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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>DEMOCRATIE POLITIQUE, DEMOCRATIE ECONOMIQUE, DEMOCRATIE GLOBALE</title>
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		<dc:date>2003-04-27T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Lasserre</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lections</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>

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&lt;p&gt;S'il est un mot qui fait l'unanimit&#233; dans les discours politiques, c'est bien celui de d&#233;mocratie. Qui ne se revendique pas de la d&#233;mocratie ? Certainement pas le lib&#233;ral qui, en son nom, d&#233;fend la libert&#233; totale du commerce, de l'entreprise, et du profit ; ni m&#234;me l'&#233;tatiste qui propose de le contr&#244;ler, voire de l'interdire, toujours au nom de cette m&#234;me d&#233;mocratie. On peut constater que ce mot est employ&#233; &#224; beaucoup de sauces, et qu'en son nom on d&#233;fend parfois beaucoup de choses et leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Elections-+" rel="tag"&gt;&#201;lections&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Democratie-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH135/arton458-d01e0.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='135' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est un mot qui fait l'unanimit&#233; dans les discours politiques, c'est bien celui de d&#233;mocratie. Qui ne se revendique pas de la d&#233;mocratie ? Certainement pas le lib&#233;ral qui, en son nom, d&#233;fend la libert&#233; totale du commerce, de l'entreprise, et du profit ; ni m&#234;me l'&#233;tatiste qui propose de le contr&#244;ler, voire de l'interdire, toujours au nom de cette m&#234;me d&#233;mocratie. On peut constater que ce mot est employ&#233; &#224; beaucoup de sauces, et qu'en son nom on d&#233;fend parfois beaucoup de choses et leurs contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'appelle-t-on d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La d&#233;mocratie n'est pas une d&#233;couverte r&#233;cente puisqu'elle remonte &#224; la Gr&#232;ce Antique ; le syst&#232;me socio-&#233;conomique capitaliste moderne est fond&#233; sur des bases diff&#233;rentes de celles de l'antique syst&#232;me esclavagiste grec, et la d&#233;mocratie n'est donc pas un syst&#232;me socio-&#233;conomique ; elle n'est pas non plus pour une raison similaire un syst&#232;me politique. M&#234;me si elle est souvent associ&#233;e &#224; la r&#233;publique elle ne s'y substitue pas, car si elle en est un compl&#233;ment fr&#233;quent il a d&#233;j&#224; exist&#233; des r&#233;publiques qui n'avaient rien de d&#233;mocratiques. Si la d&#233;mocratie n'est pas un syst&#232;me politique ni un syst&#232;me socio-&#233;conomique, elle ne se r&#233;duit pas non plus &#224; une simple id&#233;e ni &#224; une valeur morale ; en fait, si on observe l'histoire des soci&#233;t&#233;s, il appara&#238;t que &lt;strong&gt;la d&#233;mocratie est un ensemble de &#034;pratiques sociales&#034;, bas&#233; sur des valeurs d'&#233;galit&#233;, de libert&#233;, et de justice, qui s'enrichit avec le temps et le d&#233;veloppement de certaines soci&#233;t&#233;s humaines&lt;/strong&gt;. Les pratiques d&#233;mocratiques actuelles sont principalement le r&#233;sultat d'un processus qui a d&#233;marr&#233; au dix huiti&#232;me si&#232;cle, en Europe avec le remplacement de la Monarchie par la R&#233;publique fran&#231;aise, et en Am&#233;rique du Nord par l'instauration de la R&#233;publique des &#201;tats-Unis. Ce retour &#224; la r&#233;publique, principe de gouvernement connu depuis l'Antiquit&#233;, est fond&#233; sur les m&#234;mes valeurs que la d&#233;mocratie. Les pratiques d&#233;mocratiques les plus connues que la r&#233;publique a apport&#233;es dans le domaine politique sont : le suffrage universel, la libert&#233; d'opinion et de r&#233;union, l'ind&#233;pendance de la presse, l'ind&#233;pendance de la justice. L'histoire montre aussi que toutes ces pratiques, tous ces droits qui peuvent aujourd'hui appara&#238;tre &#233;l&#233;mentaires pour certains, ne se sont pas le plus souvent acquis par la simple bonne volont&#233; des l&#233;gislateurs. Ils sont le fruit de luttes politiques ou sociales qui ont marqu&#233; l'histoire des nations modernes ; il en est par exemple ainsi en France du droit de vote qui fut d'abord censitaire, il ne devint suffrage universel que suite &#224; la r&#233;volution de f&#233;vrier 1848, mais ne fut accord&#233; aux femmes qu'en 1944. On constate aussi que l'acquisition de pratiques d&#233;mocratiques n'est jamais d&#233;finitivement &#233;tablie, la libert&#233; d'opinion ou de la presse fut maintes fois remise en question durant les deux derniers si&#232;cles ; la libert&#233; d'&#233;mettre (radios libres) ne date en France que de 1981, et n&#233;cessite toujours une autorisation pr&#233;alable ; on a vu tr&#232;s r&#233;cemment le gouvernement des &#201;tats-Unis demander aux journalistes de s'autocensurer en ne passant pas les cassettes de leur ennemi du moment. La d&#233;mocratie est donc un ph&#233;nom&#232;ne perfectible mais pouvant parfaitement r&#233;gresser, m&#234;me si on constate depuis deux si&#232;cles une lente &#233;volution en dent de scie vers toujours plus de d&#233;mocratie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui beaucoup pensent que les pratiques actuelles de la d&#233;mocratie politique ne sont pas parfaites, ce qui est normal puisque c'est un ensemble de pratiques qui ne peuvent qu'&#233;voluer de concert avec l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;. Certains r&#233;clament plus de d&#233;mocratie par exemple gr&#226;ce &#224; une modification du scrutin, ou gr&#226;ce &#224; un am&#233;nagement de la gestion locale assurant une plus grande participation de chaque citoyen, ou gr&#226;ce &#224; une utilisation plus fr&#233;quente du r&#233;f&#233;rendum. Bien s&#251;r on peut am&#233;liorer beaucoup de d&#233;tails et ces am&#233;nagements m&#233;riteraient certainement d'&#234;tre mieux &#233;tudi&#233;s, quoi qu'il en soit rares sont aujourd'hui ceux qui estiment qu'il faut radicalement changer notre syst&#232;me politique, il est certes perfectible mais ses grands principes paraissent acquis. Pourtant si chacun a les m&#234;mes droits politiques, les in&#233;galit&#233;s sociales sont bien pr&#233;sentes et toujours croissantes ; il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela puisqu'elles ne rel&#232;vent pas du domaine de l'&#233;galit&#233; politique, mais du domaine de l'&#233;galit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;mocratie &#233;conomique&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques d&#233;mocratiques ne se limitent pas au seul domaine de la politique, l'humain est un animal social qui s'associe naturellement avec ses cong&#233;n&#232;res pour pratiquer de nombreuses activit&#233;s, on trouve ainsi des pratiques d&#233;mocratiques tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es dans le domaine associatif ; les responsables de nombreuses associations &#224; buts tr&#232;s divers sont en effet &#233;lus de mani&#232;re tout &#224; fait d&#233;mocratique, et ces associations fonctionnent selon des r&#232;gles g&#233;n&#233;ralement conformes aux valeurs de la d&#233;mocratie. Si les pratiques d&#233;mocratiques se sont ainsi impos&#233;es &#224; l'humain dans la plupart de ses champs d'activit&#233;s sociales, qu'en est-il dans le domaine qui concerne la production de biens et de services, leur distribution et leur consommation, c'est &#224; dire l'&#233;conomie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos soci&#233;t&#233;s modernes l'autarcie n'existe plus, et la division du travail a entra&#238;n&#233; une socialisation totale des pratiques &#233;conomiques. La production d'un bien ou d'un service met en jeu tout un ensemble d'acteurs qui oeuvrent de concert pour que le syst&#232;me fonctionne. Pour pouvoir produire et distribuer sa production, toute entreprise utilise les services d'autres entreprises et, la plupart du temps, le moindre bien consomm&#233; a n&#233;cessit&#233; directement et indirectement l'intervention de dizaines voire de centaines de personnes dans sa production. Dans ce sens, les pratiques &#233;conomiques sont les pratiques humaines les plus socialis&#233;es qui soient, et chacun d'entre nous est un acteur &#233;conomique. Vu l'&#233;volution vers toujours plus de d&#233;mocratie que nous avons pu observer dans le domaine politique et associatif, nous pourrions nous attendre &#224; ce que cette m&#234;me d&#233;mocratie soit aussi d'usage courant dans le domaine &#233;conomique, et que les valeurs d'&#233;galit&#233; de libert&#233; et de justice soient &#224; la base des pratiques &#233;conomiques modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'antagonisme entre le droit de propri&#233;t&#233; de l'entreprise et la d&#233;mocratie. &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous ne sommes plus au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle et, dans nos d&#233;mocraties modernes, la libert&#233; d'expression dans l'entreprise, ainsi que les droits d'association et de gr&#232;ve, sont en th&#233;orie acquis. Les comit&#233;s d'entreprise ont &#233;t&#233; institu&#233;s en France en 1945, ils interviennent dans le domaine de l'organisation du travail, de l'hygi&#232;ne, de la cantine, des colonies de vacances ; on observera que si on leur accorde un certain pouvoir, celui-ci est tr&#232;s mineur et, en dehors de quelques domaines ne concernant pas directement le fonctionnement essentiel de l'entreprise, il se r&#233;duit g&#233;n&#233;ralement &#224; un r&#244;le simplement consultatif . Le pouvoir de d&#233;cision appartient de fait au seul conseil d'administration de l'entreprise et &#224; ses repr&#233;sentants ; le chef d'entreprise, qui malgr&#233; un int&#233;ressement habituel aux b&#233;n&#233;fices n'est le plus souvent lui m&#234;me qu'un employ&#233; au service des actionnaires, d&#233;cide de tout ce qui se rapporte &#224; la production et aux conditions dans lesquelles elle s'effectue, et le travailleur n'a aucun pouvoir r&#233;el en ce domaine. Le chef d'entreprise a le pouvoir d'imposer au salari&#233; la conduite la plus apte &#224; servir les int&#233;r&#234;ts de l'entreprise, le contrat de travail n'est pas un contrat &#233;galitaire, m&#234;me si &#034;librement&#034; sign&#233;, c'est un contrat de subordination de l'employ&#233; vis &#224; vis de l'entreprise. S'il existe un semblant de d&#233;mocratie dans l'entreprise comme vu au d&#233;but de ce paragraphe, ce n'est donc qu'une caricature de d&#233;mocratie, un balbutiement. Ce sont les actionnaires/propri&#233;taires qui ont le seuI pouvoir ; s'ils ont choisi le chef d'entreprise, c'est pour qu'il agisse dans le sens de leurs int&#233;r&#234;ts particuliers ; c'est dans le sens de leur seul profit que le chef d'entreprise d&#233;cide des m&#233;thodes de productions, qu'il fixe le niveau de productivit&#233; du salari&#233;, qu'il d&#233;cide des horaires et des postes de travail, bref qu'il organise toute l'activit&#233; de l'entreprise et de ses salari&#233;s. La gestion de l'entreprise capitaliste n'a donc absolument rien &#224; voir avec une gestion d&#233;mocratique qui donnerait le pouvoir aux participants r&#233;els &#224; l'entreprise, c'est &#224; dire &#224; ceux qui la font fonctionner par leur travail, elle fonctionne selon d'archa&#239;ques principes hi&#233;rarchiques fond&#233;s sur des rapports de soumission et de domination. Quand l'entreprise va mal, ou simplement quand les actionnaires veulent d&#233;gager plus de profit, ce sont les salari&#233;s de l'entreprise qu'on licencie, jamais les actionnaires, l'entreprise est g&#233;r&#233;e dans le seul int&#233;r&#234;t des propri&#233;taires et il n'est nullement tenu compte de l'int&#233;r&#234;t du salari&#233; dans cette gestion. Le r&#244;le premier de l'entreprise capitaliste n'est pas de produire des richesses pour am&#233;liorer le bien &#234;tre de tous, mais de produire avant tout du profit pour ses propri&#233;taires ; si l'entreprise est au service de l'homme, la notion d'homme se r&#233;duit ici essentiellement &#224; la notion de propri&#233;taire. Cette approche, en terme de d&#233;mocratie dans l'entreprise capitaliste, montre qu'en fait il existe une contradiction d'int&#233;r&#234;t entre les actionnaires et les salari&#233;s, la gestion de l'entreprise par ses propri&#233;taires se fait dans le sens de l'int&#233;r&#234;t de ceux-ci, et bloque toute &#233;volution vers une extension des pratiques d&#233;mocratiques dans l'entreprise. Ce constat est le r&#233;v&#233;lateur de l'existence d'un antagonisme entre la d&#233;mocratie &#233;conomique et le droit de propri&#233;t&#233; de l'entreprise. Si lors des grandes r&#233;volutions fran&#231;aises et am&#233;ricaines le droit de propri&#233;t&#233; de l'entreprise apparaissait comme un garant de la libert&#233; et de la d&#233;mocratie, la r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui, telle qu'on l'observe dans le cadre de l'entreprise moderne, nous montre que ce droit de propri&#233;t&#233; est justement l'&#233;l&#233;ment premier qui emp&#234;che l'instauration de pratiques d&#233;mocratiques dans le cadre de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'antagonisme entre le privil&#232;ge des revenus de l'argent et la d&#233;mocratie. &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement ce droit de propri&#233;t&#233; de l'entreprise est cause de l'absence de d&#233;mocratie dans l'entreprise, mais il est en lui m&#234;me une autre source d'in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques au niveau des revenus. Du point de vue du revenu, l'&#233;galit&#233; &#233;conomique n'implique pas n&#233;cessairement l'attribution d'un revenu &#233;gal pour tous, par contre elle doit au moins assurer l'&#233;galit&#233; des chances et un minimum acceptable pour les plus d&#233;favoris&#233;s. Mais peut-il y avoir &#233;galit&#233; entre le citoyen qui per&#231;oit ses revenus par son seul salaire, ce qui est le cas de l'immense majorit&#233;, et le citoyen qui per&#231;oit ses revenus par le profit de son seul argent ? On ne peut pas s'enrichir de mani&#232;re illimit&#233;e avec un simple salaire m&#234;me tr&#232;s &#233;lev&#233;, il faut pour cela b&#233;n&#233;ficier des revenus du capital. Si on na&#238;t riche dans une famille ayant d&#233;j&#224; accumul&#233; un gros patrimoine, le privil&#232;ge du droit de propri&#233;t&#233; des entreprises et celui du pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t font que l'on a toutes les chances de s'enrichir encore plus ; alors que celui qui na&#238;t dans une famille pauvre, ou m&#234;me moyenne, a toutes les chances de finir salari&#233; sans pouvoir jamais profiter des privil&#232;ges de la richesse. La dissociation entre les revenus de l'argent et les revenus du travail est la premi&#232;re source d'in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, c'est gr&#226;ce aux privil&#232;ges des revenus de l'argent que les 225 plus grosses fortunes du monde repr&#233;sentent l'&#233;quivalent du revenu annuel des 2,5 milliards de plus pauvres. Ces in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques croissantes r&#233;v&#232;lent donc un antagonisme entre le privil&#232;ge des revenus de l'argent et la d&#233;mocratie &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quences de l'absence de d&#233;mocratie &#233;conomique sur la d&#233;mocratie politique.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la carence de d&#233;mocratie &#233;conomique se fait sentir au niveau des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, elle ne se limite pas &#224; ce seul domaine, comment peut-il y avoir &#233;galit&#233; politique sans &#233;galit&#233; &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent joue un r&#244;le dans toute &#233;lection, une bonne campagne de publicit&#233; co&#251;te cher, et si elle ne suffit pas pour garantir l'&#233;lection elle y aide forc&#233;ment. Les lobbies de l'argent sont &#233;videmment tr&#232;s riches, et l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale s'est impos&#233;e &#224; coups de centaines de millions de dollars1. Le bon vieux proverbe qui dit que &#034;le pouvoir c'est l'argent&#034; n'est gu&#232;re contest&#233; par grand monde ; dans un syst&#232;me socio-&#233;conomique fond&#233; sur l'argent et son profit, la d&#233;mocratie ne p&#232;se pas lourd face au pouvoir qu'accorde l'argent aux lobbies financiers. Si les &#201;tats pouvaient g&#234;ner le pouvoir de l'argent, ses lobbies se sont arrang&#233;s pour les contourner &#224; l'aide d'organisations supranationales telles l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale, et les diff&#233;rents gouvernements n'ont pu qu'accepter bon gr&#233; mal gr&#233; leurs r&#232;gles. Les pays pauvres, autrefois souvent anciennes colonies exploit&#233;es par la force, sont aujourd'hui asservis de mani&#232;re beaucoup plus subtiles : le pr&#234;t d'argent et la corruption sont beaucoup plus efficace que l'usage de la force. Le remboursement du capital et des int&#233;r&#234;ts impose &#224; ces pays de se procurer des devises, d'o&#249; une n&#233;cessaire politique d'exportation et d'ouverture aux investisseurs &#233;trangers. Quand le d&#233;faut de paiement menace, le FMI est toujours l&#224; pour pr&#234;ter encore plus, &#224; des taux toujours plus &#233;lev&#233;s au fur et &#224; mesure que la prime de risque augmente, &#224; condition que ces pays adoptent des &#034;plans d'ajustement structurel&#034; imposant aux gouvernements des mesures favorables au &#034;pouvoir de l'argent&#034; et accentuant d'autant plus les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t alors que non seulement le pouvoir &#233;conomique est sup&#233;rieur au pouvoir politique, mais qu'en plus il l'utilise pour se renforcer ; non seulement le pouvoir politique ne peut pas agir dans le sens de plus d'&#233;galit&#233; &#233;conomique, mais se trouve forc&#233; par les institutions financi&#232;res internationales &#224; prendre des mesures aggravant ces in&#233;galit&#233;s, ce qui prouve &lt;strong&gt;qu'il ne peut y avoir de r&#233;elle d&#233;mocratie politique sans r&#233;elle d&#233;mocratie &#233;conomique. Comment acc&#233;der &#224; la d&#233;mocratie &#233;conomique pour aller vers la d&#233;mocratie globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;On vient de voir que l'&#233;l&#233;ment qui emp&#234;chait l'instauration de la d&#233;mocratie &#233;conomique &#233;tait le revenu de l'argent ; m&#234;me si ce revenu a certainement jou&#233; un r&#244;le de facteur de d&#233;veloppement tr&#232;s positif ant&#233;rieurement, aussi bien dans le domaine &#233;conomique que dans celui des institutions, l'&#233;volution g&#233;n&#233;rale fait que de nos jours il est devenu le principal obstacle vers plus de d&#233;mocratie. Aujourd'hui, pour pouvoir avancer vers une d&#233;mocratie de plus en plus globale, le probl&#232;me majeur de notre soci&#233;t&#233; moderne n'est plus celui de la d&#233;mocratie politique mais celui de la d&#233;mocratie &#233;conomique, et le privil&#232;ge du revenu de l'argent en est le point de blocage. Le revenu de l'argent se concr&#233;tise essentiellement dans deux cat&#233;gories : dans le droit au pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t priv&#233;, et dans l'actionnariat c'est &#224; dire dans le droit de propri&#233;t&#233; priv&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, on comprend bien que l'id&#233;e de toucher &#224; ces deux droits puisse d&#233;ranger les privil&#233;gi&#233;s qui en b&#233;n&#233;ficient, pourtant, de nos jours, l'avanc&#233;e de la d&#233;mocratie passe par l'abolition de ces deux privil&#232;ges. L'entreprise moderne a-t-elle vraiment besoin de propri&#233;taires ? Que lui apportent ses actionnaires, sinon parfois de l'argent ? En dehors de cet argent, en quoi lui sont-ils utiles ? Que l'entreprise soit soumise &#224; quelques r&#232;gles d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;es est certes une contrainte, mais la principale contrainte de l'entreprise n'est-elle pas aujourd'hui celle de la volont&#233; de profit de ses actionnaires ? Ils apportent certes de l'argent &#224; l'entreprise mais lui en co&#251;tent bien plus qu'ils ne lui en apportent, elle fonctionne le plus souvent sans eux et s'en d&#233;barrasser ne pr&#233;senterait que des avantages pour l'entreprise et ses salari&#233;s. Le chef d'entreprise serait alors au seul service de celle-ci et non plus &#224; celui des actionnaires ; le conseil d'administration, pouvant enfin &#234;tre d&#233;mocratiquement nomm&#233;, ne dirigerait plus l'entreprise dans le sens du profit maximum, mais dans celui des int&#233;r&#234;ts de celle-ci et de ses travailleurs ; le financement de l'entreprise pourrait bien s&#251;r &#234;tre assur&#233; par du cr&#233;dit public ce qui r&#232;glerait aussi le probl&#232;me du privil&#232;ge du pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t priv&#233;, tout en facilitant l'acc&#232;s au cr&#233;dit pour les petites entreprises. Ce fonctionnement de l'entreprise ne pourrait pr&#233;senter que des avantages &#224; beaucoup de points de vue, le probl&#232;me n'est pas d'ordre pratique, il est d'ordre juridique ; mais on aborde ici un autre sujet : celui de l'autogestion, qui m&#234;me si elle peut &#234;tre l'expression la plus compl&#232;te de la d&#233;mocratie n'est pas ici l'objet de cette r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Cf. &#034;Comment la pens&#233;e devint unique&#034;, Susan Georges, in &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique &lt;/i&gt;ao&#251;t 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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