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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Six commentaires sur le d&#233;bat g&#233;opolitique, la situation mondiale et les imp&#233;rialismes</title>
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		<dc:date>2014-12-30T15:39:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lotfi Chawqui</dc:creator>


		<dc:subject>LaUne01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre de la r&#233;flexion engag&#233;e sur la situation g&#233;opolitique mondiale et les imp&#233;rialismes, je souhaite pr&#233;senter quelques remarques par rapport aux contributions de Pierre Rousset, sans aborder tous les points qu'il traite. Je partage l'essentiel sur le plan de la m&#233;thode d'analyses et des constats faits. Il me semble cependant que certains points devraient &#234;tre pr&#233;cis&#233;s ou approfondis. Voici, en essayant d'&#234;tre synth&#233;tiques &#224; partir d'une lecture crois&#233;e des deux contributions [1]. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH132/arton3308-4d861.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='132' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de la r&#233;flexion engag&#233;e sur la situation g&#233;opolitique mondiale et les imp&#233;rialismes, je souhaite pr&#233;senter quelques remarques par rapport aux contributions de Pierre Rousset, sans aborder tous les points qu'il traite. Je partage l'essentiel sur le plan de la m&#233;thode d'analyses et des constats faits. Il me semble cependant que certains points devraient &#234;tre pr&#233;cis&#233;s ou approfondis. Voici, en essayant d'&#234;tre synth&#233;tiques &#224; partir d'une lecture crois&#233;e des deux contributions [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 d&#233;cembre 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1)	Il est juste de tenir compte du changement d'ampleur du cadre g&#233;opolitique dont les effets commencent &#224; se d&#233;ployer, mais dans ce changement il y a des &#171; inerties &#187; ou des contre tendances &#187; dont il nous faut tenir compte pour ne pas avoir une vision unilat&#233;rale du basculement du monde. Ainsi par exemple le d&#233;clin de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, r&#233;el, est plus limit&#233; ou contradictoire que l'on pense. Pas seulement parce que les USA poss&#232;dent encore des ressources de domination incontest&#233;es (le dollar, les capacit&#233;s militaires et technologiques, une capacit&#233; plus importante &#224; transf&#233;rer la facture de la crise&#8230;), mais parce que, y compris l&#224; o&#249; l'&#233;chec est patent en termes de contr&#244;le militaire ou de stabilisation politique, il n' y a pas d'impact structurel sur la logique de domination et d'accumulation du capital. Ou dit autrement m&#234;me dans les situations de crise permanente, la machine &#233;conomique avec sa logique pr&#233;datrice tourne&#8230; L'int&#233;gration m&#234;me chaotique &#224; la mondialisation capitaliste et militariste est r&#233;elle. Les profits p&#233;troliers en Irak connect&#233;s aux multinationales am&#233;ricaines restent &#224; un niveau important depuis la premi&#232;re intervention &#224; nos jours&#8230; Ce qu'il y a effectivement de relativement nouveau c'est que les territoires rentables, les espaces g&#233;ographiques de l'accumulation ne co&#239;ncident plus n&#233;cessairement avec les espaces des Etats nationaux et les besoins d'une l&#233;gitimation globale. Mais cette situation reste g&#233;rable. Si il y a bien une crise de leadership, en raison des &#233;volutions des rapports de forces internationaux (Chine , pays &#233;mergents&#8230;), de la structure de l'&#233;conomie mondiale (o&#249; la distinction NORD/SUD n'est pas fonctionnelle) et des rapports Etats/accumulation mondiale du capital, les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne (bien plus que la Chine ou la Russie ) restent la colonne vert&#233;brale de la structuration ou mise musique des exigences de la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les changements du centre de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale et leurs effets structurants sur les politiques internationales &#224; un niveau global et pas seulement r&#233;gional, il y a encore place &#224; des r&#233;ajustements d'ampleur qui ne sont pas, loin de l&#224;, achev&#233;s. Le &#171; d&#233;clin de l'Empire peut durer longtemps &#187;. Il est aussi assez significatif par exemple qu'en Tunisie et en Egypte apr&#232;s les soul&#232;vements populaires, au-del&#224; des difficult&#233;s &#224; intervenir dans les processus politiques et les formes concr&#232;tes de la transition ordonn&#233;e, il n'y a pas eu de difficult&#233;s ou d'obstacles majeurs pour que soit garantie la continuit&#233; des politiques &#233;conomiques men&#233;es sous les dictatures (et m&#234;me leur amplification) et le maintien du statu quo dans les relations avec l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Ou si l'on veut la crise (relative) du leadership ne signifie pas une perte des capacit&#233;s de r&#233;ajustements dans la gestion des crises. Peut-&#234;tre sans &#171; plan strat&#233;gique &#187; , peut &#234;tre avec plus de difficult&#233;s qu'avant, mais avec une capacit&#233; encore r&#233;elle &#224; imposer les fondamentaux g&#233;ostrat&#233;giques et g&#233;o&#233;conomiques qui correspondent &#224; leurs int&#233;r&#234;ts (m&#234;me quand les &#171; choix impos&#233;s &#187; sont autant de facteurs aggravants d'instabilit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer autrement : l'av&#232;nement de gouvernements &#171; progressistes &#187; dans certains Etats d'Am&#233;rique latine a abouti &#224; un r&#233;ajustement des politiques am&#233;ricaines visant &#224; neutraliser ou limiter leurs effets avec un certain succ&#232;s sans recourir n&#233;cessairement une intervention militaire ou &#224; des coups d'&#201;tat de l'ampleur du chili d'Allende . Est-ce qu'on doit &#171; lire &#187; l'absence de ce mode d'intervention (ou &#224; la marge) comme un signe unilat&#233;ral de perte d'influence et de recul ? Est-ce que par le pass&#233; Washington a toujours planifi&#233; l'imposition de son ordre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2)	Par contre sous l'effet d'une crise relative du leadership et de la mani&#232;re dont s'est d&#233;velopp&#233;e la mondialisation, les rapports n&#233;ocoloniaux et les alliances internationales de classes qui les fondent sont devenus plus complexes. L'Arabie saoudite (et plus largement les alli&#233;s strat&#233;giques des USA dans la r&#233;gion) par exemple n'est plus ce chien de garde docile de l'imp&#233;rialisme. Non pas parce qu'il s'oppose &#224; ce dernier, mais parce qu'au-del&#224; de sa fonction de relais des int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques des USA, il y a maintenant tr&#232;s nettement une politique globale qui int&#232;gre les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques des p&#233;tromonarchies (elles-m&#234;mes en concurrence). Int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques qui peuvent, dans certaines conjonctures concr&#232;tes diverger avec le tuteur principal et qui se d&#233;ploient sur l'&#233;chelle r&#233;gionale. L'Arabie saoudite a soutenu Moubarak jusqu'au bout l&#224; o&#249; les EU l'ont l&#226;ch&#233;, soutenu le parti Nour alors que l'oncle Sam s'activait aupr&#232;s des fr&#232;res musulmans, financ&#233; et arm&#233; les courants de l'islam politique ouvertement hostile aux USA en Syrie, etc&#8230; Cette &#233;volution (une forme de r&#233;ponse conservatrice &#224; la fois au projet du grand Moyen-Orient et notamment de ses aspects de d&#233;mocratie restreinte et formelle, mais aussi &#224; la dynamique des processus r&#233;volutionnaires) renvoie &#224; une base mat&#233;rielle : la construction &#224; la faveur des lib&#233;ralisations successives d'un proto-empire &#233;conomique r&#233;gional en expansion b&#226;ti &#224; la fois sur l'essor d'investissements en p&#233;trodollars, de la constitution de fonds souverains et de la mise sous tutelle&#8230; d'un certain nombre de budgets &#233;tatiques (l'Arabie saoudite finance une part consid&#233;rable des budgets publics de l'Egypte par exemple). Tout cela articul&#233; &#224; des moyens financiers et militaires consid&#233;rables dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, je ne sais pas si on peut parler de (sous ) imp&#233;rialisme, mais il y a une politique expansionniste clairement assum&#233;e et une autonomie relative plus grande que par le pass&#233;. On peut dire la m&#234;me chose pour les rapports de l'Etat d'Isra&#235;l aux EU aujourd'hui&#8230; Cette r&#233;alit&#233; pose un probl&#232;me politique consid&#233;rable. Non seulement il y a une interaction plus forte entre le national/r&#233;gional/international avec une multiplicit&#233; d'acteurs qui ne s'opposent pas de la m&#234;me mani&#232;re aux soul&#232;vements et aspirations populaires et dont il faut examiner &#224; chaque fois les politiques concr&#232;tes, les int&#233;r&#234;ts nationaux et &#233;ventuellement les contradictions (sans se contenter de rappeler leur connivence strat&#233;gique bien r&#233;elle), mais il peut s'av&#233;rer que la force principale de la contre-r&#233;volution dans certaines situations concr&#232;tes n'est pas n&#233;cessairement la grande puissance imp&#233;rialiste. Celle-ci le reste sur le plan strat&#233;gique, mais dans une conjoncture donn&#233;e la r&#233;alit&#233; peut s'av&#233;rer plus complexe. Dans le cas de la Syrie, bien plus que l'intervention am&#233;ricaine ou europ&#233;enne, les populations payent le prix d'abord de la militarisation de la r&#233;pression par la dictature ( elle-m&#234;me alli&#233;e &#224; des puissances r&#233;gionales : Iran, Russie...) et de la r&#233;action militaro fasciste soutenu pendant longtemps par les th&#233;ocraties et d'un point de vue r&#233;gional, il s'av&#232;re que l'Arabie saoudite concentre le foyer de la contre-r&#233;volution. Autrement dit les ennemis sont multiples et ne rentrent plus dans une bipolarisation simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3)	Ce que tu dis sur l'&#233;mancipation du politique par les bourgeoisies imp&#233;rialistes est important. Et je partage les raisons que tu &#233;voques. Cependant ce que tu dis me parait op&#233;rationnel pour anticiper l'&#233;volution des d&#233;mocraties bourgeoises et de leur crise structurelle. Mais dans ce qui a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme les pays de la p&#233;riph&#233;rie, y a-t'il un changement qualitatif par rapport au pass&#233; aussi bien lointain que r&#233;cent ? Les modes sp&#233;cifiques de domination que tu &#233;voques (populisme, r&#233;gimes client&#233;listes&#8230;) ont &#233;t&#233; progressivement d&#233;structur&#233;s, mais assez rapidement au cours des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes dans une majorit&#233; de cas. Et enfin de compte, les modes de l&#233;gitimation sp&#233;cifiques (obstacles relatif &#224; une int&#233;gration &#171; inconditionnelle &#171; au march&#233; mondial) n'ont pas concern&#233; toutes les r&#233;gions du monde (une bonne partie de pays africains par exemple, malgr&#233; une corruption structurelle, sont plus des colonies non d&#233;clar&#233;es que des n&#233;ocolonies, ce qui est une des explications de l'ampleur et multiplicit&#233; des crises sociales et politiques r&#233;currentes). Et m&#234;me quand &#171; &#231;a fonctionnait &#187; c'&#233;tait, &#224; part de courtes p&#233;riodes, sur la base d'une l&#233;gitimit&#233; restreinte et d'une base sociale tr&#232;s &#233;troite. Sans doute aujourd'hui, il y a une multiplication des &#171; n&#339;uds de crise &#187;, un &#233;tat d'instabilit&#233; plus profond avec des foyers multiples, des cons&#233;quences en chaine et des effets r&#233;gionaux, mais ce n'est pas tout &#224; fait nouveau ou in&#233;dit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me point sur lequel je m'interroge : la fin de la politique n'est que l'av&#232;nement (encore inachev&#233;) d'une autre politique consubstantielle au projet strat&#233;gique des bourgeoisies qui visent &#224; la restauration d'un capitalisme pur sans m&#233;diations. Cette autre politique renverse le rapport consentement/violence dans la construction politique de la domination de classe et imp&#233;rialiste. Sans doute ce processus n'est pas achev&#233; et signerait pour le coup l'av&#232;nement d'une autre &#233;poque. Mais faut-il en tirer comme conclusion que l'Etat n'est d&#233;j&#224; plus qu'un majordome ou que les bourgeoisies sont en train de liquider des si&#232;cles de savoir-faire utile &#224; leur domination ? L'intervention des Etats en 2008 pour aider leurs bourgeoisies face &#224; une des plus grandes crises du capitalisme et le recours de ces m&#234;mes bourgeoisies &#224; leur propre Etat est significative. Tout comme les constructions politiques id&#233;ologiques culturelles morales qui accompagnent l'offensive de la bourgeoisie sur une s&#233;rie de terrains montrent qu'elles ne liquident pas des si&#232;cles de savoir-faire utile &#224; leur domination&#8230; Il est vrai qu'elles semblent s'accommoder &#171; de la crise comme d'un &#233;tat permanent &#187; , s'ins&#233;rant &#171; dans un fonctionnement normal du nouveau syst&#232;me global de domination &#187;. Mais avec une question irr&#233;solue pour le moment et dont la r&#233;ponse concr&#232;te d&#233;pendra de la lutte des classes : les bourgeoisies doivent balayer ou restructurer profond&#233;ment leur syst&#232;me de domination pour en formuler un qui correspond aux transformations actuelles de leur base mat&#233;rielle (poids sp&#233;cifique la finance, moindre d&#233;pendance au territoire d'origine, composition multinationale des capitaux&#8230;), des rapports de forces sociaux (d&#233;grad&#233;s pour notre camp) et des nouveaux rapports conflictuels sur le terrain international. Les armatures du pass&#233; ne fonctionnent plus de la m&#234;me mani&#232;re. Mais elles savent aussi (les si&#232;cles de savoir-faire) au moins pour une partie d'entre elles que les situations d'instabilit&#233; prolong&#233;es, de crises sociales et &#233;conomiques combin&#233;es &#224; l'effondrement de l&#233;gitimit&#233;, peuvent devenir sur la dur&#233;e des freins &#224; l'expansion mondialis&#233;e du capital et une menace pour leur domination. Le chaos peut-il &#234;tre une strat&#233;gie &#224; long terme ? La cristallisation sous des formes diverses de r&#233;gimes autoritaires, m&#234;me &#224; partir de dynamiques non maitris&#233;es, est-elle viable pour elles ? Autre chose est par contre de la mani&#232;re dont la question est tranch&#233;e dans les pays dits p&#233;riph&#233;riques o&#249; de larges fractions de la population sont exclues du march&#233; mondial et sont en &#171; trop &#187;, ou dans les r&#233;gions qui sont un confluent des rivalit&#233;s internationales. L&#224;, que la crise soit permanente, que les soci&#233;t&#233;s explosent, que les Etats se d&#233;litent, que la guerre s'installe, que les catastrophes sociales et &#233;cologiques s'accumulent, elles g&#232;rent dans le seul souci que cela n'impacte pas les circuits de la pr&#233;dation internationale et la maitrise des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4)	Sur la question de la solidarit&#233; et le d&#233;bat sur l'armement [2]. Je partage l'essentiel. On est en r&#233;alit&#233; dans un contexte nouveau. Les soul&#232;vements populaires ne sont pas le fruit d'une accumulation des forces dot&#233;e d'un projet strat&#233;gique impliquant une dimension militaire. Les Etats sont (sur-)arm&#233;s en quantit&#233; et qualit&#233; pour mener une guerre longue d'usure b&#226;tie sur une strat&#233;gie de terreur et de d&#233;placement forc&#233; visant &#224; d&#233;sarticuler les bases sociales et humaines de la r&#233;volution, mais aussi &#224; an&#233;antir toute possibilit&#233; d'accumulation/ r&#233;organisation de force &#224; partir des &#171; territoires lib&#233;r&#233;s &#187;. Ils disposent d'appuis internationaux et jouent y compris avec leurs adversaires/concurrent r&#233;gionaux pour alimenter une strat&#233;gie de chaos et de terre brul&#233;e. Le diff&#233;rentiel est important et ne peut &#234;tre combl&#233; par un processus d'enracinement politique et social ni par un processus d'auto armement progressif qui &#233;quilibrerait relativement les forces. La trag&#233;die syrienne tient au fait que les coordinations civiles et populaires n'ont pas &#233;t&#233; l'ossature de la construction d'un contre-pouvoir populaire arm&#233; ni la colonne vert&#233;brale de la construction, sur un plan national, d'une force r&#233;volutionnaire l&#233;gitime sur le terrain politique et militaire. Et &#224; l'isolement international d'un processus o&#249; le peuple n'a pas de repr&#233;sentants reconnus qui refl&#232;tent r&#233;ellement ses aspirations. Dans ce contexte est-il possible de jouer sur les contradictions entre puissances pour d&#233;gager une marge de man&#339;uvre favorable au renforcement du camp populaire ? En th&#233;orie oui, mais en r&#233;alit&#233; c'est difficile parce que justement il n'y a pas de forces politiques organis&#233;es r&#233;volutionnaires l&#233;gitimes capables d'intervenir sur ces contradictions sans perdre de vue les objectifs de la r&#233;volution (ou de d&#233;mocratie, libert&#233; et justice sociale). Il n'y a pas de FLN vietnamien ou quelque chose de comparable en terme de force de frappe et de capacit&#233;s tactiques. C'est difficile aussi parce qu'il n'y a pas de courant international de solidarit&#233; capable de relayer les pressions sur les Etats &#224; partir des int&#233;r&#234;ts des peuples en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute le PKK fait figure d'exception relative, mais surtout d'exception conjoncturelle. Au-del&#224; des faiblesses sp&#233;cifiques du PKK dans l'usage d'une diplomatie internationale militante, l'&#233;volution de la situation &#224; Koban&#233; montre maintenant un d&#233;sint&#233;r&#234;t m&#233;diatique, une s&#233;lectivit&#233; de l'aide, une strat&#233;gie d'intervention de la coalition qui vise &#224; un r&#233;&#233;quilibrage relatif des forces sans bouleverser les int&#233;r&#234;ts des alli&#233;s (la Turquie) et sans objectif d'une victoire politico-militaire men&#233;e par les forces de r&#233;sistances locales. Si il est juste de relayer la demande d'un armement, les capacit&#233;s r&#233;elles pour le faire et l'imposer partiellement sont d&#233;risoires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose est d&#232;s lors de savoir quels sont les axes (de solidarit&#233; internationale) qui permettent de faire levier sur la dur&#233;e pour aider efficacement les r&#233;sistances d&#233;mocratiques et populaires (y compris &#171; par ricochet &#187; dans leur dimension arm&#233;e). La d&#233;fense du droit &#224; l'armement &#233;galement en terme de livraisons par les Etats imp&#233;rialistes n'est pas en soi scandaleuse dans cette conjoncture concr&#232;te, mais elle n'a de sens que si existe un soutien sp&#233;cifique aux courants d&#233;mocratiques la&#239;cs r&#233;volutionnaires anti-imp&#233;rialistes et la prise en compte des besoins g&#233;n&#233;raux de la lutte. Mener la lutte arm&#233;e ne d&#233;pend pas seulement de l'approvisionnement des armes, mais d'une large infrastructure politique et sociale ; de la combinaison du travail humanitaire, social et des pratiques d'autod&#233;fense, d'une int&#233;gration &#233;troite entre luttes civiles et r&#233;sistances arm&#233;es, de moyens financiers pour entretenir des brigades de combattants et mener un combat politique large. Toute chose n&#233;cessitant par ailleurs la prise en compte du probl&#232;me des r&#233;fugi&#233;s dont le poids social et politique sera d&#233;terminant sur la dur&#233;e. Or sur ces diff&#233;rents terrains, nous pouvons, toute proportion gard&#233;e, apporter une aide pr&#233;cieuse et nous avons plus d'espaces ou possibilit&#233;s d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est donc, au-del&#224; du d&#233;bat g&#233;n&#233;ral sur la question de l'armement, de cibler les axes concrets qui permettent de d&#233;gager des actions r&#233;elles de solidarit&#233; qui permettent aux combattants de manger, se soigner, d'informer, se d&#233;placer et se coordonner. Et de se procurer des armes, car maintenant tout s'ach&#232;te. Et aussi &#233;videmment de donner une visibilit&#233; aux r&#233;sistances qui s'opposent aux diff&#233;rentes contre-r&#233;volutions. C'est moins ambitieux que d'organiser des brigades internationales (&#231;a c'est nos ennemis qui ont pris le flambeau) ou de construire des usines d'armement (qui de toute fa&#231;on sont impossible aujourd'hui), mais c'est extr&#234;mement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5)	Lorsque les processus r&#233;volutionnaires ont commenc&#233; , on pouvait se demander si les soul&#232;vements populaires avec leur contenu social et d&#233;mocratique et leur d&#233;stabilisation de r&#233;gimes articul&#233;s &#224; des partis/Etats capitalistes d&#233;pendants n'ouvraient pas la voie (potentielle) &#224; une remise en cause des rapports sociaux internes et des hi&#233;rarchies mondiales. A plus forte raison dans un contexte international marqu&#233; par la crise globale du capitalisme. Ce potentiel avait aussi une particularit&#233; : les peuples s'adressaient, sans exception, &#224; l'humanit&#233;, pour soutenir leur combat. Elles posaient de fait la question de l'internationalisme militant. Celui-ci s'est trouv&#233; consid&#233;rablement affaibli et cet affaiblissement un des &#233;l&#233;ments clefs de la crise g&#233;n&#233;rale du mouvement ouvrier dont parle Sabado dans sa contribution [3]. Mais cette crise, loin de d&#233;gager des points d'appui &#224; la reconstruction d'un nouveau projet strat&#233;gique d'&#233;mancipation, est en train de s'approfondir avec des cons&#233;quences dramatiques en termes d'exp&#233;riences et de consciences pour les peuples qui ont inaugur&#233; les processus r&#233;volutionnaires. Le soutien des Etats dits &#171; progressistes &#187; d'Am&#233;rique latine aux dictatures, les illusions campistes qui dominent une large partie de la gauche internationale, l'indiff&#233;rence dogmatique de certains courants d'extr&#234;me gauche et la faiblesse des courants anticapitalistes &#224; d&#233;velopper une activit&#233; politique et pratique de solidarit&#233; auront des cons&#233;quences importants &#224; l'int&#233;rieur de ces pays. Fait significatif : nous ne sommes plus capables y compris dans des cadres larges par exemple &#224; faire ce qui a &#233;t&#233; possible il n'y a pas si longtemps que cela en Bosnie en terme de &#171; convois ouvriers &#187;. Pas plus que nous sommes en capacit&#233; de tisser des liens plus &#171; denses &#187; avec les courants de la gauche radicale dans ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; l'absence de riposte internationale face aux contre-r&#233;volutions et d'intervention populaire ind&#233;pendante des Etats va peser sur le type de reconstruction, si reconstruction il y a, des gauches dans ces pays. Et ce type de dynamique loin d'affaiblir tend &#224; renforcer paradoxalement le campisme Le campisme n'est pas seulement li&#233; la non prise en compte du basculement du monde et dans l'existence d'une grille de lecture li&#233; &#224; la guerre froide, il est le miroir invers&#233; de l'effondrement de l'internationalisme et se nourrit de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6)	La crise de la perspective socialiste a sa traduction concr&#232;te dans la r&#233;gion arabe. Il n'existe pas de forces en capacit&#233; de refonder un projet d'&#233;mancipation &#224; la hauteur des d&#233;fis ni de renouveler sur le terrain politique les bases d'un nouvel internationalisme alors que les processus ont fait &#233;merger des mobilisations populaires par en bas, des aspirations sociales et d&#233;mocratiques contradictoires avec l'ordre capitaliste et une dynamique relative de d&#233;stabilisation de l'ordre r&#233;gional. Nous en sommes l&#224;. S'il est difficile de faire des plans sur la com&#232;te sur le long terme, on peut n&#233;anmoins affirmer que le potentiel des processus n'a pas d&#233;bouch&#233; &#224; cette &#233;tape sur de &#171; nouvelles exp&#233;riences fondatrices &#187; m&#234;me si elles sont riches de le&#231;ons, ni ouvert une br&#232;che positive dans la crise g&#233;n&#233;rale de la perspective socialiste. Au contraire, par bien des aspects, elle l'approfondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence et consolidation de courants fascistes religieux traduit &#224; la fois l'immense frayeur des th&#233;ocraties ultra-r&#233;actionnaires et en premier lieu de l'Arabie saoudite, des choix m&#233;thodiques des dictatures de confessionnalisme la confrontation populaire, des &#233;checs des fr&#232;res musulmans et des courants institutionnels de l'islam politique, des effets d&#233;stabilisateurs de la politique imp&#233;rialiste, mais aussi de la d&#233;sorganisation de la gauche comme force l&#233;gitime et sp&#233;cifique. Mais aussi en raison de l'absence d'un projet international de solidarit&#233; en actes et en phase avec les moteurs sociaux et d&#233;mocratiques des soul&#232;vements populaires. Cette combinaison r&#233;gressive n'a pas de r&#233;ponse de la part du vieux mouvement ouvrier et retarde l'&#233;mergence et consolidation de solidarit&#233;s nouvelles. L&#224; encore avec quels effets sur le terrain ? Or en politique, le temps n'est jamais un facteur neutre et les barbaries quand elles ne sont pas arr&#234;t&#233;es &#224; temps produisent des montres encore plus tenaces et experts en cannibalisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amiti&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lotfi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAWQUI Lotfi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour la premi&#232;re, voir sur ESSF (article 33279), Le chaos g&#233;opolitique et ses implications : notes d'introduction pour une r&#233;flexion collective. La seconde, pr&#233;parant une r&#233;union du Comit&#233; internationale de la QI n'a pas &#233;t&#233; mise en ligne pour ne pas multiplier les versions provisoires successives. Le texte qui sortira de la discussion le CI le sera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir aussi, ESSF (article 33565), &#8719;ierre Rousset, Les batailles de Koban&#234;, d'Alep et le r&#233;apprentissage de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir sur ESSF (article 33323), Notes sur le d&#233;bat &#171; Imp&#233;rialisme et g&#233;opolitique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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