<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_mot=20&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>VOTER, VOTER, CHERS PARLEMENTAIRES</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/VOTER-VOTER-CHERS-PARLEMENTAIRES</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/VOTER-VOTER-CHERS-PARLEMENTAIRES</guid>
		<dc:date>2003-08-11T16:09:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ginette Lewis</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration lesbienne et gaie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires (ce sont majoritairement des hommes alors on ne f&#233;minisera pas ), &lt;br class='autobr' /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br class='autobr' /&gt;
faites comme moi, &lt;br class='autobr' /&gt;
prononcez-vous du bout des l&#232;vres &lt;br class='autobr' /&gt;
contre la guerre et fermer les yeux sur ses cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voter, voter chers parlementaires, &lt;br class='autobr' /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br class='autobr' /&gt;
ne parlez jamais, au grand jamais, &lt;br class='autobr' /&gt;
de Marie et des autres qui meurent sous les coups. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voter, voter chers parlementaires, &lt;br class='autobr' /&gt;
contre le mariage homosexuel mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Non-a-l-homophobie-" rel="directory"&gt;Non &#224; l 'homophobie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liberation-lesbienne-et-gaie-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration lesbienne et gaie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires (ce sont majoritairement des hommes alors on ne f&#233;minisera pas ),&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br /&gt;
faites comme moi,&lt;br /&gt;
prononcez-vous du bout des l&#232;vres&lt;br /&gt;
contre la guerre et fermer les yeux sur ses cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires,&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br /&gt;
ne parlez jamais, au grand jamais,&lt;br /&gt;
de Marie et des autres qui meurent sous les coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires,&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br /&gt;
laisser la pauvret&#233; fleurir par ci, par l&#224;&lt;br /&gt;
ici et l&#224;-bas.&lt;br /&gt;
La mondialisation, on ne conna&#238;t pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires,&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br /&gt;
ignorer la p&#233;dophilie.&lt;br /&gt;
Les agressions, ben non,&lt;br /&gt;
Il n'y en a pas,&lt;br /&gt;
surtout pas par les eccl&#233;siastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires,&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br /&gt;
scandalisez-vous un peu seulement&lt;br /&gt;
de l'analphab&#233;tisme et de la famine chez les enfants.&lt;br /&gt;
Mais c'est ailleurs &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires,&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel mais &lt;br /&gt;
l'esclavage sexuel, le tourisme sexuel,&lt;br /&gt;
la pornographie, la prostitution des femmes et des enfants,&lt;br /&gt;
&#231;a n'existe qu'au cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voter, voter chers parlementaires,&lt;br /&gt;
contre le mariage homosexuel.&lt;br /&gt;
&#201;coutez vos valeurs et votre conscience.&lt;br /&gt;
Ce droit au mariage d&#233;forme cette institution, &lt;br /&gt;
remet en question la procr&#233;ation.&lt;br /&gt;
C'est grave, tr&#232;s grave. &lt;br /&gt;
Il faut voter contre.&lt;br /&gt;
Le reste , le reste,&lt;br /&gt;
ne compte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noisette, une sorci&#232;re comme les autres&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CHR&#201;TIEN EXCOMMUNI&#201; ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/CHRETIEN-EXCOMMUNIE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/CHRETIEN-EXCOMMUNIE</guid>
		<dc:date>2003-08-04T02:55:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ginette Lewis</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration lesbienne et gaie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pape excommunira-t-il Chr&#233;tien pour avoir permis &#224; monsieur Cauchon de pr&#233;parer et de pr&#233;senter une loi, au parlement canadien, permettant le mariage des gais et lesbiennes ? Pourtant dans son dernier message, il invite les parlementaires chr&#233;tiens &#224; se prononcer contre le mariage homosexuel. &lt;br class='autobr' /&gt; Les missives papales vont rarement avoir une teinte politique. Mais cette fois, il faut croire que pour le pape l'enjeu est de taille car il se permet une incursion politique. Il appelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Non-a-l-homophobie-" rel="directory"&gt;Non &#224; l 'homophobie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Canada-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liberation-lesbienne-et-gaie-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration lesbienne et gaie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pape excommunira-t-il Chr&#233;tien pour avoir permis &#224; monsieur Cauchon de pr&#233;parer et de pr&#233;senter une loi, au parlement canadien, permettant le mariage des gais et lesbiennes ? Pourtant dans son dernier message, il invite les parlementaires chr&#233;tiens &#224; se prononcer contre le mariage homosexuel. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les missives papales vont rarement avoir une teinte politique. Mais cette fois, il faut croire que pour le pape l'enjeu est de taille car il se permet une incursion politique. Il appelle directement les parlementaires chr&#233;tiens &#224; se prononcer contre la l&#233;galisation du mariage homosexuel au del&#224; de leur ligne de parti politique. Comme si le religion &#233;tait supr&#234;me, comme si l'&#201;tat n'&#233;tait pas la&#239;que.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cette remise en question de la s&#233;paration de l'Etat et de l'&#201;glie qui, dans un premier temps, rend la missive du pape si indigeste. Tellement indigeste que Paul Martin, le vrai premier ministre canadien en coulisse, est oblig&#233; de s'en d&#233;marquer m&#234;me s'il mentionne &#234;tre un bon chr&#233;tien pratiquant !!! car, il en va de l'ensemble de la collectivit&#233; canadienne qui elle n'est pas toute de confession catholique&#8230; !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ventuel projet de loi canadien vise simplement &#224; accorder aux couples homosexuels les m&#234;mes droits qu'aux couples h&#233;t&#233;rosexuels. C'est un jugement rendu par les Cours qui oblige les parlementaires canadiens &#224; moderniser leurs vieilles l&#233;gislations. Et cela n'oblige en rien les ministres de culte &#224; marier ces couples. Ce seront simplement des mariages civils. Alors pourquoi cette missive politique ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;Le contexte canadien&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il faut voir que la missive papale date du mois de mars et ce n'est qu'en juillet que les autorit&#233;s eccl&#233;siastiques l'ont rendue publique, en plein d&#233;bat pr&#233;-parlementaire. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut voir c'est une offensive de l'&#201;glise catholique canadienne contre cette &#233;galit&#233; dans les droits. Il faut comprendre que, depuis un certain temps, le Conseil canadien des &#233;v&#234;ques a connu une certaine &#233;volution vers la droite &#224; la faveur des nominations de Rome qui se sont assur&#233;s ainsi de ramener l'&#233;glise dans la bonne ligne. Il faut voir que la th&#233;ologie de la lib&#233;ration, la lutte &#224; la pauvret&#233;, la place des femmes dans l'&#233;glise &#233;taient des sujets souvent d&#233;battus en lieu et place de la famille, des valeurs traditionnelles, des sacrements et de l'infaillibilit&#233; du pape. Et ces sujets l'&#233;taient davantage au Qu&#233;bec sous l'influence du Collectif pour l'&#233;limination de la pauvret&#233; (o&#249; beaucoup de chr&#233;tiens et chr&#233;tiennes s'&#233;taient impliqu&#233;ES), sous l'influence de la Marche mondiale des femmes (les communaut&#233;s religieuses ont beaucoup subventionn&#233; la Marche en plus d'y militer) et sous l'influence des groupes dans l'&#233;glise m&#234;me revendiquant la place plus &#233;quitable pour les femmes. Il existerait aussi des regroupements de religieux gais. Alors avec cette campagne, le Conseil des &#233;v&#234;ques consacre son changement d'orientation vers des valeurs plus &#8230; spirituelles et catholiques !!! Cons&#233;quence : en Alberta, un &#233;v&#234;que &#233;met des doutes sur le repos &#233;ternel de Jean Chr&#233;tien pour avoir envisager de pr&#233;senter un projet de loi &#224; cet &#233;gard !!! A droite toute, il n'y a rien de trop beau pour le pape. Reste &#224; voir comment l'&#233;glise r&#233;agira (ou se taira) au Qu&#233;bec.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette offensive de l'&#201;glise catholique porte d&#233;j&#224; fruit. Des parlementaires du Parti Lib&#233;ral du Canada, surtout des Ontariens, se sont d&#233;j&#224; promis d'intervenir contre la d&#233;marche de monsieur Cauchon. Il parle m&#234;me d'avoir l'accord de la moiti&#233; du caucus lib&#233;ral. Et cela pourrait &#234;tre un dangereux sujet politique pour le nouveau premier ministre Paul Martin. Il ne pourrait &#224; la veille des &#233;lections f&#233;d&#233;rales se permettre une si grande division dans le caucus, m&#234;me s'il semble s&#251;r de remporter ces &#233;lections.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et des suites am&#233;ricaines ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en plus de faire des vagues au Canada, cette offensive de l'&#201;glise catholique va aussi faire des siennes aux Etats-Unis. Bush a saisi la balle au vol et passe lui aussi &#224; l'offensive. Il faut dire que le mariage homosexuel, &#224; la veille des pr&#233;sidentielles, est un bon sujet de droite &#224; mousser. Il menace m&#234;me de faire un amendement &#224; la constitution si des groupes de pression se mobilisant en faveur des homosexuels r&#233;ussissent &#224; faire valoir leurs droits &#224; l'&#233;galit&#233; avec les h&#233;t&#233;rosexuels. Apr&#232;s la lutte au terrorisme, la lutte aux homosexuels et aux lesbiennes&#8230;Il ne manque maintenant qu'un seul sujet &#224; l'offensive du bien contre le mal !!! Et c'est celui des femmes. Il y a fort &#224; parier que le retour des femmes au foyer fasse partie du d&#233;cor dans la prochaine campagne &#233;lectorale am&#233;ricaine. Les valeurs de droite exigent, la lutte au ch&#244;mage aussi, aussi et surtout dans un contexte de mondialisation et de comp&#233;tition intercapitalistes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; suivre !&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut donc prendre au s&#233;rieux tout ce d&#233;bat sur le mariage homosexuel et d&#233;fendre les droits des gais e t lesbiennes au nom de la lutte contre la discrimination, au nom de la s&#233;paration &#201;tat-&#201;glise. Il faut aussi anticiper l'offensive contre les droits des femmes et dire non &#224; toute remise en question de notre autonomie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous d'excommunier le pape de nos vies, de nos droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La lutte contre l'homophobie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-lutte-contre-l-homophobie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-lutte-contre-l-homophobie</guid>
		<dc:date>2003-07-01T16:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Lib&#233;ration lesbienne et gaie </dc:subject>
		<dc:subject>Sexualit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Famille, travail, &#233;cole, etc. : l'homophobie est une gangr&#232;ne qui affecte chaque secteur de la soci&#233;t&#233;. Lutter contre ce fl&#233;au : une urgence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement, dans diverses r&#233;gions de France (et au Qu&#233;bec, en Belgique, en Suisse), des actions de sensibilisation &#224; l'homophobie sont men&#233;es. Il ne s'agit plus de pr&#233;senter l'homosexualit&#233; (la lutte contre le racisme ne pr&#233;sente pas les autres &#034;races&#034; : elle nierait plut&#244;t le concept de race) mais de d&#233;voiler, faire parler et mettre en d&#233;bat ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Societe-" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liberation-lesbienne-et-gaie-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration lesbienne et gaie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Sexualite-+" rel="tag"&gt;Sexualit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Famille, travail, &#233;cole, etc. : l'homophobie est une gangr&#232;ne qui affecte chaque secteur de la soci&#233;t&#233;. Lutter contre ce fl&#233;au : une urgence.&lt;br /&gt;
Actuellement, dans diverses r&#233;gions de France (et au Qu&#233;bec, en Belgique, en Suisse), des actions de sensibilisation &#224; l'homophobie sont men&#233;es. Il ne s'agit plus de pr&#233;senter l'homosexualit&#233; (la lutte contre le racisme ne pr&#233;sente pas les autres &#034;races&#034; : elle nierait plut&#244;t le concept de race) mais de d&#233;voiler, faire parler et mettre en d&#233;bat ce rejet &#034;visc&#233;ral, phobique, &#034;donc&#034; l&#233;gitime et qui ne se discute pas&#034; partag&#233; par la grande masse de notre soci&#233;t&#233;. L'Universit&#233; eurom&#233;diterran&#233;enne des homosexualit&#233;s a entam&#233; dans la r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te-d'Azur un programme de formation-sensibilisation aupr&#232;s des personnels de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports, de l'&#233;ducation populaire, du scoutisme, des associations comme le planning familial, les lieux d'accueil des jeunes, etc., avec des soutiens publics importants. Des associations comme HomoEdu, Couleur gaie (Metz, au sein du Snes) ont aussi un travail dans ce sens, un travail militant de terrain qui se heurte &#224; l'ignorance, aux pr&#233;jug&#233;s, &#224; l'homophobie quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Homophobie ordinaire&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'exercice de l'&#233;mancipation fait mesurer l'ampleur de l'oppression&#034;, cette affirmation f&#233;ministe met exactement le doigt sur ce qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la cr&#233;ation du mot &#034;homophobie&#034;, un mot tout jeune, qui a dix ans. Si &#034;homosexualit&#233;&#034; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; au d&#233;but du xixe si&#232;cle par les m&#233;decins ali&#233;nistes pour r&#233;primer ou gu&#233;rir, &#034;homophobie&#034; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par les lesbiennes et les gays pour comprendre et agir.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partis de l'id&#233;e d'une lib&#233;ration sexuelle puis de revendications d&#233;mocratiques et sociales, la lutte homosexuelle s'est heurt&#233;e au mur de l'oppression. Il ne suffit pas de quelques bonnes lois, d'un peu de patience de la part des homosexuels et de bonne volont&#233; collective pour que les choses changent. Ni m&#234;me d'un changement radical de structure sociopolitique (il en va de m&#234;me pour le sexisme ou pour l'int&#233;riorisation de l'exploitation et du salariat).
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas comme &#231;a qu'on se d&#233;livre de la honte, qu'on devient sourd au m&#233;pris lancinant de la culture courante, &#224; l'insulte r&#233;currente, &#224; l'obligation d'avoir sempiternellement &#224; mettre les points sur les i, ni m&#234;me qu'on s'invente une fa&#231;on d'&#234;tre dans un univers o&#249; tout est minutieusement h&#233;t&#233;ronorm&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;couvre aujourd'hui l'ampleur des suicides chez les jeunes, caus&#233; par le questionnement homo et l'incapacit&#233; &#034;visc&#233;rale&#034; d'y faire face dans la solitude, l'impr&#233;paration et l'homophobie inculqu&#233;e (environ 30 % des suicides des 15-25 ans). Car un jeune homo a mal de l'&#234;tre, &#224; honte de l'&#234;tre, ne sait pas d'embl&#233;e qu'il ou elle l'est. Une fille, un gar&#231;on, un noir, un blanc, une blonde, un roux le sont &#034;&#233;videmment&#034;, en se regardant dans la glace, dans un monde qui porte (&#224; outrance) ces genres et ces couleurs et qui &#233;ventuellement vous les fera sentir. Mais ils, elles ne sont pas dans l'obligation ni de se le dire un jour, ni de&#8230; &#034;le dire &#224; leur m&#232;re&#034;.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lesbienne doit d'abord se le dire dans la solitude apr&#232;s s'&#234;tre dit que quelque chose ne collait pas, souvent sans savoir quoi. Quelque chose relevant des mille et un comportements qui, chez les autres, sont appris et devenus &#233;vidents, mais qui chez elles ne sont pas elle, la mutilent. Il faut donc parvenir &#224; se le dire.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est endosser quelque chose dont on vous a toujours fait savoir (directement ou implicitement) le pire, dont on ne vous a jamais dit (et pas positivement) que cela pourrait vous concerner, dont enfin il vous a &#233;t&#233; dit pis que pendre de celles et ceux qui &#034;en &#233;taient&#034;. Alors, &#233;videmment, vous avez toutes les difficult&#233;s (les r&#233;sistances) &#224; vous identifier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, on vous a enseign&#233; l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;, tout le monde est pr&#233;suppos&#233; h&#233;t&#233;ro, mais que sera une vie homo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; ? Et comment agir, r&#233;agir ?&lt;br /&gt;
Coming out&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le dire aux parents reste une &#233;preuve. Le dire aux amis un jeu de hasard. Le harc&#232;lement moral, voire brutal peut s'ensuivre. Famille virant le ou la malpropre, l'excluant du cercle familial, plus d'assiette &#224; table, silence radio, ignorance, &#034;ambiance p&#232;re au silence obstin&#233;ment r&#233;probateur, m&#232;re en larmes&#034;. La panoplie est riche mais heureusement il y a de plus en plus des coming out chaleureux.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adulte ce sera la c&#233;r&#233;monie des aveux, devoir sempiternellement le dire. (Sinon, comment parler le lundi &#224; la caf&#233;t' lorsque tout le monde raconte son week-end ? Se taire et laisser place au soup&#231;on, aux sourires entendus, au silence soudain. S'inventer une vie ?) Ensuite&#8230; incarner l'homo de la bo&#238;te, de l'atelier, du service quasiment en perp&#233;tuelle gay pride sous le regard des autres.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;jug&#233;s patronaux. S'il arrive (ironie de l'oppression) que certaines entreprises pr&#233;tendent voir dans les gays et les lesbiennes des c&#233;libataires (sic) disponibles, mobiles, en besoin de valorisation, cr&#233;atifs (si !) et donc potentiellement corv&#233;ables &#224; merci, la plupart pratiquent l'homophobie au quotidien et la discrimination active : en gros, un homosexuel masculin n'est pas fiable, une lesbienne peu maniable. Les variations sont infinies. Sans compter les pr&#233;jug&#233;s des camarades de travail &#224; quoi le peu ou l'absence totale de prise en charge des organisations (syndicales, politiques, &#233;lectives dans l'entreprise) laissent libre cours.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'homophobie ne rel&#232;ve pas seulement de l'ignorance, elle est aussi ancr&#233;e dans les r&#233;actions visc&#233;rale des uns et des autres. Le d&#233;go&#251;t, la d&#233;fiance, la g&#234;ne ne sont pas de simples dispositions intellectuelles qu'un peu de r&#233;flexion corrigera. Ils font partie de la fabrication des personnes, des genres, en particulier de la &#034;fabrication des m&#226;les&#034; chez qui il est, depuis la toute petite enfance, si crucial de &#034;ne pas &#234;tre une fille&#034;, donc pas un p&#233;d&#233;. (Est-il g&#233;n&#233;tique d'aimer jouer au foot ou de se maquiller ? De porter son corps de fa&#231;on masculine ou de fa&#231;on f&#233;minine ?)
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre un homme ou une femme, c'est se conformer, avoir &#233;t&#233; conform&#233; &#224; une somme de comportements, de d&#233;sirs, d'app&#233;tences, de rejets, de fa&#231;ons d'&#234;tre, de dominations, de soumissions, de valorisations et d&#233;valorisations, bref &#234;tre sorti d'un modelage et d'une impr&#233;gnation dans le dispositif desquels l'homophobie est int&#233;gr&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croire qu'il suffit d'un peu de bonne volont&#233; (de conscience politique ?) et de quelques lois (abrog&#233;es ou vot&#233;es), c'est refuser de prendre en compte l'homophobie, ce harc&#232;lement quotidien et involontaire, c'est la posture ultime de l'homophobie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Fortin. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Rouge, hebdo de la LCR)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lib&#233;ration lesbienne et gaie </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Liberation-lesbienne-et-gaie-48</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Liberation-lesbienne-et-gaie-48</guid>
		<dc:date>2000-02-06T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration lesbienne et gaie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui suit est un projet de texte de discussion pour le prochain Congr&#232;s mondial, dont la ligne g&#233;n&#233;rale a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le CEI de f&#233;vrier 2000. Les diverses parties du projet initial ont &#233;t&#233; &#233;crites par sept camarades d'Australie, Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Portugal, Puerto-Rico et USA. Il a &#233;t&#233; ensuite communiqu&#233; &#224; plusieurs douzaines de camarades lesbiennes/gays/bisexuels d'autres pays &#233;galement et aux membres de la Commission femmes du CEI. Le texte-martyre a ensuite &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-4-ieme-Internationale-" rel="directory"&gt;4 i&#232;me Internationale &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Liberation-lesbienne-et-gaie-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration lesbienne et gaie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui suit est un projet de texte de discussion pour le prochain Congr&#232;s mondial, dont la ligne g&#233;n&#233;rale a &#233;t&#233; adopt&#233;e par le CEI de f&#233;vrier 2000. Les diverses parties du projet initial ont &#233;t&#233; &#233;crites par sept camarades d'Australie, Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Portugal, Puerto-Rico et USA. Il a &#233;t&#233; ensuite communiqu&#233; &#224; plusieurs douzaines de camarades lesbiennes/gays/bisexuels d'autres pays &#233;galement et aux membres de la Commission femmes du CEI. Le texte-martyre a ensuite &#233;t&#233; revu &#224; la lumi&#232;re des nombreux commentaires, critiques et propositions recueillis. Le CEI a discut&#233; et approuv&#233; le projet lors de sa r&#233;union de f&#233;vrier et convenu de mettre en place une commission de r&#233;daction. Nous prions donc les sections de discuter de ce projet pour pr&#233;parer la discussion du Congr&#232;s mondial, et de transmettre tous amendements &#224; la commission de r&#233;daction, c/o Terry (email : &lt;terryconway@gn.apc.org&gt; ou POBox 1109, London N4 2UU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la lib&#233;ration lesbienne/gay Projet de texte de d&#233;bat pour le 15&#232;me Congr&#232;s Mondial de la 4&#232;me Internationale Depuis la fin des ann&#233;es '60, les mouvements de lib&#233;ration gays/lesbiennes se sont consid&#233;rablement renforc&#233;s num&#233;riquement et se sont &#233;tendus &#224; tous les continents. Ils ont r&#233;ussi &#224; marquer des points importants dans certains pays alors que la plupart des autres mouvements sociaux restaient sur la d&#233;fensive. Depuis les ann&#233;es '80, il est apparu des mouvements lesbiens/gays dans de nombreux pas d'Asie, d'Afrique et d'Europe de l'Est o&#249; ils n'existaient pas dans le pass&#233; ; ont repris des forces dans des pays am&#233;ricains cl&#233;s (Mexique, Br&#233;sil, Argentine) o&#249; ils avaient recul&#233; ; et ont &#224; plusieurs reprises mobilis&#233; des centaines de milliers de personnes en Europe occidentale et en Am&#233;rique du Nord. Les le&#231;ons essentielles que nous avons apprises au-travers de notre participation &#224; ces mouvements, et qui sont exprim&#233;es dans ce texte, sont : (1) L'oppression dont sont victimes les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) est une r&#233;alit&#233; dans tous les pays du monde. L'association SIDA-homosexualit&#233; a conduit &#224; la condamnation globale du sexe entre hommes et aux actes sexuels en-dehors de la famille h&#233;t&#233;rosexuelle monogamique. La sexualit&#233; en g&#233;n&#233;ral est une question politique. (2) Le lien entre l'oppression des LGBT et celle des femmes est essentielle dans notre conception, et les luttes de lib&#233;ration sont par cons&#233;quent &#233;troitement li&#233;es. (3) Nous d&#233;fendons la n&#233;cessit&#233; de mouvements autonomes des LGBT - comprenant que l'oppression ne peut &#234;tre combattue sans auto-organisation. (4) Nous luttons pour que soit compris le lien entre la lutte des LGBT et le mouvement ouvrier, en &#233;vitant de subordonner le combat lesbien/gay &#224; tout autre mouvement. (5) Nous luttons pour une approche internationaliste de cette question. Dans tous les pays du monde, les LBGT sont opprim&#233;s, m&#234;me si c'est de diff&#233;rentes mani&#232;res. Le mouvement a besoin de s'organiser &#224; l'&#233;chelle internationale et en solidarit&#233; avec les plus opprim&#233;s. (6) Pour mettre en oeuvre ces objectifs, nous devons d'abord mettre de l'ordre dans notre maison - la gauche r&#233;volutionnaire. Cela n&#233;cessite de transformer nos organisations sous de multiples aspects. Les activistes de gauche lesbiens/gays ont men&#233; de longues et dures luttes pour obtenir compr&#233;hension et soutien au sein du mouvement ouvrier. Ils ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; l'opposition et aux pr&#233;jug&#233;s de l'ensemble des courants de la gauche jusqu'aux ann&#233;es '70 et au-del&#224;. Les partis sociaux-d&#233;mocrates et les mouvements ouvriers n'ont en g&#233;n&#233;ral pas r&#233;pondu positivement aux questions de lib&#233;ration sexuelle. Mais les efforts des activistes lesbiens/gay pour se lier au mouvement ouvrier ont parfois &#233;t&#233; couronn&#233;s de succ&#232;s, pratiquement d&#232;s la naissance du mouvement lesbien/gay &#224; la fin du 19&#232;me si&#232;cle. Dans les premi&#232;res d&#233;cennies du 20&#232;me si&#232;cle, les revendications du Comit&#233; scientifique et humanitaire allemand (fond&#233; en 1897), ainsi que d'autres organisations europ&#233;ennes pour les ' r&#233;formes sexuelles ' ont souvent &#233;t&#233; appuy&#233;es par les partis communistes et sociaux-d&#233;mocrates, rarement par les partis bourgeois, ainsi que par un seul des gouvernements alors au pouvoir : le gouvernement bolchevique d'Union Sovi&#233;tique. M&#234;me sous les Bolcheviks, le soutien &#224; la lib&#233;ration sexuelle n'allait pas de soi, comme on peut le voir &#224; la lecture des &#233;crits de Kollonta&#239;. La victoire du stalinisme en Union Sovi&#233;tique se traduisit par la liquidation de nombreux acquis pour les femmes et l'&#233;mancipation sexuelle, et g&#233;n&#233;ralisa les pr&#233;jug&#233;s anti-homosexuels dans pratiquement l'ensemble des partis staliniens et mao-staliniens, des ann&#233;es '30 aux ann&#233;es '80. Mais l'affirmation du mouvement lesbien/gay de lib&#233;ration vers la fin des ann&#233;es '60- d&#233;but '70 en Europe occidentale, et en Am&#233;rique du nord et du sud, co&#239;ncida avec une nouvelle avanc&#233;e de la gauche radicale et r&#233;volutionnaire. Le f&#233;minisme et particuli&#232;rement le f&#233;minisme socialiste furent cruciaux pour les progr&#232;s de la lib&#233;ration lesbienne/gay, dans le contexte d'une remise en cause globale de la soci&#233;t&#233;. Ce texte entend (1) d&#233;finir les bases du soutien des marxistes-r&#233;volutionnaires &#224; la lib&#233;ration lesbienne/gay ; (2) d&#233;velopper les positions de la 4&#232;me Internationale sur quelques questions centrales ; (3) d&#233;finir notre tactique dans la construction du mouvement lesbien/gay ; et (4) sugg&#233;rer comment la lib&#233;ration lesbienne/gay peut et devrait se refl&#233;ter dans le profil politique de nos organisations et leur vie interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re partie Les bases de l'oppression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Bien que les niveaux de pers&#233;cution ou de tol&#233;rance soient tr&#232;s vari&#233;s, on ne trouve nulle part aujourd'hui dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes l'&#233;galit&#233; compl&#232;te ou la libert&#233; pour les lesbiennes, les hommes gays, les personnes bisexuelles ou transgenres (dont les identit&#233;s de genre diff&#232;rent de leur sexe biologique, et qui comprennent les travestis, les transsexuels, et bien d'autres dont les identit&#233;s ont leurs racines dans les cultures indig&#232;nes). L'h&#233;t&#233;rosexisme, l'oppression &#224; laquelle ils sont soumis, s'exprime - comme le sexisme - ' dans toutes les sph&#232;res, qu'il s'agisse de la politique, de l'emploi, de l'&#233;ducation, et jusqu'aux aspects les plus intimes de la vie quotidienne ', selon les termes de la r&#233;solution sur la lib&#233;ration des femmes adopt&#233;e par la 4&#232;me Internationale en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'h&#233;t&#233;rosexisme est enracin&#233; dans l'institution de la famille h&#233;t&#233;rosexuelle, patriarcale, caract&#233;ristique du capitalisme. La famille est ' l'institution socio-&#233;conomique fondamentale pour la reproduction, d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, des divisions de la soci&#233;t&#233; en classes ', pour reprendre encore les termes de la r&#233;solution de 1979 sur la lib&#233;ration des femmes. Sous la forme qu'elle a pris sous le capitalisme, la famille ' fournit le m&#233;canisme le moins cher et le plus id&#233;ologiquement acceptable de reproduction de la force de travail humain ', par le recours au travail gratuit, le plus souvent f&#233;minin, pour s'occuper des enfants et des vieux, ainsi que des adultes en &#226;ge de travailler, et ' elle reproduit en son sein les rapports hi&#233;rarchiques et autoritaires n&#233;cessaires au maintien de la soci&#233;t&#233; de classes dans son ensemble '. Ce type de famille est particuli&#232;rement ali&#233;nante pour les femmes et les enfants. Au centre de ces rapports, que la famille reproduit plus ou moins fid&#232;lement dans la soci&#233;t&#233; capitaliste de g&#233;n&#233;ration et g&#233;n&#233;ration, se trouve l'amour h&#233;t&#233;rosexuel, r&#233;put&#233; en derni&#232;re instance &#234;tre le fondement du mariage et de la cr&#233;ation de nouvelles familles, ainsi que l'amour des parents, qui doit lier les adultes &#224; leurs enfants biologiques dans une relation qui combine affection, responsabilit&#233; et autorit&#233;. Aussi longtemps que la soci&#233;t&#233; est organis&#233;e sous un mode qui postule que les besoins fondamentaux seront rencontr&#233;s dans la famille, tous ceux qui en sont exclus ou choisissent de ne pas y vivre auront des difficult&#233;s &#224; pourvoir &#224; leurs besoins. Cette forme de famille sous le capitalisme pr&#233;suppose et reproduit une norme h&#233;t&#233;rosexuelle, qui est oppressive pour tout qui s'en &#233;carte. Pour autant que l'amour h&#233;t&#233;rosexuel est la base de la formation d'une famille, les personnes dont la vie &#233;motionnelle et sexuelle repose largement sur l'amour pour le m&#234;me sexe sont marginalis&#233;s de la vie de famille. Aussi longtemps que la famille sera un lieu central pour l'&#233;ducation des enfants, les enfants lesbiens/gays/bisexuels/transgenres (LGBT) grandiront dans l'ali&#233;nation (encore plus que les enfants et les jeunes en g&#233;n&#233;ral), les adultes non-mari&#233;s seront exclus de la possibilit&#233; d'&#233;lever des enfants, et les enfants seront souvent priv&#233;s de la pr&#233;sence d' adultes et d'autres enfants auxquels ils ne sont pas biologiquement li&#233;s. Aussi longtemps que seuls le d&#233;sir et l'amour h&#233;t&#233;rosexuels impr&#233;gneront cette culture capitaliste de consommation, les personnes LGBT se vivront comme invisibles. Les lois r&#233;pressives et la discrimination sociale largement r&#233;pandue intensifient cette oppression dans la plus grande partie du monde, mais le rejet des lois r&#233;pressives et le combat contre la discrimination sociale ne pourront &#224; eux seuls mettre fin &#224; cette oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Pour des millions de personnes aujourd'hui, dans le monde entier, en particulier mais pas seulement - et de loin - dans les pays d&#233;pendants, l'&#233;rotique du m&#234;me sexe ne peut se vivre qu'&#233;pisodiquement, aux marges des vies de famille h&#233;t&#233;rosexuelles, en se cachant le plus souvent des parents s'ils vivent encore avec eux, ou de leurs conjoints de l'autre sexe. Des millions de femmes se marient pour survivre, &#233;tant donn&#233; le choix tr&#232;s limit&#233; de possibilit&#233;s sociales et &#233;conomiques qui leur sont ouvertes ; ces pressions p&#232;sent &#233;galement sur les hommes, dans une moindre mesure. Pour des milliers d'hommes et de femmes, l'&#233;chec &#224; se conformer &#224; la norme h&#233;t&#233;rosexuelle va de pair avec l'&#233;chec flagrant &#224; se conformer aux normes de masculinit&#233; et de f&#233;minit&#233;, ce qui rend difficile ou impossible d'assumer les r&#244;les h&#233;t&#233;rosexuels. Des milliers de personnes transgenres incapables ou se refusant &#224; s'adapter aux familles socialement reconnues, incapables ou se refusant &#224; vivre comme ' de vrais hommes ' ou ' de vraies femmes ', sont bannies jusqu'aux bornes extr&#234;mes du march&#233; du travail et de la soci&#233;t&#233;, r&#233;duites pour survivre au travail sexuel ou d'autres besognes de parias, confront&#233;es au m&#233;pris g&#233;n&#233;ral et &#224; des assauts violents. Beaucoup de personnes LGBT de par le monde subissent la r&#233;pression comme une r&#233;alit&#233; quotidienne : prison, viol, torture et meurtre. 4. Dans les pays d&#233;pendants, l'h&#233;t&#233;rosexisme rev&#234;t des formes sp&#233;cifiques et parfois particuli&#232;rement virulentes. Les conqu&#233;rants europ&#233;ens, depuis le seizi&#232;me jusqu'au vingti&#232;me si&#232;cle, ont souvent utilis&#233; l'extirpation de la ' sodomie ' comme justification id&#233;ologique &#224; la conqu&#234;te et &#224; la domination sur d'autres peuples. De nombreux pays qui sont aujourd'hui formellement ou politiquement ind&#233;pendants ont conserv&#233; les lois contre l'homosexualit&#233; qui avaient &#233;t&#233; impos&#233;es par les autorit&#233;s coloniales ant&#233;rieures. Le maintien des lois, pratiques et coutumes r&#233;pressives est souvent argument&#233; sur la base de la religion - dans les pays d&#233;pendants comme dans les pays imp&#233;rialistes - y compris le Christianisme, l'Islam et l'Hindouisme, et pr&#233;serv&#233; par le recours &#224; la juridiction religieuse ou communautaire l&#233;galement institu&#233;e sur la famille et la vie personnelle, dans les pays ou la s&#233;paration de la religion et de l'&#233;tat n'a pas &#233;t&#233; acquise. La droite religieuse et les fondamentalistes argumentent couramment que le code ' moral ' qu'ils d&#233;fendent est profond&#233;ment ancr&#233; dans la structure traditionnelle de la soci&#233;t&#233; o&#249; ils sont organis&#233;s. En r&#233;alit&#233;, le plus souvent, beaucoup de leurs pratiques les plus r&#233;actionnaires, particuli&#232;rement celles dirig&#233;es contre les femmes et contre les ' d&#233;viations ' sexuelles, n'ont pas de telles racines mais sont essentiellement modernes comme elles sont essentiellement r&#233;actionnaires. Un second mythe id&#233;ologique fondamental est que, dans ces soci&#233;t&#233;s, l'homosexualit&#233; serait une survivance n&#233;gative de plus de l'imp&#233;rialisme. Tout en d&#233;fendant une compr&#233;hension mat&#233;rialiste de l'essor d'identit&#233;s lesbiennes et gays &#224; &#233;chelle de masse telles qu'elles se pr&#233;sentent aujourd'hui, en tant que produit de l'industrialisation et de l'urbanisation, nous d&#233;veloppons &#233;galement la connaissance de l'histoire des relations de m&#234;me sexe, dans ses multiples variantes, au sein des cultures traditionnelles. L'absence ou les lacunes d'Etat-providence et les bas niveaux de salaires dans les pays d&#233;pendants renforcent la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des familles traditionnelles. Sp&#233;cialement dans les zones rurales, le manque d'organisations sociales ou politiques non-traditionnelles et d'alternatives culturelles rend la non-conformit&#233; difficile. Dans une telle situation, la 4&#232;me Internationale consid&#232;re que l'organisation des LGBT constitue un &#233;l&#233;ment important d'un projet global de lib&#233;ration nationale, lequel implique n&#233;cessairement l'affrontement contre les structures de pouvoir nationales et religieuses, tout autant que contre l'imp&#233;rialisme. La participation ouverte des structures LGBT dans les soul&#232;vements d&#233;mocratiques de masse dans plusieurs pays d'Am&#233;rique latine, d'Afrique australe et d'Asie du sud-est ont d&#233;montr&#233; que lib&#233;ration lesbienne/gay et lib&#233;ration nationale peuvent aller de pair. 5. Il aura fallu des hausses de salaires substantielles et le d&#233;veloppement de l'&#233;tat-providence au cours du 20&#232;me si&#232;cle pour que les travailleurs puissent enfin, &#224; &#233;chelle de masse, acc&#233;der &#224; l'autonomie vis-&#224;-vis des familles o&#249; ils &#233;taient n&#233;s, sans se marier et en fonder de nouvelles ; qu' ils puissent d&#233;velopper des relations signifiantes, &#224; long terme, avec des personnes du m&#234;me sexe ; et qu'ils puissent rejoindre des communaut&#233;s lesbiennes et gays ouvertes et viables, et s'identifier &#224; elles. En m&#234;me temps, le mariage h&#233;t&#233;rosexuel en est venu &#224; se fonder de plus en plus sur l'attraction sexuelle et l'amour romantique, m&#234;me s'il subsiste de fortes pressions mat&#233;rielles au mariage, et que les mariages arrang&#233;s par les familles sont encore la norme dans de nombreux pays. Particuli&#232;rement dans les pays imp&#233;rialistes, et particuli&#232;rement chez les hommes, les vies gays sont dans une certaine mesure v&#233;cues dans les lieux marchands, qui constituent la r&#233;ponse capitaliste aux besoins des personnes LGBT d'endroits de rencontre et d'&#233;change. L&#224; o&#249; les lieux marchands ont cr&#251;, mais o&#249; l'espace de vie lib&#233;r&#233;e pur les LGBT dans la soci&#233;t&#233; globale est rest&#233; limit&#233;, le r&#233;sultat est contradictoire. Cela constitue un progr&#232;s pour les LGBT de pouvoir &#234;tres ouverts sur leur sexualit&#233; dans ce cadre-l&#224; - mais il n'est pas acceptable que cela reste difficile dans la soci&#233;t&#233; globale. L'existence de ces lieux marchands ont souvent donn&#233; l'impulsion premi&#232;re pour le d&#233;veloppement du mouvement lesbien/gay. Il y a autre chose : les lieux marchands ne permettent qu'un &#233;change tr&#232;s limit&#233; entre personnes, m&#234;me s'ils se sont diversifi&#233;s en se multipliant. Ils restent en g&#233;n&#233;ral domin&#233;s sous h&#233;g&#233;monie masculine, et v&#233;hiculent des repr&#233;sentations d'attraction sexuelle qui sont racistes et &#226;gistes (excluantes sur base de la race et de l'&#226;ge) - en r&#233;sum&#233;, elles r&#233;duisent le sexe &#224; une marchandise, et ne fournissent pas l'environnement qui permettrait aux gens de se rencontrer facilement comme &#234;tres humains complets. Les r&#233;seaux informels, les clubs, les centres communautaires et les groupes d'action qui sont le fruit de l'auto-organisation des LGBT constituent une r&#233;ponse partielle &#224; l'ali&#233;nation des lieux marchands, mais ils sont souvent d&#233;pourvus de la visibilit&#233;, du clinquant et des moyens dont disposent les lieux marchands. Les communaut&#233;s lesbiennes/gays, qui comprennent toutes les femmes et tous les hommes de toutes les classes qui s'identifient comme lesbiennes ou comme gays, ainsi que les identit&#233;s et subcultures qui s'y sont affirm&#233;es, ont constitu&#233; la base sur laquelle les mouvements lesbiens/gays se sont construits. On a souvent attaqu&#233; la sous-culture lesbienne/gay comme fortement ali&#233;n&#233;e, mais, lorsque cette critique provient des m&#233;dias ou de la droite, elle passe sous silence le fait que sous le capitalisme, c'est l'ensemble de la sexualit&#233; qui est de plus en plus r&#233;ifi&#233;e, r&#233;duite &#224; une marchandise. Les mouvements lesbiens/gays avaient essentiellement comme objectif de combattre des lois ou des pratiques sp&#233;cifiques de r&#233;pression contre la sexualit&#233; de m&#234;me sexe ou les personnes LGBT ; de promouvoir des lois qui mettraient fin aux diverses formes de discrimination sociale ; et des lois qui reconna&#238;traient aux relations de m&#234;me sexe l'&#233;galit&#233; de reconnaissance et de traitement dans le cadre des lois et pratiques en vigueur. 6. Depuis les ann&#233;es '70, le rapport des jeunes &#224; leur sexualit&#233; s'est transform&#233; dans de nombreux pays, de fa&#231;on contradictoire. Le tabou sur la sexualit&#233; des jeunes est devenu moins absolu ; les corps des jeunes et leur sexualit&#233; sont devenus plus visibles dans les m&#233;dias, et, de plus en plus souvent, la publicit&#233; commerciale en use et abuse pour vendre ses produits. Les reculs caus&#233;s par le SIDA et le surgissement d'un nouveau moralisme n'ont pas mis fin &#224; cette tendance. Mais la sexualit&#233; des jeunes est encore r&#233;prim&#233;e, particuli&#232;rement celle des jeunes femmes et des jeunes LGBT. Les enfants et les adolescents, &#224; l'&#233;cole et &#224; la maison, sont encore soumis &#224; des pressions pour qu'ils se conforment aux r&#244;les g&#233;n&#233;riques approuv&#233;s ; les pr&#233;jug&#233;s, la honte de leur corps, et la peur des transgressions forment l'essentiel de la le&#231;on enseign&#233;e. Et, autant ou plus que jamais, les jeunes ne disposent pas des conditions mat&#233;rielles pour vivre librement leur sexualit&#233;. La d&#233;pendance &#233;conomique des jeunes par rapport &#224; leurs familles s'est accrue avec les attaques contre les programmes sociaux. Les lieux de rencontre lesbiens/gays sont souvent exclusivement commerciaux, et excluent donc les nombreux jeunes qui ne disposent que de peu d'argent. Il y a &#233;galement encore des barri&#232;res &#224; l'information des jeunes sur la sexualit&#233;, ainsi qu'&#224; l'acc&#232;s et l'information des jeunes aux contraceptifs. Le non-acc&#232;s aux pr&#233;servatifs et &#224; l'information sur la sexualit&#233; est une question importante en ce qui concerne la transmission du SIDA et d'autres MST. S'il est vrai que les repr&#233;sentations de l'homosexualit&#233; deviennent plus courantes dans de nombreux pays, elles sont souvent d&#233;form&#233;es ou st&#233;r&#233;otyp&#233;es. Alors que les jeunes sont souvent plus larges d'esprit et moins homophobes que les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes, le ' coming out ' (sortir du placard pour les LGBT) reste un processus douloureux pour beaucoup de jeunes, y compris dans des cultures ostensiblement tol&#233;rantes, comme le montre les taux tr&#232;s &#233;lev&#233;s de suicide chez les jeunes lesbiennes et gays. 7. La r&#233;solution sur la lib&#233;ration des femmes notait, voici plus de 20 ans : ' aujourd'hui, confront&#233;e &#224; des probl&#232;mes &#233;conomiques croissants, la classe dirigeante sabre dans les d&#233;penses sociales et tente de remettre le fardeau aux familles individuelles '. Les d&#233;cennies ult&#233;rieures n'ont fait qu'aggraver la situation. Conjugu&#233;s &#224; des salaires bloqu&#233;s ou en diminution et un ch&#244;mage croissant, ces coupes sombres menacent les pr&#233;conditions de base, en termes de logement, de soins de sant&#233;, de soins aux enfants et autres formes de soutien collectif, qui permettraient aux LGBT de vivre de fa&#231;on d&#233;cente en dehors des familles h&#233;t&#233;rosexuelles et de conforter leurs communaut&#233;s. Les effets ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement d&#233;vastateurs pour les nouvelles communaut&#233;s &#233;mergentes dans les pays d&#233;pendants, notamment depuis 1982 en Am&#233;rique latine et depuis 1997 dans l'Asie de l'est et du sud-est, et contribuent &#224; renforcer l'id&#233;ologie familiariste. L&#224; o&#249; existent des mouvements lesbiens/gays, ils devraient participer ouvertement aux luttes contre l'aust&#233;rit&#233; capitaliste ; ces luttes devraient en tout cas reprendre les revendications des personnes LGBT pour des services sp&#233;cifiques. Deuxi&#232;me partie Nos prises de position 8. Dans la foul&#233;e de la radicalisation de la fin des ann&#233;es '60, les activistes ont appel&#233; &#224; d&#233;passer les luttes pour les droits lesbiens/gays pour exiger la lib&#233;ration gay/lesbienne totale, ce qui impliquait le d&#233;p&#233;rissement de la famille capitaliste en tant qu'institution. M&#234;me si cette aspiration a perdu de sa centralit&#233; dans le mouvement, la 4&#232;me Internationale consid&#232;re que l'&#233;galit&#233; et la libert&#233;, tant pour les femmes que pour les personnes LGBT, passeront par la socialisation des fonctions de la famille, ce qui ne pourra s'accomplir que par le renversement du capitalisme. Dans notre soutien aux luttes pour les droits des lesbiennes/gays, nous tentons de construire des ponts entre les revendications imm&#233;diates et l'objectif final de la lib&#233;ration lesbienne/gay, que nous consid&#233;rons comme li&#233; &#224; l'objectif final de la r&#233;volution socialiste. Lorsque nous approfondirons notre conception de la soci&#233;t&#233; socialiste pour laquelle nous luttons, nous nous efforcerons d'y inscrire la conception de la lib&#233;ration lesbienne/gay. Dans notre combat contre les conceptions &#233;troites et ali&#233;nantes de masculinit&#233;, f&#233;minit&#233; et sexualit&#233;, nous tendons &#224; une soci&#233;t&#233; o&#249; le genre ne sera plus une cat&#233;gorie centrale dans l'organisation de la vie sociale, et o&#249; les concepts d' 'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; ' et d' 'homosexualit&#233; ', dans la mesure o&#249; ils subsistent, ne charrieront plus aucune cons&#233;quence l&#233;gale ou &#233;conomique. Nous tendons &#224; une socialisation multiforme des diverses fonctions assum&#233;es aujourd'hui par la famille : responsabilit&#233; collective et communautaire pour la prise en charge des enfants et des infirmes ; une &#233;conomie qui ne contraigne pas les gens &#224; s'exiler de leurs communaut&#233;s locales ; diverses formes de foyers et de coop&#233;ration avec les collectivit&#233;s locales ; et diverses formes d'amiti&#233;s, de solidarit&#233; et de relations sexuelles. 9. Dans la plupart des cultures, la sexualit&#233; et l'activit&#233; sexuelle sont encore des aspects de notre comportement d'&#234;tres humains qui sont consid&#233;r&#233;s comme dangereux ou comme du ressort de la soci&#233;t&#233; et non de l'individu. Mais les progr&#232;s r&#233;volutionnaires dans la technologie de la reproduction au cours des ann&#233;es '50 et '60 ont grandement contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence de l'aspiration &#224; la lib&#233;ration sexuelle, et contribu&#233; &#224; diff&#233;rencier sexualit&#233; et reproduction. Une culture jeune fit son apparition dans les ann&#233;es '50 et '60 au sein des pays imp&#233;rialistes, qui entreprit entre autres de remettre en cause la classification traditionnelle du genre. Ces nouveaux d&#233;fis &#224; la culture traditionnelle incluaient de nouvelles approches de la sexualit&#233;. Les luttes pour le droit &#224; l'avortement et au contr&#244;le des naissances, de m&#234;me que la lutte pour les droits lesbiens/gays, se heurtaient de front &#224; la conception traditionnelle qui confondait sexe acceptable avec reproduction, mariage et famille. Les conceptions nouvelles sur le sexe et la sexualit&#233; tendaient &#224; valoriser le plaisir sexuel en g&#233;n&#233;ral, mais celui des femmes en particulier. Lorsque le mouvement des femmes mit en avant des revendications sur la sant&#233; et l'&#233;ducation sexuelle des femmes, leur conception &#233;tait que les femmes, en tant qu'&#234;tres sexuels, ont le droit au plaisir sexuel et au contr&#244;le de leurs relations sexuelles, un droit que les hommes s'&#233;taient historiquement appropri&#233;s. Un des messages centraux port&#233;s par cette lutte pour l'autonomie sexuelle des femmes &#233;tait qu'il n'existait pas de ' bon ' chemin pour le plaisir sexuel, mais qu'il y avait en r&#233;alit&#233; toute une gamme de possibilit&#233;s. La lib&#233;ration lesbienne/gay est un &#233;l&#233;ment de cette lib&#233;ration humaine plus large pour laquelle nous nous battons. Nous cherchons &#224; lib&#233;rer la sexualit&#233; humaine de ce que dans notre r&#233;solution de 1979, nous appelions ' le carcan de l'imp&#233;ratif &#233;conomique, de la d&#233;pendance personnelle et de la r&#233;pression sexuelle ' o&#249; elle est aujourd'hui trop souvent confin&#233;e. L'activit&#233; sexuelle librement consentie et apport du plaisir &#224; tous ceux et celles qui y prennent part est justifi&#233;e en soi. Nous travaillons pour une soci&#233;t&#233; o&#249; nos corps, nos d&#233;sirs et nos &#233;motions ne seront plus des choses qu'on peut acheter et vendre, une soci&#233;t&#233; o&#249; l'&#233;ventail des choix pour l'ensemble des &#234;tres humains - femmes, hommes, &#234;tres sexuels, personnes jeunes ou vieilles - est fortement &#233;tendu, et o&#249; les gens peuvent d&#233;velopper de nouvelles fa&#231;ons de faire l'amour, de vivre, de travailler et d'&#233;lever des enfants ensemble. Il est impossible pour nous, qui avons &#233;t&#233; construits par la soci&#233;t&#233; ali&#233;n&#233;e dans laquelle nous vivons, d'envisager comment la sexualit&#233; &#233;voluera dans ce contexte, et il est donc important de s'abstenir d'&#233;mettre des pr&#233;dictions fond&#233;es sur nos propres aspirations personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Les premi&#232;res batailles que les gays et lesbiennes ont men&#233;es, et qu'ils m&#232;nent encore, celles qui ont souvent fourni l'&#233;lan pour la formation de mouvements lesbiens/gays politiquement actifs, sont les actions contre la criminalisation de l'homosexualit&#233;. En 1969, la r&#233;bellion de Stonewall &#224; New York reste un point de r&#233;f&#233;rence pour l'ensemble du mouvement lesbien/gay occidental ; cela consista en la r&#233;sistance physique face aux raids de la police sur les bars que lesbiennes, gays, personnes bisexuelles ou transgenre fr&#233;quentaient pour se rencontrer. Il existe encore aujourd'hui beaucoup de pays o&#249; l'homosexualit&#233; est interdite par la loi. Au Moyen-Ori ent, en Afrique, en Asie, les &#233;tats qui n'interdisent pas l'homosexualit&#233; sont plut&#244;t l'exception que la r&#232;gle. Plusieurs &#233;tats des USA interdisent les rapports anaux ou oraux, qu'ils soient h&#233;t&#233;ro- ou homo-sexuels ; d'autres &#233;tats US ne les interdisent qu'entre personnes du m&#234;me sexe. Dans bien d'autres pays, y compris de nombreux pays latino-am&#233;ricains et europ&#233;ens, l'homosexualit&#233; n'est pas explicitement interdite, mais on a recours &#224; des notions telles que ' le scandale public ' pour emprisonner les gens, ou il existe des lois contre ' la promotion de l'homosexualit&#233; ' ou ' le racolage homosexuel ' . La qualification l&#233;gale la plus floue utilis&#233;e pour criminaliser les LGBT est celle d' 'ind&#233;cence ' : l'exp&#233;rience prouve que les juges sont beaucoup plus prompts &#224; s&#233;vir contre l' 'ind&#233;cence ' lorsqu'elle implique des personnes du m&#234;me sexe que de sexe oppos&#233;. Nous soutenons la revendication de rejet de telles lois anti-gays, ainsi que les pratiques et d&#233;marches discriminatoires qui vont de pair avec elles. M&#234;me lorsque la premi&#232;re bataille pour la l&#233;galisation de l'homosexualit&#233; a &#233;t&#233; victorieuse, il reste d'autres lois criminelles discriminatoires &#224; combattre. Par exemple, de nombreux pays ont &#233;dict&#233; des lois particuli&#232;res pour ' prot&#233;ger ' les mineurs de l'homosexualit&#233;. Se fondant sur le dogme selon lequel les jeunes peuvent &#234;tre ' influenc&#233;s ' ou ' s&#233;duits ' par des homosexuels, ces lois instituent un &#226;ge de consentement l&#233;gal plus &#233;lev&#233; pour les rapports homosexuels que pour les rapports h&#233;t&#233;rosexuels. Aujourd'hui, dans l'union europ&#233;enne, l'Autriche, l'Angleterre et l'Irlande conservent un &#226;ge de consentement l&#233;gal plus &#233;lev&#233; pour les rapports homosexuels. Nous soutenons la revendication du mouvement lesbien/gay que l'&#226;ge de consentement pour les rapports homosexuels soit r&#233;duit &#224; l'&#226;ge de consentement l&#233;gal pour les rapports h&#233;t&#233;rosexuels, partout o&#249; cette discrimination l&#233;gale est maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. A c&#244;t&#233; du combat contre les lois de criminalisation, de nombreux mouvements lesbiens/gays dans divers pays luttent en faveur de lois qui interdisent explicitement toute discrimination sur base de l'orientation sexuelle. L'Afrique du Sud occupe un rang particulier dans l'ensemble des pays : depuis l'adoption de sa nouvelle constitution, c'est un des rares pays au monde (aux c&#244;t&#233;s de l'Equateur et des Fidji) &#224; avoir inscrit dans leur constitution la protection contre la discrimination sur base de l'orientation sexuelle. Nous soutenons le combat pour l'interdiction l&#233;gale et constitutionnelle de la discrimination anti-gay. L'importance politique de ce combat ne doit pas &#234;tre sous-estim&#233;e. La bataille pour obtenir une protection l&#233;gale contre la discrimination nous ouvre le chemin pour remettre en cause le statut inf&#233;rieur et marginal des LGBT. Elle engage le d&#233;bat pour l'&#233;galit&#233; de la fa&#231;on la plus vigoureuse, parce que pour s'opposer &#224; l'&#233;galit&#233;, il est indispensable de tenter de rationaliser la discrimination. Cette bataille centre par ailleurs les campagnes autour du processus politique. Tout en soutenant et poussant &#224; de telles campagnes, les socialistes comprennent en m&#234;me temps qu'obtenir une protection l&#233;gale ne mettre pas fin en soi &#224; la discrimination et aux pr&#233;jug&#233;s. La campagne offre la possibilit&#233; d'expliquer les fondements sociaux de l'oppression, et la n&#233;cessit&#233; de transformer la soci&#233;t&#233;, et non seulement les lois, pour permettre un tel changement. Il existe cependant un lien entre changer la loi et remettre en cause les attitudes sociales. Il est important de prendre conscience de l'impact qu'aurait une victoire sur la protection l&#233;gale et l'accroissement cons&#233;quent de la confiance en eux des LGBT, accompagn&#233;e d'une ouverture plus grande aux questions sexuelles, sur les lieux de travail par exemple. Cela aura avec le temps un impact significatif pour diminuer les pr&#233;jug&#233;s des gens et modifier la perception des autres questions li&#233;es &#224; la discrimination des LGBT. Il semble &#233;galement qu'il existe un lien &#233;troit entre l'existence de mouvements f&#233;ministes puissants, les droits conquis par les femmes, et les droits &#233;gaux pour les LGBT. Lorsque la modification l&#233;gale est acquise, il reste encore &#224; faire campagne pour son application effective. Cela peut se faire en surveillant l'efficacit&#233; de la loi, et centrant les campagnes sur les zones de r&#233;sistance qui seront identifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. L'un des secteurs cl&#233; o&#249; il y a eu des progr&#232;s dans le sens des droits lesbiens/gays, et un terrain vital pour les r&#233;volutionnaires, a &#233;t&#233; la lutte pour faire reconna&#238;tre que l'&#233;galit&#233; des lesbiennes/gays est un objectif du mouvement ouvrier, en particulier les syndicats. Les campagnes des mouvements lesbiens/gays ont eu leur &#233;cho dans les syndicats. A diverses reprises, sous diverses formes, les travailleurs lesbiens/gays se sont organis&#233;s pour mettre leurs syndicats en demeure de prendre en charge leurs revendications sp&#233;cifiques, et ils ont maintenant conquis un espace dans les ordres du jour des syndicats les plus progressistes. Deux groupes de revendications li&#233;s ont &#233;t&#233; les plus importantes : obtenir la reconnaissance syndicale des droits des lesbiennes/gays sur les lieux de travail ; et obtenir la reconnaissance syndicale du droit des travailleurs lesbiens/gays &#224; s'auto-organiser dans des structures propres au sein du syndicat. Il aura souvent &#233;t&#233; n&#233;cessaire de remporter d'abord une victoire sur le second point avant de pouvoir vraiment progresser sur le premier. Des alliances ont souvent &#233;t&#233; conclues avec ces autres travailleurs dont les besoins ont &#233;t&#233; traditionnellement ignor&#233;s par les directions r&#233;formistes : les femmes, les moins-valides, et les communaut&#233;s minoritaires. Cette lutte est d'une particuli&#232;re importance pour les r&#233;volutionnaires, parce qu'elle remet en cause la s&#233;paration entre ' questions &#233;conomiques et questions politiques ', et ' aide la classe ouvri&#232;re &#224; penser avec une conception sociale globale ' (r&#233;solution de 1979). La revendication du droit &#224; l'auto-organisation a souvent &#233;t&#233; combattue aussi bien par la droite que par la gauche r&#233;formiste, avec comme argumentation que cela diviserait le mouvement. Nous devrions r&#233;pondre que c'est le contraire, c'est l'exclusion et la marginalisation des travailleurs lesbiens/gays qui est facteur de division, et que la reconnaissance de l'auto-organisation est une &#233;tape essentielle vers l'int&#233;gration de tous les secteurs d'affili&#233;s. Les revendications sp&#233;cifiques pour les droits sur les lieux de travail varient de pays &#224; pays, la condition l&#233;gale de l'homosexualit&#233;, et les conditions particuli&#232;res &#224; chacun des secteurs. Parmi les revendications principales, figureront sans doute : - la protection contre le licenciement abusif, le recrutement discriminatoire, le refus de promotions, etc... ; - la protection contre le harassement par la direction ou les coll&#232;gues de travail pour raisons sexuelles ; - l'acc&#232;s aux avantages pr&#233;vus pour les travailleurs h&#233;t&#233;rosexuels, comme le cong&#233; de partenariat et les avantages allou&#233;s aux partenaires du travailleur , tels que les tickets gratuits dans l'industrie du transport ; - l'acc&#232;s &#233;gal aux avantages tels que la pension et les plans d'assurance ; - la reconnaissance du fait que les lesbiennes et les gays peuvent eux aussi avoir des responsabilit&#233;s parentales. Il sera &#233;galement n&#233;cessaire de lier de telles revendications &#224; l'exigence que les syndicats donnent leur soutien actif &#224; la lutte pour les droits &#233;gaux des lesbiennes/gays dans la soci&#233;t&#233; dans son ensemble. Cela implique par exemple que le syndicat mobilise pour le soutien aux campagnes pour les droits lesbiens/gays, et soutiennent les activit&#233;s de la communaut&#233; lesbienne/gay telles que les Gay Prides. Un &#233;l&#233;ment essentiel du combat est de progresser de l'acceptation d'une structure auto-organis&#233;e jusqu'&#224; l'int&#233;gration de ces revendications aux projets du syndicat dans son ensemble. Cela n&#233;cessitera un travail permanent et de longue haleine pour modifier les cultures dominantes de beaucoup de syndicats, et ne pourra en g&#233;n&#233;ral aboutir qu'en se ralliant de fermes alli&#233;s parmi les autres groupes de travailleurs. Il nous faut &#233;galement rester vigilants sur la possibilit&#233; que de telles revendications, qui ne sont pas r&#233;volutionnaires en soi, peuvent toujours aboutir dans un cadre r&#233;formiste. Les dirigeants syndicaux les plus habiles se sont souvent d&#233;brouill&#233;s pour accepter l'int&#233;gration, mais dans les faits il s'agissait de cooptation ou de neutralisation, ou encore de mise sous tutelle bureaucratique. Le rem&#232;de &#224; ce danger est de lutter sans concessions pour que le syndicat assume un r&#244;le actif de mobilisation sur les questions des droits lesbiens/gays, ce qui les gardera engag&#233;s dans l'action de masse, ainsi que de continuer &#224; encourager les travailleurs lesbiens/gays &#224; mobiliser sur leurs revendications propres, sans laisser aux bureaucraties ' compr&#233;hensives ' la possibilit&#233; de les r&#233;cup&#233;rer ; il s'agira d'utiliser chaque progr&#232;s comme un point de d&#233;part pour le progr&#232;s suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Contrairement au choeur assourdissant des voix qui r&#233;clament que l'on prot&#232;ge les jeunes des dangers du sexe, des repr&#233;sentations et des informations sexuelles, nous estimons que plus d'information et d'autonomie, et pas moins, constituent le meilleur moyen pour ' prot&#233;ger ' les jeunes. Elles sont indispensables &#224; la lib&#233;ration sexuelle des jeunes, &#224; leur maturation et &#224; leur libre choix. Elles peuvent &#233;galement aider les jeunes LGBT &#224; trouver l'identit&#233; sexuelle et le mode de vie qui leur conviennent le mieux, et &#224; r&#233;sister aux pressions &#224; se conformer aux styles de vie pr&#233;sents des lesbiennes/gays. Une &#233;ducation sexuelle &#224; l'&#233;cole qui int&#232;gre pleinement les choix de m&#234;me sexe, et qui insiste sur le plaisir et la diversit&#233; ; le renforcement, et non la destruction, des programmes sociaux ; le libre acc&#232;s &#224; la contraception ; et les conditions qui permettent l'&#233;mancipation &#233;conomique des jeunes - autant de revendications imm&#233;diates &#224; pr&#233;senter &#224; l'&#233;tat, aussi bien dans les pays imp&#233;rialistes que dans les pays d&#233;pendants. Parall&#232;lement &#224; notre exigence d'&#233;galit&#233; de l'&#226;ge du consentement pour les rapports sexuels homos et h&#233;t&#233;ros, nous nous opposons &#224; toute r&#233;pression de l'exploration sexuelle consentie entre jeunes du m&#234;me &#226;ge approximatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Dans une bonne partie du monde d&#233;velopp&#233;, notamment aux USA, s'est d&#233;velopp&#233; vers la fin des ann&#233;es '70 une contre-offensive de droite contre les acquis du mouvement des femmes, ainsi que du mouvement lesbien/gay. Des organisations religieuses, extr&#234;mement conservatrices, bien financ&#233;es et tr&#232;s militantes ont mis en route des agendas politiques contre des questions sexuelles relatives aux femmes, &#224; la communaut&#233; gay et lesbienne, et aux jeunes. Beaucoup de ces organisations de droite et beaucoup de leurs membres ont &#233;galement choisi les LGBT comme cibles d'intimidation physique, et dans certains cas, de violence extr&#234;me, souvent d&#233;clench&#233;e par une rh&#233;torique de haine homophobe visc&#233;rale. L'ampleur de cette contre-offensive de droite contre les acquis des mouvements sociaux des ann&#233;es '60 - une contre-offensive qui s'est depuis &#233;galement &#233;tendue au monde sous-d&#233;velopp&#233;- ne doit pas &#234;tre sous-estim&#233;e. A c&#244;t&#233; de leur forte condamnation du racisme et de la x&#233;nophobie, les mouvements antifascistes doivent &#233;galement d&#233;noncer avec conviction la violence anti-gay qui s&#233;vit dans la soci&#233;t&#233; - et s'organiser en cons&#233;quence. De m&#234;me, les mouvements lesbiens/gays doivent chercher des alli&#233;s dans les autres secteurs de la soci&#233;t&#233; attaqu&#233;s par l'extr&#234;me-droite, comme les immigrants, la jeunesse, les gens de couleur, les juifs, et la gauche politique, pour combattre plus efficacement l'ennemi commun, la droite religieuse et le fascisme. En d&#233;fiant le pouvoir politique et les campagnes anti-gays des &#233;glises catholiques et orthodoxes orientales, et des groupes &#233;vang&#233;liques protestants, les mouvements lesbiens/gays devraient trouver des alliances pour lutter pour la s&#233;paration compl&#232;te de la religion et de l'&#233;tat. Sp&#233;cialement dans les pays o&#249; les LGBT sont durement r&#233;prim&#233;s, &#233;tablir des liens avec les organisations globales pour les droits de l'Homme, et soulever en leur sein les th&#232;mes LGBT peut &#234;tre une bonne fa&#231;on de d&#233;marrer l'organisation LGBT. Tenant compte du niveau de r&#233;pression auquel les LGBT sont confront&#233;s dans de nombreux pays, nous soutenons le droit d'asile pour les LGBT qui proviennent de pays o&#249; les LGBT sont pers&#233;cut&#233;s, menac&#233;s ou simplement ne peuvent pas r&#233;sider en raison de leur orientation sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Depuis que le SIDA a &#233;t&#233; pour la premi&#232;re fois identifi&#233; chez des hommes gays en 1981, l'association SIDA-homosexualit&#233; a conduit &#224; la condamnation globale du sexe entre hommes, et &#224; une re-pathologisation de l'homosexualit&#233;. Mais en m&#234;me temps, les r&#233;actions n&#233;cessaires face au SIDA ont ouvert dans de nombreux pays un nouvel espace social et politique, qui s'est notamment traduit par la remise en cause du pouvoir m&#233;dical, la mise en question des responsabilit&#233;s des pouvoirs publics, et l'exigence de la ma&#238;trise par les malades eux-m&#234;mes des questions de sant&#233; publique. Cela a aussi permit des ressources accrues pour le d&#233;veloppement des organisations gays, ainsi qu'un d&#233;bat public plus ouvert sur la sexualit&#233; et les pratiques sexuelles. Dans de nombreux pays, de nouvelles g&#233;n&#233;rations militantes, tant par l'&#226;ge que par leur parcours militant, ont pris la t&#234;te des organisations de soutien, de conseils et de services sur le SIDA, et les communaut&#233;s gays ont &#233;t&#233; fortement impliqu&#233;es dans les soins et les deuils. L'exp&#233;rience acquise dans l'activisme gay a souvent rejailli dans les organisations-soeurs de personnes touch&#233;es par le SIDA, et les organisations gays et lesbiennes se sont souvent retrouv&#233;es en alliance avec les travailleurs du sexe et les utilisateurs de drogues par injection. Le SIDA est aujourd'hui la quatri&#232;me cause majeure de d&#233;c&#232;s dans le monde ; en Afrique, c'est m&#234;me la cause principale. Dans les pays africains et asiatiques o&#249; l'&#233;pid&#233;mie de SIDA est la plus intense, ce sont les rapports h&#233;t&#233;rosexuels non prot&#233;g&#233;s, et non les rapports non prot&#233;g&#233;s entre hommes, qui sont responsables de la grande majorit&#233; des cas d'infection. Cependant, en Afrique du sud et de l'ouest, en Am&#233;rique latine et en Asie du sud, les communaut&#233;s gays subissent de hauts niveaux d'infection, de maladie et de mortalit&#233;. La lutte d'ensemble contre le SIDA requiert de lier plusieurs dynamiques de lutte : - contre la honte sociale, la discrimination et l'isolement ; - contre l'h&#233;t&#233;rosexisme et le sexisme ; - contre le racisme et l'imp&#233;rialisme ; - pour les droits d&#233;mocratiques et le droit des groupes opprim&#233;s &#224; l'auto-organisation ; - contre le contr&#244;le de la religion sur la censure, l'&#233;ducation, les services sociaux et les services de sant&#233; ; - pour la d&#233;faite de la soi-disant ' guerre &#224; la drogue ' ; - pour des soins de sant&#233; efficaces et gratuits ; - et contre les superprofits des compagnies pharmaceutiques internationales. En particulier, nous sommes solidaires de ceux qui combattent contre les compagnies pharmaceutiques qui interdisent l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments dans le tiers-monde, et pour des prix plus mod&#233;r&#233;s. Dans les pays o&#249; il n'existe pas encore d'organisations lesbiennes-gays, d&#233;velopper un travail SIDA parmi les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes peut &#234;tre un bon moyen pour d&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Dans le monde entier, il y a une exigence croissante de reconnaissance l&#233;gale des rapports de m&#234;me sexe. La position de fond de la 4&#232;me Internationale sur ce point est : droits &#233;gaux - pour les femmes et les hommes, pour les personnes mari&#233;es ou non, pour les LGBT et les h&#233;t&#233;rosexuels. En g&#233;n&#233;ral, les gens acqui&#232;rent un certain nombre de droits par le mariage - mais quelques uns de ces droits vont seulement, ou essentiellement, aux hommes. C'est pourquoi nous sommes par exemple favorables au droit des femmes et des hommes individuels, ind&#233;pendamment de leur sexualit&#233; ou de leur statut de couple, &#224; pouvoir adopter des enfants, ou obtenir la garde d'enfants. Toutes les d&#233;cisions sur la garde, les visites et l'adoption devraient &#234;tre prise dans l'int&#233;r&#234;t r&#233;el des enfants concern&#233;s, plut&#244;t que sur le postulat qu'une famille nucl&#233;aire, m&#234;me violente ou p&#233;nible, serait n&#233;cessairement dans leur int&#233;r&#234;t. Nous refusons aussi l'id&#233;e selon laquelle les enfants devraient &#234;tre trait&#233;s comme propri&#233;t&#233; des adultes : les enfants devraient avoir effectivement voix au chapitre dans de telles d&#233;cisions. Nous sommes aussi oppos&#233;s aux r&#232;gles de taxation qui favorisent les personnes mari&#233;es ou engag&#233;es dans une relation sexuelle &#224; long terme. Tout en combattant ces lois et r&#232;glements qui privil&#233;gient les personnes mari&#233;es, nous reconnaissons que la revendication pour les droits des partenaires et dans certains cas le droit au mariage mobilise de nombreux LGBT. Cela ne nous surprend pas, puisque d'une part les pratiques discriminatoires contre les personnes non mari&#233;es se perp&#233;tuent, et que nous savons d'autre part que l'id&#233;ologie poss&#232;de sa dynamique propre. Dans le monde ali&#233;n&#233; du capitalisme, le mariage ne s'accompagne pas seulement d'avantages mat&#233;riels, mais il est de plus suppos&#233; permettre la s&#233;curit&#233; &#233;motionnelle (que cela soit ou non r&#233;alis&#233; dans la pratique). Nous soutenons la revendication au mariage homosexuel, avec tous droits &#233;gaux. Nous revendiquons &#233;galement plus de droits l&#233;gaux pour les couples non-mari&#233;s - qu'ils soient homo- ou h&#233;t&#233;rosexuels. Les couples devraient pouvoir fonder et garantir la reconnaissance de droits et responsabilit&#233;s mutuelles sous diff&#233;rentes formes, et non pas seulement sur le mod&#232;le du mariage. Chaque possibilit&#233; doit &#234;tre &#233;galement accessible aux couples homos et h&#233;t&#233;ros. Par exemple, lorsque la loi en vigueur reconna&#238;t automatiquement le mari de la m&#232;re g&#233;nitrice comme parent ou autorise le partenaire masculin de la m&#232;re g&#233;nitrice &#224; ' reconna&#238;tre' l'enfant comme sien, la partenaire de m&#234;me sexe de la m&#232;re g&#233;nitrice doit se voir reconna&#238;tre les m&#234;mes droits. Nous nous battons &#233;galement contre les d&#233;lais d'enregistrement l&#233;gal qui p&#233;nalisent les partenariats de m&#234;me sexe, ainsi que contre le refus (ou de plus grandes difficult&#233;s pour obtenir) des permis de r&#233;sidence pour les partenaires immigr&#233;s de couples de m&#234;me sexe. Il est &#233;galement important de renforcer les droits individuels, que les gens vivent en couple ou seuls. En particulier, les droits individuels des femmes ne devraient pas d&#233;pendre de leurs relations avec les hommes. De v&#233;ritables droits individuels requi&#232;rent un soutien social. Les politiques d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rales ont r&#233;duit le soutien social &#224; une peau de chagrin, privatisant les charges qui devraient &#234;tre du ressort de la responsabilit&#233; collective, et les imposant de nouveau &#224; la famille. Les gouvernements pr&#233;f&#232;rent que ce soient les &#233;pouses et les maris, les parents et les enfants qui s'occupent des malades, des vieux, des enfants, des invalides ou des ch&#244;meurs, plut&#244;t que de prendre ces questions en charge comme il le faudrait. Les mouvements lesbiens/gays devraient essayer d'&#233;viter de pi&#233;ger encore plus de gens dans ces formes humiliantes de d&#233;pendance. Ils devraient bien plut&#244;t tenter de s'allier avec les groupes de femmes et les syndicats pour changer cette situation. Les d&#233;bats en cours sur le partenariat et le mariage homos constituent une occasion pour les r&#233;volutionnaires LGBT de collaborer avec les courants des mouvements lesbiens/gays qui tentent de faire rena&#238;tre l'aspiration originelle du mouvement &#224; une v&#233;ritable lib&#233;ration. Nous pouvons travailler ensemble &#224; miner la perception de l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; comme ' naturelle ', &#224; remettre en cause les r&#244;les de genre, et contester que l'autorit&#233; sur les enfants et les droits d'h&#233;ritage doivent &#234;tre aussi &#233;troitement li&#233;s aux liens biologiques de parent&#233;. Nous travaillerons &#224; ouvrir une porte qui laissera entrevoir des possibilit&#233;s nouvelles ; de nouvelles formes de relations sociales et &#233;motionnelles, par-del&#224; de la d&#233;pendance et de l'ali&#233;nation, de nouveaux bouquets de uns, deux, plusieurs, qui pourront s'&#233;panouir dans la diversit&#233; et la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Les personnes transgenre - celles dont les identit&#233;s de genre diff&#232;rent de leur sexe biologique, qui comprennent les travestis, les transsexuels, et bien d'autres dont les identit&#233;s s'enracinent dans les cultures indig&#232;nes - sont souvent, mais pas toujours, attir&#233;s par les gens du m&#234;me sexe biologique. Ce sont souvent ces personnes qui sont les plus opprim&#233;es parmi les homos. Elles ont &#233;galement une longue histoire de lutte contre leur oppression. Les ' hijras ' au Pakistan et les ' warias ' en Indon&#233;sie se sont organis&#233;s pour leurs droits dans les ann&#233;es '60, avant la fondation des mouvements de lib&#233;ration lesbiennes/gays en Europe et en Am&#233;rique du Nord. Les travestis de Puerto Rico (' locas ', les folles) furent parmi les premiers &#224; riposter &#224; la police lors de la r&#233;volte de Stonewall &#224; New York en 1969. A mesure que les mouvements pour les droits des lesbiennes/gays gagnaient en respectabilit&#233; et renfor&#231;aient leurs conceptions r&#233;formistes, cependant, les personnes transgenre se voyaient ignor&#233;es, marginalis&#233;es, et gomm&#233;es comme trouble-f&#234;tes. Nous soutenons les tentatives des personnes transgenre de r&#233;sister &#224; leur marginalisation, de s'organiser de fa&#231;on ind&#233;pendante, et de conqu&#233;rir toute la place qui leur revient au sein des mouvements lesbiennes/gays. Les personnes transgenre ont des besoins et des revendications sp&#233;cifiques importantes pour elles, que les mouvements lesbiennes/gays devraient soutenir. Ils sont souvent en train de gagner leur vie dans l'industrie sexuelle, &#234;tre victimes de la discrimination quand ils cherchent d'autres types de travail, et d'&#234;tre harcel&#233;s ou agress&#233;s par la police et les voyous. Nous d&#233;fendons leurs droits au respect, &#224; la s&#233;curit&#233; et un acc&#232;s &#233;gal au logement et &#224; l'emploi. Ces personnes souffrent &#233;galement du refus des autorit&#233;s de reconna&#238;tre leur identit&#233; de genre, dans un grand nombre de situations. Tout en ayant conscience de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;partir parfois les gens selon leur sexe (biologique), par exemple dans le cadre des actions positives, ou lorsqu'il s'agit de mettre en place des espaces r&#233;serv&#233;s aux femmes, nous refusons la tendance &#224; enregistrer les gens selon leur sexe, de fa&#231;on routini&#232;re, en toutes circonstances et pour des raisons futiles. Nous refusons l'assujettissement forc&#233; des personnes transgenre, comme des hommes et des femmes en g&#233;n&#233;ral, &#224; des cat&#233;gories st&#233;r&#233;otyp&#233;s de la masculinit&#233; et de la f&#233;mininit&#233; (manifest&#233;, par exemple, dans la mutilation des b&#233;b&#233;s hermaphrodites, la traitement hormonale des jeunes avec des &#034;probl&#232;mes de comportement non conformant avec leur genre&#034; et des le&#231;ons de comportement de genre st&#233;r&#233;otyp&#233; pour les transsexuels). Les personnes qui d&#233;sirent se faire op&#233;rer pour changer de sexe, qu'on appelle transsexuel(le)s, devraient obtenir le droit de contracter une assurance de sant&#233; pour le traitement, ainsi que la reconnaissance officielle de leur nouveau sexe sans devoir affronter des obstacles telles que l'exigence qu'ils mettent fin &#224; leur mariage actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Nous concevons les mouvements lesbiennes/gays comme des mouvements largement incluant, qui regroupent toutes celles et ceux qui d&#233;sirent vivre librement leurs sexualit&#233;s et leur amour de m&#234;me sexe. Dans des pays et des cultures diff&#233;rents, ils peuvent r&#233;unir des personnes impliqu&#233;es dans un large &#233;ventail de relations et de modes de vie, qui peuvent s'identifier de diverses fa&#231;ons. Nous sommes oppos&#233;s &#224; une quelconque conception de mouvements lesbiennes/gays qui entendrait interdire ou soumettre la participation au groupe &#224; une r&#232;gle d'homosexualit&#233; exclusive. Dans de nombreux pays et de nombreuses cultures, les hommes en particulier ont souvent des contacts sexuels avec d'autres hommes tout en se conformant apparemment aux canons culturels de masculinit&#233;, accomplissant les r&#244;les familiaux que les hommes doivent jouer, et ils ne s'identifient pas publiquement - ou m&#234;me en priv&#233;- comme gays ou bisexuels. Dans certains pays, au sein des organisations sur le SIDA, de tels hommes sont simplement identifi&#233;s comme ' des hommes qui ont des contacts sexuels avec des hommes '. Un des points qui ont provoqu&#233; de nombreuses tensions dans cette situation, c'est le fait, pour des gens qui ne s'identifient pas comme LGBT mais ont des relations homosexuelles, de traiter leurs partenaires homosexuels avec m&#233;pris, en raison de leur internalisation de l'h&#233;t&#233;rosexisme. Un premier pas important vers la lib&#233;ration sexuelle dans cette situation est pour ces hommes - et femmes - de traiter avec solidarit&#233; et respect ceux de leurs partenaires qui s'identifient comme lesbienne, gay ou transgenre. Un autre pas positif serait de aider ou devenir membre d'un mouvement gay/lesbienne, quelle que soit leur d&#233;finition de leur propre identit&#233;. Dans certains pays et dans certaines situations particuli&#232;res, les bisexuels ou d'autres minorit&#233;s sexuelles peuvent choisir de s'organiser de fa&#231;on autonome, &#224; l'int&#233;rieur ou au-dehors des mouvements lesbiennes/gays, soit autour de revendications particuli&#232;res, soit sur des th&#232;mes plus larges tels le SIDA, la violence ou la diversit&#233;. Nous soutenons ce droit et respectons leur choix en ce sens, tout en continuant &#224; oeuvrer pour l'alliance la plus large des personnes sexuellement opprim&#233;es. Les bisexuels peuvent se retrouver isol&#233;s aussi bien dans la soci&#233; t&#233; h&#233;t&#233;rosexuelle que dans la communaut&#233; lesbienne/gay. La nature m&#234;me de leur orientation sexuelle leur permet de passer inaper&#231;us ou de sembler ' normaux ' aux yeux de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, les autres aspects de leur sexualit&#233; &#233;tant pass&#233;s sous silence ou consid&#233;r&#233;s de nature purement ' exp&#233;rimentale '. Il y a progr&#232;s lorsque les bisexuels tentent de briser cette invisibilit&#233; - de s'affirmer comme bisexuels - et de voir leur orientation sexuelle reconnue et accept&#233;e comme une expression l&#233;gitime de la diversit&#233; qui existe dans les communaut&#233;s lesbiennes/gays et la sexualit&#233; humaine. Cette conception de la profession de soi comme d&#233;marche positive est la m&#234;me que celle que nous avons &#224; l'&#233;gard des lesbiennes et des gays. Les tensions qui existent dans le mouvement entre personnes dont les identit&#233;s sexuelles sont diff&#233;rentes peuvent &#234;tre bris&#233; surtout par la construction d'un mouvement inclusif et un combat contre l'h&#233;t&#233;rosexisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Nous soutenons les campagnes contre les d&#233;finitions psychiatriques de l'homosexualit&#233; et de la transexualit&#233; comme pathologies, et contre les tentatives barbares de m&#233;dicaliser et ' gu&#233;rir ' les LGBT (par psychoth&#233;rapie, th&#233;rapie d'aversion ou psychochirurgie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. L'h&#233;ritage id&#233;ologique du stalinisme, qui a r&#233;tabli la criminalisation de l'homosexualit&#233; en 1934 en Union Sovi&#233;tique alors que la r&#233;volution bolchevik l'avait d&#233;criminalis&#233;e, se refl&#232;te encore aujourd'hui dans la discrimination contre les LGBT en Chine, au Vietnam, &#224; Cuba et d'autres soci&#233;t&#233;s de transition. Si la p&#233;riode de la pire r&#233;pression appartient au pass&#233; et si la tol&#233;rance s'est d&#233;velopp&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, la pleine &#233;galit&#233; est loin d'&#234;tre obtenue. Le r&#233;gime chinois n'a pas autoris&#233; jusqu'ici d'organisation lesbienne/gay ouverte. La 4&#232;me Internationale soutient l'organisation pour les droits lesbiens/gays en Chine, au Vietnam, &#224; Cuba et autres soci&#233;t&#233;s de transition, comme nous le faisons partout. Nous souhaitons voir les mouvements lesbiens/gays de ces pays s'allier aux oppositions ouvri&#232;res, f&#233;ministes et autres oppositions aux r&#233;gimes bureaucratiques, et se d&#233;velopper en mouvements pour la d&#233;mocratie socialiste. Les alliances avec les f&#233;ministes seront particuli&#232;rement importantes pour affronter les id&#233;ologies et pratiques sexistes et h&#233;t&#233;rosexistes qui reposent sur la famille h&#233;t&#233;rosexuelle. Ceci restera utopique, pourtant, sauf si les mouvements d&#233;mocratiques et f&#233;ministes soutiennent les luttes lesbiennes/gays et d&#233;veloppent un travail interne contre les pr&#233;jug&#233;s anti-gays, et sauf si les mouvements gays d&#233;veloppent un travail contre le chauvinisme m&#226;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. En tant que socialistes, notre combat contre le sexisme doit inclure la lutte pour changer le r&#244;le que le sexe et la sexualit&#233; jouent dans notre culture sexiste, la lutte pour une sexualit&#233; plus libre et plus consciente. Cela exige de nous d'adopter une attitude plus critique et plus ouverte aux changements dans nos conceptions actuelles de la sexualit&#233;. La pr&#233;misse de base pour cela devrait &#234;tre que nos d&#233;finitions du sexe et de la sexualit&#233;, nos identifications de genre, nos identit&#233;s sexuelles comme lesbienne, gay, bisexuel ou h&#233;t&#233;rosexuel, sont des &#233;difices fondamentalement sociaux, historiques-culturels et parfois m&#234;mes politiques, et par cons&#233;quent &#233;volutifs. Donc, les gens peuvent se tromper - et se trompent - sur leur propre sexualit&#233;. La fausse conscience, l'ali&#233;nation, l'int&#233;riorisation des rapports d'oppression, la rationalisation des mod&#232;les culturels sexistes et des sentiments de culpabilit&#233; constituent autant d'obstacles r&#233;els dans nos tentatives pour comprendre et red&#233;finir notre sexualit&#233;. C'est cela qui fait que le d&#233;bat et la critique plus ouverts - et non la censure- sur le sexisme dans la culture, sont des &#233;l&#233;ments vitaux dans le combat pour comprendre et transformer cette culture, au b&#233;n&#233;fice de la sexualit&#233; humaine. Nous soutenons les tentatives pour fournir aux LGBT plus de moyens d'expression culturelle, y compris dans les mass m&#233;dias. Une nouvelle sexualit&#233;, lib&#233;r&#233;e du sexisme, peut seulement na&#238;tre au travers d'un long processus de d&#233;bat ouvert et d'exploration., avant tout au sein du f&#233;minisme, un processus pour lequel il n'existe pas de mod&#232;les, et dont nous ne savons pas o&#249; il pourra nous mener. Il n'exista pas d'avant-garde &#233;clair&#233;e ou de minorit&#233; qui puisse se targuer de savoir ce qu'est la sexualit&#233; ' correcte ', ' f&#233;ministe ', et nous devrions rejeter toutes tentatives, qu'elles proviennent des forces religieuses de droite ou des diverses tendances au sein du f&#233;minisme, telles que les f&#233;ministes de la diff&#233;rence, pour imposer la ligne sexuelle ' correcte '. Dans bien des endroits du monde, ces forces du fondamentalisme religieux ou du conservatisme f&#233;ministe ont tent&#233; d'instituer l&#233;galement des codes de conduite sexuelle qui incluent la criminalisation de l'homosexualit&#233; et la censure des oeuvres &#224; caract&#232;re sexuel explicite. Les marxistes r&#233;volutionnaires devraient au contraire proposer un chemin vers l'auto-&#233;mancipation sexuelle, un chemin critique, mais d&#233;mocratique, participatif et respectueux de la diversit&#233; de nos d&#233;sirs sexuels. La premi&#232;re exigence pour ouvrir la voie &#224; un tel processus d'auto-&#233;mancipation sexuelle est la d&#233;fense du libre choix et de l'autonomie personnelle. Part cons&#233;quent, un &#233;l&#233;ment intrins&#232;que de notre combat pour l'autonomie sexuelle doit &#233;galement associer un combat contre toutes formes de restrictions l&#233;gales au sexe librement consenti, &#224; la lutte contre toutes formes de discrimination sexuelle. Cela doit &#233;galement inclure la lutte pour favoriser les conditions mat&#233;rielles qui rendraient possible pour tous les membres de la soci&#233;t&#233; (femmes tout autant qu'enfants et hommes) de r&#233;sister aux exigences de ceux qui voudraient violer leurs droits et leur autonomie sexuelle par des relations ou rapports sexuels et/ou &#233;motionnels non voulus. Par cons&#233;quent, les revendications fondamentales pour le plein emploi, des programmes d'action affirmative pour les femmes et les minorit&#233;s, le revenu garanti, la prise en charge des enfants, le logement, les soins de sant&#233; et le droit de choisir, y compris l'avortement, qui soient efficaces et de qualit&#233;, constituent le tissu indispensable pour l'autonomie sexuelle personnelle. La n&#233;cessit&#233; de combiner la lutte pour une sexualit&#233; plus libre &#224; la lutte pour d&#233;fendre le filet de s&#233;curit&#233; social et le plein emploi est l'&#233;l&#233;ment-cl&#233; pour combattre le retour en arri&#232;re voulu par l'extr&#234;me-droite &#224; l'encontre des femmes et de la communaut&#233; gay et lesbienne.Troisi&#232;me partie N&#244;tre tactique dans la construction du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Tous les LGBT sont opprim&#233;s en tant que tels, et tous sont donc susceptibles d'&#234;tre ralli&#233;s &#224; un mouvement qui combat pour leurs droits et leur lib&#233;ration. La logique interne de la lutte pour la lib&#233;ration lesbienne/gay, particuli&#232;rement lorsque le f&#233;minisme et d'autres mouvements radicaux sont &#224; l'offensive, peut conduire ses militants &#224; se joindre &#224; la politique radicale ou r&#233;volutionnaire. Cela peut, cela devrait les conduire &#224; s'allier au mouvement ouvrier - mais pour que cela soit possible, il faut que les LGBT s'organisent au sein et en dehors du mouvement ouvrier pour combattre les pr&#233;jug&#233;s h&#233;t&#233;rosexistes, qui sont pr&#233;sents dans la classe ouvri&#232;re comme ailleurs. Nos sections dans leur ensemble doivent combattre pour convaincre les organisations du mouvement ouvrier &#224; promouvoir les revendications des LGBT et apporter leur appui &#224; l'auto-organisation de ces groupes - comme d'autres - au sein des organisations ouvri&#232;res. Cependant, les LGBT ne peuvent ni ne veulent postposer leur lutte jusqu'&#224; ce que le mouvement ouvrier, ou tout autre mouvement, reprenne leurs objectifs. Cela implique que les LGBT ont besoin de leur mouvement autonome propre, ce que nous respectons, appuyons et construisons. Pour paraphraser la r&#233;solution de 1979 sur la lib&#233;ration des femmes, autonome signifie pour nous que le mouvement est organis&#233; et dirig&#233; par des LGBT ; que la lutte pour leurs droits et leurs besoins constitue leur priorit&#233; absolue, et qu'il est hors de question de subordonner cette lutte &#224; quelqu'autre int&#233;r&#234;t que ce soit ; et qu'enfin elle ne se soumet pas aux d&#233;cisions ou aux agendas politiques d'une quelconque tendance politique ou d'un quelconque autre groupe social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. Comme le notait la r&#233;solution de 1979 sur la lib&#233;ration des femmes, ' Les lesbiennes se sont organis&#233;es comme une composante du mouvement des droits gays, et ont en g&#233;n&#233;ral estim&#233; n&#233;cessaire de combattre au sein du mouvement gay pour faire prendre en compte leurs revendications sp&#233;cifiques en tant que femmes gay. Mais les lesbiennes sont &#233;galement opprim&#233;es en tant que femmes. Beaucoup se sont d'abord radicalis&#233;es en tant que femmes, et r&#233;alis&#232;rent que la discrimination dont elles souffraient en raison de leur orientation sexuelle ne constituait que l'un des &#233;l&#233;ments des oppressions sociales et &#233;conomiques auxquelles les femmes doivent faire face lorsqu'elles entendent choisir le cours de leurs vies. C'est ainsi que, d&#232;s le d&#233;but, beaucoup de lesbiennes furent au premier plan du mouvement f&#233;ministe. Elles ont particip&#233; &#224; chacune des tendances politiques au sein du mouvement des femmes, des lesbiennes-s&#233;paratistes aux marxistes-r&#233;volutionnaires, et elles ont contribu&#233; &#224; rendre l'ensemble du mouvement plus conscient de l'oppression sp&#233;cifique qui p&#232;se sur les femmes gays. ' Cela n'a pas toujours &#233;t&#233; un combat facile, car le mouvement a souvent r&#233;pondu de fa&#231;on probl&#233;matique &#224; la chasse aux lesbiennes par la droite, et n'a pas men&#233; campagne syst&#233;matiquement sur les revendications sp&#233;cifiques des lesbiennes. Dans beaucoup de pays, les lesbiennes se sont &#233;galement organis&#233;es ind&#233;pendamment aussi bien des hommes gays que du mouvement f&#233;ministe plus large. L'organisation s&#233;par&#233;e des lesbiennes a &#233;t&#233; centrale pour rendre possibles les mobilisations sur les revendications lesbiennes, et a jou&#233; un r&#244;le important dans les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s. Gr&#226;ce &#224; l'obstination des lesbiennes, le mouvement lesbien/gay est aujourd'hui moins contr&#244;l&#233; par les hommes, et les f&#233;ministes comprennent mieux que l'oppression sur les lesbiennes remet en cause les conqu&#234;tes du mouvement femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Que ce soit au sein des mouvements lesbiens-gays ou d'autres mouvements, nous sommes favorables &#224; des m&#233;thodes qui mobilisent autant de LGBT que possible de fa&#231;on active, et cherchent des soutiens dans les mouvements de travailleurs et de femmes. Ici, comme dans tous les autres secteurs d'intervention o&#249; nous sommes pr&#233;sents, nous luttons de fa&#231;on permanente contre les id&#233;ologies, les dirigeants et les organisations qui voudraient nous enfermer dans des impasses. Il nous faut r&#233;pondre encore et encore &#224; des argumentations auxquelles nous sommes fondamentalement oppos&#233;s, telles que : - l'argumentation qu'il nous faut &#233;viter d'&#234;tre trop ' voyants ' ou radicaux, pour ne pas nous ali&#233;ner la majorit&#233; h&#233;t&#233;ro ou les lib&#233;raux, les sociaux-d&#233;mocrates ou les populistes ' sympathisants ' ; - la r&#233;ticence &#224; se joindre &#224; des campagnes larges sur des objectifs de r&#233;formes limit&#233;es ; - l'argumentation selon laquelle les questions de ' mode de vie ' - c'est-&#224;-dire de lib&#233;ration sexuelle au sens strict - feraient &#233;cran aux v&#233;ritables enjeux &#233;conomiques et politiques ; - dans les pays imp&#233;rialistes, l'argument selon lequel nous sommes d&#233;j&#224; ' pratiquement &#233;gaux ', et que donc des mobilisations importantes ne sont donc plus n&#233;cessaires ; - la r&#233;ticence &#224; rechercher des alliances avec le mouvement ouvrier ou d'autres groupes auto-organis&#233;s ; - la conception des LGBT en tant que minorit&#233; oblig&#233;e - ce qui &#233;choue &#224; prendre conscience de la port&#233;e humaine universelle de la lib&#233;ration lesbienne/gay ; - l'insistance &#224; s'organiser seulement comme citoyens, comme rebelles sexuels ou comme &#234;tres humains abstraits - qui conduit &#224; ne pas reconna&#238;tre l'importance des communaut&#233;s LGBT pour la survie quotidienne et comme base d'organisation ; et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la r&#233;ticence &#224; aborder les divisions au sein de nos propres mouvements, par exemple sur les questions de genre, de classe ou de sexe. Nous faisons pression pour l'unit&#233; et la d&#233;mocratie les plus grandes au sein des mouvements, tout en reconnaissant le droit et le besoin des femmes, des noirs, des moins-valides, des bisexuels, des personnes transgenre, des nationalit&#233;s opprim&#233;es et autres, &#224; s'organiser &#233;galement de fa&#231;on autonome. En g&#233;n&#233;ral, nous tentons au sein des mouvements de privil&#233;gier la participation et les pr&#233;occupations des travailleurs LGBT. Tout en participant &#224; la construction des mouvements lesbiens/gays et en respectant leur autonomie, nous travaillons &#233;galement, avec d'autres membres du mouvement, &#224; mettre en avant les revendications du mouvement ouvrier et les points de vue internationalistes. Nous soulevons les id&#233;es marxistes-r&#233;volutionnaires et f&#233;ministes, car nous pensons qu'elles constituent la meilleure base pour entra&#238;ner les mouvements vers une compl&#232;te lib&#233;ration lesbienne/gay, et nous tentons dans cette mesure de jouer un r&#244;le dans leurs directions. Quatri&#232;me partie Profil politique et vie interne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Les sections de la 4&#232;me Internationale doivent soutenir la lutte pour la lib&#233;ration LGBT, qu'il existe ou non un mouvement social autonome organis&#233; autour de ces revendications dans le pays o&#249; elles fonctionnent. L&#224; o&#249; un tel mouvement existe, la section devrait encourager et soutenir ses militants &#224; y participer, et combattre dans les mouvements progressistes en g&#233;n&#233;ral pour qu'ils soutiennent les revendications du mouvement lesbien/gay. Dans certains pays, les sections de la 4&#232;me Internationale ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la cr&#233;ation des mouvements lesbiens/gays. L'internationale devrait tirer les le&#231;ons de ces succ&#232;s pour aider les sections l&#224; o&#249; il n'existe pas de traditions pour une telle intervention. Dans les pays o&#249; il n'existe pas aujourd'hui de mouvement autonome, le travail de la section consistera essentiellement &#224; r&#233;aliser la propagande g&#233;n&#233;rale, et &#224; diffuser largement les th&#232;mes LGBT au sein des mouvements progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Dans notre courant marxiste r&#233;volutionnaire, nous avons une conception de la lib&#233;ration sociale et sexuelle des LGBT qui va au-del&#224; des revendications limit&#233;es &#224; l'&#233;galit&#233; formelle au sein de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Nous appelons &#224; une r&#233;volution profonde dans les relations de genre, et &#224; une soci&#233;t&#233; o&#249;, dans la mesure o&#249; la supr&#233;matie h&#233;t&#233;rosexuelle commence &#224; s'&#233;teindre, les identit&#233;s sexuelles ne se construiront probablement plus de la m&#234;me fa&#231;on qu'aujourd'hui. La sph&#232;re ' priv&#233;e ' - o&#249; les femmes autant que les LGBT sont plus opprim&#233;es, et o&#249; leur oppression est plus complexe- voil&#224; o&#249; il nous faudra remettre nos habitudes en question. La lutte est fondamentalement une lutte id&#233;ologique contre le patriarcat et la soci&#233;t&#233; h&#233;t&#233;rosexiste, de m&#234;me que contre leurs syst&#232;mes de valeurs et leurs pratiques ; cel&#224; requiert une discussion organis&#233;e dans les sections, non seulement au niveau des directions mais aussi dans nos structures de base et dans notre formation de cadres. Les pr&#233;jug&#233;s h&#233;t&#233;rosexistes doivent &#234;tre combattus dans nos sections par l'ensemble de nos membres. Pour reprendre les termes de la r&#233;solution de 1979 sur la lib&#233;ration des femmes, nous ne nous faisons pas d'illusions sur le fait que les sections pourraient &#234;tre des &#238;lots de la future soci&#233;t&#233; socialiste, flottant au milieu des marais capitalistes, ou que les camarades individuels pourraient &#233;chapper compl&#232;tement &#224; l'&#233;ducation et au conditionnement impos&#233;s par l'effort quotidien pour survivre dans une soci&#233;t&#233; de classe... Mais c'est une condition pour &#234;tre membre de la 4&#232;me Internationale que la conduite des camarades et des sections soit en accord avec les principes que nous d&#233;fendons... Nous aspirons &#224; fonder des organisations o&#249; le langage, les plaisanteries, la violence entre personnes et les autres actes qui expriment le conformisme chauvin ne seront plus tol&#233;r&#233;s '. Les pr&#233;jug&#233;s, au sein d'une organisation r&#233;volutionnaire, doivent constituer une pr&#233;occupation pour l'ensemble de ses membres. Souvent les LGBT - et particuli&#232;rement les camarades plus jeunes- ne se sentent pas aussi &#224; l'aise que les autres camarades pour exprimer leur point de vue ou &#233;voquer leurs pr&#233;occupations. Il en va de m&#234;me entre les camarades femmes et hommes. Il faut tenir compte de ce que la confiance et l'estime de soi-m&#234;me ne vont pas de soi quand l'&#233;ducation courante a oblig&#233; les gens &#224; avoir honte de ce qu'ils sont. Un camarade pourra souvent &#234;tre un chaud partisan de la position de l'organisation sur l' 'homosexualit&#233; ', et &#234;tre cependant extr&#234;mement oppresseur dans sa vie personnelle ou dans les relations personnelles qu'il a d&#233;velopp&#233;es au sein du parti. Lorsque de telles choses arrivent, il ne s'agit pas seulement d'une question personnelle, mais d'une pr&#233;occupation pour le parti, et cela doit faire l'objet d'une discussion d&#233;taill&#233;e et ouverte. Certains camarades - et m&#234;me certaines sections ? - ont des positions tr&#232;s r&#233;trogrades sur l'homosexualit&#233;. Des opinions qui se sont incrust&#233; pendant des ann&#233;es ne peuvent &#234;tre chang&#233;es que tr&#232;s difficilement. De nombreuses transformations radicales propos&#233;es par les mouvements LGBT ne sont en g&#233;n&#233;ral pas accept&#233;es dans la soci&#233;t&#233; ou m&#234;me parmi les r&#233;volutionnaires, parce qu'elles font partie de cette sph&#232;re qu'on appelle couramment ' priv&#233;e '. Mais c'est l&#224; que d&#233;bute le changement : c'est un effort n&#233;cessaire si nous voulons &#234;tre reconnus et prendre part au mouvement LGBT, avec tout son potentiel subversif. Et, comme il est dit dans le texte ' Proc&#233;dures de sanctions dans un parti f&#233;ministe ', approuv&#233; par le congr&#232;s de 1989 du PRT mexicain, ' il ne s'agit pas de fournir des recettes ou des mod&#232;les de vie. La recherche de l'homme et de la femme nouveaux n'est que cela : une recherche. Nous savons que notre lib&#233;ration compl&#232;te n'est pas possible dans le syst&#232;me capitaliste, mais il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'un des apports de notre courant internationaliste que de reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; de se battre pour changer, d&#232;s aujourd'hui '. Ces changements ne peuvent pas attendre le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Il faut mettre en place les conditions pour un travail LGBT dans nos sections, qui permette aux membres LGBT de pr&#233;parer une intervention organis&#233;e dans les mouvements LGBT - l&#224; o&#249; il en existe - et de disposer de leurs propres structures de discussion d&#232;s qu'ils en ressentent le besoin. Nous devrions porter un regard critique sur ce que nous pouvons proposer dans nos propres sections &#224; nos militants LGBT. Les sections doivent &#234;tre accueillantes aux LGBT, et pouvoir comprendre l'importance de ce secteur d'intervention politique. Les hommes gays, les lesbiennes, les bisexuels et les personnes transgenre sont tous opprim&#233;s par l'h&#233;t&#233;rosexisme de la soci&#233;t&#233; capitaliste patriarcale. Cependant, cette oppression prend des formes diverses et est v&#233;cue de fa&#231;on diff&#233;rente par chacun de ces groupes. Si cela signifie que dans les mouvements autonomes il sera souvent n&#233;cessaire de fonctionner en groupes s&#233;par&#233;s pour tout ou partie de ces groupes, ce serait dans la pratique difficile &#224; reproduire comme base permanente de structuration dans la plupart de nos sections, tant que nous ne serons pas devenus au minimum des petits partis de masse. Nous devrions donc adopter des structures et des normes qui permettent des fractions ponctuelles ad hoc de ces groupes si le besoin s'en fait sentir, mais donner la priorit&#233; &#224; la mise en place de fractions LGBT en tant que telles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Les organisations de jeunesse europ&#233;ennes sont le secteur de la 4&#232;me Internationale o&#249; les questions lesbiennes/gays ont constitu&#233; une pr&#233;occupation politique de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re, m&#234;me si bien entendu cela reste in&#233;gal. L'un des &#233;l&#233;ments importants qui ont encourag&#233; ce d&#233;veloppement a &#233;t&#233; la visibilit&#233; de cette th&#233;matique dans les camps jeunes d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es '80, et l'introduction d'un espace lesbien/gay &#224; partir de 1989. Cette initiative a non seulement mis la question &#224; l'ordre du jour pour tous les participants, mais a de plus donn&#233; aux jeunes camarades des diverses organisations - o&#249; ils pouvaient se sentir isol&#233;s en raison de la faiblesse num&#233;rique de nos organisations de jeunesse- l'occasion de se rencontrer et trouver dans ce contact un encouragement social et politique. Les campagnes contre la r&#233;pression sexuelle de la jeunesse devraient constituer un axe central de l'activit&#233; de nos organisations de jeunesse, et pr&#233;senter l'orientation sexuelle comme un choix ouvert. De telles campagnes, propagandistes ou d'agitation, devraient &#233;galement mettre en cause les r&#244;les sexuels et de genre institu&#233;s. Tout en continuant &#224; exiger que l'&#233;tat honore sa responsabilit&#233; pour l'&#233;ducation sexuelle et les soins de sant&#233;, les organisations de jeunesse devraient autant que possible contribuer &#224; &#233;duquer leurs membres sur la contraception, les choix sexuels, le genre, le machisme et l'homophobie. Sp&#233;cialement lors des camps jeunes, des &#233;coles et des autres activit&#233;s de nos organisations o&#249; les participants peuvent avoir des activit&#233;s sexuelles, il est de notre responsabilit&#233; de garantir que pr&#233;servatifs et information, sur la sant&#233; sexuelle sont disponibles, afin d'&#233;viter des grossesses non d&#233;sir&#233;es et la contamination par le SIDA et autres Maladies Sexuellement Transmissibles. Les revendications autour de l'&#233;ducation sexuelle et des soins de sant&#233; peuvent aussi &#234;tre des outils efficaces pour mobiliser des &#233;tudiants et des jeunes en dehors de nos rangs. Il est en fait essentiel que nos organisations de jeunesse prennent aussi comme axe politique d'intervention la question lesbienne/gay, car c'est parmi les jeunes que nous pouvons trouver le plus de compr&#233;hension de ces sujets difficiles qui m&#234;lent le personnel et le politique - comme ce fut d&#233;montr&#233; dans la pratique dans les pays o&#249; la 4&#232;me Internationale a organis&#233; une intervention lesbienne/gay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Dans nos d&#233;bats internes, nous ne devrions plus consid&#233;rer comme allant de soi que nos membres seraient h&#233;t&#233;rosexuels. Une telle attitude exclut les autres possibilit&#233;s - exactement comme dans l'&#233;ducation h&#233;t&#233;rosexiste - et renvoie &#224; l' 'invisibilit&#233; ' &#224; laquelle la soci&#233;t&#233; h&#233;t&#233;rosexiste patriarcale condamne l'homosexualit&#233; dans nombre de pays. Le plus souvent, les militants LGBT choisissent de d&#233;velopper une intervention gay parce qu'ils en sentent personnellement le besoin. Mais rejoindre un groupe LGBT n'est pas la m&#234;me chose que rejoindre, par exemple, un groupe antiraciste. Ces questions intimes et politiques sur la sexualit&#233; impliquent des difficult&#233;s d'approche particuli&#232;res, et doivent &#233;galement &#234;tre prises en compte au niveau personnel. Souvent, traiter des questions LGBT implique de r&#233;v&#233;ler quelque chose sur nos propres vies intimes, ce qui n'est pas toujours facile. C'est pourquoi chaque membre du parti doit se sentir absolument bienvenu &#224; intervenir dans le travail LGBT, sans craindre que l'on porte un jugement sur son orientation sexuelle, et sans qu'on lui dise qu'il y a d'autres secteurs ' plus importants '.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Les sections de la 4&#232;me Internationale doivent agir de fa&#231;on consciente pour limiter dans nos propres rangs l'impact de l'oppression des LGBT dans la soci&#233;t&#233;. Cela ne veut pas seulement dire que les ' blagues ' ou les comportements sexistes/h&#233;t&#233;rosexistes doivent &#234;tre &#233;vit&#233;s. Cela implique &#233;galement de mettre en place les conditions pour la pleine participation des membres LGBT &#224; la vie de l'organisation, aussi bien comme r&#233;volutionnaires que comme militants LGBT. Pour rendre cela possible, il est indispensable d'inscrire les questions LGBT &#224; notre ordre du jour politique. Pour reprendre la citation du texte du PRT mexicain, &#034;nous, en tant que femmes, avons besoin d'un certain rapport de forces pour que la question de genre puisse &#234;tre toujours pr&#233;sente... Pour que tel soit le cas, nous avons besoin... de mettre en place un espace de discussion pour les femmes l&#224; o&#249; il n'en existe pas, et l&#224; o&#249; il en existe, nous devons le renforcer.&#034; Nous pensons que cela vaut aussi pour les LGBTs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. Dans les pays o&#249; les sections ont des groupes LGBT organis&#233;s, il est n&#233;cessaire que l'ensemble de l'organisation connaisse leur intervention et en discute. Le d&#233;bat interne syst&#233;matique sur les questions LGBT est une condition pour collectiviser la th&#233;matique, pour modifier les attitudes discriminatoires qui peuvent exister dans nos organisations, et y compris pour aider les camarades LGBT - particuli&#232;rement ceux et celles qui sont tr&#232;s actifs dans le mouvement LGBT- &#224; maintenir un point de vue r&#233;volutionnaire sur les questions LGBT. Il est n&#233;cessaire que les sections soient attentives, voire stimulent la mise en place de commissions et de rencontres, ainsi que de fractions autour de cette question. Mais par-del&#224; sa disponibilit&#233; &#224; d&#233;battre des questions LGBT, chaque membre des sections doit &#234;tre pr&#234;t &#224; soutenir activement les interventions et les campagnes LGBT. ' De m&#234;me que pour toutes les autres interventions ', selon les termes de la r&#233;solution de 1979 sur la lib&#233;ration des femmes, ' l'ensemble de la direction et tous les militants du parti doivent avoir connaissance de notre intervention, participer collectivement &#224; la d&#233;finition de notre ligne politique, et assumer la responsabilit&#233; de porter nos campagnes et notre propagande dans tous les secteurs de la lutte de classe o&#249; ils interviennent. ' Les questions lesbiennes/gays devraient faire partie de nos d&#233;bats au niveau local, r&#233;gional, national et international. Tous nos membres devraient &#234;tre form&#233;s &#224; la lib&#233;ration lesbienne/gay dans nos &#233;coles locales, nationales et internationales. Cela implique &#233;galement que la presse de nos organisations devrait couvrir et analyser le mouvement LGBT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. Les questions LGBT devraient &#234;tre pr&#233;sentes dans les d&#233;clarations publiques des sections et l'intervention quotidienne de leurs membres. Les membres qui sont actifs dans des mouvements tels que les syndicats, les mouvements anti-racistes, etc. doivent mettre en avant les revendications lesbiennes/gays dans leur intervention politique. Les membres LGBT de nos sections devraient &#234;tre encourag&#233;s &#224; participer de fa&#231;on active et organis&#233;e au mouvement LGBT autonome, dans une perspective r&#233;volutionnaire. L&#224; o&#249; c'est possible et en fonction des opportunit&#233;s politiques dans chaque pays, nous oeuvrons, comme sur d'autres terrains, &#224; la construction de convergences de prises de position et d'actions avec les forces de gauche qui interviennent sur la question LGBT. Puisque les militants r&#233;volutionnaires sont minoritaires au sein du mouvement LGBT, le contact avec les organisations LGBT - autonomes - est important, m&#234;me si les sections n'ont pas de militants LGBT actifs dans les mouvements. Un des effets de l'oppression des LGBT est que leurs capacit&#233;s personnelles sont mises en doute en raison de leur orientation sexuelle, et non sur la base d'une &#233;valuation objective. Nos organisations devraient se saisir des opportunit&#233;s qui permettent aux camarades ouvertement LGBTs de parler au nom de l'organisation sur des questions LGBTs, et faire de la participation &#224; une intervention LGBT, comme toutes les autres interventions de masse, l'un des crit&#232;res pour l'&#233;lection des camarades LGBT &#224; la direction. Le m&#234;me crit&#232;re devrait &#234;tre pris en compte lorsque nos organisations choisissent les candidats pour les campagnes &#233;lectorales : elles devraient essayer de pr&#233;senter aussi des candidats explicitement LGBT. Par ailleurs, tous nos &#233;lu(e)s &#224; tous les niveaux doivent d&#233;fendre les revendications LGBT au sein des institutions repr&#233;sentatives et les int&#233;grer dans leurs d&#233;clarations politiques. Ils et elles doivent &#233;galement relayer les exigences des mouvements LGBT, et &#224; chaque fois que possible les associer &#224; la pr&#233;paration des d&#233;bats pr&#233;vus dans ces instances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33. Les membres LGBT d'organisations r&#233;volutionnaires &#233;prouvent souvent des difficult&#233;s d'int&#233;gration, aussi bien dans nos propres organisations que dans le mouvement LGBT. D'un c&#244;t&#233;, &#234;tre un militant LGBT implique n&#233;cessairement plus que la simple activit&#233; politique concr&#232;te ; dans la mesure o&#249; les LGBT constituent un groupe socialement exclu, les communaut&#233;s LGBT, ciment&#233;es par la r&#233;alit&#233; de l'oppression, ont des formes particuli&#232;res de socialisation et de r&#233;sistance &#224; l'h&#233;t&#233;roculture. Par cons&#233;quent, les membres LGBT, particuli&#232;rement ceux et celles qui sont actifs dans les mouvements LGBT, ont parfois tendance &#224; s&#233;parer leurs vies politiques et sociales. Nous avons souvent des difficult&#233;s au sein de nos organisations pour comprendre que l'intervention de nos militants LGBT puisse prendre cette forme particuli&#232;re. Mais dans une communaut&#233; fond&#233;e sur l'exclusion collective, cette vie sociale et culturelle constitue un aspect indispensable de l'intervention politique, tout en r&#233;pondant aussi aux besoins personnels des militants LGBT. De l'autre c&#244;t&#233;, &#234;tre un militant r&#233;volutionnaire implique souvent que les personnes ne se sentent pas chez eux m&#234;me dans le ' milieu ' LGBT. Les camarades LGBT ont tendance &#224; vivre dans deux mondes s&#233;par&#233;s, r&#233;gis par des r&#232;gles diff&#233;rentes et souvent incompatibles. Cr&#233;er des liens parmi les camarades LGBT de r&#233;gions et de sections diff&#233;rentes, et encourager le d&#233;veloppement d'activit&#233;s, de d&#233;bats et de rencontres amicales LGBT au sein de notre mouvement, sont une des meilleures m&#233;thodes pour combattre ce ' risque d'&#233;clatement de la personnalit&#233; ' et pour garder les militants lesbiennes/gays au sein de notre Internationale. Les efforts en ce sens devraient &#234;tre soutenus et encourag&#233;s dans nos organisations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
