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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>PHILIPPINES : Un Parti Marxiste R&#233;volutionnaire &#224; Mindanao</title>
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		<dc:date>2008-04-07T05:19:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Maria Sanchez</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le passage d'&#233;lus philippins en ce printemps 2008, au Qu&#233;bec, nous incite &#224; publier un texte sur la situation politique de la gauche aux philippines et plus particuli&#232;rement au Mindanao. Notons que les &#233;lections de 2007 se sont d&#233;roul&#233;es dans un contexte de fraude massive et sous la pression d'une s&#233;rie d'assassinats d'opposants au r&#233;gime qui se sont compt&#233;s par centaines. En outre, il est notoire que le CPP, organisation mao-stalinienne pratique l'&#233;limination physique des adversaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le passage d'&#233;lus philippins en ce printemps 2008, au Qu&#233;bec, nous incite &#224; publier un texte sur la situation politique de la gauche aux philippines et plus particuli&#232;rement au Mindanao. Notons que les &#233;lections de 2007 se sont d&#233;roul&#233;es dans un contexte de fraude massive et sous la pression d'une s&#233;rie d'assassinats d'opposants au r&#233;gime qui se sont compt&#233;s par centaines. En outre, il est notoire que le CPP, organisation mao-stalinienne pratique l'&#233;limination physique des adversaires politiques &#224; gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Clara Maria Sanchez, dirigeante du Parti r&#233;volutionnaire des travailleurs de Mindanao (RPMM), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti r&#233;volutionnaire des travailleurs de Mindanao (RPMM) trouve son origine dans la scission qui a eu lieu, en 1992, dans le Parti communiste des Philippines (CPP). Le CPP, fond&#233; en 1968 sous la direction de Jose Maria Sison, est rapidement devenu une force politique significative et a jou&#233; un r&#244;le important dans la lutte contre la dictature de Marcos (1972-1986), par sa branche arm&#233;e, la Nouvelle Arm&#233;e Populaire (NPA) et dans le mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Croissance et crise du Parti communiste des Philippines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti fut con&#231;u dans une optique mao-stalinienne inflexible. La soci&#233;t&#233; philippine &#233;tait caract&#233;ris&#233;e comme &#034; semi-coloniale et semi-f&#233;odale &#034; et la r&#233;volution d&#233;finie comme &#034; nationale-d&#233;mocratique &#034;. La ligne strat&#233;gique du CPP &#233;tait celle d'une guerre populaire de longue dur&#233;e, encerclant les villes &#224; partir de la campagne, et passant &#224; travers des &#233;tapes rigoureusement d&#233;finies de d&#233;fense, de tr&#234;ve et d'offensive strat&#233;giques, compos&#233;es chacune de plusieurs phases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le travail du parti &#233;tait subordonn&#233; &#224; l'objectif prioritaire de la construction d'une arm&#233;e de gu&#233;rilla rurale. La lutte de masse publique contre la dictature et pour des r&#233;formes &#233;tait seulement consid&#233;r&#233;e comme une man&#339;uvre de propagande et un terrain de recrutement pour le parti clandestin. Les principes organisationnels du parti &#233;taient bas&#233;s sur le centralisme bureaucratique stalinien, sans droit de tendance. Son premier Congr&#232;s aurait eu lieu en d&#233;cembre 1968. Il n'y en eut jamais de second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces aspects de la politique du CPP allaient se heurter &#224; des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rentes. Contrairement &#224; l'analyse de Sison, la soci&#233;t&#233; philippine n'&#233;tait pas semi-f&#233;odale mais capitaliste d&#233;pendante. De plus, la r&#233;alit&#233; complexe de la soci&#233;t&#233; philippine et la lutte contre la dictature a pouss&#233; le parti &#224; d&#233;velopper des combinaisons de lutte de masse et de lutte arm&#233;e qui d&#233;pass&#232;rent rapidement le sch&#233;ma simpliste de la &#034; guerre populaire prolong&#233;e &#034;. Cela entra&#238;na des d&#233;bats sur la strat&#233;gie et les tactiques qui, pendant un temps, ont dot&#233; le CPP d'un certain pluralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats autour des d&#233;saccords qui allaient causer la scission de 1992 ont commenc&#233; d&#232;s le huiti&#232;me pl&#233;num du Comit&#233; central, en 1980. Mais, &#224; ce moment, comme Francisco Nemenzo l'a soulign&#233; dans une interview en 1994, &#034; il ne semblait pas urgent de les trancher, &#233;tant donn&#233; que le mouvement allait de l'avant &#034; (1). Il y avait non seulement du temps et de la place pour des d&#233;bats, mais il y avait m&#234;me exp&#233;rimentation de diverses formes de luttes qui ne correspondaient pas &#224; la strat&#233;gie de guerre populaire de longue dur&#233;e. C'&#233;tait tout particuli&#232;rement le cas &#224; Mindanao. Ces exp&#233;riences ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement influenc&#233;es par celles des mouvements r&#233;volutionnaires d'Am&#233;rique Centrale et par l'exp&#233;rience vietnamienne. Tout cela se passait alors que Sison avait &#233;t&#233; captur&#233; et emprisonn&#233;, de 1977 &#224; 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tournant d&#233;cisif eut lieu en 1986, quand le CPP prit la d&#233;cision de boycotter les &#233;lections anticip&#233;es organis&#233;es dans la foul&#233;e du mouvement &#034; Pouvoir du Peuple &#034; qui renversa Marcos. L'&#233;lection vit la victoire de Cory Aquito et la restauration des formes bourgeoises d&#233;mocratiques. Cette d&#233;cision laissa le parti isol&#233; du mouvement de masse. Quelques mois plus tard, la direction du parti publia une autocritique, reconnaissant assez clairement que le boycott &#233;tait une erreur, mais &#233;chouant dans l'analyse de ses causes. La direction coupa court aux discussions qui suivirent. C'est apr&#232;s la restauration de la d&#233;mocratie bourgeoise que les contradictions cr&#233;&#233;es par la subordination du travail de masse &#224; la lutte arm&#233;e &#8211; particuli&#232;rement la lutte arm&#233;e rurale &#8211; s'aiguis&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sp&#233;cificit&#233;s de Mindanao&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode de croissance du CPP, dans la fin des ann&#233;es 1970 et le d&#233;but des ann&#233;es 1980, son organisation &#224; Mindanao se d&#233;veloppa &#224; un rythme plus rapide encore. Sous de nombreux aspects, la lutte &#224; Mindanao &#233;tait une des plus avanc&#233;e des Philippines, &#224; la fois en termes de lutte arm&#233;e et de lutte de masse. Mais, lorsque le parti s'implanta &#224; Mindanao, il dut se confronter &#224; la sp&#233;cificit&#233; de l'&#238;le. A l'&#233;poque de la colonisation espagnole, Mindanao n'a jamais &#233;t&#233; occup&#233;e, &#224; l'exception de quelques avant-postes c&#244;tiers. L'&#238;le &#233;tait peupl&#233;e de Musulmans, connus sous le nom de Moros, regroup&#233;s dans les sultanats de Maguindanao et de Jolo, et par des tribus indig&#232;nes. Lorsque les Philippines furent vendues aux Etats-Unis pour 20 millions de dollars &#224; la fin de la guerre hispano-am&#233;ricaine de 1898, les Am&#233;ricains eurent &#224; conqu&#233;rir le pays contre une forte r&#233;sistance des forces nationalistes r&#233;volutionnaires qui avaient lanc&#233; une insurrection contre la domination espagnole en 1896.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034; pacification &#034; am&#233;ricaine des Philippines est estim&#233;e avoir co&#251;t&#233; la vie de pr&#232;s d'un sixi&#232;me de la population. Dans le cas de Mindanao, cette conqu&#234;te fut particuli&#232;rement difficile et sanglante, et la r&#233;sistance continua jusqu'en 1914. Les gouvernements successifs de Manille ont poursuivi une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e de colonisation de Mindanao par des pionniers chr&#233;tiens des autres &#238;les, avec un tel succ&#232;s que les musulmans et les populations indig&#232;nes furent mis en minorit&#233;. N&#233;anmoins, les colons ne constitu&#232;rent pas une couche privil&#233;gi&#233;e, comme par exemple en Afrique du Sud ou en Isra&#235;l. Ils &#233;taient travailleurs ou paysans, et &#233;taient aussi exploit&#233;s. Mais il existe bien une question nationale du peuple Bangsa Moro, et une lutte arm&#233;e pour l'autod&#233;termination a commenc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 70. Sans oublier la question des droits des peuples indig&#232;nes &#224; leurs terres ancestrales, &#224; la fois dans les zones domin&#233;es par les Musulmans et par les Chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CPP de Mindanao eut &#224; faire face &#224; cette r&#233;alit&#233; et commen&#231;a &#224; d&#233;velopper un travail d'alliance, parall&#232;lement avec les mouvements Moro &#8211; le Front de Lib&#233;ration Nationale Moro (MNLF) et le Front de Lib&#233;ration Islamique Moro (MILF) &#8211; et avec les peuples indig&#232;nes. Cela provoqua des d&#233;bats et des dissensions dans le parti &#224; Mindanao, ainsi qu'avec la direction centrale du CPP. En fait, la conception qu'avait le CPP de la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale ne tenait pas compte des questions nationales sp&#233;cifiques &#224; Mindanao qui, dans l'esprit de la direction Sison, ne seraient solutionn&#233;es qu'apr&#232;s la victoire de la r&#233;volution. Le niveau de lutte &#224; Mindanao impliqua &#233;galement l'utilisation d'unit&#233;s de partisans urbains et d'offensives militaires de nature semi-insurrectionnelles qui ne rentraient pas dans le sch&#233;ma de la &#034; guerre populaire de longue dur&#233;e &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Purges et scissions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le RPMM est sp&#233;cialement issu de la section de la R&#233;gion centrale de Mindanao (CMR) du CPP-NPA, qui fut cr&#233;&#233;e en 1987, par la fusion des r&#233;gions Nord-Ouest et Moro. C'&#233;tait dans une p&#233;riode o&#249; le CPP et ses organisations &#233;taient confront&#233;s &#224; de s&#233;rieuses difficult&#233;s. Elles furent, en premier lieu, caus&#233;es par l'incapacit&#233; &#224; analyser la nouvelle situation d&#233;coulant de la transition de la dictature &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et &#224; r&#233;orienter, en cons&#233;quence, les tactiques du parti. Cela n'impliquait pas que des probl&#232;mes tactiques, mais remettait en cause l'int&#233;gralit&#233; de la strat&#233;gie du CPP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, le parti fut affaibli et traumatis&#233; par une s&#233;rie de purges impos&#233;es dans le but de chasser les indicateurs du gouvernement, dans lesquelles des milliers de membres du parti, la plupart innocents, furent liquid&#233;s. Cela affaiblit consid&#233;rablement le parti, et les purges furent particuli&#232;rement s&#233;v&#232;res &#224; Mindanao. Les d&#233;bats se firent plus acrimonieux. Sison, qui &#233;tait parti en exil volontaire aux Pays-Bas en 1988, publia &#224; la fin de l'ann&#233;e 1991 un document intitul&#233; &#034; R&#233;affirmer Nos Principes de Base et Rectifier les Erreurs &#034;, dont l'objet &#233;tait de ramener le CPP &#224; sa version de l'orthodoxie mao&#239;ste et de purger le parti de ceux qui la remettaient en question. Toutes les organisations du parti furent appel&#233;es &#224; &#034; r&#233;affirmer &#034;. Ceux qui soutenaient Sison et le firent furent ainsi appel&#233;s &#034; r&#233;affirmistes &#034;, ou &#034; RA &#034; ; ceux qui refus&#232;rent, &#034; rejectionnistes &#034;, ou &#034; RJ &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Sison fut avalis&#233;e par le dixi&#232;me plenum du CC en 1992 et l'ex&#233;cutif du parti rejeta une demande de Congr&#232;s &#8211; soutenue par des &#034; r&#233;affirmistes &#034; comme par les &#034; rejectionnistes &#034; &#8211; pour trancher les diff&#233;rends, rendant une scission in&#233;vitable. Par la suite, ceux qui rejetaient ses positions furent exclus et, &#224; partir de 1993, des secteurs significatifs de l'organisation, divisions g&#233;ographiques et d&#233;partements, se mirent &#224; d&#233;clarer leur autonomie par rapport au centre du parti (2). A ce point, les divergences &#233;taient importantes, allant de l'analyse de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; philippine &#224; la strat&#233;gie politique et militaire, en passant par la question des minorit&#233;s nationales, le r&#233;gime du parti, l'analyse de l'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique et le processus de restauration capitaliste en Chine. Sur ces derniers points, la direction du parti se limitait &#224; des d&#233;nonciations rituelles du &#034; r&#233;visionnisme moderne &#034;, tandis que des secteurs de l'opposition commen&#231;aient &#224; utiliser les concepts de stalinisme et de bureaucratie pour comprendre ce qui arrivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers un nouveau parti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la scission, les &#034; RJ &#034; durent organiser une alternative. Vers la fin de 1994, la R&#233;gion centrale de Mindanao (CMR) publia un appel pour une Conf&#233;rence du parti et invita les autres principaux secteurs &#034; rejectionnistes &#034; du reste des Philippines. Le r&#233;sultat de cette conf&#233;rence fut le lancement d'une formation pr&#233;-partidaire &#224; Mindanao, nomm&#233;e le Parti communiste du peuple (PCP). Le PCP maintint des contacts et relations avec les autres groupes &#034; RJ &#034; et, en septembre 1995, il convoqua un sommet avec les directions des r&#233;gions Manille-Rizal (National Capital Region) et Visayas, dans le but de former un nouveau parti de niveau national. Durant cette p&#233;riode, le PCP entama une r&#233;&#233;valuation consciencieuse de son id&#233;ologie et de sa politique, faisant le point sur dix ans d'activit&#233; de parti &#224; Mindanao, tenant des conf&#233;rences sur le travail &#233;lectoral et parlementaire, la lutte et les mouvements de masse, le travail international, le d&#233;veloppement et le travail de consolidation de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, apr&#232;s trois ans de discussion et de d&#233;bat, il y eut une tentative s&#233;rieuse de former un nouveau parti &#224; l'&#233;chelle du pays, incluant le PCP, la section du Visayas, et une partie de la direction de la r&#233;gion Manila-Rizal. Le Parti des travailleurs r&#233;volutionnaires des Philippines (RPMP) fut fond&#233; lors d'un congr&#232;s tenu dans les montagnes de Mindanao, avec sa branche militaire, l'Arm&#233;e prol&#233;tarienne r&#233;volutionnaire/Brigade Alex Boncayo (RPA/ABB). Malheureusement, cette initiative prometteuse vers un parti d'ampleur nationale ne fut pas couronn&#233;e de succ&#232;s. De s&#233;rieuses divergences &#233;merg&#232;rent quant au fonctionnement du nouveau parti. Dans l'opinion des camarades de Mindanao, la direction de Visayas, en particulier, n'avait pas rompu avec certaines pratiques du CPP. En 1999, des n&#233;gociations de paix commenc&#232;rent entre le gouvernement et le RPMP-RPA/ABB et, en 2000, un accord de paix fut sign&#233;. Les camarades de Mindanao contest&#232;rent tant le processus antid&#233;mocratiques que le contenu de l'accord, qui s'apparentait pour eux &#224; une pure et simple capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, le 1er mai 2001, les camarades de Mindanao form&#232;rent le RPMM, avec comme bras arm&#233; l'Arm&#233;e R&#233;volutionnaire des Peuples (RPA) &#8211; la forme plurielle t&#233;moignant de son engagement pour la reconnaissance des trois peuples de Mindanao. Le parti a une perspective nationale, mais ses forces sont &#224; Mindanao et parmi les &#233;migr&#233;s originaires de l'&#238;le. Apr&#232;s la scission du CPP, la R&#233;gion centrale de Mindanao (CMR) a &#233;tabli des relations avec d'autres forces &#224; travers le monde, et en particulier avec la IVe Internationale, envoyant un repr&#233;sentant &#224; son Congr&#232;s mondial de 1995. Ces relations furent maintenues pendant la p&#233;riode RPMR et, en 2003, le RPMM devint la section philippine de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire face &#224; la pauvret&#233; et &#224; la violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#224; Mindanao est loin d'&#234;tre stable. En premier lieu, la question nationale Moro n'a pas &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;e. Un accord entre le gouvernement philippin et le MNLF en 1996 amena la cr&#233;ation de la R&#233;gion autonome du Mindanao musulman (ARMM), qui n'a pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur des esp&#233;rances et est encore domin&#233;e par Manille et ravag&#233; par la corruption et le client&#233;lisme. Des n&#233;gociations ont maintenant lieu avec le MILF, mais leur issue est incertaine et les affrontements militaires avec l'arm&#233;e ne sont pas rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence du Groupe Abu Sayyaf, un v&#233;ritable groupe terroriste li&#233; &#224; Al Qeida, sert de pr&#233;texte au maintien de la militarisation de Mindanao et de la pr&#233;sence de troupes US, Mindanao ayant &#233;t&#233; d&#233;fini comme un front de la &#034; guerre contre le terrorisme &#034;. De plus, Mindanao, et la R&#233;gion autonome du Mindanao musulman en particulier, contient les provinces les plus pauvres des Philippines. Les compagnies multinationales pillent les ressources naturelles de l'&#238;le, sp&#233;cialement mini&#232;res et foresti&#232;res, provoquant des effets catastrophiques pour l'environnement et l'invasion des terres ancestrales des peuples indig&#232;nes. Le conflit arm&#233; n'est donc pas la seule forme de violence dont souffre le peuple de Mindanao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il soit lui-m&#234;me ill&#233;gal et clandestin, le RPMM soutient les efforts d'une multitude de mouvements sociaux et d'organisations populaires qui se pr&#233;occupent des probl&#232;mes de la classe ouvri&#232;re, de la pauvret&#233; urbaine, de la paysannerie et des p&#234;cheurs &#8211; sant&#233;, logement, ch&#244;mage, r&#233;forme agraire. Il existe un mouvement pacifiste particuli&#232;rement fort bas&#233; sur le concept tri-national, cherchant &#224; r&#233;soudre la question nationale par la reconnaissance du droit &#224; l'autod&#233;termination et l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum, et qui veut unir les trois peuples sur cette base. En d&#233;cembre 2006, le 4&#232;me Sommet de la Paix du Peuple de Mindanao, qui eut lieu sur l'&#238;le de Basilan, rassembla 500 personnes de tout Mindanao, y compris des repr&#233;sentants du MNLF, du MILF et des peuples indig&#232;nes. Au niveau &#233;lectoral, les m&#234;mes id&#233;es sont d&#233;fendues par la liste Anak Mindanao (Amin) qui a actuellement un repr&#233;sentant au parlement philippin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mindanao est une soci&#233;t&#233; hautement militaris&#233;e. En plus de l'arm&#233;e philippine (dont les deux tiers des forces sont d&#233;ploy&#233;es &#224; Mindanao) et de la police, il y a le MNLF, le MILF et les forces de d&#233;fense des peuples indig&#232;nes. Le CPP-NPA, qui continue &#224; &#234;tre actif dans certaines zones de Mindanao, a men&#233; depuis la scission une politique de liquidation physique de ses anciens membres. Parmi les victimes, on compte deux membres du RPMM-RPA (3). En outre, il est clair que les services de s&#233;curit&#233; de l'&#233;tat sont responsables de l'assassinat de centaines d'activistes des mouvements sociaux et d'organisations populaires par des escadrons de la mort, y compris &#224; Mindanao, depuis l'arriv&#233;e au pouvoir du Pr&#233;sident Gloria Macapagal-Arroyo en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, le RPMM maintient son aile arm&#233;e, la RPA. Il ne consid&#232;re cependant pas qu'une lutte arm&#233;e offensive soit appropri&#233;e &#224; la p&#233;riode actuelle. En cons&#233;quence, il a sign&#233; un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement en 2005 et, en d&#233;cembre 2006, parvint &#224; un accord pour l'application de ce cessez-le-feu. Mais il n'a pas d&#233;sarm&#233; et refuse de dissocier un accord de paix d&#233;finitif de la r&#233;solution des probl&#232;mes sociaux et d&#233;mocratiques qui sont les racines de la violence &#224; Mindanao. Les n&#233;gociations avec le gouvernement ne furent pas seulement de nature militaire, puisque ce dernier dut s'engager &#224; financer des projets de d&#233;veloppement dans les zones sous l'influence du RPMM, les projets en question &#233;tant choisis par les populations locales. Les premi&#232;res n&#233;gociations couvrirent 100 barangays (districts), mais 100 districts suppl&#233;mentaires ont demand&#233; &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme partie int&#233;grante de la zone d'influence du RPMM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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