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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>SOCIALISME MAINTENANT !</title>
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		<dc:date>2012-01-21T03:15:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Marxisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La coh&#233;sion programmatique que nous avions au si&#232;cle dernier, ou peut &#234;tre que nous croyions avoir, et qui &#233;tait la force des trotskystes, chaque courant &#224; sa mani&#232;re, ne peut r&#233;pondre aux d&#233;fis du 21e si&#232;cle. Nous sommes confront&#233;s &#224; une certaine perte de substance, programmatique, politique, strat&#233;gique. Toutes sortes d'&#233;l&#233;ments fondamentaux pour construire une formation politique que l'acc&#233;l&#233;ration de l'histoire met &#224; mal aujourd'hui pour les r&#233;volutionnaires. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Le r&#233;sultat d'une crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Marxisme-+" rel="tag"&gt;Marxisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La coh&#233;sion programmatique que nous avions au si&#232;cle dernier, ou peut &#234;tre que nous croyions avoir, et qui &#233;tait la force des trotskystes, chaque courant &#224; sa mani&#232;re, ne peut r&#233;pondre aux d&#233;fis du 21e si&#232;cle. Nous sommes confront&#233;s &#224; une certaine perte de substance, programmatique, politique, strat&#233;gique. Toutes sortes d'&#233;l&#233;ments fondamentaux pour construire une formation politique que l'acc&#233;l&#233;ration de l'histoire met &#224; mal aujourd'hui pour les r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;sultat d'une crise longue et g&#233;n&#233;rale, c'est souvent de clarifier la carte du monde &#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Fernand Braudel&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;1. La crise a d&#233;j&#224; plus de 4 ans et elle va durer. Elle est g&#233;n&#233;rale, globale. Elle est &#233;conomique, financi&#232;re sociale, &#233;cologique, mais sa sp&#233;cificit&#233;, c'est sa conjonction avec un basculement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le premier point, c'est de prendre la mesure de ce basculement. Ce n'est pas un changement ou un d&#233;placement conjoncturel avec un retour &#224; la normale, apr&#232;s la crise&#8230; Pour mesurer l'ampleur du changement, on peut prendre comme r&#233;f&#233;rence les basculements o&#249; les centres de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale changent, comme en 1760-1780 entre les Pays-Bas et l'Angleterre ou apr&#232;s l'entre deux guerre entre l'Angleterre et les USA&#8230; Sauf que l&#224;, c'est un changement non seulement continental mais un changement de monde au sens &#233;conomique, social, politique culturel&#8230; C'est un changement o&#249; l'Occident &#8212; Europe et Etats-Unis &#8212; qui a domin&#233; le monde depuis la d&#233;couverte de l'Am&#233;rique perd son h&#233;g&#233;monie au profit de nouvelles puissances &#233;mergentes ou de vielles puissances qui retrouvent leur force 4 ou 5 si&#232;cles apr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans ces nouveaux rapports mondiaux, l'Europe d&#233;cline, les USA perdent leur h&#233;g&#233;monie &#233;conomique mais pas encore politico-militaire. Beaucoup d&#233;pend des d&#233;veloppements de la crise aux USA. Mais la part des pays du G7 dans le PIB mondial qui &#233;tait de 56 % du PIB au d&#233;but des ann&#233;es 1980 n'est que d'environ 40 % en 2010. Les pr&#233;visions indiquent que les courbes entre les ex G7 et les BRIC &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine auxquels ont peut rajouter l'Afrique du Sud.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; vont, m&#234;me se croiser dans la d&#233;cennies et en termes de revenu moyen par habitant. Cela peut se faire dans les 2030-2040. Les indications de croissance de ces dix ou 15 derni&#232;res ann&#233;es &#8212; autour de 8 &#224; 12 % pour la Chine et l'Inde contre 1 &#224; 2 % pour l'Europe ou 2 &#224; 3 % pour les USA &#8212; ou en termes de r&#233;serves mondiales indiquent aussi des changements profonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Ces rapports risquent d'&#234;tre confirm&#233;s par l'approfondissement de la crise aux USA et en Europe. Aux USA, l'endettement ne peut plus compenser la baisse des salaires. Sous consommation et surproduction se nourrissent, l'une et l'autre. Les tendances &#224; la surproduction dans une s&#233;rie de secteurs se confirment, et pas seulement dans l'immobilier, mais dans l'ensemble du secteur manufacturier. Le ch&#244;mage se maintient ou augmente. Les plans d'investissements d'Obama n'ont pas relanc&#233; la machine. Contrairement &#224; des d&#233;clarations, ici ou l&#224;, il n' y a pas eu de tournant keyn&#233;sien. Il n'y a pas eu de tournant keyn&#233;sien parce qu'il n' y a pas eu de rapport de forces avec un mouvement ouvrier suffisamment fort pour imposer des compromis sociaux aux capitalistes. Mais surtout, parce qu'il ne faut pas oublier que ce qui a relanc&#233; les USA et l'Europe apr&#232;s la crise des ann&#233;es 1929-1935, c'est la guerre et pas les recettes keyn&#233;siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, malgr&#233; tous les discours sur la moralisation du capitalisme, c'est la financiarisation qui continue &#224; dominer, comme r&#233;ponse capitaliste &#224; la baisse du taux de profit industriel. R&#233;sultat, le processus de d&#233;sindustrialisation se poursuit. L'&#233;conomie USA tient, aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; la force du dollar, au r&#244;le de la banque f&#233;d&#233;rale qui continue &#224; injecter des liquidit&#233;s et au fait que la monnaie am&#233;ricaine reste la r&#233;f&#233;rence pour l'achat des bons du tr&#233;sors et obligations par les fonds souverains chinois, japonais et des pays du Golfe. Enfin, les USA gardent l'h&#233;g&#233;monie politico-militaire mais avec un recul par rapport au d&#233;but des ann&#233;es 2000 &#8212; &#233;chec en Irak, en Afghanistan, moindre capacit&#233; d'intervention face aux r&#233;volutions arabes. Leur objectif, c'est maintenant de se pr&#233;parer &#224; renforcer leur pr&#233;sence comme puissance pacifique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Mais c'est en Europe que la crise peut prendre des formes de crise d'effondrement. Le fond ce sont des positions de faiblesses dans la comp&#233;tition mondiale. L'Allemagne reste un des principaux pays exportateur &#8212; 47 % du PIB, Japon 17%, Chine 15 % &#8212;, mais elle est aussi touch&#233;e par la contraction du march&#233; mondial. Aussi, pour r&#233;pondre &#224; la concurrence mondiale, les classes dominantes europ&#233;ennes veulent liquider ce qui reste du &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187;. Il y a encore trop de social, il faut le d&#233;manteler. C'est l'explication de l'offensive sp&#233;culative sur les march&#233;s europ&#233;ens. Les &#171; march&#233;s &#187;, mais ce sont des r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles, les banquiers, les dirigeants de fonds pensions, les dirigeants des multinationales exigent l'augmentation du taux de plus-value, par la baisse des salaires, la liquidation de la s&#233;curit&#233; sociale et l'augmentation du temps de travail. D'o&#249; la brutalit&#233; des politiques d'aust&#233;rit&#233; &#8212; s'adapter au march&#233; mondial de la force de travail tir&#233; par les rapports sociaux des puissances &#233;mergentes &#8212; ce qui implique la baisse du pouvoir d'achat de 10 &#224; 15 points sur les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en plus , et c'est ce qui donne un caract&#232;re aigu&#235; , explosif &#224; la crise et qui peut d&#233;boucher sur l'effondrement, c'est le type de construction politique qu'a connu l'Europe : avec les divergences ou trajectoires de divergences &#233;conomiques entre divers p&#244;les de l'UE : Allemagne et cercle Allemagne-Pays-Bas, Autriche, nord Europe et la p&#233;riph&#233;rie du sud de l'Europe &#8212; les &#171; PIGS &#187; avec Irlande &#8212; avec la France au centre. Les rapports franco-allemands expriment la r&#233;alit&#233; &#233;conomique, politique et institutionnelle de l'Europe mais sans &#201;tat, sans direction, sans plan de d&#233;veloppement ni de r&#233;sistance &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle montre une fois de plus l'incapacit&#233; historique des bourgeoisies europ&#233;ennes &#224; unifier l'Europe. La dislocation est possible mais on r&#233;fl&#233;chit d&#233;j&#224; &#224; la vielle id&#233;e de Balladur, une Europe &#224; cercles concentriques : l'Allemagne et les pays les plus riches, le sud et certains pays d'Europe de l'Est ou du Sud-Est. Le probl&#232;me, c'est la France et l'Italie, car si l'Italie l&#226;che, c'est l'Europe qui l&#226;che. Ils veulent les arrimer &#224; l'Allemagne, ce qui exige des plans d'aust&#233;rit&#233; d'une grande brutalit&#233;&#8230; Mais cette situation annonce un enfoncement dans la crise , avec une croissance autour de 1 point. Cela va durer mais avec des risques d'explosions sociales de situations pr&#233;-r&#233;volutionnaires comme en Gr&#232;ce. D'autant que, sur le plan politique, le caract&#232;re anti-d&#233;mocratique de l'UE se double avec le d&#233;veloppement de tendances autoritaires organiquement li&#233;es &#224; l'intervention des march&#233;s financiers. Les chefs de gouvernement impos&#233;s par l'UE en Italie et en Gr&#232;ce en sont ainsi une indication. Les renforcements des droites et de l'extr&#234;me droite expriment cette marche vers des solutions autoritaires. On ne peut plus exclure des alliances des partis de la droite parlementaire ou des secteurs de celle-ci et de l'extr&#234;me droite. Plus que jamais le march&#233;, ce n'est pas la d&#233;mocratie, au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, j'aborde d&#233;j&#224; un probl&#232;me d'orientation sur la politique vis-&#224;-vis de L'UE. Dans ce contexte, il faut combiner une politique de rupture avec l'UE, de d&#233;sob&#233;issance aux trait&#233;s et pas de r&#233;forme de l'UE. Le probl&#232;me, c'est de savoir ce qu'on oppose &#224; cette crise de l'Europe : la d&#233;mondialisation, le protectionnisme national ou europ&#233;en, la sortie de l'euro ou bien la rupture et un processus constituant avec une nouvelle politique internationaliste sociale, d&#233;mocratique au service des travailleurs. Reprendre la perspective des Etats-Unis socialistes d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce positionnement g&#233;n&#233;ral ne r&#232;gle pas le probl&#232;me. Exemple en Gr&#232;ce : L'explosion de la Gr&#232;ce et la sauvagerie des attaques de l'UE conduisent &#224; analyser ce pays de la p&#233;riph&#233;rie comme une nouvelle colonie et du coup, l'absence de solidarit&#233; europ&#233;enne avec les Grecs plus les traditions historiques nationalistes de la gauche grecque d&#233;bouchent aujourd'hui sur le fait que la gauche grecque &#8212; gauche Syrisa et Antarsya &#8212; demandent la sortie de l'euro int&#233;gr&#233;e dans un programme anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Dans cette &#233;conomie mondiale int&#233;gr&#233;e, est ce que la Chine peut sauver l'&#233;conomie mondiale ? Il y a-t-il d&#233;couplage entre le d&#233;veloppement chinois et l'&#233;conomie mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;visions de d&#233;veloppement du PIB croiseront, entre 2020 et 2030, celui des USA. C'est consid&#233;rable. D&#233;j&#224;, deuxi&#232;me &#233;conomie mondiale avant le Japon, elle est devenue, en 2010, la premi&#232;re puissance manufacturi&#232;re du monde avant les USA (production de 19,8 % de la production de la plan&#232;te pour la Chine et 19,4% pour les USA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le PIB par habitant, il faut diff&#233;rencier les diff&#233;rentes zones de la Chine. Les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res qui sont d&#233;j&#224; &#224; un niveau du PIB par habitant (pour comparer, le PIB du Br&#233;sil est de 10 000 dollars par habitant) entre 5 000 et 10 000 dollars par habitant, P&#233;kin et Shanga&#239; sont &#224; 10 000 dollars par habitant, le centre est &#224; moins de 5000 dollars par habitant. Le PIB total de la Chine se monte &#224; 6000 milliards de dollars. Mais la Chine est une puissance imp&#233;rialiste en formation, sur le plan militaire, sur le plan de l'exportation des capitaux, sur l'&#233;change in&#233;gal avec les pays d'Afrique ou d'Am&#233;rique latine, en particulier l'achat de millions d'hectares de terres agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette force de la Chine n'est pas suffisante pour relancer l'&#233;conomie mondiale ou am&#233;ricaine par une production de masse et consommation de masse autour de tel ou tel secteur de productions. L'&#233;conomie chinoise reste tr&#232;s d&#233;s&#233;quilibr&#233;e entre un taux de consommation/PIB tr&#232;s bas (35 % du PIB) alors que les USA , c'est 70 % , l'Inde 60 %, la moyenne mondiale 60% et un taux d'investissement de 45 % (les USA ne sont qu' &#224; 15 % la moyenne mondiale est de 22%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, la Chine reste tr&#232;s d&#233;pendante du march&#233; mondial et de l'exportation, sa priorit&#233; c'est de constituer son march&#233; int&#233;rieur, avec la n&#233;cessit&#233; d'augmentation des salaires, et un minimum de s&#233;curit&#233; sociale. D'o&#249; un processus de luttes pour les salaires, pour la d&#233;fense de meilleures conditions d'habitat qui commence en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question du d&#233;couplage, il faut l&#224; aussi prudent, vu l'interd&#233;pendance des &#233;conomies nationales dans la globalisation, mais l&#224; aussi, jusqu' &#224; ce jour la crise &#224; l'ouest, peut ralentir ou baisser de 1 &#224; 3 point les taux de croissance mais ne remet pas en cause la tendance lourde du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux remarques conclusives :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;conomie chinoise ne peut encore remplacer l'Europe et les USA. Elle reste trop d&#233;s&#233;quilibr&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais , en tendance lourde, la croissance est encore autour de taux de 10 points ce qui accroit l'&#233;cart de d&#233;veloppemnt avec les autres continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Dans cette crise, la carte du monde se redessine ; la comp&#233;tition fait rage. On ne peut pas expliquer la crise europ&#233;enne sans ce basculement du monde. Ils veulent aligner le march&#233; du travail europ&#233;en sur le march&#233; mondial. De nouveaux rapports mondiaux &#233;mergent. Nous avons parl&#233; des rapports entre la Chine et les USA, mais l'Am&#233;rique latine est marqu&#233;e aujourd'hui par la puissance br&#233;silienne, et secondairement argentine. Le retour sur la notion de sous-imp&#233;rialisme traduit cette mont&#233;e en force du Br&#233;sil. Ce pays est aujourd'hui le pivot de l'&#233;conomie latino-am&#233;ricaine avec ses grandes multinationales, Petrobras, Gerdau, avec ses grands projets hydro-&#233;lectriques, avec ses puissances financi&#232;res. Dans les rapports imbriqu&#233;s mais conflictuels entre les USA et le Br&#233;sil, le Br&#233;sil a marqu&#233; une s&#233;rie de points. Dans les rapports entre les 3 grandes voies ou type de r&#233;gime : droite r&#233;actionnaire avec la Colombie et le Mexique, la voie nationaliste anti-imp&#233;rialiste (V&#233;n&#233;zuela, &#201;quateur, Bolivie) et l'autre Am&#233;rique de Lula et Kirchner, c'est cette derni&#232;re qui domine largement. On ne pouvait pas le dire il y a 7-8 ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Dans ce contexte quelle est la situation du mouvement ouvrier, de la gauche ? A cette &#233;tape, plus de 4 ann&#233;es de crise, il n'y a pas eu de riposte &#224; la hauteur des attaques capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors la crise provoque, r&#233;actions, r&#233;sistances, luttes, gr&#232;ves voire situations pr&#233;-r&#233;volutionnaires comme en Gr&#232;ce. Il y a de nouveaux mouvements comme les Indign&#233;s mais il y a un d&#233;calage entre l'explosivit&#233; de la situation et la traduction politique, organique de ces mouvements : pas de renforcement des syndicats, des partis r&#233;formistes, de la gauche radicale, de la gauche r&#233;volutionnaire ou de courants de gauche dans les organisations ou alors, ni m&#234;me &#233;mergence de nouvelles organisations. Il y a de nouvelles formes d'organisation, mais elles sont pour le moment trop instables. Plus, c'est-&#224;-dire depuis le d&#233;but des crises capitalistes, il n'y a jamais eu, en m&#234;me temps, une crise aussi profonde du syst&#232;me capitaliste et, un mouvement ouvrier aussi faible face &#224; ce type de crise, &#224; l'exception des conjonctures o&#249; le mouvement ouvrier est physiquement liquid&#233; par le fascisme ou les dictatures militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs p&#232;sent sur la situation du mouvement ouvrier :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;a) Les contre r&#233;formes lib&#233;rales, depuis la fin des ann&#233;es 1970, &#224; l'&#233;chelle mondiale ont provoqu&#233; un processus de restructuration de la force de travail, son individualisation, sa pr&#233;carisation, le recul des droits collectifs, l'affaiblissement des organisations syndicales. La d&#233;sindustrialisation a liquid&#233; des dizaines de concentrations ouvri&#232;res. Sans compter le secteur dit &#171; informel &#187;. Les ouvriers et les employ&#233;s forment plus de 60 % de la population active mais ce n'est pas la m&#234;me structure sociale. En Chine ou dans d'autres pays d'Asie, l'industrialisation conduit &#224; une expansion sans pr&#233;c&#233;dent du prol&#233;tariat mais nous ne sommes qu'au d&#233;but d'une organisation de mouvements ind&#233;pendant du salariat, et l&#224; aussi, &#224; cette &#233;tape, il n'y a pas de synchronisation des syndicats ou associations ou partis en Europe, USA et en Asie. L&#224;, il y a reculs &#224; l'Ouest et seulement d&#233;buts fragiles &#224; l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Le bilan du si&#232;cle pass&#233;, notamment celui du stalinisme ou pour des millions de gens, il y a eu identification du stalinisme avec le communisme. Le 20e si&#232;cle s'est termin&#233; sur la globalisation capitaliste n&#233;olib&#233;rale. Cela p&#232;se sur les probl&#232;mes d'une formation d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) L'&#233;volution des partis et organisations sociaux-d&#233;mocrates qui connaissent une mutation social lib&#233;rale. Elles gardent des liens historiques avec la socual-d&#233;mocratie. Elles sont des forces d'alternance donc elles doivent se distinguer des partis de droite, en fonction l&#224; aussi des sp&#233;cificit&#233;s nationales, mais elles sont totalement int&#233;gr&#233;s &#224; la gestion de la crise. Il n' y a pas de diff&#233;rences entre un Hollande, un Papandreaou, Zapatero, Socrates, et les dirigeants de la droite europ&#233;enne. Les processus de primaires et les ressemblances avec le parti d&#233;mocrate nord am&#233;ricain vont dans le m&#234;me sens. Des partis de moins en moins ouvriers et de plus en plus bourgeois. Quand aux partis post-staliniens, ils sont r&#233;duits &#224; suivre les partis sociaux-d&#233;mocrates ou de r&#233;sister en essayant d'avoir une politique, dite &#171; antilib&#233;rale &#187; mais de gestion de l'&#233;conomie et des institutions capitalistes. Mais comme le PS va tellement &#224; droite, il laisse un espace pour ces formations qui peuvent jouer un r&#244;le tant qu'elles ne sont pas oblig&#233;es d'aller directement au gouvernement : Voir r&#233;sultats de la gauche unie en Espagne, demain les r&#233;sultats du KKE et de Syriza ou du PCP ou du front de gauche en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) Cette combinaison d'affaiblissement du mouvement ouvrier face &#224; plus de trois d&#233;cennies d'attaques n&#233;olib&#233;rales + la politiques des directions de la gauche donne les marges de man&#339;uvre &#224; la bourgeoisie mondiale pour &#171; g&#233;rer la crise &#187; en augmentant les positions des march&#233;s financiers et en approfondissant les attaques contre les classes populaires voire m&#234;me, dans les BRIC, en am&#233;liorant la situation mat&#233;rielle de millions de gens. On ne peut pas comprendre, par exemple, le d&#233;veloppement de la puissance br&#233;silienne sans la mutation qualitative du PT en parti social-lib&#233;ral avec Lula. Et, r&#233;ciproquement, le fait que le PT tienne les r&#234;nes du pouvoir br&#233;silien ne s'explique pas sans l'&#233;mergence de la puissance br&#233;silienne. Il y a toujours, pour le capital, une issue pour sortir de la crise s'il n'y a pas de solutions ouvri&#232;res. Le probl&#232;me c'est que le co&#251;t social, &#233;cologique, humain est de plus en plus terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) C'est aussi dans ce cadre, que je voudrais revenir sur les processus r&#233;volutionnaires dans le monde arabe. D'abord ce sont des r&#233;volutions, dans le sens, o&#249; les &#171; masses vont irruption sur la sc&#232;ne sociale et politique &#187;, des r&#233;volutions d&#233;mocratiques et sociales. Mais l&#224; aussi, il y a un d&#233;calage entre le processus r&#233;volutionnaire et sa traduction politique &#171; d&#233;mocratique et sociale &#187;. La pouss&#233;e des masses est l&#224;, et elle va continuer, mais la conjonction de la destruction de d&#233;cennies de dictature, les d&#233;faites du nationalisme arabe et des gauches nationalistes ou socialisantes, les effets des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales, l'accumulation de forces par les mouvements islamistes. Tout cela d&#233;bouche, &#224; cette &#233;tape, sur les victoires &#233;lectorales des islamistes, avec la bienveillance ou le soutien des puissances imp&#233;rialistes et l'intervention active des pays du Golfe, comme le Quatar. Mouvements islamistes qui connaissent aussi des processus de diff&#233;renciation entre les tenants du mod&#232;le AKP turc et les salafistes, il y a toute une gamme de courants r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la pouss&#233;e d&#233;mocratique est l&#224;. Elle va continuer &#224; travailler dans le monde arabe. Elle donne naissance &#224; de nouvelles organisations syndicales ind&#233;pendantes comme en &#201;gypte. ou &#224; un regain de force &#224; la gauche. Mais cela p&#232;se beaucoup moins dans la balance du rapport de forces que les mouvements islamistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f) Mais ces &#171; d&#233;calages &#187; ou &#171; d&#233;synchronisations &#187; entre la r&#233;sistance sociale et la faiblesse de forces de gauche radicale, n'est elle pas une donn&#233;e de la nouvelle p&#233;riode que nous vivons. Si nous posons les probl&#232;mes en termes de basculement du monde dans une nouvelle p&#233;riode historique apr&#232;s plusieurs si&#232;cles de domination de l'Europe et des USA, s'il y a des changements structurels du capital &#224; l'&#233;chelle mondiale, une nouvelle place des &#233;tats-nations dans la globalisation, une crise structurelle de la d&#233;mocratie parlementaire, une tendance &#224; l'int&#233;gration des syndicats &#8212; Trotsky &#233;voquait d&#233;j&#224; cette tendance en 40 &#8212; une marche vers des r&#233;gimes autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne peut-il pas ne pas avoir des cons&#233;quences sur la r&#233;alit&#233; du mouvement ouvrier, la place des partis ? N'y a t-il pas une fin de cycle historique pour le mouvement ouvrier europ&#233;en tel qu'il s'est configur&#233; &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et tout au long du 20e si&#232;cle ? La globalisation et la crise de l'&#201;tat nation ne sapent-elles pas la base des partis et syndicats tels qu'ils se sont form&#233;s au cours de ces d&#233;cennies ? Nous sommes toujours et plus que jamais au temps du capital, temps du capital qui nourrit la luttes de classes, ses r&#233;sistances , ses organisations, mais le plus probable, c'est que vont &#233;merger de nouvelles organisations qui auront bien entendu des liens avec le vieux mais seront fondamentalement nouvelles et surtout form&#233;es de nouvelles g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;g) Et, il y a aussi une responsabilit&#233; historique des r&#233;volutionnaires, et plus particuli&#232;rement des trotskystes : Nous avons pr&#233;serv&#233; une ligne de r&#233;sistance, de front unique contre la crise ou l'aust&#233;rit&#233;, des r&#233;f&#233;rences au programme r&#233;volutionnaire. Mais nous sommes tiraill&#233;s entre le retour &#224; la gauche r&#233;volutionnaire classique &#8212; l'extr&#234;me gauche des ann&#233;es 1960 ou le maintien de mouvements issus des ann&#233;es 1930 &#8212; et la pression d'organisations ou courants r&#233;formistes de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous avions d&#233;j&#224; discut&#233; la n&#233;cessit&#233; historique de sortir d'une situation o&#249; nous nous consid&#233;rions comme &#171; l'opposition de gauche au stalinisme &#187;. Le stalinisme s'est effondr&#233;, mais attention, il y a encore des partis post-staliniens m&#234;me s'ils sont consid&#233;rablement affaiblis. Mais nous n'arrivons pas &#224; sortir de conceptions marqu&#233;es par cette situation d'opposition de gauche. Nous avons du mal &#224; prendre toute la dimension d'une r&#233;organisation d'ensemble du mouvement ouvrier et social. Nous avons des difficult&#233;s &#224; red&#233;finir un projet ind&#233;pendant et qui en m&#234;me temps nous permette de faire de la politique. Nous avons du mal &#224; formuler un projet ind&#233;pendant sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela renvoie aussi &#224; repenser un programme pour le 21e si&#232;cle : La IVe Internationale a commenc&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la n&#233;cessit&#233; d'un nouveau programme &#233;cosocialiste. Nous en sommes au d&#233;but et on voit les r&#233;percussions d'une telle d&#233;marche sur la sortie du nucl&#233;aire, par exemple. Quelles implications pour reformuler un programme de transition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprendre la discussion sur la question de la d&#233;mocratie, les rapports entre d&#233;mocratie directe et d&#233;mocratie repr&#233;sentative, entre la d&#233;mocratie des usines et celle des communes et sur les axes strat&#233;giques d'une conqu&#234;te du pouvoir par les travailleurs, bref les grandes lignes d'un projet d'&#233;mancipation, avec au centre l'auto-activit&#233; des travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;sion programmatique que nous avions au si&#232;cle dernier, ou peut &#234;tre que nous croyions avoir, et qui &#233;tait la force des trotskystes, chaque courant &#224; sa mani&#232;re, ne peut r&#233;pondre aux d&#233;fis du 21e si&#232;cle. Nous sommes confront&#233;s &#224; une certaine perte de substance, programmatique, politique, strat&#233;gique. Toutes sortes d'&#233;l&#233;ments fondamentaux pour construire une formation politique que l'acc&#233;l&#233;ration de l'histoire met &#224; mal aujourd'hui pour les r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de questions que de r&#233;ponses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine auxquels ont peut rajouter l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>RAPPORT SUR LA SITUATION INTERNATIONALE</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/RAPPORT-SUR-LA-SITUATION-INTERNATIONALE-3139</link>
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		<dc:date>2011-03-24T18:02:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international. &lt;br class='autobr' /&gt; I. LES REVOLUTIONS EN MARCHE &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutions en Tunisie et en Egypte constituent un tournant historique de la situation internationale. Ces r&#233;volutions changent la donne. Il y aura un avant et un apr&#232;s des r&#233;volutions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-internationale-338-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. LES REVOLUTIONS EN MARCHE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions en Tunisie et en Egypte constituent un tournant historique de la situation internationale. Ces r&#233;volutions changent la donne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura un avant et un apr&#232;s des r&#233;volutions de Tunisie et d'&#201;gypte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est trop t&#244;t pour appr&#233;cier la profondeur et toutes les implications de ce changement, mais nous sommes confront&#233;s &#224; des bouleversements historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les premi&#232;res r&#233;volutions de ce XXIe si&#232;cle, plus exactement parce qu'il y a eu aussi des r&#233;volutions en Bolivie en 2003 et 2005, les premi&#232;res r&#233;volutions dans le monde arabe, mais aussi les premi&#232;res r&#233;volutions r&#233;sultant de la crise du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles explosent dans des maillons faibles de la globalisation capitaliste. Elles rel&#232;vent d'un double processus : un processus politique &#8212; le rejet des dictatures, mais aussi un processus social &#8212; o&#249; des millions de personnes ne supportent plus les cons&#233;quences des crises alimentaires avec l'explosion des prix des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ou plus g&#233;n&#233;ralement un syst&#232;me qui ne donne comme perspective &#224; des millions de jeunes que le ch&#244;mage et la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;volutions &#8212; parce que ce sont des r&#233;volutions dans le sens o&#249; il y a irruption du mouvement de masse sur la sc&#232;ne sociale et politique et crise ouverte du pouvoir &#8212; combinent questions d&#233;mocratiques, nationales (de souverainet&#233; nationale contre l'imp&#233;rialisme) et questions sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un tournant majeur dans le monde arabe avec une onde de choc, en Lybie, &#224; Bahrein, en Alg&#233;rie, au Y&#233;men, en Jordanie, en Palestine, mais c'est aussi r&#233;v&#233;lateur de l'instabilit&#233; et des bouleversements sociaux qui s'annoncent. Ce sont les premi&#232;res &#233;tapes d'une gigantesque bataille entre les dictatures et les mobilisations populaires, d'une confrontation entre les forces, qui sous toutes les formes, veulent assurer la continuit&#233; du pouvoir des classes dominantes et celles de la rupture qui aspirent &#224; la d&#233;mocratie et &#224; la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les massacres en Lybie montrent aussi que la r&#233;pression se d&#233;cha&#238;ne contre ces mouvements r&#233;volutionnaires. Cette onde se fait sentir jusqu'en Chine. Elle aura, sous des formes particuli&#232;res, des r&#233;percussions dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, et m&#234;me s'il faut prendre en compte les dimensions sp&#233;cifiques de ces mouvements &#8212; la mobilisation contre des dictatures, le type de contradictions de classes, les fractures au sein de ces &#201;tats &#8212; ces mouvements s'inscrivent dans une nouvelle p&#233;riode historique marqu&#233;e par la crise du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LE MOMENT ACTUEL DE LA CRISE ET LE BASCULEMENT DU MONDE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mondiale continue. Elle est entr&#233;e dans sa quatri&#233;me ann&#233;e. Sa progression prend la forme de crises financi&#232;res, crise sur les march&#233;s de biens alimentaires ou de mati&#232;res premi&#232;res, crise de la dette publique, notamment en Europe. Son caract&#232;re combin&#233; &#8212; &#233;conomique, financi&#232;re, sociale, climatique &#8212; est confirm&#233;. La notion de &#171; crise de civilisation &#187; traduit bien sa profondeur. Sur le plan de l'&#233;conomie mondiale, certains, comme Krugman (&#233;conomiste de la gauche du parti d&#233;mocrate am&#233;ricain), sugg&#232;rent que cette Troisi&#232;me D&#233;pression ressemble &#224; la fois &#224; la stagnation qui commen&#231;a en Europe et aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1870 &#8212; il la nomme Longue D&#233;pression &#8212; et la stagnation des ann&#233;es 1930 qu'il nomme Grande D&#233;pression. Les taux de croissance actuels et ceux pr&#233;vus sur la longue dur&#233;e sont de faible niveau : 3 % en 2011 et 3,5 % en 2012. Cela se d&#233;compose ainsi dans les diverses zones : 1 % &#224; 2 % en Europe, 2 % &#224; 3 % aux &#201;tats-Unis, et 6 % &#224; 7 % dans les pays dits &#233;mergents. Les taux de ch&#244;mage des principaux pays capitalistes restent &#233;lev&#233;s, autour de chiffres officiels de 10 %, en fait, beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pauvret&#233; augmente, frappant en particulier les femmes, les jeunes et les populations immigr&#233;es. Le mod&#232;le d'accumulation mis en place &#224; la fin des ann&#233;es 1970 est en crise. L'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui a domin&#233; la politique &#233;conomique aux &#201;tats-Unis et en Europe dans les ann&#233;es 1980, 1990 et 2000 ne peut plus compenser la saturation de la production dans des secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie et ne peut plus compenser les limites des capacit&#233;s acquisitives en termes de pouvoir d'achat des &#233;conomies des centres imp&#233;rialistes. D'un autre c&#244;t&#233;, il n'y a pas de relance de production et consommation de masse. Tous les discours sur la sortie de crise ou sur le fait que le &#171; pire de la crise est derri&#232;re nous &#187; ne cachent pas l'enfoncement dans la crise et l'absence de relance de l'&#233;conomie mondiale aux &#201;tats-Unis et en Europe. La crise s'installe dans les centres imp&#233;rialistes mais elle accentue aussi le basculement du monde. Pendant qu'elle frappe les pays du centre, la Chine a gard&#233; ces cinq derni&#232;res ann&#233;es des taux de croissance de 10 points. L'Inde et le Br&#233;sil, &#224; une moindre &#233;chelle, connaissent des processus de d&#233;veloppement similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions dire que la crise est surtout celle du monde occidental et que la Chine, l'Inde, et une s&#233;rie de pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine l'ont &#233;vit&#233;e ou se sont m&#234;me d&#233;veloppe malgr&#233; elle. La Chine est d&#233;j&#224; deuxi&#232;me puissance mondiale. Elle a m&#234;me conquis une premi&#232;re place dans des secteurs cl&#233;, comme la production d'ordinateurs. Sa force militaire et ses d&#233;penses d'armement augmentent consid&#233;rablement, visant &#224; en faire une puissance de premier ordre, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la Chine dans le monde conna&#238;t une v&#233;ritable expansion : grands chantiers en Afrique et en Am&#233;rique latine ; exploitation &#224; grande &#233;chelle des territoires pour la production de mati&#232;res premi&#232;res et de produits alimentaires ; achat de la dette des pays &#171; en difficult&#233; &#187; en Europe (Gr&#232;ce, Portugal et Espagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'y a pas eu de &#171; d&#233;couplage &#187; des pays &#233;mergents au cours de la crise. La Chine et les pays &#233;mergents ne sont pas en situation de relance de l'&#233;conomie mondiale. La structure d'insertion de ces pays en son sein est fragile : n'oublions pas que 42 % du PIB chinois rel&#232;ve de ses exportations, et qu'&#224; moyen terme, la solidit&#233; de la croissance chinoise va d&#233;pendre de ses capacit&#233;s &#224; construire un march&#233; int&#233;rieur, avec nouvelles infrastructures, augmentation de salaires et s&#233;curit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le dynamisme &#233;conomique de ces pays est tel qu'on peut se poser la question de savoir, si l'&#233;conomie mondiale n'a pas aujourd'hui, non pas une seule locomotive avec les &#201;tats-Unis mais plusieurs, avec la Chine, l'Inde et d'autres pays &#233;mergents. Le dynamisme chinois est tel qu'il peut entra&#238;ner d'autres &#233;conomies exportatrices, soit en mati&#232;res premi&#232;res &#8212; le Br&#233;sil, l'Argentine &#8212; soit en biens d'&#233;quipements comme l'Allemagne. C'est une question mais elle est capitale pour comprendre ce basculement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d&#233;clinent mais gardent une position de force gr&#226;ce &#224; l'ampleur et &#224; l'unification de leur march&#233; &#233;conomique et financier, gr&#226;ce &#224; la puissance du Dollar, mais surtout gr&#226;ce &#224; leur h&#233;g&#233;monie politico-militaire qu'on sent encore, malgr&#233; les contradictions dans les processus en cours en Tunisie ou en Egypte. Mais ce n'est plus l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien des ann&#233;es Bush. Il doit composer avec d'autres &#8212; dans le domaine de l'armement avec les Russes et demain la Chine &#8212; ou avec d'autres &#201;tats &#8212; le Br&#233;sil en Am&#233;rique latine, ou avec la pression des peuples&#8230; Dans ce nouvel &#233;quilibre mondial, les &#201;tats-Unis d&#233;clinent mais gardent leur puissance politico-militaire, leur &#233;norme march&#233; et &#171; leur dollar &#187; : c'est l'Europe qui recule. Certains parlent m&#234;me de la crise de l'eurocentrisme qui dominait le monde depuis 1492 &#8212; date de d&#233;couverte de l'Am&#233;rique. Un des &#233;l&#233;ments marquants de la p&#233;riode historique actuelle et de la crise, c'est l'affaiblissement structurel de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. UNE NOUVELLE OFFENSIVE NEOLIBERALE CAPITALISTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette crise, il y a des maillons faibles de la globalisation capitaliste. Nous le voyons aujourd'hui avec les contradictions qui explosent dans les pays arabes mais c'est aussi en Europe que, pour les classes dominantes, dans la bataille entre le capital et le travail, la crise est un levier pour les classes dominantes qui l'utilisent pour d&#233;truire une s&#233;rie d'acquis et de droits sociaux. Les taux de profit ne pouvant &#234;tre redress&#233;s par une production et une consommation de masse, la concurrence mondiale exigeant de baisser encore le co&#251;t du travail en Europe et aux &#201;tats-Unis, il faut attaquer, d&#233;r&#233;guler, privatiser. Cette offensive capitaliste r&#232;gle les interrogations et questions sur les choix d'un tournant keyn&#233;sien pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est de mise, c'est l'attaque et l'attaque frontales, pas le compromis social : peu de relance, peu de reconstruction, pas de politique de &#171; demande &#187;, d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social, perte de vitesse m&#234;me de tous les projets de &#171; capitalisme vert &#187;. Ces limites keyn&#233;siennes r&#233;duisent d'autant plus les marges de man&#339;uvre de la social-d&#233;mocratie. Apr&#232;s quelques semaines de panique, c'est la financiarisation de l'&#233;conomie et le pouvoir des march&#233;s financiers qui ont repris le dessus. On peut m&#234;me parler d'une deuxi&#232;me vague de l'offensive n&#233;olib&#233;rale apr&#232;s celle des ann&#233;es 1980. En tout cas, les destructions sociales men&#233;es par le patronat et les gouvernements sont aussi plus fortes que dans ces ann&#233;es-l&#224;. Cette nouvelle offensive a un caract&#232;re global. Nul n'&#233;chappe &#224; la globalisation capitaliste, &#224; ses &#233;changes in&#233;gaux, &#224; son remodelage de la force de travail, &#224; la remise en cause d'une s&#233;rie de droits sociaux. Celle-ci fait m&#234;me pression sur les exp&#233;riences progressistes de ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine. Les mesures du gouvernement Morales visant &#224; augmenter les prix de l'essence &#233;tant, d'une certaine mani&#232;re, une des cons&#233;quences de la pression croissante du march&#233; mondial. Il frappe m&#234;me au c&#339;ur de l'&#233;conomie cubaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seront les cons&#233;quences de la &#171; privatisation &#187; de tout un secteur de la force de travail cubaine &#8212; pr&#232;s de 10 % du salariat &#8212; sur les rapports de forces sociopolitiques &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine ? Mais, il n'y a pas de fatalit&#233;. L'attitude des gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine et de la direction cubaine vis-&#224;-vis de la crise, constitue un test cl&#233; de l'&#233;volution de ces courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. LA CRISE EN EUROPE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa puissance &#233;conomique, sociale, technologique et ses richesses accumul&#233;es, l'Europe est le maillon faible de la globalisation capitaliste, dans le sens o&#249; elle est prise en tenaille entre les &#201;tats-Unis et la mont&#233;e des pays &#233;mergents. L'achat d'une partie des dettes publiques grecques, portugaises et se se manifeste sous la forme d'une crise de la &#171; dette &#187;. Elle est pass&#233;e des banques aux &#201;tatespagnoles par la Chine est, effectivement, plus que symbolique. Du point de vue conjoncturel, la cris avec une crise de la dette publique qui r&#233;sulte de d&#233;cennies de politiques fiscales in&#233;galitaires et de la prise en charge publique de la crise financi&#232;re et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit public est pass&#233; de 2 % &#224; 6,5 % dans la zone Euro, et de 2,8 % &#224; 11 % aux &#201;tats-Unis. Les dettes publiques sont pass&#233;es dans la zone euro entre 2008 et 2009 de 69,4 % &#224; 78,7 % du PIB et de 2007 &#224; 2009 aux &#201;tats-Unis de 62 % &#224; 83 %. Les &#201;tats sont maintenant en premi&#232;re ligne de la crise, et, m&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre l'Union europ&#233;enne et les &#201;tats-Unis (ces derniers ayant eu des politiques de relance &#233;conomique bien plus importantes) les classes dominantes et les gouvernements de ces deux ensembles d&#233;ploient des politiques d'aust&#233;rit&#233;, qui asphyxient en particulier les politiques publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut ajouter que la sp&#233;cificit&#233; de crise en Europe r&#233;sulte du type de construction de l'Union europ&#233;enne : une entit&#233; domin&#233;e par les march&#233;s, au contenu politique inachev&#233;, sans d&#233;mocratie, sans participation populaire, sans unit&#233; politique et &#233;conomique. La construction n&#233;olib&#233;rale, loin de coordonner les politiques &#233;conomiques, pousse &#171; les dynamiques divergentes &#187; de l'&#233;conomie europ&#233;enne, divergences entre les dynamiques industrielles (Allemagne) et financi&#232;res (Grande-Bretagne), entre groupes &#233;conomiques et financiers allemands, fran&#231;ais, anglais, entre &#233;conomies hautement d&#233;velopp&#233;es &#8212; ex-March&#233; commun &#8212; et moyennement d&#233;velopp&#233;es &#8212; sud et est de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro recouvre effectivement des pays au niveau de d&#233;veloppement et de productivit&#233; diff&#233;rents. Et loin de constituer un instrument pour une coordination &#233;conomique de la dite &#171; zone euro &#187;, il sert aujourd'hui d'instrument pour discipliner les &#233;conomies et les peuples au service des plus forts. Ce qui conduit &#224; des tensions entre l'Allemagne ou les pays &#224; mod&#232;le proche et les autres, avec une pression devenue insoutenable pour l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce, d'o&#249; la cr&#233;ation d'un &#171; fonds europ&#233;en de stabilisation &#187; en 2013 pour les pays en difficult&#233; : un fonds de 750 milliards. Il y a d&#233;j&#224; un d&#233;bat pour se demander si c'est suffisant ou pas. D&#233;bat qui stimule les sp&#233;culations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de cette question de la dette, il y a un autre enjeu central : dans la comp&#233;tition mondiale actuelle, les classes dominantes en Europe sont convaincues que &#171; le mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est un handicap majeur dans la concurrence avec les &#201;tats-Unis et la Chine. Il faut d&#233;truire acquis et conqu&#234;tes sociales obtenus ces derni&#232;res d&#233;cennies. Du coup, c'est une v&#233;ritable &#171; guerre sociale &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui en Europe : gel, voire baisse nominale des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction drastique des budgets sociaux et publics, destruction de pans entiers de l'&#201;tat social, allongement de la dur&#233;e du travail (r&#233;formes des retraites, remise en cause des 35 heures), suppression de millions de postes de fonctionnaires, attaques et privatisations de la s&#233;curit&#233; sociale, de la sant&#233;, de l'enseignement (explosion des frais d'inscription universitaires en Grande-Bretagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date de ces attaques, c'est le r&#233;f&#233;rendum &#224; l'usine de FIAT Mirafiori &#224; Turin, o&#249; les r&#233;sultats d'approbation des propositions de la direction ouvrent la voie &#224; la liquidation des conventions collectives, non seulement dans la m&#233;tallurgie mais dans tous les secteurs et branches professionnelles. Les conventions collectives nationales de branches ou secteurs sont totalement remises en cause. Elles s'effacent devant le contrat de travail &#171; n&#233;goci&#233; &#187; entre le salari&#233; et le patron d'entreprise. La politique de la direction de la FIAT impose aussi l'aggravation des conditions de travail : &#233;quipes, travail de nuit, chasse &#224; l'absent&#233;isme, gel des salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'attaque tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans toute l'Europe. Combin&#233; avec la politique de lutte contre les d&#233;ficits, cela aggrave non seulement les conditions de travail et de vie de millions de gens mais il limite de plus en plus la demande finale, avec pour cons&#233;quence de corseter la croissance et de provoquer de nouvelles r&#233;cessions. Ce n'est pas le ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, l'objectif est de r&#233;duire dans les ann&#233;es qui viennent le pouvoir d'achat des salari&#233;s, de 15 % &#224; 20 %. Le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat providence ou de ce qui en reste va conna&#238;tre un coup d'acc&#233;l&#233;rateur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. LES DROITES ET L'OFFENSIVE NEOLIBERALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de cette offensive, li&#233;e &#224; la crise historique et syst&#233;mique que conna&#238;t le capitalisme, avec celle des ann&#233;es 1980, ce sont ses cons&#233;quences d&#233;stabilisatrices pour l'ensemble du syst&#232;me, de ses classes dominantes, de ses partis, de ses institutions. Tous les partis dominants, mais m&#234;me les autres, sont d&#233;stabilis&#233;s par des d&#233;cennies de contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la crise du syst&#232;me. Les crises de repr&#233;sentation politique, la crise historique du socialisme, les ph&#233;nom&#232;nes d'abstention populaire, le sentiment de corruption des &#233;lites politiques : tout cela concourt &#224; nourrir la crise g&#233;n&#233;rale de la politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; droite, les contre-r&#233;formes sociales n&#233;olib&#233;rales sapent les bases sociales des partis traditionnels, du coup, ces derniers les recherchent en d&#233;ployant des politiques autoritaires, racistes, populistes, s'attaquant aux immigr&#233;s, aux &#171; roms &#187;, aux musulmans. Elles accentuent leurs cours r&#233;actionnaires comme le fait le parti r&#233;publicain aux &#201;tats-Unis. Des tendances &#224; un &#171; bonapartisme people &#187; avec Sarkozy ou Berlusconi traduisent une instabilit&#233; certaine. Des mouvements populistes ou n&#233;o-fascistes gagnent du terrain, en Su&#232;de, aux Pays-bas, en France, en Hongrie. Dans toutes les derni&#232;res &#233;lections en Europe, la droite et l'extr&#234;me droite augmentent leurs scores &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. LA SOCIAL-DEMOCRATIE ET LA CRISE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, la crise n'a pas provoqu&#233; de &#171; sursaut keyn&#233;sien &#187;. La pr&#233;sence d'un pr&#233;sident socialiste &#224; la t&#234;te du FMI exprime le degr&#233; d'int&#233;gration de la social-d&#233;mocratie dans les institutions de la globalisation capitaliste. Diff&#233;rence avec les ann&#233;es 1930, il n'y a pas de tournant &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie. Le choix social lib&#233;ral est confirm&#233;. Les politiques de Papandr&#233;ou, Zapatero, Socrat&#232;s le d&#233;montrent. Les grandes orientations du PSE, au niveau europ&#233;en, les confortent et montrent qu'au-del&#224; des positionnements tactiques de chaque PS dans l'opposition contre la droite, la social-d&#233;mocratie s'est bien transmut&#233;e en social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre la gauche et la droite &#8212; diff&#233;rences de base sociale, d'histoire, de rapports politiques avec le mouvement ouvrier, syndical, associatif &#8212; les sommets de la social-d&#233;mocratie, relay&#233;e par l'&#233;volution des appareils syndicaux, ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi l'adaptation aux modes dominants de la gestion de la crise. Il faut aussi noter l'&#233;volution des grandes formations vertes ou &#233;cologistes sur des orientations de plus en plus marqu&#233;es par le centre gauche. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII . LA DYNAMIQUE DES RESISTANCES SOCIALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t pour analyser et pr&#233;voir les cons&#233;quencs des r&#233;volutions arabes sur les r&#233;sistances sociales &#224; l'&#233;chelle internationale. Mais il faut mettre en perspective ces r&#233;volutions avec les r&#233;sistances li&#233;es non seulement &#224; la crise mais aussi au basculement du monde avec l'&#233;mergence de luttes et de nouvelles organisations chez les travailleurs et les peuples, en Chine, en Asie et en Afrique, mais aussi dans cette configuration en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus notable de ces derniers mois, ce sont les luttes de r&#233;sistance aux plans d'aust&#233;rit&#233;. Les journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se sont succ&#233;d&#233;es en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne, en France. En France, pr&#232;s de 3 millions de personnes ont manifest&#233; et particip&#233; &#224; des mouvements de gr&#232;ve huit fois en deux mois&#8230; les gr&#232;ves espagnoles et portugaises ont une ampleur historique. Une de nos t&#226;ches est d'ailleurs d'analyser les formes, le contenu et la dynamique de ces conflits. En Grande-Bretagne et en Italie, les manifestations &#233;tudiantes montrent le degr&#233; d'explosivit&#233; des luttes sociales. En Allemagne des mobilisations &#233;cologistes et citoyennes impressionnantes ont eu lieu contre le nucl&#233;aire. La crise va continuer. Les attaques vont redoubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une nouvelle situation sociale en Europe o&#249; la r&#233;volte des peuples gronde, il faut aussi enregistrer deux faits politiques majeurs :&lt;br class='autobr' /&gt;
a) Les luttes, m&#234;me les plus massives, ne d&#233;bouchent pas &#224; cette &#233;tape sur des reculs partiels des classes dominantes ou des victoires pour les travailleurs et leurs organisations. Nous n'arrivons pas &#224; bloquer l'offensive capitaliste et encore moins &#224; inverser la tendance. Ce que nous pouvons constater, c'est que, si la contre-r&#233;forme lib&#233;rale continue &#224; marquer des points, les travailleurs qui ont fait les gr&#232;ves et manifestations en Gr&#232;ce, en France, au Portugal, en Espagne, les &#233;tudiants qui ont manifest&#233; en Grande-Bretagne, n'ont pas le sentiment d'avoir enregistr&#233; de d&#233;faites majeures. Ils sentent confus&#233;ment qu'il y aura d'autres batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Le deuxi&#232;me fait politique &#224; souligner, c'est, dans les pays o&#249; il y a une lutte sociale d'une certaine ampleur, le d&#233;calage existant, entre la combativit&#233; sociale et sa traduction politique. Il faut consid&#233;rer les sp&#233;cificit&#233;s de la situation dans chaque pays. Dans certains pays le niveau de lutte sociale est faible. Mais dans les pays o&#249; elle existe, il n y a pas l'&#233;quivalent sur le plan de la force syndicale et politique : il n'y a pas de croissance organique des syndicats, des partis, de courants de gauche dans les mouvements sociaux. Combien de membres, d'adh&#233;rents ? Il peut y avoir ici et l&#224; des mouvements d'adh&#233;sion vers les syndicats ou les partis de gauche mais il y a, par exemple, une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 1930 et la situation actuelle. Dans les ann&#233;es 1930 la crise et les r&#233;sistances sociales provoquaient, par exemple, la croissance en centaines de milliers de membres des syndicats, des PS, des PC, des mouvements &#224; gauche dans la social-d&#233;mocratie ou de courants r&#233;volutionnaires ext&#233;rieurs &#224; la gauche traditionnelle. L'&#233;volution social-lib&#233;rale rend de plus en plus &#171; imperm&#233;able &#187; les partis socialistes aux mont&#233;es de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons pas non plus de croissance massive qualitative des syndicats. Nous aurions pu, alors, attendre le d&#233;veloppement des courants ou partis &#224; l'ext&#233;rieur des organisations de la gauche traditionnelle. Nous n'enregistrons pas, &#224; cette &#233;tape, de progression notable. Aujourd'hui, en France, apr&#232;s une mobilisation sociale exceptionnelle&#8230; on aurait pu s'attendre &#224; ce que le PS pr&#233;sente pour la prochaine &#233;lection une candidate ou un candidat &#224; &#171; l'allure &#187; plus social-d&#233;mocrate. Eh bien, non ! Le candidat du PS &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 risque d'&#234;tre Strauss-Kahn, pr&#233;sident du FMI, un des repr&#233;sentants les plus &#224; droite de la social- d&#233;mocratie internationale !!!&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les effets de la crise historique du mouvement ouvrier du si&#232;cle dernier se font toujours sentir. La construction d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire a besoin de nouvelles exp&#233;riences pour s'affirmer. Force est de constater que le niveau des luttes actuelles, m&#234;me s'il augmente, en r&#233;action aux attaques des classes dominantes et des gouvernants, n'a pas de dynamique politique suffisamment forte pour inverser les d&#233;cennies de contre-r&#233;formes lib&#233;rales et cr&#233;er les bases d'une contre-offensive globale et d'un nouveau projet socialiste r&#233;volutionnaire. Du coup, les processus de construction de partis de la gauche radicale ou de partis anticapitalistes, en Europe, rencontrent une s&#233;rie de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIII. PREMIERES CONSEQUENCES DES REVOLUTIONS TUNISIENNES ET EGYPTIENNES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les cons&#233;quences sont d'abord pour le monde arabe. Ce sont les premi&#232;res r&#233;volutions depuis un demi-si&#232;cle : apr&#232;s le nass&#233;risme, la mont&#233;e du nationalisme arabe et la r&#233;volution alg&#233;rienne. C'est une onde de choc d&#233;mocratique et social dans tout le monde arabe, avec les mobilisations, en Jordanie, au Y&#233;men, en Alg&#233;rie, des tensions qui vont augmenter en Syrie, au Liban, en Palestine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ce sont des mouvements ou mobilisations d&#233;mocratiques, d&#233;mocratiques radicales et sociales. Un historien connaisseur du monde arabe, les caract&#233;rise comme des &#171; r&#233;volutions post-islamistes &#187;. La r&#233;f&#233;rence ce n'est plus l'Iran. Ce sont des nouvelles g&#233;n&#233;rations, des jeunes et maintenant des travailleurs avec leurs organisations, leurs gr&#232;ves, qui vont chercher leur voie pour s'autod&#233;terminer. Il y aura, &#224; partir de ces r&#233;volutions, une redistribution et une r&#233;organisation des forces : l'&#233;mergence de nouvelles organisations li&#233;es &#224; la radicalisation de la jeunesse &#8212; mouvements d&#233;mocratiques et sociaux radicaux, des diff&#233;renciations au sein des mouvements islamistes &#8212; comme en Egypte aujourd'hui chez les &#171; fr&#232;res musulmans &#187;, relance et r&#233;organisation du mouvement ouvrier et des syndicats. Il faut souligner le r&#244;le de l'UGTT, et en particulier de ses secteurs combatifs en Tunisie comme l'importance du mouvement visant &#224; remplacer les syndicats li&#233;s au r&#233;gime de Moubarak par des syndicats ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Dans les r&#233;volutions en cours cela doit conduire &#224; combiner revendications d&#233;mocratiques, nationales et sociales, l'auto-organisation. En Libye, &#224; Bahrein, nous exigeons l'arr&#234;t des massacres, de toute r&#233;pression. En Tunisie et en Egypte nous soutenons les exigences d&#233;mocratiques, la lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques, le d&#233;mant&#232;lement de la dictature et de toutes ses institutions, la dissolution du RCD, du PND et de tous les appareils de r&#233;pression, la formation d'un gouvernement provisoire sans membres du r&#233;gime, repr&#233;sentant le soul&#232;vement populaire, et la convocation d'une assembl&#233;e constituante. C'est dans ce cadre que les camarades tunisiens discutent de la proposition, contre toutes les formules &#171; continuistes &#187;, d'un gouvernement de l'UGTT appliquant un programme d&#233;mocratique radical et de satisfaction des revendications sociales populaires. Le probl&#232;me cl&#233;, c'est de passer du &#171; d&#233;gagez Ben Ali et Moubarak ! &#187; &#224; la rupture avec la dictature. En m&#234;me temps, les anticapitalistes doivent appuyer toutes les gr&#232;ves, tous les mouvements d&#233;mocratiques de jeunes, de femmes, les embryons d'auto-organisation en cours dans la lutte contre la vie ch&#232;re et la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cette mont&#233;e r&#233;volutionnaire dans le monde arabe aura aussi sur les moyen et long terme des r&#233;percussions sur la crise au Moyen-Orient, la situation politique en Palestine et les relations avec Isra&#235;l. Au-del&#224; des man&#339;uvres de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, la dynamique g&#233;n&#233;rale de cette mobilisation populaire affaiblit l'emprise imp&#233;rialiste sur la r&#233;gion. Elle affaiblit la direction sioniste qui ne peut plus compter sur un de ses principaux alli&#233;s, Moubarak. Mais cette derni&#232;re est surtout totalement d&#233;stabilis&#233;e par la vague d&#233;mocratique arabe. Sa repr&#233;sentation du monde arabe comme un ensemble non d&#233;mocratique &#8212; r&#233;gimes autoritaires ou islamistes &#8212; est heurt&#233;e de plein fouet par la dynamique de ces r&#233;volutions. Enfin, ces r&#233;volutions tunisienne, &#233;gyptienne, libyenne peuvent encourager ou r&#233;veiller l'&#233;mergence de courants d&#233;mocratiques radicaux ou nationalistes radicaux qui s'opposent et &#224; l'autorit&#233; palestinienne de Mahmoud Abbas et au Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Pour les peuples du monde, ces r&#233;volutions vont constituer des exemples. Bien s&#251;r, sans effets m&#233;caniques, mais ils vont stimuler la r&#233;flexion sur le rejet des dictatures, les aspirations d&#233;mocratiques, les formes de lutte. L'onde de choc va jusqu' &#224; Pekin, m&#234;me si c'est pour le moment sous des formes symboliques. Il faut voir la crainte des autorit&#233;s chinoises sur les effets propagateurs de ces r&#233;volutions. Dans le reste du monde, elles brisent le cercle infernal qui devait corseter les soci&#233;t&#233;s arabes-Dictature ou &#201;tat islamique-. Elles brisent le mur de toutes les th&#233;ories sur le &#171; choc des civilisations &#187;. Elles cr&#233;ent les conditions pour une alliance d&#233;mocratique et sociale du mouvement ouvrier avec les jeunes g&#233;n&#233;rations arabes, en particulier dans tous les pays &#224; forte immigration arabe. Elles sont un point d'appui pour renforcer toutes les mobilisations antiracistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IX. ELEMENTS DE DISCUSSION SUR LES TACHES DES REVOLUTIONNAIRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions quelles sont nos t&#226;ches ? La r&#233;ponse d&#233;pend du diagnostic que l'on porte sur la crise qui a &#233;clat&#233; en 2007. S'agit-il d'une p&#233;rip&#233;tie financi&#232;re analogue &#224; toutes celles que le capitalisme a connues dans le pass&#233;, suivies de r&#233;cessions temporaires ? Ou bien s'agit-il d'une crise syst&#233;mique &#224; deux niveaux : une crise syst&#233;mique parce que le r&#233;gime d'accumulation capitaliste d&#233;velopp&#233; depuis plus d'une bonne trentaine d'ann&#233;es est &#224; bout de souffle, et une crise syst&#233;mique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite li&#233;e &#224; la finitude de la plan&#232;te et des ressources naturelles. Si on retient la seconde hypoth&#232;se, on ne peut se contenter de politiques de relance par la demande et par plus de r&#233;gulation dans le syst&#232;me financier : il faut une r&#233;organisation radicale de l'&#233;conomie tourn&#233;e vers les besoins sociaux , une reconversion &#233;cologique de l'industrie et de l'agriculture, des services publics non marchands de qualit&#233;, bref, il faut une rupture avec la logique capitaliste, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et le syst&#232;me actuel de distribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un plan qui conjugue revendications imm&#233;diates et anticapitalistes contre la crise. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent la payer mais les capitalistes : d&#233;fense des acquis, des revendications, des droits sociaux, taxation des transactions financi&#232;res, annulation des dettes publiques. Ce plan peut &#234;tre financ&#233; en s'attaquant aux profits bancaires, financiers et &#224; ceux des grands groupes capitalistes. Ce qui veut dire, au travers de la nationalisation ou socialisation publique du secteur bancaire, poser la question de l'incursion dans la propri&#233;t&#233; du capital. Cette question de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre aussi pos&#233;e au travers de la lutte contre les privatisations et la cr&#233;ation de grands secteurs publics sous contr&#244;le des travailleurs et des usagers dans les secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie. Elle est aussi pos&#233;e au travers de la question &#233;cologique et de la n&#233;cessaire r&#233;organisation et planification &#233;cologique sur les moyen et long termes. La dimension &#233;cologique, prend une place de plus en plus importante, d'autant que l'actualit&#233; est marqu&#233;e par des catastrophes naturelles qui se succ&#232;dent aux quatre coins de la plan&#232;te, et ce &#224; des rythmes de plus en plus fr&#233;quents : inondations, chaos climatiques, glissements de terrains. Cette dimension &#233;cologique doit prendre une place de plus en plus importante dans notre activit&#233;. Toutes les propositions de r&#233;organisations sociales et &#233;cologiques de la production, r&#233;organisation de l'espace urbain, des transports, de l'&#233;nergie au service des besoins des travailleurs et des peuples doivent &#234;tre soulign&#233;es dans notre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, ce plan doit avoir une dimension continentale. En Europe, la r&#233;ponse &#224; la crise n'est pas le protectionnisme nationaliste et la sortie de l'Euro. Cela conduirait &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre pays d'Europe et &#224; de nouvelles attaques contre les peuples pour que les pays les plus en difficult&#233;s tiennent le coup, sans compter le d&#233;veloppement de mouvements chauvins et x&#233;nophobes. Il faut donc une r&#233;ponse europ&#233;enne, sociale, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, mais une r&#233;ponse europ&#233;enne qui rompe avec les politiques et institutions europ&#233;ennes. Dans ce sens, sauver l'Euro ou l'Union Europ&#233;enne ne peut servir d'alibi pour redoubler d'attaques et de plans d'aust&#233;rit&#233; contre les peuples. Notre r&#233;ponse doit partir de la d&#233;fense des droits et des revendications des travailleurs et des peuples dans chaque pays et au niveau de l'Europe. Cela passe par le refus de toute politique d'aust&#233;rit&#233;, m&#234;me s'il y a le chantage de l'exclusion de l'UE. Il faut ensuite une coordinations des politiques et des luttes des peuples en Europe pour construire une r&#233;ponse europ&#233;enne, internationaliste, qui donne la priorit&#233; &#224; l'harmonisation de ces droits sociaux par le haut, &#224; la coordination et &#224; la coop&#233;ration pour aider les peuples les plus frapp&#233;s par la crise, &#224; une politique qui fassent payer les capitalistes et les banquiers au travers d'une politique fiscale et sociale au profit des peuples, &#224; de grands services publics europ&#233;ens et notamment bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un plan d'action anticapitaliste, la question des droits et revendications d&#233;mocratiques rev&#234;t un caract&#232;re important, notamment dans la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques et la d&#233;fense des immigr&#233;s et des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints que par la mobilisation sociale et politique de millions de travailleurs et de citoyens et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus g&#233;n&#233;ralement, notre orientation doit stimuler et orienter les mobilisations en combinant, luttes sociales, syndicales, &#233;cologistes, unit&#233; d'action sociale, syndicale et politique de toutes les forces de gauche, proposition et animation d'exp&#233;riences d'auto-organisation sociale. Nous devons appuyer toutes les propositions de campagnes europ&#233;ennes sur l'annulation de la dette ou sur l'emploi au travers de coordinations d'association et de syndicats. Il faut relayer les initiatives du FSM de Dakar. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les batailles unitaires doivent s'accompagner de la recherche syst&#233;matique de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la social-d&#233;mocratie ou du nationalisme, notamment au travers des politiques &#233;lectorales dans les grandes villes, r&#233;gions, parlement et gouvernement. La crise confirme le caract&#232;re indispensable d'une alternative politique globale au social lib&#233;ralisme et aux partis de la gauche traditionnelle. Enfin, il faut favoriser l'unit&#233; et les alliances anticapitalistes en favorisant toutes les initiatives de coordination anticapitalistes au niveau des secteurs, luttes ou partis, les conf&#233;rences anticapitalistes europ&#233;ennes ou m&#233;diterran&#233;ennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amsterdam, le 22 F&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Notes sur la situation internationale </title>
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		<dc:date>2011-02-01T01:32:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mercredi, 26 Janvier 2011 Ces notes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour pr&#233;parer les d&#233;bats du prochain Comit&#233; international (CI) de la Quatri&#232;me Internationale, qui se tiendra au mois de f&#233;vrier. Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congr&#232;s mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en f&#233;vrier 2010 en Belgique. Il rassemble des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des repr&#233;sentants d'organisations invit&#233;es, venant de tous les continents. Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mercredi, 26 Janvier 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces notes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour pr&#233;parer les d&#233;bats du prochain Comit&#233; international (CI) de la Quatri&#232;me Internationale, qui se tiendra au mois de f&#233;vrier. Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congr&#232;s mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en f&#233;vrier 2010 en Belgique. Il rassemble des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des repr&#233;sentants d'organisations invit&#233;es, venant de tous les continents. Ces notes concernent avant tout l'Europe et seront retravaill&#233;es en fonction de ces d&#233;bats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le moment actuel de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mondiale continue. Elle est entr&#233;e dans sa 4&#233;me ann&#233;e. Sa progression prend la forme de crises financi&#232;res, crise sur les march&#233;s de biens alimentaires ou de mati&#232;res premi&#232;res, crise de la dette publique, notamment en Europe. Son caract&#232;re combin&#233;-&#233;conomique, financi&#232;re, sociale climatique- est confirm&#233;. Certains, comme Krugman (&#233;conomiste de la gauche du parti d&#233;mocrate am&#233;ricain), sugg&#232;re que cette Troisi&#232;me D&#233;pression ressemble &#224; la fois &#224; la stagnation qui commen&#231;a en Europe et aux Etats-Unis dans les ann&#233;es 1870 &#8211; il la nomme Longue D&#233;pression - et la stagnation des ann&#233;es 1930 qu'il nomme Grande D&#233;pression. Ainsi, il &#233;crit : &#171; Je crains que nous soyons maintenant dans les premi&#232;res &#233;tapes d'une troisi&#232;me d&#233;pression. Elle ressemblera vraisemblablement plus &#224; la Longue D&#233;pression qu'&#224; la beaucoup plus s&#233;v&#232;re Grande D&#233;pression. Mais le co&#251;t &#8211; pour l'&#233;conomie mondiale, et surtout pour les millions d'existences frapp&#233;es par l'absence d'emplois &#8211; sera pourtant immense &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phase de &#171; d&#233;pression &#187; n'est pas seulement le r&#233;sultat des crises financi&#232;res mais celui de l'essoufflement du mode d'accumulation &#233;conomique et financier des trente derni&#232;res ann&#233;es. Il n'y a pas, en Europe et aux USA d'&#233;quivalent de la relance de l'&#233;conomie mondiale dans les ann&#233;es 40-50, et les politiques d'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; ne compensent plus les limites de la croissance &#233;conomique. Les classes dominantes et les gouvernements ont contenu la crise financi&#232;re de 2008 qui aurait pu ravager l'&#233;conomie mondiale mais le cout des interventions &#233;tatiques pour sauver les banques et la finance mondiale a aggrav&#233; la situation &#233;conomique de chaque r&#233;gion ou pays : apr&#232;s les r&#233;cessions de 2008 et 2009, les taux de croissance actuels et ceux pr&#233;vus sur la longue dur&#233;e sont de faible niveau : 3% en 2011 et 3, 5 % en 2012. Cela se d&#233;compose ainsi dans les diverses zones : 1 &#224; 2 % en Europe, 2 &#224; 3 % aux USA, et 6 &#224; 7 % dans les pays dits &#233;mergents, dont 8 &#224; 10 % pour la Chine..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux de ch&#244;mage des principaux pays capitalistes restent &#233;lev&#233;s, autour de chiffres officiels de 10%, en fait, beaucoup plus. La pauvret&#233; augmente, frappant en particulier les femmes, les jeunes et les populations immigr&#233;es. Tous les discours sur la sortie de crise ou sur le fait que le &#171; pire de la crise est derri&#232;re nous &#187; ne cache pas l'enfoncement dans la crise et l'absence de relance de l'&#233;conomie mondiale, notamment aux USA et en Europe. De ce point de vue, nous pourrions dire que la crise est surtout celle du monde occidental et que la Chine, l'Inde, et une s&#233;rie de pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine ont connu ou connaissent des taux de croissance incontestables, mais ils subissent aussi la contraction du march&#233; et du commerce mondial. Et surtout, ces pays n'ont toujours pas la capacit&#233; de relancer l'&#233;conomie monde, m&#234;me si les taux de croissance chinoise et indiens restent impressionnants. N'oublions pas que 42 % du PIB chinois rel&#232;ve de ses exportations, et qu'&#224; moyen terme, la solidit&#233; de la croissance chinoise va d&#233;pendre de ses capacit&#233;s &#224; construire un march&#233; int&#233;rieur, avec nouvelles infrastructures, augmentation de salaires et s&#233;curit&#233; sociale. Nous en avons les pr&#233;misses mais ce n'est pas encore stabilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise prend aussi la forme, notamment dans les pays sous d&#233;velopp&#233;s ou en voie de d&#233;veloppement, d'une explosion des prix des mati&#232;res premi&#232;res, affamant les populations. La r&#233;volution tunisienne est la combinaison d'une explosion sociale contre une augmentation terrible des prix alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et le rejet de la dictature de Ben Ali. Cette double exigence sociale et d&#233;mocratique est au c&#339;ur de ces mouvements. Ces mouvements contre la vie ch&#232;re et pour la d&#233;mocratie peuvent, aujourd'hui, connaitre une propagation dans nombre de pays arabes. Les manifestations en Alg&#233;rie, en Jordanie, en Egypte ou au Y&#233;men expriment, chacune &#224; leur mani&#232;re et en tenant compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s nationales, ce mouvement de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bataille entre le capital et le travail, la crise est un levier pour les classes dominantes qui l'utilisent pour d&#233;truire une s&#233;rie d'acquis et de droits sociaux. Les taux de profits ne pouvant &#234;tre redress&#233;s par une production et une consommation de masse, la concurrence mondiale exigeant de baisser encore le co&#251;t du travail en Europe et aux USA, Il faut attaquer, d&#233;r&#233;guler, privatiser. Cette offensive capitaliste r&#232;gle les interrogations et questions sur les choix d'un tournant keyn&#233;sien pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est de mise, c'est l'attaque et l'attaque frontale, pas le compromis social : Peu de relance, peu de reconstruction, pas de politique de &#171; demande &#187;, d&#233;mant&#232;lement de l'Etat social, perte de vitesse m&#234;me de tous les projets de &#171; capitalisme vert &#187;. Apr&#232;s quelques semaines de panique, c'est la financiarisation de l'&#233;conomie et le pouvoir des march&#233;s financiers qui a repris le dessus. On peut m&#234;me parler d'une deuxi&#232;me vague de l'offensive n&#233;olib&#233;rale apr&#232;s celle des ann&#233;es 80. En tout cas, les destructions sociales men&#233;es par le patronat et les gouvernements sont aussi voire plus fortes que dans ces ann&#233;es l&#224;. C'est aussi au travers de l'approfondissement de la crise, qu'il faut suivre l'&#233;volution de la situation non seulement dans les centres imp&#233;rialistes mais aussi dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise peut ralentir le d&#233;veloppement de ces derniers, car elle exige, dans certains cas, de nouveaux plans d'aust&#233;rit&#233; qui frappent les classes populaires. D&#233;s son accession au pouvoir, Dilma Roussef annonce un plan d'aust&#233;rit&#233; pour le Br&#233;sil. Cette nouvelle offensive a un caract&#232;re global. Nul n'&#233;chappe &#224; la globalisation capitaliste, &#224; ses &#233;changes in&#233;gaux, &#224; son remodelage de la force de travail, &#224; la remise en cause d'une s&#233;rie de droits sociaux. Celle-ci fait m&#234;me pression sur les exp&#233;riences progressistes de ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine. Les mesures du gouvernement Morales visant &#224; augmenter les prix de l'essence &#233;tant, d'une certaine mani&#232;re, une des cons&#233;quences de la pression croissante du march&#233; mondial. Il frappe m&#234;me au c&#339;ur de l'&#233;conomie cubaine. Quelles seront les cons&#233;quences de la &#171; privatisation &#187; de tout un secteur de la force de travail cubaine- pr&#233;s de 10% du salariat- sur les rapports de forces sociopolitiques &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine ? Mais, il n'y a pas de fatalit&#233;. L'attitude des gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine et de la direction cubaine vis-&#224;-vis de la crise, constitue un test cl&#233; de l'&#233;volution de ces courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'attendre &#224; de nouvelles luttes sociales et politiques y compris au sein des &#171; mouvements bolivariens &#187;. Selon leurs rapports au mouvement de masses, telle ou telle option peut dominer. De ce point de vue, les derni&#232;res h&#233;sitations de Morales en Bolivie, sur l'augmentation des prix de l'essence constitue un exemple des crises qui peuvent se d&#233;velopper dans ces pays. Dans une s&#233;rie de r&#233;gions du monde, en Afrique ou en Asie, la pression de la crise &#233;conomique et sociale, les offensives politiques et militaires de l'imp&#233;rialisme dans une situation d'affaiblissement de l'h&#233;g&#233;monie occidentale, l'affaissement ou l'absence d'alternative socialiste ou m&#234;me nationaliste progressiste, d&#233;bouchent sur des situations ou se m&#234;lent r&#233;sistance contre le n&#233;ocolonialisme, oppositions entre fractions de classes dominantes, lutte entre clans bureaucratiques ou conflits ethniques- c'est le cas de la situation en Cote d'Ivoire, ou religieux. Dans une r&#233;gion comme celle recouvrant le Pakistan et l'Afghanistan, l'opposition aux exactions de l'imp&#233;rialisme occidental se double d'une mont&#233;e des forces islamistes r&#233;actionnaires qui s'attaquent aux droits des femmes et aux droits d&#233;mocratiques. Dans cette conjoncture la construction de camps ou fronts qui s'opposent &#224; l'imp&#233;rialisme mais aussi aux courants religieux r&#233;actionnaires islamistes est d&#233;cisif pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le Basculement du monde s'accentue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la crise accentue les changements de rapports de forces mondiaux avec la pouss&#233;e des pays &#233;mergents, le recul des USA et surtout de l'Europe. Le monde occidental, surtout nord am&#233;ricain conserve sa puissance politique et militaire, il garde sa force &#233;conomique mais il recule face &#224; la Chine et dans ses rapports avec d'autres puissances montantes. La Chine, est d&#233;j&#224; deuxi&#232;me puissance mondiale. Elle a m&#234;me conquis une premi&#232;re place dans des secteurs cl&#233;, comme la production d'ordinateurs. Sa force militaire et ses d&#233;penses d'arment augmentent consid&#233;rablement, visant &#224; en faire une puissance de premier ordre, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la Chine dans le monde connait une v&#233;ritable expansion : grands chantiers en Afrique et en Am&#233;rique latine ; exploitation &#224; grande &#233;chelle des territoires pour la production de mati&#232;res premi&#232;res et de produits alimentaires ; achat de la dette des pays &#171; en difficult&#233; &#187; en Europe-Gr&#232;ce, Portugal et Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit aussi mettre en rapport ce d&#233;veloppement avec la croissance des autres pays dits &#233;mergents -l'Inde ou le Br&#233;sil- et les pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine sur les quels rejaillissent cette croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, dans ce cadre, que les camarades d'Am&#233;rique latine, d'Asie et d'Afrique fassent le point sur la situation dans leur r&#233;gion. On ne peut par exemple s&#233;parer le bilan du &#171; Lulisme &#187; de la nouvelle place du Br&#233;sil dans le monde, de ses capacit&#233;s &#224; d&#233;velopper les march&#233;s financiers mais aussi sa politique d'assistanat qui a obtenu des r&#233;sultats. Dans ce nouvel &#233;quilibre mondial, les USA d&#233;clinent mais garde leur puissance politico-militaire, leur &#233;norme march&#233; et &#171; leur dollar &#187; : C'est l'Europe qui recule .Certains parlent m&#234;me de la crise de l'eurocentrisme qui dominait le monde depuis 1492-date de d&#233;couverte de l'Am&#233;rique-. Un des &#233;l&#233;ments marquants, de la p&#233;riode historique actuelle, et de la crise, c'est l'affaiblissement structurel de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La crise en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa puissance &#233;conomique, sociale, technologique et ses richesses accumul&#233;es, l'Europe est le maillon faible de la globalisation capitaliste, dans le sens o&#249; elle est prise en tenaille entre les USA et la mont&#233;e des pays &#233;mergents. L'achat d'une partie des dettes publiques grecques, portugaises et espagnoles par la Chine est, effectivement, plus que symboliques. Dans la comp&#233;tition mondiale actuelle, les classes dominantes en Europe, sont convaincues que &#171; le mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est un handicap majeur dans la concurrence avec les USA et la Chine. Il faut d&#233;truire acquis et conqu&#234;tes sociales obtenues ces derni&#232;res d&#233;cennies .De plus, du point de vue conjoncturel, la crise bancaire continue mais elle est pass&#233;e des banques aux Etats avec une crise de la dette publique qui r&#233;sulte de d&#233;cennies de politiques fiscales in&#233;galitaires et de la prise en charge publique de la crise financi&#232;re et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit public est pass&#233; de 2 &#224; 6, 5 % dans la zone Euro, et de 2, 8 &#224; 11% aux USA. Les dettes publiques ente 2008 et 2009 sont pass&#233;es de 69, 4 &#224; 78, 7 % du PIB dans la zone euro et de 62 &#224; 83 %, de 2007 &#224; 2009 aux USA. Les Etats sont, maintenant en premi&#232;re ligne de la crise, et il est int&#233;ressant de voir les diff&#233;rences entre les USA et L'Europe pour r&#233;pondre &#224; la crise : relance mon&#233;taire et budg&#233;taire aux USA avec le rachat de bons du tr&#233;sor-cela repr&#233;sente 600 milliards de dollars inject&#233;s dans l'&#233;conomie am&#233;ricaine &#8211; c'est le &#171; quantitative easing &#187; de la FED qui n'est qu'une mani&#232;re particuli&#232;re de faire fonctionner la &#171; planche &#224; billets &#187;- mais politiques d'aust&#233;rit&#233; r&#233;cessives en Europe qui &#233;touffent toute reprise de la croissance. Cette diff&#233;rence tient au r&#244;le que continue &#224; avoir le dollar comme &#171; monnaie du monde &#187;, &#224; la diff&#233;rence de l'Euro. Elle exprime aussi les positions des uns et des autres dans les rapports de forces globaux &#224; l'&#233;chelle mondiale. Indiquons seulement, aucune de ces politiques n'arrivent &#224; relancer la machine capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter que la sp&#233;cificit&#233; de crise en Europe r&#233;sulte du type de construction de l'Union europ&#233;enne : une entit&#233; domin&#233;e par les march&#233;s, au contenu politique inachev&#233;, sans d&#233;mocratie, sans participation populaire, sans unit&#233; politique et &#233;conomique. Cette construction loin de prot&#233;ger contre la crise est la base de nouvelles tensions et contradictions entre Etats europ&#233;ens. La construction n&#233;olib&#233;rale loin de coordonner les politiques &#233;conomiques poussent &#171; les dynamiques divergentes &#187; de l' &#233;conomie europ&#233;enne, divergences entre les dynamiques industrielles (Allemagne ) et financi&#232;res (anglaises), entre groupes &#233;conomiques et financiers allemands, fran&#231;ais, anglais, entre &#233;conomies hautement d&#233;velopp&#233;es &#8211;ex march&#233; commun- et moyennement d&#233;velopp&#233;es &#8211;sud et est de l'Europe-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Euro recouvre effectivement des pays au niveau de d&#233;veloppement et de productivit&#233; diff&#233;rents. Et loin de constituer un instrument pour une coordination &#233;conomique de la dite &#171; zone euro &#187;, il sert aujourd'hui d'instrument pour discipliner les &#233;conomies et les peuples au service des plus forts. Ce qui conduit &#224; des tensions entre l'Allemagne ou les pays &#224; mod&#232;le proche et les autres, avec une pression devenue insoutenable pour l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce. A cette &#233;tape, les gouvernements de la zone euro ont cr&#233;e des m&#233;canismes d'assistance en contrepartie de r&#233;formes structurelles n&#233;o lib&#233;rales radicales, notamment avec la cr&#233;ation d'un &#171; fonds europ&#233;en de stabilisation &#187; en 2013 pour les pays en difficult&#233;s, fond de 750 milliards. Cela suffira t-il &#224; soutenir les dettes des pays les plus en difficult&#233;s ? D&#233;j&#224; nombre d'entreprises, de march&#233;s financiers, de fonds de pension, parient sur l'incapacit&#233; des pays du Sud de l'Europe &#224; tenir le coup face &#224; une nouvelle offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence entre les &#233;conomies de la zone euro conjugu&#233;e &#224; l'absence de politiques communes &#233;conomiques, industrielles fiscales, sociales sera t- elle contenue ou n'aggravera-t elle pas la crise ? Ces tensions se traduisent notamment sur le plan mon&#233;taire, mais derri&#232;re la monnaie, il ya la volont&#233; des classes dominantes et des march&#233;s financiers &#224; faire payer la crise aux peuples et aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La guerre sociale en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, c'est une v&#233;ritable &#171; guerre sociale &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui en Europe : gel voire baisse nominale des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction drastique des budgets sociaux et publiques, destruction de pans entiers de l'Etat social, allongement de la dur&#233;e du travail -r&#233;formes des retraites, remises en cause des 35 heures- , suppression de millions de postes de fonctionnaires, attaques et privatisations de la s&#233;curit&#233; sociale, de la sant&#233;, des &#233;coles &#8211;explosion des frais d'inscription en GB-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date de ces attaques, c'est le r&#233;f&#233;rendum &#224; l'usine de FIAT Mirafiori &#224; Turin, o&#249; les r&#233;sultats d'approbation des propositions de la direction ouvrent la voie &#224; la liquidation des conventions collectives, non seulement dans la m&#233;tallurgie mais dans tous les secteurs et branches professionnelles. Les conventions collectives nationales de branches ou secteurs sont totalement remises en cause. Elles s'effacent devant le contrat de travail &#171; n&#233;goci&#233; &#187; entre le salari&#233; et le patron d'entreprise. La politique de la direction de la FIAT impose aussi l'aggravation des conditions de travail : &#233;quipes, travail de nuit, chasse &#224; l'absent&#233;isme, gel des salaires&#8230; La direction de Fiat annonce clairement qu'elle ne n&#233;gociera pas avec les syndicats qui refusent de se soumettre : c'est la fin annonc&#233;e du recours &#224; l'id&#233;ologie du &#171; dialogue social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'attaques tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans toute l'Europe. Combin&#233; &#224; la politiques de lutte contre les d&#233;ficits, il aggravent non seulement les conditions de travail et de vie de millions de gens mais il limite de plus en plus la demande finale, avec pour cons&#233;quence de corseter la croissance et de provoquer de nouvelles r&#233;cessions. Ce n'est pas le ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, l'objectif est de r&#233;duire dans les ann&#233;es qui viennent le pouvoir d'achat des salari&#233;s, de 15 &#224; 20 %. Le d&#233;mant&#232;lement de l'Etat providence ou de ce qui reste va connaitre un coup d'acc&#233;l&#233;rateur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La droite en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de cette offensive, li&#233;e &#224; la crise historique et syst&#233;mique que connait le capitalisme, avec celle des ann&#233;es 80, ce sont les cons&#233;quences d&#233;stabilisatrices pour l'ensemble du syst&#232;me, de ses classes dominantes, de ses partis, de ses institutions. Tous les partis dominants mais m&#234;mes les autres sont d&#233;stabilis&#233;s par les d&#233;cennies de contre r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la crise du syst&#232;me. Les crises de repr&#233;sentation politiques, la crise historique du socialisme, les ph&#233;nom&#232;nes d'abstention populaire, le sentiment de corruption des &#233;lites politiques : tout cela concourt &#224; nourrir la crise g&#233;n&#233;rale de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite, les contre r&#233;formes sociales n&#233;olib&#233;rales sapent les bases sociales des partis traditionnels, du coup, ces derniers recherchent cette base en d&#233;ployant des politiques autoritaires, racistes, populistes, s'attaquant aux immigr&#233;s, aux &#171; roms &#187;, aux musulmans. Elles accentuent leurs cours r&#233;actionnaires comme le parti r&#233;publicain aux USA. Des tendances au &#171; bonapartisme people &#187; avec Sarkozy ou Berlusconi traduisent une instabilit&#233; certaine. Des mouvements populistes ou n&#233;o fascistes gagnent du terrain, en Su&#232;de, aux Pays bas, en France, en Hongrie. Dans toutes les derni&#232;res &#233;lections en Europe, la droite et l'extr&#234;me droite augmentent leurs scores &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. La sociale d&#233;mocratie confirme son &#233;volution sociale lib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche, la crise n'a pas provoqu&#233; de &#171; sursaut keyn&#233;sien &#187;. La pr&#233;sence d'un pr&#233;sident socialiste &#224; la t&#234;te du FMI exprime le degr&#233; d'int&#233;gration de la sociale d&#233;mocratie dans les institutions de la globalisation capitaliste. Diff&#233;rence avec les ann&#233;es 30, il n' ya pas de tournant &#224; gauche de la social d&#233;mocratie. Le choix social lib&#233;ral est confirm&#233;. Les politiques de Papandr&#233;ou, Zapatero, Socrat&#232;s le d&#233;montrent. Les grandes orientations du PSE, au niveau europ&#233;en, les confortent et montrent qu'au-del&#224; des positionnements tactiques de chaque PS dans l'opposition contre la droite, la social-d&#233;mocratie s'est bien transmut&#233;e en social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre la gauche et la droite, la sociale d&#233;mocratie, relay&#233;e par l'&#233;volution des appareils syndicaux, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi l'adaptation aux modes dominants de la gestion de la crise. Il faut aussi noter l'&#233;volution des grandes formations vertes ou &#233;cologistes sur des orientations de plus en plus marqu&#233;es par le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Les r&#233;sistances sociales et les limites dans leur traduction politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus notable de ces derniers mois, ce sont les luttes de r&#233;sistances aux plans d'aust&#233;rit&#233;. Les journ&#233;es de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales se sont succ&#233;d&#233; en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne, en France. En France, pr&#232;s de 3 millions de personnes ont manifest&#233; et particip&#233; &#224; des mouvements de gr&#232;ve huit fois en deux mois&#8230; les gr&#232;ves espagnoles et portugaises ont une ampleur historique. Une de nos t&#226;ches est d'ailleurs d'analyser les formes, le contenu et la dynamique de ses conflits. En Grande Bretagne et en Italie, les manifestations &#233;tudiantes montrent le degr&#233; d'explosivit&#233; des luttes sociales. En Allemagne des mobilisations &#233;cologistes et citoyennes impressionnantes ont eu lieu contre le nucl&#233;aire. La crise va continuer. Les attaques vont redoubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura luttes, r&#233;sistances, et explosions sociales, qui vont aussi se r&#233;p&#233;ter, selon les particularit&#233;s nationales. Au c&#339;ur de ces mouvements sociaux, il y a la d&#233;fense d'acquis sociaux- emploi, s&#233;curit&#233; sociale, retraites, salaires, services publics- qui sont frontalement remis en cause mais aussi des dynamiques politiques anti-gouvernementales stimul&#233;es par la pratique, le style, l'arrogance gouvernementales ou des chefs de la droite. L'accumulation de ces exp&#233;riences, le degr&#233; de combinaison entre crise sociale et crise politique, le niveau d'auto-organisation des luttes peuvent constituer des points tournant de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une nouvelle situation sociale en Europe o&#249; la r&#233;volte des peuples gronde. Il faut aussi enregistrer deux faits politiques majeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Les luttes, m&#234;me les plus massives, ne d&#233;bouchent pas &#224; cette &#233;tape sur des reculs partiels des classes dominantes ou des victoires pour les travailleurs et leurs organisations. Nous n'arrivons pas &#224; bloquer l'offensive capitaliste et encore moins &#224; inverser la tendance. Ce que nous pouvons constater, c'est que, si la contre r&#233;forme lib&#233;rale continue &#224; marquer des points, les travailleurs qui ont fait les gr&#232;ves et manifestations en Gr&#232;ce, en France, au Portugal, en Espagne, les &#233;tudiants qui ont manifest&#233; en Grande Bretagne, n'ont pas le sentiment d'avoir enregistr&#233; de d&#233;faites majeures. Ils sentent confus&#233;ment qu'il y aura d'autres batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Le deuxi&#232;me fait politique, &#224; souligner, c'est, dans les pays o&#249; il y a lutte sociale d'une certaine ampleur, le d&#233;calage existant, entre la combativit&#233; sociale et sa traduction politique. Il faut consid&#233;rer les sp&#233;cificit&#233;s de la situation dans chaque pays. Dans certains pays le niveau de lutte social est faible. Mais dans les pays o&#249; il y a mobilisation sociale, il n y a pas l'&#233;quivalent sur le plan de la force syndicale et politique : Il n'y a pas de croissance organique des syndicats, des partis, de courants de gauche dans les mouvements sociaux. Combien de membres, d'adh&#233;rents ? Il peut y avoir ici et l&#224; des mouvements d'adh&#233;sion vers les syndicats ou les partis de gauche mais il y a, par exemple, une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 30 et la situation actuelle.Dans les ann&#233;es 30 la crise et les r&#233;sistances sociales provoquaient, par exemple, la croissance en centaines de milliers de membres, des syndicats, des PS, des PC, des mouvements &#224; gauche dans la social-d&#233;mocratie ou de courants r&#233;volutionnaires ext&#233;rieures &#224; la gauche traditionnelle. L'&#233;volution social lib&#233;rale rend de plus en plus &#171; imperm&#233;able &#187; les partis socialistes aux mont&#233;es de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons pas non plus de croissance massive qualitative des syndicats. Nous aurions pu, alors, attendre le d&#233;veloppement des courants ou partis &#224; l'ext&#233;rieur des organisations de la gauche traditionnelle. Nous n'enregistrons pas, &#224; cette &#233;tape, de progression notable. Aujourd'hui, en France, apr&#232;s une mobilisation sociale exceptionnelle&#8230; on aurait pu s'attendre &#224; ce que le PS pr&#233;sente pour la prochaine &#233;lection une candidate ou un candidat &#224; &#171; l'allure &#187; plus social-d&#233;mocrate. Eh bien, non, le candidat du PS &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 risque d'&#234;tre Strauss&#8211;Kahn, pr&#233;sident du FMI, un des repr&#233;sentants les plus &#224; droite de la social d&#233;mocratie internationale !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre prudent en disant que nous sommes au d&#233;but de la crise, que la dur&#233;e de la crise provoquera des mouvements combin&#233;s de crise sociale et politique, des &#233;v&#233;nements qui bloqueront tel ou tel plan d'aust&#233;rit&#233;, qui permettront des victoires partielles, et pourront inverser les tendances lourdes de la situation&#8230; Mais pour le moment, les obstacles qu'il faut surmonter pour gagner restent difficilement franchissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de la crise historique du mouvement ouvrier du si&#232;cle dernier se font toujours sentir. La construction d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire a besoin de nouvelles exp&#233;riences pour s'affirmer. Force est de constater que le niveau des luttes actuelles, m&#234;me, si il augmente, en r&#233;action aux attaques des classes dominantes et des gouvernants, n'a pas de dynamique politique suffisamment forte pour inverser les d&#233;cennies de contre r&#233;formes lib&#233;rales et cr&#233;er les bases d'une contre offensive globale et d'un nouveau projet socialiste r&#233;volutionnaire. Du coup, les processus de construction de partis de la gauche radicale ou de partis anticapitalistes, en Europe, rencontrent une s&#233;rie de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. El&#233;ments de discussion sur nos t&#226;ches.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions quelles sont nos t&#226;ches La r&#233;ponse d&#233;pend du diagnostic que l'on porte sur la crise qui a &#233;clat&#233; en 2007 ? S'agit-il d'une p&#233;rip&#233;tie financi&#232;re analogue &#224; toutes celles que le capitalisme a connues dans le pass&#233;, suivies de r&#233;cessions temporaires ? Ou bien s'agit-il d'une crise syst&#233;mique &#224; deux niveaux : une crise syst&#233;mique parce que le r&#233;gime d'accumulation financi&#232;re d&#233;velopp&#233; depuis plus une bonne trentaine d'ann&#233;es est &#224; bout de souffle, et une crise syst&#233;mique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite li&#233;e &#224; la finitude de la plan&#232;te et des ressources naturelles. Si on retient la seconde hypoth&#232;se, on ne peut se contenter de politiques de relance par la demande et par plus de r&#233;gulation dans le syst&#232;me financier, il faut une r&#233;organisation radicale de l'&#233;conomie tourn&#233;e vers les besoins sociaux , une reconversion &#233;cologique de l'industrie et de l'agriculture, des services publics non marchands de qualit&#233;, bref il faut une rupture avec la logique capitaliste, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et le syst&#232;me actuel de distribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un plan qui conjugue revendications imm&#233;diates et anticapitalistes contre la crise. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent payer la crise mais les capitalistes : d&#233;fense des acquis, des revendications, des droits sociaux, taxation des transactions financi&#232;res, annulation des dettes publiques. Ce plan peut &#234;tre financ&#233; en s'attaquant aux profits bancaires, financiers et &#224; ceux des grands groupes capitalistes. Ce programme doit s'accompagner de la &#171; collectivisation-socialisation &#187; de tout le syst&#232;me bancaire &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne sous le contr&#244;le des usagers. Ce qui veut dire au travers de la nationalisation ou socialisation publique du secteur bancaire, poser la question de l'incursion dans la propri&#233;t&#233; du capital. Cette question de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre aussi pos&#233;e au travers de la lutte contre les privatisations et la cr&#233;ation de grands secteurs publics sous contr&#244;le des travailleurs et des usagers dans les secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie. Elle est aussi pos&#233;e au travers de la question &#233;cologique et de la n&#233;cessaire r&#233;organisation et planification &#233;cologique sur le moyen et long terme. La dimension &#233;cologique, prend une place de plus en plus importante, d'autant que l'actualit&#233; est marqu&#233;e par des catastrophes naturelles qui se succ&#232;dent aux quatre coins de la plan&#232;te, et ce &#224; des rythmes de plus en plus fr&#233;quents : inondations, chaos climatiques, glissements de terrains doit prendre une place de plus en plus importante dans notre activit&#233;. Toutes les propositions de r&#233;organisations sociales et &#233;cologiques de la production, r&#233;organisation de l'espace urbain, des transports, de l'&#233;nergie au service des besoins des travailleurs et des peuples doivent &#234;tre soulign&#233;es dans notre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, ce plan doit avoir une dimension continentale. La r&#233;ponse &#224; la crise n'est pas le protectionnisme nationaliste et la sortie de l'Euro. Cela conduirait &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre pays d'Europe et &#224; de nouvelles attaques contre les peuples pour que les pays les plus en difficult&#233;s tiennent le coup, sans compter le d&#233;veloppement de mouvements chauvins et x&#233;nophobes. Il faut donc une r&#233;ponse europ&#233;enne, sociale, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, mais une r&#233;ponse europ&#233;enne qui rompt avec les politiques et institutions europ&#233;ennes. Dans ce sens, sauver l'Euro ou l'Union Europ&#233;enne ne peut servir d'alibi pour redoubler d'attaques et de plans d'aust&#233;rit&#233; contre les peuples. Notre r&#233;ponse doit partir de la d&#233;fense des droits et des revendications des travailleurs et des peuples dans chaque pays et au niveau de l'Europe. Cela passe par le refus de toute politique d'aust&#233;rit&#233;. Il faut ensuite, une coordinations des politiques et des luttes des peuples en Europe pour construire une r&#233;ponse europ&#233;enne, internationaliste qui donne la priorit&#233; &#224; l'harmonisation de ces droits sociaux par le haut, &#224; la coordination et &#224; la coop&#233;ration pour aider les peuples les plus frapp&#233;s par la crise, &#224; une politique qui fassent payer les capitalistes et les banquiers au travers d'une politique fiscale et sociale au profit des peuples, &#224; de grands services publics europ&#233;ens et notamment bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un plan d'action anticapitaliste, la question des droits et revendications d&#233;mocratiques rev&#234;t un caract&#232;re important, notamment dans la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques et la d&#233;fense des immigr&#233;s et des sans papiers. Dans les pays confront&#233;s &#224; des dictatures, cela doit conduire, notamment dans le cadre des mouvements de fond ou r&#233;volutions d&#233;mocratiques qui secouent le monde arabe, &#224; combiner revendications sociales, auto-organisation et revendications d&#233;mocratiques. En Tunisie, nous soutenons les exigences d&#233;mocratiques, de d&#233;mant&#232;lement de la dictature et de toutes ses institutions, de dissolution du RCD et de tous les appareils de r&#233;pression, le rejet du gouvernement ghannouchi, la formation d'un gouvernement provisoire sans repr&#233;sentant du r&#233;gime, et des &#233;lections libres &#224; une assembl&#233;e constituante. La lutte conte la vie ch&#232;re, pour les besoins vitaux de la population comme l'expropriation des propri&#233;t&#233;s du clan Ben Ali peuvent conduire &#224; combiner pratiquement question sociale et d&#233;mocratique et &#224; poser le contr&#244;le de ces administrations ou entreprises par l'autoorganisation populaire. En m&#234;me temps, les anticapitalistes doivent appuyer, organiser et coordonner les embryons d'auto-organisation en cours dans la lutte contre la vie ch&#232;re et la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints que par la mobilisation sociale et politique des millions de travailleurs et de citoyens et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, notre orientation doit stimuler et orienter les mobilisations doit en combinant, luttes sociales, syndicales, &#233;cologistes, unit&#233; d'action sociale, syndicale et politique de toutes les forces de gauche, proposition et animation d'exp&#233;riences d'auto-organisation sociale. Nous devons appuyer toutes les propositions de campagnes europ&#233;ennes sur l'annulation de la dette ou sur l'emploi au travers de coordination d'association et de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les batailles unitaires doivent s'accompagner de la recherche syst&#233;matique de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la social-d&#233;mocratie, notamment au travers des politiques &#233;lectorales dans les grandes villes, r&#233;gions, parlement et gouvernement. La crise confirme le caract&#232;re indispensable d'une alternative politique globale au social lib&#233;ralisme et aux partis de la gauche traditionnelle. Enfin, il faut favoriser l'unit&#233; et alliances anticapitalistes en favorisant toutes les initiatives de coordination anticapitalistes au niveau des secteurs, luttes ou partis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le 16&#232;me congr&#232;s de la 4&#232;me Internationale....</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-16eme-congres-de-la-4eme-Internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-16eme-congres-de-la-4eme-Internationale</guid>
		<dc:date>2010-02-24T03:13:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Congr&#232;s de la quatri&#232;me internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les textes pr&#233;paratoires au congr&#232;s sont disponibles sur : www.inprecor.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le m&#234;me site vous trouverez un article sur la CRISE ALIMENTAIRE, Les contradictions du syst&#232;me alimentaire mondial r&#233;dig&#233; par esther Vivas (membre de la direction de Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste, &#201;tat espagnol). Le lien : http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=860 &lt;br class='autobr' /&gt; _________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site d'Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res vendredi 12 f&#233;vrier 2010 &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quatrieme-Internationale-44-" rel="directory"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Congres-de-la-quatrieme-internationale-+" rel="tag"&gt;Congr&#232;s de la quatri&#232;me internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2785-86a5d.jpg?1630575205' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les textes pr&#233;paratoires au congr&#232;s sont disponibles sur : www.inprecor.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le m&#234;me site vous trouverez un article sur la CRISE ALIMENTAIRE, Les contradictions du syst&#232;me alimentaire mondial r&#233;dig&#233; par esther Vivas (membre de la direction de Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste, &#201;tat espagnol).&lt;br class='manualbr' /&gt;Le lien : &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=860&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site d'Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
vendredi 12 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Le congr&#232;s de la IVe Internationale se tiendra ce mois-ci. Il fera le point sur la crise et la construction de partis anticapitalistes dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les congr&#232;s mondiaux sont des moments importants dans l'histoire de la IVe Internationale. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de toutes les organisations, courants, et militants se retrouvent pour faire le point sur la situation internationale, des questions cl&#233;s du programme marxiste r&#233;volutionnaire, des exp&#233;riences significatives et diverses de construction de partis anticapitalistes, socialistes et r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des d&#233;l&#233;gations d'une soixantaine de pays de tous les continents seront pr&#233;sents. T&#233;moin des capacit&#233;s de la IVe Internationale &#224; participer &#224; des processus unitaireset au d&#233;bat politique pluraliste dans la gauche radicale, ce congr&#232;s r&#233;unira aussi un nombre important d'organisations invit&#233;es, non membres de la IVe Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se situe &#224; un moment o&#249; la situation mondiale est marqu&#233;e par une crise globale, une &#171; crise de civilisation &#187; du monde capitaliste. Le fiasco du sommet de Copenhague en donne une illustration frappante. Contrairement &#224; tous les chantres du &#171; capitalisme vert &#187; ou de la &#171; refondation &#233;cologiste du capitalisme &#187;, la logique essentielle du syst&#232;me, &#224; savoir la recherche du profit, s'oppose aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux des peuples et des travailleurs du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette impasse historique du syst&#232;me appelle des r&#233;ponses anticapitalistes et &#233;cosocialistes qui sont discut&#233;es dans le cadre de r&#233;solutions sur la situation internationale et sur la crise &#233;cologique soumis &#224; la discussion du congr&#232;s1. Cette volont&#233; d'actualisation ou d'innovation programmatique, dans le cadre des r&#233;f&#233;rences g&#233;n&#233;rales au marxisme r&#233;volutionnaire, est l'une des qualit&#233;s du courant marxiste r&#233;volutionnaire repr&#233;sent&#233; par la IVe Internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prochain congr&#232;s sera aussi un moment important dans la construction de la IVe Internationale et pour la discussion sur de nouveaux rassemblements anticapitalistes internationaux. Ce d&#233;bat s'appuiera sur de nouvelles exp&#233;riences de construction de mouvements, courants r&#233;volutionnaires ou partis anticapitalistes au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloco de esquerda du Portugal, le PP polonais, le NPA, le LP pakistanais ou le Psol au Br&#233;sil seront repr&#233;sent&#233;s. Comment construire des formations politiques anticapitalistes larges constitue une des questions cl&#233;s du congr&#232;s. Les nouvelles perspectives exigent aussi de prendre en compte l'&#233;mergence d'animateurs de mobilisations et mouvements contre l'exploitation capitaliste, ainsi que le nouveau syndicalisme de lutte, les r&#233;organisations politiques en cours &#224; gauche, le rebond du mouvement altermondialiste au travers de la lutte &#171; changer le syst&#232;me, pas le climat &#187;, pour faire &#233;merger une nouvelle gauche anticapitaliste ind&#233;pendante de la social-d&#233;mocratie et du centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les textes pr&#233;paratoires au congr&#232;s sont disponibles sur : www.inprecor.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La signification du 16e Congr&#232;s de la Quatri&#232;me Internationale</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-signification-du-16e-Congres-de-la-Quatrieme-Internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-signification-du-16e-Congres-de-la-Quatrieme-Internationale</guid>
		<dc:date>2010-02-16T04:48:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site INPRECOR SABADO Fran&#231;ois 1er janvier 2009 ______________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Les congr&#232;s mondiaux sont toujours des moments importants dans l'histoire de la IVe Internationale. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de toutes les organisations, courants, et militants se retrouvent pour faire le point sur la situation internationale, des questions-cl&#233;s du programme marxiste r&#233;volutionnaire, des exp&#233;riences significatives et diverses de construction de partis anticapitalistes, socialistes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quatrieme-Internationale-44-" rel="directory"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site INPRECOR&lt;br class='autobr' /&gt;
SABADO Fran&#231;ois &lt;br class='autobr' /&gt;
1er janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les congr&#232;s mondiaux sont toujours des moments importants dans l'histoire de la IVe Internationale. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de toutes les organisations, courants, et militants se retrouvent pour faire le point sur la situation internationale, des questions-cl&#233;s du programme marxiste r&#233;volutionnaire, des exp&#233;riences significatives et diverses de construction de partis anticapitalistes, socialistes et r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16e Congr&#232;s de la IVe Internationale, qui se tiendra en f&#233;vrier 2010, constitue d&#233;j&#224; un &#233;v&#232;nement pour les marxistes r&#233;volutionnaires. Des d&#233;l&#233;gations, d'une soixantaine de pays, de tous les continents seront pr&#233;sents. T&#233;moin des capacit&#233;s de la IVe Internationale &#224; participer &#224; des processus unitaires et au d&#233;bat politique pluraliste dans la gauche radicale, ce congr&#232;s r&#233;unira aussi un nombre important d'organisations invit&#233;es, non-membres de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se situe &#224; un moment particulier de la situation mondiale marqu&#233; par une crise globale, une &#171; crise de civilisation &#187; du monde capitaliste. Une crise qui combine dimension &#233;conomique, sociale, &#233;cologique, alimentaire, bref une crise qui montre, chaque jour, le co&#251;t humain de plus en plus &#233;lev&#233; du fonctionnement du syst&#232;me capitaliste. Le fiasco du somment de Copenhague en donne une illustration frappante. Contrairement &#224; tous les chantres du &#171; capitalisme vert &#187; ou de la &#171; refondation &#233;cologiste du capitalisme &#187;, la logique essentielle du syst&#232;me, &#224; savoir la recherche du profit, s'oppose aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux des peuples et des travailleurs du monde. Une des t&#226;ches de ce prochain congr&#232;s sera de revenir sur les d&#233;veloppements actuels de la crise &#233;conomique mondiale et d'actualiser un programme de transition face &#224; la crise capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail programmatique trouvera de nouvelles dimensions, justement face &#224; la d&#233;chirure &#233;cologique de la plan&#232;te. C'est le sens de la pr&#233;sentation &#224; la discussion d'une r&#233;solution sur la crise &#233;cologique et les grands axes d'une &#171; r&#233;ponse &#233;cosocialiste &#187;. Cette volont&#233; d'actualisation ou d'innovation programmatique dans le cadre des r&#233;f&#233;rences g&#233;n&#233;rales au marxisme r&#233;volutionnaire est une des qualit&#233;s du courant marxiste r&#233;volutionnaire repr&#233;sent&#233; par la IVe Internationale. Cette r&#233;activit&#233; dans l'&#233;laboration a &#233;t&#233; d'un apport fondamental pour analyser les d&#233;veloppements du capitalisme dans l'apr&#232;s deuxi&#232;me guerre mondiale, pour saisir les dynamiques des r&#233;volutions des ann&#233;es 1960 et 1970, pour orienter les marxistes r&#233;volutionnaires dans les luttes contre l'oppression des femmes, des lesbiennes et homosexuels, pour comprendre les grands traits de la nouvelle p&#233;riode historique d&#233;termin&#233;e par la globalisation capitaliste , la chute du stalinisme, l'&#233;volution sociale-lib&#233;rale et les modifications structurelles que conna&#238;t le mouvement ouvrier dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que le prochain congr&#232;s sera un des lieux d'&#233;changes sur de nouvelles exp&#233;riences de construction de mouvements, courants r&#233;volutionnaires ou partis anticapitalistes au sens large. L'appartenance &#224; un courant international qui a assur&#233; une certaine continuit&#233; historique dans la lutte contre le syst&#232;me capitaliste mais aussi contre tous les syst&#232;mes d'oppression, en particulier les &#201;tats bureaucratiques de l'Est, et qui se revendique d'un projet d'auto-&#233;mancipation, donne une s&#233;rie d'outils th&#233;oriques et politiques pour se forger une certaine vision du monde. Cet acquis doit &#234;tre pr&#233;serv&#233;, maintenu, enrichi. C'est le sens de la IVe Internationale, de ses publications, de ses activit&#233;s, de ses formations internationales. Mais il s'agit aujourd'hui de discuter aussi une nouvelle perspective plus large, celle de rassemblements et de regroupements qui correspondent &#224; la nouvelle p&#233;riode historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut travailler &#224; la convergence d'une s&#233;rie d'exp&#233;riences et de courants sociaux et politiques, sur la base &#171; d'une compr&#233;hension commune des &#233;v&#232;nements et des t&#226;ches &#187;. Le Bloco de Esquerda au Portugal, l'Alliance Rouge et Verte du Danemark, le PSOL au Br&#233;sil, les courants pour la construction d'un nouveau parti des travailleurs en Cor&#233;e du Sud, le LPP du Pakistan, le Parti polonais du travail (PPP), les courants de gauche de Die Linke en Allemagne ou le NPA en France, constituent, chacun &#224; sa mani&#232;re, des formes d'organisation de cette gauche anticapitaliste. Dans certains pays d'Am&#233;rique latine ou d'Afrique, cette question peut se poser dans les relations avec les forces du nationalisme indig&#233;niste radical ou r&#233;volutionnaire au travers de fronts anti-imp&#233;rialistes. Ces formes sont des moments ou des espaces de regroupements pour des forces r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche que nous avions discut&#233;e, lors du 15e Congr&#232;s de la IVe Internationale en 2003, a &#233;t&#233; l'une des r&#233;f&#233;rences pour nous orienter dans des processus de r&#233;organisation du mouvement ouvrier. Elle doit &#234;tre aujourd'hui approfondie dans une situation marqu&#233;e par la crise globale. Elle exige de prendre en compte l'&#233;mergence d'animateurs de mobilisations et mouvements contre l'exploitation capitaliste, ainsi que le nouveau syndicalisme de lutte, les r&#233;organisations politiques en cours &#224; gauche, le rebond du mouvement altermondialiste au travers de la lutte pour &#171; changer le syst&#232;me, pas le climat &#187;, pour faire &#233;merger une nouvelle gauche anticapitaliste ind&#233;pendante de la social-d&#233;mocratie et du centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, un tel enjeu ne peut se r&#233;sumer dans une s&#233;rie de recettes ou de mod&#232;les d'organisation. Chacune d'entre elles a son histoire, ses propres traditions en tenant compte de chaque r&#233;alit&#233; nationale, mais la recherche de convergences doit &#234;tre au centre des discussions de construction de nouvelles forces anticapitalistes. L'histoire de la IVe Internationale nous apprend m&#234;me que, si les discussions g&#233;n&#233;rales de programme se font &#224; l'&#233;chelle internationale, les choix tactiques nationaux rel&#232;vent des organisations ou partis nationaux. Chacun, ainsi, apporte sa propre contribution en enrichissant la discussion g&#233;n&#233;rale. C'est aussi cela le sens d'un congr&#232;s de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado, membre du Comit&#233; politique national du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale et r&#233;dacteur d'Inprecor.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conf&#233;rence nationale de GS : Notes sur la situation internationale</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Conference-nationale-de-GS-Notes-sur-la-situation-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Conference-nationale-de-GS-Notes-sur-la-situation-internationale</guid>
		<dc:date>2009-12-12T19:49:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Gauche Socialiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La conf&#233;rence nationale de Gauche Socialiste aura lieu le 16 janvier 2009. Elle traitera de la situation internationale, des enjeux &#233;cologiques au Qu&#233;bec ainsi que des enjeux programmatiques de la gauche face &#224; la crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au centre de cette conf&#233;rence : la pr&#233;paration du prochain congr&#232;s mondial de notre r&#233;seau international, la IV&#232;me internationale. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce texte s'inscrit dans le cadre de la pr&#233;paration du congr&#232;s mondial du r&#233;seau qu'est la quatri&#232;me internationale. pour acc&#233;der &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Gauche-Socialiste-270-+" rel="tag"&gt;Gauche Socialiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2625-959d6.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conf&#233;rence nationale de Gauche Socialiste aura lieu le 16 janvier 2009. Elle traitera de la situation internationale, des enjeux &#233;cologiques au Qu&#233;bec ainsi que des enjeux programmatiques de la gauche face &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de cette conf&#233;rence : la pr&#233;paration du prochain congr&#232;s mondial de notre r&#233;seau international, la IV&#232;me internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte s'inscrit dans le cadre de la pr&#233;paration du congr&#232;s mondial du r&#233;seau qu'est la quatri&#232;me internationale. pour acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes actuellement disponibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article2563&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article2563&lt;/a&gt;_____________________&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site d'Inprecor&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport s'inscrit dans la continuit&#233; des rapports sur la situation internationale pr&#233;sent&#233;s &#224; la r&#233;union du Bureau ex&#233;cutif &#233;largi le 15 novembre 2008 : &#171; Prendre la mesure de la crise (I) &#187; (1), et au Comit&#233; internationale r&#233;uni du 21 au 24 f&#233;vrier 2009 : &#171; Prendre la mesure de la crise (II) &#187; (2), qui ont &#233;t&#233; publi&#233;s dans Inprecor et sont disponibles sur le site .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Le moment actuel de la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale reste marqu&#233;e par la crise globale, multidimensionnelle &#8212;&#233;conomique, sociale, alimentaire, &#233;cologique &#8212; qui secoue le monde capitaliste. A la diff&#233;rence des discours sur la &#171; fin de r&#233;cession &#187; ou la &#171; sortie de crise &#187;, la r&#233;alit&#233; de l'&#233;conomie mondiale reste d&#233;termin&#233;e par des contradictions majeures qui d&#233;bouchent sur &#171; l'enfoncement &#187; dans la crise, un ch&#244;mage massif, une augmentation consid&#233;rable de la pauvret&#233; (plus d'un milliard d'&#234;tres humains vivent sous le seuil de pauvret&#233;) et des risques de catastrophes &#233;cologiques toujours plus grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1. Une &#171; sortie de crise &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue analytique, les d&#233;veloppements conjoncturels imm&#233;diats de la crise durable que conna&#238;t le capitalisme globalis&#233; comportent nombre d'incertitudes. Certes, la vitesse de la crise &#233;conomique mondiale a ralenti. Apr&#232;s avoir connu une r&#233;cession g&#233;n&#233;ralis&#233;e (des taux de croissance n&#233;gatifs de -3 % &#224; -4 % aux &#201;tats-Unis et en Europe et de -1 % &#224; -1,5 % &#224; l'&#233;chelle mondiale) les pr&#233;visions du FMI pour 2010 indiquent une &#171; l&#233;g&#232;re reprise &#187; avec un taux de croissance annonc&#233; de 3 %. Ces indications traduisent surtout une remont&#233;e de l'Asie en d&#233;veloppement (+7 %, m&#234;me si c'est avec une s&#233;rie de contradictions), remont&#233;e qui contraste avec la croissance &#171; molle &#187; des &#201;tats-Unis autour de 1, 5 % et celle, tr&#232;s faible, de la zone euro, &#224; 0,3 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique du Nord comme en Europe, ces &#171; petites reprises &#187; sont plut&#244;t un ralentissement de la crise. C'est avant tout le r&#233;sultat d'une intervention massive des &#201;tats qui ont renflou&#233; le syst&#232;me bancaire international (et ainsi permis de reprendre le gonflement de la bulle sp&#233;culative) et des effets de ce qu'on nomme &#171; stabilisateurs sociaux &#187;, c'est-&#224;-dire tous les dispositifs publics, d'aide et de s&#233;curit&#233; sociale, surtout en Europe de l'Ouest. Il rel&#232;ve aussi d'exp&#233;dients fournissant des aides &#224; l'achat de tel ou tel produit comme l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention massive et partiellement coordonn&#233;e des &#201;tats explique pourquoi et comment la crise a &#233;t&#233;, jusqu'&#224; ce jour, contenue. C'est la grande diff&#233;rence de la crise actuelle avec celle des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2. La crise continue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une fois dissip&#233;s les effets de ces dispositifs de soutien financier public mondial des derniers douze mois, l'&#233;conomie sera de nouveau confront&#233;e &#224; une s&#233;rie de probl&#232;mes conjoncturels et structurels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Sur un plan conjoncturel, les &#201;tats et les gouvernements sont confront&#233;s &#224; l'explosion de la dette publique, les banques ne connaissent toujours pas l'&#233;tendue des &#171; produits toxiques &#187; dans leurs comptes et ont des probl&#232;mes de fonds propres. Ainsi, il reste plus d'actifs toxiques que ceux qui ont &#233;t&#233; d&#233;pr&#233;ci&#233;s. La conjonction d'une nouvelle spirale sp&#233;culative et la d&#233;couverte de nouveaux actifs toxiques peut entra&#238;ner un nouveau choc boursier, qui &#224; son tour se r&#233;percutera dans l'ensemble de la sph&#232;re &#233;conomique. Enfin, le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;, avec toutes leurs cons&#233;quences sociales destructrices, vont augmenter et peser sur les rapports de forces sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Sur le plan structurel, la situation reste paradoxale : elle se caract&#233;rise par une crise id&#233;ologique du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral et par la continuation des grandes lignes des politiques capitalistes et la reproduction des m&#234;mes contradictions. La profondeur de la crise conduit les classes dominantes &#224; d&#233;ployer une nouvelle offensive contre les conditions de vie et de travail de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3 Les contradictions du mode d'accumulation n&#233;olib&#233;ral s'approfondissent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 1970 un nouveau mode d'accumulation capitaliste se met en place pour r&#233;tablir un taux de profit qui avait baiss&#233; dans les ann&#233;es 1960-970. Sur la base d'une s&#233;rie de d&#233;faites ouvri&#232;res, la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e est comprim&#233;e, les conditions et le taux d'exploitation accrus, les privatisations des services publics g&#233;n&#233;ralis&#233;es, les d&#233;r&#233;glementations des relations sociales impos&#233;es, les budgets publics r&#233;duits et les plans d'ajustement structurel appliqu&#233;s dans les pays en voie de d&#233;veloppement. Tout cela s'inscrit dans la mondialisation du march&#233;, dans la constitution d'un march&#233; international de la force de travail tendanciellement unifi&#233; o&#249; les travailleurs sont mis en concurrence les uns avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les profits vont remonter mais, comme le montrent toutes les statistiques, pas l'investissement productif. Du coup ces profits s'orientent vers des produits plus rentables, &#224; savoir les produits financiers. C'est ce mouvement qui va aussi provoquer la d&#233;sindustrialisation de secteurs et de r&#233;gions enti&#232;res en Am&#233;rique du Nord et en Europe et/ou leur d&#233;localisation, en particulier en Asie, surtout en Chine, devenue &#171; l'atelier du monde &#187;. Se constitue alors un processus g&#233;n&#233;ralis&#233; de &#171; financiarisation &#187; de l'&#233;conomie mondiale, qui vient gonfler le &#171; capital fictif &#187; d&#233;j&#224; existant. Ces m&#233;canismes vont permettre, en m&#234;me temps, de mettre en place, au c&#339;ur de l'&#233;conomie mondiale, aux &#201;tats-Unis et en Europe, toute une s&#233;rie de dispositifs d'endettement public et priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la politique de la dette publique et priv&#233;e va, pendant tout un temps, compenser ces distorsions, jusqu'&#224; l'explosion de la crise. L'endettement des m&#233;nages va permettre de maintenir le niveau de consommation&#8230; malgr&#233; la baisse des salaires. La dette des pays capitalistes avanc&#233;s, et en premier lieu celle des &#201;tats-Unis, va permettre &#224; ces derniers de vivre &#224; cr&#233;dit&#8230; malgr&#233; la contraction de leur base industrielle. La dette aura diff&#233;r&#233; la crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#8230; jusqu'en 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces dispositifs qui se sont effondr&#233;s, avec une d&#233;valorisation massive d'actifs ou de segments productifs &#8212; faillite et restructuration des banques, licenciements, fermetures d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le d&#233;veloppement de la crise et ses m&#233;canismes confirment une fois de plus que ce n'est pas seulement une crise financi&#232;re ou bancaire. C'est une crise globale du syst&#232;me capitaliste qui r&#233;sulte de la crise de tous les dispositifs qui ont &#233;t&#233; mis en place pour restaurer le taux de profit &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.4. Une nouvelle offensive du capital : &#171; Tout comme avant, ou presque et peut-&#234;tre en pire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise, le conflit capital-travail s'exacerbe. Il faut, pour les classes dominantes, contenir la crise tout en sauvegardant les positions du capital et particuli&#232;rement du capital financier. Le syst&#232;me ne peut plus fonctionner comme avant mais la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts capitalistes pousse les gouvernements &#224; poursuivre et &#224; approfondir les m&#234;mes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, des initiatives ont &#233;t&#233; prises au travers de d&#233;clarations du G20 pour &#171; contr&#244;ler &#187; les paradis fiscaux, &#171; encadrer &#187; le fonctionnement du syst&#232;me bancaire, pour &#171; accro&#238;tre &#187; les fonds du FMI visant &#224; renflouer les faillites &#233;conomiques de certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise a m&#234;me provoqu&#233; une crise de l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me qui a conduit, ici et l&#224;, &#224; des d&#233;clarations ou gesticulations sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; moraliser &#187; le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a un ab&#238;me entre les discours et les actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques ont profit&#233; de la crise et des aides publiques pour gonfler leurs b&#233;n&#233;fices au d&#233;triment de la production de cr&#233;dits, qui &#233;taient le but des aides publiques. Plus, les investisseurs reprennent les actifs de m&#234;me genre (produits financiers, mati&#232;res premi&#232;res, devises li&#233;es aux mati&#232;res premi&#232;res), favorisant une nouvelle spirale sp&#233;culative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans cette situation de crise, les classes capitalistes recherchent les voies d'une nouvelle offensive contre les droits sociaux et d&#233;mocratiques pour accro&#238;tre le taux d'exploitation du travail et prot&#233;ger les secteurs de b&#233;n&#233;fices rentiers. Les orientations des gouvernements des pays capitalistes avanc&#233;s confirment des choix pour faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; L'explosion de la dette sera pay&#233;e par une augmentation des imp&#244;ts et une r&#233;duction des d&#233;ficits publics. Dans les deux cas les victimes seront les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Les restructurations des grandes entreprises se traduisent par des millions de ch&#244;meurs, une augmentation de la pr&#233;carit&#233;, le renforcement de tous les syst&#232;mes de flexibilit&#233;. Les femmes sont particuli&#232;rement expos&#233;es aux cons&#233;quences de la crise. Selon l'OIT, 22 millions de femmes, dans le monde perdraient leur emploi en 2009. Elles sont les premi&#232;res touch&#233;es par les licenciements massifs dans les secteurs des services, de la sant&#233; ou de l'habillement. D&#233;scolarisation, perte d'emploi, appauvrissement, les femmes sont les premi&#232;res victimes de la r&#233;cession mondiale. La crise est utilis&#233;e pour r&#233;duire les co&#251;ts, augmenter les gains de productivit&#233;, red&#233;finir les processus de travail, refa&#231;onner les march&#233;s. Sur 206 soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes cot&#233;es, 126 ont annonc&#233; 146 plans sociaux entre janvier 2007 et mars 2009. Les pr&#233;visions pour les pays de l'OCDE tournent autour de 25 millions de ch&#244;meurs pour 2009 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; La pression sur les salaires reste des plus fortes. Les &#171; plans de relance &#187; se sont surtout traduits par des aides aux banques et &#224; l'investissement, c'est-&#224;-dire aux entreprises, mais pas par des augmentations de salaire. De plus, dans certains secteurs ou pays, il y a une politique concert&#233;e pour les baisser, comme dans la fonction publique des Pays baltes, en Roumanie, en Islande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Les privatisations sont confirm&#233;es, sauf dans certains cas &#8212; des exceptions &#8212; comme le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale argentin ou la poste japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une ann&#233;e apr&#232;s le d&#233;but de la crise, ces orientations tranchent un d&#233;bat sur les hypoth&#232;ses de relance de l'&#233;conomie par des politiques keyn&#233;siennes, c'est-&#224;-dire des politiques de relance de la demande par des augmentations de salaire, le d&#233;veloppement des services publics et de la protection sociale. Le contr&#244;le des banques anglaises est loin des processus de nationalisation d'apr&#232;s 1945. Il y a eu intervention &#233;tatique &#8212; un &#171; &#233;tatisme n&#233;olib&#233;ral &#187; &#8212; pour sauvegarder les int&#233;r&#234;ts capitalistes face &#224; la crise, mais pas de politique globale n&#233;okeyn&#233;sienne qui, dans les conditions actuelles et les rapports de forces entre les classes, n'est pas l'options des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de redresser les taux de profit apr&#232;s la crise, dans les rapports de forces sociaux et politiques de 2009, pousse les capitaines d'industrie et les sommets financiers &#224; augmenter la pression sur les travailleurs, &#224; subordonner toute la production et toute l'organisation de l'&#233;conomie &#224; la recherche de toujours plus de profits. Rechercher toujours plus de rentabilit&#233; pour le capital ne peut conduire qu'&#224; la compression des salaires, &#224; l'explosion de la pr&#233;carit&#233;, au d&#233;mant&#232;lement des services publics, &#224; la marchandisation et &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie. Cette logique est contradictoire avec la satisfaction des besoins sociaux. C'est cette contradiction qui fonde notre anticapitalisme. Le refus de cette logique exige non seulement le combat pour une redistribution des richesses au service des classes populaires mais aussi la remise en cause de la propri&#233;t&#233; capitaliste pour substituer une logique des besoins sociaux &#224; celle du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.5. La r&#233;ponse capitaliste &#224; la crise &#233;cologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ce cadre qu'il faut aborder la crise &#233;cologique. C'est, en particulier, la conjugaison de la crise &#233;conomique et de la crise &#233;cologique qui donne &#224; la crise actuelle une dimension de &#171; crise de civilisation &#187;. Les probl&#232;mes li&#233;s au changement climatique donnent, aussi, une acuit&#233; particuli&#232;re &#224; la crise &#233;cologique. Tous les constats des scientifiques convergent sur l'urgence &#233;cologique de r&#233;duire les gaz &#224; effets de serre de 50 % &#224; 80 % d'ici 2050 pour ne pas d&#233;passer le seuil de &#171; dangerosit&#233; &#187; fix&#233; &#224; une hausse des temp&#233;ratures de 1,5 degr&#233; pour le si&#232;cle. Les &#171; 3x20 % &#187; de l'Union europ&#233;enne jusqu'en 2020 : -20 % de Co2, 20 % d'efficience &#233;nerg&#233;tique, et +20 % d'&#233;nergies renouvelables sont en de&#231;&#224; des n&#233;cessit&#233;s fix&#233;es par le Groupe des experts intergouvernementaux sur l'&#233;volution du climat (GIEC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Au-del&#224;, les projets de &#171; capitalisme vert &#187; ont une double dimension : d'abord, faire payer la facture &#233;cologique &#8212; ou les d&#233;ficits publics sous couvert de &#171; taxes &#233;cologiques &#187; &#8212; aux classes populaires par un syst&#232;me de taxes qui contourne les responsabilit&#233;s des grandes entreprises, et d'autre part, constituer de nouveaux march&#233;s, en particulier les march&#233;s des droits &#224; polluer. Plus substantiellement, la solution &#224; la crise &#233;cologique ne peut s'inscrire dans un cadre capitaliste. La recherche du tout profit ne peut conduire qu'&#224; la mise en concurrence des capitaux les uns contre les autres. Du coup toute action coordonn&#233;e de moyen et long terme se heurte &#224; la logique du march&#233;. L'efficience &#233;nerg&#233;tique ne demande pas seulement une baisse de la consommation d'&#233;nergie, la reconversion d'une s&#233;rie d'industries, la substitution de combustibles d'&#233;nergies fossiles par des &#233;nergies renouvelables mais une r&#233;organisation d'ensemble des appareils productifs, r&#233;organisation qui ne peut se faire que par la coordination et la planification, donc dans un syst&#232;me de propri&#233;t&#233; publique et sociale et pas dans le cadre de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des principaux secteurs de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; La conjonction de la crise &#233;conomique et de la crise &#233;cologique va aggraver la crise alimentaire qui frappe la plan&#232;te et en particulier l'Afrique. Aujourd'hui 3 milliards de personnes ne mangent pas &#224; leur faim, 2 milliards souffrent de malnutrition et 1 milliard de la faim. La destruction des cultures vivri&#232;res par l'agro-exportation, la sp&#233;culation sur les prix des mati&#232;res premi&#232;res, l'achat de centaines de milliers d'hectares d'Afrique et d'Am&#233;rique latine par des &#201;tats comme la Chine, l'Arabie saoudite, la Cor&#233;e du sud, rendent de plus en plus difficile l'acc&#232;s &#224; la production alimentaire et aggravent les conditions de vie de millions de paysans et d'&#234;tres humains dont 75 % sont des paysans ou des travailleurs agricoles qu'on emp&#234;che de travailler. Loin de r&#233;sorber ces probl&#232;mes vitaux, de surmonter les d&#233;s&#233;quilibres actuels et de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, la crise alimentaire les approfondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Analyser cette crise comme durable ne signifie pas tomber dans le catastrophisme. Il faut toujours se rappeler qu'il n'y a pas de situation sans issue pour le capitalisme tant qu'il n'y a pas de forces sociales et politiques suffisamment puissantes pour changer de syst&#232;me. Le capitalisme peut continuer &#224; fonctionner mais avec un co&#251;t &#233;conomique, social, &#233;cologique, humain de plus en plus insupportable. Comprendre cette crise comme une &#171; crise de civilisation &#187; c'est prendre en compte la situation d'un syst&#232;me historique &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Une nouvelle organisation du monde ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette crise s'inscrit dans un moment de basculement du monde. Elle a confirm&#233; et pr&#233;cis&#233; les nouveaux rapports de forces entre classes et &#201;tats &#224; l'&#233;chelle mondiale. A l'&#233;chelle internationale, les initiatives se multiplient pour r&#233;organiser le &#171; monde de la crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. Le d&#233;clin de l'h&#233;g&#233;monie US : r&#233;alit&#233; et limites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative majeure, c'est le red&#233;ploiement de la puissance am&#233;ricaine apr&#232;s la victoire d'Obama. C'est m&#234;me une des raisons et des fonctions de l'&#233;lection d'Obama : reprendre la main dans la politique mondiale, m&#234;me si cela ne va pas sans contradictions, li&#233;es principalement &#224; la crise &#233;conomique (le dossier sant&#233;, les restructurations industrielles). Du coup, elle remet les choses en place sur le &#171; d&#233;clin in&#233;luctable &#187; de l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine. La crise a affaibli la position nord-am&#233;ricaine. En fait, cette position avait d&#233;j&#224; fl&#233;chie avant la crise, r&#233;sultant de la r&#233;duction de la base industrielle et de l'endettement des USA. Mais les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique continuent &#224; garder une position dominante dans les rapports mondiaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Sur un plan politico-militaire, ils gardent une totale h&#233;g&#233;monie, malgr&#233; l'enlisement des troupes occidentales en Afghanistan et en Irak. Plus que jamais, l'OTAN sous direction &#233;tats-unienne constitue le bras arm&#233; des puissances occidentales pour dominer le monde. En Am&#233;rique latine apr&#232;s avoir subi un &#233;chec dans sa politique de constitution de la Zone du libre &#233;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A, ALCA en espagnol), l'administration nord-am&#233;ricaine a repris l'initiative, avec le sommet de Trinidad (une politique d'ouverture pour relancer les march&#233;s &#233;tats-uniens sur le continent) mais aussi avec le coup d'&#201;tat du Honduras et le red&#233;ploiement des bases militaires en Colombie, qui t&#233;moignent de leur volont&#233; d'h&#233;g&#233;monie politico-militaire sur le continent am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Sur le plan &#233;conomique, la dimension du march&#233; am&#233;ricain lui permet de continuer &#224; occuper une part importante du PIB mondial (autour de 25 %) m&#234;me si celle-ci diminue r&#233;guli&#232;rement depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Sur le plan financier et mon&#233;taire, le dollar reste encore la monnaie internationale dominante. Il s'affaiblit et est de plus en plus concurrenc&#233; par d'autres monnaies &#224; vocation internationale et par l'or comme &#171; valeur refuge &#187;, mais il reste la r&#233;f&#233;rence mon&#233;taire internationale. L'administration des &#201;tats-Unis est devant une contradiction : soit elle maintient le dollar &#224; un niveau &#233;lev&#233;, ce qu'exigent en particulier les d&#233;tenteurs chinois d'obligations et de bons du Tr&#233;sor en dollars et ce sont les exportations &#233;tats-uniennes qui sont p&#233;nalis&#233;es, soit elle organise une d&#233;valuation comp&#233;titive du dollar pour rendre l'industrie am&#233;ricaine plus concurrentielle et c'est le dollar et nombre d'actifs en dollar qui baissent. Mais il faut noter que malgr&#233; l'affaiblissement de la position &#233;conomique des &#201;tats-Unis dans le monde, le dollar tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. Le r&#244;le de la Chine et des principaux pays &#233;mergents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis gardent une position dominante mais ce qui doit &#234;tre aussi soulign&#233;, c'est la mont&#233;e en puissance des &#233;conomies du Br&#233;sil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine (les &#171; BRIC &#187;), et en particulier de cette derni&#232;re. La part de la Chine dans le PIB mondial continue &#224; augmenter. Ses taux de croissance vont de 6 % lorsque le reste du monde est en r&#233;cession, &#224; plus de 10 % lorsque l'&#233;conomie mondiale conna&#238;t des phases d'expansion. La Chine n'a pas remplac&#233; les &#201;tats-Unis. Les th&#232;ses du &#171; d&#233;couplage &#187; entre une Chine en expansion continue et des centres imp&#233;rialistes en crise, n'ont pas tenu. La Chine a subi les cons&#233;quences de la crise mais elle ne s'est pas effondr&#233;e. Le r&#244;le que tiendra maintenant l'&#233;conomie chinoise dans le monde d&#233;pendra de sa capacit&#233; &#224; constituer un march&#233; interne, &#224; construire un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, &#224; stimuler une demande avec une hausse des salaires. Si ces conditions ne sont pas remplies, la dynamique chinoise sera ralentie. Les m&#233;canismes bureaucratiques, la corruption galopante, la surexploitation des travailleurs migrants, p&#232;sent n&#233;gativement sur la demande interne. Sur le plan mondial, les &#201;tats-Unis et la Chine (comme d'autres partenaires &#233;tats-uniens) sont li&#233;s dans un rapport de coop&#233;ration et de concurrence, mais &#224; cette &#233;tape c'est la coop&#233;ration qui pr&#233;vaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ce cadre multipolaire qu'il faut aborder les rapports avec le Br&#233;sil devenu nouvelle puissance imp&#233;rialiste. D&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1960, on &#233;voquait la notion de &#171; sous-imp&#233;rialisme &#187; pour le Br&#233;sil, imp&#233;rialisme mais puissance secondaire et subordonn&#233;e vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Seconde par rapport &#224; la force de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain certainement mais pas subordonn&#233;e. La puissance &#233;conomique, financi&#232;re, sociale, territoriale, &#233;nerg&#233;tique et militaire du Br&#233;sil en fait un partenaire associ&#233; mais aussi un concurrent et rival de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, surtout en Am&#233;rique latine. Dans cette concurrence/association, les USA compenseront leurs points faibles dans la comp&#233;tition mondiale par l'utilisation de leur h&#233;g&#233;monie politico militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3. Afghanistan, Irak, Palestine : les centres de tensions militaires dans le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enjeux dans ces pays-l&#224; restent des questions strat&#233;giques de premier ordre pour l'administration nord-am&#233;ricaine. C'est encore l&#224; que se joue le leadership militaire &#233;tats-unien dans le monde. Une d&#233;faite dans ces secteurs et c'est l'ensemble des rapports de forces mondiaux qui basculent. C'est ce qui explique qu'au-del&#224; des contradictions inter-imp&#233;rialistes lors de la guerre d'Irak, toutes les puissances occidentales se sont align&#233;es finalement sur l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Derni&#232;re initiative dans ce sens : la r&#233;int&#233;gration de la France dans le commandement de l'OTAN. Compl&#233;ment du G20, le sommet de Strasbourg, en avril 2009, a illustr&#233; cette &#233;volution. En m&#234;me temps, les &#201;tats-Unis cherchent &#224; neutraliser la Russie et la Chine, en abandonnant les projets de d&#233;ploiement de missiles en Europe de l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique dans cette r&#233;gion est assez illustrative de la nouvelle politique am&#233;ricaine depuis l'&#233;lection d'Obama. D'un c&#244;t&#233;, des initiatives, des discours, des postures &#171; d'ouverture &#187;. Ici et l&#224;, on fait des r&#233;f&#233;rences &#224; l'apport de la civilisation arabe dans le monde, on d&#233;clare &#171; vouloir le dialogue &#187; avec l'Iran, on fait pression sur le gouvernement isra&#233;lien pour ralentir les implantations de colonies sionistes en territoire palestinien. Mais dans les faits, les menaces sur l'Iran se multiplient, le retrait d'Irak des troupes am&#233;ricaines s'&#233;ternise, l'effort de guerre imp&#233;rialiste redouble en Afghanistan, et on laisse faire le gouvernement Netanyahou en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de l'intervention imp&#233;rialiste sont multiples : le contr&#244;le des ressources naturelles (le p&#233;trole en premier lieu), la pr&#233;sence g&#233;ostrat&#233;gique dans une r&#233;gion aux confins de le Russie, de l'Inde et de la Chine&#8230; Mais l'enjeu des conflits dans cette r&#233;gion c'est de pr&#233;server la capacit&#233; de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#224; r&#233;affirmer son h&#233;g&#233;monie militaire. Aussi, les exigences du retrait des troupes en Irak et en Afghanistan sont &#233;l&#233;mentaires pour respecter les droits des peuples et pour affaiblir strat&#233;giquement les puissances imp&#233;rialistes. C'est aussi dans ce sens que nous d&#233;fendons plus que jamais, en particulier apr&#232;s les &#233;v&#232;nements de Gaza, les droits du peuple palestinien &#8212; l'arr&#234;t imm&#233;diat de la politique des colonies, le retrait d'Isra&#235;l des territoires occup&#233;s depuis 1967, le droit au retour des Palestiniens et une perspective qui combine le &#171; d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat sioniste et une solution politique dans laquelle tous les peuples de Palestine (palestinien et juif isra&#233;lien) puissent vivre ensemble dans l'&#233;galit&#233; totale des droits &#187; (motion du Comit&#233; international de f&#233;vrier 2009). De ce point de vue, nous nous inscrivons dans la campagne de solidarit&#233; internationale BDS (&#171; Boycott, D&#233;sinvestissement, Sanction &#187;) et en solidarit&#233; avec le peuple palestinien. Enfin, le rejet des menaces imp&#233;rialistes contre l'Iran ne doit pas mener au soutien du r&#233;gime d'Ahmadin&#233;jad, mais au contraire, &#224; la solidarit&#233; active avec les mobilisations de millions d'Iraniens pour la d&#233;mocratie et contre la dictature du r&#233;gime. L&#224; aussi, comme dans chaque conflit, notre boussole reste la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts et des luttes des opprim&#233;s et la d&#233;fense de leurs droits sociaux et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.4. Une nouvelle phase de confrontations en Am&#233;rique latine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce continent reste celui des r&#233;sistances sociales les plus avanc&#233;es contre les politiques n&#233;olib&#233;rales et les attaques de l'imp&#233;rialisme. De mani&#232;re r&#233;currente, le continent est travaill&#233; par les explosions et les luttes sociales, comme vient de l'illustrer la crise au Honduras o&#249;, malgr&#233; la r&#233;pression de l'arm&#233;e, le pays a vu se d&#233;velopper pour la premi&#232;re fois en cinquante ans un vaste mouvement populaire d'opposition aux putschistes. Les luttes sont multiples. Que cela soit par des gr&#232;ves ouvri&#232;res au Venezuela, en Argentine, en Bolivie, au travers des mouvements de masses anti-imp&#233;rialistes en &#201;quateur, au Venezuela, ou encore de mouvements indig&#232;nes dans les pays andins ou d'Am&#233;rique centrale, les r&#233;sistances sociales et politiques sont l&#224;. Il faut en particulier souligner la dynamique nouvelle de la question indig&#232;ne. Ce sont des centaines, des milliers d'Indiens qui entrent en mouvement pour d&#233;fendre leurs terres, leurs ressources naturelles, leur mode de vie face aux attaques des multinationales et des &#201;tats pr&#233;dateurs. En m&#234;me temps, en mettant l'accent sur un certain &#233;quilibre entre les hommes et la nature, ils peuvent constituer une r&#233;f&#233;rence de lutte autour de la d&#233;fense du &#171; bien commun &#187;, du &#171; vivre mieux &#187;. Mais face &#224; ces &#233;v&#232;nements les classes dominantes ne restent pas inertes : elles agissent soit par la confrontation contre les mouvements sociaux, dans le cas du Mexique, du Honduras, de la Colombie, du P&#233;rou, de la Bolivie, du Venezuela, soit par la cooptation, dans le cas, d'abord, du Br&#233;sil avec le PT, puis de l'Argentine (m&#234;me si c'est de mani&#232;re plus conflictuelle) avec le p&#233;ronisme, de l'Uruguay avec le Frente Amplio, de la gauche chilienne de Bachelet, de la gauche du Salvador&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;bouche sur trois types de gouvernement et de situation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Les gouvernements de droite et de l'ultra droite au Mexique, au Honduras, en Colombie, au P&#233;rou relayant des oppositions brutales de secteurs de la bourgeoisie en Bolivie, au Venezuela, en &#201;quateur o&#249; ces derniers n'ont pas abandonn&#233; la perspective du renversement de Chavez et d'Evo Morales. Ces secteurs sont aujourd'hui &#224; l'offensive appuy&#233;e par les sommets politico militaires de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Le coup d'&#201;tat au Honduras et surtout l'implantation de nouvelles bases nord- am&#233;ricaines en Colombie en sont la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Le deuxi&#232;me type de gouvernement, avec toutes ses nuances, se manifeste avec le Br&#233;sil, l'Argentine, le Nicaragua, l'Uruguay, le Paraguay, le Chili. Ce sont des gouvernements sociaux lib&#233;raux respectant les crit&#232;res g&#233;n&#233;raux des politiques n&#233;olib&#233;rales et s'inscrivant dans un rapport de coop&#233;ration avec le grand voisin nord-am&#233;ricain, m&#234;me si c'est de mani&#232;re conflictuelle comme le fait le Br&#233;sil de Lula. Dans ce bloc, c'est le Br&#233;sil, fort de sa taille, de ses ressources naturelles et de la puissance de son &#233;conomie, qui domine. Il faut d'ailleurs souligner, alors qu'en g&#233;n&#233;ral les exp&#233;riences sociales lib&#233;rales dans le monde se terminent mal pour les partis sociaux lib&#233;raux qui voient leur base sociale et politique se r&#233;duire, que ce n'est pas tout &#224; fait le cas, pour le Br&#233;sil o&#249; Lula , avec sa politique de &#171; Bolsa familia &#187; a pu d&#233;ployer un &#171; assistanat &#187; qui lui a donn&#233; une r&#233;elle popularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Le troisi&#232;me type de gouvernement, appuy&#233; par Cuba, est celui du Venezuela, de Bolivie, d'&#201;quateur. Il faut d'ailleurs diff&#233;rencier la dynamique des forces et des &#233;v&#232;nements dans chacun des pays. Ces gouvernements ont d&#233;ploy&#233; des politiques de rupture partielle avec l'imp&#233;rialisme nord- am&#233;ricain, une redistribution des revenus en faveur des programmes sociaux et des couches sociales les plus pauvres, un appui aux mouvements sociaux. Nous sommes &#224; leur c&#244;t&#233; contre l'imp&#233;rialisme nord- am&#233;ricain. Nous nous appuyons sur tous les d&#233;bats surgis de ces exp&#233;riences autour de la notion du socialisme du XXIe si&#232;cle pour d&#233;fendre nos propositions. Mais il faut pr&#233;ciser sur ce point les sp&#233;cificit&#233;s de chaque exp&#233;rience. Si Chavez et Morales s'appuient sur les mouvements de masse, avec une pression plus forte des mouvements sociaux en Bolivie et des rapports plus &#171; bonapartistes &#187; au Venezuela, les &#233;v&#232;nements r&#233;cents ont montr&#233; une opposition entre le mouvement indig&#232;ne de la CONAIE en &#201;quateur et le gouvernement Correa. Les rapports entre ces gouvernements et le mouvement de masse constituent un test majeur pour le futur de ces exp&#233;riences. Mais en toile de fond reste une question capitale, le degr&#233; de rupture avec le capitalisme, sa logique de profitabilit&#233;, ses rapports &#224; la finance, son syst&#232;me de propri&#233;t&#233;, d'autant que la crise a percut&#233; tous les fondements de l'&#233;conomie de ces pays. De ce point de vue, ces gouvernements n'ont pas, &#224; ce jour, saisi l'occasion de la crise pour avancer substantiellement dans une rupture avec le capitalisme et son &#171; mod&#232;le productiviste extractif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.5. L'Europe en crise profonde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe face &#224; au rebond nord-am&#233;ricain et &#224; la mont&#233;e des BRIC conna&#238;t une d&#233;t&#233;rioration de ses positions dans le monde. La crise a frapp&#233; de plein fouet les &#233;conomies du vieux continent. Des facteurs propres l'ont m&#234;me aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de construction politique de l'Union europ&#233;enne conjugu&#233; aux dynamiques divergentes de ses principales &#233;conomies &#8212; la finance anglaise, les d&#233;ficits commerciaux fran&#231;ais et les exportations industrielles allemandes &#8212; l'ont conduit &#224; r&#233;pondre de mani&#232;re partielle, &#233;clat&#233;e, sans v&#233;ritables politiques de coordination. Les trait&#233;s europ&#233;ens qui ont mis au centre depuis des ann&#233;es la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; ont favoris&#233; les processus de financiarisation au d&#233;triment des politiques industrielles. Du coup, l'Europe a subi des processus de d&#233;sindustrialisation, en particulier en France. Le ch&#244;mage explose. En m&#234;me temps les d&#233;ficits et la dette des pays europ&#233;ens augmentent dangereusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'est, les &#233;conomies de certains pays d&#233;pendant fortement du syst&#232;me bancaire international ne s'en sortent que par des aides internationales &#224; coup de perfusions du FMI. Les politiques mises en &#339;uvre &#8212; en Hongrie, dans les Pays baltes et en Roumanie, qui vont jusqu'&#224; l'organisation de la baisse des salaires des fonctionnaires &#8212; montrent bien la profondeur de la crise dans ces pays mais aussi dans leur environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les contradictions internes &#224; l'Europe vont s'aiguiser. Il peut y avoir, ici et l&#224;, des tentations protectionnistes, mais ce n'est pas le choix fondamental des classes capitalistes europ&#233;ennes. Elles ont choisi la mondialisation, mais dans ce processus, elles n'ont pas d'insertion commune comme &#171; capitalisme europ&#233;en &#187;. Au contraire ce sont des int&#233;r&#234;ts crois&#233;s entre telle &#233;conomie nationale et telle multinationale qui en d&#233;terminent les orientations fondamentales. La concurrence mondiale peut ainsi se doubler d'une concurrence intereurop&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans cette situation de crise durable, l'offensive &#233;conomique se double d'une offensive politique des droites. Les derniers r&#233;sultats des &#233;lections europ&#233;ennes confirment cette tendance, &#224; l'exception de la Gr&#232;ce et de la Su&#232;de. Les forces fascistes ou semi fascistes tendent aussi &#224; augmenter leur pression sur les situations politiques nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce m&#234;me mouvement que s'affirment aussi des solutions autoritaires appuy&#233;es en particulier sur les politiques contre les immigr&#233;s et les sans-papiers. La mondialisation et la multiplication des &#233;changes, l'appauvrissement du Sud par les puissances du Nord, les catastrophes &#233;cologiques ou alimentaires provoquent des transferts massifs de population, en particulier des pays pauvres vers les pays riches. La crise aggrave m&#234;me tous les ph&#233;nom&#232;nes d'exploitation et d'oppression des immigr&#233;s. Les mouvements racistes en font m&#234;me ses boucs &#233;missaires. Cela doit conduire le mouvement ouvrier &#224; riposter en mettant en avant une politique de d&#233;fense des droits des immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, se mettent en place de v&#233;ritables politiques de criminalisation des luttes et mouvements sociaux ou des syst&#232;mes r&#233;pressifs, au nom de la lutte &#171; anti-terroriste &#187;, avec des fichiers, des syst&#232;mes d'&#233;coute, des listes, cela sans le moindre respect des droits d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces tensions, au-del&#224; m&#234;me des cycles de lutte sociale, peuvent conduire &#224; l'&#233;clatement de crises politiques ou institutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de &#171; Constitution europ&#233;enne &#187;, repris par le Trait&#233; de Lisbonne, vise dans ce cadre &#224; permettre &#224; l'appareil de l'Union europ&#233;enne de jouer partiellement un r&#244;le absolutiste renforc&#233; (pr&#233;sidence plus forte, repr&#233;sentation internationale unique&#8230;), imposant centralement et sans contr&#244;le d&#233;mocratique (m&#234;me formel), une politique europ&#233;enne &#224; l'&#233;chelle internationale. Les &#201;tats membres gardent dans ce cadre leurs institutions de d&#233;mocratie formelle, de plus en plus vides de sens face aux d&#233;cisions europ&#233;ennes qui &#171; encadrent &#187; la politique nationale, en fonction des compromis entre les principales puissances imp&#233;rialistes europ&#233;ennes. C'est une Union europ&#233;enne in&#233;gale (les &#171; grands pays &#187; et les &#171; petits &#187;, soumis) o&#249; la population est priv&#233;e de toute intervention parlementaire, m&#234;me formelle, qui est en voie de construction, comme en t&#233;moigne encore le r&#233;sultat du second r&#233;f&#233;rendum irlandais. Enfin, face aux plans de l'Union europ&#233;enne, la gauche anticapitaliste doit d&#233;fendre une orientation internationaliste de d&#233;fense des droits sociaux et d&#233;mocratiques pour une Europe au service des travailleurs et des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. L'&#233;volution de la gauche et du mouvement ouvrier en Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise de 1929 sert souvent de r&#233;f&#233;rence pour &#233;valuer l'ampleur de la crise actuelle. Les ann&#233;es trente, sur le plan social et politique peuvent aussi constituer un point de comparaison avec la p&#233;riode pr&#233;sente. Les chocs sociaux et politiques sont moins brutaux. Les amortisseurs sociaux att&#233;nuent les confrontations. D'aucuns ont caract&#233;ris&#233; la situation actuelle par la formule &#171; des ann&#233;es trente au ralenti &#187;. Les diff&#233;rences entre ces p&#233;riodes historiques sont nettes. Mais une course de vitesse est n&#233;anmoins engag&#233;e entre les salari&#233;s, les mouvements sociaux, le mouvement ouvrier et des droites populistes, autoritaires, x&#233;nophobes. Il y a une polarisation &#224; gauche et &#224; droite. Il n'y a pas de rapports m&#233;caniques entre crise &#233;conomique et lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise s'inscrit dans des rapports de forces sociaux et politiques d&#233;grad&#233;s depuis plus d'une d&#233;cennie. Le salariat a connu des processus de restructuration qui ont individualis&#233; la force de travail et ont affaibli structurellement l'organisation collective des travailleurs. Le mouvement ouvrier traditionnel a connu un d&#233;clin incontestable. La crise va accentuer tous ces processus de restructuration, en engageant m&#234;me de nouveaux. N&#233;anmoins, des points d'appui, dans les organisations et institutions, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s pour r&#233;sister &#224; la crise. Dans cette premi&#232;re phase de la crise, l'inqui&#233;tude est grande, la crainte de perdre son emploi p&#232;se sur la combativit&#233; de la masse des travailleurs, mais ceux-ci ne sont pas t&#233;tanis&#233;s, d&#233;moralis&#233;s, abattus. De nouvelles g&#233;n&#233;rations &#233;mergent au travers des premiers mouvements de gr&#232;ve. Des r&#233;sistances &#224; la crise se sont manifest&#233;es m&#234;me si elles sont partielles et in&#233;gales selon les situations sp&#233;cifiques et les rapports de forces de chaque pays. Mais les effets sociaux et politiques des premi&#232;res phases de la crise ne pouvaient retourner les tendances lourdes de la situation. Des d&#233;faites ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es dans certaines des entreprises qui ont vu des centaines ou des milliers de licenciements. En g&#233;n&#233;ral, malgr&#233; de r&#233;elles r&#233;sistances sociales dans bien des cas, les plans de r&#233;organisation capitaliste ont &#233;t&#233; appliqu&#233;s. Et de nouvelles attaques tr&#232;s dures s'annoncent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est d'autant difficile que les directions du mouvement ouvrier traditionnel ont une responsabilit&#233; majeure dans la d&#233;mobilisation ou la d&#233;sorientation de secteurs entiers du salariat. Du coup les travailleurs ont du mal &#224; voir comment faire reculer leur patronat et leur gouvernement. Le choix des appareils traditionnels du mouvement syndical et de la social-d&#233;mocratie a &#233;t&#233; d'accompagner les politiques des classes dominantes et des &#201;tats face &#224; la crise. Il y a eu une discussion sur le volume et les dimensions des plans de relance, sur telle ou telle mesure de r&#233;organisation du syst&#232;me bancaire, mais globalement, la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne s'est inscrite dans les plans de l'Union europ&#233;enne. Le manifeste du PSE en est un bon exemple. Il n'y a m&#234;me pas eu, par exemple, de bataille pour une alternative r&#233;formiste keyn&#233;sienne. La crise acc&#233;l&#232;re l'institutionnalisation des bureaucraties ouvri&#232;res &#8212; couches sociales privil&#233;gi&#233;es au sein du mouvement ouvrier &#8212; au sein du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, elle aggrave, aussi, la crise de la social-d&#233;mocratie. L'&#233;volution sociale lib&#233;rale des partis socialistes avait d&#233;j&#224; sap&#233; une part substantielle de leur base sociale et politique populaire. Mais le recul s'aggrave. Aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes la social-d&#233;mocratie a connu une nette d&#233;faite. Les derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives en Allemagne et au Portugal ont confirm&#233; cette tendance. Le SPD a perdu pr&#232;s de 4,5 millions d'&#233;lecteurs entre 2005 et 2009. Le PS portugais a perdu 9,5 % des suffrages par rapport aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives. On ne peut &#233;carter telle ou telle &#171; inflexion &#224; gauche &#187;, pour contenir ces pertes, mais la tendance principale est plut&#244;t d'approfondir l'adaptation des grands appareils du mouvement syndical et de la social-d&#233;mocratie aux imp&#233;ratifs de la gestion capitaliste de la crise. Ainsi, apr&#232;s la politique de grande coalition en Allemagne du SPD avec la CDU-CSU, en France le Parti socialiste pr&#233;pare et se pr&#233;pare &#224; construire une coalition avec le centre droit. Ce mouvement s'inscrit dans un processus plus global, o&#249; de plus en plus de voix se l&#232;vent au sein m&#234;me de la social-d&#233;mocratie pour d&#233;passer les &#171; vieux PS &#187; et rompre avec ce qui reste d'histoire du mouvement ouvrier dans ces partis. C'est la dynamique qu'a connue la gauche italienne avec l'&#233;volution de secteurs entiers de l'ex-PCI vers la tentative de construire un parti de type d&#233;mocrate &#224; l'am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus, les partis verts et &#233;cologistes jouent un r&#244;le actif. B&#233;n&#233;ficiant des inqui&#233;tudes l&#233;gitimes de la population face &#224; la crise &#233;cologique, ils voient, en particulier en France et en Allemagne, cro&#238;tre leur r&#244;le politique. Leur orientation s'inscrit en g&#233;n&#233;ral dans la perspective d'une grande coalition de la gauche traditionnelle, du centre et des &#233;cologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation ouvre un espace &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie en crise. C'est le sens de la perc&#233;e du Bloco de Esquerda au Portugal et de Die Linke en Allemagne lors des derni&#232;res &#233;lections, et du poids de formations comme l'Alliance Rouge et Verte au Danemark, la gauche irlandaise au travers du mouvement pour le &#171; non &#187; au trait&#233; de Lisbonne, ou le NPA en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne est global mais la situation de la gauche radicale est sp&#233;cifique dans chaque pays, notamment en fonction de l'histoire, des rapports de forces et du type de syst&#232;me &#233;lectoral. Des diff&#233;rences politiques substantielles existent aussi entre les partis qui ont opt&#233; pour une rupture avec le syst&#232;me capitaliste, qui d&#233;fendent une ind&#233;pendance nette face &#224; la social-d&#233;mocratie et ceux qui inscrivent leur projet dans la gestion du capitalisme lib&#233;ral et de ses institutions. Une d&#233;marcation nette sur le refus de participer &#224; des gouvernements r&#233;gionaux ou nationaux sociaux lib&#233;raux rel&#232;ve aussi de la n&#233;cessit&#233; vitale d'une perspective ind&#233;pendante des vieux appareils de la gauche traditionnelle pour r&#233;organiser et reconstruire le mouvement social. Dans tous les pays o&#249; la gauche radicale a particip&#233; &#224; un gouvernement avec la social-d&#233;mocratie ou le centre-gauche, elle a &#233;t&#233; satellis&#233;e par la gauche sociale lib&#233;rale. La force d'attraction des institutions bourgeoises a &#233;t&#233; plus forte que toutes les proclamations antilib&#233;rales. C'est le sens de la discussion avec la direction de Die Linke en Allemagne. Le d&#233;veloppement de Die Linke est un pas en avant pour la gauche allemande, mais l'orientation port&#233;e par sa direction &#8212; tant sur le plan programmatique (retour &#224; &#171; l'&#201;tat social &#187;, &#224; &#171; l'&#201;tat providence &#187;) que sur le plan des alliances parlementaires et gouvernementales avec le SPD &#8212; constitue un danger majeur dans la r&#233;organisation du mouvement ouvrier allemand. La construction d'une gauche alternative anticapitaliste au sein de Die Linke mais aussi dans l'ensemble de la gauche sociale et politique allemande reste une des questions cl&#233; en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la r&#233;alit&#233; de cette gauche radicale en Europe, exige plus que jamais de s'engager dans la voie du rassemblement de la gauche anticapitaliste, notamment par l'organisation de conf&#233;rences, de d&#233;bats et de campagnes communes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Un programme anticapitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La profondeur de la crise donne une nouvelle actualit&#233; aux r&#233;ponses anticapitalistes. &#171; Ce n'est pas aux peuples et aux travailleurs de payer la crise, mais aux capitalistes ! &#187; C'est le cri qui a jailli de toutes les manifestations contre les effets de la crise capitaliste. Quel contenu donner &#224; cette volont&#233; populaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord un plan d'urgence social et &#233;cologique pour le refus des licenciements et des suppressions d'emploi, l'interdiction des licenciements par le maintien du contrat de travail et du revenu assur&#233; par l'entreprise, les branches professionnelles patronales ou l'&#201;tat en cas de ch&#244;mage partiel ou total, la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail sans r&#233;duction de salaire, l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat, des retraites et pensions, une d&#233;fense et une relance des services publics, une d&#233;fense des droits des femmes &#8212; refus de toutes les discriminations, lutte contre toutes les violences faites aux femmes, pour le droit &#224; l'avortement, pour l'&#233;galit&#233; professionnelle &#8212;, une politique de grands travaux publics centr&#233;s sur la priorit&#233; &#233;cologique (&#233;conomie d'&#233;nergies, &#233;nergies renouvelables, lutte contre la pollution, transports en commun, logements sociaux, cr&#233;ation d'emplois dans des activit&#233;s &#233;cologiques socialement utiles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La satisfaction de ces revendications passe par une autre r&#233;partition des richesses. Si des centaines de milliards ont pu &#234;tre d&#233;bloqu&#233;s en une nuit, alors les profits financiers, industriels, bancaires, les grandes fortunes peuvent bien &#234;tre tax&#233;s pour financer l'emploi, les salaires, les services publics et la s&#233;curit&#233; sociale. Les paradis fiscaux que les &#201;tats-Unis et l'Europe ont laiss&#233; prosp&#233;rer dans quelques &#201;tats ou principaut&#233;s doivent &#234;tre liquid&#233;s. Des mesures simples arr&#234;tant le dumping fiscal et homog&#233;n&#233;isant des taux d'imposition &#233;lev&#233;s sur les b&#233;n&#233;fices des entreprises doivent &#234;tre mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise pose une autre question : qui contr&#244;le, qui d&#233;cide, qui poss&#232;de ? C'est la question de l'appropriation publique et sociale. Il faudra &#233;tablir une loi g&#233;n&#233;rale : affranchir les services publics des r&#232;gles de la concurrence, instaurer le monopole public sur les services publics strat&#233;giques. &#192; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie, nous opposons la propri&#233;t&#233; publique et sociale de ces grands secteurs. Des solutions radicales doivent r&#233;organiser le syst&#232;me bancaire. Le secteur bancaire et financier doit &#234;tre unifi&#233; et nationalis&#233; sous contr&#244;le populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la combinaison de la crise &#233;conomique et &#233;cologique d&#233;bouche sur un imp&#233;ratif : changer de logique, substituer au tout-profit et au productivisme les besoins sociaux. Cette exigence n&#233;cessite de reconvertir des secteurs entiers de l'&#233;conomie pour respecter les &#233;quilibres socio-&#233;cologiques, comme les secteurs de l'automobile, de l'armement ou du nucl&#233;aire. Le &#171; bien commun &#187; constituera l'objectif d'une croissance &#233;quilibr&#233;e, &#233;co-socialiste, exigeant de redonner un caract&#232;re central &#224; la planification d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces objectifs paraissent inatteignables dans les rapports de forces sociaux actuels. Mais la crise met &#224; l'ordre du jour des solutions radicales qui exigent une confrontation avec les classes dominantes. Ce combat exige des mobilisations sociales et politiques exceptionnelles. Les d&#233;bats sur les rapports entre luttes partielles, mouvements d'ensemble et gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reviennent &#224; l'ordre du jour. Dans ce cadre, les r&#233;volutionnaires doivent combiner int&#233;gration dans le mouvement de masse r&#233;el, unit&#233; d'action, proposition de lutte et r&#233;ponses socialistes globales. La lutte pour des r&#233;formes partielles et des projets de transformation de la soci&#233;t&#233; pose la question du pouvoir. Les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates critiquent souvent la gauche radicale parce qu'elle refuserait de prendre ses responsabilit&#233;s et de vouloir gouverner. Pour d&#233;mentir cette accusation, les anticapitalistes doivent prouver qu'ils &#339;uvrent &#224; cr&#233;er les conditions pour qu'un large mouvement de masse auto-organis&#233; fasse irruption sur la sc&#232;ne politique et impose un gouvernement populaire qui applique un programme social, d&#233;mocratique et anticapitaliste. Cette perspective de gouvernement de rupture anticapitaliste exige de ne pas succomber &#224; la participation &#224; des gouvernements sociaux lib&#233;raux avec les partis socialistes ou le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, toutes ces batailles doivent s'articuler autour d'une perspective socialiste, &#233;co-socialiste qui pr&#233;sente les grandes lignes d'un projet de soci&#233;t&#233; alternatif, d'un nouveau mode de production et de consommation, d'une nouvelle conception de la d&#233;mocratie, d'une d&#233;mocratie socialiste. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado, membre du Comit&#233; politique national du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale et r&#233;dacteur d'Inprecor. Nous reproduisons ici les notes pr&#233;paratoires pour le rapport sur la situation internationale (en vue du d&#233;bat au XVIe Congr&#232;s mondial de la IVe Internationale), qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es et discut&#233;es lors de la session du Bureau ex&#233;cutif le 17 octobre 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CHAVEZ : POUR UNE Ve INTERNATIONALE !</title>
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		<dc:subject>International</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site INPRECOR &lt;br class='autobr' /&gt;
Novembre 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une rencontre internationale des partis de gauche tenue &#224; Caracas du 19 au 21 novembre 2009, Hugo Chavez a lanc&#233; un appel pour une Ve Internationale Socialiste qui, selon lui, devrait rassembler des partis de gauche et des mouvements sociaux. Selon le pr&#233;sident du Parti socialiste uni du Venezuela, la Ve Internationale doit constituer &#171; un instrument pour l'unification et l'articulation de la lutte des peuples pour sauver cette plan&#232;te &#187;1. Dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quatrieme-Internationale-44-" rel="directory"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-International-216-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH124/arton2661-73b0f.jpg?1629993885' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site INPRECOR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une rencontre internationale des partis de gauche tenue &#224; Caracas du 19 au 21 novembre 2009, Hugo Chavez a lanc&#233; un appel pour une Ve Internationale Socialiste qui, selon lui, devrait rassembler des partis de gauche et des mouvements sociaux. Selon le pr&#233;sident du Parti socialiste uni du Venezuela, la Ve Internationale doit constituer &#171; un instrument pour l'unification et l'articulation de la lutte des peuples pour sauver cette plan&#232;te &#187;1. Dans une situation politique mondiale marqu&#233;e par une crise globale du syst&#232;me capitaliste, c'est un fait suffisamment important pour le souligner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les responsables ou partis qui posent la question de l'Internationale ne courent pas les rues, c'est le premier m&#233;rite de l'appel de Chavez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que cet appel s'accompagne d'une d&#233;claration qui d&#233;nonce le caract&#232;re syst&#233;mique de la crise capitaliste, au-del&#224; de ses dimensions financi&#232;res et bancaires, et r&#233;affirme la perspective du socialisme du XXIe si&#232;cle. Elle appelle &#224; l'urgente mobilisation contre la nouvelle offensive imp&#233;rialiste, en Am&#233;rique latine, de l'administration nord-am&#233;ricaine et de la droite latino-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de cet appel, c'est un large front anti-imp&#233;rialiste mondial qui peut se constituer pour marquer sa solidarit&#233; avec la lutte des peuples pour leurs droits sociaux et politiques, pour s'opposer aux nouvelles bases nord-am&#233;ricaines en Colombie, pour appuyer, en particulier, la mobilisation du peuple du Honduras contre le nouveau r&#233;gime dictatorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bras de fer qui oppose les puissances imp&#233;rialistes aux luttes des peuples, un tel front mondial constituerait un instrument important pour combattre le pouvoir des classes dominantes, non seulement en Am&#233;rique latine mais dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes pr&#234;ts, comme nous l'avons fait depuis le d&#233;but, dans la solidarit&#233; avec la r&#233;volution cubaine, la r&#233;volution bolivarienne, avec les exp&#233;riences de Bolivie et d'Equateur, &#224; nous engager pleinement dans le combat commun contre les attaques imp&#233;rialistes et &#224; prendre toute notre place dans ce front anti-imp&#233;rialiste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ce cadre que se poserait le processus de construction d'une nouvelle Internationale. Chavez appelle &#224; la constitution d'une Ve Internationale Socialiste. Cela remet &#224; l'ordre du jour la discussion sur une nouvelle Internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chavez situe la constitution d'une Ve Internationale dans la continuit&#233; de la IVe. Nous l'avons d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; &#224; maintes reprises : &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'importent les &#233;tiquettes, s'il y a convergence sur le contenu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la constitution d'une nouvelle Internationale implique tout un processus autour d'un programme, une politique, une organisation, qui doit &#234;tre men&#233; sur la base d'une large discussion avec tous les protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, en effet, une nouvelle p&#233;riode historique, o&#249; les clivages entre divers courants r&#233;volutionnaires peuvent &#234;tre surmont&#233;s sur la base d'une &#171; nouvelle compr&#233;hension commune des &#233;v&#232;nements et des t&#226;ches &#187;. De ce point de vue, il ne s'agit pas de discuter des bilans historiques des uns et des autres, mais il est d&#233;cisif de tirer ensemble les enseignements du stalinisme et de la social-d&#233;mocratie pour que les trag&#233;dies et les erreurs du pass&#233; ne se reproduisent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque parti, chaque organisation, chaque courant, chaque militant doit contribuer &#224; ce d&#233;bat. Pour ce qui concerne la IVe Internationale, elle a d&#233;j&#224; formul&#233;, &#224; de nombreuses occasions, ses propositions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Un programme anti-imp&#233;rialiste et anti-capitaliste de revendications d'urgence, qui parte des revendications et besoins sociaux des classes populaires, propose une nouvelle r&#233;partition des richesses, l'appropriation publique et sociale des secteurs-cl&#233;s de l'&#233;conomie et d&#233;bouche sur la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'unit&#233; d'action de toutes les organisations, courants, militants contre les attaques des gouvernements et des classes capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'ind&#233;pendance des mouvements sociaux, des associations et des organisations syndicales vis-&#224;-vis des partis et des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La solidarit&#233; avec toutes les luttes des peuples contre toutes les puissances imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La lutte contre les oppressions et la d&#233;fense des droits des femmes, des homosexuels, des jeunes et des immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La lutte pour des gouvernements des travailleurs et des classes populaires qui satisfassent les principales revendications sociales et &#233;cologiques, s'appuient sur la mobilisation de la population et son contr&#244;le sur les principaux secteurs de l'&#233;conomie. Cette perspective implique de ne pas participer &#224; des gouvernements de gestion de l'&#201;tat et de l'&#233;conomie capitaliste avec les partis du centre gauche ou de la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le caract&#232;re central de l'auto &#233;mancipation et de l'auto organisation des peuples dans le projet de renversement du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Un projet &#233;cosocialiste qui combine la satisfaction des besoins sociaux ainsi que le respect et l'&#233;quilibre de notre &#233;cosyst&#232;me. En ce sens, nous avons beaucoup &#224; apprendre des peuples indig&#232;nes d'Am&#233;rique du Sud et de leur rapport &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La d&#233;mocratie socialiste comme projet de soci&#233;t&#233; : autogestion de l'&#233;conomie, d&#233;mocratie, et pluralisme des partis et mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quelques pistes de discussion pour avancer dans la voie du rassemblement de tous les anticapitalistes &#224; l'&#233;chelle internationale. Ce sont les premi&#232;res id&#233;es que nous d&#233;fendrons dans le processus de constitution d'une nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'appel de Chavez &#224; une Ve Internationale constitue aussi un point d'appui lorsqu'il pose la question d'une nouvelle Internationale, ind&#233;pendamment de la IIe dont sont membres des organisations comme les partis sociaux-d&#233;mocrates, le PRI mexicain ou le PT br&#233;silien. Mais il faut aussi clarifier une question dans la construction d'une nouvelle Internationale, c'est la diff&#233;rence entre les politiques d'&#201;tat et la construction d'un projet politique. Une chose est de conclure des accords &#233;conomiques et commerciaux avec des &#201;tats dirig&#233;s par des gouvernements anti-imp&#233;rialistes, d'en conclure avec d'autres &#201;tats, y compris dot&#233;s de r&#233;gimes r&#233;actionnaires, ou encore de s'opposer &#224; des attaques de l'imp&#233;rialisme contre certains pays, autre chose est le soutien politique apport&#233; &#224; des r&#233;gimes comme ceux du Parti communiste chinois ou de la R&#233;publique Islamique d'Iran&#8230; Le projet d'une Ve Internationale ne peut de pr&#232;s ou de loin &#234;tre associ&#233; &#224; ces r&#233;gimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, cet appel cr&#233;e les conditions d'une nouvelle discussion internationale, indissociable de la solidarit&#233; avec la r&#233;volution bolivarienne. C'est dans cet esprit que la IVe internationale, ses organisations et ses militants, r&#233;pondront &#171; pr&#233;sents &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>PRENDRE LA MESURE DE LA CRISE</title>
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		<dc:date>2009-10-09T23:07:12Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado, membre de la direction nationale de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Nous publions ici le rapport introductif qu'il a pr&#233;sent&#233; lors du d&#233;bat sur la situation internationale &#224; la r&#233;union du Bureau ex&#233;cutif le 15 novembre 2008. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de la crise des &#171; subprimes &#187; de septembre 2007, nous avions not&#233; que cette crise bancaire et financi&#232;re annon&#231;ait une crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quatrieme-Internationale-44-" rel="directory"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fran&#231;ois Sabado, membre de la direction nationale de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Nous publions ici le rapport introductif qu'il a pr&#233;sent&#233; lors du d&#233;bat sur la situation internationale &#224; la r&#233;union du Bureau ex&#233;cutif le 15 novembre 2008.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la crise des &#171; subprimes &#187; de septembre 2007, nous avions not&#233; que cette crise bancaire et financi&#232;re annon&#231;ait une crise &#233;conomique globale, que cela marquait un tournant historique dans l'&#233;conomie et la situation mondiale. Aujourd'hui, pour tous les commentateurs, le point de rep&#232;re historique pour estimer l'ampleur de la crise, c'est &#171; la crise de 1929 &#187;, avec des diff&#233;rences&#8230; mais c'est de cette ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, cette crise de 2007-2008, est &#224; la crois&#233;e de plusieurs changements historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Crise syst&#233;mique g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel affaissement de l'onde longue r&#233;cessive commenc&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1960 qui, combin&#233;e &#224; la crise &#233;cologique mondiale, atteint les &#171; limites historiques &#187; du syst&#232;me capitaliste. Immanuel Wallerstein a raison de situer cette crise &#224; la crois&#233;e d'une crise syst&#233;mique et d'une phase historique de d&#233;clin du capitalisme commenc&#233;e il y a pr&#232;s de quarante ann&#233;es, mais on ne peut parler, comme il le fait, d'une &#171; fin du capitalisme &#187;, car il n'y a pas de &#171; situation sans issue pour le capitalisme &#187;&#8230; jusqu'&#224; ce qu'il y ait son renversement. Cette crise n'est pas une crise de cycle court, une crise conjoncturelle, c'est une crise structurelle. Elle montre bien les limites historiques du syst&#232;me capitaliste. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire ce syst&#232;me recouvre toute la plan&#232;te : il y a un march&#233; mondial de production g&#233;n&#233;ralis&#233;e de marchandises et un march&#233; mondial de la force de travail. Plus aucun secteur de l'&#233;conomie n'&#233;chappe non seulement &#224; la domination mais &#224; l'int&#233;gration m&#234;me dans le syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette extension/g&#233;n&#233;ralisation du capitalisme se produit dans une &#233;conomie mondiale marqu&#233;e par une onde r&#233;cessive qui dure depuis pr&#232;s de 40 ans. C'est un syst&#232;me o&#249; la &#171; production pour la production &#187; heurte les limites de la demande solvable de millions de salari&#233;s, de paysans, de travailleurs, et o&#249; sa logique de recherche du profit capitaliste et non de la satisfaction des besoins sociaux des populations, conduit &#224; des crises de suraccumulation du capital et de surproduction de marchandises toujours plus fortes. L'explosion du capital fictif, d'une financiarisation de l'&#233;conomie mondiale, d'un endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; peut jusqu'&#224; un certain point pousser les limites du syst&#232;me, diff&#233;rer les &#233;ch&#233;ances, mais t&#244;t ou tard ses contradictions majeures d&#233;bouchent sur des crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles se succ&#232;dent et se rapprochent. Six crises en quinze ans : crise mexicaine en 1994, crise asiatique en 1997, crise russe en 1998, crise argentine en 2001, crise de la bulle internet en 2001, crise des subprimes en 2007&#8230; La crise actuelle est qualitativement plus importante parce que ce n'est plus la p&#233;riph&#233;rie mais le centre du syst&#232;me capitaliste qui est atteint. Plus importante, et in&#233;dite dans l'histoire, est la conjonction d'une crise &#233;conomique avec de multiples dimensions comme la crise alimentaire, celle des mati&#232;res premi&#232;res et une crise &#233;cologique majeure dont le r&#233;chauffement climatique est une des dimensions les plus graves. La crise &#233;cologique va s'aggraver parce qu'elle rencontre un capitalisme en crise. Le &#171; capitalisme vert &#187; est la r&#233;ponse des classes dominantes &#224; cette crise. Mais la logique de recherche du tout-profit combin&#233; au mode de gestion capitaliste et &#224; la destruction des services publics ne peuvent qu'entra&#238;ner de nouvelles catastrophes comme &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans ou dans des pays plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan, ce n'est pas &#234;tre catastrophiste que de pr&#233;voir des catastrophes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais si nous sommes ou pas &#224; la fin de l'onde longue r&#233;cessive commenc&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, mais en tout cas nous sommes dans une situation de crise syst&#233;mique g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#8230; Une crise qui va durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour sortir de l'onde r&#233;cessive il faut des facteurs exog&#232;nes &#224; la logique &#233;conomique, en g&#233;n&#233;ral des facteurs politiques, guerres et/ou r&#233;volutions&#8230; Ces grandes cassures ne sont pas encore &#224; l'ordre du jour, du coup, cela va durer, cela va pourrir et en attendant, le co&#251;t de la domination capitaliste risque d'&#234;tre de plus en plus &#233;lev&#233;, avec des crises &#224; r&#233;p&#233;tition de plus en plus importantes, des situations d'enlisement et de pourrissement &#233;conomique et social, des catastrophes &#233;cologiques ou humaines, notamment pour les pays et les peuples les plus pauvres. Les choix productivistes d'une &#233;conomie capitaliste en crise, avec r&#233;cession, d&#233;valorisation du capital, r&#233;duction des budgets publics, aggraveront aussi la crise &#233;cologique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#201;puisement du mod&#232;le d'accumulation n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement historique s'exprime dans la crise et l'&#233;puisement du mod&#232;le d'accumulation n&#233;olib&#233;ral mondial dont la pointe explose par l'&#233;conomie am&#233;ricaine. L'origine de cette crise c'est le consensus de Washington, une s&#233;rie de d&#233;faites et reculs sociaux des ann&#233;es 1980 et du d&#233;but des ann&#233;es 1990, une nette d&#233;gradation des rapports de forces globaux entre les classes au d&#233;triment du monde du travail. C'est une baisse consid&#233;rable des salaires r&#233;els et de la part des salaires dans les richesses produites, une d&#233;r&#233;glementation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, des privatisations des services publics. Entre 1980 et 2006 la part des salaires est pass&#233;e de 67 % &#224; 57 % de la production des richesses dans la plupart des quinze pays de l'OCDE. Elle a donc perdu 10 points et celle des profits en a gagn&#233; autant. Selon le &#171; Rapport sur le travail dans le monde &#187; de l'Organisation mondiale du travail (OIT) de 2008, &#171; le plus fort d&#233;clin de la part des salaires dans le produit int&#233;rieur brut s'est produit en Am&#233;rique latine et dans les Cara&#239;bes &#8212; moins 13 %, suivi par le Pacifique et l'Asie &#8212; moins 10 %, et les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es &#8212; moins 9 points &#187;. Il s'agit l&#224; d'un &#171; niveau exceptionnellement bas selon les normes historiques &#187;, dixit Alan Greenspan, ancien directeur de la FED (Banque f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les profits ont donc consid&#233;rablement augment&#233; mais ils ne se sont pas r&#233;investis dans la production, ils sont all&#233;s l&#224; o&#249; il y avait le plus de &#171; gains &#187;, le plus de rentabilit&#233;, &#224; savoir sur les march&#233;s financiers. Ce m&#233;canisme logique a d&#233;bouch&#233; sur une baisse durable de l'investissement : en 2005, pour les &#201;tats-Unis, l'Europe et le Japon les taux de profit ont augment&#233; de 5,5 % et les taux d'investissement de seulement 2 %. Cette masse de profits non r&#233;investis dans la production a envahi les march&#233;s financiers : aux USA, en 2005, les investissements financiers ont progress&#233; de 21 % et les profits financiers de 150 %... En 2006, &#224; l'apog&#233;e des march&#233;s financiers, les transactions sur ces march&#233;s repr&#233;sentaient 50 fois le montant du produit int&#233;rieur brut (PIB) de l'ensemble des pays du monde ! Alors que ce PIB mondial s'&#233;levait &#224; 45 000 milliards de dollars, les transactions s'&#233;levaient &#224; la somme astronomique de 2 100 000 milliards de dollars. Ces diff&#233;rences entre les salaires et les profits ainsi qu'entre les profits et les investissements ont donc &#233;t&#233; combl&#233;s par l'explosion de la finance, par l'industrie de luxe et par la recherche de nouveaux march&#233;s en Chine et dans les ex-pays de l'Est. Aux &#201;tats-Unis, c'est l'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui s'est substitu&#233; aux salaires en baisse : l'endettement des m&#233;nages est pass&#233; de 62 % du revenu disponible en 1975 &#224; 127 % en 2006. Et le d&#233;ficit commercial &#8212; 700 milliards en 2008 &#8212; a &#233;t&#233; financ&#233; par les placements de fonds chinois ou de fonds &#171; souverains &#187; qui ont remplac&#233; le d&#233;clin de l'industrie am&#233;ricaine&#8230; dont une bonne partie a &#233;t&#233; d&#233;localis&#233;e en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche de la crise est importante car elle n'oppose pas un &#171; capitalisme financier &#187; pr&#233;dateur de l'&#233;conomie &#224; un capitalisme &#171; entrepreneurial &#187; sain. C'est la logique interne du capitalisme qui recherche le profit maximum, ponctionne les salaires et conduit le capital financier (qui, depuis des d&#233;cennies, est d&#233;j&#224; la fusion des capitaux industriel et bancaire) &#224; toujours plus de sp&#233;culation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mod&#232;le est aujourd'hui &#233;puis&#233;. Les milliards du Plan Pawlson ont contenu la crise bancaire et financi&#232;re&#8230; mais jusqu'&#224; quand ? On ne saura que dans plusieurs mois l'ampleur des produits &#171; toxiques &#187; dans l'ensemble des syst&#232;mes bancaires am&#233;ricain et mondial, surtout apr&#232;s les derni&#232;res modifications du plan Pawlson qui consistent &#224; laisser les actifs &#171; toxiques &#187; sur les march&#233;s bancaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bourses se sont effondr&#233;es : moins 50 % sur les principales places, soit 25 000 milliards de perte de capitalisation boursi&#232;re. L'injection de milliers de milliards dans les banques et la baisse des taux d'int&#233;r&#234;t ne relancent pas la machine &#233;conomique. L'hypoth&#232;se d'une acc&#233;l&#233;ration de la baisse de la livre anglaise peut conduire &#224; une situation o&#249; la Grande-Bretagne ne puisse plus continuer &#224; emprunter et donc &#224; rembourser sa dette. La banqueroute islandaise est aujourd'hui le cauchemar des classes dominantes dans le monde. Le ralentissement &#233;conomique, enregistr&#233; avant la crise financi&#232;re, et maintenant la contraction du cr&#233;dit (le &#171; credit crunch &#187;), transforment la crise en r&#233;cession &#233;conomique g&#233;n&#233;ralis&#233;e : baisse de l'activit&#233;, baisse de la consommation, restructurations, licenciements. C'est la mont&#233;e du ch&#244;mage dans tous les pays capitalistes avanc&#233;s. Le Fonds mon&#233;taire international (FMI) pr&#233;voit pour 2009 une croissance mondiale autour de 3 %, voire moins, qui se d&#233;clinerait sous la forme d'une croissance de 0 % aux &#201;tats-Unis et en Europe et de 6 % dans le reste du monde. Il estime &#224; 25 millions le nombre de ch&#244;meurs. Aux &#201;tats-Unis pr&#232;s de 1,2 million d'emplois ont &#233;t&#233; d&#233;truits depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, dont 240 000 au cours du seul mois d'octobre. Le secteur automobile est en panne. General Motors et Ford exigent des fonds publics pour repartir ! Des milliers de licenciements sont pr&#233;vus chez Renault, Volvo, Seat ainsi que chez les &#233;quipementiers et la sous-traitance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlions, tout &#224; l'heure, de la crise de 1929 : il y a beaucoup de points communs dans l'ampleur de la crise actuelle mais aussi de grandes diff&#233;rences. La premi&#232;re, c'est que forts de l'exp&#233;rience, les &#201;tats et les gouvernements sont intervenus pour la contenir. La deuxi&#232;me &#8212; nous l'avons d&#233;j&#224; indiqu&#233; et nous ne pouvons en mesurer toutes les cons&#233;quences &#8212; c'est l'interp&#233;n&#233;tration des &#233;conomies nationales dans une &#233;conomie capitaliste mondiale globalis&#233;e. Cette internationalisation amplifie la crise. L'&#233;conomie marchande mondiale a p&#233;n&#233;tr&#233; tous les secteurs de l'&#233;conomie, le monde rural, les pays de l'ex-tiers monde et, du fait de la restauration du capitalisme, aussi ce qui &#233;tait nomm&#233; le &#171; deuxi&#232;me monde &#187; (ex-URSS et son &#171; glacis &#187;, la Chine, l'Indochine). Les ondes de choc de la crise sont mondiales. Mais du coup, cette &#171; internationalisation &#187; peut aussi en amortir le choc et diff&#233;rer les &#233;ch&#233;ances. C'est dans ce cadre que se pose une question : est-ce que le d&#233;veloppement capitaliste en Chine mais aussi dans les BRIC (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine) peut limiter les effets de la crise mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. La croissance des BRIC n'a pu &#233;viter la crise. La th&#233;orie du &#171; d&#233;couplage &#187; entre la r&#233;cession mondiale et la Chine ne s'est pas confirm&#233;e. La croissance en Chine et en Asie est aussi touch&#233;e par la r&#233;cession mondiale : la d&#233;pendance des exportations chinoises de la capacit&#233; d'absorption des march&#233;s am&#233;ricain et europ&#233;en, p&#232;se directement sur leurs &#233;quilibres &#233;conomiques. Les pr&#233;visions de la croissance chinoise passent de 11 % &#224; 7 %. C'est une r&#233;duction importante. Il y a eu, dans les derniers mois, dans la r&#233;gion de Canton, la fermeture de plus de 3 000 usines. Cette croissance, m&#234;me amoindrie, sera-t-elle suffisamment importante pour amortir le choc de la crise mondiale ? Cela pose une autre question : est-ce que le march&#233; int&#233;rieur chinois se sera suffisamment d&#233;velopp&#233; pour relancer la machine &#233;conomique mondiale. Cela suppose un certain niveau de salaires, un certain d&#233;veloppement des infrastructures et services publics en Chine. Questions politiques qui renvoient &#224; la lutte de classes et &#224; la lutte politique au sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233; et du parti au pouvoir (le PCC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des interrogations sur la place de la Chine dans son rapport &#224; l'&#233;conomie mondiale, la crise aux &#201;tats-Unis et dans la Zone Euro, ne fait que commencer. Nous en sommes &#224; ses premi&#232;res phases. Les &#233;conomistes bourgeois sont eux-m&#234;mes en panique. Les pr&#233;visions pessimistes se succ&#232;dent. Les effets cumulatifs &#224; la crise sont difficiles &#224; pr&#233;voir. Mais dans les mois qui viennent, l'activit&#233; va de plus en plus se r&#233;duire, les conditions du cr&#233;dit se durcir, les faillites d'entreprises se multiplier, les licenciements et le ch&#244;mage exploser, la consommation se r&#233;duire. Ce sera aussi l'occasion pour les grands groupes capitalistes de restructurer, intensifier la productivit&#233;, licencier et baisser les salaires. Cela aura des effets sur le commerce mondial avec une plus grande concurrence. La transformation de la r&#233;cession en profonde d&#233;pression n'est pas exclue. On ne peut pr&#233;voir les rythmes, les aller et retour, mais la perspective des mois qui viennent, c'est la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. D&#233;clin des &#201;tats-Unis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les USA restent la puissance dominante de l'&#233;conomie et de la politique mondiales. Mais une s&#233;rie de facteurs alt&#232;rent cette position. La crise au c&#339;ur m&#234;me de l'Empire, l'&#233;volution des rapports entre les USA et la Chine, comme l'affaiblissement du dollar posent en pointill&#233; une question centrale : est-ce que l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine sur le monde n'est pas remise en cause&#8230; N'y a-t-il pas la fin d'un cycle politique ouvert dans les ann&#233;es 1980-1990, autour de la chute du mur, qui est maintenant en train de se refermer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire d'Obama est un &#233;v&#233;nement historique. Il faut, de ce point de vue, distinguer deux choses, l'immense signification de la victoire d'Obama pour les Noirs am&#233;ricains, pour les populations noires et plus g&#233;n&#233;ralement les plus pauvres, pour le monde entier, et la politique que va mener celui-ci, celle de la classe capitaliste et de la machine politico-militaire nord-am&#233;ricaine. Ces derni&#232;res, ainsi que la direction du parti d&#233;mocrate, ont choisi Obama parce que la position am&#233;ricaine &#233;tait si affaiblie qu'il fallait non seulement un nouveau visage mais une nouvelle &#233;quipe qui d'une certaine fa&#231;on enregistre les nouveaux rapports de forces et reprenne la main. Il est trop t&#244;t pour mesurer toutes les cons&#233;quences de l'arriv&#233;e au pouvoir d'Obama, mais cet &#233;v&#233;nement historique &#8212; l'&#233;lection d'un pr&#233;sident noir aux USA &#8212; ne peut se comprendre qu'en enregistrant le recul nord-am&#233;ricain dans le monde. Ce recul exigeait un changement fort &#8212; c'est ce qui explique le choix d'Obama plut&#244;t que celui de Hilary Clinton au sein m&#234;me du Parti d&#233;mocrate. C'est aussi la raison du soutien de l'essentiel des classes dominantes &#224; Obama. La crise a fait le reste&#8230; Car pour des millions d'Am&#233;ricains, voter Obama c'&#233;tait aussi sanctionner la droite r&#233;publicaine et les sommets de Wall Street. Quelle sera la politique d'Obama ? Il a beaucoup parl&#233; de s&#233;curit&#233; sociale, de nouvelle politique fiscale, de nouvelles politiques environnementales, de retrait des troupes en Irak. Sur le retrait&#8230; les &#233;ch&#233;ances se diluent avec le temps. Sur les questions &#233;conomiques et sociales, il est vraisemblable, dans la continuit&#233; de son soutien au plan Pawlson, qu'il fera payer la crise aux salari&#233;s et aux classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des &#233;lections am&#233;ricaines, il y a un d&#233;clin de la part des &#201;tats-Unis dans le PIB mondial, d&#233;clin accentu&#233; par la crise actuelle (rappelons que le FMI pr&#233;voit une croissance z&#233;ro pour les &#201;tats-Unis, le Japon et la Zone Euro en 2009). D&#233;clin manifest&#233; par l'inversion des flux de capitaux &#224; l'&#233;chelle mondiale : ces derniers viennent maintenant de Chine, des pays &#233;mergents et de leurs fonds &#171; souverains &#187; pour se placer aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaiblissement de la position nord-am&#233;ricaine se traduit aussi lorsqu'on discute de l'hypoth&#232;se d'accompagner le dollar comme monnaie de r&#233;f&#233;rence par d'autres monnaies, l'euro ou le yuan. A cette &#233;tape le dollar r&#233;siste bien : il en va de la valeur des placements faits aux USA. Mais la crise risque d'affaiblir la position de la monnaie nord-am&#233;ricaine. Car, au-del&#224; de ces discussions mon&#233;taires, il y a de nouveaux rapports de forces &#233;conomiques qui &#233;mergent dans l'&#233;conomie mondiale. La crise &#233;conomique va aussi d&#233;boucher sur une nouvelle phase de concurrence qui aiguise les relations entre les &#201;tats-Unis, l'Europe et l'Asie. Du coup des rapports multipolaires sont en train de restructurer le monde. La position &#233;tats-unienne est affaiblie, notamment sur le plan &#233;conomique, mais n'oublions pas qu'elle reste d&#233;cisive sur le plan politico-militaire. M&#234;me si les &#201;tats-Unis rencontrent des obstacles de taille en Irak et en Afghanistan et que leurs capacit&#233;s d'intervention dans d'autres parties du monde sont affaiblies (comme en Am&#233;rique latine ou sur les marches de la Russie), ils restent h&#233;g&#233;moniques sur le plan militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils vont s'en servir. L'aiguisement de la concurrence &#233;conomique, la lutte pour le contr&#244;le des ressources p&#233;troli&#232;res ou de la production de mati&#232;res premi&#232;res, les exigences strat&#233;giques face &#224; la Chine et la Russie, comme le contr&#244;le de l'Am&#233;rique latine face &#224; Cuba et aux &#171; r&#233;gimes progressistes &#187; (Venezuela, Bolivie, &#201;quateur) peuvent les conduire &#224; de nouvelles interventions militaires. La crise g&#233;orgienne est un bon exemple d'aventurisme militaire am&#233;ricain dans un contexte d'accentuation des contradictions inter-imp&#233;rialistes. La situation en Iran sera, de ce point de vue, d&#233;cisive dans les mois qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. &#171; Retour de l'&#201;tat &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re cette question, il y a la discussion sur l'hypoth&#232;se d'un changement des politiques &#233;conomiques bourgeoises, d'une certaine rupture avec les politiques n&#233;olib&#233;rales. Les classes dominantes vont essayer de r&#233;pondre aux changements historiques produits par la crise. Leur &#171; mod&#232;le &#187; et encore plus, la repr&#233;sentation politique et id&#233;ologique du mod&#232;le, ne fonctionnent plus. Mais &#224; cette &#233;tape, il faut distinguer les discours et les faits. Les discours peuvent &#234;tre tr&#232;s &#171; r&#233;gulationnistes &#187;, mais &#224; notre connaissance, aucune des d&#233;cisions gouvernementales am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes ne remet en cause le noyau dur de la politique n&#233;olib&#233;rale. La seule initiative qui m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233;e, c'est la renationalisation des pensions et retraites en Argentine, m&#234;me si elle sert aussi les autorit&#233;s argentines pour g&#233;rer le service de la dette. Quant aux nationalisations des Banques, ce sont des nationalisations partielles et temporaires qui ne servent qu'&#224; socialiser les pertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est tr&#232;s loin des rapports politiques qui avaient domin&#233;, par exemple, la situation de l'apr&#232;s-guerre. Il y a, effectivement, une s&#233;rie d'interventions &#233;tatiques, notamment sur le plan bancaire, o&#249; l'&#201;tat vient au secours de l'&#233;conomie capitaliste, o&#249; en quelque sorte &#171; on socialise les pertes &#187; mais il n'y a pas de retour de l'&#201;tat&#8230; parce que l'&#201;tat n'est jamais parti. Il y a eu des changements de modes et de fonctions de l'&#201;tat mais ce dernier est toujours rest&#233; un instrument des politiques n&#233;olib&#233;rales. Toutes les th&#233;ories de Negri et Hardt sur la &#171; disparition des &#201;tats dans l'Empire &#187; sont une nouvelle fois infirm&#233;es par les faits. Ce qui est vrai, c'est que les politiques n&#233;olib&#233;rales ont fait reculer &#171; l'&#201;tat social &#187; notamment au profit de &#171; l'&#201;tat p&#233;nal &#187;, mais les noyaux durs de l'&#201;tat sont rest&#233;s et le retour &#224; &#171; l'&#201;tat social &#187; n'est pas &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre connaissance il n'y a pas de relance keyn&#233;sienne, dans le sens o&#249; la priorit&#233; serait donn&#233;e &#224; l'augmentation de la demande par des augmentations de salaires ou une politique de d&#233;fense et d'extension des services publics. Au contraire la pression sur les salaires, l'emploi et les services publics va continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pas de &#171; New Deal &#187;, pas de plan de relance en Europe, pas de retour n&#233;okeynesien ! Toutes les classes dominantes, au-del&#224; des discours ou gesticulations, restent arc-bout&#233;es sur leurs politiques n&#233;olib&#233;rales. Aucune mesure significative pour &#171; re-r&#233;glementer &#187;. Il est vrai que le &#171; New Deal &#187;, comme les changements keyn&#233;siens, ont r&#233;sult&#233; de vagues de luttes aux &#201;tats-Unis au d&#233;but des ann&#233;es 1930, ou en Europe. Pour sortir de la crise capitaliste de l'&#233;poque, il a fallu la seconde guerre mondiale&#8230; Donc d'&#233;normes changements de rapports socio-politiques&#8230; Il n'y aura pas de changements sans luttes sociales d'ampleur. Cela relativise tous les discours sur ce &#171; retour de l'&#201;tat &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un plan politique plus g&#233;n&#233;ral, la crise va accentuer les polarisations de classe et peut mettre &#224; l'ordre du jour, pour les classes dominantes, des solutions autoritaires qui prendront pour cible notamment les immigr&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question sur les rapports inter-&#233;tatiques, c'est l'Europe. On a entendu et surtout vu nombre de gesticulations, en particulier de Sarkozy, sur la relance d'une Europe politique. On a vu beaucoup de r&#233;unions europ&#233;ennes, mais pas l'&#233;quivalent d'un plan Pawlson &#224; l'&#233;chelle de l'Union europ&#233;enne et surtout une concurrence raviv&#233;e, par exemple entre la France et l'Allemagne, sur le plan des op&#233;rations de restructuration et concentration bancaires. Chaque appareil d'&#201;tat veillant &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Nouvelle configuration pour le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi il est trop t&#244;t pour analyser toutes les cons&#233;quences de la crise sur le mouvement ouvrier. Avec elle les classes dominantes viennent de subir une d&#233;faite politique et id&#233;ologique. Cela redonne de nouveaux espaces aux id&#233;es antilib&#233;rales et anticapitalistes, mais cela se fait dans des rapports de forces globaux qui restent d&#233;favorables au monde du travail. Il faut, maintenant, suivre dans le d&#233;tail ce qui va se passer sur le plan des luttes sociales dans les entreprises touch&#233;es par la crise, dans le secteur de l'automobile par exemple. Mais aussi plus largement dans tous les secteurs du monde du travail. En g&#233;n&#233;ral dans les premiers mois de la crise, il y a la peur, la paralysie, la d&#233;sorganisation. Mais l&#224; le potentiel accumul&#233;, l'existence d'un fort secteur public peuvent donner des point d'appui aux r&#233;sistances contre des gouvernements n&#233;olib&#233;raux de droite comme de gauche. L'existence de luttes partielles contre les licenciements en France, comme la mobilisation exceptionnelle de la jeunesse en Italie d&#233;montrent que dans des pays qui avait connu jusque-l&#224; des mouvements sociaux combatifs, il y a des r&#233;sistances sociales. La gr&#232;ve de deux mois des m&#233;caniciens de Boeing &#224; Seattle va dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions qu'il n'y avait pas de changement de cap pour les classes dominantes mais il n'y a pas, non plus, de changement d'orientation de la social-d&#233;mocratie et de ses alli&#233;s. La crise va entra&#238;ner des bouleversements dans toute la gauche et le mouvement ouvrier, tant le d&#233;calage entre la d&#233;fense &#233;l&#233;mentaire des conditions de vie et de travail de millions de salari&#233;s et l'adaptation des grands appareils de la social-d&#233;mocratie et de leurs alli&#233;s &#224; la gestion du capitalisme lib&#233;ral va s'approfondir. Il peut y avoir, au sein de ces derniers, des oscillations &#224; gauche mais, &#224; cette &#233;tape, la social-d&#233;mocratie maintient globalement son orientation sociale-lib&#233;rale, par rapport aux privatisations, aux augmentations de salaire, aux rapports avec le capital financier. La confirmation de l'orientation sociale-lib&#233;rale des directions de la social-d&#233;mocratie peut approfondir la crise interne de certains partis social-d&#233;mocrates, voire susciter l'&#233;mergence de courants de gauche et m&#234;me de petites ruptures de gauche comme dans le PS en France. Cette &#233;volution est souvent pr&#233;sent&#233;e comme un retour &#224; une social-d&#233;mocratie classique. Certains de ces courants font un pas &#224; gauche mais ils ont comme r&#233;f&#233;rence la politique de Die Linke et notamment sa politique d'alliances avec la social-d&#233;mocratie pour gouverner. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise va aussi percuter le mouvement altermondialiste : des courants vont se radicaliser en s'orientant vers une rupture avec le capitalisme, d'autres se recentrer sur des propositions &#171; r&#233;alistes &#187;. C'est le cas du pr&#233;sident d'ATTAC-Allemagne qui pr&#233;conise de nouvelles r&#233;gulations du capitalisme avec comme gouvernance un &#171; G23 &#187;, c'est-&#224;-dire un &#171; G20 &#187; &#233;largi &#224; de nouvelles puissances d'Asie et d'Am&#233;rique latine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me sens, celui de l'adaptation, il faut souligner l'ampleur du processus d'int&#233;gration des directions syndicales dans l'&#233;conomie et dans les institutions, en particulier europ&#233;ennes. La strat&#233;gie de la CES et des directions syndicales se cantonne, face &#224; la crise, &#224; des propositions qui se pr&#233;sentent plus comme de bonnes intentions que comme des mesures concr&#232;tes : moins de cr&#233;dits pour la sp&#233;culation, un meilleur contr&#244;le des banques, la demande de contr&#244;le des paradis fiscaux, la r&#233;forme des agences de notation, le changement des normes comptables, la r&#233;gulation des fonds de sp&#233;culation. Comme les responsables de l'Union Europ&#233;enne viennent par ailleurs de rejeter tout plan de relance &#233;conomique et tout dispositif contraignant les march&#233;s financiers, les directions syndicales restent englu&#233;es dans le cadre n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Quelques axes programmatiques face &#224; la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation exige un &#171; red&#233;ploiement programmatique &#187;. Avec la crise les politiques n&#233;olib&#233;rales ont subi un &#233;chec cinglant. Deux questions sont de nouveau au centre, la r&#233;partition des richesses et la question de la propri&#233;t&#233;. Dans les batailles ou luttes sociales qui &#233;mergeront, il y a un formidable point d'appui : les milliers de milliards de dollars octroy&#233;s aux banques&#8230; en quelques heures ou quelques jours&#8230; alors que les caisses sont toujours vides pour les salari&#233;s, les ch&#244;meurs, les peuples. Il faut renverser la tendance prise depuis 25 ans dans la r&#233;partition des richesses, consacrer ces richesses &#224; l'emploi, aux salaires, &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, aux services publics et pas &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re. La gestion de la crise, les faillites des banques et des entreprises remettent &#224; l'ordre du jour les probl&#232;mes d'organisation de l'&#233;conomie : par qui ? et au service de qui ? Va-t-on laisser dans les mains des profiteurs, des sp&#233;culateurs, des licencieurs le sort de millions de personnes ? Il faut l'intervention publique et sociale, la propri&#233;t&#233; publique ou la nationalisation des banques et des entreprises sous contr&#244;le des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, bien des questions, th&#232;mes et revendications peuvent passer de la propagande &#224; l'agitation, des explications g&#233;n&#233;rales &#224; des propositions concr&#232;tes, &#224; des objectifs de mobilisation ou de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)&lt;/strong&gt; Le point de d&#233;part sur l'urgence sociale : d&#233;fense de l'emploi contre les licenciements, cr&#233;ation de l'emploi public, augmentation des salaires, arr&#234;t des privatisations. Ce n'est pas aux travailleurs de payer la crise, c'est aux capitalistes. &#171; Sauver les peuples et pas les banques ! &#187;&#8230;Voil&#224; l'approche qui doit &#234;tre la n&#244;tre : d&#233;fendre les conditions de travail et de vie de millions de travailleurs qui sont frapp&#233;s par la crise et d&#233;cliner cette politique en revendications concr&#232;tes qui mobiliseront dans l'unit&#233; l'ensemble du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b)&lt;/strong&gt; Sur la crise financi&#232;re et bancaire, il y a une s&#233;rie documents qui peuvent &#234;tre des points d'appui : la d&#233;claration de Caracas (1), les interventions et documents des &#233;conomistes de gauche en Argentine, l'appel de P&#233;kin. Ces documents mettent l'accent sur des revendications contre les d&#233;r&#233;glementations financi&#232;res, les taxations des transactions financi&#232;res, les paradis fiscaux, le non-paiement de la dette, le contr&#244;le des capitaux, la lev&#233;e des secrets bancaire et commercial, la nationalisation des banques sans indemnisations et leur cr&#233;ation au niveau &#233;tatique ou para-&#233;tatique, comme la Banque du Sud appuy&#233;e sur Cuba et les r&#233;gimes progressistes. Nous devons appuyer ce programme de revendications et de rupture partielle avec l'imp&#233;rialisme et le capitalisme financier globalis&#233;, notamment par l'expropriation des trusts imp&#233;rialistes qui se sont appropri&#233;s les ressources naturelles et les secteurs-cl&#233; de l'&#233;conomie dans de nombreux pays d'Europe orientale, d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme doit &#234;tre oppos&#233; aux nationalisations ou contr&#244;le de l'&#201;tat &#171; temporaire &#187; ou &#171; partiel &#187;. Il doit s'accompagner d'une remise en cause de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e bancaire, par la nationalisation int&#233;grale de tout le syst&#232;me bancaire, financier et de cr&#233;dit. Cette nationalisation, pour ne pas en revenir aux &#171; vieilles nationalisations , doit s'accompagner du contr&#244;le des travailleurs, des salari&#233;s et de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c)&lt;/strong&gt; Face &#224; la faillite du syst&#232;me bancaire ou &#224; l'effondrement de certains secteurs comme de grandes entreprises, s'il faut, pour sauver l'emploi, faire des incursions dans la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de ces grandes entreprises, il ne faut pas h&#233;siter &#224; aller dans cette direction en d&#233;fendant leur nationalisation sous le contr&#244;le des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la discussion entre r&#233;formistes ou r&#233;gulationnistes et anticapitalistes ou r&#233;volutionnaires il y a la question de la remise en cause de la propri&#233;t&#233;. Nous ne d&#233;fendons pas seulement une nouvelle r&#233;partition des richesses mais aussi un changement des rapports de propri&#233;t&#233;. Nous voulons remplacer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et des grands entreprises par l'appropriation publique et sociale de l'&#233;conomie au travers du contr&#244;le ou de la gestion par les travailleurs. Cela doit nous pousser &#224; redonner vie non seulement &#224; une s&#233;rie de mesures transitoires mais aussi &#224; l'actualit&#233; socialiste, &#224; la prise en charge de l'&#233;conomie par les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce combat socialiste, il y a une dimension &#233;co-socialiste, en rapport avec un autre mod&#232;le &#233;conomique, bas&#233; sur la lutte contre le r&#233;chauffement climatique, une autre organisation de la politique de transports, de la politique d'&#233;nergie, la lutte contre la pollution et la d&#233;gradation de l'environnement des quartiers et des campagnes. Il faut partir de l'exigence de d&#233;veloppement durable en mati&#232;re &#233;cologique pour redonner du sens &#224; l'id&#233;e de planification &#233;conomique. L&#224; aussi la crise va pousser &#224; des clarifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de ces programmes exige des gouvernements au service des travailleurs, appuy&#233;s sur la mobilisation et l'auto-activit&#233; des classes populaires. Cette bataille &#8212; et c'est aujourd'hui une bataille centrale &#8212; implique le rejet de toute participation ou de tout soutien &#224; des gouvernements sociaux-lib&#233;raux de gestion des affaires de l'&#201;tat et de l'&#233;conomie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, cette crise doit nous conduire &#224; combiner le plan d'urgence social, les mesures de transformation radicale de l'&#233;conomie et les solutions socialistes autour de la gestion de l'&#233;conomie par les travailleurs et les peuples, c'est le contenu que nous donnons au socialisme du XXIe si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Fran&#231;ois Sabado, membre de la Direction nationale de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Nous publions ici le rapport introductif qu'il a pr&#233;sent&#233; lors du d&#233;bat sur la situation internationale &#224; la r&#233;union du Bureau ex&#233;cutif le 15 novembre 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La d&#233;claration finale adopt&#233;e par la Conf&#233;rence internationale d'&#233;conomie politique &#171; R&#233;ponses du Sud &#224; la crise &#233;conomique mondiale &#187; a &#233;t&#233; publi&#233;e en fran&#231;ais dans Inprecor n&#176; 541/542, pp. 39-41.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Prendre la mesure de la crise 2</title>
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		<dc:date>2009-10-09T23:07:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cette contribution s'inscrit dans le cadre et la continuit&#233; d'une pr&#233;c&#233;dente contribution publi&#233;e en novembre 2008 sur ce site (prendre la mesure de la crise). &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;uni &#224; Amsterdam (Pays-Bas) du 21 au 24 f&#233;vrier 2009, le Comit&#233; international (CI, instance de direction de la IVe Internationale) a ouvert le d&#233;bat en vue du 16e Congr&#232;s mondial qui se tiendra au d&#233;but 2010. Cinquante-cinq membres, observateurs et invit&#233;s provenant de vingt-sept pays ont pris part &#224; cette session pl&#233;ni&#232;re. Treize (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quatrieme-Internationale-44-" rel="directory"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L114xH150/arton2225-83dd4.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette contribution s'inscrit dans le cadre et la continuit&#233; d'une pr&#233;c&#233;dente contribution publi&#233;e en novembre 2008 sur ce site (prendre la mesure de la crise).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;uni &#224; Amsterdam (Pays-Bas) du 21 au 24 f&#233;vrier 2009, le Comit&#233; international (CI, instance de direction de la IVe Internationale) a ouvert le d&#233;bat en vue du 16e Congr&#232;s mondial qui se tiendra au d&#233;but 2010. Cinquante-cinq membres, observateurs et invit&#233;s provenant de vingt-sept pays ont pris part &#224; cette session pl&#233;ni&#232;re. Treize membres et observateurs de huit pays n'ont pu se d&#233;placer pour cette r&#233;union. Le CI a d&#233;battu et adopt&#233; des projets de r&#233;solution qu'il soumet au d&#233;bat dans l'Internationale (une r&#233;solution sur le r&#244;le et les t&#226;ches de la IVe Internationale et une sur le changement climatique). Il a discut&#233; les rapports pr&#233;sent&#233;s sur l'&#233;volution de la de la situation internationale, sur le bilan du Forum social mondial de Bel&#233;m, sur celui du s&#233;minaire international consacr&#233; &#224; la situation en Palestine et la guerre &#224; Gaza, ainsi que sur la situation politique et la construction des partis au Sri Lanka, en France, en Italie, dans l'&#201;tat espagnol, au Danemark, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Chine, en Afrique du Sud, au Br&#233;sil et aux Philippines. Il a adopt&#233; des motions sur la Palestine, la r&#233;pression au Maroc, la guerre au Sri Lanka et l'organisation du prochain Congr&#232;s mondial. Fran&#231;ois Sabado, membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale, a &#233;t&#233; &#233;lu au Conseil politique national du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) lors de son premier congr&#232;s en f&#233;vrier 2009. Ce rapport est paru dans Inprecor n&#176; 547/548 de mars-avril 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne reprendrons pas ici toute une s&#233;rie d'explications de ses m&#233;canismes, mais nous insisterons plut&#244;t sur une s&#233;rie de questions qu'elle pose.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contribution s'inscrit dans le cadre et la continuit&#233; d'une pr&#233;c&#233;dente contribution publi&#233;e en novembre 2008 sur ce site (prendre la mesure de la crise).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;1. Les derniers d&#233;veloppements confirment la profondeur et la dur&#233;e de la crise et surtout son caract&#232;re syst&#233;mique.&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Elle n'est pas de cycle court. La crise financi&#232;re co&#239;ncide et aggrave une crise g&#233;n&#233;rale de surproduction. La paralysie du cr&#233;dit r&#233;duit progressivement l'activit&#233; &#233;conomique. La crise s'est propag&#233;e dans le monde entier. Son ampleur est comparable &#224; celle de 1929, mais &#224; la diff&#233;rence de 1929, la crise est globale. Le mode de production capitaliste est &#233;tendu &#224; l'int&#233;gralit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. La globalisation capitaliste a constitu&#233; un march&#233; mondial de marchandises, impos&#233; un mouvement de &#171; remarchandisation &#187; g&#233;n&#233;ralis&#233;e et a cr&#233;&#233; les conditions d'un march&#233; mondial de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a donc un caract&#232;re global. Elle a plusieurs composantes : crise &#233;conomique, crise financi&#232;re et bancaire, crise alimentaire, crise &#233;nerg&#233;tique, crise climatique. Le Forum social mondial (FSM) de Bel&#233;m, en janvier 2009, a d'ailleurs &#233;t&#233; l'expression la plus &#233;clatante de cette combinaison entre crise &#233;conomique et crise &#233;cologique. On voulait cantonner Bel&#233;m &#224; un recentrage &#233;cologique, en fait, c'est la crise &#233;conomique dans toutes ses dimensions qui aura marqu&#233; ce Forum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes capitalistes et tous les &#171; experts &#187; sont inquiets. Ils n'ont pas de mod&#232;le alternatif. Ils discutent des divers sc&#233;narios mais aucun des experts n'envisage de sortie de crise. Ils envisagent des reprises &#171; molles &#187; fin 2010 ou bien on retient le sc&#233;nario d'une crise &#224; la japonaise : une d&#233;flation de presque 10 ans, mais personne n'ose pr&#233;voir une issue &#224; la crise actuelle. A la diff&#233;rence de 1929, les gouvernements et les pouvoirs publics sont intervenus pour la contenir. Dans une s&#233;rie de pays les syst&#232;mes de protection sociale jouent un r&#244;le d'amortisseur &#8230; mais jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, ce n'est pas la fin du capitalisme car, tant qu'il n'y a pas d'alternatives, c'est-&#224;-dire de solutions anticapitalistes en mesure de s'imposer, il n'y a pas de &#171; situation sans issue &#187; pour le syst&#232;me. Il peut toujours se cr&#233;er de nouvelles marges. Le capitalisme peut vivre et survivre avec ses crises, ses convulsions, ses r&#233;gressions. Donc pas de catastrophisme, mais actuellement on voit clairement que le syst&#232;me a atteint ses limites, que le co&#251;t social, &#233;conomique et &#233;cologique de la crise du capitalisme met &#224; l'ordre du jour la sortie de ce syst&#232;me, la r&#233;forme, le d&#233;passement pour certains, la rupture, le renversement, pour les anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un tournant historique : il y aura un avant et un apr&#232;s cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;2. Nous sommes donc dans une crise profonde et longue.&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;* La crise bancaire et financi&#232;re continue : les produits &#171; toxiques &#187; ont gangren&#233; le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle de &#171; banques poubelles &#171; ou de &#171; bad bank &#187; pour &#233;liminer tous les produits financiers &#171; toxiques &#187; mais comme on conna&#238;t mal jusqu'o&#249; a &#233;t&#233; leur diffusion, on ne peut d&#233;cider &#224; quel prix racheter tel ou tel produit, du coup, les gouvernements font soit machine arri&#232;re, comme aux &#201;tats-Unis, soit craignent de mettre sur orbite des m&#233;canos qui feront appara&#238;tre encore plus l'immensit&#233; des cr&#233;ances non solvables. Les paradis fiscaux continuent de fonctionner. L'opacit&#233; des march&#233;s financiers emp&#234;che de mettre au point de nouveaux m&#233;canismes de contr&#244;le. Les banques se pr&#234;tent de moins en moins. Les pr&#234;ts, aides et financements des &#201;tats ne peuvent &#234;tre garantis, car la situation des banques reste incertaine. M&#234;me les emprunts d'&#201;tats ont des difficult&#233;s pour &#234;tre boucl&#233;s. Il y a eu une alerte en Allemagne, d&#233;cembre dernier.. Des &#201;tats sont en banqueroute, comme l'Islande. La situation est critique en Gr&#232;ce, Hongrie, Pakistan, Espagne, Lituanie. De nouvelles faillites bancaires peuvent enfoncer encore plus le syst&#232;me Les finances publiques ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, sauf &#224; faire fonctionner la planche &#224; billets. Nous entrerions alors dans une nouvelle phase de la crise&#8230;. Strauss Kahn pour le FMI est intervenu pour demander une aide encore plus massive des &#201;tats aux banques pour relancer le cr&#233;dit, en regrettant que les financements des &#201;tats ne soient pas &#224; la hauteur de la crise. Il y a donc des limites dans la solvabilit&#233; des &#201;tats et dans l'explosion de la dette. A cette &#233;tape seulement les &#201;tats-Unis, gr&#226;ce au r&#244;le du dollar comme monnaie mondiale, ont les moyens de continuer leur politique d'endettement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La crise de surproduction &#8212; qui pr&#233;existait dans certains secteurs &#224; la crise bancaire et financi&#232;re &#8212; s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e. L'&#233;conomie mondiale est en r&#233;cession. Les pr&#233;visions de croissance mondiale tournent autour de 0,5 %. Elles sont n&#233;gatives pour les &#201;tats-Unis et les pays de l'Union Europ&#233;enne. On assiste &#224; la chute de la production industrielle : -9 % aux &#201;tats-Unis, -9,8 % au Japon. Des milliers d'entreprises ferment ou licencient. Tous les secteurs sont progressivement touch&#233;s. Il y a 7,2 % de ch&#244;meurs aux &#201;tats-Unis, c'est-&#224;-dire 11 millions de ch&#244;meurs. Selon un rapport de Christina Romer et de Jared Bernstein (responsables &#233;conomiques d'Obama), 3 &#224; 4 millions d'emplois suppl&#233;mentaires pourraient &#234;tre d&#233;truits dans les prochains mois. General Motors et Chrysler exigent encore des dizaines de milliards de dollars pour ne pas &#171; plonger &#187;. Les pr&#233;visions en mati&#232;re de ch&#244;mage sont impressionnantes : plus de 30 &#224; 50 millions de ch&#244;meurs pour les pays de l'OCDE. C'est une v&#233;ritable d&#233;ferlante. Les suppressions d'emplois et les hausses du ch&#244;mage vont continuer et augmenter, au moins durant les ann&#233;es 2009 et 2010. Nous pouvons avoir des taux de ch&#244;mage les plus forts de puis les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La crise est mondiale. L'hypoth&#232;se d'un d&#233;couplage ente la crise des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s et la situation des pays &#233;mergents, en particulier la Chine, n'a pas &#233;t&#233; confirm&#233;e. La croissance chinoise a baiss&#233; de 11 % &#224; 7 %. Les exportations ont baiss&#233; de 2,2 % en novembre et de 2,8 % en d&#233;cembre selon les chiffres des douanes chinoises. Les importations se sont contract&#233;es de 21,3 %. Des milliers d'entreprises ont ferm&#233; dans la province de Shanghai et des centaines de milliers de Chinois, en premier lieu les millions de travailleurs migrants, se retrouvent au ch&#244;mage. Certes les 7 % de croissance prouvent la force de l'&#233;conomie chinoise. La crise va m&#234;me confirmer les tendances &#224; un changement de centre de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale vers les pays dits &#233;mergents, mais cette &#233;conomie est encore domin&#233;e par les &#201;tats-Unis et l'Europe. Plus, cette crise va conduire le r&#233;gime chinois &#224; donner la priorit&#233; au d&#233;veloppement d'un march&#233; interne qui d&#233;pendra beaucoup aussi de luttes politiques et sociales, y compris au sein du PCC&#8230; Mais l'&#233;conomie chinoise pourra-t-elle repr&#233;senter une locomotive pour relancer l'&#233;conomie mondiale, un moteur alternatif, dans cette crise, aux pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s pour la croissance mondiale ? Rien ne l'indique pour le moment. D'autant que des pays comme la Russie ou l'Inde commencent &#224; s'enfoncer dans la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;3. Le &#171; mod&#232;le &#187; n&#233;olib&#233;ral a connu une d&#233;faite historique.&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le consensus de Washington a explos&#233;. Les classes dominantes et les gouvernements n&#233;olib&#233;raux ou sociaux-lib&#233;raux ont connu une d&#233;faite politique et id&#233;ologique. Il y avait une coh&#233;rence n&#233;olib&#233;rale : privatisation, flexibilit&#233;, d&#233;r&#233;glementation. Aujourd'hui cette coh&#233;rence a &#233;t&#233; disloqu&#233;e. Mais ils n'ont pas encore connu de d&#233;faite sociale. Loin de s'engager dans un changement de politique ou de cap, leur politique consiste &#224; &#171; tenir bon &#187;, faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples, et combiner le cadre n&#233;olib&#233;ral et une s&#233;rie de dispositifs ou mesures pour &#171; tenir bon &#187; en esp&#233;rant&#8230; que la crise s'arr&#234;tera et que les affaires reprendront ! De plus, les capitalistes utilisent la crise pour restructurer les entreprises, pour avancer dans des processus de concentration-fusion des entreprises, pour continuer &#224; comprimer les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc des changements, de nouveaux discours, des mesures de sauvegarde ou de relance partielles mais elles ne remettent pas en cause la ligne g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais aborder, de ce point de vue, trois questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1. Y a-t-il un tournant keyn&#233;sien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut y avoir des injections de doses de keyn&#233;sianisme, un ersatz de keyn&#233;sianisme, dans les politiques n&#233;olib&#233;rales, mais il n'y a pas de tournant n&#233;okeyn&#233;sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, incontestablement, un nouvel interventionnisme de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie, dans le sauvetage des banques, dans des politiques de concentrations et de restructurations industrielles et financi&#232;res. C'est un changement par rapport &#224; tout le discours ultra- lib&#233;ral &#8212; de moins en moins d'&#201;tat &#8212; de Reagan et Thatcher. Mais, il ne faut pas oublier, que c'est l'&#201;tat qui avait d&#233;r&#233;glement&#233;, c'est l'&#201;tat qui avait privatis&#233;, c'est l'&#201;tat qui avait d&#233;truit les acquis sociaux. Il ne faut pas confondre les discours et la r&#233;alit&#233; : l'&#201;tat n'a jamais disparu. Et aujourd'hui l'intervention de l'&#201;tat c'est pour sauver le syst&#232;me, et en aucun cas pour reconstruire &#171; l'&#201;tat social &#187;. L'&#201;tat n'intervient pas pour la d&#233;fense des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit d'ailleurs, dans son blog, Paul Krugman, prix Nobel de l'&#233;conomie et inspirateur de la gauche du Parti d&#233;mocrate : &#171; Soyons clairs, c'est tout simplement le socialisme citron : socialiser les pertes et privatiser les profits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion sur le keyn&#233;sianisme n'a de sens que si elle prend en compte l'ensemble des coordonn&#233;es socio-&#233;conomiques et politiques. Ce n'est pas une discussion sur telle ou telle mesure &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il ne s'agit pas ici d'avoir une vision &#171; romantique &#187; du keyn&#233;sianisme, mais si on prend comme r&#233;f&#233;rence les politiques du milieu et de la fin des ann&#233;es 1930 aux &#201;tats-Unis et en Europe d'apr&#232;s-guerre, on est loin du compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des politiques keyn&#233;siennes n'a pas &#233;t&#233; un choix de construction socio-&#233;conomique apr&#232;s un d&#233;bat id&#233;ologique au sein des classes dominantes. Il a &#233;t&#233; impos&#233; par des rapports de forces, une mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res aux &#201;tats-Unis qui a exig&#233; un tournant des politiques publiques et salariales. Mais le d&#233;ploiement de politiques keyn&#233;siennes s'est fait, surtout, sur la base de l'&#233;conomie d'armement, de la guerre et d'un rapport de forces li&#233;s &#224; des mouvements sociaux et politiques exceptionnels qui ont impos&#233; les &#171; compromis sociaux &#187; de l'apr&#232;s-guerre. Ce sont les destructions de la guerre qui ont exig&#233; les reconstructions de l'apr&#232;s-guerre et cr&#233;&#233;e les conditions de relance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc des &#233;v&#233;nements d'une ampleur exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce qui est frappant, c'est le d&#233;calage entre la profondeur de la crise, les discours des uns et des autres sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; refonder le capitalisme &#187; et les actes. Il peut y avoir des d&#233;cisions symboliques &#8212; les revenus de certains grands dirigeants plafonn&#233;s aux &#201;tats-Unis ou la pr&#233;sence de repr&#233;sentants du gouvernement britannique dans les conseils de direction des banques anglaises &#8212;, mais pas de fermeture des paradis fiscaux, pas de nouvelles normes financi&#232;res ou de contr&#244;le effectif du cr&#233;dit pour relancer l'activit&#233;. Des mesures qui &#233;taient techniquement et financi&#232;rement possibles ne sont pas prises. En t&#233;moignent, par exemple, les d&#233;clarations de V. Giscard d'Estaing (dans Le Monde du 12 janvier 2009) sur le fait que les gouvernements et les institutions internationales n'ont pas encore mis en &#339;uvre de nouvelles normes financi&#232;res, de nouvelles proc&#233;dures de contr&#244;le, de nouvelles r&#233;glementations (les &#171; short sellings &#187; par exemple, ces produits financiers qu'on vend alors que ne les d&#233;tient pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus substantiellement, ce qui doit &#234;tre soulign&#233;, c'est que tous les plans de relance sont consid&#233;r&#233;s comme sous-dimensionn&#233;s. Il y a des diff&#233;rences : le plan fran&#231;ais ne d&#233;passe pas les 1,5 % &#224; 2% du PIB. Le plan Obama de 787 milliards repr&#233;sente, lui, plus de 5 % du PIB, ce qui est plus significatif. Mais il faut mettre en rapport ce plan avec la profondeur de la crise am&#233;ricaine. Selon les conseillers &#233;conomiques d'Obama, Christina Romer et Jared Bernstein, ce plan ne contiendrait le ch&#244;mage qu'&#224; 7 % - 7,5 % &#224; la fin 2010 &#8212; un peu plus que le taux de ch&#244;mage actuel &#8212; au lieu des 8,8 % pr&#233;vus s'il n'y avait pas le plan. Plus, sous la pression des R&#233;publicains, la part des d&#233;penses publiques a &#233;t&#233; r&#233;duite de 91 milliards de dollars et celle des baisses d'imp&#244;ts, augment&#233;e de 64 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans et d&#233;cisions gouvernementales &#233;tats-uniens int&#232;grent de nouvelles d&#233;penses publiques pour l'&#233;cole, l'aide sociale, certains grands travaux publics, mais si on ajoute les 2 000 milliards pour les banques, la baisse d'imp&#244;ts pour les plus riches, l'aide &#224; l'investissement dans les entreprises &#8212; mais sous quel contr&#244;le ? &#8212; et les limites des mesures de relance par le demande, il y a de la marge avant la sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Paul Krugman, le plan de relance ne peut, alors, combler que la moiti&#233; du potentiel de croissance perdu. Par rapport &#224; la croissance attendue en fonction de la force de travail et des capacit&#233;s de production disponible, il n'y aura que la moiti&#233; de la croissance possible, ce qui vaut d&#233;j&#224; &#224; Obama, une vive critique de la gauche du parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Thadeus Pato sur les rapports entre les politiques actuelles et celles de Keynes. explique qu'&#224; la fin des ann&#233;es 1960, un ministre social-d&#233;mocrate avait mis au point un plan de relance keyn&#233;sien. Ce plan s'&#233;levait &#224; 40 milliards de Deutsche Marks pour l'investissement public. Aujourd'hui cela &#233;quivaudrait &#224; 400 milliards d'euros. Or le gouvernement allemand n'y a investi que 50 &#224; 80 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis et en Europe on a reparl&#233; de &#171; nationalisation &#187; des banques. On ne peut th&#233;oriquement &#233;carter des &#171; nationalisations bourgeoises &#187; des banques. C'est-&#224;-dire des nationalisations &#171; temporaires et partielles &#187; pour sauver le syst&#232;me bancaire capitaliste, mais il ne faut pas se m&#233;prendre sur le sens des interventions &#233;tatiques. En fait, il n'y a eu que des interventions de l'&#201;tat et des aides massives pour sauver le syst&#232;me bancaire avec plus ou moins de contr&#244;le. En Grande-Bretagne, des repr&#233;sentants du gouvernement si&#232;gent &#224; la direction de banques. Lorsque les gouvernements ou experts ont envisag&#233; la &#171; nationalisation &#187; elle n'a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e que comme temporaire et partielle. Bref il s'agit une nouvelle fois de socialiser les pertes pour sauver le syst&#232;me et cr&#233;er les conditions pour reprivatiser, &#224; terme, et relancer la course aux profits. D'ailleurs, aucun des gouvernements n'a remis en cause les privatisations effectu&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es. Les attaques contre les services publics, les suppressions de postes de fonctionnaires sont confirm&#233;es. L&#224; encore, nous sommes loin des rapports &#233;conomiques et politiques qui ont pr&#233;valu pour les nationalisations ou les services publics dans l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans les premi&#232;res phases de la crise. Son approfondissement peut bouleverser toutes les politiques bourgeoises. La rationalit&#233; &#233;conomique et politique &#171; peut pousser &#224; plus de relance, de concessions salariales et sociales, &#224; plus de croissance verte &#187;. Il peut y avoir des changements substantiels des politiques des classes dominantes, en fonction des rapports de forces sociaux et politiques mais le capitalisme ce n'est pas un syst&#232;me rationnel, c'est la concurrence de capitaux individuels qui ont leurs propres int&#233;r&#234;ts, de multinationales qui ont aussi leurs propres int&#233;r&#234;ts, des &#201;tats qui ont aussi leurs int&#233;r&#234;ts&#8230; et tout cela peut d&#233;boucher sur de nouvelles tensions et de nouveaux affrontements. En tout cas, ce qui pr&#233;vaut aujourd'hui, ce sont les int&#233;r&#234;ts sociaux et politiques des classes dominantes qui cherchent par tous les moyens &#224; pr&#233;server leurs profits.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
3.2. Autre question : le &#171; capitalisme vert &#187; peut-il relancer la machine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on avoir un capitalisme qui prenne en charge les probl&#232;mes environnementaux et s'ouvre en m&#234;me temps de nouveaux champs d'accumulation et de nouveaux d&#233;bouch&#233;s. Il y a &#224; ce sujet tout un discours autour de certaines propositions d'Obama (cf. l'article de Michel Husson &#171; Le capitalisme vert est-il possible ? &#187; dans ContreTemps de janvier 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un capitalisme vert est th&#233;oriquement possible. Comme l'indique la r&#233;solution sur le changement climatique, soumis &#224; la discussion pour le prochain congr&#232;s de l'internationale : &#171; Dans l'abstrait un capitalisme bas&#233; sur les sources &#233;nerg&#233;tiques renouvelables semble imaginable, puisque le potentiel technique des renouvelables &#233;quivaut huit &#224; dix fois la consommation mondiale d'&#233;nergie. En pratique, la transition vers ce capitalisme vert &#224; partir du capitalisme r&#233;ellement existant bas&#233; &#224; 80 % sur les sources fossiles est totalement incompatible avec les exigences de sauvetage du climat. Il est impossible de relancer le capitalisme actuel sans relancer les &#233;missions de gaz &#224; effets de serres. Le capitalisme ne prend en compte que l'indicateur quantitatif de r&#233;duction des &#233;missions alors que le pilotage d'une transition requiert de nombreux indicateurs qualitatifs. &#187; Et l&#224; il y a un probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va y avoir introduction de nouvelles technologies, d'&#233;co-taxes, de changements dans le domaine des transports ou du logement. Mais, parler de &#171; fordisme vert &#187; ou de &#171; sortie verte de la crise &#187;, c'est ne pas comprendre les limites du capitalisme pour r&#233;gler les probl&#232;mes &#233;cologiques et environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Il y a d'abord un probl&#232;me de &#171; timing &#187;. La crise est l&#224;, imm&#233;diate. La chute de la demande, la contraction du cr&#233;dit, les probl&#232;mes budg&#233;taires limitent les d&#233;penses &#233;nerg&#233;tiques nouvelles. Les r&#233;ponses, m&#234;me en termes de &#171; capitalisme vert &#187; sont de moyen et long terme. La crise, elle, exige des r&#233;ponses imm&#233;diates, voire urgentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Il faut une profitabilit&#233; suffisante. Le co&#251;t des nouvelles technologies ou d'&#233;co-taxes pose des probl&#232;mes de rentabilit&#233;. Cela co&#251;te trop cher pour une s&#233;rie de secteurs. Et il n'est pas s&#251;r que dans les secteurs &#224; fort investissement vert, les gains de productivit&#233; soient suffisamment &#233;lev&#233;s et durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Il faut non seulement beaucoup de croissance mais des d&#233;bouch&#233;s. Or, les compressions salariales limitent les d&#233;bouch&#233;s pour cette croissance verte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) Une r&#233;organisation &#171; &#233;cologique &#187; de l'&#233;conomie mondiale exige de la coordination, des normes internationales, des choix et orientations &#224; moyen et long terme. Ces choix sont contradictoires avec les lois de la concurrence et du march&#233;, qui favorisent le tout profit et le tout profit &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) Enfin de tels choix combinant tournant keyn&#233;sien durable et croissance &#233;cologique massive ne peuvent r&#233;sulter que de choix exog&#232;nes &#224; la dynamique propre de la situation &#233;conomique, des choix socio-politiques li&#233;s &#224; des grands bouleversements&#8230; Sans ces choix, nous aurons une situation alternant l'enfoncement dans la crise et des reprises partielles, limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f) Plus substantiellement une logique satisfaisant les besoins sociaux, r&#233;pondant &#224; de nouveaux modes de production et de consommation ne peut s'accompagner d'une logique de profitabilit&#233; capitaliste domin&#233;e par la concurrence de capitaux individuels. Il faut une coordination et une planification internationale pour une r&#233;organisation de l'&#233;conomie mondiale. C'est le fondement d'une alternative &#233;co-socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.3. Un tournant protectionniste est-il &#224; l'ordre du jour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise aiguise automatiquement la concurrence, pouvant la transformer m&#234;me en guerre &#233;conomique. Le commerce et les &#233;changes mondiaux tendent &#224; se contracter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;clarations de l'administration nord-am&#233;ricaine sur la n&#233;cessit&#233; &#171; d'acheter am&#233;ricain &#187;, du gouvernement espagnol sur le &#171; achetez espagnol &#187; sont une indication. Les critiques de l'Union Europ&#233;enne et de la pr&#233;sidence tch&#232;que contre les aides de 6,7 milliards du gouvernement fran&#231;ais &#224; son industrie automobile traduisent aussi cette tentation. Les contradictions internes &#224; l'Union europ&#233;enne ont emp&#234;ch&#233; la mise sur pied d'un plan europ&#233;en coordonn&#233;. La gestion &#233;conomique en Europe est devenue avec la crise, plus nationale qu'elle ne l'&#233;tait avant ; le pacte de stabilit&#233; a &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233;. Les oppositions Allemagne, Grande-Bretagne, France, li&#233;es aux positions sp&#233;cifiques des &#233;conomies de ces pays dans la division internationale du travail et sur le march&#233; mondial, expliquent ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc avoir des pressions, des pulsions, des tentations &#171; protectionnistes &#187; qui, dans des situations d'urgence, vont pousser les dirigeants de chacun des pays &#224; pr&#233;server leurs positions, notamment au travers des initiatives politiques nationalistes, r&#233;actionnaires, voire x&#233;nophobes mais le choix des dirigeants de ce monde de poursuivre une orientation qui d&#233;fende leurs int&#233;r&#234;ts de classe, implique, justement pour pr&#233;server leurs positions dans un monde globalis&#233;, de poursuivre leur int&#233;gration dans l'&#233;conomie mondiale et les institutions internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences historiques poussent d'ailleurs les classes dominantes &#224; r&#233;fr&#233;ner leurs pulsions protectionnistes. Mais l'approfondissement de la crise peut entra&#238;ner, sur ce plan, des modifications. Et cela peut provoquer des basculements dans les classes populaires o&#249; les id&#233;es nationalistes, r&#233;actionnaires, d'extr&#234;me droite peuvent resurgir. Les r&#233;actions de certains secteurs, heureusement minoritaires, du mouvement ouvrier anglais reprenant les slogans r&#233;actionnaires de &#171; british jobs for british workers &#187; l'indiquent.. Les &#171; rondes &#187; de nuits autoris&#233;es par le gouvernement Berlusconi et organis&#233;es par la droite italienne contre les immigr&#233;s, en particulier les Roumains, t&#233;moignent aussi de la pouss&#233;e des id&#233;es racistes et x&#233;nophobes de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier doit en tout cas se garder de toutes ces politiques &#171; protectionnistes &#187; ou nationalistes. Toute politique de p&#233;nalisation des peuples du sud, en particulier au travers des politiques douani&#232;res ou de taxes diverses, doit &#234;tre &#233;cart&#233;e. Il faut aussi rejeter toute concurrence entre travailleurs de tel ou tel pays. La solidarit&#233; autour de revendications communes sur le plan international est une des questions d&#233;cisives face &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. La victoire d'Obama constitue une des manifestations de ce tournant mondial.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons d&#233;j&#224; dit, c'est la conjonction du choix des classes dominantes &#233;tats-uniennes de &#171; changer de visage &#187; pour reprendre la main, dans une conjoncture o&#249; la position des &#201;tats-Unis s'est consid&#233;rablement d&#233;grad&#233;e, et du rejet massif de huit ann&#233;es de pouvoir de Bush par le peuple am&#233;ricain. Il est effectivement important d'enregistrer l'affaiblissement de la position nord-am&#233;ricaine dans le monde pour comprendre l'arriv&#233;e au pouvoir d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Obama sera l'homme de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts dans une nouvelle configuration mondiale, d'autant que l'immensit&#233; du march&#233; am&#233;ricain et de sa force militaire lui donne encore de s&#233;rieux atouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, les &#201;tats-Unis d&#233;pendent de leurs cr&#233;diteurs &#8212; japonais, chinois, fonds souverains divers &#8212; qui financent leur endettement. Mais ces cr&#233;diteurs d&#233;pendent &#224; leur tour des &#201;tats-Unis et de la valeur du dollar. En effet, on aurait pu s'attendre &#224; la baisse du dollar apr&#232;s l'enfoncement des &#201;tats-Unis dans la crise. Or le dollar tient ! D'abord parce qu'il est adoss&#233; &#224; un &#201;tat , &#224; la diff&#233;rence de l'euro, ensuite par l'effet masse &#8212; l'&#233;normit&#233; et la puissance maintenue des &#201;tats-Unis. Ensuite parce que ce dollar tient car s'il s'effondrait, ce sont les fonds chinois, japonais et autres qui seraient p&#233;nalis&#233;s. Sur les 2300 milliards de dollars qui constituent les r&#233;serves chinoises 1700 sont investies aux USA ! Tout le monde se tient&#8230; et c'est donc, le dollar (et avec lui le capitalisme &#233;tats-unien), malgr&#233; des tensions avec le yuan chinois et l'euro, qui reste la monnaie de r&#233;f&#233;rence mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan militaire, Obama a des marges de man&#339;uvres limit&#233;es, mais que l'on ne se m&#233;prenne pas, il reste l'homme de l'appareil politico-militaire nord-am&#233;ricain : sur le conflit Isra&#235;l-Palestine, il continue &#224; soutenir tous les gouvernements isra&#233;liens ; Il red&#233;finit les priorit&#233;s strat&#233;giques de l'imp&#233;rialisme US en donnant la priorit&#233; &#224; l'Afghanistan o&#249; le commandement am&#233;ricain va envoyer de nouvelles troupes (plus de 17 000 soldats) et exhorte ses alli&#233;s &#224; en envoyer ! En Irak, il a d&#233;cid&#233; un calendrier de retrait des troupes sous r&#233;serve que la situation le permette. Sur un plan plus g&#233;n&#233;ral, les &#201;tats-Unis gardent l'h&#233;g&#233;monie politico-militaire, mais doivent la ren&#233;gocier, la rediscuter avec leurs alli&#233;s. Nous ne sommes plus en 1990-92, ni m&#234;me en 2001-2004, apr&#232;s le 11 septembre 2001. L'administration Obama aura une politique plus coop&#233;rative avec l'Union europ&#233;enne ou des pays comme le Br&#233;sil en Am&#233;rique latine. Mais avec une contrepartie exig&#233;e aux Latino-am&#233;ricains : prendre des distances ou rompre avec les r&#233;gimes progressistes. Ch&#225;vez a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233; comme un &#171; obstacle &#187; dans l'&#233;tablissement de bonnes relations entre les &#201;tats-Unis et les autres pays d'Am&#233;rique du Sud. Obama a confirm&#233; la politique nord am&#233;ricaine vis-&#224;-vis de Cuba. Les d&#233;clarations de Castro d&#233;noncent d'ailleurs les illusions sur le nouveau pr&#233;sident nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant qu'elles sont grandes. On l'a senti dans certains secteurs du FSM &#224; Bel&#233;m qui ont &#233;t&#233; jusqu' &#224; poser la question : Pourquoi pas Obama au FSM ? D&#233;clarations, heureusement, tr&#232;s isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en prenant en compte les &#171; nouvelles positions &#187; de l'administration actuelle vis-&#224;-vis de celle pr&#233;sid&#233;e par Bush, il ne faut pas se tromper sur ce qu'est Obama et les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. La crise surd&#233;termine toute la politique mondiale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle va provoquer des changements, peut-&#234;tre des bouleversements dans la situation de la gauche et du mouvement ouvrier. La politique de la social-d&#233;mocratie reste dans ses marques social-lib&#233;rales. Ses dirigeants ont en g&#233;n&#233;ral soutenu les plans de sauvetage des banques en les jugeant insuffisants et en demandant des contreparties. Ce sont les forces qui utilisent les r&#233;f&#233;rences &#224; la politique keyn&#233;sienne, surtout quand elles sont dans l'opposition, pour les int&#233;grer dans des politiques qui restent dans les cadres n&#233;olib&#233;raux. N&#233;anmoins, pour chevaucher les r&#233;actions, oppositions et r&#233;sistances face &#224; la crise, ils peuvent chevaucher ce mouvement et gauchir leur positionnement. Mais quand il s'agit de position de fond, comme sur l'Europe, ils confirment leurs orientations g&#233;n&#233;rales. Plus que les directions de la gauche, il est int&#233;ressant de discuter de la situation des rapports de forces et des premi&#232;res r&#233;actions populaires face &#224; la crise. Les premi&#232;res r&#233;actions indiquent une volont&#233; des peuples et des travailleurs de ne pas se laisser faire. La premi&#232;re grande manifestation mondiale contre la crise aura &#233;t&#233; le FSM de Bel&#233;m. Au-del&#224; de la diversit&#233; des r&#233;ponses, les 130 000 participants ont exprim&#233; la n&#233;cessit&#233; de refuser la crise capitaliste. Ils donnent un nouvel &#233;lan au mouvement altermondialiste. Retrouver les racines &#171; br&#233;siliennes &#187; du FSM aura permis de le relancer. Car, le Forum de Bel&#233;m aura aussi confirm&#233;, malgr&#233; la politique du gouvernement Lula, la force des mouvements sociaux existant au Br&#233;sil, ceux du mouvement syndical, du MST (Mouvements sans terre) et de milliers d'autres associations, comme par exemple celles des populations indiennes. C'est aussi dans ce cadre que les exp&#233;riences de ruptures partielles avec l'imp&#233;rialisme de Ch&#225;vez, Morales et Correa stimulent la r&#233;sistance des peuples en Am&#233;rique latine. De ce point de vue, malgr&#233; l'&#233;norme pression de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, l'exp&#233;rience de Lula qui &#224; son tour veut aligner ces pays sur le Br&#233;sil, et des droites v&#233;n&#233;zu&#233;liennes et boliviennes, le &#171; oui &#187; au r&#233;f&#233;rendum de Bolivie et du Venezuela, constituent des points d'appui d&#233;cisifs en Am&#233;rique latine. Les conqu&#234;tes sociales (sant&#233;, &#233;ducation, chute de la pauvret&#233;) et politiques (contre la domination des &#201;tats-Unis) sont incontestables. Si ces r&#233;gimes avaient &#233;t&#233; d&#233;faits on imagine les changements de rapports de forces dans ces pays et en Am&#233;rique latine, les pressions sur Cuba etc. Maintenant il y a chez eux un probl&#232;me majeur : c'est l'attitude face &#224; la crise alors que les acquis sociaux actuels sont insuffisants. Elle repr&#233;sente en effet un test, surtout si les marges de man&#339;uvres p&#233;troli&#232;res diminuent au Venezuela. Soit ces pays ne r&#233;sisteront pas aux effets de la crise, soit sur la base de la crise et sous la pression des mouvements sociaux, ces gouvernements prendront des mesures touchant &#224; la structure de l'&#233;conomie, &#224; la r&#233;partition des richesses et &#224; la structure de la propri&#233;t&#233;. C'est maintenant que la teneur de la rupture sera confirm&#233;e, approfondie ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucune automaticit&#233; entre crise &#233;conomique et radicalisation sociale et politique des travailleurs. Il n'y a pas de rapport m&#233;canique entre crise &#233;conomique et lutte de classes. Il y a au contraire polarisation &#224; gauche et &#224; droite, des pouss&#233;es r&#233;actionnaires peuvent ou vont se d&#233;velopper, mais, d'un autre c&#244;t&#233;, les travailleurs et leurs organisations n'abordent pas la crise sans rapports de forces, sans positions acquises, sans forces radicales existantes, ici et l&#224;. Il y a d&#233;j&#224; dans certains pays ou certains secteurs des r&#233;sistances sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan plus g&#233;n&#233;ral, comment ne pas mettre en rapport le succ&#232;s de Bel&#233;m, ces r&#233;sistances en Am&#233;rique latine avec l'explosion de la jeunesse grecque, avec les &#233;v&#233;nements aux Antilles fran&#231;aises, avec les 2 millions de manifestants le 29 janvier &#224; Paris. Il faut suivre la courbe des manifestations et des gr&#232;ves dans chaque pays. Mais, malgr&#233; les d&#233;faites des ann&#233;es 1980 et 1990, les acquis et les positions politiques, organisationnelles, institutionnelles pr&#233;serv&#233;s par le mouvement ouvrier comme l'&#233;mergence de nouvelles g&#233;n&#233;rations disponibles &#224; la lutte, constituent autant de points d'appui pour r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce double mouvement : &#233;volution sociale-lib&#233;rale de la gauche traditionnelle et r&#233;sistances sociales, qui donnent de nouveaux espaces &#224; la gauche anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans la conjoncture internationale, le Moyen-Orient et la question palestinienne constituent une question centrale. Le mouvement de sympathie avec la r&#233;sistance du peuple de Gaza redonne un nouvel &#233;lan aux campagnes de solidarit&#233; avec le peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. La crise du capitalisme, sa profondeur, sa dur&#233;e, mettent &#224; l'ordre du jour un programme d'action anticapitaliste.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui relevait de la propagande, des explications g&#233;n&#233;rales, peut passer &#224; l'agitation. Les tenants de l'ordre lib&#233;ral sont totalement d&#233;stabilis&#233;s. La coh&#233;rence du discours n&#233;olib&#233;ral a explos&#233; en plein vol. Les incantations &#224; la moralisation ou &#224; la refondation du capitalisme manquent totalement de cr&#233;dibilit&#233;. Elles expriment plus la panique dans laquelle sont les dirigeants capitalistes. Nos r&#233;ponses prennent une nouvelle signification, une nouvelle actualit&#233; qui doit faire le lien entre les revendications imm&#233;diates et des objectifs de transformation sociale qui changent de syst&#232;me, un plan transitoire anticapitaliste, &#233;co-socialiste, pour le socialisme du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut sauver les peuples, pas les banquiers ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas aux peuples et aux travailleurs de payer la crise, mais aux capitalistes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux licenciements, aux suppressions d'emploi, &#224; la baisse du pouvoir d'achat, &#224; la destruction des services publics, &#224; la d&#233;gradation de l'environnement, il faut un plan d'urgence social et &#233;cologique. Refus des licenciements, du ch&#244;mage technique et partiel, r&#233;duction du temps de travail et r&#233;partition du travail entre tous les salari&#233;s, pr&#233;caires, ch&#244;meurs, un emploi garanti avec un salaire d&#233;cent, augmentation des salaires pour relancer la demande, d&#233;fense et r&#233;organisation des services publics au service de la population, grands travaux publics centr&#233;s sur la priorit&#233; &#233;cologique (&#233;conomies d'&#233;nergie, &#233;nergies renouvelables, lutte contre la pollution, transports en commun, logements sociaux, cr&#233;ations d'emplois dans des activit&#233;s &#233;cologiques socialement utiles). Les revendications sp&#233;cifiques des femmes contre le travail partiel subi, la pr&#233;carit&#233; ou pour de nouveaux services publics, notamment dans la petite enfance, doivent aussi prendre toute leur place dans l'urgence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette bataille, nous avons un &#171; &#233;norme &#187; argument. Durant les derni&#232;res d&#233;cennies, au nom de la concurrence, de la comp&#233;titivit&#233; ou de la lutte contre les d&#233;ficits budg&#233;taires ou la dette, les poss&#233;dants se sont arc-bout&#233;s pour refuser toute revendication substantielle&#8230; Et en une nuit, des dizaines de milliards &#233;taient d&#233;bloqu&#233;s pour les banques !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds accord&#233;s aux banques doivent servir &#224; financer les revendications sociales prioritaires. Sur ces revendications, nous proposons l'unit&#233; d'action la plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan d'urgence sociale doit aussi se conjuguer avec la d&#233;fense des droits et des libert&#233;s d&#233;mocratiques, notamment la d&#233;fense des droits des immigrants et des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, commence le d&#233;bat strat&#233;gique sur les r&#233;ponses &#224; la crise. De ce point de vue les d&#233;bats du FSM de Bel&#233;m ont &#233;t&#233; une bonne illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re option, n&#233;okeyn&#233;sienne, tourne autour de nouvelles r&#233;gulations : fermeture des paradis fiscaux, nouvelles normes financi&#232;res, taxes sur les transactions financi&#232;res. Les d&#233;bats de la commission sur la crise financi&#232;re, qui s'est tenue &#224; Bel&#233;m, avaient pour objectif de &#171; mettre la finance au service des citoyens &#187; mais sans remettre en cause la question de la propri&#233;t&#233; des banques et des grandes entreprises ou alors de pr&#233;coniser un syst&#232;me mixte, banques priv&#233;es et p&#244;le public bancaire. Nous savons d&#233;j&#224; que les syst&#232;mes mixtes en r&#233;gime capitaliste d&#233;bouchent sur la domination du priv&#233;. Ces propositions s'accompagnent d'une d&#233;marche qui donne un r&#244;le central aux institutions. Les mouvements sociaux ne sont l&#224; que pour faire pression sur l'ONU ou telle r&#233;union du G20 qui pour l'occasion serait &#233;largie &#224; certains pays du Sud et serait le G23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me option reprend les revendications partielles (taxes, lutte contre les paradis fiscaux) mais les lie &#224; une remise en cause du syst&#232;me capitaliste. D'abord par une politique radicale de redistribution des richesses. Prendre massivement aux profits pour donner aux salaires, &#224; l'emploi, &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, aux services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise pose une autre question : qui contr&#244;le, qui d&#233;cide, qui poss&#232;de ? C'est la question de la propri&#233;t&#233;. La faillite des banques ou de grandes entreprises n'est pas seulement le r&#233;sultat d'exc&#232;s financiers ou de fraude, c'est la cons&#233;quence d'un syst&#232;me domin&#233; par la recherche du tout profit pour une petite minorit&#233; de privil&#233;gi&#233;s. Il faut changer de logique. Il faut, par exemple, enlever le pouvoir aux patrons des banques. Les banques doivent &#234;tre nationalis&#233;es sous contr&#244;le des salari&#233;s et des consommateurs. Les entreprises en faillite doivent &#234;tre mises sous contr&#244;le public avec une gestion des salari&#233;s. Mais nous pouvons aller plus loin, autour de la notion de &#171; bien commun &#187;, une des revendications du mouvement altermondialiste. La crise &#233;largit la notion de &#171; bien commun &#187;. Le &#171; bien commun &#187; ce n'est pas seulement, l'eau, la terre, la sant&#233;, l'&#233;ducation. Il faut &#233;tendre, &#233;largir l'utilisation de cette notion pour d&#233;signer l'ensemble des secteurs de l'&#233;conomie n&#233;cessaires aux besoins sociaux. Cela implique, comme l'ont soulign&#233;, bien des d&#233;bats du FSM (en particulier, les interventions de Fran&#231;ois Houtard, th&#233;ologien de la Lib&#233;ration) de mettre au centre la valeur d'usage et non la valeur d'&#233;change. Et, si l'&#233;conomie est consid&#233;r&#233;e comme un bien commun, alors, la question de l'appropriation publique et sociale des secteurs-cl&#233;s de l'&#233;conomie, de la d&#233;mocratie et du contr&#244;le est pos&#233;e. De ce point de vue, la d&#233;claration de l'assembl&#233;e des mouvements sociaux qui soutient des objectifs comme la nationalisation des banques sans indemnisation et sous contr&#244;le des travailleurs, la r&#233;duction du temps de travail sans baisse des salaires, le d&#233;veloppement des formes de propri&#233;t&#233; sociale, constitue un point d'appui pour notre intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une s&#233;rie d'arguments actualis&#233;s pour pr&#233;senter une issue anticapitaliste &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a une double cons&#233;quence sur le plan strat&#233;gique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Mettre au centre la mobilisation, le rapport de forces social pour la satisfaction des revendications. Les changements exig&#233;s par la profondeur de la crise sont tels qu'ils demandent des bouleversements sociaux et politiques d'ampleur exceptionnelle. Ces rapports de forces peuvent se traduire sur le plan institutionnel. Des r&#233;formes partielles peuvent &#234;tre obtenues. Mais le comportement des classes dominantes, qui d&#233;fendent bec et ongles leurs int&#233;r&#234;ts, le confirme : m&#234;me pour obtenir des r&#233;formes partielles, il faut et faudra des mobilisations sociales d'envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) L'application d'un programme anticapitaliste exige un gouvernement anticapitaliste, appuy&#233; sur la mobilisation et l'auto-organisation des classes populaires, qui engage un processus de rupture avec le syst&#232;me. Cet objectif doit &#234;tre pr&#233;par&#233; par des exp&#233;riences partielles de contr&#244;le et de gestion populaire, par des confrontations avec l'&#201;tat capitaliste. La lutte pour de tels gouvernements anticapitalistes est incompatible avec le soutien ou la participation &#224; des coalitions parlementaire ou des gouvernements qui g&#232;rent la crise capitaliste, comme le font aujourd'hui la social-d&#233;mocratie ou le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado, membre du CPN et de la commission intrenationale du NPA. F&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Allemagne et Portugal : La social-d&#233;mocratie sanctionn&#233;e </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Allemagne-et-Portugal-La-social-democratie-sanctionnee</link>
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		<dc:date>2009-10-09T05:00:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alda Sousa, Fran&#231;ois Sabado, Jan Malewski</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Par Jan Malewski et Fran&#231;ois Sabado le lundi, 05 octobre 2009 Tir&#233; du site de la LCR Belge &lt;br class='autobr' /&gt; Au centre et au sud du vieux continent &#8212; en Allemagne et au Portugal &#8212; les &#233;lections l&#233;gislatives du 27 septembre marquent une sanction &#233;lectorale historique de la social-d&#233;mocratie. En Allemagne le SPD perd un tiers de son &#233;lectorat, soit plus de 4,5 millions de voix en cinq ans, et avec 23 % des suffrages exprim&#233;s obtient le score le moins bon depuis 1949. Au Portugal, le PSP du premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-278-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH92/arton2550-c9835.jpg?1629994818' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Par Jan Malewski et Fran&#231;ois Sabado le lundi, 05 octobre 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de la LCR Belge&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au centre et au sud du vieux continent &#8212; en Allemagne et au Portugal &#8212; les &#233;lections l&#233;gislatives du 27 septembre marquent une sanction &#233;lectorale historique de la social-d&#233;mocratie. En Allemagne le SPD perd un tiers de son &#233;lectorat, soit plus de 4,5 millions de voix en cinq ans, et avec 23 % des suffrages exprim&#233;s obtient le score le moins bon depuis 1949. Au Portugal, le PSP du premier ministre sortant Jos&#233; S&#243;crates perd un cinqui&#232;me de son &#233;lectorat, soit plus de 500 000 voix, et avec 35,56 % des suffrages ne parvient plus &#224; s'assurer la majorit&#233; absolue au Parlement. C'est son r&#233;sultat le plus bas depuis 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SPD, apr&#232;s avoir men&#233; une politique de d&#233;montage des acquis sociaux de 1998 &#224; 2004 et apr&#232;s avoir engag&#233; &#8212; en rupture avec la Constitution allemande &#8212; les forces arm&#233;es dans une intervention ext&#233;rieure (Kosovo), pour laquelle il avait d&#233;j&#224; subi une sanction &#233;lectorale, est entr&#233; en 2004 dans le gouvernement de &#171; grande coalition &#187; avec la CDU-CSU, dirig&#233; par Angela Merkel (CDU). Il le paye aujourd'hui. Selon un sondage les &#233;lecteurs qui ont abandonn&#233; cette fois le SPD se sont r&#233;fugi&#233;s dans l'abstention (1,6 million), ont pr&#233;f&#233;r&#233; l'original &#224; la copie en votant pour la CDU (620 000), ou ont choisi des organisations de l'opposition (780 000 se reportant &#224; gauche en votant pour Die Linke et 710 000 choisissant les Verts, hors du gouvernement depuis 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant remport&#233; la majorit&#233; absolue au Parlement en 2005, le PS portugais a poursuivi et aggrav&#233; la politique de contre-r&#233;formes antisociales entam&#233;e par Jos&#233; Manuel Dur&#227;o Barroso (PSD). Face &#224; la crise, le gouvernement social-d&#233;mocrate a choisi de sauver de la faillite les banquiers au lieu d'&#233;tablir une politique bancaire publique. Il a d&#233;mantel&#233; le Code du travail pour faciliter les licenciements et g&#233;n&#233;raliser la pr&#233;carit&#233;, alors que le ch&#244;mage a d&#233;pass&#233;, selon les chiffres officiels, le seuil de 500 000 ch&#244;meurs, dont pr&#232;s de la moiti&#233; ne b&#233;n&#233;ficie d'aucune allocation de ch&#244;mage. Il a commenc&#233; la contre-r&#233;forme de l'enseignement, menant une guerre ouverte contre la fonction publique comme aucun gouvernement pr&#233;c&#233;dent n'avait encore os&#233; le faire. L'&#233;lectorat socialiste a massivement choisi l'abstention (qui a atteint un record de 39,46 % des inscrits), mais s'est aussi report&#233; sur la gauche (surtout vers le Bloc de gauche) et sur la droite (vers les ultra-lib&#233;raux du CDS-PP).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perc&#233;e de la gauche radicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le recul de la social-d&#233;mocratie d&#233;gage, tant en Allemagne qu'au Portugal, un espace &#233;lectoral pour les organisations de la gauche radicale, Die Linke (La Gauche) et Bloco de Esquerda (Bloc de gauche, BE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Linke &#8212; fruit de la fusion du Parti du socialisme d&#233;mocratique (PDS, issu de l'ancien parti de l'&#201;tat est-allemand) et de l'Alternative &#233;lectorale travail et justice sociale (WASG, fond&#233; par des sociaux-d&#233;mocrates et des syndicalistes d&#233;&#231;us par la politique du gouvernement du SPD ainsi que par des militants de la gauche r&#233;volutionnaire et des mouvements sociaux) &#8212; progresse de mani&#232;re tr&#232;s significative, obtenant 11,9 % et 76 &#233;lus (8,7 % et 54 &#233;lus en 2004). Fait nouveau, il d&#233;pass&#233; la barre de 5 % dans tous les L&#228;nder occidentaux, obtenant une moyenne de 8,3 % dans l'ex-R&#233;publique f&#233;d&#233;rale allemande (et 26,4 % dans l'ex- Allemagne de l'Est). Il a centr&#233; sa campagne sur la &#171; reconstitution de l'&#201;tat social &#187;, en particulier pour le salaire minimum &#224; 10 euros de l'heure, et pour le retrait de l'arm&#233;e allemande de l'Afghanistan. Il a &#233;galement obtenu de bons r&#233;sultats dans les deux &#233;lections r&#233;gionales qui ont eu lieu le 27 septembre, dans les l&#228;nder de Brandenbourg (ex RDA, 27,2 %) et de Schleswig-Holstein (ex RFA, 6,0 %), apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; perc&#233; lors des r&#233;gionales du 31 ao&#251;t 2009 (21,3 % en Sarre, ex RFA, ainsi que dans deux l&#228;nder de l'ex RDA : 20,6 % en Saxe et 27,4 % en Thuringe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de Die Linke traduisent des &#233;l&#233;ments de r&#233;sistance sociale face &#224; la politique n&#233;olib&#233;rale et une polarisation &#224; gauche d'une partie de l'&#233;lectorat, du mouvement syndical et des mouvements sociaux. La conjonction de la crise &#233;conomique et de la crise des partis traditionnels ouvre effectivement un espace &#224; la gauche radicale, mais cette situation fait, aussi, rebondir les d&#233;bats politiques d'orientation qui traversent Die Linke. Par ailleurs ce parti est divis&#233;. Sa majorit&#233; lorgne vers une insertion institutionnelle et souhaiterait, comme elle le fait d&#233;j&#224; dans le land berlinois, administrer la crise du capitalisme en alliance avec le SPD. Oskar Lafontaine n'a pas abandonn&#233; l'id&#233;e de gouverner la Sarre en alliance avec le SPD et les Verts &#8212; qui lui ont tourn&#233; le dos alors que ces trois partis disposent de la majorit&#233; r&#233;gionale. De telles alliances gestionnaires seraient &#233;galement arithm&#233;tiquement possibles en Thuringe, dans le Brandebourg ou en Saxe-Anhalt. Elles ouvriraient la voie &#224; une v&#233;ritable int&#233;gration de Die Linke dans la politique gouvernementale en Allemagne, r&#233;alisant les aspirations de ceux qui, nostalgiques du parti-&#201;tat est-allemand, trouvent que la quarantaine &#224; laquelle ils sont soumis a assez dur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement le succ&#232;s remport&#233; par Die Linke risque donc d'y acc&#233;l&#233;rer la polarisation entre l'ancienne et la nouvelle gauche. Les courants anticapitalistes en son sein sont minoritaires. Pour faire face aux dangers qui se dessinent, ils devront non seulement &#234;tre capables de d&#233;fendre les acquis de leur parti &#8212; l'exigence de la sortie de l'Allemagne de l'OTAN, qui reste un frein &#224; l'int&#233;gration de leur parti &#8212; mais aussi de formuler une orientation alternative dans les luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal, au contraire, c'est la nouvelle gauche radicale, clairement anticapitaliste, qui progresse. Issu de l'alliance entre trois forces anticapitalistes (l'Union d&#233;mocratique populaire, d'origine mao&#239;ste, le Parti socialiste r&#233;volutionnaire, section portugaise de la IVe Internationale, et Politica XXI, un courant qui a rompu sur la gauche avec le PC), le Bloco de esquerda, enregistre un succ&#232;s historique. Avec 557 091 suffrages (9,85 %), contre 364 430 (6,35 %) en 2005, il double sa repr&#233;sentation parlementaire (16 &#233;lu-e-s). Mais surtout il obtient une v&#233;ritable repr&#233;sentation nationale, avec des d&#233;put&#233;(e)s non seulement &#224; Lisbonne, Porto et Setubal, mais &#233;galement &#224; Aveiro, Braga, Coimbra, Faro, Leiria et Santarem. Il devient le quatri&#232;me parti national, devan&#231;ant le PCP (qui, avec 446 172 voix &#8212; 7,88 % &#8212; progresse de 14 163 votes par rapport &#224; 2005 et obtient 15 d&#233;put&#233;-e-s, soit un de plus). Ce succ&#232;s devrait aider le Bloco &#224; am&#233;liorer &#233;galement ses r&#233;sultats lors des &#233;lections locales qui auront lieu le 11 octobre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question pos&#233;e, notamment dans les derniers jours de la campagne &#233;lectorale, d'&#233;ventuels accords de majorit&#233; parlementaire ou de gouvernement, entre le Bloco et le PS portugais, la r&#233;ponse de Francisco Lou&#231;a a &#233;t&#233; claire et nette. Elle se r&#233;sume en trois lettres : &#171; Nao &#187; (Non). Cette prise de position est un exemple et un point d'appui pour toute la gauche anticapitaliste europ&#233;enne dans les batailles politiques &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquant l'avenir apr&#232;s l'annonce des r&#233;sultats, Francisco Lou&#231;a, coordinateur du BE, a annonc&#233; hier soir trois priorit&#233;s imm&#233;diates. &#171; La premi&#232;re, c'est l'aide sociale pour les ch&#244;meurs auxquels Jos&#233; S&#243;crates (premier ministre PS) a retir&#233; l'allocation de ch&#244;mage. Une gauche forte sera mieux en mesure de lutter contre la pr&#233;carit&#233; et pour l'abrogation du nouveau Code du travail &#187;, a-t-il dit. La seconde est de mettre fin &#224; l'actuelle &#233;valuation des enseignants. &#171; Le PS va crier victoire malgr&#233; la perte de sa majorit&#233; absolue et de beaucoup de votes. Mais aujourd'hui Maria de Lurdes Rodrigues (ministre sortante de l'&#233;ducation) a perdu sa place. Nous nous sommes lev&#233;s pour l'&#233;ducation, nous continuerons &#187;. La troisi&#232;me priorit&#233; du Bloc, c'est un imp&#244;t sur les grandes fortunes pour financer la convergence des retraites avec le salaire minimum et pour la retraite compl&#232;te apr&#232;s 40 ans de travail. Avec le renforcement historique du Bloc, &#171; rien ne sera plus comme avant &#187;, a dit Lou&#231;a. &#171; Le BE est une gauche alternative, une gauche de combat, qui sanctionne l'arrogance et l'absolutisme de la majorit&#233; absolue du PS. (&#8230;) Nous sommes dans l'opposition contre les nouvelles privatisations annonc&#233;es, comme celle des a&#233;roports, dans l'opposition contre la destruction des services publics, dans l'opposition contre la destruction du secteur national de la sant&#233; &#187; a-t-il conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentant ces r&#233;sultats, Alda Sousa, ancienne d&#233;put&#233;e du BE, &#233;crit : &#171; Au Parlement, le Bloc et le PC ont ensemble 31 &#233;lus, repr&#233;sentant 18 % des voix. Jamais &#224; la gauche du PS un r&#233;sultat pareil ne s'&#233;tait produit. Minoritaire au Parlement, le PS va &#234;tre oblig&#233; de choisir de faire passer des propositions de gauche &#8212; comme celles que nous pr&#233;senterons et qui d&#233;coulent de notre programme et de notre mandat &#8212; ou bien s'allier &#224; la droite r&#233;actionnaire que repr&#233;sente le PP. Le cadre politique est plus polaris&#233;. Les luttes politiques et sociales vont cro&#238;tre dans les mois &#224; venir. Elles pourront compter sur le Bloc, qui est plus fort que jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Instabilit&#233; politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les succ&#232;s de la gauche radicale sont porteurs d'espoir, tant en Allemagne qu'au Portugal, les gouvernements issus de ces &#233;lections seront des gouvernements bourgeois, agressifs contre les salari&#233;s, dont la politique visera &#224; augmenter le taux de profit co&#251;te que co&#251;te. La bourgeoisie et ses administrateurs &#8212; qu'ils soient sociaux-d&#233;mocrates, comme Jos&#233; S&#243;crates, ou chr&#233;tiens d&#233;mocrates, comme Angela Merkel &#8212; n'envisagent nullement une &#171; inflexion keyn&#233;sienne &#187; de leur politique. Ils veulent au contraire &#171; restaurer la rentabilit&#233; &#187; et dans ce but accro&#238;tre l'exploitation du travail. Pour cela ils ne retiennent des r&#233;sultats &#233;lectoraux que le fait que, m&#234;me si leurs partis reculent &#8212; les chr&#233;tiens d&#233;mocrates allemands ont recul&#233;, en particulier en Bavi&#232;re, comme le PSP &#8212; ils arrivent en t&#234;te cette fois-ci encore et peuvent continuer &#224; gouverner. Ils peuvent pour cela compter sur les petits partis de droite qui se sont requinqu&#233;s apr&#232;s une cure dans l'opposition &#8212; le CDS-PP au Portugal ou le FDP en Allemagne &#8212; et dont les veilles rengaines (&#171; moins d'imp&#244;ts &#187;, &#171; moins d'&#201;tat &#187;) apparaissent comme des id&#233;es nouvelles apr&#232;s les ann&#233;es de reniements des gouvernements sociaux-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont d&#233;j&#224; donn&#233; le ton : &#171; Angela Merkel, victorieuse, devra compter avec les lib&#233;raux [encore plus agressifs] renforc&#233;s &#187;, &#171; Le Parti socialiste portugais remporte les l&#233;gislatives &#187;&#8230; Ces titres du Monde du 29 septembre (mais on pourrait citer des dizaines d'autres !) sont symboliques : l'orage est pass&#233;, clament-ils, mettez-vous &#224; l'ouvrage !&#8230; Et le brouhaha m&#233;diatique est encore plus fort en Irlande, o&#249; il s'agit de persuader la population qu'elle ne peut pas r&#233;p&#233;ter le &#171; non &#187; au Trait&#233; de Lisbonne, que sa lutte est perdue et que le 2 octobre il faut se soumettre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;toiles montantes de la gauche radicale, au sud et au nord de l'Europe, devront briller bien fort pour rester visibles face &#224; l'apparente luminosit&#233; des grands astres morts ou mourants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, 28 septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Jan Malewski et Fran&#231;ois Sabado, r&#233;dacteurs d'Inprecor, sont membres du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale et militants du Nouveau parti anticapitaliste (France).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Portugal : Perc&#233;e historique du Bloc de Gauche&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR Belge&lt;br class='autobr' /&gt;
2 octobre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives du dimanche 27 septembre au Portugal ont chang&#233; le panorama politique : le Parti socialiste qui en 2005, avec 45 % de voix, avait eu la majorit&#233; absolue en nombre de d&#233;put&#233;s, a perdu plus d'un demi-million de voix et tombe &#224; 36,56 %. Bien que vainqueur, il est minoritaire au Parlement. C'est la seule force politique qui a perdu des d&#233;put&#233;s par rapport &#224; 2005 (96 contre 121).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du PS est le plus faible depuis 1991. C'est sans aucun doute la cons&#233;quence de la politique anti-sociale qu'il a men&#233;e, d'une majorit&#233; absolue arrogante qui a choisi de sauver les banquiers de la faillite au lieu de mettre en place un service bancaire public ; qui a fait passer une loi sur le travail qui a fait sourire l'ancien ministre de droite Dur&#227;o Barroso. Dor&#233;navant, il est plus facile de licencier dans un pays qui compte d&#233;j&#224; pr&#232;s de 600 000 ch&#244;meurs dont la moiti&#233; ne per&#231;oit pas d' allocation ch&#244;mage, et la pr&#233;carit&#233; est devenue la r&#233;gle. Un gouvernement qui a men&#233;e une guerre ouverte contre les enseignants et les fonctionnaires comme aucun autre ne l'avait fait auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSD (centre liberal), tout en gagnant trois &#233;lus par rapport &#224; 2005, a cependant r&#233;alis&#233; un de ses plus mauvais scores, au b&#233;n&#233;fice du parti de droite (PP). Le PP devient ainsi la 3e force politique (il &#233;tait en 4e position en 2005). Le PC a recul&#233; de la 3e &#224; 5e place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc de gauche est le parti qui a le plus progress&#233;. Avec plus d'un demi-million de voix (557 109), dans un pays d'un peu plus de 9 millions d'&#233;lecteurs, il en a gagn&#233; 192 679 et passe de 5e &#224; 4e force politique (il est en 3e position dans un grand nombre des principales villes du pays). Au niveau national, le score a augment&#233; de 6,38 % &#224; 9,85 % et il a doubl&#233; son nombre d'&#233;lus (6 femmes et 10 hommes). De plus, tandis qu'en 2005 les d&#233;put&#233;(e)s &#233;lus venaient des seules circonscriptions de Lisbonne (4), Porto (2) et Set&#250;bal (2), cette fois-ci, le Bloc de gauche compte des &#233;lu(e)s dans 9 des 20 circonscriptions : 1 &#233;lu(e) &#224; Aveiro, Braga, Coimbra, Leiria, Santar&#233;m et Faro ; une &#233;lue suppl&#233;mentaire &#224; Porto et &#224; Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc p&#233;sera encore davantage dans la vie politique portugaise, non seulement au Parlement, mais aussi et surtout dans les luttes, puisque ce score est le r&#233;sultat d'une campagne intense, de contacts permanents avec les travailleurs et les secteurs populaires et d'un programme anticapitaliste clair comportant des propositions concr&#232;tes et alternatives &#224; celles du PS et du PSD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois objectifs que le Bloc s'&#233;tait fix&#233; pour cette campagne, qui &#233;taient d'emp&#234;cher le PS de disposer de la majorit&#233; absolue, d'augmenter le nombre de voix et le nombre d'&#233;lus ont tous &#233;t&#233; atteints. Au Parlement, le Bloc et le PC ont ensemble 31 d&#233;put&#233;s, repr&#233;sentant plus de 18 % des voix. Jamais la gauche du PS n'avait obtenu un tel r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS va &#234;tre oblig&#233; de choisir entre une alliance avec la gauche que repr&#233;sente le Bloc de gauche ou avec la droite r&#233;actionnaire incarn&#233;e par le PP. S'il opte pour la gauche, il devra pr&#233;senter des propositions qui d&#233;coulent du programme du Bloc de gauche comme par exemple, abroger la loi sur le travail et imposer un imp&#244;t sur les grandes fortunes pour financer la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces &#233;lections, le cadre politique est davantage polaris&#233; au Portugal, &#224; droite comme &#224; gauche. La lutte politique et sociale va se d&#233;velopper dans les mois &#224; venir. Et le Bloc est plus fort que jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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