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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Apr&#232;s 70 ans, quelle actualit&#233; de la IVe Internationale ?</title>
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		<dc:date>2008-11-28T02:36:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jan Malewski</dc:creator>


		<dc:subject>Notre histoire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Jan Malewski, r&#233;dacteur d'Inprecor, est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Tir&#233; d'Inprecor N&#176; 541-542, 2008-09-10 &lt;br class='autobr' /&gt; Proclam&#233;e le 3 septembre 1938, &#224; l'issue d'une conf&#233;rence internationale tenue dans des conditions de clandestinit&#233; &#8212; dans une grange de banlieue parisienne, appartenant &#224; Alfred Rosmer, &#224; P&#233;rigny (1) &#8212; la IVe Internationale est le produit des d&#233;faites historiques du mouvement ouvrier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle aurait pu &#234;tre proclam&#233;e cinq ans auparavant, en juillet 1933, si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jan Malewski, r&#233;dacteur d'Inprecor, est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; d'Inprecor N&#176; 541-542, 2008-09-10&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Proclam&#233;e le 3 septembre 1938, &#224; l'issue d'une conf&#233;rence internationale tenue dans des conditions de clandestinit&#233; &#8212; dans une grange de banlieue parisienne, appartenant &#224; Alfred Rosmer, &#224; P&#233;rigny (1) &#8212; la IVe Internationale est le produit des d&#233;faites historiques du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aurait pu &#234;tre proclam&#233;e cinq ans auparavant, en juillet 1933, si l'Opposition de gauche internationale n'avait pas tent&#233; de tout faire pour regrouper en son sein les courants de gauche en rupture, m&#234;me partielle, avec la social-d&#233;mocratie et le stalinisme. Ces derniers &#8212; dont certains se sont regroup&#233;s dans le Bureau de Londres autour de l'Independent Labour Party &#8212; apr&#232;s avoir h&#233;sit&#233; et tergivers&#233;, ont finalement abandonn&#233; le projet d'une nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A contre-courant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet &#224; l'issue de la victoire de Hitler en Allemagne (f&#233;vrier 1933) et devant l'absence de r&#233;action &#224; la trag&#233;die allemande au sein de l'Internationale communiste (la IIIe), que Trotsky et l'Opposition de gauche internationale ont conclu que, totalement soumis aux int&#233;r&#234;ts diplomatiques de Staline, cette Internationale avait failli et devait &#234;tre remplac&#233;e par des nouveaux partis et une Internationale nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq ann&#233;es qui ont suivi cette d&#233;cision furent marqu&#233;es par la contre-r&#233;volution stalinienne et le massacre massif en URSS des militants bolcheviks et des dirigeants communistes &#233;trangers r&#233;fugi&#233;s, dont les proc&#232;s de Moscou ne constituaient que le sommet de l'iceberg, par l'organisation des d&#233;faites des mouvements de masse en France et en Espagne sous l'&#233;gide de l'alliance entre la social-d&#233;mocratie et les staliniens, par la d&#233;faite des ouvriers autrichiens devant l'Anschluss, l'invasion de l'&#201;thiopie, le d&#233;but de la guerre japonaise en Chine, la dissolution par l'Internationale communiste du PC de Pologne et l'assassinat de la quasi-totalit&#233; de ses dirigeants en URSS&#8230; La seconde guerre mondiale, qui fera dispara&#238;tre des traditions et des cultures comme des continents engloutis, allait suivre. Deux d&#233;cennies seulement apr&#232;s que la r&#233;volution russe ait ouvert une nouvelle &#232;re historique, mobilisant espoirs et enthousiasme, pour la classe ouvri&#232;re mondiale il &#233;tait &#171; minuit dans la si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fondation de la IVe Internationale fut dans ces conditions un acte de r&#233;sistance, une tentative de sauver l'avenir, de pr&#233;server et de continuer &#224; enrichir le marxisme vivant. Ceux qui ont entrepris cette t&#226;che &#233;taient peu nombreux. Ils subissaient la r&#233;pression bourgeoise. Ils &#233;taient pourchass&#233;s et assassin&#233;s par les agents staliniens : en 1937, le secr&#233;taire de Trotsky en Norv&#232;ge et membre du secr&#233;tariat international, Erwin Wolf, &#233;tait enlev&#233; et assassin&#233; en Espagne. Ignacy Reiss, un des dirigeants du r&#233;seau d'espionnage sovi&#233;tique en Europe, qui avait envoy&#233; sa d&#233;mission &#224; Staline et annonc&#233; son adh&#233;sion &#224; la IVe Internationale, fut abattu en Suisse en 1937. En f&#233;vrier 1938, L&#233;on Sedov, le fils de Trotsky en charge des contacts avec l'Opposition de gauche sovi&#233;tique, mourait dans des conditions tr&#232;s suspectes dans une clinique parisienne. En juillet 1938, Rudolf Klement, secr&#233;taire administratif de la IVe Internationale, responsable de la pr&#233;paration de la Conf&#233;rence de fondation, fut assassin&#233; &#224; Paris et de nombreux documents pr&#233;paratoires de la conf&#233;rence disparurent avec lui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre L&#233;on Trotsky, dirigeant historique de la r&#233;volution russe, on remarquait dans les rangs de ceux qui s'attel&#232;rent &#224; la construction de la IVe Internationale plusieurs dirigeants historiques des partis communistes &#8212; le chinois Chen Du Xiu, l'italien Pietro Tresso, le grec Pantelis Pouliopolos, l'am&#233;ricain James P. Cannon. Mais la majorit&#233; &#233;taient des jeunes, une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante qui s'&#233;tait lev&#233;e pour pr&#233;parer la contre-offensive. &#171; Il me faut encore cinq ans pour assurer la transmission de l'h&#233;ritage (c'est-&#224;-dire munir d'une m&#233;thode r&#233;volutionnaire la nouvelle g&#233;n&#233;ration) &#187;, notait Trotsky dans son journal en mars 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de fondation une vingtaine de d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentaient les organisations de onze pays : Afrique du Sud, Allemagne, Angleterre, Australie, Belgique, Br&#233;sil, &#201;tats-Unis, France, Gr&#232;ce, Italie, Pays-Bas, Pologne, URSS. Dix-neuf autres pays, o&#249; des groupes appartiennent ou ont des contacts avec l'Internationale en construction, sont mentionn&#233;s dans les proc&#232;s verbaux : Argentine, Autriche, Bolivie, Canada, Chili, Chine, Cuba, Espagne, Danemark, Indochine, Mexique, Norv&#232;ge, Porto Rico, Roumanie, Saint-Domingue, Suisse, Tch&#233;coslovaquie, Uruguay, Venezuela. Au total, les forces repr&#233;sent&#233;es sont tr&#232;s faibles &#8212; seule la section des &#201;tats-Unis d&#233;passe le millier de membres (2500 selon le proc&#232;s-verbal). Les Allemands, Autrichiens et Italiens sont pour la plupart des exil&#233;s et le contact avec la section sovi&#233;tique &#8212; une section de d&#233;port&#233;s dans les isolateurs et les camps de travail &#8212; a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rompu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons enfin que le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP, France), dirig&#233; par Marceau Pivert, et le Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM, Espagne), qui souhaitaient participer en tant qu'observateurs &#224; la conf&#233;rence, n'ont pu &#234;tre invit&#233;s du fait des conditions de clandestinit&#233; de celle-ci &#8212; une seule journ&#233;e de r&#233;union pl&#233;ni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle situation mondiale, nouvelle Internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant en juillet 1933 de l'Opposition de gauche internationale vers la construction de nouveaux partis et d'une Internationale nouvelle a lieu dans une situation tr&#232;s diff&#233;rente de celle qui a conduit &#224; la constitution des trois Internationales pr&#233;c&#233;dentes. Pol&#233;miquant avec le d&#233;l&#233;gu&#233; polonais Hersch Mendel Stockfish (&#8220;Karl&#8221;), oppos&#233; &#224; la proclamation de la IVe Internationale car &#171; Nous n'avons pas la direction des masses &#187;, Pierre Naville s'exprimait ainsi, lors de la session pl&#233;ni&#232;re de la Conf&#233;rence de fondation : &#171; Au lieu de tirer argument des analogies dans la succession des Internationales, il faut voir les situations concr&#232;tes, la situation originale dans chaque cas. La Premi&#232;re est n&#233;e du n&#233;ant, le prol&#233;tariat s'affirma comme classe internationale, c'est tout. Elle ne dirigea aucune lutte et fut m&#234;l&#233;e aux mouvements petits-bourgeois. La Deuxi&#232;me fut li&#233;e &#224; des appareils d'&#201;tat, n'avait pas de concurrentes, ne se consid&#233;rait d'ailleurs pas officiellement comme continuatrice de la Premi&#232;re Internationale. La Troisi&#232;me n'a pu liquider la Seconde. Elle aussi est devenue un appendice &#233;tatiste. Elle subsiste &#224; c&#244;t&#233; avec la Deuxi&#232;me. (&#8230;) C'est une situation unique qu'il faut analyser comme telle. Il faut sortir de l'impr&#233;cision. (&#8230;) Nous devons avoir une organisation d&#233;limit&#233;e et non un champ de man&#339;uvres pour tous les courants confus. Seront membres ceux qui accepteront le programme, les statuts, les d&#233;cisions. Ce n'est pas une Internationale &#8220;d&#233;finitive&#8221;. Aucune n'est d&#233;finitive. Nous ne proclamons pas l'Internationale victorieuse. Nous voulons une figure nette, pour pr&#233;parer les meilleures conditions de lutte. Les Internationales ne sont pas des cadres fig&#233;s. Ce sont des organisations de lutte. Leur forme correspond &#224; leur mission dans un stade donn&#233;. La n&#244;tre dans la situation mondiale actuelle consiste &#224; faire cesser certaines &#233;quivoques et &#224; faciliter ainsi le rassemblement autour de nous. &#187; (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les axes programmatiques de sa formation devaient d&#233;finir une nouvelle identit&#233; programmatique, tirant les enseignements des exp&#233;riences des d&#233;faites accumul&#233;es par le mouvement ouvrier &#8212; victoires du fascisme, contre-r&#233;volution stalinienne &#8212; car les r&#233;f&#233;rences aux acquis programmatiques du pass&#233;, du Manifeste communiste aux r&#233;solutions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste, ne suffisaient plus pour l'orientation des luttes ouvri&#232;res, alors qu'au moins un nouvel acteur &#8212; le stalinisme &#8212; avait fait son apparition dans la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne n'&#233;tait pas la r&#233;p&#233;tition de la bureaucratisation du mouvement ouvrier par une int&#233;gration croissante de ses &#233;lites au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, bureaucratisation qui avait fait sombrer la social-d&#233;mocratie en 1914. Les partis communistes continuaient &#224; regrouper la grande majorit&#233; de militants s'identifiant &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Hors de l'URSS le discours sur le &#171; socialisme dans un seul pays &#187; n'&#233;tait pas per&#231;u par les militants communistes comme une soumission absolue des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re mondiale aux besoins des &#233;lites de l'&#201;tat sovi&#233;tique. Ces militants n'imaginaient pas que les int&#233;r&#234;ts du Kremlin &#233;taient oppos&#233;s &#224; ceux des travailleurs du monde entier. Les zigzags de la politique impos&#233;e par le Kremlin &#224; l'Internationale communiste &#233;taient, au mieux, identifi&#233;s &#224; des erreurs. Seule une petite minorit&#233; autour de L. Trotsky, qui allait se regrouper au sein de la IVe Internationale, percevait la contre-r&#233;volution en cours en URSS, le r&#244;le social particulier de la bureaucratie sovi&#233;tique, ses int&#233;r&#234;ts divergents et de plus en plus antagoniques avec ceux du prol&#233;tariat mondial. Ce &#171; centrisme bureaucratique (stalinisme) &#187; (3) allait r&#233;cup&#233;rer la radicalisation des masses au cours des d&#233;cennies suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignements de ces exp&#233;riences furent synth&#233;tis&#233;s en 1933 dans les &#171; Onze points de l'opposition de gauche internationale &#187;, &#233;labor&#233;s en f&#233;vrier 1933 et r&#233;vis&#233;s en juillet de la m&#234;me ann&#233;e en ce qui concerne la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation d'une nouvelle Internationale. Ils ont constitu&#233; le premier socle programmatique de la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axes programmatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vaut la peine de se pencher sur ce que ce programme &#8212; au-del&#224; des formules et des termes qui ont vieilli &#8212; garde aujourd'hui encore de son actualit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#171; L'ind&#233;pendance du parti prol&#233;tarien &#187; &#233;tait argument&#233;e par des exemples alors r&#233;cents : la politique de collaboration avec le Kuomintang impos&#233;e au PC chinois (qui provoqua l'&#233;crasement de la r&#233;volution chinoise de 1927) et celle du comit&#233; anglo-russe (un accord au sommet, dans le dos des travailleurs, avec la bureaucratie syndicale britannique, qui paralysa la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Grande-Bretagne). Aujourd'hui pourtant cette th&#232;se reste le discriminant qui s&#233;pare ceux qui sont pr&#234;ts &#224; gouverner avec les sociaux-lib&#233;raux (exp&#233;riences r&#233;centes de la &#171; gauche plurielle en France &#187; ou du gouvernement Lula au Br&#233;sil) et ceux qui refusent de soumettre le mouvement ouvrier aux exigences des alliances gouvernementales. Son actualit&#233; reste enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &#171; La reconnaissance du caract&#232;re international et par l&#224; permanent de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, le rejet de la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays comme de la politique du national-bolch&#233;visme &#187;. La disparition de l'URSS et la restauration du capitalisme dans la quasi-totalit&#233; des pays o&#249; il fut renvers&#233; &#8212; &#224; l'exception de Cuba, dont la direction politique a toujours, m&#234;me de mani&#232;re incons&#233;quente, soutenu une orientation internationaliste &#8212; t&#233;moigne a posteriori de la justesse de cette th&#232;se. La mondialisation capitaliste, avec l'internationalisation accrue du march&#233; du travail qui l'accompagne et la mise en concurrence des travailleurs pour justifier leur exploitation accrue, t&#233;moignent de l'actualit&#233; de cette th&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &#171; La reconnaissance de L'&#201;tat sovi&#233;tique comme un &#201;tat ouvrier en d&#233;pit de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence croissante du r&#233;gime bureaucratique &#187;. La disparition de cet &#201;tat et de la quasi-totalit&#233; des &#201;tats construits &#224; son image a priv&#233; cette th&#232;se d'actualit&#233;. Dans l'histoire de la IVe Internationale les d&#233;bats sur la caract&#233;risation de l'&#201;tat sovi&#233;tique ont produit de nombreux d&#233;saccords et des scissions &#8212; d'autant plus que la section sovi&#233;tique disparut sous les coups de la r&#233;pression stalinienne dans les ann&#233;es 1930. Contrairement &#224; la th&#232;se de l'Opposition de gauche, en 1989-1991 les travailleurs de l'URSS et des pays de l'Est n'ont pas d&#233;fendu &#171; l'&#201;tat sovi&#233;tique contre l'imp&#233;rialisme et contre les agents de la contre-r&#233;volution &#224; l'int&#233;rieur &#187;. Pourtant la tr&#232;s forte r&#233;duction des salaires et des conditions de vie subie par les travailleurs de ces pays au cours de la restauration du capitalisme dans les ann&#233;es 1990 indique, a contrario, qu'il y avait encore des acquis sociaux &#224; d&#233;fendre m&#234;me si les &#201;tats post-staliniens ne les d&#233;fendaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#171; Condamnation de la politique &#233;conomique de la fraction stalinienne, aussi bien dans sa phase d'opportunisme &#233;conomique de 1923 &#224; 1928 (&#8230;) que dans sa phase d'aventurisme &#233;conomique de 1928 &#224; 1932 &#187;. Nul doute que ces th&#232;ses ont perdu de leur actualit&#233; aujourd'hui, apr&#232;s la restauration du capitalisme en Russie, en Europe centrale et en Chine. Elles peuvent pourtant encore servir d'indicateur pour la r&#233;flexion concernant l'&#233;conomie de la p&#233;riode de transition&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &#171; Reconnaissance de la n&#233;cessit&#233; d'un travail communiste syst&#233;matique dans les organisations prol&#233;tariennes de masse, particuli&#232;rement les syndicats r&#233;formistes &#187;. Il s'agissait alors de tirer un bilan de la construction des &#171; syndicats rouges &#187;, minoritaires, et des appels syst&#233;matiques des Partis communistes dans leur &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187; (ultra-gauche) &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales minoritaires, politique qui, en particulier en Allemagne, a fait le lit du fascisme. La mise en pratique de cette th&#232;se par les organisations tr&#232;s marginales de la IVe Internationale avant 1968 &#8212; y compris &#224; travers &#171; l'entrisme &#187; dans les grands partis ouvriers &#8212; leur a permis d'&#233;viter l'isolement de leurs militantes et militants et d'acqu&#233;rir l'exp&#233;rience du militantisme ouvrier. L'institutionnalisation croissante des syndicats r&#233;formistes aujourd'hui, leur adaptation de plus en plus forte aux contre-r&#233;formes bourgeoises, les modifications des rapports de forces au sein du mouvement ouvrier (affaiblissement et perte croissante de l&#233;gitimit&#233; des appareils r&#233;formistes) a mis depuis &#224; l'ordre du jour dans une s&#233;rie de pays la construction de nouveaux syndicats (Solidaires en France, syndicats de base en Italie&#8230;), et les militant(e)s de la IVe Internationale ont pris part &#8212; non sans h&#233;sitations et d&#233;bats (4) &#8212; &#224; leur construction. Mais si la naissance et le renforcement de ces nouveaux syndicats de lutte modifient la mani&#232;re de poser la question de l'unit&#233; ouvri&#232;re, cette derni&#232;re garde toute son actualit&#233; : pour permettre des mobilisations puissantes des travailleurs, ces nouveaux syndicats doivent toujours trouver les voies d'unit&#233; d'action avec les syndicats r&#233;formistes en prenant appui avec les syndicalistes combatifs au sein de ces derniers et en cherchant &#224; mettre en mouvement leurs directions ossifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &#171; Rejet de la formule de la &#8220;dictature d&#233;mocratique des ouvriers et des paysans&#8221; en tant que r&#233;gime s&#233;par&#233;, distinct de la dictature du prol&#233;tariat (&#8230;), rejet de la th&#233;orie antimarxiste de la &#8220;transcroissance&#8221; pacifique de la dictature d&#233;mocratique en dictature socialiste. &#187; Si l'on s'arr&#234;te aux termes employ&#233;s, la formule semble d'un autre monde. Le terme &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187;, que le stalinisme a identifi&#233; avec la dictature bureaucratique impos&#233;e au prol&#233;tariat &#8212; ce que le communiste yougoslave Ante Ciliga a &#224; juste titre nomm&#233; &#171; le mensonge d&#233;concertant &#187; en 1938 &#8212;, a perdu tout son sens. Mais derri&#232;re cette formule se cache une conception strat&#233;gique essentielle de la transformation sociale : l'id&#233;e que dans leur lutte pour une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et d&#233;mocratique les travailleurs ne peuvent se soumettre &#224; la direction d'une fraction privil&#233;gi&#233;e de la soci&#233;t&#233;, qu'ils doivent &#234;tre pr&#234;ts &#224; assumer l'affrontement avec ceux qui d&#233;fendent leurs privil&#232;ges et que ce ne sont pas les travailleurs, majoritaires, qui d&#233;terminent les conditions de cet affrontement mais bien la minorit&#233; qui les opprime et qui est pr&#234;te &#8212; on le voit encore dans l'actualit&#233; bolivienne ou v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#8212; &#224; recourir &#224; la violence pour sauvegarder sa place privil&#233;gi&#233;e. Toute th&#233;orisation du caract&#232;re &#171; pacifique &#187; de la transformation sociale vers l'&#233;mancipation des travailleurs conduit &#224; les d&#233;sarmer face &#224; la violence de l'ennemi de classe. En ce sens, le &#171; sixi&#232;me point &#187; garde toute son actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. &#171; Reconnaissance de la n&#233;cessit&#233; de mobiliser les masses sous des mots d'ordre de transition (&#8230;) et particuli&#232;rement sur des mots d'ordre d&#233;mocratiques &#187;. Le programme de transition, adopt&#233; par la Conf&#233;rence de fondation de la IVe Internationale, a &#233;labor&#233; la question des mots d'ordre transitoires. Il s'agit de formuler les revendications &#224; partir du niveau de conscience des masses, de leurs pr&#233;occupations essentielles, pour les conduire &#224; saisir la n&#233;cessit&#233; de la remise en cause du syst&#232;me capitaliste dans son ensemble. Autrement dit, de partir des exigences telles qu'elles sont comprises pour aller vers l'unit&#233; et l'auto-organisation des travailleurs, condition n&#233;cessaire pour l'auto-&#233;mancipation du prol&#233;tariat. La question des &#171; mots d'ordre d&#233;mocratiques &#187; &#8212; celle de l'assembl&#233;e constituante ou du processus constituant l&#224; o&#249; m&#234;me la d&#233;mocratie formelle est absente (par exemple dans les institutions de l'Union europ&#233;enne) &#8212; a &#233;t&#233; soulign&#233;e en rupture avec les d&#233;bats des Ve et VIIe Congr&#232;s de l'Internationale communiste, marqu&#233;s par le cours ultra-gauche dit &#171; de la troisi&#232;me p&#233;riode &#187;. L'ensemble de cette th&#232;se reste d'une actualit&#233; br&#251;lante aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. &#171; Reconnaissance de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper une politique de front unique vis-&#224;-vis des organisations de masse de la classe ouvri&#232;re, tant syndicales que politiques, y compris la social-d&#233;mocratie en tant que parti. &#187; Alors, il s'agissait de rompre avec les politiques sectaires (refus de lutte commune aux c&#244;t&#233;s du &#171; social-fascisme &#187;) et opportunistes (&#171; bloc avec les dirigeants sans les masses et contre elles &#187;, comme cela fut men&#233; dans le cadre du &#171; comit&#233; anglo-russe &#187; et, plus tard, dans les &#171; fronts populaires &#187;). La question de la r&#233;alisation de l'unit&#233; des travailleurs, alors que ceux-ci sont historiquement divis&#233;s au sein des partis et syndicats aux directions desquels ils continuent de faire confiance, exige de la part des organisations r&#233;volutionnaires la capacit&#233; de trouver des terrains de lutte qui permettent la mobilisation des masses. Cela implique de s'adresser aux directions r&#233;formistes pour leur proposer d'agir ensemble. M&#234;me si la social-d&#233;mocratie a connu au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es une institutionnalisation acc&#233;l&#233;r&#233;e et donc une &#233;volution sociologique qui en fait de plus en plus des partis de notables au sein desquels les travailleurs sont de moins en moins nombreux, tant qu'elle continue (&#224; tort) d'appara&#238;tre &#224; des secteurs des masses comme pouvant les aider &#224; r&#233;aliser une partie au moins de leurs revendications, les r&#233;volutionnaires doivent exiger de la direction social-d&#233;mocrate l'engagement dans les luttes. De tels fronts uniques permettent de construire des mobilisations unitaires (par exemple la lutte victorieuse contre le &#171; Contrat Premi&#232;re Embauche &#187; en France en 2006), ou de remporter des victoires d&#233;mocratiques (un front unique partiel pour le &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en en France en 2005 et en Irlande en 2008). L'actualit&#233; de la th&#232;se reste donc &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. &#171; Rejet de la th&#233;orie du social-fascisme &#187;. Tr&#232;s actuelle en 1933, cette th&#232;se a perdu aujourd'hui son actualit&#233;, car m&#234;me les staliniens l'ont abandonn&#233;e. Il n'en reste pas moins que certaines organisations sectaires continuent &#224; agresser &#8212; et m&#234;me &#224; assassiner &#8212; ceux qui ne se soumettent pas &#224; leur direction, tel le Parti communiste philippin ou le Sendero luminoso p&#233;ruvien&#8230; A l'origine de tels agissements on trouve la conception stalinienne du monopartisme &#8212; comme si la classe ouvri&#232;re n'&#233;tait pas diverse et divis&#233;e mais monolithique &#8212; qui a conduit &#224; cette th&#233;orisation stalinienne n&#233;faste. Le rejet d'une telle &#171; th&#233;orie &#187; c'est aussi l'affirmation du droit des travailleurs &#224; se doter de repr&#233;sentations politiques diverses. Et cela est toujours actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. &#171; Lutte pour le regroupement des forces r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re mondiale (&#8230;) n&#233;cessit&#233; d'une Internationale communiste authentique capable d'appliquer les principes &#233;num&#233;r&#233;s ci-dessus. &#187; C'est l'affirmation que l'Internationale communiste &#8212; qui sera dissoute par Staline en 1943 &#8212; n'&#233;tait plus r&#233;formable. Et donc celle de la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle Internationale. Il faut souligner &#8212; ce n'est pas un hasard &#8212; que la formulation commence par &#171; Lutte pour le regroupement des forces r&#233;volutionnaires &#187;. Entre 1933 et 1938, avant de proclamer la IVe Internationale, l'Opposition de gauche internationale et Trotsky avaient multipli&#233; les tentatives de regroupement des forces r&#233;volutionnaires. Dans une lettre &#224; Marceau Pivert, Trotsky &#233;crivait clairement : &#171; Les bolcheviks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'Internationale qui se b&#226;tit. Ils sont pr&#234;ts &#224; travailler la main dans la main avec les autres fractions r&#233;ellement r&#233;volutionnaires &#187;. (5) Les conditions de la fondations de la IVe Internationale &#8212; &#224; l'aube de la conflagration de la seconde guerre mondiale, alors qu'il fallait resserrer les rangs du noyau de cadres existant et alors que les autres courants se r&#233;clamant de la r&#233;volution continuaient &#224; h&#233;siter &#8212; a fait que ce voeu de Trotsky ne s'est pas r&#233;alis&#233; alors. Ce ne fut pas non plus possible dans les ann&#233;es suivantes. Mais depuis la fin du stalinisme, alors que les forces r&#233;volutionnaires continues &#224; &#234;tre &#233;parpill&#233;es, la IVe Internationale poursuit les tentatives de leur regroupement : les conf&#233;rences internationales et europ&#233;ennes de la gauche anticapitaliste en sont l'exemple. De plus, au cours de la d&#233;cennie pass&#233;e, de nouvelles organisations issues de traditions diff&#233;rentes (le RPM-M des Philippines ou le LPP du Pakistan) l'ont rejoint ou s'en sont rapproch&#233;s. Loin d'avoir r&#233;ussi &#224; regrouper l'ensemble des forces anticapitalistes &#224; l'&#233;chelle mondiale, la IVe Internationale poursuit cette tentative, toujours actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. &#171; Reconnaissance de la d&#233;mocratie du parti, non seulement en paroles, mais aussi en actes &#187;. Alors que les partis staliniens &#233;taient devenus monolithiques et soumis au &#171; petit p&#232;re des peuples &#187;, cette affirmation allait &#224; contre-courant. La IVe Internationale a toujours reconnu le droit de tendance en son sein, voire des fractions en situation de crise. Cela a parfois conduit &#224; des scissions &#8212; ce n'est pas la d&#233;mocratie interne qui en fut la cause, mais parfois ses manquements (tentatives d'imposer une tactique de construction &#224; la majorit&#233; de la section fran&#231;aise en 1952-1953) et toujours la faiblesse de l'organisation qui faisait que le maintien de son unit&#233; apparaissait comme secondaire. La capacit&#233; de la plus importante section de la IVe Internationale &#8212; la Ligue communiste r&#233;volutionnaire de France &#8212; de tol&#233;rer en son sein non seulement des divergences d'opinion, mais m&#234;me des pratiques diff&#233;rentes (6) a montr&#233; que, non sans tensions, la d&#233;mocratie dans le parti reste une condition de sa construction.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des acquis &#224; pr&#233;server&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu, les axes programmatiques de la IVe Internationale, s'ils datent de 75 ans, restent pour une tr&#232;s large part d'actualit&#233;. C'est la raison fondamentale qui a permis &#224; un courant minoritaire de durer et de continuer &#224; jouer un r&#244;le actif au sein de la classe ouvri&#232;re internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a aussi permis &#224; la IVe Internationale de poursuivre l'&#233;laboration engag&#233;e lors de sa formation, de d&#233;velopper un marxisme vivant. Les r&#233;solutions programmatiques adopt&#233;es par ses congr&#232;s mondiaux en t&#233;moignent : l'analyse du d&#233;clin et de la chute du stalinisme en 1957, celle sur &#171; R&#233;volution socialiste et la lutte pour la lib&#233;ration des femmes &#187; en 1979, celle sur &#171; Dictature du prol&#233;tariat et d&#233;mocratie socialiste &#187; approfondissant le concept de la d&#233;mocratie comme composante indispensable de la soci&#233;t&#233; de transition, d&#233;battue &#224; partir de 1979 et adopt&#233;e en 1985, celle d'&#171; &#201;cologie et socialisme &#187;, celle &#171; Sur la lib&#233;ration lesbienne/gay &#187; en 2001 et celle de la crise climatique en d&#233;bat en vue du prochain congr&#232;s mondial en 2010. Ce sont aussi tr&#232;s largement les d&#233;bats au sein de la IVe Internationale qui ont permis &#224; Ernest Mandel, son principal dirigeant des ann&#233;es 1960-1990, de formuler une analyse novatrice du capitalisme tardif et des ondes longues dans l'&#233;conomie capitaliste&#8230; (7) &#201;conomiste marxiste de renomm&#233;e mondiale, Ernest Mandel insistait toujours sur le fait qu'il &#233;tait &#171; d'abord un militant &#187; et tous les universitaires qui tentaient de l'inviter &#224; donner des cours ou &#224; participer &#224; des colloques gardent en m&#233;moire sa r&#233;ponse : &#171; Je dois d'abord v&#233;rifier l'emploi du temps de la IVe Internationale &#8212; qui est une priorit&#233; de mon engagement &#8212; avant de vous r&#233;pondre si je pourrai venir&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la IVe Internationale, rest&#233;e minoritaire, n'a pas jou&#233; un r&#244;le dirigeant dans les processus r&#233;volutionnaires qui ont suivi sa fondation, elle a toujours &#233;t&#233; capable de reconna&#238;tre des processus r&#233;volutionnaires, anti-imp&#233;rialistes et socialistes, au-del&#224; m&#234;me de leurs directions, et de leur manifester une solidarit&#233; sans faille contre l'imp&#233;rialisme. Nous avons clairement d&#233;fendu les r&#233;volutions chinoise, yougoslave, vietnamienne, alg&#233;rienne, cubaine, nicaraguayenne &#8212; ce qui a constitu&#233; une singularit&#233; de notre courant international y compris vis-&#224;-vis d'autres mouvements trotskistes. De m&#234;me elle a apport&#233; son soutien internationaliste aux mouvements r&#233;volutionnaires et anticolonialistes en lutte contre l'imp&#233;rialisme. En particulier, notre rapport &#224; l'exp&#233;rience de Che Guevara a traduit cette volont&#233; de se lier aux processus r&#233;volutionnaires. La IVe Internationale a aussi soutenu le d&#233;but des processus des r&#233;volutions antibureaucratiques (Yougoslavie 1948, Berlin 1953, Pologne et Hongrie 1956, Tch&#233;coslovaquie 1968, Pologne 1980-1981) en assurant une information &#224; leur sujet et en organisant la solidarit&#233; avec eux. Alors que &#171; nombre de commentateurs r&#233;duisaient leur analyse du monde du si&#232;cle dernier aux camps ou aux &#201;tats &#8212; &#201;tats-Unis et l'ex-URSS &#8212; la IVe Internationale mettait en avant la lutte des peuples et des travailleurs contre leur propre imp&#233;rialisme et la bureaucratie sovi&#233;tique &#187; (8). Cet engagement r&#233;volutionnaire constant a permis &#224; ce courant minoritaire de jouer un r&#244;le au-del&#224; de ses faibles forces militantes, en animant les mouvements de solidarit&#233; internationale contre la guerre coloniale en Alg&#233;rie, contre l'agression imp&#233;rialiste au Vietnam, en soutien aux luttes r&#233;volutionnaires des peuples latino-am&#233;ricains ou en soutien &#224; la r&#233;volution antibureaucratique polonaise de 1980-1981 et contre son &#233;touffement, mouvements qui ont permis &#224; des nouvelles g&#233;n&#233;rations militantes de se distancier voire de s'&#233;manciper de l'emprise stalinienne et social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle &#233;poque, nouveau programme, nouveaux partis&#8230; nouvelle Internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement final du stalinisme, dont les continuateurs sont pass&#233;s avec armes et bagages du c&#244;t&#233; de la restauration capitaliste dans les pays de l'Europe centrale, en URSS, en Chine et au Vietnam, a mis fin &#224; l'&#233;poque initi&#233;e par la contre-r&#233;volution stalinienne en URSS. Le mouvement ouvrier traditionnel &#8212; tant la social-d&#233;mocratie dont la survie tenait &#224; son rejet de la dictature bureaucratique au nom d'une id&#233;alisation de la d&#233;mocratie bourgeoise, que les partis se disant communistes, qui id&#233;alisaient la dictature bureaucratique &#8212; s'est trouv&#233; priv&#233; de son identit&#233;. Sous les coups de l'offensive capitaliste visant, au travers de la mondialisation, &#224; remettre en cause les acquis sociaux des travailleurs pour accro&#238;tre le taux du profit, le mouvement ouvrier traditionnel, priv&#233; de ses r&#233;f&#233;rences, a cherch&#233; &#224; s'adapter, c&#233;dant ses lignes de d&#233;fense l'une apr&#232;s l'autre. Tant la social-d&#233;mocratie que les ex-staliniens ont abandonn&#233; la perspective du socialisme, c'est-&#224;-dire celle d'une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, d&#233;mocratique, collectiviste. Certains de ces partis ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; rejeter l'identit&#233; socio-politique du mouvement ouvrier &#8212; tel le New Labour (nouveau parti travailliste) britannique sous la houlette de Tony Blair, ou la majorit&#233; du Parti communiste italien, devenu successivement D&#233;mocrates de gauche puis, abandonnant m&#234;me toute r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; gauche &#187;, le Parti d&#233;mocrate. C'est aussi le cas de nombreux dirigeants des partis traditionnels de la gauche qui n'ont pas encore r&#233;ussi &#224; faire ce saut qualitatif d'adaptation id&#233;ologique, comme Bertrand Delano&#235;, qui n'h&#233;site plus &#224; s'affirmer &#171; lib&#233;ral &#187; (9). Certains partis de l'Internationale socialiste ont d&#233;finitivement sombr&#233;, tel l'Action d&#233;mocratique au Venezuela dont le pr&#233;sident fut responsable du massacre de la population r&#233;volt&#233;e en 1989 (&#171; Caracazo &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier traditionnel s'en est trouv&#233; profond&#233;ment affaibli. Les syndicats historiques ont perdu beaucoup de leurs membres de m&#234;me que les partis politiques de la gauche traditionnelle. La repr&#233;sentation politique de ceux qui vendent leur force de travail s'est profond&#233;ment affaiblie, les partis traditionnels &#233;tant de moins en moins per&#231;us par les travailleurs comme repr&#233;sentant leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirmaient les chantres de la &#171; fin de l'histoire &#187;, la lutte des classes ne s'est nullement arr&#234;t&#233;e pour autant. Au contraire, face aux contre-r&#233;formes impuls&#233;es par la bourgeoisie &#8212; et souvent soutenues quand ce n'est pas conduites par la gauche traditionnelle social-lib&#233;rale &#8212; les luttes ouvri&#232;res continuent et se radicalisent. La l&#233;gitimit&#233; du capitalisme &#8212; qui se pr&#233;tendait &#171; vainqueur &#187; apr&#232;s 1991 &#8212; comme celle de sa &#171; mondialisation &#187; sont de plus en plus remises en cause. L'actuelle crise &#233;conomique va encore renforcer ce ph&#233;nom&#232;ne. Cela cr&#233;e un espace pour une nouvelle gauche, radicale, anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche, de nouveaux partis plus radicaux ont commenc&#233; &#224; appara&#238;tre. Leur ind&#233;pendance face aux institutions &#233;tatiques bourgeoises varie. L&#224; o&#249; les r&#233;volutionnaires disposent de forces r&#233;duites et o&#249; des courants en rupture partielle avec les partis politiques traditionnels ont pr&#233;serv&#233; un enracinement institutionnel, ces partis restent tributaires de leur institutionnalisation, comme ce fut le cas du Parti de refondation communiste (PRC) en Italie &#8212; qui a sombr&#233; apr&#232;s son int&#233;gration dans le gouvernement de Romano Prodi &#8212; et comme c'est la cas de Die Linke en Allemagne, dont la majorit&#233; de la direction aspire &#224; int&#233;grer un gouvernement m&#234;me en position soumise aux forces social-lib&#233;rales. De tels partis ont un caract&#232;re transitoire : ils &#233;clateront (ou sombreront) s'ils d&#233;&#231;oivent les aspirations populaires plac&#233;es en eux en entrant dans des gouvernements de gestion de la crise capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres nouveaux partis sont en voie de constitution, qui au contraire se donnent une perspective de rupture avec le capitalisme, de d&#233;fense jusqu'au bout des int&#233;r&#234;ts des travailleurs. C'est le cas en France avec la construction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) &#224; l'initiative de la LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale, en Pologne avec celle &#8212; &#224; l'initiative des syndicalistes radicaux du syndicat libre &#171; Ao&#251;t 80 &#187; &#8212; du Parti polonais du travail (PPP), au Pakistan avec le Parti travailliste du Pakistan (LPP) ; en Italie, &#224; la suite de la clarification fond&#233;e sur l'exp&#233;rience pratique du PRC, une nouvelle Gauche critique a vu le jour, au Br&#233;sil, &#224; la suite de l'exp&#233;rience d&#233;sastreuse du gouvernement Lula, un nouveau parti &#8212; le Parti Socialisme et Libert&#233; (PSoL) &#8212; est apparu&#8230; Les militants de la IVe Internationale participent &#224; la construction de ces nouveaux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, le XIVe congr&#232;s mondial de la IVe Internationale affirmait d&#233;j&#224; : &#171; la p&#233;riode actuelle combine une crise du mouvement ouvrier international qui lib&#232;re de nouvelles perspectives de d&#233;bats et de recomposition politique &#224; moyen terme, et des rapports de forces sociaux et id&#233;ologiques, qui emp&#234;chent pour le moment toute possibilit&#233; de transcroissance qualitative dans la construction de l'avant-garde r&#233;volutionnaire &#224; l'&#233;chelle mondiale. (&#8230;) Beaucoup d'organisations provenant d'autres traditions que la n&#244;tre et conservant leurs objectifs r&#233;volutionnaires sont amen&#233;es &#224; r&#233;viser leurs points de rep&#232;re historiques &#224; la lumi&#232;re du bilan final du stalinisme et de l'effondrement du soi-disant &#8220;camp socialiste&#8221;. (&#8230;) Ainsi tel rep&#232;re, qui pouvait appara&#238;tre par le pass&#233; comme un trait singulier du &#8220;trotskisme&#8221;, pourra &#234;tre consid&#233;r&#233; d'une toute autre mani&#232;re &#224; l'avenir. Certaines r&#233;f&#233;rences historiques qui renvoyaient aux clivages et ruptures complexes au sein du mouvement communiste des ann&#233;es trente vont &#234;tre relativis&#233;es, au profit d'une revalorisation de la s&#233;paration classique et fondamentale entre &#8220;r&#233;volutionnaires&#8221; et &#8220;r&#233;formistes&#8221;, voire entre social-d&#233;mocrates et anticapitalistes. &#187; (10) En 2003, le XVe congr&#232;s mondial poursuivait : &#171; La nouvelle phase politique de r&#233;organisation pose d'embl&#233;e le probl&#232;me d'une nouvelle Internationale anticapitaliste/anti-imp&#233;rialiste, r&#233;volutionnaire de masse. (&#8230;) Sa force d'impulsion provient d'un mouvement de r&#233;sistance d'embl&#233;e internationale contre une nouvelle &#233;tape d'internationalisation du capitalisme, sa politique et ses institutions. &#187; (11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1933 le courant de la IVe Internationale s'est donn&#233; pour but la construction d'une Internationale r&#233;volutionnaire de masse. Trois quarts de si&#232;cle plus tard, la IVe Internationale, produit d'une p&#233;riode marqu&#233;e &#224; la fois par la force propulsive de la r&#233;volution russe et par le poids de sa longue d&#233;faite sous les coups de la contre-r&#233;volution stalinienne, n'a toujours pas r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser cet objectif historique. La nouvelle &#233;poque ouverte par la fin du &#171; court XXe si&#232;cle &#187;, permettant de &#171; f&#233;conder d'un contenu r&#233;volutionnaire &#187; les processus de r&#233;organisation en cours du mouvement ouvrier, remet aujourd'hui &#224; l'ordre du jour cet objectif, comme en t&#233;moigne la naissance de nouveaux partis anticapitalistes. Le programme et la r&#233;alit&#233; militante de la IVe Internationale vont au-del&#224; de son histoire tumultueuse et lui permettent de s'engager dans la construction d'une nouvelle Internationale. Celle-ci ne se d&#233;cr&#232;te pas. Les processus de construction de nouveaux partis dans chaque pays sont tributaires des histoires discordantes de la lutte des classes &#224; l'&#233;chelle nationale. Les rythmes seront in&#233;gaux. Les exp&#233;riences d'une nouvelle gauche serons diverses. A l'&#233;chelle internationale, cela passera par des regroupements sp&#233;cifiques autour des d&#233;bats et des actions communes d'organisations diverses. Mais les succ&#232;s dans la construction de nouveaux partis anticapitalistes des uns enrichiront aussi la pratique des autres. Cependant la IVe Internationale fera tout son possible pour qu'une &#171; nouvelle Internationale anticapitaliste/anti-imp&#233;rialiste &#187; voie le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, septembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Son lieu fut tenu secret et il a &#233;t&#233; annonc&#233; qu'elle s'est tenue en Suisse&#8230; Ce qui n'emp&#234;chera pas la participation active d'un agent stalinien, Mark Zborovsky, dit &#201;tienne, recrut&#233; par le Gu&#233;p&#233;ou pour infiltrer la IVe Internationale, d&#233;masqu&#233; seulement en 1956, qui participait &#224; l'&#233;dition du Bulletin de l'Opposition (en russe) aux c&#244;t&#233;s de L&#233;on Sedov (fils de Trotsky, d&#233;c&#233;d&#233; dans des conditions suspectes le 16 f&#233;vrier 1938 dans une clinique parisienne, assassin&#233; par le Gu&#233;p&#233;ou ou &#8212; c'est l'hypoth&#232;se avanc&#233;e par les docteurs Jean-Michel Krivine et Marcel-Francis Kahn &#8212; victime d'un chirurgien particuli&#232;rement incomp&#233;tent : cf. les Cahiers L&#233;on Trotsky, mars 1983, n&#176;13). Lors de cette conf&#233;rence Zborovsky ne sera pas &#233;lu membre du Comit&#233; ex&#233;cutif internationale mais c'est lui qui rapportera sur la question de l'URSS&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les congr&#232;s de la Quatri&#232;me Internationale, 1 &#8212; naissance de la IVe Internationale 1930-1940, &#233;d. la Br&#232;che, Paris 1978, p. 228-229.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &#171; D&#233;claration des 4 &#187; &#8212; Opposition communiste de gauche, Socialistische Arbeiterpartei (Allemagne), Revolutionair socialistische partij (Hollande) et Onafhankelijk sociacialistische partij (Hollande), reproduite dans Les congr&#232;s de la Quatri&#232;me Internationale, 1 &#8212; naissance de la IVe Internationale 1930-1940, &#233;d. la Br&#232;che, Paris 1978, p. 98-100 et dans Daniel Bensa&#239;d, Les ann&#233;es de formation de la IVe Internationale, CER n&#176; 9, 1988, IIRF Amsterdam, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. L'auteur de cet article fut de ceux qui, au sein de la section fran&#231;aise, se sont oppos&#233;s par conservatisme &#224; l'orientation qui a donn&#233; naissance aux premiers syndicats ind&#233;pendants SUD, convaincu &#224; tort que cet espace n'existait pas&#8230; C'est l'occasion de r&#233;affirmer mon autocritique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cit&#233; par Daniel Bensa&#239;d, op. cit. p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Ainsi les camarades, minoritaires, qui se sont engag&#233;s contre la LCR (menant la campagne autour de la candidature d'Olivier Besancenot &#224; la pr&#233;sidentielle de 2007) dans une autre campagne pr&#233;sidentielle, celle de Jos&#233; Bov&#233;, n'ont pas &#233;t&#233; exclus&#8230; La possibilit&#233; de tester ainsi deux tactiques diff&#233;rentes a permis de tirer un bilan pratique et de r&#233;unifier largement l'organisation, la majorit&#233; des camarades minoritaires ayant pu tirer le bilan de leur orientation qui s'est av&#233;r&#233;e erron&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Cf. E. Mandel, Le Troisi&#232;me &#226;ge du capitalisme (&#233;dition revue et corrig&#233;e par l'auteur), &#201;ditions de la Passion, Paris 1997. L'autre contribution importante d'Ernest Mandel &#224; la th&#233;orie &#233;conomique marxiste, Long waves in capitalist development (Les Ondes longues du d&#233;veloppement capitaliste), parue en anglais en 1980 et dans une &#233;dition r&#233;vis&#233;e en 1995 (&#233;d. Verso, Londres) devrait enfin para&#238;tre en traduction fran&#231;aise revue par l'auteur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Fran&#231;ois Sabado, Aux origines de la IVe Internationale, Rouge n&#176; 2266 du 18 septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. cf. Bertrand Delano&#235; et Laurent Joffrin, De l'audace, &#233;d. Robert Laffont, Paris 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. R&#233;solution &#171; Construire l'Internationale aujourd'hui &#187; adopt&#233;e par le XIVe congr&#232;s mondial (5-10 juin 1995). cf. Inprecor, n&#176; hors s&#233;rie, suppl&#233;ment au n&#176; 398 de f&#233;vrier 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. R&#233;solution &#171; R&#244;le et t&#226;ches de la IVe Internationale &#187; adopt&#233;e par le XVe congr&#232;s mondial (8-14 f&#233;vrier 2003). cf. Inprecor, n&#176; hors s&#233;rie, suppl&#233;ment au n&#176; 488 de d&#233;cembre 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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