<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_mot=245&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>1990 : l'&#233;t&#233; de la souverainet&#233; Mohawk</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/1990-l-ete-de-la-souverainete-Mohawk</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/1990-l-ete-de-la-souverainete-Mohawk</guid>
		<dc:date>2010-08-25T04:12:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux, Michel Mill</dc:creator>


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des archives de Gauche Socialiste...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2974-215ef.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des archives de Gauche Socialiste...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'utopie d'avoir &#224; nouveau son propre pays. L'exp&#233;rience du peuple Mapuche.</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-utopie-d-avoir-a-nouveau-son-propre-pays-L-experience-du-peuple-Mapuche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/L-utopie-d-avoir-a-nouveau-son-propre-pays-L-experience-du-peuple-Mapuche</guid>
		<dc:date>2009-11-27T05:47:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Interview de Pedro Cayuqueo, militant et journaliste mapuche, sur la situation actuelle de la lutte des indig&#232;nes mapuches au Chili. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site Contretemps Propos recueillis par Bettina Ghio, octobre 2009. ________________________________________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les revendications particuli&#232;res de la lutte mapuche ? Y&#8211;a-t-il une caract&#233;ristique qui peut la d&#233;finir actuellement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines revendications rejoignent celles de l'ensemble des peuples originaires d'Am&#233;rique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2659-e776d.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Interview de Pedro Cayuqueo, militant et journaliste mapuche, sur la situation actuelle de la lutte des indig&#232;nes mapuches au Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Contretemps&lt;br class='autobr' /&gt;
Propos recueillis par Bettina Ghio, octobre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les revendications particuli&#232;res de la lutte mapuche ? Y&#8211;a-t-il une caract&#233;ristique qui peut la d&#233;finir actuellement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines revendications rejoignent celles de l'ensemble des peuples originaires d'Am&#233;rique latine soient la lutte pour la r&#233;cup&#233;ration des terres, la revendication des droits culturels ou la reconnaissance des droits humains internationaux. Cependant, le peuple mapuche poss&#232;de, notamment au niveau politique, des revendications sp&#233;cifiques puisque nous r&#233;clamons la reconstitution d'une nation, d'un territoire propre. Cela nous rapproche autant des revendications des Bretons, des Corses, des Basques ou des Palestiniens que de celles des autres peuples originaires des Am&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il s'agit donc d'une particularit&#233; int&#233;ressante &#224; remarquer, car il faut comprendre principalement l'histoire de notre peuple. Nous sommes le deuxi&#232;me peuple indig&#232;ne des Am&#233;riques par le nombre - presque deux millions r&#233;partis dans le Nord de la Patagonie chilienne et argentine- et jusqu'&#224; un peu plus d'un si&#232;cle nous disposions d'une souverainet&#233; politique et territoriale unique en Am&#233;rique latine. Il ne faut pas oublier que les Mapuches, non seulement, n'ont pas accept&#233; l'invasion espagnole mais qu'ils l'ont par ailleurs vaincue. La conqu&#234;te au Chili a &#233;t&#233; un &#233;chec pour le royaume espagnol et le sud du Chili &#233;tait m&#234;me connu comme &#171; le cimeti&#232;re des Espagnols &#187;. Or, cette situation a men&#233; le roi d'Espagne, au 16&#232; si&#232;cle, &#224; signer un trait&#233; avec les Mapuches par lequel il reconnaissait l'existence de ce peuple et de son territoire, dans le respect d'une fronti&#232;re. Il s'agit donc du premier acte d'ind&#233;pendance reconnu par l'Empire espagnol que les Mapuches ont r&#233;ussi &#224; la maintenir jusqu'&#224; la fin du 19&#232; si&#232;cle &#224; la suite de l'invasion planifi&#233;e par les Etats chilien et argentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chili et l'Argentine sont des &#171; accidents &#187; historiques tr&#232;s r&#233;cents. La relation de mon peuple avec les Espagnols date de quatre si&#232;cles alors que ces deux Etats en ont moins de deux . Les deux pays f&#234;teront l'ann&#233;e prochaine les 200 ans de leur ind&#233;pendance par rapport &#224; l'Espagne, ce qui est assez tardif par rapport aux processus d'ind&#233;pendence des autres r&#233;publiques d'Am&#233;rique latine. Le ph&#233;nom&#232;ne mapuche est assez particulier, en ce sens que l'histoire de l'invasion militaire est assez r&#233;cente, elle a presque 130 ans, et c'est alors que le territoire mapuche s'est vu r&#233;parti sur ces deux pays. Cette perte du territoire en tant que nation est si r&#233;cente que mon arri&#232;re-grand-p&#232;re est n&#233; sur un territoire Mapuche ind&#233;pendant, alors s'il y a bien une caract&#233;ristique qui puisse d&#233;finir le mouvement Mapuche actuellement c'est l'expression d'une diversit&#233; autour de construire une utopie qui est celle d'avoir &#224; nouveau un pays propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est le positionnement de la lutte mapuche par rapport aux autres luttes des indig&#232;nes et des peuples originaires des Am&#233;riques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un d&#233;tail tr&#232;s important : les autres peuples indig&#232;nes d'Am&#233;rique latine sont pour la plupart majoritaires sur leurs territoires, c'est le cas en Bolivie o&#249; ils sont 70% ou au P&#233;rou et en l'Equateur o&#249; ils sont 60% et de plus, dans chacun de ces Etats, ils repr&#233;sentent entre 50 et 100 peuples indig&#232;nes distincts, avec leurs langues et territoires diff&#233;rents. Alors le mouvement indig&#232;ne dans ces pays concentre sa lutte &#224; refonder des Etats, c'est &#224; dire conqu&#233;rir du pouvoir politique afin de transformer ces pays, comme c'est le cas en Bolivie avec Evo Morales ou en l'Equateur, o&#249; le mouvement indig&#232;ne a fait tomber des gouvernements, ou le cas au Mexique o&#249; les Zapatistas disent : &#171; Plus jamais un Mexique sans nous &#187;. Il est tr&#232;s probable ne jamais rien entendre de pareil de la part d'un Mapuche, il ne dira en aucun cas : &#171; plus jamais un Chili sans nous &#187;, puisque nous ne nous consid&#233;rons pas comme Chiliens. De m&#234;me, on lui entendra difficilement manifester sa volont&#233; de conqu&#233;rir le pouvoir politique pour entrer dans le gouvernement chilien, car n'&#233;tant que 8% d'indig&#232;nes au Chili, une lutte politique &#224; l'int&#233;rieur de l'Etat n'aboutirait jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement tenir compte du fait, qu'au Chili il n'existe pas de conditions subjectives au sein de la population pour une proposition indig&#232;ne de changement social et structurel. En effet, le Chili est un pays profond&#233;ment raciste et blanc qui n'assume gu&#232;re son m&#233;tissage ; longtemps, les Chiliens se sont qualifi&#233;s de &#171; Anglais d'Am&#233;rique latine &#187;. Alors, vu que nous sommes une minorit&#233; mais que sur notre territoire historique nous sommes tr&#232;s nombreux, nous luttons pour &#233;tablir notre propre pays sur nos terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, quand je parle de la revendication mapuche des terres, de la reconnaissance culturelle et de cet aspect propre &#224; sa lutte, je concentre le probl&#232;me sur la r&#233;alit&#233; mapuche au Chili. La revendication mapuche en Argentine porte surtout sur les premi&#232;res revendications mais tr&#232;s peu sur l'autre composante, car la situation est diff&#233;rente dans ce pays vu que le peuple mapuche y repr&#233;sente une minorit&#233; absolue ; de ce fait, leur degr&#233; d'identit&#233; n'est pas aussi fort qu'au Chili o&#249; la pr&#233;sence de la langue et des traditions mapuches est beaucoup plus forte. D'ailleurs, il y a une r&#233;alit&#233; historique que l'on ne peut pas nier, nous avons &#233;t&#233; occup&#233;s par deux Etats et la r&#233;alit&#233; mapuche est diverse aujourd'hui en Argentine et au Chili et m&#234;me en Argentine elle est bien diff&#233;rente dans les trois provinces o&#249; se trouvent les Mapuches. C'est pour cette raison que je suis pragmatique et je consid&#232;re que chaque Mapuche dans chaque territoire d&#233;termine lui-m&#234;me le chemin &#224; suivre pour obtenir ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement de revendication politique se centre aujourd'hui sur la lutte mapuche au Chili et plus particuli&#232;rement dans la r&#233;gion de l'Araucan&#237;a [1], qui est comme la m&#232;re patrie mapuche et c'est l&#224; o&#249; la majeure partie de la population et des communaut&#233;s mapuches sont concentr&#233;es. Elle est &#233;galement la capitale historique du peuple mapuche et l'endroit qui poss&#232;de des conditions ad&#233;quates pour faire de notre lutte une lutte politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parlais justement du cas de la Bolivie avec Evo Morales, quelle est ta position face &#224; son gouvernement ? Repr&#233;sente-t-il pour vous l'indig&#232;ne et sa pens&#233;e au pouvoir ? S'agit-il d'un mod&#232;le que le peuple mapuche souhaiterait imiter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, j'ai un grand respect pour le processus bolivien, car il s'agit de la seule v&#233;ritable r&#233;volution qui est en train de se mettre en place en Am&#233;rique latine par le fait de viser &#224; refonder l'Etat dans sa structure m&#234;me. Il s'agit d'un processus comme sans pr&#233;c&#233;dent en Am&#233;rique latine : un Etat compl&#232;tement f&#233;odal qui reconna&#238;t d&#233;sormais sa r&#233;alit&#233; indig&#232;ne, plurinationale et qui propose des relations nouvelles entre les peuples qui le composent ; &#224; cela s'ajoute une proposition de changement social et de lutte politique contre le n&#233;o-lib&#233;ralisme. Pourtant, il n'y a pas de mod&#232;les ou des &#171; recettes &#187; exportables, nous avons m&#234;me des relations politiques avec le MAS et quand nous exposons que notre demande est l'autonomie r&#233;gionale, ils sont compl&#232;tement surpris, car la grande demande de l'oligarchie de la r&#233;gion de Santa Cruz est pr&#233;cis&#233;ment l'autonomie r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors un degr&#233; de compr&#233;hension des processus particuliers, car le chemin parcouru par les indig&#232;nes boliviens est impossible au Chili, par contre il est possible de penser qu'au Chili, un peuple comme le n&#244;tre pourra proposer des facteurs de reconstruction du pays. Les Aymaras pourraient parfaitement demander la reconstruction du Coya suyu, le territoire aymara historique, au sud du P&#233;rou, au nord du Chili et dans l'Altiplano bolivien, mais ils pr&#233;f&#232;rent concentrer leur lutte sur un changement radical de la situation politique de la Bolivie. Or, il y a des secteurs aymaras qui sont contre Evo Morales car ils proposent justement la destruction de la Bolivie en tant qu'Etat et des r&#233;gions du Perou et du Chili et la reconstruction du Coya suyu, ils disent, de m&#234;me, que la demande maritime de la part de l'Etat bolivien est absurde, car les Aymaras ont toujours eu la mer dans leur territoire du Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement d'Evo Morales, malgr&#233; le fait d'&#234;tre si populaire et tr&#232;s soutenu, a des diff&#233;rences avec des groupes indig&#232;nes beaucoup plus radicaux et plus li&#233;s &#224; une position &#171; aymara-centrique &#187;, c'est &#224; dire les int&#233;r&#234;ts des Aymaras doivent passer avant le changement social ; mais malgr&#233; ces contradictions internes, je le consid&#232;re comme un processus qui nous permet, &#224; nous les Mapuches, de tirer des le&#231;ons importantes. L'une d'entre elles consiste &#224; oser proposer une politique &#233;lectorale avec des propositions qui ne s'adressent pas seulement aux indig&#232;nes, mais aussi aux Chiliens qui habitent la r&#233;gion et qui subissent le syst&#232;me n&#233;o-lib&#233;ral. Dans ce sens, le MAS est la confluence des secteurs de la gauche, des syndicalistes, des indig&#232;nes qui se sont propos&#233;s de prendre le pouvoir par la voie d&#233;mocratique et de g&#233;n&#233;rer un changement social. Il s'agit d'une m&#233;thode fascinante. Le mouvement mapuche a eu &#224; un moment donn&#233; le tort de centrer la revendication sur la question ethnique et de ne pas se rendre compte que la revendication qui n'int&#232;gre pas les revendications sociales des secteurs populaires chiliens de la r&#233;gion est vou&#233; &#224; l'&#233;chec. Il s'agirait ainsi d'une politique de &#171; ghetto &#187; et on ne sera jamais une majorit&#233; politique de cette mani&#232;re. Le processus bolivien nous apprend &#224; g&#233;n&#233;rer des propositions politiques, de changement social et de luttes pour notre autonomie tout en int&#233;grant les graves probl&#232;mes &#233;conomiques et politiques qui touchent la population chilienne en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre enseignement tir&#233; du processus bolivien est celui de comment les peuples indig&#232;nes en g&#233;n&#233;ral, quelque soient leurs revendications, sont capables de g&#233;n&#233;rer une pens&#233;e politique inspir&#233;e de sa culture propre. Auparavant, des ann&#233;es 60 &#224; 80, les mouvements indig&#232;nes &#233;taient soutenus par la gauche r&#233;volutionnaire, et sous la grande influence des th&#233;oriciens marxistes, mao&#239;stes, et trotskistes. Nous nous sommes &#233;galement &#171; d&#233;colonis&#233;s &#187; de cette influence qui n'&#233;tait pas forcement n&#233;gative, mais qui ne nous repr&#233;sentait pas. Aujourd'hui il s'agit pour nous de nous nourrir d'&#233;l&#233;ments philosophiques propres afin de construire un chemin vers la lib&#233;ration politique. Le cas bolivien a d&#233;montr&#233; que cela &#233;tait possible. En effet, ils n'ont pas eu besoin de faire appel &#224; de grands th&#233;oriciens europ&#233;ens pour parvenir &#224; l'&#233;laboration d'un gouvernement , ils ont par contre fait appel &#224; la sagesse aymara dont les trois principes consistant &#224; &#171; ne pas voler &#187;, &#171; ne pas mentir &#187; et &#171; &#234;tre constant &#187;, leur ont permis de b&#226;tir un bon gouvernement. De la m&#234;me mani&#232;re, les zapatistas et leur &#171; commander en ob&#233;issant &#187; qui vient de la philosophie maya et qui est un bon mod&#232;le de d&#233;mocratie participative. Nous, les Mapuches, avons quatre principes : Kim che (des gens sages), Nor che (des honn&#234;tes gens), Newen che (des braves gens) et Kume che (des gens bons). Ce sont des valeurs fondamentales pour faire de la politique et pour choisir des repr&#233;sentants et tous ces principes doivent aller ensemble. Ces mots existent dans la langue mapuche depuis des milliers d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y-a-t-il a eu des changements significatifs dans la reconnaissance de la culture mapuche les derni&#232;res ann&#233;es et principalement celles du retour de la d&#233;mocratie au Chili et en Argentine ? Les gouvernements de Bachelet et de Kirchner, tous les deux consid&#233;r&#233;s de centre-gauche, se sont-ils montr&#233;s favorables &#224; votre lutte ? Quelles sont sinon les organisations qui vous sont les plus proches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une fa&#231;on d'aborder le cas mapuche dans le processus d&#233;mocratique chilien qui a un rapport avec le &#171; multiculturalisme &#187;, notion qu'utilise le syst&#232;me n&#233;o-lib&#233;ral car cela est vendeur et permet d'attirer des touristes etc. Au Chili, il existe une reconnaissance tr&#232;s &#171; timide &#187; des droits mapuches, on reconna&#238;t les habits typiques, les f&#234;tes, la langue etc. mais il ne s'agit pas pour autant de v&#233;ritables avanc&#233;es, ce sont des droits qui restent surtout sur le papier et qui ne vont pas au-del&#224; d'une vision folklorique de l'indig&#232;ne. Reconna&#238;tre le droit d'un peuple c'est autre chose. Si l'Etat reconnaissait le peuple mapuche cela reviendrait &#224; ce qu'il assume l'existence d'une h&#233;g&#233;monie du pouvoir injuste, ill&#233;gitime et donc accepte son devoir de r&#233;paration. Cela n'arrivera jamais et c'est alors &#224; nous de lutter pour qu'il en soit autrement. Il s'agit d'une question d'ordre politique et non pas d'ordre culturel. Alors le d&#233;fi de ma g&#233;n&#233;ration va au-del&#224; de r&#233;clamer la reconnaissance culturelle, il s'agit de construire et d'obtenir un pouvoir politique . Quand nous l'aurons, nous nous occuperons du reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Somment Indig&#232;ne de 2007 au Guatemala a marqu&#233; le point de d&#233;part d'une r&#233;flexion sur le passage de la r&#233;sistance au pouvoir. Il est essentiel de passer de la protestation &#224; la proposition, et l'exp&#233;rience de la Bolivie &#233;claire le chemin des luttes indig&#232;nes. Les indig&#232;nes d'Equateur commencent &#233;galement &#224; se poser la question du pouvoir alors que ce sont pr&#233;cis&#233;ment eux qui ont renvers&#233; des gouvernements ces derni&#232;res ann&#233;es. Or je crois qu'ils empruntent le bon chemin pour acc&#233;der au pouvoir. D'autres exp&#233;riences existent telle que la fondation du parti Maya au Guatemala ou au P&#233;rou o&#249; les indig&#232;nes de l'Amazonie sont en train d'avancer &#233;galement dans la lutte politique. Il s'agit d'une voie que tous les indig&#232;nes des Am&#233;riques sont en train de sonder et les Mapuches sont vraisemblablement en retard dans cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche qui est rest&#233;e en dehors du Congr&#232;s apr&#232;s la loi &#233;lectorale de Pinochet &#8211;et qui reste en vigueur aujourd'hui- est celle qui a toujours &#233;t&#233; solidaire de la lutte mapuche, mais il s'agit d'une gauche compl&#232;tement marginale : des secteurs &#233;tudiants et syndicaux. Le PC chilien par contre est actuellement d&#233;connect&#233; de la dynamique sociale, il cherche plut&#244;t des accords avec le gouvernement car aujourd'hui la gauche chilienne ne porte pas de projets et il est peu probable qu'elle arrive au pouvoir. Le cas argentin est diff&#233;rent, car les Mapuches ne doivent pas seulement faire face au gouvernement national mais aussi aux provinciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par rapport &#224; ton parcours militant, tu diriges depuis quelques ann&#233;es le journal AZKINTUWE, le journalisme et la communication sont-ils pour toi un instrument de revendication mapuche ? Et que peux-tu dire par rapport &#224; la criminalisation de la protestation indig&#232;ne et la mapuche en particulier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journalisme est pour moi ce que le cheval est aux Mapuches du 15&#232; si&#232;cle : beaucoup parmi eux ne le connaissaient pas et avaient en plus peur de lui, ils se sont vite rendu compte qu'il s'agissait d'un animal domesticable et tr&#232;s utile pour la lutte, ils ont m&#234;me constitu&#233; la meilleure cavalerie de toute l'Am&#233;rique latine pendant la Colonie. Le journalisme est donc pour moi un cheval que je suis en train de dresser, un instrument tr&#232;s utile. Le rapport du journalisme avec le cheval n'est pas anodin car le cheval &#233;tait le principal outil de guerre de l'Espagnol et aujourd'hui les m&#233;dias sont l'outil principal des Etats n&#233;o-lib&#233;raux et des multinationales, alors cette analogie a un grand sens de nos jours. L' indigence de l'information sur les luttes indig&#232;nes, dans toute l'Am&#233;rique latine o&#249; les m&#233;dias sont contr&#244;l&#233;s par des groupes tr&#232;s puissants li&#233;s &#224; des multinationales, me renforce dans la conviction de qu'avoir une presse &#224; nous est une urgence vitale. C'est &#224; partir de ce constat que les Mapuches du Chili et d'Argentine nous avons d&#233;cid&#233; en 2003 de fonder un journal avec un site Internet qui est actualis&#233; tous les jours et qui est le site le plus visit&#233; sur la th&#233;matique mapuche. Il s'agit pour nous d'&#233;laborer un puissant outil de lutte dans lequel nous mettons notre intelligence personnelle faute de moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;l&#233;ments caract&#233;risent la brutalit&#233; de l'Etat envers les Mapuches. Le premier, c'est la lutte pour la terre qui est un lien culturel tr&#232;s fort pour nous car elle repr&#233;sente notre M&#232;re et qui est aujourd'hui menac&#233;e par les entreprises foresti&#232;res et les propri&#233;taires terriens et cette lutte est tr&#232;s dangereuse pour l'Etat car elle remet en question le mod&#232;le &#233;conomique chilien. Cela repr&#233;sente un danger pour le mod&#232;le &#233;conomique et les gouvernements d&#233;mocratiques ont &#233;t&#233; les premiers &#224; stimuler le mod&#232;le neo-lib&#233;ral h&#233;rit&#233; de Pinochet. De l&#224; la r&#233;pression, de la part des gouvernements, de la lutte mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ensuite, il y a la revendication d'un territoire propre et dans ce sens la lutte mapuche ne met pas seulement en question le mod&#232;le &#233;conomique mais aussi le caract&#232;re du Chili en tant qu'Etat. Le fait que des gens veuillent reconstruire leur m&#233;moire historique devient un danger pour l'Etat et de l&#224; la r&#233;pression qui est aujourd'hui brutale - il y a par exemple 100 fr&#232;res arr&#234;t&#233;s en tant que d&#233;tenus politiques mapuches. Il faut consid&#233;rer aussi le fait que comme nous repr&#233;sentons une minorit&#233; dans le pays, nos probl&#232;mes ne concernent pas l'ensemble de la population et en plus la soci&#233;t&#233; chilienne est tr&#232;s raciste et conservatrice, alors elle regarde avec une grande m&#233;fiance, distance et un certain d&#233;go&#251;t la demande mapuche, et quand il y a de la r&#233;pression envers nous la soci&#233;t&#233; chilienne ne s'y int&#233;resse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que repr&#233;sente le 12 octobre aujourd'hui dans le c&#339;ur d'un Mapuche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne s'attend &#224; entendre ce que je vais dire. Le 12 octobre n'a pas une grande importance pour nous Mapuches. Pour moi, le 12 octobre m'impose m&#234;me de m'excuser aupr&#232;s d'un Espagnol car dans mon territoire ils ont &#233;t&#233; absolument massacr&#233;s par notre arm&#233;e. Cela est tr&#232;s difficile &#224; comprendre, car le grand probl&#232;me des Mapuches n'a pas &#233;t&#233; avec les Espagnols mais avec les R&#233;publiques. Avec l'Espagne, il y a eu effectivement une guerre, brutale certes, mais elle n'a pas dur&#233; longtemps, car les Espagnols sont arriv&#233;s au Chili en 1553 et en 1641 a &#233;t&#233; sign&#233; le trait&#233; final d'ind&#233;pendance et &#224; partir de l&#224; nous avons connu trois si&#232;cles de relations diplomatiques avec l'Espagne qui ont &#233;t&#233; pour la plupart respect&#233;es de la part des Espagnols. Pour le reste des indig&#232;nes d'Am&#233;rique latine qui ont &#233;t&#233; colonis&#233;s au 15&#232; si&#232;cle, au 16&#232; leurs structures avaient compl&#232;tement disparu. Les trait&#233;s des Mapuches avec la couronne Espagnole ont &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s et envisageaient m&#234;me l'aide militaire mutuelle. L'Espagne reconnaissait ainsi le poids du peuple mapuche, et elle nous traitait &#224; l'&#233;poque d'&#233;gal &#224; &#233;gal. Pour l'Espagne, ces trait&#233;s &#233;taient importants de fait de la rivalit&#233; avec d'autres empires coloniaux et notamment celui de Hollande qui &#233;tait en train de s'implanter au Chili, dans la zone mapuche pr&#233;cis&#233;ment. Ce trait&#233; d'Assistance militaire a &#233;t&#233; en vigueur surtout au moment de l'Ind&#233;pendance du Chili car beaucoup de Mapuches, en tenant compte des trait&#233;s, ont lutt&#233; en faveur de l'Espagne contre les Chiliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 octobre est une date, malheureusement pour le reste des peuples indig&#232;nes de l'Am&#233;rique latine, triste et je partage la douleur qu'elle d&#233;gage , la rage et le sentiment de la fin de cultures et de formes de construction sociale ; mais pour les Mapuches elle ne repr&#233;sente qu'un accident historique, un accident auquel nous avons pu faire face et qui a inaugur&#233; pour nous, en tant que peuple, trois si&#232;cles de d&#233;veloppement culturel et de croissance. A partir de l'arriv&#233;e des Espagnols et, plus particuli&#232;rement au 18&#232; si&#232;cle, nous avons d&#233;velopp&#233; l'argenterie, l'art textile et l'&#233;levage de b&#233;tails, toutes des activit&#233;s qui ont &#233;t&#233; introduites par les Espagnols. Nous avions en outre avec eux un pacte d'&#233;change &#233;conomique et ils respectaient au m&#234;me temps nos terres. Au 19&#232; si&#232;cle, avant l'invasion argentine et chilienne, le peuple mapuche constituait une soci&#233;t&#233; tr&#232;s riche et en plein essor &#233;conomique et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Bettina Ghio, octobre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] La r&#233;gion de l'Araucan&#237;a constitue la IX&#232; r&#233;gion du Chili et prend une partie de l'Est de l'Argentine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration de MAMA QUTA TITIKAKA</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Declaration-de-MAMA-QUTA-TITIKAKA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Declaration-de-MAMA-QUTA-TITIKAKA</guid>
		<dc:date>2009-10-09T05:04:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors du Forum Social Mondial de BELEM de janvier 2009, les organisations indig&#232;nes pr&#233;sentes ont appel&#233; &#224; une &#171; Mobilisation globale de lutte pour la Terre M&#232;re et contre la marchandisation de la vie &#187; pendant la semaine du 12 au 16 octobre. Lanc&#233; aux peuples du monde, c'est un appel qui exige de prendre d'urgence des mesures &#233;nergiques pour changer le mod&#232;le de d&#233;veloppement qui menace de d&#233;truire la vie sur la plan&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 4&#232;me Sommet des peuples d'Abya Yala (d&#233;signation indig&#232;ne du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-musique-" rel="directory"&gt;musique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors du Forum Social Mondial de BELEM de janvier 2009, les organisations indig&#232;nes pr&#233;sentes ont appel&#233; &#224; une &#171; Mobilisation globale de lutte pour la Terre M&#232;re et contre la marchandisation de la vie &#187; pendant la semaine du 12 au 16 octobre. Lanc&#233; aux peuples du monde, c'est un appel qui exige de prendre d'urgence des mesures &#233;nergiques pour changer le mod&#232;le de d&#233;veloppement qui menace de d&#233;truire la vie sur la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 4&#232;me Sommet des peuples d'Abya Yala (d&#233;signation indig&#232;ne du continent am&#233;ricain), qui a rassembl&#233; 6 500 d&#233;l&#233;gu&#233;s autochtones de 22 pays des Am&#233;riques &#224; Puno, au P&#233;rou, a lanc&#233; &#233;galement, dans sa d&#233;claration du 31 mai 2009, un appel pour l'organisation d'une journ&#233;e internationale en d&#233;fense de la Terre M&#232;re le 12 octobre 2009, et un Sommet alternatif des peuples indig&#232;nes, pendant la Convention du Changement Climatique de Copenhague, en d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration de MAMA QUTA TITIKAKA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Denise Mendez&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site d'Attac France&lt;br class='autobr' /&gt;
31 mai 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;D&#201;CLARATION DE MAMA QUTA TITIKAKA 31 mai 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unis pr&#232;s du lac Titikaka, 6500 d&#233;l&#233;gu&#233;s des organisations repr&#233;sentatives des peuples originaires de 22 pays de l'ABYA YALA avec des peuples fr&#232;res d'Afrique, des Etats Unis, du Canada du Cercle polaire et en pr&#233;sence d'observateurs de divers mouvements sociaux, nous d&#233;clarons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; une profonde crise de la civilisation occidentale capitaliste dans laquelle se superposent les crises environnementale, &#233;nerg&#233;tique, culturelle, alimentaire, d'exclusion sociale ; cette crise traduit l'&#233;chec de l'europ&#233;ocentrisme et de la modernit&#233; colonialiste, et conduit l'humanit&#233; enti&#232;re au sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous offrons une alternative de vie &#224; cette civilisation de la mort en retrouvant nos racines pour nous projeter dans l'avenir : avec nos principes et nos pratiques d'&#233;quilibre entre les hommes les femmes, la Terre M&#232;re, les spiritualit&#233;s et les cultures, nous proposons le Bien Vivre / le Vivre Bon. Apr&#232;s 40 000 ans d'histoire, des milliers civilisations diverses ont &#233;t&#233; envahies et colonis&#233;es par ceux qui, au bout de cinq si&#232;cles &#224; peine nous m&#232;nent au suicide plan&#233;taire. A la base de ce Vivre Bien se trouvent l'organisation communautaire de l'&#233;conomie, la priorisation des cultures natives et de la consommation interne pour garantir la souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons l'&#233;dification d'Etats plurinationaux communautaires fond&#233;s sur l'autogouvernement et la libre d&#233;termination des peuples, la reconstitution des territoires et des nations originaires. Ceci doit se faire avec des syst&#232;mes l&#233;gislatifs, judiciaires &#233;lectoraux et des politiques interculturelles, &#224; partir d'une repr&#233;sentation politique des peuples sans la m&#233;diation de partis politique. Nous devons lutter pour l'adoption de nouvelles Constitutions dans tous les pays qui n'admettent pas encore la plurinationalit&#233;. Des Etats plurinationaux non seulement pour les peuples Indig&#232;nes mais pour tous les exclus. Nous lan&#231;ons un appel &#224; tous les mouvements sociaux et les acteurs sociaux pour un dialogue interculturel respectueux et horizontal d&#233;passant les verticalismes et les modes d'invisibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons la reconstruction de nos territoires ancestraux en tant que source de notre identit&#233;, notre spiritualit&#233;, notre histoire et notre avenir. Peuples et territoires constituent une seule entit&#233;. Nous rejetons toutes les formes de parcellisation, privatisation, concession, d&#233;pr&#233;dation et contamination en provenance des industries d'extraction. Nous exigeons la consultation des peuples et le consentement pr&#233;alable, sur la base d'une information libre, publique, dans leur langue propre, de bonne foi, &#224; travers les organisations repr&#233;sentatives de nos peuples, cette consultations de nos peuples doit porter non seulement sur les projets nous concernant, mais sur toute politique et toute norme portant sur le d&#233;veloppement du pays. Nous exigeons la d&#233;p&#233;nalisation de la feuille de coca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons l'homologation de l'organisation du 12 au 16 octobre, de la MINGA / mobilisation globale pour la d&#233;fense de la Terre M&#232;re et des Peuples, contre la marchandisation de la vie ( terres , for&#234;ts, eaux, mers, agrocombustibles, dette externe), la pollution, les institutions financi&#232;res internationales, les transg&#233;niques, les pesticides, drogues) et contre la criminalisation des mouvements Indig&#232;nes et des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons la mise en place d'un Tribunal de Justice Climatique appel&#233; &#224; juger les entreprises transnationales et les gouvernements complices dans la d&#233;pr&#233;dation de la Nature M&#232;re, le saccage de nos biens naturels et la violation de nos droits. Ce Tribunal serait le premier pas vers la cr&#233;ation d'une Cour Internationale sur les d&#233;lits environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons que durant la Convention de Copenhague sur le changement climatique, en d&#233;cembre 2009, se tienne un Sommet Alternatif sur la D&#233;fense de la Terre M&#232;re pour exiger des mesures concr&#232;tes face &#224; l'h&#233;catombe climatique, telles que la consolidation des Territoires Indig&#232;nes et l'adoption des principes du &#171; Bien Vivre &#187;, et la reconnaissance de la consultation et du consentement des peuples comme base du sauvetage de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;non&#231;ons la criminalisation de nos droits, la militarisation, les bases &#233;trang&#232;res, les d&#233;placements forc&#233;s et le g&#233;nocide de nos peuples et nous exigeons, au moyen de larges mobilisations , la lib&#233;ration de nos leaders combattant pour la libert&#233; et la vie , emprisonn&#233;s aux Etats Unis et dans le monde. Nous demandons d'intensifier les d&#233;nonciations devant la Commission Interam&#233;ricaines des Droits Humains et la Commission de l&#8216;ONU contre la Discrimination raciale. Nous demandons la mise en accusation des gouvernements du P&#233;rou, du Chili, de Colombie pour leur pers&#233;cution des Peuples Indig&#232;nes. Le gouvernement d'Alvaro Uribe pour des actes de g&#233;nocide contre le peuple Indig&#232;ne ; le gouvernement du Chili pour la pers&#233;cution et la judiciarisation des revendications du peuple Mapuche et la militarisation de son territoire, le gouvernement d'Alan Garcia pour les 102 d&#233;crets lois destin&#233;s &#224; privatiser les territoires indig&#232;nes du P&#233;rou et pour la pers&#233;cution de milliers leaders Indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons que la D&#233;claration des Nations Unies sur les Droits de Peuples Indig&#232;nes soit inscrite dans al Constitution de chaque Etat, suivant l'exemple de la Bolivie, le Mexique, le Venezuela et l'Australie. Si Barack Obama entend apporter des changements dans le d&#233;sastre imp&#233;rial, il doit commencer par son propre pays en adoptant comme loi nationale la D&#233;claration de l'ONU sur les Peuples Indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous mobilisons nos organisations pour la d&#233;fense des peuples indig&#232;nes de l'Amazonie p&#233;ruvienne contre les lois de privatisation de nos territoires et biens naturels. Nous organisons au d&#233;but juin des rassemblements devant toutes les ambassades du P&#233;rou, pour exiger des solutions et la fin de la r&#233;pression de nos fr&#232;res. Les organisations indig&#232;nes et paysannes du P&#233;rou d&#233;cident &#224; compter de juin 2009 le Soul&#232;vement national des Peuples du P&#233;rou contre les d&#233;crets lois g&#233;n&#233;r&#233;s par le TLC, le Trait&#233; de libre &#233;change avec les Etats Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous rejetons les trait&#233;s de libre-&#233;change avec les Etats Unis, l'Union europ&#233;enne, le Canada la Chine et tout autre pays entant qu'ils font de nos pays aux &#233;conomies en faillite, de nouveaux candidats &#224; la vassalisation et qu'ils permettent le saccage de notre Terre M&#232;re. Nous d&#233;non&#231;ons les man&#339;uvres de l'Union Europ&#233;enne vue de la destruction de la Communaut&#233; Andine (CAN) avec la complicit&#233; des gouvernants de Colombie et du P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous mobilisons nos organisations et les mouvements sociaux de nos pays pour la d&#233;fense du processus de d&#233;colonisation entam&#233; en Bolivie, pour repousser des tentatives de coups d'Etat racistes et magnicides men&#233;es par les oligarchies locales et soutenues par l'Empire nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons que le Ve Sommet des Peuples de ABYA YALA aura lieu en 2011 dans le Qollasu /Bolivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ABYA YALA est le nom donn&#233; par le Indig&#232;nes KUNA de l'isthme de Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux deux continents que l'on appelle Am&#233;rique du Nord et du Sud. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le nom Am&#233;rique invent&#233; par les conqu&#233;rants europ&#233;ens en hommage &#224; Americo Vespucci tend &#224; &#234;tre banni par les peuples autochtones qui s'autod&#233;signaient par une multitudes de noms dans une multitude langues qui ont pour la plupart r&#233;sist&#233; aux cinq si&#232;cles d'acculturation. Le nom d'Indiens, autre invention des europ&#233;ens, est lui totalement banni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque groupe ethnique ou communaut&#233; de peuple r&#233;cup&#232;re son ancienne auto d&#233;signation et &#233;galement les termes communs traduisant des organisations sociales similaires .Le terme : Indigena est utilis&#233; sans complexe ( contrairement &#224; son usage en France et en Europe) par les peuples qui se revendiquent comme autochtones , natifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme MINGA ou Mutirao d&#233;signant un rassemblement en vue d'une action collective est employ&#233; dans le continent sud, il n'a pas d'&#233;quivalent exact dans les langues europ&#233;ennes. La langue espagnole est largement utilis&#233;e dans la d&#233;marche politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PACHA MAMA : exprime en Kichwa ce rapport d'empathie &#224; la nature ; il est &#224; l'oppos&#233; de la vision biblique de s&#233;paration de l'homme et de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes Terre-m&#232;re ou Bien vivre ne peuvent traduire la richesse du mot original qui s'inscrit dans une cosmogonie &#233;loign&#233;e de notre fond culturel gr&#233;co- biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D.Mendez. juin 2009-06-09&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les peuples autochtones et la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise : &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion pour repenser l'interface</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Les-peuples-autochtones-et-la-societe-quebecoise-elements-de-reflexion-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Les-peuples-autochtones-et-la-societe-quebecoise-elements-de-reflexion-pour</guid>
		<dc:date>2009-09-09T02:21:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexa Conradi, Daniel Sal&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site ''vers notre programme de Qu&#233;bec Solidaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise a r&#233;alis&#233; des progr&#232;s notables dans sa relation avec les peuples autochtones. La reconnaissance en 1985 par l'Assembl&#233;e nationale que les peuples autochtones pr&#233;sents sur le territoire du Qu&#233;bec y vivent &#224; titre de nations, la d&#233;cision du gouvernement qu&#233;b&#233;cois en 1994 de ne pas aller de l'avant avec le projet de d&#233;veloppement hydro-&#233;lectrique de Grande Baleine qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L92xH150/arton2396-0d44d.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site ''vers notre programme de Qu&#233;bec Solidaire&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise a r&#233;alis&#233; des progr&#232;s notables dans sa relation avec les peuples autochtones. La reconnaissance en 1985 par l'Assembl&#233;e nationale que les peuples autochtones pr&#233;sents sur le territoire du Qu&#233;bec y vivent &#224; titre de nations, la d&#233;cision du gouvernement qu&#233;b&#233;cois en 1994 de ne pas aller de l'avant avec le projet de d&#233;veloppement hydro-&#233;lectrique de Grande Baleine qui d&#233;plaisait aux Cris de la Baie James, la politique cadre de 1998 visant &#224; faciliter le d&#233;veloppement socio&#233;conomique des Premi&#232;res nations et une interface harmonieuse avec la population dominante, l'entente dite de &#171; la Paix des Braves &#187; avec les Cris en 2002 et la signature de l'entente de principes en 2004 avec les Innus constituent autant de moments forts qui t&#233;moignent de la volont&#233; de la soci&#233;t&#233; et de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois de s'ouvrir &#224; la diff&#233;rence autochtone, d'admettre qu'elle justifie une plus grande mesure d'autonomie gouvernementale et de mettre en place les conditions d'&#233;mergence d'une dynamique plus &#233;galitaire avec les Premi&#232;res Nations et les Inuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette volont&#233; est-elle aussi bien ancr&#233;e qu'on puisse le souhaiter ? Il suffit de peu parfois pour que ce capital de bonnes intentions s'effrite. Quelques incidents malheureux impliquant des &#233;l&#233;ments suppos&#233;s criminels sur une r&#233;serve, une entente qui semble avantager des communaut&#233;s autochtones plus que leurs voisines allochtones, quelques d&#233;clarations jug&#233;es intempestives d'un leader autochtone, et r&#233;apparaissent dans le discours public les pr&#233;jug&#233;s, la suspicion et le m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard des peuples autochtones. Comme si les derni&#232;res d&#233;cennies de r&#233;flexion sur le sens du vivre ensemble en contexte multiculturel et multiethnique, les injonctions &#233;tatiques r&#233;p&#233;t&#233;es contre le racisme et la discrimination et nos professions de foi en faveur de l'harmonie intercommunautaire ne trouvaient plus aucun &#233;cho en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va pour la vertu interculturelle et le renouvellement th&#233;orique de nos pratiques d&#233;mocratiques, tant que cela ne remette pas v&#233;ritablement en cause la position sociopolitique h&#233;g&#233;monique que notre statut d'h&#233;ritiers et d&#233;positaires de la norme culturelle et institutionnelle qu&#233;b&#233;coise dominante nous permet d'occuper. En cela, au fond, r&#233;side tout l'enjeu de nos rapports avec les peuples autochtones. Confortablement camp&#233;s derri&#232;re le paravent des principes lib&#233;raux et d&#233;mocratiques nobles et g&#233;n&#233;reux que nous endossons volontiers, dans quelle mesure sommes-nous pr&#234;ts-es &#224; donner vie &#224; ces principes, &#224; les assumer jusqu'au bout de leur ultime logique et &#224; sacrifier notre h&#233;g&#233;monie ? Jusqu'o&#249; sommes-nous pr&#234;ts-es &#224; aller pour favoriser la mise en place d'une interface authentiquement &#233;galitaire avec les peuples autochtones, une interface marqu&#233;e au coin d'un d&#233;sir profond de justice sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion &#224; laquelle enjoignent ces questions n'est pas ais&#233;e. Elle exige que nous nous interrogions sur le sens profond de notre engagement solidaire &#224; l'&#233;gard des peuples autochtones avec qui nous partageons un territoire. Cette &#233;galit&#233; nous am&#232;ne &#224; r&#233;&#233;valuer nos pr&#233;suppos&#233;s, nos pratiques et nos certitudes quant &#224; notre mani&#232;re d'&#234;tre avec eux. Nous devons d'abord reconna&#238;tre, puis nous d&#233;partir de cette tendance presqu'inn&#233;e que nous avons en tant que Qu&#233;b&#233;bcois-es &#224; les consid&#233;rer comme un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre, comme un objet de politique publique &#224; g&#233;rer &#224; partir de formules et d'&#233;nonc&#233;s administratifs et bureaucratiques pr&#233;d&#233;termin&#233;s. M&#234;me anim&#233;e des meilleurs desseins, cette approche participe de rapports de pouvoir historiquement ancr&#233;s qui conf&#232;rent aux non-autochtones une sup&#233;riorit&#233; sociale et confinent les Autochtones au statut de subalterne, comme si ils &#233;taient irr&#233;m&#233;diablement incapables de se prendre en main et que leur destin d&#233;pendait essentiellement du bon vouloir &#233;clair&#233; de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; dominante. Le premier pas vers une dynamique d'interaction rigoureusement &#233;galitaire entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones doit reposer sur une volont&#233; r&#233;elle de d&#233;construction de ces rapports de pouvoir et de reconfiguration de la relation selon des modalit&#233;s compl&#232;tement affranchies de toute ambition hi&#233;rarchisante. Cela implique que la reconnaissance symbolique des nations autochtones soit soutenues par une reconnaissance effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, au moins deux pr&#233;alables s'imposent. Le premier appelle la mise en place et l'assimilation par l'imaginaire social d'une &#233;thique politique fond&#233;e sur l'acceptation inconditionnelle de la diversit&#233; sociale et normative et de la diff&#233;rence identitaire. Cela suppose dans la foul&#233;e que les autochtones qui, par leurs valeurs, se d&#233;finissent et s'inscrivent en dehors des normes politiques, sociales et l&#233;gales dominantes, n'aient pas &#224; craindre d'&#234;tre absorb&#233;s contre leur v&#339;u dans un cadre politique et normatif pr&#233;d&#233;fini. Y compris l'&#201;tat-nation par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second pr&#233;alable pose l'ind&#233;termination comme le propre de la d&#233;mocratie. Celle-ci d&#233;limite par son exercice un espace &#224; l'int&#233;rieur duquel les rapports sociaux de domination, les hi&#233;rarchies qui en d&#233;coulent, de m&#234;me que les structures politiques et institutionnelles qui les pr&#233;servent peuvent &#234;tre constamment contest&#233;s et remis en question &#8211; un espace, autrement dit, o&#249; rien ne saurait &#234;tre d&#233;cid&#233; d'avance, pas m&#234;me la mani&#232;re de d&#233;finir la d&#233;mocratie ou d'en moduler la pratique ; un espace o&#249;, finalement, l'avantage qu'accordent &#224; certains groupes leur position h&#233;g&#233;monique et le contr&#244;le des m&#233;canismes du pouvoir est toujours provisoire. La d&#233;mocratie implique une ouverture totale &#224; l'inconnu, &#224; la variabilit&#233; des &#234;tres et des circonstances et &#224; la diff&#233;rence. En fait, l'allure de la d&#233;mocratie &#224; venir d&#233;pendra &#224; la fois de l'habilit&#233; des groupes autochtones &#224; promouvoir une vision plus &#233;clat&#233;e de la communaut&#233; politique et de la citoyennet&#233;, et de la propension de la majorit&#233; &#224; endosser cette vision (sachant qu'elle devra, du coup, renoncer &#224; une partie du pouvoir social que lui garantit sa position h&#233;g&#233;monique au sein de la soci&#233;t&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de ces pr&#233;alables, il faut comprendre que l'instauration de rapports v&#233;ritablement &#233;galitaires entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones constitue une entreprise autrement plus exigeante que les appels convenus des &#233;lites politiques &#224; l'harmonie interculturelle et au respect mutuel. La rh&#233;torique facile et vertueuse de la majorit&#233; bien pensante s'est trop souvent traduite en une intensification tangible des rapports sociaux historiques de domination dont les Autochtones font encore les frais ; elle ne convainc d&#233;sormais plus personne dans leur camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; du renouvellement de la relation entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones tient plut&#244;t dans une transformation fondamentale de la mani&#232;re de penser et d'instituer la communaut&#233; politique et les balises de la citoyennet&#233;. En ce sens, il ne suffit pas de r&#233;fl&#233;chir simplement &#224; la place que les Autochtones peuvent occuper au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise ou encore &#224; quel compromis (territorial, politique, &#233;conomique) il est possible de souscrire pour satisfaire leurs revendications sans que la majorit&#233; ait l'impression d'y perdre au change. Il faut plut&#244;t chercher &#224; concevoir et refonder le Qu&#233;bec comme un tiers espace vierge au sein duquel Qu&#233;b&#233;cois et Autochtones convergeraient, lib&#233;r&#233;s de tout a priori, pour d&#233;cider ensemble des codes normatifs, du langage et du cadre socio-institutionnel les plus appropri&#233;s &#224; la mise en &#339;uvre d'une interface nouvelle parfaitement &#233;galitaire, quitte &#224; faire certains parcours ensemble ou d'autres de fa&#231;on autonome et s&#233;par&#233;e. Il ne s'agit pas ici de &#171; n&#233;gocier &#187; le contenu de ce nouvel espace, de donner ou de r&#233;clamer &#8211; ce qui suppose un rapport de pouvoir in&#233;galitaire &#8211; mais d'entrer en un dialogue qui ne doit pas avoir pour but d'amener l'Autre &#224; sa vision des choses, mais bien &#224; cr&#233;er en sa compagnie un champ nouveau de d&#233;lib&#233;ration et d'interaction, n&#233;cessairement hybride, dont le contenu et la configuration ne se veulent le reflet de l'un plus que de l'autre interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi exactement pourrait ressembler ce nouvel espace de dialogue ? Difficile &#224; dire avec pr&#233;cision puisque la perspective qui sous-tend la d&#233;marche qu'il implique n'a pas encore de pr&#233;c&#233;dent av&#233;r&#233; dans l'histoire des d&#233;mocraties modernes. Mais il doit r&#233;sulter minimalement d'une transformation identitaire subie &#233;galement, au terme de laquelle ni l'un ni l'autre ne demeure tout &#224; fait ce qu'il fut. Pour les allochtones, et plus particuli&#232;rement ceux et celles qui sont les h&#233;ritiers des colons et immigrants europ&#233;ens, cela signifie d'abord prendre conscience du fait qu'ils jouissent d'un rapport de pouvoir dont ils tirent un b&#233;n&#233;fice consid&#233;rable et ind&#251; au d&#233;triment des peuples autochtones, puis, dans la foul&#233;e, chercher &#224; y mettre un terme. Cela peut aller aussi loin que de remettre en question l'int&#233;grit&#233; des limites reconnues du territoire qu&#233;b&#233;cois dans lequel l'imaginaire social dominant ancre le Qu&#233;bec ou de reconsid&#233;rer la rectitude proclam&#233;e de la norme socioculturelle et du syst&#232;me de valeurs qui nourrissent cet imaginaire. Pour les Autochtones, il pourra s'agir d'interroger le bien-fond&#233; des strat&#233;gies de culpabilisation et des discours de victimisation qui, bien qu'efficaces &#224; l'occasion, indisposent les allochtones plus souvent qu'autrement et tendent &#224; envenimer les &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme et le contenu de cet espace de dialogue se traceront et se concr&#233;tiseront d'eux-m&#234;mes dans la r&#233;alit&#233; de l'interface qu'Autochtones et allochtones entreprendront d'am&#233;nager. Mais il doit s'appuyer en bout de piste sur deux principes, deux r&#232;gles du jeu, compl&#233;mentaires : le doute solidaire et le droit &#224; l'opacit&#233;. Le doute solidaire parce que la v&#233;ritable &#233;galit&#233; r&#233;side dans la capacit&#233; de se questionner mutuellement, d'interroger avec respect les choix et les valeurs de l'Autre sans risque de repr&#233;sailles. Le droit &#224; l'opacit&#233; pour pr&#233;munir contre la tendance par trop humaine &#224; inscrire l'Autre dans un cadre conceptuel qui nous est familier, pour le prot&#233;ger contre le penchant &#224; comprendre et &#224; saisir sa diff&#233;rence en fonction de bar&#232;mes qui nous sont propres et &#224; nous seuls intelligibles. Le droit &#224; l'opacit&#233; parce qu'il est possible que subsistent des m&#233;fiances compr&#233;hensibles &#224; l'&#233;gard de l'Autre, qu'on ne le comprenne pas d'embl&#233;e, que l'on h&#233;site en raison du pass&#233; trouble qui nous s&#233;pare &#224; s'engager avec lui. Le droit &#224; l'opacit&#233; finalement, pour garantir que la voix de ceux et celles que l'histoire a cantonn&#233;s du c&#244;t&#233; des subalternes ne sera pas att&#233;nu&#233;e par celle du dominant, que la conception du social projet&#233;e par ce dernier ne serve pas &#224; englober et diminuer leur diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective propos&#233;e ici pourra para&#238;tre abstraite, voire utopique. Si tant est, cependant, que l'on ait &#224; c&#339;ur de r&#233;am&#233;nager de mani&#232;re authentiquement &#233;galitaire la relation entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones, il n'est pas inopportun d'en juger les possibles. Parce que nous en sommes l&#224;. M&#234;me les solutions les plus &#233;clair&#233;es et les politiques les plus bienveillantes restent pour l'essentiel inefficaces &#224; am&#233;liorer sensiblement le sort des peuples autochtones. Il est temps de r&#233;aliser que la dynamique de rapports de pouvoir et la logique soci&#233;tale qui informent la relation entre la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et les peuples autochtones entravent s&#233;rieusement les possibilit&#233;s de changement en faveur d'une plus grande mesure de justice sociale. La pr&#233;sence des peuples autochtones nous convient en fait &#224; repousser les fronti&#232;res de la d&#233;mocratie, &#224; penser nos relations sociales en dehors des paradigmes normatifs convenus et des param&#232;tres institutionnels existants. Le d&#233;fi est de taille, mais ne pas au moins tenter d'y r&#233;pondre c'est se condamner &#224; retracer cent fois encore les m&#234;mes orni&#232;res et s'y enliser toujours un peu plus chaque fois que l'on y passe. C'est se condamner &#224; une d&#233;mocratie d&#233;su&#232;te et insatisfaisante, &#224; une citoyennet&#233; &#233;troite et sans appauvrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Sal&#233;e, non-membre&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexa Conradi, membre de Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LES DROITS AUTOCHTONES SOUS CL&#201; : Manifestation en soutien des Algonquins du Lac Barriere et le chef Benjamin Nottaway incarcer&#233;</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/LES-DROITS-AUTOCHTONES-SOUS-CLE-Manifestation-en-soutien-des-Algonquins-du-Lac</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/LES-DROITS-AUTOCHTONES-SOUS-CLE-Manifestation-en-soutien-des-Algonquins-du-Lac</guid>
		<dc:date>2009-01-05T05:08:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LES DROITS AUTOCHTONES SOUS CL&#201; : Manifestation en soutien des Algonquins du Lac Barriere et le chef Benjamin Nottaway incarcer&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=- le jeudi 8 janvier 2008, &#224; midi devant le bureau de Jean Charest au coin du Coll&#232;ge McGill et de Sherbrooke. =-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-= &lt;br class='autobr' /&gt;
* Apportez banni&#232;res, pancartes, et outils sonores... **chocolat chaud gratiut &lt;br class='autobr' /&gt;
Le chef int&#233;rimaire du Lac Barri&#232;re et p&#232;re de six enfants, est incarc&#233;r&#233;. Benjamin Nottaway passe la p&#233;riode (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Editogauches-" rel="directory"&gt;&#201;ditogauches&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH67/arton2029-a41cc.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='67' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES DROITS AUTOCHTONES SOUS CL&#201; : Manifestation en soutien des Algonquins du Lac Barriere et le chef Benjamin Nottaway incarcer&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-&lt;br class='autobr' /&gt;
le jeudi 8 janvier 2008, &#224; midi&lt;br class='autobr' /&gt;
devant le bureau de Jean Charest&lt;br class='autobr' /&gt;
au coin du Coll&#232;ge McGill et de Sherbrooke.&lt;br class='autobr' /&gt;
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Apportez banni&#232;res, pancartes, et outils sonores...&lt;br class='autobr' /&gt;
**chocolat chaud gratiut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef int&#233;rimaire du Lac Barri&#232;re et p&#232;re de six enfants, est incarc&#233;r&#233;. Benjamin Nottaway passe la p&#233;riode des F&#234;tes en prison. Il est un prisonnier politique des gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada, qui ont emprisonn&#233; un dirigeant autochtone lors d'une contestation pacifique plut&#244;t que d'honorer des ententes historiques et de respecter le processus de s&#233;lection des dirigeants de la communaut&#233; comme le veut la coutume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joignez-vous aux membres de la communaut&#233; du Lac Barri&#232;re &#224; Montreal alors qu'ils exigent que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois respecte ses promesses, lib&#233;re le chef int&#233;rimaire Nottaway de prison, et qu'il cesse la criminalisation de la communaut&#233; et de ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PLUS D'INFORMATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emprisonnement de Nottaway sur une p&#233;riode de deux mois n'est que le plus r&#233;cent d&#233;veloppement dans la longue et difficile lutte du Lac Barri&#232;re, une petite communaut&#233; algonquine au nord du Qu&#233;bec, &#224; trois heures de route d'Ottawa. Afin de prot&#233;ger ses for&#234;ts d&#233;vast&#233;s par la coupe &#224; blanc, cette communaut&#233; a obtenu en 1991 du Canada et du Qu&#233;bec qu'ils signent une entente qui pr&#244;ne un d&#233;veloppement durable, laquelle entente fut applaudie par des institutions internationales. Cette entente devait leur permettre une gestion conjointe des 10,000 kilom&#232;tres carr&#233;s de leur territoire traditionnel ainsi que de b&#233;n&#233;ficier des ressources se trouvant sur leur territoire - ils n'ont jamais re&#231;u un sous de la coupe de bois, de l'hydro-&#233;lectricit&#233;, de la chasse r&#233;cr&#233;ationnelle et du tourisme, qui repr&#233;sentent un revenu annuel de 100 million$.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement s'est retir&#233; de son obligation irr&#233;vocable en 2001 et le gouvernement qu&#233;b&#233;cois pi&#233;tine depuis 2006 en d&#233;pit des recommendations mises de l'avant par des n&#233;gociateurs provinciaux et de la communaut&#233;. Afin de contourner ses obligations issues de ces ententes, le Minist&#232;re des affaires indiennes au f&#233;d&#233;ral s'est sans cesse ing&#233;r&#233; dans la gouvernance interne de la communaut&#233; qui choisit ses chefs selon une m&#233;thode traditionnelle. Au mois de mars, le gouvernement canadien a &#233;vinc&#233; le chef Nottaway et son conseil et a reconnu une faction qui n'est pas appuy&#233; par la majorit&#233; et qui, selon le Conseil des A&#238;n&#233;s, ne fut pas &#233;lu de fa&#231;on l&#233;gitime. Depuis, la communaut&#233; du Lac Barri&#232;re poursuit une campagne afin que les gouvernements qu&#233;b&#233;cois et canadiens honorent leurs engagements et que le gouvernement f&#233;d&#233;ral trouve une solution &#224; la crise au sein de la direction en nommant un observateur en tant que t&#233;moin et pour faire respecter l'issu d'une nouvelle &#233;lection pour &#233;tablir un chef en toute l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs revendications politiques ayant &#233;t&#233; ignor&#233;es ou rejet&#233;es, les membres de la communaut&#233; de tous &#226;ges ont &#233;rig&#233; de fa&#231;on pacifique un barrage de la route 117 &#224; la p&#233;riph&#233;rie de leur r&#233;serve en octobre et en novembre. Ils ont exig&#233; la pr&#233;sence de n&#233;gociateurs f&#233;d&#233;raux et qu&#233;b&#233;cois mais &#224; chaque occasion le gouvernement canadien s'en est lav&#233; les mains tandis que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois pour sa part a envoy&#233; des escouades anti-&#233;meutes qui ont proc&#233;d&#233; de fa&#231;on des plus brutales &#224; d&#233;manteler les barrages. En octobre, ils ont lanc&#233; des gaz lacrimog&#232;nes contre les a&#238;n&#233;s, les jeunes et les enfants. Une des conseill&#232;res de la communaut&#233; fut hospitalis&#233;e suite &#224; des br&#251;lures au cou occasionn&#233;es par les gaz. Le mois suivant, ils ont proc&#233;c&#233; &#224; des arrestations s&#233;lectives de porte-paroles de la communaut&#233; ainsi que du chef coutumier Nottaway. Plus de quarante personnes sur un total de quatre-cent-cinquante membres de la communaut&#233; ont &#233;t&#233; la cible d'accusations criminelles importantes &#224; la suite de cette contestation politique pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Couronne a demand&#233; en d&#233;cembre que le tribunal &#034;envoit un message clair &#224; la communaut&#233;&#034;, et le juge a acquiesc&#233;. Lors d'une entrevue avec le Globe and Mail, Nottaway r&#233;v&#233;la que son avocat lui avait alors annonc&#233;, &#034;La Couronne veut te voir souffrir, elle veut que tu paies&#034;. Nottaway a alors d&#233;clar&#233; : &#034;Ils ont demand&#233; 12 mois, j'ai eu 45 jours. Je suis un prisonnier politique, et ils le savent. C'est clair que c'est un jugement politique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul message que le gouvernement du Quebec fait passer est qu'il est pr&#234;t &#224; jouer avec la vie des Autochtones plut&#244;t que d'honorer les ententes historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectez les ententes sign&#233;es ! Lib&#233;rez tous prisonniers politiques des Premi&#232;res Nations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus d'information : &lt;a href=&#034;http://www.solidaritelacbarriere.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.solidaritelacbarriere.blogspot.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>DE LA SOUVERAINETE DES NATIONS AUTOCHTONES</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/DE-LA-SOUVERAINETE-DES-NATIONS-AUTOCHTONES</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/DE-LA-SOUVERAINETE-DES-NATIONS-AUTOCHTONES</guid>
		<dc:date>2008-10-16T04:24:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Mill</dc:creator>


		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retour sur un texte de r&#233;f&#233;rence de Gauche Socialiste &#233;crit en 1990 par notre regrett&#233; camarade Michel Mill. &lt;br class='autobr' /&gt; DE LA SOUVERAINETE DES NATIONS AUTOCHTONES &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous sommes tous l'Iroquois de quelqu'un d'autre.&#034; Sylvain Leli&#232;vre, &#034;Le chanteur indig&#232;ne &#224; l'Olympia&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Le socialisme et la souverainet&#233; nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
1. La crise de cr&#233;dibilit&#233; du socialisme dont parle Ernest Mandel et la Quatri&#232;me Internationale s'est accompagn&#233;e de la perte tr&#232;s grave de ce qui &#233;tait jusqu'&#224; tout r&#233;cemment un des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Questions-autochtones-" rel="directory"&gt;Questions autochtones&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Autochtones-+" rel="tag"&gt;Autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L143xH150/arton1853-7e904.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retour sur un texte de r&#233;f&#233;rence de Gauche Socialiste &#233;crit en 1990 par notre regrett&#233; camarade Michel Mill.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DE LA SOUVERAINETE&lt;br class='autobr' /&gt;
DES NATIONS AUTOCHTONES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Nous sommes tous l'Iroquois de quelqu'un d'autre.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvain Leli&#232;vre, &#034;Le chanteur indig&#232;ne &#224; l'Olympia&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Le socialisme et la souverainet&#233; nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La crise de cr&#233;dibilit&#233; du socialisme dont parle Ernest Mandel et la Quatri&#232;me Internationale s'est accompagn&#233;e de la perte tr&#232;s grave de ce qui &#233;tait jusqu'&#224; tout r&#233;cemment un des acquis les plus pr&#233;cieux du mouvement socialiste, sa sup&#233;riorit&#233; morale. Les crimes du stalinisme et le comportement sanguinaire d'une s&#233;rie de r&#233;gimes dictatoriaux se r&#233;clamant du socialisme dans le tiers monde ont redor&#233; le blason du capitalisme et de son &#233;conomie de march&#233; m&#234;me sur le plan moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme et ses imitateurs n'ont pas &#233;pargn&#233; les peuples minoritaires, les nations autochtones des r&#233;gions de la terre qu'ils ont domin&#233;es. Ainsi le prestige anti- imp&#233;rialiste, le prestige de la d&#233;fense des peuples colonis&#233;s, dont b&#233;n&#233;ficiaient largement la mouvance socialiste jusqu'&#224; la fin de la guerre du Vietnam s'est estomp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi on a pu entendre dire une vieille Mohawk de Kanesatake que &#034;la SQ se comporte comme la police communiste&#034; malgr&#233; le fait que l'&#233;crasante majorit&#233; des peuples aborig&#232;nes du monde se trouvent opprim&#233;s par des r&#233;gimes capitalistes. Ainsi, le jacobinisme, non pas populiste cette fois-ci mais vulgairement bourgeois et capitaliste, reprend le dessus avec tout ce que cela entra&#238;ne de volont&#233; d'exclure et/ou d'assimiler les minorit&#233;s nationales m&#234;me au sein des nations opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale, y compris ses formes les plus complexes, dont la question des nations autochtones en Am&#233;rique du Nord, ne peut &#234;tre r&#233;duite &#224; un calcul comptable ou d&#233;mographique marginal. La r&#233;solution de cette question &#233;pineuse rev&#234;t donc un caract&#232;re &#233;minemment strat&#233;gique. Plus que jamais l'affirmation de Marx &#034;qu'une nation qui opprime une autre ne saura jamais &#234;tre libre elle-m&#234;me&#034; s'av&#232;re juste et d'une actualit&#233; br&#251;lante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'affirmation militante r&#233;cente par les nations autochtones, et en premier lieu par la nation kanien'kehaka, a sorti la question autochtone de l'oubli et de la folklorisation. Apr&#232;s quatre si&#232;cles de r&#233;sistance active et un si&#232;cle de r&#233;sistance passive &#224; l'acculturation, &#224; l'assimilation et &#224; la ghettoisation, ce que les Europ&#233;ens les plus bienveillants ont appel&#233; &#034;la patience l&#233;gendaire&#034; des &#034;Indiens&#034; est r&#233;volue, et pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Cette r&#233;affirmation militante et radicalisante du droit des nations autochtones &#224; la souverainet&#233; politique et &#224; l'espace territorial et &#233;conomique n&#233;cessaire &#224; leur d&#233;veloppement signale la fin de toute tentative de r&#233;soudre la question nationale qu&#233;b&#233;coise sans tenir compte de ces nations qui vivent dispers&#233;es sur l'ensemble du continent nord-am&#233;ricain et qui n'ont jamais accept&#233; les fronti&#232;res arbitraires dessin&#233;es par les conqu&#233;rants europ&#233;ens successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la conscience et le mouvement nationaux naissants des peuples autochtones ne peuvent que se heurter &#224; la conscience et le mouvement nationaux du Qu&#233;bec jusqu'ici totalement domin&#233;s par des courants et des partis politiques bourgeois. Toute tentative bourgeoise de r&#233;solution de la question nationale qu&#233;b&#233;coise est condamn&#233;e &#224; l'affrontement permanent avec les nations autochtones, accompagn&#233; d'un racisme plus ou moins ouvert &#224; leur &#233;gard. Le comportement du PQ depuis 1976 et la surench&#232;re anti-autochtone de ses d&#233;clarations pendant la crise de cet &#233;t&#233; n'en sont qu'une preuve &#233;clatante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Pour les marxistes-r&#233;volutionnaires, pour les ind&#233;pendantistes socialistes (et, historiquement, pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re et des forces populaires) du Qu&#233;bec (et du Canada anglais et des &#201;tats-Unis) il n'y a aucune contradiction entre notre programme pour la lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec, pour le socialisme de d&#233;mocratie ouvri&#232;re et la reconnaissance du droit des nations autochtones &#224; la pleine et enti&#232;re souverainet&#233; telles qu'elles la d&#233;finissent elles-m&#234;mes. Nous adoptons comme &#233;tant la n&#244;tre la d&#233;claration de la nation innu (montagnaise) de f&#233;vrier 1990 devant les Commissions des droits de la personne du Canada, du Qu&#233;bec et de Terre-neuve et que nous reproduisons ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes des peuples autochtones dont les membres respectifs sont caract&#233;ris&#233;s par des liens de langue, d'h&#233;ritage, de traditions, de vie spirituelle constituant leur identit&#233; commune de premiers occupants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones sont caract&#233;ris&#233;s par des populations vivant sur un territoire bien d&#233;fini sur lequel ils ont une souverainet&#233; mill&#233;naire. Ils peuvent donc &#233;tablir des relations avec d'autres nations d'&#233;gal &#224; &#233;gal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones, dont les Mohawks, ont le droit d'exercer leur pouvoir souverain en d&#233;terminant et en appliquant, sur leurs territoires respectifs, leurs lois, leurs droits et leurs obligations issus des valeurs traditionnelles, lesquelles sont fondamentales pour eux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements et leurs composantes doivent s'engager &#224; respecter les droits, les juridictions, la souverainet&#233; affirm&#233;s et pratiqu&#233;s par les peuples autochtones dans leurs territoires respectifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant ainsi une souverainet&#233; publique sur nos territoires respectifs, nous, peuples autochtones, sommes en mesure d'affirmer que notre juridiction pleine et enti&#232;re s'&#233;tend sur les ressources renouvelables et non-renouvelables, sur le sol et le sous-sol, comprises sur nos territoires respectifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones ont le droit de d&#233;terminer et ce, sans contrainte venant de l'ext&#233;rieur, leur statut politique et d'exercer en toute libert&#233; les activit&#233;s &#233;conomiques, sociales et culturelles, en accord avec les principes r&#233;gis par leurs valeurs traditionnelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements doivent s'engager &#224; n'exercer aucune forme de pression visant &#224; emp&#234;cher le d&#233;veloppement et l'&#233;panouissement des peuples autochtones selon leurs lois et leur juridiction respectives sur leurs territoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones ont des relations privil&#233;gi&#233;es avec leurs territoires respectifs qu'ils entendent maintenir et prot&#233;ger. Les gouvernements et leurs composantes doivent s'engager &#224; respecter cette relation spirituelle qu'ils ont avec la Terre-M&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones doivent avoir acc&#232;s &#224; des territoires de dimensions acceptables pour exercer leurs activit&#233;s &#233;conomiques, sociales et culturelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones luttent pour obtenir l'&#233;galit&#233; des droits avec les autres peuples, c'est-&#224;-dire leur souverainet&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements et la soci&#233;t&#233; dominante doivent traiter d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec les peuples autochtones dans le respect de leurs droits ancestraux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones repoussent toute limitation de souverainet&#233; par la soci&#233;t&#233; dominante. &lt;br class='autobr' /&gt;
5. Quelque soit la r&#233;solution territoriale de la question nationale qu&#233;b&#233;coise (pour nous, un &#201;tat ind&#233;pendant sur l'ensemble du territoire du Qu&#233;bec, y compris sur la partie du Labrador vol&#233;e par le Conseil priv&#233; de Londres en 1927), nous reconnaissons que les nations autochtones n'ont pas &#224; respecter de telles fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Histoire et conscience nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Avant l'arriv&#233;e des Europ&#233;ens dans les Am&#233;riques, les peuples autochtones &#233;taient divis&#233;es entre divers groupes linguistiques et culturels (dans les sens anthropologique du terme). Mais il ne s'agissait aucunement de soci&#233;t&#233;s statiques. Certains groupes connaissaient une &#233;volution relativement pouss&#233;e d'unification et &#233;taient en voie de constituer des &#201;tats (et dans le cas des Cinq-Nations avaient d&#233;j&#224; form&#233; un pr&#233;-&#201;tat, le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le territoire qui est devenu plus tard le Qu&#233;bec, il y avait trois grands groupes linguistiques &#224; la fin du 15&#232; si&#232;cle : le groupe iroquoien occupait le Haut-St-Laurent et les Basses Laurentides, le groupe inuktitut occupait la p&#233;ninsule d'Ungava et le groupe algonquien tout le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe iroquoien &#233;tait semi-s&#233;dentaire et pratiquait l'agriculture. Le groupe inuktitut vivait totalement de la chasse et de la p&#234;che, tandis que le groupe algonquien &#233;tait compos&#233; de chasseurs-p&#234;cheurs et de cueilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun groupe n'&#233;tait unifi&#233;. Les bandes inuit du Grand Nord maintenaient des liens avec les Inuit du Groenland et de l'ouest de la Baie d'Hudson. Les iroquoiens &#233;taient divis&#233;s entre la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations (Haudenosaunee ou Iroquois proprement dits)2. au sud du St-Laurent (en la personne de la nation kanien'kehaka (mohawke) et les Iroquois des Basses-Laurentides3.. Le groupe algonquien comprenait les MicMacs de la Gasp&#233;sie (la majorit&#233; des MicMacs habitaient ce qui est devenu le Nouveau Brunswick, la Nouvelle-&#201;cosse, l'Ile du Prince-Edouard et l'&#201;tat de Maine), les Innut (Montagnais) qui habitaient la C&#244;te nord du St-Laurent jusqu'&#224; Qu&#233;bec et les terres &#224; l'int&#233;rieur jusqu'au partage des eaux avec la Baie James, les Attikamekw (Attikam&#232;ques) qui habitaient la Mauricie, les Cris dont le territoire s'&#233;tendait &#224; l'ouest jusque sur les grandes plaines et comprenait les terres autour de la Baie James et le sud de la Baie d'Hudson jusqu'au partage des eaux du golfe du St-Laurent et de la c&#244;te de Labrador. Finalement, il y avait les Anishnabe (Algonquins au Qu&#233;bec, Objibwa, Nippissingues et Saulteux dans le nord de l'Ontario et au Manitoba, Chippewas au Michigan, Minnesota et Wisconsin). Et tous les groupes &#233;taient li&#233;s entre eux par des liens d'alliances-guerres et par des &#233;changes rituels et/ou commerciaux tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, des groupes algonquiens se sont r&#233;fugi&#233;s de la Nouvelle Angleterre en Gasp&#233;sie (les Mal&#233;cites), et dans les Bois-Francs et la vall&#233;e du St-Fran&#231;ois (les Ab&#233;nakis). Un groupe de Cris a travers&#233; le partage des eaux au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle et s'est &#233;tabli pr&#232;s de l'actuelle Shefferville (les Naskapis) s'int&#233;grant partiellement aux Innut. Quelques survivants du massacre des B&#233;othuks (de langue algonquienne) &#224; Terreneuve se sont totalement int&#233;gr&#233;s aux Innut de la Basse-C&#244;te-Nord tout en gardant le souvenir de leur origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; leur d&#233;faite aux mains de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq- Nations, un groupe de Wendats (Hurons) est venu s'installer pr&#232;s de Qu&#233;bec3.. Et, apr&#232;s la paix g&#233;n&#233;ralis&#233;e entre la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations et les Fran&#231;ais et leurs alli&#233;s &#224; la fin du 17&#232; si&#232;cle, un groupe important de Kanien'ke (Mohawk-e-s), converti-e-s au catholicisme par les J&#233;suites qui les appelaient les Agniers de St-Louis, sont install&#233;s, en rupture avec leur nation et leur Conf&#233;d&#233;ration, sur ce qui sont devenues les r&#233;serves d'Akwesasne et de Kahnawake.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut voir les seuls groupes &#224; ne vivre que sur le territoire qui allait devenir le Qu&#233;bec &#233;taient les Innut (Montagnais) et les Attikamekw.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Jusqu'&#224; la conqu&#234;te anglaise de la Nouvelle France, les rapports entre la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne et les autochtones sont une combinaison d'alliance (avec les groupes algonquiens et avec la Conf&#233;d&#233;ration wendate) et de guerre (avec la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations jusqu'&#224; la fin du 17&#232; si&#232;cle). A ceci s'est m&#234;l&#233; un jeu de guerres et d'alliances entre les diff&#233;rentes puissances europ&#233;ennes (Angleterre, France, Hollande, Su&#232;de) colonisatrices qui cherchaient &#224; s'allier le plus possible de guerriers autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. D&#232;s son arriv&#233;e, Samuel de Champlain s'allie avec les Innut (Montagnais) et la Conf&#233;d&#233;ration wendate (huronne) qui &#233;taient d&#233;j&#224; en conflit ouvert ou larv&#233; avec leurs puissants voisins la nation kanien'ke (mohawk) de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations. C'est &#224; Champlain que revient &#034;l'honneur&#034; douteuse de tirer le premier coup de feu contre des autochtones en Am&#233;rique du nord, en l'occurrence des&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kanien'ke (Mohawks). A partir de ce moment et jusqu'&#224; la fin du 17&#232; si&#232;cle, il y toute une s&#233;rie du guerres entre les Fran&#231;ais et leurs alli&#233;s autochtones et la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations qui, pour avoir les armes (et &#224; cause de la concurrence dans la traite de fourrures), s'allie d'abord aux Hollandais (jusqu'en 1664) et ensuite aux Anglais, &#233;tablis dans la colonie de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'origine des l&#233;gendaires Iroquois sanguinaires, massacreurs des &#034;saints martyrs canadiens&#034; et, pire encore, alli&#233;s des Anglo-Saxons ha&#239;s de l'historiographie catholique et nationaliste du Qu&#233;bec, devenue dans une large et triste mesure un des mythes fondateurs de la nation qu&#233;b&#233;coise. La r&#233;alit&#233; est que ces gestes, r&#233;els d'ailleurs, ont &#233;t&#233; pos&#233;s en riposte &#224; toute une s&#233;rie d'invasions du territoire iroquois par l'arm&#233;e fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut exiger l'&#233;limination de ces mythes unilat&#233;raux et racistes des manuels scolaires du Qu&#233;bec. Il faut refondre l'imaginaire national pour en effacer toute trace raciste &#224; l'&#233;gard de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. En r&#233;alit&#233;, il y avait deux tendances &#224; l'oeuvre au sein de la soci&#233;t&#233; de la Nouvelle-France. La premi&#232;re et celle qui a finalement &#233;t&#233; adopt&#233;e suite &#224; la conqu&#234;te anglaise &#233;tait l'option g&#233;nocidaire et/ou concentrationnaire (mise en r&#233;serves) pr&#244;n&#233;e par les missionnaires (les J&#233;suites) et par les repr&#233;sentants de la &#034;m&#232;re-patrie&#034; europ&#233;enne (gouverneurs et intendants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;tait la tendance &#224; une fusion physique et culturelle (syncr&#233;tisme ou &#034;cr&#233;olisation&#034;) entre les petits colons et les peuples autochtones comme cela s'est produit dans beaucoup des colonies espagnoles. La Nouvelle-France n'a jamais pu installer un f&#233;odalisme absolutiste comparable &#224; ce qui existait en Europe. Certains historiens &#233;valuent que, sur les 60 000 chr&#233;tiens en Nouvelle France au moment de la Conqu&#234;te anglaise, 10 000 &#233;chappaient &#224; la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne et vivaient avec les autochtones (voyageurs, coureurs des bois, trappeurs, etc.) et qu'un autre 10 000 &#233;taient mari&#233;s &#224; des femmes d'origine autochtones avec 7 &#224; 8 000 enfants. Cela repr&#233;sentait pr&#232;s de la moiti&#233; de la population &#034;europ&#233;enne&#034;. Le r&#233;gime fran&#231;ais d'alors se plaignant, d'ailleurs, du refus de beaucoup d'habitants de se dire &#034;fran&#231;oys&#034; (fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la Conqu&#234;te anglaise soit la d&#233;faite fondamentale de cette tendance, elle continue &#224; fonctionner dans les r&#233;gions plus ou moins &#233;loign&#233;es jusqu'au quatri&#232;me quart du 19&#232; si&#232;cle. La d&#233;claration de la tendance radicale des Patriotes en faveur de &#034;l'&#233;galit&#233; entre Blancs et Sauvages&#034; en 1838 en est une illustration. La d&#233;faite des M&#233;tis et des autochtones et la pendaison de Louis Riel en 1885 symbolisent la fin d&#233;finitive de cette tendance. N&#233;anmoins, l'identification entre M&#233;tis (et autochtones) et langue fran&#231;aise et religion catholique (l'auto-d&#233;finition des&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canadiens fran&#231;ais de l'&#233;poque) &#233;tait telle qu'il y a eu une manifestation de 50 000 personnes &#224; Montr&#233;al contre cette ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cette victoire ultime de la solution g&#233;nocidaire et/ou concentrationnaire donne lieu &#224; la &#034;disparition des autochtones&#034; de la conscience g&#233;n&#233;rale des soci&#233;t&#233;s dominantes urbanis&#233;es (canadienne-anglaise et qu&#233;b&#233;coise) et au racisme virulent dans les r&#233;gions relativement &#233;loign&#233;es des grands centres industriels du sud de l'Ontario et du Qu&#233;bec o&#249; sont camp&#233;es les autochtones (au Canada-anglais et au Qu&#233;bec). Le processus se poursuit cependant jusqu'aux ann&#233;es 1960 sur la C&#244;te-Nord, au Labrador et au &#034;Nouveau Qu&#233;bec&#034; par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Le syst&#232;me de trait&#233;s, adopt&#233; au milieu du 19&#232; si&#232;cle, ne reconna&#238;t pas les nations autochtones comme telles mais uniquement des &#034;bandes&#034;. C'est diviser pour mieux r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'Afrique du Sud et &#224; beaucoup de pays de l'Am&#233;rique centrale et du Sud, les peuples autochtones de l'Am&#233;rique ne servent pas de main d'oeuvre aux conqu&#233;rants. Ils r&#233;sistent trop. Et les r&#233;serves, que ces peuples refusaient au d&#233;but, sont devenues, contrairement aux bantoustans de l'Afrique du Sud, leur seul refuge, les seules terres qu'il leur reste et qu'il faut prot&#233;ger contre tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malgr&#233; la r&#233;sistance assez forte &#224; l'imposition, artificielle dans bien des cas, d'une structure de pouvoir li&#233;e &#224; Ottawa (les conseils de bande et les grands conseils), l'existence m&#234;me, pendant maintenant un si&#232;cle dans bien des cas, de telles structures et le fait qu'elles soient souvent les seuls et uniques m&#233;canismes de repr&#233;sentation (donc de revendication) de certaines nations autochtones ont donn&#233; &#224; ces structures une certaine l&#233;gitimit&#233; et ont m&#234;me produit certaines accointances politiques et mat&#233;rielles (la plupart du temps selon le mod&#232;le de l'insertion conflictuelle) entre le tuteur (f&#233;d&#233;ral) et ses pupilles (les &#233;lites des nations autochtones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Dans le cas des Six-Nations, on applique r&#233;troactivement ce syst&#232;me en reniant les trait&#233;s sign&#233;s longtemps auparavant par la couronne britannique avec l'ensemble de la Conf&#233;d&#233;ration. C'est en septembre 1923 que, sur l'ordre du minist&#232;re des affaires indiennes (ou son &#233;quivalent &#224; l'&#233;poque), les polices f&#233;d&#233;rale et provinciale dispersent de force le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration &#224; Oshwenko (pr&#232;s de London, Ont.), br&#251;lent la longue maison et interdisent toute autre r&#233;union. La m&#234;me chose se r&#233;p&#232;te en 1973. Pourtant le Conseil, terriblement affaibli, ne dispara&#238;t pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. La situation des Inuit de Nunavik (Nouveau-Qu&#233;bec ou Ungava) est quelque peu diff&#233;rente. D'abord, ils n'ont &#233;t&#233; reconnus comme tels par un gouvernement quelconque qu'en 1930 lorsque la Cour supr&#234;me d&#233;cr&#232;te qu'ils sont r&#233;gis par la Loi sur les Indiens (sic). Ce est au cours de la deuxi&#232;me guerre mondiale que le gouvernement f&#233;d&#233;ral leur impose la s&#233;dentarisation (pour mieux asseoir en droit international la &#034;souverainet&#233;&#034; canadienne sur l'Arctique), processus qui dure jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Inuit sont en fait majoritaires sur le territoire global de Nunavik. C'est ceci qui a amen&#233; un fort groupe d'entre eux, issu du mouvement coop&#233;ratif moderne (y compris des Blancs), &#224; r&#233;clamer un gouvernement r&#233;gional &#233;lu &#224; suffrage universel sur l'ensemble du territoire de Nunavik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. La politique moderne des diff&#233;rents paliers de gouvernement, d&#233;finie par le gouvernement Trudeau au d&#233;but des ann&#233;es 1970 (lorsque Jean Chr&#233;tien &#233;tait ministre des Affaires indiennes) et toujours en vigueur, peut se r&#233;sumer ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la cr&#233;ation d'une &#233;lite autochtone par la formation d'un certain nombre de dirigeants nation par nation dans les universit&#233;s blanches et avant tout dans un processus complexe de n&#233;gociations ultra- bureaucratiques et de proc&#233;dures devant les tribunaux, tout ceci subventionn&#233; par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral m&#234;me ; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'encadrement de cette &#233;lite par une v&#233;ritable industrie d'experts-conseils (&#034;consultants&#034;) blancs (avocats, am&#233;nagistes du territoire, &#233;conomistes, anthropologues, etc.) qui, dans la plupart des cas, se croient honn&#234;tement d&#233;vou&#233;s &#224; la cause des droits autochtones ; &lt;br class='autobr' /&gt;
la promulgation de la notion de droit capitaliste &#034;d'occupation continue des terres&#034; comme fondement de la d&#233;termination de l'&#233;tendue des terres o&#249; il existerait un droit aborig&#232;ne faisant fi ainsi du caract&#232;re nomade ou partiellement nomade de l'usage des terres par la quasi-totalit&#233; des peuples autochtones avant que ceux-ci ne soient confin&#233;s aux r&#233;serves et &#224; la d&#233;pendance par le g&#233;nocide partiellement r&#233;ussi ; &lt;br class='autobr' /&gt;
la n&#233;gociation bande par bande de l'extinction des droits aborig&#232;nes en &#233;change de parcelles de terres (plus ou moins importantes selon le cas ; si elles se trouvent dans le Grand Nord, elles peuvent m&#234;me &#234;tre assez importantes) et de quelques millions de dollars (peu par rapport &#224; la valeur des terres abandonn&#233;es aux tendres mercis du &#034;d&#233;veloppement capitaliste&#034;) qui deviennent la base &#233;conomique de cette m&#234;me &#233;lite autochtone ; &lt;br class='autobr' /&gt;
depuis la mont&#233;e du thatcherisme et du reaganisme, il s'est ajout&#233; une politique de stimulation d'un capitalisme, d'un entrepreneurship autochtones pour renforcer les assises mat&#233;rielles et id&#233;ologiques de cette &#233;lite ; comme le d&#233;veloppement du capitalisme comporte toujours ses &#034;hors-la-loi&#034;, l'encouragement officiel du d&#233;veloppement des casinos sur les r&#233;serves aux &#201;tats-Unis s'est accompagn&#233; par leur d&#233;veloppement hors contr&#244;le &#224; Akwesasne et &#224; Kahnawake ; &lt;br class='autobr' /&gt;
la promulgation et la propagation des notions de &#034;self- government&#034; ou de &#034;souverainet&#233; d&#233;pendante&#034; sous le contr&#244;le des conseils de bande &#233;lus selon les normes de la Loi sur les Indiens, ce qui revient &#233;ventuellement &#224; la municipalisation des r&#233;serves sous contr&#244;le provincial ; &lt;br class='autobr' /&gt;
et finalement l'emploi r&#233;gulier des tribunaux, de la police et, depuis cet &#233;t&#233;, de l'arm&#233;e pour pr&#233;venir et/ou r&#233;primer toute vell&#233;it&#233; de r&#233;sistance &#224; cette politique ou d'acc&#233;l&#233;ration des n&#233;gociations par l'action militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Le renouveau de l'affirmation de soi et l'apparition de mouvements de lutte parmi les peuples autochtones au cours des ann&#233;es 1960 faisait partie de la mont&#233;e g&#233;n&#233;ralis&#233;e des luttes ouvri&#232;res et populaires de l'&#233;poque. En Am&#233;rique du nord, les populations non blanches et non anglophones s'insurgent. Ainsi sont n&#233;s les mouvements nationaux qu&#233;b&#233;cois, noirs, chicanos et autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la situation des autochtones ne leur a pas permis de clarifier leur propre conscience en soi et pour soi. S'agit- il d'une seule et unique nation autochtone comme le American Indian Movement tendait &#224; postuler et &#224; rechercher au cours des ann&#233;es 1970 ou de plusieurs nations fond&#233;es sur les anciennes ethnies linguistiques et culturelles renouvell&#233;es et refondues comme cela semble &#234;tre le cas maintenant ? La question est ouverte et fluide et c'est aux autochtones eux- m&#234;mes d'y r&#233;pondre &#233;ventuellement. Nous n'avons aucune raison &#224; vouloir figer l'histoire &#224; ce moment-ci quelque soit &#034;l'impatience l&#233;gendaire&#034; des blanc-he-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Le fait que l'intervention des gouvernements ait cr&#233;&#233; une certaine &#233;lite autochtone dont les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et sociaux sont li&#233;s &#224; la structure des conseils de bande est un facteur de d&#233;sunit&#233; ind&#233;niable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela cr&#233;e &#233;galement une confusion consid&#233;rable parmi les soci&#233;t&#233;s dominantes m&#234;me parmi ceux et celles les plus favorables aux droits autochtones. Ainsi apr&#232;s des ann&#233;es o&#249; le Canada anglais dominant a fait &#233;coeurer les Qu&#233;b&#233;cois avec la question &#034;que veut le Qu&#233;bec ?&#034;, ne voit-on pas la majorit&#233; francophone qu&#233;b&#233;coise demander avec irritation &#034;mais qu'est-ce qu'ils veulent, au juste, ces Indiens ?&#034;. Apr&#232;s que la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois-e-s ait rejet&#233; depuis fort longtemps les sir&#232;nes du bilinguisme et du biculturalisme, du multiculturalisme, de l'assimilation au sein de la conf&#233;d&#233;ration canadienne, ne voit-on pas les repr&#233;sentants politiques de &#034;la souverainet&#233;&#034; bourgeoise du Qu&#233;bec proposer la m&#234;me salade inacceptable aux nations autochtones ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1970, tous les autochtones &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant &#034;pupilles du gouvernement f&#233;d&#233;ral&#034;, l'Acte de l'Am&#233;rique du Nord britannique ayant r&#233;serv&#233; la juridiction sur &#034;les Sauvages et les terres des Sauvages&#034; au gouvernement central. Toutes les provinces rejetaient activement toute responsabilit&#233; envers les autochtones vivants sur leur territoire respectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ceci, le Qu&#233;bec n'&#233;tait pas une exception. Au contraire, dans la mesure o&#249; le Qu&#233;bec devenait de plus en plus &#034;la r&#233;serve&#034; des francophones5., et le gouvernement qu&#233;b&#233;cois et la conscience populaire tendaient &#224; rejeter toute responsabilit&#233; envers ces &#034;&#233;trangers&#034; au sein de la soci&#233;t&#233; majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la r&#233;volution tranquille du d&#233;but des ann&#233;es 1960, le nationalisme des francophones de la r&#233;serve du Qu&#233;bec restait fondamentalement d&#233;fensif, timor&#233; et exclusif (&#034;canadien, fran&#231;ais et catholique&#034;). Ainsi, lorsqu'au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle, Ottawa d&#233;truit la structure gouvernementale traditionnelle de la Conf&#233;d&#233;ration des Six-Nations et acc&#233;l&#232;re le processus de perte des langues autochtones et donc d'anglicisation, personne dans la population francophone ne proteste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le nationalisme qu&#233;b&#233;cois contemporain semblait devenir, &#224; partir des ann&#233;es 1960, affirmatif, actif, s&#251;r de lui-m&#234;me et assez serein, suite &#224; l'adoption de la loi 101, pour comprendre que l'&#233;panouissement d'autres communaut&#233;s au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise ne mena&#231;ait en rien les ambitions de la majorit&#233;. Ainsi il y a eu un fort courant d'appui spontan&#233; aux Cris et aux Inuit dans le dossier de la Baie James, le mouvement syndical de la C&#244;te-Nord a rejoint les Innut (Montagnais) dans la bataille contre les clubs priv&#233;s de chasse et de p&#234;che et il y a eu beaucoup de protestations contre les agissements violents de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec &#224; Restigouche lors de la bataille du saumon de 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous les gouvernements modernes du Qu&#233;bec, y compris ceux du Parti qu&#233;b&#233;cois ont maintenu dans la pratique le nationalisme d&#233;fensif, timor&#233; et chauvin surtout en ce qui regarde les nations autochtones. La d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum en 1980, le rapatriement unilat&#233;ral par Ottawa de la constitution canadienne, le virage &#224; droite du dernier gouvernement L&#233;vesque, l'int&#233;riorisation par la majorit&#233; qu&#233;b&#233;coise des valeurs conservatrices reaganiennes et thatch&#233;riennes, le renouveau de l'arrogance anglophone apr&#232;s la r&#233;-&#233;lection de Bourassa, les menaces contre la loi 101 et la mont&#233;e du chauvinisme anti-qu&#233;b&#233;cois et anti-fran&#231;ais au Canada pendant le d&#233;bat sur l'entente du Lac Meech ont fait ressurgir l'aspect purement d&#233;fensif, chauvin et exclusif, du nationalisme qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et selon le mod&#232;le de l'esclave qui battait son &#226;ne faute de pouvoir atteindre son propri&#233;taire esclavagiste, ce nationalisme chauvin a trop facilement vir&#233; au racisme anti- autochtone au cours de l'&#233;t&#233; 1990. Il faut restaurer &#224; l'ind&#233;pendantisme qu&#233;b&#233;cois son contenu progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Nations autochtones et question linguistique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Jusqu'&#224; la premi&#232;re guerre mondiale, la langue usuelle des peuples autochtones &#233;tait leur propre langue historique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue de communication avec les Blancs d&#233;pendait de deux facteurs : la langue commune des Blancs de la r&#233;gion (surtout des commer&#231;ants) et, ce qui importait encore davantage, la langue des missionnaires (fran&#231;ais pour les catholiques et anglais pour les protestants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle, Ottawa impose l'usage de l'anglais comme langue d'enseignement sur les r&#233;serves. Dans le sud, les pressions &#233;conomiques s'ajoutent &#224; cette pression d'acculturation g&#233;n&#233;rale en faveur de l'anglicisation. Ainsi au Qu&#233;bec, les nations micmaques et kanien'ke tendent &#224; perdre leur langue propre et &#224; devenir anglophones tout en &#233;tant entour&#233;es de francophones tandis que la majorit&#233; des anishnabe emploie l'anglais comme langue seconde. Dans le Grand Nord o&#249; les Inuit, les Cris et les Naskapis restent essentiellemnt sous tutelle f&#233;d&#233;rale jusqu'au milieu des ann&#233;es 1970 et o&#249; il n'y a presque pas de francophones, l'anglais domine comme langue seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral on peut affirmer que les autochtones reconnus comme Indiens &#034;statu&#233;s&#034; conform&#233;ment &#224; la Loi f&#233;d&#233;rale sur les Indiens sont anglophones ou utilisent l'anglais comme langue seconde (Kanien'ke, Cris, Inuit, Micmacs, Naskapis et la majorit&#233; des Anishnabe) tandis que ceux et celles qui n'ont pas sign&#233; de trait&#233; d&#233;finitif ou n'ont pas de statut sont francophones ou utilisent le fran&#231;ais comme langue seconde (Wendat (Hurons), Innut (Montagnais), Attikamekw, Ab&#233;nakis, Mal&#233;cites, et M&#233;tis et Indiens sans statut (surtout en Abitibi-T&#233;miscamingue).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceci, il faut ajouter que les nations (les Kanien'ke et les Micmacs) les plus en contact avec la soci&#233;t&#233; dominante anglophone (par la radio, la t&#233;l&#233;vision, les journaux, le syst&#232;me scolaire, etc.) et dont la majorit&#233; des co-nationaux vivent ailleurs qu'au Qu&#233;bec ne sont pas exemptes des pressions chauvines anti-francophones ambiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Nous n'avons aucune reproche &#224; faire aux nations autochtones quant &#224; la langue europ&#233;enne qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;e. Au contraire, il faut appuyer et renforcer la tendance au renouveau de l'emploi et &#224; l'enrichissement du contenu des langues autochtones (o&#249; les Innut (Montagnais) et les Inuit &#034;dissidents&#034; sont &#224; l'avant-garde). La reconnaissance de la souverainet&#233; autochtone et la lutte contre les pressions &#233;conomiques et sociales en faveur de l'anglicisation de l'ensemble de la soci&#233;t&#233; ne peuvent que favoriser le rapprochement entre autochtones et Qu&#233;b&#233;cois de langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Personne ne peut demander aux nations autochtones d'&#234;tre plus ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois que la nation qu&#233;b&#233;coise. Lorsque celles-l&#224; demandent &#224; n&#233;gocier de nation &#224; nation et que le gouvernement de celle-ci (y compris sous les &#034;souverainistes&#034; p&#233;quistes) s'en lave les mains au nom de la r&#233;partition des juridictions f&#233;d&#233;rales-provinciales de l'AANB, faut-il se surprendre du fait que les nations autochtones aient tendance &#224; traiter le gouvernement du Qu&#233;bec de &#034;porte-queue de sous-singe&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, les ind&#233;pendantistes socialistes, en se battant pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et contre la prison des peuples qu'est l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral canadien, reconnaissent d'embl&#233;e que l'acceptation du droit des nations autochtones &#224; la souverainet&#233; est un pr&#233;alable &#224; la r&#233;alisation d'une alliance &#233;ventuelle entre la classe ouvri&#232;re et les forces populaires du Qu&#233;bec, les nations autochtones du Qu&#233;bec et du continent tout entier, et les forces progressistes du Canada anglais et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Droits autochtones et propri&#233;t&#233; de la terre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Malgr&#233; la campagne de d&#233;sinformation et d'intoxication dans les m&#233;dias, depuis quelques mois (surtout la publication de cartes factices), aucune nation autochtone ne r&#233;clame la propri&#233;t&#233; absolue de toutes les terres qu'elle utilisait avant l'arriv&#233;e des colons europ&#233;ens et sur lesquelles elle pr&#233;tend avoir un droit ancestral ou aborig&#232;ne. Aucune nation autochtone ne pr&#233;tend renvoyer les descendants des colons en Europe. Les revendications &#034;bizarres&#034; ou &#034;d&#233;raisonnables&#034; dont parlent les Mulroney, Bourrassa, Ciaccia et Parizeau sont soit dans leur propre t&#234;te soit leur propre demande de reddition inconditionnelle non pas des quelques guerriers de Kanesatake et de Kanahwake mais des nations autochtones elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. A l'exception des Cris de la Baie James, des Inuit du Nouveau-Qu&#233;bec et de la bande des Naskapis8., aucune nation autochtone du Qu&#233;bec n'a sign&#233; de trait&#233; (m&#234;me frauduleux) &#233;teignant leurs droits sur le territoire qu'elles utilisaient au moment de l'arriv&#233;e des Europ&#233;ens. Certes, on peut invoquer le droit de conqu&#234;te mais cela revient &#224; admettre que la d&#233;faite de l'arm&#233;e fran&#231;aise aux mains de l'arm&#233;e anglaise sur les Plaines d'Abraham en 1759 a &#233;teint pour toujours tous les droits des Qu&#233;b&#233;cois francophones comme le pr&#233;tendent les super-chauvins canadiens-anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. En fait, ce n'est que pendant la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19&#232; si&#232;cle que le gouvernement central formalise unilat&#233;ralement la conversion en r&#233;serves des seigneuries c&#233;d&#233;es aux missionnaires pour l'usage des autochtones qui passent de la tutelle religieuse &#224; la tutelle f&#233;d&#233;rale et cr&#233;e d'autres r&#233;serves. Dans la plupart des cas ces r&#233;serves se trouvent sur des terres peu ou pas convoit&#233;es par les Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien ne prot&#232;ge m&#234;me ces pauvres parcelles de terres de la convoitise &#233;ventuelle lors de la colonisation du Saguenay- Lac St-Jean, de la Haute-Mauricie, de l'Abitibi- T&#233;miscamingue, du M&#233;gantic ou de la vall&#233;e de la Matap&#233;dia. Au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle, beaucoup de ces r&#233;serves sont simplement et unilat&#233;ralement d&#233;plac&#233;es ailleurs (sur la C&#244;te-Nord, par exemple) ou ferm&#233;e selon les imp&#233;ratifs de la colonisation ou du d&#233;veloppement des infra-structures &#233;nerg&#233;tiques et de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Ce processus de s&#233;dentarisation forc&#233;e et de vol du territoire ne rel&#232;ve nullement de l'histoire ancienne. Les r&#233;serves kanien'ke (mohawkes) de Kahnawake et d'Akwesasne ont perdu plus de territoire pendant les ann&#233;es 1950 et la construction de la Voie maritime du St-Laurent que ce qu'elles avait perdu pendant les cents ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Est-il un hasard que les deux ponts Mercier (chemin de fer et automobile) accotent sur le terrain de Kahnawake ou que le pont international de Cornwall passe par le territoire d'Akwesasne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'au cours des ann&#233;es 1950-60 que les Innut (Montagnais) de la r&#233;gion de Sept-Iles et du Labrador sont camp&#233;-e-s de force sur des r&#233;serves rocailleuses compos&#233;es de maisons de surplus de guerre. Et on pourrait multiplier les exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le gouvernement f&#233;d&#233;ral pr&#233;tend avoir compens&#233; les autochtones pour ces pertes. Mais &#233;tant donn&#233; la situation de tutelle exerc&#233;e par le d&#233;partement des Affaires indiennes, les communaut&#233;s en question n'ont rien vu de cette compensation qui a &#233;t&#233; vers&#233;e d'un d&#233;partement gouvernemental &#224; un autre (Affaires indiennes) pour que ce dernier l'utilise pour le bien des ses &#034;pupilles&#034; autochtones. Un simple jeu de comptabilit&#233; moralement sinon juridiquement frauduleuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Face &#224; la continuation de l'ethnocide de leurs nations, les repr&#233;sentant-e-s des autochtones r&#233;clament depuis maintenant plus de vingt ans l'ouverture de v&#233;ritables n&#233;gociations territoriales de nation &#224; nation (et non pas bande par bande) sur la base de la reconnaissance de leurs droits ancestraux (et donc de leur droit de regard sur le d&#233;veloppement) sur les territoires qu'ils utilisaient auparavant et de leur propri&#233;t&#233; collective et absolue de suffisamment de terres pour permettre leur &#233;panouissement physique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Tout comme les gouvernements et le patronat ont technocratis&#233;, bureaucratis&#233; et judiciaris&#233; &#224; outrance les n&#233;gociations patronales-syndicales au point que la majorit&#233; des syndiqu&#233;-e-s ne peuvent pas r&#233;ellement ma&#238;triser ni le d&#233;roulement de ces n&#233;gociations ni le contenu des conventions collectives sans recours &#224; des sp&#233;cialistes, trop souvent coup&#233;s de la base, les gouvernements f&#233;d&#233;ral et provinciaux ont fait des revendications territoriales autochtones et de leur n&#233;gociation un v&#233;ritable bourbier sem&#233; d'emb&#251;ches de toutes sortes. Confondre et m&#234;ler pour mieux r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la majorit&#233; des autochtones, comme la majorit&#233; des syndiqu&#233;-e-s, reconnaissent leur int&#233;r&#234;t dans ces n&#233;gociations et essaient tant bien que mal de les suivre de pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Si les n&#233;gociations syndicales peuvent prendre un an ou m&#234;me deux pour se r&#233;gler, les n&#233;gociations territoriales des nations autochtones tra&#238;nent pendant des d&#233;cennies. Ainsi, les Lubicons d'Alberta essaient de se n&#233;gocier une r&#233;serve officielle depuis 75 ans. Les r&#233;serves anishnabe (algonquines) de Lac Barri&#232;re et du Grand Lac Victoria dans le Parc de la V&#233;rendrye ont toujours un statut ambig&#252;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral a adopt&#233; une politique de ne mener que quatre n&#233;gociations territoriales (bande par bande) de front par ann&#233;e. &#201;tant donn&#233; l'existence de pr&#232;s de 400 bandes et le fait que chaque n&#233;gociation prend un minimum de 10 ans, on parle en r&#233;alit&#233; d'une &#233;ch&#233;ance mill&#233;naire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil Attikamekw-Montagnais au Qu&#233;bec essaie sans succ&#232;s de n&#233;gocier avec les divers gouvernement une entente depuis sa fondation en 1976. La n&#233;gociation achoppe chaque fois sur le refus du CAM d'accepter la notion capitaliste d'extinction de leurs droits sur l'ensemble de leur territoire ancestral qui deviendrait, sauf les parties qui leur sont r&#233;serv&#233;es, propri&#233;t&#233; absolue de la Couronne, selon le mod&#232;le des trait&#233;s et de la Convention de la Baie James. Le gouvernement du Qu&#233;bec, pequiste ou lib&#233;ral, s'est av&#233;r&#233; intractable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Sur la question de la propri&#233;t&#233; absolue d'un partie des terres ancestrales, divers propositions ont &#233;t&#233; faites et d'autres encore se feront sans doute. Les nations autochtones et leurs revendications sont en pleine &#233;volution. Il ne faut pas pr&#233;juger d'avance toutes les solutions conjointes possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas non plus prendre pour acquis &#233;ternel, et surtout pas pour juste, les solutions uniquement possibles &#224; l'int&#233;rieur des formes bourgeoises actuelles de propri&#233;t&#233; priv&#233;e ou des mod&#232;les de d&#233;veloppement qui ont pr&#233;domin&#233; jusqu'ici au Qu&#233;bec (ressources naturelles et &#233;nerg&#233;tiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus de gens parmi la soci&#233;t&#233; dominante remettent en cause ces mod&#232;les, y compris, non seulement des &#233;cologistes, mais aussi des syndicats des secteurs de ressources naturelles (for&#234;t et du papier, mines, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Une des notions les plus int&#233;ressantes mises de l'avant par des n&#233;gociateurs autochtones est celle, juridique et donc obscure &#224; premi&#232;re vue, de co-usufruit des territoires ancestraux. Exprim&#233; plus simplement, ceci veut dire que les deux groupes, nation majoritaire qu&#233;b&#233;coise et nations autochtones, partageraient (dans un rapport qui est &#224; n&#233;gocier) les d&#233;cisions de d&#233;veloppement et les fruits du d&#233;veloppement des territoires en question. Les nations autochtones se r&#233;serveront collectivement un droit de propri&#233;t&#233; absolue sur un certain territoire n&#233;cessaire &#224; leur &#233;panouissement et un droit de circulation, de chasse et de p&#234;che sur un territoire plus important encore. Ceci implique un certain droit de veto sur le d&#233;veloppement car si les territoires adjacents sont d&#233;truits par la coupe &#224; blanc de la for&#234;t, par exemple, le droit d'y chasser et d'y p&#234;cher devient tout &#224; fait th&#233;orique comme les Cris de la Baie James l'ont appris. Mais la vaste majorit&#233; du territoire serait &#224; partager selon des modalit&#233;s &#224; n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes cette notion de propri&#233;t&#233; en commun pour le bien de tout le monde est incompatible avec les int&#233;r&#234;ts des grandes soci&#233;t&#233;s de d&#233;veloppement et d'exploitation des ressources naturelles. Elle est incompatible avec la grande propri&#233;t&#233; priv&#233;e et est donc rejet&#233;e par les gouvernements actuels qui sont les d&#233;fenseurs de la classe sociale poss&#233;dante. En fin de compte, il s'agit d'une notion &#233;minemment anti- capitaliste. Il s'agit &#233;galement d'une notion &#233;minemment raisonnable pour la vaste majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois qui n'ont aucun int&#233;r&#234;t dans un d&#233;veloppement du Qu&#233;bec qui profite uniquement aux grandes soci&#233;t&#233;s canadiennes-anglaises et am&#233;ricaines et &#224; leurs &#233;mules qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. Luttes autochtones et violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Aucun &#234;tre humain le moindrement rationnel ne peut &#234;tre en faveur de la violence en soi. Dans toute l'histoire humaine, les classes sociales, les minorit&#233;s et les nationalit&#233;s domin&#233;es ont toujours fait preuve d'une &#034;patience l&#233;gendaire&#034; face &#224; leur oppression, face &#224; leurs oppresseurs. La violence sociale a toujours &#233;t&#233; et reste l'apanage essentiel et quasi-quotidien des classes et des nations dominantes pour qui il s'agit d'un outil essentiel au maintien de leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence des opprim&#233;-e-s a toujours &#233;t&#233; soit une r&#233;action de d&#233;sespoir copi&#233;e sur les oppresseurs lorsque toutes les voies collectives semblaient bloqu&#233;es ou une r&#233;action d'auto-d&#233;fense pure et simple. C'est ce fait historique, qui n'a pas connu d'exception jusqu'ici, qui a amen&#233; les fondateurs du socialisme moderne (et leurs successeurs l&#233;gitimes que nous nous croyons) &#224; rejeter, non pas le d&#233;sir, mais la probabilit&#233; d'une voix pacifique au socialisme ou &#224; la lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. En d&#233;pit de toutes les l&#233;gendes int&#233;ress&#233;es propag&#233;es par l'historiographie mystifi&#233;e des conqu&#233;rants europ&#233;ens et par l'imaginaire hollywoodien, la violence des peuples autochtones d'Am&#233;rique du nord a toujours rev&#234;tu l'une ou l'autre de ces caract&#233;ristiques : la d&#233;fense collective l&#233;gitime ou la r&#233;action de d&#233;sespoir de certains groupes face aux d&#233;pr&#233;dations g&#233;nocidaires de l'envahisseur europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. A ceci, il faut ajouter le fait que nul n'est &#224; l'abri de l'id&#233;ologie dominante, y compris de ses formes les plus extr&#234;mes dont le mythe du &#034;gun&#034; comme solution &#224; tous les probl&#232;mes. Ce mythe de la violence lib&#233;ratrice, justici&#232;re et fonci&#232;rement macho est un des th&#232;mes les plus rab&#226;ch&#233;s des m&#233;dias cin&#233;matographiques et t&#233;l&#233;visuelles des derniers 50 ans dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes dites avanc&#233;es. Le comportement des gouvernements occidentaux et de leurs forces arm&#233;es ne fait que renforcer cette supr&#233;matie de la violence ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33. Au milieu des ann&#233;es 1970, le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration des Six-Nations accr&#233;dite la cr&#233;ation de la Soci&#233;t&#233; des guerriers qui devait agir dans la d&#233;fense de son peuple. Quelques ann&#233;es auparavant avait eu lieu le deuxi&#232;me massacre de Wounded Knee avec l'intervention de l'arm&#233;e de la garde nationale et de tous les corps policiers blancs de l'&#201;tat de Dakota du sud aux &#201;tats-Unis. La seule personne arr&#234;t&#233;e et &#034;condamn&#233;e pour meurtre&#034; (dans un travesti &#233;vident de justice) &#233;tait un militant autochtone, Leonard Peltier, qui se r&#233;fugie au Canada pour ensuite &#234;tre d&#233;port&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels groupes d'auto-d&#233;fense qui se ref&#232;rent &#224; leur propre histoire et culture se sont cr&#233;&#233;s parmi d'autres nations autochtones. Mais cela est rest&#233; tr&#232;s rare. Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de l'&#233;t&#233; 1990 &#224; Kahnawake et &#224; Kanesatake, on peut s'attendre &#224; ce que d'autres groupes semblables, avec ou sans l'aval des structures traditionnelles ou des structures officielles, se cr&#233;ent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34. Il faut affirmer clairement que les nations autochtones ont le droit ind&#233;niable de se d&#233;fendre par tous les moyens n&#233;cessaires, sur leurs terres et dans les ghettos &#034;rouges&#034; des villes de l'ouest et des r&#233;gions &#233;loign&#233;es du Qu&#233;bec, contre le racisme ambiant et contre les forces officielles et &#233;tatiques de r&#233;pression au service des gouvernements et des int&#233;r&#234;ts dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucun trait d'&#233;galit&#233; &#224; tirer entre la violence des opprim&#233;-e-s et la violence des oppresseurs et notre reconnaissance de la souverainet&#233; autochtone comprend la reconnaissance du droit de d&#233;fendre avec les armes si n&#233;cessaire le peu de territoire qu'il leur reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35. Mais cette d&#233;fense inconditionnelle du droit des autochtones de prendre les armes dans leur propre d&#233;fense ne doit pas nous aveugler aux dangers que cela peut impliquer dans une situation d'isolement de la lutte autochtone. La non-reconnaissance par les gouvernements dominants de structures historiques de la Conf&#233;d&#233;ration et leur refus de n&#233;gocier s&#233;rieusement, combin&#233;s avec l'id&#233;ologie du &#034;gun&#034; propag&#233;e par les Marines am&#233;ricains (souvent le seul emploi disponible pour les jeunes kanien'ke), sont &#224; l'origine de l'impatience de beaucoup de membres de la Soci&#233;t&#233; des guerriers des Kanien'ke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette impatience, il faut ajouter la tentation du capitalisme individualiste de bas &#233;tage (mais tant vant&#233; par Mulroney, Bush, Bourassa, Parizeau et Landry au nom de l'encouragement des PME et de l'entrepreneurship) tels les casinos, les bingos et la vente de cigarettes. Si la majorit&#233; de la nation en question accepte un tel capitalisme c'est son droit et les gouvernements blancs n'ont rien &#224; dire l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque la nation est divis&#233;e, lorsque les profits b&#233;n&#233;ficient uniquement &#224; quelques individus (et tr&#232;s souvent aux capitaux &#034;douteux&#034; venus de l'ext&#233;rieur de la nation), il faut l'appeler par son vrai nom : un d&#233;but de corruption des individus et des organisations impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le Conseil de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nation a tout &#224; fait raison de r&#233;pudier la Soci&#233;t&#233; des guerriers pour le r&#244;le qu'il a jou&#233; &#224; Akwesasne en avril et mai 1990 (voire Combat socialiste de juin 1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36. Mais ceci ne veut pas dire que les bavures graves et contraires &#224; la tradition de leur propre nation commises par la Soci&#233;t&#233; des guerriers &#224; Akwesasne et, dans une moindre mesure, &#224; Kahnawake peuvent servir de pr&#233;texte &#224; un refus (m&#234;me au nom du pacifisme le plus principiel ou moral) de d&#233;fendre le droit de gens se r&#233;clamant des guerriers et d'autres de prot&#233;ger leurs communaut&#233;s contre la violence de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec et de l'arm&#233;e canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs, on-ne-peut-plus officiels et reconnus, des Premi&#232;res Nations avaient averti les gouvernements, il y a d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es, que la frustration parmi les jeunes des r&#233;serves avait atteint le point d'&#233;bullition et mena&#231;ait d'&#233;clater en violence. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; le gouvernement Mulroney de sabrer dans les d&#233;penses pour l'&#233;ducation des autochtones. Comme disait le po&#232;te, &#034;il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards &#034;sauvages&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne doit nous faire perdre de vue que c'est le refus du conseil municipal d'Oka, du gouvernement du Qu&#233;bec et du gouvernement d'Ottawa de n&#233;gocier qui est &#224; l'origine de la crise actuelle. Et que c'est la SQ qui a attaqu&#233; une occupation jusque lors pacifique de terres autochtones !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37. Dans cette situation, il est in&#233;vitable que des bavures aient lieu y compris la destruction de propri&#233;t&#233; de non-autochtones tout &#224; fait innocents. C'est regrettable mais tout &#224; fait compr&#233;hensible. D'ailleurs, les situations comme celle de cet &#233;t&#233; &#224; Kanesatake et &#224; Kahnawake ouvrent la porte aux agissements de toutes sortes de provocateurs ou de bandes de voyous qui n'ont aucun lien avec les communaut&#233;s ou les militant-e-s autochtones. Rien ne prouve que les saccages qui ont eu lieu sont le fait de Kanien'ke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; que ce sont les gouvernements blancs en place qui en sont responsables, c'est &#224; ces m&#234;mes gouvernements et non pas &#224; la nation ou aux communaut&#233;s autochtones impliqu&#233;es, de compenser ces gens pour la perte de leurs biens personnels et/ou familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. Nos t&#226;ches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;38. Notre t&#226;che imm&#233;diate consiste &#224; r&#233;clamer :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le retrait imm&#233;diat des forces arm&#233;es et polici&#232;res des r&#233;serves, &lt;br class='autobr' /&gt;
le retrait inconditionnel de toute accusation port&#233;e contre des Kanien'ke autour des &#233;v&#233;nements de Kahnawake et de Kanesatake, &lt;br class='autobr' /&gt;
la reconnaissance imm&#233;diate que les terres convoit&#233;es par le club de golf d'Oka appartiennent d&#233;j&#224;, de plein droit et sans compensation (sauf aupr&#232;s des propri&#233;taires de maison unifamiliales s'il y en a), aux Kanien'ke de Kanesatake, &lt;br class='autobr' /&gt;
la reconnaissance par tous les niveaux de gouvernement des droits ancestraux des nations autochtones et de leur droit absolu &#224; l'auto-d&#233;termination et donc &#224; la souverainet&#233; pleine et enti&#232;re, &lt;br class='autobr' /&gt;
et l'ouverture imm&#233;diate de n&#233;gociations honn&#234;tes et de bonne foi avec toutes les nations autochtones qui le d&#233;sirent sur leurs revendications, territoriales et autres, selon le rythme d&#233;termin&#233; par les nations autochtones et en respectant les normes d&#233;mocratiques propres aux nations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mettre de l'avant ces positions, m&#234;me &#224; contre- courant, dans les syndicats locaux, les conseils centraux et du travail, les centrales syndicales, les organisations &#233;tudiantes, les groupes de femmes et les groupes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39. Il faut se pr&#233;parer &#224; une longue et difficile lutte de d&#233;fense judiciaire et militante (dans la rue) des dizaines de Kanien'ke d&#233;j&#224; arr&#234;t&#233;-e-s et les autres qui ne manqueront pas de se faire arr&#234;ter ou r&#233;primer d'autres fa&#231;ons (cong&#233;diements, exclusions, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40. Pour commencer &#224; contrer le racisme inh&#233;rent &#224; l'historiographie officielle (le premier chapitre des manuels scolaires), il faut faire un travail sp&#233;cifique en milieu scolaire (syndicats enseignants et organisations &#233;tudiantes) pour s'assurer, en collaboration avec les peuples autochtones eux-m&#234;mes, que l'histoire r&#233;elle y soit pr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41. Il faut lutter contre toutes les formes de x&#233;nophobie et de racisme que cela vienne de sources &#034;respectables&#034; tels le film Dispara&#238;tre, la Commission des &#233;coles catholiques de Montr&#233;al ou les Partis lib&#233;ral et qu&#233;b&#233;cois ou de sources d'extr&#234;me-droite tels SOS-G&#233;nocide, Longitude 74 ou les Skinheads.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42. Il faut commencer &#224; renouer avec les &#233;l&#233;ments positifs de notre propre histoire dont l'alliance du dernier si&#232;cle entre francophones et autochtones, celle de 1837-38 et celle de 1870-188510..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, ceci veut dire reconna&#238;tre la d&#233;linquance et l'irresponsabilit&#233; non seulement des centrales syndicales en tant principale force de la classe ouvri&#232;re et des forces populaires qu&#233;b&#233;coises mais aussi de l'ensemble de la gauche organis&#233;e ou inorganis&#233;e, &#224; quelques exception pr&#232;s, par rapport &#224; la d&#233;fense des nations autochtones. Malgr&#233; des efforts r&#233;els de derni&#232;re minute cet &#233;t&#233;, la riposte parmi les non-autochtones du Qu&#233;bec au coup de force de Bourassa- Mulroney a beaucoup laiss&#233; &#224; d&#233;sirer pour dire le moins. C'est l'ignorance et la n&#233;gligence des forces progressistes et de gauche qui portent une grande part du fardeau de cette faiblesse objective et subjective de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43. Il faut travailler &#224; contrecarrer l'utilisation par les forces r&#233;actionnaires et les forces nationalistes canadiennes-anglaises de la crise de cet &#233;t&#233; contre les aspirations nationales du Qu&#233;bec. Ceci veut dire d&#233;velopper des alliances et un travail commun avec les forces progressistes du Canada anglais non seulement pour d&#233;fendre le droit des nations autochtones &#224; la souverainet&#233; mais aussi le droit du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les territoires ancestraux de plusieurs nations autochtones d&#233;bordent les fronti&#232;res du Qu&#233;bec et m&#234;me de l'&#201;tat canadien rend encore plus important ce travail conjoint de solidarit&#233; et d'&#233;laboration avec les forces r&#233;volutionnaires du Canada anglais et en derni&#232;re analyse des &#201;tats-Unis m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44. Il ne faut plus jamais r&#233;p&#233;ter l'erreur d'acceptation de &#034;l'invisibilit&#233;&#034; des nations autochtones du Qu&#233;bec. Il faut travailler, dans le respect de la culture des nations autochtones, avec les forces vives de ces nations pour d&#233;velopper notre compr&#233;hension de leur r&#233;alit&#233; et de comment cette r&#233;alit&#233; s'ins&#232;re dans notre projet d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant et socialiste. Il faut populariser le plus possible leurs revendications et les bases de ces revendications. Et ce travail doit &#234;tre permanent, crise imm&#233;diate ou non, manchettes dans les journaux ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;45. Finalement il faut comprendre que personne parmi les non- autochtones n'a de le&#231;ons de politique &#224; donner, et encore moins de programme &#224; imposer, aux nations autochtones. Le but premier de la solidarit&#233;, c'est la solidarit&#233; agissante et inconditionnelle et non pas la propagande et le recrutement &#224; la gauche qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;viter les deux &#233;cueils du paternalisme bienveillant d'une avant-garde qui sait tout et qui a toutes les r&#233;ponses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'une part, et de l'admiration b&#233;ate et a-critique du &#034;Noble Sauvage&#034; qui ne peut et surtout ne doit faire aucune erreur, d'autre part. Les deux sont des formes &#224; peine cach&#233;es du racisme et pr&#233;parent des lendemains qui d&#233;chantent pour les Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois autant que pour les autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;NOTES :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La nomenclature des nations autochtones est en pleine &#233;volution. Certaines sont en train de remplacer les noms qui leur &#233;taient coll&#233;s par les conqu&#233;rants. Dans la mesure du possible, ce texte essaie de respecter l'appellation autochtone tout en donnant le nom blanc usuel entre parenth&#232;ses pour fins de clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Voir l'article dans Combat socialiste de juin dernier pour une br&#232;ve historique de cette Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Beaucoup de ces Iroquoiens des Hautes-Laurentides sont morts &#224; cause des &#233;pid&#233;mies de maladies introduites par les commer&#231;ants, p&#234;cheurs et chasseurs de baleines europ&#233;ens qui visitaient le St-Laurent pendant tout le 16&#232; si&#232;cle. Certain- e-s survivant-e-s sont probablement devenus une composante de la Conf&#233;d&#233;ration wendate ou wyandotte (huronne) avant l'arriv&#233;e de Champlain en 1608 et habitant le centre-ouest de l'actuel Ontario. D'autres se sont int&#233;gr&#233;s aux Cinq- Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les autres Wendat se sont dispers&#233;-e-s parmi la nation anishnabe (ojibwa) au nord des Grands Lacs, ont &#233;t&#233; adopt&#233;-e-s de force ou de plein gr&#233; au sein de la Conf&#233;d&#233;ration des Cinq-Nations ou se sont reconstitu&#233;-e-s comme Wyandottes sur les terres des Odawa (Outaouais), des Illinois et des Pottawatomis au Michigan, au Minnesota et au Wisconsin actuels avant d'&#234;tre d&#233;port&#233;s militairement par le gouvernement am&#233;ricain en Oklahoma vers 1835.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La d&#233;faite militaire des M&#233;tis francophones et des autochtones (Ojibwa, Pied-Noirs et Cris) dans l'ouest &#224; la fin du 19&#232; si&#232;cle et les lois contre l'enseignement en fran&#231;ais du Manitoba et de l'Ontario au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle font du Qu&#233;bec l'unique &#034;r&#233;serve&#034; francophone sur le continent nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Les Wendat (Hurons) de Wendake (Village des Hurons) en &#233;taient l'exception ayant &#233;t&#233; les premiers &#224; subir l'univers concentrationnaire des r&#233;serves d&#232;s les ann&#233;es 1660. Ils et elles ont commenc&#233; &#224; perdre leur langue d&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les Inuit &#034;dissidents&#034; (venant de trois villages et repr&#233;sentant au moins 30% des Inuit du Qu&#233;bec) ont refus&#233; de signer la Convention de la Baie James (d'o&#249; leur nom de dissidents) mais contrairement &#224; l'Association des Inuit du Nord du Qu&#233;bec (AINQ) signataire, ils et elles ne se sont pas oppos&#233;s &#224; l'application de la Loi 101 dans le nord au nom de la n&#233;cessit&#233; de l'anglais comme langue de communication (la main du f&#233;d&#233;ral y &#233;tait &#233;vidente). Ils ont plut&#244;t r&#233;clam&#233; la m&#234;me possibilit&#233; de prot&#233;ger et de d&#233;velopper leur propre langue et culture au nord que les francophones cherchaient au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. La Convention de la Baie James et du Nord qu&#233;b&#233;cois entre le gouvernement f&#233;d&#233;ral et le gouvernement du Qu&#233;bec, d'une part, et les Cris de la Baie James (Grand Conseil) et les Inuit du Nord qu&#233;b&#233;cois (AINQ) a &#233;t&#233; sign&#233;e en 1975 et la Convention du Nord-est qu&#233;b&#233;cois avec les Cris-Naskapis de Shefferville en 1978. Depuis, il y a eu maintes analyses du caract&#232;re injuste et tricheur (les &#034;r&#233;f&#233;rendums&#034; qui les ont ratifi&#233;s ont &#233;t&#233; organis&#233;s dans l'espace de deux semaines seulement et ceci parmi des peuples encore partiellement nomades compar&#233;s aux trois ans de pr&#233;paration du r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233;-association) des conventions m&#234;mes ainsi que leur non-respect par les gouvernement. Nous exigeons leur abrogation et leur re-n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. A titre d'exemple, la r&#233;serve de Manicouagan dans le Saguenay, cr&#233;&#233;e en 1853 est d&#233;plac&#233;e &#224; Betsiamitis (Bersimis) sur la C&#244;te-Nord en 1861 tout comme les Anishnabe (Algonquins) de Deux-Montagnes, pr&#232;s de Montr&#233;al, sont d&#233;port&#233;-e-s &#224; Maniwaki, tandis que les r&#233;serves de Rocmont (Saguenay), P&#233;ribonka et Crespieul (Lac St-Jean), Coucouche (Haute-Mauricie) et Coleraine (M&#233;gantic) sont tout simplement ferm&#233;es au d&#233;but du 20&#232; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Lorsqu'on compare les mobilisations de solidarit&#233; de cet &#233;t&#233; avec la mobilisation de 50 000 personnes &#224; Montr&#233;al contre l'assassinat judiciaire de Louis Riel en 1885, il y a de quoi avoir honte de notre faiblesse mais surtout de quoi nous pousser &#224; d&#233;velopper un travail permanent de solidarit&#233; avec les nations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Mill, le 15 septembre 1990&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;pression plut&#244;t que la n&#233;gociation pour des familles algonquines au Lac Barri&#232;re </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-repression-plutot-que-la-negociation-pour-des-familles-algonquines-au-Lac</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-repression-plutot-que-la-negociation-pour-des-familles-algonquines-au-Lac</guid>
		<dc:date>2008-10-16T04:15:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Droit des autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu&#233;bec et Canada utilisent la police anti-&#233;meutes, le gaz lacrymog&#232;ne et la force sur les familles Algonquines non violentes du Lac Barri&#232;re . Soumettre par la douleur : &#034;la parfaite description de la politique des Conservateurs &#224; l'&#233;gard des premi&#232;res nations&#034; dit le porte-parole de la communaut&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Kitiganik/Lac Rapide, Territoire Algonquin / - Hier apr&#232;s-midi, le gouvernement Conservateur et du Qu&#233;bec ont utilis&#233; des policiers anti&#233;meutes, des gaz lacrymog&#232;nes et des m&#233;thodes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Politique-quebecoise-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Droit-des-autochtones-+" rel="tag"&gt;Droit des autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L143xH150/arton1872-24a0b.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu&#233;bec et Canada utilisent la police anti-&#233;meutes, le gaz lacrymog&#232;ne et la force sur les familles Algonquines non violentes du Lac Barri&#232;re . Soumettre par la douleur : &#034;la parfaite description de la politique des Conservateurs &#224; l'&#233;gard des premi&#232;res nations&#034; dit le porte-parole de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kitiganik/Lac Rapide, Territoire Algonquin / - Hier apr&#232;s-midi, le gouvernement Conservateur et du Qu&#233;bec ont utilis&#233; des policiers anti&#233;meutes, des gaz lacrymog&#232;nes et des m&#233;thodes de soumission par la douleur pour mettre fin &#224; une barricade pacifique &#233;rig&#233;e par des familles Algonquines de Lac Barri&#232;re, plut&#244;t que de n&#233;gocier tel que demand&#233; par la communaut&#233;. La barricade &#233;rig&#233;e sur la route 117 en Abitibi a d&#233;but&#233; &#224; 6 :00 lundi matin. Pr&#232;s d'une centaine de membres de tous &#226;ges de la communaut&#233; et leurs supporteurs promettaient de rester jusqu'&#224; ce que le gouvernement Conservateur du Canada et Qu&#233;bec honorent les accords sign&#233;s et la gestion coutumi&#232;re de Lac Barri&#232;re. Aux alentours de 16 :00, une soixantaine d'agents qu&#233;b&#233;cois et de policiers anti&#233;meutes ont entour&#233; les familles apr&#232;s leurs repas et, sans avertissement, ont lanc&#233; des bombes lacrymog&#232;nes, dont l'une d'elles a atteint un enfant directement dans la poitrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos demandes sont raisonnables, &#187; a affirm&#233; Norman Matchewan, un porte-parole qui a &#233;t&#233; victime d'insultes raciales venant d'un assistant du ministre Lawrence Cannon plus t&#244;t dans la campagne &#233;lectorale. &#171; Nous demandons seulement aux gouvernements de respecter les ententes qu'ils ont sign&#233;es et d'arr&#234;ter s'ing&#233;rer ill&#233;galement dans notre gouvernance usuelle. Le message que nous avons re&#231;u aujourd'hui est que Stephen Harper et Jean Charest ne veulent m&#234;me pas jouer selon leurs propres r&#232;gles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous ne tol&#233;rerons pas ces violations brutales de nos droits, &#187; a ajout&#233; Matchewan. &#171; Les op&#233;rations foresti&#232;res ne seront pas permises sur notre territoire d&#233;fini par l'entente trilat&#233;rale, et nous continuerons encore plus de faire des actions directes non-violentes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf personnes, incluant une femme &#226;g&#233;e, une femme enceinte, et deux mineurs, ont &#233;t&#233; brutalement arr&#234;t&#233;es. Pendant qu'une ligne polici&#232;re bloquait la vue des observateurs humanitaires des Christian Peacemaker Teams, des officiers de police utilisaient de fortes m&#233;thodes de soumission sur des manifestants qui s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s derri&#232;re des barils remplis de ciment. Il ont tordu des bras, disloqu&#233; des m&#226;choires, pour les abandonner le visage meurtri et avec des difficult&#233;s &#224; respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lors de cette seule campagne &#233;lectorale, les Conservateurs nous ont &#233;tiquet&#233; comme des alcooliques et ont d&#233;nigr&#233; la majorit&#233; de notre communaut&#233; en les d&#233;finisant de 'dissidents' &#187;, selon Michel Thusky, un autre porte-parole de la communaut&#233;, se r&#233;f&#233;rant &#224; une lettre ouverte publi&#233;e par le ministre Lawrence Cannon dans un journal r&#233;gional. &#171; Maintenant, eux et Qu&#233;bec ont choisi la violence plut&#244;t que de respecter leurs propres obligations face &#224; notre communaut&#233;. La soumission par la douleur est la description parfaite de la politique autochtone du gouvernement Conservateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la communaut&#233; du Lac Barri&#232;re avaient promis de maintenir la barricade jusqu'&#224; ce que le Gouvernement du Canada honore l'Entente trilat&#233;rale de 1991, soit, comme le souhaite par les Nations Unies et la Commission Royale sur les peuples autochtones, un d&#233;veloppement durable du territoire et une entente de cogestion des ressources. Pour en finir avec l'ing&#233;rence f&#233;d&#233;rale dans leur gestion territoriale, ils souhaitaient que le Gouvernement du Canada nomme des observateurs pour &#234;tre t&#233;moins d'une nouvelle s&#233;lection de la direction en accord avec leur code habituel de s&#233;lection, respecte le r&#233;sultat, et cesse ensuite de s'ing&#233;rer dans leur gouvernance interne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
