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		<title>L'Europe lib&#233;rale aux commandes de l'&#233;cole</title>
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		<dc:date>2004-12-13T02:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Laval</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>

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&lt;p&gt;La question cruciale que posent le rapport Th&#233;lot et la nouvelle loi d'orientation concerne la logique de fond qui pr&#233;side aux analyses et mesures propos&#233;es pour r&#233;former l'&#233;cole. Comment se construit aujourd'hui une loi sur l'&#233;cole en France ? Qui en d&#233;cide et surtout quelles sont les instances qui l'inspirent ? La forme et le fond, le processus et le contenu sont indissociables. L'impressionnante th&#233;&#226;tralisation qui a accompagn&#233; l'&#233;laboration de la loi depuis l'automne 2003 a r&#233;pondu &#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Education-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question cruciale que posent le rapport Th&#233;lot et la nouvelle loi d'orientation concerne la logique de fond qui pr&#233;side aux analyses et mesures propos&#233;es pour r&#233;former l'&#233;cole. Comment se construit aujourd'hui une loi sur l'&#233;cole en France ? Qui en d&#233;cide et surtout quelles sont les instances qui l'inspirent ? La forme et le fond, le processus et le contenu sont indissociables. L'impressionnante th&#233;&#226;tralisation qui a accompagn&#233; l'&#233;laboration de la loi depuis l'automne 2003 a r&#233;pondu &#224; un double souci et a eu un double effet : d&#233;poss&#233;der les enseignants et les autres personnels de l'enseignement, majoritairement porteurs de conceptions politiquement ind&#233;sirables, de toute vraie &#034; voix au chapitre &#034; ; oblit&#233;rer autant que possible le d&#233;placement du centre de gravit&#233; des politiques &#233;ducatives vers le niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment lire le rapport Th&#233;lot [1] et comment interpr&#233;ter le projet Fillon de loi d'orientation pour l'avenir de l'&#233;cole ? Les r&#233;actions les plus int&#233;ressantes ont certainement &#233;t&#233; les analyses critiques centr&#233;es sur la &#034; logique de renoncement &#034; &#224; la d&#233;mocratisation de l'Ecole qu'impliquerait la d&#233;finition minimaliste du &#034; socle de comp&#233;tences &#034; et les in&#233;galit&#233;s croissantes qu'engendrerait la reconstitution de fili&#232;res au Coll&#232;ge [2]. Je voudrais d&#233;velopper ici une approche compl&#233;mentaire qui vise &#224; montrer que, s'il est &#233;videmment n&#233;cessaire d'analyser en d&#233;tail les textes en question et de r&#233;fl&#233;chir &#224; leur port&#233;e concr&#232;te, il est tout aussi indispensable de les replacer dans leur contexte g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exercice de d&#233;possession et de d&#233;politisation de la question scolaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034; Commission du grand d&#233;bat pour l'avenir de l'&#233;cole &#034; install&#233;e &#224; l'automne 2003, a produit en octobre 2004 un rapport qui a pour particularit&#233; de n'entretenir qu'une relation extr&#234;mement t&#233;nue avec le &#034; grand d&#233;bat national &#034; dont pourtant elle disait tirer sa l&#233;gitimit&#233;. Peu apr&#232;s, en novembre 2004, Fran&#231;ois Fillon a fait conna&#238;tre les grandes lignes de la prochaine loi d'orientation qui sera pr&#233;sent&#233;e au Parlement en janvier 2005. Par certains c&#244;t&#233;s, on pourrait se contenter de prendre ces documents pour les expressions les plus r&#233;centes d'une habitude tr&#232;s fran&#231;aise de &#034; r&#233;forme &#034; permanente de l'&#233;cole. Il est vrai qu'ils ressemblent &#224; s'y m&#233;prendre &#224; ces tr&#232;s nombreux rapports, &#224; ces innombrables projets qui depuis des ann&#233;es formulent &#224; peu pr&#232;s toujours les m&#234;mes avis, les m&#234;mes analyses, les m&#234;mes pr&#233;conisations, du fait m&#234;me qu'ils sont produits par le m&#234;me &#034; milieu &#034; d'experts, d'administrateurs et de responsables politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Claude Th&#233;lot, le pr&#233;sident de la derni&#232;re commission en date, dans sa lettre au Premier Ministre, affirme que le &#034; pr&#233;sent rapport repose sur les aspirations des Fran&#231;ais telles qu'elles se sont d&#233;gag&#233;es de ce grand d&#233;bat &#034;, ajoutant m&#234;me que le &#034; temps de la r&#233;flexion &#034; repr&#233;sente &#034; un enrichissement de notre d&#233;mocratie &#034;, il n'est pas tr&#232;s difficile de montrer que le contenu du rapport est tr&#232;s loin de refl&#233;ter le &#034; Miroir &#034; du d&#233;bat national, aussi &#034; cadr&#233; &#034; qu' ait &#233;t&#233; ce dernier. Le rapport Th&#233;lot en effet n'h&#233;site pas &#224; prendre le contre-pied de la synth&#232;se du d&#233;bat national sur de nombreux sujets, par exemple sur l'autonomie des &#233;tablissements et sur l'&#233;valuation. Ainsi fait-il l'apologie sans r&#233;serve de la LOLF (loi organique sur la loi de finance) qui va conditionner l'affectation des moyens &#224; la d&#233;finition d'objectifs et &#224; l'accomplissement de missions particuli&#232;res selon les principes du &#034; nouveau management public &#034;, ce qui suppose autonomie des entit&#233;s de base et le recours &#224; une &#233;valuation constante [3]. On trouve d'ailleurs dans le m&#234;me rapport la pr&#233;conisation de tous les grands axes de la mutation manag&#233;riale du syst&#232;me &#233;ducatif (autonomie des &#233;tablissements, partenariats locaux, diversification locale, culture de l'&#233;valuation, renforcement du pouvoir des chefs d'&#233;tablissement) sans aucun bilan des cons&#233;quences r&#233;elles de vingt ans d'avanc&#233;e dans cette direction et sans aucune mention du refus de cette m&#234;me voie par une majorit&#233; de participants au cours du d&#233;bat national [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus frappant sans doute - et ce en quoi le rapport va exactement &#224; contre sens du mouvement du Printemps de 2003 et du contenu du d&#233;bat n'est pas l&#224;. A l'oppos&#233; de cette reconnaissance politique et symbolique de l'Ecole et de ses valeurs, demand&#233;e par les enseignants et nombre de citoyens, il t&#233;moigne d'un esprit technocratique dont les manifestations, quand elles sont explicites, sont particuli&#232;rement remarquables. Ainsi peut-on lire que &#034; le projet &#233;ducatif de l'Ecole n'est plus, comme hier, port&#233; par un volontarisme politique arrim&#233; &#224; une conception ambitieuse de la Nation et du Progr&#232;s &#034;. Ce qui sonne comme un constat, et qui a son &#233;vidente validit&#233; au regard des politiques scolaires men&#233;es depuis une quinzaine d'ann&#233;es, devient imm&#233;diatement une fatalit&#233; &#224; laquelle il faudrait s'adapter. Le &#034; projet &#233;ducatif &#034; devrait d&#233;sormais se passer d'un discours politique puissant et l'&#233;cole ne devrait compter que sur elle-m&#234;me ou, plus exactement, sur sa technostructure et ses nouveaux managers. Le rapport ajoute dans un impeccable sophisme qu'on doit consid&#233;rer que &#034; le discours classique sur les &#034; valeurs &#034; de l'Ecole semble avoir aujourd'hui atteint ses limites. Non pas que les valeurs r&#233;publicaines soient d&#233;pass&#233;es ou superflues - bien au contraire- mais elles ne constituent plus la clef d'une nouvelle dynamique des ambitions &#233;ducatives de l'Ecole &#034;. Le rapport n'explique pas imm&#233;diatement quelle est cette &#034; nouvelle dynamique &#034;, mais il avance un diagnostic fatal qui doit retenir l'attention : &#034; Car, loin d'&#234;tre en phase avec la culture de l'&#233;poque, l'Ecole semble se trouver avec elle en d&#233;calage croissant &#034; [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il, par un effort de grande ampleur, &#224; la fois politique, social et culturel, renverser l'ordre des valeurs ? Non, le &#034; volontarisme &#034; en politique est visiblement d&#233;pass&#233; selon les auteurs. Les analyses sociologiques de Fran&#231;ois Dubet, que l'on peut appr&#233;cier en tant que telles par ailleurs, (l'&#233;cole est soumise &#224; la fois &#224; une forte demande d'&#233;ducation en vue de la r&#233;ussite individuelle et elle est en m&#234;me temps contest&#233;e comme institution capable d'imposer ses propres normes) se convertissent en un constat d'impuissance et en une sorte de repli sur soi de l'&#233;cole [6]. Consid&#233;rant que le recours aux grands principes r&#233;publicains est une facilit&#233; incantatoire, le rapport soutient qu'il serait &#034; vain de chercher &#224; faire en sorte que la soci&#233;t&#233; adh&#232;re aux valeurs de l'Ecole, en esp&#233;rant qu'ainsi celle-ci aille mieux. Peut-&#234;tre est-il plus opportun de jouer la carte d'une acceptation tranquille de sa singularit&#233; : il conviendrait alors de r&#233;fl&#233;chir aux &#233;volutions internes qui pourraient lui permettre de garder malgr&#233; tout le cap de ses n&#233;cessaires ambitions. L'essentiel r&#233;side sans doute davantage dans la qualit&#233; du fonctionnement de l'Ecole que dans le degr&#233; d'adh&#233;sion de la soci&#233;t&#233; &#224; ses valeurs &#034; [7]. C'est sans doute le passage cl&#233; du rapport Th&#233;lot, celui en tout cas qui exprime le mieux l'esprit qui est le sien : si, comme le suppose justement Fran&#231;ois Dubet, les causes de la crise de l'Ecole sont sociales, les rem&#232;des, quant &#224; eux, ne rel&#232;veraient que du &#034; fonctionnement &#034; et seraient par cons&#233;quent de nature strictement organisationnelle et p&#233;dagogique. D'une analyse sociologique, on passe donc &#224; la solution technocratique avec une assurance d&#233;concertante. Selon cette logique, &#224; l'extr&#234;me oppos&#233; de l'esprit sociologique, les solutions &#034; op&#233;ratoires &#034; sont &#224; comprendre dans le champ limit&#233; de l'identification organisationnelle des &#034; probl&#232;mes &#034;. Chaque institution est ainsi suppos&#233;e constituer un domaine d'action &#224; part, isolable dans sa &#034; singularit&#233;, &#034; toutes choses &#233;gales par ailleurs &#034;. Certes, on admettra volontiers, et conform&#233;ment &#224; l'esprit sociologique, que le &#034; fonctionnement &#034; institutionnel n'est pas &#233;tranger aux valeurs sociales, mais alors, comment esp&#233;rer que ce &#034; fonctionnement &#034; soit de plus en plus respectueux de valeurs r&#233;publicaines si celles-ci sont engag&#233;es dans la voie d'un in&#233;luctable effondrement et s'il n'est plus question de les promouvoir dans l'espace public ? A moins qu'on ne parle de &#034; nouvelles valeurs &#034; qui demanderaient &#224; &#234;tre dites, il y a l&#224;, on le voit, une impasse qui r&#233;duit la &#034; grande ambition &#034; de l'&#233;cole &#224; un colmatage d&#233;senchant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il n'est nullement &#233;vident que l'on ait &#224; renoncer &#224; toute volont&#233; politique et que l'on doive laisser l'&#233;cole &#224; sa &#034; singularit&#233; &#034;, autrement dit &#224; son immense et croissante solitude. Cette proposition est m&#234;me, osons le mot, un coup de force id&#233;ologique qui ne rel&#232;ve aucunement de la logique scientifique des faits dont se r&#233;clame un certain nombre d'auteurs du rapport. Il suffit de penser aux ph&#233;nom&#232;nes de s&#233;gr&#233;gation spatiale qui commencent &#224; &#234;tre pris en compte dans les raisonnements sociologiques et politiques pour s'apercevoir qu'il serait suicidaire de laisser l'Ecole &#224; sa &#034; singularit&#233; &#034;, dans une pure strat&#233;gie d'adaptation &#224; &#034; la diversit&#233; des publics &#034; ou d'ouverture, sous la forme de partenariats, avec &#034; l'environnement &#233;conomique &#034;. D'ailleurs le rapport, et c'est son m&#233;rite, est bien oblig&#233;, m&#234;me si c'est en contradiction avec son fatalisme &#034; sociologique &#034;, d'en appeler &#224; une certaine volont&#233; politique en mati&#232;re de &#034; mixit&#233; sociale &#034;. Le coup de force en question est d'autant plus manifeste qu'il est la n&#233;gation m&#234;me de la prise de parole des enseignants, des &#233;l&#232;ves et des parents qui, &#224; chaque mobilisation puissante depuis une vingtaine d'ann&#233;es, appellent la &#034; soci&#233;t&#233; &#034; et ses repr&#233;sentants &#224; ne pas laisser l'Ecole seule face &#224; des questions, qui, en derni&#232;re instance, sont proprement sociales et supposent pour les traiter un engagement politique &#224; leur mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appliquer en urgence la politique europ&#233;enne de l'&#233;ducation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc la &#034; nouvelle dynamique &#034; qui devrait inspirer d&#233;sormais la politique &#233;ducative fran&#231;aise ? La volont&#233; politique est-elle aussi absente qu'on pourrait le croire en lisant certains passages du rapport ? En r&#233;alit&#233;, l'un des caract&#232;res de ce dernier aussi bien que de la loi Fillon tient pr&#233;cis&#233;ment au glissement progressif vers le nouveau centre de gravit&#233; des politiques &#233;ducatives qu'est l'Union europ&#233;enne. L'insistance pour &#034; accrocher &#034; la r&#233;forme pr&#233;conis&#233;e &#224; la &#034; Strat&#233;gie de Lisbonne &#034; est particuli&#232;rement significative &#224; cet &#233;gard. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le rapport Th&#233;lot et la loi d'orientation se pr&#233;sentent comme des applications dans l'espace national des choix politiques d&#233;terminants (mais encore mal connus par l'opinion publique) en faveur d'une &#034; Europe de l'&#233;ducation et de la formation &#034; [8]. Le projet de loi d'orientation souligne en ce sens que &#034; l'appartenance de la France &#224; l'Europe de la connaissance et de la culture est &#224; la fois un acquis et un nouveau d&#233;fi pour notre pays. (...) &#034; Apr&#232;s avoir rappel&#233; la liste des &#034; objectifs de Lisbonne &#034;, le projet de loi indique que : &#034; A travers la pr&#233;sente loi d'orientation, la France s'attache &#224; porter la qualit&#233; de l'&#233;ducation et de la formation au niveau le plus &#233;lev&#233; pour tous ; &#224; donner aux personnes qui poss&#232;dent des qualifications, des connaissances et des comp&#233;tences la possibilit&#233; de les faire reconna&#238;tre effectivement dans toute l'Union europ&#233;enne ; &#224; permettre aux citoyens de tous &#226;ges d'acc&#233;der &#224; l'&#233;ducation et &#224; la formation tout au long de la vie. [9] &#034; Il va sans dire que l'analyse que l'on doit faire de cette dimension europ&#233;enne des projets de r&#233;forme n'implique aucune position a priori sur la n&#233;cessit&#233; d'une telle Europe de l'&#233;ducation. Elle engage plut&#244;t &#224; r&#233;fl&#233;chir sur l'obscurit&#233; qui entoure sa construction et sur la nature de son contenu, ins&#233;parable du caract&#232;re profond&#233;ment lib&#233;ral et utilitariste des principes qui la dirigent. Elle n'interdit pas non plus de r&#233;fl&#233;chir &#224; la possibilit&#233; d'une autre Europe de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les grandes lignes de la politique &#233;ducative europ&#233;enne. En mars 2000, pour r&#233;pondre au &#034; d&#233;fi &#233;conomique am&#233;ricain &#034;, le Conseil europ&#233;en de Lisbonne d&#233;cide de construire &#224; l'horizon 2010 &#034; l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance &#233;conomique durable, accompagn&#233;e d'une am&#233;lioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande coh&#233;sion sociale &#034; [10]. Cette orientation, inspir&#233;e a-t-on dit par Tony Blair, a donn&#233; lieu &#224; une d&#233;clinaison de trois grands objectifs strat&#233;giques, eux-m&#234;mes subdivis&#233;s en treize objectifs subordonn&#233;s. Ces trois objectifs majeurs rappel&#233;s dans le rapport Th&#233;lot consistent &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; am&#233;liorer la qualit&#233; et l'efficacit&#233; des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation dans l'UE ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; faciliter l'acc&#232;s de tous aux syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ouvrir ces syst&#232;mes au monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui s'opposerait &#224; des pr&#233;occupations aussi louables, surtout lorsque le constat est partout r&#233;p&#233;t&#233; que les pays europ&#233;ens ne doivent pas avoir de priorit&#233; plus importante que &#034; d'investir plus dans les ressources humaines &#034; en g&#233;n&#233;ral et dans l'&#233;ducation en particulier ? L'important n'est cependant pas dans les bonnes intentions mais dans l'esprit de cette politique &#233;ducative et dans ses cons&#233;quences pratiques. Il n'est pas lieu de faire ici une analyse exhaustive de la &#034; strat&#233;gie de Lisbonne &#034;. Soulignons simplement quelques points majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on un peu redondante, on doit d'abord souligner que la grande nouveaut&#233; de la politique europ&#233;enne d'&#233;ducation, est qu'elle est justement ...europ&#233;enne. Le niveau d&#233;sormais explicite d'&#233;laboration, de d&#233;finition, de prescription des axes ne se situe plus principalement au plan national mais au plan intergouvernemental, et ce, apparemment, en transgression des trait&#233;s europ&#233;ens qui placent l'&#233;ducation en dehors du champ de comp&#233;tences de l'Europe. Le niveau national est progressivement celui de l'application des orientations europ&#233;ennes et de leur acclimatation nationale selon les caract&#233;ristiques propres des soci&#233;t&#233;s et des syst&#232;mes d'&#233;ducation. Ce changement est consid&#233;rable, m&#234;me s'il est encore trop peu per&#231;u. De ce point de vue, le rapport Th&#233;lot et les attendus de la loi Fillon font &#339;uvre p&#233;dagogique en le rappelant, m&#234;me si c'est trop furtivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, mais ceci explique cela, cette politique europ&#233;enne de l'&#233;ducation est un chapitre de la politique de l'&#233;conomie et de l'emploi poursuivie par l'Union europ&#233;enne. L'&#233;ducation n'y est en effet consid&#233;r&#233;e que sous l'angle &#233;conomique, en tant que formation du capital humain indispensable &#224; l'&#233;conomie de la connaissance comp&#233;titive. Il suffit pour s'en rendre compte de citer l'un des tr&#232;s nombreux textes de la Commission ou du Conseil traitant de l'&#233;ducation. Dans l'un de ses tous derniers papiers, le Conseil commence ainsi une liste de &#034; dix messages cl&#233;s &#034; : &#034; les ressources humaines constituent la principale richesse de l'Union europ&#233;enne. Elles sont au c&#339;ur de la cr&#233;ation et de la transmission des connaissances et sont un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif du potentiel d'innovation de chaque soci&#233;t&#233;. L'investissement dans l'&#233;ducation et la formation est un facteur d&#233;terminant en mati&#232;re de comp&#233;titivit&#233;, de croissance durable et d'emploi dans l'Union et constitue de ce fait un pr&#233;alable pour atteindre les objectifs &#233;conomiques , sociaux et environnementaux que l'Union europ&#233;enne s'est fix&#233;s &#224; Lisbonne. De m&#234;me, il est essentiel de renforcer les synergies et la compl&#233;mentarit&#233; entre l'&#233;ducation et d'autres domaines d'action tels que l'emploi, la recherche et l'innovation et la politique macro-&#233;conomique &#034; [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique en mati&#232;re d'emploi de l'Union europ&#233;enne, qui vise &#224; augmenter le taux d'emploi des plus jeunes et des &#226;g&#233;s (d'o&#249; les r&#233;formes des retraites en Europe) et &#224; am&#233;liorer &#034; l'employabilit&#233; &#034; de tous les actifs, exige de rendre plus flexible le march&#233; du travail en dotant chaque actif des moyens de s'adapter aux mutations acc&#233;l&#233;r&#233;es de la structure et de la nature des emplois dans les ann&#233;es &#224; venir (acc&#233;l&#233;ration qui est pos&#233;e comme indissociable de la strat&#233;gie d'innovation syst&#233;matique propre &#224; &#034; l'&#233;conomie de la connaissance &#034;). Les syst&#232;mes &#233;ducatifs ont donc pour mission prioritaire de lutter contre les sorties scolaires pr&#233;coces de jeunes sans bagage de comp&#233;tences suffisant pour acc&#233;der &#224; l'emploi et de s'inscrire dans une perspective de &#034; formation tout au long de la vie &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes &#233;ducatifs doivent &#233;galement contribuer &#224; la cr&#233;ation acc&#233;l&#233;r&#233;e d'un march&#233; libre de la main d'&#339;uvre en Europe, r&#233;gi par le seul principe de la concurrence [12]. Ce qui suppose non seulement l'uniformisation des dipl&#244;mes universitaires, telle qu'elle est engag&#233;e depuis 1999 ( &#034; processus de Bologne &#034;), mais &#233;galement, comme on le voit de fa&#231;on plus pr&#233;cise aujourd'hui, la mise en conformit&#233; de tous les &#233;tages du syst&#232;me scolaire sous la forme d'un socle commun de comp&#233;tences cl&#233;s &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne que tous les futurs citoyens de l'Union doivent poss&#233;der. Le Conseil europ&#233;en de Barcelone (2002) a &#233;t&#233; l'occasion de d&#233;terminer des m&#233;thodes de travail pour acc&#233;l&#233;rer la mise en &#339;uvre des objectifs de Lisbonne. Les Etats membres se sont engag&#233;s mutuellement sur ces objectifs et sur des &#034; m&#233;thodes de coordination &#034; faisant appel au &#034; benchmarking &#034; (comparaison intergouvernementale des niveaux de r&#233;f&#233;rence) destin&#233;es &#224; mettre en &#339;uvre cette d&#233;cision strat&#233;gique. Toujours dans la m&#234;me logique, les membres de l'Union sont press&#233;s aujourd'hui par la Commission de faire des r&#233;formes urgentes pour acc&#233;l&#233;rer &#034; la strat&#233;gie de Lisbonne &#034; [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#034; socle de comp&#233;tences cl&#233;s &#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait &#233;videmment trop long, quoique int&#233;ressant, de chercher comment toutes les pr&#233;conisations europ&#233;ennes trouvent leurs modes sp&#233;cifiques d'application en France et ailleurs. Regardons un seul point, d&#233;cisif certes, de ces orientations : la d&#233;finition du &#034; socle de comp&#233;tences &#034;. On a justement critiqu&#233; la d&#233;rive utilitariste et communicationnelle qu'elle enfermait. On a montr&#233; qu'elle conduisait &#224; d&#233;terminer non la &#034; culture commune &#034; mais la &#034; culture du pauvre &#034; du seul fait que cette d&#233;finition coupait les comp&#233;tences en question d'un acc&#232;s &#224; la culture pour tous. Mais d'o&#249; vient cette d&#233;finition ? A quelle logique correspond-elle ? L'&#233;trange et inqui&#233;tant &#034; aveuglement sociologique &#034; dont parle justement Jean-Yves Rochex trouve son fondement intellectuel et politique dans la litt&#233;rature et dans les instances qui inspirent et d&#233;finissent les axes majeurs des politiques &#233;ducatives &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en avoir une petite id&#233;e, il suffirait de comparer les diverses versions du &#034; socle de comp&#233;tences cl&#233;s &#034; et d'&#233;valuer ainsi le degr&#233; de correspondance entre les prescriptions europ&#233;ennes et les orientations de la r&#233;forme propos&#233;e en France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseil europ&#233;en Rapport Th&#233;lot Projet Fillon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; communication dans la langue maternelle et dans les langues &#233;trang&#232;res langue maternelle fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; connaissances en math&#233;matiques math&#233;matiques math&#233;matiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; communication dans les langues &#233;trang&#232;res anglais de communication internationale une langue vivante &#233;trang&#232;re (capacit&#233; de base &#224; communiquer)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aptitudes en TIC ma&#238;trise des NTIC technologies de l'information(ordinateur et internet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; comp&#233;tences interpersonnelles et civiques vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Formation de la personne et &#233;ducation du citoyen culture de base pour exercer notre citoyennet&#233; (culture civique et historique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; comp&#233;tences de base en sciences et en technologie et sensibilisation &#224; la culture. culture de base pour comprendre notre environnement (culture scientifique et technique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; esprit d'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit &#224; ce simple travail de comparaison que l'originalit&#233; des propositions de la Commission Th&#233;lot et celle de la loi Fillon est assez limit&#233;e. Si l'on critique &#224; juste titre la d&#233;marche du &#034; socle &#034; en soulignant le caract&#232;re fort peu d&#233;mocratique d'une conception aussi pauvre de la culture commune, il faut aussi s'interroger sur la nature, les motifs et les effets de la politique europ&#233;enne d'&#233;ducation et de formation, laquelle n'est pas s&#233;parable de la nature, des motifs et des effets de la construction d'une Europe fond&#233;e sur l'extension du march&#233; et le respect du principe de concurrence, en particulier en mati&#232;re de march&#233; du travail. Le rapport Th&#233;lot de ce point de vue ne cachait pas vraiment les enjeux de ce socle de comp&#233;tences : &#034; le syst&#232;me &#233;ducatif doit pr&#233;parer les &#233;l&#232;ves &#224; se mouvoir dans l'espace politique et &#233;conomique europ&#233;en [15] &#034;. C'est cette exigence de &#034; mobilit&#233; professionnelle dans l'espace europ&#233;en &#034; qui justifiait l'instauration de l'apprentissage universel de &#034; l'anglais de communication internationale &#034;. Le projet de F.Fillon affirme dans le m&#234;me sens qu' &#034; &#224; travers la pr&#233;sente loi d'orientation, la France(...) :oeuvrera avec ses partenaires pour rendre les syst&#232;mes &#233;ducatifs suffisamment compatibles pour que les citoyens puissent passer de l'un &#224; l'autre et profiter de leur diversit&#233; &#034;. En d'autres termes, &#034; l'adaptation &#224; la diversit&#233; des &#233;l&#232;ves &#034; n'est jamais que la cons&#233;quence du choix &#233;conomique absolument fondamental de doter les actifs europ&#233;ens du bas de l'&#233;chelle professionnelle d'un &#034; code de base &#034; suppos&#233;e n&#233;cessaire &#224; leur employabilit&#233; et &#224; leur mobilit&#233; sur un march&#233; de l'emploi compl&#232;tement ouvert &#224; la concurrence en Europe. La D&#233;claration de Copenhague sur la formation professionnelle (novembre 2002) a par ailleurs propos&#233; les pistes &#224; suivre pour acc&#233;l&#233;rer l'unification du march&#233; du travail (uniformisation du curriculum vitae, meilleures &#034; transparence, comparabilit&#233; et transf&#233;rabilit&#233; des qualifications et comp&#233;tences &#224; tous les niveaux en Europe &#034;, sous la forme en particulier d'un certificat de valeur professionnelle valable dans toute l'Union).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette conception de la construction du march&#233; du travail europ&#233;en que se d&#233;duisent les caract&#232;res minimalistes et strictement utilitaristes du socle scolaire dans lequel une &#034; sensibilisation &#224; la culture &#034; para&#238;t bien suffire pour les salari&#233;s &#034; relationnels &#034; et &#034; communicationnels &#034; de l'Europe de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duction des co&#251;ts et privatisation rampante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parvenir &#224; fournir un &#034; capital humain &#034; aux entreprises europ&#233;ennes sur un march&#233; unifi&#233;, il convient dans chaque cas national de mettre l'accent sur des &#034; cibles prioritaires &#034;, la priorit&#233; &#233;tant d&#233;termin&#233;e pr&#233;cis&#233;ment par le caract&#232;re exceptionnel ou anormal d'une situation nationale par rapport &#224; une moyenne europ&#233;enne. &#034; Toutes choses &#233;gales par ailleurs &#034;, si l'on constate par exemple que le &#034; niveau secondaire &#034; absorbe une part plus importante de la d&#233;pense d'&#233;ducation, il convient de la r&#233;duire et de red&#233;ployer &#233;ventuellement les &#233;conomies ainsi r&#233;alis&#233;es vers d'autres niveaux anormalement faibles [16]. C'est le sens, d'ailleurs explicite, de la loi d'orientation de Fran&#231;ois Fillon de diminuer les &#034; co&#251;ts &#034; de l'enseignement secondaire, &#034; effort courageux &#034; dont la cons&#233;quence premi&#232;re sera d'augmenter le temps et la charge de travail des enseignants tout en diminuant le &#034; poids &#034; financier qu'ils repr&#233;sentent pour le budget de l'Etat (all&#233;gement d&#233;j&#224; bien amorc&#233; par la r&#233;forme des pensions de retraite et la diminution importante du pouvoir d'achat des fonctionnaires), sans oublier la r&#233;duction de la quantit&#233; et de la diversit&#233; des cours propos&#233;s aux &#233;l&#232;ves [17]. Ces mesures affectant la situation des personnels s'accompagnent de compensations symboliques et peu co&#251;teuses, mais adapt&#233;es &#224; ce qu'on croit &#234;tre une sensibilit&#233; du corps professionnel et cens&#233;es par l&#224; m&#234;me apaiser l'amertume ou la col&#232;re du &#034; terrain &#034; (punitions collectives, poids dans les conseils de classe, r&#233;tablissement tout verbal de l'&#034; autorit&#233; &#034; des enseignants et libert&#233; p&#233;dagogique &#034; encadr&#233;e &#034; par les chefs d'&#233;tablissement). Mais la politique de r&#233;duction de l'effort financier consacr&#233; &#224; l'&#233;cole n'est-elle pas contradictoire avec l'id&#233;e selon laquelle les pays europ&#233;ens ont accumul&#233; beaucoup trop de retard sur leurs concurrents am&#233;ricain et japonais en mati&#232;re &#034; d' investissement dans les ressources humaines &#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 14 propositions du projet de la loi Fillon, de fa&#231;on tr&#232;s symptomatique, insistent pesamment sur la dimension de la charge financi&#232;re : &#034; en consacrant chaque ann&#233;e de l'ordre de 100 milliards d'&#8364; &#224; l'&#233;ducation (dont plus de 60milliards d'&#8364; pour le seul budget de l'&#201;ducation nationale, soit 23% du budget de l'&#201;tat), la France d&#233;pense pour la formation initiale 0,4% de PIB de plus que la moyenne des pays industrialis&#233;s (6% contre 5,6%) &#034;. Ce propos est &#233;tonnant du point de vue m&#234;me de la &#034; strat&#233;gie de Lisbonne &#034;. Que la France se situe dans la moyenne haute des pays de l'OCDE n'est pas infamant, &#224; un moment o&#249; l'OCDE recommande &#224; un pays comme l'Allemagne d'investir nettement plus dans son &#233;cole secondaire. Il semble &#233;galement oublier que des pays comme le Danemark, la Su&#232;de ou la Cor&#233;e ont des d&#233;penses &#233;ducatives sup&#233;rieures &#224; la France de pr&#232;s d'1% de PIB. C'est oublier encore que depuis 1993 la d&#233;pense d'&#233;ducation diminue relativement au PIB. De ce point de vue, la politique macro&#233;conomique restrictive de l'Europe, ainsi que la n&#233;cessit&#233; affich&#233;e de limiter les d&#233;ficits budg&#233;taires creus&#233;s par la r&#233;duction des imp&#244;ts en France, entrent en contradiction avec la volont&#233; d'augmenter sur le long terme les financements pour la formation du capital humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'actuel projet de loi cherche &#224; la fois une r&#233;duction globale des d&#233;penses publiques d'&#233;ducation et un red&#233;ploiement interne aux diff&#233;rents niveaux de l'enseignement au d&#233;triment du secondaire, ce qui peut expliquer la duret&#233; des mesures envisag&#233;es pour ce niveau. Le gouvernement fran&#231;ais se pr&#233;vaut pourtant l&#224; encore de la politique &#233;ducative europ&#233;enne, d'une fa&#231;on qu'on pourra trouver fort sp&#233;cieuse. L'argument veut que la d&#233;pense par &#233;l&#232;ve rapport&#233;e au PIB par habitant soit plus &#233;lev&#233;e en France que dans d'autres pays (elle est au niveau de Chypre et du Portugal). Selon la m&#233;thode des &#034; niveaux de r&#233;f&#233;rence &#034; ou &#034; benchmarks &#034;, cet &#233;cart &#224; la moyenne est donn&#233; comme une anomalie, d'autant que dans le m&#234;me temps l'enseignement sup&#233;rieur appara&#238;t comme sous-financ&#233; par rapport &#224; la moyenne europ&#233;enne [18]. Il est assez facile de rep&#233;rer combien cette m&#233;thode de comparaison reste assez grossi&#232;re, oublieuse qu'elle est de toute sp&#233;cificit&#233; historique et structurelle des syst&#232;mes &#233;ducatifs sans laquelle on ne comprend pas pr&#233;cis&#233;ment la structure des co&#251;ts. Il est particuli&#232;rement significatif que dans les pr&#233;sentations qui en sont donn&#233;es, le minist&#232;re omette les diff&#233;rences de d&#233;penses par &#233;l&#232;ve entre le coll&#232;ge et le lyc&#233;e, et surtout entre les diff&#233;rentes fili&#232;res de lyc&#233;e [19]. Mais surtout, la politique suivie, consistant ( dans le meilleur des cas) &#224; &#034; d&#233;shabiller Pierre pour habiller Paul &#034;, est &#233;videmment de courte vue : comment assurer l'expansion et la qualit&#233; des enseignements sup&#233;rieurs en appauvrissant l'enseignement secondaire ? L'Allemagne qui a une d&#233;pense par &#233;tudiant rapport&#233; au PIB par habitant sup&#233;rieure &#224; la France va-t-elle devoir appauvrir ses universit&#233;s pour re-financer son enseignement secondaire ? [20] Ce serait naturellement assez stupide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de l'Union et la Commission europ&#233;enne, s'ils encouragent l'augmentation de la d&#233;pense &#233;ducative et non sa diminution, puisqu'elle doit &#234;tre regard&#233;e comme un investissement et non comme un co&#251;t, invitent les Etats membres &#224; &#034; une concentration des investissements sur les domaines susceptibles de gagner en qualit&#233; et en ad&#233;quation et de donner de meilleurs r&#233;sultats en mati&#232;re &#233;ducative et &#224; une affectation des investissements fond&#233;e sur les besoins des personnes &#034;. A la &#034; r&#233;duction des poches d'inefficacit&#233; et &#224; la r&#233;orientation pertinente des ressources existantes vers l'&#233;ducation et la formation &#034;, il faut surtout,compte tenu des contraintes budg&#233;taires, susciter une &#034; contribution plus importante du secteur priv&#233;, en particulier dans l'enseignement sup&#233;rieur, la formation des adultes et la formation professionnelle continue &#034; [21]. Dans une communication de janvier 2003, la Commission s'exprimait ainsi : &#034; Bien que les pays de l'UE, comme les &#201;tats-Unis, consacrent en moyenne un peu plus de 5 % de leur PIB aux d&#233;penses publiques d'&#233;ducation et de formation, il existe toujours un net d&#233;ficit au niveau du financement priv&#233;. Si l'on reconna&#238;t que, dans le mod&#232;le social europ&#233;en, les sources priv&#233;es ont toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme un compl&#233;ment et non pas comme un remplacement du financement public, face aux nouveaux d&#233;fis de la mondialisation, un accroissement de celles-ci se r&#233;v&#232;le n&#233;cessaire. Le niveau du financement priv&#233; de l'&#233;ducation et de la formation constitue une diff&#233;rence majeure entre l'UE et les &#201;tats-Unis, qui ne cesse de s'aggraver. Les d&#233;penses priv&#233;es consacr&#233;es aux &#233;tablissements d'enseignement n'ont que tr&#232;s peu augment&#233; dans l'UE depuis 1995 (de 0,55 % &#224; 0,66 % du PIB environ), alors que l'on observe un niveau presque double au Japon (environ 1,2 % du PIB) et presque trois fois sup&#233;rieure aux &#201;tats-Unis (1,6 %) &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce recours &#224; la d&#233;pense priv&#233;e, qui suppose &#224; la fois l'augmentation des droits d'inscription et le d&#233;veloppement d'&#233;tablissements priv&#233;s, ne sera pas facile, note la Commission, du fait du &#034; mod&#232;le social europ&#233;en &#034; La Commission pr&#233;conise donc une approche &#224; la fois progressive et localis&#233;e : &#034; quant au moyen de mobiliser des ressources humaines et financi&#232;res suppl&#233;mentaires, la communication souligne l'importance de cr&#233;er une approche de partenariat avec les entreprises et les individus. Cela devrait se faire gr&#226;ce &#224; une gestion plus efficace des ressources existantes et &#224; une d&#233;centralisation au niveau r&#233;gional dans la gestion des ressources et des programmes. Cette d&#233;centralisation, qui devront s'accompagner d'une plus grande coordination entre les minist&#232;res nationaux, devront bien s&#251;r agir dans le respect de la dimension europ&#233;enne des d&#233;cisions d'investissement. &#034; [22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce volet de la privatisation de l'enseignement, politiquement tr&#232;s d&#233;licat, le projet de loi d'orientation fait plut&#244;t silence. Comment en effet aller &#224; l'encontre de l'opinion, comment risquer une nouvelle mobilisation des &#233;tudiants et des &#233;l&#232;ves ? Faute de pouvoir imm&#233;diatement compter sur des ressources priv&#233;es pour le sup&#233;rieur, le choix strat&#233;gique a donc apparemment consist&#233; &#224; baisser les ressources publiques affect&#233;es aux autres niveaux. A moins que cela ne soit un moyen indirect, du fait de la d&#233;gradation du service public qui va s'ensuivre, d'aider &#224; la privatisation de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un copier/coller g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le europ&#233;en d' &#034; &#233;cole flexible, efficace et ouverte &#034;, &#233;labor&#233; depuis longtemps par l'OCDE et certains lobbies patronaux, correspond au moins &#224; trois s&#233;ries de pr&#233;occupations : la baisse des co&#251;ts dans les budgets nationaux qui passe &#224; la fois par la diminution des charges salariales, le transfert de certaines charges sur les m&#233;nages, la baisse des exigences scolaires et l'externalisation de la formation vers des &#034; partenaires &#034; ; la &#034; r&#233;activit&#233; &#034; des syst&#232;mes &#233;ducatifs aux besoins des entreprises, qui suppose que les &#233;tablissements scolaires rapprochent leur fonctionnement de celui des entreprises ; la socialisation pr&#233;coce des futurs salari&#233;s par les &#034; milieux professionnels &#034;. On pourrait montrer sous d'autres aspects combien le rapport Th&#233;lot et la loi Fillon s'inscrivent assez fid&#232;lement dans le cadre de ces orientations europ&#233;ennes. La &#034; flexibilisation &#034; exig&#233;e se traduit par exemple par la personnalisation des parcours scolaires ; la diversification des voies ; la contractualisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e depuis l'&#233;l&#232;ve jusqu'au Minist&#232;re en passant par les &#233;tablissements ; la flexibilit&#233; horaire et la polyvalence des personnels. &#034; L'ouverture sur l'environnement &#034; se lit sans doute dans la g&#233;n&#233;ralisation des partenariats ; l'ouverture &#224; l'entreprise par la d&#233;couverte professionnelle et la diffusion de &#034; l'esprit d'entreprise &#034;(pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; un enseignement th&#233;orique de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;) [23] : le co-pilotage renforc&#233; avec les collectivit&#233;s territoriales, sp&#233;cialement en mati&#232;re d'orientation ; le renforcement des liens avec la justice, la police et les services de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit &#224; cette d&#233;clinaison, la France n'est pas aussi en retard qu'on le dit parfois, mais elle a encore du chemin &#224; faire pour atteindre les objectifs fix&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#233;galement ajouter qu'il convient partout d'acclimater la ligne commune en Europe aux r&#233;alit&#233;s locales et de r&#233;pondre aussi sur le plan moral et &#034; communicationnel &#034; aux imp&#233;ratifs de &#034; coh&#233;sion sociale &#034;. L'un des volets des r&#233;formes propos&#233;es vise &#224; renforcer le r&#244;le de l'&#233;cole dans l'imposition des valeurs morales en d&#233;sh&#233;rence, sans trop se pr&#233;occuper d'ailleurs des contradictions entre l'universalisation du principe de concurrence dans les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes et la destruction des significations collectives partag&#233;es que cette m&#234;me universalisation engendre. C'est d&#233;sormais &#224; cet usage essentiellement &#034; moralisateur &#034; qu'est convoqu&#233;e une rh&#233;torique r&#233;publicaine qui tourne &#224; vide. Il faudrait souligner encore que, si la droite fran&#231;aise, &#224; l'instar des autres gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux, articule de fa&#231;on toujours plus nette la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie et la p&#233;nalisation renforc&#233;e de la soci&#233;t&#233;, elle n'oublie pas l'&#233;cole dans l'application de sa double r&#233;f&#233;rence au march&#233; et &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2003, la mise en sc&#232;ne de la pr&#233;paration de la loi d'orientation a constitu&#233; un spectacle &#224; la fois long et r&#233;p&#233;titif. On aurait pu penser qu'il ne s'agissait que d'enliser puis d'enterrer le mouvement social de 2003 en faisant appel &#224; d'autres sources de l&#233;gitimit&#233; que celles des professionnels et des parents d'&#233;l&#232;ves. Le triple recours &#224; l'opinion publique (le grand d&#233;bat), &#224; la communaut&#233; d'experts (la Commission Th&#233;lot) et enfin &#224; la repr&#233;sentation nationale (loi d'orientation) a contribu&#233; &#224; d&#233;poss&#233;der les enseignants de toute prise sur la d&#233;finition des politiques &#224; mener. Mais la th&#233;&#226;tralisation a des effets de croyance qui d&#233;passent les conflits r&#233;cents. On peut &#233;mettre l'hypoth&#232;se suivante : rendre compl&#232;tement explicite la translation de la politique scolaire nationale au niveau europ&#233;en et exposer clairement la signification essentiellement &#233;conomique des r&#233;formes men&#233;es dans un esprit lib&#233;ral (all&#233;ger les co&#251;ts, augmenter l'employabilit&#233;, unifier le march&#233; du travail europ&#233;en) n'est pas aujourd'hui tout &#224; fait possible en France, tant l'ancrage des questions d'&#233;cole dans les coordonn&#233;es culturelles et politiques nationales est encore fort. Cela n'emp&#234;che pas les petits pas et les demi aveux, telle la relativisation, dans le rapport Th&#233;lot, des &#034; valeurs r&#233;publicaines &#034; au nom d'une &#034; nouvelle dynamique du projet &#233;ducatif &#034;, et l'abandon dans la loi Fillon de la grande ambition de l'&#233;cole pour tous sous le pr&#233;texte de la diversit&#233; des go&#251;ts et des talents des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que &#034; l'agenda &#034; du rapport Th&#233;lot et de la loi Fillon sur l'&#233;cole est sans doute beaucoup plus d&#233;termin&#233; par la &#034; strat&#233;gie de Lisbonne &#034; et la contribution que doit y apporter l'&#233;ducation que par une quelconque volont&#233; populaire. Mais on aurait pourtant mauvaise gr&#226;ce &#224; reprocher &#224; Claude Th&#233;lot ou &#224; Fran&#231;ois Fillon d'avoir pratiqu&#233; un copier/coller sur les documents europ&#233;ens. Ils n'ont fait en r&#233;alit&#233; que suivre le chemin dans lequel les diff&#233;rents gouvernements fran&#231;ais de gauche comme de droite se sont engag&#233;s depuis longtemps, celui de la construction d'une Europe d'inspiration tr&#232;s lib&#233;rale au sein de laquelle la connaissance devrait &#234;tre regard&#233;e principalement comme un facteur &#233;conomique au service de la comp&#233;titivit&#233;. Comment leur reprocher de mettre en &#339;uvre une politique apparemment aussi consensuelle ? Mais s'il faut &#234;tre cons&#233;quent jusqu'au bout, il faut &#233;galement ajouter que l'Europe n'a pas non plus fait preuve d'une grande originalit&#233; dans le mod&#232;le lib&#233;ral et utilitariste d'&#233;cole qu'elle propose. Il y a beau temps que les grandes organisations &#233;conomiques et financi&#232;res internationales (OCDE et Banque mondiale en t&#234;te) en ont dessin&#233; le visage. Si d&#233;bat v&#233;ritable il doit y avoir un jour, il devrait porter plus que jamais sur le &#034; nouvel ordre &#233;ducatif mondial &#034; qui s'impose de fa&#231;on progressive et par de multiples voies en Europe et en France [24].&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Publi&#233; en octobre 2004 sous le titre &#034; Pour la r&#233;ussite de tous les &#233;l&#232;ves &#034;. Ce rapport a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; parall&#232;lement &#224; la mise en place d'un &#034; grand d&#233;bat national &#034; et &#224; la parution d'une synth&#232;se ( &#034; Miroir du d&#233;bat &#034;) en avril 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Cf. Jean-Yves Rochex, &#034; Une logique de renoncement &#034;, L'U.S, sup. au n&#176;608, p. 45. Dans le m&#234;me esprit, cf. les analyses critiques de Nathalie Duceux, Education du rapport Th&#233;lot &#224; la loi Fillon, Nico Hirtt, Th&#233;lot ou l'&#233;cole de la reproduction, de Samuel Johsua et Nathalie Duceux, Le rapport Th&#233;lot et la fin du droit &#233;galitaire &#224; l'&#233;ducation et de Jean-Yves Mas &#034; Commentaires critiques du (pr&#233;) rapport Th&#233;lot &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Rapport, p. 25.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Cf. par exemple, Rapport p. 45. Cf &#233;galement, p.103 et 104.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Rapport, p.36.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Cf. Rapport, p. 36.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Rapport, p. 37.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Rapport, p.21.&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Cf Projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'&#233;cole, p. 24.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] La citation est reprise dans le Rapport Th&#233;lot et dans le projet de loi d'orientation.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Conseil de l'Union europ&#233;enne, Education et formation 2010, l'urgence des r&#233;formes pour r&#233;ussir la strat&#233;gie de Lisbonne, mars 2004, p. 4.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] La &#034; circulaire Bolkestein &#034; sur la libre circulation des travailleurs des services en Europe n'est qu'une des pi&#232;ces de la strat&#233;gie. Cf. Philippe Ricard, &#034; La lib&#233;ralisation des services se heurte &#224; de fortes r&#233;ticences &#034;Le Monde, 30 novembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Le m&#234;me document formulait ainsi son attente : &#034; en vue de contribuer aux objectifs de Lisbonne, le rythme des r&#233;formes des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation doit &#234;tre acc&#233;l&#233;r&#233;. Il faut que &#034; Education et formation 2010 &#034; soit d&#251;ment pris en compte dans la formulation des politiques nationales &#034; (p. 6). C'est aussi le sens du r&#233;cent rapport de Wim Kok, Relever le d&#233;fi, la strat&#233;gie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi, novembre 2004, qui propose de rendre plus contraignante encore la mise en &#339;uvre des objectifs de Lisbonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Il faudrait naturellement examiner le rapport entre cette d&#233;finition des comp&#233;tences et le r&#244;le des enqu&#234;tes PISA de l'OCDE.&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Rapport, p. 22.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Cf.Conseil de l'Union europ&#233;enne, doc.cit., p. 42.&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Cf., Les consid&#233;rants pr&#233;alables aux &#034; 14 propositions de F. Fillon &#034;sur le site du Minist&#232;re de l'Education nationale. Que ces objectifs ne soient pas tous compatibles entre eux ainsi qu'avec les pr&#233;conisations de l'Union europ&#233;enne, cela va de soi. Au vu des &#233;l&#233;ments avanc&#233;s par le minist&#232;re, la concentration des r&#233;ductions de moyens sur le niveau secondaire risque de se traduire &#233;galement par une remise en cause tr&#232;s profonde de l'existence de certaines disciplines, parmi lesquelles les sciences &#233;conomiques et sociales, dont l'esprit n'est gu&#232;re conforme au main stream europ&#233;en.&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] Comme le rappelle la Commission, l'Union europ&#233;enne investit moins dans l'enseignement sup&#233;rieur que les Etats-Unis, lesquels d&#233;pensent plus de deux fois plus par &#233;tudiant que l'Union europ&#233;enne. Par rapport au PIB, la moyenne de l'UE n'est que de 1,1 % consacr&#233; &#224; l'enseignement sup&#233;rieur contre 2,3 % aux &#201;tats-Unis. L'&#233;cart de financement dans ce domaine est encore plus marqu&#233; que dans la recherche et d&#233;veloppement, o&#249; les chiffres sont de 1,9 % du PIB dans l'UE, contre 2,7 % aux &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] Cf. Minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale, Rep&#232;res et r&#233;f&#233;rences statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, 2004, p. 277.&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] Cf Conseil de l'Union europ&#233;enne, op.cit.,annexes p. 42.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Ibid., p. 22.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] Communication de la Commission du 10 janvier 2003, Investir efficacement dans l'&#233;ducation et la formation : un imp&#233;ratif pour l'Europe , COM(2002) 779.&lt;br class='autobr' /&gt;
[23] L'un des objectifs europ&#233;ens est de cr&#233;er une &#034; soci&#233;t&#233; entrepreneuriale &#034; ou une &#034; soci&#233;t&#233; d'entreprises &#034;, ce qui impose de diffuser &#034; l'esprit d'entreprise &#034; dans tous les syst&#232;mes &#233;ducatifs. Un document du Conseil europ&#233;en d&#233;finit ainsi cet &#034; esprit &#034; : &#034; l'esprit d'entreprise ne se limite pas &#224; l'activit&#233; commerciale, c'est aussi un esprit actif et r&#233;actif que la soci&#233;t&#233; dans son ensemble se doit de valoriser et dans lequel elle doit investir. Aussi les &#233;tablissements d'&#233;ducation et de formation devraient-ils stimuler les comp&#233;tences des apprenants et leur esprit d'entreprise tout au long de leur parcours d'&#233;ducation et de formation &#034; Ils devraient &#233;galement &#034; permettre l'acquisition des comp&#233;tences n&#233;cessaires pour cr&#233;er et g&#233;rer une entreprise &#034;, ce qui explique la proposition d'une option &#034; de gestion des entreprises &#034; en classe de 1ere ES (Cf. Rapport du conseil &#233;ducation sur les objectifs concrets futurs des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de formation, 2001 p. 14). Cet objectif permet de retraduire syst&#233;matiquement les m&#233;thodes et pratiques p&#233;dagogiques en une logique nouvelle : &#034; les Etats membres devraient (...) promouvoir davantage les comp&#233;tences entrepreneuriales : la cr&#233;ativit&#233; et l'esprit d'initiative devraient s'ensuivre et se fonder sur une approche transdisciplinaire. Il conviendrait aussi dans cette optique, de donner aux &#233;coles les moyens de mener des activit&#233;s favorisant les attitudes et comp&#233;tences entrepreneuriales &#034;( Conseil de l'Union europ&#233;enne, doc. cit, mars 2004, p. 25).&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] Cf. Christian Laval et Louis Weber (coord.), Le nouvel ordre &#233;ducatif mondial, Syllepse/Nouveaux Regards, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site de l'APED)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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