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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title> &#201;clairer les enjeux, tracer des perspectives</title>
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		<dc:date>2014-02-24T11:41:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Conseil national de Qu&#233;bec solidaire a &#233;t&#233; ouvert le vendredi 29 novembre dernier par une soir&#233;e de discussion sur les politiques du gouvernement p&#233;quiste. Cinq invit&#233;Es ont ouvert la discussion par de courtes pr&#233;sentations : &#201;ric Pineault, Rosa P&#233;rez, Anne-Marie Saint-Cerny, Daniel Green et Fran&#231;oise David. Ils et elles &#233;taient invit&#233;s &#224; nous parler d'&#233;conomie, de Charte des valeurs et des enjeux environnementaux. Manon Mass&#233; animait la soir&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Des alternatives existent aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Laicite-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH84/arton3301-b5123.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Conseil national de Qu&#233;bec solidaire a &#233;t&#233; ouvert le vendredi 29 novembre dernier par une soir&#233;e de discussion sur les politiques du gouvernement p&#233;quiste. Cinq invit&#233;Es ont ouvert la discussion par de courtes pr&#233;sentations : &#201;ric Pineault, Rosa P&#233;rez, Anne-Marie Saint-Cerny, Daniel Green et Fran&#231;oise David. Ils et elles &#233;taient invit&#233;s &#224; nous parler d'&#233;conomie, de Charte des valeurs et des enjeux environnementaux. Manon Mass&#233; animait la soir&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des alternatives existent aux politiques &#233;conomiques du gouvernement p&#233;quiste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Pineault a articul&#233; ses critiques des politiques p&#233;quistes autour de trois axes : 1) la politique fiscale et la politique d'aust&#233;rit&#233; ; 2) la politique &#233;nerg&#233;tique et 3) la politique industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un an d'intendance, le PQ a cherch&#233; &#224; donner confiance &#224; l'&#233;lite et &#224; r&#233;pondre aux pressions de cette derni&#232;re. La lutte des classes est donc une cl&#233; pour comprendre la situation. Le gouvernement p&#233;quiste a r&#233;ussi &#224; comprimer les d&#233;penses. Mais l'&#233;quilibre budg&#233;taire n'a pas &#233;t&#233; atteint. Avec cette politique d'aust&#233;rit&#233;, il &#233;tait certain qu'il n'atteindrait pas son objectif du d&#233;ficit z&#233;ro. Parce que cette politique a contribu&#233; &#224; maintenir une conjoncture stagnationiste. D'ailleurs, les perspectives de croissance et les pr&#233;visions d'entr&#233;es en termes de revenu &#233;taient farfelues. C'est ainsi que le gouvernement p&#233;quiste a r&#233;ussi &#224; nous enfoncer dans une trappe d'aust&#233;rit&#233;-stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut changer la fiscalit&#233;. On a des besoins massifs pour op&#233;rer la transition &#233;nerg&#233;tique. Il y a place pour une politique fiscale expansionniste. Des investissements, et des d&#233;penses bien cibl&#233;es auront plus d'effet sur l'&#233;conomique que de rester assis sur l'aust&#233;rit&#233;. Et il faut donner une place &#224; l'investissement public et aux entreprises publiques qui doivent recevoir un mandat de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement p&#233;quiste se contente de chercher &#224; attirer les investissements priv&#233;s par des cr&#233;dits d'imp&#244;t. La d&#233;monstration a &#233;t&#233; faite que cela ne fonctionne pas. Les entreprises gonflent leur tr&#233;sorerie, mais n'investissent pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de la politique &#233;nerg&#233;tique, le gouvernement Marois va enfermer le Qu&#233;bec dans le p&#233;trole pour une p&#233;riode de 30 &#224; 40 ans. C'est une tout autre politique, qu'il faut mettre de l'avant pour sortir des hydrocarbures et assurer notre souverainet&#233;. Il faut &#233;tablir un plan de transition pour les travailleurs qui d&#233;pendent du p&#233;trole, une politique de reconversion industrielle ; cr&#233;er une entreprise publique, Hydro-transition, et pour financer la sortie du p&#233;trole, vendre les actifs que poss&#232;de la Caisse de d&#233;p&#244;t dans le p&#233;trole et les sables bitumineux ; mettre sur pied &#201;ole Qu&#233;bec pour nationaliser l'&#233;olien et s'engager dans l'&#233;lectrification des transports publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation implique de s'engager dans une nouvelle politique industrielle et de sortir de l'&#233;conomie extractiviste o&#249; on ne produit que pour exporter et s'engager dans des circuits longs. Il faut construire notre politique industrielle autour de la transition &#233;cologique et de circuits courts en mobilisant le capital public qu'il soit coop&#233;ratif, social ou &#233;tatique. Et penser en termes de capital socialis&#233;. L'investissement socialis&#233; implique la d&#233;mocratisation des choix &#233;conomiques et n&#233;cessite l'implication citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les profits sont priv&#233;s, la pollution est publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Marie Saint-Cerny et Daniel Green de la Soci&#233;t&#233; pour Vaincre la Pollution ont dress&#233;, &#224; leur tour, un bilan des politiques environnementales du gouvernement p&#233;quiste. &#192; Malartic, 280 maisons ont &#233;t&#233; d&#233;chiquet&#233;es. Et chaque jour, la population de Malartic vit avec des explosions. La compagnie Ossisko a annonc&#233; qu'elle ferait des m&#233;gasautages. Et le gouvernement p&#233;quiste s'est empress&#233; d'accorder des permis pour qu'Ossisko puisse faire ses m&#233;gasautages. Ce gouvernement fait de l'aplaventrisme devant les mini&#232;res et de la microgestion pour que les citoyens ne puissent se plaindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le laisser-faire domine. Le cas de l'entrep&#244;t de BPC &#224; Montr&#233;al (Pointe Claire) est exemplaire &#224; cet &#233;gard. La contamination se poursuit. Qui aurait pu s'imaginer que des milliers de litres de BPC puissent &#234;tre d&#233;vers&#233;s &#224; Montr&#233;al. Il est impardonnable que le gouvernement n'ai pas &#233;t&#233; capable d'emp&#234;cher une telle contamination. Non seulement le gouvernement n'a pas agit, mais il tente de d&#233;dramatiser les situations de pollution. Pire, il tente de bloquer par des moyens juridiques que la lumi&#232;re soit faite sur un site contenant des d&#233;chets dangereux. Il privil&#233;gie la protection du rapport avocat-client &#224; la protection de l'environnement et de la population du Qu&#233;bec. Cette omerta toxique, on la retrouve &#233;galement dans le dossier de la pr&#233;sence de l'amiante dans les &#233;difices publics. Le gouvernement refuse de fournir &#224; la SVP la liste des &#233;difices publics o&#249; il y a de l'amiante, malgr&#233; la dangerosit&#233; de cette situation pour la sant&#233; de la population. &#034;Nous &#224; la Soci&#233;t&#233; pour Vaincre la pollution, on compte les morts et les mourants et on doit faire l'accompagnement des victimes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la classe politique, exception faite de Qu&#233;bec solidaire, d&#233;fend le passage du p&#233;trole albertain et le d&#233;veloppement de l'exploitation p&#233;troli&#232;re au Qu&#233;bec. Elle refuse de parler de la facture humaine, sociale et &#233;conomique de ce choix. Beaucoup de p&#233;trole risque de circuler au Qu&#233;bec dans les prochaines ann&#233;es. La probabilit&#233; de trag&#233;dies, comme celle v&#233;cue au Lac M&#233;gantic, risque d'augmenter. Il faut d&#233;j&#224; pr&#233;voir un fonds de compensation pour les victimes de d&#233;versement. Ces fonds seront n&#233;cessaires, car si on ne bloque pas le passage des pipelines, des d&#233;versements auront lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat sur la Charte, le vrai d&#233;bat est celui des moyens de lutte contre les discriminations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de Charte du gouvernement p&#233;quiste met en p&#233;ril des femmes. Et cela se fait pour des motifs &#233;lectoralistes. Le projet de loi 60, c'est la volont&#233; de s'ouvrir un acc&#232;s au vote francophone dans les r&#233;gions, peu importe les effets qu'une telle loi peut avoir sur les minorit&#233;s. Et ce d&#233;bat sur la Charte est port&#233; par une peur d'une esp&#232;ce d'islamisation qui, pourtant, ne passe pas le test des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'installe dans des secteurs importants de la mouvance nationaliste, c'est qu'il est possible de construire un pays sans les N&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois. On nous sert maintenant l'histoire d'un Qu&#233;bec sans les immigrants qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sents tout au long de cette derni&#232;re pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion est instrumentalis&#233;e. Cela est possible parce que le catholicisme a &#233;t&#233; porteur de nombre de frustrations et que le processus de s&#233;cularisation a permis &#224; des Qu&#233;b&#233;coises et de Qu&#233;b&#233;cois d'&#233;chapper &#224; l'emprise de l'&#201;glise catholique. Mais, les m&#233;dias font une campagne de peur sur le dos des minorit&#233;s et le gouvernement ne fait rien pour d&#233;noncer cette campagne de peur. On g&#233;n&#233;ralise, on stigmatise, on dit ouvertement qu'on pr&#233;f&#232;re une immigration (occidentale) &#224; une autre (Magr&#233;bine par exemple). On s&#232;me l'intol&#233;rance. On instrumentalise les douleurs identitaires v&#233;cues dans certains pays. An nom du principe qu'&#224; Rome on vit comme les Romains, on refuse de reconna&#238;tre les apports de la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le vrai d&#233;bat est celui de la discrimination syst&#233;matique &#224; l'emploi : taux de ch&#244;mage plus &#233;lev&#233;s, faible pr&#233;sence des minorit&#233;s visibles dans la fonction publique et m&#234;me au sein du mouvement communautaire.On veut garder des personnes &#224; l'&#233;cart alors que la communaut&#233; magr&#233;bine est surscolaris&#233;e. Et la Charte va constituer une nouvelle emb&#251;che qui va exacerber les discriminations existantes. C'est inqui&#233;tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement p&#233;quiste c'est la soumission sur tous les terrains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Fran&#231;oise David, le Qu&#233;bec vaut mieux que ce que le lui offre le gouvernement p&#233;quiste. Ce dernier d&#233;missionne sur les questions de fiscalit&#233;, de justice sociale, d'environnement et de souverainet&#233;. C'est un gouvernement qui d&#233;missionne devant les pressions de l'&#233;lite. On va faire la souverainet&#233; avec tout le monde et non avec une seule partie de la population. Nous on refuse de construire un parti de l'intol&#233;rance au service d'une minorit&#233; poss&#233;dante qui d&#233;cide de tout. On choisit la souverainet&#233; populaire, c'est tout le contraire de ce que fait le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement p&#233;quiste est attach&#233; aux &#233;lites. Il est incapable de leur r&#233;sister. Il utilise le principe de l'utilisateur payeur. Il favorise la privatisation des services publics. Il refuse d'&#233;branler le statu quo &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire refuse le mod&#232;le du XIXe si&#232;cle. Il d&#233;fend le bien commun. Il veut une la&#239;cit&#233; v&#233;ritable qui pourrait abolir les subventions publiques aux &#233;coles priv&#233;es ou les exemptions fiscales pour les communaut&#233;s religieuses... Face &#224; de tels enjeux, il faut redoubler d'ardeur, mais aussi comprendre que le seul vote strat&#233;gique, c'est le vote pour Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une discussion qui approfondit les th&#232;mes soulev&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion devait permettre d'illustrer les questions soulev&#233;es par les pan&#233;listes. Ce qui s'est relev&#233;, ce sont les divergences de plus en plus essentielles entre le projet p&#233;quiste que ce soit sur le terrain &#233;conomique, social et environnemental et celui de Qu&#233;bec solidaire. Il ne s'agit plus ici de nuances, mais d'orientation radicalement diff&#233;rente pour l'avenir du Qu&#233;bec. Les prochaines &#233;lections seront l'occasion pour pr&#233;senter ces diff&#233;rentes orientations. Qu&#233;bec solidaire sera au rendez-vous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir le Qu&#233;bec du p&#233;trole</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Sortir-le-Quebec-du-petrole</link>
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		<dc:date>2012-11-28T14:04:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Balu</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pauline Marois et la premi&#232;re ministre de l'Alberta, Alison Redford, viennent de mettre la table au projet d'ol&#233;oduc Trailbreaker d'Enbridge, dont l'inversion du flot permettra de transporter du p&#233;trole lourd des sables bitumineux de l'Alberta vers Montr&#233;al. D&#233;j&#224;, dans son discours inaugural, l'exploitation du p&#233;trole au Qu&#233;bec avait &#233;t&#233; abord&#233;e, toutefois en mentionnant que cela devra se faire &#171; &#224; partir des pratiques les plus &#233;lev&#233;es en mati&#232;re de protection de l'environnement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pauline Marois et la premi&#232;re ministre de l'Alberta, Alison Redford, viennent de mettre la table au projet d'ol&#233;oduc Trailbreaker d'Enbridge, dont l'inversion du flot permettra de transporter du p&#233;trole lourd des sables bitumineux de l'Alberta vers Montr&#233;al. D&#233;j&#224;, dans son discours inaugural, l'exploitation du p&#233;trole au Qu&#233;bec avait &#233;t&#233; abord&#233;e, toutefois en mentionnant que cela devra se faire &#171; &#224; partir des pratiques les plus &#233;lev&#233;es en mati&#232;re de protection de l'environnement, d'acceptabilit&#233; sociale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Madame Marois s'est donn&#233; une caution environnementale en nommant Daniel Breton, mais ne serait-ce pas pour mieux ouvrir le Qu&#233;bec aux sables bitumineux de l'Alberta, au p&#233;trole du gisement Old Harry dans le Golf du St-Laurent et probablement aussi &#224; celui du p&#233;trole de schiste d'Anticosti et de la Gasp&#233;sie ? En somme, on se lance &#224; fond dans l'exploitation des &#233;nergies fossiles les plus controvers&#233;es, tout en pr&#233;tendant que cela devra se faire dans le plus grand respect de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout simplement impossible en consid&#233;rant simplement les &#233;missions de GES suppl&#233;mentaires qui en d&#233;couleront. Alors que le Qu&#233;bec s'est donn&#233; un objectif de r&#233;duction de 20 % d'ici 2020, que le PQ a d'ailleurs bonifi&#233; &#224; 25 %. Ce n'est surement pas en ajoutant le raffinage du p&#233;trole des sables bitumineux et l'exploitation du p&#233;trole de schistes qu'on atteindra ces objectifs, qui ne seront d&#233;j&#224; pas faciles &#224; rencontrer sans investissement massif dans le transport collectif &#233;lectrifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, alors que la Banque mondiale, dans un r&#233;cent rapport, redoute une hausse de la temp&#233;rature du globe de 4 &#176;C d'ici 2060 et s'alarme du &#171; cataclysme &#187; qui frapperait alors les pays pauvres, rapport&#233; dans Le Devoir du 19 novembre. Ce n'est pas nouveau, mais lorsque la Banque mondiale le confirme, &#231;a fait plus s&#233;rieux. D'ailleurs, Louis-Gilles Francoeur, le nouveau vice-pr&#233;sident du BAPE, dans Le Devoir 25 mai 2012, mentionnait que &#171; l'&#233;cart qui s&#233;pare l'humanit&#233; de son objectif officiel de r&#233;duction des &#233;missions de GES d'ici 2020 s'agrandit... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement climatique est bien en cours et sa cause principale est l'utilisation massive des combustibles fossiles. C'est une des plus graves menaces qui p&#232;sent sur l'humanit&#233;, particuli&#232;rement sur les plus d&#233;munis. C'est ce qu'on devrait consid&#233;rer en priorit&#233; lors des &#233;valuations environnementales, avant d'ouvrir de nouvelles vannes. Il n'y a vraiment pas de place pour de nouvelles &#233;missions de GES et le gouvernement du Qu&#233;bec devrait plut&#244;t tout mettre en oeuvre pour nous lib&#233;rer de notre d&#233;pendance aux hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;valuation environnementale devrait aussi prendre en compte les autres risques environnementaux. L'exploitation du p&#233;trole d'Anticosti et de la Gasp&#233;sie n&#233;cessitera probablement d'avoir recours &#224; la fracturation hydraulique, alors que le d&#233;bat autour des gaz de schiste en a signifi&#233; les multiples dangers. Le golfe du Saint-Laurent et les &#238;les de La Madeleine sont des milieux fragiles o&#249; une mar&#233;e noire pourrait &#234;tre catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, de nombreux arguments &#233;conomiques appuy&#233;s par les lobbys p&#233;troliers vont dans le sens de l'exploitation des hydrocarbures :la consommation de p&#233;trole co&#251;te environ 14 milliards $ par ann&#233;e au Qu&#233;bec et cela risque d'aller en augmentant, &#231;a va cr&#233;er de l'emploi, rapporter en taxes... Mais, on &#233;vite de mentionner que chaque dollar &#233;pargn&#233; en diminuant notre consommation de p&#233;trole peut servir &#224; cr&#233;er de la richesse et des emplois autrement, tout en r&#233;duisant nos &#233;missions de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233;, Qu&#233;bec solidaire propose un Plan vert qui tourne r&#233;solument le dos aux &#233;nergies fossiles, tout en cr&#233;ant 109 000 emplois. Bri&#232;vement, en profitant du vaste potentiel en &#233;nergie renouvelable du Qu&#233;bec, en lan&#231;ant un vaste chantier d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et en investissant dans le transport collectif &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un projet ambitieux de soci&#233;t&#233; &#233;cologique r&#233;solument tourn&#233; vers l'avenir et qui pourra devenir un mod&#232;le inspirant de par le monde. Ni plus ni moins qu'un bien-vivre pour toutes et tous, respectueux de l'environnement. Tout le contraire du p&#233;trole facile, pass&#233;iste et non durable du gouvernement Marois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude Balu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Presse-toi &#224; gauche !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise environnementale : caus&#233;e par les 7 milliards ou par le &#171; 1% &#187; ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-crise-environnementale-causee-par-les-7-milliards-ou-par-le-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-crise-environnementale-causee-par-les-7-milliards-ou-par-le-1</guid>
		<dc:date>2011-11-22T14:43:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ian Angus, Simon Butler</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Nations Unies indiquent que la population mondiale atteindra les 7 milliards d'individus en ce mois d'octobre 2011. L'approche de cette &#233;ch&#233;ance a d&#233;clench&#233; une vague d'articles et d'&#233;ditoriaux accusant la surpopulation d'&#234;tre &#224; l'origine des crises environnementales mondiales. &lt;br class='autobr' /&gt; Au Times Square de New York [intersection de Broadway et de la septi&#232;me avenue, dans le quartier de Manhattan, l'une des principales zones commerciales de la ville, avec de nombreuses enseignes lumineuses], une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L100xH150/arton3258-0d443.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Nations Unies indiquent que la population mondiale atteindra les 7 milliards d'individus en ce mois d'octobre 2011. L'approche de cette &#233;ch&#233;ance a d&#233;clench&#233; une vague d'articles et d'&#233;ditoriaux accusant la surpopulation d'&#234;tre &#224; l'origine des crises environnementales mondiales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Times Square de New York [intersection de Broadway et de la septi&#232;me avenue, dans le quartier de Manhattan, l'une des principales zones commerciales de la ville, avec de nombreuses enseignes lumineuses], une gigantesque et co&#251;teuse vid&#233;o [2] d&#233;clarant que &#171; la surpopulation humaine conduit &#224; l'extinction des esp&#232;ces animales &#187; a &#233;t&#233; install&#233;e. Dans les stations les plus fr&#233;quent&#233;es du m&#233;tro londonien, des panneaux d'affichage &#233;lectronique avertissent qu'une population de 7 milliards de personnes est &#233;cologiquement insoutenable [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, on pouvait lire dans le best-seller de Paul Ehrlich, The Population Bomb [traduit en fran&#231;ais en 1972 par Fayard sous le titre La bombe P] que &#171; la bataille pour nourrir l'humanit&#233; est termin&#233;e &#187; du fait de la surpopulation et que les ann&#233;es 1970 seraient une p&#233;riode de famines &#224; l'&#233;chelle du monde et que le taux de mortalit&#233; allait cro&#238;tre. Toutes ses pr&#233;dictions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fausses. Mais, quatre d&#233;cennies plus tard, ses successeurs utilisent toujours la phrase d'Ehrlich &#171; il y a trop de population !&#171; pour expliquer les probl&#232;mes environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la plupart des 7 milliards d'individus ne mettent pas en danger la Terre. La majorit&#233; de la population mondiale ne d&#233;truit pas les for&#234;ts, n'an&#233;antit pas les esp&#232;ces animales en danger, ne pollue pas les rivi&#232;res et les oc&#233;ans et, pour l'essentiel, n'&#233;met pas de gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans les pays riches du Nord, la plupart des destructions environnementales ne sont pas caus&#233;es par des individus ou des m&#233;nages, mais par les mines, les usines et les centrales &#233;lectriques g&#233;r&#233;es par des firmes qui se pr&#233;occupent plus des profits que de la survie de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune r&#233;duction de la population am&#233;ricaine n'aurait arr&#234;t&#233; l'empoisonnement du Golfe du Mexique par BP [British Petroleum] l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une baisse du taux de natalit&#233; n'arr&#234;tera pas l'extraction des sables bitumineux du Canada, l'un des crimes les plus stup&#233;fiants que le monde ait jamais vus ainsi que l'a justement appel&#233; Bill McKibben [&#233;cologiste am&#233;ricain][4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s universel &#224; un contr&#244;le des naissances devrait &#234;tre un droit humain fondamental. Mais celui-ci n'aurait en rien emp&#234;ch&#233; les destructions massives des &#233;cosyst&#232;mes du delta du Niger r&#233;alis&#233;es par Shell ou encore les d&#233;g&#226;ts incommensurables que Chevron a caus&#233;s aux for&#234;ts tropicales d'&#201;quateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironiquement : c'est alors que les groupes &#171; populationnistes &#187; concentrent leur attention sur les 7 milliards d'habitants de notre plan&#232;te que les manifestant&#183;e&#183;s du mouvement Occupy partout dans le monde identifient la v&#233;ritable source des destructions environnementales : ce ne sont pas les 7 milliards, mais les &#171; un pour cent &#187;, la poign&#233;e de millionnaires et milliardaires qui poss&#232;dent plus, consument plus et d&#233;truisent plus que nous tous r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les &#171; un pour cent &#187; les plus riches poss&#232;dent une majorit&#233; de toutes les actions et participations des firmes, leur donnant un contr&#244;le absolu sur ces soci&#233;t&#233;s qui sont directement responsables de la plupart des destructions environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport r&#233;cent [5], r&#233;alis&#233; par le cabinet de conseil britannique Trucost pour les Nations Unies, estime que seulement 3000 entreprises provoquent pour 2,15 billions [trillions, pour l'&#233;chelle courte utilis&#233;e aux E.-U.] de dollars [2'150'000'000'000 de dollars] de dommages environnementaux chaque ann&#233;e [soit, selon ce rapport, pr&#232;s du tiers de l'ensemble des &#171; co&#251;ts environnementaux &#187;]. Pour scandaleux que ce chiffre soit &#8211; rappelons que seuls six pays ont un PIB sup&#233;rieur &#224; 2,15 billions de dollars &#8211;, il minimise sensiblement les d&#233;g&#226;ts, parce qu'il exclut les co&#251;ts qui r&#233;sulteraient de &#171; potentiels &#233;v&#233;nements &#224; fort impact tel que la [sur]p&#234;che ou l'effondrement d'&#233;cosyst&#232;mes &#187; et &#171; de co&#251;ts externes caus&#233;s par l'utilisation et l'&#233;limination des produits, ainsi que l'utilisation par les entreprises d'autres ressources naturelles ainsi que du rejet de davantage de polluants par le biais de leurs op&#233;rations ainsi que celles de leurs fournisseurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple pour le cas des compagnies p&#233;troli&#232;res, le chiffre recouvre les op&#233;rations normales &#187;, mais pas les morts et les destructions caus&#233;s par le r&#233;chauffement global ni les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'utilisation de leurs produits &#224; l'&#233;chelle du monde, ni m&#234;me les milliards de milliards de dollars que co&#251;te le nettoyage des &#171; mar&#233;es noires &#187; [d&#233;versements de p&#233;trole]. Les dommages r&#233;els occasionn&#233;s par ces seules compagnies doivent &#234;tre bien sup&#233;rieurs que 2,15 billions de dollars, et cela pour chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; un pour cent &#187; contr&#244;le &#233;galement les gouvernements qui sont suppos&#233;s r&#233;guler ces entreprises destructrices. 46% des membres de la Chambre des repr&#233;sentants des &#201;tats-Unis [chambre basse] sont millionnaires, 54% des s&#233;nateurs, et tous les pr&#233;sidents depuis Eisenhower [pr&#233;sident entre 1953 et 1961].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au gouvernement, le &#171; un pour cent &#187; contr&#244;le l'arm&#233;e am&#233;ricaine, le plus grand utilisateur de p&#233;trole au monde et par cons&#233;quent l'un des plus grands &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre. Les op&#233;rations militaires produisent plus de d&#233;chets dangereux que les cinq plus grandes entreprises de la chimie r&#233;unies. Plus de 10% des sites de d&#233;chets dangereux concern&#233;s par le &#171; Superfond &#187; [6] aux Etats-Unis sont situ&#233;s dans des bases militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui croient qu'une croissance de la population ralentie arr&#234;tera ou ralentira les destructions environnementales ignorent simplement les causes r&#233;elles et les menaces imm&#233;diates pour la vie sur notre plan&#232;te. Les entreprises et les arm&#233;es polluent et d&#233;truisent les &#233;cosyst&#232;mes non pas parce qu'il y a trop d'habitants sur cette Terre, mais parce que cela permet de faire du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le taux de natalit&#233; de l'Irak ou de l'Afghanistan tombait &#224; z&#233;ro, l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'utiliserait pas moins de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si tous les pays africains adoptaient la politique &#171; d'un enfant par famille &#187; [sans mentionner les probl&#232;mes d&#233;mographiques et sociaux que cela entra&#238;ne], les compagnies &#233;nerg&#233;tiques des Etats-Unis, de Chine et d'ailleurs continueraient &#224; br&#251;ler des mati&#232;res fossiles, rendant toujours plus proche une catastrophe climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui critiquent l'argument selon lequel il y aurait une surpopulation sont souvent accus&#233;s de croire qu'il n'y a aucune limite &#224; la croissance. Dans notre cas, cela est simplement faux. Ce que nous disons, c'est que dans un monde &#233;cologiquement rationnel et socialement juste, o&#249; les familles nombreuses ne sont pas une n&#233;cessit&#233; sociale [&#171; assurances maladie et vieillesse &#187;] pour des centaines de millions de personnes, la population se stabilisera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que le dit Betsy Hartmann [&#233;crivaine et journaliste am&#233;ricaine, auteure notamment d'ouvrages sur les questions de contr&#244;le de naissance, dans une perspective f&#233;ministe, et sur des questions &#233;cologiques] : &#171; La meilleure politique en mati&#232;re de population est de concentrer l'am&#233;lioration du bien-&#234;tre humain dans toutes ses nombreuses facettes. Il faut prendre soin de la population et la croissance de la population baissera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multiples crises environnementales exigent une action rapide et d&#233;cisive, mais nous ne pourrons agir avec efficacit&#233; sans que nous comprenions pourquoi celles-ci se produisent. Si nous posons un mauvais diagnostic &#224; la maladie, nous perdrons au mieux un temps pr&#233;cieux dans l'application de rem&#232;des inefficaces ; au pire, nous rendrons ces crises pires encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument &#171; il y a trop de population &#187; dirige l'attention et les efforts de militants sinc&#232;res vers des programmes qui n'auront aucun effet r&#233;el. Dans le m&#234;me temps, cela affaiblira les efforts visant &#224; construire un mouvement mondial contre les destructions &#233;cologiques : cela divise nos forces, tout en rendant coupables les principales victimes de ces crises des probl&#232;mes dont elles ne sont pas &#224; l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, cet argument ignore le r&#244;le destructif massif jou&#233; par une &#233;conomie irrationnelle et un syst&#232;me social dont la production &#233;norme de d&#233;chets et la d&#233;vastation sont inscrites dans son ADN. Ce n'est pas la taille de la population qui est &#224; la racine des crises &#233;cologiques actuelles : c'est le syst&#232;me capitaliste et le pouvoir des &#171; un pour cent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que l'&#233;cologiste pionnier Barry Commoner l'a dit une fois : &#171; La pollution ne commence pas dans la chambre familiale, mais dans la salle du conseil d'administration de l'entreprise. &#187; (Traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cet article, tir&#233; du site &#233;cologiste Grist (&lt;a href=&#034;http://www.grist.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.grist.org/&lt;/a&gt;), a &#233;t&#233; publi&#233; sur le site de l'International socialist organization (ISO), &lt;a href=&#034;http://www.socialistworker.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.socialistworker.org&lt;/a&gt;, le 26 octobre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ian Angus et Simon Butler sont coauteurs de l'ouvrage Too Many People ? Population, Immigration, and the Environmental Crisis (&lt;a href=&#034;http://www.haymarketbooks.org/pb/Too-Many-People&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.haymarketbooks.org/pb/Too-Many-People&lt;/a&gt;). Le premier est &#233;diteur du journal &#233;cosocialiste Climate and Capitalism (&lt;a href=&#034;http://climateandcapitalism.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://climateandcapitalism.com/&lt;/a&gt;), le second est &#233;diteur de l'hebdomadaire australien Green Left Weekly (&lt;a href=&#034;http://www.greenleft.org.au/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.greenleft.org.au/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://climateandcapitalism.com/?p=5643&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://climateandcapitalism.com/?p=5643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.biologicaldiversity.org/news/press_releases/2011/7-billion-09-07-2011.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.biologicaldiversity.org/news/press_releases/2011/7-billion-09-07-2011.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://populationmatters.org/2011/news/7-billion-day-population-matters-takes-action/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://populationmatters.org/2011/news/7-billion-day-population-matters-takes-action/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Les sables bitumineux, c'est-&#224;-dire le m&#233;lange d'eau et de sable m&#234;l&#233; &#224; du bitume &#224; partir duquel on peut produire du p&#233;trole brut, dont il est question ici sont ceux de trois gisements qui recouvrent pr&#232;s de 20% du territoire de l'Etat d'Alberta, au Canada. Seule une portion de ces gisements, particuli&#232;rement le long de la rivi&#232;re Athabasca, peut faire l'objet d'une extraction et d'une transformation en p&#233;trole brut avec les techniques actuelles. C'est dans cette r&#233;gion qu'a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1967 la premi&#232;re mine de sable bitumineux au monde. Une seconde fut mise en service en 1978, une troisi&#232;me en 2003. Aujourd'hui, trois grandes compagnies exploitent ces sables bitumineux : Suncor, Syncrude et Shell Canada. La hausse des prix du p&#233;trole encourage la mise en exploitation des nouveaux champs bitumineux, la technique d'extraction et de transformation &#233;tant tr&#232;s co&#251;teuse (estim&#233;e entre 9 et 12 dollars le baril, alors que, par comparaison, l'extraction conventionnelle en Irak ou en Arabie saoudite s'&#233;l&#232;ve &#224; moins de 1 dollar le baril). La construction d'un pipeline a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e avec PetroChina afin d'acheminer le p&#233;trole jusqu'au port de Kitimat, en Colombie-Britannique, sur la c&#244;te Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de p&#233;trole &#224; partir des sables bitumineux est &#233;cologiquement d&#233;sastreuse. Elle entra&#238;ne la destruction de la for&#234;t bor&#233;ale, des tourbi&#232;res et des rivi&#232;res de la r&#233;gion. C'est l'une des r&#233;gions les plus pollu&#233;es du pays o&#249; le taux de cancer est &#233;lev&#233; et d'autres probl&#232;mes sanitaires ont &#233;t&#233; relev&#233;s. L'extraction d'un seul baril de p&#233;trole g&#233;n&#232;re, en outre, plus de 80 kg de gaz &#224; effet de serre. (Note r&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.trucost.com/article/14/investors-set-to-increase-pressure-on-companies-causing-significant-environmental-costs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.trucost.com/article/14/investors-set-to-increase-pressure-on-companies-causing-significant-environmental-costs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &#171; Superfund &#187; est le terme d'usage pour la loi f&#233;d&#233;rale de 1980 intitul&#233;e Comprehensive Environmental Response, Compensation, and Liability Act. Elle a pour objet le nettoyage de sites souill&#233;s par des d&#233;chets dangereux. Cette loi attribue &#224; l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis le soin d'identifier les parties responsables de la contamination des sites afin de les contraindre &#224; les nettoyer. Lorsque celles-ci ne peuvent &#234;tre identifi&#233;es ou ne sont pas en mesure de payer, l'agence nettoie les sites elle-m&#234;me en ayant recours &#224; un fonds sp&#233;cial. Fin 2010, 1280 sites figuraient sur la &#171; liste nationale prioritaire &#187; des sites &#224; nettoyer. (Note r&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelles sont les causes de la famine ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quelles-sont-les-causes-de-la-famine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Quelles-sont-les-causes-de-la-famine</guid>
		<dc:date>2011-08-31T15:31:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Vivas</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Somalie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), on produit aujourd'hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la plan&#232;te compte 7 milliards d'&#234;tres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique remet en lumi&#232;re la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), on produit aujourd'hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la plan&#232;te compte 7 milliards d'&#234;tres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique remet en lumi&#232;re la fatalit&#233; d'une catastrophe qui n'a pourtant rien de naturelle. S&#233;cheresses, inondations, conflits arm&#233;s... tout cela contribue &#224; aggraver une situation d'extr&#234;me vuln&#233;rabilit&#233; alimentaire, mais ce ne ce sont pas les seuls facteurs explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de famine dans la Corne de l'Afrique n'est pas une nouveaut&#233;. La Somalie vit une situation d'ins&#233;curit&#233; alimentaire depuis 20 ans. Et, p&#233;riodiquement, les m&#233;dias nous remuent de nos confortables divans en nous rappelant l'impact dramatique de la faim dans le monde. En 1984, pr&#232;s d'un million de morts en Ethiopie ; en 1992, 300.000 somaliens ont perdu la vie &#224; cause de la faim ; en 2005, pr&#232;s de cinq millions de personnes au bord de la mort au Malawi, pour ne citer que quelques cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faim n'est pas une fatalit&#233; in&#233;vitable qui affecterait seulement certains pays. Les causes de la faim sont politiques. Qui contr&#244;le les ressources naturelles (terres, eau, semences) qui permettent la production de nourriture ? A qui profitent les politiques agricoles et alimentaires ? Aujourd'hui, les aliments sont devenus une marchandise et leur fonction principale, nous nourrir, est mise &#224; l'arri&#232;re plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pointe du doigt la s&#233;cheresse, avec les pertes de r&#233;coltes et de b&#233;tail cons&#233;cutives, comme l'une des principales explications de la famine dans la Corne de l'Afrique. Mais alors comment expliquer que des pays tels que les Etats-Unis ou l'Australie, qui subissent r&#233;guli&#232;rement de graves s&#233;cheresses, ne souffrent pas de famines extr&#234;mes ? Evidement, les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques peuvent aggraver les probl&#232;mes alimentaires, mais ils ne suffisent pas &#224; expliquer les causes de la faim. En ce qui concerne la production d'aliments, le contr&#244;le des ressources naturelles est la cl&#233; pour comprendre pour qui et pourquoi on les produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs pays de la Corne de l'Afrique, l'acc&#232;s &#224; la terre et un bien rare. L'achat massif de sols fertiles de la part d'investisseurs &#233;trangers (agro-industrie, gouvernements, fonds sp&#233;culatifs...) a provoqu&#233; l'expulsion de milliers de paysans de leurs terres, diminuant ainsi leur capacit&#233; &#224; satisfaire leurs propres besoins alimentaires de mani&#232;re autonome. Ainsi, tandis que le Programme Mondial Alimentaire tente de nourrir des milliers de r&#233;fugi&#233;s au Soudan, des gouvernements &#233;trangers (Kowe&#239;t, Emirats arabes unis, Cor&#233;e...) y ach&#232;tent des terres pour produire et exporter des aliments pour leurs propres populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement rappeler que la Somalie, malgr&#233; les s&#233;cheresses r&#233;currentes, &#233;tait un pays autosuffisant dans la production d'aliments jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1970. Sa souverainet&#233; alimentaire a &#233;t&#233; mise en pi&#232;ce au cours des trois d&#233;cennies suivantes. A partir des ann&#233;es 1980, les politiques impos&#233;es par le Fonds Mon&#233;taire International et la Banque Mondiale pour que le pays puisse rembourser sa dette au Club de Paris se sont traduites par l'imposition d'un ensemble de mesures d'ajustement. En ce qui concerne l'agriculture, ces derni&#232;res impliquaient une politique de lib&#233;ralisation commerciale et d'ouverture des march&#233;s, permettant ainsi l'entr&#233;e massive de produits subsidi&#233;s - comme le riz et le bl&#233; - des multinationales agro-industrielles nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes, qui ont commenc&#233; &#224; vendre leurs produits en dessous de leur prix de production, faisant ainsi une concurrence d&#233;loyale aux produits autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;valuations p&#233;riodiques de la monnaie somalienne ont &#233;galement provoqu&#233; une hausse des prix des intrants agricoles tandis que la politique en faveur des monocultures pour l'exportation a progressivement forc&#233; les paysans &#224; abandonner les campagnes. La m&#234;me chose s'est produite dans d'autres pays, non seulement en Afrique, mais aussi en Am&#233;rique latine et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des prix des c&#233;r&#233;ales de base est un autre des &#233;l&#233;ments d&#233;sign&#233;s comme d&#233;tonateurs des famines dans la Corne de l'Afrique. En Somalie, les prix du ma&#239;s et du sorgho rouge ont respectivement augment&#233; de 106 et 180% par rapport &#224; l'ann&#233;e derni&#232;re. En Ethiopie, le co&#251;t du bl&#233; a augment&#233; de 85% par rapport &#224; 2010. Et au Kenya, la valeur du ma&#239;s a augment&#233; de 55% en un an. Des hausses qui ont rendus ces aliments inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles sont les raisons de cette escalade des prix ? Plusieurs indices pointent la sp&#233;culation financi&#232;re sur les mati&#232;res premi&#232;res alimentaires. Les prix des aliments sont d&#233;termin&#233;s dans les Bourses de valeurs, dont la plus importante, &#224; l'&#233;chelle mondiale, est celle de Chicago, tandis qu'en Europe les aliments sont commercialis&#233;s dans les march&#233;s &#224; terme de Londres, Paris, Amsterdam et Francfort. Mais, aujourd'hui, la majeure partie de l'achat et de la vente de ces marchandises ne correspond pas &#224; des &#233;changes commerciaux r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime, d'apr&#232;s Mike Masters, responsable du fonds de pension Masters Capital Management, que 75% des investissements financiers dans le secteur agricole sont de caract&#232;re sp&#233;culatif. On ach&#232;te et on vend des mati&#232;res premi&#232;res dans le but de sp&#233;culer avec elles en faisant un profit qui se r&#233;percute finalement dans l'augmentation du prix de la nourriture pour le consommateur final. Les m&#234;mes banques, fonds &#224; hauts risques, compagnies d'assurances, qui ont provoqu&#233; la crise des &#8220;subprimes&#8221; sont celles qui sp&#233;culent aujourd'hui avec la nourriture, profitant de march&#233;s globaux profond&#233;ment d&#233;r&#233;gul&#233;s et hautement rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise alimentaire &#224; l'&#233;chelle globale et la famine dans la Corne de l'Afrique en particulier sont les fruits de la globalisation alimentaire au service des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. La cha&#238;ne de production, de distribution et de consommation des aliments est entre les mains d'une poign&#233;e de multinationales qui placent leurs int&#233;r&#234;ts particuliers au dessus des n&#233;cessit&#233;s collectives. Tout au long de ces derni&#232;res d&#233;cennies, elles ont min&#233;, avec le soutien des institutions financi&#232;res internationales, la capacit&#233; des Etats du sud &#224; d&#233;cider sur leurs politiques agricoles et alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au d&#233;but. Pourquoi la faim existe-t-elle dans un monde d'abondance ? La production d'aliments a &#233;t&#233; multipli&#233;e par trois depuis les ann&#233;es 1970, tandis que la population mondiale n'a fait que doubler depuis lors. Nous ne sommes donc pas face &#224; un probl&#232;me de production de nourriture, mais bien devant un probl&#232;me d'acc&#232;s &#224; la nourriture. Comme le soulignait le rapporteurs de l'ONU pour le droit &#224; l'alimentation, Olivier de Schutter, dans une interview au journal &#8220;El Pais&#8221; : &#8220;La faim est un probl&#232;me politique. C'est une question de justice sociale et de politiques de redistribution&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons en finir avec la faim dans le monde, il est urgent d'opter pour d'autres politiques agricoles et alimentaires qui mettent au centre de leur pr&#233;occupation les personnes et leurs besoins, ceux qui travaillent la terre et l'&#233;cosyst&#232;me. Il s'agit de parvenir &#224; ce que le mouvement international Via Campesina appelle la &#8220;souverainet&#233; alimentaire&#8221;, et de r&#233;cup&#233;rer la capacit&#233; de d&#233;cider sur ce que nous mangeons. En reprenant un des slogans les plus connus du Mouvement du 15-M : &#8220;une d&#233;mocratie r&#233;elle, maintenant&#8221; dans l'agriculture et l'alimentation est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;*Esther Vivas participe au Centre d'&#233;tudes sur les mouvements sociaux (CEMS) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF) en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; comme opinion dans le journal &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt;, 30/07/2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;+info : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.wordpress.com/francais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://esthervivas.wordpress.com/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La Bourse du carbone, fausse piste et perte d'un temps pr&#233;cieux !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-Bourse-du-carbone-fausse-piste-et-perte-d-un-temps-precieux</link>
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		<dc:date>2011-07-18T15:19:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 6 juillet dernier, le gouvernement Charest publiait le projet de r&#232;glement devant encadrer le march&#233; du carbone d&#232;s 2012. Il jetait ainsi les bases d'une bourse canadienne du carbone qui op&#233;rera &#224; partir de Montr&#233;al. Les cibles contraignantes pour les entreprises s'appliqueront &#224; partir du premier janvier 2013. L'objectif affirm&#233; du gouvernement est de ramener &#224; 20 % sous la barre de 1990 le niveau d'&#233;mission des gaz &#224; effet de serre (GES). &lt;br class='autobr' /&gt; Les plus grands &#233;metteurs de gaz &#224; effet de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-France-66-" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-19-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH105/arton3212-293bf.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 6 juillet dernier, le gouvernement Charest publiait le projet de r&#232;glement devant encadrer le march&#233; du carbone d&#232;s 2012. Il jetait ainsi les bases d'une bourse canadienne du carbone qui op&#233;rera &#224; partir de Montr&#233;al. Les cibles contraignantes pour les entreprises s'appliqueront &#224; partir du premier janvier 2013. L'objectif affirm&#233; du gouvernement est de ramener &#224; 20 % sous la barre de 1990 le niveau d'&#233;mission des gaz &#224; effet de serre (GES).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les plus grands &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre du Qu&#233;bec dans les secteurs industriels, des transports et de l'immobilier sont d&#233;finis comme les entreprises qui rejettent plus de 25 000 tonnes de CO2 par ann&#233;e ou &#233;quivalents. Cette r&#233;glementation touchera une centaine d'entreprises qui repr&#233;sentent &#224; elles seules 90 % des &#233;missions de GES au Qu&#233;bec. Ces entreprises ont pratiquement atteint les objectifs du 20 % sous le niveau de 90. Il s'agit donc davantage de stabiliser les &#233;missions de GES que de s'orienter vers une nouvelle baisse. Ces entreprises se voient attribuer gratuitement des quotas d'&#233;missions &#224; un niveau &#233;quivalent &#224; la moyenne de leur rejet des ann&#233;es 2007 &#224; 2010. Le projet de r&#232;glement soumis &#224; la consultation demande non une baisse de la quantit&#233; d'&#233;missions de GES, mais une diminution de l'intensit&#233; des &#233;missions par tonne de marchandises produites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une entreprise fait plus d'&#233;missions de GES que les droits re&#231;us elle doit abaisser ses &#233;missions en de&#231;&#224; des quotas fix&#233;s. Au contraire, si une entreprise re&#231;oit un surplus de droits, &#224; cause d'une diminution pr&#233;c&#233;dente de ses &#233;missions, elle peut vendre ses droits &#224; une autre entreprise qui n'en aurait pas suffisamment. C'est ainsi que s'instaure un march&#233; des droits de polluer et une bourse de carbone pour r&#233;gulariser ce march&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir La Presse, Le Devoir, Le Soleil du 7 juillet 2011&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le rejet par les grandes entreprises p&#233;troli&#232;res, les gouvernements et le capital financier &#224; leur service de l'organisation imm&#233;diat du passage aux &#233;nergies renouvelables comme base d'un nouveau syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique de la soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;cologistes au Qu&#233;bec font confiance aux march&#233;s pour lutter contre le d&#233;r&#232;glement climatique. Ces derniers ont d'ailleurs f&#233;licit&#233; de gouvernement pour son initiative. Mais pour d'autres &#233;cologistes, le commerce du carbone n'&#233;vitera pas la crise climatique. La cause principale de la crise climatique, c'est l'extraction de combustibles fossiles et sa lib&#233;ration dans l'environnement. C'est cette combustion excessive d'hydrocarbures qui menace maintenant la capacit&#233; de la terre de maintenir un climat tol&#233;rable et d'emp&#234;cher le r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements, les grandes entreprises polluantes, particuli&#232;rement celles li&#233;es aux &#233;nergies fossiles et les institutions financi&#232;res refusent d'&#233;liminer l'utilisation du charbon, du p&#233;trole, du gaz naturel. Les entreprises qui tirent leurs profits de l'exploitation des &#233;nergies fossiles font tout pour rejeter l'analyse qui pose la n&#233;cessit&#233; d'en finir avec les &#233;nergies fossiles et de passer aux &#233;nergies renouvelables sans faire de la rentabilit&#233; &#224; court terme un obstacle &#224; cette mutation de la base &#233;nerg&#233;tique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, ces entreprises et les gouvernements &#224; leur service soutiennent la prospection et l'extraction de combustibles fossiles dans des endroits de plus en plus dangereux (les plates-formes marines) par des proc&#233;d&#233;s de plus en plus polluants (l'exploitation des sables bitumineux et l'exploitation des gaz de schiste). La part consacr&#233;e aux &#233;nergies renouvelables reste encore marginale si on les compare aux sommes investies dans l'exploration et l'exploitation des &#233;nergies fossiles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tanuro, Daniel, Comment les m&#233;canismes de march&#233; pourrissent le climat, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La cr&#233;ation d'une bourse du carbone, une manoeuvre pour reporter &#224; plus tard le passage vers les &#233;nergies renouvelables &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du carbone organise la distribution de droits d'&#233;missions de GES &#233;changeables sur le march&#233;. Il existe des march&#233;s obligatoires li&#233;s aux engagements des &#201;tats signataires du protocole de Kyoto de r&#233;duire leur niveau d'&#233;missions de GES par rapport &#224; 1990. Il existe &#233;galement des march&#233;s pour un d&#233;veloppement propre qui autorise une entreprise d'un pays signataire du protocole de Kyoto &#224; engranger des cr&#233;dits d'&#233;mission au moyen d'investissements dans un pays non signataire. C'est ainsi qu'une entreprise va investir dans un programme de reforestation (capteur de carbone) dans un pays du tiers monde afin d'engranger des cr&#233;dits de carbone (des droits de polluer) qui permettront &#224; cette entreprise de maintenir des proc&#233;d&#233;s de production polluants tout en pouvant se faire une r&#233;putation d'entreprise qui investit dans des projets &#233;cologistes dans les pays en d&#233;veloppement. Le march&#233; du carbone tend &#224; orienter les investissements vers des mesures non structurelles qui &#233;vitent de s'attaquer au syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; sur les &#233;nergies fossiles. Dans une logique de rentabilit&#233; &#224; court terme, les entreprises se ruent vers les droits d'&#233;mission les moins chers et les moins pertinents d'un point de vue strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus, les entreprises qui investissent dans de tels projets peuvent recevoir l'aide du Fonds du carbone de la Banque mondiale. Cette logique financi&#232;re &#224; la base de l'expansion de march&#233; des droits de polluer d&#233;bouche souvent sur des projets douteux d'un point de vue &#233;cologique. Le march&#233; du carbone op&#232;re dans une logique purement quantitative. Il permet d'&#233;viter l'imposition r&#233;glementaire d'un encadrement direct des activit&#233;s industrielles polluantes. Il conduit &#224; la recherche de m&#233;canismes de compensation qui limitent la port&#233;e des initiatives en faveur des changements climatiques. Il permet aux entreprises qui ont accumul&#233; suffisamment de droits de polluer de continuer de poursuivre leurs activit&#233;s destructrices chez elles. Le march&#233; de carbone conduit donc &#224; un &#233;norme gaspillage de comp&#233;tences et de temps.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Gaudreau et &#201;ric Pineault, Les march&#233;s du carbone : solution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'objectif de d&#233;passer le d&#233;r&#232;glement climatique ne pourra &#234;tre atteint en utilisant les m&#233;canismes du march&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du carbone ne constitue pas une partie de la solution. Il est maintenant devenu une partie du probl&#232;me. Au lieu de poser clairement la n&#233;cessit&#233; de transformer la structure de l'appareil productif, au lieu d'organiser le passage rapide d'un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique reposant sur les &#233;nergies fossiles vers un syst&#232;me &#233;nergique reposant essentiellement sur les &#233;nergies renouvelables, on construit un march&#233; des droits de polluer, avec une multiplication de produits d&#233;riv&#233;s, qui permet au capital financier de se d&#233;velopper encore davantage tout en refusant de s'attaquer &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera possible de r&#233;soudre le d&#233;r&#232;glement climatique qu'en remettant radicalement en question la logique intrins&#232;quement productiviste du syst&#232;me capitaliste. Cela passera par l'&#233;limination de productions inutiles, par la transformation des proc&#233;d&#233;s de production, par le passage d'un syst&#232;me de transport fond&#233; sur l'automobile vers un syst&#232;me de transport en commun, par la restructuration du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique vers le d&#233;veloppement de sources d'&#233;nergies renouvelables et ce, ind&#233;pendamment de la rentabilit&#233; &#224; court terme. L'ensemble de ces transformations n&#233;cessitera la participation d&#233;mocratique des populations de la plan&#232;te &#224; tous les niveaux donnant toute sa place au pouvoir citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces projets essentiels &#224; notre &#233;poque n&#233;cessitent qu'on arrache des mains de l'oligarchie financi&#232;re le pouvoir qui lui permet de nous tra&#238;ner sur les chemins du d&#233;sastre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tanuro, Daniel, L'impossible capitalisme vert, La D&#233;couverte, 2010&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir La Presse, Le Devoir, Le Soleil du 7 juillet 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tanuro, Daniel, Comment les m&#233;canismes de march&#233; pourrissent le climat, Inprecor, septembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis Gaudreau et &#201;ric Pineault, Les march&#233;s du carbone : solution &#233;cologique ou prochaine bulle sp&#233;culative, in La bourse contre la vie, d&#233;rive et excroissance des march&#233;s financiers, &#201;ditions Multimondes, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tanuro, Daniel, L'impossible capitalisme vert, La D&#233;couverte, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fondements d'une strat&#233;gie &#233;cosocialiste </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-fondements-d-une-strategie-ecosocialiste</link>
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		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>LaUne11</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le fait que le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles ait commenc&#233; &#224; nous &#233;loigner objectivement d'une alternative socialiste constitue le fait majeur qui fonde et justifie le concept nouveau d'&#233;cosocialisme. Une ligne de d&#233;marcation entre l'&#233;cosocialisme, d'une part, l'&#233;cologie politique et la d&#233;croissance, d'autre part, est l'attitude face &#224; la lutte des classes. Nous restons fermement convaincus que les exploit&#233;Es apprennent par l'exp&#233;rience des luttes collectives, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le fait que le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles ait commenc&#233; &#224; nous &#233;loigner objectivement d'une alternative socialiste constitue le fait majeur qui fonde et justifie le concept nouveau d'&#233;cosocialisme. Une ligne de d&#233;marcation entre l'&#233;cosocialisme, d'une part, l'&#233;cologie politique et la d&#233;croissance, d'autre part, est l'attitude face &#224; la lutte des classes. Nous restons fermement convaincus que les exploit&#233;Es apprennent par l'exp&#233;rience des luttes collectives, qui commencent par la d&#233;fense des salaires, de l'emploi et des conditions de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les fondements d'une strat&#233;gie &#233;cosocialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re la fausse mais tr&#232;s populaire m&#233;taphore de l'&#238;le de P&#226;ques propos&#233;e par Jared Diamond &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jared Diamond, Collapse. How Societies Choose to Fail or Survive, London, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les d&#233;gradations environnementales que nous observons aujourd'hui ne sont en rien comparables &#224; celles qui ont pu se produire &#224; d'autres p&#233;riodes historiques. Les diff&#233;rences sont non seulement quantitatives (la gravit&#233; et la globalisation des probl&#232;mes &#233;cologiques), mais aussi et surtout qualitatives : alors que toutes les crises environnementales du pass&#233; d&#233;coulaient des tendances sociales &#224; la sous-production chronique, donc de la crainte de la p&#233;nurie, les probl&#232;mes actuels trouvent au contraire leur origine dans la tendance inverse &#224; la surproduction et &#224; la surconsommation, qui est sp&#233;cifique &#224; la production g&#233;n&#233;ralis&#233;e de marchandises. Par cons&#233;quent, l'expression &#171; crise &#233;cologique &#187; est impropre. Ce n'est pas la nature qui est en crise, mais la relation historiquement d&#233;termin&#233;e entre l'humanit&#233; et son environnement. Cette crise n'est pas due aux caract&#233;ristiques intrins&#232;ques de l'esp&#232;ce humaine mais au mode de production devenu dominant il y a deux si&#232;cles environ &#8211; le capitalisme &#8211; et aux modes de consommation et de mobilit&#233; qui en d&#233;coulent. Les atteintes graves aux &#233;cosyst&#232;mes (changements climatiques, pollution chimique, d&#233;clin rapide de la biodiversit&#233;, d&#233;gradation des sols, destruction de la for&#234;t tropicale, etc.) constituent une dimension de la crise syst&#233;mique globale. Ensemble, elles expriment l'incompatibilit&#233; entre le capitalisme et le respect des limites naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Productivisme sans limites&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La raison fondamentale de cette incompatibilit&#233; est simple : sous le fouet de la concurrence, tout propri&#233;taire de capitaux cherche en permanence &#224; remplacer du travail vivant par du travail mort, autrement dit des travailleurs par des machines plus productives, car celles-ci lui procurent un surprofit en plus du profit moyen. Il va de soi que cette op&#233;ration n'aurait pas de sens pour le capitaliste si elle ne s'accompagnait pas d'une tentative d'&#233;limination de ses concurrents les plus faibles, par l'augmentation de la masse de marchandises mises sur le march&#233; &#224; bas prix. L'innovation, dans ce mode de production, n'est pas au service de l'all&#232;gement de la charge de travail mais de l'accumulation incessante du capital. D&#232;s lors, sa recherche constante de nouveaux champs de valorisation am&#232;ne celui-ci &#224; produire une quantit&#233; sans cesse croissante de marchandises inutiles et nuisibles, dont la plus-value, pour &#234;tre r&#233;alis&#233;e, implique que soient constamment cr&#233;&#233;s des d&#233;bouch&#233;s et des besoins, de plus en plus artificiels. Le &#171; productivisme &#187; &#8211; produire pour produire &#8211; implique obligatoirement &#171; consommer pour consommer &#187; et fait partie du code g&#233;n&#233;tique de ce mode de production, au m&#234;me titre que le f&#233;tichisme de la marchandise. &#171; Le capitalisme, non seulement n'est jamais stationnaire, mais ne pourrait jamais le devenir &#187;, disait Schumpeter &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et d&#233;mocratie, Paris, Petite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, pour qu'un capitalisme puisse &#234;tre stationnaire, il faudrait abolir la concurrence entre les capitaux nombreux qui composent le Capital, ce qui est &#233;videmment absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui mais, objectera-t-on, si l'efficience dans l'utilisation des ressources augmentait plus vite que la masse de marchandises produites, la reproduction &#233;largie du capital ne s'accompagnerait pas d'une ponction accrue sur les ressources naturelles. Le capitalisme serait alors soutenable &#233;cologiquement. En effet. C'est la th&#232;se du d&#233;couplage entre la croissance du PIB et l'empreinte &#233;cologique. Elle est illustr&#233;e par la courbe en cloche dite &#171; de Kuznets &#187;, selon laquelle l'impact environnemental d'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e augmenterait jusqu'&#224; un pic, puis diminuerait en fonction de sa richesse, donc du d&#233;veloppement de ses forces productives. Il est vrai que, de tous les modes de production qui ont exist&#233; dans l'histoire, le capitalisme est celui qui a augment&#233; le plus spectaculairement la productivit&#233; du travail, donc aussi l'efficience dans l'utilisation des ressources. Il en est ainsi parce que la qu&#234;te du surprofit qui pousse &#224; la m&#233;canisation favorise en m&#234;me temps une &#233;conomie croissante dans l'utilisation des richesses naturelles. Pourtant, ce constat ne remet pas en cause la nature &#233;cocidaire du syst&#232;me, et la courbe de Kuznets est fausse. En effet, d'une part, la hausse de l'efficience est forc&#233;ment une asymptote, pas une fonction lin&#233;aire de l'augmentation du capital fixe &#8211; sans quoi on aboutirait &#224; la conclusion que le mouvement perp&#233;tuel est possible, puisque, &#224; la limite, un travail pourrait &#234;tre effectu&#233; sans d&#233;perdition d'&#233;nergie (cette erreur grossi&#232;re a &#233;t&#233; commise par les experts qui ont &#233;valu&#233; la part de la consommation europ&#233;enne d'&#233;lectricit&#233; possiblement couverte par le projet Desertec d'exploitation du rayonnement solaire dans le Sahara) &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Possoz et H. Jeanmart, Comments on the electricity demand scenario in two (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autre part, on constate empiriquement que l'augmentation du volume de la production fait plus que compenser la hausse de l'efficience, qui n'est donc que relative. Le cas de l'automobile est frappant : la sobri&#233;t&#233; des moteurs augmente, mais les besoins globaux en hydrocarbures et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre des transports explosent, par suite du nombre sans cesse croissant de v&#233;hicules. Boulimique, la croissance capitaliste implique in&#233;vitablement une consommation croissante de ressources, inconciliable avec la finitude de celles-ci ainsi qu'avec leurs rythmes de renouvellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la multiplication angoissante de probl&#232;mes &#233;cologiques graves, nous sommes amen&#233;s &#224; nous interroger : quelles sont les limites th&#233;oriques de la croissance capitaliste, et par cons&#233;quent de la d&#233;gradation capitaliste de l'environnement ? R&#233;pondre implique de bien saisir que le capital n'est pas une chose : c'est un rapport social d'exploitation, dont le d&#233;veloppement fut rendu historiquement possible du fait de l'appropriation pr&#233;alable des ressources naturelles (terre, eau, for&#234;ts&#8230;) par les classes dominantes, au nom du profit. Cette appropriation entra&#238;na ensuite celle de la force de travail, transform&#233;e en marchandise salari&#233;e. Pillage des ressources et exploitation du travail &#8211; quand celle-ci est consid&#233;r&#233;e du point de vue social &#8211; sont donc les deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille. Mais, en laissant de c&#244;t&#233; sa composante sociale (la coop&#233;ration et ses formes), la force de travail humaine peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e sous l'angle thermodynamique, comme une ressource naturelle parmi d'autres (le corps humain est un convertisseur &#233;nerg&#233;tique). Dans ce cas, pillage et exploitation ne sont en fait qu'un seul et m&#234;me processus de destruction, et le surtravail peut &#234;tre d&#233;crit comme une quantit&#233; d'&#233;nergie accapar&#233;e par le patronat. Ceci &#233;tant pos&#233;, on peut r&#233;pondre &#224; la question sur les limites th&#233;oriques du capital. D'une part, l'expropriation des producteurs et productrices directEs, leur ali&#233;nation d'avec la terre nourrici&#232;re, a cr&#233;&#233; une classe sociale dont l'unique moyen de subsistance est la vente de sa force de travail contre un salaire. D'autre part, le travailleur ou la travailleuse embauch&#233;E comme salari&#233;E trouve tout pr&#234;ts, mis &#224; sa disposition par l'employeur, les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; son activit&#233; productive &#8211; outils, b&#226;timents et &#233;nergie &#8211; qui proviennent, directement ou indirectement, de ressources pr&#233;lev&#233;es dans la nature par le travail ou transform&#233;es par lui. Dans ce contexte, et tenant compte du fait que la hausse de l'efficience n'est que relative, il va de soi que la qu&#234;te incessante du surprofit par le productivisme capitaliste p&#232;se &#224; la fois sur les fractions variable et constante du capital, de sorte que celui-ci doit fatalement consommer une quantit&#233; absolue toujours plus grande de force de travail et de ressources naturelles, et ce bien qu'il favorise leur &#233;conomie relative. La formule &#233;nigmatique de Marx disant que le capital n'a d'autre limite que le capital lui-m&#234;me s'&#233;claire ainsi : elle signifie tout simplement que ce mode de production ne s'arr&#234;tera de lui-m&#234;me qu'apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; les deux seules sources de &lt;i&gt;&#171; toute richesse : la terre et le travailleur &#187;&lt;/i&gt; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Le Capital, Paris, &#201;ditions sociales, Livre premier, Tome II, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conclusion laisse si peu de place &#224; l'optimisme que certains s'accrochent &#224; tout prix &#224; l'id&#233;e qu'un m&#233;canisme endog&#232;ne non encore identifi&#233; pourrait bloquer le syst&#232;me avant qu'il n'ait atteint cette limite th&#233;orique. Il faut pourtant se r&#233;signer &#224; constater qu'il n'existe et ne peut exister rien de ce genre. La raison, encore une fois, est simple et renvoie aux lois fondamentales du capitalisme : ce mode bas&#233; exclusivement sur la loi de la valeur-travail a pour seul but la production de valeurs d'&#233;change, et non de valeurs d'usage. Or, la valeur &#233;tant d&#233;termin&#233;e par le temps de travail socialement n&#233;cessaire &#224; la production, il est &#233;vident que le capital ne dispose d'aucun moyen lui permettant de prendre spontan&#233;ment en compte l'&#233;tat des richesses que la nature met gratuitement &#224; disposition de l'humanit&#233;. Symbole et essence de la valeur, la forme argent, par son abstraction m&#234;me et du fait du renversement complet de perspective qu'elle engendre (l'argent semble donner leur valeur aux marchandises, alors que ce sont les marchandises qui donnent sa valeur &#224; l'argent) cr&#233;e l'illusion qu'une accumulation mat&#233;rielle illimit&#233;e serait possible. Il convient de pr&#233;ciser que le capital, bien qu'il compte et mesure tout, est non seulement incapable de prendre les richesses naturelles en compte qualitativement, mais aussi quantitativement, comme le montre l'insouciance l&#233;g&#232;re avec laquelle il d&#233;truit irr&#233;versiblement des stocks de nombreuses ressources, en d&#233;pit des avertissements de toutes sortes. Cette folie a m&#234;me trouv&#233; ses th&#233;oriciens, en la personne des ultralib&#233;raux qui d&#233;fendent, contre toute &#233;vidence, la th&#232;se absurde de la substituabilit&#233; int&#233;grale des ressources naturelles par des produits de l'activit&#233; humaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;ponse politique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certes, DES capitaux s'investissent massivement dans le secteur vert de l'&#233;conomie, car les profits y sont attractifs, notamment gr&#226;ce aux subsides publics. Mais LE &#171; capitalisme vert &#187;, en tant que tel, est un oxymore. La seule question digne d'int&#233;r&#234;t consiste &#224; se demander dans quelle mesure l'aveuglement &#233;cologique du mode de production marchand pourrait &#234;tre compens&#233; par des mesures politiques, exog&#232;nes &#224; la sph&#232;re &#233;conomique proprement dite. Au vu de ce qui a &#233;t&#233; dit plus haut, la r&#233;ponse est &#233;vidente : l'efficacit&#233; des politiques &#233;cologiques d&#233;pend enti&#232;rement de la d&#233;termination avec laquelle celles et ceux qui les pr&#244;nent osent contester la libert&#233; du capital, donc construire le rapport de forces social n&#233;cessaire &#224; leur imposition (ce qui implique &#224; son tour de lier la solution de la question &#233;cologique aux combats des exploit&#233;.e.s : la lutte contre le ch&#244;mage, la mis&#232;re, l'in&#233;galit&#233; sociale, les discriminations et la d&#233;gradation des conditions de travail). Et c'est ici que le b&#226;t blesse. Tim Jackson, par exemple, est probablement un des auteurs non marxistes qui appr&#233;hende le mieux la logique productiviste capitaliste comme la cause fondamentale des d&#233;gradations environnementales. Dans Prosp&#233;rit&#233; sans croissance, tournant le dos aux explications superficielles, il &#233;crit pertinemment que &#171; cette soci&#233;t&#233; qui balance tout &#224; la poubelle n'est pas tant une cons&#233;quence de la gloutonnerie des consommateurs qu'une condition de survie du syst&#232;me &#187;, car celui-ci a besoin de &#171; vendre plus de biens, d'innover en permanence &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tim Jackson, Prosp&#233;rit&#233; sans croissance, Bruxelles, Etopia, 2010.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais Jackson esquive la conclusion &#224; tirer de sa propre analyse : plut&#244;t que de contester le mode de production, il d&#233;vie malgr&#233; tout dans la mise en cause d'un &#171; d&#233;sir de nouveaut&#233; et de consommation &#187; qui rel&#232;verait, selon lui, de la nature humaine. Du coup, la montagne accouche d'une souris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur le versant &#233;cologique, Prosp&#233;rit&#233; sans croissance plaide pour que le pouvoir politique fixe des limites s&#233;v&#232;res &#224; l'utilisation des ressources, en fonction des seules contraintes environnementales. C'est effectivement ce qu'il conviendrait de faire&#8230; Toutefois, on ne peut, sous peine d'impuissance, feindre d'ignorer, comme Jackson, que le monde des affaires s'oppose avec succ&#232;s &#224; toute r&#233;gulation environnementale drastique, m&#234;me dans les cas o&#249; la n&#233;cessit&#233; de celle-ci est la moins contest&#233;e ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur le plan social, Jackson a le m&#233;rite de plaider pour la r&#233;duction du temps de travail, mais cette mesure est subordonn&#233;e chez lui au maintien de la comp&#233;titivit&#233; des entreprises, de sorte qu'elle n'est pas chiffr&#233;e. Pour lui, la r&#233;duction du temps de travail est en fait une forme de flexibilit&#233;, pas une r&#233;ponse collective imm&#233;diate au ch&#244;mage, ni un outil pour la redistribution de la richesse produite (par le maintien des salaires). Il ne l'envisage d'ailleurs qu'en dernier recours, au cas o&#249; la conversion des &#233;conomistes &#224; un nouveau &#171; mod&#232;le macro&#233;conomique &#187; ne suffirait pas &#224; &#171; d&#233;placer simplement le point focal de l'activit&#233; &#233;conomique du secteur productif de valeur vers des services d&#233;mat&#233;rialis&#233;s &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro : &#171; Prosp&#233;rit&#233; sans croissance &#187; : un ouvrage sous tension&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, toutes les propositions mises en avant pour corriger politiquement la nature &#233;cocidaire du capital butent sur les m&#234;mes obstacles : la logique du profit et la nature de classe des institutions &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il en est ainsi notamment de la proposition d'indicateurs alternatifs ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mirage de l'internalisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Einstein aurait dit un jour : &#171; On ne peut pas r&#233;soudre un probl&#232;me avec le type de pens&#233;e qui a conduit au probl&#232;me &#187;. Ce th&#233;or&#232;me s'applique parfaitement &#224; l'id&#233;e que le capitalisme pourrait s'engager sur la voie de la soutenabilit&#233; si des instances politiques attribuaient un prix aux ressources naturelles. Puisque la crise &#233;cologique est une cons&#233;quence de la production g&#233;n&#233;ralis&#233;e de marchandises, ce n'est pas en &#171; marchandisant &#187; l'eau, l'air, le carbone, les g&#232;nes ou toute autre richesse naturelle que la destruction de l'environnement pourra &#234;tre arr&#234;t&#233;e. Non seulement cette &#171; internalisation des externalit&#233;s &#187; ne nous rapproche pas d'une solution, mais elle nous en &#233;loigne au contraire. En effet, il va de soi que la transformation des richesses naturelles en marchandises implique leur appropriation par le capital. D&#232;s lors, l'affaire est entendue car celui-ci, en les soumettant &#224; la loi de la valeur-travail, tend &#224; les soustraire du m&#234;me coup &#224; tout crit&#232;re de gestion autre que le profit. De toute mani&#232;re, ind&#233;pendamment de ces consid&#233;rations, et plus fondamentalement encore, les tentatives de donner un prix aux richesses naturelles se heurtent &#224; une difficult&#233; th&#233;orique insurmontable : comment &#233;valuer en termes mon&#233;taires des biens dont la production n'est pas mesurable en heures de travail, qui n'ont donc pas de valeur, et dont la destruction est, de plus, diff&#233;r&#233;e dans le temps ? Pour toute r&#233;ponse &#224; ce casse-t&#234;te, les &#233;conomistes lib&#233;raux se chamaillent sur le taux d'actualisation et interrogent la disponibilit&#233; des consommateurs &#224; payer pour l'environnement, ou &#224; en accepter la d&#233;gradation. Le prix des richesses naturelles varie alors selon que les personnes interrog&#233;es sont riches ou mis&#233;rables&#8230; Pouss&#233;e &#224; la limite, cette m&#233;thode r&#233;v&#232;le clairement son absurdit&#233; : quelle valeur marchande conviendrait-il de donner au rayonnement solaire, sachant que la vie sur Terre en d&#233;pend ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse du calcul marchand appara&#238;t clairement dans la proposition d'une taxe carbone pour rendre les &#233;nergies fossiles plus ch&#232;res que les renouvelables et r&#233;duire par cons&#233;quent les &#233;missions de gaz carbonique. Comme on le sait, pour avoir une chance raisonnable de ne pas trop d&#233;passer 2 &#176;C de hausse de la temp&#233;rature par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;industrielle, il convient que ces &#233;missions diminuent d'ici 2050 de 80 &#224; 95 % dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, et de 50 &#224; 85 % au niveau mondial, le point d'inflexion devant se situer au plus tard en 2015 &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GIEC, Contribution du Groupe de travail III au rapport 2007, page 776.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces fourchettes de chiffres, dont il serait prudent de viser la partie sup&#233;rieure, impliquent d'abandonner les &#233;nergies fossiles en deux g&#233;n&#233;rations, alors que celles-ci couvrent 80 % de nos besoins &#233;nerg&#233;tiques (et que l'or noir est la mati&#232;re premi&#232;re de l'industrie p&#233;trochimique). En fait, l'ampleur des r&#233;ductions &#224; r&#233;aliser dans l'urgence et l'importance de la diff&#233;rence de co&#251;t entre fossiles et renouvelables sont telles que m&#234;me une taxe de 600 dollars la tonne ne suffirait pas (elle permettrait seulement de r&#233;duire les &#233;missions globales de moiti&#233; d'ici 2050, selon l'Agence internationale de l'&#233;nergie) &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AIE, Perspectives des technologies de l'&#233;nergie. Au service du plan d'action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sachant que la combustion de mille litres de gazole produit 2,7 tonnes de CO2, on comprend qu'une telle mesure serait socialement inapplicable dans les faits : les employeurs ne pourraient s'y r&#233;signer que si elle &#233;tait int&#233;gralement transf&#233;r&#233;e sur les consommateurs finaux, tandis que la majorit&#233; de la population, exc&#233;d&#233;e par l'aust&#233;rit&#233; qui s&#233;vit depuis trente ans, s'opposera &#233;videmment &#224; une telle d&#233;t&#233;rioration de ses conditions d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, en pratique, et en d&#233;pit de toutes les th&#233;ories sophistiqu&#233;es des &lt;i&gt;ecological economics&lt;/i&gt;, les propositions politiques d'internalisation des co&#251;ts des pollutions sont &#224; la fois insuffisantes &#233;cologiquement et insupportables socialement. &#192; supposer que les obstacles th&#233;oriques et pratiques puissent &#234;tre lev&#233;s, l'efficacit&#233; de l'internalisation resterait d'ailleurs al&#233;atoire, parce que le prix est un indicateur purement quantitatif, incapable de saisir les diff&#233;rences qualitatives entre les tonnes de CO2 &#233;vit&#233;es par des moyens aussi diff&#233;rents que l'isolement d'une habitation, l'installation de panneaux photovolta&#239;ques, une plantation d'arbres, ou la suppression d'un grand prix de Formule Un. Quantitativement, rien ne distingue en effet une tonne de CO2 d'une autre. Or, les diff&#233;rences qualitatives sont d&#233;cisives &#224; l'&#233;laboration de strat&#233;gies &#233;cologiques ad&#233;quates, dans lesquelles les moyens mis en &#339;uvre sont coh&#233;rents avec la fin &#8211; le passage sans casse sociale &#224; un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique &#233;conome et d&#233;centralis&#233;, bas&#233; uniquement sur les sources renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gestion rationnelle du m&#233;tabolisme et lutte des classes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re &#233;cocidaire du capital s'est concr&#233;tis&#233; d&#232;s les d&#233;buts de ce mode de production. Au XIXe si&#232;cle, le fondateur de la chimie des sols, Liebig, tirait d&#233;j&#224; la sonnette d'alarme : du fait de l'urbanisation capitaliste, les excr&#233;ments humains ne retournaient plus au champ, et cette rupture du cycle des nutriments mena&#231;ait de causer un grave appauvrissement des sols. Au fait de ces travaux, Marx hissa la probl&#233;matique sur le plan conceptuel en posant la n&#233;cessit&#233; g&#233;n&#233;rale d'une &#171; r&#233;gulation rationnelle des &#233;changes de mati&#232;res (ou m&#233;tabolisme) entre l'humanit&#233; et la nature &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Le Capital, Moscou, &#201;ditions du Progr&#232;s, 1984 [1867], p. 855.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, arm&#233; de ce concept &#233;cologique avant la lettre, il revint &#224; la question des sols pour mettre en avant une perspective programmatique radicale : l'abolition de la s&#233;paration entre la ville et la campagne, compl&#233;ment indispensable &#224; ses yeux de la disparition progressive de la s&#233;paration entre travail manuel et intellectuel. Il convient d'y insister : l'expression &#171; gestion rationnelle &#187; ne doit pas pr&#234;ter &#224; confusion. La nature, pour Marx, est &#171; le corps inorganique de l'homme &#187;. Le bon m&#233;tabolisme de l'ensemble ne passe pas par une bureaucratie de technocrates verts mais par la suppression des classes sociales. En effet, la division de la soci&#233;t&#233; rend impossible toute ma&#238;trise consciente et organis&#233;e des &#233;changes de mati&#232;res avec l'environnement. Non seulement parce que la course au profit pousse les patrons &#224; piller les ressources naturelles, mais aussi parce que leur appropriation capitaliste fait que les ressources se dressent face aux exploit&#233;Es comme des forces hostiles dont ils et elles sont ali&#233;n&#233;.e.s. Ajoutons &#224; cela que la concurrence entre salari&#233;.e.s et la peur du ch&#244;mage incitent chacun.e individuellement &#224; souhaiter la bonne marche de &#171; son &#187; entreprise, et &#224; collaborer ainsi involontairement au productivisme. Enfin, &#224; partir d'un certain niveau de d&#233;veloppement du capital, la consommation de marchandises procure aux travailleurs et aux travailleuses un certain nombre de compensations mis&#233;rables pour l'ali&#233;nation de la production. Tous ces m&#233;canismes ne peuvent &#234;tre rompus que par le d&#233;veloppement toujours plus large de la solidarit&#233; de classe. C'est pourquoi, pour Marx, la gestion rationnelle du m&#233;tabolisme humanit&#233;-nature ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e que par &#171; les producteurs associ&#233;s &#187;. Et Marx de pr&#233;ciser que c'est en cela que r&#233;side &lt;i&gt;&#171; la seule libert&#233; possible &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique L&#233;nine y ait fait r&#233;f&#233;rence dans certaines prises de position politiques relatives &#224; la question agraire &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vladimir I. L&#233;nine, La question agraire et les critiques de Marx, Moscou, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et que Boukharine en ait fait une pr&#233;sentation intelligente dans son pr&#233;cis sur le mat&#233;rialisme historique &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicholas Boukharine, La th&#233;orie du mat&#233;rialisme historique. Manuel de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le concept marxien de r&#233;gulation rationnelle des &#233;changes de mati&#232;re tomba ensuite dans l'oubli. Aucun penseur marxiste ne lui accorda l'importance qu'il m&#233;rite et, surtout, aucun d'entre eux ne vit l'int&#233;r&#234;t de s'y r&#233;f&#233;rer lorsque la question &#233;cologique devint un probl&#232;me de soci&#233;t&#233;, &#224; partir des ann&#233;es 1960 du si&#232;cle pass&#233;. Ce n'est pas le lieu ici de s'interroger sur les raisons de cette solution de continuit&#233; dans le marxisme r&#233;volutionnaire &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro, &#171; Marxism, energy, and ecology : The moment of truth &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On se contentera de mettre le lecteur en garde contre des interpr&#233;tations simplistes : le stalinisme n'est pas seul en cause, bien qu'il ait signifi&#233;, dans ce domaine aussi, une terrible r&#233;gression th&#233;orique &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro, &#201;cologie : le lourd h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On mettra plut&#244;t l'accent sur le fait que &#171; l'&#233;cologie de Marx &#187; m&#233;rite de prendre d'urgence une place centrale dans la pens&#233;e th&#233;orique et l'&#233;laboration programmatique des marxistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique du r&#233;chauffement illustre cette n&#233;cessit&#233;. En effet, la saturation de l'atmosph&#232;re en CO2, due principalement &#224; la combustion des combustibles fossiles &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; un court-circuit dans le cycle long du carbone &#8211; constitue un cas flagrant de gestion irrationnelle des &#233;changes de mati&#232;re, et cette irrationalit&#233; met l'humanit&#233; face &#224; un terrible dilemme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'un c&#244;t&#233;, trois milliards de gens vivent dans des conditions indignes. Satisfaire leurs besoins l&#233;gitimes n'est possible qu'en augmentant la production mat&#233;rielle. Donc la transformation de ressources pr&#233;lev&#233;es dans l'environnement. Donc la consommation d'une &#233;nergie qui, aujourd'hui, est &#224; 80 % d'origine fossile, c'est-&#224;-dire source de gaz &#224; effet de serre ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de l'autre c&#244;t&#233;, le syst&#232;me climatique est au bord de l'infarctus. &#201;viter des catastrophes irr&#233;versibles (dont les victimes se compteront principalement parmi les trois milliards de gens qui aspirent &#224; une existence digne) impose de r&#233;duire radicalement les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Donc la consommation des &#233;nergies fossiles n&#233;cessaires aujourd'hui &#224; la transformation des ressources pr&#233;lev&#233;es dans l'environnement. Donc la production mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le court d&#233;lai de 40 ans qui nous est imparti, selon le GIEC, et &#224; moins d'une r&#233;volution scientifique extraordinaire dans le domaine &#233;nerg&#233;tique, ce syst&#232;me d'&#233;quation ne peut tout simplement pas trouver de solution capitaliste acceptable. En effet, un syst&#232;me bas&#233; sur la concurrence pour le profit est strictement incapable de satisfaire massivement les besoins humains non solvables tout en r&#233;duisant durablement la consommation d'&#233;nergie ainsi que la production mat&#233;rielle. Atteindre ces objectifs s&#233;par&#233;ment est d&#233;j&#224; incompatible avec la logique du capital, que dire alors de les atteindre conjointement ? L'impossibilit&#233; de la chose appara&#238;t clairement &#224; l'examen des sc&#233;narios climatiques propos&#233;s par les gouvernements et les institutions internationales. Le sc&#233;nario Blue map de l'Agence internationale de l'&#233;nergie, par exemple, vise &#224; r&#233;duire les &#233;missions globales de 50 % d'ici 2050 &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AIE, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'une part, cet objectif est plus que probablement insuffisant ; d'autre part, il ne serait atteint que moyennant le recours massif &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire, aux agrocarburants et au soi-disant &#171; charbon propre &#187; (CCS) (sans parler du gaz de schiste et des sables bitumineux). Blue Map impliquerait de construire chaque ann&#233;e, pendant plus de quarante ans, 32 centrales nucl&#233;aires de 1 000 MW ainsi que 45 nouvelles centrales au charbon de 500 MW &#233;quip&#233;es de CCS. Inutile de s'attarder : la terrible catastrophe de Fukushima, au Japon, suffit &#224; montrer l'aberration de tels projets.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le choix strat&#233;gique est d&#232;s lors le suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit on sort du capitalisme en restreignant radicalement la sph&#232;re et le volume de la production capitaliste, et il est possible de limiter au maximum les d&#233;g&#226;ts du r&#233;chauffement tout en garantissant un d&#233;veloppement humain de qualit&#233;, bas&#233; exclusivement sur les &#233;nergies renouvelables dans la perspective d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur une autre &#233;conomie du temps ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit on reste dans la logique capitaliste d'accumulation, le d&#233;r&#232;glement climatique restreint radicalement le droit &#224; l'existence de centaines de millions d'&#234;tres humains et les g&#233;n&#233;rations futures seront condamn&#233;es &#224; essuyer les pl&#226;tres de la fuite en avant dans des technologies dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On choisira &#233;videmment la premi&#232;re solution, mais il convient d'insister sur le fait que la stricte contrainte environnementale soumet la transition au socialisme &#224; des conditions in&#233;dites. L'ampleur du d&#233;fi ne saurait &#234;tre surestim&#233;e. Dans l'Union europ&#233;enne, par exemple, r&#233;duire les &#233;missions de 60 % (or il faudrait les r&#233;duire de 95 % !) sans recourir &#224; l'atome n&#233;cessiterait de supprimer 40 % environ de la demande &#233;nerg&#233;tique finale &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wolfram Krevitt, Uwe Klann, Stefan Kronshage, Energy Revolution. A (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'est pas facile de mesurer l'implication en cascade sur la production mat&#233;rielle et les transports, mais il semble &#233;vident que l'objectif ne sera pas atteint simplement en &#233;liminant les productions inutiles et nuisibles (armement, publicit&#233;, yachts de luxe et avions priv&#233;s, etc.) en luttant contre l'obsolescence planifi&#233;e des produits, ou en supprimant la consommation ostentatoire des couches les plus riches de la classe dominante&#8230; Des mesures plus radicales seront n&#233;cessaires, qui auront des effets sur l'ensemble de la population, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. En d'autres termes, la transition au socialisme doit se faire dans des conditions fort diff&#233;rentes de celles du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une indication est donn&#233;e par l'estimation de la part de l'agrobusiness dans le total des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Selon la campagne &#171; Ne mange pas le monde &#187;, en effet, de 44 &#224; 57 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre sont dues au mod&#232;le actuel de production, de distribution et de consommation des produits agricoles et forestiers. Ce chiffre est obtenu en additionnant les &#233;missions dues aux activit&#233;s strictement agricoles (11 &#224; 15 %), &#224; la d&#233;forestation (15 &#224; 18 %), &#224; la manutention, au transport et au stockage des aliments (15 &#224; 20 %) et des r&#233;sidus organiques (3 &#224; 4 %). &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport&#233; par Esther Vivas, &#171; Ne mange pas le monde &#187; : Une autre agriculture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La lutte pour la stabilisation du climat au meilleur niveau possible ne saurait par cons&#233;quent se limiter &#224; l'expropriation des expropriateurs-pollueurs-gaspilleurs : le changement des rapports de propri&#233;t&#233; ne constitue que la condition n&#233;cessaire &#8211; mais non suffisante &#8211; d'un changement social extr&#234;mement profond, impliquant la modification substantielle de modes sociaux de consommation et de mobilit&#233;. Ces modifications &#8211; se d&#233;placer autrement, manger moins de viande et consommer des l&#233;gumes de saison, par exemple &#8211; doivent &#234;tre mises en perspective d&#232;s maintenant, car il y a urgence et qu'elles ont des implications imm&#233;diates. Elles peuvent l'&#234;tre, car elles mettent en &#339;uvre des m&#233;canismes culturels et id&#233;ologiques qui ont une certaine autonomie par rapport &#224; la base productive de la soci&#233;t&#233;. Quoiqu'elles ne portent en elles aucun changement structurel, il convient de les consid&#233;rer comme partie int&#233;grante de l'alternative anticapitaliste. Dans la mesure o&#249; elles d&#233;bouchent sur des pratiques collectives, elles peuvent favoriser la prise de conscience et l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une p&#233;riode nouvelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Programme de Transition r&#233;dig&#233; par L&#233;on Trotsky en 1938 commence par l'affirmation que &#171; la pr&#233;misse &#233;conomique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne est arriv&#233;e depuis longtemps au point le plus &#233;lev&#233; qui puisse &#234;tre atteint sous le capitalisme &#187;, et conclut que &#171; les pr&#233;misses objectives [&#8230;] ne sont pas seulement m&#251;res ; elles ont m&#234;me commenc&#233; &#224; pourrir. Sans r&#233;volution socialiste, et cela dans la prochaine p&#233;riode historique, la civilisation humaine tout enti&#232;re est menac&#233;e d'&#234;tre emport&#233;e dans une catastrophe &#187;. Certes, le fondateur de l'Arm&#233;e rouge r&#233;f&#232;re en premier lieu au contexte historique : la victoire du fascisme et du nazisme, l'&#233;crasement de la r&#233;volution espagnole et la guerre mondiale imminente. Son jugement sur la putr&#233;faction des conditions objectives semble pourtant avoir une port&#233;e historique plus vaste. Ce th&#232;me r&#233;appara&#238;tra d'ailleurs sous la plume d'Ernest Mandel : &#171; En fait, (&#224; partir d'un certain niveau) la croissance des forces productives et la croissance des relations marchandes-mon&#233;taires peut &#233;carter la soci&#233;t&#233; de son objectif socialiste au lieu de l'en rapprocher. &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest Mandel, Ten Theses on the Social and Economic Laws Governing the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation remarquable, dont les implications strat&#233;giques m&#233;riteraient d'&#234;tre explor&#233;es. Car telle est en fait la situation sans pr&#233;c&#233;dent &#224; laquelle nous sommes confront&#233;Es : au niveau des pays d&#233;velopp&#233;s, le capitalisme est all&#233; trop loin dans la croissance des forces productives mat&#233;rielles, de sorte qu'une alternative socialiste digne ne passe plus par une avanc&#233;e, mais par une forme de recul. (Nous parlons bien des forces mat&#233;rielles, le d&#233;veloppement des connaissances et de la coop&#233;ration entre producteurs n'est &#233;videmment pas en cause.) C'est cette conjoncture historique nouvelle qui s'exprime dans l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de produire et de transporter moins, afin de consommer radicalement moins d'&#233;nergie et de supprimer totalement les &#233;missions de CO2 fossile d'ici la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles ait commenc&#233; &#224; nous &#233;loigner objectivement d'une alternative socialiste constitue le fait majeur qui fonde et justifie le concept nouveau d'&#233;cosocialisme. Loin de n'&#234;tre qu'une nouvelle &#233;tiquette sur la bouteille, ce concept introduit au moins cinq nouveaut&#233;s, que j'ai esquiss&#233;es dans mon livre L'impossible capitalisme vert, et que je rappellerai bri&#232;vement ici &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, Paris, La D&#233;couverte, 2010.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; La notion de &#171; ma&#238;trise humaine sur la nature &#187; doit &#234;tre abandonn&#233;e. La complexit&#233;, les inconnues et le caract&#232;re &#233;volutif de la biosph&#232;re impliquent un degr&#233; d'incertitude irr&#233;ductible. L'intrication du social et de l'environnemental doit &#234;tre pens&#233;e comme un processus en mouvement constant, comme une production de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; La d&#233;finition classique du socialisme doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e. Le seul socialisme possible d&#233;sormais est celui qui satisfait les besoins humains r&#233;els (d&#233;barrass&#233;s de l'ali&#233;nation marchande), d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s par les int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes dans les limites des ressources et en s'interrogeant prudemment sur l'impact environnemental de ces besoins et de la mani&#232;re dont ils sont satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Il s'agit de d&#233;passer la vision cloisonn&#233;e, utilitariste et lin&#233;aire de la nature comme la plateforme physique &#224; partir de laquelle l'humanit&#233; op&#232;re, comme le magasin o&#249; elle puise les ressources n&#233;cessaires &#224; la production de son existence sociale et comme la d&#233;charge o&#249; elle entrepose ses d&#233;chets. La nature est tout &#224; la fois la plateforme, le magasin, la d&#233;chetterie et l'ensemble des processus vivants qui, gr&#226;ce &#224; l'apport d'&#233;nergie solaire, font circuler la mati&#232;re entre ces p&#244;les en la r&#233;organisant constamment. Les d&#233;chets et leur mode de d&#233;p&#244;t doivent donc &#234;tre compatibles en qualit&#233; comme en qualit&#233; avec les capacit&#233;s et les rythmes de recyclage par les &#233;cosyst&#232;mes. C'est-&#224;-dire que le bon fonctionnement de l'ensemble d&#233;pend de la biodiversit&#233;, qui doit &#234;tre prot&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Les sources &#233;nerg&#233;tiques et les m&#233;thodes de conversion employ&#233;es ne sont pas neutres socialement. Le socialisme, par cons&#233;quent, ne peut pas se d&#233;finir &#224; la mode de L&#233;nine comme &#171; les soviets plus l'&#233;lectricit&#233; &#187;. Le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique capitaliste est centralis&#233;, anarchique, gaspilleur, inefficient, intensif en travail mort, bas&#233; sur des sources non renouvelables et orient&#233; vers l'accumulation. Une transformation socialiste digne de ce nom n&#233;cessite son remplacement progressif par un syst&#232;me d&#233;centralis&#233;, planifi&#233;, &#233;conome, efficient, intensif en travail vivant, bas&#233; exclusivement sur les sources renouvelables et orient&#233; vers la production de valeurs d'usage durables, recyclables et r&#233;utilisables. Ceci ne concerne pas seulement la production d'&#233;nergie au sens &#233;troit mais l'ensemble de l'appareil industriel, l'agriculture, les transports, les loisirs et l'am&#233;nagement des territoires. Cette transformation extr&#234;mement profonde ne peut s'achever qu'au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; Le d&#233;passement du seuil &#224; partir duquel la croissance des forces productives mat&#233;rielles complique le passage au socialisme implique une attitude critique face &#224; la hausse de la productivit&#233; du travail. Dans un certain nombre de domaines, la mise en &#339;uvre d'une alternative anticapitaliste respectueuse des &#233;quilibres &#233;cologiques n&#233;cessite le remplacement du travail mort par du travail vivant. C'est manifestement le cas dans l'agriculture, o&#249; le syst&#232;me de l'agrobusiness ultra-m&#233;canis&#233;, gros consommateur d'intrants et d'&#233;nergie fossile, devra c&#233;der la place &#224; un autre mode d'exploitation, plus intensif en travail humain. La m&#234;me chose vaut pour le secteur de l'&#233;nergie, car la production d&#233;centralis&#233;e bas&#233;e sur les renouvelables n&#233;cessitera beaucoup de travail, de maintenance notamment. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la quantit&#233; de travail vivant doit augmenter radicalement dans tous les domaines li&#233;s directement &#224; l'environnement. Un parall&#232;le peut &#234;tre fait avec les soins aux personnes, l'enseignement, et d'autres secteurs dans lesquels la gauche consid&#232;re comme allant de soi de d&#233;velopper l'emploi public : l'intelligence et l'&#233;motion humaines, combin&#233;es &#224; une culture du &#171; prendre soin &#187;, sont en effet n&#233;cessaires dans les mati&#232;res qui rel&#232;vent directement de l'interaction avec la biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des esprits dogmatiques craindront que ces r&#233;flexions ouvrent la porte &#224; une r&#233;vision du marxisme r&#233;volutionnaire, sous la forme de concessions &#224; l'offensive d'aust&#233;rit&#233; contre la classe ouvri&#232;re des pays d&#233;velopp&#233;s. Il n'en est rien. Il n'est pas question de c&#233;der la moindre parcelle de terrain aux discours culpabilisants qui utilisent la crise &#233;cologique pour tenter de d&#233;sarmer le monde du travail et ses repr&#233;sentants. Une ligne de d&#233;marcation entre l'&#233;cosocialisme, d'une part, l'&#233;cologie politique et la d&#233;croissance, d'autre part, est l'attitude face &#224; la lutte des classes. Nous restons fermement convaincus que les exploit&#233;Es apprennent par l'exp&#233;rience des luttes collectives, qui commencent par la d&#233;fense des salaires, de l'emploi et des conditions de travail. Toute lutte des travailleuses et des travailleurs, m&#234;me la plus imm&#233;diate, doit &#234;tre soutenue et consid&#233;r&#233;e comme une chance d'augmenter le niveau conscience pour l'orienter vers une perspective socialiste. Dans ce cadre strat&#233;gique, le constat que la transition socialiste doit s'op&#233;rer dor&#233;navant sous contrainte environnementale n'affaiblit pas les convictions anticapitalistes : il les renforce au contraire. Cependant, seule la v&#233;rit&#233; est r&#233;volutionnaire. On ne peut dissimuler le fait que la transformation socialiste impliquera fort probablement de renoncer &#224; certains biens, services et habitudes qui impr&#232;gnent profond&#233;ment la vie quotidienne de larges couches de la population, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. Il s'agit donc de mettre en avant des objectifs capables de compenser cette perte par un progr&#232;s substantiel dans la qualit&#233; de vie. Deux pistes nous semblent devoir &#234;tre privil&#233;gi&#233;es : 1&#176; la gratuit&#233; des biens de base (eau, &#233;nergie mobilit&#233;) jusqu'&#224; un volume social moyen (ce qui implique l'extension du secteur public) ; 2&#176; la r&#233;duction radicale (50 %) du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauche proportionnelle et avec diminution des cadences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Toute &#233;conomie se r&#233;sume en derni&#232;re instance &#224; une &#233;conomie du temps &#187;&lt;/i&gt;, disait Marx. Affirmer la n&#233;cessit&#233; de produire et de consommer moins, c'est revendiquer le temps de vivre, et de vivre mieux. C'est ouvrir un d&#233;bat fondamental sur la ma&#238;trise du temps social, sur ce qui est n&#233;cessaire &#224; qui, pourquoi et en quelles quantit&#233;s. C'est r&#233;veiller le d&#233;sir collectif d'un monde sans guerres, o&#249; l'on travaille moins et autrement, o&#249; l'on pollue moins, o&#249; on d&#233;veloppe les relations sociales, o&#249; on am&#233;liore substantiellement le bien-&#234;tre, la sant&#233; publique, l'&#233;ducation et la participation d&#233;mocratique. Un monde o&#249; les producteurs associ&#233;s r&#233;apprennent &#224; &#171; dialoguer &#187; collectivement avec la nature. Ce monde-l&#224; ne sera pas moins riche que le monde actuel &#8211; comme dit la droite, ni &#171; aussi riche pour la grande majorit&#233; de la population &#187; &#8211; comme dit une certaine gauche. Il sera infiniment moins futile, moins stress&#233;, moins press&#233; &#8211; en un mot : plus riche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jared Diamond, Collapse. How Societies Choose to Fail or Survive, London, Penguin Books, 2005. Des critiques de la th&#232;se de Diamond sont propos&#233;es notamment par Benny Peiser, &#171; From ecocide to genocide : the rape of Rapa Nui &#187;, Energy and Environment, vol. 16, n&#176; 3-4, 2005 ; par Terry L. Hunt, &#171; Rethinking Easter Island's ecological catastrophe &#187;, Journal of Archaeological Science, 2007, n&#176; 34, p. 485-502 ; et par Daniel Tanuro, &#171; Catastrophes &#233;cologiques d'hier et d'aujourd'hui : la fausse m&#233;taphore de l'&#238;le de P&#226;ques &#187;, Critique Communiste, n&#176; 185, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et d&#233;mocratie, Paris, Petite Biblioth&#232;que Payot, 1942.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. Possoz et H. Jeanmart, Comments on the electricity demand scenario in two studies from the DLR : MED-CSP &amp; TRANS-CSP, ORMEE &amp; MITEC engineering consultancy, Belgium, &lt;a href=&#034;http://www.dlr.de/tt/Portaldata/41/Resources/dokumente/institut/system/projects/csp/Critics-on-Electricity-Demand-Scenarios.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.dlr.de/tt/Portaldata/41/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, Le Capital, Paris, &#201;ditions sociales, Livre premier, Tome II, 1973 [1867], p. 181-182. Soulign&#233; par Marx.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tim Jackson, Prosp&#233;rit&#233; sans croissance, Bruxelles, Etopia, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Prosp&#233;rit&#233; sans croissance &#187; : un ouvrage sous tension&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il en est ainsi notamment de la proposition d'indicateurs alternatifs ou compl&#233;mentaires au PIB. Que le PIB ne mesure pas la qualit&#233; de l'environnement est une &#233;vidence, ce n'est pas son but, ni celui du capitalisme. Le PIB mesure l'accumulation du capital&#8230; Il est donc parfaitement adapt&#233; au capitalisme. Faire croire qu'il suffirait de changer d'instrument de mesure pour que le syst&#232;me change de logique rel&#232;ve soit de la na&#239;vet&#233;, soit de l'escroquerie intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GIEC, Contribution du Groupe de travail III au rapport 2007, page 776.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AIE, Perspectives des technologies de l'&#233;nergie. Au service du plan d'action du G8. Sc&#233;narios et strat&#233;gies &#224; l'horizon 2050, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, Le Capital, Moscou, &#201;ditions du Progr&#232;s, 1984 [1867], p. 855.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vladimir I. L&#233;nine, La question agraire et les critiques de Marx, Moscou, &#201;ditions du Progr&#232;s, 1973, chapitre IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nicholas Boukharine, La th&#233;orie du mat&#233;rialisme historique. Manuel de sociologie marxiste, Paris, Anthropos, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, &#171; Marxism, energy, and ecology : The moment of truth &#187;, Capitalism Nature Socialism, de&#233;cembre 2010, p. 89-101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18418&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;cologie : le lourd h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AIE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wolfram Krevitt, Uwe Klann, Stefan Kronshage, Energy Revolution. A Sustainable Pathway to a Clean Energy Future for Europe, Stuttgart, Institute of Technical Thermodynamics &amp; Greenpeace, septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport&#233; par Esther Vivas, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article15694&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ne mange pas le monde &#187; : Une autre agriculture pour un autre climat&lt;/a&gt;, traduction fran&#231;aise d'un article dans le quotidien catalan Publico.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest Mandel, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article20953&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ten Theses on the Social and Economic Laws Governing the Society Transitional Between Capitalism and Socialism&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, Paris, La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* A para&#238;tre dans les Nouveaux Cahiers du Socialisme, septembre 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'impossible capitalisme vert et la catastrophe nucl&#233;aire au Japon- conf&#233;rences de Daniel Tanuro</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-impossible-capitalisme-vert-et-la-catastrophe-nucleaire-au-Japon-conferences</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/L-impossible-capitalisme-vert-et-la-catastrophe-nucleaire-au-Japon-conferences</guid>
		<dc:date>2011-04-14T20:09:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

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&lt;p&gt;l'impossible capitalisme vert et la catastrophe nucl&#233;aire au Japon- conf&#233;rences de Daniel Tanuro
&lt;br class='autobr' /&gt;
publi&#233; par le NPA 13 le 11 avril 2011&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;l'impossible capitalisme vert et la catastrophe nucl&#233;aire au Japon- conf&#233;rences de Daniel Tanuro&lt;br class='autobr' /&gt;
publi&#233; par le NPA 13 le 11 avril 2011&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de nucl&#233;aire sans catastrophe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Pas-de-nucleaire-sans-catastrophe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Pas-de-nucleaire-sans-catastrophe</guid>
		<dc:date>2011-03-16T13:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Japon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il s'est produit ce qui devait se produire : un nouvel &#171; accident &#187; nucl&#233;aire majeur. A l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'est pas encore certain qu'il prendra les dimensions d'une catastrophe semblable &#224; celle de Tchernobyl, mais c'est bien dans cette direction que les choses, h&#233;las, paraissent &#233;voluer. &lt;br class='autobr' /&gt; De toute mani&#232;re, catastrophe de grande ampleur ou pas, la preuve est une nouvelle fois fournie que cette technologie ne pourra jamais &#234;tre s&#251;re &#224; 100%. Les risques sont &#224; ce point (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH106/arton3134-89797.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il s'est produit ce qui devait se produire : un nouvel &#171; accident &#187; nucl&#233;aire majeur. A l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'est pas encore certain qu'il prendra les dimensions d'une catastrophe semblable &#224; celle de Tchernobyl, mais c'est bien dans cette direction que les choses, h&#233;las, paraissent &#233;voluer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, catastrophe de grande ampleur ou pas, la preuve est une nouvelle fois fournie que cette technologie ne pourra jamais &#234;tre s&#251;re &#224; 100%. Les risques sont &#224; ce point effrayants que la conclusion coule de source : il faut imp&#233;rativement sortir du nucl&#233;aire, et en sortir le plus rapidement possible. C'est la premi&#232;re le&#231;on &#224; tirer de Fukushima, mais son application soul&#232;ve des questions sociales et politiques absolument fondamentales, n&#233;cessitant un v&#233;ritable d&#233;bat de soci&#233;t&#233;, une alternative &#224; la civilisation capitaliste de la croissance infinie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une technologie dangereuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Windscale en 1957, Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Tokai Mura en 2000, et maintenant Fukushima. La liste des accidents dans des centrales nucl&#233;aires continue de s'allonger. Il ne peut tout simplement pas en &#234;tre autrement. Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre docteur en physique pour le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une centrale nucl&#233;aire fonctionne un peu sur le mode d'une bouilloire &#233;lectrique. La r&#233;sistance dans la bouilloire correspond aux barres de combustibles dans la centrale. S'il n'y a pas d'eau dans la bouilloire et que la r&#233;sistance chauffe, il y a un probl&#232;me. M&#234;me chose dans la centrale : les barres de combustible doivent baigner en permanence dans l'eau qu'elles font bouillir. La vapeur produite fait tourner des turbines qui produisent l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centrale consomme donc de grandes quantit&#233;s d'eau dont la circulation est assur&#233;e par des pompes. Si les pompes tombent en panne, l'eau vient &#224; manquer et les barres surchauff&#233;es se d&#233;gradent. Si on n'ajoute pas rapidement de l'eau, la chaleur produite par la r&#233;action au sein des barres est telle que les barres fondent et tombent sur le fond de la cuve (qui correspond &#224; l'enveloppe de la bouilloire). Cette cuve &#224; son tour est enferm&#233;e dans une double enceinte de s&#233;curit&#233; : le r&#233;acteur dont tout le monde conna&#238;t la silhouette ext&#233;rieure, qui est caract&#233;ristique. Si cette enceinte ne r&#233;siste pas &#224; la chaleur intense des barres en fusion et qu'elle se fissure, la radioactivit&#233; est l&#226;ch&#233;e dans l'environnement, avec toutes les cons&#233;quences mortelles qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une technologie fragile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action qui se produit dans une centrale est une r&#233;action en cha&#238;ne : on bombarde des noyaux d'uranium avec des neutrons ; en absorbant un neutron, un noyau d'Uranium se scinde en deux et lib&#232;re une grande quantit&#233; d'&#233;nergie (c'est la fission nucl&#233;aire) ; en m&#234;me temps, il lib&#232;re d'autres neutrons et chacune de ce ceux-ci peut entra&#238;ner la fission d'un autre noyau d'Uranium. Une fois que la r&#233;action est lanc&#233;e, elle continue donc toute seule. Le seul moyen de la contr&#244;ler, et de contr&#244;ler la temp&#233;rature, consiste &#224; ins&#233;rer, entre les barres de combustible, des barres constitu&#233;es d'alliages capables d'absorber les neutrons sans entra&#238;ner une fission de la mati&#232;re. On peut ainsi refroidir le c&#339;ur du r&#233;acteur. Mais ce refroidissement prend un certain temps. Pendant ce temps, les barres de combustible doivent baigner dans l'eau, sans quoi elles risquent de surchauffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans du nucl&#233;aire r&#233;p&#232;tent sans rel&#226;che que le dispositif est extr&#234;mement s&#251;r, notamment parce que, en cas de d&#233;faillance du r&#233;seau &#233;lectrique, les pompes peuvent &#234;tre aliment&#233;es en &#233;nergie gr&#226;ce &#224; des groupes &#233;lectrog&#232;nes de secours. L'accident de Fukushima montre que ces propos rassurants ne valent pas grand-chose : du fait du tremblement de terre, les centrales ont d&#233;clench&#233; automatiquement, comme pr&#233;vu dans ce genre de circonstances. Il n'y avait donc plus de courant pour actionner les pompes. Les groupes &#233;lectrog&#232;nes auraient d&#251; se mettre en route, malheureusement ils &#233;taient hors d'usage, noy&#233;s par le tsunami. L'eau de refroidissement &#233;tant insuffisante, les barres de combustible ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;es sur une hauteur d'un m&#232;tre quatre-vingt &#224; plus de trois m&#232;tres (sur une longueur totale de 3, 71 m&#232;tres). La surchauffe a provoqu&#233; une surpression et une r&#233;action chimique (&#233;lectrolyse de l'eau de refroidissement) d&#233;gageant de l'hydrog&#232;ne. Les techniciens ont alors rel&#226;ch&#233; de la vapeur, pour &#233;viter une explosion de la cuve. Mais l'hydrog&#232;ne a semble-t-il explos&#233; dans le r&#233;acteur, provoquant l'effondrement du d&#244;me du b&#226;timent, et la vapeur s'est r&#233;pandue dans l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario s'est apparemment reproduit dans un second r&#233;acteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme &#224; Tchernobyl&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La distribution d'eau douce &#233;tant interrompue suite au tsunami, les techniciens ont utilis&#233; l'eau de la mer toute proche. Plusieurs sp&#233;cialistes am&#233;ricains ont estim&#233; qu'il s'agissait typiquement d'un &#171; acte de d&#233;sespoir &#187;. Selon eux, cela &#233;voque les vaines tentatives d'&#233;viter la fonte du c&#339;ur du r&#233;acteur &#224; Tchernobyl, lorsque les employ&#233;s de la centrale et des volontaires h&#233;ro&#239;ques se sont mis &#224; d&#233;verser du sable et du b&#233;ton sur le r&#233;acteur, ce qu'ils ont pay&#233; de leur vie. La radioactivit&#233; mesur&#233;e &#224; 80 km de Fukushima est d'ores et d&#233;j&#224; plus de 400 fois sup&#233;rieure aux normes autoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six journalistes japonais courageux se sont rendus avec des compteurs Geiger &#224; la mairie de Futaba, situ&#233;e &#224; 2km de la centrale : la radioactivit&#233; y &#233;tait sup&#233;rieure &#224; la capacit&#233; de mesure de certains de leurs appareils ! A l'heure actuelle, on estime qu'un citoyen japonais re&#231;oit en une heure la dose de radioactivit&#233; consid&#233;r&#233;e comme acceptable en une ann&#233;e. Comme le dit un communiqu&#233; du r&#233;seau fran&#231;ais &#171; Sortir du nucl&#233;aire &#187;, &#171; de telles informations accr&#233;ditent un niveau de radioactivit&#233; dramatiquement &#233;lev&#233; dans un p&#233;rim&#232;tre &#233;tendu autour de la centrale, dont les cons&#233;quences sanitaires ne pourront &#234;tre que tr&#232;s graves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyons pas &#234;tre &#224; l'abri des retomb&#233;es : le pr&#233;c&#233;dent de Tchernobyl a montr&#233; qu'un nuage radioactif peut contaminer des r&#233;gions tr&#232;s vastes. Tout d&#233;pend de la violence avec laquelle les particules sont envoy&#233;es dans l'atmosph&#232;re. En cas de tr&#232;s forte explosion, les &#233;l&#233;ments radioactifs peuvent &#234;tre propuls&#233;s &#224; l'altitude des jetstreams, ces vents violents qui r&#232;gnent &#224; haute altitude. Dans ce cas, les retomb&#233;es pourraient affecter des r&#233;gions tr&#232;s &#233;loign&#233;es de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux questions angoissantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette radioactivit&#233; provient essentiellement de deux &#233;l&#233;ments : l'Iode 131 et le C&#233;sium 137. Tous deux sont extr&#234;mement canc&#233;rig&#232;nes, mais le premier a une dur&#233;e de vie dans l'atmosph&#232;re de quatre-vingt jours environ, tandis que le second reste radioactif pendant quelque 300 ans. Dimanche 13 mars, plus de 200.000 personnes &#233;taient &#233;vacu&#233;es. Les autorit&#233;s d&#233;cr&#233;taient une zone d'exclusion de 20 kilom&#232;tres autour du premier r&#233;acteur de Fukushima, et de 10km autour du second. La pr&#233;sence de C&#233;sium 137 est particuli&#232;rement inqui&#233;tante. Elle permet aux sp&#233;cialistes d'affirmer cat&#233;goriquement que les barres de combustible du r&#233;acteur 1 ont fondu, au moins partiellement, et que la cuve qui les contient est fissur&#233;e. L'information pr&#233;cise fait d&#233;faut : la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et les autorit&#233;s japonaises cachent plus que probablement une partie de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux questions les plus angoissantes qui se posent sont de savoir si la fusion des barres est ma&#238;tris&#233;e ou si elle continue, d'une part, et si la structure de confinement o&#249; se trouve la cuve tiendra le coup, d'autre part. Selon Ken Bergeron, un physicien nucl&#233;aire qui travaille sur les simulations d'accident dans les centrales, cette structure &#171; est certainement plus solide qu'&#224; Tchernobyl, mais bien moins qu'&#224; Three Mile Islands &#187;. Les sp&#233;cialistes ne cachent pas leur inqui&#233;tude : &#171; S'ils ne reprennent pas le contr&#244;le de tout &#231;a, on va passer d'une fusion partielle &#224; une fusion compl&#232;te, ce sera le d&#233;sastre total &#187; a d&#233;clar&#233; l'un d'eux (Le Monde, 13.3.2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire serait la fusion du c&#339;ur du second r&#233;acteur, celui qui a explos&#233; le 13 mars. En effet, le combustible utilis&#233; est le MOX, un m&#233;lange d'oxydes d'uranium appauvri et de plutonium 239. Ce plutonium 239 est en fait un d&#233;chet recycl&#233; du fonctionnement des centrales classiques &#224; l'uranium. Sa radioactivit&#233; est extr&#234;mement &#233;lev&#233;e et sa &#171; demi-vie &#187; (le nombre d'ann&#233;es n&#233;cessaires &#224; la diminution de moiti&#233; de la radioactivit&#233;) est estim&#233;e &#224; 24.000 ans. Les Japonais connaissent bien cet &#233;l&#233;ment et ses redoutables cons&#233;quences : la bombe thermonucl&#233;aire largu&#233;e sur Nagasaki, &#224; la fin de la seconde guerre mondiale, &#233;tait &#224; base de Plutonium 239&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un risque inacceptable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl, les thurif&#233;raires du nucl&#233;aire ont expliqu&#233; que la mauvaise technologie sovi&#233;tique, des normes de s&#233;curit&#233; insuffisantes et la nature bureaucratique du syst&#232;me &#233;taient &#224; la base de l'accident. A les croire, rien de semblable ne pouvait se produire avec les centrales bas&#233;es sur la bonne technologie capitaliste, surtout pas dans nos pays &#171; d&#233;mocratiques &#187; o&#249; le l&#233;gislateur prend toutes les mesures de s&#233;curit&#233; n&#233;cessaires, &#224; tous les niveaux. On voit aujourd'hui que ce discours ne vaut pas tripette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon est un pays de tr&#232;s haute technologie. Bien conscientes du risque sismique, les autorit&#233;s nippones ont impos&#233; des normes s&#233;v&#232;res pour la construction des centrales. Le r&#233;acteur 1 de Fukushima comportait m&#234;me un double dispositif de s&#233;curit&#233;, avec certains groupes &#233;lectrog&#232;nes aliment&#233;s au fuel, d'une part, et d'autres fonctionnant sur batteries. Rien n'y fit, parce que la technologie la plus sophistiqu&#233;e et les normes de s&#233;curit&#233; les plus strictes ne donneront jamais une garantie absolue, ni face aux catastrophes naturelles, ni face aux possibles actes criminels de terroristes insens&#233;s (sans compter les erreurs humaines toujours possibles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;duire le risque des centrales nucl&#233;aires, on ne peut pas le supprimer totalement. Si on le r&#233;duit relativement mais que le nombre de centrales augmente, comme c'est le cas actuellement, le risque absolu peut augmenter. Il est tr&#232;s important de poser que ce risque est inacceptable parce qu'il est d'origine humaine, qu'il est &#233;vitable, et qu'il est le r&#233;sultat de d&#233;cisions d'investissement prises par des cercles restreints, en fonction de leurs profits, sans v&#233;ritable consultation d&#233;mocratique des populations. Ecrire que &#171; les accidents (sic) nucl&#233;aires au Japon sont loin d'avoir fait autant de victimes que le tsunami &#187;, comme le fait par exemple l'&#233;dito du Soir (14 mars), revient &#224; escamoter la diff&#233;rence qualitative entre une catastrophe naturelle in&#233;vitable et une catastrophe technologique parfaitement &#233;vitable. Ajouter que &#171; &#224; l'instar de tout processus industriel complexe, la production d'&#233;nergie &#224; partir de l'atome comporte une part importante de risque &#187; (idem) revient &#224; escamoter en plus la sp&#233;cificit&#233; du risque nucl&#233;aire, qui consiste notamment en ceci que cette technologie a le potentiel de rayer l'esp&#232;ce humaine de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut traquer sans rel&#226;che les propos de ce genre, qui traduisent les pressions colossales exerc&#233;es &#224; tous les niveaux par le lobby de l'atome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un choix de soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut sortir du nucl&#233;aire, compl&#232;tement et le plus rapidement possible. C'est parfaitement possible techniquement, et il convient de rappeler au passage que l'efficience du nucl&#233;aire est tr&#232;s m&#233;diocre (deux tiers de l'&#233;nergie est dissip&#233;e sous forme de chaleur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est avant tout un d&#233;bat politique, un d&#233;bat de soci&#233;t&#233; qui pose en d&#233;finitive un choix de civilisation. Car voici le probl&#232;me : il faut sortir du nucl&#233;aire et, simultan&#233;ment, abandonner les combustibles fossiles, cause principale du basculement climatique. En deux g&#233;n&#233;rations &#224; peine, les renouvelables doivent devenir notre seule source d'&#233;nergie. Or, le passage aux renouvelables n&#233;cessite de gigantesques investissements, gourmands en &#233;nergie, donc sources de gaz &#224; effet de serre suppl&#233;mentaires. En pratique, la transition &#233;nerg&#233;tique n'est possible que si la demande finale d'&#233;nergie diminue radicalement, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, cette diminution devrait &#234;tre de l'ordre de 50% d'ici 2050. Une diminution d'une telle ampleur n'est pas r&#233;alisable sans une r&#233;duction significative de la production mat&#233;rielle ainsi que des transports. Il faut produire et transporter moins, sans quoi l'&#233;quation sera insoluble. C'est dire qu'elle est insoluble pour le syst&#232;me capitaliste, car la course au profit sous le fouet de la concurrence implique in&#233;vitablement la croissance, autrement dit l'accumulation du capital qui se traduit in&#233;vitablement par une masse croissante de marchandises, donc par une pression accrue sur les ressources. C'est pourquoi toutes les r&#233;ponses capitalistes au d&#233;fi climatique font appel &#224; des technologies d'apprentis sorciers, dont le nucl&#233;aire est le fleuron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario &#233;nerg&#233;tique &#171; blue map &#187; de l'Agence Internationale de l'Energie est r&#233;v&#233;lateur &#224; cet &#233;gard : il propose de multiplier le parc nucl&#233;aire par trois d'ici 2050, ce qui impliquerait de construire chaque semaine une centrale de un Gigawatt. C'est de la folie pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alternative &#224; ce syst&#232;me infernal est plus urgente que jamais. Elle passe par la r&#233;duction radicale du temps de travail sans perte de salaire, avec embauche proportionnelle et baisse des cadences de travail : pour produire moins, il faut travailler moins, et le faire en redistribuant les richesses. Elle passe aussi par la propri&#233;t&#233; collective des secteurs de l'&#233;nergie et de la finance, car les renouvelables sont plus chers que les autres sources, et le resteront pendant une vingtaine d'ann&#233;es, au moins. Elle passe enfin par une planification &#224; tous les niveaux, du local au global, afin de concilier le droit du Sud au d&#233;veloppement et la sauvegarde des &#233;quilibres &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, elle implique le projet &#233;cosocialiste d'une soci&#233;t&#233; produisant pour la satisfaction des besoins humains r&#233;els, d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s, dans le respect des rythmes et des fonctionnements des &#233;cosyst&#232;mes. Faute d'une telle alternative, la croissance capitaliste provoquera toujours plus de catastrophes, sans satisfaire pour autant les besoins sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est, en derni&#232;re instance, la terrible le&#231;on de Fukushima.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.npa2009.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La r&#233;volution arabe et ses t&#226;ches &#233;cosocialistes : ouvrons le d&#233;bat</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-revolution-arabe-et-ses-taches-ecosocialistes-ouvrons-le-debat</link>
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		<dc:date>2011-02-24T15:51:38Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Monde arabe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il serait totalement abusif de pr&#233;tendre que les changements climatiques sont le d&#233;clencheur cach&#233; de la vague r&#233;volutionnaire qui secoue le monde arabe, comme certains observateurs l'ont &#233;crit (1). En m&#234;me temps, les effets du r&#233;chauffement contribuent indiscutablement &#224; la crise sociale dans la r&#233;gion, et posent une s&#233;rie de probl&#232;mes pour le futur, principalement la gestion des ressources en eau et la transition &#233;nerg&#233;tique. Il s'agit pour les r&#233;volutionnaires d'int&#233;grer cette dimension (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Monde-arabe-+" rel="tag"&gt;Monde arabe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il serait totalement abusif de pr&#233;tendre que les changements climatiques sont le d&#233;clencheur cach&#233; de la vague r&#233;volutionnaire qui secoue le monde arabe, comme certains observateurs l'ont &#233;crit (1). En m&#234;me temps, les effets du r&#233;chauffement contribuent indiscutablement &#224; la crise sociale dans la r&#233;gion, et posent une s&#233;rie de probl&#232;mes pour le futur, principalement la gestion des ressources en eau et la transition &#233;nerg&#233;tique. Il s'agit pour les r&#233;volutionnaires d'int&#233;grer cette dimension dans leur analyse et d'en tirer un certain nombre de conclusions programmatiques. Cet article ne constitue qu'une &#233;bauche tr&#232;s sommaire dans ce sens, visant &#224; ouvrir le d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'indice des prix alimentaires de la FAO a grimp&#233; brutalement de 32% au second semestre de 2010. Cet indice reprend les prix du sucre, des c&#233;r&#233;ales et des ol&#233;agineux. Commentant le ph&#233;nom&#232;ne, l'&#233;conomiste en chef de l'organisation onusienne a lanc&#233; cet avertissement : &#171; Nous entrons dans une zone dangereuse &#187;. M. Adolreza Abbassian faisait allusion aux &#233;meutes de la faim qui ont secou&#233; toute une s&#233;rie de pays du Sud en 2008, en r&#233;action &#224; la flamb&#233;e des prix des produits agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Impact climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hausses de prix sont dues en premi&#232;re instance &#224; la sp&#233;culation, mais celle-ci est stimul&#233;e et favoris&#233;e par les brusques baisses de production provoqu&#233;es par certains &#233;v&#233;nements m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes. Ces derni&#232;res ann&#233;es, s&#233;cheresses, inondations, canicules ou vagues de froid ont affect&#233; tour &#224; tour de gros exportateurs tels que l'Argentine, l'Australie, les Etats-Unis et la Russie. Ces accidents climatiques ont entra&#238;n&#233; une grande volatilit&#233; des prix, due &#224; de brusques d&#233;s&#233;quilibres entre offre et demande. Personne ne peut certifier qu'ils sont tous dus au r&#233;chauffement, mais leur multiplication est coh&#233;rente avec les projections du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie est le quatri&#232;me exportateur mondial de bl&#233;. La canicule exceptionnelle qui l'a frapp&#233;e l'&#233;t&#233; dernier (et qui a entra&#238;n&#233; de gigantesques incendies de for&#234;t) a fait chuter sa production annuelle de 90 &#224; 70 millions de tonnes environ. En septembre 2010, pour garantir l'approvisionnement du march&#233; int&#233;rieur, le Premier ministre Vladimir Poutine annon&#231;ait que les exportations russes seraient suspendues jusqu'en d&#233;cembre 2011, et proposait &#224; l'Ukraine ainsi qu'au Kazakhstan de faire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision russe a entra&#238;n&#233; une forte hausse des prix qui a cr&#233;&#233; une situation tendue pour de nombreux pays, dont la Tunisie et l'Egypte. En effet, d'une part ces deux pays d&#233;pendent du bl&#233; de la Mer Noire, d'autre part leur propre production est soumise aux al&#233;as climatiques, notamment &#224; la baisse des ressources en eau. La Tunisie avait r&#233;colt&#233; 1.653 tonnes de bl&#233; en 2008 ; elle n'en moissonnait que la moiti&#233; l'ann&#233;e suivante. Quant &#224; la fertile Egypte, depuis 1960, elle a rejoint les rangs de plus en plus fournis des pays du Sud qui d&#233;pendent de l'importation pour satisfaire les besoins alimentaires de leur population. Avec plus de 80 millions d'habitants, l'Egypte est m&#234;me le plus gros importateur de bl&#233; de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, un rench&#233;rissement du co&#251;t de la vie, &#224; lui seul, est de nature &#224; provoquer des &#233;meutes, pas des r&#233;volutions. Des processus aussi profonds et politiques que ceux qui ont remport&#233; une premi&#232;re victoire en Egypte et en Tunisie ne sont possibles que lorsque les masses puisent leur &#233;nergie dans de grandes quantit&#233;s de mati&#232;res explosives tr&#232;s diverses, accumul&#233;es &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact de la hausse des prix des produits alimentaires sur la col&#232;re populaire ne doit donc pas &#234;tre surestim&#233;. Il semble d'ailleurs avoir &#233;t&#233; diff&#233;rent dans les deux pays. Plus grand en Tunisie, o&#249; les couches les plus pauvres ont &#233;t&#233; en premi&#232;re ligne et o&#249; Ben Ali a tent&#233; trop tard de faire baisser la temp&#233;rature en promettant une r&#233;duction des prix. Moins net en Egypte, o&#249; la petite-bourgeoisie a jou&#233; un r&#244;le important jusqu'aux premi&#232;res gr&#232;ves ouvri&#232;res et o&#249; le r&#233;gime, apr&#232;s les &#233;meutes de 2008, a augment&#233; les subsides aux produits de base (bl&#233;, riz et huile de cuisson), ce qui lui a permis de garantir des prix relativement stables &#224; 70% de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, un autre probl&#232;me se pose en Egypte, &#224; savoir que la production p&#233;troli&#232;re a franchi son pic en 1996 et a baiss&#233; de 26% depuis lors, de sorte que le pays est devenu un importateur net de produits &#233;nerg&#233;tiques. Par cons&#233;quent, il dispose d'une marge de man&#339;uvre plus &#233;troite pour financer son d&#233;veloppement, notamment pour importer des produits alimentaires&#8230; et pour les subsidier. (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, deux choses paraissent &#233;videntes. Un : la hausse des prix a jou&#233; un r&#244;le et elle n'est pas due qu'&#224; la sp&#233;culation ; deux : le d&#233;fi climatique/&#233;nerg&#233;tique est r&#233;el et confronte la r&#233;volution arabe &#224; des t&#226;ches nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;chauffement et ressources hydriques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bassin m&#233;diterran&#233;en est une des r&#233;gions les plus touch&#233;es et les plus menac&#233;es par le r&#233;chauffement, au niveau mondial. Les donn&#233;es relev&#233;es dans le Maghreb au cours du 20e si&#232;cle montrent qu'on est pass&#233; d'une s&#233;cheresse tous les dix ans &#224; une s&#233;cheresse tous les cinq &#224; six ans actuellement. Dans le m&#234;me temps, les &#233;pisodes de pluviosit&#233; anormalement forte se sont multipli&#233;s. La combinaison des deux ph&#233;nom&#232;nes entra&#238;ne une augmentation de l'&#233;rosion des sols, due &#224; la d&#233;gradation de la couverture v&#233;g&#233;tale. (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion des ressources hydriques constitue le plus grand probl&#232;me qui p&#232;se sur le d&#233;veloppement, avec des arbitrages &#224; effectuer entre l'agriculture et les autres secteurs. Les pays les plus impact&#233;s sur le plan &#233;conomique sont et seront ceux qui maintiennent le secteur agricole le plus important : Syrie, Egypte, Maroc, Tunisie. La situation risque de devenir probl&#233;matique dans les pays qui sont d&#233;j&#224; en situation de stress hydrique (moins de 1000 m3/hab/an) ou de p&#233;nurie (moins de 500 m3/hab/an). C'est le cas de la Tunisie, o&#249; la baisse des ressources souterraines pourrait atteindre jusqu'&#224; 28% dans les trois d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons en passant que l'impact &#233;cologique du d&#233;veloppement touristique ne doit pas &#234;tre sous-estim&#233;. Les complexes h&#244;teliers et autres infrastructures (terrains de golf par exemple) sont de gros consommateurs d'eau. De plus, leur d&#233;veloppement se fait le plus souvent sans aucune consid&#233;ration pour les &#233;quilibres &#233;cologiques du littoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exemple, voici comment une chercheuse r&#233;sume les impacts possibles du r&#233;chauffement (&#224; politique inchang&#233;e) dans les r&#233;gions du centre et du sud de la Tunisie, aux horizons 2030-2050 : baisse de 50% du rendement des oliveraies non irrigu&#233;es (mal compens&#233;e par une hausse de 20% en ann&#233;e favorable) ; r&#233;duction de moiti&#233; des surfaces cultiv&#233;es ; r&#233;duction des effectifs du cheptel allant jusqu'&#224; 80% ; r&#233;duction de 20% des superficies c&#233;r&#233;ali&#232;res en pluvial et de 13% en cultures irrigu&#233;es (en cas d'inondations). Et l'auteure de conclure cette analyse &#233;crite d&#233;but 2010 par cette remarque pr&#233;monitoire : &#171; Un r&#233;sultat lourd de risques pour l'&#233;conomie agricole et par voie de cons&#233;quence pour les &#233;quilibre sociaux du pays &#187;. (4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Egypte ne conna&#238;t pas de menace de p&#233;nurie mais l'utilisation du Nil n'est sans doute plus aussi rationnelle qu'au temps des pharaons. Le fleuve traverse pas moins de neuf pays. Ses eaux sont utilis&#233;es &#224; 95% par l'agriculture. La question du partage de la ressource entre pays et entre secteurs est d&#233;licate. Des accords internationaux ont &#233;t&#233; conclus mais le probl&#232;me pourrait se compliquer si le changement climatique continue &#224; perturber le r&#233;gime des pluies dans les r&#233;gions o&#249; le Nil a ses sources. La r&#233;gulation par les grands barrages n'est pas une solution. Le barrage d'Assouan, par exemple, a de nombreux effets pervers. Notamment le recul du delta, insuffisamment aliment&#233; en alluvions, ce qui a pour corollaire la salinisation des basses terres. Une multiplication des retenues ou des captages ne ferait qu'aggraver cette tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moubarak avait l'intention de d&#233;tourner une partie des eaux du Nil pour les vendre &#224; l'Etat sioniste, qui accapare d&#233;j&#224; celles du Jourdain, au d&#233;triment du peuple palestinien et des autres peuples de la r&#233;gion (5). La marchandisation n&#233;olib&#233;rale de la ressource hydrique est en cours, fortement encourag&#233;e par l'Union Europ&#233;enne, serviteur z&#233;l&#233; des grands groupes priv&#233;s actifs dans le secteur. La privatisation est un axe majeur de l'Union pour la M&#233;diterran&#233;e et du Conseil Mondial de l'Eau (CME), un think tank fond&#233; par les multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, le secteur de l'eau potable (la SONEDE) et celui de l'assainissement ont &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; faire l'objet de partenariats public-priv&#233;, ces syst&#232;mes qui servent &#224; nationaliser les pertes en privatisant les b&#233;n&#233;fices Tout de suite apr&#232;s la chute de Ben Ali, Ghannouchi a re&#231;u officiellement &#224; la Kasbah Lo&#239;c Fauchon, pr&#233;sident du CME, qui venait s'assurer que la privatisation ne serait pas mise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, d&#232;s 2004, Moubarak annon&#231;ait la privatisation compl&#232;te des services de gestion et d'&#233;puration des eaux des diff&#233;rentes provinces, qui sont maintenant aux mains d'un holding de l'eau, bas&#233; au Caire. Le but de ce holding est le profit, ce qui implique une hausse fort importante du prix de l'eau. Le projet de vente d'eau &#224; Isra&#235;l montre clairement que la gestion n&#233;olib&#233;rale de la ressource n'a aucune rationalit&#233; &#233;cologique et accro&#238;t les in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;trole, monarchie et transition &#233;nerg&#233;tique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique constitue un autre probl&#232;me majeur du d&#233;veloppement. Alors que les masses arabes vivent dans la mis&#232;re, le Proche et le Moyen Orient disposent d'&#233;normes r&#233;serves de combustibles fossiles &#8211; mal r&#233;parties et accapar&#233;es par des classes dominantes tr&#232;s ins&#233;r&#233;es dans le dispositif imp&#233;rialiste &#8211; ainsi que d'un potentiel solaire colossal &#8211; tr&#232;s bien r&#233;parti et en voie d'appropriation imp&#233;rialiste par le biais de m&#233;gaprojets tels que Desertec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res doivent c&#233;der la place aux secondes dans les quarante ann&#233;es &#224; venir, faute de quoi le d&#233;r&#232;glement climatique aggravera la d&#233;sertification, les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes et la hausse du niveau de la mer. De tous ces ph&#233;nom&#232;nes, les pauvres sont et seront les principales victimes (&#224; titre d'exemple : dix millions de personnes devrons quitter le delta du Nil si le niveau des mers monte d'un m&#232;tre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, une strat&#233;gie &#233;nerg&#233;tique &#224; moyen et long terme devrait consister &#224; utiliser la rente p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re non seulement pour soulager les besoins sociaux les plus pressants (comme le fait Chavez au Venezuela) mais aussi et surtout pour organiser la transition vers la source solaire. Une telle strat&#233;gie ne peut se d&#233;ployer qu'&#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale et implique in&#233;vitablement une rupture avec la logique du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques pistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;vocation tr&#232;s superficielle des probl&#232;mes &#233;cologiques les plus br&#251;lants a pour but d'attirer l'attention sur le fait que la r&#233;volution arabe est confront&#233;e &#224; de s&#233;rieux probl&#232;mes environnementaux. La solution de ceux-ci dans l'int&#233;r&#234;t des masses populaires d&#233;pend d'une issue anticapitaliste, anti-imp&#233;rialiste et internationaliste (&#224; l'&#233;chelle de la r&#233;gion). La r&#233;flexion sur ces questions devrait donc trouver sa place dans l'&#233;laboration programmatique. On se contentera ici d'ouvrir quelques pistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rompre avec la politique n&#233;olib&#233;rale de privatisation des ressources hydriques. Gestion publique de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rompre de m&#234;me avec la politique d'appropriation capitaliste des nouvelles ressources &#233;nerg&#233;tiques, notamment de la ressource solaire. Mise en &#339;uvre de plans publics de transition &#233;nerg&#233;tique vers les renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;appropriation collective des ressources p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res. Utilisation de la rente p&#233;troli&#232;re dans l'int&#233;r&#234;t d'un d&#233;veloppement r&#233;gional social et &#233;cologique, dans le cadre d'une planification r&#233;gionale du d&#233;veloppement incluant un &#171; phasing out &#187; des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; G&#233;n&#233;ralisation du contr&#244;le d&#233;mocratique sur la gestion et la protection des ressources naturelles par les collectivit&#233;s locales, les comit&#233;s populaires, les sections syndicales et les organisations de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Exiger non seulement l'abolition de la dette ext&#233;rieure et la restitution des fortunes des dictateurs aux peuples mais aussi le paiement de la dette &#233;cologique de la part des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. Exiger notamment le transfert gratuit des technologies &#233;nerg&#233;tiques vertes, pour peu qu'elles soient mises en &#339;uvre par le secteur public et/ou les communaut&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Soutenir une agriculture paysanne organique et r&#233;orienter la production agricole en priorit&#233; vers le march&#233; int&#233;rieur, dans la perspective de la souverainet&#233; alimentaire. Limiter et rationaliser l'agriculture irrigu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;velopper une alternative &#224; l'industrie touristique capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)Par exemple : Yang Razali Kassim, &#171; Tunisia and Climate Chnage : What it means for Southeast Asia &#187;, Eurasia Review, Feb 16, 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2)Matthew Wild, &#171; Peak Oil, Climate Change, Political Turmoil : The Lesson from Egypt &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Mosbah LAFI, &#171; Vuln&#233;rabilit&#233; de la c&#233;r&#233;aliculture tunisienne face aux changements climatiques &#187;, International conference on Energy, Climate Change and Sustainable Development, University of Tunis El Manar, June 15-17, 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) M&#233;lanie Requier-Desjardins, &#171; Impact des changements climatiques sur l'agriculture au Maroc et en Tunisie et priorit&#233;s d'adaptation &#187;, Notes d'analyse du CIHEAM, N&#176;56, mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Manlio Dinucci, &#171; Grandes man&#339;uvres isra&#233;liennes pour acc&#233;der &#224; l'eau du Nil &#187;, Il Manifesto, 12/2/2011, trad. Fran&#231; par Marie-Ange Patrizio&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La balloune lib&#233;rale d&#233;gonfl&#233;e</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bergeron</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Gaz de schiste</dc:subject>
		<dc:subject>Gaz de schiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;La fin de l'ann&#233;e 2010 n'aura pas marqu&#233; de r&#233;pit pour l'industrie des &#233;nergies fossiles, gaz de schiste en t&#234;te, et pour ses complices lib&#233;raux. La col&#232;re populaire gagne en profondeur. Les sondages donnent les lib&#233;raux &#224; leur plus bas dans la popularit&#233; de leur gouvernement et dans la cr&#233;dibilit&#233; de leur position sur l'exploitation des &#233;nergies fossiles. L'ent&#234;tement de Jean Charest &#224; ne pas d&#233;cr&#233;ter de moratoire sur l'exploration et l'exploitation des &#233;nergies fossiles signera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L133xH150/arton3100-a154c.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;BIG&gt; La fin de l'ann&#233;e 2010 n'aura pas marqu&#233; de r&#233;pit pour l'industrie des &#233;nergies fossiles, gaz de schiste en t&#234;te, et pour ses complices lib&#233;raux. La col&#232;re populaire gagne en profondeur. Les sondages donnent les lib&#233;raux &#224; leur plus bas dans la popularit&#233; de leur gouvernement et dans la cr&#233;dibilit&#233; de leur position sur l'exploitation des &#233;nergies fossiles. L'ent&#234;tement de Jean Charest &#224; ne pas d&#233;cr&#233;ter de moratoire sur l'exploration et l'exploitation des &#233;nergies fossiles signera probablement son arr&#234;t de mort politique en 2011. &lt;/BIG&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'opacit&#233; comme politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie des &#233;nergies fossiles est bien connue pour son culte du secret : refus de d&#233;voiler les &#233;tudes d'impact sur les op&#233;rations d'extraction ; chiffres gonfl&#233;s &#224; propos des emplois et revenus g&#233;n&#233;r&#233;s par cette industrie ; refus de rendre des comptes sur les produits utilis&#233;s dans le processus de fractionnement des couches de schistes ; interventions sans consultation sur des terres priv&#233;es ou publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce bilan plus que douteux, l'industrie peut compter sur la complicit&#233; du gouvernement Charest. Plusieurs membres de cabinets de ministres lib&#233;raux ont immigr&#233; dans les somptueux salons des entreprises &#224; titre de conseillers ou de porte-paroles. La ministre du D&#233;veloppement durable, de l'environnement et des parcs Nathalie Normadeau s'est &#233;lev&#233;e comme une bonne soldate afin de d&#233;fendre bec et ongles les int&#233;r&#234;ts de l'industrie. Le d&#233;bat sur la r&#233;forme de la loi sur les mines a accouch&#233; d'une souris impotente et est pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel : donner aux r&#233;gions et aux municipalit&#233;s les pouvoirs n&#233;cessaires pour faire cesser l'arbitraire de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire : la presse nous r&#233;v&#233;lait r&#233;cemment qu'une v&#233;rification a permis d'&#233;tablir que 19 des 31 puits en activit&#233; au Qu&#233;bec comportaient des fuites. Face &#224; de telles r&#233;v&#233;lations, nous aurions pu esp&#233;rer un mouvement de recul, de pause motiv&#233;e par un d&#233;sir de pr&#233;caution. Et bien non. Le minist&#232;re des ressources naturelles et de la faune s'emploie &#224; calmer la grogne et &#224; banaliser la situation. Dans les jours pr&#233;c&#233;dents, l'Association p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re du Qu&#233;bec expliquait qu'il &#233;tait normal que de telles fuites surviennent parce que le coffrage des installations &#233;tait r&#233;cent, Or, toutes les installations v&#233;rifi&#233;es et dont fait &#233;tat l'&#233;tude ont &#233;t&#233; construites &#224; l'automne 2010, quelques mois avant les inspections. Tous ces puits ont &#233;t&#233; for&#233;s entre 2006 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec de tels alli&#233;s, l'industrie joue ses derni&#232;res cartes car la bataille de l'opinion publique semble d&#233;finitivement perdue pour ces champions du secret. Reste les man&#339;uvres discr&#232;tes et la politique d'essoufflement que les lib&#233;raux peuvent adopter : faire fi des critiques et aller de l'avant. Apr&#232;s eux le d&#233;luge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation citoyenne se d&#233;veloppe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois de d&#233;cembre a &#233;t&#233; marqu&#233; par le regroupement de 25 comit&#233;s de citoyenNEs afin de coordonner leurs activit&#233;s. Des artistes sous l'initiative de Dominic Champagne ont produit une vid&#233;o qui a eu un impact important sur la sensibilisation citoyenne. M&#234;me le Bye Bye 2010 a concoct&#233; une sc&#232;ne autour d'un &#233;change hilarant entre Andr&#233; Caill&#233; et un citoyen r&#233;volt&#233; (jou&#233; par Jean-Fran&#231;ois Mercier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la population a ainsi montr&#233; dans sa grande majorit&#233; qu'elle souhaitait un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des &#233;nergies fossiles, particuli&#232;rement les gaz de schiste, elle n'a pas encore r&#233;ussi &#224; faire hisser le drapeau blanc par l'industrie. L'empressement de cette derni&#232;re &#224; faire avaler des demi-v&#233;rit&#233;s et ses omissions &#224; la population n'a pas trouv&#233; preneur mais elle compte sur le gouvernement Charest pour garder la porte grande ouverte &#224; toute &#233;ventualit&#233;. Pour mettre d&#233;finitivement un terme aux aspirations des Junex, Questerre, Gastem ou Talisman Energy, il faut une d&#233;monstration massive de mobilisation populaire dans les rues du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re &#233;tape dans cette direction a &#233;t&#233; franchie &#224; l'automne dernier lorsque les groupes &#233;cologistes ont mis sur pied la coalition Vigilance &#201;nergie. Au d&#233;but d&#233;cembre, le regroupement r&#233;unit 25 comit&#233;s de citoyenNEs &#224; l'&#233;chelle du Qu&#233;bec. Tout r&#233;cemment, Daniel Breton de Ma&#238;tres chez nous au 21e si&#232;cle annon&#231;ait une manifestation nationale dont les d&#233;tails seront pr&#233;cis&#233;s bient&#244;t. El&#233;ment important quant &#224; cette manifestation : les organisateurs semblent pencher vers une th&#233;matique qui engloberait l'ensemble des mobilisations concernant les ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle perspective permettrait de rallier les mobilisations citoyennes portant sur le p&#233;trole (Junex reluque des gisements en Gasp&#233;sie, Gaztem a l'oeil braqu&#233; sur les &#206;les-de-la-Madeleine et tous salivent &#224; l'id&#233;e d'exploiter le gisement d'Old Harry au large de Terre-Neuve). Y seront alors convi&#233;s les membres de Sept-&#206;les-sans-uranium et des communaut&#233;s qui se mobilisent contre l'extraction et le transport de l'uranium, de Frag&#206;les, des comit&#233;s de citoyenNEs qui luttent contre le projet de pipeline transcanadien en Mont&#233;r&#233;gie et pourquoi pas les citoyenNEs contre l'exploitation et l'exportation de l'amiante donnant toutes les chances au mouvement de se multiplier. En outre, un tel &#233;v&#233;nement permettra de mesurer l'ampleur de la mobilisation populaire et de mettre en commun les exp&#233;riences et les informations &#224; l'&#233;chelle nationale. Cette manifestation est aussi l'occasion d'inviter les autres mouvements sociaux, les centrales syndicales notamment, &#224; se joindre au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des questions incontournables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le gouvernement f&#233;d&#233;ral ferme les yeux sur les cons&#233;quences environnementales de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, que la population de la Saskatchewan est loin d'&#234;tre unanime quant &#224; l'exploitation de cette ressource dans la province (un r&#233;cent sondage de Sigma Analytics comptait 25% d'appuis et 232% d'opposants aux sables bitumineux), que le tout nouveau ministre de l'environnement f&#233;d&#233;ral fredonnait la m&#234;me chanson us&#233;e et vantait les m&#233;rites du sable bitumineux les qualifiant d'&#233;thique, l'industrie peut compter sur des appuis sans faille de la part des gouvernements. Il revient &#224; la population qu&#233;b&#233;coise de prendre l'initiative et d'imposer un rapport de force qui ne laissera pas de marge de man&#339;uvre au gouvernement Charest : moratoire ou d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revient aussi aux groupes &#233;cologistes et aux regroupements de citoyenNEs de mettre sur la table les pr&#233;misses du d&#233;bat qui doit traverser le Qu&#233;bec : la r&#233;duction radicale des gaz &#224; effet de serre est-elle compatible avec l'utilisation des &#233;nergies fossiles ? Ne doit-on pas plut&#244;t orienter nos efforts vers la recherche et le d&#233;veloppement de nouvelles technologies vertes ? La logique du profit qui conduit le capitalisme est-elle compatible avec une strat&#233;gie de r&#233;ductions massives des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre ? Le Qu&#233;bec doit-il envisager l'exploitation des &#233;nergies fossiles de fa&#231;on &#171; propre &#187; ? De telles interrogations sont incontournables dans les prochaines &#233;tapes du d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article6272&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Presse-toi &#224; gauche !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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