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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>1990 : La premi&#232;re Guerre du Golfe </title>
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		<dc:date>2010-09-14T19:27:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ataulfo Riera</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 1990-91 a eu lieu la &#034;Premi&#232;re Guerre du Golfe&#034;. Premier conflit d'envergure depuis la chute du Mur de Berlin, cette guerre fut un &#233;v&#233;nement d&#233;cisif dans l'affirmation du leadership quasi-exclusif de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. &lt;br class='autobr' /&gt; _____________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de la LCR Belge 14 Juillet 2007 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2 ao&#251;t 1990, l'Irak envahit le Kowe&#239;t. Un vieux litige opposait les deux pays : les fronti&#232;res, dessin&#233;es arbitrairement par les puissances coloniales en 1922, ne laissaient qu'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1990-91 a eu lieu la &#034;Premi&#232;re Guerre du Golfe&#034;. Premier conflit d'envergure depuis la chute du Mur de Berlin, cette guerre fut un &#233;v&#233;nement d&#233;cisif dans l'affirmation du leadership quasi-exclusif de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR Belge&lt;br class='autobr' /&gt;
14 Juillet 2007&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le 2 ao&#251;t 1990, l'Irak envahit le Kowe&#239;t. Un vieux litige opposait les deux pays : les fronti&#232;res, dessin&#233;es arbitrairement par les puissances coloniales en 1922, ne laissaient qu'une minuscule ouverture maritime (60Km) &#224; l'Irak. Pour un pays qui compte parmi les principaux exportateurs de p&#233;trole et qui doit importer 70% de ses denr&#233;es alimentaires, la situation est inconfortable. Mais la principale cause est la catastrophique situation financi&#232;re et sociale du pays. Ruin&#233; et d&#233;vast&#233; par sa longue guerre avec l'Iran (qui lui a co&#251;t&#233; entre 200 et 350 milliards de dollars), l'Irak est cribl&#233; de dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au refus des pays cr&#233;anciers d'accorder un r&#233;&#233;chelonnement des dettes, la seule issue r&#233;sidait dans les revenus du p&#233;trole. Mais les prix du brut sur le march&#233; mondial ont chut&#233; de 30% rien qu'entre mars et juin 1990. La cause ? Certains membres de FOPEP, dont le Kowe&#239;t, ne respectent par leurs quotas de production, produisant tant et plus que les prix ne cessent de baisser pour le plus grand b&#233;n&#233;fices des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pi&#232;ge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mettre fin &#224; cette pratique, s'approprier les ressources p&#233;troli&#232;res kowe&#239;tiennes et l'espace maritime n&#233;cessaire ainsi qu'affirmer sa position de puissance r&#233;gionale sont autant de raisons qui ont pouss&#233; Saddam Hussein &#224; agir. Et s'il s'est permis un tel tour de force, c'est que les pr&#233;c&#233;dents sont nombreux dans la r&#233;gion. A commencer par sa propre guerre contre l'Iran komeyniste, qui lui a valu un ferme soutien occidental, sans oublier l'occupation des terres palestiniennes par Isra&#235;l ou celle du Liban par la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude des Etats-Unis &#224; la veille de l'invasion avait de quoi conforter le dictateur dans son espoir d'absence de r&#233;action internationale &#233;nergique &#224; son acte. Depuis la fin juillet, les services de renseignements am&#233;ricains &#233;taient au courant des pr&#233;paratifs d'invasion. Or, le 24 juillet, la porte-parole du D&#233;partement d'Etat US Margaret Tutwiller laissait entendre &#224; Saddam que les Etats-Unis ne se m&#234;leraient pas des disputes territoriales et n'avaient aucune obligation d'aider le Kowe&#239;t. Le 25 juillet, dans une entrevue avec le dictateur de Bagdad, l'ambassadrice US April Glaspie r&#233;affirmait cette position : &#034;Nous n'avons aucune opinion sur les conflits interarabes, comme votre diff&#233;rent frontalier avec le Kowe&#239;t.&#034; Le lendemain, la rassurante ambassatrice partait en vacances...(1)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Saddam-Hitler&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 2 ao&#251;t, la r&#233;action internationale, men&#233;e et orchestr&#233;e par les Etats-Unis - qui ont utilis&#233; tout au long de la crise l'ONU comme faire-valoir juridique - a de quoi surprendre Saddam. Le 6 ao&#251;t, l'ONU d&#233;cr&#232;te un embargo total (en fait un blocus, ce qui est d&#233;j&#224; un acte de guerre) &#224; rencontre de l'Irak. Le 7 ao&#251;t, sous le pr&#233;texte que l'Irak mena&#231;ait d'envahir l'Arabie Saoudite, des forces am&#233;ricaines commencent &#224; se d&#233;ployer dans ce pays dans le cadre de l'op&#233;ration &#034;Bouclier du D&#233;sert&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soucieux de se faire bien voir aupr&#232;s du nouveau gendarme tout puissant du monde et esp&#233;rant surtout quelques substantielles retomb&#233;es financi&#232;res, plusieurs nations se &#034;coalisent&#034; et envoient &#233;galement des troupes. Mais ces nations &#034;coalis&#233;es&#034; n'ont pas plus de voix au chapitre que l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU car ce sont les Etats-Unis, qui repr&#233;sentent 80% des forces &#034;coalis&#233;es&#034;, qui donnent le rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#232;s le d&#233;but, malgr&#233; les effets d&#233;vastateurs de l'embargo &#224; lui seul, les Etats-Unis privil&#233;gient l'affrontement arm&#233; en rejetant toutes les offres de n&#233;gociation de l'Irak et en persuadant leurs alli&#233;s que seule la force peut faire plier Saddam. &#034;Oubliant&#034; qu'ils l'avaient soutenu pendant 8 ans, les dirigeants am&#233;ricains font fleurir les assimilations entre Saddam Hussein et Adolf Hitler et &#233;l&#232;vent le combat pour la lib&#233;ration du Kowe&#239;t au statut d'une croisade au nom du &#034;droit&#034; et de la &#034;justice&#034;. Georges Bush comparera son action &#224; celle du Bien contre le Mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mois d'ao&#251;t 1990 les plans offensifs sont mis sur pieds. Alors que les troupes mass&#233;es en Arabie ne cessent de cro&#238;tre, la d&#233;cision d'attaquer est d&#233;finitivement prise fin octobre 1990 alors qu'elle ne sera &#034;avalis&#233;e&#034; par une r&#233;solution de l'ONU qu'au mois de d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA massent alors une puissante arm&#233;e de plus de 500.000 soldats, des milliers de chars et 2.000 avions de combat, le tout d'un haut niveau technologique face &#224; une arm&#233;e irakienne largement surestim&#233;e et en v&#233;rit&#233; lasse de se battre apr&#232;s 8 ann&#233;es de guerre contre l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les buts de guerre US&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;gion qui d&#233;tient 60% des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole, les Etats-Unis ont imm&#233;diatement vu l'importance du conflit ainsi que les nombreux avantages qu'ils pouvaient en tirer. Loin des discours sur la &#034;guerre du droit&#034;, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de Carter, r&#233;sumait bien le sens de l'engagement de son pays : &#034;Le v&#233;ritable int&#233;r&#234;t vital pour l'Am&#233;rique est d'assurer que le Golfe demeure une source s&#251;re et stable d'approvisionnement en p&#233;trole, vendu &#224; un prix raisonnable &#224; l'occident industrialis&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable irritation des Am&#233;ricains provenait surtout du fait que, ayant toujours privil&#233;gi&#233; dans la r&#233;gion les nations faiblement peupl&#233;es pour qu'elles contr&#244;lent les prix du p&#233;trole selon les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes, les Etats-Unis ne pouvaient tol&#233;rer qu'une nation telle que l'Irak, au r&#233;gime &#034;nationaliste&#034; et comptant une arm&#233;e relativement puissante, devienne seconde exportatrice de p&#233;trole en annexant le Kowe&#239;t, ce qui lui permettait ainsi d'exercer une pression &#224; la hausse des prix du brut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saddam a donc transgress&#233; les r&#232;gles et pour cela il devait &#234;tre s&#233;v&#232;rement ch&#226;ti&#233;. La lib&#233;ration du Kowe&#239;t n'&#233;tait que secondaire, l'objectif v&#233;ritable de l'offensive &#034;Temp&#234;te du D&#233;sert &#034;, &#233;tant surtout de briser et d'affaiblir durablement l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres consid&#233;rations ont &#233;galement jou&#233; dans la d&#233;termination des Etats-Unis. Pour eux, il s'agissait notamment de profiter au maximum de l'affaiblissement de l'URSS pour occuper sans partage une position de leadership dans le &#034;nouvel ordre mondial&#034; post-Guerre froide et imposer ainsi de nouvelles r&#232;gles du jeu conformes aux int&#233;r&#234;t am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, avec la disparition de la &#034;menace communiste&#034;, un nouvel ennemi devait &#234;tre d&#233;sign&#233; pour rendre cr&#233;dible la survie du complexe militaro-industriel ou d'institutions telles que l'OTAN. Les nouveaux ennemis d&#233;sign&#233;s seront donc au Sud et &#233;tiquettes &#034;Etats voyous&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une guerre permettait &#233;galement de restaurer la confiance des march&#233;s envers les Etats-Unis, qui frisaient la r&#233;cession. Le taux de croissance de ce pays &#233;tait en effet, depuis 1985, en chute libre, passant 4,5% par an en 1988 &#224; 1% &#224; peine en 1990. La guerre &#233;tait donc vue par beaucoup comme un moyen de relance &#233;conomique par une politique de &#034; keynesianisme militaire &#034; - augmentation des d&#233;penses militaires par l'Etat et des commandes aupr&#232;s du complexe militaro-industriel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le massacre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 17 janvier 1991, l'op&#233;ration &#034;Temp&#234;te du d&#233;sert&#034; s'ouvre par des bombardements massifs, non seulement sur les troupes irakiennes pr&#233;sentes au Kowe&#239;t, mais surtout sur les centres urbains et industriels irakiens o&#249; des cibles civiles sont froidement &#233;cras&#233;es sous les bombes. En 46 jours, l'Irak allait recevoir autant de bombes (88.000 tonnes) que l'Allemagne durant toute la Seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des m&#233;dias caporalis&#233;s qui ont intoxiqu&#233; les opinions publiques avec l'abject jargon de la novlangue imp&#233;rialiste (&#034;dommages collat&#233;raux, frappes chirurgicales&#034;, etc.), la volont&#233; de d&#233;truire l'Irak &#233;tait manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 f&#233;vrier, Bagdad accepte de se soumettre en &#233;change de la lev&#233;e de l'embargo. Washington rejette la proposition : dans la bonne vieille tradition des guerres &#233;tatsuniennes, il faut une capitulation humiliante et totale. Le 24 f&#233;vrier, l'offensive terrestre est d&#233;clench&#233;e, s'apparentant plus &#224; une promenade tant l'arm&#233;e irakienne a &#233;t&#233; d&#233;compos&#233;e par la lassitude, la faim, le d&#233;sespoir et les bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28, les combats s'ach&#232;vent, laissant derri&#232;re eux entre 100.000 et 250.000 victimes irakiennes contre &#224; peine quelques centaines du c&#244;t&#233; des &#034;coalis&#233;s&#034;. Mais la violence ne s'arr&#234;te pas pour autant. Alors que Bush les avait encourag&#233;s &#224; se r&#233;volter au mois de mars, les Chiites au Sud et les Kurdes au Nord se r&#233;voltent et sont &#233;cras&#233;s dans le sang par la Garde r&#233;publicaine de Saddam sous les yeux impassibles des forces &#034;coalis&#233;es&#034;. Finalement, un Saddam affaibli peut encore &#234;tre utile, surtout pour maintenir la n&#233;cessit&#233; d'une forte pr&#233;sence militaire am&#233;ricaine dans la r&#233;gion...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Etats-Unis, la fin du conflit et ses suites imm&#233;diates furent hautement profitables. Puisqu'ils furent ceux qui d&#233;truisirent le plus, ce fut bien entendu des firmes am&#233;ricaines qui remport&#232;rent 70% des juteux contrats de reconstruction du Kowe&#239;t. Quant aux ventes d'armes dans la r&#233;gion du Golfe, elles explos&#232;rent litt&#233;ralement au plus grand profit des entreprises US et permirent ainsi d'&#233;couler une partie des stocks accumul&#233;s en Europe pendant la Guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces avantages furent en outre obtenus &#224; moindre frais puisque, si le conflit leur a co&#251;t&#233; pr&#232;s de 70 milliards de dollars, les g&#233;n&#233;reuses donations des pays &#034;amis&#034; se sont &#233;lev&#233;es &#224; 55 milliards de dollars...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guerre du Golfe appara&#238;t clairement comme une &#233;tape charni&#232;re. Elle a permis de relancer le leadership de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans le monde - affaiblis depuis leur d&#233;route au Vietnam - et d'imprimer une dynamique d'affranchissement de ce pays &#224; toutes les r&#232;gles du droit international. Elle appara&#238;t &#233;galement, avec la guerre du Kosovo en 1999, comme la pr&#233;figuration des guerres du XXIe si&#232;cle : engagement de troupes &#034; coalis&#233;es &#034; (en r&#233;alit&#233; de vulgaires suppl&#233;tifs de l'US Army) ; engins de mort ultra-modernes ; obsession de la guerre &#034;z&#233;ro mort&#034; (pour les imp&#233;rialistes bien entendu), tout cela dans le but d'assurer la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes des puissances occidentales et la p&#233;rennit&#233; de la mondialisation capitaliste n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note :(1) C'e fut l'application de la tactique du &#034;pi&#232;ge&#034; ch&#232;re &#224; l'imp&#233;rialisme US et qui fut d&#233;j&#224; test&#233;e avec succ&#232;s contre les Japonais, les Vietnamiens et plus r&#233;cemment contre la Serbie : provoquer l'ennemi &#224; la faute pour qu'il apparaisse comme l'agresseur et obtenir ainsi le soutien de l'opinion publique pour pouvoir mener &#224; bien sa destruction avec les moyens les plus barbares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Histoire de la crise du Golfe&#034;, Chapour Haghighat, &#233;d. Complexe 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;La Guerre am&#233;ricaine du Golfe&#034;, Fr&#233;d&#233;ric Guelton, &#233;d. Presses Universitaires de Lyon, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Six questions, six r&#233;ponses &#224; propos de la Guerre du Golfe&#034;, Salah Jaber, Cahiers Alternatifs de la JGS, 1990.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peine de mort contre Saddam Hussein, pierre angulaire de la haine</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-peine-de-mort-contre-Saddam-Hussein-pierre-angulaire-de-la-haine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-peine-de-mort-contre-Saddam-Hussein-pierre-angulaire-de-la-haine</guid>
		<dc:date>2007-01-01T16:25:09Z</dc:date>
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		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La radio d&#233;clare ce matin qu'avec la pendaison de Saddam Hussein, une page se tourne en Irak. Faux. Pour qu'une page soit tourn&#233;e, au plein sens du terme, il faut l'avoir lue jusqu'en bas. Danilo Zolo, juriste sp&#233;cialiste de droit international, montre au contraire &#224; quel point cette condamnation et cette ex&#233;cution sont faites pour ne pas savoir ce qui s'est pass&#233;. 30 d&#233;cembre 2006 &lt;br class='autobr' /&gt; La radio d&#233;clare ce matin qu'avec la pendaison de Saddam Hussein, une page se tourne en Irak. Faux. Pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La radio d&#233;clare ce matin qu'avec la pendaison de Saddam Hussein, une page se tourne en Irak. Faux. Pour qu'une page soit tourn&#233;e, au plein sens du terme, il faut l'avoir lue jusqu'en bas. Danilo Zolo, juriste sp&#233;cialiste de droit international, montre au contraire &#224; quel point cette condamnation et cette ex&#233;cution sont faites pour ne pas savoir ce qui s'est pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
30 d&#233;cembre 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La radio d&#233;clare ce matin qu'avec la pendaison de Saddam Hussein, une page se tourne en Irak. Faux. Pour qu'une page soit tourn&#233;e, au plein sens du terme, il faut l'avoir lue jusqu'en bas. Danilo Zolo, juriste sp&#233;cialiste de droit international, montre au contraire &#224; quel point cette condamnation et cette ex&#233;cution sont faites pour ne pas savoir ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident des Etats-Unis a d&#233;clar&#233; que la pendaison de Saddam Hussein serait une &#171; pierre angulaire &#187;.Ce sera un pas en avant d&#233;cisif sur la grand route de la justice, de la libert&#233; et de la d&#233;mocratie en Irak. Il s'agit d'une imposture, identique aux mensonges avec lesquels Georges Bush a motiv&#233; la guerre d'agression contre l'Irak en 2003. Cette guerre a d&#233;j&#224; provoqu&#233; le massacre de milliers d'innocents - plus de 650.000 - et provoque chaque jour d'autres centaines de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui aurait d&#251; &#234;tre le lit de la d&#233;mocratie dans le monde musulman - l'Irak sauv&#233; par les arm&#233;es &#233;tasuniennes du joug d'une tyrannie impitoyable - est un lac de sang. Au dessus de ce lac pendra le cadavre de Saddam Hussein : un spectacle exaltant pour un ex-gouverneur du Texas qui n'a jamais accord&#233; de gr&#226;ce &#224; un seul condamn&#233; &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une imposture parce que ce n'est pas le peuple irakien, ni une cour l&#233;gitime, nationale ou internationale, qui ont d&#233;cid&#233; la condamnation &#224; mort du ra&#239;s. La sentence a &#233;t&#233; &#233;mise par un Tribunal sp&#233;cial, promulgu&#233; en d&#233;cembre 2003 par les forces anglo-&#233;tasuniennes occupantes. Sur le plan formel, le pouvoir qui a institu&#233; ce tribunal a &#233;t&#233; le gouvernement provisoire de l'Irak c'est-&#224;-dire, de fait, le gouverneur militaire &#233;tasunien Paul Bremer. Personne ne peut penser que le Gouvernement provisoire, qui n'avait aucune autorit&#233; l&#233;gislative et ne disposait pas de sources de financement autonomes, ait &#233;t&#233; le pouvoir r&#233;el qui a lanc&#233; le Tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc une puissance occupante, les Etats-Unis d'Am&#233;rique, qui ont voulu l'institution d'un tribunal sp&#233;cial pour mettre sous proc&#232;s les repr&#233;sentants du r&#233;gime vaincu. Les juges du tribunal ont en majorit&#233; &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s par le Gouvernement provisoire, entra&#238;n&#233;s par des experts &#233;tasuniens et soumis &#224; un contr&#244;le politique &#233;troit. M&#234;me le Statut du tribunal a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par des juristes &#233;tasuniens. Et le pouvoir qui a voulu, organis&#233; et financ&#233; le tribunal a &#233;t&#233; un pouvoir conquis en une guerre d'agression qui a viol&#233; et la Charte des Nations Unies, et le droit international g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Conventions de Gen&#232;ve n'attribuent certes pas &#224; une puissance occupante le pouvoir de cr&#233;er des tribunaux p&#233;naux pour juger les dirigeants du r&#233;gime d&#233;pos&#233;. Il s'est donc agi d'un tribunal d&#233;pourvu de l&#233;galit&#233; internationale, de l&#233;gitimit&#233; politique et d'un minimum d'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit ajouter que le Tribunal sp&#233;cial a exerc&#233; sa juridiction sur la base de formes de d&#233;lit - les crimes de guerre et les crimes contre l'humanit&#233; - qui n'&#233;taient pas pr&#233;vus par le droit irakien, et qui n'ont &#233;t&#233; introduites dans le Statut qu'aux fins de permettre l'accusation et la condamnation &#224; mort de l'ex-dictateur. En outre, les droits de la d&#233;fense ont &#233;t&#233; gravement limit&#233;s et on a m&#234;me viol&#233; le principe nulla culpa sine judicio, qui exige une rigoureuse pr&#233;somption d'innocence en faveur des accus&#233;s. L'ex-dictateur est toujours d&#233;tenu en un lieu secret par les milices &#233;tasuniennes qui l'ont captur&#233; et soumis &#224; de lourds interrogatoires, proches de la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le Statut du Tribunal pr&#233;voit que la cour puisse se prononcer sur une &#233;ventuelle agression d&#233;cid&#233;e par le r&#233;gime baathiste contre un pays arabe, par exemple le Kowe&#239;t, et exclut implicitement sa comp&#233;tence &#224; juger de crimes d'agression commis contre des pays non arabes. Cette disposition a &#233;t&#233; con&#231;ue par les r&#233;dacteurs &#233;tasuniens du Statut pour &#233;viter que le tribunal n'enqu&#234;te sur la guerre d'agression que l'Irak avait d&#233;cha&#238;n&#233; dans les ann&#233;es 1980-1988 contre l'Iran, pays de religion musulmane mais non arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison en est tr&#232;s simple : les Etats-Unis ont soutenu sur le plan &#233;conomique, militaire et diplomatique cette agression, qui a caus&#233; pas moins de 800 mille morts. En outre, les Etats-Unis ont &#233;t&#233; de fait complices de Saddam Hussein en ne d&#233;non&#231;ant pas certains crimes gravissimes commis par les troupes irakiennes : les attaques faites avec des armes chimiques contre la population iranienne. Il s'agissait donc d'emp&#234;cher que la d&#233;fense de Saddam Hussein fasse usage de l'argument tu quoque, juridiquement et politiquement embarrassant pour les sponsors du Tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis ont mont&#233; un proc&#232;s contre Saddam Hussein qui radicalise la logique de la stigmatisation et de la vengeance de ran&#231;on. L'anomie juridique (absence de lois, NDT), le vide de pouvoir l&#233;gitime et le d&#233;cha&#238;nement de violence provoqu&#233;s par la guerre sont tels que la condamnation &#224; mort de l'ex-dictateur irakien se r&#233;duit &#224; une utilisation propagandiste de la justice qui n'a comme unique objectif que celui de d&#233;shumaniser l'image de l'ennemi et de l'ex&#233;cuter pour en faire un troph&#233;e de d&#233;monstration de sa propre sup&#233;riorit&#233; morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais r&#233;pandre le sang de Saddam Hussein n'offrira aucune contribution &#224; la pacification et &#224; la d&#233;mocratisation de l'Irak. Ce sera une pierre angulaire le long de la voie de la haine, de la violence et de la terreur qui finira par rejoindre aussi ceux qui ont impitoyablement pratiqu&#233; la &#171; justice des vainqueurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;*Danilo Zolo est professeur de droit international &#224; Florence, il a &#233;t&#233; professeur associ&#233; d'universit&#233;s anglaises et &#233;tasuniennes, et auteur de nombreux ouvrages de droit international ; il est le coordinateur du site Jura Gentium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Article paru dans le quotidien italien il Manifesto&lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Irak, vers l'implosion communautaire</title>
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		<dc:subject>Irak</dc:subject>

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&lt;p&gt;Aussi paradoxale qu'ait pu &#234;tre le processus de transition mise en place par les forces de la coalition en Irak, le r&#233;sultat principal et ressenti comme tel est celui d'une communautarisation de plus en plus violente de l'Irak. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; pr&#233;sent et malgr&#233; des tensions et des discriminations ancestrales entre les communaut&#233;s arabes chiites et sunnites largement majoritaires dans le pays, l'Irak avait &#233;vit&#233; l'explosion du pays et la guerre civile. Cependant, lors du r&#233;f&#233;rendum sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aussi paradoxale qu'ait pu &#234;tre le processus de transition mise en place par les forces de la coalition en Irak, le r&#233;sultat principal et ressenti comme tel est celui d'une communautarisation de plus en plus violente de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent et malgr&#233; des tensions et des discriminations ancestrales entre les communaut&#233;s arabes chiites et sunnites largement majoritaires dans le pays, l'Irak avait &#233;vit&#233; l'explosion du pays et la guerre civile. Cependant, lors du r&#233;f&#233;rendum sur la constitution et des derni&#232;res &#233;lections nationales en 2005, les objectifs politiques des communaut&#233;s chiites et sunnites sont apparus comme directement contradictoires. En effet, les dirigeants de la communaut&#233; chiite se sont appuy&#233;s sur le processus de transition supervis&#233; par les forces d'occupation pour obtenir un poids politique qu'on leur a toujours refus&#233; malgr&#233; le fait qu'ils soient majoritaires dans le pays, tandis que pour les responsables sunnites, il fallait r&#233;sister &#224; un processus politique qui les marginalisent et qui est impos&#233; de force par les occupants. Ce que le journaliste Robert Fisk r&#233;sumait fort bien d&#232;s janvier 2005 : &#171; (...) les chiites qui ne sont pas en train de combattre l'occupation am&#233;ricaine de l'Irak, vont voter sous les auspices am&#233;ricaines, pendant que les sunnites qui sont en train de combattre, refuseront de participer &#224; ce que les insurg&#233;s ont d&#233;j&#224; qualifi&#233; d'&#233;lections ill&#233;gitimes. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;vu, l'alliance Chiite a largement remport&#233; les derni&#232;res &#233;lections de d&#233;cembre 2005. Devenue majoritaire &#224; l'assembl&#233;e, elle a form&#233; avec l'alliance Kurde le nouveau gouvernement irakien. N&#233;anmoins, le pays demeure toujours sous l'occupation des forces de la coalition. Il n'y pas eu de plan, et il n'y a toujours pas de plan retrait des troupes anglo-am&#233;ricaines &#224; courts ou &#224; moyens termes. De fait, pour les Irakiens qui combattent et s'opposent &#224; l'occupation et qui se sont oppos&#233;s &#224; ces &#233;lections, rien n'a vraiment chang&#233;. Le pays reste occup&#233; par des troupes &#233;trang&#232;res et les institutions irakiennes cr&#233;&#233;es sous les auspices des forces occupantes restent des organes de collaboration ill&#233;gitimes. La diff&#233;rence majeure est que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, les diff&#233;rents conseils de gouvernement d'int&#233;rim ou transitoires appoint&#233;s par les Etats-Unis &#233;taient des instances multicommunautaires cens&#233;es repr&#233;senter les Kurdes, les Chiites, les Sunnites pour ne citer que les trois communaut&#233;s les plus importantes. Aujourd'hui, le gouvernement de transition qui collabore de fait avec les forces occupantes est celui de la majorit&#233; chiite. Ce qui &#233;tait vu comme une violente opposition politique inter irakienne entre ceux qui combattaient l'occupation et ceux qui collaboraient, a &#233;t&#233; d&#233;form&#233; par le prisme communautaire. D&#233;sormais aux yeux du monde et en Irak y compris, la majorit&#233; des chiites collaborent avec l'occupation, tandis que la majorit&#233; des sunnites la combattent. Il est &#233;vident que cela a renforc&#233; &#224; un point sans doute jamais atteint des antagonismes communautaires qui avaient &#233;t&#233; largement entretenus sous la dictature de Saddam Hussein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; le fait que les derni&#232;res &#233;lections aient vu la participation de plusieurs listes sunnites qui ont remport&#233;s une soixantaine de si&#232;ges &#224; l'Assembl&#233;e nationale irakienne, il n'emp&#234;che que pour une grande part de la communaut&#233; sunnite, le gouvernement irakien et son assembl&#233;e sont issus du processus de transition et d'&#233;lections qui ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s par de nombreux responsables de la communaut&#233; sunnite, et notamment le Comit&#233; des oul&#233;mas musulmans, comme ill&#233;gitimes. De m&#234;me, alors que trois des provinces du centre du pays majoritairement sunnites furent et sont toujours le th&#233;&#226;tre de violents combats, la participation de la communaut&#233; sunnite aux structures de l'Etat irakien qui sont en train d'&#234;tres reconstruites, est quasi nulle. Et notamment dans les structures s&#233;curitaires, l'arm&#233;e et la police en particulier. En effet, il y a fort &#224; parier que peu de sunnites d&#233;cident de s'engager ou se soient d&#233;j&#224; engag&#233;s dans une arm&#233;e destin&#233;e &#224; frapper en premier lieu les provinces sunnites d'Al-Anbar, de Ninewa ou le quartier d' Adhamya &#224; Bagdad, sous les ordres d'un gouvernement et d'une assembl&#233;e issus d'&#233;lections que la plupart des responsables de la communaut&#233; sunnite ont jug&#233; ill&#233;gitimes. Or, avec l' &#171; irakisation &#187; pr&#244;n&#233;e par l'administration Bush, ce sont ses deux premi&#232;res structures de pr&#232;s de 180 000 hommes qui se retrouvent aux c&#244;t&#233;s, voire devant les blind&#233;s am&#233;ricains face aux insurg&#233;s. [2] Du coup, les attaques contre la police ou l'arm&#233;e irakienne n'ont cess&#233; d'augmenter, provoquant la mort de pr&#232;s de 200 officiers de police et de soldats par mois depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2006, majoritairement des chiites ou des kurdes . [3] Dans le m&#234;me temps, le journal Le Monde rapportait que : &#171; (...) des escadrons de la mort chiites li&#233;s au minist&#232;re de l'int&#233;rieur, se vengent en enlevant et en ex&#233;cutant des leaders de la communaut&#233; sunnite &#187;. [4] Le mois de mai 2005 verra d'ailleurs des massacres importants de sunnites &#224; Bagdad et dans le Sud de l'Irak. [5] De m&#234;me, les mois suivant les &#233;lections ont vu les attentats de masse contre les populations chiites et kurdes augmenter dramatiquement. Certes, ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s et d&#233;nonc&#233;s comme des attaques venant de l'ext&#233;rieur de l'Irak par des organisations sunnites proches des groupes arm&#233;s, comme le Comit&#233;s des oul&#233;mas musulmans. Mais on peut se demander &#224; quel point ces attaques contre les populations chiites et kurdes ne sont pas aussi ressenties comme des actes de vengeance face &#224; la destruction de villes et de villages sunnites comme Falluajh ou Haditah ou Tal a'far par les forces de la coalition et l'arm&#233;e irakienne. Dans ce cadre de violences intercommunautaires, l'attentat qui a vis&#233; le mausol&#233;e de la mosqu&#233;e al Askarrya dans la ville sainte de Samarra au mois de f&#233;vrier 2006, a &#233;t&#233; ressenti comme le dernier outrage par la communaut&#233; chiite. En effet, ce mausol&#233;e renferme les tombeaux des 10eme et 11eme imams r&#233;v&#233;r&#233;s par les chiites duod&#233;cimains [6], mais surtout selon la doctrine chiite, c'est de ce mausol&#233;e d'o&#249; devrait r&#233;appara&#238;tre le Mahdi, l'imam cach&#233; qui viendra apporter la justice &#224; la fin des temps. Depuis, le cycle de violence s'est emball&#233; &#224; un rythme effrayant, attentats et assassinats des populations sunnites et chiites se succ&#232;dent au point que durant le seul mois de juillet 2006, plus de trois milles civils irakiens ont &#233;t&#233; tu&#233;s. [7] Pour nombre d'analystes, l'Irak est bel et bien rentr&#233; dans un processus de guerre civile, ce qu'annoncera officiellement l'ancien Premier ministre par int&#233;rim Iyad Allawi. [8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation p&#232;se de tout son poids sur l'ensemble du champ politique irakien et forc&#233;ment aussi sur les mouvements et les organisations du champ de la r&#233;sistance politique. D'autant plus que malgr&#233; leurs discours nationalistes et appelant &#224; l'unit&#233; entre chiites et sunnites contre l'occupation, un certains nombres de ces organisations sont des organisations communautaires. Ainsi les deux plus gros mouvements du champ politique de la r&#233;sistance, le mouvement as SadrII et le Comit&#233; des oul&#233;mas musulmans se retrouvent de fait coinc&#233;s entre leur discours nationaliste et unitaire et les int&#233;r&#234;ts de plus en plus antagonistes de leurs communaut&#233;s respectives. De plus, ces mouvements se retrouvent directement impliqu&#233;s dans la lutte pour l'h&#233;g&#233;monie politique au sein de leurs communaut&#233;s respectives. Il y a donc un double risque pour ces organisations, celui d'&#234;tre marginalis&#233;es sur la sc&#232;ne politique irakienne parce qu'elles remettent en cause d'une mani&#232;re ou d'une autre la l&#233;gitimit&#233; du processus de transition mise en place par les forces de la coalitions et celui d'&#234;tre marginalis&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de leur propre champ politique communautaire face &#224; des entreprises politiques qui pr&#233;tendent officiellement d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de leurs communaut&#233;s respectives. Nous pensons par exemple que la participation du mouvement As Sadr II aux &#233;lections de d&#233;cembre 2005, s'inscrit dans cette logique. Il s'agissait avant tout de ne pas se laisser marginaliser au sein de la communaut&#233; chiite par les organisations concurrentes, telles que le SCIRI ou le parti Dawa. De m&#234;me, plus les antagonismes communautaires deviennent violents et plus ces organisations vont &#234;tre amen&#233;es &#224; se retrouver d'une mani&#232;re ou d'une autre impliqu&#233;es dans les affrontements communautaires. Y. Walid que nous avons rencontr&#233; &#224; Beyrouth en mars 2004, nous avait ainsi expliqu&#233; comment la guerre civile libanaise avait amen&#233; toutes les organisations politiques &#224; prendre part aux affrontements communautaires : &#171; A un certain moment le cycle de violence devient tellement fort que chaque organisation, qu'elle le veuille ou non, est oblig&#233;e d'y prendre part. Ainsi, &#224; la fin des ann&#233;es 1970, nous tenions un quartier majoritairement chiite de Beyrouth qui fut attaqu&#233; de nombreuses fois par les kata&#235;b. [9] La premi&#232;re fois nous n'avons pas r&#233;pliqu&#233;, la deuxi&#232;me nous avons-nous-m&#234;me organis&#233; la riposte, c'&#233;tait &#231;a ou perdre le soutien politique du quartier. Les gens avaient perdus des fr&#232;res, des parents, des enfants, ils voulaient &#234;tre d&#233;fendus. Si nous ne l'avions pas fait, ils auraient lynch&#233;s les premiers chr&#233;tiens qu'ils auraient trouv&#233;s ou se seraient tourn&#233;s vers d'autres organisations. D'une certaine fa&#231;on, il s'agissait aussi d'essayer de garder malgr&#233; tout un certain contr&#244;le politique sur des &#233;v&#233;nements atroces. &#187; Bien que la situation en Irak n'ait pas encore atteint le niveau de la guerre civile libanaise, il est fort probable que le d&#233;ferlement de violence contre les populations renforce la pression sur les mouvements comme le Comit&#233; des oul&#233;mas musulmans ou le mouvement as Sadr II pour qu'ils interviennent directement dans les affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s l'attentat de Samarra en f&#233;vrier 2006 et bien que cela soit d&#233;menti par le mouvement as Sadr II, de nombreux membres de l'arm&#233;e du Mahdi ont pris part directement aux attaques de repr&#233;sailles contre les mosqu&#233;es sunnites qui ont eu lieu le lendemain. [10] Etant donn&#233; la nature d&#233;centralis&#233;e du mouvement As Sadr II, il est probable que ce fut le fait d'&#233;l&#233;ments incontr&#244;l&#233;s. Mais il est possible aussi que ce soit le fruit d'une d&#233;cision de la direction du mouvement du fait de l'&#233;norme pression populaire, comme l'indique l'International Crisis Group qui a conduit un certains nombres d'entretiens avec des cadres de l'arm&#233;e du Mahdi. [11] N&#233;anmoins, quatre jours plus tard, &#224; l'issue d'une rencontre avec le Comit&#233; des oul&#233;mas musulmans dans la mosqu&#233;e Abu Hanifa &#224; Bagdad organis&#233;e sous l'&#233;gide du cheikh chiite al Khalissy, Moktada al Sadr intervenait personnellement pour faire descendre le niveau de tension et appeler &#224; des manifestations communes, chiites et sunnites contre les forces am&#233;ricaines qu'il jugeait responsables de l'attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ de la r&#233;sistance politique, la perspective d'un processus de guerre civile est vue de diff&#233;rentes mani&#232;res. Pour certains comme Tarek al Dulaymi, elle peut tout aussi bien conduire &#224; l'explosion de l'alliance entre une partie de la communaut&#233; chiite, la direction de la hawza et les forces de l'occupation. Au contraire, d'autres font le m&#234;me constat que le Professeur Pierre Jean Luizard, la guerre communautaire est en train de provoquer l'implosion de l'Irak. [12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain, c'est qu'&#224; court termes, plus le cycle de violences communautaires s'aggrave, plus la perspective d'une union entre chiites et sunnites contre l'occupation s'amenuise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
RID Tom
&lt;br /&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Fisk Robert, &#8220;Not even Saddam could achieve the divisions this election will bring&#8221;, The Independent, 22 Janvier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Leser Eric, &#171; Rester ou partir : deux solutions politiquement et militairement p&#233;rilleuses pour Washington &#187;, Le Monde, 05 Ao&#251;t 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir l'Iraq Index, database mise &#224; jour par The Brookings Institution. &lt;a href=&#034;http://www.brookings.edu/iraqindex.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.brookings.edu/iraqindex.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Leser Eric, &#171; Rester ou partir : deux solutions politiquement et militairement p&#233;rilleuses pour Washington &#187;, Le Monde, 05 Ao&#251;t 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.juancole.com/2005_05_01_juancole_archive.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.juancole.com/2005_05_01_juancole_archive.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] 99% des chiites en Irak sont duod&#233;cimains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Voir l'Iraq Index, database mise &#224; jour par The Brookings Institution. &lt;a href=&#034;http://www.brookings.edu/iraqindex.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.brookings.edu/iraqindex.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Hala Jabar &#8220;Allawi : this is the start of civil war&#8221;, The Sunday Times &lt;a href=&#034;http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2089-1687910,00.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2089-1687910,00.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Les phalanges libanaises, milice chr&#233;tienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Cit&#233; par le Professeur Juan Cole, &lt;a href=&#034;http://www.juancole.com/2006_02_01_juanricole_archive.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.juancole.com/2006_02_01_juanricole_archive.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] voir International Crisis Group &#8220;mokatada al sadr, spolier or stabilizer ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Voir Luizard Pierre Jean&#034;La guerre confessionnelle a fait imploser la soci&#233;t&#233; irakienne&#034;, Le Monde, 31 ao&#251;t 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La dette odieuse de l'Irak</title>
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		<dc:date>2006-05-19T02:19:50Z</dc:date>
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		<dc:subject>Irak</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis 20 ans, alors que les gouvernements des pays d&#233;biteurs n'ont pas men&#233; bataille sur la question de la dette odieuse, les grandes puissances (qui sont en m&#234;me temps les cr&#233;anciers) se sont bien gard&#233;es de la remettre sur le tapis. &lt;br class='autobr' /&gt; Soudain, les 10 et 11 avril 2003, la dette odieuse appara&#238;t dans le discours de l'administration Bush. Celle-ci demande &#224; la France, &#224; l'Allemagne et &#224; la Russie (qui s'&#233;taient oppos&#233;es &#224; la guerre contre l'Irak) de renoncer &#224; leurs cr&#233;ances sur l'Irak. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-NON-a-la-guerre-de-l-empire-" rel="directory"&gt;NON &#224; la guerre de l'empire !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 20 ans, alors que les gouvernements des pays d&#233;biteurs n'ont pas men&#233; bataille sur la question de la dette odieuse, les grandes puissances (qui sont en m&#234;me temps les cr&#233;anciers) se sont bien gard&#233;es de la remettre sur le tapis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Soudain, les 10 et 11 avril 2003, la dette odieuse appara&#238;t dans le discours de l'administration Bush. Celle-ci demande &#224; la France, &#224; l'Allemagne et &#224; la Russie (qui s'&#233;taient oppos&#233;es &#224; la guerre contre l'Irak) de renoncer &#224; leurs cr&#233;ances sur l'Irak. Toute la presse internationale relaie en long et en large. La dette odieuse est explicitement mentionn&#233;e. Apr&#232;s quelques jours, les seuls &#224; continuer d'en parler sont le quotidien financier anglais Financial Times (FT) et quelques autres organes de la presse internationale (International Herald Tribune, Wall Street Journal). Les &#233;ditorialistes du Financial Times r&#233;clament fermement le retrait de cette proposition. Pour le FT, si l'on ressort cette proposition, cela peut &#234;tre &#233;voqu&#233; pour beaucoup de pays du Tiers Monde et de l'ex-bloc sovi&#233;tique. Cela peut donner des id&#233;es aux gouvernements des pays endett&#233;s qui vont finir par r&#233;clamer l'application de cette doctrine et si ce ne sont pas les gouvernements, ce sont les mouvements sociaux de ces pays qui vont le faire (au Br&#233;sil, ou en Afrique du Sud par exemple o&#249; la dette du r&#233;gime de l'apartheid a atteint 24 milliards de dollars). Le FT explique que l'administration Bush joue avec le feu et met en danger les cr&#233;anciers [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une dette odieuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si un pouvoir despotique (le r&#233;gime de Saddam Hussein, NDLR) contracte une dette non pas selon les besoins et les int&#233;r&#234;ts de l'Etat, mais pour fortifier son r&#233;gime despotique, pour r&#233;primer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l'Etat entier. Cette dette n'est pas obligatoire pour la nation : c'est une dette de r&#233;gime, dette personnelle du pouvoir qui l'a contract&#233;e ; par cons&#233;quent, elle tombe avec la chute de ce pouvoir &#187; (Alexander Sack, Les effets des transformations des Etats sur leurs dettes publiques et autres obligations financi&#232;res, Recueil Sirey, 1927). La doctrine de la dette &#171; odieuse &#187; s'applique parfaitement au cas de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine date du 19e si&#232;cle. Elle a &#233;t&#233; utilis&#233;e lors du conflit opposant l'Espagne et les Etats-Unis en 1898. A cette date, Cuba, auparavant colonie espagnole, passe sous le contr&#244;le (protectorat) des Etats-Unis et l'Espagne exige des Etats-Unis qu'ils lui remboursent la dette due par Cuba &#224; son &#233;gard. Les Etats-Unis refusent en d&#233;clarant cette dette odieuse, c'est-&#224;-dire contract&#233;e par un r&#233;gime despotique pour mener des politiques contraires aux int&#233;r&#234;ts des citoyens. Ce qui est important, c'est que cette d&#233;claration, finalement reconnue par l'Espagne, est inscrite dans un trait&#233; international, le Trait&#233; de Paris, qui fait donc jurisprudence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres cas existent. Les dettes de Bonaparte sont refus&#233;es sous la Restauration en tant que dettes odieuses, contraires aux int&#233;r&#234;ts des Fran&#231;ais. Apr&#232;s la guerre de S&#233;cession aux Etats-Unis, les Nordistes, vainqueurs, refusent d'assumer la dette sudiste qui a &#233;t&#233; contract&#233;e pour d&#233;fendre un syst&#232;me bas&#233; sur l'esclavage. Apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, le Trait&#233; de Versailles d&#233;clare que les dettes contract&#233;es par le r&#233;gime allemand du Kaiser pour coloniser la Pologne sont nulles et qu'elles ne peuvent &#234;tre &#224; charge de la nouvelle Pologne reconstitu&#233;e. Le r&#233;gime dictatorial de Tinoco [2] au Costa Rica s'est endett&#233; vis-&#224;-vis de la couronne britannique. Le juge Taft, pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me des Etats-Unis d&#233;sign&#233; comme arbitre par les deux pays en litige (Grande Bretagne versus Costa Rica, 1923) d&#233;clare que cette dette est une dette personnelle du despote. Les banquiers cr&#233;anciers qui connaissaient la nature despotique du r&#233;gime de Tinoco ne doivent s'en prendre qu'&#224; eux-m&#234;mes et non au r&#233;gime d&#233;mocratique succ&#233;dant &#224; Tinoco. Le juge Taft ajoute que les cr&#233;anciers n'ont pas &#233;t&#233; en mesure de faire la preuve de leur bonne foi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de la dette odieuse a &#233;t&#233; formul&#233;e par Alexander Sack (ancien ministre du Tsar en Russie, &#233;migr&#233; en France apr&#232;s la R&#233;volution de 1917, professeur de droit &#224; Paris) en 1927 dans son recueil sur les transferts de dette en cas de changement de r&#233;gime [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les trente derni&#232;res ann&#233;es, &#224; notre connaissance, aucun d&#233;biteur n'a fait valoir cette doctrine afin de r&#233;pudier unilat&#233;ralement ces dettes ou d'en appeler &#224; un arbitrage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CADTM ainsi que diff&#233;rents auteurs (notamment Jean-Claude Willame, 1986 ; Patricia Adams, 1991) et mouvements (Jubil&#233; Afrique du Sud, Jubil&#233; Sud...) ont depuis longtemps analys&#233; les dettes du Tiers monde sous cet angle du droit : les dettes de Mobutu (Za&#239;re - R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo), d'Habyarimana (Rwanda), de Marcos (Philippines), de Suharto (Indon&#233;sie), des g&#233;n&#233;raux de la dictature argentine, de Pinochet au Chili, de la dictature uruguayenne, de la dictature br&#233;silienne, du Nigeria, du Togo, de la R&#233;publique sud-africaine... ont toutes les chances d'entrer dans cette cat&#233;gorie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce ne sont pas de vieilles histoires puisque les peuples de ces pays remboursent aujourd'hui ces dettes odieuses avec de nouveaux emprunts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cas de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo est tr&#232;s clair : en 2003, la dette d'environ 13 milliards de dollars qu'on lui r&#233;clamait correspondait grosso modo &#224; l'int&#233;gralit&#233; de la dette contract&#233;e par Mobutu puisqu'il n'y a eu quasiment aucun nouvel emprunt entre sa chute en 1997 et 2003.. L'enti&#232;ret&#233; de la dette de la RDC aurait donc d&#251; &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'administration G. W. Bush a-t-elle remis sur le tapis la dette odieuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 10 et 11 avril 2003, les ministres des Finances du G8 se r&#233;unissent &#224; Washington et John Snow, le secr&#233;taire d'Etat au Tr&#233;sor des Etats-Unis, demande en particulier &#224; la Russie, la France et l'Allemagne d'annuler la dette odieuse de l'Irak. Les Etats-Unis lancent cette exigence, non pour qu'elle soit satisfaite int&#233;gralement, mais en guise de marchandage : un chantage pour faire monter les ench&#232;res envers les pays oppos&#233;s &#224; la guerre. Il s'agit de convaincre la France, l'Allemagne et la Russie de changer de position et de l&#233;gitimer la guerre. Il s'agit aussi de leur demander de faire un effort pour que les pays qui ont assum&#233; les d&#233;penses concernant les op&#233;rations militaires puissent entamer la reconstruction en utilisant au plus vite les ressources p&#233;troli&#232;res de l'Irak. Plus la dette ant&#233;rieure &#224; la guerre de 2003 sera &#233;lev&#233;e, plus les Etats-Unis et leurs alli&#233;s devront attendre pour &#234;tre rembours&#233;s des frais qu'ils engagent dans la reconstruction.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Allemagne annonce tout de suite lors de cette r&#233;union qu'il ne sera pas question d'annulation en ce qui la concerne mais que la dette irakienne sera r&#233;&#233;chelonn&#233;e. Les Etats-Unis poursuivent le marchandage afin de convaincre la France, la Russie et l'Allemagne de faire un effort s&#233;rieux en terme d'annulation. En &#233;change de leur bonne volont&#233;, les entreprises de ces pays pourraient b&#233;n&#233;ficier de contrats li&#233;s &#224; la reconstruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, les Etats-Unis ont obtenu par la suite des concessions de la part de la France et de la Russie. En effet, le 22 mai 2003, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU l&#232;ve les sanctions contre l'Irak et confie la gestion du p&#233;trole (jusque l&#224; sous son contr&#244;le [4]) &#224; l'administrateur civil de l'Irak d&#233;sign&#233; par les Etats-Unis, &#224; savoir Paul Bremer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU (y compris donc des pays comme la France, la Russie, la Chine qui s'&#233;taient oppos&#233;s &#224; la guerre) l&#233;gitime l'occupation et accorde la gestion du p&#233;trole aux Etats-Unis par 14 voix pour et z&#233;ro contre (la Syrie est sortie au moment du vote pour ne pas prendre position).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ONU d&#233;signe Sergio Vieira de Mello comme son repr&#233;sentant sur place (il sera tu&#233; en ao&#251;t 2003 dans un attentat contre le si&#232;ge de l'ONU &#224; Bagdad qui fit 24 morts) avec un statut tout &#224; fait inf&#233;rieur &#224; Paul Bremer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever les sanctions contre l'Irak signifie que dor&#233;navant les entreprises, &#224; commencer par celles des Etats-Unis, peuvent refaire du business en Irak (le Financial Times titre le 23 mai 2003 : &#171; UN removal of sanctions clears way for business &#187;). Cela veut dire aussi que tous les avoirs de Saddam Hussein et de l'Irak qui avaient &#233;t&#233; gel&#233;s &#224; l'&#233;tranger (notamment aux Etats-Unis) pendant plus de 12 ans sont &#171; d&#233;gel&#233;s &#187;, ce qui permet aux Etats-Unis de s'en servir pour se rembourser sur l'effort de guerre et de reconstruction : ces avoirs ne sont donc pas r&#233;troc&#233;d&#233;s au peuple Irakien. Le Financial Times &#233;crit : &#034; Cela (la lev&#233;e de la sanction contre l'Irak par le Conseil de S&#233;curit&#233;, NDLR) va lib&#233;rer du contr&#244;le de l'ONU des milliards de dollars qui &#233;taient gel&#233;s et mettre &#224; la disposition des forces coalis&#233;es et du comit&#233; int&#233;rimaire Irakien les revenus futurs du p&#233;trole afin de payer la reconstruction&#034; (FT, 23 mai 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette impayable de l'Irak&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A combien s'&#233;l&#232;ve la dette Irakienne ? Selon une &#233;tude du d&#233;partement de l'&#233;nergie de l'Administration Bush datant de 2002, elle s'&#233;l&#232;verait &#224; 62 milliards de dollars [5]. Selon une &#233;tude conjointe de la Banque mondiale et de la Banque des r&#232;glements internationaux, elle s'&#233;l&#232;verait &#224; 127 milliards, dont 47 milliards d'int&#233;r&#234;ts de retard [6].&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon un bureau d'&#233;tude priv&#233; bas&#233; &#224; Washington, l'ensemble des obligations financi&#232;res de l'Irak (dettes, r&#233;parations et contrats en cours) s'&#233;levait d&#233;but 2003 &#224; 383 milliards de dollars dont 127 milliards de dettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Etats cr&#233;anciers sont r&#233;partis en deux grandes cat&#233;gories selon qu'ils sont ou non membres du Club de Paris. Le Club de Paris qui regroupe 19 Etats cr&#233;anciers auxquels s'ajoutent quelques invit&#233;s (Br&#233;sil, Cor&#233;e), selon l'humeur des 19 premiers, d&#233;clare pouvoir r&#233;clamer &#224; l'Irak 21 milliards de dettes auxquels s'ajoutent la m&#234;me somme sous forme d'int&#233;r&#234;ts de retard, soit 42 milliards (source : FT, 12-13 juillet 2003). Selon le Club de Paris, la dette de l'Irak &#224; l'&#233;gard de ses membres s'&#233;l&#232;ve &#224; 38,9 milliards de dollars &#224; la fin 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, il vaut la peine d'analyser les montants r&#233;clam&#233;s par les membres du Club de Paris au sein duquel se trouvent les principaux protagonistes des deux camps qui se sont form&#233;s dans les mois qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la guerre. Il est bon d'avoir en m&#233;moire qu'au moment de la fameuse r&#233;union tenue par les ministres des finances du G7 les 10 et 11 avril 2003 &#224; Washington [7], les medias ont affirm&#233; que la Russie, la France et l'Allemagne &#233;taient les principaux cr&#233;anciers de la dette odieuse de l'Irak. La r&#233;alit&#233; est plus nuanc&#233;e comme le montre clairement le tableau ci-dessous. Voyons comment les dettes se r&#233;partissent entre pays bellicistes et pays du &#171; camp de la paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1. Dette de l'Irak &#224; l'&#233;gard du Club de Paris (en millions de dollars)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Camp de la paix &#187; Bellicistes&lt;br class='autobr' /&gt;
Russie : 3.450 Japon : 4.100&lt;br class='autobr' /&gt;
France : 3.000 Etats-Unis : 2.200&lt;br class='autobr' /&gt;
Allemagne : 2.400 Italie : 1.720&lt;br class='autobr' /&gt;
Canada : 560 Grande-Bretagne : 930&lt;br class='autobr' /&gt;
Br&#233;sil : 200 Australie : 500&lt;br class='autobr' /&gt;
Belgique : 180 Espagne : 320&lt;br class='autobr' /&gt; Pays-Bas : 100&lt;br class='autobr' /&gt; Danemark : 30&lt;br class='autobr' /&gt;
Total : 9.790 Total : 9.900&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau r&#233;alis&#233; par l'auteur sur la base du Financial Times, 12-13 juillet 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau permet de voir que les pays bellicistes ont une cr&#233;ance odieuse plus importante que le &#171; camp de la paix &#187;, ce que ne laissait pas entendre le discours de l'administration de Georges W. Bush au moment de son chantage du mois d'avril 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde cat&#233;gorie comprend la Turquie, des pays arabes (Emirats Arabes Unis, Kowe&#239;t, Egypte, Jordanie, Maroc, Arabie Saoudite) et certains pays de l'ex-bloc sovi&#233;tique (Pologne, Bulgarie, Hongrie, Roumanie) devenus aujourd'hui des alli&#233;s fid&#232;les des Etats-Unis. Ils r&#233;clament &#224; l'Irak environ 55 milliards de dettes. Plus de la moiti&#233; de cette somme (30 milliards) est r&#233;clam&#233;e par les Emirats du Golfe (Kowe&#239;t non compris) mais cela fait l'objet d'un litige d&#233;j&#224; ancien entre l'Irak et les cr&#233;anciers concern&#233;s. L'Irak pr&#233;tend que ces 30 milliards constituaient un don pour mener la guerre contre l'Iran alors que les Etats concern&#233;s affirment qu'il s'agissait de pr&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux cat&#233;gories de dettes pr&#233;cit&#233;es (97 milliards de dollars) sont des dettes bilat&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des banques priv&#233;es, avant l'invasion de l'Irak, elles ont dissimul&#233; le fait qu'elles avaient pr&#234;t&#233; beaucoup d'argent au r&#233;gime de Saddam Hussein. On ne parlait en 2002-2003 que d'environ 2 milliards de dollars (Bank of New York et JP Morgan &#233;taient les principales banques cr&#233;anci&#232;res connues). Mais au fil du temps, les banquiers se sont ragaillardis et ont clam&#233; qu'on leur devait 18 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la Banque mondiale et au FMI, les dettes de l'Irak &#224; leur &#233;gard ne d&#233;passent pas 200 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, en terme de dettes proprement dites, on peut consid&#233;rer que la n&#233;gociation entre les cr&#233;anciers et l'Irak a port&#233; sur une somme de d&#233;part tournant autour de 115 milliards de dollars : 38,9 (Club de Paris) + 55 (autres cr&#233;anciers bilat&#233;raux) + 18,4 (banques) + 0,2 (Bm et FMI). Cette somme ne comprend pas les demandes de r&#233;parations non satisfaites (environ 160 milliards de dollars qui se rapportent &#224; 1990-1991), les contrats en cours juste avant le d&#233;clenchement de la guerre (90 milliards de dollars) et surtout les nouvelles dettes contract&#233;es depuis mars-avril 2003.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, la n&#233;gociation principale a eu lieu entre cr&#233;anciers, mais pas entre ceux-ci et les autorit&#233;s Irakiennes mises en place ill&#233;galement par les Etats-Unis. Les cr&#233;anciers se battent autour de la question : qui fera un effort en renon&#231;ant &#224; une partie de ses pr&#233;tentions de mani&#232;re &#224; rendre soutenable le paiement de la dette par l'Irak ? &#171; Soutenable &#187; signifie, pour les cr&#233;anciers, que la dette pourra &#234;tre pay&#233;e aux &#233;ch&#233;ances pr&#233;vues. Pas question pour les cr&#233;anciers de d&#233;terminer la soutenabilit&#233; du paiement de la dette &#224; l'aune des besoins de la population d'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2004, les Etats-Unis ont obtenu apr&#232;s un an et demi de pression que leurs coll&#232;gues du Club de Paris renoncent en trois &#233;tapes &#224; 80% de leurs cr&#233;ances (capital et int&#233;r&#234;ts) [8]. Sur cette base les autorit&#233;s Irakiennes ont men&#233; des n&#233;gociations bilat&#233;rales avec les pays arabes, la Turquie, le Br&#233;sil, la Roumanie, la Pologne, la Bulgarie, la Hongrie, l'Indon&#233;sie et le Pakistan afin que ces pays appliquent la m&#234;me r&#233;duction que celle accord&#233;e par le Club de Paris. De m&#234;me, les autorit&#233;s Irakiennes ont men&#233; des n&#233;gociations avec les banques commerciales qui avaient octroy&#233; des pr&#234;ts au r&#233;gime de Saddam Hussein. Ces n&#233;gociations ont abouti en avril 2006 : les banques renoncent aussi &#224; 80% de leur cr&#233;ances [9]. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement Irakien leur garantit un remboursement &#233;chelonn&#233; sur 23 ans &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t fixe de 5,8%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu'au d&#233;but de la n&#233;gociation, les chiffres de la dette ont &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment gonfl&#233;s et fauss&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le Club de Paris revendiquait le double de la dette qui lui est due : il r&#233;clame 38.900 millions de dollars et non 21.000. Pourquoi ? Parce que le Club de Paris ajoute les int&#233;r&#234;ts de retard depuis 1991. C'est absurde car suite aux sanctions, l'Irak ne disposait pas de son p&#233;trole ; c'est l'ONU qui g&#233;rait les revenus du p&#233;trole. D'autre part les avoirs de l'Irak &#224; l'ext&#233;rieur &#233;taient bloqu&#233;s. Il &#233;tait donc impossible &#224; l'Irak de rembourser sa dette. Le Club de Paris a pourtant comptabilis&#233; les int&#233;r&#234;ts (ainsi que la plupart des autres cr&#233;anciers bilat&#233;raux) et la dette se retrouve doubl&#233;e. L'annulation de 80% dissimule donc une part de manipulation statistique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis embourb&#233;s dans la guerre en Irak&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s le d&#233;but de l'invasion de l'Irak, le 20 mars 2003, par les troupes des Etats-Unis, de Grande Bretagne et d'Australie, George W. Bush a estim&#233; devant le Congr&#232;s que le co&#251;t de la guerre pour le Tr&#233;sor US s'&#233;l&#232;verait &#224; 80 milliards de dollars. Le 7 septembre 2003, George W. Bush annon&#231;ait au Congr&#232;s qu'il demandait 87 milliards de dollars suppl&#233;mentaires. Selon le PNUD et Unicef, 80 milliards de dollars, c'est pr&#233;cis&#233;ment la somme suppl&#233;mentaire n&#233;cessaire chaque ann&#233;e pendant dix ans &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te pour garantir l'acc&#232;s universel &#224; l'eau potable, &#224; l'&#233;ducation de base, aux soins de sant&#233; primaire (y compris la nutrition) et aux soins gyn&#233;cologiques et d'obst&#233;trique (pour toutes les femmes). Cette somme qu'aucun sommet mondial des derni&#232;res ann&#233;es n'est parvenu &#224; r&#233;unir (&#224; G&#234;nes, le G7 en 2001 n'a permis de r&#233;unir qu'un peu moins d'un milliard de dollars pour le fonds de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose), le gouvernement des Etats-Unis r&#233;alisait la prouesse de la r&#233;unir et de la d&#233;penser en quelques mois. Les 80 milliards obtenus par G. W. Bush au Congr&#232;s (auxquels s'ajoutent dor&#233;navant 87 milliards suppl&#233;mentaires) constituaient les fonds n&#233;cessaires pour d&#233;truire un certain nombre d'infrastructures et de vies humaines en Irak et assurer l'occupation du territoire jusqu'au 31 d&#233;cembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontant une r&#233;sistance qu'ils n'avaient pas pr&#233;vue, ils &#233;prouvent les pires difficult&#233;s. Bien s&#251;r, ils dominent de tr&#232;s haut la sc&#232;ne internationale. Certes, ils occupent le pays. Mais ils sont d&#233;test&#233;s par une grande partie de la population. Leurs troupes font l'objet d'un harc&#232;lement permanent. Le co&#251;t de l'occupation militaire est beaucoup plus &#233;lev&#233; que pr&#233;vu : il s'&#233;l&#232;ve environ &#224; 4 milliards de dollars par mois (48 milliards par an) pour plus de 130.000 soldats pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas certaines firmes des Etats-Unis et d'ailleurs de faire du business.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le deuxi&#232;me trimestre 2003, la firme Halliburton (Texas) &#233;tait sur place pour les r&#233;parations d'urgence de l'appareil de production p&#233;troli&#232;re pour un contrat de 7 milliards de dollars. Richard Cheney, vice-pr&#233;sident des Etats-Unis, en &#233;tait PDG jusqu'en ao&#251;t 2000. La firme concurrente Bechtel (responsable des conflits concernant l'eau &#224; Cochabamba en Bolivie), qui a obtenu un contrat de 680 millions de dollars pour remettre en &#233;tat la distribution d'eau et d'&#233;lectricit&#233; ainsi que certaines voies de communication a convoqu&#233; une r&#233;union &#224; Washington en mai 2003 sur le th&#232;me &#171; Comment une entreprise US peut-elle participer &#224; la reconstruction &#187;. Les 1.800 PME pr&#233;sentes ont &#233;t&#233; refroidies quand on leur a pr&#233;cis&#233; qu'elles devraient elles-m&#234;mes assurer la s&#233;curit&#233; de leurs biens et de leurs hommes. Bechtel a fait le m&#234;me type de r&#233;union &#224; Londres et &#224; Kowe&#239;t City.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre 2004 et 2006, les firmes des Etats-Unis ont mis la main sur la plupart des contrats li&#233;s &#224; la reconstruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Irak dans le cercle vicieux de la dette et de l'ajustement n&#233;olib&#233;ral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle s'&#233;l&#232;ve &#224; 50 ou &#224; 100 milliards, la dette r&#233;clam&#233;e &#224; l'Irak va relancer le cercle vicieux de l'endettement et la relation de subordination par rapport aux cr&#233;anciers qui continueront de piller ses r&#233;serves p&#233;troli&#232;res, les Etats-Unis se servant les premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays du Sud savent bien que la dette ne va pas sans ajustement structurel et r&#233;formes &#233;conomiques favorables aux plus puissants. L'Irak n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Tr&#232;s vite, avant m&#234;me l'arriv&#233;e sur place du FMI et de la Banque mondiale, les Etats-Unis sont sur... le pied de guerre pour lib&#233;raliser l'&#233;conomie irakienne et rendre disponibles ses ressources p&#233;troli&#232;res. Les premi&#232;res mesures prises par Paul Bremer, d'ailleurs vivement contest&#233;es dans le pays, concernent le licenciement de 500 000 fonctionnaires (8% de la population active, dont 400 000 employ&#233;s des forces arm&#233;es irakiennes), une modification de la l&#233;gislation sur les investissements &#233;trangers qui fait de l'Irak l'une des &#233;conomies les plus lib&#233;rales et l'interdiction intol&#233;rable pour les paysans irakiens de r&#233;cup&#233;rer et planter des graines d'une ann&#233;e sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le FMI et la Banque mondiale sont arriv&#233;s et cette logique a atteint son paroxysme : leurs conditions ont &#233;t&#233; impos&#233;es avec fermet&#233;. En &#233;change, en septembre 2004, le FMI a accord&#233; un premier pr&#234;t &#224; l'Irak, et en juillet 2005, ce fut au tour de la Banque mondiale (pour la premi&#232;re fois depuis 1973). L'une des mesures symboliques fut l'incroyable augmentation des prix des carburants en d&#233;cembre 2005 (400% pour l'essence et le k&#233;ros&#232;ne, 800% pour le diesel), ayant d'ailleurs entra&#238;n&#233; des &#233;meutes violentes, notamment &#224; Bassora, et la d&#233;mission du ministre du P&#233;trole en janvier 2006... Cette d&#233;cision implique en cascade l'augmentation des prix de la plupart des denr&#233;es, puisqu'ils sont li&#233;s au co&#251;t de leur transport sur le march&#233; local. D'autres mesures tout aussi dramatiques ont suivi : privatisation de toutes les entreprises publiques &#224; l'exception des entreprises p&#233;troli&#232;res ; fin programm&#233;e des subventions aux produits alimentaires de base et des rations alimentaires subventionn&#233;es ; licenciements suppl&#233;mentaires et des gels de salaires dans le secteur public ; retrait de la loi sur les retraites qui pr&#233;voit que les pensions sont fix&#233;es &#224; 80% du dernier salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'annulation de la dette odieuse de l'Irak, pour le paiement de r&#233;parations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que les Etats-Unis ont utilis&#233; de mani&#232;re opportuniste la notion de &#171; dette odieuse &#187; qu'il nous faut refuser d'en exiger l'application pour garantir la justice et les droits fondamentaux du peuple irakien. Il faut en cons&#233;quence soutenir la perspective d'un pouvoir l&#233;gitime en Irak qui r&#233;pudierait la dette. Il faut &#233;galement ouvrir le droit &#224; r&#233;paration : on a avanc&#233; des chiffres pour le co&#251;t de l'agression mais pas pour celui des r&#233;parations. Ce co&#251;t devra tenir compte des dommages que les Etats-Unis et autres agresseurs ne prendront jamais en compte : les dommages individuels, les pillages culturels, etc. dont pourtant ils sont responsables puisqu'ils doivent assurer la s&#233;curit&#233; des biens et des personnes en tant que forces d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application &#224; l'Irak de la doctrine de la dette odieuse serait de toute premi&#232;re importance pour le futur de la population irakienne et au-del&#224;, pour la majeure partie des populations des pays endett&#233;s dits &#171; en d&#233;veloppement &#187;. Les citoyens de ces pays sont parfaitement en droit d'exiger qu'une partie importante de la dette de leur pays soit d&#233;clar&#233;e nulle en application de la doctrine de la dette odieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient au mouvement pour une autre mondialisation de mettre en avant la revendication de l'annulation de la dette ext&#233;rieure publique de l'Irak, combin&#233;e &#224; d'autres revendications telles que le retrait des troupes d'occupation, l'exercice plein et entier de la souverainet&#233; par les Irakiens eux-m&#234;mes (ce qui inclut la pleine jouissance de leurs ressources naturelles), le versement aux Irakiens de r&#233;parations pour les destructions et les pillages subis au cours de la guerre d&#233;clench&#233;e par la coalition dirig&#233;e par les Etats-Unis en violation de la charte de l'ONU,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement n&#233;cessaire de poursuivre en justice et de condamner G. W. Bush et tous les dirigeants des pays ayant particip&#233; &#224; l'invasion militaire de mars 2003, en tant que responsables directs de crime d'agression (selon la d&#233;finition donn&#233;e par la charte de l'ONU) et de crime de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les propositions pour la dette de l'Irak, il faudrait s'orienter vers les points suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la dette contract&#233;e sous le r&#233;gime de Saddam Hussein est une dette odieuse ; elle est donc nulle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un r&#233;gime d&#233;mocratique succ&#233;dant &#224; ce r&#233;gime devrait refuser de l'assumer, il serait en droit de r&#233;pudier ces dettes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les dettes nouvelles dues &#224; l'agression et aux co&#251;ts de la reconstruction sont &#233;galement odieuses donc nulles ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les victimes de Saddam Hussein, celles de l'agression US, celles des pillages et de l'occupation actuelle (individus, groupes...) ont droit &#224; des r&#233;parations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; au niveau de l'action citoyenne et de l'action des pouvoirs publics, il faut participer aux mobilisations d'ensemble, mais aussi, r&#233;clamer des audits de la part des pouvoirs publics (et sans les attendre, les citoyens devraient les organiser) sur les dettes que les cr&#233;anciers r&#233;clament de l'Irak. De quoi s'agit-il ? Tout cr&#233;ancier qui r&#233;clame de l'Irak le remboursement de dettes doit r&#233;pondre aux questions des citoyens sur la nature de ces dettes : Dans quel contrat sont-elles d&#233;finies ? Quelles &#233;taient les parties contractantes ? De quoi s'agissait-il (armement ? &#233;quipement civil ?) ? Quels &#233;taient les termes du contrat ? Quels montants ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rembours&#233;s ? Faire le travail de recherche peut contribuer &#224; faire la preuve du caract&#232;re odieux des dettes en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques points de rep&#232;re historiques de la guerre contre l'Irak&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1979, Saddam Hussein prend le pouvoir et renverse le r&#233;gime prosovi&#233;tique en place. La dette externe de l'Irak est faible. Dans les ann&#233;es 1980, Saddam Hussein est soutenu par les Etats-Unis et leurs alli&#233;s dans la guerre contre l'Iran qui a provoqu&#233; un million de morts. L'Irak s'endette &#233;norm&#233;ment. A la veille de l'invasion du Kowe&#239;t, l'Irak est surendett&#233; (40 milliards de dettes ext&#233;rieures). En 1990, l'Irak aux abois envahit le Kowe&#239;t. A la fin de la premi&#232;re guerre du Golfe, surnomm&#233;e &#171; Temp&#234;te du D&#233;sert &#187; par les vainqueurs, Saddam Hussein est maintenu au pouvoir car les Etats-Unis craignent de voir le pays (et ses r&#233;serves p&#233;troli&#232;res) aux mains d'une r&#233;bellion incontr&#244;lable dans le voisinage de l'Iran, lui-m&#234;me incontr&#244;lable. Les troupes alli&#233;es laissent Saddam Hussein r&#233;primer la ville de Bassora insurg&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre s'est r&#233;alis&#233;e avec un mandat de l'ONU qui d&#233;cr&#232;te le gel des avoirs Irakiens &#224; l'ext&#233;rieur et proclame l'embargo. Plus tard sera lanc&#233; le programme &#171; P&#233;trole contre nourriture &#187;. La moiti&#233; des revenus du p&#233;trole Irakien servent &#224; l'achat de nourriture et de m&#233;dicaments, ce qui &#233;tait totalement insuffisant par rapport aux besoins de la population irakienne puisqu'on estime que pas moins de 500.000 enfants sont morts des suites de l'embargo. L'existence de ce programme &#233;tait largement connue de l'opinion publique internationale, il a m&#234;me fait l'objet d'une propagande certaine. Par contre, le fait que 25 % des revenus p&#233;troliers allaient aux pays voisins en terme de r&#233;parations est peu connu. La Commission des Nations unies pour les Compensations (CNUC, site internet : &lt;a href=&#034;http://www.uncc.ch&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.uncc.ch&lt;/a&gt;) avait, apr&#232;s 1991, reconnu la validit&#233; de demandes de r&#233;parations pour un montant total de 44 milliards de dollars (ce qui ne couvrait qu'une partie des demandes - 160 milliards en tout). Ces demandes &#233;taient introduites par des individus, des entreprises et des gouvernements. Avec &#224; sa disposition le quart des revenus p&#233;troliers, la CNUC a vers&#233;, jusqu'&#224; la guerre de mars-avril 2003, 17,6 milliards de dollars aux plaignants - en donnant la priorit&#233; aux individus et aux familles - en terme de r&#233;paration. Il restait donc 26 milliards de dollars &#224; payer et &#224; statuer sur les demandes de r&#233;paration en attente (Financial Times, 24 juin 2003). Il n'en reste pas moins que l'utilisation des revenus du p&#233;trole ne donnait pas la priorit&#233; absolue &#224; la satisfaction des besoins de la population irakienne en nourriture et en m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, la guerre a &#233;t&#233; men&#233;e par une coalition dirig&#233;e par les Etats-Unis. En font partie la Grande-Bretagne, l'Australie, les Pays-Bas, le Danemark, l'Italie, l'Espagne (jusqu'au retrait de ses troupes en 2004), le Japon, la Cor&#233;e, la Pologne. Cette coalition a agit en violation de la Charte des Nations unies. Elle a commis un crime d'agression, selon la charte de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est la version actualis&#233;e du chapitre 16 du livre La finance contre les Peuples paru en 2004. Il est destin&#233; &#224; l'&#233;dition en arabe de ce livre (qui para&#238;t en 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'annulation des dettes odieuses de toute fa&#231;on ne provoquerait pas la faillite des grandes banques car les cr&#233;ances odieuses repr&#233;sentent, en moyenne, moins de 5 % de leurs actifs. Mais les banquiers et autres cr&#233;anciers consid&#232;rent en g&#233;n&#233;ral que leur droit de pr&#234;ter &#224; qui ils veulent est sacr&#233;, tout comme le droit de se faire rembourser quelles que soient les circonstances dans lesquelles se trouvent les d&#233;biteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir Damien Millet, Eric Toussaint, &#171; 50 questions /50 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale &#187;, co&#233;d. CADTM / Syllepse, Bruxelles / Paris, 2002, p. 163 &#224; 179 et 184 &#224; 187.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Alexandre Sack &#233;tait convaincu que les dettes devaient en g&#233;n&#233;ral pouvoir &#234;tre transmises d'un r&#233;gime &#224; l'autre sauf en cas de dette odieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Entre 1991 et le 22 mai 2003, la gestion du p&#233;trole avait &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] U.S. Department of Energy, Energy Information Administration, Irak Country Analysis Brief, Oct. 2002, &lt;a href=&#034;http://www.eia.doe.gov/emeu/cabs/Irak.html..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.eia.doe.gov/emeu/cabs/Irak.html..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Cit&#233; par David Chance, Regime Change Could Benefit Iraki Creditors,&#8221; REUTERS NEWS WIRE, Sept. 13, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Aux r&#233;unions financi&#232;res des grandes puissances, la Russie n'est pas invit&#233;e jusqu'ici. Il s'agit donc du G7 et pas du G8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] L'accord a &#233;t&#233; confirm&#233; et sign&#233; une ann&#233;e plus tard le 27 octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &lt;a href=&#034;http://www.portalIrak.com/news/Irak..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.portalIrak.com/news/Irak..&lt;/a&gt;. et &lt;a href=&#034;http://www.jubileeIrak.org/blog/200..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jubileeIrak.org/blog/200..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de reproduction de cet article, mentionnez s'il-vous-pla&#238;t la source.&lt;br class='autobr' /&gt;
URL : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour le retrait imm&#233;diat des troupes canadiennes d'Afghanistan</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Pour-le-retrait-immediat-des-troupes-canadiennes-d-Afghanistan</link>
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		<dc:date>2006-04-19T01:01:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du d&#233;bat &#224; la Chambre des Communes sur la pr&#233;sence et le r&#244;le des troupes canadiennes en Afghanistan, le Collectif &#201;chec &#224; la guerre r&#233;it&#232;re son appel au retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous rappelons aux &#233;luEs qu'au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la population qu&#233;b&#233;coise et canadienne s'est clairement exprim&#233;e &#224; deux reprises &#224; l'encontre des orientations militaristes &#233;tasuniennes,en rejetant d'abord toute participation &#224; l'invasion de l'Irak, puis au bouclier (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-NON-a-la-guerre-de-l-empire-" rel="directory"&gt;NON &#224; la guerre de l'empire !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion du d&#233;bat &#224; la Chambre des Communes sur la pr&#233;sence et le r&#244;le des troupes canadiennes en Afghanistan, le Collectif &#201;chec &#224; la guerre r&#233;it&#232;re son appel au retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous rappelons aux &#233;luEs qu'au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la population qu&#233;b&#233;coise et canadienne s'est clairement exprim&#233;e &#224; deux reprises &#224; l'encontre des orientations militaristes &#233;tasuniennes,en rejetant d'abord toute participation &#224; l'invasion de l'Irak, puis au bouclier antimissile. Alors qu'une majorit&#233; de citoyens et de citoyennes du Qu&#233;bec sont oppos&#233;s au nouveau r&#244;le des troupes canadiennes en Afghanistan, nous demandons aux politicienNEs, en particulier &#224; ceux des partis d'opposition, d'exprimer ces sentiments et ces convictions avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada a particip&#233; au renversement du r&#233;gime r&#233;pressif des Talibans, initialement entra&#238;n&#233; et arm&#233; par les &#201;tats-Unis eux-m&#234;mes, pour le remplacer par un autre r&#233;gime r&#233;pressif, davantage favorable aux int&#233;r&#234;ts occidentaux. Le nouveau pouvoir qu'on tente de consolider est un amalgame d'Afghans &#233;tasuniens proches du D&#233;partement d'&#201;tat et de l'industrie p&#233;troli&#232;re et de seigneurs de guerre r&#233;gionaux, du m&#234;me acabit que les Talibans quant au respect des droits et libert&#233;s, des droits des femmes, etc. Les beaux discours portant, d'une part, sur l'aide &#224; la reconstruction de la soci&#233;t&#233; afghane ou le soutien &#224; sa marche difficile vers la d&#233;mocratie et, d'autre part, sur la guerre &#171; contre le terrorisme &#187; et l'assurance de notre s&#233;curit&#233; ne sont que des leurres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est le cas pour toutes les occupations &#233;trang&#232;res, il se trouve des secteurs de la population locale pour se ranger du c&#244;t&#233; du plus fort, y recherchant leur int&#233;r&#234;t, voire leurs profits, ou simplement une protection temporaire. Mais cela ne change en rien le caract&#232;re n&#233;o-colonial des vis&#233;es occidentales en Afghanistan. Et c'est pour cela que le Collectif &#201;chec &#224; la guerre s'oppose &#224; toute intervention canadienne li&#233;e &#224; ces vis&#233;es, qu'il s'agisse d'un r&#244;le militaire offensif de premi&#232;re ligne, comme &#224; Kandahar en ce moment, ou d'un r&#244;le policier &#171; de stabilisation &#187; comme c'&#233;tait le cas &#224; Kaboul auparavant. Et m&#234;me le r&#244;le humanitaire, qu'usurpe une petite partie des troupes canadiennes, ne sert-il pas surtout &#224; cacher la nature v&#233;ritable de toute l'intervention ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrimage de plus en plus marqu&#233; entre la politique internationale et militaire du Canada et celle des &#201;tats-Unis n'est pas dans l'int&#233;r&#234;t de la population qu&#233;b&#233;coise et canadienne en g&#233;n&#233;ral. Les &#233;lus politiques doivent servir cet int&#233;r&#234;t plut&#244;t que d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute du Conseil canadien des chefs d'entreprise (CCCE), qui se r&#233;unit annuellement &#224; huis-clos &#224; Washington avec le gratin politico-militaire &#233;tasunien -celui-l&#224; m&#234;me que le gouvernement Harper essaie de courtiser avec ses publicit&#233;s militaristes dans les m&#233;tros de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retirons les troupes canadiennes d'Afghanistan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porte-parole du Collectif &#201;chec &#224; la guerre :&lt;br class='autobr' /&gt;
Raymond Legault 514-858-7584&lt;br class='autobr' /&gt;
Suzanne Loiselle 514-270-6089&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Irak, vers la partition ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-Irak-vers-la-partition</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/L-Irak-vers-la-partition</guid>
		<dc:date>2006-03-05T17:51:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Irak, vers la partition ? Dans quelques jours, l'occupation de l'Irak entrera dans sa quatri&#232;me ann&#233;e. George W. Bush et ses alli&#233;s avaient, en d&#233;clenchant l'invasion de ce pays, annonc&#233; l'instauration d'une d&#233;mocratie mod&#232;le pour toute la r&#233;gion. Trois ans plus tard, la r&#233;alit&#233; se r&#233;sume &#224; un surcro&#238;t de violence qui fait quotidiennement des victimes parmi les populations civiles, &#224; la d&#233;sint&#233;gration des infrastructures du pays, &#224; une pauvret&#233; de masse. Si les puissances tut&#233;laires du &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Irak, vers la partition ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quelques jours, l'occupation de l'Irak entrera dans sa quatri&#232;me ann&#233;e. George W. Bush et ses alli&#233;s avaient, en d&#233;clenchant l'invasion de ce pays, annonc&#233; l'instauration d'une d&#233;mocratie mod&#232;le pour toute la r&#233;gion. Trois ans plus tard, la r&#233;alit&#233; se r&#233;sume &#224; un surcro&#238;t de violence qui fait quotidiennement des victimes parmi les populations civiles, &#224; la d&#233;sint&#233;gration des infrastructures du pays, &#224; une pauvret&#233; de masse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les puissances tut&#233;laires du &#171; nouvel &#187; Irak sont parvenues &#224; capturer l'ancien dictateur, Saddam Hussein, et &#224; le d&#233;f&#233;rer devant un tribunal &#224; leur botte, si elles se sont r&#233;v&#233;l&#233;es en mesure de faire &#233;lire un Parlement et de d&#233;signer un gouvernement, le spectre de la guerre civile n'en para&#238;t pas moins se rapprocher. Les violences qui ont suivi l'attentat commis contre la Mosqu&#233;e d'or de Samarra, l'un des principaux sanctuaires chiites du pays, ont initi&#233; un processus sanglant. En quelques jours, affrontements entre chiites et sunnites et repr&#233;sailles contre des lieux de culte ont fait des centaines de morts. Contraignant les autorit&#233;s irakiennes &#224; d&#233;cr&#233;ter un couvre-feu &#224; Bagdad...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sunnites s'&#233;taient tenus &#224; l'&#233;cart du processus &#233;lectoral, la nouvelle Constitution consacrant une alliance - elle-m&#234;me des plus pr&#233;caires - entre chiites et Kurdes. On peut aujourd'hui se demander si l'un des sc&#233;narios &#233;voqu&#233;s au d&#233;but de l'occupation n'est pas en train de voir le jour : l'&#233;clatement de cette ancienne puissance du Proche-Orient arabe... pour le plus grand profit de ceux qui lorgnent sur ses immenses richesses &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rouge&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration commune faite par les syndicats irakiens &#224; propos des programmes de la Banque mondiale et du Fonds mon&#233;taire en Irak</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Declaration-commune-faite-par-les-syndicats-irakiens-a-propos-des-programmes-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Declaration-commune-faite-par-les-syndicats-irakiens-a-propos-des-programmes-de</guid>
		<dc:date>2006-01-29T21:51:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la d&#233;claration commune, adopt&#233;e &#224; Amman, Jordanie, le 16 janvier 2006, par les organisations syndicales qui repr&#233;sentent pratiquement l'ensemble du mouvement syndical en Irak. Ce texte a &#233;t&#233; traduit de l'arabe en anglais. La r&#233;daction de &#171; &#224; l'encontre &#187; en a assur&#233; la traduction en fran&#231;ais. - R&#233;d. &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;conomie irakienne a &#233;t&#233; gravement affaiblie par des d&#233;cennies de sanctions, de guerres et d'occupation. Les syndicats irakiens et leurs f&#233;d&#233;rations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la d&#233;claration commune, adopt&#233;e &#224; Amman, Jordanie, le 16 janvier 2006, par les organisations syndicales qui repr&#233;sentent pratiquement l'ensemble du mouvement syndical en Irak. Ce texte a &#233;t&#233; traduit de l'arabe en anglais. La r&#233;daction de &#171; &#224; l'encontre &#187; en a assur&#233; la traduction en fran&#231;ais. - R&#233;d. &#192; l'encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie irakienne a &#233;t&#233; gravement affaiblie par des d&#233;cennies de sanctions, de guerres et d'occupation. Les syndicats irakiens et leurs f&#233;d&#233;rations croient en la capacit&#233; du pays, avec ses ressources min&#233;rales et p&#233;troli&#232;res, &#224; assurer un niveau de vie convenable aux Irakiens. Les f&#233;d&#233;rations syndicales et les syndicats consid&#232;rent que les guerres et l'occupation ont provoqu&#233; une chute terrible des standards sociaux du niveau de vie des Irakiens et particuli&#232;rement des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;rations et les syndicats insistent sur l'importance d'une souverainet&#233; compl&#232;te de l'Irak sur son p&#233;trole et ses ressources naturelles afin de les d&#233;velopper de mani&#232;re telle &#224; assurer une reconstruction compl&#232;te du pays. Nous voulons souligner les points [revendications] suivants pour ce qui a trait aux politiques du Fonds mon&#233;taire international et de la Banque mondiale en Irak :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; l'instauration d'une transparence accrue et d'une repr&#233;sentation plus forte dans les structures de d&#233;cision de ces institutions financi&#232;res internationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; arr&#234;ter d'imposer des conditonnalit&#233;s propres aux ajustements structurels pour toute avance de pr&#234;ts ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; donner leur accord &#224; un financement en faveur des services publics et des entreprises appartenant &#224; l'Etat sans que soit exig&#233;e leur privatisation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; annuler les dettes dues par l'Irak qui sont le r&#233;sultat des politiques men&#233;es par l'ancien r&#233;gime ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; le refus de la r&#233;duction des d&#233;penses dans le domaine des infrastructures et services sociaux, particuli&#232;rement la suppression du programme gouvernemental de distribution de la nourriture ou encore la restriction du nombre de produits qui y sont int&#233;gr&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176; le rejet affirm&#233; de la privatisation des secteurs relevant de la propri&#233;t&#233; publique et sp&#233;cialement du secteur p&#233;trolier, de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, de l'&#233;lectricit&#233;, des transports et de la construction ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176; le refus de toute augmentation du prix des produits p&#233;troliers, en tenant compte de l'effet n&#233;gatif de cette hausse sur le niveau de vie des Irakiens ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176; l'adoption d'une nouvelle loi du travail [code du travail] et d'une nouvelle loi sur le syst&#232;me de retraite et de s&#233;curit&#233; sociale, afin d'assurer les droits des travailleurs, loi qui soit conforme aux normes internationales ayant trait au travail et aux conventions sur les droits humains fondamentaux. La Banque mondiale et le FMI doivent aussi respecter ces normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats et les f&#233;d&#233;rations qui ont sign&#233; cette d&#233;claration annoncent la formation d'un comit&#233; de coordination permanent qui fera conna&#238;tre ses prises de position au gouvernement de l'Irak et aux institutions financi&#232;res internationales (BM et FMI). Ils exigent aussi que les institutions financi&#232;res internationales engagent un dialogue, une discussion et des n&#233;gociations avec les f&#233;d&#233;rations syndicales pour tout ce qui concerne leurs politiques en Irak. Finalement, ils demandent l'aide des organisations syndicales internationales afin d'assurer tout le soutien possible aux revendications susmentionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[sign&#233;e par]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs irakiens [ex-IFTU]&lt;br class='autobr' /&gt;
Syndicat g&#233;n&#233;ral des travailleurs du p&#233;trole de Bassorah [qui est en train de cr&#233;er la F&#233;d&#233;ration irakienne des syndicats du p&#233;trole - IFOU]&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration des conseils de travailleurs et des syndicats en Irak&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des syndicats ouvriers au Kurdistan&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration des syndicats de travailleurs et d'artisans au Kurdistan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amman, 16 janvier 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Etats-Unis ont utilis&#233; des armes chimiques en Irak et ont ensuite menti</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-Etats-Unis-ont-utilise-des-armes-chimiques-en-Irak-et-ont-ensuite-menti</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Les-Etats-Unis-ont-utilise-des-armes-chimiques-en-Irak-et-ont-ensuite-menti</guid>
		<dc:date>2005-11-21T02:14:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Est-ce que les troupes &#233;tatsuniennes ont utilis&#233; des armes chimiques &#224; Falloujah ? La r&#233;ponse est oui. On ne trouvera pas des preuves dans l'&#233;mission documentaire qui a pass&#233; sur la TV italienne la semaine pass&#233;e, qui a suscit&#233; des gigabytes de r&#233;actions sur l'Internet. En effet, les preuves avanc&#233;es dans cette &#233;mission accrocheuse que du phosphore blanc qui a &#233;t&#233; tir&#233; sur les troupes Irakiennes, &#233;taient peu concluantes et indirectes. Mais les bloggueurs qui en d&#233;battaient ont trouv&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-ce que les troupes &#233;tatsuniennes ont utilis&#233; des armes chimiques &#224; Falloujah ? La r&#233;ponse est oui. On ne trouvera pas des preuves dans l'&#233;mission documentaire qui a pass&#233; sur la TV italienne la semaine pass&#233;e, qui a suscit&#233; des gigabytes de r&#233;actions sur l'Internet. En effet, les preuves avanc&#233;es dans cette &#233;mission accrocheuse que du phosphore blanc qui a &#233;t&#233; tir&#233; sur les troupes Irakiennes, &#233;taient peu concluantes et indirectes. Mais les bloggueurs qui en d&#233;battaient ont trouv&#233; des preuves irr&#233;futables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont d&#233;busqu&#233; un premier r&#233;cit dans une revue publi&#233;e par l'arm&#233;e des Etats-Unis. Dans son &#233;dition de mars 2005, la revue Field Artillery, des officiers du 2&#232;me r&#233;giment d'infanterie se vantent de leur r&#244;le dans l'attaque de Falloujah, en novembre de l'ann&#233;e derni&#232;re : &#034;Le Phosphore Blanc. Le phosphore blanc s'est av&#233;r&#233; &#234;tre une munition efficace et d'usage multiple. Nous l'avons utilis&#233; pour ses effets d'&#233;clairage [le phosphore produit une flamme &#233;clairante] lors deux op&#233;rations de reconnaissance, et plus tard dans le combat, en tant que puissante arme psychologique contre les insurg&#233;s repli&#233;s dans des tranch&#233;es et dans des trous personnels lorsque nous ne pouvions pas obtenir des r&#233;sultats avec les explosifs hautement brisants. Nous avons tir&#233; des missiles &#034;shake and bake&#034; (litt&#233;ralement secouer et griller) sur les insurg&#233;s avec du Phosphore Blanc pour les d&#233;busquer et des explosifs tr&#232;s puissants pour les &#233;liminer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me r&#233;cit se trouve dans le North County Times de Californie. C'est un reporter &#034;embarqu&#233;&#034; avec les marines pendant le si&#232;ge de Falloujah en avril 2004. &#034;Haut le fusil ! hurla Millikin... attrapant un obus de phosphore blanc dans une bo&#238;te &#224; munitions &#224; c&#244;t&#233; de lui, et en le tenant au-dessus du tube du mortier. &#034;Feu !&#034; hurla Bogert, et Millikin laissa tomber l'obus (la fus&#233;e) dans le mortier. L'explosion faisait tourbillonner de la poussi&#232;re alors qu'ils r&#233;p&#233;taient encore et encore la man&#339;uvre, en tirant un m&#233;lange de phosphore blanc br&#251;lant et des explosifs puissants qu'ils appellent &#034;shake and bake&#034; sur ... les b&#226;timents o&#249; des insurg&#233;s ont &#233;t&#233; d&#233;tect&#233;s durant la semaine.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le phosphore blanc n'est pas mentionn&#233; dans les protocoles de la Convention sur les Armes Chimiques. Il peut l&#233;galement &#234;tre utilis&#233; comme fus&#233;e pour &#233;clairer le champ de bataille ou pour produire de la fum&#233;e pour cacher les mouvements des troupes de l'ennemi. Comme d'autres substances qui ne sont pas mentionn&#233;es, il peut &#234;tre d&#233;ploy&#233; pour &#034;des raisons militaires... non d&#233;pendantes de l'utilisation des propri&#233;t&#233;s toxiques des substances chimiques en tant que moyen de guerre &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il devient une arme chimique &#224; partir du moment o&#249; il est utilis&#233; directement contre des personnes. Est consid&#233;r&#233;e comme arme chimique &#034;toute substance chimique qui, par son action chimique sur les processus de vie, peut causer la mort, la paralysie temporaire ou un dommage permanent.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le phosphore blanc est soluble &#224; la graisse et s'enflamme spontan&#233;ment au contact de l'air. D'apr&#232;s le site globalsecurity.org : &#034;Les br&#251;lures sont en g&#233;n&#233;ral multiples, profondes, et de taille tr&#232;s variable. Si la mati&#232;re solide atteint l'&#339;il, elle provoque de graves blessures. Les particules continuent &#224; br&#251;ler &#224; moins qu'elles ne se trouvent priv&#233;es d'oxyg&#232;ne atmosph&#233;rique... Si des membres du service sont frapp&#233;s par des morceaux de phosphore blanc, celui-ci pourrait br&#251;ler jusqu'&#224; l'os&#034;. A mesure qu'il s'oxyde, il produit de la fum&#233;e compos&#233;e de pentoxide de phosphore. D'apr&#232;s les manuels de s&#233;curit&#233; industrielle am&#233;ricains, la fum&#233;e &#034;d&#233;gage de la chaleur au contact avec l'humidit&#233; et br&#251;lera les surfaces muqueuses... le contact ... peut provoquer de graves br&#251;lures aux yeux et des dommages permanents&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la semaine pass&#233;e, le d&#233;partement d'Etat am&#233;ricain maintenait que les forces &#233;tatsuniennes n'utilisaient des obus de phosphore blanc &#034;que tr&#232;s rarement &#224; Falloujah, pour des buts d'&#233;clairage&#034;. Ils &#233;taient tir&#233;s &#034;pour &#233;clairer les positions ennemies la nuit, et non pas contre des combattants ennemis&#034;. Confront&#233; avec les nouvelles preuves, le d&#233;partement d'Etat des Etats-Unis a modifi&#233; sa position jeudi. &#034;Nous avons appris que certaines des informations qu'on nous a fournies... &#233;taient incorrectes. Des obus de phosphore blanc, qui produisent de la fum&#233;e, ont &#233;t&#233; utilis&#233;s &#224; Falloujah, non pas pour &#233;clairer mais pour faire &#233;cran, par exemple, pour cacher des mouvements de troupes. Et, selon... la revue Field Artillery, &#034;comme une arme psychologique puissante contre les insurg&#233;s dans des tranch&#233;es et des trous...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article affirme que les forces am&#233;ricaines ont utilis&#233; des projectiles au phosphore blanc pour d&#233;busquer des combattants ennemis pour qu'ils puissent ensuite &#234;tre tu&#233;s avec des salves d'explosifs tr&#232;s puissants&#034;. En d'autres mots, le gouvernement semble admettre que le phosphore blanc a &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; Falloujah en tant qu'arme chimique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les envahisseurs ont &#233;galement &#233;t&#233; oblig&#233;s revoir leur version en ce qui concerne l'utilisation du napalm en Irak. En d&#233;cembre 2004, d&#233;put&#233; travailliste Alice Mahon a demand&#233; au ministre des forces arm&#233;es Britanniques, Adam Ingram &#034;si le napalm ou une substance similaire a &#233;t&#233; utilis&#233;e par les forces de la coalition en Irak, a) pendant et b) depuis la guerre&#034;. Le ministre avait r&#233;pondu : &#034;Aucun napalm n'a &#233;t&#233; utilis&#233; par les forces de la coalition ni durant la phase de combats de la guerre ni depuis lors&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela paraissait bizarre &#224; ceux qui suivaient les &#233;v&#233;nements avec quelque attention. En effet, plusieurs rapports avaient mentionn&#233; qu'en mars 2003 des Marines US avaient l&#226;ch&#233; des bombes incendiaires autour des ponts qui enjambent le Tigre et sur le canal Saddam sur la route de Bagdad. Le commandant du Marine Air Group 11 a admis : &#034;Nous avons bombard&#233; au napalm ces deux voies d'acc&#232;s&#034;. Des journalistes &#034;embarqu&#233;s&#034; ont rapport&#233; que du napalm avait &#233;t&#233; l&#226;ch&#233; au Mont Safwan, sur la fronti&#232;re avec le Kowe&#239;t. En ao&#251;t 2003, le Pentagon a confirm&#233; que les marines (fusiliers marins) avaient l&#226;ch&#233; du &#034;bombes incendiaires mark 77&#034;. M&#234;me si la substance contenue dans ces projectiles n'&#233;tait pas du napalm, sa fonction, d'apr&#232;s la feuille d'information du Pentagone &#034;&#233;tait remarquablement similaire&#034;. Alors que le napalm est compos&#233; de p&#233;trole et de polystyr&#232;ne, le gel du mark 77 est compos&#233; de k&#233;ros&#232;ne et de polystyr&#232;ne. Je doute que la diff&#233;rence ne soit tr&#232;s sensible pour les gens qui en sont atteints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en janvier de cette ann&#233;e 2005, le d&#233;put&#233; Harry Cohen a encore pr&#233;cis&#233; la question qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pos&#233;e par Mahon. Il a demand&#233; &#034;si des bombes incendiaires mark 77 ont &#233;t&#233; utilis&#233;es par les forces de la coalition&#034;. Le ministre a r&#233;pondu que les Etats-Unis leur avaient &#034;confirm&#233; qu'ils n'avaient pas utilis&#233; des bombes incendiaires mark 77- qui sont pour l'essentiel des bo&#238;tes de napalm - en Irak, &#224; quelque p&#233;riode que ce soit&#034;. Le gouvernement am&#233;ricain lui avait menti. Monsieur Ingram a d&#251; retirer ses d&#233;clarations dans une lettre priv&#233;e adress&#233;e au d&#233;put&#233; en juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a r&#233;p&#233;t&#233; que la guerre en Irak &#233;tait n&#233;cessaire pour deux raisons. D'une part parce que Saddam Hussein poss&#233;dait des armes biologiques et chimiques et pourrait un jour les utiliser contre une autre nation. Et d'autre part parce que le peuple Irakien devait &#234;tre lib&#233;r&#233; de son r&#233;gime oppresseur qui avait, entre autres crimes, utilis&#233; des armes chimiques pour les tuer. Tony Blair, Collin Powell, William Shawcross, David Aaronovitch, Nick Cohen, Ann Clwyd et beaucoup d'autres se sont r&#233;f&#233;r&#233;, dans leurs arguments en faveur de la guerre au gazage des Kurdes &#224; Halabja en 1988. Ils accusaient ceux qui s'opposaient &#224; la guerre de faire fi du bien-&#234;tre des Irakiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'ils sont si soucieux de leur bien-&#234;tre, pourquoi les faucons ne se sont-ils pas prononc&#233;s contre l'utilisation d'armes non-conventionnelles par les forces de la coalition ? Ann Clwyd, la d&#233;put&#233;e travailliste qui, apr&#232;s avoir men&#233; campagne pour la paix est devenue apologiste en chef pour une guerre ill&#233;gale, est, &#224; ma connaissance, la seule parmi ces guerriers de salon &#224; aborder cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai de cette ann&#233;e, elle a &#233;crit au Guardian pour nous assurer que les rapports faisant &#233;tat d'une &#034;version moderne du napalm&#034; qui aurait &#233;t&#233; utilis&#233;e par les forces &#233;tatsuniennes &#034;&#233;taient tout &#224; fait d&#233;nu&#233;s de fondement. Les forces de la coalition n'ont pas utilis&#233; du napalm, ni durant les op&#233;rations &#224; Falloudjah ni &#224; aucun autre moment&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le savait-elle ? Parce que le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res le lui a dit. Avant l'invasion, Clwyd a voyag&#233; &#224; travers l'Irak pour enqu&#234;ter sur les crimes de Saddam contre son peuple. Elle a dit au Parlement anglais que ce qu'elle avait trouv&#233; l'avait &#233;mue aux larmes. Apr&#232;s l'invasion, elle a accept&#233; la d&#233;claration du ministre sans chercher plus loin, alors qu'une recherche de 30 secondes sur Internet aurait pu lui apprendre que c'&#233;tait de la frime. Cela laisse songeur quant &#224; l'authenticit&#233; de sa pr&#233;occupation pour les gens pour lesquelles elle disait mener campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saddam, qui sera peut-&#234;tre condamn&#233; &#224; mort, est accus&#233; de meurtre de masse, de torture, d'emprisonnement abusif et pour l'utilisation d'armes chimiques. Il est certainement coupable de tous ces m&#233;faits. Maintenant il semble que ceux qui l'ont renvers&#233; le sont aussi.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* George Monbiot est un journaliste de renom et auteur, entre autres, de Captive State. The Coporate takeover of Britain. Cet article est paru le 15 novembre 2005 dans le quotidien The Guardian.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Conf&#233;rence anti-privatisation historique &#224; Bassorah</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Conference-anti-privatisation-historique-a-Bassorah</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Conference-anti-privatisation-historique-a-Bassorah</guid>
		<dc:date>2005-05-26T13:23:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Syndicat des employ&#233;Es du p&#233;trole en Irak (General Union of Oil Employees) organise, demain et apr&#232;s-demain, une conf&#233;rence &#224; Bassorah pour d&#233;noncer les projets de privatisation de l'industrie p&#233;troli&#232;re en Irak. Ci-dessous, la traduction en fran&#231;ais de leur communiqu&#233; de presse et d'un tr&#232;s beau message de solidarit&#233; de travailleurs et de travailleuses de Patagonie en lutte contre les effets de la privatisation du p&#233;trole en Argentine. La lutte de ce syndicat est capitale pour contrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-NON-a-la-guerre-de-l-empire-" rel="directory"&gt;NON &#224; la guerre de l'empire !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Syndicat des employ&#233;Es du p&#233;trole en Irak (General Union of Oil Employees) organise, demain et apr&#232;s-demain, une conf&#233;rence &#224; Bassorah pour d&#233;noncer les projets de privatisation de l'industrie p&#233;troli&#232;re en Irak. Ci-dessous, la traduction en fran&#231;ais de leur communiqu&#233; de presse et d'un tr&#232;s beau message de solidarit&#233; de travailleurs et de travailleuses de Patagonie en lutte contre les effets de la privatisation du p&#233;trole en Argentine. La lutte de ce syndicat est capitale pour contrer les projets de privatisation des occupants et de leurs collaborateurs en Irak et pour pr&#233;server le contr&#244;le souverain des ressources p&#233;troli&#232;res de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SVP envoyez des messages d'appui &#224; la conf&#233;rence et &#224; cette lutte aux adresses suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Farouk Isma'al : farouk101small@yahoo.com &lt;br class='autobr' /&gt;
Ewa Jasiewicz : freelance@mailworks.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Munir Chalabi : munir@chalabi.screaming.net&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidairement,&lt;br class='autobr' /&gt;
Raymond Legault&lt;br class='autobr' /&gt;
au nom du Collectif &#201;chec &#224; la guerre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20 mai 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence anti-privatisation historique &#224; Bassorah&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ? Mercredi le 25 mai et jeudi le 26 mai&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; ? Salle de r&#233;union, Institut du p&#233;trole de Bassorah&lt;br class='autobr' /&gt;
Heure ? 10h30 - 17h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Conf&#233;rence de presse, entrevues et appels photo-t&#233;l&#233;phoniques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, 26 mai, &#224; 17h, Salle de r&#233;union, Institut du p&#233;trole de Bassorah*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 25 et 26 mai, des syndicalistes irakiens et des militantEs de la soci&#233;t&#233; civile se rencontreront &#224; l'Institut du p&#233;trole de Bassorah lors d'une conf&#233;rence de deux jours dont l'objectif est de combattre la privatisation du p&#233;trole irakien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisateurs de la conf&#233;rence, le Syndicat g&#233;n&#233;ral des travailleurs du p&#233;trole (General Union of Oil Employees) sont r&#233;solument oppos&#233;s &#224; l'occupation, &#224; l'ancien r&#233;gime et aux plans actuels de privatisation de l'industrie p&#233;troli&#232;re irakienne. C'est l'organisme Iraq Occupation Focus, bas&#233; au Royaume-Uni, qui coordonne l'aspect de la solidarit&#233; internationale envers notre conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six articles, &#233;crits par six professeurs de l'Universit&#233; de Bassorah, sur le suject de la privatisation seront pr&#233;sent&#233;s et discut&#233;s. Il y aura &#233;galement des contributions internationales et une visite guid&#233;e de nos lieux de travail dans le secteur p&#233;trolier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naomi Klein et Avi Lewis ont d&#233;di&#233; leur film &#034;The Take&#034; &#224; notre conf&#233;rence. Ce sera la premi&#232;re, en langue arabe et en Irak, de ce film qui vise &#224; faire conna&#238;tre le courage, le militantisme, la coop&#233;ration et l'autonomie de groupes de travailleurs et de travailleuses, semblables &#224; ceux et celles qui ressentent actuellement le puissant diktat du libre march&#233; n&#233;o-conservateur en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film &#8212; qui est pr&#233;sentement traduit par Indymedia Beyrouth &#8212; documente la prise de contr&#244;le d'une usine de pi&#232;ces d'auto &#224; Buenos Aires par des ouvriers en ch&#244;mage. Naomi et Avi, de m&#234;me que les travailleurs et travailleuses pr&#233;sent&#233;s dans le film, enverront aussi un message de solidarit&#233; &#224; la conf&#233;rence pour t&#233;moigner et pour nous inspirer quant &#224; la possibilit&#233; de r&#233;sister &#224; la privatisation et au programme n&#233;o-conservateur, n&#233;o-lib&#233;ral, par l'organisation autonome des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Linda McQuaig, &#233;crivaine r&#233;put&#233;e et journaliste d'enqu&#234;te, auteure du livre exceptionnel &#034;It's the Crude Dude : War, Big Oil and the Fight for the Planet&#034; a envoy&#233; un extrait adapt&#233; de son livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Focus on the Global South (des Philippines, NDLT) a d&#233;di&#233; 20 copies de son dossier de recherche &#034;Silent War : The Economic and Ideological Occupation of Iraq&#034;. &lt;a href=&#034;http://www.focusweb.org/pdf/Iraq_Dossier.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.focusweb.org/pdf/Iraq_Dossier.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations US Labour Against the War (&#201;.-U.), Platform (un groupe de chercheurs en justice sociale et environnementale et d'experts p&#233;troliers bas&#233; au Royaume-Uni), Jubilee Iraq (Irak et Royaume-Uni) et War on Want (Royaume-Uni) ont toutes produit des rapports de recherches et des messages de solidarit&#233; sur la nature et l'histoire des privatisations, sur les accords de production partag&#233;e, sur le fonctionnement et l'id&#233;ologie d'institutions comme le FMI, l'OMC et la Banque mondiale et sur la dynamique de l'escroquerie de la dette internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici des messages de solidarit&#233; nous sont parvenus du Forum anti-privatisation d'Afrique du Sud, de Liga Manggawaga (Philippines), des Travailleurs canadiens de l'automobile, de Fiom-Cgil (Italie), du Syndicat national des journalistes, du Comit&#233; de liaison internationale outremer et de la Coalition Stop the War du Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six travailleurs et travailleuses du secteur p&#233;trolier en Patagonie (Argentine), &#224; peine sortis d'une peine de prison de huit mois pour avoir occup&#233; une usine de British Petroleum l'an dernier ont aussi envoy&#233; un message de solidarit&#233;, que nous avons inclus &#224; la fin de ce communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres informations concernant les participants et les communications seront annonc&#233;es prochainement. Des contributions du Venezuela, de la Colombie, de la Pologne, de la Su&#232;de, de la France et du Liban sont attendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus d'information, veuillez communiquer avec :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Irak, Farouk Isma'al, secr&#233;taire international en exercice, GUOE &lt;br class='autobr' /&gt;
0096440 319 310 ex 45 farouk101small@yahoo.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hassan Jumaa Awad Al Assadi, pr&#233;sident GUOE (en Arabe seulement)00964 7801 001 196 hssnawad@yahoo.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ewa Jasiewicz, contact au Royaume-Uni pour le Syndicat des employ&#233;Es du p&#233;trole, Iraq Occupation Focus freelance@mailworks.org 0044 7749 421 576&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou Munir Chalabi, contact au Royaume-Uni pour le Syndicat des employ&#233;Es du p&#233;trole, Iraq Occupation Focus 0044 7952 683 415 munir@chalabi.screaming.net&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des employ&#233;Es du p&#233;trole a &#233;t&#233; fond&#233; un mois apr&#232;s l'invasion de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il compte pr&#233;sentement 23 000 membres &#224; Basra, Amara and Nassiriyah. Ses dirigeants ont une histoire d'opposition et d'emprisonnement par l'ancien r&#233;gime du parti Baath.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat n'est affili&#233; &#224; aucune centrale syndicale en Irak. Il n'est ni contr&#244;l&#233; ni organis&#233; par aucun parti politique en Irak. C'est un syndicat ind&#233;pendant. Le syndicat a d&#233;ja men&#233; des gr&#232;ves, qui ont compl&#232;tement interrompu les exportations p&#233;troli&#232;res en 2003 et en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici des liens vers des articles concernant le General Union of Oil Employees :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,1417222,00.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,1417222,00.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.truthout.org/issues_05/040705LA.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.truthout.org/issues_05/040705LA.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.corporatewatch.org.uk/newsletter/issue23/part13.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.corporatewatch.org.uk/newsletter/issue23/part13.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.socialistparty.org.uk/2005/385/index.html?id=pp8.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.socialistparty.org.uk/2005/385/index.html?id=pp8.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.socialistworker.co.uk/article.php4?article_id=5874&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.socialistworker.co.uk/article.php4?article_id=5874&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Message d'appui de militants et de militantes de Patagonie, en Argentine, qui luttent contre les effets de la privatisation de l'industrie p&#233;troli&#232;re dans leur pays. Nous sommes six hommes et femmes qui viennent &#224; peine, il y a dix jours, de sortir d'une peine de huit mois de prison, pour avoir lutt&#233; contre la faim et le ch&#244;mage que nous vivons depuis que notre p&#233;trole a &#233;t&#233; livr&#233; aux multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, en Patagonie, Argentine, l'endroit que plusieurs appellent le bout du monde, nous voyons des navires partir chaque jour - emportant nos ressources alors que nos familles ont faim. Fatigu&#233;s d'attendre des solutions, de ne recevoir pour toute r&#233;ponse que quelques sacs de nourriture, nous avons d&#233;cid&#233; de nous faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 500 hommes et femmes, nous avons occup&#233; l'usine de British Petroleum et nous avons tenu bon pendant une semaine face aux coups et &#224; l'intimidation. Nous avons occup&#233; l'usine parce qu'elle nous appartient : nous ne les laisserons pas voler nos ressources naturelles, avec la complicit&#233; des politiciens et des juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, quand ils ont vu tout le soutien que nous avions, ils nous ont fait signer un accord dans lequel ils nous promettaient du travail. Alors nous avons quitt&#233;. Deux jours plus tard, ils sont venus &#224; nos maisons et nous ont arr&#234;t&#233;s. Les voisins ont organis&#233; des marches et d'autres protestations pour exiger notre lib&#233;ration et ont subi la r&#233;pression. Aujourd'hui, gr&#226;ce &#224; la solidarit&#233; de nos fr&#232;res et soeurs en Argentina et partout dans le monde, nous avons retrouv&#233; la libert&#233;. Mais nous savons que nous devrons continuer &#224; nous battre contre ceux qui ne reconnaissent ni les droits, ni la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les six hommes et femmes qui vous &#233;crivons cette lettre, avons tous moins de 35 ans et nous avons, ensemble, 17 enfants. C'est pour elles et eux que nous nous battons. Nous avons &#233;galement l'obligation de leur dire clairement ce que veut dire le mot &#034;privatisation&#034; : la n&#233;gation des droits, de la nourriture, de la sant&#233; et de l'avenir de nos familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous &#233;tions en prison, nous &#233;tions reconnaissants qu'on nous appelle par nos noms, parce que cela nous aidait &#224; recouvrer nos identit&#233;s de ceux qui nous niaient m&#234;me cela. Nous ne connaissons pas vos noms, mais nous voulons vous prendre dans nos bras, chacun et chacune d'entre vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Caleta Olivia, Elsa, Hugo, Jorge, Selva, Marcela and Mauricio. Nous vous embrassons au nom des millions de travailleurs et de travailleuses qui ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; la mis&#232;re par les privatisations en Argentine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;solution sur l'offensive imp&#233;rialiste mondiale </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Resolution-sur-l-offensive-imperialiste-mondiale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Resolution-sur-l-offensive-imperialiste-mondiale</guid>
		<dc:date>2005-04-11T00:41:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre imp&#233;rialiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Document* &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'offensive men&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale par l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien et ses alli&#233;s, depuis le 11 septembre 2001, est dans la continuit&#233; des choix strat&#233;giques adopt&#233;s par le syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial depuis la fin de l'URSS. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces choix s'inscrivent pleinement, &#224; leur tour, dans la logique pr&#233;dominante de cette phase de l'histoire du capitalisme. Le n&#233;olib&#233;ralisme est fondamentalement une entreprise de d&#233;mant&#232;lement des protections sociales consenties par le capitalisme : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-comite-international-2005-" rel="directory"&gt;comit&#233; international 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-La-guerre-imperialiste-+" rel="tag"&gt;La guerre imp&#233;rialiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Document*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'offensive men&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale par l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien et ses alli&#233;s, depuis le 11 septembre 2001, est dans la continuit&#233; des choix strat&#233;giques adopt&#233;s par le syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial depuis la fin de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choix s'inscrivent pleinement, &#224; leur tour, dans la logique pr&#233;dominante de cette phase de l'histoire du capitalisme. Le n&#233;olib&#233;ralisme est fondamentalement une entreprise de d&#233;mant&#232;lement des protections sociales consenties par le capitalisme : la rupture du &#171; consensus social &#187;, qui avait aliment&#233; le r&#233;formisme dans le mouvement ouvrier, s'accompagne in&#233;vitablement d'un d&#233;clin de ce dernier et d'un renforcement des fonctions r&#233;pressives de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quivalent de cette option &#224; l'&#233;chelle mondiale est, d'une part, une r&#233;duction forte des aides au d&#233;veloppement, s'inscrivant elle-m&#234;me dans l'instrumentalisation de la dette par les puissances imp&#233;rialistes pour imposer les recettes n&#233;olib&#233;rales au reste du monde. C'est, d'autre part, le choix de maintenir les gigantesques dispositifs militaires du temps de la &#171; guerre froide &#187; malgr&#233; la fin de l'URSS. Les choix budg&#233;taires des &#201;tats-Unis sont &#233;loquents &#224; cet &#233;gard : alors que les d&#233;penses militaires de Washington atteignent, avec plus de 500 milliards de dollars, pr&#232;s de 5 % du PIB, et &#233;quivalent &#224; elles seules &#224; la moiti&#233; des d&#233;penses militaires mondiales, l'aide publique &#233;tats-unienne au &#171; d&#233;veloppement &#187; atteint &#224; peine 0,15 % du PIB (contre un objectif minimal scandaleusement bas, fix&#233; &#224; 0,7 % par l'ONU !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre du Golfe de 1991 a soulign&#233; l'importance cruciale du contr&#244;le imp&#233;rialiste sur les ressources p&#233;troli&#232;res mondiales, amplifi&#233;e par le tarissement de ces ressources pr&#233;vu &#224; l'horizon des prochaines d&#233;cennies. En d&#233;montrant le r&#244;le &#171; indispensable &#187; des &#201;tats-Unis dans la garantie du contr&#244;le imp&#233;rialiste sur ces ressources, elle a jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans l'incitation des imp&#233;rialismes europ&#233;en et japonais &#224; renouveler leur d&#233;pendance militaire - combin&#233;e avec des rapports complexes de partenariat/concurrence sur le plan &#233;conomique - envers Washington : maintien de l'OTAN, red&#233;finition de ses t&#226;ches vers un interventionnisme &#171; s&#233;curitaire &#187;, expansion de l'organisation vers l'Est europ&#233;en ; renouvellement et revalorisation du trait&#233; de s&#233;curit&#233; nippo-&#233;tats-unien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; &#224; quel point sa supr&#233;matie militaire &#233;tait un atout essentiel dans son h&#233;g&#233;monie mondiale (le renforcement de cette supr&#233;matie, sous Reagan, a &#233;t&#233; le facteur d&#233;cisif dans le redressement de l'h&#233;g&#233;monie apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;clin), a saisi l'occasion offerte par l'&#233;croulement de l'URSS afin de compl&#233;ter son r&#233;seau militaire plan&#233;taire. Le retour massif des troupes am&#233;ricaines dans la zone du Golfe arabo-persique d&#232;s 1990 a &#233;t&#233; suivi de l'expansion de l'OTAN &#224; la Pologne, la Hongrie et la R&#233;publique tch&#232;que (1999), puis aux trois R&#233;publiques baltes de l'ex-URSS, ainsi qu'&#224; la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slov&#233;nie (2004). Cette expansion est destin&#233;e &#224; se poursuivre et s'accompagne d&#233;j&#224; de liens multiples avec d'autres pays de ces r&#233;gions, dont l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de l'OTAN dans les conflits de l'ex-Yougoslavie &#224; partir de 1994, culminant dans la guerre du Kosovo en 1999, a &#233;t&#233; une premi&#232;re occasion d'engager l'OTAN dans des interventions militaires, suivie d'un contr&#244;le de territoire. Elle a contribu&#233; &#224; consacrer la nouvelle h&#233;g&#233;monie des &#201;tats-Unis en Europe centrale et orientale. Cette premi&#232;re intervention fut suivie de l'intervention de l'OTAN en Afghanistan. Au Kosovo et en Afghanistan, les &#201;tats-Unis ont d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'OTAN, organisation suppl&#233;tive, des missions de contr&#244;le qui ne sont pas vitales pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, tout en se r&#233;servant le contr&#244;le direct unilat&#233;ral de celles qu'ils jugent vitales, comme c'est le cas pour les op&#233;rations dans la r&#233;gion du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les attentats du 11 septembre 2001 ont fourni l'occasion et le pr&#233;texte id&#233;ologique - la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; - pour une &#233;tape majeure dans l'extension du r&#233;seau militaire imp&#233;rialiste aux r&#233;gions strat&#233;giques dont il &#233;tait jusque-l&#224; absent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention militaire en Afghanistan ne visait pas seulement &#224; renverser le r&#233;gime des talibans et d&#233;truire le r&#233;seau Al-Qaida. Elle visait surtout &#224; &#233;tablir une pr&#233;sence militaire &#233;tats-unienne directe permanente, allant des &#171; conseillers &#187; aux bases et facilit&#233;s, dans la r&#233;gion hautement strat&#233;gique qui va du Caucase aux confins de la Chine : en Afghanistan m&#234;me, mais aussi en G&#233;orgie et en Azerba&#239;djan, ainsi que dans plusieurs r&#233;publiques ex-sovi&#233;tiques d'Asie centrale (Ouzb&#233;kistan et Kirghizstan, notamment). La zone du bassin de la Caspienne et de l'Asie centrale n'est pas seulement riche en hydrocarbures (gaz et p&#233;trole) ; elle est surtout d'un int&#233;r&#234;t strat&#233;gique majeur, situ&#233;e au c&#339;ur de la masse continentale qui relie la Russie d'Europe &#224; la Chine. Ces deux derniers &#201;tats sont consid&#233;r&#233;s &#224; Washington comme les principaux rivaux potentiels de l'h&#233;g&#233;monie mondiale &#233;tats-unienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de l'Irak a &#233;t&#233;, depuis 1990, un projet majeur de l'expansion imp&#233;rialiste am&#233;ricaine. Combin&#233;e avec la tutelle &#233;tats-unienne sur le Royaume saoudien, ainsi que sur les autres autocraties p&#233;troli&#232;res du Golfe, elle place Washington en position de contr&#244;le direct de pr&#232;s de la moiti&#233; des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole. Ce projet avait &#233;t&#233; diff&#233;r&#233; pour des raisons politiques, celles-l&#224; m&#234;mes qui avaient emp&#234;ch&#233; Bush I de poursuivre l'invasion du pays jusqu'&#224; Bagdad. L'administration Bush II dut recourir &#224; des mensonges, aujourd'hui publiquement av&#233;r&#233;s, afin de justifier politiquement son invasion au nom de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les guerres d'Afghanistan et d'Irak illustrent &#224; la fois la force de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien - et donc de l'ensemble du syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial, dont il est de tr&#232;s loin le principal bras arm&#233; - et ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de la guerre du Vietnam, le Pentagone a r&#233;orient&#233; sa strat&#233;gie vers une guerre &#224; plus grande &#171; intensit&#233; en capital &#187;, en misant sur la technologie militaire, domaine de sup&#233;riorit&#233; &#233;crasante des &#201;tats-Unis, au d&#233;triment des ressources humaines. Le Vietnam a convaincu Washington - tant par la d&#233;moralisation des troupes, en partie enr&#244;l&#233;es par conscription, qui refl&#233;tait l'ampleur croissante du mouvement antiguerre aux &#201;tats-Unis, que par l'impact des pertes en soldats am&#233;ricains sur cette m&#234;me d&#233;moralisation et sur le mouvement - de minimiser le recours aux troupes. Il s'en est suivi une professionnalisation des arm&#233;es qui s'est &#233;tendue &#224; plusieurs pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &#201;tat au monde n'est capable de faire face &#224; la puissance de feu &#233;tats-unienne en se limitant aux armes et moyens dits conventionnels. La facilit&#233; dont les &#201;tats-Unis sont venus &#224; bout de leurs cibles depuis 1991 l'a amplement d&#233;montr&#233;. En outre, l'&#233;cart entre leurs moyens militaires et ceux du reste du monde ne cesse de se creuser en raison de leur budget militaire in&#233;galable. Toutefois, le nombre relativement r&#233;duit des effectifs des forces arm&#233;es &#233;tats-uniennes pose une premi&#232;re limite majeure &#224; leur puissance : le fait que le Pentagone soit oblig&#233; de concentrer pr&#232;s de 150 000 soldats en Iraq et d'immobiliser &#224; cet effet des effectifs bien plus consid&#233;rables &#173;- notamment des forces r&#233;servistes de plus en plus r&#233;calcitrantes - en plus de ceux qui sont d&#233;j&#224; d&#233;ploy&#233;s ailleurs &#224; l'&#233;tranger, se traduit par une situation o&#249; Washington est dangereusement proche de la &#171; surextension &#187; et o&#249; sa facult&#233; de dissuader d'autres &#201;tats, comme l'Iran, s'en trouve fortement r&#233;duite. &#192; cette limite humaine, s'ajoute une limite &#233;conomique repr&#233;sent&#233;e par la tension de plus en plus forte que suscite un d&#233;ficit f&#233;d&#233;ral croissant vertigineusement, m&#234;me si Washington dispose encore &#224; cet &#233;gard d'une marge importante de man&#339;uvre (notamment parce que le d&#233;ficit est d&#251; en grande partie &#224; la r&#233;duction des imp&#244;ts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde limite &#224; la puissance militaire des &#201;tats-Unis, qui d&#233;coule de la haute &#171; intensit&#233; en capital &#187; de leurs forces arm&#233;es, est illustr&#233;e par les deux cas de l'Afghanistan et de l'Irak. La puissance technologique, qui peut &#233;craser toute autre arm&#233;e conventionnelle, ne suffit pas &#224; subjuguer une population. Pour cela, il faut des effectifs, et Washington, qui a pourtant choisi de concentrer prioritairement ses efforts en Iraq, ne parvient pas &#224; contr&#244;ler ce pays, tandis que l'Afghanistan est livr&#233; &#224; des seigneurs de guerre et narco-trafiquants incontr&#244;lables, le r&#233;gime fantoche de Hamid Karza&#239; n'exer&#231;ant qu'un pouvoir r&#233;el tr&#232;s limit&#233; au-del&#224; du p&#233;rim&#232;tre de la capitale Kaboul et de deux ou trois autres villes. Les &#201;tats-Unis sont encore moins en mesure aujourd'hui de contr&#244;ler une population hostile dans un pays de taille moyenne qu'ils ne l'&#233;taient au moment du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le &#171; syndrome vietnamien &#187;, qui a emp&#234;ch&#233; les &#201;tats-Unis d'intervenir militairement &#224; l'&#233;tranger de fa&#231;on un tant soit peu massive pendant plus de quinze ans, a pu &#234;tre d&#233;pass&#233; en partie par une combinaison de facteurs id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, l'effondrement du syst&#232;me stalinien &#224; l'Est de l'Europe et l'adh&#233;sion g&#233;n&#233;rale des &#201;tats &#171; post-communistes &#187; &#224; l'&#233;conomie de march&#233; d&#233;brid&#233;e, dont les &#201;tats-Unis &#233;taient et restent les champions, ont fourni un &#233;norme regain de pouvoir id&#233;ologique et de l&#233;gitimit&#233; au capitalisme mondial et &#224; son &#201;tat h&#233;g&#233;monique au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ce m&#234;me effondrement du syst&#232;me stalinien a contribu&#233; &#224; la d&#233;b&#226;cle politique et/ou id&#233;ologique de pans entiers et majeurs de la gauche mondiale, lib&#233;rant dans plusieurs pays et r&#233;gions du monde un espace de contestation que des forces r&#233;actionnaires politiques ou religieuses ont pu occuper. Lorsque la contestation de l'h&#233;g&#233;monie imp&#233;rialiste est le fait de forces de cette nature, elle rencontre beaucoup moins de sympathie au sein des populations des pays imp&#233;rialistes, r&#233;duisant du m&#234;me coup la possibilit&#233; de b&#226;tir un puissant mouvement antiguerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, Washington, qui reste oblig&#233; de tenir compte de la persistance partielle du &#171; syndrome vietnamien &#187;, s'est attaqu&#233;, depuis 1989, &#224; des cibles d&#233;testables aux yeux des opinions publiques occidentales, accordant ainsi une dose de cr&#233;dibilit&#233; &#224; ses pr&#233;tentions &#171; humanitaires &#187; ou &#171; d&#233;mocratiques &#187;. De Noriega (Panama, 1989) aux talibans et Al-Qaida (2001), en passant par Saddam Hussein (1990-91), les forces serbes de Bosnie (1994-95) ou Milosevic (1999), les cibles des &#201;tats-Unis et de leurs alli&#233;s appartenaient toutes &#224; la cat&#233;gorie d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cette situation a chang&#233; avec la guerre d'invasion de l'Irak. De toutes les guerres imp&#233;rialistes des quinze derni&#232;res ann&#233;es, cette derni&#232;re &#233;tait incontestablement la moins l&#233;gitime aux yeux de l'opinion publique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cible &#233;tait encore une fois d&#233;testable, mais le r&#233;gime de Saddam Hussein avait d&#233;j&#224; fait l'objet d'une agression imp&#233;rialiste en 1991 et l'Irak &#233;tait soumis &#224; des bombardements r&#233;p&#233;t&#233;s et &#224; un embargo aux cons&#233;quences g&#233;nocidaires depuis cette date. Aucun &#233;l&#233;ment nouveau ne permettait &#224; Washington de justifier l'invasion du pays. Ces &#233;l&#233;ments, Washington dut les inventer, recourant &#224; des mensonges aussi gros que celui des &#171; armes de destruction massive &#187; d&#233;tenues par l'Irak (alors que Bagdad avait accept&#233; de laisser toute latitude aux inspections de l'ONU) ou celui de liens pr&#233;tendus entre Al-Qaida et le r&#233;gime baassiste. Ces arguments &#233;taient d'autant moins convaincants que l'enjeu r&#233;el, p&#233;trolier, de l'occupation de l'Irak pour Washington &#233;tait d'une &#233;vidence &#233;clatante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de ces pr&#233;textes a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par les dissensions entre les puissances imp&#233;rialistes elles-m&#234;mes. (L'opposition de la Russie et de la Chine seules n'aurait pas pes&#233; lourd du point de vue de la l&#233;gitimation id&#233;ologique, du fait du faible cr&#233;dit de Moscou et de P&#233;kin sous cet angle, comme le pr&#233;c&#233;dent de la guerre du Kosovo l'avait illustr&#233;.) L'opposition de la France et de l'Allemagne &#224; l'invasion de l'Irak a contribu&#233; &#224; saper la l&#233;gitimit&#233; de cette derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Paris, partenaire et fournisseur privil&#233;gi&#233; du r&#233;gime de Saddam Hussein (comme Moscou, du reste), la perspective d'une mainmise &#233;tats-unienne sur l'Irak repr&#233;sentait une perte consid&#233;rable pour les int&#233;r&#234;ts du capital et de l'&#201;tat fran&#231;ais. Pour le gouvernement Schr&#246;der-Fischer de Berlin, ce sont des int&#233;r&#234;ts &#233;lectoraux qui ont prim&#233; : le refus de l'invasion de l'Irak, particuli&#232;rement impopulaire en Allemagne, par le chancelier Schr&#246;der a contribu&#233; &#224; sa r&#233;&#233;lection, apr&#232;s qu'il ait &#233;t&#233; donn&#233; largement perdant en raison de l'impopularit&#233; de sa politique social-lib&#233;rale. Les deux &#201;tats ont cependant facilit&#233; l'agression contre l'Irak - l'Allemagne en permettant l'usage sans restriction des infrastructures &#233;tats-uniennes sur son territoire, la France en ouvrant son espace a&#233;rien - et ont souhait&#233; son succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits montrent la limite actuelle de l'autonomie militaire des imp&#233;rialismes subalternes vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, au moment o&#249; le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en ach&#232;ve d'ancrer l'Union europ&#233;enne dans l'OTAN. La contestation de l'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne par les imp&#233;rialismes alli&#233;s ne va pas au-del&#224; d'une demande de prise en compte plus grande de leurs propres int&#233;r&#234;ts dans la gestion militaro-politique du syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial, surtout face &#224; une administration Bush qui est all&#233;e tr&#232;s loin dans l'arrogance et l'unilat&#233;ralisme. Il ne s'agit nullement d'une remise en cause du partenariat avec Washington et de son r&#244;le de principal bras arm&#233; du capitalisme mondial, qu'aucun &#201;tat ne saurait pr&#233;tendre suppl&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les handicaps id&#233;ologiques et politiques de Washington, de Londres et de leurs alli&#233;s ont permis que se d&#233;ploie un mouvement antiguerre d'une ampleur consid&#233;rable, qui, &#224; son apog&#233;e le 15 f&#233;vrier 2003, a atteint un degr&#233; de mobilisation synchronis&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale sans pr&#233;c&#233;dent historique. Mais ce mouvement n'a pas &#233;t&#233; assez puisant pour emp&#234;cher l'invasion de l'Irak, ni pour contraindre les forces d'occupation &#224; &#233;vacuer le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis m&#234;mes, le mouvement antiguerre a r&#233;ussi une perc&#233;e rendue tr&#232;s difficile par le climat id&#233;ologique cr&#233;&#233; par le 11 septembre 2001 et la quasi-unanimit&#233; de la classe dirigeante am&#233;ricaine. Dans ce contexte, l'ampleur des manifestations &#224; New York et dans d'autres villes &#233;tats-uniennes le 15 f&#233;vrier 2003 &#233;tait tout &#224; fait remarquable. Mais si le mouvement a &#233;t&#233;, et est encore bien plus important qu'il ne l'&#233;tait dans la premi&#232;re phase de la guerre du Vietnam, il n'est pas encore suffisamment fort pour contraindre le pouvoir au recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le mouvement antiguerre mondial, mobilis&#233; &#224; juste titre pour tenter d'emp&#234;cher l'agression (ce qui &#233;tait tr&#232;s difficile vu les d&#233;lais), ne s'est pas assez plac&#233; dans la perspective d'une opposition de longue haleine &#224; une occupation prolong&#233;e, qui &#233;tait, de toute &#233;vidence, l'objectif de Washington. Apr&#232;s le point culminant du 15 f&#233;vrier 2003, les mobilisations se sont poursuivies dans des cadres nationaux ou autour d'&#233;ch&#233;ances et de campagnes internationales. Mais le tout est rest&#233; tr&#232;s en-de&#231;&#224; du niveau atteint avant l'invasion. Cet affaiblissement a &#233;t&#233; aggrav&#233; aux &#201;tats-Unis par des illusions &#233;lectoralistes que rien pourtant ne justifiait au vu de l'accord fondamental entre les deux principaux candidats rest&#233;s en lice sur la question de l'occupation de l'Irak. Cette situation d'ensemble a grandement facilit&#233; la r&#233;&#233;lection de Georges W. Bush, une victoire interpr&#233;t&#233;e par celui-ci comme une approbation de sa politique imp&#233;rialiste agressive lui donnant les coud&#233;es plus franches pour la poursuite, voire l'aggravation de cette politique, comme l'indique le remaniement de son &#233;quipe ex&#233;cutive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentant disposer d'une marge de manoeuvre plus grande encore, l'administration Bush a amplifi&#233; sa politique agressive et ses menaces, non seulement au Moyen-Orient, mais aussi en Am&#233;rique latine o&#249; Cuba et le Venezuela sont dans sa ligne de mire, en sus de l'intervention militaire des &#201;tats-Unis en Colombie, ou en Asie orientale, notamment contre la Cor&#233;e du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Une cause majeure de l'affaiblissement du mouvement antiguerre a r&#233;sid&#233; dans la r&#233;cup&#233;ration d'un degr&#233; de cr&#233;dibilit&#233; id&#233;ologique par Washington et Londres dans la premi&#232;re phase de l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'hostilit&#233; de la population irakienne envers les occupants, dans un premier temps, suite au renversement de la dictature baassiste - m&#234;me si elle fut tr&#232;s loin de l'accueil enthousiaste annonc&#233; par Washington et Londres - ne manqua pas de d&#233;sarmer id&#233;ologiquement le mouvement antiguerre. En outre, les forces d'occupation pouvaient encore faire croire qu'elles &#233;taient sur la piste des &#171; armes de destruction massive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet avantage commen&#231;a &#224; se dissiper, avec une mont&#233;e irr&#233;sistible de l'hostilit&#233; aux occupants, consid&#233;rablement aggrav&#233;e par leur comportement et les erreurs majeures commises par l'administration Bush et son proconsul dans la gestion du pays, tandis que le pr&#233;texte des &#171; armes de destruction massives &#187; se r&#233;v&#233;lait au grand jour &#234;tre purement mensonger. L'administration Bush put alors, cependant, exploiter le caract&#232;re d&#233;testable d'une partie - la plus spectaculaire, et la plus m&#233;diatis&#233;e, d&#233;lib&#233;r&#233;ment - de la &#171; r&#233;sistance &#187; &#224; l'occupation, renouant avec une raison majeure de la faiblesse du mouvement antiguerre face aux exp&#233;ditions pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance continue des op&#233;rations arm&#233;es contre les forces occupantes, quelques mois apr&#232;s le d&#233;but de l'occupation, &#233;tait le fait de deux tendances qu'il est important de distinguer. D'une part, des actions, majoritairement locales et souvent m&#234;me individuelles, contre les troupes d'occupation en r&#233;ponse &#224; leur arrogance et &#224; leur brutalit&#233; qui a atteint un sommet avec les deux vagues d'agression contre la ville martyre de Falloujah en 2004. D'autre part, l'action de r&#233;seaux organis&#233;s, dont les mieux dot&#233;s appartiennent &#224; deux cat&#233;gories : des restes des services baassistes, r&#233;organis&#233;s apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle du r&#233;gime, et disposant de ressources financi&#232;res et militaires consid&#233;rables, et des r&#233;seaux int&#233;gristes sunnites du type le plus fanatique, &#224; la mani&#232;re d'Al-Qaida, dont une partie est d'origine extra-irakienne et qui pr&#233;existaient &#224; la chute du r&#233;gime baassiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant les actions arm&#233;es contre les occupants sont des actes de r&#233;sistance nationale tout &#224; fait l&#233;gitimes, autant les r&#233;seaux des deux cat&#233;gories mentionn&#233;es m&#234;lent &#224; des actes l&#233;gitimes contre les occupants des actes de nature profond&#233;ment r&#233;actionnaire orient&#233;s contre d'autres fractions de la population irakienne sur une base quasi-raciste - confessionnelle anti-chi'ite, ethnique anti-kurde - ou x&#233;nophobe se traduisant par le massacre atroce d'&#233;trangers sans responsabilit&#233; aucune dans l'occupation, y compris des travailleurs immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre ces deux types d'action, et la condamnation claire des actions du second type, sont une condition indispensable &#224; une relance massive du mouvement antiguerre. Celui-ci a clairement expliqu&#233; sa condamnation de Saddam Hussein en 1991 comme en 2003, de Milosevic en 1999, des talibans et d'Ossama ben Laden en 2001, tout en expliquant que le caract&#232;re d&#233;testable de ces forces ne justifiait en aucune fa&#231;on les exp&#233;ditions imp&#233;rialistes, bien plus meurtri&#232;res encore. Il est tout aussi indispensable en Irak de se d&#233;marquer clairement des actes r&#233;actionnaires, tout en expliquant que la barbarie des forces r&#233;actionnaires est mineure en comparaison de la barbarie majeure de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, tragiquement illustr&#233;e par Guantanamo, Abou-Ghraib et Falloujah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, la position des anti-imp&#233;rialistes radicaux de d&#233;fense du droit du peuple irakien &#224; r&#233;sister &#224; l'occupation par tous les moyens l&#233;gitimes, y compris la lutte arm&#233;e, doit &#234;tre distingu&#233;e de la plate-forme autour de laquelle le mouvement antiguerre le plus large doit &#234;tre organis&#233; dans les pays imp&#233;rialistes. Celle-ci doit se concentrer sur le retrait d'Irak des troupes &#233;tats-uniennes et alli&#233;es, et ne saurait inclure un soutien &#224; la r&#233;sistance irakienne, m&#234;me avec les distinctions n&#233;cessaires, qui ne peut que restreindre les possibilit&#233;s de mobilisation. Elle peut inclure, par contre, selon les circonstances propres &#224; chaque pays et &#224; chaque &#233;tape de la mobilisation, l'opposition &#224; l'occupation isra&#233;lienne en Palestine, tant les deux occupations appartiennent &#224; un m&#234;me champ politique. Cette derni&#232;re opposition a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'ici un levier important de la mobilisation contre l'occupation de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Les actions arm&#233;es ne sont qu'une des voies choisies par le peuple irakien dans sa r&#233;sistance contre l'occupation de l'Irak. La lutte politique en est une autre, majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance arm&#233;e &#224; l'occupation est surtout le fait de membres de la minorit&#233; arabe sunnite, dont une partie se consid&#233;rait comme privil&#233;gi&#233;e sous le r&#233;gime de Saddam Hussein. Toutefois, m&#234;me dans la communaut&#233; arabe sunnite, l'opinion majoritaire - repr&#233;sent&#233;e par des groupements comme l'Association des ul&#233;mas musulmans - fait une distinction claire entre actions l&#233;gitimes de r&#233;sistance et ce qu'elle appelle &#171; terrorisme &#187;. Le soutien largement majoritaire &#224; la r&#233;sistance arm&#233;e l&#233;gitime se combine avec le choix tout aussi majoritaire de la lutte politique contre l'occupation, les deux formes de lutte &#233;tant con&#231;ues comme compl&#233;mentaires. Pour des raisons &#233;videntes, l'autre minorit&#233; importante du pays - les Kurdes (majoritairement sunnites) qui ont &#233;t&#233; historiquement opprim&#233;s par les gouvernements irakiens successifs avant de pouvoir jouir d'une autonomie de facto sous protection &#233;tats-unienne depuis 1991 - ne s'est pas jointe &#224; la lutte contre l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la majorit&#233; arabe chi'ite du pays, le choix dominant est celui d'une lutte politique contre l'occupation. Ce choix est m&#234;me partag&#233; par la frange la plus radicale du mouvement religieux musulman chi'ite dans son opposition &#224; l'occupation, le courant int&#233;griste dirig&#233; par Muqtada al-Sadr, qui s'est limit&#233; &#224; une combinaison de lutte politique et d'autod&#233;fense arm&#233;e sans recourir aux attentats. Le courant majoritaire du chi'isme irakien dirig&#233; par l'ayatollah Sistani - chef religieux traditionaliste, repr&#233;sentant du courant majoritaire du clerg&#233; chi'ite irakien d&#233;sireux d'exercer sa tutelle sur le pouvoir politique sans s'en emparer directement - a privil&#233;gi&#233; depuis le d&#233;but de l'occupation la lutte politique comme voie vers l'instauration de la r&#232;gle majoritaire dans le pays - et, par cons&#233;quent, l'acc&#232;s des chi'ites, pour la premi&#232;re fois de leur histoire, &#224; un r&#244;le d&#233;cisif dans la d&#233;termination du sort de l'Irak - comme &#233;tape vers l'&#233;vacuation des troupes &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re phase de cette lutte politique s'est traduite par un bras de fer entre l'ayatollah et le proconsul &#233;tats-unien, Paul Bremer, sur la question de la proc&#233;dure constitutionnelle. Cet affrontement, dans lequel Bremer voulait imposer une proc&#233;dure fond&#233;e sur la d&#233;signation par l'occupant des constituants tandis que l'ayatollah exigeait qu'ils soient &#233;lus d&#233;mocratiquement, constitue la meilleure r&#233;futation des pr&#233;tentions hypocrites de Washington selon lesquelles les &#201;tats-Unis sont engag&#233;s dans une mission de &#171; d&#233;mocratisation &#187; de la r&#233;gion. L'affrontement s'est sold&#233; par une victoire de l'ayatollah et la fixation, apr&#232;s m&#233;diation onusienne, de la date du 30 janvier 2005 pour des &#233;lections g&#233;n&#233;rales. Devant l'escalade de la menace terroriste contre la participation aux &#233;lections dans les r&#233;gions sunnites et la perspective d'une tr&#232;s faible participation dans ces r&#233;gions en cons&#233;quence, les forces politiques majeures de la communaut&#233; sunnite ont appel&#233; au boycott des &#233;lections, de fa&#231;on &#224; ne pas ent&#233;riner une sous-repr&#233;sentation in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 60 % des Irakiens en droit de voter (les listes retenues &#233;tant celles du rationnement sous l'embargo, donc la totalit&#233; de la population) sont all&#233;s aux urnes dans des conditions extr&#234;mement difficiles dans les parties arabes de l'Irak. La liste du fantoche Allaoui, fortement soutenue par Washington, a subi un &#233;chec cuisant n'atteignant m&#234;me pas 15 % des voix exprim&#233;es. La majorit&#233; des si&#232;ges de l'Assembl&#233;e constituante a &#233;chu &#224; la coalition &#233;lectorale parrain&#233;e par l'ayatollah Sistani et dont les principales forces organis&#233;es sont des courants int&#233;gristes alli&#233;s &#224; l'Iran. Toutefois, le gouvernement du pays repose sur une r&#232;gle des deux tiers &#224; l'Assembl&#233;e qui impose des compromis entre fractions. En outre, il y a unanimit&#233; des fractions &#233;lues sur la n&#233;cessit&#233; d'associer des dirigeants de la communaut&#233; sunnite largement sous-repr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; des listes arabes aux &#233;lections, y compris la coalition majoritaire, avaient inclus dans leur programme le retrait des troupes d'occupation. Toutefois, les courants dominants tablent sur un retrait &#224; moyen terme qui leur permettrait de b&#226;tir et consolider un appareil d'&#201;tat sous leur contr&#244;le, de mani&#232;re &#224; &#233;viter le chaos apr&#232;s le retrait des occupants. Ce calcul est d'une grande myopie, lorsqu'il est sinc&#232;re (ce qui n'est pas toujours le cas : ainsi, lorsque la liste du Premier ministre fantoche Allaoui parle de retrait des troupes, son hypocrisie est &#233;vidente).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'occupation depuis le printemps 2003 montre que sa pr&#233;sence m&#234;me alimente le chaos dans le pays, et la mont&#233;e aux extr&#234;mes des groupes terroristes les plus fanatiques. En outre, l'occupation pratique d&#233;j&#224; aujourd'hui, et peut pratiquer encore plus demain, une strat&#233;gie de la tension, ax&#233;e notamment sur les clivages confessionnels ou ethniques, afin de &#171; diviser pour r&#233;gner &#187;. Par ailleurs, les d&#233;clarations se sont multipli&#233;es &#224; Washington, depuis le d&#233;but de l'occupation, sur le refus par Washington de voir s'instaurer en Irak un r&#233;gime &#171; &#224; l'iranienne &#187; - d&#233;clarations d'une arrogance toute coloniale. Elles sont &#224; mettre en rapport avec l'escalade des menaces belliqueuses de Washington contre T&#233;h&#233;ran et contre &#171; l'axe du mal &#187; r&#233;gional qui irait du Hezbollah libanais &#224; l'Iran, en passant par le r&#233;gime syrien. L'av&#232;nement en Irak d'un pouvoir alli&#233; &#224; l'Iran serait &#224; cet &#233;gard une v&#233;ritable catastrophe pour Washington qui fera tout pour emp&#234;cher ce sc&#233;nario : d'abord, tenter de briser la coalition majoritaire, puis emp&#234;cher l'acc&#232;s aux minist&#232;res &#8220;sensibles&#8221; (int&#233;rieur, d&#233;fense, p&#233;trole) des courants alli&#233;s &#224; l'Iran, et enfin l'attisement des tensions confessionnelles et ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations font que, quelle que soit l'attitude qu'adoptera le gouvernement irakien issu des &#233;lections, le mouvement antiguerre mondial doit continuer &#224; exiger, plus &#233;nergiquement encore, le retrait imm&#233;diat des troupes d'occupation d'Irak. L'argument selon lequel l'alternative &#224; l'occupation serait le chaos est encore plus faible aujourd'hui qu'hier du fait de l'&#233;mergence d'une Assembl&#233;e &#233;lue dans le pays. La reconstruction d'un &#201;tat irakien sera d'autant plus facile qu'il sera pleinement souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Les mots d'ordre &#224; d&#233;fendre au sein du mouvement antiguerre au sujet de l'Irak doivent &#234;tre les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Retrait imm&#233;diat, total et inconditionnel des troupes d'occupation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Droit du peuple irakien &#224; d&#233;terminer librement et souverainement son avenir politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Droit du peuple kurde &#224; l'autod&#233;termination !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives objectives ne cessent de s'am&#233;liorer pour le mouvement antiguerre comme en t&#233;moigne l'effritement de la &#8220;coalition volontaire&#8221; des forces d'occupation de l'Irak, dont de plus en plus de membres retirent leurs troupes, et la mont&#233;e continue des partisans du retrait dans les sondages d'opinion, y compris aux &#201;tats-Unis m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections de la IVe Internationale s'investiront r&#233;solument dans la mobilisation pour la journ&#233;e internationale de manifestations contre l'occupation de l'Irak du 19 mars 2005. Elles plaideront pour la fixation d'un calendrier pour la mobilisation mondiale antiguerre, de fa&#231;on &#224; placer celle-ci dans une perspective de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* R&#233;solution adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par Comit&#233; International de la IVe Internationale lors de sa session de f&#233;vrier-mars 2005, apr&#232;s d&#233;bat et int&#233;gration d'amendements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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