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		<title>ARGENTINE, BR&#201;SIL : LES DIFFICULT&#201;S DE L'ALLIANCE LULA-KIRCHNER</title>
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		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Au-del&#224; de la port&#233;e m&#233;diatique de la r&#233;union o&#249; se sont retrouv&#233;s, &#224; Caracas [Sommet du G15], N&#233;stor Kirchner et Jos&#233; Ignacio Lula da Silva, la possibilit&#233; de l'adoption par les gouvernements argentins et br&#233;siliens d'une strat&#233;gie commune face au Fonds mon&#233;taire international (FMI) semble lointaine. Les deux pr&#233;sidents sont parvenus &#224; leur poste dans des situations dissemblables et distantes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le pr&#233;sident cubain, Fidel Castro, a &#233;t&#233; le premier &#224; l'annoncer publiquement. A la mi-f&#233;vrier, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; de la port&#233;e m&#233;diatique de la r&#233;union o&#249; se sont retrouv&#233;s, &#224; Caracas [Sommet du G15], N&#233;stor Kirchner et Jos&#233; Ignacio Lula da Silva, la possibilit&#233; de l'adoption par les gouvernements argentins et br&#233;siliens d'une strat&#233;gie commune face au Fonds mon&#233;taire international (FMI) semble lointaine. Les deux pr&#233;sidents sont parvenus &#224; leur poste dans des situations dissemblables et distantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident cubain, Fidel Castro, a &#233;t&#233; le premier &#224; l'annoncer publiquement. A la mi-f&#233;vrier, dans le cadre de la VI Rencontre internationale d'&#233;conomistes sur la globalisation et les probl&#232;mes du d&#233;veloppement, il a dit que l'Argentine avait fait trembler le FMI et que si le Br&#233;sil et l'Argentine s'unissaient, cela mettrait l'organisme financier international dans une position difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite du sommet du G15 &#224; Caracas, on sp&#233;cule sur un virage dans la relation entre les deux pays et sur un possible changement du gouvernement Lula par rapport au FMI. Ce ne sont pas seulement les m&#233;dias proches du gouvernement de Kirchner qui analysent l'imminence de ce changement [1], les m&#233;dias critiques aussi affirment que nous sommes face &#224; un virage impr&#233;vu de Lula. Dans un &#233;ditorial de La Naci&#243;n, Joaqu&#237;n Morales Sol&#225; soutient que l'accord entre le Br&#233;sil et l'Argentine &#171; servira &#224; Lula pour lancer une gestion budg&#233;taire moins inflexible et par la m&#234;me occasion pour pr&#233;venir le monde qu'il pourrait aligner sa politique sur celle de l'Argentine &#187;. [2] De son c&#244;t&#233;, la presse br&#233;silienne et la chancellerie nord-am&#233;ricaine ont adopt&#233; un profil bas face &#224; ce suppos&#233; &#171; virage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne laisse penser que des changements fondamentaux se produisent dans le gouvernement Lula en d&#233;pit des mauvais r&#233;sultats &#233;conomiques de sa premi&#232;re ann&#233;e de gouvernement. Tout indique qu'il va se limiter &#224; donner son appui &#224; l'Argentine face aux organismes financiers internationaux, ce qui ne semble pas entra&#238;ner un co&#251;t international ou int&#233;rieur important pour le gouvernement du PT. Pour Kirchner, au contraire, press&#233; comme il l'est d'obtenir des appuis face &#224; la n&#233;gociation tr&#232;s difficile avec les cr&#233;anciers, m&#234;me un soutien ti&#232;de du Br&#233;sil peut lui &#234;tre utile. N&#233;anmoins, de l&#224; &#224; penser &#224; un virage dans la politique br&#233;silienne, il reste encore du chemin &#224; parcourir. En effet, rien ne laisse penser qu'une strat&#233;gie commune se dessine face au FMI comme le laissait entendre le chancelier Rafael Bielsa &#224; Caracas. Les raisons ne r&#233;sident pas pr&#233;cis&#233;ment dans la volont&#233; de chaque pr&#233;sident mais dans le type d'alliances sociales et politiques qu'ils ont construit au cours des derni&#232;res ann&#233;es, dans l'exp&#233;rience sociale de chacune des soci&#233;t&#233;s et des secteurs sociaux qui appuient chacun des gouvernements. C'est-&#224;-dire des constrictions socio-politiques que chaque gouvernement doit prendre en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des trajectoires dissemblables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas nouveau de dire que les ann&#233;es 1980 furent un d&#233;sastre pour la soci&#233;t&#233; argentine. Mais tout d&#233;pend du point de vue que l'on adopte. Cela furent des ann&#233;es de d&#233;sindustrialisation, de flexibilisation du travail, de forte croissance du ch&#244;mage, de d&#233;sarticulation du tissu social, de croissance exponentielle de la pauvret&#233; et de la violence polici&#232;re entre autres. Cela a aussi &#233;t&#233; des ann&#233;es propices &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re, pour l'enrichissement rapide pour ce qui est du n&#233;goce des privatisations. Dans ce processus, la d&#233;l&#233;gitimation de l'Etat a &#233;t&#233; tr&#232;s loin conduisant la soci&#233;t&#233; au bord du gouffre. Seul l'activit&#233; des nouveaux mouvements et sujets sociaux, paradoxes de la vie, a pu contribuer &#224; ce que les Argentins ne tombent dans un ab&#238;me encore plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 90 ont &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rentes au Br&#233;sil. M&#234;me avec des difficult&#233;s, le taux de croissance a &#233;t&#233; de 50% plus important que celui de l'Argentine entre 1977 et 1999. Alors que la participation de l'industrie argentine dans le produit national brut (PNB) est pass&#233;e pendant ces ann&#233;es de 18 &#224; 23 %, l'industrie br&#233;silienne qui avait en 1977 une participation inf&#233;rieure a r&#233;ussi &#224; d&#233;passer l'Argentine. Comme le signale un rapport, les indicateurs du Br&#233;sil montrent &#171; une &#233;conomie plus dynamique, moins financ&#233;e et d&#233;pendante de l'&#233;tranger et avec un taux d'&#233;pargne plus &#233;lev&#233; &#187;, qui montre une diff&#233;rence d'ampleur dans la fuite des capitaux [3]. Le rapport cit&#233; dit qu'il existe au Br&#233;sil une bourgeoisie transnationale mais une partie de celle-ci a un projet pour le pays et &#171; une insertion dans le march&#233; international distincte de celle impos&#233;e par le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;. C'est une diff&#233;rence substantielle entre les deux pays, diff&#233;rence sur laquelle nous reviendrons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des chiffres bruts, la voie emprunt&#233;e par les deux soci&#233;t&#233;s a &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rente. Tous les indicateurs sociaux se sont d&#233;t&#233;rior&#233;s en Argentine dans les ann&#233;es 90. Ce n'est pas le cas au Br&#233;sil, bien que celui-ci partait d'une situation bien pire : M&#234;me en plein d&#233;sastre, les indices argentins de pauvret&#233; sont bien moindres que ceux du Br&#233;sil. En 2002, selon la CEPAL, la pauvret&#233; urbaine argentine &#233;tait de 23,7% dont 6,7% se trouvait dans l'extr&#234;me pauvret&#233;, au Br&#233;sil ces deux chiffres &#233;taient de 32,9% et de 9,3%. En somme, alors que l'Argentine &#233;tait une soci&#233;t&#233; de consommation dont les habitants (au moins dans leur immense majorit&#233;) &#233;taient des citoyens int&#233;gr&#233;s et aux droits reconnus ; au Br&#233;sil, la grande majorit&#233; de la population ne s'&#233;tait jamais vue reconna&#238;tre le plein droit &#224; la citoyennet&#233; dans un pays qu'on qualifie encore de &#171; champion mondial des in&#233;galit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les diff&#233;rences sont encore plus grandes si on observe ce qu'il en a &#233;t&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es pour les travailleurs industriels et les classes moyennes laborieuses ; c'est-&#224;-dire les secteurs sociaux qui ont appuy&#233; Lula et ceux qui ont provoqu&#233; l'&#233;clatement social de la soci&#233;t&#233; argentine. En Argentine, le salaire r&#233;el dans l'industrie repr&#233;sentait en 2001 77% de ce qu'il &#233;tait en 1980 alors qu'au Br&#233;sil ces m&#234;mes salaires s'&#233;taient &#233;lev&#233;s &#224; 130% de leur valeur de 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les bases sociales du n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armando Boito, professeur de Sciences politiques &#224; Unicamp soutient qu'au Br&#233;sil &#171; une partie des classes populaires a &#233;t&#233; attir&#233;e ou neutralis&#233;e, par des voies complexes et diff&#233;renci&#233;es, par le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, ce qui expliquerait &#171; la continuit&#233; du gouvernement de Lula &#187; par rapport &#224; celui de Fernando Enrique Cardoso [4] C'est-&#224;-dire que le n&#233;olib&#233;ralisme au Br&#233;sil compte non seulement sur l'appui de la fraction sup&#233;rieure de la classe moyenne mais a &#233;galement b&#233;n&#233;fici&#233; d' &#171; un impact populaire &#187;. Boito soutient que &#171; tout au long des ann&#233;es 90, au Br&#233;sil, un processus politique et social a permis l'implantation d'une nouvelle h&#233;g&#233;monie bourgeoise, bas&#233;e sur le discours et la pratique du mod&#232;le capitaliste n&#233;olib&#233;ral d&#233;pendant &#187;. Ce processus a d&#233;pass&#233; les partis et a eu un impact dans la soci&#233;t&#233;. Par exemple, le noyau dur du syndicalisme, les ouvriers des grandes entreprises automobiles de San Bernardo del Campo (l'ABC de Sao Paulo d'o&#249; a &#233;merg&#233; la Centrale unique des travailleurs CUT), a le profil suivant : 90% ont une maison individuelle dans un quartier avec de l'asphalte, l'eau courante, l'&#233;lectricit&#233; et un syst&#232;me d'assainissement ; des salaires &#233;lev&#233;s, un travail stable et des droits sociaux, de hauts niveaux de syndicalisation et la moiti&#233; dispose d'un ordinateur personnel et de l'acc&#232;s &#224; Internet. Les travailleurs de l'ABC ont depuis toujours contr&#244;l&#233; la CUT et par le biais de leurs dirigeants occupent des postes minist&#233;riels au sein de plusieurs minist&#232;res. &#171; De fait -dit Boito- les syndicalistes repr&#233;sentent une partie tr&#232;s importante du personnel dirigeant de l'ex&#233;cutif f&#233;d&#233;ral &#187;, une &#171; classe d&#233;tentrice &#187; de l'appareil d'Etat selon le concept de Nikos Poulantzas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syndicalisme a travaill&#233; dans les ann&#233;es 90 aux c&#244;t&#233;s de la chambre des entrepreneurs de l'industrie automobile (regroup&#233;e dans la f&#233;d&#233;ration patronale FIESP) avec laquelle elle a &#233;tabli d'excellentes relations pour &#233;tablir un front &#233;conomique pour la croissance avec l'ensemble de la fraction industrielle de la grande bourgeoisie br&#233;silienne, &#171; soutenant que la FIESP pourrait &#234;tre un alli&#233; s&#251;r dans la lutte contre la politique de r&#233;gression sociale patronn&#233;e par les int&#233;r&#234;ts du secteur financier &#187;. &#171; La &#8216;conversion' a commenc&#233; &#224; la base et a irradi&#233; jusqu'au sommet &#187; du Parti des Travailleurs (PT), conclut Boito. Rappelons que le vice-pr&#233;sident de Lula, Jos&#233; Alencar a &#233;t&#233; pr&#233;sident de la FIESP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le sociologue Francisco de Oliveira soutient que le secteur syndical qui contr&#244;le les fonds de pensions s'est transform&#233; en une nouvelle classe sociale qui dirige le gouvernement de Lula [5]. Ce processus a commenc&#233; avec la dictature militaire en 1964 qui a cr&#233;&#233; les fonds de pension de chaque entreprise d'&#233;tat qui sont des fonds priv&#233;s. L'Assembl&#233;e constituante de 1988 a d&#233;cid&#233; que les syndicats pourraient participer &#224; la gestion de ces fonds &#224; travers la Banque nationale pour le D&#233;veloppement &#233;conomique et social (BNDS). Mais ces fonds, sont, d'apr&#232;s Oliveira, &#171; la principale source de ressources pour l'accumulation de capital &#224; long terme au Br&#233;sil &#187;. Avec cela, est n&#233;e &#171; une caste d'administrateurs qui sont les fonctionnaires, les ouvriers et les syndicalistes des grandes entreprises et des grandes centrales syndicales &#187;. Ces administrateurs se trouvent &#224; une &#171; place centrale o&#249; le capital priv&#233; cherche des ressources &#224; accumuler &#187;. Oliveira consid&#232;re cette caste, strat&#233;giquement situ&#233;e et apparent&#233;e aux gestionnaires financiers les plus importants, comme une nouvelle classe sociale qui est le secteur pr&#233;dominant au sein du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on croise les deux analyses (beaucoup plus f&#233;condes que celles qui soutiennent que le PT a &#171; trahi &#187; les secteurs populaires), nous pouvons comprendre comment des int&#233;r&#234;ts communs ont commenc&#233; &#224; se tisser entre les dirigeants actuels du PT et le secteur financier et industriel. Cela explique en passant comment peuvent coexister dans un m&#234;me cabinet des cadres de la Banque mondiale avec d'anciens dirigeants syndicaux. En somme, nous ne sommes pas face &#224; une alliance improvis&#233;e ; celle-ci s'est tiss&#233;e au long de deux d&#233;cennies en partant de la base et en allant jusqu'au sommet. C'est pour cela que nous pouvons conclure que le PT ne va pas rompre ni avec le FMI, ni avec la bourgeoisie industrielle, ni avec le secteur financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 90 de l'Argentine ont &#233;t&#233; en termes d'alliances sociales celles de la destruction de l'&#233;tat de bien-&#234;tre et de ce fait de la rupture entre l'Etat, les travailleurs et les industriels. La pr&#233;dominance du secteur financier a &#233;t&#233; si intense qu'elle a m&#234;me esquint&#233; la solide alliance &#233;tablie dans les ann&#233;es 40 entre les classes dominantes et les couches moyennes. Quant au vieux pouvoir du syndicalisme, il s'est vu doublement &#233;rod&#233; : la d&#233;sindustrialisation d'une part et la mobilisation populaire d'autre part n'ont pas laiss&#233; d'espaces en dehors de celui r&#233;duit &#224; la cooptation de petites couches mafieuses, les restes d'un puissant mouvement syndical forg&#233; par le p&#233;ronisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement dans cet aspect que les trajectoires des ann&#233;es 80 et 90 sont oppos&#233;es dans les deux pays. Cela a &#233;t&#233; &#233;galement le cas des voies suivies par les couches moyennes : une fraction non n&#233;gligeable des classes moyennes argentines s'est enfonc&#233;e dans la pauvret&#233; et s'est &#171; pr&#233;caris&#233;e &#187; alors qu'au Br&#233;sil un large secteur a b&#233;n&#233;fici&#233; des politiques n&#233;olib&#233;rales comme nous l'avons vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement les luttes sociales qui ont eu lieu ont leur impact dans la configuration des gouvernements : le &#171; default &#187; de remboursement argentin au FMI, c'est la population qui l'a d'une certaine mani&#232;re &#171; d&#233;cr&#233;t&#233; &#187; dans la rue les 19 et 20 d&#233;cembre 2001 mais il a &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233; le point culminant de dizaines de petites et moyennes explosions depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90. Kirchner s'est retrouv&#233; avec le &#171; default &#187; de paiement et n'a pas de marge actuellement pour continuer &#224; payer le FMI sur le dos des Argentins. La t&#226;che principale du gouvernement Kirchner est de r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233; perdue de l'Etat argentin. C'est &#224; partir de cela que l'on &#233;valuera sa gestion. M&#234;me les ultra-conservateurs du journal La Naci&#243;n l'ont compris ainsi. Mais r&#233;cup&#233;rer la l&#233;gitimit&#233; suppose une s&#233;rie de mesures &#224; contre-courant du mod&#232;le, bien qu'il ne s'agisse pas d'une rupture avec celui-ci : nettoyer ou contenir les appareils r&#233;pressifs, approfondir la justice, congeler les tarifs des entreprises privatis&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Lula est le fruit de l'alliance entre le parti le mieux structur&#233; du pays, les repr&#233;sentants de l'industrie et le secteur financier. Il est arriv&#233; au pouvoir dans une des p&#233;riodes o&#249; les luttes sociales sont les plus faibles, dans une situation o&#249; il n'existe pas de contestation significative du mod&#232;le. Les gestionnaires du mod&#232;le ont certainement subi un certain affaiblissement apr&#232;s une d&#233;cennie de n&#233;olib&#233;ralisme. Mais le processus br&#233;silien n'a rien &#224; voir avec celui de l'Argentine qui &#224; ce niveau partage certaines similitudes avec celui du Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Lula au gouvernement est, comme nous l'avons vu, le produit d'une construction sociale et &#233;conomique prolong&#233;e dont l'expression politique r&#233;side dans le PT et dans son alliance avec les autres partis, avant et apr&#232;s son arriv&#233;e au palais pr&#233;sidentiel de Planalto (alliance avec le parti lib&#233;ral d'Alencar, d'abord et le PMDB qui avait soutenu le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso). Ce que recherchent ces secteurs c'est l'insertion du Br&#233;sil sur la sc&#232;ne mondiale de la meilleure mani&#232;re possible mais ils ne remettent pas en question le rapport de forces existant. C'est pour cela que Lula ne s'oppose pas &#224; l'ALCA mais pr&#233;tend n&#233;gocier le r&#244;le du Br&#233;sil en son sein et c'est pour cela qu'il tente opini&#226;trement d'&#233;tablir une vaste alliance avec d'autres pays &#233;mergeants du Tiers Monde comme l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud qui ont besoin de s'ouvrir un espace dans le monde du capital. Pour ce qui est de la politique int&#233;rieure, ils ne cherchent pas &#224; d&#233;velopper un vaste march&#233; interne, comme cela s'est produit au cours de la p&#233;riode de d&#233;veloppement par substitution des importations en Argentine. Un march&#233; interne suppose davantage de travail mais aussi de meilleurs salaires, ce qui porte atteinte &#224; la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie br&#233;silienne qui se focalise sur les march&#233;s du Nord. C'est pour cela que le plan &#8216;Faim Z&#233;ro' se limite &#224; mettre sur pied des politiques compensatoires focalis&#233;es sur les pauvres et non pas &#224; d&#233;passer la pauvret&#233; en permettant &#224; chacun d'avoir un travail digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie commune entre le Br&#233;sil et l'Argentine supposerait que le premier rompe avec le FMI et se d&#233;clare en &#171; default &#187; de paiement comme l'esp&#233;rait le gouvernement de Kirchner. Rien n'est plus &#233;loign&#233; de la r&#233;alit&#233;. L' &#171; &#233;l&#232;ve mod&#232;le &#187; veut continuer &#224; le rester et la &#171; b&#234;te noire &#187; du monde financier n'a pas d'autre choix que de continuer dans sa voie rebelle tant que la soci&#233;t&#233; argentine ne change pas de cap. Quelle que soit la sympathie que les deux pr&#233;sidents &#233;prouvent l'un &#224; l'&#233;gard de l'autre et la proximit&#233; id&#233;ologique qu'ils peuvent ressentir, ils sont le produit de situations sociales et de constructions politiques diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 mars 2004&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir P&#225;gina 12, 29-02-04.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Joaquin Morales Sol&#225;, El imprevisto giro de Lula y Kirchner, La Naci&#243;n, 29-02-04.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Instituto de Estudios y Formaci&#243;n de la CTA, &#034;Diferencias entre Brasil y Argentina&#034;, en &lt;a href=&#034;http://www.cta.org.ar/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cta.org.ar/&lt;/a&gt;, Avril 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Armando Boito Jr, &#034;A hegemonia neoliberal no governo Lula&#034;, en revista Cr&#237;tica Marxista No. 17, R&#237;o de Janeiro, Editora Revan, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Entrevue de Francisco de Oliveira dans la Folha de Sao Paulo, 22-09-03&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : ALAI, Am&#233;rica Latina en Movimiento , 05-03-04.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Virginie de Romanet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>BOURGEOISIES IMAGINAIRES ET EXISTANTES </title>
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		<dc:creator>Claudio Katz</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;Reconstruire le capitalisme national&#034; est un projet strat&#233;gique du gouvernement qu'approuvent naturellement les financiers et les industriels. Mais cet objectif est &#233;galement soutenu par plusieurs intellectuels, qui n'expliquent pas en quoi la recomposition d'un syst&#232;me qui accable le peuple b&#233;n&#233;ficierait &#224; la majorit&#233;. Le capitalisme - dans son versant extr&#234;me du n&#233;o-lib&#233;ralisme - est la cause de la trag&#233;die sociale dont souffre l'Argentine. [1] &lt;br class='autobr' /&gt;
Les porte-parole du progressisme &#233;vitent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Reconstruire le capitalisme national&#034; est un projet strat&#233;gique du gouvernement qu'approuvent naturellement les financiers et les industriels. Mais cet objectif est &#233;galement soutenu par plusieurs intellectuels, qui n'expliquent pas en quoi la recomposition d'un syst&#232;me qui accable le peuple b&#233;n&#233;ficierait &#224; la majorit&#233;. Le capitalisme - dans son versant extr&#234;me du n&#233;o-lib&#233;ralisme - est la cause de la trag&#233;die sociale dont souffre l'Argentine. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les porte-parole du progressisme &#233;vitent cette caract&#233;risation et estiment qu'un &#034;autre capitalisme&#034; s'av&#233;rera utile si on arrive &#224; &#034;recr&#233;er une v&#233;ritable bourgeoisie nationale&#034;. C'est pourquoi ils opposent &#224; l'actuel mod&#232;le bourgeois d'accumulation celui en vigueur entre les ann&#233;es 1950 et 1970. Mais l'establishment actuel n'est-il pas h&#233;ritier de la bourgeoisie pr&#233;c&#233;dente ? La discontinuit&#233; est-elle tellement significative entre les deux groupes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Membres, composition et nationalit&#233;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le terme &#034;bourgeoisie nationale&#034; est utilis&#233; pour d&#233;crire les grands propri&#233;taires locaux des moyens de production, cette d&#233;nomination d&#233;peint la classe capitaliste pass&#233;e et actuelle. Cette classe forme un bloc compos&#233; de diff&#233;rentes fractions qui manient les ressorts de l'&#233;conomie. Certaines politiques &#233;conomiques favorisent l'h&#233;g&#233;monie d'un certain segment aux d&#233;pens d'un autre, mais cette supr&#233;matie n'est jamais d&#233;finitive. Si la convertibilit&#233; (peso-dollars), par exemple, b&#233;n&#233;ficie aux groupes li&#233;s aux privatisations et &#224; l'endettement public, la d&#233;valuation a aid&#233; les secteurs qui exportent ou substituent les importations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition du bloc dominant a chang&#233; au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, mais les d&#233;veloppements et les d&#233;clins des entreprises ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s au sein du m&#234;me tissu patronal. Quelques entreprises ont maintenu leurs positions (Perez Companc, Pescarmona, Loma Negra), d'autres ont perdu du poids (FATE) et certaines ont cr&#251; rapidement (Macri, Arcor, Roggio).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association avec des groupes &#233;trangers et la fuite de capitaux &#224; l'ext&#233;rieur ont aussi modifi&#233; la nationalit&#233; de beaucoup d'entreprises. Mais ces deux processus n'ont pas alt&#233;r&#233; le caract&#232;re territorial local de la bourgeoisie. L'Argentine constitue la base des op&#233;rations et la principale source de profits pour la majorit&#233; des entreprises. Bien qu'elles maintiennent hors du pays plus de 80.000 millions de dollars, elles ont tendance &#224; faire entrer et expatrier cycliquement des fonds en fonction de la rentabilit&#233;. Pendant la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 90, elles ont r&#233;introduit de l'argent pour participer aux privatisations. Durant le quinquennat suivant, elles ont vendu des actifs et se sont enfuies avec les devises. Elles rapatrient actuellement &#224; nouveau des fonds pour acqu&#233;rir des biens d&#233;valoris&#233;s par la d&#233;valuation et revaloris&#233;s avec la relance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fluctuations confirment que le pays se situe au centre de leurs affaires. Bien qu'elles investissent dans d'autres r&#233;gions (Am&#233;rique latine, Asie Centrale) et qu'elles se sont li&#233;es avec des partenaires &#233;trangers (Techint), la majorit&#233; des entreprises n'est pas engag&#233;e dans des processus de fusion continentale (comme en Europe), et ne se limite pas non plus &#224; &#234;tre des gestionnaires ou commissionnaires d'activit&#233;s financi&#232;res (comme dans les Cara&#239;bes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes locaux ont perdu des positions face aux entreprises &#233;trang&#232;res sur le march&#233; domestique. [2] Ils partagent avec les capitalistes &#233;trangers les b&#233;n&#233;fices tir&#233;s de l'exploitation des travailleurs et agissent sous la m&#234;me supervision du FMI que les entreprises internationales. Mais ce recul &#233;conomique et cet entrelacement politique ont seulement affaibli la pr&#233;sence de la bourgeoisie nationale, qui est tr&#232;s loin d'avoir disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Oligarchie&#034; et &#034;conscience de classe&#034; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs analystes [3] consid&#232;rent que le bloc dominant forme une &#034;nouvelle oligarchie&#034;. Mais ce vieux terme - qui &#233;tait utilis&#233; pour d&#233;crire les grands propri&#233;taires fonciers - n'est pas applicable aux groupes &#233;conomiques actuels. Ces secteurs ne sont pas des rentiers passifs, et n'&#233;chappent pas &#224; la concurrence des investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain qu'ils pr&#233;sentent un comportement &#034;aventureux&#034;. Mais cette conduite n'est pas incompatible avec leur appartenance &#224; la bourgeoisie nationale, puisque ce groupe a toujours inclus des mafieux et des membres de l'&#233;lite institutionnelle. D'autre part, le &#034;chef d'entreprise responsable&#034; conna&#238;t un net recul partout dans le monde, comme le prouvent les r&#233;cents &#233;pisodes de Enron ou de Parmalat. La &#034;diversification&#034; des affaires ne constitue pas non plus une caract&#233;ristique oligarchique, puisque alterner des activit&#233;s en fonction du profit est une fa&#231;on courante de compenser les risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs d'entreprise locaux ont une pr&#233;dilection pour la &#034;valorisation financi&#232;re&#034;. Toutefois, cette inclination n'est pas id&#233;ologique, ni ne r&#233;fute leur appartenance &#224; la bourgeoisie. Habituellement l'option sp&#233;culative (1985-89 ou 1998-2002) pr&#233;c&#232;de ou suit les &#233;tapes compl&#233;mentaires d'augmntation des investissements dans le secteur industriel (1990-95 ou depuis 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re de &#034;pr&#233;bende&#034; ne situe pas ce groupe hors de l'univers de la bourgeoisie nationale, parce que la d&#233;pendance des subventions publiques n'est pas une particularit&#233; des trois derni&#232;res d&#233;cennies. L'Etat a parrain&#233; de mani&#232;re successive depuis l'apr&#232;s-guerre, la substitution d'importations, le protectionnisme de d&#233;veloppement, les &#034;promotions industrielles&#034; et les &#034;plans de comp&#233;titivit&#233;&#034;. Ce m&#233;canisme a particip&#233; &#224; l'&#233;mergence et &#224; la permanence de la classe capitaliste argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres analystes [4] estiment que les chefs d'entreprise locaux &#034;ne sont pas bourgeois, ni nationaux&#034;, parce qu' &#034;ils ont manqu&#233; de conscience de classe&#034; en vendant leurs usines &#224; des &#034;parvenus financiers ou &#224; des &#233;trangers&#034;. Mais ont-ils r&#233;cup&#233;r&#233; ces convictions chaque fois qu'ils ont r&#233;investi des capitaux pour faire des affaires dans le pays ? Cet attribut ne peut pas se dissiper et r&#233;appara&#238;tre avec une telle fr&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le param&#232;tre objectif de la propri&#233;t&#233; est plus ad&#233;quat pour d&#233;finir une classe dominante que les interpr&#233;tations subjectives de ses conduites. Mais en adoptant, y compris ce second crit&#232;re, il saute aux yeux que les capitalistes locaux ont toujours agi en d&#233;fendant leurs propres int&#233;r&#234;ts. Ils l'ont fait en pariant sur la dictature et tous les gouvernements suivants. Que le r&#233;sultat de cette politique ait &#233;t&#233; d&#233;favorable compar&#233; &#224; d'autres bourgeoisies nationales (Chili, Br&#233;sil, Cor&#233;e du Sud), ce n'est pas le produit de l'&#034;inconscience de classe&#034;, mais de la concurrence. Pour que certains capitalistes avancent sur le march&#233; mondial, d'autres doivent n&#233;cessairement reculer et la bourgeoisie argentine s'est trouv&#233;e plac&#233;e - durant les derni&#232;res d&#233;cennies - dans le camp des perdants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Territoires et projets &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition de la &#034;bourgeoisie nationale&#034; est une conclusion fr&#233;quemment expos&#233;e par les th&#233;oriciens de l'empire. Ils supposent que la &#034;d&#233;territorialit&#233; du pouvoir&#034; a pouss&#233; les classes capitalistes p&#233;riph&#233;riques &#224; s'int&#233;grer &#224; une nouvelle domination transnationale, se substituant &#224; la vieille rivalit&#233; entre des puissances. [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quel &#233;pisode contemporain illustre ce r&#232;gne d'un empire supranational ? Par exemple : les troupes nord-am&#233;ricaines occupent-elles l'Irak au service du &#034;capital universel&#034; ou des entreprises yankees qui rivalisent avec des entreprises europ&#233;ennes ? L'univers transnational homog&#232;ne est aussi imaginaire que la dissolution des classes capitalistes centrales et p&#233;riph&#233;riques dans un groupe indistinct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que plusieurs soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines contr&#244;lent des secteurs clef de l'&#233;conomie argentine, aucun chef d'entreprise national n'a de l'influence sur le processus productif &#233;tats-unien. Il est vrai que la comp&#233;tition a chang&#233; et que les alliances sont tr&#232;s diff&#233;rentes de l'entre-deux guerres, mais ces accords continuent &#224; s'&#233;tablir sous le commandement d'appareils &#233;tatiques tr&#232;s diff&#233;renci&#233;s. Une lutte entre des associations transversales du type &#034;Perez Companc-Exxon contre Technit-Texaco&#034; est pure fantaisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incessante domination imp&#233;rialiste recr&#233;e, d'autre part, des chocs fr&#233;quents entre les multinationales et les bourgeoisies p&#233;riph&#233;riques. Le conflit autour de l'ALCA (Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques) est un des exemples le plus r&#233;cent de cette lutte. Si les capitalistes du Tiers Monde avaient disparu, la divergence en mati&#232;re de tarifs douaniers qui oppose les exportateurs am&#233;ricains aux industriels locaux n'existerait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant d'une conception compl&#232;tement diff&#233;rente, un autre analyste identifie l'extinction des bourgeoisies d&#233;pendantes par l'absence &#034;de projets nationaux&#034; comparables &#224; l'industrialisation de substitution de l'apr&#232;s-guerre. [6] Mais l'abandon indubitable de ce programme indique seulement que l'avance de l'internationalisation a modifi&#233; les priorit&#233;s des capitalistes p&#233;riph&#233;riques, sans provoquer leur d&#233;c&#232;s comme groupe social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le capitalisme mondial se d&#233;veloppe au moyen de polarisations, d'in&#233;galit&#233;s et de ruptures r&#233;gionales, les essais d'autonomie nationale tendent &#224; r&#233;appara&#238;tre p&#233;riodiquement. Dans les ann&#233;es 90, ces exp&#233;riences ont perdu du poids en Am&#233;rique latine, mais pas dans les &#233;conomies asiatiques. Et comme les classes dominantes n'ont pas &#233;t&#233; pleinement assimil&#233;es par la recolonisation, les &#034;projets nationaux&#034; ressuscitent aussi en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'exp&#233;rience d'un si&#232;cle indique que ces tentatives apparaissent, &#233;chouent, ressurgissent et se d&#233;composent &#224; nouveau. Cette dynamique refl&#232;te la faiblesse structurelle et le comportement oscillant des bourgeoisies nationales, qui sont pouss&#233;es &#224; chercher &#224; se soulager de leur situation marginale sur le march&#233; mondial. L'incompr&#233;hension de cette contradiction conduit &#224; deux erreurs sym&#233;triques : sur&#233;valuer la force de cette classe dans les p&#233;riodes d'euphorie et imaginer son extinction dans les p&#233;riodes de repli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dilemmes et options &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corollaire logique de toutes les interpr&#233;tations de la &#034;fin de la bourgeoisie nationale&#034; devrait &#234;tre la non-viabilit&#233; de tout programme de capitalisme national - p&#233;riph&#233;rique. Toutefois tr&#232;s peu de d&#233;fenseurs de cette th&#232;se arrivent &#224; cette conclusion. Au contraire, la majorit&#233; d'entre eux proposent de remplacer le mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral par une sorte de mod&#232;le de &#034;capitalisme r&#233;gul&#233;&#034;. Mais si le sujet central de ce mode de production a disparu : qui commanderait ce syst&#232;me et qui s'approprierait ses b&#233;n&#233;fices ? Tout au plus une bureaucratie pourrait g&#233;rer ce r&#233;gime, mais un capitalisme national sans chef d'entreprises locaux est un contresens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison tous les gouvernements qui promeuvent effectivement ce type de projet renforcent les classes bourgeoises d&#233;j&#224; constitu&#233;es. Dans le cas argentin, loin de fantasmer avec la cr&#233;ation d'une autre bourgeoisie, Kirchner fortifie les capitalistes existants. Les heureux &#233;lus de cette politique sont les b&#233;n&#233;ficiaires connus de l'&#233;tatisation de la dette et des subventions &#233;tatiques. Pour masquer cet appui &#224; l'ensemble de la bourgeoisie, le pr&#233;sident entame p&#233;riodiquement un certain &#233;change de feu verbal avec des groupes discr&#233;dit&#233;s. (Macri [7], les entreprises privatis&#233;es, AFJP [8])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ignorent cette r&#233;alit&#233; en attendant la mythologique &#233;mergence d'une &#034;autre bourgeoisie&#034; devraient aussi consid&#233;rer un autre probl&#232;me : quel sens cela a t-il de contribuer &#224; la construction d'une classe exploiteuse ? Il est logique que les banquiers et les industriels aillent dans ce sens. Mais les intellectuels qui partagent les aspirations populaires ne devraient-ils pas parier sur une alternative des travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es constituent un exemple concret de ce dilemme, parce que leurs vieux propri&#233;taires ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par les ouvriers eux-m&#234;mes. Quels devraient &#234;tre les prochains pas ? Restituer les entreprises aux familles Zan&#243;n ou Brukman ou les livrer &#224; un autre produit de la bourgeoisie nationale ? Les travailleurs ont opt&#233; pour un chemin beaucoup plus juste : avancer dans la gestation de formes de propri&#233;t&#233; et d'administration non capitalistes. Cette direction tend &#224; retourner la traditionnelle d&#233;l&#233;gation du pouvoir aux classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent on a fait valoir que cette derni&#232;re subordination &#233;tait n&#233;cessaire dans un pays d&#233;pendant touch&#233; par &#034;la contradiction principale entre l'imp&#233;rialisme et la nation&#034; et caract&#233;ris&#233; par une opposition entre &#034;la bourgeoisie nationale et le r&#233;trograde capital &#233;tranger&#034;. Mais dans ce raisonnement - qui id&#233;alise le patronat local et dissout les antagonismes sociaux - les expectatives se sont bas&#233;es sur Alfons&#237;n, Menem et de la R&#250;a, (anciens pr&#233;sidents argentins) qui ont bloqu&#233; le d&#233;veloppement d'une option r&#233;elle de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui au projet capitaliste de Kirchner, qui est souvent justifi&#233; en pariant sur l'&#233;volution du sch&#233;ma &#233;conomique actuel vers un mod&#232;le plus g&#233;n&#233;reux, conduit aujourd'hui &#224; cette m&#234;me frustration. Personne ne peut pr&#233;sager quelle sera la direction finale du gouvernement, mais l'exp&#233;rience enseigne qu'un appui politique de ce type encercle le mouvement populaire, l'emp&#234;che de d&#233;velopper sa propre option du pouvoir et pousse la gauche vers l'autodestruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture est propice pour imposer des conqu&#234;tes sociales et politiques et pour avancer par un chemin ind&#233;pendant. Avec Kirchner, les classes dominantes ont recompos&#233; la stabilit&#233; politique et la croissance &#233;conomique, mais n'ont pas r&#233;cup&#233;r&#233; le contr&#244;le social, ni ont d&#233;samorc&#233; la protestation populaire. La r&#233;surgence de la mobilisation a plac&#233; le gouvernement dans une position d&#233;fensive de temporisation. Ni les menaces r&#233;pressives, ni la d&#233;l&#233;gitimation officielle de l'occupation de la rue ont frein&#233; la lutte sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport au mouvement &#034; piquetero &#034;, un mouvement de masses combatif, qui pourrait rassembler dans une m&#234;me action les ch&#244;meurs et les travailleurs actifs, se profile. L'acte extraordinaire du 20 d&#233;cembre dernier indique - que pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies - se d&#233;veloppe un processus populaire qui &#233;chappe au contr&#244;le du justicialisme (p&#233;ronisme) et qui jouit d'une implantation visible &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les expressions - tant partisanes que &#034; inorganiques &#034; - de cette franche politique ont progress&#233; en nombre (de manifestants), en acquis sociaux (entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es) et en conqu&#234;tes organisatrices (&#233;lections universitaires). Et bien que ces progr&#232;s ne r&#233;solvent pas la question &#233;lectorale en suspens, cet &#233;cueil pourrait commencer &#224; &#234;tre d&#233;pass&#233; durant la prochaine p&#233;riode. Mais la v&#233;ritable avance de la gauche requiert une d&#233;finition strat&#233;gique d'opposition au &#034;capitalisme national&#034;, parce que notre projet est l'&#233;galit&#233;, la libert&#233; et l'&#233;mancipation, c'est-&#224;-dire le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 f&#233;vrier 2004&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cette revendication a &#233;t&#233; &#224; plusieurs reprises expos&#233;e par les directeurs de l'Union industrielle et de l'Association de Banques et par diff&#233;rents politiciens (Miguel Bonaso) et intellectuels (Jos&#233; Nun). &lt;br class='autobr' /&gt;
[2] La participation nationale dans la production des 500 plus grandes entreprises a diminu&#233; &#224; 20.6%. (Clarin, 02-10-03 / La Nacion, 9-11-03) &lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Verbistky Horacio. &#034;Estampillas&#034;. Pagina 12, 23-11-03 &lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Wainfeld Mario. P&#224;gina 12, 7-12-03 &lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Telle est l'opinion connue de Tony Negri. &#034;L'Argentine ne sait pas que faire avec sa bourgeoisie&#034;. Clarin, 26-10-03. &lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Cette vision est celle de Samir Amin. &#034;Le dur monde capitaliste apr&#232;s le capitalisme&#034; Pagina 12, 10-08-03. &#034;J'ai &#233;t&#233; et continue d'&#234;tre communiste&#034;. Rebelion, 27-0-03. &lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Le Groupe Macri est le typique groupe capitaliste argentin qui b&#233;n&#233;ficie beaucoup des subsides de l'Etat. (N.d.T.) &lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Les AFJP sont les administratrices priv&#233;es des pensions (fonds de pension) qui se sont form&#233;es apr&#232;s la privatisation du syst&#232;me public pr&#233;visionnel des pensions. (N.d.T.)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'espagnol pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Correction : Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que. &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;http://www.netforsys.com/claudiokatz&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.netforsys.com/claudiokatz&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> RECOMPOSITION DU SYST&#200;ME POLITIQUE ARGENTIN</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/RECOMPOSITION-DU-SYSTEME-POLITIQUE-ARGENTIN</link>
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		<dc:date>2003-10-27T03:36:17Z</dc:date>
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		<dc:creator>Claudio Katz</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

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&lt;p&gt;par Claudio Katz &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous comparons le cadre politique actuel avec le paysage de concerts de casseroles, piquets et mobilisations qui r&#233;gnait l'an pass&#233;, il est &#233;vident que la classe dominante a r&#233;ussi &#224; reconstruire ses m&#233;canismes de domination. Du &#034;que se vayan todos&#034; (&#034;qu'ils s'en aillent tous&#034;) nous sommes pass&#233;s &#224; un &#034;retour de la majorit&#233;&#034;. Il y a des visages nouveaux dans les vieux partis, mais les Ruckauf, Reuteman et plusieurs gouverneurs sont aussi revenus. Apr&#232;s le sommet de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par Claudio Katz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous comparons le cadre politique actuel avec le paysage de concerts de casseroles, piquets et mobilisations qui r&#233;gnait l'an pass&#233;, il est &#233;vident que la classe dominante a r&#233;ussi &#224; reconstruire ses m&#233;canismes de domination. Du &#034;que se vayan todos&#034; (&#034;qu'ils s'en aillent tous&#034;) nous sommes pass&#233;s &#224; un &#034;retour de la majorit&#233;&#034;. Il y a des visages nouveaux dans les vieux partis, mais les Ruckauf, Reuteman et plusieurs gouverneurs sont aussi revenus. Apr&#232;s le sommet de la r&#233;bellion populaire enregistr&#233; lors des meurtres du Pont Pueyrred&#243;n [1], les propri&#233;taires du pouvoir ont r&#233;ussi &#224; dissoudre la r&#233;volte, en faisant appel aux m&#234;mes m&#233;canismes &#233;lectoraux, d'assistance et discursifs, qu'ils ont utilis&#233;s dans le pass&#233; pour faire taire les protestations. C'est pourquoi, les responsables de la trag&#233;die sociale ont d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; la panique de la r&#233;volte, la terreur des piquets et f&#234;tent avec soulagement la r&#233;adaptation du syst&#232;me politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Duhalde [le pr&#233;sident pr&#233;c&#233;dent, N.d.T.] qui a seulement maintenu sur pied un r&#233;gime branlant, Kirchner a r&#233;ussi &#224; stabiliser le syst&#232;me, en orchestrant des mesures qui canalisent les demandes populaires, et, en m&#234;me temps, recomposent les institutions mises en question par la mobilisation de la rue. L'objectif primordial de ses initiatives est de transformer le repli temporaire de la lutte en un reflux g&#233;n&#233;ral. Pour y parvenir, il &#233;lude la r&#233;pression mais fait taire les revendications et isole les secteurs les plus combatifs, en cherchant l'usure de la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement essaye d'induire la r&#233;signation de la population face &#224; la mis&#232;re. Il cherche &#224; ce que les &#233;pargnants oublient l'argent confisqu&#233;, que les ch&#244;meurs s'habituent &#224; la mendicit&#233;, que les travailleurs supportent le suremploi et que la jeunesse d&#233;moralis&#233;e abandonne les rues. Kirchner d&#233;sactive m&#234;me les espoirs existants dans son propre gouvernement qui peuvent d&#233;river sous forme de revendications sociales concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la population adopte une attitude passive et attende des solutions sans recourir &#224; la lutte, Kirchner m&#232;ne &#224; bien une politique qui inclut certaines concessions et beaucoup de gestes camouflent la continuit&#233; du mod&#232;le capitaliste qui a appauvri la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconstruction d'un syst&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La priorit&#233; de Kirchner est de reconstruire les piliers du r&#233;gime politique qui ont &#233;clat&#233; en d&#233;cembre 2001 [ &#224; l'occasion de l'Argentinazo, N.d.T.]. Sans cette recomposition, il n'est pas possible de recr&#233;er le contexte dont la classe capitaliste a besoin pour pr&#233;server ses privil&#232;ges et ses profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;tablir l'autorit&#233; de l'&#201;tat, Kirchner a commenc&#233; &#224; d&#233;vier vers les vieux tortionnaires le rejet populaire des politiciens, banquiers et chefs d'entreprise, responsables de la catastrophe sociale. C'est pourquoi il a r&#233;ouvert les proc&#232;s et a promu le retour de Videla et d'Astiz [des anciens tortionnaires de la dictature, N.d.T.] dans des cellules dor&#233;es et prot&#233;g&#233;es de l'extradition. Comme l' &#171; Ob&#233;issance Due &#187; et la &#171; Gr&#226;ce &#187; [2] n'ont pas pu casser l'exigence d&#233;mocratique d'une punition des r&#233;presseurs, Kirchner essaye de calmer l'irritation de la population envers un syst&#232;me qui depuis 25 ans garantit l'impunit&#233; des criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ouverture des proc&#232;s marque aussi la reconstruction du prestige de l'Arm&#233;e et facilite sa participation aux op&#233;rations que supervise le Pentagone. Sans faire le nettoyage parmi les hauts grad&#233;s militaires [3], il n'est pas possible de recr&#233;er une certaine approbation pour des actions qui incluent la pr&#233;sence de &#034;Marines&#034; dans le pays. Kirchner a essay&#233; d'&#233;viter la mise en cause d'un exercice conjoint avec les occupants de l'Irak, en centrant les objections sur l'op&#233;ration Aguila III sur le degr&#233; d'impunit&#233; qu'auraient les Etats-uniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;novation des dirigeants de la police poursuit le m&#234;me objectif de reconstruction &#233;tatique. Ici, Kirchner essaye de contenir la &#034;colombianisation&#034; du pays, parce que le pouvoir criminel de la Bonaerense [Police de la province de Buenos Aires, N.d.T.]) et de ses associ&#233;s menacent la capacit&#233; des forces r&#233;pressives &#224; maintenir les privil&#232;ges des classes dominantes. Sans nettoyer l'image de la Police, il s'av&#232;re tr&#232;s difficile d'utiliser les gendarmes contre les mobilisations populaires et expulser &#224; nouveau les piqueteros des rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;habiliter les institutions du r&#233;gime, le gouvernement a entam&#233; aussi la r&#233;novation de la Cour supr&#234;me, l'emprisonnement de Maria Julia Alsogaray [ex-ministre du pr&#233;sident Carlos Menem, Nd.T.] et le d&#233;placement de Barrionuevo, parce que depuis le 20 d&#233;cembre 2001 [4], on ne peut plus justifier la mis&#232;re en &#233;talant la richesse. Pour que le retrait&#233; accepte de survivre avec 200 pesos, il faut exhiber &#224; nouveau quelques corrompus dans les prisons VIP qu'ont utilis&#233;es Alderete ou Cavallo. M&#234;me pour une action hautement symbolique de recomposition de l'&#201;tat (la confection de nouvelles cartes d'identit&#233;), le pr&#233;sident Kirshner fait deux poids deux mesures : il annule un contrat m&#233;n&#233;miste, mais cr&#233;e une banque de donn&#233;es compatible avec celle du FBI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Double discours sur tous les fronts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour canaliser les demandes populaires et reconstituer simultan&#233;ment le r&#233;gime, Kirchner d&#233;charge toute la responsabilit&#233; de l'effondrement &#233;conomique et social sur certains groupes (sur les entreprises privatis&#233;es aux mains de transnationales europ&#233;ennes, sur Macri [5] sur l'Administration du Fond des Pensions et Retraites (AFJP) et en sanctifie d'autres (exportateurs, industriels et banques locales), comme s'ils &#233;taient innocents de ce qui s'&#233;tait produit pendant la d&#233;cennie pass&#233;e. Avec cette diff&#233;renciation, il d&#233;guise la pr&#233;sence d'ex-m&#233;n&#233;mistes (Scioli, Beliz) dans son gouvernement et cache son propre pass&#233; comme gouverneur du Parti justicialiste [p&#233;roniste, N.d.T.] et acteur &#224; part enti&#232;re de la privatisation de YPF [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cherch&#233; &#224; r&#233;sister &#224; sa faible l&#233;gitimit&#233; &#233;lectorale initiale par des gestes de diff&#233;renciation politique. Il dialogue avec les organisations piqueteras et calme les conflits sociaux pour se d&#233;marquer de l'autoritarisme de Duhalde ; il d&#233;voile un agenda hyperactif pour se d&#233;marquer de l'inutilit&#233; de De la R&#250;a, et surtout, il remet en question le &#034;mod&#232;le des ann&#233;es 90&#034; pour se pr&#233;senter comme l'antith&#232;se de Menem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il dispose d'un climat favorable, qui, en grande partie, ob&#233;it &#224; l'absence d'espoirs pr&#233;alables. Il jouit ainsi d'un &#034;&#233;tat de gr&#226;ce&#034; prolong&#233; parce que contrairement &#224; ses pr&#233;d&#233;cesseurs, il n'est pas oblig&#233; de r&#233;pondre aux promesses de campagne. Il est arriv&#233; au gouvernement sans jamais dire ce qu'il ferait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en outre, dans le nouveau contexte anti-lib&#233;ral de l'Am&#233;rique latine, Kirchner cherche &#224; recr&#233;er l'adh&#233;sion populaire, en reprenant le double discours traditionnel des politiciens justicialistes. Il invite Fidel et adopte quelques positions de Ch&#225;vez, mais ne prend pas la d&#233;cision de renouveler le syst&#232;me politique interne, ni de faire face &#224; Bush. Au contraire, il a mis de l'eau dans le vin de sa relation avec l'occupant de l'Irak, qui inclut l'approbation de la loi des brevets exig&#233;e par les laboratoires &#233;tasuniens et la p&#233;nalisation des cr&#233;anciers priv&#233;s qui ne disposent pas de la faveur du FMI. Il encourage la pr&#233;sence d'entreprises &#233;tasuniennes pour compenser l'h&#233;g&#233;monie des Europ&#233;ens dans la gestion des services publics privatis&#233;s et accepte de n&#233;gocier l'ALCA [Zone de Libre &#201;change des Am&#233;riques, N.d.T.] sans la compagnie des Br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En suivant l'exemple de Lula, Kirchner a incorpor&#233; des figures progressistes dans les secteurs de grande visibilit&#233; (culture, &#233;ducation, droits humains) pour maintenir invariablement l'ajustement &#233;conomique. Mais comme la crise a d&#233;j&#224; produit son effet d&#233;vastateur et a abouti &#224; un cycle de reprise, l'homme de Santa Cruz [Province de la Patagonie, N.d.T.] dispose d'une plus grande vari&#233;t&#233; d'options que son homologue br&#233;silien pour pr&#233;server cette direction. Comme perspective, Kirchner parie sur l'obtention d'une recomposition du syst&#232;me qui lui permettrait ult&#233;rieurement d'essayer une certaine forme de gestion multi-partisane. Son mod&#232;le est celui de Lagos [le pr&#233;sident chilien, N.d.T.] et la concertation qu'a d&#233;velopp&#233;e la bourgeoisie chilienne pour jouir d'un plus grand niveau de stabilit&#233; que dans le reste de l'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulagements imm&#233;diats et d&#233;s&#233;quilibres en vue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats des &#233;lections illustrent le caract&#232;re partiel de la reconstitution du r&#233;gime. Le justicialisme a largement gagn&#233; les &#233;lections et le &#034;voto bronca&#034; [les votes nuls et blancs, N.d.T.] s'est d&#233;compos&#233;, mais le p&#233;ronisme est moribond dans la Capitale, le vote blanc a obtenu la seconde place &#224; Buenos Aires et un pourcentage tr&#232;s &#233;lev&#233; &#224; Cordoba. En outre, le gouvernement de la Province de Santa Fe s'est maintenu par une frauduleuse &#171; loi de lemas &#187;. [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la l&#233;g&#232;re hausse de l'UCR [L'Union civique radicale des anciens pr&#233;sident Alfons&#237;n et De la R&#250;a, N.d.T.] ne compense pas la furieuse racl&#233;e subie par Moreau et Caram-Artaza, il est tr&#232;s peu probable que le bipartisme ressuscite. L'ARI [Afirmaci&#243;n por una Rep&#250;blica Igualitaria, N.d.T.] est maintenu en course, mais a perdu des d&#233;put&#233;s et ne repr&#233;sente plus une alternative nationale. La droite n&#233;o-lib&#233;rale non plus ne se profile pas comme une option de gouvernement apr&#232;s le recul de Lopez Murphy [Ricardo Lopez Murphy est un ex-fonctionnaire de la derni&#232;re dictature. Il a rassembl&#233; 16% aux derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles, N.d.T.] et la d&#233;faite de Macri, et le m&#233;n&#233;misme cherche un caudillo [leader] pour freiner sa d&#233;cadence. En r&#233;sum&#233; : le syst&#232;me politique a fonctionn&#233; &#224; nouveau mais de mani&#232;re inconsistante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de solution de rechange &#224; l'h&#233;g&#233;monie justicialiste (majorit&#233; dans les deux chambres et dans les gouvernements de province) pourrait aggraver cette fragilit&#233;, parce que, traditionnellement, les conflits pour le pouvoir ont perdu le contr&#244;le quand la vie politique argentine est rest&#233;e r&#233;duite &#224; &#034;une grande primaire p&#233;roniste&#034;. &#201;tant donn&#233; les ant&#233;c&#233;dents, les divergences entre Kirchner et Scioli ou Duhalde effraient les fabricants d'opinion de l'establishment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce quatri&#232;me retour du p&#233;ronisme au gouvernement est tr&#232;s diff&#233;rent des pr&#233;c&#233;dents. Le nationalisme des ann&#233;es 50, la Jeunesse P&#233;roniste (JP) radicalis&#233;e des ann&#233;es 70 et aussi les illusions ing&#233;nues qu'a r&#233;veill&#233;es Menem n'existent plus. Le justicialisme est actuellement un appareil de &#171; chefaillons &#187; de quartier, orphelin de l'enthousiasme populaire et Kirchner sait qu'il ne peut pas seulement administrer avec le verticalisme du Parti justicialiste, ni non plus avec les concertations qui ont domin&#233; au moment l'Alliance. C'est pourquoi il cherche &#224; combiner le justicialisme avec la transversalit&#233; vers le centre-gauche, c'est-&#224;-dire partager l'appareil avec Duhalde et d&#233;cider avec Ibarra ou Binner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident remet &#224; flot la tentative p&#233;roniste r&#233;formatrice des ann&#233;es 80 (Cafiero) et aussi le projet d'att&#233;nuer le r&#233;gime pr&#233;sidentiel avec un plus grand contrepoids parlementaire (&#034;Chacho&#034; Alvarez). Mais s'il amoindrit la gestion unipersonnelle pour stabiliser le syst&#232;me, il perdra les attributions du &#034;gouvernement par d&#233;cret&#034; dont il a besoin pour mettre en oeuvre l'ajustement d&#233;cid&#233; avec le FMI. C'est pourquoi il est tr&#232;s peu probable qu'il avance vers le parlementarisme. La consolidation de Kirchner d&#233;pend d'une consolidation de la reprise qui ne sera pas simple, malgr&#233; la hausse cyclique qu'enregistre l'&#233;conomie apr&#232;s quatre ann&#233;es de r&#233;cession. L'effondrement du pouvoir d'achat a cr&#233;&#233; des limites inexistantes dans le pass&#233; pour recr&#233;er, par exemple, une p&#233;riode &#233;quivalente &#224; celle de la convertibilit&#233; entre le peso et le dollar [les ann&#233;es 90, N.d.T.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le renforcement de Kirchner s'appuie avant tout sur le repli de la lutte. Si au lieu de normaliser la mis&#232;re, les travailleurs et les ch&#244;meurs reprennent la r&#233;sistance, le gouvernement affrontera une perspective qui ne cadre pas avec ses plans actuels. Les porte-parole de l'establishment reconnaissent au pr&#233;sident sa capacit&#233; &#224; d&#233;sactiver la protestation sociale et c'est d&#233;j&#224; pourquoi ils ne se m&#233;fient pas de son &#034;gauchisme&#034;. Mais ce qu'ont compris les hommes du Capital, les courants progressistes ne l'ont toujours pas compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aveuglement progressiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs variantes populiste et centro-gauchiste, tous les courants du progressisme approuvent la gestion de Kirchner. Le premier secteur fantasme sur un retour au &#171; camporisme &#187; [8], en oubliant que &#171; le flaco &#187; (le maigre) de la JP [Jeunesse P&#233;roniste, N.d.T.] gouverne au service de la transnationale YPF-Repsol depuis de nombreuses ann&#233;es. Pour la m&#234;me raison que Lula s'est &#233;loign&#233; de Salvador Allende, Kirchner s'est &#233;loign&#233; de la &#034;Patrie socialiste&#034;. Le pr&#233;sident peut &#233;blouir avec sa l&#233;g&#232;ret&#233; les nostalgiques des ann&#233;es 70, mais il s'est comport&#233; comme un fonctionnaire du syst&#232;me. Loin d'agir comme porte-parole du 20 d&#233;cembre 2001, il cherche &#224; diluer les exigences de cette r&#233;bellion. Les &#233;loges de Bush devraient dissiper les analogies que certains &#233;tablissent avec Ch&#225;vez (M.Bonasso), &#224; moins qu'on ne d&#233;couvre dans l'envahisseur de l'Irak un nouvel alli&#233; du pays contre le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirchner est &#034;transversal&#034; mais appartient au Parti justicialiste et pactise avec Duhalde. Ceux qui supposent qu' &#034;il n'est pas p&#233;roniste&#034; (JP Feinman), ne remarquent pas son soutien actif pour que Ruckauf entre au Congr&#232;s. Cet appui a affect&#233; y compris directement les inconditionnels du gouvernement (D'&#203;lia) qui ont form&#233; des listes autonomes de celles du parrain Duhalde. On affirme que le pr&#233;sident &#034;a besoin de tisser des alliances&#034;, comme si ces accommodements &#233;taient obligatoires et que les pr&#233;bendes &#233;taient devenues acceptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les courants progressistes de centre-gauche tra&#238;ne encore l'&#233;chec de l'Alliance et soutient Kirchner avec davantage de m&#233;fiance (E.Carrio). Mais il n' y a pas d'autre alternative, parce que, comme la classe dominante, ils sont arriv&#233;s &#224; la conclusion que &#034;l'on peut seulement gouvernement avec le p&#233;ronisme&#034; (B.Sarlo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Moindre mal&#034; et r&#233;signation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirchner est tr&#232;s diff&#233;rent de Menem, parce qu'aucun politicien n'est &#233;gal &#224; un autre. Mais ces divergences ne justifient pas l'appui que lui offre les milieux progressistes. Les D&#233;mocrates &#233;tasuniens sont diff&#233;rents des R&#233;publicains, les Uruguayens rouges diff&#232;rent des blancs et le radicalisme n'est pas analogue au p&#233;ronisme. Mais ces options constituent des variantes d'un m&#234;me r&#233;gime d'oppression et c'est pourquoi Alfonsin, Menem, De la R&#250;a et Duhalde se sont diff&#233;renci&#233;s seulement par le type d'&#233;preuves qu'ils ont impos&#233; au peuple. En outre, fr&#233;quemment, le candidat progressiste provoque une frustration plus grande, comme le d&#233;montrent Mitterrand, Blair ou Felipe Gonzalez. Ces gouvernements se sont charg&#233;s de mettre en oeuvre les mesures anti-populaires que les conservateurs ne pouvaient pas appliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On affirme que Kirchner &#034;freine l'avance de la droite&#034;, sans remarquer combien des gens de droite l'entourent dans le gouvernement. Mais, en outre, cette caract&#233;ristique pr&#233;sente une image grossie du danger r&#233;pressif, qui est toujours latent mais qui n'est pas une menace imminente dans la conjoncture actuelle. La r&#233;bellion populaire cantonn&#233;e &#224; la d&#233;fense des r&#233;presseurs qui ont perdu deux batailles : l'&#233;tat de si&#232;ge et la provocation du Pont Pueyerred&#243;n. Les artisans de ces agressions n'ont pas &#233;t&#233; Patti, Riche, Macri, ni Lopez Murphy, mais De la R&#250;a et Duhalde, c'est-&#224;-dire deux membres du syst&#232;me que reconstruit actuellement Kirchner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;fendent simplement le pr&#233;sident comme &#034;le moindre mal&#034;, sans rappeler que cette m&#234;me attitude a conduit &#224; soutenir le radicalisme et l'Alliance. Quand le peuple donne sa confiance aux responsables de ses malheurs, le &#034;moindre mal&#034; se transforme en un &#034;mal majeur&#034;, parce qu'on oublie qu'obtenir des conqu&#234;tes exige de batailler contre tous les maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus regrettable dans l'appui de beaucoup d'intellectuels progressistes au gouvernement est la perte du sens critique. Ils se sont laiss&#233;s entra&#238;ner par la publicit&#233; officielle, ils dissimulent la r&#233;alit&#233; et d&#233;fendent le statu quo. Et cette conduite dans l'Argentine d'aujourd'hui revient &#224; confirmer politiquement la mis&#232;re et le g&#233;nocide social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Il s'agit des meurtres de Dar&#237;o Santill&#225;n et de Maximiliano Kosteki, deux piqueteros assassin&#233;s par les forces de l'ordre &#224; l'occasion d'une journ&#233;e de protestation sur le Pont Pueyrred&#243;n, &#224; Buenos Aires. (N.d.T)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Kirchner a soutenu la nullit&#233; des Lois &#171; d'Od&#233;issance due &#187; et de &#171; Punto Final &#187; - ensemble de lois prot&#233;geant les responsables de la dictature - qui formaient la base de l'impunit&#233;. (N.d.T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Kirchner a d&#233;boulonn&#233; les hautes autorit&#233;s militaires et polici&#232;res. (N.d.T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] jour de l'explosion populaire connue sous le nom d'Argentinazo. (N.d.T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] M&#233;n&#233;miste, Maurico Macri est un puissant chef d'entreprise argentin (N.d.T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] la soci&#233;t&#233; nationale p&#233;troli&#232;re rachet&#233;e par la transnationale espagnol REPSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Un parti ou une alliance -une lema- peut pr&#233;senter plusieurs candidats, en &#233;vitant de faire des &#233;lections internes et peut les transformer au deuxi&#232;me tour en candidat d'un m&#234;me parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] H&#233;ctor Jos&#233; C&#225;mpora fut &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du pays en 1973. Cette &#233;lection symbolise le retour du p&#233;ronisme au gouvernement. Camora d&#233;missionna quelques mois plus tard pour laisser la place &#224; Peron, qui &#233;tait interdit de s&#233;jour. Durant sa br&#232;ve administration, de tr&#232;s nombreux conflits ont &#233;clat&#233; entre diff&#233;rents courants du &#171; p&#233;ronisme &#187;. (N.d.T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claudio Katz, est &#233;conomiste, professeur de l'UBA, chercheur au Conicet. Membre de l'EDI (&#201;conomistes de Gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons expos&#233; notre analyse de la situation &#233;conomique dans &#034;Le mod&#232;le est encore sur pied&#034; (septembre 2003), Rapport au IIIe Colloque latino-am&#233;ricain d'&#201;conomistes Politiques publi&#233; dans Inprecor Am&#233;rique latine - n&#176;15 - 22.sept.2003, par Claudio Katz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vive la lutte des travailleuses et des travailleurs de l'usine textile Brukman !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Vive-la-lutte-des-travailleuses-et-des-travailleurs-de-l-usine-textile-Brukman</link>
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		<dc:date>2003-04-27T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 21 de ce mois, l'&#201;tat argentin et son gouvernement ont r&#233;prim&#233; sauvagement 53 ouvri&#232;res et ouvriers du textile et pr&#232;s de 7 000 personnes qui se sont mobilis&#233;es et entour&#233;es l'usine par solidarit&#233; et apporter leur soutien &#224; sa reprise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvri&#232;res et les ouvriers du textile de la Brukman ont occup&#233; l'usine depuis dix-sept mois devant son abandon par les patrons. Depuis de moment jusqu'&#224; maintenant, ils l'ont g&#233;r&#233; sous leur contr&#244;le ;`ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; les clients, pay&#233; les dettes aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 21 de ce mois, l'&#201;tat argentin et son gouvernement ont r&#233;prim&#233; sauvagement 53 ouvri&#232;res et ouvriers du textile et pr&#232;s de 7 000 personnes qui se sont mobilis&#233;es et entour&#233;es l'usine par solidarit&#233; et apporter leur soutien &#224; sa reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvri&#232;res et les ouvriers du textile de la Brukman ont occup&#233; l'usine depuis dix-sept mois devant son abandon par les patrons. Depuis de moment jusqu'&#224; maintenant, ils l'ont g&#233;r&#233; sous leur contr&#244;le ;`ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; les clients, pay&#233; les dettes aux services publics impay&#233;s par les patrons, r&#233;par&#233; les machines et les ont remises en marche. En un an et demi, ils sont devenus un symbole de la dignit&#233; et de la r&#233;cup&#233;ration des fruits de leur travail, comme presque 150 autres entreprises reprises par leurs travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de la cour qui ordonnait l'expulsion dit textuellement : &#171; il n'y a pas de supr&#233;matie de la vie et de l'int&#233;grit&#233; physique sur les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison v&#233;ritable de l'ampleur de la r&#233;pression parce que les travailleurs et les travailleuses pour d&#233;fendre les fruits de leur travail, menac&#233;es par la profondeur de la crise capitaliste en Argentine, s'&#233;taient attaqu&#233;s au sacro-saint principe de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses et les travailleurs des usines occup&#233;es en Argentine d&#233;montrent tous les jours que les entreprises peuvent fonctionner sans les patrons et qu'eux ne peuvent les faire fonctionner sans les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Quatri&#232;me Internationale exprime sa condamnation la plus &#233;nergique de l'expulsion et de la r&#233;pression qui s'est abattue sur les travailleuses et les travailleurs textile de la Brukman d'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Quatri&#232;me Internationale lance un appel &#224; toutes les organisations syndicales de diff&#233;rents pays afin qu'elles expriment leur solidarit&#233; de classe et d&#233;veloppent un mouvement d'appui aux travailleuses et travailleurs de l'entreprise Textile Brukman d' Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la lutte des travailleuses et des travailleurs de l'usine textile Brukman !&lt;br /&gt;
Solidarit&#233; avec les usines occup&#233;es d'Argentine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 avril 2003&lt;br /&gt;
Bureau Ex&#233;cutif de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Solidarit&#233; avec les travailleuses et les travailleurs de Brukman !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Solidarite-avec-les-travailleuses-et-les-travailleurs-de-Brukman</link>
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		<dc:date>2003-04-21T17:10:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Camarades, &lt;br class='autobr' /&gt;
Buenos Aires, le 18 avril 2003 &lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi matin, le 18 avril, 300 policiers fortement arm&#233;s ont expuls&#233; violemment les travailleuses et les travailleurs de l'usine textile Brukman qui &#233;tait sous gestion ouvri&#232;re depuis le 18 d&#233;cembre 2001. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; la police et l'infanterie entouraient l'usine, les travailleuses et les travailleurs de Brukman en liaison avec les militantEs des assembl&#233;es populaires, des mouvements des piqueteros et repr&#233;sentantEs &#233;lus des partis politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camarades,&lt;br /&gt;
Buenos Aires, le 18 avril 2003&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi matin, le 18 avril, 300 policiers fortement arm&#233;s ont expuls&#233; violemment les travailleuses et les travailleurs de l'usine textile Brukman qui &#233;tait sous gestion ouvri&#232;re depuis le 18 d&#233;cembre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la police et l'infanterie entouraient l'usine, les travailleuses et les travailleurs de Brukman en liaison avec les militantEs des assembl&#233;es populaires, des mouvements des piqueteros et repr&#233;sentantEs &#233;lus des partis politiques de gauche se sont rencontr&#233;s face aux barri&#232;res polici&#232;res pour d&#233;noncer l'expulsion et pour exiger la remise de l'usine aux travailleuses et aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion de Brukman s'inscrit dans une intensification de la politique r&#233;pressive au cours de la semaine derni&#232;re o&#249; on a tent&#233; de vider l'usine Zanon occup&#233;, on a emprisonn&#233; des piqueteros de la localit&#233; de General Mosconi et on a vid&#233; diff&#233;rentes assembl&#233;es populaires. &#192; moins de dix jours des &#233;lections nationales, le pouvoir tente de d&#233;manteler les exp&#233;riences de r&#233;sistance et d'auto-organisation populaires qui sont n&#233;es dans l'effervescence des journ&#233;es (19 et 20) de d&#233;cembre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;non&#231;ons la responsabilit&#233; du gouvernement national du pr&#233;sident Duhalde et du gouvernement de la ville de Buenos Aires dans cette offensive r&#233;pressive et dans l'expulsion de Brukman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons une solidarit&#233; internationale active contre l'expulsion de l'usine Brukman et l'escalade de la r&#233;pression en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour envoyer un message de Solidarit&#233; aux travailleurs et travailleuses de Brukman&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;mailto:Virgate@hotmail.com&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;Virgate@hotmail.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour envoyer des messages de d&#233;nonciation de l'expulsion et de l'intimidation polici&#232;re, &#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presidencia de la Nacion :presidencia@presidencia.net.ar&lt;br /&gt;
.&lt;br /&gt;
Ministerio del Interior : &lt;a href=&#034;mailto:secretariaprivada@mininterior.gov.ar&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;secretariaprivada@mininterior.gov.ar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non &#224; l'expulsion de Brukman ! &lt;br /&gt;
&#192; bas la r&#233;pression !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jose A. Seonae (Coordinador Obserbatorio Social de America Latina)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise argentine</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-crise-argentine</link>
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		<dc:date>2002-12-30T21:12:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>ZLEA</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Carlos Ares* &lt;br class='autobr' /&gt; Cet article met en relief deux facettes de la crise argentine comme de toutes les crises brutales du capitalisme : l'une, l'enrichissement d'une couche tr&#232;s limit&#233;e de la soci&#233;t&#233;, sa volont&#233; effr&#233;n&#233;e de s&#233;curiser ses gains en les pla&#231;ant dans des pays imp&#233;rialistes du centre ; l'autre, l'emballement de la paup&#233;risation, avec son expression la plus brutale : la faim. - R&#233;d. &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a plus d'une vache et d'un mouton par habitant. Et la r&#233;colte de c&#233;r&#233;ales atteint des niveaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Argentine-" rel="directory"&gt;Argentine &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-ZLEA-+" rel="tag"&gt;ZLEA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Argentine-16-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Carlos Ares* &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article met en relief deux facettes de la crise argentine comme de toutes les crises brutales du capitalisme : l'une, l'enrichissement d'une couche tr&#232;s limit&#233;e de la soci&#233;t&#233;, sa volont&#233; effr&#233;n&#233;e de s&#233;curiser ses gains en les pla&#231;ant dans des pays imp&#233;rialistes du centre ; l'autre, l'emballement de la paup&#233;risation, avec son expression la plus brutale : la faim. - R&#233;d. &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus d'une vache et d'un mouton par habitant. Et la r&#233;colte de c&#233;r&#233;ales atteint des niveaux historiques et d&#233;pass&#233; celle du soja. L'Argentine est toujours un pays o&#249; la l&#233;gende dit : &#171; Tu lances une pierre et le sol te donne un fruit savoureux. &#187; Toutefois, selon une blague populaire corrosive, pour compenser de telles faveurs de la nature, au dernier moment Dieu a &#233;parpill&#233; dans chaque endroit du territoire quelques Argentins. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'interrogation est la suivante : comment se fait-il que dans un tel pays des enfants meurent de faim, une grande partie de la r&#233;ponse peut &#234;tre trouv&#233;e dans un rapport publi&#233; cette semaine par la revue Veintitr&#232;s (Vingt-trois) qui est &#233;dit&#233; &#224; Buenos Aires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lesdits propri&#233;taires de l'Argentine, un ensemble de 1500 entrepreneurs et personnages socialement de premier relief pour leur activit&#233;, ont d&#233;pos&#233; en dehors du pays 3 milliards de dollars entre mai et d&#233;cembre 2001, soit quelques mois avant que l'ex-ministre des Finances Domingo Cavallo d&#233;cida de mettre en place le &lt;i&gt;corralito&lt;/i&gt;[le blocage de l'&#233;pargne en dollars et sa d&#233;valuation] sur les fonds d'&#233;pargne [que l'on peut retirer par tranches maximales] et sur les placements &#224; terme de 10 ans. Les inspecteurs du fisc ont pu prouver que 200 parmi ses 1500 n'avaient en aucune mesure enregistr&#233; leurs transferts bancaires ni leurs revenus dans leurs d&#233;clarations fiscales. Dans le &lt;i&gt;corralito&lt;/i&gt;sont rest&#233;s coinc&#233;s les petits &#233;pargnants : 93% d'entre eux disposant de petits d&#233;p&#244;ts &#224; hauteur de 50'000 dollars ou moins. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste &#233;labor&#233;e par la revue &lt;i&gt;Veintitres&lt;/i&gt;inclut les plus hauts responsables des banques qui ont confisqu&#233; les d&#233;p&#244;ts des &#233;pargnants ; des journalistes qui consid&#232;rent &#171; &#233;thiquement inacceptable la fuite de capitaux &#187; ; l'ex-ministre de l'Economie de la dictature militaire, Jos&#233; Alfredo Martinez de Hoz ; Jos&#233; Luis Machinea, un ancien dirigeant de l'Alliance au pouvoir, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvait Fernando de La Rua ; le n&#233;gociateur de la dette ext&#233;rieure du gouvernement De La Rua, Daniel Marx ; des vedettes de la t&#233;l&#233;vision et des grands entrepreneurs qui ont r&#233;clam&#233; la pesification de leur dette [la conversion de leur dette en dollars en pesos d&#233;valu&#233;s] apr&#232;s que, en janvier 2001, a &#233;t&#233; supprim&#233; la Loi de convertibilit&#233; qui imposait la parit&#233; dollar-peso [1 peso = 1 dollar], cela depuis 1991 ; suite &#224; l'&#233;limination de cette loi, le peso a &#233;t&#233; d&#233;valu&#233; : il faut plus de 3 pesos pour obtenir 1 dollar. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Maria Candioti, actuel ministre de l'Economie de Sante Fe, province o&#249; le ch&#244;mage est tr&#232;s &#233;lev&#233; et le taux de mortalit&#233; infantile aussi, a admis avoir transf&#233;r&#233; quelques &#171; montants &#233;pargn&#233;s &#187; en direction des Etats-Unis, au cours de 2001. Mais il a d&#233;clar&#233; qu'il ne s'agissait pas d'une somme avoisinant le million. Or, la documentation r&#233;unie par la Commission d'enqu&#234;te sur les fuites de capitaux de la Chambre des d&#233;put&#233;s a d&#233;montr&#233; que Candioti a transf&#233;r&#233; aux Etats-Unis 1,083327 million de dollars. Les analystes &#233;conomiques calculent qu'une minorit&#233; d'Argentins poss&#232;de quelque 160 milliards de dollars d&#233;pos&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur. La dette publique du pays s'&#233;l&#232;ve &#224; 135 milliards et le PIB &#224; quelque 120 milliards. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journaliste qui a conduit l'enqu&#234;te a rompu son contrat de collaboration, il y a deux semaines, avec le quotidien &lt;i&gt;Pagina 12&lt;/i&gt;[quotidien consid&#233;r&#233; de gauche ou centre gauche], lorsque, au dernier moment, la direction du journal a d&#233;cid&#233; de ne pas publier la s&#233;rie d'articles [qui seront publi&#233;s dans l'hebdomadaire &lt;i&gt;Veintitres&lt;/i&gt;], qui &#233;tait planifi&#233;e, et cela pour des raisons qui ne furent jamais donn&#233;es et clarifi&#233;es pour le journaliste. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;put&#233;e de l'ARI (Alternative pour une r&#233;publique des &#233;gaux) Graciela Ocana, membre de la commission parlementaire cr&#233;&#233;e sp&#233;cifiquement pour &#233;tudier la fuite des capitaux, a confirm&#233; &#224; &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;[quotidien de l'Etat espagnol] la v&#233;racit&#233; des informations diffus&#233;es. Elle a affirm&#233; : &#171; Les banques refusent toujours de donner plus d'indications et il n'a pas &#233;t&#233; possible de compl&#233;ter les recoupements avec les d&#233;clarations fiscales li&#233;es aux comptes bancaires. Mais on peut assurer que, m&#234;me si quelques transferts ont eu un aspect l&#233;gal, ils &#233;taient clairement immoraux. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Tucuman, 59 enfants continuent &#224; &#234;tre, maintenant, sur la liste d'attente de la mort. Or, Tucuman est &#171; le jardin de la r&#233;publique &#187;. C'est la province la plus petite du pays avec 22'524 km2 et 1,3 million d'habitants. Elle est situ&#233;e &#224; 1250 km au nord de Buenos Aires. Le taux de ch&#244;mage est de 20% et la mortalit&#233; infantile de 21,2 pour mille. La ville de Tucuman se profile comme une ville ayant une haute qualit&#233; d'enseignement dans son universit&#233; publique ; les ing&#233;nieurs sp&#233;cialis&#233;s dans l'industrie sucri&#232;re sont de premier niveau ; et c'est une r&#233;gion qui est parmi les premi&#232;res productrices de citrons du monde. &lt;br /&gt;
Quand l'ann&#233;e 2002 prend fin, &#224; une moyenne de 3 par jour - si l'on tient compte de toutes les pathologies li&#233;es &#224; la d&#233;nutrition -, plus de 1000 enfants n'auront plus que la peau sur les os, sans que les m&#233;decins et les infirmi&#232;res qui se trouvent au pied des lits des h&#244;pitaux, 12 &#224; 15 heures par jour, pour des salaires se situant entre 100 et 300 euros par mois [de 150 &#224; 450 francs], puissent faire plus qu'ils ne le font pour chercher &#224; &#233;viter le drame. Le Front contre la pauvret&#233; (Frenapo), qui int&#232;gre la CTA [Centrale des travailleurs argentins - organisation syndicale de gauche, mais ayant maintenu des liens avec le p&#233;ronisme], les Grands-M&#232;res de la place de Mai et d'autres organisations sociales, estime que plus de 50 enfants meurent quotidiennement dans tout le pays &#224; cause de la faim. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Nicolas Shumway, directeur des &#233;tudes latino-am&#233;ricaines &#224; l'Universit&#233; de Tejas (Austin, Etats-Unis), observe, dans son &#233;tude intitul&#233;e &#171; L'invention de l'Argentine &#187;, que d&#232;s les premiers jours de son ind&#233;pendance, d&#233;clar&#233;e le 9 juillet 1816 &#224; Tucuman pr&#233;cis&#233;ement, la soci&#233;t&#233; argentine &#171; paraissait avoir &#233;t&#233; construite sur une faille sismique &#187;. D'un c&#244;t&#233; de la faille se situe l'&#233;lite cosmopolite bas&#233;e &#224; Buenos Aires, &#171; partisane du terme d&#233;mocratie &#187;, mais dispos&#233;e &#224; appuyer l'autoritarisme pour contenir les classes d'en bas. De l'autre c&#244;t&#233;, il place les leaders messianiques, &#171; comme Juan Domingo Peron et Evita Peron &#187;, h&#233;ritiers des propri&#233;taires terriens et des chefs au profil tr&#232;s personnalis&#233; des provinces. Selon Shumway, &#171; aucune institution argentine n'a d&#233;pass&#233; les mouvements violents et impr&#233;visibles de cette faille sismique et l'existence de cette derni&#232;re explique en grande partie l'instabilit&#233; permanente du pays &#187;. L'&#233;crivain argentin Luis Maggi consid&#232;re, lui, que la raison ultime de la crise argentine r&#233;side dans le fait que &#171; dans ce pays il y a la plus haute densit&#233; de fils de pute [formule caract&#233;ristique avec laquelle sont qualifi&#233;s les politiciens argentins] par km2 du monde &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt; Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; dans &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;, 24 novembre 2002, &#233;dition de Buenos Aires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(tir&#233; du site &#192; l'encontre) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;es d'action et de d&#233;sob&#233;issance sociale mondiale en solidarit&#233; avec la r&#233;volte populaire en Argentine et en hommage &#224; la cr&#233;ation d'alternatives &#224; la dictature des march&#233;s</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Journees-d-action-et-de-desobeissance-sociale-mondiale-en-solidarite-avec-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Journees-d-action-et-de-desobeissance-sociale-mondiale-en-solidarite-avec-la</guid>
		<dc:date>2002-12-27T19:41:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A Buenos Aires une effervescence incomparable se fait sentir. Voici quelques informations. &lt;br class='autobr' /&gt; Le jeudi 19 d&#233;cembre, a Buenos Aires, s'organise un piquet de gr&#232;ve urbain qui a pour but de cr&#233;er une zone libre du capitalisme dans le centre financier de la ville ainsi que de bloquer les activit&#233;s des groupes financiers Microsoft, IBM, Telecom, Merryl Lynch, Bank Boston, et Standards &amp; Poor. &lt;br class='autobr' /&gt; En m&#234;me temps de toutes les provinces, des colonnes de participants d'une pluralit&#233; de mouvements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Buenos Aires une effervescence incomparable se fait sentir. Voici quelques informations. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 19 d&#233;cembre, a Buenos Aires, s'organise un piquet de gr&#232;ve urbain qui a pour but de cr&#233;er une zone libre du capitalisme dans le centre financier de la ville ainsi que de bloquer les activit&#233;s des groupes financiers Microsoft, IBM, Telecom, Merryl Lynch, Bank Boston, et Standards &amp; Poor. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps de toutes les provinces, des colonnes de participants d'une pluralit&#233; de mouvements de ch&#244;meurs convergent vers Buenos Aires afin de s'y regrouper vendredi 20 d&#233;cembre dans une grande action de rejet du gouvernement ainsi qu'un appel a la solidification du mouvement populaire et a l'&#233;mergence d'un gouvernement des travailleurs. &lt;br /&gt;
Appel &#224; tous les groupes, collectifs politiques et mouvements sociaux du monde 19, 20 et 21 d&#233;cembre 2002 &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journ&#233;es d'action et de d&#233;sob&#233;issance sociale mondiale en solidarit&#233; avec la r&#233;volte populaire en Argentine et en hommage &#224; la cr&#233;ation d'alternatives &#224; la dictature des march&#233;s &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Argentine sombre dans une crise financi&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent, une r&#233;volte populaire inspirante s'est &#233;tendue &#224; tout le pays. Un mouvement continu a surgi, transformant le pays en un laboratoire vivant de lutte, un espace o&#249; les politiques du futur sont r&#233;invent&#233;es. La r&#233;volte explosa le 20 d&#233;cembre 2001, lorsque plus d'un million de personnes pris les rues en faisant r&#233;sonner ses casseroles et renversa le gouvernement. Cette ann&#233;e, les 20 et 21 d&#233;cembre, des personnes, en Argentine et sur toute la plan&#232;te, appellent &#224; des Journ&#233;es d'Action mondiale, pour d&#233;montrer que ceux qui construisent des alternatives &#224; la dictature des march&#233;s ne sont pas seuls. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du mouvement des &#034;piqueteros&#034;, ch&#244;meurs qui bloquent les routes et construisent des projets communautaires dans leurs quartiers, aux assembl&#233;es de quartiers horizontales qui se sont constitu&#233;es spontan&#233;ment dans les villes. Des &#034;ahorristas&#034;, &#233;pargnants furieux qui attaquent quotidiennement les banques en r&#233;clamant leur argent, au &#034;Trueque&#034;, r&#233;seau de troc que plus de sept millions de personnes utilisent en lieu et place de l'argent. Des ouvriers qui pratiquent aujourd'hui l'autogestion dans les nombreuses usines occup&#233;es, aux &#233;tudiants du secondaire qui occupent leurs &#233;coles en revendiquant une r&#233;duction sur les transports en commun. Dans un esprit d'autonomie, la c&#233;l&#233;bration de la diversit&#233; et la pratique de la d&#233;mocratie directe deviennent visibles en Argentine. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les classes sociales sont unies par le slogan &#034;Que se vayan todos&#034;,&#034;Qu'ils s'en aillent tous&#034;, qui signifie que la classe politique dans son ensemble doit quitter la sc&#232;ne, chaque homme politique de chaque ! parti, la cour supr&#234;me, le fonds mon&#233;taire international, les entreprises multinationales, les banques,... tous doivent s'en aller pour que les personnes puissent d&#233;cider pour elles-m&#234;mes le destin de leur &#233;conomie en d&#233;route. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontant une pauvret&#233; croissante et l'effondrement &#233;conomique total, le peuple argentin a trouv&#233; assez d'espoir pour continuer &#224; r&#233;sister et a g&#233;n&#233;r&#233; la cr&#233;ativit&#233; n&#233;cessaire pour commencer &#224; construire des alternatives pratiques &#224; l'horreur du capitalisme. &lt;br /&gt;
De l'Angola au N&#233;pal, de la Bolivie &#224; la Turquie, les m&#234;mes br&#232;ches apparaissent dans la &#034;logique&#034; n&#233;olib&#233;rale et les personnes r&#233;sistent alors que les &#233;conomies volent en &#233;clats, min&#233;es de surcro&#238;t par la dette ext&#233;rieure. Une douzaine de pays sont potentiellement en passe de devenir &#034;la prochaine Argentine&#034;, certains d'entre eux beaucoup plus proches de nous que nous ne l'imaginons. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; r&#233;sister mais aussi &#224; trouver des mani&#232;res de reconstruire nos soci&#233;t&#233;s apr&#232;s que la crise &#233;conomique et &#233;cologique ait frapp&#233;. Si la r&#233;volte argentine triomphe, cela montrerait au monde que les gens peuvent non seulement survivre &#224; une crise &#233;conomique s&#233;v&#232;re mais aussi en sortir beaucoup plus forts et heureux de lutter pour de nouvelles formes de vie. &lt;br /&gt;
(&#8230;) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les objectifs de la Journ&#233;e d'Action mondiale sont de : &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Montrer que le mouvement des mouvements contre le capitalisme peut d&#233;passer la seule insurrection et marcher vers une vraie r&#233;volution sociale. Une r&#233;volution sociale faite de mille r&#233;volutions, dans lesquelles les personnes protestent contre ce qu'elles ne veulent pas mais aussi construisent la vie qu'elles d&#233;sirent et se pr&#233;parent &#224; la d&#233;fendre. Et l'Argentine en est un exemple. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Construire un r&#233;seau puissant de solidarit&#233; avec l'Argentine. Les mouvements argentins courent le risque de s'isoler ; sans la s&#233;curit&#233; et l'inspiration mutuelle de la solidarit&#233; internationale, ils subiront certainement plus de r&#233;pression. Bien que nombre de personnes du mouvement des mouvements aient d&#233;clar&#233; de par le monde &#034;Merci pour l'Argentine !&#034;, bien que cela ait renforc&#233; notre espoir dans les jours obscurs qui ont suivi le 11 septembre 2001, la majorit&#233; des gens dans les rues de l'Argentine n'a pas la moindre id&#233;e de l'optimisme qu'elle a propag&#233;. En voyant les mouvements sociaux du monde agir de concert en solidarit&#233; avec sa lutte, le peuple argentin renforcera sans aucun doute son engagement pour continuer le combat. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Apprendre des succ&#232;s de l'Argentine et appliquer ces recettes dans la construction de nos propres espaces autonomes, assembl&#233;es de quartiers, syst&#232;mes &#233;conomiques alternatifs, lieux de travail autog&#233;r&#233;s, etc. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Transmettre aux mouvements sociaux du monde entier, les histoires et l'information relatives aux mouvements argentins. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contexte &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cri de &#034;que se vayan todos&#034; (&#034;qu'ils s'en aillent tous&#034;), cette ann&#233;e, s'est accompli au cours de ces douze mois, sous des formes diverses, s'attaquant au coeur de tous les probl&#232;mes dont souffre le pays. C'est ainsi qu'assambl&#233;es populaires, piqueteros, fabriques r&#233;cuper&#233;es sont devenues des mots faisant partie de la vie quotidienne de milliers de personnes. Sans aucun doute, ce fut une ann&#233;e intense, qui restera dans l'histoire et que tout le mouvement devra d&#233;battre pour continuer d'avancer. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme toute bonne ann&#233;e, se pr&#233;parent pour la fin d'ann&#233;e des dizaines de mobilisations et actions. Pour le 19 d&#233;cembre, se pr&#233;pare un &#034;piquete urbano&#034; (un piquet urbain, sorte de bloquage des acc&#232;s au centre financier de Buenos Aires) dans le coeur de la cit&#233; de Buenos Aires, et dans des dizaines de quartiers, se r&#233;alisent des actions decentralis&#233;es qui pourraient confluer vers une grande mobilisation. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 20 d&#233;cembre, une mobilisation, qui part le 15 d&#233;cembre de tout le pays, culmira a la Plaza de Mayo, au m&#234;me moment que se r&#233;aliseront des mobilisations dans tout le pays(voir pour plus d'infos sur l'ensemble des mobilisations pr&#233;vues pour ces jours la sur &lt;a href=&#034;http://www.argentina.indymedia.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.argentina.indymedia.org&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pr&#233;parent &#233;galement des actions de solidarit&#233; au peuple argentin dans une dizaine de pays, dans le cadre d'un v&#233;ritable journ&#233;e d'action internationale. En &#233;crivant ces lignes, des dizaines d'actions sont encore en train de s'organiser. Pour suivre jour apr&#232;s jour les diff&#233;rentes mobilisations propos&#233;es, vous pouvez consulter &lt;a href=&#034;http:///&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.argentina.indymedia.org&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La faim exige une nouvelle r&#233;bellion</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-faim-exige-une-nouvelle-rebellion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-faim-exige-une-nouvelle-rebellion</guid>
		<dc:date>2002-12-27T17:50:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>ZLEA</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a un an, le 20 d&#233;cembre 2001, se produisait en Argentine une &#171; pueblada &#187;, un soul&#232;vement populaire, une r&#233;bellion. Le gouvernement du radical De la Rua - un parti bourgeois qui historiquement a capt&#233; les votes des classes moyennes - a &#233;t&#233; renvers&#233; par la rue. Certes, les man&#250;uvres des p&#233;ronistes (Parti justicialiste) avaient affaibli ce gouvernement d'Alliance. Il fut pr&#233;sent&#233; comme un gouvernement de gauche par la social-d&#233;mocratie et ses alli&#233;s staliniens en Europe, lors de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a un an, le 20 d&#233;cembre 2001, se produisait en Argentine une &#171; pueblada &#187;, un soul&#232;vement populaire, une r&#233;bellion. Le gouvernement du radical De la Rua - un parti bourgeois qui historiquement a capt&#233; les votes des classes moyennes - a &#233;t&#233; renvers&#233; par la rue. Certes, les man&#250;uvres des p&#233;ronistes (Parti justicialiste) avaient affaibli ce gouvernement d'Alliance. Il fut pr&#233;sent&#233; comme un gouvernement de gauche par la social-d&#233;mocratie et ses alli&#233;s staliniens en Europe, lors de son intronisation en d&#233;cembre 1999. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'illusion du premier monde au quart monde &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion populaire, nourrie depuis plusieurs ann&#233;es par des luttes de divers secteurs sociaux (entre autres les ch&#244;meuses et ch&#244;meurs connus sous le nom de &lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;), visait simultan&#233;ment le gouvernement, l'ensemble des institutions politiques et les effets sociaux mortif&#232;res des politiques n&#233;o-conservatrices, clairement accentu&#233;es depuis les gouvernements de Carlos Menem (de 1989 &#224; 1999). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de l'Argentine a &#233;t&#233; &#171; parfaitement &#187; ajust&#233;e - selon le FMI et la Banque mondiale - aux besoins des groupes financiers et industriels imp&#233;rialistes (&#233;tats-uniens, espagnols, fran&#231;ais, italiens, suisses) et &#224; ceux de leurs partenaires argentins repr&#233;sent&#233;s par une oligarchie restreinte. Il est significatif, &#224; ce propos, que 65% des capitaux des 500 principales entreprises d'Argentine soient contr&#244;l&#233;s par des firmes imp&#233;rialistes et que ces entreprises concentrent dans leurs mains 70% du commerce ext&#233;rieur. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, toute la politique de Menem, puis de De la Rua a consist&#233; &#224; forger un mod&#232;le d'&#233;conomie de plus en plus exportatrice. Et cela pour, d'une part, disposer des devises (dollars) n&#233;cessaires pour payer une dette ext&#233;rieure et int&#233;rieure en croissance permanente et, d'autre part, pour offrir le maximum de gains &#224; la coalition de firmes transnationales, &#224; l'oligarchie financi&#232;res argentine (les Macri, Soldati, Eurenkian...) et aux seigneurs de l'agro-exportation. Cette coalition s'est s'empar&#233;e, &#224; l'occasion des privatisations, de segments entiers de l'&#233;conomie. Un chiffre l'illustre : l'emprise des capitaux imp&#233;rialistes dans les 500 grandes firmes a pass&#233; de 45% en 1993 &#224; 65% en d&#233;cembre 2001. Le capital rentier, transnational et national, a capt&#233; la richesse produite en Argentine. Le prix en a &#233;t&#233; pay&#233; par une surexploitation intensifi&#233;e des travailleuses et travailleurs, par une d&#233;sindustrialisation renforc&#233;e (les firmes issues des ann&#233;es 1950, 60, d&#233;but 70 attach&#233;es au march&#233; int&#233;rieur) et par une paup&#233;risation qui cro&#238;tra parall&#232;lement &#224; la mont&#233;e du ch&#244;mage. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promesses d'un Menem selon lesquelles l'Argentine allait &lt;i&gt;&#171; entrer dans le premier monde &#187; &lt;/i&gt;se sont sold&#233;es par la chute de ce pays et de la majorit&#233; de sa population dans le quart monde. L'ancrage, d&#232;s 1992, dans la Constitution de la parit&#233; dollar-peso, effectu&#233; sous la houlette du ministre de l'Economie Domingo Cavallo, n'est pas &#224; l'origine de la brutale crise argentine. Cette parit&#233; sera un instrument visant &#224; faciliter les op&#233;rations massives de privatisation (du syst&#232;me de retraite public en passant par le p&#233;trole jusqu'&#224; la gestion de l'eau, les t&#233;l&#233;communications, les transports, etc.) et &#224; donner toutes les garanties aux cr&#233;anciers rentiers et aux investisseurs qu'ils pourraient rapatrier, sans perte de change, la plus-value ratiss&#233;e sur le dos des travailleuses et travailleurs argentins. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un coup d'Etat &#233;conomique &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le soul&#232;vement de d&#233;cembre 2001 - bien que le mot d'ordre politique le plus ressenti soit celui-ci : &lt;i&gt;&#171; Que todos se vayan &#187;&lt;/i&gt; (Que tous s'en aillent) -, le FMI et le gouvernement du p&#233;roniste Eduardo Duhalde ont soumis l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; argentines &#224; un v&#233;ritable coup d'Etat &#233;conomique. L'un de ses buts, non explicit&#233; : t&#233;taniser la population, la contraindre &#224; utiliser son &#233;nergie pour survivre, d&#233;sorganiser les rangs de celles et ceux engag&#233;s dans les assembl&#233;es populaires, dans les organisations de ch&#244;meurs et les mouvements visant &#224; r&#233;cup&#233;rer l'&#233;pargne bloqu&#233;e par les banques (&lt;i&gt;corralito&lt;/i&gt; : le petit enclos). Les d&#233;tenteurs d'importantes sommes plac&#233;es &#224; terme, d'un c&#244;t&#233;, avaient fait sortir les capitaux avant l'explosion de la r&#233;bellion et, de l'autre, ont continu&#233; &#224; le faire, en enjambant les d&#233;crets du &lt;i&gt;corralito&lt;/i&gt;. Ainsi, de juin 2001 &#224; juin 2002, en pleine crise financi&#232;re, le secteur priv&#233; a fait sortir 22,3 milliards de dollars et seuls 3,8 milliards (en grande partie r&#233;sultat des exportations) sont rest&#233;s dans le circuit interne de l'&#233;conomie argentine. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de ce coup d'Etat &#233;conomique sont ais&#233;s &#224; d&#233;crire : la faim ronge quotidiennement de plus en plus d'enfants et d'adultes. Dans un pays qui a le potentiel de produire dix fois l'&#233;quivalent de sa consommation de biens alimentaires annuels, combattre la faim est devenu une pr&#233;occupation pour plus de 50% de ses 37 millions d'habitants, qui vivent en dessous de la ligne de pauvret&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois enfants meurent tous les jours des cons&#233;quences de la d&#233;nutrition, selon les chiffres de l'ONG Save the Children. Dans le nord du pays, 44% des habitants de Jujuy et 30% de ceux de Tucuman manquent de l'essentiel pour vivre. Pourtant, 56 millions de t&#234;tes de b&#233;tails sont recens&#233;es en Argentine et la production de viande s'&#233;l&#232;ve &#224; 2,45 millions de tonnes. Mais viande et bl&#233; sont export&#233;s sur le march&#233; mondial en dollars. Et les revenus de ces exportations sont tr&#232;s largement recycl&#233;s sur les places financi&#232;res internationales, entre autres helv&#233;tique. Lorsque les biens alimentaires sont vendus sur le march&#233; interne argentin, ils le sont &#224; partir de leur prix en dollars, alors que le peso a &#233;t&#233; fortement d&#233;valu&#233; (3,6 pesos pour 1 dollar), ce qui les rend inachetables pour une partie de plus en plus grande de la population. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des quatre derniers mois, 5 millions de citoyennes et citoyens argentins ont grossi les rangs des pauvres et 3 millions ceux des indigents, c'est-&#224;-dire ceux qui ne peuvent acqu&#233;rir le minimum de biens alimentaires pour atteindre le niveau calorique de base d&#233;termin&#233; par l'OMS (Organisation mondiale de la sant&#233;). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'INDEC, en fin 2002, 65% de la population sera &#171; comptabilis&#233;e &#187; parmi les pauvres. Et, sur les 37 millions, 11 millions seront des indigents. Une partie importante des classes moyennes a &#233;t&#233; projet&#233;e dans la pauvret&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de sant&#233; - malgr&#233; le degr&#233; &#233;lev&#233; de qualifications des m&#233;decins, des infirmi&#232;res, des soignants en g&#233;n&#233;ral - ne dispose plus de ressources aussi &#233;l&#233;mentaires que des gants, des cath&#233;ters, des moyens de st&#233;riliser les instruments, etc. Les m&#233;dicaments sont hors de prix, &#224; tel point que beaucoup doivent choisir entre manger ou acheter un m&#233;dicament ! &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la r&#233;alit&#233; quotidienne provoqu&#233;e par une crise capitaliste - &#224; la 1929-30 pour faire une comparaison avec celle qui frappa les Etats-Unis ou l'Europe - qui se d&#233;cha&#238;ne dans un pays de la p&#233;riph&#233;rie, un pays subordonn&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme. Et les repr&#233;sentants de ces imp&#233;rialismes, am&#233;ricain ou des pays europ&#233;ens, continuent &#224; exiger le paiement de la dette - alors que l'Argentine est en situation de d&#233;faut -, &#224; combattre pour obtenir des augmentations tarifaires dans les secteurs dits de service public contr&#244;l&#233;s par les transnationales et &#224; refuser tout rattrapage salarial face &#224; une croissance des prix des biens de base de plus de 40%. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, la guerre de la classe dominante et des bourgeoisies imp&#233;rialistes contre la population exprime la brutalit&#233; des m&#233;canismes d'un syst&#232;me qui ne conna&#238;t qu'un imp&#233;ratif : d&#233;fendre bec et ongles la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et chercher, en pleine crise socio-&#233;conomique, &#224; assurer au maximum le transfert de richesses des pauvres vers les riches. La corruption des milieux politiques n'est que l'expression parasitaire de ce m&#233;canisme qui impose ses contraintes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;bellion qui invente ses moyens de combat &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un tel contexte que le peuple argentin a d&#251; et doit faire face &#224; une crise politique et socio-&#233;conomique. Or, si depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 (manifestations et gr&#232;ves contre les privatisations, premi&#232;res &#171; pueblada &#187; &#224; Santiago del Estero en d&#233;cembre 1993) des luttes et mobilisations se sont d&#233;velopp&#233;es, les travailleuses et travailleurs d'Argentine - ayant un emploi souvent pr&#233;caire ou &#233;tant au ch&#244;mage - sont entr&#233;s dans la r&#233;bellion en ne disposant pas d'instruments efficaces &#224; l'&#233;chelle du pays. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis tr&#232;s longtemps, les organisations syndicales p&#233;ronistes sont des courroies de transmission de la bourgeoisie et de son secteur li&#233; au Parti justicialiste. Y compris le gros de la direction de la CTA (Centrale des travailleurs argentins) a sans cesse maintenu des relations de n&#233;gociations, plus ou moins conflictuelles, avec l'appareil bureaucratique et client&#233;laire p&#233;roniste. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses laborieuses et les secteurs desdites classes moyennes paup&#233;ris&#233;s se sont donc donn&#233; des instruments ad hoc pour faire face &#224; des d&#233;fis tr&#232;s &#233;lev&#233;s : changer les institutions politiques et transformer &#224; la racine le mod&#232;le et le syst&#232;me &#233;conomiques. &lt;br /&gt;
Ce fut alors, au cours des premiers mois de l'ann&#233;e 2002, l'heure des assembl&#233;es populaires dans les quartiers des diverses villes de l'Argentine, et en particulier de sa capitale f&#233;d&#233;rale Buenos Aires. Ce fut aussi, au d&#233;but de l'ann&#233;e 2002, l'affirmation sur la sc&#232;ne sociale et politique du mouvement - divis&#233; entre diverses organisations - des &lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vaste mouvement d'auto-organisation a r&#233;ussi &#224; faire de secteurs sociaux entiers de v&#233;ritables protagonistes d'un changement possible. Toutefois, la violence de la crise &#233;conomique combin&#233;e avec les attitudes sectaires irresponsables des forces de la gauche radicale a abouti &#224; &#233;roder ces multiples mobilisations qui s'op&#233;raient sous le drapeau du mot d'ordre : &lt;i&gt;&#171; Que todos se vayan &#187;. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Duhalde, tr&#232;s fragile, a n&#233;anmoins continu&#233; de mener une politique antipopulaire, de r&#233;primer des mouvements de &lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;, non seulement &#224; Buenos Aires comme en fin juin 2002, mais surtout dans les villes du Nord, de criminaliser les activit&#233;s du mouvement social, de rendre de plus en plus pr&#233;sentes les forces polici&#232;res, au nom de la lutte contre la d&#233;linquance. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les luttes contre la crise meurtri&#232;re &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la profonde crise &#233;conomique, le net recul de la mobilisation d'ensemble, un processus diffus d'activit&#233;s sociales se d&#233;veloppe dans le pays. Parall&#232;lement au mouvement des &lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;- les assembl&#233;es populaires sont en chute libre - a pris forme le Mouvement national des entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es (MNER). Il a tenu sa premi&#232;re r&#233;union, d&#233;but septembre 2002, dans l'entreprise La Baskonia, dans le quartier populaire du Grand Buenos Aires : La Matanza. Cette entreprise, La Baskonia, est g&#233;r&#233;e par ses salari&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MNER rassemble plus de 150 entreprises occup&#233;es par leurs travailleuses et travailleurs, au nombre total de 15000. Ce mouvement exprime &#224; quelle crois&#233;e des chemins se trouvent les secteurs surexploit&#233;s et paup&#233;ris&#233;s du pays. En effet, l'essentiel de ces entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es le sont apr&#232;s le d&#233;part des patrons. La forme de gestion se d&#233;veloppe dans un cadre coop&#233;ratiste. Toutefois, comme l'un de ses dirigeants, Jos&#233; Abelli, vient de le dire dans le quotidien argentin &lt;i&gt;Pagina 12&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Nous exigeons des politiques qui envisagent l'expropriation des actifs productifs des entreprises en faillite et les transf&#232;rent aux travailleurs. &#187;&lt;/i&gt;D'autres exp&#233;riences, comme celle de l'entreprise textile Brukman &#224; Buenos Aires, qui dispose d'un potentiel productif plus d&#233;velopp&#233;, se dirigent plus dans le sens d'une nationalisation sous contr&#244;le ouvrier. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des exp&#233;riences qui peuvent nourrir une issue socialiste &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un an de r&#233;bellion, une dialectique pourrait s'&#233;tablir entre l'accumulation d'exp&#233;riences multiples - allant des infirmi&#232;res et m&#233;decins d'h&#244;pitaux, en passant par les entreprises occup&#233;es, les r&#233;seaux de troc, les initiatives d'&#233;ducation populaire jusqu'aux actions de pr&#233;vention sanitaires impuls&#233;es par des m&#233;decins dans le Grand Buenos Aires, etc. - et les propositions programmatiques de rupture avec le capitalisme. Ces derni&#232;res sont mises en avant par le groupe des &#233;conomistes de gauche (EDI). Ils mettent l'accent sur une perspective socialiste, passant par une rupture du mod&#232;le exportateur, par un refus du paiement de la dette ext&#233;rieure, par une augmentation du salaire minimum et l'instauration d'un revenu minimum assur&#233;, par un plan de reconstruction productive du pays en lien avec les besoins sociaux (logement, &#233;ducation, sant&#233;...), par une nationalisation du secteur bancaire (entre autres le secteur de la banque hypoth&#233;caire qui pourrait, si rien n'est entrepris, permettre le transfert des propri&#233;t&#233;s agricoles les plus productives, endett&#233;es, aux mains de capitaux de l'agro-business imp&#233;rialiste). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'aire sud-am&#233;ricaine, l'avenir de peuples entiers se joue aujourd'hui, que ce soit au Br&#233;sil, au Venezuela, en Colombie, en Bolivie, en Argentine. La solidarit&#233; passe, d'une part, par la compr&#233;hension de la nature capitaliste, internationale, de la crise qui frappe l'Argentine et, d'autre part, par la prise de conscience du r&#244;le socialement, &#233;conomiquement, &#233;cologiquement destructeur, radicalement antid&#233;mocratique, que jouent les imp&#233;rialismes dominants. C'est dans cette perspective que le MPS a d&#233;velopp&#233; diverses actions de solidarit&#233; en direction d'entreprises d'Argentine occup&#233;es. La solidarit&#233; doit d&#233;passer les vagues slogans d&#233;nonciateurs qui remplacent l'intelligence des luttes en cours et leurs liens r&#233;ciproques. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouvement pour le socialisme&lt;/strong&gt;, 18 d&#233;cembre 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Campagne international de l'Association des m&#232;res de la Place de Mai pour la libert&#233; de tous les prisonniers politiques et sociaux</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Campagne-international-de-l-Association-des-meres-de-la-Place-de-Mai-pour-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Campagne-international-de-l-Association-des-meres-de-la-Place-de-Mai-pour-la</guid>
		<dc:date>2002-09-05T02:00:28Z</dc:date>
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		<dc:subject>Argentine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Association des m&#232;res de la Place de Mai &lt;br class='autobr' /&gt;
Campagne international de l'Association des m&#232;res de la Place de Mai pour la libert&#233; de tous les prisonniers politiques et sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt; Vous pouvez vous joindre &#224; cette campagne en envoyat une lettre ou un courriel au Pr&#233;sident de la Nation, le Dr Eduardo Duhalde, avec le texte suivant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par la pr&#233;sente je m'adresse &#224; vous pour vous demander en tant que Pr&#233;sident et en vertu des comp&#233;tences constitutionnels li&#233;s &#224; votre charge, de remettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Argentine-" rel="directory"&gt;Argentine &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Argentine-16-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Association des m&#232;res de la Place de Mai &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Campagne international de l'Association des m&#232;res de la Place de Mai pour la libert&#233; de tous les prisonniers politiques et sociaux. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez vous joindre &#224; cette campagne en envoyat une lettre ou un courriel au Pr&#233;sident de la Nation, le Dr Eduardo Duhalde, avec le texte suivant. &lt;br /&gt;
Par la pr&#233;sente je m'adresse &#224; vous pour vous demander en tant que Pr&#233;sident et en vertu des comp&#233;tences constitutionnels li&#233;s &#224; votre charge, de remettre imm&#233;diatement en libert&#233; les prisonniers politiques et la fin des proc&#233;dures contre tous les personnes arr&#234;t&#233;es pour s'&#234;tre procurer des aliments dans les supermarch&#233;s. Que cela inclut les dirigeants sociaux condamn&#233;es par des faits similaires dans tout le pays. &lt;br /&gt;
Envoyer la lettre &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
Balcarce 50, (1064), Ciudad de Buenos Aires, Argentina &lt;br class='autobr' /&gt;
Correo-e : privada@presidencia.net.ar &lt;br /&gt;
Une copie &#224; Correo-e : madres@satlink.com &lt;br class='autobr' /&gt;
Prensa@madres.org &lt;br /&gt;
Texte en espagnol : &lt;br /&gt;
ASOCIACI&#211;N MADRES DE PLAZA DE MAYO&lt;br class='autobr' /&gt;
CAMPA&#209;A INTERNACIONAL DE LA ASOCIACION MADRES DE PLAZA DE MAYO &lt;br class='autobr' /&gt;
POR LA LIBERTAD DE TODOS LOS PRESOS POL&#205;TICOS Y SOCIALES &lt;br /&gt;
Adhiera a esta campa&#241;a enviando una carta o correo-e dirigidos al Sr. Presidente de la Naci&#243;n, Dr. Eduardo Duhalde, con el siguiente texto : Por la presente me dirijo a Ud. a fin de solicitarle que en su car&#225;cter de Presidente de la Naci&#243;n y en virtud de las facultades constitucionales de su cargo, disponga la inmediata libertad de los Presos Pol&#237;ticos y el desprocesamiento de todos aquellos detenidos por sacar alimentos de los supermercados. Que se incluya a los dirigentes sociales condenados por hechos similares en todo el pa&#237;s. &lt;br /&gt;
Enviar por carta a : &lt;br /&gt;
Balcarce 50, (1064), Ciudad de Buenos Aires, Argentina &lt;br class='autobr' /&gt;
Correo-e : privada@presidencia.net.ar &lt;br class='autobr' /&gt;
Hip&#243;lito Yrigoyen 1584 - (1489) Ciudad de Buenos Aires &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel : 4383-0377 - 6430 &lt;br class='autobr' /&gt;
Fax : 4954-0381 &lt;br class='autobr' /&gt;
Correo-e : madres@satlink.com &lt;br class='autobr' /&gt;
prensa@madres.org &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.madres.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.madres.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Non au massacre, solidarit&#233; avec la lutte populaire !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Non-au-massacre-solidarite-avec-la-lutte-populaire-84</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Non-au-massacre-solidarite-avec-la-lutte-populaire-84</guid>
		<dc:date>2002-06-27T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;1. Une fois de plus les gouvernants qui servent les classes dominantes et l'imp&#233;rialisme se sont livr&#233;s &#224; un massacre &#171; d&#233;mocratique &#187;, tuant pour s'en sortir. Une fois de plus les travailleurs, les ch&#244;meurs, les femmes et les enfants qui manifestaient dans la rue leur l&#233;gitime rejet de la famine et de la confiscation de leur futur, ont &#233;t&#233; sauvagement r&#233;prim&#233;s. Deux jeunes piqueteros (1), Dario Santillan (21 ans) et Maximiliano Costequi (25 ans), ont &#233;t&#233; fusill&#233;s alors qu'ils tentaient de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Argentine-16-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Une fois de plus les gouvernants qui servent les classes dominantes et l'imp&#233;rialisme se sont livr&#233;s &#224; un massacre &#171; d&#233;mocratique &#187;, tuant pour s'en sortir. Une fois de plus les travailleurs, les ch&#244;meurs, les femmes et les enfants qui manifestaient dans la rue leur l&#233;gitime rejet de la famine et de la confiscation de leur futur, ont &#233;t&#233; sauvagement r&#233;prim&#233;s. Deux jeunes piqueteros (1), Dario Santillan (21 ans) et Maximiliano Costequi (25 ans), ont &#233;t&#233; fusill&#233;s alors qu'ils tentaient de venir en aide &#224; d'autres camarades r&#233;prim&#233;s, 190 manifestants ont &#233;t&#233; bless&#233;s, 160 d&#233;tenus et tortur&#233;s dans les commissariats de la province de Buenos Aires. Les policiers et les gendarmes de la pr&#233;fecture maritime - comme du temps de la dictature militaire - se sont livr&#233;s &#224; une chasse &#224; l'homme et ont donn&#233; l'assaut aux divers locaux des partis de la gauche, passant certains &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le gouvernement des gangsters du pr&#233;sident Duhalde, ses forces de s&#233;curit&#233; et les bandes &#224; sa solde sont les responsables de ce nouveau massacre. Mais en sont aussi responsables les gouvernements des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne, le FMI et ses fonctionnaires, qui viennent d'exiger la r&#233;pression pour remettre de &#034;l'ordre&#034; dans le d&#233;sordre n&#233;olib&#233;ral et le d&#233;sastre social provoqu&#233; par leur propre politique &#233;conomique. L'Argentine est &#034;&#224; vendre&#034; et la mondialisation capitaliste - par le biais de ses entreprises et de ses banques transnationales - se dispute le partage du butin. Ne se satisfaisant pas des privatisations, de la flexibilit&#233; du travail, de la r&#233;tention de l'&#233;pargne, de la mis&#232;re de la moiti&#233; de la population, de la dette ext&#233;rieure frauduleuse, ils veulent plus encore. Ils veulent l'expropriation totale des richesses, des revenus et des droits populaires acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Dans cette logique la criminalisation de toute forme de r&#233;sistance sociale joue un r&#244;le fondamental dans la domination du Capital. La r&#233;pression et la violence deviennent les composantes essentielles de la &#034;d&#233;mocratie de march&#233;&#034; et des instruments d&#233;cisifs pour d&#233;sarticuler le nouveau cycle de luttes populaires qui s'&#233;tend &#224; l'ensemble de l'Am&#233;rique latine. Comme on l'a vu r&#233;cemment au P&#233;rou, au Paraguay, en Bolivie, en &#201;quateur et au Chiapas, comme le prouve l'application du Plan Colombie, l'imp&#233;rialisme et les &#233;lites gouvernantes &#224; sa solde sont d&#233;cid&#233;s &#224; r&#233;soudre dans le feux et dans le sang la crise de l&#233;gitimit&#233; du &#034;mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral&#034; et &#224; &#233;craser toute tentative de r&#233;bellion et d'alternative populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le Centrale des travailleurs argentins (CTA), le Bloc national Piquetero, les organisations de quartiers et de d&#233;fense des droits humains et les partis et mouvements de la gauche ont appel&#233; ce 27 juin &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#224; des mobilisations de protestation dans tout le pays. La lutte pour l'emploi, le salaire, les droits d&#233;mocratiques, contre la corruption, l'impunit&#233; du terrorisme d'&#201;tat et pour que &#171; tous s'en aillent &#187; (2) se renforce en ce moment. La solidarit&#233; internationaliste de toutes les forces d&#233;mocratiques, r&#233;volutionnaires et socialistes doit &#234;tre &#224; la hauteur : ample, militante et inconditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le 27 juin 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;tariat unifi&#233; de la IVe Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Piqueteros est le nom que se sont donn&#233;s les militants du mouvement des ch&#244;meurs et pr&#233;caires, dont l'une des formes de lutte consiste &#224; barrer les routes en organisant des &#034;piquets&#034;. Cf. E. Lucita, Nouvelles et anciennes formes de luttes, Inprecor n&#176; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &#171; Que se vayan todos ! &#187; (qu'ils - les politiciens ill&#233;gitimes - s'en aillent tous) est devenu le cri de ralliement du processus r&#233;volutionnaire argentin. Cf. Inprecor n&#176; 466/467 de janvier-f&#233;vrier 2002, n&#176; 468/469 de mars-avril 2002 et n&#176; 470/471 de mai-juin 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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