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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Crise : l'heure de v&#233;rit&#233; se rapproche</title>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA 8 f&#233;vrier 2010 &lt;br class='autobr' /&gt; L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. Illusion : l'&#233;conomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L79xH123/arton2790-92a3b.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='79' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
8 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. Illusion : l'&#233;conomie mondiale &#233;tait en &#233;tat de l&#233;vitation, touchant &#224; peine le sol, port&#233;e &#224; bouts de bras par un soutien public d'une extraordinaire ampleur. Laissant filer les d&#233;ficits, se portant au secours des banques, mettant en &#339;uvre des plans de soutien, les d&#233;ficits publics ont atteint d'incroyables niveaux : 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l'endettement public a crev&#233; tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui br&#251;le les mains, ainsi a-t-on transform&#233; le surendettement des m&#233;nages am&#233;ricains en surendettement des Etats. Quand un d&#233;biteur s'av&#232;re incapable de faire face aux &#233;ch&#233;ances, il n'y a que deux fa&#231;ons de s'attaquer &#224; la dette en suspens : la transf&#233;rer ou l'annuler. Annuler les dettes aurait signifi&#233; entrer dans une crise financi&#232;re, puis &#233;conomique, de tr&#232;s grande ampleur ; on a pr&#233;f&#233;r&#233;, encore une fois, la fuite en avant, et la dette priv&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233;e en dette publique. Ainsi, le probl&#232;me n'a pas &#233;t&#233; surmont&#233;, mais seulement d&#233;guis&#233;, et d&#233;plac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Gr&#232;ce, Espagne, Portugal, Irlande. La Gr&#232;ce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a &#233;t&#233; plac&#233;e de fait sous tutelle de la Commission europ&#233;enne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants pr&#233;vus pour 2010 s'&#233;l&#232;vent &#224; 85% pour le Portugal, 83% pour l'Irlande (44% en 2008), 66% pour l'Espagne (40% en 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait &#233;vident d&#232;s le d&#233;part que cette situation ne pouvait pas durer. Le priv&#233; (consommation des m&#233;nages, investissement des entreprises) devait prendre la rel&#232;ve du public, permettant &#224; celui-ci de se retirer. Le grand probl&#232;me est que le priv&#233; n'a toujours pas embray&#233; sur le public, et le grand changement est que commence &#224; pr&#233;valoir dans l'establishment la crainte qu'il en soit encore ainsi pour de longs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e qu'en somme la crise est loin d'&#234;tre termin&#233;e, et que nous ne sommes pas dans un sch&#233;ma en V, ni m&#234;me en W, mais sans doute plut&#244;t en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s jusqu'ici sont tous bas&#233;s sur l'hypoth&#232;se d'un redressement vigoureux de l'&#233;conomie, qui permettrait de r&#233;duire les d&#233;ficits plus par l'accroissement rapide des recettes fiscales que par la r&#233;duction drastique des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le redressement attendu n'est pas au rendez-vous, exit l'hypoth&#232;se d'une mont&#233;e rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont plac&#233;s devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien &#224; l'&#233;conomie, &#233;vitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs d&#233;ficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus co&#251;teux &#224; couvrir. Soit ils abandonnent le soutien &#224; l'&#233;conomie, retirant l'&#233;chafaudage public, mais ils risquent alors de pr&#233;cipiter l'&#233;conomie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d'une r&#233;duction du d&#233;ficit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays sont tous membres de l'Union europ&#233;enne, et on peut penser qu'ils auraient droit &#224; un soutien de l'Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances &#233;conomiques europ&#233;ennes d&#233;cident d'aider ceux qui se d&#233;battent avec de l'eau jusqu'au cou, elles risquent d'&#234;tre entra&#238;n&#233;es et de couler &#224; leur tour, et ce d'autant plus qu'elles sont elles-m&#234;mes tr&#232;s endett&#233;es. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menac&#233;s font d&#233;faut sur leur dette, elles savent que la crise sera relanc&#233;e de fa&#231;on spectaculaire et qu'elles sont les suivantes sur la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les march&#233;s &#187; ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l'occurrence, assez clairs. &#171; Les investisseurs &#187; sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menac&#233;s ne pourront plus soutenir leurs &#233;conomies tr&#232;s longtemps. Il faudra alors sortir de la situation &#171; par le bas &#187;, c'est-&#224;-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la r&#233;duction des d&#233;penses. Inutile de se faire des illusions : apr&#232;s avoir vol&#233;, &#224; fonds perdus, au secours des capitalistes, c'est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des imp&#244;ts ou destruction des services publics. L'effondrement des march&#233;s qui vient d'avoir lieu peut alors facilement &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un s&#233;v&#232;re coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs d&#233;lais &#224; l'ouvrage, de montrer qu'ils sont capables de s'attaquer &#224; la masse de la population pour sauver une infime minorit&#233;. Aux travailleurs d'organiser la r&#233;sistance, car cette crise est celle du capital, il n'est pas question d'en payer les pots cass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>notes sur la trajectoire du taux de profit</title>
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		<dc:date>2009-11-04T04:48:12Z</dc:date>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>



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		<title>Crise : apr&#232;s les plans de relance, l'heure de v&#233;rit&#233;</title>
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		<dc:date>2009-08-18T16:30:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 15 ao&#251;t 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains m&#233;dias appuient la th&#232;se d'une embellie &#233;conomique. O&#249; en est on ? Nous livrons ici le point de vue de l'&#233;conomiste marxiste Isaac Johsua... &lt;br class='autobr' /&gt; 1) Des &#233;conomies port&#233;es par les b&#233;quilles du soutien public &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PIB am&#233;ricain s'est contract&#233; de &#8211; 1% au deuxi&#232;me trimestre 2009, alors que le rythme de la chute avait &#233;t&#233; de &#8211; 5,4% pour le quatri&#232;me trimestre 2008 et de &#8211; 6,4% pour le premier trimestre de 2009 (&#224; chaque fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2493-6f22a.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
15 ao&#251;t 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Certains m&#233;dias appuient la th&#232;se d'une embellie &#233;conomique. O&#249; en est on ? Nous livrons ici le point de vue de l'&#233;conomiste marxiste Isaac Johsua...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 1) Des &#233;conomies port&#233;es par les b&#233;quilles du soutien public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le PIB am&#233;ricain s'est contract&#233; de &#8211; 1% au deuxi&#232;me trimestre 2009, alors que le rythme de la chute avait &#233;t&#233; de &#8211; 5,4% pour le quatri&#232;me trimestre 2008 et de &#8211; 6,4% pour le premier trimestre de 2009 (&#224; chaque fois par rapport au trimestre pr&#233;c&#233;dent et en rythme annuel). En ce deuxi&#232;me trimestre 2009, les PIB fran&#231;ais et allemand se sont m&#234;me accrus de 0,3% (par rapport au trimestre pr&#233;c&#233;dent). Il n'y a pas de doutes : pour le moment, &#231;a va moins mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re explication &#8211; de loin la plus importante &#8211; est que nous sommes en pr&#233;sence d'&#233;conomies massivement port&#233;es par les b&#233;quilles du soutien public. Ce soutien est d'une ampleur extraordinaire, jamais connue auparavant, sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons seulement pour m&#233;moire l'agressivit&#233; de la politique mon&#233;taire : le principal taux directeur de la Fed est fix&#233; depuis des mois entre 0% et 0,25% (du jamais vu), le taux de la BCE est &#224; 1% (du jamais vu &#233;galement), sans compter le Japon, la Suisse, etc. Pour m&#233;moire, car l'impact de cette politique a &#233;t&#233; faible (voire tr&#232;s faible) comparativement &#224; celui de la politique budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette derni&#232;re qu'est venu le changement. Premi&#232;re forme de cette politique : on a volontairement laiss&#233; filer les d&#233;ficits, car la r&#233;cession entra&#238;ne automatiquement une baisse des recettes fiscales et une hausse des d&#233;penses publiques. Aux Etats-Unis, le d&#233;ficit budg&#233;taire de cette ann&#233;e fiscale (qui se termine le 30 septembre) devrait atteindre (voire d&#233;passer) les 11% du PIB (de 2008). Montant inou&#239;, jamais vu en temps de paix. Cela fait pour l'&#233;conomie am&#233;ricaine 11 points de PIB suppl&#233;mentaires qui ont &#233;t&#233; inject&#233;s. Rappelons que l'UE n'autorise le d&#233;ficit budg&#233;taire que jusqu'&#224; concurrence de 3% du PIB. En un an, aux Etats-Unis, en juillet 2009 (par rapport &#224; juillet 2008) les d&#233;penses publiques ont augment&#233; de 21% alors que les recettes diminuaient de 17%. Ph&#233;nom&#232;ne universel : en Grande-Bretagne, un d&#233;ficit budg&#233;taire de 12,4% du PIB est pr&#233;vu pour l'exercice fiscal en cours, d&#233;marrant en avril 2009. En France, le d&#233;ficit budg&#233;taire s'&#233;l&#232;ve &#224; 86,6 milliards d'euros fin juin 2009 : soit 4,4% du PIB de 2008, et &#224; fin juin il reste encore la moiti&#233; de l'ann&#233;e &#224; courir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sommes colossales ont ainsi &#233;t&#233; d&#233;vers&#233;es sur les &#233;conomies. Elles soutiennent l'activit&#233;, quelquefois de fa&#231;on globale, mais d'autres fois avec un ciblage pr&#233;cis : tel est le cas de la &#171; prime &#224; la casse &#187;, introduite un peu partout, m&#234;me aux Etats-Unis, une mesure qui a eu un grand succ&#232;s et a beaucoup aid&#233; au redressement r&#233;cent, en particulier en France. Succ&#232;s fulgurant aussi aux Etats-Unis depuis sa mise en place fin juillet (le gouvernement donne une prime qui va jusqu'&#224; 4 500$ pour la vieille guimbarde)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me forme du soutien public : les plans de relance. Celui des Etats-Unis atteint 787 milliards $ (soit 5,5% du PIB de 2008), celui de la Chine &#233;tait pr&#233;vu &#224; 585 milliards de dollars, celui de l'Allemagne repr&#233;sente 3,2% de son PIB et la Banque des R&#232;glements Internationaux estime leur montant total &#224; 5% du PIB mondial, ce qui est &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;ficits abyssaux et plans de relance &#233;tant mis en &#339;uvre simultan&#233;ment en diverses r&#233;gions du monde (mais essentiellement aux Etats-Unis, en Europe et en Asie), l'activit&#233; peut &#234;tre soutenue dans un pays donn&#233;, non seulement par les mesures internes mais &#233;galement par les exportations, c'est-&#224;-dire par le regain d'activit&#233; dans d'autres r&#233;gions du monde. Ainsi, le r&#244;le des exportations a &#233;t&#233; essentiel pour le r&#233;sultat positif du deuxi&#232;me trimestre 2009 en France et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien budg&#233;taire, &#171; prime &#224; la casse &#187;, exportations : on a l&#224; &#224; peu pr&#232;s l'ensemble des &#233;l&#233;ments qui, dans les pays d&#233;velopp&#233;s, expliquent les meilleurs r&#233;sultats du deuxi&#232;me trimestre 2009, et ils se ram&#232;nent tous, directement ou indirectement, &#224; la d&#233;pense publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, l'intervention publique s'est manifest&#233;e surtout par le biais d'un soutien au revenu des m&#233;nages. Qu'il s'agisse du premier ou du deuxi&#232;me trimestre de 2009, le sch&#233;ma est &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me : la masse salariale distribu&#233;e diminue, mais le revenu des m&#233;nages ne diminue pas dans la m&#234;me proportion ou augmente (gr&#226;ce aux transferts publics, allocations, etc.,qui gonflent rapidement) ; ensuite, le revenu disponible des m&#233;nages diminue dans une proportion encore moindre ou augmente, gr&#226;ce aux baisses d'imp&#244;ts massives. Du coup, la consommation (qui joue un r&#244;le essentiel aux Etats-Unis) reste &#233;tale ou ne diminue que faiblement, alors qu'elle devrait s'effondrer car les m&#233;nages am&#233;ricains, effray&#233;s, sont en train de reconstituer une &#233;pargne de pr&#233;caution &#224; toute allure, et ce, aux d&#233;pens de la consommation : le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages &#233;tait de 2,2% au troisi&#232;me trimestre 2008, il est pass&#233; &#224; 5,2% au deuxi&#232;me trimestre 2009. Sans le caract&#232;re massif de l'intervention publique, le PIB serait au trente-sixi&#232;me dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la France, les &#233;l&#233;ments qui contribuaient &#224; la d&#233;gradation de l'activit&#233; sont toujours au rendez-vous, quelquefois de fa&#231;on att&#233;nu&#233;e : le d&#233;stockage se poursuit, l'investissement se contracte toujours (quoique de fa&#231;on moins marqu&#233;e). Les points qui font la diff&#233;rence sont : primo, un rebond des exportations (&#171; forte contribution des &#233;changes ext&#233;rieurs ce trimestre &#187;, note l'INSEE) ; secundo, une l&#233;g&#232;re acc&#233;l&#233;ration de la consommation des m&#233;nages, notamment en achats d'autos (cf. prime &#224; la casse) d'o&#249;, rebond de la production manufacturi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le r&#233;sultat de l'Allemagne, les commentateurs mettent l'accent sur &#171; des impulsions positives venant des d&#233;penses priv&#233;es et publiques, ainsi que du b&#226;timent &#187; sur fond de plans de relance. Ils notent aussi que les importations ont recul&#233; plus fortement que les exportations (d'o&#249;, apport positif du commerce ext&#233;rieur pour une &#233;conomie qui en d&#233;pend tr&#232;s largement).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Le r&#244;le secondaire des seuils de r&#233;sistance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toute crise met en &#339;uvre des forces dans des sens oppos&#233;s : d'une part, la spirale descendante de la crise (les agents coupent dans leurs d&#233;penses et ainsi propagent la crise) et, d'autre part, des seuils de r&#233;sistance (qui peuvent &#234;tre autant de points d'inversion de la conjoncture).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple type est celui des stocks des entreprises : quand celles-ci prennent conscience de la gravit&#233; de la crise, elles ont peur de voir les stocks de produits finis s'accumuler ; elles coupent donc brutalement leurs commandes de mati&#232;res premi&#232;res ou de produits semi-finis, ce qui &#233;tend la crise. Mais, arriv&#233;es &#224; un certain seuil, elles sont au bord de la rupture de stocks ; elles se remettent alors tout aussi brutalement &#224; passer commande : c'est le restockage, qui va au contraire jouer un r&#244;le positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas encore vu ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; l'&#339;uvre en France ou aux Etats-Unis mais, de l'avis des sp&#233;cialistes, il ne devrait pas tarder &#224; se manifester. Par contre, un autre seuil de r&#233;sistance a d&#233;j&#224; jou&#233; un r&#244;le dans le ralentissement de la chute am&#233;ricaine : c'est l'investissement des entreprises. En termes r&#233;els et en rythme annuel, celui-ci a chut&#233; de 6% au troisi&#232;me trimestre 2008, de 19,5% au quatri&#232;me trimestre 2008, de 39,2% au premier trimestre 2009. Une acc&#233;l&#233;ration fantastique donc, et on comprend que, les projets d'investissements les plus incertains &#233;tant supprim&#233;s les premiers, il y a de moins en moins de chances qu'on supprime les projets suivants au fur et &#224; mesure qu'on a sabr&#233; dans la masse de projets existants. D'o&#249;, une chute aux Etats-Unis de l'investissement des entreprises de 9% seulement pour le deuxi&#232;me trimestre 2009, ce qui contribue &#224; expliquer le r&#233;sultat (moins mauvais) de ce trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, on voit tout de suite que les seuils de r&#233;sistance ont jou&#233; un r&#244;le secondaire par rapport &#224; l'&#233;l&#233;ment largement dominant : les d&#233;penses publiques. On voit &#233;galement qu'il ne s'agit de rien d'autre que de seuils de r&#233;sistance : ils peuvent constituer un point d'appui pour repartir de l'avant, mais ils peuvent &#234;tre rapidement d&#233;pass&#233;s si le contexte g&#233;n&#233;ral n'est pas favorable. La spirale &#224; la baisse reprend alors, et on se dirige vers de nouveaux seuils de r&#233;sistance, etc...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 3) De deux choses l'une (l'autre, c'est le soleil)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est clair : le soutien public ne peut pas durer ind&#233;finiment, surtout s'il est massif. Aux Etats-Unis, les marges de man&#339;uvre d'Obama sur ce point sont de plus en plus r&#233;duites. En France, la dette publique atteint 73% du PIB et elle devrait avoisiner les 80% en 2010- 2011. D&#233;j&#224;, les agences de notation ont d&#233;grad&#233; les notes de dette publique de la Gr&#232;ce, de l'Espagne, du Portugal ; le Royaume-Uni lui-m&#234;me est menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre la mesure du probl&#232;me, citons Laurence Boone, chef &#233;conomiste France de Barclay's Capital : &#171; Pour ramener sa dette &#224; 60% du PIB dans 20 ans, la France devra consentir, chaque ann&#233;e, un effort de 40 &#224; 50 milliards d'euros, soit l'&#233;quivalent des recettes d'imp&#244;ts sur les revenus &#187; (Figaro, 10/08/09). Autrement dit : pour revenir &#224; un niveau ma&#238;trisable de la dette publique, il faudrait y consacrer pendant 20 ans d'affil&#233;e l'int&#233;gralit&#233; des recettes de l'imp&#244;t sur le revenu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien public devra donc s'arr&#234;ter ou ralentir significativement, et ce dans des d&#233;lais qui ne sont pas extensibles &#224; l'infini C'est alors que sonnera l'heure de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment, de deux choses l'une. Soit le priv&#233; (consommation des m&#233;nages, investissement des entreprises, etc.) n'embraye pas sur le public, ne prend pas la rel&#232;ve. La spirale descendante l'a emport&#233;, et les rem&#232;des envisageables ont pratiquement tous &#233;t&#233; utilis&#233;s. Nous sommes pass&#233;s d'une r&#233;cession &#224; une profonde d&#233;pression, nous entrons dans un monde nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit le priv&#233; embraye sur le soutien public. Difficile d'appr&#233;cier la probabilit&#233; d'un tel &#233;v&#233;nement, mais il faut dire que tel n'est pas le cas aujourd'hui : il n'y a pas actuellement dans les pays d&#233;velopp&#233;s de dynamique autonome du priv&#233;, d'un priv&#233; qui marcherait sans les b&#233;quilles publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, aux Etats-Unis, la consommation des m&#233;nages ne peut se soutenir toute seule, l'investissement des entreprises continue &#224; chuter, m&#234;me si c'est plus lentement, le d&#233;stockage se poursuit. D&#232;s lors, une rechute est possible &#224; tout moment, car la crise est toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le ch&#244;mage explose, mena&#231;ant les d&#233;penses des particuliers, consommation mais aussi achats de logements. Le march&#233; immobilier ralentit sa chute, mais il coulera de l'eau sous les ponts avant qu'il puisse aider &#224; une solide reprise. Quant aux banques, des r&#233;sultats r&#233;cents ne doivent pas faire illusion : la pr&#233;sentation comptable est plus laxiste, des ventes exceptionnelles d'&#233;l&#233;ments d'actifs font flamber les bilans, et l'essentiel des profits sont fournis par les entr&#233;es engrang&#233;es par les op&#233;rations d'une Bourse requinqu&#233;e. De nouveaux d&#233;fauts de paiement se rajoutent aux anciens et les actifs toxiques sont toujours l&#224; : le seul pays qui ait pr&#233;vu une &#171; structure de d&#233;faisance &#187; en bonne et due forme, c'est l'Allemagne. Aux Etats-Unis, le plan mis en place a accouch&#233; d'une souris, le Tr&#233;sor public s'impliquant pour le montant ridicule de 30 milliards de dollars. Autant dire que la fin des restrictions de cr&#233;dit (et de leur effet d&#233;sastreux sur l'&#233;conomie) n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes fa&#231;ons, m&#234;me si la croissance est de retour, il s'agira d'une croissance molle, chaotique, et ce pour plusieurs ann&#233;es. En effet, on ne pourra pas &#224; nouveau exploiter &#224; fond les m&#234;mes filons : baisse de l'&#233;pargne des m&#233;nages, surendettement, etc. et rien de neuf ne semble sortir de la crise, malgr&#233; son ampleur et sa violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes s'accrochent farouchement au m&#234;me mod&#232;le qui vient de faire faillite. Cependant, une croissance n'est pas exclue pour les deux ou trois trimestres &#224; venir. D'une part, le soutien public va, dans l'imm&#233;diat, se poursuivre. D'autre part, un effet de rattrapage peut temporairement se manifester : les plans de d&#233;pense des agents &#233;conomiques, report&#233;s du fait de la crise, peuvent commencer &#224; &#234;tre appliqu&#233;s. Les m&#233;nages peuvent proc&#233;der &#224; des achats qu'ils avaient envisag&#233;s avant la r&#233;cession, les entreprises r&#233;aliser des investissements devenus indispensables, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout &#233;videmment sous la contrainte d'une crise qui se poursuit, avec le ch&#244;mage (qui sape les bases de la consommation), la crise bancaire (qui restreint les cr&#233;dits), etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>80 ANS APR&#200;S... : La spectre de 1929</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/80-ANS-APRES-La-spectre-de-1929</link>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>



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&lt;p&gt;La crise boursi&#232;re et bancaire qui secoue la plan&#232;te n'est pas sans rappeler la Grande Crise de 1929. Mais la comparaison ne peut &#234;tre que partielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de Rouge n&#176; 2269, 09/10/2008 &lt;br class='autobr' /&gt; L'ann&#233;e 1929 hante les m&#233;moires. On se souvient surtout de la crise am&#233;ricaine, qui l'a emport&#233; sur toutes les autres, en intensit&#233; et en dur&#233;e. De 1929 &#224; 1933, le PIB des &#201;tats-Unis a chut&#233; de pr&#232;s de 30 % et le cours des actions s'est effondr&#233;. De 3 % en 1929, le taux de ch&#244;mage atteint 25 % quatre ans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise boursi&#232;re et bancaire qui secoue la plan&#232;te n'est pas sans rappeler la Grande Crise de 1929. Mais la comparaison ne peut &#234;tre que partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de Rouge n&#176; 2269, 09/10/2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1929 hante les m&#233;moires. On se souvient surtout de la crise am&#233;ricaine, qui l'a emport&#233; sur toutes les autres, en intensit&#233; et en dur&#233;e. De 1929 &#224; 1933, le PIB des &#201;tats-Unis a chut&#233; de pr&#232;s de 30 % et le cours des actions s'est effondr&#233;. De 3 % en 1929, le taux de ch&#244;mage atteint 25 % quatre ans plus tard ! Une crise exemplaire, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est exceptionnelle, parce que tous les traits des grandes crises y sont concentr&#233;s. Sommes-nous &#224; la veille d'un remake ? La question est syst&#233;matiquement pos&#233;e, pour &#234;tre imm&#233;diatement &#233;cart&#233;e. Pourtant, sur certains points, la proximit&#233; entre 1929 et aujourd'hui est frappante. &#192; chaque fois, une bulle (boursi&#232;re alors, immobili&#232;re aujourd'hui) est au point de d&#233;part des &#233;v&#233;nements. &#192; chaque fois, la crise bancaire guide la spirale. Surtout, &#224; chaque fois (chose &#233;tonnante), c'est le surendettement des m&#233;nages qui alimente la d&#233;pression. En 1931, la chute de la livre anglaise a brutalement aggrav&#233; une situation qui semblait en voie d'am&#233;lioration. Aujourd'hui, les brutales fluctuations du couple euro-dollar font trembler l'ensemble de l'&#233;difice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Engrenage redoutable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur d'autres points, il est vrai, les deux crises se tiennent &#233;loign&#233;es l'une de l'autre. Nous n'avons plus les contraintes d'un syst&#232;me mon&#233;taire international assis sur l'or, comme c'&#233;tait le cas en 1929. Par ailleurs, le poids des allocations dans le revenu des m&#233;nages, ou celui du budget public dans le PIB, atteignent des niveaux sans pr&#233;c&#233;dent. Ils peuvent jouer le r&#244;le de stabilisateurs de l'activit&#233;, ce qui n'&#233;tait gu&#232;re le cas en 1929. Enfin, la grande crise &#233;tait une ellipse, &#224; double foyer, am&#233;ricain et europ&#233;en, alors que celle d'aujourd'hui n'a qu'un seul centre de gravit&#233;, am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi se rassurer, mais on peut aussi s'inqui&#233;ter. La mondialisation actuelle n'est pas seulement celle des &#233;changes, c'est &#233;galement celle du capital productif. Avec elle, les fronti&#232;res du monde capitaliste ont &#233;t&#233; repouss&#233;es et, dans cette aire &#233;largie, les temp&#234;tes peuvent gonfler comme le font des cyclones &#224; vaste rayon. Quant &#224; l'interconnexion de la plan&#232;te, elle joue dans les deux sens, accompagnant l'expansion mais amplifiant la r&#233;cession. Elle ouvre ainsi la voie aux perturbations, leur permettant de se propager comme le ferait un feu sur une tra&#238;n&#233;e de poudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas le m&#234;me tableau que nous obtenons si nous nous tournons vers la crise proprement financi&#232;re ? Le fameux effet &#171; domino &#187; &#224; l'&#339;uvre sous nos yeux &#233;tait d&#233;j&#224; parfaitement illustr&#233; lors de la Grande Crise. Il l'&#233;tait en mati&#232;re bancaire, la chute, le 8 mai 1931, de la Creditanstalt autrichienne d&#233;bouchant sur celle de la Danat allemande, le 13 juillet 1931, puis sur celle de toutes les banques allemandes, le 14 juillet 1931 et, enfin, sur une spectaculaire vague de faillites bancaires aux &#201;tats-Unis. Cet effet domino a pu aussi se manifester en mati&#232;re de changes, la chute du schilling autrichien, en mai 1931, d&#233;bouchant sur celle du Reischsmark allemand, le 14 juillet 1931, et, enfin, sur la chute de la livre anglaise, le 21 septembre 1931. Le petit jeu par lequel crises boursi&#232;re et bancaire s'entretiennent l'une l'autre avait aussi d&#233;j&#224; &#233;t&#233; constat&#233; lors de la Grande D&#233;pression. L'impressionnante violence de l'impact des crises financi&#232;res sur l'&#233;conomie r&#233;elle commence &#224; &#234;tre observ&#233;e aujourd'hui, mais elle avait d&#233;j&#224; pu l'&#234;tre &#8211; et de quelle fa&#231;on ! &#8211; &#224; partir d'octobre 1929, qu'il s'agisse de la crise boursi&#232;re am&#233;ricaine, de la crise bancaire allemande ou de celle de la crise de change anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il ne suffisait pas de copier la Grande Crise, des innovations sont venues aujourd'hui charger la barque : tel est le cas de la titrisation des cr&#233;ances, dont on parle beaucoup, mais &#233;galement de la collectivisation de l'&#233;pargne (fonds d'investissement, de pension, etc.). Avec ces organismes de placement collectif, se sont multipli&#233;es les pyramides pointes en bas, reposant les unes sur les autres, adoss&#233;es les unes aux autres, en un &#233;quilibre instable et fragile. Surtout, nous avons cette fois &#224; faire &#224; une innovation d'un type tout &#224; fait particulier : la financiarisation de la consommation, qui a rendu cette consommation d&#233;pendante, non seulement de l'&#233;volution de l'&#233;conomie r&#233;elle (montant du revenu, menace du ch&#244;mage, etc.), mais aussi de la crise financi&#232;re elle-m&#234;me (chute de la valeur de la maison dont on est propri&#233;taire, chute de la Bourse, etc.), ce qui constitue un engrenage particuli&#232;rement redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; R&#233;gulation &#187; &#224; toutes les sauces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, le spectre sera-t-il bient&#244;t de retour ? Il y a des arguments dans un sens et dans l'autre, mais avons-nous pos&#233; &#224; la Grande Crise la bonne question ? Si celle-ci est &#171; Peux-tu recommencer ? &#187;, la r&#233;ponse est non, car tout &#233;v&#233;nement historique est unique. Si celle-ci est &#171; Pouvons-nous tomber sur l'une de tes s&#339;urs jumelles ? &#187;, la r&#233;ponse est : l'hypoth&#232;se d'une nouvelle crise majeure ne peut &#234;tre &#233;cart&#233;e. Ce que la Grande D&#233;pression a d'abord montr&#233;, c'est de quoi le syst&#232;me capitaliste est capable s'il est laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me. La preuve nous en est de nouveau donn&#233;e, s'il en &#233;tait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas le moment de rappeler la formule &#171; Un autre monde est possible &#187; ? Un monde que nous voulons sans exploitation, sans oppression et, en tout cas, sans d'absurdes r&#233;p&#233;titions du drame de 1929. Face &#224; la violence des &#233;v&#233;nements, que de conversions d&#233;chirantes en une quinzaine de jours ! Ceux qui s'inclinaient bien bas devant les vertus des march&#233;s br&#251;lent maintenant ce qu'ils adoraient, sans plus d'&#233;tats d'&#226;me. Ceux qui ne juraient que par la parole lib&#233;rale se sont brutalement convertis &#224; la &#171; r&#233;gulation &#187;, que l'on peut mettre &#224; toutes les sauces. Tout le monde sent bien qu'on est ainsi loin du compte. Tout le monde sent bien que, pour surmonter une crise de cette ampleur et &#233;viter sa r&#233;p&#233;tition, c'est d'un changement de syst&#232;me qu'il faut parler. Oui, &#171; le monde doit changer de base &#187;. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La crise financi&#232;re : une conf&#233;rence d'Isaac Joshua</title>
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		<dc:date>2008-10-16T04:39:04Z</dc:date>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>



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&lt;p&gt;Crise financi&#232;re 2/ I.Joshua Uploaded by adelaideandco&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/k6XhyBu4jg3SxkMkPD&amp;related=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/k6XhyBu4jg3SxkMkPD&amp;related=0&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/x6uwr5_crise-financiere-2-ijoshua_news&#034;&gt;Crise financi&#232;re 2/ I.Joshua&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Uploaded by &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/adelaideandco&#034;&gt;adelaideandco&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le capitalisme contemporain : la crise actuelle &#187;. </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-capitalisme-contemporain-la-crise-actuelle</link>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; de l'intervention faite le 24 ao&#251;t lors de l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; 2008 de la LCR, sous l'intitul&#233; : &#171; Le capitalisme contemporain : la crise actuelle &#187;. Le r&#233;sum&#233; ne tient pas compte des &#233;v&#233;nements survenus depuis le 24 ao&#251;t. &lt;br class='autobr' /&gt; Deuxi&#232;me note sur l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re am&#233;ricaine JOHSUA Isaac 24 ao&#251;t 2008 n&#176;11414 R&#233;sum&#233; de l'intervention faite le 24 ao&#251;t lors de l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; 2008 de la LCR, sous l'intitul&#233; : &#171; Le capitalisme contemporain : la crise actuelle &#187;. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; de l'intervention faite le 24 ao&#251;t lors de l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; 2008 de la LCR, sous l'intitul&#233; : &#171; Le capitalisme contemporain : la crise actuelle &#187;. Le r&#233;sum&#233; ne tient pas compte des &#233;v&#233;nements survenus depuis le 24 ao&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deuxi&#232;me note sur l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re am&#233;ricaine&lt;br class='autobr' /&gt;
JOHSUA Isaac&lt;br class='autobr' /&gt;
24 ao&#251;t 2008&lt;br class='autobr' /&gt; n&#176;11414 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sum&#233; de l'intervention faite le 24 ao&#251;t lors de l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; 2008 de la LCR, sous l'intitul&#233; : &#171; Le capitalisme contemporain : la crise actuelle &#187;. Le r&#233;sum&#233; ne tient pas compte des &#233;v&#233;nements survenus depuis le 24 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette note fait suite au r&#233;sum&#233; de la contribution d'Isaac Josua &#224; la pr&#233;c&#233;dente universit&#233; de la LCR, d&#233;j&#224; disponible sur ESSF : Note sur l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire&lt;br class='autobr' /&gt;
1) Eclatement de la bulle (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Aggravation de la crise&lt;br class='autobr' /&gt;
3) Le tournant vers la (...)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reprenant la formule de Jaur&#232;s, nous pouvons dire comme il l'avait fait de la guerre : &#171; le capitalisme porte la crise comme la nu&#233;e porte l'orage &#187;. Toute l'histoire pass&#233;e le prouve, en remontant aussi haut qu'en 1825 : le capitalisme est organiquement instable. Les crises succ&#232;dent aux crises, les effondrements aux expansions, et la crise de 1929 a &#233;t&#233; une spectaculaire manifestation de cette instabilit&#233;. Toutes les le&#231;ons de la grande crise n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es, mais l'une au moins l'a &#233;t&#233; : la r&#233;gulation fordiste a &#233;t&#233; instaur&#233;e. Il s'agissait, pour &#233;viter la transformation d'une d&#233;faillance passag&#232;re en d&#233;pression, de soutenir la demande globale le temps que l'activit&#233; reparte. Impos&#233; par un rapport de force favorable aux travailleurs, le fordisme a &#233;t&#233; accept&#233; (&#224; contrec&#339;ur) par les capitalistes tant que les taux de profit &#233;taient &#233;lev&#233;s. Mais ces taux baissent &#224; partir de la moiti&#233; des ann&#233;es 1960 et atteignent un plus bas au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Les garde-fous sont alors jet&#233;s par-dessus bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fordisme &#233;cart&#233;, il faut pourtant quelque chose qui le remplace, m&#234;me mal, d'autant plus que, d&#233;sormais, qui dit consommateur, dit salari&#233;, pour l'essentiel. Mais l'Etat a &#233;t&#233; confin&#233;, les secteurs public et nationalis&#233; d&#233;mantel&#233;s, les transferts sociaux comprim&#233;s, l'ancien rapport salarial d&#233;truit. Il ne reste plus qu'une porte de sortie, &#224; savoir pousser &#224; toutes forces les d&#233;penses des m&#233;nages vers le haut avec : de moins en moins d'&#233;pargne, de plus en plus de dettes. En effet, &#224; revenu constant, la baisse du taux d'&#233;pargne des m&#233;nages accro&#238;t la consommation sans bourse d&#233;lier ; quant &#224; la mont&#233;e du taux d'endettement, elle permet d'augmenter la d&#233;pense de ces m&#233;nages (en particulier d'achats de logements) sans hausse des salaires. Le pacte fordiste pouvait par t&#226;tonnements trouver un point d'&#233;quilibre. L'agencement qui le remplace, par contre, est explosif. La chute du taux d'&#233;pargne des m&#233;nages ne peut se prolonger ind&#233;finiment et a pour contrepartie in&#233;vitable le financement de l'&#233;conomie am&#233;ricaine par l'&#233;tranger ; la hausse continue du taux d'endettement de ces m&#233;nages n'est qu'une fuite en avant qui doit t&#244;t ou tard d&#233;boucher sur la crise de surendettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliqu&#233; surtout aux Etats-Unis, le nouveau mod&#232;le donne l'illusion qu'on peut gouverner l&#8216;&#233;conomie par le seul maniement des taux d'int&#233;r&#234;t, orient&#233;s &#224; la baisse quand &#231;a va mal (dissuadant alors l'&#233;pargne et incitant &#224; l'endettement), orient&#233;s au contraire &#224; la hausse quand &#231;a va mieux (ayant alors, en principe, l'effet inverse). Mais le nouveau dispositif pousse en r&#233;alit&#233; dans le sens de l'argent facile, des taux d'int&#233;r&#234;t bas, du robinet du cr&#233;dit ouvert &#224; fond, donc de la succession des bulles. Une bulle pr&#233;pare la suivante, un bulle colmate (provisoirement) les effets de la pr&#233;c&#233;dente. On n'a pu faire face aux effets de la premi&#232;re bulle, boursi&#232;re (celle de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;) qu'en se lan&#231;ant t&#234;te baiss&#233;e dans une deuxi&#232;me bulle, immobili&#232;re, passant de la bulle &#171; internet &#187; &#224; l'immobili&#232;re, puis de celle-ci &#224; celle des mati&#232;res premi&#232;res. La crise actuelle est celle de l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1) Eclatement de la bulle immobili&#232;re am&#233;ricaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re, deux crises entrem&#234;lent leurs effets : une crise r&#233;elle et une crise financi&#232;re. La crise r&#233;elle concerne la construction, qui s'effondre : entre janvier 2007 et janvier 2008, les ventes de logements aux Etats-Unis ont chut&#233; de 23,4% et les mises en chantier de 27,2%. 2,2 millions de proc&#233;dures de saisies ont &#233;t&#233; lanc&#233;es en 2007 ; au deuxi&#232;me trimestre 2008 les saisies immobili&#232;res &#233;taient en hausse de 14% par rapport au trimestre pr&#233;c&#233;dent et de 121% sur un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel marasme du b&#226;timent peut durer longtemps. Car, du c&#244;t&#233; de l'offre, on ne peut arr&#234;ter l'&#233;dification d'une habitation ou d'un immeuble, sous peine de perdre toute la mise de fonds. Ce qui veut dire que pendant des mois de nouveaux logements continueront &#224; arriver sur un march&#233; encombr&#233;, faisant encore chuter les prix. Ajoutons que nous n'avons pas &#224; faire ici &#224; des primeurs, mais &#224; des biens de tr&#232;s longue dur&#233;e de vie : les invendus peuvent donc s'accumuler, pesant sur le march&#233;, tirant &#233;galement les prix vers le bas. Quant aux propri&#233;taires de logements saisis, ce sont souvent des banques, qui estiment ne pas avoir vocation &#224; g&#233;rer de l'immobilier et n'h&#233;sitent pas &#224; brader ces actifs qui plombent leur bilan, contribuant &#224; leur tour &#224; la baisse des prix. Du c&#244;t&#233; de la demande, la chute du revenu et l'accroissement du ch&#244;mage entra&#238;n&#233;s par la r&#233;cession commen&#231;ante n'incitent pas les m&#233;nages &#224; se porter acqu&#233;reurs et &#224; s'engager pour des ann&#233;es, encore moins si leur vision de l'avenir &#233;conomique est sombre ; la crise de surendettement en cours ne les y encourage pas non plus, surtout quand elle se manifeste spectaculairement par la multiplication des saisies ; la chute des prix de l'immobilier poursuivie mois apr&#232;s mois leur fait ressentir qu'il s'agit pour le moment d'un mauvais placement, d'autant plus que certains peuvent sp&#233;culer &#224; la baisse, repoussant leur achat dans l'espoir de futures baisses de prix. Rajoutons &#224; tous ces facteurs qui ob&#232;rent la demande, en anticipant quelque peu, le durcissement des conditions du cr&#233;dit hypoth&#233;caire pratiqu&#233; par des banques en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la crise financi&#232;re est la plus grave, elle s'ancre sur la crise de surendettement et frappe prioritairement l'appareil bancaire. Ce faisant, elle menace toute l'activit&#233;, car la banque occupe une place centrale dans le dispositif d'une &#233;conomie moderne. Par un effet &#171; domino &#187;, la crise bancaire commence d&#233;j&#224; par gagner en surface : les m&#233;nages surendett&#233;s, qui ne peuvent faire face aux &#233;ch&#233;ances, font chuter les organismes pr&#234;teurs, qui tirent &#224; leur suite les banques qui les ont financ&#233;s, lesquelles, &#224; leur tour, entra&#238;nent dans la glissade les grands organismes de refinancement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &#233;tapes ont ainsi &#233;t&#233; successivement franchies. La premi&#232;re a &#233;t&#233;, aux Etats-Unis, la chute de nombreux organismes de pr&#234;ts hypoth&#233;caires, tels que New Century Financial ou American Home Mortgage. La deuxi&#232;me, avec les lourdes pertes enregistr&#233;es par les grandes banques mondiales, a montr&#233; que la structure m&#234;me de l'appareil financier &#233;tait atteinte : en 2007, ces banques ont d&#233;clar&#233; pour 150 milliards de dollars de d&#233;pr&#233;ciations, avec, en t&#234;te, des monstres tels que les am&#233;ricains Citigroup et Merrill Lynch ou les suisses UBS et Cr&#233;dit Suisse. Le mouvement s'est poursuivi sur le premier trimestre 2008, d&#233;pr&#233;ciations d'actifs et d&#233;clarations de pertes se succ&#233;dant pour les grandes banques am&#233;ricaines, suisses, allemandes (Deutsche Bank, Allianz, IKB), britanniques (Royal Bank of Scotland, Barclays Capital), ou fran&#231;aises (Cr&#233;dit Agricole, Natixis). Troisi&#232;me &#233;tape, celle des faillites, par exemple pour l'anglaise Northern Rock ou pour les am&#233;ricaines Bear Stearns (les 15-16 mars 2008) et Indymac (le 11 juillet 2008), ce dernier, l'un des plus gros pr&#234;teurs hypoth&#233;caires am&#233;ricains, devenu le plus important &#233;tablissement bancaire &#224; sombrer aux Etats-Unis depuis 24 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on aura ajout&#233; que nombre de banques am&#233;ricaines (et parmi les plus importantes) ont r&#233;v&#233;l&#233; de nouvelles lourdes pertes &#224; l'occasion de la communication de leurs r&#233;sultats du deuxi&#232;me trimestre 2008, on aura compris que, loin de se r&#233;sorber, la crise s'est install&#233;e au c&#339;ur de l'appareil financier am&#233;ricain. Celui-ci aurait perdu plus de 300 milliards de dollars depuis l'&#233;t&#233; 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2) Aggravation de la crise bancaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la crise s'aggrave aux Etats-Unis. D'une part, elle concerne de nouvelles cat&#233;gories d'emprunteurs, m&#233;nages consid&#233;r&#233;s jusque-l&#224; comme solvables, promoteurs immobiliers ou commer&#231;ants ; d'autre part, elle concerne de nouveaux instruments (cartes de cr&#233;dit) et implique de nouveaux acteurs financiers, tels que des compagnies d'assurance (dont AIG, N&#176;1 mondiale), mais aussi les deux grands organismes de refinancement hypoth&#233;caire, Freddie Mac et Fannie Mae [1]. Les banques accordent des cr&#233;dits hypoth&#233;caires pour l'achat d'une maison, et ces deux organismes rach&#232;tent ou garantissent certaines de ces cr&#233;ances, permettant ainsi aux banques d'accorder de nouveaux pr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cr&#233;ances sont ensuite soit conserv&#233;es jusqu'&#224; &#233;ch&#233;ance, soit vendues sous forme de titres &#224; des investisseurs. Mais, avec le surendettement, une fois la bulle immobili&#232;re &#233;clat&#233;e, nombre de ces cr&#233;ances se sont r&#233;v&#233;l&#233;es d&#233;fectueuses, et les deux g&#233;ants ont d&#233;clar&#233; de lourdes pertes pour 2007 et les deux premiers trimestres 2008 (14 milliards de dollars sur un an). Les doutes sur la qualit&#233; des cr&#233;ances taraudant les op&#233;rateurs, Freddie et Fannie se sont effondr&#233;s &#224; Wall Street, leurs actions perdant le 11 juillet jusqu'&#224; 50% de leur cotation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, depuis le d&#233;but de la crise, les deux titres ont perdu pr&#232;s de 90% de leur valeur en Bourse. Or, il s'agit des piliers du financement hypoth&#233;caire am&#233;ricain. Leur portefeuille de pr&#234;ts d&#233;passe les 5200 milliards de dollars, soit plus d'un tiers du PIB ; ils d&#233;tiennent dans leurs livres plus de 40% des pr&#234;ts immobiliers consentis dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3) Le tournant vers la r&#233;cession mondiale est engag&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'ampleur des risques qui viennent d'&#234;tre &#233;voqu&#233;s, le contrecoup principal de la crise financi&#232;re concerne l'&#233;conomie r&#233;elle et passe par le durcissement des conditions de cr&#233;dits (s&#233;lection des emprunteurs, hausse des taux, etc.). Les banques directement atteintes sont contraintes de r&#233;duire la voilure, toutes affaires cessantes. Les autres, m&#234;me celles qui ne sont pas menac&#233;es, prennent peur et ferment le robinet. Clairement visible sur les chiffres disponibles, le rationnement du cr&#233;dit frappe durement les entreprises am&#233;ricaines mais surtout les particuliers, qu'il s'agisse des cr&#233;dits hypoth&#233;caires ou de ceux destin&#233;s &#224; la consommation, ce qui p&#232;se particuli&#232;rement lourd sur des m&#233;nages habitu&#233;s &#224; consommer &#224; cr&#233;dit. Au deuxi&#232;me trimestre 2008, 75% des banques am&#233;ricaines ont durci leurs conditions pour les pr&#234;ts hypoth&#233;caires classiques, ceux concernant les bons emprunteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de croissance d&#233;brid&#233;e, les prix des logements ne cessent de reculer depuis un an et demi. En mai 2008, ces prix (relev&#233;s dans les 20 plus grandes agglom&#233;rations) ont accus&#233; une baisse record de pr&#232;s de 16% par rapport &#224; mai 2007. Le volume des stocks en attente est particuli&#232;rement &#233;lev&#233;, de 11 mois de vente environ dans l'ancien, 10 pour le neuf, alors que la normale se situe autour de 5 mois. On peut alors s'attendre &#224; un &#171; effet richesse &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; un impact n&#233;gatif de la chute des prix de l'immobilier sur la consommation des m&#233;nages propri&#233;taires. Ajoutons que ces m&#233;nages ont bien plus de mal que par le pass&#233; &#224; &#171; adosser &#187; leurs divers cr&#233;dits sur une valeur de leur maison en chute libre, qu'ils peuvent difficilement continuer &#224; r&#233;duire un taux d'&#233;pargne d&#233;j&#224; pratiquement nul ou accro&#238;tre leur endettement alors qu'ils sont en pleine crise de surendettement, et qu'enfin leur revenu est contraint sur fond de licenciements et de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchissant une &#233;tape d&#233;cisive, la crise financi&#232;re s'est ainsi transmise &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Au quatri&#232;me trimestre 2007, le PIB des Etats-Unis a recul&#233; de 0,2% (en rythme annuel). On mesurera la brutalit&#233; de la rupture en indiquant que les taux correspondants pour les deuxi&#232;me et troisi&#232;me trimestres 2007 &#233;taient (toujours en rythme annuel) de pr&#232;s de 5% (4,8%). Au cours du dernier trimestre 2007, la chute de la construction r&#233;sidentielle s'est poursuivie et l'investissement des entreprises a d&#233;c&#233;l&#233;r&#233;. Surtout (confirmant l'analyse pr&#233;c&#233;dente) le rythme de croissance de la consommation s'est brutalement r&#233;duit de moiti&#233;, passant de 2% &#224; 1%. Or, la consommation occupe une place exceptionnelle aux Etats-Unis, repr&#233;sentant autour de 70% du PIB (55% en France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les Etats-Unis, la crise a rapidement atteint les deux autres p&#244;les de la triade (Asie et Europe), ce qui n'a rien d'&#233;tonnant : l'&#233;conomie am&#233;ricaine joue le r&#244;le de locomotive pour l'&#233;conomie mondiale, et il n'y en a pas d'autre. Les ondes d&#233;pressives &#233;mises par la premi&#232;re puissance mondiale se sont r&#233;pandues, qu'il s'agisse de la chute brutale de ses importations (amputant la demande adress&#233;e aux autres pays) ou de l'influence que le pays leader a in&#233;vitablement sur les anticipations des agents &#233;conomiques &#233;trangers. Mais la crise mondiale &#233;tait aussi directement pr&#233;sente au sein des pays frapp&#233;s : la paralysie bancaire, bien s&#251;r, mais &#233;galement l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat sur fond de restriction salariale, et enfin l'&#233;clatement de bulles immobili&#232;res. En effet, la flamb&#233;e immobili&#232;re d'avant 2007 ne s'est pas limit&#233;e aux seuls Etats-Unis mais a concern&#233; aussi une majorit&#233; de pays europ&#233;ens, o&#249; nous retrouvons &#233;galement (bien que de fa&#231;on variable) un poids disproportionn&#233; de l'endettement des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, au deuxi&#232;me trimestre 2008, comparativement au trimestre pr&#233;c&#233;dent, le PIB du Japon s'est contract&#233; de 0,6%, celui de l'Allemagne de 0,5%, celui de la France de 0,3% et celui de l'ensemble de la zone euro de 0,2%. La brutalit&#233; du retournement, sa simultan&#233;it&#233;, son caract&#232;re universel, autant d'&#233;l&#233;ments qui ne peuvent laisser de doutes : il n'y a pas ici une accumulation d'accidents, une seule et m&#234;me crise est &#224; l'&#339;uvre. Progressant sur le plan mondial, cette crise a atteint le stade suivant : le monde d&#233;velopp&#233; est en r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la crise fran&#231;aise du deuxi&#232;me trimestre 2008, elle se situe &#233;galement dans le sillage de la crise mondiale. Elle l'est d'abord au sens o&#249;, partie des Etats-Unis, cette crise a fini par nous atteindre : en effet, on enregistre une chute des exportations (de 2%), li&#233;e &#224; l'atonie de la demande &#224; l'&#233;tranger et &#224; l'appr&#233;ciation de l'euro. Mais elle est aussi mondiale au sens o&#249; la m&#234;me crise est pr&#233;sente partout, bien qu'&#224; des degr&#233;s divers. C'est le cas de la crise bancaire, soit parce que les banques fran&#231;aises sont englu&#233;es dans la m&#233;lasse du subprime, soit parce que, prenant peur, elles ont fortement durci les conditions de cr&#233;dit. C'est &#233;galement le cas des bulles immobili&#232;res : apr&#232;s les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Irlande, la France assiste &#224; son tour &#224; l'&#233;clatement de la sienne et au brutal retournement du march&#233; qui l'accompagne (les ventes de logements neufs ont recul&#233; de 34% et les mises en chantier de 12% pour la p&#233;riode de mai &#224; juillet 2008, comparativement &#224; la m&#234;me p&#233;riode de 2007). Du coup, en ce deuxi&#232;me trimestre 2008, l'investissement des m&#233;nages s'effondre de &#8211; 2,9% apr&#232;s un petit recul de &#8211; 0,1% au premier trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El&#233;ment aggravant : le comportement de la consommation. Contrainte par l'&#233;volution des salaires, elle demeure pratiquement &#233;tale (+ 0,1%). Cet affaissement, cette incapacit&#233; de la consommation &#224; soutenir l'activit&#233;, tout cela ne date pas d'aujourd'hui et a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; depuis longtemps par l'&#233;tranglement du pouvoir d'achat. La tr&#232;s nette d&#233;c&#233;l&#233;ration de cette consommation au cours des quelques trimestres pr&#233;c&#233;dents en dit long : le taux du troisi&#232;me trimestre 2007 &#233;tait encore honorable (+ 0,8%) ; puis nous sommes pass&#233;s &#224; un modeste + 0,5% au quatri&#232;me trimestre 2007 pour finir par un &#8211; 0,1% au premier trimestre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant vers la r&#233;cession mondiale est donc engag&#233;. Mais il ne s'agit pour le moment que d'un tournant, la r&#233;cession mondiale n'est pas encore l&#224;. Ce tournant dessine une direction, il montre vers quoi nous nous dirigeons, mais il est impossible de dire pour le moment ce que sera l'aboutissement. La meilleure illustration de cette incertitude nous l'avons avec les Etats-Unis, dont le sort demeure en balance. En effet, bien que l'activit&#233; y ait recul&#233; au quatri&#232;me trimestre 2007, un vigoureux plan de relance lui a permis de rebondir fortement. Par des remises d'imp&#244;ts ce plan a fourni aux m&#233;nages 168 milliards de dollars (soit pr&#232;s de 1% du PIB). D&#232;s lors, soutenue &#233;galement par un gonflement des exportations (elles-m&#234;mes aid&#233;es par la d&#233;pr&#233;ciation du dollar), la croissance am&#233;ricaine est pass&#233;e, en rythme annuel, &#224; 0,9% au premier trimestre 2008, puis &#224; 3,3% au second. Mais qu'en sera-t-il &#224; l'automne, quand l'effet de ce plan sera &#233;puis&#233; et que le rebond des exportations aura disparu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marges de man&#339;uvre de la politique am&#233;ricaine sont en effet des plus r&#233;duites. En ce qui concerne la politique budg&#233;taire, le d&#233;ficit des finances publiques s'&#233;levait d&#233;j&#224; &#224; 3% du PIB en 2007. Il est difficile de trop en rajouter. En ce qui concerne la politique mon&#233;taire, de nombreuses baisses de taux de la Fed sont intervenues depuis l'&#233;t&#233; 2007, sans succ&#232;s. Ce qui se comprend : comment inciter les m&#233;nages &#224; s'endetter alors qu'ils sont d&#233;j&#224; pris &#224; la gorge par leur surendettement pass&#233; ? Comment encourager les entreprises &#224; emprunter pour investir, alors que l'horizon s'assombrit ? Comment convaincre les banques de pr&#234;ter alors qu'elles se sentent directement menac&#233;es et veulent par-dessus tout &#171; &#234;tre liquides &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage mondial est parsem&#233; de bombes &#224; retardement, &#224; commencer par celle du d&#233;ficit abyssal des comptes ext&#233;rieurs am&#233;ricains. Mais la question tout &#224; la fois la plus pressante et la plus d&#233;cisive est celle de l'avenir des pays &#233;mergents, et, parmi eux, de la Chine. L'id&#233;e d'un &#171; d&#233;couplage &#187; de ces pays par rapport au reste du monde n'est plus gu&#232;re d&#233;fendue. L'affaissement de la conjoncture les concernera &#233;galement (c'est d&#233;j&#224; le cas), mais jusqu'&#224; quel point ? Dans la mesure o&#249; ils ont adopt&#233; le mod&#232;le &#171; tir&#233; par les exportations &#187;, tr&#232;s d&#233;s&#233;quilibr&#233;, on peut penser qu'ils subiront de plein fouet le recul des &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es. Si tel &#233;tait le cas, la crise actuelle d&#233;boucherait sur de grands bouleversements, car seraient sur la sellette rien de moins que le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral et la mondialisation qui l'accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achev&#233; le 13 septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JOHSUA Isaac&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La spectre de 1929</title>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>



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&lt;p&gt;La crise boursi&#232;re et bancaire qui secoue la plan&#232;te n'est pas sans rappeler la Grande Crise de 1929. Mais la comparaison ne peut &#234;tre que partielle. &lt;br class='autobr' /&gt; La spectre de 1929 &lt;br class='autobr' /&gt;
Rouge n&#176; 2269, 09/10/2008 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise boursi&#232;re et bancaire qui secoue la plan&#232;te n'est pas sans rappeler la Grande Crise de 1929. Mais la comparaison ne peut &#234;tre que partielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e 1929 hante les m&#233;moires. On se souvient surtout de la crise am&#233;ricaine, qui l'a emport&#233; sur toutes les autres, en intensit&#233; et en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise boursi&#232;re et bancaire qui secoue la plan&#232;te n'est pas sans rappeler la Grande Crise de 1929. Mais la comparaison ne peut &#234;tre que partielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La spectre de 1929&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rouge n&#176; 2269, 09/10/2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise boursi&#232;re et bancaire qui secoue la plan&#232;te n'est pas sans rappeler la Grande Crise de 1929. Mais la comparaison ne peut &#234;tre que partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1929 hante les m&#233;moires. On se souvient surtout de la crise am&#233;ricaine, qui l'a emport&#233; sur toutes les autres, en intensit&#233; et en dur&#233;e. De 1929 &#224; 1933, le PIB des &#201;tats-Unis a chut&#233; de pr&#232;s de 30 % et le cours des actions s'est effondr&#233;. De 3 % en 1929, le taux de ch&#244;mage atteint 25 % quatre ans plus tard ! Une crise exemplaire, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est exceptionnelle, parce que tous les traits des grandes crises y sont concentr&#233;s. Sommes-nous &#224; la veille d'un remake ? La question est syst&#233;matiquement pos&#233;e, pour &#234;tre imm&#233;diatement &#233;cart&#233;e. Pourtant, sur certains points, la proximit&#233; entre 1929 et aujourd'hui est frappante. &#192; chaque fois, une bulle (boursi&#232;re alors, immobili&#232;re aujourd'hui) est au point de d&#233;part des &#233;v&#233;nements. &#192; chaque fois, la crise bancaire guide la spirale. Surtout, &#224; chaque fois (chose &#233;tonnante), c'est le surendettement des m&#233;nages qui alimente la d&#233;pression. En 1931, la chute de la livre anglaise a brutalement aggrav&#233; une situation qui semblait en voie d'am&#233;lioration. Aujourd'hui, les brutales fluctuations du couple euro-dollar font trembler l'ensemble de l'&#233;difice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Engrenage redoutable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur d'autres points, il est vrai, les deux crises se tiennent &#233;loign&#233;es l'une de l'autre. Nous n'avons plus les contraintes d'un syst&#232;me mon&#233;taire international assis sur l'or, comme c'&#233;tait le cas en 1929. Par ailleurs, le poids des allocations dans le revenu des m&#233;nages, ou celui du budget public dans le PIB, atteignent des niveaux sans pr&#233;c&#233;dent. Ils peuvent jouer le r&#244;le de stabilisateurs de l'activit&#233;, ce qui n'&#233;tait gu&#232;re le cas en 1929. Enfin, la grande crise &#233;tait une ellipse, &#224; double foyer, am&#233;ricain et europ&#233;en, alors que celle d'aujourd'hui n'a qu'un seul centre de gravit&#233;, am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi se rassurer, mais on peut aussi s'inqui&#233;ter. La mondialisation actuelle n'est pas seulement celle des &#233;changes, c'est &#233;galement celle du capital productif. Avec elle, les fronti&#232;res du monde capitaliste ont &#233;t&#233; repouss&#233;es et, dans cette aire &#233;largie, les temp&#234;tes peuvent gonfler comme le font des cyclones &#224; vaste rayon. Quant &#224; l'interconnexion de la plan&#232;te, elle joue dans les deux sens, accompagnant l'expansion mais amplifiant la r&#233;cession. Elle ouvre ainsi la voie aux perturbations, leur permettant de se propager comme le ferait un feu sur une tra&#238;n&#233;e de poudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas le m&#234;me tableau que nous obtenons si nous nous tournons vers la crise proprement financi&#232;re ? Le fameux effet &#171; domino &#187; &#224; l'&#339;uvre sous nos yeux &#233;tait d&#233;j&#224; parfaitement illustr&#233; lors de la Grande Crise. Il l'&#233;tait en mati&#232;re bancaire, la chute, le 8 mai 1931, de la Creditanstalt autrichienne d&#233;bouchant sur celle de la Danat allemande, le 13 juillet 1931, puis sur celle de toutes les banques allemandes, le 14 juillet 1931 et, enfin, sur une spectaculaire vague de faillites bancaires aux &#201;tats-Unis. Cet effet domino a pu aussi se manifester en mati&#232;re de changes, la chute du schilling autrichien, en mai 1931, d&#233;bouchant sur celle du Reischsmark allemand, le 14 juillet 1931, et, enfin, sur la chute de la livre anglaise, le 21 septembre 1931. Le petit jeu par lequel crises boursi&#232;re et bancaire s'entretiennent l'une l'autre avait aussi d&#233;j&#224; &#233;t&#233; constat&#233; lors de la Grande D&#233;pression. L'impressionnante violence de l'impact des crises financi&#232;res sur l'&#233;conomie r&#233;elle commence &#224; &#234;tre observ&#233;e aujourd'hui, mais elle avait d&#233;j&#224; pu l'&#234;tre &#8211; et de quelle fa&#231;on ! &#8211; &#224; partir d'octobre 1929, qu'il s'agisse de la crise boursi&#232;re am&#233;ricaine, de la crise bancaire allemande ou de celle de la crise de change anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il ne suffisait pas de copier la Grande Crise, des innovations sont venues aujourd'hui charger la barque : tel est le cas de la titrisation des cr&#233;ances, dont on parle beaucoup, mais &#233;galement de la collectivisation de l'&#233;pargne (fonds d'investissement, de pension, etc.). Avec ces organismes de placement collectif, se sont multipli&#233;es les pyramides pointes en bas, reposant les unes sur les autres, adoss&#233;es les unes aux autres, en un &#233;quilibre instable et fragile. Surtout, nous avons cette fois &#224; faire &#224; une innovation d'un type tout &#224; fait particulier : la financiarisation de la consommation, qui a rendu cette consommation d&#233;pendante, non seulement de l'&#233;volution de l'&#233;conomie r&#233;elle (montant du revenu, menace du ch&#244;mage, etc.), mais aussi de la crise financi&#232;re elle-m&#234;me (chute de la valeur de la maison dont on est propri&#233;taire, chute de la Bourse, etc.), ce qui constitue un engrenage particuli&#232;rement redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; R&#233;gulation &#187; &#224; toutes les sauces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, le spectre sera-t-il bient&#244;t de retour ? Il y a des arguments dans un sens et dans l'autre, mais avons-nous pos&#233; &#224; la Grande Crise la bonne question ? Si celle-ci est &#171; Peux-tu recommencer ? &#187;, la r&#233;ponse est non, car tout &#233;v&#233;nement historique est unique. Si celle-ci est &#171; Pouvons-nous tomber sur l'une de tes s&#339;urs jumelles ? &#187;, la r&#233;ponse est : l'hypoth&#232;se d'une nouvelle crise majeure ne peut &#234;tre &#233;cart&#233;e. Ce que la Grande D&#233;pression a d'abord montr&#233;, c'est de quoi le syst&#232;me capitaliste est capable s'il est laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me. La preuve nous en est de nouveau donn&#233;e, s'il en &#233;tait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas le moment de rappeler la formule &#171; Un autre monde est possible &#187; ? Un monde que nous voulons sans exploitation, sans oppression et, en tout cas, sans d'absurdes r&#233;p&#233;titions du drame de 1929. Face &#224; la violence des &#233;v&#233;nements, que de conversions d&#233;chirantes en une quinzaine de jours ! Ceux qui s'inclinaient bien bas devant les vertus des march&#233;s br&#251;lent maintenant ce qu'ils adoraient, sans plus d'&#233;tats d'&#226;me. Ceux qui ne juraient que par la parole lib&#233;rale se sont brutalement convertis &#224; la &#171; r&#233;gulation &#187;, que l'on peut mettre &#224; toutes les sauces. Tout le monde sent bien qu'on est ainsi loin du compte. Tout le monde sent bien que, pour surmonter une crise de cette ampleur et &#233;viter sa r&#233;p&#233;tition, c'est d'un changement de syst&#232;me qu'il faut parler. Oui, &#171; le monde doit changer de base &#187;. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une grille de lecture de la crise financi&#232;re</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Une-grille-de-lecture-de-la-crise-financiere</link>
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		<dc:date>2008-04-07T05:18:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Isaac Johsua est ma&#238;tre de conf&#233;rences en sciences &#233;conomiques &#224; l&#185;Universit&#233; Paris XI, membre de la Fondation Copernic et du Conseil scientifique d&#185;Attac. Il a publi&#233;, entre autres, Le grand tournant &#8249; Une interrogation sur l&#185;avenir du capital, PUF, Actuel Marx, Paris 2003 et Une trajectoire du Capital. De la crise de 1929 &#224; celle de la nouvelle &#233;conomie, Syllepse, Paris 2006. Le pr&#233;sent article a &#233;t&#233; &#233;crit pour Savoir/Agir n&#176; 3 de mars 2008, la revue de l&#185;association &#171; Raisons d&#185;Agir &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Isaac Johsua est ma&#238;tre de conf&#233;rences en sciences &#233;conomiques &#224; l&#185;Universit&#233; Paris XI, membre de la Fondation Copernic et du Conseil scientifique d&#185;Attac. Il a publi&#233;, entre autres, Le grand tournant &#8249; Une interrogation sur l&#185;avenir du capital, PUF, Actuel Marx, Paris 2003 et Une trajectoire du Capital. De la crise de 1929 &#224; celle de la nouvelle &#233;conomie, Syllepse, Paris 2006. Le pr&#233;sent article a &#233;t&#233; &#233;crit pour Savoir/Agir n&#176; 3 de mars 2008, la revue de l&#185;association &#171; Raisons d&#185;Agir &#187; &lt;a href=&#034;http://www.raisonsdagir.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.raisonsdagir.org&lt;/a&gt;. Le Conseil scientifique d&#185;Attac a fait circuler cet article. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les intertitres sont de la r&#233;daction d&#185;Inprecor. revue dont est tir&#233; cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dire le capital, c'est dire sa crise. Telle est, telle f&#251;t toujours l&#185;instabilit&#233; fonci&#232;re du syst&#232;me : ses phases d'essor ne sont que le pr&#233;lude aux phases d'effondrement. Le lib&#233;ralisme postule que la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s converge en un &#233;quilibre collectif. La th&#232;se de Marx est l'exact oppos&#233;, car elle voit au coeur du dispositif capitaliste la contradiction entre le caract&#232;re de plus en plus social de la production et la forme &#233;triqu&#233;e d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e maintenue. Cette contradiction, latente en p&#233;riode normale, se d&#233;voile lors des crises. Les d&#233;cisions que chaque propri&#233;taire priv&#233; prend pour sa sauvegarde particuli&#232;re menacent alors la stabilit&#233; g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elles ont une port&#233;e sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, cependant, le syst&#232;me capitaliste a baign&#233; dans un environnement de petite production (paysannerie, etc.) qui a att&#233;nu&#233; la port&#233;e de ses crises. Un milieu h&#233;t&#233;rog&#232;ne introduit des discontinuit&#233;s qui freinent la diffusion de l'&#233;pid&#233;mie. L'homog&#233;n&#233;it&#233; d'une &#233;conomie r&#233;duite &#224; ses deux seuls p&#244;les extr&#234;mes des soci&#233;t&#233;s par actions et du salariat est au contraire un &#233;l&#233;ment aggravant. J'ai ainsi pu interpr&#233;ter la grande crise am&#233;ricaine de 1929 comme r&#233;sultant d'un recul rapide de la petite production &#224; la jonction des XIXe et XXe si&#232;cles. Le bond en avant de l'espace couvert par les soci&#233;t&#233;s et le salariat a brutalement r&#233;duit la diversit&#233; de l'espace &#233;conomique am&#233;ricain, lib&#233;rant la d&#233;ferlante des ann&#233;es trente. La crise am&#233;ricaine de 1929 ouvre donc l'&#232;re des crises majeures car elle ouvre l'&#232;re des crises &#224; dominante salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi les &#171; trente glorieuses &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment alors expliquer qu'apr&#232;s la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale on n'ait pas constat&#233; une succession de crises de plus en plus violentes, mais, au contraire, trente ann&#233;es d'une expansion forte et r&#233;guli&#232;re ? La premi&#232;re explication est qu'un nouveau mode de r&#233;gulation de l'&#233;conomie (dit fordiste) a &#233;t&#233; instaur&#233;, tirant les cons&#233;quences de la salarisation massive des &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es, en pr&#233;voyant des moyens de stabiliser la demande en cas de r&#233;cession d&#233;butante. Ce qui passait par un r&#244;le accru de l'&#201;tat, l'affirmation d'un nouveau rapport salarial, une place grandissante des transferts sociaux dans le revenu disponible des m&#233;nages ou encore un poids croissant des d&#233;penses publiques dans le Produit int&#233;rieur brut (PIB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est cependant impossible de penser la conjoncture d'apr&#232;s-guerre sans prendre &#233;galement en compte la p&#233;riode 1914-45, exceptionnelle entre toutes, englobant sur une seule trentaine d'ann&#233;es, coup sur coup, les deux guerres mondiales et la plus grave crise &#233;conomique que le monde ait connue. J'avance pour ma part l'hypoth&#232;se que les taux de profit &#233;lev&#233;s constat&#233;s &#224; partir de 1946 en Europe et aux &#201;tats-Unis s'expliquent comme &#233;tant, au premier chef, ceux d'une phase de rattrapage. En Europe, les deux guerres mondiales et la grande crise ont entra&#238;n&#233; &#233;norm&#233;ment de destructions, d'usure et de non-renouvellement du capital fixe. D&#232;s que les conditions du red&#233;marrage de l'activit&#233; ont &#233;t&#233; r&#233;unies, une vague d&#185;accumulation s&#185;est gonfl&#233;e, aliment&#233;e par la possibilit&#233; d&#185;importer l&#185;avance technique d&#233;j&#224; acquise par les &#201;tats-Unis. Aux &#201;tats-Unis, sous l&#185;impact de la grande crise, le volume du stock de capital fixe productif recule ou stagne &#224; partir de 1931. Ici aussi il y a un effet de rattrapage, au sens de &#171; rattraper son retard &#187; par rapport &#224; ce qui aurait pu avoir lieu si le trend du pass&#233; s&#185;&#233;tait prolong&#233; sur sa lanc&#233;e. Dans un cas et dans l&#185;autre, en Europe ou aux &#201;tats-Unis, le renouvellement d&#185;ampleur du stock de capital fixe, son rajeunissement massif ou la diffusion acc&#233;l&#233;r&#233;e des innovations ont pouss&#233; vers le haut productivit&#233;s du capital et du travail, soutenant le taux de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toute parenth&#232;se doit se refermer : l&#185;effet de rattrapage doit, par d&#233;finition, s&#185;&#233;puiser. En Europe et aux &#201;tats-Unis, les taux de profit entament leur chute &#224; partir de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1960 et le mouvement se poursuit jusqu&#185;au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Un niveau exceptionnellement bas est alors atteint, l&#185;existence m&#234;me du syst&#232;me est menac&#233;e. Il lui faut absolument redresser le taux de profit et, pour cela, avoir &#224; nouveau les mains libres. La r&#233;gulation fordiste est bris&#233;e, les garde-fous jet&#233;s par-dessus bord, les divers march&#233;s lib&#233;ralis&#233;s, l&#185;&#201;tat confin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un sentier &#233;troit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trajectoire s&#233;culaire du capital que nous venons de dessiner &#224; grands traits montre que le capitalisme chemine sur un &#233;troit sentier entre deux gouffres : celui de l&#185;effondrement, si l&#185;encadrement de l&#185;activit&#233; est insuffisant, et celui de l&#185;&#233;touffement, s&#185;il est excessif. La recherche acharn&#233;e du profit pousse &#224; &#233;tendre la surface couverte par le syst&#232;me capitaliste aux d&#233;pens de la petite production, &#224; augmenter ainsi son homog&#233;n&#233;it&#233;, donc son instabilit&#233;, comme l&#185;a montr&#233; la crise de 1929 aux &#201;tats-Unis. Les m&#233;faits de l&#185;instabilit&#233; m&#232;nent ensuite &#224; la r&#233;glementation, comme cela a &#233;t&#233; le cas apr&#232;s la grande crise, ce qui, en corsetant les entreprises, pousse &#224; la chute du taux de profit. Au-del&#224; d&#185;un certain seuil de d&#233;gradation de ce taux, la r&#233;glementation mise en place est d&#233;mantel&#233;e. Ce qui accro&#238;t &#224; nouveau l&#185;instabilit&#233;, comme on a pu l&#185;observer dans les ann&#233;es 1990 apr&#232;s l&#185;instauration de la mondialisation lib&#233;rale : la crise mexicaine de 1994-95 n&#185;a concern&#233; qu&#185;un seul pays ; celle de 1997 toute une r&#233;gion continentale, l&#185;Asie du sud-est ; celle de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;, en 2001, s&#185;est attaqu&#233;e au centre, aux &#201;tats-Unis. Quant &#224; la crise financi&#232;re actuelle, elle menace le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays d&#233;velopp&#233;s, le salariat constitue d&#233;sormais l&#185;essentiel de la population active. La petite production r&#233;duite &#224; la portion congrue, il n&#185;y a plus d&#185;obstacle &#224; ce que l&#185;instabilit&#233; fonci&#232;re du syst&#232;me puisse se manifester dans toute son ampleur. D&#232;s lors, le fordisme d&#233;truit, quelque chose doit le remplacer, car le probl&#232;me auquel il s&#185;attaquait demeure : dans les moments difficiles, il faut soutenir la demande globale, pour &#233;viter qu&#185;une r&#233;cession ne se transforme en d&#233;pression. La r&#233;volution conservatrice s&#185;opposant &#233;nergiquement au partage n&#233;goci&#233; de la valeur ajout&#233;e, il ne reste plus qu&#185;une porte de sortie : pousser &#224; toutes forces les d&#233;penses des m&#233;nages vers le haut avec de moins en moins d&#185;&#233;pargne, de plus en plus de dettes. En effet, &#224; revenu constant, la baisse du taux d&#185;&#233;pargne des m&#233;nages accro&#238;t la consommation sans bourse d&#233;lier ; quant &#224; la mont&#233;e du taux d&#185;endettement, elle augmente les d&#233;penses de ces derniers sans passer par le &#171; cauchemar &#187; de la hausse des salaires r&#233;els. Aux &#201;tats-Unis, le surendettement de m&#233;nages mis en r&#233;gime de surconsommation a remplac&#233; le pacte social keyn&#233;sien. Ce pacte, n&#233;goci&#233;, pouvait par t&#226;tonnements trouver un point d&#185;&#233;quilibre. Le nouveau mod&#232;le, par contre, est explosif, car il repose sur une aggravation constante des d&#233;s&#233;quilibres. En principe pourtant, la hausse des taux d&#185;int&#233;r&#234;t devrait, si n&#233;cessaire, pousser les m&#233;nages &#224; accro&#238;tre leur &#233;pargne et &#224; r&#233;duire leur endettement. Mais ce n&#185;est gu&#232;re le cas, le syst&#232;me emprunte la plus forte pente, celle de la facilit&#233; : c&#185;est-&#224;-dire consommer en confiant la fonction d&#185;&#233;pargne aux gains virtuels de la Bourse ou de l&#185;immobilier et s&#185;endetter en comptant sur la mont&#233;e du prix des actifs d&#233;tenus ou sur de futures possibilit&#233;s de refinancement. On s&#185;habitue &#224; l&#185;argent facile qui, dans un univers de finances lib&#233;ralis&#233;es et d&#233;nu&#233; de contr&#244;les, ira alimenter les bulles sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#185;encha&#238;nement qui, aux &#201;tats-Unis, m&#232;ne de la crise de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; (en 2001) &#224; la crise financi&#232;re actuelle est une parfaite illustration des impasses de ce mod&#232;le. La crise de la nouvelle &#233;conomie a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d&#185;une bulle boursi&#232;re d&#185;une extraordinaire ampleur, le seul pr&#233;c&#233;dent comparable &#233;tant celui des ann&#233;es vingt. La sp&#233;culation aidant, une crise de suraccumulation et de surendettement est venue se greffer sur une mont&#233;e rapide des profits. Comme on pouvait s&#185;y attendre, la r&#233;action ult&#233;rieure a &#233;t&#233; en proportion : l&#185;&#233;clatement de la bulle boursi&#232;re a d&#233;bouch&#233; sur une violente chute de l&#185;investissement des entreprises (- 4,2 % en 2001 et &#172; 9,2 % en 2002), entra&#238;nant un affaissement des niveaux de l&#185;activit&#233; et de l&#185;emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suite de la crise de la nouvelle &#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la r&#233;cession ne s&#185;est pas transform&#233;e en d&#233;pression. L&#185;explication se trouve du c&#244;t&#233; des d&#233;penses des m&#233;nages, qui ont r&#233;sist&#233;. Les m&#233;nages ont pouss&#233; leur taux d&#185;&#233;pargne &#224; un plus bas historique (1,8% en 2001), favorisant la consommation. Surtout, une v&#233;ritable th&#233;rapie de choc a &#233;t&#233; mise en &#166;uvre, combinant politiques budg&#233;taire et mon&#233;taire. Tourn&#233;e vers le soutien au revenu des m&#233;nages, la politique budg&#233;taire a op&#233;r&#233; une stup&#233;fiante volte-face, passant d&#185;un confortable exc&#233;dent de 239,4 milliards de dollars en 2000 &#224; un imposant d&#233;ficit de 282,1 milliards en 2002. Cependant, c&#185;est la politique mon&#233;taire qui a jou&#233; le r&#244;le essentiel : le principal taux de la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale &#233;tats-unienne (FED) a &#233;t&#233; ramen&#233; en un temps tr&#232;s court de 6 % &#224; 1 %. Du coup, entre 2001 et 2006, le taux d&#185;endettement des m&#233;nages am&#233;ricains a r&#233;alis&#233; un bond sans pr&#233;c&#233;dent de 30 points, ouvrant la voie &#224; la crise de surendettement que nous observons aujourd&#185;hui. On n&#185;a pu surmonter les effets de la premi&#232;re bulle, boursi&#232;re, qu&#185;en se lan&#231;ant t&#234;te baiss&#233;e dans une deuxi&#232;me bulle, immobili&#232;re. La crise actuelle, c&#185;est en somme la crise de la nouvelle &#233;conomie qui continue : celle-ci n&#185;a pas &#233;t&#233; surmont&#233;e, mais seulement stock&#233;e dans les d&#233;s&#233;quilibres accumul&#233;s. Par une fuite en avant depuis longtemps engag&#233;e, les &#233;ch&#233;ances ont &#233;t&#233; report&#233;es, &#224; l&#185;aide du mod&#232;le que nous venons de d&#233;crire : de moins en moins d&#185;&#233;pargne (priv&#233;e et publique), de plus en plus de dettes (celles des m&#233;nages). Encore faut-il financer la surconsommation ainsi port&#233;e &#224; bout de bras. Compenser le d&#233;ficit d&#185;&#233;pargne int&#233;rieur et alimenter la boulimie consommatrice exige du reste du monde un apport constamment renouvel&#233; de sommes &#233;normes, atteignant en 2006 plus de 6 % du PIB am&#233;ricain. Aux d&#233;s&#233;quilibres internes de l&#185;&#233;conomie am&#233;ricaine, le mod&#232;le rajoute les incertitudes constamment renouvel&#233;es du financement d&#185;un d&#233;ficit externe devenu abyssal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#185;&#233;clatement d&#185;une bulle immobili&#232;re a des effets bien connus. Le risque le plus grand vient de la restriction de cr&#233;dits que peuvent pratiquer des banques qui se sentent menac&#233;es, qu&#185;il s&#185;agisse des cr&#233;dits hypoth&#233;caires (pour les achats de logement), des cr&#233;dits &#224; la consommation ou de ceux destin&#233;s aux entreprises. Une telle politique pourrait paralyser l&#185;&#233;conomie am&#233;ricaine et la pr&#233;cipiter dans la r&#233;cession. Elle peut peser particuli&#232;rement lourd sur des m&#233;nages habitu&#233;s &#224; consommer &#224; cr&#233;dit. N&#185;oublions pas l&#185;effet richesse, qui postule un impact n&#233;gatif sur la consommation de la baisse de la valeur du logement, surtout pour des m&#233;nages habitu&#233;s &#224; &#171; adosser &#187; leurs divers cr&#233;dits sur la valeur de leur maison. Or, la consommation des m&#233;nages occupe une place exceptionnelle aux &#201;tats-Unis (70 % du PIB).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cr&#233;dits &#224; risque (subprime), dont on a beaucoup parl&#233;, ne sont qu&#185;un accompagnement logique de la bulle. La v&#233;ritable innovation r&#233;side dans la titrisation des cr&#233;ances bancaires. Nombre de banques am&#233;ricaines ont pris leurs pr&#233;cautions, en transformant les cr&#233;dits hypoth&#233;caires qu&#185;elles ont accord&#233; en titres de cr&#233;ances, qu&#185;elles ont vendu. L&#185;avantage est d&#185;&#233;viter la concentration dans les bilans des banques de cr&#233;ances douteuses. L&#185;inconv&#233;nient est de diss&#233;miner le risque dans toute l&#185;&#233;conomie nationale, voire internationale : les milliards et milliards de cr&#233;ances douteuses n&#185;ont pas disparu, ils sont log&#233;s quelque part, mais o&#249; ? La m&#233;fiance devient universelle. Deux types de crise menacent alors les banques. Une crise de liquidit&#233;, car il devient de plus en plus difficile pour les banques d&#185;emprunter de l&#185;argent aupr&#232;s d&#185;autres banques, ce qui contraint les banques centrales &#224; des interventions massives. Une crise de rentabilit&#233;, car les pertes li&#233;es &#224; la crise immobili&#232;re viennent en d&#233;duction des profits, ou sont couvertes par de nouveaux apports de capitaux (s&#185;ils sont possibles) ou m&#232;nent &#224; la faillite. Des institutions aussi prestigieuses que Citigroup, Merrill Lynch ou JP Morgan ont annonc&#233; des sommes colossales de d&#233;pr&#233;ciations d&#185;actifs pour les troisi&#232;me et quatri&#232;me trimestres 2007. Une nouvelle phase de la crise est franchie : l&#185;appareil bancaire de la premi&#232;re puissance mondiale est durement atteint, certaines parmi les plus grandes banques sont menac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marges de manoeuvre r&#233;duites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux p&#233;rils, les marges de man&#166;uvre de la politique am&#233;ricaine sont fortement r&#233;duites. En 2001, on est parvenu &#224; &#233;viter une vraie d&#233;pression en portant &#224; bout de bras la d&#233;pense des m&#233;nages. Ces moyens ne peuvent plus &#234;tre utilis&#233;s, en tout cas pas &#224; la m&#234;me &#233;chelle. Le taux de la FED a &#233;t&#233; ramen&#233; en catastrophe (le 22 janvier) &#224; 3,50 %, mais, d&#185;une part, il n&#185;est pas s&#251;r que cela incite les entreprises &#224; investir et, d&#185;autre part, jusqu&#185;&#224; quel point cela peut-il pousser les m&#233;nages &#224; s&#185;endetter, alors que nous sommes pr&#233;cis&#233;ment face &#224; une crise de surendettement ? De son c&#244;t&#233;, le taux d&#185;&#233;pargne des m&#233;nages est nul, et, pour financer le plan de relance Bush (de 150 milliards de dollars), il n&#185;y a plus d&#185;exc&#233;dent budg&#233;taire, mais un d&#233;ficit (qui s&#185;&#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; &#224; 2,6 % du PIB en 2006). Enfin, nous avons toujours l&#185;&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s du d&#233;ficit de la balance am&#233;ricaine des transactions courantes, qui pousse &#224; la chute du billet vert face &#224; l&#185;euro.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#185;&#233;conomie am&#233;ricaine est plac&#233;e devant un dilemme redoutable : soit on r&#233;duit les d&#233;s&#233;quilibres, mais au risque de la d&#233;pression ; soit on relance l&#185;activit&#233;, mais en aggravant les d&#233;s&#233;quilibres. Si le taux d&#185;endettement des m&#233;nages baisse, le niveau d&#185;activit&#233; est menac&#233; ; s&#185;il poursuit son ascension, il pr&#233;pare la future crise. Si le taux d&#185;&#233;pargne des m&#233;nages reste &#224; son niveau d&#185;insignifiance, il ne garantit pas le financement de l&#185;&#233;conomie am&#233;ricaine ; s&#185;il se redresse, il porte atteinte &#224; la consommation. Si la FED continue &#224; baisser ses taux, elle risque un krach du dollar ; si elle veut &#233;carter ce risque, elle ne baisse pas ses taux, mais n&#185;apporte pas d&#185;aide &#224; l&#185;&#233;conomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#185;&#233;conomie am&#233;ricaine joue le r&#244;le de locomotive pour le monde entier, et il n&#185;y en a pas d&#185;autre. C&#185;est dire ce que serait l&#185;impact d&#185;une r&#233;cession am&#233;ricaine. La mondialisation lib&#233;rale a renforc&#233; cette fragilit&#233;, en g&#233;n&#233;ralisant le salariat, en instaurant une financiarisation grosse de p&#233;rils nouveaux, en interconnectant la plan&#232;te enti&#232;re. La fabuleuse croissance chinoise n&#185;est pas un recours : elle est en r&#233;alit&#233; largement d&#233;pendante du niveau d&#185;activit&#233; am&#233;ricain et ainsi en est-il pour nombre de pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu&#185;on n&#185;en avait plus connu depuis la grande d&#233;pression, la succession de crises financi&#232;res depuis les ann&#233;es 1990 montre que le grand responsable de la situation actuelle est la mondialisation lib&#233;rale. Il faut tout reprendre de A &#224; Z, balayer le tout march&#233; et l&#185;inadmissible libert&#233; laiss&#233;e &#224; la rapacit&#233; du profit. Il y a un devoir d&#185;ing&#233;rence &#233;conomique, en faveur de l&#185;immense masse de la population, les travailleurs, de fa&#231;on &#224; ce qu&#185;ils ne supportent pas les cons&#233;quences d&#185;une crise qui n&#185;est pas la leur, et que l&#185;on ouvre enfin la voie &#224; un syst&#232;me tourn&#233; vers la satisfaction des v&#233;ritables besoins sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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