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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Frais de scolarit&#233;, endettement &#233;tudiant et universit&#233; commerciale</title>
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		<dc:date>2012-03-14T11:50:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec la rentr&#233;e coll&#233;giale et universitaire, l'&#233;ternel d&#233;bat sur les frais de scolarit&#233; refait la une. Pendant que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois r&#233;cidive avec une augmentation des frais universitaires, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'Am&#233;rique, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants tentent d'en finir avec un syst&#232;me d'&#233;ducation bas&#233; sur des frais &#233;lev&#233;s et l'endettement individuel. Un petit voyage au Chili donne un avant-go&#251;t de la recette que les politiciens lib&#233;raux mijotent &#224; feu doux. &lt;br class='autobr' /&gt; La mobilisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la rentr&#233;e coll&#233;giale et universitaire, l'&#233;ternel d&#233;bat sur les frais de scolarit&#233; refait la une. Pendant que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois r&#233;cidive avec une augmentation des frais universitaires, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'Am&#233;rique, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants tentent d'en finir avec un syst&#232;me d'&#233;ducation bas&#233; sur des frais &#233;lev&#233;s et l'endettement individuel. Un petit voyage au Chili donne un avant-go&#251;t de la recette que les politiciens lib&#233;raux mijotent &#224; feu doux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mobilisation &#233;tudiante a pris le Chili d'assaut depuis six mois. Une gr&#232;ve &#233;tudiante in&#233;dite perdure depuis plus de six mois en faveur d'une &#233;ducation publique gratuite et de qualit&#233;. Aux occupations par centaines des &#233;tablissements secondaires et universitaires, se sont ajout&#233;es de multiples manifestations r&#233;unissant des centaines de milliers de personnes. &#192; la fois universitaires, &#233;tudiants techniques et &#233;l&#232;ves du secondaire s'unissent dans un objectif commun. L'&#233;tendard de l'&#233;ducation publique de qualit&#233; a ouvert la voie &#224; une vaste remise en question du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; marqu&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme depuis la dictature (1973-1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; mobilisation &#233;tudiante &#187; a pris tellement d'ampleur que certains parlent d'un &#171; mouvement social pour l'&#233;ducation &#187;. Ce sont quarante manifs &#233;tudiantes cette ann&#233;e lors desquelles de nombreux professeurs, de jeunes ch&#244;meurs, des retrait&#233;s, des familles avec leurs enfants et des fonctionnaires se m&#234;lent en grand nombre aux &#233;tudiants. Les 24 et 25 aout, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des syndicats a additionn&#233; des forces sociales aux demandes &#233;tudiantes, en plus d'&#233;largir la revendication du bien commun public &#224; d'autres sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; : renationalisation du cuivre, meilleur syst&#232;me de sant&#233; public, et une nouvelle Constitution. On assiste au Chili aux plus grandes manifestations sociales depuis la fin de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une privatisation cuisin&#233;e &#224; feu doux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me ou, mieux dit, le march&#233; de l'&#233;ducation chilien, bas&#233; sur l'entreprise priv&#233;e et le financement individuel, a entrain&#233; un renforcement des in&#233;galit&#233;s sociales, des dettes astronomiques pour les familles et une &#233;ducation de mauvaise qualit&#233;. Les frais de scolarit&#233; au Chili sont les plus &#233;lev&#233;s de l'OCDE, apr&#232;s ceux des &#201;tats-Unis, mais les salaires des professionnels sont environ quatre fois moins &#233;lev&#233;s que dans les pays du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chili a adopt&#233;, sous la dictature de Pinochet, un syst&#232;me d'&#233;ducation ultra lib&#233;ral. On a d'abord assist&#233; au d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me d'&#233;ducation nationale, par la municipalisation. Autrefois d&#233;pendantes directes du minist&#232;re de l'&#201;ducation, les &#233;coles primaires et secondaires sont pass&#233;es sous la juridiction des municipalit&#233;s. Le Minist&#232;re n'assure plus l'assignation des ressources de mani&#232;re centrale. En cons&#233;quence, la qualit&#233; de l'&#233;ducation d&#233;pend donc des ressources et de la petite politique locale dans chaque municipalit&#233;. Le syst&#232;me consacre les disparit&#233;s abyssales entre les communes les plus riches et les plus pauvres. Cela a renforc&#233; la course vers les coll&#232;ges priv&#233;s subventionn&#233;s. Les &#233;l&#232;ves mobilis&#233;s y d&#233;noncent aujourd'hui les projets particuliers aux vis&#233;es marchandes et les profits que les propri&#233;taires font &#224; m&#234;me les subventions &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau universitaire, l'Universit&#233; du Chili a &#233;t&#233; sous-divis&#233;e en plusieurs entit&#233;s autonomes r&#233;gionales. Oblig&#233;es &#224; s'autofinancer, les universit&#233;s de l'&#201;tat ont d&#251; se tourner vers des frais de scolarit&#233; pour compenser le retrait des subventions &#233;tatiques. Quant au secteur technique, il a &#233;t&#233; tout simplement privatis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements post dictature ont poursuivi le mod&#232;le en r&#233;duisant progressivement le financement des universit&#233;s publiques et augmentant les avantages fiscaux et r&#233;glementaires pour les institutions priv&#233;es. Par ailleurs, le gouvernement a activement encourag&#233; le d&#233;veloppement d'entreprises priv&#233;es d'&#233;ducation &#224; tous les niveaux : primaire, secondaire, technique et universitaire. Sous le couvert du dogme de la &#171; libert&#233; d'enseignement &#187;, les &#233;tablissements &#224; but lucratif ont envahi le paysage chilien. La logique du march&#233; en pleine croissance a &#233;tabli une comp&#233;tition malsaine dans laquelle la recherche de client&#232;le et de profit est en train de supplanter les objectifs acad&#233;miques des &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant prestigieux, le r&#233;seau universitaire public est aujourd'hui min&#233; par le retrait financier de l'&#201;tat et la comp&#233;tition commerciale d'institutions priv&#233;es. L'&#201;tat n'assume plus qu'un r&#244;le subventionnaire dans un &#171; march&#233; &#187; qui est cens&#233; s'autor&#233;guler. L'abandon d'un projet ou d'une planification nationale est bien visible : la d&#233;valorisation de la formation des techniciens et leur orientation &#224; des cr&#233;neaux trop &#233;troits d'une part, la surench&#232;re des formations universitaires et le sous-financement de la recherche d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me insoutenable pour les &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la droite qu&#233;b&#233;coise argumentent que le syst&#232;me de pr&#234;ts et bourses peut compenser la hausse des frais. Les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes mettent en garde contre le lourd fardeau de l'endettement &#233;tudiant. Qu'en est-il au Chili ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre l&#232;gue de la dictature chilienne, c'est l'id&#233;e selon laquelle &#171; l'&#233;ducation est la responsabilit&#233; des familles &#187;. Le libre-choix du &#171; consommateur &#187; est cens&#233; contr&#244;ler &#224; lui seul la qualit&#233; et l'orientation des coll&#232;ges et des universit&#233;s. Mais aussi et surtout, la responsabilit&#233; individuelle doit pr&#233;valoir dans le financement de l'&#233;ducation. L'&#201;tat ne fournit que 25 % des d&#233;penses en &#233;ducation universitaire, alors que dans les pays de l'OCDE (dont le Chili est devenu membre r&#233;cemment) la moyenne est un financement &#224; hauteur de 85 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'assurer l'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; et en augmenter l'achalandage, le gouvernement a mis en place, dans les ann&#233;es 2000, un cr&#233;dit d'&#233;tude garanti par l'&#201;tat. En faisant porter l'ensemble du fardeau sur les &#233;paules des &#233;tudiants, l'&#201;tat &#233;vite ainsi l'obligation d'investir &#224; m&#234;me ses ressources. Un n&#233;goce qui a profit&#233; largement aux banques, dont les taux fr&#244;lent l'usure : 6 &#224; 7 % d'int&#233;r&#234;t r&#233;el sur les pr&#234;ts &#233;tudiants. Les universit&#233;s priv&#233;es en ont profit&#233; pour augmenter leurs frais de scolarit&#233; en fl&#232;che depuis quelques ann&#233;es. Ces derni&#232;res investissent dix fois plus en publicit&#233; pour attirer les clients potentiels qu'en bourses d'&#233;tudes. &#171; Achetez le r&#234;ve de l'universit&#233;&#8230; payez plus tard ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des dettes faramineuses, les jeunes travailleurs, dont 40 % n'ont m&#234;me pas atteint le dipl&#244;me, paient souvent la moiti&#233; de leur salaire en remboursement. Le d&#233;crochage et l'augmentation du temps de travail sont devenus des enjeux majeurs chez les jeunes. Fr&#233;quemment, les jeunes dans la vingtaine conjuguent &#224; la fois des &#233;tudes et un emploi &#224; temps plein &#8211; la semaine de travail l&#233;gale est de 45 heures au Chili. Les programmes du soir des universit&#233;s priv&#233;es permettent ce tour de force. Pour &#233;viter le d&#233;crochage &#8211; et donc la client&#232;le &#8211;, les exigences sont souvent rabaiss&#233;es au strict minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me in&#233;galitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili comme au Qu&#233;bec, les opinologues de tout acabit r&#233;p&#232;tent cet argument insens&#233; : la gratuit&#233; scolaire ferait en sorte que les pauvres paient l'&#233;ducation des riches. On doit se surprendre d'un tel argument en faveur de l'&#233;galit&#233;&#8230; dans le maintien des in&#233;galit&#233;s ! D'autre part, affirmer qu'un dipl&#244;me universitaire &#233;gale uniquement un gros salaire, c'est nier la nature fondamentalement collective de la connaissance. Comme si le travail qualifi&#233; d'un m&#233;decin, d'une avocate, d'une ing&#233;nieure ou d'un scientifique n'avait aucune retomb&#233;e positive pour un citoyen &#171; contribuable &#187; ou encore une entreprise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus concr&#232;te, la r&#233;alit&#233; du Chili montre bien que ce sont les secteurs populaires et les classes moyennes qui sont les grands perdants. Ce sont eux qui portent le plus lourd fardeau d'endettement, alors que les enfants des plus riches n'ont presque pas de dettes d'&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, les pr&#234;ts &#233;tudiants se sont av&#233;r&#233;s hautement inefficaces puisque l'&#201;tat a d&#251; racheter des sommes millionnaires de ces pr&#234;ts aux banques (52 % des comptes sont en souffrance). Les paiements reli&#233;s aux op&#233;rations de ce programme repr&#233;sentent 30 % du budget d'&#233;ducation sup&#233;rieure ! Et ce programme finance en grande majorit&#233; des institutions priv&#233;es &#224; but lucratif. Au lieu de financer les universit&#233;s publiques et la formation de la main-d'&#339;uvre, l'&#201;tat a encourag&#233; les banques &#224; vampiriser les futurs travailleurs. En cinq ans, les pr&#234;ts &#233;tudiants auraient rapport&#233; 400 millions de dollars en int&#233;r&#234;t et p&#233;nalit&#233;s de retard. Les dettes d'&#233;tudes deviennent une nouvelle forme d'accaparement de la plus-value du travail par les capitalistes financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux bourses&#8230; les bourses li&#233;es au rendement acad&#233;mique d'excellence, les plus nombreuses, b&#233;n&#233;ficient davantage aux jeunes issus de familles ais&#233;es et scolaris&#233;es. En comparant des jeunes au rendement scolaire moyen, on se rend compte que les riches s'offrent des carri&#232;res universitaires pay&#233;es par leur famille, mais que les pauvres optent pour des formations rapides. De plus, l'acc&#232;s aux bourses pour les carri&#232;res de cycles sup&#233;rieurs, de plus en plus en demande dans l'&#233;conomie actuelle, d&#233;pend grandement de la capacit&#233; d'&#233;tudier sans travailler au premier cycle et d'en sortir sans trop d'endettement. C'est le retour pervers de l'&#233;litisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En poursuivant la lutte&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s six mois de gr&#232;ve, d'occupations et de manifs, les &lt;i&gt;cacerolazo &lt;/i&gt;spontan&#233;s se multiplient dans les quartiers. Le tintamarre de casserole, m&#233;thode de protestation utilis&#233;e contre la dictature en Am&#233;rique latine, redonne de l'&#233;nergie au mouvement et d&#233;montre l'appui citoyen g&#233;n&#233;ralis&#233; dont b&#233;n&#233;ficient les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants. &#192; un coin de rue de leur quartier, les indign&#233;-es se rassemblent, tambourinent et allument un feu. On se connait &#224; peine, mais depuis peu, on se reconnait &#224; travers notre action collective. Les &lt;i&gt;cacerolazo&lt;/i&gt;, mieux que les sondages &#8211; tout de m&#234;me favorables &#224; 85 % aux demandes &#233;tudiantes &#8211;, montrent comment le d&#233;sir de changement est r&#233;pandu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens de toute tendance sont discr&#233;dit&#233;s, mais la politique est de toutes les discussions. Le Chili est dans un moment in&#233;dit de son histoire. En quelques mois, les mouvements &#233;tudiants, &#233;cologistes et syndicaux de la rue y ont fait d&#233;border la politique du parlement. L'&#233;ducation a &#233;t&#233; suspendue par la lutte sociale, la lutte elle-m&#234;me est devenue une sorte d'&#233;ducation collective. Ces mouvements citoyens sauront-ils refonder la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse des frais de scolarit&#233; est un ingr&#233;dient d'une recette empoisonn&#233;e que le Chili a aval&#233; de force il y a trente ans. Le Qu&#233;bec va-t-il suivre sur le chemin d'une &#233;ducation et d'une soci&#233;t&#233; marchandes, au moment m&#234;me o&#249; le Chili d&#233;sire rebrousser chemin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Casgrain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Santiago, 17 octobre 2011&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En plein hiver chilien : les promesses d'un printemps social et politique</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/En-plein-hiver-chilien-les-promesses-d-un-printemps-social-et-politique</link>
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		<dc:date>2011-08-31T15:20:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rigueurs de l'hiver austral obligent, c'est dans le froid et sous la pluie que depuis pr&#232;s de trois mois les &#233;tudiants chiliens revendiquent. Ils n'en sont pas moins en train de faire germer &#8212;au fil de mobilisations croissantes de la soci&#233;t&#233; civile&#8212; les promesses d'un formidable printemps social et politique ; un printemps qui pourrait bien nous donner &#224; r&#233;fl&#233;chir, ici m&#234;me au Qu&#233;bec. Car en observant les &#233;chos de cette effervescence sociale d&#233;bouchant ces 23 et 24 ao&#251;t 2011 sur une gr&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rigueurs de l'hiver austral obligent, c'est dans le froid et sous la pluie que depuis pr&#232;s de trois mois les &#233;tudiants chiliens revendiquent. Ils n'en sont pas moins en train de faire germer &#8212;au fil de mobilisations croissantes de la soci&#233;t&#233; civile&#8212; les promesses d'un formidable printemps social et politique ; un printemps qui pourrait bien nous donner &#224; r&#233;fl&#233;chir, ici m&#234;me au Qu&#233;bec. Car en observant les &#233;chos de cette effervescence sociale d&#233;bouchant ces 23 et 24 ao&#251;t 2011 sur une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale appel&#233;e par le mouvement syndical, on ne peut qu'&#234;tre frapp&#233; par les in&#233;luctables impasses du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral ainsi que par les moyens qu'une soci&#233;t&#233; doit parvenir &#224; se donner pour tenter de s'y opposer avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Chili a toujours &#233;t&#233; un pays barom&#232;tre, une sorte de laboratoire social et politique nous permettant de saisir avec plus de clart&#233; ce qui se joue ailleurs, &#224; l'&#233;chelle du monde. Il l'a &#233;t&#233; dans les ann&#233;es 60-70, avec l'Unit&#233; Populaire de Salvador Allende, expression de cette &#171; &#232;re des brasiers &#187; ayant, dans le sillage de la r&#233;volution cubaine, embras&#233; le continent de ses aspirations au changement social. Il l'a &#233;t&#233; dans les ann&#233;es 70-80, avec la dictature de s&#233;curit&#233; nationale du g&#233;n&#233;ral Pinochet, symbole de cette r&#233;pression sauvage et de l'imposition au forceps d'un mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral dont on allait bient&#244;t conna&#238;tre la recette partout au monde. Il l'a &#233;t&#233; aussi dans les ann&#233;es 90-2000, avec le retour &#224; la d&#233;mocratie, mais &#224; une &#171; d&#233;mocratie restreinte &#187;, les militaires continuant &#224; gouverner derri&#232;re le tr&#244;ne. Et peut-&#234;tre l'est-il aujourd'hui avec cette gr&#232;ve &#233;tudiante aux allures absolument in&#233;dites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve in&#233;dite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne s'agit pas seulement d'une gr&#232;ve &#233;tudiante de grande envergure, touchant tant les &#233;l&#232;ves du secondaire que les &#233;tudiants universitaires. Il s'agit d'un mouvement qui a fini, au fil des semaines, par gagner l'appui, non seulement des syndicats de professeurs et des associations de parents d'&#233;l&#232;ves, mais encore de larges secteurs de la soci&#233;t&#233; civile. Comme si les &#233;tudiants avaient su faire comprendre que leur cause &#233;tait celle de tous et toutes. Voil&#224; pourquoi elle s'est d&#233;velopp&#233;e comme une train&#233;e de poudre, passant par dessus tous les obstacles mis sur son chemin : depuis le 28 avril 2011, date de la premi&#232;re manifestation &#233;tudiante d'envergure (8 000 personnes) jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d'aujourd'hui en passant par les marches du 30 juin (300 000 personnes) et du 9 ao&#251;t (500 000 personnes), se sont multipli&#233;s, manifestations, occupations, gr&#232;ves de la faim, rassemblements gigantesques, le tout finissant, qui plus est, par redonner vie &#224; une s&#233;rie d'autres demandes sociales rest&#233;es sans r&#233;ponse : celles des Mapuches au sud, des &#233;cologistes &#224; propos du projet HidroAysen en Patagonie, celles enfin du mouvement syndical, aspirant notamment une meilleure redistribution de la richesse sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des enjeux de taille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les enjeux &#233;taient de taille : Au Chili, sous la houlette du g&#233;n&#233;ral Pinochet l'&#233;ducation est pass&#233;e d'un seul coup dans la moulinette des logiques n&#233;olib&#233;rales, sans que depuis les diff&#233;rents gouvernements d&#233;mocratiques (y compris celui de Mich&#232;le Bachelet) y changent quelque chose de substantiel. L'&#233;ducation est ainsi devenue &#171; marchandise &#187;, une pure affaire d'argent et de n&#233;goce, source de profits all&#233;chants pour les banques et les entrepreneurs en mal de profits. Alors que jusqu'en 1973, l'&#233;ducation publique chilienne &#233;tait connue pour sa qualit&#233; et sa gratutit&#233;, les principes &#233;conomiques pron&#233;s par les Chicagos boys et la dictature ont, comme le rappelle Victor de la Fuente du Monde Diplomatique, litt&#233;ralement invers&#233; les choses : &#171; Rares en 1973, les &#233;coles priv&#233;es accueillent d&#233;sormais 60 % des &#233;l&#232;ves dans le primaire et le secondaire. Moins de 25 % du syst&#232;me &#233;ducatif est financ&#233; par l'Etat, les budgets des &#233;tablissements d&#233;pendent, en moyenne, &#224; 75 % des frais d'inscriptions. D'ailleurs, l'Etat chilien ne consacre que 4,4 % du produit int&#233;rieur brut (PIB) &#224; l'enseignement, bien moins que les 7 % recommand&#233;s par l'Unesco &#187;. Plus encore le niveau d'endettement &#233;tudiant a pris des proportions consid&#233;rables. Dans un pays o&#249;, comme en font foi les donn&#233;es du d&#233;partement d'&#233;conomie de l'Universit&#233; du Chili, le salaire minimum s'&#233;tablit &#224; l'&#233;quivalent de moins de 340 dollars canadiens et le salaire moyen &#224; l'&#233;quivalent d'environ 1000 dollars canadiens, les jeunes d&#233;pensent en moyenne l'&#233;quivalent de 300 &#224; 800 dollars canadiens par mois pour suivre un cursus universitaire. En cons&#233;quence, &#171; 70 % des &#233;tudiants s'endettent, et 65 % des plus pauvres interrompent leurs &#233;tudes pour des raisons financi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une rupture d&#233;mocratique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le remarquable va bien au-del&#224; de tous ces chiffres impressionnants. Il est dans la mani&#232;re dont les &#233;tudiants m&#232;nent leur lutte contre le gouvernement du Pr&#233;sident Pi&#241;era. M&#234;me si on sait que leurs leaders &#8211;dont la tr&#232;s charismatique Camilla Vallejos, pr&#233;sidente de la Confech&#8212;sont membres de partis de gauche, ils ont su tout organiser leur mouvement sur des bases larges, d&#233;mocratiques et non partisanes, et lui donner en m&#234;me temps un cours absolument in&#233;dit, en exigeant loin de tout corporatisme, rien de moins que &#171; la fin du profit dans l'&#233;ducation &#187; ainsi qu' &#171; une &#233;ducation gratuite et de qualit&#233; &#187; con&#231;ue comme un authentique &#171; service public &#187;, pointant ainsi du doigt non seulement l'ensemble du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral dont le Chili s'est fait le champion, mais aussi l'immense majorit&#233; de la classe politique chilienne qui s'en est fait ces derni&#232;res ann&#233;es la complice plus ou moins avou&#233;e. R&#233;sultat : ces revendications structurelles ont fini par leur attirer les faveurs grandissantes de l'opinion publique (80% de la population appuient leur revendication), et &#224; l'inverse par mettre le gouvernement (incarnant la droite dure du pass&#233;) sur la d&#233;fensive, lui qui s'est retrouv&#233; derni&#232;rement dans les sondages avec moins de 20% d'appui. Comme si fouett&#233;e par l'audace vivifiante des &#233;tudiants, la soci&#233;t&#233; enti&#232;re commen&#231;ait &#224; r&#233;aliser tous les c&#244;t&#233;s pervers et profond&#233;ment in&#233;galitaires de ce mod&#232;le h&#233;rit&#233; de la dictature, lib&#233;rant au passage aspirations d&#233;mocratiques et espoirs de changements grandissants. D'o&#249; le peu d'effets des menaces et men&#233;es r&#233;pressives que semble &#224; l'heure actuelle privil&#233;gier le Pr&#233;sident Pi&#241;era. D'o&#249; aussi cette id&#233;e de pl&#233;bisicte r&#233;f&#233;rendaire (sur les propositions &#233;tudiantes) et m&#234;me de constituante qui commence &#224; circuler de plus en plus largement, &#224; la mani&#232;re d'un appel &#224; une v&#233;ritable &#171; rupture d&#233;mocratique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et m&#234;me si l'on serait bien en peine aujourd'hui de faire un pronostic quelconque quant &#224; la suite des choses, ce que l'on peut dire en toute assurance, c'est que le Chili est en train de d&#233;couvrir &#224; sa mani&#232;re &#8211;au-del&#224; de toutes les terreurs l&#233;gu&#233;es par la dictature&#8212; que pour lui aussi &#171; un autre monde est possible &#187;. A l'heure du printemps arabe, de la r&#233;volte des indign&#233;s europ&#233;ens et des turbulences que nous pouvons, nous-m&#234;mes conna&#238;tre sur la sc&#232;ne politique provinciale, n'est-ce pas nous convier &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que pourrait &#234;tre, chez nous, un v&#233;ritable automne qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sociologue&lt;br class='autobr' /&gt;
Auteur de Les mouvements sociaux au Chili (1973-1993), Paris, L'Harmattan, 1995 ; La gauche en temps de crise, Contre-strat&#233;gies pour demain, Montr&#233;al, Liber, 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chili : des Casseroles contre les lacrymos </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Chili-des-Casseroles-contre-les-lacrymos</link>
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		<dc:date>2011-08-19T19:18:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Devant la r&#233;pression des manifestations &#233;tudiantes, le peuple chilien s'est indign&#233;. Jeudi 4 aout 2011, le centre-ville de Santiago a &#233;t&#233; durant toute la journ&#233;e assi&#233;g&#233; par les policiers anti&#233;meute qui ont violemment r&#233;prim&#233; deux manifestations &#233;tudiantes. En r&#233;ponse : un authentique cazerolazo, un tintamarre de casseroles, dont on ne voyait pas depuis la lutte contre la dictature. &lt;br class='autobr' /&gt; Faisant un usage massif et d&#233;mesur&#233; de gaz lacrymog&#232;nes, les forces polici&#232;res ont rempli l'ordre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH90/arton3231-78f58.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Devant la r&#233;pression des manifestations &#233;tudiantes, le peuple chilien s'est indign&#233;. Jeudi 4 aout 2011, le centre-ville de Santiago a &#233;t&#233; durant toute la journ&#233;e assi&#233;g&#233; par les policiers anti&#233;meute qui ont violemment r&#233;prim&#233; deux manifestations &#233;tudiantes. En r&#233;ponse : un authentique &lt;i&gt;cazerolazo&lt;/i&gt;, un tintamarre de casseroles, dont on ne voyait pas depuis la lutte contre la dictature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faisant un usage massif et d&#233;mesur&#233; de gaz lacrymog&#232;nes, les forces polici&#232;res ont rempli l'ordre du gouvernement d'interdire que les &#233;tudiants et les professeurs puissent marcher sur l'Alameda, la principale avenue de la capitale. Dans les autres villes du pays, comme Valparaiso et Concepci&#243;n, les manifestations &#233;tudiantes ont &#233;t&#233; aussi violemment dispers&#233;es. Les m&#233;dias ont relay&#233; les chiffres inconsistants de la police qui parlent de 5000 manifestants, mais les multiples rassemblements, sans cesse dispers&#233;s, ont largement d&#233;pass&#233; ce nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emp&#234;ch&#233;e de manifester au centre-ville, la population est spontan&#233;ment sortie dans les quartiers r&#233;sidentiels, casserole au poing, pour marquer son rejet de la r&#233;pression, en livrant un large appui aux revendications &#233;tudiantes. Le mot d'ordre de &lt;i&gt;cazerolazo&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; lanc&#233; via Twitter par Camila Vallejos, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; du Chili et principale porte-parole du mouvement. Le pouvoir des r&#233;seaux sociaux virtuels a fait le reste : entre 20 h 30 et 22 h 30, le tintamarre des casseroles et des sifflets s'est empar&#233; des rues de Santiago et des villes principales. &#201;tudiantes et &#233;tudiants &#233;merveill&#233;s sont sortis de leur coll&#232;ge occup&#233;, o&#249; ils passent la nuit depuis deux mois, pour recevoir l'appui enthousiaste du voisinage. &#192; certains endroits, les citoyennes et citoyens se sont empar&#233;s des places et des principales art&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;cazerolazo&lt;/i&gt; est un moyen de r&#233;sistance populaire bien connu des pays sud-am&#233;ricains. Le soul&#232;vement argentin de 2001 et la lutte du gaz en Bolivie en 2004 en sont les derniers exemples. Au Chili, les derniers concerts populaires de batterie de cuisine remontent &#224; la lutte contre la dictature. Un d&#233;go&#251;t se propage aujourd'hui parmi le peuple chilien qui voit dans les personnalit&#233;s born&#233;es et id&#233;ologiques de la droite au gouvernement, un retour d'une gouvernance autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement &#233;tudiant &#224; l'assaut d'un gouvernement impopulaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de droite du pr&#233;sident Sebastian Pi&#241;era fait face &#224; une grave crise politique. Apr&#232;s un changement minist&#233;riel et une nouvelle proposition de r&#233;formes en &#233;ducation, les &#233;tudiants ont poursuivi le chemin de la lutte. La journ&#233;e de mobilisation co&#239;ncide avec la publication d'un sondage qui ne donne au pr&#233;sident qu'un maigre 26 % d'appui (57 % de d&#233;sapprobation). Il y a un an, le sauvetage miraculeux de 33 mineurs, relay&#233; en direct de par le monde, avait propuls&#233; Pi&#241;era &#224; des sommets de popularit&#233; (57 %). Mais depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, les maladresses m&#233;diatiques, le rejet d'une m&#233;gacentrale hydro&#233;lectrique en Patagonie et le mouvement &#233;tudiant ont fait chuter le gouvernement dans les sondages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tudiant entre dans un troisi&#232;me mois de mobilisation. D&#251; &#224; son ampleur et l'immense appui actif obtenu dans la soci&#233;t&#233; chilienne, on parle d&#233;sormais du &#171; mouvement social pour l'&#233;ducation &#187;. Ce vaste mouvement demande le retour d'un syst&#232;me d'&#233;ducation public fort, dans lequel l'&#201;tat est garant d'une &#233;ducation gratuite et de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le actuel soumet l'&#233;ducation aux lois du march&#233; et &#224; la responsabilit&#233; individuelle. Ce syst&#232;me est vivement d&#233;nonc&#233; pour ses in&#233;galit&#233;s. Les lyc&#233;es et les universit&#233;s priv&#233;s se sont multipli&#233;s au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, entrainant une hausse des frais et une disparit&#233; immense entre les institutions. Un syst&#232;me qui permet des profits aux &#171; op&#233;rateurs &#187; &#233;ducatifs, et des dettes aux futurs dipl&#244;m&#233;s. La dette universitaire atteint des montants affolants de plusieurs milliers de dollars dans un pays qui a des salaires quatre fois moins &#233;lev&#233;s que les pays de l'OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement promet des dollars pour faire taire les &#233;tudiants, mais le mouvement social pour l'&#233;ducation exige une r&#233;forme que le gouvernement se refuse obstin&#233;ment &#224; aborder : l'&#233;ducation comme droit social et bien commun. H&#233;ritier de la dictature comme tous les autres syst&#232;mes sociaux (retraite, sant&#233;, logement), le syst&#232;me d'&#233;ducation n&#233;olib&#233;ral ne pourra certainement pas se refonder sans une nouvelle Constitution, populaire et d&#233;mocratique, appel&#233;e de leurs v&#339;ux par les mouvements sociaux chiliens. Demande trop exigeante ? Les manifestations de ce soir d&#233;montrent que les &#233;tudiants en gr&#232;ve, m&#234;me au risque de perdre l'ann&#233;e scolaire, ont un appui massif dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans un quartier parmi tant d'autres&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, ma cit&#233; r&#233;sonne le clin-clan des casseroles et le tambourinage des signalisations. Nous descendons dans la rue, je tiens ma fille dans mes bras et ma compagne tape sur une casserole. Au coin de la rue, les voisins ont d&#233;j&#224; allum&#233; le feu qui rassemble les indign&#233;-e-s : des femmes et des hommes de tout &#226;ge surveillent leurs enfants emmitoufl&#233;s au regard intrigu&#233;. Les visages et les sourires de mon quartier, auparavant distants et anonymes, deviennent complices et all&#232;gres. La foule grossit, l'&#233;motion monte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers cette solidarit&#233; collective, un sentiment &#233;trange, mais agr&#233;able nous assaille. Notre libert&#233; s'impose sur l'oppression, la r&#233;sistance triomphe de la r&#233;pression, la dignit&#233; donne l'espoir en d'autres possibles. Nous ressentons bri&#232;vement cette libert&#233; collective qui donne au peuple des ailes pour s'envoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Casgrain&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Santiago, 4 ao&#251;t 2011&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir le film sur le cazerolazo du 4 ao&#251;t : &lt;a href=&#034;http://vimeo.com/27327649&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://vimeo.com/27327649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Recaredo G&#225;lvez Carrasco, dirigeant &#233;tudiant chilien, fait face &#224; un montage policier et au harc&#232;lement judiciaire</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Recaredo-Galvez-Carrasco-dirigeant-etudiant-chilien-fait-face-a-un-montage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Recaredo-Galvez-Carrasco-dirigeant-etudiant-chilien-fait-face-a-un-montage</guid>
		<dc:date>2011-08-03T15:26:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Gauche</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;pression</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 21 juillet 2011, Recaredo G&#225;lvez Carrasco, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les forces polici&#232;res chiliennes. Aujourd'hui en libert&#233;, il fait tout de m&#234;me face &#224; plusieurs accusations injustifi&#233;es qui visent &#224; entraver l'action des militants &#233;tudiants. &lt;br class='autobr' /&gt; Accus&#233; de tentative d'homicide sur un policier et port d'armes ill&#233;gal, le dirigeant &#233;tudiant est demeur&#233; en prison pr&#233;ventive durant une semaine. Durant son arrestation et sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3224-8cd10.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 juillet 2011, Recaredo G&#225;lvez Carrasco, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les forces polici&#232;res chiliennes. Aujourd'hui en libert&#233;, il fait tout de m&#234;me face &#224; plusieurs accusations injustifi&#233;es qui visent &#224; entraver l'action des militants &#233;tudiants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233; de tentative d'homicide sur un policier et port d'armes ill&#233;gal, le dirigeant &#233;tudiant est demeur&#233; en prison pr&#233;ventive durant une semaine. Durant son arrestation et sa d&#233;tention, Recaredo a subi plusieurs blessures et des mauvais traitements violant sa dignit&#233;. La cour d'appel, dans un geste d'ind&#233;pendance et de sagesse, a remis Recaredo Galvez en libert&#233;, jetant un discr&#233;dit sur l'action acharn&#233;e des carabiniers et du minist&#232;re public contre lui. Les autorit&#233;s ont pr&#233;sent&#233; plusieurs affirmations inconsistantes en plus d'inventer des &#233;l&#233;ments de preuve dans un pur sc&#233;nario de montage policier visant &#224; inculper un dirigeant embl&#233;matique du mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de son arrestation, Recaredo participait &#224; une manifestation &#233;tudiante unitaire exigeant du gouvernement une r&#233;ponse aux demandes des &#233;tudiants en faveur d'une &#233;ducation publique et gratuite, et aux demandes des habitants de la r&#233;gion victimes du tsunami du 27 f&#233;vrier 2010. Depuis deux mois, les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes du Chili sont mobilis&#233;es pour demander des r&#233;formes visant un syst&#232;me d'&#233;ducation public, gratuit et &#233;galitaire. Le mouvement &#233;tudiant s'est concr&#233;tis&#233; par une gr&#232;ve nationale et l'occupation de centaines d'&#233;tablissements secondaires et universitaires, devenant la plus grande mobilisation sociale depuis la fin de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, &#224; la fin d'une manifestation pacifique, les forces de l'ordre ont tent&#233; de dissoudre la manifestation et d'entrer sur le campus, g&#233;n&#233;rant un affrontement entre policiers et manifestants. L'action provocatrice et agressive des unit&#233;s anti&#233;meutes des carabiniers a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e par plusieurs participants et t&#233;moins de l'&#233;v&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'est r&#233;alis&#233;e l'arrestation de Recaredo, accus&#233; de lancer des bombes incendiaires sur les forces de l'ordre. Le seul &#233;l&#233;ment avanc&#233; comme preuve contre l'accus&#233; consiste en deux bouteilles vides dont le minist&#232;re public pr&#233;tend qu'elles devaient servir &#224; fabriquer un cocktail Molotov. Pourtant, aucune trace de combustible n'a &#233;t&#233; trouv&#233;e sur le corps ou les effets personnels de l'accus&#233;. Recaredo nie cat&#233;goriquement avoir &#233;t&#233; en possession des bouteilles trouv&#233;es dans son sac &#224; dos et avoir particip&#233; aux actions violentes dont on l'accuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;non&#231;ons vigoureusement la d&#233;tention abusive et les mauvais traitements subis par Recaredo G&#225;lvez Carrasco, dirigeant &#233;tudiant cibl&#233; pour son r&#244;le politique dans le mouvement &#233;tudiant chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous enjoignons aux autorit&#233;s chiliennes de laisser tomber les charges et proc&#233;dures judiciaires contre Recaredo G&#225;lvez Carrasco, dirigeant dont l'action politique est toujours demeur&#233;e dans les limites octroy&#233;es par les droits fondamentaux de libert&#233; d'expression et d'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, nous exprimons notre inqui&#233;tude &#224; l'&#233;gard de la mont&#233;e de la pers&#233;cution judiciaire envers les citoyens et citoyennes qui prennent part &#224; des manifestations politiques, au cours des derni&#232;res ann&#233;es au Chili. Les proc&#233;dures judiciaires abusives et l'application de la loi antiterroriste envers des organisations sociales ou autochtones ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es par diverses organisations internationales de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journal LaGauche.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif qu&#233;b&#233;cois Solidarit&#233; RECA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi : &lt;a href='https://www.lagauche.ca/COMMUNIQUE-DEPUIS-LA-CELLULE' class=&#034;spip_in&#034;&gt;COMMUNIQU&#201; DEPUIS LA CELLULE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Libert&#233; pour Recaredo G&#225;lvez Carrasco</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Liberte-pour-Recaredo-Galvez-Carrasco</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Liberte-pour-Recaredo-Galvez-Carrasco</guid>
		<dc:date>2011-07-28T05:01:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Gauche</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 21 juillet 2011, Recaredo G&#225;lvez Carrasco, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les forces polici&#232;res chiliennes. Le lendemain, les autorit&#233;s ont accus&#233; le dirigeant &#233;tudiant de tentative d'homicide et port d'armes ill&#233;gal, accusations pour lesquelles Recaredo demeure aujourd'hui en prison pr&#233;ventive. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis deux mois, les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes du Chili sont mobilis&#233;es pour demander des r&#233;formes visant un syst&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Amerique-latine-227-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH127/arton3221-bb36a.jpg?1629994144' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='127' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 juillet 2011, Recaredo G&#225;lvez Carrasco, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les forces polici&#232;res chiliennes. Le lendemain, les autorit&#233;s ont accus&#233; le dirigeant &#233;tudiant de tentative d'homicide et port d'armes ill&#233;gal, accusations pour lesquelles Recaredo demeure aujourd'hui en prison pr&#233;ventive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux mois, les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes du Chili sont mobilis&#233;es pour demander des r&#233;formes visant un syst&#232;me d'&#233;ducation public, gratuit et &#233;galitaire. Le mouvement &#233;tudiant s'est concr&#233;tis&#233; par une gr&#232;ve nationale et l'occupation de centaines d'&#233;tablissements secondaires et universitaires, devenant la plus grande mobilisation sociale depuis la fin de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 juillet 2011, Recaredo G&#225;lvez Carrasco, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les forces polici&#232;res chiliennes. Le lendemain, les autorit&#233;s ont accus&#233; le dirigeant &#233;tudiant de tentative d'homicide et port d'armes ill&#233;gal, accusations pour lesquelles Recaredo demeure aujourd'hui en prison pr&#233;ventive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de son arrestation, Recaredo participait &#224; une manifestation &#233;tudiante unitaire exigeant du gouvernement une r&#233;ponse aux demandes des &#233;tudiants en faveur d'une &#233;ducation publique et gratuite, et aux demandes des habitants de la r&#233;gion victimes du tsunami du 27 f&#233;vrier 2010. De retour &#224; l'Universit&#233; de Concepci&#243;n, &#224; la fin d'une manifestation pacifique, les forces de l'ordre ont tent&#233; de dissoudre la manifestation et d'entrer sur le campus, g&#233;n&#233;rant un affrontement entre policiers et manifestants. L'action provocatrice et agressive des unit&#233;s anti&#233;meutes des carabiniers a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e par plusieurs participants et t&#233;moins de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que s'est r&#233;alis&#233;e l'arrestation de Recaredo, accus&#233; de lancer des bombes incendiaires sur les forces de l'ordre. Le seul &#233;l&#233;ment avanc&#233; comme preuve contre l'accus&#233; consiste en deux bouteilles vides dont le minist&#232;re public pr&#233;tend qu'elles devaient servir &#224; fabriquer un cocktail Molotov. Pourtant, aucune trace de combustible n'a &#233;t&#233; trouv&#233;e sur le corps ou les effets personnels de l'accus&#233;. Recaredo nie cat&#233;goriquement avoir &#233;t&#233; en possession des bouteilles trouv&#233;es dans son sac &#224; dos et avoir particip&#233; aux actions violentes dont on l'accuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;non&#231;ons vigoureusement la d&#233;tention abusive de Recaredo G&#225;lvez Carrasco, dirigeant &#233;tudiant cibl&#233; pour son r&#244;le politique dans le mouvement &#233;tudiant chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous enjoignons aux autorit&#233;s chiliennes de lib&#233;rer imm&#233;diatement Recaredo G&#225;lvez Carrasco et d'en finir avec la r&#233;pression de militants sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, nous exprimons notre inqui&#233;tude &#224; l'&#233;gard de la mont&#233;e de la pers&#233;cution judiciaire envers les citoyens et citoyennes qui prennent part &#224; des manifestations politiques, au cours des derni&#232;res ann&#233;es au Chili. Les proc&#233;dures judiciaires abusives et l'application de la loi antiterroriste envers des organisations sociales ou autochtones ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es par diverses organisations internationales de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journal web La Gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner votre appui &#224; ce communiqu&#233;, &#233;crire &#224; redaction /a/ lagauche.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lagauche.ca/COMMUNIQUE-DEPUIS-LA-CELLULE' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lettre de Recaredo depuis sa cellule&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site d'appui &#224; Recaredo G&#225;lvez (espagnol) : &lt;a href=&#034;http://recalibre.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://recalibre.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir les articles suivant sur le mouvement &#233;tudiant chilien :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href='https://www.lagauche.ca/Chili-Sortir-de-classe-pour-faire-la-lutte-de-classes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chili : Sortir de classe pour faire la lutte de classes&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href='https://www.lagauche.ca/Chili-Pour-une-education-sans-profits' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chili : &#171; Pour une &#233;ducation sans profits ! &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>COMMUNIQU&#201; DEPUIS LA CELLULE</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/COMMUNIQUE-DEPUIS-LA-CELLULE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/COMMUNIQUE-DEPUIS-LA-CELLULE</guid>
		<dc:date>2011-07-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Recaredo G&#225;lvez</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lettre &#233;crite en prison par Recaredo G&#225;lvez, dirigeant &#233;tudiant chilien emprisonn&#233; dans la foul&#233;e des mobilisations &#233;tudiantes dans ce pays. &lt;br class='autobr' /&gt; Compagnes et compagnons, &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de nos vies, nous rencontrons de multiples d&#233;fis qui nous font appr&#233;cier et comprendre quel est le vrai motif de notre parcours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est douloureux de voir comment les luttes justes que nous assumons &#224; travers ces d&#233;fis de la vie sont criminalis&#233;es et surtout combattues par ceux qui d&#233;sirent maintenir le pouvoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lettre &#233;crite en prison par Recaredo G&#225;lvez, dirigeant &#233;tudiant chilien emprisonn&#233; dans la foul&#233;e des mobilisations &#233;tudiantes dans ce pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L230xH230/jpg_Recaredo2_230x230-df042.jpg?1629928024' width='230' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Compagnes et compagnons,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de nos vies, nous rencontrons de multiples d&#233;fis qui nous font appr&#233;cier et comprendre quel est le vrai motif de notre parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est douloureux de voir comment les luttes justes que nous assumons &#224; travers ces d&#233;fis de la vie sont criminalis&#233;es et surtout combattues par ceux qui d&#233;sirent maintenir le pouvoir qu'ils ont toujours d&#233;tenu. Ils utiliseront toutes les m&#233;thodes, du mensonge &#224; la violence la plus absolue, pour &#233;viter que nous construisions la Soci&#233;t&#233; Nouvelle dont nous avons besoin et que nous m&#233;ritons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre lutte est juste et le sera toujours. Aujourd'hui nous ne devons pas nous laisser d&#233;concentrer et nous devons continuer de lutter. Si je dois payer pour les mensonges de quelques-uns, sachez que je ne me sentirai pas seul et que je sais que vous, camarades, continuerez de croire dans les id&#233;es que j'ai toujours voulu traduire en paroles et en actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment actuel que traverse notre pays est une opportunit&#233; que nous ne devons pas perdre afin d'unifier les causes de notre m&#233;contentement ; nous savons que nous avons tous les outils pour avancer toujours plus fermement vers l'aube tant attendue. Ne perdons pas nos mots, ne doutons pas de sortir dans les rues pour crier notre rage et, surtout, n'arr&#234;tons pas de nous organiser. Seul le pouvoir collectif est capable de briser la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fus d&#233;tenu loin de la marche et je fus durement agress&#233; physiquement &#224; l'int&#233;rieur de l'autobus des carabiniers, jusqu'&#224; en perdre conscience. Je me suis r&#233;veill&#233;, assis, expos&#233; et humili&#233;. Je n'ai su le motif de ma d&#233;tention qu'au commissariat plusieurs heures plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'&#233;tais &#224; l'h&#244;pital, le m&#233;decin de garde r&#233;primanda les carabiniers pour la gravit&#233; des blessures qu'ils m'avaient afflig&#233;es &#224; la t&#234;te. Il ordonna qu'on me fasse passer un scanneur et une radiographie, toujours avec les menottes aux poings, par ordre des gens en uniforme et accompagn&#233;s d'un sous-lieutenant carabinier (les menottes &#233;taient les siennes). L'inqui&#233;tude des carabiniers &#233;tait &#233;vidente et ils essay&#232;rent de me sortir rapidement de l'h&#244;pital. Un carabinier revint accompagn&#233; d'un nouveau m&#233;decin, sans identification, qui se moqua de la lutte &#233;tudiante, en disant que je n'avais rien de grave et me donna quelques anti-inflammatoires. Les carabiniers tent&#232;rent de me faire signer une d&#233;claration motivant ma d&#233;tention qui indiquait, apr&#232;s plusieurs heures de d&#233;tentions, que j'&#233;tais accus&#233; d'attentat contre un carabinier. Je ne connus jamais le r&#233;sultat de mes examens m&#233;dicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en piteux &#233;tat, on me fit attendre longuement au commissariat pour finalement me lire mes droits. On me demanda de quelle couleur &#233;taient mes v&#234;tements, et pendant qu'un carabinier donnait les r&#233;ponses au t&#233;l&#233;phone, on m'intimida pour que je d&#233;clare que je portais une capuche noire. Curieusement, dans la d&#233;claration post&#233;rieure du carabinier qui dit avoir &#233;t&#233; l'objet d'une agression de ma part, il donne textuellement la description que j'avais transmise &#224; l'autre carabinier qui parlait alors au t&#233;l&#233;phone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la d&#233;claration d&#233;crivait en d&#233;tail que j'avais lanc&#233; un cocktail Molotov vers le carabinier, ce qui est enti&#232;rement faux, puisque je n'ai jamais lanc&#233; un tel objet. Dans mon sac &#224; dos &#171; apparurent &#187; deux bouteilles de nectar vides. En fait, ils n'ont rien trouv&#233; dans mon sac &#224; dos puisqu'il ne contenait rien. De plus, il n'y a aucune trace de substance incendiaire dans mes mains, puisque je n'ai jamais transport&#233; ni lanc&#233; quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les carabiniers ont menti en premier lieu, que puis-je esp&#233;rer de mon jugement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ne pas penser que les carabiniers ont invent&#233; toute cette histoire, car j'ai des responsabilit&#233;s en tant que dirigeant &#233;tudiant universitaire ? Comment ne pas penser que ce fut une attaque contre les dirigeants les plus engag&#233;s au sein du mouvement &#233;tudiant ? Comment expliquer la racl&#233;e brutale &#224; laquelle je fus soumis et les sales mensonges qu'ils ont orchestr&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils ont fait n'est rien de plus qu'un acte grossier visant &#224; cacher la force r&#233;pressive d&#233;mesur&#233;e qu'utilisent les carabiniers, appuy&#233;s par le gouvernement, contre tout le Peuple du Chili. Couvert de honte, ils ont d&#233;cid&#233; que je suis responsable d'une tentative de meurtre manqu&#233;e. L'absence de preuves contre moi leur tombera dessus comme une pierre au visage et la justice leur donnera la punition qu'ils m&#233;ritent pour avoir mentis et pour m'avoir fait prisonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, la juge a d&#233;cid&#233; que je devais &#234;tre en prison, car je repr&#233;sente un danger pour la soci&#233;t&#233;. Il semblerait qu'aujourd'hui, &#234;tre capable de d&#233;fendre des causes justes &#224; travers l'organisation collective et transparente, c'est &#234;tre une &#234;tre humain dangereux. C'est un danger pour cette soci&#233;t&#233; oppressive que nous nous ouvrions les yeux et soyons capables de lutter pour l'&#233;ducation, dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail. Il para&#238;t que ce sera toujours un danger que les &#233;tudiants d&#233;noncent les injustices dans notre syst&#232;me d'&#233;ducation et qu'ils luttent pour que &#231;a change ; que les travailleurs obtiennent un traitement juste et des salaires dignes ; que les habitants des quartiers populaires en aient assez d'obtenir que des miettes, de subir des injustices et qu'ils exigent de vivre dans des conditions de logement digne. C'est un danger pour cette soci&#233;t&#233; oppressive que l'&#233;ducation, le travail, la sant&#233; et les logements soient dignes pour tous. Dans cette soci&#233;t&#233; organis&#233; autour de quelques-uns, il est mena&#231;ant que plusieurs aspirent &#224; cr&#233;er un monde nouveau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mon enfance, j'ai appris que c'&#233;tait dangereux de dire ce que je pense, et plus dangereux encore, de motiver les autres pour qu'ils le fassent &#233;galement. J'ai appris que pour triompher, le mieux &#224; faire est de d&#233;noncer clairement les manques de ce monde oppressant, par le d&#233;bat et la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le syst&#232;me me r&#233;v&#232;le encore une fois le danger d'&#234;tre ce que je suis. Il le fait cette fois-ci de fa&#231;on plus violente, &#224; coups de poings, de mensonges, et en m'emprisonnant, me privant des gens et du peuple qui me renforcent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne suis pas inquiet et je n'ai pas peur puisque je sais que je ne suis qu'un parmi tant d'autres. Je sais qu'&#224; l'ext&#233;rieur de ces barreaux il y en a des centaines de meilleurs que moi, tout comme ici &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais qu'aujourd'hui mon nom a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; dans la boue, mais les id&#233;es qui font de moi un homme libre ne s'&#233;loigneront jamais de ma conviction toujours plus forte &#224; lutter pour un monde meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, amis et amies, aujourd'hui plus que jamais, en tout moment et en tout lieu, dans chaque r&#234;ve et dans chaque r&#233;alit&#233;, SEULE LA LUTTE NOUS RENDRA LIBRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RECA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Traduit de l'espagnol par Catherine Sanchez Saornil&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chili : &#171; Pour une &#233;ducation sans profits ! </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Chili-Pour-une-education-sans-profits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Chili-Pour-une-education-sans-profits</guid>
		<dc:date>2011-07-17T17:38:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; Le bras de fer entre &#233;tudiants et gouvernement se poursuit. Le 14 juillet, pour une troisi&#232;me fois en moins d'un mois, le mouvement &#233;tudiant a pris massivement la rue dans les principales villes du pays, avec l'appui actif de la centrale syndicale CUT et du syndicat des professeurs. Les manifestants ont signifi&#233; leur rejet de l'&#171; accord national pour l'&#233;ducation &#187; annonc&#233; il y a dix jours par le pr&#233;sident Pinera dans un message t&#233;l&#233;vis&#233; national. Le d&#233;voilement unilat&#233;ral de cet &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3205-ddd7c.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; Le bras de fer entre &#233;tudiants et gouvernement se poursuit. Le 14 juillet, pour une troisi&#232;me fois en moins d'un mois, le mouvement &#233;tudiant a pris massivement la rue dans les principales villes du pays, avec l'appui actif de la centrale syndicale CUT et du syndicat des professeurs. Les manifestants ont signifi&#233; leur rejet de l'&#171; accord national pour l'&#233;ducation &#187; annonc&#233; il y a dix jours par le pr&#233;sident Pinera dans un message t&#233;l&#233;vis&#233; national. Le d&#233;voilement unilat&#233;ral de cet &#171; accord &#187; n'a pas calm&#233; les ardeurs des &#233;tudiants et des professeurs qui luttent pour le droit &#224; l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Retourner en classe ou rester mobiliser ? La manifestation du 14 juillet, qualifi&#233;e de succ&#232;s par les organisateurs, y a r&#233;pondu. C'&#233;tait l'&#233;preuve de feu pour cette gr&#232;ve &#233;tudiante d'une ampleur historique. La marche de Santiago a rassembl&#233; des dizaines de milliers de personnes : universitaires, lyc&#233;ens, professeurs et travailleurs, venus en grand nombre et en famille. Avec de nombreuses et color&#233;es prestations artistiques, les &#233;tudiants ont fait fi de l'Intendance m&#233;tropolitaine qui avait interdit le parcours propos&#233; par les organisateurs. Les centaines d'occupations de campus et d'&#233;coles secondaires se poursuivent aussi, bien que le ministre ait d&#233;cr&#233;t&#233; l'annulation des vacances d'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ducation dans les m&#233;andres du march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement avait annonc&#233; &#171; l'ann&#233;e de l'&#233;ducation sup&#233;rieure &#187;, mais il n'avait pas pr&#233;vu la chaleur du mouvement &#233;tudiant. Il a difficilement convaincu les recteurs des universit&#233;s publiques de s'asseoir &#224; n&#233;gocier. De leur c&#244;t&#233;, les porte-parole &#233;tudiants et enseignants ont d&#233;nonc&#233; la valse des promesses millionnaires qui ne feront, selon eux, qu'huiler les engrenages d'une machine &#233;ducative pervertie par le march&#233; et les activit&#233;s lucratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;ducation n'est pas une marchandise &#187;. Cette consigne reste incompr&#233;hensible &#224; la bourgeoisie fanatique des dogmes lib&#233;raux qui gouverne la Moneda. En rupture avec la population qui veut davantage d'&#233;ducation publique, les membres du gouvernement m&#233;sestiment l'&#201;tat comme acteur l&#233;gitime en &#233;ducation. D'ailleurs, plusieurs ministres, dont le ministre de l'&#201;ducation, ont des int&#233;r&#234;ts dans des universit&#233;s priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980, sous la dictature de Pinochet, un r&#233;gime favorable aux universit&#233;s priv&#233;es a &#233;t&#233; mis en place. Trente ans plus tard, les universit&#233;s priv&#233;es, gonfl&#233;es par leur propre marketing, se font la comp&#233;tition pour accaparer les r&#234;ves de la jeunesse. Il y a une offre de dipl&#244;mes professionnels chaotique et de qualit&#233; in&#233;gale. Ces universit&#233;s versent des profits &#224; des investisseurs cach&#233;s derri&#232;re des promoteurs immobiliers et des corporations anonymes qui jonglent avec les cong&#233;s fiscaux octroy&#233;s par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces universit&#233;s qui accueillent les moins bons &#233;tudiants, en grande partie enfants de parents non scolaris&#233;s. En &#233;change de frais de scolarit&#233; exorbitants, elles font miroiter des titres dont la valeur est bien incertaine. L'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; a bondi au Chili en vingt ans (pr&#232;s de 50 % des jeunes de la g&#233;n&#233;ration actuelle acc&#232;dent &#224; des &#233;tudes sup&#233;rieures), mais les taux de d&#233;crochage et l'endettement &#233;tudiant montent en spirale. Et nous ne ferons pas le d&#233;bat du contenu des cursus disciplinaires ou du r&#244;le critique de l'&#233;ducation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'endettement &#233;tudiant enrichit les banques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence de ce syst&#232;me, l'&#201;tat ne fournit plus que 25 % du budget de l'&#233;ducation universitaire, alors que dans les pays de l'OCDE (dont le Chili est devenu membre r&#233;cemment) la moyenne est un financement &#224; hauteur de 85 %. Cet &#233;tat de fait est avalis&#233; par le conservatisme selon lequel &#171; les familles &#187;, et non l'&#201;tat, sont responsables de leur propre &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire moyen quatre fois moins &#233;lev&#233; que dans les pays d&#233;velopp&#233;s, le Chili pr&#233;sente les frais de scolarit&#233; parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde. Les taux d'endettement des jeunes Chiliens atteignent des niveaux affolants et plusieurs &#233;conomistes commencent &#224; redouter la capacit&#233; de remboursement de ces futurs travailleurs. Avec des taux d'int&#233;r&#234;t de 6 % sur les pr&#234;ts &#233;tudiants garantis pas l'&#201;tat, seules les banques et les universit&#233;s priv&#233;es profitent de cet endettement. Les bourses sont peu nombreuses et la majorit&#233; ne couvre pas enti&#232;rement les frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants chiliens travaillent donc durant leurs &#233;tudes. De nombreux jeunes professionnels pr&#233;caires suivent une foule de dipl&#244;mes, ma&#238;trises, sp&#233;cialisation et autre formation continue dans une course &#233;perdue contre la d&#233;valorisation des dipl&#244;mes sur le march&#233; du travail. En incluant &#233;tudes et emploi r&#233;mun&#233;r&#233;, les jeunes font souvent des semaines de travail de 60 &#224; 80 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mod&#232;le qui ne tient plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'une telle ampleur, le &#171; mouvement &#233;tudiant &#187; est devenu un &#171; mouvement pour l'&#233;ducation publique &#187; auquel adh&#232;re l'ensemble des mouvements sociaux. Cette mobilisation symbolise le ras-le-bol d'une soci&#233;t&#233; exclue de la croissance &#233;conomique du pays. Les in&#233;galit&#233;s, l'immobilit&#233; sociale et le travail pr&#233;caire demeurent de grands d&#233;mentis du &#171; succ&#232;s &#187; chilien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi dernier, le 11 mars 2011, en l'honneur des 40 ans de la nationalisation du cuivre par Salvador Allende en 1971, les travailleurs de Codelco, la mini&#232;re publique, ont fait la gr&#232;ve partout au pays. Les syndicats mettaient en garde le gouvernement contre une &#171; privatisation en douce &#187; de ce phare de l'&#233;conomie chilienne. Ne soutenant aucune revendication salariale, les mineurs en gr&#232;ve disent vouloir d&#233;fendre le patrimoine national du Chili et donner une solution de financement aux services publics comme l'&#233;ducation. Dans les prochaines semaines, les travailleurs des ports devraient entrer en gr&#232;ve eux aussi contre les privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations monstres des derniers mois ont aussi eu pour cible HidroAysen, un barrage hydro&#233;lectrique en Patagonie. Financ&#233; par des capitaux &#233;trangers, ce gigantesque barrage a de nouveau mis en lumi&#232;re la mainmise des int&#233;r&#234;ts mercantiles sur l'exploitation des ressources naturelles et sur l'avenir du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conflits sociaux co&#239;ncident avec des sondages qui montrent que la popularit&#233; et la cr&#233;dibilit&#233; des politiciens, du gouvernement ou de l'opposition, sont &#224; leur niveau le plus bas. Faut-il se surprendre ? La classe politique, dont les deux grandes coalitions cog&#232;rent les affaires publiques depuis vingt ans, n'a d'autres projets de soci&#233;t&#233; que ceux de privatiser davantage et vanter les m&#233;rites de la comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation est devenue le cheval de bataille d'un peuple en proie d'un malaise social persistant. Le Chili aura une croissance de 7 % cette ann&#233;e, mais dans la rue la vaste majorit&#233; s'en fiche. L'appui transversal du mouvement syndical au mouvement &#233;tudiant montre une certaine mise au diapason des luttes sociales. De tous les coins du Chili, les voix s'&#233;l&#232;vent pour demander une Assembl&#233;e constituante, afin d'en finir avec la Constitution impos&#233;e par la dictature en 1980. &#201;tudiants et travailleurs, femmes et autochtones, on parle de retrouver la place du public et du bien commun, un contr&#244;le populaire et &#233;cologique des ressources naturelles, le droit &#224; l'&#233;ducation et &#224; la sant&#233; gratuites. Reste &#224; savoir quelle force politique sera en mesure de r&#233;aliser cet ambitieux projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Casgrain&lt;br class='autobr' /&gt;
Santiago, 14 juillet 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir l'article pr&#233;c&#233;dent : &lt;a href='https://www.lagauche.ca/Chili-Sortir-de-classe-pour-faire-la-lutte-de-classes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chili : Sortir de classe pour faire la lutte de classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Chili : Sortir de classe pour faire la lutte de classes</title>
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		<dc:date>2011-06-21T17:08:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>

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&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; &#171; Nous ne nous y attendions pas ! &#187; a affirm&#233; Camila Vallejos, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; du Chili, &#224; propos de la grandeur inattendue de la manifestation du 16 juin dernier. Entre 80 000 (selon la police) et 120 000 personnes (organisateurs) ont d&#233;fil&#233; sur la Alameda, avenue principale de Santiago, portant le nombre de manifestantes et manifestants &#224; 200 000 dans toutes les villes du pays. Cette surprenante gr&#232;ve &#233;tudiante s'inspire d'une vague de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-etudiant-360-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH94/arton3196-8d497.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SANTIAGO &#8211; &#171; Nous ne nous y attendions pas ! &#187; a affirm&#233; Camila Vallejos, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante de l'Universit&#233; du Chili, &#224; propos de la grandeur inattendue de la manifestation du 16 juin dernier. Entre 80 000 (selon la police) et 120 000 personnes (organisateurs) ont d&#233;fil&#233; sur la Alameda, avenue principale de Santiago, portant le nombre de manifestantes et manifestants &#224; 200 000 dans toutes les villes du pays. Cette surprenante gr&#232;ve &#233;tudiante s'inspire d'une vague de luttes sociales qui ne d&#233;rougit pas au pays de Salvador Allende.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus de trois cents &#233;tablissements secondaires et universitaires occup&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;300 occupations selon les bulletins des grands m&#233;dias, en date du 21 juin 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des dizaines de manifestations chaque semaine : le mouvement &#233;tudiant a rompu la sc&#232;ne politique au Chili. Leurs demandes sont le financement ad&#233;quat de l'&#233;ducation publique, la fin de l'endettement &#233;tudiant par une r&#233;forme des programmes de bourses et un contr&#244;le plus serr&#233; sur les institutions priv&#233;es pour emp&#234;cher l'activit&#233; lucrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'appui des professeurs, des fonctionnaires et m&#234;me des recteurs des deux plus grandes universit&#233;s dites &#171; traditionnelles &#187;, les &#233;tudiants jouissent d'un soutien in&#233;dit. Ils en ont contre une &#233;ducation de march&#233; qui enrichit les entreprises et les banques sur leur dos tout en favorisant les in&#233;galit&#233;s sociales. Ils se sont rebell&#233;s contre le discours l&#233;nifiant du gouvernement pour qui la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; est la solution au naufrage de l'&#233;ducation publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pi&#232;ges d'une &#233;ducation de march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme dans tous les domaines de la soci&#233;t&#233; chilienne, le syst&#232;me d'&#233;ducation s'est ouvert sans retenue &#224; la privatisation suite aux r&#233;formes &#233;conomiques de la dictature (1973-1990). Jusqu'en 1973, le Chili avait l'un des plus prestigieux syst&#232;mes universitaires publics d'Am&#233;rique latine. Durant la dictature, l'Universit&#233; du Chili a &#233;t&#233; d&#233;membr&#233;e et chacune de ses composantes r&#233;gionales a &#233;t&#233; soumise au dogme de l'autofinancement. Prises au pi&#232;ge d'un sous-financement chronique, les universit&#233;s publiques chiliennes ont refil&#233; la facture &#224; l'&#233;tudiant et progressivement adopt&#233; des strat&#233;gies mercantiles. Les cons&#233;quences n&#233;gatives se multiplient : frais de scolarit&#233; galopants, infrastructures d&#233;su&#232;tes, collaboration incestueuse avec les entreprises, sous-investissement des disciplines non marchandes, pr&#233;carisation du travail de professeur-e, stagnation des salaires des fonctionnaires, etc. Surtout, les universit&#233;s publiques doivent faire face &#224; la comp&#233;tition grandissante d'institutions priv&#233;es, les obligeant &#224; augmenter les frais de scolarit&#233; en r&#233;duisant leurs d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un march&#233; d'universit&#233;s priv&#233;es a &#233;clos depuis les ann&#233;es 1990. Pr&#232;s d'une quarantaine d'institutions priv&#233;es offrent des dipl&#244;mes et des parcours universitaires. Ces entreprises ne re&#231;oivent pas une subvention directe, mais elles profitent de nombreux avantages fiscaux pour leur d&#233;veloppement immobilier et d'un syst&#232;me de pr&#234;ts garantis par l'&#201;tat pour les &#233;tudiantes et &#233;tudiants. Les universit&#233;s priv&#233;es ont en grande partie capt&#233; l'augmentation de la population &#233;tudiante durant la derni&#232;re d&#233;cennie. Puisant principalement dans la population qui n'acc&#232;de pas aux grandes universit&#233;s publiques, qui demeurent les plus prestigieuses, le secteur priv&#233; a cr&#233;&#233; un march&#233; de titres et dipl&#244;mes pour une population jeune en soif d'ascension sociale. La qualit&#233; de l'&#233;ducation (et donc la reconnaissance des dipl&#244;mes) connait des variations abyssales d'un &#233;tablissement &#224; l'autre. Par cons&#233;quent, l'&#201;tat ne fournit plus que 25 % du budget de l'&#233;ducation universitaire, alors que dans les pays de l'OCDE (dont le Chili est devenu membre r&#233;cemment) la moyenne est un financement &#224; hauteur de 85 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me d'&#233;ducation primaire et secondaire n'est pas en meilleur &#233;tat. L'&#233;ducation publique est administr&#233;e par les municipalit&#233;s ce qui, &#224; cause de l'&#233;cart de leur revenu, s&#233;gr&#232;gue la population &#233;tudiante selon leur classe sociale. De plus, la course &#224; la comp&#233;tition dans le syst&#232;me scolaire a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par l'augmentation des coll&#232;ges dits &#171; particuliers &#187;, subventionn&#233;s par l'&#201;tat, mais administr&#233;s par des &#171; souteneurs &#187; priv&#233;s, souvent rattach&#233;s &#224; des r&#233;seaux corporatifs &#224; but lucratif. Les &#233;tudiantes et &#233;tudiants du secondaire revendiquent depuis des ann&#233;es le retour de l'&#233;ducation publique dans le giron de l'&#201;tat central.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'endettement &#233;tudiant enrichit les banques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire moyen quatre fois moins &#233;lev&#233; que dans les pays d&#233;velopp&#233;s, le Chili pr&#233;sente cependant les frais de scolarit&#233; parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde. Cela est d&#251; &#224; l'id&#233;ologie conservatrice selon laquelle &#171; les familles &#187; et &#171; les individus &#187; et non l'&#201;tat sont responsables de leur propre &#233;ducation. Les taux d'endettement des jeunes Chiliennes et des jeunes Chiliens atteignent des niveaux affolants et plusieurs &#233;conomistes commencent &#224; redouter la capacit&#233; de remboursement de ces futurs travailleurs. Seules les banques et les entreprises &#233;ducatives profitent de cet endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement individuel est un syst&#232;me inefficace, injuste et insoutenable, affirme Manuel Riesco, &#233;conomiste progressiste du Centre d'&#233;tudes pour un d&#233;veloppement alternatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le blogue de Manuel Riesco et le site de CENDA.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le montant des cr&#233;dits &#233;tudiants avec garantie de l'&#201;tat repr&#233;sente une &#233;norme ponction sur les revenus des futurs travailleuses et travailleurs, gonfl&#233;s ind&#251;ment par des int&#233;r&#234;ts (&#233;tablis &#224; 6 % actuellement) de loin sup&#233;rieur &#224; l'inflation et la croissance des salaires. C'est la population des secteurs populaires qui seront les grands perdants. Pendant ce temps, les universit&#233;s s'arrachent les &#233;tudiants &#224; coup de campagnes publicitaires dix fois plus couteuses que leur programme de bourses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du temps de travail est une autre cons&#233;quence perverse. La majorit&#233; des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants chiliens travaillent durant leurs &#233;tudes. De nombreux jeunes professionnel-le-s pr&#233;caires suivent une foule de dipl&#244;mes, ma&#238;trises, sp&#233;cialisation et autre formation continue dans l'espoir d'am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; de leur profil sur le march&#233; du travail. Si l'on inclut la formation universitaire dans le temps de travail, on s'aper&#231;oit que les jeunes font facilement des semaines de travail de 60 &#224; 80 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mouvement massif et agressif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La protestation s'est principalement lev&#233;e en r&#233;plique &#224; la r&#233;forme de l'&#233;ducation postsecondaire annonc&#233;e cette ann&#233;e par le pr&#233;sident Pi&#241;era et son ministre de l'&#233;ducation, Joaquin Lavin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joaquin Lavin est dirigeant de l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI), un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La gr&#232;ve &#233;tudiante puis l'occupation d'une universit&#233; priv&#233;e reconnue au mois d'avril, l'Universit&#233; centrale, a donn&#233; l'&#233;tincelle qu'il fallait pour d&#233;toner le mouvement. La r&#233;sistance &#224; la vente de feu de l'Universit&#233; centrale &#224; un conglom&#233;rat priv&#233; a impuls&#233; la mobilisation des f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes d'universit&#233;s priv&#233;es. La campagne de la Confech, conf&#233;d&#233;ration des grandes universit&#233;s traditionnelles, a ensuite r&#233;ussi &#224; agglom&#233;rer les diff&#233;rentes facult&#233;s derri&#232;re un discours clair et unificateur. Apr&#232;s avoir tranquillement b&#226;ti un rapport de force et ses alliances durant les derniers mois, son appel &#224; la gr&#232;ve a &#233;t&#233; suivi imm&#233;diatement et massivement dans les universit&#233;s et les lyc&#233;es. L'union in&#233;dite des &#233;coles secondaires, des universit&#233;s publiques et des universit&#233;s priv&#233;es fait la force du mouvement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'automne &#233;tudiant d&#233;stabilise un gouvernement de droite d&#233;j&#224; affaibli par de mauvais sondages. Le gouvernement Bachelet avait &#233;t&#233; fortement malmen&#233; par un soul&#232;vement &#233;tudiant en 2006, mais la pr&#233;sidente avait pu le d&#233;compresser par une strat&#233;gie de concertation sociale. Cette fois-ci, les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes s'opposent &#224; toute table de n&#233;gociation sans engagement pr&#233;alable du gouvernement &#224; des r&#233;formes concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re ann&#233;e sans conflit majeur, voil&#224; que le pr&#233;sident chilien Sebastian Pi&#241;era ne sait plus o&#249; donner de la t&#234;te. Pendant que stagne la reconstruction des r&#233;gions affect&#233;es par le tremblement de terre de 2010, le gouvernement (de droite) est incapable de faire avancer ses projets de loi face &#224; un parlement contr&#244;l&#233; par l'opposition (centre-gauche). Cependant, c'est l'opposition de la rue qui &#233;branle le plus durement le gouvernement. Le rejet du projet &lt;i&gt;HidroAys&#233;n&lt;/i&gt;, la construction par des compagnies &#233;trang&#232;res d'une m&#233;gacentrale hydro&#233;lectrique en Patagonie, a donn&#233; lieu &#224; de gigantesques protestations spontan&#233;es au cours du mois de mai. &#192; leur tour, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants ont pris la rue dans tout le pays pour revendiquer une &#233;ducation publique et gratuite. Un mouvement dans lequel se reconnaissent toutes les luttes contre le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Antoine Casgrain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Santiago, 21 juin 2011)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;300 occupations selon les bulletins des grands m&#233;dias, en date du 21 juin 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le blogue de &lt;a href=&#034;http://blog.manuelriesco.cl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manuel Riesco&lt;/a&gt; et le site de &lt;a href=&#034;http://www.cendachile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CENDA&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joaquin Lavin est dirigeant de l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI), un parti de droite pro-Pinochet et ultraconservateur. Lavin, qui a &#233;t&#233; s&#233;nateur et maire de Santiago, est un membre influent de l'ordre catholique s&#233;culier &lt;i&gt;Opus Dei&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour en savoir plus (espagnol) &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.reformaeducacional.cl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.reformaeducacional.cl&lt;/a&gt; &lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.fech.cl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fech.cl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Chili, derri&#232;re l'euphorie m&#233;diatique, les hommes...</title>
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		<dc:creator>Franck Gaudichaud</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le sauvetage, gr&#226;ce &#224; un puits d'&#233;vacuation, des trente-trois mineurs bloqu&#233;s dans la mine de San Jos&#233; a &#233;t&#233; un succ&#232;s. Des milliers de journalistes ont converg&#233; du monde entier vers le lieu du &#171; miracle &#187;. Depuis l'annonce de l'accident, le pr&#233;sident chilien, M. Sebasti&#225;n Pi&#241;era, ne s'&#233;pargne aucun effort pour montrer qu'il supervise personnellement les travaux : sa cote de popularit&#233; a d'ailleurs grimp&#233; de dix points depuis le lancement d'une op&#233;ration qu'il estime &#171; sans comparaison dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3084-2cd8d.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sauvetage, gr&#226;ce &#224; un puits d'&#233;vacuation, des trente-trois mineurs bloqu&#233;s dans la mine de San Jos&#233; a &#233;t&#233; un succ&#232;s. Des milliers de journalistes ont converg&#233; du monde entier vers le lieu du &#171; miracle &#187;. Depuis l'annonce de l'accident, le pr&#233;sident chilien, M. Sebasti&#225;n Pi&#241;era, ne s'&#233;pargne aucun effort pour montrer qu'il supervise personnellement les travaux : sa cote de popularit&#233; a d'ailleurs grimp&#233; de dix points depuis le lancement d'une op&#233;ration qu'il estime &#171; sans comparaison dans l'histoire de l'humanit&#233; &#187;. Mais une fois pass&#233; le temps des r&#233;jouissances &#8211; toutes naturelles &#8211;, le Chili s'interrogera-t-il sur les conditions qui ont rendu possible cet accident ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 ao&#251;t 2010, 14 h 30. Copiap&#243;, d&#233;sert d'Atacama, au Nord du Chili. Quelques lettres griffonn&#233;es &#224; l'encre rouge remontent d'un conduit, for&#233; au-dessus de la mine de San Jos&#233;, dans l'une des r&#233;gions les plus arides du monde : &#171; Nous allons bien dans le refuge, tous les trente-trois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente-deux mineurs chiliens et un bolivien sont coinc&#233;s &#224; pr&#232;s de sept cents m&#232;tres sous la surface de la terre, enterr&#233;s vivants dans les entrailles d'une mine de cuivre et d'or. Depuis l'effondrement de plusieurs murs de sout&#232;nements, sous des milliers de tonnes de roche et de boue, ils survivent tant bien que mal dans l'un des refuges encore accessibles. Ils boivent les eaux de ruissellement, rationnent leurs maigres denr&#233;es alimentaires, et souffrent d'une chaleur &#233;touffante. Mais, leur petit mot le d&#233;montre : ils sont en bonne sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;couverte est salu&#233;e par une liesse populaire : tout un peuple communie avec &#171; ses &#187; mineurs dans un &#233;lan de solidarit&#233; qui parcourt la cordill&#232;re des Andes et plonge jusqu'aux provinces du Sud du pays. &#171; Oui, les h&#233;ros existent bien &#187;, titre le journal &#224; grande diffusion Las Ultimas noticias dans une &#233;dition sp&#233;ciale du 23 ao&#251;t 2010. Le campement de San Jos&#233; o&#249; se sont install&#233;es les familles des mineurs est rebaptis&#233; &#171; campement de l'espoir &#187;. Les travaux de sauvetage d&#233;butent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 octobre, lorsque les premiers mineurs retrouvent la libert&#233;, pas moins de mille sept-cents journalistes du monde entier les attendent, au milieu des drapeaux chiliens. Pour se pr&#233;parer au &#171; grand jour &#187;, les mineurs ont m&#234;me d&#251; suivre des le&#231;ons de &#171; media-training &#187; &#8211; au fond de la mine &#8211; en pr&#233;vision de l'avalanche d'interviews et d'&#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es (sans compter les propositions d'adaptation de leur histoire au cin&#233;ma, dans diverses langues).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant deux mois, le ministre des mines &#8211; et ancien cadre dirigeant de la filiale chilienne d'ExxonMobil &#8211;, M. Laurence Golborne, a jou&#233; les animateurs vedettes. Sans jamais quitter son blouson aux couleurs du pays et des festivit&#233;s li&#233;es au bicentenaire de l'ind&#233;pendance (1810-2010), il embrassait les proches des victimes et commentait les moindres progr&#232;s de l'op&#233;ration de sauvetage. Mais le jour &#171; J &#187;, c'est le pr&#233;sident lui-m&#234;me qui s'est plac&#233; sous les feux des projecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq heures onze du matin : le premier mineur sort du puits d'&#233;vacuation. Il embrasse son enfant, son &#233;pouse puis&#8230; le pr&#233;sident. Quatre minutes plus tard, ce dernier fait sa premi&#232;re d&#233;claration et remercie Dieu, &#171; sans qui ce sauvetage n'aurait pas &#233;t&#233; possible &#187;. Il ajoute : &#171; Aujourd'hui, nous pouvons nous sentir plus orgueilleux que jamais d'&#234;tre chiliens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ex&#233;cutif, le drame pr&#233;sentait certains avantages. M. Sebasti&#225;n Pi&#241;era, pr&#233;sident-entrepreneur multimillionnaire &#233;lu le 17 janvier 2010, conna&#238;t des d&#233;buts difficiles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ESSF, Franck Gaudichaud,&#171; Tremblement de terre politique et retour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sa gestion d&#233;sastreuse des cons&#233;quences du tremblement de terre de f&#233;vrier dernier suscite de nombreux m&#233;contentements cependant que les mobilisations et gr&#232;ves de la faim des Indiens Mapuches, dans le sud, lui donne du fil &#224; retordre. Le martyre des &#171; 33 &#187; repr&#233;sentait donc une occasion r&#234;v&#233;e d'organiser, deux mois durant et en direct, un formidable spectacle t&#233;l&#233;vis&#233;. Alors que les &#171; 33 &#187; &#233;taient proclam&#233;s &#171; h&#233;ros du bicentenaire de l'ind&#233;pendance &#187;, tout fut fait pour transformer l'&#233;lan de solidarit&#233; en un consensus politique : &#171; tous unis &#187; derri&#232;re le pr&#233;sident Pi&#241;era. Pourtant, selon le journaliste Paul Walder, l'accident de San Jos&#233; constitue surtout une all&#233;gorie du Chili contemporain, un pays o&#249; la classe ouvri&#232;re se trouve &#171; ensevelie &#187; sous un syst&#232;me qui l'opprime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Walder, &#171; La sepultada clase obrera &#187;, Punto Final, n&#176; 717, Santiago (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion d'Antofagasta, 277 gisements sur 300 sont exploit&#233;s sans &#234;tre aux normes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, les trente-trois mineurs surm&#233;diatis&#233;s demeurent paradoxalement sans voix. Ni eux, ni leur familles, ni le mouvement syndical &#8211; historiquement puissant dans ce secteur, mais affaibli par la dictature et ses r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales &#8211;, n'ont eu l'occasion de donner leur analyse des causes de l'accident. A l'ext&#233;rieur, ceux qui ont r&#233;ussi &#224; &#233;chapper &#224; l'&#233;boulement tentent de rappeler que leurs salaires n'ont pas &#233;t&#233; vers&#233;s depuis plusieurs semaines : &#171; Arr&#234;te ton show Pi&#241;era, nous sommes aussi trois cents dehors. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;3] Jos&#233; Luis C&#243;rdova, Diarioreddigital.cl, 8 octobre 2010.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ils se heurtent &#224; l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chili est l'un des fers de lance du capitalisme minier latino-am&#233;ricain. L'extraction repr&#233;sente 58 % des exportations et 15 % du produit int&#233;rieur brut (PIB). Le pays exploite le charbon, l'or et surtout le cuivre, dont il est le principal producteur au monde (avec 40 % du march&#233;), notamment gr&#226;ce &#224; la plus grande mine &#224; ciel ouvert de la plan&#232;te (Chuquiquamata). Le Chili disposerait m&#234;me de r&#233;serves &#233;quivalentes &#224; deux cents ans d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des grandes nationalisations de 1971, le pr&#233;sident socialiste Salvador Allende avait estim&#233; que l'exploitation du cuivre constituait le &#171; salaire du Chili &#187;. Le gouvernement de l'Unit&#233; populaire avait alors expropri&#233; les grandes firmes am&#233;ricaines et transf&#233;r&#233; leur propri&#233;t&#233; &#224; la Corporation nationale du cuivre (Codelco).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du coup d'Etat de 1973, la dictature, puis la d&#233;mocratie n&#233;olib&#233;rale, invers&#232;rent la logique en offrant de nombreux gisements en concession aux entreprises priv&#233;es nationales et internationales. Sans oublier de ramener les taux d'imposition &#224; l'un des niveaux les plus faibles au monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En juin 2010, le ministre des mines reconnaissait que la fiscalit&#233; mini&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les conditions de s&#233;curit&#233; &#224; leur plus simple expression. Elles sont parfois inexistantes. Peu importe, de toute fa&#231;on : dans la r&#233;gion d'Antofagasta, 277 gisements sur 300 sont exploit&#233;s sans &#234;tre aux normes. Dans un tel contexte, l'exploitation mini&#232;re devient une activit&#233; tr&#232;s lucrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente-et-un morts par an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout irait n&#233;anmoins pour le mieux puisque le d&#233;veloppement de l'activit&#233; aurait propuls&#233; les mineurs au rang de v&#233;ritable &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;. Leurs salaires ne sont-ils pas jusqu'&#224; trois fois sup&#233;rieurs au salaire minimum (262 euros mensuels) ? Mieux, ajoutait un quotidien du soir : &#171; Le drame des &#8220;33&#8221; de San Jos&#233; et l'op&#233;ration en cours pour les sauver ne doivent pas faire oublier l'essentiel : la grande majorit&#233; des mineurs chiliens travaillent dans d'excellentes conditions de s&#233;curit&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Au Chili, les mineurs forment une aristocratie ouvri&#232;re envi&#233;e &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pourtant, avec trente-et-un morts par an, en moyenne (sur un total de 106 340 personnes travaillant dans la mine et les gravi&#232;res), on a connu environnement plus engageant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; San Jos&#233; est un cauchemar. C'&#233;tait dangereux, je le savais, tout le monde le savait, d&#233;clare l'un des mineurs rescap&#233;s. Il n'y a qu'un mot d'ordre : productivit&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Jean-Paul Mari, &#171; La mal&#233;diction de San Jos&#233; &#187;, Le Nouvel Observateur, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La compagnie mini&#232;re San Estaban &#8211; qui exploite le sous-sol du pays depuis plus de deux cents ans &#8211; appartient &#224; MM. Alejandro Bohn (60 % du capital) et Marcelo Kemeny (40 %), le fils du fondateur de la compagnie. Des deux mines qu'ils poss&#233;daient, l'une a d&#251; fermer, &#233;puis&#233;e. Il fallait donc que San Jos&#233; continue &#224; financer le train de vie des dirigeants de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A San Jos&#233;, la hausse du prix du m&#233;tal sur le march&#233; mondial se traduit par une intensification du travail, le recours quasi-syst&#233;matique aux heures suppl&#233;mentaires (jusqu'&#224; douze heures par jour) et&#8230; une certaine d&#233;sinvolture dans le domaine de la s&#233;curit&#233; : quand, au moment de l'accident, le 4 ao&#251;t, les trente-trois mineurs se pr&#233;cipitent dans la chemin&#233;e de secours pour remonter, ils d&#233;couvrent qu'aucune &#233;chelle n'y a &#233;t&#233; install&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une surprise ? Non : depuis 1999, les accidents se multiplient. En 2004, suite &#224; la mort d'un ouvrier, les syndicats avaient d&#233;pos&#233; une plainte d'abord rejet&#233;e par la cour d'appel. Finalement, en 2005, c'est la fermeture sur d&#233;cision de la direction du travail. Pourtant, la mine rouvre en 2009, sans que l'ensemble de l'exploitation ait &#233;t&#233; mise aux normes. En juillet 2010, nouvel accident : un mineur a les jambes broy&#233;es. Malgr&#233; tout, trois semaines plus tard, le service national de g&#233;ologie et des mines (Sernageomin) autorise le maintien de la production. Plusieurs syndicalistes parlent de corruption. Vingt-six familles de mineurs ont m&#234;me d&#233;cid&#233; de porter plainte contre les propri&#233;taires et l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Nestor Jorquera, pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration mini&#232;re du Chili (syndicat qui regroupe dix-huit mille salari&#233;s), regrette que le Chili ne soit pas signataire de la convention 176 de l'organisation internationale du travail (OIT) sur la s&#233;curit&#233; et la sant&#233; dans les mines. Il d&#233;nonce surtout une l&#233;gislation du travail r&#233;gressive, h&#233;ritage de la dictature. Le droit de gr&#232;ve, par exemple, est limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; quelques programmes de pr&#233;vention des risques, la superintendance de s&#233;curit&#233; sociale (minist&#232;re du travail) reconna&#238;t que 443 personnes sont d&#233;c&#233;d&#233;es suite &#224; un accident du travail en 2009 (282 pour le premier semestre 2010), tandis que 191 685 accidents non mortels ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s l'ann&#233;e derni&#232;re (pour une population active de 6, 7 millions d'individus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 ao&#251;t 2010, le pr&#233;sident Pi&#241;era a annonc&#233; la cr&#233;ation d'une &#171; superintendance des mines &#187; (les syndicats n'y seront pas repr&#233;sent&#233;s), renvoy&#233; le directeur du Sernageomin et promis l'augmentation des contr&#244;les et du nombre d'inspecteurs. Il faut dire que ces derniers sont aujourd'hui... seize, pour contr&#244;ler plus de quatre mille mines r&#233;parties dans tout le pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233;s Figueroa Cornejo, &#171; Treinta y tres mineros, uno tras otro &#187;, Agencia (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud, le 14 octobre 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ESSF, Franck Gaudichaud,&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18127&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Tremblement de terre politique et retour des &#8220;Chicago boys&#8221; au Chili &#187;&lt;/a&gt;, publi&#233; originellement par Recherches internationales, juillet 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Walder, &#171; La sepultada clase obrera &#187;, Punto Final, n&#176; 717, Santiago (Chili), septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;3] Jos&#233; Luis C&#243;rdova, Diarioreddigital.cl, 8 octobre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En juin 2010, le ministre des mines reconnaissait que la fiscalit&#233; mini&#232;re au Chili &#233;tait la troisi&#232;me plus faible au monde (Radio Cooperativa, 1er juin 2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Au Chili, les mineurs forment une aristocratie ouvri&#232;re envi&#233;e &#187;, Le Monde, 21 septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Jean-Paul Mari, &#171; La mal&#233;diction de San Jos&#233; &#187;, Le Nouvel Observateur, n&#176; 2395, 30 septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233;s Figueroa Cornejo, &#171; Treinta y tres mineros, uno tras otro &#187;, Agencia latinoamericana de informaci&#243;n, 10 septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/content/au-chili-derriere-l%E2%80%99euphorie-mediatique-les-hommes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.npa2009.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les prisonniers mapuche mettent fin &#224; 3 mois de gr&#232;ve de la faim</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-prisonniers-mapuche-mettent-fin-a-3-mois-de-greve-de-la-faim</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Les-prisonniers-mapuche-mettent-fin-a-3-mois-de-greve-de-la-faim</guid>
		<dc:date>2010-10-11T17:59:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Chili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 9 octobre, les derniers autochtones en gr&#232;ve de la faim ont d&#233;pos&#233; leur moyen de pression. Le porte-parole des gr&#233;vistes Jorge Huenchullan a affirm&#233; que &#171; l'accord n'est pas totalement satisfaisant pour le peuple mapuche &#187;, mais que la mesure a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour des raisons humanitaires. &lt;br class='autobr' /&gt; Si les revendications mapuche n'ont pas &#233;t&#233; entendues dans leur totalit&#233;, les mesures les plus urgentes ont &#233;t&#233; octroy&#233;es. Dans les derniers jours se sont multipli&#233;s les intenses pourparlers entre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton3074-8be01.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 9 octobre, les derniers autochtones en gr&#232;ve de la faim ont d&#233;pos&#233; leur moyen de pression. Le porte-parole des gr&#233;vistes Jorge Huenchullan a affirm&#233; que &#171; l'accord n'est pas totalement satisfaisant pour le peuple &lt;i&gt;mapuche&lt;/i&gt; &#187;, mais que la mesure a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour des raisons humanitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les revendications &lt;i&gt;mapuche&lt;/i&gt; n'ont pas &#233;t&#233; entendues dans leur totalit&#233;, les mesures les plus urgentes ont &#233;t&#233; octroy&#233;es. Dans les derniers jours se sont multipli&#233;s les intenses pourparlers entre les porte-parole du gouvernement et des organisations mapuche, sous l'&#233;gide de l'&#201;glise catholique. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;sidence a lui-m&#234;me visit&#233; trois prisonniers le jour pr&#233;c&#233;dant l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'Int&#233;rieur, Rodgrigo Hinzpeter, a pour sa part annonc&#233; le retrait de toutes les accusations sous la loi antiterroriste. Les crimes suppos&#233;s seront requalifi&#233;s afin que les proc&#233;dures se fassent devant des tribunaux civils ordinaires. Les porte-parole mapuche, en partie insatisfaits, reprochent qu'aucune garantie ne soit donn&#233;e pour que la loi d'exception soit utilis&#233;e &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de 85 jours de gr&#232;ve de la faim, plusieurs prisonniers d'origine autochtone avaient &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s &#224; l'h&#244;pital pour surveiller leur critique &#233;tat de sant&#233;. Plus de trente prisonniers d'une demi-douzaine de prisons du sud du pays ont particip&#233; &#224; cette gr&#232;ve de la faim. La plupart ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s en 2009 lors d'une vague de mobilisation incluant des blocages de routes, des occupations de terres et des incendies de machinerie agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de l'&#233;poque, celui de la pr&#233;sidente Michelle Bachelet, avait r&#233;prim&#233; durement la r&#233;sistance et d&#233;cid&#233; d'utiliser la Loi antiterroriste contre ses dirigeants. Cette loi, install&#233;e par la dictature de Pinochet, a &#233;t&#233; utilis&#233;e syst&#233;matiquement depuis dix ans contre les militants mapuche. Elle a recours &#224; des tribunaux militaires, permet des t&#233;moins anonymes et l'occultation de la preuve &#224; l'accus&#233;, tout en multipliant les peines pour des crimes de droits communs. Au caract&#232;re antid&#233;mocratique de la Loi antiterroriste s'ajoute le crit&#232;re raciste de son application, presque exclusivement mise envers les Mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple mapuche est la nation autochtone la plus importante du Chili avec pr&#232;s de 600 000. Les Mapuche revendiquent des terres et des territoires, des droits politiques et l'arr&#234;t de l'exploitation capitaliste de leurs ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine prend fin l'une des gr&#232;ves de la faim les plus longues de l'histoire du Chili. Les Mapuche esp&#232;rent que le dialogue entam&#233; avec le gouvernement se poursuive afin de r&#233;pondre &#224; leurs revendications historiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une campagne internationale efficace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pression internationale a jou&#233; un r&#244;le important pour la cause des prisonniers politiques mapuche. Les m&#233;dias et le gouvernement chilien ont constamment &#233;voqu&#233; la mauvaise image internationale de ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons l'action d'appui &#224; la cause mapuche le mardi 5 octobre &#224; Montr&#233;al, lors de laquelle l'ancienne pr&#233;sidente Michelle Bachelet a &#233;t&#233; interrompue lors d'une allocution. Rappelons que Bachelet, aujourd'hui encens&#233;e sur la sc&#232;ne internationale pour son progressisme, a permis l'application de la loi antiterroriste et la r&#233;pression du peuple mapuche sous son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.lagauche.ca/Manifestation-contre-le-prix-attribue-a-Michelle-Bachelet-a-Montreal' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir le vid&#233;o&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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