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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>25N : Elections en Catalogne. Les coupeurs coup&#233;s... et un cheval de Troie dans le parlement ! </title>
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		<dc:date>2012-11-28T14:06:32Z</dc:date>
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		<dc:creator>Revolta Global</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du 25N montrent clairement que Artur Mas (le pr&#233;sident de Catalogne) a rat&#233; sa tentative d'obtenir une &#034;majorit&#233; exceptionnel&#034;. La CiU (Convergencia i Unio, le parti au pouvoir) a perdu 12 &#233;lus, m&#234;me si elle a essay&#233; de prendre la t&#234;te du mouvement du 11 septembre (l'une des plus grandes manifestations pour l'ind&#233;pendance jamais vue &#224; Barcelone) et de pr&#233;senter les &#233;lections comment un pl&#233;biscite pour faire oublier sa politique d'aust&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Une grande partie des &#233;lecteurs ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du 25N montrent clairement que Artur Mas (le pr&#233;sident de Catalogne) a rat&#233; sa tentative d'obtenir une &#034;majorit&#233; exceptionnel&#034;. La CiU (Convergencia i Unio, le parti au pouvoir) a perdu 12 &#233;lus, m&#234;me si elle a essay&#233; de prendre la t&#234;te du mouvement du 11 septembre (l'une des plus grandes manifestations pour l'ind&#233;pendance jamais vue &#224; Barcelone) et de pr&#233;senter les &#233;lections comment un pl&#233;biscite pour faire oublier sa politique d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une grande partie des &#233;lecteurs ne sont pas laiss&#233; manipuler par cette op&#233;ration, et ont bien identifi&#233; la CiU comme le parti de l'aust&#233;rit&#233;, fid&#232;le au monde des affaires, et comme une force qui n'a jamais voulu une rupture r&#233;elle avec le cadre constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des faits politiques plus importants du 25N, c'est l'approfondissement de la crise du PSC (Parti socialiste catalan) qui, avec ses 523.333 voix (14,6%), chute &#224; son minimum historique. Sans projet cr&#233;dible tant sur le terrain social que national, le PSC est l'exemple vivant de la crise historique de la social-d&#233;mocratie due &#224; sa subordination extr&#234;me ou pouvoir financier et &#224; ses diktats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du vote espagnoliste, avec un mont&#233;e des voix du PP, malgr&#233; les politiques d'aust&#233;rit&#233; de Rajoy, et la mont&#233;e de C's (Citoyennes, parti de centre droit espagnoliste) montre comme le d&#233;veloppement d'un mouvement ind&#233;pendantiste sans contenu social ouvre les portes &#224; la d&#233;magogie espagnole. Il y a un danger potentiel de polarisation sociale sur la question nationale dans un contexte o&#249; les syndicats et les partis de gauche traditionnels ont perdu beaucoup de leurs liens avec les classes travailleuses fragment&#233;es et d&#233;structur&#233;es. Une fois de plus, le besoin de mener une lutte contre les droites nationales et catalanes et pour l'am&#233;lioration des conditions de vie de la majorit&#233; de la population devient une question strat&#233;gique cl&#233; pour stopper la d&#233;magogie de C's et du PP. La question sociale et la question nationale doivent &#234;tre absolument li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ICV-EUiA (la coalition du parti &#233;cologiste et du parti communiste) a gagn&#233; pas mal des voix, mais sa mont&#233;e ne repr&#233;sente pas un saut qualitatif. M&#234;me avec le soutien d'Alexis Tsipras de la coalition grecque Syriza, gr&#226;ce aux relations internationales d'EUiA, le message de la campagne d'ICV-EUiA &#233;tait faible, se limitant &#224; une critique de l'aust&#233;rit&#233; et apparaissant comme un parti conventionnel ins&#233;r&#233; dans le syst&#232;me traditionnel des partis. On se rappel d'ailleurs de son pass&#233; gestionnaire dans le gouvernement de gauche plurielle avec le PSC et l'ERC (la gauche r&#233;publicaine catalane). La proposition d'une Syriza catalane port&#233;e par EUiA il y a quelques mois, qu'il faut continuer &#224; discuter s&#233;rieusement, a perdu en visibilit&#233; dans la campagne &#233;lectorale. Esp&#233;rons que, dans cette nouvelle &#233;tape, son lien avec les luttes sociales s'intensifie au moment o&#249; nous avons besoin d'unir les forces contre les politiques d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ERC (gauche r&#233;publicaine catalane) fait partie des gagnants de la journ&#233;e en r&#233;cup&#233;rant des voix de la CiU et du PSC. Elle devra d&#233;cider comment g&#233;rer son capital, si elle continue &#224; &#234;tre une force subordonn&#233;e &#224; la CiU ou pas et si, avec l'excuse de pr&#233;parer l'agenda national de la CiU, elle fait le choix de la soutenir dans ses politiques d'aust&#233;rit&#233;, ce qui serait une grave erreur politique et strat&#233;gique contraire aux int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; de la population de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de CUP-Alternative d'Esquerres (gauche ind&#233;pendantiste et gauche radicale), dont les anticapitalistes doivent se r&#233;jouir, est la grande nouveaut&#233; dans le panorama de la gauche. Jamais jusqu'&#224; pr&#233;sent une force de gauche en marge des partis traditionnels et avec un programme de rupture n'avait obtenu un succ&#232;s comparable. La CUP-AE est arriv&#233;e au Parlement gr&#226;ce &#224; une campagne claire de rupture anticapitaliste et d&#233;mocratique radicale et avec beaucoup de soutiens qui d&#233;passent la gauche ind&#233;pendantiste, incluant la gauche anticapitaliste organis&#233;e, des listes municipales alternatives et beaucoup secteurs de la gauche sociale. Le grand d&#233;fi maintenant est de g&#233;rer collectivement ce succ&#232;s. Pour la premi&#232;re fois, beaucoup d'activistes sociaux se sont engag&#233;s dans une alternative politique. Cela ne devrait pas &#234;tre un compromis ponctuel mais le d&#233;but d'un large processus de re-politisation sociale et d'organisation. La volont&#233; exprim&#233;e d'&#234;tre le &#034;cheval de Troie&#034; des classes populaires au Parlement doit &#234;tre le mot d'ordre du travail parlementaire de la CUP-AE et doit permettre de rendre visible la possibilit&#233; de faire la politique d'une autre fa&#231;on, sans permanents professionnels, et dans la m&#234;me longueur d'ondes que les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand d&#233;fi de la gauche catalane est de construire une force politique qui puisse &#234;tre majoritaire et vaincre les forces de l'aust&#233;rit&#233; qui nous noient jour apr&#232;s jour. Cette alternative sera seulement possible si beaucoup d'organisations et de volont&#233;s se mettent ensemble, dans un processus qui ne fait que commencer. La crise implique une perte constante de l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me politique et des grands partis politiques. Il faut approfondir cette dynamique et faire &#233;clater l'actuel syst&#232;me de partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux forces principales de la politique catalane, la CiU et le PSC, ne font ensemble que 45% des voix, moins de la moiti&#233;. Si on y additionne le PP, le pourcentage n'arrive qu'&#224; 58%. Il est de plus en plus clair qu'il y a un rejet croissant des partis majoritaires qui sont les piliers de l'actuel r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prochaine l&#233;gislature sera celle de l'instabilit&#233;, avec une augmentation des attaques de l'appareil d'&#201;tat et politico-m&#233;diatique espagnol contre la tenue d'une consultation souverainiste, avec un approfondissement de la crise &#233;conomique et presque certainement un abandon total &#224; l'&#201;tat espagnol. L'opposition &#224; l'aust&#233;rit&#233; que Mas et Rajoy pr&#233;parent pour l'avenir doit commencer d&#232;s maintenant. Tout comme la consultation souverainiste, en tant qu'acte d&#233;mocratique, doit &#234;tre convoqu&#233;e le plus t&#244;t possible pour &#233;viter les man&#339;uvres de Mas pour la dilater dans le temps. Relancer la mobilisation sociale et ne pas donner de tr&#234;ve au nouveau gouvernement de la CiU, ce sont les d&#233;fis qui sont devant nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction pour LCR-Lagauche : Marc Lancharro Rodriguez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.revoltaglobal.cat/article5019.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.revoltaglobal.cat/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dictature des march&#233;s, la monarchie belge et le nationalisme flamand</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-dictature-des-marches-la-monarchie-belge-et-le-nationalisme-flamand</link>
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		<dc:date>2011-08-03T15:26:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>Belgique</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Contre la monarchie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;cente visite des princes de la monarchie britannique a raviv&#233; la lutte contre la monarchie, partie int&#233;grante de la lutte de lib&#233;ration national du peuple qu&#233;b&#233;cois. En Belgique, la question nationale et la monarchie soul&#232;vent d'autres enjeux. Une chose est claire, ni en Belgique, ni dans l'&#201;tat canadien, la monarchie - institution parasitaire et anachronique - offre une solution au complexe d&#233;bat national. Il ne saurait remplacer les deux principes phares du socialisme : l'autonomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3229-f2187.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;cente visite des princes de la monarchie britannique a raviv&#233; la lutte contre la monarchie, partie int&#233;grante de la lutte de lib&#233;ration national du peuple qu&#233;b&#233;cois. En Belgique, la question nationale et la monarchie soul&#232;vent d'autres enjeux. Une chose est claire, ni en Belgique, ni dans l'&#201;tat canadien, la monarchie - institution parasitaire et anachronique - offre une solution au complexe d&#233;bat national. Il ne saurait remplacer les deux principes phares du socialisme : l'autonomie des nations et la solidarit&#233; internationaliste. (Introduction : La Gauche)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le discours t&#233;l&#233;vis&#233; que le roi Albert II a prononc&#233; &#224; l'occasion de la f&#234;te nationale n'a pas re&#231;u, &#224; gauche, l'attention qu'il m&#233;ritait. Le monarque est sorti de son r&#244;le constitutionnel pour se camper en &#171; dernier recours &#187; et appeler la population &#224; se mobiliser avec lui pour faire pression sur la classe politique, incapable de r&#233;soudre les probl&#232;mes. Quelques mois auparavant, Albert II, inversant les r&#244;les au sein de l'ex&#233;cutif, avait charg&#233; le gouvernement Leterme, pourtant en affaires courantes, de confectionner un budget 2011 allant plus loin que les injonctions europ&#233;ennes sur la voie de l'assainissement budg&#233;taire. La couronne intervient de plus en plus directement sur le champ politique, en faveur d'une politique d'aust&#233;rit&#233; dure pilot&#233;e et coordonn&#233;e au niveau f&#233;d&#233;ral. Le nationalisme flamand ultra-lib&#233;ral et s&#233;paratiste incarn&#233; par la NVA n'est pas le seul danger qui plane sur les acquis sociaux et sur les droits d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert II a justifi&#233; sa sortie au nom du droit de la monarchie de &#171; mettre en garde &#187;. La constitution ne l'autorise pas &#224; &#171; mettre en garde &#187; publiquement, en s'adressant directement &#224; la population, par-dessus le gouvernement. Tous ses actes doivent &#234;tre couverts par le Premier Ministre. De plus, th&#233;oriquement, le roi ne peut user de ce droit de mise en garde que dans le cadre de ses entretiens avec les responsables politiques, dans le cadre de ce qu'on appelle le &#171; colloque singulier &#187;. Mais, en p&#233;riode de crise politique, comme en p&#233;riode de guerre, le pouvoir de la monarchie est consid&#233;rable. Albert II en use et en abuse dans le cadre de la crise de r&#233;gime ouverte qui dure maintenant depuis plus d'un an. Prononc&#233; le 20 juillet, son discours tr&#232;s militant, appuy&#233; par des gestes imp&#233;ratifs, r&#233;v&#232;le &#224; quel point la monarchie est un instrument aux mains de la classe dominante, ou d'une partie de celle-ci. L'instrument d'un pouvoir fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond, la partie la plus significative du discours est celle dans laquelle Albert II appelle &#224; des &#171; r&#233;formes structurelles &#187;, tant dans le domaine institutionnel que dans le domaine socio-&#233;conomique. Emball&#233;s dans de belles paroles sur le bien-&#234;tre des citoyens et la d&#233;mocratie (un chef d'Etat non &#233;lu qui parle de d&#233;mocratie !), ces appels ne font pourtant pas illusion. Albert les justifie et les cadre explicitement dans la n&#233;cessit&#233; de continuer &#171; l'aventure europ&#233;enne &#187; et de la mener &#224; bien, contre les menaces de repli nationaliste. Or, &#224; l'heure o&#249; l'Union Europ&#233;enne met bas le masque et joue ouvertement son r&#244;le d'instrument du capital, &#224; l'heure o&#249; la tro&#239;ka Commission Europ&#233;enne-Banque Centrale Europ&#233;enne-FMI impose partout une aust&#233;rit&#233; drastique pour garantir les profits d'une poign&#233;e de sp&#233;culateurs, chacun sait ce que &#171; l'aventure europ&#233;enne &#187; signifie : blocage des salaires, privatisations, d&#233;mant&#232;lement de la s&#233;curit&#233; sociale, allongement de la carri&#232;re professionnelle, flexibilit&#233; de la main-d'oeuvre, pertes d'emploi dans la fonction publique&#8230; on en passe, et des meilleures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours muscl&#233; du souverain s'inscrit ainsi dans la tendance galopante &#224; l'instauration en Europe d'une f&#233;roce dictature du capital, dont les seuls buts sont de sauver &#224; tout prix les profits des banques et d'aider les entreprises du vieux continent dans leur guerre de concurrence contre leurs rivales am&#233;ricaines et asiatiques. Cette tendance a fait des bonds de g&#233;ant ces derniers mois, avec l'instauration du &#171; semestre europ&#233;en &#187; et de la &#171; gouvernance &#233;conomique europ&#233;enne &#187;, des dispositifs qui reviennent tout simplement &#224; mettre les parlements nationaux sous la tutelle des march&#233;s et des agences de notation. Autrement dit &#224; liquider ce que la d&#233;mocratie parlementaire bourgeoise pouvait encore avoir de &#171; repr&#233;sentatif &#187; des populations, via le suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre pays, les voies d'instauration de cette dictature du grand capital divisent la classe dominante. La plus grande partie du patronat flamand, rassembl&#233;e dans le VOKA, consid&#232;re que les rapports de forces politiques au Nord du pays lui permettent d'aller plus vite &#224; l'objectif. La condition pour ce faire est une autonomie accrue de la Flandre, notamment en mati&#232;re fiscale et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fraction de la classe dominante se reconna&#238;t et s'exprime &#224; travers la NVA de Bart De Wever, dont le nationalisme n'est que l'enveloppe populiste d'un ultra-lib&#233;ralisme de combat, dirig&#233; contre le mouvement ouvrier. Une autre fraction, soutenue par la technocratie europ&#233;enne et les grandes puissances, mise sur l'Etat f&#233;d&#233;ral, et utilise les craintes des cons&#233;quences d'une scission du pays &#8211; notamment de la s&#233;curit&#233; sociale &#8211; pour faire avaler l'aust&#233;rit&#233; au monde du travail, au nom du &#171; moindre mal &#187;. Principal parti au Sud du pays, le PS est l'instrument cl&#233; de cette strat&#233;gie, dont la note Di Rupo constitue l'expression la plus claire. Nul ne sait si les n&#233;gociations politiques qui reprendront apr&#232;s le 15 ao&#251;t d&#233;boucheront ou non sur un gouvernement de plein exercice, avec le CD&amp;V et sans la NVA. Mais une chose est certaine : si ces pourparlers devaient aboutir, ce serait au prix d'attaques encore plus dures que celles qui sont d&#233;j&#224; planifi&#233;es dans le texte du formateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en d&#233;non&#231;ant l'incapacit&#233; du politique et en jouant sa propre carte &#8211; celle de la sin&#233;cure qui permet &#224; sa famille de royaux parasites de vivre aux crochets des contribuables, Albert II vient clairement en appui de cette fraction. Quoique la NVA ne soit pas oppos&#233;e au f&#233;d&#233;ralisme europ&#233;en, on retrouve ici, mutatis mutandis, les tensions entre le grand capital pro-UE et les forces de droite qui, &#224; l'instar du FN fran&#231;ais, exploitent d&#233;magogiquement le m&#233;contentement face &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Pas &#233;tonnant que le discours du 20 juillet ait &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme un coup de pouce aux efforts du Pr&#233;sident du PS &#8211; dont l'ambition personnelle &#224; devenir le Premier Ministre de Sa Majest&#233; ne doit pas &#234;tre sous-estim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant que le PS, par la bouche de Laurette Onkelinx, ait salu&#233; la tirade bonapartiste du Chef de l'Etat. Tout cela montre le degr&#233; de d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la social-d&#233;mocratie, d&#233;j&#224; illustr&#233; par les r&#244;les de Papandr&#233;ou en Gr&#232;ce, de Zapatero en Espagne et de Socrates au Portugal &#8211; sans parler de DSK, l'ex-futur Pr&#233;sident des Fran&#231;ais. Quant &#224; la NVA, elle a fustig&#233; l'intervention du roi. Mais il ne faut pas s'y tromper : tout en misant sur le pourrissement des institutions de la Belgique, Bart de Wever est preneur de tout ce qui fait avancer l'aust&#233;rit&#233; et reculer les droits d&#233;mocratiques, car cela cadre avec son projet ultra-lib&#233;ral. C'est pourquoi celui qui avoue sans ambages que &#171; le VOKA est (son) patron &#187;, a soutenu l'extension des pouvoirs du gouvernement en affaires courantes, notamment lors de l'&#233;laboration du budget 2011&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical craint De Wever, &#224; juste titre. Mais il ferait une erreur terrible s'il se r&#233;signait &#224; la strat&#233;gie du &#171; moindre mal &#187; de la social-d&#233;mocratie et de ses alli&#233;s. La seule issue pour lui est d'&#233;laborer son propre programme de r&#233;formes anticapitalistes. D'exiger un audit de la dette publique, afin de mettre en lumi&#232;re les dettes ill&#233;gitimes, produit de la mani&#232;re dont les banques se sont enrichies en pr&#234;tant des capitaux fictifs. De r&#233;clamer l'abrogation des &#171; baisses de charges &#187; patronales ainsi qu'une gestion de la S&#233;curit&#233; sociale par les seuls repr&#233;sentant-e-s du monde du travail. De revendiquer une r&#233;duction radicale du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauche proportionnelle et baisse des cadences. Etc&#8230; Il va de soi que ce programme, &#224; la fois social, &#233;cologique et d&#233;mocratique, n'a de sens que s'il va de pair avec une mobilisation en profondeur des travailleurs et des travailleuses &#8211; avec ou sans emploi &#8211; ainsi que des pensionn&#233;-e-s, des jeunes et de tou-te-s les laiss&#233;-e-s pour compte de ce syst&#232;me injuste, Belges et immigr&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation ne peut gagner que si elle rassemble les forces, par-del&#224; la fronti&#232;re linguistique&#8230; et celles des appareils. Dans la mesure o&#249; cette mobilisation lib&#232;rera l'&#233;nergie et la cr&#233;ativit&#233; des exploit&#233;-e-s et des opprim&#233;-e-s, elle permettra non seulement de sauvegarder les acquis sociaux mais aussi de r&#233;inventer la d&#233;mocratie par en-bas, comme les Indign&#233;-e-s ont commenc&#233; &#224; le faire en Espagne et en Gr&#232;ce. C'est alors seulement que les probl&#232;mes de la coexistence entre les peuples flamands et wallons pourront trouver une solution f&#233;d&#233;rale conforme aux int&#233;r&#234;ts du monde du travail. Une solution sans monarchie, dans le cadre d'une autre Europe, &#233;cosocialiste. Pour la gauche - la vraie - il n'y a tout simplement pas d'autre voie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Daniel Tanuro, le 27 juillet 2011. Publi&#233; sur le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la lutte antimonarchie au Qu&#233;bec : &lt;a href='https://www.lagauche.ca/Quebec-pour-une-republique-libre-sociale-et-democratique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qu&#233;bec : pour une r&#233;publique libre, sociale et d&#233;mocratique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les Indign&#233;es devant le Parlement</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Esther Vivas, Josep Maria Antentas </dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>

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&lt;p&gt;La journ&#233;e du 15 juin (15J) laissera des traces. 24 heures qui en valent bien plus. Un temps acc&#233;l&#233;r&#233; et condens&#233;. Elle marque, sans aucun doute, un point d'inflexion, au r&#233;sultat incertain, dans la trajectoire du mouvement n&#233; le 15 mai dernier (15M). &lt;br class='autobr' /&gt; La mobilisation devant le Parlement de la Catalogne se d&#233;roulait un mois apr&#232;s le 15M. Elle &#233;tait le r&#233;sultat du succ&#232;s des campements et des occupations des places. Mais &#233;galement de plusieurs mois de mobilisations contre les mesures (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-278-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Catalogne-+" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L137xH137/arton3197-ef36b.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='137' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La journ&#233;e du 15 juin (15J) laissera des traces. 24 heures qui en valent bien plus. Un temps acc&#233;l&#233;r&#233; et condens&#233;. Elle marque, sans aucun doute, un point d'inflexion, au r&#233;sultat incertain, dans la trajectoire du mouvement n&#233; le 15 mai dernier (15M).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mobilisation devant le Parlement de la Catalogne se d&#233;roulait un mois apr&#232;s le 15M. Elle &#233;tait le r&#233;sultat du succ&#232;s des campements et des occupations des places. Mais &#233;galement de plusieurs mois de mobilisations contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; en Catalogne, men&#233;es par les travailleurs-euses du secteur de la sant&#233; publique. L'objectif &#233;tait clair : d&#233;montrer, &#224; l'occasion de sa discussion en session parlementaire, le rejet d&#233;termin&#233; d'un nouveau budget anti-social qui s'attaque aux services publics fondamentaux. Le 15J &#233;tait un pas de plus dans la tentative de stopper des budgets destructeurs d'un gouvernement d&#233;cid&#233; &#224; les imposer co&#251;te que co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque de faire une sortie de piste, le mouvement avait opt&#233; pour appuyer sur l'acc&#233;l&#233;rateur. Le r&#233;sultat, ce fut une action de d&#233;sob&#233;issance civile de masse sans pr&#233;c&#233;dent dans la ville de Barcelone. En termes d'efficacit&#233;, d'impact dans l'agenda, dans la capacit&#233; de se faire entendre&#8230; le bilan ne laisse aucun doute. Le Parc de la Ciutadella, &#224; l'int&#233;rieur duquel se trouve le &#171; Parlament de Catalunya &#187;, avait &#233;t&#233; ferm&#233; par le gouvernement pendant deux jours. Apr&#232;s plusieurs tentatives infructueuses d'entrer en voiture, le pr&#233;sident de la &#171; Generalitat &#187; catalane, avec un groupe de conseillers et la pr&#233;sidente de l'assembl&#233;e, ont du se r&#233;soudre &#224; rejoindre le Parlement en h&#233;licopt&#232;re. Un groupe important de d&#233;put&#233;s, face &#224; l'impossibilit&#233; d'atteindre l'h&#233;micycle, est entr&#233; par un fourgon policier qui est pass&#233; par les installations du zoo (qui se trouve &#224; c&#244;t&#233; du Parlement)&#8230; Toute une m&#233;taphore ! La journ&#233;e du 15 juin n'a donc vraiment pas &#233;t&#233; une sin&#233;cure pour les partisans de la &#171; loi et de l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Normalit&#233; &#187;. Tel est le mot f&#233;tiche des opposants &#224; la mobilisation. &#171; Il faut r&#233;tablir la normalit&#233; d&#233;mocratique ! &#187; ont hurl&#233; &#224; l'unisson les autorit&#233;s et les m&#233;dias. Mais de quelle &#171; normalit&#233; &#187; parlent-ils ? Celle des cinq millions de ch&#244;meurs ? Des milliers d'expulsions de logements qui se d&#233;roulent chaque mois ? Celle de l'immunit&#233; des politiciens corrompus ? Celle du talon de fer n&#233;olib&#233;ral qui, avec le pr&#233;texte de la crise, &#233;crase sans cesse les droits sociaux ? C'est pr&#233;cis&#233;ment cette farce de la &#171; normalit&#233; &#187; que le mouvement du 15 Mai remet en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;poque du mouvement alterglobaliste, nous n'avions jamais vu une mobilisation aussi d&#233;termin&#233;e et courageuse dans sa volont&#233; de d&#233;fier le pouvoir &#233;tabli. Les images des d&#233;l&#233;gu&#233;s de la 3e Rencontre minist&#233;rielles du sommet de l'OMC &#224; Seattle, bloqu&#233;s par les manifestants avec leurs tactiques d'action directe non violente, nous sont revenues &#224; la m&#233;moire. Mais les institutions internationales &#233;taient &#224; peine connues par les citoyens avant que ce mouvement les mette en pleine lumi&#232;re par ses actions. Elles manquaient de l&#233;gitimit&#233; ou de symbolisme d&#233;mocratiques. Vu leur nature et leurs caract&#233;ristiques propres, il &#233;tait difficile de la part des partisans du mod&#232;le &#233;conomique actuel de faire de la d&#233;magogie au nom de la d&#233;mocratie en d&#233;fendant la Banque mondiale, le FMI, l'OMC ou m&#234;me l'Union europ&#233;enne, comme c'est le cas aujourd'hui avec des institutions &#233;lues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de la Gr&#232;ce, le si&#232;ge du Parlement catalan ne s'est pas produit dans le contexte d'un soul&#232;vement populaire, mais dans la mont&#233;e d'un mouvement qui jouit d'une large sympathie qui ne s'est pas encore transform&#233;e en un engagement militant dans la lutte. Il compte ainsi sur une base sociale mobilisable encore r&#233;duite. Si le 15J a &#233;t&#233; une action de d&#233;sob&#233;issance civile de grande ampleur dans laquelle 3.000 personnes ont particip&#233;, ce n'&#233;tait pas une mobilisation de masses. Cela explique la violence avec laquelle le mouvement a &#233;t&#233; imm&#233;diatement attaqu&#233; par le pouvoir politique, dans une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'&#233;viter que le courant de sympathie populaire vis-&#224;-vis des campements et des occupations des places ne se transforme en un mouvement de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opposants au mouvement, au-del&#224; de quelques voix irr&#233;ductibles, &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent assez passifs, d&#233;bord&#233;s et surpris par un mouvement qu'ils n'attendaient pas et par les sympathies qu'il a &#233;veill&#233; (tellement nombreuses qu'il est y compris possible que le mouvement s'est fait de &#171; faux amis &#187; de circonstance). Mais le coup d'acc&#233;l&#233;rateur du 15J et l'&#233;l&#233;vation du niveau de confrontation ont provoqu&#233; une contre-attaque en r&#232;gle d'une magnitude qui n'a pas &#233;t&#233; anticip&#233;e par le mouvement. Apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;velopp&#233; pendant plusieurs semaines dans une ambiance politique et m&#233;diatique relativement favorable, il s'affronte pour la premi&#232;re fois &#224; une attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la part du pouvoir politique et des m&#233;dias, avec l'objectif de l'isoler, de l'affaiblir et de le d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attaque m&#233;lange, de mani&#232;re plus ou moins d&#233;lib&#233;r&#233;e, deux arguments : la pr&#233;tendue &#171; ill&#233;gitimit&#233; &#187; d'une mobilisation pr&#233;sent&#233;e comme &#171; anti-d&#233;mocratique &#187; et son caract&#232;re soi-disant &#171; violent &#187;. Vus de pr&#232;s, ces deux arguments n'ont aucune base solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument d&#233;magogique selon lequel l'action repr&#233;sentait une &#171; prise d'otage du Parlement &#187; et une &#171; attaque contre la d&#233;mocratie &#187; est inacceptable. Ce ne sont pas les manifestants qui ont s&#233;questr&#233; le Parlement, mais bien le pouvoir &#233;conomique et financier. Ce sont les int&#233;r&#234;ts des grands groupes patronaux qui l'ont pris en otage, et depuis longtemps d&#233;j&#224;. Et cela, il faut le dire, sans rencontrer beaucoup de r&#233;sistance de la par de ces messieurs dames, frapp&#233;s d'une sorte de syndrome de Stockholm face au pouvoir &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ressassent la fable selon laquelle le Parlement est le d&#233;positaire de la souverainet&#233; du peuple catalan ; que les d&#233;put&#233;s sont les seuls repr&#233;sentants l&#233;gitimes du peuple et qu'organiser une action de d&#233;sob&#233;issance civile afin de &#171; bloquer &#187; symboliquement cette institution est un acte &#171; anti-d&#233;mocratique &#187;, ces gens l&#224; &#171; oublient &#187; certaines choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, ils occultent le fait qu'une partie importante des citoyens de la Catalogne (abstentionnistes, votes blancs, nuls ou en faveur d'organisations politiques extra-parlementaires) n'ont jamais vot&#233; pour les options pr&#233;sentes dans le Parlement. Et que le nombre de personnes qui n'ont pas vot&#233; en faveur du parti au pouvoir, CiU (Converg&#232;ncia i Uni&#243;, coalition autonomiste de centre-droite, NdT), est plus important que celui de ses &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, ils ne semblent pas tenir compte du fait que les &#233;lecteurs des diff&#233;rents partis traditionnels le font sans enthousiasme, par pure d&#233;saffection, comme &#171; moindre mal &#187; et qu'ils partagent pleinement les critiques du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, ils sautent par dessus un &#171; d&#233;tail &#187; fondamental : ni l'aust&#233;rit&#233;, ni le sauvetage des banques, ni tant d'autres escroqueries n'ont &#233;t&#233; choisies dans les urnes. Elles ne figuraient m&#234;me pas dans les programmes &#233;lectoraux des partis au pouvoir. C'est au contraire le mouvement lui-m&#234;me qui a &#233;labor&#233; des propositions de r&#233;f&#233;rendums sur l'aust&#233;rit&#233; et les mesures d'ajustement, comme en Gr&#232;ce et en Islande. C'est le mouvement qui a formul&#233; des propositions d&#233;mocratiques afin que ce soit au peuple de Catalogne de s'exprimer. Et c'est le gouvernement et le Parlement qui refusent ces choix. Le m&#234;me Parlement et gouvernement qui approuvent sans cesse de nouvelles r&#233;ductions des droits, des cadeaux aux plus riches et des attaques contre l'environnement. Il y a bien peu de le&#231;ons d&#233;mocratiques &#224; recevoir de la part de ceux qui r&#233;duisent les droits fondamentaux des personnes et restreignent les libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, r&#233;duire l'id&#233;e de la d&#233;mocratie au &#171; parlement &#187; et &#224; ses &#171; &#233;lus &#187;, c'est d&#233;montrer une vision simpliste et superficielle de ce qu'est la d&#233;mocratie. Cette derni&#232;re n'est pas seulement synonyme de &#171; parlement &#187; et &#171; d'&#233;lections &#187;. La d&#233;mocratie, c'est aussi la participation, l'auto-organisation, les mobilisations&#8230; En d&#233;finitive, leur conception de la d&#233;mocratie n'est pas la n&#244;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que cela ne fasse aucun doute : la d&#233;cision de &#171; bloquer le Parlement &#187; &#233;tait parfaitement l&#233;gitime. O&#249; est le scandale dans le fait de huer des d&#233;put&#233;s ? Ou de tenter de perturber la discussion d'un budget qui repr&#233;sente une grave attaque contre les droits sociaux ? Apr&#232;s de longs mois de mobilisations dans le secteur de la sant&#233;, dans l'enseignement, de campements et d'occupations de places et face &#224; un gouvernement qui continue &#224; avancer sans ce soucier du peuple, la d&#233;sob&#233;issance civile des masses n'est qu'un pas de plus dans une lutte de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains affirment que l'action du 15J &#233;tait ill&#233;gale. Ils oublient que tout ce qui est l&#233;gal n'est pas juste, et que tout ce qui est ill&#233;gal n'est pas injuste. L'histoire est pleine de mobilisations et de luttes men&#233;es aux marges des lois. Des lois qui ne sont jamais neutres, car elles sont toujours le r&#233;sultat d'un rapport de forces entre les classes et les secteurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de &#171; l'attaque contre la d&#233;mocratie &#187; se m&#234;le &#224; celui de la critique contre la &#171; violence &#187; des manifestant-es. La campagne m&#233;diatique et politique contre le mouvement amplifie de mani&#232;re int&#233;ress&#233;e des incidents isol&#233;s dans une journ&#233;e de mobilisation qui, selon les crit&#232;res &#233;tablis par les organisateurs, a eu un caract&#232;re profond&#233;ment non violent et pacifique. Les accusations lanc&#233;es de &#171; kale borroka de basse intensit&#233; &#187; (la &#171; kale borroka &#187; est une forme de gu&#233;rilla urbaine men&#233;e par la frange la plus radicale du mouvement ind&#233;pendantiste basque, proche de l'ETA, NdT) ; de &#171; tactique de gu&#233;rilla urbaine &#187; ; de &#171; comportements d'une extr&#234;me violence &#187;, lanc&#233;es par le pr&#233;sident catalan, Artur Mas, et le Conseiller &#224; l'Int&#233;rieur, Felip Puig, sont absolument hors de propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'hyst&#233;rie m&#233;diatique, la r&#233;alit&#233; est que les protestations du 15J se sont caract&#233;ris&#233;es par la non violence, du moins du c&#244;t&#233; des manifestants, au-del&#224; de quelques faits isol&#233;s. La v&#233;ritable violence, comme c'est souvent le cas, a &#233;t&#233; le fait de la police, qui a bless&#233; 40 personnes (sans oublier les arrestations et les menaces d'arrestation) et dont on ne parle pratiquement pas. Des agissements policiers qui ont eu lieu, par ailleurs, dans le cadre d'un dispositif extr&#234;mement inad&#233;quat. Incomp&#233;tence du commandement de la police ? Tentative d&#233;lib&#233;r&#233;e de susciter et faciliter les situations tendues entre les manifestants et les d&#233;put&#233;s afin de d&#233;cr&#233;dibiliser la protestation ? Le doute demeure, mais la seconde possibilit&#233; semble assez probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action de l'ensemble des partis parlementaires face &#224; la journ&#233;e du 15J a &#233;t&#233; monolithique ; opposition frontale &#224; la protestation. Nous avons pu voir, en direct, un exemple lamentable de la solidarit&#233; de groupe de la caste des politiciens professionnels devant l'irruption d'un mouvement qui les rend mal &#224; l'aise. Ces politiciens professionnels pr&#233;f&#232;rent mille fois mieux un peuple d&#233;mobilis&#233; et coll&#233; &#224; son &#233;cran de t&#233;l&#233;vision. Mais le plus lamentable, ce fut l'attitude des partis de &#171; gauche &#187; qui, malgr&#233; une position formellement oppos&#233;e &#224; l'aust&#233;rit&#233;, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; signer une d&#233;claration commune &#224; tous les groupes parlementaires qui condamnait la mobilisation et d&#233;fendait la &#171; normalit&#233; institutionnelle &#187;. L'attitude de la coalition form&#233;e par l'ICV (&#171; Iniciativa per Catalunya Verds &#187;, organisation affili&#233;e aux Verts Europ&#233;ens) et EUiA (&#171; Esquerra Unida i Alternativa &#187;, coalition contr&#244;l&#233;e par le Parti communiste de Catalogne) a &#233;t&#233; particuli&#232;rement honteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu le triste r&#244;le jou&#233; par ICV-EUiA et par la &#171; gauche &#187; parlementaire en g&#233;n&#233;ral, le 15J a, plus que jamais, mis en &#233;vidence l'absence d'une r&#233;f&#233;rence politique anticapitaliste qui rompt avec le consensus parlementaire. Une gauche courageuse qui aurait annonc&#233; son refus de participer &#224; cette session, demand&#233; sa suspension et exig&#233; de faire marche arri&#232;re par rapport &#224; l'aust&#233;rit&#233;. Cela aurait aid&#233; &#224; briser le consensus de ceux qui gouvernent en faveur des patrons et des privil&#233;gi&#233;s et aurait apport&#233; de la l&#233;gitimit&#233; au mouvement. Ce n'est pas l&#224;, loin s'en faut, l'orientation de la gauche parlementaire catalane, dont l'alignement inconditionnel aux partis de droite contre le mouvement actuel, et avec une rh&#233;torique de criminalisation, d&#233;montre une fois de plus son abandon de toute option de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 15J, nous sommes plong&#233;s dans une bataille pour la l&#233;gitimit&#233;. Il revient maintenant au mouvement &#224; faire un effort de p&#233;dagogie pour expliquer les ressorts de la mobilisation devant le Parlement catalan et contester la d&#233;magogie et les calomnies. Il est l'heure de d&#233;ployer une strat&#233;gie intelligente face aux tentatives de criminalisation afin d'&#233;viter l'isolement et l'&#233;loignement de sa base sociale naturelle. Il est n&#233;cessaire de mettre en avant de bons contre arguments, afin de briser le discours m&#233;diatique qui, apr&#232;s les premi&#232;res heures du 15J va s'affaiblir. Il faut &#233;tablir un dialogue politique bien argument&#233; avec les secteurs sociaux, organisations, journalistes qui ont &#233;t&#233; tromp&#233;s par l'hyst&#233;rie contre le mouvement et du discours &#171; ils ont &#233;t&#233; trop loin &#187;, afin de les faire basculer &#224; nouveau du c&#244;t&#233; du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e de manifestations du dimanche 19 juin sera un test fondamental. Les manifestations qui auront lieu dans plusieurs villes de l'Etat espagnol, et en particulier celle de Barcelone, doivent servir &#224; traduire en mobilisation les sympathies que le mouvement a &#233;veill&#233; depuis le 15 mai afin de montrer, maintenant plus que jamais, l'ampleur du soutien populaire. Apr&#232;s le coup d'acc&#233;l&#233;rateurs du 15J, nous avons besoin d'une mobilisation massive porteuse de l&#233;gitimit&#233;. Une mobilisation de masse r&#233;ussie est aujourd'hui fondamentale pour l'avenir du mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Josep Maria Antentas&lt;/strong&gt; est professeur de sociologie &#224; l'Universitat Aut&#243;noma de Barcelona (UAB). &lt;strong&gt;Esther Vivas&lt;/strong&gt; participe au Centre d'&#233;tudes sur les mouvements sociaux (CEMS) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF). Tous deux sont membres de la Gauche Anticapitaliste (Izquierda Anticapitalista&#8211;Revolta Global, en Catalogne), r&#233;dacteurs &#224; la revue Viento Sur et auteurs de &#171; Resistencias Globales. De Seattle a la Crisis de Wall Street &#187; (Editorial Popular, 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Traduction fran&#231;aise par Ataulfo Riera pour le site &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lcr-lagauche.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;+info : &lt;a href=&#034;http://esthervivas.wordpress.com/francais&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://esthervivas.wordpress.com/francais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Huit propositions urgentes pour une autre Europe</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Huit-propositions-urgentes-pour-une-autre-Europe</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Annulation de la dette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM
&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril par Eric Toussaint &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise secoue l'Union europ&#233;enne jusque dans ses fondations. Pour plusieurs pays, le n&#339;ud coulant de la dette publique s'est referm&#233; sur eux et ils sont pris &#224; la gorge par les march&#233;s financiers. Avec la complicit&#233; active des gouvernements en place, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI, les institutions financi&#232;res &#224; l'origine de la crise s'enrichissent et sp&#233;culent sur les dettes des &#201;tats. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril par Eric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise secoue l'Union europ&#233;enne jusque dans ses fondations. Pour plusieurs pays, le n&#339;ud coulant de la dette publique s'est referm&#233; sur eux et ils sont pris &#224; la gorge par les march&#233;s financiers. Avec la complicit&#233; active des gouvernements en place, de la Commission europ&#233;enne, de la Banque centrale europ&#233;enne et du FMI, les institutions financi&#232;res &#224; l'origine de la crise s'enrichissent et sp&#233;culent sur les dettes des &#201;tats. Le patronat profite de la situation pour lancer une offensive brutale contre une s&#233;rie de droits &#233;conomiques et sociaux de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction des d&#233;ficits publics doit se faire, non pas en r&#233;duisant les d&#233;penses sociales publiques mais par la hausse des recettes fiscales, en luttant contre la grande fraude fiscale et en taxant davantage le capital, les transactions financi&#232;res, le patrimoine et les revenus des m&#233;nages riches. Pour r&#233;duire le d&#233;ficit, il faut &#233;galement r&#233;duire radicalement les d&#233;penses d'armement, ainsi que d'autres d&#233;penses socialement inutiles et dangereuses pour l'environnement. En revanche, il est fondamental d'augmenter les d&#233;penses sociales, notamment pour pallier les effets de la d&#233;pression &#233;conomique. Mais au-del&#224;, il faut consid&#233;rer cette crise comme une possibilit&#233; de rompre avec la logique capitaliste et de r&#233;aliser un changement radical de soci&#233;t&#233;. La nouvelle logique &#224; construire devra rompre avec le productivisme, int&#233;grer la donne &#233;cologique, &#233;radiquer les diff&#233;rentes formes d'oppression (raciale, patriarcale, etc.) et promouvoir les biens communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut construire un front anticrise, tant &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne que localement, afin de r&#233;unir les &#233;nergies pour cr&#233;er un rapport de force favorable &#224; la mise en pratique de solutions radicales centr&#233;es sur la justice sociale et climatique. D&#232;s ao&#251;t 2010, le CADTM a formul&#233; huit propositions concernant la crise actuelle en Europe |1|. L'&#233;l&#233;ment central est la n&#233;cessit&#233; de proc&#233;der &#224; l'annulation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique. Pour y parvenir, le CADTM recommande la r&#233;alisation d'un audit de la dette publique effectu&#233; sous contr&#244;le citoyen. Cet audit devra, dans certaines circonstances, &#234;tre combin&#233; &#224; une suspension unilat&#233;rale et souveraine du remboursement de la dette publique. L'objectif de l'audit est d'aboutir &#224; une annulation/r&#233;pudiation de la partie ill&#233;gitime de la dette publique et de r&#233;duire fortement le reste de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction radicale de la dette publique est une condition n&#233;cessaire mais pas suffisante pour sortir les pays de l'Union europ&#233;enne de la crise. Il faut la compl&#233;ter par toute une s&#233;rie de mesures de grande ampleur dans diff&#233;rents domaines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.R&#233;aliser un audit de la dette publique afin d'annuler la partie ill&#233;gitime.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie importante de la dette publique des &#201;tats de l'Union europ&#233;enne est ill&#233;gitime car elle r&#233;sulte d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e de gouvernements qui ont d&#233;cid&#233; de privil&#233;gier syst&#233;matiquement une classe sociale, la classe capitaliste, et d'autres couches favoris&#233;es, au d&#233;triment du reste de la soci&#233;t&#233;. La baisse des imp&#244;ts sur les hauts revenus des personnes physiques, sur leur patrimoine, sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es ont amen&#233; les pouvoirs publics &#224; augmenter la dette publique afin de combler le trou laiss&#233; par cette baisse. Ils ont aussi fortement augment&#233; la charge des imp&#244;ts sur les m&#233;nages modestes qui constituent la majorit&#233; de la population. &#192; cela s'est ajout&#233; depuis 2007-2008, un sauvetage des institutions financi&#232;res priv&#233;es, responsables de la crise, qui a co&#251;t&#233; tr&#232;s cher aux finances publiques et a fait exploser la dette publique. La baisse des recettes provoqu&#233;e par la crise caus&#233;e par les institutions financi&#232;res priv&#233;es a d&#251; &#234;tre une nouvelle fois combl&#233;e par des emprunts massifs. Ce cadre g&#233;n&#233;ral frappe clairement d'ill&#233;gitimit&#233; une part importante des dettes publiques. &#192; cela s'ajoutent, dans un certain nombre de pays soumis au chantage des march&#233;s financiers, d'autres sources &#233;videntes d'ill&#233;gitimit&#233;. Les nouvelles dettes contract&#233;es &#224; partir de 2008 l'ont &#233;t&#233; dans un contexte o&#249; les banquiers (et autres institutions financi&#232;res priv&#233;es) utilisent l'argent fourni &#224; bas taux d'int&#233;r&#234;t par les banques centrales pour sp&#233;culer et forcer les pouvoirs publics &#224; augmenter les r&#233;mun&#233;rations qu'ils leur versent. De plus, dans des pays comme la Gr&#232;ce, la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie ou l'Irlande, les pr&#234;ts accord&#233;s par le FMI ont &#233;t&#233; assortis de conditions qui constituent une violation des droits &#233;conomiques et sociaux des populations. Fait aggravant, ces conditions favorisent une fois de plus les banquiers et les autres institutions financi&#232;res. Pour ces raisons, elles sont aussi marqu&#233;es d'ill&#233;gitimit&#233;. Enfin dans certains cas, la volont&#233; populaire est bafou&#233;e : par exemple, alors qu'en f&#233;vrier 2011, les Irlandais ont vot&#233; &#224; une large majorit&#233; contre les partis qui avaient fait des cadeaux aux banquiers et avaient accept&#233; les conditions impos&#233;es par la Commission europ&#233;enne et le FMI, la nouvelle coalition gouvernementale poursuit grosso modo la m&#234;me politique que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Plus g&#233;n&#233;ralement, on assiste dans certains pays &#224; une marginalisation du pouvoir l&#233;gislatif au profit d'une politique du fait accompli impos&#233;e par le pouvoir ex&#233;cutif qui passe des accords avec la Commission europ&#233;enne et le FMI. Le pouvoir ex&#233;cutif pr&#233;sente ensuite au Parlement cet accord qui est &#224; prendre ou &#224; laisser. Il arrive m&#234;me qu'un d&#233;bat sans vote soit organis&#233; sur des sujets de premi&#232;re importance. La tendance du pouvoir ex&#233;cutif &#224; transformer l'organe l&#233;gislatif en une chambre d'enregistrement se renforce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte extr&#234;mement inqui&#233;tant, sachant qu'une s&#233;rie d'&#201;tats sera t&#244;t ou tard confront&#233;e &#224; un risque concret de d&#233;faut de paiement par manque de liquidit&#233;s et que le remboursement d'une dette ill&#233;gitime est par principe inacceptable, il convient de se prononcer clairement pour une annulation des dettes ill&#233;gitimes. Annulation dont le co&#251;t doit &#234;tre support&#233; par les coupables de la crise, &#224; savoir les institutions financi&#232;res priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des pays comme la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal ou des pays d'Europe de l'Est (et en dehors de l'UE, des pays comme l'Islande), c'est-&#224;-dire des pays qui sont soumis au chantage des sp&#233;culateurs, du FMI et d'autres organismes comme la Commission europ&#233;enne, il convient de recourir &#224; un moratoire unilat&#233;ral du remboursement de la dette publique. Cette proposition devient populaire dans les pays les plus touch&#233;s par la crise. &#192; Dublin, fin novembre 2010, dans une enqu&#234;te d'opinion r&#233;alis&#233;e par t&#233;l&#233;phone aupr&#232;s de 500 personnes, 57 % des Irlandais interrog&#233;s se pronon&#231;aient en faveur d'une suspension du paiement de la dette (default, en anglais), plut&#244;t que pour l'aide d'urgence du FMI et de Bruxelles. &#171; Default ! say the people &#187; (le peuple pour la suspension du paiement), titrait le Sunday Independent, principal quotidien de l'&#238;le. Selon le CADTM, un tel moratoire unilat&#233;ral doit &#234;tre combin&#233; &#224; la r&#233;alisation d'un audit des emprunts publics (avec participation citoyenne). L'audit doit permettre d'apporter au gouvernement et &#224; l'opinion publique les preuves et les arguments n&#233;cessaires &#224; l'annulation/r&#233;pudiation de la partie de la dette identifi&#233;e comme ill&#233;gitime. Le droit international et le droit interne des pays offrent une base l&#233;gale pour une telle action souveraine unilat&#233;rale d'annulation/r&#233;pudiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays qui recourent &#224; la suspension de paiement, avec son exp&#233;rience sur la question de la dette des pays du Sud, le CADTM met en garde contre une mesure insuffisante, comme une simple suspension du remboursement de la dette, qui peut se r&#233;v&#233;ler contre-productive. Il faut un moratoire sans ajout d'int&#233;r&#234;ts de retard sur les sommes non rembours&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres pays comme la France, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, il n'est pas n&#233;cessairement imp&#233;ratif de d&#233;cr&#233;ter un moratoire unilat&#233;ral pendant la r&#233;alisation de l'audit. Celui-ci doit &#234;tre men&#233; afin, lui aussi, de d&#233;terminer l'ampleur de l'annulation/r&#233;pudiation &#224; laquelle il faudra proc&#233;der. En cas de d&#233;t&#233;rioration de la conjoncture internationale, une suspension de paiement peut devenir d'actualit&#233; m&#234;me pour des pays qui se croyaient &#224; l'abri du chantage des pr&#234;teurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation citoyenne est la condition imp&#233;rative pour garantir l'objectivit&#233; et la transparence de l'audit. Cette commission d'audit devra notamment &#234;tre compos&#233;e des diff&#233;rents organes de l'&#201;tat concern&#233;s, ainsi que d'experts de l'audit des finances publiques, d'&#233;conomistes, de juristes, de constitutionnalistes, de repr&#233;sentants des mouvements sociaux... Il permettra de d&#233;terminer les diff&#233;rentes responsabilit&#233;s dans le processus d'endettement et d'exiger que les responsables tant nationaux qu'internationaux rendent des comptes &#224; la justice. En cas d'attitude hostile du gouvernement en place &#224; l'&#233;gard de l'audit, il est n&#233;cessaire de constituer une commission d'audit citoyen sans participation gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas de figure, il est l&#233;gitime que les institutions priv&#233;es et les personnes physiques &#224; hauts revenus qui d&#233;tiennent des titres de ces dettes supportent le fardeau de l'annulation de dettes souveraines ill&#233;gitimes car ils portent largement la responsabilit&#233; de la crise, dont ils ont de surcro&#238;t largement profit&#233;. Le fait qu'ils doivent supporter la charge de l'annulation n'est qu'un juste retour vers davantage de justice sociale. Il est important de dresser un cadastre des d&#233;tenteurs de titres afin d'indemniser parmi eux les citoyens et citoyennes &#224; faibles et moyens revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'audit d&#233;montre l'existence de d&#233;lits li&#233;s &#224; l'endettement ill&#233;gitime, leurs auteurs devront &#234;tre s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s &#224; payer des r&#233;parations et ne doivent pas &#233;chapper &#224; des peines d'emprisonnement en fonction de la gravit&#233; de leurs actes. Il faut demander des comptes en justice &#224; l'encontre des autorit&#233;s ayant lanc&#233; des emprunts ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les dettes qui ne sont pas frapp&#233;es d'ill&#233;gitimit&#233;, il conviendra d'imposer un effort aux cr&#233;anciers en termes de r&#233;duction du stock et des taux d'int&#233;r&#234;ts, ainsi que par un allongement de la p&#233;riode de remboursement. Ici aussi, il conviendra de r&#233;aliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu'il conviendra de rembourser normalement. Par ailleurs, le montant de la part du budget de l'&#201;tat destin&#233; au remboursement de la dette devra &#234;tre plafonn&#233; en fonction de l'&#233;tat de l'&#233;conomie, de la capacit&#233; des pouvoirs publics &#224; rembourser et du caract&#232;re incompressible des d&#233;penses sociales. Il faut s'inspirer de ce qui avait &#233;t&#233; fait pour l'Allemagne apr&#232;s la seconde guerre mondiale. L'Accord de Londres de 1953 sur la dette allemande qui consistait notamment &#224; r&#233;duire de 62 % le stock de la dette stipulait que la relation entre service de la dette et revenus d'exportations ne devait pas d&#233;passer 5 % |2|. On pourrait d&#233;finir un ratio de ce type : la somme allou&#233;e au remboursement de la dette ne peut exc&#233;der 5 % des recettes de l'&#201;tat. Il faut &#233;galement adopter un cadre l&#233;gal afin d'&#233;viter la r&#233;p&#233;tition de la crise qui a d&#233;but&#233; en 2007-2008 : interdiction de socialiser des dettes priv&#233;es, obligation d'organiser un audit permanent de la politique d'endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilit&#233; des d&#233;lits li&#233;s &#224; l'endettement ill&#233;gitime, nullit&#233; des dettes ill&#233;gitimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Stopper les plans d'aust&#233;rit&#233;, ils sont injustes et approfondissent la crise.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En accord avec les exigences du FMI, les gouvernements des pays europ&#233;ens ont fait le choix d'imposer &#224; leurs peuples des politiques de stricte aust&#233;rit&#233;, avec des coupes claires dans les d&#233;penses publiques : licenciements dans la fonction publique, gel voire baisse des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction de l'acc&#232;s &#224; certains services publics vitaux et de la protection sociale, recul de l'&#226;ge de l'acc&#232;s &#224; la retraite. &#192; l'inverse, les entreprises publiques r&#233;clament &#8211; et obtiennent &#8211; une augmentation de leurs tarifs, pendant que le co&#251;t de l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation est lui aussi revu &#224; la hausse. Le recours &#224; des hausses d'imp&#244;ts indirects particuli&#232;rement injustes, notamment la TVA, s'accro&#238;t. Les entreprises publiques du secteur concurrentiel sont massivement privatis&#233;es. Les politiques de rigueur mises en place sont pouss&#233;es &#224; un niveau jamais vu depuis la seconde guerre mondiale. Les effets de la crise sont ainsi d&#233;cupl&#233;s par des pr&#233;tendus rem&#232;des, qui visent surtout &#224; prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des d&#233;tenteurs de capitaux. En somme, les banquiers boivent, les peuples trinquent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les peuples supportent de moins en moins l'injustice de ces r&#233;formes marqu&#233;es par une r&#233;gression sociale de grande ampleur. En termes relatifs, ce sont les salari&#233;s, les ch&#244;meurs et les foyers les plus modestes qui sont le plus mis &#224; contribution pour que les &#201;tats continuent d'engraisser les cr&#233;anciers. Et parmi les populations les plus touch&#233;es, les femmes occupent le premier rang, car l'organisation actuelle de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; patriarcale fait peser sur elles les effets d&#233;sastreux de la pr&#233;carit&#233;, du travail partiel et sous-pay&#233;. Directement concern&#233;es par les d&#233;gradations des services publics sociaux, elles paient le prix fort. La lutte pour imposer une autre logique est indissociable de la lutte pour le respect absolu des droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Instaurer une v&#233;ritable justice fiscale europ&#233;enne et une juste redistribution de la richesse. Interdire les transactions avec les paradis judiciaires et fiscaux. Lutter contre la fraude fiscale massive des grandes entreprises et des plus riches.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1980, les imp&#244;ts directs n'ont cess&#233; de baisser sur les revenus les plus &#233;lev&#233;s et sur les grandes entreprises. Ainsi, dans l'Union europ&#233;enne, de 2000 &#224; 2008, les taux sup&#233;rieurs de l'imp&#244;t sur le revenu et l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s ont baiss&#233; respectivement de 7 et 8,5 points. Ces centaines de milliards d'euros de cadeaux fiscaux ont pour l'essentiel &#233;t&#233; orient&#233;s vers la sp&#233;culation et l'accumulation de richesses de la part des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut combiner une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; dans un but de justice sociale (r&#233;duire &#224; la fois les revenus et le patrimoine des plus riches pour augmenter ceux de la majorit&#233; de la population) avec son harmonisation sur le plan europ&#233;en afin d'emp&#234;cher le dumping fiscal |3|. Le but est une augmentation des recettes publiques, notamment via l'imp&#244;t progressif sur le revenu des personnes physiques les plus riches (le taux marginal sur la tranche la plus &#233;lev&#233;e de revenu doit &#234;tre port&#233;e &#224; 90 % |4|), l'imp&#244;t sur le patrimoine &#224; partir d'un certain montant et l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s. Cette augmentation des recettes doit aller de pair avec une baisse rapide du prix d'acc&#232;s aux biens et services de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (aliments de base, eau, &#233;lectricit&#233;, chauffage, transports publics, mat&#233;riel scolaire&#8230;), notamment par une r&#233;duction forte et cibl&#233;e de la TVA sur ces biens et services vitaux. Il s'agit &#233;galement d'adopter une politique fiscale qui favorise la protection de l'environnement en taxant de mani&#232;re dissuasive les industries polluantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE doit adopter une taxe sur les transactions financi&#232;res, notamment sur les march&#233;s des changes, afin d'augmenter les recettes des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents G20 ont refus&#233;, malgr&#233; leurs d&#233;clarations d'intention, de s'attaquer r&#233;ellement aux paradis judiciaires et fiscaux. Une mesure simple afin de lutter contre les paradis fiscaux (qui font perdre chaque ann&#233;e aux pays du Nord, mais &#233;galement &#224; ceux du Sud, des ressources vitales pour le d&#233;veloppement des populations) consiste pour un Parlement &#224; interdire &#224; toutes les personnes physiques et &#224; toutes les entreprises pr&#233;sentes sur son territoire de r&#233;aliser quelque transaction que ce soit passant par des paradis fiscaux, sous peine d'une amende d'un montant &#233;quivalent. Au-del&#224;, il faut &#233;radiquer ces gouffres noirs de la finance, des trafics criminels, de la corruption, de la d&#233;linquance en col et cravate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude fiscale prive de moyens consid&#233;rables la collectivit&#233; et joue contre l'emploi. Des moyens publics cons&#233;quents doivent &#234;tre allou&#233;s aux services des finances pour lutter efficacement contre cette fraude. Les r&#233;sultats doivent &#234;tre rendus publics et les coupables lourdement sanctionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Remettre au pas les march&#233;s financiers, notamment par la cr&#233;ation d'un registre des propri&#233;taires de titres, par l'interdiction des ventes &#224; d&#233;couvert et de la sp&#233;culation dans une s&#233;rie de domaines. Cr&#233;er une agence publique europ&#233;enne de notation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;culation &#224; l'&#233;chelle mondiale repr&#233;sente plusieurs fois les richesses produites sur la plan&#232;te. Les montages sophistiqu&#233;s de la m&#233;canique financi&#232;re rendent celle-ci totalement incontr&#244;lable. Les engrenages qu'elle suscite d&#233;structurent l'&#233;conomie r&#233;elle. L'opacit&#233; sur les transactions financi&#232;res est la r&#232;gle. Pour taxer les cr&#233;anciers &#224; la source, il faut les identifier. La dictature des march&#233;s financiers doit cesser. La sp&#233;culation doit &#234;tre interdite dans toute une s&#233;rie de domaines. Il convient d'interdire la sp&#233;culation sur les titres de la dette publique, sur les monnaies, sur les aliments |5|. Les ventes &#224; d&#233;couvert doivent &#234;tre &#233;galement interdites |6| et les Credit Default Swaps doivent &#234;tre strictement r&#233;glement&#233;s. Il faut fermer les march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233; de produits d&#233;riv&#233;s qui sont de vrais trous noirs, &#233;chappant &#224; toute r&#233;glementation et surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur des agences de notation doit &#233;galement &#234;tre strictement r&#233;form&#233; et encadr&#233;. Loin d'&#234;tre l'outil d'une estimation scientifique objective, elles sont structurellement parties prenantes de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et ont d&#233;clench&#233; &#224; plusieurs reprises des catastrophes sociales. En effet, la d&#233;gradation de la note d'un pays implique une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t sur les pr&#234;ts qui lui sont accord&#233;s. De ce fait, la situation &#233;conomique du pays concern&#233; se d&#233;t&#233;riore encore davantage. Le comportement moutonnier des sp&#233;culateurs d&#233;cuple les difficult&#233;s rencontr&#233;es qui p&#232;seront encore plus lourdement sur les populations. La forte soumission des agences de notation aux milieux financiers nord-am&#233;ricains fait de ces agences de notation un acteur majeur au niveau international, dont la responsabilit&#233; dans le d&#233;clenchement et l'&#233;volution des crises n'est pas assez mis en lumi&#232;re par les m&#233;dias. La stabilit&#233; &#233;conomique des pays europ&#233;ens a &#233;t&#233; plac&#233;e entre les mains de ces agences de notation, sans garde-fous, sans moyens de contr&#244;le s&#233;rieux de la part de la puissance publique. La cr&#233;ation d'une agence publique de notation est incontournable pour sortir de cette impasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Transf&#233;rer sous contr&#244;le citoyen les banques au secteur public.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de d&#233;rives financi&#232;res et de privatisations, il est grand temps de faire passer le secteur du cr&#233;dit dans le domaine public. Les &#201;tats doivent retrouver leur capacit&#233; de contr&#244;le et d'orientation de l'activit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re. Ils doivent &#233;galement disposer d'instruments pour r&#233;aliser des investissements et financer les d&#233;penses publiques en r&#233;duisant au minimum le recours &#224; l'emprunt aupr&#232;s d'institutions priv&#233;es ou/et &#233;trang&#232;res. Il faut exproprier sans indemnisation les banques pour les transf&#233;rer au secteur public sous contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cas, l'expropriation des banques priv&#233;es peut repr&#233;senter un co&#251;t pour l'&#201;tat en raison des dettes qu'elles ont pu accumuler. Le co&#251;t en question doit &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; sur le patrimoine g&#233;n&#233;ral des grands actionnaires. En effet, les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es qui sont actionnaires des banques et qui les ont men&#233;es vers l'ab&#238;me tout en faisant de juteux profits d&#233;tiennent une partie de leur patrimoine dans d'autres secteurs de l'&#233;conomie. Il faut donc faire une ponction sur le patrimoine g&#233;n&#233;ral des actionnaires. Il s'agit d'&#233;viter au maximum de socialiser les pertes. L'exemple irlandais est embl&#233;matique, la mani&#232;re dont la nationalisation de l'Irish Allied Bank a &#233;t&#233; effectu&#233;e est inacceptable. Il faut en tirer les le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Socialiser les nombreuses entreprises et services privatis&#233;s depuis 1980.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique de ces trente derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; la privatisation de nombre d'entreprises et services publics. Des banques au secteur industriel en passant par la poste, les t&#233;l&#233;communications, l'&#233;nergie et les transports, les gouvernements ont livr&#233; au priv&#233; des pans entiers de l'&#233;conomie, perdant au passage toute capacit&#233; de r&#233;gulation de l'&#233;conomie. Ces biens publics, issus du travail collectif, doivent revenir dans le domaine public. Il s'agira de cr&#233;er de nouvelles entreprises publiques et d'adapter les services publics selon les besoins de la population pour r&#233;pondre notamment &#224; la probl&#233;matique du changement climatique, avec par exemple la cr&#233;ation d'un service public d'isolation des logements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. R&#233;duire radicalement le temps de travail pour cr&#233;er des emplois tout en augmentant les salaires et les retraites.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;partir autrement les richesses est la meilleure r&#233;ponse &#224; la crise. La part destin&#233;e aux salari&#233;s dans les richesses produites a nettement baiss&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies, tandis que les cr&#233;anciers et les entreprises ont accru leurs profits pour les consacrer &#224; la sp&#233;culation. En augmentant les salaires, non seulement on permet aux populations de vivre dignement, mais on renforce aussi les moyens qui servent au financement de la protection sociale et des r&#233;gimes de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En diminuant le temps de travail sans r&#233;duction de salaire et en cr&#233;ant des emplois, on am&#233;liore la qualit&#233; de vie des travailleurs, on fournit un emploi &#224; celles et ceux qui en cherchent. La r&#233;duction radicale du temps de travail offre aussi la possibilit&#233; de mettre en pratique un autre rythme de vie, une mani&#232;re diff&#233;rente de vivre en soci&#233;t&#233; en s'&#233;loignant du consum&#233;risme. Le temps gagn&#233; en faveur des loisirs doit permettre l'augmentation de la participation active des personnes &#224; la vie politique, au renforcement des solidarit&#233;s, aux activit&#233;s b&#233;n&#233;voles et &#224; la cr&#233;ation culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8. Refonder d&#233;mocratiquement une autre Union europ&#233;enne bas&#233;e sur la solidarit&#233;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs dispositions des trait&#233;s qui r&#233;gissent l'Union europ&#233;enne, l'eurozone et la BCE doivent &#234;tre abrog&#233;es. Par exemple, il faut supprimer les articles 63 et 125 du trait&#233; de Lisbonne interdisant tout contr&#244;le des mouvements de capitaux et toute aide &#224; un &#201;tat en difficult&#233;. Il faut &#233;galement abandonner le Pacte de stabilit&#233; et de croissance. Au-del&#224;, il faut remplacer les actuels trait&#233;s par de nouveaux dans le cadre d'un v&#233;ritable processus constituant d&#233;mocratique afin d'aboutir &#224; un pacte de solidarit&#233; des peuples pour l'emploi et l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut revoir compl&#232;tement la politique mon&#233;taire ainsi que le statut et la pratique de la Banque centrale europ&#233;enne. L'incapacit&#233; du pouvoir politique &#224; imposer &#224; la BCE de cr&#233;er de la monnaie est un handicap tr&#232;s lourd. En cr&#233;ant cette BCE au-dessus des gouvernements et donc des peuples, l'Union europ&#233;enne a fait un choix d&#233;sastreux, celui de soumettre l'humain &#224; la finance, au lieu de l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que de nombreux mouvements sociaux d&#233;non&#231;aient des statuts trop rigides et profond&#233;ment inadapt&#233;s, la BCE a &#233;t&#233; contrainte de changer son fusil d'&#233;paule au plus fort de la crise en modifiant en urgence le r&#244;le qui lui a &#233;t&#233; octroy&#233;. Malheureusement, elle a accept&#233; de le faire pour de mauvaises raisons : non pas pour que les int&#233;r&#234;ts des peuples soient pris en compte, mais pour que ceux des cr&#233;anciers soient pr&#233;serv&#233;s. C'est bien la preuve que les cartes doivent &#234;tre rebattues et redistribu&#233;es : la BCE doit pouvoir financer directement des &#201;tats soucieux d'atteindre des objectifs sociaux et environnementaux qui int&#232;grent parfaitement les besoins fondamentaux des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, des activit&#233;s &#233;conomiques fort diverses, comme l'investissement dans la construction d'un &#233;tablissement hospitalier ou un projet purement sp&#233;culatif, sont financ&#233;es de mani&#232;re similaire. Le pouvoir politique doit au moins r&#233;fl&#233;chir &#224; imposer des co&#251;ts tr&#232;s diff&#233;rents aux uns et aux autres : des taux bas doivent &#234;tre r&#233;serv&#233;s aux investissements socialement justes et &#233;cologiquement soutenables, des taux tr&#232;s &#233;lev&#233;s, voire r&#233;dhibitoires quand la situation l'exige, pour les op&#233;rations de type sp&#233;culatif, qu'il est &#233;galement souhaitable d'interdire purement et simplement dans certains domaines (voir plus haut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Europe bas&#233;e sur la solidarit&#233; et la coop&#233;ration doit permettre de tourner le dos &#224; la concurrence et &#224; la comp&#233;tition, qui tirent &#171; vers le bas &#187;. La logique n&#233;olib&#233;rale a conduit &#224; la crise et r&#233;v&#233;l&#233; son &#233;chec. Elle a pouss&#233; les indicateurs sociaux &#224; la baisse : moins de protection sociale, moins d'emplois, moins de services publics. Les quelques-uns qui ont profit&#233; de cette crise l'ont fait en pi&#233;tinant les droits de la majorit&#233; des autres. Les coupables ont gagn&#233;, les victimes paient ! Cette logique, qui sous-tend tous les textes fondateurs de l'Union europ&#233;enne, Pacte de stabilit&#233; et de croissance en t&#234;te, doit &#234;tre battue en br&#232;che : elle n'est plus tenable. Une autre Europe, bas&#233;e sur la coop&#233;ration entre &#201;tats et la solidarit&#233; entre les peuples, doit devenir l'objectif prioritaire. Pour cela, les politiques budg&#233;taires et fiscales doivent &#234;tre non pas uniformis&#233;es, car les &#233;conomies europ&#233;ennes pr&#233;sentent de fortes disparit&#233;s, mais coordonn&#233;es pour qu'enfin &#233;merge une solution &#171; vers le haut &#187;. Des politiques globales &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, comprenant des investissements publics massifs pour la cr&#233;ation d'emplois publics dans des domaines essentiels (des services de proximit&#233; aux &#233;nergies renouvelables, de la lutte contre le changement climatique aux secteurs sociaux de base), doivent s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette autre Europe d&#233;mocratis&#233;e doit, pour le CADTM, &#339;uvrer pour imposer des principes non n&#233;gociables : renforcement de la justice fiscale et sociale, choix tourn&#233;s vers l'&#233;l&#233;vation du niveau et de la qualit&#233; de vie de ses habitants, d&#233;sarmement et r&#233;duction radicale des d&#233;penses militaires (y compris retrait des troupes europ&#233;ennes d'Afghanistan et d&#233;part de l'OTAN), choix &#233;nerg&#233;tiques durables sans recours au nucl&#233;aire, refus des organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM). Elle doit aussi r&#233;solument mettre fin &#224; sa politique de forteresse assi&#233;g&#233;e envers les candidats &#224; l'immigration, pour devenir un partenaire &#233;quitable et v&#233;ritablement solidaire &#224; l'&#233;gard des peuples du Sud de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
|1| Voir &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Tract_...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Tract_...&lt;/a&gt;. Nous reprenons ici ces huit propositions en les actualisant et en les d&#233;veloppant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Voir &#201;ric Toussaint, Banque mondiale : le Coup d'&#201;tat permanent, CADTM-Syllepse-Cetim, 2006, chapitre 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Pensons &#224; l'Irlande qui pratique un taux de seulement 12,5 % sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Signalons que ce taux de 90 % avait &#233;t&#233; impos&#233; aux riches &#224; partir de la pr&#233;sidence de Franklin Roosevelt aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Voir Damien Millet et &#201;ric Toussaint, La Crise, quelles crises ?, Aden-CADTM-Cetim, 2010, chapitre 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Les ventes &#224; d&#233;couvert permettent de sp&#233;culer sur la baisse d'un titre en vendant &#224; terme ce titre alors qu'on n'en dispose m&#234;me pas. Les autorit&#233;s allemandes ont interdit les ventes &#224; d&#233;couvert alors que les autorit&#233;s fran&#231;aises et celles d'autres pays sont oppos&#233;es &#224; cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Toussaint, docteur en sciences politiques des universit&#233;s de Li&#232;ge et de Paris VIII, pr&#233;sident du CADTM Belgique, membre du Conseil international du Forum social mondial et de la Commission pr&#233;sidentielle d'audit int&#233;gral de la dette (CAIC) de l'&#201;quateur, membre du Conseil scientifique d'ATTAC France, auteur des livres Un coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale des origines jusqu'&#224; aujourd'hui (Cerisier, 2010), Banque du Sud et nouvelle crise internationale (CADTM-Syllepse, 2008), Banque mondiale : le coup d'Etat permanent (CADTM-Syllepse-Cetim, 2006), La finance contre les peuples (CADTM-Syllepse-Cetim, 2004). Co-auteur avec Damien Millet des livres La Crise, quelles crises ? (Aden-CADTM-Cetim, 2010), 60 questions 60 r&#233;ponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale (CADTM-Syllepse, 2008) et Les tsunamis de la dette (CADTM-Syllepse, 2005). Prochain ouvrage &#224; para&#238;tre en juin 2011 : La Dette ou la Vie, Aden-CADTM, 2011 (livre collectif coordonn&#233; par Damien Millet et Eric Toussaint).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Irlande : l'Europe au secours des banquiers</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Irlande-l-Europe-au-secours-des-banquiers</link>
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		<dc:date>2010-11-26T21:07:50Z</dc:date>
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		<dc:creator>Philippe L&#233;g&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Irlande</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s la Gr&#232;ce, l'Irlande est &#224; son tour le bouc &#233;missaire des sp&#233;culateurs et des gouvernements lib&#233;raux. &lt;br class='autobr' /&gt; Mardi 16 novembre, Herman Van Rompuy, pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, a suscit&#233; la stupeur en d&#233;clarant : &#171; Nous sommes dans une crise pour la survie &#187; de la zone euro. Deux jours plus tard, il s'est efforc&#233; de faire croire que ses propos concernaient en fait la phase pr&#233;c&#233;dente de la crise europ&#233;enne, lorsque le taux d'int&#233;r&#234;t des titres de la dette publique grecque s'envolait. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Irlande-+" rel="tag"&gt;Irlande&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L102xH102/arton3092-0ca50.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la Gr&#232;ce, l'Irlande est &#224; son tour le bouc &#233;missaire des sp&#233;culateurs et des gouvernements lib&#233;raux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mardi 16 novembre, Herman Van Rompuy, pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, a suscit&#233; la stupeur en d&#233;clarant : &#171; Nous sommes dans une crise pour la survie &#187; de la zone euro. Deux jours plus tard, il s'est efforc&#233; de faire croire que ses propos concernaient en fait la phase pr&#233;c&#233;dente de la crise europ&#233;enne, lorsque le taux d'int&#233;r&#234;t des titres de la dette publique grecque s'envolait. Les confusions temporelles de M. Van Rompuy t&#233;moignent au moins de l'incroyable instabilit&#233; de la situation. &#192; pr&#233;sent, ce sont les obligations irlandaises qui sont l'objet de la d&#233;fiance et des attaques des sp&#233;culateurs. Pris de panique, de nombreux &#233;pargnants irlandais ont assailli les guichets des banques. Le gouvernement a r&#233;affirm&#233; l'extension de la garantie des d&#233;p&#244;ts jusqu'&#224; fin 2011. Et apr&#232;s avoir fait mine de tergiverser, il a accueilli &#224; bras ouverts les experts du FMI et de l'Union europ&#233;enne (UE) venus accorder un pr&#234;t contre davantage de rigueur antisociale. Simple r&#233;p&#233;tition du sc&#233;nario grec de l'hiver dernier ? Pas exactement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un syst&#232;me de financement de l'endettement public par le march&#233; (sous forme de titres n&#233;gociables), les doutes sur l'ampleur des pertes du secteur bancaire irlandais et l'annonce d'un fort d&#233;ficit public ont certes augment&#233; la &#171; prime de risque &#187; exig&#233;e par les sp&#233;culateurs. Les taux d'int&#233;r&#234;t ont ainsi atteint des niveaux prohibitifs. Mais la situation &#233;conomique &#233;tait connue depuis longtemps. D'o&#249; vient-elle ? Comme les &#201;tats-Unis ou l'Espagne, l'Irlande a connu ces derni&#232;res ann&#233;es une surproduction immobili&#232;re et un fort d&#233;veloppement de l'endettement. Les prix immobiliers ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 2,5 entre 1997 et 2006. Les banques ont accord&#233; des pr&#234;ts qui ne seront jamais rembours&#233;s. Le gouvernement a sauv&#233; les banques en &#171; nationalisant &#187; Anglo Irish Bank et en recapitalisant massivement les autres &#233;tablissements en difficult&#233;. Facture totale : plus de 60 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les recettes fiscales diminuaient car, sous l'effet de la crise, le PIB irlandais s'est effondr&#233; (-7, 1 % en 2009). Le d&#233;ficit public s'est donc creus&#233;. Il repr&#233;sentait 11,7 % du PIB en 2009. Les deux plans d'aust&#233;rit&#233; qui ont alors &#233;t&#233; mis en place n'ont fait qu'aggraver la situation. La suppression de 33 000 emplois publics, la baisse des salaires des fonctionnaires de 10 &#224; 15 %, la r&#233;duction des budgets sociaux (&#233;ducation, sant&#233;) et la diminution des allocations ch&#244;mage ont plong&#233; la population et l'&#233;conomie dans une spirale d&#233;flationniste. Le d&#233;ficit public est pass&#233; maintenant &#224; 32 % du PIB et la dette publique &#224; 100 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; phase irlandaise &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela &#233;tait connu depuis plusieurs mois. Si la &#171; phase irlandaise &#187; de la crise s'acc&#233;l&#232;re maintenant, c'est en raison des pr&#233;cisions apport&#233;es par le dernier Conseil europ&#233;en au sujet des r&#232;gles applicables aux plans de sauvetage. Durant la &#171; phase grecque &#187;, les dirigeants avaient fini par s'accorder pour attribuer collectivement un pr&#234;t &#224; un &#201;tat en difficult&#233; afin de sauver les banques et d'&#233;viter l'effet domino. Le dernier Conseil europ&#233;en a valid&#233; le m&#233;canisme mis en place mais il a aussi indiqu&#233; que les dettes des &#201;tats aid&#233;s devraient &#234;tre restructur&#233;es. Il s'agit en clair d'imposer aux cr&#233;anciers un report, voire une diminution, des remboursements qu'ils percevront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision r&#233;pond en partie &#224; des inqui&#233;tudes sur la viabilit&#233; &#233;conomique de la zone euro. De fait, la restructuration des dettes publiques de la p&#233;riph&#233;rie europ&#233;enne est d&#233;sormais ouvertement abord&#233;e par les grands cr&#233;anciers eux-m&#234;mes. Ils ne sont pourtant pas devenus philanthropes. Mais ils ne peuvent se d&#233;sengager sans de lourdes pertes, parce qu'ils d&#233;tiennent d'impressionnantes quantit&#233;s de titres d'&#201;tat. Et il vaut mieux pour eux ren&#233;gocier les &#233;ch&#233;ances et les montants des emprunts plut&#244;t que de prendre le risque de perdre davantage par la suite. Mais cette d&#233;cision r&#233;pond aussi &#224; des motivations politiques nationales. Pour tenter de faire passer de nouvelles mesures impopulaires, les dirigeants ont besoin de montrer aux &#233;lecteurs qu'ils ne sont pas tout &#224; fait les seuls &#224; payer. C'&#233;tait le sens des d&#233;clarations d'Angela Merkel : &#171; une partie du co&#251;t des plans de sauvetage devrait &#234;tre absorb&#233;e par les d&#233;tenteurs d'obligations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, deux styles coexistent au sein de la classe dominante. Pour M. Rasmussen, pr&#233;sident du Parti socialiste europ&#233;en, &#171; Angela Merkel doit apprendre que les dirigeants politiques doivent parfois la fermer &#187;. De m&#234;me, la presse &#233;conomique fran&#231;aise estime que Herman Van Rompuy &#171; aurait mieux fait de tenir sa langue &#187;. Mais au-del&#224; du style et de la communication, tous s'accordent pour faire payer l'essentiel de la crise aux travailleurs. En Gr&#232;ce, en Irlande, et bient&#244;t dans d'autres pays, cette politique m&#232;ne &#224; des attaques d'une violence inou&#239;e. D'o&#249; la gratitude de M. Schulz, pr&#233;sident du groupe socialiste au Parlement europ&#233;en, soulignant &#171; les efforts et le courage du gouvernement Papandr&#233;ou pour r&#233;former drastiquement le pays et remettre son &#233;conomie sur les rails &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la restructuration vise &#224; faire croire &#224; un effort partag&#233;. &#171; Les chiffres sont horribles mais nous pourront les g&#233;rer sur une p&#233;riode de dix ans &#187; a d&#233;clar&#233; le ministre irlandais des Finances. Horribles pour qui ? Une partie du pr&#234;t contract&#233; aupr&#232;s de l'UE et du FMI servira directement &#224; renflouer les cinq banques irlandaises qui se sont br&#251;l&#233; les ailes dans la sp&#233;culation. Le reste servira &#224; rembourser les cr&#233;anciers de l'&#201;tat (d'autres banques !). &#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, on &#233;voque respectivement 20 et 60 milliards d'euros. Mais la population ne verra pas la couleur de ces 80 milliards et on voudrait qu'elle se serre encore la ceinture. En Irlande, le taux de ch&#244;mage est officiellement de 14,1 %. La protection sociale est tr&#232;s faible, les saisies se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les entreprises sont impos&#233;es &#224; seulement 12,5 %. Le pays s'est sp&#233;cialis&#233; dans le dumping fiscal et certains se verraient bien continuer ainsi : &#171; L'Irlande n'a pas besoin d'un soutien imm&#233;diat. Ceci lui fournit une arme de n&#233;gociation avec l'Europe pour conserver son taux d'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s &#187; a d&#233;clar&#233; le directeur g&#233;n&#233;ral du patronat irlandais. De Microsoft &#224; Merill Lynch en passant par HP, Intel et Bank of America, toutes les multinationales font du chantage &#224; la d&#233;localisation. Elles se r&#233;jouissent pourtant de la baisse du salaire minimum que le gouvernement s'appr&#234;te &#224; annoncer. Celui-ci est discr&#233;dit&#233; au point de devoir convoquer des &#233;lections anticip&#233;es en janvier. Car la col&#232;re monte. 40 000 &#233;tudiants d&#233;filaient il y a trois semaines. Une grande manifestation est pr&#233;vue samedi 27 novembre contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;. Face &#224; l'internationale du capital et aux fausses solutions nationalistes, les travailleurs doivent s'organiser et se serrer les coudes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 79 (25/11/10). Tir&#233; de &lt;Europe Solidaire Sans Fronti&#232;re-&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/&lt;/a&gt;&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France : la lutte contre la r&#233;forme des retraites.</title>
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		<dc:date>2010-10-08T02:25:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La mobilisation pour la retraite &#224; 60 ans en France est mal comprise au Qu&#233;bec. C'est une lutte sur l'&#226;ge de la retraite (RTT) mais encore plus contre la baisse des pensions des retrait&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re cette r&#233;forme, c'est l'avenir du syst&#232;me par r&#233;partition qui est en jeu. C'est un syst&#232;me o&#249; les actifs paient directements les pensions aux retrait&#233;s. Avec la nouvelle r&#233;forme, les financiers se frottent les mains : baisse des pensions donc mise en place de fonds de pensions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme chez nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Europe-278-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mobilisation pour la retraite &#224; 60 ans en France est mal comprise au Qu&#233;bec. C'est une lutte sur l'&#226;ge de la retraite (RTT) mais encore plus contre la baisse des pensions des retrait&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re cette r&#233;forme, c'est l'avenir du syst&#232;me par r&#233;partition qui est en jeu. C'est un syst&#232;me o&#249; les actifs paient directements les pensions aux retrait&#233;s. Avec la nouvelle r&#233;forme, les financiers se frottent les mains : baisse des pensions donc mise en place de fonds de pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chez nous o&#249; les salari&#201;es financent au fond ceux qui les exploitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une analyse d'origine syndicale, de Chistian Cam, du SNUipp du gard en fichier joint.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Allemagne et Portugal : La social-d&#233;mocratie sanctionn&#233;e </title>
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		<dc:date>2009-10-09T05:00:16Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alda Sousa, Fran&#231;ois Sabado, Jan Malewski</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Par Jan Malewski et Fran&#231;ois Sabado le lundi, 05 octobre 2009 Tir&#233; du site de la LCR Belge &lt;br class='autobr' /&gt; Au centre et au sud du vieux continent &#8212; en Allemagne et au Portugal &#8212; les &#233;lections l&#233;gislatives du 27 septembre marquent une sanction &#233;lectorale historique de la social-d&#233;mocratie. En Allemagne le SPD perd un tiers de son &#233;lectorat, soit plus de 4,5 millions de voix en cinq ans, et avec 23 % des suffrages exprim&#233;s obtient le score le moins bon depuis 1949. Au Portugal, le PSP du premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH92/arton2550-c9835.jpg?1629994818' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Par Jan Malewski et Fran&#231;ois Sabado le lundi, 05 octobre 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de la LCR Belge&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au centre et au sud du vieux continent &#8212; en Allemagne et au Portugal &#8212; les &#233;lections l&#233;gislatives du 27 septembre marquent une sanction &#233;lectorale historique de la social-d&#233;mocratie. En Allemagne le SPD perd un tiers de son &#233;lectorat, soit plus de 4,5 millions de voix en cinq ans, et avec 23 % des suffrages exprim&#233;s obtient le score le moins bon depuis 1949. Au Portugal, le PSP du premier ministre sortant Jos&#233; S&#243;crates perd un cinqui&#232;me de son &#233;lectorat, soit plus de 500 000 voix, et avec 35,56 % des suffrages ne parvient plus &#224; s'assurer la majorit&#233; absolue au Parlement. C'est son r&#233;sultat le plus bas depuis 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SPD, apr&#232;s avoir men&#233; une politique de d&#233;montage des acquis sociaux de 1998 &#224; 2004 et apr&#232;s avoir engag&#233; &#8212; en rupture avec la Constitution allemande &#8212; les forces arm&#233;es dans une intervention ext&#233;rieure (Kosovo), pour laquelle il avait d&#233;j&#224; subi une sanction &#233;lectorale, est entr&#233; en 2004 dans le gouvernement de &#171; grande coalition &#187; avec la CDU-CSU, dirig&#233; par Angela Merkel (CDU). Il le paye aujourd'hui. Selon un sondage les &#233;lecteurs qui ont abandonn&#233; cette fois le SPD se sont r&#233;fugi&#233;s dans l'abstention (1,6 million), ont pr&#233;f&#233;r&#233; l'original &#224; la copie en votant pour la CDU (620 000), ou ont choisi des organisations de l'opposition (780 000 se reportant &#224; gauche en votant pour Die Linke et 710 000 choisissant les Verts, hors du gouvernement depuis 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant remport&#233; la majorit&#233; absolue au Parlement en 2005, le PS portugais a poursuivi et aggrav&#233; la politique de contre-r&#233;formes antisociales entam&#233;e par Jos&#233; Manuel Dur&#227;o Barroso (PSD). Face &#224; la crise, le gouvernement social-d&#233;mocrate a choisi de sauver de la faillite les banquiers au lieu d'&#233;tablir une politique bancaire publique. Il a d&#233;mantel&#233; le Code du travail pour faciliter les licenciements et g&#233;n&#233;raliser la pr&#233;carit&#233;, alors que le ch&#244;mage a d&#233;pass&#233;, selon les chiffres officiels, le seuil de 500 000 ch&#244;meurs, dont pr&#232;s de la moiti&#233; ne b&#233;n&#233;ficie d'aucune allocation de ch&#244;mage. Il a commenc&#233; la contre-r&#233;forme de l'enseignement, menant une guerre ouverte contre la fonction publique comme aucun gouvernement pr&#233;c&#233;dent n'avait encore os&#233; le faire. L'&#233;lectorat socialiste a massivement choisi l'abstention (qui a atteint un record de 39,46 % des inscrits), mais s'est aussi report&#233; sur la gauche (surtout vers le Bloc de gauche) et sur la droite (vers les ultra-lib&#233;raux du CDS-PP).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perc&#233;e de la gauche radicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le recul de la social-d&#233;mocratie d&#233;gage, tant en Allemagne qu'au Portugal, un espace &#233;lectoral pour les organisations de la gauche radicale, Die Linke (La Gauche) et Bloco de Esquerda (Bloc de gauche, BE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Linke &#8212; fruit de la fusion du Parti du socialisme d&#233;mocratique (PDS, issu de l'ancien parti de l'&#201;tat est-allemand) et de l'Alternative &#233;lectorale travail et justice sociale (WASG, fond&#233; par des sociaux-d&#233;mocrates et des syndicalistes d&#233;&#231;us par la politique du gouvernement du SPD ainsi que par des militants de la gauche r&#233;volutionnaire et des mouvements sociaux) &#8212; progresse de mani&#232;re tr&#232;s significative, obtenant 11,9 % et 76 &#233;lus (8,7 % et 54 &#233;lus en 2004). Fait nouveau, il d&#233;pass&#233; la barre de 5 % dans tous les L&#228;nder occidentaux, obtenant une moyenne de 8,3 % dans l'ex-R&#233;publique f&#233;d&#233;rale allemande (et 26,4 % dans l'ex- Allemagne de l'Est). Il a centr&#233; sa campagne sur la &#171; reconstitution de l'&#201;tat social &#187;, en particulier pour le salaire minimum &#224; 10 euros de l'heure, et pour le retrait de l'arm&#233;e allemande de l'Afghanistan. Il a &#233;galement obtenu de bons r&#233;sultats dans les deux &#233;lections r&#233;gionales qui ont eu lieu le 27 septembre, dans les l&#228;nder de Brandenbourg (ex RDA, 27,2 %) et de Schleswig-Holstein (ex RFA, 6,0 %), apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; perc&#233; lors des r&#233;gionales du 31 ao&#251;t 2009 (21,3 % en Sarre, ex RFA, ainsi que dans deux l&#228;nder de l'ex RDA : 20,6 % en Saxe et 27,4 % en Thuringe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de Die Linke traduisent des &#233;l&#233;ments de r&#233;sistance sociale face &#224; la politique n&#233;olib&#233;rale et une polarisation &#224; gauche d'une partie de l'&#233;lectorat, du mouvement syndical et des mouvements sociaux. La conjonction de la crise &#233;conomique et de la crise des partis traditionnels ouvre effectivement un espace &#224; la gauche radicale, mais cette situation fait, aussi, rebondir les d&#233;bats politiques d'orientation qui traversent Die Linke. Par ailleurs ce parti est divis&#233;. Sa majorit&#233; lorgne vers une insertion institutionnelle et souhaiterait, comme elle le fait d&#233;j&#224; dans le land berlinois, administrer la crise du capitalisme en alliance avec le SPD. Oskar Lafontaine n'a pas abandonn&#233; l'id&#233;e de gouverner la Sarre en alliance avec le SPD et les Verts &#8212; qui lui ont tourn&#233; le dos alors que ces trois partis disposent de la majorit&#233; r&#233;gionale. De telles alliances gestionnaires seraient &#233;galement arithm&#233;tiquement possibles en Thuringe, dans le Brandebourg ou en Saxe-Anhalt. Elles ouvriraient la voie &#224; une v&#233;ritable int&#233;gration de Die Linke dans la politique gouvernementale en Allemagne, r&#233;alisant les aspirations de ceux qui, nostalgiques du parti-&#201;tat est-allemand, trouvent que la quarantaine &#224; laquelle ils sont soumis a assez dur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement le succ&#232;s remport&#233; par Die Linke risque donc d'y acc&#233;l&#233;rer la polarisation entre l'ancienne et la nouvelle gauche. Les courants anticapitalistes en son sein sont minoritaires. Pour faire face aux dangers qui se dessinent, ils devront non seulement &#234;tre capables de d&#233;fendre les acquis de leur parti &#8212; l'exigence de la sortie de l'Allemagne de l'OTAN, qui reste un frein &#224; l'int&#233;gration de leur parti &#8212; mais aussi de formuler une orientation alternative dans les luttes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Portugal, au contraire, c'est la nouvelle gauche radicale, clairement anticapitaliste, qui progresse. Issu de l'alliance entre trois forces anticapitalistes (l'Union d&#233;mocratique populaire, d'origine mao&#239;ste, le Parti socialiste r&#233;volutionnaire, section portugaise de la IVe Internationale, et Politica XXI, un courant qui a rompu sur la gauche avec le PC), le Bloco de esquerda, enregistre un succ&#232;s historique. Avec 557 091 suffrages (9,85 %), contre 364 430 (6,35 %) en 2005, il double sa repr&#233;sentation parlementaire (16 &#233;lu-e-s). Mais surtout il obtient une v&#233;ritable repr&#233;sentation nationale, avec des d&#233;put&#233;(e)s non seulement &#224; Lisbonne, Porto et Setubal, mais &#233;galement &#224; Aveiro, Braga, Coimbra, Faro, Leiria et Santarem. Il devient le quatri&#232;me parti national, devan&#231;ant le PCP (qui, avec 446 172 voix &#8212; 7,88 % &#8212; progresse de 14 163 votes par rapport &#224; 2005 et obtient 15 d&#233;put&#233;-e-s, soit un de plus). Ce succ&#232;s devrait aider le Bloco &#224; am&#233;liorer &#233;galement ses r&#233;sultats lors des &#233;lections locales qui auront lieu le 11 octobre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question pos&#233;e, notamment dans les derniers jours de la campagne &#233;lectorale, d'&#233;ventuels accords de majorit&#233; parlementaire ou de gouvernement, entre le Bloco et le PS portugais, la r&#233;ponse de Francisco Lou&#231;a a &#233;t&#233; claire et nette. Elle se r&#233;sume en trois lettres : &#171; Nao &#187; (Non). Cette prise de position est un exemple et un point d'appui pour toute la gauche anticapitaliste europ&#233;enne dans les batailles politiques &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquant l'avenir apr&#232;s l'annonce des r&#233;sultats, Francisco Lou&#231;a, coordinateur du BE, a annonc&#233; hier soir trois priorit&#233;s imm&#233;diates. &#171; La premi&#232;re, c'est l'aide sociale pour les ch&#244;meurs auxquels Jos&#233; S&#243;crates (premier ministre PS) a retir&#233; l'allocation de ch&#244;mage. Une gauche forte sera mieux en mesure de lutter contre la pr&#233;carit&#233; et pour l'abrogation du nouveau Code du travail &#187;, a-t-il dit. La seconde est de mettre fin &#224; l'actuelle &#233;valuation des enseignants. &#171; Le PS va crier victoire malgr&#233; la perte de sa majorit&#233; absolue et de beaucoup de votes. Mais aujourd'hui Maria de Lurdes Rodrigues (ministre sortante de l'&#233;ducation) a perdu sa place. Nous nous sommes lev&#233;s pour l'&#233;ducation, nous continuerons &#187;. La troisi&#232;me priorit&#233; du Bloc, c'est un imp&#244;t sur les grandes fortunes pour financer la convergence des retraites avec le salaire minimum et pour la retraite compl&#232;te apr&#232;s 40 ans de travail. Avec le renforcement historique du Bloc, &#171; rien ne sera plus comme avant &#187;, a dit Lou&#231;a. &#171; Le BE est une gauche alternative, une gauche de combat, qui sanctionne l'arrogance et l'absolutisme de la majorit&#233; absolue du PS. (&#8230;) Nous sommes dans l'opposition contre les nouvelles privatisations annonc&#233;es, comme celle des a&#233;roports, dans l'opposition contre la destruction des services publics, dans l'opposition contre la destruction du secteur national de la sant&#233; &#187; a-t-il conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentant ces r&#233;sultats, Alda Sousa, ancienne d&#233;put&#233;e du BE, &#233;crit : &#171; Au Parlement, le Bloc et le PC ont ensemble 31 &#233;lus, repr&#233;sentant 18 % des voix. Jamais &#224; la gauche du PS un r&#233;sultat pareil ne s'&#233;tait produit. Minoritaire au Parlement, le PS va &#234;tre oblig&#233; de choisir de faire passer des propositions de gauche &#8212; comme celles que nous pr&#233;senterons et qui d&#233;coulent de notre programme et de notre mandat &#8212; ou bien s'allier &#224; la droite r&#233;actionnaire que repr&#233;sente le PP. Le cadre politique est plus polaris&#233;. Les luttes politiques et sociales vont cro&#238;tre dans les mois &#224; venir. Elles pourront compter sur le Bloc, qui est plus fort que jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Instabilit&#233; politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les succ&#232;s de la gauche radicale sont porteurs d'espoir, tant en Allemagne qu'au Portugal, les gouvernements issus de ces &#233;lections seront des gouvernements bourgeois, agressifs contre les salari&#233;s, dont la politique visera &#224; augmenter le taux de profit co&#251;te que co&#251;te. La bourgeoisie et ses administrateurs &#8212; qu'ils soient sociaux-d&#233;mocrates, comme Jos&#233; S&#243;crates, ou chr&#233;tiens d&#233;mocrates, comme Angela Merkel &#8212; n'envisagent nullement une &#171; inflexion keyn&#233;sienne &#187; de leur politique. Ils veulent au contraire &#171; restaurer la rentabilit&#233; &#187; et dans ce but accro&#238;tre l'exploitation du travail. Pour cela ils ne retiennent des r&#233;sultats &#233;lectoraux que le fait que, m&#234;me si leurs partis reculent &#8212; les chr&#233;tiens d&#233;mocrates allemands ont recul&#233;, en particulier en Bavi&#232;re, comme le PSP &#8212; ils arrivent en t&#234;te cette fois-ci encore et peuvent continuer &#224; gouverner. Ils peuvent pour cela compter sur les petits partis de droite qui se sont requinqu&#233;s apr&#232;s une cure dans l'opposition &#8212; le CDS-PP au Portugal ou le FDP en Allemagne &#8212; et dont les veilles rengaines (&#171; moins d'imp&#244;ts &#187;, &#171; moins d'&#201;tat &#187;) apparaissent comme des id&#233;es nouvelles apr&#232;s les ann&#233;es de reniements des gouvernements sociaux-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont d&#233;j&#224; donn&#233; le ton : &#171; Angela Merkel, victorieuse, devra compter avec les lib&#233;raux [encore plus agressifs] renforc&#233;s &#187;, &#171; Le Parti socialiste portugais remporte les l&#233;gislatives &#187;&#8230; Ces titres du Monde du 29 septembre (mais on pourrait citer des dizaines d'autres !) sont symboliques : l'orage est pass&#233;, clament-ils, mettez-vous &#224; l'ouvrage !&#8230; Et le brouhaha m&#233;diatique est encore plus fort en Irlande, o&#249; il s'agit de persuader la population qu'elle ne peut pas r&#233;p&#233;ter le &#171; non &#187; au Trait&#233; de Lisbonne, que sa lutte est perdue et que le 2 octobre il faut se soumettre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;toiles montantes de la gauche radicale, au sud et au nord de l'Europe, devront briller bien fort pour rester visibles face &#224; l'apparente luminosit&#233; des grands astres morts ou mourants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, 28 septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Jan Malewski et Fran&#231;ois Sabado, r&#233;dacteurs d'Inprecor, sont membres du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale et militants du Nouveau parti anticapitaliste (France).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Portugal : Perc&#233;e historique du Bloc de Gauche&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la LCR Belge&lt;br class='autobr' /&gt;
2 octobre 2009&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives du dimanche 27 septembre au Portugal ont chang&#233; le panorama politique : le Parti socialiste qui en 2005, avec 45 % de voix, avait eu la majorit&#233; absolue en nombre de d&#233;put&#233;s, a perdu plus d'un demi-million de voix et tombe &#224; 36,56 %. Bien que vainqueur, il est minoritaire au Parlement. C'est la seule force politique qui a perdu des d&#233;put&#233;s par rapport &#224; 2005 (96 contre 121).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du PS est le plus faible depuis 1991. C'est sans aucun doute la cons&#233;quence de la politique anti-sociale qu'il a men&#233;e, d'une majorit&#233; absolue arrogante qui a choisi de sauver les banquiers de la faillite au lieu de mettre en place un service bancaire public ; qui a fait passer une loi sur le travail qui a fait sourire l'ancien ministre de droite Dur&#227;o Barroso. Dor&#233;navant, il est plus facile de licencier dans un pays qui compte d&#233;j&#224; pr&#232;s de 600 000 ch&#244;meurs dont la moiti&#233; ne per&#231;oit pas d' allocation ch&#244;mage, et la pr&#233;carit&#233; est devenue la r&#233;gle. Un gouvernement qui a men&#233;e une guerre ouverte contre les enseignants et les fonctionnaires comme aucun autre ne l'avait fait auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSD (centre liberal), tout en gagnant trois &#233;lus par rapport &#224; 2005, a cependant r&#233;alis&#233; un de ses plus mauvais scores, au b&#233;n&#233;fice du parti de droite (PP). Le PP devient ainsi la 3e force politique (il &#233;tait en 4e position en 2005). Le PC a recul&#233; de la 3e &#224; 5e place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc de gauche est le parti qui a le plus progress&#233;. Avec plus d'un demi-million de voix (557 109), dans un pays d'un peu plus de 9 millions d'&#233;lecteurs, il en a gagn&#233; 192 679 et passe de 5e &#224; 4e force politique (il est en 3e position dans un grand nombre des principales villes du pays). Au niveau national, le score a augment&#233; de 6,38 % &#224; 9,85 % et il a doubl&#233; son nombre d'&#233;lus (6 femmes et 10 hommes). De plus, tandis qu'en 2005 les d&#233;put&#233;(e)s &#233;lus venaient des seules circonscriptions de Lisbonne (4), Porto (2) et Set&#250;bal (2), cette fois-ci, le Bloc de gauche compte des &#233;lu(e)s dans 9 des 20 circonscriptions : 1 &#233;lu(e) &#224; Aveiro, Braga, Coimbra, Leiria, Santar&#233;m et Faro ; une &#233;lue suppl&#233;mentaire &#224; Porto et &#224; Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc p&#233;sera encore davantage dans la vie politique portugaise, non seulement au Parlement, mais aussi et surtout dans les luttes, puisque ce score est le r&#233;sultat d'une campagne intense, de contacts permanents avec les travailleurs et les secteurs populaires et d'un programme anticapitaliste clair comportant des propositions concr&#232;tes et alternatives &#224; celles du PS et du PSD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois objectifs que le Bloc s'&#233;tait fix&#233; pour cette campagne, qui &#233;taient d'emp&#234;cher le PS de disposer de la majorit&#233; absolue, d'augmenter le nombre de voix et le nombre d'&#233;lus ont tous &#233;t&#233; atteints. Au Parlement, le Bloc et le PC ont ensemble 31 d&#233;put&#233;s, repr&#233;sentant plus de 18 % des voix. Jamais la gauche du PS n'avait obtenu un tel r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS va &#234;tre oblig&#233; de choisir entre une alliance avec la gauche que repr&#233;sente le Bloc de gauche ou avec la droite r&#233;actionnaire incarn&#233;e par le PP. S'il opte pour la gauche, il devra pr&#233;senter des propositions qui d&#233;coulent du programme du Bloc de gauche comme par exemple, abroger la loi sur le travail et imposer un imp&#244;t sur les grandes fortunes pour financer la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces &#233;lections, le cadre politique est davantage polaris&#233; au Portugal, &#224; droite comme &#224; gauche. La lutte politique et sociale va se d&#233;velopper dans les mois &#224; venir. Et le Bloc est plus fort que jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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