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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>En plein hiver chilien : les promesses d'un printemps social et politique</title>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rigueurs de l'hiver austral obligent, c'est dans le froid et sous la pluie que depuis pr&#232;s de trois mois les &#233;tudiants chiliens revendiquent. Ils n'en sont pas moins en train de faire germer &#8212;au fil de mobilisations croissantes de la soci&#233;t&#233; civile&#8212; les promesses d'un formidable printemps social et politique ; un printemps qui pourrait bien nous donner &#224; r&#233;fl&#233;chir, ici m&#234;me au Qu&#233;bec. Car en observant les &#233;chos de cette effervescence sociale d&#233;bouchant ces 23 et 24 ao&#251;t 2011 sur une gr&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Amerique-latine-227-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rigueurs de l'hiver austral obligent, c'est dans le froid et sous la pluie que depuis pr&#232;s de trois mois les &#233;tudiants chiliens revendiquent. Ils n'en sont pas moins en train de faire germer &#8212;au fil de mobilisations croissantes de la soci&#233;t&#233; civile&#8212; les promesses d'un formidable printemps social et politique ; un printemps qui pourrait bien nous donner &#224; r&#233;fl&#233;chir, ici m&#234;me au Qu&#233;bec. Car en observant les &#233;chos de cette effervescence sociale d&#233;bouchant ces 23 et 24 ao&#251;t 2011 sur une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale appel&#233;e par le mouvement syndical, on ne peut qu'&#234;tre frapp&#233; par les in&#233;luctables impasses du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral ainsi que par les moyens qu'une soci&#233;t&#233; doit parvenir &#224; se donner pour tenter de s'y opposer avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Chili a toujours &#233;t&#233; un pays barom&#232;tre, une sorte de laboratoire social et politique nous permettant de saisir avec plus de clart&#233; ce qui se joue ailleurs, &#224; l'&#233;chelle du monde. Il l'a &#233;t&#233; dans les ann&#233;es 60-70, avec l'Unit&#233; Populaire de Salvador Allende, expression de cette &#171; &#232;re des brasiers &#187; ayant, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine, embras&#233; le continent de ses aspirations au changement social. Il l'a &#233;t&#233; dans les ann&#233;es 70-80, avec la dictature de s&#233;curit&#233; nationale du g&#233;n&#233;ral Pinochet, symbole de cette r&#233;pression sauvage et de l'imposition au forceps d'un mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral dont on allait bient&#244;t conna&#238;tre la recette partout au monde. Il l'a &#233;t&#233; aussi dans les ann&#233;es 90-2000, avec le retour &#224; la d&#233;mocratie, mais &#224; une &#171; d&#233;mocratie restreinte &#187;, les militaires continuant &#224; gouverner derri&#232;re le tr&#244;ne. Et peut-&#234;tre l'est-il aujourd'hui avec cette gr&#232;ve &#233;tudiante aux allures absolument in&#233;dites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve in&#233;dite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne s'agit pas seulement d'une gr&#232;ve &#233;tudiante de grande envergure, touchant tant les &#233;l&#232;ves du secondaire que les &#233;tudiants universitaires. Il s'agit d'un mouvement qui a fini, au fil des semaines, par gagner l'appui, non seulement des syndicats de professeurs et des associations de parents d'&#233;l&#232;ves, mais encore de larges secteurs de la soci&#233;t&#233; civile. Comme si les &#233;tudiants avaient su faire comprendre que leur cause &#233;tait celle de tous et toutes. Voil&#224; pourquoi elle s'est d&#233;velopp&#233;e comme une train&#233;e de poudre, passant par dessus tous les obstacles mis sur son chemin : depuis le 28 avril 2011, date de la premi&#232;re manifestation &#233;tudiante d'envergure (8 000 personnes) jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d'aujourd'hui en passant par les marches du 30 juin (300 000 personnes) et du 9 ao&#251;t (500 000 personnes), se sont multipli&#233;s, manifestations, occupations, gr&#232;ves de la faim, rassemblements gigantesques, le tout finissant, qui plus est, par redonner vie &#224; une s&#233;rie d'autres demandes sociales rest&#233;es sans r&#233;ponse : celles des Mapuches au sud, des &#233;cologistes &#224; propos du projet HidroAysen en Patagonie, celles enfin du mouvement syndical, aspirant notamment une meilleure redistribution de la richesse sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des enjeux de taille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les enjeux &#233;taient de taille : Au Chili, sous la houlette du g&#233;n&#233;ral Pinochet l'&#233;ducation est pass&#233;e d'un seul coup dans la moulinette des logiques n&#233;olib&#233;rales, sans que depuis les diff&#233;rents gouvernements d&#233;mocratiques (y compris celui de Mich&#232;le Bachelet) y changent quelque chose de substantiel. L'&#233;ducation est ainsi devenue &#171; marchandise &#187;, une pure affaire d'argent et de n&#233;goce, source de profits all&#233;chants pour les banques et les entrepreneurs en mal de profits. Alors que jusqu'en 1973, l'&#233;ducation publique chilienne &#233;tait connue pour sa qualit&#233; et sa gratutit&#233;, les principes &#233;conomiques pron&#233;s par les Chicagos boys et la dictature ont, comme le rappelle Victor de la Fuente du Monde Diplomatique, litt&#233;ralement invers&#233; les choses : &#171; Rares en 1973, les &#233;coles priv&#233;es accueillent d&#233;sormais 60 % des &#233;l&#232;ves dans le primaire et le secondaire. Moins de 25 % du syst&#232;me &#233;ducatif est financ&#233; par l'Etat, les budgets des &#233;tablissements d&#233;pendent, en moyenne, &#224; 75 % des frais d'inscriptions. D'ailleurs, l'Etat chilien ne consacre que 4,4 % du produit int&#233;rieur brut (PIB) &#224; l'enseignement, bien moins que les 7 % recommand&#233;s par l'Unesco &#187;. Plus encore le niveau d'endettement &#233;tudiant a pris des proportions consid&#233;rables. Dans un pays o&#249;, comme en font foi les donn&#233;es du d&#233;partement d'&#233;conomie de l'Universit&#233; du Chili, le salaire minimum s'&#233;tablit &#224; l'&#233;quivalent de moins de 340 dollars canadiens et le salaire moyen &#224; l'&#233;quivalent d'environ 1000 dollars canadiens, les jeunes d&#233;pensent en moyenne l'&#233;quivalent de 300 &#224; 800 dollars canadiens par mois pour suivre un cursus universitaire. En cons&#233;quence, &#171; 70 % des &#233;tudiants s'endettent, et 65 % des plus pauvres interrompent leurs &#233;tudes pour des raisons financi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une rupture d&#233;mocratique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le remarquable va bien au-del&#224; de tous ces chiffres impressionnants. Il est dans la mani&#232;re dont les &#233;tudiants m&#232;nent leur lutte contre le gouvernement du Pr&#233;sident Pi&#241;era. M&#234;me si on sait que leurs leaders &#8211;dont la tr&#232;s charismatique Camilla Vallejos, pr&#233;sidente de la Confech&#8212;sont membres de partis de gauche, ils ont su tout organiser leur mouvement sur des bases larges, d&#233;mocratiques et non partisanes, et lui donner en m&#234;me temps un cours absolument in&#233;dit, en exigeant loin de tout corporatisme, rien de moins que &#171; la fin du profit dans l'&#233;ducation &#187; ainsi qu' &#171; une &#233;ducation gratuite et de qualit&#233; &#187; con&#231;ue comme un authentique &#171; service public &#187;, pointant ainsi du doigt non seulement l'ensemble du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral dont le Chili s'est fait le champion, mais aussi l'immense majorit&#233; de la classe politique chilienne qui s'en est fait ces derni&#232;res ann&#233;es la complice plus ou moins avou&#233;e. R&#233;sultat : ces revendications structurelles ont fini par leur attirer les faveurs grandissantes de l'opinion publique (80% de la population appuient leur revendication), et &#224; l'inverse par mettre le gouvernement (incarnant la droite dure du pass&#233;) sur la d&#233;fensive, lui qui s'est retrouv&#233; derni&#232;rement dans les sondages avec moins de 20% d'appui. Comme si fouett&#233;e par l'audace vivifiante des &#233;tudiants, la soci&#233;t&#233; enti&#232;re commen&#231;ait &#224; r&#233;aliser tous les c&#244;t&#233;s pervers et profond&#233;ment in&#233;galitaires de ce mod&#232;le h&#233;rit&#233; de la dictature, lib&#233;rant au passage aspirations d&#233;mocratiques et espoirs de changements grandissants. D'o&#249; le peu d'effets des menaces et men&#233;es r&#233;pressives que semble &#224; l'heure actuelle privil&#233;gier le Pr&#233;sident Pi&#241;era. D'o&#249; aussi cette id&#233;e de pl&#233;bisicte r&#233;f&#233;rendaire (sur les propositions &#233;tudiantes) et m&#234;me de constituante qui commence &#224; circuler de plus en plus largement, &#224; la mani&#232;re d'un appel &#224; une v&#233;ritable &#171; rupture d&#233;mocratique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et m&#234;me si l'on serait bien en peine aujourd'hui de faire un pronostic quelconque quant &#224; la suite des choses, ce que l'on peut dire en toute assurance, c'est que le Chili est en train de d&#233;couvrir &#224; sa mani&#232;re &#8211;au-del&#224; de toutes les terreurs l&#233;gu&#233;es par la dictature&#8212; que pour lui aussi &#171; un autre monde est possible &#187;. A l'heure du printemps arabe, de la r&#233;volte des indign&#233;s europ&#233;ens et des turbulences que nous pouvons, nous-m&#234;mes conna&#238;tre sur la sc&#232;ne politique provinciale, n'est-ce pas nous convier &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que pourrait &#234;tre, chez nous, un v&#233;ritable automne qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sociologue&lt;br class='autobr' /&gt;
Auteur de Les mouvements sociaux au Chili (1973-1993), Paris, L'Harmattan, 1995 ; La gauche en temps de crise, Contre-strat&#233;gies pour demain, Montr&#233;al, Liber, 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En marge de l'entente de principe sign&#233;e par les grandes centrales. L'indispensable lucidit&#233;&#8230;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/En-marge-de-l-entente-de-principe-signee-par-les-grandes-centrales-L</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/En-marge-de-l-entente-de-principe-signee-par-les-grandes-centrales-L</guid>
		<dc:date>2010-09-21T02:21:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG R&#233;ponse &#224; Guy Roy et Ronald Cameron mardi 13 juillet 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'entente de principe sign&#233;e le 27 juin dernier par les trois chefs syndicaux serait-elle une bonne chose ? Contrairement au point de vue privil&#233;gi&#233; jusqu'alors par Presse-toi &#224; gauche !, il s'est r&#233;cemment lev&#233; un certain nombre de voix &#8211;et pas seulement du c&#244;t&#233; gouvernemental&#8212;pour en revendiquer le c&#244;t&#233; positif. Ainsi retrouve-t-on, en ce d&#233;but d'&#233;t&#233;, un certain nombre de militants syndicaux et m&#234;me de membres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;ponse &#224; Guy Roy et Ronald Cameron&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 13 juillet 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'entente de principe sign&#233;e le 27 juin dernier par les trois chefs syndicaux serait-elle une bonne chose ? Contrairement au point de vue privil&#233;gi&#233; jusqu'alors par Presse-toi &#224; gauche !, il s'est r&#233;cemment lev&#233; un certain nombre de voix &#8211;et pas seulement du c&#244;t&#233; gouvernemental&#8212;pour en revendiquer le c&#244;t&#233; positif. Ainsi retrouve-t-on, en ce d&#233;but d'&#233;t&#233;, un certain nombre de militants syndicaux et m&#234;me de membres influents de Qu&#233;bec solidaire pour en d&#233;fendre le bien-fond&#233;. Mais sur quelle argumentation se fondent-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le po&#232;te Ren&#233; Char qui affirmait au fil d'une belle m&#233;taphore que &#171; la lucidit&#233; est la blessure la plus rapproch&#233;e du soleil &#187;. Et sans doute peut-on interpr&#233;ter le sens de cet aphorisme, comme un appel &#224; ne pas avoir peur de la v&#233;rit&#233; et de ses exigences, fussent-elles cruelles et blessantes. Car m&#234;me s'il est parfois douloureux de regarder les choses en face, on peut n&#233;anmoins aller plus loin, au-del&#224; de ses propres limites et aveuglements, &#224; se rapprocher de ce qui est la source de toute vision, le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont quelques-unes de ces images qui me sont venues &#224; l'esprit en lisant, dans le sillage de la r&#233;cente entente syndicat\gouvernement, les r&#233;actions de Guy Roy (syndicaliste &#224; la FTQ ) et de Ronald Cameron (ex pr&#233;sident de la FNEEQ ). Contre toute attente, l'un et l'autre, sur la base d'une argumentation relativements semblable, semblent se satisfaire de la d&#233;marche ent&#233;rin&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent par les grandes centrales qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Guy Roy en effet des &#171; gains minimums &#187; auraient &#233;t&#233; faits, accompagn&#233;s d'une &#171; bonne participation des syndiqu&#233;s &#187;, permettant tout au moins &#171; de pr&#233;server les services publics &#187; et de &#171; rendre possible une contre offensive &#187; ult&#233;rieure. M&#234;me son de cloche de Ronald Cameron qui pr&#233;cise que &#171; d&#233;lest&#233;s du poids de la n&#233;gociation, les syndicats &#187; pourront &#171; se concentrer sur les aspects plus politiques &#187;. Il ajoutera sur un ton plus savant, en se r&#233;f&#233;rant aux analyses de Jean Marc Piotte, &#171; que le mouvement syndical a toujours eu une double dimension, &#224; la fois d'int&#233;gration et de contestation. Et que par cons&#233;quent il faut &#171; &#233;viter le pi&#232;ge de croire que &#231;a doit invariablement conduire au renversement du gouvernement, m&#234;me s'il s'agit certainement d'une &#233;preuve pour ce dernier. Toute entente n&#233;goci&#233;e exige le consentement des deux parties &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; se contenter de peu !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire ces deux s&#233;ries de remarques, on peut n&#233;anmoins se demander si c'est de la m&#234;me n&#233;go dont on parle et si &#224; leur insu ces militants ne sont pas en train de se boucher les yeux, refusant de voir ce qui pourtant cr&#232;ve les yeux : la s&#233;rie de reculs &#8211;tant aux tables centrales que sectorielles&#8212;que cette entente est en passe de cautionner. C'est une chose en effet de ne pas sombrer dans le cynisme ou le pessimisme et d'&#234;tre capable de saisir avec optimisme les possibles que rec&#232;le une conjoncture donn&#233;e, c'en est une toute autre de refuser de voir la r&#233;alit&#233; en face et de se nier &#224; appr&#233;cier par exemple la valeur contre-productive de man&#339;uvres syndicales risquant de repr&#233;senter un handicap non n&#233;gligeable pour les luttes sociales et politiques &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait ces militants reprennent &#8211;sans doute &#224; leur insu&#8212; le discours syndical dominant qui devant les coups r&#233;p&#233;t&#233;s port&#233;s par les logiques n&#233;olib&#233;rales depuis bient&#244;t une trentaine d'ann&#233;es, a fini par faire contre mauvaise fortune bon c&#339;ur, se contentant de peu (d'un petit pain dirait-on), choisissant d&#233;lib&#233;r&#233;ment, pour reprendre la nomenclature de Piotte, &#171; l'int&#233;gration &#187; au d&#233;triment de &#171; la contestation &#187;, au prix cependant de biens des compromissions avec les id&#233;aux syndicaux du pass&#233;, notamment ceux de la lutte d&#233;mocratique et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la strat&#233;gie actuelle des grandes centrales qui, voulant co&#251;te que co&#251;te &#233;viter un d&#233;cret en pensant qu'il n'est pas opportun de confronter le gouvernement (pourtant passablement discr&#233;dit&#233; !) par le biais d'une mobilisation collective, ont pr&#233;f&#233;r&#233; signer en catimini une entente &#224; rabais, faisant fi au passage de toutes les promesses faites en la mati&#232;re &#224; leurs membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais doit-on quand on est de gauche coller aveugl&#233;ment &#224; ce point de vue ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De nouveaux reculs !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car il ne faut pas oublier que dans cette affaire, la FIQ (avec ses 55 000 infirmi&#232;res) a &#233;t&#233;, loin de tout id&#233;al de solidarit&#233;, purement et simplement abandonn&#233;e sur un dossier pourtant central : la question des heures de travail et du temps suppl&#233;mentaire ainsi que celle de l'intromission du priv&#233; dans le secteur public de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas non plus oublier que les 3 chefs ont laiss&#233; tomb&#233; &#8211;sans en r&#233;f&#233;rer v&#233;ritablement &#224; leur base&#8212;l'id&#233;e autour de laquelle s'&#233;tait organis&#233; le Front commun, celle d'un rattrapage salarial de 4% pour les ann&#233;es du d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire enfin du fait que les 3 chefs ont bel et bien accept&#233; pour tous les membres qu'ils repr&#233;sentent une nouvelle perte de pouvoir d'achat de pr&#232;s de 4% pour les 4 prochaines ann&#233;es &#8211;parce qu'au-del&#224; de ses aspects pseudo novateurs, c'est cela que dans les faits implique l'entente ( voir pour plus de d&#233;tails mon article dans Presse-toi &#224; gauche et le Devoir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout, alors que jamais le gouvernement lib&#233;ral de Jean Charest n'avait &#233;t&#233; aussi d&#233;consid&#233;r&#233; aupr&#232;s de l'opinion publique (par toutes ces all&#233;gations de corruption qui courent &#224; son endroit) et n'avait en m&#234;me temps &#8211;profitant de la conjoncture de la crise et du d&#233;sarroi de l'opposition sociale et politique&#8212;mis de l'avant des mesures budg&#233;taires aussi anti-populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'on peut admettre avec les 3 chefs que les reculs impliqu&#233;s par cette entente ne sont pas &#8212;pris en eux-m&#234;mes&#8212;&#233;quivalents &#224; une catastrophe d&#233;clar&#233;e, ils n'en sont pas moins de &#171; nouveaux reculs &#187; qui mis en perspective (1983, 1996, 2010) et combin&#233;s au taxes r&#233;gressives du budget Bachand finissent, en s'accumulant, par peser lourd et surtout symboliser l'abandon de facto d'un mod&#232;le qui a fait pourtant les beaux jours du Qu&#233;bec. Ainsi apr&#232;s les 30 ann&#233;es de la &#171; r&#233;volution tranquille &#187;, on se trouve en train de sceller le cours de 30 ann&#233;es de &#171; r&#233;gression tranquille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En meilleure position apr&#232;s ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste enfin le dernier argument &#233;voqu&#233;, une sorte de cerise sur le sunday : une fois la n&#233;gociation r&#233;gl&#233;e avec les 475 000 employ&#233;s de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, le mouvement syndical pourra commencer &#224; s'occuper de politique et donc investir ses &#233;nergies dans une lutte contre les politiques budg&#233;taires gouvernementales. Comme si les n&#233;gociations des conventions collectives du secteur public et les mesures du budget Bachand n'&#233;taient pas &#233;troitement reli&#233;es, et comme si il n'y avait pas eu l&#224; une merveilleuse occasion &#224; saisir, pour obliger un gouvernement &#8211;passablement discr&#233;dit&#233; par des all&#233;gations de scandales en s&#233;rie&#8212;&#224; refaire ses devoirs ! Une occasion perdue qui in&#233;vitablement pesera lourd dans la suite des choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, on sera bien content si &#224; l'automne les 3 chefs d&#233;cident de partir quand m&#234;me en guerre contre le budget Bachand. Mais seront-ils en meilleure position pour arriver &#224; leurs fins ? On peut en douter ! Et avec quel rapport de force &#224; leur disposition ? D'ailleurs qui les prendra vraiment au s&#233;rieux, &#224; se rappeler comment ils ont si facilement pactis&#233; avec le gouvernement, loin de toute pratique solidaire et d&#233;mocratique, leurs bottines ne suivant d&#233;cid&#233;ment pas leurs babines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de doute, si l'on veut arr&#234;ter la machine n&#233;olib&#233;rale, il faut plus que des petites prudences ou des ententes sign&#233;es en catimini. Il faut de la lucidit&#233; et de l'audace, ce qu'Antonio Gramsci appelait en son temps &#171; le pessimisme de l'intelligence et l'optimisme de la volont&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saura-t-on, &#224; gauche, le comprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inventaire critique de la notion d'anticapitalisme :&#192; la recherche d'un anticapitalisme pratique enracin&#233; aux temps pr&#233;sents</title>
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		<dc:date>2010-09-08T02:40:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG mardi 8 juin 2010, par Pierre Mouterde ________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation faite lors de la journ&#233;e d'&#233;tude sur l'anticapitalisme organis&#233;e par Presse-toi &#224; gauche ! et le Centre justice et foi le 15 mai 2010 &#224; Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise financi&#232;re a eu au moins ce m&#233;rite, celui d'obliger les gens de gauche (et parmi eux les altermondialistes) &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; qu'on appelait avec beaucoup de facilit&#233; le n&#233;olib&#233;ralisme et de relier ce mode de r&#233;gulation &#233;conomique &#224; ce qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Strategie-" rel="directory"&gt;Strat&#233;gie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 8 juin 2010, par Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pr&#233;sentation faite lors de la journ&#233;e d'&#233;tude sur l'anticapitalisme organis&#233;e par Presse-toi &#224; gauche ! et le Centre justice et foi le 15 mai 2010 &#224; Qu&#233;bec.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re a eu au moins ce m&#233;rite, celui d'obliger les gens de gauche (et parmi eux les altermondialistes) &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; qu'on appelait avec beaucoup de facilit&#233; le n&#233;olib&#233;ralisme et de relier ce mode de r&#233;gulation &#233;conomique &#224; ce qui est son soubassement d&#233;cisif, le capitalisme. La crise environnementale, de son c&#244;t&#233;, oblige les environnementalistes &#224; penser leur si l&#233;gitime souci de protection de la nature en rapport avec les logiques &#233;conomiques expliquant la crise que nous connaissons aujourd'hui (voir &#224; ce sujet tout l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;cosocialisme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agira donc de donner ici quelques points de rep&#232;re pour faciliter la discussion collective, aider &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'il en est du capitalisme, mais aussi et surtout de l'anticapitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je vous propose c'est d'effectuer une sorte de mise en perspective historique de la notion d'anticapitalisme, en d&#233;finissant quelques points de rep&#232;re pour permettre justement une large discussion dont j'aspirerai &#224; ce qu'elle ne soit pas seulement th&#233;orique, mais aussi pratique, dans le sens o&#249; l'anticapitalisme appelle qu'on le veuille ou non &#224; une remise en cause pratique d'un syst&#232;me bien concret. C'est d'ailleurs le propre de la critique marxiste du capitalisme que de penser cette critique en termes pratiques. Rappelez-vous la fameuse formule de Marx : &#171; L'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187; (Statuts de l'association internationale des travailleurs 1864).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour ce faire, je tenterai dans un premier temps de clarifier ce qu'il peut en &#234;tre du capitalisme, en m'appuyant sur les &#233;crits de Marx et plus particuli&#232;rement sur les oeuvres de la maturit&#233; (livre 1 du Capital et Grundisse) et en montrant comment sa caract&#233;risation du capitalisme est particuli&#232;rement riche et f&#233;conde, &#233;clairante encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis dans un deuxi&#232;me temps, j'essayerai de mettre en perspective comment, au fil de l'histoire concr&#232;te, une certaine tradition anticapitaliste a fini par s'imposer en voyant dans le capitalisme un syst&#232;me d'abord et avant tout &#171; in&#233;galitaire et contradictoire &#187; qui finirait par s'&#233;crouler in&#233;vitablement sous le poids de ses propres contradictions. Et comment &#224; cette vision optimiste ou m&#234;me triomphaliste, s'est oppos&#233;e une vision tout aussi optimiste et triomphaliste, la vision keyn&#233;sienne stipulant qu'il serait justement possible de g&#233;rer avec succ&#232;s ses contraditions, au prix de quelques r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me permettra dans un troisi&#232;me temps &#8211;en opposition aux deux visions pr&#233;c&#233;dentes&#8212;&#224; montrer comment on pourrait repenser et r&#233;actualiser un anticapitalisme &#187; pour les temps pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I)Le capitalisme, qu'est-ce que c'est ? (sa sp&#233;cificit&#233; et sa complexit&#233;) &lt;br class='autobr' /&gt; II)Les limites et impasses des discours historiques critiques vis-&#224;-vis du capitalisme (Les th&#232;ses de la crise finale et de la r&#233;gulation keyn&#233;sienne) &lt;br class='autobr' /&gt; III)Propositions pour repenser, r&#233;actualiser l'anticapitalisme (2 hypoth&#233;ses : syst&#232;me productiviste, cannibale et mortif&#232;re ; redonner force &#224; l'action politique pens&#233;e comme unificatrice)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I) Le capitalisme, qu'est-ce que c'est ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;finitions de d&#233;part sont essentielles [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mode de production et d'&#233;change situ&#233; historiquement et g&#233;ographiquement (le &#171; capitalisme historique &#187; (Immanuel Wallerstein)) [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mode de production qui s'annonce &#171; comme une immense accumulation de marchandises &#187; et qui se caract&#233;rise par la volont&#233; de s'approprier des richesses, non pour les consommer, mais pour les accumuler sous forme de capital-argent &#171; dans le but d&#233;lib&#233;r&#233; de son auto-expansion &#187; (Wallerstein). D'o&#249; cette id&#233;e de faire de l'argent pour faire encore plus d'argent, mais en sachant que pour produire cet argent en plus, il faut s'engager dans un processus compliqu&#233; qui consiste &#224; mettre des gens au travail pour les faire produire un &#171; surtravail &#187; dont on ne s'appropriera la valeur que sous la forme d'une marchandise qu'il faut d'abord vendre &#187; (Fran&#231;ois Chesnais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'existence d'une s&#233;rie de traits qui lui sont tout &#224; fait particuliers : a)Ce syst&#232;me semble &#8211;suite &#224; cette cette qu&#234;te d'une accumulation toujours plus grande&#8212; se caract&#233;riser par l'&#233;largissement notable des capacit&#233;s productives humaines et par cette perp&#233;tuelle agitation et fi&#232;vre qui semblent distinguer comme dit Marx &#171; l'&#233;poque bourgeoise de toutes les autres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b)Ce syst&#232;me ne cherche pas &#224; produire d'abord des biens pour la consommation imm&#233;diate et la satisfaction de besoins sociaux, mais va les produire pour le profit qu'il retirera de leur vente. Ce qui l'int&#233;resse donc c'est la demande solvable, c'est-&#224;-dire la demande de ceux qui peuvent acheter. D'o&#249; le caract&#232;re aveugle de cette production (et la multiplicit&#233; des contradictions qu'il fait na&#238;tre) et notamment le fait qu'elle installe les conditions de discordances permanentes entre le temps de la production et celui de la consommation, et donc au fil de ces d&#233;sajustements structurels, la possibilit&#233; de crises de surproduction r&#233;currentes (sp&#233;cifiques au MPC) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Ce syst&#232;me n'est pas seulement un mode de production mais aussi un rapport social qui sous-entend &#8211;en les remodelant de part en part&#8212; l'existence de classes sociales divis&#233;es par des int&#233;r&#234;ts antagoniques, l'une poss&#233;dant le capital, pendant que l'autre, par le biais de son travail &#8211;devenue force de travail &#171; marchandis&#233;e &#187;&#8212; en nourrit l'expansion mais sans en b&#233;n&#233;ficier de tous les fruits, ni en orienter le d&#233;ploiement. Car le travail en devenant marchandise qu'on ach&#232;te et on vend, permet au d&#233;tenteur de capital de s'approprier &#171; une plus-value &#187; : diff&#233;rence entre la valeur cr&#233;&#233;e par le travail et le salaire conc&#233;d&#233; au travailleur. Ce qui fait d'ailleurs dire &#224; Marx que &#171; la condition d'existence du capital, c'est le salariat &#187;, ne serait-ce que parce qu'en syst&#232;me capitaliste, l'argent ne devient capital qu'en s'emparant du travail vivant qu'il met en activit&#233;. D'o&#249; l'existence d'un rapport d'exploitation nourrissant des rapports sociaux profond&#233;ment in&#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d)Mais ce syst&#232;me est en plus &#224; l'origine de ce que Marx a appel&#233; &#171; le f&#233;tichisme de la marchandise &#187; (l'id&#233;e que dans ce mode de production le rapport social des hommes entre eux prend la forme d'un rapport des choses entre elles) et qui va conduire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;possession particuliers (voir entre autres l'&#201;cole de Francfort), tendant &#224; transformer &#171; les rapports entre les hommes en rapports entre les choses &#187; et par suite &#224; ravaler tout &#224; l'&#233;tat de mati&#232;re inerte et manipulable [3]. D'o&#249; &#224; c&#244;t&#233; de la d&#233;possesion concernant la distribution de la richesse produite (propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production), existence d'une d&#233;possession concernant la ma&#238;trise du processus de production lui-m&#234;me (l'organisation tecnico administrative de la production industrielle : le despotisme d'usine ; le rapport au travail c'est d&#233;j&#224; un rapport social). D'o&#249; par voie de cons&#233;quence, ce ph&#233;nom&#232;ne de chosification et de marchandisation du monde (fruit de cet envo&#251;tement qui lie l'individu au syst&#232;me, ce cette froideur de la monade sociale), des choses et des gens. (il n'est pas qu'un simple mode de partage de la richesse, il est un mode de production en tout point particulier). Conclusion, cahoteux ou chaotique ? : c'est donc un syst&#232;me complexe dont on peut dire qu'il est tout &#224; la fois contradictoire, in&#233;galitaire, mais aussi productiviste, d&#233;r&#233;gl&#233; (d&#233;brid&#233;) et r&#233;ifiant. C'est non seulement une forme (une mani&#232;re de produire et d'&#233;changer probl&#233;matique (cahoteuse et injuste), mais aussi un contenu, c'est-&#224;-dire une mati&#232;re induisant n&#233;cessairement un rapport aux monde, aux hommes, au travail, &#224; la nature en tout point sp&#233;cifique qui pourrait bien finir par &#234;tre chaotique (d&#233;r&#233;gl&#233;, ali&#233;nant, productiviste, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II) Les limites et impasses des formes critiques dominantes vis-&#224;-vis du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or en revenant &#224; l'histoire concr&#232;te du capitalisme et de ses critiques, on s'aper&#231;oit que la critique dominante (celle qui s'est impos&#233;e) faite au capitalisme au 20i&#232;me si&#232;cle &#8211;celle qui s'est incarn&#233;e dans le communisme sovi&#233;tique stalinis&#233;&#8212; n'a pas repris &#224; son compte toutes ces dimensions, mais s'est focalis&#233;e essentiellement sur les dimensions in&#233;galitaires et contradictoires de ce syst&#232;me, passant &#224; c&#244;t&#233; de (ou minimisant) les autre dimensions d'un tel syst&#232;me (productivistes, d&#233;r&#233;gl&#233;es et r&#233;ifiantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que s'est construite &#8211;au fil d'une vision progressiste de l'histoire&#8212; toute une repr&#233;sentation du capitalisme appauvrie, marqu&#233;e du sceau du r&#233;ductionnisme et d'un optimisme immod&#233;r&#233;. De quoi voir en lui un syst&#232;me qui allait conna&#238;tre une &#171; crise finale &#187; (Evgueni Varga) et s'&#233;crouler n&#233;cessairement sous le poids de ses propres contradictions pour donner naissance &#224; une soci&#233;t&#233; socialiste, en ce sens qu'elle serait capable de r&#233;soudre ses contradictions fondamentales, permettant de d&#233;velopper les forces productives de mani&#232;re plus rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception reposait sur une conception m&#233;caniste et illusoire de l'histoire, la conception &#171; progressiste &#187; de l'histoire, imaginant que l'histoire allait in&#233;luctablement vers le mieux et le progr&#232;s, poussant &#224; l'accouchement, &#224; la mani&#232;re d'une n&#233;cessit&#233; implacable, de la soci&#233;t&#233; socialiste puis communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet anticapitalisme apparemment intransigeant et radical a paru faire contrepoids la vision keyn&#233;sienne qui tout en reconnaissant certains travers propres au capitalisme, pensait pouvoir le r&#233;former ou le r&#233;guler, notamment par le biais d'une r&#233;gulation du march&#233; et d'une intervention active de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste qu'&#224; l'aune des &#233;v&#233;nements historiques que nous avons connus dans les trente derni&#232;res ann&#233;es, ni la position de la crise finale, ni celle de Keynes et de ses disciples ne paraissent tenir la route. Comme si l'histoire s'&#233;tait charg&#233; d'invalider leurs pronostics ! Puisque dans un cas le capitalisme ne s'est pas &#233;croul&#233; sous ses propres contradictions (et les soci&#233;t&#233;s dites socialistes quant &#224; elles n'ont pas perdur&#233;), et dans l'autre, le capitalisme n'a pas d&#233;montr&#233; &#8211;moins que jamais pourrait-on dire&#8212;sa capacit&#233; &#224; se r&#233;former minimalement. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de repenser, r&#233;actualiser l'anticapitalisme &#224; l'aune des enjeux contemporains&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III)Propositions pour repenser, r&#233;actualiser l'anticapitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessit&#233;, pour le juger, de tenir compte de la complexit&#233; de ce syst&#232;me ainsi que de son histoire et des m&#233;tamorphoses qu'il a pu conna&#238;tre. Le capitalisme, ce n'est pas seulement une structure (une logique), c'est aussi et surtout une histoire et un devenir et les cons&#233;quences pratiques dont il est &#224; l'origine ne sont pas n&#233;cessairement les m&#234;mes, il y a deux si&#232;cles de cela ou aujourd'hui. Autrement dit, il faut n&#233;cessairement tenir compte du temps et de la dur&#233;e pour le juger v&#233;ritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessit&#233; d'avoir une approche historique englobante (la vue qui porte au loin), en ne jetant pas le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. Si ce syst&#232;me jusqu'&#224; pr&#233;sent ne s'est pas &#233;croul&#233; sous le poids de ses propres contradictions, cela ne veut pas dire pour autant qu'il ne comporte pas de contradictions, et m&#234;me des contradictions grandissantes. Cela veut dire qu'il a &#233;t&#233; capable de les repousser temporairement, sans pour autant qu'elles disparaissent. Et cela veut dire que les strat&#233;gies des forces collectives du pass&#233; qui ont cherch&#233; &#224; le renverser n'&#233;taient pas les bonnes, ni suffisamment pertinentes. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de les repenser, de les passer au crible de la critique, de les bonifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; les 2 hypoth&#232;ses que j'aimerais &#233;voquer devant vous et qui j'esp&#232;re permettront de lancer le d&#233;bat entre nous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1)&#192; l'aune de la formidable crise environnementale que nous vivons et des ph&#233;nom&#232;nes de marchandisation acc&#233;l&#233;r&#233;e du monde que nous subissons, il devient n&#233;cessaire de penser le capitalisme non seulement comme un syst&#232;me contradictoire et in&#233;galitaire, mais aussi comme un syst&#232;me au &#171; productivisme &#233;chevel&#233; &#187; (stimul&#233; par l'implacable course au profit) tendant &#224; devenir &#171; cannibale &#187; et &#171; mortif&#232;re &#187;. Et cela de deux mani&#232;res diff&#233;rentes : a) &#224; travers la gigantesque crise de l'environnement que nous connaissons (sa destruction industrielle), puisqu'aujourd'hui c'est la vie de la plan&#232;te qui est questionn&#233;e, et par cons&#233;quent celle de l'humanit&#233; pens&#233;e comme humanit&#233; universelle ; b) mais aussi &#224; travers le ph&#233;nom&#232;ne de la marchandisation du monde qui tend &#224; installer la faim partout : au Sud bien s&#251;r o&#249; un milliard d'&#234;tres humains ne parviennent toujours pas en 2010 &#224; manger &#224; leur faim ; mais aussi au Nord o&#249; l'on d&#233;vore tout (consommant sans discrimination aucune) au fil d'une course infinie et d&#233;r&#233;gl&#233;e &#224; consommer des biens dont on n'est jamais rassasi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2)&#192; l'aune de la crise des alternatives et de l'impuissance sociopolitique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, il devient n&#233;cessaire non seulement de r&#233;fl&#233;chir &#224; pourquoi il faudrait sortir du capitalisme, mais aussi &#224; comment y parvenir ? Et l'hypoth&#232;se que je vous soumets, c'est que pour reconstruire ce mouvement ascendant de contre h&#233;g&#233;monie populaire dont nous avons besoin pour faire face aux diktats n&#233;olib&#233;raux de l'ordre capitaliste contemporain (un mouvement semblable &#224; celui qui entre les ann&#233;es 20 et 80 du 20i&#232;me si&#232;cle a structur&#233; le monde), il faut redonner force et vitalit&#233; &#224; l'action politique, pens&#233;e comme action socio-politique rassembleuse, comme capacit&#233; d'organiser un nouveau &#171; nous en marche &#187; affirmatif, un nous capable d'exprimer les aspirations et la force du peuple d'en bas (les sans-parts d'aujourd'hui) et de faire &#233;chec aux orientations litt&#233;ralement mortif&#232;res des &#233;lites dominantes d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Voir les d&#233;finitions de Petrella ou de Herv&#233; Kempf : &#171; une mani&#232;re de raconter la vie (&#8230;) &#187; privil&#233;giant &#171; la richesse individuelle au d&#233;triment de la richesse collective &#187; ; une &#171; forme historique qui, &#171; recherchant la maximisation du profit, est en phase de d&#233;g&#233;n&#233;rescence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] On peut rep&#233;rer assez facilement, d'un point de vue historique, l'&#233;mergence progressive en Europe &#224; partir du 16/17i&#232;me si&#232;cle ainsi que les diff&#233;rentes m&#233;tamorphoses au fil de pr&#232;s de 350 ans d'&#226;ge (accumulation primitive, capitalisme commercial, manfacturier, industriel, financier, etc.) ayant permis son &#233;largissement &#224; l'&#233;chelle du monde entier. Il s'agit donc d'un mode de production dat&#233; historiquement, qui n'a pas toujours exist&#233;, et qui se diff&#233;rencie tr&#232;s clairement par exemple de la petite production marchande qu'on peut retrouver en Gr&#232;ce au 5/4i&#232;me si&#232;cle avant J.C. (la transformation du surproduit agricole qui de rente en nature, devient rente en argent, bouleverse de fond en comble la situation sociale ; Mandel p. 115)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Marx &#233;crivit [1980, tome II, p. 192-193]3 : &#171; Cependant, &#224; mesure que se d&#233;veloppe la grande industrie, la cr&#233;ation de la richesse r&#233;elle d&#233;pend moins du temps de travail et du quantum de travail employ&#233; que de la puissance des agents mis en mouvement au cours du temps de travail, laquelle &#224; son tour &#8211; leur puissance efficace &#8211; n'a elle-m&#234;me aucun rapport avec le temps de travail imm&#233;diatement d&#233;pens&#233; pour les produire, mais d&#233;pend bien plut&#244;t du niveau g&#233;n&#233;ral de la science et du progr&#232;s de la technologie, autrement dit de l'application de cette science &#224; la production. [...] La richesse r&#233;elle se manifeste plut&#244;t &#8211; etc'est ce que d&#233;voile la grande industrie &#8211; dans l'extraordinaire disproportion entre le temps de travail utilis&#233; et son produit, tout comme dans la discordance qualitative entre un travail r&#233;duit &#224; une pure abstraction et la force du proc&#232;s de travail qu'il contr&#244;le. [...] Dans cette mutation ce n'est ni le travail imm&#233;diat effectu&#233; par l'homme lui-m&#234;me, ni son temps de travail, mais l'appropriation de sa propre force productive g&#233;n&#233;rale, sa compr&#233;hension et sa domination de la nature, par son existence en tant que corps social, en un mot le d&#233;veloppement de l'individu social, qui appara&#238;t comme le grand pilier fondamental de la production et de la richesse. [...] D&#232;s lors que le travail sous sa forme imm&#233;diate a cess&#233; d'&#234;tre la grande source de la richesse, le temps de travail cesse d'&#234;tre n&#233;cessairement sa mesure et, par suite, la valeur d'&#233;change d'&#234;tre la mesure de la valeur d'usage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entente de principe avec le gouvernement : La politique de l'autruche des grandes centrales syndicales !</title>
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		<dc:date>2010-09-08T02:36:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG mardi 29 juin 2010, par Pierre Mouterde &lt;br class='autobr' /&gt;
On croit r&#234;ver : alors que sur fond de crise et d'all&#233;gations de corruption, le budget Bachand a &#233;t&#233; vot&#233; sous le b&#226;illon, avec son cort&#232;ge de hausses de tarif et de taxes r&#233;gressives, on apprend que le Front commun vient de signer avec le gouvernement une entente de principe &#171; innovatrice &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une entente qui est pourtant &#224; cent lieues de ses demandes initiales, sans parler du fait qu'elle laisse pour l'instant hors jeu les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 29 juin 2010, par Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On croit r&#234;ver : alors que sur fond de crise et d'all&#233;gations de corruption, le budget Bachand a &#233;t&#233; vot&#233; sous le b&#226;illon, avec son cort&#232;ge de hausses de tarif et de taxes r&#233;gressives, on apprend que le Front commun vient de signer avec le gouvernement une entente de principe &#171; innovatrice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une entente qui est pourtant &#224; cent lieues de ses demandes initiales, sans parler du fait qu'elle laisse pour l'instant hors jeu les conditions de travail sectorielles des 55 000 infirmi&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, rien de ces ententes &#8211;aux tables sectorielles comme &#224; la table centrale&#8212;n'a encore &#233;t&#233; avalis&#233; par les assembl&#233;es locales de chaque syndicat. Mais on peut facilement imaginer qu'en cette p&#233;riode estivale, la plupart des votes &#8211;tout au moins dans le secteur de l'&#233;ducation&#8212; ne se passeront qu'&#224; la rentr&#233;e et que d'ici l&#224;, les grandes centrales auront le temps n&#233;cessaire pour convaincre le syndiqu&#233; de base isol&#233; ou les syndicats r&#233;calcitrants qu'il n'y a pas, par les temps qui courent, de meilleure entente que celle-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, &#224; y regarder de pr&#232;s, on peut m&#234;me se demander si plut&#244;t qu'&#224; un v&#233;ritable Front commun, on n'a pas eu affaire &#224; une sorte de cartel syndical fictif &#233;troitement contr&#244;l&#233; par le haut. En effet chaque f&#233;d&#233;ration a jusqu'&#224; pr&#233;sent travaill&#233; en solo concluant, aux tables sectorielles, des ententes s&#233;par&#233;es, craignant plus que tout d'&#234;tre doubl&#233;e par sa rivale potentielle et pariant implicitement sur la possibilit&#233; d'un d&#233;cret gouvernemental lui commandant de sauver les meubles et par cons&#233;quent de signer au plus vite pour limiter les pots cass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux trois chefs syndicaux, ils ont parrain&#233; une entente si loin de ce qui avait &#233;t&#233; laborieusement ent&#233;rin&#233; par toutes les instances (11,5% sur trois ans) &#8212;et cela sans se donner les moyens de sonder v&#233;ritablement leurs bases respectives sur la valeur d'une telle contre-proposition&#8212; qu'on peut l&#233;gitimement se demander s'ils tiennent en haute estime la d&#233;mocratie syndicale ! Alors que pendant des mois et des mois, on avait pr&#233;par&#233; dans les assembl&#233;es locales des cahiers de revendication et qu'on avait cherch&#233; &#224; les harmoniser avec ceux des autres centrales, voil&#224; qu'en quelques jours, &#224; l'abri des regards et des discussions collectives, loin de toute mobilisation commune, il nous est concoct&#233; une entente qui, outre des reculs en termes d'organisation du travail, avalise pour de nombreuses ann&#233;es l'appauvrissement collectif des 475 000 salari&#233;s du Front commun. Rien de moins, rien en tous cas pour bonifier l'image, d&#233;j&#224; passablement &#233;corn&#233;e, des syndicats, ni pour redorer celle de la fonction publique qu&#233;b&#233;coise dont le r&#244;le &#171; d'amortisseur des effets de la crise &#187; a pourtant &#233;t&#233; notoirement reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Baisse du pouvoir d'achat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques mois en arri&#232;re, le discours syndical se faisait fort de rappeler qu'entre 2005 et 2010, outre le fait d'avoir &#233;t&#233; soumis &#224; une loi fonci&#232;rement anti-d&#233;mocratique (loi 142), imposant injustement un quasi d&#233;cret, les salari&#233;s de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois avaient perdu 4 % de leur pouvoir d'achat. De quoi afficher un retard salarial de 8,7% par rapport &#224; l'ensemble des autres salari&#233;s, alors que 25% d'entre eux n'avaient m&#234;me pas la s&#233;curit&#233; d'emploi. Or voil&#224; que, si on se fie aux donn&#233;es publi&#233;es dans les journaux, non seulement l'entente de principe sign&#233;e par les 3 chefs pour les 5 prochaines ann&#233;es fait une croix sur un rattrapage possible vis-&#224;-vis des pertes encourues dans le pass&#233;, mais encore ent&#233;rine une sorte de baisse du pouvoir d'achat pour le futur qui ne dit pas son nom, puisque si l'inflation d&#233;passe le 1,2% d'augmentation salariale accord&#233;s, il est uniquement pr&#233;vu un boni de 1% en plus &#224; la fin des 5 ans. Ce qui, s'il y avait par exemple une inflation de 2% (c'est la moyenne historique), pourrait &#234;tre synonyme d'une probable baisse du pouvoir d'achat de 3% (4% (0,8% (diff&#233;rence entre le 1,2% et le 2%) x 5)-1% de boni). Magnifique, surtout si vous ajoutez &#224; cela toutes les mesures du budget Bachand (hausse de l'&#233;lectricit&#233;, de la TVQ, des frais de scolarit&#233;, etc.) ainsi qu'en toile de fond les substantiels profits des grandes banques et mini&#232;res canadiennes non v&#233;ritablement tax&#233;es, ou la croissance exponentielle des revenus des 5% les plus riches du pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le tout est assorti d'une mesure qui permettrait que dans les 3 derni&#232;res ann&#233;es de la convention, on puisse b&#233;n&#233;ficier de 0,5% puis de 1,5% et de 1,5%, au cas o&#249; il y aurait une croissance sup&#233;rieure du PIB vis-&#224;-vis des estimations gouvernementales. Mais tout cela reste &#8211;dans la p&#233;riode de turbulence &#233;conomique que nous connaissons&#8212; fort hypoth&#233;tique et nous am&#232;nerait au mieux &#224; un quasi gel des salaires. Pas de quoi crier victoire !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Syndicalisme de partenariat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, il est probablement en train de se clore la troisi&#232;me &#233;tape d'un long processus historique ayant modifi&#233; en profondeur le mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois et permis &#224; la Belle province d'entrer tranquillement dans ce qu'il faut bien appeler &#171; le moule n&#233;olib&#233;ral &#187;, s'&#233;loignant &#224; petits pas de tous les acquis sociaux de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; sous r&#233;gime p&#233;quiste &#171; cass&#233;es &#187; en 1983 par une loi sp&#233;ciale et d'importantes coupures salariales lors du renouvellement des conventions collectives des salari&#233;s de la fonction publique, les grandes centrales syndicales sont pass&#233;es peu &#224; peu d'un &#171; syndicalisme de combat &#187; &#224; un &#171; syndicalisme de partenariat &#187;, les amenant en 1995 &#224; soutenir activement les politiques du d&#233;ficit z&#233;ro de Lucien Bouchard ainsi qu'&#224; pr&#233;f&#233;rer pour une bonne partie d'entre elles la lucrative gestion de fonds collectifs aux traditionnels principes de la lutte solidaire. R&#233;sultats : plut&#244;t que de se voir comme les d&#233;fenseurs intransigeants des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s subalternes ou des travailleurEs pr&#233;caires (en majorit&#233; des femmes), eux-m&#234;mes plus que jamais malmen&#233;s par la crise, elles ont fini en 2010 par baisser la t&#234;te et opter pour des politiques d'entente &#224; tout prix avec le gouvernement, fut-il un gouvernement lib&#233;ral adepte d'un budget r&#233;solument anti-populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; leur politique de l'autruche d'aujourd'hui et leur strat&#233;gie temporisatrice, loin de toute mobilisation commune et d&#233;mocratique, bien loin pour s&#251;r des espoirs de changement et de justice sociale qu'elles ont pu incarner dans le pass&#233;. De quoi sans aucun doute faire retourner Michel Chartrand dans sa tombe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde Professeur de philosophie au Coll&#232;ge Limoilou Auteur de : Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Front commun : Renouvellement des conventions collectives dans le secteur public</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Front-commun-Renouvellement-des-conventions-collectives-dans-le-secteur-public</link>
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		<dc:date>2010-03-03T07:47:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG mardi 2 mars 2010, par Pierre Mouterde ________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
On le sait : &#224; l'occasion du renouvellement des conventions de 475 000 salari&#233;s de l'&#201;tat, s'est form&#233; en mai 2009 un front commun des organisations syndicales qu&#233;b&#233;coises (FTQ, CSN, SISP), le plus vaste front ayant jamais exist&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une fa&#231;on prometteuse de pallier aux difficult&#233;s de la ronde pr&#233;c&#233;dente (2005), l&#224; o&#249; &#8212;au fil des divisions du mouvement syndical&#8212; non seulement le gouvernement avait fini par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 2 mars 2010, par Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On le sait : &#224; l'occasion du renouvellement des conventions de 475 000 salari&#233;s de l'&#201;tat, s'est form&#233; en mai 2009 un front commun des organisations syndicales qu&#233;b&#233;coises (FTQ, CSN, SISP), le plus vaste front ayant jamais exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une fa&#231;on prometteuse de pallier aux difficult&#233;s de la ronde pr&#233;c&#233;dente (2005), l&#224; o&#249; &#8212;au fil des divisions du mouvement syndical&#8212; non seulement le gouvernement avait fini par imposer &#224; ses salari&#233;s des conditions de travail particuli&#232;rement insatisfaisantes (notamment une baisse du pouvoir d'achat de 4% sur 5 ans), mais encore les avait assorties d'une loi matraque tr&#232;s r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi du c&#244;t&#233; syndical, on s'est depuis soigneusement pr&#233;par&#233; &#224; ce rendez-vous de 2010, en pariant sur la date du 31 mars pour tenter d'obtenir un r&#232;glement satisfaisant et ainsi tourner la page de ces douloureuses ann&#233;es pass&#233;es. Mais du point de vue syndical et alors qu'on vient de promettre en haut lieu d'acc&#233;l&#233;rer les n&#233;gociations, se trouve-t-on pour autant dans une meilleure position qu'il y a 5 ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel paradoxe d&#233;routant ! D'un c&#244;t&#233; en effet on entend comme jamais &#8212;par m&#233;dias et lucides interpos&#233;s&#8212; le discours litt&#233;ralement assourdissant de la droite conservatrice appelant &#224; la lutte contre la dette et le d&#233;ficit, au d&#233;graissage de l'appareil &#233;tatique et &#224; la n&#233;cessit&#233; de se serrer la ceinture. &#192; la mani&#232;re d'une incontournable n&#233;cessit&#233; &#224; laquelle le gouvernement devra t&#244;t ou tard se plier ! Et de l'autre c&#244;t&#233;, les dirigeants du Front Commun ne cessent de r&#233;p&#233;ter avec optimisme qu'il est possible d'atteindre un r&#232;glement avant le 31 mars. Et cela, m&#234;me si les parties patronales et gouvernementales n'ont fait jusqu'&#224; pr&#233;sent aucun pas encourageant en direction des demandes syndicales ; et si les syndiqu&#233;s se trouvent dans l'incapacit&#233; de faire montre de leur d&#233;termination, puisqu'ils sont soumis &#224; la loi 43 qui interdit &#8212;sous peine d'amendes prohibitives&#8212; toute manifestation collective entravant &#034;la marche normale&#034; des activit&#233;s de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une entente d'ici le 31 mars ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De quoi se demander comment il sera possible de trouver un terrain d'entente d'ici le 31 mars, sans que celui-ci implique de larges concessions de la part des syndiqu&#233;s. D'autant plus que le gouvernement de Jean Charest n'ayant pas &#8211;&#224; l'exception de Qu&#233;bec solidaire&#8212; de v&#233;ritable opposition sur cette question au parlement (Pauline Marois ayant elle-m&#234;me affirm&#233; qu'elle trouvait les demandes du Front commun trop &#233;lev&#233;es), ne sera gu&#232;re pouss&#233; &#8212;en termes de calculs politiques&#8212; &#224; faire des compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'&#224; y regarder de pr&#232;s, ce dernier n'a pas besoin de se presser et n'a pas grand chose &#224; perdre &#224; se pr&#234;ter au jeu de la n&#233;gociation, sinon &#8212;en cas d'&#233;chec au 31 mars&#8212;&#224; faire durer les choses, et en s'appuyant sur le budget adopt&#233; par l'Assembl&#233;e, &#224; brandir ensuite la menace d'un nouveau d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, il en va tout autrement du mouvement syndical. En choisissant la date butoir du 31 mars et en jugeant qu'il serait possible d'obtenir ainsi des conventions satisfaisantes, il a fait le pari d'une n&#233;gociation qui se passerait de la pression des mobilisations collectives et qui se contenterait d'actions symboliques ou &#233;troitement cibl&#233;es comme la manifestation annonc&#233;e du 20 mars. Or en l'absence de v&#233;ritables mobilisations collectives et de pressions grandissantes venant de la base (interdites par la loi 43), la dynamique m&#234;me de la n&#233;gociation dans laquelle il s'est engag&#233;, le pousse d'ors et d&#233;j&#224; &#224; faire des concessions, &#224; limiter les pots cass&#233;s, &#224; faire contre mauvaise fortune bon coeur, en collant aux souhaits des fractions les moins mobilis&#233;es de l'ensemble du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, il devient difficile de croire &#224; la possibilit&#233; d'un r&#232;glement satisfaisant, capable tout &#224; la fois de rem&#233;dier aux reculs des ann&#233;es pass&#233;es et d'&#234;tre &#224; la hauteur des d&#233;fis de l'heure. &#192; moins d'imaginer que, sortant de ce premier round de n&#233;gociation, sans avoir trop fait de concessions, ni r&#233;veill&#233; les d&#233;mons de la division qui le hantent, le Front commun puisse retrouver un peu d'audace et d'allant pour affronter &#224; l'automne le gouvernement sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des enjeux de fond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car&#8212;et c'est l&#224; le point central&#8212; les demandes syndicales actuelles non seulement restent socialement tr&#232;s raisonnables (on sait que les salaires dans la fonction publique qu&#233;b&#233;coise sont &#224; la tra&#238;ne de ce qui se fait ailleurs), mais encore pourraient &#234;tre l'occasion d'effectuer cet indispensable tournant politique auquel nous a convi&#233; la r&#233;cente crise &#233;conomique dont nous sommes &#8211;tous les experts le disent&#8212; pas encore sortis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on le veuille ou non, il s'agit d'un enjeu de fond. Pense-t-on qu'on sortira de la crise &#8211;dont sont largement responsables les tenants du libre march&#233; et les milieux financiers&#8212; en demandant aux salari&#233;s gagnant en moyenne 48 000 dollars par ann&#233;e de se serrer la ceinture, de voir leur t&#226;che augmenter ou se d&#233;grader, leurs revenus gel&#233;s ou m&#234;me baiss&#233;s, de recevoir moins de services gratuits de l'&#201;tat et de se r&#233;soudre &#224; des hausses de tarifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou alors pense-t-on qu'on y arrivera en redonnant &#224; l'&#201;tat la place qu'il aurait toujours d&#251; garder, en privil&#233;giant son r&#244;le d'intervenant &#233;conomique (promoteur du d&#233;veloppement durable et protecteur des plus d&#233;munis), en valorisant le travail de ceux et celles qui y oeuvrent, en am&#233;liorant les services publics, en assurant une juste r&#233;partition des revenus, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout si l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise n'a pas &#233;t&#233; autant touch&#233;e par la crise que d'autres provinces, c'est justement parce que l'&#201;tat provincial est rest&#233; un employeur de premier ordre. Et qu'on ne nous dise pas qu'il manque de l'argent au Qu&#233;bec, quand d&#233;j&#224; les grandes banques annoncent des profits records et distribuent des primes substantielles &#224; leurs cadres, ou quand on refuse de taxer les profits plantureux des mini&#232;res ou encore d'imposer de mani&#232;re cons&#233;quente le capital et les hauts revenus de ses d&#233;tenteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le d&#233;fi est l&#224;, et si le mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois ne s'y confronte pas, avec toute la d&#233;termination et le sens de la justice dont il a pu faire preuve dans le pass&#233;, on sera bien oblig&#233; d'admettre qu'il aura perdu une formidable occasion de promouvoir activement des politiques anti-crise ne se menant pas sur le dos du monde ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde Professeur de philosophie au Coll&#232;ge Limoilou Auteur de Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Port des signes religieux dans la fonction publique</title>
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		<dc:date>2010-02-24T03:16:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG En r&#233;ponse au Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste : Pour une la&#239;cit&#233; active et positive ! mardi 9 f&#233;vrier 2010, par Pierre Mouterde ____________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose d'&#233;trange dans le d&#233;bat actuel sur la la&#239;cit&#233; : lorsque l'on s'y int&#233;resse, on a l'impression qu'on ne retrouve plus les traditionnels clivages (gauche/droite) qui jusqu'&#224; peu rendaient assez bien compte des prises de position de chacun. Et cela, jusque dans les rangs de Qu&#233;bec solidaire ! (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Societe-" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site PTAG&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;ponse au Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste : Pour une la&#239;cit&#233; active et positive !&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 9 f&#233;vrier 2010, par Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trange dans le d&#233;bat actuel sur la la&#239;cit&#233; : lorsque l'on s'y int&#233;resse, on a l'impression qu'on ne retrouve plus les traditionnels clivages (gauche/droite) qui jusqu'&#224; peu rendaient assez bien compte des prises de position de chacun. Et cela, jusque dans les rangs de Qu&#233;bec solidaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le pass&#233;, quand on &#233;tait de gauche, on &#233;tait a priori pour la la&#239;cit&#233; et son renforcement tant les &#201;glises avaient l'habitude de se situer du c&#244;t&#233; du pouvoir et des nantis, alors qu'&#224; l'inverse, quand on &#233;tait de droite, on luttait plut&#244;t contre son &#233;largissement puisque les religions institu&#233;es apparaissaient tout naturellement garantes d'un certain ordre &#233;tabli. Aujourd'hui, tout para&#238;t moins clair. Comment comprendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on continue bien &#224; rencontrer l'opposition classique existant entre les partisans d'un &#201;tat religieux et ceux favorables &#224; sa neutralit&#233;, mais c'est comme si aujourd'hui ce n'&#233;tait plus l'enjeu du d&#233;bat, tout au moins dans nos pays. Car peu de gens &#8212;&#224; moins d'&#234;tre ouvertement conservateurs&#8212; n'osent s'opposer aux principes de base d'une certaine la&#239;cit&#233;. Ce qui fait probl&#232;me, ce n'est donc pas l'id&#233;e d'un &#201;tat s&#233;culier, mais le type de la&#239;cit&#233; qu'il serait bon de promouvoir. Et l&#224;, quand on en &#233;voque la n&#233;cessit&#233;, tout semble devenir obscur et confus, les arguments passionn&#233;s fusant en tous sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La la&#239;cit&#233; ouverte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les discours savants en la mati&#232;re ne manquent pas, &#224; commencer peut-&#234;tre par les plus r&#233;cents, ceux du Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste. Il y aurait, affirment ses auteurs, d'un c&#244;t&#233; &#034;une vision nationaliste conservatrice&#034; refusant l'inter culturalisme et ses accommodements raisonnables, et de l'autre &#034;une vision stricte de la la&#239;cit&#233;&#034; renvoyant le religieux &#8212;consid&#233;r&#233; comme affaire priv&#233;e&#8212; hors de l'espace public. Mais toutes deux, selon leurs dires, se rejoindraient dans une m&#234;me intransigeance vis-&#224;-vis des minorit&#233;s. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de leur contre proposer une vision de la la&#239;cit&#233;, tol&#233;rante et pluraliste, non discriminatoire et favorable aux accommodements raisonnables, allant jusqu'&#224; permettre qu'un agent de l'&#201;tat puisse afficher des signes d'appartenance religieuse. En se reconnaissant des Chartres canadienne et qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;, les signataires du Manifeste promeuvent ainsi ce qu'ils appellent une &#171; la&#239;cit&#233; ouverte &#187;, une la&#239;cit&#233; qui, loin de rompre avec &#171; la trajectoire historique du Qu&#233;bec &#187;, permettrait au contraire de maintenir un &#233;quilibre toujours mouvant &#171; entre les pr&#233;occupations l&#233;gitimes de la majorit&#233; et celles des minorit&#233;s &#187; (Le Devoir du 3 f&#233;vrier). Et il faut le dire : au-del&#224; m&#234;me des arguments privil&#233;gi&#233;s dans le Manifeste, c'est cette position pratique qui semble pour l'instant rallier le plus de suffrages, y compris parmi les d&#233;l&#233;gu&#233;s du dernier congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Racisme, mais aussi d&#233;senchantement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais si cette position a l'avantage de pouvoir plaire &#224; un spectre non n&#233;gligeable de la population, elle n'en soul&#232;ve pas moins bien des questions. Car en cautionnant une telle position, on gomme une bonne partie du contexte socio historique dans lequel se pose ce d&#233;bat. Et si bien s&#251;r, dans le sillage des guerres men&#233;es par l'empire &#233;tasunien, on doit se m&#233;fier, comme de la peste de ces attitudes racistes pouvant se d&#233;velopper chez nous &#224; l'encontre les citoyens musulmans ou d'origine arabe, on ne doit pas pour autant oublier d'autres ph&#233;nom&#232;nes collectifs tout aussi d&#233;cisifs. La logique n&#233;olib&#233;rale, omnipr&#233;sente ces derni&#232;res ann&#233;es, a ainsi conduit nos soci&#233;t&#233;s &#224; se vider de toute valeur collective positive, en les poussant &#224; devenir les adeptes d'un univers d&#233;senchant&#233; o&#249; les seules valeurs d&#233;fendues sont celles de la consommation marchande et du froid calcul &#233;go&#239;ste et individualis&#233;. Comme si, par-del&#224; les valeurs d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; formelles lou&#233;es par nos Chartres, c'&#233;tait le cynisme, la d&#233;sorientation et le nihilisme qui avaient fini par s'imposer. R&#233;sultats, bien de nos soci&#233;t&#233;s contemporaines connaissent une v&#233;ritable crise d'identit&#233; culturelle : qui sommes-nous, quelles valeurs doivent &#234;tre les n&#244;tres, etc. ? D'autant plus fortement lorsqu'elles sont &#8211;comme le Qu&#233;bec&#8212; de petites nations en mal d'affirmation nationale ; ou lorsque chacun se rend compte &#8211;par exemple &#224; l'occasion de la r&#233;cente crise financi&#232;re&#8212; que m&#234;me dans le plus bel &#201;tat de droit du monde, les in&#233;galit&#233;s, corruptions et injustices g&#233;n&#233;ralis&#233;es continuent &#224; perdurer. Avec en prime &#8211;r&#233;flexe de peur oblige&#8212; le retour rampant de nationalismes ethniques ou d'int&#233;grismes particuli&#232;rement inqui&#233;tants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un projet de soci&#233;t&#233; &#233;mancipateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or on ne lutte pas contre de tels maux en en appelant seulement &#8211;ainsi que le pensent les signataires du Manifeste&#8212; &#224; la tol&#233;rance ou &#224; un interculturalisme bon teint. Pas plus qu'on se d&#233;douanera du racisme ordinaire, en s'abritant derri&#232;re le respect formel des libert&#233;s religieuses. Ces attitudes prudentes &#8211;men&#233;es sur le mode de la conciliation consensuelle&#8212; non seulement n'aident que peu &#224; la protection des minorit&#233;s, mais encore ne font que renforcer &#224; terme le malaise g&#233;n&#233;ral, en alimentant par la bande, cynisme, racisme et int&#233;grisme grandissants. On lutte contre de tels maux, en d&#233;fendant activement un projet de soci&#233;t&#233; &#233;mancipateur qui permettrait l'int&#233;gration r&#233;elle (par le travail), l'accueil effectif des &#233;migrants (notamment par la francisation et la reconnaissance de leurs acquis et &#233;tudes), l'&#233;galit&#233; en acte des hommes et des femmes (par des politiques ad-hoc), facilitant du m&#234;me coup le renforcement positif de l'identit&#233; collective de la soci&#233;t&#233; d'accueil. Apr&#232;s tout, il y a de quoi &#234;tre fier de ces valeurs qui pr&#233;tendent &#171; dans les faits &#187; assurer l'&#233;galit&#233; et la libert&#233; sociale et mat&#233;rielle de tous et de toutes, &#224; condition &#233;videmment qu'on les mette en pratique ! La la&#239;cit&#233; commence d'abord l&#224;. Car si avec un &#201;tat la&#239;c, on aspire &#224; la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, ce n'est pas seulement pour assurer une relative &#233;galit&#233; entre les religions, c'est aussi et surtout pour promouvoir un pouvoir collectif qui serait &#171; chaque fois plus d&#233;mocratique &#187;, ce qui n'a jamais &#233;t&#233; &#8212;loin s'en faut&#8212; la pr&#233;occupation de l'immense majorit&#233; des religions. La la&#239;cit&#233; commence donc, non pas avec la neutralit&#233; d'un &#201;tat qui tol&#233;rerait vaille que vaille les diff&#233;rences culturelles ou religieuses, mais dans les exigences d&#233;mocratiques et &#233;galitaires bien concr&#232;tes que l'&#201;tat a la charge de mettre activement en &#339;uvre. Ce qui impliquerait pour le Qu&#233;bec, non seulement de mettre en place des politiques d'int&#233;gration infiniment plus accueillantes qu'elles ne le sont aujourd'hui, mais encore de d&#233;placer le crucifix du Parlement, et d'en finir avec les &#233;coles priv&#233;es financ&#233;es par l'&#201;tat. Car on ne peut assurer des conditions &#233;gales pour tous et toutes que si l'&#201;tat peut les offrir &#224; chacun d'entre nous, non pas en tant que qu'individu particularis&#233; par sa culture ou sa religion mais en tant que citoyen d&#233;fini par de m&#234;mes droits politiques et de m&#234;mes conditions d'existence mat&#233;rielle et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'interdiction du port de symboles religieux pour les fonctionnaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction du port de symboles religieux pour des fonctionnaires en position d'autorit&#233; trouve l&#224; sa seule justification. Elle n'en reste pas moins essentielle : un symbole ! Car en agissant de la sorte, on ne s'emploie pas &#224; discriminer telle ou telle personne affichant un signe religieux (puisque on lui assurerait par ailleurs toutes les conditions mat&#233;rielles &#224; l'&#233;galit&#233;, notamment en tant qu'usager ou usag&#232;re des services publics), mais on manifeste &#224; tous et toutes que l'&#201;tat d&#233;fend &#8211;&#224; travers ses fonctionnaires&#8212; des valeurs collectives positives auxquelles on tient par dessus tout. Et on y parvient en montrant &#171; in situ &#187; comment il est possible de cohabiter ensemble dans une m&#234;me institution publique, loin des expressions religieuses institutionnalis&#233;es qui ont &#233;t&#233; &#8212;et sont bien souvent encore dans les faits&#8212; synonymes de conflits s&#233;culaires et d'oppression manifeste, notamment vis-&#224;-vis des femmes. C'est l&#224; d'ailleurs la seule mani&#232;re de court circuiter tous ces d&#233;bats qu'on peut pr&#233;voir &#224; terme quand il s'agira de savoir qui, avec son col romain, son voile ou sa Kippa, fait ou non du pros&#233;lytisme. La la&#239;cit&#233;, &#231;a doit aussi &#234;tre la clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#224; l'encontre d'une la&#239;cit&#233; ouverte, molle et incertaine, honteuse en quelque sorte, ne s'agirait-il pas de promouvoir une la&#239;cit&#233; active et positive qui, certes avec nuance et ouverture mais aussi avec courage, oserait affirmer les formidables valeurs &#233;mancipatrices dont elle est l'expression ? Pas de doute, tout le monde en sortirait gagnant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur de philosophie au Coll&#232;ge Limoilou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur de Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mort de Daniel Bensa&#239;d</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-mort-de-Daniel-Bensaid</link>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il est toujours difficile d'apprendre la mort de quelqu'un dont on a &#233;t&#233; au fil de tant d'ann&#233;es, intellectuellement proche. A fortiori en cette p&#233;riode si particuli&#232;re que nous connaissons aujourd'hui o&#249; tous les rep&#232;res id&#233;ologiques semblent se d&#233;liter les uns apr&#232;s les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait ce qu'il y avait de fascinant chez lui : cette capacit&#233;, loin du dogmatisme et de la langue de bois, de maintenir un discours critique, et surtout d'y parvenir en cherchant &#224; combiner th&#233;orie rigoureuse et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Gauche-socialiste-" rel="directory"&gt;Gauche socialiste&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est toujours difficile d'apprendre la mort de quelqu'un dont on a &#233;t&#233; au fil de tant d'ann&#233;es, intellectuellement proche. A fortiori en cette p&#233;riode si particuli&#232;re que nous connaissons aujourd'hui o&#249; tous les rep&#232;res id&#233;ologiques semblent se d&#233;liter les uns apr&#232;s les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait ce qu'il y avait de fascinant chez lui : cette capacit&#233;, loin du dogmatisme et de la langue de bois, de maintenir un discours critique, et surtout d'y parvenir en cherchant &#224; combiner th&#233;orie rigoureuse et pratique politique concr&#232;te, fid&#233;lit&#233; &#224; un marxisme ouvert et souci scrupuleux d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de la r&#233;alit&#233; empirique. Mani&#232;re de maintenir vivante et actuelle l'id&#233;e de r&#233;volution, en d&#233;pit de tous les d&#233;saveux de ce si&#232;cle ; comme une &#233;tincelle d'esp&#233;rance ! C'est tout au moins ainsi que, de loin, je me suis nourri de ses livres et ses articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se revendiquait du trotskisme et appartenait au courant de la 4i&#232;me internationale dont il avait &#233;t&#233; pendant longtemps un dirigeant tr&#232;s actif. Il avait &#233;t&#233; aussi membre de la Ligue communiste fran&#231;aise &#224; la fondation de laquelle il avait particip&#233; en 1969, avant d'&#234;tre plus r&#233;cemment tr&#232;s impliqu&#233; dans la naissance du NPA. Mais ses engagements politiques partisans &#8212;auxquels il tenait d'ailleurs plus que tout&#8212; ne l'ont jamais emp&#234;ch&#233; de rester ouvert et attentif au renouvellement des luttes sociales contemporaines, ni non plus de mener un travail th&#233;orique non n&#233;gligeable sur l'actualit&#233; de l'oeuvre de Marx. Philosophe, enseignant &#224; l'Universit&#233; de Paris VIII, il a ainsi particip&#233; &#224; une relecture critique de Marx, permettant de faire apercevoir &#8212;contre toutes les orthodoxies en la mati&#232;re&#8212; les tensions &#224; l'oeuvre dans son oeuvre ainsi que les diff&#233;rentes conceptions de l'histoire qui s'y c&#244;toyaient. De quoi nous aider &#224; retrouver &#8212;sous les travestissements dogmatiques&#8212; l'ind&#233;niable f&#233;condit&#233; th&#233;orique de l'auteur du Capital (la mise &#224; jour si &#233;clairante des diff&#233;rents temporalit&#233;s et discordances &#233;conomiques et politiques propres aux soci&#233;t&#233;s capitalistes). Et du m&#234;me coup, mettre en perspective les oeuvres r&#233;centes de certains th&#233;oriciens critiques d'aujourd'hui : Ranci&#232;re, N&#233;gri, Badiou, Holloway, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que trotskiste -au sens strict du terme (il avait &#233;crit r&#233;cemment un petit livre sur les trotskismes,) il incarnait, &#224; travers la trajectoire m&#234;me de sa vie, la tradition de ce courant marxiste r&#233;volutionnaire, engag&#233; dans le devenir de la r&#233;alit&#233; du monde. Comme si on ne pouvait pas &#234;tre marxiste sans &#234;tre en m&#234;me temps militant actif et internationaliste impliqu&#233; directement dans le changements social et politique &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De lui, quelques images me restent encore &#224; la m&#233;moire. En 73, au moment ou la Ligue communiste &#233;tait interdite et ses dirigeants activement recherch&#233;s par la police du ministre de l'int&#233;rieur d'alors : le rep&#233;rer avec grande inqui&#233;tude dans un caf&#233; parisien alors que j'&#233;tais en qu&#234;te d'un contact clandestin &#233;gar&#233;. Plus tard, au d&#233;but des ann&#233;es 90 : l'entendre &#224; la Mutualit&#233;, au fil d'un de ces discours passionn&#233;s dont il avait le secret, nous rappeler que la chute du mur de Berlin n'&#233;tait pas un &#233;v&#233;nement anecdotique, qu'il allait tout changer pour la gauche et les r&#233;volutionnaires. Et puis en Am&#233;rique latine : suivre sa trace et ses efforts, quelques ann&#233;es plus tard, au Mexique, en Argentine au Br&#233;sil, au fil de la renaissance d'oppositions r&#233;volutionnaires au d&#233;veloppement desquelles il avait activement particip&#233;, notamment au sein du P.T. br&#233;silien de Lula. Plus r&#233;cemment, &#224; Qu&#233;bec : l'&#233;couter plus d'une heure durant &#224; la brasserie &#171; l'Agit&#233; &#187; de Qu&#233;bec, lui qui &#233;tait pourtant min&#233; par la maladie, tenir devant une salle comble un discours d'une grande richesse sur les ravages humains op&#233;r&#233;s par le n&#233;olib&#233;ralisme contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me de loin, &#224; 100 lieux parfois des r&#233;alit&#233;s th&#233;oriques ou politiques de la France, il est ainsi rest&#233; une r&#233;f&#233;rence, un point de rep&#232;re pour tous ceux et celles qui aspiraient &#224; un autre monde possible et voulaient se donner les moyens concrets de sa r&#233;alisation. Au Qu&#233;bec, en Am&#233;rique latine ! Non pas d'ailleurs sur le mode du disciple fid&#232;le, mais plut&#244;t comme une invitation &#224; penser loin de toute tutelle, en tenant d'un m&#234;me mouvement cette indispensable m&#233;moire du pass&#233; et la n&#233;cessit&#233; de son actualisation, et surtout en pr&#233;servant cette exigence de ne rien oublier des le&#231;ons qui dorment dans l'histoire et dont il reste &#224; nous emparer, pour changer ici et maintenant le pr&#233;sent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que pour moi, il restera vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde Qu&#233;bec, le 12 janvier 201&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Coup d'&#201;tat au Honduras et apr&#232;s ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Coup-d-Etat-au-Honduras-et-apres</link>
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		<dc:date>2009-09-09T02:21:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#201;crit le 19 juillet 2009, cet article de fond &#233;crit par Pierre Mouterde a publi&#233; le mercredi 2 septembre 2009 ______________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est des &#233;v&#233;nements qui soudainement permettent d'&#233;clairer les dynamiques socio-politiques d'une p&#233;riode donn&#233;e ainsi que les grands enjeux qui en rythment le devenir. Et sans doute est-ce le cas aujourd'hui, du coup d'&#201;tat perp&#233;tu&#233; le 28 juin dernier par les forces arm&#233;es hondur&#233;niennes &#224; l'encontre du pr&#233;sident Manuel Zelaya. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit le 19 juillet 2009, cet article de fond &#233;crit par Pierre Mouterde a publi&#233; le mercredi 2 septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il est des &#233;v&#233;nements qui soudainement permettent d'&#233;clairer les dynamiques socio-politiques d'une p&#233;riode donn&#233;e ainsi que les grands enjeux qui en rythment le devenir. Et sans doute est-ce le cas aujourd'hui, du coup d'&#201;tat perp&#233;tu&#233; le 28 juin dernier par les forces arm&#233;es hondur&#233;niennes &#224; l'encontre du pr&#233;sident Manuel Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses particularit&#233;s comme par le contexte qu'il met en lumi&#232;re, il pourrait nous aider &#224; apercevoir ce qui se joue actuellement en Am&#233;rique latine, plus encore &#224; appr&#233;hender certaines des caract&#233;ristiques de ce nouveau cycle de luttes sociales et politiques dans laquelle est entr&#233; ce sous-continent. Ce n'est sans doute pas pour rien que plusieurs intellectuels de renom comme Immanuel Wallerstein ou Atilio Boron, se sont pench&#233;s sur la question. Comme si, par-del&#224; les tragiques souvenirs qu'une telle intervention militaire faisait n&#233;cessairement resurgir, on voulait co&#251;te que co&#251;te en d&#233;chiffrer la signification pour les temps pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#233;v&#233;nements de sinistre m&#233;moire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la nouvelle a de quoi inqui&#233;ter : voil&#224; le pr&#233;sident &#233;lu d'un pays de l'Am&#233;rique centrale qui, apr&#232;s avoir vu sa r&#233;sidence attaqu&#233;e, se retrouve sequestr&#233; par les forces arm&#233;es de son propre pays, puis expuls&#233; manu-militari pendant que s'installe &#224; T&#233;gucigalpa un gouvernement de facto qui aussit&#244;t suspend libert&#233; de presse et garanties individuelles tout en se lan&#231;ant dans des violations syst&#233;matiques des droits humains. Et tout cela parce que le pr&#233;sident l&#233;gitime voulait proposer &#224; son peuple une nouvelle consultation &#233;lectorale qui, explique-t-on, aurait enfreint les principes fondamentaux de la constitution hondur&#233;nienne. Difficile &#224; comprendre en cette &#232;re de &#8220;d&#233;mocratie tout azimuth&#8221;, &#224; moins de penser au pire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car chacun aura en t&#234;te le souvenir de ces coups d'&#201;tat qui, au cours des ann&#233;es 70, ont mis au pouvoir dans le c&#244;ne sud de l'Am&#233;rique de cruelles dictatures de s&#233;curit&#233; nationale, et chacun se rappelera ces guerres de basse intensit&#233; des ann&#233;es 80 en Am&#233;rique centrale, sans m&#234;me parler du cas embl&#233;matique d'Ha&#239;ti et de son pr&#233;sident Aristide forc&#233; par deux fois &#224; l'exil (1991-2004). Sinistres pr&#233;sages : serait-ce le retour annonc&#233; de cette sombre p&#233;riode, les vieux d&#233;mons de la dictature militaire revenant hanter le sous-continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est d'autant plus troublante qu'en Am&#233;rique latine, un coup d'&#201;tat militaire ne peut avoir lieu sans, pour le moins, la complicit&#233; des USA, quand ce n'est pas l'appui d&#233;cid&#233; de leur ambassadeur ou de leurs services secrets. Or avec l'arriv&#233;e de Barak Obama, beaucoup avaient l'impression d'entrer dans une nouvelle &#232;re, tout au moins en termes de discours et de symboles, ce qui &#8211;en cette p&#233;riode de crise de la repr&#233;sentation politique&#8212; n'avait pas manqu&#233; de susciter bien des espoirs. D'o&#249; ces questions, non seulement sur la nature de ce nouveau coup d'&#201;tat et de ses &#233;minences grises, mais aussi sur les actuelles strat&#233;gies US en Am&#233;rique latine : n'est-on pas en train de mesurer la vraie nature du r&#233;gime d'Obama ; ou au contraire ne s'agirait-il pas, d'un coup d'&#201;tat contre Obama lui-m&#234;me ? De quoi donner lieu &#224; toutes sortes de sp&#233;culations plus ou moins hasardeuses !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les 3 grands cycles sociopolitique de l'histoire latinoam&#233;ricaine r&#233;cente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait si l'on veut y voir un peu plus clair, il faut &#234;tre capable de replacer ces &#233;v&#233;nements dans l'histoire sociopolitique de l'Am&#233;rique latine des 40 derni&#232;res ann&#233;es. Seule mani&#232;re de pouvoir en appr&#233;cier la port&#233;e exacte ! Il est en effet possible d'interpr&#233;ter cette derni&#232;re &#224; travers au moins trois cycles fortement diff&#233;renci&#233;s. Ainsi dans le sillage de la r&#233;volution cubaine (1958) et &#224; la faveur de la p&#233;riode d'expansion &#233;conomique des &#8220;Trente glorieuses&#8221;, on a pu au cours des ann&#233;es 60 assister en Am&#233;rique latine &#224; une p&#233;riode d'&#233;bullition sociale tr&#232;s marqu&#233;e durant laquelle les mouvements sociaux et les partis de gauche ont fait irruption sur la sc&#232;ne sociale et politique, questionnant chaque fois plus l'ordre &#233;tabli des classes poss&#233;dantes du continent : une sorte d'&#232;re des brasiers dont le Chili de Salvador Allende pourrait &#234;tre &#224; sa mani&#232;re le symbole et le point d'orgue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier cycle (1) de radicalisation sociale va cependant &#234;tre brutalement mis &#224; bas par le d&#233;ploiement de dictatures de s&#233;curit&#233; nationale (dans le c&#244;ne sud) et ou de guerres de basse intensit&#233; (en Am&#233;rique centrale) qui, les unes apr&#232;s les autres, vont parvenir avec succ&#232;s &#224; mettre au pas les mouvements populaires et les partis de gauche, &#224; briser donc cette vague de radicalisation sociale et politique, tout en mettant en place les bases de la r&#233;gulation &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale actuelle. Tel est le deuxi&#232;me cycle (2) qui &#8211;symbolis&#233; par le personnage du g&#233;n&#233;ral Pinochet&#8212; suivra et qui occupera la deuxi&#232;me partie des annn&#233;es 70 ainsi que les ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que puisse s'enclencher un troisi&#232;me cycle (3) &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 90 : celui du retour &#224; la d&#233;mocratie sous tutelle militaire ou internationale. Cette fois-ci l'ordre &#233;tabli ayant &#233;t&#233; r&#233;-install&#233; &#224; l'horizon d'un n&#233;olib&#233;ralisme triomphant, les &#233;lites en place acceptent peu &#224; peu de rentrer dans le jeu d'une transition contr&#244;l&#233;e &#224; la d&#233;mocratie, d'autant plus facilement d'ailleurs qu'on assiste au m&#234;me moment &#224; la renaissance de puissants m&#233;contentements sociaux stigmatisants les logiques dictatoriales. R&#233;sultats : se mettront en place, certes sous le coup de de mobilisations sociales importantes, mais contr&#244;l&#233;es &#233;troitement par des partis de centre droit, des &#8220;d&#233;mocraties de basse intensit&#233;&#8221; au sein desquelles les militaires, comme le dit si bien Eduardo Galeano, continueront &#224; &#8220;gouverner derri&#232;re le tr&#244;ne&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux forces populaires, aux mouvements sociaux et partis de gauche, loin d'avoir repris leur &#233;lan d'antan, ils resteront durant ce cycle, en arri&#232;re plan, comme des acteurs politiques de second ordre, ne jouant aucun r&#244;le v&#233;ritable de direction dans le processus social et politique. Et le symptomatique, c'est qu'ils vont para&#238;tre de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, comme &#224; la recherche d'un second souffle, tout &#224; la fois durablement marqu&#233;s par la duret&#233; de la r&#233;pression de l'&#232;re dictatoriale et le nouveau contexte g&#233;opolitique qui les laissent profond&#233;ment d&#233;sorient&#233;s et paralys&#233;s. [1]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau cycle de luttes sociales et politiques ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment ce cycle qui s'est achev&#233; depuis globalement la fin des ann&#233;es 90 et le d&#233;but des ann&#233;es 2000. Apr&#232;s les h&#233;sitations et les r&#244;les &#8220;de second violon&#8221; des acteurs populaires de la phase des &#8220;d&#233;mocraties sous tutelle&#8221;, voil&#224; qu'on semble s'engager lentement dans un nouveau cycle de luttes sociales et politiques au sein duquel ces derniers commencent &#224; jouer un r&#244;le plus d&#233;cisif et affirmatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi assiste-t-on en effet depuis les ann&#233;es 2000, sinon &#8211;dans le sillage des terribles d&#233;g&#226;ts sociaux g&#233;n&#233;r&#233;s par les politiques n&#233;olib&#233;rales&#8212; non seulement &#224; l'arriv&#233;e de gouvernements de gauche au pouvoir mais aussi et en m&#234;me temps &#224; la renaissance de mobilisations sociales d'envergure qui semblent les accompagner comme leur ombre ! Certes ce mouvement de radicalisation &#224; la fois sociale et politique reste encore localis&#233; dans quelques pays (Venezuela, &#201;quateur, Bolivie) ou ne semble avoir eu que des effets passagers dans d'autres (comme par exemple en Argentine, au Mexique, etc.). Mais il n'en demeure pas moins un changement de ton g&#233;n&#233;ral indiquant que les classes subalternes, les mouvements sociaux d'origine populaire, ne se trouvent plus exactement dans la m&#234;me position que dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Ne serait-ce que parce que l'approche n'est plus seulement &#8211;comme dans les ann&#233;es 90&#8212; &#8220;sociale&#8221; et &#8220;renvoyant &#224; des questions sp&#233;cifiques&#8221; (l'eau, le gaz, la question autochtone, etc.) mais de plus en plus &#8220;sociale et politique&#8221;, touchant &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et de son orientation, obligeant &#224; la r&#233;organisation d'un discours alternatif global. Ne serait-ce aussi parce qu'on ne se contente plus de se soumettre passivement aux impositions &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales, y compris sous leur version social-lib&#233;rale classique en leur accolant un vague volet social comme au Br&#233;sil ou au Chili, mais qu'on leur cherche, &#224; t&#226;tons, de v&#233;ritables alternatives structurelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on songe &#224; ce propos, &#224; ce qui se passe au Venezuela de Hugo Chavez, mais aussi dans l'&#201;quateur de German Correa et la Bolivie d'Evo Morales. Au-del&#224; des diff&#233;rences, au-del&#224; m&#234;me des mesures avanc&#233;es qui sont loin d'&#234;tre &#8220;en soi&#8221; aussi radicales qu'elles se donnent parfois &#224; voir, voil&#224; que sont en train de se dessiner de nouveaux chemins pour la gauche en marche du continent. Des chemins qui permettent de proposer de mani&#232;re concr&#232;te et positive &#8211;et sur la base des propres int&#233;r&#234;ts du peuple d'en bas&#8212; de nouvelles alternatives, ou pour le moins des alternatives qui en cette &#232;re de n&#233;olib&#233;ralisme outrancier (&#224; peine encore entam&#233;e par la crise) paraissent aller totalement &#224; contre-courant des avenues dominantes. Plus encore, voil&#224; qu'on tente de reprendre les aspirations au changement des ann&#233;es 70, mais en les r&#233;actualisant et en les adaptant au nouveau contexte (celui de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et de la d&#233;mocratie restreinte) en cherchant au passage &#224; tirer le&#231;on des &#233;checs du pass&#233;. De quoi se donner les moyens de les rendre effectives ici et maintenant, installant ainsi de nouveaux rapports de force plus favorables au peuple d'en bas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi faut-il sans doute interpr&#233;ter ces grands d&#233;bats de soci&#233;t&#233; et ces mobilisations populaires autour de l'&#233;laboration de nouvelles constitutions au Venezuela, en &#201;quateur, en Bolivie (et qu'on retrouve &#224; la marge jusqu'au Honduras) ; ou bien cette volont&#233; de d&#233;mocratiser l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, non seulement par la mise en place de politiques &#233;conomiques de redistribution non client&#233;listes de la rente p&#233;troli&#232;re ou mini&#232;re, mais aussi par le recours &#224; des exp&#233;riences de d&#233;mocratie participative ou &#224; l'&#233;mergence d'un pouvoir populaire dont on cherche &#224; institutionnaliser le r&#244;le ; ou encore cette ouverture au pass&#233; des peuples autochtones du continent et aux luttes qu'on peut mener avec leur appui pour faire face aux tentatives de recolonisation n&#233;olib&#233;rales (mines, p&#233;trole, etc.). Avec en sus de nouvelles pr&#233;occupations &#8220;internationalistes&#8221; li&#233;es bien &#233;videmment aux exigences de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale : celles de penser des formes d'intervention plus globalis&#233;es, touchant &#224; l'ensemble du continent, notamment &#224; travers des formes d'entraide et de regroupement alternatives sud-sud comme l'Alba &#224; laquelle justement avait commenc&#233; &#224; adh&#233;rer le Honduras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il serait facile de montrer en m&#234;me temps comment ces avanc&#233;es restent fragiles, susceptibles de brusques arr&#234;ts ou de possibles r&#233;gressions (voir les tentatives de coup de force en Bolivie ou de coup d'&#201;tat au Venezuela). Et comment elles ont pu b&#233;n&#233;ficier d'une p&#233;riode relativement favorable d&#251; au fait que l'encombrant parrain &#233;tatsunien &#233;tait occup&#233; par ses guerres au Moyen-orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait facile aussi de montrer comment tout ce mouvement reste ambig&#252;, incertain, difficile &#224; cerner, tant manquent les points de rep&#232;re et que rien ne le met a priori &#224; l'abri de possibles d&#233;rapages, notamment caudillistes ou populistes. Mais le sympt&#244;matique provient plut&#244;t de ce nouvel &#233;lan, de cette mise en mouvement sociopolitique de la soci&#233;t&#233; enti&#232;re sous les coups des aspirations des couches populaires, et &#224; travers elle, de ces tentatives de reconstruction d'un nouveau discours alternatif touchant &#224; des degr&#233;s divers toute l' Am&#233;rique latine. Le nouveau, c'est donc bien cette possibilit&#233; pour les acteurs populaires de parvenir &#224; &#233;chapper de mani&#232;re durable aux limites et contentions impos&#233;es par les r&#233;gimes de d&#233;mocratie restreinte du cycle pr&#233;c&#233;dent, mais dans un contexte totalement diff&#233;rent &#224; celui des d&#233;cennies pass&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relance d'un mouvement ascendant de contre-h&#233;g&#233;monie ? Car m&#234;me si Chavez affirme vouloir conjuger la r&#233;volution bolivarienne aux rythmes d'un socialisme du 21 si&#232;cle, on reconnaitra sans peine que le Venezuela n'est pas en train de vivre la m&#234;me rupture que celle qui s'est effectu&#233;e &#224; Cuba dans les ann&#233;es 58/60. Pourtant &#8211;quel paradoxe&#8212; tout le monde sent intuitivement l'existence d'une &#233;trange parent&#233; &#224; l'oeuvre. Comme s'il s'agissait quelque part d'un m&#234;me type de luttes et d'aspirations &#233;mancipatrices, mais men&#233; en fonction de contraintes totalement diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Signe des temps ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pourrions-nous ici, pour en d&#233;chiffrer le sens, utiliser quelques-unes des r&#233;flexions de Gramsci sur les luttes pour l'h&#233;g&#233;monie en syst&#232;me capitaliste, en les adaptant au contexte latino-am&#233;ricain de l'heure ! Car apr&#232;s les profonds bouleversement v&#233;cus par les mouvements sociaux d'origine populaire et les partis de gauche au cours des ann&#233;es 70 et 80 en Am&#233;rique latine, apr&#232;s le brusque arr&#234;t de ce vaste mouvement ascendant de contre h&#233;g&#233;monie populaire construit &#8211;depuis globalement les ann&#233;es 1920&#8212; par les forces sociales latinoam&#233;ricaines, ne serait-on pas en train d'assister &#224; sa relance sous un mode particulier ? Et &#224; travers les exp&#233;riences embl&#233;matiques du Venezuela, de l'&#201;quateur et de la Bolivie, n'assisterait-on pas aux pr&#233;misses d'un mouvement similaire, se donnant pourtant sous des formes diff&#233;rentes &#224; celles du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, annonce d'un nouveau mouvement ascendant de contre-h&#233;g&#233;monie pour le XXI i&#232;me si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on ne peut-on pas tout recommencer &#224; partir de rien ! Bien s&#251;r on ne peut-on pas non plus faire abstraction du pass&#233;, de ses &#233;checs patents (l'effondrement des pays dits socialistes) et des le&#231;ons qu'il faut en tirer. Mais justement sur la base de l'&#233;tat des rapports de force sociopolitiques actuels, &#224; partir des contraintes impos&#233;es par la globalisation n&#233;olib&#233;rale et la d&#233;mocratie restreinte, en tenant compte des contradictions des discours dominants et des r&#233;flexions nouvelles germant du mouvement altermondialiste, voil&#224; que l'on commence &#8211;au moins dans ces trois pays&#8212; &#224; reprendre l'initiative politique, &#224; rassembler des forces, &#224; les unir autour d'une strat&#233;gie sociale et politique commune, imposant partout o&#249; cela est possible les exigences et pr&#233;occupations de la soci&#233;t&#233; civile d'en bas ? Avec toutes les incertitudes, ambiguit&#233;s et m&#234;me confusions que rec&#232;lent toujours de tels moments de recomposition, mais aussi tous les espoirs et petites victoires qu'elles impliquent d&#233;j&#224; : pr&#233;misses et conditions pourtant n&#233;cessaires &#224; des ruptures plus importantes encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pressentant le danger jusque dans leur propre pays, n'est-ce pas ce &#224; quoi ont tent&#233; de r&#233;agir les forces putchistes hondur&#233;niennes ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contexte du coup d'&#201;tat hondur&#233;nien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car c'est dans ce contexte que peut &#234;tre compris le coup d'&#201;tat hondur&#233;nien. Certes on ne doit pas oublier les traits sp&#233;cifiques qui sont ceux de l'Honduras et qui font qu'il est devenu la plaque tournante des strat&#233;gies de contre-insurrection US dans les ann&#233;es 80 et 90 pour toute l'Am&#233;rique centrale, notamment par le biais de la fameuse base militaire US de Soto Cano. On ne peut pas non plus oublier les difficult&#233;s et divisions des forces de gauche et des mouvements sociaux hondur&#233;niens, et &#224; l'inverse la toute puissance et l'arrogance des &#233;lites hondur&#233;niennes habitu&#233;es &#224; gouverner sans rencontrer grande opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que les premiers gestes pos&#233;s par le Pr&#233;sident Zelaya visaient justement &#8211;avec un appui populaire grandissant en arri&#232;re plan&#8212;&#224; s'ouvrir &#224; quelques-uns des th&#232;mes port&#233;s par la gauche latinoam&#233;ricaine en marche, en somme &#224; tenter de donner un cours autre &#224; la soci&#233;t&#233; hondur&#233;nienne, offrant ainsi de nouvelles marges de manoeuvre aux acteurs populaires de son pays, aussi fragiles soient-elles par ailleurs : expression d'une nouvelle force affirmative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens le coup d'&#201;tat perp&#233;tr&#233; par l'arm&#233;e hondur&#233;nienne indique bien comment cette derni&#232;re a agi de mani&#232;re r&#233;active, pour faire face &#224; ce qui lui apparaissait comme un nouveau danger, mais en m&#234;me temps de mani&#232;re extr&#234;me et d&#233;cal&#233;e, semblant oublier que le tendance dominante &#224; l'oeuvre dans le sous-continent reste, en termes sociopolitiques, tr&#232;s clairement celle du d&#233;veloppement de r&#233;gimes de d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Du moins tant que celle-ci ne permettra pas au camp populaire de redevenir une force susceptible de questionner &#8211;comme ce fut le cas dans les ann&#233;es 70&#8212;les &#233;quilibres fondamentaux du pouvoir &#233;conomique et social dominant. Ce qui n'est visiblement pas encore le cas en Honduras, loin de l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unanimit&#233; du vote obtenu &#224; l'Onu pour d&#233;noncer le coup d'&#201;tat hondur&#233;nien (comprenant celui des USA), tout comme l'appui r&#233;solu au pr&#233;sident l&#233;gitime de l'immense majorit&#233; des &#201;tats du sous-continent tendent &#224; confirmer cette hypoth&#232;se. D'ailleurs, ce ne sont pas les militaires hondur&#233;niens qui assument la direction gouvernementale du nouveau r&#233;gime de facto ainsi qu'on a pu l'observer dans les ann&#233;es 70, mais un civil, Roberto Micheletti, tout comme ce fut le cas lors du coup d'&#201;tat rat&#233; du Venezuela avec Pedro Carmona en avril 2002. Et au-del&#224; des tr&#232;s dures politiques r&#233;pressives men&#233;es contre les mouvements populaires, le type de discours &#8211;tr&#232;s juridico-l&#233;galiste&#8212; promu par les partisans du putch, met bien en &#233;vidence que ces derniers ne disposent pas d'une vision semblable &#224; celle des dictatures de s&#233;curit&#233; nationale des ann&#233;es 70 . [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les militaires hondur&#233;niens n'ont donc pas agi selon l'exacte logique de la s&#233;curit&#233; nationale, ils sont intervenus tout &#224; fait en conformit&#233; avec les logiques du cycle sociopolitique suivant : en cherchant &#224; enfermer les aspirations populaires et l'action gouvernementale qui s'en faisait l'&#233;cho, dans la camisole de force d'une d&#233;mocratie de basse intensit&#233;, au sein de laquelle les militaires gouvernent, mais derri&#232;re le tr&#244;ne. En ce sens ils n'en repr&#233;sentent pas moins un danger tr&#232;s s&#233;rieux pour les forces populaires ainsi qu'un ind&#233;niable obstacle &#224; toutes ces tentatives comtemporaines &#224; peine r&#233;-amorc&#233;es d'&#233;largissement des espaces d&#233;mocratiques, conditions n&#233;cessaires &#224; toute reconstruction affirmative de pouvoirs alternatifs. Et cela, d'autant plus que le projet de Manuel Zelaya ne portaient dans les faits, atteinte qu'&#224; quelques privil&#232;ges d&#233;mocratiques de l'oligarchie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on le veuille ou non, leur intervention nous rappelle que les militaires restent cette force de contention anti-populaire que les &#233;lites dominantes gardent toujours par devers elles, en cas de n&#233;cessit&#233;. Quant &#224; l'administration am&#233;ricaine &#8211;autre fid&#232;le alli&#233;e des poss&#233;dants hondur&#233;niens&#8212; on peut aussi sans peine imaginer qu'elle est loin d'&#234;tre monolithique et que le nouveau cours propos&#233;, par le biais de la r&#233;thorique du nouveau pr&#233;sident Obama, n'a pu &#234;tre partag&#233; ni ent&#233;rin&#233; &#224; tous les niveaux de son administration, surtout dans un pays comme le Honduras o&#249; les politiques de contre-insurrection US ont &#233;t&#233; pendant longtemps si omnipr&#233;sentes. D'o&#249; les contradictions ou les demies mesures de la position &#233;tatsunienne actuelle. Et si elles ne donnent pas beaucoup de chances aux putchistes de pouvoir perdurer longtemps ainsi au pouvoir, elles leur laissent par contre tous les moyens pour rester cette force de contention anti-populaire terriblement efficace. C'est en tous cas ce qu'on peut supposer des actuelles n&#233;gociations men&#233;es sous l'&#233;gide du pr&#233;sident Arias. [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me si on ne peut pronostiquer &#8211;sans trop de risques de se tromper&#8212;que le Pr&#233;sident Manuel Zelaya finira par retrouver, au moins symboliquement, ses fonctions pr&#233;sidentielles, il aura quoiqu'il arrive, re&#231;u un terrible coup de semonce et aura assur&#233;ment perdu &#8211;et avec lui, tout son peuple&#8212; de tr&#232;s importantes marges de libert&#233;. Sans parler m&#234;me des in&#233;vitables effets &#8220;boomerang&#8221; que ne manquera pas de ressentir cette Am&#233;rique latine en marche qu'incarnent le Venezuela, l'&#201;quateur et la Bolivie : une mani&#232;re d'avertissement inqui&#233;tant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi rappeler &#224; tout un chacun que la lutte pour une d&#233;mocratie digne de ce nom en Am&#233;rique latine reste &#224; mener de part en part, et que ce nouveau cycle de luttes affirmatives dans lequel est entr&#233; le sous-continent est &#224; peine commenc&#233;, ne cessant &#8211;&#224; chacune de ses conqu&#234;tes&#8212;de se heurter &#224; de puissants int&#233;r&#234;ts dont les forces de gauche devront apprendre d'ores et d&#233;j&#224; &#224; se prot&#233;ger. Comme on on n'a cess&#233; de le faire et on continue &#224; le faire, au Venezuela, en &#201;quateur, en Bolivie&#8230; et maintenant au Honduras&#8230; Mais n'est-ce pas dans ces co&#251;teux apprentissages et ces cruels jeux de bras de fer que sont en train de se reconstruire ces nouvelles forces sociales et politiques qui pourront ouvrir pour le 21 i&#232;me si&#232;cle d'authentiques espaces d'&#233;mancipation &#224; tout le continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde Qu&#233;bec, le 19 juillet 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] La chute de l'Union sovi&#233;tique, la crise de toutes les alternatives sociopolitiques traditionnelles, le d&#233;ploiement n&#233;olib&#233;ral, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#8220;le dije al presidente Arias que lo que hab&#237;a pasado en Honduras no fue un golpe de Estado, sino una sucesi&#243;n constitucional&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La propuesta de Arias : - Restituci&#243;n del presidente derrocado, Manuel Zelaya. ; - Conformaci&#243;n de un gobierno de reconciliaci&#243;n nacional. ;- Amnist&#237;a general para los delitos pol&#237;ticos cometidos antes y despu&#233;s del 28 de junio ; - Renuncia de Zelaya a la &#034;cuarta urna&#034; (consulta por reforma constitucional, con la posibilidad de reelecci&#243;n) ;- Adelantamiento de las elecciones del 29 de noviembre al &#250;ltimo domingo de octubre. ;- Traslado del comando de las FF.AA., del Poder Ejecutivo al Tribunal Supremo Electoral un mes antes las elecciones. - Integraci&#243;n de una comisi&#243;n de verificaci&#243;n, integrada por hondure&#241;os notables y miembros de organismos internacionales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au quotidien d'un d&#233;put&#233; du peuple : Si peu de temps pour se faire entendre !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Au-quotidien-d-un-depute-du-peuple-Si-peu-de-temps-pour-se-faire-entendre</link>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tir&#233; du site Presse-toi &#224; Gauche mardi 24 mars 2009, par Pierre Mouterde &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas si simple d`&#234;tre l'unique d&#233;put&#233; d'un parti de gauche au Parlement du Qu&#233;bec. Comme s'il fallait tout &#224; la fois &#234;tre au four et au moulin alors que dans le m&#234;me temps on vous a syst&#233;matiquement rel&#233;gu&#233; &#224; n'&#234;tre que la derni&#232;re roue de la charrette. &lt;br class='autobr' /&gt;
On l'oublie trop souvent : les r&#232;gles du parlementarisme britannique sont celles qui pr&#233;sident &#224; la vie quotidienne de l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec, avec bien s&#251;r (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Presse-toi &#224; Gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 24 mars 2009, par Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pas si simple d`&#234;tre l'unique d&#233;put&#233; d'un parti de gauche au Parlement du Qu&#233;bec. Comme s'il fallait tout &#224; la fois &#234;tre au four et au moulin alors que dans le m&#234;me temps on vous a syst&#233;matiquement rel&#233;gu&#233; &#224; n'&#234;tre que la derni&#232;re roue de la charrette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'oublie trop souvent : les r&#232;gles du parlementarisme britannique sont celles qui pr&#233;sident &#224; la vie quotidienne de l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec, avec bien s&#251;r leurs in&#233;vitables contraintes h&#233;rit&#233;es d'une tradition marqu&#233;e au coin par le colonialisme et l'&#233;litisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le manque de souverainet&#233; ce n'est pas seulement, ne pas avoir &#171; de constitution &#224; soi &#187;, c'est aussi rester soumis &#224; la tutelle &#171; d'une constitution de facto &#187; qui atrophie la vie d&#233;mocratique elle-m&#234;me, emp&#234;chant l'expression riche et plurielle, renouvel&#233;e de tout un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au joug du scrutin uninominal &#224; un tour et en l'absence de tout scrutin proportionnel, ce qui l'emporte d&#233;finitivement dans la vie parlementaire, c'est le jeu de l'alternance formelle entre le parti au pouvoir et l'opposition officielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pauvret&#233; des d&#233;bats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats : les d&#233;bats &#224; la chambre ont non seulement tendance &#224; se focaliser uniquement sur les t&#233;nors des deux premiers partis, mais aussi &#224; s'organiser autour de la seule perspective de s'emparer de la gestion du pouvoir gouvernemental ou de chercher &#224; la monopoliser le plus longtemps possible. Envers et contre tout ! D'o&#249; plus souvent qu'autrement la pauvret&#233; des d&#233;bats, le manque intrins&#232;que de contenu &#8211;et cela est particuli&#232;rement marquant quand on se trouve en des p&#233;riodes de crise comme la n&#244;tre&#8212; o&#249; le bon mot, la formule frappante (pensez &#224; l'image des trois singes utilis&#233;e par Pauline Marois !) et plus encore l'attaque personnalis&#233;e ou &#224; courte vue l'emportent sur des analyses de fond qui nous permettraient d'y voir clair, d'avancer dans telle ou telle direction en toute connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment tirer son &#233;pingle du jeu ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment un d&#233;put&#233; comme Amir Khadir, peut-il dans un tel contexte, tirer son &#233;pingle du jeu ? N'&#233;tant que l'unique repr&#233;sentant du quatri&#232;me parti repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e, son temps lui est strictement compt&#233;. Ainsi, alors qu'&#224; la s&#233;ance d'ouverture de l'Assembl&#233;e, le Premier ministre pouvait intervenir pendant pr&#232;s de deux heures et qu'il &#233;tait pr&#233;vu pour l'ensemble de ce d&#233;bat 25 heures, il n'en &#233;tait r&#233;serv&#233; que.. 20 minutes &#224; au co-porte parole de Qu&#233;bec solidaire. M&#234;me chose quand il s'agit de la p&#233;riode de questions : Ce dernier n'a le droit de poser une question qu'une fois toutes les 7 s&#233;ances, soit &#224; peu pr&#232;s une fois tous les 15 jours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment d&#232;s lors profiter au maximum des quelques minutes qui lui sont allou&#233;es, pour qu'elles portent, fassent &#233;cho, aident au d&#233;veloppement de Qu&#233;bec solidaire ? D'autant plus si les grands m&#233;dias se contentent &#8211;sans aucun sens critique, ni mise en perspective digne de ce nom&#8212;de reprendre les arguments les plus &#171; m&#233;diatisables &#187;, c'est-&#224;-dire les plus sensationnalistes et donc les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avancer &#224; t&#226;tons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On comprendra donc pourquoi en ces premi&#232;res semaines, Amir Khadir a avanc&#233; &#224; t&#226;tons, prenant le temps de chercher les marques qui seront les siennes, le style qui le caract&#233;risera : entre l'assurance ou l'audace (que lui donne son bagage de m&#233;decin de gauche) et le n&#233;cessaire apprentissage des arcanes de la vie parlementaire, ce qui l'anime, c'est l'id&#233;e comme il le dit lui-m&#234;me &#171; de ne pas r&#233;p&#233;ter ce que font les autres partis &#187;. Ne pas tomber dans la critique facile et sans cons&#233;quence. Ne pas non plus se faire prendre par &#171; la logique de l'alternance &#187; qui soit marginalise ceux et celles qui se refusent au discours consensuel de la &#171; rectitude politique &#187;, soit les pousse co&#251;te que co&#251;te &#224; s'y incorporer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a l'agenda m&#234;me de l'Assembl&#233;e riche en rebondissements : le gigantesque trou de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et placements et la n&#233;cessaire enqu&#234;te publique pour faire la lumi&#232;re &#224; son sujet, les critiques de fond &#224; mener quant &#224; la gestion n&#233;o-lib&#233;rale du Parti lib&#233;ral ou concernant le choix du nouveau pr&#233;sident de la Caisse. Et &#224; chaque fois, il lui faut improviser au coup par coup, certes avec l'appui d'un parti d&#233;j&#224; bien structur&#233;, mais avec peu de moyens mat&#233;riels (recherchistes, &#233;tudes, expertises), bien loin en tous cas de ceux dont disposent le Parti lib&#233;ral et le Parti qu&#233;b&#233;cois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#233;quilibre difficile &#224; trouver&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique les caract&#233;ristiques m&#234;mes des premiers discours prononc&#233;s par le d&#233;put&#233; &#171; souverainiste de gauche &#187; de Qu&#233;bec solidaire : aller &#224; l'essentiel en insistant sur son r&#244;le de repr&#233;sentant du peuple et des aspirations de ceux et celles qui ne sont pas pris en compte par les grands partis. Loin de la langue de bois et des hypocrisies de la politique institutionnelle, mais loin aussi de impr&#233;cations populistes qui ont &#233;t&#233; si souvent par le pass&#233; le fond de commerce de l'ADQ. Un &#233;quilibre difficile &#224; trouver&#8230; &#192; preuve certaines de ses interventions ou formules qui &#8212;soit parce qu'elles laissaient supposer dans un premier temps &#171; qu'on &#233;tait responsable de la crise &#187;, soit faisant l'&#233;loge de Mario Dumont (avant d'indiquer que tout nous en s&#233;parait)&#8212; ont pu en faire sourciller plus d'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il faut plut&#244;t les interpr&#233;ter comme l'expression de ce souci de se distancier co&#251;te que co&#251;te du discours sectaire et partisan si en vogue &#224; l'Assembl&#233;e ; il faut les voir comme la volont&#233; de montrer qu'on peut faire de la politique autrement. Avec tous les risques et les apprentissages n&#233;cessaires en la mati&#232;re !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avec Amir Khadir : Au quotidien&#8230; d'un d&#233;put&#233; solidaire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Avec-Amir-Khadir-Au-quotidien-d-un-depute-solidaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pierre Mouterde livrait la semaine derni&#232;re dans &#034;Presse-toi &#224; gauche&#034; le premier d'une s&#233;rie d'articles sur le travail au quotidien du premier d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec solidaire. &#192; suivre toutes les semaines... ou toutes les deux semaines. &lt;br class='autobr' /&gt; Avec Amir Khadir : Au quotidien&#8230; d'un d&#233;put&#233; solidaire Tir&#233; de Presse-toi &#224; gauche mardi 24 f&#233;vrier 2009, par Pierre Mouterde &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Mouterde nous livre cette semaine le premier d'une s&#233;rie d'articles sur le travail au quotidien du premier d&#233;put&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pierre Mouterde livrait la semaine derni&#232;re dans &#034;Presse-toi &#224; gauche&#034; le premier d'une s&#233;rie d'articles sur le travail au quotidien du premier d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec solidaire. &#192; suivre toutes les semaines... ou toutes les deux semaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec Amir Khadir : Au quotidien&#8230; d'un d&#233;put&#233; solidaire&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Tir&#233; de Presse-toi &#224; gauche &lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 24 f&#233;vrier 2009, par Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Pierre Mouterde nous livre cette semaine le premier d'une s&#233;rie d'articles sur le travail au quotidien du premier d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec solidaire. &#192; suivre toutes les semaines... ou toutes les deux semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 11 f&#233;vrier 2009. Il fait grand froid devant le Parlement de Qu&#233;bec, et pour recevoir la caravane de jeunes cyclistes venus des quatre coins du Qu&#233;bec, il ne se trouve que la ministre de l'Environnement Line Beauchamp, St&#233;phane Bergeron, critique en mati&#232;re d'environnement du P.Q., et le tout nouveau d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec solidaire, Amir Khadir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neige est l&#224; partout : au loin sur les montagnes, alentour sur les fortifications, tout pr&#232;s sur les trottoirs et les bas c&#244;t&#233;s de l'avenue et jusque sur les all&#233;es menant en pente douce &#224; l'h&#244;tel du Parlement. Chaudement v&#234;tus, couverts de dossards aux couleurs fluorescentes, ils sont pas loin de 80&#8230; et ils avancent sur le goudron mouill&#233; en peloton&#8230;sifflant et criant leur joie d'&#234;tre enfin arriv&#233;s, eux qui ont brav&#233; &#224; bicyclette les rigueurs de l'hiver sur pr&#232;s de 300 km.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Environnement Jeunesse &#8211;un organisme &#224; but non lucratif menant ses activit&#233;s dans le domaine de l'&#233;ducation relative &#224; l'environnement&#8212; qui a organis&#233; cet &#233;v&#233;nement Avant que &#231;a d&#233;raille !, souhaitant attirer l'attention du grand public sur les d&#233;fis &#233;cologiques auxquels le Qu&#233;bec est aujourd'hui confront&#233;. En plus de publiciser quelques gestes tr&#232;s simples permettant de r&#233;duire l'utilisation de l'automobile au quotidien, tous ces cyclistes sont venus pr&#233;senter aux autorit&#233;s du Parlement une s&#233;rie de propositions pr&#233;cises pour encourager l'usage du v&#233;lo (r&#233;duction d'imp&#244;ts &#224; l'achat de bicyclettes, am&#233;nagement de pistes cyclables, etc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, y va bien s&#251;r de son petit la&#239;us, et en bonne politicienne qui sait toute l'importance des question environnementales, elle en met et en remet. Mais sans &#233;chapper &#224; la condescendance et au double discours de la &#171; langue de bois &#187; politicienne. Remerciant son jeune auditoire, elle s'engage &#224; porter les revendications d'Environnement Jeunesse, en se gardant cependant de prendre le moindre engagement pr&#233;cis en la mati&#232;re : &#171; Il y a beaucoup de solutions concr&#232;tes qui vont interpeller des partenaires qui je crois sont tr&#232;s sensibles &#224; votre discours de m&#234;me que le monde municipal et &#231;a aussi, je m'engage &#224; transporter vos recommandations. Il faut que &#231;a devienne des projets, il faut que &#231;a devienne des r&#233;alit&#233;s, mais &#231;a se travaille aussi avec le monde municipal &#187;. S'ensuivent des applaudissements polis qu'on r&#233;serve aussi &#224; St&#233;phane Bergeron qui dans son sillage avait entonn&#233; un peu le m&#234;me genre de couplet : merci les jeunes.. pour ce que vous faites, etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est le tour d'Amir Khadir&#8230; et le voil&#224; qui avec passion change aussit&#244;t de perspective&#8230; Bien s&#251;r il f&#233;licitera les jeunes pour leur geste exemplaire, mais sans paternalisme aucun, en le situant dans son contexte politique et en faisant appara&#238;tre les puissants int&#233;r&#234;ts se trouvant en arri&#232;re plan qui s'y opposent de toutes leurs forces : la r&#233;ponse &#224; vos revendications ne sera pas facile &#224; trouver car elle se heurte &#171; au lobby du p&#233;trole, &#224; celui de l'automobile et du b&#233;ton &#187; (&#8230;) &#171; c'est cela qu'il faut combattre si l'on veut changer les choses et se doter de politiques favorisant des gestes socialement responsables (&#8230;) mais par votre action vous aidez d&#233;j&#224; au travail de Qu&#233;bec solidaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&#233;nergiques applaudissements et un d&#233;luge de cris rebondissent sur les fa&#231;ades du Parlement : &#171; Amir, Amir, Amir &#187;, au point que ce dernier en est tout &#233;tonn&#233;. Comme si &#8211;au-del&#224; de ces quelques mots pourtant si simples&#8212;chacun r&#233;alisait comment la bataille pour l'&#233;cologie n&#233;cessitait plus que de vagues promesses l&#233;nifiantes, et plus encore appelait &#224; un &#171; parler vrai &#187; qui n'h&#233;siterait pas &#8211;loin de toute rectitude politique&#8212; &#224; pointer du doigt les conditions sociopolitiques indispensables &#224; un changement de paradigme environnemental. Et n'est-ce pas le r&#244;le d'un d&#233;put&#233; solidaire de s'y employer envers et contre tout ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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