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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Que faire de ce que nous apprend Thomas Piketty sur Le capital au XXIe si&#232;cle</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Que-faire-de-ce-que-nous-apprend-Thomas-Piketty-sur-Le-capital-au-XXIe-siecle</link>
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		<dc:date>2014-02-24T15:57:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le livre Le capital au XXIe si&#232;cle est indispensable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la r&#233;partition in&#233;gale de la richesse au sein de la soci&#233;t&#233;. En lisant cette somme (950 pages, auxquelles s'ajoute une grande quantit&#233; de donn&#233;es statistiques et de tableaux accessibles via internet), une premi&#232;re conclusion vient &#224; l'esprit : le mouvement Occupy Wall Street a bien raison de cibler le 1 % le plus riche. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, en France, en 2013, le 1 % le plus riche d&#233;tient 25 % du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH147/arton3303-9c054.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le livre &lt;i&gt;Le capital au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt; est indispensable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la r&#233;partition in&#233;gale de la richesse au sein de la soci&#233;t&#233;. En lisant cette somme (950 pages, auxquelles s'ajoute une grande quantit&#233; de donn&#233;es statistiques et de tableaux accessibles via internet), une premi&#232;re conclusion vient &#224; l'esprit : le mouvement Occupy Wall Street a bien raison de cibler le 1 % le plus riche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, en France, en 2013, le 1 % le plus riche d&#233;tient 25 % du patrimoine total du pays. Au Royaume-Uni (R.U.), il d&#233;tient 30 %. En Su&#232;de, 20 %. Aux E.U., 32 %. Si on inclut la part dissimul&#233;e de la richesse dans les paradis fiscaux ou sous d'autres formes, le pourcentage augmenterait d'au moins 2 ou 3 points. Pour faire simple, le 1 % de la population, c'est grosso modo la classe capitaliste et elle concentre une part impressionnante du patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on &#233;largit l'&#233;tude aux 10 % les plus riches, on atteint les pourcentages suivants : en France, les 10 % plus riches d&#233;tiennent 60 % du patrimoine ; au R.U., 70 % ; en Su&#232;de, 60 % ; aux E.U., 70 %. Grosso modo, on peut consid&#233;rer que les 9 % ainsi ajout&#233;s repr&#233;sentent l'entourage ou les alli&#233;s au sens large de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire devrait avancer des revendications pr&#233;cises en mati&#232;re de mesures &#224; prendre &#224; l'&#233;gard du 1 % le plus riche et des 9 % qui le suivent. La masse de biens mobiliers et immobiliers que ces 10 % d&#233;tiennent r&#233;v&#232;le &#224; quel point la richesse est in&#233;galement distribu&#233;e et montre qu'un gouvernement de gauche pourrait trouver des ressources en tr&#232;s grande quantit&#233; pour, &#224; la fois, mener une politique d'am&#233;lioration des conditions de vie de la majorit&#233; de la population et r&#233;aliser de profonds changements structurels de mani&#232;re &#224; amorcer la sortie du capitalisme productiviste et lancer la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Que-faire-de-ce-que-nous-apprend&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LIRE LA SUITE&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette &#171; ill&#233;gitime &#187; des pays du Nord doit aussi &#234;tre annul&#233;e</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-dette-illegitime-des-pays-du-Nord-doit-aussi-etre-annulee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-dette-illegitime-des-pays-du-Nord-doit-aussi-etre-annulee</guid>
		<dc:date>2011-07-17T15:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dettes et d&#233;ficits</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233; par Denis Horman pour le journal La Gauche de la LCR Belgique &lt;br class='autobr' /&gt; La Gauche : le dernier ouvrage collectif du CADTM, qui vient de para&#238;tre, a pour titre &#171; La dette ou la vie &#187;. Un titre qui met d'embl&#233;e en lumi&#232;re l'aspect mortif&#232;re de la dette publique ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Eric Toussaint : Il y a un choix &#224; faire entre privil&#233;gier la vie, les droits humains fondamentaux et, d'autre part, rembourser la dette. La dette, c'est une question centrale. Si on veut maintenir des droits conquis par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Dettes-et-deficits-+" rel="tag"&gt;Dettes et d&#233;ficits&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L102xH150/arton3207-b36e9.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233; par Denis Horman pour le journal &lt;i&gt;La Gauche&lt;/i&gt; de la LCR Belgique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : le dernier ouvrage collectif du CADTM, qui vient de para&#238;tre, a pour titre &#171; La dette ou la vie &#187;. Un titre qui met d'embl&#233;e en lumi&#232;re l'aspect mortif&#232;re de la dette publique !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Il y a un choix &#224; faire entre privil&#233;gier la vie, les droits humains fondamentaux et, d'autre part, rembourser la dette. La dette, c'est une question centrale. Si on veut maintenir des droits conquis par les luttes, stopper des mesures de r&#233;gression sociale, sans pr&#233;c&#233;dent dans les pays de l'Union europ&#233;enne, et aussi am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; toute une s&#233;rie de droits fondamentaux, il faut une solution radicale concernant la dette publique, en commen&#231;ant par annuler la dette ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : le CADTM (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers monde), cr&#233;&#233; en 1990, a r&#233;alis&#233; pendant une 20 aine d'ann&#233;es, une expertise rigoureuse sur la dette qui frappe les pays du Sud, plaidant pour une annulation inconditionnelle de cette dette publique. Cette nouvelle publication montre, &#224; travers une s&#233;rie de contributions, l'autre visage de la dette, celui &#224; l'oeuvre au Nord. Y a-t-il des points communs entre la dette publique des pays en d&#233;veloppement et la dette publique au Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Aujourd'hui, la dette publique au Nord est le pr&#233;texte tout trouv&#233; pour justifier l'application de plans d'aust&#233;rit&#233; sur le mod&#232;le des plans d'ajustement structurel support&#233;s, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, par les pays du Sud de plan&#232;te. A ce propos, je voudrais signaler que, pendant les ann&#233;es 1980, en Belgique, la dette des communes, tout particuli&#232;rement &#224; Anvers et Li&#232;ge, fut d&#233;j&#224; le pr&#233;texte pour l'application de plans d'aust&#233;rit&#233; tr&#232;s durs contre le personnel communal et les services &#224; la population. A Li&#232;ge, de 1983 &#224; 1989, il y eu des mobilisations et des gr&#232;ves tr&#232;s dures face &#224; cette offensive d'aust&#233;rit&#233; men&#233;e &#224; l'&#233;poque par une majorit&#233; communale PS-Ecolo. L'engrenage de la dette communale r&#233;sulta d'une flamb&#233;e des taux d'int&#233;r&#234;t li&#233;s &#224; cette dette. Ainsi, un des emprunts, l' &#171; emprunt Guy Mathot &#187; avait &#233;t&#233; contract&#233; &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t de 15%. C'est une des raisons pour laquelle, en 1986, notre organisation politique, le POS-SAP, avait lanc&#233; une campagne pour l'annulation de la dette de la Ville de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, r&#233;cemment, le CADTM s'est pench&#233; sur la r&#233;alit&#233; de l'endettement public des pays du Nord, ceux de l'Union europ&#233;enne en particulier, c'est que, depuis l'&#233;clatement, en 2007-2008, de la crise la plus importante depuis 1929, ces pays sont confront&#233;s aux m&#234;mes politiques d'ajustement structurel qu'ont subi et subissent toujours les pays du Sud. Sous la f&#233;rule de la &#171; Tro&#239;ka &#187; - le FMI, l'Union Europ&#233;enne et la Banque Centrale Europ&#233;enne-, les pays p&#233;riph&#233;riques de l'UE (Roumanie, Lettonie, Hongrie), puis la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et, d&#233;j&#224; dans une moindre mesure actuellement, la France, l'Allemagne, la Belgique&#8230;) sont soumis &#224; une r&#233;gression sociale sans pr&#233;c&#233;dent. Les mesures sont partout les m&#234;mes : r&#233;duction des salaires dans la fonction publique, licenciements, non remplacement du personnel partant &#224; la retraite, allongement de l'&#226;ge pour la pension, privatisations, etc. Nous assistons &#224; une nouvelle phase de l'offensive du capital contre le Travail. La &#171; Tro&#239;ka et les gouvernements ne con&#231;oivent pas d'autres voies pour r&#233;duire l'endettement et les d&#233;ficits publics, qui ont atteint un seul insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate un peu partout une augmentation de l'endettement des Etats. Mais, posons-nous la question : pourquoi une telle situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais &#233;voquer trois aspects de l'explosion de l'endettement public au Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but des ann&#233;es 1980, les taux d'int&#233;r&#234;ts, au Sud et au Nord, ont explos&#233;, &#224; partir d'une d&#233;cision prise &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1990-2000 ont vu l'application en Europe de politiques n&#233;o-lib&#233;rales se cristallisant sur des contre-r&#233;formes fiscales, avec une r&#233;duction des recettes fiscales due &#224; une diminution importante des imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et sur les revenus des m&#233;nages les plus riches. Les Etats ont palli&#233; partiellement &#224; cette situation par l'augmentation des imp&#244;ts indirects, la TVA, par l'augmentation de la fiscalit&#233; chez les travailleur-euse-s et par le recours &#224; de nouveaux emprunts aupr&#232;s des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il y eu, en octobre 2008, dans toute une s&#233;rie de pays du Nord, le sauvetage des banques priv&#233;es, qui avaient pris des risques inconsid&#233;r&#233;s, s'adonnant &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re. Un sauvetage &#224; coup de centaines de milliards de dollars et d'euros, par les Etats, avec l'argent des contribuables. En Belgique, c'est plus de 20 milliards d'euros que l'Etat a inject&#233;s pour &#171; sauver &#187; Fortis, KBC, Dexia et Ethias. Un sauvetage des banques qui a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans l'augmentation de la dette publique belge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments m'am&#232;ne &#224; taxer d'ill&#233;gitime une partie de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : Pr&#233;cis&#233;ment, dans son travail sur la dette frappant les pays du Sud, le CADTM a mis en lumi&#232;re les concepts de dette odieuse, ill&#233;gitime et ill&#233;gale, appuy&#233;s sur une argumentation, y compris juridique, et justifiant ainsi la revendication de suspension du remboursement de la dette publique, voire de son annulation et sa r&#233;pudiation. Le CADTM pr&#244;ne-t-il &#233;galement l'annulation de la dette publique des pays du Nord ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Le CADTM pr&#244;ne l'annulation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique. Il y a d'ailleurs diff&#233;rentes conventions internationales, la Charte des Nations unies, la D&#233;claration universelle des droits de l'Homme, la D&#233;claration de l'ONU sur le droit au d&#233;veloppement, les pactes internationaux de 1966 sur les droits &#233;conomiques sociaux et culturels, etc., sur lesquelles on peut s'appuyer pour justifier qui l&#233;gitiment la suspension et la r&#233;pudiation/annulation de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept d'ill&#233;gitimit&#233; comprend notamment les dettes odieuses et ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes contract&#233;es aupr&#232;s du FMI, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque Centrale europ&#233;enne ou encore sur les march&#233;s financiers et qui justifient, pour ces instances, l'application de politiques d'ajustement structurel ou d'aust&#233;rit&#233;, en violation des droits &#233;conomiques, sociaux, culturels, civils et politiques peuvent &#234;tre qualifi&#233;es de dettes odieuses. Les plans d'aust&#233;rit&#233; brutaux, appliqu&#233;s dans des pays comme la Roumanie, la Hongrie, la Lettonie, puis en Gr&#232;ce, en Irlande, au Portugal pour &#233;ponger la dette et les d&#233;ficits publics, entra&#238;nent la violation des droits humains fondamentaux. La dette li&#233;e &#224; ces plans d'ajustement structurel peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme odieuse et doit &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui une autre cat&#233;gorie de pays, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et d'autres pays de l'Union europ&#233;enne, qui ont contract&#233; des dettes pouvant &#234;tre qualifi&#233;es d'ill&#233;gitimes. Dans ces pays, les gouvernements ont sciemment appliqu&#233; des politiques injustes socialement et qui ont entra&#238;n&#233; une augmentation de la dette publique &#224; travers des mesures favorables &#224; la classe capitaliste. C'est ce que j'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; en pr&#233;sentant les raisons principales de l'endettement de ces Etats : les contre-r&#233;formes fiscales au profit des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et des hauts revenus, le sauvetage des banques avec l'argent de la collectivit&#233;, etc. Trente ans de politique n&#233;o-lib&#233;rale marquent d'ill&#233;gitime cette partie de la dette publique, qui r&#233;alise, au-del&#224; de toutes les esp&#233;rances du capital, un transfert gigantesque de richesses vers les banques et les fonds de placements financiers aux d&#233;pens des salari&#233;s. Cette dette ill&#233;gitime devrait &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : Une des contributions de l'ouvrage collectif du CADTM, intitul&#233;e &#171; L&#224; o&#249; le Sud montre la voie &#187;, pr&#233;sente une s&#233;rie d'exemples, en Equateur et ailleurs, prouvant qu'il est possible de briser l'engrenage mortif&#232;re de la dette. Ces exemples pourraient-ils, selon toi, &#234;tre un r&#233;f&#233;rent pour des d&#233;marches semblables dans les pays du Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Une des exp&#233;riences les plus avanc&#233;es se situe en Equateur o&#249;, suite &#224; de grandes mobilisations sociales, un nouveau pr&#233;sident, Rafa&#235;l Correa, fut &#233;lu fin 2006. C'est lui qui a impuls&#233;, en juillet 2007, la mise sur pied d'une commission d'audit de la dette, compos&#233;e de 18 experts, dont j'ai fait partie pour le CADTM. Le mandat donn&#233; &#224; cette commission fut d'auditer 30 ann&#233;es d'endettement public, tant externe qu'interne. Apr&#232;s 14 mois de travail, la commission d'audit est arriv&#233;e &#224; la conclusion qu'une grande partie de la dette analys&#233;e &#233;tait marqu&#233;e d'ill&#233;gitimit&#233;. En novembre 2008, le gouvernement, prenant appui sur le rapport de la commission, a d&#233;cid&#233; de suspendre le remboursement des titres de la dette, venant &#224; &#233;ch&#233;ance les uns en 2012, les autres en 2030. Apr&#232;s 8 mois de suspension de payement, le gouvernement de ce petit pays de 13 millions d'habitants est sorti vainqueur d'une &#233;preuve de force avec les banquiers nord-am&#233;ricains, d&#233;tenteurs de ces titres de la dette &#233;quatorienne. Il a rachet&#233; pour 900 millions de dollars des titres valant 3,2 milliards de dollars. Si on prend en compte les int&#233;r&#234;ts que l'Equateur ne devra pas verser, puisqu'il a rachet&#233; des titres qui arrivaient &#224; &#233;ch&#233;ance en 2012 ou en 2030, le tr&#233;sor public &#233;quatorien a &#233;conomis&#233; en tout environ 7 milliards de dollars. Cela a permis de d&#233;gager de nouveaux moyens financiers pour des d&#233;penses sociales dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'aide sociale, etc. Certes, ce ne fut pas une r&#233;pudiation de la dette ill&#233;gitime, mais un pas extr&#234;mement important dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il ya aussi des pas importants dans cette direction. Dans plusieurs pays aujourd'hui, apr&#232;s la France, en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne&#8230;, on assiste &#224; une mont&#233;e en puissance de mobilisations sociales. On peut dire que la Gr&#232;ce est l'&#233;picentre d'une r&#233;action massive sur le th&#232;me de la dette et cela, dans le contexte de mobilisations sociales, de gr&#232;ves de plus en plus dures. Encore, ce dimanche 5 juin, 200 000 personnes se retrouvaient sur la place de la Constitution &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2010, plus d'une centaine de personnalit&#233;s grecques et internationales lan&#231;aient un appel public en faveur de la cr&#233;ation d'une commission d'audit de la dette publique. En d&#233;cembre 2010, une d&#233;put&#233;e ind&#233;pendante, Sofia Sakorafa, faisait une intervention remarqu&#233;e au Parlement grec, en proposant la mise sur pied d'une telle commission. Quatre d&#233;put&#233;s ont rompu avec le PASOK (le parti socialiste grec), refusant de voter pour le budget 2010 et le m&#233;morandum impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce par le FMI. A l'instar de d&#233;put&#233;s de la gauche radicale grecque, ces d&#233;put&#233;s ont demand&#233; et appuy&#233; la mise sur pied d'un comit&#233; grec contre la dette qui s'est constitu&#233; et qui est soutenu par des organisations syndicales, plusieurs partis politiques et de nombreux intellectuels. Ce comit&#233; va proc&#233;der &#224; un audit pour que l'on sache quelle partie de la dette grecque est odieuse, ill&#233;gitime et ill&#233;gale. Bien &#233;videmment, &#224; l'inverse de l'Equateur, une telle d&#233;marche ne peut, en Gr&#232;ce, s'appuyer sur un gouvernement social-lib&#233;ral qui impose une aust&#233;rit&#233; brutale aux travailleur-euse-s et &#224; la population. D'o&#249; l'importance d'appuyer cette d&#233;marche par des mobilisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche : La CADTM a souvent attir&#233; l'attention sur le fait qu'une r&#233;duction radicale de la dette publique est une condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour mettre en place une politique &#233;conomique et sociale au service des populations. Qu'est-ce &#224; dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint : &lt;/strong&gt; A ce propos, je voudrais faire une premi&#232;re r&#233;flexion. Jusqu'il y a peu, au niveau europ&#233;en, une grande partie de la gauche du mouvement syndical et m&#234;me de la gauche radicale consid&#233;rait que la r&#233;sistance sociale aux attaques du patronat et des gouvernements n'impliquait pas n&#233;cessairement de faire de la question de la dette publique un des &#233;l&#233;ments centraux de cette r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, certaines organisations de la gauche radicale, prenant une position radicale pour l'annulation/r&#233;pudiation de la dette publique, estimait inutile et superflu un audit sur la dette, puisqu'il s'agit de rejeter en bloc cette dette. On a connu cela dans certaines organisations de la gauche en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, un autre secteur de la gauche, m&#234;me radicale attirait l'attention sur les cons&#233;quences d'une remise en cause du payement de la dette, disant : &#171; attention, une telle position aura un effet boomerang sur le pays et sa population. Cela entra&#238;nera des mesures de r&#233;torsion ; on ne pourra plus payer les fonctionnaires, les retraites&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les choses commencent &#224; changer dans la prise de conscience et l'importance vitale d'une r&#233;duction radicale de la dette publique, voire d'annulation de la dette ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, une telle op&#233;ration, si l'on veut que les salari&#233;-e-s, les allocataires sociaux n'en fassent pas les frais, doit &#234;tre combin&#233;es avec des mesures pour une v&#233;ritable justice fiscale, pour que chacun, soci&#233;t&#233; et individu, paie ses imp&#244;ts selon sa capacit&#233; contributive. C'est ce que demande, depuis des ann&#233;es en Belgique, le r&#233;seau pour la justice fiscale (RJF), qui regroupe une 40aine d'organisations, associations dont les deux grandes organisations syndicales, la FGTB et la CSC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Huit propositions urgentes pour une autre Europe</title>
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		<dc:date>2011-04-26T20:56:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril par Eric Toussaint &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise secoue l'Union europ&#233;enne jusque dans ses fondations. Pour plusieurs pays, le n&#339;ud coulant de la dette publique s'est referm&#233; sur eux et ils sont pris &#224; la gorge par les march&#233;s financiers. Avec la complicit&#233; active des gouvernements en place, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI, les institutions financi&#232;res &#224; l'origine de la crise s'enrichissent et sp&#233;culent sur les dettes des &#201;tats. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-278-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Luttes-sociales-+" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Annulation-de-la-dette-+" rel="tag"&gt;Annulation de la dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril par Eric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise secoue l'Union europ&#233;enne jusque dans ses fondations. Pour plusieurs pays, le n&#339;ud coulant de la dette publique s'est referm&#233; sur eux et ils sont pris &#224; la gorge par les march&#233;s financiers. Avec la complicit&#233; active des gouvernements en place, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI, les institutions financi&#232;res &#224; l'origine de la crise s'enrichissent et sp&#233;culent sur les dettes des &#201;tats. Le patronat profite de la situation pour lancer une offensive brutale contre une s&#233;rie de droits &#233;conomiques et sociaux de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction des d&#233;ficits publics doit se faire, non pas en r&#233;duisant les d&#233;penses sociales publiques mais par la hausse des recettes fiscales, en luttant contre la grande fraude fiscale et en taxant davantage le capital, les transactions financi&#232;res, le patrimoine et les revenus des m&#233;nages riches. Pour r&#233;duire le d&#233;ficit, il faut &#233;galement r&#233;duire radicalement les d&#233;penses d'armement, ainsi que d'autres d&#233;penses socialement inutiles et dangereuses pour l'environnement. En revanche, il est fondamental d'augmenter les d&#233;penses sociales, notamment pour pallier les effets de la d&#233;pression &#233;conomique. Mais au-del&#224;, il faut consid&#233;rer cette crise comme une possibilit&#233; de rompre avec la logique capitaliste et de r&#233;aliser un changement radical de soci&#233;t&#233;. La nouvelle logique &#224; construire devra rompre avec le productivisme, int&#233;grer la donne &#233;cologique, &#233;radiquer les diff&#233;rentes formes d'oppression (raciale, patriarcale, etc.) et promouvoir les biens communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut construire un front anticrise, tant &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne que localement, afin de r&#233;unir les &#233;nergies pour cr&#233;er un rapport de force favorable &#224; la mise en pratique de solutions radicales centr&#233;es sur la justice sociale et climatique. D&#232;s ao&#251;t 2010, le CADTM a formul&#233; huit propositions concernant la crise actuelle en Europe |1|. L'&#233;l&#233;ment central est la n&#233;cessit&#233; de proc&#233;der &#224; l'annulation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique. Pour y parvenir, le CADTM recommande la r&#233;alisation d'un audit de la dette publique effectu&#233; sous contr&#244;le citoyen. Cet audit devra, dans certaines circonstances, &#234;tre combin&#233; &#224; une suspension unilat&#233;rale et souveraine du remboursement de la dette publique. L'objectif de l'audit est d'aboutir &#224; une annulation/r&#233;pudiation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique et de r&#233;duire fortement le reste de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction radicale de la dette publique est une condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour sortir les pays de l'Union europ&#233;enne de la crise. Il faut la compl&#233;ter par toute une s&#233;rie de mesures de grande ampleur dans diff&#233;rents domaines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.R&#233;aliser un audit de la dette publique afin d'annuler la partie ill&#233;gitime.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie importante de la dette publique des &#201;tats de l'Union europ&#233;enne est ill&#233;gitime car elle r&#233;sulte d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e de gouvernements qui ont d&#233;cid&#233; de privil&#233;gier syst&#233;matiquement une classe sociale, la classe capitaliste, et d'autres couches favoris&#233;es, au d&#233;triment du reste de la soci&#233;t&#233;. La baisse des imp&#244;ts sur les hauts revenus des personnes physiques, sur leur patrimoine, sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es ont amen&#233; les pouvoirs publics &#224; augmenter la dette publique afin de combler le trou laiss&#233; par cette baisse. Ils ont aussi fortement augment&#233; la charge des imp&#244;ts sur les m&#233;nages modestes qui constituent la majorit&#233; de la population. &#192; cela s'est ajout&#233; depuis 2007-2008, un sauvetage des institutions financi&#232;res priv&#233;es, responsables de la crise, qui a co&#251;t&#233; tr&#232;s cher aux finances publiques et a fait exploser la dette publique. La baisse des recettes provoqu&#233;e par la crise caus&#233;e par les institutions financi&#232;res priv&#233;es a d&#251; &#234;tre une nouvelle fois combl&#233;e par des emprunts massifs. Ce cadre g&#233;n&#233;ral frappe clairement d'ill&#233;gitimit&#233; une part importante des dettes publiques. &#192; cela s'ajoutent, dans un certain nombre de pays soumis au chantage des march&#233;s financiers, d'autres sources &#233;videntes d'ill&#233;gitimit&#233;. Les nouvelles dettes contract&#233;es &#224; partir de 2008 l'ont &#233;t&#233; dans un contexte o&#249; les banquiers (et autres institutions financi&#232;res priv&#233;es) utilisent l'argent fourni &#224; bas taux d'int&#233;r&#234;t par les banques centrales pour sp&#233;culer et forcer les pouvoirs publics &#224; augmenter les r&#233;mun&#233;rations qu'ils leur versent. De plus, dans des pays comme la Gr&#232;ce, la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie ou l'Irlande, les pr&#234;ts accord&#233;s par le FMI ont &#233;t&#233; assortis de conditions qui constituent une violation des droits &#233;conomiques et sociaux des populations. Fait aggravant, ces conditions favorisent une fois de plus les banquiers et les autres institutions financi&#232;res. Pour ces raisons, elles sont aussi marqu&#233;es d'ill&#233;gitimit&#233;. Enfin dans certains cas, la volont&#233; populaire est bafou&#233;e : par exemple, alors qu'en f&#233;vrier 2011, les Irlandais ont vot&#233; &#224; une large majorit&#233; contre les partis qui avaient fait des cadeaux aux banquiers et avaient accept&#233; les conditions impos&#233;es par la Commission europ&#233;enne et le FMI, la nouvelle coalition gouvernementale poursuit grosso modo la m&#234;me politique que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Plus g&#233;n&#233;ralement, on assiste dans certains pays &#224; une marginalisation du pouvoir l&#233;gislatif au profit d'une politique du fait accompli impos&#233;e par le pouvoir ex&#233;cutif qui passe des accords avec la Commission europ&#233;enne et le FMI. Le pouvoir ex&#233;cutif pr&#233;sente ensuite au Parlement cet accord qui est &#224; prendre ou &#224; laisser. Il arrive m&#234;me qu'un d&#233;bat sans vote soit organis&#233; sur des sujets de premi&#232;re importance. La tendance du pouvoir ex&#233;cutif &#224; transformer l'organe l&#233;gislatif en une chambre d'enregistrement se renforce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte extr&#234;mement inqui&#233;tant, sachant qu'une s&#233;rie d'&#201;tats sera t&#244;t ou tard confront&#233;e &#224; un risque concret de d&#233;faut de paiement par manque de liquidit&#233;s et que le remboursement d'une dette ill&#233;gitime est par principe inacceptable, il convient de se prononcer clairement pour une annulation des dettes ill&#233;gitimes. Annulation dont le co&#251;t doit &#234;tre support&#233; par les coupables de la crise, &#224; savoir les institutions financi&#232;res priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des pays comme la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal ou des pays d'Europe de l'Est (et en dehors de l'UE, des pays comme l'Islande), c'est-&#224;-dire des pays qui sont soumis au chantage des sp&#233;culateurs, du FMI et d'autres organismes comme la Commission europ&#233;enne, il convient de recourir &#224; un moratoire unilat&#233;ral du remboursement de la dette publique. Cette proposition devient populaire dans les pays les plus touch&#233;s par la crise. &#192; Dublin, fin novembre 2010, dans une enqu&#234;te d'opinion r&#233;alis&#233;e par t&#233;l&#233;phone aupr&#232;s de 500 personnes, 57 % des Irlandais interrog&#233;s se pronon&#231;aient en faveur d'une suspension du paiement de la dette (default, en anglais), plut&#244;t que pour l'aide d'urgence du FMI et de Bruxelles. &#171; Default ! say the people &#187; (le peuple pour la suspension du paiement), titrait le Sunday Independent, principal quotidien de l'&#238;le. Selon le CADTM, un tel moratoire unilat&#233;ral doit &#234;tre combin&#233; &#224; la r&#233;alisation d'un audit des emprunts publics (avec participation citoyenne). L'audit doit permettre d'apporter au gouvernement et &#224; l'opinion publique les preuves et les arguments n&#233;cessaires &#224; l'annulation/r&#233;pudiation de la partie de la dette identifi&#233;e comme ill&#233;gitime. Le droit international et le droit interne des pays offrent une base l&#233;gale pour une telle action souveraine unilat&#233;rale d'annulation/r&#233;pudiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays qui recourent &#224; la suspension de paiement, avec son exp&#233;rience sur la question de la dette des pays du Sud, le CADTM met en garde contre une mesure insuffisante, comme une simple suspension du remboursement de la dette, qui peut se r&#233;v&#233;ler contre-productive. Il faut un moratoire sans ajout d'int&#233;r&#234;ts de retard sur les sommes non rembours&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres pays comme la France, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, il n'est pas n&#233;cessairement imp&#233;ratif de d&#233;cr&#233;ter un moratoire unilat&#233;ral pendant la r&#233;alisation de l'audit. Celui-ci doit &#234;tre men&#233; afin, lui aussi, de d&#233;terminer l'ampleur de l'annulation/r&#233;pudiation &#224; laquelle il faudra proc&#233;der. En cas de d&#233;t&#233;rioration de la conjoncture internationale, une suspension de paiement peut devenir d'actualit&#233; m&#234;me pour des pays qui se croyaient &#224; l'abri du chantage des pr&#234;teurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation citoyenne est la condition imp&#233;rative pour garantir l'objectivit&#233; et la transparence de l'audit. Cette commission d'audit devra notamment &#234;tre compos&#233;e des diff&#233;rents organes de l'&#201;tat concern&#233;s, ainsi que d'experts de l'audit des finances publiques, d'&#233;conomistes, de juristes, de constitutionnalistes, de repr&#233;sentants des mouvements sociaux... Il permettra de d&#233;terminer les diff&#233;rentes responsabilit&#233;s dans le processus d'endettement et d'exiger que les responsables tant nationaux qu'internationaux rendent des comptes &#224; la justice. En cas d'attitude hostile du gouvernement en place &#224; l'&#233;gard de l'audit, il est n&#233;cessaire de constituer une commission d'audit citoyen sans participation gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas de figure, il est l&#233;gitime que les institutions priv&#233;es et les personnes physiques &#224; hauts revenus qui d&#233;tiennent des titres de ces dettes supportent le fardeau de l'annulation de dettes souveraines ill&#233;gitimes car ils portent largement la responsabilit&#233; de la crise, dont ils ont de surcro&#238;t largement profit&#233;. Le fait qu'ils doivent supporter la charge de l'annulation n'est qu'un juste retour vers davantage de justice sociale. Il est important de dresser un cadastre des d&#233;tenteurs de titres afin d'indemniser parmi eux les citoyens et citoyennes &#224; faibles et moyens revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'audit d&#233;montre l'existence de d&#233;lits li&#233;s &#224; l'endettement ill&#233;gitime, leurs auteurs devront &#234;tre s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s &#224; payer des r&#233;parations et ne doivent pas &#233;chapper &#224; des peines d'emprisonnement en fonction de la gravit&#233; de leurs actes. Il faut demander des comptes en justice &#224; l'encontre des autorit&#233;s ayant lanc&#233; des emprunts ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les dettes qui ne sont pas frapp&#233;es d'ill&#233;gitimit&#233;, il conviendra d'imposer un effort aux cr&#233;anciers en termes de r&#233;duction du stock et des taux d'int&#233;r&#234;ts, ainsi que par un allongement de la p&#233;riode de remboursement. Ici aussi, il conviendra de r&#233;aliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu'il conviendra de rembourser normalement. Par ailleurs, le montant de la part du budget de l'&#201;tat destin&#233; au remboursement de la dette devra &#234;tre plafonn&#233; en fonction de l'&#233;tat de l'&#233;conomie, de la capacit&#233; des pouvoirs publics &#224; rembourser et du caract&#232;re incompressible des d&#233;penses sociales. Il faut s'inspirer de ce qui avait &#233;t&#233; fait pour l'Allemagne apr&#232;s la seconde guerre mondiale. L'Accord de Londres de 1953 sur la dette allemande qui consistait notamment &#224; r&#233;duire de 62 % le stock de la dette stipulait que la relation entre service de la dette et revenus d'exportations ne devait pas d&#233;passer 5 % |2|. On pourrait d&#233;finir un ratio de ce type : la somme allou&#233;e au remboursement de la dette ne peut exc&#233;der 5 % des recettes de l'&#201;tat. Il faut &#233;galement adopter un cadre l&#233;gal afin d'&#233;viter la r&#233;p&#233;tition de la crise qui a d&#233;but&#233; en 2007-2008 : interdiction de socialiser des dettes priv&#233;es, obligation d'organiser un audit permanent de la politique d'endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilit&#233; des d&#233;lits li&#233;s &#224; l'endettement ill&#233;gitime, nullit&#233; des dettes ill&#233;gitimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Stopper les plans d'aust&#233;rit&#233;, ils sont injustes et approfondissent la crise.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En accord avec les exigences du FMI, les gouvernements des pays europ&#233;ens ont fait le choix d'imposer &#224; leurs peuples des politiques de stricte aust&#233;rit&#233;, avec des coupes claires dans les d&#233;penses publiques : licenciements dans la fonction publique, gel voire baisse des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction de l'acc&#232;s &#224; certains services publics vitaux et de la protection sociale, recul de l'&#226;ge de l'acc&#232;s &#224; la retraite. &#192; l'inverse, les entreprises publiques r&#233;clament &#8211; et obtiennent &#8211; une augmentation de leurs tarifs, pendant que le co&#251;t de l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation est lui aussi revu &#224; la hausse. Le recours &#224; des hausses d'imp&#244;ts indirects particuli&#232;rement injustes, notamment la TVA, s'accro&#238;t. Les entreprises publiques du secteur concurrentiel sont massivement privatis&#233;es. Les politiques de rigueur mises en place sont pouss&#233;es &#224; un niveau jamais vu depuis la seconde guerre mondiale. Les effets de la crise sont ainsi d&#233;cupl&#233;s par des pr&#233;tendus rem&#232;des, qui visent surtout &#224; prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des d&#233;tenteurs de capitaux. En somme, les banquiers boivent, les peuples trinquent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les peuples supportent de moins en moins l'injustice de ces r&#233;formes marqu&#233;es par une r&#233;gression sociale de grande ampleur. En termes relatifs, ce sont les salari&#233;s, les ch&#244;meurs et les foyers les plus modestes qui sont le plus mis &#224; contribution pour que les &#201;tats continuent d'engraisser les cr&#233;anciers. Et parmi les populations les plus touch&#233;es, les femmes occupent le premier rang, car l'organisation actuelle de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; patriarcale fait peser sur elles les effets d&#233;sastreux de la pr&#233;carit&#233;, du travail partiel et sous-pay&#233;. Directement concern&#233;es par les d&#233;gradations des services publics sociaux, elles paient le prix fort. La lutte pour imposer une autre logique est indissociable de la lutte pour le respect absolu des droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Instaurer une v&#233;ritable justice fiscale europ&#233;enne et une juste redistribution de la richesse. Interdire les transactions avec les paradis judiciaires et fiscaux. Lutter contre la fraude fiscale massive des grandes entreprises et des plus riches.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1980, les imp&#244;ts directs n'ont cess&#233; de baisser sur les revenus les plus &#233;lev&#233;s et sur les grandes entreprises. Ainsi, dans l'Union europ&#233;enne, de 2000 &#224; 2008, les taux sup&#233;rieurs de l'imp&#244;t sur le revenu et l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s ont baiss&#233; respectivement de 7 et 8,5 points. Ces centaines de milliards d'euros de cadeaux fiscaux ont pour l'essentiel &#233;t&#233; orient&#233;s vers la sp&#233;culation et l'accumulation de richesses de la part des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut combiner une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; dans un but de justice sociale (r&#233;duire &#224; la fois les revenus et le patrimoine des plus riches pour augmenter ceux de la majorit&#233; de la population) avec son harmonisation sur le plan europ&#233;en afin d'emp&#234;cher le dumping fiscal |3|. Le but est une augmentation des recettes publiques, notamment via l'imp&#244;t progressif sur le revenu des personnes physiques les plus riches (le taux marginal sur la tranche la plus &#233;lev&#233;e de revenu doit &#234;tre port&#233;e &#224; 90 % |4|), l'imp&#244;t sur le patrimoine &#224; partir d'un certain montant et l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s. Cette augmentation des recettes doit aller de pair avec une baisse rapide du prix d'acc&#232;s aux biens et services de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (aliments de base, eau, &#233;lectricit&#233;, chauffage, transports publics, mat&#233;riel scolaire&#8230;), notamment par une r&#233;duction forte et cibl&#233;e de la TVA sur ces biens et services vitaux. Il s'agit &#233;galement d'adopter une politique fiscale qui favorise la protection de l'environnement en taxant de mani&#232;re dissuasive les industries polluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE doit adopter une taxe sur les transactions financi&#232;res, notamment sur les march&#233;s des changes, afin d'augmenter les recettes des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents G20 ont refus&#233;, malgr&#233; leurs d&#233;clarations d'intention, de s'attaquer r&#233;ellement aux paradis judiciaires et fiscaux. Une mesure simple afin de lutter contre les paradis fiscaux (qui font perdre chaque ann&#233;e aux pays du Nord, mais &#233;galement &#224; ceux du Sud, des ressources vitales pour le d&#233;veloppement des populations) consiste pour un Parlement &#224; interdire &#224; toutes les personnes physiques et &#224; toutes les entreprises pr&#233;sentes sur son territoire de r&#233;aliser quelque transaction que ce soit passant par des paradis fiscaux, sous peine d'une amende d'un montant &#233;quivalent. Au-del&#224;, il faut &#233;radiquer ces gouffres noirs de la finance, des trafics criminels, de la corruption, de la d&#233;linquance en col et cravate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude fiscale prive de moyens consid&#233;rables la collectivit&#233; et joue contre l'emploi. Des moyens publics cons&#233;quents doivent &#234;tre allou&#233;s aux services des finances pour lutter efficacement contre cette fraude. Les r&#233;sultats doivent &#234;tre rendus publics et les coupables lourdement sanctionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Remettre au pas les march&#233;s financiers, notamment par la cr&#233;ation d'un registre des propri&#233;taires de titres, par l'interdiction des ventes &#224; d&#233;couvert et de la sp&#233;culation dans une s&#233;rie de domaines. Cr&#233;er une agence publique europ&#233;enne de notation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;culation &#224; l'&#233;chelle mondiale repr&#233;sente plusieurs fois les richesses produites sur la plan&#232;te. Les montages sophistiqu&#233;s de la m&#233;canique financi&#232;re rendent celle-ci totalement incontr&#244;lable. Les engrenages qu'elle suscite d&#233;structurent l'&#233;conomie r&#233;elle. L'opacit&#233; sur les transactions financi&#232;res est la r&#232;gle. Pour taxer les cr&#233;anciers &#224; la source, il faut les identifier. La dictature des march&#233;s financiers doit cesser. La sp&#233;culation doit &#234;tre interdite dans toute une s&#233;rie de domaines. Il convient d'interdire la sp&#233;culation sur les titres de la dette publique, sur les monnaies, sur les aliments |5|. Les ventes &#224; d&#233;couvert doivent &#234;tre &#233;galement interdites |6| et les Credit Default Swaps doivent &#234;tre strictement r&#233;glement&#233;s. Il faut fermer les march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233; de produits d&#233;riv&#233;s qui sont de vrais trous noirs, &#233;chappant &#224; toute r&#233;glementation et surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur des agences de notation doit &#233;galement &#234;tre strictement r&#233;form&#233; et encadr&#233;. Loin d'&#234;tre l'outil d'une estimation scientifique objective, elles sont structurellement parties prenantes de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et ont d&#233;clench&#233; &#224; plusieurs reprises des catastrophes sociales. En effet, la d&#233;gradation de la note d'un pays implique une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t sur les pr&#234;ts qui lui sont accord&#233;s. De ce fait, la situation &#233;conomique du pays concern&#233; se d&#233;t&#233;riore encore davantage. Le comportement moutonnier des sp&#233;culateurs d&#233;cuple les difficult&#233;s rencontr&#233;es qui p&#232;seront encore plus lourdement sur les populations. La forte soumission des agences de notation aux milieux financiers nord-am&#233;ricains fait de ces agences de notation un acteur majeur au niveau international, dont la responsabilit&#233; dans le d&#233;clenchement et l'&#233;volution des crises n'est pas assez mis en lumi&#232;re par les m&#233;dias. La stabilit&#233; &#233;conomique des pays europ&#233;ens a &#233;t&#233; plac&#233;e entre les mains de ces agences de notation, sans garde-fous, sans moyens de contr&#244;le s&#233;rieux de la part de la puissance publique. La cr&#233;ation d'une agence publique de notation est incontournable pour sortir de cette impasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Transf&#233;rer sous contr&#244;le citoyen les banques au secteur public.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de d&#233;rives financi&#232;res et de privatisations, il est grand temps de faire passer le secteur du cr&#233;dit dans le domaine public. Les &#201;tats doivent retrouver leur capacit&#233; de contr&#244;le et d'orientation de l'activit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re. Ils doivent &#233;galement disposer d'instruments pour r&#233;aliser des investissements et financer les d&#233;penses publiques en r&#233;duisant au minimum le recours &#224; l'emprunt aupr&#232;s d'institutions priv&#233;es ou/et &#233;trang&#232;res. Il faut exproprier sans indemnisation les banques pour les transf&#233;rer au secteur public sous contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cas, l'expropriation des banques priv&#233;es peut repr&#233;senter un co&#251;t pour l'&#201;tat en raison des dettes qu'elles ont pu accumuler. Le co&#251;t en question doit &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; sur le patrimoine g&#233;n&#233;ral des grands actionnaires. En effet, les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es qui sont actionnaires des banques et qui les ont men&#233;es vers l'ab&#238;me tout en faisant de juteux profits d&#233;tiennent une partie de leur patrimoine dans d'autres secteurs de l'&#233;conomie. Il faut donc faire une ponction sur le patrimoine g&#233;n&#233;ral des actionnaires. Il s'agit d'&#233;viter au maximum de socialiser les pertes. L'exemple irlandais est embl&#233;matique, la mani&#232;re dont la nationalisation de l'Irish Allied Bank a &#233;t&#233; effectu&#233;e est inacceptable. Il faut en tirer les le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Socialiser les nombreuses entreprises et services privatis&#233;s depuis 1980.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique de ces trente derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; la privatisation de nombre d'entreprises et services publics. Des banques au secteur industriel en passant par la poste, les t&#233;l&#233;communications, l'&#233;nergie et les transports, les gouvernements ont livr&#233; au priv&#233; des pans entiers de l'&#233;conomie, perdant au passage toute capacit&#233; de r&#233;gulation de l'&#233;conomie. Ces biens publics, issus du travail collectif, doivent revenir dans le domaine public. Il s'agira de cr&#233;er de nouvelles entreprises publiques et d'adapter les services publics selon les besoins de la population pour r&#233;pondre notamment &#224; la probl&#233;matique du changement climatique, avec par exemple la cr&#233;ation d'un service public d'isolation des logements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. R&#233;duire radicalement le temps de travail pour cr&#233;er des emplois tout en augmentant les salaires et les retraites.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;partir autrement les richesses est la meilleure r&#233;ponse &#224; la crise. La part destin&#233;e aux salari&#233;s dans les richesses produites a nettement baiss&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies, tandis que les cr&#233;anciers et les entreprises ont accru leurs profits pour les consacrer &#224; la sp&#233;culation. En augmentant les salaires, non seulement on permet aux populations de vivre dignement, mais on renforce aussi les moyens qui servent au financement de la protection sociale et des r&#233;gimes de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En diminuant le temps de travail sans r&#233;duction de salaire et en cr&#233;ant des emplois, on am&#233;liore la qualit&#233; de vie des travailleurs, on fournit un emploi &#224; celles et ceux qui en cherchent. La r&#233;duction radicale du temps de travail offre aussi la possibilit&#233; de mettre en pratique un autre rythme de vie, une mani&#232;re diff&#233;rente de vivre en soci&#233;t&#233; en s'&#233;loignant du consum&#233;risme. Le temps gagn&#233; en faveur des loisirs doit permettre l'augmentation de la participation active des personnes &#224; la vie politique, au renforcement des solidarit&#233;s, aux activit&#233;s b&#233;n&#233;voles et &#224; la cr&#233;ation culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8. Refonder d&#233;mocratiquement une autre Union europ&#233;enne bas&#233;e sur la solidarit&#233;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs dispositions des trait&#233;s qui r&#233;gissent l'Union europ&#233;enne, l'eurozone et la BCE doivent &#234;tre abrog&#233;es. Par exemple, il faut supprimer les articles 63 et 125 du trait&#233; de Lisbonne interdisant tout contr&#244;le des mouvements de capitaux et toute aide &#224; un &#201;tat en difficult&#233;. Il faut &#233;galement abandonner le Pacte de stabilit&#233; et de croissance. Au-del&#224;, il faut remplacer les actuels trait&#233;s par de nouveaux dans le cadre d'un v&#233;ritable processus constituant d&#233;mocratique afin d'aboutir &#224; un pacte de solidarit&#233; des peuples pour l'emploi et l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut revoir compl&#232;tement la politique mon&#233;taire ainsi que le statut et la pratique de la Banque centrale europ&#233;enne. L'incapacit&#233; du pouvoir politique &#224; imposer &#224; la BCE de cr&#233;er de la monnaie est un handicap tr&#232;s lourd. En cr&#233;ant cette BCE au-dessus des gouvernements et donc des peuples, l'Union europ&#233;enne a fait un choix d&#233;sastreux, celui de soumettre l'humain &#224; la finance, au lieu de l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que de nombreux mouvements sociaux d&#233;non&#231;aient des statuts trop rigides et profond&#233;ment inadapt&#233;s, la BCE a &#233;t&#233; contrainte de changer son fusil d'&#233;paule au plus fort de la crise en modifiant en urgence le r&#244;le qui lui a &#233;t&#233; octroy&#233;. Malheureusement, elle a accept&#233; de le faire pour de mauvaises raisons : non pas pour que les int&#233;r&#234;ts des peuples soient pris en compte, mais pour que ceux des cr&#233;anciers soient pr&#233;serv&#233;s. C'est bien la preuve que les cartes doivent &#234;tre rebattues et redistribu&#233;es : la BCE doit pouvoir financer directement des &#201;tats soucieux d'atteindre des objectifs sociaux et environnementaux qui int&#232;grent parfaitement les besoins fondamentaux des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, des activit&#233;s &#233;conomiques fort diverses, comme l'investissement dans la construction d'un &#233;tablissement hospitalier ou un projet purement sp&#233;culatif, sont financ&#233;es de mani&#232;re similaire. Le pouvoir politique doit au moins r&#233;fl&#233;chir &#224; imposer des co&#251;ts tr&#232;s diff&#233;rents aux uns et aux autres : des taux bas doivent &#234;tre r&#233;serv&#233;s aux investissements socialement justes et &#233;cologiquement soutenables, des taux tr&#232;s &#233;lev&#233;s, voire r&#233;dhibitoires quand la situation l'exige, pour les op&#233;rations de type sp&#233;culatif, qu'il est &#233;galement souhaitable d'interdire purement et simplement dans certains domaines (voir plus haut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Europe bas&#233;e sur la solidarit&#233; et la coop&#233;ration doit permettre de tourner le dos &#224; la concurrence et &#224; la comp&#233;tition, qui tirent &#171; vers le bas &#187;. La logique n&#233;olib&#233;rale a conduit &#224; la crise et r&#233;v&#233;l&#233; son &#233;chec. Elle a pouss&#233; les indicateurs sociaux &#224; la baisse : moins de protection sociale, moins d'emplois, moins de services publics. Les quelques-uns qui ont profit&#233; de cette crise l'ont fait en pi&#233;tinant les droits de la majorit&#233; des autres. Les coupables ont gagn&#233;, les victimes paient ! Cette logique, qui sous-tend tous les textes fondateurs de l'Union europ&#233;enne, Pacte de stabilit&#233; et de croissance en t&#234;te, doit &#234;tre battue en br&#232;che : elle n'est plus tenable. Une autre Europe, bas&#233;e sur la coop&#233;ration entre &#201;tats et la solidarit&#233; entre les peuples, doit devenir l'objectif prioritaire. Pour cela, les politiques budg&#233;taires et fiscales doivent &#234;tre non pas uniformis&#233;es, car les &#233;conomies europ&#233;ennes pr&#233;sentent de fortes disparit&#233;s, mais coordonn&#233;es pour qu'enfin &#233;merge une solution &#171; vers le haut &#187;. Des politiques globales &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, comprenant des investissements publics massifs pour la cr&#233;ation d'emplois publics dans des domaines essentiels (des services de proximit&#233; aux &#233;nergies renouvelables, de la lutte contre le changement climatique aux secteurs sociaux de base), doivent s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette autre Europe d&#233;mocratis&#233;e doit, pour le CADTM, &#339;uvrer pour imposer des principes non n&#233;gociables : renforcement de la justice fiscale et sociale, choix tourn&#233;s vers l'&#233;l&#233;vation du niveau et de la qualit&#233; de vie de ses habitants, d&#233;sarmement et r&#233;duction radicale des d&#233;penses militaires (y compris retrait des troupes europ&#233;ennes d'Afghanistan et d&#233;part de l'OTAN), choix &#233;nerg&#233;tiques durables sans recours au nucl&#233;aire, refus des organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM). Elle doit aussi r&#233;solument mettre fin &#224; sa politique de forteresse assi&#233;g&#233;e envers les candidats &#224; l'immigration, pour devenir un partenaire &#233;quitable et v&#233;ritablement solidaire &#224; l'&#233;gard des peuples du Sud de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Voir &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Tract_...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Tract_...&lt;/a&gt;. Nous reprenons ici ces huit propositions en les actualisant et en les d&#233;veloppant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Voir &#201;ric Toussaint, Banque mondiale : le Coup d'&#201;tat permanent, CADTM-Syllepse-Cetim, 2006, chapitre 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Pensons &#224; l'Irlande qui pratique un taux de seulement 12,5 % sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Signalons que ce taux de 90 % avait &#233;t&#233; impos&#233; aux riches &#224; partir de la pr&#233;sidence de Franklin Roosevelt aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Voir Damien Millet et &#201;ric Toussaint, La Crise, quelles crises ?, Aden-CADTM-Cetim, 2010, chapitre 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Les ventes &#224; d&#233;couvert permettent de sp&#233;culer sur la baisse d'un titre en vendant &#224; terme ce titre alors qu'on n'en dispose m&#234;me pas. Les autorit&#233;s allemandes ont interdit les ventes &#224; d&#233;couvert alors que les autorit&#233;s fran&#231;aises et celles d'autres pays sont oppos&#233;es &#224; cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Toussaint, docteur en sciences politiques des universit&#233;s de Li&#232;ge et de Paris VIII, pr&#233;sident du CADTM Belgique, membre du Conseil international du Forum social mondial et de la Commission pr&#233;sidentielle d'audit int&#233;gral de la dette (CAIC) de l'&#201;quateur, membre du Conseil scientifique d'ATTAC France, auteur des livres Un coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale des origines jusqu'&#224; aujourd'hui (Cerisier, 2010), Banque du Sud et nouvelle crise internationale (CADTM-Syllepse, 2008), Banque mondiale : le coup d'Etat permanent (CADTM-Syllepse-Cetim, 2006), La finance contre les peuples (CADTM-Syllepse-Cetim, 2004). Co-auteur avec Damien Millet des livres La Crise, quelles crises ? (Aden-CADTM-Cetim, 2010), 60 questions 60 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale (CADTM-Syllepse, 2008) et Les tsunamis de la dette (CADTM-Syllepse, 2005). Prochain ouvrage &#224; para&#238;tre en juin 2011 : La Dette ou la Vie, Aden-CADTM, 2011 (livre collectif coordonn&#233; par Damien Millet et Eric Toussaint).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vides et vains, ni G8 ni G20 !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Vides-et-vains-ni-G8-ni-G20</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Vides-et-vains-ni-G8-ni-G20</guid>
		<dc:date>2010-09-08T02:37:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien MILLET , Eric Toussaint, Sophie Perchellet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM 28 juin 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'instar des r&#233;unions pr&#233;c&#233;dentes, le sommet du G20, club priv&#233; o&#249; les pays les plus riches de la plan&#232;te ont convi&#233; les chefs d'Etat des principales puissances &#233;mergentes, s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; nouveau riche en effets d'annonce et vide de d&#233;cisions. Comme en 2008 &#224; Londres puis en 2009 &#224; Pittsburgh, les discussions du G20 r&#233;uni &#224; Toronto ont tourn&#233; autour de la sortie de crise. Mais d'une sortie capitaliste de la crise, favorable aux cr&#233;anciers et aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
28 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A l'instar des r&#233;unions pr&#233;c&#233;dentes, le sommet du G20, club priv&#233; o&#249; les pays les plus riches de la plan&#232;te ont convi&#233; les chefs d'Etat des principales puissances &#233;mergentes, s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; nouveau riche en effets d'annonce et vide de d&#233;cisions. Comme en 2008 &#224; Londres puis en 2009 &#224; Pittsburgh, les discussions du G20 r&#233;uni &#224; Toronto ont tourn&#233; autour de la sortie de crise. Mais d'une sortie capitaliste de la crise, favorable aux cr&#233;anciers et aux grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable serpent de mer depuis deux ans, le th&#232;me de la r&#233;glementation financi&#232;re mondiale n'a, sans surprise, men&#233; &#224; rien de tangible. Devant les opinions publiques, qui paient tr&#232;s cher les effets de cette crise dans le d&#233;clenchement de laquelle elles n'ont aucune responsabilit&#233;, les gouvernements font comme s'ils souhaitaient s'inviter dans une red&#233;finition des r&#232;gles du jeu mondial alors que depuis des d&#233;cennies, ils &#339;uvrent en fait pour l'abandon de toute r&#232;gle prot&#233;geant les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;glementation du march&#233; des produits d&#233;riv&#233;s qui sont des innovations financi&#232;res de pure sp&#233;culation sans utilit&#233; sociale, normes de fonds propres impos&#233;s aux banques, encadrement des bonus des dirigeants des grandes banques qui sont repartis de plus belle, taxation des grandes banques ou des transactions financi&#232;res, autant de sujets qui ont montr&#233; de fortes divergences au sein du G20, ce qui est bien commode pour ne rien d&#233;cider : le sujet a &#233;t&#233; report&#233; au prochain sommet du G20 &#224; S&#233;oul en novembre. Un moyen comme un autre de ne pas avancer sur ce sujet pourtant essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque show m&#233;diatique, la m&#234;me rengaine contre le protectionnisme est &#233;galement entonn&#233;e. Partout dans le monde, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), appuy&#233;e par le Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international (FMI), s'est donn&#233;e comme mission d'abattre les protections nationales d&#233;cr&#233;t&#233;es comme entraves au libre commerce. Ce faisant, les droits fondamentaux des peuples, comme le droit &#224; la souverainet&#233; alimentaire, sont sacrifi&#233;s sur l'autel de la croissance et du profit des soci&#233;t&#233;s transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les diff&#233;rentes crises qui ont secou&#233; le monde ces derni&#232;res d&#233;cennies puisent leurs racines dans cette lib&#233;ralisation du commerce et des flux de capitaux essentiellement sp&#233;culatifs. La grande d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re des ann&#233;es 1990, la d&#233;structuration de pans entiers des &#233;conomies nationales et le d&#233;sagr&#233;gement de l'Etat ont pr&#233;par&#233; le terrain de la brusque offensive des d&#233;tenteurs de capitaux contre les populations du monde entier, au Sud d'abord mais au Nord aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle et les plans de sauvetage des banques ont d&#233;multipli&#233; les dettes publiques des pays du Nord. L'ouragan d'aust&#233;rit&#233; qui s'abat sur les pays europ&#233;ens organise de drastiques r&#233;ductions des d&#233;penses publiques tout en pr&#233;servant les revenus du capital. Le G20 a ainsi pris l'engagement de &#171; r&#233;duire de moiti&#233; les d&#233;ficits d'ici &#224; 2013 et faire diminuer la dette publique rapport&#233;e au PIB avant 2016 &#187;. Ces coupes se font &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts des classes populaires et &#224; l'avantage des classes sociales favoris&#233;es. Les rem&#232;des frelat&#233;s appliqu&#233;s &#224; partie des ann&#233;es 1980 sont de retour : r&#233;duction ou gel des salaires, hausse de la TVA, lib&#233;ralisation du march&#233; du travail, privatisations des entreprises publiques, r&#233;forme du syst&#232;me des pensions et des retraites sont autant de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les premi&#232;res victimes sont les populations les plus pr&#233;caires. Depuis 2008, le FMI a ouvert des lignes de cr&#233;dits &#224; une dizaine de pays europ&#233;ens. En Islande, la population a clairement fait comprendre qu'elle ne paierait pas pour les errements et les outrances du secteur bancaire et financier. En Roumanie, la r&#233;duction de 15% des retraites a &#233;t&#233; jug&#233;e anticonstitutionnelle malgr&#233; les pressions du FMI. En Ukraine, les relations entre le FMI et le gouvernement &#233;taient bloqu&#233;es depuis la d&#233;cision unilat&#233;rale de ce dernier d'augmenter de 20% le salaire minimum. De nombreuses manifestations populaires ont lieu dans les diff&#233;rents pays victimes de ces politiques, ainsi qu'&#224; Toronto o&#249; les manifestations anti-G20 ont &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sommet du G20 ne fut donc qu'une pierre de plus apport&#233;e &#224; l'&#233;difice d'une sortie capitaliste de la crise. Pour tous ceux qui luttent pour la justice sociale, ce G20 est plut&#244;t&#8230; un G vain, qui r&#233;p&#232;te inlassablement les m&#234;mes exigences que rien ne justifie et qui ressort les anciennes &#171; solutions &#187; qui en fait n'en sont pas. Alors, ni G8, ni G20, mais il faut s'attaquer &#224; la racine du probl&#232;me en expropriant les banques pour les transf&#233;rer au secteur public sous contr&#244;le citoyen, en r&#233;alisant un audit citoyen de la dette publique afin d'annuler la dette ill&#233;gitime, en instaurant une v&#233;ritable justice fiscale et une redistribution plus juste de la richesse, en luttant contre la fraude fiscale massive, en remettant au pas les march&#233;s financiers par la cr&#233;ation d'un registre des propri&#233;taires de titres et par l'interdiction des ventes &#224; d&#233;couvert, en r&#233;duisant radicalement le temps de travail pour cr&#233;er des emplois tout en maintenant les salaires et les retraites. Pour cela, il est urgent de cr&#233;er une vaste mobilisation populaire pour faire converger les luttes locales sur le plan international et venir &#224; bout des politiques de r&#233;gression sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien Millet - Sophie Perchellet &#8211; Eric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;MILLET Damien, PERCHELLET Sophie, TOUSSAINT Eric&lt;br class='autobr' /&gt;
* Damien Millet, Sophie Perchellet et Eric Toussaint sont respectivement porte-parole, vice-pr&#233;sidente du CADTM France et pr&#233;sident du CADTM Belgique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le capitalisme arrivera-t-il &#224; absorber le Forum Social Mondial ?</title>
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		<dc:date>2010-02-24T03:14:51Z</dc:date>
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		<dc:creator>Eric Toussaint, olivier Bonfond</dc:creator>



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&lt;p&gt;BONFOND Olivier, TOUSSAINT Eric, TOJOP GONZALES Marga 15 f&#233;vrier 2010 Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res ___________________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Du 21 janvier au 2 f&#233;vrier 2010, Eric Toussaint et Olivier Bonfond, militants altermondialistes, membres du Conseil International du FSM, de la coordination mondiale des mouvements sociaux et du r&#233;seau international CADTM [1] (Comit&#233; pour l'Annulation de la dette du Tiers Monde), ont particip&#233; &#224; diff&#233;rentes r&#233;unions et activit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BONFOND Olivier, TOUSSAINT Eric, TOJOP GONZALES Marga&lt;br class='autobr' /&gt;
15 f&#233;vrier 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Du 21 janvier au 2 f&#233;vrier 2010, Eric Toussaint et Olivier Bonfond, militants altermondialistes, membres du Conseil International du FSM, de la coordination mondiale des mouvements sociaux et du r&#233;seau international CADTM [1] (Comit&#233; pour l'Annulation de la dette du Tiers Monde), ont particip&#233; &#224; diff&#233;rentes r&#233;unions et activit&#233;s internationales au Br&#233;sil : s&#233;minaire international des mouvement sociaux (r&#233;alis&#233; &#224; Sao Paulo du 21 au 23 janvier), camp international de la jeunesse &#224; Novo Hamburgo, s&#233;minaire international intitul&#233; &#171; 10 ann&#233;es apr&#232;s : d&#233;fis et propositions pour un autre monde possible &#187; organis&#233; &#224; Porto Alegre du 25 au 29 janvier 2010 par le &#171; Groupe de r&#233;flexion et d'appui au processus du FSM &#187; compos&#233; de plusieurs organisations br&#233;siliennes, notamment IBASE, Ethos et l'Instituto Paulo Freire, ainsi que l'assembl&#233;e des mouvements sociaux (Porto Alegre, le 29 janvier). Malgr&#233; une analyse tr&#232;s critique, Eric Toussaint et Olivier Bonfond pensent que le Forum Social Mondial peut encore jouer un r&#244;le positif, mais sous certaines conditions. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marga Tojo Gonzales : 10 ans apr&#232;s la naissance du slogan &#171; un autre monde est possible &#187;, la majorit&#233; de l'humanit&#233; vit toujours dans des conditions infra-humaines, et, avec la crise financi&#232;re internationale, la situation s'est encore d&#233;grad&#233;e. Les altermondialistes auraient-ils &#233;chou&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier Bonfond :&lt;/strong&gt; Lorsque la question est pos&#233;e de cette fa&#231;on, on doit reconna&#238;tre que le Forum Social Mondial et le mouvement altermondialiste en g&#233;n&#233;ral n'ont pas r&#233;ussi &#224; changer v&#233;ritablement le cours des choses. A la base de ces grands &#233;v&#232;nements que sont les forums mondiaux, il y avait l'objectif de transformer la soci&#233;t&#233; en quelque chose de mieux, o&#249; il y a plus de justice sociale, moins d'in&#233;galit&#233;s, o&#249; tous les citoyens ont leurs droits humains fondamentaux satisfaits. Mais en r&#233;alit&#233; la question doit &#234;tre pos&#233;e autrement. Il s'agit de d&#233;terminer si le FSM et le mouvement altermondialiste ont jou&#233; un r&#244;le positif dans la construction d'un rapport de force en faveur des exploit&#233;s et des opprim&#233;s de la plan&#232;te. La r&#233;ponse est alors plut&#244;t positive. Mais le FSM n'a rien de miraculeux et reste un processus en mouvement, avec ses faiblesses et contradictions. Il est aussi tr&#232;s &#171; jeune &#187; : le FSM n'a que 10 ans et le mouvement altermondialiste &#224; peine plus, ce qui est tr&#232;s peu comparativement aux forces auxquelles ils s'attaquent, &#224; savoir celles d'une oligarchie capitaliste internationale et de soci&#233;t&#233;s transnationales au service desquelles agissent de puissants instruments comme la Banque mondiale, le FMI, l'OMC, l'OTAN&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.T.G. : A vos yeux, apr&#232;s 10 ann&#233;es de Forums, quel est l'acquis principal de ce mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint :&lt;/strong&gt; Le FSM a jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important &#224; deux niveaux. Premi&#232;rement, dans la d&#233;ligitimation du n&#233;olib&#233;ralisme comme seul mod&#232;le possible pour l'humanit&#233;. Bien s&#251;r, la &#171; bataille des id&#233;es &#187; n'est pas finie et la logique de fatalit&#233; est encore tr&#232;s pr&#233;sente dans beaucoup d'esprits, mais le mouvement altermondialiste a pu d&#233;montrer et rendre visible la n&#233;cessit&#233; et la possibilit&#233; d'une alternative globale. Il a d&#233;montr&#233; la vanit&#233; de certaines affirmations en vogue comme par exemple l'expression &#171; la fin de l'histoire &#187; de Fukoyama ou encore &#171; TINA &#187; (There Is No Alternative) de Margaret Thatcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre acquis tr&#232;s important du FSM est qu'il a permis, d'une part, la construction et le renforcement de r&#233;seaux internationaux, et d'autre part, la mise en connexion entre ces diff&#233;rents r&#233;seaux. Dans le cadre de la lutte contre le capitalisme mondialis&#233;, cet aspect est fondamental. En effet, face &#224; des strat&#233;gies et rapports de force qui ont pour cons&#233;quence d'isoler et/ou de mettre en concurrence les pays et les peuples, il est fondamental de d&#233;passer le cadre national en proposant des alternatives globales, en construisant des liens de solidarit&#233;, mais aussi et surtout en coordonnant des strat&#233;gies d'action et des mobilisations internationales. Dans les premi&#232;res ann&#233;es du forum, il est ind&#233;niable qu'il y avait une dynamique int&#233;ressante entre les forums, les mouvements sociaux, les diff&#233;rentes campagnes internationales sur des th&#232;mes comme la dette, l'OMC, le militarisme, l'&#233;cologie, le f&#233;minisme,&#8230; et l'organisation de grandes mobilisations &#224; l'occasion de r&#233;unions de la BM, du FMI, de l'OMC, du G8, de l'OTAN ou comme la puissante mobilisation mondiale de f&#233;vrier 2003 contre les pr&#233;paratifs de l'invasion de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.T.G. : C'est donc moins le cas maintenant ? &#202;tes-vous de ceux qui pensent que le Forum Social Mondial s'essouffle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O.B. :&lt;/strong&gt; C'est ind&#233;niable que le Forum a perdu de sa vitalit&#233;, de son utilit&#233; et en partie de sa l&#233;gitimit&#233; (surtout &#224; partir du FSM organis&#233; &#224; Nairobi en janvier 2007 [2]). Les causes sont multiples : l'institutionnalisation du FSM, le renforcement de l'influence de grandes ONG disposant de grands moyens financiers, le go&#251;t d'une partie des d&#233;l&#233;gations et des dirigeants du FSM pour les h&#244;tels 4 ou 5 &#233;toiles, l'incapacit&#233; &#224; r&#233;ellement &#171; fusionner &#187; les activit&#233;s pendant les forums mondiaux (plus de 1500 activit&#233;s en 5 jours lors du dernier FSM de Bel&#233;m), la recherche de fonds aupr&#232;s de grandes entreprises priv&#233;es ou mixtes (Petrobras, la grande soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re br&#233;silienne dont 61% du capital est priv&#233;, la Fondation Ford, la multinationale CELTEL en Afrique,&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution politique des derni&#232;res ann&#233;es a aussi pes&#233; fortement. Il faut se rappeler que les deux principaux pays dans lequel le Forum s'est le plus ancr&#233; au d&#233;but, le Br&#233;sil [3] et l'Italie, ont connu &#224; partir de 2003 deux exp&#233;riences gouvernementales qui ont fortement influ&#233; sur le cours du Forum social mondial : l'exp&#233;rience de la pr&#233;sidence de Lula au Br&#233;sil et celle du gouvernement Prodi [4] en Italie. D'importantes forces qui &#233;taient &#224; la base de la cr&#233;ation du Forum social mondial ont soutenu ou soutiennent encore ces gouvernements qui ont men&#233; (ou m&#232;nent encore) des politiques social-lib&#233;rales ou carr&#233;ment n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi dire que le FSM et le mouvement alter manquent de &#171; victoires &#187; sur le plan mondial. Heureusement, sur le continent latino-am&#233;ricain, la lutte contre l'ALCA (Accord de Libre Commerce des Am&#233;riques voulu par Washington) qui a vaincu en 2005 est &#224; mettre en partie &#224; son cr&#233;dit. Mais si on aborde la sc&#232;ne mondiale, alors que le capitalisme traverse une crise de tr&#232;s grande ampleur, il n'y a m&#234;me pas l'adoption d'une taxe sur les transactions financi&#232;res afin de combattre la sp&#233;culation. Les aventures guerri&#232;res imp&#233;rialistes continuent. Les putschistes honduriens sont toujours au pouvoir. Copenhague est un &#233;chec flagrant. Le fait que, sur le plan international, on n'ait pas remport&#233; de victoire du mouvement produit un d&#233;couragement parmi ceux et celles qui esp&#233;raient des r&#233;sultats tangibles rapidement. A ce niveau, on peut dire que le FSM s'essouffle, dans le sens qu'il manque d'air ou de carburant pour faire passer &#224; la vitesse sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E.T.&lt;/strong&gt; : Il faut ajouter que la majorit&#233; de la direction du FSM a refus&#233; d'&#233;voluer vers un mouvement ayant la volont&#233; de convoquer des mobilisations sur une plate-forme commune. Or sans volont&#233; concert&#233;e de mobiliser sur le plan international, sans volont&#233; de d&#233;terminer des objectifs communs &#224; atteindre, il est difficile de progresser. Immanquablement, le FSM ressemble de plus en plus &#224; un &#233;norme march&#233; &#224; id&#233;es (et &#224; propositions) qui ne d&#233;bouche pas sur un combat commun pour r&#233;aliser certains objectifs. Or nous avons besoin d'un instrument international pour d&#233;terminer des priorit&#233;s en termes de revendications et d'objectifs &#224; atteindre, un calendrier commun d'actions, une strat&#233;gie commune. Si le Forum ne le permet pas, il faut construire un autre instrument, sans pour autant &#233;liminer ou quitter le Forum. Je pense qu'il a sa raison d'&#234;tre. Mais puisqu'un secteur du FSM ne veut pas que celui-ci se transforme en instrument de mobilisation, il vaut mieux construire un autre instrument avec les organisations et les individus qui sont convaincus que c'est ce dont nous avons besoin. Cela n'emp&#234;cherait pas de continuer &#224; intervenir activement dans le Forum. Je dis cela pour &#233;viter une scission, un d&#233;bat sans fin qui paralyse plus qu'il n'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MTG : A quel nouvel instrument faites-vous allusion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E.T.&lt;/strong&gt; Il existe une proposition qui, &#224; la v&#233;rit&#233;, a eu relativement peu de r&#233;percussion. Il s'agit de l'appel que Hugo Ch&#225;vez a lanc&#233; fin novembre 2009 pour la cr&#233;ation d'une Cinqui&#232;me Internationale qui r&#233;unirait des mouvements sociaux et des partis de gauche [5]. Je pense que c'est, en principe, tr&#232;s int&#233;ressant. Ce pourrait &#234;tre une perspective s'il y a une r&#233;flexion, un dialogue entre partis et mouvements sociaux : une Cinqui&#232;me Internationale comme instrument de convergence pour l'action et pour l'&#233;laboration d'un mod&#232;le alternatif [6]. Mais, selon moi, elle ne constituerait pas une organisation comme les Internationales ant&#233;rieures qui &#233;taient &#8211; ou sont encore puisque la Quatri&#232;me Internationale existe toujours - des organisations de partis avec un niveau de centralisation assez &#233;lev&#233;. Je pense que la Cinqui&#232;me Internationale ne devrait pas avoir un haut niveau de centralisation et ne devrait pas impliquer une auto-dissolution des r&#233;seaux internationaux ou d'une organisation comme la Quatri&#232;me Internationale. Ceux-ci pourraient adh&#233;rer &#224; la Cinqui&#232;me Internationale en gardant leurs caract&#233;ristiques mais une telle adh&#233;sion d&#233;montrerait que tous les r&#233;seaux ou grands mouvements ont la volont&#233; d'aller plus loin que des fronts ponctuels comme les coalitions sur le climat et la justice sociale, la souverainet&#233; alimentaire, la dette... Nous avons des banni&#232;res communes entre beaucoup de r&#233;seaux et c'est positif. Mais s'il &#233;tait possible d'arriver &#224; un front permanent, ce serait mieux. En employant cette expression, je suis d&#233;j&#224; en train de donner un &#233;l&#233;ment de d&#233;finition. Pour moi, la Cinqui&#232;me Internationale serait, dans la situation actuelle, un front permanent de partis, de mouvements sociaux et de r&#233;seaux internationaux. Le terme &#8220;front&#8221; implique clairement que chacun garderait son identit&#233; mais donnerait la priorit&#233; &#224; ce qui unit pour atteindre des objectifs communs et faire avancer la lutte. Les derniers mois de 2009 et le d&#233;but de 2010 ont d&#233;montr&#233; &#224; nouveau la n&#233;cessit&#233; d'augmenter la capacit&#233; d'action collective car la mobilisation contre le coup d'Etat du Honduras a &#233;t&#233; totalement insuffisante. C'est pr&#233;occupant parce que, comme les Etats-Unis appuient le coup d'Etat en l&#233;gitimant les &#233;lections qui ont suivi [7], les forces putschistes du monde entier consid&#232;rent que c'est &#224; nouveau une option raisonnable. Au Paraguay, par exemple, la discussion entre les putschistes tourne aurour de &#8220;Quand ?&#8221; et &#8220;Comment ?&#8221;. Ils sont convaincus qu'il faut un coup d'Etat &#224; partir du Congr&#232;s National contre le pr&#233;sident Fernando Lugo. Cela montre bien que la mobilisation &#224; propos du Honduras a &#233;t&#233; insuffisante. Cela a aussi &#233;t&#233; le cas pour Copenhague et, maintenant, pour Ha&#239;ti. La riposte &#224; l'intervention des Etats-Unis en Ha&#239;ti est &#233;galement totalement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MTG : Que pensez-vous de l'&#233;volution r&#233;cente du FSM et plus particuli&#232;rement comment analysez-vous les forums de Porto Alegre et de Salvador de Bahia ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O.B. :&lt;/strong&gt; L'&#233;l&#233;ment le plus positif des activit&#233;s r&#233;alis&#233;es &#224; Porto Alegre en janvier 2010 a sans doute &#233;t&#233; le lancement d'une campagne internationale contre la pr&#233;sence de bases militaires sur le continent latino-am&#233;ricain. Cette campagne, &#171; Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes : une r&#233;gion de paix. Non aux bases militaires &#233;trang&#232;res ! &#187;, port&#233;e par une plateforme d'organisations tr&#232;s importantes [8], montre bien que le FSM, en tant qu'espace ouvert, peut encore permettre la concr&#233;tisation de campagnes mobilisatrices. Autre point positif : l'activit&#233; visant &#224; pr&#233;parer la mobilisation pour la &#171; Conf&#233;rence mondiale des peuples sur le changement climat et la d&#233;fense de la Terre M&#232;re &#187; [9], qui aura lieu &#224; Cochabamba du 19 au 22 avril 2010, a rassembl&#233; beaucoup d'organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs n'ont pas manqu&#233;, ni &#224; Porto Alegre, ni &#224; Salvador de Bahia. Il faut souligner premi&#232;rement la faible pr&#233;sence de mouvements sociaux (notamment des organisations indig&#232;nes qui avaient influenc&#233; positivement le FSM tenu &#224; Bel&#233;m en janvier 2009), et donc des d&#233;bats largement domin&#233;s par des grandes ONG qui ne veulent absolument pas s'attaquer &#224; la logique profonde du syst&#232;me capitaliste. Ensuite, m&#234;me si ce n'est pas nouveau, l'organisation de ces deux forums a &#233;t&#233; financ&#233;e par des transnationales comme Petrobras. Petrobras est une entreprise mixte qui exploite le p&#233;trole et le gaz notamment en Bolivie, en Equateur et au Br&#233;sil en provoquant des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques tr&#232;s graves. Lorsqu'on rappelle l'article 4 de la Charte des principes de Porto Alegre : &#171; Les alternatives propos&#233;es au Forum Social Mondial s'opposent &#224; un processus de mondialisation capitaliste command&#233; par les grandes entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs int&#233;r&#234;ts. &#187; [10], on comprend tout de suite o&#249; se situe le probl&#232;me. D'autant plus que ces forums se sont caract&#233;ris&#233;s par une impressionnante pr&#233;sence du gouvernement Lula, tant au niveau du soutien financier, ce qui n'est pas nouveau non plus, qu'au niveau de la programmation dans les diff&#233;rentes activit&#233;s. Dans toutes les activit&#233;s auxquelles j'ai assist&#233;, il y a avait &#224; la table un repr&#233;sentant du gouvernement br&#233;silien avec -vous vous en doutez-, un discours tirant un bilan positif du gouvernement Lula. Il y a l&#224; un vrai danger, &#224; savoir qu'un forum social se transforme en un outil de l&#233;gitimation d'un gouvernement qui m&#232;ne une politique sociale lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MTG :&lt;/strong&gt; Justement, par rapport &#224; cette question de la nature du gouvernement br&#233;silien, certains m&#233;dias ont fait &#233;cho &#224; une forte pol&#233;mique entre vous, Eric Toussaint, et Socorro Gomez repr&#233;sentante de Cebrapaz et membre du PCdoB. Vous avez d&#233;clar&#233; que le Br&#233;sil &#233;tait un imp&#233;rialisme p&#233;riph&#233;rique lors d'un d&#233;bat sur le nouvel ordre mondial. Quelqu'un dans la salle, membre aussi du PCdoB vous a accus&#233; notamment de jouer le jeu de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Qu'avez-vous &#224; dire l&#224;-dessus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E.T.&lt;/strong&gt; : Le Br&#233;sil occupe une place singuli&#232;re : avec une &#233;conomie nationale qui repr&#233;sente &#224; elle seule la moiti&#233; du produit int&#233;rieur brut de l'Am&#233;rique du Sud, il peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une puissance imp&#233;rialiste p&#233;riph&#233;rique, capable de d&#233;terminer une ligne politique ind&#233;pendamment de Washington. On peut appliquer le terme imp&#233;rialisme &#224; un pays comme le Br&#233;sil pour plusieurs raisons : ses entreprises transnationales (Petrobras, Vale Rio Doce, Odebrecht [11]) r&#233;alisent d'importants investissements &#224; l'&#233;tranger au point d'y avoir un poids &#233;conomique consid&#233;rable et de pouvoir influencer les d&#233;cisions politiques de gouvernements &#233;trangers (c'est le cas au Paraguay, en Bolivie, en Equateur m&#234;me si les autorit&#233;s de ces pays tentent de r&#233;cup&#233;rer la souverainet&#233; sur leur &#233;conomie ce qui entra&#238;ne des tensions avec Brasilia) ; ses entreprises exploitent au maximum les ressources et les travailleurs des pays o&#249; elles investissent ; le gouvernement de Brasilia met sa politique ext&#233;rieure largement au service des int&#233;r&#234;ts des transnationales br&#233;siliennes ; le Br&#233;sil essaye progressivement de se doter de forces militaires capables d'intervenir hors des fronti&#232;res de mani&#232;re permanente (le Br&#233;sil dirige la Minustah &#224; Ha&#239;ti [12]). Il convient d'ajouter le qualificatif p&#233;riph&#233;rique au substantif imp&#233;rialisme dans la mesure o&#249; le Br&#233;sil ne constitue pas un imp&#233;rialisme dominant comparable aux Etats-Unis, aux principaux pays de l'Union europ&#233;enne (ou &#224; l'Union europ&#233;enne comme telle) ou le Japon. Le Br&#233;sil est &#224; ranger dans la m&#234;me cat&#233;gorie que la Chine, la Russie et l'Inde avec lesquels il forme les BRIC's (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine), cette cat&#233;gorie invent&#233;e depuis une quinzaine d'ann&#233;es pour d&#233;signer les principales puissances p&#233;riph&#233;riques capables d'exercer un poids politique et une influence &#233;conomique que les puissances &#233;conomiques dominantes doivent prendre en compte. Il faut pr&#233;ciser que le Br&#233;sil occupe dans ce quatuor la derni&#232;re place par sa taille &#233;conomique et par le fait qu'il ne dispose pas d'armes nucl&#233;aires. A ce titre, on peut le rapprocher de l'Afrique du Sud. Le Br&#233;sil et les Etats-Unis ont des int&#233;r&#234;ts divergents &#224; plusieurs &#233;gards : les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de la bourgeoisie br&#233;silienne en mati&#232;re agricole et industrielle ne peuvent se satisfaire du protectionnisme des Etats-Unis ; la r&#233;activation de la IVe flotte [13] et l'utilisation de bases militaires colombiennes et p&#233;ruviennes par l'arm&#233;e des Etats-Unis d&#233;rangent Brasilia qui ressent cela comme une volont&#233; renouvel&#233;e de contr&#244;le de Washington sur l'Am&#233;rique du Sud et en particulier sur la zone strat&#233;gique de l'Amazonie. Le r&#233;cent d&#233;ploiement de plus de 15.000 soldats &#233;tasuniens &#224; Ha&#239;ti o&#249; le Br&#233;sil dirige la force onusienne de la Minustah irrite &#233;galement le gouvernement br&#233;silien. Par ailleurs, autre source d'irritation de Washington &#224; l'&#233;gard de Brasilia, Lula maintient de bonnes relations avec Cuba et le Venezuela, les deux principales b&#234;tes noires des Etats-Unis dans l'h&#233;misph&#232;re occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient aussi de pr&#233;ciser que la caract&#233;risation d'imp&#233;rialisme p&#233;riph&#233;rique ne d&#233;pend pas du parti politique qui est au gouvernement : que la droite ou la gauche soit au pouvoir importe peu. Le terme imp&#233;rialisme semble &#224; d'aucuns exag&#233;r&#233; car il est associ&#233; &#224; une politique d'agressions militaires. Il s'agit d'une vision &#233;troite du terme imp&#233;rialisme. Le d&#233;sarmement de l'Allemagne ou du Japon (et la perte de ses colonies pour ce dernier) apr&#232;s la seconde guerre mondiale a-t-elle fait dispara&#238;tre leur caract&#232;re imp&#233;rialiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal pr&#233;curseur dans l'utilisation du terme sous-imp&#233;rialisme &#224; propos du Br&#233;sil est l'&#233;conomiste br&#233;silien Ruy Mauro Marini [14], un des p&#232;res de l'&#233;cole de la d&#233;pendance. Il s'exprimait de la mani&#232;re suivante : &#8220;On peut consid&#233;rer le Br&#233;sil comme la plus pure expression du sous-imp&#233;rialisme, de nos jours.&#8221; Face &#224; ceux qui s'opposaient &#224; cette caract&#233;risation, il a formul&#233; des arguments qui, aujourd'hui, ont pris plus de force : &#171; La politique expansionniste br&#233;silienne en Am&#233;rique latine et en Afrique, en plus de la recherche de march&#233;s, ne correspond-t-elle pas &#224; l'intention de s'assurer le contr&#244;le de sources de mati&#232;res premi&#232;res &#8211; comme les minerais et le gaz de Bolivie, le p&#233;trole de l'Equateur et des colonies portugaises en Afrique, le potentiel hydro&#233;lectrique du Paraguay &#8211; et, plus encore, &#224; fermer les possibilit&#233;s d'acc&#232;s aux m&#234;mes ressources &#224; de possibles concurrents comme l'Argentine ? (...) L'exportation de capitaux br&#233;siliens, principalement via l'Etat (ce que nous montre Petrobras, convertie en Brazilian Petroleum, luttant pour entrer dans le cartel international du p&#233;trole, ainsi que le d&#233;veloppement constant des pr&#234;ts publics &#224; l'ext&#233;rieur), mais aussi des capitaux associ&#233;s &#224; des groupes financiers pour exploiter les richesses du Paraguay, de la Bolivie et des colonies portugaises d'Afrique, pour donner quelques exemples, cela ne se pr&#233;sente-t-il pas comme un cas particulier d'exportation de capital dans le cadre de ce peut faire un pays d&#233;pendant comme le Br&#233;sil ?&#8221; Il ajoutait un argument qui a &#233;t&#233; renforc&#233; depuis qu'il l'a avanc&#233; : &#8220;il serait bon d'avoir pr&#233;sent &#224; l'esprit le processus acc&#233;l&#233;r&#233; de monopolisation (via la concentration et la centralisation du capital) qui a eu lieu au Br&#233;sil ces derni&#232;res ann&#233;es, ainsi que l'extraordinaire d&#233;veloppement du capital financier, principalement &#224; partir de 1968.&#8221; Enfin, il concluait en affirmant que pour la gauche r&#233;volutionnaire, il est fondamental de prendre la mesure du sous-imp&#233;rialisme : &#8220;Pour conclure cette pr&#233;face, il faudrait r&#233;it&#233;rer l'importance de l'&#233;tude du sous-imp&#233;rialisme pour le d&#233;veloppement du mouvement r&#233;volutionnaire latino-am&#233;ricain&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du d&#233;bat qui a eu lieu &#224; Porto Alegre sur le nouvel ordre mondial, j'ai expliqu&#233; que les Etats-Unis &#233;taient bien s&#251;r la puissance imp&#233;rialiste dominante et la plus agressive. Il n'y a pas de comparaison &#224; faire avec le Br&#233;sil &#224; ce niveau. J'ai aussi critiqu&#233; durement l'imp&#233;rialisme de l'Union europ&#233;enne. Cela n'emp&#234;che pas que le Br&#233;sil soit lui-m&#234;me une puissance imp&#233;rialiste avec les caract&#233;ristiques d'une puissance p&#233;riph&#233;rique. Je pr&#233;f&#232;re le terme &#171; imp&#233;rialisme p&#233;riph&#233;rique &#187; &#224; &#171; sous-imp&#233;rialisme &#187; car, depuis que Ruy Mauro Marini a pris la mesure du ph&#233;nom&#232;ne, il y a plus de trente ans, le Br&#233;sil a gagn&#233; en autonomie par rapport aux Etats-Unis. Au cours de la conf&#233;rence, j'ai effectivement &#233;t&#233; critiqu&#233; par des membres du PCdoB [15] dont le parti appuie la politique de Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, au cours de notre s&#233;jour au Br&#233;sil, on a ressenti clairement de la part des partisans de Lula une attitude intol&#233;rante : ils ne veulent pas accepter de critiques &#224; l'&#233;gard du gouvernement. Je pr&#233;cise que parmi les autres pan&#233;listes qui ont pris la parole au cours de ce d&#233;bat sur le nouvel ordre mondial, Patrick Bond d'Afrique du Sud m'a tr&#232;s clairement appuy&#233; sur la caract&#233;risation du Br&#233;sil en tant qu'imp&#233;rialisme p&#233;riph&#233;rique. Il a expliqu&#233; que l'Afrique du Sud &#233;tait dans la m&#234;me situation que le Br&#233;sil et que les BRIC's ne constituaient pas du tout une alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.T.G : Financ&#233; par des transnationales d&#233;sireuses de se donner une image plus &#171; verte &#187; ou plus humaine, courtis&#233; par les autorit&#233;s politiques qui l'utilisent comme un outil de campagne &#233;lectorale, certains pensent que le FSM est d&#233;j&#224; totalement r&#233;cup&#233;r&#233; par le syst&#232;me et qu'on ne peut donc plus rien en attendre de bon. Quelle est votre position l&#224;-dessus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OB :&lt;/strong&gt; Il est tout &#224; fait possible que le FSM soit progressivement &#171; absorb&#233; &#187; par le syst&#232;me capitaliste. Il n'y aurait rien d'&#233;tonnant &#224; cela. Le capitalisme n'a plus rien &#224; prouver quant &#224; sa capacit&#233; &#224; s'adapter et &#224; r&#233;cup&#233;rer &#224; son compte les dynamiques cr&#233;&#233;es au d&#233;part pour lutter contre lui. Le FSM, tout comme les ONG, mouvements sociaux et individus qui le composent, ne sont pas &#224; l'abri du danger. Cependant, en tant que r&#233;seau radical, le CADTM pense que le FSM peut encore jouer un r&#244;le positif comme lieu de d&#233;bat sur des pistes alternatives pour assurer un authentique d&#233;veloppement humain, bas&#233; sur la justice sociale et le respect de la nature. Le FSM doit en plus renforcer les convergences entre tous les mouvements qui veulent passer &#224; l'action ensemble. Ces mouvements se mettront d'accord entre eux &#224; l'occasion des activit&#233;s du Forum. Par ailleurs, le CADTM poursuivra sa participation active &#224; l'assembl&#233;e mondiale des mouvements sociaux (AMS) qui est n&#233;e en janvier 2001 &#224; Porto Alegre &#224; l'occasion du premier FSM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.T.G. : Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots en quoi consiste cette Assembl&#233;e des mouvements sociaux ? Par ailleurs, juste avant le Forum de Porto Alegre, vous avez particip&#233; &#224; Sao Paulo &#224; un s&#233;minaire mondial des mouvements sociaux. Qu'en ressort-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OB :&lt;/strong&gt; L'assembl&#233;e des mouvements sociaux (AMS) s'est d&#233;velopp&#233;e dans le cadre du Forum social mondial. Elle a comme caract&#233;ristique principale d'&#234;tre un espace ouvert qui vise la construction d'un agenda commun de mobilisations. Elle est compos&#233;e d'un groupe vari&#233; de mouvements sociaux et de r&#233;seaux (Via Campesina, Marche mondiale des femmes, CADTM, Jubil&#233; Sud, No Vox, des organisations syndicales, Alliance social continentale des Am&#233;riques, COMPA, ATTAC,&#8230;) qui ont des objectifs r&#233;gionaux et nationaux sp&#233;cifiques mais qui veulent lutter conjointement contre le capitalisme dans sa phase n&#233;olib&#233;rale, imp&#233;rialiste et militaire, contre le racisme et le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 21 au 23 janvier 2010, &#224; Sao Paulo, diff&#233;rents mouvements sociaux qui participent depuis plus ou moins longtemps &#224; l'AMS, se sont r&#233;unis en s&#233;minaire afin de faire le point sur la nouvelle conjoncture internationale, mais aussi et surtout de voir comment organiser les diff&#233;rentes forces en pr&#233;sence et mieux les articuler afin de renforcer les luttes au niveau mondial. Les d&#233;bats sur la conjoncture ont mis en exergue la gravit&#233; et le caract&#232;re multidimensionnel de la crise syst&#233;mique qui s'impose en ce moment principalement par la militarisation et par la criminalisation des mouvements sociaux. Au niveau de la strat&#233;gie d'action, la d&#233;cision la plus importante a sans doute &#233;t&#233; de travailler &#224; la r&#233;alisation d'un prochain s&#233;minaire de l'assembl&#233;e mondiale des mouvements sociaux en Afrique, plusieurs mois avant le FSM 2011 qui aura lieu &#224; Dakar en janvier 2011. L'objectif est double. Premi&#232;rement, il s'agit de renforcer la communication et la coordination au niveau du continent africain, tout en gardant une perspective mondiale, puisqu'il s'agira bien d'une r&#233;union internationale avec la pr&#233;sence de mouvements sociaux africains, am&#233;ricains, asiatiques et europ&#233;ens. Ensuite, il s'agit de dynamiser la mobilisation pour le prochain forum Social Mondial, et de faire en sorte que ce Forum ait un impact concret positif pour les mouvements sociaux et les luttes africaines.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;BONFOND Olivier, TOUSSAINT Eric, TOJOP GONZALES Marga&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Pour plus d'infos sur le CADTM : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pour plus d'infos sur le bilan du FSM de Nairobi, voir notamment sur ESSF Olivier Bonfond, Forum Social Mondial de Nairobi : Premier Bilan et Contribution collective aux d&#233;bats du Conseil international (CI) du Forum social mondial qui se d&#233;roulera &#224; Berlin du 29 au 31 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le FSM est n&#233; en janvier 2010 au Br&#233;sil. Cinq Forums sociaux mondiaux y ont &#233;t&#233; organis&#233;s (2001, 2002, 2003, 2005 et 2009). Le secr&#233;tariat international du FSM est localis&#233; au Br&#233;sil. Quant &#224; l'Italie, c'est le pays o&#249; entre 2001 et 2003 le mouvement altermondialiste a organis&#233; les plus grandes manifestations (en commen&#231;ant par G&#234;nes en juillet 2001 avec 500 000 manifestants contre le G8, le premier Forum social europ&#233;en en novembre 2002 avec 60 000 d&#233;l&#233;gu&#233; et une manifestation de 150 000 personnes, et les mobilisations contre l'Otan, contre la guerre en Afghanistan et en Irak entre 2001 et 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Prodi, ex pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, a dirig&#233; un gouvernement (avec notamment la participation des D&#233;mocrates socialistes et du Parti de la Refondation Communiste auxquels une grande partie des leaders du Forum social italien &#233;tait li&#233;e) qui a men&#233; une politique sociale lib&#233;rale et a maintenu la pr&#233;sence de l'arm&#233;e italienne en Afghanistan. Cela &#233;t&#233; suivi d'une d&#233;route &#233;lectorale de la gauche o&#249; les deux partis cit&#233;s plus hauts ont &#233;t&#233; &#171; lamin&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; La Rencontre internationale de partis de gauche, tenue &#224; Caracas les 19, 20 et 21 novembre 2009, apr&#232;s avoir re&#231;u la proposition du Commandant Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as de convoquer la Ve Internationale socialiste en tant qu'instance des partis, courants de socialistes et mouvements sociaux du monde entier, o&#249; nous pourrons harmoniser une strat&#233;gie commune de lutte anti-imp&#233;rialiste, d&#233;passer le capitalisme par le socialisme et l'int&#233;gration &#233;conomique solidaire d'un nouveau genre, d&#233;cide de valoriser ladite proposition au vu de sa dimension historique qui propose un nouvel esprit internationaliste &#187;. Voir : Engagement de Caracas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Zetnet a lanc&#233; un appel international pour une cinqui&#232;me internationale qui recueille un certain succ&#232;s. Voir en anglais : Proposal for a Participatory Socialist International&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Voir Eric Toussaint, Du coup d'Etat au Honduras aux sept bases US en Colombie : la mont&#233;e de l'agressivit&#233; de Washington&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] our lire la d&#233;claration et voir les organisations signataires : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/America-Latina..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/America-Latina..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] web : &lt;a href=&#034;http://cmpcc.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cmpcc.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Pour lire la Charte des principes du FSM La Charte de principe du Forum social mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Selon une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par la Columbia Law School en 2007, les 5 principales soci&#233;t&#233;s transnationales br&#233;siliennes en termes d'actifs &#224; l'&#233;tranger en 2006 sont Companhia Vale do Rio Doce, Petrobras SA, Gerdau SA, EMBRAER et Votorantim Participacoes SA. L'&#233;tude met en &#233;vidence le fait que le Br&#233;sil, gr&#226;ces &#224; ses transnationales, est le deuxi&#232;me investisseur parmi les pays en d&#233;veloppement en termes de flux d'investissements directs &#233;trangers en 2006. En outre, les 20 principales transnationales br&#233;siliennes ont des actifs &#224; l'&#233;tranger d'une valeur de 56 milliards US $, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de la moiti&#233; du stock d'IDE du pays &#224; l'ext&#233;rieur. Ce top 20 produit et vend des biens et des services d'une valeur d'environ 30 milliards US $ &#224; l'&#233;tranger et emploie 77.000 personnes. Environ la moiti&#233; se concentre sur leur r&#233;gion, l'Am&#233;rique latine. &lt;a href=&#034;http://www.law.columbia.edu/media_i..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.law.columbia.edu/media_i..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] epuis 2004, la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Ha&#239;ti) sous commandement militaire br&#233;silien occupe Ha&#239;ti. La plupart des mouvements sociaux de gauche ha&#239;tiens exige le retrait de cette force militaire qui avant le tremblement de terre &#233;tait compos&#233;e d'un peu plus de 7000 soldats dont 1282 br&#233;siliens. &lt;a href=&#034;http://www.un.org/en/peacekeeping/c..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.un.org/en/peacekeeping/c..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Cr&#233;&#233;e en 1943 afin de prot&#233;ger les navires dans l'Atlantique sud, cette structure avait &#233;t&#233; abolie en 1950. Elle a repris officiellement du service le 1er juillet 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ruy Mauro Marini, Subdesarrollo y revoluci&#243;n, Siglo XXI Editores, M&#233;xico, (quinta edici&#243;n) 1974, cap&#237;tulo 1, p. 1-25. La plupart de ses &#233;crits sont disponibles en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.marini-escritos.unam.mx/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.marini-escritos.unam.mx/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] PCdoB : Parti Communiste du Br&#233;sil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Entretien avec Olivier Bonfond et Eric Toussaint par Marga Tojo Gonzales, f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en ligne le 19 f&#233;vrier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au del&#224; du Forum Social Mondial, la Cinqui&#232;me Internationale</title>
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		<dc:date>2010-02-22T17:38:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>



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&lt;p&gt;Lors d'une conversation avec Brasil de Fato, Toussaint, pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) en Belgique, d&#233;fend l'id&#233;e d'un dialogue entre mouvements et partis sur la base de l'appel pour la cr&#233;ation d'une cinqui&#232;me internationale lanc&#233; par le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez du Venezuela. Dans l'entrevue qui suit, il parle de la crise &#233;conomique mondiale, des initiatives d'int&#233;gration du continent latino-am&#233;ricain et de la mont&#233;e des Bric's (Br&#233;sil, Russie, Inde et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH122/arton2757-661b2.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors d'une conversation avec Brasil de Fato, Toussaint, pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) en Belgique, d&#233;fend l'id&#233;e d'un dialogue entre mouvements et partis sur la base de l'appel pour la cr&#233;ation d'une cinqui&#232;me internationale lanc&#233; par le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez du Venezuela. Dans l'entrevue qui suit, il parle de la crise &#233;conomique mondiale, des initiatives d'int&#233;gration du continent latino-am&#233;ricain et de la mont&#233;e des Bric's (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine) sur la sc&#232;ne internationale, puissances qui, selon son &#233;valuation, ne repr&#233;sentent pas une alternative progressiste &#224; l'ordre ancien. &#8220;Ce qu'ils veulent, c'est n&#233;gocier avec les vieux imp&#233;rialismes une place dans la division internationale des pouvoirs, du travail, de l'&#233;conomie mondiale et de l'acc&#232;s aux ressources naturelles&#8221;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire et Sans Fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'Eric Toussaint par Igor Ojeda (pour Brazil do Fato, hebdomadaire br&#233;silien). F&#233;vrier 2010. Traduit du portugais par Denise Comanne avec l'aide de Laurent Atsou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;ENTREVUE. Selon l'opinion d'Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, un des id&#233;ologues de l'&#233;v&#233;nement (le FSM) qui en est &#224; son 10e anniversaire, il faut cr&#233;er un front permanent des partis, des mouvements sociaux et des r&#233;seaux internationaux pour r&#233;aliser des actions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, membre du Conseil international du Forum Social Mondial (FSM), est favorable &#224; ce que le FSM devienne une plate-forme dot&#233;e d'une plus forte influence politique dans les luttes sociales &#224; travers le monde. Cependant, il ne s'inqui&#232;te pas beaucoup de la r&#233;sistance de certains secteurs &#224; l'int&#233;rieur du FSM qui veulent maintenir l'&#233;v&#233;nement dans sa forme originelle. Pour lui, la solution est simple. &#8220;Si le Forum ne le permet pas, il faut construire un autre instrument, sans quitter ou &#233;liminer le Forum&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Entrevue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brasil de Fato &#8211; Comment &#233;valuez-vous les deux visions diff&#233;rentes expos&#233;es dans le d&#233;bat d'ouverture du Forum Social Mondial, c'est-&#224;-dire, celle qui, d'un c&#244;t&#233;, propose l'&#8220;utilisation&#8221; du Forum comme plate-forme politique avec plus de pouvoir d'action et d'influence politique et celle qui, d'un autre c&#244;t&#233;, d&#233;fend que l'&#233;v&#233;nement garde sa forme originelle d'espace d'&#233;change d'id&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Toussaint&lt;/strong&gt; &#8211; Nous avons besoin d'un instrument international pour d&#233;terminer des priorit&#233;s en termes de revendications et d'objectifs &#224; atteindre, un calendrier commun d'actions, un &#233;l&#233;ment de strat&#233;gie commune. Si le Forum ne le permet pas, il faut construire un autre instrument, sans pour autant &#233;liminer ou quitter le Forum. Je pense qu'il a sa raison d'&#234;tre. Mais puisqu'un secteur du FSM ne veut pas que celui-ci se transforme en instrument de mobilisation, il vaut mieux construire un autre instrument entre les organisations et les individus qui sont convaincus que c'est ce dont nous avons besoin. Cela n'emp&#234;cherait pas de continuer &#224; intervenir activement dans le Forum. Je dis cela pour &#233;viter une scission, un d&#233;bat sans fin qui paralyse plus qu'il n'aide. C'est clair qu'il y a un secteur qui pr&#233;f&#232;re maintenir le Forum Social Mondial comme un lieu de discussion, de d&#233;bat, et pas comme un instrument pour l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un secteur assez fort, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. D'une certaine mani&#232;re, c'est une partie du noyau historique qui a particp&#233; &#224; la cr&#233;ation du Forum. Mais ce n'est pas tout le noyau historique puisque le MST qui est favorable &#224; la transformation du FSM a &#233;galement particip&#233; &#224; sa naissance. Le CADTM fait aussi partie du Conseil international du Forum depuis sa cr&#233;ation en juin 2001. Mais c'est &#233;vident que des organisations comme IBASE et des personnalit&#233;s comme Chico Whitaker et Oded Grajew s'opposent &#224; l'&#233;volution vers un instrument de lutte. Par ailleurs, ce qui me pr&#233;occupe, c'est d'arriver &#224; Porto Alegre et de voir que le s&#233;minaire &#8220;10 ans apr&#232;s&#8221; est patronn&#233; par Petrobras, Caixa, Banco do Brasil, Itaipu Binacional, et avec une forte pr&#233;sence des gouvernements. Cela me pr&#233;occupe vraiment. J'aurais de loin pr&#233;f&#233;r&#233; un Forum avec moins de moyens financiers mais plus militant. Nous pouvons nous appuyer sur des forces b&#233;n&#233;voles militantes, loger chez des militants &#224; la ville ou &#224; la campagne, organiser des h&#233;bergements dans des complexes sportifs, des &#233;coles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quel nouvel instrument faites-vous allusion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une proposition qui, &#224; la v&#233;rit&#233;, a eu relativement peu de r&#233;percussion. Il s'agit de l'appel que Hugo Ch&#225;vez a lanc&#233; fin novembre 2009 pour la cr&#233;ation d'une Cinqui&#232;me Internationale qui r&#233;unirait des mouvements sociaux et des partis de gauche. Je pense que c'est, en principe, tr&#232;s int&#233;ressant. Ce pourrait &#234;tre une perspective s'il y a une r&#233;flexion, un dialogue entre partis et mouvements sociaux : une Cinqui&#232;me Internationale comme instrument de convergence pour l'action et pour l'&#233;laboration d'un mod&#232;le alternatif. Mais, selon moi, elle ne constituerait pas une organisation comme les Internationales ant&#233;rieures qui &#233;taient &#8211; ou sont encore puisque la Quatri&#232;me Internationale existe toujours - des organisations de partis avec un niveau de centralisation assez &#233;lev&#233;. Je pense que la Cinqui&#232;me Internationale ne devrait pas avoir un haut niveau de centralisation et ne devrait pas impliquer une auto-dissolution des r&#233;seaux internationaux ou d'une organisation comme la Quatri&#232;me Internationale. Ceux-ci pourraient adh&#233;rer &#224; la Cinqui&#232;me Internationale en gardant leurs caract&#233;ristiques mais une telle adh&#233;sion d&#233;montrerait que tous les r&#233;seaux ou grands mouvements ont la volont&#233; d'aller plus loin que des fronts ponctuels comme les coalitions sur le climat et la justice sociale, la souverainet&#233; alimentaire, la dette... Nous avons des banni&#232;res communes entre beaucoup de r&#233;seaux et c'est positif. Mais s'il &#233;tait possible d&#8221;arriver &#224; un front permanent... En employant cette expression, je suis d&#233;j&#224; en train de donner un &#233;l&#233;ment de d&#233;finition. Pour moi, la Cinqui&#232;me Internationale serait, dans la sitiuation actuelle, un front permanent de partis, de mouvements sociaux et de r&#233;seaux internationaux. Le terme &#8220;front&#8221; implique clairement que chacun garderait son identit&#233; mais donnerait la priorit&#233; &#224; ce qui unit pour atteindre des objectifs communs et faire avancer la lutte. Les derniers mois ont d&#233;montr&#233; &#224; nouveau la n&#233;cessit&#233; d'augmenter la capacit&#233; de mobilisation car la mobilisation contre le coup d'Etat du Honduras a &#233;t&#233; totalement insuffisante. C'est pr&#233;occupant parce que, comme les Etats-Unis appuient le coup d'Etat en l&#233;gitimant les &#233;lections qui ont suivi, les forces putschistes du monde entier consid&#232;rent que c'est &#224; nouveau une option raisonnable. Au Paraguay, par exemple, la discussion entre les putschistes tourne aurour de &#8220;Quand ?&#8221; et &#8220;Comment ?&#8221;. Ils sont convaincus qu'il faut un coup d'Etat &#224; partir du Congr&#232;s National contre le pr&#233;sident Fernando Lugo. Cela montre bien que la mobilisation &#224; propos du Honduras a &#233;t&#233; insuffisante. Cela a aussi &#233;t&#233; le cas pour Copenhague et, maintenant, pour Ha&#239;ti. La riposte &#224; l'intervention des Etats-Unis en Ha&#239;ti est totalement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous affirmez donc qu'il est possible, dans une Cinqui&#232;me Internationale, de concilier autour d'actions politiques communes les diff&#233;rents courants de gauche qui formeraient cette nouvelle organisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je pense qu'il faut commencer par un dialogue consultatif pour tenter d'arriver &#224; ce r&#233;sultat. Nous ne pouvons pas nous pr&#233;cipiter. La Cinqui&#232;me Internationale, pour &#234;tre r&#233;ellement effective, doit entendre et r&#233;unir une quantit&#233; tr&#232;s significative d'organisations. Construire une Cinqui&#232;me Internationale avec une petite partie du mouvement n'en vaudrait pas la peine. Ce serait tuer le projet ou le limiter. Ouvrir la perspective sur ce d&#233;bat me para&#238;t absolument n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors d'une interview, vous avez dit que le Forum Social de Bel&#233;m, tenu en janvier de l'ann&#233;e pass&#233;e, fut la premi&#232;re grande mobilisation contre le crise &#233;conomique mondiale. Mais, maintenant, vous dites qu'il n'y a pas eu de riposte satisfaisante &#224; ce qui s'est pass&#233; au Honduras et en Ha&#239;ti. Qu'est-il arriv&#233; ? Qu'est-ce qui a rat&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, vous avez tout &#224; fait raison de pointer le d&#233;calage entre le grand succ&#232;s de Bel&#233;m et ce qui s'est pass&#233; depuis. Le bilan de 2009 est pr&#233;occupant. Il n'y a pas eu dans les grandes &#233;conomies industrialis&#233;es, l'&#233;picentre de la crise, de grandes mobilisations sociales. Sauf en France et en Allemagne o&#249; il y a eu des mobilisations assez fortes, en particulier en France o&#249; plus d'un million et demi de manifestants sont descendus dans les rues au cours de deux manifestations au premier semestre 2009. Aux Etats-Unis, il y a eu quelques gr&#232;ves mais limit&#233;es. Cependant, les secteurs de masse &#8211; ceux qui souffrent le plus de la crise - &#233;prouvent une grande diffcult&#233; &#224; se mobiliser. C'est comme si les gens &#233;taient groggys. Le ch&#244;mage a augment&#233; tr&#232;s fortement au Nord de la plan&#232;te. En Espagne, il est pass&#233; de 10 &#224; 20% de la population &#233;conomiquement active : c'est quelque chose qu'on n'avait plus v&#233;cu depuis 30 ans. Par rapport au Sud de la plan&#232;te, des gouvernements comme celui de Lula donnent l'impression qu'un pays comme le Br&#233;sil ou d'autres pays ne vont pas &#234;tre affect&#233;s par la crise du Nord parce qu'ils ont pris des mesures financi&#232;res et &#233;conomiques qui leur permettent d'&#234;tre blind&#233;s. Cependant, au Sud, il y a aussi un bas niveau de mobilisation par rapport &#224; la crise internationale. Mais je voudrais faire une comparaison historique. Apr&#232;s la crise de Wall Street en 1929, les grandes luttes sociales radicales n'ont commenc&#233; qu'en 1933, 1934 et 1935. Donc, historiquement, nous voyons que les r&#233;actions de masse ne sont pas imm&#233;diates. Si la crise persiste, et ses effets continuent d'&#234;tre tr&#232;s forts, les gens commenceront en d&#233;finitive &#224; se mobiliser massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais, au-del&#224; de cette analyse plus historique, est-ce que vous croyez que la gauche n'a pas su se pr&#233;parer &#224; une riposte ad&#233;quate ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un autre aspect. Nous avons vu par exemple que la jeunesse br&#233;silienne de l'Etat de Par&#225; &#233;tait tr&#232;s int&#233;ress&#233;e, elle &#233;tait en masse au Forum Social de Bel&#233;m en janvier 2009. Et elle participait aux d&#233;bats o&#249; on parlait d'alternatives radicales. Mais comme le Forum Social Mondial n'est pas un instrument de mobilisation, cela n'a pas &#233;t&#233; plus loin. En plus, les directions syndicales sont tr&#232;s bureaucratis&#233;es. La politique des directions syndicales consiste &#224; esp&#233;rer que la d&#233;cision du gouvernement va &#233;viter un grand choc. Elles accompagnent et appuient les politiques gouvernementales qui limitent un peu le co&#251;t de la crise pour les plus opprim&#233;s. Il y a un manque de volont&#233; de la part des directions syndicales, des partis de gauche ou des partis &#8220;socialistes&#8221;, qui fait que les gouvernements continuent d'appliquer, dans les pays du Nord, des solutions sociales-lib&#233;rales ou n&#233;olib&#233;rales. Il n'y a m&#234;me pas la volont&#233; de mettre en place une politique n&#233;o-keyn&#233;sienne. Le New Deal de Roosevelt (Franklin Delano Roosevelt, alors pr&#233;sident des Etats-Unis) de 1933, en comparaison des politiques du d&#233;mocrate Barack Obama, ou des gouvernements comme celui de Zapatero (Jos&#233; Luis Zapatero, premier ministre espagnol, du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) et de Gordon Brown (premier ministre britannique, du Parti Travailliste), para&#238;t de gauche radicale. Il est donc &#233;vident qu'il y a une terrible responsabilit&#233; des directions des partis de la gauche traditionnelle, des syndicats, et une tr&#232;s grande faiblesse du Forum Social Mondial pour affrontrer la crise. Voil&#224; pourquoi, je reviens &#224; mon premier point de l'interview, il faut que nous ayions un nouvel instrument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Croyez-vous qu'avec cette crise, une nouvelle &#232;re de multipolarit&#233; a &#233;t&#233; inaugur&#233;e ou pourrait commencer dans un futur proche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la domination &#233;conomique des Etats-Unis n'est pas la m&#234;me qu'il y a 20 ans. Les Etats-Unis ont perdu la domination &#233;conomique mais c'est le seul pays qui combine domination industrielle - malgr&#233; que cet aspect soit en train de s'affaiblir &#8211;, une monnaie internationale &#8211; bien qu'affaiblie, elle reste la principale monnaie internationale &#8211; et une pr&#233;sence militaire permanente dans plus de cent pays. Elle dispose d'une capacit&#233; d'invasion. Il y a cinq mois, j'ai publi&#233; un article dans lequel j'interpr&#233;tais le coup d'Etat au Honduras et les 7 bases en Colombie comme une d&#233;monstration &#233;vidente de l'agressivit&#233; des Etats-Unis envers l'Am&#233;rique latine [1]. Des journalistes ont r&#233;agi en disant que j'exag&#233;rais, que les Etats-Unis n'&#233;taient pas capables de faire une intervention en Am&#233;rique latine, qu'ils n'en avaient plus la capacit&#233; militaire de par leur engagement en Afghanistan, au Pakistan et en Irak. Mais maintenant, en quelques jours, ils envoient 15.000 soldats en Ha&#239;ti. Par cons&#233;quent, oui, ils continuent d'&#234;tre une puissance capable d'attaquer, d'envoyer des troupes, des &#233;quipements, du mat&#233;riel militaire dans diff&#233;rents endroits de la plan&#232;te. Le cas de Ha&#239;ti est embl&#233;matique car il montre que les Etats-Unis ont une grande capacit&#233; de r&#233;action, et tr&#232;s rapide. La puissance &#233;tats-unienne continue &#224; &#234;tre la principale au monde en termes g&#233;ostrat&#233;giques. D'accord, de nouvelles puissances sont en train de se renforcer comme la Chine, la Russie, l'Inde et le Br&#233;sil, qui sont des puissances r&#233;gionales. Il y a &#233;galement bien s&#251;r l'Union europ&#233;nne. Le concept qui, pour moi, d&#233;finit bien la situation internationale du Br&#233;sil est le concept d'&#8220;imp&#233;rialisme p&#233;riph&#233;rique&#8221;. Pourquoi &#8220;imp&#233;rialisme&#8221; ? Parce que le Br&#233;sil consid&#232;re les pays voisins comme une nation imp&#233;rialiste traditionnelle consid&#232;re les autres. Il consid&#232;re ces pays comme la destination des investissements de ses entreprises transnationales et la politique ext&#233;rieure du gouvernement br&#233;silien tend &#224; appuyer la strat&#233;gie d'extension de ses entreprises : Petrobras, Vale do Rio Doce, Odebrecht, etc., qui sont pr&#233;sentes en Bolivie, en Equateur, au Perou, au V&#233;n&#233;zuela, au Chili, en Argentine, et m&#234;me en Afrique o&#249; elles r&#233;alisent des investissements importants. Cependant, il existe un caract&#232;re multipolaire dans le sens o&#249; il n'y a pas de super-imp&#233;rialisme. Par ailleurs, les d&#233;nomm&#233;s Bric's (acronyme pour Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine) ne se constituent pas en alternative progressiste aux vieux imp&#233;rialismes (les Etas-Unis, l'Union europ&#233;enne, le Japon). Ce qu'ils veulent, c'est n&#233;gocier avec ces vieux imp&#233;rialismes leur place dans la division internationale des pouvoirs, du travail, de l'&#233;conomie mondiale et de l'acc&#232;s aux ressources naturelles. Donc je consid&#232;re qu'aucune puissance ne joue un r&#244;le progressiste que nous pourrions appuyer. Ce qui existe au niveau alternatif, c'est une initiative comme l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Am&#233;riques, propos&#233;e par le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez) dont les composantes, heureusement, ne sont pas des pays imp&#233;rialistes. Des alternatives r&#233;gionales comme l'ALBA sont tr&#232;s importantes. Ma pr&#233;occupation &#224; ce sujet est qu'il faudrait acc&#233;l&#233;rer le processus et aller au-del&#224; des discours, en augmentant beaucoup plus l'int&#233;gration entre ces pays. Mais il faut mettre en &#233;vidence les choses positives : &#224; la r&#233;union de l'ALBA du 25 janvier, on a d&#233;cid&#233; d'abolir la dette d'Ha&#239;ti &#224; l'&#233;gard des pays membres, donnant ainsi une le&#231;on aux puissances qui se r&#233;unissaient &#224; Montr&#233;al le m&#234;me jour et qui discutaient de l'all&#233;gement de la dette conditionn&#233; &#224; des mesures d'ajustement structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte, comment &#233;valuez-vous l'avance d'initiatives comme celle de la Banque du Sud ? Croyez-vous que ce projet est arriv&#233; &#224; un stade satifaisant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, j'ai particip&#233;, &#224; la demande du gouvernement de Rafael Correa et de son ministre de l'Economie et des Finances, &#224; la r&#233;daction de la position de l'Equateur sur la Banque du Sud. Le projet que le pays a d&#233;fendu est un mod&#232;le de Banque du Sud pour financer des projets publics, ou de communaut&#233;s traditionnelles, natives, etc. Par exemple, financer, au niveau r&#233;gional, une politique de souverainet&#233; alimentaire, permettre les r&#233;formes agraires n&#233;cessaires, les r&#233;formes urbaines, privili&#233;gier le r&#233;seau ferroviaire &#8211; et pas le r&#233;seau routier. C'est une des options possibles pour la Banque du Sud. Le Br&#233;sil et l'Argentine ont un autre projet. Celui de financer des projets dans les pays plus pauvres qui font partie de l'initiative (Bolivie, Paraguay, Equateur), des projets de travaux publics dans le cadre de l'IIRSA (Initiative d'Int&#233;gration de l'Infrastruture R&#233;gionale Sud-Am&#233;ricaine), par le biais de contrats pour les entreprises br&#233;siliennes ou argentines. C'est-&#224;-dire encore une fois de l'argent public pour des contrats d'entreprises priv&#233;es, de grands projets qui ne respectent pas l'environnement et ne donnent pas la priorit&#233; &#224; l'am&#233;lioration de la situation des masses. C'est l'option du Br&#233;sil et de l'Argentine qui commence &#224; dominer les n&#233;gociations de la Banque du Sud. Il faut que les gouvernements de gauche r&#233;agissent et choisissent vraiment une int&#233;gration des peuples, et non une int&#233;gration qui soit favorable aux grandes entreprises transnationales, qu'elles soient du Nord ou du Sud. Une int&#233;gration qui ne prenne pas comme mod&#232;le l'int&#233;gration europ&#233;enne. En Europe, nous avons une int&#233;gration mais totalement domin&#233;e par la logique de l'accumulation du capital priv&#233;, la logique lib&#233;rale ou n&#233;o-lib&#233;rale. Avec les gouvernements qui existent en Am&#233;rique latine, avec la force des mouvements sociaux et la tradition des luttes radicales, c'est l'endroit au monde o&#249; on peut mettre en &#339;uvre un mod&#232;le alternatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez coutume de dire qu'il y a deux gauches : la gauche &#233;co-socialiste et la gauche social-lib&#233;rale. Comment expliquer que, malgr&#233; que le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral ait &#233;t&#233; mis en &#233;chec cons&#233;cutivement &#224; la crise, le pr&#233;sident Lula &#8211; que vous positionnez comme social-lib&#233;ral &#8211; ait &#233;t&#233; un de ceux qui en soient sorti renforc&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, ce qui d&#233;finit le sort d'un pays, ce sont les mouvements sociaux, les exp&#233;riences que les masses accumulent &#224; travers leurs mobilisations. Et nous voyons que les pays o&#249; des gouvernements, en politique, sont les plus avanc&#233;s sont ceux o&#249; il y a eu les mouvements sociaux les plus radicaux. Ce niveau de mobilisation sociale exerce une pression sur les gouvernements pour les pousser &#224; prendre les mesures politiques et sociales les plus coh&#233;rentes avec une option de gauche. Au Br&#233;sil, malheureusement, il n'y a pas eu ces cinq ou six derni&#232;res ann&#233;es ce niveau de mobilisation. Et le gouvernement a &#233;galement d&#233;but&#233; dans une situation &#233;conomique internationale favorable. Entre 2004 et 2008, il y a eu l'augmentation du prix international des mati&#232;res premi&#232;res, une croissance avec la bulle sp&#233;culative au Nord qui a g&#233;n&#233;r&#233; plus d'exportations pour le pays. Et, jusqu'&#224; pr&#233;sent, comme nous l'avons dit auparavant, la crise internationale n'a pas affect&#233; imm&#233;diatement le Br&#233;sil. Ainsi, le gouvernement peut pr&#233;senter comme le r&#233;sultat de sa politique, une situation &#233;conomique qui ne d&#233;pend pas exactement de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pour quelles raisons, au-del&#224; des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s, n'a-t-il pas &#233;t&#233; si touch&#233; par la crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la r&#233;duction du prix des mati&#232;res premi&#232;res au second semestre 2008 a &#233;t&#233; suivie par une nouvelle hausse des prix en 2009. D'une part, les revenus d'exportation se sont maintenus. D'autre part, la couche sociale repr&#233;sent&#233;e par le programme &#8220;Bolsa Familia&#8221; fournit aux secteurs pauvres un certain niveau de consommation qui maintient le march&#233; interne. La question est : qu'est-ce qui va arriver les prochaines ann&#233;es ? Que va-t-il se passer par rapport &#224; la croissance de la Chine ? Elle peut ne pas continuer. Nous savons qu'en Chine se d&#233;veloppent plusieurs bulles sp&#233;culatives, il y a une bulle immobili&#232;re, une bulle boursi&#232;re et une explosion des dettes. La croissance de la Chine est due &#224; une augmentation tr&#232;s forte des d&#233;penses publiques de la part du gouvernement pour contrecarrer la perte de march&#233;s ext&#233;rieurs suite &#224; la crise aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. On maintient un niveau de croissance, mais de mani&#232;re partiellement artificielle, gr&#226;ce &#224; ces bulles. Dans la situation mondiale actuelle, la Chine est la locomotive de ce qui reste de la croissance &#233;conomique. Sans la Chine, nous serions &#224; un niveau de pure r&#233;cession mondiale. La situation du Br&#233;sil est li&#233;e &#224; celle de la Chine par les exportations de minerais, etc. Mais aussi parce que la situation de la Chine maintient la situation de l'&#233;conomie mondiale &#224; un certain niveau de croissance. Si elle tombe, ce qui pour moi n'est pas une certitude mais une possibilit&#233;, cela affectera l'&#233;conomie br&#233;silienne. Le Br&#233;sil souffrira aussi des cons&#233;quences d'autres explosions financi&#232;res internationales qui surviendront dans les ann&#233;es qui viennent. Les prix des mati&#232;res premi&#232;res sont plus &#233;lev&#233;s que ce que l'activit&#233; &#233;conomique mondiale ne le justifie. Il y a un investissement sp&#233;culatif dans les mati&#232;res premi&#232;res de plusieurs produits alimentaires export&#233;s par le Br&#233;sil comme le soja... Quand la bulle sp&#233;culative &#233;clatera, nous aurons une r&#233;duction des prix des mati&#232;res premi&#232;res et cela touchera le Br&#233;sil. C'est pourquoi l'id&#233;e que le Br&#233;sil est une &#233;conomie blind&#233;e est fausse. Elle d&#233;pend de l'&#233;volution internationale sur laquelle le Br&#233;sil n'a aucun contr&#244;le. Ce que le Br&#233;sil pourrait faire pour parer &#224; cela, c'est augmenter beaucoup plus son march&#233; int&#233;rieur, appliquer un protectionnisme, exercer plus de contr&#244;le sur les mouvements de capitaux, mettre en &#339;uvre un mod&#232;le &#233;conomique redistributif, attaquer les monopoles, les lobbys, faire une r&#233;forme agraire et urbaine radicale. Ce pourrait &#234;tre un mod&#232;le dans le cadre d'une int&#233;gration r&#233;gionale avec une authentique orientation de gauche. Mais cela impliquerait une autre option de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#233;valuez-vous les ripostes &#224; la crise de la part des gouvernements plus progressistes comme ceux du Venezuela, de la Bolivie et de l'Equateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu un aspect positif, non seulement dans ces trois gouvernements mais aussi d'une certaine mani&#232;re, dans la gestion de Lula, Cristina Fernandez (pr&#233;sidente d'Argentine) et Michelle Bachelet (pr&#233;sidente du Chili). C'est que, malgr&#233; les recommandations du FMI de r&#233;duire les d&#233;penses publiques, les gouvernements ont appliqu&#233; des politiques h&#233;t&#233;rodoxes, y compris le gouvernement d'Alan Garc&#237;a, du P&#233;rou, qui est un gouvernement de droite. Cela a permis &#224; ces gouvernements de maintenir un certain niveau de croissance &#233;conomique. La r&#233;action de la Bolivie, de l'Equateur et du Venezuela n'a pas &#233;t&#233; &#224; ce niveau tr&#232;s diff&#233;rente des gouvernements mentionn&#233;s plus haut : ils ont maintenu des d&#233;penses publiques importantes pour soutenir la consommation et l'activit&#233; &#233;conomique. Des trois, le gouvernement qui a radicalis&#233; un peu sa politique &#233;conomique a &#233;t&#233; celui de Hugo Ch&#225;vez, avec plus de nationalisations. Mais, franchement, les pol&#237;tiques de Correa, Ch&#225;vez et Evo Morales (pr&#233;sident de Bol&#237;vie) pour affronter la crise ne sont pas tr&#232;s diff&#233;rentes de celles des autres gouvernements de la r&#233;gion dont je viens de parler. Il n'y a pas une diff&#233;rence radicale dans la sph&#232;re &#233;conomique. Je pense qu'il y a des diff&#233;rences en termes d'anti-imp&#233;rialisme, de r&#233;formes constitutionnelles, de r&#233;cup&#233;ration du contr&#244;le sur les ressources naturelles. Mais ce serait simplificateur de dire qu'il y a des diff&#233;rences astronomiques entre les exp&#233;riences &#233;conomiques de la r&#233;gion. Personnellemnt, j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; pouvoir dire que les gouvernements d'Equateur, du Venezuela et de Bol&#237;vie sont en train de mettre en &#339;uvre un mod&#232;le radicalement alternatif. Mais ce n'est pas encore le cas. Il y a des annonces et des perspectives qui peuvent &#234;tre tr&#232;s int&#233;ressantes, mais il ne faut pas confondre discours et intentions avec les faits de la vie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est aujourd'hui le d&#233;bat sur la dette publique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la dette a ses hauts et ses bas. Le th&#232;me &#233;tait br&#251;lant dans les ann&#233;es 1980, il est revenu en force avec le default de l'Argentina fin 2001 [2] . Maintenant, nous revenons &#224; une situation de tension dans ce domaine, mais c'est seulement le d&#233;but. En 2007, l'Equateur a constitu&#233; une commission d'audit dont j'ai fait partie. Et, &#224; partir de nos conclusions, le gouvernement de Correa a d&#233;cid&#233; de suspendre le paiement de 3,2 milliards de dettes en titres commerciaux, vendus &#224; Wall Street et qui se cl&#244;turaient entre 2012 et 2030. Correa a suspendu le paiement &#224; partir de novembre 2008 et a affront&#233; les cr&#233;anciers, les d&#233;tenteurs des titres. Et il a obtenu le 10 juin 2009 que 91% des titres soient vendus au gouvernement de l'Equateur avec une d&#233;cote de 65%. Ce qui signifie que l'Equateur r&#233;cup&#233;ra 3,2 milliards de dollars de bons en les payant 1 milliard. Il a &#233;conomis&#233; 2,2 milliards de dollars, plus les int&#233;r&#234;ts qui restaient &#224; payer. Cela montre que, m&#234;me un petit pays peut affronter les d&#233;tenteurs de titres et leur imposer un &#8220;sacrifice&#8221;. Eux, qui gagnent toujours, ont d&#251; abandonner la perspective de continuer &#224; gagner beaucoup d'argent avec ces titres. La le&#231;on est que si l'Equateur a r&#233;ussi &#224; le faire, des pays comme le Br&#233;sil, l'Argentine et d'autres pourraient le faire aussi. L'Argentine avait suspendu le paiement en 2001 mais, en 2005, elle a commis l'erreur fondamentale d'&#233;changer des titres et non de les racheter ou de les annuler totalement. Elle les a &#233;chang&#233;s avec une d&#233;cote mais elle a d&#251; continuer &#224; payer les int&#233;r&#234;ts &#224; un taux &#233;lev&#233;. La dette de l'Argentine aujourd'hui est du m&#234;me volume que celui de 2001. La question du paiement de la dette reviendra sur la sc&#232;ne internationale en raison de deux facteurs fondamentaux. Premi&#232;rement, la crise financi&#232;re et &#233;conomique, qui a diminu&#233; les exportations du Sud et les revenus fiscaux qu'elles g&#233;n&#232;rent, rend plus difficile le remboursement de la dette publique interne et externe. Le second facteur est l'augmentation du co&#251;t de refinancement de la dette. Comme les banquiers du Nord sont entr&#233;s en crise, leur tendance est d'&#234;tre plus exigeants vis-&#224;-vis des pays du Sud qui d&#233;sirent s'endettter au niveau international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;TOUSSAINT Eric&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes[1] Voir sur ESSF : Eric Toussaint, &#171; Du coup d'Etat au Honduras aux sept bases US en Colombie : la mont&#233;e de l'agressivit&#233; de Washington &#187;, 7 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Suite &#224; une r&#233;bellion sociale massive combin&#233;e &#224; un manque de liquidit&#233;s, entre fin 2001 et mars 2005, le gouvernement argentin a suspendu le remboursement de 100 milliards de dollars sous forme de bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Interview d'Eric Toussaint par Igor Ojeda (pour Brazil do Fato, hebdomadaire br&#233;silien). F&#233;vrier 2010. Traduit du portugais par Denise Comanne avec l'aide de Laurent Atsou.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Venezuela : Changements en cours en 2008 et 2009 </title>
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		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR (Belgique) le jeudi, 15 octobre 2009 ________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation politique, sociale et &#233;conomique au Venezuela a fortement &#233;volu&#233; depuis l'&#233;chec de la r&#233;forme constitutionnelle de d&#233;cembre 2007 qui a constitu&#233; un coup de semonce pour le gouvernement de Hugo Chavez [1]. Le dimanche 15 f&#233;vrier 2009, 54, 36 % des citoyens ont dit &#171; oui &#187; &#224; l'amendement de la Constitution autorisant les mandataires politiques &#224; se repr&#233;senter cons&#233;cutivement aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR (Belgique)&lt;br class='autobr' /&gt;
le jeudi, 15 octobre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La situation politique, sociale et &#233;conomique au Venezuela a fortement &#233;volu&#233; depuis l'&#233;chec de la r&#233;forme constitutionnelle de d&#233;cembre 2007 qui a constitu&#233; un coup de semonce pour le gouvernement de Hugo Chavez [1]. Le dimanche 15 f&#233;vrier 2009, 54, 36 % des citoyens ont dit &#171; oui &#187; &#224; l'amendement de la Constitution autorisant les mandataires politiques &#224; se repr&#233;senter cons&#233;cutivement aux &#233;lections de mani&#232;re illimit&#233;e. Jusque-l&#224;,la Constitution limitait &#224; deux mandats cons&#233;cutifs : il fallait une interruption de mandat avant de pouvoir se repr&#233;senter &#224; nouveau [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, &#224; l'issue de son deuxi&#232;me mandat en cours, Hugo Chavez pourra &#224; nouveau &#234;tre candidat pour la pr&#233;sidence. S'il est &#233;lu une nouvelle fois,son mandat se terminera en janvier 2019. C'est pourquoi un certain nombre de militants chavistes discutent aujourd'hui de la nature de tous les changements qui peuvent &#234;tre accomplis d'ici cette date de 2019&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment bien des choses peuvent survenir d'ici l&#224; parmi lesquelles il faut prendre en compte les initiatives et les man&#339;uvres de Washingtonainsi que de ses alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nationalisation et contr&#244;le ouvrier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En avril 2008, suite &#224; une gr&#232;ve de pr&#232;s de deux mois de 15'000 ouvriers de l'entreprise sid&#233;rurgique SIDOR (Sid&#233;rurgie de l'Or&#233;noque) appartenant au groupe argentin Techint, Hugo Chavez a annonc&#233; la nationalisation de l'entreprise. Les ouvriers se battaient pour transformer 9000 sous-contrats en contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Vu le refus patronal, la nationalisation a constitu&#233; la meilleure voie pour permettre &#224; l'Etat de garantir la satisfaction de la revendication des travailleurs, qui ont per&#231;u cette d&#233;cision comme une grande victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise SIDOR avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e comme entreprise publique durant la d&#233;cennie 1960 (c'&#233;tait la concr&#233;tisation d'un projet con&#231;u en 1953 sous la dictature de Marco P&#233;rez Jim&#233;nez). SIDOR a &#233;t&#233; privatis&#233;e et vendue au capital &#233;tranger en 1997 durant la pr&#233;sidence de Rafael Caldera par le ministre de la Planification Teodoro Petkoff (ancien leader de gauche pass&#233; au n&#233;olib&#233;ralisme dans les ann&#233;es 1990 et aujourd'hui une des principales figures de l'opposition anti-chaviste). La re-nationalisation effectu&#233;e en avril 2008 prend une importance particuli&#232;re car cette entreprise moderne et performante constitue un outil de production que le grand capital argentin, et en particulier Techint, souhaitait conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment important &#224; prendre en compte, est que le gouvernement chaviste de l'Etat o&#249; se trouve SIDOR avait au d&#233;but de la gr&#232;ve ordonn&#233; aux forces de l'ordre de r&#233;primer les gr&#233;vistes. De m&#234;me, le ministre du Travail n'avait rien fait pour soutenir les revendications des travailleurs. En cons&#233;quence, la d&#233;cision de Hugo Chavez de nationaliser l'entreprise et de r&#233;voquer le ministre a &#233;t&#233; per&#231;ue comme un virage en faveur des travailleurs. D'autant qu'&#224; la m&#234;me p&#233;riode, il a annonc&#233; une augmentation du salaire minimum interprofessionnel et des salaires de la fonction publique ainsi que la nationalisation du secteur du ciment qui jusque-l&#224; &#233;tait aux mains de trois transnationales (Lafarge - France, Holcim - Suisse et Cemex &#8211; Mexique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois suivants et au cours de l'ann&#233;e 2009, le gouvernement a proc&#233;d&#233; &#224; d'autres nationalisations dans le secteur de l'industrie alimentaire [3], (ce qui a affect&#233; tant le capital national &#8211; Lacteos LosAndes &#8211; que la transnationale c&#233;r&#233;ali&#232;re Cargill). Le gouvernement a justifi&#233; les nationalisations dans ce secteur par la n&#233;cessit&#233; d'am&#233;liorer l'approvisionnement alimentaire de la population. Enfin, la Banque du Venezuela, une des banques priv&#233;es les plus importantes appartenant &#224; Santander, un des deux principaux groupes bancaires espagnols, est pass&#233;e &#233;galement sous le contr&#244;le de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces nationalisations, comme celles qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; (secteur de l'&#233;lectricit&#233;, t&#233;l&#233;coms, champs p&#233;troliers de l'Or&#233;noque&#8230;), ont fait l'objet d'une indemnisation plut&#244;t g&#233;n&#233;reuse des propri&#233;taires priv&#233;s : le Venezuela utilise une partie de la rente p&#233;troli&#232;re pour reprendre le contr&#244;le de certains secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie. Le recours &#224; l'indemnisation a principalement pour objectif d'&#233;viter des condamnations pour non respect des trait&#233;s bilat&#233;raux sur les investissements sign&#233;s parle Venezuela. Le droit international permet en effet &#224; des Etats de proc&#233;der &#224; des nationalisations s'ils indemnisent correctement les propri&#233;taires. Le Venezuela pourrait emprunter une voie plus radicale en retirant sa signature des trait&#233;s bilat&#233;raux sur les investissements, en se retirant du CIRDI (Centre international des r&#232;glements des diff&#233;rends relatifs aux investissements, le tribunal de la Banque mondiale en mati&#232;re d'investissement) et en mettant &#224; l'abri les liquidit&#233;s et les autres types d'avoirs dont il dispose &#224; l'&#233;tranger afin d'&#233;viter des saisies. Evidemment, opter pour une telle voie impliquerait d'augmenter encore un peu plus l'hostilit&#233; des autorit&#233;s des pays les plus industrialis&#233;s et des grandes transnationales pr&#233;sentes dans le pays (toutes les principales transnationales p&#233;troli&#232;res sont pr&#233;sentes au Venezuela ainsi que GeneralMotors, Mitsubishi, Daimler-Chrysler, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie assez prudente emprunt&#233;e par le gouvernement n'a pas emp&#234;ch&#233; une entreprise comme ExxonMobil d'essayer en 2008 de faire saisir 12 milliards de dollars appartenant &#224; PDVSA par des tribunaux britanniques et hollandais. Cela plaide pour que le Venezuela s'allie &#224; d'autres pays du Sud pour r&#233;pudier les trait&#233;s bilat&#233;raux d'investissement qui incluent des clauses pr&#233;judiciables aux int&#233;r&#234;ts de la nation, pour qu'il se retire du CIRDI et de l'OMC et constitue un organe multilat&#233;ral du Sud afin de r&#233;gler des conflits, en d'autres termes, cr&#233;er un CIRDI du Sud alternatif au CIRDI de la Banque mondiale qui sert les int&#233;r&#234;ts des grandes transnationales priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2009, Rafael Ramirez, ministre du P&#233;trole, qui jusqu'ici &#233;tait tr&#232;s prudent &#224; l'&#233;gard du CIRDI, a commenc&#233; &#224; hausser le ton en d&#233;non&#231;ant l'unilat&#233;ralisme des m&#233;canismes de r&#232;glement des litiges, domin&#233;s par les pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approfondissement des nationalisations a relanc&#233; en 2009 le d&#233;bat sur le contr&#244;le ouvrier. En effet, des organisations syndicales de gauche et des collectifs de travailleurs exigent la mise en place de m&#233;canismes de contr&#244;le par les travailleurs des organes de gestion des entreprises nationalis&#233;es. Ils veulent ainsi faire en sorte que les objectifs poursuivis par les nationalisations soient bel et bien respect&#233;s ; ils veulent aussi &#233;viter la mauvaise gestion, les gaspillages, les d&#233;tournements, la corruption, l'abus de biens sociaux en obtenant notamment l'ouverture des livres de compte, la transparence sur la strat&#233;gie commerciale et industrielle des entreprises et la pr&#233;sentation r&#233;guli&#232;re des bilans de gestion. Ils expriment &#224; juste titre une d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard d'une grande partie des cadres priv&#233;s de l'entreprise qui ont &#233;t&#233; maintenus apr&#232;s la nationalisation, mais aussi &#224; l'&#233;gard des nouveaux cadres qui, dans certains cas, privil&#233;gient leurs int&#233;r&#234;ts personnels par rapport &#224; ceux de la collectivit&#233;. Il s'agit aussi, au travers du contr&#244;le ouvrier, d'augmenter la confiance en eux-m&#234;mes et l'organisation des travailleurs afin qu'ils interviennent collectivement pour, d'une part, donner un contenu socialiste &#224; la gestion et aux relations de travail dans les entreprises publiques, et, d'autre part, cr&#233;er un contre pouvoir au sein des entreprises aux mains du capital priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste d'ailleurs &#224; des occupations d'entreprises priv&#233;es par des travailleurs qui en exigent la nationalisation. In&#233;vitablement, il sera n&#233;cessaire de raviver le d&#233;bat sur le contr&#244;le ouvrier dans le secteur de l&#224; production p&#233;troli&#232;re. Il avait &#233;clat&#233; au moment de la gr&#232;ve patronale p&#233;troli&#232;re (d&#233;cembre 2002-janvier 2003), quand les travailleurs qui se battaient pour relancer la production avaient convoqu&#233; un Congr&#232;sp&#233;trolier. Par la suite, Hugo Chavez avait &#233;cart&#233; la perspective du contr&#244;le ouvrier dans ce secteur consid&#233;r&#233; comme strat&#233;gique alors qu'il s'agit au contraire d'une raison suppl&#233;mentaire pour l'y organiser. Il en est de m&#234;me au sein du secteur de production et de distribution &#233;lectrique qui a lui aussi &#233;t&#233; nationalis&#233;. Les travailleurs de ce secteur sont entr&#233;s en lutte pour le contr&#244;le ouvrier au mois de septembre 2009. L'approvisionnement du pays en &#233;lectricit&#233; est dans une situation difficile car plus de 50 % de la production [4] est &#171; perdue &#187; ou est d&#233;vi&#233;e (vol&#233;e) au niveau de la distribution. Les pertes sont dues principalement &#224; la v&#233;tust&#233; des installations car, avant leur nationalisation par le gouvernement de Chavez, certaines entreprises comme Electricidad de Caracas (propri&#233;t&#233; de AES, une multinationale &#233;tats-unienne) ont &#233;t&#233; victimes d'un manque g&#233;n&#233;ralis&#233; d'investissement et de renouvellement d'&#233;quipement. Par ailleurs, de grosses entreprises industrielles priv&#233;es consommatrices de grandes quantit&#233;s d'&#233;nergie sont responsables d'un d&#233;tournement d'&#233;lectricit&#233; qu'elles gaspillent puisqu'elles ne la paient pas. Il y a aussi des raccordements &#233;lectriques pirates dans les quartiers r&#233;sidentiels mais dans le cas des m&#233;nages populaires, qui ne sont pas de gros consommateurs, les pertes dues &#224; ce piratage sont limit&#233;es. Les travailleurs du secteur &#233;lectrique sont les mieux plac&#233;s pour r&#233;soudre le probl&#232;me de l'approvisionnement &#233;lectrique, lutter contre les gaspillages et la mauvaise gestion des cadres dirigeants afin d'&#233;viter la multiplication des coupures d'&#233;lectricit&#233;. C'est ce qu'expliquent des dirigeants syndicaux qui exigent la mise en place du contr&#244;le ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angel Navas, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des Travailleurs du SecteurElectrique (FETRAELEC), a d&#233;clar&#233; &#224; la presse lors d'une manifestation de 3000 travailleurs du secteur &#233;lectrique &#224; Caracas le 25 septembre 2009 : &#8220;Nous les travailleurs sommes confront&#233;s aux utilisateurs dans les quartiers. Nous savons comment nous pouvons r&#233;soudre la crise&#8230; Il faut modifier les structures bureaucratiques et changer les structures d'administration capitaliste pour des structures avec une vision socialiste. Nous devons changer les relations de production et &#233;liminer toute cette bureaucratie qui est en train de tuer l'entreprise.&#8221; [5] AymarPlaza, travailleuse du secteur &#233;lectrique, ajoute : &#8220;Quand notre pr&#233;sident dit qu'il faut donner du pouvoir au peuple, nous, les travailleurs&#183;euses, sommes le peuple. Nous devons avoir le contr&#244;le de l'entreprise et prendre part &#224; la transformation de cette politique capitaliste en une politique socialiste.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bataille pour le contr&#244;le ouvrier sur la gestion des entreprises est absolument fondamentale. Son issue est d&#233;cisive pour l'approfondissement du processus en cours au Venezuela [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le premier semestre 2009, Hugo Chavez a d&#233;clar&#233; lors d'une r&#233;union publique avec des dirigeants ouvriers qu'il &#233;tait favorable &#224; l'adoption d'une loi sur l'&#233;lection des dirigeants des entreprises nationalis&#233;es [7].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une rencontre d'intellectuels r&#233;volutionnaires qui a fait beaucoup de bruit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois de juin 2009, le Centre international Miranda (CIM), institution officielle cr&#233;&#233;e par la pr&#233;sidence du Venezuela et financ&#233;e par le minist&#232;re de l'Education sup&#233;rieure, a organis&#233; des journ&#233;es de r&#233;flexion qui ont fait grand bruit dans le pays [8]. Trente des plus grands intellectuels v&#233;n&#233;zu&#233;liens de gauche ont d&#233;battu des avanc&#233;es et des blocages du processus r&#233;volutionnaire en cours. Voici des extraits de l&#224; synth&#232;se publi&#233;e par le Centre international Miranda qui rendent compte de l'acuit&#233; des probl&#232;mes d&#233;battus lors de ces journ&#233;es intitul&#233;es &#034;Intellectuels, d&#233;mocratie et socialisme : voies sans issue et chemins &#224; parcourir&#034; [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une des discussions centrales du d&#233;bat traitait de l'identit&#233; du PSUV. On a ainsi pos&#233; une s&#233;rie de questions : en quoi le PSUV se distingue-t-il des partis politiques traditionnels ou anciens ? Le parti doit-il avoir une direction unique ou coll&#233;giale ? Est-il correct qu'une personne puisse prendre des d&#233;cisions sans consulter la base ou contre la volont&#233; de la base ? Quel est l'avenir d'un parti dont la base a rarement l'occasion de s'exprimer ? La base doit-elle &#233;lire les membres de la direction ou bien s'agit-il d'une d&#233;cision &#224; laquelle la base ne doit pas participer pourd'autres raisons ? Le fait que la direction ne soit pas &#233;lue par la base n'affaiblit-il pas le parti ? Comment la base participe-t-elle &#224; l'&#233;laboration du programme et des grandes lignes directrices du Gouvernement et du contenu du socialisme du XXIe si&#232;cle ? N'est-ce pas un probl&#232;me, pour le parti, que certains fonctionnaires qui occupent des places fondamentales au gouvernement soient en m&#234;me temps les cadres du parti ? Le cumul des responsabilit&#233;s ne m&#232;ne-t-il pas &#224; l'inefficacit&#233; ? Confondre le parti et l'Etat, n'est-ce pas r&#233;p&#233;ter une erreur du socialisme du XXe si&#232;cle ? Le PSUV est-il n&#233; sous la forme d'une coupole, de haut en bas, davantage par n&#233;cessit&#233; politique ressentie depuis le Gouvernement, que comme une n&#233;cessit&#233; ressentie par la base ? Un autre &#233;l&#233;ment important et qui a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233; &#224; plusieurs reprises est la n&#233;cessit&#233; d'une direction collective de l'instrument, qui s'articule effectivement autour des mouvements sociaux de base (et qui ne se contente pas de les utiliser en p&#233;riode &#233;lectorale comme courroie de transmission du Gouvernement), qui mette fin au client&#233;lisme partisan n&#233;faste et fonde la base d'un v&#233;ritable parti r&#233;volutionnaire qui reconnaisse la libert&#233; de critique et qui approfondisse la d&#233;mocratie au sein du parti. Tous les &#233;l&#233;ments mentionn&#233;s dans ce paragraphe sont rest&#233;s au centre de la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouvel Etat r&#233;volutionnaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Etat a &#233;t&#233; l'instrument utilis&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme pour imposer ses propositions, doit-il aussi &#234;tre l'instrument qui nous lib&#233;rera du n&#233;olib&#233;ralisme ? Cet Etat peut-il nous mener sur la voie du socialisme, ou au contraire, est-il un frein au socialisme ? Faut-il affaiblir l'Etat actuel ou le renforcer ? Faut-il inventer un nouvel Etat dit &#171; communal &#187;ou &#171; socialiste &#187; ? Quelles sont les caract&#233;ristiques de l'Etat communal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des m&#233;dias :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre grande discussion a port&#233; sur les m&#233;dias, tant commerciaux que ceux en faveur du processus. Le d&#233;bat s'est centr&#233; autour de ce que nous devons faire avec nos m&#233;dias lorsqu'en d&#233;pit du fait de disposer de six cha&#238;nes publiques, on n'arrive pas &#224; 8 % de l'audience. A quoi cet &#233;chec &#233;vident est-il d&#251; ? Ne s'agit-il pas alors d'un gaspillage d'argent public puisque l'on n'arrive pas &#224; augmenter les indices d'audience ? M&#234;me avec la forte croissance des m&#233;dias communautaires et alternatifs pendant le processus r&#233;volutionnaire, on n'a pas encore r&#233;ussi &#224; trouver une solution ad&#233;quate. N'est-il pas temps &#233;galement que CONATEL [10] fasse respecter les lois de t&#233;l&#233;communications ? Qu'attend-on pour freiner les abus des m&#233;dias priv&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le caract&#232;re de la r&#233;volution :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre sujet important de discussion a port&#233; sur le caract&#232;re de la r&#233;volution. Il y a &#233;t&#233; dit que la R&#233;volution contient en elle-m&#234;me plusieurs r&#233;volutions : &#233;tudiante, paysanne, ouvri&#232;re, socialiste, f&#233;minine, militaire, populaire. Il est n&#233;cessaire d'instaurer un d&#233;bat permanent avec les &#233;tudiants, les intellectuels, les travailleurs, les paysans tout en favorisant un d&#233;bat entre eux. Un autre aspect important concerne la d&#233;finition du socialisme du XXIe si&#232;cle. D'un c&#244;t&#233;, le fait de ne pas le d&#233;finir a un avantage qui implique que l'on n'est pas en train de r&#233;p&#233;ter des mod&#232;les mais d'autre part, cela d&#233;montre aussi un manque de caract&#232;re concret qui le maintient dans un trop grand flou. La question de l'&#233;mancipation doit &#234;tre au centre du projet socialiste. Pouvons-nous parler d'une v&#233;ritable r&#233;volution &#233;conomique ? O&#249; en est la construction d'un nouveau mod&#232;le &#233;conomique productif qui assure une v&#233;ritable transition au socialisme ? Quand et comment les relations de production changeront-elles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La participation populaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conseils communaux (voir encadr&#233; intitul&#233; &#171; Les conseils communaux &#187;) sont un exemple par excellence de participation mais, en pratique, ils ne r&#233;pondent pas &#224; une logique suffisamment participative. Soit ils ne fonctionnent pas bien, soit ils r&#233;pondent directement au pouvoir ex&#233;cutif. Ils courent le risque d'&#234;tre coopt&#233;s par le parti ce qui g&#233;n&#232;re des probl&#232;mes entre la logique institutionnelle du parti et la logique sociale des conseils communaux. Il existe un risque r&#233;el que la logique institutionnelle limite la logique sociale qui a mis 30 ans &#224; se construire et qui a rendu possible la r&#233;volution et l'a d&#233;fendue le 13 avril 2002 [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier sujet de discussion a port&#233; sur les modes et les formes d'articulation de la critique. En effet, m&#234;me parmi les intellectuels engag&#233;s, la critique a perdu une partie de l'espace dont elle devrait disposer. Il n'est pas compliqu&#233; de trouver dans les m&#233;dias qui soutiennent le processus des comportements du socialisme du XXe si&#232;cle o&#249; l'on accuse de &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187; ou &#171; agents de la CIA &#187; ceux qui formulent des critiques &#224; voix haute. Cela affaiblit consid&#233;rablement le processus &#233;tant donn&#233; que cela emp&#234;che le gouvernement de proc&#233;der &#224; des changements lorsque des choses ne vont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible qu'une r&#233;volution qui ne fait pas de la critique le principal de ses moteurs, avance quand m&#234;me ? La question est revenue &#224; plusieurs reprises. Il a &#233;t&#233; mis en avant qu'avec cette r&#233;union des intellectuels, la r&#233;volution &#233;tait pass&#233;e au crible de la critique afin d'&#234;tre renforc&#233;e. Les intellectuels se sont f&#233;licit&#233;s du fait quel'Ex&#233;cutif ait mis &#224; leur disposition un espace pour la critique qui n'avait jamais eu lieu en dix ans. Ils ont &#233;galement insist&#233; sur le fait que cet &#233;v&#233;nement d&#233;montrait que la peur de la critique ne s'av&#233;rait pas justifi&#233;e. La d&#233;nonciation faite par l'opposition anti-chaviste d'une absence de libert&#233; d'expression au Venezuela est fausse &#233;galement. Cette r&#233;volution est capable de se r&#233;inventer en permanence gr&#226;ce aux espaces de libert&#233; existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intellectuels &#8211; un concept largement critiqu&#233; par les participants pr&#233;sents comme &#233;litiste &#8211; militent avec la conviction qu'il est n&#233;cessaire d'articuler la th&#233;orie et la pratique, en n'oubliant pas que la praxis est-ce qui rend la th&#233;orie utile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces journ&#233;es a &#233;t&#233; retransmis int&#233;gralement par une cha&#238;ne publique (TVES) en direct puis en diff&#233;r&#233; sur une p&#233;riode d'une dizaine de jours. Des secteurs du gouvernement, et non des moindres, ont critiqu&#233; durement tant l'initiative du CIM que le contenu de ces journ&#233;es. Il s'agit notamment du ministre du P&#233;trole, Rafael Ramirez, et du ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Nicolas Maduro, tous deux hauts responsables du PSUV. Un des quotidiens chavistes, VEA, a publi&#233; plusieurs articles pour d&#233;noncer l'initiative du CIM en affirmant que : &#171; ils fabriquent des rencontres d'intellectuels dont les prises de positions sont confuses, laissent transpara&#238;tre leur ranc&#339;ur &#224; l'&#233;gard du leadership de Chavez qu'ils nomment &#8216;hyperleadership&#8221; ou &#8216;c&#233;sarisme progressiste&#8221;. Sans aucun doute, ce sont des chavistes sans Chavez, honteux de se montrer en pleine lumi&#232;re, (et pr&#234;ts &#224;) sauter d&#233;finitivement de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade &#187; (publi&#233; le 6 juin 2009 sous la signature collective Grano de ma&#237;z) [12]. Apr&#232;s dix jours de pol&#233;miques dans la presse, tant chaviste que d'opposition, Hugo Chavez, lors de son programme t&#233;l&#233;vis&#233; Al&#243; Presidente du 14 juin, a sembl&#233; donner raison &#224; ceux qui critiquaient le Centre international Miranda. Cela n'a fait qu'augmenter l'int&#233;r&#234;t du public pour l'&#233;v&#233;nement : diff&#233;rents dirigeants syndicaux ouvriers ainsi que le Parti communiste du Venezuela et Patrie pour Tous (deux partis qui appuient le Gouvernement tout en refusant de rejoindre le PSUV) ont pris la d&#233;fense du CIM et ont affirm&#233; que l'apport critique des intellectuels r&#233;volutionnaires constituait une force, un &#233;v&#233;nement positif. On a craint un moment que le CIM soit remis au pas ou m&#234;me ferm&#233;, mais au moment o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'en est rien. Cela d&#233;montre une fois de plus la complexit&#233; de l'&#233;volution en cours au Venezuela dont le gouvernement ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme totalitaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Conseils communaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La loi intitul&#233;e Ley de los consejos municipales (LCC) [13] est vot&#233;e sans v&#233;ritable d&#233;bat le 7 avril 2006. Elle pr&#233;cise dans son article 3 : &#171; L'organisation, le fonctionnement et l'action des Conseils communaux r&#233;pondent aux principes de coresponsabilit&#233;, de coop&#233;ration, de solidarit&#233;, de transparence [&#8230;], d'honn&#234;tet&#233;, d'efficacit&#233;, d'efficience, de responsabilit&#233; sociale, de contr&#244;le social, d'&#233;quit&#233;, de justice, et d'&#233;galit&#233; sociale et de genre. &#187; (art. 3 LCC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Assembl&#233;e de citoyens et citoyennes (Asemblea de ciudadanos y ciudadanas) &#171; grande instance de d&#233;cision du Conseil communal &#187; (art. 6, LCC), doit &#234;tre compos&#233;e d'au moins 20 % des habitants majeurs de 15 ans (Consejos comunales, Expresi&#243;n del poder popular). Le Conseil communal d&#233;limite lui-m&#234;me son territoire et ses membres sont b&#233;n&#233;voles (art. 12, LCC). Les diff&#233;rents domaines d'intervention sont ainsi d&#233;finis : &#171; Lasant&#233;, l'&#233;ducation, la gestion des terrains en ville ou en zone rurale, le logement et l'habitat, la protection et l'&#233;galit&#233; sociales, l'&#233;conomie populaire, la culture, la s&#233;curit&#233;, les moyens de communication et d'information, les loisirs et le sport, l'alimentation, le conseil technique d'eau, le conseil technique d'&#233;nergie et de gaz, les services, et toute autre question que la communaut&#233; juge utile de traiter. &#187; (art.9, LCC)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institution des Conseils communaux en 2006, sous l'impulsion du Pr&#233;sident Hugo Chavez, est fortement marqu&#233;e par la volont&#233; d'instaurer la participation dans la conception et la r&#233;alisation de la politique locale. Le gouvernement place de grands espoirs dans ces Conseils qu'il con&#231;oit comme des &#171; unit&#233;s territoriales de base de la participation populaire et de l'autogouvernement &#187;. Le pouvoir attribu&#233; aux Conseils communaux n'est pas n&#233;gligeable, puisqu'il donne le droit &#224; une &#171; communaut&#233; &#187; de proposer et d'ex&#233;cuter un projet pouvant, d&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e, atteindre 30 millions de bolivars (c.-&#224;-d. environ 10 millions d'euros). Selon les mots du Pr&#233;sident, cette &#171; explosion r&#233;volutionnaire du pouvoir populaire &#187; doit constituer la base r&#233;aliste et durable d'un nouveau type d'Etat, d'un &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juan Leonel M. (FONDEMI, Fondo de desarrollo microfinanciero), &#233;voquant en juin 2007 les 15'000 Conseils d&#233;j&#224; form&#233;s, ne cache pas que les relations avec les municipalit&#233;s sont d&#233;licates : &#171; De fait, les maires, enfin beaucoup d'entre eux, s'opposent &#224; ce nouveau mode d'&#233;lection et d'organisation des communaut&#233;s. Ils ressentent les Conseils communaux comme une organisation en concurrence avec leur mairie. Mais l'id&#233;e aujourd'hui est que le pouvoir constitu&#233; que sont les mairies doit avancer main dans la main avec le pouvoir constituant que sont les Conseils communaux. L'Etat est en train de mener une r&#233;volution &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me &#233;tatique. Le pouvoir constituant du peuple doit &#234;tre le moteur de ce changement. Les conseils communaux sont la pierre angulaire de l'autogouvernement communal o&#249; le peuple exerce directement le pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Les conseils communaux au Venezuela : un outil d'&#233;mancipation politique ? &#187; Par Anne-Florence Louz&#233; in Olivier Compagnon, Julien Rebotier et Sandrine Revet (sous la direction de), Le Venezuela au-del&#224; du mythe. Chavez, la d&#233;mocratie, le changement social, Editions de l'Atelier / Editions Ouvri&#232;res, Paris, 2009, 238 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi sur de 2006 sur les Conseils communaux est en cours de modification, elle sera probablement remplac&#233;e prochainement par une nouvelle loi en cours d'&#233;laboration. Pour conna&#238;tre plus en profondeur cette exp&#233;rience, il est recommand&#233; de lire les travaux que MarthaHarnecker, qui r&#233;side au Venezuela, a consacr&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; l'exp&#233;rience des conseils communaux [14].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le PSUV (Parti Socialiste Uni du Venezuela) &#224; la veille d'un congr&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le parti cr&#233;&#233; par Hugo Chavez en 2006 a donn&#233; l'impression d'&#234;tre mort-n&#233; lors du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel de 2007 puisque le nombre de V&#233;n&#233;zu&#233;liens qui ont vot&#233; pour le &#171; oui &#187; &#233;tait inf&#233;rieur au nombre d'inscrits officiellement au parti [15]. Mais ce jugement a &#233;t&#233; partiellement d&#233;menti dans les mois qui ont suivi car les r&#233;unions se sont multipli&#233;es &#224; la base, ce qui a d&#233;bouch&#233; sur la d&#233;signation de candidats aux &#233;lections municipales et aux fonctions de gouverneur des 23 Etats qui constituent le Venezuela. Ici aussi, le processus est contradictoire car si la participation de la base a &#233;t&#233; effective et dynamique et si celle-ci a d&#233;sign&#233; les candidats aux &#233;lections, il n'en demeure pas moins que quand il s'est agi, dans un autre registre, de composer la direction du parti, la base n'a pas pu &#233;lire l'enti&#232;ret&#233; des dirigeants et Chavez a plac&#233; lui-m&#234;me aux principales fonctions du parti (les 8 vice-pr&#233;sidents du PSUV) les ministres de son gouvernement, ce qui cr&#233;e une confusion pr&#233;judiciable entre l'Etat, le gouvernement et le parti. A ce propos, des voix s'&#233;l&#232;vent dans le PSUV pour critiquer le fait que l'animation et la direction du parti, au plus haut niveau, soient de la responsabilit&#233; des ministres qui sont d&#233;j&#224; totalement surcharg&#233;s par leur travail gouvernemental. De plus leur position de ministres, donne &#224; ces dirigeants le pouvoir d'influencer de mani&#232;re disproportionn&#233;e les d&#233;cisions que prend le parti. Ils peuvent aussi plus facilement que d'autres influencer une fraction des membres du parti quand ceux-ci sont appel&#233;s &#224; voter. Martha Harnecker exprime de la fa&#231;on suivante une critique partag&#233;e par un nombre important de militants : &#171; Une des choses qui nous &#233;tonne et qui, je suppose, doit &#233;norm&#233;ment choquer &#224; l'&#233;tranger, particuli&#232;rement en Europe, c'est que l'Etat soit l'instrument avec lequel on construit le parti. C'est une chose absolument contradictoire avec notre vision du parti.&#8221; [16] Gonzalo Gomez, militant du PSUV et cofondateur d'Aporrea, s'inqui&#232;te : &#8220;Nous manquons de statuts, parce qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; approuv&#233;s, et le parti avance au gr&#233; des rapports de force &#233;ventuels, parce qu'il n'y a pas de r&#232;gles, les r&#232;gles apparaissant au cours du jeu / processus lui-m&#234;me. Cela doit &#234;tre chang&#233; en garantissant une pleine d&#233;mocratisation de l'organisation ; et, par ailleurs, il y a la question de la relation du parti avec l'Etat, avec le pouvoir populaire et les mouvements sociaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la relation entre le parti et le pouvoir populaire (qu'il appelle aussi &#8220;l'acteur constituant&#8221;) &#224; construire, il ajoute : &#8220;Le Parti peut chercher &#224; proposer et orienter, en accompagnant les mouvements sociaux dans la construction du pouvoir populaire, mais il ne peut soumettre le pouvoir populaire : soumettre cet acteur constituant par le pouvoir constitu&#233;.&#8221; [17] Le prochain congr&#232;s du PSUV (d'abord convoqu&#233; pour le 10 octobre 2009 puis report&#233; &#224; la fin novembre 2009) fait l'objet de nombreuses interrogations. Les 7'253'691 militants inscrits que compte le PSUV sont appel&#233;s &#224; se r&#233;unir en structures de base, d&#233;nomm&#233;es &#034;patrouilles&#034; qui comptent chacune entre 20 et 30 membres. Chaque r&#233;union de patrouille, pour &#234;tre valide, doit r&#233;unir plus de la moiti&#233; de ses membres. Un certain nombre de militants expriment des inqui&#233;tudes : ils se demandent comment organiser de mani&#232;re d&#233;mocratique un congr&#232;s qui doit porter tant sur le programme que sur les statuts et le bilan de trois ans d'existence, sans oublier les perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les paradoxes de l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : le secteur capitaliste se d&#233;veloppe plus rapidement que le secteur public et domine encore tr&#232;s largement l'&#233;conomie malgr&#233; les nationalisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le poids du secteur priv&#233; (tr&#232;s largement domin&#233; par le secteur capitaliste [18]) dans le produit int&#233;rieur du Venezuela est pass&#233; de 64,7 % en 1998 (&#224; la veille de l'&#233;lection d'Hugo Chavez &#224; la pr&#233;sidence) &#224; 70,9 % au troisi&#232;me trimestre de 2008 [19]. Bien que le gouvernement ait nationalis&#233; un nombre significatif d'entreprises de grande taille dans les secteurs de l'&#233;lectricit&#233;, des t&#233;l&#233;communications, de la sid&#233;rurgie, de l'agroalimentaire, du ciment et de la banque, le secteur capitaliste a connu une croissance plus rapide que le secteur public, ce qui explique que son poids relatif dans le PIB a augment&#233; (voir plus haut) tandis que celui du secteur public a baiss&#233; (passant de 34,8 % en 1998 &#224; 29,1 % en 2008) [20].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'explique notamment par le type d'utilisation de la rente p&#233;troli&#232;re. L'&#233;crasante majorit&#233; des ressources de l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien provient de l'exportation du p&#233;trole. Le gouvernement utilise massivement ses ressources provenant de la rente p&#233;troli&#232;re pour am&#233;liorer les conditions de vie de la majorit&#233; pauvre de la population (ainsi que des autres secteurs &#224; revenus moyens) dans les domaines de la sant&#233; (les r&#233;sultats sont impressionnants), de l'&#233;ducation (idem), de l'approvisionnement en produits de base &#224; des prix comprim&#233;s via les canaux de distribution et de commercialisation Mercal [21] et Pdval [22] (aliments et autres biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; pour les familles), de la construction de logements, de la construction d'infrastructure et de moyens de communication collectifs (m&#233;tro, train), de l'augmentation des salaires de la fonction publique, de l'augmentation d'un grand nombre de bourses et d'allocations sociales, sans oublier les d&#233;penses dans le secteur de la culture et des sports. Il distribue des subventions importantes pour les coop&#233;ratives, pour les conseils communaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat est incontestablement positif : le pourcentage des V&#233;n&#233;zu&#233;liens vivant en dessous du seuil de pauvret&#233; a diminu&#233; de moiti&#233; entre 2003 et 2008, passant de 62, 1 % &#224; 31,5 % de la population. Le pourcentage des personnes en situation de pauvret&#233; extr&#234;me a, quant &#224; lui, &#233;t&#233; r&#233;duit de deux tiers, passant de 29 % en 2003 &#224; 9,1 % en 2008 [23] ; l'analphab&#233;tisme a tr&#232;s fortement baiss&#233;, le niveau de formation a augment&#233;, l'acc&#232;s aux soins de sant&#233; gratuits a tr&#232;s fortement augment&#233;,la consommation des masses a augment&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le secteur capitaliste profite aussi tr&#232;s largement de ces d&#233;penses gouvernementales car c'est lui qui domine, et de tr&#232;s loin, le secteur bancaire, le commerce et l'industrie alimentaire. L'argent suppl&#233;mentaire qui arrive au peuple et qui provient des d&#233;penses de l'Etat finit par se concentrer dans la bourse des capitalistes car c'est dans les banques capitalistes que les particuliers (mais aussi les coop&#233;ratives, les conseils communaux, les municipalit&#233;s et de nombreuses autres entit&#233;s publiques) d&#233;posent leur argent. Ce sont les banques capitalistes qui &#233;mettent la monnaie de cr&#233;dit &#224; la consommation sous la forme de cartes de cr&#233;dit et qui soutiennent une partie croissante de la consommation (en pr&#233;levant des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s). Ce sont les entreprises capitalistes de l'industrie alimentaire qui produisent ou commercialisent la plupart des produits alimentaires consomm&#233;s par les masses. Ce sont les entreprises capitalistes d'importation qui font venir de l'&#233;tranger &#8211; &#224; un taux de change officiel tr&#232;s favorable aux importateurs &#8211; les tr&#232;s nombreux produits import&#233;s que consomment les V&#233;n&#233;zu&#233;liens (ces firmes organisent d'ailleurs un commerce d'import-export frauduleux massif entre le Venezuela et la Colombie qui fait perdre des revenus &#224; l'Etat et augmente d'autant les profits capitalistes). Ce sont les cha&#238;nes priv&#233;es de grands magasins qui dominent encore le commerce m&#234;me si Mercal et Pdval jouent un r&#244;le non n&#233;gligeable dans l'approvisionnement en produits de base. Quand l'Etat nationalise des entreprises priv&#233;es appartenant au capital national, c'est aux capitalistes locaux qu'il verse des indemnit&#233;s de rachat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le secteur capitaliste continue &#224; siphonner la majeure partie des d&#233;penses que fait l'Etat en faveur de la population pauvre ou &#224; revenu moyen. Selon une &#233;tude [24] de Mark Weisbrot et Luis Sandoval, dont le contenu est par ailleurs tr&#232;s favorable au gouvernement de Chavez, le secteur financier priv&#233; a connu une croissance de 37, 9 % en 2004, de 34,6 % en 2005 et de 39,2 % en 2006 alors que le secteur public (tous secteurs confondus) n'a connu qu'une croissance de 12,5 % en 2004, de 4,1 % en 2005, de 2,9 % en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crit Victor Alvarez : &#171; Au cours du pr&#233;c&#233;dent mandat du pr&#233;sident Chavez (2000-2006), la plus grande partie des incitations financi&#232;res,fiscales, de change, des achats publics, de l'assistance technique, etc. a &#233;t&#233; dirig&#233;e vers l'appareil productif existant, form&#233; fondamentalement d'entreprises commerciales, lesquelles reproduisent le mode de production capitaliste qui est, paradoxalement, celui qu'on veut d&#233;passer et transcender. &#187; On est donc tr&#232;s loin des affirmations de la presse dominante qui voit dans la gestion d'Hugo Chavez une &#233;tatisation galopante de l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me suppl&#233;mentaire, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; plus haut, provient d'une politique de sur&#233;valuation de la monnaie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne par rapport au dollar. Cela demande une explication. Depuis 2003, les entreprises qui veulent importer des marchandises et des services doivent acheter des dollars &#224; une administration de l'Etat appel&#233;e CADIVI. Cette mesure prise pour lutter contre la fuite des capitaux est utile. Le probl&#232;me, c'est quele taux de change entre le bolivar et le dollar surestime la valeur du premier. En effet, cela renforce un comportement pervers : pour un capitaliste qui dispose de bolivars en grande quantit&#233;, il est plus rentable d'&#233;changer ceux-ci contre des dollars vendus pas chers par l'Etat et d'importer des produits venant des Etats-Unis ou d'ailleurs que de produire ceux-ci dans le pays. Donc, la politique du bolivar sur&#233;valu&#233; inhibe l'investissement productif et favorise l'activit&#233; commerciale tourn&#233;e vers l'importation fr&#233;n&#233;tique de marchandises [25] et la vente de celles-ci via les grands r&#233;seaux priv&#233;s de distribution. Cette importation massive est de fait subventionn&#233;e par l'Etat puisque celui-ci vend au secteur priv&#233; des dollars pas chers qu'il a accumul&#233;s gr&#226;ce &#224; l'exportation de p&#233;trole. Il faudrait &#233;galement analyser le r&#244;le de cette politique du bolivar sur&#233;valu&#233; et de haut niveau d'importation sur le taux d'inflation qui est particuli&#232;rement &#233;lev&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es au Venezuela. Un taux d'inflation &#233;lev&#233; qui rogne les augmentations de salaires octroy&#233;es par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple vicieux de cette politique du bolivar sur&#233;valu&#233; et des cadeaux qui sont faits par le gouvernement aux banques priv&#233;es : l'Etatv&#233;n&#233;zu&#233;lien a achet&#233; des titres de la dette &#233;mis par l'Argentine en 2004-2005. Le probl&#232;me, c'est qu'il a vendu une partie de ces titres de la dette argentine qui &#233;taient libell&#233;s en dollars aux banques priv&#233;es. Elles les ont achet&#233;s en bolivars au taux de change officiel sur&#233;valu&#233;. Qu'en ont fait certaines (ou beaucoup) d'entre elles ? Elles ont vendu ces titres de la dette argentine aux Etats-Unis ou ailleurs contre des dollars. Cela leur a permis de contourner le contr&#244;le sur les mouvements de sortie de capitaux qu'exerce l'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien. En effet, officiellement elles n'ont pas export&#233; de capitaux, elles n'ont fait que sortir du pays des titres de la dette argentine. D'autres astuces des banques ont pu leur fournir des profits juteux, il serait trop long de les d&#233;tailler ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion, c'est que bien que l'Etat de tente mettre en &#339;uvre une politique de d&#233;veloppement endog&#232;ne (c'est-&#224;-dire tourn&#233; vers la satisfaction de la demande int&#233;rieure par de plus en plus de production r&#233;alis&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du pays), la mani&#232;re dont op&#232;re la redistribution de la rente p&#233;troli&#232;re tend &#224; renforcer le secteur capitaliste et le comportement importateur de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son intervention &#224; la rencontre des intellectuels organis&#233;e par le CIM, l'&#233;crivain et juriste Luis Britto r&#233;sume bien la situation : &#171; Nousvivons dans une soci&#233;t&#233; duale, et j'explique dans une fable que j'ai &#233;crite que si quelqu'un tente de faire un syst&#232;me mixte avec des poules et des renards dans un m&#234;me poulailler, la semaine suivante, il ne restera plus que des renards, qui, en plus, mangeront le fermier. &#187; [26].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques pistes pour avancer vers une transition au socialisme du XXIe si&#232;cle au Venezuela [27].&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une des solutions &#224; mettre en &#339;uvre afin que l'Etat puisse r&#233;cup&#233;rer (en lieu et place du syst&#232;me bancaire priv&#233; actuel) une partie substantielle de ce qu'il distribue (ou d&#233;pense) consiste &#224; transf&#233;rer vers le secteur public (nationaliser) la majeure partie ou l'enti&#232;ret&#233; du secteur bancaire capitaliste v&#233;n&#233;zu&#233;lien [28]. En r&#233;cup&#233;rant ainsi une partie de ce qu'il distribue (&#224; partir de la rente p&#233;troli&#232;re), il pourra le r&#233;investir dans l'&#233;conomie de nouveau sous la forme de d&#233;penses sociales ou d'investissements productifs afin de cr&#233;er un cercle vertueux d'accumulation et de d&#233;veloppement d'un secteur public de l'&#233;conomie ainsi que des autres formes de propri&#233;t&#233; &#224; soutenir et &#224; renforcer (petite propri&#233;t&#233; priv&#233;e, propri&#233;t&#233; coop&#233;rative, formes traditionnelles de propri&#233;t&#233; des communaut&#233;s indig&#232;nes&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me mesure pourrait consister en l'&#233;tatisation du commerce ext&#233;rieur afin d'&#233;viter qu'une grande partie des revenus de celui-ci ne soit d&#233;vi&#233;e vers l'accumulation capitaliste ou / et d&#233;vi&#233; vers l'ext&#233;rieur via la fuite des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#233;galement &#233;tablir toute une s&#233;rie d'incitations de diff&#233;rentstypes (taxes, subventions, priorit&#233;s dans les commandes de l'Etat&#8230;) en faveur du secteur non capitaliste de l'&#233;conomie (y compris bien s&#251;r la petite propri&#233;t&#233; priv&#233;e) [29]. Mais ce qui est absolument essentiel, c'est de mettre en place des m&#233;canismes pour &#233;viter deux &#233;cueils majeurs : 1) la monopolisation des d&#233;cisions par la bureaucratie de l'Etat et 2) l'&#233;mergence d'une nouvelle bourgeoisie &#224; partir des entrailles du chavisme, ce que la population appelle d&#233;j&#224; la &#171; bolibourgeoisie &#187; (= la bourgeoisie bolivarienne, la partie des dirigeants chavistes qui profitent de leur fonction pour commencer &#224; accumuler un capital [30]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces m&#233;canismes, citons : la fixation d'une limite &#224; l'&#233;ventail des salaires (par exemple un &#224; six) en r&#233;duisant les salaires les plus &#233;lev&#233;s et en augmentant fortement le salaire minimum ainsi que les autres jusqu'aux salaires moyens ; obliger les mandataires et les fonctionnaires de rang &#233;lev&#233; &#224; faire une d&#233;claration annuelle de revenus globaux (salaires et autres r&#233;mun&#233;rations et revenus) et de patrimoine (car l'accumulation du capital par des bureaucrates passe le plus souvent par des dessous-de-table qui n'apparaissent pas dans les revenus tandis qu'ils apparaissent dans le patrimoine) ; obliger les citoyens &#224; d&#233;clarer les diff&#233;rents comptes bancaires dans le pays et &#224; l'&#233;tranger (lev&#233;e du secret bancaire) ; augmenter fortement la progressivit&#233; de l'imp&#244;t sur les revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rem&#232;de indispensable et certainement le plus efficace, c'est l'application d'une politique de contr&#244;le ouvrier et de contr&#244;le citoyen sur la comptabilit&#233; et la gestion des entreprises et des institutions publiques. Cela permet d'imposer la transparence de la gestion (afin d'&#233;viter les d&#233;tournements, le gaspillage, l'utilisation des ressources des entreprises ou des institutions pour des projets qui ne se justifient pas du point de vue social, environnemental&#8230;) via une politique d'audit int&#233;gral &#224; laquelle les travailleurs et les utilisateurs des services doivent participer activement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique aussi de doter les organismes de contr&#244;le et les personnes qui en font partie de la formation n&#233;cessaire pour exercer l'audit. On doit aussi cr&#233;er les ponts ad&#233;quats pour passer du contr&#244;le &#224; l'autogestion des entreprises (tout en maintenant un contr&#244;le externe). Toute cette bataille pour le contr&#244;le ouvrier, pour le contr&#244;le citoyen (que j'appelle aussi contr&#244;le par les utilisateurs), pour l'autogestion, fait partie de la construction d'organes de pouvoir populaire par en bas dont il est question. Tout comme les conseils communaux font &#233;galement partie de cette construction d'organes de pouvoir populaire. Il faudra trouver les formes ad&#233;quates pour que cette construction d'organes ne se limite pas &#224; une vision fragment&#233;e, ce qui pose la question de la construction d'une f&#233;d&#233;ration nationale d'organes de contr&#244;le et de pouvoir populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'am&#233;lioration de la formation des gestionnaires des entreprises publiques est aussi vitale. Car les nationalisations n&#233;cessitent la cr&#233;ation d'une r&#233;serve de recrutement de cadres de haut niveau technique et de grande formation politique, sociale et &#233;thique. En effet, pour acc&#233;l&#233;rer le rythme des nationalisations, il faut cr&#233;er simultan&#233;ment une r&#233;serve de cadres et d&#233;velopper, comme mentionn&#233; plus haut, une politique de contr&#244;le ouvrier et citoyen. Dans le cas contraire, on risque de cr&#233;er des entreprises publiques inefficaces, voire corrompues.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques observations suppl&#233;mentaires concernant le Venezuela&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duire la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des hydrocarbures et des Etats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des d&#233;fis qu'ont affront&#233; plusieurs gouvernements ant&#233;rieurs, tout comme celui d'Hugo Chavez, est celui de la diversification de l'appareil productif afin de sortir d'une d&#233;pendance extr&#234;me &#224; l'&#233;gard des hydrocarbures (cela vaut d'ailleurs pour la plupart des grands exportateurs de p&#233;trole). C'est pour cela que, dans les ann&#233;es 1960, une entreprise comme SIDOR a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. Par la suite, au cours des ann&#233;es 1980 et 1990, les gouvernements n&#233;olib&#233;raux [31] privatis&#232;rent plusieurs entreprises publiques comme SIDOR et mis&#232;rent sur les investissements &#233;trangers pour diversifier l'&#233;conomie. Ce fut un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, le gouvernement d'Hugo Chavez tente &#224; sa mani&#232;re de diversifier l'appareil productif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. d&#233;veloppement et renforcement d'un p&#244;le sid&#233;rurgique et m&#233;tallurgique en appliquant une politique de substitution d'importation (par exemple, le Venezuela va produire les tubes dont il a besoin pour ses ol&#233;oducs alors que jusqu'ici, ils sont import&#233;s ; avec l'aide des Chinois, le Venezuelava produire du mat&#233;riel ferroviaire et red&#233;velopper son r&#233;seau) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. soutien &#224; la production agricole locale pour se rapprocher autant que possible d'une situation de souverainet&#233; alimentaire alors que pr&#232;s de 90 % des aliments consomm&#233;s dans le pays sont import&#233;s (h&#233;ritage des d&#233;cennies d'utilisation des revenus p&#233;troliers pour importer tout ce dont le Venezuela avait besoin) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. d&#233;veloppement d'une industrie p&#233;trochimique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. am&#233;lioration de la production et de la distribution &#233;lectrique produite en tr&#232;s grande majorit&#233; &#224; partir de l'&#233;nergie hydraulique (et heureusement pas &#224; partir du p&#233;trole). A ce niveau, contrairement aux intentions officielles, il faut &#233;viter de se lancer dans la production d'&#233;lectricit&#233; par des centrales nucl&#233;aires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. nationalisation de l'industrie du ciment afin de d&#233;velopper la politique de construction d'habitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la volont&#233; de r&#233;duire la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du p&#233;trole, le Venezuela cherche aussi &#224; diminuer la part de ses exportations destin&#233;e aux Etats-Unis [32], son principal acheteur d'hydrocarbures, en cherchant &#224; renforcer les fournitures &#224; la Chine (selon certaines sources gouvernementales, l'espoir est que la Chine ach&#232;te autant que les Etats-Unis d'ici 2014, ce qui para&#238;t tr&#232;s difficile &#224; atteindre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politique agraire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme agraire a &#233;t&#233; mise en place [33], les coop&#233;ratives et les petites exploitations agricoles font l'objet de subventions importantes mais on part d'une situation tr&#232;s difficile. Le poids de l'agriculture dans le PIB est tr&#232;s faible [34] et, mises &#224; part des exceptions tr&#232;s importantes (comme par exemple les r&#233;gions de grande culture mara&#238;ch&#232;re dans les Andes [35]), le Venezuela est un de ces pays o&#249; la paysannerie est consid&#233;rablement affaiblie en raison du mod&#232;le importateur appliqu&#233; depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment reconstituer une paysannerie assurant la souverainet&#233; alimentaire d'une population qui atteindra 30 millions dans les prochaines ann&#233;es ? Il faut reconna&#238;tre que le probl&#232;me est tr&#232;s difficile &#224; r&#233;soudre. Pour cela, il faut que l'Etat mette en &#339;uvre une tr&#232;s large batterie de mesures de stimulations parmi lesquelles : une am&#233;lioration substantielle de la qualit&#233; des services publics en zones rurales de mani&#232;re &#224; r&#233;duire l'exode rural ; l'apport d'une aide &#224; diff&#233;rents niveaux &#224; l'agriculture familiale et aux autres formes traditionnelles de production agricole sans exercer une pression exag&#233;r&#233;e en faveur des coop&#233;ratives [36] ; le d&#233;veloppement d'un r&#233;seau public pour la commercialisation des produits des paysans en leur assurant une stabilit&#233; de d&#233;bouch&#233; et des prix suffisamment &#233;lev&#233;s pour les stimuler et les mettre hors des griffes des r&#233;seaux priv&#233;s qui imposent leur prix aux producteurs et s'assurent des marges de b&#233;n&#233;fice beaucoup trop &#233;lev&#233;es [37].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michael Lebowitz a fait des propositions en ce qui concerne la politique agricole au Venezuela qui devraient &#234;tre mises en &#339;uvre pour am&#233;liorer la situation : &#171; En tenant compte de la contrebande existante due &#224; un bolivar sur&#233;valu&#233; et des marchandises d&#233;vi&#233;es via le march&#233; noir, la solution ne r&#233;side pas dans le subventionnement &#224; travers la fourniture gratuite d'intrants tels que les moyens de production, ou dans le subventionnement mon&#233;taire direct &#224; la production agricole (sauf dans le cas o&#249; de nouvelles installations productives soient mises en place). Pourquoi ? Parce que, vu les circonstances, il n'y a aucun contr&#244;le permettant d'assurer que les produits se dirigent au bon endroit / l&#224; o&#249; il faut &#8211; surtout en l'absence de m&#233;canismes de suivi et de surveillance qui impliquent des co&#251;ts de transaction tr&#232;s &#233;lev&#233;s. Par cons&#233;quent, pour assurer que les subventions aboutissent &#224; une v&#233;ritable augmentation de l'offre alimentaire sur le march&#233; national, et ce, &#224; des prix convenables, la meilleure forme de subventionnement est de passer par une agence de l'Etat qui ach&#232;te les produits &#224; un prix d&#233;termin&#233;. Cette agence &#233;tatique peut offrir un prix aux producteurs qui stimule la production et peut ensuite faire en sorte que les articles produits soient vendus &#224; la population via le r&#233;seau Mercal &#224; des prix inf&#233;rieurs aux prix pay&#233;s aux producteurs &#187;&#8221; [38].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politique du gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien en mati&#232;re d'endettement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids de la dette publique par rapport au PIB a baiss&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es mais il faut souligner que le gouvernement d'Hugo Chavez n'ordonne pas la r&#233;alisation d'un audit int&#233;gral de la dette publique alors qu'il s'est engag&#233; &#224; plusieurs reprises &#224; le faire [39].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la dette que continue &#224; rembourser le Venezuela est h&#233;rit&#233;e du r&#233;gime ant&#233;rieur (la IVe R&#233;publique) et est tr&#232;s fortement entach&#233;e de fraude. Mais il ne faut pas s'en tenir aux dettes contract&#233;es par les gouvernements ant&#233;rieurs &#224; la Ve R&#233;publique institu&#233;e en 1999. En effet, il est tr&#232;s important pour le gouvernement de faire la preuve aux citoyens qu'il est pr&#234;t &#224; auditer sa propre politique d'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, on ne peut que s'interroger sur l'opportunit&#233; de contracter de nouveaux emprunts &#224; un moment o&#249; le prix du baril de p&#233;trole &#233;tait &#233;lev&#233; et o&#249; les liquidit&#233;s ne manquaient pas. Or PDVSA s'est endett&#233; pour un montant de 12 milliards de dollars en 2006 en &#233;mettant des titres sur les march&#233;s financiers internationaux. Comment justifier cette d&#233;cision qui n'a pas fait l'objet de discussion &#224; l'Assembl&#233;e nationale ? Avec un prix du baril qui a baiss&#233; depuis juillet 2008 (m&#234;me si son niveau actuel &#8211; entre 50 et 70 dollars le baril pendant l'&#233;t&#233; 2009 &#8211; met hors de danger imm&#233;diat le Venezuela), les remboursements que doit effectuer PDVSA ne gr&#232;vent-ils pas son budget, ne r&#233;duisent-ils pas exag&#233;r&#233;ment ses liquidit&#233;s ? Pourquoi s'endetter et transf&#233;rer des int&#233;r&#234;ts vers les financiers priv&#233;s internationaux (ou nationaux), si on dispose de liquidit&#233;s suffisantes pour ne pas devoir recourir &#224; l'emprunt ? Ces questions restent malheureusement sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner que Hugo Chavez met l'accent sur le d&#233;veloppement endog&#232;ne du pays qu'il d&#233;finit comme &#171; autocentr&#233;, fond&#233; sur des ressources propres et consubstantiel du retour en force de l'&#233;chelle nationale &#187;. R&#233;duire l'endettement ext&#233;rieur de PDVSA devrait constituer une application de cette d&#233;finition tr&#232;s int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;fense du Venezuela par rapport aux dangers d'agression ext&#233;rieure et &#224; la menace des paramilitaires colombiens en territoire v&#233;n&#233;zu&#233;lien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'agressivit&#233; des Etats-Unis et de la Colombie (les forces arm&#233;es colombiennes sont bien sup&#233;rieures &#224; celles du Venezuela et il est de notori&#233;t&#233; publique que des forces paramilitaires de ce pays sont d&#233;j&#224; pr&#233;sentes &#224; l'int&#233;rieur du territoire v&#233;n&#233;zu&#233;lien, par exemple dans l'Etatde Tachira au sud-ouest du pays), la prise de conscience de la n&#233;cessit&#233; de se pr&#233;parer &#224; des attaques possibles s'accro&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rappeler que pour faire face au putsch du 11 avril 2002, le peuple ne disposait pas d'armes. C'est d&#233;sarm&#233;es que des centaines de milliers de personnes ont encercl&#233; les casernes, le palais pr&#233;sidentiel, les radios et TV complices du coup. Beaucoup de militants ne veulent pas qu'une telle situation se reproduise, d'autant que les ennemis du processus ont aussi tir&#233; les le&#231;ons de l'&#233;chec du coup. Le g&#233;n&#233;ral AlbertoM&#252;ller Rojas, membre de la direction du PSUV, &#233;crit dans l'&#233;ditorial de Ala Izquierda (A la gauche), la revue de ce parti, qu'il faut imaginer une agression arm&#233;e &#171; dans laquelle notre peuple devrait affronter des forces non seulement sup&#233;rieures du point de vue quantitatif mais aussi qualitatif. Et il y aurait un facteur aggravant. Les hostilit&#233;s compteraient sur l'appui de facteurs de pouvoirs internes&#8230; &#187;. Un peu plus loin, il ajoute : &#171; La r&#233;ponse de notre organisation ne peut consister &#224; promouvoir un d&#233;bat sur ce probl&#232;me dans le cadre des organisations &#187; [40]. De son c&#244;t&#233;, Stalin Perez Borge, dirigeant de Marea Socialista et responsable syndical, &#233;crit : &#171; l'unique r&#233;ponse est le peuple en armes. Il est n&#233;cessaire que nous les travailleurs, nous nous incorporions dans la milice bolivarienne pour former le plus t&#244;t possible des bataillons ouvriers &#187; [41].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Eric Toussaint, pr&#233;sident du CADTM (Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le &#171; Non &#187; au r&#233;f&#233;rendum constitutionnel promu par Hugo Chavez le 2 d&#233;cembre 2007 a recueilli 51 % des voix contre 49 % pour le &#171; Oui &#187;. C'est le seul &#233;chec &#171; &#233;lectoral &#187; de Chavez entre 1998 et 2009. Voir EricToussaint, &#171; Transformer l'&#233;chec du 2 d&#233;cembre 2007 en un puissant levier pour am&#233;liorer le processus en cours au Venezuela d'Hugo Chavez &#187;, d&#233;cembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 A noter qu'en France, jusqu'&#224; l'adoption en juillet 2008 de la loi constitutionnelle de modernisation des institutions, il n'y avait pas de limitation au nombre de mandats cons&#233;cutifs. D&#233;sormais, il y a une limite fix&#233;e &#224; deux mandats cons&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Blog &#171; La Voie du Sud &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 A noter n&#233;anmoins un &#233;l&#233;ment structurel tr&#232;s positif au Venezuela:l'&#233;lectricit&#233; est produite dans son &#233;crasante majorit&#233; &#224; partir de l'&#233;nergie hydraulique. L'utilisation de combustibles fossiles est extr&#234;mement marginale et il n'y a pas de centrale nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Voir une tr&#232;s int&#233;ressante vid&#233;o de la manifestation avec interview de plusieurs dirigeants syndicaux sur le site de Marea Socialista&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Pour en savoir plus sur les initiatives ou les prises de position en mati&#232;re de contr&#244;le ouvrier au Venezuela, lire notamment les n&#176; 19, 20, 21 et 22 de la revue Marea Socialista, juillet-ao&#251;t 2009, qui pr&#233;sentent la situation &#224; SIDOR, CorpoElec, Cadafe, les cimenteries, Cafeaca, Alcasa, Carbonorca&#8230; Voir le site de Marea socialista&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Cela a notamment &#233;t&#233; le cas le 21 mai 2009 lors d'une r&#233;union d'HugoChavez avec 400 d&#233;l&#233;gu&#233;s des industries de l'acier et de l'aluminium r&#233;alis&#233;e dans l'Etat de Guayana. Une r&#233;union de concr&#233;tisation d'autres engagements pris lors de cette importante assembl&#233;e a eu lieu le 21 ao&#251;t 2009 dans le cadre du &#171; Plan Guayana socialista 2019 &#187; Voir Mareasocialista, n&#176; 22, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Toutes les interventions, qui au total font plus de 300 pages, sont accessibles en espagnol sur le site internet alternatif &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.aporrea.org&lt;/a&gt; et font l'objet d'une publication imprim&#233;e dans le num&#233;ro z&#233;ro de la revue La Comuna, dat&#233; de juillet-ao&#251;t- septembre 2009. Il faut signaler que ce site qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; juste apr&#232;s l'&#233;chec du coup d'Etat d'avril 2002 par une &#233;quipe militante autour de Gonzalo Gomez (par ailleurs membre fondateur du CADTM au Venezuela), joue un r&#244;le fort important sur le plan de l'information et des d&#233;bats sur le processus en cours. Il re&#231;oit plus d'un million de visites par mois. Plusieurs interventions sont &#233;galement disponibles en fran&#231;ais sur le site &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 La synth&#232;se compl&#232;te est en ligne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Commission nationale de t&#233;l&#233;communications, l'instance ind&#233;pendante de r&#233;gulation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Date du retour de Chavez au pouvoir (apr&#232;s le coup d'Etat du 11 avril 2002) suite &#224; la mobilisation massive et spontan&#233;e de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 &#171; Fabriquan encuentros de intelectuales cuyos pronunciamientos son confusos, dejan traslucir su resquemor por el liderazgo de Chavez, queellos denominan &#8220;hiperliderazgo&#8221; o &#8220;cesarismo progresista&#8221; ; Sin duda, sonchavistas sin Chavez, pero avergonzados de salir al luz del dia, de saltardefinitivamente la talanquera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 LEY DE LOS CONSEJOS COMUNALES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Voir Martha Harnecker &#8220;De los consejos comunales a las comunas&#8221;&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/docs/83276.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/docs/83276.pdf&lt;/a&gt; . Cette &#233;tude de 61 pages contientune bibliographie des 21 travaux de Martha Harnecker sur le th&#232;me de la participation populaire. Lire aussi de la m&#234;me auteure &#8220;Las Comunas, susproblemas y c&#243;mo enfrentarlos&#8221; &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/docs/90924.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/docs/90924.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 Officiellement, six millions de V&#233;n&#233;zu&#233;liens avaient adh&#233;r&#233; au PSUVau moment du r&#233;f&#233;rendum du 2 d&#233;cembre 2007. Or le &#171; Oui &#187; a remport&#233; seulement un peu plus de quatre millions de voix dont certaines ne proviennent manifestement pas de militants du PSUV puisque le PCV (Partido Comunista de Venezuela) et le PPT (Patria Para Todos) notamment appelaient &#224; voter pour le &#171; Oui &#187;. Au moins 2 millions d'adh&#233;rents du PSUV n'ont donc pas vot&#233; pour le &#171; Oui &#187;. En fait dans la phase de lancement du parti, les minist&#232;res se sont vus attribuer des quotas d'inscriptions de membres &#224; atteindre, ce qui a vici&#233; le processus et a gonfl&#233; le nombre de membres du parti sans que cela ne corresponde r&#233;ellement &#224; la quantit&#233; de V&#233;n&#233;zu&#233;liens qui souhaitaient adh&#233;rer au parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 Intervention de Martha Harnecker lors de la rencontre &#034;Intellectuels, d&#233;mocratie et socialisme : voies sans issue et chemins &#224; parcourir&#034;organis&#233;e par le CIM &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/noticia.php&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 Intervention de Gonzalo Gomez lors de la rencontre &#034;Intellectuels, d&#233;mocratie et socialisme : voies sans issue et chemins &#224; parcourir&#034;organis&#233;e par le CIM &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/actualidad/n&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aporrea.org/actualidad/n&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 La part de l'&#233;conomie sociale au sein du secteur priv&#233; est par exemple tr&#232;s faible : de 0,5 % en 1998, elle est pass&#233;e &#224; 1,6 % du produit int&#233;rieur brut fin 2008. Sur un total de 11'692'071 personnes actives fin 2008, seulement 201'773 le sont dans les coop&#233;ratives de l'&#233;conomie sociale. C'est-&#224;-dire, &#224; peine 1,7 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 Voir Victor Alvarez &#171; La transformation du mod&#232;le productif v&#233;n&#233;zu&#233;lien : bilan de dix ann&#233;es de gouvernement &#187;, Revista La Comunan&#176;0, p. 37 &#224; 55. Victor Alvarez a &#233;t&#233; ministre des Industries de base du Gouvernement Chavez de janvier 2006 &#224; ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 Il y a une nuance importante &#224; apporter : jusqu'en 2002, bien que publique, PDVSA (Petroleos de Venezuela Sociedad An&#243;nima) avait &#233;volu&#233; vers une gestion favorable au secteur priv&#233;. D'ailleurs une grande partie de ses revenus &#233;taient d&#233;clar&#233;s et tax&#233;s aux Etats-Unis. Les mesures prises par le gouvernement Chavez &#224; partir de 2002 ont permis la reprise en main de la gestion de l'entreprise par l'Etat, ce qui a entra&#238;n&#233; une augmentation forte des revenus qui sont ensuite utilis&#233;s pour des politiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 La Mission Mercal S.A. (MERCado de ALimentos) est l'un des programmes sociaux promus par le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Cr&#233;&#233;e officiellement le 24 avril 2003, la Mission Mercal est destin&#233;e au secteur alimentaire et d&#233;pend du Minist&#232;re de l'Alimentation. Le programme consiste &#224; construire des magasins et des supermarch&#233;s et de les approvisionner en aliments et produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#224; bas prix afin qu'ils soient accessibles &#224; la population n&#233;cessiteuse. Les aliments sont subventionn&#233;s et arrivent sur les &#233;tals sans interm&#233;diaires, de telle sorte que les prix propos&#233;s offrent habituellement des r&#233;ductions de l'ordre de 30 &#224; 45 %, par rapport &#224; ceux pratiqu&#233;s dans les autres cha&#238;nes de distribution.&lt;a href=&#034;http://es.wikipedia.org/wiki/Misi&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://es.wikipedia.org/wiki/Misi&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 Productora y Distribuidora Venezolana de Alimentos (Pdval) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en janvier 2008 &lt;a href=&#034;http://www.abn.info.ve/go_news5.php&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.abn.info.ve/go_news5.php&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 Cit&#233; par Victor Alvarez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 Voir Mark Weisbrot et Luis Sandoval, La Econom&#237;a venezolana entiempos de Chavez, Center for Economic and Policy Research, Washington, 2007, &lt;a href=&#034;http://www.cepr.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cepr.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 Une anecdote personnelle : j'ai &#233;t&#233; tout &#224; fait stup&#233;fait de voir fin novembre-d&#233;but d&#233;cembre 2006 dans les quartiers de la classe moyenne &#224; Caracas des points de vente de milliers de sapins de No&#235;l import&#233;s du Canada. Les commerces vendaient aussi en grande quantit&#233; des syst&#232;mes pour projeter de la neige chimique sur les sapins. Il faut tenir compte du fait qu'&#224; Caracas il fait plus de 20&#176; de temp&#233;rature &#224; No&#235;l. Le bolivar sur&#233;valu&#233; rend tout &#224; fait rentable l'importation massive de sapins provenant du grand Nord. Il est vrai qu'Hugo Chavez critiquait ce comportement d'importation syst&#233;matique, d'autant plus, disait-il, que cela correspondait &#224; des habitudes culturelles (le p&#232;re No&#235;l par exemple) elles aussi import&#233;es et adopt&#233;es de mani&#232;re a critique au d&#233;triment des traditions culturelles locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 Voir &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/IMG/article_PD&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/IMG/article_PD&#8230;&lt;/a&gt; et Martha Harnecker &#171; Selecci&#243;n de las Opiniones m&#225;s destacadas de los intelectuales reunidos en el CIM &#187; &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/noticia.php&#8230;&lt;/a&gt; qui reprend des extraits de diff&#233;rentes interventions r&#233;alis&#233;es lors de la rencontre des intellectuels organis&#233;e par le CIM d&#233;but juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 Les recommandations ci-dessous valent aussi pour l'Equateur et la Bolivie (qui seront analys&#233;s dans un prochain article) m&#234;me si la situation au Venezuela est plus favorable de plusieurs points de vue &#224; leur mise en place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 Il a pris une premi&#232;re mesure dans ce sens en 2009 en nationalisant Banco de Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 Voir &#224; ce propos les propositions de Victor Alvarez dans la partie finale de son document d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 Roberto Lopez, professeur &#224; l'universit&#233; de Zulia, critique un processus : &#8220;dans lequel les secteurs des entreprises priv&#233;es, qui ne sont pas n&#233;cessairement ceux qui essayent de renverser le gouvernement, mais des secteurs priv&#233;s alli&#233;s &#224; la bureaucratie bolivarienne, sont devenus multimillionnaires sur cette p&#233;riode. Il faudrait faire une analyse de ces groupes priv&#233;s et de la relation avec les avoirs &#233;conomiques de nombreux dirigeants et grandes figures du processus. Il appara&#238;t qu'il y a une nouvelle bourgeoisie bolivarienne associ&#233;e aux milieux d'affaires. Par exemple, un fait dont j'ai eu vent presque directement est celui des entreprises sous-traitantes qui viennent d'&#234;tre nationalis&#233;es, expropri&#233;es, dans la r&#233;gion de la C&#244;te orientale du lac, et o&#249;, dans pratiquement toutes, il y avait des dirigeants qui avaient particip&#233; au coup, &#224; la gr&#232;ve patronale p&#233;troli&#232;re, et tous &#233;taient associ&#233;s &#224; des dirigeants du PSUV, avec des dirigeants de la r&#233;volution, avec des d&#233;put&#233;s, des gouverneurs bolivariens, etc.&#8221; Voir&lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/actualidad/n&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aporrea.org/actualidad/n&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 Dont la deuxi&#232;me pr&#233;sidence de Carlos Andres P&#233;rez qui appliqua en 1989 un plan d'ajustement structurel dict&#233; par le FMI entra&#238;nant l'&#233;norme soul&#232;vement populaire du 27 f&#233;vrier 1989 r&#233;prim&#233; dans le sang par P&#233;rezalors vice-pr&#233;sident de l'Internationale socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32 Selon l'Instituto nacional de estad&#237;sticas, en 1999, les Etats-Unis repr&#233;sentaient 47,36 % des exportations v&#233;n&#233;zu&#233;liennes et les importations en provenance des Etats-Unis repr&#233;sentaient 40,61 % du total de ce qu'importait le pays. En 2007, les pourcentages sont respectivement pass&#233;s &#224; 52,4 % pour les exportations et 25,8 % pour les importations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33 2'675'732 hectares ont &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s sur les grandes propri&#233;t&#233;s (latifundia) et l'on a octroy&#233; aux paysans des titres de propri&#233;t&#233; agraires et des titres d'adjudication pour un total de 1'862'247 hectares &#224; la fin de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34 Le secteur agricole repr&#233;sente &#224; peine 4,39 % du PIB alors qu'en Colombie il repr&#233;sente 12,1 %. La moyenne latino-am&#233;ricaine : 6,22% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35 Lire Alexandra Angeliaume et Jean Christian Talet, &#171; Mutationmara&#238;ch&#232;re et accompagnement institutionnel dans les Andes v&#233;n&#233;zu&#233;liennes (1950-2007) &#187; chapitre 4 de la seconde partie in Olivier Compagnon, JulienRebotier et Sandrine Revet (sous la direction de), Le Venezuela au-del&#224; du mythe. Chavez, la d&#233;mocratie, le changement social, Editions del'Atelier / Editions Ouvri&#232;res, Paris, 2009, 238 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36 En effet, le bilan de la cr&#233;ation de tr&#232;s nombreuses coop&#233;ratives agricoles (et autres d'ailleurs) est particuli&#232;rement mitig&#233; au Venezuela (comme cela avait &#233;t&#233; le cas dans une s&#233;rie d'autres pays qui ont donn&#233; la priorit&#233; aux coop&#233;ratives par rapport &#224; l'exploitation individuelle familiale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37 Comme on le voit, il n'y a pas que les petits producteurs europ&#233;ens de lait qui sont confront&#233;s &#224; ce type de probl&#232;me qui a provoqu&#233; des mouvements de lutte en France, en Belgique et en Allemagne, en 2008-2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38 Michael Lebowitz, &#171; De los subsidios agr&#237;colas a la soberan&#237;a alimentaria &#187;, 2 f&#233;vrier 2008, 7 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39 Hugo Chavez a annonc&#233; le lancement d'un audit de la dette lors de sa rencontre avec une centaine de d&#233;l&#233;gu&#233;s des mouvements sociaux du monde entier en janvier 2006 &#224; l'issue de la 6e &#233;dition du Forum social mondial r&#233;alis&#233;e de mani&#232;re d&#233;centralis&#233;e &#224; Caracas, Bamako et Karachi. J'&#233;tais pr&#233;sent &#224; cette r&#233;union qui a par ailleurs &#233;t&#233; enti&#232;rement retransmise en direct par la t&#233;l&#233;vision publique. Il s'y est aussi engag&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e 2008, dans le cadre d'une r&#233;union de l'Alba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 A la Izquierda, n&#176; 19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41 Marea Socialista, n&#176; 21, 28 juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11 octobre 2009)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du coup d'Etat au Honduras aux sept bases US en Colombie : la mont&#233;e de l'agressivit&#233; de Washington</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Du-coup-d-Etat-au-Honduras-aux-sept-bases-US-en-Colombie-la-montee-de-l</link>
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		<dc:date>2009-12-12T19:53:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
7 d&#233;cembre par &#201;ric Toussaint &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agressivit&#233; des Etats-Unis &#224; l'&#233;gard des gouvernements v&#233;n&#233;zu&#233;lien, bolivien et &#233;quatorien augmente dans la mesure o&#249; ils r&#233;agissent &#224; une r&#233;duction de leur emprise sur l'ensemble de l'Am&#233;rique latine et de la Cara&#239;be qu'ils attribuent en particulier &#224; Hugo Chavez (et &#224; Cuba, mais de ce c&#244;t&#233;, ce n'est pas nouveau). &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques signes de cette perte de contr&#244;le : lors des n&#233;gociations qui ont suivi l'agression de l'Equateur par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2681-3e3dc.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
7 d&#233;cembre par &#201;ric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'agressivit&#233; des Etats-Unis &#224; l'&#233;gard des gouvernements v&#233;n&#233;zu&#233;lien, bolivien et &#233;quatorien augmente dans la mesure o&#249; ils r&#233;agissent &#224; une r&#233;duction de leur emprise sur l'ensemble de l'Am&#233;rique latine et de la Cara&#239;be qu'ils attribuent en particulier &#224; Hugo Chavez (et &#224; Cuba, mais de ce c&#244;t&#233;, ce n'est pas nouveau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques signes de cette perte de contr&#244;le : lors des n&#233;gociations qui ont suivi l'agression de l'Equateur par la Colombie le 1er mars 2008 |2|, au lieu de recourir &#224; l'Organisation des Etats am&#233;ricains (OEA) dont les Etats-Unis font partie, les pr&#233;sidents latino-am&#233;ricains se sont r&#233;unis &#224; Santo Domingo sans les grands voisins du Nord dans le cadre du Groupe de Rio et ils ont clairement donn&#233; tort &#224; la Colombie, alli&#233;e des Etats-Unis. En 2008, le Honduras, traditionnellement et enti&#232;rement subordonn&#233; &#224; la politique de Washington, a rejoint Petrocaribe cr&#233;&#233; &#224; l'initiative du Venezuela afin de fournir aux pays de la r&#233;gion non exportateurs d'hydrocarbures du p&#233;trole &#224; un prix inf&#233;rieur au prix du march&#233; mondial. Le Honduras a &#233;galement adh&#233;r&#233; &#224; l'ALBA, autre initiative d'int&#233;gration r&#233;gionale lanc&#233;e par le Venezuela et Cuba. En d&#233;cembre 2008, a eu lieu un important sommet r&#233;unissant la plupart des pr&#233;sidents latino-am&#233;ricains &#224; Salvador de Bahia avec la pr&#233;sence remarqu&#233;e du chef d'Etat cubain, Raul Castro, &#224; c&#244;t&#233; duquel &#233;tait assis Felipe Calderon, pr&#233;sident du Mexique qui, jusqu'&#224; r&#233;cemment, adoptait une attitude hostile &#224; l'&#233;gard de Cuba suivant ainsi les injonctions de Washington. Quelques mois plus tard, l'OEA d&#233;cidait, malgr&#233; l'opposition des Etats-Unis, de r&#233;int&#233;grer Cuba qui en avait &#233;t&#233; exclu en 1964. En 2009, l'Equateur a rejoint lui aussi l'ALBA et a mis fin &#224; la concession de la base de Manta octroy&#233;e &#224; l'arm&#233;e des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, Washington a tent&#233; syst&#233;matiquement de contrecarrer le tournant &#224; gauche pris par les peuples d'Am&#233;rique latine : soutien au coup d'Etat contre Chavez en avril 2002, soutien financier massif &#224; l'opposition anti-chaviste, soutien &#224; la gr&#232;ve patronale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de d&#233;cembre 2002 - janvier 2003, intervention active de l'ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie pour emp&#234;cher l'&#233;lection d'Evo Morales, t&#233;l&#233;guidage de l'intervention de la Banque mondiale en Equateur en 2005 pour obtenir la d&#233;mission de Rafael Correa alors ministre de l'Economie et des Finances, organisation de man&#339;uvres militaires conjointes dans le C&#244;ne Sud |3|, r&#233;activation de la 4e flotte |4|, tr&#232;s forte augmentation de l'aide militaire &#224; son alli&#233; colombien qu'il utilise comme t&#234;te de pont dans la r&#233;gion andine. Et pour surmonter l'&#233;chec de l'ALCA de novembre 2005, la n&#233;gociation et/ou la signature d'un maximum de trait&#233;s de libre-&#233;change bilat&#233;raux (Chili, Uruguay, P&#233;rou, Colombie, Nicaragua, R&#233;publique dominicaine, Salvador, Guatemala, Honduras, Costa Rica |5|).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agressivit&#233; des Etats-Unis contre la contagion chaviste en Am&#233;rique latine est mont&#233;e d'un cran en juin-juillet 2009 avec le coup d'Etat militaire au Honduras qui a renvers&#233; le pr&#233;sident lib&#233;ral Manuel Zelaya alors qu'il proposait &#224; la population de se prononcer en faveur de la convocation de l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante au suffrage universel. Si une assembl&#233;e constituante avait &#233;t&#233; &#233;lue au suffrage universel elle aurait immanquablement d&#251; statuer sur la demande de r&#233;forme agraire, ce qui aurait remis en cause les &#233;normes privil&#232;ges des grands propri&#233;taires fonciers et des transnationales &#233;trang&#232;res de l'agro business pr&#233;sentes dans le pays. C'est principalement pour cela que la classe capitaliste locale, dont le secteur agraire constitue une fraction tr&#232;s importante, a soutenu le coup. Il faut aussi prendre en compte que cette classe capitaliste est une bourgeoisie comprador totalement tourn&#233;e vers l'import-export et d&#233;pendante des bonnes relations avec les Etats-Unis. C'est pour cela qu'elle a appuy&#233; la signature avec Washington d'un trait&#233; de libre commerce et qu'elle &#233;tait oppos&#233;e &#224; l'ALBA. L'augmentation du salaire minimum d&#233;cr&#233;t&#233;e par Manuel Zelaya constitue aussi une des raisons qui a pouss&#233; les patrons &#224; comploter pour le renverser |6|. Par ailleurs, on sait aussi que Manuel Zelaya comptait demander &#224; Washington de lib&#233;rer la base a&#233;rienne de Soto Cano situ&#233;e &#224; moins de 100 km de la capitale afin de la transformer en a&#233;roport civil. Le Pentagone n'avait pas dig&#233;r&#233; le virage &#224; gauche d'un pr&#233;sident dont il attendait un comportement docile car le Honduras fait partie de ses subordonn&#233;s dans la r&#233;gion. En imaginant m&#234;me, ce qui est hautement improbable, que les g&#233;n&#233;raux honduriens aient agi de leur propre initiative en concertation avec la classe capitaliste locale, il est inconcevable que Roberto Micheletti, le dictateur d&#233;sign&#233; par ces militaires et les dirigeants d'entreprises et du parti lib&#233;ral oppos&#233;s &#224; Manuel Zelaya,, ait pu rester au pouvoir si les Etats-Unis s'y &#233;taient r&#233;ellement oppos&#233;s. Ceux-ci forment depuis des d&#233;cennies les g&#233;n&#233;raux honduriens ; ils maintiennent dans le pays une importante base militaire &#224; Soto Cano (avec 500 militaires &#233;tats-uniens pr&#233;sents en permanence) ; et, comme l'a reconnu Hillary Clinton apr&#232;s le coup, ils ont largement financ&#233; l'opposition au pr&#233;sident Zelaya |7| ; leurs transnationales, notamment de l'agrobusiness, sont fortement implant&#233;es dans ce pays qu'elles consid&#232;rent comme une r&#233;publique banani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'augmenter encore un peu plus la menace contre le Venezuela et l'Equateur, Washington a obtenu du pr&#233;sident Alvaro Uribe l'annonce en juillet 2009 de l'octroi aux militaires &#233;tats-uniens de sept bases colombiennes qui permettront &#224; leur aviation de guerre d'atteindre toutes les r&#233;gions du continent sud am&#233;ricain (sauf le Cap Horn) |8|. Le d&#233;lai tr&#232;s court qui relie le coup militaire au Honduras &#224; l'annonce du pr&#233;sident colombien n'est en rien une co&#239;ncidence : Washington indique l&#224; tr&#232;s clairement qu'elle veut mettre un coup d'arr&#234;t &#224; l'extension de l'ALBA et tuer dans l'&#339;uf le socialisme du XXIe si&#232;cle. Il serait irresponsable de sous-estimer la capacit&#233; de nuisance de Washington et la continuit&#233; qui marque la politique ext&#233;rieure des Etats-Unis malgr&#233; l'accession de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence et une rh&#233;torique plus soft. Au moment o&#249; ces lignes sont &#233;crites, Washington refuse toujours de consid&#233;rer qu'il y a eu un coup d'Etat le 28 juin 2009 au Honduras. Alors que le pr&#233;sident Manuel Zelaya, rentr&#233; clandestinement dans son pays le 21 septembre 2009, a trouv&#233; refuge dans l'ambassade du Br&#233;sil &#224; Tegucigalpa et que les putschistes r&#233;priment violemment les manifestations des partisans du pr&#233;sident constitutionnel, ferment les m&#233;dias d'opposition |9| et ont d&#233;cr&#233;t&#233; le 27 septembre un Etat de si&#232;ge d'une dur&#233;e de 45 jours, tout ce que le n&#176;2 de Washington &#224; l'OEA a trouv&#233; &#224; dire est : &#171; le retour de Zelaya est irresponsable et idiot &#187; |10|. Par ailleurs, Hillary Clinton n'a pas condamn&#233; le couvre-feu prolong&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; par Micheletti pour emp&#234;cher que la population ne se rassemble en face de l'ambassade du Br&#233;sil. L'accord qui est intervenu le 30 octobre 2009 sous les auspices de Washington entre les repr&#233;sentants de Manuel Zelaya et ceux de Roberto Micheletti stipulait express&#233;ment que les parties s'engageaient &#224; ne pas faire d'appel direct ou indirect &#224; la convocation d'une assembl&#233;e constituante ou &#224; toute consultation populaire (point 2 de l'accord). De plus il ne pr&#233;voyait pas explicitement le retour de Manuel Zelaya &#224; la pr&#233;sidence du pays afin de terminer son mandat (il prend fin en janvier 2010). Roberto Micheletti et ses partisans ont d&#232;s lors d&#233;cid&#233; de ne pas rendre la pr&#233;sidence &#224; Manuel Zelaya, qui a par cons&#233;quent appel&#233; la population &#224; ne pas participer aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales convoqu&#233;es pour le 28 novembre 2009. Le principal candidat de gauche &#224; la pr&#233;sidence, Carlos Reyes, ainsi qu'une centaine de candidats de diff&#233;rents partis (dont un secteur du parti lib&#233;ral) |11|, ont alors retir&#233; leur candidature. A la date du 10 novembre 2009, Washington, dans l'embarras, annon&#231;ait lors d'une r&#233;union de l'OEA qu'elle reconna&#238;trait le r&#233;sultat des &#233;lections du 29 novembre 2009. A la veille des &#233;lections, les organisations de d&#233;fense des droits humains recensaient plus de vingt opposants politiques assassin&#233;s depuis le coup d'Etat, ainsi que deux cent onze bless&#233;s lors des actions de r&#233;pression, pr&#232;s de deux mille d&#233;tentions ill&#233;gales, deux tentatives d'enl&#232;vement et cent quatorze prisonniers politiques accus&#233;s de s&#233;dition. Les m&#233;dias oppos&#233;s au coup &#233;taient soit ferm&#233;s soit harcel&#233;s. L'Organisation des Nations unies (ONU), l'Organisation des Etats am&#233;ricains (OEA), l'Union europ&#233;enne, l'UNASUR, les pays membres du Groupe de Rio et de l'ALBA avaient d&#233;cid&#233; de ne pas envoyer d'observateurs. Les estimations du pourcentage des &#233;lecteurs qui n'ont pas particip&#233; au scrutin oscillent selon les sources. Selon le Tribunal Supr&#234;me &#233;lectoral pro-putschiste, il s'&#233;l&#232;verait &#224; 39%, tandis que plusieurs organismes ind&#233;pendants avancent des chiffres qui varient entre 53% et 78%. Malgr&#233; cela, le porte-parole du d&#233;partement d'Etat, Ian Kelly, a vu dans ces &#233;lections ill&#233;gales et entach&#233;es de fraude &#171; un n&#233;cessaire et important pas en avant &#187; |12|. Washington a reconnu l'&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de Porfirio Lobo du Parti national, repr&#233;sentant dur de l'oligarchie fonci&#232;re et de la droite qui ont organis&#233; le coup d'Etat. L'ambassadeur des Etats-Unis &#224; Tegucigalpa a d&#233;clar&#233; que les &#233;lections avaient constitu&#233; une &#171; grande c&#233;l&#233;bration de la d&#233;mocratie &#187; et a affirm&#233; que les Etats-Unis travailleraient avec Porfirio Lobo, surnomm&#233; Pepe. &#171; Pepe Lobo est un homme d'une grande exp&#233;rience politique &#187;, a indiqu&#233; Llorens &#224; la radio HRN . &#171; Je lui souhaite bonne chance, et les Etats-Unis vont travailler avec lui pour le bien de nos deux pays... Nos relations seront tr&#232;s fortes &#187;. Bien que le parlement hondurien ait d&#233;cid&#233; le 2 d&#233;cembre 2009 de ne pas restituer le pr&#233;sident Zelaya dans ses fonctions jusqu'&#224; la fin de son mandat qui se termine le 27 janvier 2010, Washington maintient son soutien au processus conduit par le gouvernement putschisteL |13|. Cela constitue un pr&#233;c&#233;dent extr&#234;mement grave car Washington a r&#233;p&#233;t&#233; &#224; de nombreuses reprises que le renversement de Zelaya constituait bel et bien un coup d'Etat |14| . Soutenir un processus &#233;lectoral issu d'un coup d'Etat et &#339;uvrer &#224; la reconnaissance internationale des autorit&#233;s qui l'ont perp&#233;tr&#233; et &#224; celles qui en sont issues donne un encouragement aux candidats putschistes qui se placent politiquement dans le camp de Washington. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la lumi&#232;re de cette exp&#233;rience, on peut affirmer que l'administration Obama ne montre pas une volont&#233; de rompre avec plusieurs m&#233;thodes qui ont &#233;t&#233; mises en oeuvre par ces pr&#233;d&#233;cesseurs : le financement massif de diff&#233;rents mouvements d'opposition dans le cadre de sa politique de &#171; renforcement de la d&#233;mocratie &#187;, le lancement de campagnes m&#233;diatiques de discr&#233;dit &#224; l'&#233;gard des gouvernements qui ne partagent pas son orientation (Cuba, Venezuela, Bolivie, Equateur, Nicaragua, le Honduras de Manuel Zelaya&#8230;), le maintien du blocus contre Cuba, le soutien aux mouvements s&#233;paratistes en Bolivie (la media luna, capitale Santa Cruz), en Equateur (la ville de Guayaquil et sa province) et au Venezuela (l'Etat p&#233;trolier de Zulia, capitale Maraca&#239;bo |15|), le soutien &#224; des agressions militaires comme celle perp&#233;tr&#233;e par la Colombie en Equateur en mars 2008 ainsi qu'&#224; des actions des forces paramilitaires colombiennes ou autres au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est frappant de constater que l'Union europ&#233;enne adopte une politique tr&#232;s proche de celle de Washington. D&#233;j&#224; lors du putsch contre Chavez, le 11 avril 2002, l'Union europ&#233;enne, par la voix de Jos&#233; Maria Aznar, avait apport&#233; son soutien aux putschistes. En ao&#251;t 2009, elle a annonc&#233; qu'elle maintient les accords commerciaux avec le Honduras et qu'elle ne d&#233;noncera pas comme ill&#233;gales les &#233;lections organis&#233;es dans ce pays par les putschistes. Plus tard, en septembre, l'UE a adopt&#233; une position plus distante. Le directeur g&#233;n&#233;ral adjoint aux Relations ext&#233;rieures de la Commission europ&#233;enne (CE), Stefano Sannino, a indiqu&#233; dans une entrevue accord&#233;e &#224; Efe que l'Union europ&#233;enne, &#171; comme les autres pays latino-am&#233;ricains, ne reconna&#238;t pas que ces &#233;lections puissent se d&#233;rouler dans un contexte ouvert, libre et d&#233;mocratique &#187; |16|. Lors du scrutin de fin novembre 2009, seul le Parti populaire espagnol et l'Internationale lib&#233;rale ont envoy&#233; des &#171; observateurs &#187;. Ceux-ci &#233;taient l&#224; en r&#233;alit&#233; pour tenter de donner un peu de cr&#233;dibilit&#233; aux &#233;lections. Il faudra suivre attentivement l'attitude de l'UE dans les mois qui viennent. En mati&#232;re de n&#233;gociations et de signatures de trait&#233;s de libre-&#233;change, l'Union europ&#233;enne est aussi agressive que les Etats-Unis quand elle n'exige pas des concessions encore plus importantes que celles accord&#233;es par les pays latino-am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Ce texte constitue une version actualis&#233;e et augment&#233;e de l'article &#171; Mont&#233;e de l'agressivit&#233; de Washington &#224; l'&#233;gard du Venezuela, de la Bolivie, de l'Equateur &#187; paru le 8 octobre 2009 &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Montee-de-l-ag..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Montee-de-l-ag..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| L'Arm&#233;e colombienne a bombard&#233; et a captur&#233; des &#233;l&#233;ments d'un camp de la gu&#233;rilla des FARC en territoire &#233;quatorien, faisant une vingtaine de morts dont des civils. Il faut savoir que l'arm&#233;e colombienne, pourtant extr&#234;mement forte, est tr&#232;s peu pr&#233;sente sur la fronti&#232;re Colombie-Equateur, ce qui permet &#224; la gu&#233;rilla des FARC d'y installer certains camps dont celui o&#249; se trouvait, &#224; cette &#233;poque, un de ses principaux dirigeants, Raul Reyes, responsable des relations internationales. Le gouvernement colombien, enti&#232;rement couvert par les Etats-Unis, a utilis&#233; les m&#233;thodes appliqu&#233;es syst&#233;matiquement par l'arm&#233;e isra&#233;lienne &#224; l'&#233;gard de ses voisins : y mener des op&#233;rations militaires au m&#233;pris de leur souverainet&#233;. L'Equateur a r&#233;guli&#232;rement reproch&#233; &#224; la Colombie de ne pas assurer un contr&#244;le ad&#233;quat de la fronti&#232;re commune entre les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Br&#233;sil, Paraguay, Uruguay, Argentine, Chili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Cr&#233;&#233;e en 1943 afin de prot&#233;ger les navires dans l'Atlantique sud, cette structure avait &#233;t&#233; abolie en 1950. Elle a repris officiellement du service le 1er juillet 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Dans les cas du Chili, du Nicaragua, de la R&#233;publique dominicaine, du Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Costa Rica et du P&#233;rou, les trait&#233;s de libre-&#233;change avec les Etats-Unis sont d&#233;j&#224; en vigueur. Dans le cas du Panama et de la Colombie, les n&#233;gociations du trait&#233; sont termin&#233;es mais requi&#232;rent l'approbation du Congr&#232;s des Etats-Unis pour valider l'accord. En 2007, l'Uruguay est arriv&#233; &#224; un Accord cadre sur le commerce et les investissements avec les Etats-Unis. Les n&#233;gociations du trait&#233; de libre-&#233;change n'ont pas commenc&#233; formellement mais l'administration Obama s'est n&#233;anmoins montr&#233;e favorable &#224; poursuivre dans cette direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Pour une description d&#233;taill&#233;e des secteurs qui ont appuy&#233; le coup d'Etat, lire l'&#233;tude de Decio Machado qui dresse une liste des entreprises et de leurs dirigeants ayant incit&#233; ou soutenu activement les putschistes : &#171; Qui&#233;nes apoyan al gobierno ileg&#237;timo de Roberto Micheletti &#187; &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Quienes-apoyan..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Quienes-apoyan..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Washington avait pr&#233;par&#233; un terrain favorable &#224; un putsch en apportant un financement massif aux diff&#233;rents mouvements d'opposition dans le cadre de sa politique de &#171; renforcement de la d&#233;mocratie &#187;. Un mois et demi avant le coup, diff&#233;rentes organisations, groupes d'affaires, partis politiques, haut-plac&#233;s de l'&#201;glise catholique et m&#233;dias priv&#233;s, en opposition aux politiques de Manuel Zelaya, se sont r&#233;unis au sein de la coalition &#171; Union civile d&#233;mocratique du Honduras &#187; afin de &#171; r&#233;fl&#233;chir &#224; comment en finir &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/internationa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lefigaro.fr/internationa..&lt;/a&gt;.). La majorit&#233; de ces groupes ont b&#233;n&#233;fici&#233; de plus de 50 millions de dollars annuels de l'USAID (Agence des Etats-Unis pour le d&#233;veloppement international) et de la NED (Fondation nationale pour la d&#233;mocratie) pour la &#8216;promotion de la d&#233;mocratie' au Honduras (lire &#171; Washington et le coup d'&#201;tat au Honduras : Voici la preuve &#187;, par Eva Golinger, &lt;a href=&#034;http://www.mondialisation.ca/PrintA...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mondialisation.ca/PrintA...&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| L'accord de coop&#233;ration militaire a &#233;t&#233; formellement sign&#233; le 30 octobre par l'ambassadeur am&#233;ricain en Colombie et les ministres colombiens des Affaires &#233;trang&#232;res, de la D&#233;fense et de la Justice. Le Conseil d'Etat colombien, dont l'avis est consultatif, a consid&#233;r&#233; mi-octobre que, compte tenu de sa port&#233;e, le texte devait &#234;tre soumis &#224; l'approbation du Congr&#232;s. Mais le gouvernement a pass&#233; outre cette recommandation... Pour l'heure, le texte n'a d'ailleurs pas &#233;t&#233; rendu public dans son int&#233;gralit&#233;. Eva Golinger a publi&#233; sur le site &lt;a href=&#034;http://www.centrodealerta.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.centrodealerta.org&lt;/a&gt; deux documents originaux produits par l'US Air Force &#224; propos des accords sur les 7 bases en question. Le premier document date du mois de mai 2009 (c'est-&#224;-dire avant que l'accord ne soit annonc&#233; publiquement) et souligne l'importance vitale d'une des 7 bases en indiquant qu'elle permettra notamment de r&#233;aliser toute la gamme des op&#233;rations n&#233;cessaires pour contrer la menace que constituent des gouvernements anti-US : &#171; L'&#233;tablissement d'un &#8216;Poste de S&#233;curit&#233; Coop&#233;rative' (Cooperative Security Location, CSL en anglais) &#224; Palanquero est le meilleur soutien &#224; la Strat&#233;gie de positionnement sur le th&#233;&#226;tre des op&#233;rations du Commandement de Combat (Command Combattant) et d&#233;montre notre engagement dans cette relation. Le d&#233;veloppement de cette unit&#233; de s&#233;curit&#233; offre une opportunit&#233; unique pour mener une gamme compl&#232;te d'op&#233;rations dans une sous-r&#233;gion cruciale de notre h&#233;misph&#232;re o&#249; la s&#233;curit&#233; et la stabilit&#233; sont sous la menace constante d'insurrections terroristes financ&#233;es par le narcotrafic, de gouvernements anti-US, de la pauvret&#233; end&#233;mique et de catastrophes naturelles r&#233;currentes &#187;. (&lt;a href=&#034;http://www.centrodealerta.org/docum..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.centrodealerta.org/docum..&lt;/a&gt;. ). Eva Golinger ajoute le commentaire suivant : &#171; Il n'est pas difficile d'imaginer quels gouvernements en Am&#233;rique su Sud sont consid&#233;r&#233;s par Washington comme &#233;tant &#8216;anti-US'. Les d&#233;clarations et communiqu&#233;s agressifs qu'&#233;mettent constamment le d&#233;partement de la D&#233;fense et le Secr&#233;tariat d'Etat ainsi que le Congr&#232;s &#233;tats-unien &#224; l'encontre du Venezuela et de la Bolivie, et m&#234;me, dans une certaine mesure, de l'Equateur, montrent que les pays membres de l'ALBA sont ceux que Washington per&#231;oit comme &#8216;une menace permanente'. Qualifier un pays d'&#8216;anti-US', c'est le consid&#233;rer comme un ennemi des Etats-Unis. Dans ce contexte, il est &#233;vident que l'accord militaire avec la Colombie vient en r&#233;action &#224; une r&#233;gion que les Etats-Unis consid&#232;rent d&#233;sormais peupl&#233;e d'&#8216;ennemis' &#187;. (Official US Air Force Document Reveals the True Intentions Behind the US-Colombia Military Agreement &lt;a href=&#034;http://www.globalresearch.ca/index...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.globalresearch.ca/index...&lt;/a&gt;. ). Eva Golinger a par la suite publi&#233; un document ult&#233;rieur de l'US Air Force datant du 16 novembre 2009 (&lt;a href=&#034;http://www.centrodealerta.org/docum..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.centrodealerta.org/docum..&lt;/a&gt;. ) qui donne une justification des 7 bases en Colombie tenant compte de la lev&#233;e de boucliers que cette annonce avait provoqu&#233; aupr&#232;s de la majorit&#233; des gouvernements d'Am&#233;rique du Sud, y compris celui de Lula. Selon Eva Golinger, &#171; Toute mention de guerre et d'op&#233;rations militaires dans la r&#233;gion a &#233;t&#233; &#233;limin&#233;e du document amend&#233;, de m&#234;me que le langage offensif dirig&#233; contre les voisins de la Colombie, le Venezuela et l'Equateur. N&#233;anmoins, les intentions de Washington restent inchang&#233;es &#187;. (Washington alters USAF document to hide intentions behind Colombia accord &lt;a href=&#034;http://www.pr-inside.com/washington..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pr-inside.com/washington..&lt;/a&gt;. ). Ceci dit l'opposition de plusieurs gouvernements de la r&#233;gion reste forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| L'arm&#233;e hondurienne a pris le contr&#244;le des locaux de la radio Globo le lundi 28 septembre 2009 &#224; l'aube (heureusement Globo continue d'&#233;mettre via internet &#224; partir d'une maison priv&#233;e) et a mis fin aux &#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es du Canal 36, la seule cha&#238;ne qui diffusait des informations non favorables aux putschistes. Par ailleurs, un d&#233;cret, diffus&#233; dimanche 27 septembre dans la soir&#233;e par toutes les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, suspend les libert&#233;s d'expression et de r&#233;union durant au moins 45 jours et pr&#233;voit la fermeture des m&#233;dias &#034;qui incitent &#224; l'insurrection&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| &#8220;Zelaya's return to Honduras is irresponsible and foolish and it doesn't serve the interests of the people nor those seeking a peaceful reestablishment of democratic order in Honduras,&#8221; Lewis Amselem, repr&#233;sentant permanent adjoint des Etats-Unis &#224; l'OEA. Il faut savoir que ce diplomate a &#233;t&#233; accus&#233; par des organisations de d&#233;fense des droits de l'homme de refus d'assistance et de diffamation &#224; l'&#233;gard de sa compatriote Dianna Ortiz, une religieuse progressiste &#233;tats-unienne de l'ordre des ursulines, qui a &#233;t&#233; tortur&#233;e et viol&#233;e &#224; plusieurs reprises par des &#233;l&#233;ments des forces de s&#233;curit&#233; guat&#233;malt&#232;que en 1989. A cette &#233;poque il travaillait &#224; l'ambassade des Etats-Unis &#224; Guatemala City comme officier des droits humains. &lt;a href=&#034;http://www.kaosenlared.net/noticia/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.kaosenlared.net/noticia/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| Maurice Lemoine &#233;crit : &#171; &#8230; plus d'une centaine de candidats se sont retir&#233;s &#8212; la majorit&#233; appartenant au secteur anti-putschiste du Parti lib&#233;ral auquel appartient M. Zelaya. Parmi eux, cinquante-cinq candidats d&#233;put&#233;s, le maire de San Pedro Sula (deuxi&#232;me ville du pays) et la postulante &#224; la vice-pr&#233;sidence, pour le Parti lib&#233;ral, une militante historique de ce parti, Mme Margarita Elvir &#187; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/ca..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/ca..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| &#171; a necessary and important step forward &#187;, cit&#233; par l'AFP le 30 novembre 2009 &lt;a href=&#034;http://www.easybourse.com/bourse/ac..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.easybourse.com/bourse/ac..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| es gouvernements latino-am&#233;ricains de droite qui sont ses alli&#233;s (Colombie, P&#233;rou, Panama et Costa Rica) en font autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| Lire &#233;galement la conf&#233;rence de presse donn&#233;e par Arturo Valenzuela, le n&#176;2 du d&#233;partement d'Etat pour l'h&#233;misph&#232;re occidental, le 30 novembre 2009 : &#171; &#8230;l'&#233;lection constitue une &#233;tape significative pour le retour &#224; un ordre d&#233;mocratique et constitutionnel au Honduras suite au coup d'Etat du 28 juin&#8230; &#187; &#171; Ces &#233;lections n'ont pas &#233;t&#233; convoqu&#233;es &#224; la derni&#232;re minute par un gouvernement de facto dans le but de blanchir ses actions &#187;. &#171; Nous reconnaissons qu'il y a des r&#233;sultats au Honduras pour cette &#233;lectios. C'est assez clair. Nous reconnaissons ces r&#233;sultats, et nous applaudissons M. Lobo pour sa victoire dans ces &#233;lections &#187;. L'embarras de Arturo Valenzuela est n&#233;anmoins &#233;vident lorsqu'il d&#233;clare dans la m&#234;me conference de presse : &#171; La question question est de savoir si le pr&#233;sident l&#233;gitime du Honduras, qui a &#233;t&#233; renvers&#233; par un coup d'Etat, va &#234;tre retourn&#233; dans ses fonctions par le Congr&#232;s le 2 d&#233;cembre, tel que pr&#233;vu par l'Accord de San Jos&#233;-Tegucigalpa. C'est l'Accord que les deux parties ont sign&#233; &#224; ce moment-l&#224; &#187; &lt;a href=&#034;http://www.state.gov/p/wha/rls/rm/2..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.state.gov/p/wha/rls/rm/2..&lt;/a&gt;. Or 3 jours plus tard, le parlement hondurien votait &#224; une &#233;crasante majorit&#233; contre le retour de Zelaya &#224; la pr&#233;sidence, ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; Washington de maintenir son soutien aux autorit&#233;s de facto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|15| En raison des &#233;checs des mobilisations de la media luna en Bolivie fin 2008 et de la droite de Guayaquil dirig&#233;e par le maire de la ville, Jaime Nebot, en septembre 2008, le soutien de Washington est en veilleuse mais est susceptible d'&#234;tre activ&#233; si la conjoncture le n&#233;cessite et le permet. Le m&#234;me constat vaut pour la droite dans l'Etat de Zulia au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|16| &lt;a href=&#034;http://www.vtv.gov.ve/noticias-inte..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vtv.gov.ve/noticias-inte..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cinq questions sur la crise &#224; Eric Toussaint</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Cinq-questions-sur-la-crise-a-Eric-Toussaint</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Cinq-questions-sur-la-crise-a-Eric-Toussaint</guid>
		<dc:date>2009-12-12T17:57:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
3 novembre &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Nous voudrions savoir comment se sont d&#233;velopp&#233;s les liens de collaboration entre le Comit&#233; que vous pr&#233;sidez et les institutions qui, dans diff&#233;rents pays du Tiers Monde, r&#233;clament l'annulation de la dette. &lt;br class='autobr' /&gt;
En premier lieu, il faut prendre en compte que le CADTM est un r&#233;seau international pr&#233;sent dans 26 pays. Quatre d'entre eux se situent au Nord : la Belgique, la France, la Suisse et le Japon. Les autres 22 pays se distribuent entre l'Asie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
3 novembre&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Nous voudrions savoir comment se sont d&#233;velopp&#233;s les liens de collaboration entre le Comit&#233; que vous pr&#233;sidez et les institutions qui, dans diff&#233;rents pays du Tiers Monde, r&#233;clament l'annulation de la dette.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il faut prendre en compte que le CADTM est un r&#233;seau international pr&#233;sent dans 26 pays. Quatre d'entre eux se situent au Nord : la Belgique, la France, la Suisse et le Japon. Les autres 22 pays se distribuent entre l'Asie, l'Afrique, le monde arabe et l'Am&#233;rique latine. Les organisations membres du Comit&#233; sont des syndicats, des organisations de femmes, de paysans, de jeunes qui, dans leur pays, se constituent en coalition pour travailler sur le th&#232;me de la dette. Nous parlons donc de mouvements citoyens qui exigent de leur pays, de leurs autorit&#233;s, d'entamer des actions pour mettre fin au paiement d'une dette frauduleuse et ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, le CADTM &#233;tablit des relations avec d'autres r&#233;seaux internationaux qui travaillent aussi sur le th&#232;me de la dette. Parmi eux, Jubil&#233; Sud, organisation cr&#233;&#233;e en 1999 et pr&#233;sente en Afrique, en Asie et en Am&#233;rique latine mais sans repr&#233;sentation dans le Nord. Un autre r&#233;seau, Latindadd, est seulement pr&#233;sent en Am&#233;rique latine et a son si&#232;ge au P&#233;rou. Nous avons &#233;galement le r&#233;seau Eurodad, qui est un r&#233;seau europ&#233;en ; et enfin, nous avons des liens avec diff&#233;rentes campagnes nationales dans des pays du Nord. Nous avons construit, avec ces r&#233;seaux et campagnes internationales, un comit&#233; de collaboration international qui s'appelle Internacional Facilitation Team. Cette &#233;quipe de travail, form&#233;e du CADTM, de Jubil&#233; Sud, d'Eurodad et de Jubil&#233; Etats-Unis, convoque des assembl&#233;es mondiales. La premi&#232;re assembl&#233;e mondiale s'est pass&#233;e &#224; Cuba en 2005 avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s de plus de 40 pays. La derni&#232;re assembl&#233;e mondiale convoqu&#233;e par cette &#233;quipe, s'est tenue &#224; Quito en septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, le CADTM maintient des contacts avec des gouvernements de pays du Sud qui cherchent des conseils et des collaborations sur le th&#232;me de la dette. A ce niveau, nous avons collabor&#233; activement avec le gouvernement de Rafael Correa, en Equateur. Quand le gouvernement de l'Equateur a constitu&#233; une Commission d'Audit Int&#233;gral de la Dette publique interne et externe, le CADTM en a fait partie. Je repr&#233;sentais personnellement le CADTM dans cette Commission qui a travaill&#233; de juillet 2007 &#224; septembre 2008. Le rapport final a &#233;t&#233; remis en septembre au gouvernement et rendu public en novembre 2008. C'est sur base de ce rapport que le gouvernement &#233;quatorien a d&#233;cid&#233; de suspendre le paiement de 3.000 millions de dollars de dette commerciale sous forme des bons 2012 et 2030. C'est ainsi que les r&#233;sultats de l'audit et la d&#233;cision unilat&#233;rale souveraine du gouvernement &#233;quatorien, ont permis de convaincre les cr&#233;anciers d&#233;tenteurs de ces bons de les revendre &#224; l'Etat &#233;quatorien avec une d&#233;cote de 65%. Au bout des n&#233;gociations qui se sont termin&#233;es en juin 2009, 91% des bons ont &#233;t&#233; revendus par les cr&#233;anciers au gouvernement de l'Equateur. Cela repr&#233;sente une &#233;conomie de pr&#232;s de 2.000 millions de dollars sur une dette commerciale totale en bons 2012 et 2030 de 3.000 millions. En termes de service de la dette, cette transaction repr&#233;sente pour l'Equateur une &#233;conomie annuelle de 300 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, quand un gouvernement du Sud se met en contact avec nous pour nous demander un conseil, quand cette demande provient d'un gouvernement d&#233;mocratique, nous acceptons avec enthousiasme la collaboration ; nous consid&#233;rons que le r&#233;sultat, dans le cas de l'Equateur, a &#233;t&#233; globalement positif. Nous sommes aussi en contact avec le gouvernement de Fernando Lugo au Paraguay pour entamer un audit de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, en termes g&#233;n&#233;raux, les trois types de relations et de contacts que le CADTM maintient au niveau mondial sur le th&#232;me de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Bien qu'il ait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que la dette du Tiers Monde soit impayable, les banques priv&#233;es conc&#232;dent chaque ann&#233;e de nouveaux pr&#234;ts aux pays sous-d&#233;velopp&#233;s, principalement en proposant qu'ils payent les int&#233;r&#234;ts &#233;chus, ce qui augmente aussi chaque ann&#233;e le montant de la dette. Combien de temps encore croyez-vous que peut durer cette spirale infernale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il y a deux exemples embl&#233;matiques du d&#233;but du XXIe si&#232;cle qui pointent vers une issue &#224; cette situation. L'exp&#233;rience de l'Argentine entre 2001 et 2005 en est un et, plus r&#233;cemment, l'attitude du gouvernement de Rafael Correa en Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'Argentine, elle a suspendu le paiement de sa dette commerciale de quelque 100.000 millions de dollars de fin d&#233;cembre 2001 &#224; mars 2005. Ce fut une d&#233;cision unilat&#233;rale qui a &#233;t&#233; condamn&#233;e de fa&#231;on g&#233;n&#233;ralis&#233;e par tous les grands organismes financiers comme le FMI, la Banque mondiale, l'OCDE, le Club de Paris, qui ont pr&#233;dit le chaos en Argentine. N&#233;anmoins, c'est le contraire qui s'est pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Argentine en d&#233;cembre 2001 &#233;tait en r&#233;cession depuis 36 mois. Cette r&#233;cession s'est poursuivie tout au long de 2002 mais gr&#226;ce au non paiement de la dette et &#224; l'utilisation des ressources ainsi &#233;conomis&#233;es par le gouvernement de Duhalde et puis, par celui de Kirchner, en investissements de type social, en plans d'emploi, etc., ils ont r&#233;ussi &#224; relancer l'activit&#233; &#233;conomique et la consommation en Argentine. Durant les ann&#233;es 2004 &#224; 2006, le pays a finalement enregistr&#233; une croissance de l'ordre de 8% annuels du PIB, ce qui d&#233;montre que la d&#233;claration unilat&#233;rale de non paiement peut se transformer en solution pour r&#233;activer l'activit&#233; &#233;conomique |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second exemple, c'est le cas d&#233;j&#224; mentionn&#233; de l'Equateur. Cette exp&#233;rience montre un gouvernement qui, malgr&#233; qu'il ait des r&#233;serves pour payer la dette, d&#233;cide d'en suspendre le paiement en raison du caract&#232;re frauduleux de cet endettement. L'Equateur a r&#233;ussi &#224; imposer aux cr&#233;anciers sa solution, c'est-&#224;-dire payer de mani&#232;re anticip&#233;e avec une d&#233;cote de 65% sur les titres. De cette mani&#232;re, la dette n'a pas &#233;t&#233; compl&#232;tement annul&#233;e mais seulement &#233;limin&#233;e partiellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux exemples d&#233;montrent que pour rompre le cercle vicieux dont vous parlez dans la question, des actes unilat&#233;raux souverains sont n&#233;cessaires en se basant sur des arguments du Droit international pour atteindre une r&#233;duction radicale de la dette. En ce sens, de mon point de vue, il vaudrait mieux imposer une r&#233;pudiation unilat&#233;rale de toutes les dettes qui sont identifi&#233;es comme ill&#233;gitimes, odieuses et frauduleuses ; &#231;a, c &#8216;est la solution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas en une solution concert&#233;e entre pays pr&#234;teurs et pays emprunteurs. Jamais l'ensemble des pr&#234;teurs ne renoncera volontairement &#224; recouvrer le total de la dette &#224; travers leurs institutions comme le FMI et la Banque mondiale. Cela n'arrivera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut arriver, de la part des pays cr&#233;anciers, ce sont des d&#233;cisions unilat&#233;rales souveraines d'annulation de dettes. Le cas embl&#233;matique dans ce sc&#233;nario, c'est la Norv&#232;ge. Ce pays nordique a d&#233;cid&#233; en 2006 de renoncer &#224; recouvrer la dette li&#233;e &#224; la vente de bateaux de p&#234;che r&#233;alis&#233;e dans les ann&#233;es 1980. Le gouvernement norv&#233;gien a pris cette d&#233;cision apr&#232;s avoir r&#233;alis&#233; un audit de ses cr&#233;ances sur cinq pays en d&#233;veloppement &#224; savoir l'Equateur, le P&#233;rou, la Jama&#239;que, le Sierra Leone et l'Egypte. La Norv&#232;ge a pris cette position sous la pression de la mobilisation des mouvements sociaux, des mouvements anti-dette de Norv&#232;ge, y compris le mouvement des Eglises luth&#233;riennes de Norv&#232;ge qui, depuis plusieurs ann&#233;es, soutient les revendications des associations &#233;quatoriennes qui r&#233;clamaient la cessation de paiement. C'est important de signaler que la campagne contre la dette en Equateur a &#233;t&#233; soutenue en effet par des r&#233;seaux internationaux comme le r&#233;seau CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, pour moi, la solution peut provenir de deux c&#244;t&#233;s. Premi&#232;rement, des actes souverains unilat&#233;raux des cr&#233;anciers du Nord sous la pression des mouvements sociaux. Deuxi&#232;mement, des actes souverains des pays du Sud de d&#233;claration de nullit&#233; des dettes, bas&#233;s sur le Droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Plus de 60% de la dette du Tiers Monde a &#233;t&#233; contract&#233;e par des banques priv&#233;es. Selon votre exp&#233;rience, quels sont les obstacles principaux qu'il faudrait surmonter pour r&#233;ussir &#224; ce que les pays sous-d&#233;velopp&#233;s s'unissent eux aussi en un bloc pour n&#233;gocier avec leurs cr&#233;anciers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est r&#233;ellement une pr&#233;occupation, l'incapacit&#233; des pays du Sud &#224; s'unir sur des crit&#232;res communs et coh&#233;rents pour adopter une strat&#233;gie unifi&#233;e face aux cr&#233;anciers. Malgr&#233; que, oui, les cr&#233;anciers en g&#233;n&#233;ral travaillent eux ensemble dans plusieurs organismes qui les appuient (Banque mondiale, FMI, Club de paris, association des banquiers priv&#233;s...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, par dessus tout, il est fondamental que les pays qui pour l'instant n'ont pas de probl&#232;me de solvabilit&#233; ou de liquidit&#233;s, comme par exemple le groupe des pays exportateurs de p&#233;trole ou d'autres mati&#232;res premi&#232;res, se rendent compte que leurs int&#233;r&#234;ts, &#224; moyen terme, correspondent aux int&#233;r&#234;ts des pays les plus fragiles de la cha&#238;ne de la dette. En ce sens, c'est important de renforcer la situation des plus faibles pour rapprocher leur position de l'attitude prise par des pays comme l'Equateur. Si le Venezuela ou le Br&#233;sil s'&#233;taient rapproch&#233;s de l'attitude de l'Equateur face aux cr&#233;anciers, il aurait &#233;t&#233; possible d'imposer &#224; ces derniers des conditions toujours plus avantageuses pour les peuples de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corr&#233;lation des forces est favorable aux pays du Sud parce que, gr&#226;ce &#224; leurs r&#233;serves, ils ont de quoi r&#233;sister au bloc financier des cr&#233;anciers du Nord. Les pays du Sud doivent profiter de cette disponibilit&#233; actuelle des r&#233;serves pour imposer des mesures fortes. C'est une erreur d'attendre que les r&#233;serves se r&#233;duisent pour commencer &#224; n&#233;gocier. Il ne faut pas attendre d'&#234;tre dos au mur pour organiser un front commun de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, les cr&#233;anciers du Nord subissent des contradictions internes dues au sauvetage de leurs syst&#232;mes financiers nationaux respectifs et du syst&#232;me financier international. Une position radicale des pays du Sud pourrait d&#233;boucher sur des solutions favorables &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Le probl&#232;me est que, comme il n'existe pas de sentiment d'urgence par rapport &#224; la crise, les gouvernements du Sud pensent qu'ils peuvent continuer &#224; refinancer leur dette et contracter de nouvelles dettes sans grand probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue strat&#233;gique, pour moi, c'est une erreur d'adopter ce genre de position. J'esp&#232;re que, lors de futures discussions, lors d'&#233;v&#233;nements comme la conf&#233;rence sur &#8220;Globalisation et Probl&#232;mes de d&#233;veloppement&#8221; organis&#233;e par l'ANEC, en mars 2010, on pourra envisager la constitution d'une strat&#233;gie commune des pays d'Am&#233;rique latine face &#224; la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. De plus en plus d'&#233;conomistes pensent que les puissances capitalistes sont d&#233;cid&#233;es &#224; sortir de la crise mondiale actuelle sans accepter des changements substantiels de l'ordre &#233;conomique et financier international, m&#234;me si en d&#233;finitive une telle intransigeance ne peut qu'entra&#238;ner de nouvelles crises plus importantes pour le syst&#232;me &#233;conomique r&#233;gi par le march&#233;. Quel commentaire voudriez-vous faire par rapport &#224; cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partage votre analyse. Les grandes puissances capitalistes ne sont pas r&#233;ellement dispos&#233;es &#224; organiser un nouvel ordre &#233;conomique international. Je mentionne ces termes parce qu'ils se r&#233;f&#232;rent &#224; l'exigence du Mouvement des pays non align&#233;s dans les ann&#233;es 1960 et 1970 du si&#232;cle pass&#233;. Ce nouvel ordre international qui implique des relations &#233;quitables entre pays du Nord et du Sud, les grandes puissances le refusent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'elles cherchent, c'est comment n&#233;gocier une extension limit&#233;e des centres de pouvoir et de d&#233;cision avec les principales &#233;conomies &#233;mergentes, en commen&#231;ant par la Chine et en poursuivant par la Russie, l'Inde et le Br&#233;sil. Cette extension s'est r&#233;alis&#233;e par l'octroi &#224; ces pays d'un peu plus de voix dans les grandes organisations financi&#232;res internationales, comme la Banque mondiale et le FMI, lesquelles ont &#233;t&#233; historiquement domin&#233;es par les int&#233;r&#234;ts des grandes puissances. Ces puissances sont donc pr&#234;tes &#224; ouvrir quelques espaces mais non &#224; r&#233;envisager au niveau mondial la question d'un changement d&#233;mocratique de l'ordre politique, financier et &#233;conomique de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, il me semble fondamental, au niveau des solutions, d'entamer, &#224; partir du Sud, la cr&#233;ation de nouveaux organismes multilat&#233;raux. Je fais r&#233;f&#233;rence au renforcement de la banque du Sud &#224; laquelle adh&#232;rent sept pays d'Am&#233;rique latine, ou &#224; donner vie au syst&#232;me mon&#233;taire r&#233;gional au niveau de l'ALBA, lequel est actuellement connu sous le nom de SUCRE. Elargir l'ALBA. R&#233;ussir &#224; convaincre les pays africains et asiatiques de se doter eux aussi de banques r&#233;gionales et, au sein d'un cadre d'accord tricontinental, organiser un r&#233;seau de banques du Sud. Avancer dans des accords de collaboration mon&#233;taire, comme l'accord de Chiang Mai entre les pays du Sud Est asiatique. Avec ce type d'accords, en cas de crise de balance des paiements, les pays peuvent disposer des r&#233;serves internationales communes, ce qui &#233;limine la n&#233;cessit&#233; de recourir &#224; l'aide conditionn&#233;e du FMI qui exige toujours l'application de politiques n&#233;o-lib&#233;rales en &#233;change de ses pr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, face au manque de volont&#233; des grandes puissances capitalistes, la solution n'est pas la transformation du G8 en G14 ou G20. La solution passe par la construction par en bas de la part des pays du Sud de m&#233;canismes multilat&#233;raux pour coordonner leurs politiques &#233;conomiques, mon&#233;taires et sociales, et ainsi remettre en avant la revendication de la n&#233;cessit&#233; d'un nouvel ordre &#233;conomique international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, adh&#233;rer &#224; une Banque du Sud devrait impliquer de renoncer &#224; &#234;tre membre du FMI ou de la Banque mondiale, avec l'objectif d'affaiblir ces institutions qui d&#233;montrent leur incapacit&#233; de r&#233;forme interne pour satisfaire les besoins des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me para&#238;t aussi tr&#232;s important que les pays du Sud se dotent d'un CIRDI (Centre international des R&#232;glements des diff&#233;rends en mati&#232;re d'Investissement) du Sud. Le CIRDI est le tribunal de la Banque mondiale, dont les sentences sont quasi toujours favorables aux int&#233;r&#234;ts des grandes transnationales et contre les gouvernements. Il serait tr&#232;s positif pour les pays du Sud de sortir du syst&#232;me du CIRDI comme l'a fait la Bolivie en mai 2007, comme l'a annonc&#233; l'Equateur en juillet 2009 et de se r&#233;unir pour constituer un CIRDI du Sud. Cela impliquerait que, dor&#233;navant, les transnationales doivent pr&#233;senter leurs plaintes devant un organisme du Sud qui prendrait en compte les int&#233;r&#234;ts et les arguments du Sud, ce qui n'est pas le cas du CIRDI sous tutelle de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Lors de la Rencontre internationale sur &#8220;Globalisation et Probl&#232;mes du d&#233;veloppement&#8221;, c&#233;l&#233;br&#233;e au d&#233;but de cette ann&#233;e &#224; La Havane, vous avez tir&#233; le signal d'alarme sur le danger que la chute du prix des mati&#232;res premi&#232;res et des produits de base sur le march&#233; international, accroisse le poids de la dette externe par rapport &#224; la valeur des exportations et au PIB des pays du Tiers Monde. Quelles observations faites-vous &#224; ce sujet &#224; l'approche de la fin 2009 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous approchons d'une nouvelle crise de la dette. Nous ne savons pas avec exactitude quand cette crise aura lieu mais les ingr&#233;dients sont en train de se cristalliser, de se renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont ces ingr&#233;dients ? En premier lieu, le co&#251;t du refinancement de la dette des pays en d&#233;veloppement a augment&#233; en cons&#233;quence de la crise financi&#232;re qui a &#233;clat&#233; aux Etats-Unis &#224; partir de 2007 et qui n'est toujours pas surmont&#233;e. Avec le gel des march&#233;s financiers et les probl&#232;mes de solvabilit&#233; des banques, les nouveaux cr&#233;dits sont n&#233;goci&#233;s avec des taux d&#8216;int&#233;r&#234;t et des primes de risque plus &#233;lev&#233;s que dans la p&#233;riode 2004-2008. Ces pr&#234;ts, comme vous l'avez mentionn&#233; dans la question, sont conc&#233;d&#233;s pour rembourser les vieilles dettes. En exigeant des r&#233;mun&#233;rations plus &#233;lev&#233;es pour les nouveaux cr&#233;dits, les banques et les march&#233;s financiers rendent plus difficile le refinancement de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second ingr&#233;dient, c'est la crise &#233;conomique mondiale avec la chute de l'activit&#233; &#233;conomique qui entra&#238;ne une r&#233;duction des revenus d'exportation des pays en d&#233;veloppement. Cette diminution est le produit &#224; la fois des volumes moindres et des prix moindres des exportations des pays en d&#233;veloppement sur les march&#233;s internationaux. A partir de juin 2008, les prix des mati&#232;res premi&#232;res ont baiss&#233;. Il y a eu un rebond des prix au premier semestre de cette ann&#233;e mais m&#234;me ainsi, les prix continuent de plancher &#224; environ 50% en dessous des maximums atteints durant l'&#233;t&#233; 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant, la tourmente &#233;conomique a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e gr&#226;ce aux importantes r&#233;serves accumul&#233;es entre 2004 et 2008, produit des prix &#233;lev&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res export&#233;es par les pays en d&#233;veloppement durant cette p&#233;riode. Mais les pays du Sud ont utilis&#233; une partie de leurs r&#233;serves pour refinancer leur dette, ce qui a provoqu&#233; la chute de ces r&#233;serves &#224; un rythme assez rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le cas de l'explosion d'une nouvelle crise de la dette, ce cercle vicieux de refinancement de la dette &#224; travers de nouveaux pr&#234;ts est mis en question. Il se produira in&#233;vitablement des defaults, des suspensions de paiement, etc. Nous ne savons pas quand cela arrivera mais il est probable que, dans les prochaines ann&#233;es, nous voyions de nouveaux sc&#233;narios de ce type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il faut tenir compte de l'explosion de la dette publique dans les pays du Nord, cons&#233;quence des plans de sauvetage du syst&#232;me financier qui ont repr&#233;sent&#233; un co&#251;t &#233;norme pour les tr&#233;sors publics du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accroissement de la dette publique des pays du Nord va donner une nouvelle impulsion &#224; l'offensive n&#233;o-lib&#233;rale en faveur de plus de privatisations dans le but de disposer de liquidit&#233;s pour rembourser la dette publique, et au d&#233;triment des d&#233;penses sociales et de l'Etat de Bien-&#234;tre dans les pays o&#249; on a r&#233;ussi &#224; le prot&#233;ger de mani&#232;re significative. Je me r&#233;f&#232;re par exemple &#224; des pays comme la France, l'Allemagne ou la Belgique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est r&#233;ellement impressionnant de voir que, malgr&#233; le d&#233;labrement de l'id&#233;ologie et des plans n&#233;o-lib&#233;raux, par manque d'alternatives, nous ayons &#8220;plus de la m&#234;me chose&#8221; (r&#233;f&#233;rence &#224; mas de lo mismo, cri du ras-le-bol en Am&#233;rique latine, NDT) au niveau des politiques de la majorit&#233; des gouvernements du Nord. C'est-&#224;-dire un renforcement de l'orientation n&#233;o-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rebondis sur ce th&#232;me car au d&#233;but de la pr&#233;sente crise, le fiasco des politiques de d&#233;r&#233;glementation a &#233;t&#233; mis &#224; nu &#224; un niveau tellement &#233;vident que plusieurs commentateurs avaient imagin&#233; que les gouvernants allaient mettre en &#339;uvre des politiques n&#233;o-keyn&#233;siennes. Or ce qui s'est pass&#233; dans la pratique, contredit ce pronostic. La cause fondamentale est la faiblesse des luttes des salari&#233;s pour un nouveau partage du revenu en leur faveur, ce &#224; quoi s'ajoute le maintien d'une orientation social-lib&#233;rale de la part des partis de gauche traditionnelle qui accompagnent la nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale ou n'y offre aucune r&#233;sistance. Avec le rebond &#233;conomique conjoncturel que conna&#238;t le monde industrialis&#233; fin 2009-d&#233;but 2010, les medias dominants et les gouvernants vont annoncer la fin du tunnel mais en r&#233;alit&#233; la crise n'est certainement pas termin&#233;e. Elle s'&#233;tendra encore sur plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant dans les pays du Sud que dans les pays du Nord, les emplois et les revenus des secteurs populaires seront soumis &#224; des pressions importantes au nom du paiement de la dette publique. Ce sont des arguments de plus pour nous qui luttons sur ce terrain, pour chercher &#224; unifier les r&#233;sistances des opprim&#233;s du Nord avec celles des peuples du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consid&#232;re que, dans les prochaines &#233;ditions du Forum Social Mondial, des Forums Sociaux Continentaux, le th&#232;me de la dette publique sera supr&#234;mement important pour les mouvements populaires au niveau mondial. Cela nous donne plus de responsabilit&#233; comme Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette pour apporter des propositions d'alternatives tant au Nord qu'au Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Pour donner une vision compl&#232;te, il faut ajouter qu'&#224; tort le gouvernement de Nestor Kirchner a mis fin &#224; la suspension de paiement en mars 2005 en concluant un tr&#232;s mauvais accord avec les d&#233;tenteurs de bons de la dette commerciale. Il a &#233;chang&#233; 76% des anciens bons contre des nouveaux avec une d&#233;cote d'environ 50% et un taux de r&#233;mun&#233;ration beaucoup trop &#233;lev&#233;. La cons&#233;quence : le service de la dette publique argentine est de nouveau tr&#232;s &#233;lev&#233;. Quant aux d&#233;tenteurs de bons qui n'ont pas accept&#233; l'&#233;change, ils exigent toujours une indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interview donn&#233;e &#224; El Economista (Cuba)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction Denise Comanne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>An III de la r&#233;volution citoyenne en Equateur </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/An-III-de-la-revolution-citoyenne-en-Equateur</link>
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		<dc:date>2009-11-04T03:27:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
22 octobre par &#201;ric Toussaint &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 26 avril 2009, les Equatoriens ont donn&#233; un nouveau mandat pr&#233;sidentiel de quatre ans &#224; Rafael Correa qui a obtenu 55% des voix et devanc&#233; de plus de 20 points Lucio Gutierrez, son principal adversaire, l'ancien pr&#233;sident renvers&#233; par une mobilisation populaire en 2005. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la t&#234;te de ce qu'il appelle lui-m&#234;me un &#171; processus de r&#233;volution citoyenne &#187;, Rafael Correa a d&#233;j&#224; gagn&#233; plusieurs suffrages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
22 octobre par &#201;ric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 26 avril 2009, les Equatoriens ont donn&#233; un nouveau mandat pr&#233;sidentiel de quatre ans &#224; Rafael Correa qui a obtenu 55% des voix et devanc&#233; de plus de 20 points Lucio Gutierrez, son principal adversaire, l'ancien pr&#233;sident renvers&#233; par une mobilisation populaire en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la t&#234;te de ce qu'il appelle lui-m&#234;me un &#171; processus de r&#233;volution citoyenne &#187;, Rafael Correa a d&#233;j&#224; gagn&#233; plusieurs suffrages importants. Elu pr&#233;sident fin 2006, il a remport&#233; en avril 2007, avec 82% de &#171; Oui &#187;, le r&#233;f&#233;rendum sur la convocation d'&#233;lections g&#233;n&#233;rales afin de d&#233;signer les membres d'une Assembl&#233;e constituante (&#224; l'&#233;poque tout l'establishment et tous les medias s'opposaient &#224; lui). En septembre 2007, les &#233;lecteurs ont donn&#233; la majorit&#233; de l'Assembl&#233;e constituante aux candidats du mouvement Pa&#237;s, le nouveau mouvement politique de Rafael Correa, et aux partis de gauche qui soutenaient son projet. Le texte de la nouvelle Constitution a &#233;t&#233; approuv&#233; par les &#171; assembl&#233;istes &#187; en juillet 2008 apr&#232;s 8 mois d'&#233;laboration d&#233;mocratique au cours de laquelle les &#233;lus de l'opposition ont eu tout le loisir de faire des propositions. Ce projet de Constitution, &#233;labor&#233; avec une grande participation de la soci&#233;t&#233; civile, a ensuite &#233;t&#233; soumis &#224; un r&#233;f&#233;rendum le 28 septembre 2008. Il a &#233;t&#233; approuv&#233; par plus de 60% des votants. Les &#233;lections du 26 avril 2009 ont donc confirm&#233; le soutien populaire dont b&#233;n&#233;ficie Rafael Correa et les partis qui lui sont alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement Pa&#237;s ne dispose pas &#224; lui seul d'une majorit&#233; de si&#232;ges au sein de la nouvelle Assembl&#233;e nationale qui compte 124 membres. Pour avoir la majorit&#233;, il doit faire alliance avec d'autres mouvements et partis politiques : Pachakutik (li&#233; &#224; la Conf&#233;d&#233;ration des nations et des peuples indig&#232;nes de l'Equateur &#8211; CONAIE), le MPD (ex-mao&#239;ste), les municipalistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle Constitution garantit davantage de droits culturels, &#233;conomiques et sociaux &#224; la population. Le caract&#232;re plurinational de l'Etat est enfin affirm&#233; (ce qui constituait une revendication essentielle des organisations repr&#233;sentant les peuples indig&#232;nes). In&#233;dit dans l'histoire des Constitutions dans le monde, cette Constitution reconna&#238;t des droits &#224; la Nature, ce qui prend en compte un apport des peuples indig&#232;nes et de leur cosmovision. En ce qui concerne les m&#233;dias, la Constitution interdit dor&#233;navant &#224; des banquiers d'&#234;tre propri&#233;taires de journaux, de radios et de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a &#233;galement instaur&#233; un m&#233;canisme d&#233;mocratique qui permet de r&#233;voquer &#224; mi-mandat des &#233;lus &#224; tous les niveaux, y compris le pr&#233;sident de la R&#233;publique (c'est aussi le cas des constitutions v&#233;n&#233;zu&#233;lienne et bolivienne actuellement en vigueur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'endettement, la Constitution repr&#233;sente une grande avanc&#233;e &#224; prendre en exemple par les autres pays et &#224; mettre en pratique (voir encadr&#233;). En effet, les articles 290 et 291 d&#233;terminent et limitent strictement les conditions dans lesquelles les autorit&#233;s du pays peuvent contracter des emprunts. Ils rejettent l'emprunt pour payer d'anciennes dettes. Ils rejettent des dettes constitu&#233;es d'une capitalisation des int&#233;r&#234;ts de retard (ce qu'on d&#233;signe par anatocisme), pratique courante des cr&#233;anciers membres du Club de Paris. Ils avertissent les pr&#234;teurs que s'ils octroient des pr&#234;ts dans des conditions ill&#233;gitimes, ceux-ci seront remis en cause. Ils consid&#232;rent comme imprescriptibles les d&#233;lits qui concernent l'endettement public. Ils excluent la possibilit&#233; que l'Etat assume la dette des banquiers priv&#233;s ou d'autres entit&#233;s priv&#233;es. Ils prescrivent la mise en place d'un m&#233;canisme d'audit int&#233;gral et permanent de l'endettement public interne et externe.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La constitution &#233;quatorienne &#224; propos de l'endettement public&lt;br class='autobr' /&gt;
Une grande avanc&#233;e &#224; traduire dans la pratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Articles de la constitution telle qu'elle a &#233;t&#233; approuv&#233;e par r&#233;f&#233;rendum en septembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 290. - L'endettement public sera soumis aux r&#232;gles suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. On ne recourra &#224; l'endettement public que si les rentr&#233;es fiscales et les ressources provenant de la coop&#233;ration internationale sont insuffisantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. On veillera &#224; ce que l'endettement public n'affecte pas la souverainet&#233; nationale, les droits humains, le bien-&#234;tre et la pr&#233;servation de la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'endettement public financera exclusivement des programmes et projets d'investissement dans le domaine des infrastructures, ou des programmes et projets qui g&#233;n&#232;rent des ressources permettant le remboursement. On ne pourra refinancer une dette publique d&#233;j&#224; existante qu'&#224; condition que les nouvelles modalit&#233;s soient plus avantageuses pour l'Equateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Les accords de ren&#233;gociation ne contiendront aucune forme tacite ou expresse d'anatocisme |1| ou d'usure.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Les dettes d&#233;clar&#233;es ill&#233;gitimes par un organisme comp&#233;tent seront remises en cause. En cas de dettes d&#233;clar&#233;es ill&#233;gales, on exercera le droit de r&#233;cup&#233;ration des sommes li&#233;es aux dommages qu'elles ont entra&#238;n&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Les actions en responsabilit&#233; administrative ou civile en mati&#232;re d'emprunt ou de gestion de dette publique seront imprescriptibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
7. L' &#171; &#233;tatisation &#187; des dettes priv&#233;es est interdite.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Art. 291. - Les organes comp&#233;tents, d&#233;termin&#233;s par la Constitution et la loi, r&#233;aliseront au pr&#233;alable des analyses financi&#232;res, sociales et environnementales de l'impact des projets afin de d&#233;terminer la possibilit&#233; de financement. Ces organes proc&#232;deront &#233;galement au contr&#244;le et &#224; l'audit financier, social et environnemental &#224; chaque phase de l'endettement public interne et externe, tant dans la phase du contrat que dans celles de gestion et de ren&#233;gociation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction de St&#233;phanie Jacquemont et d'Eric Toussaint&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; ________________________________________________________&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;sultats de l'audit de la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Equateur a fait une &#339;uvre pionni&#232;re concernant la dette publique. Rafael Correa a cr&#233;&#233; en juillet 2007 la Commission d'audit int&#233;gral de la dette publique interne et externe (CAIC). Cette commission &#233;tait compos&#233;e de douze membres des mouvements sociaux (parmi lesquels la CONAIE), d'ONG et des mouvements travaillant sur la th&#233;matique de la dette de l'Equateur (comme la Red Guayaquil Jubileo 2000 et le Groupe national dette), six membres de campagnes internationales pour l'annulation de la dette du tiers-monde |2| et quatre d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'Etat (le minist&#232;re des Finances, la Cour des Comptes, la Commission anti-corruption et le Parquet g&#233;n&#233;ral). L'id&#233;e de Correa et d'un secteur de son gouvernement &#233;tait d'agir concr&#232;tement pour mettre fin au remboursement d'une partie de la dette identifi&#233;e comme frauduleuse et ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de novembre 2008, l'Equateur a suspendu le remboursement d'une grande partie de sa dette commerciale |3|. Sur la base des r&#233;sultats de l'audit, les autorit&#233;s &#233;quatoriennes ont refus&#233; de continuer &#224; payer une dette identifi&#233;e comme frauduleuse et entach&#233;e de nombreuses irr&#233;gularit&#233;s |4|. La presse financi&#232;re internationale a hurl&#233; au scandale car l'Equateur a os&#233; refuser de payer alors qu'il en avait les moyens. En juin 2009, les d&#233;tenteurs de 91 % des bons en question ont accept&#233; la proposition de rachat &#224; 35% de leur valeur nominale. Rafael Correa a d&#233;clar&#233; lors de son discours d'investiture le 10 ao&#251;t 2009 que cela &#171; signifie un gain de plus de 300 millions de dollars annuels durant les vingt prochaines ann&#233;es, sommes qui serviront non aux portefeuilles des cr&#233;anciers mais au d&#233;veloppement national |5|. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Equateur offre l'exemple d'un gouvernement qui adopte la d&#233;cision souveraine d'enqu&#234;ter sur le processus d'endettement afin d'identifier les dettes ill&#233;gitimes pour ensuite en suspendre le remboursement. La suspension du paiement d'une grande partie de la dette commerciale suivie de son rachat &#224; moindre co&#251;t montre que le gouvernement ne s'est pas cantonn&#233; aux discours de d&#233;nonciation. Ira-t-il plus loin ? Suspendra-t-il &#233;galement le remboursement d'autres cat&#233;gories de dettes ? La CAIC, dans ses recommandations, a propos&#233; de mettre fin au paiement d'autres montants tr&#232;s importants de la dette |6| qui correspondent aux cr&#233;ances r&#233;clam&#233;es par la Banque mondiale et d'autres institutions multilat&#233;rales ainsi que certaines dettes bilat&#233;rales, notamment celles r&#233;clam&#233;es par l'Italie et le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dernier cas, le gouvernement de Rafael Correa a suspendu pendant plusieurs mois &#224; partir de septembre 2008 le remboursement de la dette correspondant &#224; la construction d'une centrale hydro&#233;lectrique (la centrale San Francisco) r&#233;alis&#233;e en d&#233;pit du bon sens par la transnationale br&#233;silienne Odebrecht |7| qui a d'ailleurs &#233;t&#233; expuls&#233;e du pays &#224; la m&#234;me date. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard, suite &#224; la pression du Br&#233;sil, l'Equateur a repris le paiement de la dette et a port&#233; le litige avec Odebrecht devant un tribunal d'arbitrage &#224; Paris (on attend toujours son verdict).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, toujours sur base des travaux de la CAIC, le parquet de l'Equateur a entam&#233; l'examen de la culpabilit&#233; de hauts fonctionnaires &#233;quatoriens qui ont commis diff&#233;rents types de d&#233;lits lors de la signature ou de la ren&#233;gociation de contrats d'endettement aux cours des ann&#233;es 1990 et au d&#233;but des ann&#233;es 2000. L'avenir dira si les coupables seront effectivement traduits en justice et condamn&#233;s avant que la prescription ne joue en leur faveur. Rien n'est certain. Rafael Correa et son gouvernement peuvent h&#233;siter comme tant d'autres gouvernements et poursuivre le paiement du reste de la dette ou ne pas traduire &#224; temps les coupables en justice. Il faut prendre en consid&#233;ration le fait que l'Equateur est rest&#233; isol&#233; sur la question de la dette : les autres gouvernements (y compris celui du Venezuela) poursuivent les remboursements et ne mettent pas d'audits en &#339;uvre pour l'instant. Il n'en demeure pas moins que Rafael Correa a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible de prendre des mesures radicales en mati&#232;re de dette sans devoir qu&#233;mander la justice ou la g&#233;n&#233;rosit&#233; des cr&#233;anciers. C'est une le&#231;on qui devrait &#234;tre retenue par d'autres gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avanc&#233;es et limites des politiques en cours en Equateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En sus de son attitude exemplaire pour tenter de trouver des solutions &#224; l'endettement l&#233;gu&#233; par les gouvernements ant&#233;rieurs, la politique du pr&#233;sident Rafael Correa pour r&#233;duire au minimum le recours &#224; des sous-contrats dans les emplois salari&#233;s est positive. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son discours d'investiture pour son nouveau mandat pr&#233;sidentiel, Rafael Correa a mis l'accent sur cette question ainsi que sur celle du salaire minimum : &#171; Une des caract&#233;ristiques les plus importantes du socialisme du 21e si&#232;cle, doctrine &#224; laquelle adh&#232;re la r&#233;volution citoyenne, est pr&#233;cis&#233;ment la supr&#233;matie de l'&#234;tre humain sur le capital. Pour nous, l'&#234;tre humain n'est pas un facteur de plus de production, mais l'objectif de la production. Ce que nous affrontons en ce sens est r&#233;ellement atterrant : l'&#234;tre humain converti en un instrument de plus d'accumulation du capital. Il ne fait aucun doute qu'une des principales victimes de la longue et triste nuit n&#233;olib&#233;rale, est la classe ouvri&#232;re. Aujourd'hui, parmi beaucoup d'autres choses, l'Equateur est un pays sans sous-traitance au niveau des contrats de travail. Dans le m&#234;me sens, les salaires des professeurs, des domestiques, des artisans, des militaires et des policiers, etc., ont substantiellement augment&#233;, et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, les prix des services publics ont diminu&#233; |8|. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;clarer que le pays est lib&#233;r&#233; de la sous-traitance est exag&#233;r&#233;, mais il n'en reste pas moins que le gouvernement a fait de gros efforts pour contraindre les employeurs &#224; embaucher directement des salari&#233;s qui auparavant &#233;taient engag&#233;s via la sous-traitance dans des conditions extr&#234;mement pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement mettre au cr&#233;dit du gouvernement de Rafael Correa une politique internationale progressiste qui se rapproche de celle du Venezuela et de la Bolivie. L'Equateur a expuls&#233; le repr&#233;sentant permanent de la Banque mondiale en avril 2007, fait des propositions tr&#232;s avanc&#233;es en terme de construction de la Banque du Sud, mis fin &#224; la pr&#233;sence militaire des Etats-Unis sur son territoire (non renouvellement de l'accord concernant la base de Manta) et, plus r&#233;cemment, annonc&#233; qu'il quittait le CIRDI, le tribunal de la Banque mondiale en mati&#232;re de litige sur les investissements, suivant en cela l'exemple donn&#233; par la Bolivie en mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conflits entre le gouvernement de Rafael Correa et des mouvements sociaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;bit du gouvernement Correa, on peut d&#233;plorer sa grande difficult&#233; &#224; prendre en compte les apports fondamentaux d'un certain nombre d'organisations sociales de premier plan, &#224; commencer par la CONAIE, ce qui cr&#233;e une situation de tension permanente sur un certain nombre de th&#232;mes importants. Parmi les contentieux les plus graves, vient en premier lieu la politique d'ouverture de Rafael Correa aux investissements priv&#233;s &#233;trangers dans l'industrie mini&#232;re et p&#233;troli&#232;re |9|. Une fois de plus, la CONAIE, lors d'une assembl&#233;e extraordinaire tenue les 8 et 9 septembre &#224; Quito, n'a pas mis de gants et a fustig&#233; la politique du gouvernement Correa caract&#233;ris&#233; comme n&#233;olib&#233;ral et capitaliste |10| : la CONAIE &#171; exige de l'Etat et du gouvernement qu'il nationalise les ressources naturelles et qu'il mette en pratique l'audit sur les concessions p&#233;troli&#232;res, mini&#232;res, aquif&#232;res, hydrauliques, t&#233;l&#233;phoniques, radiophoniques, t&#233;l&#233;visuelles et des services environnementaux, la dette ext&#233;rieure, le pr&#233;l&#232;vement des imp&#244;ts et les ressources de la s&#233;curit&#233; sociale. &#187; La CONAIE ajoute qu'elle exige &#8220;la suspension de toutes les concessions (extractives, p&#233;troli&#232;res, foresti&#232;res, aquif&#232;res, hydro&#233;lectriques et celles li&#233;es &#224; la biodiversit&#233;) |11| &#187;. A partir du 30 septembre 2009, la CONAIE est pass&#233;e &#224; l'action en organisant des rassemblements et des blocages de routes et de ponts contre le projet de loi sur l'eau. Le conflit a failli d&#233;g&#233;n&#233;rer en une v&#233;ritable conflagration car, dans un premier temps, le pr&#233;sident Correa a adopt&#233; une attitude oppos&#233;e &#224; la n&#233;gociation, tandis que, dans le camp de la mobilisation contre le gouvernement, la droite, et en particulier l'ex-pr&#233;sident Lucio Guttierez, essayait de faire monter les ench&#232;res et poussait &#224; l'affrontement. Finalement, une n&#233;gociation a eu lieu au plus haut niveau et de mani&#232;re publique : 130 d&#233;l&#233;gu&#233;s de la CONAIE ont &#233;t&#233; re&#231;us au si&#232;ge du gouvernement par le pr&#233;sident Correa et plusieurs ministres. Apr&#232;s quatre heures de n&#233;gociation intense, la CONAIE a obtenu que le gouvernement fasse machine arri&#232;re sur plusieurs points : un dialogue permanent est instaur&#233;, le projet de loi sur l'eau sera amend&#233; en tenant compte des propositions de la CONAIE, de m&#234;me pour le projet de loi sur les industries extractives et d'autres th&#232;mes tel l'enseignement bilingue. Un autre conflit social a &#233;galement &#233;clat&#233; : il s'agit de la mobilisation des enseignants contre le gouvernement sous la conduite de UNE, le principal syndicat de la profession li&#233; au parti MPD, qui en principe est alli&#233; &#224; Correa mais n'accepte pas la r&#233;forme que celui-ci veut appliquer dans le secteur de l'&#233;ducation. L&#224; aussi un dialogue a finalement &#233;t&#233; ouvert entre le gouvernement et la UNE.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un gouvernement en dispute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rafael Correa a compos&#233; son gouvernement en prenant soin d'y faire coexister des ministres de gauche et des ministres li&#233;s plus ou moins directement &#224; diff&#233;rents secteurs de la classe capitaliste &#233;quatorienne, ce qui le contraint &#224; des arbitrages perp&#233;tuels |12|. On peut parler v&#233;ritablement d'un gouvernement en dispute au sein duquel la droite dispose d'alli&#233;/es de poids. Alberto Acosta donne un exemple captivant des contradictions &#224; l'int&#233;rieur du gouvernement et des arbitrages qu'op&#232;re Rafael Correa : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il faut noter qu'initialement, cette proposition r&#233;volutionnaire (Alberto Acosta se r&#233;f&#232;re au projet ITT |13|, note d'Eric Toussaint), sans aucun doute possible, a provoqu&#233; un affrontement &#224; l'int&#233;rieur du gouvernement du pr&#233;sident Correa, qui a eu, au d&#233;but, quelques objections venant des urgences &#233;conomiques qu'a un pays aussi pauvre que l'Equateur. D'un c&#244;t&#233;, c'est moi qui menais l'initiative comme ministre de l'Energie et des Mines. C'&#233;tait une d&#233;cision peu comprise par la logique traditionnelle. Il &#233;tait inconcevable que le ministre de la branche propose de laisser le p&#233;trole sous terre, de ne pas exploiter le p&#233;trole. D'un autre c&#244;t&#233;, le pr&#233;sident de l'entreprise &#233;tatique Petroecuador qui voulait exploiter ce p&#233;trole, faisait pression &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du gouvernement pour acc&#233;l&#233;rer cette exploitation. Il faut prendre en compte que j'&#233;tais le pr&#233;sident du directoire de Petroecuador, l'autre &#233;tait le pr&#233;sident ex&#233;cutif de la dite entreprise. Nous avions des positions oppos&#233;es. Pendant que je cherchais &#224; consolider la non-extraction du brut, le pr&#233;sident de l'entreprise &#233;tatique acc&#233;l&#233;rait les contrats pour livrer ce gisement d'hydrocarbure &#224; plusieurs entreprises p&#233;troli&#232;res. C'en &#233;tait &#224; un point tel que, sans m'en informer, il n&#233;gociait avec les entreprises &#233;tatiques du Chili (Enap), de la Chine (Sinopec) et du Br&#233;sil (Petrobras). Il parlait aussi avec l'entreprise &#233;tatique v&#233;n&#233;zu&#233;lienne (PDVSA) pour extraire le p&#233;trole. Son objectif &#233;tait d'arriver &#224; signer un accord pour extraire rapidement le p&#233;trole.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;tait tendue. A tel point que nous sommes all&#233;s &#224; un directoire de Petroecuador, au cours duquel nous nous sommes r&#233;unis normalement tr&#232;s t&#244;t le matin (les sessions commen&#231;aient &#224; 6h du matin), r&#233;union &#224; laquelle participa le pr&#233;sident de la R&#233;publique. Ce dernier a &#233;cout&#233; les arguments des deux parties. Ensuite, il a opt&#233; pour soutenir la th&#232;se de laisser le p&#233;trole en terre, tout le temps qu'il y aurait une compensation financi&#232;re internationale, parce que, &#224; cette &#233;poque, nous parlions de compensation&#8230; S'il n'y avait pas la compensation financi&#232;re, on exploiterait le p&#233;trole, a dit le pr&#233;sident. Il faut reconna&#238;tre qu'&#224; partir de l&#224;, le th&#232;me financier a &#233;t&#233; au centre du d&#233;bat et a servi pour baisser les tensions autour du fait que le pays perdrait beaucoup s'il n'extrait pas le brut. &#187; |14|&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une autre interview r&#233;cente Alberto Acosta d&#233;clare &#224; propos de la nature contradictoire du gouvernement de Rafael Correa : &#171; un gouvernement qui d&#233;veloppe encore certaines politiques clairement inspir&#233;es de la gestion n&#233;olib&#233;rale, qui repr&#233;sente toujours les int&#233;r&#234;ts des groupes &#233;conomiques traditionnels, comme dans le domaine agraire. Et ceci s'applique aussi dans le secteur des mines (&#8230;) &#187; |15|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait par ailleurs mentionner l'h&#233;sitation de Rafael Correa &#224; doter l'Etat d'instruments financiers suffisamment puissants pour investir et cr&#233;er des emplois. Les deux banques publiques principales, la Banque nationale de d&#233;veloppement (BNF) et Banco del Pacifico, sont sous-capitalis&#233;es. C'est comme si les ministres li&#233;s aux secteurs financiers priv&#233;s r&#233;ussissaient &#224; convaincre le pr&#233;sident de laisser aux banquiers priv&#233;s un maximum de libert&#233;, qu'ils n'utilisent d'ailleurs pas pour d&#233;velopper v&#233;ritablement l'investissement productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur et la dynamique des luttes sociales pour donner un contenu profond&#233;ment &#233;mancipateur au processus en cours seront d&#233;cisifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Anatocisme : la transformation des int&#233;r&#234;ts de retard en capital ou, dit autrement, la capitalisation des int&#233;r&#234;ts de retard (Note du CADTM)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Le CADTM &#233;tait repr&#233;sent&#233; par Eric Toussaint qui a effectu&#233; six s&#233;jours en Equateur en 2007-2008 dans le cadre de sa mission en tant que membre de cette commission. Les autres mouvements internationaux repr&#233;sent&#233;s &#233;taient Latindadd, Jubileo Sur, Eurodad, l'Audit Citoyen de la Dette &#8211; Br&#233;sil - et Jubil&#233; Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Les bons &#171; Global 2012 et 2030 &#187;, qui repr&#233;sentent environ 85% de sa dette commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| L'ensemble du rapport final de la CAIC est en ligne en espagnol sur le site du CADTM : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Informe-final-...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Informe-final-...&lt;/a&gt;. La partie qui concerne la dette commerciale externe ayant fait l'objet d'une suspension partielle de paiement correspond au chapitre 2 &#8211; Section 1 (pages 14 &#224; 88).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Voir les extraits du discours de Rafael Correa sur &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Discours-d-inv..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Discours-d-inv..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Voir les chapitres 2, 3 et 4 du rapport final de la CAIC. Voir &#233;galement &#171; L'Equateur &#224; la crois&#233;e des chemins &#187;, in CADTM, Les Crimes de la dette, CADTM-Syllepse, 2007, partie III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Odebrecht, qui r&#233;alise des travaux publics dans tout le continent latino am&#233;ricain, est bien connue pour sa politique de corruption, de surfacturation, de non respect des contrats et de d&#233;gradation de l'environnement. Elle b&#233;n&#233;ficie syst&#233;matiquement du soutien de l'Etat br&#233;silien &#224; travers la banque publique br&#233;silienne BNDES qui pr&#234;te de l'argent public aux gouvernements de la r&#233;gion afin qu'ils confient de grands travaux &#224; Odebrecht (le co&#251;t de la centrale San Francisco d&#233;passe 600 millions de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Voir extraits du discours d'investiture de Rafael Correa : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Discours-d-inv..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Discours-d-inv..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| L'Equateur poss&#232;de une &#233;conomie bas&#233;e principalement sur la rente du p&#233;trole. Il faut bien avoir en t&#234;te que le p&#233;trole repr&#233;sente pour l'ann&#233;e 2008, 22,2% du PIB, 63,1% des exportations et 46,6% du Budget G&#233;n&#233;ral de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| &#171; Declarar al gobierno de Rafael Correa como gobierno neoliberal y capitalista por sus acciones y actitudes&#8230; &#187; Voir &lt;a href=&#034;http://ecuador.indymedia.org/es/200...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ecuador.indymedia.org/es/200...&lt;/a&gt;, Asamblea Extraordinaria de la CONAIE : Resoluciones de Nacionalidades y Pueblos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| &lt;a href=&#034;http://ecuador.indymedia.org/es/200...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ecuador.indymedia.org/es/200...&lt;/a&gt;, Asamblea Extraordinaria de la CONAIE : Resoluciones de Nacionalidades y Pueblos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| Interview d'Alberto Acosta r&#233;alis&#233;e par Matthieu Le Quang et intitul&#233;e : &#171; Le projet ITT : laisser le p&#233;trole en terre ou le chemin vers un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Le-projet-ITT-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Le-projet-ITT-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d'exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini) est une des initiatives du gouvernement &#233;quatorien afin de lutter contre le r&#233;chauffement climatique. Il s'agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de p&#233;trole situ&#233;s dans le Parc Yasun&#237;, r&#233;serve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversit&#233;s dans le monde. L'exploitation de ce p&#233;trole lourd pourrait rapporter &#224; l'Etat entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix d'environ 70 dollars le baril).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| Matthieu Le Quang, entrevista a Alberto Acosta, ex ministro de Energ&#237;a y Minas de Ecuador y autor (sic) de la propuesta, explica el proyecto ITT &#8220;El proyecto ITT en Ecuador : dejar el crudo en tierra o el camino hacia otro modelo de desarrollo&#8221; &lt;a href=&#034;http://www.fuhem.es/media/ecosocial..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fuhem.es/media/ecosocial..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|15| in Los Gobiernos Progresistas en Sur&#225;merica, no han puesto en tela de juicio la validez del modelo extractivista. / Entrevista a Alberto Acosta de FLACSO por Y&#225;sser G&#243;mez / Revista Mari&#225;tegui, 06/09/2009, &lt;a href=&#034;http://mariategui.blogspot.com/2009..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mariategui.blogspot.com/2009..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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