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		<title>Service public, entreprises publiques</title>
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		<dc:creator>Yves Salesse</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
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&lt;p&gt;Raffarin a confirm&#233; la volont&#233; du nouveau gouvernement de poursuivre la politique de privatisations men&#233;e avant lui. La Fondation Copernic a consacr&#233; une note &#224; cette question qui ne se limite pas au services publics et embrasse plus largement celle de la propri&#233;t&#233;. C'est que face aux privatisations des derni&#232;res ann&#233;es n'ont &#233;t&#233; observ&#233;es que de timides r&#233;actions d&#233;fensives et dispers&#233;es. Pourtant les raisons qui fondent l'exigence de l'appropriation sociale des principaux moyens de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Privatisation-+" rel="tag"&gt;Privatisation&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Raffarin a confirm&#233; la volont&#233; du nouveau gouvernement de poursuivre la politique de privatisations men&#233;e avant lui. La Fondation Copernic a consacr&#233; une note &#224; cette question qui ne se limite pas au services publics et embrasse plus largement celle de la propri&#233;t&#233;. C'est que face aux privatisations des derni&#232;res ann&#233;es n'ont &#233;t&#233; observ&#233;es que de timides r&#233;actions d&#233;fensives et dispers&#233;es. Pourtant les raisons qui fondent l'exigence de l'appropriation sociale des principaux moyens de production, d'&#233;change, de financement et de communication n'ont pas disparu et se sont au contraire renforc&#233;es. Elles sont au moins de trois ordres : le bilan n&#233;gatif des privatisations, l'atteinte &#224; la d&#233;mocratie qu'entra&#238;ne la concentration sans pr&#233;c&#233;dent de la puissance &#233;conomique et financi&#232;re, la recherche des bases et des moyens d'une r&#233;elle politique de transformation sociale permettant l'&#233;panouissement de la citoyennet&#233;. Nous ne revenons pas ici sur l'ensemble des analyses et propositions de cette note. Il est utile d'en souligner l'actualit&#233; et de rappeler certaines propositions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un bilan qui d&#233;ment les fables lib&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les privatisations et la mise en concurrence &#233;taient pr&#233;sent&#233;es comme devant fournir un produit final de meilleure qualit&#233; et moins cher pour le consommateur ; permettre des &#233;conomies pour la collectivit&#233; publique ; assurer la transparence qu'interdisent les situations de monopole publics et l'intervention politique dans leur gestion. Sans reprendre tous les exemples pr&#233;sent&#233;s dans la note pr&#233;cit&#233;e, contentons-nous de l'actualit&#233; des derniers mois en gardant ces promesses en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants du lib&#233;ralisme devant reconna&#238;tre un certain nombre d'&#233;checs se cramponnent habituellement au secteur des t&#233;l&#233;communications comme exemple de r&#233;ussite. Mais celui-ci est loin d'&#234;tre convaincant. Du point de vue de l'usager, le bilan est contrast&#233;. Bien que l'opacit&#233; tarifaire soit d&#233;sormais de mise il est vrai que les gros usagers, notamment les entreprises sont gagnants. En revanche il est aussi certain que la situation des petits usagers s'est fortement d&#233;grad&#233;e pour le t&#233;l&#233;phone fixe principalement en raison de l'augmentation de l'abonnement . Cela a encourag&#233; un nombre croissant de m&#233;nages modestes &#224; pr&#233;f&#233;rer le t&#233;l&#233;phone mobile. Nous savons maintenant qu'ils sont tomb&#233;s dans un pi&#232;ge, victimes de surtarifications frauduleuses. L'ouverture du capital de France T&#233;l&#233;com a pr&#233;cipit&#233; cette politique. Elle s'est aussi accompagn&#233;e d'une strat&#233;gie de d&#233;veloppement par achats internationaux qui a conduit une entreprise hier florissante &#224; une situation tr&#232;s pr&#233;caire. La lutte que se livrent les firmes transnationales du secteur depuis sa lib&#233;ralisation les a toutes conduites &#224; un endettement massif qui d&#233;bouche aujourd'hui sur la crise. Les &#233;quipementiers subissent le choc de plein fouet. D&#233;but ao&#251;t, par exemple, Marconi a annonc&#233; la suppression de 1000 emplois qui s'ajouteront aux 7000 de ces deux derni&#232;res ann&#233;es. La crise met &#224; jour l'expansion des pratiques frauduleuses. En ao&#251;t, deux dirigeants de WorldCom, deuxi&#232;me op&#233;rateur am&#233;ricain qui s'est plac&#233; sous la protection de la loi sur les faillites, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. Les irr&#233;gularit&#233;s comptables porteraient sur 7,1 milliards $ et la sur&#233;valuation des actifs s'&#233;l&#232;verait &#224; 50,6 milliards $. Un autre op&#233;rateur am&#233;ricain en difficult&#233;, Qwest, fait l'objet d'une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de l'eau, bien essentiel, le conseil de la concurrence en France a demand&#233;, en juillet dernier, au gouvernement de d&#233;manteler des filiales communes de Vivendi Environnement et de la Lyonnaise des eaux. Ces deux-l&#224; g&#232;rent d&#233;sormais 80% du march&#233; de l'eau en France et s'entendent sur le partage les march&#233;s. L'affaire n'est pas nouvelle. Une enqu&#234;te de 1996 r&#233;v&#233;lait que les prix pratiqu&#233;s par les op&#233;rateurs priv&#233;s d&#233;passaient en moyenne de 28% ceux des r&#233;gies publiques. Le rapport 1997 de la Cour des comptes &#233;tait sans ambigu&#239;t&#233; : &#034; La hausse des prix est bien &#224; mettre en relation avec la privatisation &#034;. Aucun gouvernement ne s'est pourtant attaqu&#233; &#224; la puissance du couple pr&#233;cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, la collision de deux avions a r&#233;v&#233;l&#233; les graves dysfonctionnements du contr&#244;le a&#233;rien suisse privatis&#233;. Au mois d'octobre, nous apprenons qu'une s&#233;rie de scandales met en cause la s&#233;curit&#233; des centrales nucl&#233;aires au Japon, les compagnies (priv&#233;es) ayant dissimul&#233; des rapports r&#233;v&#233;lant des fissures et des incidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons du c&#244;t&#233; des pays promoteurs de ces politiques. En Grande-Bretagne, c'est connu, le chemin de fer privatis&#233; est un d&#233;sastre. C'est une sorte d'exploit, car la privatisation avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une longue politique d'abandon du chemin de fer public dont le service &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;plorable. La privatisation a r&#233;ussi &#224; faire pire. La Grande-Bretagne a le r&#233;seau le plus lent, le plus dangereux et le plus cher d'Europe. Elle ne poss&#232;de aucun train &#224; grande vitesse et les passagers paient en moyenne 60% plus cher qu'en France. La s&#233;rie noire des accidents mortels depuis 1997 a oblig&#233; le gouvernement britannique &#224; d&#233;bloquer 37,5 milliards d'euros, au mois de juillet, pour sauver ce qui reste des infrastructures ferroviaires. Voil&#224; pour les &#233;conomies budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me pays, la poste a &#233;t&#233; privatis&#233;e en 2001. Elle pr&#233;voit la suppression de 30.000 emplois et la fermeture de milliers de bureaux &#224; la campagne et dans les villes. Rentabilit&#233; oblige. Autre initiative spectaculaire, sa tentative de faire payer 14&#163; par semaine (!) ceux qui re&#231;oivent moins de 20 lettres par jour et souhaitent avoir leur courrier avant 9 heures le matin. La perte des lettres et colis est en progression spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, la crise de l'&#233;lectricit&#233; en Californie a &#233;t&#233; l'incroyable r&#233;sultat de la lib&#233;ralisation. Contrairement &#224; l'id&#233;e r&#233;pandue, ce ne fut pas une crise de sous-production qui mettrait d&#233;j&#224; en &#233;vidence une carence majeure. Il est maintenant &#233;tabli que les producteurs se sont entendus pour r&#233;duire leur production d'&#233;lectricit&#233; afin de faire monter les prix. Les multiples r&#233;gulateurs et autorit&#233;s de contr&#244;le n'y ont rien chang&#233;. C'est dans le secteur &#233;lectrique aussi qu'a &#233;clat&#233; la faillite retentissante d'Enron en d&#233;cembre 2001. C'&#233;tait une entreprise &#233;nerg&#233;tique particuli&#232;re qui correspond &#224; une &#233;tape sup&#233;rieure de la lib&#233;ralisation. Enron &#233;tait seulement un courtier, achetant et vendant de l'&#233;lectricit&#233; sur un &#034; march&#233; spot &#034;. C'est ce type de march&#233; que l'autorit&#233; de r&#233;gulation fran&#231;aise a d&#233;cid&#233; de mettre en place en France sans autorisation l&#233;gislative. En quelques ann&#233;es Enron s'&#233;tait hiss&#233;e au septi&#232;me rang des entreprises am&#233;ricaines, recevant les louanges unanimes. Elle a inaugur&#233; la longue s&#233;rie des affaires de comptes truqu&#233;s et de spoliation des petits actionnaires et des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour l'actualit&#233; la plus r&#233;cente. Le co&#251;t des privatisations-lib&#233;ralisations pour les salari&#233;s des secteurs concern&#233;s est &#233;lev&#233; sous la forme de suppressions d'emploi et celle, moins imm&#233;diatement visible, de la d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail. C'est l'un des objectifs de l'op&#233;ration. Les avantages pr&#233;dits sont rarement au rendez-vous, pour les consommateurs et les budgets publics. La recherche du profit maximum a sa logique, qui se moque du co&#251;t pour la soci&#233;t&#233; et reporte sur celle-ci et donc sur les finances publiques non seulement les aides directes mais la prise en charge de ce co&#251;t. Cela vaut pour les d&#233;gradations de la s&#233;curit&#233;, de la situation des salari&#233;s, de l'environnement, etc. comme atteintes directes. Cela vaut pour la non prise en charge de besoins fondamentaux dont la solvabilit&#233; n'est pas assur&#233;e : que l'on se souvienne, par exemple, de la lutte acharn&#233;e des laboratoires pharmaceutiques contre la production de g&#233;n&#233;riques de lutte contre le sida. Les exemples abondent. Cela ne signifie pas que les entreprise publiques sont exemptes de d&#233;fauts sur ces terrains. Cela signifie que le passage au priv&#233;, sous l'imp&#233;ratif de la rentabilit&#233; financi&#232;re, aggrave les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tirer quelques le&#231;ons plus pr&#233;cises. Les lib&#233;raux d&#233;fendent que les missions de service public et, plus g&#233;n&#233;ralement, la protection des usagers, seront assur&#233;es par la mise en place d'autorit&#233;s de r&#233;gulation. Le bilan est que ce n'est pas vrai. Nous avons d&#233;j&#224; cit&#233; l'exemple de l'&#233;lectricit&#233; en Californie. On peut, l&#224; encore faire le tour des secteurs. L'autorit&#233; de r&#233;gulation des t&#233;l&#233;communications en France a &#233;t&#233; incapable d'emp&#234;cher l'opacit&#233; tarifaire : ce sont les associations de consommateurs qui ont mis &#224; jour le scandale. Le r&#233;gulateur britannique n'a pu que s'alarmer de la d&#233;gradation des chemins de fer et sommer, sans r&#233;sultat, les entreprise priv&#233;es de prendre des mesures. Ces autorit&#233;s de r&#233;gulation, qui participent du d&#233;mant&#232;lement de la puissance publique, n'ont &#233;videmment pas la force de contr&#244;ler ni de contraindre les puissantes firmes qui se jouent de leurs injonctions et de leurs r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre le&#231;on est qu'il est faux qu'au d&#233;mant&#232;lement des monopoles publics succ&#232;de durablement la concurrence. La concentration et la centralisation sont des tendances fondamentales du capital. Dans tous les secteurs lib&#233;ralis&#233;s, au monopole public succ&#232;de un moment de concurrence rapidement suivi de l'&#233;limination des plus faibles, du renforcement des survivants, d'une vague de fusions et de la constitution de monopoles ou d'oligopoles priv&#233;s. On a alors les inconv&#233;nients du monopole (parce qu'il y en a), plus la r&#233;duction de la capacit&#233; d'action publique, plus l'extension du domaine du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La necessit&#233; des services publics et de l'appropriation sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services publics constituent un enjeu de soci&#233;t&#233;. L'offensive dont ils sont l'objet conduit &#224; ce que le monde devienne toujours plus une marchandise. Les services publics sont un instrument essentiel de la solidarit&#233; sociale et de l'effectivit&#233; des droits fondamentaux. Et pas n'importe quel instrument : ils op&#232;rent une redistribution sociale et g&#233;ographique sous une forme collective et non mon&#233;taire. Ils sont aussi un instrument essentiel de la citoyennet&#233; effective et donc de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend parfois que la question de la propri&#233;t&#233; publique ou priv&#233;e des entreprises de services publics est secondaire, que l'important est la gestion et que des entreprises priv&#233;es sont capables d'assurer des missions de service public. Si la question de la propri&#233;t&#233; est secondaire on ne comprend pas cette offensive opini&#226;tre, continue et mondiale en faveur des privatisations de la part des grandes firmes transnationales et des adeptes du lib&#233;ralisme. Eux ont compris l'enjeu de la propri&#233;t&#233;. Nous connaissons la d&#233;l&#233;gation de service public. Ils s'agit de d&#233;l&#233;guer pour un temps, avec un cahier des charges, la mission de service public &#224; une entreprise priv&#233;e. Dans certains cas, la solution a pu s'av&#233;rer adapt&#233;e. Sa g&#233;n&#233;ralisation ne le serait pas. La d&#233;l&#233;gation de service public &#224; des entreprises dont l'objectif est la valorisation d'un capital ne peut que rester marginale. Cela peut fonctionner avec des entreprises de petites tailles agissant au plan local. Ce n'est plus le cas, on l'a vu, avec des entreprises de la force de Vivendi ou autres, vis &#224; vis desquelles les collectivit&#233;s publiques sont en &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233;. Les services publics de grande dimension doivent &#234;tre confi&#233;s &#224; des entreprises dont le moteur n'est pas la recherche du profit. L'entreprise de service public n'est pas une entreprise comme les autres avec, en plus, des missions de services publics. Elle doit &#234;tre consacr&#233;e &#224; sa mission de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que les entreprises publiques se comportent toujours bien, qu'elles respectent toujours les conditions de s&#233;curit&#233;, l'environnement, les usagers. Evidemment non et la d&#233;fense des services publics suppose de notre part une critique sans indulgence de ces comportements. Mais nous savons que les entreprises publiques, parce qu'elles ne sont pas m&#251;es par la recherche du profit maximum, parce que les pouvoirs publics y ont des moyens d'intervention, peuvent mieux &#234;tre contr&#244;l&#233;es. Le statut d'entreprise publique n'est pas une condition suffisante. Mais c'est une condition n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appropriation sociale de toute une partie de l'outil &#233;conomique est n&#233;cessaire pour orienter autrement cet outil. Son champ d&#233;passe celui des services publics. C'est bien entendu au d&#233;bat public de trancher ce qui doit ou non relever de la ma&#238;trise publique. Nous proposons toutefois une grille permettant de diff&#233;rencier les biens et services concern&#233;s, du service public administratif au secteur public marchand, selon l'importance qu'ils rev&#234;tent pour la soci&#233;t&#233;. La diff&#233;renciation est importante car les modes de contr&#244;le public ne sont pas n&#233;cessairement les m&#234;mes. Toutefois on voit que la question de l'appropriation sociale doit d'abord &#234;tre envisag&#233;e globalement car l'enjeu est de modifier, pour la d&#233;termination de notre destin, le rapport des forces entre les forces de l'argent recherchant le profit priv&#233;, de plus en plus puissantes et concentr&#233;es, et la souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons d'appropriation sociale et non de nationalisation. C'est que nous devons int&#233;grer le bilan des exp&#233;riences pass&#233;es et des &#233;volutions en cours. Pour les bilans, il s'agit de la faillite de l'&#233;tatisme bureaucratique des pays de l'Est et de ce que les nationalisations effectu&#233;es dans les pays capitalistes ont r&#233;v&#233;l&#233; leurs insuffisances. L'appropriation sociale signifie ainsi au moins trois choses : elle ne se r&#233;duit pas &#224; un secteur public, mais nous pensons que celui-ci en constitue le pilier central ; si le niveau national demeure aujourd'hui principal dans l'articulation du particulier et du g&#233;n&#233;ral, il convient de donner plus d'importance &#224; la propri&#233;t&#233; publique qui pourrait &#234;tre d&#233;finie aux niveaux infra et supranationaux et notamment, dans ce dernier cas, au niveau europ&#233;en ; enfin, l'appropriation sociale, m&#234;me dans sa composante publique, ne saurait se limiter &#224; un simple transfert de propri&#233;t&#233;. Il s'agit de donner &#224; la soci&#233;t&#233; les moyens de contr&#244;ler et d'orienter son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pourrait se traduire de diff&#233;rentes mani&#232;res. Je ne peux reprendre ici ce que j'ai d&#233;velopp&#233; R&#233;formes et r&#233;volution. Voici quelques indications. D'abord le d&#233;bat politique devrait s'emparer du sujet pour d&#233;terminer les biens qui doivent &#234;tre produits par des acteurs publics. Les pouvoirs publics devraient, ce qu'ils ne font pas r&#233;ellement aujourd'hui, fixer les missions des entreprises publiques. Enfin la gestion de celle-ci devrait &#234;tre profond&#233;ment modifi&#233;e dans le sens du renforcement du contr&#244;le social. Dans le cadre des orientations fix&#233;es, elle doit faire r&#233;ellement place &#224; l'intervention des travailleurs et des usagers. C'est une voie de modernisation du secteur public oppos&#233;e &#224; celle de l'alignement sur les objectifs et le mode de gestion des firmes transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Fance, un enjeu imm&#233;diat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La triple offensive contre les services publics se poursuit : la lib&#233;ralisation men&#233;e au niveau europ&#233;en et relay&#233;e maintenant par les n&#233;gociations internationales de l'AGCS ; les privatisations d&#233;cid&#233;es au niveau national ; et, pr&#233;c&#233;dant g&#233;n&#233;ralement les deux, la d&#233;t&#233;rioration des services publics et la gestion des entreprises publiques selon les crit&#232;res des firmes multinationales. Il importe de distinguer ces formes qui se combinent mais sont diff&#233;rentes, notamment par le niveau de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation d'EDF et GDF est la cible principale d&#233;sign&#233;e du gouvernement Raffarin qui utilise la porte ouverte par plusieurs dirigeants du PS avant les &#233;lections. Leur d&#233;marche m&#233;rite que l'on s'y arr&#234;te car elle a une port&#233;e g&#233;n&#233;rale. Les partisans de la privatisation d'EDF mentent lorsqu'ils affirment qu'elle a &#233;t&#233; rendue obligatoire par les d&#233;cisions europ&#233;ennes, notamment le sommet de Barcelone. L'Europe s'attaque au service public de l'&#233;nergie par l'introduction de la concurrence ; elle n'a pas le pouvoir de d&#233;cider des privatisations qui sont de la seule comp&#233;tence nationale. Le deuxi&#232;me argument est qu'EDF doit se d&#233;fendre en se d&#233;veloppant au niveau international en raison de la concurrence introduite par les d&#233;cisions europ&#233;ennes. Et ce d&#233;veloppement suppose des mises de fond r&#233;clamant l'ouverture, au moins, du capital de l'entreprise &#224; l'investissement priv&#233;. Ce n'est pas plus argument&#233;. Tout cela est pr&#233;sent&#233; comme une &#233;vidence. Pourtant la d&#233;monstration m&#233;riterait au minimum d'&#234;tre d&#233;velopp&#233;e. D'abord, on sait que la sant&#233; financi&#232;re d'EDF lui permettrait de poursuivre les op&#233;rations d'acquisition auxquelles elle s'est d&#233;j&#224; livr&#233;e avec ses seules ressources. Surtout, c'est le fond m&#234;me de cette d&#233;marche qui n'a rien d'&#233;vident. On comprend bien qu'un entreprise dont le moteur est le profit cherche &#224; regagner ailleurs les parts de march&#233; que la concurrence lui aurait fait perdre sur le march&#233; national. Mais en quoi cela est-il imp&#233;ratif pour une entreprise de service public ? Rien ne nous en est dit. Tentons d'imaginer les arguments qui pourraient nous &#234;tre pr&#233;sent&#233;s. La d&#233;fense des parts de march&#233; permettraient le maintien de l'outil de production. Mais ce n'est pas du tout ce qui se passe avec les acquisitions externes. En Italie, EDF vendra de l'&#233;lectricit&#233; produite en Italie. Cela n'a aucune influence sur l'outil de production en France. Il n'y a pas plus l&#224; une rationalisation de la production &#233;lectrique europ&#233;enne. On sait d'ailleurs que l'&#233;lectricit&#233; ne se transporte pas bien et que l'avenir est &#224; la production au plus pr&#232;s des consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique d'achat &#224; l'international a &#233;t&#233; engag&#233;e dans l'opacit&#233; la plus totale, mettant le pays devant le fait accompli. On voit que s'agissant d'une entreprise publique, cela aurait m&#233;rit&#233; un d&#233;bat public pr&#233;alable. Une fois de plus le Parlement a &#233;t&#233; tenu &#224; l'&#233;cart d'une d&#233;cision majeure. En fait est &#224; l'&#339;uvre une strat&#233;gie de transformation de l'entreprise en firme multinationale qui pr&#233;pare sa privatisation. Et comme l'exemple de France Telecom le rappelle, cette politique d'extension internationale est source de fragilisation. On peut d'ailleurs noter que cela est vrai plus g&#233;n&#233;ralement pour les grandes firmes. L&#224; encore les derniers mois ont fourni de multiples exemples o&#249; celles-ci ont &#233;t&#233; mises en difficult&#233; par leurs acquisitions mondiales. On peut douter que ce soit la voie &#224; suivre pour consolider les entreprises de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut encore &#233;largir la critique de la d&#233;marche suivie dans cette affaire. Cherchant ce que pourraient &#234;tre les arguments adverses, nous avons pris leur point de d&#233;part : &#034; l'int&#233;r&#234;t de l'entreprise &#034;. Or on doit se poser d'abord la question de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;. Il est frappant que les partisans des privatisations, m&#234;me &#224; gauche, ne partent jamais de l&#224;. Nous avons vu que le bilan de la politique de lib&#233;ralisation-privatisation dans le domaine de l'&#233;lectricit&#233; n'a gu&#232;re &#233;t&#233; probante l&#224; o&#249; elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; men&#233;e. Ajoutons qu'il y a un d&#233;bat connu sur le nucl&#233;aire. Ce sur quoi tous sont d'accord est que cela pose des probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; exceptionnels. Remettre ce secteur aux mains du priv&#233; est d'autant plus grave. Plus g&#233;n&#233;ralement, les responsables politiques qui privatisent sont les artisans de la transformation d'entreprises publiques en firmes multinationales. Ils affirment dans le m&#234;me temps que la mondialisation do&#238;t &#234;tre mieux ma&#238;tris&#233;e. Mais les r&#233;gulations mondiales annonc&#233;es n'ont toujours pas &#233;t&#233; mises en place. On a ainsi des d&#233;cisions imm&#233;diates qui aident &#224; la constitution de puissances financi&#232;res sur lesquelles les pouvoirs publics ont de moins en moins prise et un discours hypocrite sur des d&#233;cisions &#224; venir qui permettront de les encadrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre ces politiques irresponsables la mobilisation se d&#233;veloppe aux niveaux national, europ&#233;en et mondial. Nous prenons ensemble une position politique de fond : le march&#233; ne doit pas se substituer au service public, l'intervention du capital &#224; la propri&#233;t&#233; publique. Et face aux vis&#233;es lib&#233;rales, nous ne d&#233;fendons pas le statu-quo. Nous d&#233;fendons le renforcement du service public, par son extension &#224; des besoins sociaux essentiels, par l'&#233;largissement des droits d'intervention des citoyens et des salari&#233;s, par l'adaptation de ses missions et de son fonctionnement &#224; une meilleure satisfaction des usagers. Il nous faut &#234;tre capables de susciter un vrai mouvement, au del&#224; des militants et des organisations qui d&#233;fendent traditionnellement le service public. Pour avoir un impact au-del&#224; des milieux militants, il faut parler des probl&#232;mes concrets rencontr&#233;s par les usagers. La d&#233;fense des services publics n'est pas dissociable de leur am&#233;lioration. Dores et d&#233;j&#224;, des exp&#233;riences concr&#232;tes en t&#233;moignent. Des r&#233;unions-d&#233;bat ont vu affluer des participants inhabituels parce que les tracts annon&#231;aient que serait discut&#233;e la d&#233;gradation du service postal, ou la fermeture de la maternit&#233;. Afin de concr&#233;tiser cette d&#233;marche, &#224; l'occasion de l'appel &#034; face au march&#233;, le service public &#034;, Copernic a propos&#233; &#224; ses partenaires que soient r&#233;dig&#233;s, dans les villes et quartiers, des cahiers du service public. L'id&#233;e de cahiers pour pr&#233;parer des Etats g&#233;n&#233;raux n'est pas vraiment nouvelle. Elle peut &#234;tre efficace. Organiser des rencontres au plus pr&#232;s de la population, recenser les probl&#232;mes concrets, appr&#233;cier les besoins, discuter les solutions possibles, susciter l'intervention des usagers : voil&#224; le mat&#233;riau des cahiers. Il s'agit d'&#233;largir la mobilisation et d'approfondir la r&#233;flexion sur les missions des services publics. La bataille doit &#234;tre prolong&#233;e aux niveaux europ&#233;en et international. Plus que jamais, face aux lib&#233;ralisations, nous devons faire avancer l'id&#233;e de services publics europ&#233;ens. La logique europ&#233;enne pr&#233;sente est la transformation des entreprises de service public en firmes multinationales priv&#233;es qui se concurrencent (avant de se concentrer). Nous lui opposons celle de la construction, l&#224; o&#249; c'est n&#233;cessaire, de services publics europ&#233;ens. Ceux -ci peuvent prendre plusieurs formes. Il est des domaines dans lesquels une coop&#233;ration organis&#233;e des op&#233;rateurs nationaux est suffisante. Il en est d'autres ou de v&#233;ritables entreprise europ&#233;ennes de service public devraient &#234;tre construites. J'ai donn&#233; des exemples des diff&#233;rentes situations dans L'Europe que nous voulons. C'est &#224; examiner, au cas par cas, avec nos amis au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rence : Yves Salesse, r&#233;formes et r&#233;volution : propositions pour une gauche de gauche (Agone 2001)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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