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	<title>La Gauche</title>
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		<title>L'Assembl&#233;e Constituante au centre des expectatives</title>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;La victoire remport&#233;e par le MAS-IPSP (Mouvement vers le Socialisme - Instrument Politique pour la Souverainet&#233; des Peuples), le parti d'Evo Morales, lors de l'&#233;lection de l'Assembl&#233;e Constituante (AC) le 2 juillet 2006 est indiscutable. &lt;br class='autobr' /&gt; Au niveau national, ce parti obtient &#224; nouveau un score d&#233;passant les 50 %, dans une &#233;lection o&#249; ne se pr&#233;sentaient pratiquement que d'illustres inconnus, alors que l'opposition appara&#238;t compl&#232;tement marginalis&#233;e au regard de ses r&#233;sultats : si PODEMOS (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La victoire remport&#233;e par le MAS-IPSP (Mouvement vers le Socialisme - Instrument Politique pour la Souverainet&#233; des Peuples), le parti d'Evo Morales, lors de l'&#233;lection de l'Assembl&#233;e Constituante (AC) le 2 juillet 2006 est indiscutable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au niveau national, ce parti obtient &#224; nouveau un score d&#233;passant les 50 %, dans une &#233;lection o&#249; ne se pr&#233;sentaient pratiquement que d'illustres inconnus, alors que l'opposition appara&#238;t compl&#232;tement marginalis&#233;e au regard de ses r&#233;sultats : si PODEMOS (Pouvoir D&#233;mocratique Social) conserve son rang de premi&#232;re force de droite, ce n'est qu'avec la moiti&#233; des voix obtenues lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 octobre 2005, soit environ 15 %, tandis que UN (Unit&#233; Nationale, centre-droit) n'obtient que 7 % des voix, bien loin derri&#232;re le parti au pouvoir. C'est d&#233;sormais un fait : la droite politique bolivienne semble avoir atteint un &#233;tat de d&#233;composition sans pr&#233;c&#233;dent. Dans chaque d&#233;partement, les r&#233;sultats obtenus par le MAS renforcent ind&#233;niablement le sentiment d'une &#171; vague bleue &#187; qui s'&#233;tend plus que jamais &#224; l'ensemble du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce triomphe ne saurait cacher la complexit&#233; de la conjoncture politique, illustr&#233;e par un r&#233;sultat au r&#233;f&#233;rendum sur les autonomies d&#233;partementales - le &#171; Non &#187; l'a emport&#233; avec 54 % nationalement, mais le &#171; Oui &#187; est rest&#233; majoritaire dans l'est du pays - que la droite s'acharne &#224; pr&#233;senter comme un camouflet pour Morales, et une gestion gouvernementale qui semble entrer dans une phase de stagnation apr&#232;s avoir accompli, en six mois &#224; peine, une s&#233;rie d'importantes r&#233;formes, telles la nationalisation des hydrocarbures et le lancement de la &#171; r&#233;volution agraire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats a priori contradictoires font de l'Assembl&#233;e Constituante comme du th&#232;me des autonomies, deux enjeux pouvant d&#233;boucher sur un blocage de la situation politique, et in fine, d'&#233;ventuels conflits sociaux. Priv&#233; des deux tiers de constituants &#224; l'Assembl&#233;e, la majorit&#233; sp&#233;ciale &#233;tablie par la loi de convocation n&#233;goci&#233;e avec la droite politique et r&#233;gionale (n&#233;cessaire pour l'approbation du nouveau texte constitutionnel), le MAS, en d&#233;pit de sa victoire, se voit aujourd'hui confront&#233; &#224; une situation o&#249; les secteurs conservateurs poss&#232;dent un v&#233;ritable droit de veto sur toute initiative un tant soit peu radicale de l'Assembl&#233;e. Face &#224; cet &#233;tat de fait, le parti de gouvernement essaie de contourner la difficult&#233; en invoquant le caract&#232;re souverain de l'Assembl&#233;e quant &#224; sa capacit&#233; &#224; d&#233;terminer ses propres r&#232;gles de fonctionnement, sans tutelle ext&#233;rieure, tandis que parall&#232;lement, les organisations syndicales paysannes alli&#233;es au gouvernement menacent de mobiliser si la droite refuse de c&#233;der. Sur le terrain des autonomies, le caract&#232;re pour le moins ambigu de la question r&#233;f&#233;rendaire offre la possibilit&#233; aux d&#233;partements o&#249; l'a emport&#233; le &#171; Oui &#187; de r&#233;clamer, &#224; travers la voix de leurs &#233;lites &#233;conomiques et, &#224; un degr&#233; moindre, politiques, leur autonomie &#224; l'&#233;gard d'un centralisme pace&#241;o inaugur&#233; au lendemain de la Guerre F&#233;d&#233;rale (1899).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Constituante : le MAS triomphe, la droite r&#233;siste &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des r&#233;sultats d&#233;partement par d&#233;partement ne laisse pas de place aux doutes : le MAS est plus que jamais h&#233;g&#233;monique dans l'ensemble du territoire bolivien. Tout en consolidant sa position dans l'Occidente en conservant sa premi&#232;re place &#224; La Paz, Cochabamba, Oruro, Potos&#237; et Chuquisaca avec des scores oscillant entre 55 % et 60 % des voix, le parti de Morales obtient des scores in&#233;dits dans la media luna (demi-lune) traditionnellement associ&#233;e &#224; la droite politique. Les scores les plus surprenants restent les retentissantes victoires obtenues dans les d&#233;partements de Tarija et Santa Cruz, deux r&#233;gions qui concentrent l'essentiel des richesses du pays en gaz et en p&#233;trole, et dont les &#233;lites &#233;conomiques se sont &#233;rig&#233;es en principale opposition au gouvernement du MAS, via les comit&#233;s civiques (1) : &#224; Tarija, le parti de Morales obtient la premi&#232;re place avec 41 % , devant le... Mouvement Nationaliste R&#233;volutionnaire (MNR) avec 31 %, puis PODEMOS avec 14 % (2), tandis qu'&#224; Santa Cruz, il l'emporte avec un score &#224; la hausse (27 %), bien que cette premi&#232;re place puisse s'expliquer essentiellement par un &#233;miettement des voix &#224; la droite de PODEMOS (qui r&#233;colte 25 %) en raison de l'existence d'une offre &#233;lectorale centr&#233;e sur la th&#233;matique de l'autonomie (3). Enfin, le MAS devient le second parti dans le Pando avec un score &#224; la hausse de 37 %, derri&#232;re PODEMOS (50 %), et le troisi&#232;me dans le Beni, avec &#224; nouveau un meilleur r&#233;sultat qu'en d&#233;cembre 2005 (21 %), dans une r&#233;gion o&#249; la droite conserve cependant une indiscutable h&#233;g&#233;monie (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de ce nouveau &#171; raz-de-mar&#233;e &#187; &#233;lectoral, qui s'accompagne d'un net recul des partis situ&#233;s &#224; la droite de l'&#233;chiquier politique, la position du MAS dans l'Assembl&#233;e Constituante n'est pas des plus confortables, ce qui permet de revenir &#224; nouveau sur les limites de la Loi Sp&#233;ciale de Convocation de l'Assembl&#233;e Constituante (LECAC) adopt&#233;e le 6 mars 2006 (5). Alors que la loi consacrait le r&#244;le des partis et regroupements citoyens, via l'article 7.5, en &#233;vacuant tout m&#233;canisme de repr&#233;sentation directe des organisations sociales et indig&#232;nes boliviennes, et que les projets de regroupements citoyens de gauche ou indig&#232;nes se sont vus confront&#233;s &#224; des barri&#232;res de type administratif (6) - avec lesquelles le MAS n'eut cependant rien &#224; voir - le parti d'Evo Morales n'est pas parvenu &#224; obtenir les deux tiers des constituants &#224; l'Assembl&#233;e n&#233;cessaires &#224; l'adoption finale du texte en son sein, en raison de l'article 25 de la loi. Au contraire, les m&#233;canismes m&#234;mes de l'&#233;lection interdisaient pratiquement &#224; tout parti la possibilit&#233; d'obtenir plus de 60 % des voix. Comment expliquer alors qu'un parti au pouvoir, au moment de convoquer une Assembl&#233;e Constituante, ait pu approuver une loi qui semblait garantir les conditions m&#234;mes de son indiscutable victoire, et au-del&#224;, les possibilit&#233;s r&#233;elles d'une refondation du pays qui int&#232;gre les majorit&#233;s marginalis&#233;es lors de l'histoire de la Bolivie au moment de sa fondation, en 1825 ? Les premi&#232;res actions du MAS visant &#224; imposer d'autres r&#232;gles que celles pr&#233;vues dans la LECAC, alors que l'Assembl&#233;e vient tout juste d'&#234;tre install&#233;e &#224; l'occasion de la f&#234;te d'ind&#233;pendance du 6 ao&#251;t, donnent &#224; penser que ce parti n'a que tr&#232;s r&#233;cemment pris conscience des implications de l'accord, scell&#233; avec l'ancien r&#233;gime repr&#233;sent&#233; par une droite pourtant rejet&#233;e par une majorit&#233; de Boliviens et Boliviennes, qui a d&#233;bouch&#233; sur cette loi, r&#233;alisant notamment combien il avait pris le risque de diluer les perspectives de refondation du pays dans la n&#233;cessit&#233; de trouver des consensus en permanence avec cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites de la Loi de convocation de l'Assembl&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rangs de la gauche bolivienne et latino-am&#233;ricaine, deux types de r&#233;ponses &#224; cette apparente &#171; &#233;nigme &#187; sont mis en avant de mani&#232;re r&#233;currente. D'une part, certaines analyses, v&#233;hicul&#233;es chacun &#224; sa mani&#232;re par des auteurs tels que Ra&#250;l Zibechi (7) ou James Petras, semblent fond&#233;es sur des variantes andines de la &#171; th&#233;orie du complot &#187;, et expliquent que &#171; Morales et &#193;lvaro Garc&#237;a Linera [le vice-pr&#233;sident] sont pris par un pacte sign&#233; avec les &#233;lites d'antan &#187;. Autrement dit, les &#171; mauvais &#187; dirigeants prennent de &#171; mauvaises &#187; d&#233;cisions soit parce qu'ils sont, par la nature m&#234;me de leur rang d'hommes d'&#201;tat, d&#233;tach&#233;s des masses (Zibechi), soit parce qu'ils s'agit de &#171; tra&#238;tres &#187; dont l'agenda consiste &#224; canaliser les mobilisations sociales &#224; travers les &#233;lections, afin de poursuivre de la sorte les m&#234;mes politiques n&#233;olib&#233;rales conduites par les pr&#233;c&#233;dents gouvernements (Petras) (8). Le second type d'analyse est fondamentalement b&#226;ti sur l'id&#233;e que le MAS aurait cherch&#233; &#224; tout contr&#244;ler &#224; gauche, le recours &#224; des &#233;lections somme toute assez classiques pour &#233;lire les constituants s'expliquant alors par la volont&#233; du MAS de voir son h&#233;g&#233;monie ne souffrir d'aucune contestation (9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il ne fait aucun doute que la LECAC n'est pas une bonne loi, ni pour le MAS, ni pour les mouvements sociaux, et ce pour plusieurs raisons. La r&#232;gle des deux tiers, associ&#233;e &#224; l'adoption d'un syst&#232;me &#233;lectoral rendant quasiment impossible &#224; tout parti de les obtenir, peut effectivement appara&#238;tre comme un non-sens : autolimiter le mandat d'un parti qui re&#231;oit le soutien de plus de la moiti&#233; de la population pour favoriser la repr&#233;sentation des minorit&#233;s - sachant que celles-ci incluent les &#233;lites d'hier - pourrait effectivement poser d'importants probl&#232;mes pour imposer des transformations structurelles &#224; l'architecture institutionnelle du pays, et avoir pour cons&#233;quence que l'Assembl&#233;e Constituante ne d&#233;bouche que sur une r&#233;forme constitutionnelle. Le cas de PODEMOS, obtenant 60 des 255 constituants, soit 24 % alors que ses candidats n'ont obtenu que 15 % des voix, n'est qu'un des exemples des distorsions qu'a pu introduire ce syst&#232;me qui, selon les termes de Ra&#250;l Prada, philosophe critique &#233;lu constituant pour le MAS &#224; La Paz, a permis de &#171; ressusciter les morts &#187;. La limitation dans le temps du travail de l'Assembl&#233;e (entre six mois et un an), pr&#233;vue par l'article 24, pourrait se transformer en une barri&#232;re &#224; une socialisation du processus constituant, en d'autres termes, &#224; la mise en place de m&#233;canismes d'&#233;changes entre les constituants &#233;lus et la population. Une barri&#232;re qui pourrait se r&#233;v&#233;ler d'autant plus importante que la loi de convocation, promulgu&#233;e peu de temps apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du MAS, a quasiment donn&#233; le coup d'envoi de ce processus qui, s'il fut entam&#233; sous Carlos Mesa en 2004, demeura longtemps cantonn&#233; &#224; une campagne de communication. Cependant, cet obstacle pourrait &#234;tre surmont&#233; si la volont&#233; politique existe au sein m&#234;me de l'Assembl&#233;e pour ce faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ind&#233;niablement, les m&#233;canismes d'&#233;lection des constituants, s'appuyant sur une logique essentiellement partisane, sont on ne peut plus classiques. Guti&#233;rrez et Mokrani mettent en avant de mani&#232;re pertinente un certain nombre de cons&#233;quences li&#233;es &#224; l'adoption de cette logique dans le c&#339;ur m&#234;me de la LECAC, qui consacrait de fait les formes &#171; traditionnelles &#187; de repr&#233;sentation politique. Les auteurs soulignent notamment que les alternatives propos&#233;es &#224; la &#171; forme parti &#187; dans la loi, les &#171; regroupements citoyens &#187; et les &#171; peuples indig&#232;nes &#187;, n'&#233;taient pas suffisantes au regard des enjeux (10). Les &#171; regroupements citoyens &#187;, qui permettent &#224; un groupe de se pr&#233;senter via une campagne de signatures, se sont parfois vus interdire leurs candidatures par des man&#339;uvres de la part de diff&#233;rentes Cours D&#233;partementales &#201;lectorales (CDE). Une difficult&#233; qui venait s'ajouter au fait que la n&#233;cessit&#233; de satisfaire &#224; des exigences de type administratif pouvait repr&#233;senter un authentique handicap dans le cas de certaines communaut&#233;s indig&#232;nes, par exemple. Autre probl&#232;me, plus politique : de par leur caract&#232;re local, les propositions formul&#233;es par ces regroupements se sont tr&#232;s souvent limit&#233;es au contexte dans lequel ceux-ci &#233;voluent. Enfin, dernier probl&#232;me, le vide juridique entourant la notion de &#171; peuples indig&#232;nes &#187;, qui ouvrait &#233;galement la voie au rejet de candidatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives &#233;taient pourtant imaginables : r&#233;server par exemple un nombre de si&#232;ges &#224; la repr&#233;sentation des organisations sociales, en r&#233;actualisant la tradition du &#171; co-gouvernement &#187; (11) qui marqua les relations entre le MNR et la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne (COB) dans les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution de 1952 ; ou bien encore pr&#233;voir des circonscriptions indig&#232;nes garantissant l'&#233;lection de constituants aymaras, quechuas ou guaranis, sans l'interm&#233;diation du MAS, comme ce fut le cas lors de l'&#233;lection de l'Assembl&#233;e Constituante au Venezuela en 1999 (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le MAS contre les masses ? ou la &#171; th&#233;orie du complot &#187; appliqu&#233;e &#224; la Bolivie... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en d&#233;pit des limites &#233;videntes de la LECAC que soulignent ces analyses, aucune d'entre elles ne permet de comprendre r&#233;ellement pourquoi le MAS a adopt&#233; une loi aussi m&#233;diocre. La raison en est somme toute assez simple : quand bien m&#234;me l'analyse de Guti&#233;rrez et Mokrani s'appuie sur une intime connaissance de la r&#233;alit&#233; politique et sociale bolivienne, elle n'en partage pas moins un certain nombre de fondements, voire d'id&#233;es re&#231;ues avec les analyses &#171; instrumentalistes &#187; de Zibechi et Petras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, l'un des fondements communs r&#233;side dans une sorte de suspicion permanente &#224; l'&#233;gard du MAS, r&#233;pandue au sein d'une partie de la gauche internationale, fond&#233;e sur l'id&#233;e que le parti de Morales est distinct des mouvements sociaux boliviens et, de la sorte, qu'il cherche &#224; canaliser &#233;lectoralement, &#224; son propre profit, la radicalisation sociale r&#233;sultant du cycle de mobilisations populaires entam&#233; en 2000 avec la &#171; guerre de l'eau &#187; de Cochabamba, n'ayant donc avec ces mouvements qu'un pur rapport d'instrumentalisation. En second lieu, il existe dans les deux analyses une commune perception de l'action publique et de la politique comme des activit&#233;s dot&#233;es d'une rationalit&#233; telle que &#171; la fin &#187; obtenue r&#233;sulte immanquablement des &#171; moyens &#187; qui ont &#233;t&#233; employ&#233;s : autrement dit, le fait que la LECAC ait p&#233;nalis&#233; la gauche non affili&#233;e au MAS et/ou ait permis la survie de la droite est le fruit de l'action consciente d'une direction politique d&#233;connect&#233;e de ses bases et li&#233;e aux &#233;lites d'hier (Zibechi et Petras), soucieuse de son h&#233;g&#233;monie &#224; gauche (Guti&#233;rrez et Mokrani). Dans un cas comme dans l'autre, la seule explication plausible &#224; une telle &#171; aberration &#187; qu'est cette loi est le fait que les dirigeants du MAS avaient leur propre &#171; agenda secret &#187;, &#171; &#233;videmment &#187; d&#233;connect&#233; de celui des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques constatations appellent &#224; plusieurs remarques. D'abord, quant aux rapports entre MAS et mouvements sociaux. Il ne fait aucun doute que le MAS et les organisations sociales boliviennes dans leur ensemble ne se confondent pas. Cependant, nier au MAS une repr&#233;sentativit&#233; sociale, c'est aussi nier une r&#233;alit&#233; pourtant &#233;vidente : les organisations sociales membres du MAS sont de loin les plus importantes dans le pays. Existerait-il par cons&#233;quent l'id&#233;e que seuls les mouvements sociaux qui ne sont pas li&#233;s au MAS, et donc au gouvernement, m&#233;ritent ce qualificatif ? Outre le caract&#232;re p&#233;remptoire d'une telle affirmation, il faut r&#233;ellement s'interroger sur ce qui existe aux c&#244;t&#233;s du MAS : la plupart des organisations pr&#233;sentes au sein du MUSPA, par exemple, sont des organisations qui rencontrent &#224; l'&#233;vidence une phase de d&#233;clin, qu'il s'agisse de la fraction du mouvement paysan li&#233;e anciennement au MIP ou de la Coordination de l'Eau et du Gaz de Cochabamba, pour ne citer que les plus connus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il qui plus est de mouvements &#171; plus &#224; gauche &#187;, comme le sugg&#232;rent la quasi-totalit&#233; des auteurs pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;s ? Rien n'est moins s&#251;r. L'id&#233;alisation permanente dont font l'objet certaines organisations sociales boliviennes en dehors m&#234;me des fronti&#232;res de la Bolivie (mais dedans aussi, qu'on en soit rassur&#233;) ne saurait pourtant cacher leurs limites : attribuer la faible politisation des d&#233;bats relatifs &#224; l'&#233;lection de l'Assembl&#233;e Constituante au seul caract&#232;re partisan du syst&#232;me &#233;lectoral, c'est nier la faible politisation des mouvements sociaux boliviens dans leur ensemble, ainsi que leur capacit&#233; &#224; transcender les fronti&#232;res du corporatisme au moment de formuler une plate-forme revendicative (13), sans omettre non plus l'importance des incitations mat&#233;rielles qui guide l'action de bon nombre de ces mouvements (14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La loi de convocation a r&#233;duit l'espace politique ouvert par les mouvements sociaux lors des ann&#233;es de lutte ant&#233;rieures &#187;, disent par exemple Guti&#233;rrez et Mokrani. Si la LECAC y a peut-&#234;tre contribu&#233;, attribuer ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; cette seule loi para&#238;t quelque peu ing&#233;nu. Ce qui a, sans aucun doute, &#171; cl&#244;t &#187; cet espace de mani&#232;re bien plus d&#233;cisive est la lecture plus g&#233;n&#233;rale de ces m&#234;mes mouvements de la n&#233;cessit&#233; d'un instrument politique plus centralis&#233; - principalement autour du leadership de Morales - afin de battre la droite et consolider de la sorte le processus nationaliste populaire existant. Par ailleurs, si &#171; la sc&#232;ne [pol&#237;tico-sociale bolivienne] ne constitue plus un espace large de d&#233;lib&#233;ration et d'intervention directe &#187;, cela a peut-&#234;tre &#233;galement &#224; voir avec la dynamique propre aux mouvements sociaux boliviens, qui connaissent des &#171; pics &#187; d'action collective auxquels succ&#232;dent des phases de repli vers les cadres corporatifs qui d&#233;terminent leur logique de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble malheureusement que ces &#171; limites &#187; du mouvement social soient inexistantes dans l'horizon th&#233;orique des auteurs. De la m&#234;me mani&#232;re, lorsque Zibechi explique qu'au &#171; moment insurrectionnel a succ&#233;d&#233; le moment &#233;lectoral &#187;, sans doute oublie-t-il (ou peut-&#234;tre n'a-t-il pas vu) que les mouvements sociaux les plus radicaux en apparence avaient pu &#234;tre les premiers promoteurs d'une &#171; sortie de crise &#233;lectorale &#187; lors des principales convulsions sociales qu'a connu la Bolivie, en octobre 2003 comme en mai-juin 2005. Suspecter le MAS d'avoir &#171; d&#233;tourn&#233; &#187; un mouvement de masses &#224; son profit, c'est d'une part exag&#233;rer la politisation r&#233;elle de ces mouvements pour lesquels le &#171; moment insurrectionnel &#187; ne constitue pas l'aboutissement d'un projet politique r&#233;volutionnaire, mais bien une action collective men&#233;e sur la base de revendications concr&#232;tes directement li&#233;es &#224; la conjoncture politique du moment (15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autre part amplifier l'importance du leadership charismatique de Morales lui-m&#234;me : le 17 octobre 2003, le jour m&#234;me de son investiture, c'est un massif rassemblement qui re&#231;oit le tr&#232;s peu r&#233;volutionnaire Carlos Mesa &#224; El Alto, aux c&#244;t&#233;s duquel apparaissent pourtant les principaux &#171; radicaux &#187; du moment, tels Jaime Solares et Felipe Quispe. Morales, lui, est en marge de cette initiative, mais c'est lui qu'on accuse d'avoir &#171; canalis&#233; &#187; le mouvement, alors m&#234;me qu'il n'a fait que d&#233;fendre une &#171; solution institutionnelle &#187; &#233;galement pr&#244;n&#233;e par les &#171; radicaux &#187;, si ch&#233;ris par un Zibechi qui refuse de voir, &#224; l'inverse, combien l'ascension &#233;lectorale du MAS se distingue de celle des autres partis de gauche latino-am&#233;ricains en ce qu'elle est l'expression, dans le champ politique, de ce processus de radicalisation sociale. Comme toujours, les analyses de Zibechi, Guti&#233;rrez, Mokrani et tant d'autres ont comme sujet central une multitude id&#233;ale, qu'on cherche encore au sein des mouvements sociaux r&#233;ellement existants dont est issu le MAS. Par cons&#233;quent, nous posons la question : &#171; D'o&#249; provient la l&#233;gitimit&#233; d'Evo Morales, si ce n'est pas de ces mouvements sociaux-l&#224; ? &#187;. Sans doute faut-il, pour pouvoir y r&#233;pondre, accepter le fait que ces organisations, &#224; ce jour, refusent encore obstin&#233;ment de se conformer aux &#171; moules &#187; con&#231;us par les th&#233;oriciens d'une multitude d&#233;cid&#233;ment introuvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette id&#233;alisation se couple une d&#233;limitation du label &#171; mouvement social &#187; qui exclut tout mouvement qui d&#233;fendrait, selon une normativit&#233; qui est propre &#224; ces auteurs, des revendications que ceux-ci jugeraient &#171; non-progressistes &#187; (16) : ainsi en est-il du Comit&#233; Civique Pro-Santa Cruz, qui trois jours avant l'&#233;lection et la tenue du R&#233;f&#233;rendum sur les autonomies d&#233;partementales, parvenait &#224; mobiliser pas moins de 400 000 personnes dans les rues de Santa Cruz en faveur du &#171; Oui &#187; aux autonomies. Si l'on pouvait suspecter ce Comit&#233; d'avoir financ&#233; le premier rassemblement dit &#171; autonomique &#187; de janvier 2005, qui avait r&#233;uni plus de 100 000 personnes - comme le font &#224; nouveau Guti&#233;rrez et Mokrani -, maintenir une telle appr&#233;ciation le 28 juin 2006 tenait de l'aveuglement. Parfois, en effet, il faut reconna&#238;tre que les faits sont t&#234;tus... Ceci am&#232;ne d'ailleurs &#224; une autre interrogation : en cas de repr&#233;sentation directe des organisations sociales, aurait-il &#233;t&#233; possible d'exclure une organisation qui, bien que de droite et d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts des compagnies p&#233;troli&#232;res en Bolivie, parvient &#224; mobiliser 400 000 personnes, &#224; l'heure o&#249; la COB peine &#224; en rassembler plus d'un millier ? Au regard du panorama idyllique des mouvements sociaux boliviens unanimement dress&#233; par ces auteurs, la question ne semble m&#234;me pas digne d'&#234;tre pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la rationalit&#233; pr&#234;t&#233;e au gouvernement de Morales, elle tranche avec la r&#233;alit&#233; observable d'un cabinet qui, en d&#233;pit d'ind&#233;niables avanc&#233;es, accumule les cacophonies en interne, comme le prouve le cas du ministre de l'&#201;ducation, F&#233;lix Patzi, engag&#233; depuis un mois dans une bataille pour la la&#239;cisation de l'&#233;ducation en Bolivie. En fait, chacune de ces analyses tend de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#224; ne pas prendre en compte le contexte politique d'alors, comme si la droite, finalement, n'existait plus... Pourtant, c'est omettre que le MAS, minoritaire au S&#233;nat, n'avait pas les coud&#233;es franches pour adopter la loi qui lui convenait. C'est omettre que la droite, bien qu'aphone politiquement, reste une force sociale de poids, dont le Comit&#233; Civique cruce&#241;o n'est que l'une des composantes. C'est omettre que le MAS ait pu faire un pari, aussi risqu&#233; soit-il, comme le sugg&#232;re le journaliste Benito P&#233;rez (17), en pensant que sa strat&#233;gie de &#171; pr&#234;t de sigle &#187;, comme dans la r&#233;gion cocalera du Chapare, o&#249; des militants du MAS se pr&#233;sent&#232;rent sous l'&#233;tiquette du Mouvement Bolivie Libre (MBL), pourrait lui permettre d'atteindre les deux tiers en contournant les r&#232;gles du jeu, ou encore que le fait de la convoquer au plus vite, en b&#233;n&#233;ficiant ainsi du r&#233;cent succ&#232;s des g&#233;n&#233;rales de d&#233;cembre 2005, pourrait permettre de s'en approcher. C'est omettre &#233;galement qu'il existait alors une tr&#232;s forte pression pour que l'Assembl&#233;e Constituante, l'une des principales banni&#232;res du MAS durant la campagne des g&#233;n&#233;rales de 2005, soit convoqu&#233;e au plus vite. C'est enfin, &#233;carter d'un revers de main l'id&#233;e, sans doute moins &#171; conspiratrice &#187;, qu'afin de faire aboutir une strat&#233;gie commune &#224; la majorit&#233; des mouvements sociaux boliviens, &#224; savoir &#171; refonder le pays &#187; via l'int&#233;gration des majorit&#233;s marginalis&#233;es de toujours, la tactique employ&#233;e par le MAS ait tout simplement &#233;t&#233; erron&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux imm&#233;diats de la Constituante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes opposant le MAS &#224; la droite, qui ont marqu&#233; les premi&#232;res semaines de l'Assembl&#233;e, montrent pourtant combien le parti de Morales semble pr&#234;t &#224; tout faire pour ne pas c&#233;der de terrain &#224; ses adversaires, notamment pour que l'Assembl&#233;e soit d&#233;cr&#233;t&#233;e &#171; fondatrice &#187; et sup&#233;rieure &#224; tout autre pouvoir constitu&#233;, et pour qu'elle fonctionne &#224; la majorit&#233; simple et non aux deux tiers. A tel point que la Conf&#233;d&#233;ration paysanne de Bolivie (en espagnol, CSUTCB) s'est d&#233;clar&#233;e pr&#234;te &#224; mobiliser pour qu'il en soit ainsi. Le vice-pr&#233;sident bolivien &#193;lvaro Garc&#237;a d&#233;clarait le 22 ao&#251;t qu'en &#171; d&#233;mocratie, la majorit&#233; commande et prend les d&#233;cisions. (...) Les minorit&#233;s ont des droits, mais les majorit&#233;s ne vont pas agir en fonctions des petites minorit&#233;s transitoires ayant recours au chantage &#187; (18). Ces propos, que l'opposition a imm&#233;diatement qualifi&#233; de &#171; totalitaires &#187;, illustrent bien la teneur des d&#233;bats en cours, et montrent combien la situation politique est plus nuanc&#233;e que ce que certains voudraient bien laisser croire. De fait, les enjeux ne sont pas des moindres pour la Constituante. Pour Yoni Bautista, constituant du MAS pour La Paz, le futur texte constitutionnel doit servir &#224; &#171; faire des ressources naturelles et des terres une propri&#233;t&#233; inali&#233;nable de l'&#201;tat ; &#233;tablir de nouveaux droits pour les peuples indig&#232;nes, et faire de l'&#201;tat leur premier d&#233;fenseur ; et enfin d&#233;mocratiser l'&#201;tat, notamment &#224; travers le recours &#224; des autonomies qui ne soient pas celles que d&#233;finissent actuellement les oligarchies de l'Oriente comme de l'Occidente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore trop t&#244;t pour dire si l'Assembl&#233;e Constituante donnera lieu &#224; une &#233;tape de refondation et de d&#233;mocratisation de la Bolivie, ce pour quoi se sont battus les mouvements sociaux boliviens depuis plus de dix ans maintenant. De nombreuses interrogations subsistent, notamment quant &#224; la place qu'occuperont ces m&#234;mes mouvements dans le processus constituant qui s'ouvre aujourd'hui. Toutefois, les premi&#232;res batailles que se livrent droite et gauche au sein de l'Assembl&#233;e semblent bien indiquer que le parti d'Evo Morales entend &#234;tre &#224; la hauteur de ce rendez-vous historique pour les peuples indig&#232;nes et la gauche nationaliste bolivienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Paz, le 23 ao&#251;t 2006&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Herv&#233; Do Alto, doctorant en science politique, est le correspondant d'Inprecor en Bolivie. Pablo Stefanoni est correspondant du journal argentin P&#225;gina/12 en Bolivie et analyste politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Regroupant les organisations sociales, syndicales et patronales d'un d&#233;partement, les comit&#233;s civiques ont pris une importance particuli&#232;re sur la sc&#232;ne politique de certaines r&#233;gions, notamment &#224; Tarija et Santa Cruz. Dans ce dernier d&#233;partement, ce sont les organisations patronales qui y sont majoritaires, le comit&#233; civique &#233;tant consid&#233;r&#233; par certains de ses membres comme le &#171; gouvernement moral &#187; et l&#233;gitime des Cruce&#241;os (habitants de Santa Cruz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le score obtenu par le MNR &#224; Tarija, tr&#232;s nettement en hausse dans un d&#233;partement remport&#233; par PODEMOS lors des g&#233;n&#233;rales de d&#233;cembre 2005, s'explique par la campagne active du pr&#233;fet Mario Coss&#237;o, membre du MNR, en faveur des autonomies d&#233;partementales, une campagne qui s'est coupl&#233;e avec celle de l'Assembl&#233;e Constituante proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ainsi se pr&#233;sentaient des candidats au nom de Autonomie Pour la Bolivie (APB), regroupement li&#233; au Comit&#233; Civique Pro-Santa Cruz ; le MNR en alliance avec le regroupement cruce&#241;o autonomiste A3 ; le Regroupement Andr&#233;s Iba&#241;ez (AAI), men&#233; par l'ex-pr&#233;sident du S&#233;nat Hormando Vaca D&#237;ez, que les mouvements sociaux de mai-juin 2005 avaient emp&#234;ch&#233; d'acc&#233;der &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. PODEMOS y demeure le premier parti avec 40 %, devant le MNR, second avec 28 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Voir Herv&#233; Do Alto, &#171; Le d&#233;fi de Morales &#187;, in Inprecor, n&#176; 515/516, mars-avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Parmi ces tentatives sans lendemain, le regroupement MUSPA (Mouvement Social Patriotique), qui regroupait le leader de la Coordination de l'Eau et du Gaz de Cochabamba, &#211;scar Olivera, d'ex-dirigeants du MIP (Mouvement Indig&#232;ne Pachakuti) tel Juan Gabriel Bautista, et d'autres syndicalistes, fut le projet le plus int&#233;ressant &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Voir Ra&#250;l Zibechi, &#171; El deseado empate t&#233;cnico &#187;, La Jornada (Mexico), 11 juillet 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Voir James Petras, &#171; Evo Morales, gestos populistas con fondo neoliberal &#187;, janvier 2006, et &#171; El peculiar comienzo de Evo Morales &#187;, f&#233;vrier 2006, ainsi que nos r&#233;ponses, Herv&#233; Do Alto et Pablo Stefanoni, &#171; Los l&#237;mites de la sociolog&#237;a doctrinaria &#187;, janvier 2006, et Pablo Stefanoni, &#171; La peculiar sociolog&#237;a de James Petras &#187;, f&#233;vrier 2006, consultables sur le site salaprensa.free.fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Une grille d'analyse que l'on retrouve par exemple chez Raquel Guti&#233;rrez et Dunia Mokrani, &#171; Una reflexi&#243;n sobre el proceso constituyente &#187;, in &lt;a href=&#034;http://www.bolpress.com/politica.php?Cod=2006071807&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bolpress.com/politica.php?Cod=2006071807&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. La r&#233;forme constitutionnelle de f&#233;vrier 2004, promulgu&#233;e sous le gouvernement de Carlos Mesa, &#233;tablit que la participation &#224; des &#233;lections politiques peut se faire non seulement, comme par le pass&#233;, par le biais de &#171; partis politiques &#187;, mais &#233;galement via des &#171; regroupements citoyens &#187; et des &#171; peuples indig&#232;nes &#187;. Il faut rappeler que pour fonder un parti en Bolivie, il est n&#233;cessaire de prouver que l'on dispose d'un nombre significatif de militants, ainsi que de fonds suffisants, n&#233;cessaires pour payer les &#233;ventuelles amendes en cas de faibles r&#233;sultats. Il en d&#233;coule que la grande majorit&#233; des partis politiques boliviens s'est apparent&#233;e &#224; des &#171; entreprises &#187; au sens &#233;conomique du terme, construites autour d'un chef disposant &#224; la fois du capital n&#233;cessaire et du soutien militant, via des liens de client&#232;le &#233;tablis entre autres gr&#226;ce &#224; la promesse de pouvoir distribuer des emplois dans la fonction publique, une fois l'&#233;lection gagn&#233;e. Le caract&#232;re &#171; d&#233;mocratisant &#187; de la loi promulgu&#233;e par Mesa fut toutefois tr&#232;s limit&#233; dans la mesure o&#249; elle permit surtout aux cadres des partis li&#233;s &#224; S&#225;nchez de Lozada de poursuivre leur carri&#232;re politique par le biais de ces regroupements, tout en se distanciant de partis &#171; traditionnels &#187; discr&#233;dit&#233;s au lendemain des massacres d'Octobre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Le &#171; co-gouvernement &#187; (co-gobierno) fut mis en pratique en Bolivie lors des premiers r&#233;gimes du MNR (1952-1964). Le premier gouvernement de V&#237;ctor Paz Estenssoro attribua de la sorte quatre minist&#232;res &#224; la COB, au titre de repr&#233;sentant du prol&#233;tariat bolivien, et la dota d'un droit de veto relatif &#224; la politique mini&#232;re du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Une telle possibilit&#233; fut refus&#233;e par le gouvernement, en raison du fait que &#171; les indig&#232;nes sont majoritaires en Bolivie &#187;, selon les termes du vice-ministre de coordination gouvernementale H&#233;ctor Arce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. C'est d'ailleurs y compris le d&#233;faut des organisations membres du MAS, ce qui n'est pas sans cons&#233;quence sur le fonctionnement m&#234;me du MAS en tant que parti et gouvernement, qui doit souvent composer avec des syndicats uniquement pr&#233;occup&#233;s de la prise en compte de leurs revendications propres, et de la possibilit&#233; de placer leurs militants dans des postes &#224; responsabilit&#233; dans l'appareil partisan ou des emplois au sein de l'administration d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Le fait de militer pour obtenir un emploi (le &#171; peguismo &#187;) est une pratique r&#233;pandue, y compris au-del&#224; des partis politiques. Ainsi, l'&#233;loignement de CONAMAQ (Conseil des Ayllus et Markas - communaut&#233;s - du Qullasuyu) du MAS n'est pas tant d&#251; &#224; des divergences id&#233;ologiques qu'&#224; un m&#233;contentement de cette m&#234;me organisation du peu de candidats &#224; la Constituante que le MAS lui proposait sur ses listes - un m&#233;contentement qui s'exprime pratiquement &#224; chaque &#233;lection et qui s'est trouv&#233; accru par la possibilit&#233; d'int&#233;grer plus massivement les listes du MUSPA. Ce qui, par ailleurs, relativise de fait le caract&#232;re &#233;minemment politique d'un tel projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Voir par exemple le cas de El Alto, dont les habitants sont pr&#233;sent&#233;s comme les nouveaux &#171; bons r&#233;volutionnaires &#187;, &#224; l'avant-garde de luttes d&#233;crites comme &#171; anti-lib&#233;rales &#187; contre la gestion priv&#233;e de l'eau par Suez, ou contre l'exportation du gaz, alors qu'une majorit&#233; d'entre eux d&#233;file en novembre 2005 en faveur de la signature d'un Trait&#233; de Libre &#201;change (en espagnol, TLC) avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Une normativit&#233; que l'on retrouve dans la sociologie des mouvements sociaux chez les auteurs s'inspirant des travaux d'Alain Touraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Benito P&#233;rez, &#171; Le succ&#232;s paradoxal d'Evo Morales &#187;, in Le Courrier, 4 juillet 2006, disponible sur &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1823&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1823&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. La Raz&#243;n, 22 ao&#251;t 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique h&#233;misph&#233;rique de Bush face la Bolivie et au Venezuela</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-politique-hemispherique-de-Bush-face-la-Bolivie-et-au-Venezuela</link>
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		<dc:date>2006-06-19T14:55:44Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsqu'on lui a pos&#233; une question [&#224; l'occasion d'une de ses r&#233;centes conf&#233;rences de presse] au sujet du Venezuela et de la Bolivie, George Bush a eu des propos durs &#224; l'&#233;gard des gouvernements de la Bolivie et du Venezuela : &#171; Je le dirai sans ambages : l'&#233;rosion de la d&#233;mocratie dans les pays que vous venez de mentionner m'inqui&#232;te&#034;. Et il ajouta : &#171; Je continuerai &#224; rappeler &#224; notre h&#233;misph&#232;re que le respect du droit &#224; la propri&#233;t&#233; et des droits humains est essentiel pour tous les pays &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Venezuela-73-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bolivie-101-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'on lui a pos&#233; une question [&#224; l'occasion d'une de ses r&#233;centes conf&#233;rences de presse] au sujet du Venezuela et de la Bolivie, George Bush a eu des propos durs &#224; l'&#233;gard des gouvernements de la Bolivie et du Venezuela : &#171; Je le dirai sans ambages : l'&#233;rosion de la d&#233;mocratie dans les pays que vous venez de mentionner m'inqui&#232;te&#034;. Et il ajouta : &#171; Je continuerai &#224; rappeler &#224; notre h&#233;misph&#232;re que le respect du droit &#224; la propri&#233;t&#233; et des droits humains est essentiel pour tous les pays &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'hostilit&#233; de Bush &#224; l'&#233;gard de Hugo Chavez du Venezuela est bien connue. Par contre, ses critiques &#224; l'&#233;gard de la Bolivie pouvaient surprendre, car Evo Morales n'a occup&#233; la fonction de premier pr&#233;sident indien que depuis quatre mois, et qu'il n'a rien fait pour contrecarrer le processus d&#233;mocratique. Comme l'a dit le ministre des affaires &#233;trang&#232;res bolivien David Choquehuanca : &#171; Nous sommes en train de cr&#233;er une d&#233;mocratie participative, et tout le monde le sait. Je ne comprends pas comment les Etats-Unis peuvent dire que la d&#233;mocratie est en train de s'&#233;roder... &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les v&#233;ritables intentions de Bush sont mieux refl&#233;t&#233;es dans son appel au &#171; respect du droit &#224; la propri&#233;t&#233; &#187;. En effet, lorsque Morales et Chavez cherchent &#224; exercer un contr&#244;le plus strict sur les ressources &#233;nerg&#233;tiques de leur pays, ce qui va &#224; l'encontre des projets &#233;tatsuniens pour une zone de libre-&#233;change comprenant l'ensemble de l'h&#233;misph&#232;re [l'ALCA, en fran&#231;ais Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques], c'est un signe que quelque chose est en train de changer en Am&#233;rique du Sud. Comme le faisait remarquer le pr&#233;sident du S&#233;nat Bolivien, Santos Ramirez : &#171; La Bolivie et l'Am&#233;rique Latine ne sont plus des d&#233;mocraties serviles qui tol&#232;rent... la pauvret&#233; et le renoncement &#224; la souverainet&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mai, Morales a annonc&#233; que la Bolivie allait nationaliser ses ressources &#233;nerg&#233;tiques, et en particulier les exportations de gaz naturel. Bien qu'aucune corporation &#233;trang&#232;re n'ait &#233;t&#233; directement expropri&#233;e, Morales a fait clairement comprendre que le &#171; pillage de nos ressources naturelles par des entreprises &#233;trang&#232;res est arriv&#233; &#224; son terme &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Morales est en train de prendre des mesures pour reconfigurer les rapports commerciaux de son pays, et en particulier avec le Venezuela. La derni&#232;re semaine du mois de mai, Hugo Chavez s'est rendu en avion en Bolivie en d&#233;clarant &#171; nous allons concr&#233;tiser le Trait&#233; Commercial des Peuples &#187;, en faisant allusion &#224; un accord r&#233;cemment sign&#233; entre le Venezuela, la Bolivie et Cuba [2]. Or, ce trait&#233; est ouvertement pr&#233;sent&#233; comme une alternative au Trait&#233; de libre-&#233;change pour les Am&#233;riques, soutenu par les Etats-Unis, qui vise &#224; cr&#233;er une zone de commerce fond&#233;e sur les principes n&#233;o-lib&#233;raux qui facilitent l'expansion des firmes transnationales multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie et le Venezuela ont sign&#233; huit accords qui concernent 200 projets diff&#233;rents dans les domaines de l'&#233;nergie, des mines, de l'&#233;ducation, des sports et des &#233;changes culturels. Surtout, le Venezuela a accept&#233; d'investir plus d'un milliard de dollars pour aider &#224; industrialiser la production de gaz naturel de la Bolivie, y compris la construction d'un complexe p&#233;trochimique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela fournit &#233;galement du carburant pour diesel, que la Bolivie ne produit pas, en &#233;change de la vente de soja. Cet accord arrive &#224; point nomm&#233; pour la Bolivie, qui exportait le soja surtout en direction de la Colombie, qui, elle, vient de signer un trait&#233; de libre-&#233;change avec les Etats-Unis [3]. L'accord entre les Etats-Unis et la Colombie fera que du soya bon march&#233; jouissant de subsides am&#233;ricains inondera la Colombie, excluant de fait le soja bolivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bolivie, Morales a invit&#233; Chavez &#224; visiter le Chapare, une r&#233;gion semi-tropicale o&#249; il s'&#233;tait fait d'abord conna&#238;tre &#224; la t&#234;te de la conf&#233;d&#233;ration des cultivateurs de coca. Pendant cette visite, ils ont annonc&#233; leur intention de construire une usine de conditionnement des feuilles de coca pour la fabrication de th&#233;, de produits m&#233;dicinaux et cosm&#233;tiques. Ce qui ne manquera pas de d&#233;clencher la col&#232;re des Etats-Unis, qui depuis des ann&#233;es m&#232;nent une politique d'&#233;radication forc&#233;e de la coca &#224; Chapare, ce qui a conduit &#224; une quasi-militarisation de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance &#233;conomique naissante entre le Venezuela et la Bolivie aide &#233;galement &#224; faire contrepoids aux difficult&#233;s qui ont surgi avec le Br&#233;sil et l'Argentine suite &#224; la d&#233;termination de Morales &#224; exercer un contr&#244;le plus strict sur les exportations de gaz naturel. Les deux pays voisins ont des investissements significatifs dans les gisements de gaz de la Bolivie, et les deux importent du gaz pour l'usage domestique &#224; des prix bien inf&#233;rieurs &#224; ceux du march&#233; mondial. Lors d'une r&#233;cente r&#233;union internationale de leaders Latino Am&#233;ricains et Europ&#233;ens &#224; Vienne, Autriche, Morales et le Pr&#233;sident Luis Ignacio Lula da Silva ont &#233;chang&#233; des propos acerbes au sujet des efforts men&#233;s par Morales pour mettre sur pied un nouvel accord sur le gaz naturel. M&#234;me si les deux leaders se sont formellement r&#233;concili&#233;s avant de quitter l'Autriche, il y a peu de doute que le soutien de Chavez &#224; la Bolivie donne &#224; cette derni&#232;re un avantage strat&#233;gique dans ses n&#233;gociations avec ses deux voisins les plus puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela est &#233;galement en train de signer un accord financier dont l'objectif est de soutenir les syst&#232;mes bancaire et mon&#233;taire de la Bolivie afin de renforcer la position de Morales dans son rapport de forces avec les institutions financi&#232;res &#233;tatsuniennes et europ&#233;ennes. A fin mars, le gouvernement Bolivien a annonc&#233; qu'il ne demanderait pas de nouveaux emprunts au Fonds Mon&#233;taire International. Cette institution a suscit&#233; beaucoup d'antipathie au cours de ces derni&#232;res d&#233;cennies en imposant une brutale aust&#233;rit&#233; dans le domaine des d&#233;penses sociales et en obligeant &#224; privatiser les entreprises d'Etat, en particulier dans l'industrie mini&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite de Chavez en Bolivie co&#239;ncide avec l'ouverture de la Foire d'Echange, un projet faisant partie du Trait&#233; de commerce des Peuples, conclu entre la Bolivie, le Venezuela et Cuba. Des entreprises de ces trois pays ont particip&#233; avec l'objectif d'augmenter les &#233;changes commerciaux et de partager les savoir-faire technologiques. Lors de la Foire, le vice-pr&#233;sident de la Bolivie, Alvaro Garcia Linera, a critiqu&#233; la politique commerciale n&#233;o-lib&#233;rale men&#233;e par les Etats-Unis en disant : &#171; Il n'est pas n&#233;cessaire que les petits producteurs et entrepreneurs se subordonnent au capital financier... Il existe d'autres formes d'interd&#233;pendance, d'autres formes de globalisation, d'autres mani&#232;res de g&#233;n&#233;rer des &#233;changes r&#233;gionaux de produits, d'id&#233;es et de besoins &#187;. Et il a conclu en disant : &#171; La Bolivie a besoin du monde, et produira pour le monde &#187;. (Trad. A l'Encontre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Diverses critiques &#233;mises &#224; l'occasion de l'annonce par Evo Morales de la &#171; nationalisation des hydrocarbures &#187; ne tiennent aucunement compte de la complexit&#233;, pour un pays comme la Bolivie, de ma&#238;triser non seulement l'extraction et la transformation du gaz, son transport, mais aussi sa stricte commercialisation. Il en va de m&#234;me pour ce qui est de l'exploitation des gisements de fer et de mangan&#232;se de El Mutun. (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Selon l'Agence France-presse (AFP) le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Chavez et bolivien Evo Morales ont annonc&#233; vendredi 26 mai &#224; Shinaota, en pleine zone des planteurs de coca, le lancement &#171; historique &#187; d'une s&#233;rie de grands projets de d&#233;veloppement portant sur 1,5 milliard de dollars et financ&#233;s par le Venezuela. V&#234;tu d'un poncho et coiff&#233; du &#171; lluchu &#187; (bonnet andin) Hugo Chavez a lanc&#233; : &#171; Nous sommes l&#224; pour travailler, pour fonder une nouvelle alternative face aux politiques n&#233;o-lib&#233;rales et aux accords de libre-&#233;change &#187;. &#171; Je me sens tr&#232;s fier c'est un jour historique &#187;, a r&#233;torqu&#233; Evo Morales. &#171; C'est la premi&#232;re fois de son histoire, que la Bolivie va commencer &#224; industrialiser ses hydrocarbures &#187;. (NdR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Face aux difficult&#233;s de concr&#233;tiser le projet de l'ALCA, les Etats-Unis cherchent &#224; multiplier les accords de bilat&#233;raux de libre-&#233;change (TLC).(NdR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Roger Burbach est directeur du Center for the Study of the Americas (Berkley-Californie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Am&#233;rique latine progressiste passe un test d&#233;cisif en Bolivie</title>
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		<dc:date>2006-05-05T00:22:23Z</dc:date>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a tenu sa principale promesse &#233;lectorale : la nationalisation des hydrocarbures. Une &#232;re aussi cruciale que d&#233;licate s'ouvre pour le pays andin. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Avec cette mesure, nous jouons notre survie. &#187; Le vice-pr&#233;sident bolivien Alvaro Garc&#237;a Linera n'est pas du genre &#224; se jouer des mots. En d&#233;cr&#233;tant lundi la nationalisation des hydrocarbures puis&#233;s dans le sous-sol bolivien, le gouvernement d'Evo Morales a ouvert une p&#233;riode d'incertitude pour l'avenir de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a tenu sa principale promesse &#233;lectorale : la nationalisation des hydrocarbures. Une &#232;re aussi cruciale que d&#233;licate s'ouvre pour le pays andin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Avec cette mesure, nous jouons notre survie. &#187; Le vice-pr&#233;sident bolivien Alvaro Garc&#237;a Linera n'est pas du genre &#224; se jouer des mots. En d&#233;cr&#233;tant lundi la nationalisation des hydrocarbures puis&#233;s dans le sous-sol bolivien, le gouvernement d'Evo Morales a ouvert une p&#233;riode d'incertitude pour l'avenir de son projet politique. Radical, d&#233;j&#224; qualifi&#233; en sous-main de &#171; confiscatoire &#187; par les soci&#233;t&#233;s affect&#233;es, le d&#233;cret bouleverse bien des droits acquis. A La Paz, on scrute attentivement les r&#233;actions des soci&#233;t&#233;s transnationales (STN) et de leurs parrains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prononc&#233;e symboliquement un 1er Mai, cent jours apr&#232;s la prise de pouvoir de M.Morales, la d&#233;cision a pris tout le monde par surprise. Si les milieux p&#233;troliers se doutaient que quelque chose se tramait au Palais pr&#233;sidentiel, la plupart des analystes s'attendaient &#224; une nationalisation &#171; light &#187; des hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prise de contr&#244;le &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le plan divulgu&#233; par Evo Morales est -au contraire- une version dure des principes adopt&#233;s lors des r&#233;f&#233;rendums de 2004 puis aux Chambres en mai 2005. Concr&#232;tement, l'Etat reprend la majorit&#233; des participations au sein des trois soci&#233;t&#233;s mixtes -Andina, Chaco et Transredes- issues des privatisations des ann&#233;es 1990 et majoritairement d&#233;tenues jusqu'&#224; pr&#233;sent par les STN espagnole Repsol, britannique BP et anglo-hollandaise Shell. La prise de pouvoir &#224; 51% se fera par l'expropriation des participations boliviennes priv&#233;es et par l'achat d'actions des STN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles entendent demeurer actives en Bolivie, ces soci&#233;t&#233;s ont 180 jours pour n&#233;gocier des contrats de prestation qui remplaceront les concessions abrog&#233;es. M&#234;me mesure pour la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne Petrobras, forc&#233;e de c&#233;der la direction de ses importants gisements gaziers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e de longue date dans le plus grand secret. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'ensemble des hydrocarbures puis&#233;s dans le sous-sol bolivien devront &#234;tre vendus &#224; la soci&#233;t&#233; publique YPFB, charge &#224; elle de les commercialiser. Les syst&#232;mes de transport, de stockage et de distribution, ainsi que les deux raffineries du pays, dont la principale appartient &#224; Petrobras, reviennent aussi dans le giron d'YPFB contre une compensation financi&#232;re &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, imp&#244;ts et royalties vers&#233;s &#224; l'Etat se montent d&#233;sormais &#224; plus de 50% des b&#233;n&#233;fices. Jusqu'&#224; la signature des nouveaux contrats, les deux principaux gisements gaziers seront m&#234;me tax&#233;s &#224; 82% ! Le gouvernement s'attend ainsi &#224; engranger une manne suppl&#233;mentaire annuelle de 360 millions de dollars. De quoi muscler les maigres moyens &#224; disposition d'Evo Morales pour ses projets de d&#233;veloppement social et &#233;conomique alternatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Par la force s'il le faut &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter tout risque de sabotage de la production durant le d&#233;lai de 180 jours, M.Morales a envoy&#233; une myriade de techniciens d'YPFB escort&#233;s par l'arm&#233;e pour prendre le contr&#244;le direct des 56 gisements du pays. De quoi assommer encore un peu plus les cadres des multinationales peu habitu&#233;s &#224; un tel traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration avait, semble-t-il, &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e de longue date dans le plus grand secret, M.Morales devant s'assurer du plein soutien des militaires et peaufiner son texte pour &#233;viter autant que possible des plaintes en dommage et int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amateur de symboles forts, Evo Morales a encore attendu de rentrer de La Havane, o&#249; il vient de signer un accord de libre-&#233;change avec Cuba et le Venezuela de son proche alli&#233; Hugo Ch&#225;vez, pour donner le v&#233;ritable coup d'envoi de sa r&#233;volution &#233;conomique. &#171; La Bolivie a &#233;t&#233; le premier pays du continent &#224; nationaliser ses hydrocarbures (en 1937, ndlr). Celle d'aujourd'hui est la troisi&#232;me et d&#233;finitive nationalisation de nos ressources &#187;, a d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident, soulignant qu'il n'h&#233;siterait pas &#224; employer &#171; la force &#187; contre ceux qui ne &#171; respecteraient pas la d&#233;cision du peuple bolivien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Test pour l'Am&#233;rique latine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, les multinationales ont prudemment r&#233;serv&#233; leurs r&#233;actions. Sous couvert d'anonymat, des menaces de proc&#232;s sont bien &#233;voqu&#233;es mais nombre d'analystes pensent que les STN &#233;viteront un affrontement direct pouvant les conduire &#224; quitter le pays. Vu la taille des r&#233;serves boliviennes, de juteuses affaires restent possibles, notent les experts. La crainte de perdre l'entier de leurs investissements pourrait plaider pour la recherche d'un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un geste inamical qui peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une rupture &#187; par le Br&#233;sil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principaux investisseurs dans le pays, Petrobras et Repsol ont laiss&#233; leurs gouvernements prendre les devants et exprimer leur &#171; profonde inqui&#233;tude &#187;, selon les mots du premier ministre espagnol Jos&#233; Luis Rodriguez Zapatero. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est un geste inamical qui peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une rupture des discussions men&#233;es jusque-l&#224; avec le gouvernement bolivien &#187;, a critiqu&#233; de son c&#244;t&#233; Silas Rondeau, ministre br&#233;silien de l'Energie. Plus strat&#233;gique, le leader du Parti des travailleurs au S&#233;nat, Aloizo Mercadante, a pr&#233;f&#233;r&#233; insister sur les relations d'amiti&#233; entre Lula et Morales, pour trouver un compromis respectant les int&#233;r&#234;ts br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me discours au sein du gouvernement argentin, qui doit ren&#233;gocier ce mois les tarifs pr&#233;f&#233;rentiels dont il b&#233;n&#233;ficie sur le gaz bolivien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une Am&#233;rique du Sud en pleine recomposition g&#233;opolitique autour de l'axe progressiste Venezuela-Br&#233;sil-Argentine, la d&#233;cision du turbulent alli&#233; d'Hugo Ch&#225;vez constituera un test significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#233;galement &#224; voir jusqu'&#224; quel point les Etats occidentaux -europ&#233;ens et nord-am&#233;ricains- respecteront la d&#233;cision du gouvernement bolivien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elections et votations en vue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grande incertitude concerne la r&#233;action des classes moyenne et bourgeoise de Bolivie. En cas de fronde massive de leur part, l'&#233;lection en juillet &#224; l'Assembl&#233;e constituante pourrait priver M.Morales d'une claire majorit&#233; n&#233;cessaire &#224; son projet de r&#233;forme de l'Etat. Et le risque de voir se r&#233;veiller la fi&#232;vre s&#233;cessionniste des provinces riches en hydrocarbures est bien r&#233;el, d'autant qu'une s&#233;rie de consultations populaires sont &#233;galement agend&#233;es sur ce th&#232;me. Enfin, une tentative de d&#233;stabilisation par la gr&#232;ve de cadres ou des sabotages -sur le mod&#232;le du Venezuela en 2002-2003- reste possible. Dans ce contexte, M.Morales pourra-t-il continuer &#224; s'appuyer sur une arm&#233;e tr&#232;s fra&#238;chement convertie &#224; la neutralit&#233; de classe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces incertitudes, il para&#238;t pourtant clair que M.Morales n'avait d'autre choix que de s'attaquer de front aux touts puissants capitaux transnationaux. Avec 70% de pauvres et une &#233;conomie totalement d&#233;pendante, le gouvernement bolivien n'a pas d'autre carte &#224; jouer que celle de son sous-sol s'il entend appliquer son programme. La refondation d'une Bolivie souveraine et ma&#238;tre de son d&#233;veloppement socio&#233;conomique est &#224; ce prix. &lt;br class='autobr' /&gt;
Benito Perez&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; du site &lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.legrandsoir.info&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4 mai 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Courrier, mercredi, 3 mai 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un processus r&#233;volutionnaire diff&#233;rent</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Un-processus-revolutionnaire-different</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Un-processus-revolutionnaire-different</guid>
		<dc:date>2006-01-29T22:01:34Z</dc:date>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un article d'Hugo Blanco, un camarade ami tr&#232;s cher. Surtout, Hugo conna&#238;t, par sa vie militante, ce que repr&#233;sente l'histoire douloureuse et tragique des populations indiennes du P&#233;rou et de la Bolivie. On ne peut que comprendre l'&#233;motion d'Hugo Blanco et la fa&#231;on dont il entre en syntonie avec les aspirations de dizaines de milliers d'Indiens de Bolivie avec lesquels il peut parler leurs propres langues. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hugo Blanco ne s'attache pas &#224; d&#233;crypter, dans ce bref (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bolivie-101-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un article d'Hugo Blanco, un camarade ami tr&#232;s cher. Surtout, Hugo conna&#238;t, par sa vie militante, ce que repr&#233;sente l'histoire douloureuse et tragique des populations indiennes du P&#233;rou et de la Bolivie. On ne peut que comprendre l'&#233;motion d'Hugo Blanco et la fa&#231;on dont il entre en syntonie avec les aspirations de dizaines de milliers d'Indiens de Bolivie avec lesquels il peut parler leurs propres langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Blanco ne s'attache pas &#224; d&#233;crypter, dans ce bref article, des phrases ou des parties de discours d'Evo Morales. Et encore moins les longues d&#233;clarations ou les entretiens du penseur vice-pr&#233;sident Alvaro Garzia Linera, dont la perspective trac&#233;e est bien loin d'une r&#233;volution et plus pr&#232;s, du moins dans le discours, &#171; de la cr&#233;ation d'un capitalisme andin pour les 50 ans &#224; venir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, Hugo Blanco aborde, sous un tout autre angle, le processus en cours que le fait, de fa&#231;on sectaire et superficielle, l'Am&#233;ricain James Petras. Certes, Petras peut mettre le doigt sur de v&#233;ritables questions et interrogations. Nous aurons l'occasion de les d&#233;velopper dans une longue &#233;tude qui sera publi&#233;e sur ce site, mais qui est destin&#233;e &#224; revue latino-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Blanco met en relief - parmi les 16 ministres nomm&#233;s dont 4 femmes -, la ministre de la Justice [1] et le ministre du Travail [2]. A ces 16 ministres, Evo Morales s'est adress&#233; ainsi : &#171; Disposer d'une autorit&#233; revient &#224; servir le peuple et non pas &#224; vivre du peuple[...]. Moi-m&#234;me, je ne voulais pas entrer en politique, parce que les politiques on les voit comme des voleurs, comme des malfaiteurs. Nous avons comme t&#226;che de rendre sa dignit&#233; &#224; la politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir le climat de d&#233;bats ambiant - sur lequel Hugo Blanco insiste -, on peut noter, que cinq ministres ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement mis en question par divers repr&#233;sentants des secteurs sociaux en lutte. Celui qui a &#233;t&#233; le plus attaqu&#233; est le ministre des Mines et de la M&#233;tallurgie : Walter Villarroel Morochi. En effet, Villarroel est consid&#233;r&#233; comme un de ceux qui ont particip&#233; &#224; la destruction de la COMIBOL (Corrporacion Minera de Bolivia) ; symbole de l'&#233;tatisation des mines apr&#232;s 1952, mais aussi symbole de la fa&#231;on dont les occupants du pouvoir peuvent extraire privativement de la richesse avec plus de facilit&#233; que les mineurs extraient de l'&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus gravement, Villarroel a &#233;t&#233; favorable &#224; une des op&#233;rations les plus importantes - en dehors de la question de la gestion des hydrocarbures - de l'avenir &#233;conomique de la Bolivie. Il s'agit de l'appel d'offres pour l'un des plus grands gisements de fer et de mangan&#232;se du monde - la proximit&#233; des deux gisements est d&#233;cisive pour fabriquer des aciers sp&#233;ciaux -, le gisement de El Mutun. De tr&#232;s nombreuses transnationales, y compris chinoises, sont int&#233;ress&#233;es &#224; l'exploitation combin&#233;e de ces deux gisements. Les accords qui seront pass&#233;s repr&#233;sentent un des points cl&#233; pour le contr&#244;le effectif futur des ressources de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de la d&#233;fense, Walker San Miguel Rodriguez, un avocat, a particip&#233; &#224; des op&#233;rations peu claires concernant la r&#233;organisation-vente de la compagnie a&#233;rienne Lloyd Aero Boliviano (LAB). L'association des pilotes de la LAB a d&#233;pos&#233; une plainte pour d&#233;tecter les irr&#233;gularit&#233;s dans le transfert de la propri&#233;t&#233; de la LAB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'&#233;ducation, Felix Patzi Paco, n'est pas accept&#233; par la Conf&#233;d&#233;ration des instituteurs, une Conf&#233;d&#233;ration qui a men&#233; de tr&#232;s nombreuses luttes au cours des ann&#233;es 1990 et qui a un grand r&#244;le dans l'encadrement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un conflit existe de m&#234;me autour de la nomination du ministre de l'eau : Abel Mamani. Il est issu de la F&#233;d&#233;ration des juntes de quartiers d'El Alto (FEJUVE). Le conflit entre un secteur important des combattants populaires d'El Alto et Evo Morales est un fait public. Mamani est accus&#233; d'avoir utilis&#233; la FEJUVE pour ses vis&#233;es personnelles. Ce constat d'utilisation d'appareils syndicaux ou associatifs par des politiciens, pour leurs carri&#232;res, ne se limite certes pas &#224; la Bolivie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nomination du millionnaire Salvador Ric Riera au poste de ministre des infrastructures publiques, un lieu de corruption par excellence, a suscit&#233; les objections de divers syndicats et organisations sociales de Santa Cruz, ville dont est originaire le flamboyant ministre. Et o&#249; la droite bolivienne dispose de ses plus solides assises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir du processus r&#233;volutionnaire va d&#233;pendre non seulement des mobilisations, de la capacit&#233; &#224; construire la dificile passerelle vers un changement radical, mais aussi des interventions politico-&#233;conomiques ext&#233;rieures. Parmi elles, on ne peut se limiter aux Etats-Unis et &#224; l'embl&#233;matique et impressionnante ambassade qui frappe la vue de tout un chacun qui conna&#238;t La Paz. L'intervention neuroleptique des institutions politico-&#233;conomiques br&#233;siliennes n'est pas assez soulign&#233;e. Petrobras et le gouvernement Lula, vont op&#233;rer des transactions &#233;conomico-politiques. Le pouvoir br&#233;silien peut &#234;tre un acteur de premier ordre pour ce qui a trait &#224; l'extraction, &#224; la gestion et au transport du gaz. Sans m&#234;me mentionner la dimension militaire dans la r&#233;gion amazonienne (qui s'effectue en collaboration avec les Etats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le contr&#244;le et la propri&#233;t&#233; des ressources en hydrocarbures (p&#233;trole et surtout gaz) structurent la mobilisation populaire, au moins depuis 2003 dans sa dimension de contr&#244;le de sa propre terre dont elle a &#233;t&#233; expropri&#233; depuis 500 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nestor Kirchner, le pr&#233;sident argentin, fera (et fait) front unique avec Lula. Il est loin d'&#234;tre certain que Fidel Castro ne rejoigne pas, de fait, la politique des deux pr&#233;sidents &#171; de gauche &#187; susmentionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tout cela s'ajoute la situation sociale et &#233;conomique tr&#232;s difficile que traverse la Bolivie apr&#232;s deux d&#233;cennies de contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales. C'est donc un processus qui est en cours. C'est une &#233;tape historique qui s'ouvre pour les Indiens de Bolivie. Ces derniers ne se r&#233;duisent pas aux Aymaras et Quechuas, et parmi eux les tensions li&#233;es &#224; l'histoire sont nombreuses. Dans ce sens, l'Assembl&#233;e constituante, qui s'&#233;tablira en ao&#251;t 2006, est de premi&#232;re importance. Hugo Blanco le souligne &#224; juste titre., M&#234;me si les analogies avec le calendrier de la r&#233;volution russe r&#233;v&#232;lent les restes d'une assez br&#232;ve &#233;ducation argentino-trotskiste qu'Hugo a eu la chance et le malheur de conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe et va se passer en Bolivie m&#233;rite une grande attention et devrait, au moins, susciter quelques r&#233;serves raisonn&#233;es avant d'ass&#233;ner des &#171; condamnations &#187; eurocentristes. La Bolivie n'est pas le Br&#233;sil, elle n'est pas l'Argentine... C'est &#233;l&#233;mentaire. Mais l'&#233;l&#233;mentaire n'est pas toujours ce qui est le plus ais&#233; &#224; comprendre pour ceux qui craignent l'incertitude, et donc la r&#233;flexion. C.-A. Udry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;tais en Bolivie lorsque le mandat pr&#233;sidentiel a &#233;t&#233; transmis &#224; Evo Morales. J'&#233;tais invit&#233; par le camarade Evo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ambiance de processus r&#233;volutionnaire flottait dans l'air et traversait ce peuple. On le percevait dans le nombre et la ferveur r&#233;volutionnaires des gens &#224; l'occasion des grands rassemblements. On le sentait &#224; l'occasion des discours combatifs d'Evo, qui fit r&#233;f&#233;rence au Che et &#224; la phrase de Marcos [dirigeant du mouvement zapatiste indien au Mexique] : &#171; commander en ob&#233;issant &#187;. Evo a parl&#233; clairement contre le n&#233;olib&#233;ralisme. Cette ambiance se retrouve aussi dans le fait que le minist&#232;re de la justice1 est occup&#233; par une servante qui a souffert des abus physiques, psychologiques et sexuels qui sont de l'ordre de la &#171; coutume &#187; dans nos pays. Elle se per&#231;oit dans le fait que le minist&#232;re du travail2 soit occup&#233; par un syndicaliste, elle s'exprime dans le fait qu'une grande quantit&#233; de g&#233;n&#233;raux ont &#233;t&#233; d&#233;mis, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, je veux me concentrer seulement sur aspect : le type de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, nous respectons beaucoup la r&#233;volution cubaine et son principal instrument, l'arm&#233;e de gu&#233;rilla [Hugo Blanco fait r&#233;f&#233;rence ici &#224; la r&#233;volution de 1959]. Nous respectons de m&#234;me beaucoup le processus v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Un officier [Hugo Chavez] qui a fait un coup d'Etat contre un gouvernement corrompu et qui, par la suite, a gagn&#233; face aux partis bourgeois lors des &#233;lections, face &#224; ces partis qui avaient d&#233;go&#251;t&#233; les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comprenons que c'est bien ce qu'ils ont fait [les deux] et que c'&#233;tait le chemin correct &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus r&#233;volutionnaire bolivien est compl&#232;tement diff&#233;rent. C'est une mont&#233;e des luttes populaires progressives et combatives, sans une organisation centralis&#233;e. Une partie des combattants a d&#233;cid&#233; de s'organiser pour conduire la lutte sur le terrain de l'ennemi : les &#233;lections. Cette fraction d'entre eux a construit un parti : Instrument Politique pour la souverainet&#233; des peuples [indig&#232;nes, IPSP]. Comme le pouvoir a plac&#233; des pi&#232;ges l&#233;gaux contre l'inscription de ce parti [Hugo Blanco fait r&#233;f&#233;rence aux oppositions l&#233;gales faites &#224; la cr&#233;ation du parti dont E. Morales deviendra la figure publique], cette fraction a d&#233;cid&#233; d'entrer dans une organisation qui avait un statut l&#233;gal : le MAS. C'est pour cette raison qu'aujourd'hui on fait r&#233;f&#233;rence au MAS-IPSP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement r&#233;volutionnaire bolivien, y compris dans le MAS, il y a une grande diversit&#233; de points de vue. C'est de fa&#231;on toute naturelle que les gens manifestent des d&#233;saccords avec Evo. Mais il n'y a pas d'expulsion, comme dans le PT du Br&#233;sil. Evo affirme : &#171; je peux me tromper, mais je ne trahirai pas &#187;. Il ajoute : &#171; si je m'arr&#234;te, poussez-moi ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuba et le Venezuela ont chacun leur commandant. La Bolivie, non. Evo parle de mani&#232;re syst&#233;matique de la refondation de la Bolivie. Il mentionne que lors de la premi&#232;re fondation de la Bolivie &#187;, les populations indig&#232;nes en ont &#233;t&#233; exclues [1825 : l'ind&#233;pendance est proclam&#233;e &#224; Chuquisaca. Le terme Bolivie est utilis&#233; en l'honneur de Simon Bolivar. Sucre sera le premier vice-pr&#233;sident. La Paz deviendra la capitale en 1899 suite &#224; la &#171; r&#233;volution lib&#233;rale].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette refondation, ces populations seront pr&#233;sentes. Mais pas seulement elles, sera pr&#233;sent aussi tout le peuple bolivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo r&#233;affirme que le 6 ao&#251;t 2006 sera mis en place l'Assembl&#233;e constituante. Cette Assembl&#233;e repr&#233;sente le grand d&#233;sir ardent du peuple bolivien. Tous sont conscients que ce qu'ils ne veulent pas d'une Constituante compos&#233;e de partis traditionnels comme l'ont &#233;t&#233; tant d'autres. Ils savent, avec clart&#233;, cela doit &#234;tre une Assembl&#233;e constituante qui r&#233;unisse les repr&#233;sentants des peuples indig&#232;nes de tous les secteurs populaires de la Bolivie. D&#233;j&#224; on discute des objectifs que devra approuver cette Constituante. Les gens voient dans le gouvernement d'Evo une garantie de r&#233;alisation de cette Assembl&#233;e. Si l'on veut faire une comparaison avec la r&#233;volution russe, ce serait en quelque sorte le Congr&#232;s des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que l'absence du &#171; parti r&#233;volutionnaire &#187; soit un avantage et non pas un d&#233;savantage. L'histoire nous le dira. Nous ne voulons pas faire de th&#233;ories &#224; ce propos. Je voudrais simplement indiquer que nous sommes [par analogie] au mois de &#171; f&#233;vrier russe &#187; [allusion &#224; la r&#233;volution de f&#233;vrier 1917] et que le 6 ao&#251;t sera &#171; l'octobre &#187;. Bien que, depuis f&#233;vrier, tout le monde - la base comme les directions - esp&#232;re qu'en octobre il ne faudra renverser personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus en cours au P&#233;rou a des analogies avec celui de la Bolivie, certes sous une forme embryonnaire. On y voit bourgeonner des r&#233;voltes victorieuses des mouvements sociaux qui ne se trouvent sous l'emprise d'aucune direction d'aucun parti. Le processus bolivien aura une grande influence dans notre pays [le P&#233;rou]. C'est notre obligation de le faire conna&#238;tre. 27 janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La ministre de la Justice se nomme Casimira Rodriguez Romero. Elle a connu les pires conditions de domesticit&#233; &#224; l'&#226;ge de 13 ans. Depuis 1992, confort&#233;e par une foi religieuse, elle s'est engag&#233;e dans la cr&#233;ation de la F&#233;d&#233;ration des travailleuses domestiques. Apr&#232;s dix ans, en 2002, une loi a &#233;t&#233; pass&#233;e par le parlement pour assurer une protection minimum de ces travailleuses. [NdT]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le ministre du Travail se nomme Santiago Alex Galvez Mamani. C'est un dirigeant syndical du secteur manufacturier. Lors de sa nomination, il a affirm&#233; : &#171; j'assume ce d&#233;fi avec beaucoup de responsabilit&#233;s, d'autant plus que le destin du pays ne r&#233;side pas seulement dans les mains des dignitaires de l'Etat, sinon dans celles de chaque travailleur &#187;. [NdT]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Hugo Blanco est un des dirigeants historiques de la gauche r&#233;volutionnaire au P&#233;rou. Il a particip&#233; au mouvement d'autod&#233;fense arm&#233;e des paysans dans la r&#233;gion de Cuzco et fut emprisonn&#233;, dans des conditions tr&#232;s dures, de nombreuses ann&#233;es durant les ann&#233;es 1960. Il sera, de retour d'exil, &#233;lu comme s&#233;nateur, d&#233;but des ann&#233;es 1980. Il sera &#171; exil&#233; &#187; par Fujimori. Au cours de nombreuses ann&#233;es, il sera l'un des dirigeants paysans les plus reconnus des populations indiennes du P&#233;rou.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La seconde naissance de la Bolivie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-seconde-naissance-de-la-Bolivie</link>
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		<dc:date>2006-01-29T21:57:20Z</dc:date>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;il manifesto, samedi 27 janvier 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 22 janvier 2002, Evo f&#251;t chass&#233; du Paradis, c'est-&#224;-dire : le d&#233;put&#233; Morales f&#251;t chass&#233; du Parlement. Le 22 janvier 2006, en ce m&#234;me lieu aux allures fastueuses, Evo Morales a &#233;t&#233; sacr&#233; pr&#233;sident de la Bolivie, c'est-&#224;-dire : la Bolivie commence &#224; savoir qu'elle est un pays &#224; majorit&#233; indig&#232;ne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment de l'expulsion, un d&#233;put&#233; indig&#232;ne &#233;tait plus rare qu'une mouche blanche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre ans apr&#232;s, nombre de l&#233;gislateurs m&#226;chent de la coca, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Bolivie-" rel="directory"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bolivie-101-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;il manifesto, samedi 27 janvier 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22 janvier 2002, Evo f&#251;t chass&#233; du Paradis, c'est-&#224;-dire : le d&#233;put&#233; Morales f&#251;t chass&#233; du Parlement. Le 22 janvier 2006, en ce m&#234;me lieu aux allures fastueuses, Evo Morales a &#233;t&#233; sacr&#233; pr&#233;sident de la Bolivie, c'est-&#224;-dire : la Bolivie commence &#224; savoir qu'elle est un pays &#224; majorit&#233; indig&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de l'expulsion, un d&#233;put&#233; indig&#232;ne &#233;tait plus rare qu'une mouche blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s, nombre de l&#233;gislateurs m&#226;chent de la coca, habitude mill&#233;naire qui &#233;tait interdite dans l'enceinte parlementaire sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*** &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien avant l'expulsion de Evo, les siens, les indig&#232;nes, avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s de la nation officielle. Ils n'&#233;taient pas des fils de la Bolivie : ils n'&#233;taient que sa main d'&#339;uvre. Jusqu'&#224; il y a un peu plus de cinquante ans, les indig&#232;nes ne pouvaient pas voter et pas m&#234;me marcher sur les boulevards dans les villes. Evo, dans son premier discours pr&#233;sidentiel a dit, En connaissance de cause, que les indig&#232;nes ne furent pas invit&#233;s en 1825 &#224; la fondation de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire est aussi celle de toute l'Am&#233;rique, Etats-Unis compris. Nos nations naquirent sur la tromperie. L'ind&#233;pendance des pays am&#233;ricains fut depuis le d&#233;part usurp&#233;e par une minorit&#233; tr&#232;s minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les premi&#232;res Constitutions, sans exception, laiss&#232;rent &#224; la porte les femmes, les indig&#232;nes, les noirs et les pauvres en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de Evo Morales est, en ce sens au moins, &#233;quivalente &#224; l'&#233;lection de Mich&#232;le Bachelet. Evo et Eva. Pour la premi&#232;re fois un indig&#232;ne pr&#233;sident de la Bolivie, pour la premi&#232;re fois une femme pr&#233;sidente du Chili. Et on pourrait dire la m&#234;me chose du Br&#233;sil, o&#249; pour la premi&#232;re fois un noir est ministre de la Culture. N'a-t-elle pas des racines africaines la culture qui a sauv&#233; le Br&#233;sil de la tristesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces terres, malades de racisme et de machisme, ne manqueront pas ceux qui pensent que tout &#231;a est scandaleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scandale est que ce ne soit pas arriv&#233; avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tombent les masques, les visages se d&#233;couvrent et la temp&#234;te se d&#233;cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul langage digne de foi est celui qui na&#238;t de la n&#233;cessit&#233; de dire. Le plus grand d&#233;faut de Evo consiste dans le fait que les gens le croient, parce qu'il transmet de l'authenticit&#233; jusque quand, parlant l'espagnol qui n'est pas sa langue maternelle, il fait quelques petites fautes. Et que les docteurs habiles &#224; se faire l'&#233;cho des voix &#233;trang&#232;res l'accusent d'ignorance. Les marchands de promesses l'accusent de d&#233;magogie. Ils l'accusent d'&#234;tre un caudillo, ceux qui ont impos&#233; &#224; l'Am&#233;rique un Dieu unique, un roi unique et une v&#233;rit&#233; unique. Et ils tremblent de peur, les assassins des indig&#232;nes, ceux qui craignent que leurs victimes soient comme eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*** &lt;br class='autobr' /&gt;
La Bolivie semblait n'&#234;tre rien de plus que le pseudonyme de ceux qui commandaient en Bolivie, et qui la consumaient pendant qu'ils chantaient son hymne, et l'humiliation des indig&#232;nes, faite habitude, semblait un destin. Mais ces derniers temps, mois, ann&#233;es, ce pays a v&#233;cu dans un perp&#233;tuel &#233;tat d'insurrection populaire. Ce processus de rebellions continues, qui a laiss&#233; une tra&#238;n&#233;e de morts, a culmin&#233; avec la guerre du gaz, mais il venait de loin. Il est venu de loin et il a continu&#233; apr&#232;s, jusqu'&#224; l'&#233;lection de Evo contre tout obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le gaz bolivien se r&#233;p&#233;tait une histoire antique de tr&#233;sors vol&#233;s pendant quatre si&#232;cles, depuis la moiti&#233; du 16&#232;me : l'argent de Potosi laissa une montagne vide, le salp&#234;tre de la c&#244;te Pacifique laissa une carte g&#233;ographique sans mer, l'&#233;tain de Oruro laissa une multitude de veuves. C'est &#231;a et seulement &#231;a qu'ils laiss&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes populaires de ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; cribl&#233;es de balles, mais ont &#233;vit&#233; que le gaz ne s'&#233;vapore dans des mains &#233;trang&#232;res, elles ont d&#233; privatis&#233; l'eau &#224; Cochabamba et &#224; La Paz, elles ont renvers&#233; des gouvernements du dehors, et ont dit non aux imp&#244;ts sur le salaire et &#224; d'autres ordres doctes du Fonds Mon&#233;taire International. Du point de vue des moyens de communication civilis&#233;s, ces explosions de dignit&#233; populaire ont &#233;t&#233; des actes de barbarie. Je l'ai vu, lu, &#233;cout&#233; mille fois : la Bolivie est un pays incompr&#233;hensible, ingouvernable, intraitable, ing&#233;rable. Les journalistes qui le disent et le r&#233;p&#232;tent se trompent d'adjectif : ils devraient avouer que pour eux la Bolivie est un pays invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant. Cette c&#233;cit&#233; n'est pas qu'une mauvaise habitude d'&#233;trangers arrogants. La Bolivie est n&#233;e aveugle, incapable de se regarder, parce que le racisme jette de la poudre aux yeux, et c'est un fait acquis qu'il ne manque pas de boliviens pour pr&#233;f&#233;rer se voir avec les yeux de ceux qui les m&#233;prisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas un hasard si le drapeau indig&#232;ne des Andes rend hommage &#224; la diversit&#233; du monde. Selon la tradition c'est un drapeau n&#233; de l'arc-en-ciel f&#233;minin et de l'arc-en-ciel masculin, et cet arc-en-ciel de la terre, qui dans la langue indig&#232;ne s'appelle tissu du sang flamboyant, a plus de couleurs que l'arc-en-ciel du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo Galeano&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Copyright IPS (trad. en italien de Marcella Trambaioli) &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : il manifesto &lt;a href=&#034;http://www.ilmanifesto.it&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ilmanifesto.it&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de la version italienne du texte espagnol par Marie-Ange Patrizio. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site Legrandsoir)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Derni&#232;re ligne droite pour des &#233;lections historiques </title>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;15 d&#233;cembre 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre 2005 [1], en Bolivie, resteront pour toujours inscrites dans l'histoire du pays et du continent dans son ensemble, non seulement parce qu'on y &#233;lira le prochain pr&#233;sident de la R&#233;publique, les parlementaires ou encore les pr&#233;fets, mais surtout parce qu'&#224; travers les urnes, c'est le futur de tout un peuple qui va se d&#233;finir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que, pour les Boliviens et Boliviennes, les sondages sont de moins en moins cr&#233;dibles, en raison des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 d&#233;cembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre 2005 [1], en Bolivie, resteront pour toujours inscrites dans l'histoire du pays et du continent dans son ensemble, non seulement parce qu'on y &#233;lira le prochain pr&#233;sident de la R&#233;publique, les parlementaires ou encore les pr&#233;fets, mais surtout parce qu'&#224; travers les urnes, c'est le futur de tout un peuple qui va se d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que, pour les Boliviens et Boliviennes, les sondages sont de moins en moins cr&#233;dibles, en raison des manipulations &#233;hont&#233;es qui s'y r&#233;alisent, tous - y compris celui de l'ambassade &#233;tasunienne - donnent comme vainqueur virtuel le candidat du Mouvement au Socialisme - Instrument Politique pour la Souverainet&#233; des Peuples (MAS-IPSP), Evo Morales Aima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pendant des ann&#233;es victime de la prison, du confinement, de la r&#233;pression et de la diabolisation des mouvements sociaux, et actuellement victime d'une guerre sale &#224; travers le pouvoir m&#233;diatique, est malgr&#233; tout devenu le leader du mouvement paysan, indien, originaire, populaire et de diff&#233;rents secteurs sociaux de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette conjoncture, le leader bolivien - alli&#233; avec d'importants secteurs professionnels et des chefs d'entreprises, et presque toutes les organisations populaires - donne priorit&#233;, dans sa lutte, son discours et son action quotidienne, &#224; la d&#233;fense de la dignit&#233; et de la souverainet&#233; nationale, &#224; la justice sociale pour les majorit&#233;s historiquement discrimin&#233;es, &#224; la r&#233;cup&#233;ration des ressources naturelles et &#224; des transformations structurelles pour la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de Evo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo descend d'une famille aymara, nation indienne qui poss&#232;de trois piliers fondamentaux pour la formation de toute personne, trois paroles de sage : ama sua (ne sois pas voleur), ama quella (ne sois pas l&#226;che), ama llulla (ne sois pas menteur) ; avec le temps est venue s'y ajouter une quatri&#232;me : ama llunku (ne sois pas servile). &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis sa naissance, la vie du dirigeant a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile : presque mort-n&#233;, il a grandi comme &#171; ni&#241;o llamero &#187; (gardien de lamas) et travailleur agricole ; pour continuer ses &#233;tudes il a travaill&#233; comme boulanger, ma&#231;on, trompettiste et il fut &#233;galement sportif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Touch&#233; par les catastrophes naturelles, il migra - avec une partie de sa famille et de ses voisins de sa terre natale - vers la zone du Chapare, territoire devenu depuis 25 ans son territoire de lutte [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a commenc&#233; sa carri&#232;re syndicale depuis la base : de par sa passion du sport et son honn&#234;tet&#233;, son premier travail fut justement d'organiser des activit&#233;s sportives. De l&#224;, il connut une ascension vertigineuse et est actuellement secr&#233;taire ex&#233;cutif de la F&#233;d&#233;ration du tropique de Cochabamba, pr&#233;sident des Six F&#233;d&#233;rations du tropique et chef du MAS-IPSP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, (...) il impulsa, avec d'autres dirigeants syndicaux, la formation d'un nouvel instrument politique pour les organisations paysannes, indiennes et originaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En seulement 10 ans, le MAS-IPSP, conjointement avec d'autres secteurs populaires, s'est converti en la premi&#232;re force politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'&#234;tre la premi&#232;re force politique &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une r&#233;action peu courante &#224; l'ambassade &#233;tasunienne : un rapport du Conseil national de renseignement des Etats-Unis [National Intelligence Council], intitul&#233; &#171; Mapping the Global Future &#187;, identifie le Venezuela et la Bolivie comme deux pays faisant partie de &#171; l'axe du mal &#187;. L'administration de George W. Bush, sous le pr&#233;texte de &#171; terrorisme international &#187;, a mis dans sa ligne de mire le gouvernement bolivarien de Hugo Ch&#225;vez et le Mouvement au Socialisme (MAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'accusent pas seulement Evo d'&#234;tre un &#171; narco-terroriste &#187;, un &#171; gu&#233;rillero &#187; et un &#171; narco-traficant &#187;. Depuis les sph&#232;res du syst&#232;me et du pouvoir m&#233;diatique s'est d&#233;clench&#233;e une campagne contre sa personne et son int&#233;grit&#233;, mais surtout contre les mouvements sociaux dans leur ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette campagne &#171; sale &#187;, la seule r&#233;ponse est la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui fut un humble gardien de lamas durant son enfance - comme les milliers d'enfants d'aujourd'hui qui vivent sur l'aride haut-plateau bolivien - s'est converti en un cauchemar pour l'Empire, le n&#233;o-lib&#233;ralisme et les multinationales, et en un espoir pour le peuple et pour les majorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il faut souligner que sur tout le territoire national, il y a de plus en plus de voix pour montrer qu'en Bolivie, il existe des milliers d'Evo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de communication&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans avoir recours &#224; des conseillers ou &#224; des experts internationaux qui co&#251;tent des milliers et des milliers de dollars - une insulte pour un pays pauvre comme la Bolivie - le MAS-IPSP a d&#233;velopp&#233; une strat&#233;gie de communication et de campagne horizontale, participative, depuis le bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les partis traditionnels, comme Podemos [Pouvoir d&#233;mocratique et social] de l'ex-adeniste [3] et ancien pr&#233;sident Jorge Quiroga (2001-2002), l'Unit&#233; nationale (UN) de l'homme d'affaires ex-miriste [4] Samuel Dorias Medina ou encore l'Alliance d'unit&#233; de Cochabamba (AUN) de l'ancien membre du Mouvement nationaliste r&#233;volutionnaire (MNR) Manfred Reyes Villa, ont eu recours au pouvoir m&#233;diatique pour tenter de convaincre la population, la campagne du MAS-IPSP s'est fait au porte-&#224;-porte, de quartier en quartier et de village en village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 12 jours des &#233;lections g&#233;n&#233;rales, il n'est donc pas surprenant que les r&#233;sultats des diff&#233;rents sondages, avec des marges diff&#233;rentes, donnent Evo vainqueur ; cependant, ils mettent &#233;galement en garde que le parlement national et les pr&#233;fectures d&#233;partementales pourraient &#234;tre contr&#244;l&#233;es par les partis traditionnels, ce qui rendrait le pays ingouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi joue le pouvoir m&#233;diatique ? D'un c&#244;t&#233;, il essaie d'intimider une partie de la population &#224; propos des changements structurels qui s'annoncent et l'autre, il tente de favoriser les candidats du syst&#232;me, en particulier ceux de Podemos et l'UN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre sale men&#233;e par les partis traditionnels n'est pas seulement parvenue &#224; impliquer les principaux candidats du MAS, Evo et l'intellectuel &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, mais elle a aussi mis en cause la dignit&#233;, le sentiment et l'honorabilit&#233; de tous les Boliviens et Boliviennes qui ont besoin, d'autant plus dans cette conjoncture, de propositions concr&#232;tes et non plus de simples promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute que les Boliviens et Boliviennes, qu'ils soient de la campagne ou de la ville, ont radicalement chang&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Rappelons qu'en deux ans, ils ont expuls&#233; deux pr&#233;sidents et, au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es, deux multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux se trouvent aujourd'hui plus forts que jamais, m&#234;me sans un seul interlocuteur politique, r&#244;le endoss&#233; d&#233;sormais par le MAS-IPSP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que les tendances m&#233;diatiques qui ob&#233;issent &#224; des int&#233;r&#234;ts patronaux ne veulent pas montrer cette r&#233;alit&#233;. Elles lui pr&#233;f&#232;rent la r&#233;alit&#233; fictive de la Bolivie avan&#231;ant vers l'ingouvernabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son programme &#233;lectoral, le MAS-IPSP r&#233;sume les revendications populaires : la nationalisation et l'industrialisation des hydrocarbures, pour que tout le gaz et le p&#233;trole qui sortent des puits soient propri&#233;t&#233; bolivienne, et non des multinationales ; l'assembl&#233;e constituante pour refonder le pays avec et pour toutes les nations natives et tous les secteurs sociaux ; l'autonomie pour les peuples, ce qui signifie la restructuration et la d&#233;centralisation politique de la R&#233;publique pour que les r&#233;gions disposent d'un pouvoir de d&#233;cision politique et administratif ; le plan de d&#233;veloppement productif, un nouveau mod&#232;le &#233;conomique de r&#233;ciprocit&#233; et de compl&#233;mentarit&#233; &#233;conomique ; la loi contre la corruption et l'impunit&#233;, bas&#233;e sur des enqu&#234;tes sur les fortunes, l'&#233;limination des &#171; frais r&#233;serv&#233;s &#187; [5] et la cr&#233;ation d'une nouvelle &#233;chelle salariale pour les fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le plan est compl&#233;t&#233; par une loi sur la terre productive dont le but est d'en finir avec les latifundios [grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res improductives] et de fournir imm&#233;diatement les titres de propri&#233;t&#233; des terres aux peuples indiens, aux paysans et aux petits propri&#233;taires ainsi que la s&#233;curit&#233; juridique pour tous ceux qui travaillent la terre ; un plan efficace de s&#233;curit&#233; urbaine pour mener &#224; bien une politique de s&#233;curit&#233; &#224; partir d'une perspective pr&#233;ventive, avec comme base l'inclusion sociale ; la cr&#233;ation d'un nouveau syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale pour donner une couverture de sant&#233; &#224; trois niveaux : le premier, consultations de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale ; le second, m&#233;decine sp&#233;cialis&#233;e ; et le troisi&#232;me niveau, hospitalisation ; une loi pour transformer l'&#233;ducation et revaloriser la culture, avec l'abrogation de la Loi de r&#233;forme &#233;ducative, la garantie du suivi et de la qualit&#233; de l'&#233;ducation publique et gratuite au sein d'un seul et m&#234;me syst&#232;me d'&#233;ducation nationale, pour parvenir &#224; une &#233;ducation communautaire fond&#233;e sur l'interculturalit&#233; et respectant la plurinationalit&#233; et le plurilinguisme. Ces revendications reprises dans le programme du MAS-IPSP ont &#233;t&#233; formul&#233;es durant les guerres d'octobre 2003 [6] et mai-juin 2005 [7], aucun autre parti ne les a reprises, par peur des changements structurels n&#233;cessaires pour le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Podemos, on se fait avoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon tous les sondages, la seconde place dans les pr&#233;f&#233;rences &#233;lectorales est occup&#233;e par le candidat pr&#233;f&#233;r&#233; de l'ambassade des &#201;tats-Unis, des multinationales et des politiciens traditionnels : le leader de Podemos, Jorge Quiroga Ram&#237;rez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiroga Ram&#237;rez, adeniste, successeur du d&#233;funt pr&#233;sident Hugo Banzer Su&#225;rez [8], a, durant sa courte gestion du gouvernement, privatis&#233; les raffineries p&#233;troli&#232;res, &#233;mis un d&#233;cret lib&#233;rant les multinationales de leur obligation &#224; perforer un puits par parcelle, a accord&#233; des propri&#233;t&#233;s mini&#232;res &#224; des entreprises nord-am&#233;ricaines, tout au long de 50 kilom&#232;tres de fronti&#232;res, et a ordonn&#233; le retrait de 19 millions de dollars correspondant aux &#171; frais r&#233;serv&#233;s &#187;, 48 heures avant d'abandonner le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, quand &#233;clata la &#171; guerre du gaz &#187;, il se trouvait &#224; Miami en train de se rem&#233;morer - qui sait - les 33 Boliviens assassin&#233;s durant son court mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'est qu'une petite partie des actions du candidat de Podemos qui, contrairement &#224; ce que propose le MAS-IPSP, s'oppose &#224; la nationalisation des hydrocarbures, souhaite une r&#233;forme de la constitution mais pas d'assembl&#233;e constituante, pense &#224; une autonomie qui b&#233;n&#233;ficierait aux groupes de pouvoir [9] qui en outre pr&#233;tendent consolider les piliers de la politique n&#233;o-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a affirm&#233; Evo dans un grand discours &#224; la population de Tupiza (Potos&#237;) venue l'&#233;couter en masse, les &#233;lections de d&#233;cembre ne serviront pas seulement &#224; changer les gouvernants ni un programme politique, mais &#224; changer le cours m&#234;me de l'histoire. &#171; Sont dans la balance : le &#171; pouvoir de la pr&#233;bende &#187;, de la corruption, de la politique traditionnelle, et le pouvoir de la conscience, des majorit&#233;s nationales, du changement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Boliviens et Boliviennes, de milieu rural ou urbain, ont d&#233;sormais la parole, la d&#233;cision et leur sort en main ...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] [NDLR] Consultez le dossier &#171; Elections pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives 2005 &#187; sur RISAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] [NDLR] Comme leader des paysans cultivateurs de coca, les cocaleros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] [NDLR] de l'ADN, Action d&#233;mocratique nationaliste, parti cr&#233;&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 70 par le dictateur Hugo Banzer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] [NDLR] Du MIR, Mouvement de gauche r&#233;volutionnaire, parti qui porte mal son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] [NDLR] Argent dont dispose discr&#232;tement le gouvernement et ses minist&#232;res et qui est consid&#233;r&#233; comme une source de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] [NDLR] Le conflit social et politique connu comme la guerre du gaz qui a men&#233; &#224; la d&#233;mission de Gonzalo Sanchez de Lozada.&lt;br class='autobr' /&gt;
[NDLR] Consultez le dossier &#171; Guerre du gaz &#187; sur RISAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] [NDLR] La seconde guerre du gaz qui a men&#233; &#224; la d&#233;mission du pr&#233;sident Carlos Mesa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la d&#233;mission du pr&#233;sident Carlos Mesa en juin 2005, lire Thierry Vermorel, Bolivie : la seconde guerre du gaz, RISAL, ao&#251;t 2005 ; Sylvie Dugas, Apr&#232;s l'Argentine, la Bolivie au coeur de la tourmente n&#233;olib&#233;rale, RISAL, juin 2005 ; Richard Gott, Un soul&#232;vement sismique chez les indiens d'Am&#233;rique latine, RISAL, juin 2005 ; Walter Chavez, Bolivie : mobilisations sociales pour la nationalisation des hydrocarbures et d&#233;mission du pr&#233;sident, RISAL, juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] [NDLR] Hugo Banzer a pris le pouvoir en 1971 par un coup d'Etat et y est rest&#233; jusqu'en 1978, instaurant un r&#233;gime dictatorial et r&#233;pressif. Il reprendra d&#233;mocratiquement, apr&#232;s un scrutin &#233;lectoral, la t&#234;te de l'Etat bolivien en 1997. Sa sant&#233; l'obligera &#224; &#233;courter son mandat en 2001.Il d&#233;c&#232;dera en mai 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] [NDLR] Notamment les chefs d'entreprises et les grands propri&#233;taires terriens des r&#233;gions orientales du pays qui se mobilisent pour obtenir plus d'autonomie r&#233;gionale afin qu'ils puissent garder pour eux les profits provenant de l'exploitation et de la vente des hydrocarbures. En effet, les principaux centres d'exploitation du gaz sont concentr&#233;s dans la r&#233;gion de Tarija, &#224; la fronti&#232;re de l'Argentine, tandis que les centres en cours de prospection sont quant &#224; eux concentr&#233;s dans la r&#233;gion de Santa Cruz, situ&#233;e &#224; l'Est de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : ALAI, Am&#233;rica Latina en Movimiento (&lt;a href=&#034;http://www.alainet.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alainet.org&lt;/a&gt;), 6 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Cynthia Benoist, pour RISAL (&lt;a href=&#034;http://www.risal.collectifs.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.risal.collectifs.net&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site de risal)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Morales aux portes du pouvoir</title>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; de peu dans la conqu&#234;te du fauteuil pr&#233;sidentiel, le leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales, figure embl&#233;matique du mouvement paysan et indig&#232;ne bolivien, appara&#238;t comme le grand favori des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; l'&#233;clatement des mouvements sociaux boliviens, l'un des objectifs du Mouvement vers le socialisme (MAS) &#233;tait de garantir une large alliance des forces indig&#232;nes et de la gauche en vue de l'&#233;lections (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; de peu dans la conqu&#234;te du fauteuil pr&#233;sidentiel, le leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales, figure embl&#233;matique du mouvement paysan et indig&#232;ne bolivien, appara&#238;t comme le grand favori des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 18 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'&#233;clatement des mouvements sociaux boliviens, l'un des objectifs du Mouvement vers le socialisme (MAS) &#233;tait de garantir une large alliance des forces indig&#232;nes et de la gauche en vue de l'&#233;lections pr&#233;sidentielle du 18 d&#233;cembre. Ce pari semble partiellement r&#233;ussi aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence de puissants syndicats tels que la Conf&#233;d&#233;ration des retrait&#233;s et la F&#233;d&#233;ration des mineurs coop&#233;rativistes, et de partis politiques d'importance, comme le Mouvement sans peur (MSM), qui g&#232;re la ville de La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les principales organisations sociales boliviennes sont rest&#233;es &#224; l'&#233;cart du processus d'alliances. C'est le cas notamment de la fraction du mouvement paysan dirig&#233; par Felipe Quispe, candidat pour le Mouvement indig&#232;ne pachakuti (MIP), auquel les sondages n'accordaient r&#233;cemment que 1 % des intentions de vote. Les mouvements sociaux de la ville de El Alto, la &#171; ville rebelle &#187; voisine de La Paz, qui fut l'&#233;picentre des deux &#171; guerres du gaz &#187;, en octobre 2003 et en mai-juin 2005, ne seront pas non plus de la partie. Les leaders de la F&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartiers (Fejuve) et de la Centrale ouvri&#232;re r&#233;gionale (COR) ont, en effet, jug&#233; que le nombre de candidatures que leur r&#233;servait le MAS &#233;tait insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affect&#233;e par le discr&#233;dit des partis n&#233;olib&#233;raux ayant particip&#233; au gouvernement Sanchez de Lozada (2002-2003), qui fut &#224; l'origine de la sanglante r&#233;pression de la premi&#232;re &#171; guerre du gaz &#187; (plus de 60 victimes), la droite s'est r&#233;organis&#233;e autour de deux partis, dont le principal point commun est d'avoir permis &#224; un nombre significatif de parlementaires &#171; gonistes &#187;1 de pouvoir pr&#233;tendre &#224; un nouveau mandat. D'une part, Unit&#233; nationale, dont le candidat, Samuel Doria Medina, est un ancien membre du Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire (MIR)2. Celui-ci se pr&#233;sente comme un candidat de centre gauche mod&#233;r&#233;, et s'identifie &#224; l'action du gouvernement Lula au Br&#233;sil. D'autre part, Pouvoir d&#233;mocratique social (Podemos), dont le chef de file est Jorge Tuto Quiroga, ancien pr&#233;sident (2001-2002) et dirigeant de l'Action d&#233;mocratique nationaliste (ADN)3. Cherchant &#224; polariser de mani&#232;re permanente la sc&#232;ne &#233;lectorale en pr&#233;sentant les programmes du MAS et de Podemos comme &#171; deux projets de soci&#233;t&#233; &#187; distincts, Quiroga b&#233;n&#233;ficie du soutien implicite du Mouvement nationaliste r&#233;volutionnaire (MNR), toujours dirig&#233; depuis Washington par Sanchez de Lozada. Le MNR centre moins sa campagne sur son candidat, l'inconnu Michiaki Nagatani, que sur une &#171; guerre sale &#187; visant &#224; diffamer tant Doria Medina que Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 novembre, le pr&#233;sident br&#233;silien Lula d&#233;clarait : &#171; Une victoire de Evo Morales serait un &#233;v&#233;nement historique, non seulement pour la Bolivie, mais pour tout le continent. &#187; Bien que son programme soit presque exclusivement centr&#233; sur une politique &#233;conomique n&#233;okeyn&#233;sienne visant &#224; r&#233;organiser le secteur productif bolivien, une victoire du MAS serait n&#233;anmoins un point d'appui pour une involution des politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es depuis les ann&#233;es 1980 en Bolivie, comme en t&#233;moigne le projet de nationalisation du gaz. L'ing&#233;rence des Etats-Unis dans la d&#233;finition de certaines politiques, sur le th&#232;me de la coca notamment, pourrait &#233;galement &#234;tre moins facilit&#233;e. La balle est dans le camp des mouvements populaires et de certains secteurs de gauche qui, depuis dix ans maintenant, sont &#224; l'origine de ce projet d'&#233;mancipation des &#171; exploit&#233;s et des opprim&#233;s &#187; de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De La Paz, Herv&#233; Do Alto&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Du surnom de Gonzalo Sanchez de Lozada, &#171; Goni &#187;, destitu&#233; par la premi&#232;re guerre du gaz &#224; l'automne 2003. 2. Le MIR est n&#233; dans les ann&#233;es 1970 contre la dictature. Il s'est converti au n&#233;olib&#233;ralisme &#224; la fin des ann&#233;es 1980. 3. L'ADN fut fond&#233;e par l'ex-dictateur et g&#233;n&#233;ral Hugo Banzer Suarez au lendemain de la d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution sur l'Altiplano</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Revolution-sur-l-Altiplano</link>
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		<dc:date>2005-06-19T21:38:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s trois semaines de barrages routiers et d'occupations d'usine, les dirigeants paysans et les organisations ouvri&#232;res se sont prononc&#233;s pour une tr&#234;ve. Le nouveau pr&#233;sident, Eduardo Rodriguez, doit maintenant r&#233;pondre &#224; leur demande de nationalisation du secteur des hydrocarbures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme lors de la &#171; guerre de l'eau &#187; en 2000 et de la &#171; guerre du gaz &#187; en 2003, les masses insurg&#233;es se sont de nouveau lev&#233;es contre le pouvoir politique oligarchique, raciste et corrompu, qui gouverne avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s trois semaines de barrages routiers et d'occupations d'usine, les dirigeants paysans et les organisations ouvri&#232;res se sont prononc&#233;s pour une tr&#234;ve. Le nouveau pr&#233;sident, Eduardo Rodriguez, doit maintenant r&#233;pondre &#224; leur demande de nationalisation du secteur des hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lors de la &#171; guerre de l'eau &#187; en 2000 et de la &#171; guerre du gaz &#187; en 2003, les masses insurg&#233;es se sont de nouveau lev&#233;es contre le pouvoir politique oligarchique, raciste et corrompu, qui gouverne avec la complicit&#233; des entreprises transnationales (Repsol, British Petroleum, Petrobras, Total, Shell, Enron). Comme tant de fois, la lutte pour la r&#233;appropriation des ressources naturelles (terre, eau, gaz, p&#233;trole) se m&#234;le aux exigences et aux contestations sociales contre les programmes n&#233;olib&#233;raux des institutions financi&#232;res internationales (FMI, Banque mondiale, Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement). Dans un pays o&#249; pr&#232;s de 80 % des habitants survivent en dessous du seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie vit une situation de r&#233;bellion populaire et r&#233;volutionnaire. L'image de Trotsky est l&#224; : toute la vie quotidienne a &#233;t&#233; boulevers&#233;e. Le &#171; peuple &#187; se trouve en &#233;tat d'insubordination, d&#233;lib&#232;re et s'auto-organise. Le principe bourgeois &#171; d'autorit&#233; &#187; a &#233;t&#233; balay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le lundi 23 mai, les mouvements populaires occupent le centre de gravit&#233; politique et entretiennent un rapport de forces en leur faveur. Routes bloqu&#233;es, gazoducs et ol&#233;oducs ferm&#233;s, puits p&#233;troliers et gaziers occup&#233;s, transports et a&#233;roports paralys&#233;s. Huit villes sont pratiquement assi&#233;g&#233;es. La gigantesque mobilisation indig&#232;ne, paysanne, ouvri&#232;re et populaire a exprim&#233; la volont&#233; intangible de renationaliser la richesse spoli&#233;e et de &#171; reconstruire la nation &#187;, gr&#226;ce &#224; des formes vari&#233;es de d&#233;mocratie directe et d'autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; double pouvoir &#187; latent n'a fait que se d&#233;velopper : mineurs en gr&#232;ve, marche des sans-terre, comit&#233;s d'approvisionnement, conseils municipaux ouverts et assembl&#233;es populaires. Depuis la F&#233;d&#233;ration des voisins d'El Alto, la furie s'est abattue pour prendre possession des rues de La Paz. Finalement, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dirig&#233;e par les travailleurs et les &#233;tudiants s'est termin&#233;e en d&#233;molissant la pr&#233;sidence d'un Carlos Mesa isol&#233; et d&#233;pourvu d'appuis politiques. Ni les menaces des &#201;tats-Unis, ni les &#171; m&#233;diations &#187; de derni&#232;re heure des envoy&#233;s de Lula et Kirchner1, n'ont pu l'&#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes de domination institutionnels sont en &#233;tat de mort c&#233;r&#233;brale. Les partis politiques traditionnels (MNR, MIR) sont compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;s. L'&#201;tat est au bord de l'implosion. Les forces arm&#233;es et l'&#201;glise catholique - &#233;l&#233;ments clefs pour garantir la succession pr&#233;sidentielle - esp&#232;rent que les &#233;lections anticip&#233;es (avant six mois) donneront &#224; la crise une &#171; solution institutionnelle &#187;. Le Mouvement pour le socialisme (MAS) pense la m&#234;me chose et privil&#233;gie les &#233;lections. Evo Morales l'a confirm&#233; il y a peu : il offre une &#171; tr&#234;ve &#187; au nouveau pr&#233;sident, Eduardo Rodriguez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issue &#233;lectorale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'impossibilit&#233; de gouverner persiste. La convergence de deux facteurs s'y rattache : d'un c&#244;t&#233;, la radicalit&#233; massive de la contestation politique et sociale des masses exploit&#233;es, et de l'autre, la d&#233;composition d'une classe dominante, qui, depuis la chute de Sanchez de Losada2, ne parvient pas &#224; r&#233;affirmer sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections elles-m&#234;mes apportent un risque de d&#233;stabilisation en plus, avec le danger que le pr&#233;sident &#233;lu n'atteigne pas 50 % des voix - il n'y a pas de second tour en Bolivie -, et la difficult&#233; qu'il aurait &#224; &#234;tre avalis&#233; par un Parlement incapable de r&#233;ussir un &#171; consensus national &#187;. Dans de telles conditions, le fantasme de l'&#171; ill&#233;gitimit&#233; &#187; jetterait de l'huile sur le feu, sachant que le &#171; syst&#232;me politique &#187; a au moins deux dossiers en attente : l'assembl&#233;e constituante, comme l'exigent les mouvements populaires, et le r&#233;f&#233;rendum sur l'autonomie, voulu par les fractions capitalistes de Santa Cruz de la Sierra et Tarija. Ces deux d&#233;partements clefs produisent la plus grande partie des hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place des &#233;lections et la d&#233;signation d'un nouveau pr&#233;sident ne brisent pas le processus de luttes pour la renationalisation du gaz et du p&#233;trole. Le changement de personnage au palais Quemado3, pour d&#233;samorcer la r&#233;bellion populaire, n'aboutit pas au r&#233;sultat escompt&#233;. Depuis El Alto, avec la Centrale ouvri&#232;re de Bolivie (COB), jusqu'&#224; l'Assembl&#233;e populaire et les centaines de syndicats paysans du pays, la mobilisation continue avec son cort&#232;ge de revendications &#233;conomiques, sociales et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, via diff&#233;rents m&#233;dias, le MAS et ses principaux dirigeants insistent pour mettre un terme aux protestations et pr&#233;parer le sc&#233;nario &#233;lectoral. Quelques groupes de paysans &#171; cocaleros &#187; r&#233;pondent &#224; leurs chefs et commencent &#224; lever les barrages dans certaines r&#233;gions. Ces circonstances peuvent acc&#233;l&#233;rer le processus de fragmentation du leadership populaire, &#224; moins qu'il n'y pr&#233;domine l'unit&#233; d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ernesto Herrera (traduit par Thomas Mitch)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Pr&#233;sident argentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Pr&#233;d&#233;cesseur de Carlos Mesa, ayant fui aux Etats-Unis en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Si&#232;ge de la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers une assembl&#233;e constituante en Bolivie </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Vers-une-assemblee-constituante-en-Bolivie</link>
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		<dc:date>2004-03-15T02:44:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;12 mars 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; La Paz.- Le vendredi 20 f&#233;vrier, le pr&#233;sident Carlos Mesa a promulgu&#233; la r&#233;forme de la Constitution, une r&#233;forme qui inclut les figures du r&#233;f&#233;rendum (effectif/ d&#233;cisionnel ou consultatif, sur des questions d'int&#233;r&#234;t national) et l'assembl&#233;e constituante dont la mission sera de r&#233;diger une nouvelle constitution. La grande mobilisation d'octobre dernier avait commenc&#233; avec deux exigences principales ; la reconnaissance des hydrocarbures comme patrimoine de l'Etat bolivien et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;12 mars 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Paz.- Le vendredi 20 f&#233;vrier, le pr&#233;sident Carlos Mesa a promulgu&#233; la r&#233;forme de la Constitution, une r&#233;forme qui inclut les figures du r&#233;f&#233;rendum (effectif/ d&#233;cisionnel ou consultatif, sur des questions d'int&#233;r&#234;t national) et l'assembl&#233;e constituante dont la mission sera de r&#233;diger une nouvelle constitution. La grande mobilisation d'octobre dernier avait commenc&#233; avec deux exigences principales ; la reconnaissance des hydrocarbures comme patrimoine de l'Etat bolivien et la convocation d'une telle assembl&#233;e constituante. Face &#224; ces revendications, le gouvernement de Gonzalo Sanchez de Lozada n'avait offert comme seule r&#233;ponse qu'une r&#233;pression sanglante qui ne s'est termin&#233;e qu'avec sa d&#233;mission et sa fuite du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi une assembl&#233;e constituante ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication d'une assembl&#233;e constituante a commenc&#233; &#224; se dessiner au cours des mobilisations de l'ann&#233;e 2000, sous le gouvernement de Hugo Banzer. Cette exigence est n&#233;e au sein des secteurs populaires en tant que r&#233;ponse &#224; l'application du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral qui a aggrav&#233; la mis&#232;re en bradant les ressources naturelles et l'appareil productif du pays au profit des multinationales. Les secteurs qui soutenaient cette demande exigeaient une modification radicale de la Constitution, avec l'objectif d'&#233;tablir une nouvelle structure &#233;tatique qui garantisse la satisfaction des besoins sociaux du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet appel &#224; la convocation d'une assembl&#233;e constituante a rapidement trouv&#233; un &#233;cho dans beaucoup de secteurs populaires. En juin 2002, peu avant la fin du mandat de Jorge Quiroga, qui avait succ&#233;d&#233; &#224; Banzer au cours de la derni&#232;re ann&#233;e de ce gouvernement, une marche indig&#232;ne avait parcouru le pays depuis Santa Cruz jusqu'&#224; La Paz avec comme unique mot d'ordre la demande d'une assembl&#233;e constituante. A quelques jours de la fin de leurs mandats, les partis au pouvoir avaient sign&#233; un accord avec les marcheurs afin d'inclure cette revendication dans la Loi de N&#233;cessit&#233; de R&#233;forme de la Constitution. Mais, comme tant de fois par le pass&#233;, ils n'ont pas respect&#233; leurs engagements et ont approuv&#233; cette loi sans inclure la question de la Constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel d&#233;ni a eu comme cons&#233;quence importante de sensibiliser &#233;galement la classe moyenne. Lorsque Sanchez de Lozada entre en fonction, la Constituante &#233;tait devenue l'une des th&#233;matiques les plus exig&#233;es d'entre toutes. En janvier 2003, d&#233;j&#224;, Goni (surnom de Sanchez de Lozada) avait affront&#233; une mobilisation des secteurs paysans qui ne luttaient nullement pour leurs int&#233;r&#234;ts particuliers mais bien pour ceux de la nation : retour au b&#233;n&#233;fice du pays des ressources naturelles et convocation d'une Constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sanglantes journ&#233;es de f&#233;vrier et d'octobre 2003 ont fait qu'il est d&#233;sormais impossible de nier ces deux exigences. Goni et ses principaux collaborateurs ont fui le pays et le nouveau pr&#233;sident a annonc&#233;, dans son discours d'intronisation, qu'il respecterait le mandat populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Constituante est un processus &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incorpor&#233;e &#224; la Constitution politique de l'Etat (CPE), l'assembl&#233;e constituante peut &#234;tre convoqu&#233;e dans un futur proche. Le texte constitutionnel pr&#233;cise qu'elle sera appel&#233;e via une loi approuv&#233;e par le Congr&#232;s national &#224; laquelle le pr&#233;sident ne peut opposer son v&#233;to. La loi de convocation pr&#233;cisera le nombre de constituants, la mani&#232;re dont ils seront &#233;lus et, sans doute, la dur&#233;e de leur fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'exercice d'une d&#233;mocratie participative qui sera ainsi initi&#233;e, on r&#233;digera cette loi en tant que conclusion d'un processus de s&#233;minaires, ateliers, consultations, enqu&#234;tes, qui devront se faire dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreuses propositions concernant principalement la forme de l'&#233;lection des constituants. Elles vont de la d&#233;signation corporative jusqu'&#224; l'&#233;lection d'un nombre &#233;gal de repr&#233;sentants dans chacun des 9 d&#233;partements, sans tenir compte du nombre de leurs habitants. Le plus probable, sans doute, est que l'on proc&#233;dera &#224; une &#233;lection qui garantisse une repr&#233;sentation ad&#233;quate des diff&#233;rents secteurs de la soci&#233;t&#233; et des diff&#233;rentes r&#233;gions du pays. Avec cette m&#233;thode, la r&#233;forme constitutionnelle supprime le monopole des partis politiques pour que les regroupements citoyens des villes et de la campagne puissent directement pr&#233;senter leurs candidats. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au nombre de constituants, certains souhaitent qu'il soit le plus r&#233;duit possible en argumentant que de cette fa&#231;on l'assembl&#233;e aura l'efficacit&#233; ad&#233;quate. D'autres, au contraire, pr&#233;f&#232;rent une repr&#233;sentation plus nombreuse qui garantisse la pr&#233;sence de tous les secteurs. Il faudra trouver un juste milieu qui puisse rendre possible une repr&#233;sentation sociale et r&#233;gionale satisfaisante sans &#234;tre massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Refonder le pays &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoquer une assembl&#233;e constituante afin de seulement &#233;largir les droits citoyens et perfectionner l'appareil d'Etat serait quelque chose de superflu. Pour ce faire, il suffit d'une r&#233;forme partielle de la Constitution politique de l'Etat. La Constituante aura au contraire la mission de donner une nouvelle charte fondatrice au pays. L'actuelle constitution a un profil clairement lib&#233;ral : droits et devoirs des individus, structure classique de l'Etat, garantie de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, etc. Les processus populaires des 70 derni&#232;res ann&#233;es y ont ajout&#233; quelques conqu&#234;tes sociales : droits syndicaux, protection des parcelles paysannes, et, plus r&#233;cemment, la reconnaissance du caract&#232;re multiculturel et multilingue de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1985, l'imposition du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral a fait que ces conqu&#234;tes sociales ont &#233;t&#233; pi&#233;tin&#233;es par les gouvernements successifs. Ainsi, les ressources naturelles ont &#233;t&#233; offertes aux multinationales. Les syndicats ne sont pas reconnus par les patrons. Les gr&#232;ves sont automatiquement d&#233;clar&#233;es ill&#233;gales par le Minist&#232;re du Travail. La parcelle paysanne n'a aucune protection. M&#234;me les droits fondamentaux de la personne, comme le droit au travail, n'ont aucune valeur dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme nous l'avons dit, il ne s'agit pas seulement de restituer ou de consolider ces droits. La nouvelle Constitution politique de l'Etat doit inclure, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la Bolivie, les conceptions, les us et coutumes, la culture m&#234;me, des peuples indig&#232;nes qui composent la majorit&#233; de notre soci&#233;t&#233;. Et le premier &#233;l&#233;ment de ces concepts est la r&#233;cup&#233;ration de la structure productive du pays qui a &#233;t&#233; d&#233;truite afin de laisser libre champ au mod&#232;le colonial. L'Etat doit se constituer en promoteur de la production nationale avec un gouvernement organis&#233; de telle sorte que tous ses m&#233;canismes contribuent &#224; ce processus. La l&#233;gislation devra s'&#233;laborer dans une assembl&#233;e l&#233;gislative r&#233;ellement repr&#233;sentative de la soci&#233;t&#233; et soumise &#224; son contr&#244;le. La justice devra &#234;tre rendue par des tribunaux qui devront &#234;tre responsables devant la soci&#233;t&#233;. Telle est l'ampleur de la t&#226;che qui attend&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : ALAI - Agencia Latinoamericana de Informaci&#243;n, 24-02-04. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction : Ataulfo Riera, pour RISAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et maintenant que faire ?</title>
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		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
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		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Elu d&#233;put&#233; avec 7 % des voix aux &#233;lections de 2002 pour le Mouvement indig&#232;ne Pachacuti (MIP), Felipe Quispe, 61 ans, est pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB). Fondateur de la gu&#233;rilla TupacKatari dans l'Altiplano (d&#233;mantel&#233;e en 1992), il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; avec les principaux dirigeants, avant d'en ressortir cinq ans plus tard et de cr&#233;er le MIP en 2001 (Extraits d'une interview accord&#233;e au journal br&#233;silien Folha au lendemain de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bolivie-101-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elu d&#233;put&#233; avec 7 % des voix aux &#233;lections de 2002 pour le Mouvement indig&#232;ne Pachacuti (MIP), Felipe Quispe, 61 ans, est pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB). Fondateur de la gu&#233;rilla TupacKatari dans l'Altiplano (d&#233;mantel&#233;e en 1992), il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; avec les principaux dirigeants, avant d'en ressortir cinq ans plus tard et de cr&#233;er le MIP en 2001 (Extraits d'une interview accord&#233;e au journal br&#233;silien Folha au lendemain de la d&#233;mission du pr&#233;sident Sanchez de Lozada).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Folha - Qu'allez-vous faire maintenant avec le changement de pr&#233;sident ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felipe Quispe - La premi&#232;re &#233;tape a &#233;t&#233; la d&#233;mission de l'assassin. Tr&#232;s bien. Nous allons voir &#224; pr&#233;sent ce qui va se passer au Parlement. Maintenant que Mesa est pr&#233;sident, nous allons essayer de n&#233;gocier. S'il ne satisfait pas &#224; nos 72 exigences, nous continuerons nos manifestations et nos mobilisations. Si nos exigences ne sont pas accept&#233;es, alors nous essayerions de prendre le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Folha - Donc, dans le cas o&#249; il n'y aurait pas d'entente, l'objectif serait de prendre le gouvernement par la force ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Quispe - Pour arriver au pouvoir, le moyen est une r&#233;volution. Il ne nous suffit pas de contr&#244;ler le gouvernement pour &#234;tre ma&#238;tres de nos destins. Par les voies institutionnelles, nous n'auront pas atteint le pouvoir, tout juste aurons-nous atteint le gouvernement. Pour contr&#244;ler ce qui nous appartient, il faudra tout d&#233;boulonner : les forces arm&#233;es qui servent les int&#233;r&#234;ts des Etats-Unis, la police et le pouvoir &#233;conomique. La r&#233;volution arrivera un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Folha - Pourquoi n'y a-t-il pas d'Indiens au gouvernement ? Y a-t-il du racisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Quispe - Il y a du racisme, oui, au sein de l'&#233;lite. Nous repr&#233;sentons 90 % de la population [Indiens et m&#233;tis, NDLR] et nous n'avons pas le pouvoir. Comment ceci est-il possible ? Tout est fait pour que l'on ne puisse pas y parvenir. La porte de sortie &#224; cette situation, c'est la r&#233;volution, pour nous et pour les indig&#232;nes du Guatemala, d'Equateur, du Mexique et du P&#233;rou. Pacifiquement, les Indiens ne parviendrons pas au pouvoir. Il est temps pour nous de prendre notre destin en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Trad. Pauline Termini&#232;re)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement indig&#232;ne face &#224; l'Alca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection bolivienne est un important point d'appui pour les luttes contre l'Accord de libre-&#233;change des Am&#233;riques (Alca). Pr&#233;vu pour entrer en vigueur en 2005, cet accord multilat&#233;ral engloberait toutes les Am&#233;riques, de l'Alaska &#224; la Terre de Feu. Elargissant l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (Alena, comprenant le Canada, les Etats-Unis et le Mexique depuis 1994), il se veut plus global. Ouverture des fronti&#232;res aux flux financiers, privatisation des services publics, brevabilit&#233; totale du vivant, pr&#233;dominance du droit des multinationales sur celui des Etats en sont les fondements. L'Alca exige de plus le respect pointilleux des plans d'ajustement structurels impos&#233;s par le FMI et la Banque mondiale... Une v&#233;ritable condamnation &#224; mort pour les &#233;conomies nationales des pays pauvres. L'exp&#233;rience de l'Alena montre le danger de son &#233;largissement &#224; l'ensemble du continent. Depuis son entr&#233;e en vigueur, le Mexique a perdu 200 000 emplois, tandis que le salaire minimum diminuait de 25 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prioritaire pour les mouvements sociaux latino-am&#233;ricains, la lutte contre l'Alca est donc li&#233;e &#224; toutes les mobilisations antilib&#233;rales. En Bolivie, ce sont les nations indig&#232;nes, quechua et aymara, qui la m&#232;nent de la fa&#231;on la plus d&#233;termin&#233;e. La place centrale des nations indig&#232;nes dans cette lutte se retrouve en Equateur ou encore au Chiapas avec l'insurrection zapatiste le 1er janvier 1994, jour de l'entr&#233;e en vigueur de l'Alena. Pour les peuples indig&#232;nes, la notion de propri&#233;t&#233; collective du territoire est essentielle. Souvent g&#233;r&#233;e en commun, consid&#233;r&#233;e comme un milieu vivant dont la coh&#233;rence biologique doit &#234;tre respect&#233;e, la terre ne peut &#234;tre &#224; vendre. Vivant souvent d'une agriculture peu productive, les indig&#232;nes sont parmi les premi&#232;res victimes de la lib&#233;ralisation des &#233;changes agricoles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette conscience aigu&#235; explique la mobilisation massive des paysans aymaras des Haut Plateaux contre les exportations du gaz naturel bolivien. Elle repr&#233;sente aussi un espoir : celui de construire des convergences entre les mouvements sociaux des pays d&#233;pendants et les luttes altermondialistes, encore trop limit&#233;es aux pays les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rouge 2036 23/10/2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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