appropriation de la plus-value) dans un espace sans rivage. (21.11.2005)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Voir sur ce site l'article Etats-Unis. Une ville industrielle brutalement confront&#233;e au changement. par Sholnn Freeman du 18 novembre, et sur le site La br&#232;che : Etats-Unis : Delphi, un nouveau laboratoire d'une politique anti-ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Article tir&#233; sur site &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alencontre.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous avez des commentaires, des r&#233;actions, &lt;br class='autobr' /&gt;
des sujets ou des articles &#224; proposer : &lt;br class='autobr' /&gt;
redaction@alencontre.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le PT a perdu une m&#233;tropole et une ville symbole</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-PT-a-perdu-une-metropole-et-une-ville-symbole</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-PT-a-perdu-une-metropole-et-une-ville-symbole</guid>
		<dc:date>2004-11-07T21:51:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me tour des &#233;lections municipales se tenait ce 31 octobre au Br&#233;sil (voir sur ce site : &#034;Avant le second tour des &#233;lections municipales&#034;, 25 octobre 2004). &lt;br class='autobr' /&gt;
Premier constat : le PT a perdu une m&#233;tropole, S&#227;o Paulo, o&#249; l'affrontement &#233;lectoral municipal fonctionnait, partiellement, comme un test national. Marta Suplicy, ex-maire, a obtenu seulement 45 % des voix contre Jos&#233; Serra, le leader du PSDB (Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne) et ancien candidat battu par Lula lors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me tour des &#233;lections municipales se tenait ce 31 octobre au Br&#233;sil (voir sur ce site : &#034;Avant le second tour des &#233;lections municipales&#034;, 25 octobre 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier constat : le PT a perdu une m&#233;tropole, S&#227;o Paulo, o&#249; l'affrontement &#233;lectoral municipal fonctionnait, partiellement, comme un test national. Marta Suplicy, ex-maire, a obtenu seulement 45 % des voix contre Jos&#233; Serra, le leader du PSDB (Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne) et ancien candidat battu par Lula lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles, en 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un symbole... p&#226;lit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville du FSM (Forum social mondial) - Porto Alegre (1,4 million d'habitants) - la liste dite de Front populaire, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvait Raul Pont, a r&#233;uni un peu moins de 46,68% des voix ; Foga&#231;a, le candidat de la droite : 53,32%. La diff&#233;rence est plus grande que celle attribu&#233;e par les sondages une semaine avant l'&#233;ch&#233;ance. Le gouverneur de l'Etat de Rio Grande do Sul, Germano Rigotto, qui avait battu le candidat PT en 2002, appuyait Foga&#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porto Alegre est &#034;aux mains du PT&#034; depuis 16 ans. Son administration et &#034;son parti&#034; furent influenc&#233;s par un courant du PT : D&#233;mocratie socialiste (DS), dont Raul Pont &#233;tait le principal animateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience du &#034;budget participatif&#034;, encore ces derni&#232;res ann&#233;es, a re&#231;u des louanges - pour rester dans l'exotique - allant du PS fran&#231;ais, en passant par la gauche plurielle genevoise (Alliance de gauche, Alternative), jusqu'aux d&#233;fenseurs du &#034;socialisme municipal&#034; anglais. L'histoire n'enseigne pas. Toutefois, elle indique que lorsque la r&#233;flexion politique avoisine la ligne de flottaison, des &#034;exemples d&#233;paysants&#034; peuvent &#234;tre utilis&#233;s par quelques ma&#238;tres illusionnistes pour attribuer une autorit&#233; - dans leur pays - &#224; des orientations plus que discutables. Le &#034;budget participatif&#034; a servi aussi &#224; cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raul Pont est un militant de longue date, dont l'honn&#234;tet&#233; n'a jamais &#233;t&#233; mise en cause alors que la corruption empreint la politique br&#233;silienne. Alors, face &#224; cette d&#233;route &#233;lectorale et face &#224; la politique de Lula deux questions surgissent. La premi&#232;re : quelle est la relation entre la d&#233;faite &#233;lectorale de Raul Pont et du PT &#224; Porto Alegre, d'un c&#244;t&#233;, et le discr&#233;dit de la politique du gouvernement Lula, de l'autre. Raul Pont, &#224; diverses reprises, a reconnu que la politique du gouvernement Lula portait ombre &#224; son combat &#233;lectoral ! Mais, il n'a jamais d&#233;nonc&#233; cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi avoir &#224; l'esprit que les ressources budg&#233;taires de Porto Alegre d&#233;pendent fortement des choix budg&#233;taires et fiscaux de l'Etat f&#233;d&#233;ral. Cette fois, il &#233;tait difficile, pour justifier un budget participatif de plus en plus maigre (la part des d&#233;penses &#034;d&#233;cid&#233;e&#034; par les habitants est de plus en plus retreinte), d'en attribuer la responsabilit&#233; au gouvernement f&#233;d&#233;ral. A moins d'attaquer ses choix d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et son lib&#233;ralisme sur le terrain des imp&#244;ts. Or, nous l'avons vu, Raul Pont ne remettait pas en cause, sur le fond, cette politique. D&#232;s lors, l'identification entre le PT de Raul Pont, la DS et le gouvernement a facilit&#233; la perte de prestige du PT de Porto Alegre. Cela s'est concr&#233;tis&#233; au plan &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde interrogation : le &#034;budget participatif change-t-il la vie des gens ?&#034;. Pas trop, ont r&#233;pondu les &#233;lecteurs et &#233;lectrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait doit &#234;tre enregistr&#233; : la politique budg&#233;taire d&#233;cid&#233;e par l'Etat f&#233;d&#233;ral central a des r&#233;percussions directes sur les allocations attribu&#233;es aux entit&#233;s subordonn&#233;es : les Etats et les municipalit&#233;s. Le &#034;budget participatif&#034; est fonctionnel &#224; une op&#233;ration : se d&#233;charger des effets des responsabilit&#233;s centrales de la politique des gouvernants (en termes de choix fiscaux pour le mobilier et l'immobilier) sur les entit&#233;s &#034;inf&#233;rieures&#034;. Ce f&#233;d&#233;ralisme fiscal et budg&#233;taire est bien connu en Suisse. Lorsqu'il se combine avec un &#034;budget participatif&#034;, il permet d'introduire un semblant de coparticipation des citoyens et des citoyennes &#224; la distribution... de la pauvret&#233;. Et tout cela s'effectue sans que l'origine des ressources r&#233;duites mises &#224; disposition et sur lesquelles &#034;on d&#233;cide&#034; soit au centre du d&#233;bat et de la mobilisation. Ainsi, ne sont pas mises question : la concentration de la richesse laiss&#233;e intacte par Lula et la politique de &#034;redistribution&#034; tr&#232;s partielle de cette richesse que les imp&#244;ts devraient assurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, le PT avait perdu l'Etat du Rio Grande do Sul (dont Porto Alegre est la capitale). Une des explications utilis&#233;es, alors, par la gauche du PT pour expliquer ce revers - dans un des rares Etats que le PT dirigeait - avait &#233;t&#233; la suivante : le PT s'&#233;tait divis&#233; entre gauche et droite, lors de la d&#233;signation du candidat au poste de gouverneur. Raul Pont avait perdu, lors des &#034;primaires&#034;, internes au PT, face &#224; l'actuel ministre de l'Education : Tarso Genro. Ce dernier avait perdu, lui, lors les &#233;lections au poste de gouverneur en 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour ces &#233;lections municipales, l'unit&#233; du PT &#233;tait compl&#232;te. L'appui du gouvernement Lula fut sans faille, au plan financier, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc plus qu'un probl&#232;me &#034;tactique&#034; dans cette d&#233;route. S'y ajoutera le recyclage social d'un secteur du PT qui vivait de la municipalit&#233; depuis 16 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#227;o Paulo : le new-PT et le PSDB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re du quotidien la Folha de S.Paolo, le titre est clair : &#034;Serra est &#233;lu &#224; S&#227;o Paulo. Le PT perd dans les principales villes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;compte de 99% des urnes, Jos&#233; Serra - le &#034;poulain de F.H. Cardoso - obtient 55% des votes valables. Lula, venu &#224; Sao Paulo pour l'inauguration d'une grande oeuvre d'infrastructure (l'avenue Radial Leste) avait appel&#233; tr&#232;s hardiment &#224; voter pour Marta Suplicy. Lula dut d'ailleurs s'excuser pour cet appel trop direct d'un Pr&#233;sident. Il se vit infliger une amende de 50'000 reals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de Marta Suplicy a &#233;t&#233; attribu&#233;e par le patron du PT, Jos&#233; Genoino, au &#034;rejet de Marta par la population&#034; ! Puis, il ajouta que les d&#233;faites de Porto Alegre et de S&#227;o Paulo &#034;&#233;taient deux lourdes d&#233;faites&#034;, mais &#034;que les gens apprennent avec les d&#233;faites et apprennent avec les victoires&#034;. Un commentaire qui vaut son pesant de cacahu&#232;tes venant de la part de celui qui, en 2002, se voulait le porteur d'une &#034;victoire pour un vaste changement&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de Serra relance le d&#233;bat sur les &#233;lections de 2006. Il remet &#224; l'ordre du jour un th&#232;me que les milieux &#233;conomiques discutent en sourdine : pour user le mouvement de masse et la partie du PT qui aurait encore quelques nostalgies pass&#233;es, est-il pr&#233;f&#233;rable d'avoir deux mandats pr&#233;sidentiels avec Lula, ou un suffit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question prend une actualit&#233; plus concr&#232;te, car avec sa victoire &#224; S&#227;o Paulo, Serra se profile comme le candidat pr&#233;sidentiel cr&#233;dible d'un syst&#232;me qui n'est pas encore celui d'une alternance PSDB-PT, mais qui pourrait en avoir les traits, demain, suivant les &#233;volutions des anciens partis bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le personnel du macro appareil &#233;tatico-administratif de S&#227;o Paulo devra chercher de nouveaux d&#233;bouch&#233;s professionnels... donc en partie politiques. Des strat&#233;gies &#233;tonnantes risquent de se dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Bel&#233;m &#224; Fortaleza&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;natrice Ana Julia Carepa - seule s&#233;natrice du courant D&#233;moratie socialiste (DS), puisqu'Heloisa Helena a &#233;t&#233; expuls&#233;e du PT et se trouve &#224; la direction du P-SOL : Parti du socialisme et de la libert&#233; [1]- a &#233;t&#233; battue &#224; Bel&#232;m, la capitale de l'Etat de Para, dans le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a r&#233;uni le 41,72% des votes contre 58,28% pour Duciamo Cota du PTB (Parti travailliste br&#233;silien). Bel&#232;m (1,4 million d'habitants) &#233;tait dirig&#233;e par le PT depuis 8 ans. Ana Julia Carepa a vot&#233; au S&#233;nat toutes les lois anti-ouvri&#232;res. Elle a fait venir pour la soutenir Jose Dirceu, le &#034;ministre de la Maison Civile&#034; (sorte de quasi premier ministre) de Lula ; l'un des animateurs du tournant social-lib&#233;ral du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Fortaleza, capitale du Ceara (Nord-Est), comptant 2,2 millions d'habitants, Luizianne Lins, aussi issue du courant de la DS, mais qui s'&#233;tait oppos&#233; au premier tour au candidat soutenu par Lula, a largement remport&#233; la victoire : 56,21% des votes contre 43,79% pour Moron Torgan du Parti du Front lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'&#233;tait pr&#233;sent&#233;e au premier contre la d&#233;cision de l'appareil central du PT-gouvernemental qui soutenait un autre candidat (issu du PCdoB, Parti communiste du Br&#233;sil, d'origine mao&#239;ste ; parti int&#233;gr&#233; au gouvernement). Au niveau national, ce fut la seule candidate p&#233;tiste soutenue explicitement par le P-SOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview au quotidien Folha de Sao Paulo, elle affirme que sa victoire &#233;tait celle &#034;du PT historique qui d&#233;fend les opprim&#233;s&#034; et que son &#034;seul point commun avec Marta Suplicy est la couleur des cheveux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce Br&#233;sil o&#249; les m&#233;dias valorisent &#233;norm&#233;ment le &#034;look&#034; et o&#249; la politique est tr&#232;s personnalis&#233;e - comme de plus en plus dans tous les pays, pour la vider de son sens - Luizianne Lins faisait allusion, par cette formule, au fait que Marta et elle ont les cheveux blonds. Ce trait est encore plus caract&#233;ristique quand on est maire de la capitale d'un Etat du Nord-Est br&#233;silien, comme le Ceara. Luizianne Lins a aussi d&#233;clar&#233; qu'elle d&#233;sirait, dans le futur, construire un front des maires PT du Nord-Est, afin d'intervenir plus fortement dans cette r&#233;gion d&#233;sh&#233;rit&#233;e et frapp&#233;e par la faim. (voir sur ce site l'article : &#034;Histoire politique de la s&#233;cheresse dans le Nord-Est&#034;, 27 octobre 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la fa&#231;on dont Luizianne Lins - qui a re&#231;u l'appui de Lula au second tour, mais n'a pas cherch&#233; &#224; &#234;tre &#034;entour&#233;e&#034; par des &#233;l&#233;phants du PT gouvernemental lors du second tour des &#233;lections - va d&#233;finir ses adh&#233;sions politiques futures reste du domaine de la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces premi&#232;res remarques sur les municipales seront suivies d'autres articles faisant le point sur la situation politique suite &#224; ces &#233;lections &#034;interm&#233;diaires&#034; : car, en 2006, il y aura les pr&#233;sidentielles et les &#233;lections &#224; l'&#233;chelle des Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le P-SOL ne pouvait se pr&#233;senter aux &#233;lections municipales, car il doit obtenir sa l&#233;galisation en r&#233;unissant 458'000 signatures. En outre, un parti ne peut se pr&#233;senter aux &#233;lections que dans la mesure o&#249; il est l&#233;galis&#233; six mois avant l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale. Le P-SOL semble sur la bonne voie pour obtenir sa l&#233;galisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'emprise d'une oligarchie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-emprise-d-une-oligarchie</link>
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		<dc:date>2004-09-30T15:54:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, en d&#233;cembre, sous une couverture dor&#233;e - aussi symbolique que les lingots d'or des Toblerone vendus dans les tax-free shops -, le mensuel Bilanz &#233;tale la liste des &#034;300 plus riches&#034; de Suisse. C'est-&#224;-dire les 300 personnes r&#233;sidant en Suisse et dont la fortune est estim&#233;e par cette publication. Bilanz n'a rien invent&#233;. Il a repris la tradition d'un magazine &#233;tats-unien analogue : Forbes Magazine. Chaque ann&#233;e, Forbes &#233;tale la liste des &#034;400 Am&#233;ricains les plus riches&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, en d&#233;cembre, sous une couverture dor&#233;e - aussi symbolique que les lingots d'or des Toblerone vendus dans les tax-free shops -, le mensuel Bilanz &#233;tale la liste des &#034;300 plus riches&#034; de Suisse. C'est-&#224;-dire les 300 personnes r&#233;sidant en Suisse et dont la fortune est estim&#233;e par cette publication. Bilanz n'a rien invent&#233;. Il a repris la tradition d'un magazine &#233;tats-unien analogue : Forbes Magazine. Chaque ann&#233;e, Forbes &#233;tale la liste des &#034;400 Am&#233;ricains les plus riches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro sp&#233;cial de Forbes vient de sortir. Il nous fournit une premi&#232;re indication : pour entrer dans le club des &#034;400 plus riches&#034;, il faut disposer de 750 millions de dollars. Ce sont aussi eux qui ont tout avantage &#224; ce que le &#034;d&#233;bat&#034; Bush-Kerry reste un vaste th&#233;&#226;tre d'ombres chinoises.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir des propri&#233;taires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu le plus riche reste le propri&#233;taire de Microsoft : Bill Gates. Sa fortune est estim&#233;e &#224; 48 milliards de dollars. Il s'agit d'une fortune nette, toute dette d&#233;duite. Ce qui n'est pas secondaire pour le fisc, bien que la cr&#233;ation d'une fondation soit d'une tr&#232;s grande efficacit&#233; au plan fiscal. Ce que Bill Gates sait parfaitement : sa fondation &#034;concurrence&#034; certains programmes des Nations unies. Certains professeurs de Saint-Gall vont certainement proposer, par &#034;souci d'efficacit&#233;&#034;, de privatiser les Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si&#232;ge dans cette liste la famille contr&#244;lant le g&#233;ant de la distribution Wal-Mart : les Walton. Cinq de ses membres ont droit &#224; cette &#233;minente distinction. Or, un employ&#233; de Wal-Mart, travaillant &#224; 100%, gagne 15000 dollars par ann&#233;e. Toutefois, la politique du grand distributeur est de privil&#233;gier le travail &#224; temps partiel impos&#233;, ce qui facilit&#233; la flexibilisation. D&#232;s lors, la tr&#232;s large majorit&#233; des employ&#233;s ne per&#231;oivent pas 11000 dollars par ann&#233;e ; ce qui est en dessous du &#034;niveau de pauvret&#233;&#034;. En outre, il faut au moins &#234;tre employ&#233; durant deux ans chez Wal-Mart pour disposer d'une assurance maladie. Or, le turn-over est tr&#232;s grand. Ainsi, seuls 38% des salari&#233;&#183;e&#183;s de Wal-Mart sont couverts par l'assurance li&#233;e au contrat de travail. Il va sans dire que la chasse aux syndicats est une des sp&#233;cialit&#233;s de la famille Walton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Warrens Buffet, qui dirige le c&#233;l&#232;bre fonds de placement Berkshire Hathaway, est en bonne place sur le listing de Forbes : sa fortune est estim&#233;e &#224; 41 milliards. Il est devenu conseiller du gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger ; ce gigantesque Etat a un d&#233;ficit de 40 milliards de dollars. Ce qui a &#233;t&#233; un des &#233;l&#233;ments justifiant de brutales coupes dans les budgets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propri&#233;taire de Oracle, la firme &#233;ditrice de logiciels pour Internet, Lawrence Ellison, se trouve en 10e position avec 13,7 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rupert Murdoch n'est qu'en 27e position, avec 6,9 milliards (de fortune nette, pour ce sp&#233;cialiste des rachats et de l'endettement &#224; l'&#233;chelle mondiale). L'hebdomadaire Business Week d&#233;crivait derni&#232;rement le poids politico-m&#233;diatique de Murdoch : &#034;Ses programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s couvrent cinq continents... il contr&#244;le 175 journaux, y compris le New York Post et le Times de Londres. Aux Etats-Unis, il poss&#232;de Twentieth Century Fox Studio, Fox Network et 35 stations de t&#233;l&#233;vision qui couvrent quelque 40% du pays. Ses t&#233;l&#233;visions par c&#226;ble comprennent Fox News, en pleine croissance...&#034; Selon Business Week, un m&#233;nage sur cinq, &#224; tout moment de la journ&#233;e, sera connect&#233; &#224; un r&#233;seau appartenant &#224; Murdoch ou &#224; un produit d&#233;livr&#233; par ses soci&#233;t&#233;s. Or, Murdoch est un adh&#233;rent de la droite la plus dure. Il joue un r&#244;le dans la diffusion de la pens&#233;e n&#233;oconservatrice bushienne, dont les &#233;laborations se r&#233;pandent entre autres par le biais du Weekly Standard, propri&#233;t&#233; de Murdoch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre membre du gotha milliardaire se nomme Michael Bloomberg, le maire de New York, li&#233; &#233;troitement &#224; Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, Forbes d&#233;crit une oligarchie qui poss&#232;de un poids socio-politique bien sup&#233;rieur &#224; ce que d'aucuns appellent &#034;la classe politique&#034;, qui pour l'essentiel n'est que la repr&#233;sentante de ces int&#233;r&#234;ts au Congr&#232;s am&#233;ricain. Ces super-riches, pour reprendre une formule courante aux Etats-Unis, concentrent dans leurs mains un trillion de dollars. Il est difficile d'appr&#233;hender une telle somme. Pour le faire, prenons un exemple. Chez les experts, le d&#233;ficit du budget f&#233;d&#233;ral am&#233;ricain pour 2004, soit 422 milliards, suscite de nombreux soucis. Or, il repr&#233;sente moins de la moiti&#233; de la fortune priv&#233;e de ces oligarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus des PDG des soci&#233;t&#233;s cot&#233;es en Bourse participent de l'appropriation concentr&#233;e de la valeur ajout&#233;e. Il existe une statistique du revenu m&#233;dian des PDG am&#233;ricains. Son &#233;volution est int&#233;ressante. En 1989, ce revenu repr&#233;sentait 71 fois plus que le revenu m&#233;dian des travailleurs. En 2003, 185 fois plus. Selon le dernier ouvrage publi&#233; par l'Economic Policy Institute, The State of Working America 2004-2005, en 2003, un PDG doit travailler un jour et demi (sur un total de 260 jours ouvrables) pour obtenir la somme &#233;quivalente du revenu moyen d'un travailleur oeuvrant, lui, 52 semaines. Comme le dit l'&#233;tude cit&#233;e : &#034;Seulement dans un pays, la Suisse, la r&#233;tribution des PDG se rapproche, mais n'atteint que le 50% du revenu moyen d'un PDG am&#233;ricain&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une bipolarisation croissante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accumulation de richesses &#224; un p&#244;le de la soci&#233;t&#233; renvoie &#224; la paup&#233;risation de l'autre p&#244;le de cette derni&#232;re. En 2003, 12,5% de la population am&#233;ricaine, soit 36 millions, vivent en dessous de la ligne de pauvret&#233;, c'est-&#224;-dire n'ont pas un revenu de 18660 dollars pour une famille de quatre. Or, de multiples instituts d&#233;montrent que cette ligne ne fait pas sens si l'on prend en compte le rapport entre les besoins d'une telle famille type (le &#034;standard de vie&#034; modeste usuel) et son revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, le nombre de personnes vivant en dessous de la ligne de pauvret&#233; se situait &#224; 31,6 millions et en 2002 &#224; 34,6 millions. Si l'on prend comme r&#233;f&#233;rence un revenu de 37320 dollars, soit le double du revenu de r&#233;f&#233;rence pour la pauvret&#233;, 87,2 millions de familles vivaient avec un revenu inf&#233;rieur &#224; ce montant en 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mythe est r&#233;pandu en Suisse et plus g&#233;n&#233;ralement en Europe : les Am&#233;ricains seraient un peuple d'actionnaires. Or, les derni&#232;res enqu&#234;tes indiquent que 48% des foyers ne disposent d'aucune action, d'aucun titre. A ces 48%, on peut ajouter 11,8% qui disposent de moins de 5000 dollars en actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration de la propri&#233;t&#233; actionnariale n'a fait que cro&#238;tre. Ainsi, le 1% des actionnaires les plus riches a augment&#233; son avoir de 30,1% entre 1998 et 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034;fortune&#034; de la majorit&#233; des salari&#233;&#183;e&#183;s r&#233;side avant tout dans la propri&#233;t&#233; de leur maison, pour autant que cette derni&#232;re ne soit pas totalement hypoth&#233;qu&#233;e. En outre, le taux d'endettement des familles de salari&#233;&#183;e&#183;s ne cesse de cro&#238;tre. En 2001, les foyers disposant d'un revenu se situant entre 40000 et 90000 dollars d&#233;pensaient, en moyenne, 16% de leur revenu seulement pour servir leurs dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'exemple de la Suisse, l'oligarchie financi&#232;re a &#233;t&#233; d&#233;tax&#233;e. La fondation Citizen For Tax Justice vient de publier un rapport intitul&#233; : &#034;Corporate Income Taxes In The Bush Years&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude montre que, sur les 500 principales soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines class&#233;es par le bimensuel Fortune, les 275 qui avaient d&#233;clar&#233; des profits de mani&#232;re cons&#233;cutive au cours des ann&#233;es 2001, 2002, 2003 ont largement &#233;chapp&#233; aux imp&#244;ts de l'Etat f&#233;d&#233;ral. En effet, 82 d'entre elles n'ont pas pay&#233; d'imp&#244;ts. Toute la l&#233;gislation fiscale tend &#224; r&#233;duire les imp&#244;ts sur les super-riches et les profits des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;tude cit&#233;e constate, pour la p&#233;riode fiscale 2002-2003, que les imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s repr&#233;sentent la participation fiscale relative des grandes firmes la plus basse depuis la Seconde Guerre mondiale, &#224; l'exception d'une ann&#233;e sous le r&#232;gne de Reagan. Les profits avant imp&#244;ts croissent. Mais, dans le m&#234;me temps, les imp&#244;ts sur ces profits d&#233;croissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aux Etats-Unis, comme en Suisse, un mot d'ordre r&#232;gne : il n'y a pas assez d'argent pour la sant&#233;, pour les services sociaux, etc. En fait, derri&#232;re ces chiffres, surgit de fa&#231;on plus crue que par le pass&#233; la brutalit&#233; des modalit&#233;s d'appropriation priv&#233;e de la plus-value produite par les salari&#233;&#183;e&#183;s. Il est difficile de s&#233;parer un tel constat de la politique s&#233;curitaire d&#233;velopp&#233;e aux Etas-Unis, des campagnes anti-syndicats, de la d&#233;politisation substantielle de la soci&#233;t&#233; illustr&#233;e par le contenu comme la forme du &#034;d&#233;bat&#034; Bush-Kerry. La place des r&#233;seaux religieux, dans leur diversit&#233;, ne peut &#234;tre expliqu&#233;e simplement par l'histoire religieuse des Etats-Unis. Cette place s'incruste aujourd'hui dans la configuration concr&#232;te de la formation sociale am&#233;ricaine. - 29 septembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un dogme r&#233;publicain : baisse d'imp&#244;ts = croissance = emplois</title>
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		<dc:date>2004-09-28T01:24:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

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&lt;p&gt;La presse &#233;conomique europ&#233;enne, ces derniers jours, annonce une hausse consid&#233;rable des b&#233;n&#233;fices des principales entreprises qui constituent les firmes de r&#233;f&#233;rence pour les indices boursiers. Le New York Times du 24 septembre se pose la question suivante : est-il s&#233;rieux de se r&#233;jouir de la hausse de quelque 40% des indices boursiers &#224; l'&#233;chelle mondiale par rapport au plancher atteint en 2002 ? Il en conclut : peu nombreux sont ceux qui sont pr&#234;ts &#224; c&#233;l&#233;brer ce &#034;second anniversaire&#034; [de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La presse &#233;conomique europ&#233;enne, ces derniers jours, annonce une hausse consid&#233;rable des b&#233;n&#233;fices des principales entreprises qui constituent les firmes de r&#233;f&#233;rence pour les indices boursiers. Le New York Times du 24 septembre se pose la question suivante : est-il s&#233;rieux de se r&#233;jouir de la hausse de quelque 40% des indices boursiers &#224; l'&#233;chelle mondiale par rapport au plancher atteint en 2002 ? Il en conclut : peu nombreux sont ceux qui sont pr&#234;ts &#224; c&#233;l&#233;brer ce &#034;second anniversaire&#034; [de hausse boursi&#232;re] tant les inconnues sont nombreuses. Le quotidien new-yorkais pr&#233;cise : &#034;Il existe un sentiment en Europe et aux Etats-Unis que la situation mondiale est hors de contr&#244;le, que les emplois s'en vont et que les gouvernements sont incapables de r&#233;soudre les r&#233;els probl&#232;mes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certaines grandes firmes transnationales sont assises sur des montagnes de b&#233;n&#233;fices, qu'en font-elles ? Tout d'abord, les &#233;tudes confirment que les grandes transnationales s'autofinancent quasi compl&#232;tement, donc n'ont pas recours &#224; l'emprunt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, en volume effectif, &#224; l'&#233;chelle internationale, elles n'accroissent pas (ou peu) leurs investissements (en b&#226;timents, machines et &#034;achat de main-d'oeuvre&#034;). Fondamentalement, elles r&#233;organisent leurs investissements au travers d'une v&#233;ritable &#034;cha&#238;ne productive&#034; internationalis&#233;e, dont un des maillons de plus en plus important est constitu&#233; par un grand r&#233;seau de sous-traitance. Lorsqu'une firme transnationale affirme qu'elle cr&#233;e 5000 emplois, la plupart du temps c'est une tromperie. En effet, elle peut &#034;cr&#233;er&#034; 5000 emplois dans un cha&#238;non (une usine dans un pays) de sa cha&#238;ne productive. Mais le solde global des emplois n'a pas augment&#233; de 5000 (si l'on prend en compte ne serait-ce que les d&#233;parts, les pr&#233;retraites, sans m&#234;me parler des licenciements). Des augmentations d'emplois sont parfois enregistr&#233;es dans la statistique et reprises dans la presse. Or, tr&#232;s souvent, elles ne font que traduire les effets d'un rachat ou d'une fusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre strat&#233;gique de ces firmes transnationales est constitu&#233; par une ou des holdings financi&#232;res, qui, concr&#232;tement, traduisent la forme l&#233;gale de la concentration et centralisation du capital. Au sein de ces holdings se rencontrent le capital industriel, bancaire et assurantiel. Cette convergence organique repr&#233;sente la forme effective du capital financier transnational, soit le capital imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les holdings financi&#232;res constituent le centre de commandement strat&#233;gique de ces firmes transnationales. Et elles interviennent aussi bien au niveau du proc&#232;s de production qu'au niveau du proc&#232;s de circulation (c'est-&#224;-dire vente des marchandises pour r&#233;aliser la plus-value ; ainsi, une firme automobile, aujourd'hui, sans syst&#232;me bancaire de leasing, n'a aucune chance d'entrer de fa&#231;on comp&#233;titive dans la concurrence sur le march&#233; mondial).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, les firmes transationales ne redistribuent pas les profits aux salari&#233;s. Au contraire : le mot d'ordre est celui de la &#034;diminution des co&#251;ts du travail&#034;. La redistribution peut se faire en direction des 5% &#224; 10% qui forment le sommet de la pyramide salariale de l'entreprise et dont les revenus sont directement issus de l'appropriation de la plus-value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, la masse de b&#233;n&#233;fices va, en toute logique capitaliste, en direction des propri&#233;taires-actionnaires. Ces derniers encaissent les dividendes et peuvent b&#233;n&#233;ficier de la hausse des actions qui, souvent, est stimul&#233;e par des rachats de paquets d'actions par la firme transnationale elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Baisse d'imp&#244;ts : croissance et emploi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, il n'est pas &#233;tonnant de constater que l'ensemble des gouvernements capitalistes s'engagent dans des op&#233;rations de baisses d'imp&#244;ts. Cela peut tout d'abord permettre d'ouvrir de nouveaux champs d'investissements gr&#226;ce &#224; &#034;l'&#233;tranglement&#034; des services publics d'infrastructure (transport, poste, &#233;lectricit&#233;) sous l'effet pr&#233;cis&#233;ment des baisses d'imp&#244;ts et des d&#233;ficits budg&#233;taires qu'elles contribuent &#224; accro&#238;tre. La baisse des d&#233;penses sociales suscite aussi l'&#233;mergence de services sociaux privatis&#233;s, allant de l'&#233;ducation &#224; la sant&#233;. Cela sert &#233;galement &#224; accro&#238;tre et &#224; concentrer la propri&#233;t&#233; patrimoniale d'une couche de rentiers qui dictent les choix politiques des pays. Pour faire passer cette politique, les gouvernements associent baisse des imp&#244;ts &#224; croissance et cr&#233;ation d'emplois. C'est le contenu concret de la politique de l'administration Bush. C'est le discours du Conseil f&#233;d&#233;ral helv&#233;tique et de tout le grand patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, l'administration r&#233;publicaine a pr&#233;sent&#233; son plan &#034;emploi et croissance&#034;. Les deux devant &#234;tre obtenus gr&#226;ce &#224; des baisses d'imp&#244;ts... qui profitent avant tout aux plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre cr&#233;dible cette politique, l'administration Bush, comme celle de quasi tous les gouvernements imp&#233;rialistes, produit des &#034;&#233;tudes d'experts &#233;conomiques&#034;. Ainsi, le Conseil des experts &#233;conomiques de W. Bush avait pr&#233;dit il y a deux ans la cr&#233;ation de millions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il &#034;manque&#034; 2 millions d'emplois par rapport aux projections &#233;tablies par ces &#034;experts&#034;. Selon le Bureau de la statistique du travail (officiel) et l'Institut de politique &#233;conomique (fondation priv&#233;e), seuls deux Etats comptent plus d'emplois que ceux qui avaient &#233;t&#233; pronostiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois d'ao&#251;t 2004 - les statistiques sont disponibles depuis la mi-septembre - le foss&#233; entre les promesses de l'administration Bush et la r&#233;alit&#233; du volume d'emplois cr&#233;&#233;s est gigantesque. Ainsi, pour faire exemple, dans l'Etat de Floride, il faudrait que 50'000 emplois soient cr&#233;&#233;s chaque mois jusqu'en fin 2004 pour que soient atteints les buts fix&#233;s par l'administration lors de la pr&#233;sentation de son plan &#034;emploi et croissance&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, de f&#233;vrier &#224; fin ao&#251;t 2004, la moyenne des emplois cr&#233;&#233;s s'&#233;l&#232;ve &#224; 14'000. Et cela dans une phase de relance &#233;conomique ! Dans l'Etat du Michigan, 55'000 emplois devraient &#234;tre cr&#233;&#233;s mensuellement jusqu'&#224; la fin 2004 pour que les pr&#233;visions soient respect&#233;es. Or, selon toutes les sources officielles, au cours des derniers six mois, 9000 emplois ont &#233;t&#233; perdus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse, mi-septembre, a indiqu&#233; le nombre de 144'000 emplois cr&#233;&#233;s en ao&#251;t, pour l'ensemble des Etats-Unis. Avec une certaine unanimit&#233;, ce chiffre a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme un succ&#232;s. Or, il est tout juste suffisant pour absorber le nombre de jeunes entrant sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce rythme, malgr&#233; la relance &#233;conomique, la cr&#233;ation d'emplois ne suffira pas &#224; abaisser le taux de ch&#244;mage aux Etats-Unis. Et les chiffres du mois d'ao&#251;t suivent ceux de deux mois de cr&#233;ation restreinte d'emplois : 73'000 en juillet et 96'000 en juin. Ces chiffres indiquent la non-pertinence de la relation causale qui existerait entre baisse d'imp&#244;ts et cr&#233;ation d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des pr&#233;visions &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan &#034;emploi et croissance&#034; a &#233;t&#233; mis en oeuvre en juillet 2003. Il devait, selon le Conseil des experts &#233;conomiques, cr&#233;er 5,5 millions d'emplois jusqu'&#224; fin 2004. La pr&#233;diction officielle &#233;tait la suivante : 306'000 emplois cr&#233;&#233;s chaque mois dans le pays depuis juillet 2003. Pour ass&#233;ner ces arguments, les experts affichaient les deux chiffres suivants : sans coupes d'imp&#244;ts, seulement 228'000 emplois seraient cr&#233;&#233;s mensuellement ; avec les coupes d'imp&#244;ts 306'000 emplois seraient cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;visions officielles estimaient &#224; 4'284'000 le nombre d'emplois qui seraient cr&#233;&#233;s au cours 14 derniers mois. Il en fut cr&#233;&#233; 2'668'000 de moins. M&#234;me pour les r&#233;sultats du mois d'ao&#251;t 2004, autant vant&#233; par l'administration, on est loin de l'objectif qui &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme une certitude : 162'000 nouveaux emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en perspective historique, ces chiffres prennent un sens particulier, comme le montre une &#233;tude de l'Institut de politique &#233;conomique. Si l'on prend comme r&#233;f&#233;rence la dur&#233;e des 41 mois qui suivent le d&#233;but de la r&#233;cession officielle (la r&#233;cession est d&#233;finie par le National Bureau of Economic Research par deux ou trois trimestres cons&#233;cutifs de contraction du Produit Int&#233;rieur Brut, en termes r&#233;els) - en l'occurrence la date de mars 2001 pour la derni&#232;re r&#233;cession - 1 million d'emplois ont disparu de l'&#233;conomie am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela repr&#233;sente une contraction de 0,8% du total de l'emploi. Depuis les ann&#233;es 1930, le Bureau of labor statistics a montr&#233; que, en moyenne 31 mois apr&#232;s le d&#233;but d'une r&#233;cession, le volume d'emplois avait retrouv&#233; son niveau ant&#233;rieur &#224; la r&#233;cession. Par exemple, de novembre 1974 &#224; avril 1977, le volume de l'emploi a augment&#233; de 4,9%. De juillet 1981 &#224; d&#233;cembre 1984, de 4,9% aussi. De juillet 1990 &#224; d&#233;cembre 1993 - p&#233;riode qui n'a n&#233;cessit&#233; que 20 mois pour que la relance soit effective - le volume a augment&#233; de 2,2%. Par contre, de mars 2001 &#224; ao&#251;t 2004 - soit 41 mois - on a assist&#233; &#224; une contraction de l'emploi de 0,8%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur priv&#233; obtient des r&#233;sultats bien inf&#233;rieurs au secteur public. Au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es, de mars 2001 &#224; ao&#251;t 2004, les emplois dans le priv&#233; se sont contract&#233;s de 1,5%. Si, dans ce secteur, le rythme de r&#233;cup&#233;ration de l'emploi avait suivi la dynamique des cycles &#233;conomiques pr&#233;c&#233;dents, depuis la seconde guerre mondiale, la hausse de l'emploi devrait se situer &#224; + 5,5% de mars 2001 &#224; ao&#251;t 2004. Une mutation profonde est en cours dans le volume et le type d'emplois cr&#233;&#233;s aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Emplois pr&#233;caris&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon diverses analyses, fond&#233;es sur les statistiques fournies mi-septembre, non seulement l'emploi subit un effet de contraction, mais les salari&#233;.e.s disposant d'une assurance maladie, qui est li&#233;e aux emplois, sont en chute libre. C'est une tendance que l'on constate aux Etats-Unis depuis l'ann&#233;e 2000. Cela explique que des dizaines de millions de salari&#233;.e.s am&#233;ricains sont sans assurance maladie. Ce d&#233;clin traduit, dans les faits, un rapport de force plus d&#233;favorable pour les salari&#233;.e.s. Il n'est pas le seul produit d'une contraction de l'emploi. De nombreux employeurs, face &#224; la hausse des primes d'assurance, ne sont plus pr&#234;ts &#224; lier emploi et assurance maladie. Les employeurs d&#233;versent les co&#251;ts de sant&#233; sur le secteur public qui r&#233;cup&#232;re les cas graves de malades sans assurance (Medicaid et State Children's Health Insurance Programs). Le nombre d'Am&#233;ricains sans assurance maladie a pass&#233; de 43,6 millions en 2002 &#224; 45 millions en 2003. Une partie importante de cette perte de couverture d'assurance maladie est li&#233;e &#224; la perte d'emploi au cours de la r&#233;cession de 2001 et au rythme lent de cr&#233;ation d'emplois. Entre 2000 et 2003, on estime &#224; 3,4 millions le nombre de salari&#233;.e.s qui ont perdu une couverture d'assurance maladie assur&#233;e pr&#233;c&#233;demment par leur employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le 20% des travailleurs ayant les plus bas salaires que le nombre de non-assur&#233;s est le plus &#233;lev&#233;. Seuls 24,9% de ces 20% disposent d'une assurance maladie li&#233;e &#224; un emploi. Par contre, pour la couche des travailleurs constituant le 20% &#034;le plus privil&#233;gi&#233;&#034;, 77,8% ont une couverture maladie. Ce sont &#233;videmment les enfants de ces travailleuses et travailleurs qui sont le plus durement touch&#233;s par cette r&#233;duction d'une couverture d'assurance maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier indice &#233;claire la configuration effective du march&#233; du travail am&#233;ricain pr&#233;sent&#233; comme exemplaire par le patronat et les autorit&#233;s helv&#233;tiques. En fin 2003, le nombre de salari&#233;.e.s ayant perdu leur emploi et n'ayant pas retrouv&#233; un autre emploi au moment o&#249; leur allocation de ch&#244;mage fournie par leur Etat (canton) se terminait a atteint le niveau record de 43,4%. Le plus haut niveau depuis pr&#232;s de soixante ans. En 1982, lorsque la r&#233;cession a &#233;t&#233; violente aux Etats-Unis et a facilit&#233; l'acc&#233;l&#233;ration du programme de contre-r&#233;formes de Ronald Reagan, le taux de travailleurs ayant &#233;puis&#233; leurs allocations de ch&#244;mage et n'ayant pas trouv&#233; un nouvel emploi se situait &#224; 38,5%. Pourtant, le taux de ch&#244;mage &#233;tait bien plus &#233;lev&#233; qu'aujourd'hui puisqu'il atteignait 10%. L'origine de cette situation n'est pas myst&#233;rieuse : si la cr&#233;ation d'emplois reste tr&#232;s faible, m&#234;me en p&#233;riode de relance, ceux et celles qui cherchent un emploi, sans en trouver, durant une p&#233;riode de quelque six mois sont plus nombreux. Ils se retrouvent donc sans allocation de ch&#244;mage, tout en n'ayant pas d'emploi. C'est ce qu'indique le chiffre de 43,4% de 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une telle masse de salari&#233;.e.s socialement d&#233;s&#233;curis&#233;s, il est possible d'imposer une pr&#233;carisation et une flexibilit&#233; des emplois qui n'ont jamais &#233;t&#233; connues depuis la seconde guerre mondiale. C'est ce que les &#034;experts &#233;conomiques&#034; - et les pisse-copie de la presse quotidienne - qualifient de &#034;fluidit&#233;&#034; du march&#233; du travail, qui serait la grande conqu&#234;te du &#034;mod&#232;le am&#233;ricain&#034;. En fait, il y a l&#224; une image d'une imposante victoire du Capital sur le Travail. 24 septembre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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