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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Quelles sont les causes de la famine ?</title>
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		<dc:date>2011-08-31T15:31:45Z</dc:date>
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		<dc:creator>Esther Vivas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), on produit aujourd'hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la plan&#232;te compte 7 milliards d'&#234;tres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique remet en lumi&#232;re la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH96/arton3235-78917.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance. Selon les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), on produit aujourd'hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la plan&#232;te compte 7 milliards d'&#234;tres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique remet en lumi&#232;re la fatalit&#233; d'une catastrophe qui n'a pourtant rien de naturelle. S&#233;cheresses, inondations, conflits arm&#233;s... tout cela contribue &#224; aggraver une situation d'extr&#234;me vuln&#233;rabilit&#233; alimentaire, mais ce ne ce sont pas les seuls facteurs explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de famine dans la Corne de l'Afrique n'est pas une nouveaut&#233;. La Somalie vit une situation d'ins&#233;curit&#233; alimentaire depuis 20 ans. Et, p&#233;riodiquement, les m&#233;dias nous remuent de nos confortables divans en nous rappelant l'impact dramatique de la faim dans le monde. En 1984, pr&#232;s d'un million de morts en Ethiopie ; en 1992, 300.000 somaliens ont perdu la vie &#224; cause de la faim ; en 2005, pr&#232;s de cinq millions de personnes au bord de la mort au Malawi, pour ne citer que quelques cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faim n'est pas une fatalit&#233; in&#233;vitable qui affecterait seulement certains pays. Les causes de la faim sont politiques. Qui contr&#244;le les ressources naturelles (terres, eau, semences) qui permettent la production de nourriture ? A qui profitent les politiques agricoles et alimentaires ? Aujourd'hui, les aliments sont devenus une marchandise et leur fonction principale, nous nourrir, est mise &#224; l'arri&#232;re plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pointe du doigt la s&#233;cheresse, avec les pertes de r&#233;coltes et de b&#233;tail cons&#233;cutives, comme l'une des principales explications de la famine dans la Corne de l'Afrique. Mais alors comment expliquer que des pays tels que les Etats-Unis ou l'Australie, qui subissent r&#233;guli&#232;rement de graves s&#233;cheresses, ne souffrent pas de famines extr&#234;mes ? Evidement, les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques peuvent aggraver les probl&#232;mes alimentaires, mais ils ne suffisent pas &#224; expliquer les causes de la faim. En ce qui concerne la production d'aliments, le contr&#244;le des ressources naturelles est la cl&#233; pour comprendre pour qui et pourquoi on les produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs pays de la Corne de l'Afrique, l'acc&#232;s &#224; la terre et un bien rare. L'achat massif de sols fertiles de la part d'investisseurs &#233;trangers (agro-industrie, gouvernements, fonds sp&#233;culatifs...) a provoqu&#233; l'expulsion de milliers de paysans de leurs terres, diminuant ainsi leur capacit&#233; &#224; satisfaire leurs propres besoins alimentaires de mani&#232;re autonome. Ainsi, tandis que le Programme Mondial Alimentaire tente de nourrir des milliers de r&#233;fugi&#233;s au Soudan, des gouvernements &#233;trangers (Kowe&#239;t, Emirats arabes unis, Cor&#233;e...) y ach&#232;tent des terres pour produire et exporter des aliments pour leurs propres populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement rappeler que la Somalie, malgr&#233; les s&#233;cheresses r&#233;currentes, &#233;tait un pays autosuffisant dans la production d'aliments jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1970. Sa souverainet&#233; alimentaire a &#233;t&#233; mise en pi&#232;ce au cours des trois d&#233;cennies suivantes. A partir des ann&#233;es 1980, les politiques impos&#233;es par le Fonds Mon&#233;taire International et la Banque Mondiale pour que le pays puisse rembourser sa dette au Club de Paris se sont traduites par l'imposition d'un ensemble de mesures d'ajustement. En ce qui concerne l'agriculture, ces derni&#232;res impliquaient une politique de lib&#233;ralisation commerciale et d'ouverture des march&#233;s, permettant ainsi l'entr&#233;e massive de produits subsidi&#233;s - comme le riz et le bl&#233; - des multinationales agro-industrielles nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes, qui ont commenc&#233; &#224; vendre leurs produits en dessous de leur prix de production, faisant ainsi une concurrence d&#233;loyale aux produits autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;valuations p&#233;riodiques de la monnaie somalienne ont &#233;galement provoqu&#233; une hausse des prix des intrants agricoles tandis que la politique en faveur des monocultures pour l'exportation a progressivement forc&#233; les paysans &#224; abandonner les campagnes. La m&#234;me chose s'est produite dans d'autres pays, non seulement en Afrique, mais aussi en Am&#233;rique latine et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des prix des c&#233;r&#233;ales de base est un autre des &#233;l&#233;ments d&#233;sign&#233;s comme d&#233;tonateurs des famines dans la Corne de l'Afrique. En Somalie, les prix du ma&#239;s et du sorgho rouge ont respectivement augment&#233; de 106 et 180% par rapport &#224; l'ann&#233;e derni&#232;re. En Ethiopie, le co&#251;t du bl&#233; a augment&#233; de 85% par rapport &#224; 2010. Et au Kenya, la valeur du ma&#239;s a augment&#233; de 55% en un an. Des hausses qui ont rendus ces aliments inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles sont les raisons de cette escalade des prix ? Plusieurs indices pointent la sp&#233;culation financi&#232;re sur les mati&#232;res premi&#232;res alimentaires. Les prix des aliments sont d&#233;termin&#233;s dans les Bourses de valeurs, dont la plus importante, &#224; l'&#233;chelle mondiale, est celle de Chicago, tandis qu'en Europe les aliments sont commercialis&#233;s dans les march&#233;s &#224; terme de Londres, Paris, Amsterdam et Francfort. Mais, aujourd'hui, la majeure partie de l'achat et de la vente de ces marchandises ne correspond pas &#224; des &#233;changes commerciaux r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime, d'apr&#232;s Mike Masters, responsable du fonds de pension Masters Capital Management, que 75% des investissements financiers dans le secteur agricole sont de caract&#232;re sp&#233;culatif. On ach&#232;te et on vend des mati&#232;res premi&#232;res dans le but de sp&#233;culer avec elles en faisant un profit qui se r&#233;percute finalement dans l'augmentation du prix de la nourriture pour le consommateur final. Les m&#234;mes banques, fonds &#224; hauts risques, compagnies d'assurances, qui ont provoqu&#233; la crise des &#8220;subprimes&#8221; sont celles qui sp&#233;culent aujourd'hui avec la nourriture, profitant de march&#233;s globaux profond&#233;ment d&#233;r&#233;gul&#233;s et hautement rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise alimentaire &#224; l'&#233;chelle globale et la famine dans la Corne de l'Afrique en particulier sont les fruits de la globalisation alimentaire au service des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. La cha&#238;ne de production, de distribution et de consommation des aliments est entre les mains d'une poign&#233;e de multinationales qui placent leurs int&#233;r&#234;ts particuliers au dessus des n&#233;cessit&#233;s collectives. Tout au long de ces derni&#232;res d&#233;cennies, elles ont min&#233;, avec le soutien des institutions financi&#232;res internationales, la capacit&#233; des Etats du sud &#224; d&#233;cider sur leurs politiques agricoles et alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au d&#233;but. Pourquoi la faim existe-t-elle dans un monde d'abondance ? La production d'aliments a &#233;t&#233; multipli&#233;e par trois depuis les ann&#233;es 1970, tandis que la population mondiale n'a fait que doubler depuis lors. Nous ne sommes donc pas face &#224; un probl&#232;me de production de nourriture, mais bien devant un probl&#232;me d'acc&#232;s &#224; la nourriture. Comme le soulignait le rapporteurs de l'ONU pour le droit &#224; l'alimentation, Olivier de Schutter, dans une interview au journal &#8220;El Pais&#8221; : &#8220;La faim est un probl&#232;me politique. C'est une question de justice sociale et de politiques de redistribution&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons en finir avec la faim dans le monde, il est urgent d'opter pour d'autres politiques agricoles et alimentaires qui mettent au centre de leur pr&#233;occupation les personnes et leurs besoins, ceux qui travaillent la terre et l'&#233;cosyst&#232;me. Il s'agit de parvenir &#224; ce que le mouvement international Via Campesina appelle la &#8220;souverainet&#233; alimentaire&#8221;, et de r&#233;cup&#233;rer la capacit&#233; de d&#233;cider sur ce que nous mangeons. En reprenant un des slogans les plus connus du Mouvement du 15-M : &#8220;une d&#233;mocratie r&#233;elle, maintenant&#8221; dans l'agriculture et l'alimentation est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;*Esther Vivas participe au Centre d'&#233;tudes sur les mouvements sociaux (CEMS) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF) en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; comme opinion dans le journal &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt;, 30/07/2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;+info : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.wordpress.com/francais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://esthervivas.wordpress.com/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les fondements d'une strat&#233;gie &#233;cosocialiste </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-fondements-d-une-strategie-ecosocialiste</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le fait que le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles ait commenc&#233; &#224; nous &#233;loigner objectivement d'une alternative socialiste constitue le fait majeur qui fonde et justifie le concept nouveau d'&#233;cosocialisme. Une ligne de d&#233;marcation entre l'&#233;cosocialisme, d'une part, l'&#233;cologie politique et la d&#233;croissance, d'autre part, est l'attitude face &#224; la lutte des classes. Nous restons fermement convaincus que les exploit&#233;Es apprennent par l'exp&#233;rience des luttes collectives, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecosocialisme-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le fait que le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles ait commenc&#233; &#224; nous &#233;loigner objectivement d'une alternative socialiste constitue le fait majeur qui fonde et justifie le concept nouveau d'&#233;cosocialisme. Une ligne de d&#233;marcation entre l'&#233;cosocialisme, d'une part, l'&#233;cologie politique et la d&#233;croissance, d'autre part, est l'attitude face &#224; la lutte des classes. Nous restons fermement convaincus que les exploit&#233;Es apprennent par l'exp&#233;rience des luttes collectives, qui commencent par la d&#233;fense des salaires, de l'emploi et des conditions de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les fondements d'une strat&#233;gie &#233;cosocialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re la fausse mais tr&#232;s populaire m&#233;taphore de l'&#238;le de P&#226;ques propos&#233;e par Jared Diamond &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jared Diamond, Collapse. How Societies Choose to Fail or Survive, London, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les d&#233;gradations environnementales que nous observons aujourd'hui ne sont en rien comparables &#224; celles qui ont pu se produire &#224; d'autres p&#233;riodes historiques. Les diff&#233;rences sont non seulement quantitatives (la gravit&#233; et la globalisation des probl&#232;mes &#233;cologiques), mais aussi et surtout qualitatives : alors que toutes les crises environnementales du pass&#233; d&#233;coulaient des tendances sociales &#224; la sous-production chronique, donc de la crainte de la p&#233;nurie, les probl&#232;mes actuels trouvent au contraire leur origine dans la tendance inverse &#224; la surproduction et &#224; la surconsommation, qui est sp&#233;cifique &#224; la production g&#233;n&#233;ralis&#233;e de marchandises. Par cons&#233;quent, l'expression &#171; crise &#233;cologique &#187; est impropre. Ce n'est pas la nature qui est en crise, mais la relation historiquement d&#233;termin&#233;e entre l'humanit&#233; et son environnement. Cette crise n'est pas due aux caract&#233;ristiques intrins&#232;ques de l'esp&#232;ce humaine mais au mode de production devenu dominant il y a deux si&#232;cles environ &#8211; le capitalisme &#8211; et aux modes de consommation et de mobilit&#233; qui en d&#233;coulent. Les atteintes graves aux &#233;cosyst&#232;mes (changements climatiques, pollution chimique, d&#233;clin rapide de la biodiversit&#233;, d&#233;gradation des sols, destruction de la for&#234;t tropicale, etc.) constituent une dimension de la crise syst&#233;mique globale. Ensemble, elles expriment l'incompatibilit&#233; entre le capitalisme et le respect des limites naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Productivisme sans limites&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La raison fondamentale de cette incompatibilit&#233; est simple : sous le fouet de la concurrence, tout propri&#233;taire de capitaux cherche en permanence &#224; remplacer du travail vivant par du travail mort, autrement dit des travailleurs par des machines plus productives, car celles-ci lui procurent un surprofit en plus du profit moyen. Il va de soi que cette op&#233;ration n'aurait pas de sens pour le capitaliste si elle ne s'accompagnait pas d'une tentative d'&#233;limination de ses concurrents les plus faibles, par l'augmentation de la masse de marchandises mises sur le march&#233; &#224; bas prix. L'innovation, dans ce mode de production, n'est pas au service de l'all&#232;gement de la charge de travail mais de l'accumulation incessante du capital. D&#232;s lors, sa recherche constante de nouveaux champs de valorisation am&#232;ne celui-ci &#224; produire une quantit&#233; sans cesse croissante de marchandises inutiles et nuisibles, dont la plus-value, pour &#234;tre r&#233;alis&#233;e, implique que soient constamment cr&#233;&#233;s des d&#233;bouch&#233;s et des besoins, de plus en plus artificiels. Le &#171; productivisme &#187; &#8211; produire pour produire &#8211; implique obligatoirement &#171; consommer pour consommer &#187; et fait partie du code g&#233;n&#233;tique de ce mode de production, au m&#234;me titre que le f&#233;tichisme de la marchandise. &#171; Le capitalisme, non seulement n'est jamais stationnaire, mais ne pourrait jamais le devenir &#187;, disait Schumpeter &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et d&#233;mocratie, Paris, Petite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, pour qu'un capitalisme puisse &#234;tre stationnaire, il faudrait abolir la concurrence entre les capitaux nombreux qui composent le Capital, ce qui est &#233;videmment absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui mais, objectera-t-on, si l'efficience dans l'utilisation des ressources augmentait plus vite que la masse de marchandises produites, la reproduction &#233;largie du capital ne s'accompagnerait pas d'une ponction accrue sur les ressources naturelles. Le capitalisme serait alors soutenable &#233;cologiquement. En effet. C'est la th&#232;se du d&#233;couplage entre la croissance du PIB et l'empreinte &#233;cologique. Elle est illustr&#233;e par la courbe en cloche dite &#171; de Kuznets &#187;, selon laquelle l'impact environnemental d'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e augmenterait jusqu'&#224; un pic, puis diminuerait en fonction de sa richesse, donc du d&#233;veloppement de ses forces productives. Il est vrai que, de tous les modes de production qui ont exist&#233; dans l'histoire, le capitalisme est celui qui a augment&#233; le plus spectaculairement la productivit&#233; du travail, donc aussi l'efficience dans l'utilisation des ressources. Il en est ainsi parce que la qu&#234;te du surprofit qui pousse &#224; la m&#233;canisation favorise en m&#234;me temps une &#233;conomie croissante dans l'utilisation des richesses naturelles. Pourtant, ce constat ne remet pas en cause la nature &#233;cocidaire du syst&#232;me, et la courbe de Kuznets est fausse. En effet, d'une part, la hausse de l'efficience est forc&#233;ment une asymptote, pas une fonction lin&#233;aire de l'augmentation du capital fixe &#8211; sans quoi on aboutirait &#224; la conclusion que le mouvement perp&#233;tuel est possible, puisque, &#224; la limite, un travail pourrait &#234;tre effectu&#233; sans d&#233;perdition d'&#233;nergie (cette erreur grossi&#232;re a &#233;t&#233; commise par les experts qui ont &#233;valu&#233; la part de la consommation europ&#233;enne d'&#233;lectricit&#233; possiblement couverte par le projet Desertec d'exploitation du rayonnement solaire dans le Sahara) &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Possoz et H. Jeanmart, Comments on the electricity demand scenario in two (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autre part, on constate empiriquement que l'augmentation du volume de la production fait plus que compenser la hausse de l'efficience, qui n'est donc que relative. Le cas de l'automobile est frappant : la sobri&#233;t&#233; des moteurs augmente, mais les besoins globaux en hydrocarbures et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre des transports explosent, par suite du nombre sans cesse croissant de v&#233;hicules. Boulimique, la croissance capitaliste implique in&#233;vitablement une consommation croissante de ressources, inconciliable avec la finitude de celles-ci ainsi qu'avec leurs rythmes de renouvellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la multiplication angoissante de probl&#232;mes &#233;cologiques graves, nous sommes amen&#233;s &#224; nous interroger : quelles sont les limites th&#233;oriques de la croissance capitaliste, et par cons&#233;quent de la d&#233;gradation capitaliste de l'environnement ? R&#233;pondre implique de bien saisir que le capital n'est pas une chose : c'est un rapport social d'exploitation, dont le d&#233;veloppement fut rendu historiquement possible du fait de l'appropriation pr&#233;alable des ressources naturelles (terre, eau, for&#234;ts&#8230;) par les classes dominantes, au nom du profit. Cette appropriation entra&#238;na ensuite celle de la force de travail, transform&#233;e en marchandise salari&#233;e. Pillage des ressources et exploitation du travail &#8211; quand celle-ci est consid&#233;r&#233;e du point de vue social &#8211; sont donc les deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille. Mais, en laissant de c&#244;t&#233; sa composante sociale (la coop&#233;ration et ses formes), la force de travail humaine peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e sous l'angle thermodynamique, comme une ressource naturelle parmi d'autres (le corps humain est un convertisseur &#233;nerg&#233;tique). Dans ce cas, pillage et exploitation ne sont en fait qu'un seul et m&#234;me processus de destruction, et le surtravail peut &#234;tre d&#233;crit comme une quantit&#233; d'&#233;nergie accapar&#233;e par le patronat. Ceci &#233;tant pos&#233;, on peut r&#233;pondre &#224; la question sur les limites th&#233;oriques du capital. D'une part, l'expropriation des producteurs et productrices directEs, leur ali&#233;nation d'avec la terre nourrici&#232;re, a cr&#233;&#233; une classe sociale dont l'unique moyen de subsistance est la vente de sa force de travail contre un salaire. D'autre part, le travailleur ou la travailleuse embauch&#233;E comme salari&#233;E trouve tout pr&#234;ts, mis &#224; sa disposition par l'employeur, les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; son activit&#233; productive &#8211; outils, b&#226;timents et &#233;nergie &#8211; qui proviennent, directement ou indirectement, de ressources pr&#233;lev&#233;es dans la nature par le travail ou transform&#233;es par lui. Dans ce contexte, et tenant compte du fait que la hausse de l'efficience n'est que relative, il va de soi que la qu&#234;te incessante du surprofit par le productivisme capitaliste p&#232;se &#224; la fois sur les fractions variable et constante du capital, de sorte que celui-ci doit fatalement consommer une quantit&#233; absolue toujours plus grande de force de travail et de ressources naturelles, et ce bien qu'il favorise leur &#233;conomie relative. La formule &#233;nigmatique de Marx disant que le capital n'a d'autre limite que le capital lui-m&#234;me s'&#233;claire ainsi : elle signifie tout simplement que ce mode de production ne s'arr&#234;tera de lui-m&#234;me qu'apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; les deux seules sources de &lt;i&gt;&#171; toute richesse : la terre et le travailleur &#187;&lt;/i&gt; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Le Capital, Paris, &#201;ditions sociales, Livre premier, Tome II, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conclusion laisse si peu de place &#224; l'optimisme que certains s'accrochent &#224; tout prix &#224; l'id&#233;e qu'un m&#233;canisme endog&#232;ne non encore identifi&#233; pourrait bloquer le syst&#232;me avant qu'il n'ait atteint cette limite th&#233;orique. Il faut pourtant se r&#233;signer &#224; constater qu'il n'existe et ne peut exister rien de ce genre. La raison, encore une fois, est simple et renvoie aux lois fondamentales du capitalisme : ce mode bas&#233; exclusivement sur la loi de la valeur-travail a pour seul but la production de valeurs d'&#233;change, et non de valeurs d'usage. Or, la valeur &#233;tant d&#233;termin&#233;e par le temps de travail socialement n&#233;cessaire &#224; la production, il est &#233;vident que le capital ne dispose d'aucun moyen lui permettant de prendre spontan&#233;ment en compte l'&#233;tat des richesses que la nature met gratuitement &#224; disposition de l'humanit&#233;. Symbole et essence de la valeur, la forme argent, par son abstraction m&#234;me et du fait du renversement complet de perspective qu'elle engendre (l'argent semble donner leur valeur aux marchandises, alors que ce sont les marchandises qui donnent sa valeur &#224; l'argent) cr&#233;e l'illusion qu'une accumulation mat&#233;rielle illimit&#233;e serait possible. Il convient de pr&#233;ciser que le capital, bien qu'il compte et mesure tout, est non seulement incapable de prendre les richesses naturelles en compte qualitativement, mais aussi quantitativement, comme le montre l'insouciance l&#233;g&#232;re avec laquelle il d&#233;truit irr&#233;versiblement des stocks de nombreuses ressources, en d&#233;pit des avertissements de toutes sortes. Cette folie a m&#234;me trouv&#233; ses th&#233;oriciens, en la personne des ultralib&#233;raux qui d&#233;fendent, contre toute &#233;vidence, la th&#232;se absurde de la substituabilit&#233; int&#233;grale des ressources naturelles par des produits de l'activit&#233; humaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;ponse politique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certes, DES capitaux s'investissent massivement dans le secteur vert de l'&#233;conomie, car les profits y sont attractifs, notamment gr&#226;ce aux subsides publics. Mais LE &#171; capitalisme vert &#187;, en tant que tel, est un oxymore. La seule question digne d'int&#233;r&#234;t consiste &#224; se demander dans quelle mesure l'aveuglement &#233;cologique du mode de production marchand pourrait &#234;tre compens&#233; par des mesures politiques, exog&#232;nes &#224; la sph&#232;re &#233;conomique proprement dite. Au vu de ce qui a &#233;t&#233; dit plus haut, la r&#233;ponse est &#233;vidente : l'efficacit&#233; des politiques &#233;cologiques d&#233;pend enti&#232;rement de la d&#233;termination avec laquelle celles et ceux qui les pr&#244;nent osent contester la libert&#233; du capital, donc construire le rapport de forces social n&#233;cessaire &#224; leur imposition (ce qui implique &#224; son tour de lier la solution de la question &#233;cologique aux combats des exploit&#233;.e.s : la lutte contre le ch&#244;mage, la mis&#232;re, l'in&#233;galit&#233; sociale, les discriminations et la d&#233;gradation des conditions de travail). Et c'est ici que le b&#226;t blesse. Tim Jackson, par exemple, est probablement un des auteurs non marxistes qui appr&#233;hende le mieux la logique productiviste capitaliste comme la cause fondamentale des d&#233;gradations environnementales. Dans Prosp&#233;rit&#233; sans croissance, tournant le dos aux explications superficielles, il &#233;crit pertinemment que &#171; cette soci&#233;t&#233; qui balance tout &#224; la poubelle n'est pas tant une cons&#233;quence de la gloutonnerie des consommateurs qu'une condition de survie du syst&#232;me &#187;, car celui-ci a besoin de &#171; vendre plus de biens, d'innover en permanence &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tim Jackson, Prosp&#233;rit&#233; sans croissance, Bruxelles, Etopia, 2010.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais Jackson esquive la conclusion &#224; tirer de sa propre analyse : plut&#244;t que de contester le mode de production, il d&#233;vie malgr&#233; tout dans la mise en cause d'un &#171; d&#233;sir de nouveaut&#233; et de consommation &#187; qui rel&#232;verait, selon lui, de la nature humaine. Du coup, la montagne accouche d'une souris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur le versant &#233;cologique, Prosp&#233;rit&#233; sans croissance plaide pour que le pouvoir politique fixe des limites s&#233;v&#232;res &#224; l'utilisation des ressources, en fonction des seules contraintes environnementales. C'est effectivement ce qu'il conviendrait de faire&#8230; Toutefois, on ne peut, sous peine d'impuissance, feindre d'ignorer, comme Jackson, que le monde des affaires s'oppose avec succ&#232;s &#224; toute r&#233;gulation environnementale drastique, m&#234;me dans les cas o&#249; la n&#233;cessit&#233; de celle-ci est la moins contest&#233;e ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur le plan social, Jackson a le m&#233;rite de plaider pour la r&#233;duction du temps de travail, mais cette mesure est subordonn&#233;e chez lui au maintien de la comp&#233;titivit&#233; des entreprises, de sorte qu'elle n'est pas chiffr&#233;e. Pour lui, la r&#233;duction du temps de travail est en fait une forme de flexibilit&#233;, pas une r&#233;ponse collective imm&#233;diate au ch&#244;mage, ni un outil pour la redistribution de la richesse produite (par le maintien des salaires). Il ne l'envisage d'ailleurs qu'en dernier recours, au cas o&#249; la conversion des &#233;conomistes &#224; un nouveau &#171; mod&#232;le macro&#233;conomique &#187; ne suffirait pas &#224; &#171; d&#233;placer simplement le point focal de l'activit&#233; &#233;conomique du secteur productif de valeur vers des services d&#233;mat&#233;rialis&#233;s &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro : &#171; Prosp&#233;rit&#233; sans croissance &#187; : un ouvrage sous tension&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, toutes les propositions mises en avant pour corriger politiquement la nature &#233;cocidaire du capital butent sur les m&#234;mes obstacles : la logique du profit et la nature de classe des institutions &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il en est ainsi notamment de la proposition d'indicateurs alternatifs ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mirage de l'internalisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Einstein aurait dit un jour : &#171; On ne peut pas r&#233;soudre un probl&#232;me avec le type de pens&#233;e qui a conduit au probl&#232;me &#187;. Ce th&#233;or&#232;me s'applique parfaitement &#224; l'id&#233;e que le capitalisme pourrait s'engager sur la voie de la soutenabilit&#233; si des instances politiques attribuaient un prix aux ressources naturelles. Puisque la crise &#233;cologique est une cons&#233;quence de la production g&#233;n&#233;ralis&#233;e de marchandises, ce n'est pas en &#171; marchandisant &#187; l'eau, l'air, le carbone, les g&#232;nes ou toute autre richesse naturelle que la destruction de l'environnement pourra &#234;tre arr&#234;t&#233;e. Non seulement cette &#171; internalisation des externalit&#233;s &#187; ne nous rapproche pas d'une solution, mais elle nous en &#233;loigne au contraire. En effet, il va de soi que la transformation des richesses naturelles en marchandises implique leur appropriation par le capital. D&#232;s lors, l'affaire est entendue car celui-ci, en les soumettant &#224; la loi de la valeur-travail, tend &#224; les soustraire du m&#234;me coup &#224; tout crit&#232;re de gestion autre que le profit. De toute mani&#232;re, ind&#233;pendamment de ces consid&#233;rations, et plus fondamentalement encore, les tentatives de donner un prix aux richesses naturelles se heurtent &#224; une difficult&#233; th&#233;orique insurmontable : comment &#233;valuer en termes mon&#233;taires des biens dont la production n'est pas mesurable en heures de travail, qui n'ont donc pas de valeur, et dont la destruction est, de plus, diff&#233;r&#233;e dans le temps ? Pour toute r&#233;ponse &#224; ce casse-t&#234;te, les &#233;conomistes lib&#233;raux se chamaillent sur le taux d'actualisation et interrogent la disponibilit&#233; des consommateurs &#224; payer pour l'environnement, ou &#224; en accepter la d&#233;gradation. Le prix des richesses naturelles varie alors selon que les personnes interrog&#233;es sont riches ou mis&#233;rables&#8230; Pouss&#233;e &#224; la limite, cette m&#233;thode r&#233;v&#232;le clairement son absurdit&#233; : quelle valeur marchande conviendrait-il de donner au rayonnement solaire, sachant que la vie sur Terre en d&#233;pend ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse du calcul marchand appara&#238;t clairement dans la proposition d'une taxe carbone pour rendre les &#233;nergies fossiles plus ch&#232;res que les renouvelables et r&#233;duire par cons&#233;quent les &#233;missions de gaz carbonique. Comme on le sait, pour avoir une chance raisonnable de ne pas trop d&#233;passer 2 &#176;C de hausse de la temp&#233;rature par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;industrielle, il convient que ces &#233;missions diminuent d'ici 2050 de 80 &#224; 95 % dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, et de 50 &#224; 85 % au niveau mondial, le point d'inflexion devant se situer au plus tard en 2015 &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GIEC, Contribution du Groupe de travail III au rapport 2007, page 776.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces fourchettes de chiffres, dont il serait prudent de viser la partie sup&#233;rieure, impliquent d'abandonner les &#233;nergies fossiles en deux g&#233;n&#233;rations, alors que celles-ci couvrent 80 % de nos besoins &#233;nerg&#233;tiques (et que l'or noir est la mati&#232;re premi&#232;re de l'industrie p&#233;trochimique). En fait, l'ampleur des r&#233;ductions &#224; r&#233;aliser dans l'urgence et l'importance de la diff&#233;rence de co&#251;t entre fossiles et renouvelables sont telles que m&#234;me une taxe de 600 dollars la tonne ne suffirait pas (elle permettrait seulement de r&#233;duire les &#233;missions globales de moiti&#233; d'ici 2050, selon l'Agence internationale de l'&#233;nergie) &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AIE, Perspectives des technologies de l'&#233;nergie. Au service du plan d'action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sachant que la combustion de mille litres de gazole produit 2,7 tonnes de CO2, on comprend qu'une telle mesure serait socialement inapplicable dans les faits : les employeurs ne pourraient s'y r&#233;signer que si elle &#233;tait int&#233;gralement transf&#233;r&#233;e sur les consommateurs finaux, tandis que la majorit&#233; de la population, exc&#233;d&#233;e par l'aust&#233;rit&#233; qui s&#233;vit depuis trente ans, s'opposera &#233;videmment &#224; une telle d&#233;t&#233;rioration de ses conditions d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, en pratique, et en d&#233;pit de toutes les th&#233;ories sophistiqu&#233;es des &lt;i&gt;ecological economics&lt;/i&gt;, les propositions politiques d'internalisation des co&#251;ts des pollutions sont &#224; la fois insuffisantes &#233;cologiquement et insupportables socialement. &#192; supposer que les obstacles th&#233;oriques et pratiques puissent &#234;tre lev&#233;s, l'efficacit&#233; de l'internalisation resterait d'ailleurs al&#233;atoire, parce que le prix est un indicateur purement quantitatif, incapable de saisir les diff&#233;rences qualitatives entre les tonnes de CO2 &#233;vit&#233;es par des moyens aussi diff&#233;rents que l'isolement d'une habitation, l'installation de panneaux photovolta&#239;ques, une plantation d'arbres, ou la suppression d'un grand prix de Formule Un. Quantitativement, rien ne distingue en effet une tonne de CO2 d'une autre. Or, les diff&#233;rences qualitatives sont d&#233;cisives &#224; l'&#233;laboration de strat&#233;gies &#233;cologiques ad&#233;quates, dans lesquelles les moyens mis en &#339;uvre sont coh&#233;rents avec la fin &#8211; le passage sans casse sociale &#224; un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique &#233;conome et d&#233;centralis&#233;, bas&#233; uniquement sur les sources renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gestion rationnelle du m&#233;tabolisme et lutte des classes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re &#233;cocidaire du capital s'est concr&#233;tis&#233; d&#232;s les d&#233;buts de ce mode de production. Au XIXe si&#232;cle, le fondateur de la chimie des sols, Liebig, tirait d&#233;j&#224; la sonnette d'alarme : du fait de l'urbanisation capitaliste, les excr&#233;ments humains ne retournaient plus au champ, et cette rupture du cycle des nutriments mena&#231;ait de causer un grave appauvrissement des sols. Au fait de ces travaux, Marx hissa la probl&#233;matique sur le plan conceptuel en posant la n&#233;cessit&#233; g&#233;n&#233;rale d'une &#171; r&#233;gulation rationnelle des &#233;changes de mati&#232;res (ou m&#233;tabolisme) entre l'humanit&#233; et la nature &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Le Capital, Moscou, &#201;ditions du Progr&#232;s, 1984 [1867], p. 855.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, arm&#233; de ce concept &#233;cologique avant la lettre, il revint &#224; la question des sols pour mettre en avant une perspective programmatique radicale : l'abolition de la s&#233;paration entre la ville et la campagne, compl&#233;ment indispensable &#224; ses yeux de la disparition progressive de la s&#233;paration entre travail manuel et intellectuel. Il convient d'y insister : l'expression &#171; gestion rationnelle &#187; ne doit pas pr&#234;ter &#224; confusion. La nature, pour Marx, est &#171; le corps inorganique de l'homme &#187;. Le bon m&#233;tabolisme de l'ensemble ne passe pas par une bureaucratie de technocrates verts mais par la suppression des classes sociales. En effet, la division de la soci&#233;t&#233; rend impossible toute ma&#238;trise consciente et organis&#233;e des &#233;changes de mati&#232;res avec l'environnement. Non seulement parce que la course au profit pousse les patrons &#224; piller les ressources naturelles, mais aussi parce que leur appropriation capitaliste fait que les ressources se dressent face aux exploit&#233;Es comme des forces hostiles dont ils et elles sont ali&#233;n&#233;.e.s. Ajoutons &#224; cela que la concurrence entre salari&#233;.e.s et la peur du ch&#244;mage incitent chacun.e individuellement &#224; souhaiter la bonne marche de &#171; son &#187; entreprise, et &#224; collaborer ainsi involontairement au productivisme. Enfin, &#224; partir d'un certain niveau de d&#233;veloppement du capital, la consommation de marchandises procure aux travailleurs et aux travailleuses un certain nombre de compensations mis&#233;rables pour l'ali&#233;nation de la production. Tous ces m&#233;canismes ne peuvent &#234;tre rompus que par le d&#233;veloppement toujours plus large de la solidarit&#233; de classe. C'est pourquoi, pour Marx, la gestion rationnelle du m&#233;tabolisme humanit&#233;-nature ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e que par &#171; les producteurs associ&#233;s &#187;. Et Marx de pr&#233;ciser que c'est en cela que r&#233;side &lt;i&gt;&#171; la seule libert&#233; possible &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique L&#233;nine y ait fait r&#233;f&#233;rence dans certaines prises de position politiques relatives &#224; la question agraire &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vladimir I. L&#233;nine, La question agraire et les critiques de Marx, Moscou, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et que Boukharine en ait fait une pr&#233;sentation intelligente dans son pr&#233;cis sur le mat&#233;rialisme historique &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicholas Boukharine, La th&#233;orie du mat&#233;rialisme historique. Manuel de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le concept marxien de r&#233;gulation rationnelle des &#233;changes de mati&#232;re tomba ensuite dans l'oubli. Aucun penseur marxiste ne lui accorda l'importance qu'il m&#233;rite et, surtout, aucun d'entre eux ne vit l'int&#233;r&#234;t de s'y r&#233;f&#233;rer lorsque la question &#233;cologique devint un probl&#232;me de soci&#233;t&#233;, &#224; partir des ann&#233;es 1960 du si&#232;cle pass&#233;. Ce n'est pas le lieu ici de s'interroger sur les raisons de cette solution de continuit&#233; dans le marxisme r&#233;volutionnaire &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro, &#171; Marxism, energy, and ecology : The moment of truth &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On se contentera de mettre le lecteur en garde contre des interpr&#233;tations simplistes : le stalinisme n'est pas seul en cause, bien qu'il ait signifi&#233;, dans ce domaine aussi, une terrible r&#233;gression th&#233;orique &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro, &#201;cologie : le lourd h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On mettra plut&#244;t l'accent sur le fait que &#171; l'&#233;cologie de Marx &#187; m&#233;rite de prendre d'urgence une place centrale dans la pens&#233;e th&#233;orique et l'&#233;laboration programmatique des marxistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique du r&#233;chauffement illustre cette n&#233;cessit&#233;. En effet, la saturation de l'atmosph&#232;re en CO2, due principalement &#224; la combustion des combustibles fossiles &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; un court-circuit dans le cycle long du carbone &#8211; constitue un cas flagrant de gestion irrationnelle des &#233;changes de mati&#232;re, et cette irrationalit&#233; met l'humanit&#233; face &#224; un terrible dilemme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'un c&#244;t&#233;, trois milliards de gens vivent dans des conditions indignes. Satisfaire leurs besoins l&#233;gitimes n'est possible qu'en augmentant la production mat&#233;rielle. Donc la transformation de ressources pr&#233;lev&#233;es dans l'environnement. Donc la consommation d'une &#233;nergie qui, aujourd'hui, est &#224; 80 % d'origine fossile, c'est-&#224;-dire source de gaz &#224; effet de serre ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de l'autre c&#244;t&#233;, le syst&#232;me climatique est au bord de l'infarctus. &#201;viter des catastrophes irr&#233;versibles (dont les victimes se compteront principalement parmi les trois milliards de gens qui aspirent &#224; une existence digne) impose de r&#233;duire radicalement les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Donc la consommation des &#233;nergies fossiles n&#233;cessaires aujourd'hui &#224; la transformation des ressources pr&#233;lev&#233;es dans l'environnement. Donc la production mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le court d&#233;lai de 40 ans qui nous est imparti, selon le GIEC, et &#224; moins d'une r&#233;volution scientifique extraordinaire dans le domaine &#233;nerg&#233;tique, ce syst&#232;me d'&#233;quation ne peut tout simplement pas trouver de solution capitaliste acceptable. En effet, un syst&#232;me bas&#233; sur la concurrence pour le profit est strictement incapable de satisfaire massivement les besoins humains non solvables tout en r&#233;duisant durablement la consommation d'&#233;nergie ainsi que la production mat&#233;rielle. Atteindre ces objectifs s&#233;par&#233;ment est d&#233;j&#224; incompatible avec la logique du capital, que dire alors de les atteindre conjointement ? L'impossibilit&#233; de la chose appara&#238;t clairement &#224; l'examen des sc&#233;narios climatiques propos&#233;s par les gouvernements et les institutions internationales. Le sc&#233;nario Blue map de l'Agence internationale de l'&#233;nergie, par exemple, vise &#224; r&#233;duire les &#233;missions globales de 50 % d'ici 2050 &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AIE, op. cit.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'une part, cet objectif est plus que probablement insuffisant ; d'autre part, il ne serait atteint que moyennant le recours massif &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire, aux agrocarburants et au soi-disant &#171; charbon propre &#187; (CCS) (sans parler du gaz de schiste et des sables bitumineux). Blue Map impliquerait de construire chaque ann&#233;e, pendant plus de quarante ans, 32 centrales nucl&#233;aires de 1 000 MW ainsi que 45 nouvelles centrales au charbon de 500 MW &#233;quip&#233;es de CCS. Inutile de s'attarder : la terrible catastrophe de Fukushima, au Japon, suffit &#224; montrer l'aberration de tels projets.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le choix strat&#233;gique est d&#232;s lors le suivant :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit on sort du capitalisme en restreignant radicalement la sph&#232;re et le volume de la production capitaliste, et il est possible de limiter au maximum les d&#233;g&#226;ts du r&#233;chauffement tout en garantissant un d&#233;veloppement humain de qualit&#233;, bas&#233; exclusivement sur les &#233;nergies renouvelables dans la perspective d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur une autre &#233;conomie du temps ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit on reste dans la logique capitaliste d'accumulation, le d&#233;r&#232;glement climatique restreint radicalement le droit &#224; l'existence de centaines de millions d'&#234;tres humains et les g&#233;n&#233;rations futures seront condamn&#233;es &#224; essuyer les pl&#226;tres de la fuite en avant dans des technologies dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On choisira &#233;videmment la premi&#232;re solution, mais il convient d'insister sur le fait que la stricte contrainte environnementale soumet la transition au socialisme &#224; des conditions in&#233;dites. L'ampleur du d&#233;fi ne saurait &#234;tre surestim&#233;e. Dans l'Union europ&#233;enne, par exemple, r&#233;duire les &#233;missions de 60 % (or il faudrait les r&#233;duire de 95 % !) sans recourir &#224; l'atome n&#233;cessiterait de supprimer 40 % environ de la demande &#233;nerg&#233;tique finale &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wolfram Krevitt, Uwe Klann, Stefan Kronshage, Energy Revolution. A (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'est pas facile de mesurer l'implication en cascade sur la production mat&#233;rielle et les transports, mais il semble &#233;vident que l'objectif ne sera pas atteint simplement en &#233;liminant les productions inutiles et nuisibles (armement, publicit&#233;, yachts de luxe et avions priv&#233;s, etc.) en luttant contre l'obsolescence planifi&#233;e des produits, ou en supprimant la consommation ostentatoire des couches les plus riches de la classe dominante&#8230; Des mesures plus radicales seront n&#233;cessaires, qui auront des effets sur l'ensemble de la population, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. En d'autres termes, la transition au socialisme doit se faire dans des conditions fort diff&#233;rentes de celles du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une indication est donn&#233;e par l'estimation de la part de l'agrobusiness dans le total des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Selon la campagne &#171; Ne mange pas le monde &#187;, en effet, de 44 &#224; 57 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre sont dues au mod&#232;le actuel de production, de distribution et de consommation des produits agricoles et forestiers. Ce chiffre est obtenu en additionnant les &#233;missions dues aux activit&#233;s strictement agricoles (11 &#224; 15 %), &#224; la d&#233;forestation (15 &#224; 18 %), &#224; la manutention, au transport et au stockage des aliments (15 &#224; 20 %) et des r&#233;sidus organiques (3 &#224; 4 %). &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport&#233; par Esther Vivas, &#171; Ne mange pas le monde &#187; : Une autre agriculture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La lutte pour la stabilisation du climat au meilleur niveau possible ne saurait par cons&#233;quent se limiter &#224; l'expropriation des expropriateurs-pollueurs-gaspilleurs : le changement des rapports de propri&#233;t&#233; ne constitue que la condition n&#233;cessaire &#8211; mais non suffisante &#8211; d'un changement social extr&#234;mement profond, impliquant la modification substantielle de modes sociaux de consommation et de mobilit&#233;. Ces modifications &#8211; se d&#233;placer autrement, manger moins de viande et consommer des l&#233;gumes de saison, par exemple &#8211; doivent &#234;tre mises en perspective d&#232;s maintenant, car il y a urgence et qu'elles ont des implications imm&#233;diates. Elles peuvent l'&#234;tre, car elles mettent en &#339;uvre des m&#233;canismes culturels et id&#233;ologiques qui ont une certaine autonomie par rapport &#224; la base productive de la soci&#233;t&#233;. Quoiqu'elles ne portent en elles aucun changement structurel, il convient de les consid&#233;rer comme partie int&#233;grante de l'alternative anticapitaliste. Dans la mesure o&#249; elles d&#233;bouchent sur des pratiques collectives, elles peuvent favoriser la prise de conscience et l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une p&#233;riode nouvelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Programme de Transition r&#233;dig&#233; par L&#233;on Trotsky en 1938 commence par l'affirmation que &#171; la pr&#233;misse &#233;conomique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne est arriv&#233;e depuis longtemps au point le plus &#233;lev&#233; qui puisse &#234;tre atteint sous le capitalisme &#187;, et conclut que &#171; les pr&#233;misses objectives [&#8230;] ne sont pas seulement m&#251;res ; elles ont m&#234;me commenc&#233; &#224; pourrir. Sans r&#233;volution socialiste, et cela dans la prochaine p&#233;riode historique, la civilisation humaine tout enti&#232;re est menac&#233;e d'&#234;tre emport&#233;e dans une catastrophe &#187;. Certes, le fondateur de l'Arm&#233;e rouge r&#233;f&#232;re en premier lieu au contexte historique : la victoire du fascisme et du nazisme, l'&#233;crasement de la r&#233;volution espagnole et la guerre mondiale imminente. Son jugement sur la putr&#233;faction des conditions objectives semble pourtant avoir une port&#233;e historique plus vaste. Ce th&#232;me r&#233;appara&#238;tra d'ailleurs sous la plume d'Ernest Mandel : &#171; En fait, (&#224; partir d'un certain niveau) la croissance des forces productives et la croissance des relations marchandes-mon&#233;taires peut &#233;carter la soci&#233;t&#233; de son objectif socialiste au lieu de l'en rapprocher. &#187; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest Mandel, Ten Theses on the Social and Economic Laws Governing the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation remarquable, dont les implications strat&#233;giques m&#233;riteraient d'&#234;tre explor&#233;es. Car telle est en fait la situation sans pr&#233;c&#233;dent &#224; laquelle nous sommes confront&#233;Es : au niveau des pays d&#233;velopp&#233;s, le capitalisme est all&#233; trop loin dans la croissance des forces productives mat&#233;rielles, de sorte qu'une alternative socialiste digne ne passe plus par une avanc&#233;e, mais par une forme de recul. (Nous parlons bien des forces mat&#233;rielles, le d&#233;veloppement des connaissances et de la coop&#233;ration entre producteurs n'est &#233;videmment pas en cause.) C'est cette conjoncture historique nouvelle qui s'exprime dans l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de produire et de transporter moins, afin de consommer radicalement moins d'&#233;nergie et de supprimer totalement les &#233;missions de CO2 fossile d'ici la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles ait commenc&#233; &#224; nous &#233;loigner objectivement d'une alternative socialiste constitue le fait majeur qui fonde et justifie le concept nouveau d'&#233;cosocialisme. Loin de n'&#234;tre qu'une nouvelle &#233;tiquette sur la bouteille, ce concept introduit au moins cinq nouveaut&#233;s, que j'ai esquiss&#233;es dans mon livre L'impossible capitalisme vert, et que je rappellerai bri&#232;vement ici &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, Paris, La D&#233;couverte, 2010.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; La notion de &#171; ma&#238;trise humaine sur la nature &#187; doit &#234;tre abandonn&#233;e. La complexit&#233;, les inconnues et le caract&#232;re &#233;volutif de la biosph&#232;re impliquent un degr&#233; d'incertitude irr&#233;ductible. L'intrication du social et de l'environnemental doit &#234;tre pens&#233;e comme un processus en mouvement constant, comme une production de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; La d&#233;finition classique du socialisme doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e. Le seul socialisme possible d&#233;sormais est celui qui satisfait les besoins humains r&#233;els (d&#233;barrass&#233;s de l'ali&#233;nation marchande), d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s par les int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes dans les limites des ressources et en s'interrogeant prudemment sur l'impact environnemental de ces besoins et de la mani&#232;re dont ils sont satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Il s'agit de d&#233;passer la vision cloisonn&#233;e, utilitariste et lin&#233;aire de la nature comme la plateforme physique &#224; partir de laquelle l'humanit&#233; op&#232;re, comme le magasin o&#249; elle puise les ressources n&#233;cessaires &#224; la production de son existence sociale et comme la d&#233;charge o&#249; elle entrepose ses d&#233;chets. La nature est tout &#224; la fois la plateforme, le magasin, la d&#233;chetterie et l'ensemble des processus vivants qui, gr&#226;ce &#224; l'apport d'&#233;nergie solaire, font circuler la mati&#232;re entre ces p&#244;les en la r&#233;organisant constamment. Les d&#233;chets et leur mode de d&#233;p&#244;t doivent donc &#234;tre compatibles en qualit&#233; comme en qualit&#233; avec les capacit&#233;s et les rythmes de recyclage par les &#233;cosyst&#232;mes. C'est-&#224;-dire que le bon fonctionnement de l'ensemble d&#233;pend de la biodiversit&#233;, qui doit &#234;tre prot&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Les sources &#233;nerg&#233;tiques et les m&#233;thodes de conversion employ&#233;es ne sont pas neutres socialement. Le socialisme, par cons&#233;quent, ne peut pas se d&#233;finir &#224; la mode de L&#233;nine comme &#171; les soviets plus l'&#233;lectricit&#233; &#187;. Le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique capitaliste est centralis&#233;, anarchique, gaspilleur, inefficient, intensif en travail mort, bas&#233; sur des sources non renouvelables et orient&#233; vers l'accumulation. Une transformation socialiste digne de ce nom n&#233;cessite son remplacement progressif par un syst&#232;me d&#233;centralis&#233;, planifi&#233;, &#233;conome, efficient, intensif en travail vivant, bas&#233; exclusivement sur les sources renouvelables et orient&#233; vers la production de valeurs d'usage durables, recyclables et r&#233;utilisables. Ceci ne concerne pas seulement la production d'&#233;nergie au sens &#233;troit mais l'ensemble de l'appareil industriel, l'agriculture, les transports, les loisirs et l'am&#233;nagement des territoires. Cette transformation extr&#234;mement profonde ne peut s'achever qu'au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; Le d&#233;passement du seuil &#224; partir duquel la croissance des forces productives mat&#233;rielles complique le passage au socialisme implique une attitude critique face &#224; la hausse de la productivit&#233; du travail. Dans un certain nombre de domaines, la mise en &#339;uvre d'une alternative anticapitaliste respectueuse des &#233;quilibres &#233;cologiques n&#233;cessite le remplacement du travail mort par du travail vivant. C'est manifestement le cas dans l'agriculture, o&#249; le syst&#232;me de l'agrobusiness ultra-m&#233;canis&#233;, gros consommateur d'intrants et d'&#233;nergie fossile, devra c&#233;der la place &#224; un autre mode d'exploitation, plus intensif en travail humain. La m&#234;me chose vaut pour le secteur de l'&#233;nergie, car la production d&#233;centralis&#233;e bas&#233;e sur les renouvelables n&#233;cessitera beaucoup de travail, de maintenance notamment. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la quantit&#233; de travail vivant doit augmenter radicalement dans tous les domaines li&#233;s directement &#224; l'environnement. Un parall&#232;le peut &#234;tre fait avec les soins aux personnes, l'enseignement, et d'autres secteurs dans lesquels la gauche consid&#232;re comme allant de soi de d&#233;velopper l'emploi public : l'intelligence et l'&#233;motion humaines, combin&#233;es &#224; une culture du &#171; prendre soin &#187;, sont en effet n&#233;cessaires dans les mati&#232;res qui rel&#232;vent directement de l'interaction avec la biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des esprits dogmatiques craindront que ces r&#233;flexions ouvrent la porte &#224; une r&#233;vision du marxisme r&#233;volutionnaire, sous la forme de concessions &#224; l'offensive d'aust&#233;rit&#233; contre la classe ouvri&#232;re des pays d&#233;velopp&#233;s. Il n'en est rien. Il n'est pas question de c&#233;der la moindre parcelle de terrain aux discours culpabilisants qui utilisent la crise &#233;cologique pour tenter de d&#233;sarmer le monde du travail et ses repr&#233;sentants. Une ligne de d&#233;marcation entre l'&#233;cosocialisme, d'une part, l'&#233;cologie politique et la d&#233;croissance, d'autre part, est l'attitude face &#224; la lutte des classes. Nous restons fermement convaincus que les exploit&#233;Es apprennent par l'exp&#233;rience des luttes collectives, qui commencent par la d&#233;fense des salaires, de l'emploi et des conditions de travail. Toute lutte des travailleuses et des travailleurs, m&#234;me la plus imm&#233;diate, doit &#234;tre soutenue et consid&#233;r&#233;e comme une chance d'augmenter le niveau conscience pour l'orienter vers une perspective socialiste. Dans ce cadre strat&#233;gique, le constat que la transition socialiste doit s'op&#233;rer dor&#233;navant sous contrainte environnementale n'affaiblit pas les convictions anticapitalistes : il les renforce au contraire. Cependant, seule la v&#233;rit&#233; est r&#233;volutionnaire. On ne peut dissimuler le fait que la transformation socialiste impliquera fort probablement de renoncer &#224; certains biens, services et habitudes qui impr&#232;gnent profond&#233;ment la vie quotidienne de larges couches de la population, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. Il s'agit donc de mettre en avant des objectifs capables de compenser cette perte par un progr&#232;s substantiel dans la qualit&#233; de vie. Deux pistes nous semblent devoir &#234;tre privil&#233;gi&#233;es : 1&#176; la gratuit&#233; des biens de base (eau, &#233;nergie mobilit&#233;) jusqu'&#224; un volume social moyen (ce qui implique l'extension du secteur public) ; 2&#176; la r&#233;duction radicale (50 %) du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauche proportionnelle et avec diminution des cadences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Toute &#233;conomie se r&#233;sume en derni&#232;re instance &#224; une &#233;conomie du temps &#187;&lt;/i&gt;, disait Marx. Affirmer la n&#233;cessit&#233; de produire et de consommer moins, c'est revendiquer le temps de vivre, et de vivre mieux. C'est ouvrir un d&#233;bat fondamental sur la ma&#238;trise du temps social, sur ce qui est n&#233;cessaire &#224; qui, pourquoi et en quelles quantit&#233;s. C'est r&#233;veiller le d&#233;sir collectif d'un monde sans guerres, o&#249; l'on travaille moins et autrement, o&#249; l'on pollue moins, o&#249; on d&#233;veloppe les relations sociales, o&#249; on am&#233;liore substantiellement le bien-&#234;tre, la sant&#233; publique, l'&#233;ducation et la participation d&#233;mocratique. Un monde o&#249; les producteurs associ&#233;s r&#233;apprennent &#224; &#171; dialoguer &#187; collectivement avec la nature. Ce monde-l&#224; ne sera pas moins riche que le monde actuel &#8211; comme dit la droite, ni &#171; aussi riche pour la grande majorit&#233; de la population &#187; &#8211; comme dit une certaine gauche. Il sera infiniment moins futile, moins stress&#233;, moins press&#233; &#8211; en un mot : plus riche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jared Diamond, Collapse. How Societies Choose to Fail or Survive, London, Penguin Books, 2005. Des critiques de la th&#232;se de Diamond sont propos&#233;es notamment par Benny Peiser, &#171; From ecocide to genocide : the rape of Rapa Nui &#187;, Energy and Environment, vol. 16, n&#176; 3-4, 2005 ; par Terry L. Hunt, &#171; Rethinking Easter Island's ecological catastrophe &#187;, Journal of Archaeological Science, 2007, n&#176; 34, p. 485-502 ; et par Daniel Tanuro, &#171; Catastrophes &#233;cologiques d'hier et d'aujourd'hui : la fausse m&#233;taphore de l'&#238;le de P&#226;ques &#187;, Critique Communiste, n&#176; 185, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et d&#233;mocratie, Paris, Petite Biblioth&#232;que Payot, 1942.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. Possoz et H. Jeanmart, Comments on the electricity demand scenario in two studies from the DLR : MED-CSP &amp; TRANS-CSP, ORMEE &amp; MITEC engineering consultancy, Belgium, &lt;a href=&#034;http://www.dlr.de/tt/Portaldata/41/Resources/dokumente/institut/system/projects/csp/Critics-on-Electricity-Demand-Scenarios.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.dlr.de/tt/Portaldata/41/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, Le Capital, Paris, &#201;ditions sociales, Livre premier, Tome II, 1973 [1867], p. 181-182. Soulign&#233; par Marx.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tim Jackson, Prosp&#233;rit&#233; sans croissance, Bruxelles, Etopia, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Prosp&#233;rit&#233; sans croissance &#187; : un ouvrage sous tension&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il en est ainsi notamment de la proposition d'indicateurs alternatifs ou compl&#233;mentaires au PIB. Que le PIB ne mesure pas la qualit&#233; de l'environnement est une &#233;vidence, ce n'est pas son but, ni celui du capitalisme. Le PIB mesure l'accumulation du capital&#8230; Il est donc parfaitement adapt&#233; au capitalisme. Faire croire qu'il suffirait de changer d'instrument de mesure pour que le syst&#232;me change de logique rel&#232;ve soit de la na&#239;vet&#233;, soit de l'escroquerie intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GIEC, Contribution du Groupe de travail III au rapport 2007, page 776.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AIE, Perspectives des technologies de l'&#233;nergie. Au service du plan d'action du G8. Sc&#233;narios et strat&#233;gies &#224; l'horizon 2050, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, Le Capital, Moscou, &#201;ditions du Progr&#232;s, 1984 [1867], p. 855.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vladimir I. L&#233;nine, La question agraire et les critiques de Marx, Moscou, &#201;ditions du Progr&#232;s, 1973, chapitre IV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nicholas Boukharine, La th&#233;orie du mat&#233;rialisme historique. Manuel de sociologie marxiste, Paris, Anthropos, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, &#171; Marxism, energy, and ecology : The moment of truth &#187;, Capitalism Nature Socialism, de&#233;cembre 2010, p. 89-101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18418&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;cologie : le lourd h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AIE, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wolfram Krevitt, Uwe Klann, Stefan Kronshage, Energy Revolution. A Sustainable Pathway to a Clean Energy Future for Europe, Stuttgart, Institute of Technical Thermodynamics &amp; Greenpeace, septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport&#233; par Esther Vivas, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article15694&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ne mange pas le monde &#187; : Une autre agriculture pour un autre climat&lt;/a&gt;, traduction fran&#231;aise d'un article dans le quotidien catalan Publico.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest Mandel, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article20953&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ten Theses on the Social and Economic Laws Governing the Society Transitional Between Capitalism and Socialism&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, Paris, La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* A para&#238;tre dans les Nouveaux Cahiers du Socialisme, septembre 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de nucl&#233;aire sans catastrophe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Pas-de-nucleaire-sans-catastrophe</link>
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		<dc:date>2011-03-16T13:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Japon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il s'est produit ce qui devait se produire : un nouvel &#171; accident &#187; nucl&#233;aire majeur. A l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'est pas encore certain qu'il prendra les dimensions d'une catastrophe semblable &#224; celle de Tchernobyl, mais c'est bien dans cette direction que les choses, h&#233;las, paraissent &#233;voluer. &lt;br class='autobr' /&gt; De toute mani&#232;re, catastrophe de grande ampleur ou pas, la preuve est une nouvelle fois fournie que cette technologie ne pourra jamais &#234;tre s&#251;re &#224; 100%. Les risques sont &#224; ce point (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-19-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH106/arton3134-89797.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il s'est produit ce qui devait se produire : un nouvel &#171; accident &#187; nucl&#233;aire majeur. A l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il n'est pas encore certain qu'il prendra les dimensions d'une catastrophe semblable &#224; celle de Tchernobyl, mais c'est bien dans cette direction que les choses, h&#233;las, paraissent &#233;voluer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, catastrophe de grande ampleur ou pas, la preuve est une nouvelle fois fournie que cette technologie ne pourra jamais &#234;tre s&#251;re &#224; 100%. Les risques sont &#224; ce point effrayants que la conclusion coule de source : il faut imp&#233;rativement sortir du nucl&#233;aire, et en sortir le plus rapidement possible. C'est la premi&#232;re le&#231;on &#224; tirer de Fukushima, mais son application soul&#232;ve des questions sociales et politiques absolument fondamentales, n&#233;cessitant un v&#233;ritable d&#233;bat de soci&#233;t&#233;, une alternative &#224; la civilisation capitaliste de la croissance infinie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une technologie dangereuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Windscale en 1957, Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Tokai Mura en 2000, et maintenant Fukushima. La liste des accidents dans des centrales nucl&#233;aires continue de s'allonger. Il ne peut tout simplement pas en &#234;tre autrement. Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre docteur en physique pour le comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une centrale nucl&#233;aire fonctionne un peu sur le mode d'une bouilloire &#233;lectrique. La r&#233;sistance dans la bouilloire correspond aux barres de combustibles dans la centrale. S'il n'y a pas d'eau dans la bouilloire et que la r&#233;sistance chauffe, il y a un probl&#232;me. M&#234;me chose dans la centrale : les barres de combustible doivent baigner en permanence dans l'eau qu'elles font bouillir. La vapeur produite fait tourner des turbines qui produisent l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centrale consomme donc de grandes quantit&#233;s d'eau dont la circulation est assur&#233;e par des pompes. Si les pompes tombent en panne, l'eau vient &#224; manquer et les barres surchauff&#233;es se d&#233;gradent. Si on n'ajoute pas rapidement de l'eau, la chaleur produite par la r&#233;action au sein des barres est telle que les barres fondent et tombent sur le fond de la cuve (qui correspond &#224; l'enveloppe de la bouilloire). Cette cuve &#224; son tour est enferm&#233;e dans une double enceinte de s&#233;curit&#233; : le r&#233;acteur dont tout le monde conna&#238;t la silhouette ext&#233;rieure, qui est caract&#233;ristique. Si cette enceinte ne r&#233;siste pas &#224; la chaleur intense des barres en fusion et qu'elle se fissure, la radioactivit&#233; est l&#226;ch&#233;e dans l'environnement, avec toutes les cons&#233;quences mortelles qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une technologie fragile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action qui se produit dans une centrale est une r&#233;action en cha&#238;ne : on bombarde des noyaux d'uranium avec des neutrons ; en absorbant un neutron, un noyau d'Uranium se scinde en deux et lib&#232;re une grande quantit&#233; d'&#233;nergie (c'est la fission nucl&#233;aire) ; en m&#234;me temps, il lib&#232;re d'autres neutrons et chacune de ce ceux-ci peut entra&#238;ner la fission d'un autre noyau d'Uranium. Une fois que la r&#233;action est lanc&#233;e, elle continue donc toute seule. Le seul moyen de la contr&#244;ler, et de contr&#244;ler la temp&#233;rature, consiste &#224; ins&#233;rer, entre les barres de combustible, des barres constitu&#233;es d'alliages capables d'absorber les neutrons sans entra&#238;ner une fission de la mati&#232;re. On peut ainsi refroidir le c&#339;ur du r&#233;acteur. Mais ce refroidissement prend un certain temps. Pendant ce temps, les barres de combustible doivent baigner dans l'eau, sans quoi elles risquent de surchauffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans du nucl&#233;aire r&#233;p&#232;tent sans rel&#226;che que le dispositif est extr&#234;mement s&#251;r, notamment parce que, en cas de d&#233;faillance du r&#233;seau &#233;lectrique, les pompes peuvent &#234;tre aliment&#233;es en &#233;nergie gr&#226;ce &#224; des groupes &#233;lectrog&#232;nes de secours. L'accident de Fukushima montre que ces propos rassurants ne valent pas grand-chose : du fait du tremblement de terre, les centrales ont d&#233;clench&#233; automatiquement, comme pr&#233;vu dans ce genre de circonstances. Il n'y avait donc plus de courant pour actionner les pompes. Les groupes &#233;lectrog&#232;nes auraient d&#251; se mettre en route, malheureusement ils &#233;taient hors d'usage, noy&#233;s par le tsunami. L'eau de refroidissement &#233;tant insuffisante, les barres de combustible ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;es sur une hauteur d'un m&#232;tre quatre-vingt &#224; plus de trois m&#232;tres (sur une longueur totale de 3, 71 m&#232;tres). La surchauffe a provoqu&#233; une surpression et une r&#233;action chimique (&#233;lectrolyse de l'eau de refroidissement) d&#233;gageant de l'hydrog&#232;ne. Les techniciens ont alors rel&#226;ch&#233; de la vapeur, pour &#233;viter une explosion de la cuve. Mais l'hydrog&#232;ne a semble-t-il explos&#233; dans le r&#233;acteur, provoquant l'effondrement du d&#244;me du b&#226;timent, et la vapeur s'est r&#233;pandue dans l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario s'est apparemment reproduit dans un second r&#233;acteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme &#224; Tchernobyl&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La distribution d'eau douce &#233;tant interrompue suite au tsunami, les techniciens ont utilis&#233; l'eau de la mer toute proche. Plusieurs sp&#233;cialistes am&#233;ricains ont estim&#233; qu'il s'agissait typiquement d'un &#171; acte de d&#233;sespoir &#187;. Selon eux, cela &#233;voque les vaines tentatives d'&#233;viter la fonte du c&#339;ur du r&#233;acteur &#224; Tchernobyl, lorsque les employ&#233;s de la centrale et des volontaires h&#233;ro&#239;ques se sont mis &#224; d&#233;verser du sable et du b&#233;ton sur le r&#233;acteur, ce qu'ils ont pay&#233; de leur vie. La radioactivit&#233; mesur&#233;e &#224; 80 km de Fukushima est d'ores et d&#233;j&#224; plus de 400 fois sup&#233;rieure aux normes autoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six journalistes japonais courageux se sont rendus avec des compteurs Geiger &#224; la mairie de Futaba, situ&#233;e &#224; 2km de la centrale : la radioactivit&#233; y &#233;tait sup&#233;rieure &#224; la capacit&#233; de mesure de certains de leurs appareils ! A l'heure actuelle, on estime qu'un citoyen japonais re&#231;oit en une heure la dose de radioactivit&#233; consid&#233;r&#233;e comme acceptable en une ann&#233;e. Comme le dit un communiqu&#233; du r&#233;seau fran&#231;ais &#171; Sortir du nucl&#233;aire &#187;, &#171; de telles informations accr&#233;ditent un niveau de radioactivit&#233; dramatiquement &#233;lev&#233; dans un p&#233;rim&#232;tre &#233;tendu autour de la centrale, dont les cons&#233;quences sanitaires ne pourront &#234;tre que tr&#232;s graves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyons pas &#234;tre &#224; l'abri des retomb&#233;es : le pr&#233;c&#233;dent de Tchernobyl a montr&#233; qu'un nuage radioactif peut contaminer des r&#233;gions tr&#232;s vastes. Tout d&#233;pend de la violence avec laquelle les particules sont envoy&#233;es dans l'atmosph&#232;re. En cas de tr&#232;s forte explosion, les &#233;l&#233;ments radioactifs peuvent &#234;tre propuls&#233;s &#224; l'altitude des jetstreams, ces vents violents qui r&#232;gnent &#224; haute altitude. Dans ce cas, les retomb&#233;es pourraient affecter des r&#233;gions tr&#232;s &#233;loign&#233;es de Fukushima.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux questions angoissantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette radioactivit&#233; provient essentiellement de deux &#233;l&#233;ments : l'Iode 131 et le C&#233;sium 137. Tous deux sont extr&#234;mement canc&#233;rig&#232;nes, mais le premier a une dur&#233;e de vie dans l'atmosph&#232;re de quatre-vingt jours environ, tandis que le second reste radioactif pendant quelque 300 ans. Dimanche 13 mars, plus de 200.000 personnes &#233;taient &#233;vacu&#233;es. Les autorit&#233;s d&#233;cr&#233;taient une zone d'exclusion de 20 kilom&#232;tres autour du premier r&#233;acteur de Fukushima, et de 10km autour du second. La pr&#233;sence de C&#233;sium 137 est particuli&#232;rement inqui&#233;tante. Elle permet aux sp&#233;cialistes d'affirmer cat&#233;goriquement que les barres de combustible du r&#233;acteur 1 ont fondu, au moins partiellement, et que la cuve qui les contient est fissur&#233;e. L'information pr&#233;cise fait d&#233;faut : la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et les autorit&#233;s japonaises cachent plus que probablement une partie de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux questions les plus angoissantes qui se posent sont de savoir si la fusion des barres est ma&#238;tris&#233;e ou si elle continue, d'une part, et si la structure de confinement o&#249; se trouve la cuve tiendra le coup, d'autre part. Selon Ken Bergeron, un physicien nucl&#233;aire qui travaille sur les simulations d'accident dans les centrales, cette structure &#171; est certainement plus solide qu'&#224; Tchernobyl, mais bien moins qu'&#224; Three Mile Islands &#187;. Les sp&#233;cialistes ne cachent pas leur inqui&#233;tude : &#171; S'ils ne reprennent pas le contr&#244;le de tout &#231;a, on va passer d'une fusion partielle &#224; une fusion compl&#232;te, ce sera le d&#233;sastre total &#187; a d&#233;clar&#233; l'un d'eux (Le Monde, 13.3.2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire serait la fusion du c&#339;ur du second r&#233;acteur, celui qui a explos&#233; le 13 mars. En effet, le combustible utilis&#233; est le MOX, un m&#233;lange d'oxydes d'uranium appauvri et de plutonium 239. Ce plutonium 239 est en fait un d&#233;chet recycl&#233; du fonctionnement des centrales classiques &#224; l'uranium. Sa radioactivit&#233; est extr&#234;mement &#233;lev&#233;e et sa &#171; demi-vie &#187; (le nombre d'ann&#233;es n&#233;cessaires &#224; la diminution de moiti&#233; de la radioactivit&#233;) est estim&#233;e &#224; 24.000 ans. Les Japonais connaissent bien cet &#233;l&#233;ment et ses redoutables cons&#233;quences : la bombe thermonucl&#233;aire largu&#233;e sur Nagasaki, &#224; la fin de la seconde guerre mondiale, &#233;tait &#224; base de Plutonium 239&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un risque inacceptable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl, les thurif&#233;raires du nucl&#233;aire ont expliqu&#233; que la mauvaise technologie sovi&#233;tique, des normes de s&#233;curit&#233; insuffisantes et la nature bureaucratique du syst&#232;me &#233;taient &#224; la base de l'accident. A les croire, rien de semblable ne pouvait se produire avec les centrales bas&#233;es sur la bonne technologie capitaliste, surtout pas dans nos pays &#171; d&#233;mocratiques &#187; o&#249; le l&#233;gislateur prend toutes les mesures de s&#233;curit&#233; n&#233;cessaires, &#224; tous les niveaux. On voit aujourd'hui que ce discours ne vaut pas tripette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon est un pays de tr&#232;s haute technologie. Bien conscientes du risque sismique, les autorit&#233;s nippones ont impos&#233; des normes s&#233;v&#232;res pour la construction des centrales. Le r&#233;acteur 1 de Fukushima comportait m&#234;me un double dispositif de s&#233;curit&#233;, avec certains groupes &#233;lectrog&#232;nes aliment&#233;s au fuel, d'une part, et d'autres fonctionnant sur batteries. Rien n'y fit, parce que la technologie la plus sophistiqu&#233;e et les normes de s&#233;curit&#233; les plus strictes ne donneront jamais une garantie absolue, ni face aux catastrophes naturelles, ni face aux possibles actes criminels de terroristes insens&#233;s (sans compter les erreurs humaines toujours possibles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;duire le risque des centrales nucl&#233;aires, on ne peut pas le supprimer totalement. Si on le r&#233;duit relativement mais que le nombre de centrales augmente, comme c'est le cas actuellement, le risque absolu peut augmenter. Il est tr&#232;s important de poser que ce risque est inacceptable parce qu'il est d'origine humaine, qu'il est &#233;vitable, et qu'il est le r&#233;sultat de d&#233;cisions d'investissement prises par des cercles restreints, en fonction de leurs profits, sans v&#233;ritable consultation d&#233;mocratique des populations. Ecrire que &#171; les accidents (sic) nucl&#233;aires au Japon sont loin d'avoir fait autant de victimes que le tsunami &#187;, comme le fait par exemple l'&#233;dito du Soir (14 mars), revient &#224; escamoter la diff&#233;rence qualitative entre une catastrophe naturelle in&#233;vitable et une catastrophe technologique parfaitement &#233;vitable. Ajouter que &#171; &#224; l'instar de tout processus industriel complexe, la production d'&#233;nergie &#224; partir de l'atome comporte une part importante de risque &#187; (idem) revient &#224; escamoter en plus la sp&#233;cificit&#233; du risque nucl&#233;aire, qui consiste notamment en ceci que cette technologie a le potentiel de rayer l'esp&#232;ce humaine de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut traquer sans rel&#226;che les propos de ce genre, qui traduisent les pressions colossales exerc&#233;es &#224; tous les niveaux par le lobby de l'atome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un choix de soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut sortir du nucl&#233;aire, compl&#232;tement et le plus rapidement possible. C'est parfaitement possible techniquement, et il convient de rappeler au passage que l'efficience du nucl&#233;aire est tr&#232;s m&#233;diocre (deux tiers de l'&#233;nergie est dissip&#233;e sous forme de chaleur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est avant tout un d&#233;bat politique, un d&#233;bat de soci&#233;t&#233; qui pose en d&#233;finitive un choix de civilisation. Car voici le probl&#232;me : il faut sortir du nucl&#233;aire et, simultan&#233;ment, abandonner les combustibles fossiles, cause principale du basculement climatique. En deux g&#233;n&#233;rations &#224; peine, les renouvelables doivent devenir notre seule source d'&#233;nergie. Or, le passage aux renouvelables n&#233;cessite de gigantesques investissements, gourmands en &#233;nergie, donc sources de gaz &#224; effet de serre suppl&#233;mentaires. En pratique, la transition &#233;nerg&#233;tique n'est possible que si la demande finale d'&#233;nergie diminue radicalement, au moins dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, cette diminution devrait &#234;tre de l'ordre de 50% d'ici 2050. Une diminution d'une telle ampleur n'est pas r&#233;alisable sans une r&#233;duction significative de la production mat&#233;rielle ainsi que des transports. Il faut produire et transporter moins, sans quoi l'&#233;quation sera insoluble. C'est dire qu'elle est insoluble pour le syst&#232;me capitaliste, car la course au profit sous le fouet de la concurrence implique in&#233;vitablement la croissance, autrement dit l'accumulation du capital qui se traduit in&#233;vitablement par une masse croissante de marchandises, donc par une pression accrue sur les ressources. C'est pourquoi toutes les r&#233;ponses capitalistes au d&#233;fi climatique font appel &#224; des technologies d'apprentis sorciers, dont le nucl&#233;aire est le fleuron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario &#233;nerg&#233;tique &#171; blue map &#187; de l'Agence Internationale de l'Energie est r&#233;v&#233;lateur &#224; cet &#233;gard : il propose de multiplier le parc nucl&#233;aire par trois d'ici 2050, ce qui impliquerait de construire chaque semaine une centrale de un Gigawatt. C'est de la folie pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alternative &#224; ce syst&#232;me infernal est plus urgente que jamais. Elle passe par la r&#233;duction radicale du temps de travail sans perte de salaire, avec embauche proportionnelle et baisse des cadences de travail : pour produire moins, il faut travailler moins, et le faire en redistribuant les richesses. Elle passe aussi par la propri&#233;t&#233; collective des secteurs de l'&#233;nergie et de la finance, car les renouvelables sont plus chers que les autres sources, et le resteront pendant une vingtaine d'ann&#233;es, au moins. Elle passe enfin par une planification &#224; tous les niveaux, du local au global, afin de concilier le droit du Sud au d&#233;veloppement et la sauvegarde des &#233;quilibres &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, elle implique le projet &#233;cosocialiste d'une soci&#233;t&#233; produisant pour la satisfaction des besoins humains r&#233;els, d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s, dans le respect des rythmes et des fonctionnements des &#233;cosyst&#232;mes. Faute d'une telle alternative, la croissance capitaliste provoquera toujours plus de catastrophes, sans satisfaire pour autant les besoins sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est, en derni&#232;re instance, la terrible le&#231;on de Fukushima.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.npa2009.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les bons &#233;l&#232;ves sont au Sud !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-bons-eleves-sont-au-Sud</link>
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		<dc:date>2010-11-30T14:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le constat est l&#224; : les engagements des pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; sont en phase avec les mesures &#224; prendre pour ne pas trop d&#233;traquer le climat, ceux des pays d&#233;velopp&#233;s ne le sont pas. &lt;br class='autobr' /&gt; Rappel : selon le GIEC, pour ne pas trop d&#233;passer 2&#176;C de hausse de la temp&#233;rature du globe d'ici 2100, les pays d&#233;velopp&#233;s doivent r&#233;duire leurs &#233;missions de 80 &#224; 95% d'ici 2050 (par rapport &#224; 1990), tandis que les pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; doivent prendre des mesures pour que leurs &#233;missions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH146/arton3094-9399b.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='146' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le constat est l&#224; : les engagements des pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; sont en phase avec les mesures &#224; prendre pour ne pas trop d&#233;traquer le climat, ceux des pays d&#233;velopp&#233;s ne le sont pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rappel : selon le GIEC, pour ne pas trop d&#233;passer 2&#176;C de hausse de la temp&#233;rature du globe d'ici 2100, les pays d&#233;velopp&#233;s doivent r&#233;duire leurs &#233;missions de 80 &#224; 95% d'ici 2050 (par rapport &#224; 1990), tandis que les pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; doivent prendre des mesures pour que leurs &#233;missions diminuent de 15 &#224; 30% par rapport aux projections &#171; business as usual &#187; (BAU). Comme ces projections sont bas&#233;es sur des mod&#232;les climatiques qui n'int&#232;grent pas les ph&#233;nom&#232;nes non lin&#233;aires (par exemple, d&#233;sint&#233;gration des calottes glaciaires), le principe de pr&#233;caution recommande de choisir les objectifs les plus drastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soit disant &#171; accord &#187; conclu dans les coulisses de Copenhague &#224; l'initiative des Etats-Unis, de la Chine, de l'Inde, de l'Afrique du Sud, et auquel l'Union Europ&#233;enne et le Japon se sont ralli&#233;s, stipulait que chaque pays communiquerait son &#171; plan climat &#187; au secr&#233;tariat de la Convention cadre des Nations unies sur le Climat (UNFCCC). La plupart des pays se sont ex&#233;cut&#233;s. Sur base des informations communiqu&#233;es, on a estim&#233; que la hausse de temp&#233;rature d'ici 2100 avoisinerait 4&#176;C&#8230; Une catastrophe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre information int&#233;ressante &#224; tirer de ces plans est la ventilation des efforts entre pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s et &#171; en voie de d&#233;veloppement &#187; : les premiers s'engagent globalement &#224; r&#233;duire leurs &#233;missions de 15% environ ; les seconds pr&#233;voient que leurs &#233;missions d&#233;vieront de 25% par rapport aux pr&#233;visions BAU. En d'autres termes : le Sud r&#233;alise presque le maximum de l'effort n&#233;cessaire, tandis que le Nord n'atteint m&#234;me pas le minimum, alors que sa responsabilit&#233; historique dans le r&#233;chauffement est &#233;crasante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tail des engagements de diff&#233;rents pays d'ici 2020 est &#233;galement tr&#232;s instructif. Les USA, responsables de 14,3% des &#233;missions, ont communiqu&#233; un objectif de 17% de r&#233;duction par rapport &#224; 2005 (alors que leurs &#233;missions ont augment&#233; de 30% depuis 1990 !). Il ne sera pas r&#233;alis&#233;, le S&#233;nat n'ayant pas adopt&#233; la loi sur le climat propos&#233;e par Barack Obama. Le Canada s'engage aussi pour 17%. L'Australie a communiqu&#233; un objectif vague, compris entre 5 et 25% de r&#233;duction. L'UE, comme on le sait, s'engage pour 20%. Le seul pays d&#233;velopp&#233; &#224; respecter &#8211;de justesse- les chiffres du GIEC est le Japon, qui s'engage pour 25%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image est bien diff&#233;rente du c&#244;t&#233; des pays du Sud. Chine : 40 &#224; 45% de r&#233;duction par l'am&#233;lioration de l'efficience &#233;nerg&#233;tique. Br&#233;sil : 36 &#224; 39%. Inde : 20 &#224; 25%. Indon&#233;sie : 26%... Certes, il s'agit ici de r&#233;ductions relatives, tandis que les pays d&#233;velopp&#233;s doivent r&#233;duire leurs &#233;missions absolument. N'emp&#234;che que le constat est l&#224; : les engagements des pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; sont en phase avec les mesures &#224; prendre pour ne pas trop d&#233;traquer le climat, ceux des pays d&#233;velopp&#233;s ne le sont pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous ne signons pas l'Appel aux syndicats &#224; rompre avec le productivisme </title>
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		<dc:date>2010-10-15T02:31:39Z</dc:date>
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		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Mouvement politique des Objecteurs de Croissance a adress&#233; &#224; une s&#233;rie de forces progressistes une proposition de d&#233;claration commune, destin&#233;e aux organisations syndicales, afin de remettre en question le mot d'ordre &#034;pour la croissance&#034; avanc&#233; dans le cadre de l'euro-manifestation du 29 septembre. &lt;br class='autobr' /&gt; Afin d'entamer un dialogue n&#233;cessaire et utile sur le sujet, nous publions ci-apr&#232;s la r&#233;ponse de direction de la LCR &#224; cette demande ainsi que, ci-dessous, le texte de cet appel (LCR-Web) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Mouvement politique des Objecteurs de Croissance a adress&#233; &#224; une s&#233;rie de forces progressistes une proposition de d&#233;claration commune, destin&#233;e aux organisations syndicales, afin de remettre en question le mot d'ordre &#034;pour la croissance&#034; avanc&#233; dans le cadre de l'euro-manifestation du 29 septembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Afin d'entamer un dialogue n&#233;cessaire et utile sur le sujet, nous publions ci-apr&#232;s la r&#233;ponse de direction de la LCR &#224; cette demande ainsi que, ci-dessous, le texte de cet appel (LCR-Web)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;res amies, chers amis, cher(e)s camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre proposition d'Appel aux syndicats dans le cadre de l'Euromanifestation du 29 septembre a retenu toute notre attention.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous partageons l'essentiel de vos constats sur la gravit&#233; de la crise environnementale et l'urgence d'y apporter des solutions radicales, mettant fondamentalement en cause le productivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons comme vous que les syndicats doivent &#234;tre soutenus dans la mesure o&#249; ils r&#233;sistent &#224; l'offensive d'aust&#233;rit&#233; du capital, et critiqu&#233;s dans la mesure o&#249; ils consid&#232;rent que la relance du syst&#232;me capitaliste pourrait &#234;tre une &#171; piste de sortie de crise &#187; pour le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez raison d'&#233;crire que, pris au pi&#232;ge de la logique capitaliste, les syndicats &#171; se trouvent d&#233;sormais r&#233;duits &#224; n&#233;gocier la limitation de la vitesse &#224; laquelle les conditions de travail et de solidarit&#233; sont d&#233;t&#233;rior&#233;es &#187;. Une alternative &#224; cette ligne de cogestion du syst&#232;me est en effet indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'anticapitalistes et &#233;cosocialistes, nous luttons contre cette soci&#233;t&#233; qui produit toujours plus de valeurs d'&#233;change (marchandises) sources de profits pour une minorit&#233; d'exploiteurs, en d&#233;truisant les deux seules sources de toute richesse : la terre et le travailleur. Nous voulons y substituer une soci&#233;t&#233; qui produira des valeurs d'usage (des utilit&#233;s) afin de satisfaire les besoins humains r&#233;els, d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s, dans le respect des contraintes &#233;cologiques. Vous pouvez donc nous consid&#233;rer comme des &#171; objecteurs de croissance &#187;, quoique nous ne nous d&#233;finissions pas comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous ne pouvons souscrire &#224; votre Appel. La raison principale est que nous sommes en d&#233;saccord avec vos conclusions sur les &#171; objectifs &#187; que les syndicats (notamment) devraient &#171; viser simultan&#233;ment &#187; &#171; pour que la n&#233;cessaire transition vers une soci&#233;t&#233; soutenable soit socialement possible et juste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous citez trois objectifs :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;&#233;valuation profonde des croyances qui soutiennent les politiques actuelles et changement d'objectifs ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Forte r&#233;duction du temps de travail r&#233;mun&#233;r&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Garantie d'un revenu d'existence suffisant pour tout &#234;tre humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une audition devant le congr&#232;s des Etats-Unis, James Hansen, climatologue en chef de la NASA, a d&#233;clar&#233; que les dirigeants des entreprises du secteur &#233;nerg&#233;tique devraient &#234;tre tra&#238;n&#233;s en justice pour crime majeur contre l'humanit&#233; et la nature, parce qu'ils bloquent la transition n&#233;cessaire vers un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique &#233;conome et efficient, bas&#233; sur les renouvelables, et qu'ils le font en pleine connaissance des cons&#233;quences catastrophiques de leurs actes. Or, cette capacit&#233; de blocage dont parle Hansen plonge ses racines, non dans des &#171; croyances &#187;, mais, plus fondamentalement, dans la propri&#233;t&#233; priv&#233;e capitaliste sur les ressources, qu'elles soient naturelles ou financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en d&#233;coule que, selon nous, les principales conditions pour que la transition soit possible et juste sont beaucoup plus structurelles : il s'agit avant tout de briser le pouvoir des monopoles capitalistes, en particulier dans les secteurs de l'&#233;nergie et de la finance. Ces secteurs doivent &#234;tre expropri&#233;s et mis sous statut public, selon des modalit&#233;s permettant un r&#233;el contr&#244;le d&#233;mocratique par les travailleurs et les usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cela, il nous semble rigoureusement impossible de relever le double d&#233;fi auquel l'humanit&#233; est confront&#233;e aujourd'hui : satisfaire les besoins humains r&#233;els de trois milliards d'&#234;tres humains qui manquent de l'essentiel mais dont la demande est non solvable, d'une part, et r&#233;duire la consommation finale d'&#233;nergie, donc aussi, dans une certaine mesure, la production mat&#233;rielle, afin de sortir des combustibles fossiles en deux g&#233;n&#233;rations, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans votre Appel, cet &#233;l&#233;ment central est abord&#233; par la bande, lorsque vous &#233;voquez bri&#232;vement &#171; des droits d'acc&#232;s garantis aux biens communs et publics g&#233;r&#233;s collectivement (s&#233;curit&#233; sociale, &#233;ducation, acc&#232;s &#224; l'&#233;nergie, l'eau, etc. &#187; Nous soutenons l'id&#233;e que l'eau, l'&#233;nergie, etc. sont des biens communs auxquels l'acc&#232;s devrait &#234;tre gratuit jusqu'&#224; un certain seuil, d&#233;termin&#233; en fonction des besoins sociaux. Mais il nous semble indispensable de dire clairement la v&#233;rit&#233;, &#224; savoir que de telles revendications passent par l'expulsion des puissants groupes capitalistes pr&#233;sents dans ces secteurs-cl&#233;s, donc par une confrontation majeure avec le capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, plut&#244;t que de d&#233;noncer le capitalisme, vous d&#233;noncez la &#171; croissance &#187;, que vous d&#233;finissez de fa&#231;on assez vague comme un &#171; dogme &#187;, un &#171; culte &#187;, ou une s&#233;rie de &#171; mythes &#187;, c'est-&#224;-dire comme un ph&#233;nom&#232;ne dont les racines sont avant tout id&#233;ologiques. Nous ne nions pas l'utilit&#233; d'un combat d'id&#233;es contre la culture du &#171; toujours plus &#187;, le consum&#233;risme, l'envahissement publicitaire, etc. Mais, si la croissance constitue aujourd'hui un &#171; dogme &#187;, c'est parce qu'elle est ins&#233;parable d'un mode de production o&#249; la concurrence pousse chaque propri&#233;taire de capitaux &#224; remplacer des travailleurs par des machines plus productives, afin de toucher un surprofit en plus du profit moyen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, une autre soci&#233;t&#233;, visant le &#171; bien vivre &#187; et non le &#171; toujours plus &#187; (nous tenons &#224; pr&#233;ciser : de biens mat&#233;riels), ne saurait d&#233;couler simplement de la &#171; d&#233;construction des mythes &#233;conomistes &#187;, ou d'une &#171; rupture avec le productivisme &#187;, permettant un autre &#171; mode d'organisation de notre soci&#233;t&#233; &#187;. C'est le mode de production lui-m&#234;me qui doit &#234;tre mis au banc des accus&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous trouvons tr&#232;s positif que vous vous adressiez aux syndicats. Mais nous d&#233;celons une contradiction dans votre d&#233;marche : d'un c&#244;t&#233; vous &#233;crivez que &#171; la situation actuelle se caract&#233;rise par l'aust&#233;rit&#233; pour le plus grand nombre &#187; et vous soutenez les syndicats en lutte &#171; contre la volont&#233; du capital de faire payer la crise aux travailleurs &#187; ; de l'autre, vous posez &#171; la sobri&#233;t&#233; &#187; comme alternative &#224; la &#171; croissance &#187;, vous invitez les syndicats &#224; faire passer le &#171; bien-vivre &#187; avant le &#171; toujours plus &#187;, et la r&#233;duction du temps de travail que vous proposez semble devoir s'accompagner d'une perte de salaire. Ainsi formul&#233;, nous craignons que votre Appel puisse sonner comme une invitation r&#233;sign&#233;e &#224; accepter la mod&#233;ration salariale et &#224; laisser tomber les revendications pour une redistribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; capitalisme vert &#187; est une contradiction dans les termes. Selon nous, c'est une v&#233;rit&#233; incontestable que le sauvetage de l'environnement dans la justice sociale n&#233;cessite une alternative anticapitaliste. Celle-ci &#224; son tour n&#233;cessite la participation active du monde du travail. Le probl&#232;me auquel nous devons faire face est que, au sein de celui-ci, le niveau de conscience &#233;cologique est malheureusement fort bas. Mais il tombera encore plus bas si les travailleurs sont battus par l'offensive capitaliste actuelle et, dans ce cas, le monde du travail s'&#233;cartera encore davantage des solutions anticapitalistes qui sont indispensables pour &#233;viter de tr&#232;s s&#233;rieuses catastrophes &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas de raccourci. En d&#233;finitive, le progr&#232;s de la conscience &#233;cologique dans les syndicats d&#233;pend de la reconstruction d'une conscience de classe, anticapitaliste parmi les travailleurs. Et celle-ci, selon nous, ne se fera pas autour de revendications ambigu&#235;s telles que la r&#233;duction du temps de travail avec perte de salaire, qui impliquent que les travailleurs porteraient malgr&#233; tout une part de responsabilit&#233; dans la crise. Elle ne peut se faire qu'autour de revendications claires pour faire payer la crise &#224; ceux qui en sont les seuls responsables : le grand Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;res amies, chers amis, cher(e)s camarades,&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est possible que certaines de nos critiques reposent sur des malentendus ou des formulations maladroites. Si la possibilit&#233; nous en avait &#233;t&#233; donn&#233;e, nous aurions pris la peine de proposer des amendements &#224; votre Appel, dont la d&#233;marche g&#233;n&#233;rale nous semble pertinente, rappelons-le. Le temps nous manque pour r&#233;aliser cet exercice de convergence. Nous esp&#233;rons que d'autres occasions se pr&#233;senteront, et tenons &#224; vous assurer de notre grand int&#233;r&#234;t pour ce d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espoir de vous rencontrer pour l'approfondir, recevez, ch&#232;r(e)s ami(e)s, cher(e) camarades, nos salutations &#233;cosocialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le S&#233;cr&#233;tariat de la Direction Nationale de la LCR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sistons &#224; la croissance de l'aust&#233;rit&#233;
Appel aux syndicats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un front europ&#233;en d'organisations d'objecteurs de croissance interpelle les syndicats &#224; l'occasion de l'euro-manifestation du 29 septembre 2010. Les objecteurs de croissance demandent aux forces syndicales de r&#233;aliser une rupture antiproductiviste sans laquelle ils ne pourront sortir du r&#244;le d'accompagnateurs actifs de la logique destructrice qui est aujourd'hui celle de l'&#233;conomie. Les objecteurs de croissance proposent de viser le &#171; bien vivre &#187; plut&#244;t que le &#171; toujours plus &#187;, de r&#233;duire fortement le temps de travail et de d&#233;fendre un revenu garanti suffisant pour tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats organise une Journ&#233;e d'action europ&#233;enne le 29 septembre prochain &#224; Bruxelles. Le mot d'ordre de l'Euro-manifestation est : &#171; Non &#224; l'aust&#233;rit&#233;. Priorit&#233; &#224; l'emploi et &#224; la croissance ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations d'objecteurs de croissance et personnalit&#233;s signataires (voire liste ci-dessous) de ce communiqu&#233; soutiennent la lutte des syndicats contre la volont&#233; du capital de faire porter le poids de la crise par le monde du travail mais regrettent l'appel &#224; la croissance qui n'est pas une piste de sortie de crise et met la CES dans une posture intenable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les objecteurs de croissance signataires du pr&#233;sent communiqu&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. D&#233;noncent la logique du productivisme et de la croissance. La logique du &#171; toujours plus &#187; mat&#233;riel est une impasse car il n'est ni possible ni souhaitable de produire et consommer toujours plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Estiment que l'aust&#233;rit&#233; pour le plus grand nombre est la cons&#233;quence logique de la croissance &#233;conomique et du productivisme. Par cons&#233;quent, refuser l'aust&#233;rit&#233; en r&#233;clamant plus des causes qui en sont &#224; l'origine n'est pas une solution.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Appellent les forces syndicales &#224; ouvrir les yeux sur le caract&#232;re suicidaire du dogme de la croissance &#233;conomique et du productivisme et &#224; op&#233;rer une rupture antiproductiviste.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Proposent une autre voie plus r&#233;aliste qui vise le &#171; bien vivre &#187; et non le &#171; toujours plus &#187; : d&#233;construire les mythes &#233;conomistes et changer d'objectifs, r&#233;duire le temps de travail, garantir un revenu suffisant &#224; tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
1. D&#233;noncent la logique du productivisme et de la croissance. La logique du &#171; toujours plus &#187; mat&#233;riel est une impasse car il n'est ni possible ni souhaitable de produire et consommer toujours plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garantir la croissance suppose de pouvoir augmenter continuellement et de mani&#232;re infinie la production de biens et services marchandis&#233;s. La production de ces biens et services n&#233;cessitant l'exploitation de ressources naturelles et de travail humain, la croissance infinie suppose n&#233;cessairement l'exploitation infinie de la Terre et des Hommes. Aujourd'hui, cette course folle arrive &#224; son terme et montre l'ampleur catastrophique des innombrables d&#233;g&#226;ts qu'elle g&#233;n&#232;re : la plan&#232;te Terre qui est la condition de toute activit&#233; sociale et humaine est &#224; l'agonie, sa d&#233;vastation provoque les effets les plus violents d'abord chez les peuples et les personnes les plus vuln&#233;rables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les personnes sont chaque jour davantage raval&#233;es au rang de consommateurs/producteurs pour faire tourner une machine qui produit de plus en plus de mal-&#234;tre, cela au d&#233;triment du bien-&#234;tre individuel et collectif. Le lien social est rong&#233; par la marchandisation et la folle concurrence, qui agressent simultan&#233;ment les rapports entre les personnes, les peuples et les g&#233;n&#233;rations. Les in&#233;galit&#233;s sociales augmentent partout dans le monde, la mis&#232;re ne cesse de se propager de fa&#231;on d'autant plus violente que les d&#233;r&#232;glements environnementaux li&#233;s aux exc&#232;s de production, engendr&#233;s &#224; la base par l'Occident en deviennent une cause premi&#232;re. Il est d&#233;sormais clair que l'universalisation du mode de vie des pays mat&#233;riellement riches n'est pas possible. Quoiqu'en pensent les &#233;conomistes les plus orthodoxes, il est par exemple impossible que l'ensemble des habitants de l'Inde et de la Chine disposent d'une voiture, d'un poste de t&#233;l&#233;vision et d'un r&#233;frig&#233;rateur comme nous en disposons en Occident. La plan&#232;te n'y survivrait tout simplement pas et les Hommes non plus par cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce constat d'&#233;chec aussi bien &#233;conomique qu'humain et &#233;cologique, la poursuite de la croissance &#233;conomique ne peut pas &#234;tre une solution : pour se maintenir, cette logique implique n&#233;cessairement de surconsommer toujours plus de ressources et d'exploiter les travailleurs avant de s'en d&#233;barrasser une fois devenus inutiles ou trop chers aux yeux des actionnaires, avec comme corollaire une d&#233;gradation incessante de la plan&#232;te Terre et des relations humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Estiment que l'aust&#233;rit&#233; est la cons&#233;quence logique de la croissance &#233;conomique et du productivisme. Par cons&#233;quent, refuser l'aust&#233;rit&#233; en r&#233;clamant plus des causes qui en sont &#224; l'origine n'est pas une solution.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vague d'aust&#233;rit&#233; qui s'abat sur les peuples d'Europe est impos&#233;e par les institutions financi&#232;res avec l'assistance active des Etats socio-d&#233;mocrates. Ce qui est aujourd'hui appel&#233; &#171; aust&#233;rit&#233; &#187; est une nouvelle &#233;tape de cette d&#233;gradation n&#233;cessaire pour produire de &#171; la croissance &#187; , : les sp&#233;culateurs cherchant &#224; maximiser toujours plus leurs profits et le culte de la croissance &#224; tout prix imposant la comp&#233;tition entre les travailleurs du monde entier, le peuple est pri&#233; de trimer et de se serrer la ceinture pour faire tourner la machine. Toute croissance &#233;conomique suppl&#233;mentaire &#224; venir ne pourra &#234;tre r&#233;alis&#233;e qu'au prix de la r&#233;p&#233;tition toujours plus violente de cette logique de d&#233;vastation. La croissance garantit l'aust&#233;rit&#233; aux pays riches alors qu'elle plonge d&#233;j&#224; des millions de personnes de par le monde dans la mis&#232;re la plus noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Appellent les forces syndicales &#224; ouvrir les yeux sur le caract&#232;re suicidaire du dogme de la croissance &#233;conomique et du productivisme et &#224; op&#233;rer une rupture antiproductiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces syndicales ont r&#233;alis&#233; un compromis historique avec le capital quand les fruits de la croissance et du productivisme ont pu profiter &#224; tous gr&#226;ce aux am&#233;liorations substantielles des conditions de travail obtenues par de dures n&#233;gociations, singuli&#232;rement au sortir de la seconde guerre mondiale. Mais depuis la fin des ann&#233;es 1970, la logique de croissance du capital a men&#233; celui-ci &#224; rompre l'&#233;quilibre. Depuis lors le bien-&#234;tre mat&#233;riel des populations de nos pays riches d&#233;cline malgr&#233; l'augmentation presque continue du PIB, alors que les personnes les plus pauvres le restent, et que l'&#233;cart se creuse entre riches et pauvres, au sein de nos r&#233;gions comme dans le monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pris au pi&#232;ge de la logique close de la croissance infinie, les syndicats se trouvent d&#233;sormais r&#233;duits &#224; n&#233;gocier la limitation de la vitesse &#224; laquelle les conditions de travail et de solidarit&#233; sont d&#233;t&#233;rior&#233;es. Ainsi, l'appel pour des emplois de qualit&#233; lors de l'euro-manifestation du 29 septembre s'oppose aux objectifs de rentabilit&#233; et de croissance que la CES semble appeler de ses v&#339;ux dans le m&#234;me slogan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;server la force des syst&#232;mes de solidarit&#233; conquis de haute lutte et mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale, il est d&#233;sormais indispensable de sortir de la logique de l'accumulation sans fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous appelons les membres syndiqu&#233;s des diff&#233;rentes composantes nationales et r&#233;gionales de la CES &#224; revendiquer haut et fort, au sein de leurs organisations, un changement de cap radical qui prenne une orientation antiproductiviste en faveur du &#171; bien vivre &#187; et de la solidarit&#233; et non du &#171; toujours plus &#187; et de la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est temps que les syndicats ouvrent les yeux sur le caract&#232;re suicidaire du dogme de la croissance &#233;conomique et du productivisme et qu'ils initient sans tarder un profond changement de cap pour s'opposer frontalement &#224; ces deux logiques socialement, humainement et &#233;cologiquement d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Proposent une autre voie plus r&#233;aliste qui vise le &#171; bien vivre &#187; et non le &#171; toujours plus &#187; : d&#233;noncer les mythes &#233;conomistes et changer d'objectifs, r&#233;duire le temps de travail, garantir un revenu suffisant &#224; tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon nous, pour que la n&#233;cessaire transition vers une soci&#233;t&#233; soutenable soit socialement possible et juste, trois objectifs doivent &#234;tre vis&#233;s simultan&#233;ment :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une r&#233;&#233;valuation profonde des croyances qui soutiennent les politiques actuelles et un changement d'objectifs : d&#233;noncer le mythe &#233;conomique de la croissance infinie ; substituer la coop&#233;ration et le bien vivre &#224; la comp&#233;tition et au toujours plus.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sortir du travaillisme pour partager le travail et retrouver du temps et du sens : organiser une r&#233;duction forte du temps de travail r&#233;mun&#233;r&#233;,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Garantir un revenu d'existence suffisant pour tout &#234;tre humain (et instaurer sym&#233;triquement un revenu maximal), notamment en garantissant des droits d'acc&#232;s aux biens communs et publics g&#233;r&#233;s collectivement (s&#233;curit&#233; sociale, &#233;ducation, acc&#232;s &#224; l'&#233;nergie, l'eau, etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos pays n'ont jamais &#233;t&#233; aussi riches mais notre mode d'organisation est in&#233;quitable et destructeur. Un changement de cap est urgemment n&#233;cessaire. Les moyens sont disponibles, il nous faut organiser la force collective qui sera capable de s'opposer aux puissances install&#233;es et mettre en &#339;uvre les alternatives. Les syndicats doivent reprendre le r&#244;le &#233;mancipateur qui fut le leur au cours de l'histoire en rompant clairement avec la logique destructrice du productivisme et de la croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet appel est &#233;galement une invitation au dialogue fraternel avec les forces syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une initiative du Mouvement politique des objecteurs de croissance (Belgique) : &lt;a href=&#034;http://www.objecteursdecroissance.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.objecteursdecroissance.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Activit&#233; de financement pour Cochabamba, Bolivie</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Activite-de-financement-pour-Cochabamba-Bolivie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Activite-de-financement-pour-Cochabamba-Bolivie</guid>
		<dc:date>2010-04-07T03:16:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Activit&#233; de financement pour supporter la d&#233;l&#233;gation qu&#233;b&#233;coise qui se rendra &#224; la Conf&#233;rence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la M&#232;re-Terre &#224; Cochabamba, en Bolivie. (http://cmpcc.org/2010/01/06/85/ ) &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand : Vendredi 9 avril, 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi : un 5 &#224; 7 suivi d'un party de financement avec DJ Palo Santo, qui vous fera danser !!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Combien : Entr&#233;e gratuite
&lt;br class='autobr' /&gt;
bi&#232;re artisanale pas ch&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Venez en grand nombre et invitez vos ami(es). On vous y attend.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton2888-c1728.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Activit&#233; de financement pour supporter la d&#233;l&#233;gation qu&#233;b&#233;coise qui se rendra &#224; la Conf&#233;rence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la M&#232;re-Terre &#224; Cochabamba, en Bolivie. (&lt;a href=&#034;http://cmpcc.org/2010/01/06/85&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://cmpcc.org/2010/01/06/85&lt;/a&gt;/ )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand : Vendredi 9 avril, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi : un 5 &#224; 7 suivi d'un party de financement avec DJ Palo Santo, qui vous fera danser !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien : Entr&#233;e gratuite&lt;br class='autobr' /&gt;
bi&#232;re artisanale pas ch&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venez en grand nombre et invitez vos ami(es). On vous y attend.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A propos de l'initiative de Cochabamba et de &#171; la Terre-M&#232;re &#187;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/A-propos-de-l-initiative-de-Cochabamba-et-de-la-Terre-Mere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/A-propos-de-l-initiative-de-Cochabamba-et-de-la-Terre-Mere</guid>
		<dc:date>2010-03-03T07:48:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre KHALFA </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de Copenhague, le gouvernement bolivien a d&#233;cid&#233; de convoquer une &#171; Conf&#233;rence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la &#171; Terre-M&#232;re &#187; &#187; &#224; Cochabamba du 19 au 22 avril 2010. &lt;br class='autobr' /&gt; ____________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans fronti&#232;res KHALFA Pierre 1er mars 2010 ____________________ Y sont invit&#233;s des gouvernements et les r&#233;seaux militants. Cette initiative pose un probl&#232;me strat&#233;gique et tactique. Dire qu'il faut y aller (ce qui est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH142/arton2825-a45ea.jpg?1629990480' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de Copenhague, le gouvernement bolivien a d&#233;cid&#233; de convoquer une &#171; Conf&#233;rence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la &#171; Terre-M&#232;re &#187; &#187; &#224; Cochabamba du 19 au 22 avril 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
KHALFA Pierre&lt;br class='autobr' /&gt;
1er mars 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; Y sont invit&#233;s des gouvernements et les r&#233;seaux militants. Cette initiative pose un probl&#232;me strat&#233;gique et tactique. Dire qu'il faut y aller (ce qui est ma position) n'emp&#234;che pas de s'interroger &#224; la fois sur le sens de cette initiative et sur ce qu'elle r&#233;v&#232;le de l'&#233;tat actuel du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative de Cochabamba a une caract&#233;ristique particuli&#232;re. Il s'agit d'une invitation d'un gouvernement, le gouvernement bolivien, non seulement &#224; d'autres gouvernements mais aussi aux mouvements sociaux. Elle m&#234;le donc gouvernements et mouvements sociaux, ou plus exactement, ce sont les mouvements sociaux qui se rendent &#224; la convocation d'un gouvernement. Nous sommes donc loin de la Charte de Porto Alegre qui refusait la participation des partis politiques aux Forums sociaux. M&#234;me si dans la pratique cette r&#232;gle n'a pas &#233;t&#233; appliqu&#233;e de fa&#231;on dogmatique, elle visait &#224; affirmer un principe fondamental, celui de l'ind&#233;pendance politique des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'&#233;chec de Copenhague et &#224; la structuration d'un certain nombre de r&#233;seaux (CJN, CJA) on aurait pu croire que l'initiative d'une rencontre internationale sur les suites &#224; donner aurait &#233;t&#233; le fait de ces r&#233;seaux ou m&#234;me du FSM. Le fait que cela n'a pas &#233;t&#233; le cas et que cette initiative soit revenue au gouvernement bolivien est significatif de la faiblesse actuelle du mouvement, comme l'est le fait que, lors de l'assembl&#233;e de pr&#233;paration du FSE qui s'est tenu &#224; Berlin, il a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile de discuter de ce que les mouvements europ&#233;ens allaient faire... en Europe. La difficult&#233; de se saisir de la future rencontre de Bonn en juin, alors m&#234;me que ce sera un moment de pr&#233;paration de la COP16 et que l'Union europ&#233;enne doit &#224; ce m&#234;me moment d&#233;finir les conditions du march&#233; carbone europ&#233;en, en dit long sur les divisions politiques du mouvement et son incapacit&#233; &#224; vouloir peser ici et maintenant sur les politiques publiques. Il est &#233;videmment plus facile d'envoyer quelques personnes &#224; Cochabamba que d'essayer de commencer &#224; r&#233;soudre cette difficile question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit Cochabamba repose la question des rapports que le mouvement altermondialiste doit entretenir avec des gouvernements progressistes. Du point de vue des principes, c'est assez banal. Quatre principes peuvent &#234;tre avanc&#233;s : nous ne sommes le relais d'aucun gouvernement ; nous soutenons des positions qui nous semblent aller dans le bons sens et critiquons les autres ; nous favorisons l'apparition ind&#233;pendante du mouvement altermondialiste ; dans tous les cas nous d&#233;veloppons nos propres positions. Dans la pratique, c'est plus compliqu&#233; et l'application de ces principes d&#233;pend de l'analyse de la situation, des rapports de forces et des priorit&#233;s que l'on se fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, concernant la suite de Copenhague, deux analyses et orientations peuvent exister. On peut consid&#233;rer que la cause majeure de l'&#233;chec de Copenhague est due au fait que les principaux Etats ont bloqu&#233; toute avanc&#233;e. La priorit&#233; est alors &#224; la fois de maintenir le cadre multilat&#233;ral de n&#233;gociations, &#224; savoir l'ONU et de faire bouger les rapports de forces dans cette enceinte. La construction de coalitions d'Etats susceptibles de faire pression sur les grandes puissances est alors d&#233;cisive et les mouvements sociaux doivent appuyer toute initiative en ce sens. On peut aussi consid&#233;rer que l'&#233;chec de Copenhague a &#233;t&#233; d&#251; &#224; l'incapacit&#233;, au-del&#224; m&#234;me de ce qui s'est pass&#233; sur place, &#224; construire un mouvement citoyen large et p&#233;renne capable de peser sur les gouvernements. Si l'on suit cette analyse, la priorit&#233; est alors de mener des campagnes d'opinion pouvant d&#233;boucher sur des mobilisations citoyennes propres &#224; peser, non seulement sur les positions des gouvernements lors de ces n&#233;gociations, mais aussi sur les politiques publiques &#224; mener. Dans ce cadre, le probl&#232;me est moins d'appuyer telle ou telle coalition de gouvernements pour peser lors des n&#233;gociations de l'ONU, que de se servir de ces derni&#232;res comme &#233;ch&#233;ances de mobilisation citoyenne. Ces deux orientations ne sont pas forc&#233;ment contradictoires, mais elles mettent cependant l'accent sur des priorit&#233;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Cochabamba se situe clairement dans le cadre de la premi&#232;re orientation, il n'en reste pas moins que nous avons tout int&#233;r&#234;t &#224; ce que ce soit un succ&#232;s et ceci quoi que l'on puisse penser des conditions d'appel et de pr&#233;paration. Mais encore faut-il d&#233;finir ce qui, de notre point de vue, signifierait le succ&#232;s ou l'&#233;chec de Cochabamba et ce qu'Attac, et plus largement le mouvement altermondialiste, vont y d&#233;fendre. De ce point de vue, le crit&#232;re devrait &#234;tre de savoir si cette initiative, au-del&#224; m&#234;me d'&#233;ventuels accords entre les gouvernements, permettra ou pas de renforcer un tant soit peu la construction d'un mouvement capable de peser &#224; l'&#233;chelle mondiale sur les situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intitul&#233; de la conf&#233;rence de Cochabamba fait explicitement r&#233;f&#233;rence aux &#171; droits de la Terre-M&#232;re &#187;. Depuis Copenhague, cette expression fait flor&#232;s. Son succ&#232;s et son emploi, souvent de fa&#231;on acritique, sont significatifs de l'absence de d&#233;bat de fond sur les bases d'un projet d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, les mouvements d'&#233;mancipation, tels que celui issu des lumi&#232;res ou celui qui lui a succ&#233;d&#233;, le mouvement ouvrier, ont &#233;t&#233;, en tout cas dans les courants id&#233;ologiques qui y ont &#233;t&#233; h&#233;g&#233;moniques, profond&#233;ment marqu&#233;s par une vision scientiste et positiviste du monde s'inscrivant dans l'imaginaire social produit par le capitalisme productiviste. Cette vision s'appuie sur deux piliers : d'une part l'illusion d'une ma&#238;trise rationnelle du monde, rendue possible par le d&#233;veloppement scientifique et technique, d'autre part l'identification du progr&#232;s &#224; la production infinie de biens mat&#233;riels. Ont &#233;t&#233; ainsi profond&#233;ment entrem&#234;l&#233;s la vis&#233;e propre des mouvements qui remettaient en question progressivement toutes les formes de domination et les pr&#233;suppos&#233;s id&#233;ologiques du capitalisme. La &#171; modernit&#233; &#187; occidentale est n&#233;e de cette imbrication et s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre un processus contradictoire dans tous ses aspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; d&#233;senchantement du monde &#187;, qu'&#233;voque Max Weber, a ainsi un aspect profond&#233;ment &#233;mancipateur et la modernit&#233; occidentale nous a d&#233;barrass&#233;s des cosmologies semi-religieuses ant&#233;rieures dans lesquelles tout avait une place d&#233;finie depuis les arbres jusqu'aux &#234;tres humains, cosmologies qui servaient de couverture id&#233;ologique &#224; des rapports d'oppression f&#233;roce, notamment envers les femmes. De m&#234;me, le mouvement brutal du capital, en dissolvant les liens humains traditionnels a permis l'&#233;mancipation individuelle par rapport &#224; des collectifs institu&#233;s aux hi&#233;rarchies immuables. Ainsi &#171; les eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste &#187; dont parlait Marx ont un aspect positif, non seulement comme il le disait, parce que cela a mis &#224; nu les rapports d'oppression et d'exploitation qui &#233;taient masqu&#233;s par la religion et les rapports de proximit&#233;, mais aussi parce que le calcul mon&#233;taire permet un &#233;largissement consid&#233;rable des relations humaines. En ce sens, la modernit&#233; a &#233;t&#233; un processus d'arrachement &#224; ce qui &#233;tait v&#233;cu comme un milieu naturel, processus qui a permis la cr&#233;ation de la subjectivit&#233; occidentale et a cr&#233;&#233; la possibilit&#233; de l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence aux &#171; droits de la Terre-M&#232;re &#187; nous permet-elle de r&#233;soudre la contradiction fondamentale de la modernit&#233; occidentale entre processus d'&#233;mancipation et soumission aux pr&#233;suppos&#233;s id&#233;ologiques du capitalisme ou, au contraire, nous fait-elle r&#233;gresser dans un avant pr&#233;-moderne ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il faut partir du lien qui existe entre le rapport que les &#234;tres humains entretiennent &#224; la nature et de celui qu'ils entretiennent entre eux. Ou pour le dire autrement, le fait pour des soci&#233;t&#233;s de n'&#234;tre pas porteuses d'un rapport de domination de la nature entra&#238;ne-t-il que ces soci&#233;t&#233;s ne mettent pas en &#339;uvre des rapports de domination des &#234;tres humains sur d'autres &#234;tres humains ? La r&#233;ponse est &#233;videmment non comme en t&#233;moignent moult exemples historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; m&#234;me de son caract&#232;re mystique dont on peut comprendre qu'il puisse parler &#224; certains, la r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; Terre-M&#232;re &#187; vise &#224; indiquer que nous voulons tisser une autre relation &#224; la nature et que nous sommes les enfants de la terre. On ne peut que partager cette pr&#233;occupation et nous sommes effectivement des enfants de la terre, au sens o&#249; cette derni&#232;re produit un certain nombre de valeurs d'usage indispensables &#224; notre survie. La plan&#232;te ne peut donc pas &#234;tre instrumentalis&#233;e comme simple r&#233;serve de ressources naturelles et d&#233;potoir de d&#233;chets de toutes sortes et la diversit&#233; biologique est consubstantielle &#224; la survie de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela justifie-t-il de retomber dans une vision organiciste de la plan&#232;te qui ferait des &#234;tres humains une esp&#232;ce parmi d'autres au m&#234;me titre que les plantes ou les autres esp&#232;ces vivantes ? Le probl&#232;me ne concerne pas les droits de la &#171; Terre-M&#232;re &#187; ou, si l'on prend un vocabulaire s&#233;cularis&#233;, les droits de la plan&#232;te, mais les droits des &#234;tres humains. La plan&#232;te n'a pas besoin des humains pour continuer &#224; exister, mais les humains ont besoin, non pas de la plan&#232;te, mais d'un certain type de plan&#232;te. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; absolue de prendre en compte la crise &#233;cologique dans nos fa&#231;ons d'agir, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de se battre, non pas pour les droits de la plan&#232;te, mais pour les droits &#233;cologiques des &#234;tres humains qui devraient aboutir &#224; un droit international positif sur les questions &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suffit-il &#224; fonder un mouvement d'&#233;mancipation ? De toute &#233;vidence non, car ce rapport nouveau &#224; la plan&#232;te ne dit rien sur les rapports des &#234;tres humains entre eux. Car nous ne sommes pas seulement des enfants de la terre, nous sommes aussi nos propres enfants au sens o&#249; l'humanit&#233; se construit elle-m&#234;me. L'oubli du premier point nous conduit &#224; la crise &#233;cologique, l'oubli du second &#224; d&#233;laisser l'&#233;mancipation. C'est donc le sens de la construction humaine qu'il nous faut d&#233;battre dans son rapport &#224; la nature et dans le rapport des humains entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Khalfa&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bienvenue &#224; l'Anthropoc&#232;ne</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Bienvenue-a-l-Anthropocene</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Bienvenue-a-l-Anthropocene</guid>
		<dc:date>2010-02-24T03:15:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mike DAVIS </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Adieu &#224; l'Holoc&#232;ne. C'est la fin d'un monde, le monde dans lequel nous avons v&#233;cu ces 12 000 derni&#232;res ann&#233;es, m&#234;me si aucun journal d'Am&#233;rique du Nord ou d'Europe n'en a encore publi&#233; la n&#233;crologie scientifique. &lt;br class='autobr' /&gt; ________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site Contretemps &lt;br class='autobr' /&gt;
Au mois de f&#233;vrier dernier, alors que le chantier du gratte-ciel Burj Duba&#239;, bient&#244;t deux fois plus haut que l'Empire State Building, se voyait rajouter un 141e &#233;tage, la commission stratigraphique de la Geological Society of (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH93/arton2815-27c41.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adieu &#224; l'Holoc&#232;ne. C'est la fin d'un monde, le monde dans lequel nous avons v&#233;cu ces 12 000 derni&#232;res ann&#233;es, m&#234;me si aucun journal d'Am&#233;rique du Nord ou d'Europe n'en a encore publi&#233; la n&#233;crologie scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Contretemps&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au mois de f&#233;vrier dernier, alors que le chantier du gratte-ciel Burj Duba&#239;, bient&#244;t deux fois plus haut que l'Empire State Building, se voyait rajouter un 141e &#233;tage, la commission stratigraphique de la Geological Society of London, ajoutait quant &#224; elle un nouvel &#233;tage &#224; l'&#233;difice des couches g&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La London Society, fond&#233;e en 1807, est la plus ancienne soci&#233;t&#233; savante consacr&#233;e aux sciences de la Terre et sa commission agit comme haute autorit&#233; en mati&#232;re de d&#233;finition des &#233;chelles de temps g&#233;ologiques. Les stratigraphes d&#233;coupent l'histoire de la Terre, pr&#233;serv&#233;e dans les strates s&#233;dimentaires en une hi&#233;rarchie d'&#232;res, de p&#233;riodes et d'&#233;poques, marqu&#233;e par les pointes li&#233;es aux extinctions de masse, aux diff&#233;renciations d'esp&#232;ces et aux changements abrupts dans la chimie de l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;ologie, comme en biologie ou en histoire, la p&#233;riodisation est un art controvers&#233;. La pol&#233;mique la plus aig&#252;e au sein de la science britannique du 19e si&#232;cle fut la &#171; grande controverse du d&#233;vonien &#187;, qui se livra &#224; propos d'interpr&#233;tations concurrentes de roches galloises famili&#232;res et de calcaire rouge anglais. Plus r&#233;cemment les stratigraphes se sont battus &#224; propos de la mani&#232;re de d&#233;marquer stratigraphiquement les oscillations glaciaires au cours des 2,8 derniers millions d'ann&#233;es. Certains n'ont jamais accept&#233; que l'intervalle interglaciaire temp&#233;r&#233; le plus r&#233;cent, l'holoc&#232;ne, soit distingu&#233; comme une &#233;poque &#224; part enti&#232;re du seul fait qu'il comprend toute l'histoire des civilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, les stratigraphes contemporains ont fix&#233; des crit&#232;res particuli&#232;rement rigoureux pour la cons&#233;cration de toute nouvelle division g&#233;ologique. Malgr&#233; le fait que l'id&#233;e d'&#171; anthropoc&#232;ne &#187; &#8212; &#233;poque d&#233;finie par l'&#233;mergence de la soci&#233;t&#233; urbaine-industrielle comme force g&#233;ologique &#8212; ait &#233;t&#233; d&#233;battue de longue date, les stratigraphes ont refus&#233; jusqu'ici d'admettre les preuves de son av&#232;nement. Mais, du moins, pour la London Society, cette position vient d'&#234;tre abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question &#171; Vivons-nous maintenant dans l'anthropoc&#232;ne ? &#187;, les 21 membres de sa commission ont unanimement r&#233;pondu OUI. Ils invoquent des preuves solides que l'&#233;poque holoc&#232;ne &#8212; l'intervalle interglaciaire au climat particuli&#232;rement stable qui a permis l'&#233;volution de la civilisation agricole et urbaine &#8212; est termin&#233; et que la Terre est entr&#233;e dans &#171; un intervalle stratigraphique sans pr&#233;c&#233;dent comparable au cours des derniers millions d'ann&#233;es. &#187; En plus de l'accumulation de gaz &#224; effet de serre, les stratigraphes &#233;voquent la transformation humaine des paysages qui &#171; d&#233;passe maintenant sensiblement la production s&#233;dimentaire naturelle &#187;, ainsi que l'acidification inqui&#233;tante des oc&#233;ans et la destruction implacable du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouvel &#226;ge, expliquent-ils, est d&#233;fini simultan&#233;ment par la tendance au r&#233;chauffement (dont l'analogue le plus proche est peut-&#234;tre la catastrophe connue sous le nom de maximum thermique du Pal&#233;oc&#232;ne-Eoc&#232;ne, il y a 56 millions d'ann&#233;es) et par l'instabilit&#233; radicale qu'on peut attendre des environnements futurs. Dans une prose fort sombre, ils avertissent que &#171; la combinaison d'extinctions, de migrations globales d'esp&#232;ces et de remplacement &#224; grande &#233;chelle de la v&#233;g&#233;tation naturelle par des monocultures agricoles est en train de produire une signature bio-stratigraphique contemporaine distincte. Ces effets sont permanents, du fait que l'&#233;volution future aura lieu en partant des souches survivantes (fr&#233;quemment relocalis&#233;es par l'homme). &#187; L'&#233;volution elle-m&#234;me a &#8212; en d'autres termes &#8212; &#233;t&#233; contrainte d'adopter une nouvelle trajectoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une &#171; d&#233;carbonisation &#187; spontan&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;cration de l'anthropoc&#232;ne par la commission co&#239;ncide avec la controverse scientifique croissante &#224; propos du 4e rapport d'&#233;valuation, publi&#233; l'an dernier, par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat.) Le GIEC a pour mandat d'&#233;tablir les bases scientifiques communes pour les efforts internationaux d'att&#233;nuation du r&#233;chauffement global, mais certain-e-s des plus &#233;minent-e-s chercheurs/ses dans ce domaine contestent aujourd'hui ses sc&#233;narios de r&#233;f&#233;rence, les consid&#233;rant comme exag&#233;r&#233;ment optimistes, voir comme relevant de la croyance au p&#232;re No&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sc&#233;narios actuels ont &#233;t&#233; adopt&#233;s par le GIEC en 2000 pour mod&#233;liser les &#233;missions globales sur la base de diff&#233;rentes hypoth&#232;ses concernant la croissance d&#233;mographique, ainsi que le d&#233;veloppement technique et &#233;conomique. Certains des sc&#233;narios principaux du GIEC sont bien connus des d&#233;cideurs politiques et des militant-e-s engag&#233;s dans le domaine du climat, mais peu de gens en dehors de la communaut&#233; des chercheurs/ses en ont, en fait, lu ou compris les d&#233;tails, en particulier la confiance du GIEC dans le fait qu'une plus grande efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique serait un sous-produit &#171; automatique &#187; du d&#233;veloppement &#233;conomique futur. En effet, tous les sc&#233;narios, m&#234;me la variante du &#171; business as usual &#187;, postulent qu'au moins 60% des r&#233;ductions d'&#233;mission de carbone auront lieu ind&#233;pendamment de mesures volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, le GIEC mise tout &#8212; en l'occurrence notre plan&#232;te &#8212; sur une progression non planifi&#233;e, dict&#233;e par le march&#233;, en direction d'une &#233;conomie mondiale post-carbone, une transition qui exige implicitement que la richesse g&#233;n&#233;r&#233;e par les prix accrus de l'&#233;nergie se retrouve en fin de compte investie dans de nouvelles technologies et des &#233;nergies renouvelables (L'Agence internationale pour l'&#233;nergie AIE a r&#233;cemment estim&#233; qu'il faudrait d&#233;penser 45 mille milliards de dollars pour diminuer de moiti&#233; les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre d'ici 2050). Les accords de type Kyoto et les march&#233;s du carbone sont donc con&#231;us &#8212; presque par analogie avec un m&#233;canisme keyn&#233;sien d'&#171; amor&#231;age de la pompe &#187; &#8212; pour cr&#233;er un pont entre la d&#233;carbonisation spontan&#233;e attendue et les cibles de r&#233;duction d'&#233;missions requises par chacun des sc&#233;narios. Opportun&#233;ment, ceci r&#233;duit les co&#251;ts de l'att&#233;nuation du r&#233;chauffement global &#224; des niveaux qui s'alignent avec ce qui para&#238;t politiquement possible, du moins th&#233;oriquement, tel que l'expose le rapport britannique Stern de 2006 et d'autres rapports de ce type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extraction de charbon conna&#238;t en particulier une renaissance dramatique, le 19e venant ainsi hanter le 21e si&#232;cle. Des centaines de milliers de mineurs travaillent maintenant dans des conditions qui auraient horrifi&#233; Charles Dickens, afin d'extraire le minerai sale permettant &#224; la Chine d'inaugurer chaque semaine deux nouvelles centrales &#233;lectriques au charbon. Pendant ce temps, on pr&#233;voit une augmentation de 55% de la consommation totale de combustibles fossiles pour la prochaine g&#233;n&#233;ration, avec un doublement du volume des exportations de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Programme des Nations-Unies pour le D&#233;veloppement (PNUD), qui a fait sa propre &#233;tude en ce qui concerne les objectifs &#233;nerg&#233;tiques &#171; soutenables &#187;, avertit qu'il faudra &#171; une r&#233;duction de 50% des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre &#224; l'&#233;chelle mondiale par rapport aux niveaux de 1990 &#187; pour que l'humanit&#233; n'entre pas dans la zone rouge d'un emballement du r&#233;chauffement climatique (habituellement d&#233;fini comme une hausse de plus de 2 degr&#233;s au cours du si&#232;cle). Mais l'Agence internationale pour l'&#233;nergie pr&#233;dit que, selon toute probabilit&#233;, ces &#233;missions augmenteront en fait de 100% au cours de cette p&#233;riode, avec suffisamment de gaz &#224; effet de serre &#233;mis pour nous faire basculer au-del&#224; de plusieurs points critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249; les prix plus &#233;lev&#233;s de l'&#233;nergie tendent &#224; l'extinction des 4x4 et attirent plus de capital-risque vers les &#233;nergies renouvelables, ils ouvrent aussi la bo&#238;te de Pandore de la production d'hydrocarbures &#224; partir des sables goudronn&#233;s canadiens et du p&#233;trole extra-lourd v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Or, comme nous met en garde un savant britannique, la derni&#232;re chose &#224; souhaiter c'est l'ouverture de nouvelles fronti&#232;res en mati&#232;re de capacit&#233; de production d'hydrocarbures qui, sous le slogan trompeur de l'&#171; ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique &#187;, augmentent &#171; la capacit&#233; de l'humanit&#233; &#224; acc&#233;l&#233;rer le r&#233;chauffement global &#187; et retardent la transition urgente vers &#171; des cycles &#233;nerg&#233;tiques sans carbone ou &#224; cycle de carbone ferm&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un boom de fin du monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle confiance pouvons-nous avoir dans la capacit&#233; des march&#233;s &#224; r&#233;allouer les investissements vers les nouvelles formes d'&#233;nergie ou, par exemple, de la production d'armement vers une agriculture durable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous soumet &#224; une incessante propagande, particuli&#232;rement t&#233;l&#233;visuelle, sur la fa&#231;on dont de grandes multinationales comme Chevron, Pfizer ou Archer Daniel Midlands, travaillent dur &#224; sauver la plan&#232;te en r&#233;investissant des profits dans des recherches et explorations qui nous fourniront des combustibles &#224; faible &#233;mission de carbone, de nouveaux vaccins et des r&#233;coltes plus r&#233;sistantes &#224; la s&#233;cheresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme le boom r&#233;cent des biocarburants l'a d&#233;montr&#233; de mani&#232;re si affligeante, qui a d&#233;tourn&#233; 100 millions de tonnes de grain de l'alimentation humaine, essentiellement vers les moteurs des bagnoles am&#233;ricaines, les &#171; biocarburants &#187; peuvent &#234;tre un euph&#233;misme pour le subventionnement des riches et la famine des pauvres. De m&#234;me, le &#171; charbon propre &#187;, si vigoureusement soutenu par le s&#233;nateur Barack Obama (qui appuie aussi la production d'&#233;thanol), est aujourd'hui une vaste fumisterie, une campagne de lobbying et de publicit&#233; &#224; 40 millions de dollars en faveur d'une technologie hypoth&#233;tique que Business Week a caract&#233;ris&#233;e comme &#233;tant &#171; &#224; des d&#233;cennies d'une quelconque viabilit&#233; commerciale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il y a des signes inqui&#233;tants selon lesquels les compagnies &#233;nerg&#233;tiques sont en train de revenir sur leurs engagements publics en mati&#232;re de d&#233;veloppement de technologies alternatives et de capture du carbone. Le projet pilote de l'administration Bush en la mati&#232;re, FutureGen, a &#233;t&#233; abandonn&#233; cette ann&#233;e, apr&#232;s que l'industrie du charbon ait refus&#233; de payer sa part de ce &#171; partenariat public-priv&#233; &#187;. De m&#234;me, la plupart des projets de &#171; s&#233;questration du carbone &#187; du secteur priv&#233; ont r&#233;cemment &#233;t&#233; annul&#233;s. Pendant ce temps, au Royaume-Uni, Shell vient de se retirer du plus important projet mondial de g&#233;n&#233;ration &#224; base d'&#233;oliennes, le London Array. Malgr&#233; des niveaux h&#233;ro&#239;ques d'efforts&#8230; publicitaires, les multinationales de l'&#233;nergie, comme les compagnies pharmaceutiques, pr&#233;f&#232;rent continuer &#224; faire des profits imm&#233;diats sur le dos du bien commun, tout en laissant les imp&#244;ts, et non les profits, payer pour les quelques recherches &#8212; indispensables depuis bien trop longtemps &#8212; qui sont effectivement entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, le butin tir&#233; des prix &#233;lev&#233;s de l'&#233;nergie continue &#224; se d&#233;verser dans l'immobilier, les gratte-ciels et le capital financier. Que nous soyons ou non au sommet du pic de Hubbert &#8212; le pic p&#233;trolier, que la bulle des prix p&#233;troliers &#233;clate ou non, ce dont nous sommes probablement les t&#233;moins, c'est le plus important transfert de richesses de l'histoire moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un oracle &#233;minent de Wall Street, le McKinsey Global Institute, pr&#233;dit que si le prix du baril de p&#233;trole reste au-dessus des 100 dollars &#8212; alors qu'il frise les 140 dollars aujourd'hui &#8212; les seuls six Etats du Conseil de coop&#233;ration du Golfe engrangeront &#171; des rentr&#233;es cumulatives inattendues de pr&#232;s de 9000 milliards de dollars d'ici 2020 &#187;. Comme dans les ann&#233;es 70, l'Arabie saoudite et ses voisins du Golfe, dont le PIB total a presque doubl&#233; en trois ans, sont submerg&#233;s de liquidit&#233;s : &#224; hauteur de 2400 milliards de dollars dans les banques et les fonds de placement, selon une estimation r&#233;cente de The Economist. Ind&#233;pendamment de la tendance des prix, l'Agence internationale pour l'&#233;nergie pr&#233;dit que &#171; de plus en plus de p&#233;trole viendra de moins en moins de pays, au premier chef des membres moyen-orientaux de l'OPEP &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dubai, qui a peu de revenus p&#233;troliers propres, est devenu le centre financier r&#233;gional pour ce vaste amas de richesse, avec l'ambition &#224; terme de concurrencer Wall Street et la City de Londres. Durant le premier choc p&#233;trolier des ann&#233;es 70, une bonne part du surplus de l'OPEP a &#233;t&#233; recycl&#233;e en achats militaires aux USA et en Europe, ou parqu&#233;e dans des banques &#233;trang&#232;res pour &#234;tre transform&#233;e en pr&#234;ts &#171; subprimes &#187;, qui ont d&#233;vast&#233; ensuite l'Am&#233;rique latine. A la suite du 11 septembre, les Etats du Golfe sont devenus bien plus prudents sur le fait de confier leurs avoirs &#224; des pays comme les USA, dirig&#233;s par des fanatiques religieux. Cette fois-ci, ils utilisent des &#171; fonds souverains &#187; dans le but d'arriver &#224; un contr&#244;le plus actif d'institutions financi&#232;res &#233;trang&#232;res, tout en investissant des parts importantes de leurs fabuleux revenus p&#233;troliers afin de transformer les sables d'Arabie en villes hyperboliques, en paradis commerciaux et en &#238;les priv&#233;es pour rock stars britanniques et gangsters russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, alors que les prix du p&#233;trole &#233;taient &#224; moins de la moiti&#233; de leurs niveaux actuels, le Financial Times estimait que les nouvelles constructions pr&#233;vues en Arabie saoudite et dans les &#233;mirats d&#233;passaient d&#233;j&#224; une valeur de 1000 milliards de dollars. Aujourd'hui, ce chiffre doit &#234;tre plus pr&#232;s de 1500 milliards de dollars, bien plus que la valeur totale annuelle du commerce mondial de produits agricoles. La plupart des cit&#233;s-Etats du Golfe se b&#226;tissent d'hallucinants centres urbains, et parmi eux Duba&#239; est la superstar incontest&#233;e. En moins de dix ans, y ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;s plus de 500 gratte-ciels et ils louent aujourd'hui plus d'un quart des grues de haute altitude du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce turbo-boom du Golfe, dont l'architecte vedette Rem Koolhaas pr&#233;tend qu'il est en train de &#171; reconfigurer le monde &#187;, a conduit les promoteurs de Duba&#239; a proclamer l'av&#232;nement d'un &#171; style de vie supr&#234;me &#187; repr&#233;sent&#233; par des h&#244;tels &#224; sept &#233;toiles, des &#238;les priv&#233;es et des yachts de classe J. Ainsi, il n'est pas surprenant que les Emirats Arabes Unis et leurs voisins aient la plus forte empreinte &#233;cologique par t&#234;te de la plan&#232;te. Pendant ce temps, les propri&#233;taires l&#233;gitimes de la richesse p&#233;troli&#232;re arabe, les masses entass&#233;es dans les bidonvilles de Bagdad, du Caire, d'Amman et de Khartoum, n'en profitent d'aucune mani&#232;re au-del&#224; de quelques emplois p&#233;troliers et d'&#233;coles coraniques subventionn&#233;es par les Saoudiens. Pendant que les h&#244;tes des chambres &#224; 5000 dollars la nuit du Burj Al-Arab, le c&#233;l&#232;bre h&#244;tel de Duba&#239; en forme de voilure, en profitent, les ouvriers/res du Caire participent &#224; des &#233;meutes contre le prix inabordable du pain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les march&#233;s peuvent-ils affranchir les pauvres ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les optimistes en mati&#232;re d'&#233;missions, souriront de ces images sombres et &#233;voqueront le miracle &#224; venir du commerce des droits d'&#233;mission de carbone. Ce qu'ils n&#233;gligent, c'est la possibilit&#233; qu'un tel march&#233; &#233;merge en effet, comme pr&#233;vu, mais qu'il ne produise que des am&#233;liorations minimes dans le bilan global d'&#233;missions, tant qu'il n'y aura pas de m&#233;canisme r&#233;el pour imposer une v&#233;ritable r&#233;duction nette de l'usage des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions courantes &#224; propos du commerce de droits d'&#233;mission, on est souvent victimes d'illusions. Par exemple, la riche enclave p&#233;troli&#232;re d'Abu Dhabi (qui est comme Duba&#239; l'un des partenaires des Emirats Arabes Unis) se vante d'avoir plant&#233; plus de 130 millions d'arbres, chacun desquels fait son office en absorbant du CO2 de l'atmosph&#232;re. Mais cette for&#234;t artificielle dans le d&#233;sert consomme aussi, pour son irrigation, d'&#233;normes quantit&#233;s d'eau, produites ou recycl&#233;es gr&#226;ce &#224; de co&#251;teuses usines de dessalement d'eau de mer. Ces arbres permettent donc peut &#234;tre au Sheik Ahmed ben Zayed de se parer d'une aur&#233;ole lors de conf&#233;rences internationales, mais la r&#233;alit&#233; crue, c'est qu'ils sont une simple parure cosm&#233;tique, &#224; haute consommation d'&#233;nergie, comme beaucoup de choses issues du pr&#233;tendu &#171; capitalisme vert &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pendant que nous y sommes, posons-nous la question : et si l'achat et la vente de droits &#224; polluer et de cr&#233;dits de carbone ne r&#233;duisait pas le thermostat ? Qu'est-ce qui motiverait alors les gouvernements et les industries globalis&#233;es &#224; engager une croisade pour r&#233;duire les &#233;missions par des r&#232;glements et des taxes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie climatique type Kyoto pr&#233;suppose que tous les acteurs principaux, une fois accept&#233;e la science des rapports du GIEC, se d&#233;couvriront un int&#233;r&#234;t commun &#224; contr&#244;ler le d&#233;rapage de l'effet de serre. Mais le r&#233;chauffement global ce n'est pas la Guerre des mondes, o&#249; les envahisseurs martiens visent l'annihilation de toute l'humanit&#233; sans distinction. Le changement climatique produira au contraire, pour commencer, des effets dramatiquement in&#233;gaux sur diff&#233;rentes r&#233;gions et classes sociales. Il renforcera plut&#244;t qu'il ne diminuera les in&#233;galit&#233;s et les conflits g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rapport du PNUD l'a soulign&#233; l'an dernier, le r&#233;chauffement global est avant tout une menace pour les pauvres et les g&#233;n&#233;rations futures, &#171; deux secteurs sans gu&#232;re de poids politiques &#187;. Une action globale coordonn&#233;e en leur faveur pr&#233;suppose soit un acc&#232;s r&#233;volutionnaire au pouvoir de leur part (un sc&#233;nario que ne prend pas en compte le GIEC), soit une transmutation de la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts particuliers, par les pays et les classes les plus riches, en une &#171; solidarit&#233; &#187; &#233;clair&#233;e, sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. Dans la perspective d'acteurs rationnels, cette derni&#232;re issue ne peut sembler r&#233;aliste que si l'on peut montrer que les groupes privil&#233;gi&#233;s n'auraient aucune autre &#171; porte de sortie &#187; pr&#233;f&#233;rable, qu'une opinion publique internationaliste pourrait conduire la politique dans les pays cl&#233;s et que l'att&#233;nuation des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre pourrait &#234;tre atteinte sans sacrifices majeurs pour le niveau de vie de la strate sup&#233;rieure des pays du Nord. Toutes hypoth&#232;ses hautement improbables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si les turbulences croissantes, environnementales et sociales, au lieu de galvaniser une innovation et une coop&#233;ration internationale h&#233;ro&#239;ques, conduisaient simplement les &#233;lites &#224; des tentatives encore plus fr&#233;n&#233;tiques de se d&#233;tacher du reste de l'humanit&#233; ? L'att&#233;nuation globale de l'effet de serre, dans ce sc&#233;nario inexplor&#233;, serait tacitement abandonn&#233;e (comme elle l'a pour part d&#233;j&#224; &#233;t&#233;) au profit d'investissements acc&#233;l&#233;r&#233;s en vue d'une adaptation s&#233;lective au profit des passagers de premi&#232;re classe de notre plan&#232;te. Nous parlons ici de la possibilit&#233; de cr&#233;er derri&#232;re des murs, des oasis vertes, petits &#238;lots de bien-&#234;tre privatis&#233;s sur une plan&#232;te par ailleurs sinistr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r qu'il y aurait alors toujours des trait&#233;s, des cr&#233;dits d'&#233;mission, des secours urgents contre les famines, tout un cirque humanitaire, avec peut &#234;tre la conversion int&#233;grale de quelques villes ou petits Etats europ&#233;ens aux &#233;nergies alternatives. Mais le passage &#224; des modes de vies &#224; faible ou &#224; z&#233;ro &#233;missions aurait un co&#251;t gu&#232;re imaginable. (En Grande-Bretagne aujourd'hui, il en co&#251;te 200 000 dollars de plus pour construire un seul eco-foyer de &#171; niveau 6 &#187; &#224; z&#233;ro &#233;missions de carbone, par rapport &#224; une maison standard dans la m&#234;me r&#233;gion). Et ceci deviendra certainement plus inimaginable encore, aux environs de 2030 peut-&#234;tre, lorsque les impacts convergents du changement climatique, du pic p&#233;trolier, du pic de l'eau et d'un milliard et demi de plus d'habitant-e-s sur la plan&#232;te, commenceront &#224; &#233;trangler s&#233;rieusement la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dette &#233;cologique du Nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vraie question est de savoir si les pays riches mobiliseront un jour la volont&#233; politique et les ressources &#233;conomiques n&#233;cessaires pour atteindre les objectifs de le GIEC, ou pour aider les pays plus pauvres &#224; s'adapter au quota de r&#233;chauffement in&#233;vitable d&#233;j&#224; engag&#233;, et qui nous vient par le biais de la lente circulation des oc&#233;ans du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre plus percutant : les &#233;lectorats des pays riches renonceront-ils &#224; leurs pr&#233;jug&#233;s et aux &#171; murs &#187; aux fronti&#232;res de leurs Etats pour admettre les r&#233;fugi&#233;-e-s des &#233;picentres pr&#233;dits de la s&#233;cheresse et de la d&#233;sertification comme le Maghreb, le Mexique, l'Ethiopie ou le Pakistan ? Est-ce que les Etats-uniens, les plus avares en montant d'aide internationale par t&#234;te, seront d'accord de se taxer pour aider &#224; la r&#233;installation des millions de gens qui seront probablement chass&#233;s par l'inondation de m&#233;gas-deltas dens&#233;ment peupl&#233;s, comme le Bangladesh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les optimistes du march&#233; &#233;voqueront ici encore une fois les programmes de compensation d'&#233;missions de carbone, comme le Clean Development Mechanism, dont-ils attendent qu'il conduira &#224; un flux de capital vert en direction du Tiers-Monde. Cependant, la plus grande partie du dit Tiers-Monde pr&#233;f&#233;rerait que le Premier-Monde reconnaisse le d&#233;sastre environnemental qu'il a cr&#233;&#233; et assume la responsabilit&#233; de son nettoyage. Il proteste &#224; juste titre contre le fait que la charge la plus lourde de l'ajustement, &#224; l'&#233;poque de l'anthropoc&#232;ne, incombe &#224; ceux qui ont le moins contribu&#233; aux &#233;missions de carbone et qui ont le moins profit&#233; de 200 ans d'industrialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;tude d&#233;grisante r&#233;cemment publi&#233;e dans les Annales de l'Acad&#233;mie nationale des sciences (USA), une &#233;quipe de chercheurs/ses a tent&#233; de calculer le co&#251;t environnemental de la globalisation &#233;conomique depuis 1961, tel qu'exprim&#233; en termes de d&#233;forestation, de changement climatique, de surp&#234;che, de destruction de la couche d'ozone, de conversion de mangroves et d'expansion agricole. Apr&#232;s avoir pris en compte des ajustements pour refl&#233;ter les charges de co&#251;ts relatives, ils sont arriv&#233;s &#224; la conclusion que les pays riches avaient engendr&#233; 42% des d&#233;gradations environnementales de par le monde du fait de leurs activit&#233;s, en n'en assumant que 3% des co&#251;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les radicaux du Sud mettront en avant aussi, et &#224; juste titre, une autre dette. Depuis 30 ans, les villes des pays en d&#233;veloppement ont pouss&#233; &#224; toute vitesse, sans investissements &#233;quivalents dans les services d'infrastructure, dans le logement ou la sant&#233; publique. En grande part, c'est le r&#233;sultat de dettes &#233;trang&#232;res contract&#233;es par des dictateurs, de payements forc&#233;s dict&#233;s par le FMI et de secteurs publics an&#233;antis par les programmes d'&#171; ajustement structurels &#187; de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ficit global d'opportunit&#233;s et de justice sociale est refl&#233;t&#233; par le fait que plus d'un milliard de personnes, selon les chiffres de l'ONU concernant l'habitat, vivent aujourd'hui dans des taudis et qu'on s'attend &#224; un doublement de leur nombre d'ici 2030. Un nombre &#233;quivalent, ou plus encore, recherchent leur subsistance dans le secteur dit informel (un euph&#233;misme du Premier-Monde pour le ch&#244;mage de masse). Pendant ce temps, la simple inertie d&#233;mographique fera cro&#238;tre la population urbaine mondiale de 3 milliards d'individus au cours des 40 prochaines ann&#233;es (pour le 90% dans des villes pauvres) et absolument personne n'a la moindre id&#233;e de comment une plan&#232;te de bidonvilles et de taudis, en crise &#233;nerg&#233;tique et alimentaire croissante, s'accommodera de leur simple survie biologique, encore moins de leurs aspirations in&#233;vitables &#224; la dignit&#233; et au bonheur &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout cela semble ind&#251;ment apocalyptique, consid&#233;rez que la plupart des mod&#232;les climatologiques anticipent des impacts qui renforceront &#233;trangement la pr&#233;sente g&#233;ographie des in&#233;galit&#233;s. L'un des pionniers de l'analyse de l'&#233;conomie du r&#233;chauffement climatique, William R. Cline, a r&#233;cemment publi&#233; une &#233;tude, pays par pays, des effets probables du changement climatique sur l'agriculture des derni&#232;res d&#233;cennies de ce si&#232;cle. M&#234;me dans les simulations les plus optimistes, les syst&#232;mes agricoles du Pakistan (avec une baisse de 20% annonc&#233;e de sa production) et du Nord-Ouest de l'Inde (avec une baisse de 30%) seront probablement d&#233;vast&#233;s, ainsi que ceux d'une bonne partie du Moyen-Orient, du Maghreb, de la ceinture du Sahel, du Sud de l'Afrique, des Cara&#239;bes et du Mexique. Vingt-neuf pays en voie de d&#233;veloppement perdront 20% ou plus de leur production agricole actuelle du fait du r&#233;chauffement climatique, alors que les agricultures des pays d&#233;j&#224; riches du Nord conna&#238;tront probablement en moyenne une expansion de 8%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lumi&#232;re de telles &#233;tudes, la concurrence implacable actuelle entre les march&#233;s de l'&#233;nergie et des aliments, amplifi&#233;e par la sp&#233;culation internationale sur les mati&#232;res premi&#232;res et la terre agricole, n'est qu'une modeste pr&#233;figuration du chaos qui pourrait bient&#244;t &#234;tre exponentiellement engendr&#233; par la convergence de l'&#233;puisement des ressources, des in&#233;galit&#233;s sans rem&#232;de et du changement climatique. Le vrai danger c'est que la solidarit&#233; humaine elle-m&#234;me, comme le plateau de glaces de l'Ouest de l'Antarctique, ne se fracture soudain et ne s'&#233;miette en mille morceaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mike Davis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : revue www.solidarit&#233;s.ch (traducteur du texte, Pierre Vanek)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#034;Avatar&#034; contre Cohn-Bendit : l'&#233;cologie doit &#234;tre anticapitaliste</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Avatar-contre-Cohn-Bendit-l-ecologie-doit-etre-anticapitaliste</link>
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		<dc:date>2010-02-16T04:47:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Corcuff</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site Rue89 : http://www.rue89.com Philippe Corcuff 01/03/2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s l'&#233;chec du Copenhague institutionnel et la vivacit&#233; du Copenhague mouvementiste, on peut &#234;tre tent&#233; de se tourner vers la vitrine du marketing &#233;lectoral d'Europe Ecologie. La bonne nouvelle ne viendrait-elle pas plut&#244;t, et paradoxalement, d'un vieux routier de l'industrie hollywoodienne, James Cameron, avec son &#171; Avatar &#187; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1998, dans &#171; Une envie de politique &#187; (La D&#233;couverte), pass&#233; alors du statut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2706-48200.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Rue89 : &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rue89.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Philippe Corcuff&lt;br class='autobr' /&gt; 01/03/2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec du Copenhague institutionnel et la vivacit&#233; du Copenhague mouvementiste, on peut &#234;tre tent&#233; de se tourner vers la vitrine du marketing &#233;lectoral d'Europe Ecologie. La bonne nouvelle ne viendrait-elle pas plut&#244;t, et paradoxalement, d'un vieux routier de l'industrie hollywoodienne, James Cameron, avec son &#171; Avatar &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, dans &#171; Une envie de politique &#187; (La D&#233;couverte), pass&#233; alors du statut d'ic&#244;ne soixante-huitarde &#224; celui d'inspirateur d'un capitalisme vert, Daniel Cohn-Bendit &#233;crivait ceci : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce que la gauche doit donc faire valoir aujourd'hui, c'est que cette &#233;volution a des aspects destructeurs, car la production menace de d&#233;truire la plan&#232;te. Faire cette d&#233;monstration n'est pas facile, mais on peut le faire au nom m&#234;me de l'&#233;conomie de march&#233;, car je suis pour le capitalisme et l'&#233;conomie de march&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas le plus &#233;colo, Marx pointait d&#233;j&#224; la contradiction capital/nature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En se faisant le chantre d'un capitalisme chlorophyllis&#233; et d'une &#233;cologie politique chloroform&#233;e, l'agit&#233; du bocage politicien a rejoint les rangs d'une d&#233;fense consensuellement aseptis&#233;e de la nature : les Al Gore, Yann Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot et autres Jean-Louis Borloo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, quelque peu fascin&#233; par le productivisme industriel de son &#233;poque, n'&#233;tait pas exempt d'ambigu&#239;t&#233;s quant au rapport capitalisme/nature. Toutefois, il avait &#233;galement commenc&#233; &#224; percevoir une des contradictions principales travaillant le capitalisme en interaction avec la contradiction capital/travail : la contradiction capital/nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour lui, la production capitaliste &#233;puisait &#171; les deux sources d'o&#249; jaillit toute richesse : la terre et le travailleur &#187; (&#171; Le Capital &#187;, livre I, 1867).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour Gorz, impossible d'&#233;viter la catastrophe sans rupture radicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Gorz prolongea cette analyse en notre d&#233;but de XXIe si&#232;cle : &#171; La question de la sortie du capitalisme n'a jamais &#233;t&#233; plus actuelle &#187;, &#233;crit-il dans &#171; Ecologica &#187; (&#233;d. Galil&#233;e, 1998). Et d'ajouter par avance contre une possible cohn-benditsation de la radicalit&#233; &#233;cologiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est impossible d'&#233;viter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les m&#233;thodes et la logique &#233;conomique qui y m&#232;nent depuis cent cinquante ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans une telle perspective que s'est r&#233;cemment situ&#233; le journaliste Herv&#233; Kempf : &#171; Pour sauver la plan&#232;te, sortez du capitalisme &#187; [1] (&#233;d. du Seuil, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Avatar &#187; : Hollywood dans la galaxie anticapitaliste ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;nonciations gauchistes du capitalisme hollywoodien sont si courantes que les esprits anticapitalistes pourraient avoir du mal &#224; reconna&#238;tre des potentialit&#233;s critiques dans une de ses productions. Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A des ann&#233;es-lumi&#232;re de la Terre, la plan&#232;te Pandora est sous colonisation am&#233;ricano-occidentale. Un minerai rare suscite la convoitise d'une multinationale (&#171; The Company &#187;, comme dans la s&#233;rie des &#171; Aliens &#187;), appuy&#233;e par des troupes militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de la rentabilit&#233; financi&#232;re (la r&#233;tribution des actionnaires est directement &#233;voqu&#233;e dans le film) pousse &#224; la double destruction de la nature et du peuple Na'vi. Ecocide et g&#233;nocide constituent ici un double horizon de la logique du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cameron met en quelque sorte en images et en son une forme extr&#234;me de la contradiction capital/nature. La trame narrative de la science-fiction, reconfigur&#233;e avec de nouveaux effets sp&#233;ciaux num&#233;riques, projet&#233;e en 3D, donne une v&#233;rit&#233; &#233;thique et politique proprement cin&#233;matographique &#224; une composition fictionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une critique sociale, sur un plan sensible et intelligible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce dispositif cin&#233;matographique nous permet d'explorer au plus pr&#232;s de nos sensations un autre monde, celui de Pandora et des Na'vis, en jouant tour &#224; tour sur la frayeur, la surprise ou la joie de la d&#233;couverte. La critique sociale s'exprime sur un double plan sensible et intelligible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet univers &#233;trange en 3D, qui nous fait d'abord peur, puis nous &#233;merveille, constitue moins un des &#171; autres mondes possibles &#187; des altermondialistes que l'envers de notre propre monde, un lieu imaginaire qui permet de mieux rep&#233;rer les failles de notre r&#233;alit&#233; quotidienne &#224; la mani&#232;re de l'&#238;le d'Utopia chez Thomas More.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes les Na'vis ont comme un parfum New Age, tra&#238;nant une vision st&#233;r&#233;otyp&#233;e de la communion de &#171; primitifs &#187; et de la nature. Mais le savoir-faire particulier des auteurs les plus originaux des films et des s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es hollywoodiens consiste justement &#224; prendre appui sur certains st&#233;r&#233;otypes pour en interroger d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes pris par la main dans la familiarit&#233; d'autoroutes standardis&#233;es, mais &#231;a et l&#224; s'ouvrent des sentiers critiques, dans un cocktail d&#233;tonnant de douces &#233;vidences et de piments plus cors&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sully vit une conversion existentielle, comme ces militants anticapitalistes&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'anticapitalisme d'&#171; Avatar &#187; est indissociablement collectif et individuel. Se d&#233;sintoxiquer de l'imaginaire capitaliste passe aussi par une transformation de soi. Jake Sully (Sam Worthington, d&#233;j&#224; remarqu&#233; dans &#171; Terminator 4 &#187;), ancien marine immobilis&#233; dans un fauteuil roulant devenant &#171; pilote &#187; mental d'un avatar (corps hybride d'ADN humain et de Na'vi), va conna&#238;tre une v&#233;ritable conversion : d'inflitr&#233; chez les Na'vi &#224; protecteur de leur mode de vie, de soldat imp&#233;rialiste &#224; eco-warrior.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sully a quelque parent&#233; avec la figure des &#171; militants existentiels &#187; anticapitalistes, caract&#233;ris&#233;e &#171; par un travail spirituel et politique de chacun de nous sur lui-m&#234;me, soutenu par des communaut&#233;s de vie &#187;, promue r&#233;cemment par le philosophe de l'&#233;conomie Christian Arnsperger dans son stimulant ouvrage &#171; Ethique de l'existence post-capitaliste &#187; (&#233;d. du Cerf, 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;volution culturelle personnelle prend les chemins de la fragilit&#233; dans &#171; Avatar &#187; : un handicap&#233; &#224; l'&#226;me guerri&#232;re, fascin&#233; au d&#233;part par les capacit&#233;s suppos&#233;es illimit&#233;es de son avatar, finira par assumer ses faiblesses d'&#234;tre humain mortel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;cologie radicale, loin des niaiseries de Borloo ou Cohn-Bendit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Cameron ne suivrait pas Arnsperger dans son choix de la conversion existentielle contre la voie r&#233;volutionnaire classique des rapports de forces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une conjoncture de menace extr&#234;me, &#171; Avatar &#187; justifie le recours au combat et &#224; la force. Dans certaines circonstances, l'anticapitaliste vert cons&#233;quent doit aussi savoir prendre les armes (au sens m&#233;taphorique, n'impliquant pas n&#233;cessairement le maniement de la kalachnikov).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;cologie radicale n'a pas grand-chose &#224; voir avec les niaiseries consensualistes de l'arc Borloo/Cohn-Bendit. Elle appelle des clivages, des conflits, des affrontements. La transformation personnelle et l'action collective contre les forces dominantes apparaissent associ&#233;es et non pas oppos&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Barrer la route au nucl&#233;aire au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Barrer-la-route-au-nucleaire-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2009-12-12T19:39:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;''Les citoyenNEs MauricienNEs pour le d&#233;classement nucl&#233;aire'' organisait le samedi 12 d&#233;cembre une manifestation DEVANT les centrales nucl&#233;aires Gentilly-1 et Gentilly-2. Voici leur argumentaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Nos raisons pour barrer la route au nucl&#233;aire &lt;br class='autobr' /&gt;
Politique 1.	Parce qu'Hydro-Qu&#233;bec a gagn&#233; le prix de la Noirceur, remis &#224; &#171; l'organisme public qui manifeste le moins de transparence et pose le plus d'obstacles &#224; la diffusion de l'information &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
2.	Parce que l'Assembl&#233;e Nationale a adopt&#233; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Ecologie-" rel="directory"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Ecologie-224-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L147xH150/arton2686-f3834.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;''Les citoyenNEs MauricienNEs pour le d&#233;classement nucl&#233;aire'' organisait le samedi 12 d&#233;cembre une manifestation DEVANT les centrales nucl&#233;aires Gentilly-1 et Gentilly-2. Voici leur argumentaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos raisons pour
barrer la route au nucl&#233;aire&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1.	Parce qu'Hydro-Qu&#233;bec a gagn&#233; le prix de la Noirceur, remis &#224; &#171; l'organisme public qui manifeste le moins de transparence et pose le plus d'obstacles &#224; la diffusion de l'information &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Parce que l'Assembl&#233;e Nationale a adopt&#233; une motion qui interdit l'enfouissement de d&#233;chets et de combustibles irradi&#233;s en provenance de l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec sur le territoire du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	Parce que nous avons le droit d'&#234;tre inform&#233; de la contamination assi&#232;ge notre air, notre eau, nos terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	Parce qu'on a pas vot&#233; pour &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	Parce que l'achat de Pointe Lepreau est ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	Puisqu'il faut environ 10 ans pour construire un seul r&#233;acteur nucl&#233;aire, cette avenue est totalement hors d&#233;lai face &#224; l'urgence climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.	Parce que le nucl&#233;aire ne repr&#233;sente que 2,4 % de l'&#233;nergie consomm&#233;e dans le monde. Elle n'est pas essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Environnemental&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;8.	Parce que face au changement climatique, de vraies solutions existent, comme la conservation de l'&#233;nergie, l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et le d&#233;veloppement des &#233;nergies vertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.	Parce qu'il est d&#233;conseill&#233; de consommer tout produit alimentaire cultiv&#233; ou &#233;lev&#233; dans un rayon de 8 km d'une centrale, et selon certains, dans un rayon beaucoup plus grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10.	Parce que la dispersion des radionucl&#233;ides est tr&#232;s al&#233;atoire, fonction des vents et pr&#233;cipitations, et que nous ne savons pas quelle quantit&#233; d'&#233;l&#233;ments radioactifs nous absorbons chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11.	Parce que le nucl&#233;aire n'est pas vert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12.	Parce que les d&#233;chets radioactifs sont dangereux pendant des centaines de milliers d'ann&#233;es et qu'il n'existe aucune solution pour emp&#234;cher les fuites de radioactivit&#233; dans l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.	Parce que l'uranium est une ressource dangereuse et non-renouvelable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14.	Parce que le nucl&#233;aire utilise 25 000 fois plus d'eau que les &#233;nergies &#233;olienne et solaire pour produire 1 kWh &#233;lectrique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.	Parce que de nombreux d&#233;chets et r&#233;sidus dangereux sont produits tout au long de la cha&#238;ne de l'uranium et du nucl&#233;aire ; des r&#233;sidus qui demeurent radioactifs et qui se doivent d'&#234;tre g&#233;r&#233;s et surveill&#233;s pendant des milliers d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sant&#233; publique&lt;br class='autobr' /&gt;
16.	Parce que toute dose de rayonnement comporte un risque canc&#233;rig&#232;ne et g&#233;n&#233;tique selon la Commission Internationale de Protection Radiologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17.	Parce que selon 81 m&#233;decins qu&#233;b&#233;cois dont 16 dans notre r&#233;gion, le recours &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire est la pire solution possible dans l'effort pour contrecarrer le r&#233;chauffement plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18.	Parce que l'effet cumulatif des radiations auxquelles nous sommes expos&#233;es est &#224; long terme aussi dangereux pour la sant&#233; qu'une seule forte exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19.	Parce que 20 m&#233;decins ont remis leur d&#233;mission si l'exploration d'uranium se poursuit sur la C&#244;te-Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20.	Parce que les limites tol&#233;r&#233;es en tritium au Canada sont les plus &#233;lev&#233;es des pays nucl&#233;aris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; [Au Canada : 7000 Bq/ L (Becquerels/L), alors que les standards &#201;tats-Uniens sont de 740 Bq/L, Europ&#233;ens : 100 Bq/L et Californiens :15 Bq/L.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21.	Parce qu'une &#233;tude scientifique allemande d&#233;montre une augmentation de 117 % des cas de leuc&#233;mies infantiles jusqu'&#224; 5 km autour de certaines centrales nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22.	Parce que parmi les dangers des radiations sur la sant&#233; humaine on parle d'effets mutag&#232;nes et t&#233;ratog&#232;nes irr&#233;versibles, demalformations cong&#233;nitales, fausses-couches, probl&#232;mes de thyro&#239;de, st&#233;rilit&#233;, leuc&#233;mies, cancers (poumons, foie&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23.	Parce qu'une r&#233;cente &#233;tude met en lumi&#232;re un risque de cancer accru de 50% chez les travailleurs du nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;conomique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;---&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24.	A investissement &#233;gal, les &#233;conomies d'&#233;nergie et les &#233;nergies renouvelables cr&#233;ent 15 fois plus d'emplois que le nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25.	Parce que ce sont les payeurs de taxes qui, au Qu&#233;bec, auront &#224; assumer l'enti&#232;re responsabilit&#233; des d&#233;boires financiers du soutien &#224; la fili&#232;re nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26.	&#192; cause du vieillissement pr&#233;matur&#233; des centrales nucl&#233;aires CANDU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27.	Parce que les centrales produisent par centaines les substances les plus toxiques connus de la science, les d&#233;chets radioactifs &#233;mis par les centrales nucl&#233;aires sont si toxiques que les co&#251;ts &#233;valu&#233;s pour les entreposer pendant des centaines de milliers d'ann&#233;es se chiffrent &#224; des dizaines voire des centaines de milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28.	Le secteur des &#233;nergies renouvelables, encore &#233;mergent, repr&#233;sente d&#233;j&#224; 2,5 millions d'emplois dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;curit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29.	Parce que nous ne sommes pas &#224; l'abri d'un incident nucl&#233;aire qui raserait toute forme de vie sur des kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30.	Parce que notre industrie nucl&#233;aire est incapable de r&#233;soudre les probl&#232;mes s&#233;rieux li&#233;s au manque de ma&#238;trise de sa technologie, de son inaptitude &#224; fournir une planification financi&#232;re r&#233;aliste de ses projets, (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31.	Parce qu'un r&#233;acteur de type Candu est sujet &#224; s'emballer &#224; cause d'une faiblesse majeure dans la conception du c&#339;ur du r&#233;acteur. Un manque d'eau soudain peut causer une augmentation consid&#233;rable et rapide de la chaleur produite par la fission de l'uranium, possiblement accompagn&#233;e de dommages au c&#339;ur du r&#233;acteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32.	Le plutonium g&#233;n&#233;r&#233; par les centrales de type CANDU est le principal mat&#233;riau explosif des arsenaux nucl&#233;aires du monde, mat&#233;riau tellement dangereux pour la plan&#232;te que des inspections et des mesures de s&#233;curit&#233; internationales doivent avoir lieu &#224; Gentilly-2 au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33.	Parce que l'uranium peut &#234;tre r&#233;utilis&#233; pour produire du plutonium, composante essentielle &#224; l'armement nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Social et paix dans le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;34.	La centrale nucl&#233;aire Gentilly-2 ne rencontre pas les nouvelles normes de s&#233;curit&#233; internationales nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35.	Parce que les d&#233;chets laissent un h&#233;ritage lourd de cons&#233;quences &#224; nos enfants, petits-enfants, arri&#232;res petits-enfants, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36.	Parce que plus de r&#233;acteurs, ce sont plus d'&#233;quipements et de mati&#232;res nucl&#233;aires en circulation dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37.	Parce qu'un sondage fait en juin 2008 par la firme Angus Reid faisait &#233;tat que 62% des qu&#233;b&#233;cois ne veulent pas investir du nouvel argent dans le nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38.	Parce que les citoyennes et citoyens du Qu&#233;bec se disent non suffisamment inform&#233;s des risques impliqu&#233;s dans l'op&#233;ration complexe du r&#233;acteur G-2 de type CANDU con&#231;u par AECL, en op&#233;ration depuis 1983 &#224; B&#233;cancour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39.	Parce que les cons&#233;quences d'un tel accident incluent un d&#233;versement important de radioactivit&#233; dans l'environnement, avec des impacts extr&#234;mement n&#233;gatifs pour la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; des citoyens, et hypoth&#232;querait la valeur fonci&#232;re des terres agricoles et des terrains des particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences :&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.don't&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.don't&lt;/a&gt; nuke the climate.org&lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre adress&#233;e au Conseil d'administration d'Hydro-Qu&#233;bec : Risques associ&#233;s au projet de r&#233;fection de Gentilly-2 et proposition de retrait du projet. Concertation et r&#233;daction : Michel Duguay physicien nucl&#233;aire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du m&#234;me document, l'ANNEXE 1, 4 juin 2009, &#201;valuation prudente du projet de r&#233;fection du r&#233;acteur nucl&#233;aire Gentilly-2. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie nucl&#233;aire n'est pas une &#233;nergie propre et verte, par Gordon Edwards.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre aux m&#233;decins de &#201;ric Notebaert, M.D. M.Sc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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