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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>R&#233;flexions strat&#233;giques face &#224; la dictature du capital</title>
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		<dc:date>2014-12-28T22:37:53Z</dc:date>
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		<dc:creator>Hendrik Davi</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>LaUne01</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous constatons un red&#233;ploiement assez important de la pens&#233;e marxiste avec la publication (ou republication) de nombreux ouvrages tant synth&#233;tiques sur le marxisme (Keucheyan 2010, Durand 2009, Johsua 2012) que sp&#233;cifiques sur l'&#233;cologie (Keucheyan 2014), l'Europe (Durand 2013), l'&#233;tat (Poulantzas) ou la crise &#233;conomique (Johsua 2009 ; Piketty 2013). N&#233;anmoins rares sont les ouvrages ou articles qui traitent de front, les questions strat&#233;giques. J'entends par &#171; strat&#233;gique &#187;, les probl&#232;mes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH110/arton3307-920b5.jpg?1629990187' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous constatons un red&#233;ploiement assez important de la pens&#233;e marxiste avec la publication (ou republication) de nombreux ouvrages tant synth&#233;tiques sur le marxisme (Keucheyan 2010, Durand 2009, Johsua 2012) que sp&#233;cifiques sur l'&#233;cologie (Keucheyan 2014), l'Europe (Durand 2013), l'&#233;tat (Poulantzas) ou la crise &#233;conomique (Johsua 2009 ; Piketty 2013). N&#233;anmoins rares sont les ouvrages ou articles qui traitent de front, les questions strat&#233;giques. J'entends par &#171; strat&#233;gique &#187;, les probl&#232;mes relatifs &#224; la lutte contre la domination des classes dominantes. Cette lutte se d&#233;compose sch&#233;matiquement en trois volets : une lutte &#233;conomique pour la r&#233;partition de la plus value entre le capital et travail, une lutte pour l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique, une lutte politique pour la prise de position au sein de l'&#233;tat et de ses superstructures. Ces trois dimensions sont &#233;videmment indissociables, mais elles dessinent trois facettes de la gauche (gauche syndicale, gauche culturelle, gauche politique) dont il est n&#233;cessaire de rediscuter au moment ou en France et en Europe la polarisation gauche &#8211; droite est mise en d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Remettre le d&#233;bat strat&#233;gique au centre des questions th&#233;oriques est crucial, car la crise du capitalisme ouvre un espace aux r&#233;volutionnaires, qui n'ont pas renonc&#233; &#224; un d&#233;passement du capitalisme comme aux diff&#233;rentes formes de n&#233;ofascisme. Or ces derniers sont favoris&#233;s par les &#233;checs de la gauche de transformation sociale (dictature de l'Est, renoncement de la social-d&#233;mocratie face au capital) et le progr&#232;s des id&#233;es de droites et d'extr&#234;me droite dans l'id&#233;ologie dominante. Il est donc urgent de remettre la question strat&#233;gique au c&#339;ur de nos d&#233;bats. Ce probl&#232;me aussi vieux que le marxisme constitue une t&#226;che immense, l'id&#233;e de cet article est juste d'ouvrir le d&#233;bat et de poser quelques jalons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article se d&#233;compose en cinq parties : Je vais d'abord en pr&#233;ambule r&#233;affirmer ce qui peut &#234;tre notre horizon d'&#233;mancipation socialiste, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, car c'est horizon qui doit structurer notre &#233;difice strat&#233;gique. Ensuite, je planterais quelques &#233;l&#233;ments de d&#233;cors sur la crise actuelle du capitalisme avant de traiter de la r&#233;organisation de la lutte des classes en cours et ensuite d'analyser les composantes culturelles et politiques de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;affirmer un horizon d'&#233;mancipation socialiste, d&#233;mocratique et &#233;cologiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re de 2008, les crises politiques &#224; r&#233;p&#233;tition, la crise &#233;cologique et la crise sociale r&#233;actualisent la n&#233;cessit&#233; de penser des alternatives au syst&#232;me capitaliste. Notre horizon doit &#234;tre l'&#233;mancipation humaine et la pr&#233;servation de la plan&#232;te, il est donc social et &#233;cologiste. L'&#233;mancipation humaine peut &#234;tre envisag&#233;e sur tous ces aspects : la r&#233;sorption des in&#233;galit&#233;s sociales, la lutte contre tous les racismes, le sexisme et l'homophobie, le droit au logement, au travail et le respect les libert&#233;s individuelles. L'hypoth&#232;se socialiste, f&#233;ministe et antiraciste tire sa force du fait qu'anthropologiquement l'Homme est une esp&#232;ce avant tout sociale, qui ne peut s'&#233;manciper et s'&#233;panouir dans une comp&#233;tition de tous contre tous. L'hypoth&#232;se &#233;cologiste est sous-tendue par le fait que l'esp&#232;ce humaine ne peut survivre dans un environnement durablement d&#233;grad&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, cette &#233;mancipation humaine ne doit pas se faire ni au d&#233;triment d'autres peuples ni au d&#233;triment de la sant&#233; de la plan&#232;te. Nous devrons promouvoir une &#233;conomie de la sobri&#233;t&#233; et de l'innovation plut&#244;t qu'une &#233;conomie de la production et de la surconsommation. Des compromis seront donc n&#233;cessaires entre diff&#233;rents choix possibles. La seule fa&#231;on de trouver les compromis les plus justes est de faire avancer l'exigence d&#233;mocratique au sein de la cit&#233;, mais aussi au sein de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; du d&#233;passement du capitalisme se fonde sur l'id&#233;e simple que l'&#233;conomie doit servir cette &#233;mancipation. Or dans le syst&#232;me capitaliste, la marche du monde est essentiellement r&#233;gl&#233;e par la maximisation du taux de profit des capitalistes. Cette valorisation du capital ne sert qu'une infime minorit&#233; de la population. Elle a eu des cons&#233;quences comme l'innovation technologique et la hausse de la productivit&#233;, qui ont pu appara&#238;tre b&#233;n&#233;fiques &#224; l'humanit&#233;, quand la lutte des classes &#233;tait plus favorable au prol&#233;tariat. Mais le constat fait par Jack London dans le Talon de fer demeure toujours vrai : le capitalisme a d&#233;montr&#233; son &#233;chec &#224; organiser rationnellement l'&#233;conomie pour faire progresser l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;passement du capitalisme passe surtout par le contr&#244;le des citoyens sur les processus de production au sein de l'entreprise (ce qu'il faut produire et o&#249; le produire) et des choix politiques au sein de la Cit&#233; (am&#233;nagement du territoire, services publics). Une plus grande socialisation de la production n'est pas incompatible avec l'organisation actuelle de la production, car le capitalisme produit lui m&#234;me de la socialisation : socialisation des processus comme des investissements. Le contr&#244;le d&#233;mocratique des choix des citoyens est loin d'&#234;tre utopique, car des gisements de communismes existent d&#233;j&#224; au sein des services publics, dans le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, ou dans les coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal verrou n'est pas l'existence d'un march&#233; ou d'une monnaie, qu'il est probablement chim&#233;rique de vouloir supprimer, mais bien le fait que le capital requis pour investir est d&#233;tenu par des agents &#233;conomiques priv&#233;s. Avancer vers l'horizon socialiste et &#233;cologiste requiert que nous montrions que des syst&#232;mes alternatifs au capitalisme sont possibles, mais surtout que nous ayons les moyens de le d&#233;montrer en socialisant une partie de ce capital priv&#233;. C'est l&#224; que la lutte des classes intervient ! C'est l&#224; aussi que le probl&#232;me strat&#233;gique se pose. Car &#233;videmment les d&#233;tenteurs de ce capital contr&#244;lent aussi en partie l'appareil d'&#233;tat (sa partie coercitive, mais aussi &#233;ducative) et sont aussi possesseurs des m&#233;dias de masse et influencent la majorit&#233; des partis politiques. Le probl&#232;me strat&#233;gique peut se r&#233;sumer ainsi : comment enl&#232;ve-t-on du pouvoir aux d&#233;tenteurs du capital ou en tout cas &#224; ceux qui repr&#233;sentent leurs int&#233;r&#234;ts au sein de l'appareil d'&#233;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El&#233;ments de d&#233;cors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes facettes de la crise du capitalisme (&#233;conomique, &#233;cologique, d&#233;mocratique, n&#233;o-imp&#233;rialisme) ont largement &#233;t&#233; d&#233;battues. Je ne vais ici seulement d&#233;gager quelques points de d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par la crise contemporaine du capitalisme. Le mot m&#234;me de &#171; crise &#187; est trompeur, car le capitalisme fait face &#224; des probl&#232;mes structuraux depuis le d&#233;but des ann&#233;es 70. Les crises successives ne sont que les indicateurs des &#233;checs des politiques successives, qui visaient &#224; surmonter ces contradictions. Rappelons rapidement les trois grandes contradictions auquel l'accumulation du capital fait face : (i) la baisse tendancielle du taux de profit (ii) la suraccumulation du capital (iii) l'absence de r&#233;alisation de la plus-value du fait d'une sous-consommation. Les auteurs marxistes ne sont pas tous d'accord sur une analyse des causes ultimes des crises contemporaines. Je n'ai pas les connaissances pour trancher ce d&#233;bat, si tant est qu'il puisse &#234;tre ais&#233;ment tranch&#233;. Je vais seulement clarifier quelques points conceptuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la baisse tendancielle peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e de deux fa&#231;ons : une vision purement &#233;conomique qui consiste &#224; penser que le taux de profit doit baisser sur une longue p&#233;riode ou une vision philosophique qui voit dans cette tendance une contradiction, qui peut &#234;tre momentan&#233;ment surmont&#233;e qu'au prix de l'&#233;mergence d'autres contradictions. Je penche pour la seconde interpr&#233;tation. La remont&#233;e des taux de profits avec la lib&#233;ralisation des ann&#233;es 80 n'est pas une preuve que cette contradiction ne p&#232;se pas. Au contraire, elle d&#233;montre selon moi que la lib&#233;ralisation des ann&#233;es Tatcher et Reagan qui ont atteint l'Allemagne et la France plus progressivement, ne r&#233;pondait pas &#224; une id&#233;ologie hors-sol d'&#233;conomistes n&#233;olib&#233;raux incons&#233;quents, mais bien &#224; une n&#233;cessit&#233; entendue pour la classe dominante de restaurer ses profits. La conception que l'on a des causes de cette lib&#233;ralisation a &#233;videmment des cons&#233;quences sur la possibilit&#233; ou non d'un capitalisme &#224; visage humain. Soit la lib&#233;ralisation des ann&#233;es 80 n'&#233;tait pas absolument n&#233;cessaire &#224; la survie du capitalisme et on peut envisager le retour d'un capitalisme des 30 glorieuses avec un rapport plus favorable au travail (hypoth&#232;se n&#233;o-r&#233;formiste), soit on pense qu'un capitalisme &#224; visage humain n'est pas durablement possible pour le capitalisme lui m&#234;me (hypoth&#232;se n&#233;o-r&#233;volutionnaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'analyse des poids respectifs des diff&#233;rents processus, il faut aussi &#233;viter l'&#233;cueil d'une analyse trop macro&#233;conomique. Par exemple, &#224; mon sens la hausse du taux d'&#233;pargne moyen ne veut pas dire qu'il n'y a pas de probl&#232;me de sous-consommation d'une partie de la population. Les moyennes sont souvent trompeuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venons-en &#224; la crise actuelle. La cha&#238;ne des &#233;v&#232;nements semble &#234;tre la suivante : on a augment&#233; le taux d'exploitation des salari&#233;s en comprimant les salaires, en d&#233;truisant du capital fixe (fermeture d'usine), en d&#233;localisant et en innovant. Ce processus produit une s&#233;rie de probl&#232;mes : sous-consommation d'une partie de la population, suraccumulation du capital ne pouvant alors plus tout r&#233;investir dans l'&#233;conomie r&#233;elle et modification des rapports de productions entre grands ensembles (&#233;mergence de la Chine, de l'Inde et du Br&#233;sil, centralit&#233; de la production p&#233;trolif&#232;re au Moyen-Orient). La suraccumulation du capital a d&#233;bouch&#233; sur les bulles financi&#232;res &#224; r&#233;p&#233;tition dont la derni&#232;re a &#233;clat&#233; en 2008. Le capital se survalorise par rapport &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Or seul le travail produit de la plus-value. S'il n'y a pas passage par la production, l'argent accumul&#233; est fictif ce qui conduit &#224; un &#233;clatement de la bulle. Normalement, une grande partie de l'argent des capitalistes aurait d&#251; s'&#233;vaporer, mais ils ont r&#233;ussi &#224; faire payer en partie les &#233;tats ; ce qui d&#233;bouche sur une crise de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les conclusions &#224; tirer de cette courte analyse &#233;conomique ? D'abord, la crise &#233;conomique est structurelle et les r&#233;pits seront toujours de plus courtes dur&#233;es. La r&#233;solution m&#234;me partielle de ces contradictions passe par plus d'exploitation (antinomique d'une exigence d'&#233;mancipation) et plus de consommation (antinomique d'une exigence &#233;cologique). Une r&#233;solution plus durable serait une destruction drastique du capital par une guerre mondiale (version pessimiste) ou l'apparition d'innovations technologiques majeures (version optimiste). En effet, le taux de profit est maximal a priori pour les nouveaux champs d'exploitation. C'est pour cette raison qu'il existe une pression &#233;norme pour mettre la science au service des multinationales. Ces tendances actuelles et futures ont des cons&#233;quences concr&#232;tes sur la r&#233;organisation objective et subjective du prol&#233;tariat (ceux qui ne vivent que de la vente de leur force de travail). Nous y reviendrons. Pour autant, une crise ultime du capital &#224; l'&#233;chelle mondiale ne va pas de soi. Le syst&#232;me a montr&#233; qu'il disposait de ressources politiques pour repousser ses limites. Nombreux sont ceux qui ont cru trop vite que la crise de la dette se traduirait par une explosion de l'Union europ&#233;enne, qui finalement tarde bien &#224; advenir. Il nous faut donc toujours &#234;tre prudents quant aux &#233;volutions possibles du capitalisme y compris en ce qui concerne ses capacit&#233;s redistributives sur de courtes p&#233;riodes ou dans des endroits sp&#233;cifiques (e.g Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;organisation de la lutte des classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes comporte deux dimensions, l'une objective, l'autre que je qualifierais de subjective. Je red&#233;finirais le caract&#232;re objectif comme suit : il existe des int&#233;r&#234;ts contradictoires, entre d'un c&#244;t&#233; l'ensemble des citoyens, qui vive de leur force de travail manuel ou intellectuel et de l'autre c&#244;t&#233; ceux qui vivent de l'accumulation pass&#233;e de leur capital (i.e. les rentiers)[1]. Les politiques &#233;conomiques au moins celles de l'UE ne visent qu'&#224; d&#233;fendre les rentiers, qui sont aussi les d&#233;tenteurs des dettes des &#233;tats. La transformation du capitalisme concurrentiel en capitalisme monopolistique (Poulantzas en fait une description assez juste) a eu deux cons&#233;quences : le capital devient de plus en plus social (au sens o&#249; il est partag&#233; par une classe de capitalistes) et il y a une imbrication entre le capital financier et industriel. Ces r&#233;organisations du capital ne sont pas r&#233;centes, mais elles s'accentuent avec la lib&#233;ralisation toujours plus grande du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci a un certain nombre de cons&#233;quences possibles sur la fa&#231;on dont les plus riches s'organisent en tant que classe &#224; l'&#233;chelle mondiale et sur l'imp&#233;rialisme. L'intrication des capitaux produit une solidarit&#233; objective des capitalistes entre eux. Les groupes se livrent toujours &#224; une concurrence f&#233;roce en tout cas dans les secteurs non monopolistiques, mais derri&#232;re les groupes en concurrence, il y a parfois les m&#234;mes actionnaires. La conscience de classe des dominants en ressort renforc&#233;e. Mais il est aussi possible que cela ait des cons&#233;quences sur les possibles contradictions interimp&#233;rialistes. Les grands groupes ont encore besoin tr&#232;s fortement des &#233;tats pour s'arroger des parts de march&#233; ou des ressources naturelles dans les pays domin&#233;s. Un imp&#233;rialisme n&#233;ocolonial continue de jouer au Moyen-Orient (r&#244;le d'Isra&#235;l, guerre en Irak, guerre en Syrie, pression sur l'Iran) ou en Afrique (intervention au Mali ou en Libye...). Mais par contre, la classe capitaliste devient de plus en plus homog&#232;ne du fait de l'intrication du capital, ce qui fait que les grandes tensions interimp&#233;rialistes devraient &#234;tre limit&#233;es[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a aussi pour cons&#233;quence que la classe dominante n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; un retour sur des espaces nationaux, c'est pourquoi elle est tant attach&#233;e &#224; l'Europe et aux accords de libre-&#233;change. Dans ce cadre-l&#224;, l'usage de la rh&#233;torique nationaliste semble se d&#233;velopper &#224; contretemps. Elle est de nature diff&#233;rente de celle faite dans les ann&#233;es 20 ou 30, puisqu'elle ne correspond pas &#224; un int&#233;r&#234;t objectif pour les classes dominantes. Ce n'est pas le cas de la rh&#233;torique anti-immigr&#233;e : outre que c'est un bouc &#233;missaire toujours utile face &#224; la d&#233;gradation des conditions de vie des classes moyennes, cela permet d'avoir une sous-classe de salari&#233;s plus facilement exploitables &#233;conomiquement. Ces processus ont donc potentiellement des cons&#233;quences contradictoires en ce qui concerne les liens entre classes dominantes et partis n&#233;ofascistes. Le FN encore plus qu'Hitler et Mussolini n'est pas le premier choix des classes dominantes, par contre elles peuvent faire in fine le choix du fascisme, si ceux qui sont pr&#232;s &#224; s'attaquer &#224; elles s'approchent trop du pourvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette classe dominante est encore plus coh&#233;rente qu'avant, mais elle dispose aussi d'une base objective plus petite en taille. En effet, une partie des classes interm&#233;diaires, comme les fonctionnaires, mais aussi les m&#233;decins, juges, ou petits entrepreneurs sont percut&#233;s par les logiques ultralib&#233;rales. La base sociale de la droite traditionnelle comme celle de la gauche r&#233;formiste s'amenuise donc. Cette tension entre la classe dominante et son ancienne base sociale produit structurellement une instabilit&#233; politique dans les pays de tradition d&#233;mocratiques. On peut entrevoir plusieurs solutions pour les classes dominantes pour maintenir malgr&#233; tout son h&#233;g&#233;monie. Toutes ces solutions passent des attaques frontales contre la d&#233;mocratie : promouvoir des dirigeants populistes comme Sarkozy, donner le pouvoir &#224; la technocratie europ&#233;enne, se servir des partis n&#233;ofascistes comme v&#233;ritable chien de garde de leur int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario, les classes exploit&#233;es &#233;conomiquement n'ont jamais &#233;t&#233; aussi majoritaires. La classe ouvri&#232;re sensu stricto a explos&#233; num&#233;riquement avec l'industrialisation de la Chine, l'Inde, l'Asie du Sud-Est ou de l'Am&#233;rique latine. En Europe, la classe ouvri&#232;re traditionnelle et ses bastions ont diminu&#233; avec la d&#233;sindustrialisation. Mais le pr&#233;cariat g&#233;n&#233;ralis&#233; a fait entrer une partie des classes interm&#233;diaires dans une logique de prol&#233;tarisation, notamment en ce qui concerne les travailleurs intellectuels : chercheurs, artistes, enseignants, journalistes...Ceci est d'autant plus critique que l'acquisition de connaissances et la marchandisation de celles-ci sont des points cl&#233;s pour les classes dirigeantes. Enfin plus le droit du travail est attaqu&#233; aux USA et en Europe, plus on assiste &#224; un retour d'une classe ouvri&#232;re industrielle classique notamment en Allemagne et surtout aux USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les classes domin&#233;es sont plus divis&#233;es que jamais et leurs organisations politiques et syndicales traditionnelles traversent une crise majeure notamment en Europe. Avant d'entrer dans les raisons subjectives de la faiblesse des classes domin&#233;es qui expliquent en grande partie nos difficult&#233;s, on peut citer au moins deux raisons objectives : les nouveaux processus de production produisent plus d'isolement et d'individuation des t&#226;ches, ce qui limite la coh&#233;sion des travailleurs et le d&#233;veloppement du racisme divise durablement les classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure cette partie, une t&#226;che strat&#233;gique pour notre camp est de r&#233;unifier le monde syndical et de le r&#233;nover de fa&#231;on &#224; mieux d&#233;fendre les pr&#233;caires et les ch&#244;meurs. Une id&#233;e centrale est de multiplier les comit&#233;s de luttes unitaires impliquant largement les salari&#233;s en lutte et les populations concern&#233;es. Il faut absolument d&#233;senclaver les luttes pour qu'elle d&#233;passe leur sp&#233;cificit&#233; cat&#233;gorielle et renforcer le sentiment d'int&#233;r&#234;t commun entre diff&#233;rentes cat&#233;gories de salari&#233;s. Le renforcement des unions locales ou des unions d&#233;partementales est aussi un point important, car cela permet de mieux mailler le territoire et de combattre la strat&#233;gie de sous-traitance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bataille pour l'h&#233;g&#233;monie culturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entends par conditions &#034;subjectives&#034;, la fa&#231;on dont les acteurs sociaux se per&#231;oivent eux m&#234;me. La distinction objective/subjective est s&#251;rement &#224; revoir, mais je l'utilise faute d'avoir un meilleur cadre. Il existe toujours une inad&#233;quation entre les contradictions objectives de l'exploitation et la fa&#231;on dont chaque acteur se per&#231;oit dans la soci&#233;t&#233;. Une partie de cette inad&#233;quation provient de l'h&#233;g&#233;monie culturelle des classes dominantes, qui arrivent toujours &#224; justifier moralement l'oppression sexiste ou raciste et l'exploitation &#233;conomique. Une autre composante provient des conditions de vie propres &#224; chaque individu. On peut sch&#233;matiquement distinguer (1) les conditions de travail (ouvrier, intellectuel, niveau de salaire, CDI ou CDD) (2) le capital culturel (niveau d'&#233;ducation) (3) l'histoire individuelle et familiale. Le poids de l'histoire collective mod&#232;le les histoires individuelles et r&#233;organise les rapports entre classe en soi et classe pour soi. C'est notamment pour cela que les relations entre classe sociale et comportement &#233;lectoral sont complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire r&#233;gresser l'h&#233;g&#233;monie des classes dominantes, il faut proposer une contre-culture, qui combat les oppressions et l'exploitation. Nous devons commencer par r&#233;affirmer en positif des &#034;valeurs&#034; : la force du triptyque &#034;Libert&#233;, Egalit&#233;, Fraternit&#233;&#034; contre le &#034;Travail, Famille, Patrie&#034; ou &#034;Performance, Comp&#233;tition, Consommation&#034;. Mais il est aussi n&#233;cessaire de d&#233;terminer les grandes lignes des strat&#233;gies des classes dominantes pour les d&#233;samorcer. On peut lister une s&#233;rie de strat&#233;gies/arguments qui sont cl&#233;s dans la bataille id&#233;ologique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nature humaine : La fa&#231;on la plus efficace de justifier une position dominante d'oppression ou d'exploitation est de la rendre naturelle. Les exemples sont pl&#233;thores : les hommes dominent les femmes, car ils sont plus forts physiquement, la reproduction n&#233;cessite un homme et une femme donc l'homosexualit&#233; n'est pas naturelle, dans le monde naturel, les plus forts gagnent...Toutes ces propositions sont fausses (y compris la derni&#232;re qui n'a rien &#224; voir avec le darwinisme). La science moderne (anthropologie et biologie) les invalide toutes, mais m&#234;me si ce n'&#233;tait pas le cas, il n'y a aucune raison philosophique &#224; ce que le naturel devienne principe &#233;thique. Nous devons faire un vrai travail sur ces questions, car de nombreux reculs nous guettent. Pour cela, il ne faut en aucun cas abandonner l'hypoth&#232;se rationaliste issue des lumi&#232;res. Les scientifiques ont donc un r&#244;le sp&#233;cifique &#224; jouer, qu'il nous faut en aucun cas minorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mythe de l'individualit&#233; : L'homme construit par l'id&#233;ologie capitaliste n'existe pas. L'homme n'est jamais un atome libre qui ne vise qu'&#224; la satisfaction de ces besoins mat&#233;riels par la consommation. Tout est faux dans cette proposition. L'homme est une esp&#232;ce sociale, dont l'individualit&#233; ne se construit que par des rapports sociaux. Ces actes sont rarement motiv&#233;s par les seuls int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels. Ses actions sont motiv&#233;es avant tout par des raisons morales ou inconscientes, qui sont socialement construites. Et les besoins mat&#233;riels ne sont pas tous satisfaits par une consommation de type capitaliste. De nombreux autres modes d'&#233;changes existent bien heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diviser pour mieux r&#233;gner : le racisme et le sexisme sont les poisons les plus utiles aux classes dominantes. Elles permettent d'&#233;viter de se liguer contre ceux qui profitent du syst&#232;me : les 1% les plus riches. L'&#233;galit&#233; des droits est un pr&#233;alable important qui a &#233;t&#233; largement acquis par les luttes. Or cette &#233;galit&#233; de droit est mise &#224; mal par des politiques de discrimination, qui touchent par exemple les musulmans ou les roms. L'&#233;galit&#233; de fait est aussi loin d'&#234;tre acquise m&#234;me quand l'&#233;galit&#233; de droit l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strat&#233;gie TINA (There is no alternative) : Cette strat&#233;gie vise &#224; saturer les espaces m&#233;diatiques du m&#234;me discours expliquant qu'aucune alternative aux politiques actuelles n'est possible : payer la dette, baisser le co&#251;t du travail, travailler plus...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strat&#233;gie du choc : Le terme vient du livre &#233;ponyme de N. Klein. L'id&#233;e est que pour faire passer des mesures antipopulaires comme les r&#233;formes du travail ou les politiques d'aust&#233;rit&#233;, il faut mettre les populations en &#233;tat de sid&#233;ration. Cela passe par des rh&#233;toriques sur la crise, sur la guerre des civilisations, la menace rouge. Cette strat&#233;gie se caract&#233;rise par un passage en force caract&#233;ris&#233;, quelles que soient les r&#233;sistances : Mineurs en Grande-Bretagne, retraites en France 2003 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure sur cette lutte h&#233;g&#233;monique, nous ne partons pas de rien et il existe des &#233;l&#233;ments positifs comme n&#233;gatifs dans les &#233;volutions r&#233;centes. L'id&#233;e d'esp&#233;rance et d'&#233;mancipation est encore tenace. De nombreuses structures actuelles comme la s&#233;curit&#233; sociale sont les preuves vivantes que des alternatives existent. Par ailleurs, les m&#233;dias sont en profonde mutation ce qui rend leur contr&#244;le par les classes dominantes plus difficiles. Ces mutations produisent aussi un morc&#232;lement id&#233;ologique o&#249; chacun fait son march&#233; aux id&#233;es. Le risque d'un populisme liquide (le terme est de R. Liogier) est r&#233;el. D'autre part, il n'a jamais exist&#233; autant de productions intellectuelles issues d'un prol&#233;tariat intellectuel grandissant, qui peut porter des alternatives id&#233;ologiques. Nous assistons aussi structurellement &#224; une baisse du racisme, du sexisme ou de l'homophobie, si l'on compare les id&#233;es aujourd'hui et il y a 50 ans. Les mutations de la famille rendent plus difficile le retour &#224; une id&#233;ologie patriarcale. Enfin, l'&#233;mergence des questions &#233;cologiques d&#233;montre en positif que des luttes concr&#232;tes port&#233;es par le monde associatif peuvent modifier l'agenda intellectuel des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je finirais cette partie sur l'h&#233;g&#233;monie politique par les moyens de mettre en oeuvre une contre-offensive et de reprendre la main. Cela passe par l'&#233;mergence de m&#233;dias alternatifs comme Bastamag ou Mediapart, la vulgarisation les pens&#233;es critiques aupr&#232;s du plus grand nombre et la m&#233;diatisation des luttes pr&#233;sentes et pass&#233;es, qui d&#233;montrent en quoi cela paye de se battre. Mais nous devons aussi &#233;tablir des passerelles avec les artistes et combattre l'isolement des populations issues de l'immigration qui subissent le racisme et la discrimination. Pour toutes ces raisons, il faut &#234;tre tr&#232;s attentif aux luttes des intermittents, aux restructurations dans la presse, aux luttes pour le mariage pour tous ou contre l'islamophobie. Ces questions sont loin d'&#234;tre annexes par rapport &#224; la lutte &#233;conomique, elles jouent un r&#244;le central pour l'h&#233;g&#233;monie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte politique pour le contr&#244;le de l'appareil d'&#233;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision des d&#233;bats strat&#233;giques que j'ai mis en avant concerne la vis&#233;e &#233;mancipatrice, la lutte id&#233;ologique qui passe par des luttes politiques &#233;cologistes, antiracistes ou f&#233;ministes et les luttes syndicales. Mais je pense que si ces luttes sont n&#233;cessaires pour inverser le rapport de force &#233;conomique et id&#233;ologique, il faut traiter la question sp&#233;cifique de l'&#233;tat et de son appareil pour aller jusqu'au bout de la dimension politique de la question strat&#233;gique. Du fait de l'internationalisation des rapports de production, il est absolument n&#233;cessaire de traiter en m&#234;me temps la question de l'&#233;tat national et celle de l'internationalisme et des rapports de force g&#233;opolitique. C'est l&#224; que se situe le principal verrou du probl&#232;me strat&#233;gique. On aurait tort de croire que ces questions ne se posent pas, car nous sommes durablement &#233;loign&#233;s du pouvoir. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que nous ne nous les posons pas suffisamment que nous risquons de demeurer &#233;loign&#233;s du pouvoir. Les &#233;checs des pays communistes ou des gouvernements r&#233;formistes ont produit une m&#233;fiance salutaire des marxistes r&#233;volutionnaires vis-&#224;-vis du pouvoir institutionnel. Mais cette m&#233;fiance si elle n'est pas d&#233;pass&#233;e, nous cantonnera &#224; l'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas de r&#233;volution &#233;co-socialiste sans prendre l'appareil d'&#233;tat et elle ne pourra pas avoir lieu &#224; terme que dans un seul pays. Les classes dominantes fran&#231;aises ne se laisseront pas facilement d&#233;poss&#233;der et quand bien m&#234;me elle le ferait, les gendarmes du monde que sont les classes dominantes am&#233;ricaines ne le laisseront pas faire facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons d'abord comment le rapport de force peut changer dans un pays comme la France. Nous devons une perspective politique majoritaire et les sc&#233;narios institutionnels afin de la rendre possible. Dans un pays o&#249; la tradition parlementaire est ancienne, cela passera tr&#232;s probablement par des victoires &#233;lectorales. Pour les obtenir, nous devons travailler &#224; l'&#233;mergence d'un bloc de pouvoir alternatif rassemblant tous ceux qui ne profitent pas de la dictature &#233;conomique impos&#233; par les multinationales. Ce bloc doit rassembler ch&#244;meurs, immigr&#233;s, salari&#233;s, mais aussi petits commer&#231;ants, artisans, artistes, fonctionnaires, intellectuelles, &#233;cologistes. Il faut traduire politiquement cette alliance dans un front politique, associatif et syndical large. Il est probablement illusoire en France de croire que cette traduction se fera ex nihilo en dehors des partis actuels (hypoth&#232;se NPA ou Podemos). Mais nous devons rester prudents, les crises politiques peuvent produire des situations particuli&#232;res. Vu l'importance de la crise &#233;cologique, les &#233;cologistes devront prendre une place centrale dans ce front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce front ne doit pas &#234;tre domin&#233; politiquement par les forces les plus &#224; droite de cet axe, qui sont forc&#233;ment interclassiste et qui in fine renonceront que leur programme politique, mais surtout que leurs actes s'attaquent &#224; la dictature actuelle du capital. La gauche r&#233;formiste voit sa base dispara&#238;tre notamment du fait qu'elle n'est m&#234;me plus r&#233;formiste et qu'elle m&#232;ne pratiquement &#224; la m&#234;me politique &#233;conomique que la droite. Il faut donc profiter de cette situation, mais la recomposition ne doit pas se faire autour des d&#233;bris du PS (hypoth&#232;se h&#233;las possible et qui menace le FDG), elle doit se faire &#224; sa gauche et entra&#238;ner ces d&#233;bris sur ses propres bases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me pr&#233;sidentiel de la V&#232;me R&#233;publique verrouille durablement le pouvoir. Par cons&#233;quent, nous devons mettre au coeur de nos revendications, la question d&#233;mocratique et l'exigence d'une VI&#232;me R&#233;publique. Cette exigence est d'autant plus importante que toutes les strat&#233;gies des classes dominantes passent par une r&#233;duction des acquis d&#233;mocratiques dans la d&#233;mocratie parlementaire (r&#244;le de l'Europe et des m&#233;tropoles), mais aussi dans la d&#233;mocratie sociale (droit du travail). Pour que ces perspectives puissent &#234;tre mobilisatrices, nous devons mettre en avant l'acquisition de nouveaux droits (droit de vote des &#233;trangers, &#233;galit&#233; homme-femme, droit &#224; la sant&#233; ou logement) et renforcer les contre-pouvoirs (droit de r&#233;voquer les &#233;lus, assembl&#233;e de quartiers, droits des citoyens et des salari&#233;s sur le fonctionnement des services publics).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, il faut mettre en mouvement une proportion significative de la population et ce pas seulement dans des p&#233;riodes particuli&#232;res (type gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale), mais dans un processus long de mobilisations successives, d'auto organisation dans la dur&#233;e et d'&#233;mergence de pratiques alternatives (processus de gr&#232;ve de masse, assembl&#233;es citoyennes, comit&#233; de luttes, scop, AMAP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France les outils pour mettre en oeuvre cette strat&#233;gie sont d&#233;j&#224; en place. Une alliance est possible entre FDG, NPA, EELV, Nouvelle Donne et gauche du PS. Pour combattre les politiques d'aust&#233;rit&#233;, un front politique et social associant les associations, les syndicats et les partis a &#233;merg&#233; (collectif 3A). L'exigence de la VI&#232;me r&#233;publique a &#233;t&#233; pos&#233;e dans le d&#233;bat public par le mouvement M6R. Les luttes locales et les pratiques alternatives sont bien vivantes sur tout le territoire et le tissu associatif bien que malmen&#233; dispose encore de r&#233;activit&#233; (mais pour combien de temps ?). Je vais essayer pour conclure de faire une liste non exhaustive des t&#226;ches qui nous attendent pour faire advenir cette alternative :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout d'abord, nous devons retrouver la confiance dans notre capacit&#233; &#224; gagner, les luttes sociales sont encore sous le coup de la grande d&#233;faite des retraites de 2010. Cette d&#233;faite n'en est d'ailleurs par compl&#232;tement une. Cette lutte a stopp&#233; les contre-r&#233;formes de Sarkozy et elle a permis qu'il ne soit pas r&#233;&#233;lu et elle a plong&#233; le camp de la droite dans la crise. La France a par ailleurs &#233;t&#233; moins attaqu&#233;e socialement que l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie. Nos luttes n'y sont pas pour rien. Quand nous gagnons des points dans la guerre de classe, il faut &#233;viter de faire le jeu de notre adversaire en transformant une absence de victoire en une grande d&#233;faite. Par ailleurs, toute victoire doit &#234;tre m&#233;diatis&#233;e. Toute lutte et r&#233;sistance doit nous amener &#224; d&#233;velopper une solidarit&#233; sans faille. Il faut enfin &#234;tre le plus unitaire possible et &#233;viter toute querelle de chapelle qui ne correspondrait pas &#224; des divergences strat&#233;giques insurmontables. Pour bien commencer l'ann&#233;e, la CGT, la FSU, Solidaires et FO devraient lancer un signal unitaire et proposer un agenda de mobilisations d'ampleur contre l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos pratiques politiques doivent &#234;tre r&#233;nov&#233;es pour renouer le fil rompu entre citoyens en militants politiques. Nous devons &#234;tre intransigeants avec la captation de pouvoir (non-cumul et rotation des mandats). Mais, nous devons aussi nous inscrire en faux dans la logique mortif&#232;re du &#034;Tous pourri&#034;, qui ne profitent qu'au FN. Des fa&#231;ons de faire de la politique autrement se d&#233;veloppent dans certaines municipalit&#233;s. Il faut populariser ces exemples et surtout convaincre nos citoyens que cela passera par leurs actions &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour l'h&#233;g&#233;monie politique doit &#234;tre men&#233;e sans aucune concession. Nous devons apprendre &#224; imposer les sujets politiques mis &#224; l'agenda m&#233;diatique. Quand c'est possible, les m&#233;dias traditionnels doivent &#234;tre court-circuit&#233;s par une action militante directe dans chaque quartier. Nous devons utiliser tous les supports : internet, vid&#233;os, m&#233;dias alternatifs, film, oeuvre d'art. Nous devons cibler les points importants de l'argumentaire du camp du capital list&#233; pr&#233;c&#233;demment sur la nature humaine, l'absence d'alternative, le racisme, le sexisme...Nous devons marteler notre argumentaire sur des points importants comme la dette, l'euro et imposer un agenda alternatif &#224; celui concernant la comp&#233;titivit&#233; des entreprises, sur les in&#233;galit&#233;s de patrimoine, la souffrance au travail, la d&#233;gradation de l'acc&#232;s au soin ou &#224; l'&#233;cole et sur la sant&#233; de la plan&#232;te. Dans ce contexte, le combat contre le racisme est une t&#226;che absolument centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons assumer un sch&#233;ma de d&#233;passement du capitalisme avec une phase transitoire, le tout en tenant compte de la dimension internationale. En France, nous devons d&#232;s maintenant proposer d'ici 2017 une alliance de toutes les forces &#224; gauche du PS avec pour 2017 une primaire de l'autre gauche. La campagne pr&#233;sidentielle devra &#234;tre une campagne de classe contre les 1% qui dirigent ce pays (et pas contre le 1% allemand ou am&#233;ricain). Cette campagne devra aussi &#234;tre une campagne pour une VI&#232;me R&#233;publique &#233;cologiste, d&#233;mocratique et solidaire. Nous devrons faire barrage au FN quel qu'en soit le prix. Le FN est un parti fasciste qui une fois au pouvoir utilisera l'arm&#233;e et la police, pour partie d&#233;j&#224; id&#233;ologiquement gagn&#233;e &#224; sa cause, pour faire taire toute revendication politique et syndicale de gauche. Une fois au pouvoir localement comme nationalement, ils ne le rendront pas si facilement. Nous devons &#234;tre tr&#232;s clairs entre nous face &#224; ce risque r&#233;el. La situation internationale est centrale et devra &#234;tre prise en compte tr&#232;s s&#233;rieusement. Un basculement &#224; gauche est possible dans les pays les plus touch&#233;s par l'aust&#233;rit&#233; (Espagne, Gr&#232;ce). Ce basculement a eu lieu dans une grande partie de l'Am&#233;rique latine au cours de la d&#233;cennie pass&#233;e. Un basculement m&#234;me partiel est de nature &#224; changer le climat politique dans un sens (pouss&#233;e de la gauche non socialiste) ou dans un autre (pouss&#233;e de l'extr&#234;me droite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si jamais en Gr&#232;ce ou en France, nous parvenons &#224; &#234;tre majoritaires dans les urnes. Les probl&#232;mes strat&#233;giques ne feront que vraiment commencer. Il faudra attaquer suffisamment les classes dominantes pour leur imposer des grandes r&#233;formes &#233;cologiques et sociales qui changent le rapport de force et r&#233;duisent les in&#233;galit&#233;s. Mais en m&#234;me temps, il faudra &#233;viter un affrontement trop rapide et frontal, qui peut conduire &#224; une faillite &#233;conomique ou &#224; un coup d'&#233;tat militaire. Dans ce travail, l'appareil d'&#233;tat n'est pas neutre, il est du c&#244;t&#233; des dominants, mais nous ne pouvons pas pour autant le casser compl&#232;tement, car un pays ne se g&#232;re pas sans un appareil d'&#233;tat efficient. Nous devons penser &#224; toutes les &#233;tapes transitoires et au moyen de faire basculer d'autre pays europ&#233;ens. Un syst&#232;me alternatif prendra du temps &#224; se mettre en place et n'est probablement viable qu'&#224; l'&#233;chelle du continent. Les pistes pour organiser une telle transition existent. Il faut armer l'immense majorit&#233; de droits d&#233;mocratiques, de contr&#244;les de la production, de d&#233;lib&#233;ration sur l'am&#233;nagement du territoire. Les nouveaux moyens de communications et la r&#233;duction du temps de travail doivent permettre ces r&#233;organisations. Il faut les armer par l'enseignement et la formation permanente. Il faut limiter par la loi les &#233;carts de revenu et d&#233;valoriser le patrimoine des tr&#232;s riches pour en finir avec les in&#233;galit&#233;s de patrimoine (i.e baisse des loyers, r&#233;quisition des logements vides, hausse des imp&#244;ts). Enfin il faut planifier une r&#233;organisation de l'&#233;conomie : d&#233;velopper les &#233;nergies renouvelables, relocaliser la production agricole et industrielle, et d&#233;velopper un r&#233;seaux de production et de commercialisation coop&#233;ratif. Cette planification doit &#234;tre d&#233;centralis&#233;e pour s'adapter aux mieux aux exigences locales. Elle pourra se financer gr&#226;ce &#224; l'&#233;pargne pour financer l'investissement. Pour &#233;viter le mur d'argent, le plus simple est de taxer tr&#232;s fortement tout transfert fiscal vers l'&#233;tranger. Il n'est pas n&#233;cessaire de s'attaquer frontalement aux petits entrepreneurs, ni au march&#233; local. Ceux qui produiront de fa&#231;on &#233;cologique sans exploiter leurs salari&#233;s et qui leur donneront des droits dans l'orientation de l'entreprise seront favoris&#233;s. Une partie de la sph&#232;re priv&#233;e dispara&#238;tra d'elle m&#234;me du fait du renforcement des services publics. Il faudra par contre les &#233;largir en resocialisant certains secteurs cl&#233;s comme l'eau, les transports, l'&#233;nergie, l'industrie pharmaceutique. Bref, il faudra juste mettre en oeuvre le programme de l'humain d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci para&#238;t utopique, pourtant l'histoire nous enseigne le contraire. Une r&#233;volution en 1917 a t&#233;tanis&#233; le monde capitaliste et a eu une s&#233;rie d'immenses cons&#233;quences sur le monde, notamment la fin de la premi&#232;re guerre mondiale. Les r&#233;voltes de 68 se sont propag&#233;es comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, comme celles de 1848 avant elles, ou plus r&#233;cemment la r&#233;volution bolivarienne ou les r&#233;volutions arabes. Le probl&#232;me n'est pas dans l'&#233;mergence de situations r&#233;volutionnaires que les contradictions du capitalisme produisent d'elles-m&#234;mes ni dans la propagation de celles-ci, mais bien dans notre capacit&#233; &#224; faire en sorte que ces situations d&#233;bouchent sur un changement radical qui ne se transforme pas en chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir aux 99%&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je veux r&#233;sumer ma m&#233;thode et mes r&#233;flexions qui n'ont rien de r&#233;volutionnaire, je consid&#232;re qu'il y a quelques &#233;l&#233;ments cl&#233;s. Pour retrouver une h&#233;g&#233;monie, il faut produire un nouveau discours sur la lutte des classes entre d'un c&#244;t&#233; ceux qui vivent de leur force de travail et les rentiers. Ce discours, le mouvement &#034;Occupy Wall Street&#034; l'a parfaitement symbolis&#233; avec le 1% et les 99%. Il faut convaincre les 99% que le 1% fait n'importe quoi, qu'il vont d&#233;truire nos vies et la plan&#232;te. Ensuite, il faut assumer une triple strat&#233;gie de luttes sociales &#224; tous les niveaux associatives et syndicales, de luttes id&#233;ologiques et de luttes institutionnelles et cesser de les opposer. Le troisi&#232;me point est d'assumer un discours antiraciste, antisexiste et internationaliste et d'&#233;viter tout ce qui peut nous diviser. Stigmatiser l'Allemagne ou les USA en tant que tels, ou les musulmans du fait de leurs croyances c'est faire une erreur gravissime. Enfin, nous ne devons pas avoir peur de dire que nous voulons contr&#244;ler collectivement l'appareil d'&#233;tat pour planifier la transition &#233;cologique et reprendre aux usuriers toutes les richesses qui nous ont &#233;t&#233; vol&#233;es. Pour cela, nous devons sortir de notre infantilisme et assumer notre volont&#233; de gagner des &#233;lections. Pour cela, il faut trouver le bloc majoritaire qui peut nous y mener, celui-ci est tr&#232;s large (les 99%) mais n'a pas conscience de lui m&#234;me. Il faut donc que cette conscience se construise au cours des luttes politiques et sociales. Mais la confiance ne peut revenir sans l'unit&#233; la plus large. Enfin, les risques de trahison et de collaboration avec le 1% existeront toujours dans ce processus. La seule garantie c'est la d&#233;mocratie, l'exigence de contre pouvoir ind&#233;pendant (syndicats, presse), et l'auto organisation du plus grand nombre (comit&#233; de base ou assembl&#233; citoyenne, commission, association). Ce n'est pas l'&#233;thique individuelle ou le pass&#233; de tel ou tel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hendrik Davi, le 21 d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cela rejoint l'analyse de T. Piketty&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Les cas russe et chinois m&#233;riteraient d'&#234;tre trait&#233;s &#224; part&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;somption d'immoralit&#233;...</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Presomption-d-immoralite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Presomption-d-immoralite</guid>
		<dc:date>2011-07-18T15:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Roger</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Violence faite aux femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#171; affaire DSK &#187; nous en apprend tous les jours beaucoup sur la fa&#231;on dont est prise en compte la parole des femmes victimes de violences et sur le sexisme ambiant de notre soci&#233;t&#233;. Petites phrases, commentaires, tout y passe. Tout le monde a son avis sur ce qui s'est pass&#233; dans la suite 2 806 du Sofitel de New York. &lt;br class='autobr' /&gt; Pourtant, aujourd'hui, personne ne le sait vraiment, sauf les deux protagonistes et la v&#233;rit&#233; sur les faits se joue donc &#224; parole contre parole, dans un duel absolument (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3215-a59d5.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#171; affaire DSK &#187; nous en apprend tous les jours beaucoup sur la fa&#231;on dont est prise en compte la parole des femmes victimes de violences et sur le sexisme ambiant de notre soci&#233;t&#233;. Petites phrases, commentaires, tout y passe. Tout le monde a son avis sur ce qui s'est pass&#233; dans la suite 2 806 du Sofitel de New York.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant, aujourd'hui, personne ne le sait vraiment, sauf les deux protagonistes et la v&#233;rit&#233; sur les faits se joue donc &#224; parole contre parole, dans un duel absolument in&#233;gal de pouvoir et d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce type de crimes et d&#233;lits, la preuve du non-consentement est tr&#232;s difficile &#224; &#233;tablir. C'est l'une des raisons pour lesquelles la majorit&#233; des femmes victimes de viol ne portent pas plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines surtout, on joue le proc&#232;s de Nafissatou Diallo, de son pass&#233; et de ses actions, esp&#233;rant y trouver une faille. M&#234;me si elle avait menti sur sa demande d'asile, cela minimiserait-il les faits suppos&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se prostituerait-elle que cela changerait-il sa position de plaignante, voire l'aurait-elle bien cherch&#233; ? Devrait-on supposer qu'elle serait une personne de seconde zone ? Sa vie n'est peut-&#234;tre pas exemplaire : est-ce suffisant pour estimer qu'elle a forc&#233;ment menti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire a &#233;t&#233; tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e mais r&#233;v&#232;le au fond quelque chose d'assez banal quant au traitement des violences faites aux femmes : la parole de la victime est syst&#233;matiquement mise en doute, ses propos minimis&#233;s et d&#233;cr&#233;dibilis&#233;s. C'est &#224; la pr&#233;sum&#233;e victime de faire la preuve de ce qui lui a &#233;t&#233; fait, la pr&#233;somption d'innocence devenant dans ce cas pr&#233;somption de cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France pr&#232;s de 75 000 femmes sont victimes de viol tous les ans, et seule une sur dix ose porter plainte, exactement pour ces raisons. Les victimes vivent g&#233;n&#233;ralement dans la honte et tentent de survivre apr&#232;s cet acte de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le viol est un crime, il est la n&#233;gation du d&#233;sir de l'autre, et d&#233;truit la personne humaine.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la m&#233;diatisation de cette affaire peut permettre &#224; certaines les femmes de s'exprimer et d'oser d&#233;noncer ce qu'elles subissent au quotidien, nous ne pouvons que les encourager et les inciter &#224; aller porter plainte si n&#233;cessaire. Lib&#233;rer cette parole est un enjeu vital pour l'&#233;mancipation des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore aujourd'hui beaucoup trop de femmes victimes de violences pour que cela ne nous regarde pas : il s'agit bien d'un probl&#232;me politique que nous devons prendre &#224; bras le corps. Il nous faudrait pour cela des moyens pour assurer la pr&#233;vention, pour multiplier les centres d'accueil pour les femmes victimes de violences. Il s'agit d'un choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les femmes ne peuvent pas attendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 111 (14/07/11)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Poutou, candidat du NPA &#224; la pr&#233;sidentielle</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Philippe-Poutou-candidat-du-NPA-a-la-presidentielle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Philippe-Poutou-candidat-du-NPA-a-la-presidentielle</guid>
		<dc:date>2011-07-18T13:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nouveau Parti anticapitaliste</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (France)</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats au sein du NPA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, en Espagne et dans l'ensemble du monde arabe, des millions de manifestants s'opposent aux politiques des classes dominantes et des Etats pour faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples. En France, le patronat, Sarkozy et son gouvernement sont engag&#233;s dans des attaques violentes et r&#233;actionnaires contre les travailleurs, les travailleuses, toutes les femmes, les jeunes et les immigr&#233;Es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le NPA n'a de cesse, depuis sa cr&#233;ation de proposer l'unit&#233; la plus large pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH124/arton3209-061f6.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, en Espagne et dans l'ensemble du monde arabe, des millions de manifestants s'opposent aux politiques des classes dominantes et des Etats pour faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples. En France, le patronat, Sarkozy et son gouvernement sont engag&#233;s dans des attaques violentes et r&#233;actionnaires contre les travailleurs, les travailleuses, toutes les femmes, les jeunes et les immigr&#233;Es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA n'a de cesse, depuis sa cr&#233;ation de proposer l'unit&#233; la plus large pour s'opposer &#224; ces attaques, d'impulser et de participer &#224; tous les cadres unitaires qui permettent d'&#234;tre utile dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion des &#233;lections qui viennent, pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives, nous voulons prolonger ces batailles quotidiennes en faisant entendre la voix des exploit&#233;Es et des opprim&#233;Es, du monde du travail, des immigr&#233;Es, des femmes, de la jeunesse, de toutes les victimes de l'aust&#233;rit&#233; mise en place par un &#201;tat soumis aux banques et au patronat, qui utilise le racisme et la x&#233;nophobie pour nous diviser. A partir des positions d&#233;battues et adopt&#233;es par notre parti depuis sa fondation, nous d&#233;fendrons un programme de rupture avec le capitalisme, pour un autre partage des richesses, pour que les salari&#233;Es et l'ensemble de la population ne paient pas la crise. C'est un programme pour les luttes, pour leur g&#233;n&#233;ralisation. C'est la seule voie, face &#224; la crise sociale, politique et &#233;cologique qui ne saurait se r&#233;soudre dans le cadre d'une alternance, du respect des institutions et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Un programme qui ne pourra &#234;tre port&#233; que par un gouvernement des travailleurs-ses, car seul leur contr&#244;le et leur intervention directe peuvent renverser le syst&#232;me et changer le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la Conf&#233;rence nationale du NPA pr&#233;sente la candidature de Philippe Poutou &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, militant du NPA, ouvrier syndicaliste qui anime depuis des ann&#233;es la lutte contre la fermeture de son entreprise face &#224; un des premiers groupes industriels mondiaux de l'automobile. Il est un candidat anticapitaliste, f&#233;ministe, &#233;cologiste, antiraciste, internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces campagnes, le NPA fera entendre une voix qui condamne sans ambigu&#239;t&#233;s les politiques d'aust&#233;rit&#233;, qu'elles soient men&#233;es par la droite ou, comme en Gr&#232;ce et en Espagne, par la gauche. Une voix totalement ind&#233;pendante du PS et de ses alli&#233;s. Le NPA exige l'annulation de la dette, l'expropriation des banques, leur socialisation en un seul service public financier sous le contr&#244;le de la population et des salari&#233;Es mobilis&#233;Es, la d&#233;fense et l'am&#233;lioration des services publics aujourd'hui attaqu&#233;s sous le pr&#233;texte de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souhaite faire entendre une voix, qui s'appuyant sur leurs mobilisations, d&#233;fende les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;Es contre les suppressions d'emplois, pour l'interdiction des licenciements, la partage du temps de travail et pour des augmentations de salaires (300 euros nets d'augmentation, aucun salaire en dessous 1600 euros nets, indexation des salaires sur les prix) et pour en finir avec la souffrance au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix qui, quelques mois apr&#232;s la catastrophe de Fukushima, exige la sortie du nucl&#233;aire et l'expropriation d'EDF, GDF-Suez, Areva, Total&#8230; en un service public permettant une planification &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix pour l'&#233;galit&#233; des droits, pour la r&#233;gularisation de tous les sans papiers, contre toutes les lois et les discours racistes, notamment la stigmatisation des Roms et des Musulmans. Une voix qui combatte le Front National, qui cache son soutien &#224; toutes les attaques capitalistes derri&#232;re un discours pseudo-social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix qui d&#233;nonce et combatte fermement l'oppression des femmes, lutte contre toutes les discriminations et violences qu'elles subissent dans la sph&#232;re publique comme priv&#233;e. Une voix qui lutte contre les discriminations que subissent les personnes lesbiennes, gays, bi, transgenres et inter sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix qui refuse la toute puissance du patronat et des banques, qui se bat pour une d&#233;mocratie r&#233;elle, comme l'exigent les Indign&#233;s de la Puerta del Sol &#224; Madrid, les manifestants grecs de la place Syntagma et les r&#233;volutionnaires du monde arabe. Une voix qui exprime sa solidarit&#233; avec toutes les luttes des opprim&#233;s, &#224; commencer par celle du peuple palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix pour construire une autre Europe, fond&#233;e non sur la concurrence mais sur la solidarit&#233;. Une Europe des travailleurs et des peuples. Une voix qui s'oppose aux interventions militaires et &#233;conomiques de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, nous ferons entendre un programme d'urgence, nous d&#233;fendrons une politique aussi fid&#232;le aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs, que la droite et l'UMP, actuellement au gouvernement, le sont aux int&#233;r&#234;ts des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons devant nous une bataille difficile et bien des obstacles. Dans un premier temps nous devons r&#233;ussir toutes et tous ensemble &#224; surmonter le barrage des 500 parrainages d'&#233;lus que la loi antid&#233;mocratique nous impose. Des divergences se sont exprim&#233;es au cours de la pr&#233;paration de la Conf&#233;rence nationale et en son sein. Notre parti doit maintenant se rassembler autour des exigences fondamentales qui nous r&#233;unissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre campagne associera une direction collective et des porte-paroles de campagne, dont nos deux porte-paroles nationales et Olivier Besancenot. Elle s'appuiera sur l'ensemble du parti. Nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent &#224; prendre leur place dans notre combat collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nanterre, le 26 juin 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le NPA en crise choisit un ouvrier de l'automobile pour candidat</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-NPA-en-crise-choisit-un-ouvrier-de-l-automobile-pour-candidat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-NPA-en-crise-choisit-un-ouvrier-de-l-automobile-pour-candidat</guid>
		<dc:date>2011-07-18T12:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;na&#239;g Bredoux</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (France)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) est plus que jamais en crise, mais il a son candidat &#224; la pr&#233;sidentielle. &lt;br class='autobr' /&gt; Le NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) est plus que jamais en crise, mais il a son candidat &#224; la pr&#233;sidentielle. Il s'appelle Philippe Poutou, 44 ans, et il est ouvrier dans l'usine automobile de Blanquefort en Gironde, menac&#233;e &#224; plusieurs reprises de fermeture avant que son ancien propri&#233;taire, le g&#233;ant am&#233;ricain Ford, ne finisse par la racheter. Tout un symbole pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-France-66-" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) est plus que jamais en crise, mais il a son candidat &#224; la pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) est plus que jamais en crise, mais il a son candidat &#224; la pr&#233;sidentielle. Il s'appelle Philippe Poutou, 44 ans, et il est ouvrier dans l'usine automobile de Blanquefort en Gironde, menac&#233;e &#224; plusieurs reprises de fermeture avant que son ancien propri&#233;taire, le g&#233;ant am&#233;ricain Ford, ne finisse par la racheter. Tout un symbole pour la jeune organisation anti-capitaliste qui esp&#232;re ainsi marquer son ancrage dans les luttes sociales et se diff&#233;rencier des autres forces de la gauche radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, l'anc&#234;tre du NPA, la Ligue communiste r&#233;volutionnaire, la LCR, avait fait un pari assez similaire en jetant Olivier Besancenot, alors totalement inconnu du grand public, dans l'ar&#232;ne m&#233;diatique et &#233;lectorale, avec pour carte de visite &#171; facteur, 27 ans &#187;. Sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision, il n'avait eu de cesse de critiquer les professionnels de la politique, r&#233;put&#233;s &#233;loign&#233;s des r&#233;alit&#233;s quotidiennes des milieux populaires, et de se placer en d&#233;fenseur des salari&#233;s, sa fiche de paie &#224; l'appui. La mayonnaise avait pris, avec plus de 4% des voix, tout comme en 2007, offrant ainsi une visibilit&#233; et une audience in&#233;dites pour ce courant politique et conduisant &#224; la cr&#233;ation du NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le retrait de son leader, les anticapitalistes devaient donc trouver une nouvelle figure pour la pr&#233;sidentielle. Et ils esp&#232;rent bien r&#233;&#233;diter l'exploit du facteur de Neuilly en choisissant d&#233;lib&#233;r&#233;ment un salari&#233; qui a promis de continuer &#224; travailler pendant la campagne. &#171; Je ne sais pas encore comment je vais faire. Il faudra peut-&#234;tre n&#233;gocier avec le patron, et on est pas vraiment en bons termes &#187;, explique Poutou, ancien de Lutte ouvri&#232;re qui a rejoint la LCR &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Il a aussi &#233;t&#233; t&#234;te de liste aux derni&#232;res r&#233;gionales en Aquitaine sous les couleurs du NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la pr&#233;sidentielle, le nouveau candidat devra d'abord obtenir les fameuses 500 signatures n&#233;cessaires pour se pr&#233;senter. Et la t&#226;che s'annonce ardue : en 2002, la LCR avait bien failli &#233;chouer avec Besancenot. Surtout, Poutou h&#233;rite d'un mandat d&#233;livr&#233; par une organisation plus que jamais en crise, concurrenc&#233;e par le Front de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la conf&#233;rence nationale, r&#233;unie ce week-end &#224; Nanterre, les d&#233;bats ont &#233;t&#233; tr&#232;s houleux, avec une salle coup&#233;e en deux. D'un c&#244;t&#233;, la &#171; position A &#187;, qui r&#233;unit une partie de l'ancienne majorit&#233;, comme Olivier Besancenot ou Alain Krivine (et Philippe Poutou), et les tenants d'une ligne dite &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, et, de l'autre, la &#171; position B &#187;, avec l'autre partie de l'ancienne direction, comme Pierre-Fran&#231;ois Grond, ancien proche de Besancenot, et les partisans d'une orientation plus &#171; unitaire &#187;. M&#234;me les deux nouvelles porte-parole du NPA, autrefois sur les m&#234;mes positions, sont cette fois divis&#233;es, Christine Poupin votant A et Myriam Martin B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, leur principal d&#233;saccord repose sur le profil, plus ou moins unitaire, du NPA : les &#171; A &#187; refusent la poursuite des discussions avec le Front de gauche, actant de d&#233;saccords insurmontables quand les &#171; B &#187; veulent continuer &#224; rencontrer les autres formations, et accusent leurs camarades de renier le projet fondateur du NPA en l'enfermant dans un profil proche de Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, c'est la &#171; A &#187; qui l'a emport&#233;, avec 50, 41% des voix des militants consult&#233;s dans les comit&#233;s locaux (contre 40, 1% pour la &#171; B &#187;). R&#233;sultat, seuls 53% des d&#233;l&#233;gu&#233;s pr&#233;sents &#224; Nanterre ont vot&#233; pour la candidature de Philippe Poutou. &#171; On est en situation de crise, on ne peut pas le nier. On ne va pas r&#233;soudre tous les d&#233;saccords, mais on va essayer de faire retomber les tensions &#187;, a-t-il expliqu&#233; lors de sa premi&#232;re conf&#233;rence de presse de candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a plein de risques en interne, on le sait, affirme Sandra Demarcq, membre du comit&#233; ex&#233;cutif et &#171; A &#187;. Mais en tant que majorit&#233; aujourd'hui, on pense que toutes ces difficult&#233;s peuvent &#234;tre r&#233;solues. On peut tous faire la campagne ensemble, parce que, sur les axes revendicatifs, il y a un socle commun. Maintenant il va falloir convaincre les camarades. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond de la salle de la conf&#233;rence de presse, deux d'entre eux sont encore loin d'&#234;tre convaincus. Tenants de la &#171; B &#187;, ils dig&#232;rent avec peine plusieurs semaines de tension. &#171; On pense que c'est une erreur, l&#226;che Fred Borras. Pour la campagne, c'est &#224; l'&#233;quipe majoritaire de communiquer son enthousiasme, parce qu'on est vraiment pas convaincus pour l'instant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les militants d&#233;cideront chacun comment ils s'approprieront cette campagne &#187;, explique aussi Marie-Do Bartoli, alors que certains ont d&#233;j&#224; pr&#233;venu qu'ils refuseront d'y participer. La nouvelle minorit&#233; du NPA a en tout cas d&#233;cid&#233; de marquer publiquement sa d&#233;sapprobation, en publiant une d&#233;claration appelant &#224; la fondation d'un courant interne au NPA en octobre. &#171; On appelle les gens &#224; rester au NPA, on va pas faire de gu&#233;rilla mais on veut pr&#233;senter une alternative &#224; la direction &#187;, explique Borras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir s'il sera entendu : alors qu'il comptait 9.000 cartes environ lors de sa fondation, le NPA a d&#233;j&#224; perdu de nombreux bataillons, notamment parmi ceux qui pr&#244;naient un rapprochement avec le Front de gauche. Pour la conf&#233;rence nationale du week-end, seuls 3.100 militants ont particip&#233; au vote.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; sur le site de Mediapart en date du 27 juin 2011. Repris du site &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/?p=3122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Poutou : &#171; un ouvrier candidat, pas le candidat ouvrier &#187; </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Philippe-Poutou-un-ouvrier-candidat-pas-le-candidat-ouvrier</link>
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		<dc:date>2011-07-18T11:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Minvielle (NPA)</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (France)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est par ces mots de Philippe Poutou que se termine l'article de Lib&#233;ration du mardi 28 juin qui lui est consacr&#233;, intitul&#233; : Philippe Poutou, un ouvrier pour relancer la machine. La &#171; machine &#187; en question, c'est le NPA... &lt;br class='autobr' /&gt; C'est par ces mots de Philippe Poutou que se termine l'article de Lib&#233;ration du mardi 28 juin qui lui est consacr&#233;, intitul&#233; : Philippe Poutou, un ouvrier pour relancer la machine. La &#171; machine &#187; en question, c'est le NPA, d&#233;crit dans un autre article de la m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH101/arton3210-91b6b.jpg?1629994166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est par ces mots de Philippe Poutou que se termine l'article de Lib&#233;ration du mardi 28 juin qui lui est consacr&#233;, intitul&#233; : Philippe Poutou, un ouvrier pour relancer la machine. La &#171; machine &#187; en question, c'est le NPA...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est par ces mots de Philippe Poutou que se termine l'article de Lib&#233;ration du mardi 28 juin qui lui est consacr&#233;, intitul&#233; : Philippe Poutou, un ouvrier pour relancer la machine. La &#171; machine &#187; en question, c'est le NPA, d&#233;crit dans un autre article de la m&#234;me &#233;dition comme ayant connu, lors de la conf&#233;rence nationale du week-end dernier &#171; une nouvelle fracture. Peut-&#234;tre la derni&#232;re &#187;... r&#233;sultat de deux ann&#233;es au cours desquelles le NPA aurait &#171; dilapid&#233; &#187; tout un &#171; capital militant &#187;. Deux ans au cours desquels le NPA aurait r&#233;duit &#224; n&#233;ant &#171; l'espoir &#187; mis par beaucoup dans une formation qui promettait alors d'&#234;tre &#171; e relais du mouvement social, orphelin de d&#233;bouch&#233;s politiques &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse se compla&#238;t &#224; accentuer les tensions provoqu&#233;es par les d&#233;bats d&#233;mocratiques qui divisent aujourd'hui notre parti. Mais elle comprend aussi que la candidature de Philippe est l'occasion pour la grande majorit&#233; des camarades de se rassembler, sans taire les divergences ni clore les d&#233;bats bien &#233;videmment. La vraie crise n'est pas au sein du NPA mais secoue toute la soci&#233;t&#233;, et face &#224; cette crise, les militantEs ont envie de faire vivre l'unit&#233; du parti, dans l'action, pour porter les id&#233;es et le programme qui nous r&#233;unissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe rend concr&#232;te et cr&#233;dible cette perspective. &#171; Ouvrier candidat &#187;, il r&#233;pond au besoin, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'appeler ceux d'en bas, les classes exploit&#233;es et opprim&#233;es, &#224; relever la t&#234;te, &#224; se battre pour leur droit, ce besoin, cette n&#233;cessit&#233; dont parlait Olivier Besancenot dans la lettre o&#249; il annon&#231;ait son choix de ne pas &#234;tre candidat. Le relais est pass&#233;, et il est bien pass&#233;, les premi&#232;res r&#233;actions qu'il a lui-m&#234;me recueillies aupr&#232;s de ses camarades de travail, que chacune et chacun ont pu entendre, en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne surprend pas quand on sait que Philippe est un militant dont toute la vie, depuis sa prime jeunesse, a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la r&#233;volte contre les injustices sociales, l'aspiration &#224; d'autres rapports humains, une autre soci&#233;t&#233;. Fils d'une famille populaire, son p&#232;re, &#224; la retraite aujourd'hui, &#233;tait postier, il a commenc&#233; &#224; militer d&#232;s l'&#226;ge de 17 ans, avec des copains se disant anarchistes avant de rejoindre le groupe Lutte ouvri&#232;re de Bordeaux. Il en est exclu en mars 1997, avec la quasi-totalit&#233; des militants de Bordeaux et de Rouen pour avoir pris au s&#233;rieux l'appel d'Arlette Laguiller &#224; construire un nouveau parti des travailleurs, pour avoir voulu poursuivre, alors que la direction effectuait un repli sur elle-m&#234;me, la construction d'un regroupement des forces r&#233;volutionnaires, l'unit&#233; Lutte ouvri&#232;re-Ligue communiste r&#233;volutionnaire. Il participe alors &#224; la construction et &#224; la vie du groupe Voix des Travailleurs qui poursuit cette politique. En juillet 2001, la fusion-int&#233;gration avec la LCR en est l'aboutissement. Une &#233;tape puisque Philippe a ensuite pris toute sa place dans la construction du NPA, il est membre de la direction d&#233;partementale girondine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie politique de Philippe est intimement li&#233;e &#224; son combat social. Apr&#232;s des ann&#233;es de gal&#232;re et d'int&#233;rim, il est embauch&#233; &#224; l'usine Ford de Blanquefort, pr&#232;s de Bordeaux, en 1996, o&#249; il devient un militant syndical actif, sans renoncer pour autant &#224; son combat politique. Pour lui, militantisme social et militantisme politique sont indissociables. Il a &#233;t&#233; candidat &#224; diverses &#233;lections, pour la LCR, puis pour le NPA, entre autres comme t&#234;te de liste en Aquitaine lors des derni&#232;res r&#233;gionales, tandis qu'il poursuivait, en tant que secr&#233;taire de la section CGT de Ford, le combat que m&#232;nent, depuis plusieurs ann&#233;es, les salari&#233;s de l'usine contre sa fermeture, multipliant les initiatives &#8211; dont deux &#171; descentes &#187; au salon de l'automobile &#8211;, cherchant &#224; s'associer, en permanence et avec succ&#232;s, le soutien des autres salari&#233;s, l'aide des autres forces politiques de gauche et celle des collectivit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, Philippe est un ouvrier candidat, un &#171; candidat du mouvement social &#187;, un travailleur qui fait de la politique. Comme &#224; l'occasion de chaque combat quotidien, il sait qu'une fois encore il aura &#224; contribuer &#224; rassembler les forces, &#224; l'int&#233;rieur de notre parti bien s&#251;r, mais plus largement les forces du monde du travail et de la jeunesse pour faire face &#224; la crise provoqu&#233;e par les politiques des classes dominantes et porter une autre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 109 (30/06/11)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques pistes sur la situation difficile (mais pas d&#233;sesp&#233;r&#233;e) du NPA apr&#232;s la Conf&#233;rence nationale de juin 2011</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Quelques-pistes-sur-la-situation-difficile-mais-pas-desesperee-du-NPA-apres-la</link>
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		<dc:date>2011-07-18T10:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Corcuff</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (France)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ne succombez jamais au d&#233;sespoir : il ne tient pas ses promesses. &#187; Repris dans Victor Malka, Mots d'esprit de l'humour juif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le NPA appara&#238;t dans une situation particuli&#232;rement difficile &#224; la sortie de sa Conf&#233;rence nationale consacr&#233;e aux &#233;lections pr&#233;sidentielles. Il ne servirait &#224; rien de le nier en jouant &#224; l'autruche. Apr&#232;s une s&#233;rie de nets reculs (baisse importante du nombre de ses adh&#233;rents, tr&#232;s peu d'apports militants nouveaux suite &#224; un mouvement social sur les retraites (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ne succombez jamais au d&#233;sespoir : il ne tient pas ses promesses. &#187; &lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Repris dans Victor Malka, Mots d'esprit de l'humour juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA appara&#238;t dans une situation particuli&#232;rement difficile &#224; la sortie de sa Conf&#233;rence nationale consacr&#233;e aux &#233;lections pr&#233;sidentielles. Il ne servirait &#224; rien de le nier en jouant &#224; l'autruche. Apr&#232;s une s&#233;rie de nets reculs (baisse importante du nombre de ses adh&#233;rents, tr&#232;s peu d'apports militants nouveaux suite &#224; un mouvement social sur les retraites pourtant particuli&#232;rement massif et scores &#233;lectoraux en berne, principalement), une forte logique de polarisation et de division interne s'est enclench&#233;e dans ses cercles dirigeants. Mais comment aborder les diff&#233;rents fils qui se nouent dans ces difficult&#233;s ? Je formulerai (subjectivement) quelques rapides rep&#232;res sch&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1 - De la conjoncture politique et des questions secondaires de tactique &#233;lectorale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les divisions au sein du NPA depuis son congr&#232;s constitutif (comme au sein de la LCR dans les derni&#232;res ann&#233;es de son existence) ont principalement concern&#233; des probl&#232;mes de tactique &#233;lectorale, qui pourraient pourtant appara&#238;tre comme secondaires. C'est dans un tel cadre que se sont affront&#233;es les deux principales positions (A et B) lors de la CN, en d&#233;laissant la question, &#224; mon avis principale, du renouvellement des pratiques politiques (dans la liaison entre l'interne et l'externe). Question principale, si le NPA prenait vraiment au s&#233;rieux le qualificatif de &#171; nouveau &#187; de son anticapitalisme, c'est-&#224;-dire s'effor&#231;ait d'inventer une politique renouvel&#233;e d'&#233;mancipation &#224; partir du quotidien des exploit&#233;-e-s et des opprim&#233;-e-s et avec elles/eux, en &#233;vitant la tentation de la focalisation sur la politique institutionnelle (tentation pr&#233;sente dans la position B) comme la tentation avant-gardiste et substitutiste (tentation pr&#233;sente dans la position A).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accord tactique global avec la position A&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan tactique des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles, je suis plut&#244;t d'accord avec la position A. Car rien ne servait de prolonger les discussions avec les diverses composantes du Front de gauche (les principaux effectivement concern&#233;s par la dialogue entam&#233; par le NPA, car la forte revendication d'autonomie &#8211; l&#233;gitime apr&#232;s des d&#233;cennies de m&#233;saventures staliniennes - des mouvements sociaux, des syndicats et des associations vis-&#224;-vis des partis en France aujourd'hui rend peu op&#233;ratoire d'un point de vue politique un dialogue avec eux, en-dehors de la constitution utile de cadres unitaires larges, mais qui ne sont pas inscrits dans les m&#234;mes horizons temporels que les &#233;lections), tant les premi&#232;res discussions avaient montr&#233; que le blocage des alliances &#233;lectorales du PCF avec le PS n'&#233;tait pas, cette fois encore, susceptible de sauter. Une prolongation ne pouvait qu'entretenir les illusions pr&#233;sentes et les d&#233;ceptions ult&#233;rieures. Et si l'on consid&#232;re le plan principal du renouvellement des pratiques politiques, cela ne pouvait que nous enkyster un peu plus sur le terrain trop pr&#233;gnant de la d&#233;finition &#233;troitement institutionnelle de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, une petite ombre au tableau de mon accord se profile : la tentation d'effacement d'un texte vot&#233; &#224; une large majorit&#233; lors de notre congr&#232;s il y a &#224; peine quelques mois, &#171; Nos r&#233;ponses &#224; la crise &#187;. Cela pose des probl&#232;mes du point de vue des r&#232;gles d&#233;mocratiques minimales. Et cela quels que soient les avis (plus ou moins positifs ou n&#233;gatifs) que l'on ait sur ce texte : ce qu'un congr&#232;s a institu&#233;, seul un autre congr&#232;s peut le d&#233;faire, pas une conf&#233;rence nationale ! Pour ma part, je pense que, malgr&#233; ses faiblesses, ce texte portait d'ailleurs quelques avanc&#233;es du point de vue des rep&#232;res d'une nouvelle force politique radicale : place de la question &#233;cologiste, reconnaissance de l'utilit&#233; politique et p&#233;dagogique d'exp&#233;riences alternatives d&#232;s la soci&#233;t&#233; capitaliste malgr&#233; leurs in&#233;vitables limites, ou &#233;largissement de l'analyse des contradictions principales du capitalisme (contradiction capital/travail, mais aussi contradiction capital/nature, contradiction capital/d&#233;mocratie et contradiction capital/individualit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'arr&#234;te sur le r&#233;sultat de la CN du point de vue de notre candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, je pense que la candidature de notre camarade Philippe Poutou constitue dans la conjoncture une plut&#244;t bonne solution qui, si nous r&#233;ussissons &#224; recueillir les 500 signatures (ce qui n'est pas le cas le plus probablement envisageable), pourrait r&#233;v&#233;ler de bonnes surprises. C'est la candidature d'un non-professionnel de la politique, par ailleurs salari&#233; et militant syndical, qui pourrait devenir un des rares ouvriers candidats dans l'histoire de la Ve R&#233;publique, permettant alors de clairement se distinguer des autres candidats. Ce serait une fa&#231;on de combattre en actes le d&#233;crochage de la gauche vis-&#224;-vis des milieux populaires et ouvriers comme de mettre en cause la d&#233;valorisation des notions de &#171; populaire &#187; et d'&#171; ouvrier &#187; dans le champ politique et dans l'espace m&#233;diatique. Et cela n'implique pas n&#233;cessairement une campagne ouvri&#233;riste, car notre classe de r&#233;f&#233;rence c'est le salariat dont les cat&#233;gories ouvri&#232;res sont une des composantes principales mais pas la seule. D'autre part, la question &#233;cologiste, la question f&#233;ministe, le combat contre les discriminations (racistes et postcoloniales, homophobes, etc.) et la prise en compte des pr&#233;carisations devraient pouvoir enrichir notre conception de la question sociale au cours de la campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#171; parti anti et hors syst&#232;me &#187; ? Une intuition juste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, comme nos camarades L&#233;on Cr&#233;mieux et Fran&#231;ois Sabado en ont eu la juste intuition &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dans &#171; Pour un d&#233;bat strat&#233;gique dans le NPA &#187;, ESSF (article 20968), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la remont&#233;e du Front national nous lance un d&#233;fi particulier : &#234;tre encore davantage &#171; le parti anti et hors syst&#232;me &#187;. Mais pas seulement au sens marxiste du terme : anti-syst&#232;me capitaliste, mais aussi en un sens libertaire du terme : anti-syst&#232;me de la repr&#233;sentation politique professionnelle. Et si les deux logiques sont aujourd'hui en interaction (syst&#232;me capitaliste et syst&#232;me de la repr&#233;sentation politique professionnelle), elles constituent bien deux logiques, ne renvoyant pas aux m&#234;mes m&#233;canismes. C'est la force sur ce plan du point de vue libertaire : le capitalisme pourrait dispara&#238;tre sans que la domination proprement politique associ&#233;e &#224; la repr&#233;sentation politique professionnelle ne disparaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne conduit pas n&#233;cessairement &#224; un point de vue arrogant selon lequel, face &#224; la menace de l'extr&#234;me-droite, nous disposerions &#171; avec nos petits bras &#187; de la seule r&#233;ponse, car personne ne poss&#232;de les cl&#233;s de l'histoire (et notre caract&#232;re encore groupusculaire pourrait largement faire sourire si certains d'entre nous manifestaient une telle arrogance). Il y a plusieurs r&#233;ponses qui vont vraisemblablement &#234;tre avanc&#233;es face &#224; la remont&#233;e du FN, dont les mobilisations unitaires antiracistes et antifascistes sur le plan associatif et syndical (auxquels nous participerons et que nous tenterons m&#234;me de stimuler) ainsi que les politiques publiques sociales-lib&#233;rales de la gauche officielle. Mais si ces diff&#233;rentes r&#233;ponses &#233;chouent &#224; freiner une progression du FN, la constitution d'un &#171; parti anti et hors syst&#232;me &#187; de la gauche radicale constituera une autre corde &#224; l'arc des r&#233;ponses anti-fascistes. Et il n'y a gu&#232;re que nous qui pourrions l'apporter : c'est de notre responsabilit&#233; propre en tant que parti anticapitaliste. Il n'y a donc rien l&#224;-dedans d'une &#171; politique du pire &#187; (&#224; la mani&#232;re de la politique des staliniens allemands dans les ann&#233;es 1920-1930 privil&#233;giant la lutte contre la social-d&#233;mocratie &#224; celle contre le nazisme, avec les r&#233;sultats catastrophiques que l'on conna&#238;t). Au contraire, ce serait une fa&#231;on, avec les ressources qui sont les n&#244;tres, d'&#233;viter une &#171; politique du pire &#187;, en contribuant &#224; la constitution d'un arsenal plus vari&#233; face &#224; la menace de l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la focalisation sur la tactique &#233;lectorale nous fait oublier le principal : le renouvellement de pratiques politiques &#233;mancipatrices&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois la tactique &#233;lectorale ne constitue qu'un plan secondaire quant aux r&#233;ponses face &#224; la menace de l'extr&#234;me-droite comme, plus largement, quant &#224; la constitution d'un &#171; parti anti et hors syst&#232;me &#187; anticapitaliste et libertaire. Le principal rel&#232;ve &#224; mon sens du renouvellement de pratiques politiques &#233;mancipatrices, au carrefour de l'interne et de l'externe.&lt;br class='autobr' /&gt;
La campagne pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles pourrait d'ailleurs &#234;tre un terrain int&#233;ressant pour le renouvellement des pratiques politiques. Mais la pr&#233;gnance des conceptions &#233;troitement propagandistes (qui sont une forme soft d'avant-gardisme que l'on retrouve au sein des deux positions principales du NPA) nous &#233;loigne de cette perspective. D'ailleurs, bien au-del&#224; des campagnes &#233;lectorales, le NPA - souvent englu&#233; dans des routines, un d&#233;faut d'imagination pratique et de faibles dispositions exp&#233;rimentales, du sommet &#224; la base (ce qui pointe les limites des discours &#171; basistes &#187; qui se focalisent sur la d&#233;nonciation des comportements de &#171; la direction &#187; ; &#171; basisme &#187; qui dans une certaine rh&#233;torique trotskyste traditionnelle se nourrit paradoxalement d'une vision &#233;litiste du monde, puisque le principal rel&#232;verait presque toujours des &#171; probl&#232;mes de direction &#187;) - est pour l'instant largement pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; des enjeux du renouvellement des pratiques politiques, quelles que soient les &#171; positions &#187;. Ces &#171; positions &#187; n'en font d'ailleurs pas, le plus souvent, une question suffisamment digne d'int&#233;r&#234;t politique pour en nourrir leurs textes si fr&#233;quemment abscons et si proches finalement dans leurs langues de bois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; nos maigres r&#233;sultats (nos quelques r&#233;sultats positifs ont surtout &#233;t&#233; dus aux fa&#231;ons renouvel&#233;es d'intervenir en public port&#233;es par notre camarade Olivier Besancenot, qui d'ailleurs appartenait &#224; &#171; la direction &#187; et non pas &#224; &#171; la base &#187;), le NPA devrait faire preuve d'humilit&#233;, d'inventivit&#233; et surtout de praxis vers et avec les exploit&#233;-e-s et les opprim&#233;-e-s. Or ce qui sort de la CN et de l'&#233;tat de nos milieux dirigeants, c'est plut&#244;t l'arrogance comp&#233;titive, la surproduction rh&#233;torique et les petits plaisirs des guerres intestines. C'est peut-&#234;tre que le NPA n'est pas encore n&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 - Quelques pistes sur le principal : pr&#233;server les possibilit&#233;s de naissance du NPA et d'&#233;mergence de pratiques politiques &#233;mancipatrices renouvel&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut s'efforcer de sortir de ce climat d&#233;pressif et de la forte tentation d'une semi-paralysie par surinvestissement de nos milieux dirigeants dans des dynamiques de ranc&#339;ur tendant &#224; nous focaliser sur notre nombril collectif (chacun ayant des montagnes de &#171; bonnes raisons &#187;, avec l'appui de listes impressionnantes des &#171; turpitudes &#187; des &#171; autres &#187;), il nous faut peut-&#234;tre d&#233;placer un peu notre perspective quant &#224; notre propre histoire r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hypoth&#232;se principale : le NPA n'est pas encore n&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, mon hypoth&#232;se principale est donc la suivante : le NPA n'est pas encore n&#233; ! Pas ce que nous appelons factuellement le NPA, bien s&#251;r, mais le projet du NPA, l'id&#233;al du NPA tel qu'il s'est exprim&#233; au cours du processus ayant men&#233; au congr&#232;s constitutif et tel qu'il s'est, de mani&#232;re certes imparfaite, cristallis&#233; dans nos &#171; Principes fondateurs &#187; : une force anticapitaliste pluraliste, renouvelant &#224; la fois le contenu de ce que pourrait &#234;tre une politique alternative au capitalisme (le contenu programmatique et le projet de soci&#233;t&#233;) et le rapport m&#234;me &#224; la politique (les pratiques politiques, en interne, &#224; l'ext&#233;rieur et dans le rapport entre les deux), &#224; vis&#233;e majoritaire (et non pas groupusculaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette non-encore naissance du NPA, le plan du renouvellement des pratiques politiques appara&#238;t le plus nettement sous-d&#233;velopp&#233;. On conna&#238;t peu les exp&#233;riences (internes/externes/entre les deux) men&#233;es au sein du NPA en ce sens - nos instances dirigeantes n'ayant pas trouv&#233; le temps de monter des circuits de mutualisation, tout &#224; leurs occupations autrement &#171; s&#233;rieuses &#187; -, mais elles ne semblent pas, &#224; vue de nez, tr&#232;s nombreuses. On conna&#238;t par ailleurs les d&#233;boires de deux tentatives m&#233;diatis&#233;es (quoiqu'on pense des raisons de leurs &#233;checs respectifs) allant dans ce sens : 1) le comit&#233; &#171; l'appel et la pioche &#187; &#224; destination des pr&#233;caires, et 2) le comit&#233; quartier populaire d'Avignon en direction des couches populaires particuli&#232;rement discrimin&#233;es parce qu'issues de l'immigration postcoloniale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on part de cette hypoth&#232;se et que l'on ne croit pas &#224; une philosophie d&#233;terministe de l'histoire, cela signifie que le NPA pourrait encore na&#238;tre, mais que ce n'est pas une n&#233;cessit&#233; (une forme d&#233;g&#233;n&#233;rescente pourrait tout &#224; fait sortir de ce que factuellement on appelle le NPA aujourd'hui et d'autres groupes pourraient ult&#233;rieurement reprendre le flambeau dans d'autres conditions, par exemple). Nos consid&#233;rations tactiques sur le court terme devraient alors &#234;tre soumises &#224; deux exigences prioritaires : 1) pr&#233;server les possibilit&#233;s de naissance ult&#233;rieure du NPA, et 2) pr&#233;server les possibilit&#233;s d'&#233;mergence de pratiques politiques &#233;mancipatrices renouvel&#233;es &#224; partir de l'embryon de l'encore-&#224; na&#238;tre NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux pistes pour envisager de sortir de la mouise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avancerai deux pistes, &#224; la crois&#233;e de ces deux exigences, susceptibles de nous aider &#224; nous sortir des graves difficult&#233;s actuelles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) l'&#233;mergence et la consolidation de r&#233;seaux transversaux aux diff&#233;rentes &#171; positions &#187; et hors-&#171; positions &#187; (voir l'int&#233;ressante plate-forme locale de Lyon pour la CN, ayant refus&#233; la polarisation en cours sur des questions de tactique &#233;lectorale) comme le r&#233;cent R&#233;seau de r&#233;flexions et de pratiques autogestionnaires et libertaires dans le NPA et sa liste [libertaires-au-npa@googlegroups.com], susceptibles de d&#233;velopper une culture pratique imaginative et exp&#233;rimentale au sein de notre organisation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et, surtout, _b) l'arriv&#233;e de nouvelles vagues militantes (du moins des vaguelettes !) apportant un nouveau dynamisme : soit li&#233;es &#224; des mouvements sociaux (sur ce point, on ne doit pas oublier que le NPA n'a presque pas b&#233;n&#233;fici&#233; d'un point de vue militant du r&#233;cent mouvement social des retraites, contrairement &#224; la LCR par rapport &#224; d'autres mouvements sociaux ant&#233;rieurs, ce qui met en &#233;vidence que r&#233;p&#233;ter le plus souvent &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; et &#171; Prol&#233;tariat &#187; ne suffit gu&#232;re &#224; &#234;tre audibles dans les secteurs les plus radicalis&#233;s des exploit&#233;-e-s et des opprim&#233;-e-s concrets), soit li&#233;es aux campagnes &#233;lectorales (comme cela a &#233;t&#233; le cas pour la LCR avec les deux campagnes pr&#233;sidentielles d'Olivier Besancenot ; la candidature de Philippe Poutou, si elle peut passer le difficile barrage des 500 signatures, offre quelques atouts en ce sens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des risques de la polarisation interne (A/B) et des dangers de r&#233;tr&#233;cissement dogmatique du p&#233;rim&#232;tre politico-intellectuel du NPA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en l'&#233;tat, les forces innovatrices et exp&#233;rimentales n'apparaissent gu&#232;re suffisantes et suffisamment constitu&#233;es au sein de notre organisation. Et la logique de polarisation interne en cours ne peut que d&#233;grader tant l'outillage existant (effets de paralysie, nouveaux d&#233;parts, etc.) que notre attractivit&#233; vis-&#224;-vis des exploit&#233;-e-s et des opprim&#233;-e-s. D'autant plus que si la position minoritaire (B), fort h&#233;t&#233;rog&#232;ne, r&#233;v&#232;le bien en son sein des tentations institutionnalistes, qui en pratique &#233;loignent de l'invention d'une nouvelle politique &#233;mancipatrice &#224; partir du quotidien des opprim&#233;-e-s et avec elles/eux, la position majoritaire (A), elle aussi fort h&#233;t&#233;rog&#232;ne, r&#233;v&#232;le en son sein des tentations avant-gardistes et dogmatiques nous &#233;loignant &#233;galement en pratique de l'&#233;ventuelle naissance du NPA. Il ne s'agit pas ici de reprocher &#224; des camarades d'avoir telle ou telle lecture du trotskysme, du l&#233;ninisme et du marxisme, mais de pointer la tentation de certains d'entre eux d'en faire le c&#339;ur de l'identit&#233; du NPA, en contradiction avec le pluralisme de l'anticapitalisme constitutif de nos &#171; Principes fondateurs &#187;, qui ne d&#233;finissent d'ailleurs le NPA ni comme &#171; marxiste &#187;, ni comme &#171; l&#233;niniste &#187;, ni comme &#171; trotskyste &#187;. Faut-il rappeler la formulation tr&#232;s ouverte de ces derniers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous voulons que le NPA fasse vivre le meilleur de l'h&#233;ritage de celles et ceux qui ont affront&#233; le syst&#232;me depuis deux si&#232;cles, celui de la lutte des classes, des traditions socialistes, communistes, libertaires, r&#233;volutionnaires. Un parti qui h&#233;rite des luttes d&#233;mocratiques et antifascistes. Un parti qui garde la m&#233;moire des combats contre les d&#233;rives autoritaires et bureaucratiques qui ont terni les espoirs &#233;mancipateurs. Un parti qui se nourrit du f&#233;minisme, de l'anticolonialisme, de l'antiracisme comme des luttes contres toutes les discriminations. Un parti qui donne une tonalit&#233; clairement anticapitaliste &#224; l'&#233;cologie politique radicale et une tonalit&#233; clairement &#233;cologiste &#224; l'anticapitalisme. Un parti soucieux des aspirations individuelles &#224; la reconnaissance et &#224; la cr&#233;ativit&#233; face &#224; l'uniformisation marchande de la vie quotidienne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un penchant dogmatique r&#233;cusant de fait ce pluralisme pourrait nous entra&#238;ner intellectuellement bien en de&#231;&#224; du pluralisme effectif qui fut celui de la LCR ; la figure regrett&#233;e de notre camarade Daniel Bensa&#239;d ayant particuli&#232;rement incarn&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 le dialogue critique d'un marxisme h&#233;r&#233;tique et ouvert avec une diversit&#233; de radicalit&#233;s intellectuelles. Il faut ici prendre garde que des consid&#233;rations tactiques justes ne permettent pas de couvrir de telles r&#233;gressions. Car s'il s'agissait de cr&#233;er le NPA pour revenir en arri&#232;re par rapport &#224; la LCR&#8230; ?!!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, les deux principales &#171; positions &#187; mettent en avant, chacune de leur c&#244;t&#233;, des exigences justes : en particulier, l'importante critique des risques de l'engluement dans politique institutionnelle et professionnalis&#233;e pour la position A et la n&#233;cessit&#233; de l'ouverture du NPA pour la position B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En attendant la naissance du NPA : un n&#233;cessaire compromis entre A et B pour des raisons pragmatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de forces inventives pour l'instant suffisantes, la moins mauvaise solution, dans l'objectif de pr&#233;server la possibilit&#233; de naissance ult&#233;rieure du NPA, pourrait &#234;tre un compromis entre la position A et la position B pour animer l'organisation, dans une logique que Proudhon appelait &#171; l'&#233;quilibration des contraires &#187;, en faisant le pari pragmatique que les risques respectifs port&#233;s par les uns et les autres seront contrebalanc&#233;s par les apports respectifs des uns et des autres. L'&#233;tat des tensions, leurs composantes affectives, les ranc&#339;urs et les arrogances concurrentes semblent certes nous &#233;loigner de ce moindre mal raisonnable. Mais, &#224; d&#233;faut d'une telle attitude raisonn&#233;e et raisonnable de nos secteurs dirigeants, le risque est grand d'une non-naissance quasi-d&#233;finitive du NPA. Il faudrait rappeler &#224; ceux qui seraient tent&#233;s de passer outre que dans une telle dynamique mortif&#232;re, au nom du &#171; parti anti et hors syst&#232;me &#187; pour les uns et de &#171; l'ouverture contre le sectarisme &#187; pour les autres, la possibilit&#233; m&#234;me de l'&#233;mergence d'un &#171; parti anti et hors syst&#232;me &#187; et/ou d'une force politique anticapitaliste ouverte pourrait &#234;tre gravement, voire irr&#233;m&#233;diablement, affect&#233;e. La nouvelle gauche radicale embryonnaire retournerait alors aux d&#233;rives groupusculaires de la vieille extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas o&#249; le d&#233;raisonnable aurait eu le dernier mot, sur le plan personnel, tout en demeurant adh&#233;rent du NPA (les menaces successives de d&#233;part comme mode de dramatisation du d&#233;bat sont particuli&#232;rement p&#233;nibles dans notre organisation et, surtout, l'on ne voit gu&#232;re pour l'instant o&#249; la possibilit&#233; de naissance de quelque chose comme le NPA pourrait germer ailleurs ?), je me mettrai de c&#244;t&#233; par rapport &#224; la polarisation A/B, en me contentant de modestement contribuer &#224; l'&#233;ventuelle campagne de Philippe Poutou. &#202;tre conscient que l'on va dans le mur et continuer &#224; participer aux logiques qui y m&#232;nent serait encore plus d&#233;primant. Il restera alors surtout &#224; nourrir des initiatives transversales comme le R&#233;seau de r&#233;flexions et de pratiques autogestionnaires et libertaires dans le NPA, des exp&#233;rimentions locales et des espaces de recherche radicale et pluraliste sur le plan th&#233;orique. Comme le d&#233;sespoir, la participation &#224; un suicide collectif n'a rien d'obligatoire, mais ne constitue qu'une possibilit&#233;, qui a peut-&#234;tre ses charmes, mais vraisemblablement tr&#232;s surfaits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Corcuff&lt;/strong&gt; (comit&#233; NPA N&#238;mes), 13 juillet 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dans &#171; &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article20968&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour un d&#233;bat strat&#233;gique dans le NPA&lt;/a&gt; &#187;, ESSF (article 20968), rubrique &#171; Strat&#233;gie du Ph&#233;nix &#187;, 5 avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Ce texte est une version l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e d'une contribution envoy&#233;e le 12 juillet 2011 sur la liste du R&#233;seau de r&#233;flexions et de pratiques autogestionnaires et libertaires dans le NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article22236&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'Europe en crise</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-Europe-en-crise</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nouveau Parti anticapitaliste</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
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		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations de postes ne concernant que l'int&#233;rim, les travailleurs continuent de payer la crise. Il en va de m&#234;me, &#224; divers degr&#233;s, dans toute l'Europe. Mais le refus d'imputer aux banques le co&#251;t de leurs actes se traduit aussi par une acc&#233;l&#233;ration de la crise des dettes souveraines. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 97 (07/04/11) &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-50-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Grande-Bretagne-+" rel="tag"&gt;Grande-Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH124/arton3154-c5035.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations de postes ne concernant que l'int&#233;rim, les travailleurs continuent de payer la crise. Il en va de m&#234;me, &#224; divers degr&#233;s, dans toute l'Europe. Mais le refus d'imputer aux banques le co&#251;t de leurs actes se traduit aussi par une acc&#233;l&#233;ration de la crise des dettes souveraines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; dans : &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/category/tout-est-&#224;-nous/journal/hebdo-tout-est-&#224;-nous-97-070411&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hebdo Tout est &#224; nous ! 97 (07/04/11)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L466xH399/jpg_europ-stats1.preview-31840.jpg?1630311304' width='466' height='399' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, avec 4, 65 millions d'inscrits &#224; P&#244;le Emploi fin 2010 et des cr&#233;ations de postes ne concernant que l'int&#233;rim, les travailleurs continuent de payer la crise. Il en va de m&#234;me, &#224; divers degr&#233;s, dans toute l'Europe. Mais le refus d'imputer aux banques le co&#251;t de leurs actes se traduit aussi par une acc&#233;l&#233;ration de la crise des dettes souveraines. Au Portugal, o&#249; gr&#232;ves et manifestations se multiplient, le Parlement a rejet&#233; le quatri&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;sent&#233; par le Premier ministre Jos&#233; Socrates. Celui-ci a donc d&#233;missionn&#233;. Cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre reconduit, quatre jours plus tard, &#224; la t&#234;te du Parti socialiste portugais. Des &#233;lections anticip&#233;es auront lieu le 5 juin. Dix jours apr&#232;s, environ 9 milliards d'euros de titres publics arriveront &#224; &#233;ch&#233;ance, ce qui implique d'emprunter &#224; nouveau. Or le taux d'int&#233;r&#234;t des titres portugais &#224; dix ans atteint un nouveau record, autour de 8 %. Si cette situation perdure, le nouveau gouvernement aura le choix entre la suspension des remboursements ou le recours &#224; l'Union europ&#233;enne (UE) et au Fonds mon&#233;taire international (FMI). Si cette seconde option sauvegarde &#224; court terme la logique capitaliste, trois facteurs jettent un s&#233;rieux doute sur la capacit&#233; du syst&#232;me europ&#233;en &#224; survivre plusieurs ann&#233;es sous sa forme actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la situation &#233;conomique se d&#233;grade dans de nombreux pays. En Gr&#232;ce, l'effet d&#233;pressif des plans de rigueur est d&#233;sormais manifeste. Le besoin de financement de l'&#201;tat grec d'ici 2012, pr&#233;c&#233;demment estim&#233; &#224; 45 d'euros, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;valu&#233; &#224; environ 110 milliards. Et la restructuration de la dette est devenue in&#233;vitable. Quant au co&#251;t du sauvetage des banques irlandaises, il vient d'&#234;tre r&#233;&#233;valu&#233; &#224; 70 milliards d'euros, soit pr&#232;s de la moiti&#233; du PIB de l'&#238;le. Les autres &#201;tats m&#232;nent tous des politiques d'aust&#233;rit&#233; qui plombent l'emploi. En dehors de la zone euro, la conjoncture europ&#233;enne n'est pas meilleure. En Grande-Bretagne, o&#249; le gouvernement Cameron a lanc&#233; un plan de 91 milliards d'euros de coupes d'ici 2015, l'OCDE pr&#233;voit une croissance du PIB de seulement 1, 5 % en 2011 et le taux d'inflation atteint actuellement 4, 4 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les r&#233;centes d&#233;clarations d'Angela Merkel ont montr&#233; que les contradictions s'exacerbent au sein des classes dominantes. Or, le Portugal est le dernier maillon avant l'Espagne, pays o&#249; le taux de ch&#244;mage officiel atteint 20, 3 % et la croissance &#233;conomique, n&#233;gative en 2009 et 2010, demeure quasinulle en 2011 (+0, 8 %). Dans un tel marasme, le &#171; socialiste &#187; Zapatero ose affirmer que l'&#233;conomie se redresse et &#171; qu'augmenter la pression fiscale de mani&#232;re substantielle peut freiner la reprise &#187;. La r&#233;alit&#233; est que de plus en plus d'Espagnols ne peuvent plus rembourser leur emprunt immobilier. Or, &#233;tant donn&#233; le poids &#233;conomique de l'Espagne et l'ampleur inou&#239;e de l'endettement de son secteur priv&#233;, l'UE serait incapable d'assurer le sauvetage des caisses d'&#233;pargne espagnoles. Les compromis entre les bourgeoisies nationales d'Europe n'y r&#233;sisteraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et surtout, l'UE organise sa propre fuite en avant. Tandis que le nouveau gouvernement irlandais pr&#233;tendait mettre &#224; contribution les grands cr&#233;anciers, cet &#233;l&#233;ment n'appara&#238;t pasdans le plan qu'il a publi&#233;. La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) a exerc&#233; un chantage : des liquidit&#233;s ont &#233;t&#233; accord&#233;es aux banques irlandaises en mal de refinancement &#224; condition que les cr&#233;anciers de ces banques (essentiellement d'autres banques europ&#233;ennes) soient int&#233;gralement rembours&#233;s. Cela traduit bien l'inflexion actuelle de la politique de la BCE. Celle-ci avait pratiqu&#233; des taux d'int&#233;r&#234;t faibles et des rachats (pourtant interdits) de titres publics. Estimant le syst&#232;me sauv&#233;, la BCE augmente ses taux et veut s'assurer que le co&#251;t de la crise ne p&#232;se pas sur le capital. Les profits sont de retour et pour le gouverneur de la BCE, &#171; augmenter les salaires est la derni&#232;re b&#234;tise &#224; faire &#187;. Les gouvernements ne sont pas les otages, mais bien les artisans, de cette politique europ&#233;enne. Lors des derniers sommets europ&#233;ens, ils ont accept&#233; les bases d'une nouvelle machine infernale. Tout ce qui a &#233;chou&#233; doit &#234;tre aggrav&#233; : le &#171; pacte pour l'euro &#187;, le &#171; semestre europ&#233;en &#187; et le &#171; m&#233;canisme europ&#233;en de stabilisation &#187; sont trois nouveaux arrangements institutionnels visant &#224; rendre des politiques lib&#233;rales qui ne feront qu'approfondir la crise soet &#233;conomique. &#192; moins que des r&#233;sistances populaires coordonn&#233;es ne viennent abattre cette logique mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe L&#233;g&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les peuples europ&#233;ens entre le marteau et l'enclume...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand le FMI et l'UE s'entraident... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment et pourquoi les autorit&#233;s de l'UE en sont-elles arriv&#233;es &#224; solliciter puis organiser l'intervention du FMI dans &#171; leurs affaires &#187; &#8211; celles des &#201;tats-membres en difficult&#233; ? La r&#233;ponse tient en trois points : la crise a sauv&#233; le FMI de la faillite ; le FMI permet &#224; l'UE de sauvegarder ses trait&#233;s ; enfin, gr&#226;ce &#224; &#171; plus d'&#201;tat &#187; (endett&#233; sur les march&#233;s), ils relancent conjointement une nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale sur le dos des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario m&#233;rite attention. D'autant que Dominique Strauss-Kahn, dans la perspective de devenir un candidat &#171; de gauche &#187;, se vante d'avoir en quelque sorte social-d&#233;mocratis&#233; le FMI... Celui-ci est au bord de la faillite lorsque DSK en prend la t&#234;te en novembre 2007. Faillite morale, par le discr&#233;dit croissant des calamiteuses politiques conditionnant ses cr&#233;dits. Et manque de ressources : celles-ci proviennent des int&#233;r&#234;ts per&#231;us sur les cr&#233;dits aux pays &#171; aid&#233;s &#187;. Or, ils ont chut&#233; de 103 &#224; 16 milliards d'euros entre 2003 et 2008 : plusieurs pays &#8211; dont le Br&#233;sil, l'Argentine etc. &#8211; ont profit&#233; de prix favorables &#224; leurs exportations pour rembourser leurs dettes de fa&#231;on anticip&#233;e ; et d'autres pr&#233;f&#232;rent se tourner vers la Chine ou l'Inde. Bref, les pays du Sud s'efforcent d'&#233;chapper &#224; son emprise &#224; la fois d&#233;sastreuse et humiliante...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise des cr&#233;dits immobiliers en 2007-2008 vient &#224; la rescousse (du FMI et de DSK). DSK n'h&#233;site pas, d&#232;s 2008 &#224; Davos, &#224; proposer de laisser filer les d&#233;ficits publics &#8211; un renversement de discours que partagent aujourd'hui tous les gouvernements &#171; lib&#233;raux &#187; d&#232;s qu'il y a risque de syst&#232;me. Mais ce sont les appels au secours venus de l'Europe de l'Est (Ukraine, Hongrie, en 2008) qui le remettent v&#233;ritablement en selle. Et s'il &#171; traite &#187; seul les cas de pays non-membres de l'UE, celle-ci doit (pour le moins !) s'associer &#224; lui quand il s'agit de membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les trait&#233;s distinguent deux cas : toute aide de l'Union et des &#201;tats a &#233;t&#233; interdite (sous pression de l'Allemagne) face &#224; des d&#233;ficits d'&#201;tats membres de la zone euro (articles 123 et 125) &#8211; ce qui est encore aggrav&#233; par l'interdit fait &#224; la BCE de les renflouer. Mais une aide financi&#232;re est possible pour les &#201;tats non-membres de l'eurozone (et en cas de... catastrophe naturelle). Les banques ouest-europ&#233;ennes &#233;tant impliqu&#233;es &#224; plus de 80 voire 90 % dans le capital des banques est-europ&#233;ennes, il faut faire face aux risques qui se manifestent &#224; l'Est... mais sans remettre en cause le plafond impos&#233; au budget europ&#233;en, de 1 % du PIB de l'Union. Le conseil europ&#233;en de mars 2009 augmente le montant d'aide financi&#232;re mobilisable hors zone euro de 25 &#224; 50 milliards d'euros... (alors que 20 milliards ont &#233;t&#233; allou&#233;s &#224; la seule Hongrie...). La &#171; solution &#187; du FMI s'impose donc : le m&#234;me mois, le G20 d&#233;cide de tripler les ressources du FMI qui re&#231;oit 500 milliards de dollars suppl&#233;mentaires et sort requinqu&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'aide &#187; vue de la p&#233;riph&#233;rie-est de l'Union...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une forte croissance bas&#233;e sur l'endettement des m&#233;nages, les nouveaux &#201;tats membres (NEM) d'Europe de l'Est sont touch&#233;s fin 2008 et 2009 par la pire r&#233;cession de toute l'Europe. Plusieurs d'entre eux connaissent une variante de crise des cr&#233;dits &#224; l'immobilier (massivement accord&#233;s aux m&#233;nages &#224; taux initialement r&#233;duits, en devises &#233;trang&#232;res)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette crise se combine en Hongrie &#224; un creusement du d&#233;ficit et de sa dette publique (72, 9 % du PIB) exprimant &#224; la fois des choix de fiscalit&#233; lib&#233;raux et des r&#233;sistances sociales majeures contre la privatisation notamment des services de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'aide associant en 2008 et 2009 le FMI, l'UE et diverses banques accord&#233;s &#224; la Hongrie, &#224; la Lettonie, puis &#224; la Roumanie, sont assortis de contreparties dont DSK ne peut se vanter. Hongrie : privatisations, baisses des d&#233;penses publiques de 2, 5 points du PIB, gel des salaires et baisses de 30 % des salaires des fonctionnaires. Lettonie : baisses de 20 % du salaire minimum, de 10 % des retraites, de 50 % de salaires des enseignants et d'un tiers des d&#233;penses de sant&#233;. Roumanie : engagement de baisser la masse salariale d'un tiers en cinq ans, de supprimer 100 000 postes de fonctionnaires, de diminuer les retraites et les allocations... Entre mars 2009 et mars 2010, la Lettonie voit son ch&#244;mage passer de 14, 3 % &#224; 22, 3 % et conna&#238;t une chute de PIB de plus de 20 % sur deux ans...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... et dans la p&#233;riph&#233;rie du Sud de l'eurozone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication massive des banques (notamment allemandes et fran&#231;aises) dans la dette grecque et la d&#233;pendance envers les march&#233;s obligataires (et des titres sp&#233;culatifs d&#233;riv&#233;s de la dette) ont pouss&#233; les d&#233;cideurs europ&#233;ens &#224; &#171; agir &#187;. Dans l'urgence, ils ont cherch&#233; &#224; r&#233;soudre la quadrature du cercle : diminuer la pression des march&#233;s par d'autres ressources apport&#233;es, en changeant au minimum l'architecture d'ensemble des trait&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens ? &#201;largir l'interpr&#233;tation des &#171; catastrophes &#187; l&#233;gitimant des aides bilat&#233;rales ; rendre les aides &#171; non conventionnelles &#187; (de la BCE ou de l'UE) provisoires. Mais comme le provisoire renforce la sp&#233;culation (qu'il est interdit d'interdire), on s'est achemin&#233; vers un m&#233;canisme p&#233;renne (&#224; l'&#233;ch&#233;ance de 2013) qui veut minimiser la logique d'aide europ&#233;enne aux &#201;tats en difficult&#233;s de deux fa&#231;ons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'y ajoute un troisi&#232;me volet envisag&#233; par l'Allemagne face &#224; la dette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : par les apports du FMI... et par une relance radicale des politiques d'aust&#233;rit&#233; r&#233;affirmant les logiques n&#233;olib&#233;rales sur le dos des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Samary&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mobilisations &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grande-Bretagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars, le gouverneur de la Banque d'Angleterre s'&#233;tait dit &#171; surpris &#187; que les Britanniques ne soient pas plus en col&#232;re. Le 26 mars, une manif historique a rassembl&#233; 400 000 personnes contre le plan d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement Cameron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belgique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars, la premi&#232;re &#171; Conf&#233;rence sociale de printemps &#187;, issue du Forum social europ&#233;en, a r&#233;uni &#224; Bruxelles des repr&#233;sentants des mouvements sociaux de quinze pays europ&#233;ens et d&#233;nonc&#233; le pacte pour l'euro, &#171; d&#233;claration de guerre aux peuples d'Europe, aux travailleurs, aux pensionn&#233;s, aux services publics, &#224; leurs usagers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Portugal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 novembre 2010 a eu lieu la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 1988. Le 12 mars 2011, la manifestation appel&#233;e par G&#233;n&#233;ration fauch&#233;e a rassembl&#233; 300 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re gr&#232;ve nationale a eu lieu le 23 f&#233;vrier. Depuis, 300 immigr&#233;s en gr&#232;ve de la faim ont gagn&#233; leur combat. Et le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile &#171; Je ne paierai pas &#187; se d&#233;veloppe, mais sur des bases politiques tr&#232;s variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Espagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 29 septembre 2010 avait &#233;t&#233; une r&#233;ussite. Mais les capacit&#233;s de r&#233;sistances ont &#233;t&#233; amoindries par la r&#233;cente d&#233;cision des deux principales centrales syndicales d'accepter le recul de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part en retraite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/vers-tsunami-bancaire-social-estouest-europeen&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/interventions/vers-tsunami-bancaire-social-estouest-europeen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'y ajoute un troisi&#232;me volet envisag&#233; par l'Allemagne face &#224; la dette irlandaise, mais sur lequel les d&#233;cideurs europ&#233;ens ne parviennent pas &#224; s'entendre : la restructuration (sinon annulation), au moins partielle, des dettes. Mais les sp&#233;culateurs qui exigent des taux prohibitifs au nom des risques de d&#233;faut ne veulent pas assumer ce risque. Sa simple &#233;vocation les incite &#224; exiger des taux encore plus insoutenables, en escomptant sur l'absence de d&#233;cision coercitive &#224; leur &#233;gard dans l'UE...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien avec Jean Luc M&#233;lenchon et Olivier Besancenot.</title>
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		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (France)</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entretien avec Jean Luc M&#233;lenchon et Olivier Besancenot.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Nouveau-Parti-anticapitaliste-NPA-France-+" rel="tag"&gt;Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) (France)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Jean Luc M&#233;lenchon et Olivier Besancenot.&lt;/p&gt;
&lt;iframe title=&#034;YouTube video player&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/LEcQxt82ihY&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;iframe title=&#034;YouTube video player&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/K2ZRd_E7pmM&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;iframe title=&#034;YouTube video player&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/iolMkNj6UoE&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;iframe title=&#034;YouTube video player&#034; width=&#034;168&#034; height=&#034;143&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/B-hTdzq8EI8&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>France : &#231;a ne d&#233;rougit pas sur le front des luttes</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/France-ca-ne-derougit-pas-sur-le-front-des-luttes</link>
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		<dc:date>2010-10-07T17:39:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>philippe Lemmi</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sarkozy et son gouvernement ont beau s'escrimer &#224; faire croire &#224; une d&#233;mobilisation du front de lutte contre la r&#233;forme des retraites, les faits sont t&#234;tus : Plus de sept Fran&#231;ais sur dix (71%) ont affich&#233; soutien et sympathie pour la troisi&#232;me journ&#233;e d'action contre le projet de r&#233;forme des retraites du samedi 3 octobre partout en France, selon un sondage CSA pour L'Humanit&#233; de samedi. les manifestations sont tr&#232;s massives, n'ont pas diminu&#233; et du nouveau monde y appara&#238;t &#224; chaque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sarkozy et son gouvernement ont beau s'escrimer &#224; faire croire &#224; une d&#233;mobilisation du front de lutte contre la r&#233;forme des retraites, les faits sont t&#234;tus :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Plus de sept Fran&#231;ais sur dix (71%) ont affich&#233; soutien et sympathie pour la troisi&#232;me journ&#233;e d'action contre le projet de r&#233;forme des retraites du samedi 3 octobre partout en France, selon un sondage CSA pour L'Humanit&#233; de samedi.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les manifestations sont tr&#232;s massives, n'ont pas diminu&#233; et du nouveau monde y appara&#238;t &#224; chaque reprise.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On parle de plus en plus de gr&#232;ve reconductible. La RATP &#224; Paris (transports publics) se lance en gr&#232;ve illimit&#233;e &#224; partir du 12 octobre. Cela bouge dans le m&#234;me sens &#224; la SNCF (chemin de fer), dans la chimie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La prochaine journ&#233;e d'action aura lieu le 12 octobre et servira de fer de lance &#224; ces &#233;ventuelles gr&#232;ves reconductibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous une entrevue d'Annick Coup&#233;, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires, parue dans Le Monde dat&#233; du 21 septembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vote de la r&#233;forme des retraites &#224; l'Assembl&#233;e peut-il d&#233;mobiliser les salari&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annick Coup&#233; &#8211; En faisant respecter &#224; tout prix &#171; son &#187; calendrier &#224; l'Assembl&#233;e, le gouvernement veut dire aux salari&#233;s &#171; la r&#233;forme est pass&#233;e ! &#187; Mais le sentiment que cette r&#233;forme est injuste persiste. Chacun voit que c'est insupportable : les jeunes qui gal&#232;rent, les femmes aux carri&#232;res incompl&#232;tes, les salari&#233;s &#226;g&#233;s vir&#233;s des entreprises, les m&#233;tiers p&#233;nibles&#8230; C'est toujours aux m&#234;mes qu'on demande les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles remont&#233;es avez-vous du terrain sur le climat social et politique ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie quotidienne de nombreux salari&#233;s est marqu&#233;e par les difficult&#233;s : pouvoir d'achat, conditions de travail, d&#233;valorisation des agents publics, pr&#233;carit&#233;, peur du ch&#244;mage. Il y a beaucoup de col&#232;re face &#224; l'arrogance du pouvoir. On nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour les retraites mais les banques, sauv&#233;es par l'Etat &#224; coup de milliards d'euros sans aucune contrepartie, se sont refait une sant&#233;. Les profits du CAC40 n'ont jamais &#233;t&#233; aussi hauts. Le bouclier fiscal symbolise cette politique : une moyenne de 362126 euros pour 1169 m&#233;nages les plus fortun&#233;s ! Le gouvernement agit d'abord en faveur des poss&#233;dants, du patronat et des rentiers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Elys&#233;e observait le 7 septembre au soir que les taux de gr&#233;vistes &#233;tait inf&#233;rieur &#224; ceux de 2003 contre la r&#233;forme Fillon. Comptez-vous, jeudi, sur une participation &#224; la gr&#232;ve en hausse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, la mobilisation &#233;tait celle du secteur public. Le priv&#233; avait &#233;t&#233; durement touch&#233; en 1993. Aujourd'hui, le mouvement est interprofessionnel. On a constat&#233; des taux de gr&#233;vistes pas vus depuis longtemps dans les h&#244;pitaux, &#224; La Poste, &#224; France T&#233;l&#233;com, &#224; la m&#233;t&#233;o ou &#224; la SNCF. Des d&#233;brayages importants ont eu lieu dans l'industrie, la banque ou le commerce&#8230; Cette mobilisation s'enracine dans le pays. La gr&#232;ve, c'est vrai, est un engagement difficile pour les salari&#233;s. Mais gr&#232;ves et manifestations sont les deux faces d'une m&#234;me d&#233;termination. Le 23, la mobilisation doit s'&#233;largir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programmer des mobilisations &#224; r&#233;p&#233;tition, n'est-ce pas courir le risque de voir le mouvement s'effriter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas d'autre choix, face au m&#233;pris gouvernemental, que d'amplifier le rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous demandez le retrait de la r&#233;forme des retraites, ce que ne demande pas l'intersyndicale. Et vous &#234;tes favorable &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#224; tout le moins reconductible. Pourquoi restez-vous &#224; l'intersyndicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale s'est mise d'accord sur un compromis pour dire que le projet est &#171; injuste et inacceptable &#187;. Mais nous savons que pour imposer une autre r&#233;forme, il faut d'abord gagner le retrait du projet actuel ! Pour cela, il faut pr&#233;parer un affrontement central avec ce gouvernement qui passera par un mouvement d'ensemble tel que Nicolas Sarkozy sera oblig&#233; de reculer, comme Jacques Chirac sur le contrat premi&#232;re embauche (CPE) ! Personne ne peut dire &#224; l'avance quelle forme cela peut prendre : gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, gr&#232;ves reconductibles, manifestation &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; La question n'est pas de d&#233;cider &#224; la place des salari&#233;s mais de porter cet objectif. Dans l'intersyndicale, il y a d&#233;bat sur la strat&#233;gie d'action comme sur les revendications. L'allongement de la dur&#233;e de cotisation mise en avant par Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que dans sa tribune du Monde du 9 septembre est loin de faire l'unanimit&#233;. Mais l'unit&#233; syndicale reste d&#233;cisive pour les mobilisations et nous y sommes attach&#233;s car nous voulons gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains secteurs, en particulier les transports, sont-ils pr&#234;ts &#224; se lancer dans des gr&#232;ves reconductibles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la veille du 23, c'est une question qui se discute, et bien au-del&#224; de Solidaires. Des appels unitaires se multiplient en ce sens. Le 24, beaucoup d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont pr&#233;vues, souvent &#224; l'appel de plusieurs syndicats. Dans la chimie, par exemple, la CGT pose comme nous la question de la gr&#232;ve reconductible dans les raffineries et cette id&#233;e fait son chemin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous sentez-vous en mesure de rallier &#224; vos arguments une partie de la CGT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas que la CGT nous rallie : il s'agit de construire avec les salari&#233;s le meilleur rapport de forces possible pour gagner ! Cette question est pos&#233;e tout autant dans les autres syndicats, et Solidaires ne pr&#233;tend pas avoir la &#171; recette magique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La direction de la CGT ne croit pas possible une r&#233;&#233;dition du mouvement de 1995. Et vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de mod&#232;le ni de lutte exemplaire &#224; dupliquer&#8230; Si en 1995, le gouvernement a recul&#233;, comme en Guadeloupe l'an dernier, c'est parce qu'il y avait un mouvement d'ensemble, appuy&#233; sur des gr&#232;ves et des manifestations massives. Et aujourd'hui, il y a plus de pr&#233;carit&#233;, plus d'&#233;clatement du salariat, le poids de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault juge risqu&#233; de faire porter &#224; une partie des salari&#233;s, par exemple les cheminots, la responsabilit&#233; d'une gr&#232;ve qui resterait isol&#233;e et pourrait provoquer un retournement de l'opinion contre les gr&#233;vistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un tel dossier, une gr&#232;ve qui resterait isol&#233;e et ne serait pas massivement soutenue, quel qu'en soit le secteur, ne permettrait s&#251;rement pas de gagner. A l'inverse, attendre que tous les secteurs partent en gr&#232;ve en m&#234;me temps conduit aussi &#224; l'impasse. Pour Solidaires, il s'agit bien de continuer &#224; &#233;largir la mobilisation sans freiner les secteurs qui ont plus de capacit&#233; &#224; se mobiliser collectivement et qui peuvent cr&#233;er une dynamique d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exiger le retrait du projet de loi sur les retraites, c'est demander &#224; Nicolas Sarkozy de capituler. En le faisant, ne vous mettez-vous pas, vous aussi, dans une position compl&#232;tement bloqu&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet n'est soutenu par aucun syndicat, les salari&#233;s le rejettent et la majorit&#233; de nos concitoyens soutiennent largement les actions. La responsabilit&#233; d'un gouvernement est de prendre la mesure de cette situation ! Si un d&#233;bat de fond est n&#233;cessaire sur l'avenir des retraites, cela suppose de mettre tout sur la table, notamment la question de la r&#233;partition des richesses et du blocage des cotisations patronales&#8230; Mais pour cela, l'actuel projet doit &#234;tre retir&#233;. Il n'est pas n&#233;gociable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous l'apr&#232;s-23 septembre ? Pensez-vous que le S&#233;nat puisse amender le projet de loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; craindre que comme &#224; l'Assembl&#233;e, les ordres viennent d'en haut et que les vell&#233;it&#233;s de certains s&#233;nateurs de la majorit&#233; soient recadr&#233;es par l'Elys&#233;e. C'est le niveau du rapport de forces qui fera bouger les choses. Apr&#232;s le 23, il faudra tr&#232;s vite un nouveau rendez-vous interprofessionnel avant le d&#233;marrage du d&#233;bat au S&#233;nat le 5 octobre. Des manifestations le week-end permettraient d'articuler les mouvements reconductibles et une large mobilisation de tous, notamment du priv&#233; o&#249; il est plus difficile de faire gr&#232;ve. Rien n'est jou&#233;, il est encore possible de gagner.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;COUPE Annick&lt;br class='autobr' /&gt;
* Interview parue dans Le Monde dat&#233; du 21 septembre 2010. 20.09.10 | 13h45.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>France : Ce que nous r&#233;v&#232;le l'affaire Woerth Bettencourt</title>
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&lt;p&gt;France : Ce que nous r&#233;v&#232;le l'affaire Woerth Bettencourt &lt;br class='autobr' /&gt; Ce que nous r&#233;v&#232;le l'affaire Woerth Bettencourt envoy&#233; par E_varlin. - Regardez les derni&#232;res vid&#233;os d'actu.&lt;/p&gt;


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