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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>RAPPORT SUR LA SITUATION INTERNATIONALE</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/RAPPORT-SUR-LA-SITUATION-INTERNATIONALE-3139</link>
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		<dc:date>2011-03-24T18:02:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Quatri&#232;me internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international. &lt;br class='autobr' /&gt; I. LES REVOLUTIONS EN MARCHE &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutions en Tunisie et en Egypte constituent un tournant historique de la situation internationale. Ces r&#233;volutions changent la donne. Il y aura un avant et un apr&#232;s des r&#233;volutions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-internationale-338-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. LES REVOLUTIONS EN MARCHE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions en Tunisie et en Egypte constituent un tournant historique de la situation internationale. Ces r&#233;volutions changent la donne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura un avant et un apr&#232;s des r&#233;volutions de Tunisie et d'&#201;gypte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est trop t&#244;t pour appr&#233;cier la profondeur et toutes les implications de ce changement, mais nous sommes confront&#233;s &#224; des bouleversements historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les premi&#232;res r&#233;volutions de ce XXIe si&#232;cle, plus exactement parce qu'il y a eu aussi des r&#233;volutions en Bolivie en 2003 et 2005, les premi&#232;res r&#233;volutions dans le monde arabe, mais aussi les premi&#232;res r&#233;volutions r&#233;sultant de la crise du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles explosent dans des maillons faibles de la globalisation capitaliste. Elles rel&#232;vent d'un double processus : un processus politique &#8212; le rejet des dictatures, mais aussi un processus social &#8212; o&#249; des millions de personnes ne supportent plus les cons&#233;quences des crises alimentaires avec l'explosion des prix des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ou plus g&#233;n&#233;ralement un syst&#232;me qui ne donne comme perspective &#224; des millions de jeunes que le ch&#244;mage et la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;volutions &#8212; parce que ce sont des r&#233;volutions dans le sens o&#249; il y a irruption du mouvement de masse sur la sc&#232;ne sociale et politique et crise ouverte du pouvoir &#8212; combinent questions d&#233;mocratiques, nationales (de souverainet&#233; nationale contre l'imp&#233;rialisme) et questions sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un tournant majeur dans le monde arabe avec une onde de choc, en Lybie, &#224; Bahrein, en Alg&#233;rie, au Y&#233;men, en Jordanie, en Palestine, mais c'est aussi r&#233;v&#233;lateur de l'instabilit&#233; et des bouleversements sociaux qui s'annoncent. Ce sont les premi&#232;res &#233;tapes d'une gigantesque bataille entre les dictatures et les mobilisations populaires, d'une confrontation entre les forces, qui sous toutes les formes, veulent assurer la continuit&#233; du pouvoir des classes dominantes et celles de la rupture qui aspirent &#224; la d&#233;mocratie et &#224; la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les massacres en Lybie montrent aussi que la r&#233;pression se d&#233;cha&#238;ne contre ces mouvements r&#233;volutionnaires. Cette onde se fait sentir jusqu'en Chine. Elle aura, sous des formes particuli&#232;res, des r&#233;percussions dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, et m&#234;me s'il faut prendre en compte les dimensions sp&#233;cifiques de ces mouvements &#8212; la mobilisation contre des dictatures, le type de contradictions de classes, les fractures au sein de ces &#201;tats &#8212; ces mouvements s'inscrivent dans une nouvelle p&#233;riode historique marqu&#233;e par la crise du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LE MOMENT ACTUEL DE LA CRISE ET LE BASCULEMENT DU MONDE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mondiale continue. Elle est entr&#233;e dans sa quatri&#233;me ann&#233;e. Sa progression prend la forme de crises financi&#232;res, crise sur les march&#233;s de biens alimentaires ou de mati&#232;res premi&#232;res, crise de la dette publique, notamment en Europe. Son caract&#232;re combin&#233; &#8212; &#233;conomique, financi&#232;re, sociale, climatique &#8212; est confirm&#233;. La notion de &#171; crise de civilisation &#187; traduit bien sa profondeur. Sur le plan de l'&#233;conomie mondiale, certains, comme Krugman (&#233;conomiste de la gauche du parti d&#233;mocrate am&#233;ricain), sugg&#232;rent que cette Troisi&#232;me D&#233;pression ressemble &#224; la fois &#224; la stagnation qui commen&#231;a en Europe et aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1870 &#8212; il la nomme Longue D&#233;pression &#8212; et la stagnation des ann&#233;es 1930 qu'il nomme Grande D&#233;pression. Les taux de croissance actuels et ceux pr&#233;vus sur la longue dur&#233;e sont de faible niveau : 3 % en 2011 et 3,5 % en 2012. Cela se d&#233;compose ainsi dans les diverses zones : 1 % &#224; 2 % en Europe, 2 % &#224; 3 % aux &#201;tats-Unis, et 6 % &#224; 7 % dans les pays dits &#233;mergents. Les taux de ch&#244;mage des principaux pays capitalistes restent &#233;lev&#233;s, autour de chiffres officiels de 10 %, en fait, beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pauvret&#233; augmente, frappant en particulier les femmes, les jeunes et les populations immigr&#233;es. Le mod&#232;le d'accumulation mis en place &#224; la fin des ann&#233;es 1970 est en crise. L'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; qui a domin&#233; la politique &#233;conomique aux &#201;tats-Unis et en Europe dans les ann&#233;es 1980, 1990 et 2000 ne peut plus compenser la saturation de la production dans des secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie et ne peut plus compenser les limites des capacit&#233;s acquisitives en termes de pouvoir d'achat des &#233;conomies des centres imp&#233;rialistes. D'un autre c&#244;t&#233;, il n'y a pas de relance de production et consommation de masse. Tous les discours sur la sortie de crise ou sur le fait que le &#171; pire de la crise est derri&#232;re nous &#187; ne cachent pas l'enfoncement dans la crise et l'absence de relance de l'&#233;conomie mondiale aux &#201;tats-Unis et en Europe. La crise s'installe dans les centres imp&#233;rialistes mais elle accentue aussi le basculement du monde. Pendant qu'elle frappe les pays du centre, la Chine a gard&#233; ces cinq derni&#232;res ann&#233;es des taux de croissance de 10 points. L'Inde et le Br&#233;sil, &#224; une moindre &#233;chelle, connaissent des processus de d&#233;veloppement similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions dire que la crise est surtout celle du monde occidental et que la Chine, l'Inde, et une s&#233;rie de pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine l'ont &#233;vit&#233;e ou se sont m&#234;me d&#233;veloppe malgr&#233; elle. La Chine est d&#233;j&#224; deuxi&#232;me puissance mondiale. Elle a m&#234;me conquis une premi&#232;re place dans des secteurs cl&#233;, comme la production d'ordinateurs. Sa force militaire et ses d&#233;penses d'armement augmentent consid&#233;rablement, visant &#224; en faire une puissance de premier ordre, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la Chine dans le monde conna&#238;t une v&#233;ritable expansion : grands chantiers en Afrique et en Am&#233;rique latine ; exploitation &#224; grande &#233;chelle des territoires pour la production de mati&#232;res premi&#232;res et de produits alimentaires ; achat de la dette des pays &#171; en difficult&#233; &#187; en Europe (Gr&#232;ce, Portugal et Espagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'y a pas eu de &#171; d&#233;couplage &#187; des pays &#233;mergents au cours de la crise. La Chine et les pays &#233;mergents ne sont pas en situation de relance de l'&#233;conomie mondiale. La structure d'insertion de ces pays en son sein est fragile : n'oublions pas que 42 % du PIB chinois rel&#232;ve de ses exportations, et qu'&#224; moyen terme, la solidit&#233; de la croissance chinoise va d&#233;pendre de ses capacit&#233;s &#224; construire un march&#233; int&#233;rieur, avec nouvelles infrastructures, augmentation de salaires et s&#233;curit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le dynamisme &#233;conomique de ces pays est tel qu'on peut se poser la question de savoir, si l'&#233;conomie mondiale n'a pas aujourd'hui, non pas une seule locomotive avec les &#201;tats-Unis mais plusieurs, avec la Chine, l'Inde et d'autres pays &#233;mergents. Le dynamisme chinois est tel qu'il peut entra&#238;ner d'autres &#233;conomies exportatrices, soit en mati&#232;res premi&#232;res &#8212; le Br&#233;sil, l'Argentine &#8212; soit en biens d'&#233;quipements comme l'Allemagne. C'est une question mais elle est capitale pour comprendre ce basculement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d&#233;clinent mais gardent une position de force gr&#226;ce &#224; l'ampleur et &#224; l'unification de leur march&#233; &#233;conomique et financier, gr&#226;ce &#224; la puissance du Dollar, mais surtout gr&#226;ce &#224; leur h&#233;g&#233;monie politico-militaire qu'on sent encore, malgr&#233; les contradictions dans les processus en cours en Tunisie ou en Egypte. Mais ce n'est plus l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien des ann&#233;es Bush. Il doit composer avec d'autres &#8212; dans le domaine de l'armement avec les Russes et demain la Chine &#8212; ou avec d'autres &#201;tats &#8212; le Br&#233;sil en Am&#233;rique latine, ou avec la pression des peuples&#8230; Dans ce nouvel &#233;quilibre mondial, les &#201;tats-Unis d&#233;clinent mais gardent leur puissance politico-militaire, leur &#233;norme march&#233; et &#171; leur dollar &#187; : c'est l'Europe qui recule. Certains parlent m&#234;me de la crise de l'eurocentrisme qui dominait le monde depuis 1492 &#8212; date de d&#233;couverte de l'Am&#233;rique. Un des &#233;l&#233;ments marquants de la p&#233;riode historique actuelle et de la crise, c'est l'affaiblissement structurel de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. UNE NOUVELLE OFFENSIVE NEOLIBERALE CAPITALISTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette crise, il y a des maillons faibles de la globalisation capitaliste. Nous le voyons aujourd'hui avec les contradictions qui explosent dans les pays arabes mais c'est aussi en Europe que, pour les classes dominantes, dans la bataille entre le capital et le travail, la crise est un levier pour les classes dominantes qui l'utilisent pour d&#233;truire une s&#233;rie d'acquis et de droits sociaux. Les taux de profit ne pouvant &#234;tre redress&#233;s par une production et une consommation de masse, la concurrence mondiale exigeant de baisser encore le co&#251;t du travail en Europe et aux &#201;tats-Unis, il faut attaquer, d&#233;r&#233;guler, privatiser. Cette offensive capitaliste r&#232;gle les interrogations et questions sur les choix d'un tournant keyn&#233;sien pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est de mise, c'est l'attaque et l'attaque frontales, pas le compromis social : peu de relance, peu de reconstruction, pas de politique de &#171; demande &#187;, d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social, perte de vitesse m&#234;me de tous les projets de &#171; capitalisme vert &#187;. Ces limites keyn&#233;siennes r&#233;duisent d'autant plus les marges de man&#339;uvre de la social-d&#233;mocratie. Apr&#232;s quelques semaines de panique, c'est la financiarisation de l'&#233;conomie et le pouvoir des march&#233;s financiers qui ont repris le dessus. On peut m&#234;me parler d'une deuxi&#232;me vague de l'offensive n&#233;olib&#233;rale apr&#232;s celle des ann&#233;es 1980. En tout cas, les destructions sociales men&#233;es par le patronat et les gouvernements sont aussi plus fortes que dans ces ann&#233;es-l&#224;. Cette nouvelle offensive a un caract&#232;re global. Nul n'&#233;chappe &#224; la globalisation capitaliste, &#224; ses &#233;changes in&#233;gaux, &#224; son remodelage de la force de travail, &#224; la remise en cause d'une s&#233;rie de droits sociaux. Celle-ci fait m&#234;me pression sur les exp&#233;riences progressistes de ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine. Les mesures du gouvernement Morales visant &#224; augmenter les prix de l'essence &#233;tant, d'une certaine mani&#232;re, une des cons&#233;quences de la pression croissante du march&#233; mondial. Il frappe m&#234;me au c&#339;ur de l'&#233;conomie cubaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seront les cons&#233;quences de la &#171; privatisation &#187; de tout un secteur de la force de travail cubaine &#8212; pr&#232;s de 10 % du salariat &#8212; sur les rapports de forces sociopolitiques &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine ? Mais, il n'y a pas de fatalit&#233;. L'attitude des gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine et de la direction cubaine vis-&#224;-vis de la crise, constitue un test cl&#233; de l'&#233;volution de ces courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. LA CRISE EN EUROPE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa puissance &#233;conomique, sociale, technologique et ses richesses accumul&#233;es, l'Europe est le maillon faible de la globalisation capitaliste, dans le sens o&#249; elle est prise en tenaille entre les &#201;tats-Unis et la mont&#233;e des pays &#233;mergents. L'achat d'une partie des dettes publiques grecques, portugaises et se se manifeste sous la forme d'une crise de la &#171; dette &#187;. Elle est pass&#233;e des banques aux &#201;tatespagnoles par la Chine est, effectivement, plus que symbolique. Du point de vue conjoncturel, la cris avec une crise de la dette publique qui r&#233;sulte de d&#233;cennies de politiques fiscales in&#233;galitaires et de la prise en charge publique de la crise financi&#232;re et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit public est pass&#233; de 2 % &#224; 6,5 % dans la zone Euro, et de 2,8 % &#224; 11 % aux &#201;tats-Unis. Les dettes publiques sont pass&#233;es dans la zone euro entre 2008 et 2009 de 69,4 % &#224; 78,7 % du PIB et de 2007 &#224; 2009 aux &#201;tats-Unis de 62 % &#224; 83 %. Les &#201;tats sont maintenant en premi&#232;re ligne de la crise, et, m&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre l'Union europ&#233;enne et les &#201;tats-Unis (ces derniers ayant eu des politiques de relance &#233;conomique bien plus importantes) les classes dominantes et les gouvernements de ces deux ensembles d&#233;ploient des politiques d'aust&#233;rit&#233;, qui asphyxient en particulier les politiques publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut ajouter que la sp&#233;cificit&#233; de crise en Europe r&#233;sulte du type de construction de l'Union europ&#233;enne : une entit&#233; domin&#233;e par les march&#233;s, au contenu politique inachev&#233;, sans d&#233;mocratie, sans participation populaire, sans unit&#233; politique et &#233;conomique. La construction n&#233;olib&#233;rale, loin de coordonner les politiques &#233;conomiques, pousse &#171; les dynamiques divergentes &#187; de l'&#233;conomie europ&#233;enne, divergences entre les dynamiques industrielles (Allemagne) et financi&#232;res (Grande-Bretagne), entre groupes &#233;conomiques et financiers allemands, fran&#231;ais, anglais, entre &#233;conomies hautement d&#233;velopp&#233;es &#8212; ex-March&#233; commun &#8212; et moyennement d&#233;velopp&#233;es &#8212; sud et est de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro recouvre effectivement des pays au niveau de d&#233;veloppement et de productivit&#233; diff&#233;rents. Et loin de constituer un instrument pour une coordination &#233;conomique de la dite &#171; zone euro &#187;, il sert aujourd'hui d'instrument pour discipliner les &#233;conomies et les peuples au service des plus forts. Ce qui conduit &#224; des tensions entre l'Allemagne ou les pays &#224; mod&#232;le proche et les autres, avec une pression devenue insoutenable pour l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce, d'o&#249; la cr&#233;ation d'un &#171; fonds europ&#233;en de stabilisation &#187; en 2013 pour les pays en difficult&#233; : un fonds de 750 milliards. Il y a d&#233;j&#224; un d&#233;bat pour se demander si c'est suffisant ou pas. D&#233;bat qui stimule les sp&#233;culations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de cette question de la dette, il y a un autre enjeu central : dans la comp&#233;tition mondiale actuelle, les classes dominantes en Europe sont convaincues que &#171; le mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est un handicap majeur dans la concurrence avec les &#201;tats-Unis et la Chine. Il faut d&#233;truire acquis et conqu&#234;tes sociales obtenus ces derni&#232;res d&#233;cennies. Du coup, c'est une v&#233;ritable &#171; guerre sociale &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui en Europe : gel, voire baisse nominale des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction drastique des budgets sociaux et publics, destruction de pans entiers de l'&#201;tat social, allongement de la dur&#233;e du travail (r&#233;formes des retraites, remise en cause des 35 heures), suppression de millions de postes de fonctionnaires, attaques et privatisations de la s&#233;curit&#233; sociale, de la sant&#233;, de l'enseignement (explosion des frais d'inscription universitaires en Grande-Bretagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date de ces attaques, c'est le r&#233;f&#233;rendum &#224; l'usine de FIAT Mirafiori &#224; Turin, o&#249; les r&#233;sultats d'approbation des propositions de la direction ouvrent la voie &#224; la liquidation des conventions collectives, non seulement dans la m&#233;tallurgie mais dans tous les secteurs et branches professionnelles. Les conventions collectives nationales de branches ou secteurs sont totalement remises en cause. Elles s'effacent devant le contrat de travail &#171; n&#233;goci&#233; &#187; entre le salari&#233; et le patron d'entreprise. La politique de la direction de la FIAT impose aussi l'aggravation des conditions de travail : &#233;quipes, travail de nuit, chasse &#224; l'absent&#233;isme, gel des salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'attaque tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans toute l'Europe. Combin&#233; avec la politique de lutte contre les d&#233;ficits, cela aggrave non seulement les conditions de travail et de vie de millions de gens mais il limite de plus en plus la demande finale, avec pour cons&#233;quence de corseter la croissance et de provoquer de nouvelles r&#233;cessions. Ce n'est pas le ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, l'objectif est de r&#233;duire dans les ann&#233;es qui viennent le pouvoir d'achat des salari&#233;s, de 15 % &#224; 20 %. Le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat providence ou de ce qui en reste va conna&#238;tre un coup d'acc&#233;l&#233;rateur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. LES DROITES ET L'OFFENSIVE NEOLIBERALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de cette offensive, li&#233;e &#224; la crise historique et syst&#233;mique que conna&#238;t le capitalisme, avec celle des ann&#233;es 1980, ce sont ses cons&#233;quences d&#233;stabilisatrices pour l'ensemble du syst&#232;me, de ses classes dominantes, de ses partis, de ses institutions. Tous les partis dominants, mais m&#234;me les autres, sont d&#233;stabilis&#233;s par des d&#233;cennies de contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la crise du syst&#232;me. Les crises de repr&#233;sentation politique, la crise historique du socialisme, les ph&#233;nom&#232;nes d'abstention populaire, le sentiment de corruption des &#233;lites politiques : tout cela concourt &#224; nourrir la crise g&#233;n&#233;rale de la politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; droite, les contre-r&#233;formes sociales n&#233;olib&#233;rales sapent les bases sociales des partis traditionnels, du coup, ces derniers les recherchent en d&#233;ployant des politiques autoritaires, racistes, populistes, s'attaquant aux immigr&#233;s, aux &#171; roms &#187;, aux musulmans. Elles accentuent leurs cours r&#233;actionnaires comme le fait le parti r&#233;publicain aux &#201;tats-Unis. Des tendances &#224; un &#171; bonapartisme people &#187; avec Sarkozy ou Berlusconi traduisent une instabilit&#233; certaine. Des mouvements populistes ou n&#233;o-fascistes gagnent du terrain, en Su&#232;de, aux Pays-bas, en France, en Hongrie. Dans toutes les derni&#232;res &#233;lections en Europe, la droite et l'extr&#234;me droite augmentent leurs scores &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. LA SOCIAL-DEMOCRATIE ET LA CRISE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, la crise n'a pas provoqu&#233; de &#171; sursaut keyn&#233;sien &#187;. La pr&#233;sence d'un pr&#233;sident socialiste &#224; la t&#234;te du FMI exprime le degr&#233; d'int&#233;gration de la social-d&#233;mocratie dans les institutions de la globalisation capitaliste. Diff&#233;rence avec les ann&#233;es 1930, il n'y a pas de tournant &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie. Le choix social lib&#233;ral est confirm&#233;. Les politiques de Papandr&#233;ou, Zapatero, Socrat&#232;s le d&#233;montrent. Les grandes orientations du PSE, au niveau europ&#233;en, les confortent et montrent qu'au-del&#224; des positionnements tactiques de chaque PS dans l'opposition contre la droite, la social-d&#233;mocratie s'est bien transmut&#233;e en social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre la gauche et la droite &#8212; diff&#233;rences de base sociale, d'histoire, de rapports politiques avec le mouvement ouvrier, syndical, associatif &#8212; les sommets de la social-d&#233;mocratie, relay&#233;e par l'&#233;volution des appareils syndicaux, ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi l'adaptation aux modes dominants de la gestion de la crise. Il faut aussi noter l'&#233;volution des grandes formations vertes ou &#233;cologistes sur des orientations de plus en plus marqu&#233;es par le centre gauche. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII . LA DYNAMIQUE DES RESISTANCES SOCIALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t pour analyser et pr&#233;voir les cons&#233;quencs des r&#233;volutions arabes sur les r&#233;sistances sociales &#224; l'&#233;chelle internationale. Mais il faut mettre en perspective ces r&#233;volutions avec les r&#233;sistances li&#233;es non seulement &#224; la crise mais aussi au basculement du monde avec l'&#233;mergence de luttes et de nouvelles organisations chez les travailleurs et les peuples, en Chine, en Asie et en Afrique, mais aussi dans cette configuration en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus notable de ces derniers mois, ce sont les luttes de r&#233;sistance aux plans d'aust&#233;rit&#233;. Les journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se sont succ&#233;d&#233;es en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne, en France. En France, pr&#232;s de 3 millions de personnes ont manifest&#233; et particip&#233; &#224; des mouvements de gr&#232;ve huit fois en deux mois&#8230; les gr&#232;ves espagnoles et portugaises ont une ampleur historique. Une de nos t&#226;ches est d'ailleurs d'analyser les formes, le contenu et la dynamique de ces conflits. En Grande-Bretagne et en Italie, les manifestations &#233;tudiantes montrent le degr&#233; d'explosivit&#233; des luttes sociales. En Allemagne des mobilisations &#233;cologistes et citoyennes impressionnantes ont eu lieu contre le nucl&#233;aire. La crise va continuer. Les attaques vont redoubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une nouvelle situation sociale en Europe o&#249; la r&#233;volte des peuples gronde, il faut aussi enregistrer deux faits politiques majeurs :&lt;br class='autobr' /&gt;
a) Les luttes, m&#234;me les plus massives, ne d&#233;bouchent pas &#224; cette &#233;tape sur des reculs partiels des classes dominantes ou des victoires pour les travailleurs et leurs organisations. Nous n'arrivons pas &#224; bloquer l'offensive capitaliste et encore moins &#224; inverser la tendance. Ce que nous pouvons constater, c'est que, si la contre-r&#233;forme lib&#233;rale continue &#224; marquer des points, les travailleurs qui ont fait les gr&#232;ves et manifestations en Gr&#232;ce, en France, au Portugal, en Espagne, les &#233;tudiants qui ont manifest&#233; en Grande-Bretagne, n'ont pas le sentiment d'avoir enregistr&#233; de d&#233;faites majeures. Ils sentent confus&#233;ment qu'il y aura d'autres batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Le deuxi&#232;me fait politique &#224; souligner, c'est, dans les pays o&#249; il y a une lutte sociale d'une certaine ampleur, le d&#233;calage existant, entre la combativit&#233; sociale et sa traduction politique. Il faut consid&#233;rer les sp&#233;cificit&#233;s de la situation dans chaque pays. Dans certains pays le niveau de lutte sociale est faible. Mais dans les pays o&#249; elle existe, il n y a pas l'&#233;quivalent sur le plan de la force syndicale et politique : il n'y a pas de croissance organique des syndicats, des partis, de courants de gauche dans les mouvements sociaux. Combien de membres, d'adh&#233;rents ? Il peut y avoir ici et l&#224; des mouvements d'adh&#233;sion vers les syndicats ou les partis de gauche mais il y a, par exemple, une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 1930 et la situation actuelle. Dans les ann&#233;es 1930 la crise et les r&#233;sistances sociales provoquaient, par exemple, la croissance en centaines de milliers de membres des syndicats, des PS, des PC, des mouvements &#224; gauche dans la social-d&#233;mocratie ou de courants r&#233;volutionnaires ext&#233;rieurs &#224; la gauche traditionnelle. L'&#233;volution social-lib&#233;rale rend de plus en plus &#171; imperm&#233;able &#187; les partis socialistes aux mont&#233;es de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons pas non plus de croissance massive qualitative des syndicats. Nous aurions pu, alors, attendre le d&#233;veloppement des courants ou partis &#224; l'ext&#233;rieur des organisations de la gauche traditionnelle. Nous n'enregistrons pas, &#224; cette &#233;tape, de progression notable. Aujourd'hui, en France, apr&#232;s une mobilisation sociale exceptionnelle&#8230; on aurait pu s'attendre &#224; ce que le PS pr&#233;sente pour la prochaine &#233;lection une candidate ou un candidat &#224; &#171; l'allure &#187; plus social-d&#233;mocrate. Eh bien, non ! Le candidat du PS &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 risque d'&#234;tre Strauss-Kahn, pr&#233;sident du FMI, un des repr&#233;sentants les plus &#224; droite de la social- d&#233;mocratie internationale !!!&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les effets de la crise historique du mouvement ouvrier du si&#232;cle dernier se font toujours sentir. La construction d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire a besoin de nouvelles exp&#233;riences pour s'affirmer. Force est de constater que le niveau des luttes actuelles, m&#234;me s'il augmente, en r&#233;action aux attaques des classes dominantes et des gouvernants, n'a pas de dynamique politique suffisamment forte pour inverser les d&#233;cennies de contre-r&#233;formes lib&#233;rales et cr&#233;er les bases d'une contre-offensive globale et d'un nouveau projet socialiste r&#233;volutionnaire. Du coup, les processus de construction de partis de la gauche radicale ou de partis anticapitalistes, en Europe, rencontrent une s&#233;rie de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIII. PREMIERES CONSEQUENCES DES REVOLUTIONS TUNISIENNES ET EGYPTIENNES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les cons&#233;quences sont d'abord pour le monde arabe. Ce sont les premi&#232;res r&#233;volutions depuis un demi-si&#232;cle : apr&#232;s le nass&#233;risme, la mont&#233;e du nationalisme arabe et la r&#233;volution alg&#233;rienne. C'est une onde de choc d&#233;mocratique et social dans tout le monde arabe, avec les mobilisations, en Jordanie, au Y&#233;men, en Alg&#233;rie, des tensions qui vont augmenter en Syrie, au Liban, en Palestine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ce sont des mouvements ou mobilisations d&#233;mocratiques, d&#233;mocratiques radicales et sociales. Un historien connaisseur du monde arabe, les caract&#233;rise comme des &#171; r&#233;volutions post-islamistes &#187;. La r&#233;f&#233;rence ce n'est plus l'Iran. Ce sont des nouvelles g&#233;n&#233;rations, des jeunes et maintenant des travailleurs avec leurs organisations, leurs gr&#232;ves, qui vont chercher leur voie pour s'autod&#233;terminer. Il y aura, &#224; partir de ces r&#233;volutions, une redistribution et une r&#233;organisation des forces : l'&#233;mergence de nouvelles organisations li&#233;es &#224; la radicalisation de la jeunesse &#8212; mouvements d&#233;mocratiques et sociaux radicaux, des diff&#233;renciations au sein des mouvements islamistes &#8212; comme en Egypte aujourd'hui chez les &#171; fr&#232;res musulmans &#187;, relance et r&#233;organisation du mouvement ouvrier et des syndicats. Il faut souligner le r&#244;le de l'UGTT, et en particulier de ses secteurs combatifs en Tunisie comme l'importance du mouvement visant &#224; remplacer les syndicats li&#233;s au r&#233;gime de Moubarak par des syndicats ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Dans les r&#233;volutions en cours cela doit conduire &#224; combiner revendications d&#233;mocratiques, nationales et sociales, l'auto-organisation. En Libye, &#224; Bahrein, nous exigeons l'arr&#234;t des massacres, de toute r&#233;pression. En Tunisie et en Egypte nous soutenons les exigences d&#233;mocratiques, la lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques, le d&#233;mant&#232;lement de la dictature et de toutes ses institutions, la dissolution du RCD, du PND et de tous les appareils de r&#233;pression, la formation d'un gouvernement provisoire sans membres du r&#233;gime, repr&#233;sentant le soul&#232;vement populaire, et la convocation d'une assembl&#233;e constituante. C'est dans ce cadre que les camarades tunisiens discutent de la proposition, contre toutes les formules &#171; continuistes &#187;, d'un gouvernement de l'UGTT appliquant un programme d&#233;mocratique radical et de satisfaction des revendications sociales populaires. Le probl&#232;me cl&#233;, c'est de passer du &#171; d&#233;gagez Ben Ali et Moubarak ! &#187; &#224; la rupture avec la dictature. En m&#234;me temps, les anticapitalistes doivent appuyer toutes les gr&#232;ves, tous les mouvements d&#233;mocratiques de jeunes, de femmes, les embryons d'auto-organisation en cours dans la lutte contre la vie ch&#232;re et la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cette mont&#233;e r&#233;volutionnaire dans le monde arabe aura aussi sur les moyen et long terme des r&#233;percussions sur la crise au Moyen-Orient, la situation politique en Palestine et les relations avec Isra&#235;l. Au-del&#224; des man&#339;uvres de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, la dynamique g&#233;n&#233;rale de cette mobilisation populaire affaiblit l'emprise imp&#233;rialiste sur la r&#233;gion. Elle affaiblit la direction sioniste qui ne peut plus compter sur un de ses principaux alli&#233;s, Moubarak. Mais cette derni&#232;re est surtout totalement d&#233;stabilis&#233;e par la vague d&#233;mocratique arabe. Sa repr&#233;sentation du monde arabe comme un ensemble non d&#233;mocratique &#8212; r&#233;gimes autoritaires ou islamistes &#8212; est heurt&#233;e de plein fouet par la dynamique de ces r&#233;volutions. Enfin, ces r&#233;volutions tunisienne, &#233;gyptienne, libyenne peuvent encourager ou r&#233;veiller l'&#233;mergence de courants d&#233;mocratiques radicaux ou nationalistes radicaux qui s'opposent et &#224; l'autorit&#233; palestinienne de Mahmoud Abbas et au Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Pour les peuples du monde, ces r&#233;volutions vont constituer des exemples. Bien s&#251;r, sans effets m&#233;caniques, mais ils vont stimuler la r&#233;flexion sur le rejet des dictatures, les aspirations d&#233;mocratiques, les formes de lutte. L'onde de choc va jusqu' &#224; Pekin, m&#234;me si c'est pour le moment sous des formes symboliques. Il faut voir la crainte des autorit&#233;s chinoises sur les effets propagateurs de ces r&#233;volutions. Dans le reste du monde, elles brisent le cercle infernal qui devait corseter les soci&#233;t&#233;s arabes-Dictature ou &#201;tat islamique-. Elles brisent le mur de toutes les th&#233;ories sur le &#171; choc des civilisations &#187;. Elles cr&#233;ent les conditions pour une alliance d&#233;mocratique et sociale du mouvement ouvrier avec les jeunes g&#233;n&#233;rations arabes, en particulier dans tous les pays &#224; forte immigration arabe. Elles sont un point d'appui pour renforcer toutes les mobilisations antiracistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IX. ELEMENTS DE DISCUSSION SUR LES TACHES DES REVOLUTIONNAIRES.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions quelles sont nos t&#226;ches ? La r&#233;ponse d&#233;pend du diagnostic que l'on porte sur la crise qui a &#233;clat&#233; en 2007. S'agit-il d'une p&#233;rip&#233;tie financi&#232;re analogue &#224; toutes celles que le capitalisme a connues dans le pass&#233;, suivies de r&#233;cessions temporaires ? Ou bien s'agit-il d'une crise syst&#233;mique &#224; deux niveaux : une crise syst&#233;mique parce que le r&#233;gime d'accumulation capitaliste d&#233;velopp&#233; depuis plus d'une bonne trentaine d'ann&#233;es est &#224; bout de souffle, et une crise syst&#233;mique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite li&#233;e &#224; la finitude de la plan&#232;te et des ressources naturelles. Si on retient la seconde hypoth&#232;se, on ne peut se contenter de politiques de relance par la demande et par plus de r&#233;gulation dans le syst&#232;me financier : il faut une r&#233;organisation radicale de l'&#233;conomie tourn&#233;e vers les besoins sociaux , une reconversion &#233;cologique de l'industrie et de l'agriculture, des services publics non marchands de qualit&#233;, bref, il faut une rupture avec la logique capitaliste, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et le syst&#232;me actuel de distribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un plan qui conjugue revendications imm&#233;diates et anticapitalistes contre la crise. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent la payer mais les capitalistes : d&#233;fense des acquis, des revendications, des droits sociaux, taxation des transactions financi&#232;res, annulation des dettes publiques. Ce plan peut &#234;tre financ&#233; en s'attaquant aux profits bancaires, financiers et &#224; ceux des grands groupes capitalistes. Ce qui veut dire, au travers de la nationalisation ou socialisation publique du secteur bancaire, poser la question de l'incursion dans la propri&#233;t&#233; du capital. Cette question de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre aussi pos&#233;e au travers de la lutte contre les privatisations et la cr&#233;ation de grands secteurs publics sous contr&#244;le des travailleurs et des usagers dans les secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie. Elle est aussi pos&#233;e au travers de la question &#233;cologique et de la n&#233;cessaire r&#233;organisation et planification &#233;cologique sur les moyen et long termes. La dimension &#233;cologique, prend une place de plus en plus importante, d'autant que l'actualit&#233; est marqu&#233;e par des catastrophes naturelles qui se succ&#232;dent aux quatre coins de la plan&#232;te, et ce &#224; des rythmes de plus en plus fr&#233;quents : inondations, chaos climatiques, glissements de terrains. Cette dimension &#233;cologique doit prendre une place de plus en plus importante dans notre activit&#233;. Toutes les propositions de r&#233;organisations sociales et &#233;cologiques de la production, r&#233;organisation de l'espace urbain, des transports, de l'&#233;nergie au service des besoins des travailleurs et des peuples doivent &#234;tre soulign&#233;es dans notre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, ce plan doit avoir une dimension continentale. En Europe, la r&#233;ponse &#224; la crise n'est pas le protectionnisme nationaliste et la sortie de l'Euro. Cela conduirait &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre pays d'Europe et &#224; de nouvelles attaques contre les peuples pour que les pays les plus en difficult&#233;s tiennent le coup, sans compter le d&#233;veloppement de mouvements chauvins et x&#233;nophobes. Il faut donc une r&#233;ponse europ&#233;enne, sociale, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, mais une r&#233;ponse europ&#233;enne qui rompe avec les politiques et institutions europ&#233;ennes. Dans ce sens, sauver l'Euro ou l'Union Europ&#233;enne ne peut servir d'alibi pour redoubler d'attaques et de plans d'aust&#233;rit&#233; contre les peuples. Notre r&#233;ponse doit partir de la d&#233;fense des droits et des revendications des travailleurs et des peuples dans chaque pays et au niveau de l'Europe. Cela passe par le refus de toute politique d'aust&#233;rit&#233;, m&#234;me s'il y a le chantage de l'exclusion de l'UE. Il faut ensuite une coordinations des politiques et des luttes des peuples en Europe pour construire une r&#233;ponse europ&#233;enne, internationaliste, qui donne la priorit&#233; &#224; l'harmonisation de ces droits sociaux par le haut, &#224; la coordination et &#224; la coop&#233;ration pour aider les peuples les plus frapp&#233;s par la crise, &#224; une politique qui fassent payer les capitalistes et les banquiers au travers d'une politique fiscale et sociale au profit des peuples, &#224; de grands services publics europ&#233;ens et notamment bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un plan d'action anticapitaliste, la question des droits et revendications d&#233;mocratiques rev&#234;t un caract&#232;re important, notamment dans la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques et la d&#233;fense des immigr&#233;s et des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints que par la mobilisation sociale et politique de millions de travailleurs et de citoyens et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus g&#233;n&#233;ralement, notre orientation doit stimuler et orienter les mobilisations en combinant, luttes sociales, syndicales, &#233;cologistes, unit&#233; d'action sociale, syndicale et politique de toutes les forces de gauche, proposition et animation d'exp&#233;riences d'auto-organisation sociale. Nous devons appuyer toutes les propositions de campagnes europ&#233;ennes sur l'annulation de la dette ou sur l'emploi au travers de coordinations d'association et de syndicats. Il faut relayer les initiatives du FSM de Dakar. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les batailles unitaires doivent s'accompagner de la recherche syst&#233;matique de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la social-d&#233;mocratie ou du nationalisme, notamment au travers des politiques &#233;lectorales dans les grandes villes, r&#233;gions, parlement et gouvernement. La crise confirme le caract&#232;re indispensable d'une alternative politique globale au social lib&#233;ralisme et aux partis de la gauche traditionnelle. Enfin, il faut favoriser l'unit&#233; et les alliances anticapitalistes en favorisant toutes les initiatives de coordination anticapitalistes au niveau des secteurs, luttes ou partis, les conf&#233;rences anticapitalistes europ&#233;ennes ou m&#233;diterran&#233;ennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amsterdam, le 22 F&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Sabado est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Nous reproduisons ici la version &#233;crite, enrichie des conclusions de la discussion, du rapport qu'il a pr&#233;sent&#233; devant le pl&#233;num de f&#233;vrier 2011 du Comit&#233; international de la IVe Internationale. La ligne g&#233;n&#233;rale de ce rapport a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le Comit&#233; international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Notes sur la situation internationale </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Notes-sur-la-situation-internationale</link>
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		<dc:date>2011-02-01T01:32:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mercredi, 26 Janvier 2011 Ces notes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour pr&#233;parer les d&#233;bats du prochain Comit&#233; international (CI) de la Quatri&#232;me Internationale, qui se tiendra au mois de f&#233;vrier. Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congr&#232;s mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en f&#233;vrier 2010 en Belgique. Il rassemble des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des repr&#233;sentants d'organisations invit&#233;es, venant de tous les continents. Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mercredi, 26 Janvier 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces notes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour pr&#233;parer les d&#233;bats du prochain Comit&#233; international (CI) de la Quatri&#232;me Internationale, qui se tiendra au mois de f&#233;vrier. Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congr&#232;s mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en f&#233;vrier 2010 en Belgique. Il rassemble des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des repr&#233;sentants d'organisations invit&#233;es, venant de tous les continents. Ces notes concernent avant tout l'Europe et seront retravaill&#233;es en fonction de ces d&#233;bats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le moment actuel de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mondiale continue. Elle est entr&#233;e dans sa 4&#233;me ann&#233;e. Sa progression prend la forme de crises financi&#232;res, crise sur les march&#233;s de biens alimentaires ou de mati&#232;res premi&#232;res, crise de la dette publique, notamment en Europe. Son caract&#232;re combin&#233;-&#233;conomique, financi&#232;re, sociale climatique- est confirm&#233;. Certains, comme Krugman (&#233;conomiste de la gauche du parti d&#233;mocrate am&#233;ricain), sugg&#232;re que cette Troisi&#232;me D&#233;pression ressemble &#224; la fois &#224; la stagnation qui commen&#231;a en Europe et aux Etats-Unis dans les ann&#233;es 1870 &#8211; il la nomme Longue D&#233;pression - et la stagnation des ann&#233;es 1930 qu'il nomme Grande D&#233;pression. Ainsi, il &#233;crit : &#171; Je crains que nous soyons maintenant dans les premi&#232;res &#233;tapes d'une troisi&#232;me d&#233;pression. Elle ressemblera vraisemblablement plus &#224; la Longue D&#233;pression qu'&#224; la beaucoup plus s&#233;v&#232;re Grande D&#233;pression. Mais le co&#251;t &#8211; pour l'&#233;conomie mondiale, et surtout pour les millions d'existences frapp&#233;es par l'absence d'emplois &#8211; sera pourtant immense &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phase de &#171; d&#233;pression &#187; n'est pas seulement le r&#233;sultat des crises financi&#232;res mais celui de l'essoufflement du mode d'accumulation &#233;conomique et financier des trente derni&#232;res ann&#233;es. Il n'y a pas, en Europe et aux USA d'&#233;quivalent de la relance de l'&#233;conomie mondiale dans les ann&#233;es 40-50, et les politiques d'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; ne compensent plus les limites de la croissance &#233;conomique. Les classes dominantes et les gouvernements ont contenu la crise financi&#232;re de 2008 qui aurait pu ravager l'&#233;conomie mondiale mais le cout des interventions &#233;tatiques pour sauver les banques et la finance mondiale a aggrav&#233; la situation &#233;conomique de chaque r&#233;gion ou pays : apr&#232;s les r&#233;cessions de 2008 et 2009, les taux de croissance actuels et ceux pr&#233;vus sur la longue dur&#233;e sont de faible niveau : 3% en 2011 et 3, 5 % en 2012. Cela se d&#233;compose ainsi dans les diverses zones : 1 &#224; 2 % en Europe, 2 &#224; 3 % aux USA, et 6 &#224; 7 % dans les pays dits &#233;mergents, dont 8 &#224; 10 % pour la Chine..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux de ch&#244;mage des principaux pays capitalistes restent &#233;lev&#233;s, autour de chiffres officiels de 10%, en fait, beaucoup plus. La pauvret&#233; augmente, frappant en particulier les femmes, les jeunes et les populations immigr&#233;es. Tous les discours sur la sortie de crise ou sur le fait que le &#171; pire de la crise est derri&#232;re nous &#187; ne cache pas l'enfoncement dans la crise et l'absence de relance de l'&#233;conomie mondiale, notamment aux USA et en Europe. De ce point de vue, nous pourrions dire que la crise est surtout celle du monde occidental et que la Chine, l'Inde, et une s&#233;rie de pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine ont connu ou connaissent des taux de croissance incontestables, mais ils subissent aussi la contraction du march&#233; et du commerce mondial. Et surtout, ces pays n'ont toujours pas la capacit&#233; de relancer l'&#233;conomie monde, m&#234;me si les taux de croissance chinoise et indiens restent impressionnants. N'oublions pas que 42 % du PIB chinois rel&#232;ve de ses exportations, et qu'&#224; moyen terme, la solidit&#233; de la croissance chinoise va d&#233;pendre de ses capacit&#233;s &#224; construire un march&#233; int&#233;rieur, avec nouvelles infrastructures, augmentation de salaires et s&#233;curit&#233; sociale. Nous en avons les pr&#233;misses mais ce n'est pas encore stabilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise prend aussi la forme, notamment dans les pays sous d&#233;velopp&#233;s ou en voie de d&#233;veloppement, d'une explosion des prix des mati&#232;res premi&#232;res, affamant les populations. La r&#233;volution tunisienne est la combinaison d'une explosion sociale contre une augmentation terrible des prix alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et le rejet de la dictature de Ben Ali. Cette double exigence sociale et d&#233;mocratique est au c&#339;ur de ces mouvements. Ces mouvements contre la vie ch&#232;re et pour la d&#233;mocratie peuvent, aujourd'hui, connaitre une propagation dans nombre de pays arabes. Les manifestations en Alg&#233;rie, en Jordanie, en Egypte ou au Y&#233;men expriment, chacune &#224; leur mani&#232;re et en tenant compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s nationales, ce mouvement de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bataille entre le capital et le travail, la crise est un levier pour les classes dominantes qui l'utilisent pour d&#233;truire une s&#233;rie d'acquis et de droits sociaux. Les taux de profits ne pouvant &#234;tre redress&#233;s par une production et une consommation de masse, la concurrence mondiale exigeant de baisser encore le co&#251;t du travail en Europe et aux USA, Il faut attaquer, d&#233;r&#233;guler, privatiser. Cette offensive capitaliste r&#232;gle les interrogations et questions sur les choix d'un tournant keyn&#233;sien pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est de mise, c'est l'attaque et l'attaque frontale, pas le compromis social : Peu de relance, peu de reconstruction, pas de politique de &#171; demande &#187;, d&#233;mant&#232;lement de l'Etat social, perte de vitesse m&#234;me de tous les projets de &#171; capitalisme vert &#187;. Apr&#232;s quelques semaines de panique, c'est la financiarisation de l'&#233;conomie et le pouvoir des march&#233;s financiers qui a repris le dessus. On peut m&#234;me parler d'une deuxi&#232;me vague de l'offensive n&#233;olib&#233;rale apr&#232;s celle des ann&#233;es 80. En tout cas, les destructions sociales men&#233;es par le patronat et les gouvernements sont aussi voire plus fortes que dans ces ann&#233;es l&#224;. C'est aussi au travers de l'approfondissement de la crise, qu'il faut suivre l'&#233;volution de la situation non seulement dans les centres imp&#233;rialistes mais aussi dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise peut ralentir le d&#233;veloppement de ces derniers, car elle exige, dans certains cas, de nouveaux plans d'aust&#233;rit&#233; qui frappent les classes populaires. D&#233;s son accession au pouvoir, Dilma Roussef annonce un plan d'aust&#233;rit&#233; pour le Br&#233;sil. Cette nouvelle offensive a un caract&#232;re global. Nul n'&#233;chappe &#224; la globalisation capitaliste, &#224; ses &#233;changes in&#233;gaux, &#224; son remodelage de la force de travail, &#224; la remise en cause d'une s&#233;rie de droits sociaux. Celle-ci fait m&#234;me pression sur les exp&#233;riences progressistes de ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine. Les mesures du gouvernement Morales visant &#224; augmenter les prix de l'essence &#233;tant, d'une certaine mani&#232;re, une des cons&#233;quences de la pression croissante du march&#233; mondial. Il frappe m&#234;me au c&#339;ur de l'&#233;conomie cubaine. Quelles seront les cons&#233;quences de la &#171; privatisation &#187; de tout un secteur de la force de travail cubaine- pr&#233;s de 10% du salariat- sur les rapports de forces sociopolitiques &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine ? Mais, il n'y a pas de fatalit&#233;. L'attitude des gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine et de la direction cubaine vis-&#224;-vis de la crise, constitue un test cl&#233; de l'&#233;volution de ces courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'attendre &#224; de nouvelles luttes sociales et politiques y compris au sein des &#171; mouvements bolivariens &#187;. Selon leurs rapports au mouvement de masses, telle ou telle option peut dominer. De ce point de vue, les derni&#232;res h&#233;sitations de Morales en Bolivie, sur l'augmentation des prix de l'essence constitue un exemple des crises qui peuvent se d&#233;velopper dans ces pays. Dans une s&#233;rie de r&#233;gions du monde, en Afrique ou en Asie, la pression de la crise &#233;conomique et sociale, les offensives politiques et militaires de l'imp&#233;rialisme dans une situation d'affaiblissement de l'h&#233;g&#233;monie occidentale, l'affaissement ou l'absence d'alternative socialiste ou m&#234;me nationaliste progressiste, d&#233;bouchent sur des situations ou se m&#234;lent r&#233;sistance contre le n&#233;ocolonialisme, oppositions entre fractions de classes dominantes, lutte entre clans bureaucratiques ou conflits ethniques- c'est le cas de la situation en Cote d'Ivoire, ou religieux. Dans une r&#233;gion comme celle recouvrant le Pakistan et l'Afghanistan, l'opposition aux exactions de l'imp&#233;rialisme occidental se double d'une mont&#233;e des forces islamistes r&#233;actionnaires qui s'attaquent aux droits des femmes et aux droits d&#233;mocratiques. Dans cette conjoncture la construction de camps ou fronts qui s'opposent &#224; l'imp&#233;rialisme mais aussi aux courants religieux r&#233;actionnaires islamistes est d&#233;cisif pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le Basculement du monde s'accentue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la crise accentue les changements de rapports de forces mondiaux avec la pouss&#233;e des pays &#233;mergents, le recul des USA et surtout de l'Europe. Le monde occidental, surtout nord am&#233;ricain conserve sa puissance politique et militaire, il garde sa force &#233;conomique mais il recule face &#224; la Chine et dans ses rapports avec d'autres puissances montantes. La Chine, est d&#233;j&#224; deuxi&#232;me puissance mondiale. Elle a m&#234;me conquis une premi&#232;re place dans des secteurs cl&#233;, comme la production d'ordinateurs. Sa force militaire et ses d&#233;penses d'arment augmentent consid&#233;rablement, visant &#224; en faire une puissance de premier ordre, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la Chine dans le monde connait une v&#233;ritable expansion : grands chantiers en Afrique et en Am&#233;rique latine ; exploitation &#224; grande &#233;chelle des territoires pour la production de mati&#232;res premi&#232;res et de produits alimentaires ; achat de la dette des pays &#171; en difficult&#233; &#187; en Europe-Gr&#232;ce, Portugal et Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit aussi mettre en rapport ce d&#233;veloppement avec la croissance des autres pays dits &#233;mergents -l'Inde ou le Br&#233;sil- et les pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine sur les quels rejaillissent cette croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, dans ce cadre, que les camarades d'Am&#233;rique latine, d'Asie et d'Afrique fassent le point sur la situation dans leur r&#233;gion. On ne peut par exemple s&#233;parer le bilan du &#171; Lulisme &#187; de la nouvelle place du Br&#233;sil dans le monde, de ses capacit&#233;s &#224; d&#233;velopper les march&#233;s financiers mais aussi sa politique d'assistanat qui a obtenu des r&#233;sultats. Dans ce nouvel &#233;quilibre mondial, les USA d&#233;clinent mais garde leur puissance politico-militaire, leur &#233;norme march&#233; et &#171; leur dollar &#187; : C'est l'Europe qui recule .Certains parlent m&#234;me de la crise de l'eurocentrisme qui dominait le monde depuis 1492-date de d&#233;couverte de l'Am&#233;rique-. Un des &#233;l&#233;ments marquants, de la p&#233;riode historique actuelle, et de la crise, c'est l'affaiblissement structurel de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La crise en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa puissance &#233;conomique, sociale, technologique et ses richesses accumul&#233;es, l'Europe est le maillon faible de la globalisation capitaliste, dans le sens o&#249; elle est prise en tenaille entre les USA et la mont&#233;e des pays &#233;mergents. L'achat d'une partie des dettes publiques grecques, portugaises et espagnoles par la Chine est, effectivement, plus que symboliques. Dans la comp&#233;tition mondiale actuelle, les classes dominantes en Europe, sont convaincues que &#171; le mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est un handicap majeur dans la concurrence avec les USA et la Chine. Il faut d&#233;truire acquis et conqu&#234;tes sociales obtenues ces derni&#232;res d&#233;cennies .De plus, du point de vue conjoncturel, la crise bancaire continue mais elle est pass&#233;e des banques aux Etats avec une crise de la dette publique qui r&#233;sulte de d&#233;cennies de politiques fiscales in&#233;galitaires et de la prise en charge publique de la crise financi&#232;re et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit public est pass&#233; de 2 &#224; 6, 5 % dans la zone Euro, et de 2, 8 &#224; 11% aux USA. Les dettes publiques ente 2008 et 2009 sont pass&#233;es de 69, 4 &#224; 78, 7 % du PIB dans la zone euro et de 62 &#224; 83 %, de 2007 &#224; 2009 aux USA. Les Etats sont, maintenant en premi&#232;re ligne de la crise, et il est int&#233;ressant de voir les diff&#233;rences entre les USA et L'Europe pour r&#233;pondre &#224; la crise : relance mon&#233;taire et budg&#233;taire aux USA avec le rachat de bons du tr&#233;sor-cela repr&#233;sente 600 milliards de dollars inject&#233;s dans l'&#233;conomie am&#233;ricaine &#8211; c'est le &#171; quantitative easing &#187; de la FED qui n'est qu'une mani&#232;re particuli&#232;re de faire fonctionner la &#171; planche &#224; billets &#187;- mais politiques d'aust&#233;rit&#233; r&#233;cessives en Europe qui &#233;touffent toute reprise de la croissance. Cette diff&#233;rence tient au r&#244;le que continue &#224; avoir le dollar comme &#171; monnaie du monde &#187;, &#224; la diff&#233;rence de l'Euro. Elle exprime aussi les positions des uns et des autres dans les rapports de forces globaux &#224; l'&#233;chelle mondiale. Indiquons seulement, aucune de ces politiques n'arrivent &#224; relancer la machine capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter que la sp&#233;cificit&#233; de crise en Europe r&#233;sulte du type de construction de l'Union europ&#233;enne : une entit&#233; domin&#233;e par les march&#233;s, au contenu politique inachev&#233;, sans d&#233;mocratie, sans participation populaire, sans unit&#233; politique et &#233;conomique. Cette construction loin de prot&#233;ger contre la crise est la base de nouvelles tensions et contradictions entre Etats europ&#233;ens. La construction n&#233;olib&#233;rale loin de coordonner les politiques &#233;conomiques poussent &#171; les dynamiques divergentes &#187; de l' &#233;conomie europ&#233;enne, divergences entre les dynamiques industrielles (Allemagne ) et financi&#232;res (anglaises), entre groupes &#233;conomiques et financiers allemands, fran&#231;ais, anglais, entre &#233;conomies hautement d&#233;velopp&#233;es &#8211;ex march&#233; commun- et moyennement d&#233;velopp&#233;es &#8211;sud et est de l'Europe-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Euro recouvre effectivement des pays au niveau de d&#233;veloppement et de productivit&#233; diff&#233;rents. Et loin de constituer un instrument pour une coordination &#233;conomique de la dite &#171; zone euro &#187;, il sert aujourd'hui d'instrument pour discipliner les &#233;conomies et les peuples au service des plus forts. Ce qui conduit &#224; des tensions entre l'Allemagne ou les pays &#224; mod&#232;le proche et les autres, avec une pression devenue insoutenable pour l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce. A cette &#233;tape, les gouvernements de la zone euro ont cr&#233;e des m&#233;canismes d'assistance en contrepartie de r&#233;formes structurelles n&#233;o lib&#233;rales radicales, notamment avec la cr&#233;ation d'un &#171; fonds europ&#233;en de stabilisation &#187; en 2013 pour les pays en difficult&#233;s, fond de 750 milliards. Cela suffira t-il &#224; soutenir les dettes des pays les plus en difficult&#233;s ? D&#233;j&#224; nombre d'entreprises, de march&#233;s financiers, de fonds de pension, parient sur l'incapacit&#233; des pays du Sud de l'Europe &#224; tenir le coup face &#224; une nouvelle offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence entre les &#233;conomies de la zone euro conjugu&#233;e &#224; l'absence de politiques communes &#233;conomiques, industrielles fiscales, sociales sera t- elle contenue ou n'aggravera-t elle pas la crise ? Ces tensions se traduisent notamment sur le plan mon&#233;taire, mais derri&#232;re la monnaie, il ya la volont&#233; des classes dominantes et des march&#233;s financiers &#224; faire payer la crise aux peuples et aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La guerre sociale en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, c'est une v&#233;ritable &#171; guerre sociale &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui en Europe : gel voire baisse nominale des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction drastique des budgets sociaux et publiques, destruction de pans entiers de l'Etat social, allongement de la dur&#233;e du travail -r&#233;formes des retraites, remises en cause des 35 heures- , suppression de millions de postes de fonctionnaires, attaques et privatisations de la s&#233;curit&#233; sociale, de la sant&#233;, des &#233;coles &#8211;explosion des frais d'inscription en GB-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date de ces attaques, c'est le r&#233;f&#233;rendum &#224; l'usine de FIAT Mirafiori &#224; Turin, o&#249; les r&#233;sultats d'approbation des propositions de la direction ouvrent la voie &#224; la liquidation des conventions collectives, non seulement dans la m&#233;tallurgie mais dans tous les secteurs et branches professionnelles. Les conventions collectives nationales de branches ou secteurs sont totalement remises en cause. Elles s'effacent devant le contrat de travail &#171; n&#233;goci&#233; &#187; entre le salari&#233; et le patron d'entreprise. La politique de la direction de la FIAT impose aussi l'aggravation des conditions de travail : &#233;quipes, travail de nuit, chasse &#224; l'absent&#233;isme, gel des salaires&#8230; La direction de Fiat annonce clairement qu'elle ne n&#233;gociera pas avec les syndicats qui refusent de se soumettre : c'est la fin annonc&#233;e du recours &#224; l'id&#233;ologie du &#171; dialogue social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'attaques tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans toute l'Europe. Combin&#233; &#224; la politiques de lutte contre les d&#233;ficits, il aggravent non seulement les conditions de travail et de vie de millions de gens mais il limite de plus en plus la demande finale, avec pour cons&#233;quence de corseter la croissance et de provoquer de nouvelles r&#233;cessions. Ce n'est pas le ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, l'objectif est de r&#233;duire dans les ann&#233;es qui viennent le pouvoir d'achat des salari&#233;s, de 15 &#224; 20 %. Le d&#233;mant&#232;lement de l'Etat providence ou de ce qui reste va connaitre un coup d'acc&#233;l&#233;rateur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La droite en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de cette offensive, li&#233;e &#224; la crise historique et syst&#233;mique que connait le capitalisme, avec celle des ann&#233;es 80, ce sont les cons&#233;quences d&#233;stabilisatrices pour l'ensemble du syst&#232;me, de ses classes dominantes, de ses partis, de ses institutions. Tous les partis dominants mais m&#234;mes les autres sont d&#233;stabilis&#233;s par les d&#233;cennies de contre r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la crise du syst&#232;me. Les crises de repr&#233;sentation politiques, la crise historique du socialisme, les ph&#233;nom&#232;nes d'abstention populaire, le sentiment de corruption des &#233;lites politiques : tout cela concourt &#224; nourrir la crise g&#233;n&#233;rale de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite, les contre r&#233;formes sociales n&#233;olib&#233;rales sapent les bases sociales des partis traditionnels, du coup, ces derniers recherchent cette base en d&#233;ployant des politiques autoritaires, racistes, populistes, s'attaquant aux immigr&#233;s, aux &#171; roms &#187;, aux musulmans. Elles accentuent leurs cours r&#233;actionnaires comme le parti r&#233;publicain aux USA. Des tendances au &#171; bonapartisme people &#187; avec Sarkozy ou Berlusconi traduisent une instabilit&#233; certaine. Des mouvements populistes ou n&#233;o fascistes gagnent du terrain, en Su&#232;de, aux Pays bas, en France, en Hongrie. Dans toutes les derni&#232;res &#233;lections en Europe, la droite et l'extr&#234;me droite augmentent leurs scores &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. La sociale d&#233;mocratie confirme son &#233;volution sociale lib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche, la crise n'a pas provoqu&#233; de &#171; sursaut keyn&#233;sien &#187;. La pr&#233;sence d'un pr&#233;sident socialiste &#224; la t&#234;te du FMI exprime le degr&#233; d'int&#233;gration de la sociale d&#233;mocratie dans les institutions de la globalisation capitaliste. Diff&#233;rence avec les ann&#233;es 30, il n' ya pas de tournant &#224; gauche de la social d&#233;mocratie. Le choix social lib&#233;ral est confirm&#233;. Les politiques de Papandr&#233;ou, Zapatero, Socrat&#232;s le d&#233;montrent. Les grandes orientations du PSE, au niveau europ&#233;en, les confortent et montrent qu'au-del&#224; des positionnements tactiques de chaque PS dans l'opposition contre la droite, la social-d&#233;mocratie s'est bien transmut&#233;e en social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre la gauche et la droite, la sociale d&#233;mocratie, relay&#233;e par l'&#233;volution des appareils syndicaux, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi l'adaptation aux modes dominants de la gestion de la crise. Il faut aussi noter l'&#233;volution des grandes formations vertes ou &#233;cologistes sur des orientations de plus en plus marqu&#233;es par le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Les r&#233;sistances sociales et les limites dans leur traduction politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus notable de ces derniers mois, ce sont les luttes de r&#233;sistances aux plans d'aust&#233;rit&#233;. Les journ&#233;es de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales se sont succ&#233;d&#233; en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne, en France. En France, pr&#232;s de 3 millions de personnes ont manifest&#233; et particip&#233; &#224; des mouvements de gr&#232;ve huit fois en deux mois&#8230; les gr&#232;ves espagnoles et portugaises ont une ampleur historique. Une de nos t&#226;ches est d'ailleurs d'analyser les formes, le contenu et la dynamique de ses conflits. En Grande Bretagne et en Italie, les manifestations &#233;tudiantes montrent le degr&#233; d'explosivit&#233; des luttes sociales. En Allemagne des mobilisations &#233;cologistes et citoyennes impressionnantes ont eu lieu contre le nucl&#233;aire. La crise va continuer. Les attaques vont redoubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura luttes, r&#233;sistances, et explosions sociales, qui vont aussi se r&#233;p&#233;ter, selon les particularit&#233;s nationales. Au c&#339;ur de ces mouvements sociaux, il y a la d&#233;fense d'acquis sociaux- emploi, s&#233;curit&#233; sociale, retraites, salaires, services publics- qui sont frontalement remis en cause mais aussi des dynamiques politiques anti-gouvernementales stimul&#233;es par la pratique, le style, l'arrogance gouvernementales ou des chefs de la droite. L'accumulation de ces exp&#233;riences, le degr&#233; de combinaison entre crise sociale et crise politique, le niveau d'auto-organisation des luttes peuvent constituer des points tournant de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une nouvelle situation sociale en Europe o&#249; la r&#233;volte des peuples gronde. Il faut aussi enregistrer deux faits politiques majeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Les luttes, m&#234;me les plus massives, ne d&#233;bouchent pas &#224; cette &#233;tape sur des reculs partiels des classes dominantes ou des victoires pour les travailleurs et leurs organisations. Nous n'arrivons pas &#224; bloquer l'offensive capitaliste et encore moins &#224; inverser la tendance. Ce que nous pouvons constater, c'est que, si la contre r&#233;forme lib&#233;rale continue &#224; marquer des points, les travailleurs qui ont fait les gr&#232;ves et manifestations en Gr&#232;ce, en France, au Portugal, en Espagne, les &#233;tudiants qui ont manifest&#233; en Grande Bretagne, n'ont pas le sentiment d'avoir enregistr&#233; de d&#233;faites majeures. Ils sentent confus&#233;ment qu'il y aura d'autres batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Le deuxi&#232;me fait politique, &#224; souligner, c'est, dans les pays o&#249; il y a lutte sociale d'une certaine ampleur, le d&#233;calage existant, entre la combativit&#233; sociale et sa traduction politique. Il faut consid&#233;rer les sp&#233;cificit&#233;s de la situation dans chaque pays. Dans certains pays le niveau de lutte social est faible. Mais dans les pays o&#249; il y a mobilisation sociale, il n y a pas l'&#233;quivalent sur le plan de la force syndicale et politique : Il n'y a pas de croissance organique des syndicats, des partis, de courants de gauche dans les mouvements sociaux. Combien de membres, d'adh&#233;rents ? Il peut y avoir ici et l&#224; des mouvements d'adh&#233;sion vers les syndicats ou les partis de gauche mais il y a, par exemple, une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 30 et la situation actuelle.Dans les ann&#233;es 30 la crise et les r&#233;sistances sociales provoquaient, par exemple, la croissance en centaines de milliers de membres, des syndicats, des PS, des PC, des mouvements &#224; gauche dans la social-d&#233;mocratie ou de courants r&#233;volutionnaires ext&#233;rieures &#224; la gauche traditionnelle. L'&#233;volution social lib&#233;rale rend de plus en plus &#171; imperm&#233;able &#187; les partis socialistes aux mont&#233;es de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons pas non plus de croissance massive qualitative des syndicats. Nous aurions pu, alors, attendre le d&#233;veloppement des courants ou partis &#224; l'ext&#233;rieur des organisations de la gauche traditionnelle. Nous n'enregistrons pas, &#224; cette &#233;tape, de progression notable. Aujourd'hui, en France, apr&#232;s une mobilisation sociale exceptionnelle&#8230; on aurait pu s'attendre &#224; ce que le PS pr&#233;sente pour la prochaine &#233;lection une candidate ou un candidat &#224; &#171; l'allure &#187; plus social-d&#233;mocrate. Eh bien, non, le candidat du PS &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 risque d'&#234;tre Strauss&#8211;Kahn, pr&#233;sident du FMI, un des repr&#233;sentants les plus &#224; droite de la social d&#233;mocratie internationale !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre prudent en disant que nous sommes au d&#233;but de la crise, que la dur&#233;e de la crise provoquera des mouvements combin&#233;s de crise sociale et politique, des &#233;v&#233;nements qui bloqueront tel ou tel plan d'aust&#233;rit&#233;, qui permettront des victoires partielles, et pourront inverser les tendances lourdes de la situation&#8230; Mais pour le moment, les obstacles qu'il faut surmonter pour gagner restent difficilement franchissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de la crise historique du mouvement ouvrier du si&#232;cle dernier se font toujours sentir. La construction d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire a besoin de nouvelles exp&#233;riences pour s'affirmer. Force est de constater que le niveau des luttes actuelles, m&#234;me, si il augmente, en r&#233;action aux attaques des classes dominantes et des gouvernants, n'a pas de dynamique politique suffisamment forte pour inverser les d&#233;cennies de contre r&#233;formes lib&#233;rales et cr&#233;er les bases d'une contre offensive globale et d'un nouveau projet socialiste r&#233;volutionnaire. Du coup, les processus de construction de partis de la gauche radicale ou de partis anticapitalistes, en Europe, rencontrent une s&#233;rie de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. El&#233;ments de discussion sur nos t&#226;ches.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions quelles sont nos t&#226;ches La r&#233;ponse d&#233;pend du diagnostic que l'on porte sur la crise qui a &#233;clat&#233; en 2007 ? S'agit-il d'une p&#233;rip&#233;tie financi&#232;re analogue &#224; toutes celles que le capitalisme a connues dans le pass&#233;, suivies de r&#233;cessions temporaires ? Ou bien s'agit-il d'une crise syst&#233;mique &#224; deux niveaux : une crise syst&#233;mique parce que le r&#233;gime d'accumulation financi&#232;re d&#233;velopp&#233; depuis plus une bonne trentaine d'ann&#233;es est &#224; bout de souffle, et une crise syst&#233;mique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite li&#233;e &#224; la finitude de la plan&#232;te et des ressources naturelles. Si on retient la seconde hypoth&#232;se, on ne peut se contenter de politiques de relance par la demande et par plus de r&#233;gulation dans le syst&#232;me financier, il faut une r&#233;organisation radicale de l'&#233;conomie tourn&#233;e vers les besoins sociaux , une reconversion &#233;cologique de l'industrie et de l'agriculture, des services publics non marchands de qualit&#233;, bref il faut une rupture avec la logique capitaliste, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et le syst&#232;me actuel de distribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un plan qui conjugue revendications imm&#233;diates et anticapitalistes contre la crise. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent payer la crise mais les capitalistes : d&#233;fense des acquis, des revendications, des droits sociaux, taxation des transactions financi&#232;res, annulation des dettes publiques. Ce plan peut &#234;tre financ&#233; en s'attaquant aux profits bancaires, financiers et &#224; ceux des grands groupes capitalistes. Ce programme doit s'accompagner de la &#171; collectivisation-socialisation &#187; de tout le syst&#232;me bancaire &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne sous le contr&#244;le des usagers. Ce qui veut dire au travers de la nationalisation ou socialisation publique du secteur bancaire, poser la question de l'incursion dans la propri&#233;t&#233; du capital. Cette question de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre aussi pos&#233;e au travers de la lutte contre les privatisations et la cr&#233;ation de grands secteurs publics sous contr&#244;le des travailleurs et des usagers dans les secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie. Elle est aussi pos&#233;e au travers de la question &#233;cologique et de la n&#233;cessaire r&#233;organisation et planification &#233;cologique sur le moyen et long terme. La dimension &#233;cologique, prend une place de plus en plus importante, d'autant que l'actualit&#233; est marqu&#233;e par des catastrophes naturelles qui se succ&#232;dent aux quatre coins de la plan&#232;te, et ce &#224; des rythmes de plus en plus fr&#233;quents : inondations, chaos climatiques, glissements de terrains doit prendre une place de plus en plus importante dans notre activit&#233;. Toutes les propositions de r&#233;organisations sociales et &#233;cologiques de la production, r&#233;organisation de l'espace urbain, des transports, de l'&#233;nergie au service des besoins des travailleurs et des peuples doivent &#234;tre soulign&#233;es dans notre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, ce plan doit avoir une dimension continentale. La r&#233;ponse &#224; la crise n'est pas le protectionnisme nationaliste et la sortie de l'Euro. Cela conduirait &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre pays d'Europe et &#224; de nouvelles attaques contre les peuples pour que les pays les plus en difficult&#233;s tiennent le coup, sans compter le d&#233;veloppement de mouvements chauvins et x&#233;nophobes. Il faut donc une r&#233;ponse europ&#233;enne, sociale, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, mais une r&#233;ponse europ&#233;enne qui rompt avec les politiques et institutions europ&#233;ennes. Dans ce sens, sauver l'Euro ou l'Union Europ&#233;enne ne peut servir d'alibi pour redoubler d'attaques et de plans d'aust&#233;rit&#233; contre les peuples. Notre r&#233;ponse doit partir de la d&#233;fense des droits et des revendications des travailleurs et des peuples dans chaque pays et au niveau de l'Europe. Cela passe par le refus de toute politique d'aust&#233;rit&#233;. Il faut ensuite, une coordinations des politiques et des luttes des peuples en Europe pour construire une r&#233;ponse europ&#233;enne, internationaliste qui donne la priorit&#233; &#224; l'harmonisation de ces droits sociaux par le haut, &#224; la coordination et &#224; la coop&#233;ration pour aider les peuples les plus frapp&#233;s par la crise, &#224; une politique qui fassent payer les capitalistes et les banquiers au travers d'une politique fiscale et sociale au profit des peuples, &#224; de grands services publics europ&#233;ens et notamment bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un plan d'action anticapitaliste, la question des droits et revendications d&#233;mocratiques rev&#234;t un caract&#232;re important, notamment dans la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques et la d&#233;fense des immigr&#233;s et des sans papiers. Dans les pays confront&#233;s &#224; des dictatures, cela doit conduire, notamment dans le cadre des mouvements de fond ou r&#233;volutions d&#233;mocratiques qui secouent le monde arabe, &#224; combiner revendications sociales, auto-organisation et revendications d&#233;mocratiques. En Tunisie, nous soutenons les exigences d&#233;mocratiques, de d&#233;mant&#232;lement de la dictature et de toutes ses institutions, de dissolution du RCD et de tous les appareils de r&#233;pression, le rejet du gouvernement ghannouchi, la formation d'un gouvernement provisoire sans repr&#233;sentant du r&#233;gime, et des &#233;lections libres &#224; une assembl&#233;e constituante. La lutte conte la vie ch&#232;re, pour les besoins vitaux de la population comme l'expropriation des propri&#233;t&#233;s du clan Ben Ali peuvent conduire &#224; combiner pratiquement question sociale et d&#233;mocratique et &#224; poser le contr&#244;le de ces administrations ou entreprises par l'autoorganisation populaire. En m&#234;me temps, les anticapitalistes doivent appuyer, organiser et coordonner les embryons d'auto-organisation en cours dans la lutte contre la vie ch&#232;re et la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints que par la mobilisation sociale et politique des millions de travailleurs et de citoyens et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, notre orientation doit stimuler et orienter les mobilisations doit en combinant, luttes sociales, syndicales, &#233;cologistes, unit&#233; d'action sociale, syndicale et politique de toutes les forces de gauche, proposition et animation d'exp&#233;riences d'auto-organisation sociale. Nous devons appuyer toutes les propositions de campagnes europ&#233;ennes sur l'annulation de la dette ou sur l'emploi au travers de coordination d'association et de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les batailles unitaires doivent s'accompagner de la recherche syst&#233;matique de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la social-d&#233;mocratie, notamment au travers des politiques &#233;lectorales dans les grandes villes, r&#233;gions, parlement et gouvernement. La crise confirme le caract&#232;re indispensable d'une alternative politique globale au social lib&#233;ralisme et aux partis de la gauche traditionnelle. Enfin, il faut favoriser l'unit&#233; et alliances anticapitalistes en favorisant toutes les initiatives de coordination anticapitalistes au niveau des secteurs, luttes ou partis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;c&#232;s de Livio Maitan</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Deces-de-Livio-Maitan</link>
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		<dc:date>2004-09-21T20:43:06Z</dc:date>
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		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le camarade Livio Maitant nous a quitt&#233; le soir du 16 septembre 2004. N&#233; &#224; Venise le 1 avril 1923, Livio a commenc&#233; &#224; militer au sein de la r&#233;sistance socialiste italienne au cours de la seconde guerre mondiale, dans le Psiup. Oblig&#233; de s'expatrier en Suisse, il y a connu les camps d'internement &#224; la fin de la guerre. Organisateur de la Jeunesse socialiste &#224; la Lib&#233;ration, il a rompu avec la social-d&#233;mocratie en 1947, se tournant vers la IVe Internationale. A partir de ce moment il sera un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le camarade Livio Maitant nous a quitt&#233; le soir du 16 septembre 2004. N&#233; &#224; Venise le 1 avril 1923, Livio a commenc&#233; &#224; militer au sein de la r&#233;sistance socialiste italienne au cours de la seconde guerre mondiale, dans le Psiup. Oblig&#233; de s'expatrier en Suisse, il y a connu les camps d'internement &#224; la fin de la guerre. Organisateur de la Jeunesse socialiste &#224; la Lib&#233;ration, il a rompu avec la social-d&#233;mocratie en 1947, se tournant vers la IVe Internationale. A partir de ce moment il sera un des principaux dirigeants de la IVe Internationale et de sa section italienne, jusqu'&#224; sa mort. En 1948 il a fait partie de la direction du Front d&#233;mocratique populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1948 jusqu'&#224; aujourd'hui il a fait partie du Comit&#233; ex&#233;cutif international (actuellement Comit&#233; international) et du secr&#233;tariat (actuellement Bureau ex&#233;cutif) de la IVe Internationale. Durant de longues ann&#233;es il &#233;tait en charge de la revue &#034;Quatri&#232;me Internationale&#034; et d'&#034;Inprecor&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989 il a &#233;t&#233; &#224; l'origine de l'int&#233;gration de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (section italienne de la IVe Internationale) &#224; Democrazia proletaria, une pas vers le regroupement de la gauche radicale. Au sein de la DP il a argument&#233; en faveur de la fusion de celle-ci au sein du Parti de la refondation communiste, r&#233;alis&#233;e en 1991. Depuis lors il a &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la direction du PRC lors de tous ses congr&#232;s successifs. Il a assur&#233; la publication en italien d'une grande partie des &#166;uvres de L&#233;on Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs d'Inprecor connaissent Livio en tant qu'auteur d'innombrables articles. Il a &#233;galement laiss&#233; de nombreux livres d'analyse politique et &#233;conomique, publi&#233;s pour l'essentiel en italien : &#034;Attualita di Gramsci e politica communista&#034; (Schwarz ed., 1955) ; Teoria e politica comunista nel dopoguerra ((Schwarz, 1959) ; &#034;Trotsky oggi&#034; (Einaudi, 1959) ; &#034;Il movimiento operaio in una fase critica&#034; (Samona e Savelli, 1966) ; &#034;Pci 1945-1969&#034; (Samona e Savelli, 1969) ; &#034;Partito, esercito e masse nella crisi chinese&#034; ((Samona e Savelli, 1969 - traduit en fran&#231;ais sous le titre &#034;Parti, arm&#233;e et masses dans la r&#233;volution culturelle chinoise&#034;, Masp&#233;ro 1970) ; &#034;Dinamica delle classi sociali in Italia&#034; (Samona e Savelli, 1976) ; &#034;Crisi del marxismo versione anni '70&#034; (Quaderni di Critica comunista, 1980) ; &#034;Destino di Trotsky&#034; (Rizzoli, 1981) ; &#034;Il marxismo rivoluzionario di Antonio Gramsci&#034; (Nueve ed. internazionali, 1987) &#034;Al termine di una lunga marcia, dal Pci al Pds&#034; (Massari, 1990 - traduit en fran&#231;ais sous le titre &#034;Du PCI au PDS, la longue marche du Parti communiste italien&#034;, Cahier d'&#233;tudes et de recherches n&#176;15, IIRE 1991) ; &#034;Anticapitalismo e comunismo : potezialita e antinomie di una rifondazione&#034; (Cuen, 1992) ; &#034;Il dilemma cinese&#034; (Datanews, 1994) ; &#034;Dall'Urss alla Russia&#034; (Datanews, 1996) ; &#034;Tempeste nell'economia mondiale (Datanews, 1998) ; &#034;La Cina di Tienanmen&#034; (Massari, 1999) ; &#034;La strada percorsa, dalla Resistenza all nuovi movimenti : lettura critica e scelte alternative&#034; (Massari, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait en train de terminer une histoire de la IVe Internationale - histoire dont il a &#233;t&#233; un des principaux protagonistes &#8249; lorsque son c&#166;ur a l&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Livio a form&#233; plusieurs g&#233;n&#233;ration de militants marxistes-r&#233;volutionnaires. Accessible et sympathique, il &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; aider ses jeunes camarades, disponible pour les d&#233;bats et les controverses. D'une grande culture marxiste, passionn&#233; dans les discussions, il &#233;tait toujours &#224; l'&#233;coute de ses contradicteurs, fussent-ils plus jeunes et moins instruits que lui. Il nous manquera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Inprecor&#034; reviendra sur sa vie et ses combats dans son num&#233;ro d'octobre 2004. Jan Malewski&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;communiqu&#233; du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale------ Paris Le 17 septembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;res et chers camarades Nous avons le grand regret de vous informer que le camarade Livio Maitan est mort hier soir &#224; Rome. L&#185;enterrement aura lieu lundi avec la pr&#233;sence de Lidia Cirillo pour nos camarades italien(ne)s, Alain Krivine pour l&#185;Internationale et Fausto Bertinotto pour le Parti de refondation communiste (PRC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les messages de condoleances peuvent &#234;tre envoy&#233;s &#224; : &lt;span class='ressource'&gt;&lt;salvatore.cannavo@flashnet.it&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article en italien retracant sa vie vous sera envoy&#233; rapidement. Nous enverrons la traduction en fran&#231;ais et/ou anglais d&#232;s que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comptons organiser une commemoration dans quelques semaines. Nous vous tiendrons au courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salutations r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bureau ex&#233;cutif de la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil : 20 th&#232;ses sur la situation du Br&#233;sil et les t&#226;ches des r&#233;volutionnaires.</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Bresil-20-theses-sur-la-situation-du-Bresil-et-les-taches-des-revolutionnaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Bresil-20-theses-sur-la-situation-du-Bresil-et-les-taches-des-revolutionnaires</guid>
		<dc:date>2004-07-08T13:56:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une victoire historique &lt;br class='autobr' /&gt;
1) L'&#233;lection de Luis Ignacio &#034; Lula &#034; da Silva comme pr&#233;sident du Br&#233;sil et la formation du premier gouvernement PT (Parti des Travailleurs) le 1er janvier 2003 marque une nouvelle &#233;tape dans la lutte des classes dans le plus grand pays d'Am&#233;rique du Sud. Ceci est donc un d&#233;veloppement qui aura des r&#233;percussions bien au-del&#224; des fronti&#232;res du Br&#233;sil. Les socialistes r&#233;volutionnaires, dont les supporters de la Quatri&#232;me Internationale, ont pris une part active et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une victoire historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'&#233;lection de Luis Ignacio &#034; Lula &#034; da Silva comme pr&#233;sident du Br&#233;sil et la formation du premier gouvernement PT (Parti des Travailleurs) le 1er janvier 2003 marque une nouvelle &#233;tape dans la lutte des classes dans le plus grand pays d'Am&#233;rique du Sud. Ceci est donc un d&#233;veloppement qui aura des r&#233;percussions bien au-del&#224; des fronti&#232;res du Br&#233;sil. Les socialistes r&#233;volutionnaires, dont les supporters de la Quatri&#232;me Internationale, ont pris une part active et non n&#233;gligeable dans le d&#233;veloppement du parti. Ils font face &#224; pr&#233;sent &#224; d'&#233;normes d&#233;fis : &#224; la fois avancer un programme pour une autre soci&#233;t&#233;, et r&#233;sister au risque de se faire absorber par un gouvernement qui manque &#224; ses engagements envers ses &#233;lecteurs. SAP et d'autres r&#233;volutionnaires &#224; travers le monde devront dans la p&#233;riode &#224; venir apprendre de l'exp&#233;rience br&#233;silienne et donner leur contribution quant &#224; la fa&#231;on dont le progr&#232;s social peut &#234;tre r&#233;alis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La nouvelle situation parlementaire est d'abord une expression des aspirations des ouvriers, paysans, indiens et des pauvres pour une meilleure donne dans un pays marqu&#233; par une in&#233;galit&#233; sociale massive. Malheureusement nous parlons ici d'aspirations et de croix sur un bulletin de vote au lieu de la mobilisation d'un mouvement actif ; et cela rend donc plus difficile le fait de mener &#224; bien des r&#233;formes radicales et de mettre le gouvernement sous pression. Bien que Lula &#233;tait le candidat qui a symbolis&#233; les espoirs et aspirations du peuple, son programme de gouvernement peut &#234;tre critiqu&#233; comme &#233;tant mod&#233;r&#233;, r&#233;formiste et irr&#233;aliste. Malgr&#233; ces limitations intrins&#232;ques, le changement de gouvernement a cr&#233;&#233; une nouvelle dynamique dont le cours et le but ne peut pas &#234;tre pr&#233;vu avec certitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le du Parti des Travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le PT prend ses racines dans la grande gr&#232;ve des m&#233;tallurgistes &#224; Sao Paolo en 1980 et s'est d&#233;velopp&#233; apr&#232;s la transition entre militaires et civils dans les ann&#233;es 80, pour devenir une voix politique unique et pluraliste des mouvements radicaux des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une bureaucratisation consid&#233;rable, le parti a des liens &#233;troits avec les plus importants mouvements de masse militants, comme la f&#233;d&#233;ration syndicale CUT et le mouvement des paysans sans terres, le MST.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Le PT s'est consolid&#233; en tant que parti de gauche dominant au parlement et a accumul&#233; beaucoup d'exp&#233;riences importantes. L'une des plus connues &#224; l'&#233;tranger est celle de la gestion d&#233;mocratique de l'&#233;tat du Rio Grande do Sul et sa capitale Porto Alegre, o&#249; des supporters de la Quatri&#232;me Internationale ont jou&#233; un r&#244;le dominant, et qui est connue pour avoir promu le Forum Social Mondial, ainsi que d'autres initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Avec l'&#233;mergence du parti dans les mouvements de masse militants, le haut niveau de d&#233;mocratie interne et l'existence de factions politiques diff&#233;rentes font du PT un parti a caract&#232;re unique. Les factions &#224; l'int&#233;rieur du PT repr&#233;sentent les courants du mouvement ouvrier allant des sociaux-d&#233;mocrates de droite aux marxistes r&#233;volutionnaires. La droite a &#233;t&#233; plus forte ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement de Lula : Alliance avec les bourgeoisies nationale et &#233;trang&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) M&#234;me pendant la campagne pr&#233;sidentielle, il &#233;tait clair que Lula se pr&#233;parait &#224; la collaboration de classe. Cela s'est r&#233;v&#233;l&#233; le plus clairement &#224; travers l'alliance avec le petit Parti Lib&#233;ral, de droite. Son gouvernement comprend des repr&#233;sentants d'int&#233;r&#234;ts de classe contradictoires et repose sur une majorit&#233; parlementaire, au sein de laquelle le PT est minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) La politique &#233;trang&#232;re du gouvernement s'est oppos&#233;e &#224; la guerre men&#233;e par les Etats-Unis en Irak, et a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant en mobilisant l'opposition du tiers-monde face aux diktats des Etats-Unis et de l'Union Europ&#233;enne dans les n&#233;gociations de l'OMC &#224; Cancun. Au m&#234;me moment le gouvernement a coop&#233;r&#233; avec le FMI et a assum&#233; le poids de la dette ext&#233;rieure du Br&#233;sil ainsi qu'une s&#233;rie de demandes du FMI, comme la privatisation de banques et la baisse des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la politique &#233;conomique a &#233;t&#233; une continuation de la ligne n&#233;o-lib&#233;rale existante, et la d&#233;cision de rendre la Banque Centrale politiquement ind&#233;pendante allait m&#234;me au-del&#224; de ce qu'avait fait le pr&#233;c&#233;dent gouvernement sous Cardoso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) La l&#233;gitimit&#233; populaire du gouvernement repose toujours sur sa promesse de progr&#232;s social pour les pauvres. Plus important est de voir comment les mouvements sociaux vont se mobiliser pour r&#233;aliser ces attentes et comment le PT se comportera vis-&#224;-vis d'eux. Lorsque 40,000 membres de syndicats du secteur publique ont manifest&#233; en juin dernier contre la baisse des retraites et brandi l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite, c'&#233;tait le premier mouvement large de protestation contre le gouvernement. Il est trop t&#244;t pour tirer des conclusions sur les relations entre le gouvernement, le parti et les mouvementes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Confrontation in&#233;vitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) Avant et apr&#232;s les &#233;lections, Lula s'est alli&#233; &#224; la droite du PT. Leur projet est de mener &#224; bien un certain nombre de r&#233;formes dans le cadre des limites prescrites par le capital national et international. Ce n'est pas un projet r&#233;aliste dans le sens qu'il promet seulement de petits progr&#232;s dans un domaine au d&#233;triment de coupes sombres dans un autre. Il y a une contradiction in&#233;vitable entre la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, des &#233;tudiants, des paysans et des pauvres, et la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de l'&#233;lite (le gouvernement sera donc sous la pression des deux parties et le facteur d&#233;cisif sera la force de la mobilisation populaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11) Le gouvernement pressera les mouvements populaires de &#034; prendre patience &#034; et &#034; d'&#233;viter la confrontation &#034;, mais les mouvements qui ne mobilisent pas s'atrophient et perdent leur capacit&#233; &#224; mobiliser. Une telle d&#233;faite des mouvements entra&#238;nera une d&#233;moralisation et le renforcement de la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12) Il y a une bataille continue &#224; l'int&#233;rieur du PT pour la ligne du parti et la critique g&#233;n&#233;rale de la ligne conservatrice que le gouvernement a suivi jusqu'&#224; pr&#233;sent. Alors que la gauche est maintenant une minorit&#233; au sein du parti et que la droite domine l'appareil, il y a n&#233;anmoins toujours d&#233;saccord entre le gouvernement et le PT, ou m&#234;me avec des parlementaires du PT sur cette question. Par exemple, une majorit&#233; de parlementaires PT a vot&#233; contre l'ind&#233;pendance de la Banque Centrale. Il y a toujours des possibilit&#233;s pour une lutte politique &#224; l'int&#233;rieur du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13) Pour la droite du parti, la gauche est une menace pour ses plans de collaboration de classe. Ils cherchent donc &#224; l'isoler ; un exemple en est la proc&#233;dure disciplinaire contre Heloisa Helena, s&#233;natrice et critique de gauche la plus connue du gouvernement, et contre d'autres parlementaires. Il y a la possibilit&#233; que la gauche d&#233;cide de scissionner et de commencer &#224; construire un nouveau parti avec des socialistes d&#233;j&#224; en dehors du PT. Il est vital pour la gauche qu'une telle lutte et qu'une telle scission se passe de fa&#231;on &#224; ne pas s'isoler des masses. D'un autre c&#244;t&#233;, il y a le danger que la gauche se laisse pousser &#224; un adoucissement de sa critique du gouvernement afin de sauvegarder ses positions, comme ce qui s'est pass&#233; r&#233;cemment avec la DS qui a accept&#233; de voter en faveur de la baisse des retraites sous la menace d'expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14) La gauche a besoin de d&#233;velopper une alternative &#224; Lula et &#224; la droite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; bas&#233;e sur les organisations de masse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; qui fait appel &#224; l'internationalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;qui a pour but l'expropriation du pouvoir &#233;conomique et politique du capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire un Br&#233;sil socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Br&#233;sil socialiste est-il possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15) Depuis l'effondrement du &#034; socialisme r&#233;el &#034;, il a &#233;t&#233; plus difficile de voir comment la mainmise des USA sur l'Am&#233;rique Latine peut &#234;tre bris&#233;e. Au Nicaragua les Sandinistes ont &#233;t&#233; forc&#233;s &#224; renoncer au pouvoir face &#224; une offensive US accablante, et les troupes de gu&#233;rilla au Guatemala et El Salvador ont sign&#233; des accords de paix qui n'&#233;taient rien de moins que des d&#233;clarations de capitulation. Tout ceci &#233;tait le signe que la perspective de la gauche latino-am&#233;ricaine dans les ann&#233;es 90 s'est d&#233;plac&#233;e vers la recherche de r&#233;formes mod&#233;r&#233;es autoris&#233;es par les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16) La taille du Br&#233;sil, g&#233;ographiquement, d&#233;mographiquement, et pas le moindre, &#233;conomiquement parlant, signifie qu'il n'est pas aussi d&#233;pendant de son environnement que le Nicaragua. D'un autre c&#244;t&#233;, cela signifie qu'un cours socialiste serait beaucoup plus inacceptable pour les pouvoirs imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17) Un gouvernement socialiste devrait se pr&#233;parer aux attaques auxquelles il aurait &#224; faire face. Economiquement, les capitalistes nationaux et internationaux essaieraient de saboter un Br&#233;sil socialiste par la fuite de capitaux, des gr&#232;ves de l'investissement, et des demandes de remboursements d'emprunts. Il y a aussi la menace latente de l'arm&#233;e (en 1964, lorsque le gouvernement Goulart planifia des r&#233;formes co&#251;teuses, il fut renvers&#233; par un coup d'&#233;tat soutenu par les Etats-Unis et qui amena une dictature militaire). La m&#234;me chose est arriv&#233;e dans de nombreux pays d'Am&#233;rique Latine. Afin d'emp&#234;cher un tel coup d'&#233;tat il est vital de retirer tous les &#233;l&#233;ments et pratiques anti-d&#233;mocratiques dans l'arm&#233;e et soutenir les tentatives d'organiser les soldats et de cr&#233;er des organisations de d&#233;fense ouvri&#232;re arm&#233;es pour d&#233;fendre un gouvernement socialiste contre un coup d'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18) Plus important encore est la dynamique r&#233;gionale et internationale que cela cr&#233;erait. Non seulement un tel d&#233;veloppement &#034; infecterait &#034; le reste de l'Am&#233;rique Latine mais il serait &#233;galement &#034; d&#233;pendant &#034; d'une telle contagion. Les USA essaieraient d'isoler et de d&#233;truire un Br&#233;sil socialiste ; la lutte pour le socialisme au Br&#233;sil devrait donc avoir une perspective &#224; la fois r&#233;gionale et internationale pour avoir une chance contre la domination mondiale US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nos t&#226;ches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19) Avec cette compr&#233;hension de l'interconnexion de la situation internationale, le Br&#233;sil a une importance pour la lutte de classes au Danemark. Nos t&#226;ches sont de desserrer l'&#233;tau que les organisations internationales placeraient autour du Br&#233;sil, de construire un mouvement contre le FMI et la Banque Mondiale et pour un moratoire sur la dette. Dans certains endroits il est possible de construire des mouvements de solidarit&#233; envers les mouvements sociaux populaires du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; solidarit&#233; syndicale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; soutien de la lutte ses paysans sans terre pour une r&#233;forme agraire et la d&#233;fense des occupations de terres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d&#233;fense des droits de l'&#234;tre humain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20) Nous devons aussi soutenir les r&#233;volutionnaires dan le PT contre l'offensive des mod&#233;r&#233;s. Nous pouvons seulement emp&#234;cher les tentatives de marginalisation et d'isolement de la gauche, &#224; travers une conscience accrue des probl&#232;mes et donc faire des d&#233;clarations publiques de soutien, et des p&#233;titions peuvent &#234;tre utilis&#233;es en ce sens. SAP fera circuler la p&#233;tition existante lanc&#233;e par Socialist Resistance, en d&#233;fense des r&#233;volutionnaires du PT menac&#233;s d'expulsion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : Pourquoi est-ce important ?</title>
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		<dc:date>2004-07-06T16:59:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les &#233;volutions au Br&#233;sil depuis l'&#233;lection de Lula repr&#233;sentent l'un des plus importants d&#233;fis, et l'une des opportunit&#233;s les plus grandes, auxquelles la Quatri&#232;me Internationale ait &#233;t&#233; confront&#233;e, pour plusieurs raisons. &lt;br class='autobr' /&gt;
La victoire de Lula comme candidat du Parti des Travailleurs (PT) lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles d'octobre 2002 ont exprim&#233; le rejet de politiques n&#233;olib&#233;rales et de leurs cons&#233;quences d&#233;vastatrices par une majorit&#233; &#233;crasante de la classe des travailleurs et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;volutions au Br&#233;sil depuis l'&#233;lection de Lula repr&#233;sentent l'un des plus importants d&#233;fis, et l'une des opportunit&#233;s les plus grandes, auxquelles la Quatri&#232;me Internationale ait &#233;t&#233; confront&#233;e, pour plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Lula comme candidat du Parti des Travailleurs (PT) lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles d'octobre 2002 ont exprim&#233; le rejet de politiques n&#233;olib&#233;rales et de leurs cons&#233;quences d&#233;vastatrices par une majorit&#233; &#233;crasante de la classe des travailleurs et des pauvres dans le cinqui&#232;me pays le plus peupl&#233; du monde. Dans le domaine strictement politique, c'&#233;tait l'expression la plus avanc&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent du mouvement mondial contre la mondialisation capitaliste - et ceci dans un pays qui fut l'h&#244;te des trois premiers Forums Sociaux Mondiaux et accueillera le prochain en 2005. De fa&#231;on paradoxale, cependant, la victoire de Lula n'&#233;tait pas pr&#233;c&#233;d&#233;e ni suivie par des luttes sociales ou des mobilisations de masse comparables d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; ce qui a &#233;t&#233; vu dans les ann&#233;es et les mois r&#233;cents dans le reste de l'Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire &#233;lectorale du PT marque la premi&#232;re fois dans le monde qu'un parti large, ouvrier, se basant sur les syndicats et les mouvements sociaux, avec une histoire faite de positions de lutte de classes, anti-imp&#233;rialistes et souvent anti-capitalistes, et essentiellement libre des traditions du stalinisme et de la social-d&#233;mocratie, s'est approch&#233; peu ou prou de la victoire &#224; des &#233;lections pour le gouvernement national - et ceci dans le deuxi&#232;me pays le plus susceptible d'influencer les autres de l'h&#233;misph&#232;re occidental. Avec une tradition forte et multiple de courants marxistes &#224; son c&#339;ur, le PT est pr&#233;cis&#233;ment le genre de parti que beaucoup d'autres sections de la QI ont essay&#233; de construire, dans des circonstances tr&#232;s diff&#233;rentes. Mis &#224; part les le&#231;ons n&#233;gatives qui peuvent &#234;tre apprises de l'exp&#233;rience gouvernementale du PT, le simple fait de sa victoire &#233;lectorale sugg&#232;re qu'il y a urgence &#224; ce que nous visitions &#224; nouveau, et peut-&#234;tre que nous inventions &#224; nouveau une partie de notre arsenal strat&#233;gique pour savoir comment tirer avantage de victoires &#233;lectorales de tels partis dans des circonstances relativement paisibles, pas imm&#233;diatement r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois de son histoire, la QI, via sa section br&#233;silienne, D&#233;mocratie Socialiste (DS), &#233;tait absolument au centre de ces deux processus. Quoiqu'&#233;tant une minorit&#233; dans le PT, le r&#244;le de pivot que DS a jou&#233; dans le d&#233;veloppement du PT, dans ses gouvernements locaux les plus radicaux, dans ses innovations programmatiques les plus audacieuses (comme le budget participatif), dans la direction des ses groupes parlementaires dans les deux chambres pendant les luttes contre les politiques n&#233;olib&#233;rales du gouvernement br&#233;silien pr&#233;c&#233;dent, et dans les lutte sociales qui forment la base du soutien pour le parti - tout cela a fait de DS sans doute la section la plus capable d'influencer que la QI ait jamais eue. Son r&#244;le central dans l'organisation des FSM &#224; Porto Alegre a aussi aid&#233; &#224; mettre la QI et notre programme pour la d&#233;mocratie socialiste au c&#339;ur de mouvement international pour la justice globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, l'Internationale toute enti&#232;re a le devoir de faire tout ce qu'elle peut pour soutenir nos camarades au Br&#233;sil et de les aider, non seulement &#224; triompher des difficult&#233;s s&#233;rieuse auxquelles ils/elles sont confront&#233;-e-s, mais aussi pour profiter des opportunit&#233;s immenses qui se pr&#233;sentent &#224; la gauche r&#233;volutionnaire au Br&#233;sil, quoique dans des circonstances compliqu&#233;es. Il est vital que le d&#233;bat initi&#233; dans la QI par son dernier CI soit conduit dans cet esprit. Ce document vise &#224; contribuer &#224; ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement Lula&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des caract&#233;ristiques du gouvernement Lula pouvaient &#234;tre pr&#233;vues, avant et imm&#233;diatement apr&#232;s la victoire &#233;lectorale. La pr&#233;f&#233;rence pour les man&#339;uvres parlementaires plut&#244;t que la mobilisation de masse comme moyen de faire passer son programme l&#233;gislatif &#233;tait de plus en plus clair. R&#233;sultat : des alliances de plus en plus larges avec des partis bourgeois du centre et de la droite afin d'assurer des majorit&#233;s au Congr&#232;s &#233;taient probables. La d&#233;cision de respecter les accords existants avec le FMI m&#232;nerait in&#233;vitablement &#224; une pression sur les programmes sociaux afin de financer la dette publique, ext&#233;rieure et int&#233;rieure. Cependant, presque personne au Br&#233;sil n'imaginait &#224; quel point et &#224; quelle vitesses le gouvernement Lula s'alignerait sur le programme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les priorit&#233;s centrales de la premi&#232;re ann&#233;e du gouvernement Lula, et les priorit&#233;s projet&#233;es pour cette ann&#233;e et au-del&#224;, peuvent &#234;tre lues presque mot pour mot dans les lettres d'intention successives au FMI et les accords avec la Banque Mondiale. Les r&#233;formes des retraites, la r&#233;forme fiscale, une nouvelle loi sur les faillites pour prot&#233;ger les cr&#233;anciers &#233;tranges, la privatisation des banques r&#233;gionales qui sont encore publiques, elles rel&#232;vent toutes de cette cat&#233;gorie. L &#8216;amendement constitutionnel propos&#233; pour donner son autonomie &#224; la banque centrale (dans la pratique elle l'a d&#233;j&#224;) , ainsi que des propositions pour une r&#233;forme des syndicats et une d&#233;r&#233;gulation dramatique du march&#233; du travail rempliraient Tony Blair et Gordon Brown de fiert&#233;. M&#234;me la conception des programmes sociaux du gouvernement Lula - avec leurs allocations &#034; cibl&#233;es &#034; - ressemblent &#224; des extraits d'un manuel de la Troisi&#232;me Voie ou de la Banque Mondiale. En v&#233;rit&#233;, l&#224; o&#249; les priorit&#233;s diff&#232;rent de celles &#233;nonc&#233;es dans les accords, c'est habituellement pour aller au-del&#224; du FMI dans l'orthodoxie &#233;conomique - comme pour la d&#233;cision du ministre des Finances Antonio Palocci d'augmenter l'objectif du FMI pour le surplus primaire du Br&#233;sil (en gros la quantit&#233; enlev&#233;e aux d&#233;penses publiques pour payer les banquiers) de 3,75 % &#224; 4,25 % et d'insister pour que cet objectif soit satisfait pendant tout le mandat de quatre ans de Lula et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conversion enthousiaste aux priorit&#233;s n&#233;olib&#233;rales et leurs justifications famili&#232;res - les nouvelles lois du travail, flexibles, seront sans doute justifi&#233;es par le besoin de cr&#233;er des emplois, tout comme les r&#233;formes des retraites &#233;taient justifi&#233;es par le besoin de combattre les privil&#232;ges du secteur public et d'aider les pauvres - a &#233;t&#233; accompagn&#233;e par l'extension de l'arc d'alliances du gouvernement PT aussi loin que le permettent les lois de la g&#233;om&#233;trie. Au d&#233;but de 2004 le principal parti bourgeois du centre, le PMDB, a &#233;t&#233; formellement introduit dans le gouvernement, alors que des pactes informels existent avec des parties ou l'int&#233;gralit&#233; des deux principaux partis qui ont constitu&#233; le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, le PFL (le parti de l'oligarchie traditionnelle du Br&#233;sil et de la dictature militaire) et le PSDB (le parti des technocrates n&#233;o-lib&#233;raux). A tous les points de vue, il n'y a aujourd'hui au Br&#233;sil pas d'opposition de droite au gouvernement PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, &#224; la fin de mars 2004, l'opposition bourgeoise qui existait s'est sentie capable de se positionner &#224; gauche du gouvernement PT. Le PFL et le PSDB, de droite, se sont joints au vieux parti populiste PDT pour publier une &#034; liste des 13 premiers r&#233;sultats du gouvernement Lula &#034;. Elle mentionnait l'augmentation du ch&#244;mage, la chute des salaires r&#233;els des travailleurs, le paiement d'environ 50 millions de dollars en int&#233;r&#234;ts sur la dette publique, le fait que les banques ont r&#233;alis&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re &#034; leurs plus hauts profits de toute l'histoire &#034;, et la &#034; soumission exemplaire &#034; au FMI, avant de vilipender l'&#233;chec total de la politique sociale du gouvernement et de s'appesantir sur un r&#233;cent scandale de corruption qui a fait &#233;norm&#233;ment de dommage &#224; l'image du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce tournant dramatique vers la droite, le gouvernement Lula n'a pas encore rencontr&#233; d'opposition concert&#233; de la part des syndicats ou des mouvements sociaux. Les gr&#232;ves et les protestations d'employ&#233;s f&#233;d&#233;raux au milieu de 2003, avant le premier vote sur les r&#233;formes des retraites dans la chambre basse du congr&#232;s, est le seul cas significatif de r&#233;sistance sociale directe &#224; la politique du gouvernement. L'autre seule mobilisation &#233;tendue, le mouvement des sans-terre (et dans certains cas de communaut&#233;s indig&#232;nes) pour l'acc&#232;s &#224; la terre (organis&#233; principalement mais non exclusivement par le MST), n'a pas pour le moment &#233;t&#233; dirig&#233; contre le gouvernement en tant que tel, m&#234;me s'il a certainement r&#233;v&#233;l&#233; les manquements du gouvernement dans ce domaine. Il a plut&#244;t &#233;t&#233; dirig&#233; contre les propri&#233;taires terriens et les parties de l'appareil d'Etat br&#233;silien les plus compl&#232;tement sous le contr&#244;le de cette oligarchie rurale, c'est &#224; dire les gouvernement d'&#233;tats et la police militaire et les pouvoirs judiciaires qui en d&#233;pendent directement. Le but du MST et d'autres dans ces mobilisations a &#233;t&#233; de pousser le gouvernement PT &#224; r&#233;aliser ses promesses de r&#233;forme agraire. Pour cela il a maintenu une alliance contradictoire et parfois tendue avec des secteurs &#224; l'int&#233;rieur du gouvernement, en particulier le minist&#232;re du D&#233;veloppement Agraire. (Nous y reviendrons.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait peut-&#234;tre l'opposition la plus concert&#233;e &#224; l'&#233;volution du gouvernement PT durant ses quinze premiers mois est venue de l'int&#233;rieur du PT lui-m&#234;me, atteignant son expression la plus intense autour de l'expulsion d'Heloisa Helena et des autres &#034; radicaux &#034; en d&#233;cembre. Cependant cette opposition, &#224; l'int&#233;rieur du PT et maintenant aussi en-dehors, reste fragment&#233;e. (Nous y reviendrons.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque de mobilisation contre la politique du gouvernement refl&#232;te la passivit&#233; relative du mouvement social et syndical br&#233;silien ces derni&#232;res ann&#233;es, et la bureaucratisation partielle de ce dernier. Mais il refl&#232;te &#233;galement la fa&#231;on dont les attentes envers le gouvernement Lula ont &#233;volu&#233;es parmi les travailleurs et les pauvres br&#233;siliens en g&#233;n&#233;ral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'opinion publique, le soutien pour le gouvernement PT a d&#233;clin&#233; substantiellement, particuli&#232;rement dans les derniers mois. Cette derni&#232;re chute est un r&#233;sultat d'un scandale de corruption dans lequel est impliqu&#233; le bras droit du chef de cabinet de Lula, Jose Dirceu, (il est accus&#233; de n&#233;gocier des faveurs politiques pour des syndicats de jeux ill&#233;gaux en &#233;change de financement secret de campagnes du PT), ainsi que de l'absence du &#034; spectacle de croissance &#034; depuis longtemps promis par Lula. Les sondages qui devaient &#234;tre publi&#233;s d&#233;but avril semblaient devoir indiquer une chute dramatique d'environ dix points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la cote de popularit&#233; du gouvernement en f&#233;vrier - qui flottait un peu au dessus des 50 % - ne ressemblait pas du tout &#224; un rejet massif. Et la cote de popularit&#233; personnelle de Lula &#224; ce moment restait haute, au dessus de 60 %. Apr&#232;s un an au gouvernement durant lequel le ch&#244;mage et le travail des enfants avaient augment&#233; de fa&#231;on dramatique, pendant que les revenus r&#233;els chutaient de 10 % ou plus, cela semblait une importante diff&#233;rence avec d'autres exp&#233;riences en Am&#233;rique Latine, comme celle de De la Rua en Argentine ou Lucio Gutierrez en Equateur. Sans doute cela refl&#232;te-t-il les racines sociales beaucoup plus solides du PT, dont l'histoire comme parti de masse de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e lui donne une plus grande cr&#233;dibilit&#233; et ne peut pas &#234;tre d&#233;truite si facilement. Il semblait qu'une grande majorit&#233; de la classe laborieuse br&#233;silienne esp&#233;rait et croyait encore que Lula pourrait faire le boulot. C'est probablement encore le cas, malgr&#233; les probl&#232;mes les plus r&#233;cents du gouvernement. Et cet espoir, m&#234;me s'il va &#224; l'encontre de tous les faits et alors qu'il se dissout dans un d&#233;senchantement &#233;tendu, a continu&#233; d'influencer une majorit&#233; de membres du PT, et aussi une partie importante de la gauche du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, attacher l'&#233;tiquette de &#034; front populaire &#034; au gouvernement Lula peut ne pas aider beaucoup. Dans notre tradition le terme &#034; front populaire &#034; a &#233;t&#233; utilis&#233; pour d&#233;crire des gouvernements form&#233;s par des partis ouvriers qui invitait des partis bourgeois au gouvernement, et qui en le faisant donn&#233; le contr&#244;le politique &#224; ces forces bourgeoises. La r&#233;ponse traditionnelle, le mot d'ordre &#034; Dehors les ministres bourgeois &#034; avait comme but de faire finir la subordination du gouvernement &#224; des priorit&#233;s bourgeoises et de demander qu'il revienne &#224; une d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la classe laborieuse. Mais l'inclusion de ministres bourgeois dans l'administration Lula est d'importance secondaire. La d&#233;cision du gouvernement d'adopter une orientation n&#233;olib&#233;rale int&#233;grale a &#233;t&#233; un choix d&#233;lib&#233;r&#233; du noyau dur du gouvernement - Jose Dirceu, Antonion Palocci, Luiz Dulci, Luiz Gushiken et Lula lui-m&#234;me - tous des leaders historiques du PT lui-m&#234;me. On pourrait se d&#233;barrasser de tous les ministres bourgeois et cela ne ferait probablement pas de diff&#233;rence du tout pour l'axe politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement la seule occasion o&#249; Lula a clairement chang&#233; sa politique pour m&#233;nager ses ministres bourgeois - la d&#233;cision de l&#233;galiser le soja g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; - a failli provoquer une crise majeure non seulement avec sa ministre de l'environnement mais avec une grande partie de la droite du PT qu'elle repr&#233;sente, dont le pr&#233;sident du PT, Jose Genoiuo, qui avait orchestr&#233; les attaques du gouvernement contre la gauche du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un certain nombre d'autres occasions, le businessman-millionnaire, vice-pr&#233;sident, choisi par Lula dans le petit Parti Lib&#233;ral bourgeois, Jose Alencar, a exprim&#233; des positions sur la politique &#233;conomique clairement &#224; gauche des dirigeants gouvernementaux du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le caract&#232;re n&#233;olib&#233;ral du gouvernement Lula est le r&#233;sultat d'un choix d&#233;lib&#233;r&#233; de la direction du PT. Il ne d&#233;pend pas de l'alliance avec des partis bourgeois, quoiqu'elle en ait certainement rendu la gestion plus ais&#233;e. Et bien s&#251;r l'inclusion de ministres bourgeois est un signe en direction de la classe dirigeante br&#233;silienne et de l'imp&#233;rialisme qui leur montre que leurs int&#233;r&#234;ts seront bien garantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon de rappeler bri&#232;vement comment la direction du PT en est arriv&#233; l&#224;, et comment la r&#233;ponse de la gauche a &#233;volu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction majoritaire du PT d&#233;rive lentement vers la droite depuis que Lula a perdu de justesse sa premi&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle en 1989. La gauche du PT, et particuli&#232;rement DS, a men&#233; une lutte constante contre cette d&#233;rive droiti&#232;re pendant toutes les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la derni&#232;re conf&#233;rence du PT, &#224; Recife en d&#233;cembre 2001, la r&#233;partition des forces &#233;tait claire. L'ancien courant majoritaire de Lula et ses plus proches alli&#233;s connu sous le nom d'Articulation, avait attir&#233; autour de lui les courants plus petits de la droite et du centre pour former ce qui est devenu le Camp de la Majorit&#233;, avec Jose Dirceu comme dirigeant central de cette majorit&#233; dans le PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche, DS avait en partie d&#233;pass&#233; Articulation de Gauche comme principal courant de gauche dans le PT. Ce dernier, dont l'origine revenait &#224; une scission des ann&#233;es plus t&#244;t dans le courant majoritaire de Lula, &#233;tait de toutes fa&#231;ons un groupe beaucoup plus flou qui comprenait des figures historiques d'origine castriste et mao&#239;ste, ainsi que des chr&#233;tiens de gauche et certains d&#233;put&#233;s alli&#233;s au Mouvement des Sans Terre (MST). Le troisi&#232;me plus important courant de la gauche du PT, Force Socialiste, form&#233; originellement &#224; partir de plusieurs courants mao&#239;stes et &#034; centristes &#034;, ainsi qu'avec plusieurs courants de gauche plus petits, ou r&#233;gionaux, tendait &#224; collaborer avec DS et Articulation de Gauche, malgr&#233; des frictions &#224; l'occasion. Les autres courants du PT d'origine trostskyste - parmi lesquels les lambertistes (Otrabalho) et d'anciens mor&#233;nistes (le CST, une scission du principal groupe mor&#233;niste, le PSTU, et plus tard le MES qui avait scission&#233; du CST en 20002) - tendaient &#224; mener une existence plus s&#233;par&#233;e et isol&#233;e au sein du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors du PT il y avait deux forces substantielles &#224; gauche. Le Parti Communiste du Br&#233;sil (PcdoB), &#224; l'origine une scission marxiste du vieux PC, a eu une alliance &#233;lectorale de longue date avec le PT. Il a une pr&#233;sence significative dans les mouvements sociaux et au parlement. Sa strat&#233;gie de recherche d'une bourgeoisie nationale avec laquelle s'allier veut dire qu'il soutient en g&#233;n&#233;ral l'&#233;volution de la direction du PT. (Quoique certains de ses d&#233;put&#233;s aient depuis vot&#233; contre certaines des mesures n&#233;olib&#233;rales du gouvernement, la direction du PcdoB joue maintenant un r&#244;le cl&#233; pour aider &#224; organiser les alliances du gouvernement Lula au Congr&#232;s.) Le Parti Socialiste Unifi&#233; des Travailleurs (PSTU), qui s'est fait expulser du PT bien des ann&#233;es auparavant, a organis&#233; des courants de gauche dans certains syndicats, mais n'avait pas de cr&#233;dibilit&#233; &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps Lula lui-m&#234;me, et certains de ses plus proches conseillers, s'&#233;taient &#233;loign&#233;s quelque peu de la vie interne du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les positions et les axes d'un programme de gouvernement adopt&#233;s par la majorit&#233; du PT &#224; la conf&#233;rence de Recife &#233;taient encore ce que nous pourrions appeler r&#233;formiste de gauche. Ils incluaient un engagement clair &#224; rompre avec le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral dominant, d&#233;velopper le march&#233; interne du Br&#233;sil et donner la priorit&#233; &#224; la satisfaction des besoins de la majorit&#233; du peuple br&#233;silien. On parlait encore d'un r&#233;f&#233;rendum contre l'ALEA, et d'&#233;tendre la d&#233;mocratie participative dans tout le pays. La direction du PT semblait encore promettre quelque chose de tr&#232;s diff&#233;rent de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci changea rapidement au d&#233;but de l'ann&#233;e des &#233;lections. La majorit&#233; du PT dans son ensemble commen&#231;a &#224; adopter l'attitude beaucoup plus mod&#233;r&#233;e qui &#233;tait d&#233;velopp&#233;e en dehors du parti par Lula et son institut de r&#233;flexion personnel, l'Institut de la Citoyennet&#233;. D'abord l'alliance promise avec les secteurs &#034; productifs &#034; de la bourgeoisie br&#233;silienne commen&#231;a &#224; prendre forme. Le terme &#034; productif &#034; devait indiquer les &#233;l&#233;ments sains du monde des affaires impliqu&#233;s dans des formes utiles de l'industrie et de l'agriculture, en opposition implicite aux couches parasites retranch&#233;es dans le monde de la finance, de la sp&#233;culation et de grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res sous-exploit&#233;es - une sorte de version moderne des vieilles th&#232;ses stalinistes sur la &#034; bourgeoisie nationale &#034;. En avril, le PT dans l'&#233;tat de Rio Grande do Sul - dirig&#233; par DS et qui reste une r&#233;gion o&#249; le parti a gard&#233; une vie interne vigoureuse - a publi&#233; une critique pointue de la strat&#233;gie de la direction. Elle demandait une confrontation ouverte avec le mod&#232;le existant. Seule une rupture claire avec la politique n&#233;olib&#233;rale dominante, disait-elle, soutenue par de grandes mobilisations de masse, pourrait rendre possible le genre de changements dont avait besoin la vaste majorit&#233; des br&#233;siliens. Il ne s'agissait pas de gagner les &#233;lections &#224; tout prix, mais de gagner pour changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand cette alliance a &#233;t&#233; scell&#233;e en juillet par l'accueil du petit Parti Lib&#233;ral (PL) dans la coalition &#233;lectorale du PT et la d&#233;signation de l'un de ses dirigeants, le magnat du textile Jose Alencar, comme candidat au poste de vice-pr&#233;sident aux c&#244;t&#233;s de Lula, DS mena &#224; nouveau l'opposition. La s&#233;natrice DS Heloisa Helena, avec le soutien total de la direction de DS, a renonc&#233; &#224; &#234;tre candidate du PT pour le poste de Gouverneur de son &#233;tat, Alagoas, en disant qu'elle ne pouvait pas &#234;tre aux c&#244;t&#233;s des &#233;l&#233;ments les plus corrompus et les plus oppressifs de la classe dirigeante locale, des grands propri&#233;taires terriens et des barons du sucre, et un certain nombre de politiciens locaux d&#233;j&#224; mentionn&#233;s dans une enqu&#234;te parlementaire sur le cri me organis&#233; et le trafic de drogues. La r&#233;solution publi&#233;e par DS &#224; l'&#233;poque disait clairement qu'elle ne formerait pas de telles alliances, o&#249; que ce soit. Un autre d&#233;put&#233; DS, Avenzoar Arruda, d'un autre &#233;tat du Nord-Est, Paraiba, refusa de rompre avec la nouvelle alliance impos&#233;e par la direction du PT. DS condamna son action et il a d&#233;missionn&#233; de la tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un autre glissement, encore plus grave, de la position de la direction du PT avait d&#233;j&#224; commenc&#233;. Quand Morgan Stanley et d'autres banques d'investissement commenc&#232;rent &#224; pr&#233;venir leurs clients de ne pas s'engager au Br&#233;sil au cas o&#249; Lula gagnerait, il semblait qu'un nouvel effondrement du march&#233; venait. La &#034; Lettre au Peuple Br&#233;silien &#034; de Lula (connue par la gauche comme sa Lettre aux Banquiers) faisait le maximum pour rassurer. Le FMI proposa un nouveau programme de &#034; sauvetage &#034; con&#231;u pr&#233;cis&#233;ment pour lier les mains de tout nouveau gouvernement, et Lula convint de le respecter s'il &#233;tait &#233;lu. Une nouvelle alliance avait &#233;t&#233; form&#233;e, cette fois avec le capital financier international et le FMI. La sc&#232;ne &#233;tait pr&#234;te pour un gouvernement PT qui continuerait la politique macro-&#233;conomique de son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction partielle entre ces deux esp&#232;ces d'alliance bourgeoise - ou les choix politiques qu'elles refl&#232;tent - c'est &#224; dire celle entre la promotion des int&#233;r&#234;ts du capital &#034; national &#034;, productif, et de ceux du capital financier &#034; transnational &#034; - continue de produire des tensions &#224; l'int&#233;rieur du gouvernement Lula, sur des questions de libre &#233;change ou le niveau exact des taux d'interet, et m&#234;me entre membres du noyau dur du PT, comme Dirceu contre Palocci. Mais ils sont tous les deux fermement &#224; l'int&#233;rieur du cadre de l'orientation n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la d&#233;cision de DS en novembre 2002 d'accepter une invitation &#224; participer au gouvernement de Lula - avec Miguel Rossetto au minist&#232;re cl&#233; charg&#233; de la r&#233;forme agraire - semble contradictoire. Si Heloisa Helena ou Avenzoar Arruda quatre mois plus t&#244;t ne devaient pas &#234;tre aux c&#244;t&#233;s de candidats du PL dans leurs &#233;tats, comment serait-il juste &#224; pr&#233;sent de se joindre &#224; un gouvernement national qui comprenait non seulement le PL, mais, ce qui est beaucoup plus important, avait promis d'appliquer loyalement les termes du FMI ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la pression sur DS et la gauche PT tout enti&#232;re &#233;tait immense. Dans l'euphorie qui vint apr&#232;s l'&#233;lection, ceci vint non seulement de l'appareil du PT mais sans doute de la base aussi, qui encourageait la gauche &#224; assumer ses &#034; responsabilit&#233;s historiques &#034; en tant que partie int&#233;grante du PT, et aider &#224; faire de &#034; notre gouvernement &#034; un succ&#232;s. L'extr&#234;me isolation de la gauche qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; le gouvernement Lula comme &#233;tant un front populaire est d&#233;montr&#233;e par le score &#233;lectoral du PSTU - autour de 0,5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, d'apr&#232;s nous, la participation au gouvernement &#233;tait une grave erreur, une erreur qui aurait probablement d&#251; et pu &#234;tre vue &#224; l'&#233;poque. C'&#233;tait une erruer rendue plus difficile &#224; rectifier par le fait qu'elle semble n'avoir jamais &#233;t&#233; discut&#233;e de fa&#231;on organis&#233;e par les membres de DS dans leur ensemble, ni auparavant &#224; la sixi&#232;me conf&#233;rence de la tendance en 2001, ni apr&#232;s &#224; sa septi&#232;me conf&#233;rence en novembre 2003 (o&#249; elle a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme un fait plut&#244;t qu'un choix). Il y a eu effectivement une discussion &#224; la direction de DS en novembre 2002, et un document a &#233;t&#233; adopt&#233; qui contenait des formulations quelque peu vagues et ambigu&#235;s sur une participation possible au gouvernement Lula. Cependant, ce d&#233;bat ne semble pas &#234;tre parvenu jusqu'&#224; beaucoup de membres de base de DS. D'apr&#232;s nous il y a eu aussi un manquement de notre part, la QI, &#224; anticiper cette situation de fa&#231;on ad&#233;quate. Ceci n'aurait jamais d&#251; &#234;tre une question de &#034; d&#233;cider la ligne pour le Br&#233;sil &#224; Paris &#034;, ou quoi que ce soit de ce genre. Mais il n'&#233;tait pas besoin d'&#234;tre grand clerc pour voir que la question serait pos&#233;e, et que quelle que soit la r&#233;ponse donn&#233;e, elle aurait des implications &#233;normes &#224; la fois pour DS et pour toute l'Internationale. Il y avait &#233;videmment besoin d'une r&#233;flexion lucide et d'une consultation sur l'un des plus importants choix auquel n'importe quelle section de la QI ait &#233;t&#233; confront&#233; depuis des d&#233;cennies, avant de le faire. Le fait qu'elle n'ait jamais eu lieu, au moins jusqu'au Congr&#232;s Mondial de f&#233;vrier 2003, alors que Miguel &#233;tait d&#233;j&#224; en place, &#233;tait un manquement dont nous sommes tous responsables, tant au Br&#233;sil qu'&#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si participer au gouvernement &#233;tait une erreur, on peut d&#233;fendre l'id&#233;e selon laquelle c'&#233;tait une erreur l&#233;gitime - tant que le caract&#232;re du gouvernement n'&#233;tait pas clair... et pouvait changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s nous, le crit&#232;re pour juger une telle participation ne devrait pas &#234;tre une formule abstraite, alg&#233;brique, mais un bilan concret de ses effets. Avance-t-elle ou freine-t-elle la capacit&#233; de la classe laborieuse et de ses alli&#233;s de combattre pour ses objectifs historiques ? Dans cette optique, nous prendrions comme exemple la m&#233;thode utilis&#233; par le PRT mexicain dans les ann&#233;es 80 pour &#233;valuer les alliances avec le FMLN durant le combat r&#233;volutionnaire au Salvador, en opposition &#224; ceux qui voulaient arriver &#224; une conclusion de trahison de classe en partant de la base de l'alliance avec des chr&#233;tiens-d&#233;mocrates dissidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de ce bilan concret des effets de la participation au gouvernement Lula devra se confronter &#224; certaines questions strat&#233;giques auxquelles nous, dans la QI et de fa&#231;on plus large dans la gauche r&#233;volutionnaire, n'avons clairement pas r&#233;fl&#233;chi assez ces derni&#232;res d&#233;cennies - probablement parce que nous ne sommes pas assez approch&#233;s de la capture du pouvoir. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que ces questions sont difficiles, et que les enjeux sont beaucoup plus importants que ceux auxquels la plupart d'entre nous sont habitu&#233;s, cela vaut la peine d'insister &#224; nouveau sur le besoin de mener tout ce d&#233;bat &#224; la fois dans la clart&#233;, et avec l'humilit&#233; ad&#233;quate. L'int&#233;r&#234;t d'exprimer et de d&#233;battre de nos opinions dans la QI n'est pas de donner des le&#231;ons au camarades br&#233;siliens depuis un endroit lointain. Il est d'avoir un d&#233;bat avec eux dont nous pourrions tous &#233;merger mieux pr&#233;par&#233;s &#224; agir face aux questions auxquelles nous serons confront&#233;s dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions strat&#233;giques sont li&#233;es &#224; la question cl&#233; de l'approche par les r&#233;volutionnaires d'une situation o&#249; des partis larges de travailleurs ou anticapitalistes - dans lesquels nous pouvons jouer un r&#244;le important ou pas - sont &#233;lus dans des gouvernements nationaux dans des circonstances relativement paisibles, sans que des mobilisations de masse indiquent la perspective imm&#233;diate d'une crise r&#233;volutionnaire. Il est important de r&#233;viser notre pens&#233;e sur cette question, parce qu'&#233;tant donn&#233;e notre orientation actuelle de la construction de partis anticapitalistes larges, c'est une situation &#224; laquelle pourraient &#234;tre confront&#233;s diff&#233;rentes sections de la QI dans des circonstances tr&#232;s vari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la situation &#224; laquelle sont confront&#233;s les camarades de DS depuis octobre 2002. C'est une situation o&#249; la question &#034; Que voulez-vous exactement que nous fassions ? &#034;, pos&#233;e non seulement par la direction droiti&#232;re du PT mais par beaucoup de membres du PT et de sympathisants &#224; tous les niveaux - pr&#233;cis&#233;ment les secteurs larges que la gauche a besoin de convaincre - est tr&#232;s puissante. Dans des circonstances o&#249; il n'y a pas, pour le moment, des dizaines de milliers de personnes dans la rue, sans parler d'une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire, ce n'est pas suffisant de r&#233;pondre avec une liste pr&#233;par&#233;e &#224; l'avance tir&#233;e du Programme de Transition : nationaliser les banques et le commerce ext&#233;rieur, annuler la dette ext&#233;rieur, etc. Nous devons pouvoir aussi r&#233;pondre &#224; des questions plus difficiles, comme &#034; Comment &#233;viter que le cr&#233;dit international ne s'ass&#232;che, que la taux de change ne plonge, que l'&#233;conomie ne s'&#233;croule, que la nourriture et le fuel ne manquent, pendant que les m&#233;dias et les forces arm&#233;es accomplissent un coup d'Etat sans verser le sang (ou en en versant) et que la majorit&#233; de la population vous abandonne comme des r&#234;veurs incomp&#233;tents ? &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre avis les camarades de DS sont en fait all&#233;s plus loin que peut-&#234;tre quiconque, dans ou en dehors de la QI, dans l'&#233;laboration de r&#233;ponses contemporaines &#224; ces questions. Ces r&#233;ponses reposent sur deux piliers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen d&#233;taill&#233; par DS de ce qu'une politiques &#233;conomique alternative pourrait signifier pour le gouvernement PT - une politique qui ne provoquerait pas n&#233;cessairement une rupture imm&#233;diate avec le cadre capitaliste, mais qui poss&#233;derait une dynamique transitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions de DS pour que la d&#233;mocratie participative soit &#233;tendu au niveau nationale, en utilisant des m&#233;canismes similaires &#224; ceux des budgets participatifs locaux afin de faire bouger le contr&#244;le politique - en incluant les politiques &#233;conomiques alternatives mentionn&#233;es ci-dessus - en dehors du Congr&#232;s et de l'ex&#233;cutif et de le placer dans les mains de la population, en b&#226;tissant ainsi le genre de l&#233;gitimit&#233; requise pour r&#233;aliser avec succ&#232;s la rupture qui suivrait in&#233;vitablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement DS dans son ensemble semble avoir &#233;t&#233; quelque peu timide dans la lutte effective pour ces alternatives, et d'apr&#232;s nous, cela est fondamentalement une cons&#233;quence - ou un &#233;cho - de leur d&#233;cision de participer au gouvernement et &#233;galement d'ob&#233;ir &#224; la &#034; discipline &#034; de la majorit&#233; du parti au parlement (en votant pour la r&#233;forme des retraites et d'autre mesures n&#233;olib&#233;rales, tout en donnant des arguments contre elles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, tout bilan concret des effets de la participation &#224; ce gouvernement repose sur un bilan concret de la direction qu'il prend. D'apr&#232;s nous il est &#224; pr&#233;sent tout &#224; fait clair que l'orientation fondamentale du gouvernement Lula ne va PAS changer. Il peut y a voir des tournants tactiques &#231;a et l&#224;, un peu plus ou un peu moins d'attention donn&#233;e &#224; la cr&#233;ation d'emplois, &#224; des questions sociales ou &#224; l'int&#233;gration latino-am&#233;ricaine, mais la loyaut&#233; sous-jacente aux r&#232;gles macro-&#233;conomiques dict&#233;es par le capital internationale ne changera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, m&#234;me sir le gouvernement voulait changer, ce qui n'est pas le cas, il ne pourrait pas. La &#034; stabilit&#233; &#034; qu'il pr&#233;tend avoir accomplie dispara&#238;trait du jour au lendemain. Comme l'a dit le camarade Joao Machado, apparemment en plaisantant (mais peut-&#234;tre pas), les seules conditions dans lesquelles le gouvernement changerait d'orientation serait celles d'une immense r&#233;volte dans les rues qui forcerait Lula &#224; fuir &#224; Miami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision de la trajectoire du gouvernement n'est pas seulement la n&#244;tre. Elle est r&#233;p&#233;t&#233;e sans fin aux niveaux les plus hauts de la Maison Blanche, de la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale et de leurs &#233;quivalents europ&#233;ens, par le FMI, la Banque Mondiale, la Banque Inter-Am&#233;ricaine de D&#233;veloppement, par les principaux acteurs du march&#233; &#224; New York, Tokyo, Londres et Francfort, par des commentateurs de premi&#232;re importance dans le Wall Street Journal, The Economist et le reste de la presse financi&#232;re internationale, sans parler des principaux chefs des affaires et de la banque au Br&#233;sil, et bien s&#251;r par le ministres des finances du gouvernement lui-m&#234;me. Se pourrait-il que les repr&#233;sentants les mieux inform&#233;s de l'ordre mondial n&#233;olib&#233;ral se soient compl&#232;tement m&#233;pris sur leurs propres int&#233;r&#234;ts ? Est-il possible qu'ils n'aient pas pu remarquer que le gouvernement de Brasilia est en fait en train de pr&#233;parer &#034; une transition vers un nouveau paradigme &#034;, une transition qui m&#232;nerait la neuvi&#232;me &#233;conomie du monde &#224; un choc frontal avec les bases m&#234;me de la domination imp&#233;rialiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoin, il semble qu'une partie importante de la direction de DS continue &#224; juger qu'il est possible de pousser le gouvernement Lula, ou certains de ses composants cl&#233;s, &#224; changer d'orientation, et qu'y avoir Miguel est important pour cela. Cela semblait &#234;tre le sens donn&#233; dans le rapport principal de conf&#233;rence &#224; la formule centrale utilis&#233;e dans le document de la septi&#232;me conf&#233;rence de DS, le besoin &#034; de disputer l'orientation du PT et du gouvernement &#034;, &#034; de l'int&#233;rieur des mouvements sociaux, de l'int&#233;rieur du PT, du parlement, et de l'int&#233;rieur du gouvernement lui-m&#234;me &#034;. La premi&#232;re partie de cette formule est profond&#233;ment ambigu&#235;. Il est clair que &#034; disputer l'orientation prise par le PT et le gouvernement &#034; veut dire des choses tr&#232;s diff&#233;rentes pour diff&#233;rents membres de DS, m&#234;me si ces diff&#233;rences n'ont pas &#233;t&#233; exprim&#233;es dans un d&#233;bat clairement document&#233;. Certains membres cl&#233;s de la majorit&#233; de DS semblent soutenir l'argument avanc&#233; par un certain nombre de dirigeants de la majorit&#233; du PT, selon lequel ce qui est en question est &#034; une p&#233;riode de transition &#034;, le gouvernement pr&#233;pare les conditions pour un &#034; nouveau mod&#232;le &#034; ou &#034; nouveau paradigme &#034;, et donc la querelle porte simplement sur comment et quand exactement cette transition sera r&#233;alis&#233;e. Beaucoup d'autres membres de DS veulent clairement une querelle beaucoup plus &#233;nergique, ouverte et radicale avec le gouvernement. Et quelques-uns, autour d'Heloisa Helena &#224; la suite de son expulsion en d&#233;cembre, ont d&#233;j&#224; abandonn&#233; le PT en tant qu'organisation (Mais pas n&#233;cessairement ses membres et ses sympathisants) et opt&#233; pour un nouveau parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certainement vrai, comme le disent beaucoup de dirigeants de DS, que la r&#233;forme agraire est une t&#226;che strat&#233;gique absolument centrale de la lutte r&#233;volutionnaire au Br&#233;sil, et que toute occasion d'y contribuer, en alliance avec le Mouvement des Sans-Terre (MST), doit &#234;tre saisie. Mais nous avons besoin de faire un bilan tr&#232;s franc pour savoir si c'est vraiment cela qui s'est pass&#233; dans les quinze derniers mois de travail de Miguel au minist&#232;re du d&#233;veloppement agraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, il faut &#234;tre clair sur ce dont il est question. La r&#233;forme agraire, elle aussi, peut vouloir dire des choses tr&#232;s diff&#233;rentes. La r&#233;forme agraire a bien s&#251;r &#233;t&#233; le point de d&#233;part pour un d&#233;veloppement capitaliste rapide et d&#233;pendant dans plusieurs pays d'Asie orientale dans les ann&#233;es 1960 et 1970. La Banque Mondiale a adopt&#233; un mod&#232;le de r&#233;forme agraire &#224; base de march&#233; comme une partie de son package n&#233;olib&#233;rale - c'est ce que le gouvernement br&#233;silien pr&#233;c&#233;dent voulait appliquer. La r&#233;forme agraire peut m&#234;me &#234;tre un instrument de contre-insurrection - c'est maintenant l'un des composants cl&#233;s de la version r&#233;vis&#233;e du Plan Colombie qui est d&#233;battue par les D&#233;mocrates et les R&#233;publicains &#224; Wahington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la r&#233;forme agraire poss&#232;de une dynamique r&#233;volutionnaire, ou transitoire, aujourd'hui au Br&#233;sil, nous sugg&#233;rons qu'elle devrait comporter deux caract&#233;ristiques. Tout d'abord, elle devrait au moins commencer &#224; changer le mode d'accumulation dans la campagne br&#233;silienne. En d'autres mots elle a besoin de poser la base d'une r&#233;elle alternative &#224; l'agribusiness dirig&#233; vers l'exportation qui forme et d&#233;truit les vies et l'environnement dans tout le pays actuellement. Ceci est pr&#233;sent en germe dans les formes collectives, durables de production d&#233;velopp&#233;es par le MST sur ses installations et ses occupations. Deuxi&#232;mement, elle a besoin d'exproprier des quantit&#233;s suffisantes de terres de qualit&#233; suffisante pour commencer &#224; changer la structure sous-jacente de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. La plupart des historiens br&#233;siliens, qu'ils soient marxistes ou non-marxistes, s'accordent pour dire que c'est la concentration de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re (la seconde plus forte du monde) qui est la racine de l'in&#233;galit&#233; extr&#234;me au Br&#233;sil (&#233;galement l'un des deux ou trois cas les plus extr&#234;mes du monde). Beaucoup attribuent aussi &#224; la structure de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re les origines des formes particuli&#232;rement dispers&#233;es de pouvoir d'Etat du Br&#233;sil, qui &#224; leur tour ont &#233;t&#233; une source fondamentale de la r&#233;silience de la classe dominante. Pour cette raison, attaquer vraiment la structure de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re voudrait dire saper vraiment la base de la domination de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point, le groupe de camarades et de sympathisants de DS qui travaillent avec Miguel au minist&#232;re du d&#233;veloppement agraire semblent avoir commenc&#233; un travail tr&#232;s s&#233;rieux. L'insistance dans leur Plan National de R&#233;forme Agraire, ou PNRA (lanc&#233; apr&#232;s d'&#233;prouvants retards en novembre 2003), sur la &#034; qualit&#233; &#034; tout comme la &#034; quantit&#233; &#034; des exploitations, qui inclue une s&#233;rie de services et de soutiens, pointe pr&#233;cis&#233;ment dans cette direction. Une grande question reste cependant. M&#234;me s'ils r&#233;ussissent &#224; l'appliquer, comment ce mod&#232;le de r&#233;forme agraire s'accordera-t-il au pacte du gouvernement avec l'agribusiness et la classe des propri&#233;taires fonciers, consacr&#233; dans la priorit&#233; donn&#233;e au commerce libre des produits agricoles, le soja g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;, et caetera, sans m&#234;me parler de sa confiance aux partis des propri&#233;taires fonciers au Congr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le second point, les probl&#232;mes sont encore plus grands. L'engagement absolu &#224; op&#233;rer dans le respect de la constitution br&#233;silienne actuelle signifie que seuls certains types de terres peuvent &#234;tre expropri&#233;, et ceci seulement contre une compensation correspondant aux prix du march&#233;. Ceci signifie qu'une v&#233;ritable attaque sur la structure de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re co&#251;terait terriblement cher. C'est la raison fondamentale pour laquelle seul un nombre minuscule de familles s'est vu attribuer des terres en 2003. C'est pour cela que le PNRA de Miguel a d&#251; reculer par rapport &#224; l'objectif du MST de l'attribution de terres &#224; un million de familles pendant ce gouvernement, et pour cela aussi que m&#234;me pour atteindre le nombre de 550 000, le Plan a d&#251; faire appel en partie &#224; des m&#233;canismes de march&#233; pour l'acquisition de terres tr&#232;s similaires &#224; ceux promus par la Banque Mondiale sous le gouvernement pr&#233;c&#233;dent. C'est &#233;galement pour cela qu'il n'y a pas encore de signes concrets de quand ou comment le gouvernement fournira l'argent n&#233;cessaire au Plan auquel il a acquiesc&#233;. La v&#233;rit&#233; est bien s&#251;r que le type de r&#233;forme agraire dont a besoin le Br&#233;sil, et sans doute celle pour laquelle combat Miguel, ne peut pas &#234;tre accomplie &#224; moins que le gouvernement ne rompe avec son orientation n&#233;olib&#233;rale g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les frustrations, le MST a adopt&#233; une approche tactique - il donne des signes d'amiti&#233; envers le gouvernement tout en continuant des occupations de terres afin de pousser le gouvernement &#224; bouger plus loin et plus vite. Dans cette situation, il n'est pas surprenant que le MST ait voulu conserver Miguel Rossetto &#224; son poste. Evidemment ils pr&#233;f&#233;reraient un ministre qu'ils croient &#234;tre de leur camp, m&#234;me si sa capacit&#233; d'action est s&#233;v&#232;rement restreinte. Cependant, il en faut s&#251;rement plus pour justifier qu'un r&#233;volutionnaire reste &#224; un tel poste ? Et m&#234;me cette attitude du MST est peut-&#234;tre en train de changer. Comme la frustration montait devant le manque de r&#233;sultats r&#233;els, le MST a annonc&#233; une vague massive d'occupations pour Avril et au-del&#224;. Si le gouvernement ne se ressaisissait pas, ils ont indiqu&#233; qu'ils pourraient bient&#244;t demander aussi la t&#234;te du ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas seulement de Miguel Rossetto, m&#234;me si sa situation est &#233;videmment la plus en vue. Il y a une douzaine ou plus de camarades de DS dans des postes politiques dans le gouvernement, et pas seulement au minist&#232;re du d&#233;veloppement agraire. Il y a parmi eux des camarades de premier plan qui travaillent comme assistants politiques au chef du secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de Lula, Luiz Dulci, et m&#234;me &#224; l'ultra-lib&#233;ral ministre des finances Antonio Palocci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, derri&#232;re des portes ferm&#233;es, ces camarades &#034; disputent-ils l'orientation du gouvernement &#034; comme il est mentionn&#233; dans la r&#233;solution politique de DS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me si l'on croit que le gouvernement Lula pourrait changer d'orientation - et nous ne le croyons pas - la pr&#233;sence de Miguel et des autres au gouvernement rendrait-elle cela plus probable ? Nous ne sommes pas convaincus. Eux-m&#234;mes, cela peut peut-&#234;tre se comprendre, n'ont pas eu la capacit&#233; d'adopter en public les critiques m&#234;mes les moins s&#233;v&#232;res des mesures gouvernementales. Il est vrai que la responsabilit&#233; collective du gouvernement ne fonctionne pas au Br&#233;sil comme dans d'autres pays. Personne au Br&#233;sil n'attend de Miguel Rosseto qu'il aille d&#233;fendre les mesures du minist&#232;re des finances &#224; la t&#233;l&#233;vision. Mais d'apr&#232;s nous il y a vraiment des indices importants selon lesquels la pr&#233;sence de ces camarades au gouvernement a aid&#233; &#224; emp&#234;cher DS de disputer de son orientation de fa&#231;on plus franche et radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me approche doit &#234;tre utilis&#233;e pour juger de la d&#233;cision de DS de respecter la discipline de parti quand les groupes parlementaires du PT se sont accord&#233;s pour prendre une position commune sur les questions cl&#233;s du projet politique du gouvernement, dont la plus connue est celle de la loi sur la r&#233;formes des retraites. Bien s&#251;r nous comprenons que le choix de rompre avec une tradition de loyaut&#233; de pari - pour laquelle nous avons nous-m&#234;mes lutt&#233; il y a deux d&#233;cennies, afin d'emp&#234;cher que le nouveau Parti des Travailleurs soit d&#233;raill&#233; par des carri&#233;ristes parlementaires droitiers - est un choix particuli&#232;rement difficile pour DS, dont on peut dire qu'il a &#233;t&#233; le courant le plus loyal que le PT ait eu depuis le d&#233;but. Nous sommes &#233;galement conscients que DS et ses parlementaires ont pris part aux mobilisations contre les r&#233;formes, et ont formellement fait conna&#238;tre leur opposition &#224; c&#244;t&#233; de leur vote. Cependant, deux choses doivent &#234;tre dites l&#224;-dessus - une par principe et l'autre par pur pragmatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est qu'aucun type de loyaut&#233; envers quelque formation partidaire que ce soit ne doit pouvoir permettre de justifier une attaque sur la classe en tant que telle. Aucune responsabilit&#233; collective ne peut &#234;tre accept&#233;e pour le programme n&#233;olib&#233;ral du gouvernement Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est qu'une telle approche produira probablement l'effet contraire &#224; celui recherch&#233;. Elle donne un message confus &#224; la base militante du PT et aux mouvements sociaux sur la position de DS. Elle doit rendre moins probable le succ&#232;s de la tendance en tant que p&#244;le d'attraction pour tous ceux dans et autour du PT qui veulent r&#233;ellement un changement d'orientation. Dans le cas des r&#233;formes des retraites, elle a men&#233; &#224; une division la publique qui soit de l'image de DS. (Pendant que quatre membres de la chambre basse de DS et un s&#233;nateur DS, soutenus par la direction, votaient pour, Heloisa Helena votait contre au s&#233;nat, et deux membres de la chambre basse de DS s'abstenaient, dont l'un votait contre en deuxi&#232;me lecture. Parmi les six autres membres de la chambre basse qui &#233;taient sur la liste DS sans &#234;tre membres de DS, deux ont vot&#233; pour alors que quatre s'abstenaient, la division globale des &#233;lus identifi&#233;s &#224; DS &#233;tant par cons&#233;quent 6/6. L'un des derniers, Joao Alfredo de Ceara, a depuis rejoint la tendance et a continu&#233; de prendre une position plus ouvertement critique au parlement.) Le m&#234;me motif s'est maintenant r&#233;p&#233;t&#233; sur la question de la constitution d'une enqu&#234;te parlementaire sur les r&#233;centes accusations de corruption. La direction de DS, apr&#232;s quelques retards, a soutenu la direction du PT pour s'opposer &#224; une enqu&#234;te, tandis qu'Heloisa Helena a men&#233; la campagne pour, avec le camarade Walter Pinheiro dans la chambre basse qui soutient &#233;galement publiquement une enqu&#232;te et quelques autre &#233;lus DS qui prennent des positions interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas examiner ici en d&#233;tail la politique &#233;trang&#232;re du gouvernement Lula - encore un domaine o&#249; une partie de la direction de DS semble voir des signes exag&#233;r&#233;ment positifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffira de dire que d'apr&#232;s nous les contradictions qui y existent ne sont pas des contradictions entre diff&#233;rents projets de classe, mais entre les projets de diff&#233;rentes fractions de la classe dominante br&#233;silienne et de l'appareil d'Etat. Les mesures les plus positives - par exemple vers une plus grande int&#233;gration latino-am&#233;ricaine, ou dans l'encouragement l'&#233;mergence du G20 &#224; Cancun, en opposition aux projets de l'Union Europ&#233;enne et des Etats-Unis d'Am&#233;rique &#224; l'OMC - refl&#232;tent une orientation ancienne du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res br&#233;silien, Itamaraty. Celle-ci refl&#232;te &#224; son tour l'orientation des sections les plus nationalistes de la bourgeoisie br&#233;silienne (et m&#234;me des forces arm&#233;es br&#233;siliennes), qui sont par exemple tr&#232;s hostiles &#224; une Zone de Libre-Echange des Am&#233;riques dans les termes de Washington. Cependant, les limites de cette contradiction avec Washington sont en train de se clarifier. Alors que l'envoi assez t&#244;t de tankers br&#233;siliens a aid&#233; Hugo Chavez &#224; survivre &#224; la gr&#232;ve du p&#233;trole au Venezuela &#224; la fin 2002, le Groupe d'Amis du Venezuela cr&#233;&#233; ensuite par Brasilia s'est rapidement soumis aux demandes du D&#233;partement d'Etat des Etats-Unis. L'intervention du gouvernement Lula en Bolivie en octobre a aid&#233; &#224; assurer la survie de l'ordre constitutionnel confront&#233; &#224; une insurrection populaire. Et l'intention du gouvernement br&#233;silien de prendre la t&#234;te d'une force de maintien de la paix de l'ONU en Ha&#239;ti risque de mettre l'administration PT &#224; la t&#234;te d'une intervention ill&#233;gitime et imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui aura peut-&#234;tre des cons&#233;quences &#224; plus long terme, il est devenu de plus en plus clair que ce que le gouvernement PT veut en n&#233;gociant sur l'OMC, la Zone de Libre Echange des Am&#233;riques et MERCOSUR, n'est pas la fin du programme libre-&#233;changiste du n&#233;olib&#233;ralisme, mais un libre-&#233;change &#224; &#034; nos &#034; conditions plut&#244;t que les &#034; leurs &#034;. Il est bien s&#251;r d'une importance vitale que nous d&#233;veloppions une compr&#233;hension commune de ces questions via la QI, parce que cela affecte directement le travail de toutes les sections dans le FSM et le mouvement de la justice globale plus largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La QI devra &#234;tre particuli&#232;rement claire sur cette question pour le prochain Forum Social Mondial &#224; Porto Alegre en janvier 2005. Il y a une division de plus en plus claire dans le mouvement international entre ceux qui veulent une rupture avec les politiques n&#233;olib&#233;rales et ceux qui pensent qu'un arrangement est possible. Le gouvernement Lula est &#233;videmment du mauvais c&#244;t&#233; de cette division. Nous ne souhaitons aucunement diviser le mouvement large l&#224;-dessus. Mais nous avons tout &#224; gagner &#224; combattre pour l'aile radicale pour assurer et maintenir son h&#233;g&#233;monie dans le mouvement large. Si Lula ose se montrer &#224; Porto Alegre, l'aile radicale devrait &#233;videmment mobiliser pour s'opposer &#224; ce qu'il repr&#233;sente et l'isoler. Et m&#234;me s'il ne vient pas (comme &#224; Mumbai, m&#234;me s'il avait projet&#233; une visite d'Etat qui co&#239;ncide avec le FSM), il serait absolument inacceptable que des camarades de DS, maire de Porto Alegre, ministre du d&#233;veloppement agraire ou quoi que ce soit, apparaissent au FSM pour y excuser diplomatiquement la politique du gouvernement Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Options auxquelles la gauche est maintenant confront&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a maintenant, en gros, trois camps dans la gauche socialiste br&#233;silienne. Ils correspondent &#224; diff&#233;rents types de r&#233;ponse &#224; l'&#233;volution du gouvernement PT. La difficult&#233; pour DS, et indirectement pour la QI, est que les trois positions sont repr&#233;sent&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la section br&#233;silienne elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord il y a la position de ce qui semble &#234;tre la majorit&#233; de la direction de DS telle qu'elle est r&#233;sum&#233;e ci-dessus. Cette position est partag&#233;e par l'autre principal courant dans la gauche du PT, Articulation de Gauche. Son fondement est le besoin de pousser au changement de politique du gouvernement Lula, particuli&#232;rement sa politique &#233;conomique. Elle semble reposer sur la pr&#233;supposition - encore que cela ne soit jamais r&#233;ellement exprim&#233; - qu'il reste &#034; notre &#034; gouvernement, un gouvernement qui peut &#234;tre sauv&#233;, il suffirait que la mainmise des n&#233;olib&#233;raux du minist&#232;re des finances soit d&#233;faite. En fait ces derniers mois il semble y avoir eu une convergence de plus en plus forte entre DS et Articulation de Gauche autour de cette attitude, avec un certain nombre d'initiatives communes appelant &#224; un changement dans la politique &#233;conomique du gouvernement. Cette position argue de ce qu'un &#233;chec du gouvernement Lula serait une d&#233;faite s&#233;rieuse pour tout le mouvement populaire au Br&#233;sil et sera certainement suivie par quelque chose de pire. Elle dit que le combat de la gauche doit s'adresser &#224; l'ensemble du PT, que la gauche doit chercher &#224; reconstruire comme parti socialiste. Elle exclut toute consid&#233;ration d'une division avec le PT a un point quelconque du futur envisageable. D'apr&#232;s nous il y a u r&#233;el danger que cette position m&#232;ne non seulement &#224; des tactiques incertaines, mais &#224; une v&#233;ritable adaptation programmatique. La suggestion apparente par une figure de premier plan de DS qu'un type d'accord de libre &#233;change des Am&#233;riques peut &#234;tre acceptable ou m&#234;me n&#233;cessaire, semble donner de la consistance &#224; cette peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre extr&#234;me se trouve le mouvement pour un nouveau parti. Quoiqu'encore petit, il a fait des progr&#232;s significatifs depuis son lancement au d&#233;but de l'ann&#233;e. Il a tenu une s&#233;rie de meetings d'un millier de personnes environ dans les capitales d'&#233;tats dans tout le pays avant sa premi&#232;re conf&#233;rence pr&#233;vue au milieu de l'ann&#233;e. Il a attir&#233; un groupe petit mais important d'intellectuels et d'autres figures historiques du PT, qui ont publiquement rompu avec le parti apr&#232;s l'expulsion d'Heloisa Helena et des trois autres d&#233;put&#233;s &#034; radicaux &#034; en d&#233;cembre, ainsi que des dirigeants syndicaux du secteur public. Et bien s&#251;r il a attir&#233; Heloisa elle-m&#234;me, qui est devenue la figure de proue de facto du mouvement et pourrait se retrouver candidate contre Lula aux &#233;lection pr&#233;sidentielles de 2006 si le nouveau parti r&#233;ussit &#224; se faire enregistrer. Cependant la participation directe d'autres camarades DS reste tr&#232;s petite, probablement seulement quelques douzianes. Le gros des courants organis&#233;s qui construisent le nouveau parti viennent encore de diff&#233;rents secteurs de la vieille tradition moreniste. Il est clair que c'est l&#224; une limite importante. Quoique cela puisse ou pas &#234;tre maintenant une n&#233;cessit&#233; objective, le mouvement n'est pas encore assez large pour fournir un p&#244;le d'attraction alternatif convaincant. Le fait que la principale organisation d'extr&#234;me-gauche en-dehors du PT, le PSTU, ne l'a pas encore rejoint parce qu'il n'avait pas appr&#233;ci&#233; n'avoir pas &#233;t&#233; r&#233;ellement consult&#233; sur la constitution du mouvement, montre qu'il y a un r&#233;el danger que ce mouvement suive la gauche r&#233;volutionnaire argentine, consum&#233; par des querelles entre des fragments multiples de la gauche trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose qui est peut-&#234;tre la plus importante de toutes, mais aussi la plus difficile &#224; &#233;valuer, est la masse largement silencieuse des militants, on peut dire des membres de DS aussi , qui tombent entre ces deux positions - ceux qui ne sont pas encore tout &#224; fait pr&#234;ts &#224; quitter le PT, mais qui veulent lutter r&#233;ellement contre l'orientation pris par le gouvernement Lula. Par d&#233;finition c'est un camp large. Il inclue des militants DS qui partagent le gros des position d'Heloisa et du nouveau parti, mais qui, suivant des r&#233;alit&#233;s locales diff&#233;rentes, n'envisageraient pas de quitter le PT avant les &#233;lections municipales d'octobre. Mais il inclut aussi beaucoup de ceux dans DS, y compris probablement des membres cl&#233;s de la direction, qui pensent qu'il y a encore beaucoup &#224; faire dans le PT, et que c'est ici que l'alternative au n&#233;olib&#233;ralisme du gouvernement a besoin d'&#234;tre construite. Diff&#233;rentes versions de cette position semblent &#234;tre partag&#233;es par Force Socialiste - dont les deux membres de la chambre basse se sont abstenus sur la r&#233;forme des retraites et qui se sont souvent joint au parlementaires &#034; dissidents &#034; de DS pour s'opposer &#224; la majorit&#233; du PT - et par d'autres courants dans le PT comme le MUS (Mouvement de l'Unit&#233; Socialiste), une scission importante du MES qui m&#232;ne le mouvement pour un nouveau parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de doute : c'est une situation difficile pour notre section br&#233;silienne, qui m&#233;rite tout notre soutien dans sa confrontation avec elle. Cependant, d'apr&#232;s nous, la situation est loin d'&#234;tre d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Au contraire, si on l'approche avec cr&#233;ativit&#233; et d&#233;licatesse, la situation peut encore fournir une opportunit&#233; immense pour que DS devienne l'axe central de la recomposition de la gauche br&#233;silienne, et un p&#244;le d'attraction pour le gros de la classe laborieuse et des pauvres br&#233;siliens &#224; un tournant crucial de leur histoire. D'apr&#232;s nous, intentionnellement ou pas, cela pourrait tr&#232;s bien comporter une sorte de tactique de combinaison de fait, avec une partie de la gauche r&#233;volutionnaire en-dehors du PT, et une partie &#224; l'int&#233;rieur. Le truc sera d'articuler les deux, pour que les deux c&#244;t&#233;s dialoguent r&#233;ellement et se &#034; combinent &#034; de fa&#231;on constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est-ce que cela peut advenir ? Est-ce que cela peut advenir ? Cela d&#233;pendra des choix tactiques que seul les camarades du Br&#233;sil peuvent faire. Cependant notre opinion est qu'aucun choix tactique ne r&#233;ussira si DS ne fait pas une s&#233;paration claire et publique entre ce pourquoi elle lutte, et ce que fait le gouvernement Lula. Ceci veut dire, &#224; tout le moins, que nos camarades ne votent pas des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et se pr&#233;parent &#224; s'extirper de postes au gouvernement, d'une fa&#231;on et &#224; un moment qui donne le maximum de chances de succ&#232;s &#224; la construction d'une alternative de gauche large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ceci ne se fait pas, il semble clair que DS ne deviendra pas un p&#244;le d'attraction pour l'immense masse des membres et sympathisants du PT qui sont profond&#233;ment d&#233;&#231;us de &#034; leur &#034; gouvernement. Cela deviendra aussi un probl&#232;me pour l'ensemble de la QI, particuli&#232;rement dans le mouvement de la justice globale, et rendrait de plus en plus difficile pour les camarades et les sections d'autres pays de justifier ou m&#234;me d&#233;fendre les actions de DS quand elles sont attaqu&#233;es par d'autres dans la gauche internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : Fraction publique de D&#233;mocratie socialiste (DS), tendance interne du PT</title>
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		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;1) Sur le caract&#232;re du gouvernement Lula &lt;br class='autobr' /&gt;
Si imm&#233;diatement apr&#232;s la prise de fonctions de Lula, il y avait des doutes sur le caract&#232;re que prendrait son gouvernement, ce caract&#232;re est aujourd'hui tr&#232;s clair. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est un fait que le gouvernement est travers&#233; de nombreuses contradictions et conna&#238;t de vifs conflits internes, dont certains sont tr&#232;s importants (par exemple, en ce qui concerne les n&#233;gociations de l'ALCA [initiales en portugais et espagnol de la ZLEA, Zone de libre &#233;change des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Sur le caract&#232;re du gouvernement Lula&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si imm&#233;diatement apr&#232;s la prise de fonctions de Lula, il y avait des doutes sur le caract&#232;re que prendrait son gouvernement, ce caract&#232;re est aujourd'hui tr&#232;s clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un fait que le gouvernement est travers&#233; de nombreuses contradictions et conna&#238;t de vifs conflits internes, dont certains sont tr&#232;s importants (par exemple, en ce qui concerne les n&#233;gociations de l'ALCA [initiales en portugais et espagnol de la ZLEA, Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques) et la r&#233;alisation de la promesse de r&#233;forme agraire). Mais il y a une orientation g&#233;n&#233;rale claire, exprim&#233;e dans la politique &#233;conomique et dans la politique d'alliances, et les caract&#233;ristiques conservatrices de l'une et de l'autre ont &#233;t&#233; largement renforc&#233;es. Le gouvernement Lula a une orientation g&#233;n&#233;rale n&#233;olib&#233;rale, ou social-lib&#233;rale si l'on consid&#232;re qu'il applique une politique n&#233;olib&#233;rale en s'appuyant sur un parti de tradition socialiste. C'est un gouvernement de collaboration de classes, qui subordonne les int&#233;r&#234;ts populaires &#224; une alliance privil&#233;gi&#233;e avec la bourgeoisie, tant br&#233;silienne qu'imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les secteurs critiques de l'ALCA &#224; l'int&#233;rieur du gouvernement venaient &#224; emp&#234;cher sa mise en application (en promouvant toutefois le projet dit de &#034; ALCA light &#034;, au lieu de le rejeter), et m&#234;me si les secteurs favorables &#224; la r&#233;forme agraire parvenaient &#224; concr&#233;tiser le PNRA (Plan national de r&#233;forme agraire) qui a &#233;t&#233; pr&#233;vu (et qui repr&#233;sente beaucoup moins que ce que revendiquaient les mouvements agraires), l'orientation g&#233;n&#233;rale de la politique &#233;conomique ne sera pas alt&#233;r&#233;e. Et cela ne sera pas non plus suffisant pour inverser la logique de subordination des int&#233;r&#234;ts populaires &#224; l'alliance large constitu&#233;e avec les secteurs bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits &#224; l'int&#233;rieur du noyau central du gouvernement ne remettent pas en cause la politique &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale, ni les larges alliances avec de nombreux secteurs bourgeois, qui garantissent que le gouvernement d&#233;fend leurs int&#233;r&#234;ts historiques. Le noyau central du gouvernement est beaucoup plus proche des ministres conservateurs et bourgeois (Palocci [finances] - membre de ce m&#234;me noyau - et son &#233;quipe, Rodrigues [agriculture], Furlan [industrie]) que de ministres tels que Miguel Rossetto [r&#233;forme agraire] ou Marina Silva [environnement]. Le r&#244;le de ces derniers est clairement limit&#233; et subordonn&#233;. Ils ont &#233;t&#233; choisis (et sont maintenus &#224; leur poste) comme une concession &#224; la base sociale traditionnelle du PT, afin d'&#233;viter qu'elle ne passe en totalit&#233; dans l'opposition. Le fait qu'ils restent au gouvernement remplit une fonction de l&#233;gitimation, face aux diff&#233;rents secteurs de la population, de l'orientation g&#233;n&#233;rale conservatrice du gouvernement ; cela a aid&#233; la politique g&#233;n&#233;rale du gouvernement consistant &#224; d&#233;mobiliser et &#224; int&#233;grer les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, il est courant d'estimer que Itamary [affaires ext&#233;rieures] est le ministre qui se rapproche le plus de la ligne d&#233;fendue par le PT dans sa campagne &#233;lectorale, et qui se diff&#233;rencie le plus de la ligne du gouvernement de F. H. Cardoso. Il nous est toutefois impossible de ne pas relever, &#224; l'inverse, le fait qu'il soit en train de mener une politique conservatrice et inacceptable, de collaboration avec les Etats-Unis, &#224; travers la participation [des troupes br&#233;siliennes] &#224; l'occupation militaire de Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement n'a pratiquement pas d'opposition sur sa droite parce qu'il met en pratique, pour l'essentiel, le programme de la droite. De fait, les initiatives politiques centrales du gouvernement de Lula perp&#233;tuent et approfondissent les projets ant&#233;rieurs du gouvernement de F. H. Cardoso, suivent le mod&#232;le du FMI et de la Banque mondiale, et visent principalement &#224; satisfaire les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabio Konder Comparato a appel&#233; l'attention (en r&#233;pondant aux journaliste Elio Gaspari dans [le quotidien] Folha de Sao Paulo) sur la &#034; ruine morale &#034; du gouvernement de Lula. Qu'il ait raison ne fait aucun doute. Le probl&#232;me n'est pas tant ce qui renvoie aux diverses informations sur la mauvaise conduite de membres du gouvernement ou de gens qui se sont associ&#233;s au PT alors qu'il acc&#233;dait au pouvoir, depuis &#034; l'affaire Waldomiro &#034; [scandale de corruption avec les mafias du jeu ill&#233;gal]. Le probl&#232;me va bien entendu beaucoup plus loin que la r&#233;v&#233;lation du caract&#232;re corrompu de cet ex-ami intime et conseiller du ministre Dirceu [&#034; Maison civile &#034;, quasi Premier ministre]. De fait, cela &#034; parle &#034; quant aux m&#233;thodes par lesquelles le gouvernement construit sa majorit&#233; parlementaire, et quant &#224; la nature de cette majorit&#233;. Mais le plus grave est le terrible spectacle &#233;lectoral qu'offrent Lula et le gouvernement (avec le soutien de toute la direction du &#034; camp majoritaire &#034; du PT), et en m&#234;me temps la trahison du programme historique du PT ainsi que des int&#233;r&#234;ts des travailleurs et du peuple. Autrement dit, c'est le changement de camp, dans la lutte de classes, de Lula et de ceux qui d&#233;finissent avec lui la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Sur le PT aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt-dix, le PT a connu un processus de distanciation par rapport &#224; certaines des traits les plus importants qui le caract&#233;risaient &#224; ses d&#233;buts : il est devenu progressivement un parti institutionnel, fonctionnant presque totalement autour des disputes &#233;lectorales, et a progressivement perdu son caract&#232;re de parti militant. De plus, une partie de sa direction montre, depuis, qu'elle s'est distanci&#233;e de la perspective socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, une dispute sur le cours du parti a exist&#233; pendant toutes ces ann&#233;es. Une grande partie des militants du mouvement social qui ont constitu&#233; la base du parti a continu&#233; &#224; s'identifier au socialisme. Dans les directions du PT, les secteurs de gauche ont toujours lutt&#233; contre ce processus d'&#233;volution r&#233;gressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la campagne &#233;lectorale de 2002, et surtout les d&#233;buts du gouvernement de Lula, en m&#234;me temps que les espaces de d&#233;mocratie interne &#233;taient radicalement r&#233;duits, la perte de substance du PT en tant que parti socialiste a connu un saut qualitatif et est devenue irr&#233;versible (ce qui est v&#233;rifi&#233; par l'affiliation au parti de personnalit&#233;s clairement de droite, sans aucun lien avec la moindre tradition progressiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la gestion de la r&#233;forme de la Pr&#233;voyance [contre-r&#233;forme des retraites] (comme d'autres questions), dans une claire absence de respect des d&#233;cisions des Rencontres [conf&#233;rences nationales] du parti, tout comme le fait d'avoir impos&#233; aux groupes parlementaires du PT un r&#244;le de courroie de transmission des d&#233;cisions du noyau central du gouvernement, ainsi que l'expulsion des parlementaires rebelles [les quatre &#034; radicaux &#034; qui s'&#233;taient oppos&#233;s &#224; la contre-r&#233;forme des retraites], en constituent des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT apporte un soutien inconditionnel &#224; un gouvernement social-lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la prochaine Rencontre [conf&#233;rence] nationale du parti sera &#034; gonfl&#233;e &#034;, tant par l'afflux des nouveaux affili&#233;s de droite que par la manipulation de nombreux adh&#233;rents depuis le gouvernement ; elle ne sera pas d&#233;mocratique. M&#234;me s'il y a dans ses rangs de nombreux militants des mouvements sociaux et socialistes sinc&#232;res, il n'existe pas de possibilit&#233; que le PT se constitue en un instrument de lutte capable de corriger le cours du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Sur l'impossibilit&#233; d'un changement de la nature de classe du gouvernement Lula&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits &#224; l'int&#233;rieur du gouvernement, de par leur nature telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent, et du fait des rapports de forces, et ne peuvent pas mener &#224; un changement fondamental d'orientation. Le PT, vu le processus de transformation qu'il a d&#233;j&#224; connu et celui qu'il conna&#238;t encore aujourd'hui, ainsi que les rapports de forces en son sein, ne peut pas non plus constituer un instrument de lutte pour un changement de l'orientation g&#233;n&#233;rale du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social fait pression et cette pression tend &#224; augmenter. Mais il n'a pas la capacit&#233; d'influer de fa&#231;on d&#233;cisive sur le cours du gouvernement. Ce dernier s'est montrer capable de coopter une partie des mouvements sociaux et de neutraliser d'autres secteurs. La CUT [Centrale unique des travailleurs, la conf&#233;d&#233;ration syndicale majoritaire, cr&#233;&#233;e par le PT], sans doute l'organisation la plus influente dans l'ensemble du mouvement social, a formul&#233; des critiques envers certains aspects de la politique du gouvernement ; mais ce qui a pr&#233;domin&#233; dans sa direction (et &#224; partir de l&#224;, dans la pratique de la centrale), c'est beaucoup plus la collaboration avec le gouvernement qu'une lutte intransigeante pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls un d&#233;veloppement explosif de l'insatisfaction et l'&#233;clatement d'une crise grave pourraient provoquer un changement. Mais dans ce cas, il s'agirait d'un processus dirig&#233; contre le gouvernement Lula et contre la direction du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) La n&#233;cessit&#233; pour la gauche socialiste de ne pas participer au gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Lula m&#232;ne globalement une politique n&#233;olib&#233;rale. Il n'existe pas de possibilit&#233;s de changer qualitativement cette situation &#224; partir des contradictions internes du gouvernement, ou bien d'une pression du PT, ou encore de celle des mouvements sociaux (du moins tant que cette derni&#232;re ne franchira pas un seuil qualitatif en se transformant en une mobilisation massive contre le gouvernement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le gouvernement Lula ne cesse de demander &#224; la population de prendre patience, tente de la d&#233;sinformer et de la manipuler en usant des techniques les plus malhonn&#234;tes de propagande, de son influence sur les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et la grande presse, etc. Son objectif est ainsi de d&#233;mobiliser. Ce gouvernement doit &#234;tre caract&#233;ris&#233; comme un adversaire des travailleurs et des mouvements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation au gouvernement Lula s'oppose de plus en plus frontalement &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts populaires et du socialisme. La gauche du PT (et d'autres partis) se trouve confront&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; toujours plus aigu&#235; de rompre avec ce gouvernement. Les ministres qui veulent maintenir avec coh&#233;rence leur condition de militants de gauche, de socialistes, doivent quitter le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5) Sur la n&#233;cessit&#233; de construire une alternative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule alternative [constitu&#233;e en parti] existant aujourd'hui &#224; la gauche du PT - celle du PSTU - n'a pas la capacit&#233; de s'&#233;riger en alternative au PT pour se transformer en une r&#233;f&#233;rence suffisamment forte pour attirer les militants qui perdent leurs illusions dans le gouvernement Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc n&#233;cessaire de construire un nouvel outil politique qui r&#233;cup&#232;re la perspective militante et socialiste abandonn&#233;e par le PT ; qui puisse constituer une alternative pour les militants et les secteurs sociaux qui perdent leurs illusions dans le PT (et pour ceux des autres partis de gauche soutenant le gouvernement Lula) ; c'est-&#224;-dire un parti qui ait pour vocation d'unifier toute la gauche socialiste. Si un tel parti ne voyait pas le jour, tout le potentiel accumul&#233; par la construction du PT pendant plus de vingt ans (de sa fondation jusqu'aux &#233;lections de 2002, malgr&#233; les probl&#232;mes qui ont &#233;t&#233; croissants lors des derni&#232;res ann&#233;es) serait perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parti ne pourra pas se limiter &#224; r&#233;p&#233;ter ce que le PT a fait durant ses premi&#232;res ann&#233;es. Cette tradition sera une r&#233;f&#233;rence centrale, importante pour disputer l'h&#233;ritage du PT. Mais il sera n&#233;cessaire de tirer le bilan de la trajectoire du PT, d'&#233;valuer ce qui a &#233;t&#233; erron&#233;, d'identifier les erreurs commises. Nous voulons apprendre des erreurs du PT, tout comme des acquis de son histoire, et aller au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra prendre en consid&#233;ration ce qui a chang&#233; dans le monde et au Br&#233;sil. Et sur cette base, reposer l'actualit&#233; du socialisme. Incorporer le nouvel internationalisme qui se d&#233;veloppe dans la lutte contre la globalisation n&#233;olib&#233;rale appellera une attention particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;ch&#233;ance doit n&#233;cessairement entrer en ligne de compte pour la construction de cette alternative : celle des &#233;lections [pr&#233;sidentielles] de 2006. Si un parti socialiste ne doit pas centrer son activit&#233; sur les batailles &#233;lectorales, il ne peut pas non plus les d&#233;serter. Aujourd'hui, la nature du gouvernement Lula et les d&#233;cisions prises en vue de la campagne &#233;lectorale de 2006 (notamment l'alliance du PT avec le PMDB [Parti du mouvement d&#233;mocratique du Br&#233;sil, important parti bourgeois et le plus ancien dans le pays] et la quasi totalit&#233; des partis de droite) font qu'il sera totalement impossible pour la gauche socialiste de soutenir une nouvelle fois la candidature de Lula. Il sera pour la gauche socialiste essentiel de participer aux &#233;lections de 2006, afin de d&#233;noncer la trahison des int&#233;r&#234;ts populaires par le gouvernement Lula et de montrer qu'il existe une alternative au n&#233;olib&#233;ralisme et au syst&#232;me capitaliste. Notre participation &#224; la campagne &#233;lectorale devra &#234;tre coh&#233;rente avec notre d&#233;fense du socialisme comme alternative politique et notre conviction qu'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233; sociale, humainement diff&#233;rente et totalement libre, est possible. C'est pourquoi il sera n&#233;cessaire de cr&#233;er les conditions afin de pr&#233;senter une candidature propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, nous participons &#224; la construction d'un nouveau parti socialiste au Br&#233;sil, &#224; travers le mouvement Gauche socialiste et d&#233;mocratique lanc&#233; le 19 janvier avec le document titr&#233; Mouvement pour un nouveau parti - Pour une gauche socialiste et d&#233;mocratique. A travers ce mouvement, en respectant les exp&#233;riences et trajectoires tr&#232;s diverses existant en son sein, nous luttons pour la construction d'un parti d&#233;mocratique et militant, mais surtout de classe, anticapitaliste, anti-imp&#233;rialiste, socialiste et internationaliste, constitu&#233; par tous les secteurs de la classe des travailleurs. Pour un parti qui assume la lutte pour la lib&#233;ration des femmes, le combat contre toutes les formes de discrimination raciale, la fin de l'oppression des GLBT [gays-lesbiennes-bis-trans] et la lutte pour un environnement r&#233;ellement soutenable (impossible dans le cadre du capitalisme), en tant que piliers sans lesquels nous ne parviendrons pas &#224; nous opposer &#224; la dynamique du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche socialiste et d&#233;mocratique est confront&#233;e dans notre pays au d&#233;fi consistant &#224; construire un nouveau parti politique qui rejette cette construction commune avec la bourgeoisie, qui non seulement s'affronte aux politiques n&#233;olib&#233;rales mais remette en cause la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me capitaliste ; qui d&#233;fende les mobilisations sociales et l'auto-organisation d&#233;mocratique des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6) Nous sommes des militants de la DS et de la Quatri&#232;me Internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;solutions de la Septi&#232;me Conf&#233;rence nationale de la DS, r&#233;alis&#233;e en novembre dernier, ont eu des limites, en ce sens qu'un choix global a &#233;t&#233; fait de restreindre la port&#233;e du d&#233;bat afin de rechercher l'accord le plus large possible. Malgr&#233; ces limites, la conf&#233;rence a tir&#233; un bilan tr&#232;s critique des 11 premiers mois du gouvernement Lula et de la situation du PT &#224; la fin 2003. Nous avions alors point&#233; le fait que l'orientation &#233;conomique du gouvernement Lula &#233;tait conservatrice et n&#233;olib&#233;rale, qu'elle conditionnait toute l'activit&#233; du gouvernement, et que la politique d'alliances strat&#233;giques avec des partis bourgeois, tout comme l'entr&#233;e dans le PT de personnalit&#233;s n'ayant rien &#224; voir avec un parti de gauche, faisaient perdre au PT son caract&#232;re de parti socialiste et mena&#231;aient gravement tout son projet historique. Nous avions en outre soulign&#233; la r&#233;duction drastique des espaces de d&#233;mocratie au sein du PT, ainsi que sa transformation en courroie de transmission des d&#233;cisions du gouvernement, en particulier les d&#233;cisions les plus impopulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois qui ont suivi cette conf&#233;rence, toutes les caract&#233;ristiques n&#233;gatives du gouvernement et du PT se sont aggrav&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, l'expulsion annonc&#233;e des parlementaires rebelles, contre laquelle nous avons lutt&#233; et que la conf&#233;rence a d&#233;clar&#233;e totalement inacceptable, est devenue effective. Cela, malgr&#233; un large mouvement de solidarit&#233; avec les parlementaires menac&#233;s, d&#233;velopp&#233; au Br&#233;sil et &#224; l'&#233;chelle internationale, o&#249; dans ce dernier cas le mouvement a &#233;t&#233; impuls&#233; par des camarades de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'alliance conservatrice avec des partis bourgeois, avec y compris les pr&#233;misses d'une alliance pour les &#233;lections de 2006, pr&#233;voyant le PMDB &#224; la vice-pr&#233;sidence, s'est renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la politique &#233;conomique conservatrice et n&#233;olib&#233;rale, lou&#233;e et cit&#233;e en exemple par Anne Krueger, repr&#233;sentante de la ligne la plus dure du FMI et du gouvernement Bush, parmi de nombreux autres porte-parole de la droite la plus r&#233;actionnaire, a &#233;t&#233; consolid&#233;e et renforc&#233;e. Cette consolidation conservatrice se traduit maintenant par une nouvelle r&#233;duction brutale des ressources budg&#233;taires. Ses cons&#233;quences anti-populaires deviennent encore plus &#233;videntes que lors des premiers mois de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, depuis le &#034; scandale Waldomiro &#034;, les m&#233;thodes politiques consistant &#224; former des majorit&#233;s parlementaires au moyen de l'argent, d'autres avantages, de pots-de-vin, et en r&#233;pondant &#224; des int&#233;r&#234;ts distincts de l'int&#233;r&#234;t public, sont devenues beaucoup plus &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'expulsion d'une camarade de la DS, Helo&#237;sa Helena, un groupe de militants de la DS s'est d&#233;saffili&#233; du PT puis a particip&#233;, avec la camarade, au lancement du mouvement pour un nouveau parti politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous estimons que dans la situation actuelle, la d&#233;cision de participer &#224; un mouvement pour un nouveau parti politique ne place pas ceux qui l'ont prise en dehors du cadre programmatique de la DS et de la Quatri&#232;me Internationale. Au contraire, cette participation est parfaitement coh&#233;rente avec ce cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons une tactique de construction diff&#233;rente de celle qui a &#233;t&#233; adopt&#233;e par la majorit&#233; des camarades de la DS. Cette existence de tactiques de construction diff&#233;rentes n'est, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, pas souhaitable ; il s'agit dans notre histoire d'une situation exceptionnelle. Nous y avons &#233;t&#233; contraints du fait des transformations brusques du cadre de la lutte de classes au Br&#233;sil, et tout particuli&#232;rement du changement de camp, dans cette lutte, d&#233;cid&#233; par la direction du PT qui s'est plac&#233;e au service des int&#233;r&#234;ts du capital financier. Les militants de la DS qui participent au mouvement pour un nouveau parti ne peuvent pas r&#233;pondre positivement &#224; l'appel &#224; ce qu'ils se r&#233;-affilient au PT vot&#233; par la majorit&#233; de la direction de la DS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Septi&#232;me Conf&#233;rence nationale de la DS n'a pas d&#233;cid&#233; d'initier un mouvement pour un nouveau parti. Elle a cependant soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; de renforcer la lutte contre les orientations n&#233;olib&#233;rales du gouvernement Lula et de la majorit&#233; de la direction du PT. Nous estimons que, vu l'acc&#233;l&#233;ration des &#233;v&#233;nements provoqu&#233;e par l'expulsion des camarades du PT, ainsi que le durcissement conservateur des positions du gouvernement Lula, notre position peut &#234;tre comprise comme un d&#233;doublement l&#233;gitime des r&#233;solutions de la conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7) Pour les camarades qui continuent la lutte &#224; l'int&#233;rieur du PT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas ne pas remarquer que la majorit&#233; de la direction de la DS agit &#224; contresens de la dispute sur les orientations [du gouvernement et du PT] d&#233;cid&#233;e dans la conf&#233;rence. La position qu'elle a prise lors de l'&#233;pisode du &#034; scandale Waldomiro &#034;, de d&#233;fense des positions du gouvernement et de la direction du PT, en s'opposant &#224; l'installation d'une commission parlementaire d'enqu&#234;te et d'une commission parlementaire de suivi des investigations, ainsi que le fait de ne pas avoir soutenu le s&#233;minaire &#034; Nous voulons un autre Br&#233;sil &#034;, sont incompr&#233;hensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la majorit&#233; de la direction de la DS n'a pas men&#233; une lutte sur le cours du PT et du gouvernement en conformit&#233; avec ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; dans notre Septi&#232;me Conf&#233;rence. Plus qu'une lutte claire contre les positions du &#034; camp majoritaire &#034; du PT, ainsi que cela a &#233;t&#233; d&#233;fini par les r&#233;solutions de la conf&#233;rence, ce qui pr&#233;vaut est une attitude de collaboration avec l'ensemble de la direction du PT, c'est-&#224;-dire avec le &#034; camp majoritaire &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de la majorit&#233; de la direction de la DS met s&#233;rieusement en danger notre tendance. Si la DS connaissait d&#233;j&#224; de fortes tensions internes, au moins depuis l'expulsion du PT de la camarade Helo&#237;sa Helena, la nouvelle position assum&#233;e par la majorit&#233; de la direction de notre courant menace de conduire &#224; un processus de d&#233;chirement similaire &#224; celui qu'ont connu d'autres courants de la gauche du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes favorables &#224; la convergence de la gauche socialiste du PT et du mouvement de la Gauche socialiste et d&#233;mocratique. Nous lutterons pour garantir qu'il y ait des relations fraternelles entre ces deux secteurs, entre lesquels se divise aujourd'hui la majeure partie de la gauche socialiste br&#233;silienne - tout particuli&#232;rement parmi les militants de la DS qui se trouvent d'un c&#244;t&#233; et de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signataires : Ana S&#237;lvia Laurindo Da Cruz, Anderson Mancuso, Bruno Velasco, Carlos Alberto Almeida, Daniel Velasco, Francisco Conte, Helo&#237;sa Helena, Jo&#227;o Machado, Luciana S&#225;, Luciano Da Silva Barbosa, Luiz Delmiro Texeira, Luiz Felipe, M&#225;rio Agra, Nilo Arag&#227;o, P&#233;rola Engelaum, Reginaldo Costa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrit le 27 mars 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : espoirs trahis</title>
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		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;Plus d'une ann&#233;e apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, le bilan du gouvernement Lula est globalement n&#233;gatif pour les classes populaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s l'annonce des premi&#232;re mesures du gouvernement Lula, nombre d'observateurs avaient critiqu&#233; certains traits de continuit&#233; entre la politique lib&#233;rale du pr&#233;c&#233;dent pr&#233;sident Cardoso et les orientations &#233;conomiques de Lula. Une ann&#233;e apr&#232;s, la dynamique n&#233;olib&#233;rale du gouvernement Lula s'est confirm&#233;e et aggrav&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa politique &#233;conomique a &#233;t&#233; subordonn&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus d'une ann&#233;e apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, le bilan du gouvernement Lula est globalement n&#233;gatif pour les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce des premi&#232;re mesures du gouvernement Lula, nombre d'observateurs avaient critiqu&#233; certains traits de continuit&#233; entre la politique lib&#233;rale du pr&#233;c&#233;dent pr&#233;sident Cardoso et les orientations &#233;conomiques de Lula. Une ann&#233;e apr&#232;s, la dynamique n&#233;olib&#233;rale du gouvernement Lula s'est confirm&#233;e et aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa politique &#233;conomique a &#233;t&#233; subordonn&#233;e aux crit&#232;res du FMI, &#224; travers notamment l'acceptation du remboursement de la dette. Alors qu'en tant qu'opposant, le Parti des travailleurs (PT) exigeait un &#034;audit&#034; de la dette et un r&#233;f&#233;rendum pour refuser les diktats du FMI, une fois au pouvoir, le gouvernement Lula a continu&#233; &#224; rembourser la dette. Plus, alors que le FMI conditionnait son &#034;aide&#034; au Br&#233;sil &#224; la capacit&#233; du gouvernement de d&#233;gager un exc&#233;dent budg&#233;taire de 3,75%, Lula s'est, lui, fix&#233; l'objectif de 4,25%. Les budgets sociaux en en ont pris un coup : moins de 18% pour la contribution sant&#233;, moins 50% pour le budget allou&#233; &#224; la lutte contre la pauvret&#233; et la faim, moins de financements pour la r&#233;forme agraire. L'opposition des propri&#233;taires fonciers et les restrictions budg&#233;taires gouvernementales ne permettent pas le d&#233;ploiement d'une v&#233;ritable r&#233;forme agraire, avec non seulement l'occupation des terres mais aussi l'installation d'une infrastructure ad&#233;quate (&#233;lectricit&#233;, eau, machines, techniques). Ces probl&#232;mes ont d'ailleurs &#233;t&#233; soulev&#233;s de nombreuses fois par Miguel Rosetto, ministre de la R&#233;forme agraire. Pr&#232;s de 35000 familles ont obtenu des terres en 2003. Mais comment, avec de telles restrictions budg&#233;taires, remplir l'objectif officiel du gouvernement : distribuer des terres &#224; 400000 familles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview r&#233;cente au journal Brasil de Fato (un journal dirig&#233; par des repr&#233;sentants du Mouvement des sans-terre (MST) et d'autres secteurs de gauche), Pl&#237;nio Sampaio, important dirigeant de la gauche catholique br&#233;silienne et proche du MST, a traduit les inqui&#233;tudes de la gauche en g&#233;n&#233;ral et de secteurs du mouvement paysan et exprim&#233; sa d&#233;ception vis-&#224;-vis du gouvernement Lula. Comment cr&#233;er dix millions d'emplois, objectif d&#233;clar&#233; de Lula, avec une politique tourn&#233;e vers les march&#233;s financiers ? Le premier bilan en mati&#232;re d'emploi se traduit par un maintien voire une augmentation du ch&#244;mage : 20% environ dans la r&#233;gion m&#233;tropolitaine de S&#227;o Paulo, capitale &#233;conomique du pays. Une politique qui a &#233;t&#233; jusqu'&#224; la confrontation avec les fonctionnaires par la mise en &#339;uvre d'une r&#233;forme des retraites et des pensions qui a allong&#233; la dur&#233;e de cotisations, r&#233;duit le niveau des pensions et renforc&#233; les fonds de pension...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier la confirmation du syst&#232;me d'alliance du PT avec le PMDB (parti de l'ancienne coalition de droite) et les scandales politico-financiers qui ont r&#233;v&#233;l&#233; les liens de Waldomiro Diniz -proche de Jos&#233; Dirceu, actuel bras droit de Lula et pr&#233;sident du PT - et de la maffia br&#233;silienne des jeux de loterie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encha&#238;nement de ces faits et de ces d&#233;cisions montre aujourd'hui qu'il n'y a pas &#034;deux &#226;mes&#034; qui se disputent l'orientation du gouvernement. Les caract&#233;ristiques propres du PT, comme parti d'origine &#034;classiste&#034;, ne peuvent justifier la participation ou le soutien &#224; l'&#233;quipe Lula. Certes, Lula garde une certaine popularit&#233;. Les secteurs du monde du travail, les intellectuels, les couches politis&#233;es dans les syndicats et le PT qui s'opposent &#224; lui sont minoritaires. Mais la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des classes populaires face &#224; l'orientation n&#233;olib&#233;rale du gouvernement exige de construire une alternative politique qui assume une rupture avec les exigences du FMI, une politique fiscale qui assure une autre r&#233;partition des richesses et taxe les profits des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers pour d&#233;fendre les services publics, pour augmenter les revenus des classes populaires et cr&#233;er des millions d'emplois, pour mettre en &#339;uvre une r&#233;forme agraire radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#226;tir cette alternative en lien avec les mouvements sociaux ne ne peut, aujourd'hui, s'accomoder de la participation &#224; ce gouvernement n&#233;olib&#233;ral. Comment d&#233;fendre les positions de la D&#233;mocratie socialiste (DS, courant de la IVe Internationale au Br&#233;sil) et participer &#224; un gouvernement qui s'y oppose, point par point ? Cette question est maintenant en d&#233;bat dans la gauche r&#233;volutionnaire br&#233;silienne et au sein m&#234;me de DS. D'autant que pour rassembler une gauche anticapitaliste large au sein du PT, il faut pr&#233;parer la rupture avec la politique lib&#233;rale du gouvernement Lula. Du coup, la question de l'avenir du PT est pos&#233;e. Comme l'indique DS : la gauche du PT n'entend pas abandonner l'h&#233;ritage et la l&#233;gitimit&#233; du parti &#224; la direction du &#034;new PT&#034; de Lula et de Dirceu. Elle entend organiser une gauche militante reprenant le meilleur des traditions du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, comme Heloisa Helena, s&#233;natrice de l'&#201;tat d'Alagoas , militante de la tendance D&#233;mocratie socialiste et r&#233;cemment exclue du PT, se sont d'ores et d&#233;j&#224; engag&#233;s dans la construction d'un nouveau parti. Un dialogue entre ces deux options est aujourd'hui n&#233;cessaire car l'ann&#233;e en cours sera fertile en nouvelles &#233;preuves qui clarifieront la situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : Contribution au d&#233;bat</title>
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		<dc:date>2004-07-06T16:34:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous avons &#233;crit cette contribution au d&#233;bat sur l'orientation de nos camarades aux Br&#233;sil quasi spontan&#233;ment tout de suite apr&#232;s la r&#233;union du Comit&#233; Internationale qui avait ouvert le d&#233;bat &#233;crit. Les d&#233;cisions du CI nous semblaient peu tranchantes. Nous aurions pr&#233;f&#233;r&#233; une prise de position plus claire qui aurait pu communiqu&#233; aux camarades br&#233;siliens les sentiments de la majorit&#233; des membres de la IVe Internationale qui n'est certainement pas d'accord avec la d&#233;cision de la DS de rester (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Bresil-24-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons &#233;crit cette contribution au d&#233;bat sur l'orientation de nos camarades aux Br&#233;sil quasi spontan&#233;ment tout de suite apr&#232;s la r&#233;union du Comit&#233; Internationale qui avait ouvert le d&#233;bat &#233;crit. Les d&#233;cisions du CI nous semblaient peu tranchantes. Nous aurions pr&#233;f&#233;r&#233; une prise de position plus claire qui aurait pu communiqu&#233; aux camarades br&#233;siliens les sentiments de la majorit&#233; des membres de la IVe Internationale qui n'est certainement pas d'accord avec la d&#233;cision de la DS de rester dans un gouvernement qui met en oeuvre grosso modo une politique n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, quand le d&#233;bat au sein de la DS est devenu plus violent et que des ruptures organisationnelles sont probables ou en train de s'op&#233;rer, ils nous semble d'autant plus important de cr&#233;er des possibilit&#233;s de discussion directes entres des camarades de la IVe Internationale d'autres pays et les camarades de la DS. L'occasion qui s'impose c'est le Forum Social Mondial de janvier 2005 &#224; Porto Alegre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre suggestion : Que la direction de la IVe Internationale propose &#224; la DS d'organiser une rencontre large (genre s&#233;minaire) en marge du Forum pour que les camarades qui ont fait le voyage puissent discuter avec le maximum de camarades possibles de la DS sur l'orientation au Br&#233;sil et sur son impact pour notre politique dans d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L'importance des acquis que repr&#233;sente la Tendance D&#233;mocratie Socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de construction d'organisations r&#233;volutionnaires et d'une Internationale r&#233;volutionnaire, comme con&#231;u par la grande majorit&#233; des membres de la Quatri&#232;me Internationale, n'est certainement pas &#233;labor&#233; compl&#232;tement, mais il y a des grandes lignes qui sont assez claires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas nous contenter &#224; construire de petits groupes de propagande identitaires et autosatisfaits. Nous voulons contribuer &#224; la construction d'organisations qui s'enracinent profond&#233;ment dans la classe ouvri&#232;re et dans les mouvements de masse, qui deviennent perceptibles dans le d&#233;bat politique public, qui commencent &#224; organiser l'avantgarde r&#233;ellement existante, qui donnent une nouvelle cr&#233;dibilit&#233; au projet socialiste et qui deviennent l'expression authentique de toutes les aspirations &#233;mancipatrices au sein de la classe ouvri&#232;re et des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a des forces de la Quatri&#232;me Internationale qui ont fait des pas s&#233;rieux dans ce sens, la tendance D&#233;mocratie Socialiste du Br&#233;sil en est certainement un des rares exemples, sinon pas le plus important. Engag&#233; d&#232;s le d&#233;but dans la construction du PT, nos camarades au Br&#233;sil ont contribu&#233; &#224; la construction d'un parti qui &#233;tait devenu l'expression politique de l'ind&#233;pendance et des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re et un p&#244;le attrayant pour toutes les couches opprim&#233;es au Br&#233;sil. Le PT &#233;tait devenu &#233;galement l'expression d'une large prise de conscience qui s'effor&#231;ait aussi de tirer les le&#231;ons des exp&#233;riences n&#233;fastes de la sociald&#233;mocratie, du stalinisme et du nationalisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DS a su participer &#224; d'importantes mobilisations et &#224; convaincre un secteur large de militants et de militantes du s&#233;rieux de l'argumentaire politique des militants et militantes de la tradition qui est la n&#244;tre. Elle a su introduire, par le biais du budget participatif, de nouvelles exp&#233;riences d'application de la strat&#233;gie des revendications transitoires au niveau des prises de d&#233;cisions politiques en faisant revivre dans le v&#233;cu de larges secteurs populaires la tradition de d&#233;mocratie directe qui s'inspire par l'exemple de la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implantation populaire importante et le r&#244;le politique de bon nombre de membres de la DS sont li&#233;s &#224; leur identit&#233; en tant que militants et militantes dirigeant-e-s du PT ; nous en sommes bien conscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Mener un vrai d&#233;bat !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de la premi&#232;re ann&#233;e de la pr&#233;sidence de Lula est clair. Il n'y a pas de divergences l&#224;-dessus. La majorit&#233; de la DS qui, jusqu'&#224; nouvel ordre, a d&#233;cid&#233; de prolonger sa participation au gouvernement a en m&#234;me temps formul&#233; un jugement tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Il s'agit d'un gouvernement de collaboration de classe avec des forces bourgeoises significatives qui m&#232;ne une politique n&#233;o-lib&#233;rale li&#233;e &#224; la soumission aux ordres du FMI et des exigences-cl&#233; de l'imp&#233;rialisme. Ce gouvernement ne r&#233;alise pas de r&#233;formes tant soi peu substantielles pour les travailleurs et travailleuses, les paysans et paysannes et les pauvres. M&#234;me la r&#233;forme agraire sous la responsabilit&#233; de notre camarade Miguel Rossetto pi&#233;tine. Il s'agit d'un gouvernement de contre-r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exclus du parti dont notre camarade Heloisa Helena t&#233;moignent en m&#234;me temps de la d&#233;gradation du r&#233;gime interne du parti dont le caract&#232;re d&#233;mocratique et explicitement pluraliste &#233;tait un de ses acquis majeurs. Ensemble avec l'&#233;touffement de la culture de d&#233;bats critiques dans la parti, le gonflement de ses rangs par des &#233;l&#233;ments carri&#233;ristes menace de marginaliser les courants authentiquement socialistes en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant la situation grave, nous d&#233;plorons le fait que le XV&#232;me Congr&#232;s Mondial de f&#233;vrier 2003 et le r&#233;cent CI n'ont pas donn&#233; d'avis sur les enjeux d&#233;battus de fa&#231;ons controvers&#233;e y compris dans les rangs de la section br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes clairement oppos&#233;s &#224; restaurer un r&#233;gime de l'Internationale o&#249; des directions ou m&#234;me des congr&#232;s mondiaux interviendraient dans les prises de d&#233;cisions des camarades militants dans les pays resp&#233;ctifs en mati&#232;re de ligne politique ou de projet de construction. Mais une prise en charge de responsabilit&#233; pour l'action d'un gouvernement pro-capitaliste et m&#234;me n&#233;o-lib&#233;ral touche &#224; nos fondements programmatiques. Il serait faux de tol&#233;rer passivement le danger de cons&#233;quences graves pour nos forces au Br&#233;sil et au-del&#224;, car en dehors du Br&#233;sil nous sommes confront&#233; &#224; la question en quoi la d&#233;marche de la DS, prise sous l'angle de nos principes g&#233;n&#233;raux, harmonise avec les d&#233;marches de nos sections dans d'autres pays (p.e. l'attitude vis-&#224;-vis de participations gouvernementales, etc.). Il ne s'agit pas d'imposer une ligne ; il s'agit d'organiser un vrai d&#233;bat avec les camarades br&#233;siliens. &#034;Ouvrir la discussion&#034; ne suffit pas &#224; cette fin. Les camarades br&#233;siliens et br&#233;siliennes ont le droit d&#233;mocratique &#233;l&#233;mentaires de prendre connaissance du degr&#233; d'alarmement de la majorit&#233; des membres de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Faire un pas en avant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de la DS, c'est de mobiliser la conscience de l'identit&#233; politique et organisationnelle du PT avant son engagement dans le gouvernement actuel. La DS critique s&#233;v&#232;rement la politique &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale du gouvernement ainsi que les offenses contre la d&#233;mocratie pluraliste au sein du parti. C'est un excellent point de d&#233;part pour se rallier avec la couche des militants et militantes du parti attach&#233;-e-s aux acquis historiques du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cela ne suffit pas. Nous savons qu'il est impossible d'&#233;laborer une approche politique concr&#232;te pour le Br&#233;sil en dehors du pays. Mais en ligne g&#233;n&#233;rale il nous semble que la minorit&#233; actuelle au sein de DS souligne &#224; juste titre que le moment d'une rupture est venue. Il est vrai que la popularit&#233; de Lula et la cr&#233;dibilit&#233; populaire de son &#233;quipe sont peu entam&#233;es jusqu'&#224; maintenant. Mais en m&#234;me-temps, il est incompatible avec une identit&#233; r&#233;volutionnaire, une d&#233;marche au service des travailleurs et travailleuses et du peuple br&#233;silien de porter une co-responsabilit&#233; avec la politique du gouvernement. Il nous semble donc &#233;l&#233;mentaire que les membres de la DS d&#233;missionnent de leurs fonctions dans le gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble aussi n&#233;cessaire que les r&#233;volutionnaires au sein du PT oeuvrent &#224; pr&#233;senter une alternative quant au contenu et quant au personnage repr&#233;sentant une politique dans l'int&#233;r&#234;t de la grande majorit&#233; de la population br&#233;silienne pour les grandes &#233;ch&#233;ances &#224; venir surtout pour les &#233;lections pr&#233;sidentilles en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas juger en quelle mesure cette d&#233;marche devra &#234;tre conduite dans le parti ou en dehors du parti. La lutte pour une alternative dans le parti nous semble cruciale, mais elle peut rapidement conduire &#224; des ruptures organisationnelles, sans que les r&#233;volutionnaires en dominent les conditions (c'est la direction qui peut &#234;tre amen&#233; &#224; se d&#233;barrasser de la gauche du parti). Mais il n'est pas exclu qu'une bataille dans le parti remporte de grands succ&#232;s. Cela d&#233;pend, entre autres, du degr&#233; de mobilisations ouvri&#232;res et populaires dans le futur prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Saisir une occasion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu l'importance du d&#233;veloppement de la situation au Br&#233;sil pour le rapport de forces entre les classes au niveau global et vu aussi l'importance de la DS comme une des organisations les plus fortes et les mieux implant&#233;s de la Quatri&#232;me Internationale, il nous semble crucial qu'un vrai d&#233;bat se d&#233;veloppe entre les militants et militantes de la Quatri&#232;me Internationale d'autres pays et ses membres au Br&#233;sil. Ce d&#233;bat doit &#234;tre men&#233; par la publication de contributions &#233;crites reproduites par la presse interne et (sous forme appropri&#233;e) publique de la DS, mais aussi de mani&#232;re vivante en se saisissant des possibilit&#233;s de contact direct et de discussion orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que cela sera possible et pourrait &#234;tre organis&#233; dans les prochains mois. De toute fa&#231;on, le quatri&#232;me Forum Social Mondial qui se tiendra &#224; Porto Alegre au d&#233;but de l'ann&#233;e 2005, serait une bonne occasion, puisque bon nombre de camarades plus ou moins repr&#233;sentatifs de leurs organisations vont faire le voyage. Nous sugg&#233;rons que en marge du FSM la DS organise la possibilit&#233; d'un d&#233;bat et d'un &#233;change de vues international large avec la participation d'un nombre significatif de ses militants et militantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>XXIe Rencontres internationales de jeunes &#224; Ruesta !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement des jeunes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les XXIe Rencontres internationales de jeunes auront lieu cette ann&#233;e dans l'Etat espagnol, &#224; Ruesta, en Aragon, du 25 au 31 juillet 2004. &lt;br class='autobr' /&gt; En Angleterre, en Allemagne, au Portugal, en France, cette ann&#233;e aura &#233;t&#233; marqu&#233;e par de nombreuses luttes &#233;tudiantes contre le projet de destruction de l'enseignement sup&#233;rieur. Le Forum social europ&#233;en de Paris-Saint-Denis, les mobilisations du 20 mars pour le retrait des troupes d'occupations d'Irak et de Palestine ont regroup&#233; essentiellement des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-des-jeunes-+" rel="tag"&gt;Mouvement des jeunes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les XXIe Rencontres internationales de jeunes auront lieu cette ann&#233;e dans l'Etat espagnol, &#224; Ruesta, en Aragon, du 25 au 31 juillet 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Angleterre, en Allemagne, au Portugal, en France, cette ann&#233;e aura &#233;t&#233; marqu&#233;e par de nombreuses luttes &#233;tudiantes contre le projet de destruction de l'enseignement sup&#233;rieur. Le Forum social europ&#233;en de Paris-Saint-Denis, les mobilisations du 20 mars pour le retrait des troupes d'occupations d'Irak et de Palestine ont regroup&#233; essentiellement des jeunes. Parmi les pr&#233;caires, les jeunes se mobilisent de plus en plus, en Italie, en France...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant, les nouvelles g&#233;n&#233;rations pouvaient esp&#233;rer &#234;tre mieux loties que leurs parents. Ce n'est plus le cas. Le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; touche largement les jeunes. Nombre d'entre eux refusent ce monde o&#249; la majorit&#233; des habitants de la plan&#232;te paie pour l'enrichissement d'une petite minorit&#233;, o&#249; les gouvernements des pays riches sont pr&#234;ts &#224; mener des guerres et &#224; occuper des pays pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de quelques multinationales, o&#249; pour contr&#244;ler les populations soumises &#224; l'exploitation, ils r&#233;priment &#224; plein tube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coordonner les r&#233;sistances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements et les patrons se coordonnent &#224; l'&#233;chelle internationale pour mieux nous exploiter. Pour les arr&#234;ter, la r&#233;sistance doit aussi se d&#233;velopper et se coordonner. Nous sommes six milliards &#224; faire tourner la soci&#233;t&#233;, ils ne sont qu'une poign&#233;e &#224; l'exploiter... Si nous voulons construire un autre monde, nous ne devons pas seulement r&#233;sister au coup par coup. C'est une riposte d'ensemble, &#224; l'&#233;chelle internationale, qu'il faut construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer aujourd'hui &#224; pr&#233;parer les r&#233;volutions de demain, nous organisons du 25 au 31 juillet 2004, dans l'Etat Espagnol, &#224; Ruesta, des Rencontres internationales de jeunes. C'est un camp autog&#233;r&#233; au sein duquel l'organisation de la journ&#233;e ou l'entretien du camp sont d&#233;cid&#233;s collectivement et d&#233;mocratiquement ; au sein duquel nous tentons aussi d'instaurer d'autres rapports sociaux, en luttant contre les pr&#233;jug&#233;s racistes, sexistes et homophobes. C'est un espace de discussions politiques sur de nombreuses th&#233;matiques comme l'oppression des femmes, l'imp&#233;rialisme, l'&#233;cologie, l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire, etc. On y &#233;change nos exp&#233;riences de lutte avec des jeunes venant d'un grand nombre de pays d'Europe et l'on y pr&#233;pare les &#233;ch&#233;ances &#224; venir telles que, cette ann&#233;e, le FSE de Londres en octobre prochain, les perspectives au niveau des luttes &#233;tudiantes et du mouvement antiguerre. Ce camp est un v&#233;ritable point d'appui dans la construction des luttes qui seules pourront faire reculer les gouvernements et en finir avec le capitalisme. Inscrivez vous d&#232;s maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les JCR, Fanny Gallo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le prix du camp pour une semaine est de 125 euros. Il comprend le logement (apportez vos tentes !), la nourriture (pensez &#224; vos gamelles !), le mat&#233;riel de traduction et toutes les activit&#233;s du camp au long de la semaine. Nous sommes en train de nous renseigner pour &#233;valuer le co&#251;t du voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus d'informations, pour vous inscrire, contactez nous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JCR national : 2, rue Richard-Lenoir, 93100 Montreuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site net : &lt;a href=&#034;http://www.jcr-red.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jcr-red.org&lt;/a&gt;, Courriel : jcr@jcr-red.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;01 48 70 42 30 ou 06 60 43 07 03, demandez Fanny, Julien ou Xavier des JCR) - Permanence du Lundi au Mercredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rouge 2062 29/04/2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;union de la direction de la IVe Internationale</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Reunion-de-la-direction-de-la-IVe-Internationale</link>
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		<dc:date>2004-04-05T01:29:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier s'est tenue en Europe la premi&#232;re session pl&#233;ni&#232;re du Comit&#233; international (CI), instance de direction de la IVe Internationale entre deux congr&#232;s mondiaux. Durant quatre jours, le CI, &#233;lu lors du XVe Congr&#232;s mondial en f&#233;vrier 2003, a pu d&#233;battre en anglais, fran&#231;ais, espagnol, portugais, cinghalais et arabe gr&#226;ce au d&#233;vouement des camarades charg&#233;s de la traduction simultan&#233;e. Outre une soixantaine de membres pr&#233;sents, les d&#233;l&#233;gu&#233;s observateurs des organisations qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier s'est tenue en Europe la premi&#232;re session pl&#233;ni&#232;re du Comit&#233; international (CI), instance de direction de la IVe Internationale entre deux congr&#232;s mondiaux. Durant quatre jours, le CI, &#233;lu lors du XVe Congr&#232;s mondial en f&#233;vrier 2003, a pu d&#233;battre en anglais, fran&#231;ais, espagnol, portugais, cinghalais et arabe gr&#226;ce au d&#233;vouement des camarades charg&#233;s de la traduction simultan&#233;e. Outre une soixantaine de membres pr&#233;sents, les d&#233;l&#233;gu&#233;s observateurs des organisations qui maintiennent des relations fraternelles avec la IVe Internationale &#8249; le Mouvement socialiste international (ISM, tendance majoritaire au sein du Parti socialiste &#233;cossais), la Perspective socialiste d&#233;mocratique (DSP, tendance majoritaire au sein de l'Alliance socialiste d'Australie) et l'Organisation socialiste internationale (ISO) des &#201;tats-Unis &#8249; ont pris part aux discussions. Un an apr&#232;s l'adoption par le Congr&#232;s mondial de r&#233;solutions sur la nouvelle situation mondiale et sur les t&#226;ches de la IVe Internationale, le pl&#233;num du CI offrait l'occasion d'une premi&#232;re v&#233;rification des th&#232;ses vot&#233;es alors. Introduit par un rapport pr&#233;sent&#233; par Fran&#231;ois Ollivier (reproduit ci-apr&#232;s), le d&#233;bat a port&#233; en particulier sur le r&#244;le de la &#034; mondialisation arm&#233;e &#034; et l'appr&#233;ciation des contradictions inter-imp&#233;ralistes, ainsi que sur l'incapacit&#233; du capital &#224; stabiliser un &#034; nouvel ordre mondial &#034;, les crises sociales et politiques que provoque la domination du capital financier, la crise de l&#233;gitimit&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa variante social-lib&#233;rale et l'appr&#233;ciation des nouveaux espaces politiques pour la construction d'une gauche radicale anticapitaliste. Un d&#233;bat particulier a &#233;t&#233; consacr&#233; au d&#233;veloppement du mouvement altermondialiste, dont les r&#233;centes initiatives &#8249; le Forum social mondial de Mumbai (Bombay) et le Forum social europ&#233;en de Paris-Saint-Denis &#8249; ont t&#233;moign&#233; une nouvelle fois qu'il dispose d'un potentiel de r&#233;sistance face au n&#233;olib&#233;ralisme et aux guerres. Si le Forum de Mumbai a marqu&#233; une nouvelle &#233;tape de l'enracinement social et g&#233;ographique de ce mouvement, il a &#233;galement permis de tester son enracinement radical et cela bien que des diff&#233;rences d'orientation politique y apparaissent de mani&#232;re plus marqu&#233;e. R&#233;cemment lib&#233;r&#233; de prison apr&#232;s des longues ann&#233;es d'isolement, un militant syrien, chaleureusement accueilli, a rendu compte de l'impact de ce mouvement dans sa r&#233;gion et de l'importance de son engagement contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la premi&#232;re conf&#233;rence internationale des partis anticapitalistes, tenue &#224; Mumbai en marge du Forum, a donn&#233; lieu &#224; une discussion sur les potentialit&#233;s actuelles du regroupement des forces de la gauche radicale &#224; l'&#233;chelle internationale. Ce d&#233;bat a permis de mettre en &#233;vidence les diff&#233;rences de t&#226;ches et de rythmes entre les regroupements nationaux et continentaux &#8249; en particulier en Europe &#8249; et ce qu'il est possible de tenter &#224; l'heure actuelle &#224; l'&#233;chelle internationale. L'analyse des avanc&#233;es et des contradictions de la mise en place d'un proto-&#201;tat dans l'Union europ&#233;enne ainsi que les mobilisations des travailleurs en Europe ont donn&#233; lieu &#224; un autre d&#233;bat pl&#233;nier introduit par un rapport de Fran&#231;ois Vercammen (reproduit ci-apr&#232;s). Les commissions continentales (Afrique, Am&#233;rique latine, Asie-Pacifique, Europe) ont permis de discuter plus concr&#232;tement des t&#226;ches communes &#224; un niveau r&#233;gional. Le pl&#233;num a ensuite analys&#233; les rapports de ces commissions. Le pl&#233;num a &#233;galement discut&#233; &#224; huis clos du bilan financier, du budget et des questions organisationnelles (presse, formation). Il a &#233;lu un Bureau ex&#233;cutif charg&#233; de la coordination des activit&#233;s et des d&#233;bats de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la situation au Br&#233;sil &#224; l'issue de la premi&#232;re ann&#233;e du gouvernement Lula a &#233;t&#233; largement d&#233;battue. Ce gouvernement a &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233; dans le rapport international comme &#034; un des meilleurs &#233;l&#232;ves &#034; du FMI et comme s'&#233;tant &#034; adapt&#233; &#224; la logique de la contre-r&#233;forme lib&#233;rale &#034;. L'&#233;volution de la situation br&#233;silienne soul&#232;ve de nombreuses questions quant &#224; la tactique et &#224; la strat&#233;gie de la gauche du parti des travailleurs, dont celle de nos camarades de la tendance D&#233;mocratie socialiste. Lors de sa Conf&#233;rence nationale en novembre 2003 D&#233;mocratie socialiste avait r&#233;affirm&#233; la n&#233;cessit&#233; de lutter au sein du Parti des travailleurs pour sa r&#233;orientation en r&#233;affirmant l'engagement traditionnel lutte de classe du parti. L'expulsion du PT par la majorit&#233; de sa direction des parlementaires, dont la s&#233;natrice Helo&#237;sa Helena de D&#233;mocratie socialiste, rend cette perspective plus complexe. Le Comit&#233; international a d&#233;cid&#233; d'ouvrir une discussion internationale sur la situation br&#233;silienne en y consacrant un bulletin int&#233;rieur. [P. D.]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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