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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>Regrouper la gauche &#233;cosocialiste de Qu&#233;bec solidaire :</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Regrouper-la-gauche-ecosocialiste-de-Quebec-solidaire</link>
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		<dc:date>2012-10-23T18:42:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gauche socialiste</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche Socialiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la derni&#232;re conf&#233;rence de Gauche socialiste tenue en ao&#251;t dernier, nous avons convenu d'&#233;crire un texte qui poserait les bases politiques d'un futur regroupement de la gauche &#233;cosocialiste (?) au sein de Qu&#233;bec solidaire. Il nous apparaissait que les militantEs d&#233;fendant cette orientation restaient, malgr&#233; l'existence de collectifs, &#233;parpill&#233;s et sans poids collectif r&#233;el sur la dynamique d'&#233;volution de Qu&#233;bec solidaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
A la derni&#232;re conf&#233;rence de Gauche socialiste tenue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Notes-sur-la-conjoncture-" rel="directory"&gt;Notes sur la conjoncture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-solidaire-166-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Gauche-Socialiste-270-+" rel="tag"&gt;Gauche Socialiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH78/arton3290-8c55a.jpg?1630013219' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A la derni&#232;re conf&#233;rence de Gauche socialiste tenue en ao&#251;t dernier, nous avons convenu d'&#233;crire un texte qui poserait les bases politiques d'un futur regroupement de la gauche &#233;cosocialiste (?) au sein de Qu&#233;bec solidaire. Il nous apparaissait que les militantEs d&#233;fendant cette orientation restaient, malgr&#233; l'existence de collectifs, &#233;parpill&#233;s et sans poids collectif r&#233;el sur la dynamique d'&#233;volution de Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la derni&#232;re conf&#233;rence de Gauche socialiste tenue en ao&#251;t dernier, nous avons convenu d'&#233;crire un texte qui poserait les bases politiques d'un futur regroupement de la gauche &#233;cosocialiste (?) au sein de Qu&#233;bec solidaire. Il nous apparaissait que les militantEs d&#233;fendant cette orientation restaient, malgr&#233; l'existence de collectifs, &#233;parpill&#233;s et sans poids collectif r&#233;el sur la dynamique d'&#233;volution de Qu&#233;bec solidaire. Ce texte qui est appel&#233; &#224; &#234;tre corrig&#233; et compl&#233;t&#233; par un certain nombre de personnes partageant cette analyse et cette orientation sera par la suite discut&#233; et adopt&#233; dans une assembl&#233;e de fondation d'un regroupement agissant au sein de Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re partie caract&#233;risera &lt;/strong&gt; : (1) La p&#233;riode actuelle : la r&#233;alit&#233; de la crise et ses cons&#233;quences sur les classes ouvri&#232;res et populaires et sur l'environnement et (2) la r&#233;sistance telle qu'elle se donne et les conditions pour que cette r&#233;sistance puisse d&#233;passer sa phase d&#233;fensive actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une deuxi&#232;me partie&lt;/strong&gt; tracera un portrait (1) de la situation actuelle de Qu&#233;bec solidaire (plus de six ans apr&#232;s sa fondation), (2) de sa dynamique d'&#233;volution (3) de ses acquis et faiblesses programmatiques (3) de ses modes d'action, d'enracinement et des rapports aux mouvements sociaux (4) de ses politiques d'alliance avec les partis politiques (5) des forces et les limites de sa d&#233;mocratie interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une troisi&#232;me partie&lt;/strong&gt; rappellera (1) les grands traits d'une orientation &#233;cosocialiste ; (2) Posera la question des strat&#233;gies vers le pouvoir et l'&#233;largissement des conceptions d&#233;mocratiques porteuses d'une r&#233;elle rupture les institutions parlementaires actuelles ; (3) d&#233;finira les liens que Qu&#233;bec solidaire pourrait entretenir avec les mouvements sociaux ; (4) esquissera les principes d'une politique d'alliance et enfin (5). rappelera les n&#233;cessit&#233;s d'un fonctionnement r&#233;ellement d&#233;mocratique d'un parti politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une quatri&#232;me partie&lt;/strong&gt; pr&#233;sentera des modalit&#233;s de regroupement autour d'une plate-forme qui reste &#224; &#233;crire et qui r&#233;sumera nos discussions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;I. Premi&#232;re partie : une p&#233;riode de crise profonde, durable et multiple du syst&#232;me capitaliste&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;et le d&#233;veloppement de la r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1 La p&#233;riode actuelle : la r&#233;alit&#233; de la crise et ses cons&#233;quences sur les classes ouvri&#232;res et populaires et sur l'environnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 25 ans (1982-2007), la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale conna&#238;t une rupture profonde amorc&#233;e par la grande r&#233;cession de 2008. Il s'agit d'une crise &#233;conomique syst&#233;mique qui constitue un nouveau moment historique, en d'autres mots une p&#233;riode de profonde instabilit&#233; dans le processus d'accumulation du capital qui perdurera pendant plusieurs ann&#233;es, nonobstant les oscillations tant&#244;t positives, tant&#244;t n&#233;gatives de certains indicateurs &#233;conomiques. Quatre ans apr&#232;s 2008, le taux d'accumulation ne red&#233;marre pas et le taux d'utilisation des capacit&#233;s productives des entreprises demeurent en de&#231;&#224; du 80 % dans les principaux pays capitalistes avanc&#233;s, Canada y compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de sortir de cette crise, les gouvernements ont mis en place des plans de sauvetage des banques qui ont mobilis&#233; plus milliers de milliards de dollars et ont transform&#233; les dettes priv&#233;es en dettes publiques. Mais ils ne sont pas parvenus &#224; g&#233;n&#233;rer une reprise durable de l'accumulation du capital. Pour pouvoir payer les dettes et satisfaire les banques, les gouvernements mettent de l'avant des politiques d'aust&#233;rit&#233; agressives qui sont n&#233;fastes pour la reprise, cr&#233;ant m&#234;me un rebond de la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse des &#233;lites dominantes &#224; cette crise n'a pas d&#233;bouch&#233; sur le rejet, mais sur un approfondissement du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral dans l'ensemble des pays du nord. La crise &#233;conomique mondiale ouverte par la crise des subprimes aux &#201;tats-Unis en 2008, a correspondu &#224; un approfondissement de l'offensive n&#233;olib&#233;rale et la mise de l'avant de politiques d'aust&#233;rit&#233; qui se sont concr&#233;tis&#233;es par de fortes r&#233;ductions dans les d&#233;penses gouvernementales qui d&#233;bouchent sur des suppressions d'emplois dans le secteur public, sur des privatisations en cha&#238;nes dans l'&#233;ducation, dans la sant&#233; et la fonction publique, par la tarification des services publics, par des atteintes aux retraites et aux droits syndicaux..... L'objectif de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; est qu'il y ait moins de salari&#201;s dans le secteur public, moins d'infirmi&#232;res, moins d'enseignants, moins d'employ&#233;Es d'entretien municipaux, moins de travailleurs sociaux et de travailleuses sociales... C'est ainsi qu'un segment croissant de la population vit avec des emplois &#224; bas salaires, sans avantages sociaux ni protection sociale. Dans les pays capitalistes dominants, toutes les composantes de l'&#201;tat providence sont en train d'&#234;tre r&#233;duites...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur priv&#233;, les travailleuses et travailleurs font &#233;galement face &#224; une offensive : fermetures d'usines et d&#233;localisations multiples, augmentation du rythme du travail, production &#171; juste-&#224;-temps &#187;, demandes patronales de baisses des salaires... Les types d'attaques utilis&#233;es par les capitalistes dans les derni&#232;res d&#233;cennies s'intensifient. Les grandes restructurations restent donc devant nous : en plus d'une augmentation de l'exploitation des travailleurs et des travailleuses, de nombreuses fermetures d'usines seront n&#233;cessaires avant que le syst&#232;me puisse retrouver une croissance &#233;conomique prolong&#233;e et soutenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise appara&#238;t aussi une augmentation vertigineuse du ch&#244;mage. Il faut pr&#233;ciser aussi au niveau du ch&#244;mage que le travail &#224; temps partiel n'est pas comptabilis&#233; comme du ch&#244;mage partiel, que ce sont les femmes qui le font majoritairement et donc qu'un bassin de femmes est en ch&#244;mage partiel. Une fa&#231;on de dissimuler dans les statistiques la r&#233;alit&#233; des femmes sur le march&#233; du travail ! Les femmes ont toujours connu cette pr&#233;carit&#233; sur le march&#233; du travail. Leur r&#244;le de r&#233;serve et de pression sur les salaires les maintient dans les emplois les moins valoris&#233;s. Avec la mondialisation, le sort r&#233;serv&#233; aux femmes tend &#224; s'&#233;tendre &#224; l'ensemble de la main-d'&#339;uvre en commen&#231;ant par les jeunes. Les mots &#224; la mode sont flexibilit&#233;, changement, pr&#233;carit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; la mise en place d'une politique d'aust&#233;rit&#233; permanente, politique qui fait consensus dans les classes dominantes. En Am&#233;rique du Nord, comme en Europe, &#201;tat apr&#232;s &#201;tat le message reste le m&#234;me : l'&#232;re de l'assurance sociale, du secteur public, de la protection contre les effets n&#233;gatifs du march&#233; et des augmentations r&#233;guli&#232;res de salaires est bel et bien termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau global, l'Organisation internationale du travail (OIT) constate dans son Rapport mondial sur les salaires que la croissance des salaires a &#233;t&#233; divis&#233;e par deux pendant les ann&#233;es 2008 et 2009, ce qui a fortement &#233;rod&#233; le pouvoir d'achat des salari&#233;-es et leur bien-&#234;tre. Les cons&#233;quences sont &#233;videmment plus graves pour les travailleurs aux bas salaires qui peuvent facilement basculer dans la pauvret&#233;&#8230; Or, comme le rappelle le rapport, la surrepr&#233;sentation des femmes dans les emplois &#224; bas salaires est une caract&#233;ristique universelle des march&#233;s du travail. Les femmes constituent m&#234;me en absolu la majorit&#233; des employ&#233;s &#224; bas salaire dans la plupart des pays, alors que leur taux de participation au march&#233; du travail est habituellement plus bas.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Impact de la crise et de l'aust&#233;rit&#233; sur les femmes : des raisons de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont massivement un travail r&#233;mun&#233;r&#233; depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, mais assurent un travail gratuit dans la famille. Le d&#233;veloppement des appareils domestiques et maintenant de l'informatique (ordinateur, vid&#233;o, etc.)et bient&#244;t de la dogmatique (programmation &#224; distance d'activit&#233;s dans la maison) ne fait que d&#233;placer le travail des femmes. Les t&#226;ches deviennent moins dures physiquement, mais exigent plus de connaissances, de techniques et de planification. Et toujours, toujours, ce travail est invisible et gratuit par essence. La domination des hommes sur les femmes se nourrit de ce travail gratuit et la famille est l'espace priv&#233; de cette domination. La violence conjugale, l'inceste en sont les manifestations les plus graves, m&#234;me si la famille repr&#233;sente aussi un lieu d'affection. Le capitalisme se r&#233;jouit de cette domination en n'ayant pas &#224; fournir ce que les femmes font gratuitement. Le Programme des Nations unies pour le D&#233;veloppement (PNUD) l'avait chiffr&#233; en 1995 &#224; 11.000 milliards de dollars alors que le Produit mondial brut1 repr&#233;sentait pour cette ann&#233;e 33.000 milliards de dollars. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Situation et luttes de femmes au sud et au nord, Fiche 1, CADTM&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mondialisation, c'est surtout cette portion du travail invisible qui s'alourdit et qui d&#233;t&#233;riore le sort des femmes. Ce sont les coupures dans les programmes sociaux acquis de longues luttes durant les ann&#233;es de boom &#233;conomique qui vont faire le plus mal aux femmes tant dans les pays en d&#233;veloppement que dans les pays industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes vont subir le contrecoup : retraite coup&#233;e, fin des programmes sociaux qui existaient encore. C'est en sant&#233; et en &#233;ducation que les coupures ont fait le plus mal. Partout dans le monde les femmes, &#224; la fois comme travailleuses, comme usag&#232;res et comme consommatrices, ont vu leur sant&#233; et celles de leurs enfants mises &#224; mal. Pensons simplement au manque de m&#233;decins et au co&#251;t des m&#233;dicaments et des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; plus qu'un choix de droitiers z&#233;l&#233;s est l'expression des besoins du capital. Loin d'&#234;tre un simple programme id&#233;ologique, l'aust&#233;rit&#233; exprime plut&#244;t le pouvoir du secteur financier &#224; discipliner les gouvernements par l'interm&#233;diaire des march&#233;s obligataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques des classes dirigeantes voient dans la crise une occasion de d&#233;ployer la doctrine de choc. En manipulant la dislocation sociale caus&#233;e par la crise, ils tentent d'obtenir le soutien populaire &#224; leurs attaques contre les programmes sociaux, les syndicats et la s&#233;curit&#233; d'emploi. Dans ce contexte, les gouvernements s'engagent dans une sorte d'aust&#233;rit&#233; comp&#233;titive selon laquelle les coupes massives dans les programmes sociaux et les privatisations sont d&#233;ploy&#233;es non seulement pour affaiblir les syndicats et r&#233;duire les imp&#244;ts des entreprises, mais surtout pour attirer les investissements internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette offensive contre les salari&#233;Es ne vient pas seulement des partis conservateurs m&#234;me si la droite en g&#233;n&#233;ral approfondit les attaques en question. Lorsqu'ils sont au pouvoir, les partis traditionnels de la social-d&#233;mocratie (ou nationaliste bourgeois comme le PQ) adoptent des politiques d'aust&#233;rit&#233; comme seule et unique voie de sortie de la crise... Hier, cela &#233;tait le cas de Papandr&#233;ou en Gr&#232;ce, aujourd'hui, c'est le cas de Hollande en France. M&#234;me quand, ils sont dans l'opposition les partis sociaux-d&#233;mocrates prennent leurs distances face aux mobilisations, ou essaient de les chevaucher tout en ne reprenant pas r&#233;ellement leurs revendications. Le cas du Parti qu&#233;b&#233;cois face au printemps qu&#233;b&#233;cois a &#233;t&#233; exemplaire &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase n&#233;olib&#233;rale du capitalisme a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des atteintes graves aux &#233;cosyst&#232;mes (changements climatiques, pollution chimique, d&#233;clin rapide de la biodiversit&#233;, d&#233;gradation des sols, destruction de la for&#234;t tropicale, etc.). Ces ph&#233;nom&#232;nes constituent une dimension de la crise syst&#233;mique globale. Ensemble, elles expriment l'incompatibilit&#233; entre le capitalisme et le respect des limites naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise de 2008, il n'y a pas eu un tournant pro-environnemental. Au contraire, les accords de Kyoto se sont effondr&#233;s. Les conf&#233;rences de Copenhague et de Rio+20 ont d&#233;bouch&#233; sur des &#233;checs retentissants. Les gouvernements occidentaux ont r&#233;ussi &#224; &#233;carter toute d&#233;marche qui les auraient forcer en s'engager &#224; des cibles chiffr&#233;es en ce qui a trait &#224; la diminution d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre. Les lobbys des &#233;nergies fossiles sont plus actifs que jamais. Et leurs initiatives pour exploiter des sources d'&#233;nergies fossiles de plus en plus dangereuses (sables bitumineux, gaz et p&#233;trole de schiste, charbon) ne sont par limit&#233;es, mais encourag&#233;es par les gouvernements. On ne peut, sous peine d'impuissance, feindre d'ignorer que le monde des affaires s'oppose avec succ&#232;s &#224; toute r&#233;gulation environnementale drastique, m&#234;me dans les cas o&#249; la n&#233;cessit&#233; de celle-ci est le moins contest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;ants de l'alimentation sont parvenus &#224; chasser des millions de paysanNEs de leurs terres et &#224; d&#233;velopper une agriculture d'exportation au m&#233;pris d'une agriculture de subsistance. Les multinationales de l'&#233;nergie transforment des terres arables en terre servant &#224; la production de biocarburants. Si on combine l'ensemble des ces facteurs structurants &#224; la sp&#233;culation sur les denr&#233;es qui atteignent des sommets sans pr&#233;c&#233;dent qui provoquent la hausse des co&#251;ts des c&#233;r&#233;ales par exemple, nous avons l&#224; les fondements de la multiplication des crises alimentaires qui d&#233;bouchent sur des situations de famines dans le tiers monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise &#233;conomique durable, unanimit&#233; des classes dominantes derri&#232;re des politiques d'aust&#233;rit&#233;, offensive non seulement pour renforcer l'exploitation des classes domin&#233;es, mais &#233;galement pour restreindre les droits d&#233;mocratiques des masses, approfondissement de la crise environnementale d&#233;bouchant sur les conditions de survie de la plan&#232;te, nous entrons dans une p&#233;riode o&#249; les affrontements de classe vont &#234;tre d&#233;terminants de l'avenir de l'humanit&#233; et de la plan&#232;te, c'est dans ce contexte que s'inscrit notre action politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mondialisation, le m&#233;pris et la violence, les femmes sont devenues une denr&#233;e plan&#233;taire. Bien que pr&#233;sentes avant la mise en place du capitalisme, ces situations se sont perp&#233;tu&#233;es tout au long de son d&#233;veloppement, mais avec la mondialisation, cette situation a pris des proportions astronomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance d'internet dans la plan&#233;tarisation de la prostitution est cruciale. Les images voyagent rapidement. Tout le monde voit tout. Le corps des femmes est compl&#232;tement d&#233;voil&#233;, humili&#233;, battu et mutil&#233;. Les normes de tol&#233;rance dans les m&#233;dias et dans les publicit&#233;s se moulent aux volont&#233;s des capitalistes de vouloir faire des profits sur le dos des femmes. L'hypersexualisation des petites filles se situe dans ce contexte. Il faut comprendre l'impact de la violence sur les femmes pour d&#233;noncer les liens entre capitalisme et patriarcat. Le corps des femmes sert de d&#233;fouloir &#224; l'agressivit&#233; des hommes. C'est socialement tol&#233;r&#233; et maintenant avec internet, c'est socialement diffus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2 La r&#233;sistance mondiale au n&#233;olib&#233;ralisme : forces et nouveaut&#233;s apr&#232;s 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise et les politiques d'aust&#233;rit&#233; mises de l'avant par la bourgeoisie a conduit &#224; l'&#233;mergence de larges mobilisations partout dans le monde. Une r&#233;sistance populaire se dresse contre les politiques d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Nord, c'est le printemps arabe. En Tunisie, en &#201;gypte le peuple occupe la rue et les places publiques o&#249; il doit affronter la r&#233;pression. Les morts se comptent par centaines en Tunisie et en &#201;gypte. Mais la force de la mobilisation est telle que le dictateur tunisien Ben Ali est chass&#233; du pouvoir. Quelques semaines plus tard, c'est Moubarak, le dictateur &#233;gyptien qui doit quitter le pouvoir. Dans diff&#233;rents pays du Proche-Orient, les peuples se mobilisent contre les dictatures en place. La lutte des peuples d'Afrique du Nord et du Proche-Orient est enclench&#233;e. Elle est loin d'&#234;tre termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e 2011, le mouvement de r&#233;sistance &#224; l'offensive d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale, fait irruption au Portugal, et en Espagne. Le mouvement des Indign&#233;s, comme les masses arabes occupent les places publiques. L'&#233;largissement de la r&#233;sistance continue et s'amplifie. Les pays de la p&#233;riph&#233;rie de l'Europe : Islande, Irlande, Gr&#232;ce, Espagne sont les premiers touch&#233;s. En Gr&#232;ce, la r&#233;sistance est particuli&#232;rement importante. Les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales succ&#232;dent aux manifestations massives et aux affrontements avec les forces de r&#233;pression. Le 15 octobre 2011, 500 000 manifestantEs d&#233;filent dans les rues de 80 pays dans un vaste mouvement mondial qui protestent contre la gestion de la crise &#233;conomique faite par les gouvernements qui se portent au secours des institutions priv&#233;es qui connaissent une v&#233;ritable d&#233;b&#226;cle. Durant l'ann&#233;e 2012, les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales se sont multipli&#233;es en Gr&#232;ce, en Espagne, au Portugal, en Irlande et en Islande. Des mobilisations massives se sont produites en France et en Grande-Bretagne. En Chine, des luttes syndicales se d&#233;veloppent contre la surexploitation des travailleurs et des travailleuses...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes se sont aussi beaucoup mobilis&#233;es dans les pays en d&#233;veloppement sur diff&#233;rentes th&#233;matiques que ce soit durant le printemps arabe ou encore contre les exploitations des mini&#232;res en Am&#233;rique latine. Elles ont aussi dans bien des pays port&#233;es &#224; bout de bras la lutte contre l'avortement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des luttes ouvri&#232;res importantes se sont &#233;galement d&#233;velopp&#233;es aux &#201;tats-Unis (Wisconsin) et ont d&#233;bouch&#233; parfois sur des occupations d'entreprises et d'un parlement. Il y a eu des occupations similaires en Irlande, en &#201;cosse, en Angleterre. En France, il y aussi eu des s&#233;questrations de patrons. Il y a eu d'&#233;normes mobilisations de masse dans les rues fran&#231;aises. On a assist&#233; &#224; une dizaine de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2011, le mouvement des indign&#233;s touche les &#201;tats-Unis, le Canada et le Qu&#233;bec. C'est le mouvement Occupy. On trouve dans tous ces mouvements une s&#233;rie de points communs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au niveau des moyens d'action : occupations des places publiques, multiplications des manifestations de rue pour se regrouper et compter ses forces et faire la d&#233;monstration de sa puissance face au pouvoir compl&#232;tement sourd aux besoins et aux revendications de la majorit&#233; des citoyens et citoyennes ; compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;passer le l&#233;galisme et de poser des gestes collectifs de d&#233;sob&#233;issance civique comme acte de r&#233;sistance face &#224; un pouvoir autiste qui n'h&#233;site pas &#232;a utiliser la r&#233;pression pour emp&#234;cher les rassemblements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au niveau de leur fonctionnement : ces mouvements sont caract&#233;ris&#233;s par une forte exigence de la d&#233;mocratie qui est au coeur m&#234;me des mouvements ; importance accord&#233;e aux r&#233;seaux sociaux pour favoriser la mobilisation, la communication et les d&#233;bats ; importance d'une d&#233;mocratie participative et assembl&#233;iste dans l'organisation m&#234;me du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au niveau de sa compr&#233;hension des enjeux et des cibles : affirmation d'une conscience de classe r&#233;elle, mais embryonnaire par un mouvement qui proclame d&#233;fendre la vaste majorit&#233; de la population, les 99%, contre les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie, le 1%. Si dans les pays d'Afrique du Nord, les cibles &#233;taient d'abord les r&#233;gimes dictatoriaux, dans les pays occidentaux, les cibles sont les banquiers et les gouvernements. Cette compr&#233;hension donne au mouvement des Indign&#233;s un pouvoir de convergences dans le refus de payer la crise provoqu&#233;e par les tr&#232;s riches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la jeunesse &#233;tudiante s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; travers le monde : Chili, Mexique, Qu&#233;bec... Leurs actions ont contribu&#233; &#224; transformer le terrain politique. Les r&#233;bellions de jeunes sont souvent audacieuses et offensives, mais elles ne paralysent pas la machine capitaliste. La jonction avec le mouvement syndical est le plus souvent bloqu&#233;e par la bureaucratie syndicale qui domine le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces actions d'envergure ne sont pas parvenues &#224; bloquer ni les attaques contre l'&#201;tat providence ni &#224; bloquer le raz de mar&#233;e des fermetures d'usines et des licenciements qui mettent &#224; la rue des millions de travailleurs et de travailleuses, m&#234;me s'ils parviennent &#224; marquer des gains au niveau local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie est pr&#234;te &#224; utiliser une strat&#233;gie de choc et elle est pr&#234;te &#224; faire face &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales d'une journ&#233;e sans broncher et &#224; les affronter avec ses forces de r&#233;pression. Elle sait qu'elle peut y survivre. De telles mobilisations, en elle-m&#234;me, ne la feront pas reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut comprendre que durant la phase n&#233;olib&#233;rale du capitalisme le mouvement syndical a connu d'importants reculs en mati&#232;re du niveau de syndicalisation, des droits syndicaux et de fortes r&#233;ductions des activit&#233;s de gr&#232;ves. La main-d'oeuvre a connu une importante pr&#233;carisation, ce qui a affaibli davantage le mouvement syndical. Cette p&#233;riode a favoris&#233; l'&#233;loignement de la bureaucratie syndicale de ces bases. Dans certains pays, au Qu&#233;bec tout particuli&#232;rement, la mobilisation d'un capital financier et sp&#233;culatif par une fraction importante, sinon majeure de la bureaucratie syndicale a renforc&#233; davantage cet &#233;loignement des bases et un certain rapprochement avec le capital financier. Cette situation constitue un blocage sur une mobilisation d'ensemble contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; de la bourgeoisie et rendra quasi impossible une v&#233;ritable jonction avec les autres mouvements sociaux tant que cet obstacle n'aura pas &#233;t&#233; surmont&#233; par la gauche syndicale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans l'ensemble la r&#233;sistance n'est pas parvenue &#224; bloquer l'offensive bourgeoise, il y a des cas o&#249; les luttes ont &#233;t&#233; victorieuses et les r&#233;sultats spectaculaires. Il est important d'examiner ces cas, car ils nous indiquent les voies &#224; suivre. Un exemple. En Guadeloupe et Martinique au d&#233;but 2009, un mouvement social de masse r&#233;unissant des syndicats radicaux, des jeunes r&#233;volt&#233;s de m&#234;me que des groupes f&#233;ministes et de ch&#244;meurs et ch&#244;meuses a pris la forme d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui, en Guadeloupe a dur&#233; quarante et un jour, et plus de trente jours pour celle en Martinique. Pour &#234;tre couronn&#233;es de succ&#232;s, ces luttes ont pris la forme de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es accompagn&#233;es d'actions insurrectionnelles dans les rues, incluant l'&#233;rection de barricades, des occupations d'usines, la mise sur pied de comit&#233;s de quartiers, etc. Bref, le d&#233;veloppement de formes embryonnaires de dualit&#233; du pouvoir, qui commencent &#224; remettre en question le contr&#244;le que le capital exerce sur la vie quotidienne. Pour vaincre, le mouvement social doit &#234;tre massif (combinant diff&#233;rents mouvements sociaux) et &#234;tre tr&#232;s d&#233;termin&#233; s'il compte faire d&#233;railler le programme d'aust&#233;rit&#233;. Non seulement les mouvements syndicaux doivent &#234;tre pr&#234;ts &#224; d&#233;clencher des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es et des confrontations de masse avec l'&#201;tat, mais ils doivent fonctionner &#233;galement en tant que tribunes des opprim&#233;Es luttant &#224; partir d'un programme qui place les besoins des couches populaires les plus pauvres au premier plan. Cela indique l'ampleur de la t&#226;che de r&#233;novation qui est devant la gauche sociale et politique pour pouvoir faire face aux politiques d'aust&#233;rit&#233; de fa&#231;on victorieuse. Pour que la r&#233;sistance d&#233;fensive puisse se muter en victoire, il sera n&#233;cessaire que les revendications &#233;conomiques fusionnent avec la lutte pour la d&#233;mocratie et d&#233;bouchent sur un soul&#232;vement populaire reposant sur de robustes r&#233;seaux &#224; la base (syndicats ind&#233;pendants de la bourgeoisie, mouvements sociaux, associations &#233;tudiantes combatives et d&#233;mocratiques ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le printemps &#233;rable par sa dur&#233;e et sa massivit&#233;, a aussi permis de remettre en question toute la logique des politiques d'aust&#233;rit&#233;. Mais l'impossibilit&#233; d'une jonction avec le mouvement syndical a &#233;t&#233; l'&#233;cueil qui l'a emp&#234;ch&#233; de donner son plein potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moments de crise peuvent donc &#234;tre des mouvements o&#249; le capital se r&#233;invente pour d&#233;velopper une nouvelle strat&#233;gie d'accumulation, mais ce sont aussi des moments au cours desquels les formes et les strat&#233;gies de luttes se r&#233;inventent. Il n'existe bien s&#251;r aucune garantie. Une telle r&#233;invention ne peut qu'&#234;tre le r&#233;sultat d'un dur travail de militantEs de la gauche sociale et politique s'organisant &#224; la base des mouvements..1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'un parti politique de gauche s'inscrit dans une nouvelle phase du n&#233;olib&#233;ralisme marqu&#233;e par une crise majeure qui risque de s'&#233;tendre sur des ann&#233;es, p&#233;riode durant laquelle les bourgeoisies m&#232;neront de fa&#231;on syst&#233;matique une politique d'aust&#233;rit&#233; o&#249; elles viseront &#224; red&#233;finir radicalement les rapports de force entre classes pour imposer ses solutions tant sur le plan &#233;conomique qu'environnemental. Cette p&#233;riode implique des modifications dans l'articulation et les formes de luttes, les modalit&#233;s des rapports entre mouvements sociaux, des rapports entre partis et mouvements. Il faut prendre clairement en compte ces questions pour d&#233;finir le type de parti que nous aspirons &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;II. Qu&#233;bec solidaire, sa r&#233;alit&#233; et ses dynamiques possibles d'&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de Qu&#233;bec solidaire a &#233;t&#233; port&#233;e par une premi&#232;re vague de radicalisation li&#233;e au d&#233;veloppement de l'altermondialisme. Le mouvement pour ce parti a &#233;t&#233; impuls&#233; par la gauche politique classiste qui voulait sortir de sa marginalit&#233; et par une partie du mouvement f&#233;ministe et populaire qui voulait occuper le terrain &#233;lectoral face aux d&#233;boires v&#233;cus face au PQ. Pour favoriser le rassemblement de la gauche social et politique, il fallait &#233;carter ce qui la divisait et tenter de fonder un parti sur de nouvelles bases et sur de nouvelles r&#233;ponses &#224; des questionnements plus anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui reste le moins clair et le plus refoul&#233; dans Qu&#233;bec solidaire, cette la place et l'importance de la propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production et d'&#233;change (ou du moins des principaux moyens de production) comme une des bases incontournable pour l'instauration d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie &#233;conomique et politique et pour pouvoir prendre en main, v&#233;ritablement la construction d'une soci&#233;t&#233; v&#233;ritable &#233;cologique. C'est donc ce clivage essentiel entre l'am&#233;nagement social du capitalisme et la rupture socialiste et &#233;cologique avec le syst&#232;me capitaliste qui reste le clivage peu ou pas discut&#233;... et qui, dans la p&#233;riode qui vient, va n&#233;cessairement &#234;tre r&#233;activit&#233; par l'ampleur des luttes et des affrontements qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. 1. Notori&#233;t&#233; et occupation par Qu&#233;bec solidaire d'une place &#224; gauche dans le champ politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation, Qu&#233;bec solidaire s'est impos&#233; dans le champ de la politique institutionnelle qu&#233;b&#233;coise. C'est maintenant un parti reconnu, petit, mais l&#233;gitime, clairement camp&#233; &#224; gauche de ce champ. Il a &#233;galement r&#233;ussi &#224; d&#233;finir un profil d'un parti clairement souverainiste, m&#234;me si le PQ et Option nationale tentent de lui d&#233;nier ce statut. Ce profil clairement ind&#233;pendantiste a d'ailleurs amen&#233; le chef du NPD-Canada, Thomas Mulcair, &#224; envisager le lancement d'une aile f&#233;d&#233;raliste du NPD sur la sc&#232;ne provinciale au Qu&#233;bec, projet sans doute remis &#224; plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son mode d'apparition publique sous la forme d'un double porte-parole homme et femme, par le fait d'&#234;tre parvenu &#224; assurer la parit&#233; du nombre des candidatures des hommes et des femmes &#224; chacune des &#233;lections provinciales, par l'organisation de ses d&#233;bats faisant place &#224; l'alternance (homme/femme) des tours de parole, par les prises de position f&#233;ministes tr&#232;s claires sur l'avortement, la violence faite aux femmes, l'&#233;quit&#233; salariale..., Qu&#233;bec solidaire est per&#231;u clairement comme un parti f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire a &#233;galement pu appara&#238;tre comme un parti nettement &#233;cologiste et les mouvements &#233;cologiques ont explicitement reconnu le caract&#232;re &#233;cologiste de son programme lors des derni&#232;res &#233;lections. Il reste que la d&#233;marcation d'avec le capitalisme vert reste encore approximative et cette rupture n'est pas encore dans le questionnement de ces militantEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire a connu une progression constante au niveau du recrutement de ces membres. Durant les derniers mois, la confirmation de sa notori&#233;t&#233; a eu comme cons&#233;quence l'acc&#233;l&#233;ration de son recrutement. Le nombre de ses membres est pass&#233; &#224; 13 000 membres dans les derniers mois, et on a constat&#233; que cela s'est traduit dans la derni&#232;re campagne &#233;lectorale par la constitution d'&#233;quipes de campagnes &#233;lectorales beaucoup plus substantielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2 D&#233;bats programmatiques, formes, avanc&#233;es et inach&#232;vement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire est le produit d'une fusion d'organisations regroupant des militantEs partageant des orientations relativement h&#233;t&#233;rog&#232;nes. La meilleure illustration de ce fait est que la d&#233;claration de principes de Qu&#233;bec solidaire est un texte portant sur les valeurs devant guider l'action du Parti. Qu&#233;bec solidaire ne se d&#233;finissait pas &#224; son origine &#224; l'encontre du capitalisme. Le projet de soci&#233;t&#233; se contentait de se vouloir d&#233;mocratique, de gauche et solidaire, internationaliste et f&#233;ministe. L'&#233;conomie devait &#234;tre au service des personnes et des collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour maintenir l'unit&#233; de Qu&#233;bec solidaire, rien n'illustre plus l'expression de parti processus que le mode de construction de son programme. Commenc&#233; en 2006, en 2012, il reste sans doute des ann&#233;es de travail, pour faire le tour des questions devant &#234;tre abord&#233;es. En fait, le processus de d&#233;finition programmatique visait &#224; impliquer les membres dans ce travail afin d'op&#233;rer une homog&#233;n&#233;isation du parti sur toute une s&#233;rie de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme devait essentiellement se d&#233;finir autour de propositions &#224; mettre de l'avant dans une logique de transformation sociale r&#233;pondant aux valeurs de la d&#233;claration de principes. Tant et si bien qu'apr&#232;s des ann&#233;es, on a tranch&#233; sur une s&#233;rie de questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; IND&#201;PENDANCE ET MOD&#200;LE D'INT&#201;GRATION (enjeu 1) : ind&#233;pendance/souverainet&#233;, assembl&#233;e constituante, la&#239;cit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;CONOMIE ET ENVIRONNEMENT (enjeu 2) : nationalisations de certaines ressources naturelles, cr&#233;ation d'une banque d'investissement, redistribution de la richesse, r&#233;gime d'imposition plus progressiste, hausse du salaire minimum, revenu minimum garanti, d&#233;fense des droits syndicaux. Un Qu&#233;bec vert : passage aux &#233;nergies renouvelables, d&#233;veloppements de transports publics non polluants, Plan &#233;cologique pour d&#233;velopper l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#201;FENSE DES SERVICES PUBLICS (enjeu3) : d&#233;fense des services publics et opposition claire &#224; toute privatisation et d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation et de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'enjeu 4 se pr&#233;pare (FEMMES ET &#201;GALIT&#201; DE GENRE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition du programme adopt&#233;e &#233;tait la suivante : Un programme trace :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une analyse des probl&#233;matiques qui traversent la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons que ce soit aux niveaux local, national ou international ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; partir de cette derni&#232;re, il pr&#233;sente les orientations et les propositions que nous faisons &#224; la population qui permettrait de r&#233;soudre ces probl&#233;matiques dans une perspective de transformation sociale ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les strat&#233;gies qui vont permettre de parvenir &#224; r&#233;aliser notre projet de soci&#233;t&#233;. Ce qui signifie qu'il identifie les forces sociales qui peuvent se saisir de ses propositions et les initiatives qu'elles peuvent prendre pour r&#233;sister imm&#233;diatement afin de concr&#233;tiser des perspectives en termes de d&#233;bouch&#233; politique, c'est-&#224;-dire la politique d'un gouvernement de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les analyses de la situation n'ont pas r&#233;ellement &#233;t&#233; discut&#233;es pour adoption ; pas plus que les strat&#233;gies... qui ont &#233;t&#233; exclues de toute discussion. C'est ce qui fait que les notions de capitalisme et de crises du capitalisme sont somme toute absentes des textes. S'il y a reconnaissance de l'importance des mouvements sociaux, la seule strat&#233;gie reste une strat&#233;gie &#233;lectorale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela conduit &#224; un contenu programmatique, qui sur toute une s&#233;rie de questions, pr&#233;sente des propositions int&#233;ressantes, mais sans que les obstacles dress&#233;s par les classes dominantes &#224; leurs r&#233;alisations ne soient identifi&#233;s, ni bien s&#251;r le niveau de mobilisation qui serait n&#233;cessaire pour imposer ces propositions aux int&#233;r&#234;ts dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche va avoir des cons&#233;quences &#224; une s&#233;rie de niveaux. En fait, en campagne &#233;lectorale, le cadre budg&#233;taire va faire abstraction de la crise mondiale et de ses impacts sur l'avenir de l'&#233;conomie du Qu&#233;bec. Le plan vert n'identifiera pas la volont&#233; de secteurs majeurs de la bourgeoisie de s'orienter vers l'exploitation d'&#233;nergies fossiles et des exportations vers les &#201;tats-Unis de ces &#233;nergies. Le cadre budg&#233;taire va pr&#233;voir la cr&#233;ation de 167 000 emplois dans les quatre ans sans souffler mot de la crise &#233;conomique mondiale qui se prolonge et s'aggrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on a &#233;cart&#233; d'embl&#233;e de situer le programme par rapport aux grands courants qui ont travers&#233; le mouvement ouvrier et particuli&#232;rement le socialisme, l'anticapitalisme, le communisme. On a donc &#233;cart&#233; l'id&#233;e de poser la question de l'anticapitalisme et de l'alternative &#233;cosocialiste au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3. La strat&#233;gie &#233;lectorale et travail parlementaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; impliqu&#233; dans trois &#233;lections qu&#233;b&#233;coises (2007, 2008, 2012) et il risque d'&#234;tre replong&#233; dans une prochaine campagne &#233;lectorale dans les mois qui viennent. Qu&#233;bec solidaire a d'ailleurs connu une croissance continue de sa base &#233;lectorale. Passant de 3 &#224; 6% en quelques ann&#233;es. La progression a &#233;t&#233; particuli&#232;rement significative dans l'est de Montr&#233;al (2 &#233;luEs, et des comt&#233;s entre 15 et 25 % des voix), le nombre de comt&#233;s qui a d&#233;pass&#233; les 5% des voix en province se compte maintenant par dizaines. Si l'avanc&#233;e n'est pas toujours &#224; la hauteur des esp&#233;rances des militantes et militans press&#233;s, il n'est reste pas moins que cette progression nourrit les espoirs d'une avanc&#233;e continue et acc&#233;l&#233;r&#233;e, bas&#233;e essentiellement sur le d&#233;vouement et le militantisme, le d&#233;veloppement des expertises et des strat&#233;gies de communication. Si la pratique concr&#232;te d&#233;termine de ce que l'on devient, il est clair que le d&#233;veloppement du parti peut &#234;tre con&#231;u selon le profil esquiss&#233; par cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accession &#224; l'Assembl&#233;e nationale et le travail effectu&#233; &#224; ce niveau par son premier d&#233;put&#233; &#233;lu ont d&#233;montr&#233; la coh&#233;rence de sa d&#233;marche. L'&#233;lection de sa deuxi&#232;me porte-parole, va assurer une pr&#233;sence parlementaire et m&#233;diatique au parti, qui va l'incruster dans le paysage politique et ce qui va permettre de renforcer encore une fois sa notori&#233;t&#233;. La pr&#233;sence de Fran&#231;oise David au dernier d&#233;bat des chefs a d'ailleurs &#233;t&#233; exemplaire &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie et son &#233;volution en social lib&#233;ralisme nous indique les probl&#232;mes qui sont devant nous : comment assurer l'ind&#233;pendance des &#233;luEs face aux pressions des institutions parlementaires et de leur logique ? Comment emp&#234;cher que le parti ne se scinde pas en un parti militant et un parti de repr&#233;sentant-e-s, o&#249; le pouvoir se concentre dans les mains de ceux et celles qui sont plus proches du pouvoir ? Comment contribuer &#224; emp&#234;cher que notre repr&#233;sentation soit plut&#244;t masculine, ou qu'en soit exclut les travailleuses et les travailleurs et les employ&#233;Es de notre d&#233;putation. On sait qu'aujourd'hui ces classes sociales sont en pratique exclues de la repr&#233;sentation parlementaire ? De quelle autonomie l'&#233;quipe parlementaire devrait-elle disposer par rapport aux d&#233;cisions des diff&#233;rentes instances du parti ? Sans des r&#233;ponses claires et collectives &#224; ces questions... ce sont les rapports sociaux quotidiens qui vont d&#233;terminer notre fonctionnement politique de notre parti et non des d&#233;cisions conscientes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. 4. Rapports avec les mouvements sociaux et l'absence de d&#233;veloppement d'une logique de classe &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire s'est aussi caract&#233;ris&#233; par un appui cons&#233;quent aux luttes des diff&#233;rents mouvements sociaux (mouvement syndical, mouvement f&#233;ministe, mouvement &#233;tudiant, mouvements environnementaux) et cet appui s'est souvent caract&#233;ris&#233; par la pr&#233;sence active et militante des membres de Qu&#233;bec solidaire dans ces mouvements, sans parler de la pr&#233;sence assidue des porte-parole. Mais, en dehors des organisations de campus et des comit&#233;s femmes qui existent dans un nombre restreint des r&#233;gions, la seule structure fondamentale d'organisation des militantEs et membres du parti reste l'association de circonscription. Il n'y a pas de structures militantes li&#233;es aux mouvements sociaux, en dehors des exceptions mentionn&#233;es, inscrites par le mode de fonctionnement pr&#233;vu par le parti. Cela n'est que tr&#232;s partiellement contourn&#233;-e-s par l'organisation d'un collectif intersyndical (jusqu'ici non officiellement reconnu d'ailleurs). Le rapport avec le mouvement syndical et ses directions n'a pas fait l'objet de discussion collective tout comme une r&#233;flexion g&#233;n&#233;rale des rapports avec les diff&#233;rents mouvements sociaux. Un conception d&#8221;une division du travail entre mouvement social et action du parti politique reproduit une conception qui l aisse les militantEs de Qu&#233;bec solidaire &#224; eux m&#234;me sans coordination dans leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. 5. Politiques d'alliance, une d&#233;marche empirique et peu ma&#238;tris&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des politiques d'alliance, le seul d&#233;bat collectif (de congr&#232;s) a rejet&#233; toute alliance (m&#234;me tactique) avec les autres partis politiques. L'entente sur le retrait mutuel de ses candidatures, dans les comt&#233;s respectifs de Fran&#231;oise David et Jean-Marie Aussant, a &#233;t&#233; la seule alliance concr&#232;te &#224; ce niveau. Tous les rapports au NPD Canada et au Parti qu&#233;b&#233;cois ont &#233;t&#233; beaucoup plus probl&#233;matiques, sans qu'ils aient donn&#233; lieu d'ailleurs &#224; une quelconque discussion collective dans les instances d&#233;mocratiques du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre de la direction de Qu&#233;bec solidaire aux derni&#232;res &#233;lections f&#233;d&#233;rales, n'&#233;tait pas malgr&#233; ce qu'a pr&#233;tendu les p&#233;quistes et autres bloquistes un appel au vote NPD de Jack Layton. Le mot d'ordre &#233;tait de voter pour battre Harper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Amir Khadir n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; rendre publique, comme proposition personnelle, la n&#233;cessit&#233; d'alliance tactique au niveau du partage des comt&#233;s avec le Parti qu&#233;b&#233;cois. Une telle proposition a eu un impact certain sur certaines vedettes du Parti qu&#233;b&#233;cois. Mais les d&#233;put&#233;-e-s du PQ se disant int&#233;ress&#233;s, non pas fait de propositions concr&#232;tes. Le SPQ Libre a profit&#233; de cette ouverture pour faire des propositions qui auraient eu comme cons&#233;quence d'amener QS a reconna&#238;tre l'h&#233;g&#233;monie du PQ sur la lutte &#224; la souverainet&#233; et &#224; lui laisser l'essentiel du terrain. Mais la direction Marois a toujours rejet&#233; toute perspective &#224; cet &#233;gard. Elle a au contraire lanc&#233; une campagne sur le vote strat&#233;gique qui visait &#224; d&#233;montrer que Qu&#233;bec solidaire n'&#233;tait qu'une force de nuisance pour le PQ et un alli&#233; objectif du PLQ. ON a d'ailleurs subi, un traitement similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports de Qu&#233;bec solidaire au PQ restent donc probl&#233;matiques. Faut-il reprendre pour les prochaines &#233;lections la perspective des alliances tactiques avec le Parti qu&#233;b&#233;cois ? Faut-il envisager des perspectives strat&#233;giques entre partis souverainistes ? Faut-il que Qu&#233;bec solidaire, comme l'ont d&#233;clar&#233; Fran&#231;oise David et Amir Khadir dans une entrevue, cherche &#224; tirer le PQ vers le centre gauche ? Faut-il maintenir le mot d'ordre des derni&#232;res &#233;lections f&#233;d&#233;rales, voter pour battre les conservateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.6. Les forces et les limites de la d&#233;mocratie interne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses &#233;lections &#224; tous les niveaux des instances d&#233;cisionnelles, par la tenue d'instances r&#233;guli&#232;res avec d&#233;l&#233;gations le plus souvent &#233;lues, par la tenue de nombreux congr&#232;s sur le programme, par la d&#233;finition des plates-formes &#233;lectorales dans le cadre de congr&#232;s, par la pr&#233;occupation de la parit&#233; homme-femme &#224; toutes les instances, par l'acceptation de la cr&#233;ation de collectif ayant le loisir de pr&#233;senter leurs positions, m&#234;me s'ils n'ont pas le droit de d&#233;l&#233;gation, par le fait que les porte-parole se sentent, en g&#233;n&#233;ral, li&#233;s par les prises de position des membres dans diff&#233;rentes instances... on peut dire que Qu&#233;bec solidaire a adopt&#233; un mode de fonctionnement d&#233;mocratique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que la composition de la direction ne refl&#232;te par d'embl&#233;e la proportion des diff&#233;rentes sensibilit&#233;s politiques qui s'expriment dans les d&#233;bats. Il n'existe de pas de droit de tendance, ni de repr&#233;sentation proportionnelle des tendances dans les &#233;lections &#224; des postes. Le fait qu'il n'y a pas de reconnaissance d'un quelconque droit de tendance et le fait que les orientations alternatives ne se sont pas n&#233;cessairement visibles montrent les limites de la d&#233;mocratie dans les d&#233;bats. La direction ne refl&#232;te pas n&#233;cessairement un &#233;ventail proportionnel des positions pouvant s'&#234;tre exprim&#233;es dans le parti.... Ceci peut faciliter la personnalisation de la prise des responsabilit&#233;s au sein du parti. Mais ceci n'a jamais voulu dire jusqu'ici une direction homog&#232;ne politiquement, et agissant comme tel au sein du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de parti processus exprimait le caract&#232;re inachev&#233; du parti, de son programme, de ses orientations. Elle manifestait &#233;galement, la volont&#233; de prot&#233;ger l'unit&#233; du parti, un acquis qui porte encore de nombreux fruits en terme d'audience et de cr&#233;dibilit&#233;. Mais tout cela a conduit &#224; reporter &#224; plus tard d'&#233;ventuelles clarifications du projet politique d'ensemble du parti... Et cela n'a pas &#233;t&#233; sans affecter la clart&#233; et la productivit&#233; des d&#233;bats. Les frustrations v&#233;cues sur des d&#233;bats centr&#233;s sur des libell&#233;s au lieu que de porter sur des questions de fonds, ne rel&#232;vent pas seulement des erreurs d'organisation du d&#233;bat. Elles refl&#232;tent la volont&#233; d'&#233;viter des discussions qui ne permettraient pas de d&#233;boucher sur des consensus. Et cela a eu un effet important de d&#233;politisation des d&#233;bats. Cette situation doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.7 . La gauche anticapitaliste dans Qu&#233;bec solidaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche qui se dit explicitement anticapitaliste dans Qu&#233;bec solidaire recouvre un spectre qui va de collectifs marxistes r&#233;volutionnaires (GS, IS, AS) &#224; des individus sans organisation dont l'anticapitalisme est plus ou moins d&#233;fini en passant par des collectifs &#233;cologistes plus radicaux, des intellectuel-le-s universitaires organis&#233;es ou non dans des centres de recherche. D'ailleurs, l'autod&#233;finition comme anticapitaliste n'a pas comme cons&#233;quence une strat&#233;gie de rupture anticapitaliste et une politique d'autonomie de classe et une tactique de construction impliquant des rapports d&#233;finis avec les mouvements sociaux. L'anticapitalisme id&#233;ologique (identitaire) se clive en un grand nombre d'attitudes tactiques en ce qui concerne les d&#233;bats &#224; mener, les positions &#224; d&#233;fendre et les moments de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unitarisme a &#233;t&#233; essentiel au regroupement et &#224; la cr&#233;ation de Qu&#233;bec solidaire. Cet unitarisme a permis de rassembler la majorit&#233; de la gauche politique et sociale qui trouvait n&#233;cessaire de se d&#233;marquer du Parti qu&#233;b&#233;cois et de critiquer ses politiques. Mais si cet unitarisme se contente d'un discours consensuel, il risque d'&#234;tre de plus en plus g&#233;n&#233;ral, et incapable d'identifier clairement les forces qui s'opposent &#224; ses propositions, faisant en fait dispara&#238;tre toute une s&#233;rie de lignes de d&#233;marcation et restera incapable de tracer des perspectives claires face aux offensives de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la d&#233;finition des enjeux principaux, sur les combats qu'il faut mener, sur le rythme des r&#233;sultats attendus, sur les m&#233;thodes qu'il faut employer, la gauche anticapitaliste ne constitue pas actuellement une force unifi&#233;e politique et capable d'initiatives sans que tout un travail d'autoconstruction soit fait. Ce travail d'autoconstruction ne doit pas &#234;tre ax&#233; sur ses dimensions id&#233;ologiques (le socialisme que nous voulons) mais principalement sur ces dimensions strat&#233;giques (les combats politiques les plus essentiels &#224; mener, les modes de liaison aux mouvements sociaux, les regroupements &#224; favoriser (politiques d'alliances) et ceux &#224; &#233;viter, les formes de d&#233;mocratie &#224; mettre de l'avant dans le parti, la diversification des types de travail du parti : recrutement, formation, d'implantation dans les milieux sociaux, &#233;lectoral, parlementaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.8 Le d&#233;bat femmes : un d&#233;bat difficile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur le f&#233;minisme avec l'enjeu 4 risque d'&#234;tre un des plus difficiles de QS. Pas seulement au niveau id&#233;ologique autour de la conception de la famille ou de l'exploitation et de l'ali&#233;nation des femmes. Mais aussi parce que ce d&#233;bat va toucher l'&#233;motif de la domination des femmes sur les hommes. Les dimensions du patriarcat sont souterraines et surprenantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
QS regroupe un nombre surprenant de femmes travaillant dans les groupes de femmes et militant pour la cause des femmes. Mais QS est loin de porter un programme assimil&#233; sur le f&#233;minisme. L'image de Fran&#231;oise a servi de marque de commerce sur le f&#233;minisme. Et lors du d&#233;bat, elle a fait ressortir la dimension des femmes &#224; travers les infrastructures du Plan Nord. Nous avons aussi pour la deuxi&#232;me &#233;lection de suite obtenu la parit&#233; des candidatures. Mais la plate forme &#233;lectorale ne comprenait aucun point sp&#233;cifique sur la question des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, notre d&#233;bat s'amorce en m&#234;me temps que le mouvement des femmes tente de faire le point sur la situation des femmes. Les &#201;tats g&#233;n&#233;raux des femmes tentent de dresser un portrait et une plate forme pour les femmes. Plusieurs membres de QS font partie de ce remue-m&#233;ninge. QS se limitera-t-il &#224; la lutte pour l'&#233;galit&#233; et &#224; l'importance de la famille ? Ou serons-nous capables d'apporter une contribution au d&#233;bat sur la prostitution et la pornographie, les solidarit&#233;s avec les femmes du monde entier et la mondialisation, les diff&#233;rences sexuelles et les droits des LGBT ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : Dynamique de d&#233;veloppement de Qu&#233;bec solidaire, les possibles et le souhaitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la dynamique de d&#233;veloppement de Qu&#233;bec solidaire ? On peut avaliser compl&#232;tement le mode de construction de Qu&#233;bec solidaire jusqu'ici et n'y voir que son c&#244;t&#233; fort. Tirer un satisfecit g&#233;n&#233;ral, et ne voir toute sa dynamique, comme celle d'un m&#251;rissement politique de Qu&#233;bec solidaire et de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise en g&#233;n&#233;ral. C'est ce que semble sugg&#233;rer Pierre Beaudet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; QS depuis son av&#232;nement a r&#233;ussi &#224; coaliser une grande partie de ceux et celles qui veulent un changement. Juste cela est en soi un r&#233;sultat extraordinaire, qui laisse loin derri&#232;re ce que nous apport&#233; les petits partis de gauche qui ont essaim&#233; au Qu&#233;bec durant les 50 derni&#232;res ann&#233;es (ce n'est pas les d&#233;nigrer que de dire cela). Certains voudraient que QS soit plus &#171; r&#233;volutionnaire &#187; en d&#233;non&#231;ant le capitalisme et l'imp&#233;rialisme &#224; chaque &#233;nonc&#233; d'Amir ou de Fran&#231;oise. En r&#233;alit&#233;, QS construit une pens&#233;e critique qui commence &#224; prendre place dans la population et qui est une alternative assez bien organis&#233;e face aux politiques de pr&#233;dation n&#233;olib&#233;rales qui dominent. Vouloir aller plus vite tomberait dans le pi&#232;ge de celui qui tire la tige pour faire pousser la plante plus vite ! IL est normal en passant que bien des gens h&#233;sitent &#224; afficher une posture anticapitaliste et ou socialiste, sachant que plusieurs partis de gauche qui mettaient de l'avant de tels projets ont &#233;chou&#233; &#224; le faire. Les &#201;tats capitalistes et leurs syst&#232;mes d'oppression mis en place par le capitalisme ont &#233;t&#233; souvent remplac&#233;s par d'autres syst&#232;mes o&#249; la subjugation des peuples a &#233;t&#233; reconstitu&#233;e. Ce n'est pas d'&#234;tre cynique ni d&#233;faitiste de dire cela, mais il faut accepter le fait qu'il faudra du temps pour d&#233;velopper une perspective postcapitaliste convaincante... r&#233;sister et s'organiser implique de prendre position, de faire des propositions et d'en assumer les cons&#233;quences. &#187; (Presse-toi &#224; gauche !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons pour notre part que la gauche anticapitaliste et Qu&#233;bec solidaire peuvent &#234;tre affaiblis par l'exacerbation de ce qui fut sa force propulsive : une certaine forme d'unitarisme concr&#233;tis&#233; dans la notion de parti processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de parti processus qui se construit et &#233;volue au rythme des d&#233;fis qu'il rel&#232;ve a permis de d&#233;passer la culture de l'unit&#233; d&#233;marcation qui au nom de la recherche de la clart&#233; id&#233;ologique a favoris&#233; l'&#233;clatement rapide des regroupements militants et l'&#233;parpillement de la gauche radicale dans plusieurs petits groupes. L'exp&#233;rience des ann&#233;es 70 est exemplaire &#224; cet &#233;gard. Mais la notion de parti processus peut &#233;galement d&#233;boucher sur un gradualisme politique qui &#233;carte toute id&#233;e de crise politique, comme centrale dans des tournants de la lutte des classes. Elle peut amener &#224; &#233;carter toute strat&#233;gie et toute identification des forces sociales qui sont motrices d'une transformation sociale v&#233;ritable, toute identification pr&#233;cise des obstacles (les classes adverses) et faire l'&#233;conomie des n&#233;cessaires &#233;claircissements sur le d&#233;passement de ces obstacles. C'est une tendance forte de l'&#233;volution actuelle de Qu&#233;bec solidaire, c'est une faiblesse de Qu&#233;bec solidaire et nous devons participer au d&#233;passement de cette limite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;III. Regrouper la gauche &#233;cosocialiste pour mener des d&#233;bats strat&#233;giques et proposer des perspectives d'action&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la gauche &#233;cosocialiste dans Qu&#233;bec solidaire, tient &#224; la n&#233;cessit&#233; de la p&#233;riode. Face &#224; une crise majeure du syst&#232;me capitaliste dont la composante &#233;cologiste est une dimension essentielle, notre parti doit savoir reconna&#238;tre les fondements capitalistes de cette crise et la n&#233;cessit&#233; de s'attaquer &#224; ses fondements pour la d&#233;passer. Nous sommes persuad&#233;s que la t&#226;che devant nous ne consiste pas uniquement &#224; construire le parti seulement sur la sc&#232;ne &#233;lectorale, mais aussi dans le cadre des luttes de masses qui sont appel&#233;es &#224; se d&#233;velopper pour r&#233;sister aux politiques d'aust&#233;rit&#233; et au d&#233;veloppement d'un capitalisme sauvage sur le terrain environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche du parti processus s'inscrivait dans un cadre assez pr&#233;cis. Il permettait de prot&#233;ger la fusion et l'unit&#233; du parti. Dans cette nouvelle p&#233;riode du n&#233;olib&#233;ralisme ouverte avec la crise de 2008, il faut red&#233;finir le cadre du parti processus qui tout en prot&#233;geant l'unit&#233; du parti, refuse la marginalisation de questions strat&#233;giques essentielles : la question des rapports &#224; la propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production et au financement public des projets de transformation sociale, la question des rapports &#224; l'&#201;tat, aux institutions parlementaires et aux formes d&#233;mocratiques issues des luttes sociales, la question du rapport du Parti aux mouvements sociaux et particuli&#232;rement au mouvement syndical, la question de nos politiques d'alliance, la question de l'identification des classes sociales qui peuvent rallier notre projet et de nos modes d'enracinement dans ces derni&#232;res, les questions du type de parti nous voulons construire capable d'agir en temps de crise, capable de r&#233;sister aux pressions que les classes dominantes tenteront d'exercer sur lui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions strat&#233;giques doivent participer au d&#233;passement de QS tel qu'il existe aujourd'hui ou refuser de se contenter d'un d&#233;veloppement lin&#233;aire qui se contenterait de renforcer ses bases &#233;lectorales et parlementaires, son appareil et son membership mais qui ne tracerait pas les voies de l'&#233;tablissement d'un optimum de radicalit&#233; correspondant aux besoins des luttes auxquelles devront faire face la majorit&#233; de la population face aux attaques du capital sur tous les terrains dans la p&#233;riode d'aust&#233;rit&#233; prolong&#233;e dans laquelle nous sommes entr&#233;s. Le changement de p&#233;riode est trop profond pour se contenter d'ajustements mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. 1. Prendre parti pour l'&#233;cosocialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de ce courant &#233;cosocialiste est de pr&#233;ciser la nature de la p&#233;riode de crise capitaliste dans la quelle nous entrons, de proposer un projet politique qui pr&#233;cise tant les sujets (les classes ou bloc de classes) porteur d'un projet de transformation sociale, qui d&#233;crit les obstacles qui seront rencontr&#233;s, qui propose les rapports &#224; entretenir avec les mouvements sociaux et les politiques d'alliance qui favorisent la coh&#233;sion des classes subalterne et qui pose les n&#233;cessit&#233;s d'un fonctionnement d&#233;mocratique de Qu&#233;bec solidaire. Qu&#233;bec solidaire doit pouvoir s'attaquer aux crises &#233;nerg&#233;tiques, climatiques, alimentaires. Cela n&#233;cessite de revoir radicalement le mode de vie et de d&#233;veloppement, sanctuariser les biens publics inali&#233;nables (eau, air&#8230;), &#233;laborer avec les collectivit&#233;s un plan de reconversion &#233;nerg&#233;tique au lieu de le confier &#224; la loi de la concurrence marchande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au silence de Qu&#233;bec solidaire sur ces questions, nous affirmons qu'il n'y aura pas de transformation sociale radicale sans transformation fondamentale des rapports de propri&#233;t&#233; et sans bouleversement des rapports de pouvoir entre la soci&#233;t&#233; et l'&#201;tat. Ces changements demeurent l'objet d'une lutte acharn&#233;e entre les classes, une lutte sans merci &#224; des moments critiques de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y ara pas de transformation sociale favorable &#224; la majorit&#233; de la population et particuli&#232;rement en faveur des classes domin&#233;es sans pouvoir remettre en cause le capitalisme qui est un mod&#232;le de d&#233;veloppement productiviste, consum&#233;riste, centr&#233; sur la course effr&#233;n&#233;e &#224; la production de biens, sans consid&#233;ration pour la qualit&#233; de vie dans des conditions environnementales supportables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique, qui prend en charge les diff&#233;rents aspects de la question &#233;nerg&#233;tique, des services publics et de la lutte contre la pr&#233;carit&#233; (habitat, transports, agriculture, industrie&#8230;) doivent &#234;tre au c&#339;ur de notre projet. Un plan vert qui ne se questionne pas sur la propri&#233;t&#233; de toutes les sources d'&#233;nergies, sur l'appropriation collective des sources d'&#233;nergies, des entreprises productrices des moyens de transport &#233;lectriques, qui ne se questionne pas sur la socialisation des banques pour avoir les capitaux n&#233;cessaires pour mettre en oeuvre des projets d'envergure ne se donne pas les moyens de ses fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple remise en question de quelques points au niveau de l'imp&#244;t par le gouvernement Marois a soulev&#233; l'ire de la bourgeoisie. Les menaces de d&#233;m&#233;nagement ou de fuites des capitaux ont aussit&#244;t &#233;t&#233; brandies. Une v&#233;ritable redistribution des richesse, le blocage des privatisations et la mise en place de services publics gratuits garantissant l'acc&#232;s aux biens et services fondamentaux comme l'&#233;ducation, la sant&#233;, l'eau, l'&#233;nergie, le logement, la culture et le transport (le programme actuel de Qu&#233;bec solidaire) vont rencontrer une r&#233;sistance de classe consid&#233;rable. Cette r&#233;sistance ne pourra &#234;tre cass&#233;e que par la nationalisation et la socialisation des ressources naturelles, des secteurs industriels strat&#233;giques, des banques sans compensation afin de reconstruire un syst&#232;me financier public qui redonne la priorit&#233; aux besoins de financement de la population et de ses projets et qui en finissent avec le chantage &#224; la fuite des capitaux. Sans l'introduction des repr&#233;sentantEs des travailleurs et travailleuses, des consommateurs dans les conseils d'administration des entreprises de diff&#233;rentes r&#233;gions, il n'y a aura pas de v&#233;ritable reprise en main d&#233;mocratique de notre &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. 2. Prendre parti pour la d&#233;mocratie sociale, participative et la subversion de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, Qu&#233;bec solidaire refuse le syst&#232;me de d&#233;mocratie tel qu'il se donne. C'est ainsi que QS propose de r&#233;former le mode de scrutin et d'introduire le scrutin proportionnel. QS propose &#233;galement de tenir les &#233;lections &#224; date fixe. Face aux attaques contre la libert&#233; d'expression et &#224; la r&#233;pression, Qu&#233;bec solidaire se doit d'appeler &#224; la dissolution des corps r&#233;pressifs (comme les polices anti&#233;meutes) et lutter pour le maintenir le droit de gr&#232;ve et de manifester par l'action directe et la d&#233;sob&#233;issance civile si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ces mesures d&#233;fensives essentielles, il faut s'opposer aux effets antid&#233;mocratiques de l'&#233;lection en bloquant les voies par lesquelles les repr&#233;sentantEs &#233;chappent au contr&#244;le des personnes repr&#233;sent&#233;es. Cela peut se faire en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) imposant un contr&#244;le populaire des repr&#233;sentantEs dans le cadre de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en donnant des mandats imp&#233;ratifs aux &#233;luEs par les assembl&#233;es devant lesquelles ces &#233;lues sont redevables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en interdisant la circulation des &#233;lu-e-s entre les responsabilit&#233;s politiques et les responsabilit&#233;s &#233;conomiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en implantant des m&#233;canismes pour en finir avec les sous-repr&#233;sentations des cat&#233;gories modestes (travailleurs et travailleuses manuelles)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en introduisant une proc&#233;dure de r&#233;vocation des &#233;luEs par les circonscriptions ou par les autres instances o&#249; il y a des &#233;lections&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) mettre fin &#224; la consolidation d'un oligarchie politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en imposant la parit&#233; de genre (hommes/femmes) dans la repr&#233;sentation politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en abolissant les mandats cons&#233;cutifs au parlement et dans les municipalit&#233;s (limites &#224; deux au maximum)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en introduisant un niveau de r&#233;mun&#233;ration qui place les &#233;luEs au niveau du salaire m&#233;dian de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) introduire des m&#233;canismes de d&#233;mocratie participative &#224; tous les niveaux dans les institutions de l'&#201;tat et g&#233;n&#233;ralisation du principe d'&#233;ligibilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en introduisant les principes d'&#233;ligibilit&#233; et de r&#233;vocabilit&#233; des chefs administratifs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en instaurant des budgets participatifs laissant &#224; des assembl&#233;es locales de citoyenNEs de larges pouvoirs de participation et de d&#233;cision sur la d&#233;termination des priorit&#233;s budg&#233;taires dans les villes et les r&#233;gions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en introduisant un processus d'autogestion d&#233;mocratique dans les entreprises et les services publics&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en mettant en place des r&#233;f&#233;rendums d'initiatives populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.3.&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Lier la lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec &#224; une d&#233;marche de souverainet&#233; populaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces revendications d&#233;mocratiques, de ces batailles peuvent d&#233;boucher sur la mise en place d'une assembl&#233;e constituante pour en finir avec notre statut de minorit&#233; politique, assurer l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et d&#233;finir des institutions qui &#233;largissent le pouvoir citoyen dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.4 Construire Qu&#233;bec solidaire comme un parti qui entretient des liens d&#233;mocratiques avec les mouvements sociaux&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;et qui sait s'enraciner dans les secteurs ouvriers et populaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux produisent du politique. Le mouvement &#233;tudiant lors du printemps &#233;rable a remis en question l'&#233;cole n&#233;olib&#233;rale et la subordination de l'&#233;ducation aux int&#233;r&#234;ts de la minorit&#233; &#233;conomique dominante. Le mouvement des femmes qui conteste la division du travail et les r&#244;les sociaux, remet en question la domination patriarcale qui structure la soci&#233;t&#233; capitaliste. Les partis politiques de gauche se nourrissent de ces exp&#233;riences s'ils ne sont pas de simples machines &#233;lectorales. Et ils irriguent en retour les luttes sociales de tentatives de synth&#232;ses programmatiques en posant la n&#233;cessit&#233; de la red&#233;finition du pouvoir et de sa diffusion dans la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les luttes, le parti de gauche favorise autant que possible l'&#233;mergence de formes unitaires et d&#233;mocratiques d'autoorganisation et d'autogestion dans les mouvements. Certaines organisations sociales (prenons la CLASSE) ont un rapport d&#233;mocratique aux mouvements qu'ils animent. Ils produisent leurs intellectuels organiques et d&#233;veloppent des formes d&#233;mocratiques ad&#233;quates. Mais cela n'est pas toujours le cas. Dans le mouvement syndical, une bureaucratie s'est d&#233;velopp&#233;e qui dirige le mouvement, mais elle a d&#233;velopp&#233; des int&#233;r&#234;ts qui s'opposent au mouvement sur laquelle elle repose. Ces bureaucraties syndicales cherchent une reconnaissance de leur pouvoir aupr&#232;s de la classe dominante. Ceci am&#232;ne fr&#233;quemment la bureaucratie &#224; reprendre &#224; son compte les objectifs de la bourgeoisie et &#224; favoriser la division du mouvement. Les militantes et militants syndicaux de QS doivent favoriser l'ind&#233;pendance de classe de leurs organisations de masse dans lesquelles ils et elles militent et favoriser l'unit&#233; dans l'action, y compris avec les autres mouvements sociaux. Le caract&#232;re inorganis&#233; des militantEs d'un parti politique pr&#233;sents dans d'un mouvement dirig&#233; par des bureaucraties laisse ces derni&#232;res sans opposition v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.5. Esquisser les principes d'une politique d'alliance de Qu&#233;bec solidaire avec les autres partis politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Favoriser l'entr&#233;e de Qu&#233;bec solidaire dans un front uni des souverainistes dirig&#233; par le plus important des partis, le PQ, dans une une lutte &#233;lectorale, c'est se mettre &#224; la remorque d'un parti qui se d&#233;finit par un programme pr&#233;cis, plus ou moins social-lib&#233;ral (procapitaliste), et un rapport particulier aux classes dominantes. C'est donc mettre Qu&#233;bec solidaire &#224; la remorque du parti encore h&#233;g&#233;monique dans les secteurs souverainistes de la population alors que la formation de notre parti a &#233;t&#233; justement de s'opposer &#224; cette h&#233;g&#233;monie..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas qu'il ne peut y avoir des alliances tactiques autour de revendications pr&#233;cises. &#192; ce niveau, on peut s'allier avec quiconque &#234;tre pr&#234;t &#224; se battre pour une revendication qui nous semble juste, le droit &#224; l'avortement par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rejetons cependant toute alliance strat&#233;gique avec le PQ dans le cadre de la lutte pour le pouvoir ou dans un cadre gouvernemental. Car de telles alliances affaiblissent l'autonomie de classe pour laquelle lutte le parti, cr&#233;ent des attentes vis-&#224;-vis ces faux alli&#233;s et d&#233;mobilisent. Nous visons &#224; former un gouvernement des travailleurs et des travailleuses, pas &#224; construire un gouvernement de concertation nationale dans le rapport de force existant entre les classes aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons que Qu&#233;bec solidaire oppose &#224; la perspective d'un front des partis souverainistes, le d&#233;veloppement d'un bloc des organisations des organisations syndicales, f&#233;ministes, populaires et jeunes de r&#233;sistance &#224; toute politique d'aust&#233;rit&#233; et favorise la mise en place d'un gouvernement d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts des travailleuses et des travailleurs et des couches populaires pour combattre pour un programme d&#233;mocratique d'ind&#233;pendance nationale et de rupture d'avec le capitalisme. Notre orientation peut se r&#233;sumer &#224; une politique de front unique visant la mobilisation la plus large des classes ouvri&#232;res et populaires (particuli&#232;rement de leurs secteurs racialis&#233;s), des femmes, des jeunes, des populations immigrantes pour leurs revendications &#233;galitaristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'enraciner, on ne peut se contenter de demeurer dans une logique qui bascule des urnes aux aux luttes (&#224; se limiter &#224; n'&#234;tre qu'un parti des urnes et de la rue) mais s'il est essentiel d'agir sur ces deux terrains. Il faut &#233;galement, si on veut assurer un enracinement durable, &#234;tre un parti utile socialement, pour les couches les plus d&#233;munies dans leur quotidien. Dans la mesure o&#249; le parti construit son organisation, il doit &#234;tre capable de le mettre au service de la population (d&#233;fense des immigrants, des sans-emploi, aux jeunes qui veulent raccrocher dans leurs &#233;tudes, guide vers les d&#233;fenses individuelles et collectives face &#224; la bureaucratie &#233;tatique ou aux patrons peu scrupuleux...) Pour un parti encore naissant comme QS, cela peut sembler des t&#226;ches lointaines, mais des exp&#233;riences doivent &#234;tre faites &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.6. La n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper la d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur de Qu&#233;bec solidaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti politique de gauche comme Qu&#233;bec solidaire comme les mouvements sociaux d'ailleurs fait face &#224; certains &#233;cueils : captation du pouvoir dans les mains de porte-parole ou du chef, in&#233;galit&#233;s dans l'acc&#232;s &#224; l'information et &#224; la prise de parole, compromis sans rivage avec des partis ou des mouvements repr&#233;sentants des forces adverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; forme &#187; du parti, centralis&#233;e, tient profond&#233;ment &#224; l'existence de l'&#201;tat. Et, in&#233;vitablement, ce parti aura tendance &#224; h&#233;riter des d&#233;fauts de cet &#201;tat (et de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en g&#233;n&#233;ral) : hi&#233;rarchisation, bureaucratie, domination des hommes de la nationalit&#233; majoritaire, oppression des femmes, marginalisation des minorit&#233;s ethniques ou sexuelles. On ne peut pas prendre l'un (le parti) sans l'autre (les dangers antid&#233;mocratiques). La seule issue &#224; ce dilemme est dans la conscience de cette situation, et donc dans la lutte opini&#226;tre pour limiter la port&#233;e des d&#233;rives in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme collectif d&#233;mocratique agissant, Qu&#233;bec solidaire doit &#233;viter de laisser installer en son sein une division entre des fonctions de direction et des fonctions d'ex&#233;cution. Il doit veiller &#224; &#233;viter l'accaparement de la direction de l'organisation par des sommets qui &#233;chappent au contr&#244;le d&#233;mocratique de la base, sommet dont les dirigeants deviennent inamovibles et dont les activit&#233;s demeurent opaques &#224; l'ensemble de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'assurer d'un fonctionnement d&#233;mocratique, Qu&#233;bec solidaire doit favoriser un mode de fonctionnement bas&#233; sur l'autogestion collective du pouvoir en son sein avec tout ce qu'elle implique : rotation des t&#226;ches, permanence pour des dur&#233;es limit&#233;es, circulation de l'information, tr&#232;s large, d&#233;mocratie interne fond&#233;e sur la d&#233;centralisation de la d&#233;cision et de l'action, garanties accord&#233;es aux minorit&#233;s &#233;ventuelles oppos&#233;es aux d&#233;cisions majoritaires, et repr&#233;sentation proportionnelle des courants politiques dans les instances de direction. La proportionnelle demand&#233;e &#224; l'&#201;tat doit aussi &#234;tre exig&#233;e d'un parti de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.7 Place des femmes dans un courant &#233;cosocialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien au fait du lien entre patriarcat et capitalisme, le courant &#233;cosocialiste doit aussi promouvoir la place des femmes dans l'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
En terme de repr&#233;sentativit&#233; des femmes, Qu&#233;bec solidaire a des postes d&#233;finis : repr&#233;sentante des femmes &#233;lue au congr&#232;s, la commission des femmes, les AG femmes et les comit&#233;s des femmes. Ces structures existent sur papier. Mais comment les rendre vivantes ? Pour que les femmes s'investissent dans le travail militant, il faut d&#233;battre et mettre de l'avant des mesures de conciliation famille-travail-militance (heures de r&#233;union, rencontre par skype etc..). Il faut revaloriser aussi tout le travail de l'ombre que font les femmes : organisation, permanence, t&#233;l&#233;phone, etc..). La question des garderies devra aussi avoir une attention sp&#233;ciale. Il faudra d&#233;velopper des propositions tout en souplesse : garde sur le lieu de r&#233;union, paiement de frais de garde, garderie mobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos personnes repr&#233;sentant le courant devront aussi porter la marque de porte-parole f&#233;minin et masculin. Le droit de parole par alternance devra &#234;tre aussi une r&#232;gle de fait dans les rencontres. Mais surtout comme notre courant se veut d'abord id&#233;ologique, il faudra d&#233;velopper des mesures pour permettre aux femmes de produire des analyses et des textes et pas seulement sur la question des femmes. Peut-&#234;tre en d&#233;veloppant soit du parrainage soit du marrainage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes rendus &#224; un point o&#249; la d&#233;sid&#233;ologisation au nom de l'unit&#233; nous a men&#233;s &#224; une d&#233;politisation certaine. On ne peut construire une alternative politique &#339;uvrant &#224; la transformation sociale dans un sens de l'&#233;galit&#233; et de la d&#233;mocratie en faisant abstraction de la description des contours de cette soci&#233;t&#233; que l'on veut construire, qui la reste dans l'ombre et qui explicite pas ces principes. Nous ne pouvons lutter pour construire un parti d&#233;vou&#233; &#224; la transformation sociale sans d&#233;finir les strat&#233;gies qu'il faudra mobiliser, des alliances qu'il faudra nouer, des forces sociales sur lesquelles il faudra compter, des formes d'action qu'il faudra utiliser. Ce sont ces dimensions de la lutte politique &#224; laquelle on veut maintenant pr&#233;ciser... sans vouloir en faire un credo incontournable, mais pour &#233;viter d'oublier les d&#233;bats qu'il faut mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;IV. Pour la tenue d'une conf&#233;rence de fondation d'un front &#233;cosocialiste dans Qu&#233;bec solidaire &lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte n'est qu'un premier brouillon pour faire le point sur l'&#233;valuation de la situation politique g&#233;n&#233;rale, sur l'&#233;valuation Qu&#233;bec solidaire et sur les t&#226;ches que les anticapitalistes doivent se fixer. Des premiers &#233;changes, nous permettraient sans doute d'&#233;crire, dans une deuxi&#232;me phase, une plate-forme synth&#233;tique qui r&#233;sumait les points d'accord qui seraient la base de l'adh&#233;sion et les t&#226;ches que l'on se donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons de la mise sur pied d'un Front &#233;cosocialiste de Qu&#233;bec solidaire. Front parce que nous croyons qu'il pourrait regrouper tant des collectifs de Qu&#233;bec solidaire que des militantEs individuels. &#201;cosocialiste, car nous croyons, qu'on ne peut se contenter d'une d&#233;finition uniquement n&#233;gative de notre projet de soci&#233;t&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Front &#233;cosocialiste ne se veut pas d'abord un regroupement id&#233;ologique, mais un front politique qui prend position sur les enjeux, les strat&#233;gies, les tactiques, les initiatives et les modalit&#233;s de construction et de fonctionnement du parti. Mais aussi un Front organisationnel qui a ses modes de recrutement, ses structures et son programme de formation, ses instruments de communication, ses cotisations, ses modalit&#233;s d&#233;mocratiques de fonctionnement et sa coordination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Impact de la crise et de l'aust&#233;rit&#233; sur les femmes : des raisons de s'indigner et se mobiliser Christiane Marty &#8211; novembre 2011 p. 5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Situation et luttes de femmes au sud et au nord, Fiche 1, CADTM&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cette version inclut les amendements soumis par le comit&#233; femmes (-la r&#233;daction, 15 novembre 2012).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La m&#233;moire des n&#244;tres : Nabila, Daniel, Howard et Michel...</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-memoire-des-notres-Nabila-Daniel-Howard-et-Michel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-memoire-des-notres-Nabila-Daniel-Howard-et-Michel</guid>
		<dc:date>2010-02-20T19:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>philippe Lemmi</dc:creator>


		<dc:subject>Gauche Socialiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces derniers mois ont &#233;t&#233; lourd en d&#233;c&#232;s d'intellectuels de gauche : Daniel Bensa&#239;d, Howard Zinn, Michel Freitag... &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques mots plus particuli&#232;rement sur Daniel militant et philosophe anticapitaliste, membre du NPA, organisation en lien avec notre collectif. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux messages ont circul&#233; au Qu&#233;bec suite &#224; sa mort et ont exprim&#233; la solidarit&#233; de toute une s&#233;rie de groupes de gauche et de personnes &#224; l'attention de ses proches. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait venu &#224; deux reprises dans notre pays de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L124xH150/arton2783-ea859.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='124' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois ont &#233;t&#233; lourd en d&#233;c&#232;s d'intellectuels de gauche : Daniel Bensa&#239;d, Howard Zinn, Michel Freitag...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mots plus particuli&#232;rement sur Daniel militant et philosophe anticapitaliste, membre du NPA, organisation en lien avec notre collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux messages ont circul&#233; au Qu&#233;bec suite &#224; sa mort et ont exprim&#233; la solidarit&#233; de toute une s&#233;rie de groupes de gauche et de personnes &#224; l'attention de ses proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait venu &#224; deux reprises dans notre pays de froidure, la derni&#232;re fois, en 2008. 40 ans apr&#232;s, cet ancien animateur du mai 68 fran&#231;ais, campait avec fi&#232;re allure et finesse la permanence de cet esprit de r&#233;volte contre la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un intellectuel-militant qui n'en restait pas &#224; l'&#233;vocation m&#233;lancolique des r&#233;voltes pass&#233;es. Il en pistait les traces dans les luttes actuelles. Il en d&#233;cortiquait les bifurcations strat&#233;giques. Il se penchait sur la m&#233;moire des vaincus avec la fi&#232;vre des retournements du destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait des phrases incroyables &#224; ce sujet dans ''Moi, La R&#233;volution'' (Remembrances d'une Bicentenaire Indigne, Collection Au vif du sujet, Gallimard, 1989 )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;''Les vaincus ont toujours une m&#233;moire. Elle est leur seule chance d'&#233;chapper au cort&#232;ge triomphal des vainqueurs, de faire mentir, ne f&#251;t-ce qu'une fois, une unique mais bonne et d&#233;cisive fois, le destin de leurs d&#233;faites r&#233;p&#233;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils savent que, si l'ennemi gagne encore, ils sont menac&#233;s de la r&#233;p&#233;tition &#233;ternelle de leur d&#233;faite et de leur supplice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire seule peut inverser les signes, &#233;changer le haut et le bas, et sauver le pass&#233;. Tant qu'elle br&#251;le, le dernier mot n'est jamais dit ; la d&#233;faite peut toujours &#234;tre m&#233;tamorphos&#233;e en victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire engage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle r&#233;clame justice. Elle promet des r&#233;surrections.''&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, du m&#234;me souffle, nous &#233;voquons la m&#233;moire de Nabila Djahnine, membre du Parti Socialiste des travailleurs (PST), asssassin&#233;e il y a 15 ans en Alg&#233;rie. Voici une tr&#232;s &#233;mouvante contribution de notre camarade Chawki Salhi, porte parole du PST.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a quinze ans Nabila Djahnine &#233;tait assassin&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; ____________________________&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du Parti Socialiste des travailleurs&lt;br class='autobr' /&gt;
15 f&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sidente de l'association f&#233;minine Tighri Ntmettouth de Tizi ouzou, Nabila Djahnine est assassin&#233;e dans la matin&#233;e du 15 f&#233;vrier 1995. Elle avait 29 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est ssue d'une famille populaire de Beja&#239;a, qui lui a enseign&#233; l'ouverture d'esprit et l'a mise en contact avec le monde militant. Elle se radicalise tr&#232;s vite quand la vague obscurantiste qui submerge le pays menace d'emprisonner sa propre vie. Elle rejoint le PST vers la fin des ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etudiante &#224; Tizi ouzou, elle contribue &#224; la fondation du Syndicat national des &#233;tudiants alg&#233;riens qui s'&#233;tait constitu&#233; apr&#232;s la grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 87&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle prend une part active au travail de construction du deuxi&#232;me s&#233;minaire du Mouvement Culturel Berb&#232;re, en 1989, qui fit &#233;merger le MCB comme acteur essentiel de l'ouverture politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre de la commission femmes de son parti, elle est parmi les membres fondatrices de l'AEF (association pour l'&#233;mancipation de la femme) et construit l'association de Tizi ouzou, Tighri ntmettouth (le cri de la femme) qui essayait de faire parvenir le message de l'&#233;mancipation jusqu'aux villages les plus enclav&#233;s sans d&#233;serter les &#233;tudiantes de Mdouha ou les travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre de la direction de ville de Tizi ouzou, elle n'h&#233;sitait pas &#224; faire face &#224; une soci&#233;t&#233; particuli&#232;rement conservatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elue &#224; la direction du PST en mai 1991, elle s'investit activement dans les d&#233;bats cons&#233;cutifs &#224; la victoire &#233;lectorale du FIS et se retire de son parti au courant de l'ann&#233;e 92 pour se consacrer &#224; son activit&#233; f&#233;ministe locale et &#224; son travail d'architecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le meurtre de la jeune Katia Bengana, lyc&#233;enne de Meftah, tu&#233;e le 28 f&#233;vrier1994 pour avoir refus&#233; le diktat vestimentaire des int&#233;gristes, le l&#226;che assassinat de Nabila a eu un impact consid&#233;rable parmi celles qui n'avaient pas d&#233;sert&#233; l'Alg&#233;rie dangereuse des ann&#233;es 90, &lt;br class='autobr' /&gt;
Car elle &#233;tait de celles qui ont continu&#233; &#224; vivre, &#224; circuler, &#224; travailler, &#224; militer refusant d'abandonner les espaces que les femmes avaient conquis dans une Alg&#233;rie qui restait domin&#233;e par le conservatisme patriarcal,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;tait de celles qui avaient continu&#233; &#224; r&#234;ver &#224; haute voix d'un avenir meilleur qui bannisse l'oppression des femmes mais qui abolisse aussi l'exploitation sociale et l'oppression politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Katia, &#224; Nabila, &#224; ses adorables parents tous deux morts de tristesse quelques mois apr&#232;s leur fille, et &#224; celles qui ont r&#233;sist&#233; et tenu &#224; leurs valeurs malgr&#233; la peur, nous disons merci pour la part de notre libert&#233; que vous avez pr&#233;serv&#233;e. Nous leur devons aussi de continuer le combat contre l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nabila tighri inem naslat, ton cri nous l'avons entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chawki Salhi&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EXTRAIT de Moi, La R&#233;volution (Remembrances d'une Bicentenaire Indigne), Collection Au vif du sujet, Gallimard, 1989.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont une m&#233;moire. S&#233;culairement entretenue et secr&#232;tement veill&#233;e, comme une flamme pr&#233;cieuse et chancelante. Te souviens-tu de Madame Legros, la petite merci&#232;re, pas romanesque pour deux sous, avec son nom de voisine de palier. Son opini&#226;tret&#233; a pourtant min&#233; les fondations de la Bastille bien avant le 14 Juillet. Sans elle, le prisonnier Latude aurait pu tomber dans l'oubli officiel. Mais cette femme de m&#233;moire, l'a adopt&#233;. Avec ses cabas et ses paniers sous le bras, elle s'est ent&#234;&#172;t&#233;e, elle a frapp&#233; &#224; toutes les portes, elle est all&#233;e seule &#224; pied &#224; Versailles, des ann&#233;es avant les femmes du 6 octobre, simple&#172;ment pour exiger r&#233;paration du tort fait &#224; un inconnu. Il y avait, dans l'obstination de sa m&#233;moire, l'annonce d'autres acharnements f&#233;minins : ceux des folles de la place de Mai en Argentine, ceux des m&#232;res de disparus mexicains. Contre les apaisements et les effacements officiels, elles refusent d'aban&#172;donner le pass&#233; &#224; l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple a une m&#233;moire. Tenace et t&#234;tue. La m&#233;moire des r&#233;cits r&#233;p&#233;t&#233;s et ressass&#233;s, de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, l'&#233;t&#233;, &#224; la fra&#238;che, quand on sort les chaises de paille sur le pas des portes pour causer ; ou l'hiver, autour de la table, en p&#233;trissant les mies de pain d'un repas qui s'&#233;teint doucement, en vidant la derni&#232;re bouteille. La m&#233;moire des paysans de Cuautla : depuis plus de soixante-dix ans, ils refusent &#224; l'Etat mexicain le transfert &#224; la capitale des cendres d'Emiliano Zapata ; depuis plus de soixante-dix ans, ils montent la garde autour de sa statue &#233;questre, sur la place du village, et viennent bivouaquer autour de lui, des montagnes environnantes, chaque fois que le gou&#172;vernement pr&#233;tend r&#233;cup&#233;rer la d&#233;pouille de leur chef. Ils savent que cette entr&#233;e dans un Panth&#233;on o&#249; cohabiteraient vainqueurs et vaincus, assassins et victimes, serait une seconde mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vaincus ont toujours une m&#233;moire. Elle est leur seule chance d'&#233;chapper au cort&#232;ge triomphal des vainqueurs, de faire mentir, ne f&#251;t-ce qu'une fois, une unique mais bonne et d&#233;cisive fois, le destin de leurs d&#233;faites r&#233;p&#233;t&#233;es. Ils savent que, si l'ennemi gagne encore, ils sont menac&#233;s de la r&#233;p&#233;tition &#233;ter&#172;nelle de leur d&#233;faite et de leur supplice. La m&#233;moire seule peut inverser les signes, &#233;changer le haut et le bas, et sauver le pass&#233;. Tant qu'elle br&#251;le, le dernier mot n'est jamais dit ; la d&#233;faite peut toujours &#234;tre m&#233;tamorphos&#233;e en victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire engage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle r&#233;clame justice. Elle promet des r&#233;surrections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends depuis longtemps le baiser qui me r&#233;veillera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bonne nouvelle, dont les mots s'effacent instantan&#233;ment sur les l&#232;vres du messager qui les prononce. Et l'instant fragile d'une reconnaissance qui est une retrouvaille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conf&#233;rence nationale de GS : Notes sur la situation internationale</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Conference-nationale-de-GS-Notes-sur-la-situation-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Conference-nationale-de-GS-Notes-sur-la-situation-internationale</guid>
		<dc:date>2009-12-12T19:49:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Gauche Socialiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La conf&#233;rence nationale de Gauche Socialiste aura lieu le 16 janvier 2009. Elle traitera de la situation internationale, des enjeux &#233;cologiques au Qu&#233;bec ainsi que des enjeux programmatiques de la gauche face &#224; la crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au centre de cette conf&#233;rence : la pr&#233;paration du prochain congr&#232;s mondial de notre r&#233;seau international, la IV&#232;me internationale. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce texte s'inscrit dans le cadre de la pr&#233;paration du congr&#232;s mondial du r&#233;seau qu'est la quatri&#232;me internationale. pour acc&#233;der &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2625-959d6.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conf&#233;rence nationale de Gauche Socialiste aura lieu le 16 janvier 2009. Elle traitera de la situation internationale, des enjeux &#233;cologiques au Qu&#233;bec ainsi que des enjeux programmatiques de la gauche face &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de cette conf&#233;rence : la pr&#233;paration du prochain congr&#232;s mondial de notre r&#233;seau international, la IV&#232;me internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte s'inscrit dans le cadre de la pr&#233;paration du congr&#232;s mondial du r&#233;seau qu'est la quatri&#232;me internationale. pour acc&#233;der &#224; l'ensemble des textes actuellement disponibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article2563&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article2563&lt;/a&gt;_____________________&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site d'Inprecor&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport s'inscrit dans la continuit&#233; des rapports sur la situation internationale pr&#233;sent&#233;s &#224; la r&#233;union du Bureau ex&#233;cutif &#233;largi le 15 novembre 2008 : &#171; Prendre la mesure de la crise (I) &#187; (1), et au Comit&#233; internationale r&#233;uni du 21 au 24 f&#233;vrier 2009 : &#171; Prendre la mesure de la crise (II) &#187; (2), qui ont &#233;t&#233; publi&#233;s dans Inprecor et sont disponibles sur le site .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Le moment actuel de la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale reste marqu&#233;e par la crise globale, multidimensionnelle &#8212;&#233;conomique, sociale, alimentaire, &#233;cologique &#8212; qui secoue le monde capitaliste. A la diff&#233;rence des discours sur la &#171; fin de r&#233;cession &#187; ou la &#171; sortie de crise &#187;, la r&#233;alit&#233; de l'&#233;conomie mondiale reste d&#233;termin&#233;e par des contradictions majeures qui d&#233;bouchent sur &#171; l'enfoncement &#187; dans la crise, un ch&#244;mage massif, une augmentation consid&#233;rable de la pauvret&#233; (plus d'un milliard d'&#234;tres humains vivent sous le seuil de pauvret&#233;) et des risques de catastrophes &#233;cologiques toujours plus grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.1. Une &#171; sortie de crise &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue analytique, les d&#233;veloppements conjoncturels imm&#233;diats de la crise durable que conna&#238;t le capitalisme globalis&#233; comportent nombre d'incertitudes. Certes, la vitesse de la crise &#233;conomique mondiale a ralenti. Apr&#232;s avoir connu une r&#233;cession g&#233;n&#233;ralis&#233;e (des taux de croissance n&#233;gatifs de -3 % &#224; -4 % aux &#201;tats-Unis et en Europe et de -1 % &#224; -1,5 % &#224; l'&#233;chelle mondiale) les pr&#233;visions du FMI pour 2010 indiquent une &#171; l&#233;g&#232;re reprise &#187; avec un taux de croissance annonc&#233; de 3 %. Ces indications traduisent surtout une remont&#233;e de l'Asie en d&#233;veloppement (+7 %, m&#234;me si c'est avec une s&#233;rie de contradictions), remont&#233;e qui contraste avec la croissance &#171; molle &#187; des &#201;tats-Unis autour de 1, 5 % et celle, tr&#232;s faible, de la zone euro, &#224; 0,3 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique du Nord comme en Europe, ces &#171; petites reprises &#187; sont plut&#244;t un ralentissement de la crise. C'est avant tout le r&#233;sultat d'une intervention massive des &#201;tats qui ont renflou&#233; le syst&#232;me bancaire international (et ainsi permis de reprendre le gonflement de la bulle sp&#233;culative) et des effets de ce qu'on nomme &#171; stabilisateurs sociaux &#187;, c'est-&#224;-dire tous les dispositifs publics, d'aide et de s&#233;curit&#233; sociale, surtout en Europe de l'Ouest. Il rel&#232;ve aussi d'exp&#233;dients fournissant des aides &#224; l'achat de tel ou tel produit comme l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention massive et partiellement coordonn&#233;e des &#201;tats explique pourquoi et comment la crise a &#233;t&#233;, jusqu'&#224; ce jour, contenue. C'est la grande diff&#233;rence de la crise actuelle avec celle des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2. La crise continue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une fois dissip&#233;s les effets de ces dispositifs de soutien financier public mondial des derniers douze mois, l'&#233;conomie sera de nouveau confront&#233;e &#224; une s&#233;rie de probl&#232;mes conjoncturels et structurels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Sur un plan conjoncturel, les &#201;tats et les gouvernements sont confront&#233;s &#224; l'explosion de la dette publique, les banques ne connaissent toujours pas l'&#233;tendue des &#171; produits toxiques &#187; dans leurs comptes et ont des probl&#232;mes de fonds propres. Ainsi, il reste plus d'actifs toxiques que ceux qui ont &#233;t&#233; d&#233;pr&#233;ci&#233;s. La conjonction d'une nouvelle spirale sp&#233;culative et la d&#233;couverte de nouveaux actifs toxiques peut entra&#238;ner un nouveau choc boursier, qui &#224; son tour se r&#233;percutera dans l'ensemble de la sph&#232;re &#233;conomique. Enfin, le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;, avec toutes leurs cons&#233;quences sociales destructrices, vont augmenter et peser sur les rapports de forces sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Sur le plan structurel, la situation reste paradoxale : elle se caract&#233;rise par une crise id&#233;ologique du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral et par la continuation des grandes lignes des politiques capitalistes et la reproduction des m&#234;mes contradictions. La profondeur de la crise conduit les classes dominantes &#224; d&#233;ployer une nouvelle offensive contre les conditions de vie et de travail de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3 Les contradictions du mode d'accumulation n&#233;olib&#233;ral s'approfondissent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 1970 un nouveau mode d'accumulation capitaliste se met en place pour r&#233;tablir un taux de profit qui avait baiss&#233; dans les ann&#233;es 1960-970. Sur la base d'une s&#233;rie de d&#233;faites ouvri&#232;res, la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e est comprim&#233;e, les conditions et le taux d'exploitation accrus, les privatisations des services publics g&#233;n&#233;ralis&#233;es, les d&#233;r&#233;glementations des relations sociales impos&#233;es, les budgets publics r&#233;duits et les plans d'ajustement structurel appliqu&#233;s dans les pays en voie de d&#233;veloppement. Tout cela s'inscrit dans la mondialisation du march&#233;, dans la constitution d'un march&#233; international de la force de travail tendanciellement unifi&#233; o&#249; les travailleurs sont mis en concurrence les uns avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les profits vont remonter mais, comme le montrent toutes les statistiques, pas l'investissement productif. Du coup ces profits s'orientent vers des produits plus rentables, &#224; savoir les produits financiers. C'est ce mouvement qui va aussi provoquer la d&#233;sindustrialisation de secteurs et de r&#233;gions enti&#232;res en Am&#233;rique du Nord et en Europe et/ou leur d&#233;localisation, en particulier en Asie, surtout en Chine, devenue &#171; l'atelier du monde &#187;. Se constitue alors un processus g&#233;n&#233;ralis&#233; de &#171; financiarisation &#187; de l'&#233;conomie mondiale, qui vient gonfler le &#171; capital fictif &#187; d&#233;j&#224; existant. Ces m&#233;canismes vont permettre, en m&#234;me temps, de mettre en place, au c&#339;ur de l'&#233;conomie mondiale, aux &#201;tats-Unis et en Europe, toute une s&#233;rie de dispositifs d'endettement public et priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la politique de la dette publique et priv&#233;e va, pendant tout un temps, compenser ces distorsions, jusqu'&#224; l'explosion de la crise. L'endettement des m&#233;nages va permettre de maintenir le niveau de consommation&#8230; malgr&#233; la baisse des salaires. La dette des pays capitalistes avanc&#233;s, et en premier lieu celle des &#201;tats-Unis, va permettre &#224; ces derniers de vivre &#224; cr&#233;dit&#8230; malgr&#233; la contraction de leur base industrielle. La dette aura diff&#233;r&#233; la crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#8230; jusqu'en 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces dispositifs qui se sont effondr&#233;s, avec une d&#233;valorisation massive d'actifs ou de segments productifs &#8212; faillite et restructuration des banques, licenciements, fermetures d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le d&#233;veloppement de la crise et ses m&#233;canismes confirment une fois de plus que ce n'est pas seulement une crise financi&#232;re ou bancaire. C'est une crise globale du syst&#232;me capitaliste qui r&#233;sulte de la crise de tous les dispositifs qui ont &#233;t&#233; mis en place pour restaurer le taux de profit &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.4. Une nouvelle offensive du capital : &#171; Tout comme avant, ou presque et peut-&#234;tre en pire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise, le conflit capital-travail s'exacerbe. Il faut, pour les classes dominantes, contenir la crise tout en sauvegardant les positions du capital et particuli&#232;rement du capital financier. Le syst&#232;me ne peut plus fonctionner comme avant mais la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts capitalistes pousse les gouvernements &#224; poursuivre et &#224; approfondir les m&#234;mes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, des initiatives ont &#233;t&#233; prises au travers de d&#233;clarations du G20 pour &#171; contr&#244;ler &#187; les paradis fiscaux, &#171; encadrer &#187; le fonctionnement du syst&#232;me bancaire, pour &#171; accro&#238;tre &#187; les fonds du FMI visant &#224; renflouer les faillites &#233;conomiques de certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise a m&#234;me provoqu&#233; une crise de l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me qui a conduit, ici et l&#224;, &#224; des d&#233;clarations ou gesticulations sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; moraliser &#187; le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a un ab&#238;me entre les discours et les actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques ont profit&#233; de la crise et des aides publiques pour gonfler leurs b&#233;n&#233;fices au d&#233;triment de la production de cr&#233;dits, qui &#233;taient le but des aides publiques. Plus, les investisseurs reprennent les actifs de m&#234;me genre (produits financiers, mati&#232;res premi&#232;res, devises li&#233;es aux mati&#232;res premi&#232;res), favorisant une nouvelle spirale sp&#233;culative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans cette situation de crise, les classes capitalistes recherchent les voies d'une nouvelle offensive contre les droits sociaux et d&#233;mocratiques pour accro&#238;tre le taux d'exploitation du travail et prot&#233;ger les secteurs de b&#233;n&#233;fices rentiers. Les orientations des gouvernements des pays capitalistes avanc&#233;s confirment des choix pour faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; L'explosion de la dette sera pay&#233;e par une augmentation des imp&#244;ts et une r&#233;duction des d&#233;ficits publics. Dans les deux cas les victimes seront les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Les restructurations des grandes entreprises se traduisent par des millions de ch&#244;meurs, une augmentation de la pr&#233;carit&#233;, le renforcement de tous les syst&#232;mes de flexibilit&#233;. Les femmes sont particuli&#232;rement expos&#233;es aux cons&#233;quences de la crise. Selon l'OIT, 22 millions de femmes, dans le monde perdraient leur emploi en 2009. Elles sont les premi&#232;res touch&#233;es par les licenciements massifs dans les secteurs des services, de la sant&#233; ou de l'habillement. D&#233;scolarisation, perte d'emploi, appauvrissement, les femmes sont les premi&#232;res victimes de la r&#233;cession mondiale. La crise est utilis&#233;e pour r&#233;duire les co&#251;ts, augmenter les gains de productivit&#233;, red&#233;finir les processus de travail, refa&#231;onner les march&#233;s. Sur 206 soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes cot&#233;es, 126 ont annonc&#233; 146 plans sociaux entre janvier 2007 et mars 2009. Les pr&#233;visions pour les pays de l'OCDE tournent autour de 25 millions de ch&#244;meurs pour 2009 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; La pression sur les salaires reste des plus fortes. Les &#171; plans de relance &#187; se sont surtout traduits par des aides aux banques et &#224; l'investissement, c'est-&#224;-dire aux entreprises, mais pas par des augmentations de salaire. De plus, dans certains secteurs ou pays, il y a une politique concert&#233;e pour les baisser, comme dans la fonction publique des Pays baltes, en Roumanie, en Islande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Les privatisations sont confirm&#233;es, sauf dans certains cas &#8212; des exceptions &#8212; comme le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale argentin ou la poste japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une ann&#233;e apr&#232;s le d&#233;but de la crise, ces orientations tranchent un d&#233;bat sur les hypoth&#232;ses de relance de l'&#233;conomie par des politiques keyn&#233;siennes, c'est-&#224;-dire des politiques de relance de la demande par des augmentations de salaire, le d&#233;veloppement des services publics et de la protection sociale. Le contr&#244;le des banques anglaises est loin des processus de nationalisation d'apr&#232;s 1945. Il y a eu intervention &#233;tatique &#8212; un &#171; &#233;tatisme n&#233;olib&#233;ral &#187; &#8212; pour sauvegarder les int&#233;r&#234;ts capitalistes face &#224; la crise, mais pas de politique globale n&#233;okeyn&#233;sienne qui, dans les conditions actuelles et les rapports de forces entre les classes, n'est pas l'options des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de redresser les taux de profit apr&#232;s la crise, dans les rapports de forces sociaux et politiques de 2009, pousse les capitaines d'industrie et les sommets financiers &#224; augmenter la pression sur les travailleurs, &#224; subordonner toute la production et toute l'organisation de l'&#233;conomie &#224; la recherche de toujours plus de profits. Rechercher toujours plus de rentabilit&#233; pour le capital ne peut conduire qu'&#224; la compression des salaires, &#224; l'explosion de la pr&#233;carit&#233;, au d&#233;mant&#232;lement des services publics, &#224; la marchandisation et &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie. Cette logique est contradictoire avec la satisfaction des besoins sociaux. C'est cette contradiction qui fonde notre anticapitalisme. Le refus de cette logique exige non seulement le combat pour une redistribution des richesses au service des classes populaires mais aussi la remise en cause de la propri&#233;t&#233; capitaliste pour substituer une logique des besoins sociaux &#224; celle du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.5. La r&#233;ponse capitaliste &#224; la crise &#233;cologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ce cadre qu'il faut aborder la crise &#233;cologique. C'est, en particulier, la conjugaison de la crise &#233;conomique et de la crise &#233;cologique qui donne &#224; la crise actuelle une dimension de &#171; crise de civilisation &#187;. Les probl&#232;mes li&#233;s au changement climatique donnent, aussi, une acuit&#233; particuli&#232;re &#224; la crise &#233;cologique. Tous les constats des scientifiques convergent sur l'urgence &#233;cologique de r&#233;duire les gaz &#224; effets de serre de 50 % &#224; 80 % d'ici 2050 pour ne pas d&#233;passer le seuil de &#171; dangerosit&#233; &#187; fix&#233; &#224; une hausse des temp&#233;ratures de 1,5 degr&#233; pour le si&#232;cle. Les &#171; 3x20 % &#187; de l'Union europ&#233;enne jusqu'en 2020 : -20 % de Co2, 20 % d'efficience &#233;nerg&#233;tique, et +20 % d'&#233;nergies renouvelables sont en de&#231;&#224; des n&#233;cessit&#233;s fix&#233;es par le Groupe des experts intergouvernementaux sur l'&#233;volution du climat (GIEC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Au-del&#224;, les projets de &#171; capitalisme vert &#187; ont une double dimension : d'abord, faire payer la facture &#233;cologique &#8212; ou les d&#233;ficits publics sous couvert de &#171; taxes &#233;cologiques &#187; &#8212; aux classes populaires par un syst&#232;me de taxes qui contourne les responsabilit&#233;s des grandes entreprises, et d'autre part, constituer de nouveaux march&#233;s, en particulier les march&#233;s des droits &#224; polluer. Plus substantiellement, la solution &#224; la crise &#233;cologique ne peut s'inscrire dans un cadre capitaliste. La recherche du tout profit ne peut conduire qu'&#224; la mise en concurrence des capitaux les uns contre les autres. Du coup toute action coordonn&#233;e de moyen et long terme se heurte &#224; la logique du march&#233;. L'efficience &#233;nerg&#233;tique ne demande pas seulement une baisse de la consommation d'&#233;nergie, la reconversion d'une s&#233;rie d'industries, la substitution de combustibles d'&#233;nergies fossiles par des &#233;nergies renouvelables mais une r&#233;organisation d'ensemble des appareils productifs, r&#233;organisation qui ne peut se faire que par la coordination et la planification, donc dans un syst&#232;me de propri&#233;t&#233; publique et sociale et pas dans le cadre de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des principaux secteurs de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; La conjonction de la crise &#233;conomique et de la crise &#233;cologique va aggraver la crise alimentaire qui frappe la plan&#232;te et en particulier l'Afrique. Aujourd'hui 3 milliards de personnes ne mangent pas &#224; leur faim, 2 milliards souffrent de malnutrition et 1 milliard de la faim. La destruction des cultures vivri&#232;res par l'agro-exportation, la sp&#233;culation sur les prix des mati&#232;res premi&#232;res, l'achat de centaines de milliers d'hectares d'Afrique et d'Am&#233;rique latine par des &#201;tats comme la Chine, l'Arabie saoudite, la Cor&#233;e du sud, rendent de plus en plus difficile l'acc&#232;s &#224; la production alimentaire et aggravent les conditions de vie de millions de paysans et d'&#234;tres humains dont 75 % sont des paysans ou des travailleurs agricoles qu'on emp&#234;che de travailler. Loin de r&#233;sorber ces probl&#232;mes vitaux, de surmonter les d&#233;s&#233;quilibres actuels et de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, la crise alimentaire les approfondit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Analyser cette crise comme durable ne signifie pas tomber dans le catastrophisme. Il faut toujours se rappeler qu'il n'y a pas de situation sans issue pour le capitalisme tant qu'il n'y a pas de forces sociales et politiques suffisamment puissantes pour changer de syst&#232;me. Le capitalisme peut continuer &#224; fonctionner mais avec un co&#251;t &#233;conomique, social, &#233;cologique, humain de plus en plus insupportable. Comprendre cette crise comme une &#171; crise de civilisation &#187; c'est prendre en compte la situation d'un syst&#232;me historique &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Une nouvelle organisation du monde ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette crise s'inscrit dans un moment de basculement du monde. Elle a confirm&#233; et pr&#233;cis&#233; les nouveaux rapports de forces entre classes et &#201;tats &#224; l'&#233;chelle mondiale. A l'&#233;chelle internationale, les initiatives se multiplient pour r&#233;organiser le &#171; monde de la crise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1. Le d&#233;clin de l'h&#233;g&#233;monie US : r&#233;alit&#233; et limites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative majeure, c'est le red&#233;ploiement de la puissance am&#233;ricaine apr&#232;s la victoire d'Obama. C'est m&#234;me une des raisons et des fonctions de l'&#233;lection d'Obama : reprendre la main dans la politique mondiale, m&#234;me si cela ne va pas sans contradictions, li&#233;es principalement &#224; la crise &#233;conomique (le dossier sant&#233;, les restructurations industrielles). Du coup, elle remet les choses en place sur le &#171; d&#233;clin in&#233;luctable &#187; de l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine. La crise a affaibli la position nord-am&#233;ricaine. En fait, cette position avait d&#233;j&#224; fl&#233;chie avant la crise, r&#233;sultant de la r&#233;duction de la base industrielle et de l'endettement des USA. Mais les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique continuent &#224; garder une position dominante dans les rapports mondiaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Sur un plan politico-militaire, ils gardent une totale h&#233;g&#233;monie, malgr&#233; l'enlisement des troupes occidentales en Afghanistan et en Irak. Plus que jamais, l'OTAN sous direction &#233;tats-unienne constitue le bras arm&#233; des puissances occidentales pour dominer le monde. En Am&#233;rique latine apr&#232;s avoir subi un &#233;chec dans sa politique de constitution de la Zone du libre &#233;change des Am&#233;riques (ZL&#201;A, ALCA en espagnol), l'administration nord-am&#233;ricaine a repris l'initiative, avec le sommet de Trinidad (une politique d'ouverture pour relancer les march&#233;s &#233;tats-uniens sur le continent) mais aussi avec le coup d'&#201;tat du Honduras et le red&#233;ploiement des bases militaires en Colombie, qui t&#233;moignent de leur volont&#233; d'h&#233;g&#233;monie politico-militaire sur le continent am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Sur le plan &#233;conomique, la dimension du march&#233; am&#233;ricain lui permet de continuer &#224; occuper une part importante du PIB mondial (autour de 25 %) m&#234;me si celle-ci diminue r&#233;guli&#232;rement depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Sur le plan financier et mon&#233;taire, le dollar reste encore la monnaie internationale dominante. Il s'affaiblit et est de plus en plus concurrenc&#233; par d'autres monnaies &#224; vocation internationale et par l'or comme &#171; valeur refuge &#187;, mais il reste la r&#233;f&#233;rence mon&#233;taire internationale. L'administration des &#201;tats-Unis est devant une contradiction : soit elle maintient le dollar &#224; un niveau &#233;lev&#233;, ce qu'exigent en particulier les d&#233;tenteurs chinois d'obligations et de bons du Tr&#233;sor en dollars et ce sont les exportations &#233;tats-uniennes qui sont p&#233;nalis&#233;es, soit elle organise une d&#233;valuation comp&#233;titive du dollar pour rendre l'industrie am&#233;ricaine plus concurrentielle et c'est le dollar et nombre d'actifs en dollar qui baissent. Mais il faut noter que malgr&#233; l'affaiblissement de la position &#233;conomique des &#201;tats-Unis dans le monde, le dollar tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2. Le r&#244;le de la Chine et des principaux pays &#233;mergents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis gardent une position dominante mais ce qui doit &#234;tre aussi soulign&#233;, c'est la mont&#233;e en puissance des &#233;conomies du Br&#233;sil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine (les &#171; BRIC &#187;), et en particulier de cette derni&#232;re. La part de la Chine dans le PIB mondial continue &#224; augmenter. Ses taux de croissance vont de 6 % lorsque le reste du monde est en r&#233;cession, &#224; plus de 10 % lorsque l'&#233;conomie mondiale conna&#238;t des phases d'expansion. La Chine n'a pas remplac&#233; les &#201;tats-Unis. Les th&#232;ses du &#171; d&#233;couplage &#187; entre une Chine en expansion continue et des centres imp&#233;rialistes en crise, n'ont pas tenu. La Chine a subi les cons&#233;quences de la crise mais elle ne s'est pas effondr&#233;e. Le r&#244;le que tiendra maintenant l'&#233;conomie chinoise dans le monde d&#233;pendra de sa capacit&#233; &#224; constituer un march&#233; interne, &#224; construire un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, &#224; stimuler une demande avec une hausse des salaires. Si ces conditions ne sont pas remplies, la dynamique chinoise sera ralentie. Les m&#233;canismes bureaucratiques, la corruption galopante, la surexploitation des travailleurs migrants, p&#232;sent n&#233;gativement sur la demande interne. Sur le plan mondial, les &#201;tats-Unis et la Chine (comme d'autres partenaires &#233;tats-uniens) sont li&#233;s dans un rapport de coop&#233;ration et de concurrence, mais &#224; cette &#233;tape c'est la coop&#233;ration qui pr&#233;vaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ce cadre multipolaire qu'il faut aborder les rapports avec le Br&#233;sil devenu nouvelle puissance imp&#233;rialiste. D&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1960, on &#233;voquait la notion de &#171; sous-imp&#233;rialisme &#187; pour le Br&#233;sil, imp&#233;rialisme mais puissance secondaire et subordonn&#233;e vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Seconde par rapport &#224; la force de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain certainement mais pas subordonn&#233;e. La puissance &#233;conomique, financi&#232;re, sociale, territoriale, &#233;nerg&#233;tique et militaire du Br&#233;sil en fait un partenaire associ&#233; mais aussi un concurrent et rival de l'imp&#233;rialisme &#233;tats-unien, surtout en Am&#233;rique latine. Dans cette concurrence/association, les USA compenseront leurs points faibles dans la comp&#233;tition mondiale par l'utilisation de leur h&#233;g&#233;monie politico militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3. Afghanistan, Irak, Palestine : les centres de tensions militaires dans le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enjeux dans ces pays-l&#224; restent des questions strat&#233;giques de premier ordre pour l'administration nord-am&#233;ricaine. C'est encore l&#224; que se joue le leadership militaire &#233;tats-unien dans le monde. Une d&#233;faite dans ces secteurs et c'est l'ensemble des rapports de forces mondiaux qui basculent. C'est ce qui explique qu'au-del&#224; des contradictions inter-imp&#233;rialistes lors de la guerre d'Irak, toutes les puissances occidentales se sont align&#233;es finalement sur l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Derni&#232;re initiative dans ce sens : la r&#233;int&#233;gration de la France dans le commandement de l'OTAN. Compl&#233;ment du G20, le sommet de Strasbourg, en avril 2009, a illustr&#233; cette &#233;volution. En m&#234;me temps, les &#201;tats-Unis cherchent &#224; neutraliser la Russie et la Chine, en abandonnant les projets de d&#233;ploiement de missiles en Europe de l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique dans cette r&#233;gion est assez illustrative de la nouvelle politique am&#233;ricaine depuis l'&#233;lection d'Obama. D'un c&#244;t&#233;, des initiatives, des discours, des postures &#171; d'ouverture &#187;. Ici et l&#224;, on fait des r&#233;f&#233;rences &#224; l'apport de la civilisation arabe dans le monde, on d&#233;clare &#171; vouloir le dialogue &#187; avec l'Iran, on fait pression sur le gouvernement isra&#233;lien pour ralentir les implantations de colonies sionistes en territoire palestinien. Mais dans les faits, les menaces sur l'Iran se multiplient, le retrait d'Irak des troupes am&#233;ricaines s'&#233;ternise, l'effort de guerre imp&#233;rialiste redouble en Afghanistan, et on laisse faire le gouvernement Netanyahou en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de l'intervention imp&#233;rialiste sont multiples : le contr&#244;le des ressources naturelles (le p&#233;trole en premier lieu), la pr&#233;sence g&#233;ostrat&#233;gique dans une r&#233;gion aux confins de le Russie, de l'Inde et de la Chine&#8230; Mais l'enjeu des conflits dans cette r&#233;gion c'est de pr&#233;server la capacit&#233; de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#224; r&#233;affirmer son h&#233;g&#233;monie militaire. Aussi, les exigences du retrait des troupes en Irak et en Afghanistan sont &#233;l&#233;mentaires pour respecter les droits des peuples et pour affaiblir strat&#233;giquement les puissances imp&#233;rialistes. C'est aussi dans ce sens que nous d&#233;fendons plus que jamais, en particulier apr&#232;s les &#233;v&#232;nements de Gaza, les droits du peuple palestinien &#8212; l'arr&#234;t imm&#233;diat de la politique des colonies, le retrait d'Isra&#235;l des territoires occup&#233;s depuis 1967, le droit au retour des Palestiniens et une perspective qui combine le &#171; d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat sioniste et une solution politique dans laquelle tous les peuples de Palestine (palestinien et juif isra&#233;lien) puissent vivre ensemble dans l'&#233;galit&#233; totale des droits &#187; (motion du Comit&#233; international de f&#233;vrier 2009). De ce point de vue, nous nous inscrivons dans la campagne de solidarit&#233; internationale BDS (&#171; Boycott, D&#233;sinvestissement, Sanction &#187;) et en solidarit&#233; avec le peuple palestinien. Enfin, le rejet des menaces imp&#233;rialistes contre l'Iran ne doit pas mener au soutien du r&#233;gime d'Ahmadin&#233;jad, mais au contraire, &#224; la solidarit&#233; active avec les mobilisations de millions d'Iraniens pour la d&#233;mocratie et contre la dictature du r&#233;gime. L&#224; aussi, comme dans chaque conflit, notre boussole reste la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts et des luttes des opprim&#233;s et la d&#233;fense de leurs droits sociaux et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.4. Une nouvelle phase de confrontations en Am&#233;rique latine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce continent reste celui des r&#233;sistances sociales les plus avanc&#233;es contre les politiques n&#233;olib&#233;rales et les attaques de l'imp&#233;rialisme. De mani&#232;re r&#233;currente, le continent est travaill&#233; par les explosions et les luttes sociales, comme vient de l'illustrer la crise au Honduras o&#249;, malgr&#233; la r&#233;pression de l'arm&#233;e, le pays a vu se d&#233;velopper pour la premi&#232;re fois en cinquante ans un vaste mouvement populaire d'opposition aux putschistes. Les luttes sont multiples. Que cela soit par des gr&#232;ves ouvri&#232;res au Venezuela, en Argentine, en Bolivie, au travers des mouvements de masses anti-imp&#233;rialistes en &#201;quateur, au Venezuela, ou encore de mouvements indig&#232;nes dans les pays andins ou d'Am&#233;rique centrale, les r&#233;sistances sociales et politiques sont l&#224;. Il faut en particulier souligner la dynamique nouvelle de la question indig&#232;ne. Ce sont des centaines, des milliers d'Indiens qui entrent en mouvement pour d&#233;fendre leurs terres, leurs ressources naturelles, leur mode de vie face aux attaques des multinationales et des &#201;tats pr&#233;dateurs. En m&#234;me temps, en mettant l'accent sur un certain &#233;quilibre entre les hommes et la nature, ils peuvent constituer une r&#233;f&#233;rence de lutte autour de la d&#233;fense du &#171; bien commun &#187;, du &#171; vivre mieux &#187;. Mais face &#224; ces &#233;v&#232;nements les classes dominantes ne restent pas inertes : elles agissent soit par la confrontation contre les mouvements sociaux, dans le cas du Mexique, du Honduras, de la Colombie, du P&#233;rou, de la Bolivie, du Venezuela, soit par la cooptation, dans le cas, d'abord, du Br&#233;sil avec le PT, puis de l'Argentine (m&#234;me si c'est de mani&#232;re plus conflictuelle) avec le p&#233;ronisme, de l'Uruguay avec le Frente Amplio, de la gauche chilienne de Bachelet, de la gauche du Salvador&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;bouche sur trois types de gouvernement et de situation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Les gouvernements de droite et de l'ultra droite au Mexique, au Honduras, en Colombie, au P&#233;rou relayant des oppositions brutales de secteurs de la bourgeoisie en Bolivie, au Venezuela, en &#201;quateur o&#249; ces derniers n'ont pas abandonn&#233; la perspective du renversement de Chavez et d'Evo Morales. Ces secteurs sont aujourd'hui &#224; l'offensive appuy&#233;e par les sommets politico militaires de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Le coup d'&#201;tat au Honduras et surtout l'implantation de nouvelles bases nord- am&#233;ricaines en Colombie en sont la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Le deuxi&#232;me type de gouvernement, avec toutes ses nuances, se manifeste avec le Br&#233;sil, l'Argentine, le Nicaragua, l'Uruguay, le Paraguay, le Chili. Ce sont des gouvernements sociaux lib&#233;raux respectant les crit&#232;res g&#233;n&#233;raux des politiques n&#233;olib&#233;rales et s'inscrivant dans un rapport de coop&#233;ration avec le grand voisin nord-am&#233;ricain, m&#234;me si c'est de mani&#232;re conflictuelle comme le fait le Br&#233;sil de Lula. Dans ce bloc, c'est le Br&#233;sil, fort de sa taille, de ses ressources naturelles et de la puissance de son &#233;conomie, qui domine. Il faut d'ailleurs souligner, alors qu'en g&#233;n&#233;ral les exp&#233;riences sociales lib&#233;rales dans le monde se terminent mal pour les partis sociaux lib&#233;raux qui voient leur base sociale et politique se r&#233;duire, que ce n'est pas tout &#224; fait le cas, pour le Br&#233;sil o&#249; Lula , avec sa politique de &#171; Bolsa familia &#187; a pu d&#233;ployer un &#171; assistanat &#187; qui lui a donn&#233; une r&#233;elle popularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9679; Le troisi&#232;me type de gouvernement, appuy&#233; par Cuba, est celui du Venezuela, de Bolivie, d'&#201;quateur. Il faut d'ailleurs diff&#233;rencier la dynamique des forces et des &#233;v&#232;nements dans chacun des pays. Ces gouvernements ont d&#233;ploy&#233; des politiques de rupture partielle avec l'imp&#233;rialisme nord- am&#233;ricain, une redistribution des revenus en faveur des programmes sociaux et des couches sociales les plus pauvres, un appui aux mouvements sociaux. Nous sommes &#224; leur c&#244;t&#233; contre l'imp&#233;rialisme nord- am&#233;ricain. Nous nous appuyons sur tous les d&#233;bats surgis de ces exp&#233;riences autour de la notion du socialisme du XXIe si&#232;cle pour d&#233;fendre nos propositions. Mais il faut pr&#233;ciser sur ce point les sp&#233;cificit&#233;s de chaque exp&#233;rience. Si Chavez et Morales s'appuient sur les mouvements de masse, avec une pression plus forte des mouvements sociaux en Bolivie et des rapports plus &#171; bonapartistes &#187; au Venezuela, les &#233;v&#232;nements r&#233;cents ont montr&#233; une opposition entre le mouvement indig&#232;ne de la CONAIE en &#201;quateur et le gouvernement Correa. Les rapports entre ces gouvernements et le mouvement de masse constituent un test majeur pour le futur de ces exp&#233;riences. Mais en toile de fond reste une question capitale, le degr&#233; de rupture avec le capitalisme, sa logique de profitabilit&#233;, ses rapports &#224; la finance, son syst&#232;me de propri&#233;t&#233;, d'autant que la crise a percut&#233; tous les fondements de l'&#233;conomie de ces pays. De ce point de vue, ces gouvernements n'ont pas, &#224; ce jour, saisi l'occasion de la crise pour avancer substantiellement dans une rupture avec le capitalisme et son &#171; mod&#232;le productiviste extractif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.5. L'Europe en crise profonde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe face &#224; au rebond nord-am&#233;ricain et &#224; la mont&#233;e des BRIC conna&#238;t une d&#233;t&#233;rioration de ses positions dans le monde. La crise a frapp&#233; de plein fouet les &#233;conomies du vieux continent. Des facteurs propres l'ont m&#234;me aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de construction politique de l'Union europ&#233;enne conjugu&#233; aux dynamiques divergentes de ses principales &#233;conomies &#8212; la finance anglaise, les d&#233;ficits commerciaux fran&#231;ais et les exportations industrielles allemandes &#8212; l'ont conduit &#224; r&#233;pondre de mani&#232;re partielle, &#233;clat&#233;e, sans v&#233;ritables politiques de coordination. Les trait&#233;s europ&#233;ens qui ont mis au centre depuis des ann&#233;es la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; ont favoris&#233; les processus de financiarisation au d&#233;triment des politiques industrielles. Du coup, l'Europe a subi des processus de d&#233;sindustrialisation, en particulier en France. Le ch&#244;mage explose. En m&#234;me temps les d&#233;ficits et la dette des pays europ&#233;ens augmentent dangereusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'est, les &#233;conomies de certains pays d&#233;pendant fortement du syst&#232;me bancaire international ne s'en sortent que par des aides internationales &#224; coup de perfusions du FMI. Les politiques mises en &#339;uvre &#8212; en Hongrie, dans les Pays baltes et en Roumanie, qui vont jusqu'&#224; l'organisation de la baisse des salaires des fonctionnaires &#8212; montrent bien la profondeur de la crise dans ces pays mais aussi dans leur environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les contradictions internes &#224; l'Europe vont s'aiguiser. Il peut y avoir, ici et l&#224;, des tentations protectionnistes, mais ce n'est pas le choix fondamental des classes capitalistes europ&#233;ennes. Elles ont choisi la mondialisation, mais dans ce processus, elles n'ont pas d'insertion commune comme &#171; capitalisme europ&#233;en &#187;. Au contraire ce sont des int&#233;r&#234;ts crois&#233;s entre telle &#233;conomie nationale et telle multinationale qui en d&#233;terminent les orientations fondamentales. La concurrence mondiale peut ainsi se doubler d'une concurrence intereurop&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans cette situation de crise durable, l'offensive &#233;conomique se double d'une offensive politique des droites. Les derniers r&#233;sultats des &#233;lections europ&#233;ennes confirment cette tendance, &#224; l'exception de la Gr&#232;ce et de la Su&#232;de. Les forces fascistes ou semi fascistes tendent aussi &#224; augmenter leur pression sur les situations politiques nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce m&#234;me mouvement que s'affirment aussi des solutions autoritaires appuy&#233;es en particulier sur les politiques contre les immigr&#233;s et les sans-papiers. La mondialisation et la multiplication des &#233;changes, l'appauvrissement du Sud par les puissances du Nord, les catastrophes &#233;cologiques ou alimentaires provoquent des transferts massifs de population, en particulier des pays pauvres vers les pays riches. La crise aggrave m&#234;me tous les ph&#233;nom&#232;nes d'exploitation et d'oppression des immigr&#233;s. Les mouvements racistes en font m&#234;me ses boucs &#233;missaires. Cela doit conduire le mouvement ouvrier &#224; riposter en mettant en avant une politique de d&#233;fense des droits des immigr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, se mettent en place de v&#233;ritables politiques de criminalisation des luttes et mouvements sociaux ou des syst&#232;mes r&#233;pressifs, au nom de la lutte &#171; anti-terroriste &#187;, avec des fichiers, des syst&#232;mes d'&#233;coute, des listes, cela sans le moindre respect des droits d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces tensions, au-del&#224; m&#234;me des cycles de lutte sociale, peuvent conduire &#224; l'&#233;clatement de crises politiques ou institutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de &#171; Constitution europ&#233;enne &#187;, repris par le Trait&#233; de Lisbonne, vise dans ce cadre &#224; permettre &#224; l'appareil de l'Union europ&#233;enne de jouer partiellement un r&#244;le absolutiste renforc&#233; (pr&#233;sidence plus forte, repr&#233;sentation internationale unique&#8230;), imposant centralement et sans contr&#244;le d&#233;mocratique (m&#234;me formel), une politique europ&#233;enne &#224; l'&#233;chelle internationale. Les &#201;tats membres gardent dans ce cadre leurs institutions de d&#233;mocratie formelle, de plus en plus vides de sens face aux d&#233;cisions europ&#233;ennes qui &#171; encadrent &#187; la politique nationale, en fonction des compromis entre les principales puissances imp&#233;rialistes europ&#233;ennes. C'est une Union europ&#233;enne in&#233;gale (les &#171; grands pays &#187; et les &#171; petits &#187;, soumis) o&#249; la population est priv&#233;e de toute intervention parlementaire, m&#234;me formelle, qui est en voie de construction, comme en t&#233;moigne encore le r&#233;sultat du second r&#233;f&#233;rendum irlandais. Enfin, face aux plans de l'Union europ&#233;enne, la gauche anticapitaliste doit d&#233;fendre une orientation internationaliste de d&#233;fense des droits sociaux et d&#233;mocratiques pour une Europe au service des travailleurs et des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. L'&#233;volution de la gauche et du mouvement ouvrier en Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise de 1929 sert souvent de r&#233;f&#233;rence pour &#233;valuer l'ampleur de la crise actuelle. Les ann&#233;es trente, sur le plan social et politique peuvent aussi constituer un point de comparaison avec la p&#233;riode pr&#233;sente. Les chocs sociaux et politiques sont moins brutaux. Les amortisseurs sociaux att&#233;nuent les confrontations. D'aucuns ont caract&#233;ris&#233; la situation actuelle par la formule &#171; des ann&#233;es trente au ralenti &#187;. Les diff&#233;rences entre ces p&#233;riodes historiques sont nettes. Mais une course de vitesse est n&#233;anmoins engag&#233;e entre les salari&#233;s, les mouvements sociaux, le mouvement ouvrier et des droites populistes, autoritaires, x&#233;nophobes. Il y a une polarisation &#224; gauche et &#224; droite. Il n'y a pas de rapports m&#233;caniques entre crise &#233;conomique et lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise s'inscrit dans des rapports de forces sociaux et politiques d&#233;grad&#233;s depuis plus d'une d&#233;cennie. Le salariat a connu des processus de restructuration qui ont individualis&#233; la force de travail et ont affaibli structurellement l'organisation collective des travailleurs. Le mouvement ouvrier traditionnel a connu un d&#233;clin incontestable. La crise va accentuer tous ces processus de restructuration, en engageant m&#234;me de nouveaux. N&#233;anmoins, des points d'appui, dans les organisations et institutions, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s pour r&#233;sister &#224; la crise. Dans cette premi&#232;re phase de la crise, l'inqui&#233;tude est grande, la crainte de perdre son emploi p&#232;se sur la combativit&#233; de la masse des travailleurs, mais ceux-ci ne sont pas t&#233;tanis&#233;s, d&#233;moralis&#233;s, abattus. De nouvelles g&#233;n&#233;rations &#233;mergent au travers des premiers mouvements de gr&#232;ve. Des r&#233;sistances &#224; la crise se sont manifest&#233;es m&#234;me si elles sont partielles et in&#233;gales selon les situations sp&#233;cifiques et les rapports de forces de chaque pays. Mais les effets sociaux et politiques des premi&#232;res phases de la crise ne pouvaient retourner les tendances lourdes de la situation. Des d&#233;faites ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es dans certaines des entreprises qui ont vu des centaines ou des milliers de licenciements. En g&#233;n&#233;ral, malgr&#233; de r&#233;elles r&#233;sistances sociales dans bien des cas, les plans de r&#233;organisation capitaliste ont &#233;t&#233; appliqu&#233;s. Et de nouvelles attaques tr&#232;s dures s'annoncent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est d'autant difficile que les directions du mouvement ouvrier traditionnel ont une responsabilit&#233; majeure dans la d&#233;mobilisation ou la d&#233;sorientation de secteurs entiers du salariat. Du coup les travailleurs ont du mal &#224; voir comment faire reculer leur patronat et leur gouvernement. Le choix des appareils traditionnels du mouvement syndical et de la social-d&#233;mocratie a &#233;t&#233; d'accompagner les politiques des classes dominantes et des &#201;tats face &#224; la crise. Il y a eu une discussion sur le volume et les dimensions des plans de relance, sur telle ou telle mesure de r&#233;organisation du syst&#232;me bancaire, mais globalement, la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne s'est inscrite dans les plans de l'Union europ&#233;enne. Le manifeste du PSE en est un bon exemple. Il n'y a m&#234;me pas eu, par exemple, de bataille pour une alternative r&#233;formiste keyn&#233;sienne. La crise acc&#233;l&#232;re l'institutionnalisation des bureaucraties ouvri&#232;res &#8212; couches sociales privil&#233;gi&#233;es au sein du mouvement ouvrier &#8212; au sein du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, elle aggrave, aussi, la crise de la social-d&#233;mocratie. L'&#233;volution sociale lib&#233;rale des partis socialistes avait d&#233;j&#224; sap&#233; une part substantielle de leur base sociale et politique populaire. Mais le recul s'aggrave. Aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes la social-d&#233;mocratie a connu une nette d&#233;faite. Les derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives en Allemagne et au Portugal ont confirm&#233; cette tendance. Le SPD a perdu pr&#232;s de 4,5 millions d'&#233;lecteurs entre 2005 et 2009. Le PS portugais a perdu 9,5 % des suffrages par rapport aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives. On ne peut &#233;carter telle ou telle &#171; inflexion &#224; gauche &#187;, pour contenir ces pertes, mais la tendance principale est plut&#244;t d'approfondir l'adaptation des grands appareils du mouvement syndical et de la social-d&#233;mocratie aux imp&#233;ratifs de la gestion capitaliste de la crise. Ainsi, apr&#232;s la politique de grande coalition en Allemagne du SPD avec la CDU-CSU, en France le Parti socialiste pr&#233;pare et se pr&#233;pare &#224; construire une coalition avec le centre droit. Ce mouvement s'inscrit dans un processus plus global, o&#249; de plus en plus de voix se l&#232;vent au sein m&#234;me de la social-d&#233;mocratie pour d&#233;passer les &#171; vieux PS &#187; et rompre avec ce qui reste d'histoire du mouvement ouvrier dans ces partis. C'est la dynamique qu'a connue la gauche italienne avec l'&#233;volution de secteurs entiers de l'ex-PCI vers la tentative de construire un parti de type d&#233;mocrate &#224; l'am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus, les partis verts et &#233;cologistes jouent un r&#244;le actif. B&#233;n&#233;ficiant des inqui&#233;tudes l&#233;gitimes de la population face &#224; la crise &#233;cologique, ils voient, en particulier en France et en Allemagne, cro&#238;tre leur r&#244;le politique. Leur orientation s'inscrit en g&#233;n&#233;ral dans la perspective d'une grande coalition de la gauche traditionnelle, du centre et des &#233;cologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation ouvre un espace &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie en crise. C'est le sens de la perc&#233;e du Bloco de Esquerda au Portugal et de Die Linke en Allemagne lors des derni&#232;res &#233;lections, et du poids de formations comme l'Alliance Rouge et Verte au Danemark, la gauche irlandaise au travers du mouvement pour le &#171; non &#187; au trait&#233; de Lisbonne, ou le NPA en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne est global mais la situation de la gauche radicale est sp&#233;cifique dans chaque pays, notamment en fonction de l'histoire, des rapports de forces et du type de syst&#232;me &#233;lectoral. Des diff&#233;rences politiques substantielles existent aussi entre les partis qui ont opt&#233; pour une rupture avec le syst&#232;me capitaliste, qui d&#233;fendent une ind&#233;pendance nette face &#224; la social-d&#233;mocratie et ceux qui inscrivent leur projet dans la gestion du capitalisme lib&#233;ral et de ses institutions. Une d&#233;marcation nette sur le refus de participer &#224; des gouvernements r&#233;gionaux ou nationaux sociaux lib&#233;raux rel&#232;ve aussi de la n&#233;cessit&#233; vitale d'une perspective ind&#233;pendante des vieux appareils de la gauche traditionnelle pour r&#233;organiser et reconstruire le mouvement social. Dans tous les pays o&#249; la gauche radicale a particip&#233; &#224; un gouvernement avec la social-d&#233;mocratie ou le centre-gauche, elle a &#233;t&#233; satellis&#233;e par la gauche sociale lib&#233;rale. La force d'attraction des institutions bourgeoises a &#233;t&#233; plus forte que toutes les proclamations antilib&#233;rales. C'est le sens de la discussion avec la direction de Die Linke en Allemagne. Le d&#233;veloppement de Die Linke est un pas en avant pour la gauche allemande, mais l'orientation port&#233;e par sa direction &#8212; tant sur le plan programmatique (retour &#224; &#171; l'&#201;tat social &#187;, &#224; &#171; l'&#201;tat providence &#187;) que sur le plan des alliances parlementaires et gouvernementales avec le SPD &#8212; constitue un danger majeur dans la r&#233;organisation du mouvement ouvrier allemand. La construction d'une gauche alternative anticapitaliste au sein de Die Linke mais aussi dans l'ensemble de la gauche sociale et politique allemande reste une des questions cl&#233; en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la r&#233;alit&#233; de cette gauche radicale en Europe, exige plus que jamais de s'engager dans la voie du rassemblement de la gauche anticapitaliste, notamment par l'organisation de conf&#233;rences, de d&#233;bats et de campagnes communes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Un programme anticapitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La profondeur de la crise donne une nouvelle actualit&#233; aux r&#233;ponses anticapitalistes. &#171; Ce n'est pas aux peuples et aux travailleurs de payer la crise, mais aux capitalistes ! &#187; C'est le cri qui a jailli de toutes les manifestations contre les effets de la crise capitaliste. Quel contenu donner &#224; cette volont&#233; populaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord un plan d'urgence social et &#233;cologique pour le refus des licenciements et des suppressions d'emploi, l'interdiction des licenciements par le maintien du contrat de travail et du revenu assur&#233; par l'entreprise, les branches professionnelles patronales ou l'&#201;tat en cas de ch&#244;mage partiel ou total, la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail sans r&#233;duction de salaire, l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat, des retraites et pensions, une d&#233;fense et une relance des services publics, une d&#233;fense des droits des femmes &#8212; refus de toutes les discriminations, lutte contre toutes les violences faites aux femmes, pour le droit &#224; l'avortement, pour l'&#233;galit&#233; professionnelle &#8212;, une politique de grands travaux publics centr&#233;s sur la priorit&#233; &#233;cologique (&#233;conomie d'&#233;nergies, &#233;nergies renouvelables, lutte contre la pollution, transports en commun, logements sociaux, cr&#233;ation d'emplois dans des activit&#233;s &#233;cologiques socialement utiles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La satisfaction de ces revendications passe par une autre r&#233;partition des richesses. Si des centaines de milliards ont pu &#234;tre d&#233;bloqu&#233;s en une nuit, alors les profits financiers, industriels, bancaires, les grandes fortunes peuvent bien &#234;tre tax&#233;s pour financer l'emploi, les salaires, les services publics et la s&#233;curit&#233; sociale. Les paradis fiscaux que les &#201;tats-Unis et l'Europe ont laiss&#233; prosp&#233;rer dans quelques &#201;tats ou principaut&#233;s doivent &#234;tre liquid&#233;s. Des mesures simples arr&#234;tant le dumping fiscal et homog&#233;n&#233;isant des taux d'imposition &#233;lev&#233;s sur les b&#233;n&#233;fices des entreprises doivent &#234;tre mises en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise pose une autre question : qui contr&#244;le, qui d&#233;cide, qui poss&#232;de ? C'est la question de l'appropriation publique et sociale. Il faudra &#233;tablir une loi g&#233;n&#233;rale : affranchir les services publics des r&#232;gles de la concurrence, instaurer le monopole public sur les services publics strat&#233;giques. &#192; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie, nous opposons la propri&#233;t&#233; publique et sociale de ces grands secteurs. Des solutions radicales doivent r&#233;organiser le syst&#232;me bancaire. Le secteur bancaire et financier doit &#234;tre unifi&#233; et nationalis&#233; sous contr&#244;le populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la combinaison de la crise &#233;conomique et &#233;cologique d&#233;bouche sur un imp&#233;ratif : changer de logique, substituer au tout-profit et au productivisme les besoins sociaux. Cette exigence n&#233;cessite de reconvertir des secteurs entiers de l'&#233;conomie pour respecter les &#233;quilibres socio-&#233;cologiques, comme les secteurs de l'automobile, de l'armement ou du nucl&#233;aire. Le &#171; bien commun &#187; constituera l'objectif d'une croissance &#233;quilibr&#233;e, &#233;co-socialiste, exigeant de redonner un caract&#232;re central &#224; la planification d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces objectifs paraissent inatteignables dans les rapports de forces sociaux actuels. Mais la crise met &#224; l'ordre du jour des solutions radicales qui exigent une confrontation avec les classes dominantes. Ce combat exige des mobilisations sociales et politiques exceptionnelles. Les d&#233;bats sur les rapports entre luttes partielles, mouvements d'ensemble et gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reviennent &#224; l'ordre du jour. Dans ce cadre, les r&#233;volutionnaires doivent combiner int&#233;gration dans le mouvement de masse r&#233;el, unit&#233; d'action, proposition de lutte et r&#233;ponses socialistes globales. La lutte pour des r&#233;formes partielles et des projets de transformation de la soci&#233;t&#233; pose la question du pouvoir. Les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates critiquent souvent la gauche radicale parce qu'elle refuserait de prendre ses responsabilit&#233;s et de vouloir gouverner. Pour d&#233;mentir cette accusation, les anticapitalistes doivent prouver qu'ils &#339;uvrent &#224; cr&#233;er les conditions pour qu'un large mouvement de masse auto-organis&#233; fasse irruption sur la sc&#232;ne politique et impose un gouvernement populaire qui applique un programme social, d&#233;mocratique et anticapitaliste. Cette perspective de gouvernement de rupture anticapitaliste exige de ne pas succomber &#224; la participation &#224; des gouvernements sociaux lib&#233;raux avec les partis socialistes ou le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, toutes ces batailles doivent s'articuler autour d'une perspective socialiste, &#233;co-socialiste qui pr&#233;sente les grandes lignes d'un projet de soci&#233;t&#233; alternatif, d'un nouveau mode de production et de consommation, d'une nouvelle conception de la d&#233;mocratie, d'une d&#233;mocratie socialiste. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado, membre du Comit&#233; politique national du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France), est membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale et r&#233;dacteur d'Inprecor. Nous reproduisons ici les notes pr&#233;paratoires pour le rapport sur la situation internationale (en vue du d&#233;bat au XVIe Congr&#232;s mondial de la IVe Internationale), qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es et discut&#233;es lors de la session du Bureau ex&#233;cutif le 17 octobre 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cercle Gauche socialiste-Qu&#233;bec</title>
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		<dc:subject>Gauche Socialiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Comment se situer face &#224; la perspective de gouvernement provincial compte tenu de notre projet social et national ? &lt;br class='autobr' /&gt; Un vote pour Qu&#233;bec solidaire signifie-t-il ou doit-il signifier un appui &#224; la souverainet&#233; du Qu&#233;bec ? Cette question est essentielle et la r&#233;ponse est un pr&#233;alable &#224; une poursuite d'un d&#233;bat fructueux. Cette r&#233;ponse d&#233;finit le rapport de Qu&#233;bec solidaire &#224; la souverainet&#233; ? Plus, elle d&#233;finit la nature m&#234;me de Qu&#233;bec solidaire. Un vote pour Qu&#233;bec solidaire doit devenir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH78/arton2389-01f10.jpg?1629992707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment se situer face &#224; la perspective de gouvernement provincial compte tenu de notre projet social et national ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un vote pour Qu&#233;bec solidaire signifie-t-il ou doit-il signifier un appui &#224; la souverainet&#233; du Qu&#233;bec ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette question est essentielle et la r&#233;ponse est un pr&#233;alable &#224; une poursuite d'un d&#233;bat fructueux. Cette r&#233;ponse d&#233;finit le rapport de Qu&#233;bec solidaire &#224; la souverainet&#233; ? Plus, elle d&#233;finit la nature m&#234;me de Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vote pour Qu&#233;bec solidaire doit devenir un vote pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Il doit devenir un vote pour une approche d&#233;mocratique de la question de la souverainet&#233; marqu&#233;e par le r&#244;le essentiel de la souverainet&#233; populaire. Il doit devenir un vote pour une strat&#233;gie qui lie souverainet&#233; et projet de soci&#233;t&#233; alternatif. Voil&#224; ce qui d&#233;marque radicalement Qu&#233;bec solidaire du Parti qu&#233;b&#233;cois sur la question de la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; n'est pas que l'arri&#232;re sc&#232;ne de notre programme. Elle est un axe essentiel de notre d&#233;finition politique. Comme nous l'&#233;crivions dans notre D&#233;claration de principes, adopt&#233;e lors du congr&#232;s de fondation : &#171; Le Qu&#233;bec soit disposer de tous les pouvoirs n&#233;cessaires &#224; son plein d&#233;veloppement aux plans social, &#233;conomique, culturel et politique, ce qui lui est refus&#233; dans le cadre f&#233;d&#233;ral. Notre parti opte donc pour la souverainet&#233;. Sans &#234;tre une garantie, la souverainet&#233; est un moyen de fournir au Qu&#233;bec les outils n&#233;cessaires pour r&#233;aliser son projet de soci&#233;t&#233; et s'&#233;panouir pleinement comme peuple. &#187; Mais, la souverainet&#233; n'est pas que de l'ordre des moyens. Le soutien &#224; la lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec est pour nous une lutte essentielle pour la d&#233;mocratie politique, une lutte contre l'oppression nationale v&#233;cue par le peuple qu&#233;b&#233;cois dans le cadre du f&#233;d&#233;ralisme canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois est un &#201;tat tronqu&#233;. Il ne poss&#232;de pas que certains pouvoirs accord&#233;s par la Constitution mis en place par la bourgeoisie canadienne lors de la fondation de ce pays. Cette d&#233;l&#233;gation de pouvoirs est d'ailleurs sans cesse remis en en question par l'&#201;tat canadien. Les principaux m&#233;canismes d'intervention &#233;conomique sont dans les mains de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. La nation qu&#233;b&#233;coise est une minorit&#233; politique. Elle ne peut d&#233;passer ce statut qu'en obtenant son ind&#233;pendance. Ce statut de minorit&#233; politique domin&#233;e &#233;conomiquement, politiquement et id&#233;ologiquement, c'est l&#224; le fondement de son oppression nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression nationale du Qu&#233;bec est la forme particuli&#232;re que prend la domination du Capital au Canada ou l'essentiel du pouvoir &#233;conomique et politique est concentr&#233; dans les mains de la bourgeoisie canadienne et de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral qui oriente le destin du peuple du Qu&#233;bec selon ces propres besoins. L'oppression nationale s'exprime par ce partage in&#233;gal des pouvoirs mais &#233;galement par la domination linguistique et culturelle de la bourgeoisie canadienne sur l'ensemble du Qu&#233;bec. Et cela se traduit par des pratiques autoritaires. C'est ainsi que l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral ne reconna&#238;t le droit du Qu&#233;bec de l&#233;gif&#233;rer en toute autonomie sur la langue fran&#231;aise. La Cour supr&#234;me est le d&#233;cideur en derni&#232;re instance de la l&#233;gislation linguistique qui sera appliqu&#233; au Qu&#233;bec. L'ensemble des institutions f&#233;d&#233;rales refusent d'appliquer la loi 101. Le f&#233;d&#233;ral soutient la bilinguisation et s'oppose activement &#224; ce que le fran&#231;ais devienne la langue d'int&#233;gration nationale. Pour les travailleuses et les travailleurs, la langue de la promotion, malgr&#233; les avanc&#233;es &#224; cet &#233;gard, reste l'anglais. Les personnes nouvellement immigr&#233;es identifient clairement le fait que le fran&#231;ais n'est pas la langue de la promotion sociale au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le verrou essentiel de l'oppression nationale, c'est la n&#233;gation par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral du droit &#224; l'autod&#233;termination du Qu&#233;bec. Cette n&#233;gation a pris une forme des plus ouvertes avec la loi sur la clart&#233; qui soumet tout exercice de souverainet&#233; populaire aux d&#233;cisions du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Il s'agit de refuser d'avance toute expression de la souverainet&#233; populaire de la nation qu&#233;b&#233;coise. Notre d&#233;fense de la souverainet&#233;, notre rejet de l'oppression nationale est &#224; la base de notre opposition au f&#233;d&#233;ralisme canadien. Nous avons un devoir de d&#233;montrer que ce f&#233;d&#233;ralisme va &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec. Pour amener les progressistes qui d&#233;fendent le f&#233;d&#233;ralisme canadien &#224; rompre avec ce dernier, il faut montrer que notre projet de souverainet&#233; est li&#233; &#224; la d&#233;fense de la souverainet&#233; populaire et &#224; un projet social inclusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, la lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, constitue une lutte contre l'oppression nationale, une lutte d&#233;mocratique essentielle. Elle ne rel&#232;ve pas que de l'ordre des moyens, m&#234;me si cette dimension est aussi importante. La souverainet&#233; peut et doit s'articuler &#224; deux autres dimensions que sont la souverainet&#233; populaire et le projet de soci&#233;t&#233; &#233;galitaire. C'est l&#224; le sens de notre projet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;lection d'un gouvernement de Qu&#233;bec solidaire lui donnerait-il la l&#233;gitimit&#233; de faire &#233;lire une assembl&#233;e constituante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous agissons pour que l'&#233;lection d'un gouvernement de Qu&#233;bec solidaire soit interpr&#233;t&#233;e par la population comme un vote pour la souverainet&#233;, pour notre strat&#233;gie d&#233;mocratique et pour notre projet de soci&#233;t&#233;, un gouvernement de Qu&#233;bec solidaire aura toute la l&#233;gitimit&#233; de pr&#233;senter une loi favorisant l'&#233;lection de l'assembl&#233;e constituante. Pr&#233;tendre le contraire, c'est remettre en question la l&#233;gitimit&#233; des r&#233;f&#233;rendums initi&#233;s par le PQ suite &#224; leur prise du pouvoir. M&#234;me les autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales ont reconnu de facto cette l&#233;gitimit&#233; en participant &#224; la lutte r&#233;f&#233;rendaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le r&#244;le des partis politiques dans la d&#233;fense de la d&#233;mocratie citoyenne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques sont des groupes qui proposent des alternatives politiques en situant ces alternatives au c&#339;ur de la conflictualit&#233; sociale et politique. C'est le propre des partis politiques d&#233;mocratiques de concevoir leur travail comme celui de rendre clair les enjeux et les prises de position diff&#233;rentes qui traversent la soci&#233;t&#233; et de clarifier pourquoi des groupes sociaux particuliers portent telles ou telles orientations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des partis politiques face au respect de la d&#233;mocratie ce n'est pas le respect des consensus, c'est l'&#233;claircissement des enjeux et la proposition d'alternatives pr&#233;cises. La d&#233;fense de la d&#233;mocratie citoyenne ne passe pas par l'&#233;limination de la diversit&#233;, du pluralisme, des divergences dans des consensus qui masqueraient les divergences d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au terme de la d&#233;marche de d&#233;mocratie participative, est-ce que nous devrions changer de position et tout revoir si un consensus pour la souverainet&#233; ne se d&#233;gageait pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti qu&#233;b&#233;cois a-t-il abandonn&#233; son option suite &#224; un r&#233;f&#233;rendum ? Non. Aurait-il d&#251; le faire en juin 1980 puisqu'une majorit&#233;&#8230; claire s'y &#233;tait oppos&#233;e ? Sa d&#233;marche de continuer la lutte pour la souverainet&#233;, est-elle une attitude anti-d&#233;mocratique ? Devrions-nous abandonner notre programme social parce qu'une majorit&#233; de la population soutiendrait des partis d&#233;fendant un programme n&#233;olib&#233;ral ? En aucune fa&#231;on. Nous continuerons &#224; nous battre autour de ce qui nous rassemble et de d&#233;fendre une soci&#233;t&#233; &#233;cologiste, f&#233;ministe, pacifiste et &#233;galitaire&#8230; Il doit en &#234;tre de m&#234;me dans notre lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec car nous croyons qu'elle est un objectif essentiel dans notre lutte contre l'oppression nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-il vraiment d&#233;mocratique, que d&#233;pendant de consensus conjoncturels, souvent le fruit du refus de pr&#233;ciser les enjeux v&#233;ritables et de gommer la conflictualit&#233; du national et du social, un parti politique change d'orientation au gr&#233; des sondages. Aucunement. C'est dans le cadre de m&#233;canismes de souverainet&#233; populaire (&#233;lections, r&#233;f&#233;rendums, constituante&#8230;) que les consensus majoritaires peuvent &#234;tre d&#233;gag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans l'&#233;lection pour une assembl&#233;e constituante, comment va se poser la lutte entre les partis politiques et les courants d'opinion pr&#233;sents dans les mouvements sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis ind&#233;pendantistes vont lutter pour que l'assembl&#233;e constituante se voit confier le mandat d'&#233;laborer une constitution d'un Qu&#233;bec souverain. Les partis f&#233;d&#233;ralistes vont lutter pour que l'assembl&#233;e constituante se voit confier le mandat d'&#233;laborer une constitution du Qu&#233;bec dans le cadre du f&#233;d&#233;ralisme canadien. Des orientations conf&#233;d&#233;rationnistes ou autonomistes vont aussi se manifester et demander d'avoir des &#233;lu-e-s. Des groupes sociaux : syndicats, groupes de femmes, groupes &#233;cologistes peuvent d&#233;cider de pr&#233;senter des candidates et des candidats pour d&#233;fendre un point de vue d&#233;termin&#233;e sur les diff&#233;rents enjeux d&#233;mocratiques qui seront discut&#233;s dans le cadre de la constituante. L'assembl&#233;e constituante va refl&#233;ter la conflictualit&#233; sociale et politique pr&#233;sente dans le c&#339;ur m&#234;me de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et ses formes sp&#233;cifiques &#224; un moment pr&#233;cis de notre histoire. Et les r&#233;sultats de ces travaux vont r&#233;sulter en des arbitrages qui devront &#234;tre soumis &#224; l'intervention citoyenne et au suffrage du peuple dans le cadre d'un r&#233;f&#233;rendum. Et c'est en ce sens la souverainet&#233; populaire ne rel&#232;ve pas de l'interpr&#233;tation des consensus pr&#233;sents dans la soci&#233;t&#233; par un parti politique que ce soit Qu&#233;bec solidaire ou tout autre parti politique. La souverainet&#233; populaire c'est la d&#233;cision du peuple sur son organisation politique et la constituante doit permettre l'exercice de cette souverainet&#233;. Les r&#233;sultats de ses travaux ayant cherch&#233; &#224; s'int&#233;grer dans une d&#233;marche de d&#233;mocratie participative et &#233;tant soumis &#224; un r&#233;f&#233;rendum, la l&#233;gitimit&#233; du processus sera consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Rioux, S&#233;bastien Bouchard, Jean-Pierre Roy, Cynthia Bergeron&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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