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		<title>La Gauche</title>
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		<title>L'ancien, le neuf et nous &#8211; Une contribution aux d&#233;bats de la Quatri&#232;me Internationale</title>
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		<dc:date>2015-02-23T13:37:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Communia Network</dc:creator>


		<dc:subject>LaUne01</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous une contribution de Communia Network (Italie) aux d&#233;bats du comit&#233; international de la Quatri&#232;me Internationale sur la situation internationale et ses implications sur les t&#226;ches. &lt;br class='autobr' /&gt;
21 f&#233;vrier 2015 &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res) &lt;br class='autobr' /&gt; La phase que nous traversons est marqu&#233;e par une double crise : la fin de la d&#233;composition du mouvement ouvrier du vingti&#232;me si&#232;cle et la crise &#233;conomique globale, commenc&#233;e en 2008. La plus grave crise &#233;conomique que le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH139/arton3310-46124.jpg?1629990186' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous une contribution de Communia Network (Italie) aux d&#233;bats du comit&#233; international de la Quatri&#232;me Internationale sur la situation internationale et ses implications sur les t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 f&#233;vrier 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La phase que nous traversons est marqu&#233;e par une double crise : la fin de la d&#233;composition du mouvement ouvrier du vingti&#232;me si&#232;cle et la crise &#233;conomique globale, commenc&#233;e en 2008. La plus grave crise &#233;conomique que le capitalisme ait connue se superpose &#224; la m&#233;tamorphose des formes organisationnelles et politiques qui avait permis dans le si&#232;cle pass&#233; une pr&#233;sence stable de secteurs des classes subalternes sur la sc&#232;ne politique. Le r&#233;sultat de cette double crise semble &#234;tre la dispersion des forces, la d&#233;moralisation, l'atomisation et le renforcement de forces populistes et r&#233;actionnaires. Cependant, si on tourne le regard vers les ph&#233;nom&#232;nes qui se d&#233;roulent dans le corps social, on se rend compte de l'&#233;mergence d'un grand nombre de luttes de r&#233;sistance et des potentialit&#233;s et des contradictions qui imposent l'urgence d'un nouveau projet anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La crise &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique a &#233;t&#233; et continue d'&#234;tre profonde, comparable seulement &#224; celle de 1929, et on n'en voit pas la fin. Pour r&#233;soudre la crise des ann&#233;es trente il a fallu la Seconde Guerre mondiale, c'est &#224; dire un &#233;v&#232;nement dramatiquement destructif, pour donner lieu &#224; un nouveau cycle de croissance exceptionnelle. Rien de semblable n'est possible dans cette phase historique-ci. Il y a des repr&#233;sentants tr&#232;s significatifs des actuelles classes dirigeantes &#224; l'&#233;chelle mondiale qui parlent ouvertement d'une stagnation s&#233;culaire dans laquelle nous serions enlis&#233;s. Les Etats-Unis ne parviennent pas &#224; &#234;tre de nouveau la locomotive mondiale de la reprise ; l'Europe languit mettant s&#233;rieusement &#224; risque son mod&#232;le social et le maintien de son Union m&#234;me. M&#234;me les pays &#233;mergents sont touch&#233;s et finissent par &#234;tre entrain&#233;s dans une dynamique de redimensionnement des tendances &#233;conomiques. La globalisation a donn&#233; lieu &#224; un syst&#232;me &#233;conomique qui, de la m&#234;me fa&#231;on qu'il est n&#233;, entre en crise &#224; un niveau transnational. Les pays occidentaux n'arrivent pas &#224; retourner &#224; des niveaux de croissance acceptables pour le march&#233; et les pays &#233;mergents n'arrivent pas &#224; confirmer les tendances qui les ont fait &#233;merger. D'o&#249; la stagnation s&#233;culaire qui implique un r&#233;gime qui approfondit les in&#233;galit&#233;s et la d&#233;vastation &#233;cologique progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme n'arrive donc pas &#224; se reprendre et la crise &#233;conomique se d&#233;veloppe en crise sociale, politique et culturelle. Dans les classes populaires le m&#233;contentement et la d&#233;sillusion envers le mode de production dominant augmentent, aussi parce que ses m&#233;canismes de fonctionnement n'ont peut &#234;tre jamais &#233;t&#233; si transparents. Des luttes et des r&#233;sistances se sont d&#233;velopp&#233;es dans ces ann&#233;es mais l'autre crise a emp&#234;ch&#233; une v&#233;ritable remise en cause de l'existant. A une s&#233;rie de signaux de &#8220;fin d'Empire&#8221; ne correspond pas de crise d'h&#233;g&#233;monie du mod&#232;le. Il n'y a pas d'alternative qui &#233;merge si ce n'est sous la forme du repli dans une dimension populiste ou int&#233;griste religieuse dont le ph&#233;nom&#232;ne de l'islamisme radical et du djihadisme constitue une expression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les raisons sont toutes &#224; chercher de notre c&#244;t&#233;, dans notre camp avec la d&#233;faite historique dont nous avons souffert. Une d&#233;faite politique qui a &#233;t&#233; en m&#234;me temps la cons&#233;quence et le produit d'une nouvelle structuration de la soci&#233;t&#233;, atomis&#233;e et d&#233;politis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La fin du mouvement ouvrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite du monde du travail et de ses options politiques (communiste et social d&#233;mocrate) &#224; l'&#233;chelle mondiale a produit la fin du mouvement ouvrier &#224; travers un processus de d&#233;composition et de m&#233;tamorphose. Parler de la fin du mouvement ouvrier ne signifie pas nier l'existence d'un prol&#233;tariat ou de ses parties encore organis&#233;es surtout au niveau syndical ou des luttes et des mouvements d'ouvriers. Le probl&#232;me &#8211; il faut que &#231;a soit clair est d'ordre politique et non pas sociologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dire que le mouvement ouvrier n'existe plus signifie constater que la construction historique, qui avait d&#233;termin&#233;, surtout dans les d&#233;cennies suivant la Seconde Guerre mondiale, des rapports de forces sans pr&#233;c&#233;dents pour les classes subalternes, n'existe plus. La s&#233;quence peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e, sur le plan symbolique, par la dynamique des forces qui ont repr&#233;sent&#233; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement communiste se d&#233;compose avec la chute du Mur, m&#234;me si sa crise a commenc&#233; bien avant, comme notre courant l'avait lucidement analys&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la social d&#233;mocratie, elle exprime aujourd'hui imm&#233;diatement les dynamiques et les int&#233;r&#234;ts du capital et ne repr&#233;sente pas plus les besoins du monde du travail que n'importe quel parti patronal &#224; la recherche de consensus &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme le mouvement ouvrier est termin&#233;, puisque la d&#233;faite historique subie l'a rendu tellement orphelin de perspectives &#224; en frustrer son existence m&#234;me. La combinaison id&#233;ale et r&#233;elle qui a produit et rendu cr&#233;dible le mouvement ouvrier dans le 19e et le 20e si&#232;cle a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;faite consiste dans le fait de ne pas avoir su ou pu contribuer &#224; construire une alternative aux deux courants historiques du mouvement ouvrier qui en ont forg&#233; l'identit&#233;, dict&#233; les aspirations, construit les r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques, repr&#233;sent&#233; les int&#233;r&#234;ts au sein de la d&#233;mocratie parlementaire. En outre cette crise se nourrit aussi de la perte de r&#244;le et de fonction des d&#233;mocraties capitalistes, vid&#233;es par les processus de concentration des d&#233;cisions, de renforcement des ex&#233;cutifs et de ph&#233;nom&#232;nes de n&#233;o autoritarisme souvent m&#234;l&#233;s de formes in&#233;dites de populisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'une alternative &#224; la fin du mouvement ouvrier et la perte de r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques et culturelles poussent de plus en plus les masses vers les venins du racisme et du populisme. M&#234;me si le rejet des structures dominantes est diffus, la perspective du changement social apparait rar&#233;fi&#233;e et distante aux yeux des nouvelles g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes au temps de la refondation non plus des repr&#233;sentations politiques du mouvement ouvrier mais du mouvement lui m&#234;me qui a perdu son centre de gravit&#233; et sa force de frappe avec l'&#233;chec de ses repr&#233;sentations politiques et id&#233;ologiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
En l'absence de sujets ad&#233;quats aux processus de recomposition politique des militants et des groupes dirigeants, le point d'appui pour recommencer est de contribuer &#224; la refondation &#8220;du bas&#8221; du mouvement, &#224; la reconstruction de ses piliers sociaux, des structures d'auto-organisation, des instruments subjectifs pour affirmer ses propres int&#233;r&#234;ts. Comme &#224; l'aube du mouvement ouvrier, comme dans la seconde moiti&#233; du 19e si&#232;cle, on a besoin de structures d'entraide, de reconstruction des outils de base, de valorisation des bastions, pour le dire comme Gramsci, desquels repartir pour faire une incursion dans le capital et poser, de nouveau, la question du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tache prioritaire des organes de direction de notre courant est aujourd'hui d'&#233;laborer un projet politique et de construction qui donne une r&#233;ponse &#224; ces questions et qui indique un chemin qui puisse op&#233;rer une discontinuit&#233; politique m&#234;me si c'est au sein des grandes coordonn&#233;es id&#233;ologiques qui ont permis &#224; la Quatre d'exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une nouvelle classe, une nouvelle enceinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle de fin du mouvement ouvrier, on ne pense certainement pas que le prol&#233;tariat n'existe plus. Au contraire le prol&#233;tariat grandit de plus en plus au niveau mondial. En fait il s'accroit aussi dans les pays de capitalisme avanc&#233;, l&#224; o&#249; certains pensent que le travail salari&#233; est en voie de disparition. Ce qui a cess&#233; d'exister c'est la constellation qui avait caract&#233;ris&#233;e la nature du mouvement ouvrier du 20e si&#232;cle : la reconnaissance r&#233;ciproque, rapide et directe, par exemple, entre syndicat et parti, l'appartenance commune d'une large couche intellectuelle, la construction identitaire produite par &#8220;l'&#233;lan&#8221; de la r&#233;volution d'Octobre et des luttes ouvri&#232;res. C'est cette constellation qui a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels programmatiquement corrects &#224; la centralit&#233; de la contradiction entre capital et travail escomptent un malentendu de fonds en se r&#233;f&#233;rant &#224; un pass&#233; pr&#233;sum&#233; sans se poser la question de la configuration contemporaine du capitalisme, des contenus et des formes du travail aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enceinte organisationnelle, celle dans laquelle se produit l'adh&#233;sion id&#233;ale, la reconnaissance politique et dans laquelle se m&#232;ne la bataille politique, a &#233;t&#233; cass&#233;e par les transformations structurelles du capitalisme. La classe s'est diversifi&#233;e, dispers&#233;e, son identit&#233; a &#233;t&#233; rendue hybride par les nouveaut&#233;s dans les processus d'acculturation. Les acteurs du conflit sont toujours les m&#234;mes, le capital et le prol&#233;tariat, mais leur composition, leurs rapports, les contextes historiques et g&#233;opolitiques sont diff&#233;rents. Bien sur un/e prol&#233;taire peut &#234;tre femme, gay, immigr&#233; etc et cette connotation ult&#233;rieure repr&#233;sente un probl&#232;me politique et ouvre la question des intersections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; est double ou triple &#8211; ouvrier/e, consommateur/trice, citoyen/ne, utilisateur/trice de services &#8211; et le n&#339;ud de la d&#233;mocratie croise la crise de la politique l&#224; o&#249; la structure bourgeoise elle m&#234;me n'est plus perm&#233;able aux formes actuelles du conflit. Les ph&#233;nom&#232;nes de migrations de masses des derni&#232;res d&#233;cennies, accompagn&#233;s des politiques sur l'immigration, visant &#224; cr&#233;er des divisions, des hi&#233;rarchies, du chantage, ont eu un impact &#233;norme sur la classe, sur ses langages, son identit&#233; et ses processus de prise de conscience. La transformation des processus du travail et de l'organisation du travail, due &#224; la pr&#233;carisation croissante des contrats de travail et &#224; la d&#233;sindustrialisation d'une grande part de l'Europe, a contribu&#233; &#224; d&#233;composer la classe ouvri&#232;re telle qu'elle s'&#233;tait constitu&#233;e le long du 20e si&#232;cle, en transformant son exp&#233;rience v&#233;cue et ses processus de formation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la question du genre et celle de l'environnement contribuent &#224; rendre encore plus complexe la relation entre la classe et ses propres conditions d'existence, en donnant lieu &#224; des formes nouvelles de prises de conscience (subjectivation) et de conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le syndicalisme fait du surplace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas par hasard si le r&#244;le du syndicalisme dans ces lutes a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s marginal ou en tout cas pas central. Les syndicats les plus bureaucratis&#233;s, comme l'AFL aux Etats Unis, ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'intervenir, de l'ext&#233;rieur, dans les mobilisations Occupy en essayant d'y r&#233;cup&#233;rer un r&#244;le. En partie ils y ont r&#233;ussi, gr&#226;ce &#224; une structure et &#224; un appareil qui ne sont pas comparables avec les faibles structures des mouvements sociaux. Par contre, ils ont eu une autre dimension dans d'autres pays comme l'Egypte ou dans les luttes naissantes dans l'Est Asiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rester en Europe, le syndicalisme, tout en pr&#233;sentant des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes et des contextes dict&#233;s par les rythmes in&#233;gaux de la lutte de classe, connait une d&#233;sorientation par rapport &#224; une composition de classe qui n'est plus celle des &#8220;trente glorieuses&#8221; sur lesquels semblent encore modeler le syndicalisme traditionnel. Le prol&#233;tariat moderne a des flux de conscience beaucoup plus tordus et complexes : il forme sa conscience sur le poste de travail, en dehors, sur internet, pendant qu'il consomme ou s'informe sur ce qu'il consomme. S'il est vrai que &#8220;la soci&#233;t&#233; de la connaissance&#8221; n'a pas donn&#233; lieu &#224; un nouveau &#8220;mode de production&#8221; capitaliste, il est pourtant vrai que le capitalisme global, ses relations de classe, ses contradictions sont fortement conditionn&#233;s par l'&#232;re de la connaissance. La stabilisation de la pr&#233;carit&#233;, qui caract&#233;rise l'&#232;re du capitalisme de la crise, entre en conflit avec des degr&#233;s croissants de connaissance des travailleurs et des travailleuses de ce si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme semble faire du surplace et il a fait de la cogestion avec les gouvernements et avec la social d&#233;mocratie europ&#233;enne son axe fondamental. Les implantations sociales et une disponibilit&#233; &#224; la mobilisation existent encore. Le cas italien exprime, encore une fois, une tendance visible. Ce qui reste de l'ancien syndicalisme a du mal &#224; s'adapter aux derniers coups lib&#233;raux plant&#233;s par le gouvernement Renzi qui se proclame de gauche. Dans ces circonstances, il se retrouve en fait face &#224; ses contradictions : l'habitude de la cogestion et l'incapacit&#233; &#224; concevoir un v&#233;ritable conflit, le manque de racines dans l'actuelle composition du prol&#233;tariat, le choc de la rupture avec le parti de r&#233;f&#233;rence historique c'est-&#224;-dire le choc provoqu&#233; par le ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent de d&#233;composition entre ceux qui ont mis fin au mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Mouvements en cours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les &#233;v&#232;nements de 2011 l'ont d&#233;montr&#233;, la fin du mouvement ouvrier ne veut pas dire la fin des luttes, des mouvements et des r&#233;sistances. La crise et les mesures des gouvernements, des institutions politiques et financi&#232;res internationales, ont &#233;t&#233; des &#233;l&#233;ments qui ont caract&#233;ris&#233; l'initiative des mouvements sociaux ; &#224; partir des printemps arabes , du mouvement des indign&#233;s dans l'Etat espagnol, du mouvement Occupy am&#233;ricain en passant par les luttes &#233;tudiantes et des pr&#233;caires au Chili, au Canada, en Angleterre, contre les politiques de l'aust&#233;rit&#233; au Portugal et en Isra&#235;l, contre le r&#233;gime de Poutin en Russie jusqu'&#224; arriver aux initiatives de gr&#232;ve dans les usines chinoises et indiennes. Avec le cas grec qui a constitu&#233; de fa&#231;on dramatique dans ses potentialit&#233;s une sorte de r&#233;f&#233;rence constante dans la derni&#232;re p&#233;riode. Des luttes et des mouvements ont exprim&#233; soit la protestation contre les mesures destin&#233;es &#224; accroitre la pr&#233;carit&#233; et &#224; r&#233;duire les droits, soit la contestation de la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me de pouvoir capitaliste. Mais entre les deux il ne s'est pas cr&#233;&#233; un lien comme celui qui a caract&#233;ris&#233; les luttes les plus avanc&#233;es du si&#232;cle pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes et les mouvements n'ont pas dessin&#233;, en g&#233;n&#233;ral, un parcours lin&#233;aire d'accumulation d'exp&#233;riences menant &#224; la contestation du capitalisme en tant que tel et &#224; l'intuition de la possibilit&#233; d'un autre mode de production et d'une autre politique. Souvent les luttes et les mouvements reculent ou se dispersent faute d'un horizon de lib&#233;ration cr&#233;dible dans lequel s'ins&#233;rer. Ou bien au contraire : la contestation g&#233;n&#233;rale n'est pas soutenue par la force mat&#233;rielle des besoins &#233;l&#233;mentaires que la crise n'arrive pas &#224; satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'indigner contre le pouvoir excessif du capital financier, la d&#233;mocratie &#8220;prise en otage&#8221;, par les march&#233;s et les agences de rating ; occuper les places pour contester le syst&#232;me et exp&#233;rimenter d'autres rapports sociaux et d'autres relations politiques, se rebeller contre un n&#233;olib&#233;ralisme qui r&#233;ussit &#224; imposer des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de destruction des droits malgr&#233; un tr&#232;s bas niveau de consensus social ; et, dans le cas des &#8220;printemps arabes&#8221;, pratiquer le conflit &#8211; en s'appropriant collectivement des espaces publiques &#8211; comme instrument pour d&#233;mocratiser la soci&#233;t&#233; enti&#232;re, ont &#233;t&#233; les causes le plus &#233;videntes du nouveau cycle de mobilisation qui s'est ouvert. Mais qui ont &#233;t&#233; les sujets protagonistes des ces mobilisations ? Avec la disparition des grandes concentrations de la force de travail &#8211; m&#234;me endroit, m&#234;mes temps, m&#234;mes exp&#233;riences &#8211; o&#249; la densit&#233; des relations cr&#233;ait une conscience de la propre condition mat&#233;rielle qui tendait &#224; se transformer en la n&#233;cessit&#233; d'une transformation sociale, aujourd'hui on assiste &#224; une scission &#233;vidente de ce processus. La production sociale capitaliste investit le territoire entier et encore plus tous les domaines de la vie en tant que telle. La connexion entre condition mat&#233;rielle et n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale n'est plus si &#233;vidente. Les consciences se forment et se radicalisent souvent en s&#233;parant les deux termes, avec un voyage continu d'aller retour entre les deux p&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces derni&#232;res ann&#233;es les mouvements sociaux ont constitu&#233;, de fa&#231;on partielle et contradictoire, un pont entre le fait d'avoir une conscience de sa propre condition sociale et la lutte contre le syst&#232;me capitaliste. Dans ce sens ils ont &#233;t&#233; des lieux de politisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une nouvelle enceinte, un nouveau projet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces transformations on a besoin d'autres formes de conflit et d'auto-organisation, qui ne co&#239;ncident pas avec celles de &#8220;l'ancien&#8221; mouvement ouvrier et qui ne sont pas encore connues par le &#8220;nouveau&#8221;. La m&#233;tamorphose historique a &#233;t&#233; rendue possible par la d&#233;faite de fonds subie par le mouvement ouvrier, repr&#233;sent&#233; non seulement par la chute du socialisme r&#233;el, mais aussi par la mutation de la social d&#233;mocratie. A gauche de ces deux exp&#233;riences historiques, aucune autre structure politique n'a r&#233;ussi &#224; offrir un instrument cr&#233;dible &#224; une classe incertaine et oscillante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi fondamental aujourd'hui est de cr&#233;er les conditions de sorte que de nouveaux processus de subjectivation (prise de conscience) conflictuelle se produisent, une op&#233;ration qui n'est pas seulement politique et pas seulement sociale. Il ne s'agit pas simplement de reconstruire un nouveau parti &#8211; anticapitaliste, large, de regroupement, etc. &#8211; ni simplement de travailler pourque se cr&#233;ent les conditions d'un mouvement de masse &#8211; les indign&#233;/es. Il s'agit de faire en sorte qu'&#224; partir de ces derniers naissent de nouvelles subjectivit&#233;s anticapitalistes. Nouvelles. Et, dans cette direction, il faut travailler pour construire des lieux dans lesquels dimension politique et dimension sociale se m&#234;lent de fa&#231;on hybride et in&#233;dite. Il s'agit d'accepter le terrain du &#8220;social&#8221; avec ses lois, ses langages et ses rythmes, comme terrain privil&#233;gi&#233; pour r&#233;aliser une recomposition politique, une capacit&#233; des mouvements de se reconstruire autour d'un projet politique de transformation. Il s'agit de reconstruire &#8220;l'enceinte&#8221; d'un nouveau mouvement de classe pour pouvoir reconstruire un nouveau projet r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les instruments de l'auto organisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre exp&#233;rience se fonde sur une hypoth&#232;se de travail qu'on pourrait d&#233;crire de mani&#232;re &#233;l&#233;mentaire comme le passage d'une m&#233;thode d&#233;ductive &#224; une m&#233;thode inductive. Si on est d'accord qu'un monde s'est d&#233;fait (le mouvement ouvrier du si&#232;cle pass&#233;), si les changements g&#233;opolitiques et sociaux ont &#233;t&#233; si amples et profonds, alors il faut tirer les conclusions logiques de ces constatations. Ce serait manquer de vision mat&#233;rialiste de la r&#233;alit&#233; que de croire que des formes organisationnelles, des symboles et de sch&#233;mas de pens&#233;e puissent rester substantiellement inchang&#233;s. La reconstruction d'un horizon de sens ne peut que repartir d'une adh&#233;sion &#224; l'actuelle composition de classe pour en comprendre les dynamiques et les logiques, participant &#224; sa r&#233;organisation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a appel&#233; les structures avec lesquelles on est en train de r&#233;aliser notre exp&#233;rimentation &#8220;des instruments pour l'auto organisation&#8221;. On parle de collectifs engag&#233;s dans la r&#233;cup&#233;ration d'usines abandonn&#233;es, de structures syndicales de base en mesure de ne pas s'arr&#234;ter &#224; la dimension &#8220;&#233;conomiciste&#8221; ; des espaces d'entraide, des collectifs territoriaux en lutte pour la d&#233;fense &#233;cologique de l'environnement, etc. La boussole qui doit nous guider pour construire ces instruments est la perspective de l'auto-organisation. Nos instruments politiques ont l'ambition historique de r&#233;aliser l'auto organisation des sujets en lutte avec l'objectif de mettre en discussion la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir et ils ne sont pas, banalement et confus&#233;ment, eux m&#234;mes des lieux d'auto- organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie ce d&#233;bat est particuli&#232;rement important en raison du r&#244;le que les composantes de l'Autonomie organis&#233;e ont jou&#233; historiquement, en m&#234;lant la perspective historique et la r&#233;alit&#233; existante de temps &#224; autre ; en confondant l'auto organisation ouvri&#232;re avec les structures politiques existantes, parties d'une confrontation sociale globale. L'auto-organisation est donc un objectif historique et une m&#233;thode de travail qui nous permet d'&#234;tre dans les grands mouvements de masse et de construire, dans leur sein, une composante politique d'un nouveau type, porteur d'une pens&#233;e et d'un patrimoine id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Favoriser la naissance et l'affirmation d'instruments pour l'auto organisation requi&#232;re une capacit&#233; &#224; lire les situations de conflit sous la lumi&#232;re de la subjectivation politique de la classe. Abandonner les jeux de r&#244;le dans les structures syndicales plus ou moins de base, voir les mouvements des secteurs de classe actifs au del&#224; des histories et des traditions, cueillir les moments de politisation des luttes &#233;tudiantes, exp&#233;rimenter des formes de contrepouvoir et de socialisation non domin&#233;es par les marchandises. Il n'existe pas de mod&#232;les ni d'instruments pour toutes les saisons. En utilisant un oxymore apparent, les instruments pour l'auto-organisation sont n&#233;cessaires pour construire une organisation qui amplifie et approfondit les surfaces de contact avec l'actuelle composition de classe. Cela comporte des risques et des dangers comme le leaderisme (caudillisme) qui remplace les d&#233;cisions d&#233;mocratiques, l'autor&#233;f&#233;rentialit&#233;, le localisme, le caract&#232;re transitoire. Des risques qui sont cependant mineurs face &#224; des partis et des organisations agissent comme des communaut&#233;s imperm&#233;ables qui suppl&#233;ent aux difficult&#233;s d'implantation sociale avec l'accentuation des traits identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous sommes au temps de la reconstruction du mouvement de classe : dans des structures de base d'entraide, dans des formes &#233;l&#233;mentaires de syndicalisme, des processus embl&#233;matiques et/ou symboliques d'autogestion, dans des exp&#233;rimentations politiques pas r&#233;ductibles &#224; la cr&#233;ation de nouveaux partis. Le visage concret de cette dimension analytique est constitu&#233; par la partie croissante d'abstentionnisme &#233;lectoral, la m&#233;fiance des jeunes g&#233;n&#233;rations envers la politique tout court, la passivit&#233; des structures syndicales et sociales qui autrefois &#233;taient &#224; la t&#234;te des luttes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reconstruire signifie exp&#233;rimenter et le faire avec suffisamment d'ouverture mentale et de capacit&#233; d'apprendre aussi des erreurs et cela signifie, &#224; son tour, construire identit&#233;, projet, narration politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'exp&#233;rience exemplaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la phase de la reconstruction, l'exp&#233;rience exemplaire est plus importante que le &#171; mod&#232;le allemand &#187; qui anime encore le mouvement ouvrier. &#171; Le tournant allemand &#187; est celui de la phase la plus m&#251;re du mouvement o&#249; de grands syndicats, partis et structures d'organisation sociale se mettent en place nationalement et puissamment. Ce qu'il convient de mettre au centre de notre travail aujourd'hui c'est une s&#233;rie d'exp&#233;riences exemplaires qui dans les faits font allusion aux objectifs de fonds, programmatiques et politiques. L'exp&#233;rience de l'usine autog&#233;r&#233;e RiMaflow, en Italie, est pour nous un des chemins pour redonner cr&#233;dibilit&#233; &#224; une vision socialiste autogestionnaire, libertaire et &#233;cologiste, de la r&#233;volution sociale. Un exemple pour donner une nouvelle l&#233;gitimit&#233; &#224; des id&#233;es qui, autrement, sont &#233;cras&#233;es par la rh&#233;torique politiciste ou par la r&#233;p&#233;tition propagandiste. L'exp&#233;rience exemplaire de l'entraide sert &#224; reconstruire une id&#233;e moderne de syndicat fond&#233;e sur ses origines, sur la solidarit&#233; de classe, sur la centralit&#233; des membres contre les appareils et l'institutionnalisation &#224; laquelle le &#171; mod&#232;le allemand &#187; justement a men&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les connotations de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche r&#233;volutionnaire &#8211; &#224; savoir qui croit qu'une r&#233;volution est n&#233;cessaire, une participation des masses pour changer l'&#233;tat des choses pr&#233;sentes et qui s'attelle &#224; cette &#233;ventualit&#233; &#8211; est donc toute &#224; construire ; les forces doivent &#234;tre de nouveau accumul&#233;es, les pr&#233; conditions doivent &#234;tre &#233;rig&#233;es. Il s'agit d'un travail qui se fera dans un champ compl&#232;tement d&#233;structur&#233; par rapport au si&#232;cle pass&#233;. Cela ne veut pas dire qu'il faut improviser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour agir dans un contexte hybride, dans une relation complexe entre le stade &#233;l&#233;mentaire du conflit de classe et la perspective politique, il faut des coordonn&#233;es qui tracent le champ d'action de cette gauche : l'opposition inflexible au capitalisme et &#224; ses r&#232;gles ; l'alt&#233;rit&#233; par rapport &#224; la social d&#233;mocratie et &#224; sa version la plus r&#233;cente le socio lib&#233;ralisme, dans une optique d'ind&#233;pendance de classe ; la construction d'un mouvement de masse d&#233;mocratique organis&#233; autour de l'inspiration de la Premi&#232;re Internationale selon la quelle &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs est l'&#339;uvre des travailleurs eux m&#234;mes &#187;. Il faut des faits m&#234;me symboliques pour construire une discontinuit&#233; et pour offrir un nouvel &#233;lan. La valeur de l'exp&#233;rience de Podemos s'inscrit dans ce cadre. Nous ne voulons pas nourrir de faciles illusions dans ce projet politique ni indiquer un mod&#232;le qui r&#233;sout tous nos probl&#232;mes. Au contraire. Le d&#233;roulement de la vie interne de cette formation politique nous pose des pr&#233;occupations &#233;videntes. La d&#233;gradation des niveaux de conscience est utilis&#233;e, dans ce contexte aussi, pour impulser des processus leaderistes (caudilliste) et de d&#233;l&#233;gation qui &#8211; s'ils se structurent &#8211; n'apporteront pas des avanc&#233;es dans la lutte de classe ni au niveau de la conscience politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qu'il faut comprendre de l'exp&#233;rience de Podemos et ce que cela dit d'un point de vue g&#233;n&#233;ral, c'est la modalit&#233; dans laquelle on engage aujourd'hui les nouvelles g&#233;n&#233;rations dans la politique. Construire un processus d'accumulation de forces d&#233;sid&#233;ologis&#233;es et, surtout, bas&#233; sur la participation d&#233;mocratique (au moins symboliquement) est un aspect d&#233;cisif. La dimension sociale et la dimension politique se m&#234;lent, et se confondent, au moins dans la phase d'accumulation des forces. Participation collective, critique serr&#233;e du capitalisme, alt&#233;rit&#233; par rapport aux formes de la politique &#171; bourgeoise &#187; sont des acquis qui servent &#224; fonder un nouveau projet. Les indications pr&#233;cieuses sont celles-ci et face &#224; ces &#233;l&#233;ments plusieurs partis que notre courant a construit ou essaye de construire, apparaissent comme sur une autre plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le cas grec, Syriza et les mouvements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections parlementaires grecques du 25 janvier repr&#233;sentent, avec la victoire de Syriza, un rendez vous important non seulement pour la population grecque mais pour toute l'Union Europ&#233;enne. La fa&#231;on dont on est arriv&#233; &#224; ces &#233;lections d&#233;montrent &#224; quel point la crise de l&#233;gitimit&#233; de la classe politique grecque est parvenue et son incapacit&#233; &#224; g&#233;rer une politique &#233;conomique et sociale contrainte par l'aust&#233;rit&#233; exig&#233;e par la Troika d'un c&#244;t&#233; et la pression populaire de l'autre. Bien que les mouvements sociaux aient montr&#233; des signes de fatigue et la mobilisation n'ait pas &#233;t&#233; derni&#232;rement &#224; la hauteur de celle des ann&#233;es pass&#233;es, il est &#233;vident que la population grecque a montr&#233; ne plus vouloir supporter le poids des politiques impos&#233;es par la Commission europ&#233;enne et vouloir rompre avec l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie &#233;lectorale de Syriza repr&#233;sente, en cela, un espoir pour une partie importante des classes sociales d&#233;savantag&#233;es ce qu'a indiqu&#233; ce passage politico &#233;lectoral. Syriza s'est pr&#233;sent&#233; &#224; ces &#233;lections avec un programme &#233;conomique &#171; d'urgence &#187; avec des aspects d&#233;cidemment int&#233;ressants et orient&#233;s pour favoriser les secteurs les plus d&#233;savantag&#233;s, et d'autres projets &#233;taient plus vagues et li&#233;s &#224; un processus de ren&#233;gociation avec les sommets de l'UE (comme dans le cas de la proposition depuis toujours d&#233;fendue d'un audit sur la dette et sur son payement &#233;ventuellement refus&#233; et d'autres encore plus timides ; le choix de la r&#233;forme fiscale uniquement centr&#233;e sur la r&#233;cup&#233;ration de l'&#233;vasion fiscale apparait faible). Soit, on se trouve face &#224; un programme r&#233;formiste radical (pas anticapitaliste) qui repr&#233;sente pourtant dans l'actuelle situation de l'UE une contradiction et une possibilit&#233; de rupture qui pourrait apporter de l'air nouveau dans les dynamiques bloqu&#233;es de la politique europ&#233;enne. M&#234;me s'il est difficile de pr&#233;voir une dynamique &#171; constituante &#187; de la victoire de Syriza et m&#234;me une &#233;volution anticapitaliste de son action (d'autant moins si elle n'est pas limit&#233;e seulement &#224; la Gr&#232;ce) semble peu probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons bien &#224; l'esprit la diff&#233;rence entre une mobilisation en grande partie de nature &#233;lectorale et le d&#233;ploiement d'un conflit social de classe. Mais si un tel gouvernement essayait vraiment d'appliquer les mesures d&#233;clar&#233;es, cela poserait de fait au niveau europ&#233;en la n&#233;cessit&#233; d'un changement des politiques communautaires ; et de tout fa&#231;on cela rendrait moins facile de les appliquer aussi dans d'autres pays. Et cela pourrait &#234;tre renforc&#233; aussi au niveau politique par un succ&#232;s &#233;lectorale souhaitable de Podemos dans l'Etat espagnol. Cela ouvrirait, en fin de compte, un espace politique que les mouvements seraient appel&#233;s &#224; transf&#233;rer su le plan du conflit social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Syriza est une opportunit&#233; pour tout le monde et pourrait se transformer en d&#233;sillusion et d&#233;moralisation si elle devait faillir. Pour cela aussi nous sommes convaincus qu' une v&#233;ritable rupture avec les politiques d'aust&#233;rit&#233; et avec le chantage de la dette passe &#224; travers l'irruption des mouvements sociaux et la construction d'organismes de participation d&#233;mocratique d'en bas. M&#234;me si une dynamique de &#171; contrepouvoir &#187; ou &#171; d'autogestion conflictuelle &#187; n'est pas &#224; l'ordre du jour, il est quand m&#234;me n&#233;cessaire de d&#233;velopper des instruments et des formes de participation, de contr&#244;le et de d&#233;cision par rapport aux politiques d'un gouvernement guid&#233; par Syriza, qu'il soit de gauche ou de coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le match ne se r&#233;duit pas, comme certains le pensent, aux relations ou aux contradictions entre un parti, Syriza, et les institutions nationales ou internationales. Parce qu'il y a vraiment de nouvelles possibilit&#233; qui s'ouvrent au niveau continental, il faut une reprise du mouvement social au niveau europ&#233;en, et des ruptures aussi sur le plan politique. Il ne s'agit pas seulement ou surtout de se mobiliser pour soutenir le gouvernement de Syriza, mais de pointer des mobilisations europ&#233;ennes et de nouvelles relations d'en bas entre les exp&#233;riences de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le droit de recommencer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre courant aussi a &#233;t&#233; in&#233;vitablement frapp&#233; par la crise et par la fin du mouvement ouvrier dont il &#233;tait issu et dont il faisait partie, m&#234;me en tenant compte de ses positions h&#233;t&#233;rodoxes. Et pourtant nous avons r&#233;sist&#233;, avec des hauts et des bas, avec des difficult&#233;s &#233;videntes, avec g&#233;n&#233;rosit&#233;. Aujourd'hui le patrimoine pr&#233;serv&#233; de l'usure de l'histoire doit &#234;tre investi dans le futur, si non il p&#233;rira. Dans des ann&#233;es de difficult&#233;s et de reculs notre courant a gagn&#233; un droit : celui de recommencer. De recommencer &#224; se battre pour une soci&#233;t&#233; socialiste, pour une id&#233;e de r&#233;volution qui lie la Commune de Paris &#224; Octobre 1917, &#224; une s&#233;rie d'exp&#233;riences plus r&#233;centes o&#249; auto organisation du travail subordonn&#233; et projets politiques de lib&#233;ration sont arriv&#233;s &#224; cr&#233;er une combinaison vertueuse. Le droit de recommencer une longue marche qui semble barr&#233;, &#224; ceux et celles qui veulent encore changer le monde, apr&#232;s la chute du Mur et le tournant de 1989. Il s'agit du droit qu'on a gagn&#233; sur l'&#233;lan d'une histoire &#171; h&#233;r&#233;tique &#187;, de minorit&#233;, parfois infime, d'un mouvement ouvrier organis&#233; et structur&#233; autour de deux grands courants fondamentaux : la d&#233;mocratie sociale et le stalinisme. Le droit de recommencer plonge ses racines dans la fatigue accomplie pour exister/r&#233;sister &#224; l'annulation politique et physique produite par ces courants mais, surtout, dans la raison de ceux et celles qui, vraiment, ont toujours &#233;t&#233; du cot&#233; des vaincu/es. Bensa&#239;d est parmi ces philosophes du mouvement de la Quatri&#232;me Internationale qui sont fascin&#233;s par Walter Benjamin et par la centralit&#233; des vaincus de l'histoire qui constituent ceux &#171; par qui nous sommes attendus &#187;. Parmi les vaincus se trouvent en large partie les Trotskystes. Mais ils peuvent maintenant affirmer que leur d&#233;faite a seulement anticip&#233; celle du mouvement ouvrier entier. Aujourd'hui en fait il n'y a plus de vainqueurs et de toute fa&#231;on leurs h&#233;ritiers sont de p&#226;les contre-figures &#224; la recherche de se resituer dans l'histoire. Il suffit de penser &#224; l'h&#233;ritage que laisse le PCI en Italie et au r&#244;le du PD et de Matteo Renzi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos forces affrontent, au moment o&#249; nous entamons cette r&#233;flexion, une usure du temps d&#233;termin&#233;e par la disparition du &#171; camp de jeu &#187; o&#249; les propositions politiques des derni&#232;res vingt ann&#233;es ont muri. Il &#233;tait juste, &#224; la moiti&#233; des ann&#233;es 90 de se poser le probl&#232;me de la &#171; recomposition &#187; de la gauche anticapitaliste, en travaillant sur la crise des structures historiques du mouvement ouvrier et sur la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle pens&#233;e historique. Travailler sur les contradictions internes des partis communistes, sur la difficult&#233; des socio d&#233;mocrates &#224; g&#233;rer leur mutation g&#233;n&#233;tique. Mais ce projet n'a pas per&#231;u &#224; temps l'&#233;puisement de la &#171; masse critique &#187; dans laquelle agir avec une bataille d'opposition et /ou alternative. D'o&#249; l'impasse qui en a r&#233;sult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse explique aussi la crise du projet politique le plus important de la Quatri&#232;me Internationale, le NPA (France), et en forme mineure, elle explique la faillite du projet italien. C'est comme si on avait voyag&#233; sous la lumi&#232;re d'une &#233;toile &#233;teinte, d'un astre mort. Nous n'avons pas lu les modifications de la composition de classe, nous avons affront&#233; h&#226;tivement l'analyse sur les nouveaut&#233;s internationales et surtout nous nous sommes entrain&#233;s &#224; une course qui n'aurait pas eu lieu : la construction d'un petit parti &#224; la gauche d'un mouvement ouvrier us&#233;. Comme si dans la sc&#232;ne politique il y avait encore comme joueurs : la d&#233;mocratie sociale, le syndicat, les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires du 20e si&#232;cle. Quand nous avons essay&#233; de jouer sur cette sc&#232;ne politique nous avons perdu, comme le d&#233;montre la crise du NPA, qui est seulement le reflet d'une difficult&#233; plus grande. A part le NPA, le SWP en Grande-Bretagne, le Bloco au Portugal, Rifondazione comunista en Italie sont en crise aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vide est rempli par des formations, Podemos et Syriza, qui combinent, au moment de leur affirmation, plusieurs &#233;l&#233;ments : le &#171; social &#187; et le &#171; politique &#187; ; des pouss&#233;es radicalement anticapitalistes et des pulsions r&#233;formistes ; une dimension de la lutte mais aussi la n&#233;cessit&#233; de se projeter dans une logique de gouvernement. Leur croissance quantitative, l'impact de masse de leurs leaders, produisent un autre probl&#232;me, celui des attentes qui se cr&#233;ent, par exemple au niveau &#233;lectoral. Alexis Tsipras et Pablo Iglesias sont attendus dans leur capacit&#233; r&#233;elle de changement, c'est cela qu'on leur demande. Une partie de la crise du NPA peut s'expliquer aussi par cela : de son leader, incroyablement populaire en France, on attendait une solution de gouvernement, la possibilit&#233; d'un changement effectif &#171; ici et maintenant &#187;, comme cela s'est pass&#233; avec Syriza en Gr&#232;ce. Mais sans cette force et cette cr&#233;dibilit&#233;, ou cette d&#233;termination, les &#233;lections peuvent devenir un boomerang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi pour cela donc qu'il faut une &#233;laboration, une th&#233;orie de la d&#233;mocratie radicale &#8211; socialiste &#8211; qui indique la n&#233;cessit&#233; de construire de nouvelles institutions, qui propose un parcours de d&#233;structuration des formes actuelles de d&#233;mocratie pour en construire d'autres, plus avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une association internationale des travailleurs et des travailleuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi nous travaillons, donc, n'est pas un parti classique, plus ou moins grand, plus ou moins efficace, mais qui choisit les &#233;lections et la propagande comme terrain principal ; c'est par contre un collectif politique, homog&#232;ne sur la base de la discussion et de l'analyse de son initiative, capable d'&#234;tre &#224; l'int&#233;rieur des mouvements avec des structures qui en accompagnent l'efficacit&#233; de masse et la possible implantation. Un collectif politique, programmatiquement fond&#233;, doit continuer d'exister, m&#234;me si ce n'est pas dans la forme classique de parti ; cela peut &#234;tre autour d'une revue, dans le cadre d'une &#233;laboration permanente, dans des formes originales. La d&#233;nomination &#171; Quatri&#232;me Internationale &#187; aussi doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e sur le plan de l'imaginaire et aussi sur celui de l'identit&#233;. La num&#233;ration des internationales appartient, vraiment, &#224; une autre &#233;poque et ne parle plus au pr&#233;sent. Ce n'est pas une question de d&#233;nomination. Aujourd'hui on aurait besoin d'une Association internationale des travailleuses et des travailleurs, une alliance plurielle, en mesure de partager certains principes de base, comme la Premi&#232;re Internationale, d&#233;mocratique avec la pleine autonomie de ses composantes et le libre partage des choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alliance internationale compos&#233;e d'une large s&#233;rie de sujets, diff&#233;rents entre eux mais convergeant sur la n&#233;cessit&#233; d'une dimension anticapitaliste et de reconstruction d'une subjectivit&#233; de classe. Une Association compos&#233;e pas seulement de forces politiques mais aussi syndicales, de mouvements paysans, de structures qui se battent contre le fardeau de la dette, des forces &#233;cologistes anticapitalistes, et f&#233;ministes radicales. Un espace, surtout, int&#233;ressant et praticable pour les nouvelles g&#233;n&#233;rations qui continuent d'entrer en lutte partout dans le monde, comme le d&#233;montrent les mouvements dans le monde arabe et musulman. Une Association internationale comme camp dans lequel discuter ouvertement, prendre des initiatives de masse, construire une alternative visible &#224; la double crise de notre &#233;poque. Une Association bas&#233;e sur quelques grands id&#233;aux, sur le meilleur du patrimoine du 20e si&#232;cle, pas seulement le marxisme, mais aussi la pens&#233;e libertaire, le f&#233;minisme radical, l'&#233;cologie cons&#233;quente. Un lieu dans lequel se reconnaissent des sujets, des courants, des associations, des modalit&#233;s d'action diff&#233;rentes et en mesure de coordonner, vraiment, les divers initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition, qui est politique et qui a l'ambition d'avoir un impact international, n'est pas r&#233;alisable &#224; court terme. Mais elle peut &#234;tre poursuivie en r&#233;fl&#233;chissant aux diff&#233;rentes initiatives, dont nous disposons en les requalifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Tout d'abord il s'agit de garder vivant la compr&#233;hension du pr&#233;sent. Il faut des lieux &#224; plusieurs espaces, pluriels, o&#249; nourrir la culture marxiste r&#233;volutionnaire et &#233;laborer une pens&#233;e alternative. Pour cela il faut sortir de l'urgence et d'une certaine ritualit&#233; et rendre centraux des moments de r&#233;flexion sur certains n&#339;uds du pr&#233;sent : l'actuelle composition de classe au niveau continental et international, les dynamiques de la crise capitaliste, les conflits g&#233;opolitiques, les dynamiques migratoires. On a besoin d'un intellectuel collectif, o&#249; l'accent doit &#234;tre mis sur le premier terme, &#233;tant donn&#233; l'&#233;puisement ou la rar&#233;faction de la capacit&#233; de pens&#233;e &#224; un niveau ad&#233;quat aux d&#233;fis&lt;br class='autobr' /&gt;
b. Si on prend le pari d'un projet de reconstruction et d'une initiative plurielle, il faut identifier quelques projets au niveau transnational. En Italie on a prioris&#233; la th&#233;matique des entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es et de ses r&#233;seaux internationaux. Il y a une campagne structur&#233;e autour de la question de la dette ; l'&#233;cologie et le f&#233;minisme offrent d'autres exemples qui peuvent clarifier l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Un autre focus particulier est offert par la composition du travail des migrant/es et de ses dynamiques internationales. Il faudrait un comit&#233; internationale de solidarit&#233;, d'organisation et de luttes communes pour affirmer des droits inali&#233;nables : &#224; la citoyennet&#233;, au travail, &#224; la dignit&#233; humaine contre tout racisme&lt;br class='autobr' /&gt;
d. Il faut relancer le projet du Camp jeunes &#8211; jusqu'ici la meilleure carte de visite de notre organisation &#8211; et le red&#233;finir &#224; la lumi&#232;re de ce qui est dit ci dessus. Un camp ouvert, pluriel, o&#249; discuter des grandes questions historiques &#8211; sans approches acad&#233;miques et sans champs de bataille politique &#8211; et o&#249; d&#233;finir quelques grandes campagnes de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Communia Network&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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