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	<title>La Gauche</title>
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		<title>Quelles perspectives et quelles t&#226;ches ?</title>
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		<dc:subject>&#201;lections</dc:subject>
		<dc:subject>Uruguay</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la d&#233;claration du courant de gauche (Corriente de Izquierda) publi&#233;e le 8 novembre 2004, &#224; la suite de la victoire &#233;lectorale historique de l'En cuentro Progressista - Frente amplio (la Convergence Progressiste - Front Ample) qui a obtenu 51% des votes au premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles en Uruguay. Cela marque la d&#233;faite historique des deux partis bourgeois qui contr&#244;laient le gouvernement depuis plus d'un si&#232;cle, soit le Parti National, fond&#233; en 1836 et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Uruguay-+" rel="tag"&gt;Uruguay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la d&#233;claration du courant de gauche (Corriente de Izquierda) publi&#233;e le 8 novembre 2004, &#224; la suite de la victoire &#233;lectorale historique de l'En cuentro Progressista - Frente amplio (la Convergence Progressiste - Front Ample) qui a obtenu 51% des votes au premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles en Uruguay. Cela marque la d&#233;faite historique des deux partis bourgeois qui contr&#244;laient le gouvernement depuis plus d'un si&#232;cle, soit le Parti National, fond&#233; en 1836 et qualifi&#233; de parti &#034;blanco&#034;, et le parti Colorado, fond&#233; la m&#234;me ann&#233;e. Ces deux partis bourgeois sont le produit d'un affrontement classique entre fractions bourgeoises &#224; l'&#233;poque de l'ind&#233;pendance des R&#233;publiques d'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front-Ample, cr&#233;&#233;e en 1971, devient d&#232;s 1983 l'alternative de gauche aux partis bourgeois. Son leader le g&#233;n&#233;ral Seregni, qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les militaires, sera lib&#233;r&#233; en 1984, ann&#233;e qui marque le d&#233;but de la fin de la dictature militaire, qui formellement prendra fin en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident &#233;lu ce 31 octobre 2004 a pour nom Tabar&#233; Vazquez. Il &#233;tait et est toujours le leader du Frente Ampio. C'est un m&#233;decin oncologue r&#233;put&#233;, issu du Parti socialiste. parti qui s'int&#232;gre, comme toute la gauche, &#224; la coalition appel&#233;e Front Ample (FA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2001, la crise &#233;conomique s'est encore accentu&#233;e. Le dernier pr&#233;sident Jorge Batlle du parti Colorado a, &#224; la fois, approfondi des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et fait face &#224; une opposition massive, s'exprimant lors de r&#233;f&#233;rendums, contre diverses privatisations. Le dernier &#233;chec politique de ce gouvernement de droite, sur ce terrain, sera enregistr&#233; en novembre 2003, lorsque le Non l'emportera &#224; l'occasion du r&#233;f&#233;rendum contre la privatisation de l' ANCAP (entreprise publique contr&#244;lant le raffinage du p&#233;trole, sa distribution, etc.). Le Front Ample dispose d'une exp&#233;rience gouvernementale, en quelque sorte, puisqu'il dirige la capitale Montevideo, depuis 1991. Or, quelque 50% de la population, qui s'&#233;l&#232;ve &#224; 3,4 millions d'habitants, habite cette capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture politique historique va-t-elle d&#233;boucher sur un changement profond ? Dans tous les cas, l'espoir d'un tel changement, &#233;tant donn&#233; la profondeur de la crise &#233;conomique et sociale depuis deux d&#233;cennies, existe largement. Les manifestations &#224; l'occasion de la victoire de Tabar&#233; Vazquez sont l&#224; pour l'illustrer. En outre, le nouveau pr&#233;sident, &#224; la diff&#233;rence de Lula au Br&#233;sil, dispose d'une majorit&#233; dans le syst&#232;me bicam&#233;ral, soit 17 s&#233;nateurs sur 31 et 52 d&#233;put&#233;s sur 99.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tabar&#233; Vazquez ne peut donc invoquer la n&#233;cessit&#233; d'alliance avec des partis de droite pour g&#233;rer une majorit&#233; &#224; construire au niveau l&#233;gislatif. Toutefois, il semble bien que les leaders du Frente Amplio et le nouveau Pr&#233;sident de la R&#233;publique - ainsi que son ministre de l'&#233;conomie Astori - affirment d&#233;j&#224; leur volont&#233; de maintenir&#034;un projet raisonnable de changement&#034;. Traduisons : un projet qui respecte les crit&#232;res de gestion &#233;conomique donn&#233;s par les institutions financi&#232;res internationales (IFI) et le respect d'une stabilit&#233; socio-politique qui ne remette pas en question tous les m&#233;canismes de &#034;la place financi&#232;re uruguayenne&#034;, une place qui a servi, &#224; l'occasion de la crise argentine de 2000 - 2001, de plate-forme d'exportation des capitaux, pour une partie des grandes fortunes argentines. R&#233;d (A l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Le verdict des urnes a &#233;t&#233; tout &#224; fait explicite et a d&#233;moli la droite bourgeoise. Les partis de la droite ont &#233;t&#233; balay&#233;s dans les urnes et aussi par une mobilisation populaire qui ne voulait pas que puisse s'arroger un pouvoir de d&#233;cision aussi bien la fraudeuse Cour &#233;lectorale que les organismes de sondages. De fait, ce fut tr&#232;s vite que le peuple dans la rue proclama Tabar&#233; Vazquez pr&#233;sident de la R&#233;publique et confirma la victoire &#233;lectorale de l'Encuentro Progresista - Frente Amplio. Plus d'un si&#232;cle de domination bi-partiste bourgeoise a &#233;t&#233; battu en br&#232;che par la volont&#233; de lutte qu'exprim&#232;rent ceux et celles d'en-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Comme si cela n'&#233;tait pas suffisant, le Pl&#233;biscite pour l'eau [un r&#233;f&#233;rendum emp&#234;chant la privatisation de l'eau] a &#233;t&#233; soutenu par 64,4% des votants. Cette d&#233;cision cat&#233;gorique a enterr&#233; les projets de privatisation, a liquid&#233; le sabotage de la droite et des m&#233;dias et, finalement, a servi &#224; reprofiler Tabar&#233; Vazquez qui en a fait un th&#232;me au cours de la campagne &#233;lectorale. Sur ce terrain, la victoire correspond compl&#232;tement &#224; la mobilisation des mouvements sociaux et des syndicats qui, emmen&#233;s par la Commission Nationale en D&#233;fense de l'Eau et de la Vie, ont obtenu une adh&#233;sion massive de la population, adh&#233;sion qui a d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res partisanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le 1'113'615 de citoyens et de citoyennes d'Uruguay qui ont &#233;lu Tabar&#233; Vazquez, l'ont fait parce qu'ils ont &#233;puis&#233; leur capital de patience et ont d&#233;cid&#233; de changer. Ils ont mis &#224; bas des mythes et des craintes. Le peuple a rejet&#233; le mensonge, le client&#233;lisme, la d&#233;magogie et la corruption. L'immense majorit&#233; a vot&#233; en faveur de l'emploi, d'un salaire digne, de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, du logement. Et ils l'ont fait pour mettre fin &#224; la honte de l'exil &#233;conomique, &#224; la honte qu'implique l'existence d'enfants ayant faim et de familles qui doivent dormir sans la protection d'un toit. Le message est clair : l'urgence sociale, qui concerne environ 1 million de personnes, ne peut pas se concentrer sur la seule frange des &#034;indigents&#034; [c'est-&#224;-dire de ceux et celles qui, selon la Banque Mondiale, disposent d'un revenu inf&#233;rieur de moiti&#233; &#224; celui des pauvres, soit 1 dollar par jour, dans un pays o&#249; les prix tendent &#224; s'approcher des prix en usage dans les pays d&#233;velopp&#233;s].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La gravit&#233; et l'&#233;tendue de la crise socio-&#233;conomique que les coalitions des deux partis bourgeois (Blancos et Colorados) ont laiss&#233;e en h&#233;ritage exige l'application d'un programme anti-n&#233;olib&#233;ral, de transformation et de r&#233;forme structurelle qui rompt avec les causes du ch&#244;mage, de la r&#233;gression salariale, de la flexibilisation du travail, de la pauvret&#233; et de la destruction productive. [l'appareil de production de l'Uruguay, particuli&#232;rement celui dirig&#233; vers le march&#233; int&#233;rieur, a &#233;t&#233; liquid&#233;, comme en Argentine, sous l'effet de l'ouverture n&#233;olib&#233;rale.] Ce programme de changement en faveur du peuple travailleur est incompatible avec la permanence d'une sousmission &#224; l'imp&#233;rialisme, d'une acceptation des lettres d'intention du FMI, d'une adaptation aux int&#233;r&#234;ts &#034;des march&#233;s financiers &#034;, de la continuation du paiement de la dette int&#233;rieure avec le maintien d'un exc&#233;dent budg&#233;taire primaire [c'est-&#224;-dire d'un solde positif du budget avant le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette, ce qui implique de n&#233;cessaires coupes sociales dans le budget, afin de d&#233;gager les sommes n&#233;cessaires au paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La victoire &#233;crasante du 31 octobre attribue &#224; l'Encuentro Progresista - Frente Amplio une l&#233;gitimit&#233; politique qui a peu de pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire r&#233;cente du pays. C'est ce qui rend inexplicable que tout cela se termine par l'acceptation de la perp&#233;tuation, durant encore 4 mois [jusqu'en d&#233;but mars], de la m&#234;me politique [par les partis battus mais encore au pouvoir], c'est-&#224;-dire 4 mois de faim pour la population et de renonciation pour la souverainet&#233; nationale. Ainsi, le verdict populaire tr&#232;s net et l'&#233;nergie qui s'est traduite dans la mobilisation sociale au cours des derni&#232;res semaines avant le r&#233;sultat &#233;lectoral sont neutralis&#233;s au travers d'une transition responsable, concoct&#233;e entre, d'une part, ceux qui ont coul&#233; le pays et, d'autre part, ceux qui vont nouvellement en prendre les r&#234;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Il est temps de laisser tomber &#034;le dialogue&#034; inutile et d'utiliser la force des courants en faveur des int&#233;r&#234;ts populaires et nationaux. Tabar&#233; Vazquez compte sur un soutien du pouvoir l&#233;gislatif qui lui permet de faire adopter toutes les lois qui prennent en compte les besoins et les revendications populaires. Cette majorit&#233; parlementaire, acquise gr&#226;ce &#224; une longue accumulation de forces politiques et sociales de la gauche, est le meilleur argument contre toute tentative de faire des concessions &#224; la classe des propri&#233;taires et &#224; leurs organisations sectorielles. Les strat&#233;gies de &#034;concertation&#034; et de &#034;pactes sociaux&#034; n'ont jamais &#233;t&#233; positives. Elles le sont encore moins aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. La victoire a confirm&#233; l'efficacit&#233; des organisations politiques [inclues dans le Front Ample] comme instruments d'&#233;laboration programmatique et strat&#233;gique essentiels pour la conscientisation et l'accumulation de forces. Sans les militant&#183;e&#183;s du Front Ample, sans leurs exp&#233;riences de lutte et de mobilisation, cette victoire aurait &#233;t&#233; impossible. Il en d&#233;coule une priorit&#233; : le renforcement du Front Ample, plus exactement de son fonctionnement d&#233;mocratique et la revitalisation de ses Comit&#233;s de base (organis&#233;s dans les divers quartiers de Montevideo). Le Front Ample doit affirmer son autonomie par rapport au gouvernement, ce qui est d&#233;cisif afin qu'il ne se convertisse pas en une organisation politique qui devienne la simple courroie des d&#233;cisions gouvernementales. Ces consid&#233;rations nous poussent &#224; rejeter toute tentative d'unification des &#034;structures&#034; du Front Ample avec la dite Convergence Progressiste [en effet, cette unification aurait pour effet de faire d&#233;p&#233;rir les comit&#233;s de base du F.A. auquels participent les divers courants politiques membres du F.A. et, aussi, de marginaliser des forces politiques du F.A. qui pourraient exprimer des divergences avec le nouveau gouvernement].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le pays commence donc une transition vers une nouvelle p&#233;riode politique. L'affrontement avec les classes propri&#233;taires [agricoles, industrielles et bancaires] et l'imp&#233;rialisme acquiert une dimension nouvelle. Cela parce que la droite a &#233;t&#233; d&#233;log&#233;e de ses positions dans les organes ex&#233;cutifs de l'Etat. Mais pas seulement. L'essentiel r&#233;side dans la volont&#233; de changement et dans les &#233;normes &#233;nergies sociales qui alimentent les espoirs et la capacit&#233; de lutte des classes laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. La gauche radicale a un r&#244;le sp&#233;cifique &#224; jouer dans ce nouveau contexte. Elle ne peut pas &#234;tre r&#233;duite aux 10'770 voix obtenues par le Courant de gauche (CI), et m&#234;me pas au 37'550 voix obtenues par l'apparentement &#233;lectoral ayant pour titre : Pour un Pays Souverain. La gauche radicale repr&#233;sente beaucoup plus. Elle int&#232;gre un ensemble de militant&#183;e&#183;s et d'organisations, divers membres du front, ainsi que des milliers d'activistes politiques et sociaux qui, par exemple, ont vot&#233; pour le F.A. sans int&#233;grer son cadre organisationnel. Cette gauche radicale int&#232;gre de m&#234;me de nombreuses personnes ayant vot&#233; contre la privatisation de l'eau, sans s'engager en faveur d'un courant politique pr&#233;cis du F.A. Il appartient &#224; cette gauche, qui se doit d'animer les luttes sociales et les combats anti-imp&#233;rialistes et anti-capitalistes, de manifester une responsabilit&#233; politique sur la n&#233;cessaire unit&#233; d'action pour, en particulier, tout ce qui rel&#232;ve de la d&#233;fense des revendications du peuple travailleur. C'est cette gauche qui, de plus, se doit de lutter contre l'impunit&#233; [le dernier gouvernement a essay&#233; d'&#233;touffer la mobilisation en faveur d'une proc&#233;dure &#224; l'encontre des militaires responsables des crimes lors de la dictature] et de revendiquer le d&#233;mant&#232;lement des appareils r&#233;pressifs. Elle doit aussi impulser une Loi d'Initiative Populaire [c'est-&#224;-dire une loi analogue &#224; ce qui peut &#234;tre propos&#233; dans une initiative populaire en Suisse, &#224; la diff&#233;rence que l'unit&#233; de mati&#232;re - c'est-&#224;-dire le th&#232;me constitutif de l'initiative - est beaucoup moins imp&#233;rative qu'en Suisse] qui contienne les revendications et les droits qui ne peuvent &#234;tre report&#233;s dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 novembre 2004&lt;br class='autobr' /&gt;
(Tir&#233; du site A l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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