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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Frais de scolarit&#233;, endettement &#233;tudiant et universit&#233; commerciale</title>
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		<dc:date>2012-03-14T11:50:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec la rentr&#233;e coll&#233;giale et universitaire, l'&#233;ternel d&#233;bat sur les frais de scolarit&#233; refait la une. Pendant que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois r&#233;cidive avec une augmentation des frais universitaires, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'Am&#233;rique, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants tentent d'en finir avec un syst&#232;me d'&#233;ducation bas&#233; sur des frais &#233;lev&#233;s et l'endettement individuel. Un petit voyage au Chili donne un avant-go&#251;t de la recette que les politiciens lib&#233;raux mijotent &#224; feu doux. &lt;br class='autobr' /&gt; La mobilisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la rentr&#233;e coll&#233;giale et universitaire, l'&#233;ternel d&#233;bat sur les frais de scolarit&#233; refait la une. Pendant que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois r&#233;cidive avec une augmentation des frais universitaires, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'Am&#233;rique, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants tentent d'en finir avec un syst&#232;me d'&#233;ducation bas&#233; sur des frais &#233;lev&#233;s et l'endettement individuel. Un petit voyage au Chili donne un avant-go&#251;t de la recette que les politiciens lib&#233;raux mijotent &#224; feu doux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mobilisation &#233;tudiante a pris le Chili d'assaut depuis six mois. Une gr&#232;ve &#233;tudiante in&#233;dite perdure depuis plus de six mois en faveur d'une &#233;ducation publique gratuite et de qualit&#233;. Aux occupations par centaines des &#233;tablissements secondaires et universitaires, se sont ajout&#233;es de multiples manifestations r&#233;unissant des centaines de milliers de personnes. &#192; la fois universitaires, &#233;tudiants techniques et &#233;l&#232;ves du secondaire s'unissent dans un objectif commun. L'&#233;tendard de l'&#233;ducation publique de qualit&#233; a ouvert la voie &#224; une vaste remise en question du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; marqu&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme depuis la dictature (1973-1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; mobilisation &#233;tudiante &#187; a pris tellement d'ampleur que certains parlent d'un &#171; mouvement social pour l'&#233;ducation &#187;. Ce sont quarante manifs &#233;tudiantes cette ann&#233;e lors desquelles de nombreux professeurs, de jeunes ch&#244;meurs, des retrait&#233;s, des familles avec leurs enfants et des fonctionnaires se m&#234;lent en grand nombre aux &#233;tudiants. Les 24 et 25 aout, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des syndicats a additionn&#233; des forces sociales aux demandes &#233;tudiantes, en plus d'&#233;largir la revendication du bien commun public &#224; d'autres sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; : renationalisation du cuivre, meilleur syst&#232;me de sant&#233; public, et une nouvelle Constitution. On assiste au Chili aux plus grandes manifestations sociales depuis la fin de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une privatisation cuisin&#233;e &#224; feu doux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me ou, mieux dit, le march&#233; de l'&#233;ducation chilien, bas&#233; sur l'entreprise priv&#233;e et le financement individuel, a entrain&#233; un renforcement des in&#233;galit&#233;s sociales, des dettes astronomiques pour les familles et une &#233;ducation de mauvaise qualit&#233;. Les frais de scolarit&#233; au Chili sont les plus &#233;lev&#233;s de l'OCDE, apr&#232;s ceux des &#201;tats-Unis, mais les salaires des professionnels sont environ quatre fois moins &#233;lev&#233;s que dans les pays du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chili a adopt&#233;, sous la dictature de Pinochet, un syst&#232;me d'&#233;ducation ultra lib&#233;ral. On a d'abord assist&#233; au d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me d'&#233;ducation nationale, par la municipalisation. Autrefois d&#233;pendantes directes du minist&#232;re de l'&#201;ducation, les &#233;coles primaires et secondaires sont pass&#233;es sous la juridiction des municipalit&#233;s. Le Minist&#232;re n'assure plus l'assignation des ressources de mani&#232;re centrale. En cons&#233;quence, la qualit&#233; de l'&#233;ducation d&#233;pend donc des ressources et de la petite politique locale dans chaque municipalit&#233;. Le syst&#232;me consacre les disparit&#233;s abyssales entre les communes les plus riches et les plus pauvres. Cela a renforc&#233; la course vers les coll&#232;ges priv&#233;s subventionn&#233;s. Les &#233;l&#232;ves mobilis&#233;s y d&#233;noncent aujourd'hui les projets particuliers aux vis&#233;es marchandes et les profits que les propri&#233;taires font &#224; m&#234;me les subventions &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau universitaire, l'Universit&#233; du Chili a &#233;t&#233; sous-divis&#233;e en plusieurs entit&#233;s autonomes r&#233;gionales. Oblig&#233;es &#224; s'autofinancer, les universit&#233;s de l'&#201;tat ont d&#251; se tourner vers des frais de scolarit&#233; pour compenser le retrait des subventions &#233;tatiques. Quant au secteur technique, il a &#233;t&#233; tout simplement privatis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements post dictature ont poursuivi le mod&#232;le en r&#233;duisant progressivement le financement des universit&#233;s publiques et augmentant les avantages fiscaux et r&#233;glementaires pour les institutions priv&#233;es. Par ailleurs, le gouvernement a activement encourag&#233; le d&#233;veloppement d'entreprises priv&#233;es d'&#233;ducation &#224; tous les niveaux : primaire, secondaire, technique et universitaire. Sous le couvert du dogme de la &#171; libert&#233; d'enseignement &#187;, les &#233;tablissements &#224; but lucratif ont envahi le paysage chilien. La logique du march&#233; en pleine croissance a &#233;tabli une comp&#233;tition malsaine dans laquelle la recherche de client&#232;le et de profit est en train de supplanter les objectifs acad&#233;miques des &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant prestigieux, le r&#233;seau universitaire public est aujourd'hui min&#233; par le retrait financier de l'&#201;tat et la comp&#233;tition commerciale d'institutions priv&#233;es. L'&#201;tat n'assume plus qu'un r&#244;le subventionnaire dans un &#171; march&#233; &#187; qui est cens&#233; s'autor&#233;guler. L'abandon d'un projet ou d'une planification nationale est bien visible : la d&#233;valorisation de la formation des techniciens et leur orientation &#224; des cr&#233;neaux trop &#233;troits d'une part, la surench&#232;re des formations universitaires et le sous-financement de la recherche d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me insoutenable pour les &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la droite qu&#233;b&#233;coise argumentent que le syst&#232;me de pr&#234;ts et bourses peut compenser la hausse des frais. Les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes mettent en garde contre le lourd fardeau de l'endettement &#233;tudiant. Qu'en est-il au Chili ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre l&#232;gue de la dictature chilienne, c'est l'id&#233;e selon laquelle &#171; l'&#233;ducation est la responsabilit&#233; des familles &#187;. Le libre-choix du &#171; consommateur &#187; est cens&#233; contr&#244;ler &#224; lui seul la qualit&#233; et l'orientation des coll&#232;ges et des universit&#233;s. Mais aussi et surtout, la responsabilit&#233; individuelle doit pr&#233;valoir dans le financement de l'&#233;ducation. L'&#201;tat ne fournit que 25 % des d&#233;penses en &#233;ducation universitaire, alors que dans les pays de l'OCDE (dont le Chili est devenu membre r&#233;cemment) la moyenne est un financement &#224; hauteur de 85 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'assurer l'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; et en augmenter l'achalandage, le gouvernement a mis en place, dans les ann&#233;es 2000, un cr&#233;dit d'&#233;tude garanti par l'&#201;tat. En faisant porter l'ensemble du fardeau sur les &#233;paules des &#233;tudiants, l'&#201;tat &#233;vite ainsi l'obligation d'investir &#224; m&#234;me ses ressources. Un n&#233;goce qui a profit&#233; largement aux banques, dont les taux fr&#244;lent l'usure : 6 &#224; 7 % d'int&#233;r&#234;t r&#233;el sur les pr&#234;ts &#233;tudiants. Les universit&#233;s priv&#233;es en ont profit&#233; pour augmenter leurs frais de scolarit&#233; en fl&#232;che depuis quelques ann&#233;es. Ces derni&#232;res investissent dix fois plus en publicit&#233; pour attirer les clients potentiels qu'en bourses d'&#233;tudes. &#171; Achetez le r&#234;ve de l'universit&#233;&#8230; payez plus tard ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des dettes faramineuses, les jeunes travailleurs, dont 40 % n'ont m&#234;me pas atteint le dipl&#244;me, paient souvent la moiti&#233; de leur salaire en remboursement. Le d&#233;crochage et l'augmentation du temps de travail sont devenus des enjeux majeurs chez les jeunes. Fr&#233;quemment, les jeunes dans la vingtaine conjuguent &#224; la fois des &#233;tudes et un emploi &#224; temps plein &#8211; la semaine de travail l&#233;gale est de 45 heures au Chili. Les programmes du soir des universit&#233;s priv&#233;es permettent ce tour de force. Pour &#233;viter le d&#233;crochage &#8211; et donc la client&#232;le &#8211;, les exigences sont souvent rabaiss&#233;es au strict minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me in&#233;galitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili comme au Qu&#233;bec, les opinologues de tout acabit r&#233;p&#232;tent cet argument insens&#233; : la gratuit&#233; scolaire ferait en sorte que les pauvres paient l'&#233;ducation des riches. On doit se surprendre d'un tel argument en faveur de l'&#233;galit&#233;&#8230; dans le maintien des in&#233;galit&#233;s ! D'autre part, affirmer qu'un dipl&#244;me universitaire &#233;gale uniquement un gros salaire, c'est nier la nature fondamentalement collective de la connaissance. Comme si le travail qualifi&#233; d'un m&#233;decin, d'une avocate, d'une ing&#233;nieure ou d'un scientifique n'avait aucune retomb&#233;e positive pour un citoyen &#171; contribuable &#187; ou encore une entreprise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus concr&#232;te, la r&#233;alit&#233; du Chili montre bien que ce sont les secteurs populaires et les classes moyennes qui sont les grands perdants. Ce sont eux qui portent le plus lourd fardeau d'endettement, alors que les enfants des plus riches n'ont presque pas de dettes d'&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, les pr&#234;ts &#233;tudiants se sont av&#233;r&#233;s hautement inefficaces puisque l'&#201;tat a d&#251; racheter des sommes millionnaires de ces pr&#234;ts aux banques (52 % des comptes sont en souffrance). Les paiements reli&#233;s aux op&#233;rations de ce programme repr&#233;sentent 30 % du budget d'&#233;ducation sup&#233;rieure ! Et ce programme finance en grande majorit&#233; des institutions priv&#233;es &#224; but lucratif. Au lieu de financer les universit&#233;s publiques et la formation de la main-d'&#339;uvre, l'&#201;tat a encourag&#233; les banques &#224; vampiriser les futurs travailleurs. En cinq ans, les pr&#234;ts &#233;tudiants auraient rapport&#233; 400 millions de dollars en int&#233;r&#234;t et p&#233;nalit&#233;s de retard. Les dettes d'&#233;tudes deviennent une nouvelle forme d'accaparement de la plus-value du travail par les capitalistes financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux bourses&#8230; les bourses li&#233;es au rendement acad&#233;mique d'excellence, les plus nombreuses, b&#233;n&#233;ficient davantage aux jeunes issus de familles ais&#233;es et scolaris&#233;es. En comparant des jeunes au rendement scolaire moyen, on se rend compte que les riches s'offrent des carri&#232;res universitaires pay&#233;es par leur famille, mais que les pauvres optent pour des formations rapides. De plus, l'acc&#232;s aux bourses pour les carri&#232;res de cycles sup&#233;rieurs, de plus en plus en demande dans l'&#233;conomie actuelle, d&#233;pend grandement de la capacit&#233; d'&#233;tudier sans travailler au premier cycle et d'en sortir sans trop d'endettement. C'est le retour pervers de l'&#233;litisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En poursuivant la lutte&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s six mois de gr&#232;ve, d'occupations et de manifs, les &lt;i&gt;cacerolazo &lt;/i&gt;spontan&#233;s se multiplient dans les quartiers. Le tintamarre de casserole, m&#233;thode de protestation utilis&#233;e contre la dictature en Am&#233;rique latine, redonne de l'&#233;nergie au mouvement et d&#233;montre l'appui citoyen g&#233;n&#233;ralis&#233; dont b&#233;n&#233;ficient les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants. &#192; un coin de rue de leur quartier, les indign&#233;-es se rassemblent, tambourinent et allument un feu. On se connait &#224; peine, mais depuis peu, on se reconnait &#224; travers notre action collective. Les &lt;i&gt;cacerolazo&lt;/i&gt;, mieux que les sondages &#8211; tout de m&#234;me favorables &#224; 85 % aux demandes &#233;tudiantes &#8211;, montrent comment le d&#233;sir de changement est r&#233;pandu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens de toute tendance sont discr&#233;dit&#233;s, mais la politique est de toutes les discussions. Le Chili est dans un moment in&#233;dit de son histoire. En quelques mois, les mouvements &#233;tudiants, &#233;cologistes et syndicaux de la rue y ont fait d&#233;border la politique du parlement. L'&#233;ducation a &#233;t&#233; suspendue par la lutte sociale, la lutte elle-m&#234;me est devenue une sorte d'&#233;ducation collective. Ces mouvements citoyens sauront-ils refonder la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse des frais de scolarit&#233; est un ingr&#233;dient d'une recette empoisonn&#233;e que le Chili a aval&#233; de force il y a trente ans. Le Qu&#233;bec va-t-il suivre sur le chemin d'une &#233;ducation et d'une soci&#233;t&#233; marchandes, au moment m&#234;me o&#249; le Chili d&#233;sire rebrousser chemin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Casgrain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Santiago, 17 octobre 2011&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Chili : des Casseroles contre les lacrymos </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Chili-des-Casseroles-contre-les-lacrymos</link>
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		<dc:date>2011-08-19T19:18:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Devant la r&#233;pression des manifestations &#233;tudiantes, le peuple chilien s'est indign&#233;. Jeudi 4 aout 2011, le centre-ville de Santiago a &#233;t&#233; durant toute la journ&#233;e assi&#233;g&#233; par les policiers anti&#233;meute qui ont violemment r&#233;prim&#233; deux manifestations &#233;tudiantes. En r&#233;ponse : un authentique cazerolazo, un tintamarre de casseroles, dont on ne voyait pas depuis la lutte contre la dictature. &lt;br class='autobr' /&gt; Faisant un usage massif et d&#233;mesur&#233; de gaz lacrymog&#232;nes, les forces polici&#232;res ont rempli l'ordre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH90/arton3231-78f58.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Devant la r&#233;pression des manifestations &#233;tudiantes, le peuple chilien s'est indign&#233;. Jeudi 4 aout 2011, le centre-ville de Santiago a &#233;t&#233; durant toute la journ&#233;e assi&#233;g&#233; par les policiers anti&#233;meute qui ont violemment r&#233;prim&#233; deux manifestations &#233;tudiantes. En r&#233;ponse : un authentique &lt;i&gt;cazerolazo&lt;/i&gt;, un tintamarre de casseroles, dont on ne voyait pas depuis la lutte contre la dictature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faisant un usage massif et d&#233;mesur&#233; de gaz lacrymog&#232;nes, les forces polici&#232;res ont rempli l'ordre du gouvernement d'interdire que les &#233;tudiants et les professeurs puissent marcher sur l'Alameda, la principale avenue de la capitale. Dans les autres villes du pays, comme Valparaiso et Concepci&#243;n, les manifestations &#233;tudiantes ont &#233;t&#233; aussi violemment dispers&#233;es. Les m&#233;dias ont relay&#233; les chiffres inconsistants de la police qui parlent de 5000 manifestants, mais les multiples rassemblements, sans cesse dispers&#233;s, ont largement d&#233;pass&#233; ce nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emp&#234;ch&#233;e de manifester au centre-ville, la population est spontan&#233;ment sortie dans les quartiers r&#233;sidentiels, casserole au poing, pour marquer son rejet de la r&#233;pression, en livrant un large appui aux revendications &#233;tudiantes. Le mot d'ordre de &lt;i&gt;cazerolazo&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; lanc&#233; via Twitter par Camila Vallejos, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; du Chili et principale porte-parole du mouvement. Le pouvoir des r&#233;seaux sociaux virtuels a fait le reste : entre 20 h 30 et 22 h 30, le tintamarre des casseroles et des sifflets s'est empar&#233; des rues de Santiago et des villes principales. &#201;tudiantes et &#233;tudiants &#233;merveill&#233;s sont sortis de leur coll&#232;ge occup&#233;, o&#249; ils passent la nuit depuis deux mois, pour recevoir l'appui enthousiaste du voisinage. &#192; certains endroits, les citoyennes et citoyens se sont empar&#233;s des places et des principales art&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;cazerolazo&lt;/i&gt; est un moyen de r&#233;sistance populaire bien connu des pays sud-am&#233;ricains. Le soul&#232;vement argentin de 2001 et la lutte du gaz en Bolivie en 2004 en sont les derniers exemples. Au Chili, les derniers concerts populaires de batterie de cuisine remontent &#224; la lutte contre la dictature. Un d&#233;go&#251;t se propage aujourd'hui parmi le peuple chilien qui voit dans les personnalit&#233;s born&#233;es et id&#233;ologiques de la droite au gouvernement, un retour d'une gouvernance autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement &#233;tudiant &#224; l'assaut d'un gouvernement impopulaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de droite du pr&#233;sident Sebastian Pi&#241;era fait face &#224; une grave crise politique. Apr&#232;s un changement minist&#233;riel et une nouvelle proposition de r&#233;formes en &#233;ducation, les &#233;tudiants ont poursuivi le chemin de la lutte. La journ&#233;e de mobilisation co&#239;ncide avec la publication d'un sondage qui ne donne au pr&#233;sident qu'un maigre 26 % d'appui (57 % de d&#233;sapprobation). Il y a un an, le sauvetage miraculeux de 33 mineurs, relay&#233; en direct de par le monde, avait propuls&#233; Pi&#241;era &#224; des sommets de popularit&#233; (57 %). Mais depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, les maladresses m&#233;diatiques, le rejet d'une m&#233;gacentrale hydro&#233;lectrique en Patagonie et le mouvement &#233;tudiant ont fait chuter le gouvernement dans les sondages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tudiant entre dans un troisi&#232;me mois de mobilisation. D&#251; &#224; son ampleur et l'immense appui actif obtenu dans la soci&#233;t&#233; chilienne, on parle d&#233;sormais du &#171; mouvement social pour l'&#233;ducation &#187;. Ce vaste mouvement demande le retour d'un syst&#232;me d'&#233;ducation public fort, dans lequel l'&#201;tat est garant d'une &#233;ducation gratuite et de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le actuel soumet l'&#233;ducation aux lois du march&#233; et &#224; la responsabilit&#233; individuelle. Ce syst&#232;me est vivement d&#233;nonc&#233; pour ses in&#233;galit&#233;s. Les lyc&#233;es et les universit&#233;s priv&#233;s se sont multipli&#233;s au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, entrainant une hausse des frais et une disparit&#233; immense entre les institutions. Un syst&#232;me qui permet des profits aux &#171; op&#233;rateurs &#187; &#233;ducatifs, et des dettes aux futurs dipl&#244;m&#233;s. La dette universitaire atteint des montants affolants de plusieurs milliers de dollars dans un pays qui a des salaires quatre fois moins &#233;lev&#233;s que les pays de l'OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement promet des dollars pour faire taire les &#233;tudiants, mais le mouvement social pour l'&#233;ducation exige une r&#233;forme que le gouvernement se refuse obstin&#233;ment &#224; aborder : l'&#233;ducation comme droit social et bien commun. H&#233;ritier de la dictature comme tous les autres syst&#232;mes sociaux (retraite, sant&#233;, logement), le syst&#232;me d'&#233;ducation n&#233;olib&#233;ral ne pourra certainement pas se refonder sans une nouvelle Constitution, populaire et d&#233;mocratique, appel&#233;e de leurs v&#339;ux par les mouvements sociaux chiliens. Demande trop exigeante ? Les manifestations de ce soir d&#233;montrent que les &#233;tudiants en gr&#232;ve, m&#234;me au risque de perdre l'ann&#233;e scolaire, ont un appui massif dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans un quartier parmi tant d'autres&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, ma cit&#233; r&#233;sonne le clin-clan des casseroles et le tambourinage des signalisations. Nous descendons dans la rue, je tiens ma fille dans mes bras et ma compagne tape sur une casserole. Au coin de la rue, les voisins ont d&#233;j&#224; allum&#233; le feu qui rassemble les indign&#233;-e-s : des femmes et des hommes de tout &#226;ge surveillent leurs enfants emmitoufl&#233;s au regard intrigu&#233;. Les visages et les sourires de mon quartier, auparavant distants et anonymes, deviennent complices et all&#232;gres. La foule grossit, l'&#233;motion monte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers cette solidarit&#233; collective, un sentiment &#233;trange, mais agr&#233;able nous assaille. Notre libert&#233; s'impose sur l'oppression, la r&#233;sistance triomphe de la r&#233;pression, la dignit&#233; donne l'espoir en d'autres possibles. Nous ressentons bri&#232;vement cette libert&#233; collective qui donne au peuple des ailes pour s'envoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Casgrain&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Santiago, 4 ao&#251;t 2011&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir le film sur le cazerolazo du 4 ao&#251;t : &lt;a href=&#034;http://vimeo.com/27327649&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://vimeo.com/27327649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Chili : &#171; Pour une &#233;ducation sans profits ! </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Chili-Pour-une-education-sans-profits</link>
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		<dc:date>2011-07-17T17:38:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; Le bras de fer entre &#233;tudiants et gouvernement se poursuit. Le 14 juillet, pour une troisi&#232;me fois en moins d'un mois, le mouvement &#233;tudiant a pris massivement la rue dans les principales villes du pays, avec l'appui actif de la centrale syndicale CUT et du syndicat des professeurs. Les manifestants ont signifi&#233; leur rejet de l'&#171; accord national pour l'&#233;ducation &#187; annonc&#233; il y a dix jours par le pr&#233;sident Pinera dans un message t&#233;l&#233;vis&#233; national. Le d&#233;voilement unilat&#233;ral de cet &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3205-ddd7c.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; Le bras de fer entre &#233;tudiants et gouvernement se poursuit. Le 14 juillet, pour une troisi&#232;me fois en moins d'un mois, le mouvement &#233;tudiant a pris massivement la rue dans les principales villes du pays, avec l'appui actif de la centrale syndicale CUT et du syndicat des professeurs. Les manifestants ont signifi&#233; leur rejet de l'&#171; accord national pour l'&#233;ducation &#187; annonc&#233; il y a dix jours par le pr&#233;sident Pinera dans un message t&#233;l&#233;vis&#233; national. Le d&#233;voilement unilat&#233;ral de cet &#171; accord &#187; n'a pas calm&#233; les ardeurs des &#233;tudiants et des professeurs qui luttent pour le droit &#224; l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Retourner en classe ou rester mobiliser ? La manifestation du 14 juillet, qualifi&#233;e de succ&#232;s par les organisateurs, y a r&#233;pondu. C'&#233;tait l'&#233;preuve de feu pour cette gr&#232;ve &#233;tudiante d'une ampleur historique. La marche de Santiago a rassembl&#233; des dizaines de milliers de personnes : universitaires, lyc&#233;ens, professeurs et travailleurs, venus en grand nombre et en famille. Avec de nombreuses et color&#233;es prestations artistiques, les &#233;tudiants ont fait fi de l'Intendance m&#233;tropolitaine qui avait interdit le parcours propos&#233; par les organisateurs. Les centaines d'occupations de campus et d'&#233;coles secondaires se poursuivent aussi, bien que le ministre ait d&#233;cr&#233;t&#233; l'annulation des vacances d'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ducation dans les m&#233;andres du march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement avait annonc&#233; &#171; l'ann&#233;e de l'&#233;ducation sup&#233;rieure &#187;, mais il n'avait pas pr&#233;vu la chaleur du mouvement &#233;tudiant. Il a difficilement convaincu les recteurs des universit&#233;s publiques de s'asseoir &#224; n&#233;gocier. De leur c&#244;t&#233;, les porte-parole &#233;tudiants et enseignants ont d&#233;nonc&#233; la valse des promesses millionnaires qui ne feront, selon eux, qu'huiler les engrenages d'une machine &#233;ducative pervertie par le march&#233; et les activit&#233;s lucratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;ducation n'est pas une marchandise &#187;. Cette consigne reste incompr&#233;hensible &#224; la bourgeoisie fanatique des dogmes lib&#233;raux qui gouverne la Moneda. En rupture avec la population qui veut davantage d'&#233;ducation publique, les membres du gouvernement m&#233;sestiment l'&#201;tat comme acteur l&#233;gitime en &#233;ducation. D'ailleurs, plusieurs ministres, dont le ministre de l'&#201;ducation, ont des int&#233;r&#234;ts dans des universit&#233;s priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980, sous la dictature de Pinochet, un r&#233;gime favorable aux universit&#233;s priv&#233;es a &#233;t&#233; mis en place. Trente ans plus tard, les universit&#233;s priv&#233;es, gonfl&#233;es par leur propre marketing, se font la comp&#233;tition pour accaparer les r&#234;ves de la jeunesse. Il y a une offre de dipl&#244;mes professionnels chaotique et de qualit&#233; in&#233;gale. Ces universit&#233;s versent des profits &#224; des investisseurs cach&#233;s derri&#232;re des promoteurs immobiliers et des corporations anonymes qui jonglent avec les cong&#233;s fiscaux octroy&#233;s par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces universit&#233;s qui accueillent les moins bons &#233;tudiants, en grande partie enfants de parents non scolaris&#233;s. En &#233;change de frais de scolarit&#233; exorbitants, elles font miroiter des titres dont la valeur est bien incertaine. L'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; a bondi au Chili en vingt ans (pr&#232;s de 50 % des jeunes de la g&#233;n&#233;ration actuelle acc&#232;dent &#224; des &#233;tudes sup&#233;rieures), mais les taux de d&#233;crochage et l'endettement &#233;tudiant montent en spirale. Et nous ne ferons pas le d&#233;bat du contenu des cursus disciplinaires ou du r&#244;le critique de l'&#233;ducation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'endettement &#233;tudiant enrichit les banques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence de ce syst&#232;me, l'&#201;tat ne fournit plus que 25 % du budget de l'&#233;ducation universitaire, alors que dans les pays de l'OCDE (dont le Chili est devenu membre r&#233;cemment) la moyenne est un financement &#224; hauteur de 85 %. Cet &#233;tat de fait est avalis&#233; par le conservatisme selon lequel &#171; les familles &#187;, et non l'&#201;tat, sont responsables de leur propre &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire moyen quatre fois moins &#233;lev&#233; que dans les pays d&#233;velopp&#233;s, le Chili pr&#233;sente les frais de scolarit&#233; parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde. Les taux d'endettement des jeunes Chiliens atteignent des niveaux affolants et plusieurs &#233;conomistes commencent &#224; redouter la capacit&#233; de remboursement de ces futurs travailleurs. Avec des taux d'int&#233;r&#234;t de 6 % sur les pr&#234;ts &#233;tudiants garantis pas l'&#201;tat, seules les banques et les universit&#233;s priv&#233;es profitent de cet endettement. Les bourses sont peu nombreuses et la majorit&#233; ne couvre pas enti&#232;rement les frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants chiliens travaillent donc durant leurs &#233;tudes. De nombreux jeunes professionnels pr&#233;caires suivent une foule de dipl&#244;mes, ma&#238;trises, sp&#233;cialisation et autre formation continue dans une course &#233;perdue contre la d&#233;valorisation des dipl&#244;mes sur le march&#233; du travail. En incluant &#233;tudes et emploi r&#233;mun&#233;r&#233;, les jeunes font souvent des semaines de travail de 60 &#224; 80 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mod&#232;le qui ne tient plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'une telle ampleur, le &#171; mouvement &#233;tudiant &#187; est devenu un &#171; mouvement pour l'&#233;ducation publique &#187; auquel adh&#232;re l'ensemble des mouvements sociaux. Cette mobilisation symbolise le ras-le-bol d'une soci&#233;t&#233; exclue de la croissance &#233;conomique du pays. Les in&#233;galit&#233;s, l'immobilit&#233; sociale et le travail pr&#233;caire demeurent de grands d&#233;mentis du &#171; succ&#232;s &#187; chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi dernier, le 11 mars 2011, en l'honneur des 40 ans de la nationalisation du cuivre par Salvador Allende en 1971, les travailleurs de Codelco, la mini&#232;re publique, ont fait la gr&#232;ve partout au pays. Les syndicats mettaient en garde le gouvernement contre une &#171; privatisation en douce &#187; de ce phare de l'&#233;conomie chilienne. Ne soutenant aucune revendication salariale, les mineurs en gr&#232;ve disent vouloir d&#233;fendre le patrimoine national du Chili et donner une solution de financement aux services publics comme l'&#233;ducation. Dans les prochaines semaines, les travailleurs des ports devraient entrer en gr&#232;ve eux aussi contre les privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations monstres des derniers mois ont aussi eu pour cible HidroAysen, un barrage hydro&#233;lectrique en Patagonie. Financ&#233; par des capitaux &#233;trangers, ce gigantesque barrage a de nouveau mis en lumi&#232;re la mainmise des int&#233;r&#234;ts mercantiles sur l'exploitation des ressources naturelles et sur l'avenir du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conflits sociaux co&#239;ncident avec des sondages qui montrent que la popularit&#233; et la cr&#233;dibilit&#233; des politiciens, du gouvernement ou de l'opposition, sont &#224; leur niveau le plus bas. Faut-il se surprendre ? La classe politique, dont les deux grandes coalitions cog&#232;rent les affaires publiques depuis vingt ans, n'a d'autres projets de soci&#233;t&#233; que ceux de privatiser davantage et vanter les m&#233;rites de la comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation est devenue le cheval de bataille d'un peuple en proie d'un malaise social persistant. Le Chili aura une croissance de 7 % cette ann&#233;e, mais dans la rue la vaste majorit&#233; s'en fiche. L'appui transversal du mouvement syndical au mouvement &#233;tudiant montre une certaine mise au diapason des luttes sociales. De tous les coins du Chili, les voix s'&#233;l&#232;vent pour demander une Assembl&#233;e constituante, afin d'en finir avec la Constitution impos&#233;e par la dictature en 1980. &#201;tudiants et travailleurs, femmes et autochtones, on parle de retrouver la place du public et du bien commun, un contr&#244;le populaire et &#233;cologique des ressources naturelles, le droit &#224; l'&#233;ducation et &#224; la sant&#233; gratuites. Reste &#224; savoir quelle force politique sera en mesure de r&#233;aliser cet ambitieux projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Casgrain&lt;br class='autobr' /&gt;
Santiago, 14 juillet 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir l'article pr&#233;c&#233;dent : &lt;a href='https://www.lagauche.ca/Chili-Sortir-de-classe-pour-faire-la-lutte-de-classes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chili : Sortir de classe pour faire la lutte de classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Chili : Sortir de classe pour faire la lutte de classes</title>
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		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; &#171; Nous ne nous y attendions pas ! &#187; a affirm&#233; Camila Vallejos, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; du Chili, &#224; propos de la grandeur inattendue de la manifestation du 16 juin dernier. Entre 80 000 (selon la police) et 120 000 personnes (organisateurs) ont d&#233;fil&#233; sur la Alameda, avenue principale de Santiago, portant le nombre de manifestantes et manifestants &#224; 200 000 dans toutes les villes du pays. Cette surprenante gr&#232;ve &#233;tudiante s'inspire d'une vague de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH94/arton3196-8d497.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; &#171; Nous ne nous y attendions pas ! &#187; a affirm&#233; Camila Vallejos, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; du Chili, &#224; propos de la grandeur inattendue de la manifestation du 16 juin dernier. Entre 80 000 (selon la police) et 120 000 personnes (organisateurs) ont d&#233;fil&#233; sur la Alameda, avenue principale de Santiago, portant le nombre de manifestantes et manifestants &#224; 200 000 dans toutes les villes du pays. Cette surprenante gr&#232;ve &#233;tudiante s'inspire d'une vague de luttes sociales qui ne d&#233;rougit pas au pays de Salvador Allende.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus de trois cents &#233;tablissements secondaires et universitaires occup&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;300 occupations selon les bulletins des grands m&#233;dias, en date du 21 juin 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des dizaines de manifestations chaque semaine : le mouvement &#233;tudiant a rompu la sc&#232;ne politique au Chili. Leurs demandes sont le financement ad&#233;quat de l'&#233;ducation publique, la fin de l'endettement &#233;tudiant par une r&#233;forme des programmes de bourses et un contr&#244;le plus serr&#233; sur les institutions priv&#233;es pour emp&#234;cher l'activit&#233; lucrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'appui des professeurs, des fonctionnaires et m&#234;me des recteurs des deux plus grandes universit&#233;s dites &#171; traditionnelles &#187;, les &#233;tudiants jouissent d'un soutien in&#233;dit. Ils en ont contre une &#233;ducation de march&#233; qui enrichit les entreprises et les banques sur leur dos tout en favorisant les in&#233;galit&#233;s sociales. Ils se sont rebell&#233;s contre le discours l&#233;nifiant du gouvernement pour qui la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; est la solution au naufrage de l'&#233;ducation publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pi&#232;ges d'une &#233;ducation de march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme dans tous les domaines de la soci&#233;t&#233; chilienne, le syst&#232;me d'&#233;ducation s'est ouvert sans retenue &#224; la privatisation suite aux r&#233;formes &#233;conomiques de la dictature (1973-1990). Jusqu'en 1973, le Chili avait l'un des plus prestigieux syst&#232;mes universitaires publics d'Am&#233;rique latine. Durant la dictature, l'Universit&#233; du Chili a &#233;t&#233; d&#233;membr&#233;e et chacune de ses composantes r&#233;gionales a &#233;t&#233; soumise au dogme de l'autofinancement. Prises au pi&#232;ge d'un sous-financement chronique, les universit&#233;s publiques chiliennes ont refil&#233; la facture &#224; l'&#233;tudiant et progressivement adopt&#233; des strat&#233;gies mercantiles. Les cons&#233;quences n&#233;gatives se multiplient : frais de scolarit&#233; galopants, infrastructures d&#233;su&#232;tes, collaboration incestueuse avec les entreprises, sous-investissement des disciplines non marchandes, pr&#233;carisation du travail de professeur-e, stagnation des salaires des fonctionnaires, etc. Surtout, les universit&#233;s publiques doivent faire face &#224; la comp&#233;tition grandissante d'institutions priv&#233;es, les obligeant &#224; augmenter les frais de scolarit&#233; en r&#233;duisant leurs d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un march&#233; d'universit&#233;s priv&#233;es a &#233;clos depuis les ann&#233;es 1990. Pr&#232;s d'une quarantaine d'institutions priv&#233;es offrent des dipl&#244;mes et des parcours universitaires. Ces entreprises ne re&#231;oivent pas une subvention directe, mais elles profitent de nombreux avantages fiscaux pour leur d&#233;veloppement immobilier et d'un syst&#232;me de pr&#234;ts garantis par l'&#201;tat pour les &#233;tudiantes et &#233;tudiants. Les universit&#233;s priv&#233;es ont en grande partie capt&#233; l'augmentation de la population &#233;tudiante durant la derni&#232;re d&#233;cennie. Puisant principalement dans la population qui n'acc&#232;de pas aux grandes universit&#233;s publiques, qui demeurent les plus prestigieuses, le secteur priv&#233; a cr&#233;&#233; un march&#233; de titres et dipl&#244;mes pour une population jeune en soif d'ascension sociale. La qualit&#233; de l'&#233;ducation (et donc la reconnaissance des dipl&#244;mes) connait des variations abyssales d'un &#233;tablissement &#224; l'autre. Par cons&#233;quent, l'&#201;tat ne fournit plus que 25 % du budget de l'&#233;ducation universitaire, alors que dans les pays de l'OCDE (dont le Chili est devenu membre r&#233;cemment) la moyenne est un financement &#224; hauteur de 85 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me d'&#233;ducation primaire et secondaire n'est pas en meilleur &#233;tat. L'&#233;ducation publique est administr&#233;e par les municipalit&#233;s ce qui, &#224; cause de l'&#233;cart de leur revenu, s&#233;gr&#232;gue la population &#233;tudiante selon leur classe sociale. De plus, la course &#224; la comp&#233;tition dans le syst&#232;me scolaire a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par l'augmentation des coll&#232;ges dits &#171; particuliers &#187;, subventionn&#233;s par l'&#201;tat, mais administr&#233;s par des &#171; souteneurs &#187; priv&#233;s, souvent rattach&#233;s &#224; des r&#233;seaux corporatifs &#224; but lucratif. Les &#233;tudiantes et &#233;tudiants du secondaire revendiquent depuis des ann&#233;es le retour de l'&#233;ducation publique dans le giron de l'&#201;tat central.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'endettement &#233;tudiant enrichit les banques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire moyen quatre fois moins &#233;lev&#233; que dans les pays d&#233;velopp&#233;s, le Chili pr&#233;sente cependant les frais de scolarit&#233; parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde. Cela est d&#251; &#224; l'id&#233;ologie conservatrice selon laquelle &#171; les familles &#187; et &#171; les individus &#187; et non l'&#201;tat sont responsables de leur propre &#233;ducation. Les taux d'endettement des jeunes Chiliennes et des jeunes Chiliens atteignent des niveaux affolants et plusieurs &#233;conomistes commencent &#224; redouter la capacit&#233; de remboursement de ces futurs travailleurs. Seules les banques et les entreprises &#233;ducatives profitent de cet endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement individuel est un syst&#232;me inefficace, injuste et insoutenable, affirme Manuel Riesco, &#233;conomiste progressiste du Centre d'&#233;tudes pour un d&#233;veloppement alternatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le blogue de Manuel Riesco et le site de CENDA.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le montant des cr&#233;dits &#233;tudiants avec garantie de l'&#201;tat repr&#233;sente une &#233;norme ponction sur les revenus des futurs travailleuses et travailleurs, gonfl&#233;s ind&#251;ment par des int&#233;r&#234;ts (&#233;tablis &#224; 6 % actuellement) de loin sup&#233;rieur &#224; l'inflation et la croissance des salaires. C'est la population des secteurs populaires qui seront les grands perdants. Pendant ce temps, les universit&#233;s s'arrachent les &#233;tudiants &#224; coup de campagnes publicitaires dix fois plus couteuses que leur programme de bourses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du temps de travail est une autre cons&#233;quence perverse. La majorit&#233; des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants chiliens travaillent durant leurs &#233;tudes. De nombreux jeunes professionnel-le-s pr&#233;caires suivent une foule de dipl&#244;mes, ma&#238;trises, sp&#233;cialisation et autre formation continue dans l'espoir d'am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; de leur profil sur le march&#233; du travail. Si l'on inclut la formation universitaire dans le temps de travail, on s'aper&#231;oit que les jeunes font facilement des semaines de travail de 60 &#224; 80 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mouvement massif et agressif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La protestation s'est principalement lev&#233;e en r&#233;plique &#224; la r&#233;forme de l'&#233;ducation postsecondaire annonc&#233;e cette ann&#233;e par le pr&#233;sident Pi&#241;era et son ministre de l'&#233;ducation, Joaquin Lavin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joaquin Lavin est dirigeant de l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI), un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La gr&#232;ve &#233;tudiante puis l'occupation d'une universit&#233; priv&#233;e reconnue au mois d'avril, l'Universit&#233; centrale, a donn&#233; l'&#233;tincelle qu'il fallait pour d&#233;toner le mouvement. La r&#233;sistance &#224; la vente de feu de l'Universit&#233; centrale &#224; un conglom&#233;rat priv&#233; a impuls&#233; la mobilisation des f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes d'universit&#233;s priv&#233;es. La campagne de la Confech, conf&#233;d&#233;ration des grandes universit&#233;s traditionnelles, a ensuite r&#233;ussi &#224; agglom&#233;rer les diff&#233;rentes facult&#233;s derri&#232;re un discours clair et unificateur. Apr&#232;s avoir tranquillement b&#226;ti un rapport de force et ses alliances durant les derniers mois, son appel &#224; la gr&#232;ve a &#233;t&#233; suivi imm&#233;diatement et massivement dans les universit&#233;s et les lyc&#233;es. L'union in&#233;dite des &#233;coles secondaires, des universit&#233;s publiques et des universit&#233;s priv&#233;es fait la force du mouvement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'automne &#233;tudiant d&#233;stabilise un gouvernement de droite d&#233;j&#224; affaibli par de mauvais sondages. Le gouvernement Bachelet avait &#233;t&#233; fortement malmen&#233; par un soul&#232;vement &#233;tudiant en 2006, mais la pr&#233;sidente avait pu le d&#233;compresser par une strat&#233;gie de concertation sociale. Cette fois-ci, les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes s'opposent &#224; toute table de n&#233;gociation sans engagement pr&#233;alable du gouvernement &#224; des r&#233;formes concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re ann&#233;e sans conflit majeur, voil&#224; que le pr&#233;sident chilien Sebastian Pi&#241;era ne sait plus o&#249; donner de la t&#234;te. Pendant que stagne la reconstruction des r&#233;gions affect&#233;es par le tremblement de terre de 2010, le gouvernement (de droite) est incapable de faire avancer ses projets de loi face &#224; un parlement contr&#244;l&#233; par l'opposition (centre-gauche). Cependant, c'est l'opposition de la rue qui &#233;branle le plus durement le gouvernement. Le rejet du projet &lt;i&gt;HidroAys&#233;n&lt;/i&gt;, la construction par des compagnies &#233;trang&#232;res d'une m&#233;gacentrale hydro&#233;lectrique en Patagonie, a donn&#233; lieu &#224; de gigantesques protestations spontan&#233;es au cours du mois de mai. &#192; leur tour, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants ont pris la rue dans tout le pays pour revendiquer une &#233;ducation publique et gratuite. Un mouvement dans lequel se reconnaissent toutes les luttes contre le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Antoine Casgrain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Santiago, 21 juin 2011)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;300 occupations selon les bulletins des grands m&#233;dias, en date du 21 juin 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le blogue de &lt;a href=&#034;http://blog.manuelriesco.cl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manuel Riesco&lt;/a&gt; et le site de &lt;a href=&#034;http://www.cendachile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CENDA&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joaquin Lavin est dirigeant de l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI), un parti de droite pro-Pinochet et ultraconservateur. Lavin, qui a &#233;t&#233; s&#233;nateur et maire de Santiago, est un membre influent de l'ordre catholique s&#233;culier &lt;i&gt;Opus Dei&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour en savoir plus (espagnol) &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.reformaeducacional.cl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.reformaeducacional.cl&lt;/a&gt; &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.fech.cl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fech.cl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les prisonniers mapuche mettent fin &#224; 3 mois de gr&#232;ve de la faim</title>
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		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 9 octobre, les derniers autochtones en gr&#232;ve de la faim ont d&#233;pos&#233; leur moyen de pression. Le porte-parole des gr&#233;vistes Jorge Huenchullan a affirm&#233; que &#171; l'accord n'est pas totalement satisfaisant pour le peuple mapuche &#187;, mais que la mesure a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour des raisons humanitaires. &lt;br class='autobr' /&gt; Si les revendications mapuche n'ont pas &#233;t&#233; entendues dans leur totalit&#233;, les mesures les plus urgentes ont &#233;t&#233; octroy&#233;es. Dans les derniers jours se sont multipli&#233;s les intenses pourparlers entre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3074-8be01.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 9 octobre, les derniers autochtones en gr&#232;ve de la faim ont d&#233;pos&#233; leur moyen de pression. Le porte-parole des gr&#233;vistes Jorge Huenchullan a affirm&#233; que &#171; l'accord n'est pas totalement satisfaisant pour le peuple &lt;i&gt;mapuche&lt;/i&gt; &#187;, mais que la mesure a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour des raisons humanitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les revendications &lt;i&gt;mapuche&lt;/i&gt; n'ont pas &#233;t&#233; entendues dans leur totalit&#233;, les mesures les plus urgentes ont &#233;t&#233; octroy&#233;es. Dans les derniers jours se sont multipli&#233;s les intenses pourparlers entre les porte-parole du gouvernement et des organisations mapuche, sous l'&#233;gide de l'&#201;glise catholique. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;sidence a lui-m&#234;me visit&#233; trois prisonniers le jour pr&#233;c&#233;dant l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'Int&#233;rieur, Rodgrigo Hinzpeter, a pour sa part annonc&#233; le retrait de toutes les accusations sous la loi antiterroriste. Les crimes suppos&#233;s seront requalifi&#233;s afin que les proc&#233;dures se fassent devant des tribunaux civils ordinaires. Les porte-parole mapuche, en partie insatisfaits, reprochent qu'aucune garantie ne soit donn&#233;e pour que la loi d'exception soit utilis&#233;e &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de 85 jours de gr&#232;ve de la faim, plusieurs prisonniers d'origine autochtone avaient &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s &#224; l'h&#244;pital pour surveiller leur critique &#233;tat de sant&#233;. Plus de trente prisonniers d'une demi-douzaine de prisons du sud du pays ont particip&#233; &#224; cette gr&#232;ve de la faim. La plupart ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s en 2009 lors d'une vague de mobilisation incluant des blocages de routes, des occupations de terres et des incendies de machinerie agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de l'&#233;poque, celui de la pr&#233;sidente Michelle Bachelet, avait r&#233;prim&#233; durement la r&#233;sistance et d&#233;cid&#233; d'utiliser la Loi antiterroriste contre ses dirigeants. Cette loi, install&#233;e par la dictature de Pinochet, a &#233;t&#233; utilis&#233;e syst&#233;matiquement depuis dix ans contre les militants mapuche. Elle a recours &#224; des tribunaux militaires, permet des t&#233;moins anonymes et l'occultation de la preuve &#224; l'accus&#233;, tout en multipliant les peines pour des crimes de droits communs. Au caract&#232;re antid&#233;mocratique de la Loi antiterroriste s'ajoute le crit&#232;re raciste de son application, presque exclusivement mise envers les Mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple mapuche est la nation autochtone la plus importante du Chili avec pr&#232;s de 600 000. Les Mapuche revendiquent des terres et des territoires, des droits politiques et l'arr&#234;t de l'exploitation capitaliste de leurs ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine prend fin l'une des gr&#232;ves de la faim les plus longues de l'histoire du Chili. Les Mapuche esp&#232;rent que le dialogue entam&#233; avec le gouvernement se poursuive afin de r&#233;pondre &#224; leurs revendications historiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une campagne internationale efficace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pression internationale a jou&#233; un r&#244;le important pour la cause des prisonniers politiques mapuche. Les m&#233;dias et le gouvernement chilien ont constamment &#233;voqu&#233; la mauvaise image internationale de ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons l'action d'appui &#224; la cause mapuche le mardi 5 octobre &#224; Montr&#233;al, lors de laquelle l'ancienne pr&#233;sidente Michelle Bachelet a &#233;t&#233; interrompue lors d'une allocution. Rappelons que Bachelet, aujourd'hui encens&#233;e sur la sc&#232;ne internationale pour son progressisme, a permis l'application de la loi antiterroriste et la r&#233;pression du peuple mapuche sous son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lagauche.ca/Manifestation-contre-le-prix-attribue-a-Michelle-Bachelet-a-Montreal' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir le vid&#233;o&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le gouvernement chilien c&#232;de en partie, la gr&#232;ve de la faim se poursuit </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-gouvernement-chilien-cede-en-partie-la-greve-de-la-faim-se-poursuit</link>
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		<dc:date>2010-10-07T17:31:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement chilien a c&#233;d&#233; d'un pas devant les autochtones mapuches en gr&#232;ve de la faim, forte d'un soutien international grandissant. Le minist&#232;re public s'est engag&#233; &#224; retirer la plupart des accusations sous la Loi antiterroriste pour les remplacer par des accusations criminelles r&#233;guli&#232;res. Cependant, 14 des 34 prisonniers en je&#251;ne poursuivent la gr&#232;ve de la faim jugeant ces mesures insuffisantes. &lt;br class='autobr' /&gt; La campagne nationale et internationale de solidarit&#233; en soutien aux autochtones (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Amerique-latine-227-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement chilien a c&#233;d&#233; d'un pas devant les autochtones mapuches en gr&#232;ve de la faim, forte d'un soutien international grandissant. Le minist&#232;re public s'est engag&#233; &#224; retirer la plupart des accusations sous la Loi antiterroriste pour les remplacer par des accusations criminelles r&#233;guli&#232;res. Cependant, 14 des 34 prisonniers en je&#251;ne poursuivent la gr&#232;ve de la faim jugeant ces mesures insuffisantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La campagne nationale et internationale de solidarit&#233; en soutien aux autochtones mapuches se poursuit alors que pr&#232;s d'une quinzaine de prisonniers poursuivent la gr&#232;ve de la faim dans les ge&#244;les du pays. Malgr&#233; le fait apparent d'avoir forc&#233; le gouvernement &#224; n&#233;gocier et retirer les accusations actuelles, les prisonniers autochtones jugent les mesures insuffisantes. Leur gr&#232;ve de la faim se poursuit depuis 86 jours et sept gr&#233;vistes sont dans un &#233;tat critique &#224; l'h&#244;pital local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a soumis au Congr&#232;s des modifications &#224; la Loi antiterroriste et &#224; la justice militaire. Ces modifications sont critiqu&#233;es de toute part. Non seulement elles ne garantissent aucunement qu'elle serait utilis&#233;e pour r&#233;primer la mobilisation du peuple mapuche, mais elles incluent &#171; en &#233;change &#187; l'augmentation des peines visant les attaques aux forces de l'ordre. Rien n'a &#233;t&#233; r&#233;gl&#233; quant au fondement antid&#233;mocratique des lois martiales et d'exception, ainsi qu'&#224; leur application raciste envers la r&#233;sistance du peuple mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le retrait des accusations de terrorisme est une avanc&#233;e non n&#233;gligeable qui a &#233;t&#233; applaudie par les organisations de droits humains et les repr&#233;sentants mapuches. Les promesses en ce sens devront &#234;tre appliqu&#233;es rapidement par les autorit&#233;s sinon elles risquent de briser le mince lien de confiance qui existe entre l'&#201;tat chilien et la nation mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'&#201;tat chilien doit faire davantage, en commen&#231;ant par l'abolition de la Loi antiterroriste, un h&#233;ritage de la dictature. Rappelons que cette loi a &#233;t&#233; appliqu&#233;e par les gouvernements de centre gauche, particuli&#232;rement par l'ancienne pr&#233;sidente Michelle Bachelet, encens&#233;e aujourd'hui sur la sc&#232;ne internationale pour son engagement social. En m&#234;me temps, la seule solution &#224; long terme est la reconnaissance du peuple-nation mapuche et l'octroie de droits politiques d&#233;coulant de cette reconnaissance, notamment le droit &#224; la vie, les droits humains fondamentaux, le droit &#224; des territoires autonomes, et le droit &#224; la participation aux d&#233;cisions concernant l'exploitation des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Campagne de solidarit&#233; internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'urgence et la solidarit&#233; sont encore &#224; l'ordre du jour. &#192; pr&#232;s de trois mois de je&#251;ne, les prisonniers politiques mapuches ont subi d&#233;j&#224; d'&#233;normes s&#233;quelles &#224; leur sant&#233;. Leur d&#233;termination &#224; faire respecter leurs droits politiques a obtenu le soutien actif des mouvements sociaux au Chili &#224; travers des manifestations quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du Qu&#233;bec , &lt;a href='https://www.lagauche.ca/La-solidarite-et-votre-appui-sont-importants-pour-eviter-la-mort-des-grevistes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;signez et envoyez cette lettre &#224; l'ambassade du Chili &#224; Ottawa, au Consulat chilien &#224; Montr&#233;al et au pr&#233;sident du Chili, Sebastian Pi&#241;era&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bicentenaire du Chili dans l'humiliation des Mapuche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-bicentenaire-du-Chili-dans-l-humiliation-des-Mapuche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-bicentenaire-du-Chili-dans-l-humiliation-des-Mapuche</guid>
		<dc:date>2010-09-22T01:18:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249; le Chili c&#233;l&#232;bre le bicentenaire de l'ind&#233;pendance, pendant que le peuple s'abreuve de f&#234;tes et le pouvoir s'extasie au son des marches militaires, des autochtones mapuche d&#233;fient la mort dans les prisons. Ils sont en gr&#232;ve de la faim pour d&#233;noncer leurs conditions de d&#233;tention et l'accusation sous une inf&#226;me loi &#171; antiterroriste &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; La R&#233;publique chilienne signifie 200 ans d'occupation et d'humiliation pour les peuples indig&#232;nes du Chili. La c&#233;l&#233;bration est une insulte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3039-eb5ad.jpg?1629994416' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249; le Chili c&#233;l&#232;bre le bicentenaire de l'ind&#233;pendance, pendant que le peuple s'abreuve de f&#234;tes et le pouvoir s'extasie au son des marches militaires, des autochtones mapuche d&#233;fient la mort dans les prisons. Ils sont en gr&#232;ve de la faim pour d&#233;noncer leurs conditions de d&#233;tention et l'accusation sous une inf&#226;me loi &#171; antiterroriste &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La R&#233;publique chilienne signifie 200 ans d'occupation et d'humiliation pour les peuples indig&#232;nes du Chili. La c&#233;l&#233;bration est une insulte et une marque de m&#233;pris. Elle se fait au moment o&#249; une cinquantaine de militants mapuche sont accus&#233;s sous le coup d'une loi dite &#171; antiterroriste &#187;. Au moins 34 d'entre eux ont entam&#233; une gr&#232;ve de la faim pour faire pression sur le gouvernement pour abolir cette loi r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 60 jours de je&#251;ne, on s'attend &#224; un d&#233;nouement fatal &#224; tout moment. Certains prisonniers ont d&#251; &#234;tre conduits &#224; l'h&#244;pital pour y suivre des soins dont il refuse. D'autres se sont effondr&#233;s &#224; leur audience au tribunal. Apr&#232;s 40 jours d'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, la gr&#232;ve a soudain assailli l'agenda public sous le coup des pressions internationales et du mouvement d'appui grandissant au Chili. Le pr&#233;sident Pinera refuse de dialoguer avec les gr&#233;vistes. Il a donn&#233; un ordre qui force les autorit&#233;s p&#233;nitentiaires &#224; alimenter de force les gr&#233;vistes s'ils tombent dans un &#233;tat critique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une loi antid&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e durant la dictature, la loi antiterroriste permet &#224; l'&#201;tat de restreindre les droits civiques des individus accus&#233;s d'actes terroristes. La d&#233;fense n'a pas un plein acc&#232;s &#224; la preuve, alors que la poursuite peut pr&#233;senter des t&#233;moins anonymes. De plus, le fait d'appartenir &#224; une association ou un mouvement politique d&#233;crit comme terroriste multiplie la peine. Cette loi a &#233;t&#233; appliqu&#233;e syst&#233;matiquement depuis 10 ans par les gouvernements de centre-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mapuche n'ont de cesse de revendiquer les terres qu'on leur a confisqu&#233;es et une autonomie politique. En 2009, plusieurs communaut&#233;s organisent une vague de manifestations et d'actions de force : blocages routiers, incendies et sabotage de machinerie agricole ou foresti&#232;re. Le gouvernement de Michelle Bachelet a r&#233;prim&#233; durement ces actions, faisant appel &#224; la loi antiterroriste pour poursuivre les personnes soup&#231;onn&#233;es d'en &#234;tre les auteurs. Certains dirigeants font face &#224; des peines de plus de 100 ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisonniers en gr&#232;ve de la faim demandent seulement d'&#234;tre jug&#233;s sous les lois civiles normales. Les autochtones mapuche sont d'ailleurs pratiquement les seuls &#224; qui on applique la loi antiterroriste. Ce biais raciste a obtenu les critiques de plusieurs organisations de droits humains, incluant la Commission des droits humains de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple mapuche a r&#233;sist&#233; &#224; l'occupation des Incas, des Espagnols et des &#171; Chiliens &#187;. C'est sous la r&#233;publique de derniers, qui f&#234;tent ses 200 ans, que les Mapuche ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de leurs terres et soumis &#224; l'assimilation culturelle. Transform&#233;s en paysans de la mis&#232;re et pauvres exploit&#233;s des villes, ils r&#233;clament aujourd'hui des droits politiques reconnus par les trait&#233;s internationaux. Ils esp&#232;rent plus d'autonomie pour leurs communaut&#233;s, la protection et la promotion de leur culture, ainsi que le droit de regard sur l'exploitation des ressources sur leurs territoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appuyez la campagne internationale !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, on peut appuyer la cause des prisonniers politiques mapuche. &lt;a href='https://www.lagauche.ca/La-solidarite-et-votre-appui-sont-importants-pour-eviter-la-mort-des-grevistes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Joignez la campagne d'urgence en faveur des prisonniers mapuche en gr&#232;ve de la faim&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;isme social au Chili</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Seisme-social-au-Chili</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Seisme-social-au-Chili</guid>
		<dc:date>2010-03-19T04:26:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>



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&lt;p&gt;La Terre fait trembler une soci&#233;t&#233; fragilis&#233;e par le capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt; ________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site PTAG mardi 16 mars 2010 ________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux semaines apr&#232;s le tremblement de terre de 8.8 sur l'&#233;chelle de Richter et son tsunami d&#233;vastateur, on arrive &#224; peine &#224; mesurer l'ampleur des dommages : maisons, &#233;difices, ponts, routes, commerces et villages entiers ras&#233;s. Le plus choquant pour les Chiliens, c'est de voir en lambeau l'image qu'ils avaient de leur pays : depuis 20 ans, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Terre fait trembler une soci&#233;t&#233; fragilis&#233;e par le capitalisme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 16 mars 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Deux semaines apr&#232;s le tremblement de terre de 8.8 sur l'&#233;chelle de Richter et son tsunami d&#233;vastateur, on arrive &#224; peine &#224; mesurer l'ampleur des dommages : maisons, &#233;difices, ponts, routes, commerces et villages entiers ras&#233;s. Le plus choquant pour les Chiliens, c'est de voir en lambeau l'image qu'ils avaient de leur pays : depuis 20 ans, les gouvernements de &#171; centre-gauche &#187; leur vantaient un pays moderne, brillant, efficace et &#171; quasiment d&#233;velopp&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il existe des &#233;difices inclin&#233;s ! La Tour de Pise est inclin&#233;e est pourtant elle est demeur&#233;e sur pied durant des si&#232;cles. &#187; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pr&#233;sident de la Chambre chilienne de la construction, au sujet des projets immobiliers endommag&#233;s par le tremblement de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction est immense. La deuxi&#232;me ville d'importance du Chili paralys&#233;e, des villages engloutis par le raz-de-mar&#233;e, un pays coup&#233; par l'effondrement des ponts et des routes, et plus de deux millions de personnes sans toit. Le Sud du pays prendra des ann&#233;es en s'en remettre. Face &#224; la catastrophe, la soci&#233;t&#233; chilienne fait preuve d'un effort de solidarit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent pour l'aide et la reconstruction des r&#233;gions affect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la frustration, l'amertume, la peur et le cynisme sont des sentiments ambiants parmi la population. Trop de questions restent sans r&#233;ponse. Tout le monde sait que le Chili, situ&#233; au pied des Andes, est un pays sismique. Alors pourquoi un gouvernement qui vient d'acc&#233;der au s&#233;lect club de l'OCDE [1] a &#233;t&#233; totalement d&#233;bord&#233;s par les &#233;v&#233;nements ? Pourquoi des tours construites l'an dernier se sont-elles effondr&#233;es comme un jeu de cartes ? Comment les r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communication, d'&#233;lectricit&#233; et d'eau potable, administr&#233;s par des entreprises priv&#233;es efficientes, sont demeur&#233;s paralys&#233;s pendant plus d'une semaine ? D'o&#249; viennent les pillards qui ont saccag&#233; le pays dans les jours suivant la catastrophe ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La violence d'une soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les heures qui suivirent le terrible s&#233;isme, les pillards ont commenc&#233; &#224; faire leur apparition &#224; Concepcion et Talcahuano, d&#233;fon&#231;ant les rideaux de fer des supermarch&#233;s et des grands magasins. Pour la majorit&#233; des Chiliens, il &#233;tait difficile d'accepter que des milliers des leurs honn&#234;tes concitoyens se lancent au pillage des commerces. Il s'agit pourtant du tiers des Chiliens qui vivent sans-emploi et du petit n&#233;goce, ce sont ces famillles dont le garde-manger se remplit qu'au jour-le-jour. Le tremblement de terre a r&#233;v&#233;l&#233; au peuple chilien et au monde le c&#244;t&#233; obscure du mod&#232;le socio-&#233;conomique dont on a berc&#233; le pays depuis un quart de si&#232;cle. Les laissez-pour-compte de l'&#233;conomie triomphante n'ont tent&#233; que de r&#233;p&#233;ter la seule recette du succ&#232;s selon le capitalisme : le vol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devrait-on s'&#233;tonner d'une violence si spontan&#233;e. Car les pillages sont une constante de l'histoire chilienne selon Gabriel Salazar, historien libertaire et Prix national de sa discipline. Dans ses essais, il n'a cess&#233; de d&#233;montr&#233; comment les couches populaires, a diverses &#233;poques, r&#233;p&#232;tent les violences similaires. Que ce soit &#224; l'occasion de tremblements de terre, de soul&#232;vements ou de gr&#232;ves ouvri&#232;res, les mis&#233;reux tentent de profiter de la suspension de l'autorit&#233; pour am&#233;liorer leur sort. &#192; la diff&#233;rence qu'en 2010 les quartiers populaires sont truff&#233;s de gangs capables de s'organiser en une heure pour piller un magasin d'ordinateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme seule solution, l'&#201;tat n'a su adopter que la force militaire et l'&#233;tat d'urgence dans deux r&#233;gions. L'intervention de l'arm&#233;e a &#233;t&#233; appel&#233;e &#224; grands cris par des m&#233;dias sensationnalistes et des maires de droite, qui allait jusqu'&#224; demander que l'on tire sur les d&#233;linquants. Pour la premi&#232;re fois depuis la dictature, les militaires se sont empar&#233;s de la ville de Concepcion, en y faisant r&#233;gner un couvre-feu de 18 heures par jour. Le retour &#224; l'ordre s'est fait rapidement, mais non sans bavure dont des dizaines d'arrestation arbitraire, des ratissages et des fouilles syst&#233;matiques dans les quartiers populaires et la mort d'un innocent, sorti malencontreusement de nuit pour acheter des cigarettes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;linquants en complet-cravate&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette tour r&#233;sidentielle renvers&#233;e de Concepcion a fait le tour du monde. Pr&#232;s de dix personnes y ont p&#233;ri. Le s&#233;isme du 27 f&#233;vrier 2010 a donn&#233; raison aux sceptiques du d&#233;veloppement immobilier en hauteur. Il faut dire que depuis un dizaine d'ann&#233;es, le pays est affect&#233; par une fi&#232;vre de l'immobilier, aggrav&#233;e par la financiarisation de l'&#233;conomie et la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s. Santiago, Concepcion et Vi&#241;a del Mar ont &#233;t&#233; couvertes d'&#233;difications en hauteur. Aujourd'hui, pr&#232;s d'une centaine de ces r&#233;centes tours de condominiums, certaines ayant &#233;t&#233; livr&#233;es il y a &#224; peine quelques mois, ont subi des dommages irr&#233;parables. D&#233;r&#233;glementation oblige, afin de stimuler la croissance du secteur, l'&#201;tat a abandonn&#233; son r&#244;le de vigilance des travaux d'infrastructure. Le tremblement de terre a fait s'&#233;crouler le mythe du march&#233; auto-r&#233;gul&#233;. Les propri&#233;taires qui ont perdu leur condo (ou les familles des victimes) sont maintenant responsables de &#171; poursuivre &#187; en justice les compagnies responsables des d&#233;faut de b&#226;timent. Alors que plusieurs hommes d'affaires sont introuvables et les compagnies fant&#244;mes se dissolvent dans la poussi&#232;re des d&#233;combres, le processus risque de prendre des ann&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chili a aussi exp&#233;riment&#233; durement la fragilit&#233; de son r&#233;seau de services, dont la majorit&#233; a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e au secteur priv&#233;. Champion des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales, les divers gouvernements de centre-gauche n'ont cess&#233; de convaincre la population des bienfaits de la privatisation les services d'eau, d'&#233;lectricit&#233; et de t&#233;l&#233;communication. La population paye les tarifs les plus &#233;lev&#233;s pour ces services en Am&#233;rique du Sud. L'effondrement majeur de ces r&#233;seaux durant la nuit du 27 f&#233;vrier a d&#233;montr&#233; que les failles du syst&#232;me. La coupure de service des trois grands fournisseurs de t&#233;l&#233;phonie cellulaire durant les trois premiers jours est l'une des causes du manque de coordination du gouvernement dans sa r&#233;action. Les hauts tarifs n'ont pas &#233;t&#233; investis dans des infrastructures de pointe pour r&#233;sister au s&#233;ismes, ni dans une infrastructure d'urgence. Il est peu probable que les compagnies r&#233;pondent de leur inefficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident chilien Sebastian Pi&#241;era a &#233;t&#233; investi le 11 mars dernier entre deux secousses sismiques. Des secousses qui ont fait trembler l'&#233;difice du Congr&#232;s o&#249; se rassemblait l'&#233;lite politique qui assistait &#224; la c&#233;r&#233;monie. La nouvelle administration doit maintenant esp&#233;rer qu'&#224; l'image du Congr&#232;s, le fragile &#233;difice social du Chili ne s'effondre pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] L'Organisation de coop&#233;ration et d&#233;veloppement &#233;conomique, qui compte un trentaine de pays-membres, est consid&#233;r&#233; comme le &#171; club &#187; des pays d&#233;velopp&#233;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un coup d'&#201;tat chirurgical</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Un-coup-d-Etat-chirurgical</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Un-coup-d-Etat-chirurgical</guid>
		<dc:date>2009-08-29T00:28:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; soixante jours du coup d'&#201;tat au Honduras, le Front national contre le coup d'&#201;tat appelle &#224; une journ&#233;e mondiale de mobilisation. Depuis le 28 juin, date de l'expulsion du pr&#233;sident l&#233;gitime Manuel Zelaya, les journ&#233;es de protestations populaires et les pressions internationales se multiplient, sans avoir raison du gouvernement fantoche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement de facto mise sur le temps, et les &#233;lections de novembre prochain, pour se faire oublier et amener la communaut&#233; internationale &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2498-6a789.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; soixante jours du coup d'&#201;tat au Honduras, le Front national contre le coup d'&#201;tat appelle &#224; une journ&#233;e mondiale de mobilisation. Depuis le 28 juin, date de l'expulsion du pr&#233;sident l&#233;gitime Manuel Zelaya, les journ&#233;es de protestations populaires et les pressions internationales se multiplient, sans avoir raison du gouvernement fantoche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de facto mise sur le temps, et les &#233;lections de novembre prochain, pour se faire oublier et amener la communaut&#233; internationale &#224; reconna&#238;tre les gouvernants de facto dans le pays. L'expulsion manu militari du pr&#233;sident Zelaya a &#233;t&#233; op&#233;r&#233; avec succ&#232;s, sans d&#233;bordements excessifs de violence, et avec l'accord complices des &#233;lites politiques qui contr&#244;lent le pays (d&#233;put&#233;s et juges de la Cour Supr&#234;me). La feuille de route des oligarques autoritaires suit son cours : apr&#232;s un op&#233;ration chirurgicale d'urgence (le putsch), attendre le r&#233;tablissement du patient, avec de bonnes doses d'analg&#233;siques r&#233;pressifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La chirurgie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration a consist&#233; &#224; se d&#233;barrasser d'un pr&#233;sident g&#234;nant, qui s'&#233;tait rapproch&#233; un peu trop du pr&#233;sident v&#233;n&#233;zuelien Hugo Ch&#225;vez. Le &#171; diablotin communiste &#187; avait permis de financer des mesures sociales gr&#226;ce aux exc&#233;dents de ses ressources p&#233;troli&#232;res. En s'alignant sur la communaut&#233; bolivarienne, Zelaya mettait en jeu les int&#233;r&#234;ts d'une oligarchie nationale proche alli&#233;e des &#201;tats-Unis. Puis, il a augment&#233; le salaire minimum de 60%, dans un pays de fortes in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquant le pr&#233;texte qu'il aurait viol&#233; la Constitution, les putschistes se sont par&#233; d'une image de protecteurs de la d&#233;mocratie. Zelaya aurait voulu modifier la Constitution pour pouvoir postuler &#224; un second mandat. L'accusation est mince, voire mensong&#232;re. Appuy&#233; par quatre cent mille signatures, le chef de l'Etat avait pr&#233;vu d'organiser, le jour du scrutin, auquel il ne pouvait se pr&#233;senter &#8212; la Constitution de 1982 restant en vigueur jusqu'&#224; nouvel ordre &#8212;, une &#171; consultation &#187; demandant aux Honduriens s'ils d&#233;sirent la convocation d'une Assembl&#233;e nationale constituante. Une centaine de d&#233;put&#233;s du parlement et une poign&#233;e de juges, appuy&#233;e par l'oligarchie, a d&#233;cid&#233; que leur opinion valait mieux qu'un r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La convalescence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La suite du coup d'&#201;tat devait servir &#224; gagner du temps. Il a fallu d&#233;fier la r&#233;probation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, et l'isolement complet du nouveau gouvernement. L'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains, l'Organisation des Nations Unies, l'Union europ&#233;enne, incluant les &#201;tats-Unis et le gouvernement de droite de la Colombie ont d&#233;nonc&#233; le coup. Le gouvernement de facto doit aussi affronter les pressions financi&#232;res comme l'annulation des pr&#234;ts de la Banque mondiale et de l'Union europ&#233;enne. S'ajoute le blocus de la fronti&#232;re d&#233;cr&#233;t&#233;e par le Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident auto-proclam&#233; Micheletti a n&#233;anmoins affront&#233; avec arrogance les &#171; m&#233;diations &#187; esquiss&#233;es par la communaut&#233; internationale. Apr&#232;s avoir fait mine d'accepter la m&#233;diation du pr&#233;sident du Costa Rica, Oscar Arias, le chef d'&#201;tat de facto refuse de rencontrer Manuel Zelaya. La semaine derni&#232;re, devant une d&#233;l&#233;gation de l'O&#201;A, dirig&#233;e par son secr&#233;taire, le chilien Jos&#233; Miguel Insulza, Micheletti a r&#233;it&#233;rer son refus de toute n&#233;gociation qui inclurait le retour de Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant de son c&#244;t&#233; la majorit&#233; des grands m&#233;dias du pays, le gouvernement autoritaire n'a pas eu &#224; faire appel &#224; des restrictions massives de la libert&#233; d'expression. La pluralit&#233; des m&#233;dias souffre pourtant du coup de force. Les m&#233;dias communautaires et les journalistes &#233;trangers, particuli&#232;rement ceux de la cha&#238;ne TeleSur, ont &#233;t&#233; victimes d'intimidation. Dans la rue, la r&#233;pression a &#233;t&#233; brutale. L'arm&#233;e, d&#233;ploy&#233;e en masse, a impos&#233; des restrictions aux libert&#233;s civiles et des couvre-feu r&#233;guliers. On compte environ huit morts et des centaines de bless&#233;s durant les manifestations pour le retour de Zelaya. Les journ&#233;es de protestations et les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, suivies principalement par les professeurs et d'autres employ&#233;s publics, n'ont pas atteint une ampleur massive. Les &#171; perturbations &#233;conomiques &#187; ont &#233;t&#233; limit&#233;es et la d&#233;sob&#233;issance civile dilu&#233;e face aux manifestations d'appui au r&#233;gime fantoche par les classes moyennes de la capitale, Tegucigalpa.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gu&#233;rison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plan de match des putschistes consistent &#224; patienter jusqu'aux &#233;lections pr&#233;vues selon le calendrier officiel pour le 29 novembre prochain. Impossible pour le pr&#233;sident Zelaya de s'y repr&#233;senter en vertu de la Constitution. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles dans le contexte de r&#233;pression et de d&#233;sorganisation des forces sociales donneront gagnants les prot&#233;g&#233;s de partis traditionnels : le Parti lib&#233;ral et le Parti conservateur. Ce &#171; retour &#224; la normalit&#233; &#187; co&#239;ncidera avec le &#171; retour &#224; l'&#201;tat de droit &#187; plaid&#233; par la &#171; communaut&#233; internationale &#187;. Malgr&#233; les d&#233;clarations indign&#233;es contre le gouvernement de facto, les observateurs internationaux de l'O&#201;A et de l'Union europ&#233;enne sont d&#233;j&#224; pr&#234;ts &#224; l&#233;gitimer l'op&#233;ration &#233;lectorale de fa&#231;ade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec sa petite op&#233;ration dictatoriale, les &#233;lites honduriennes auront agi rapidement, &#233;vitant la propagation du virus bolivarien. Les nouveaux &#171; gorilles &#187; en veston-cravate ont fermer la porte d'une refonte constitutionnelle avant m&#234;me qu'elle s'ouvre. Ainsi, le n&#233;oconstitutionnalisme repr&#233;sent&#233; par Ch&#225;vez, Morales et Correa a &#233;t&#233; battu par un n&#233;oputschisme &#233;crivant une nouvelle justification &#224; la violente interruption de l'institutionalit&#233; d&#233;mocratique. Les &#233;lites latino-am&#233;ricaines s'effraient devant cette d&#233;mocratie radicale lorsque, au Venezuela, en Bolivie et en &#201;quateur, une assembl&#233;e constituante d&#233;cadenasse les mouvements populaires et s&#232;me les graines d'un nouvel ordre d&#233;mocratique &#233;galitaire, tout en renfor&#231;ant l'appui populaire des pr&#233;sidents au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Honduras, les classes dominantes ont mis&#233; sur le fait que, dans une &#233;tape encore jeune du d&#233;veloppement des forces populaires, il &#233;tait peu probable que, comme dans le cas du Venezuela, qu'une foule de plus d'un million de citoyens envahissent le palais pr&#233;sidentiel pour demander le retour du pr&#233;sident d&#233;chu. En avril 2002, au Venezuela, la Constitution &#233;tait concr&#232;tement dans la rue, ce que le peuple en lutte avait d&#233;cid&#233;, et non ce que les putschistes pr&#233;tendaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de la mobilisation citoyenne contre le coup d'&#201;tat au Honduras s'explique en autres par la faiblesse m&#234;me de l'organisation sociale, syndicale et paysanne. Manuel Zelaya, venant d'un parti traditionnel, a fait un virage &#224; 180&#186; par rapport &#224; l'id&#233;ologie de son parti. L'&#233;pisode hondurien montre l'impossibilit&#233; que le changement social se concentre dans un aventurisme pr&#233;sidentiel, sans l'appui d'un parti politique au parlement, ni de mouvements sociaux organis&#233;s. Les classes dominantes viennent de percer le maillon faible de l'Alliance bolivarienne pour les Am&#233;riques. Pendant ce temps, en Colombie, il se pr&#233;pare le retour de la strat&#233;gie militaire &#233;tasunienne dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Coup d'&#201;tat au Honduras : L'oligarchie d&#233;cide ce qui est d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Coup-d-Etat-au-Honduras-L-oligarchie-decide-ce-qui-est-democratique</link>
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		<dc:date>2009-08-18T16:28:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG lundi 6 juillet 2009, par Antoine Casgrain ___________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Un coup d'&#201;tat digne des ann&#233;es 70 : les &#233;lites oligarchiques du Honduras d&#233;cident ce qui est bon pour le peuple. En dehors de leurs partisans des classes favoris&#233;es de la capitale hondurienne, les militaires n'ont convaincu personne, ni la communaut&#233; internationale, ni le peuple hondurien, qui se bat aujourd'hui dans la rue pour le retour du Pr&#233;sident Zelaya. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le coup d'&#201;tat au Honduras n'est pas nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
lundi 6 juillet 2009, par Antoine Casgrain&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Un coup d'&#201;tat digne des ann&#233;es 70 : les &#233;lites oligarchiques du Honduras d&#233;cident ce qui est bon pour le peuple. En dehors de leurs partisans des classes favoris&#233;es de la capitale hondurienne, les militaires n'ont convaincu personne, ni la communaut&#233; internationale, ni le peuple hondurien, qui se bat aujourd'hui dans la rue pour le retour du Pr&#233;sident Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat au Honduras n'est pas nouveau en soi. Il est la r&#233;plique d'un nombre incalculable de coups militaires similaires en Am&#233;rique latine. Lorsque l'&#233;lite nationale, les hommes d'affaires et les politiciens en t&#234;te, voit entrer le peuple dans ces institutions, elle appelle l'arm&#233;e &#224; son secours et clame pour le retour de sa d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; vingt ans de &#171; d&#233;mocratie &#187;, l'Am&#233;rique latine est toujours d&#233;stabilis&#233;e par ses in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques abyssales, la criminalit&#233; galopante et aujourd'hui la crise &#233;conomique. Aujourd'hui comme hier, les &#233;lites scolaris&#233;es, fi&#232;res de leur style de vie &#034;am&#233;ricanis&#233;e&#034;, d&#233;cident entre eux, dans le jeu des partis traditionnels, ce qui est bon pour le peuple. Devant le conflit constitutionnel qui l'affrontait au pr&#233;sident Zelaya, l'oligarchie s'impose par la force, refusant que le peuple se prononce dans un r&#233;f&#233;rendum sur l'avenir du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est nouveau, c'est que, pour une fois, un coup d'&#201;tat soit cat&#233;goriquement condamn&#233; par la communaut&#233; internationale, incluant les &#201;tats-Unis. Le mardi 30 juin, l'Assembl&#233;e des Nations Unies a adopt&#233; une r&#233;solution condamnant sans appel l'expulsion du pr&#233;sident Manuel Zelaya. Pour une rare fois, les &#201;tats-Unis se sont trouv&#233;s dans le camp majoritaire &#224; cette Assembl&#233;e pour appuyer un gouvernement progressiste d'Am&#233;rique latine, partageant le vote de gouvernements farouchement anti-&#233;tasuniens comme le Venezuela et la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er juin, l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) a donn&#233; un ultimatum de trois jour aux forces putschistes pour redonner le pouvoir au pr&#233;sident &#233;lu. Le Honduras risque la suspension de l'organisme, connu pour &#234;tre le cheval de Troie des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion. La Banque mondiale a m&#234;me annonc&#233; la suspension d'un pr&#234;t de 400M$ au pays centre-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;montre que le contexte international a chang&#233;. L'axe politique bolivarien gagne des positions et renverse l'h&#233;g&#233;monie &#233;tasunienne dans la r&#233;gion. L'Alliance bolivarienne pour les Am&#233;riques (ALBA) [1] regroupe des pays certes h&#233;t&#233;roclites et dont la d&#233;pendance au pouvoir p&#233;trolier du Venezuela est d&#233;mesur&#233;. Mais les gouvernements de l'ALBA se sont engag&#233;s envers une int&#233;gration autonome sur la base de rupture de la domination &#233;tasunienne. Apr&#232;s la vague de gauche en Am&#233;rique du Sud, l'ALBA s'&#233;tend r&#233;solument vers l'Am&#233;rique centrale avec le Honduras et le Nicaragua comme pays-membres. De plus, le Salvador a &#233;lu un pr&#233;sident du FMLN (ex-gu&#233;rilla de gauche) qui, bien que mod&#233;r&#233;, montre ses sympathies pour le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le gouvernement de Zelaya &#233;tait impopulaire. Un sondage r&#233;cent lui a donn&#233; 30% d'appui. Mais ce n'est pas moins que l'appui que W. Bush recevait &#224; la fin de son mandat. Le pr&#233;sident Zelaya a refus&#233; de se plier aux institutions constitutionnelles (le Congr&#232;s et la Cour Supr&#234;me), en concentrant le pouvoir de l'ex&#233;cutif. Mais l'oligarchie montre aujourd'hui son incapacit&#233; &#224; c&#233;der une parcelle, devant la possibilit&#233; d'un nouveau projet de soci&#233;t&#233; qui serait un menace &#224; son h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barack Obama n'a pas donn&#233; son appui au gouvernement militaire, mais il n'ira s&#251;rement pas plus loin. Le coup d'&#201;tat ne sera combattu que dans la rue, les usines et les ports du pays. Syndicats et forces sociales, bien que d&#233;sorganis&#233;s, appellent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour appuyer les manifestations spontan&#233;es des premiers jours. Le peuple fait face &#224; toutes les armes traditionnels du coup d'&#201;tat. Les m&#233;dias dissidents ont &#233;t&#233; ferm&#233;s, le couvre-feu a &#233;t&#233; impos&#233; et les protestations pro-Zelaya durement dissip&#233;es. Certaines agences de presse parlent m&#234;me que des escadrons de la mort (groupes paramilitaires) se sont reconstitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement ill&#233;gitime &#224; Tegucigalpa r&#233;siste &#224; la fois aux pressions populaires et ext&#233;rieures, il pourrait bien marquer un renversement de la vague de gauche en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] L'ALBA est actuellement compos&#233; des pays suivants : Antigua et Barbuda, Bolivie, Cuba, Dominique, &#201;quateur, Honduras, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Venezuela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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