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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Le Rwanda : les cr&#233;anciers du g&#233;nocide</title>
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		<dc:date>2004-04-16T02:03:15Z</dc:date>
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		<dc:subject>Lib&#233;ration nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; partir du 7 avril 1994, en l'espace de moins de trois mois, pr&#232;s d'un million de Rwandais - le chiffre exact reste &#224; d&#233;terminer - sont extermin&#233;s parce qu'ils et elles sont Tutsis ou suppos&#233;s tels. Il faut y ajouter plusieurs dizaines de milliers de Hutus. Ce sont des opposants politiques au r&#233;gime en place ou des personnes qui refusent ou pourraient refuser de pr&#234;ter leur concours au g&#233;nocide. Avant celui-ci, la population &#233;tait estim&#233;e &#224; environ 7,5 millions. &lt;br class='autobr' /&gt;
La comparaison avec le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Rwanda-+" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; partir du 7 avril 1994, en l'espace de moins de trois mois, pr&#232;s d'un million de Rwandais - le chiffre exact reste &#224; d&#233;terminer - sont extermin&#233;s parce qu'ils et elles sont Tutsis ou suppos&#233;s tels. Il faut y ajouter plusieurs dizaines de milliers de Hutus. Ce sont des opposants politiques au r&#233;gime en place ou des personnes qui refusent ou pourraient refuser de pr&#234;ter leur concours au g&#233;nocide. Avant celui-ci, la population &#233;tait estim&#233;e &#224; environ 7,5 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec le g&#233;nocide des juifs et des tziganes par le r&#233;gime nazi est pleinement justifi&#233;e. Il y a bien certaines diff&#233;rences : le nombre absolu de victimes (6 millions de juifs ont &#233;t&#233; extermin&#233;s par les nazis), les moyens mis en &#339;uvre (les nazis ont con&#231;u et utilis&#233; des moyens industriels pour appliquer la solution finale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a bien eu g&#233;nocide c'est-&#224;-dire la destruction planifi&#233;e d'une collectivit&#233; enti&#232;re par le meurtre de masse ayant pour but d'en emp&#234;cher la reproduction biologique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques mises en &#339;uvre par les institutions financi&#232;res multilat&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fondamental de s'interroger sur le r&#244;le des bailleurs de fonds internationaux. Ma th&#232;se, c'est que les politiques impos&#233;es par les institutions financi&#232;res internationales, principaux bailleurs de fonds du r&#233;gime dictatorial du g&#233;n&#233;ral Juv&#233;nal Habyarimana, ont acc&#233;l&#233;r&#233; le processus conduisant au g&#233;nocide. G&#233;n&#233;ralement, l'incidence n&#233;gative de ces politiques n'est pas prise en consid&#233;ration pour expliquer le d&#233;nouement dramatique de la crise rwandaise. Seuls quelques auteurs mettent en &#233;vidence la responsabilit&#233; des institutions de Bretton Woods (e. a. Chossudovsky, 1994 ; Chossudovsky et Galand, 2004). Celles-ci refusent toute critique &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, quand &#233;clata la crise de la dette du Tiers Monde, le Rwanda (comme son voisin, le Burundi) &#233;tait tr&#232;s peu endett&#233;. Alors qu'ailleurs dans le monde, la Banque mondiale et le FMI abandonnaient leur politique active de pr&#234;ts et pr&#234;chaient l'abstinence, ils adopt&#232;rent une attitude diff&#233;rente avec le Rwanda : ces institutions se charg&#232;rent de pr&#234;ter largement au Rwanda. La dette ext&#233;rieure du Rwanda a &#233;t&#233; multipli&#233;e par vingt entre 1976 et 1994. En 1976, elle s'&#233;levait &#224; 49 millions de dollars ; en 1994, elle repr&#233;sentait pr&#232;s d'un milliard de dollars. La dette a surtout augment&#233; &#224; partir de 1982. Les principaux cr&#233;anciers sont la Banque mondiale, le FMI et les institutions qui y sont li&#233;es (nous les appellerons les IFI, Institutions Financi&#232;res Internationales). La Bm et le FMI ont jou&#233; le r&#244;le le plus actif dans l'endettement. En 2001, les IFI d&#233;tenaient 87% de la dette ext&#233;rieure rwandaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime dictatorial en place depuis 1973 garantissait de ne pas verser dans une politique de changements structurels progressistes. C'est pourquoi il &#233;tait soutenu activement par des puissances occidentales : la Belgique, la France et la Suisse. En outre, il pouvait constituer un rempart par rapport &#224; des Etats qui, dans la r&#233;gion, maintenaient encore des vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance et de changements progressistes (la Tanzanie du pr&#233;sident progressiste Julius Nyerere, un des leaders africains du mouvement des non align&#233;s, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la d&#233;cennie 1980 jusqu'&#224; 1994, le Rwanda re&#231;ut beaucoup de pr&#234;ts et la dictature d'Habyarimana s'appropria une partie consid&#233;rable de ceux-ci. Les pr&#234;ts accord&#233;s devaient servir &#224; ins&#233;rer plus fortement l'&#233;conomie rwandaise dans l'&#233;conomie mondiale en d&#233;veloppant ses capacit&#233;s d'exportation de caf&#233;, de th&#233; et d'&#233;tain (ses trois principaux produits d'exportation) au d&#233;triment des cultures destin&#233;es &#224; la satisfaction des besoins locaux. Le mod&#232;le fonctionna jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980, moment o&#249; les cours de l'&#233;tain d'abord, du caf&#233; ensuite, et enfin, du th&#233; s'effondr&#232;rent. Le Rwanda, pour qui le caf&#233; constituait la principale source de devises fut touch&#233; de plein fouet par la rupture du cartel du caf&#233; provoqu&#233;e par les Etats-Unis au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utilisation des pr&#234;ts internationaux pour pr&#233;parer le g&#233;nocide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines avant le d&#233;clenchement de l'offensive du Front Patriotique Rwandais (FPR) en octobre 1990, les autorit&#233;s rwandaises signent avec le FMI et la Bm &#224; Washington un accord pour mettre en &#339;uvre un programme d'ajustement structurel (PAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce PAS est mis en application en novembre 1990 : le franc rwandais est d&#233;valu&#233; de 67%. En contrepartie, le FMI octroie des cr&#233;dits en devises &#224; d&#233;caissement rapide pour permettre au pays de maintenir le flux des importations. Les sommes ainsi pr&#234;t&#233;es permettent d'&#233;quilibrer la balance des paiements. Le prix des biens import&#233;s augmente de mani&#232;re vertigineuse : le prix de l'essence grimpe de 79%. Le produit de la vente sur le march&#233; national des biens import&#233;s permettait &#224; l'Etat de payer les soldes des militaires dont les effectifs montent en fl&#232;che. Le PAS pr&#233;voyait une diminution des d&#233;penses publiques : il y a bien eu gel des salaires et licenciements dans la fonction publique mais avec transfert d'une partie des d&#233;penses au profit de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les prix des biens import&#233;s grimpent, le prix d'achat du caf&#233; aux producteurs est gel&#233;, c'est le FMI qui l'exige. Cons&#233;quence : la ruine pour des centaines de milliers de petits producteurs de caf&#233; (Maton, 1994). Ceux-ci et les couches les plus appauvries des villes ont d&#232;s lors constitu&#233; un r&#233;servoir permanent de recrues pour les milices Interahamwe et pour l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mesures impos&#233;es par la Bm et le FMI au travers du PAS, il faut relever en outre : l'augmentation des imp&#244;ts &#224; la consommation et la baisse de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, l'augmentation des imp&#244;ts directs sur les familles populaires par la r&#233;duction des abattements fiscaux pour charge de famille nombreuse, la r&#233;duction des facilit&#233;s de cr&#233;dit aux paysans...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier l'utilisation des pr&#234;ts du couple Bm/FMI, le Rwanda est autoris&#233; par la Bm &#224; pr&#233;senter d'anciennes factures couvrant l'achat de biens import&#233;s. Ce syst&#232;me a permis aux autorit&#233;s rwandaises de financer l'achat massif des armes du g&#233;nocide. Les d&#233;penses militaires triplent entre 1990 et 1992 (NDUHUNGIREHE, 1995). La Bm et le FMI ont envoy&#233; plusieurs missions d'experts pendant cette p&#233;riode, ces derniers ont soulign&#233; certains aspects positifs de la politique d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;e par Habyarimana mais ont n&#233;anmoins menac&#233; de suspendre les paiements si les d&#233;penses militaires continuaient &#224; cro&#238;tre. Les autorit&#233;s rwandaises ont alors mis au point des artifices pour dissimuler des d&#233;penses militaires : les camions achet&#233;s pour l'arm&#233;e ont &#233;t&#233; imput&#233;s au budget du minist&#232;re des Transports, une partie importante de l'essence utilis&#233;e par les v&#233;hicules des milices et de l'arm&#233;e &#233;tait imput&#233;e au minist&#232;re de la Sant&#233;... Finalement, la Bm et le FMI ont ferm&#233; le robinet de l'aide financi&#232;re d&#233;but 1993 mais elles n'ont pas d&#233;nonc&#233; l'existence des comptes bancaires que les autorit&#233;s rwandaises d&#233;tenaient &#224; l'&#233;tranger aupr&#232;s de grandes banques et sur lesquelles des sommes importantes restaient disponibles pour l'achat d'armes. On peut consid&#233;rer qu'elles ont failli &#224; leur devoir de contr&#244;le sur l'utilisation des sommes pr&#234;t&#233;es. Elles auraient d&#251; stopper leurs pr&#234;ts d&#232;s d&#233;but 1992 quand elles se sont rendues compte que l'argent &#233;tait utilis&#233; pour des achats d'armes. Elles auraient d&#251; alerter l'ONU d&#232;s ce moment. En continuant &#224; r&#233;aliser des pr&#234;ts jusque d&#233;but 1993, elles ont aid&#233; un r&#233;gime qui pr&#233;parait un g&#233;nocide. Les organisations de d&#233;fense des droits de l'homme avaient d&#233;nonc&#233; d&#232;s 1991 les massacres pr&#233;paratoires au g&#233;nocide. La Banque mondiale et le FMI ont syst&#233;matiquement aid&#233; le r&#233;gime dictatorial car celui-ci &#233;tait un alli&#233; des Etats-Unis, de la France et de la Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mont&#233;e des contradictions sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le projet g&#233;nocidaire soit mis &#224; ex&#233;cution, il fallait non seulement un r&#233;gime pour le concevoir et se doter des instruments pour sa r&#233;alisation. Il fallait &#233;galement qu'une masse appauvrie, lumpenis&#233;e, soit pr&#234;te &#224; r&#233;aliser l'irr&#233;parable. Dans ce pays, 90% de la population vit &#224; la campagne, 20% de la population paysanne dispose de moins d'un demi hectare par famille. Entre 1982 et 1994, on a assist&#233; &#224; un processus massif d'appauvrissement de la majorit&#233; de la population rurale avec, &#224; l'autre p&#244;le de la soci&#233;t&#233;, un enrichissement impressionnant. Selon le professeur Jef Maton, en 1982, les 10% les plus riches de la population pr&#233;levaient 20% du revenu rural ; en 1992, ils en accaparaient 41% ; en 1993, 45% et au d&#233;but 1994, 51% (Maton, 1994). L'impact social catastrophique des politiques dict&#233;es par le couple FMI/Bm et de la chute des cours du caf&#233; sur le march&#233; mondial (chute &#224; mettre en corr&#233;lation avec les politiques des institutions de Bretton Woods et des Etats-Unis qui ont r&#233;ussi &#224; faire sauter le cartel des producteurs de caf&#233; &#224; la m&#234;me &#233;poque) joue un r&#244;le cl&#233; dans la crise rwandaise. L'&#233;norme m&#233;contentement social a &#233;t&#233; canalis&#233; par le r&#233;gime Habyarimana vers la r&#233;alisation du g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cr&#233;anciers du g&#233;nocide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux fournisseurs d'armes au Rwanda entre 1990 et 1994 sont la France, la Belgique, l'Afrique du Sud, l'Egypte et la R&#233;publique populaire de Chine. Cette derni&#232;re a fourni 500 000 machettes. L'Egypte - dont le vice-ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, charg&#233; des relations avec l'Afrique, n'&#233;tait autre que Boutros Boutros-Ghali - a offert au Rwanda un cr&#233;dit sans int&#233;r&#234;t pour lui permettre d'acheter des armes d'infanterie pour un montant de six millions de dollars en 1991. Une fois le g&#233;nocide d&#233;clench&#233;, alors que l'ONU avait d&#233;cr&#233;t&#233;, le 11 mai 1994, un embargo sur les armes, la France et la firme britannique Mil-Tec ont fourni des armes &#224; l'arm&#233;e criminelle via l'a&#233;roport de Goma au Za&#239;re (Toussaint, 1996). Une fois Kigali, capitale du Rwanda, prise par le FPR, plusieurs hauts responsables du g&#233;nocide ont &#233;t&#233; re&#231;us &#224; l'Elys&#233;e. Les autorit&#233;s rwandaises en exil ont install&#233; &#224; Goma avec l'aide de l'arm&#233;e fran&#231;aise le si&#232;ge de la Banque Nationale du Rwanda. Celle-ci a effectu&#233; des paiements pour rembourser l'achat d'armes et en acheter de nouvelles jusque fin ao&#251;t 1994. Les banques priv&#233;es Belgolaise, G&#233;n&#233;rale de Banque, BNP, Dresdner Bank... ont accept&#233; les ordres de paiement des g&#233;nocidaires et ont rembours&#233; les cr&#233;anciers du g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation apr&#232;s le g&#233;nocide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la chute de la dictature en juillet 1994, la Bm et le FMI ont exig&#233; des nouvelles autorit&#233;s rwandaises qu'elles limitent le nombre de fonctionnaires &#224; 50% des effectifs pr&#233;vu au cadre pr&#233;c&#233;dant le g&#233;nocide. Les nouvelles autorit&#233;s ont accept&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res aides octroy&#233;es par les Etats-Unis et la Belgique fin 1994 ont servi &#224; rembourser les arri&#233;r&#233;s de dette du r&#233;gime Habyarimana &#224; l'&#233;gard de la Bm. Les aides octroy&#233;es par les pays du Nord arrivaient au compte-gouttes dans le pays qui &#233;tait &#224; reconstruire. Les autorit&#233;s ont accueilli plus de 800 000 r&#233;fugi&#233;s depuis novembre 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le document de David Woodward r&#233;alis&#233; pour Oxfam, en 1996, si la production agricole s'&#233;tait un peu redress&#233;e, elle restait de 38% inf&#233;rieure aux habituelles premi&#232;res r&#233;coltes et de 28% inf&#233;rieure aux secondes. Le secteur industriel s'av&#233;rait plus lent encore &#224; r&#233;cup&#233;rer : seules 54 des 88 entreprises de production existant avant avril 1994 avaient repris leur activit&#233; et la plupart produisaient bien en de&#231;&#224; de leur niveau ant&#233;rieur : la valeur ajout&#233;e de l'ensemble du secteur industriel ne repr&#233;sentait plus fin 1995 que 47% de son niveau de 1990. L'augmentation de 20% des salaires du service public en janvier 1996 fut la premi&#232;re depuis 1981 mais on estimait officiellement que 80% des travailleurs du secteur public se situaient sous le seuil de pauvret&#233;. Il ne faut pas s'&#233;tonner que les Rwandais pr&#233;f&#232;rent travailler dans une ONG comme chauffeur ou cuisinier plut&#244;t que s'investir dans la fonction publique. Ce chiffre n'est d'ailleurs pas particulier &#224; la fonction publique puisque la Bm estimait en 1996 que 85 &#224; 95% des Rwandais vivaient en dessous du niveau de pauvret&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter un accroissement consid&#233;rable du nombre de femmes chefs de m&#233;nage passant de 21,7% avant le g&#233;nocide &#224; quelque 29,3% avec des pointes de plus de 40% dans certaines pr&#233;fectures. Leur situation est particuli&#232;rement dramatique lorsqu'on sait &#224; quel point les femmes sont discrimin&#233;es au niveau des lois notamment li&#233;es &#224; l'h&#233;ritage, &#224; l'acc&#232;s au cr&#233;dit et au r&#233;gime foncier. D&#233;j&#224; avant le g&#233;nocide, 35% des femmes chefs de m&#233;nage avaient un revenu mensuel inf&#233;rieur &#224; 5 000 francs rwandais (environ quinze dollars) par personne, alors que ce taux &#233;tait de 22% pour les hommes chefs de famille. Malgr&#233; un taux &#233;lev&#233; d'adoption d'orphelins suite au g&#233;nocide et au sida, le nombre d'enfants sans famille oscillait entre 95 000 et 150 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'enseignement, les inscriptions dans le cycle primaire ne sont que de l'ordre de 65% tandis que le taux de fr&#233;quentation des &#233;coles secondaires ne d&#233;passe pas les 8% (Woodward, 1996). Selon la Banque mondiale, le nombre d'&#233;l&#232;ves terminant les &#233;tudes primaires a baiss&#233; entre 1990 et 2001, passant de 34% &#224; 28% (World Bank, World Keys Indicators, 2003). Le taux de mortalit&#233; infantile se maintient &#224; un niveau particuli&#232;rement &#233;lev&#233; (183 pour 1000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, la dette ext&#233;rieure totale du Rwanda s'&#233;levait &#224; pr&#232;s d'un milliard de dollars. Cette dette avait &#233;t&#233; enti&#232;rement contract&#233;e par le r&#233;gime Habyarimana. Dix ans plus tard, cette dette a augment&#233; d'environ 15% et le Rwanda est toujours sous ajustement structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette contract&#233;e avant 1994 rentre pleinement dans la d&#233;finition de &#171; dette odieuse &#187;, en cons&#233;quence le nouveau r&#233;gime aurait d&#251; en &#234;tre totalement exon&#233;r&#233;. Les cr&#233;anciers multilat&#233;raux et bilat&#233;raux savaient parfaitement &#224; qui ils avaient affaire quand ils pr&#234;taient au r&#233;gime d'Habyarimana. Apr&#232;s le changement de r&#233;gime, ils n'avaient pas le droit de reporter leurs exigences sur le nouveau Rwanda. Et pourtant, ils l'ont fait sans vergogne. C'est absolument scandaleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s rwandaises qui ont pris le pouvoir en 1994 ont tent&#233; de convaincre la Bm et le FMI de renoncer &#224; leurs cr&#233;ances. Ces deux institutions ont refus&#233; et ont menac&#233; de fermer le robinet du cr&#233;dit si Kigali s'ent&#234;tait. Elles ont demand&#233; &#224; Kigali de faire silence sur l'aide qu'elles ont apport&#233;e au r&#233;gime d'Habyarimana en &#233;change de nouveaux pr&#234;ts et d'une promesse d'annulation future de dette dans le cadre de l'initiative en faveur des pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (lanc&#233;e en 1996). Il est d&#233;plorable que le gouvernement ait accept&#233; ce marchandage. Les cons&#233;quences sont n&#233;fastes : poursuite de l'ajustement structurel dont les cons&#233;quences &#233;conomiques et sociales sont d&#233;sastreuses et maintien d'une dette ext&#233;rieure insoutenable et odieuse. En faisant cela, les autorit&#233;s de Kigali ont obtenu le statut de bon &#233;l&#232;ve du FMI, de la Bm et du Club de Paris. Pire en participant &#224; l'occupation militaire d'une partie du territoire du pays voisin, la R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo, &#224; partir d'ao&#251;t 1998 et en participant au pillage de ses ressources naturelles, le r&#233;gime rwandais s'est fait le complice des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans la r&#233;gion (ces deux pays cherchent activement un affaiblissement de la RDC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans apr&#232;s le g&#233;nocide, les Rwandais devraient &#234;tre lib&#233;r&#233;s de la dette et de la tutelle des cr&#233;anciers du g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Biblio :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHOSSUDOVSKY, Michel et autres. 1995. &#171; Rwanda, Somalie, ex Yougoslavie : conflits arm&#233;s, g&#233;nocide &#233;conomique et responsabilit&#233;s des institutions de Bretton Woods &#187;, 12 p., in Banque, FMI, OMC : &#231;a suffit !, CADTM, Bruxelles, 1995, 182 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHOSSUDOVSKY, Michel. The Global economic crisis, Department of Economic, University of Ottawa and Committee for the Cancellation of the Third World Debt (COCAD), Bruxelles, 1995, 18 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;12 avril 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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