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	<title>La Gauche</title>
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		<title>Syrie : la lutte continue</title>
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		<dc:date>2011-08-03T13:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khalil Habash</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le soul&#232;vement syrien dure maintenant depuis plus de 4 mois. Malgr&#233; la dure r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et s'accro&#238;t. Depuis le 15 mars, plus de 1500 civils &#8211; au moins &#8211; ont &#233;t&#233; tu&#233;s, dont environ 70 enfants, et environ 10 000 personnes arr&#234;t&#233;es, selon les groupes syriens de d&#233;fense des droits humains. &lt;br class='autobr' /&gt; De nombreux Syriens ont fui vers les pays voisins. Plus de 11'700 sont h&#233;berg&#233;s dans des camps de r&#233;fugi&#233;s en Turquie, tandis que quelques milliers sont au Liban. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH107/arton3227-b3e8e.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le soul&#232;vement syrien dure maintenant depuis plus de 4 mois. Malgr&#233; la dure r&#233;pression, le mouvement de protestation continue et s'accro&#238;t. Depuis le 15 mars, plus de 1500 civils &#8211; au moins &#8211; ont &#233;t&#233; tu&#233;s, dont environ 70 enfants, et environ 10 000 personnes arr&#234;t&#233;es, selon les groupes syriens de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nombreux Syriens ont fui vers les pays voisins. Plus de 11'700 sont h&#233;berg&#233;s dans des camps de r&#233;fugi&#233;s en Turquie, tandis que quelques milliers sont au Liban. Les manifestations continuent d'&#234;tre r&#233;prim&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233;, les casseurs du r&#233;gime et un secteur de l'arm&#233;e, bien que le r&#233;gime ait d&#233;clar&#233; plusieurs fois qu'il ne tirerait pas sur les manifestants s'ils restent pacifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Jisr al-Shughour et dans d'autres villes comme Homs, les forces militaires ont utilis&#233; des h&#233;licopt&#232;res et des tanks pour tirer sur les manifestants. Quelque 15'000 soldats et 40 tanks auraient &#233;t&#233; envoy&#233;s vers la ville et sa r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, le mouvement de protestation augmente encore, avec des manifestations presque quotidiennes dans plusieurs villes du pays. Le 10 juin, jour du &#171; Vendredi des tribus &#187;, on rapporte des manifestations dans plus de 138 villes et agglom&#233;rations &#224; travers le pays. Des manifestations similaires ont d&#232;s lors eu lieu chaque vendredi avec un nombre total de protestataires d&#233;passant le million. Les villes de Hama et de Deir Zor, lesquelles ont vu &#224; plusieurs reprises plus de 500'000 personnes manifester dans leurs rues, sont consid&#233;r&#233;es comme libres et des exemples &#224; suivre par les manifestants malgr&#233; la poursuite de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 23 juin, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;ussie a marqu&#233; le passage des cent jours de la r&#233;volution et s'est tenue dans les d&#233;partements de Homs, Hama, Deraa, les march&#233;s de Deir Zor, la ville de Lattaqui&#233;, &#224; Banyas, Douma et la plus grande partie du Rif de Damas. Les appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ont &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; plusieurs reprises par les manifestants dans plusieurs villes. Les universit&#233;s, particuli&#232;rement &#224; Damas et &#224; Alep, ont vu des manifestations des &#233;tudiants contre le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pr&#233;sident Assad essaie de contenir la r&#233;volte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours du lundi 20 juin, le pr&#233;sident Bachar El-Assad n'a rien dit ni conc&#233;d&#233; de nouveau pour apaiser les protestataires. Il a maintenu une attitude d&#233;fiante. Il a reconnu qu'une certaine partie du mouvement de protestation pourrait avoir quelques revendications l&#233;gitimes et d&#233;sirait participer &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Mais apr&#232;s cette courte d&#233;claration, il a imm&#233;diatement pr&#233;tendu que jusqu'&#224; 64'000 &#171; hors la loi &#187; organisaient le chaos en Syrie et qu'aux c&#244;t&#233;s de cette arm&#233;e &#187; de criminels, le soul&#232;vement en Syrie est &#233;galement foment&#233; par des intellectuels radicaux et blasph&#233;mateurs, qui essaient de s'infiltrer en Syrie en semant le d&#233;sordre au nom de la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias syriens, tous contr&#244;l&#233;s directement ou indirectement par l'Etat, ont d&#233;crit tous les protestataires comme des terroristes contr&#244;l&#233;s par les puissances &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assad ajoute que l'image de la Syrie a &#233;t&#233; &#171; salie &#187; internationalement et que certains protestataires sont pay&#233;s pour filmer les manifestations et n&#233;gocier avec les m&#233;dias. Il a pr&#233;tendu que la Syrie est victime de &#171; conspirations politiques &#187; qu'il a assimil&#233;es &#224; des &#171; microbes &#187;. Cette th&#233;orie de la conspiration contre la Syrie est utilis&#233;e par le r&#233;gime syrien dans chaque discours officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accusations contre les protestataires ne l'ont pas emp&#234;ch&#233; d'appeler &#224; un dialogue national avec l'opposition et le mouvement de protestation. Il a aussi d&#233;clar&#233; que le plus grand danger pour le pays aujourd'hui, c'est la faiblesse ou l'effondrement de l'&#233;conomie syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment ce discours s'accorde-t-il avec la r&#233;alit&#233; de la situation en Syrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, la r&#233;alit&#233; du mouvement est tr&#232;s diff&#233;rente de la description qu'en fait Assad comme un mouvement de protestation domin&#233; par des terroristes, des salafistes et des opportunistes li&#233;s &#224; des conspirateurs &#233;trangers. Nous assistons aujourd'hui en Syrie &#224; un mouvement national populaire qui lutte pour la d&#233;mocratie et la justice sociale. Les manifestants regroupent les diff&#233;rentes composantes ethniques et religieuses du pays, de toutes les r&#233;gions du pays. Au-del&#224; de l'appel d'un grand nombre de personnes de toutes communaut&#233;s demandant la fin de ce r&#233;gime, nous avons vu appara&#238;tre des d&#233;clarations, par exemple, de groupes chr&#233;tiens et alaouites condamnant ce r&#233;gime et sa r&#233;pression, montrant la diversit&#233; du mouvement de protestation en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'importantes manifestations ont eu lieu dans les deux grandes villes d'Alep et de Damas. En plus des manifestations &#224; l'universit&#233; d'Alep, des manifestations ont lieu dans diff&#233;rents faubourgs comme Salahedin, Bab el-Hadid et Seif el-Dawali ou certaines mosqu&#233;es. Dans les villages au nord d'Alep, plusieurs milliers de manifestants sont sortis de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e dans les rues &#224; Tal Rifaat, Hreitan, Mareaa et Aazaz. A Damas aussi des manifestations immenses comme &#224; Douma et Harasta rassemblant des dizaines de milliers de personnes ont eu lieu dans les faubourgs et &#224; plus petite &#233;chelle dans la ville m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors du pays, l'opposition a aussi commenc&#233; &#224; s'organiser. Elle s'est r&#233;unie en plusieurs conf&#233;rences &#224; travers l'Europe. Il s'est form&#233; un comit&#233; consultatif de la Conf&#233;rence d'Antalya [ville touristique au sud de la Turquie], la principale coalition de l'opposition d&#233;mocratique syrienne, qui s'est tenue du 31 mai au 3 juin, ainsi que lors de la Conf&#233;rence d'Istanbul, dite &#171; Conf&#233;rence de salut national &#187; qui s'est tenue le 16 juillet 2011. Les principaux organisateurs de cette conf&#233;rence &#233;taient les Fr&#232;res musulmans, les forces de gauche, kurdes et lib&#233;rales regroup&#233;es dans la D&#233;claration de Damas (DD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des 31 membres du comit&#233; consultatif, quatre &#233;manent de la DD, quatre des Fr&#232;res musulmans (FM), quatre des Kurdes (qui sont majoritairement de gauche) et quatre des tribus. Les 15 autres sont des personnalit&#233;s ind&#233;pendantes. Ces forces organis&#233;es &#224; l'&#233;tranger sont n&#233;anmoins tr&#232;s faibles sur le terrain. Les Fr&#232;res musulmans comme la gauche ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s par des d&#233;cennies de dure pers&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des principaux points de la d&#233;claration d'Antalya et d'Istanbul a &#233;t&#233; de s'opposer &#224; toute intervention militaire &#233;trang&#232;re. Le mouvement de protestation dans le pays a &#233;galement refus&#233; toute intervention militaire &#233;trang&#232;re qui ferait le jeu du r&#233;gime et conduirait probablement le pays &#224; la guerre civile. De la m&#234;me mani&#232;re les opposants de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur se sont engag&#233;s pour une Syrie d&#233;mocratique, civique et pluraliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire en Syrie d&#233;fend l'unit&#233; du peuple syrien et s'oppose &#224; la division. Un sentiment de solidarit&#233; nationale et de solidarit&#233; sociale se d&#233;veloppe qui d&#233;passe les divisions religieuses et ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements &#224; Homs vers le 17 juin, o&#249; des conflits confessionnels auraient explos&#233; entre sunnites et chiites, ont &#233;t&#233; condamn&#233;s par l'opposition de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur comme des tentatives du r&#233;gime de diviser le mouvement populaire de protestation et cr&#233;er le chaos dans la ville. L'opposition syrienne a depuis le d&#233;but pr&#233;sent&#233; un front uni et national contre la menace sectaire d'une guerre civile fabriqu&#233;e par le r&#233;gime afin d'effrayer les gens et de pr&#233;senter cette fausse option du r&#233;gime : moi ou le chaos. Les slogans des manifestants tels que &#171; Nous sommes tous des Syriens, nous sommes unis &#187; sont r&#233;p&#233;t&#233;s en permanence lors des manifestations et sur les diff&#233;rents r&#233;seaux tels que Facebook ou Twitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Deraa, foyer de l'insurrection, une pancarte avait &#233;t&#233; mise &#224; l'entr&#233;e de la mosqu&#233;e o&#249; &#233;tait &#233;crit &#171; Non au sectarisme, nous sommes tous des Syriens &#187;. Dans les manifestations dans la ville de Qamishli, les jeunes Kurdes scandaient : &#171; Pas Kurde, pas Arabe, le peuple syrien est un, nous saluons les martyrs de Deraa &#187;. En outre, le chant le plus important chant&#233; par les manifestants sans aucun doute est &#171; Un, un, un, le peuple syrien est un ! &#187;. Les manifestations ont &#233;t&#233; d&#233;di&#233;es aux diff&#233;rents groupes repr&#233;sentant la Syrie comme le Vendredi de l'&#171; Azime &#187;, en l'honneur de la f&#234;te de P&#226;ques pour les chr&#233;tiens, ou le Vendredi nomm&#233; &#171; Azadi &#187;, qui signifie libert&#233; en kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime exploite les questions religieuses pour susciter des conflits entre communaut&#233;s et diviser le peuple. Il a construit l'arm&#233;e selon des crit&#232;res communautaires pour maintenir la loyaut&#233;. Alors que la majorit&#233; des conscrits sont sunnites, en correspondance avec leur majorit&#233; dans la population, les alaouites et les fid&#232;les de la famille Assad pr&#233;dominent dans le corps des officiers. Les si&#232;ges et les interventions militaires contre les villes rebelles ont &#233;t&#233; presque tous le fait de la 4e brigade command&#233;e par Maher El-Assad et d'unit&#233;s sp&#233;ciales dont la plupart des soldats sont alaouites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Assad n'ose pas employer les soldats normaux par peur de mutineries. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'y a eu que des d&#233;fections individuelles, mais on compte tout de m&#234;me un nombre grandissant de d&#233;fections dans les rangs des officiers et des soldats, et les chiffres de plus en plus importants de fusill&#233;s militaires, difficilement v&#233;rifiables il est vrai, refusant de tirer sur les manifestants pacifiques, d&#233;montrent des dissensions internes au sein de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le soi-disant dialogue appel&#233; par Bachar El-Assad ne peut pas &#234;tre pris au s&#233;rieux tant que continuent les morts, les bless&#233;s, les arrestations et la r&#233;pression contre les manifestants. Aucun dialogue n'est possible quand des tanks et des h&#233;licopt&#232;res sont engag&#233;s contre le peuple. Le mouvement populaire a refus&#233; tout soi-disant dialogue tant que des revendications des manifestants ne sont pas r&#233;alis&#233;es. La pr&#233;tendue &#171; amnistie g&#233;n&#233;rale &#187; accord&#233;e par le pr&#233;sident pour les &#171; crimes &#187; commis avant le 20 juin n'a pas vu la lib&#233;ration des 10'000 manifestants d&#233;tenus depuis le 15 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications d&#233;mocratiques du mouvement populaire pour une Syrie d&#233;mocratique, civique et libre ne sont pas satisfaites par le r&#233;gime. Celui-ci a &#233;labor&#233; une nouvelle loi sur les partis politiques qui pr&#233;voit un &#171; comit&#233; des affaires de partis &#187; pr&#233;sid&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur. Ses membres comprendront un juge de la Cour de cassation et trois personnalit&#233;s ind&#233;pendantes nomm&#233;es par le pr&#233;sident de la r&#233;publique. Toute personne souhaitant cr&#233;er un parti politique devra d&#233;poser une demande d'autorisation sign&#233;e par 50 membres fondateurs &#171; de plus de 25 ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devront &#234;tre r&#233;sidents en Syrie et &#233;maner de pas moins de 50% des gouvernorats du pays. En outre, ils devront avoir un casier judiciaire vierge et ne pourront pas &#234;tre membres d'un autre parti simultan&#233;ment. Au moment du d&#233;p&#244;t de la demande d'autorisation, le nouveau parti devra avoir 2000 membres ainsi que des locaux pour son quartier g&#233;n&#233;ral. Les partis politiques ne pourront pas utiliser des services du gouvernement pour leur propagande, ni agir &#224; partir d'organisations de bienfaisance, d'institutions d'enseignement, ou de structures religieuses (&#233;glises ou mosqu&#233;es). Tout cela est con&#231;u pour pr&#233;server le monopole du parti Baas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les probl&#232;mes &#233;conomiques de la Syrie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de la diffamation du mouvement de protestation par Assad et de son refus d'ouvrir un v&#233;ritable dialogue, le troisi&#232;me probl&#232;me r&#233;side dans ses d&#233;clarations ayant trait &#224; l'&#233;conomie. A propos de la possibilit&#233; d'un effondrement de l'&#233;conomie syrienne, le pr&#233;sident Assad n'a pas compris que son mod&#232;le &#233;conomique s'est d&#233;j&#224; effondr&#233; pour beaucoup de gens. C'est en partie pour cela qu'ils manifestent contre le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie a doubl&#233; son PIB entre 2003 et 2008, mais la croissance &#233;conomique n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; au peuple syrien. Les politiques de lib&#233;ralisation &#233;conomique ont commenc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 et ont &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;es et renforc&#233;es avec l'arriv&#233;e au pouvoir en 2000 de Bachar El-Assad. Ces politiques ont b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; une petite oligarchie et &#224; un petit nombre de ses clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie a vu l'&#233;mergence de banques priv&#233;es et la multiplication des investissements &#233;trangers, en m&#234;me temps que la privatisation et la lib&#233;ralisation des &#233;changes ext&#233;rieurs. Le tourisme est devenu un secteur florissant qui constitue aujourd'hui 12% du PIB syrien en rapportant des revenus d'environ 6,5 milliards dollars et en employant quelque 11% de la force de travail. La Syrie &#8211; qui dans le pass&#233; &#233;tait autosuffisante et poss&#233;dait un fort secteur industriel &#8211; importe d&#233;sormais des biens alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique &#233;conomique a eu des cons&#233;quences s&#233;v&#232;res pour le peuple. Les revenus par habitant restent bien en dessous de la moyenne du Proche-Orient. L'&#233;conomie est toujours encore &#171; en d&#233;veloppement &#187;, la s&#233;curit&#233; sociale a disparu, dans certains cas, le contr&#244;le des prix des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; a &#233;t&#233; abandonn&#233; et la pauvret&#233; touche un tiers de la population. Extr&#234;mement d&#233;pendante des services, l'&#233;conomie ne cr&#233;e pas assez d'emplois, en particulier pour les jeunes dipl&#244;m&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime a progressivement abandonn&#233; le secteur agricole qui repr&#233;sente 20% de l'&#233;conomie syrienne. Les campagnes ont souffert de dures conditions en cons&#233;quence de quatre ann&#233;es de s&#233;cheresse. Le gouvernement n'a pas r&#233;pondu aux difficult&#233;s de la population paysanne dont une grande partie a d&#251; abandonner les r&#233;gions rurales pour aller chercher du travail en ville. Aujourd'hui les paysans pauvres fournissent l'infanterie du soul&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce que Rami Makhlouf &#8211; le cousin du pr&#233;sident Bachar El-Assad et la cible principale des protestations contre la corruption &#8211; abandonne les affaires pour se consacrer aux &#339;uvres de bienfaisance ne va pas r&#233;soudre les probl&#232;mes de l'&#233;conomie syrienne ni assur&#233;ment apaiser les manifestations. Rami Makhlouf contr&#244;le plusieurs affaires dont Syriatel, le plus grand op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phones mobiles du pays, des magasins hors taxes, une concession p&#233;troli&#232;re, une compagnie a&#233;rienne, ainsi que des h&#244;tels et des entreprises de construction. Il a des participations dans au moins une banque. Rami Makhloufa est pr&#233;sent partout et les estimations indiquent qu'il d&#233;tiendrait 60% de l'&#233;conomie syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le soul&#232;vement continue, les fabricants et commer&#231;ants de Damas et d'Alep, qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ont soutenu le r&#233;gime, ont commenc&#233; &#224; remettre en question leur loyaut&#233; politique &#224; son &#233;gard. Ils font face &#224; une situation difficile en fermant des entreprises et en licenciant. La bourgeoisie et sa fraction marchande pourraient donc remettre en question leur loyaut&#233; politique envers le r&#233;gime si le mouvement populaire continue ainsi sans que des alternatives viables soient trouv&#233;es. Il y a m&#234;me aujourd'hui des signes que certains &#233;l&#233;ments du monde des affaires pensent &#224; changer de camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire a refus&#233; toute intervention militaire &#233;trang&#232;re en Syrie et a exclu des personnalit&#233;s li&#233;es aux int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes &#233;trangers tels que Abdel Hakim Khadam [ex-vice-pr&#233;sident de Syrie entre 2000-2005, auparavant proche de Hafez El-Assad, tomb&#233; en d&#233;su&#233;tude, il est maintenant li&#233; aux &#201;tats-Unis et &#224; l'Union europ&#233;enne et ayant d&#233;clar&#233; ces liens sur divers m&#233;dias], Rifaat El-Assad [le jeune fr&#232;re de Hafez El-Assad, oncle de Bachar, boucher en 1982 de la population de Hama ; il entre en opposition avec Hafez au cours des ann&#233;es 1980, mais sera d&#233;finitivement &#233;cart&#233; au cours des ann&#233;es 1990, tout en gardant des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques en Syrie au travers de son fils Sumer] et Mahmoun Homsi [ex-parlementaire, r&#233;prim&#233; et qui vivait en exil au Liban, o&#249; il &#233;tait proche du mouvement du 14 mars, jusqu'&#224; son expulsion du pays, en juillet 2010].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, comme le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah (Liban) et d'autres &#233;galement comme le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien Chavez, trouvent des excuses au r&#233;gime Assad et reprochent au mouvement d'&#234;tre &#171; pro-imp&#233;rialiste &#187; en s'opposant au dictateur et &#224; son r&#233;gime. Il faudrait leur rappeler que c'est le peuple syrien qui a pouss&#233; le r&#233;gime syrien &#224; soutenir la r&#233;sistance au pouvoir sioniste aujourd'hui, comme dans le pass&#233;. C'est la population syrienne qui a offert l'hospitalit&#233; aux r&#233;fugi&#233;s palestiniens, libanais et irakiens quand ils &#233;taient attaqu&#233;s et occup&#233;s par les pouvoirs imp&#233;rialistes comme Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce r&#233;gime syrien qui, ces trente derni&#232;res ann&#233;es, a arr&#234;t&#233; les Syriens qui luttent pour la lib&#233;ration du Golan et de la Palestine. C'est ce m&#234;me r&#233;gime qui a &#233;cras&#233; en 1976, au Liban, les Palestiniens et les mouvements progressistes, tout en participant &#224; la guerre imp&#233;rialiste contre l'Irak en 1991, dans la coalition dirig&#233;e par les &#201;tats-Unis. Le peuple syrien compose les rangs des vrais r&#233;volutionnaires et anti-imp&#233;rialistes et non pas le r&#233;gime de Bachar El-Assad. La victoire de la R&#233;volution syrienne ouvrira un nouveau front de r&#233;sistance contre les puissances imp&#233;rialistes, alors que sa d&#233;faite les renforcerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, le mouvement populaire syrien lutte pour la d&#233;mocratie, la justice sociale et l'anti-imp&#233;rialisme. Le peuple syrien ne va pas rentrer &#224; la maison malgr&#233; la r&#233;pression et les tueries ; il va continuer de manifester jusqu'&#224; ce que ses revendications soient satisfaites. Le peuple syrien ne va pas reculer et les tentatives pour le diviser ne vont pas r&#233;ussir &#8211; la R&#233;volution va &#234;tre permanente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Traduction et premi&#232;re publication &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre &lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre en Libye, l'occupation militaire &#233;trang&#232;re au Bahrein et l'an&#233;antissement des r&#233;volutions arabes : Pas en mon nom !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-guerre-en-Libye-l-occupation-militaire-etrangere-au-Bahrein-et-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-guerre-en-Libye-l-occupation-militaire-etrangere-au-Bahrein-et-l</guid>
		<dc:date>2011-03-24T18:03:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mogniss H. Abdallah</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>
		<dc:subject>Bahrein</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ainsi donc, le laborieux d&#233;bat sur l'instauration d'une &#171; zone d'interdiction a&#233;rienne &#187; en Libye a d&#233;bouch&#233; sur une r&#233;solution de l'ONU qui constitue un feu vert pour un engagement militaire international en Libye. Sans &#171; occupation &#187; militaire terrestre, est-il pr&#233;cis&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Simultan&#233;ment, l'arm&#233;e saoudienne et la police &#233;miratie d&#233;barquent au Bahrein pour participer &#224; l'&#233;crasement d'une r&#233;volution d&#233;mocratique et pacifique : un assaut militaire a &#233;t&#233; donn&#233; mercredi 16 mars 2011 pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Libye-+" rel="tag"&gt;Libye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bahrein-+" rel="tag"&gt;Bahrein&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH104/arton3141-4d206.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ainsi donc, le laborieux d&#233;bat sur l'instauration d'une &#171; zone d'interdiction a&#233;rienne &#187; en Libye a d&#233;bouch&#233; sur une r&#233;solution de l'ONU qui constitue un feu vert pour un engagement militaire international en Libye. Sans &#171; occupation &#187; militaire terrestre, est-il pr&#233;cis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, l'arm&#233;e saoudienne et la police &#233;miratie d&#233;barquent au Bahrein pour participer &#224; l'&#233;crasement d'une r&#233;volution d&#233;mocratique et pacifique : un assaut militaire a &#233;t&#233; donn&#233; mercredi 16 mars 2011 pour d&#233;manteler le campement sur la place de la Perle, renomm&#233;e place Tahrir en r&#233;f&#233;rence explicite &#224; la r&#233;volution &#233;gyptienne. Des h&#233;licopt&#232;res ont tir&#233; sur le peuple : il y a des morts, des dizaines de bless&#233;s qui ne peuvent acc&#233;der &#224; l'h&#244;pital de Manama assi&#233;g&#233; par l'arm&#233;e et les blind&#233;s saoudiens. Le pouvoir instaure la loi martiale et proc&#232;de &#224; l'arrestation de figures de l'opposition d&#233;mocratiques, chiites et sunnites. Au Bahrein donc, on r&#233;pond &#224; un mouvement de lutte pour les droits civiques par la r&#233;pression sous occupation militaire &#233;trang&#232;re... et sous le regard de la Ve flotte U.S. qui y dispose d&#233;j&#224; d'une base navale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays, comme les Emirats-Arabes-Unis qui participent ouvertement &#224; l'occupation militaro-polici&#232;re du Bahrein, se sont aussi port&#233;s volontaires pour l'intervention internationale en Libye. Ainsi, des r&#233;gimes directement impliqu&#233;s dans la r&#233;pression dans un pays arabe, pr&#233;tendraient agir contre r&#233;pression et massacres dans un autre pays arabe ? Quelle hypocrisie ! Les militants de la solidarit&#233; internationale ne peuvent cautionner sous aucun pr&#233;texte cette duplicit&#233; qui menace l'avenir des r&#233;volutions d&#233;mocratiques en cours dans l'ensemble du monde arabe, arabo-berb&#232;re et africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, et au-del&#224; de la n&#233;cessaire &#233;valuation des int&#233;r&#234;ts g&#233;o-strat&#233;giques complexes en jeu, nous devrions nous interroger s&#233;rieusement sur notre r&#244;le dans la situation actuelle. Comment pourrions-nous nous r&#233;jouir devant la militarisation croissante en Libye et ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais le dire franchement aux amis libyens sinc&#232;res dans leurs aspirations &#224; la libert&#233; : nous condamnons inconditionnellement les massacres des populations en Libye par Kadhafi et son r&#233;gime. Mais je suis outr&#233; par les slogans &#171; One, two, three, Viva Sarkozy &#187; clam&#233;s &#224; Benghazi, et par l'association du Conseil National de transition avec le va-t-en-guerre Bernard Henri L&#233;vy. Amis libyens, je voudrais aussi vous entendre condamner clairement les exactions racistes et les menaces &#224; grande &#233;chelle &#224; l'encontre des migrants noirs africains, &#233;gyptiens et autres, qui composent 1/4 de la population du pays. Je voudrais vous voir soutenir l'ensemble des peuples en lutte, &#224; commencer par ceux du Bahre&#239;n et du Y&#233;men, aujourd'hui victimes d'une r&#233;pression terrible men&#233;e avec la complicit&#233; directe de ceux qui pr&#233;tendent par ailleurs vous venir en aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amis de la solidarit&#233; internationale, lorsque nous soutenons le peuple libyen, ne taisons pas notre solidarit&#233; avec les luttes de tous les peuples arabes. Et n'ayons pas peur du d&#233;bat contradictoire entre nous, y compris avec nos camarades libyens. Pas d'unit&#233; &#224; minima ! Ne soyons pas complices de la balkanisation de la Libye et des pays de la r&#233;gion. Souvenons-nous aussi du pr&#233;c&#233;dent d'une Somalie d&#233;mantel&#233;e sous les auspices d'une intervention militaro-humanitaire internationale sous le joli nom de &#171; Restore hope &#187;, Restaurer l'espoir...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Mogniss H. Abdallah, Paris, 18 mars 2011&lt;br&gt;
Egyptien, Mogniss H. Abdallah est &#233;crivain, r&#233;alisateur et producteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volutions arabes et question palestinienne. Interview Radio en France</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Revolutions-arabes-et-question-palestinienne-Interview-Radio-en-France</link>
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		<dc:date>2011-03-16T13:28:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Nord</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;volutions arabes et question palestinienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Interview Radio en France avec Julien Salingue (27/02)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Afrique-du-Nord-342-+" rel="tag"&gt;Afrique du Nord&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;volutions arabes et question palestinienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Interview Radio en France avec Julien Salingue (27/02)&lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; id=&#034;wat_5808019&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.wat.tv/swf2/850067nIc0K115808019&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.wat.tv/swf2/850067nIc0K115808019&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; id=&#034;wat_5808075&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.wat.tv/swf2/291304nIc0K115808075&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.wat.tv/swf2/291304nIc0K115808075&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie, Egypte : un processus r&#233;volutionnaire de port&#233;e mondiale</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Tunisie-Egypte-un-processus-revolutionnaire-de-portee-mondiale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Tunisie-Egypte-un-processus-revolutionnaire-de-portee-mondiale</guid>
		<dc:date>2011-02-25T21:46:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Quatri&#232;me Internationale</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Nord</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tunisie, Egypte : un processus r&#233;volutionnaire de port&#233;e mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'extraordinaire victoire du peuple &#233;gyptien contre Moubarak d&#233;multiplie la port&#233;e historique de la r&#233;volution tunisienne qui a abattu le r&#233;gime de Ben Ali. L'onde de choc de ces victoires populaires s'est &#233;tendue en quelques jours &#224; toute la r&#233;gion arabe et au del&#224;, et influence le rapport de forces mondial entre les classes. Manifestations, gr&#232;ves, assembl&#233;es, comit&#233;s d'autod&#233;fense, mobilisations des syndicats, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Moyen-Orient-125-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Afrique-du-Nord-342-+" rel="tag"&gt;Afrique du Nord&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH90/arton3119-6971c.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tunisie, Egypte : un processus r&#233;volutionnaire de port&#233;e mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'extraordinaire victoire du peuple &#233;gyptien contre Moubarak d&#233;multiplie la port&#233;e historique de la r&#233;volution tunisienne qui a abattu le r&#233;gime de Ben Ali. L'onde de choc de ces victoires populaires s'est &#233;tendue en quelques jours &#224; toute la r&#233;gion arabe et au del&#224;, et influence le rapport de forces mondial entre les classes. Manifestations, gr&#232;ves, assembl&#233;es, comit&#233;s d'autod&#233;fense, mobilisations des syndicats, des lyc&#233;ens, des associations d&#233;mocratiques se sont affront&#233;es avec une d&#233;termination absolue aux appareils d'Etat et d'abord aux forces de police. Ce sont des millions de tunisiens et d'&#233;gyptiens qui se sont mis en mouvement jusqu'&#224; la chute des dictateurs, et continuent de se mobiliser pour ne pas se faire confisquer leur r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il s'agit d'un processus de r&#233;volution permanente qui combine &#233;troitement les dimensions sociales, d&#233;mocratiques, de souverainet&#233; nationale, et se r&#233;pand au niveau international. Les effets de la crise &#233;conomique mondiale, conjugu&#233;s &#224; l'oppression f&#233;roce et &#224; la corruption &#233;hont&#233;e des dictatures, ont rassembl&#233; les couches populaires les plus d&#233;favoris&#233;es, la classe ouvri&#232;re organis&#233;e comme les classes moyennes, les jeunes comme les vieux, les femmes comme les hommes. Les masses tunisiennes et &#233;gyptiennes n'en pouvaient plus de syst&#232;mes &#233;conomiques qui les marginalisaient. Comme dans de nombreux pays voisins, l'int&#233;gration &#224; la mondialisation capitaliste a abouti &#224; une croissance &#233;conomique peu productrice d'emplois et une concentration sans pr&#233;c&#233;dent des richesses, un d&#233;veloppement in&#233;gal des territoires et une d&#233;gradation g&#233;n&#233;rale des conditions de vie et de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des principales raisons de cette r&#233;volution est l'explosion des prix alimentaires dans les derni&#232;res ann&#233;es. Le rapide processus de changement climatique a men&#233; &#224; la crise alimentaire mondiale actuelle, particuli&#232;rement dans des pays comme la Tunisie.. La lib&#233;ralisation &#233;conomique impos&#233;e par le FMI, l'OMC et L'UE s'est traduite par une pr&#233;carisation accrue des travailleurs, l' accaparement des terres par le capitalisme agraire orient&#233; vers l'exportation, des coupes drastiques dans les services publics et un ch&#244;mage massif frappant en particulier des jeunes dipl&#244;m&#233;s. Avec en plus la fermeture des fronti&#232;res de l'Union Europ&#233;enne aux possibilit&#233;s d'&#233;migration, et un r&#233;tr&#233;cissement du march&#233; de l'emploi dans les monarchies p&#233;troli&#232;res du Golfe, toute perspective d'&#233;chapper &#225; la pauvret&#233; disparaissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'&#233;touffement radical des libert&#233;s et des droits d&#233;mocratiques, s'appuyant sur des Etats policiers qui imposaient un contr&#244;le social g&#233;n&#233;ralis&#233; ; l'impossibilit&#233; de contre-pouvoirs &#8211; les partis &#171; d'opposition &#187; parlementaires n'&#233;tant tol&#233;r&#233;s par les r&#233;gimes tunisien et &#233;gyptien que comme ectoplasmes, les associations noyaut&#233;es ou emp&#234;ch&#233;es de fonctionner - ont fait qu'entre les dictatures et les populations, il n'y avait que la figure du leader autocratique et un appareil r&#233;pressif d&#233;vou&#233; et f&#233;roce. Et le fonctionnement maffieux des clans au pouvoir ont achev&#233; de les d&#233;ligitimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ces deux r&#233;gimes se sont distingu&#233;s par leur collaboration avec l'Etat sioniste d'Isra&#235;l, exasp&#233;rant encore plus des populations consid&#233;rant comme leurs, les souffrances du peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; toutes ces injustices, des gr&#232;ves, des explosions sociales se multipliaient ces derni&#232;res ann&#233;es, permettant une accumulation d'exp&#233;riences sans toutefois parvenir &#225; briser le mur de la peur pour la majorit&#233; des populations. C'est ce mur qui a &#233;t&#233; submerg&#233; en quelques semaines, et malgr&#233; les tr&#232;s nombreuses victimes, le peuple tunisien, puis avec son exemple en t&#234;te le peuple &#233;gyptien ont men&#233; une lutte ininterrompue jusqu'au d&#233;part des dictateurs Ben Ali et Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Avec ces victoires, les peuples de la r&#233;gion arabe retrouvent une immense dignit&#233;, celle de leur irruption sur la sc&#232;ne politique de la d&#233;mocratie et de la lutte des classes, et non plus celle de la mortif&#232;re alternative (ou combinaison) autocraties/islamisme dans laquelle on les enfermait depuis trente ans. Les classes populaires et en premier lieu la classe ouvri&#232;re de cette r&#233;gion ont acquis les moyens de revendiquer toutes les libert&#233;s d&#233;mocratiques, les femmes de revendiquer leurs droits et l'&#233;galit&#233; avec les hommes. Les travailleurs ont acquis les moyens de contester &#224; un niveau bien sup&#233;rieur les programmes de surexploitation du n&#233;o-lib&#233;ralisme, et d&#233;stabilisent en profondeur les dispositifs de main-mise imp&#233;rialiste sur la r&#233;gion, europ&#233;ens comme etats-uniens, articul&#233;s &#224; l'Etat d'Isra&#235;l. Le gouvernement isra&#233;lien, toutes tendances confondues ne s'y est pas tromp&#233;, qui a jusqu'au bout exig&#233; un soutien de l'Occident aux dictateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution dans la r&#233;gion arabe montre le potentiel d'&#233;mancipation sociale et d&#233;mocratique de toute lutte de masse contre l'injustice. Le r&#244;le actif des femmes dans ces mobilisations est un signe qui ne trompe pas. Ce processus permet de combattre les campagnes racistes et islamophobes sur le soi-disant &#171; Choc des civilisations &#187; qui tentent de faire croire que la mobilisation des peuples arabo-musulmans pave le chemin de l'int&#233;grisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique aura des effets dans le monde entier. Elle en a d&#233;j&#224; imm&#233;diatement en Jordanie, au Yemen, au Bahrein, en Syrie, en Libye, en Alg&#233;rie, au Maroc et en Mauritanie, m&#234;me si on ne peut pr&#233;voir &#224; quel rythme et dans quel ordre peuvent tomber les r&#233;gimes en place, avec chacun ses particularit&#233;s. Particuli&#232;rement en Libye, o&#249; le r&#233;gime a attaqu&#233; la population avec des avions militaires et des h&#233;licopt&#232;res et a d&#233;j&#224; tu&#233; plus de 500 personnes, il y a une escalade rapide de la situation qui n&#233;cessite notre enti&#232;re solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;volutions cr&#233;ent de nouvelles conditions, plus favorables, pour la lutte des Palestiniens, lutte que la Quatri&#232;me Internationale encourage et soutient. La r&#233;volution &#233;gyptienne met &#224; l'ordre du jour concr&#232;etement la fin de ce crime contre l'humanit&#233; qu'est le si&#232;ge de Gaza. Face &#224; cela, la riposte de l'Etat sioniste peut devenir encore plus dure et brutale. Il faudra redoubler de mobilisation pour l'en emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique de ces r&#233;volutions encourage aussi les luttes contre les dictatures en Iran et jusqu'en Chine, o&#249; les oppositions s'inspirent de m&#233;thodes de coordination utilis&#233;es en Tunisie et en Egypte comme l'utilisation des r&#233;seaux sociaux. Elle encouragera in&#233;vitablement les mobilisations des populations immigr&#233;es originaires de la r&#233;gion arabe, surexploit&#233;es et opprim&#233;es dans les pays capitalistes avanc&#233;s. Plus que jamais nous devons nous tenir aux c&#244;t&#233; de ces populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces processus peuvent avoir des cons&#233;quences plus globales encore dans les pays imp&#233;rialistes o&#249; les travailleurs et les jeunes s'affrontent de plus en plus massivement aux plans d'aust&#233;rit&#233;, sans trouver la voie du succ&#232;s : ils montrent qu'une r&#233;volution par en bas est possible au 21&#232;me si&#232;cle, qu'elle peut abattre un r&#233;gime politique apparemment inexpugnable et arracher des conqu&#234;tes qui apparaissaient hier encore inaccessibles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les acquis de ces processus sont certes fragiles en Tunisie comme en Egypte, mais essentiels pour la suite. S'appuyant sur des exp&#233;riences populaires r&#233;centes, et l'ancrage ancien de la gauche radicale dans les syndicats, l'auto-organisation s'est d&#233;velopp&#233;e massivement quand il a fallu que les manifestants et les habitants des quartiers se prot&#232;gent des exactions polici&#232;res et des milices du pouvoir, en Tunisie de Sidi Bouzid aux quartiers populaires des grandes villes et &#224; la Kasbah &#224; Tunis ; en Egypte de la Place Tahrir du Caire aux quartiers de Suez, Mansourah ou Alexandrie. Sc&#232;nes inimaginables quelques jours avant, les musulmans et les coptes ont prot&#233;g&#233; mutuellement leurs moments de pri&#232;re ; les ouvriers et les jeunes internautes, les femmes et les religieux, les &#233;crivains et les taxis ont tenu c&#244;te &#224; c&#244;te les points attaqu&#233;s par les sbires de Moubarak. Les peuples ont r&#233;ussi &#224; d&#233;stabiliser l'arm&#233;e en tentant syst&#233;matiquement de fraterniser avec les soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dictateurs ont fui, les directions des partis au pouvoir ont du renoncer &#224; fonctionner sous la pression des mobilisations, et les mobilisations populaires se poursuivent. En Tunisie, les dirigeants les plus corrompus sont poursuivis en justice, les fonds et les biens du RCD sont saisis, ses locaux sont devenus des maisons du peuple. La plupart des prisonniers politiques ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s. S'ils ne sont pas d&#233;mantel&#233;s, les appareils policiers des deux pays sont d&#233;sorganis&#233;s. Les employ&#233;s des minist&#232;res commencent &#224; exercer un contr&#244;le sur leurs dirigeants, comme ceux du Minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res tunisien qui ont obtenu la d&#233;mission de leur ministre qui avait couvert la Ministre fran&#231;aise Alliot-Marie de louanges. Beaucoup de gouverneurs, maires et responsables publics tunisiens ont du d&#233;missionner. Les masses tunisiennes en viennent m&#234;me &#224; r&#233;clamer le d&#233;part de l'ambassadeur de France fra&#238;chement arriv&#233; apr&#232;s une d&#233;claration m&#233;prisante de sa part ! De nombreux pr&#233;caires de la fonction publique ont &#233;t&#233; titularis&#233;s, le capital des dirigeants d'entreprise les plus corrompus de Tunisie a &#233;t&#233; nationalis&#233;. En Egypte, ces processus sont &#233;galement engag&#233;s. Les fonctionnaires ont obtenu des augmentations de salaire de 15%, de nombreuses gr&#232;ves ouvri&#232;res se d&#233;veloppent malgr&#233; les menaces du nouveau pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Bien entendu, les classes dominantes ne sont pas rest&#233;es inertes et seront de plus en plus actives face aux processus r&#233;volutionnaires en extension. En Tunisie, la &#171; neutralit&#233; &#187; de l'arm&#233;e et le d&#233;part de Ben Ali ont &#233;t&#233; contrebalanc&#233;s par le maintien au pouvoir de son premier ministre Ghannouchi et de nombreux dirigeants du RCD, qui devaient &#234;tre l&#233;gitim&#233;s par l'arriv&#233;e au gouvernement de plusieurs partis de l'opposition et du grand syndicat UGTT. Le refus de celle-ci et la mobilisation populaire ont impos&#233; un deuxi&#232;me gouvernement o&#249; seul le premier ministre reste parmi les cadres du RCD. Mais le nouveau pouvoir est encadr&#233; par des cadres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, et il met toute son &#233;nergie &#224; convaincre, avec les capitalistes tunisiens et l'arm&#233;e, les travailleurs de reprendre le travail &#171; comme avant &#187;. Il s'agirait de refermer une parenth&#232;se&#8230;en se contentant d'annoncer des &#233;lections g&#233;n&#233;rales dans 6 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, c'est directement l'arm&#233;e qui assure la &#171; transition &#187;, avec le mena&#231;ant Ministre de l'Int&#233;rieur Suleiman, tortionnaire av&#233;r&#233;, ami d'Isra&#235;l et agent de la CIA etats-unienne de notori&#233;t&#233; publique. L&#224; aussi, le peuple est somm&#233; d'&#234;tre raisonnable pour permettre la poursuite du tourisme et des investissements &#233;trangers, avec la promesse d'&#233;lections dans quelques mois&#8230; et la menace d'une reprise de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements Sarkozy et Berlusconi, qui n'ont rien vu venir et se sont enferr&#233;s dans son soutien &#224; Ben Ali, sont &#224; la pointe de l'Union Europ&#233;enne pour exiger maintenant la reprise des affaires et le retour aux blocages policier des migrants. L'administration Obama de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est beaucoup plus souple : n'ayant pas pr&#233;vu ni contr&#244;l&#233; le mouvement en Egypte, il feint de le chevaucher. Mais ses liens &#233;troits avec le commandement de l'arm&#233;e p&#232;se comme une menace permanente sur le processus r&#233;volutionnaire &#233;gyptien, et exigera des garanties quant au trafic dans le canal de Suez et le maintien de la fermeture de la fronti&#232;re palestinienne &#224; Gaza. Enfin les institutions internationales sauront r&#233;clamer le respect des fondamentaux du capitalisme moderne : paiement de la dette publique, m&#234;me inique ; respect de l'ouverture totale aux capitaux et aux produits &#233;trangers, poursuite des d&#233;r&#232;glementations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Dans ce processus, c'est tout le syst&#232;me qu'il faut &#233;radiquer, pour &#233;tablir tous les droits et libert&#233;s d&#233;mocratiques : droit d'expression, droit de gr&#232;ve, droit de manifestation, pluralisme des associations, syndicats et partis, liquidation de l'institution pr&#233;sidentielle et instauration d'un gouvernement provisoire r&#233;volutionnaire. Est n&#233;cessaire aujourd'hui l'ouverture d'un processus d'&#233;lections libres pour une assembl&#233;e constituante. Pour ne pas &#234;tre confisqu&#233; par un nouveau pouvoir des oligarchies, ce processus doit s'appuyer sur l'organisation des comit&#233;s, coordinations et conseils populaires qui ont &#233;merg&#233; dans la population. Dans ce contexte, les anticapitalistes lutteront pour les revendications cl&#233; d'un programme de rupture avec l'imp&#233;rialisme et le syst&#232;me capitaliste : satisfaction des besoins vitaux des classes populaires (le pain, les salaires, l'emploi), r&#233;organisation de l'&#233;conomie en fonction des besoins sociaux, services publics de qualit&#233; et gratuits (l'&#233;cole, la sant&#233;), les droits des femmes, &#233;largissement des protections sociales (ch&#244;mage, sant&#233;, retraite), r&#233;forme agraire radicale, socialisation des banques et des secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie, annulation de la dette, souverainet&#233; nationale et populaire. Ce programme d'un gouvernement qui serait au service des travailleurs et de la population est d&#233;fendu en Tunisie par la Ligue de la Gauche Ouvri&#232;re. Celle-ci est partie prenante du Front du 14 janvier qui rassemble la gauche refusant le gouvernement Ghannouchi et se battant pour toutes les libert&#233;s d&#233;mocratiques, une Constituante et la satisfaction des besoins fondamentaux. Ce programme est &#233;galement port&#233; en Egype avec un regroupement des r&#233;volutionnaires en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les peuples tunisien et &#233;gyptien, et l'ensemble des peuples de la r&#233;gion arabe ont encore besoin de notre solidarit&#233; dans la lutte pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques. Ils ont encore plus besoin de notre mobilisation pour desserrer l'&#233;tau imp&#233;rialiste : non paiement des dettes externes des anciens r&#233;gimes, restitution des biens et avoirs financiers des dictateurs, protection de la souverainet&#233; nationale des peuples face aux pressions du capitalisme international ; annulation des accords internationaux sign&#233;s par l'ancien r&#233;gime dans les domaines militaires, s&#233;curitaires et migratoires. Les r&#233;volutionnaires du monde entier ont &#233;galement comme t&#226;che essentielle d'&#233;tablir tous les liens possibles avec les syndicats, milieux associatifs et organisations anticapitalistes de ces pays, pour aider &#224; la consolidation des processus r&#233;volutionnaires en cours, et appuyer l'auto-organisation des peuples concern&#233;s. La r&#233;volution en cours dans la r&#233;gion arabe est notre combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ores et d&#233;j&#224; nous soutenons les initiatives suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
l'appel de l'Assembl&#233;e des mouvements sociaux r&#233;unie dans le cadre du Forum Social Mondial de Dakar, &#224; une journ&#233;e mondiale de mobilisation en solidarit&#233; avec les r&#233;volutions dans le monde arabe le 20 mars 2011 (date anniversaire de l'invasion de l'Irak en 2003) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
la conf&#233;rence des organisations r&#233;volutionnaires de la r&#233;gion arabe &#224; Tunis appel&#233;e par la LGO du 25 au 27 mars ;&lt;br class='autobr' /&gt;
la Conf&#233;rence anticapitaliste m&#233;diterran&#233;enne appl&#233;e par le NPA qui se tiendra &#224; Marseille les 7 et 8 mai prochains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amsterdam&lt;br class='autobr' /&gt;
le 22 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Le fiasco imp&#233;rial !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-fiasco-imperial</link>
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		<dc:date>2007-03-21T00:45:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#8211; LE FIASCO IMPERIAL &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le consensus bipartisan avec lequel la classe dirigeante &#233;tats-unienne avait approuv&#233; la campagne militaire de l'administration Bush apr&#232;s le 11 septembre 2001, y compris l'invasion de l'Irak, s'est effrit&#233; devant les d&#233;boires de l'occupation de ce dernier pays. Les d&#233;bats qui traversent l'establishment &#233;tats-unien ne portent cependant pas sur ce qui continue &#224; faire l'unanimit&#233; en son sein : l'importance strat&#233;gique majeure du contr&#244;le sur la r&#233;gion du Golfe et sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-comite-international-2007-" rel="directory"&gt;comit&#233; international 2007&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Moyen-Orient-125-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; - LE FIASCO IMPERIAL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le consensus bipartisan avec lequel la classe dirigeante &#233;tats-unienne avait approuv&#233; la campagne militaire de l'administration Bush apr&#232;s le 11 septembre 2001, y compris l'invasion de l'Irak, s'est effrit&#233; devant les d&#233;boires de l'occupation de ce dernier pays. Les d&#233;bats qui traversent l'establishment &#233;tats-unien ne portent cependant pas sur ce qui continue &#224; faire l'unanimit&#233; en son sein : l'importance strat&#233;gique majeure du contr&#244;le sur la r&#233;gion du Golfe et sur l'Irak. Il s'agit plut&#244;t de d&#233;bats sur le meilleur moyen de limiter les d&#233;g&#226;ts de l'op&#233;ration Irak, en assurant la mainmise &#224; long terme de Washington sur cette partie du monde. Il s'agit aussi de d&#233;bats sur la facon d'affronter l'Iran. Le r&#233;gime des mollahs iraniens est percu par l'administration Bush comme un &#233;quivalent islamique du Venezuela de Hugo Chavez : un r&#233;gime s'appuyant sur la marge d'autonomie que lui donnent ses ressources p&#233;trolieres pour rejeter la tutelle de Washington et s'opposer a son h&#233;g&#233;monie r&#233;gionale. Des membres de l'establishment &#233;tats-unien mettent plutot l'accent sur la possibilit&#233; d'aboutir a un modus vivendi avec T&#233;h&#233;ran en soulignant l'ouverture du r&#233;gime iranien au n&#233;olib&#233;ralisme, qui le distingue fortement de la radicalisation sociale en cours en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le bilan des exp&#233;ditions imp&#233;rialistes men&#233;es par l'administration Bush depuis les attentats sur le sol des Etats-Unis est tout a fait d&#233;sastreux. En Afghanistan meme, ce sont les Talibans qui sont aujourd'hui a l'offensive : une partie consid&#233;rable du pays est de nouveau sous leur contr&#244;le, et la pr&#233;sence des troupes &#233;tats-uniennes et alli&#233;es est devenue la principale cause de la nouvelle expansion de ce mouvement dont Washington avait pr&#233;tendu &#171; lib&#233;rer &#187; le pays. La vie de la population afghane sous la coupe des seigneurs de la guerre int&#233;gristes islamiques de l'Alliance du Nord et sous la tutelle des forces d'occupation occidentales, loin des pr&#233;tentions mensongeres de d&#233;mocratisation et de modernisation de l'Afghanistan et de lib&#233;ration de ses femmes, a r&#233;ussi l'exploit de faire regretter les Talibans a des r&#233;gions entieres du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I - IRAK&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. C'est cependant l'Irak qui &#233;tait l'objectif principal de l'offensive imp&#233;riale, et c'est le fiasco irakien qui repr&#233;sente l'&#233;chec le plus grave de l'administration Bush. Son plan initial - n&#233;o-conservateur - pr&#233;voyait l'&#233;tablissement en Irak d'un r&#233;gime &#224; fa&#231;ade &#171; d&#233;mocratique &#187; dot&#233; d'une base sociale majoritaire et domin&#233; par les alli&#233;s de Washington. Il a vite &#233;t&#233; constat&#233; que cette base n'existait pas, et que les forces dominantes parmi les chiites irakiens - la communaut&#233; qui &#233;tait cens&#233; &#234;tre reconnaissante aux Etats-Unis - &#233;taient les forces pro-iraniennes. L'&#233;chec de ce plan a conduit l'administration, en l'absence de partenaires fiables pour un v&#233;ritable sc&#233;nario d'&#171; irakisation &#187; du conflit, &#224; jouer sur les divisions confessionnelles et ethniques entre les Irakiens pour maintenir son h&#233;g&#233;monie. Cette pratique a fini par alimenter une dynamique de guerre civile confessionnelle, qui a connu un tournant tragique apr&#232;s f&#233;vrier 2006 (attentat anti-chiite de Samarra) - une trag&#233;die dont les femmes font partie des principales victimes. En retour, cette dynamique a rendu l'&#233;chec de l'administration Bush plus &#233;vident encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'administration Bush a d&#233;cid&#233; de jouer son va-tout en pratiquant une escalade militaire destin&#233;e &#224; prendre le contr&#244;le militaire de la capitale, Bagdad, tout en essayant d'isoler son principal ennemi : le courant dirig&#233; par Moqtada al-Sadr. Cette tactique suppose pour r&#233;ussir que Washington puisse briser l'alliance des forces chiites. En m&#234;me temps, l'administration Bush augmente consid&#233;rablement sa pression sur T&#233;h&#233;ran, multipliant des gesticulations militaires qui donnent &#224; croire qu'elle pr&#233;pare un assaut contre l'Iran. Le tout est cors&#233; par une politique r&#233;gionale visant &#224; contrecarrer l'influence de l'Iran en avivant la tension confessionnelle entre chiites et sunnites &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble du Moyen-Orient. Dans cette entreprise criminelle, Washington agit en collusion avec ses alli&#233;s arabes sunnites : les monarchies p&#233;troli&#232;res du Golfe, men&#233;es par le royaume saoudien ultra-int&#233;griste et inf&#233;od&#233; &#224; Washington, ainsi que l'Egypte et la Jordanie. La question du nucl&#233;aire iranien est exploit&#233;e par Washington pour effrayer ses partenaires r&#233;gionaux et internationaux. La motivation imp&#233;rialiste de cette attitude est d'autant plus claire qu'Isra&#235;l, alli&#233; privil&#233;gi&#233; des Etats-Unis, est, depuis longtemps d&#233;j&#224;, une puissance nucl&#233;aire et, de surcro&#238;t, un Etat non-signataire du TNP, contrairement &#224; l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La politique de l'administration Bush &#233;quivaut &#224; une dangereuse fuite en avant, qui n'est pas surprenante de la part d'une &#233;quipe ayant d&#233;j&#224; fait preuve d'un aventurisme aujourd'hui d&#233;nonc&#233; par une majorit&#233; croissante de la classe dirigeante &#233;tats-unienne. L'autre option majeure dans les rangs de l'establishment (Baker-Hamilton) appelle &#224; chercher &#224; sortir les Etats-Unis de l'impasse par des moyens avant tout politiques, notamment en n&#233;gociant des compromis avec l'Iran et la Syrie. Il s'agirait ainsi de limiter les d&#233;g&#226;ts et de tenter de consolider une h&#233;g&#233;monie moins absolue et autoritaire que celle qu'envisageait l'administration Bush. Cette derni&#232;re rejette une telle option comme repr&#233;sentant une d&#233;faite majeure pour le projet d'h&#233;g&#233;monie mondiale unipolaire des Etats-Unis, qu'elle poursuit depuis son arriv&#233;e au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les &#233;v&#233;nements des mois &#233;coul&#233;s ont confirm&#233; une caract&#233;ristique de la &#171; r&#233;sistance &#187; irakienne apparue depuis le d&#233;but : celle-ci n'est pas uniquement une r&#233;sistance nationale &#224; l'occupant imp&#233;rialiste, mais elle est aussi une force de guerre civile confessionnelle. Les organisations arm&#233;es n&#233;es dans les r&#233;gions arabes sunnites de l'Irak menaient, depuis leur apparition, &#224; la fois un combat l&#233;gitime contre l'occupation et un combat r&#233;actionnaire contre le r&#232;gne de la majorit&#233; chiite. Depuis un an, le principal courant agissant contre l'occupation parmi les Arabes chiites est &#224; son tour engag&#233; dans une pratique sanglante de repr&#233;sailles confessionnelles. Le projet de Moqtada al-Sadr d'unifier les Arabes irakiens dans une opposition nationaliste commune &#224; l'occupant semble d&#233;finitivement compromis. La seule force menant un combat encore susceptible aujourd'hui de rencontrer un appui dans toutes les communaut&#233;s irakiennes est une force de classe : le syndicat des ouvriers du p&#233;trole. Ce combat est d'autant plus important qu'il tourne autour de l'enjeu principal de l'invasion de l'Irak. Il doit &#234;tre appuy&#233; par les anti-imp&#233;rialistes et par le mouvement ouvrier de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II - LIBAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'offensive isra&#233;lienne contre le Hezbollah libanais en juillet-ao&#251;t 2006 s'inscrivait dans la volont&#233; des Etats-Unis de briser l'influence iranienne au Moyen-Orient. D&#232;s que l'administration Bush eut achev&#233; son invasion de l'Irak, elle s'occupa prioritairement d'affronter l'Iran et choisit comme terrain privil&#233;gi&#233; de cette confrontation le Liban, o&#249; s'offraient deux cibles alli&#233;es de T&#233;h&#233;ran : la pr&#233;sence syrienne et le Hezbollah. Sur ce dossier, contrairement au dossier Irakien, Washington put compter sur la collaboration active de Paris. Toutefois, l'incapacit&#233; des alli&#233;s libanais de Washington de r&#233;duire le Hezbollah a convaincu les Etats-Unis de s'en remettre &#224; Isra&#235;l pour cette t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'offensive isra&#233;lienne a subi un &#233;chec retentissant : non seulement le Hezbollah a amplement d&#233;montr&#233; sa capacit&#233; dissuasive face &#224; Isra&#235;l, mais il a m&#234;me r&#233;ussi &#224; porter le combat &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de l'Etat isra&#233;lien pour la premi&#232;re fois dans l'histoire des guerres isra&#233;lo-arabes. Washington et Paris furent contraints d'avoir recours &#224; un &#171; plan B &#187; : le d&#233;ploiement de forces de l'OTAN (Allemagne, Espagne, France, Italie et Turquie, en particulier) au Liban sud, sous couverture onusienne, en attendant l'occasion propice pour que ces forces secondent le gouvernement libanais, domin&#233; par les alli&#233;s de Washington et Paris, dans une nouvelle tentative visant &#224; r&#233;duire et d&#233;sarmer le Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Depuis lors, les tensions politiques se sont consid&#233;rablement accrues au Liban entre alli&#233;s de Washington et Paris et alli&#233;s de Damas et T&#233;h&#233;ran. Les forces constituant le bloc de l'opposition, au c&#244;t&#233; du Hezbollah, ne sont pas diff&#233;rentes qualitativement de celles qui composent la majorit&#233;. Elles m&#232;nent une bataille pour une redistribution du pouvoir entre opposition et majorit&#233; de sorte &#224; &#171; associer &#187; l'opposition aux d&#233;cisions gouvernementales. La fa&#231;on dont l'opposition s'est abstenue d'organiser une mobilisation r&#233;elle contre le programme n&#233;olib&#233;ral adopt&#233; en vue de la conf&#233;rence dite de &#171; Paris-3 &#187; sur le Liban et sa dette t&#233;moigne bien de sa nature sociopolitique. La bataille en cours vise donc prioritairement &#224; n&#233;gocier un compromis au sein de la classe dirigeante, m&#234;me si l'opposition avance en m&#234;me temps l'exigence d&#233;mocratique d'une nouvelle loi &#233;lectorale et d'&#233;lections parlementaires anticip&#233;es. Toutefois, l'administration Bush incite ses alli&#233;s libanais &#224; adopter une attitude intransigeante ; ses alli&#233;s les plus proches ont m&#234;me une attitude provocatrice, r&#233;v&#233;lant le d&#233;sir de Washington de pousser les Libanais &#224; la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Malgr&#233; le fait qu'il s'agisse d'une organisation int&#233;griste islamique, le Hezbollah ne peut pas &#234;tre mis sur le m&#234;me plan que des courants terroristes de l'int&#233;grisme islamique : la fa&#231;on dont l'administration Bush et Isra&#235;l tentent de l'assimiler &#224; Al-Qaida doit &#234;tre fermement d&#233;nonc&#233;e. Le Hezbollah est un parti de masse devenu le principal bras arm&#233; de la communaut&#233; chiite, majoritaire dans les couches pauvres de la population libanaise, dans sa r&#233;sistance aux agressions r&#233;p&#233;t&#233;es d'Isra&#235;l. Dans ce sens, la r&#233;sistance arm&#233;e men&#233;e par le Hezbollah est une lutte l&#233;gitime, et l'organisation ne saurait &#234;tre mise sur le m&#234;me plan que les fractions de la &#171; r&#233;sistance irakienne &#187;. Il est donc l&#233;gitime pour la gauche libanaise de s'allier avec le Hezbollah dans la r&#233;sistance &#224; Isra&#235;l et aux forces imp&#233;rialistes. La gauche internationale anti-imp&#233;rialiste a le devoir d'apporter son soutien politique &#224; la r&#233;sistance libanaise, ind&#233;pendamment de la nature sociale et politique de sa direction, et bien qu'elle soit men&#233;e par le Hezbollah - tout en critiquant cette organisation pour sa nature int&#233;griste et confessionnelle et pour son attitude sur les questions sociales et politiques. Toutefois, c'est &#224; la gauche libanaise - et, en particulier, &#224; sa principale organisation, le Parti communiste libanais, lui-m&#234;me engag&#233; dans la r&#233;sistance - que les forces anti-imp&#233;rialistes internationales et le mouvement ouvrier doivent apporter leur soutien privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III - PALESTINE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'offensive isra&#233;lienne men&#233;e contre Gaza depuis juin 2006 s'inscrit, elle aussi, dans le m&#234;me cadre strat&#233;gique r&#233;gional que celui qui a pr&#233;sid&#233; aux &#233;v&#233;nements libanais : l'action de l'administration Bush contre l'Iran et ses alli&#233;s. La victoire du Hamas aux &#233;lections l&#233;gislatives de janvier 2006 fut per&#231;ue comme un revers grave par Washington, qui exer&#231;a imm&#233;diatement une forte pression sur ses alli&#233;s europ&#233;ens pour frapper d'ostracisme le nouveau gouvernement palestinien d&#233;mocratiquement &#233;lu. En m&#234;me temps, Washington exer&#231;ait une forte pression sur son partenaire palestinien, Mahmoud Abbas et les secteurs de droite dominants dans l'appareil du Fatah, pour rejeter toute perspective de compromis et de gouvernement d'union nationale avec le Hamas. C'est pour emp&#234;cher une telle &#233;volution que l'offensive isra&#233;lienne fut lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'alliance avec le Hamas, une organisation int&#233;griste islamique sunnite, est un atout pr&#233;cieux pour T&#233;h&#233;ran : elle permet &#224; l'Iran chiite de faire la d&#233;monstration de son panislamisme et de contrecarrer les tentatives de l'isoler, en tant que chiite, des sunnites largement majoritaires dans le monde arabe et au sein de l'Islam. C'est pour cette raison qu'il est une cible prioritaire de Washington et d'Isra&#235;l au m&#234;me titre que le Hezbollah, en plus de l'attitude radicalement anti-isra&#233;lienne qu'il partage avec son alli&#233; libanais. Comme au Liban, Isra&#235;l s'est montr&#233; incapable de r&#233;duire le Hamas dans son bastion principal de Gaza, &#224; d&#233;faut de r&#233;occuper le secteur &#224; un co&#251;t militaire et politique prohibitif. La tactique principale consiste donc &#224; combiner les coups port&#233;s de l'ext&#233;rieur par Isra&#235;l avec l'incitation des Palestiniens &#224; la guerre civile, notamment en armant les appareils alli&#233;s &#224; Washington au sein du Fatah et en les poussant &#224; l'intransigeance et &#224; la provocation. Les d&#233;boires de l'administration Bush ont incit&#233; les alli&#233;s arabes de Washington a favoriser plutot un compromis entre les fractions palestiniennes, afin que T&#233;h&#233;ran ne puisse plus tirer un profit politique de son soutien au Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Comme le Hezbollah, le Hamas est un mouvement &#224; base de masse, devenu l'expression de la volont&#233; de r&#233;sistance d'une fraction importante de la population palestinienne. Sa r&#233;putation de d&#233;vouement et d'honn&#234;tet&#233; contraste avec la r&#233;putation et la r&#233;alit&#233; mafieuses des appareils de l'Autorit&#233; palestinienne domin&#233;s par le Fatah. Toutefois, sa nature programmatique se traduit par une incapacit&#233; profonde &#224; formuler une politique pouvant contribuer &#224; briser le consensus sioniste ; plus m&#234;me, le Hamas a longtemps contribu&#233; &#224; produire et consolider ce consensus par le recours &#224; des attentats-suicides visant les civils isra&#233;liens sans distinction. En un sens, le Hamas est &#171; l'ennemi pr&#233;f&#233;r&#233; &#187; de la droite sioniste qui n'a pas peu contribu&#233; &#224; le renforcer par ses provocations militaires comme par l'humiliation de ses adversaires &#224; la t&#234;te de l'Autorit&#233; palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les anti-imp&#233;rialistes et le mouvement ouvrier doivent soutenir le droit du peuple palestinien &#224; choisir librement son gouvernement, et lutter &#233;nergiquement contre l'&#233;tranglement du gouvernement du Hamas par Isra&#235;l, les Etats-Unis et leurs alli&#233;s europ&#233;ens. Ils doivent se porter solidaires de la r&#233;sistance l&#233;gitime du peuple palestinien aux agressions isra&#233;liennes, ind&#233;pendamment de la nature des forces qui m&#232;nent cette r&#233;sistance. Toutefois, ils doivent tisser des liens de solidarit&#233; privil&#233;gi&#233;s avec les organisations de la gauche palestinienne qui m&#232;nent un combat politique ind&#233;pendant contre la droite palestinienne alli&#233;e &#224; Washington et un combat id&#233;ologique contre l'int&#233;grisme islamique au sein de la population palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV - T&#194;CHES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;boires militaires et politiques de l'offensive imp&#233;rialiste au Moyen-Orient cr&#233;ent de toute &#233;vidence un cadre particuli&#232;rement propice &#224; une relance &#233;nergique du mouvement antiguerre. Aujourd'hui, les Etats-Unis et leurs alli&#233;s sont engag&#233;s, selon des combinaisons variables, dans trois guerres r&#233;gionales - Afghanistan, Irak et Palestine - auxquelles s'ajoute une guerre pour le moment latente, celle du Liban. En m&#234;me temps, l'administration Bush s'est lanc&#233;e ostensiblement dans des pr&#233;paratifs de guerre contre l'Iran, et n'h&#233;site pas &#224; &#233;largir le champ r&#233;gional de son action militaire, comme l'a d&#233;montr&#233; r&#233;cemment son intervention en Somalie. L'administration Bush est aux abois, mais comme une b&#234;te f&#233;roce aux abois, elle n'en est que plus dangereuse. Il y a urgence &#224; redoubler d'efforts afin de construire un puissant mouvement antiguerre pour la cessation imm&#233;diate et inconditionnelle des exp&#233;ditions imp&#233;rialistes, autour des axes prioritaires suivantes :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; contre toute agression contre l'Iran
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour le retrait d'Irak des troupes d'occupation
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour le retrait d'Afghanistan des troupes d'intervention &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour le retrait du Liban des forces de l'OTAN
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour la cessation de l'ing&#233;rence dans les affaires int&#233;rieures des Palestiniens et la lev&#233;e des sanctions qui les frappent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce combat, la Quatri&#232;me Internationale nouera des liens de solidarit&#233; privil&#233;gi&#233;s avec les forces syndicales et politiques menant un combat progressiste dans la r&#233;gion, et visera &#224; favoriser la construction d'une gauche &#224; la fois d&#233;mocratique, f&#233;ministe et anti-imp&#233;rialiste au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ni racisme, ni obscurantisme</title>
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		<dc:date>2006-02-10T02:29:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des manifestations secouent le monde musulman &#224; la suite de la publication, par un quotidien danois, le &#171; Iyllands-Posten &#187;, de caricatures de Mahomet. Leur violence, de Kaboul &#224; Beyrouth, de Gaza &#224; Jakarta, de T&#233;h&#233;ran &#224; Damas, de Nairobi au Caire, ouvre un d&#233;bat, notamment en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne tournons pas autour du pot : certains des dessins danois s'av&#232;rent destin&#233;s &#224; g&#233;n&#233;rer l'amalgame entre islam, int&#233;grisme et terrorisme. Il en va ainsi de celui qui repr&#233;sente le proph&#232;te coiff&#233; d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des manifestations secouent le monde musulman &#224; la suite de la publication, par un quotidien danois, le &#171; Iyllands-Posten &#187;, de caricatures de Mahomet. Leur violence, de Kaboul &#224; Beyrouth, de Gaza &#224; Jakarta, de T&#233;h&#233;ran &#224; Damas, de Nairobi au Caire, ouvre un d&#233;bat, notamment en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne tournons pas autour du pot : certains des dessins danois s'av&#232;rent destin&#233;s &#224; g&#233;n&#233;rer l'amalgame entre islam, int&#233;grisme et terrorisme. Il en va ainsi de celui qui repr&#233;sente le proph&#232;te coiff&#233; d'un turban... en forme de bombe &#224; la m&#232;che allum&#233;e. Le parti-pris id&#233;ologique est parfaitement clair, ce qui n'&#233;tonne pas de la part d'une publication tr&#232;s marqu&#233;e &#224; droite, toujours prompte &#224; entonner le credo bushien du &#171; choc des civilisations &#187; et &#224; souffler sur les braises de la x&#233;nophobie et du racisme antimusulman. Un cr&#233;neau porteur dans un ensemble scandinave en proie &#224; la pouss&#233;e des populismes conservateurs et de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La provocation n'aura d'ailleurs pas tard&#233; &#224; produire ses effets lorsque, en un jeu presque parfait de miroirs, les ambassadeurs d'&#201;tats qui ne sont souvent que des th&#233;ocraties r&#233;trogrades ou des r&#233;gimes dictatoriaux, puis les pays de l'Organisation de la conf&#233;rence islamique, se seront empar&#233;s de l'affaire. Pour des potentats aujourd'hui discr&#233;dit&#233;s aupr&#232;s de leurs peuples, l'occasion &#233;tait trop belle de se poser en vertueux d&#233;fenseurs de l'islam bafou&#233; par l'Occident. Ils auront vite trouv&#233; leurs relais aupr&#232;s des r&#233;seaux int&#233;gristes les plus r&#233;actionnaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en d&#233;coule que la question pos&#233;e par les surench&#232;res des derniers jours n'est pas de nature religieuse, mais politique. Si certaines des caricatures du Iyllands-Posten doivent &#234;tre d&#233;nonc&#233;es, ce n'est nullement en raison de leur caract&#232;re d&#233;rangeant pour quelque dogme &#233;tabli, mais parce qu'elles encouragent les discriminations &#224; l'encontre de toute une population. Les organes de presse qui, ici, les reproduisent au nom de la libert&#233; d'expression devraient, pour le moins, y regarder &#224; deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que la libert&#233; de conscience, la critique de toutes les croyances et de toutes les superstitions, la caricature et m&#234;me le blasph&#232;me sont des droits indissociables des principes de d&#233;mocratie et de la&#239;cisation de la soci&#233;t&#233;. Ils sont donc imprescriptibles et ne sauraient s'effacer derri&#232;re l'autocensure, la pression des hi&#233;rarchies religieuses, la raison des &#201;tats. Aucun &#171; appel &#224; la responsabilit&#233; &#187;, voire &#224; l'interdiction l&#233;gale, ne sera jamais acceptable pour remettre en cause des libert&#233;s... par d&#233;finition toujours d&#233;rangeante pour tel ou tel groupe d'int&#233;r&#234;t. Aussi, tout comme nous nous sommes dress&#233;s contre les entreprises du lobby catholique traditionaliste lorsqu'il voulait faire interdire le film de Martin Scorcese, La Derni&#232;re tentation du Christ, ou encore la repr&#233;sentation iconoclaste de la C&#232;ne par un publicitaire, nous ne saurions admettre les manifestations d'obscurantisme dont l'&#339;uvre des caricaturistes danois est le pr&#233;texte dans le monde arabo-musulman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraternit&#233; entre les peuples restera notre ligne de conduite. Contre tous ceux qui voudraient les opposer au nom de leur religion. Quelle qu'elle soit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'imp&#233;rialisme US dans les braises orientales</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-imperialisme-US-dans-les-braises-orientales</link>
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		<dc:date>2004-07-18T17:13:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>La guerre imp&#233;rialiste</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Br&#232;che : D&#233;but mai 2003, le pr&#233;sident Bush organisait une mise en sc&#232;ne triomphale, sur un porte-avions de l'US Navy, pour annoncer la fin officielle des combats en Irak. Une ann&#233;e plus tard, comment caract&#233;riser la situation dans ce pays ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Gilbert Achcar : Ce qui se passe confirme ce que nous disions au tout d&#233;but de l'invasion de l'Irak : &#034; Les difficult&#233;s pour Washington et Londres ne font que commencer. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait jou&#233; d'avance que le renversement de Saddam Hussein et l'occupation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH85/arton982-91ed9.jpg?1629992663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : D&#233;but mai 2003, le pr&#233;sident Bush organisait une mise en sc&#232;ne triomphale, sur un porte-avions de l'US Navy, pour annoncer la fin officielle des combats en Irak. Une ann&#233;e plus tard, comment caract&#233;riser la situation dans ce pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Ce qui se passe confirme ce que nous disions au tout d&#233;but de l'invasion de l'Irak : &#034; Les difficult&#233;s pour Washington et Londres ne font que commencer. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait jou&#233; d'avance que le renversement de Saddam Hussein et l'occupation militaire du pays ne poseraient pas de probl&#232;mes &#224; l'arm&#233;e am&#233;ricaine, compte tenu de la disproportion &#233;norme des forces en pr&#233;sence. Mais autre chose est de contr&#244;ler un pays comme l'Irak. L'avance technologique &#233;crasante de l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'est alors plus aussi d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il faut un nombre de soldats beaucoup plus important que ce que n&#233;cessite une simple victoire militaire. Or l'administration Bush a cru pouvoir occuper l'Irak avec un nombre tr&#232;s limit&#233; de soldats. C'est un des talons d'Achille de la puissance des &#201;tats-Unis : le facteur humain, trop vite consid&#233;r&#233; comme d&#233;pass&#233;, suite &#224; la r&#233;volution technologique qui a boulevers&#233; &#034; l'art de la guerre &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, il faut avoir en face une population contr&#244;lable, c'est-&#224;-dire qui manifeste un certain degr&#233; de r&#233;signation, voire d'acquiescement &#224; l'occupation. Or c'est tr&#232;s loin d'&#234;tre le cas. La majorit&#233; de la population irakienne a accueilli l'arm&#233;e am&#233;ricaine avec un sentiment que l'on pourrait r&#233;sumer ainsi : &#034; Vous avez renvers&#233; Saddam Hussein, merci. Maintenant, quittez les lieux, on ne veut pas de vous comme puissance occupante. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment est &#224; la racine du mouvement d'opposition &#224; l'occupation, qui fait boule de neige et qui se traduit presque quotidiennement par des op&#233;rations arm&#233;es. &#192; mon avis, ce n'est cependant pas cela qui est d&#233;terminant. Le plus important, c'est le caract&#232;re massif du rejet de l'occupation, ce sont, par exemple, les manifestations gigantesques, qui se sont d&#233;roul&#233;es, lors du bras de fer entre le proconsul Bremer et le &#034; grand ayatollah &#034; Sistani sur la question des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui fait que le projet de l'administration Bush est en &#233;chec et que l'Irak est d&#233;j&#224; devenu un &#034; bourbier &#034; : l'arm&#233;e am&#233;ricaine y est enlis&#233;e et la situation ne fait qu'empirer, sans perspective de sortie honorable. Dans ce sens, il y a des points de comparaison avec le Vietnam. Pas au niveau militaire - il n'y a pas de commune mesure entre la gu&#233;rilla irakienne et la guerre du Vietnam - mais au niveau politique : comme le Vietnam, l'Irak est devenu un &#233;norme boulet pour la classe dirigeante des &#201;tats-Unis. Les &#201;tats-Unis ont d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; pr&#232;s de 130 milliards de dollars pour leur pr&#233;sence en Irak, avec en ligne de mire le contr&#244;le sur les richesses p&#233;troli&#232;res consid&#233;rables de ce pays. Mais, aujourd'hui, ils ne sont plus certains de pouvoir y rester...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : Comment caract&#233;riser les principales mesures de politique &#233;conomique impos&#233;es par les &#201;tats-Unis en Irak, en une ann&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : On constate &#224; ce niveau &#233;galement une premi&#232;re d&#233;faite am&#233;ricaine : Washington n'a pas encore eu la possibilit&#233; de changer la donne de l'exploitation du p&#233;trole irakien, ce qui &#233;tait pourtant son objectif fondamental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ne se sont pas lanc&#233;s dans cette guerre pour les quelques industries de transformation ou services qui existent en Irak. Dans ce domaine, l'administration Bremer a appliqu&#233; son programme &#224; la lettre, &#224; coup de privatisations et d'attribution de march&#233;s &#224; des entreprises am&#233;ricaines, sans appels d'offres, y compris au d&#233;triment d'autres entreprises am&#233;ricaines - ce qui a provoqu&#233; de nombreux scandales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les &#201;tats-Unis n'ont cess&#233; de reporter les d&#233;cisions en mati&#232;re de p&#233;trole, justement &#224; cause de l'hostilit&#233; &#224; leur &#233;gard qu'ils ont bien vite d&#251; constater dans le pays. Or, plus le temps passe, plus l'hostilit&#233; populaire qui les a amen&#233;s &#224; reporter les d&#233;cisions s'intensifie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de l'administration Bush n'&#233;tait pas, comme on l'a dit parfois, de privatiser purement et simplement les ressources p&#233;troli&#232;res irakiennes. Cela serait trop difficile &#224; faire admettre. Son objectif &#233;tait une privatisation qui ne dit pas son nom, sous la forme d'accords permettant aux compagnies p&#233;troli&#232;res US de &#034; co-exploiter &#034;, avec la compagnie d'&#201;tat, le p&#233;trole irakien. Mais, aujourd'hui, le principal souci des &#201;tats-Unis est de savoir s'ils pourront se maintenir dans le pays et &#224; quelles conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : L'administration Bush a fait de la date du 30 juin celle du &#034; transfert &#034; de la souverainet&#233; aux Irakiens. Qu'en est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : C'est &#224; l'automne dernier que Bremer a annonc&#233; officiellement son projet de soi-disant gouvernement irakien, r&#233;unissant des personnes d&#233;sign&#233;es par l'occupant ou choisies par des assembl&#233;es elles-m&#234;mes d&#233;sign&#233;es par l'occupant. Il en a r&#233;sult&#233; un bras de fer avec pour principal adversaire, Sistani, le plus haut dignitaire chi'ite en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034; grand ayatollah &#034; Sistani est un fieff&#233; r&#233;actionnaire sur le plan social, un traditionaliste moyen&#226;geux. Cependant, dans cette bataille, il est apparu comme celui qui d&#233;fie le proconsul Bremer. Un homme &#233;minemment r&#233;actionnaire est ainsi devenu le porte-parole de sa communaut&#233; et d'une majorit&#233; de la population irakienne, dans l'opposition aux plans des forces d'occupation. Malgr&#233; les diff&#233;rences importantes entre Sistani et Khomeini, notamment dans leur conception des rapports entre pouvoir politique et autorit&#233;s religieuses, cette situation n'est pas sans rappeler le r&#244;le que joua Khomeini en Iran dans la lutte contre le shah. Tout aussi ultra-r&#233;actionnaire en mati&#232;re sociale ou de droits des femmes, Khomeini &#233;tait devenu la principale figure d'opposition au shah d'Iran, &#224; la fin des ann&#233;es 1970, en reprenant &#224; son compte, dans un premier temps, le th&#232;me de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, en novembre 2003, Bremer a voulu forcer la main aux Irakiens, Sistani a relev&#233; le d&#233;fi et il a appel&#233; &#224; des manifestations qui ont pris une ampleur consid&#233;rable et ont oblig&#233; Bremer &#224; reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Bush s'est alors une nouvelle fois tourn&#233;e vers les Nations unies pour obtenir une m&#233;diation et pour sauver sa face. Cette m&#233;diation a d&#233;bouch&#233; sur la soi-disant promesse d'organiser des &#233;lections en janvier 2005. Je dis &#034; soi-disant &#034; parce que je ne crois pas que les &#201;tats-Unis - en tout cas l'administration Bush - soient r&#233;ellement dispos&#233;s &#224; organiser des &#233;lections libres en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, personne n'est dupe au sujet de l'&#233;ch&#233;ance du 30 juin. Le gouvernement irakien mis en place restera de fait d&#233;sign&#233; par les puissances occupantes : m&#234;me si la formation de ce gouvernement se fait par le biais de l'ONU, ce sont les &#201;tats-Unis qui, en dernier ressort, l'introniseront. De plus, ce gouvernement ne sera pas souverain : il n'aura aucun contr&#244;le sur les forces d'occupation, ni m&#234;me, d'ailleurs, de pleines comp&#233;tences budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le 30 juin, la v&#233;ritable passation des pouvoirs ne se fera pas entre Bremer et le nouveau &#034; gouvernement &#034; irakien, mais entre Bremer et le nouvel ambassadeur des &#201;tats-Unis &#224; Bagdad, John Negroponte. Negroponte a fait ses armes au Vietnam et il a tremp&#233; dans les plus sales &#233;pisodes de l'intervention des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique centrale dans les ann&#233;es 1980. Il est actuellement l'ambassadeur des &#201;tats-Unis &#224; l'ONU, en attendant de diriger &#224; Bagdad la plus grande ambassade des &#201;tats-Unis dans le monde, avec plus de 3000 fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : Quelles sont les lignes de force des r&#233;alignements politiques et sociaux en cours en Irak ? Le paysage est difficile &#224; d&#233;crypter, avec des forces sociales et politiques en partie alli&#233;es, en partie concurrentes ou oppos&#233;es : celles qui participent au Conseil int&#233;rimaire de gouvernement (CIG) mis en place par les Am&#233;ricains et celles qui n'y sont pas associ&#233;es ; celles qui sont d&#233;finies sur des bases religieuses ou ethniques ; les divisions au sein de la communaut&#233; chi'ite ; des secteurs baasistes r&#233;int&#233;gr&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine pour contr&#244;ler Fallouja...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : La fracture la plus importante ne passe pas entre chi'ites et sunnites, mais entre Arabes et Kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les Kurdes sont la seule fraction de la population irakienne qui approuve l'occupation et qui croit que c'est dans son int&#233;r&#234;t de la perp&#233;tuer. Il est vrai que le Kurdistan irakien a b&#233;n&#233;fici&#233;, &#224; partir de la fin de la premi&#232;re guerre du Golfe en 1991, d'une autonomie r&#233;elle et d'un statut tr&#232;s privil&#233;gi&#233; en comparaison avec le reste de l'Irak. Il a &#233;chapp&#233; &#224; la dictature de Saddam Hussein. Il a m&#234;me pu prosp&#233;rer &#233;conomiquement en servant de poumon au reste du pays soumis &#224; l'embargo de l'ONU, ce qui a favoris&#233; le d&#233;veloppement de toutes sortes de trafics. Tout cela s'est fait sous la protection des &#201;tats-Unis et de la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, le paysage politique est fractionn&#233;. Il n'existe pas une force h&#233;g&#233;monique, susceptible de gouverner le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, les perspectives pour une certaine forme de d&#233;mocratie en Irak sont r&#233;elles, &#224; mon avis, &#224; condition, bien s&#251;r, qu'il soit mis un terme &#224; l'occupation. Je dis cela dans le sens o&#249;, par exemple, on peut affirmer que l'Iran est aujourd'hui infiniment plus &#034; d&#233;mocratique &#034; que le royaume saoudien. En Iran, il y a des batailles &#233;lectorales, qui ne sont pas un pur simulacre. Il y a une pluralit&#233; de forces politiques, m&#234;me si c'est dans certaines limites bien connues. Il existe une vie politique iranienne r&#233;ellement conflictuelle, qui n'a rien &#224; voir avec l'int&#233;grisme islamique totalitaire du royaume saoudien, ni avec l'ex-dictature semi-fasciste de Saddam Hussein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel en Irak pour un certain fonctionnement d&#233;mocratique est plus grand encore qu'en Iran, car il n'y a pas de force politico-cl&#233;ricale irakienne h&#233;g&#233;monique. De plus, au sein de la population, la majorit&#233; chi'ite cohabite avec une minorit&#233; sunnite, sans parler des autres minorit&#233;s, et du reste, aucune communaut&#233; n'est homog&#232;ne. Tout cela contribue &#224; l'existence de conditions objectives pour un fonctionnement pluraliste, m&#234;me si c'est dans certaines limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont, involontairement, cr&#233;&#233; les conditions de cette possible d&#233;mocratisation. En effet, ils ont cru qu'ils contr&#244;leraient plus facilement le pays en d&#233;truisant son appareil d'&#201;tat, celui de Saddam Hussein. Aux &#201;tats-Unis, presque tout le monde s'accorde aujourd'hui &#224; dire que la dissolution de l'arm&#233;e et des services en tous genres, ainsi que la &#034; d&#233;baasification &#034; - qui a exclu des dizaines de milliers de fonctionnaires, la plupart membres du parti par strict opportunisme et qui ne sont pas facilement rempla&#231;ables - ont repr&#233;sent&#233; une b&#233;vue monumentale. Les &#201;tats-Unis se sont ainsi priv&#233;s de la seule force qui aurait &#233;t&#233; susceptible de perp&#233;tuer un contr&#244;le de la population : un appareil d'&#201;tat r&#233;pressif et bien r&#244;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a cr&#233;&#233; une situation difficilement r&#233;versible. On ne reconstruit pas facilement un appareil d'&#201;tat que l'on a dissout depuis plus d'un an. On a vu &#224; Fallouja que la tentative de recourir &#224; un g&#233;n&#233;ral de l'ex-Garde r&#233;publicaine pour stabiliser la situation a provoqu&#233; un toll&#233; tel que l'arm&#233;e am&#233;ricaine a d&#251; en partie reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la seule possibilit&#233; de recomposer un &#201;tat irakien est de le faire dans un cadre pluraliste, au moins dans un premier temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inprecor : Le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU a finalement adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; une r&#233;solution qui ent&#233;rine la politique &#233;tats-unienne en Irak. Comment expliquer ce qui pourrait appara&#238;tre comme un revirement des dirigeants fran&#231;ais, allemands, russes et chinois ? L'administration Bush a-t-elle fait des concessions pour aboutir &#224; cet accord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Il est certain que l'&#233;quipe Bush a fait des concessions : le seul fait de s'&#234;tre &#224; nouveau adress&#233; &#224; l'Onu est un aveu d'impuissance et une &#034; concession &#034; de la part d'une administration qui, jusqu'&#224; une date r&#233;cente, avait une attitude autrement plus arrogante. Paris, Moscou et P&#233;kin sont ravis de voir le Conseil de s&#233;curit&#233; - o&#249; les trois &#201;tats disposent d'un si&#232;ge permanent et d'un droit de veto - &#234;tre de nouveau investi d'une responsabilit&#233; officielle pour le sort de l'Irak. Toutefois, personne n'est dupe : le fait que Paris et Berlin continuent &#224; refuser de participer &#224; l'occupation du pays, dans le cadre de l'OTAN, indique bien que les deux capitales savent que le pouvoir r&#233;el y est encore d&#233;tenu exclusivement par Washington. Ce qu'elles souhaitent, c'est une v&#233;ritable association &#224; la gestion de l'Irak, et donc au partage du butin (p&#233;trole et march&#233; de la reconstruction). Le pr&#233;texte officiel, c'est que le gouvernement mis en place, malgr&#233; l'aval onusien, n'est pas encore assez l&#233;gitime pour autoriser une pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re. Autrement dit, Paris, Berlin et Moscou attendent que se d&#233;gage un gouvernement &#233;lu en Irak, ce qui, en th&#233;orie, devrait avoir lieu en tout d&#233;but d'ann&#233;e prochaine. Ils esp&#232;rent aussi un changement d'&#233;quipe &#224; Washington avec l'arriv&#233;e au pouvoir d'un Kerry mieux dispos&#233; &#224; les associer et &#224; tourner la page de la d&#233;t&#233;rioration des relations pour cause d'&#034; unilat&#233;ralisme &#034; &#233;tats-unien. D'une &#233;lection comme de l'autre, ils attendent que la situation &#233;volue en faveur de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inprecor : Le nouveau &#034; gouvernement irakien &#034; annonce la mise en place d'une force arm&#233;e irakienne. S'agit-il l&#224; d'une &#034; irakisation &#034; de l'occupation, &#224; l'image de ce que fut la &#034; vietnamisation &#034; dans les ann&#233;es 1970 ? La mise en place de cette force arm&#233;e constitue-t-elle une tentative tardive de s'allier des &#233;l&#233;ments de l'ancien appareil d'&#201;tat saddamiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : La tentative de mettre sur pied une force arm&#233;e irakienne est en cours depuis le d&#233;but de l'occupation. Jusque-l&#224; ce fut un &#233;chec patent. Il s'en faut de beaucoup pour qu'une &#034; irakisation &#034; &#224; la mani&#232;re de la &#034; vietnamisation &#034;, c'est-&#224;-dire le remplacement des troupes &#233;tats-uniennes par celles d'un gouvernement local fantoche, devienne possible ; d'ailleurs, n'oublions pas que la &#034; vietnamisation &#034; elle-m&#234;me ne fut que le pr&#233;lude &#224; la d&#233;b&#226;cle finale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, dans le cadre de la r&#233;vision g&#233;n&#233;rale de l'action de Washington en Irak, il y a eu &#233;galement un changement d'homme lige : l'escroc Chalabi a &#233;t&#233; remplac&#233; par la brute Allaoui, que Le Monde a qualifi&#233;, &#224; juste titre, de &#034; Saddam sans moustache &#034;. Celui-ci &#233;tait partisan, depuis le d&#233;but, de s'appuyer sur l'appareil du r&#233;gime baasiste dont il &#233;tait lui-m&#234;me un des barons. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; berc&#233;s par les illusions des &#034; n&#233;o-conservateurs &#034; (appel&#233;s couramment &#034; neocons &#034; aux &#201;tats-Unis), les &#201;tats-Unis reviennent &#224; la r&#233;alit&#233; : ils ne trouveront rien de mieux pour contr&#244;ler l'Irak que l'appareil de Saddam. Sauf qu'ils s'y prennent trop tard, et que ce qui aurait pu &#234;tre une strat&#233;gie cynique mais efficace, au d&#233;but, appara&#238;t maintenant vou&#233; &#224; l'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : Quelle est la place des mouvements ayant une dimension d&#233;mocratique et sociale et qui sont ind&#233;pendants des grandes forces religieuses ou politiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Il y a &#224; ce sujet une d&#233;ception &#233;norme. On pouvait &#234;tre optimiste avant l'invasion : l'Irak a connu dans son histoire une gauche communiste massive, particuli&#232;rement dans les ann&#233;es 1950 et 1960. Bien qu'&#233;cras&#233;e en Irak par Saddam Hussein, elle continuait &#224; repr&#233;senter en exil - o&#249; vivaient quatre millions d'Irakiens avant le d&#233;but de la guerre - une force r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu s'attendre &#224; ce que cette tradition, qui conservait des racines dans le pays, renaisse de ses cendres. Or, le Parti communiste irakien, apr&#232;s avoir eu une attitude relativement correcte avant la guerre - il &#233;tait oppos&#233; &#224; Saddam Hussein, ce qui va de soi, mais aussi &#224; la guerre qui se pr&#233;parait et au projet de domination des &#201;tats-Unis - a accept&#233; de participer au CIG d&#233;sign&#233; par l'occupant. Le parti communiste irakien a ainsi r&#233;ussi la gageure de passer de la participation au gouvernement baasiste, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, &#224; la participation &#224; un conseil de collaborateurs de l'occupation am&#233;ricaine. Cela a tr&#232;s largement discr&#233;dit&#233; ce parti et la tradition communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe d'autres forces plus &#224; gauche, mais elles ne font pas le poids face aux enjeux du pays. Comme en Palestine et dans toute la r&#233;gion, ce sont les int&#233;gristes islamiques au discours le plus radical contre la domination occidentale qui ont pris le dessus et capt&#233; le ressentiment populaire. De ce point de vue, les cons&#233;quences de l'attitude du parti communiste irakien sont tr&#232;s lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inprecor : Le PCI a int&#233;gr&#233; le CIG. Lors des affrontements de Fallouja le Parti communiste ouvrier d'Irak (PCOI) a renvoy&#233; dos-&#224;-dos les &#034; deux terrorismes &#034;, c'est-&#224;-dire l'occupant et les miliciens de Moqtada Al Sadr. La gauche irakienne serait-elle condamn&#233;e &#224; s'aligner ou &#224; compter des points dans la lutte contre l'occupation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Il est tragique de voir que &#034; l'offre &#034; &#224; gauche, dans l'Irak d'aujourd'hui, se r&#233;duit pour l'essentiel &#224; ces deux organisations : d'une part, un parti qui agit en &#034; collabo &#034; de l'occupation &#233;tats-unienne dans la pire des traditions staliniennes ; d'autre part, une organisation ultragauche et ultra-sectaire, qui ne saurait trouver &#233;cho que parmi des secteurs pr&#233;dispos&#233;s &#224; entendre son discours de d&#233;nonciation virulente du &#034; nationalisme arabe &#034; et de &#034; l'islam politique &#034;, c'est-&#224;-dire parmi une petite fraction des Kurdes (le PCOI est issu de la radicalisation d'une organisation nationaliste agissant dans le Kurdistan iranien). Il y a, bien s&#251;r, une autre voie que l'alignement derri&#232;re des int&#233;gristes musulmans ou des baasistes, et - ce qui est, certes, infiniment plus grave - derri&#232;re l'occupant. C'est celle qui consiste &#224; &#034; frapper ensemble en marchant s&#233;par&#233;ment &#034;, non pas au sens de l'action militaire contre l'occupant - celle-ci est l&#233;gitime, cependant il s'agit d'une question de rapports de force et d'efficacit&#233; strat&#233;gique - mais au sens d'une campagne d'agitation politique et de manifestations contre l'occupation, en consid&#233;rant celle-ci comme l'ennemi principal. C'est la condition indispensable pour pouvoir mener efficacement le combat id&#233;ologique, n&#233;cessaire, contre les int&#233;gristes et les nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inprecor : Les r&#233;cents enl&#232;vements et assassinats de citoyens &#233;tats-uniens en Arabie Saoudite, suivis d'un impressionnant d&#233;ploiement des forces r&#233;pressives saoudiennes indiquent-ils l'apparition dans ce pays d'une opposition ? Quelles sont les lignes de fractures politiques dans ce pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Ils indiquent non pas &#034; l'apparition &#034;, mais la croissance d'une opposition violente &#224; la famille r&#233;gnante et &#224; la puissance tut&#233;laire &#233;tats-unienne. C'est un fait ancien que le caract&#232;re semi-totalitaire et int&#233;griste musulman du r&#233;gime saoudien a emp&#234;ch&#233; toute opposition progressiste d'&#233;merger dans ce pays. Du coup, le ressentiment virulent &#224; l'&#233;gard du pouvoir et des ses ma&#238;tres n'a trouv&#233; comme canal d'expression qu'une autre variante de l'int&#233;grisme islamique. &#192; cet &#233;gard, de l'insurrection de La Mecque en 1979 jusqu'&#224; Oussama ben Laden - depuis que le d&#233;ploiement de troupes &#233;tats-uniennes sur le sol du royaume en 1990 a entra&#238;n&#233; le retournement de ce dernier contre la maison des Saoud - il y a une constante qui s'est &#233;tablie. Les autres oppositions potentielles - femmes, d&#233;mocrates, etc. - sont prises en tenaille entre ces deux p&#244;les. Malheureusement, l'avenir de la r&#233;gion est de jour en jour plus sombre, et les modalit&#233;s de l'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne nourrissent cette terrible r&#233;gression. La fin de cette h&#233;g&#233;monie appara&#238;t comme une condition n&#233;cessaire de l'&#233;mergence d'une nouvelle opposition de gauche &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale. En ce sens, les d&#233;boires de Washington sont la seule bonne nouvelle, d'autant plus qu'ils ont une port&#233;e mondiale et ne peuvent qu'am&#233;liorer les conditions du combat progressiste anti-imp&#233;rialiste dans d'autres r&#233;gions de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : Depuis le d&#233;but de la seconde Intifada, en septembre 2000, la r&#233;pression isra&#233;lienne &#224; l'encontre des Palestiniens n'a cess&#233; de cro&#238;tre. La construction du mur avance inexorablement. L'administration Bush a donn&#233; son feu vert au plan Sharon qui ferme la porte aux r&#233;fugi&#233;s palestiniens et implique l'annexion d'une partie importante de la Cisjordanie. Le quartet (USA, ONU, Union europ&#233;enne et Russie) s'est align&#233; sur cette position am&#233;ricaine... Qu'est-il en train de se passer ? Assiste-t-on &#224; une nouvelle &#034; Nakba &#034; (1) pour les Palestiniens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : La seconde Intifada a malheureusement &#233;t&#233; partie int&#233;grante de cette dynamique r&#233;gressive. Elle a &#233;t&#233; beaucoup moins efficace que la premi&#232;re dans la lutte contre l'occupation isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;coule du fait que les Palestiniens sont, en quelque sorte, tomb&#233;s dans le pi&#232;ge de la militarisation de l'Intifada. Je crois que, de mani&#232;re assez d&#233;lib&#233;r&#233;e, on a favoris&#233; du c&#244;t&#233; isra&#233;lien cette militarisation de l'affrontement. Cela permettait de recourir aux grands moyens, sous pr&#233;texte qu'il ne s'agissait plus de mater des manifestations, mais de mener une guerre - le terme est utilis&#233; jusqu'&#224; sati&#233;t&#233; du c&#244;t&#233; isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; palestinien, cette dynamique a abouti &#224; une forte r&#233;duction de la participation populaire. La diff&#233;rence est frappante entre le caract&#232;re de masse de la premi&#232;re Intifada et la seconde. La participation directe des femmes en est un indice : elle &#233;tait remarquable dans la premi&#232;re ; elle est compl&#232;tement absente de la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela correspond parfaitement &#224; ce que souhaitait quelqu'un comme Ariel Sharon, qui a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la provocation initiale en septembre 2000, et qui a pu ensuite surfer sur cette situation pour remporter les &#233;lections de f&#233;vrier 2001. Depuis lors, il n'arr&#234;te pas de jeter de l'huile sur le feu, car c'est de ce brasier qu'il tire sa propre force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la situation des Palestiniens est pire qu'elle n'a jamais &#233;t&#233; dans toute l'histoire du conflit isra&#233;lo-palestinien. Il n'y a jamais eu une telle d&#233;tresse. Ce peuple est en train d'&#234;tre compl&#232;tement &#233;trangl&#233; ; une politique d'expulsion rampante est de fait &#224; l'&#339;uvre. La politique du gouvernement isra&#233;lien cr&#233;e une situation tellement invivable qu'elle contraint un nombre croissant de Palestiniens &#224; l'exode. Ceux et celles qui restent prisonniers de cet &#233;tau seront ensuite concentr&#233;s dans quelques enclaves plac&#233;es sous haute surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique favorise les extr&#234;mes de part et d'autre. Sharon en profite du c&#244;t&#233; isra&#233;lien. Du c&#244;t&#233; palestinien, c'est le Hamas qui prend le dessus, car ce mouvement est le plus violent de tous dans son opposition &#224; l'occupation et au sionisme. Cela aggrave l'impasse historique dans laquelle se trouve cette partie du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : Dans ce contexte, quelle est la port&#233;e de l'initiative de Gen&#232;ve ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Les critiques que l'on peut faire &#224; cette initiative du point de vue des droits des Palestiniens sont &#233;videntes. Mais je ne me polariserai pas l&#224;-dessus, car, dans la situation actuelle, c'est une initiative mort-n&#233;e : ceux qui sont &#224; l'origine de cette initiative, du c&#244;t&#233; isra&#233;lien comme du c&#244;t&#233; palestinien, sont tout &#224; fait marginalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le contexte politique devait changer et que l'espace pour de telles initiatives venait &#224; nouveau &#224; s'ouvrir, j'adopterais la m&#234;me attitude que celle que j'ai eue &#224; propos des accords d'Oslo en 1993. Elle consiste, d'une part, &#224; expliquer que cela ne satisfait nullement les droits fondamentaux des Palestiniens, et donc que cela ne r&#233;soudra pas le conflit. Mais, d'autre part, il me semble &#233;vident qu'un retour &#224; une situation plus ou moins semblable &#224; la p&#233;riode qui a suivi les accords d'Oslo vaudrait mieux que l'enfer actuel et l'asphyxie &#224; laquelle les Palestiniens sont maintenant condamn&#233;s. Bref, je ne soutiendrais pas des initiatives de ce type, mais je ne me rallierais pas, non plus, &#224; une politique du pire. Il faudra continuer le combat pour les droits du peuple palestinien, &#224; partir des maigres acquis qu'il aura pu obtenir, plut&#244;t que de rejeter ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : L'administration Bush est confront&#233;e &#224; de grosses difficult&#233;s, sur le terrain comme au niveau diplomatique, ainsi que l'a illustr&#233; la d&#233;cision de retrait de l'Espagne de la coalition occupante. Quels types de r&#233;ponses l'administration Bush cherche-t-elle &#224; mettre en place et quels d&#233;bats cela ouvre-t-il au sein de l'establishment am&#233;ricain, entre R&#233;publicains et D&#233;mocrates, sur l'occupation de l'Irak et l'avenir du d&#233;ploiement imp&#233;rial am&#233;ricain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : La principale diff&#233;rence sur ce dossier, entre Kerry et Bush, r&#233;side dans la plus grande disposition de Kerry &#224; repartager le g&#226;teau, avec la France et la Russie notamment, afin de permettre une internationalisation plus grande de la gestion de l'Irak, par le truchement de l'ONU. Il pense que cela permettrait de d&#233;samorcer la violente opposition &#224; l'occupation du pays. C'est ce que Kerry veut dire lorsqu'il affirme qu'il serait capable, contrairement &#224; Bush, de renouer les liens avec les alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Bush persiste de son c&#244;t&#233; &#224; vouloir am&#233;nager la pr&#233;sence am&#233;ricaine sans c&#233;der de terrain quant au contr&#244;le de l'Irak. Compte tenu de l'&#233;volution de la situation, cela me semble presque impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne veut pas dire non plus qu'une solution &#224; la Kerry ait beaucoup plus de chance de r&#233;soudre la quadrature du cercle : maintenir le contr&#244;le des &#201;tats-Unis sur l'Irak - y compris leur pr&#233;sence militaire dans le pays - tout en le pacifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si l'on entre dans un processus directement contr&#244;l&#233; par le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies, la pression pour des &#233;lections libres sera trop forte pour y r&#233;sister. Et je vois mal comment des &#233;lections en Irak pourraient porter au pouvoir un quelconque gouvernement s'accommodant de la pr&#233;sence des troupes am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les impond&#233;rables sont nombreux. C'est une r&#233;gion tr&#232;s instable, o&#249; peuvent se produire des mutations brutales. Personne, par exemple, ne peut miser sur la p&#233;rennit&#233; des r&#233;gimes syrien ou iranien. La situation est m&#234;me en train de devenir critique dans le royaume saoudien, pourtant relativement pr&#233;serv&#233; jusqu'&#224; ce jour sous une chape de plomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les politiques pratiqu&#233;es jusqu'ici par les &#201;tats-Unis au Moyen-Orient, dans ce qu'elles ont de commun d'une administration &#224; l'autre, ne peuvent qu'alimenter le d&#233;sordre et une forme de descente dans la barbarie - j'avais parl&#233; apr&#232;s le 11 Septembre de &#034; choc des barbaries &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le scandale des s&#233;vices et des tortures pratiqu&#233;s par des soldats am&#233;ricains en Irak et en Afghanistan, les centaines de prisonniers priv&#233;s de tout droit &#224; Guantanamo, en violation des conventions internationales, illustrent les pas franchis dans cette spirale r&#233;gressive du c&#244;t&#233; am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, au Moyen-Orient, tous les h&#233;ros populaires sont aujourd'hui des int&#233;gristes musulmans : Ben Laden, les chefs du Hamas, du Hezbollah libanais, Moqtada Al-Sadr, etc. On mesure ainsi la dynamique r&#233;gressive qui p&#232;se lourdement sur la r&#233;gion et qui rend la situation particuli&#232;rement sombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Br&#232;che : Mais n'y a-t-il pas aussi des tendances oppos&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt; : Dans ce tableau tr&#232;s inqui&#233;tant, il y a heureusement quelques petites lueurs d'espoir. Le mouvement mondial contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et contre la guerre commence &#224; avoir un impact, tr&#232;s modeste pour l'instant, dans des pays comme le Maroc, l'&#201;gypte ou la Syrie, et il suscite des activit&#233;s s'inspirant de ce qui se passe en Europe. Le premier forum social marocain a ainsi rassembl&#233; quelques centaines de personnes en 2003 et il tiendra une seconde &#233;dition cet &#233;t&#233;. Un petit mouvement contre la mondialisation cherche &#224; se d&#233;velopper en Syrie. Ces quelques lueurs sont, ainsi, essentiellement dues &#224; des facteurs exog&#232;nes ; les facteurs endog&#232;nes alimentent plut&#244;t la radicalisation sur le terrain de l'int&#233;grisme islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact nouveau du mouvement altermondialiste renvoie &#224; des changements importants : l'information circule infiniment plus que par le pass&#233; au Moyen-Orient et dans le monde arabe. Les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision satellitaires en arabe ont &#233;br&#233;ch&#233; les chapes de plomb impos&#233;es par les r&#233;gimes autoritaires de la r&#233;gion, qui ne peuvent pas, non plus, contr&#244;ler compl&#232;tement l'acc&#232;s &#224; Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau contexte peut aussi favoriser l'&#233;mergence de nouveaux courants de gauche. Pour se d&#233;velopper, ceux-ci devraient privil&#233;gier les domaines sur lesquels les int&#233;gristes sont, par essence, incapables de leur faire concurrence : le terrain social, les droits des femmes, la d&#233;nonciation du capitalisme sauvage et de ses ravages &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Bien entendu, toute gauche digne de ce nom doit aussi s'opposer &#224; l'occupation et aux plans de domination occidentaux ; mais elle ne saurait, sur ce terrain-l&#224;, parvenir &#224; battre les int&#233;gristes, qui occupent tr&#232;s largement la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* D'origine libanaise, Gilbert Achcar est &#233;tabli en France depuis 1983. Enseignant en sciences politiques &#224; l'Universit&#233; de Paris-VIII (Saint-Denis), collaborateur du Monde Diplomatique, ancien r&#233;dacteur d'Inprecor, il a publi&#233; r&#233;cemment Le choc des barbaries. Terrorismes et d&#233;sordre mondial (&#233;d. Complexe, Paris 2002, r&#233;&#233;d. 10/18, Paris 2004) et L'Orient incandescent. Le Moyen-Orient au miroir marxiste (&#233;d. Page deux, Lausanne 2003). Nous reproduisons ici une interview qu'il a accord&#233;e le 5 mai 2004 &#224; Jean-Fran&#231;ois Marquis et qui a &#233;t&#233; publi&#233;e dans le nouveau mensuel suisse La Br&#232;che (n&#176; 1 de juin 2004) du Mouvement pour le socialisme (MPS, voir : &lt;a href=&#034;http://www.labreche.ch&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.labreche.ch&lt;/a&gt;). Nous l'avons compl&#233;t&#233;e par quatre questions d'actualit&#233; auxquelles Gilbert Achcar a r&#233;pondu le 28 juin 2004. Les questions sont combin&#233;es pour faciliter la lecture, mais l'origine de chacune est indiqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#034; Nakba &#034;.........&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; d'inprecor de juillet 2004)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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