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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Que faire de ce que nous apprend Thomas Piketty sur Le capital au XXIe si&#232;cle</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Que-faire-de-ce-que-nous-apprend-Thomas-Piketty-sur-Le-capital-au-XXIe-siecle</link>
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		<dc:date>2014-02-24T15:57:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le livre Le capital au XXIe si&#232;cle est indispensable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la r&#233;partition in&#233;gale de la richesse au sein de la soci&#233;t&#233;. En lisant cette somme (950 pages, auxquelles s'ajoute une grande quantit&#233; de donn&#233;es statistiques et de tableaux accessibles via internet), une premi&#232;re conclusion vient &#224; l'esprit : le mouvement Occupy Wall Street a bien raison de cibler le 1 % le plus riche. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, en France, en 2013, le 1 % le plus riche d&#233;tient 25 % du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH147/arton3303-9c054.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le livre &lt;i&gt;Le capital au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt; est indispensable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la r&#233;partition in&#233;gale de la richesse au sein de la soci&#233;t&#233;. En lisant cette somme (950 pages, auxquelles s'ajoute une grande quantit&#233; de donn&#233;es statistiques et de tableaux accessibles via internet), une premi&#232;re conclusion vient &#224; l'esprit : le mouvement Occupy Wall Street a bien raison de cibler le 1 % le plus riche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, en France, en 2013, le 1 % le plus riche d&#233;tient 25 % du patrimoine total du pays. Au Royaume-Uni (R.U.), il d&#233;tient 30 %. En Su&#232;de, 20 %. Aux E.U., 32 %. Si on inclut la part dissimul&#233;e de la richesse dans les paradis fiscaux ou sous d'autres formes, le pourcentage augmenterait d'au moins 2 ou 3 points. Pour faire simple, le 1 % de la population, c'est grosso modo la classe capitaliste et elle concentre une part impressionnante du patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on &#233;largit l'&#233;tude aux 10 % les plus riches, on atteint les pourcentages suivants : en France, les 10 % plus riches d&#233;tiennent 60 % du patrimoine ; au R.U., 70 % ; en Su&#232;de, 60 % ; aux E.U., 70 %. Grosso modo, on peut consid&#233;rer que les 9 % ainsi ajout&#233;s repr&#233;sentent l'entourage ou les alli&#233;s au sens large de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire devrait avancer des revendications pr&#233;cises en mati&#232;re de mesures &#224; prendre &#224; l'&#233;gard du 1 % le plus riche et des 9 % qui le suivent. La masse de biens mobiliers et immobiliers que ces 10 % d&#233;tiennent r&#233;v&#232;le &#224; quel point la richesse est in&#233;galement distribu&#233;e et montre qu'un gouvernement de gauche pourrait trouver des ressources en tr&#232;s grande quantit&#233; pour, &#224; la fois, mener une politique d'am&#233;lioration des conditions de vie de la majorit&#233; de la population et r&#233;aliser de profonds changements structurels de mani&#232;re &#224; amorcer la sortie du capitalisme productiviste et lancer la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Que-faire-de-ce-que-nous-apprend&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LIRE LA SUITE&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une crise de 1929 au ralenti ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Une-crise-de-1929-au-ralenti</link>
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		<dc:date>2010-10-08T02:17:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Batou</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ampleur de la crise actuelle n'est pas fondamentalement diff&#233;rente de celle des ann&#233;es trente. Nous sommes entr&#233;s dans une Grande d&#233;pression, dont le film est seulement projet&#233; au ralenti. Les pouvoirs publics tentent de fournir les anxiolytiques n&#233;cessaires en s'effor&#231;ant de d&#233;coupler habilement les chocs dans l'espace. &lt;br class='autobr' /&gt; _________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Une crise de 1929 au ralenti ? mardi 5 octobre 2010, par Jean Batou * A para&#238;tre dans solidarit&#233;S (Suisse), n&#176; 175. _________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH114/arton3064-9d198.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ampleur de la crise actuelle n'est pas fondamentalement diff&#233;rente de celle des ann&#233;es trente. Nous sommes entr&#233;s dans une Grande d&#233;pression, dont le film est seulement projet&#233; au ralenti. Les pouvoirs publics tentent de fournir les anxiolytiques n&#233;cessaires en s'effor&#231;ant de d&#233;coupler habilement les chocs dans l'espace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Une crise de 1929 au ralenti ?&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 5 octobre 2010, par Jean Batou&lt;br class='autobr' /&gt;
* A para&#238;tre dans solidarit&#233;S (Suisse), n&#176; 175.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en avril dernier, la plupart des pronostiqueurs annon&#231;aient une reprise &#233;conomique solide &#224; l'&#233;chelle mondiale, apr&#232;s un an de hausse r&#233;guli&#232;re des cours des actions et des mati&#232;res premi&#232;res. Au vu des &#233;volutions plus r&#233;centes, la crise para&#238;t cependant s'installer dans la dur&#233;e. Peu importe &#224; vrai dire que les principales &#233;conomies du monde connaissent ou non un nouveau creux (double dip) ou une nouvelle r&#233;cession dans les mois &#224; venir, la prochaine d&#233;cennie pourrait &#234;tre marqu&#233;e par une croissance tr&#232;s lente et une explosion des in&#233;galit&#233;s, dont les Etats-Unis montrent clairement le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens &#233;conomistes Barry Eichengreen et Michael O'Rourke l'ont montr&#233; : la profonde d&#233;pression mondiale, d&#233;clench&#233;e par la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007, a conduit d&#232;s 2008 &#224; une chute de la production industrielle, du commerce et des valeurs boursi&#232;res comparable &#224; celle de la crise de 1929. Pourtant, &#224; compter du printemps 2009, cette descente aux enfers a &#233;t&#233; stopp&#233;e par des politiques de relance massives &#224; l'&#233;chelle des principales puissances &#233;conomiques du globe (plusieurs milliers de milliards de dollars de cr&#233;dits publics et d'all&#232;gements fiscaux) [1].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reprise artificielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de cet effort public colossal, la reprise a commenc&#233; &#224; marquer des signes de faiblesse d&#232;s le printemps 2010. En effet, aux Etats-Unis, alors que le formidable paquet de stimuli fiscaux (d'un montant de 1000 milliards de dollars) touchait &#224; sa fin, trois moteurs essentiels de la relance manquaient toujours &#224; l'appel : la consommation priv&#233;e, la demande immobili&#232;re et les exportations. Ainsi, l'embellie de 2009 aurait &#233;t&#233; port&#233;e essentiellement par l'endettement public et la reconstitution des stocks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle des stocks a une grande importance dans la dynamique des r&#233;cessions. Lorsque la conjoncture marque les premiers signes d'essoufflement, ceux-ci ont tendance &#224; gonfler. Lorsque la r&#233;cession est d&#233;clar&#233;e, la crise est alors aggrav&#233;e par le d&#233;stockage indispensable. A l'inverse, lorsque l'activit&#233; reprend, la relance est soutenue par la n&#233;cessaire reconstitution des stocks. De juillet 2009 &#224; juin 2010, le PIB des Etats-Unis a ainsi cru de 3%, dont 58% seraient redevables &#224; la reconstitution des stocks [2]. Cela ne peut &#233;videmment pas durer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gr&#232;ve des consommateurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les reprises &#233;conomiques de l'apr&#232;s-Deuxi&#232;me guerre mondiale ont &#233;t&#233; marqu&#233;es dans la r&#232;gle par une relance rapide de l'embauche, sauf apr&#232;s les r&#233;cessions de 1990-1991 et 2001, de faibles amplitudes et avec un impact limit&#233; sur l'emploi. Cette fois-ci, la r&#233;cession la plus violente depuis les ann&#233;es trente a provoqu&#233; la destruction de 7,7 millions de postes de travail non agricoles aux Etats-Unis, jusqu'en juillet 2010 : 86% de ses pertes l'ont &#233;t&#233; dans les secteurs industriel (2 millions d'emplois), du b&#226;timent, du commerce, de la finance, des loisirs et de l'h&#244;tellerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, apr&#232;s plus 33 mois de &#171; d&#233;graissage &#187; massif, aucune reprise de l'embauche n'est en vue dans ces secteurs ! Au contraire, la fin de la reconstitution des stocks et la recherche de nouveaux gains de productivit&#233; (labor saving), la crise durable du b&#226;timent, le tassement de la consommation int&#233;rieure et les difficult&#233;s &#224; l'exportation, annoncent de nouvelles compressions d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;cente enqu&#234;te a par ailleurs montr&#233; que plus de la moiti&#233; des adultes avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; affect&#233;s par des licenciements, des baisses de salaires et de prestations sociales (contributions patronales aux plans de retraite), des cong&#233;s temporaires ou des p&#233;riodes de ch&#244;mage partiel. Ainsi, le r&#233;tablissement des profits des entreprises a &#233;t&#233; pay&#233; par une nouvelle baisse des revenus du travail, qui ne peut d&#233;boucher que sur une contraction de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Limite des politiques publiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les revenus distribu&#233;s par l'&#233;conomie priv&#233;e ont diminu&#233; de 247 milliards de dollars depuis d&#233;cembre 2007. Pourtant, les revenus personnels disponibles ont cru en raison des baisses d'imp&#244;ts et des transferts gouvernementaux (924 milliards de dollars, sans compter l'embauche dans le secteur public). Mais ce niveau d'intervention ne peut pas &#234;tre maintenu sans pr&#233;cipiter une crise des finances de l'Etat : le 22 septembre dernier, &#171; l'horloge de la dette &#187; du Tr&#233;sor US affichait 13 460 milliards de dollars, soit 90,8 % du PIB [3] !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, apr&#232;s avoir r&#233;gl&#233; leurs d&#233;penses les plus urgentes, les consommateurs ont &#233;conomis&#233; 64% de ces revenus suppl&#233;mentaires (transferts publics), pour r&#233;duire leur endettement (sur les cartes de cr&#233;dit, les maisons, etc.) et reconstituer leur &#233;pargne retraite. En r&#233;alit&#233;, le climat de peur du lendemain a conduit la grande masse des travailleurs &#224; augmenter leur taux d'&#233;pargne, dans un contexte o&#249; les petits propri&#233;taires ne poss&#232;dent plus que 18% de la valeur de &#171; leur &#187; maison (contre 42% en 2005), le reste &#233;tant d&#233;tenu par les cr&#233;anciers hypoth&#233;caires (estimation sur la totalit&#233; des propri&#233;t&#233;s hypoth&#233;qu&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'emploi public ne peut pas jouer un r&#244;le d'entra&#238;nement significatif. Washington a cr&#233;&#233; 262 000 postes de travail depuis d&#233;cembre 2007, tandis que les Etats et les municipalit&#233;s en perdaient 134'000, soit un gain net de 128'000 postes : cela ne p&#232;se pas lourd face au 7,7 millions de postes supprim&#233;s par l'&#233;conomie priv&#233;e. Par ailleurs, la crise fiscale de l'Etat f&#233;d&#233;ral et des autres collectivit&#233;s publiques annonce une offensive en r&#232;gle contre les fonctionnaires, dont les co&#251;ts salariaux (traitements et avantages sociaux) sont sup&#233;rieurs de 44% &#224; ceux du priv&#233; [4].&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stagnation et nouvelle explosion des in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, la croissance US &#8211; et par ricochet mondiale &#8211; avait &#233;t&#233; tir&#233;e par la hausse des gains financiers et l'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233;, conduisant &#224; la bulle internet de la fin des ann&#233;es 1990, puis &#224; la bulle immobili&#232;re. Aujourd'hui, ces deux secteurs ont transf&#233;r&#233; leurs dettes aux Etats et aux banques centrales et sont entr&#233;s dans un processus de restructuration en profondeur qui pourrait durer une d&#233;cennie. La relance par la demande ext&#233;rieure para&#238;t aussi bouch&#233;e en raison de la crise des finances publiques europ&#233;ennes qui menace de plonger une partie du vieux continent dans une r&#233;cession prolong&#233;e, tandis que les &#233;conomies exportatrices les plus dynamiques (Allemagne, Chine) sont engag&#233;es dans une comp&#233;tition toujours plus dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, les experts et la presse &#233;conomique d&#233;battent pour savoir si la r&#233;cession amorc&#233;e en d&#233;cembre 2007 (selon le National Bureau of Economic Research) a r&#233;ellement pris fin en juillet 2009, dessinant une courbe en &#171; V &#187;, ou si l'embellie de 2009 va &#234;tre suivie d'un nouveau recul, selon une courbe en &#171; W &#187; (double dip, ou double creux). A vrai dire, le v&#233;ritable enjeu est ailleurs. Que la r&#233;cession de 2008 d&#233;bouche sur un second creux apr&#232;s une phase de rebond artificiel, ou qu'elle soit suivie d'une longue p&#233;riode de stagnation, sans v&#233;ritable reprise, cela revient fondamentalement au m&#234;me. Une confrontation d&#233;cisive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, la r&#233;cession de 2007-2008 devrait marquer la fin d'un r&#233;gime de croissance tir&#233; essentiellement par le cr&#233;dit, et d&#233;boucher sur un &#171; plan d'ajustement structurel &#187; des &#233;conomies US, europ&#233;enne et japonaise, dont l'essentiel serait pay&#233; par le monde du travail. L'intervention massive des Etats vise seulement &#224; &#233;viter une d&#233;pression brutale. Pourtant, loin de d&#233;boucher sur une relance durable, elle ne peut que r&#233;partir l'effort de reconversion sur une plus longue dur&#233;e pour tenter de la rendre socialement et politiquement &#171; acceptable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur de la crise actuelle n'est pas fondamentalement diff&#233;rente de celle des ann&#233;es trente. Nous sommes entr&#233;s dans une Grande d&#233;pression, dont le film est seulement projet&#233; au ralenti. Les pouvoirs publics tentent de fournir les anxiolytiques n&#233;cessaires en s'effor&#231;ant de d&#233;coupler habilement les chocs dans l'espace (Pour l'Union Europ&#233;enne : Gr&#232;ce, Espagne, Irlande, Portugal d'abord&#8230;) et de r&#233;partir les sacrifices dans le temps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici dix ans, le monde ne devrait pas plus ressembler &#224; celui des ann&#233;es 1980-2006, que celui de 1933 &#224; celui des Ann&#233;es folles. L'offensive des milieux dominants ne s'arr&#234;tera pas d'elle-m&#234;me : son &#233;chec d&#233;pend certes de la force et de la coordination des luttes sociales &#224; venir, mais aussi de leurs perspectives politiques. Une raison de plus pour que la gauche de gauche (pour reprendre le terme Bourdieu) d&#233;nonce les politiques du &#171; moindre mal &#187; qui ne peuvent que contribuer &#224; l'aveuglement g&#233;n&#233;ral, travaille &#224; la plus large unit&#233; dans la lutte, et d&#233;fende clairement un programme de mesures rompant avec le capitalisme. Jean Batou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cf. mes articles dans solidarit&#233;S n&#176; 146 et 169. Sur ESSF : La crise, 1929 et nous... et Capitalisme : une crise sans issue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Gary Schilling, sept. 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cf. treasurydirect.gov&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Bureau of Labor Statistics, mars 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Europe : Quelles r&#233;ponses progressistes &#224; la crise ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Europe-Quelles-reponses-progressistes-a-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Europe-Quelles-reponses-progressistes-a-la-crise</guid>
		<dc:date>2010-08-25T04:11:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson Article de la revue '' Les temps nouveaux Num&#233;ro 1 - 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise actuelle est une crise extr&#234;mement profonde. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;action des gouvernements est finalement assez claire : ils parent au plus press&#233; pour &#233;viter les catastrophes, se soumettent au caprice des march&#233;s sans jamais chercher &#224; les contr&#244;ler et pr&#233;parent les ajustements n&#233;cessaires pour revenir d&#232;s que possible au business as usual. La profondeur de la crise est telle qu'ils ne disposent pas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L104xH116/arton2982-549cd.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson&lt;br class='autobr' /&gt;
Article de la revue '' Les temps nouveaux&lt;br class='autobr' /&gt;
Num&#233;ro 1 - 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle est une crise extr&#234;mement profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action des gouvernements est finalement assez claire : ils parent au plus press&#233; pour &#233;viter les catastrophes, se soumettent au caprice des march&#233;s sans jamais chercher &#224; les contr&#244;ler et pr&#233;parent les ajustements n&#233;cessaires pour revenir d&#232;s que possible au &lt;i&gt;business as usual&lt;/i&gt;. La profondeur de la crise est telle qu'ils ne disposent pas de r&#233;elle alternative &#224; la version n&#233;o-lib&#233;rale du capitalisme qu'ils ont mise en place. Les plans d'aust&#233;rit&#233; qui s'annoncent, sont et seront d'une grande violence et ne pourront que durcir les traits r&#233;gressifs de ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du mouvement social, la crise a des effets contradictoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, elle donne raison aux critiques d'un syst&#232;me dont les fondements m&#234;mes sont percut&#233;s par une crise dont l'ampleur d&#233;montre&lt;br class='autobr' /&gt;
l'instabilit&#233; chronique et l'irrationalit&#233; croissante. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle contraint les luttes &#224; une posture de d&#233;fense souvent &#233;clat&#233;e. Cette&lt;br class='autobr' /&gt;
tension a toujours exist&#233; mais elle est port&#233;e &#224; son paroxysme par la&lt;br class='autobr' /&gt;
crise : il faut &#224; la fois se battre pied &#224; pied contre les mesures de &#171; sortie&lt;br class='autobr' /&gt;
de crise &#187; et ouvrir une perspective alternative radicale. L'enjeu est&lt;br class='autobr' /&gt;
donc de mettre en avant des r&#233;ponses qui fassent le lien entre ces deux&lt;br class='autobr' /&gt;
exigences. Enfin, la difficult&#233; est d'autant plus grande que la crise est&lt;br class='autobr' /&gt;
mondiale et que ces r&#233;ponses doivent prendre en compte cette dimension et &#234;tre porteuses d'une autre conception de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/IMG/pdf_ltnmh.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SUITE, VOIR L'ARTICLE EN FICHIER JOINT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bonjour la crise !</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Bonjour-la-crise</link>
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		<dc:date>2010-03-18T05:03:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce est aujourd'hui un condens&#233; de ce qui nous attend en Europe. L'offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers, pr&#233;par&#233;e en petit comit&#233; sous l'&#233;gide de Georges Soros (par ailleurs grand philanthrope et critique
&lt;br class='autobr' /&gt;
de la finance) d&#233;montre s'il en &#233;tait besoin que tout ce que l'on nous a racont&#233; sur la n&#233;cessaire &#171; r&#233;gulation &#187; des march&#233;s financiers &#233;tait du flan. &lt;br class='autobr' /&gt; _______________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de Michel Husson
&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la revue Regards, Avril 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
La suite est au format PDF (voirle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH105/arton2855-00fb8.jpg?1629994671' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Gr&#232;ce est aujourd'hui un condens&#233; de ce qui nous attend en Europe. L'offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers, pr&#233;par&#233;e en petit comit&#233; sous l'&#233;gide de Georges Soros (par ailleurs grand philanthrope et critique&lt;br class='autobr' /&gt;
de la finance) d&#233;montre s'il en &#233;tait besoin que tout ce que l'on nous a racont&#233; sur la n&#233;cessaire &#171; r&#233;gulation &#187; des march&#233;s financiers &#233;tait du flan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la revue Regards, Avril 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La suite est au format PDF (voirle fichier joint).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise : l'heure de v&#233;rit&#233; se rapproche</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Crise-l-heure-de-verite-se-rapproche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Crise-l-heure-de-verite-se-rapproche</guid>
		<dc:date>2010-02-24T03:15:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA 8 f&#233;vrier 2010 &lt;br class='autobr' /&gt; L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. Illusion : l'&#233;conomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L79xH123/arton2790-92a3b.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='79' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
8 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. Illusion : l'&#233;conomie mondiale &#233;tait en &#233;tat de l&#233;vitation, touchant &#224; peine le sol, port&#233;e &#224; bouts de bras par un soutien public d'une extraordinaire ampleur. Laissant filer les d&#233;ficits, se portant au secours des banques, mettant en &#339;uvre des plans de soutien, les d&#233;ficits publics ont atteint d'incroyables niveaux : 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l'endettement public a crev&#233; tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui br&#251;le les mains, ainsi a-t-on transform&#233; le surendettement des m&#233;nages am&#233;ricains en surendettement des Etats. Quand un d&#233;biteur s'av&#232;re incapable de faire face aux &#233;ch&#233;ances, il n'y a que deux fa&#231;ons de s'attaquer &#224; la dette en suspens : la transf&#233;rer ou l'annuler. Annuler les dettes aurait signifi&#233; entrer dans une crise financi&#232;re, puis &#233;conomique, de tr&#232;s grande ampleur ; on a pr&#233;f&#233;r&#233;, encore une fois, la fuite en avant, et la dette priv&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233;e en dette publique. Ainsi, le probl&#232;me n'a pas &#233;t&#233; surmont&#233;, mais seulement d&#233;guis&#233;, et d&#233;plac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Gr&#232;ce, Espagne, Portugal, Irlande. La Gr&#232;ce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a &#233;t&#233; plac&#233;e de fait sous tutelle de la Commission europ&#233;enne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants pr&#233;vus pour 2010 s'&#233;l&#232;vent &#224; 85% pour le Portugal, 83% pour l'Irlande (44% en 2008), 66% pour l'Espagne (40% en 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait &#233;vident d&#232;s le d&#233;part que cette situation ne pouvait pas durer. Le priv&#233; (consommation des m&#233;nages, investissement des entreprises) devait prendre la rel&#232;ve du public, permettant &#224; celui-ci de se retirer. Le grand probl&#232;me est que le priv&#233; n'a toujours pas embray&#233; sur le public, et le grand changement est que commence &#224; pr&#233;valoir dans l'establishment la crainte qu'il en soit encore ainsi pour de longs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e qu'en somme la crise est loin d'&#234;tre termin&#233;e, et que nous ne sommes pas dans un sch&#233;ma en V, ni m&#234;me en W, mais sans doute plut&#244;t en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s jusqu'ici sont tous bas&#233;s sur l'hypoth&#232;se d'un redressement vigoureux de l'&#233;conomie, qui permettrait de r&#233;duire les d&#233;ficits plus par l'accroissement rapide des recettes fiscales que par la r&#233;duction drastique des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le redressement attendu n'est pas au rendez-vous, exit l'hypoth&#232;se d'une mont&#233;e rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont plac&#233;s devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien &#224; l'&#233;conomie, &#233;vitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs d&#233;ficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus co&#251;teux &#224; couvrir. Soit ils abandonnent le soutien &#224; l'&#233;conomie, retirant l'&#233;chafaudage public, mais ils risquent alors de pr&#233;cipiter l'&#233;conomie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d'une r&#233;duction du d&#233;ficit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays sont tous membres de l'Union europ&#233;enne, et on peut penser qu'ils auraient droit &#224; un soutien de l'Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances &#233;conomiques europ&#233;ennes d&#233;cident d'aider ceux qui se d&#233;battent avec de l'eau jusqu'au cou, elles risquent d'&#234;tre entra&#238;n&#233;es et de couler &#224; leur tour, et ce d'autant plus qu'elles sont elles-m&#234;mes tr&#232;s endett&#233;es. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menac&#233;s font d&#233;faut sur leur dette, elles savent que la crise sera relanc&#233;e de fa&#231;on spectaculaire et qu'elles sont les suivantes sur la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les march&#233;s &#187; ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l'occurrence, assez clairs. &#171; Les investisseurs &#187; sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menac&#233;s ne pourront plus soutenir leurs &#233;conomies tr&#232;s longtemps. Il faudra alors sortir de la situation &#171; par le bas &#187;, c'est-&#224;-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la r&#233;duction des d&#233;penses. Inutile de se faire des illusions : apr&#232;s avoir vol&#233;, &#224; fonds perdus, au secours des capitalistes, c'est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des imp&#244;ts ou destruction des services publics. L'effondrement des march&#233;s qui vient d'avoir lieu peut alors facilement &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un s&#233;v&#232;re coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs d&#233;lais &#224; l'ouvrage, de montrer qu'ils sont capables de s'attaquer &#224; la masse de la population pour sauver une infime minorit&#233;. Aux travailleurs d'organiser la r&#233;sistance, car cette crise est celle du capital, il n'est pas question d'en payer les pots cass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Crise syst&#233;mique </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Crise-systemique</link>
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		<dc:date>2009-11-27T05:57:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 17 octobre 2009, la Soci&#233;t&#233; Louise Michel a organis&#233; au CICP &#224; Paris un d&#233;bat sur l'&#233;tat des analyses de la crise. Contretemps vous propose de visionner les interventions introductives de St&#233;phanie Treillet, Philippe L&#233;g&#233;, Michel Husson, Isaac Joshua et C&#233;dric Durand. &lt;br class='autobr' /&gt; Soci&#233;t&#233; Louise Michel D&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009 par E_varlin &lt;br class='autobr' /&gt; Soci&#233;t&#233; Louise Michel d&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009 par E_varlin &lt;br class='autobr' /&gt; Soci&#233;t&#233; Louise Michel d&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009 par E_varlin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Histoire-et-theorie-" rel="directory"&gt;Histoire et th&#233;orie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH96/arton2658-58677.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 octobre 2009, la Soci&#233;t&#233; Louise Michel a organis&#233; au CICP &#224; Paris un d&#233;bat sur l'&#233;tat des analyses de la crise. Contretemps vous propose de visionner les interventions introductives de St&#233;phanie Treillet, Philippe L&#233;g&#233;, Michel Husson, Isaac Joshua et C&#233;dric Durand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6kxv&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6kxv&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6kxv&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; Louise Michel D&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/E_varlin&#034;&gt;E_varlin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6tc9&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6tc9&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6tc9&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; Louise Michel d&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/E_varlin&#034;&gt;E_varlin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6jsw&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6jsw&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6jsw&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; Louise Michel d&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/E_varlin&#034;&gt;E_varlin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb6loq&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; Louise Michel d&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/E_varlin&#034;&gt;E_varlin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb68os&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb68os&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/xb68os&#034;&gt;Soci&#233;t&#233; Louise Michel D&#233;bat-Crise syst&#233;mique 17/10/2009 &lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/E_varlin&#034;&gt;E_varlin&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise mondiale sous la loupe du marxisme. Notes sur un S&#233;minaire international </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-crise-mondiale-sous-la-loupe-du-marxisme-Notes-sur-un-Seminaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-crise-mondiale-sous-la-loupe-du-marxisme-Notes-sur-un-Seminaire</guid>
		<dc:date>2009-11-04T03:28:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par LCR-Web le samedi, 24 octobre 2009 _D'apr&#232;s un compte-rendu r&#233;alis&#233; par Nacho &#193;lvarez, Daniel Albarrac&#237;n et Esther Vivas, militant/es de la Gauche anticapitaliste dans l'Etat espagnol. ___________________________________ D&#233;but octobre s'est tenu &#224; l'IIRF (International Institute for Research and Education) d'Amsterdam un s&#233;minaire international sur la crise du capitalisme. Le but de ce s&#233;minaire &#233;tait d'analyser la nature, les contours et les cons&#233;quences de l'actuelle crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH40/arton2609-e31dd.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='40' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Par LCR-Web &lt;br class='autobr' /&gt;
le samedi, 24 octobre 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
_D'apr&#232;s un compte-rendu r&#233;alis&#233; par Nacho &#193;lvarez, Daniel Albarrac&#237;n et Esther Vivas, militant/es de la Gauche anticapitaliste dans l'Etat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre s'est tenu &#224; l'IIRF (International Institute for Research and Education) d'Amsterdam un s&#233;minaire international sur la crise du capitalisme. Le but de ce s&#233;minaire &#233;tait d'analyser la nature, les contours et les cons&#233;quences de l'actuelle crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interventions des orateurs/trices ont &#233;t&#233; film&#233;es et seront bient&#244;t disponibles sur la page web de l'Institut (&lt;a href=&#034;http://www.iire.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.iire.org&lt;/a&gt; ), en outre, les participant/es se sont accord&#233; &#224; constituer un r&#233;seau d'&#233;conomistes afin de poursuivre activement la discussions et les &#233;changes, et ce r&#233;seau se r&#233;unira &#224; nouveau dans deux ans pour un autre s&#233;minaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois questions fondamentales ont &#233;t&#233; abord&#233;es tout au long des diff&#233;rentes sessions du s&#233;minaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, quelle est la nature de cette crise ? S'agit-il d'une crise &#233;conomique classique de plus, ou devons-nous la souligner son caract&#232;re in&#233;dit du fait du r&#244;le particulier tenu aujourd'hui par la finance dans l'&#233;conomie mondiale ? S'agit-il de la crise du &#171; capitalisme financier &#187; ? Es-ce que la th&#233;orie des ondes longues reste utile pour comprendre le d&#233;veloppement du capitalisme aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, quelles sont les cons&#233;quences &#233;conomiques, sociales et politiques de cette crise ? Assistons-nous &#224; un retour du keyn&#233;sianisme ou, au contraire, l'agenda n&#233;olib&#233;ral continue &#224; guider les plans et sauvetage et de relance promeut par les principaux gouvernements de la plan&#232;te ? Pouvons-nous dire que la virulence de la crise va se traduire m&#233;caniquement par un accroissement des conflits sociaux, et dans le red&#233;ploiement des discours de la gauche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quel type de rapport existe-t-il actuellement entre la crise &#233;conomique, la crise &#233;cologique et la crise alimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aborder ces questions, et d'autres encore, nous avons pu compter sur d'excellentes contributions faites par des &#233;conomistes, des militantes marxistes et &#233;cologistes de talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Chesnais (France) a ouvert le s&#233;minaire en posant le d&#233;bat sur le r&#244;le jou&#233; par ladite &#171; fianciarisation &#187; de l'&#233;conomie dans la crise actuelle. Un accord g&#233;n&#233;ral s'est exprim&#233; quant &#224; son opinion : la crise actuelle ne peut pas &#234;tre simplement caract&#233;ris&#233;e comme une &#171; crise financi&#232;re &#187;, ni, non plus, comme le fruit de cette &#171; financiarisation &#187;. La crise actuelle tire ses racines des profondeurs du processus d'accumulation du Capital, r&#233;v&#233;lant toutes ses contradictions, de sorte que les causes ultimes de cette crise doivent &#234;tre recherch&#233;s dans la dynamique m&#234;me de l'activit&#233; productive, dans l'extorsion de la plus-value et dans la r&#233;partition des richesses entre le capital et le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de caract&#233;riser les causes de la crise et ses liens avec le processus d'accumulation du capital, un d&#233;bat int&#233;ressant a surgi entre les participant/es au s&#233;minaire. Certains ont d&#233;fendu l'explication du processus de sur-accumulation (autrement, l'insuffisance de la rentabilit&#233; des investissements capitalistes dans l'activit&#233; productive), tandis que d'autres ont soulign&#233; l'importance d'ajouter et de tenir en compte du ph&#233;nom&#232;ne de sous-consommation (cons&#233;quence d'un mod&#232;le de distribution des richesses tellement r&#233;gressif qu'il a fini par &#233;roder la demande effective, maintenue pendant des ann&#233;es &#224; coup d'endettement des m&#233;nages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ozlem Onaran (Turquie), Claudio Katz (Argentine) et Bruno Jetin (France) ont pr&#233;sent&#233; des rapports sur la situation des &#233;conomies europ&#233;ennes, latino-am&#233;ricaines et asiatiques. Ces expos&#233;s ont permis de mieux profiler la dimension de la crise, tout comme l'impact particulier qu'elle provoque dans les diff&#233;rentes r&#233;gions du monde. Au-del&#224; des diff&#233;rences, ces rapports ont mis en lumi&#232;re l'absence de toute forme de cloisonnement entre les diverses r&#233;gions et le caract&#232;re plan&#233;taire de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant Michel Husson (France) que Klaus Engert (Allemagne) ont analys&#233; quant &#224; eux la crise actuelle &#224; la lumi&#232;re de la th&#233;orie des ondes longues. Selon cette th&#233;orie, il est possible de saisir toute l'importance de l'existence des facteurs endog&#232;nes (c'est &#224; dire inh&#233;rents &#224; la logique du capital et &#224; ses contradictions internes) qui permettent de comprendre que la phase descendante de l'accumulation capitaliste qui a commenc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es '70 ne s'est pas encore termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, la discussion sur l'&#233;volution du taux de profit au cours de ces derni&#232;res d&#233;cennies a &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ressante. De plus, la th&#233;orie des ondes longues permet d'&#233;valuer comment la possibilit&#233; d'un r&#233;tablissement de haut taux de profits et d'une nouvelle onde longue ascendante du capitalisme exige non seulement une combinaison de facteur endog&#232;nes, mais aussi exog&#232;nes (autrement dit, li&#233;s &#224; des &#233;v&#233;nements socio-politiques, &#224; la lutte des classes), ce qui se traduire &#224; coup s&#251;r par de nouvelles attaques contre les droits syndicaux, les droits des travailleurs et les droits d&#233;mocratiques historiquement conquis par le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes intervenants &#233;taient d'accord quant au fait qu'il &#233;tait impossible de caract&#233;riser les mesures &#233;conomiques (fiscales, mon&#233;taires, etc.) men&#233;es par les gouvernements face &#224; la crise comme &#233;tant des politiques de type keyn&#233;siennes, mais bien comme les recettes habituelles de la collectivisation des pertes et de la privatisation des profits. De plus, ces interventions massives des gouvernements ne peuvent &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; l'infini ; &#224; court terme, ils seront incapable de continuer &#224; sauver le processus d'accumulation de ses propres contradictions (fondamentalement : son incapacit&#233; &#224; rentabiliser les investissements dans la sph&#232;re productive), ce qui am&#232;nera &#224; une situation de &#171; sortie de crise &#187; caract&#233;ris&#233;e par une longue p&#233;riode de stagnation, de ch&#244;mage et de luttes pour la r&#233;partition des richesses. Nous ne pouvons donc pas dire qu'il existe un changement significatif dans l'agenda politique qui guide l'action des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, l'expos&#233; r&#233;alis&#233;e par Eric Toussaint (Belgique) est venu rappeler l'absence de tout m&#233;canisme d&#233;terministe entre le fait que la crise est fondamentalement pay&#233;e par les classes ouvri&#232;res et populaires, et la traduction de ce ph&#233;nom&#232;ne dans une augmentation des luttes sociales. D'autres facteurs, de type politique, id&#233;ologique et organisationnel doivent &#234;tres tenus en compte pour fortifier et impulser ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esther Vivas (Etat Espagnol) et Daniel Tanuro (Belgique) ont introduits dans le s&#233;minaire une dimension analytique fondamentale : la constatation que la crise &#233;conomique n'est pas isol&#233;e, qu'elle s'accompagne au contraire par l'&#233;clatement d'autres crises &#8211; tout aussi durables et structurelles &#8211; telles que la crise alimentaire et la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esther Vivas a analys&#233; les causes conjoncturelles et structurelles de la crise alimentaire et a soulign&#233; le r&#244;le jou&#233; par le mod&#232;le industriel actuel de la production agricole et du b&#233;tail comme l'un des principaux responsables des gaz &#224; effet de serre et du changement climatique. Vivas a explor&#233; les liens entre la crise alimentaire et financi&#232;re et pr&#233;sent&#233; les deux comme &#233;tant le r&#233;sultat de l'expansion globale du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Tanuro a quant &#224; lui soulign&#233; comment les mesures officielles prises pour faire face au changement climatique sont &#171; insuffisantes, irr&#233;elles, dangereuses et irrationnelles &#187; et ne font que r&#233;pondre aux int&#233;r&#234;ts d'un &#171; capitalisme vert &#187; pour faire du profit avec la crise &#233;cologique actuelle. Pour Tanuro, l'&#233;cosocialisme doit mettre en avant la suppression de la production non-n&#233;cessaire, la reconversion des travailleurs des secteurs polluants dans d'autres secteurs, un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement agricole relocalis&#233; et des mesures anticapitalistes radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les analyses expos&#233;es tout au long du s&#233;minaires ont permis de constater - avec force conviction et rigueur &#8211; que l'humanit&#233; s'affronte aujourd'hui &#224; une crise de caract&#232;re syst&#233;mique (financi&#232;re, &#233;conomique, alimentaire, &#233;cologique...). La virulence et la profondeur de la crise, unies au fait que ce sont les plus fragiles qui sont en train de la payer (les travailleurs et les classes populaires de toute la plan&#232;te), ont permis de conclure le s&#233;minaire en rappelant la n&#233;cessaire actualit&#233; d'un projet &#233;mancipateur, anticapitaliste, &#233;cologiste et socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s un compte-rendu r&#233;alis&#233; par Nacho &#193;lvarez, Daniel Albarrac&#237;n et Esther Vivas, militant/es de la Gauche anticapitaliste dans l'Etat espagnol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prendre la mesure de la crise 2</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Prendre-la-mesure-de-la-crise-2</link>
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		<dc:date>2009-10-09T23:07:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette contribution s'inscrit dans le cadre et la continuit&#233; d'une pr&#233;c&#233;dente contribution publi&#233;e en novembre 2008 sur ce site (prendre la mesure de la crise). &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;uni &#224; Amsterdam (Pays-Bas) du 21 au 24 f&#233;vrier 2009, le Comit&#233; international (CI, instance de direction de la IVe Internationale) a ouvert le d&#233;bat en vue du 16e Congr&#232;s mondial qui se tiendra au d&#233;but 2010. Cinquante-cinq membres, observateurs et invit&#233;s provenant de vingt-sept pays ont pris part &#224; cette session pl&#233;ni&#232;re. Treize (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Quatrieme-Internationale-44-" rel="directory"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L114xH150/arton2225-83dd4.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette contribution s'inscrit dans le cadre et la continuit&#233; d'une pr&#233;c&#233;dente contribution publi&#233;e en novembre 2008 sur ce site (prendre la mesure de la crise).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;uni &#224; Amsterdam (Pays-Bas) du 21 au 24 f&#233;vrier 2009, le Comit&#233; international (CI, instance de direction de la IVe Internationale) a ouvert le d&#233;bat en vue du 16e Congr&#232;s mondial qui se tiendra au d&#233;but 2010. Cinquante-cinq membres, observateurs et invit&#233;s provenant de vingt-sept pays ont pris part &#224; cette session pl&#233;ni&#232;re. Treize membres et observateurs de huit pays n'ont pu se d&#233;placer pour cette r&#233;union. Le CI a d&#233;battu et adopt&#233; des projets de r&#233;solution qu'il soumet au d&#233;bat dans l'Internationale (une r&#233;solution sur le r&#244;le et les t&#226;ches de la IVe Internationale et une sur le changement climatique). Il a discut&#233; les rapports pr&#233;sent&#233;s sur l'&#233;volution de la de la situation internationale, sur le bilan du Forum social mondial de Bel&#233;m, sur celui du s&#233;minaire international consacr&#233; &#224; la situation en Palestine et la guerre &#224; Gaza, ainsi que sur la situation politique et la construction des partis au Sri Lanka, en France, en Italie, dans l'&#201;tat espagnol, au Danemark, en Grande-Bretagne, au Portugal, en Chine, en Afrique du Sud, au Br&#233;sil et aux Philippines. Il a adopt&#233; des motions sur la Palestine, la r&#233;pression au Maroc, la guerre au Sri Lanka et l'organisation du prochain Congr&#232;s mondial. Fran&#231;ois Sabado, membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale, a &#233;t&#233; &#233;lu au Conseil politique national du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) lors de son premier congr&#232;s en f&#233;vrier 2009. Ce rapport est paru dans Inprecor n&#176; 547/548 de mars-avril 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne reprendrons pas ici toute une s&#233;rie d'explications de ses m&#233;canismes, mais nous insisterons plut&#244;t sur une s&#233;rie de questions qu'elle pose.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contribution s'inscrit dans le cadre et la continuit&#233; d'une pr&#233;c&#233;dente contribution publi&#233;e en novembre 2008 sur ce site (prendre la mesure de la crise).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;1. Les derniers d&#233;veloppements confirment la profondeur et la dur&#233;e de la crise et surtout son caract&#232;re syst&#233;mique.&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Elle n'est pas de cycle court. La crise financi&#232;re co&#239;ncide et aggrave une crise g&#233;n&#233;rale de surproduction. La paralysie du cr&#233;dit r&#233;duit progressivement l'activit&#233; &#233;conomique. La crise s'est propag&#233;e dans le monde entier. Son ampleur est comparable &#224; celle de 1929, mais &#224; la diff&#233;rence de 1929, la crise est globale. Le mode de production capitaliste est &#233;tendu &#224; l'int&#233;gralit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. La globalisation capitaliste a constitu&#233; un march&#233; mondial de marchandises, impos&#233; un mouvement de &#171; remarchandisation &#187; g&#233;n&#233;ralis&#233;e et a cr&#233;&#233; les conditions d'un march&#233; mondial de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a donc un caract&#232;re global. Elle a plusieurs composantes : crise &#233;conomique, crise financi&#232;re et bancaire, crise alimentaire, crise &#233;nerg&#233;tique, crise climatique. Le Forum social mondial (FSM) de Bel&#233;m, en janvier 2009, a d'ailleurs &#233;t&#233; l'expression la plus &#233;clatante de cette combinaison entre crise &#233;conomique et crise &#233;cologique. On voulait cantonner Bel&#233;m &#224; un recentrage &#233;cologique, en fait, c'est la crise &#233;conomique dans toutes ses dimensions qui aura marqu&#233; ce Forum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes capitalistes et tous les &#171; experts &#187; sont inquiets. Ils n'ont pas de mod&#232;le alternatif. Ils discutent des divers sc&#233;narios mais aucun des experts n'envisage de sortie de crise. Ils envisagent des reprises &#171; molles &#187; fin 2010 ou bien on retient le sc&#233;nario d'une crise &#224; la japonaise : une d&#233;flation de presque 10 ans, mais personne n'ose pr&#233;voir une issue &#224; la crise actuelle. A la diff&#233;rence de 1929, les gouvernements et les pouvoirs publics sont intervenus pour la contenir. Dans une s&#233;rie de pays les syst&#232;mes de protection sociale jouent un r&#244;le d'amortisseur &#8230; mais jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, ce n'est pas la fin du capitalisme car, tant qu'il n'y a pas d'alternatives, c'est-&#224;-dire de solutions anticapitalistes en mesure de s'imposer, il n'y a pas de &#171; situation sans issue &#187; pour le syst&#232;me. Il peut toujours se cr&#233;er de nouvelles marges. Le capitalisme peut vivre et survivre avec ses crises, ses convulsions, ses r&#233;gressions. Donc pas de catastrophisme, mais actuellement on voit clairement que le syst&#232;me a atteint ses limites, que le co&#251;t social, &#233;conomique et &#233;cologique de la crise du capitalisme met &#224; l'ordre du jour la sortie de ce syst&#232;me, la r&#233;forme, le d&#233;passement pour certains, la rupture, le renversement, pour les anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un tournant historique : il y aura un avant et un apr&#232;s cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;2. Nous sommes donc dans une crise profonde et longue.&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;* La crise bancaire et financi&#232;re continue : les produits &#171; toxiques &#187; ont gangren&#233; le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle de &#171; banques poubelles &#171; ou de &#171; bad bank &#187; pour &#233;liminer tous les produits financiers &#171; toxiques &#187; mais comme on conna&#238;t mal jusqu'o&#249; a &#233;t&#233; leur diffusion, on ne peut d&#233;cider &#224; quel prix racheter tel ou tel produit, du coup, les gouvernements font soit machine arri&#232;re, comme aux &#201;tats-Unis, soit craignent de mettre sur orbite des m&#233;canos qui feront appara&#238;tre encore plus l'immensit&#233; des cr&#233;ances non solvables. Les paradis fiscaux continuent de fonctionner. L'opacit&#233; des march&#233;s financiers emp&#234;che de mettre au point de nouveaux m&#233;canismes de contr&#244;le. Les banques se pr&#234;tent de moins en moins. Les pr&#234;ts, aides et financements des &#201;tats ne peuvent &#234;tre garantis, car la situation des banques reste incertaine. M&#234;me les emprunts d'&#201;tats ont des difficult&#233;s pour &#234;tre boucl&#233;s. Il y a eu une alerte en Allemagne, d&#233;cembre dernier.. Des &#201;tats sont en banqueroute, comme l'Islande. La situation est critique en Gr&#232;ce, Hongrie, Pakistan, Espagne, Lituanie. De nouvelles faillites bancaires peuvent enfoncer encore plus le syst&#232;me Les finances publiques ne sont pas ind&#233;finiment extensibles, sauf &#224; faire fonctionner la planche &#224; billets. Nous entrerions alors dans une nouvelle phase de la crise&#8230;. Strauss Kahn pour le FMI est intervenu pour demander une aide encore plus massive des &#201;tats aux banques pour relancer le cr&#233;dit, en regrettant que les financements des &#201;tats ne soient pas &#224; la hauteur de la crise. Il y a donc des limites dans la solvabilit&#233; des &#201;tats et dans l'explosion de la dette. A cette &#233;tape seulement les &#201;tats-Unis, gr&#226;ce au r&#244;le du dollar comme monnaie mondiale, ont les moyens de continuer leur politique d'endettement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La crise de surproduction &#8212; qui pr&#233;existait dans certains secteurs &#224; la crise bancaire et financi&#232;re &#8212; s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e. L'&#233;conomie mondiale est en r&#233;cession. Les pr&#233;visions de croissance mondiale tournent autour de 0,5 %. Elles sont n&#233;gatives pour les &#201;tats-Unis et les pays de l'Union Europ&#233;enne. On assiste &#224; la chute de la production industrielle : -9 % aux &#201;tats-Unis, -9,8 % au Japon. Des milliers d'entreprises ferment ou licencient. Tous les secteurs sont progressivement touch&#233;s. Il y a 7,2 % de ch&#244;meurs aux &#201;tats-Unis, c'est-&#224;-dire 11 millions de ch&#244;meurs. Selon un rapport de Christina Romer et de Jared Bernstein (responsables &#233;conomiques d'Obama), 3 &#224; 4 millions d'emplois suppl&#233;mentaires pourraient &#234;tre d&#233;truits dans les prochains mois. General Motors et Chrysler exigent encore des dizaines de milliards de dollars pour ne pas &#171; plonger &#187;. Les pr&#233;visions en mati&#232;re de ch&#244;mage sont impressionnantes : plus de 30 &#224; 50 millions de ch&#244;meurs pour les pays de l'OCDE. C'est une v&#233;ritable d&#233;ferlante. Les suppressions d'emplois et les hausses du ch&#244;mage vont continuer et augmenter, au moins durant les ann&#233;es 2009 et 2010. Nous pouvons avoir des taux de ch&#244;mage les plus forts de puis les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La crise est mondiale. L'hypoth&#232;se d'un d&#233;couplage ente la crise des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s et la situation des pays &#233;mergents, en particulier la Chine, n'a pas &#233;t&#233; confirm&#233;e. La croissance chinoise a baiss&#233; de 11 % &#224; 7 %. Les exportations ont baiss&#233; de 2,2 % en novembre et de 2,8 % en d&#233;cembre selon les chiffres des douanes chinoises. Les importations se sont contract&#233;es de 21,3 %. Des milliers d'entreprises ont ferm&#233; dans la province de Shanghai et des centaines de milliers de Chinois, en premier lieu les millions de travailleurs migrants, se retrouvent au ch&#244;mage. Certes les 7 % de croissance prouvent la force de l'&#233;conomie chinoise. La crise va m&#234;me confirmer les tendances &#224; un changement de centre de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale vers les pays dits &#233;mergents, mais cette &#233;conomie est encore domin&#233;e par les &#201;tats-Unis et l'Europe. Plus, cette crise va conduire le r&#233;gime chinois &#224; donner la priorit&#233; au d&#233;veloppement d'un march&#233; interne qui d&#233;pendra beaucoup aussi de luttes politiques et sociales, y compris au sein du PCC&#8230; Mais l'&#233;conomie chinoise pourra-t-elle repr&#233;senter une locomotive pour relancer l'&#233;conomie mondiale, un moteur alternatif, dans cette crise, aux pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s pour la croissance mondiale ? Rien ne l'indique pour le moment. D'autant que des pays comme la Russie ou l'Inde commencent &#224; s'enfoncer dans la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;3. Le &#171; mod&#232;le &#187; n&#233;olib&#233;ral a connu une d&#233;faite historique.&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le consensus de Washington a explos&#233;. Les classes dominantes et les gouvernements n&#233;olib&#233;raux ou sociaux-lib&#233;raux ont connu une d&#233;faite politique et id&#233;ologique. Il y avait une coh&#233;rence n&#233;olib&#233;rale : privatisation, flexibilit&#233;, d&#233;r&#233;glementation. Aujourd'hui cette coh&#233;rence a &#233;t&#233; disloqu&#233;e. Mais ils n'ont pas encore connu de d&#233;faite sociale. Loin de s'engager dans un changement de politique ou de cap, leur politique consiste &#224; &#171; tenir bon &#187;, faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples, et combiner le cadre n&#233;olib&#233;ral et une s&#233;rie de dispositifs ou mesures pour &#171; tenir bon &#187; en esp&#233;rant&#8230; que la crise s'arr&#234;tera et que les affaires reprendront ! De plus, les capitalistes utilisent la crise pour restructurer les entreprises, pour avancer dans des processus de concentration-fusion des entreprises, pour continuer &#224; comprimer les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc des changements, de nouveaux discours, des mesures de sauvegarde ou de relance partielles mais elles ne remettent pas en cause la ligne g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais aborder, de ce point de vue, trois questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1. Y a-t-il un tournant keyn&#233;sien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut y avoir des injections de doses de keyn&#233;sianisme, un ersatz de keyn&#233;sianisme, dans les politiques n&#233;olib&#233;rales, mais il n'y a pas de tournant n&#233;okeyn&#233;sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, incontestablement, un nouvel interventionnisme de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie, dans le sauvetage des banques, dans des politiques de concentrations et de restructurations industrielles et financi&#232;res. C'est un changement par rapport &#224; tout le discours ultra- lib&#233;ral &#8212; de moins en moins d'&#201;tat &#8212; de Reagan et Thatcher. Mais, il ne faut pas oublier, que c'est l'&#201;tat qui avait d&#233;r&#233;glement&#233;, c'est l'&#201;tat qui avait privatis&#233;, c'est l'&#201;tat qui avait d&#233;truit les acquis sociaux. Il ne faut pas confondre les discours et la r&#233;alit&#233; : l'&#201;tat n'a jamais disparu. Et aujourd'hui l'intervention de l'&#201;tat c'est pour sauver le syst&#232;me, et en aucun cas pour reconstruire &#171; l'&#201;tat social &#187;. L'&#201;tat n'intervient pas pour la d&#233;fense des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit d'ailleurs, dans son blog, Paul Krugman, prix Nobel de l'&#233;conomie et inspirateur de la gauche du Parti d&#233;mocrate : &#171; Soyons clairs, c'est tout simplement le socialisme citron : socialiser les pertes et privatiser les profits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion sur le keyn&#233;sianisme n'a de sens que si elle prend en compte l'ensemble des coordonn&#233;es socio-&#233;conomiques et politiques. Ce n'est pas une discussion sur telle ou telle mesure &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il ne s'agit pas ici d'avoir une vision &#171; romantique &#187; du keyn&#233;sianisme, mais si on prend comme r&#233;f&#233;rence les politiques du milieu et de la fin des ann&#233;es 1930 aux &#201;tats-Unis et en Europe d'apr&#232;s-guerre, on est loin du compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des politiques keyn&#233;siennes n'a pas &#233;t&#233; un choix de construction socio-&#233;conomique apr&#232;s un d&#233;bat id&#233;ologique au sein des classes dominantes. Il a &#233;t&#233; impos&#233; par des rapports de forces, une mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res aux &#201;tats-Unis qui a exig&#233; un tournant des politiques publiques et salariales. Mais le d&#233;ploiement de politiques keyn&#233;siennes s'est fait, surtout, sur la base de l'&#233;conomie d'armement, de la guerre et d'un rapport de forces li&#233;s &#224; des mouvements sociaux et politiques exceptionnels qui ont impos&#233; les &#171; compromis sociaux &#187; de l'apr&#232;s-guerre. Ce sont les destructions de la guerre qui ont exig&#233; les reconstructions de l'apr&#232;s-guerre et cr&#233;&#233;e les conditions de relance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc des &#233;v&#233;nements d'une ampleur exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce qui est frappant, c'est le d&#233;calage entre la profondeur de la crise, les discours des uns et des autres sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; refonder le capitalisme &#187; et les actes. Il peut y avoir des d&#233;cisions symboliques &#8212; les revenus de certains grands dirigeants plafonn&#233;s aux &#201;tats-Unis ou la pr&#233;sence de repr&#233;sentants du gouvernement britannique dans les conseils de direction des banques anglaises &#8212;, mais pas de fermeture des paradis fiscaux, pas de nouvelles normes financi&#232;res ou de contr&#244;le effectif du cr&#233;dit pour relancer l'activit&#233;. Des mesures qui &#233;taient techniquement et financi&#232;rement possibles ne sont pas prises. En t&#233;moignent, par exemple, les d&#233;clarations de V. Giscard d'Estaing (dans Le Monde du 12 janvier 2009) sur le fait que les gouvernements et les institutions internationales n'ont pas encore mis en &#339;uvre de nouvelles normes financi&#232;res, de nouvelles proc&#233;dures de contr&#244;le, de nouvelles r&#233;glementations (les &#171; short sellings &#187; par exemple, ces produits financiers qu'on vend alors que ne les d&#233;tient pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus substantiellement, ce qui doit &#234;tre soulign&#233;, c'est que tous les plans de relance sont consid&#233;r&#233;s comme sous-dimensionn&#233;s. Il y a des diff&#233;rences : le plan fran&#231;ais ne d&#233;passe pas les 1,5 % &#224; 2% du PIB. Le plan Obama de 787 milliards repr&#233;sente, lui, plus de 5 % du PIB, ce qui est plus significatif. Mais il faut mettre en rapport ce plan avec la profondeur de la crise am&#233;ricaine. Selon les conseillers &#233;conomiques d'Obama, Christina Romer et Jared Bernstein, ce plan ne contiendrait le ch&#244;mage qu'&#224; 7 % - 7,5 % &#224; la fin 2010 &#8212; un peu plus que le taux de ch&#244;mage actuel &#8212; au lieu des 8,8 % pr&#233;vus s'il n'y avait pas le plan. Plus, sous la pression des R&#233;publicains, la part des d&#233;penses publiques a &#233;t&#233; r&#233;duite de 91 milliards de dollars et celle des baisses d'imp&#244;ts, augment&#233;e de 64 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans et d&#233;cisions gouvernementales &#233;tats-uniens int&#232;grent de nouvelles d&#233;penses publiques pour l'&#233;cole, l'aide sociale, certains grands travaux publics, mais si on ajoute les 2 000 milliards pour les banques, la baisse d'imp&#244;ts pour les plus riches, l'aide &#224; l'investissement dans les entreprises &#8212; mais sous quel contr&#244;le ? &#8212; et les limites des mesures de relance par le demande, il y a de la marge avant la sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Paul Krugman, le plan de relance ne peut, alors, combler que la moiti&#233; du potentiel de croissance perdu. Par rapport &#224; la croissance attendue en fonction de la force de travail et des capacit&#233;s de production disponible, il n'y aura que la moiti&#233; de la croissance possible, ce qui vaut d&#233;j&#224; &#224; Obama, une vive critique de la gauche du parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Thadeus Pato sur les rapports entre les politiques actuelles et celles de Keynes. explique qu'&#224; la fin des ann&#233;es 1960, un ministre social-d&#233;mocrate avait mis au point un plan de relance keyn&#233;sien. Ce plan s'&#233;levait &#224; 40 milliards de Deutsche Marks pour l'investissement public. Aujourd'hui cela &#233;quivaudrait &#224; 400 milliards d'euros. Or le gouvernement allemand n'y a investi que 50 &#224; 80 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis et en Europe on a reparl&#233; de &#171; nationalisation &#187; des banques. On ne peut th&#233;oriquement &#233;carter des &#171; nationalisations bourgeoises &#187; des banques. C'est-&#224;-dire des nationalisations &#171; temporaires et partielles &#187; pour sauver le syst&#232;me bancaire capitaliste, mais il ne faut pas se m&#233;prendre sur le sens des interventions &#233;tatiques. En fait, il n'y a eu que des interventions de l'&#201;tat et des aides massives pour sauver le syst&#232;me bancaire avec plus ou moins de contr&#244;le. En Grande-Bretagne, des repr&#233;sentants du gouvernement si&#232;gent &#224; la direction de banques. Lorsque les gouvernements ou experts ont envisag&#233; la &#171; nationalisation &#187; elle n'a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e que comme temporaire et partielle. Bref il s'agit une nouvelle fois de socialiser les pertes pour sauver le syst&#232;me et cr&#233;er les conditions pour reprivatiser, &#224; terme, et relancer la course aux profits. D'ailleurs, aucun des gouvernements n'a remis en cause les privatisations effectu&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es. Les attaques contre les services publics, les suppressions de postes de fonctionnaires sont confirm&#233;es. L&#224; encore, nous sommes loin des rapports &#233;conomiques et politiques qui ont pr&#233;valu pour les nationalisations ou les services publics dans l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans les premi&#232;res phases de la crise. Son approfondissement peut bouleverser toutes les politiques bourgeoises. La rationalit&#233; &#233;conomique et politique &#171; peut pousser &#224; plus de relance, de concessions salariales et sociales, &#224; plus de croissance verte &#187;. Il peut y avoir des changements substantiels des politiques des classes dominantes, en fonction des rapports de forces sociaux et politiques mais le capitalisme ce n'est pas un syst&#232;me rationnel, c'est la concurrence de capitaux individuels qui ont leurs propres int&#233;r&#234;ts, de multinationales qui ont aussi leurs propres int&#233;r&#234;ts, des &#201;tats qui ont aussi leurs int&#233;r&#234;ts&#8230; et tout cela peut d&#233;boucher sur de nouvelles tensions et de nouveaux affrontements. En tout cas, ce qui pr&#233;vaut aujourd'hui, ce sont les int&#233;r&#234;ts sociaux et politiques des classes dominantes qui cherchent par tous les moyens &#224; pr&#233;server leurs profits.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
3.2. Autre question : le &#171; capitalisme vert &#187; peut-il relancer la machine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on avoir un capitalisme qui prenne en charge les probl&#232;mes environnementaux et s'ouvre en m&#234;me temps de nouveaux champs d'accumulation et de nouveaux d&#233;bouch&#233;s. Il y a &#224; ce sujet tout un discours autour de certaines propositions d'Obama (cf. l'article de Michel Husson &#171; Le capitalisme vert est-il possible ? &#187; dans ContreTemps de janvier 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un capitalisme vert est th&#233;oriquement possible. Comme l'indique la r&#233;solution sur le changement climatique, soumis &#224; la discussion pour le prochain congr&#232;s de l'internationale : &#171; Dans l'abstrait un capitalisme bas&#233; sur les sources &#233;nerg&#233;tiques renouvelables semble imaginable, puisque le potentiel technique des renouvelables &#233;quivaut huit &#224; dix fois la consommation mondiale d'&#233;nergie. En pratique, la transition vers ce capitalisme vert &#224; partir du capitalisme r&#233;ellement existant bas&#233; &#224; 80 % sur les sources fossiles est totalement incompatible avec les exigences de sauvetage du climat. Il est impossible de relancer le capitalisme actuel sans relancer les &#233;missions de gaz &#224; effets de serres. Le capitalisme ne prend en compte que l'indicateur quantitatif de r&#233;duction des &#233;missions alors que le pilotage d'une transition requiert de nombreux indicateurs qualitatifs. &#187; Et l&#224; il y a un probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va y avoir introduction de nouvelles technologies, d'&#233;co-taxes, de changements dans le domaine des transports ou du logement. Mais, parler de &#171; fordisme vert &#187; ou de &#171; sortie verte de la crise &#187;, c'est ne pas comprendre les limites du capitalisme pour r&#233;gler les probl&#232;mes &#233;cologiques et environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Il y a d'abord un probl&#232;me de &#171; timing &#187;. La crise est l&#224;, imm&#233;diate. La chute de la demande, la contraction du cr&#233;dit, les probl&#232;mes budg&#233;taires limitent les d&#233;penses &#233;nerg&#233;tiques nouvelles. Les r&#233;ponses, m&#234;me en termes de &#171; capitalisme vert &#187; sont de moyen et long terme. La crise, elle, exige des r&#233;ponses imm&#233;diates, voire urgentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Il faut une profitabilit&#233; suffisante. Le co&#251;t des nouvelles technologies ou d'&#233;co-taxes pose des probl&#232;mes de rentabilit&#233;. Cela co&#251;te trop cher pour une s&#233;rie de secteurs. Et il n'est pas s&#251;r que dans les secteurs &#224; fort investissement vert, les gains de productivit&#233; soient suffisamment &#233;lev&#233;s et durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Il faut non seulement beaucoup de croissance mais des d&#233;bouch&#233;s. Or, les compressions salariales limitent les d&#233;bouch&#233;s pour cette croissance verte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) Une r&#233;organisation &#171; &#233;cologique &#187; de l'&#233;conomie mondiale exige de la coordination, des normes internationales, des choix et orientations &#224; moyen et long terme. Ces choix sont contradictoires avec les lois de la concurrence et du march&#233;, qui favorisent le tout profit et le tout profit &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) Enfin de tels choix combinant tournant keyn&#233;sien durable et croissance &#233;cologique massive ne peuvent r&#233;sulter que de choix exog&#232;nes &#224; la dynamique propre de la situation &#233;conomique, des choix socio-politiques li&#233;s &#224; des grands bouleversements&#8230; Sans ces choix, nous aurons une situation alternant l'enfoncement dans la crise et des reprises partielles, limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f) Plus substantiellement une logique satisfaisant les besoins sociaux, r&#233;pondant &#224; de nouveaux modes de production et de consommation ne peut s'accompagner d'une logique de profitabilit&#233; capitaliste domin&#233;e par la concurrence de capitaux individuels. Il faut une coordination et une planification internationale pour une r&#233;organisation de l'&#233;conomie mondiale. C'est le fondement d'une alternative &#233;co-socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.3. Un tournant protectionniste est-il &#224; l'ordre du jour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise aiguise automatiquement la concurrence, pouvant la transformer m&#234;me en guerre &#233;conomique. Le commerce et les &#233;changes mondiaux tendent &#224; se contracter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;clarations de l'administration nord-am&#233;ricaine sur la n&#233;cessit&#233; &#171; d'acheter am&#233;ricain &#187;, du gouvernement espagnol sur le &#171; achetez espagnol &#187; sont une indication. Les critiques de l'Union Europ&#233;enne et de la pr&#233;sidence tch&#232;que contre les aides de 6,7 milliards du gouvernement fran&#231;ais &#224; son industrie automobile traduisent aussi cette tentation. Les contradictions internes &#224; l'Union europ&#233;enne ont emp&#234;ch&#233; la mise sur pied d'un plan europ&#233;en coordonn&#233;. La gestion &#233;conomique en Europe est devenue avec la crise, plus nationale qu'elle ne l'&#233;tait avant ; le pacte de stabilit&#233; a &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233;. Les oppositions Allemagne, Grande-Bretagne, France, li&#233;es aux positions sp&#233;cifiques des &#233;conomies de ces pays dans la division internationale du travail et sur le march&#233; mondial, expliquent ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc avoir des pressions, des pulsions, des tentations &#171; protectionnistes &#187; qui, dans des situations d'urgence, vont pousser les dirigeants de chacun des pays &#224; pr&#233;server leurs positions, notamment au travers des initiatives politiques nationalistes, r&#233;actionnaires, voire x&#233;nophobes mais le choix des dirigeants de ce monde de poursuivre une orientation qui d&#233;fende leurs int&#233;r&#234;ts de classe, implique, justement pour pr&#233;server leurs positions dans un monde globalis&#233;, de poursuivre leur int&#233;gration dans l'&#233;conomie mondiale et les institutions internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences historiques poussent d'ailleurs les classes dominantes &#224; r&#233;fr&#233;ner leurs pulsions protectionnistes. Mais l'approfondissement de la crise peut entra&#238;ner, sur ce plan, des modifications. Et cela peut provoquer des basculements dans les classes populaires o&#249; les id&#233;es nationalistes, r&#233;actionnaires, d'extr&#234;me droite peuvent resurgir. Les r&#233;actions de certains secteurs, heureusement minoritaires, du mouvement ouvrier anglais reprenant les slogans r&#233;actionnaires de &#171; british jobs for british workers &#187; l'indiquent.. Les &#171; rondes &#187; de nuits autoris&#233;es par le gouvernement Berlusconi et organis&#233;es par la droite italienne contre les immigr&#233;s, en particulier les Roumains, t&#233;moignent aussi de la pouss&#233;e des id&#233;es racistes et x&#233;nophobes de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier doit en tout cas se garder de toutes ces politiques &#171; protectionnistes &#187; ou nationalistes. Toute politique de p&#233;nalisation des peuples du sud, en particulier au travers des politiques douani&#232;res ou de taxes diverses, doit &#234;tre &#233;cart&#233;e. Il faut aussi rejeter toute concurrence entre travailleurs de tel ou tel pays. La solidarit&#233; autour de revendications communes sur le plan international est une des questions d&#233;cisives face &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. La victoire d'Obama constitue une des manifestations de ce tournant mondial.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons d&#233;j&#224; dit, c'est la conjonction du choix des classes dominantes &#233;tats-uniennes de &#171; changer de visage &#187; pour reprendre la main, dans une conjoncture o&#249; la position des &#201;tats-Unis s'est consid&#233;rablement d&#233;grad&#233;e, et du rejet massif de huit ann&#233;es de pouvoir de Bush par le peuple am&#233;ricain. Il est effectivement important d'enregistrer l'affaiblissement de la position nord-am&#233;ricaine dans le monde pour comprendre l'arriv&#233;e au pouvoir d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Obama sera l'homme de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts dans une nouvelle configuration mondiale, d'autant que l'immensit&#233; du march&#233; am&#233;ricain et de sa force militaire lui donne encore de s&#233;rieux atouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, les &#201;tats-Unis d&#233;pendent de leurs cr&#233;diteurs &#8212; japonais, chinois, fonds souverains divers &#8212; qui financent leur endettement. Mais ces cr&#233;diteurs d&#233;pendent &#224; leur tour des &#201;tats-Unis et de la valeur du dollar. En effet, on aurait pu s'attendre &#224; la baisse du dollar apr&#232;s l'enfoncement des &#201;tats-Unis dans la crise. Or le dollar tient ! D'abord parce qu'il est adoss&#233; &#224; un &#201;tat , &#224; la diff&#233;rence de l'euro, ensuite par l'effet masse &#8212; l'&#233;normit&#233; et la puissance maintenue des &#201;tats-Unis. Ensuite parce que ce dollar tient car s'il s'effondrait, ce sont les fonds chinois, japonais et autres qui seraient p&#233;nalis&#233;s. Sur les 2300 milliards de dollars qui constituent les r&#233;serves chinoises 1700 sont investies aux USA ! Tout le monde se tient&#8230; et c'est donc, le dollar (et avec lui le capitalisme &#233;tats-unien), malgr&#233; des tensions avec le yuan chinois et l'euro, qui reste la monnaie de r&#233;f&#233;rence mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan militaire, Obama a des marges de man&#339;uvres limit&#233;es, mais que l'on ne se m&#233;prenne pas, il reste l'homme de l'appareil politico-militaire nord-am&#233;ricain : sur le conflit Isra&#235;l-Palestine, il continue &#224; soutenir tous les gouvernements isra&#233;liens ; Il red&#233;finit les priorit&#233;s strat&#233;giques de l'imp&#233;rialisme US en donnant la priorit&#233; &#224; l'Afghanistan o&#249; le commandement am&#233;ricain va envoyer de nouvelles troupes (plus de 17 000 soldats) et exhorte ses alli&#233;s &#224; en envoyer ! En Irak, il a d&#233;cid&#233; un calendrier de retrait des troupes sous r&#233;serve que la situation le permette. Sur un plan plus g&#233;n&#233;ral, les &#201;tats-Unis gardent l'h&#233;g&#233;monie politico-militaire, mais doivent la ren&#233;gocier, la rediscuter avec leurs alli&#233;s. Nous ne sommes plus en 1990-92, ni m&#234;me en 2001-2004, apr&#232;s le 11 septembre 2001. L'administration Obama aura une politique plus coop&#233;rative avec l'Union europ&#233;enne ou des pays comme le Br&#233;sil en Am&#233;rique latine. Mais avec une contrepartie exig&#233;e aux Latino-am&#233;ricains : prendre des distances ou rompre avec les r&#233;gimes progressistes. Ch&#225;vez a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233; comme un &#171; obstacle &#187; dans l'&#233;tablissement de bonnes relations entre les &#201;tats-Unis et les autres pays d'Am&#233;rique du Sud. Obama a confirm&#233; la politique nord am&#233;ricaine vis-&#224;-vis de Cuba. Les d&#233;clarations de Castro d&#233;noncent d'ailleurs les illusions sur le nouveau pr&#233;sident nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant qu'elles sont grandes. On l'a senti dans certains secteurs du FSM &#224; Bel&#233;m qui ont &#233;t&#233; jusqu' &#224; poser la question : Pourquoi pas Obama au FSM ? D&#233;clarations, heureusement, tr&#232;s isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en prenant en compte les &#171; nouvelles positions &#187; de l'administration actuelle vis-&#224;-vis de celle pr&#233;sid&#233;e par Bush, il ne faut pas se tromper sur ce qu'est Obama et les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. La crise surd&#233;termine toute la politique mondiale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle va provoquer des changements, peut-&#234;tre des bouleversements dans la situation de la gauche et du mouvement ouvrier. La politique de la social-d&#233;mocratie reste dans ses marques social-lib&#233;rales. Ses dirigeants ont en g&#233;n&#233;ral soutenu les plans de sauvetage des banques en les jugeant insuffisants et en demandant des contreparties. Ce sont les forces qui utilisent les r&#233;f&#233;rences &#224; la politique keyn&#233;sienne, surtout quand elles sont dans l'opposition, pour les int&#233;grer dans des politiques qui restent dans les cadres n&#233;olib&#233;raux. N&#233;anmoins, pour chevaucher les r&#233;actions, oppositions et r&#233;sistances face &#224; la crise, ils peuvent chevaucher ce mouvement et gauchir leur positionnement. Mais quand il s'agit de position de fond, comme sur l'Europe, ils confirment leurs orientations g&#233;n&#233;rales. Plus que les directions de la gauche, il est int&#233;ressant de discuter de la situation des rapports de forces et des premi&#232;res r&#233;actions populaires face &#224; la crise. Les premi&#232;res r&#233;actions indiquent une volont&#233; des peuples et des travailleurs de ne pas se laisser faire. La premi&#232;re grande manifestation mondiale contre la crise aura &#233;t&#233; le FSM de Bel&#233;m. Au-del&#224; de la diversit&#233; des r&#233;ponses, les 130 000 participants ont exprim&#233; la n&#233;cessit&#233; de refuser la crise capitaliste. Ils donnent un nouvel &#233;lan au mouvement altermondialiste. Retrouver les racines &#171; br&#233;siliennes &#187; du FSM aura permis de le relancer. Car, le Forum de Bel&#233;m aura aussi confirm&#233;, malgr&#233; la politique du gouvernement Lula, la force des mouvements sociaux existant au Br&#233;sil, ceux du mouvement syndical, du MST (Mouvements sans terre) et de milliers d'autres associations, comme par exemple celles des populations indiennes. C'est aussi dans ce cadre que les exp&#233;riences de ruptures partielles avec l'imp&#233;rialisme de Ch&#225;vez, Morales et Correa stimulent la r&#233;sistance des peuples en Am&#233;rique latine. De ce point de vue, malgr&#233; l'&#233;norme pression de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, l'exp&#233;rience de Lula qui &#224; son tour veut aligner ces pays sur le Br&#233;sil, et des droites v&#233;n&#233;zu&#233;liennes et boliviennes, le &#171; oui &#187; au r&#233;f&#233;rendum de Bolivie et du Venezuela, constituent des points d'appui d&#233;cisifs en Am&#233;rique latine. Les conqu&#234;tes sociales (sant&#233;, &#233;ducation, chute de la pauvret&#233;) et politiques (contre la domination des &#201;tats-Unis) sont incontestables. Si ces r&#233;gimes avaient &#233;t&#233; d&#233;faits on imagine les changements de rapports de forces dans ces pays et en Am&#233;rique latine, les pressions sur Cuba etc. Maintenant il y a chez eux un probl&#232;me majeur : c'est l'attitude face &#224; la crise alors que les acquis sociaux actuels sont insuffisants. Elle repr&#233;sente en effet un test, surtout si les marges de man&#339;uvres p&#233;troli&#232;res diminuent au Venezuela. Soit ces pays ne r&#233;sisteront pas aux effets de la crise, soit sur la base de la crise et sous la pression des mouvements sociaux, ces gouvernements prendront des mesures touchant &#224; la structure de l'&#233;conomie, &#224; la r&#233;partition des richesses et &#224; la structure de la propri&#233;t&#233;. C'est maintenant que la teneur de la rupture sera confirm&#233;e, approfondie ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucune automaticit&#233; entre crise &#233;conomique et radicalisation sociale et politique des travailleurs. Il n'y a pas de rapport m&#233;canique entre crise &#233;conomique et lutte de classes. Il y a au contraire polarisation &#224; gauche et &#224; droite, des pouss&#233;es r&#233;actionnaires peuvent ou vont se d&#233;velopper, mais, d'un autre c&#244;t&#233;, les travailleurs et leurs organisations n'abordent pas la crise sans rapports de forces, sans positions acquises, sans forces radicales existantes, ici et l&#224;. Il y a d&#233;j&#224; dans certains pays ou certains secteurs des r&#233;sistances sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan plus g&#233;n&#233;ral, comment ne pas mettre en rapport le succ&#232;s de Bel&#233;m, ces r&#233;sistances en Am&#233;rique latine avec l'explosion de la jeunesse grecque, avec les &#233;v&#233;nements aux Antilles fran&#231;aises, avec les 2 millions de manifestants le 29 janvier &#224; Paris. Il faut suivre la courbe des manifestations et des gr&#232;ves dans chaque pays. Mais, malgr&#233; les d&#233;faites des ann&#233;es 1980 et 1990, les acquis et les positions politiques, organisationnelles, institutionnelles pr&#233;serv&#233;s par le mouvement ouvrier comme l'&#233;mergence de nouvelles g&#233;n&#233;rations disponibles &#224; la lutte, constituent autant de points d'appui pour r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce double mouvement : &#233;volution sociale-lib&#233;rale de la gauche traditionnelle et r&#233;sistances sociales, qui donnent de nouveaux espaces &#224; la gauche anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans la conjoncture internationale, le Moyen-Orient et la question palestinienne constituent une question centrale. Le mouvement de sympathie avec la r&#233;sistance du peuple de Gaza redonne un nouvel &#233;lan aux campagnes de solidarit&#233; avec le peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. La crise du capitalisme, sa profondeur, sa dur&#233;e, mettent &#224; l'ordre du jour un programme d'action anticapitaliste.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui relevait de la propagande, des explications g&#233;n&#233;rales, peut passer &#224; l'agitation. Les tenants de l'ordre lib&#233;ral sont totalement d&#233;stabilis&#233;s. La coh&#233;rence du discours n&#233;olib&#233;ral a explos&#233; en plein vol. Les incantations &#224; la moralisation ou &#224; la refondation du capitalisme manquent totalement de cr&#233;dibilit&#233;. Elles expriment plus la panique dans laquelle sont les dirigeants capitalistes. Nos r&#233;ponses prennent une nouvelle signification, une nouvelle actualit&#233; qui doit faire le lien entre les revendications imm&#233;diates et des objectifs de transformation sociale qui changent de syst&#232;me, un plan transitoire anticapitaliste, &#233;co-socialiste, pour le socialisme du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut sauver les peuples, pas les banquiers ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas aux peuples et aux travailleurs de payer la crise, mais aux capitalistes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux licenciements, aux suppressions d'emploi, &#224; la baisse du pouvoir d'achat, &#224; la destruction des services publics, &#224; la d&#233;gradation de l'environnement, il faut un plan d'urgence social et &#233;cologique. Refus des licenciements, du ch&#244;mage technique et partiel, r&#233;duction du temps de travail et r&#233;partition du travail entre tous les salari&#233;s, pr&#233;caires, ch&#244;meurs, un emploi garanti avec un salaire d&#233;cent, augmentation des salaires pour relancer la demande, d&#233;fense et r&#233;organisation des services publics au service de la population, grands travaux publics centr&#233;s sur la priorit&#233; &#233;cologique (&#233;conomies d'&#233;nergie, &#233;nergies renouvelables, lutte contre la pollution, transports en commun, logements sociaux, cr&#233;ations d'emplois dans des activit&#233;s &#233;cologiques socialement utiles). Les revendications sp&#233;cifiques des femmes contre le travail partiel subi, la pr&#233;carit&#233; ou pour de nouveaux services publics, notamment dans la petite enfance, doivent aussi prendre toute leur place dans l'urgence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette bataille, nous avons un &#171; &#233;norme &#187; argument. Durant les derni&#232;res d&#233;cennies, au nom de la concurrence, de la comp&#233;titivit&#233; ou de la lutte contre les d&#233;ficits budg&#233;taires ou la dette, les poss&#233;dants se sont arc-bout&#233;s pour refuser toute revendication substantielle&#8230; Et en une nuit, des dizaines de milliards &#233;taient d&#233;bloqu&#233;s pour les banques !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds accord&#233;s aux banques doivent servir &#224; financer les revendications sociales prioritaires. Sur ces revendications, nous proposons l'unit&#233; d'action la plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan d'urgence sociale doit aussi se conjuguer avec la d&#233;fense des droits et des libert&#233;s d&#233;mocratiques, notamment la d&#233;fense des droits des immigrants et des sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, commence le d&#233;bat strat&#233;gique sur les r&#233;ponses &#224; la crise. De ce point de vue les d&#233;bats du FSM de Bel&#233;m ont &#233;t&#233; une bonne illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re option, n&#233;okeyn&#233;sienne, tourne autour de nouvelles r&#233;gulations : fermeture des paradis fiscaux, nouvelles normes financi&#232;res, taxes sur les transactions financi&#232;res. Les d&#233;bats de la commission sur la crise financi&#232;re, qui s'est tenue &#224; Bel&#233;m, avaient pour objectif de &#171; mettre la finance au service des citoyens &#187; mais sans remettre en cause la question de la propri&#233;t&#233; des banques et des grandes entreprises ou alors de pr&#233;coniser un syst&#232;me mixte, banques priv&#233;es et p&#244;le public bancaire. Nous savons d&#233;j&#224; que les syst&#232;mes mixtes en r&#233;gime capitaliste d&#233;bouchent sur la domination du priv&#233;. Ces propositions s'accompagnent d'une d&#233;marche qui donne un r&#244;le central aux institutions. Les mouvements sociaux ne sont l&#224; que pour faire pression sur l'ONU ou telle r&#233;union du G20 qui pour l'occasion serait &#233;largie &#224; certains pays du Sud et serait le G23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me option reprend les revendications partielles (taxes, lutte contre les paradis fiscaux) mais les lie &#224; une remise en cause du syst&#232;me capitaliste. D'abord par une politique radicale de redistribution des richesses. Prendre massivement aux profits pour donner aux salaires, &#224; l'emploi, &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, aux services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise pose une autre question : qui contr&#244;le, qui d&#233;cide, qui poss&#232;de ? C'est la question de la propri&#233;t&#233;. La faillite des banques ou de grandes entreprises n'est pas seulement le r&#233;sultat d'exc&#232;s financiers ou de fraude, c'est la cons&#233;quence d'un syst&#232;me domin&#233; par la recherche du tout profit pour une petite minorit&#233; de privil&#233;gi&#233;s. Il faut changer de logique. Il faut, par exemple, enlever le pouvoir aux patrons des banques. Les banques doivent &#234;tre nationalis&#233;es sous contr&#244;le des salari&#233;s et des consommateurs. Les entreprises en faillite doivent &#234;tre mises sous contr&#244;le public avec une gestion des salari&#233;s. Mais nous pouvons aller plus loin, autour de la notion de &#171; bien commun &#187;, une des revendications du mouvement altermondialiste. La crise &#233;largit la notion de &#171; bien commun &#187;. Le &#171; bien commun &#187; ce n'est pas seulement, l'eau, la terre, la sant&#233;, l'&#233;ducation. Il faut &#233;tendre, &#233;largir l'utilisation de cette notion pour d&#233;signer l'ensemble des secteurs de l'&#233;conomie n&#233;cessaires aux besoins sociaux. Cela implique, comme l'ont soulign&#233;, bien des d&#233;bats du FSM (en particulier, les interventions de Fran&#231;ois Houtard, th&#233;ologien de la Lib&#233;ration) de mettre au centre la valeur d'usage et non la valeur d'&#233;change. Et, si l'&#233;conomie est consid&#233;r&#233;e comme un bien commun, alors, la question de l'appropriation publique et sociale des secteurs-cl&#233;s de l'&#233;conomie, de la d&#233;mocratie et du contr&#244;le est pos&#233;e. De ce point de vue, la d&#233;claration de l'assembl&#233;e des mouvements sociaux qui soutient des objectifs comme la nationalisation des banques sans indemnisation et sous contr&#244;le des travailleurs, la r&#233;duction du temps de travail sans baisse des salaires, le d&#233;veloppement des formes de propri&#233;t&#233; sociale, constitue un point d'appui pour notre intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une s&#233;rie d'arguments actualis&#233;s pour pr&#233;senter une issue anticapitaliste &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a une double cons&#233;quence sur le plan strat&#233;gique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Mettre au centre la mobilisation, le rapport de forces social pour la satisfaction des revendications. Les changements exig&#233;s par la profondeur de la crise sont tels qu'ils demandent des bouleversements sociaux et politiques d'ampleur exceptionnelle. Ces rapports de forces peuvent se traduire sur le plan institutionnel. Des r&#233;formes partielles peuvent &#234;tre obtenues. Mais le comportement des classes dominantes, qui d&#233;fendent bec et ongles leurs int&#233;r&#234;ts, le confirme : m&#234;me pour obtenir des r&#233;formes partielles, il faut et faudra des mobilisations sociales d'envergure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) L'application d'un programme anticapitaliste exige un gouvernement anticapitaliste, appuy&#233; sur la mobilisation et l'auto-organisation des classes populaires, qui engage un processus de rupture avec le syst&#232;me. Cet objectif doit &#234;tre pr&#233;par&#233; par des exp&#233;riences partielles de contr&#244;le et de gestion populaire, par des confrontations avec l'&#201;tat capitaliste. La lutte pour de tels gouvernements anticapitalistes est incompatible avec le soutien ou la participation &#224; des coalitions parlementaire ou des gouvernements qui g&#232;rent la crise capitaliste, comme le font aujourd'hui la social-d&#233;mocratie ou le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado, membre du CPN et de la commission intrenationale du NPA. F&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Comprendre la crise pour mieux combattre l'aust&#233;rit&#233; </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Comprendre-la-crise-pour-mieux-combattre-l-austerite</link>
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		<dc:date>2009-10-09T05:04:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jan Willems</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR Belge 9 septembre 2009 ____________________________________ La crise qui frappe l'&#233;conomie mondiale capitaliste est une crise sans pr&#233;c&#233;dent depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Pour la premi&#232;re fois depuis 1945 le commerce international a r&#233;gress&#233;. La crise financi&#232;re qui a &#233;clat&#233; en 2008 s'est rapidement propag&#233;e &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire aux entreprises. En 2009, le PIB mondial devrait conna&#238;tre une chute similaire &#224; celle de 1929. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette crise, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-225-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2522-6d3c4.jpg?1629995629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
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&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR Belge&lt;br class='autobr' /&gt;
9 septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise qui frappe l'&#233;conomie mondiale capitaliste est une crise sans pr&#233;c&#233;dent depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Pour la premi&#232;re fois depuis 1945 le commerce international a r&#233;gress&#233;. La crise financi&#232;re qui a &#233;clat&#233; en 2008 s'est rapidement propag&#233;e &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire aux entreprises. En 2009, le PIB mondial devrait conna&#238;tre une chute similaire &#224; celle de 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise, comme toutes celle qu'engendre ce syst&#232;me capitaliste, va d'abord frapper les travailleurs et les milieux populaires, dans les pays pauvres comme les pays riches. Car pour les riches capitalistes, la crise n'est qu'une mani&#232;re de rationaliser leur investissement et de profiter sur le malheur du reste de la population. Certains capitalistes sont &#233;limin&#233;s dans le processus mais ils ne perdent qu'exceptionnellement toute leur fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les milliards que la faillite de Fortis a co&#251;t&#233; aux contribuables belges, leur propri&#233;taire principal, la famille Lippens, ne va pas perdre son emploi et elle restera la famille milliardaire qu'elle &#233;tait. La famille Bo&#235;l ne perdra pas ses ch&#226;teaux et autres biens immobiliers qu'on estime &#224; 100 millions d'euros. Le concessionnaire belge de Rolls Royce a d&#233;clar&#233; ne pas avoir per&#231;u une chute de ses ventes suite &#224; l'irruption de la crise. La consommation des super riches se porte bien, merci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A l'origine de la crise : les capitalistes financiers d&#233;mant&#232;lent le contr&#244;le des Etats pour sp&#233;culer et frauder sans entrave&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant cette crise, ce sont bien les capitalistes qui l'ont cr&#233;&#233;e avec leur soif toujours plus grande de profit. Depuis la crise de surproduction qui a &#233;clat&#233; en 1973 et le ralentissement de la croissance capitaliste qui l'a suivi, les entreprises et les rentiers ont de moins en moins investi pour cr&#233;er des emplois et de nouvelles forces productives utiles &#224; la soci&#233;t&#233;. Les capitalistes devaient trouver o&#249; r&#233;investir la masse de leurs profits. Comme les d&#233;bouch&#233;s pour les marchandises &#233;taient satur&#233;s, une partie croissante de ces profits s'orienta vers la finance et vers la sp&#233;culation au cours de ces trente derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une quarantaine d'ann&#233;es, les grandes banques et les fonds d'investissements priv&#233;s pouss&#232;rent leurs gouvernements &#224; lib&#233;raliser les mouvements de capitaux pour sp&#233;culer et investir sans entrave mais aussi pour &#233;chapper plus facilement &#224; l'imp&#244;t. Le gouvernement am&#233;ricain ne se fit pas prier longtemps et d&#232;s le milieu des ann&#233;es 1970, les capitaux pouvaient librement entrer et sortir des Etats-Unis, facilitant l'&#233;vasion fiscale et les possibilit&#233;s de sp&#233;culer sur l'ensemble de la plan&#232;te. Les gouvernements des autres &#233;conomies capitalistes les plus d&#233;velopp&#233;es leur emboit&#232;rent le pas. Ils ne pouvaient ne pas donner les m&#234;mes avantages &#224; leur bourgeoisie financi&#232;re nationale que ceux dont b&#233;n&#233;ficiait leur concurrente am&#233;ricaine. Les capitaux purent ainsi librement circuler comme avant la premi&#232;re guerre mondiale et les centres financiers off-shores (litt&#233;ralement &#171; hors des c&#244;tes &#187;, c'est-&#224;-dire hors des contr&#244;les des Etats) qui accueillent les riches fraudeurs fiscaux et blanchissent l'argent sale se multipli&#232;rent et se renforc&#232;rent &#224; travers la plan&#232;te (Iles Ca&#239;mans, Iles Vierges, Luxembourg, Liechtenstein etc&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des bulles sp&#233;culatives internationales et des crises financi&#232;res destructrices &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1970, les banques des pays riches, au lieu d'investir dans de nouvelles forces productives, pr&#234;t&#232;rent massivement &#224; des sanglantes dictatures militaires des pays du Tiers-monde comme le Br&#233;sil, l'Argentine, la Cor&#233;e du sud et l'Indon&#233;sie. Elles pouvaient effectivement sp&#233;culer avec la complicit&#233; des gouvernements de ces Etats en augmentant massivement la dette de ces pays. Cela permit d'obtenir rapidement des profits jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980 o&#249; ces pays ne purent faire face &#224; la mont&#233;e des taux d'int&#233;r&#234;t et se trouv&#232;rent dans l'incapacit&#233; de rembourser leur dette aux banques des pays riches. Ce fut le d&#233;but de la crise de la dette qui se poursuit encore en 2009. Comme aujourd'hui, les banques am&#233;ricaines se sont retrouv&#233;es virtuellement en faillite du fait de leurs pr&#234;ts trop risqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme aujourd'hui &#233;galement, ce ne sont pas elles qui pay&#232;rent les pots cass&#233;s, mais les travailleurs du monde entier. En effet, les gouvernements occidentaux reprirent &#224; leur charge la dette des pays du tiers-monde et effac&#232;rent ainsi l'ardoise des banques priv&#233;es. Les gouvernements pr&#233;sent&#232;rent l'addition aux contribuables des pays riches, c'est-&#224;-dire &#224; la population laborieuse. En effet, les grandes multinationales et les familles les plus fortun&#233;es pla&#231;aient d&#233;j&#224; la plupart de leurs capitaux dans les paradis fiscaux de la plan&#232;te et les Etats leur offraient de plus en plus d'exemptions fiscales pour soi-disant les inciter &#224; cr&#233;er des emplois. Les centaines de milliards de dollars que les banques priv&#233;es avaient pr&#234;t&#233;s aux dictateurs du tiers-monde et qu'elles ne pouvaient plus r&#233;cup&#233;rer furent ajout&#233;e &#224; la dette publique des Etats-Unis et de l'Europe. Et aupr&#232;s de qui les gouvernements am&#233;ricains et europ&#233;ens emprunt&#232;rent &#224; des taux tr&#232;s &#233;lev&#233;s ? Naturellement aupr&#232;s des banques priv&#233;es&#8230; qui re&#231;urent ainsi des centaines de milliards de dollars d'int&#233;r&#234;ts suppl&#233;mentaires pay&#233;s par les travailleurs tax&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats des pays riches avec l'aide du Fond Mon&#233;taire International de la Banque Mondiale (des institutions financi&#232;res dite &#171; mondiales &#187; dans laquelle les gouvernements am&#233;ricains et europ&#233;ens disposent d'un droit de v&#233;to) impos&#232;rent des plans de remboursement extr&#234;mement durs aux populations du Tiers Monde. Ces plans dits &#171; d'ajustement structurels &#187; ont forc&#233; les gouvernements des pays du Tiers-monde &#224; sabrer dans l'enseignement, la sant&#233;, le reste de la fonction publique ainsi que dans les rares politiques sociales existantes. Le FMI a impos&#233; des baisses de salaire allant jusqu'&#224; 50%. Partout s'ensuivirent des catastrophes sociales qui durent depuis des d&#233;cennies et qui constituent le terreau des guerres civiles sanglantes, de la d&#233;sint&#233;gration de l'Etat et de la mont&#233;e en puissance des organisations criminelles et des seigneurs de guerres. Le Congo, La Somalie, le Rwanda, la Yougoslavie ou le Mexique constituent autant d'exemples tragiques de ce syst&#232;me capitaliste mondial absurde et meurtrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI s'assura &#233;galement que les pays du Tiers-monde s'ouvrent enti&#232;rement aux investisseurs capitalistes occidentaux et suppriment les contr&#244;les sur les mouvements de capitaux qui existaient encore dans les Etats du Tiers-Monde. Les multinationales occidentales purent ainsi investir pour contr&#244;ler plus directement les ressources naturelles et les services (banques, transports, t&#233;l&#233;coms) des pays pauvres. Elles purent produire dans ces pays o&#249; les salaires &#233;taient dix fois inf&#233;rieurs &#224; ceux des pays d&#233;velopp&#233;s et o&#249; les syndicalistes honn&#234;tes sont menac&#233;s de mort et ex&#233;cut&#233;s par des polices locales ou par des escadrons de la mort au service de patrons comme en Colombie ou aux Philippines. Mais le FMI arriva &#233;galement &#224; imposer que des capitaux financiers sp&#233;culatifs puissent librement entrer et sortir des pays du Tiers Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, les capitalistes avaient r&#233;ussi &#224; imposer &#224; leurs Etats d'abandonner la plupart des contr&#244;les sur les mouvements de capitaux &#224; travers le monde. Gr&#226;ce aux progr&#232;s de l'informatique et des t&#233;l&#233;communications, les march&#233;s financiers des diff&#233;rents pays &#233;taient interconnect&#233;s, cr&#233;ant un grand casino mondial dans lequel les capitalistes pouvaient frauder le fisc, sp&#233;culer et blanchir leur argent de la corruption et des trafics de drogues, d'armes&#8230; et d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne s'en priv&#232;rent pas. Les bulles sp&#233;culatives et les crises financi&#232;res s'enchain&#232;rent les unes apr&#232;s les autres au cours des ann&#233;es 1990. Les capitalistes sp&#233;cul&#232;rent sur tout ce qui est possible : l'immobilier &#224; Bangkok, les titres de la dette de l'Etat mexicain ou russe, la devise br&#233;silienne comme les mati&#232;res premi&#232;res. Chacune de ces crises amena son lot de mis&#232;re, de ch&#244;mage, de destruction de services publics et d'imp&#244;ts suppl&#233;mentaires pour la population : les plus importantes furent la crise de la Tequila au Mexique en 1994 (co&#251;t direct pour les contribuables mexicains et am&#233;ricains 50 milliards de dollars), la crise Argentine de 1995, la crise Est-Asiatique de 1997 (des centaines de milliards de dollars), la crise russe, la crise br&#233;silienne et &#224; nouveau la crise Argentine. A chaque fois, les capitaliste sp&#233;culaient sur un produit financier, l'immobilier, une monnaie ou des mati&#232;res premi&#232;res, g&#233;n&#233;rant une bulle qui &#233;clatait et provoquait une crise financi&#232;re et &#233;conomique d&#233;vastatrice. A la fin des ann&#233;es 1990, les crises financi&#232;res avaient tellement d&#233;stabilis&#233; les &#233;conomies des pays du Tiers monde qu'une partie plus importante des capitaux sp&#233;culatifs se porta &#224; nouveau dans les pays d&#233;velopp&#233;s, notamment sur la bourse am&#233;ricaine des nouvelles technologies, le NASDAQ. Ce fut la bulle de la &#171; Nouvelle &#233;conomie &#187; qui d&#233;boucha sur la r&#233;cession de 2001 et sur une nouvelle crise de surproduction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230;aux contradictions du capitalisme am&#233;ricain qui ont conduit &#224; la crise financi&#232;re actuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'effondrement en 2000 de la bulle sp&#233;culative du NASDAQ pour offrir de nouveaux d&#233;bouch&#233;s aux capitalistes am&#233;ricains, le gouvernement am&#233;ricain se lan&#231;a dans un programme de r&#233;armement militaire et dans la soi-disant &#171; guerre contre le terrorisme &#187; en d&#233;pensant des centaines de milliards de dollars. Mais parall&#232;lement Bush et sa clique offrirent de nouveau cadeaux fiscaux aux riches, notamment en supprimant tout imp&#244;t sur les successions en dessous de&#8230;5 millions de dollars ! L'Etat am&#233;ricain commen&#231;a &#224; s'endetter massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat am&#233;ricain fit baisser les taux d'int&#233;r&#234;t pour stimuler la consommation et les investissements. De fait, des m&#233;nages am&#233;ricains profit&#232;rent des taux bas pour acqu&#233;rir des maisons et des appartements. Le prix de l'immobilier commen&#231;a &#224; grimper plus vite. Mais ces m&#233;nages furent suivis par des sp&#233;culateurs qui avaient sortis leurs capitaux des bourses am&#233;ricaines en chute libre et qui voyaient dans l'immobilier un placement plus r&#233;mun&#233;rateur que les activit&#233;s de production, la bourse ou les pays du tiers-monde. La demande sp&#233;culative fit exploser les prix de l'immobilier qui grimp&#232;rent de 80% entre 2000 et 2006 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie capitaliste am&#233;ricaine s'est emp&#234;tr&#233;e dans ses contradictions. Depuis le milieu des ann&#233;es 1970, les travailleurs am&#233;ricains subissent des attaques constantes du patronat et du gouvernement. La libert&#233; de mouvement de capitaux permis aux capitalistes de d&#233;localiser des r&#233;gions am&#233;ricaines industrialis&#233;es o&#249; les syndicats &#233;taient bien implant&#233;s (Nord-Est et Grand Lacs) vers les r&#233;gions moins syndiqu&#233;es et vers les &#233;conomies du Tiers-monde comme le Mexique, le Costa Rica ou Taiwan. Les directions syndicales am&#233;ricaines convaincues de la n&#233;cessit&#233; de &#171; cog&#233;rer &#187; l'&#233;conomie capitaliste avec les patrons (comme si c'&#233;tait possible !) furent &#233;videmment incapables d'organiser une contre-offensive de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine, voire m&#234;me de d&#233;fendre certains acquis &#233;l&#233;mentaires. Les gouvernements am&#233;ricains successifs attaquent sans rel&#226;che ceux qui tentaient d'organiser des gr&#232;ves de grande ampleur. Ainsi le pr&#233;sident Reagan r&#233;quisitionna des milliers de soldats pour remplacer les gr&#233;vistes aiguilleurs du ciel au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Le gouvernement Clinton attaqua le dirigeant syndical responsable qui coordonna la grande gr&#232;ve d'UPS (messagerie et transport) pour le faire remplacer par le fils de Hoffa, un dirigeant syndical dont les liens avec la maffia &#233;taient notoires. L'Etat supprime toute une s&#233;rie de lois sociales, facilitant le licenciement et pr&#233;carisant ainsi les travailleurs. Il restreint aussi les allocations sociales et le ch&#244;mage ce qui force des millions de travailleuses et de travailleurs, notamment de filles-m&#232;res, &#224; prendre un emploi pr&#233;caire &#224; n'importe quelle condition. De plus, le maintien dans la pr&#233;carit&#233; de millions de travailleurs clandestins d'Am&#233;rique Latine, corv&#233;ables &#224; merci, affaiblit encore la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine face aux attaques patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence de ces attaques est une chute des salaires sans pr&#233;c&#233;dent depuis 1929. En termes de pouvoir d'achat, le salaire horaire minimum l&#233;gal baisse de 40% entre les ann&#233;es 1960 et 2005 pour atteindre un peu plus de 5$ l'heure, soit 30% de moins que ce peut gagner un sans-papier exploit&#233; qui fait la plonge dans l'Horeca belge (voir tableau 1) ! Les familles am&#233;ricaines sont forc&#233;es de travailler 20% de plus aujourd'hui qu'en 1970 simplement pour compenser ces baisses de salaires. Alors que la productivit&#233; des travailleurs am&#233;ricains (c'est-&#224; dire les richesses qu'ils cr&#233;ent par leur travail) continuent de progresser r&#233;guli&#232;rement, les salaires, eux, stagnent ou baissent (voir tableau 2) : la diff&#233;rence, c'est encore plus de profits&#8230; Profits que les capitalistes am&#233;ricains ne peuvent pas investir enti&#232;rement dans la production, faute de demande suffisante&#8230;et qui donc alimentent les sp&#233;culations diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de cette baisse des salaires, les gouvernements am&#233;ricains successifs depuis Jimmy Carter &#224; la fin des ann&#233;es 1970 ont impos&#233; des r&#233;formes fiscales qui exemptent les plus riches. L'Etat n'a donc plus les moyens de financer des services publics &#233;l&#233;mentaires de qualit&#233; comme les pensions, la sant&#233; ou l'&#233;ducation. On assiste &#224; des services &#224; deux vitesses entre le priv&#233; et le public. Les familles des milieux populaires am&#233;ricains sont alors oblig&#233;es de s'endetter s'ils veulent acc&#233;der &#224; des soins de sant&#233; ou &#224; l'&#233;ducation de qualit&#233;. Les frais d'assurance sant&#233; et d'inscription universitaires augmentent respectivement de 87% et de 40% entre 2000 et 2008. Permettre &#224; ses enfants d'obtenir un dipl&#244;me universitaire peut co&#251;ter le prix d'une maison. Les Am&#233;ricains en moyenne d&#233;pensent 15% de leur PIB en soins de sant&#233; (les deux tiers dans le syst&#232;me priv&#233;) contre seulement 7.5% pour les Fran&#231;ais (tr&#232;s majoritairement dans le public)&#8230;alors que ces derniers vivent deux ans plus vieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; l'explosion de leurs d&#233;penses et &#224; la baisse des allocations sociales comme de leur salaire horaire, les familles am&#233;ricaines ont alors recours au cr&#233;dit de consommation. Elles empruntent notamment en mettant leur maison en garantie. Comme le prix des maisons grimpe du fait de la bulle sp&#233;culative, elles peuvent s'endetter encore plus. M&#234;mes les familles les plus ais&#233;es, gris&#233;es par la hausse de la valeur de leurs maisons et aux faibles taux d'int&#233;r&#234;t, s'endettent pour acheter des bien de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait depuis trente ans, les capitalistes am&#233;ricains exploitent de plus en plus les travailleurs am&#233;ricains, d&#233;gradant ainsi leurs revenus. Mais ces travailleurs sont aussi la masse des consommateurs dont le syst&#232;me a besoin pour se cr&#233;er des d&#233;bouch&#233;s. De plus, les capitalistes &#233;ludent de plus en plus l'imp&#244;t et ont soutenu le r&#233;armement et les guerres imp&#233;rialistes en Irak et en Afghanistan, vidant ainsi les caisses de l'Etat am&#233;ricain dont la dette d&#233;passait les 5200 milliards en 2008. Mais l&#224; aussi, les capitalistes limitent leur autre d&#233;bouch&#233; que sont les commandes de l'Etat. Les capitalistes am&#233;ricains r&#233;alisent des profits record qu'il leur faut r&#233;investir mais avec des d&#233;bouch&#233;s qu'ils ont eux-m&#234;mes contribuer &#224; restreindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cr&#233;er de nouveaux d&#233;bouch&#233;s afin de pouvoir vendre leurs marchandises et d'accro&#238;tre leurs profits dans le syst&#232;me bancaire, ils vont donc encourager l'endettement des m&#233;nages am&#233;ricain qui est multipli&#233; par 10 entre 1988 et 2008 pour atteindre les 160% du PIB ! Et comme cela ne suffit pas &#224; investir la masse des &#233;normes profits accumul&#233;s ainsi par les capitalistes, on sp&#233;cule&#8230;jusqu'&#224; l'&#233;clatement de la prochaine bulle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La bulle immobili&#232;re am&#233;ricaine &#233;clate et se propage &#224; travers le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de 2001, les prix de l'immobilier ont continu&#233; &#224; grimper du fait de la sp&#233;culation mais aussi du d&#233;marchage des banques et des courtiers aupr&#232;s des m&#233;nages plus pauvres pour les inciter &#224; contracter un cr&#233;dit hypoth&#233;caire. Pour toucher leur commission et les int&#233;r&#234;ts, les banques offrirent des pr&#234;ts &#224; taux variables, tr&#232;s bas les deux premi&#232;res ann&#233;es et dont les charges des int&#233;r&#234;ts pouvaient grimper jusqu'&#224; 40% ensuite ! Si les emprunteurs ne savaient plus rembourser, il suffisait &#224; la banque de revendre le bien immobilier dont la valeur aurait grimp&#233; depuis son achat puisque les prix ne cessaient de monter&#8230; du fait notamment de la sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lors de toutes les autres bulles sp&#233;culatives, les capitalistes furent aveugl&#233;s par la soif de profit. En concurrence permanente face &#224; l'expansion ce nouveau march&#233; des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, les banques et les courtiers multipli&#232;rent les pr&#234;ts bien au-del&#224; de ce que pr&#233;conisent les r&#232;gles bancaires internationales. Ils trouv&#232;rent une mani&#232;re de contourner ces r&#232;gles en titrisant leurs cr&#233;ances hypoth&#233;caires. C'est-&#224;-dire qu'ils transform&#232;rent leurs cr&#233;ances risqu&#233;es, ce qu'on appelle les subprimes, en les combinant &#224; d'autres cr&#233;ances moins risqu&#233;es pour en faire un produit financier complexe vendus en bourse. Ces produits financiers devenaient de v&#233;ritables bo&#238;tes noires dont la compr&#233;hension n&#233;cessitait parfois la lecture de manuels d'explication de plusieurs dizaines de pages remplies de mod&#232;les math&#233;matiques obscurs. Ces produits &#233;taient revendus &#224; d'autres investisseurs sp&#233;culateurs all&#233;ch&#233;s par les bons rendements financiers. Il existait des agences de notations priv&#233;es, dont le but &#233;tait d'&#233;valuer le risque de ces produits mais comme elles touchaient des commissions &#224; chaque op&#233;ration, elles sous-estim&#232;rent syst&#233;matiquement le risque, attirant des sp&#233;culateurs du monde entier. Les pr&#234;ts risqu&#233;s des subprime se r&#233;pandaient &#224; travers les march&#233;s financiers mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le march&#233; immobilier fut satur&#233;, les prix des maisons commenc&#232;rent &#224; baisser en 2006 (voir graphique infra). Des familles pauvres ne surent plus payer leur cr&#233;dit hypoth&#233;caire quand les taux variable se relev&#232;rent. Les banques se mirent &#224; les expulser de leur maison et &#224; les revendre, mais cette fois &#224; perte. Trois millions de familles am&#233;ricaines perdirent ainsi leur bien immobilier. La vague massive de revente de maisons fit d'autant plus chuter les prix et tout &#224; coup, les capitalistes r&#233;alis&#232;rent que les pr&#234;ts subprime ne seraient pas tous r&#233;cup&#233;rables. Les prix des produits complexes titris&#233;s compos&#233;s de subprime s'effondr&#232;rent soudainement car tous les sp&#233;culateurs voulaient s'en d&#233;barrasser en m&#234;me temps. Les institutions financi&#232;res partout dans le monde qui en avaient trop achet&#233;es se trouv&#232;rent en faillite du jour au lendemain. La crise financi&#232;re &#233;tait l&#224;. Des institutions de cr&#233;dit hypoth&#233;caire am&#233;ricaines, des fonds d'investissement chinois, des banques belges, des compagnies d'assurances tomb&#232;rent en faillite les unes apr&#232;s les autres. La valeur de nombreux actifs financiers s'effondra. La crise provoqua en 2008 une perte financi&#232;re globale de 14000 milliards de dollars, soit plus de 20% du PIB mondial !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise se propage vite &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Les banques en difficult&#233;s se mettent &#224; pr&#234;ter moins facilement, engendrant des faillites en cascade d'entreprises qui avaient besoin de liquidit&#233;. La chute de la valeur des maisons r&#233;duit les pr&#234;ts hypoth&#233;caires. Les m&#233;nages endett&#233;s peuvent moins consommer. Les entreprises qui font face &#224; une chute de la demande arr&#234;tent leur investissement et licencient. M&#234;me les entreprises en bonne sant&#233; utilisent la crise pour licencier pour &#171; d&#233;graisser &#187;, comme on dit chez certains cadres dirigeants qui consid&#232;rent leurs travailleurs comme du b&#233;tail. Les licenciements massifs ralentissent la consommation globale des m&#233;nages. La crise financi&#232;re capitaliste touche alors l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Etats au secours de leurs capitalistes nationaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme lors des crises pr&#233;c&#233;dentes, les gouvernements intervinrent massivement pour soutenir leurs grands groupes capitalistes. Souvent les capitalistes justifient le profit par le risque qu'ils prennent dans leurs investissements. Mais pour les gros capitalistes, le risque est presque nul. L'Etat am&#233;ricain d&#233;bourse plus de 100 milliards de dollars pour sauver AIG, le plus gros assureur am&#233;ricain. On conna&#238;t bien l'intervention de l'Etat belge pour sauver Fortis et son feuilleton judiciaro-m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gros sp&#233;culateurs sont sortis du march&#233; avant la chute de l'action Fortis. L'Etat fit alors un gros cadeau aux actionnaires de la banque du milliardaire Lippens. Lorsque l'Etat suspendit un vendredi le cours des actions Fortis sur le march&#233; boursier, la valeur financi&#232;re du groupe (holding comprenant assurances et banques) &#233;tait &#233;valu&#233;e &#224; 13 milliards d'euro. Le lundi suivant, les Etats belge, n&#233;erlandais et luxembourgeois d&#233;bours&#232;rent 11 milliards pour acqu&#233;rir la moiti&#233; seulement du capital de la seule Banque (et non de l'ensemble du holding, assurance comprise) &#8230;Un beau cadeau de Reynders &#224; son &#233;lectorat actionnaire. Mais cela ne leur suffisait pas. Comme quoi, les actionnaires ne sont pas toujours pour le principe du libre march&#233;. Le gouvernement belge fit alors la qu&#234;te devant le pr&#233;sident Sarkozy pour offrir Fortis &#224; la BNP tout en reprenant la grande majorit&#233; des actifs toxiques (ces titres que Fortis d&#233;tient mais dont personne ne veut aujourd'hui et dont la valeur s'est effondr&#233;e) qui s'&#233;l&#232;vent selon certains analystes financiers &#224; 40 milliards d'euros ! Les contribuables belges paieront donc un cadeau aux actionnaires de Fortis et un autre cadeau aux actionnaires de BNP, livrer un r&#233;seau de banques tout neuf et d&#233;barrass&#233;e de son risque financier principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les grandes banques capitalistes sauv&#233;es par leurs Etats n'h&#233;sitent pas &#224; continuer leur sp&#233;culation. Gr&#226;ce aux pr&#234;ts bon march&#233; des Etats (les banques centrales publiques octroient des pr&#234;ts &#224; 1% en Europe et &#224; 0,25% aux Etats-Unis), les banques se refont des marges (elles pr&#234;tent parfois &#224; plus de 10% aux PME) qui leur permettent d'acheter de nouveaux actifs financiers et d'accumuler des profits suppl&#233;mentaires. Cela explique en partie la r&#233;cente mont&#233;e boursi&#232;re de ces derniers mois&#8230;et cela pr&#233;pare peut &#234;tre une autre crise de la bourse que l'Etat s'empressera de colmater avec l'argent public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds que les Etats doivent avancer pour sauver les banques et certaines grandes entreprises, les exemptions fiscales pour &#171; aider &#187; les entreprises (m&#234;me celle qui font des profits) ainsi que les plus nombreuses allocations de ch&#244;mage d&#233;t&#233;riorent les finances publiques. Le ralentissement &#233;conomique qui freine les recettes fiscales aggrave ce processus d'endettement. Ainsi, la dette publique am&#233;ricaine passe de 5400 &#224; 9000 milliards de dollars entre le d&#233;but de la crise et cet automne 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endettement des pays pauvres est encore pire parce qu'avec la crise &#233;conomique mondiale, la demande pour les mati&#232;res premi&#232;res chute et avec elle les prix de la plupart des exportations des pays du Tiers monde. M&#234;mes les pays dit &#171; &#233;mergents &#187; (notamment en Asie orientale et en Europe de l'Est) qui faisaient de l'assemblage de produits manufactur&#233;s pour les exporter vers les pays riches subissent une chute dramatique de leurs exportations et leurs Etats s'endettent massivement. Certains n'arrivent plus &#224; rembourser leur dette comme le Pakistan, la Lituanie et la Hongrie et se retrouvent plus que jamais sous la coupe du FMI et de ses &#171; plans de sauvetage &#187; meurtriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui donc peut pr&#234;ter &#224; ces Etats qui s'endettent &#224; travers le monde. Qui dispose des r&#233;serves financi&#232;res suffisantes ? En grande partie, ce sont ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont pu sortir &#224; temps de la bulle immobili&#232;re et financi&#232;re, c'est-&#224;-dire les sp&#233;culateurs les plus rapaces et les plus aguerris. En effet, les gros op&#233;rateurs financiers disposent d'une meilleure information que les petits rentiers et les petits actionnaires. Ils anticipent donc mieux l'&#233;clatement de la bulle sp&#233;culative et vendent souvent leurs actifs avant la chute vertigineuse de leurs prix. Les plus petits sont souvent ceux qui y perdent leurs plumes. Les petits actionnaires de Fortis par exemple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette crise, les capitalistes sp&#233;culateurs ont retir&#233; en 2000 une partie de leurs capitaux du march&#233; du NASDAQ au moment de l'&#233;clatement de la bulle de la nouvelle &#233;conomie. Ils placent ces capitaux dans l'immobilier jusqu'en 2006, date &#224; laquelle les march&#233;s immobiliers et financiers s'effondrent. Ayant d&#233;stabilis&#233; leur propre syst&#232;me financier, les sp&#233;culateurs doivent trouver un nouveau placement pour leurs capitaux&#8230;O&#249; aller ? Mais les capitalistes savent qu'il existe une valeur s&#251;re &#224; court terme : les mati&#232;res premi&#232;res et les produits alimentaires. Les gens doivent bien se nourrir. Alors on va voir les capitalistes sp&#233;culer sur le cours du p&#233;trole, du riz, du bl&#233; etc&#8230; Des cargaisons de produits agricoles seront rachet&#233;es et revendues plus de trente fois par des sp&#233;culateurs avant d'arriver &#224; leur destination. Le prix du baril de p&#233;trole va plus que doubler pour d&#233;passer les 100$. Des analystes employ&#233;s par les journaux bourgeois iront jusqu'&#224; pr&#233;tendre que c'est la faute des chinois qui demandent trop de p&#233;trole mais il est clair que ces variations de prix extr&#234;mement brusques ne peuvent pas s'expliquer sans sp&#233;culation massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sp&#233;culateurs savent que les prix des mati&#232;res premi&#232;res vont chuter d&#232;s que la crise financi&#232;re se sera propag&#233;e &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. En effet, avec le ralentissement de l'&#233;conomie r&#233;elle, la demande pour ces mati&#232;res premi&#232;res sera moins importante et leur prix va chuter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que font ces capitalistes quand tout s'&#233;croule autour d'eux ? Il reste un placement s&#251;r, c'est de pr&#234;ter aux Etats riches. Les Etats des petites &#233;conomies du tiers monde peuvent tomber en faillite mais pas les Etats riches. Car l'Etat pour rembourser n'a qu'&#224; faire payer des imp&#244;ts &#224; la population laborieuse et il dispose d'une force arm&#233;e pour le faire. Un analyste am&#233;ricain r&#233;pondait &#224; des journalistes &#224; la question suivante : &#171; pourquoi les investisseurs pr&#234;tent-ils encore &#224; l'Etat am&#233;ricain, m&#234;me plus qu'aux autres Etats, alors que son endettement s'est brutalement acc&#233;l&#233;r&#233; ? &#187;. Sa r&#233;ponse fut lapidaire : &#171; parce qu'ils disposent de la plus grande arm&#233;e &#187;. Car la garantie qu'un Etat peut offrir aux capitalistes qui lui pr&#234;tent, c'est sa capacit&#233; &#224; forcer les travailleurs &#224; rembourser sa dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes ont donc cr&#233;&#233; cette crise par leur folle soif de profit, cr&#233;ant des bulles sp&#233;culatives de plus en plus grosses et de plus en plus incontr&#244;lables jusqu'&#224; l'&#233;clatement de l'automne 2008. Pour les sauver, les Etats ont d&#233;pens&#233; des milliers des milliards, s'endettant aupr&#232;s de ces m&#234;mes sp&#233;culateurs ! Et maintenant, ils vont nous annoncer des plans d'aust&#233;rit&#233; de plus de dix ans pour payer les int&#233;r&#234;ts de la dette &#224; ceux-l&#224; m&#234;me qui sont les responsables de ce d&#233;sastre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle, d'autres sp&#233;culateurs capitalistes avaient &#233;galement pr&#234;t&#233; &#224; un grand Etat disposant d'une grande arm&#233;e qu'ils croyaient capable d'imposer &#224; ses travailleurs le remboursement de la dette. Ce pays &#233;tait la Russie du Tsar Nicolas II qui attirait les capitaux sp&#233;culatifs de France, de Belgique ou d'Angleterre. Lorsque les travailleurs russes balay&#232;rent l'autocratie et que les bolcheviks &#233;tablirent un Etat ouvrier apr&#232;s la r&#233;volution d'octobre 1917, une de leurs premi&#232;res mesures fut de supprimer la dette contract&#233;e par les tsars. Les capitalistes perdirent ce qu'ils avaient sp&#233;cul&#233;, les travailleurs se r&#233;voltant contre l'exploitation. N'oublions pas que payer la crise des capitalistes n'est pas une fatalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jan Willems. 9 septembre 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La crise commence</title>
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&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson Article pour Regards, septembre 2009 _______________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait pr&#233;visible : le moindre fr&#233;missement de la conjoncture allait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme le signal du d&#233;but de la fin de la crise. Un trimestre de croissance non n&#233;gative a suffi pour que les traders et les bonus repartent comme en quarante. On cherche &#224; se rassurer comme on peut. Ainsi, l'institut patronal Rexecode souligne que &#171; l'ajustement &#224; la baisse des effectifs dans la phase (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Michel Husson&lt;br class='autobr' /&gt;
Article pour Regards, septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait pr&#233;visible : le moindre fr&#233;missement de la conjoncture allait &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme le signal du d&#233;but de la fin de la crise. Un trimestre de croissance non n&#233;gative a suffi pour que les traders et les bonus repartent comme en quarante. On cherche &#224; se rassurer comme on peut. Ainsi, l'institut patronal Rexecode souligne que &#171; l'ajustement &#224; la baisse des effectifs dans la phase r&#233;cessive actuelle a &#233;t&#233; plus faible que celui qui avait &#233;t&#233; observ&#233; dans des pr&#233;c&#233;dentes phases&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;cessives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposer que la r&#233;cession puisse &#234;tre effac&#233;e par une mini-reprise, c'est ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Que l'ajustement sur l'emploi ait &#233;t&#233; (relativement) mod&#233;r&#233; compte tenu de l'ampleur du choc, c'est possible. Mais la contrepartie est un recul brutal de la productivit&#233; que Rexecode chiffre &#224; 2,2 %. Cela veut dire que les r&#233;sultats des entreprises se d&#233;gradent d'autant, ainsi que les finances publiques pour la part du ch&#244;mage partiel qu'elles prennent en charge. Qui peut croire que les entreprises ne vont pas chercher &#224; r&#233;tablir leurs profits, en bloquant les salaires, ou en ajustant leurs effectifs ? Tous les dispositifs, comme le ch&#244;mage partiel qui joue un r&#244;le consid&#233;rable en Allemagne, ont une dur&#233;e d'utilisation limit&#233;e. Et, lorsqu'ils seront &#233;puis&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
les licenciements secs prendront le relais. Le gouvernement le sait bien, qui a fait plut&#244;t profil bas &#224; propos du &#171; recul &#187; r&#233;cent du ch&#244;mage acquis &#224; coup de radiations, et qui n'emp&#234;chera pas son augmentation ult&#233;rieure (sous r&#233;serve de nouveaux traitements &#171; statistiques &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se d'une reprise significative est peu probable en raison m&#234;me des ajustements face &#224; la crise. Aux Etats-Unis, le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages a sensiblement augment&#233;, ce qui veut dire que la surconsommation fond&#233;e sur le surendettement ne pourra plus retrouver son r&#244;le de moteur de la croissance. La Chine red&#233;marre mais la demande int&#233;rieure joue un r&#244;le plus important que les exportations, ce qui implique aussi de moindres importations et donc des d&#233;bouch&#233;s moins dynamiques pour les Etats-Unis ou l'Europe. Le Japon est catatonique, le Royaume-Uni en quasi-faillite, et l'Allemagne ne compte que sur les exportations, contribuant ainsi &#224; d&#233;primer la croissance dans toute l'Europe. Un secteur moteur comme l'automobile va tomber&lt;br class='autobr' /&gt;
en panne une fois que les primes &#224; la casse seront supprim&#233;es. Et les entreprises ne sont en rien incit&#233;es &#224; investir au-del&#224; d'un maintien des capacit&#233;s de production dans quelques secteurs. Ne parlons pas de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mois &#224; venir verront donc s'enclencher une nouvelle boucle r&#233;cessive aliment&#233;e par deux m&#233;canismes qui ne jouent pas encore. D'abord, la demande salariale va finir par stagner en raison de la baisse de l'emploi et du blocage des salaires. Ensuite, les mesures destin&#233;es &#224; r&#233;sorber les d&#233;ficits budg&#233;taires vont progressivement annuler l'effet d'entra&#238;nement des d&#233;penses publiques et sociales sur l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait donc tort de se laisser impressionner par le sentiment g&#233;n&#233;ral de soulagement : &#171; ce n'&#233;tait finalement pas si grave ! &#187; Il y a au contraire devant nous plusieurs ann&#233;es de croissance d&#233;prim&#233;e et de mesures d'aust&#233;rit&#233; destin&#233;es &#224; &#233;ponger les plans de relance. Derri&#232;re les discours l&#233;nifiants, se joue en r&#233;alit&#233; une sinistre com&#233;die : ce qui se passe aujourd'hui, c'est la reconstitution discr&#232;te des profits et des rentes, dont l'affaire du milliard de bonus est un petit symbole. Et de tr&#232;s mauvais coups se pr&#233;parent contre la S&#233;cu et les retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est apr&#232;s tout compr&#233;hensible : les int&#233;r&#234;ts sociaux dominants n'ont qu'un seul objectif, celui de r&#233;tablir le fonctionnement du capitalisme ant&#233;rieur &#224; l'&#233;clatement de la crise. C'est logique mais en m&#234;me temps absurde. Logique, parce qu'il n'existe pas d'alternative : de la derni&#232;re grande r&#233;cession (celle de 1974-1975) le capitalisme a pu sortir au prix du grand tournant n&#233;olib&#233;ral du d&#233;but des ann&#233;es 80. Mais il n'y a au fond que deux mani&#232;res de fonctionner pour le&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme : &#171; &#224; la Keynes &#187;, comme pendant les &#171; Trente Glorieuses &#187;, ou &#171; &#224; la lib&#233;rale &#187;. Comme les pressions sociales sont insuffisantes pour revenir &#224; la premi&#232;re formule, il ne reste d'autre issue que d'aller encore plus loin dans la voie n&#233;olib&#233;rale. Mais c'est absurde : cette voie&lt;br class='autobr' /&gt;
est durablement bouch&#233;e parce que ses conditions de viabilit&#233; ont &#233;t&#233; d&#233;truites par la crise financi&#232;re. Telle est la contradiction majeure de la p&#233;riode qui s'ouvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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