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	<title>La Gauche</title>
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		<title>La Gauche</title>
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		<title>L'as de pique de la gauche : le temps libre</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/L-as-de-pique-de-la-gauche-le-temps-libre</link>
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		<dc:date>2011-09-16T14:47:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaumier</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le journal du SFPQ publie dans son &#233;dition d'ao&#251;t 2011 un vaste dossier sur l'opposition droite-gauche sous la plume de Jacques Beaumier. Presse-toi &#224; gauche vous offre un extrait qui porte sur la r&#233;duction du temps de travail. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, la cr&#233;ation de la richesse fait de moins en moins appel au travail humain gr&#226;ce &#224; la formidable r&#233;volution technologique qui a d&#233;cupl&#233; les capacit&#233;s de production. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, de nos jours, cette nouvelle richesse n'est pas bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Debats-politiques-" rel="directory"&gt;D&#233;bats politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L148xH150/arton3248-f161f.png?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='148' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le journal du SFPQ publie dans son &#233;dition d'ao&#251;t 2011 un vaste dossier sur l'opposition droite-gauche sous la plume de Jacques Beaumier. Presse-toi &#224; gauche vous offre un extrait qui porte sur la r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, la cr&#233;ation de la richesse fait de moins en moins appel au travail humain gr&#226;ce &#224; la formidable r&#233;volution technologique qui a d&#233;cupl&#233; les capacit&#233;s de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, de nos jours, cette nouvelle richesse n'est pas bien&lt;br class='autobr' /&gt;
partag&#233;e. De plus, la diminution du travail se traduit, chez les jeunes et les travailleurs moins qualifi&#233;s, par des emplois pr&#233;caires et mal pay&#233;s, par une mise &#224; l'&#233;cart des emplois stables et payants. Des &#233;conomistes et philosophes proposent une nouvelle avenue pour sortir de l'impasse : le temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que certains d&#233;magogues tentent de nous faire croire, cette situation n'est pas le complot d'une g&#233;n&#233;ration contre une autre. Elle illustre plut&#244;t que le principe de distribution de la richesse par l'entremise du salaire reli&#233; &#224; un emploi a maintenant atteint sa limite. Les gains de productivit&#233; sont engrang&#233;s sous forme de capital par les entreprises et leurs actionnaires, accroissant de fa&#231;on importante les &#233;carts de richesse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duction du temps de travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;conomistes et philosophes comme Ren&#233; Passet et Andr&#233; Gorz sont parvenus &#224; une conclusion &#233;tonnante. Selon eux, la seule fa&#231;on de redistribuer la richesse, c'est de r&#233;duire de fa&#231;on marqu&#233;e le temps de travail. Il s'agirait en fait de travailler moins pour assurer du travail &#224; tous. Compte tenu de nos capacit&#233;s &#233;lev&#233;es de production, nous pourrions m&#234;me envisager de travailler moins sans perte de revenu. Selon Passet, il serait possible de travailler deux jours et demi pour un salaire &#233;gal &#224; celui que nous recevons pour cinq jours de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Gorz pr&#233;f&#232;re effectuer le calcul sur une base annuelle afin de rendre la chose plus facile &#224; appliquer &#224; certains domaines. Selon lui, nous pourrions r&#233;duire de 1 600 &#224; 1 000 le nombre d'heures que nous travaillons en moyenne par ann&#233;e. Mais comment les entreprises pourraient-elles augmenter autant leur masse salariale sans faire faillite ? L'id&#233;e que notre revenu doit &#234;tre li&#233; &#224; un emploi doit &#234;tre abandonn&#233;e, nous expliquent ces auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul travail salari&#233; ne suffit plus &#224; distribuer la richesse produite, et il ne revient pas &#224; une entreprise particuli&#232;re d'effectuer cette redistribution. Seul l'&#201;tat peut le faire en adoptant une politique de redistribution de la&lt;br class='autobr' /&gt;
richesse par le moyen de la fiscalit&#233;. L'appauvrissement relatif actuel provient du fait que les gains de productivit&#233; sont accumul&#233;s par les biens nantis sous forme de patrimoine familial dans des biens immobiliers de luxe ou souvent dissimul&#233;s dans des abris fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une utopie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de travailler moins pour obtenir le m&#234;me revenu nous appara&#238;t tellement utopique qu'elle nous fait rigoler. D&#233;j&#224;, Aristote avan&#231;ait que si l'outil pouvait s'ex&#233;cuter de lui-m&#234;me, le ma&#238;tre n'aurait plus besoin d'esclaves. S'il revenait parmi nous, Aristote ne comprendrait pas pourquoi nous travaillons tant parce qu'en fait, c'est de notre &#233;poque qu'il r&#234;vait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le printemps dernier, Hydro-Qu&#233;bec annon&#231;ait l'installation de compteurs &#171; intelligents &#187; et par cons&#233;quent l'abolition de 725 postes de releveurs de compteurs. C'est exactement ce &#224; quoi songeait Aristote : &#171; si l'outil pouvait s'ex&#233;cuter de lui-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la droite nous propose de nous serrer la ceinture et&lt;br class='autobr' /&gt;
de travailler plus. Quant &#224; la gauche, craignant le ridicule, elle h&#233;site &#224; revendiquer le temps libre sans perte de revenus et &#224; sortir de sa manche ce v&#233;ritable as de pique. Et si elle osait, serait-ce la fin de l'opposition droite/gauche ? S&#251;rement pas. Pendant que la droite d&#233;noncerait l'immoralit&#233; de voir des gens ne pas travailler, la gauche r&#233;clamerait que le temps libre devienne un temps de vie richement rempli pour tous&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le droit &#224; la retraite</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-droit-a-la-retraite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-droit-a-la-retraite</guid>
		<dc:date>2011-02-24T15:52:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;gimes de retraite sont, depuis quelques ann&#233;es, sous le coup d'une attaque en r&#232;gle. Il est urgent de remettre &#224; l'ordre ceux qui s'en prennent &#224; notre droit &#224; la qualit&#233; de vie et, par cons&#233;quent &#224; une retraite &#233;quitable. &lt;br class='autobr' /&gt; Un peu d'histoire &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sous les pressions socialistes qu'est apparue en 1881 en Allemagne sous le gouvernement Bismark, la premi&#232;re l&#233;gislation pr&#233;voyant un droit &#224; la retraite. Au Canada ce n'est qu'en 1927 qu'on voit appara&#238;tre les premiers balbutiements d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;gimes de retraite sont, depuis quelques ann&#233;es, sous le coup d'une attaque en r&#232;gle. Il est urgent de remettre &#224; l'ordre ceux qui s'en prennent &#224; notre droit &#224; la qualit&#233; de vie et, par cons&#233;quent &#224; une retraite &#233;quitable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu d'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sous les pressions socialistes qu'est apparue en 1881 en Allemagne sous le gouvernement Bismark, la premi&#232;re l&#233;gislation pr&#233;voyant un droit &#224; la retraite. Au Canada ce n'est qu'en 1927 qu'on voit appara&#238;tre les premiers balbutiements d'un tel r&#233;gime appel&#233; &#224; l'&#233;poque, Loi des pensions de vieillesse. Il a fallu attendre en 1952, suite aux pressions syndicales et populaires pour voir appara&#238;tre la Loi sur la s&#233;curit&#233; de la vieillesse financ&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral pour les hommes et femmes de 70 ans et plus (anc&#234;tre de la Pension de la s&#233;curit&#233; de la vieillesse (PSV) ) En 1966, le R&#233;gime de pensions du Canada (RPC) et le R&#233;gime de rentes du Qu&#233;bec(RRQ) qui sont des r&#233;gimes contributifs, sont venus le compl&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite se sont ajout&#233;s les r&#233;gimes de retraite n&#233;goci&#233;s dans les conventions collectives des syndicats des secteurs public et priv&#233; dont les plus connus ; le r&#233;gime &#224; prestation d&#233;termin&#233;e (RPD) plus avantageux parce qu'il garantit un revenu de retraite stable et pr&#233;visible et le r&#233;gime &#224; cotisations d&#233;termin&#233;es(RCD) soumis &#224; la fluctuation des march&#233;s. Aujourd'hui, c'est l'ensemble de ces droits, acquis au prix de nos luttes, qui sont bafou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le patronat &#224; l'offensive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e des attaques n&#233;olib&#233;rales contre le mouvement ouvrier, le monde patronal tente d'&#233;liminer les r&#233;gimes &#224; prestations d&#233;termin&#233;es. Selon les donn&#233;es de la R&#233;gie des rentes du Qu&#233;bec (RRQ), la proportion de r&#233;gimes PD qui incluent un volet CD est pass&#233;e entre les ann&#233;es 2000 et 2010 de 7% &#224; 22%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le langage des entreprises, ces remises en question sont la cons&#233;quence de la baisse du march&#233; obligataire qui conduit &#224; une insolvabilit&#233; des r&#233;gimes et obligent par cons&#233;quent les entreprises &#224; les renflouer &#224; m&#234;me leurs liquidit&#233;s. Mais ces calculs sont biais&#233;s. Prenons l'exemple de Postes Canada qui est actuellement en n&#233;gociation avec le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses des Postes (STTP-FTQ). La soci&#233;t&#233; d'&#233;tat demande que les nouvelles et nouveaux employ&#233;s soient dor&#233;navant assujettis &#224; un r&#233;gime &#224; cotisations d&#233;termin&#233;es, invoquant ses probl&#232;mes de liquidit&#233; servant &#224; renflouer le r&#233;gime. Les taux d'int&#233;r&#234;t actuellement bas r&#233;duisent le rendement des placements obligataires et la liquidit&#233; du r&#233;gime. Mais ces m&#234;mes taux sont avantageux lorsqu'elle doit emprunter pour effectuer ses investissements immobiliers et d'infrastructure dans le cadre de ses changements technologiques. C'est comme tenir un budget en ne regardant pas l'ensemble de son portefeuille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement en rajoute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement songe maintenant &#224; modifier les param&#232;tres du RRQ afin de combler le d&#233;ficit actuariel. La ministre responsable, Julie Boulet, a d&#233;j&#224; indiqu&#233; qu'un projet de loi sera d&#233;pos&#233; avant l'&#233;t&#233; 2011 pour modifier le r&#233;gime de retraite offert &#224; l'ensemble des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec, copiant ainsi les modifications que le gouvernement f&#233;d&#233;ral s'appr&#234;te &#224; prendre avec le RPC. En plus de hausser les cotisations, le projet de loi pr&#233;voit hausser les p&#233;nalit&#233;s pour les d&#233;parts &#224; la retraite avant 65 ans, l'objectif &#233;tant de maintenir les employ&#233;s et employ&#233;es au travail plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;boires de la caisse de d&#233;p&#244;t et placements du Qu&#233;bec, caus&#233;s par le scandale des placements dans le papier commercial ne sont pas sans incidence sur l'incapacit&#233; de la caisse &#224; pourvoir aux retraites. Cela nous d&#233;montre les cons&#233;quences des investissements de Henri-Paul Rousseau dans des produits hautement sp&#233;culatifs voire illicites, sous les directives de Jean Charest, dans le but de b&#233;n&#233;ficier de hauts rendements &#224; court terme, l'&#233;quivalent de jouer &#224; la roulette russe. Mais ce n'est qu'une partie du probl&#232;me. Selon Michel Liz&#233;e, coordonnateur au Service aux collectivit&#233;s de l'UQAM et &#233;conomiste sp&#233;cialis&#233; dans le dossier des r&#233;gimes de retraite, membre du SCFP :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Si les salaires avaient augment&#233; au m&#234;me rythme qu'entre 1965 et 1980, (premi&#232;res quinze ann&#233;es du RRQ), il serait en bien meilleure posture qu'il ne l'est.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on veut payer les rentes du RRQ pour ne parler que de ce seul programme, plus de 80% des rentes qui seront vers&#233;es dans 20 ou 30 ans proviendront des cotisations vers&#233;es par les travailleurs actifs, lesquelles d&#233;pendront avant tout (a) du taux de participation de la main-d'&#339;uvre et du niveau d'emploi dans l'&#233;conomie et (b) du niveau des salaires pay&#233;s et donc de l'&#233;volution de la productivit&#233; de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en d&#233;duire que les actuelles coupures de postes du secteur public additionn&#233;es aux pertes d'emplois dans le secteur priv&#233; dues aux fermetures d'entreprises et aux relocalisations, conjugu&#233;es aux baisses de salaire &#171; pour faire face &#224; la mondialisation &#187; comptent parmi les v&#233;ritables responsables des futures baisses de rendement de la caisse de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences ne sont pas seulement dommageables pour les travailleurs et travailleuses. En allongeant la p&#233;riode de travail, le gouvernement r&#233;duit d'autant les opportunit&#233;s d'emplois pour les jeunes et augmente le taux de ch&#244;mage. La bataille pour le droit &#224; une retraite d&#233;cente c'est notre bataille &#224; tous !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mouvement en difficult&#233; et une perspective de changement</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Un-mouvement-en-difficulte-et-une-perspective-de-changement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Un-mouvement-en-difficulte-et-une-perspective-de-changement</guid>
		<dc:date>2011-01-20T19:34:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH137/arton3103-24ad9.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu central de ce mouvement populaire, qui a dur&#233; plusieurs semaines, &#233;tait l'attaque du gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy contre le syst&#232;me public de pensions de retraite. En m&#234;me temps, c'&#233;tait aussi une protestation contre les politiques injustes d'un gouvernement dirig&#233; par le &#171; pr&#233;sident des riches. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des semaines, les directions des diverses centrales syndicales sont rest&#233;es unies en appui des protestations de masse. De nombreux militants de la base et les &#233;lus syndicaux les plus militants ont tent&#233; d'&#233;tendre et d'intensifier l'action directe. Les manifestations et les gr&#232;ves n'ont pas r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter l'attaque contre les retraites. Mais le r&#233;sultat n'&#233;tait pas non plus une d&#233;faite, parce que le mouvement a beaucoup nui au gouvernement, tout en renfor&#231;ant le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste avec le mouvement ouvrier au Canada et le Qu&#233;bec est frappant. Les syndicats ici sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le nombre de travailleurs syndiqu&#233;s ne diminue pas et que la baisse du taux de syndicalisation a &#233;t&#233; lente ces derni&#232;res ann&#233;es. La situation n'est pas aussi grave qu'aux &#201;tats-Unis, o&#249; le nombre de syndiqu&#233;s et la densit&#233; syndicale sont en baisse depuis des ann&#233;es. Au Canada, les institutions syndicales sont rest&#233;es g&#233;n&#233;ralement stables, m&#234;me si certains syndicats ont perdu un nombre important de membres et donc du revenu. (Par exemple, entre 2005 et 2009, les mises &#224; pieds ont fait perdre aux TCA 40,000 de leurs 265,000 membres.) Cette stabilit&#233; relative a contribu&#233; &#224; aveugler certains secteurs du mouvement quant &#224; la situation r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des signes de d&#233;gradation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le nombre de membres et la densit&#233; ne se traduisent pas n&#233;cessairement en dynamisme et en puissance. Plus inqui&#233;tants que la lente &#233;rosion du taux de syndicalisation sont les signes qui les travailleurs ont de plus en plus de difficult&#233; &#224; se servir des syndicats comme organisations pour la promotion de leurs int&#233;r&#234;ts collectifs. (J'&#233;cris qu'ils ont &#171; plus de difficult&#233; &#187; parce qu'ils ont d&#251; affronter des difficult&#233;s importantes sur ce front depuis les ann&#233;es 1940, quand les luttes ouvri&#232;res ont gagn&#233; de nouveaux droits pour les syndicats, mais accompagn&#233;s de nouvelles restrictions sur l'activit&#233; syndicale.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le mouvement est de plus en plus repli&#233; sur lui-m&#234;me, de sorte que l'action se r&#233;duit &#224; du lobbying, &#187; dit un initi&#233; du monde syndical. La bureaucratie syndicale (les &#233;lus et les fonctionnaires) est souvent pr&#233;occup&#233;e de la d&#233;fense des syndicats comme institutions. Un fonctionnaire du Syndicat des employ&#233;s d'h&#244;pital s'est exprim&#233; de la mani&#232;re suivante : &#171; Il me semble qu'il y a vraiment un manque de solidarit&#233; et de tout int&#233;r&#234;t &#224; repr&#233;senter les travailleurs et la classe ouvri&#232;re par opposition &#224; la lutte pour la survie de l'organisation. Ainsi, je vois souvent que la priorit&#233; est la survie du syndicat comme organisation au lieu du renforcement des droits des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a de nombreuses r&#233;percussions n&#233;gatives. Ainsi, les syndicats font encore moins d'attention &#224; ce que vivent la plupart non-syndiqu&#233;s salari&#233;s. Environ 20 % des hommes et 32 % des femmes, classifi&#233;s comme employ&#233;s par Statistiques Canada, n'ont pas d'emplois permanents et &#224; temps plein. Mais ces chiffres sous-estiment le probl&#232;me parce que certains des classifi&#233;s comme &#171; autonomes &#187; sont en r&#233;alit&#233; des travailleurs. Certains dirigeants syndicaux expriment du bout des l&#232;vres une inqui&#233;tude au sujet des travailleurs pr&#233;caires, mais l'action suit rarement. Seulement 23% des travailleurs &#224; temps partiel sont syndiqu&#233;s, comparativement &#224; 31 % des salari&#233;s &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de couleur sont nettement sous-repr&#233;sent&#233;s dans les syndiqu&#233;s, cela &#224; un moment o&#249; la part des salari&#233;s qui subissent le racisme est plus grande que jamais. Cela a &#233;largi l'&#233;cart entre les parties syndiqu&#233;es et non syndiqu&#233;es de la classe ouvri&#232;re. Il en va de m&#234;me pour le d&#233;clin &#224; 16% de la densit&#233; syndicale du secteur priv&#233; qui emploie la plupart des travailleurs. La pr&#233;dominance de travailleurs plus &#226;g&#233;s dans les syndicats a &#233;galement &#233;largi la distance entre de nombreux travailleurs et leurs syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un patronat de plus en plus coriace, la plupart des dirigeants syndicaux ont fini par accepter les concessions comme in&#233;vitables, au lieu des les voir comme r&#233;pugnantes et &#224; r&#233;sister tant que possible. Cela a un impact important. Comme l'a dit Bruce Allen, vice-pr&#233;sident de la section locale 199 des TCA, &#171; les travailleurs n'ont pas cr&#233;&#233; les syndicats pour reculer &#187;, mais &#171; pour d&#233;fendre leur dignit&#233;, leurs gains et pour avancer quand c'est possible. &#187; L'attrait des syndicats baisse lorsqu'ils font des concessions sans r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me connexe est que les dirigeants syndicaux, soucieux &#224; faire accepter les concessions par leurs membres, sont tent&#233;s &#224; miner la d&#233;mocratie syndicale pour que les travailleurs ent&#233;rinent la &#171; bonne &#187; d&#233;cision. La d&#233;mocratie syndicale a, par cons&#233;quent, souffert ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre signe inqui&#233;tant est la tendance des syndicats &#224; appuyer n'importe quelle force politique qui semble repr&#233;senter un &#171; moindre mal &#187;. Il en r&#233;sulte souvent un appui acritique aux partis (comme les Lib&#233;raux, le NPD dans certaines provinces, le PQ et le BQ au Qu&#233;bec) et &#224; des candidats (comme l'ancien maire de Toronto David Miller) qui jouissent de l'appui du patronat. L'action politique des syndicats cherche rarement &#224; renforcer la classe ouvri&#232;re comme force ind&#233;pendante pour la transformation de la soci&#233;t&#233;. Cette norme minimale de soutien au &#171; moindre mal &#187; a sa contrepartie dans la faible confiance des travailleurs en la capacit&#233; des syndicats de n&#233;gocier des gains. Les deux ph&#233;nom&#232;nes montrent jusqu'&#224; quel point les expectations des travailleurs ont &#233;t&#233; r&#233;duites par trois d&#233;cennies d'offensive patronale et gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure o&#249; la bureaucratie syndicale s'est repli&#233;e, sur elle-m&#234;me, les divisions entre elle et les militants des mouvements de justice sociale se sont approfondis. C'&#233;tait &#233;vident lors de la mobilisation contre le sommet du G-20 &#224; Toronto en juin 2010, notamment quand Ken Georgetti, pr&#233;sident de CTC, s'est empress&#233; &#224; condamner les attaques contre la propri&#233;t&#233; de la part de certains manifestants, tandis que le CTC a temp&#233;r&#233; sa critique de l'arrestation de quelques 1100 personnes et n'a pas contest&#233; les efforts de l'&#201;tat de criminaliser la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prises dans leur ensemble, ces tendances font preuve d'un processus de d&#233;gradation des syndicats comme organisations du mouvement ouvrier. Ce processus est in&#233;gal, mais quand m&#234;me r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est important pour deux simples raisons. D'abord, les travailleurs salari&#233;s et &#171; autonomes &#187; font face aujourd'hui par &#224; patronat et &#224; des gouvernements qui sont plus d&#233;cid&#233;s que jamais &#224; renforcer les profits et le pouvoir des entreprises. Tout ce que les travailleurs ont pr&#233;sentement pour se d&#233;fendre contre cette menace ce sont les syndicats et de beaucoup plus petites organisations communautaires. Deuxi&#232;mement, ce sont les seules organisations existantes qui offrent aux travailleurs une possibilit&#233; quelconque de changer la soci&#233;t&#233; dans le sens de leurs besoins et de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel type de changement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, le mouvement ouvrier doit-il changer ? Ceux qui aimeraient que nos organisations ouvri&#232;res mobilisent comme ont fait ceux de la France en automne 2010 doivent viser des changements du genre suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Plus de d&#233;mocratie&lt;/i&gt;. Si les membres ne contr&#244;lent pas leurs propres syndicats et leurs autres organisations, celles-ci vont tomber sous l'influence d'autrui &#8211; des fonctionnaires syndicaux, ou pire encore, des patrons. La puissance des organisations ouvri&#232;res, ont fait valoir Mike Parker et Martha Gruelle, &#034;r&#233;side dans la participation des membres, et cela prend la d&#233;mocratie pour que les membres d&#233;sirent s'engager.&#034; Dans une organisation d&#233;mocratique les travailleurs acqui&#232;rent de nouvelles comp&#233;tences et renforcent leur la confiance en eux-m&#234;mes. Cela les encourage &#224; se servir de leur pouvoir collectif. Une culture organisationnelle qui incite les membres &#224; s'exprimer, &#224; poser des questions difficiles et &#224; d&#233;battre de mani&#232;re respectueuse est essentielle pour le mouvement. Les erreurs sont in&#233;vitables, mais dans une organisation d&#233;mocratique les membres peuvent apprendre de leurs erreurs et apporter des modifications. Le titre du livre de Gruelle et Parker sur le renouveau des syndicats fait mouche : la d&#233;mocratie est le pouvoir .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus de militants&lt;/i&gt;. Pour que le mouvement se renforce, il faut impliquer plus de monde. Fernando Gapasin, qui milite dans les mouvements populaires aux &#201;tats-Unis depuis de nombreuses ann&#233;es, soutient qu'il y a deux cl&#233;s &#224; la mobilisation : les gens doivent &#234;tre convaincus de la n&#233;cessit&#233; de changer les choses ; et ils doivent croire que leur action contribuera au r&#233;sultat souhait&#233;. Des militants efficaces sont des organisateurs qui peuvent apprendre &#224; organiser des autres. Ils &#171; comprennent que la mobilisation se fait une personne &#224; la fois. Il s'agit d'organiser les gens pour qu'ils organisent d'autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De meilleurs militants&lt;/i&gt;. Le plus souvent la formation syndicale est consacr&#233;e au traitement des griefs, aux cas d'arbitrage, &#224; la n&#233;gociation. Mais les activistes, qu'ils militent dans les syndicats ou dans d'autres organisations populaires, ont besoin de plus que cela. Les militants de la base doivent &#234;tre capables de penser et d'agir de mani&#232;re ind&#233;pendante. Ce dont les militants ont besoin pour mobiliser d&#233;mocratiquement les gens ne peut s'apprendre en tr&#232;s grande partie que par l'exp&#233;rience concr&#232;te, par essais et erreurs. Les le&#231;ons apprises dans les luttes doivent &#234;tre partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi beaucoup de choses qui ne s'apprennent pas seulement par l'exp&#233;rience personnelle (ou qui s'apprennent avec beaucoup de difficult&#233;), y compris les rouages du syst&#232;me capitaliste, les desseins des employeurs et des gouvernements, les diverses formes d'oppression et l'histoire du mouvement. Tout cela demande une formation diff&#233;rente de ce qu'offrent la plupart de programmes de formation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du leadership qui &#233;mane de la base et qui refl&#232;te la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. La couche militante dans les lieux de travail et dans les communaut&#233;s devrait &#234;tre aussi vari&#233;e en termes de genre, d'identit&#233; ethnoraciale, de sexualit&#233; et de profession que la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'action&lt;/i&gt;. Les m&#233;thodes militantes sont actives et offensives, comme les gr&#232;ves tenaces, les occupations et les autres formes d'action directe. Le militantisme ne veut pas dire la violence - contrairement &#224; ce que nous disent les m&#233;dias propatronaux. Il s'agit de l'emploi de moyens qui permettent d'atteindre les buts. Le radicalisme, par contre, porte sur les fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus radicalisme&lt;/i&gt;. Sam Gindin a dit : &#034;L'adversaire s'est rendu compte que &#8230; les choix sont polaris&#233;s : pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges, ils ont conclu qu'il faut &#234;tre plus radical. Nous devons apprendre la m&#234;me le&#231;on radicale, mais, &#233;videmment, de notre propre perspective.&#034; &#202;tre radical ne signifie pas recourir &#224; la violence ou tomber dans l'irrationnel. Il s'agit d'identifier les causes profondes des probl&#232;mes et d'oeuvrer pour des changements fondamentaux dans l'organisation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'ind&#233;pendance&lt;/i&gt;. Il faut que les travailleurs comprennent que leurs int&#233;r&#234;ts et ceux de la classe dominante sont fondamentalement antagoniques. Il s'ensuit que les organisations ouvri&#232;res doivent essayer d'&#234;tre aussi ind&#233;pendantes que possible des patrons, du syst&#232;me juridique et des partis politiques existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un engagement envers la mobilisation et l'organisation de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. Comme l'a dit Winnie Ng, &#171; nous ne pouvons pas permettre que la division artificielle entre syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s nous emp&#234;che de concevoir et de reconstruire une communaut&#233; o&#249; personne ne se d&#233;fendrait seul : [il faut] un mouvement d'espoir, de justice et de solidarit&#233; &#034;. On ne peut pas se concentrer &#233;troitement sur son propre syndicat, sur les travailleurs syndiqu&#233;s, sur les salari&#233;s &#224; faible revenu, ou sur toute section particuli&#232;re de la classe ouvri&#232;re. Cette classe est large, diverse et fragment&#233;e. Le but devrait &#234;tre la cr&#233;ation d'un mouvement de tous les travailleurs et pour tous les travailleurs. Cela ne peut se faire par les seuls syndicats. Il est essentiel que les syndicats soutiennent et collaborent avec les organisations communautaires, y compris les centres de travailleurs dont la priorit&#233; est les salari&#233;s au bas de l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une solidarit&#233; plus profonde et plus englobante&lt;/i&gt;. Puisque la classe ouvri&#232;re est divis&#233;e de nombreuses mani&#232;res, la solidarit&#233; doit &#234;tre activement construite. La vieille devise syndicale &#171; un mal fait &#224; un est un mal fait &#224; tous &#187; doit cesser d'&#234;tre de la simple rh&#233;torique. Certaines des divisions proviennent principalement de la fa&#231;on dont l'emploi est structur&#233;. Un exemple est la division entre secteurs public et priv&#233;. D'autres divisions sont li&#233;es au racisme, au sexisme et aux autres formes d'oppression. Les travailleurs qui appartiennent &#224; des groupes de la soci&#233;t&#233; qui sont privil&#233;gi&#233;s ont une responsabilit&#233; particuli&#232;re &#224; tendre la main de la solidarit&#233; aux autres. Par exemple, les travailleurs blancs ne souffrent pas de racisme. Pour construire l'unit&#233; entre les travailleurs blancs et ceux qui sont directement touch&#233;s par le racisme, les premiers doivent se former au sujet du racisme et le combattre. Pour construire la solidarit&#233;, il faut aussi que les syndiqu&#233;s soutiennent les luttes pour la justice sociale des gens qui ne sont pas organis&#233;s consciemment en tant que travailleurs (m&#234;me si la plupart d'entre eux font probablement partie de la classe ouvri&#232;re). De tels exemples sont les campagnes pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, pour finir avec la violence faite aux femmes, pour gagner le statut de r&#233;sident permanent pour les immigrants sans statut. La solidarit&#233; doit aussi s'&#233;tendre aux luttes contre l'oppression par des gens qui ne font pas partie de la classe ouvri&#232;re - par exemple, les autochtones qui d&#233;fendent leurs terres ancestrales contre l'empi&#233;tement par les entreprises. Enfin, la solidarit&#233; doit aussi &#234;tre internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces changements signifie plus que le renouveau du mouvement ouvrier. Il s'agit de r&#233;inventer le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de gens, m&#234;me sur la gauche, endossent pr&#233;sentement un tel objectif. Mais ceux d'entre nous qui le font doivent se mettre &#224; discuter s&#233;rieusement de l'&#233;tat du mouvement et de comment contribuer, m&#234;me par des gestes modestes, &#224; sa r&#233;invention. Il est crucial que nos efforts partent de la fa&#231;on dont les travailleurs s'organisent et r&#233;sistent aujourd'hui, et non pas de la vision d'un autre de mouvement, tel qu'esquiss&#233; ci-dessus. De petits pas pris par des radicaux qui travaillent ensemble avec des autres qui veulent lutter de mani&#232;re plus efficace ont plus de potentiel que des initiatives radicales isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est bas&#233; sur le livre de l'auteur de Canadian Labour in Crisis : Reinventing the Workers Movement, &#224; paraitre en 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(traduit par David Mandel)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Partenariat social et ind&#233;pendance de classe dans le mouvement ouvrier post-sovi&#233;tique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Mandel</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

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&lt;p&gt;D'un point de vue de gauche l'histoire du mouvement ouvrier peut &#234;tre regard&#233;e comme une longue et laborieuse lutte de la classe ouvri&#232;re (1) pour son autod&#233;termination, dont l'expression finale serait le remplacement du capitalisme par une soci&#233;t&#233; autog&#233;r&#233;e sans exploitation, c'est-&#224;-dire par le socialisme. Cette lutte a &#233;t&#233; men&#233;e contre la bourgeoisie et l'&#201;tat capitaliste mais encore plus contre les courants id&#233;ologiques au sein du mouvement ouvrier, qui ont accept&#233;, de mani&#232;re explicite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'un point de vue de gauche l'histoire du mouvement ouvrier peut &#234;tre regard&#233;e comme une longue et laborieuse lutte de la classe ouvri&#232;re (1) pour son autod&#233;termination, dont l'expression finale serait le remplacement du capitalisme par une soci&#233;t&#233; autog&#233;r&#233;e sans exploitation, c'est-&#224;-dire par le socialisme. Cette lutte a &#233;t&#233; men&#233;e contre la bourgeoisie et l'&#201;tat capitaliste mais encore plus contre les courants id&#233;ologiques au sein du mouvement ouvrier, qui ont accept&#233;, de mani&#232;re explicite ou implicite, le capitalisme comme in&#233;vitable ou du moins comme pr&#233;f&#233;rable &#224; n'importe quelle alternative r&#233;elle, et qui rejettent l'id&#233;e que le travail et le capital s'opposent du fait de leurs int&#233;r&#234;ts contradictoires. Au niveau politique, le socialisme r&#233;volutionnaire a lutt&#233; contre le r&#233;formisme de diverses sortes pour conqu&#233;rir le soutien des travailleurs, alors que dans le mouvement syndical les partisans du &#171; syndicalisme de combat &#187; ont combattu les d&#233;fenseurs du &#171; partenariat social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'orientation id&#233;ologique ou strat&#233;gique, &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187; est fond&#233;e sur une analyse des int&#233;r&#234;ts respectifs du travail et du capital, du travail et de l'&#201;tat, comme fondamentalement antagonistes. Les rapports du travail avec le capital et avec l'&#201;tat sont donc d&#233;termin&#233;s en derni&#232;re instance par les rapports de forces plut&#244;t que par quelques int&#233;r&#234;ts communs. Il s'ensuit que la strat&#233;gie du mouvement ouvrier en d&#233;fendant et favorisant les int&#233;r&#234;ts des travailleurs devrait accorder la priorit&#233; &#224; la modification du rapport des forces en faveur de ces derniers. Et bien que de nombreux facteurs peuvent contribuer au renforcement du mouvement ouvrier, sa principale ressource est la solidarit&#233; des ouvriers du rang, leur engagement actif en faveur de leurs buts communs et leur confiance dans leur capacit&#233; collective de parvenir &#224; des modifications progressistes de leur conditions d'emploi et de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, le &#171; partenariat social &#187;, bien qu'il prenne des formes et des degr&#233;s divers, est une strat&#233;gie fond&#233;e en derni&#232;re instance sur l'id&#233;e que le travail et le capital ont un int&#233;r&#234;t commun, essentiel, dans le succ&#232;s de l'entreprise donn&#233;e et de l'&#233;conomie nationale dans son ensemble. Et sous le capitalisme le succ&#232;s signifie toujours plus de profit, car sans lui il n'y a pas d'emploi, pas de salaires et pas de prestations. En cons&#233;quence tout conflit s&#233;rieux qui pourrait surgir entre le travail et le capital tend a &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme d&#233;coulant d'un d&#233;faut de la communication ou du refus d'une des parties de comprendre son propre int&#233;r&#234;t &#224; long terme. Les n&#233;gociations prennent donc la forme du &#171; dialogue social &#187;, plut&#244;t que celle de l'affrontement, et la force (du moins de la part des travailleurs), si elle n'est pas exclue, est rel&#233;gu&#233;e &#224; un r&#244;le essentiellement symbolique. Il faut noter que cette image harmonieuse des rapports capital-travail, souvent accompagn&#233;e de sch&#233;mas de la &#171; participation &#187;, a longtemps fait partie de l'arsenal des employeurs et des gouvernements (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, sans doute bien plus que jamais depuis l'apparition du mouvement ouvrier organis&#233; et massif au cours du dernier quart du XIXe si&#232;cle, le &#171; partenariat social &#187; domine dans pratiquement tous les pays (3). C'est &#224; la fois une cons&#233;quence et une cause de la modification importante du rapport des forces entre les classes au d&#233;triment du travail, qui a commenc&#233; au cours des ann&#233;es 1970 dans les pays capitalistes et &#224; la fin des ann&#233;es 1980 au sein de l'ex-monde communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux d'embl&#233;e indiquer mon propre point de vue : le &#171; partenariat social &#187; est au mieux un cas de la confusion des d&#233;sirs et de la r&#233;alit&#233;, ayant peu de rapports avec la r&#233;alit&#233; capitaliste dans sa version n&#233;olib&#233;rale actuelle ; au pire, c'est un sympt&#244;me de la corruption des directions syndicales. Le plus souvent, c'est une combinaison des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les pr&#233;mices qui fondent le &#171; partenariat social &#187; ne correspondent pas &#224; la r&#233;alit&#233;, en tant qu'id&#233;ologie il a des fortes racines dans cette r&#233;alit&#233;, c'est-&#224;-dire dans la tr&#232;s r&#233;elle d&#233;pendance du travail envers le capital. Et en g&#233;n&#233;ral la puissance du &#171; partenariat social &#187; au sein du mouvement ouvrier varie inversement &#224; la d&#233;pendance du travail envers le capital. En d'autres termes, cette id&#233;ologie est plus puissante lorsque le travail est affaibli et vice versa. En m&#234;me temps, le &#171; partenariat social &#187; contribue &#224; affaiblir le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article examine bri&#232;vement le r&#244;le du &#171; partenariat social &#187; dans les d&#233;faites du mouvement ouvrier apr&#232;s l'effondrement des r&#233;gimes appel&#233;s communistes en Russie, en Ukraine et en Bi&#233;lorussie (dite &#233;galement Belarus), les trois pays les plus industrialis&#233;s, majoritairement slaves, de l'ex-Union sovi&#233;tique. Son impact a &#233;t&#233; un peu diff&#233;rent dans chacun des trois pays, mais dans chaque cas il a contribu&#233; de mani&#232;re significative au dramatique recul subi par les travailleurs, qui ont vu leur &#233;pargne &#233;limin&#233;e, leurs salaires r&#233;els r&#233;duits de plus des deux tiers (4) et la d&#233;mocratie promise bris&#233;e - si par d&#233;mocratie on comprend un &#201;tat fond&#233; sur la loi qui autorise la libre concurrence des int&#233;r&#234;ts sociaux pour influencer la politique gouvernementale (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pr&#233;tends pas qu'une strat&#233;gie diff&#233;rente aurait n&#233;cessairement permis aux travailleurs de sortir victorieux de la chute de la dictature bureaucratique. Les circonstances objectives, d&#233;crites ci-dessous, ne favorisaient pas le travail. Mais, au moins, ses pertes auraient certainement pu &#234;tre fortement r&#233;duites. Le fait est, que les syndicats n'ont m&#234;me pas employ&#233; les ressources r&#233;duites dont ils disposaient pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de leurs membres. Il y a bien s&#251;r eu quelques exceptions, mais elles furent trop peu nombreuses et trop isol&#233;es pour affecter les r&#233;sultats globaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Circonstances objectives d&#233;favorables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction entre les conditions &#171; objectives &#187; et &#171; subjectives &#187; est au mieux relative, mais elle est n&#233;anmoins utile pour pr&#233;senter le contexte dans lequel les syndicats post-sovi&#233;tiques ont op&#233;r&#233;. Les facteurs &#171; objectifs &#187; sont ceux, sur lesquels les syndicat n'avaient pas d'influence imm&#233;diate ou ne pouvaient avoir que fort peu d'influence ; tandis que les facteurs &#171; subjectifs &#187; sont ceux que les syndicats peuvent influencer, pour l'essentiel du fait de leurs choix strat&#233;giques et tactiques et de la qualit&#233; de leurs directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des facteurs &#171; objectifs &#187; a &#233;t&#233;, et demeure, l'h&#233;ritage de plus d'un demi-si&#232;cle de domination totalitaire, au cours duquel les travailleurs ne pouvaient pas s'organiser de mani&#232;re ind&#233;pendante. La lib&#233;ralisation gorbatchevienne a chang&#233; cela, mais cette p&#233;riode a &#233;t&#233; trop courte pour que la majorit&#233; des travailleurs puisse acqu&#233;rir l'exp&#233;rience de l'organisation et de l'activit&#233; ind&#233;pendantes. De plus cette ouverture politique fut octroy&#233;e &#171; par en haut &#187; et non arrach&#233;e dans la lutte. Se r&#233;f&#233;rant &#224; l'&#232;re sovi&#233;tique, le pr&#233;sident du syndicat minoritaire de l'usine automobile Volga (fabriquant des Ladas) a observ&#233; qu'il &#171; n'y avait pas de classe ouvri&#232;re ; seulement des individus isol&#233;s dans une situation similaire &#187;. La premi&#232;re r&#233;union des travailleurs qui n'a pas &#233;t&#233; convoqu&#233;e et ne fut pas dirig&#233;e par les dirigeants de l'usine ou du parti a eu lieu en septembre 1989 pour discuter de la gr&#232;ve, la premi&#232;re action collective organis&#233;e dans l'histoire de cette entreprise de plus de 100 000 salari&#233;s. De m&#234;me, seulement deux ann&#233;es et demi s&#233;parent la gr&#232;ve des mineurs de juillet 1989 (6), la premi&#232;re grande entr&#233;e des travailleurs sur la sc&#232;ne publique, de l'effondrement du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E.P. Thompson a &#233;crit que la classe ouvri&#232;re &#171; se fait elle-m&#234;me &#187; autant qu'elle est form&#233;e par les circonstances (7). Mais les travailleurs sovi&#233;tiques ont eu peu de temps pour &#171; se faire &#187; avant de faire face &#224; une attaque massive du nouvel &#201;tat &#171; d&#233;mocratique &#187; qu'ils venaient tout juste d'aider &#224; constituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie et en Ukraine cette attaque a pris la forme de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; (8). Cette politique, dont l'&#233;l&#233;ment principal &#233;tait la rapidit&#233; de son ex&#233;cution, a &#233;t&#233; con&#231;ue par le G-7 et activement promue par le FMI (9). La rapidit&#233; &#233;tait une n&#233;cessit&#233; politique pour exploiter &#171; la fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#187; pr&#233;sent&#233;e par le manque d'exp&#233;rience et par la cr&#233;dulit&#233; populaires, qui permettait de miner le potentiel de la r&#233;sistance et de cr&#233;er une situation de non-retour en imposant une forme de capitalisme adapt&#233;e aux int&#233;r&#234;ts occidentaux. Pratiquement en une nuit le gouvernement a mis fin &#224; des d&#233;cennies de s&#233;curit&#233; &#233;conomique des travailleurs qui, en d&#233;pit d'un niveau de vie modeste, avaient appr&#233;ci&#233; le plein emploi ainsi que la fourniture gratuite ou subventionn&#233;e des logements, des soins de sant&#233;, de l'&#233;ducation, des services culturels et de loisirs et des biens de consommation de base. En peu de mois la structure m&#234;me de la vie &#233;conomique et les valeurs fondamentales de la soci&#233;t&#233; ont &#233;t&#233; transform&#233;es. L'ins&#233;curit&#233; profonde qui en a r&#233;sult&#233; est devenue un obstacle majeur &#224; la r&#233;sistance collective, car la plupart des travailleurs ont &#233;t&#233; pris par la lutte individuelle pour la survie, tentant de s'adapter aux conditions nouvelles plut&#244;t que d'essayer de les changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte international &#233;tait lui aussi d&#233;favorable. Presque partout le travail reculait (c'est toujours le cas) devant l'offensive du capital. Les pays dits ex-communistes, et m&#234;me ceux encore sous r&#233;gimes dits communistes (&#224; l'exception de Cuba et de la Cor&#233;e du Nord), &#233;taient engag&#233;s dans la restauration du capitalisme. Il n'y avait nulle part (&#224; l'exception du Br&#233;sil et de l'Afrique du Sud, mais pas pour longtemps) de mouvement ouvrier puissant avan&#231;ant sous le drapeau du socialisme. M&#234;me le d&#233;veloppement du capitalisme orient&#233; vers le march&#233; int&#233;rieur (&#171; national &#187;) a &#233;t&#233; pratiquement mis hors-jeu, en tant qu'option politique, par le &#171; Consensus de Washington &#187; triomphant et la &#171; mondialisation &#187; n&#233;olib&#233;rale. Dans ces circonstances lorsque les id&#233;ologues du &#171; march&#233; libre &#187;, qui dominaient d&#233;j&#224; les m&#233;dias sovi&#233;tiques au cours des derni&#232;res ann&#233;es, ont dit aux travailleurs - qui &#233;taient persuad&#233;s d'avoir d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233; le socialisme - que le capitalisme du &#171; march&#233; libre &#187; est le seul syst&#232;me social &#171; normal &#187;, cela pouvait leur sembler raisonnable. Apr&#232;s tout, ils n'avaient aucune connaissance r&#233;aliste du capitalisme - autre h&#233;ritage du syst&#232;me totalitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier sovi&#233;tique naissant a jou&#233; un r&#244;le important, peut-&#234;tre m&#234;me d&#233;cisif, en &#233;branlant les fondations du syst&#232;me sovi&#233;tique, qui s'est av&#233;r&#233; remarquablement fragile sous sa superstructure totalitaire impressionnante. Mais il n'a pas r&#233;ussi &#224; construire son ind&#233;pendance organisationnelle et id&#233;ologique, qui lui auraient permis d'influencer le cours des &#233;v&#233;nements qui a suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs syndiqu&#233;s en Russie le sont au sein de la F&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants de Russie (FNPR), le successeur russe de la F&#233;d&#233;ration de l'&#232;re sovi&#233;tique. En novembre 2001 la FNPR annon&#231;ait qu'elle syndiquait 54 % de la force de travail salari&#233;e, soit un fort taux de syndicalisation, m&#234;me s'il est inf&#233;rieur aux 70 % revendiqu&#233;s en 1991 (10). Presque tous les syndicats qui la constituent sont &#233;galement des h&#233;ritiers des structures de la p&#233;riode sovi&#233;tique. Il n'y a pratiquement pas de syndicats dans les entreprises priv&#233;es qui n'aient pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s sur la base des anciennes usines &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FNPR et ses syndicats sont fortement attach&#233;s au &#171; partenariat social &#187;. En d&#233;pit de la transformation profonde du syst&#232;me socio-&#233;conomique et de la privatisation de la majeure partie de l'&#233;conomie, ils continuent en pratique &#224; agir en tant que service du personnel, secondaire, soumis au patron. Ils poursuivent &#233;galement la pratique sovi&#233;tique de l'int&#233;gration en leur sein du personnel de direction, y compris parfois le directeur g&#233;n&#233;ral de l'entreprise. Et il n'est toujours pas inhabituel de voir les pr&#233;sidents des syndicats locaux prendre les postes de direction, en g&#233;n&#233;ral en tant que directeur adjoint charg&#233; du personnel. La principale diff&#233;rence c'est que, par le pass&#233;e, la subordination du syndicat &#224; la direction &#233;tait justifi&#233;e au nom de la nature &#171; socialiste &#187;, non antagoniste de la soci&#233;t&#233;, alors qu'aujourd'hui les dirigeants syndicaux parlent du &#171; partenariat social &#187;. Ils soulignent &#233;galement la situation fragile de la majorit&#233; des secteurs industriels. Cela, selon eux, impose de faire &#171; preuve de compr&#233;hension &#187;, c'est-&#224;-dire de faire des concessions aux patrons. Les ouvriers et les patrons - l'argument suit - sont sur le m&#234;me bateau et doivent ramer ensemble pour sauver l'entreprise et les emplois. Le souci des dirigeants syndicaux de pr&#233;server les bonnes relations avec les patrons est si grand que la majorit&#233; d'entre eux refusent de poursuivre devant les tribunaux les directions qui ne transf&#232;rent pas aux syndicats les cotisations syndicales d&#233;duites automatiquement des salaires ouvriers - une pratique patronale r&#233;pandue au cours de la seconde moiti&#233; de la d&#233;cennie 1990 - bien que de telles poursuites se soient r&#233;v&#233;l&#233;es efficaces dans les rares cas o&#249; les syndicats les ont pratiqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'exp&#233;rience de la premi&#232;re d&#233;cennie post-sovi&#233;tique a montr&#233; tr&#232;s clairement que les directions des entreprises &#233;taient bien plus int&#233;ress&#233;es par leur propre enrichissement, en d&#233;pouillant les entreprises de leurs capitaux, que par les tentatives de les redresser et de pr&#233;server les emplois, une t&#226;che p&#233;nible et intr&#233;pide dans ces circonstances. Cette orientation n'a pas &#233;t&#233; sensiblement modifi&#233;e depuis que les &#171; oligarques &#187;, &#224; la t&#234;te des conglom&#233;rats bancaires et de mati&#232;res premi&#232;res, ont commenc&#233; &#224; acheter les entreprises manufacturi&#232;res &#224; la fin des ann&#233;es 1990 : l'investissement en dehors du secteur des mati&#232;res premi&#232;res a &#233;t&#233; minimal, m&#234;me si le pillage des usines soit devenu un peu plus ordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a eu que peu de r&#233;ponses des syndicats &#224; l'attaque globale contre le niveau de vie et les droits des travailleurs, men&#233;e par l'&#201;tat et le patronat, qui a commenc&#233; par le lancement de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; en 1992 et qui se poursuit toujours, malgr&#233; le retour &#224; la croissance apr&#232;s le krach financier de 1998. Ainsi, dans l'esprit du &#171; partenariat &#187;, le pr&#233;sident du syndicat de la fabrique de tracteurs de St-P&#233;tersbourg racontait : &#171; Nous nous rencontrons avec le vice-directeur financier et le chef du bureau de planification chaque semaine et nous demandons : &#8220;Y a-t-il une possibilit&#233; d'indexer les salaires ou de les augmenter ?&#8221; Le besoin de faire pression ne surgit pas. Si la possibilit&#233; existe, la direction le fait [augmente les salaires] d'elle-m&#234;me &#187; (11). Une analyse du rapport des forces n'a aucune place dans la pens&#233;e strat&#233;gique des dirigeants syndicaux. Et comme la pression est d&#233;clar&#233;e inutile, ils n'attachent que peu d'importance &#224; informer, &#233;duquer, mobiliser leurs membres, &#224; promouvoir la d&#233;mocratie syndicale ou la participation de la base. En effet, de telles activit&#233;s, en r&#233;veillant les travailleurs, pourraient mettre en danger les relations harmonieuses syndicat-patronat. Les dirigeants syndicaux se pr&#233;sentent de mani&#232;re significative comme &#171; servant de tampons &#187; ou &#171; interm&#233;diaires &#187; (12) entre les travailleurs et le patronat, rarement en tant que repr&#233;sentants ou dirigeants des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance, lorsqu'elle s'est produite, a &#233;t&#233; compl&#232;tement isol&#233;e au niveau de l'usine et parfois m&#234;me de l'atelier. Ces luttes re&#231;oivent peu de soutien des syndicats nationaux, de leur branche comme des f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales ou nationales. Pour &#234;tre juste, les directions nationales manquent de moyens pour apporter une aide importante, car elles ne re&#231;oivent qu'une tr&#232;s faible part des cotisations collect&#233;es, parfois seulement 2 %. Mais elles apportent rarement m&#234;me un soutien symbolique aux luttes, car le conflit est consid&#233;r&#233; comme nocif ou, au mieux, malheureux et inutile. En r&#233;alit&#233;, malgr&#233; les plaintes constantes des dirigeants nationaux, leur part minuscule des cotisations collect&#233;es est une cons&#233;quence directe de l'orientation de leurs syndicats en faveur du &#171; partenariat &#187;. Car si les travailleurs sont solidaires de leurs patrons, ils ne seront pas solidaires de leurs camarades travailleurs des autres entreprises, avec lesquels leur propre entreprise pourrait &#234;tre en concurrence. La dispersion des ressources au sein des syndicats locaux en Russie est le reflet du niveau insondable de la solidarit&#233; : les dirigeants syndicaux des usines refusent de mettre en commun les cotisations de leurs membres avec celles des autres entreprises pour renforcer l'organisation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les luttes isol&#233;es peuvent au mieux obtenir des victoires partielles et provisoires lorsque les travailleurs font face &#224; une offensive men&#233;e par l'&#201;tat et lorsque leur industrie est en crise. Des strat&#233;gies nationales seraient bien &#233;videmment n&#233;cessaires. Mais &#224; ce niveau aussi le &#171; partenariat &#187; r&#232;gne en ma&#238;tre. La pens&#233;e magique a atteint un niveau record en 1997 lorsque quatre syndicats de la m&#233;tallurgie ont essay&#233; d'organiser leurs directeurs d'usine (du fait de la dispersion de la propri&#233;t&#233; &#224; ce moment les directeurs exer&#231;aient de facto le pouvoir des propri&#233;taires) au sein d'une association patronale dans l'espoir de pouvoir n&#233;gocier un accord sectoriel qui serait obligatoire pour les employeurs. En d&#233;pit de l'absolue futilit&#233; de ces efforts - au demeurant substantiels - les dirigeants syndicaux n'ont toujours pas abandonn&#233; l'espoir : &#171; Je voudrais travailler avec un syndicat patronal fort &#187; a soupir&#233; le vice-pr&#233;sident du syndicat de l'automobile et des machines agricoles (13). Mais en m&#234;me temps ils n'ont m&#234;me pas imagin&#233; qu'ils pourraient organiser les travailleurs dans leurs syndicats affili&#233;s pour forcer les employeurs &#224; signer un accord national significatif servant de mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, au niveau politique la FNPR a &#233;tabli une s&#233;rie d'alliances &#233;lectorales avec les associations de directeurs d'entreprises. Ces alliances n'ont pas attir&#233; les votes. Alors, en 2000, l'aile politique de la f&#233;d&#233;ration a rejoint le parti &#171; Russie unie &#187;, r&#233;cemment form&#233;, dont le programme se limite &#224; soutenir le pr&#233;sident Poutine. Ainsi, au niveau politique &#233;galement, les syndicats ont restaur&#233; les vieilles pratiques sous une forme r&#233;nov&#233;e : un fois de plus ils se retrouvent sous l'aile paternelle de l'&#201;tat. Les protestations organis&#233;es par la FNPR sont devenues rares. Apr&#232;s tout, en tant que partenaire de la coalition gouvernementale, la f&#233;d&#233;ration protesterait contre elle-m&#234;me. En f&#233;vrier 2005 &#171; Russie unie &#187; n'a-t-elle pas organis&#233; une manifestation de soutien au gouvernement en tant que contrepoids aux manifestations populaires contre les restrictions des d&#233;penses sociales ? (14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats dits &#171; alternatifs &#187;, qui sont apparus &#224; la fin de la p&#233;riode sovi&#233;tique et au cours des ann&#233;es suivantes, constituent la principale exception &#224; l'orientation dominante. Au d&#233;but ils ont limit&#233; leur ind&#233;pendance aux rapports avec les patrons. Politiquement ils soutenaient Eltsine. Cela a chang&#233; autour de 1998, lorsque ces syndicats ont &#233;volu&#233; vers des positions social-d&#233;mocrates en opposition &#224; la politique n&#233;olib&#233;rale et antid&#233;mocratique du gouvernement. Cependant, dans l'ensemble les syndicats &#171; alternatifs &#187; sont faibles, ne regroupant pas plus de 3 % de la force de travail organis&#233;e. Leur survie seule constitue un exploit important face au harc&#232;lement et &#224; la r&#233;pression constante que le patronat, souvent soutenu par les affili&#233;s locaux de la FNPR, leur impose. Ils doivent &#233;galement traiter avec une justice corrompue qui leur est hostile et avec le nouveau code du travail, adopt&#233; en 2002 avec le soutien de la FNPR, qui a priv&#233; les syndicats minoritaires et les travailleurs de beaucoup de leurs droits ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ukraine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A beaucoup d'&#233;gards la sc&#232;ne ukrainienne du monde du travail rappelle celle de la Russie. O. Stoyan, le chef de la F&#233;d&#233;ration ukrainienne des syndicats (FPU) jusqu'en fin 2004, &#233;tait un ancien conseiller du premier pr&#233;sident de l'Ukraine et il a fait de son mieux pour emp&#234;cher les protestations ouvri&#232;res dirig&#233;es contre le gouvernement ou pour les miner. A l'occasion de son cinquanti&#232;me anniversaire, le gouvernement lui a d&#233;cern&#233; une m&#233;daille &#171; pour services rendus &#187;. En expliquant son refus de s'opposer au gouvernement, Stoyan ne cachait pas que son souci premier concernait l'exploitation des biens immobiliers syndicaux, qui risquaient autrement d'&#234;tre mis en danger (15). Comme dans le cas de la FNPR, ces possessions sont substantielles et la direction de la f&#233;d&#233;ration &#233;vite soigneusement de rendre compte de leur gestion aux organisations syndicales affili&#233;es, pour ne rien dire des syndiqu&#233;s de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu, cependant, une diff&#233;rence importante avec la Russie : le Syndicat des travailleurs de l'industrie automobile et des machines agricoles, cr&#233;&#233; en 1991 sur la base des syndicats locaux et r&#233;gionaux pr&#233;existants, qui avaient &#233;t&#233; autrefois directement affili&#233;s &#224; la direction nationale situ&#233;e &#224; Moscou. Ce syndicat a &#233;lu un pr&#233;sident, Vladimir Zlenko, qui &#233;tait attach&#233; &#224; une orientation visant &#224; d&#233;velopper &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187;. C'&#233;tait &#233;galement un socialiste convaincu (non stalinien, c'est-&#224;-dire un socialiste d&#233;mocratique), un autre ph&#233;nom&#232;ne rare sur la sc&#232;ne post-sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zlenko a fourni un soutien actif &#224; toutes les luttes locales men&#233;es par son syndicat et les a mises en valeur en tant qu'exemples &#224; suivre. Il a pouss&#233; du coude, cajol&#233; et fait pression sur son comit&#233; central - constitu&#233; pour l'essentiel des pr&#233;sidents r&#233;gionaux - pour amender le statut du syndicat afin d'emp&#234;cher l'adh&#233;sion des dirigeants des entreprises. Il a finalement r&#233;ussi &#224; l'obtenir en 1998, bien que l'application pratique de cet amendement au statut soit une autre paire de manches. Il a &#233;galement r&#233;ussi &#224; faire adopter un amendement assurant une plus grande repr&#233;sentation des adh&#233;rents de base dans les conf&#233;rences, les congr&#232;s et les conseils syndicaux. Il a tent&#233;, et n'a pas r&#233;ussi, d'organiser une opposition &#224; Stoyan au sein de la FPU et il a convaincu son propre syndicat de soutenir le Parti socialiste, qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait un parti social-d&#233;mocrate de gauche oppos&#233; au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zlenko a obtenu un certain appui actif des dirigeants locaux et r&#233;gionaux, en particulier dans la r&#233;gion de Kharkyv (en russe Kharkov). Mais cela ne fut pas suffisant pour &#233;loigner la majorit&#233; des syndicats locaux du &#171; partenariat &#187;. Se rendant compte de cela, il a essay&#233; de suivre une strat&#233;gie fond&#233;e sur le d&#233;veloppement de la pression &#171; d'en bas &#187; sur les dirigeants conservateurs &#171; conciliateurs &#187;. Pour atteindre les adh&#233;rents, il a publi&#233; un journal national mensuel et a favoris&#233; la formation syndicale de la base. Mais sa capacit&#233; d'action a &#233;t&#233; limit&#233;e par le refus des dirigeants locaux de reverser &#224; l'organisation nationale plus de 5 % des cotisations syndicales collect&#233;es. Si c'&#233;tait plus du double de ce que recevait l'organisation parall&#232;le en Russie, c'&#233;tait loin de couvrir les besoins. De plus le secteur &#233;conomique au sein duquel agissait le syndicat a &#233;t&#233; d&#233;truit bien plus rapidement qu'en Russie : le nombre d'emplois fut r&#233;duit de pr&#232;s des trois quarts entre 1991 et 2003 et parmi les 129 000 salari&#233;s restants, beaucoup ne disposaient pas d'un emploi &#224; plein temps ou recevaient des salaires irr&#233;guli&#232;rement (16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#226;ge de 60 ans, apr&#232;s deux mandats, Zlenko a laiss&#233; la pr&#233;sidence &#224; son vice-pr&#233;sident de longue date, croyant qu'il laissait son syndicat dans de bonnes mains. Las, ce dernier n'a pas tard&#233; &#224; faire entrer le syndicat dans le moule du &#171; partenariat &#187;, rencontrant peu de r&#233;sistance s&#233;rieuse en son sein. Zlenko n'a cependant pas renonc&#233; au combat. Il a aid&#233; &#224; fonder l'&#201;cole pour la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, qui offre aux syndicalistes de base une formation impr&#233;gn&#233;e de &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187;. Sous sa direction l'&#233;cole a d&#233;velopp&#233; des relations de travail avec plusieurs syndicats importants, dont ceux des industries automobile, de la d&#233;fense, &#233;lectronique et textile. Cela aussi constitue une diff&#233;rence avec la Russie, o&#249; une &#233;cole similaire a &#233;chou&#233; &#224; susciter l'int&#233;r&#234;t des syndicats affili&#233;s &#224; la FNPR et ne travaille qu'avec les syndicats &#171; alternatifs &#187; (ces derniers sont, en Ukraine, encore plus faibles qu'en Russie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bi&#233;lorussie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bi&#233;lorussie, le plus petit des trois pays, la question de &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187; s'est pos&#233;e de mani&#232;re originale. Les deux plus grands syndicats industriels - celui des travailleurs de l'industrie automobile et des machines agricoles et celui de la radio-&#233;lectronique - sont entr&#233;s dans l'&#232;re post-sovi&#233;tique avec un potentiel plus grand. La majorit&#233; de leurs membres a pris part &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale spontan&#233;e, qui a dur&#233; pr&#232;s d'un mois en avril 1991 et qui a &#233;branl&#233; les directions syndicales autant que l'establishment politique local et central. En cons&#233;quence, les syndicalistes de base furent plus actifs et il y avait donc une force significative pour en finir avec la tradition de soumission. Une autre circonstance favorable fut la grande concentration des adh&#233;rents syndicaux dans les grandes usines de la capitale et de sa r&#233;gion. Et alors que le secteur radio-&#233;lectronique, qui produisait surtout pour l'arm&#233;e sovi&#233;tique, perdait plus tard la majorit&#233; de ses postes de travail, l'emploi dans les secteurs automobile et de machines agricoles n'a &#233;t&#233; r&#233;duit que de 20 % entre 1991 et 2002 (pour atteindre environs 150 000 salari&#233;s), une baisse bien moins importante qu'en Russie ou en Ukraine. Cela &#233;tait largement d&#251; au rejet de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; par le gouvernement, un choix (unique parmi les r&#233;gimes post-sovi&#233;tiques) dans l'adoption duquel les syndicats avaient jou&#233; initialement un r&#244;le. M&#234;me aujourd'hui l'industrie n'a pas subi la privatisation sur une grande &#233;chelle et l'&#201;tat conduit une politique industrielle active (17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1991 les deux syndicats ont &#233;lu leurs dirigeants nationaux et les deux furent des partisans de &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187;. Ce fut particuli&#232;rement &#233;vident au niveau politique. En 1993 ils ont fond&#233; le Parti bi&#233;lorusse du travail avec une orientation social-d&#233;mocrate et, en 1996, lorsque le pr&#233;sident Lukachenko, &#224; la suite d'un r&#233;f&#233;rendum, a ill&#233;galement modifi&#233; la Constitution pour renforcer son pouvoir aux d&#233;pens du Parlement, r&#233;duit &#224; &#234;tre un outil ob&#233;issant, les deux syndicats ont adopt&#233; des positions clairement oppositionnelles. Sous leur influence, la F&#233;d&#233;ration bi&#233;lorusse des syndicats s'est &#233;galement par la suite alli&#233;e &#224; l'opposition et, lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2001, son pr&#233;sident, V. Goncharik, s'est pr&#233;sent&#233; sans succ&#232;s contre Lukachenko en tant que candidat de l'opposition d&#233;mocratique unifi&#233;e (18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le patronat cependant, la politique des syndicats fut moins claire. La gr&#232;ve d'avril 1991 avait permis l'&#233;lection de nouveaux comit&#233;s syndicaux dans une minorit&#233; d'entreprises seulement. Dans la majorit&#233; d'entre elles la pression &#171; d'en bas &#187; n'a pas &#233;t&#233; suffisante pour &#233;carter les anciens dirigeants adeptes du &#171; partenariat social &#187;. Dans certaines de ces entreprises, des syndicats alternatifs, minoritaires, ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s. La direction nationale avait maintenu des liens informels avec ces syndicats et, au moins au d&#233;but, a soutenu les forces locales favorables &#224; l'ind&#233;pendance syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par la suite les dirigeants nationaux ont fait la paix - dans la pratique et de mani&#232;re non officielle - avec les syndicalistes serviles des entreprises. Ceci s'est produit alors qu'ils concentraient leur &#233;nergie sur la lutte politique. Comme le gouvernement continuait &#224; d&#233;terminer pour une large part la politique salariale, les entreprises restant en grande majorit&#233; propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat, une telle orientation &#233;tait fond&#233;e. Mais le probl&#232;me, c'est que cela a conduit les dirigeants nationaux des syndicats &#224; composer avec la persistance du &#171; partenariat social &#187; dans les entreprises. En &#233;change de la tol&#233;rance pour leur servilit&#233; envers les patrons, les dirigeants syndicaux des entreprises ont soutenu les campagnes politiques de leurs dirigeants nationaux et on vot&#233; en leur faveur au Conseil central. Mais quand il a fallu mobiliser la base pour ces campagnes, ces chefs locaux se sont abstenus ou se sont limit&#233;s &#224; des gestes symboliques, car le patronat le leur a demand&#233;, sous la pression du gouvernement. Les seuls syndicats locaux qui ont mobilis&#233; r&#233;ellement furent ceux qui ont rompu avec le &#171; partenariat &#187; et ils ont r&#233;guli&#232;rement mobilis&#233; massivement leurs base en d&#233;pit de l'intimidation exerc&#233;e par le patronat et les autorit&#233;s politiques. Mais de tels syndicaux locaux neconstituaient qu'une minorit&#233;. En cons&#233;quence la direction nationale s'est av&#233;r&#233;e incapable de construire un rapport de forces suffisant contre le gouvernement. Et avec le temps, le soutien actif de la base aux actions politiques des syndicats s'est amenuis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre obstacle pour mobiliser les travailleurs contre le gouvernement fut l'incapacit&#233; des syndicats &#224; offrir &#224; leurs membres un programme &#233;conomique auquel ils puissent s'identifier. Bien que les dirigeants syndicaux aient d&#233;montr&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du gouvernement, ils n'ont pas &#233;t&#233; capables de d&#233;velopper une position ind&#233;pendante vis-&#224;-vis de la bourgeoisie, dans ce cas le G-7 et ses alli&#233;s bi&#233;lorusses. Alors que le programme du Parti du travail r&#233;clamait une forte protection sociale, il &#233;tait vague en ce qui concerne la politique &#233;conomique. Sa demande de la &#171; libert&#233; &#233;conomique &#187; pour les entreprises ne pouvait que soulever des doutes parmi les travailleurs qui connaissaient les r&#233;sultats d&#233;sastreux des politiques n&#233;olib&#233;rales en Russie et en Ukraine. Un des dirigeants syndicaux fut en r&#233;alit&#233; tr&#232;s sinc&#232;re : &#171; Nous allons leur [les lib&#233;raux] laisser faire leur boulot et nous allons d&#233;fendre les travailleurs &#187;. Les craintes des travailleurs n'ont pu que s'accro&#238;tre lorsque le Parti du travail a rejoint une alliance &#233;lectorale des partis lib&#233;raux de droite sous l'&#233;gide de l'ambassade &#233;tats-unienne lors de la campagne pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en 2001. Le projet &#233;tait semblable &#224; celui r&#233;alis&#233; plus t&#244;t en Serbie et &#224; celui qui fut mis en &#339;uvre plus tard lors de la &#171; r&#233;volution orange &#187; en Ukraine. Mais la situation bi&#233;lorusse &#233;tait diff&#233;rente. Malgr&#233; son caract&#232;re arbitraire et son autoritarisme, beaucoup de travailleurs appr&#233;ciaient le refus de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; par Lukachenko et l'identifiaient avec la d&#233;fense de l'&#233;conomie nationale - donc de leur gagne-pain - contre les forces destructrices occidentales qui voulaient s'en emparer (19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;preuve de force politique qui a suivi les &#233;lections, Lukachenko n'a pas eu de mal &#224; &#233;craser l'opposition politique des syndicats, dont les dirigeants furent incapables de mobiliser la base. Dans de nombreuses usines les dirigeants syndicaux serviles, aux ordres des patrons, n'ont pas rencontr&#233; de r&#233;sistance des membres (qui n'ont pas &#233;t&#233; consult&#233;s) lorsqu'ils ont transf&#233;r&#233; leurs syndicats vers la nouvelle f&#233;d&#233;ration syndicale mise en place par l'&#201;tat. A la fin 2003 les dirigeants syndicaux, qui &#233;taient rest&#233;s au sein du Syndicat national des travailleurs de l'automobile et des machines agricoles, ont organis&#233; un coup de force, rempla&#231;ant son pr&#233;sident par un d&#233;vou&#233; loyal de Loukachenko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ce dirigeant national jouissait d'une grande sympathie au sein du syndicat, seulement une petite minorit&#233; lui est demeur&#233;e loyale. Ils forment aujourd'hui un syndicat &#171; alternatif &#187;, qui, avec d'autres syndicats similaires, luttent h&#233;ro&#239;quement pour survivre &#224; la r&#233;pression gouvernementale. C'est une lutte difficile, car les travailleurs qui les soutiennent ouvertement mettent en jeu leurs emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le &#171; partenariat social &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le &#171; partenariat &#187; rend in&#233;vitable la d&#233;faite, pourquoi reste-il toujours si dominant ? Comme il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233;, cette orientation id&#233;ologique a ses racines dans la d&#233;pendance r&#233;elle des travailleurs envers le capital qui est inh&#233;rente au capitalisme. Plus les travailleurs sont d&#233;pendants du capital &#224; cause des conditions &#171; objectives &#187; et plus le &#171; partenariat social &#187; a prise sur eux, ce qui refl&#232;te leur manque de confiance dans leur capacit&#233; collective de changer les conditions dans leur propre int&#233;r&#234;t. Le paradoxe, c'est qu'en subordonnant effectivement l'activit&#233; syndicale aux int&#233;r&#234;ts patronaux, le &#171; partenariat &#187; souligne et renforce cette faiblesse, contribuant davantage &#224; la d&#233;moralisation et bloquant les actions qui pourraient reconstruire la confiance et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas difficile de comprendre l'attrait qu'exerce le &#171; partenariat social &#187; sur les dirigeants des syndicats faisant face aux employeurs et aux gouvernements agressifs et dont les adh&#233;rents sont d&#233;moralis&#233;s. Dans de telles conditions les dirigeants courent un risque personnel &#233;lev&#233; s'ils essayent de mobiliser les travailleurs pour s'opposer au patronat ou au gouvernement. Les risques d'&#233;chec sont consid&#233;rables et une d&#233;faite peut bien conduire au changement de la direction syndicale par un patronat irrit&#233; ou par des adh&#233;rents m&#233;contents et m&#234;me &#224; la destruction du syndicat. D'autre part, lorsque les dirigeants ne sont pas soumis &#224; une forte pression &#171; d'en bas &#187;, leurs chances de s'en sortir personnellement sont bien plus grandes s'ils se comportent en &#171; partenaires &#187; soumis &#224; l'administration. Le patronat tol&#233;rera probablement de tels syndicats coop&#233;ratifs et pourrait m&#234;me leur faire des concessions mineures pour les aider &#224; pr&#233;server leur cr&#233;dibilit&#233; aux yeux de leur adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de raisonnement - sous une forme sans doute moins crue - peut sembler tout &#224; fait l&#233;gitime aux yeux des dirigeants syndicaux. Mais les membres pourraient se poser la question : &#224; quoi leur sert un syndicat qui recule sans cesse ? M&#234;me si une telle strat&#233;gie prot&#232;ge l'existence du syndicat, quelle valeur rev&#234;t cette existence si le prix en est le maintien des travailleurs dans une position de faiblesse ? Dans un moment de franchise le fonctionnaire d'un des plus grands syndicats de Russie a confi&#233; que la situation pourrait &#234;tre meilleure si son syndicat n'existait pas, car les travailleurs n'auraient plus d'illusions et pourraient commencer &#224; s'organiser (cela fut dit &#224; un moment o&#249; le non-paiement des salaires avait atteint des proportions &#233;pidemiques alors que le syndicat s'av&#233;rait incapable ou peu dispos&#233; &#224; faire quoi que ce soit &#224; ce sujet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, des formes plus flagrantes de corruption influencent &#233;galement fr&#233;quemment les choix strat&#233;giques des dirigeants syndicaux. Ceux qui font preuve de &#171; compr&#233;hension &#187; peuvent compter sur le soutien des patrons pour pr&#233;server leur emplois. Dans les circonstances post-sovi&#233;tiques, alors que les adh&#233;rents sont divis&#233;s et en grande partie passifs, le soutien du directeur est d&#233;cisif. D'ailleurs, la majorit&#233; des dirigeants des syndicats de l'industrie sont d'anciens ing&#233;nieurs. La loi les prot&#232;ge formellement contre le licenciement apr&#232;s qu'ils aient quitt&#233; leurs mandats syndicaux, mais la direction peut rendre leur vie tr&#232;s mis&#233;rable. En outre, apr&#232;s des ann&#233;es en dehors de la production, ils deviennent incomp&#233;tents. Enfin, le patronat offre g&#233;n&#233;ralement aux dirigeants syndicaux coop&#233;ratifs des r&#233;compenses mat&#233;rielles substantielles, y compris la perspective d'un emploi de cadre sup&#233;rieur bien r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les dirigeants syndicaux invoquent la passivit&#233; des adh&#233;rents pour justifier le &#171; partenariat social &#187;, disant qu'en cas de conflit avec le patronat ils risqueraient d'&#234;tre abandonn&#233;s par les travailleurs indiff&#233;rents et craintifs. Mais cet argument n'est pas sinc&#232;re, car ceux-l&#224; m&#234;me qui l'utilisent ne font aucun effort pour d&#233;passer la d&#233;moralisation de leurs adh&#233;rents. Au contraire, ils d&#233;couragent activement les actions collectives spontan&#233;es des travailleurs en d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts et coop&#232;rent avec le patronat pour les &#233;touffer quand elles se produisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;moralisation universelle est un fait. C'est la principale source de la faiblesse du monde du travail, qui a ses racines dans les conditions &#171; objectives &#187; soulign&#233;es au d&#233;but. Mais les travailleurs n'&#233;tant pas des robots, leurs activit&#233;s ne sont pas d&#233;termin&#233;es m&#233;caniquement par leurs conditions &#171; objectives &#187;. Sans tenter d'organiser leurs actions militantes solidaires il est impossible de mesurer le potentiel de lutte des adh&#233;rents de base. Gramsci l'a formul&#233; de la mani&#232;re suivante : &#171; En r&#233;alit&#233;, on peut &#8220;pr&#233;voir&#8221; dans la mesure o&#249; l'on agit, dans la mesure o&#249; l'on r&#233;alise un effort volontaire et o&#249; l'on contribue ainsi concr&#232;tement &#224; cr&#233;er le r&#233;sultat &#8220;pr&#233;vu&#8221;. La pr&#233;vision se r&#233;v&#232;le ainsi non comme un acte scientifique de la connaissance mais comme une expression abstraite de l'effort fait, la mani&#232;re pratique de cr&#233;er une volont&#233; collective. &#187; (20) Il ne s'agit pas, naturellement, que le syndicat se lance aveuglement dans des aventures, en rejetant toute concession par principe. Il est l&#233;gitime pour un syndicat - pour ses membres, non pour ses chefs se substituant aux membres, comme cela est pratiqu&#233; g&#233;n&#233;ralement - de d&#233;cider de r&#233;duire les pertes lorsqu'il juge que le rapport des forces est d&#233;favorable et qu'il n'est pas susceptible d'&#234;tre modifi&#233; dans un futur acceptable. Mais ceci n&#233;cessite une v&#233;ritable analyse du rapport des forces actuel et potentiel et une s&#233;rieuse tentative de r&#233;sister. Et une direction qui fait preuve de sa volont&#233; et de sa d&#233;termination de conduire les membres, en leur proposant des tactiques et des buts r&#233;alistes, en est l'&#233;l&#233;ment critique. Rien de cela ne fait partie de la pratique des syndicats qui ont &#233;pous&#233; le &#171; partenariat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite subie par les travailleurs pouvait en effet constituer le r&#233;sultat le plus probable. N&#233;anmoins elle n'&#233;tait pas in&#233;vitable, et certainement pas dans la forme d&#233;sastreuse qu'elle a eue, qui a servi au capital du monde entier de le&#231;on lui indiquant &#224; quel point il est possible d'&#233;craser les travailleurs. En d&#233;pit de l'ins&#233;curit&#233; universelle, de la faible solidarit&#233; et de la d&#233;moralisation, une minorit&#233; significative des travailleurs dans les trois pays a d&#233;ploy&#233; au cours de ces ann&#233;es une volont&#233; de r&#233;sistance sous la forme de gr&#232;ves ou de d&#233;sob&#233;issance civile. Ces actions ont souvent obtenu des r&#233;sultats positifs, mais parce qu'elles sont rest&#233; isol&#233;es, leurs victoires furent limit&#233;es et elles n'ont pas eu un impact r&#233;el sur la situation g&#233;n&#233;rale de la classe ouvri&#232;re. Les choses auraient pu &#234;tre diff&#233;rentes si une direction avait pu &#233;merger pour unir et diriger ces luttes isol&#233;es. La minorit&#233; active, qui pour l'essentiel ne pouvait &#234;tre socialement distingu&#233;e des autres, aurait pu atteindre une masse critique, renfor&#231;ant la confiance en soi des autres. Les dirigeants syndicaux qui ont fait le choix du &#171; partenariat &#187; ne peuvent pas &#233;viter une part de responsabilit&#233; dans cette d&#233;faite en arguant des conditions d&#233;favorables. Nombre de ces dirigeants nient d'ailleurs simplement qu'il y a eu une d&#233;faite, essayant ainsi de minimiser encore leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendance de classe et socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions post-sovi&#233;tiques tout dirigeant syndical qui opte en faveur de &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187; doit &#234;tre une sorte de h&#233;ros, c'est-&#224;-dire un individu engag&#233; de mani&#232;re d&#233;sint&#233;ress&#233;e en faveur de la cause de la classe ouvri&#232;re, car une telle orientation est tr&#232;s difficile et personnellement tr&#232;s risqu&#233;e. Dans l'histoire, lorsque les perspectives imm&#233;diates &#233;taient sombres, de tels dirigeants sont venus des rangs du mouvement socialiste. Ils pouvaient s'appuyer sur leur engagement politique et sur leur perspective historique. La faiblesse de l'orientation en faveur de &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187; dans le mouvement syndical et l'exclusion de fait du socialisme du spectre politique-id&#233;ologique (21) post-sovi&#233;tique (sinon mondial) sont ainsi &#233;troitement li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elles sont aussi li&#233;es d'une mani&#232;re bien plus fondamentale. Sous le capitalisme les travailleurs sont d&#233;pendants du capital et aucun dirigeant syndical ou politique de gauche ne peut l'ignorer. &#171; L'ind&#233;pendance de classe &#187; est une orientation id&#233;ologique, une id&#233;ologie ouvri&#232;re ind&#233;pendante et non un &#233;tat de fait qui pourrait exister sous le capitalisme. Mais &#171; l'ind&#233;pendance de classe &#187;, comme le socialisme, nient la l&#233;gitimit&#233; et le caract&#232;re in&#233;vitable du capital. Ils regardent le pouvoir du capital comme une usurpation qui ne doit &#234;tre tol&#233;r&#233;e que du fait que le rapport des forces entre les classes ne permet pas de le renverser dans la situation pr&#233;sente. Cependant la perspective strat&#233;gique est constamment d'entamer le pouvoir du capital, de tenter de modifier le rapport des forces de mani&#232;re &#224; ce que la domination du capital puisse &#234;tre renvers&#233;e et remplac&#233;e par la gestion d&#233;mocratique de l'&#233;conomie. Les syndicats qui essayent de suivre une strat&#233;gie de l'ind&#233;pendance envers le patronat tout en acceptant la l&#233;gitimit&#233; du capital finissent toujours emp&#234;tr&#233;s dans leurs propres contradictions (par exemple lorsqu'ils deviennent lobbyistes pour obtenir des subventions gouvernementales pour leurs employeurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ind&#233;pendance de classe &#187; n'est, bien s&#251;r, pas une panac&#233;e qui fournit le plan de la victoire. C'est une orientation dont le but strat&#233;gique est de mettre fin &#224; la domination du capital. Aujourd'hui le capital est tr&#232;s dominant et les travailleurs sont tr&#232;s d&#233;pendants de lui. La confrontation de cette orientation strat&#233;gique avec la r&#233;alit&#233; capitaliste ne conduit pas automatiquement &#224; des choix &#233;vidents des buts et des tactiques dans des situations concr&#232;tes. Mais c'est une orientation qui donne au moins la possibilit&#233; aux ouvriers d'aller de l'avant, m&#234;me lorsque le but strat&#233;gique de l'&#233;mancipation semble actuellement n'&#234;tre qu'un lointain espoir. Au contraire, l'exp&#233;rience accumul&#233;e de la pratique du &#171; partenariat social &#187; conduit &#224; la conclusion que &#171; la soci&#233;t&#233; capitaliste sans une alternative socialiste ressemble beaucoup &#224; la d&#233;cadence qui conduit vers les formes barbares de la vie sociale. &#187; (22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par J.M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Par &#171; classe ouvri&#232;re &#187; nous entendons tous les salari&#233;s &#224; l'exception de ceux qui exercent des fonctions patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le cas le plus c&#233;l&#232;bre est probablement &#171; le mod&#232;le japonais &#187;, dont la r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e succinctement dans P. Briggs, &#8220;The Japanization of British Industry&#8221;, Industrial Relations Journal, vol. 19, n&#176; 1, 1998. Pour l'exp&#233;rience des &#201;tats-Unis voir : E. Leary &amp; M Menaker, Jointness at GM : Company Unionism in the 21st Centruy, Woonsocket, R.I, New Directions Regions 9A, n.d., ainsi que M.Parker and J .Slaughter, Choosing Sides : Unions and the Team Concept, &#233;d. South End Press, Boston 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sch&#233;mas du &#171; partenariat &#187; doivent &#234;tre distingu&#233;s des formes de la &#171; dualit&#233; de pouvoirs &#187;, en particulier du contr&#244;le ouvrier, qui surgissent au cours des p&#233;riodes des offensives ouvri&#232;res. Ces derni&#232;res sont, cependant, intrins&#232;quement instables et conduisent rapidement soit &#224; ce que le capital retrouve le pouvoir perdu soit &#224; son expropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Au niveau international la Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres (CISL ou ICFU) est l'un des principaux partisans du &#171; partenariat social &#187;. Cf. The ICFU Statement on the Global Compact (Rapport de la CISL sur le contrat global). Pour une excellente analyse de l'id&#233;ologie du &#171; pacte social &#187; au sein du mouvement syndical de l'Europe centrale et occidentale, voir A. Wahl, &#8220;European Labour : the Ideological Legacy of the Social Pact&#8221;, Monthly Review, janvier 2004, pp. 37-49. Aux &#201;tats-Unis le bulletin mensuel Labour Notes a &#233;t&#233; consacr&#233; au combat contre le &#171; partenariat &#187; au sein du mouvement ouvrier au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Goskomstat Rossii, Rossiiskii v tskifrakh 2003, Moscou 2003, p. 97. Il s'agit l&#224; d'une source officielle. La chute moyenne des salaires fut plus forte en Ukraine et moins forte en Bi&#233;lorussie. Les salaires r&#233;els ont recommenc&#233; &#224; cro&#238;tre &#224; nouveau apr&#232;s 1998, mais malgr&#233; plusieurs ann&#233;es de croissance &#233;conomique relativement &#233;lev&#233;e (partant de tr&#232;s bas...), l'accroissement des salaires a &#233;t&#233; remarquablement lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Je me r&#233;f&#232;re ici, &#233;videmment, &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise, dans laquelle la concurrence est libre, tout en &#233;tant tr&#232;s in&#233;gale. Il est encore trop t&#244;t pour dire si la &#171; r&#233;volution orange &#187; de d&#233;cembre 2004 en Ukraine am&#233;liorera la d&#233;mocratie fortement &#171; dirig&#233;e &#187; et profond&#233;ment corrompue des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. La situation sociale et politique des travailleurs dans les trois pays est pr&#233;sent&#233;e dans mon : Labour After Communism, &#233;d. Black Rose, Montr&#233;al 2004. L'analyse de cet article est en grande partie bas&#233;e sur le mat&#233;riel pr&#233;sent&#233; dans ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Cf. D. Mandel, &#8220;Rebirth of the Soviet Labour Movement : The Coalminers' Strike of July 1989&#8221;, Perestroika and the Soviet People, &#233;d. Black Rose, Montr&#233;al 1991, pp. 51-78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. E. P. Thompson, The Making of the English Working Class, Penguin, London 1991, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Pour une pr&#233;sentation critique de cette politique faite &#224; partir d'un point de vue keyn&#233;sien voir J. Stiglitz, Globalization and Its Discontents, W.W. Norton, N.Y. 2002, pp. 133-65.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. En ce qui concerne le r&#244;le de &#171; l'Occident &#187; dans la promotion de cette politique en Russie, cf. P. Reddaway et D. Glinski, The Tragedy of Russia's Reforms, U.S. Institute of Peace Press, Washington 2001, pp. 172-82 ; 290-98 ; 414-26 ; 537-9 ; 563-70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. S. Ashwin &amp; S. Clarke, Russian Trade Unions and Industrial Relations in Transition, Houndsmills, Macmillan, Basingstoke 2003, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Interview avec le pr&#233;sident du syndicat de la Fabrique de tracteurs Kirov de St-P&#233;tersbourg, dans B. Maksimov, &#8220;Kuda vedut lidery,&#8221; article non publi&#233;, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Ainsi, selon V. Saveliev, le nouveau pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration syndicale r&#233;gionale de Yaroslavl, &#171; le dirigeant syndical doit &#234;tre un interm&#233;diaire talentueux. Saveliev a pass&#233; la majeure partie de sa vie professionnelle en tant que cadre sup&#233;rieur dans l'industrie automobile de Yaroslavl. Cf. M. Obrazkova, &#8220;Predsedatel' dolzhen byt' muzhikom,&#8221; Solidarnost n&#176; 3, 2005, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Le vice-pr&#233;sident national du Syndicat des travailleurs de l'automobile et des machines agricoles cit&#233; dans Golos profsoyouza, f&#233;vrier 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. RTR Russia TV, Moscou, le 12 f&#233;vrier 2005, 11h (temps universel), cit&#233; d'apr&#232;s Johnson's List, 13 f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. I. Shagnina, &#8220;Prosoyuzy Ukrainy : davaite druzhit', no ne trogaite nashe imuschchestvo&#8221;, Narodnaya volya (Minsk), n&#176; 15, 2001, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Rapport du pr&#233;sident au comit&#233; central du 10 avril 2003 (non publi&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Pour une analyse relativement &#233;quilibr&#233;e voir K. Haiduk et al., The Belarussian Economy at a Crossroads, ILO, Moscou 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. On estime en g&#233;n&#233;ral que la majorit&#233; a vot&#233; en faveur de Lukachenko lors de cette &#233;lection, bien que son succ&#232;s ait &#233;t&#233; inf&#233;rieur &#224; ce qui a &#233;t&#233; officiellement annonc&#233;. En tant que candidat sortant avec de tr&#232;s grands pouvoirs, Lukachenko jouissait d'un grand avantage face &#224; son adversaire. Mais cela s'applique &#233;galement &#224; Ianoukovitch en Ukraine, qui, finalement fut &#233;cart&#233; en d&#233;cembre 2004 par Iouchtchenko &#224; la faveur de la &#171; r&#233;volution orange &#187;. Les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne ont jou&#233; un jeu similaire dans les deux campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Le rejet du &#171; Consensus de Washington &#187; par Lukachenko aide &#224; expliquer la haine des gouvernements occidentaux pour son r&#233;gime, alors qu'ils tol&#232;rent parfaitement des dictateurs bien plus r&#233;pressifs dans d'autres r&#233;publiques ex-sovi&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Q .Hoare &amp; G. Smith, Selections from the Prison Notebooks of Antonio Gramsci, International Publishers, N.Y. 1971, p. 438.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. En d&#233;pit de leur nom, les partis &#171; communistes &#187; ont adopt&#233; le capitalisme. Ils sont aussi fortement teint&#233;s par les formes chauvines du nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. A. Boron, State, Capitalism and Democracy in Latin America, &#233;d. Lynne Rienner, Boulder 1995, p. 243.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (tir&#233; de la revue Inprecor, no.505-506)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; l'occasion du 1er mai 2005</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/A-l-occasion-du-1er-mai-2005</link>
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		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'avais pr&#233;par&#233; une intervention o&#249; je parlais des deux ann&#233;es de gouvernement Charest, de ses promesses non tenues (garderies &#224; 5%$, etc.) du mal que les n&#233;olib&#233;raux infligent &#224; notre soci&#233;t&#233;. Mais les &#233;v&#233;nements de vendredi &#224; Jonqui&#232;re imposent qu'on parle de Wal Mart et de ses victimes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de 180 femmes (en majorit&#233;) se sont vues montrer la porte &#224; deux heures d'avis par une entreprise Wal Mart, qui fait des profits de 20 000$ la minute Par une entreprise qui bafoue ouvertement les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'avais pr&#233;par&#233; une intervention o&#249; je parlais des deux ann&#233;es de gouvernement Charest, de ses promesses non tenues (garderies &#224; 5%$, etc.) du mal que les n&#233;olib&#233;raux infligent &#224; notre soci&#233;t&#233;. Mais les &#233;v&#233;nements de vendredi &#224; Jonqui&#232;re imposent qu'on parle de Wal Mart et de ses victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 180 femmes (en majorit&#233;) se sont vues montrer la porte &#224; deux heures d'avis par une entreprise Wal Mart, qui fait des profits de 20 000$ la minute Par une entreprise qui bafoue ouvertement les lois du Qu&#233;bec, le droit &#224; la syndicalisation, qui traite ses employ&#233;s comme du b&#233;tail qu'on peut envoyer &#224; l'abattoir n'importe quand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la FTQ, on a d&#233;cid&#233; que personne ne serait laiss&#233; sur le trottoir pour avoir voulu exercer un droit reconnu par les chartes, par les lois, le droit d'association. Des dizaines de milliers de syndiqu&#233;s dans nos rangs, de tous les secteurs, ont commenc&#233; &#224; se cotiser pour parrainer ces travailleuses mises &#224; pied de fa&#231;on sauvage et m&#233;prisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On veut leur envoyer un message de solidarit&#233; mais on veut &#233;galement envoyer un message clair &#224; cette multinationale du cheap labour qu,elle ne pourra pas agir impun&#233;ment contre ses salari&#233;s sans en payer la note.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons aussi envoyer un message aux gouvernements : il ne suffit pas d'adopter des lois, des chartes, des beaux principes reconnaissant le droit au travail &#224; la dignit&#233;, au respect. Encore faut-il se donner les moyens de les appliquer ces chartes, ces lois, ces principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on laisse faire le g&#233;rant Wal Mart aujourd'hui, on ouvre la porte aux pires abus de la part de certains employeurs qui salivent d&#233;j&#224; &#224; l'id&#233;e de mettre la hache dans les lois du travail qu'on s'est donn&#233;es depuis plus de 40 ans. On ouvre la porte aux d&#233;syndicalisations massives comme nos voisins am&#233;ricains en ont connues durant les ann&#233;es de grande noirceur sociale des Bush et Reagan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terminant, je veux saluer le courage de ces travailleuses et travailleurs, qui, pour la grande majorit&#233;, gagnent moins de 12 000$ par ann&#233;e,s ans respect de l'anciennet&#233;, sans fonds de pensions, sans assurances collectives, &#224; la merci de l'arbitraire patronat le plus total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux saluer leur d&#233;termination &#224; se tenir debout et &#224; revendiquer leurs droits les plus &#233;l&#233;mentaires. Nous leur devons tous une bonne main d'applaudissement. Merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Maltais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ensemble pour la d&#233;fense des services publics et des droits sociaux </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Ensemble-pour-la-defense-des-services-publics-et-des-droits-sociaux</link>
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		<dc:date>2005-05-01T22:04:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Union des forces progressistes</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que le caract&#232;re corrompu du Parti lib&#233;ral du Canada s'&#233;lale au grand jour, le gouvernement Charest fait souffler un vent de m&#233;contentement sur le Qu&#233;bec. Ses projets de privatisation des richesses collectives et des services publics favorisent la redistribution des revenus en faveur des mieux nantis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce gouvernement attaque les travailleuses et les travailleurs sur tous les fronts : rapetissement du droit &#224; la syndicalisation, promotion de la sous-traitance et de la pr&#233;carit&#233; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que le caract&#232;re corrompu du Parti lib&#233;ral du Canada s'&#233;lale au grand jour, le gouvernement Charest fait souffler un vent de m&#233;contentement sur le Qu&#233;bec. Ses projets de privatisation des richesses collectives et des services publics favorisent la redistribution des revenus en faveur des mieux nantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce gouvernement attaque les travailleuses et les travailleurs sur tous les fronts : rapetissement du droit &#224; la syndicalisation, promotion de la sous-traitance et de la pr&#233;carit&#233; du travail. La d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail se g&#233;n&#233;ralise. Le syst&#232;me d'&#233;ducation, les services de sant&#233;, l'aide sociale sont l'objet de nombreuses compressions. Ces politiques appauvrissent davantage les couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la gr&#232;ve des &#233;tudiantes et &#233;tudiants du Qu&#233;bec, les enseignant-e-s des Commissions scolaires et des C&#233;geps, les fonctionnaires et les professionnel-les du gouvernement se mobilisent. Les travailleuses et travailleurs de la sant&#233; pr&#233;parent leurs actions pour l'automne. Toutes et tous font face &#224; l'intransigeance du gouvernement Charest, &#224; sa volont&#233; de geler leurs salaires, &#224; des compressions faites sur leurs dos et &#224; son refus de r&#233;gler r&#233;ellement la question de l'&#233;quit&#233; salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Des &#201;tats g&#233;n&#233;raux pour organiser une riposte unitaire au gouvernement Charest !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'UFP m&#232;ne campagne pour l'unit&#233; la plus large et la plus militante de toutes les forces progressistes engag&#233;es dans un travail de r&#233;sistance aux vis&#233;es du gouvernement Charest. Pour avancer dans cette direction, l'UFP propose la tenue d'&#201;tats g&#233;n&#233;raux r&#233;unissant les milieux syndicaux, &#233;tudiants, femmes et populaires afin d'&#233;laborer collectivement des revendications unifiantes et un plan d'action commun car seule une telle unit&#233; pourra faire reculer le gouvernement lib&#233;ral &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une alternative politique progressiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre un projet de soci&#233;t&#233; en rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme ambiant, on ne peut compter que sur nos propres moyens. C'est pourquoi, l'UFP travaille, en coop&#233;ration avec Option citoyenne, &#224; la construction d'un grand parti progressiste au Qu&#233;bec qui se donnera pour t&#226;che d'offrir un d&#233;bouch&#233; politique aux actions de r&#233;sistance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti fond&#233; sur les forces sociales progressistes saura lier les revendications sociales de la majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; ses aspirations nationales. Il sera un instrument essentiel pour r&#233;aliser l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et ouvrir ainsi le vaste chantier de la construction d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique et &#233;galitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Carr&#233; rouge... la pr&#233;misse d'une lutte unitaire des mouvements sociaux au Qu&#233;bec ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Le-Carre-rouge-la-premisse-d-une-lutte-unitaire-des-mouvements-sociaux-au</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Le-Carre-rouge-la-premisse-d-une-lutte-unitaire-des-mouvements-sociaux-au</guid>
		<dc:date>2005-05-01T22:00:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233; Bazin</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les luttes &#233;tudiantes &lt;br class='autobr' /&gt;
La session de l'hiver 2005 aura &#233;t&#233; pour les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants la session du carr&#233; rouge. En lutte contre les politiques n&#233;olib&#233;rales du gouvernement du PLQ le carr&#233; rouge est vite devenu le symbole de la solidarit&#233; avec les luttes &#233;tudiantes. En se d&#233;but du mois de mai l'heure est au bilan pour le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous remarquons d'abord que la gr&#232;ve s'est termin&#233;e avec une radicalisation de plus en plus grande de la jeunesse qu&#233;b&#233;coise et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-sociales-et-politiques-" rel="directory"&gt;Luttes sociales et politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH67/arton1226-53594.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='67' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr&gt;
Les luttes &#233;tudiantes
&lt;p&gt;La session de l'hiver 2005 aura &#233;t&#233; pour les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants la session du carr&#233; rouge. En lutte contre les politiques n&#233;olib&#233;rales du gouvernement du PLQ le carr&#233; rouge est vite devenu le symbole de la solidarit&#233; avec les luttes &#233;tudiantes. En se d&#233;but du mois de mai l'heure est au bilan pour le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remarquons d'abord que la gr&#232;ve s'est termin&#233;e avec une radicalisation de plus en plus grande de la jeunesse qu&#233;b&#233;coise et par certains reculs de la part du gouvernement. Il est aussi &#224; noter que lorsque le ministre Fournier a fait sa deuxi&#232;me offre, le 1er avril, &#231;a faisait d&#233;j&#224; cinq semaines que les premi&#232;res associations &#233;tudiantes &#224; partir en gr&#232;ve l'&#233;taient et le mouvement ne semblait pas vouloir faiblir, certaines associations votaient m&#234;me pour l'annulation de la session si le gouvernement ne bougeait pas. Cette fois ce dernier a d&#251; reculer sur plusieurs points. Malgr&#233; le fait que le mouvement &#233;tudiant n'ait pas gagn&#233; l'abolition totale de la r&#233;forme de l'Aide fi nanci&#232;re aux &#233;tudiant-es (AFE), le gouvernement abandonne le remboursement proportionnel au revenu, le programme de remise de la dette &#233;tudiante li&#233; &#224; la performance et il doit aussi abandonner son projet &#224; long terme d'abolition des bourses &#233;tudiantes. Tout cela en plus de faire en sorte que le programme de bourses revient avec les 103 millions d&#232;s l'ann&#233;e 2006-2007. Ainsi, cette gr&#232;ve aura &#233;t&#233; une bataille gagn&#233;e que l'on doit inscrire dans une lutte &#224; continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la gr&#232;ve illimit&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e le 24 f&#233;vrier rien ne laissait pr&#233;sager que la gr&#232;ve de 2005 deviendrait non seulement la plus longue, mais aussi la plus grosse gr&#232;ve &#233;tudiante de l'histoire qu&#233;b&#233;coise, d&#233;passant m&#234;me celle de 1974. Les membres des regroupements &#233;tudiants (CASS&#201;&#201;, FCEE-Q, FECQ, FEUQ, etc.) et des associations ind&#233;pendantes se sont mobilis&#233;s comme jamais auparavant le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois ne l'avait fait. Pour plusieurs, &#224; l'image de la CASS&#201;&#201;, la lutte ne se limitait pas exclusivement &#224; la seule revendication d&#233;fensive et partielle des 103 millions $, elle allait aussi loin qu'un questionnement sur le sens m&#234;me de notre r&#233;seau d'&#233;ducation et par lui, de l'ensemble de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Souvent lors de cette gr&#232;ve, nous avons entendus des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants d&#233;noncer l'arrimage au march&#233; du syst&#232;me d'&#233;ducation. La question de la gratuit&#233; scolaire et de la fi n de l'endettement &#233;tudiant a aussi &#233;t&#233; abord&#233;e. &#192; travers cette gr&#232;ve c'est l'ensemble de la gestion capitaliste n&#233;olib&#233;rale qui est remise en question. Souvenons-nous qu'au m&#234;me moment o&#249; le gouvernement coupait 103 millions $ dans les bourses et 150 millions $ &#224; l'aide sociale il pr&#233;voyait faire des baisses d'imp&#244;ts de l'ordre de 750 millions $. La gr&#232;ve a cristallis&#233; deux visions de soci&#233;t&#233; diam&#233;tralement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Front commun des luttes &#233;tudiantes, syndicales, populaires et des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision que veut imposer par la force le gouvernement du PLQ et le patronat c'est le capitalisme n&#233;olib&#233;ral, c'est le r&#232;gne de l'entreprise priv&#233;e qui doit &#234;tre le moins &#171; entrav&#233;e &#187; possible, c'est la continuit&#233; du d&#233;ficit z&#233;ro impos&#233; par le PQ. Pour ce faire il doit diminuer l'&#201;tat en faisant une &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187; sur le dos des mouvements &#233;tudiant, syndical, populaire, des femmes et environnemental. Jusqu'ici ces diff&#233;rents pans du mouvement social se sont battus en ordre dispers&#233;. Malgr&#233; des gestes de solidarit&#233; non n&#233;gligeables un front commun de toutes ces luttes n'a pas pu &#234;tre mis en place. Il faut bien voir que la r&#233;organisation des accr&#233;ditations des unit&#233;s syndicales dans le monde de la sant&#233; a laiss&#233; des blessures qui tardent &#224; se cicatriser. Le mouvement syndical semble avoir de la difficult&#233; &#224; s'unir pour faire face au capitalisme n&#233;olib&#233;ral qu'impose le gouvernement du PLQ ainsi que le patronat qu&#233;b&#233;cois et international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la gr&#232;ve &#233;tudiante, le mouvement &#233;tudiant a tendu la main au mouvement syndical en lan&#231;ant un appel pour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du monde de l'&#233;ducation. Ces &#201;tats g&#233;n&#233;raux se voudraient un moment de r&#233;flexion sur les formes de luttes &#224; se donner dans ce secteur pour faire face &#224; l'attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e du gouvernement et de l'entreprise priv&#233;e contre une &#233;ducation accessible &#224; toutes et &#224; tous. Avec la fin de l'effervescence de la gr&#232;ve &#233;tudiante cet appel semble &#234;tre rest&#233; en suspens. La coordination des diff&#233;rentes luttes ne peut se faire que lorsque les diff&#233;rents acteurs sociaux se parlent. Suite &#224; la gr&#232;ve &#233;tudiante le monde de l'&#233;ducation a la possibilit&#233; de se concerter sur les moyens d'actions &#224; prendre pour s'opposer au bulldozer n&#233;olib&#233;ral. Les moyens de pression dans le monde de l'&#233;ducation se font sentir avec des journ&#233;es d'actions r&#233;gionales ou nationales comme lors de la journ&#233;e d'action du 25 avril organis&#233;e par la FNEEQ (CSN) et le cartel FAC-FEC (CSQ) ou celle du 6 mai de la CSQ au niveau primaire et secondaire. L'ensemble des travailleuses et des travailleurs du monde de l'&#233;ducation tout comme l'ensemble des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants ont la possibilit&#233; de trouver des endroits pour discuter en commun de la riposte aux politiques n&#233;olib&#233;rales. Les &#201;tats g&#233;n&#233;raux du monde de l'&#233;ducation n'est qu'un outil pour le faire, d'autres formes peuvent aussi &#234;tre envisag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que pr&#233;sentement la perspective d'unifi cation des luttes la plus avanc&#233;e se trouve dans le secteur de l'&#233;ducation il est essentiel que cette volont&#233; de discussion et de convergence puisse grandir &#224; l'ensemble du mouvement &#233;tudiant, syndical, populaire, des femmes et environnemental. Ainsi, tout comme la lutte &#233;tudiante a &#233;t&#233; une inspiration pour les syndicats du monde de l'&#233;ducation, une possible unification des luttes dans ce secteur pourrait faire tache d'huile sur l'ensemble du mouvement syndical. Les blessures laiss&#233;es par la r&#233;organisation des accr&#233;ditations des unit&#233;s syndicales dans les secteur de la sant&#233; ne se cicatriseront pas sans que les diff&#233;rents syndicats se rencontrent, discutent et soient aid&#233;s par une dynamique unitaire respectant les diff&#233;rences, mais ayant comme but commun de riposter aux attaques n&#233;olib&#233;rales du gouvernements et du patronat. Suite &#224; des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du monde de l'&#233;ducation et des victoires dans ce secteur serait-il trop optimiste de r&#234;ver d'&#201;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement &#233;tudiant, syndical, populaire, des femmes et environnemental ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendance de classe et perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant il est en effet plut&#244;t improbable que l'ensemble des luttes s'unissent dans un avenir rapproch&#233;. Par contre, nous devons d&#232;s maintenant poser les jalons permettant cette unification des luttes. Au niveau syndical pr&#233;parons des rencontres entre des syndicalistes de tous les horizons. Discutons des mani&#232;res concr&#232;tes pouvant permettre de d&#233;passer le &#171; patriotisme de centrale &#187;. Apprivoisons-nous pour former l'unit&#233; des travailleuses et des travailleurs. Faisons la m&#234;me chose dans les autres mouvements. Multiplions les rencontres. R&#233;unissons-nous ensemble contre les projets n&#233;olib&#233;raux qui s'attaquent &#224; nous toutes et &#224; nous tous. Pour ce faire nous ne pouvons compter que sur nos propres moyens. Inutile de compter sur des concessions librement consentis du PLQ ou sur une aide provenant de l'instigateur du d&#233;fi cit z&#233;ro qu'est le PQ. La sauce n&#233;olib&#233;rale qu'elle provienne du PLQ ou du PQ elle reste indigeste pour l'ensemble des classes populaires. Qu'elle soit n&#233;olib&#233;rale classique comme au PLQ ou qu'elle soit social-lib&#233;rale comme au PQ elle ne sert que les patrons et les mieux nantis de notre soci&#233;t&#233;. Le mouvement syndical doit faire la discussion de son orientation de classe. Tant que les directions du mouvement syndical resteront attach&#233;es &#224; des partis politiques qui ont d&#233;fendu des politiques pro-patronales, le mouvement syndical d&#233;fi nira son action dans le cadre d&#233;fensif et partiel des politiques de pressions sur les politiciens &#171; amis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che actuelle est d&#8216;utiliser toutes les luttes existantes pour riposter aux attaques du gouvernement et du patronat. Les discussions visant &#224; reb&#226;tir des ponts entre les organisations devraient tourner autours des axes suivants : 1- remettre sur pied des fronts communs syndicaux, 2- faire des actions unitaires de masse, 3- faire l'unit&#233; du mouvement syndical avec les autres mouvements sociaux. Ne nous laissons pas berner, les diff&#233;rentes organisations, principalement dans le milieu syndical, doivent &#234;tre ind&#233;pendantes face aux politiques d'int&#233;gration et de concertation du gouvernement et du patronat. Cette concertation part de la pr&#233;misse qu'il existe des int&#233;r&#234;ts communs entre le patronat et les travailleuses et les travailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, ne nous laissons pas berner ! Luttons unis entre nous contre le capitalisme n&#233;olib&#233;ral, ne nous laissons pas diviser et englober dans la logique de la concertation. Continuons la lutte unis toutes et tous ensemble en tablant sur les victoires du mouvement environnemental (comme le Suro&#238;t) et du mouvement &#233;tudiant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Bazin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Premier, la CSN s'affiche</title>
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		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici le contenu des affiches de la CSN pour le Premier mai 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; LE 1er MAI D'HIER &#192; AUJOURD'HUI Le 1er mai 1886, 300 000 travailleuses et travailleurs lancent, &#224; Chicago, un mouvement de gr&#232;ve pour obtenir la journ&#233;e de travail de huit heures. Une r&#233;pression polici&#232;re sanglante s 'ensuit : des militants syndicaux sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s &#224; mort. Quatre d'entre eux sont pendus. Six ans plus tard, ils seront innocent&#233;s. Ces &#233;v&#233;nements ont &#233;rig&#233; en symbole la lutte et le sacrifice de ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici le contenu des affiches de la CSN pour le Premier mai 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE 1er MAI D'HIER &#192; AUJOURD'HUI&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 1er mai 1886, 300 000 travailleuses et travailleurs lancent, &#224; Chicago, un mouvement de gr&#232;ve pour obtenir la journ&#233;e de travail de huit heures. Une r&#233;pression polici&#232;re sanglante s 'ensuit : des militants syndicaux sont arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s &#224; mort. Quatre d'entre eux sont pendus. Six ans plus tard, ils seront innocent&#233;s. Ces &#233;v&#233;nements ont &#233;rig&#233; en symbole la lutte et le sacrifice de ces quatre personnes pour l'am&#233;lioration des conditions de travail et de vie de l'ensemble des travailleuses et des travailleurs. Au Qu&#233;bec, le 1er mai est c&#233;l&#233;br&#233; depuis 1972. C'est une occasion privil&#233;gi&#233;e d'affirmer nos convictions et nos revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatisation&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements sont en train de vendre notre eau, nos for&#234;ts, le transport en commun, nos &#233;coles, nos h&#244;pitaux, nos services municipaux, nos services publics et, bient&#244;t, ce sera au tour des r&#233;gimes de retraite. Le partenaire priv&#233; empoche les profits, mais lorsqu'il fait faillite ou ne parvient pas &#224; livrer la marchandise, l'&#201;tat doit se porter &#224; son secours et assumer les co&#251;ts. Au bout du compte, nous payons ch&#232;rement les exp&#233;riences de partenariats public-priv&#233;. La privatisation, est-ce vraiment ce que nous voulons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;carit&#233;&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements sont en train de niveler par le bas nos conditions de vie et de travail, en brimant le droit &#224; la syndicalisation, en ouvrant grande la porte &#224; la sous-traitance, en ne reconnaissant pas les probl&#232;mes reli&#233;s &#224; l'emploi pr&#233;caire. Les gouvernements font des lois qui favorisent des conditions de travail &#224; rabais, des lois qui fragilisent notre qualit&#233; de vie. La pr&#233;carit&#233;, est-ce vraiment ce que nous voulons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvret&#233;&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements maintiennent dans une pauvret&#233; les prestataires de l'aide sociale, les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants, les sans-emploi, les travailleuses et les travailleurs au salaire minimum. Compressions, non-indexation et tarification, les gouvernements veulent se d&#233;sengager davantage en s'en remettant &#224; la charit&#233; priv&#233;e. La pauvret&#233;, est-ce vraiment ce que nous voulons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prosp&#233;rit&#233;, P&#233;rennit&#233;, Partage&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements tentent de nous convaincre qu'on n'a plus les moyens de nos choix. Lib&#233;rons-nous de ces mensonges ! Collectivement,on a les moyens de s'y opposer. Collectivement,on a les moyens de nos choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;rons-nous des projets n&#233;olib&#233;raux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Seule la lutte paye...&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1935, le taux de ch&#244;mage atteint un sommet in&#233;gal&#233; au Canada. Les sans-emploi sillonnent le pays &#224; dos de train pour trouver du travail. Le gouvernement met alors sur pied des camps de travail. Les sans-emploi r&#233;pliquent et d&#233;clenchent, le 4 avril, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans les camps. Ils organisent une marche vers Ottawa pour r&#233;clamer, entre autres, un programme d'assurance-ch&#244;mage. La marche des sans-emploi sera r&#233;prim&#233;e dans le sang, &#224; R&#233;gina, le 1er juillet 1935. Cette mobilisation, forte de l'appui des organisations ouvri&#232;res et de la population, m&#232;nera &#224; la cr&#233;ation du premier programme d'assurance-ch&#244;mage du Canada, en 1940. Soulignons, cette ann&#233;e, le 70e anniversaire de cette lutte et poursuivons la bataille pour des bonifications substantielles au r&#233;gime, une caisse autonome d'assurance-emploi et le remboursement des surplus de 46 milliards de dollars pill&#233;s dans la caisse depuis 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Premier mai, &lt;br class='autobr' /&gt;
F&#234;te internationale des travailleuses et des travailleurs &lt;br class='autobr' /&gt;
MARCHE Rassemblement 12h &lt;br class='autobr' /&gt;
2001 McGill College &lt;br class='autobr' /&gt;
FACE AU BUREAU DU PREMIER MINISTRE JEAN CHAREST&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La CSQ sera en journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 6 mai </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-CSQ-sera-en-journee-de-greve-generale-le-6-mai</link>
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		<dc:date>2005-04-11T01:10:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Saint-Hyacinthe, le vendredi 1er avril 2005 - Plus de 110 000 membres de la Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ) provenant des secteurs primaire, secondaire et coll&#233;gial seront en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 6 mai 2005. Ils repr&#233;sentent des enseignantes et des enseignants, des personnels de soutien et des professionnelles et professionnels de l'&#233;ducation. Solidairement, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la CSQ des secteurs de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux ont ent&#233;rin&#233; cette d&#233;cision lors du Conseil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Saint-Hyacinthe, le vendredi 1er avril 2005 - Plus de 110 000 membres de la Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ) provenant des secteurs primaire, secondaire et coll&#233;gial seront en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 6 mai 2005. Ils repr&#233;sentent des enseignantes et des enseignants, des personnels de soutien et des professionnelles et professionnels de l'&#233;ducation. Solidairement, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la CSQ des secteurs de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux ont ent&#233;rin&#233; cette d&#233;cision lors du Conseil g&#233;n&#233;ral des n&#233;gociations qui se d&#233;roule aujourd'hui &#224; Saint-Hyacinthe. &#171; Assez de tergiversations, nous voulons n&#233;gocier et nous voulons que la pr&#233;sidente du Conseil du tr&#233;sor donne des mandats clairs et s'assure qu'ils soient respect&#233;s. Il faut acc&#233;l&#233;rer les travaux, cesser les belles paroles et passer aux actes. Deux ans sans convention collective, &#231;a suffit &#187;, de d&#233;clarer le pr&#233;sident de la CSQ, R&#233;jean Parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est plus de 120 000 personnes qui seront en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 6 mai &#187;, puisqu'en plus des 110 000 membres CSQ, plus de 10 000 membres de la F&#233;d&#233;ration autonome du coll&#233;gial (FAC) et de l'Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Qu&#233;bec (APEQ) seront du nombre. La FAC et la FEC-CSQ, ainsi que l'APEQ et la FSE-CSQ, sont regroup&#233;es en cartel de n&#233;gociation. Ces organisations sont en cartel de n&#233;gociation afin de rassembler leurs forces syndicales enseignantes et, surtout, pour promouvoir leurs revendications dans le cadre du renouvellement de leur contrat de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine p&#233;riode de votes d'all&#233;geance dans le cadre de l'application de la loi 30, les f&#233;d&#233;rations de la sant&#233; et des services sociaux de la CSQ (UQII-CSQ, FPSSS-CSQ et FSPPSSS-CSQ) sont &#233;galement en mode n&#233;gociation. Elles donneront d'ailleurs leur appui lors de la journ&#233;e nationale de mobilisation de la CSQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans sans convention, c'est long !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu'au d&#233;but de 2003, les membres CSQ ont accept&#233; de prolonger les conventions collectives jusqu'en 2003 et accept&#233; &#233;galement, le 30 juin 2002, de les prolonger d'un an afin de r&#233;gler le dossier de l'&#233;quit&#233; salariale hors du processus de la n&#233;gociation. Or, ni le dossier de l'&#233;quit&#233; salariale, ni celui de la n&#233;gociation ne sont r&#233;gl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2003, la CSQ a d&#233;pos&#233; ses demandes syndicales qui touchaient les droits parentaux, la retraite, la conciliation travail et famille, les assurances et les disparit&#233;s r&#233;gionales. Sur la question des salaires, la demande est une augmentation de 12,5 % sur trois ans visant &#224; prot&#233;ger le pouvoir d'achat, &#224; participer aux fruits de la croissance &#233;conomique et &#224; mettre un terme &#224; la d&#233;t&#233;rioration des revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2004, le gouvernement a r&#233;pondu avec une offre d'augmentation de salaire de 6 % sur une p&#233;riode de six ans, d&#233;butant par une hausse de 2 % au 1er avril 2006. C'est donc dire que le gouvernement n'offre aucune augmentation salariale pour pr&#232;s de trois ans, alors qu'il propose une convention collective de six ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profil CSQ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ) compte 172 000 membres, dont 110 000 membres provenant du secteur public. Toutes ses f&#233;d&#233;rations de l'&#233;ducation ont obtenu des mandats de gr&#232;ve. Il s'agit de la F&#233;d&#233;ration des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), la F&#233;d&#233;ration du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), la F&#233;d&#233;ration des professionnelles et professionnels de l'&#233;ducation du Qu&#233;bec (FPPE-CSQ), la F&#233;d&#233;ration du personnel de soutien de l'enseignement sup&#233;rieur (FPSES-CSQ), la F&#233;d&#233;ration des enseignantes et enseignants de c&#233;gep (FEC) et la F&#233;d&#233;ration du personnel professionnel des coll&#232;ges (FPPC-CSQ). Les f&#233;d&#233;rations de la sant&#233; et des services sociaux sont repr&#233;sent&#233;es par l'Union qu&#233;b&#233;coise des infirmi&#232;res et infirmiers (UQII-CSQ), la F&#233;d&#233;ration du personnel de la sant&#233; et des services sociaux (FPSSS-CSQ) et la F&#233;d&#233;ration des syndicats de professionnelles et professionnels de la sant&#233; et des services sociaux (FSPPSSS). La FAC et la FEC-CSQ ainsi que l'APEQ et la FSE-CSQ sont regroup&#233;es en cartel de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
Marjolaine Perreault&lt;br class='autobr' /&gt;
Attach&#233;e de presse CSQ&lt;br class='autobr' /&gt;
Cell. : (514) 235-5082 &lt;br class='autobr' /&gt;
perreault.marjolaine@csq.qc.ne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Pourquoi donner votre argent &#224; ces personnes ?</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Pourquoi-donner-votre-argent-a-ces-personnes</link>
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		<dc:date>2005-02-22T03:21:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mouvement ouvrier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; une famille qui a une fortune d'environ $90 milliards. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui fait environ $250 milliards en ventes annuellement via leur Compagnie, ce qui est plus que IBM, Hewlett Packard, Dell Computer et Microsoft ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui fait $9 milliards de profits par an. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais... &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui paie leurs employ&#233;(e)s de $7.00 &#224; $13.00/heure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Saviez-vous ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Que, dans cette Compagnie, la semaine &#224; &#034; temps plein &#034; est de 28 heures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dans certains endroits, les g&#233;rants exigent que les employ&#233;(e)s travaillent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Luttes-syndicales-" rel="directory"&gt;Luttes syndicales&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; une famille qui a une fortune d'environ $90 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait environ $250 milliards en ventes annuellement via leur Compagnie, ce qui est plus que IBM, Hewlett Packard, Dell Computer et Microsoft ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait $9 milliards de profits par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui paie leurs employ&#233;(e)s de $7.00 &#224; $13.00/heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saviez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que, dans cette Compagnie, la semaine &#224; &#034; temps plein &#034; est de 28 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dans certains endroits, les g&#233;rants exigent que les employ&#233;(e)s travaillent apr&#232;s qu'ils aient &#034; punch&#233; &#034; et ont m&#234;me verrouill&#233; les portes pour les forcer &#224; rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dans certains cas, on emp&#234;che les employ&#233;(e)s de prendre leurs pauses ou leur heure de d&#238;ner, non pay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il y a donc plus de 38 poursuites contre cette Compagnie pour non paiement d'heures suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saviez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que 3 sur 5 employ&#233;(e)s ne peuvent se payer le plan d'assurance-maladie de La Compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que La Compagnie a pris des polices d'assurance sur la vie de 350,000 de ses employ&#233;(e)s, payables &#224; La Compagnie &#224; leur d&#233;c&#232;s, ce qui leur fait des gains non taxables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les femmes repr&#233;sentent 72% de leurs employ&#233;(e)s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont moins pay&#233;es - environ 6% de moins - que les hommes pour les emplois avec salaire horaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;750,000 vendeuses sont pay&#233;es $7.63/heure aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;90% des postes de g&#233;rants sont occup&#233;s par des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le plus haut poste de gestion, les femmes sont pay&#233;es 30% de moins que les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et malgr&#233; la majorit&#233; de femmes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes, g&#233;rantes de magasin, sont pay&#233;es 16% de moins que les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan d'assurance-maladie de La Compagnie ne rembourse pas les contraceptifs, mais en m&#234;me les travailleuses de certaines manufactures fournissant cette Compagnie doivent passer des tests de grossesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes au Salvador sont pay&#233;es 15&#162; pour faire une paire de pantalon vendue $16.95 U.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un recours collectif de $1 milliard au nom de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.6 millions de femmes employ&#233;es - courantes ou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pass&#233;es - de cette entreprise aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saviez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police a fait des &#034; descentes &#034; dans cette Compagnie et a arr&#234;t&#233; 300 travailleurs immigrants ill&#233;gaux, mais pas les employeurs qui les avaient embauch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie a d&#251; payer des amendes pour 1,436 effractions aux lois r&#233;glementant l'emploi d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune des 4,800 branches de La Compagnie n'a r&#233;ussi &#224; se syndicaliser. Elle a m&#234;me des &#233;quipes de &#034; briseurs de syndicats &#034; &#224; son emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roulement des employ&#233;(e)s d&#233;passe g&#233;n&#233;ralement 50% par ann&#233;e et atteint 100% dans certains cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saviez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cette Compagnie a caus&#233; la fermeture de milliers d'autres compagnies par deux strat&#233;gies :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) en gardant les salaires et b&#233;n&#233;fices de ses employ&#233;(e)s tr&#232;s bas tout en emp&#234;chant la syndicalisation&lt;br class='autobr' /&gt;
et&lt;br class='autobr' /&gt;
2) en faisant la loi aux manufacturiers qui les fournissent en marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi de nombreuses strat&#233;gies pour r&#233;duire ses co&#251;ts d'op&#233;rations, La Compagnie a d&#233;cid&#233; de se passer d'interm&#233;diaires de distribution et fait affaire directement avec les manufacturiers qui les fournissent en marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais...&#233;tant donn&#233; que cette Compagnie est le plus gros client de ces manufacturiers, celle-ci leur dicte les termes des contrats sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les prix	- l'emballage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la production	- la qualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la livraison	- le volume&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les fournisseurs veulent vendre leurs produits &#224; cette Compagnie, ils doivent implanter les plans d'affaire &#034; dict&#233;s &#034; par cette Compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie leur achemine annuellement &#034; un plan d'affaire strat&#233;gique &#034; fait sur mesure, produit leur &#034; bulletin &#034; d'&#233;valuation hebdomadaire, semestriel et annuel et fixe les prix de leurs produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, il reste peu de place pour des n&#233;gociations de prix :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Tu acceptes ou fini le contrat &#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cons&#233;quences de ces strat&#233;gies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a pu forcer une &#034; petite &#034; compagnie comme Coca-Cola &#224; livrer le dimanche ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Procter &amp; Gamble &#224; installer ses centres de distribution &#224; c&#244;t&#233; des sites de La Compagnie ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, la compagnie Rubbermaid a d&#251; vendre ses op&#233;rations parce que suite &#224; une hausse du prix de la r&#233;sine - principal composant de ses produits de plastique - La Compagnie n'a pas voulu acheter ses produits &#224; un prix un peu plus &#233;lev&#233; ; etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres cons&#233;quences...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a forc&#233; des compagnies nationales, qui existaient depuis des g&#233;n&#233;rations, &#224; transf&#233;rer leur production en Chine o&#249; la main d'&#339;uvre co&#251;te moins cher ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou &#224; stopper leur production et &#224; devenir des distributeurs de produits chinois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou &#224; r&#233;duire les salaires et b&#233;n&#233;fices de leurs propres employ&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou &#224; fermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a fait dispara&#238;tre une multitude de petites entreprises familiales dans les communaut&#233;s rurales ou dans les rues principales de petites villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le plan international...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Compagnie importe plus de $15 milliards de produits de la Chine chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est la plus grosse Compagnie importatrice de biens de consommation de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a 40 magasins en Chine et surprise : elle se dit favorable &#224; la syndicalisation dans ce pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o&#249;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ind&#233;pendants sont interdits et tous les syndicats sont membres de la F&#233;d&#233;ration des syndicats de Chine, sous la gouvernance de l'&#201;tat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Compagnie est la cha&#238;ne de magasins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2004, la d&#233;cision finale est rendue par la Commission des relations de travail du Qu&#233;bec :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Wal-Mart de Jonqui&#232;re au Qu&#233;bec est le premier magasin de l'entreprise en Am&#233;rique du Nord &#224; joindre les rangs d'un syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discussions sont entam&#233;es pour une premi&#232;re convention collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, pourquoi continuer &#224; acheter chez Wal-Mart ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites que les prix sont meilleurs qu'ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devinez quoi ? Seulement un peu plus de 10% de leurs articles sont moins chers qu'ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur strat&#233;gie se base sur les &#034; loss leaders &#034; (produits &#224; perte), c'est-&#224;-dire qu'une petite partie de leurs produits sont &#224; bas prix, plac&#233;s dans des endroits strat&#233;giques dans le magasin et annonc&#233;s dans leurs &#034; circulaires &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres produits sont aux m&#234;mes prix ou plus chers qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut arr&#234;ter d'acheter chez Wal-Mart !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes les raisons mentionn&#233;es ci-avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour encourager les magasins et manufacturiers de chez nous, pour prot&#233;ger nos communaut&#233;s, pour emp&#234;cher la perte d'emplois, pour d&#233;fendre les droits des travailleurs, etc....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites que &#231;a va causer des pertes d'emplois si on arr&#234;te d'acheter dans ce magasin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il y a d&#233;j&#224; eu des pertes d'emplois apr&#232;s que votre Wal-Mart a ouvert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; Jonqui&#232;re, les magasins de la place, peut-&#234;tre plus respectueuses des lois du travail, vont maintenant avoir besoin des employ&#233;(e)s jet&#233;s &#224; la rue par Wal-Mart...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que &#231;a vaut la peine d'encourager une telle compagnie pour &#233;conomiser quelques sous ???&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour plus d'information :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revue Prot&#233;gez-vous, juin 2004, page 26.&lt;br class='autobr' /&gt;
The Waltons:Inside America's Richest Family &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.mindfully.org/Reform/2004/Wal-Mart-Waltons-Richest15nov04.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mindfully.org/Reform/2004/Wal-Mart-Waltons-Richest15nov04.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Reportage de PBS : Is Wal-Mart good for America ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/walmart/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/walmart/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
How Wal-Mart is Remaking our World&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.theconversation.org/walmart.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.theconversation.org/walmart.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
National Organization of Women, Wal-Mart : The Facts&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.now.org/issues/wfw/wm-facts.html#foot1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.now.org/issues/wfw/wm-facts.html#foot1&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Wal-Mart Watch&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.walmartwatch.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.walmartwatch.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Recours collectif contre Wal-Mart :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.walmartclass.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.walmartclass.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fortune.com : America's most admired companies&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.fortune.com/fortune/mostadmired/articles/0,15114,590782,00.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fortune.com/fortune/mostadmired/articles/0,15114,590782,00.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BBC News : Wal-Mart approves unions in China&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://news.bbc.co.uk/2/hi/business/4037423.stm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://news.bbc.co.uk/2/hi/business/4037423.stm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Recours l&#233;gaux impliquant Wal-Mart :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.wal-martlitigation.com/currentd.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wal-martlitigation.com/currentd.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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