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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Les coulisses agit&#233;es de Cancun </title>
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		<dc:date>2003-09-22T02:33:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Arnaud Zacharie</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Directeur de recherche au CNCD, coauteur de &#171; FMI. La main visible &#187; (Labor, 2003). &lt;br class='autobr' /&gt; La conf&#233;rence de Cancun repr&#233;sente une nouvelle &#233;tape de la crise de la gouvernance mondiale. La fin de la guerre froide avait suscit&#233; d' immenses espoirs. La d&#233;mocratie et les droits de l'homme pouvaient enfin &#234;tre universellement promus par l'ONU. Le Sommet de la Terre de Rio (1992) d&#233;bouchait sur un ambitieux &#171; Agenda 21 &#187;. Le &#171; Consensus de Washington &#187; pr&#244;n&#233; par le FMI et la Banque mondiale faisait du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Directeur de recherche au CNCD, coauteur de &#171; FMI. La main visible &#187; (Labor, 2003).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La conf&#233;rence de Cancun repr&#233;sente une nouvelle &#233;tape de la crise de la gouvernance mondiale. La fin de la guerre froide avait suscit&#233; d' immenses espoirs. La d&#233;mocratie et les droits de l'homme pouvaient enfin &#234;tre universellement promus par l'ONU. Le Sommet de la Terre de Rio (1992) d&#233;bouchait sur un ambitieux &#171; Agenda 21 &#187;. Le &#171; Consensus de Washington &#187; pr&#244;n&#233; par le FMI et la Banque mondiale faisait du march&#233; libre la cl&#233; du d&#233;veloppement des pays du Sud et de l'Est. Enfin, huit ann&#233;es de difficiles n&#233;gociations (1986-1994) avaient transform&#233; le GATT en une Organisation mondiale du commerce (OMC) dot&#233;e d'un tribunal contraignant et fond&#233;e sur le principe d&#233;mocratique de &#171; un membre = une voix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les espoirs se sont mu&#233;s en perplexit&#233;, voire en d&#233;sillusion. Les crises financi&#232;res asiatique, russe et latino-am&#233;ricaine, la marginalisation croissante de l'Afrique subsaharienne, les importants blocages rencontr&#233;s par le processus de Kyoto, la crise boursi&#232;re dans les pays industrialis&#233;s et, last but not least, la crise de l'ONU li&#233;e &#224; la guerre pr&#233;ventive en Irak ont contribu&#233; &#224; cr&#233;er un &#171; nouveau d&#233;sordre international &#187;. L'OMC n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e. Apr&#232;s l'&#233;chec &#224; Seattle (1999) de sa troisi&#232;me conf&#233;rence minist&#233;rielle, chahut&#233;e par les manifestants et (surtout) incapable de d&#233;passer les divergences Nord-Sud et euro-am&#233;ricaines, l'OMC a su profiter de la pression de l'apr&#232;s-11 septembre pour lancer &#224; Doha (2001) un &#171; Agenda du d&#233;veloppement &#187; devant aboutir fin 2004. Mais les deux ann&#233;es de n&#233;gociations qui ont suivi ont vu ressurgir des clivages encore plus complexes que par le pass&#233;. Si un accord est finalement conclu &#224; Cancun, il sera des plus vagues et p&#232;sera sur la suite des n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, les pays du Sud sont de moins en moins enclins &#224; accepter les promesses non tenues des pays industrialis&#233;s et les r&#232;gles d&#233;favorables qui en d&#233;coulent : l'&#233;valuation sur l'impact des lib&#233;ralisations, promise depuis 1995, n'a toujours pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e ; la moyenne des droits de douanes fix&#233;s par les pays industrialis&#233;s pour les articles manufacturiers en provenance du Sud est quatre fois plus &#233;lev&#233;e que pour les m&#234;mes articles &#233;manant du Nord ; alors que les pays industrialis&#233;s prot&#232;gent et subventionnent leur agriculture, les pays du Sud se voient refuser de telles mesures ; le syst&#232;me des brevets freine l'acc&#232;s des pays pauvres aux m&#233;dicaments et emp&#234;che la recherche li&#233;e aux maladies qui n'existent que dans ces pays ; etc. Fatigu&#233;s de cette r&#233;alit&#233;, les pays du Sud ont fix&#233; un ultimatum clair aux pays industrialis&#233;s, en conditionnant la suite des n&#233;gociations &#224; un accord sur le dossier agricole et sur celui des m&#233;dicaments. Pass&#233; quasiment inaper&#231;u dans les m&#233;dias, un accord informel a &#233;t&#233; pris au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2003 par l'Inde, l'Afrique du Sud et le Br&#233;sil, &#224; l' invitation de ce dernier, pour ne parler que d'une seule voix au sein des organisations internationales. Cet embryon de &#171; nouvelle tricontinentale &#187; a pour ambition de s'ouvrir &#224; terme &#224; la Russie et &#224; la Chine, nouveau venu de poids &#224; l'OMC. Le trio, alli&#233; au Kenya, a d&#233;j&#224; agit en &#233;tant fin ao&#251;t 2003 &#224; la base du compromis sur les m&#233;dicaments. Il a &#233;galement initi&#233; la constitution d'un &#171; G20 du Sud &#187; d&#233;fendant une position commune sur le dossier agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les divergences persistent entre les Etats-Unis et l'Union europ&#233;enne qui, une fois n'est pas coutume, parle d'une seule voix sur la sc&#232;ne internationale. Pire, la strat&#233;gie unilat&#233;raliste de l' administration Bush est difficilement compatible avec la logique multilat&#233;raliste de l'OMC. Contrairement &#224; l'administration Clinton, l '&#233;quipe de Bush ne semble gu&#232;re concern&#233;e par la sant&#233; de l'&#233;conomie mondiale. Seule la croissance am&#233;ricaine semble l'int&#233;resser. Bien qu' elle s'en d&#233;fende, il est de plus en plus clair qu'elle table sur un &#171; dollar faible &#187; pour r&#233;duire son gigantesque d&#233;ficit commercial sur le dos des autres pays industrialis&#233;s, &#224; commencer par les pays de la zone euro. Elle se cache d'ailleurs moins pour demander en vain &#224; la Chine d'abandonner sa politique du &#171; yuan faible &#187;, qui rend artificiellement bas le co&#251;t des produits export&#233;s par ce pays. En outre, l'administration Bush, dont la devise semble &#234;tre &#171; le protectionnisme pour nous, le libre-&#233;change pour vous &#187;, voit d'un tr&#232;s mauvais oil les proc&#232;s que les Etats-Unis ont r&#233;cemment perdu devant le tribunal de l'OMC. Certaines voix influentes &#224; Washington, d&#233;j&#224; irrit&#233;es de devoir admettre le n&#233;cessaire retour de l'ONU en Irak, se disent que des n&#233;gociations et des accords bilat&#233;raux permettraient au gouvernement d'utiliser au cas par cas tout son poids diplomatique, sans que des r&#232;gles multilat&#233;rales contraignantes ne viennent le perturber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette aune, pr&#244;ner &#171; la suppression de l'OMC &#187;, comme le font aussi bien la droite radicale que la gauche radicale, serait une erreur. Cela ferait le jeu des unilat&#233;ralistes en transformant les r&#232;gles commerciales en v&#233;ritables &#171; lois de la jungle &#187; et en exacerbant les rapports de force bilat&#233;raux. Un tel rem&#232;de pourrait aggraver les maux souvent d&#233;nonc&#233;s avec pertinence, voire d&#233;boucher sur de nouvelles guerres commerciales. Par contre, il semble urgent de r&#233;former l'OMC en profondeur et de la remettre &#224; sa place, afin de garantir au niveau mondial aussi bien le d&#233;veloppement &#233;quitable du commerce des biens et des services marchands que la satisfaction des droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe d'abord par une &#233;valuation des accords existants et par la d&#233;finition de r&#232;gles &#233;quitables entre le Nord et le Sud, ce qui implique avant tout de respecter les engagements pris &#224; Doha, comme celui de mettre en pratique &#171; le traitement sp&#233;cial et diff&#233;renci&#233; &#187;, celui de &#171; contribuer &#224; une solution durable du probl&#232;me de l' endettement ext&#233;rieur des pays en d&#233;veloppement &#187; et &#171; des effets de l 'instabilit&#233; financi&#232;re et mon&#233;taire &#187;, celui de &#171; prot&#233;ger la sant&#233; et, en particulier, de promouvoir l'acc&#232;s de tous aux m&#233;dicaments &#187;, celui d'&#233;liminer le protectionnisme sur &#171; les produits [non agricoles] dont l'exportation pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t pour les pays en d&#233;veloppement &#187; ou celui de viser &#171; des am&#233;liorations substantielles de l'acc&#232;s aux march&#233;s &#187; et &#171; des r&#233;ductions de toutes les formes de subventions &#224; l'exportation, en vue de leur retrait progressif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces promesses ne sont pas suffisantes. Il est par exemple n&#233;cessaire de r&#233;aliser qu'il n'y a plus un seul Tiers Monde, mais plusieurs, avec d'un c&#244;t&#233; une vingtaine de pays du Sud &#171; semi industrialis&#233;s &#187; et de l'autre une petite centaine de pays pauvres totalement d&#233;munis. Il est &#233;galement crucial de ne pas condamner sans nuance, comme le fait la Banque mondiale, le soutien de l'agriculture paysanne si elle a pour but de garantir la s&#233;curit&#233; alimentaire, ce qui pourrait passer au Sud par la cr&#233;ation de march&#233;s communs agricoles r&#233;gionaux, comme l'ont fait les Europ&#233;ens il y a quatre d&#233;cennies. Il est aussi indispensable de rompre avec la logique de &#171; marchandisation &#187; des services et des biens publics fondamentaux comme l'eau, l'&#233;ducation, les semences ou le g&#233;nome humain, ce qui passe par une r&#233;forme en cons&#233;quence des accords sur les services (AGCS) et les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle (ADPIC), notamment par la d&#233;finition de biens publics mondiaux non r&#233;gis par les lois du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un des enjeux les plus cruciaux du si&#232;cle naissant est sans doute la mise en place &#224; l'&#233;chelle internationale d'une hi&#233;rarchie des normes de droit garantissant les droits fondamentaux. Actuellement, l' OMC, qui a pour mission de garantir la libert&#233; de commercer, est la seule organisation internationale contraignante, de surcro&#238;t ext&#233;rieure &#224; l'ONU. Il en r&#233;sulte que le &#171; droit de commercer librement &#187; a de facto la primaut&#233; sur les autres droits, ce qui aboutit progressivement &#224; une &#171; organisation commerciale du monde &#187; au d&#233;triment du droit non-marchand issu de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme. Il est donc indispensable d'int&#233;grer l'OMC &#224; un nouveau syst&#232;me plus d&#233;mocratique et contraignant des Nations unies, o&#249; la libert&#233; de commercer serait subordonn&#233;e aux droits fondamentaux d&#233;fendus par une coordination d'organisations existantes (OIT, OMS, UNESCO, PNUE, CNUCED, etc.) et/ou par un Conseil de s&#233;curit&#233; &#233;conomique et social. Bien qu'elle soit encore soumise &#224; d'importants blocages politiques au Nord comme au Sud, une telle option permettrait de r&#233;pondre s&#233;rieusement &#224; la crise actuelle de la gouvernance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact pour cet article. Arnaud.Zacharie@CNCD.BE &lt;br class='autobr' /&gt;
COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n&#176;441)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>OMC et droit au d&#233;veloppement - Les enjeux de la conf&#233;rence de Cancun</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/OMC-et-droit-au-developpement-Les-enjeux-de-la-conference-de-Cancun</link>
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		<dc:date>2003-09-08T02:17:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Zacharie</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement altermondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Extrait du Vade mecum - Septembre 2003. Centre national de coop&#233;ration au d&#233;veloppement (CNCD/Op&#233;ration 11.11.11) &lt;br class='autobr' /&gt;
I- L'OMC et la conf&#233;rence de Cancun &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que l'OMC ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'OMC est une organisation internationale charg&#233;e de favoriser la libert&#233; des &#233;changes commerciaux. Cr&#233;&#233;e en avril 1994 sur les cendres du GATT, lors de la conf&#233;rence de Marrakech, elle a &#233;t&#233; officiellement mise en ouvre en janvier 1995. Les r&#232;gles de l'OMC se composent de nombreux accords, dont l'Accord sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton626-e483b.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Extrait du Vade mecum - Septembre 2003. Centre national de coop&#233;ration au d&#233;veloppement (CNCD/Op&#233;ration 11.11.11)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I- L'OMC et la conf&#233;rence de Cancun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'OMC ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMC est une organisation internationale charg&#233;e de favoriser la libert&#233; des &#233;changes commerciaux. Cr&#233;&#233;e en avril 1994 sur les cendres du GATT, lors de la conf&#233;rence de Marrakech, elle a &#233;t&#233; officiellement mise en ouvre en janvier 1995. Les r&#232;gles de l'OMC se composent de nombreux accords, dont l'Accord sur l'agriculture, l'Accord sur les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle (Adpic) et l'Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services (AGCS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne l'OMC ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fois lieu de n&#233;gociations et de d&#233;finitions de r&#232;gles commerciales communes, l'OMC organise tous les deux ans une conf&#233;rence minist&#233;rielle qui r&#233;unit tous ses Etats membres. La conf&#233;rence de Cancun, qui se tiendra du 10 au 14 septembre 2003, est la cinqui&#232;me conf&#233;rence minist&#233;rielle de son histoire. Elle fait suite &#224; celle de Doha (2001) qui, dans la foul&#233;e de l'&#233;chec de la conf&#233;rence de Seattle (1999), avait d&#233;bouch&#233; sur le &#171; programme de Doha pour le d&#233;veloppement &#187;, cens&#233; b&#233;n&#233;ficier &#224; des pays en d&#233;veloppement de plus en plus frustr&#233;s par les promesses non tenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMC est dot&#233;e d'un tribunal du commerce international, l'Organe de r&#232;glement des diff&#233;rends (ORD), devant lequel un Etat membre peut porter plainte contre un autre Etat pour entrave &#224; la libert&#233; de commercer. En cas de litige, un panel d'experts est charg&#233; de l' arbitrage et, en cas de sanctions, le pays plaignant peut taxer l' importation de produits du pays condamn&#233; (sorte de &#171; loi du Talion &#187;). Cette panoplie de comp&#233;tences aboutit &#224; un cumul des pouvoirs l&#233;gislatif, ex&#233;cutif et judiciaire au sein de cette m&#234;me institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se prennent les d&#233;cisions &#224; l'OMC ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au FMI et &#224; la Banque mondiale, le mode de d&#233;cision de l 'OMC est &#171; un membre, une voix &#187;, mais en r&#233;alit&#233; aucun vote n'a jamais eu lieu : c'est la &#171; tradition du consensus &#187; (avec toutes les pressions politiques que cela implique) et du &#171; qui ne dit mot consent &#187; (qui p&#233;nalise les pays pauvres n'ayant pas les moyens d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;s &#224; toutes les r&#233;unions) qui est en vigueur &#224; l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II- L'Adpic et l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'Adpic ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Accord sur les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle relatifs au commerce (Adpic) est un accord de l'OMC qui a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; au milieu des ann&#233;es 1990 sous la pression du lobby pharmaceutique et qui offre un cadre l&#233;gal pour prot&#233;ger par des brevets la propri&#233;t&#233; des biens dans tous les domaines de la technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est l' incidence de l'Adpic sur l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des brevets institu&#233;e au sein de l'OMC par l'Adpic permet aux firmes de breveter les m&#233;dicaments pour une p&#233;riode de minimum vingt ans et de les vendre &#224; un prix inabordable pour la majorit&#233; des citoyens du Sud. Cette r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e d&#232;s 1999 par l' Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS)[1]. Cette situation est d' autant plus inique que nombre de m&#233;dicaments proviennent de plantes m&#233;dicinales s&#233;lectionn&#233;es et entretenues par les communaut&#233;s traditionnelles du Sud avant d'&#234;tre &#171; d&#233;couvertes &#187; puis brevet&#233;es par les firmes pharmaceutiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi les m&#233;dicaments sont-ils brevet&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument avanc&#233; par le secteur pharmaceutique et les gouvernements des pays industrialis&#233;s est que la g&#233;n&#233;ralisation du syst&#232;me des brevets est indispensable au financement de la recherche. En effet, gr&#226;ce aux brevets, les firmes poss&#232;dent un monopole sur la vente des m&#233;dicaments brevet&#233;s et peuvent de la sorte maintenir des prix &#233;lev&#233;s pendant minimum vingt ans. Les profits engendr&#233;s gr&#226;ce &#224; ce privil&#232;ge permettent ensuite aux firmes de relever le d&#233;fi financier de la recherche m&#233;dicale. En d&#233;finitive, selon cette logique, c'est l' humanit&#233; tout enti&#232;re qui profite des progr&#232;s de la recherche m&#233;dicale ainsi financ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me des brevets est-il un bienfait pour la sant&#233; publique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Au contraire, des millions de personnes meurent de maladies pour lesquelles il existe des m&#233;dicaments, mais vendus &#224; des prix trop &#233;lev&#233;s pour qu'elles y aient acc&#232;s. Pour ne prendre que l'exemple du SIDA, alors que les traitements anti-r&#233;troviraux existent depuis une d&#233;cennie, 99% des personnes qui y ont acc&#232;s vivent dans les pays industrialis&#233;s, alors que l'Afrique compte &#224; elle seule 30 millions de s&#233;ropositifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, alors que les brevets sont cens&#233;s financer la recherche au profit de tous, il n'existe aucune recherche sur les nombreuses maladies qui affectent les populations du Sud ? comme la maladie du sommeil, la maladie de Chagas ou la schistosomiase. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces populations ne sont pas suffisamment solvables pour acheter d'&#233;ventuels nouveaux m&#233;dicaments et que ces &#171; march&#233;s de la sant&#233; &#187; ne sont donc pas jug&#233;s suffisamment rentables par le secteur pharmaceutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : un &#234;tre humain sur trois n'a aujourd'hui pas r&#233;guli&#232;rement acc&#232;s aux m&#233;dicaments et seulement 8% des ventes mondiales de m&#233;dicaments sont consomm&#233;s dans les pays en d&#233;veloppement, o&#249; vivent pourtant plus des trois quarts de la population mondiale. Selon l'OMS, des dix millions d'enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque ann&#233;e, 80% pourraient &#233;chapper &#224; la mort s'ils avaient acc&#232;s aux m&#233;dicaments. En r&#233;sum&#233;, le syst&#232;me de l'Adpic &#233;quivaut &#224; institutionnaliser au niveau mondial la non-assistance de millions de personnes en danger de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me des brevets n'est-il un probl&#232;me que pour les populations du Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est de moins en moins le cas et le probl&#232;me de l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments risque de fortement s'aggraver au Nord dans les prochaines ann&#233;es. En effet, le prix des nouveaux m&#233;dicaments brevet&#233;s susceptibles &#224; terme de voir le jour, comme les m&#233;dicaments contre le cancer ou ceux issus de la recherche sur le g&#233;nome humain, va immanquablement peser sur les syst&#232;mes d'assurance-sant&#233; des pays industrialis&#233;s, d&#233;j&#224; menac&#233;s. On estime par exemple que les d&#233;penses en produits pharmaceutiques devraient tripler en dix ans aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ont &#233;volu&#233; les d&#233;bats sur la question au sein de l'OMC ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays en d&#233;veloppement demandent depuis plusieurs ann&#233;es de pouvoir contourner le syst&#232;me des brevets pour r&#233;pondre aux pand&#233;mies d&#233;vastatrices qui les rongent. L'article 30 de l'Adpic permet de telles d&#233;rogations exceptionnelles, mais dans des cas et des conditions tellement restreints que sa port&#233;e est quasi nulle[2]. Le comble a &#233;t&#233; atteint en 2000 avec le proc&#232;s intent&#233; par 39 firmes pharmaceutiques contre le gouvernement de la R&#233;publique d'Afrique du Sud qui, conform&#233;ment aux recommandations de l'OMS, envisageait de produire des m&#233;dicaments &#171; g&#233;n&#233;riques &#187; contre le SIDA, c'est-&#224;-dire des copies de m&#233;dicaments brevet&#233;s beaucoup plus accessibles car vendues bien moins cher. Le toll&#233; qui en a r&#233;sult&#233; dans l'opinion publique a contraint les firmes &#224; retirer leur plainte et a incit&#233; un groupe de pays africains &#224; pousser les gouvernements des pays industrialis&#233;s &#224; n&#233;gocier avec eux sur ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi initi&#233;es le 20 juin 2001 &#224; l'OMC, les n&#233;gociations ont continu&#233; jusqu'&#224; la conf&#233;rence minist&#233;rielle de Doha en novembre 2001. Elles ont d&#233;bouch&#233; sur un article de la d&#233;claration finale, stipulant que l' Adpic &#171; peut et devrait &#234;tre interpr&#233;t&#233; et mis en ouvre d'une mani&#232;re qui appuie le droit des membres de l'OMC de prot&#233;ger la sant&#233; et, en particulier, de promouvoir l'acc&#232;s de tous aux m&#233;dicaments &#187;. La porte a ainsi enfin &#233;t&#233; ouverte pour qu'en cas de crise sanitaire majeure, les pays du Sud puissent produire des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques accessibles aux populations. Probl&#232;me : rares sont les pays du Sud capables de produire des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques. Il est donc n&#233;cessaire de permettre aux pays n'ayant pas cette capacit&#233; d'utiliser des &#171; licences obligatoires &#187; leur permettant d'importer des m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques produits par des pays voisins. La discussion, renvoy&#233;e &#224; l'OMC, devait aboutir en 2002. Mais aucune solution n'a &#224; ce jour &#233;t&#233; trouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les positions d&#233;fendues dans le cadre des n&#233;gociations du programme de Doha ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations ont grosso modo mis en sc&#232;ne trois types de position. D'une part, les pays en d&#233;veloppement, emmen&#233;s par le Br&#233;sil et l' Inde, ont demand&#233; une interpr&#233;tation de l'article 30 de l'Adpic afin qu'ils puissent exporter rapidement des produits g&#233;n&#233;riques vers les pays pauvres qui en ont besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'Union europ&#233;enne a conc&#233;d&#233; l'octroi de licences obligatoires pour l'exportation de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques, mais selon des conditions draconiennes : maladies et m&#233;dicaments concern&#233;s limit&#233;s, nombre de pays b&#233;n&#233;ficiaires restreint, proc&#233;dure d'acc&#232;s longue et incertaine, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces restrictions accept&#233;es fin 2002 par tous les autres Etats membres, les Etats-Unis ont refus&#233; toute modification de l'Adpic, se limitant &#224; conc&#233;der un moratoire sur les plaintes d&#233;pos&#233;es sur la question &#224; l'OMC et condamnant le projet d'accord du 16 d&#233;cembre 2002. En cause : la crainte de l'industrie pharmaceutique am&#233;ricaine, dont les profits en 2002 se sont &#233;lev&#233;s &#224; 37 milliards de dollars, de se voir prendre des march&#233;s par des firmes br&#233;siliennes ou indiennes et de voir les m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques revenir en contrebande sur les march&#233;s du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2003, une r&#233;union rassemblant 22 des 145 Etats membres de l '&#233;poque a eu lieu &#224; Tokyo dans le but de trouver une position consensuelle. Le Br&#233;sil a notamment propos&#233;, mais en vain, que les capacit&#233;s de production de m&#233;dicaments d'un pays soient attest&#233;es par l'OMS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2003, l'Union europ&#233;enne a d&#233;pos&#233; une nouvelle proposition permettant aux exportateurs de vendre &#224; une liste de 76 pays pauvres des m&#233;dicaments &#224; des prix &#171; diff&#233;renci&#233;s &#187; pour combattre le SIDA, la tuberculose et la malaria. Sans interf&#233;rer avec le syst&#232;me des brevets et sans passer par des licences obligatoires, ce syst&#232;me facultatif permet aux fabricants qui le souhaitent de vendre les m&#233;dicaments &#224; un prix l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur au co&#251;t de production (Soit 15% de plus que le co&#251;t de production, soit 75% de moins que le prix moyen dans les pays de l'OCDE) et donc de s'ouvrir &#224; de nouveaux march&#233;s. Pour garantir que ces m&#233;dicaments ne reviennent pas par des voies d&#233;tourn&#233;es sur le march&#233; europ&#233;en, ils devraient porter un logo permettant de les identifier facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis restant inflexibles, les n&#233;gociations se sont tendues au fil des semaines, les pays en d&#233;veloppement conditionnant la suite des n&#233;gociations &#224; un accord sur ce dossier. Le 28 ao&#251;t 2003, mis sous pression, les Etats-Unis ont abouti &#224; un compromis avec quatre pays en d&#233;veloppement (Br&#233;sil, Inde, Kenya et Afrique du Sud) ent&#233;rin&#233; le lendemain par les autres Etats membres. Reprenant le projet d'accord de d&#233;cembre 2002 et sa proc&#233;dure complexe d'acc&#232;s aux d&#233;rogations, le compromis y ajoute une d&#233;claration des pays s'engageant &#224; utiliser le m&#233;canisme &#171; de bonne foi &#187;, dans des cas de &#171; probl&#232;mes de sant&#233; grave &#187; et sans que les m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques n'aient acc&#232;s aux march&#233;s du Nord. Cet accord, s'il permet de d&#233;bloquer les n&#233;gociations et ouvre enfin la porte &#224; l'importation de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques par les pays pauvres, ne remet pas suffisamment en cause la logique des brevets et ne repr&#233;sente donc pas une fin en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les alternatives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rer l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; comme un droit fondamental implique de ne plus consid&#233;rer le m&#233;dicament comme une simple marchandise. Comme l 'affirme German Velasquez, coordinateur du Programme d'action sur l' acc&#232;s aux m&#233;dicaments des pays en d&#233;veloppement de l'OMS, &#171; L'acc&#232;s au syst&#232;me de soins, per&#231;u comme un droit fondamental, doit &#234;tre prot&#233;g&#233; de fa&#231;on active par les pouvoirs publics. Ne pas le faire, c'est accepter une soci&#233;t&#233; malade. Il est d&#233;sormais clair depuis Doha que si les m&#233;dicaments sont consid&#233;r&#233;s comme de simples marchandises, la sant&#233; ne sera jamais autre chose qu'une extension du march&#233; ? o&#249; les cures et les traitements ne seront abordables que par ceux qui disposent d'un pouvoir d'achat suffisant. Il faut, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, consid&#233;rer le m&#233;dicament essentiel comme un bien public &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187;[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette optique permettrait de garantir &#224; chaque pays le droit de produire ou d'importer sur son territoire les m&#233;dicaments &#171; g&#233;n&#233;riques &#187; en cas de crise sanitaire, sans que cet acc&#232;s soit limit&#233; &#224; quelques rares maladies. Il faudrait &#233;galement distinguer clairement les notions d' &#171; invention &#187; et de &#171; d&#233;couverte &#187; afin de limiter l' octroi de brevets aux &#171; inventions &#187; et d'&#233;viter tout brevetage du vivant. En ce qui concerne le financement de la recherche m&#233;dicale, le Prix Nobel de la Paix 1999, le docteur James Orbinski (MSF), propose de mettre en ouvre un imp&#244;t mondial sur les ventes de produits pharmaceutiques et de charger l'OMS de g&#233;rer ces fonds pour mettre en ouvre un programme public de recherche. D'autres propositions similaires existent, comme l'institution d'un imp&#244;t suppl&#233;mentaire sur les ventes de cigarettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact pour cet article. Arnaud.Zacharie@CNCD.BE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] OMS, &#171; Mondialisation et acc&#232;s aux m&#233;dicaments. Perspectives sur l 'accord Adpic de l'OMC &#187;, Gen&#232;ve, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'article 30 de l'Adpic stipule que &#171; Les Membres pourront pr&#233;voir des exceptions limit&#233;es aux droits exclusifs conf&#233;r&#233;s par un brevet, &#224; condition que celles-ci ne portent pas atteinte de mani&#232;re injustifi&#233;e &#224; l'exploitation normale du brevet ni ne causent un pr&#233;judice injustifi&#233; aux int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes du titulaire du brevet, compte tenu des int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes des tiers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] German Velasquez, &#171; Hold-up sur le m&#233;dicament &#187;, Le Monde Diplomatique, juillet 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Directeur de recherche au Centre national de coop&#233;ration au d&#233;veloppement (CNCD-Op&#233;ration 11.11.11), porte-parole d 'ATTAC-Belgique et co-auteur de &#171; FMI, La main visible &#187; (Labor, 2003).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Dette &#233;cologique contre dette financi&#232;re</title>
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		<dc:date>2002-08-31T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Zacharie</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s la crise de la dette du Tiers Monde et dix ans apr&#232;s le Sommet de la Terre &#224; Rio, les probl&#233;matiques de la dette et de l'environnement n'ont malheureusement pas perdu de leur acuit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-108-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-19-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s la crise de la dette du Tiers Monde et dix ans apr&#232;s le Sommet de la Terre &#224; Rio, les probl&#233;matiques de la dette et de l'environnement n'ont malheureusement pas perdu de leur acuit&#233;. Les charges de remboursement et de pollution augmentent de concert &#224; un rythme insoutenable, sans que les pouvoirs politiques n'apportent de r&#233;ponses appropri&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que la dette &#233;cologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation &#233;quatorienne Accion Ecologica d&#233;finit la dette &#233;cologique comme &#034;la dette accumul&#233;e par les pays industrialis&#233;s du Nord envers les pays du Tiers Monde &#224; cause du pillage des ressources, des dommages caus&#233;s &#224; l'environnement et l'occupation gratuite de l'environnement pour le d&#233;p&#244;t des d&#233;chets, tels que les gaz &#224; effets de serre, provenant des pays industrialis&#233;s&#034; (in Dette &#233;cologique : l'heure de payer a sonn&#233; dit le Sud au Nord, Service oecum&#233;nique pour la Paix, collection &#034;Economie et conflits&#034;, p. 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion de dette &#233;cologique inclut donc plusieurs aspects &#233;conomico-environnementaux, dont nous n'aborderons ici que les principaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux richesses environnementales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une &#233;tude de l'Universit&#233; Anahuac de Jalapa au Mexique, 20% de la population mondiale utilise 65% de la charge utile de la terre. En d'autres termes, pour chaque personne qui utilise trois fois sa juste part, il y a trois personnes qui doivent se contenter du tiers de celle-ci. Et les &#034;privil&#233;gi&#233;s&#034; exploitent leur statut &#224; un tel rythme que l'humanit&#233; dans son ensemble consomme 40% de ressources de plus que celles qu'elle peut produire durablement. Evidemment, la cr&#233;ation de zones de libre-&#233;change entre des &#233;conomies asym&#233;triques exacerbe cette tendance : les flottes europ&#233;ennes n'ont par exemple aucun mal &#224; s'approprier les poissons de qualit&#233; aux d&#233;pens des p&#234;cheurs africains qui doivent se contenter de sardinelles peu r&#233;mun&#233;ratrices. Dans le m&#234;me temps, la productivit&#233; du Nord est telle que &#034;les r&#233;serves mondiales de poissons diminuent avec pr&#232;s de 25% d'esp&#232;ces &#233;puis&#233;es ou menac&#233;es et 44% d'autres esp&#232;ces p&#234;ch&#233;es &#224; leur limite biologique&#034; (PNUD 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'appropriation de la biodiversit&#233; et des connaissances traditionnelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les communaut&#233;s agricoles des pays en d&#233;veloppement concentrent 84% de la biodiversit&#233; mondiale, les transnationales du Nord s'appliquent, par la &#034;bio-prospection&#034;, &#224; d&#233;celer les plantes et animaux susceptibles de contenir une valeur commerciale pour ensuite les breveter. Dans leur entreprise, les &#034;bio-prospecteurs&#034; sont souvent conseill&#233;s par les populations indig&#232;nes, au sein desquelles nul n'a jamais pens&#233; &#224; breveter le ma&#239;s d'Am&#233;rique centrale, la canne &#224; sucre de l'Inde, le caf&#233; de l'Afrique ou le bl&#233; du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, de timides indemnisations ont commenc&#233; par voir le jour et la Convention de 1992 sur la Biodiversit&#233; a tent&#233; de les institutionnaliser. Mais l'absence de contr&#244;le efficace par des pays sans revenus suffisants rend cette Convention obsol&#232;te. En effet, si la Convention garantit un partage &#233;quitable des b&#233;n&#233;fices, la r&#233;alit&#233; est bien diff&#233;rente. Selon plusieurs &#233;tudes, moins de 3% des b&#233;n&#233;fices issus de leurs connaissances sont per&#231;us par les populations indig&#232;nes (op. cit., p. 26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est que le brevetage des connaissances des pauvres par les transnationales impliquent que ces derniers doivent payer pour utiliser les produits qui en d&#233;coulent. Or, bien souvent, comme on le constate dramatiquement avec la probl&#233;matique de l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments, ils n'en ont pas les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons un seul exemple : le brevet am&#233;ricain sur le riz basmati. Pendant des si&#232;cles, les planteurs d'Asie du Sud ont s&#233;lectionn&#233; et entretenu des vari&#233;t&#233;s du riz basmati r&#233;put&#233;es dans le monde entier. Une fois brevet&#233; par la firme texane Rice Tec, le riz basmati a &#233;t&#233; produit industriellement &#224; un prix bien plus faible que le prix de production des paysans asiatiques. A l'arriv&#233;e, les profits s'engrangent pour Rice Tec, se f&#233;licitant de cette &#034;d&#233;couverte&#034;, tandis que les paysans in-diens sont condamn&#233;s &#224; aller grossir les bidonvilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appropriation des produits traditionnels du Sud par les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es du Nord aboutit ainsi &#224; des d&#233;g&#226;ts sociaux et environnementaux dramatiques. Selon Vandana Shiva, &#034;les soci&#233;t&#233;s d&#233;tentrices de gros brevets sur les cultures telles le coton, le soja et la moutarde portent plainte contre les agriculteurs pour conservation de graines et louent les services de d&#233;tectives pour v&#233;rifier si les agriculteurs conservent les graines ou les partagent avec leurs voisins. Le partage ou l'&#233;change, qui constitue la base m&#234;me de notre humanit&#233; et de notre survie &#233;cologique, est d&#233;sormais d&#233;fini comme un crime&#034; (op. cit., p. 27).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les &#233;l&#233;phants blancs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 70, la Banque mondiale et les cr&#233;anciers du Nord ont financ&#233; de nombreux &#034;&#233;l&#233;phants blancs&#034;, c'est-&#224;-dire des projets pharaoniques (Transamazonienne au Br&#233;sil, barrages Kedung Ombo en Indon&#233;sie, Sardar Sardovar et Icha en Inde, Inga au Za&#239;re, Ruzizi au Rwanda, Pak Mun en Tha&#239;lande, Yaceryta en Argentine, Blabina, Tucurui et Itaparica au Br&#233;sil, etc.) qui sont sources d'endettement et de d&#233;g&#226;ts environnementaux consid&#233;rables (d&#233;forestation, destruction de surfaces agricoles, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de pipeline Tchad-Cameroun lanc&#233; au milieu des ann&#233;es 90 montre que la politique de financement d'&#233;l&#233;phants blancs n'est pas d&#233;finitivement r&#233;volue. Tous ces projets, souvent inachev&#233;s, ont surtout eu le don de cr&#233;er des d&#233;bouch&#233;s pour les firmes du Nord, sans aucune prise en compte des besoins r&#233;els des populations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le monopole des &#233;missions de CO2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le probl&#232;me des changements climatiques dus aux &#233;missions excessives de CO2 dans l'atmosph&#232;re, notamment soulign&#233; par le GIEC (Groupe intergouvernemental d'&#233;tude du climat). Or, la moiti&#233; de ces &#233;missions proviennent des pays riches du Nord (dont le tiers par les seuls Etats-Unis), o&#249; ne vivent que 15% de la population mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne reviendrons pas ici sur les nombreuses limites du Protocole de Kyoto, ni sur l'inacceptable position du gouvernement Bush Jr. Mais nous rappellerons simplement que les d&#233;biteurs &#233;cologiques du Nord ont demand&#233; aux cr&#233;anciers du Sud de faire table rase du pass&#233; et de s'engager eux aussi &#224; diminuer massivement leurs &#233;missions de CO2. En quelque sorte, les d&#233;biteurs du Nord ont &#034;r&#233;pudi&#233;&#034; leur dette &#233;cologique : ils ont impos&#233; lors des n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers du Sud de l'annuler purement et simplement. Si seulement le m&#234;me type de raisonnement pouvait &#234;tre tenu en ce qui concerne la dette financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incompatibilit&#233; entre dette financi&#232;re et richesses &#233;cologiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu des int&#233;r&#234;ts de la dette du Tiers Monde implique que les pays du Sud, en p&#233;nurie de revenus, remboursent des charges sans cesse croissantes. De la sorte, le rythme de croissance &#233;conomique impos&#233; au Sud d&#233;passe le rythme naturel de croissance biologique. Comme le souligne Mark Hathaway (op. cit., p. 15) : &#034;Du point de vue &#233;cologique, il est inconcevable que la richesse naturelle puisse cro&#238;tre de mani&#232;re exponentielle&#034;, alors que la dette financi&#232;re, elle, cro&#238;t malheureusement selon ce rythme. Aussi, les pays du Sud sont contraints, par le biais des plans d'ajustement structurel, de se lancer dans des politiques &#233;conomiques &#233;cologiquement destructrices dans le seul but d'honorer leurs dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, ce d&#233;tail n'a aucunement le don d'&#233;mouvoir les &#233;conomistes n&#233;olib&#233;raux. Rappelons-nous du rapport r&#233;alis&#233; en 1991 par Larry Summers, &#233;conomiste en chef de la Banque mondiale devenu ensuite secr&#233;taire au Tr&#233;sor de l'administration Clinton : selon lui, puisque le Tiers Monde manque de revenus et que le Nord poss&#232;de trop d'industries polluantes, il suffit de d&#233;localiser ces derni&#232;res dans le Sud pour satisfaire toutes les parties !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette analyse simpliste et autodestructrice, il convient d'opposer des alternatives adapt&#233;es &#224; la gravit&#233; des probl&#232;mes &#233;conomiques, sociaux et environnementaux qu'impliquent les dettes financi&#232;re et &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la valeur de la dette &#233;cologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment malais&#233; d'&#233;valuer en monnaie sonnante et tr&#233;buchante la dette &#233;cologique du Nord &#224; l'&#233;gard du Sud. Mais des ordres de grandeur destin&#233;s &#224; faire avancer concr&#232;tement le d&#233;bat existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, la RAFI (Rural Advancement Foundation International) a &#233;valu&#233; &#224; 30 milliards de dollars par an les b&#233;n&#233;fices engrang&#233;s par l'industrie pharmaceutique du Nord gr&#226;ce aux plantes m&#233;dicinales et aux micro-organismes du Sud (op. cit., p. 28).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment du Sommet de Kyoto, une estimation a &#233;t&#233; faite des exc&#233;dents d'&#233;missions de CO2 des pays industrialis&#233;s du Nord par rapport &#224; la r&#233;duction recommand&#233;e par le Panel intergouvernemental de scientifiques sur le changement climatique. Il en ressort un service de la dette de CO2 de 30 &#224; 59 milliards de dollars annuels pour le Nord &#224; l'&#233;gard du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agence britannique Christian Aid a quant &#224; elle &#233;valu&#233; que pour les pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (PPTE), les cr&#233;ances annuelles de CO2 en termes de parit&#233; de pouvoir d'achat s'&#233;l&#232;vent &#224; 612 milliards de dollars - alors que leur dette financi&#232;re totale culmine &#224; 206 milliards ! (op. cit., p. 40).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pistes alternatives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mod&#232;les de d&#233;veloppement durables ne peuvent reposer sur des syst&#232;mes non durables d'exploitation des ressources naturelles. Parall&#232;lement, la satisfaction des besoins fondamentaux des habitants de la plan&#232;te ne peut &#234;tre garantie si l'exploitation des ressources naturelles est monopolis&#233;e par les quelques pays industrialis&#233;s du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compensation de la dette &#233;cologique accumul&#233;e par le Nord &#224; l'&#233;gard du Sud est difficile &#224; &#233;valuer. Certes, l'annulation de la dette ext&#233;rieure publique du Tiers Monde, dont une partie consid&#233;rable est ill&#233;gitime, serait un premier pas. Mais il ne serait pas suffisant en soi. Le simple fait que la dette financi&#232;re du Tiers Monde est ill&#233;gitime doit d'ailleurs suffire &#224; son annulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autres alternatives sont n&#233;cessaires pour enrayer le d&#233;ficit &#233;cologique &#224; l'&#233;chelle mondiale. Nous nous limi-terons ici &#224; lancer quelques pistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Consacrer l'allocation des subventions publiques aux investissements dans les &#233;nergies propres et renouvelables plut&#244;t qu'&#224; l'exploitation des combustibles fossiles ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Etablir une taxe mondiale sur les &#233;missions de CO2 ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; R&#233;aliser un audit parall&#232;le sur les origines de la dette financi&#232;re et &#233;cologique ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Subordonner les r&#232;gles du commerce mondial &#224; des crit&#232;res environnementaux permettant le respect et la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la biosph&#232;re ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; D&#233;clarer l'eau, l'air, les semences et le vivant biens communs inali&#233;nables de l'humanit&#233; soustraits &#224; toute logique marchande ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Distinguer clairement les notions d'&#034;invention&#034; et de &#034;d&#233;couverte&#034;, afin de limiter les octrois de brevets aux &#034;inventions&#034; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Promouvoir une agriculture &#034;multifonctionnelle&#034;, c'est-&#224;-dire prenant &#233;galement en compte l'aspect environnemental ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Assurer une juste indemnisation des communaut&#233;s indig&#232;nes et agricoles et garantir au Tiers Monde le droit de produire et de distribuer sur son territoire les m&#233;dicaments de base, en particulier ceux susceptibles d'enrayer des &#233;pid&#233;mies telles le SIDA, le paludisme et la tuberculose ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Conclure un accord plan&#233;taire de r&#233;duction de 60% des &#233;missions de CO2, ce que les Sommets de Kyoto, Bonn et Marrakech n'ont pas r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site du CADTM, voir notre page de liens)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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