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		<title>Les impacts de la ZLEA sur l'agriculture</title>
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		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
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		<dc:subject>Agriculture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'un des neuf groupes de n&#233;gociation qui se r&#233;unissent p&#233;riodiquement pour faciliter la mise en place de la Zone de Libre Echange des Am&#233;riques (ZLEA), traite sp&#233;cifiquement de la question de l'agriculture.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-ZLEA-+" rel="tag"&gt;ZLEA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Agriculture-+" rel="tag"&gt;Agriculture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'un des neuf groupes de n&#233;gociation qui se r&#233;unissent p&#233;riodiquement pour faciliter la mise en place de la Zone de Libre Echange des Am&#233;riques (ZLEA), traite sp&#233;cifiquement de la question de l'agriculture. Selon le texte de pr&#233;sentation anodin de ce groupe, sa mission principale est de r&#233;duire et, avec le temps, uniformiser les tarifs douniers des 34 pays qui int&#232;greront ce bloc &#233;conomique. Les r&#232;gles &#224; suivre seront celles de L'Accord sur l'Agriculture (AA) n&#233;goci&#233; au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). L'objectif serait de lib&#233;raliser totalement la circulation des produits dans un continent qui compte 808 millions d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'activiste canadienne Maude Barlow, qui suit attentivement les n&#233;gociations de la ZLEA, ce groupe cherche aussi &#224; limiter au maximum l'aide d&#233;j&#224; pr&#233;caire des gouvernements locaux aux petits et moyens propri&#233;taires agricoles et aux travailleurs ruraux. Il aspire ainsi &#224; renforcer encore plus le pouvoir de l'agro-business nord am&#233;ricain et de l'industrie agroalimentaire exportatrice des pays de la r&#233;gion. Selon Maude Barlow, la ZLEA provoquera la faillite de millions de paysans latino-am&#233;ricains, aggravera la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des produits agricoles des Etats-Unis et mettra gravement en p&#233;ril la s&#233;curit&#233; alimentaire des peuples du continent par la r&#233;duction des stocks d'urgence et l'&#233;limination des autres mesures de protection de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Groupe de N&#233;gociation sur l'Agriculture n'est pas le seul &#224; menacer ceux qui vivent du travail de la terre. Un autre groupe, qui traite des Droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, est aussi porteur de nombreux risques pour le futur. Entres autres mesures, il pr&#233;tend breveter tous les &#234;tres vivants &#8211;y compris les plantes utilis&#233;es par les communaut&#233;s locales. Le groupe cherche ainsi &#224; g&#233;n&#233;rer des profits par l'industrialisation de ces cultures. En r&#233;alit&#233;, les neufs groupes de n&#233;gociation de la ZLEA, qui conspirent de mani&#232;re effr&#233;n&#233;e et secr&#232;te, finiront par affecter, directement ou indirectement, les producteurs ruraux et l'agriculture des pays de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faillite et ch&#244;mage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une brochure &#233;dit&#233;e par V&#237;a Campesina Br&#233;sil, qui rassemble des mouvements ruraux actifs comme le MST et la Commission Pastorale de la Terre, pr&#233;sente de fa&#231;on assez didactique les principales &#034; cons&#233;quences de la ZLEA pour l'agriculture br&#233;silienne &#034;. Elle explique que le pays est un exportateur important de produits agricoles, comme le caf&#233; en grains, le soja, le jus d'orange en tonneaux, le tabac en feuille, le sucre brut, entre autres. Tous sont produits par l'industrie agroalimentaire nationale qui rassemble les grands propri&#233;taires fonciers locaux. Avec la ZLEA, cette &#233;lite paysanne escompte un appui plus grand des Etats-Unis pour les exportations. Ainsi les finances publiques se montreraient encore plus g&#233;n&#233;reuses envers ce secteur opulent qui produit peu pour le peuple br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, la production pour la consommation domestique, indispensable &#224; l'alimentation des br&#233;siliens, d&#233;pend essentiellement des petits et moyens propri&#233;taires terriens. Ceux-ci ne disposent que de maigres ressources de l'Etat. Ils n'ont pas de prix minimaux pour la production ni de subventions pour le stockage, le transport, etc. G&#233;n&#233;ralement, ils sont endett&#233;s et vivent dans la p&#233;nurie. Avec la mise en vigueur de la ZLEA, ce sc&#233;nario calamiteux aurait tendance &#224; s'aggraver. L'aide pr&#233;caire allou&#233;e au petit et moyen agriculteur serait r&#233;duite, puisque le gros des ressources publiques serait encore plus affect&#233; aux secteurs exportateurs. Outre la faillite de millions d'agriculteurs et le ch&#244;mage des travailleurs ruraux, cela apporterait une agravation de la crise d'approvisionnement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cons&#233;quence logique, la concentration des terres augmentera dans le pays. Principalement &#224; partir du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso (FHC), l'investissement a &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; la mise en place du mod&#232;le nord- am&#233;ricain dans l'industrie agroalimentaire. Celle-ci d&#233;termine toujours plus l'industrialisation et l'uniformisation des produits pour le stockage et le transport &#224; longue distance. Les petits et moyens agriculteurs en sont r&#233;duits &#224; la production de mati&#232;res premi&#232;res qui sont transform&#233;es par l'industrie agroalimentaire avant d'arriver sur la table du consommateur urbain. Ce mod&#232;le provoque des distorsions innombrables. Entre autres, il renforce la monopolisation des terres, il aggrave la privatisation de l'agriculture (par exemple dans l'industrie agroalimentaire des condiments contr&#244;l&#233;e par trois multinationales), il restreint l'acc&#232;s &#224; la terre du petit agriculteur et il modifie et rench&#233;rit le mod&#232;le technologique de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le souligne la brochure, &#034; tous ces probl&#232;mes seront aggrav&#233;s par la mise en vigueur de la ZLEA, puisque les grandes entreprises nord am&#233;ricaines, qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ne sont pas actives sur le march&#233; br&#233;silien, avec la r&#233;duction des obstacles et des barri&#232;res, s'implanteront au Br&#233;sil. En cons&#233;quence, la concentration et la privatisation de l'industrie agroalimentaire augmentera. Et, plus grave encore, des secteurs particuli&#232;rement polluants comme les frigorifiques, l'&#233;levage porcin ou l'industrie papeti&#232;re et de la cellulose, seront transf&#233;r&#233;s au Br&#233;sil &#034;. La r&#233;cente installation de la multinationale nord am&#233;ricaine Carols, qui a introduit dans le pays un processus industriel d'&#233;levage et d'abattage de porcs qui compte presque 30.000 &#233;levages, est un exemple de ce qui peut se produire &#224; l'avenir. Cet investissement de plusieurs millions a profit&#233; d'un financement public de la BNDES (Banque Nationale de D&#233;veloppement Economique et Social).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau mod&#232;le technologique en expansion dans le monde capitaliste constitue un autre facteur qui devrait renforcer l'industrie agroalimentaire et, par voie de cons&#233;quence, la concentration des terres dans le pays. Le mod&#232;le pr&#233;c&#233;dent, dit de la &#034; r&#233;volution verte &#034;, fond&#233; sur l'utilisation d'engrais et de pesticides et sur la m&#233;canisation, pr&#233;sente des signes d'&#233;puisement. Il a atteint son apog&#233;e et n'arrive plus &#224; augmenter de fa&#231;on significative la productivit&#233; agricole. C'est pour cette raison qu'un nouveau mod&#232;le de production est en cours d'introduction, fond&#233; sur la biotechnologie et la manipulation g&#233;n&#233;tique, destin&#233; &#224; accro&#238;tre la productivit&#233; des v&#233;g&#233;taux et des animaux afin d'augmenter les profits de l'industrie agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve que ce mod&#232;le, sous contr&#244;le du capital, g&#233;n&#232;re &#233;galement de graves modifications dans la campagne. D'un c&#244;t&#233;, il renforce le monopole du savoir. Une dizaine de grandes entreprises, la plupart des Etats-Unis, contr&#244;lent le secteur de la biotechnologie de la plan&#232;te. D'un autre c&#244;t&#233;, la manipulation g&#233;n&#233;tique, au service du profit, d&#233;veloppe des exp&#233;rimentations dangereuses pour l'humanit&#233;. Les organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s &#8211; combinaison de g&#232;nes de diff&#233;rentes origines v&#233;g&#233;tales ou animales&#8211; n'ont pas encore fait la preuve de leur innocuit&#233; sur l'environnement et l'organisme humain. Et pourtant, les multinationales persistent &#224; vouloir les commercialiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Avec le processus de la ZLEA, les entreprises exigent une libert&#233; totale pour diffuser et d&#233;velopper les semences transg&#233;niques, en se gardant dans tous les pays latino-am&#233;ricains le droit de propri&#233;t&#233; de ces nouveaux &#234;tres vivants &#034;, d&#233;nonce le document de Via Campesina. Ceci explique la volont&#233; du Gouvernement des Etats-Unis et des grandes entreprises nord am&#233;ricaines, comme Monsanto, d'&#233;tendre la loi sur les brevets &#224; tout le continent. Au Br&#233;sil, cette loi a &#233;t&#233; approuv&#233;e en 1997 et il y a actuellement 2.094 demandes de brevet d'&#234;tres vivants, la plupart &#233;manant d'entreprises des Etats-Unis. Maintenant, les multinationales obtiendront du servile FHC la pr&#233;sentation d'un projet de loi qui lib&#232;re totalement la culture, le commerce et la consommation de semences et de produits transg&#233;niques. Certains indices laissent supposer que le projet a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; par Monsanto !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la ZLEA mise en place, seule l'industrie agroalimentaire nationale et &#233;trang&#232;re aura acc&#232;s aux semences brevet&#233;es. Les petits et moyens agriculteurs n'auront pas les moyens de les acheter puisque le co&#251;t sera augment&#233; des royalties inaccessibles des grandes entreprises. Cela accentuera &#224; outrance un processus d&#233;j&#224; en cours. Jusqu'en 1997, par exemple, le g&#233;ant nord am&#233;ricain de la biotechnologie, Monsanto, ne participait quasiment pas au march&#233; br&#233;silien des semences de ma&#239;s. En peu de temps, apr&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la loi sur les brevets, Monsanto a achet&#233; plusieurs entreprises nationales et contr&#244;le aujourd'hui 60 % du march&#233;. Cette monopolisation brutale, outre qu'elle m&#232;ne &#224; la faillite les petits et moyens agriculteurs, est un attentat &#224; la souverainet&#233; alimentaire du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banquet n&#233;ocolonialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le principal b&#233;n&#233;ficiaire de la ZLEA, comme le reconna&#238;t la brochure, ne serait pas non plus l'industrie agroalimentaire exportatrice br&#233;silienne qui devrait se contenter des miettes de ce banquet n&#233;ocolonial. Pour l'essentiel, cet accord cherche &#224; renforcer l'&#233;conomie des Etats-Unis, en favorisant la circulation de ses biens et de ses services. Les produits agricoles nord am&#233;ricains, par exemple, sont hautement subventionn&#233;s et ils b&#233;n&#233;ficient d'une infrastructure puissante (transport, stockage, etc.) et de grands avantages technologiques. Avec la disparition des barri&#232;res douanni&#232;res, ils envahiront les march&#233;s des pays du continent, ruinant les agricultures locales. Le Br&#233;sil, avec son potentiel productif &#233;lev&#233;, sera l'une des, voire la principale victime de ce &#034; libre &#233;change &#034; dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A preuve, l'augmentation, en &#224; peine trois ann&#233;es &#8211;de 1994 &#224; 1996&#8211; des exportations des Etats-Unis de 12.000 millions de dollars apr&#232;s que l'OMC ait approuv&#233; les accords lib&#233;ralisant le commerce agricole. La bataille entre ces deux &#233;conomies est devenue plus in&#233;gale. Le Br&#233;sil exporte annuellement pour presque 15.000 millions de dollars en produits agricoles, alors que les Etats- Unis vendent pour presque 55.000 millions de dollars. Dans cette m&#234;me p&#233;riode o&#249; les Etats-Unis &#233;tendaient leurs exportations en d&#233;vastant les march&#233;s p&#233;riph&#233;riques, la politique servile du gouvernement FHC a &#233;t&#233; responsable de l'augmentation des importations et de la d&#233;structuration d'amples secteurs de notre agriculture. Pr&#232;s d'un million d'&#233;tablissements agricoles ont fait faillite dans le pays entre 1985 et 1996, fruit de &#034; l'ouverture commerciale &#034; de FHC. La ZLEA cherche &#224; conforter cette servilit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, elle rendra encore plus difficile la pr&#233;sence br&#233;silienne sur le march&#233; mondial. Actuellement, en fonction des prix, des volumes et de la qualit&#233;, le Br&#233;sil exporte ses produits vers diff&#233;rents continents &#8211;60 % &#224; destination de l'Europe, 24 % vers les Etats-Unis et 16 % vers l'Asie et le Moyen Orient. Le pays a toujours b&#233;n&#233;fici&#233; d'un grand potentiel dans ce domaine &#8211;territoire de dimension continentale, vastes ressources naturelles, climat propice &#224; l'agriculture et travailleurs courageux. La ZLEA vise pr&#233;cis&#233;ment &#224; supprimer cet avantage comparatif de l'&#233;conomie nationale. Elle cherche &#224; asservir notre agriculture en stoppant sa d&#233;mocratisation et son expansion. L'uniformisation des prix agricoles profitera aux produits des Etats-Unis sur les march&#233;s des autres continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toute la propagande en faveur d'un certain &#034; libre &#233;change &#034;, qui sert aujourd'hui une version falsifi&#233;e de la ZLEA, le Br&#233;sil n'a rien gagn&#233; avec les mesures lib&#233;rales appliqu&#233;es par les gouvernements n&#233;olib&#233;raux de service. En 1975 par exemple, les produits agricoles br&#233;siliens repr&#233;sentaient 7,27 % du commerce mondial ; apr&#232;s les r&#232;gnes de Collor et de FHC, ils sont tomb&#233;s &#224; 3,61 % du commerce mondial des produits agricoles. Bien que le PIB agricole br&#233;silien soit approximativement de 86.000 millions de dollars, y compris l'industrie agroalimentaire, nos exportations n'atteignent actuellement que le chiffre m&#233;diocre de 15.000 millions de dollars par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces faits incontestables, m&#234;me les secteurs de l'industrie agroalimentaire nationale doutent des bienfaits de la ZLEA. Pendant un certain temps, dans les enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es par des instituts patronaux, ce groupe &#233;tait l'un des seuls qui affirmaient que le &#034; libre &#233;change &#034; apporterait des avantages en intensifiant les exportations. Cette illusion a dur&#233; jusqu'&#224; ce que le pr&#233;sident George W. Bush approuve, en mai dernier, la nouvelle loi agricole des Etats-Unis &#8211;la Farm Bill. Celle-ci accro&#238;t encore plus les subventions &#224; l'agriculture nord am&#233;ricaine, en lui attribuant presque 180.000 millions de dollars pour les dix prochaines ann&#233;es. Les effets de cette mesure protectionniste sont d&#233;vastateurs : chute des prix mondiaux des denr&#233;es agricoles et augmentation de la comp&#233;titivit&#233; des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration Nationale de l'Agriculture (CNA), qui rassemble l'&#233;lite de l'industrie agroalimentaire br&#233;silienne, a senti le d&#233;sastre imm&#233;diatement. Une enqu&#234;te qu'elle a r&#233;alis&#233;e aupr&#232;s de 1.884 producteurs, a r&#233;v&#233;l&#233; que 97 % des interview&#233;s craignaient les effets n&#233;gatifs de cette mesure. &#034; La modification de la loi agricole nord am&#233;ricaine aura des r&#233;percussions &#233;videntes sur le march&#233; agricole mondial, en affectant la rentabilit&#233; des exportations br&#233;siliennes &#034;, affirme le bulletin officiel de la CNA. Le coup a &#233;t&#233; si violent que m&#234;me le gouvernement docile de FHC s'est vu oblig&#233; de protester. &#034; Les n&#233;gociations de la ZLEA resteront tr&#232;s difficiles &#034;, a d&#233;clar&#233; le ministre de l'Agriculture, Pratini de Moraes. Selon les chiffres de ce minist&#232;re, m&#234;me avant la Farm Bill, le Br&#233;sil avait cess&#233; d'exporter pour 1.200 millions de dollars de soja du fait des mesures protectionnistes des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;vastation au Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qui douterait des effets d&#233;sastreux de la ZLEA et aurait encore des illusions sur la fable du &#034; libre &#233;change &#034;, il peut &#234;tre utile de se pencher sur l'exp&#233;rience de l'ALENA, accord qui r&#233;unit les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, en vigueur depuis 1994. Pour l'agriculture m&#233;xicaine, la plus fragile de ce bloc &#233;conomique r&#233;gional, les impacts ont &#233;t&#233; hautement destructeurs et r&#233;gressifs. Les propres statistiques officielles confirment l'augmentation de la concentration fonci&#232;re et des faillites de petits et moyens agriculteurs, l'explosion du ch&#244;mage des travailleurs ruraux, l'exode violent vers les centres urbains et l'&#233;migration. Aujourd'hui, l'agriculture du pays est enti&#232;rement soumise &#224; la dictature de l'agro-business des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1982, le M&#233;xique importait pour 790 millions de dollars d'alimentation. En 1999, apr&#232;s cinq ann&#233;es d'application de l'ALENA, ces importations &#233;taient d&#233;j&#224; pass&#233;es &#224; 8.000 millions de dollars ! De pays exportateur de nombreux produits agricoles, il s'est transform&#233; en champ de ruines. Aujourd'hui, il est contraint d'importer des Etats-Unis presque 50 % de sa consommation. La &#034; libre concurrence &#034; avec l'agriculture nord am&#233;ricaine hautement subventionn&#233;e et qui s'appuie sur une base technologique plus avanc&#233;e, a &#233;t&#233; d&#233;sastreuse pour le M&#233;xique. C'&#233;tait un gros producteur de riz et aujourd'hui, pour alimenter sa population, il d&#233;pend des importations de riz des Etats- Unis. C'&#233;tait aussi un exportateur de pommes de terre, sauf qu'aujourd'hui ses exportations vers le march&#233; nord am&#233;ricains ont &#233;t&#233; bloqu&#233;es par des barri&#232;res phytosanitaires discutables. Le pays &#233;tait &#233;galement un exportateur traditionnel de coton, mais il d&#233;pend maintenant de la production made in USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'empire de l'ALENA, la superficie agricole cultiv&#233;e s'est vue drastiquement r&#233;duite et, en un temps tr&#232;s court, presque six millions de paysans mexicains ont perdu leur terre et leur emploi ! Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux vivent dans les bidonvilles de la capitale et des autres conglom&#233;rats urbains. D'autres travaillent, pour un salaire de mis&#232;re, dans ces nouveaux &#034; camps de concentration &#034; que sont les maquiladoras (usines de sous-traitance en territoire mexicain) de la fronti&#232;re. Des millions ont &#233;galement essay&#233; de franchir le Mur de la Honte, pour trouver un travail pr&#233;caire aux Etats-Unis. Parmi eux, beaucoup sont morts &#224; la fronti&#232;re. D'autres enfin, comme les indig&#232;nes et les paysans du Chiapas, r&#233;sistent &#224; l'empire nord am&#233;ricain et montrent au monde les m&#233;faits dudit &#034; libre &#233;change &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Altamiro Borges, est journaliste, membre du Comit&#233; Central du PC br&#233;silien, &#233;diteur de la revue Debate Sindical et coordinateur du livre Para entender e combater a Alca (Editora Anita Garibaldi, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Jo&#224;o Pedro Stedile est dirigent du MST et membre de V&#237;a Campesina Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit du portugais par ALAI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site A l'encontre, voir notre page de liens)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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