<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.lagauche.ca/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Gauche</title>
	<link>https://www.lagauche.ca/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.lagauche.ca/spip.php?id_mot=312&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>La Gauche</title>
		<url>https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L144xH75/siteon0-d17a8.jpg?1629928024</url>
		<link>https://www.lagauche.ca/</link>
		<height>75</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Reconstruire les infrastructures de la contestation</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Reconstruire-les-infrastructures-de-la-contestation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Reconstruire-les-infrastructures-de-la-contestation</guid>
		<dc:date>2012-01-24T13:59:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David McNally</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce long entretien, David McNally, auteur de Global Slump (PM Press, 2010) revient sur les origines de la premi&#232;re grande crise du capitalisme du XXIe si&#232;cle et sur ses cons&#233;quences pour le d&#233;veloppement des r&#233;sistances. &lt;br class='autobr' /&gt; Les premiers signes de la crise &#233;conomique mondiale que ton livre analyse se sont clairement fait sentir il y a quatre ans, durant l'&#233;t&#233; 2007. En quoi est-il toujours pertinent de tenter de cerner les causes et cons&#233;quences de cette crise ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois qu'il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Strategie-" rel="directory"&gt;Strat&#233;gie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Crise-financiere-+" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.lagauche.ca/local/cache-vignettes/L150xH100/arton3279-c56bd.jpg?1629928024' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce long entretien, David McNally, auteur de &lt;i&gt;Global Slump&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;traduction fran&#231;aise : &#171; Crise globale &#187;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (PM Press, 2010) revient sur les origines de la premi&#232;re grande crise du capitalisme du XXIe si&#232;cle et sur ses cons&#233;quences pour le d&#233;veloppement des r&#233;sistances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premiers signes de la crise &#233;conomique mondiale que ton livre analyse se sont clairement fait sentir il y a quatre ans, durant l'&#233;t&#233; 2007. En quoi est-il toujours pertinent de tenter de cerner les causes et cons&#233;quences de cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il est important d'analyser cette crise et de comprendre ses racines profondes car plusieurs &#233;l&#233;ments indiquent que ce n'est pas une r&#233;cession comme les autres. Il s'agit d'une crise syst&#233;mique, en d'autre mot une p&#233;riode de profonde instabilit&#233; dans le processus d'accumulation du capital qui perdurera pendant plusieurs ann&#233;es, nonobstant les oscillations tant&#244;t positives, tant&#244;t n&#233;gatives de certains indicateurs &#233;conomiques. On a souvent tendance &#224; oublier que ce fut aussi le cas lors de la Grande D&#233;pression : il y eu une chute marqu&#233;e de l'activit&#233; &#233;conomique de 1929 &#224; 1933, suivie d'une reprise de quatre ans de 1933 &#224; 1937, avant que l'&#233;conomie ne chute &#224; nouveau. Mais nous sommes tous d'accord sur le fait que tous ces mouvements form&#232;rent tout de m&#234;me un ensemble, une p&#233;riode distincte au cours de laquelle le capitalisme fut incapable de d&#233;passer une s&#233;rie de contradictions. Depuis 2007, le capitalisme est entr&#233; dans un moment historique du m&#234;me type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cela, nous devons analyser les causes profondes de la crise. Car s'il est vrai que nous avons pu assister &#224; une tr&#232;s faible reprise fin 2009 et d&#233;but 2010, elle s'est limit&#233;e &#224; une r&#233;cup&#233;ration de la profitabilit&#233; mais n'a eu des r&#233;percussions que tr&#232;s faibles sur l'embauche et les salaires. Si on replace cette crise dans la longue p&#233;riode n&#233;o-lib&#233;rale qui a d&#233;but&#233; &#224; la fin de la r&#233;cession de 1982, il appara&#238;t que ce fut une p&#233;riode d'expansion qui a produit un profond probl&#232;me de suraccumulation que la r&#233;cession de 2008-2009 n'a pas r&#233;ussi &#224; r&#233;gler. Et, comme pour la p&#233;riode des ann&#233;es 1970 et des ann&#233;es 1930, il faudra plus ou moins une d&#233;cennie, pour que le capitalisme puisse r&#233;soudre le probl&#232;me. Bien s&#251;r notre espoir est qu'il ne pourra le faire par lui-m&#234;me et que des mouvements de r&#233;sistance vont &#233;merger pour faire &#233;merger une alternative au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les turbulences des derniers mois, li&#233;es aux crises de la dette souveraine de la Gr&#232;ce et d'autres pays europ&#233;ens tels que l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie laissent craindre que la crise puisse en effet perdurer. S'agit-il d'une nouvelle &#233;tape de la m&#234;me crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sauvetage des banques qui a d&#233;but&#233; en 2008 et a mobilis&#233; plusieurs milliers de milliards de dollars n'est pas termin&#233;. Conjugu&#233; au effets d'une contraction &#233;conomique ayant r&#233;duit les revenus des gouvernements, ce sauvetage a contribu&#233; &#224; une forte hausse de la dette publique. Il se poursuit aujourd'hui via des &#171; plans d'aide &#187; aux &#201;tats faisant face &#224; une crise de la dette publique et qui s'accompagnent de coupes dans les caisses de retraite, dans l'&#233;ducation, les programmes sociaux et l'emploi public affectant la vie de millions d'individus. Fondamentalement, ces politiques visent &#224; transf&#233;rer des fonds publics vers les banques et la finance en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-2011, les banques allemandes avaient pr&#234;t&#233; l'&#233;quivalent d'environ 170 % de leur capital aux gouvernements grecs, irlandais, portugais et espagnol. L'&#233;quivalent d'environ 100 % du capital d&#233;tenu par les banques fran&#231;aises &#233;tait aussi expos&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les donn&#233;es rassembl&#233;es par Martin Wolf, &#171; The Eurozone after (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces chiffres augmentent consid&#233;rablement si on prend en compte l'Italie. Parall&#232;lement, les banques am&#233;ricaines sont en possession de titres de la dette publique de ces cinq &#233;conomies europ&#233;ennes &#224; hauteur de 700 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'un d&#233;faut de paiement de la part de la Gr&#232;ce semble in&#233;vitable, un tel sc&#233;nario va d&#233;clencher une s&#233;rie de crises et de nouveaux d&#233;fauts de paiement menant &#224; la faillite de certaines banques. Des pertes de plusieurs milliards de dollars pour les banques apparaissent aussi de plus en plus probables. C'est la raison pour laquelle les actions de banques telles que BNP Paribas et la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ont chut&#233; si fortement au cours des derniers mois. Et c'est aussi pour cela que de tr&#232;s grandes soci&#233;t&#233;s, banques et autres fonds d'investissement ont retir&#233; leurs avoirs des banques europ&#233;ennes. Bref, nous sommes &#224; l'aube d'une nouvelle crise financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque centrale europ&#233;enne, le FMI et les grandes puissances europ&#233;ennes affirment vouloir sauver de la faillite des pays tels que la Gr&#232;ce, l'Irlande ou le Portugal. Mais la priorit&#233; demeure les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des banques. Il faut suivre le chemin emprunt&#233; par l'argent octroy&#233; par l'Europe et le FMI : lorsque les gouvernements endett&#233;s re&#231;oivent des centaines de milliards en nouveaux pr&#234;ts, cet argent est imm&#233;diatement transf&#233;r&#233; vers les coffres des banques priv&#233;es afin de rembourser des dettes contract&#233;es par le pass&#233;. Les banques sont ainsi une fois de plus sauv&#233;es par le peuple. Tout comme lors de la crise des institutions financi&#232;res de 2008-2009, les profits des banques sont privatis&#233;s alors que leurs pertes sont assum&#233;es par les budgets publics. Il ne s'agit pas vraiment de libre-march&#233;. Mais c'est une excellente affaire pour les banquiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les obstacles &#224; une &#171; cr&#233;ation destructive &#187; qui pourrait mener &#224; une reprise &#233;conomique soutenue ? Tu as mentionn&#233; les ann&#233;es 1970. Un des facteurs d&#233;terminants ayant permis de sortir de cette crise a &#233;t&#233; le choc mon&#233;taire de Volcker et la d&#233;faite politique des travailleur&#183;ses dans les pays du Nord. Est-ce qu'un tel &#171; rem&#232;de &#187; pourrait &#224; nouveau &#234;tre ass&#233;n&#233; &#224; cette classe et serait-il suffisant pour relancer le processus d'accumulation de fa&#231;on soutenue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, la classe des travailleur&#183;ses subit &#224; nouveau un assaut d'une grande ampleur. Il suffit d'observer ce qui se passe aux &#201;tats-Unis o&#249; l'organisation du mouvement ouvrier est la plus faible par rapport aux autres pays du Nord : il y a eu des destructions massives d'emploi, mais aussi une &#233;norme augmentation de la productivit&#233; du travail qui se traduit par une chute du co&#251;t unitaire de production d'environ 5 % en 2009, ce qui signifie qu'il en co&#251;te environ 5 % moins aux capitalistes pour produire un bien ou un service donn&#233;. C'est une diminution &#233;norme. Plusieurs des m&#233;thodes n&#233;o-lib&#233;rales &#8211; augmentation du rythme du travail, production &#171; juste-&#224;-temps &#187;, etc. &#8211; que les capitalistes ont utilis&#233;es depuis 30 ans s'intensifient. Les travailleur&#183;ses doivent faire face &#224; cette reconfiguration des processus de travail alors m&#234;me que, dans la plupart des pays du Nord , leur organisation collective s'est consid&#233;rablement affaiblie par rapport &#224; ce qu'elle &#233;tait lors de la crise des ann&#233;es 1970. &#201;videmment, le capital profite de cette position de faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on oublie souvent que le capitalisme ne peut se sortir d'une crise simplement en intensifiant l'exploitation du travail. Cela peut restaurer les profits et mettre fin &#224; la s&#233;rie de faillites d'entreprises li&#233;e &#224; la crise. Mais pour se sortir d'une crise dont les germes se trouvent dans la longue p&#233;riode de croissance qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e, le capitalisme a besoin de d&#233;truire beaucoup de capital suraccumul&#233; &#8211; c'est-&#224;-dire qu'il doit se d&#233;partir de beaucoup d'usines, de mines, de tours &#224; bureaux, de centre commerciaux, etc., qui ne peuvent plus &#234;tre utilis&#233; de mani&#232;re profitable. C'&#233;tait l&#224; un des probl&#232;mes auxquels voulait r&#233;pondre le choc mon&#233;taire de Volcker en 1979 : face &#224; la hausse massive des taux d'int&#233;r&#234;ts, les capitalistes qui ne pouvaient payer leurs dettes ont fait faillite et une restructuration du capital a &#233;t&#233; ainsi impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la crise actuelle, nous n'avons eu pour l'instant qu'une restructuration de ce genre tr&#232;s r&#233;duite et limit&#233;e &#224; certaines parties des &#201;tats-Unis. Quelques usines automobiles ont ferm&#233;, mais, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tr&#232;s peu a &#233;t&#233; fait pour restructurer le capital. En Europe et au Japon il n'y a pratiquement pas eu de destruction de capital exc&#233;dentaire. Il n'y en a pas eu davantage en Chine o&#249;, au contraire, des investissements massifs ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s venant encore aggraver le probl&#232;me. Les grandes restructurations restent donc devant nous : en plus d'une augmentation de l'exploitation des travailleur&#183;ses, de nombreuses fermetures d'usines seront n&#233;cessaire avant que le syst&#232;me puisse retrouver une croissance &#233;conomique prolong&#233;e et soutenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une simple statistique permet d'illustrer le probl&#232;me. Le programme de relance &#233;conomique chinois a &#233;t&#233;, toutes proportions gard&#233;es, beaucoup plus important que celui de Bush et d'Obama aux &#201;tats-unis. Parmi les mesures comprises dans ce programme, certaines ont conduit &#224; une augmentation des capacit&#233;s annuelles de production d'acier de 15 millions de tonnes. La Chine poss&#233;dait d&#233;j&#224; une surcapacit&#233; de 150 millions de tonnes, leurs capacit&#233;s exc&#233;dentaires atteignent d&#233;sormais 200 millions de tonnes, soit autant que l'ensemble des capacit&#233;s de production de l'Union Europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penchons-nous maintenant sur les causes de la crise. La Grande D&#233;pression des ann&#233;es 1930 a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re, au crash financier du &#171; Lundi noir &#187; d'octobre 1929, qui a marqu&#233; l'imagination collective. Et la m&#234;me chose semble se produire avec la pr&#233;sente crise &#233;conomique. Pourquoi penses-tu que les explications de la crise identifiant la sp&#233;culation financi&#232;re comme cause premi&#232;re, voire unique, sont insatisfaisantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs raisons. Une premi&#232;re est simplement empirique. Les historiens de la Grande D&#233;pression nous montrent que la production industrielle a commenc&#233; &#224; chuter en 1928, avant m&#234;me l'effondrement boursier de 1929. Il y eu d'autres chocs financiers, dans les ann&#233;es 1920, par exemple en 1927, qui n'enclench&#232;rent pas de grandes r&#233;cessions, parce que la profitabilit&#233; demeurait robuste &#224; ce moment. De fa&#231;on similaire, en ce qui concerne la crise actuelle, on peut noter que les taux de profits ont plafonn&#233; d&#232;s 2006 aux &#201;tats-Unis. Cela a fait en sorte que le syst&#232;me est devenu plus vuln&#233;rable &#224; un choc financier. Les indicateurs &#233;conomiques nous montrent aussi que le ralentissement de l'activit&#233; &#233;conomique est intervenu, dans le secteur manufacturier notamment, avant l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'&#233;clatement de cette bulle immobili&#232;re a d&#233;but&#233; dans les lieux o&#249; les effets de ce ralentissement de l'activit&#233; &#233;conomique se ressentaient d&#233;j&#224; fortement. D&#233;troit en est un excellent exemple. Les pertes d'emplois dans cette ville ont eu pour cons&#233;quence qu'un nombre croissant de d&#233;biteurs de subprimes n'&#233;taient plus en mesure de s'acquitter de leur dette. Ainsi, la hausse du ch&#244;mage, qui s'est amorc&#233;e en 2007 a nourri l'augmentation des d&#233;fauts de paiement. Les diff&#233;rents facteurs sont donc interconnect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, sur un plan th&#233;orique, je trouve insatisfaisante la th&#232;se selon laquelle la &#171; d&#233;r&#233;gulation &#187; financi&#232;re est la cause de la crise car elle pr&#233;sume que ce sont les politiques permettant cette d&#233;r&#233;gulation qui sont l'&#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans l'&#233;volution &#233;conomique au cours de la p&#233;riode n&#233;o-lib&#233;rale. Au contraire, comme je l'explique dans Global Slump, la d&#233;r&#233;gulation a suivi l'internationalisation de la finance, plut&#244;t qu'elle ne l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Au moment o&#249; la d&#233;r&#233;gulation s'est vraiment mise en branle, les corporations multinationales qui doivent s'adonner &#224; des activit&#233;s financi&#232;res dans divers march&#233;s nationaux et diverses juridictions et zones mon&#233;taires, misaient d&#233;j&#224; sur les avantages que leur procuraient la finance off-shore. &#192; partir des ann&#233;es 1960, elles &#233;changeaient d&#233;j&#224; sur le march&#233; des eurodollars (op&#233;rations en dollars en Europe qui &#233;chappent tant &#224; la r&#233;gulation du gouvernement am&#233;ricain qu'&#224; celle des autorit&#233;s europ&#233;ennes). Cela n'&#233;tait pas le r&#233;sultat d'une lib&#233;ralisation des march&#233;s financiers. Cela d&#233;coulait du r&#244;le central du dollar am&#233;ricain dans l'&#233;conomie mondiale et du fait qu'il circulait massivement hors des fronti&#232;res des &#201;tats-Unis. Les firmes multinationales ont alors cherch&#233; &#224; obtenir des financements &#224; des taux plus int&#233;ressant que ceux pratiqu&#233;s aux &#201;tats-Unis ou au Royaume-Uni. Ce fut seulement lorsque les banques op&#233;rant dans le cadre r&#233;gul&#233; des juridictions nationales r&#233;alis&#232;rent leur d&#233;savantage face &#224; celles intervenant sur le march&#233; des eurodollars qu'elles commenc&#232;rent &#224; exiger des politiques de d&#233;r&#233;gulation. La plus grande partie de cette d&#233;r&#233;gulation a r&#233;ellement d&#233;but&#233; &#224; la toute fin des ann&#233;es 1970 et n'a pris son v&#233;ritable envol qu'au cours des ann&#233;es 1980. Ma position est donc que cette d&#233;r&#233;gulation est une r&#233;action &#224; cette mondialisation du capital manufacturier et financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu critiques les analyses qui, comme celle d&#233;velopp&#233;e par Robert Brenner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Brenner, The Economics of Global Turbulence, Verso Books, New York, 2006.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sentent la crise actuelle comme l'aboutissement d'une chute du taux de profit menant &#224; un ralentissement &#233;conomique remontant aux ann&#233;es 1970. En quoi ta propre compr&#233;hension de la p&#233;riode n&#233;o-lib&#233;rale du capitalisme diverge-t-elle d'une telle lecture de l'&#233;volution &#233;conomique des derni&#232;res d&#233;cennies ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Ce n'est pas que je crois que l'&#233;volution du taux de profit ne soit pas importante &#8211; je crois au contraire que c'est un &#233;l&#233;ment essentiel. Mais il existe une s&#233;rie de probl&#232;mes associ&#233;s au type d'analyses produites par Brenner et par d'autres. Le premier est qu'on peut constater, &#224; partir de donn&#233;es recueillies par Brenner lui-m&#234;me, une remont&#233;e du taux de profit &#224; partir de 1982. Il y a eu une chute aux alentour de 1987 et ensuite une nouvelle remont&#233; jusqu'aux abords de la crise actuelle, en 2006. La raison pour laquelle Brenner et d'autres analystes insistent sur la faiblesse probl&#233;matique du taux de profit au cours de cette p&#233;riode d&#233;coule du fait qu'ils le comparent &#224; celui qui pr&#233;valait au cours des ann&#233;es 1950 et au d&#233;but des ann&#233;es 1960. De leur point de vue, si les taux actuels ne sont pas aussi &#233;lev&#233;s que ceux d'alors, c'est qu'il y a crise. Je crois quant &#224; moi qu'il s'agit l&#224; d'un raisonnement a-historique. La p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre a &#233;t&#233; exceptionnelle et pr&#233;c&#233;d&#233;e du plus grand &#233;pisode de destruction de capitaux de l'histoire du syst&#232;me sous l'effet combin&#233; de la Grande D&#233;pression et de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, qui ont &#233;t&#233; suivies d'une p&#233;riode d'expansion &#233;conomique spectaculaire au cours de laquelle le capital a d&#251; &#234;tre reconstruit &#224; l'&#233;chelle mondiale. Cette p&#233;riode d'expansion exceptionnelle ne peut servir de point de r&#233;f&#233;rence pour juger des la profitabilit&#233; des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, affirmer qu'il y aurait eu une crise au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es nous fait perdre de vue le dynamisme du capitalisme au cours de cette p&#233;riode. Ceci ne correspond pas &#224; notre exp&#233;rience historique pour plusieurs raisons. D'abord, nous avons v&#233;cu, au cours de ces d&#233;cennies, une r&#233;volution technologique, surtout articul&#233;e &#224; la micro&#233;lectronique et &#224; l'ordinateur digital, qui a notamment profond&#233;ment transform&#233; les processus de production, mais aussi la vie quotidienne qui est envahie pour toute une s&#233;rie d'appareil &#233;lectroniques (t&#233;l&#233;phones portables, iPads, ordinateurs portables, etc.). Ensuite, l'analyse de Brenner passe sous silence le fait qu'une r&#233;gion enti&#232;re du globe est devenue un nouveau p&#244;le d'accumulation : l'Asie de l'Est, et tout particuli&#232;rement la Chine. Jusqu'&#224; l'&#232;re n&#233;o-lib&#233;rale, on peut dire que le Japon &#233;tait une exception dans cette r&#233;gion. Ce n'est plus le cas, la r&#233;gion dans son ensemble est devenue le p&#244;le d'accumulation capitaliste le plus dynamique du monde. En ne consid&#233;rant que les &#201;tats-Unis, l'Allemagne et le Japon, Brenner tend &#224; ignorer l'essor de cette nouvelle zone d'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a &#233;t&#233; tr&#232;s dynamique au cours de la p&#233;riode 1982-2007, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas connu de crises. Le syst&#232;me a travers&#233; des crises &#8211; et il n'y a l&#224; rien de surprenant tant dynamisme et instabilit&#233; du capitalisme vont de pair &#8211; mais il a aussi connu un processus de restructuration technologique et g&#233;ographique en profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu mentionnes dans ton livre que le capitalisme n&#233;o-lib&#233;ral comporte trois dimensions fondamentales : la cr&#233;ation du nouveau p&#244;le d'accumulation que tu viens de mentionner, la d&#233;faite politique de la classe des travailleur&#183;ses et l'intensification de son exploitation, ainsi qu'un transfert massif de richesses des pays du Sud vers ceux du Nord. Ces trois facteurs r&#233;unis ont permis une reprise de la croissance qui, &#224; son tour, a jet&#233; les bases d'une nouvelle crise, dans laquelle nous sommes plong&#233;s depuis 2007. Comment expliques-tu cette imbrication de la croissance et de la tendance &#224; la r&#233;surgence d'une crise la compromettant ? En quoi Marx est-il utile pour comprendre cette relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partir de Marx est crucial pour r&#233;pondre &#224; cette question. Marx constate que la marchandise a un double caract&#232;re. Il s'agit tout &#224; la fois d'une valeur d'usage, qui satisfait un besoin humain, et d'une valeur, ou valeur d'&#233;change, qui peut &#234;tre &#233;chang&#233;e contre de l'argent. Le capitalisme implique donc ce ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s contradictoire suivant lequel on ne peut obtenir les valeurs d'usages qui permettent le maintien de la vie humaine que sous la forme de valeurs d'&#233;changes. C'est-&#224;-dire qu'on doit acc&#233;der au march&#233; pour se les procurer. Il s'agit l&#224; du r&#233;sultat des processus de d&#233;possession associ&#233;s au capitalisme qui d&#233;tachent les gens des moyens n&#233;cessaires pour produire par eux-m&#234;mes ces valeurs d'usage &#8211; notamment l'expropriation des paysans de leur terre avec les enclosures qui les priv&#232;rent d'acc&#232;s aux terres communes. Une fois mis en place, ce syst&#232;me contradictoire fait en sorte que la force motrice du mode de production devient la profitabilit&#233; et l'accumulation d'argent. La comp&#233;tition pousse les capitalistes &#224; accumuler de fa&#231;on syst&#233;matique, faute de quoi ils seront pouss&#233;s &#224; la faillite, surpass&#233;s par leurs concurrents devenu plus performants car ils ont davantage investi. Tous les capitalistes tentent donc de battre la comp&#233;tition en puisant dans leurs profits afin de les r&#233;investir et de les transformer en de nouveaux moyens de production, en se procurant la technologie la plus avanc&#233;e afin de produire les m&#234;me biens et services un peu plus rapidement et &#224; des co&#251;ts un peu moindre que leurs concurrents. Mais, bien s&#251;r, s'ils et elles font tout cela, et si tout ce qui les int&#233;resse n'est pas la valeur d'usage qui satisfait des besoins humains, mais bien la production pour le profit, on peut alors facilement comprendre qu'apr&#232;s un long cycle d'accumulation les capitalistes vont se retrouver dans une situation o&#249; ils ont cr&#233;&#233; trop d'usines, de mines, de centres d'achat, de McDonalds, etc. dont les produits ne peuvent plus &#234;tre absorb&#233;s par le march&#233;. C'est une situation classique de suraccumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aspect du probl&#232;me, est la propension &#224; la m&#233;canisation de la production qui implique une forme de course &#224; la technologie la plus avanc&#233;e. Celle-ci tend &#224; remplacer des travailleur&#183;ses par des machines. Je ne veux pas dire que &#231;a implique n&#233;cessairement une r&#233;duction absolue de la main-d'&#339;uvre &#8211; bien que ce soit possible, comme le montre la vague de d&#233;sindustrialisation qui a frapp&#233; le Canada, les &#201;tats-Unis ainsi que certains pays europ&#233;ens au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Mais, en tous cas, cette main-d'&#339;uvre aura tendance &#224; cro&#238;tre moins rapidement que ce que Marx appelle le capital constant &#8211; la machinerie, l'&#233;quipement de production, les &#233;difices, etc.. Comme seul le travail vivant produit de nouveaux profits, ironiquement, &#224; travers cette comp&#233;tition maniaque pour la saisie de parts de march&#233;, les capitalistes sapent ce qui sous-tend la profitabilit&#233;. Ceci produit donc une autre tendance qui pressurise les profits &#224; la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'analyse de Marx est beaucoup plus complexe que ne laisse croire le r&#233;sum&#233; que je viens d'en faire. Il identifie avec raison toute une vari&#233;t&#233; de contre-tendances qui contribuent &#224; renforcer les taux de profit. Toutes ces tendances et contre-tendances agissent simultan&#233;ment et sont inter-reli&#233;es, mais &#224; certains moments une tendance ou une autre devient dominante. Sur une longue p&#233;riode d'accumulation, il existe des p&#233;riodes-charni&#232;res aux cours desquelles la tendance &#224; la r&#233;duction relative du travail vivant utilis&#233; dans la production tend &#224; dominer, ce qui m&#232;ne &#224; une baisse de profitabilit&#233;. En parall&#232;le, la tendance &#224; la suraccumulation pressurise aussi les profits, puisqu'elle force les capitalistes &#224; tenter d'augmenter leurs ventes fr&#233;n&#233;tiquement. Ainsi, quelqu'un voulant acheter une automobile en ce moment sera bombard&#233; d'offres et autres rabais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux tendances &#8211; &#224; la suraccumulation et &#224; la baisse relative du travail vivant utilis&#233; dans la production &#8211; sont donc des &#233;l&#233;ments imbriqu&#233;s des contradictions du capitalisme. L'analyse de Marx demeurent pertinente dans la mesure o&#249; elle est la seule qui permet r&#233;ellement de saisir le caract&#232;re contradictoire inh&#233;rent de l'accumulation capitaliste. Mais aussi parce qu'elle &#233;claire des &#233;v&#233;nements tels que la derni&#232;re crise davantage que toute autre th&#233;orie disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu expliques dans ton livre que ces tendances d&#233;bouchant p&#233;riodiquement sur des probl&#232;mes de profitabilit&#233; sont aussi &#224; relier &#224; une transformation structurelle de la finance au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Peux-tu nous expliquer plus en d&#233;tail la nature de cette transformation ainsi que ses cons&#233;quences ? En quoi est-ce que ta position sur ce probl&#232;me diverge de la th&#232;se de l'h&#233;g&#233;monie du capital financier d&#233;velopp&#233;e par Dum&#233;nil et L&#233;vy ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'accord avec l'id&#233;e qu'un processus de financiarisation est advenu au cours de la p&#233;riode n&#233;o-lib&#233;rale. Mais, je ne crois pas que la th&#232;se de la &#171; d&#233;r&#233;gulation &#187; soit tr&#232;s convaincante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plus grande partie de l'histoire du capitalisme, la monnaie, et particuli&#232;rement la monnaie mondiale, la devise mondialement dominante, a &#233;t&#233; rattach&#233;e &#224; une marchandise ou une autre. Le plus souvent, ce fut l'or. &#199;a n'a pas &#224; &#234;tre l'or, et Marx en &#233;tait bien conscient. Mais &#224; partir des ann&#233;es 1850, le capitalisme avait clairement opt&#233; pour l'&#233;talon-or. Au cours du si&#232;cle qui a suivi, il pr&#233;serva de diff&#233;rentes mani&#232;res cet &#233;talon-or. Apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, la devise dominante &#8211; le dollar am&#233;ricain &#8211; pouvait &#234;tre &#233;chang&#233;e pour de l'or : les banques centrale hors des &#201;tats-Unis pouvaient obtenir de l'or en &#233;change des dollars qu'elles d&#233;tenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci changea en 1971 lorsque les &#201;tats-Unis ne purent plus se permettre d'assurer la conversion de dollars en or, dans la mesure o&#249; leurs r&#233;serves d'or &#233;taient insuffisantes pour satisfaire les demandes de conversion dont le rythme s'acc&#233;l&#233;rait. Nixon a alors mis fin &#224; cette convertibilit&#233;, et a annonc&#233; que le dollar ne serait plus rattach&#233; &#224; la valeur de l'or. Ceci eut plusieurs cons&#233;quences, mais la plus importante, selon moi, fut que les valeur des devises sont alors devenues beaucoup plus volatiles qu'auparavant. Le syst&#232;me de l'&#233;talon-or de Bretton Woods assurait que les devise demeuraient dans un rapport tr&#232;s stable entre elles sur de longues p&#233;riodes. Ceci signifiait qu'une personne transf&#233;rant son capital d'un pays &#224; l'autre n'avait pas &#224; se soucier du risque qu'une d&#233;valuation soudaine puisse brutalement d&#233;valoriser son investissement. Apr&#232;s 1971, il n'y avait plus de telles garanties. En cons&#233;quence, on a assist&#233; &#224; un &#233;norme processus d'ing&#233;nierie financi&#232;re ; les banques et d'autres institutions financi&#232;res se sont mises &#224; d&#233;velopper des instruments visant &#224; limiter les risques li&#233;s &#224; cette volatilit&#233;. En clair, je peux maintenant acheter une forme de police d'assurance qui me prot&#232;ge des variations importantes d'une devise ou d'une autre. Quelqu'un peut me garantir, par exemple, que je pourrai racheter mes dollars en yen , ou en euros, etc. &#224; un prix fixe, peu importe les fluctuations de la valeur de ces devises sur les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces instruments financiers sont appel&#233;s produits d&#233;riv&#233;s et il faut bien s&#251;r payer pour les obtenir. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il s'agit d'une police d'assurance peu co&#251;teuse. Mais certains investisseurs ont rapidement d&#233;couvert que ces instruments con&#231;us pour r&#233;duire le risque, qui sont en fait des paris sur le futur, pouvaient &#234;tre utilis&#233;s pour sp&#233;culer. On peut ainsi faire des paris &#233;normes sur le mouvement de devises, mais aussi sur l'or, le p&#233;trole, les denr&#233;es alimentaires, et sur n'importe quelle marchandise. Et pas seulement des marchandises : Enron &#224; la fin des ann&#233;es 1990 s'est mis &#224; faire des affaires en or gr&#226;ce &#224; des produits d&#233;riv&#233;s li&#233;s &#224; la m&#233;t&#233;o. En effet, la m&#233;t&#233;o affecte la production d'oranges en Floride ou la quantit&#233; d'hydro-&#233;lectricit&#233; n&#233;cessaire pour alimenter l'air climatis&#233; durant l'&#233;t&#233; en Californie, ce qui a aussi un impact sur le prix du p&#233;trole...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc vrai que la cr&#233;ation de ces instruments financiers a engendr&#233; beaucoup de sp&#233;culation, ce que l'on nomme souvent la &#171; financiarisation &#187;. Et je suis d'accord avec l'id&#233;e selon laquelle le secteur financier est devenu beaucoup plus vaste et qu'il concentre une plus grande part des profits totaux. Mais je rejette l'id&#233;e que ce soit la cons&#233;quence d'un &#171; coup de force &#187; foment&#233; par la finance, comme l'affirment notamment Dum&#233;nil et L&#233;vy. Je crois plut&#244;t que la cause fondamentale de cette financiarisation est la fin de la convertibilit&#233; du dollar en or et la volatilit&#233; des diff&#233;rentes devises nationales qui en a r&#233;sult&#233; et qui a men&#233; au d&#233;veloppement de tous les d&#233;riv&#233;s qui existent aujourd'hui. Je ne crois donc pas qu'on puisse dire que les capitalistes financiers aient impos&#233; leur h&#233;g&#233;monie. En fait, des firmes manufacturi&#232;res majeures se sont elles aussi lanc&#233;es dans cette orgie de sp&#233;culation. Ford, General Motors, General Electrics, Volkswagen, etc., investissent toutes dans les produits d&#233;riv&#233;s. Le probl&#232;me ne r&#233;side pas tant dans le capital financier en lui-m&#234;me qu'en des changements structuraux du capitalisme qui ont rendu certaines formes de profits sp&#233;culatifs plus faciles &#224; r&#233;aliser. Ce n'est bien entendu pas fortuit qu'elle ait d&#233;but&#233; dans le secteur financier, au sein du march&#233; des pr&#234;ts hypoth&#233;caires aux &#201;tats-Unis. Tr&#232;s rapidement, les banques et autres institutions financi&#232;res qui vendaient ces instruments financiers sophistiqu&#233;s ont d&#233;couvert qu'on pouvait faire la m&#234;me chose avec des pr&#234;ts hypoth&#233;caires, ce qui a plu aux investisseurs qui percevaient alors l'investissement immobilier comme un investissement s&#251;r. Ceci, on le sait, a men&#233; &#224; la plus grande bulle immobili&#232;re de l'histoire, dont l'explosion a laiss&#233; de nombreuses personnes qui croyaient que cette bulle ne pouvait pas exploser en possession d'actifs financiers toxiques. Les grandes banques d'investissement ne furent pas toutes &#233;pargn&#233;es puisque certaines furent contraintes &#224; la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu tentes d'explorer la relation dialectique, la relation interne, qui existe entre cette tendance &#224; la financiarisation, &#224; l'essor de bulles sp&#233;culatives, d'une part, et la tendance &#224; la suraccumulation et &#224; la baisse du taux de profit, d'autre part. Peux-tu nous parler de la fa&#231;on dont tu per&#231;ois cette relation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Durant le boom &#233;conomique de 1982-2007, on a pu observer une remont&#233;e prolong&#233;e du taux de profit sur les nouveaux investissements de capitaux, parall&#232;lement &#224; une profonde restructuration de la production avec le d&#233;veloppement et l'usage de nouvelles technologies. Les &#201;tats-Unis, par exemple , ont perdu 300 000 emploies dans l'industrie de l'acier, alors que cette industrie continue de produire des quantit&#233;s massive d'acier. On obtient donc une production de biens beaucoup plus &#233;lev&#233;e relativement &#224; la main-d'&#339;uvre utilis&#233;e pour la r&#233;aliser. On a ensuite un boom d'investissements associ&#233; aux nouvelles technologies dans les pays du Nord et un mouvement massif de capitaux vers les r&#233;gions &#224; bas salaires des pays du Sud. La Chine fut le pays central dans ce mouvement, mais il faut aussi consid&#233;rer les maquilladoras du Mexique, ainsi que les investissement allemands, par exemple, en ancienne R&#233;publique d&#233;mocratique allemande et dans l'ancien Bloc de l'Est, ou encore les zones franches &#233;mergeant au Proche et Moyen-Orient, par exemple en &#201;gypte. Il s'agit l&#224; d'une r&#233;organisation g&#233;ographique du capitalisme et du d&#233;veloppement de nouveaux centres d'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un nouveau cycle de suraccumulation peut facilement &#233;merger de ces transformations. Tout le monde se rue dans la m&#234;me direction : Volkswagen, Ford, General Motors, Toyota, Microsoft, Dell, Samsung, etc. se dirigent toutes vers la Chine pour construire de nouvelles usines. La plupart du temps elles font cela sans fermer leurs installations dans leur pays d'origine. T&#244;t ou tard, on obtient donc une capacit&#233; de production excessive. Il s'agit l&#224; de la premi&#232;re partie de l'histoire &#8211; une suraccumulation de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien s&#251;r, en parall&#232;le, on a aussi une destruction massive d'emplois li&#233;e aux nouvelles technologies et &#224; l'informatisation de la production. Ceci est &#224; relier &#224; la production &#171; juste-&#224;-temps &#187; et &#224; la &#171; lean production &#187; dont l'objectif est de minimiser le travail n&#233;cessaire pour la fabrication d'un produit. Une telle logique d'&#233;conomie de travail finit par conduire &#224; une pression &#224; la baisse sur les profits. Et les taux de profits aux &#201;tats-Unis ont en effet atteint un sommet en 2006, avant de chuter. Cela a plusieurs cons&#233;quences. D'abord, les firmes les moins performantes et les moins profitables sont fragilis&#233;es. Deuxi&#232;mement, cela les encourage &#224; contracter des dettes afin de demeurer comp&#233;titives. Mais d&#232;s que les march&#233;s financiers et les march&#233;s du cr&#233;dit font face &#224; une temp&#234;te, les banques, qui ont besoin de revenus pour se recapitaliser, refusent de faire rouler les cr&#233;dits qu'elles accordent habituellement aux firmes. Les entreprises les plus vuln&#233;rables sont alors dans l'incapacit&#233; de rembourser leurs dettes, entra&#238;nant des faillites en cascade. Ce ne sont pas simplement les banques qui ont provoqu&#233; la crise actuelle. On doit garder &#224; l'esprit que Chrysler et General Motors &#233;taient en faillite &#224; l'automne 2008 et que ceci &#233;tait directement li&#233; &#224; la dynamique que je viens de d&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, lorsque les gens lisent Marx, elles et ils voient d'un c&#244;t&#233; une analyse de la suraccumulation et d'un autre c&#244;t&#233; une analyse de la tendance &#224; la baisse du taux de profit. Je consid&#232;re qu'il est impossible de s&#233;parer ces &#233;l&#233;ments. Il s'agit de diff&#233;rentes dimensions d'un m&#234;me processus &#8211; le processus par lequel la croissance &#233;conomique capitaliste mine elle-m&#234;me les conditions qui la sous-tendent. C'est ce qui fait la richesse de la th&#233;orie de Marx, elle permet de saisir des tendances distinctes d'un m&#234;me processus social global. Et je crois qu'il s'agit toujours de l'approche la plus fertile pour comprendre ce qui s'est pass&#233; depuis 2006 et 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains sugg&#232;rent que cette crise va affaiblir la classe et le mouvement des travailleur&#183;ses, ainsi que la r&#233;sistance sociale de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale. Il existe bien s&#251;r de nombreux arguments pour soutenir une telle position. Mais tu affirmes aussi dans ton livre que les crises sont des p&#233;riodes au cours desquelles la subordination du travail au capital doit &#234;tre r&#233;organis&#233;e et au cours desquelles, cons&#233;quemment, de nouveaux espaces et de nouvelles formes de r&#233;sistance peuvent &#233;merger. Peux-tu d&#233;velopper ce point ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laisse-moi d'abord aborder le probl&#232;me de fa&#231;on empirique et historique. Je crois que les donn&#233;es historiques montrent que les travailleur&#183;ses se sont battu&#183;es face aux cons&#233;quences de la grande r&#233;cession qui a d&#233;but&#233; en 2007, en faisant preuve d'une combativit&#233; renouvel&#233;e. On a par exemple assist&#233; &#224; la premi&#232;re occupation d'usine depuis des d&#233;cennies aux &#201;tats-Unis, dans l'entreprise Republic Windows and Doors, en d&#233;cembre 2008, alors que la crise s'intensifiait. Dans le sud de l'Ontario, o&#249; j'habite, cinq usines de fabrications de pi&#232;ces d'automobiles ont &#233;t&#233; occup&#233;es en r&#233;ponse &#224; des menaces de licenciement et de fermeture. Il y a eu des occupation similaires en Irlande, en &#201;cosse, en Angleterre. En France, il y aussi eu des s&#233;questrations de patrons. On a assist&#233; &#224; une dizaine de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales en Gr&#232;ce. Il y a eu d'&#233;normes mobilisations de masse dans les rues fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'aime le rappeler aux gens des pays du Nord, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ayant eu le plus de succ&#232;s au cours des derni&#232;res ann&#233;es a eu lieu en Guadeloupe et en Martinique au d&#233;but de l'ann&#233;e 2009. Il s'agissait de soul&#232;vements formidables contre un capitalisme raciste et n&#233;o-colonial qui ont permis a des coalitions sociales men&#233;es par des syndicats d'obtenir des augmentations de salaire de l'ordre de 200 euros par mois pour les travailleur&#183;ses les plus pauvres, ainsi que toute une s&#233;rie d'autres avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, on a pu assister au renversement de r&#233;gimes par des mouvements sociaux. Ce fut par exemple le cas en Tunisie o&#249;, &#224; un stade avanc&#233; de la r&#233;volution, des &#233;l&#233;ments radicaux ont pu prendre le contr&#244;le de l'Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail, non pas au niveau de la direction nationale, mais &#224; la base et au niveau local de l'organisation. Ils ont ainsi pu lancer des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales dans diverses villes. Les commentateurs qui ont vraiment suivi de pr&#232;s le processus r&#233;volutionnaire en Tunisie ont pu comprendre qu'il s'agissait l&#224; de l'&#233;l&#233;ment-cl&#233; dans la chute de Ben Ali. De la m&#234;me fa&#231;on, je ne crois pas que ce soit une co&#239;ncidence que la chute de Moubarak en &#201;gypte soit advenue au cours d'une semaine o&#249; a d&#233;but&#233; une vague de gr&#232;ves de masses. En fait, la r&#233;volution &#233;gyptienne trouve ses racines dans une vagues de luttes ouvri&#232;res qui remonte &#224; 2004. Au moment de la chute de Moubarak, des dizaines, et peut-&#234;tre des centaines, des milliers de travailleur&#183;ses n'&#233;taient pas simplement en gr&#232;ve, mais participaient aussi &#224; des sit-ins, &#224; des blocages de routes, &#224; des combats contre les escouades polici&#232;res anti-&#233;meute, &#224; des occupations d'usines et d'h&#244;pitaux, &#224; un blocage du syst&#232;me d'autobus public du Caire, etc. Ce &#224; quoi on a donc pu assister repr&#233;sente une renaissance de luttes politiques de classe dans diff&#233;rentes parties du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faudra aussi bien s&#251;r surveiller de pr&#232;s et participer aux campements qui ont &#233;merg&#233; &#224; travers le monde &#224; la suite du mouvement Occupy Wall Street.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, cependant, est que la plupart de ces mouvements n'ont pas r&#233;ussi a hausser leur r&#233;sistance et leur combativit&#233; au niveau n&#233;cessaire pour r&#233;pondre aux attaques auxquelles ils font face. On sait que le capitalisme est entr&#233; dans une phase d'aust&#233;rit&#233;. On nous annonce une d&#233;cennie ou plus de coupes dans les programmes sociaux afin de payer pour le renflouement des banques. Dans ce contexte, la classe dominante a d&#233;cid&#233; qu'elle pouvait faire face &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales d'une journ&#233;e sans broncher. &#199;a ne lui pla&#238;t pas, mais elle peut y survivre. De telles mobilisations, en elle-m&#234;me, ne la feront pas reculer. Il faut rappeler que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;ral en Guadeloupe a dur&#233; quarante et un jours, et plus de trente jours pour celle en Martinique. Pour &#234;tre couronn&#233;e de succ&#232;s, ces luttes ont pris la forme de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;s accompagn&#233;es d'actions insurrectionnelles dans les rues, incluant l'&#233;rection de barricades, des occupations d'usines, la mise sur pied de comit&#233;s de quartiers, etc. Bref, le d&#233;veloppement, si je puis m'exprimer ainsi, de formes embryonnaires de dualit&#233; du pouvoir, qui commencent &#224; remettre en question le contr&#244;le que le capital exerce sur la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux li&#233;s au monde du travail font face &#224; des d&#233;fis majeurs. S'ils n'arrivent pas &#224; d&#233;velopper de nouvelles formes de r&#233;sistance, ils se retrouveront dans une situation d&#233;sastreuse. Les vieilles m&#233;thodes de luttes ne vont plus &#234;tre suffisantes. Comme je l'ai dit, les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales d'une journ&#233;e ne vont plus suffire. Ils auront besoin de d&#233;velopper des formes de r&#233;sistance plus combatives, plus radicales et plus prolong&#233;es pour pouvoir bloquer les programmes d'aust&#233;rit&#233;. Mais il y a des signes d'espoir, dont ceux que j'ai d&#233;crits. On peut aussi &#234;tre encourag&#233; par la lutte qui a eu lieu au Wisconsin. Il faut reconna&#238;tre le caract&#232;re exceptionnel d'un mouvement qui a rassembl&#233; des dizaines de milliers de personnes en soutien &#224; l'occupation d'un &#233;difice parlementaire organis&#233; par les syndicats et visant &#224; bloquer un processus politique et &#224; pr&#233;server des droits syndicaux. Il faut noter que lorsque que Michael Moore s'est rendu en face du Capitole &#224; Madison, au Wisconsin, pour faire un discours devant une foule de 70 000 personnes, il a parl&#233; de ces gens rassembl&#233;s en les pr&#233;sentant comme des travailleur&#183;ses et a utilis&#233; un discours de classe. Ce &#224; quoi cette foule &#224; r&#233;pondu par des applaudissements approbatifs. Il faut aussi noter que ce mouvement fut marqu&#233; par une gr&#232;ve ill&#233;gale de dizaines de milliers d'enseignant&#183;es du secteur public. Tout cela repr&#233;sente des d&#233;veloppements tr&#232;s importants. Je suis bien d'accord pour dire que &#231;a ne suffit pas. Mais &#231;a nous montre qu'il existe des capacit&#233;s r&#233;elles de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi garder &#224; l'esprit que les cinq premi&#232;res ann&#233;es de la Grande D&#233;pression des ann&#233;es 1930 furent caract&#233;ris&#233;es par une relative passivit&#233; du mouvement ouvrier en Am&#233;rique du Nord, alors m&#234;me qu'une offensive patronale majeure faisait rage et que le ch&#244;mage atteignait des sommets. Les syndicats furent broy&#233;s, les gr&#232;ves d&#233;faites et le mouvement dans son ensemble enregistra de forts reculs. Mais &#224; la suite du travail des quelques radicaux qui lanc&#232;rent et men&#232;rent quelques petites gr&#232;ves victorieuses, la situation commen&#231;a &#224; s'inverser au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; de la d&#233;cennie. En 1937 &#233;mergea le mouvement du &#171; sit-in &#187; au cours duquel des travailleurs occup&#232;rent leurs usines et obtinrent d'importants droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moments de crise peuvent donc &#234;tre des mouvements o&#249; le capital se r&#233;invente pour d&#233;velopper une nouvelle strat&#233;gie d'accumulation, mais aussi au cours desquels les formes et les strat&#233;gies de luttes se r&#233;inventent. Il n'existe bien s&#251;r aucune garantie. Une telle r&#233;invention ne peut qu'&#234;tre le r&#233;sultat d'un dur travail de militant&#183;es de gauche s'organisant &#224; la base des mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment les luttes contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; dans un contexte de crise &#233;conomique prolong&#233;e pourraient-elles servir &#224; d&#233;velopper des id&#233;es et &#233;ventuellement des mouvements qui pourraient en venir &#224; remettre en question l'organisation capitaliste de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que ceci doit se faire a des niveaux multiples. En partie, il faut agir au niveau id&#233;ologique et politique o&#249; on doit &#224; nouveau rendre cr&#233;dible des id&#233;es telles que la propri&#233;t&#233; sociale des moyens de production, du contr&#244;le d&#233;mocratique de la production exerc&#233; par les travailleur&#183;ses, du d&#233;passement du march&#233; comme instrument d'organisation &#233;conomique, etc. Pour la gauche, ceci implique aussi de d&#233;velopper un nouveau vocabulaire et de nouvelles fa&#231;ons d'exprimer les id&#233;es anti-capitalistes qui soient adapt&#233;es au contexte politique et culturel au sein duquel nous sommes plong&#233;s. Nous sommes au d&#233;but d'un tel processus. Nous ne devons pas simplement assumer que les slogans du pass&#233; auront n&#233;cessairement un &#233;cho au sein de mouvements sociaux offensifs qui pourraient r&#233;&#233;merger apr&#232;s trente ans de d&#233;faites. Prenons l'exemple des plans de sauvetage des banques. La gauche doit arriver &#224; d&#233;velopper un discours qui insiste sur le fait qu'on utilise des fonds publics afin de sauver des entreprises priv&#233;es et que celles-ci devront donc devenir des institutions publiques qui ne fonctionneront plus suivant un mod&#232;le de maximisation des profits mais qui r&#233;aliseront des investissements r&#233;pondant &#224; l'int&#233;r&#234;t public afin, par exemple, de construire les logements sociaux dont nous avons besoin, de d&#233;velopper des sources d'&#233;nergie renouvelables et de reconvertir les usines automobiles qui seront ferm&#233;es afin qu'elles produisent, par exemple, des panneaux solaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite d&#233;velopper des formes institutionnelles &#224; l'aide desquelles la gauche pourra propager ces id&#233;es dans une partie plus large de la population. Lors d'une p&#233;riode de d&#233;faite, toute une s&#233;rie d'espaces sociaux &#224; travers lesquelles la gauche d&#233;veloppait et diss&#233;minait ses id&#233;es sont d&#233;truites. Il faut donc reconstruire ce que mon ami Alan Sears appelle des &#171; infrastructures de contestation &#187; : tous ces groupes et r&#233;seaux de base tels que les syndicats locaux, les comit&#233;s de quartiers, etc. o&#249; les gens peuvent se rassembler et parler de politique, &#233;changer des id&#233;es et d&#233;velopper des strat&#233;gies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut d&#233;velopper, parall&#232;lement &#224; tout cela, une nouvelle culture de r&#233;sistance. Il s'agit de faire de la politique de la r&#233;sistance un moment culturel de la vie des gens. Ceci prendra une forme musicale et impliquera le d&#233;veloppement de nouvelles formes d'art public. Toutes les grandes p&#233;riodes de soul&#232;vement de la gauche ont &#233;t&#233; accompagn&#233;es par de tels d&#233;veloppements de th&#233;&#226;tres de rue, de productions cin&#233;matographiques, de musiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi r&#233;aliser que lorsque des individus se joignent &#224; de nouveaux mouvements de masse, elles et ils ne cherchent pas n&#233;cessairement &#224; acqu&#233;rir une carte de membre d'un groupe sp&#233;cifique. Elles et ils pensent plut&#244;t &#224; se joindre &#224; la lutte dans la rue, dans leurs lieux de travail et dans leurs quartiers afin de faire partie de cette exp&#233;rience, de ce processus excitant leur permettant de reprendre le contr&#244;le de leur vie. C'est ce qui est arriv&#233; par exemple sur la place Tahrir au Caire. Les gens ont pu observer un tout nouvel ensemble de relations sociales. Les gens qui s'y sont rassembl&#233;s ont pu d&#233;velopper une conscience de leur propre pouvoir. Les gens d&#233;veloppent ainsi leurs capacit&#233;s non pas parce qu'on leur dit qu'elles et ils ont ces capacit&#233;, mais parce qu'elles et ils les d&#233;couvrent en en faisant l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;velopper cette nouvelle gauche, il est n&#233;cessaire que des groupes d'activistes ayant une connaissance des luttes pass&#233;es puisse la propager. Il ne s'agit pas d'affirmer que ces exp&#233;riences pass&#233;es puissent fournir toutes les r&#233;ponses &#224; nos questions. Mais leur connaissance nous permet d'imaginer des formes d'organisation de masse que la gauche n'a pas pu d&#233;velopper depuis un long moment. La gauche doit donc r&#233;fl&#233;chir aux moyens de s'&#233;manciper des marges de la vie politique afin de commencer &#224; jouer un r&#244;le modeste dans des mobilisations de masse. Il faut d'autant plus &#234;tre pr&#234;t &#224; cela que la crise conduit &#224; l'&#233;mergence de telles mobilisations un peu partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le contexte actuel de crise &#233;conomique prolong&#233;e, pourquoi est-il utile et n&#233;cessaire, de penser et d'organiser notre r&#233;sistance en terme de lutte de classes comme tu tentes de le faire dans ton livre et sur &lt;a href=&#034;http://www.davidmcnally.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ton blog&lt;/a&gt;, en analysant les mouvements sociaux qui ont &#233;merg&#233; en Bolivie, &#224; Oaxaca au Mexique, en Tunisie et en &#201;gypte au cours des derni&#232;res ann&#233;es ? En quoi le concept de classe est-il &#224; relier &#224; d'autres formes d'oppression dans la p&#233;riode actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conclusion tr&#232;s importante qui doit ressortir de ce que j'ai dit pr&#233;c&#233;demment est que la gauche doit toujours remettre en question sa propre compr&#233;hension de ce que sont les classes. Trop souvent, la gauche pense &#224; partir de conceptions p&#233;rim&#233;es tir&#233;es d'une p&#233;riode historique sp&#233;cifique et nous agissons comme si ces construits historiques particuliers pouvaient &#234;tre extraits de leur contexte historique et comme si ces entit&#233;s &#8211; la classes des travailleur&#183;ses des ann&#233;es 1970, ou encore celle de 1937 ou de 1968 &#8211; existaient toujours aujourd'hui. Les classes sont des formations sociales historiques. J'aime toujours faire remarquer que la classe des travailleur&#183;ses d'aujourd'hui est plus globale, plus multi-ethnique, et plus genr&#233;e que jamais. Elle n'est pas form&#233;e en majorit&#233; de vieux hommes blancs. Les hommes blancs forme une tr&#232;s petite majorit&#233; de cette classe &#224; l'&#233;chelle mondiale. Au cours des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, la classe ouvri&#232;re est-asiatique est pass&#233; d'environ cent millions &#224; neuf cent millions de personnes. Les effectifs de cette classe ont au moins doubl&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale. On peut maintenant observer de nouvelles classes des travailleur&#183;ses massives en Indon&#233;sie, en Malaisie, en Chine, en Bolivie, en Argentine, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette &#233;volution, il m'appara&#238;t inimaginable qu'on puisse d&#233;velopper une analyse de classe qui ne soit pas &#224; la fois anti-raciste et f&#233;ministe. Nous devons par exemple &#234;tre conscient de l'oppression sp&#233;cifique des travailleur&#183;ses de couleur ici &#224; Toronto, qui forment maintenant une majorit&#233; de la classe de cette ville. Il y a aussi des secteurs entiers de l'&#233;conomie mondiale o&#249; les femmes forment une majorit&#233; de la main-d'&#339;uvre, et c'est parfois le cas dans certaines partie des pays du Nord. En cons&#233;quence, l'oppression de genre et son impact sp&#233;cifique sur le march&#233; du travail, sur les salaires, la s&#233;curit&#233; d'emploi, les cong&#233;s de maternit&#233;, etc. doit faire partie de la fa&#231;on dont nous comprenons et construisons notre politique de lutte des classes. C'est donc le premier point &#224; consid&#233;rer : la classe des travailleur&#183;ses a chang&#233; et la fa&#231;on dont nous la conceptualisons doit donc aussi changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de doute que l'anti-racisme, l'anti-imp&#233;rialisme et le f&#233;minisme auraient toujours d&#251; faire partie de l'engagement politique de la gauche et certaines sections de la gauche ont effectivement toujours tent&#233; d'int&#233;grer ces &#233;l&#233;ments. Il me semble donc qu'il est important aujourd'hui de relire des auteur&#183;es comme C.L.R. James sur les dimensions anti-coloniales et anti-racistes de la lutte des classes. Il &#233;tait de plusieurs fa&#231;on en avance sur son temps sur toutes ces questions. Il faut red&#233;couvrir toute ces grandes figures de la gauche qui avaient une longueur d'avance et qui ont anticip&#233; plusieurs ph&#233;nom&#232;nes qui se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;s dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre l'imbrication des relations de classes et d'autres formes de relations sociales et de rapports d'oppression ne signifie pas que les classes soient une r&#233;alit&#233; moins importante dans la soci&#233;t&#233; contemporaine. Il s'agit simplement de reconna&#238;tre qu'il n'existe pas de classe, comprise comme une formation sociale, qui ne soit pas racialis&#233;e, qui ne soit pas genr&#233;e ou qui ne soit pas organis&#233;e sur la base d'un syst&#232;me dominant de r&#233;gulation sexuelle, etc. Il faut donc retourner &#224; cette notion dialectique voulant que tout ph&#233;nom&#232;ne est une unit&#233; de divers aspects, comme le dit Marx dans l'introduction des Grundrisse, et que la classes des travailleur&#183;ses ne prend donc jamais une forme unique. Les travailleur&#183;ses sont uni&#183;es au-del&#224; de leur diversit&#233;, mais cette diversit&#233; est aussi un &#233;l&#233;ment crucial &#224; consid&#233;rer. Les exp&#233;riences sp&#233;cifiques d'oppression ne se r&#233;sument pas aux contradictions de classe mais, heureusement, dans la mesure o&#249; nous partageons cette condition de classe, nous avons un espace &#8211; le mouvements des travailleur&#183;ses &#8211; au sein duquel nous pouvons d&#233;velopper une politique partag&#233;e de r&#233;sistance anti-raciste, f&#233;ministe et pro-queer. Ce que tou&#183;tes les travailleur&#183;ses ont en commun, c'est leur d&#233;possession et la marchandisation de leur force de travail. C'est en luttant contre cette situation qu'on d&#233;couvre notre unit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Xavier Lafrance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;traduction fran&#231;aise : &#171; Crise globale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les donn&#233;es rassembl&#233;es par Martin Wolf, &#171; The Eurozone after Strauss-Kahn &#187;, &lt;i&gt;The Financial Times&lt;/i&gt;, 17 mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Brenner, &lt;i&gt;The Economics of Global Turbulence&lt;/i&gt;, Verso Books, New York, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interviews/reconstruire-infrastructures-contestation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contretemps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nouvelle phase de la crise</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/La-nouvelle-phase-de-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/La-nouvelle-phase-de-la-crise</guid>
		<dc:date>2011-04-27T13:59:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Michel Husson, ContreTemps n&#176;9, 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article de Michel Husson, d&#233;crit non seulement la troisi&#232;me phase de la crise &#233;conomique actuelle mais aussi toute une strat&#233;gie d'alternative &#233;conomique radicale. C'est tr&#232;s europ&#233;en mais cela vaut d'&#234;tre m&#233;dit&#233; ici aussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La nouvelle feuille de route en Europe est au fond assez claire : il s'agit dor&#233;navant de faire payer aux salari&#233;s la facture de la crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#233;clairer cette nouvelle conjoncture, cet article cherche d'abord &#224;
&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Michel Husson, ContreTemps n&#176;9, 2011&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet article de Michel Husson, d&#233;crit non seulement la troisi&#232;me phase de la crise &#233;conomique actuelle mais aussi toute une strat&#233;gie d'alternative &#233;conomique radicale. C'est tr&#232;s europ&#233;en mais cela vaut d'&#234;tre m&#233;dit&#233; ici aussi.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle feuille de route en Europe est au fond assez claire : il s'agit dor&#233;navant de faire payer aux salari&#233;s la facture de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;clairer cette nouvelle conjoncture, cet article cherche d'abord &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en perspective la trajectoire de la crise, puis &#224; caract&#233;riser les dilemmes de la phase actuelle, et enfin &#224; discuter des enjeux strat&#233;giques de cette nouvelle p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Suite dans le fichier joint]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.lagauche.ca/IMG/pdf_nouphase.pdf" length="142689" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notes sur la situation internationale </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Notes-sur-la-situation-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Notes-sur-la-situation-internationale</guid>
		<dc:date>2011-02-01T01:32:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Quatri&#232;me Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mercredi, 26 Janvier 2011 Ces notes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour pr&#233;parer les d&#233;bats du prochain Comit&#233; international (CI) de la Quatri&#232;me Internationale, qui se tiendra au mois de f&#233;vrier. Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congr&#232;s mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en f&#233;vrier 2010 en Belgique. Il rassemble des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des repr&#233;sentants d'organisations invit&#233;es, venant de tous les continents. Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quatrieme-Internationale-18-+" rel="tag"&gt;Quatri&#232;me Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mercredi, 26 Janvier 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces notes ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour pr&#233;parer les d&#233;bats du prochain Comit&#233; international (CI) de la Quatri&#232;me Internationale, qui se tiendra au mois de f&#233;vrier. Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congr&#232;s mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en f&#233;vrier 2010 en Belgique. Il rassemble des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des repr&#233;sentants d'organisations invit&#233;es, venant de tous les continents. Ces notes concernent avant tout l'Europe et seront retravaill&#233;es en fonction de ces d&#233;bats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le moment actuel de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mondiale continue. Elle est entr&#233;e dans sa 4&#233;me ann&#233;e. Sa progression prend la forme de crises financi&#232;res, crise sur les march&#233;s de biens alimentaires ou de mati&#232;res premi&#232;res, crise de la dette publique, notamment en Europe. Son caract&#232;re combin&#233;-&#233;conomique, financi&#232;re, sociale climatique- est confirm&#233;. Certains, comme Krugman (&#233;conomiste de la gauche du parti d&#233;mocrate am&#233;ricain), sugg&#232;re que cette Troisi&#232;me D&#233;pression ressemble &#224; la fois &#224; la stagnation qui commen&#231;a en Europe et aux Etats-Unis dans les ann&#233;es 1870 &#8211; il la nomme Longue D&#233;pression - et la stagnation des ann&#233;es 1930 qu'il nomme Grande D&#233;pression. Ainsi, il &#233;crit : &#171; Je crains que nous soyons maintenant dans les premi&#232;res &#233;tapes d'une troisi&#232;me d&#233;pression. Elle ressemblera vraisemblablement plus &#224; la Longue D&#233;pression qu'&#224; la beaucoup plus s&#233;v&#232;re Grande D&#233;pression. Mais le co&#251;t &#8211; pour l'&#233;conomie mondiale, et surtout pour les millions d'existences frapp&#233;es par l'absence d'emplois &#8211; sera pourtant immense &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phase de &#171; d&#233;pression &#187; n'est pas seulement le r&#233;sultat des crises financi&#232;res mais celui de l'essoufflement du mode d'accumulation &#233;conomique et financier des trente derni&#232;res ann&#233;es. Il n'y a pas, en Europe et aux USA d'&#233;quivalent de la relance de l'&#233;conomie mondiale dans les ann&#233;es 40-50, et les politiques d'endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; ne compensent plus les limites de la croissance &#233;conomique. Les classes dominantes et les gouvernements ont contenu la crise financi&#232;re de 2008 qui aurait pu ravager l'&#233;conomie mondiale mais le cout des interventions &#233;tatiques pour sauver les banques et la finance mondiale a aggrav&#233; la situation &#233;conomique de chaque r&#233;gion ou pays : apr&#232;s les r&#233;cessions de 2008 et 2009, les taux de croissance actuels et ceux pr&#233;vus sur la longue dur&#233;e sont de faible niveau : 3% en 2011 et 3, 5 % en 2012. Cela se d&#233;compose ainsi dans les diverses zones : 1 &#224; 2 % en Europe, 2 &#224; 3 % aux USA, et 6 &#224; 7 % dans les pays dits &#233;mergents, dont 8 &#224; 10 % pour la Chine..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux de ch&#244;mage des principaux pays capitalistes restent &#233;lev&#233;s, autour de chiffres officiels de 10%, en fait, beaucoup plus. La pauvret&#233; augmente, frappant en particulier les femmes, les jeunes et les populations immigr&#233;es. Tous les discours sur la sortie de crise ou sur le fait que le &#171; pire de la crise est derri&#232;re nous &#187; ne cache pas l'enfoncement dans la crise et l'absence de relance de l'&#233;conomie mondiale, notamment aux USA et en Europe. De ce point de vue, nous pourrions dire que la crise est surtout celle du monde occidental et que la Chine, l'Inde, et une s&#233;rie de pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine ont connu ou connaissent des taux de croissance incontestables, mais ils subissent aussi la contraction du march&#233; et du commerce mondial. Et surtout, ces pays n'ont toujours pas la capacit&#233; de relancer l'&#233;conomie monde, m&#234;me si les taux de croissance chinoise et indiens restent impressionnants. N'oublions pas que 42 % du PIB chinois rel&#232;ve de ses exportations, et qu'&#224; moyen terme, la solidit&#233; de la croissance chinoise va d&#233;pendre de ses capacit&#233;s &#224; construire un march&#233; int&#233;rieur, avec nouvelles infrastructures, augmentation de salaires et s&#233;curit&#233; sociale. Nous en avons les pr&#233;misses mais ce n'est pas encore stabilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise prend aussi la forme, notamment dans les pays sous d&#233;velopp&#233;s ou en voie de d&#233;veloppement, d'une explosion des prix des mati&#232;res premi&#232;res, affamant les populations. La r&#233;volution tunisienne est la combinaison d'une explosion sociale contre une augmentation terrible des prix alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et le rejet de la dictature de Ben Ali. Cette double exigence sociale et d&#233;mocratique est au c&#339;ur de ces mouvements. Ces mouvements contre la vie ch&#232;re et pour la d&#233;mocratie peuvent, aujourd'hui, connaitre une propagation dans nombre de pays arabes. Les manifestations en Alg&#233;rie, en Jordanie, en Egypte ou au Y&#233;men expriment, chacune &#224; leur mani&#232;re et en tenant compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s nationales, ce mouvement de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bataille entre le capital et le travail, la crise est un levier pour les classes dominantes qui l'utilisent pour d&#233;truire une s&#233;rie d'acquis et de droits sociaux. Les taux de profits ne pouvant &#234;tre redress&#233;s par une production et une consommation de masse, la concurrence mondiale exigeant de baisser encore le co&#251;t du travail en Europe et aux USA, Il faut attaquer, d&#233;r&#233;guler, privatiser. Cette offensive capitaliste r&#232;gle les interrogations et questions sur les choix d'un tournant keyn&#233;sien pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est de mise, c'est l'attaque et l'attaque frontale, pas le compromis social : Peu de relance, peu de reconstruction, pas de politique de &#171; demande &#187;, d&#233;mant&#232;lement de l'Etat social, perte de vitesse m&#234;me de tous les projets de &#171; capitalisme vert &#187;. Apr&#232;s quelques semaines de panique, c'est la financiarisation de l'&#233;conomie et le pouvoir des march&#233;s financiers qui a repris le dessus. On peut m&#234;me parler d'une deuxi&#232;me vague de l'offensive n&#233;olib&#233;rale apr&#232;s celle des ann&#233;es 80. En tout cas, les destructions sociales men&#233;es par le patronat et les gouvernements sont aussi voire plus fortes que dans ces ann&#233;es l&#224;. C'est aussi au travers de l'approfondissement de la crise, qu'il faut suivre l'&#233;volution de la situation non seulement dans les centres imp&#233;rialistes mais aussi dans les pays dits &#171; &#233;mergents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise peut ralentir le d&#233;veloppement de ces derniers, car elle exige, dans certains cas, de nouveaux plans d'aust&#233;rit&#233; qui frappent les classes populaires. D&#233;s son accession au pouvoir, Dilma Roussef annonce un plan d'aust&#233;rit&#233; pour le Br&#233;sil. Cette nouvelle offensive a un caract&#232;re global. Nul n'&#233;chappe &#224; la globalisation capitaliste, &#224; ses &#233;changes in&#233;gaux, &#224; son remodelage de la force de travail, &#224; la remise en cause d'une s&#233;rie de droits sociaux. Celle-ci fait m&#234;me pression sur les exp&#233;riences progressistes de ces derni&#232;res ann&#233;es en Am&#233;rique latine. Les mesures du gouvernement Morales visant &#224; augmenter les prix de l'essence &#233;tant, d'une certaine mani&#232;re, une des cons&#233;quences de la pression croissante du march&#233; mondial. Il frappe m&#234;me au c&#339;ur de l'&#233;conomie cubaine. Quelles seront les cons&#233;quences de la &#171; privatisation &#187; de tout un secteur de la force de travail cubaine- pr&#233;s de 10% du salariat- sur les rapports de forces sociopolitiques &#224; Cuba et en Am&#233;rique latine ? Mais, il n'y a pas de fatalit&#233;. L'attitude des gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine et de la direction cubaine vis-&#224;-vis de la crise, constitue un test cl&#233; de l'&#233;volution de ces courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'attendre &#224; de nouvelles luttes sociales et politiques y compris au sein des &#171; mouvements bolivariens &#187;. Selon leurs rapports au mouvement de masses, telle ou telle option peut dominer. De ce point de vue, les derni&#232;res h&#233;sitations de Morales en Bolivie, sur l'augmentation des prix de l'essence constitue un exemple des crises qui peuvent se d&#233;velopper dans ces pays. Dans une s&#233;rie de r&#233;gions du monde, en Afrique ou en Asie, la pression de la crise &#233;conomique et sociale, les offensives politiques et militaires de l'imp&#233;rialisme dans une situation d'affaiblissement de l'h&#233;g&#233;monie occidentale, l'affaissement ou l'absence d'alternative socialiste ou m&#234;me nationaliste progressiste, d&#233;bouchent sur des situations ou se m&#234;lent r&#233;sistance contre le n&#233;ocolonialisme, oppositions entre fractions de classes dominantes, lutte entre clans bureaucratiques ou conflits ethniques- c'est le cas de la situation en Cote d'Ivoire, ou religieux. Dans une r&#233;gion comme celle recouvrant le Pakistan et l'Afghanistan, l'opposition aux exactions de l'imp&#233;rialisme occidental se double d'une mont&#233;e des forces islamistes r&#233;actionnaires qui s'attaquent aux droits des femmes et aux droits d&#233;mocratiques. Dans cette conjoncture la construction de camps ou fronts qui s'opposent &#224; l'imp&#233;rialisme mais aussi aux courants religieux r&#233;actionnaires islamistes est d&#233;cisif pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le Basculement du monde s'accentue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la crise accentue les changements de rapports de forces mondiaux avec la pouss&#233;e des pays &#233;mergents, le recul des USA et surtout de l'Europe. Le monde occidental, surtout nord am&#233;ricain conserve sa puissance politique et militaire, il garde sa force &#233;conomique mais il recule face &#224; la Chine et dans ses rapports avec d'autres puissances montantes. La Chine, est d&#233;j&#224; deuxi&#232;me puissance mondiale. Elle a m&#234;me conquis une premi&#232;re place dans des secteurs cl&#233;, comme la production d'ordinateurs. Sa force militaire et ses d&#233;penses d'arment augmentent consid&#233;rablement, visant &#224; en faire une puissance de premier ordre, dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la Chine dans le monde connait une v&#233;ritable expansion : grands chantiers en Afrique et en Am&#233;rique latine ; exploitation &#224; grande &#233;chelle des territoires pour la production de mati&#232;res premi&#232;res et de produits alimentaires ; achat de la dette des pays &#171; en difficult&#233; &#187; en Europe-Gr&#232;ce, Portugal et Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit aussi mettre en rapport ce d&#233;veloppement avec la croissance des autres pays dits &#233;mergents -l'Inde ou le Br&#233;sil- et les pays d'Asie et d'Am&#233;rique latine sur les quels rejaillissent cette croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, dans ce cadre, que les camarades d'Am&#233;rique latine, d'Asie et d'Afrique fassent le point sur la situation dans leur r&#233;gion. On ne peut par exemple s&#233;parer le bilan du &#171; Lulisme &#187; de la nouvelle place du Br&#233;sil dans le monde, de ses capacit&#233;s &#224; d&#233;velopper les march&#233;s financiers mais aussi sa politique d'assistanat qui a obtenu des r&#233;sultats. Dans ce nouvel &#233;quilibre mondial, les USA d&#233;clinent mais garde leur puissance politico-militaire, leur &#233;norme march&#233; et &#171; leur dollar &#187; : C'est l'Europe qui recule .Certains parlent m&#234;me de la crise de l'eurocentrisme qui dominait le monde depuis 1492-date de d&#233;couverte de l'Am&#233;rique-. Un des &#233;l&#233;ments marquants, de la p&#233;riode historique actuelle, et de la crise, c'est l'affaiblissement structurel de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La crise en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa puissance &#233;conomique, sociale, technologique et ses richesses accumul&#233;es, l'Europe est le maillon faible de la globalisation capitaliste, dans le sens o&#249; elle est prise en tenaille entre les USA et la mont&#233;e des pays &#233;mergents. L'achat d'une partie des dettes publiques grecques, portugaises et espagnoles par la Chine est, effectivement, plus que symboliques. Dans la comp&#233;tition mondiale actuelle, les classes dominantes en Europe, sont convaincues que &#171; le mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est un handicap majeur dans la concurrence avec les USA et la Chine. Il faut d&#233;truire acquis et conqu&#234;tes sociales obtenues ces derni&#232;res d&#233;cennies .De plus, du point de vue conjoncturel, la crise bancaire continue mais elle est pass&#233;e des banques aux Etats avec une crise de la dette publique qui r&#233;sulte de d&#233;cennies de politiques fiscales in&#233;galitaires et de la prise en charge publique de la crise financi&#232;re et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit public est pass&#233; de 2 &#224; 6, 5 % dans la zone Euro, et de 2, 8 &#224; 11% aux USA. Les dettes publiques ente 2008 et 2009 sont pass&#233;es de 69, 4 &#224; 78, 7 % du PIB dans la zone euro et de 62 &#224; 83 %, de 2007 &#224; 2009 aux USA. Les Etats sont, maintenant en premi&#232;re ligne de la crise, et il est int&#233;ressant de voir les diff&#233;rences entre les USA et L'Europe pour r&#233;pondre &#224; la crise : relance mon&#233;taire et budg&#233;taire aux USA avec le rachat de bons du tr&#233;sor-cela repr&#233;sente 600 milliards de dollars inject&#233;s dans l'&#233;conomie am&#233;ricaine &#8211; c'est le &#171; quantitative easing &#187; de la FED qui n'est qu'une mani&#232;re particuli&#232;re de faire fonctionner la &#171; planche &#224; billets &#187;- mais politiques d'aust&#233;rit&#233; r&#233;cessives en Europe qui &#233;touffent toute reprise de la croissance. Cette diff&#233;rence tient au r&#244;le que continue &#224; avoir le dollar comme &#171; monnaie du monde &#187;, &#224; la diff&#233;rence de l'Euro. Elle exprime aussi les positions des uns et des autres dans les rapports de forces globaux &#224; l'&#233;chelle mondiale. Indiquons seulement, aucune de ces politiques n'arrivent &#224; relancer la machine capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter que la sp&#233;cificit&#233; de crise en Europe r&#233;sulte du type de construction de l'Union europ&#233;enne : une entit&#233; domin&#233;e par les march&#233;s, au contenu politique inachev&#233;, sans d&#233;mocratie, sans participation populaire, sans unit&#233; politique et &#233;conomique. Cette construction loin de prot&#233;ger contre la crise est la base de nouvelles tensions et contradictions entre Etats europ&#233;ens. La construction n&#233;olib&#233;rale loin de coordonner les politiques &#233;conomiques poussent &#171; les dynamiques divergentes &#187; de l' &#233;conomie europ&#233;enne, divergences entre les dynamiques industrielles (Allemagne ) et financi&#232;res (anglaises), entre groupes &#233;conomiques et financiers allemands, fran&#231;ais, anglais, entre &#233;conomies hautement d&#233;velopp&#233;es &#8211;ex march&#233; commun- et moyennement d&#233;velopp&#233;es &#8211;sud et est de l'Europe-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Euro recouvre effectivement des pays au niveau de d&#233;veloppement et de productivit&#233; diff&#233;rents. Et loin de constituer un instrument pour une coordination &#233;conomique de la dite &#171; zone euro &#187;, il sert aujourd'hui d'instrument pour discipliner les &#233;conomies et les peuples au service des plus forts. Ce qui conduit &#224; des tensions entre l'Allemagne ou les pays &#224; mod&#232;le proche et les autres, avec une pression devenue insoutenable pour l'Espagne, le Portugal, la Gr&#232;ce. A cette &#233;tape, les gouvernements de la zone euro ont cr&#233;e des m&#233;canismes d'assistance en contrepartie de r&#233;formes structurelles n&#233;o lib&#233;rales radicales, notamment avec la cr&#233;ation d'un &#171; fonds europ&#233;en de stabilisation &#187; en 2013 pour les pays en difficult&#233;s, fond de 750 milliards. Cela suffira t-il &#224; soutenir les dettes des pays les plus en difficult&#233;s ? D&#233;j&#224; nombre d'entreprises, de march&#233;s financiers, de fonds de pension, parient sur l'incapacit&#233; des pays du Sud de l'Europe &#224; tenir le coup face &#224; une nouvelle offensive sp&#233;culative des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence entre les &#233;conomies de la zone euro conjugu&#233;e &#224; l'absence de politiques communes &#233;conomiques, industrielles fiscales, sociales sera t- elle contenue ou n'aggravera-t elle pas la crise ? Ces tensions se traduisent notamment sur le plan mon&#233;taire, mais derri&#232;re la monnaie, il ya la volont&#233; des classes dominantes et des march&#233;s financiers &#224; faire payer la crise aux peuples et aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. La guerre sociale en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, c'est une v&#233;ritable &#171; guerre sociale &#187; qui est &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui en Europe : gel voire baisse nominale des salaires des fonctionnaires, r&#233;duction drastique des budgets sociaux et publiques, destruction de pans entiers de l'Etat social, allongement de la dur&#233;e du travail -r&#233;formes des retraites, remises en cause des 35 heures- , suppression de millions de postes de fonctionnaires, attaques et privatisations de la s&#233;curit&#233; sociale, de la sant&#233;, des &#233;coles &#8211;explosion des frais d'inscription en GB-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple en date de ces attaques, c'est le r&#233;f&#233;rendum &#224; l'usine de FIAT Mirafiori &#224; Turin, o&#249; les r&#233;sultats d'approbation des propositions de la direction ouvrent la voie &#224; la liquidation des conventions collectives, non seulement dans la m&#233;tallurgie mais dans tous les secteurs et branches professionnelles. Les conventions collectives nationales de branches ou secteurs sont totalement remises en cause. Elles s'effacent devant le contrat de travail &#171; n&#233;goci&#233; &#187; entre le salari&#233; et le patron d'entreprise. La politique de la direction de la FIAT impose aussi l'aggravation des conditions de travail : &#233;quipes, travail de nuit, chasse &#224; l'absent&#233;isme, gel des salaires&#8230; La direction de Fiat annonce clairement qu'elle ne n&#233;gociera pas avec les syndicats qui refusent de se soumettre : c'est la fin annonc&#233;e du recours &#224; l'id&#233;ologie du &#171; dialogue social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'attaques tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser dans toute l'Europe. Combin&#233; &#224; la politiques de lutte contre les d&#233;ficits, il aggravent non seulement les conditions de travail et de vie de millions de gens mais il limite de plus en plus la demande finale, avec pour cons&#233;quence de corseter la croissance et de provoquer de nouvelles r&#233;cessions. Ce n'est pas le ni&#232;me plan d'aust&#233;rit&#233;, l'objectif est de r&#233;duire dans les ann&#233;es qui viennent le pouvoir d'achat des salari&#233;s, de 15 &#224; 20 %. Le d&#233;mant&#232;lement de l'Etat providence ou de ce qui reste va connaitre un coup d'acc&#233;l&#233;rateur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La droite en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence de cette offensive, li&#233;e &#224; la crise historique et syst&#233;mique que connait le capitalisme, avec celle des ann&#233;es 80, ce sont les cons&#233;quences d&#233;stabilisatrices pour l'ensemble du syst&#232;me, de ses classes dominantes, de ses partis, de ses institutions. Tous les partis dominants mais m&#234;mes les autres sont d&#233;stabilis&#233;s par les d&#233;cennies de contre r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la crise du syst&#232;me. Les crises de repr&#233;sentation politiques, la crise historique du socialisme, les ph&#233;nom&#232;nes d'abstention populaire, le sentiment de corruption des &#233;lites politiques : tout cela concourt &#224; nourrir la crise g&#233;n&#233;rale de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite, les contre r&#233;formes sociales n&#233;olib&#233;rales sapent les bases sociales des partis traditionnels, du coup, ces derniers recherchent cette base en d&#233;ployant des politiques autoritaires, racistes, populistes, s'attaquant aux immigr&#233;s, aux &#171; roms &#187;, aux musulmans. Elles accentuent leurs cours r&#233;actionnaires comme le parti r&#233;publicain aux USA. Des tendances au &#171; bonapartisme people &#187; avec Sarkozy ou Berlusconi traduisent une instabilit&#233; certaine. Des mouvements populistes ou n&#233;o fascistes gagnent du terrain, en Su&#232;de, aux Pays bas, en France, en Hongrie. Dans toutes les derni&#232;res &#233;lections en Europe, la droite et l'extr&#234;me droite augmentent leurs scores &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. La sociale d&#233;mocratie confirme son &#233;volution sociale lib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche, la crise n'a pas provoqu&#233; de &#171; sursaut keyn&#233;sien &#187;. La pr&#233;sence d'un pr&#233;sident socialiste &#224; la t&#234;te du FMI exprime le degr&#233; d'int&#233;gration de la sociale d&#233;mocratie dans les institutions de la globalisation capitaliste. Diff&#233;rence avec les ann&#233;es 30, il n' ya pas de tournant &#224; gauche de la social d&#233;mocratie. Le choix social lib&#233;ral est confirm&#233;. Les politiques de Papandr&#233;ou, Zapatero, Socrat&#232;s le d&#233;montrent. Les grandes orientations du PSE, au niveau europ&#233;en, les confortent et montrent qu'au-del&#224; des positionnements tactiques de chaque PS dans l'opposition contre la droite, la social-d&#233;mocratie s'est bien transmut&#233;e en social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il y a des diff&#233;rences entre la gauche et la droite, la sociale d&#233;mocratie, relay&#233;e par l'&#233;volution des appareils syndicaux, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi l'adaptation aux modes dominants de la gestion de la crise. Il faut aussi noter l'&#233;volution des grandes formations vertes ou &#233;cologistes sur des orientations de plus en plus marqu&#233;es par le centre gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Les r&#233;sistances sociales et les limites dans leur traduction politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment le plus notable de ces derniers mois, ce sont les luttes de r&#233;sistances aux plans d'aust&#233;rit&#233;. Les journ&#233;es de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales se sont succ&#233;d&#233; en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne, en France. En France, pr&#232;s de 3 millions de personnes ont manifest&#233; et particip&#233; &#224; des mouvements de gr&#232;ve huit fois en deux mois&#8230; les gr&#232;ves espagnoles et portugaises ont une ampleur historique. Une de nos t&#226;ches est d'ailleurs d'analyser les formes, le contenu et la dynamique de ses conflits. En Grande Bretagne et en Italie, les manifestations &#233;tudiantes montrent le degr&#233; d'explosivit&#233; des luttes sociales. En Allemagne des mobilisations &#233;cologistes et citoyennes impressionnantes ont eu lieu contre le nucl&#233;aire. La crise va continuer. Les attaques vont redoubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura luttes, r&#233;sistances, et explosions sociales, qui vont aussi se r&#233;p&#233;ter, selon les particularit&#233;s nationales. Au c&#339;ur de ces mouvements sociaux, il y a la d&#233;fense d'acquis sociaux- emploi, s&#233;curit&#233; sociale, retraites, salaires, services publics- qui sont frontalement remis en cause mais aussi des dynamiques politiques anti-gouvernementales stimul&#233;es par la pratique, le style, l'arrogance gouvernementales ou des chefs de la droite. L'accumulation de ces exp&#233;riences, le degr&#233; de combinaison entre crise sociale et crise politique, le niveau d'auto-organisation des luttes peuvent constituer des points tournant de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une nouvelle situation sociale en Europe o&#249; la r&#233;volte des peuples gronde. Il faut aussi enregistrer deux faits politiques majeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Les luttes, m&#234;me les plus massives, ne d&#233;bouchent pas &#224; cette &#233;tape sur des reculs partiels des classes dominantes ou des victoires pour les travailleurs et leurs organisations. Nous n'arrivons pas &#224; bloquer l'offensive capitaliste et encore moins &#224; inverser la tendance. Ce que nous pouvons constater, c'est que, si la contre r&#233;forme lib&#233;rale continue &#224; marquer des points, les travailleurs qui ont fait les gr&#232;ves et manifestations en Gr&#232;ce, en France, au Portugal, en Espagne, les &#233;tudiants qui ont manifest&#233; en Grande Bretagne, n'ont pas le sentiment d'avoir enregistr&#233; de d&#233;faites majeures. Ils sentent confus&#233;ment qu'il y aura d'autres batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Le deuxi&#232;me fait politique, &#224; souligner, c'est, dans les pays o&#249; il y a lutte sociale d'une certaine ampleur, le d&#233;calage existant, entre la combativit&#233; sociale et sa traduction politique. Il faut consid&#233;rer les sp&#233;cificit&#233;s de la situation dans chaque pays. Dans certains pays le niveau de lutte social est faible. Mais dans les pays o&#249; il y a mobilisation sociale, il n y a pas l'&#233;quivalent sur le plan de la force syndicale et politique : Il n'y a pas de croissance organique des syndicats, des partis, de courants de gauche dans les mouvements sociaux. Combien de membres, d'adh&#233;rents ? Il peut y avoir ici et l&#224; des mouvements d'adh&#233;sion vers les syndicats ou les partis de gauche mais il y a, par exemple, une diff&#233;rence entre les ann&#233;es 30 et la situation actuelle.Dans les ann&#233;es 30 la crise et les r&#233;sistances sociales provoquaient, par exemple, la croissance en centaines de milliers de membres, des syndicats, des PS, des PC, des mouvements &#224; gauche dans la social-d&#233;mocratie ou de courants r&#233;volutionnaires ext&#233;rieures &#224; la gauche traditionnelle. L'&#233;volution social lib&#233;rale rend de plus en plus &#171; imperm&#233;able &#187; les partis socialistes aux mont&#233;es de la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons pas non plus de croissance massive qualitative des syndicats. Nous aurions pu, alors, attendre le d&#233;veloppement des courants ou partis &#224; l'ext&#233;rieur des organisations de la gauche traditionnelle. Nous n'enregistrons pas, &#224; cette &#233;tape, de progression notable. Aujourd'hui, en France, apr&#232;s une mobilisation sociale exceptionnelle&#8230; on aurait pu s'attendre &#224; ce que le PS pr&#233;sente pour la prochaine &#233;lection une candidate ou un candidat &#224; &#171; l'allure &#187; plus social-d&#233;mocrate. Eh bien, non, le candidat du PS &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 risque d'&#234;tre Strauss&#8211;Kahn, pr&#233;sident du FMI, un des repr&#233;sentants les plus &#224; droite de la social d&#233;mocratie internationale !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre prudent en disant que nous sommes au d&#233;but de la crise, que la dur&#233;e de la crise provoquera des mouvements combin&#233;s de crise sociale et politique, des &#233;v&#233;nements qui bloqueront tel ou tel plan d'aust&#233;rit&#233;, qui permettront des victoires partielles, et pourront inverser les tendances lourdes de la situation&#8230; Mais pour le moment, les obstacles qu'il faut surmonter pour gagner restent difficilement franchissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de la crise historique du mouvement ouvrier du si&#232;cle dernier se font toujours sentir. La construction d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire a besoin de nouvelles exp&#233;riences pour s'affirmer. Force est de constater que le niveau des luttes actuelles, m&#234;me, si il augmente, en r&#233;action aux attaques des classes dominantes et des gouvernants, n'a pas de dynamique politique suffisamment forte pour inverser les d&#233;cennies de contre r&#233;formes lib&#233;rales et cr&#233;er les bases d'une contre offensive globale et d'un nouveau projet socialiste r&#233;volutionnaire. Du coup, les processus de construction de partis de la gauche radicale ou de partis anticapitalistes, en Europe, rencontrent une s&#233;rie de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. El&#233;ments de discussion sur nos t&#226;ches.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions quelles sont nos t&#226;ches La r&#233;ponse d&#233;pend du diagnostic que l'on porte sur la crise qui a &#233;clat&#233; en 2007 ? S'agit-il d'une p&#233;rip&#233;tie financi&#232;re analogue &#224; toutes celles que le capitalisme a connues dans le pass&#233;, suivies de r&#233;cessions temporaires ? Ou bien s'agit-il d'une crise syst&#233;mique &#224; deux niveaux : une crise syst&#233;mique parce que le r&#233;gime d'accumulation financi&#232;re d&#233;velopp&#233; depuis plus une bonne trentaine d'ann&#233;es est &#224; bout de souffle, et une crise syst&#233;mique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite li&#233;e &#224; la finitude de la plan&#232;te et des ressources naturelles. Si on retient la seconde hypoth&#232;se, on ne peut se contenter de politiques de relance par la demande et par plus de r&#233;gulation dans le syst&#232;me financier, il faut une r&#233;organisation radicale de l'&#233;conomie tourn&#233;e vers les besoins sociaux , une reconversion &#233;cologique de l'industrie et de l'agriculture, des services publics non marchands de qualit&#233;, bref il faut une rupture avec la logique capitaliste, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et le syst&#232;me actuel de distribution des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un plan qui conjugue revendications imm&#233;diates et anticapitalistes contre la crise. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent payer la crise mais les capitalistes : d&#233;fense des acquis, des revendications, des droits sociaux, taxation des transactions financi&#232;res, annulation des dettes publiques. Ce plan peut &#234;tre financ&#233; en s'attaquant aux profits bancaires, financiers et &#224; ceux des grands groupes capitalistes. Ce programme doit s'accompagner de la &#171; collectivisation-socialisation &#187; de tout le syst&#232;me bancaire &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne sous le contr&#244;le des usagers. Ce qui veut dire au travers de la nationalisation ou socialisation publique du secteur bancaire, poser la question de l'incursion dans la propri&#233;t&#233; du capital. Cette question de la propri&#233;t&#233; doit &#234;tre aussi pos&#233;e au travers de la lutte contre les privatisations et la cr&#233;ation de grands secteurs publics sous contr&#244;le des travailleurs et des usagers dans les secteurs cl&#233; de l'&#233;conomie. Elle est aussi pos&#233;e au travers de la question &#233;cologique et de la n&#233;cessaire r&#233;organisation et planification &#233;cologique sur le moyen et long terme. La dimension &#233;cologique, prend une place de plus en plus importante, d'autant que l'actualit&#233; est marqu&#233;e par des catastrophes naturelles qui se succ&#232;dent aux quatre coins de la plan&#232;te, et ce &#224; des rythmes de plus en plus fr&#233;quents : inondations, chaos climatiques, glissements de terrains doit prendre une place de plus en plus importante dans notre activit&#233;. Toutes les propositions de r&#233;organisations sociales et &#233;cologiques de la production, r&#233;organisation de l'espace urbain, des transports, de l'&#233;nergie au service des besoins des travailleurs et des peuples doivent &#234;tre soulign&#233;es dans notre agitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, ce plan doit avoir une dimension continentale. La r&#233;ponse &#224; la crise n'est pas le protectionnisme nationaliste et la sortie de l'Euro. Cela conduirait &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre pays d'Europe et &#224; de nouvelles attaques contre les peuples pour que les pays les plus en difficult&#233;s tiennent le coup, sans compter le d&#233;veloppement de mouvements chauvins et x&#233;nophobes. Il faut donc une r&#233;ponse europ&#233;enne, sociale, d&#233;mocratique et &#233;cologiste, mais une r&#233;ponse europ&#233;enne qui rompt avec les politiques et institutions europ&#233;ennes. Dans ce sens, sauver l'Euro ou l'Union Europ&#233;enne ne peut servir d'alibi pour redoubler d'attaques et de plans d'aust&#233;rit&#233; contre les peuples. Notre r&#233;ponse doit partir de la d&#233;fense des droits et des revendications des travailleurs et des peuples dans chaque pays et au niveau de l'Europe. Cela passe par le refus de toute politique d'aust&#233;rit&#233;. Il faut ensuite, une coordinations des politiques et des luttes des peuples en Europe pour construire une r&#233;ponse europ&#233;enne, internationaliste qui donne la priorit&#233; &#224; l'harmonisation de ces droits sociaux par le haut, &#224; la coordination et &#224; la coop&#233;ration pour aider les peuples les plus frapp&#233;s par la crise, &#224; une politique qui fassent payer les capitalistes et les banquiers au travers d'une politique fiscale et sociale au profit des peuples, &#224; de grands services publics europ&#233;ens et notamment bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un plan d'action anticapitaliste, la question des droits et revendications d&#233;mocratiques rev&#234;t un caract&#232;re important, notamment dans la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques et la d&#233;fense des immigr&#233;s et des sans papiers. Dans les pays confront&#233;s &#224; des dictatures, cela doit conduire, notamment dans le cadre des mouvements de fond ou r&#233;volutions d&#233;mocratiques qui secouent le monde arabe, &#224; combiner revendications sociales, auto-organisation et revendications d&#233;mocratiques. En Tunisie, nous soutenons les exigences d&#233;mocratiques, de d&#233;mant&#232;lement de la dictature et de toutes ses institutions, de dissolution du RCD et de tous les appareils de r&#233;pression, le rejet du gouvernement ghannouchi, la formation d'un gouvernement provisoire sans repr&#233;sentant du r&#233;gime, et des &#233;lections libres &#224; une assembl&#233;e constituante. La lutte conte la vie ch&#232;re, pour les besoins vitaux de la population comme l'expropriation des propri&#233;t&#233;s du clan Ben Ali peuvent conduire &#224; combiner pratiquement question sociale et d&#233;mocratique et &#224; poser le contr&#244;le de ces administrations ou entreprises par l'autoorganisation populaire. En m&#234;me temps, les anticapitalistes doivent appuyer, organiser et coordonner les embryons d'auto-organisation en cours dans la lutte contre la vie ch&#232;re et la protection de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ne peuvent &#234;tre atteints que par la mobilisation sociale et politique des millions de travailleurs et de citoyens et une confrontation avec les classes dominantes et les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, notre orientation doit stimuler et orienter les mobilisations doit en combinant, luttes sociales, syndicales, &#233;cologistes, unit&#233; d'action sociale, syndicale et politique de toutes les forces de gauche, proposition et animation d'exp&#233;riences d'auto-organisation sociale. Nous devons appuyer toutes les propositions de campagnes europ&#233;ennes sur l'annulation de la dette ou sur l'emploi au travers de coordination d'association et de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les batailles unitaires doivent s'accompagner de la recherche syst&#233;matique de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la social-d&#233;mocratie, notamment au travers des politiques &#233;lectorales dans les grandes villes, r&#233;gions, parlement et gouvernement. La crise confirme le caract&#232;re indispensable d'une alternative politique globale au social lib&#233;ralisme et aux partis de la gauche traditionnelle. Enfin, il faut favoriser l'unit&#233; et alliances anticapitalistes en favorisant toutes les initiatives de coordination anticapitalistes au niveau des secteurs, luttes ou partis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conjoncture politique au Qu&#233;bec et perspectives d'action</title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Conjoncture-politique-au-Quebec-et-perspectives-d-action</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Conjoncture-politique-au-Quebec-et-perspectives-d-action</guid>
		<dc:date>2010-11-26T21:42:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gauche socialiste</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Octobre 2010. &lt;br class='autobr' /&gt; A. La d&#233;l&#233;gitimation du politique et la crise des partis &lt;br class='autobr' /&gt;
1. PLQ a connu un recul important au niveau des intentions de vote. Le budget Bachand qui attaquait les services &#224; la population et son refus de mettre en marche une commission d'enqu&#234;te sur la corruption dans l'industrie de la construction, la farce de la commission Bastarache, tout cela a d&#233;velopp&#233; un rejet important de la population du parti au pouvoir. Selon les sondages le PLQ est r&#233;duit &#224; ses bastions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-conferences-nationales-" rel="directory"&gt;conf&#233;rences nationales&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Octobre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. La d&#233;l&#233;gitimation du politique et la crise des partis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. PLQ a connu un recul important au niveau des intentions de vote. Le budget Bachand qui attaquait les services &#224; la population et son refus de mettre en marche une commission d'enqu&#234;te sur la corruption dans l'industrie de la construction, la farce de la commission Bastarache, tout cela a d&#233;velopp&#233; un rejet important de la population du parti au pouvoir. Selon les sondages le PLQ est r&#233;duit &#224; ses bastions traditionnels (Ouest de l'ile de Montr&#233;al, Outaouais, Estrie). Une majorit&#233; de la population souhaite m&#234;me le d&#233;part du premier ministre. Scandale dans les garderies (le PLQ attribue des places en garderie &#224; l'ex&#233;cutif du PLQ du comt&#233; du ministre, d&#233;mission d'un ministre - scandales dans la construction - scandales dans le financement des partis politiques... La majorit&#233; de la population croit que la corruption est g&#233;n&#233;ralis&#233;e et que le gouvernement lib&#233;ral est un gouvernement corrompu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. En fait, cette corruption apparente n'est que l'approfondissement de l'accaparement de la richesse sociale par une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e. Le renforcement de cet accaparement est le r&#233;sultat d'une s&#233;rie de victoires de la classe dominante. Le PLQ - comme le Parti conservateur du Canada d'ailleurs, a r&#233;ussi &#224; imposer une fiscalit&#233; de plus en plus in&#233;quitable - &#233;vasion fiscale, niches fiscales REER, paradis fiscaux... ; - taxes indirectes r&#233;gressives - et cherche &#224; continuer sur cette voie : contribution sant&#233;. On se rappellera le milliard re&#231;u d'Ottawa que le gouvernement Charest a refus&#233; d'investir dans les services publics et qu'il a distribu&#233; aux entreprises et au plus haut revenu sous forme de baisse d'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La dette publique du Qu&#233;bec d&#233;coule de ces iniquit&#233;s fiscales... et des aides &#224; des acteurs qui ont &#233;t&#233; responsables des pertes importantes subies pour leurs activit&#233;s sp&#233;culatives. Maintenant, cette dette publique dont la principale source est le refus du capital de payer son d&#251;. -plus de la moiti&#233; des entreprises qu&#233;b&#233;coises ne paient aucun imp&#244;t - devient le pr&#233;texte d'une offensive tout azimut contre les services publics. La privatisation touche autant le syst&#232;me d'&#233;ducation que le syst&#232;me de sant&#233;. Le gouvernement a laiss&#233; les pharmaceutiques hausser leur prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le gouvernement lib&#233;ral s'inscrit dans le maintien de vieux mod&#232;les de d&#233;veloppement sans aucune pr&#233;occupation pour l'environnement. Les travaux d'infrastructures centr&#233;es sur le d&#233;veloppement des autoroutes reproduisent le vieux mod&#232;le centr&#233; sur le transport automobile. Les choix &#233;nerg&#233;tiques du Qu&#233;bec visent essentiellement &#224; transformer le Qu&#233;bec en province canadienne au service des besoins &#233;nerg&#233;tiques des &#201;tats-Unis. Voil&#224; la vocation continentale que le PLQ r&#233;serve au Qu&#233;bec. La tentative d'achat Hydro-Nouveau Brunswick) &#233;tait une illustration de cette politique. Le soutien du PLQ au soutien de l'exploitation de l'uranium dans la r&#233;gion de Sept-Iles, la campagne de la ministre Normandeau en soutien au gaz de schiste, les perspectives de l'exploitation de P&#233;trole dans l'estuaire du St-Laurent. Tout cela indique le mod&#232;le de d&#233;veloppement anti&#233;cologique dangereux que veut imposer le gouvernement Charest. Et ce n'est pas leur d&#233;magogie verte qui peut masquer les app&#233;tits irresponsables des amis affairistes de ce gouvernement. L'ADQ ne se distingue en rien de cette orientation, m&#234;me s'il n'a pas le personnel politique pour la concr&#233;tiser. Le PQ dans les derni&#232;res ann&#233;es a d&#233;montr&#233; qu'il pourrait s'inscrire dans un tel projet. Mais comme parti d'opposition, il essaie de surfer sur les r&#233;sistances populaires au mod&#232;le de d&#233;veloppement anti&#233;cologique du gouvernement Charest. C'est pourquoi, il s'est associ&#233; au mouvement pour un moratoire et une enqu&#234;te prolong&#233;e du Bape. Mais, le PQ en reste &#224; des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sur les questions &#233;cologiques et il a affirm&#233; qu'on peut d&#233;velopper les fili&#232;res &#233;nerg&#233;tiques fossiles en en toute s&#233;curit&#233;. Ce qui va &#224; l'encontre des exigences essentielles pour faire face au d&#233;fi de la diminution des gaz de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. Tassement &#224; droite du champ politique :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Contrer la nouvelle offensive des Lucides Legault, Facal, Bouchard et cie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ex-leaders de la droite p&#233;quiste renoncent maintenant &#224; la souverainet&#233; et veulent m&#234;me s'allier &#224; des f&#233;d&#233;ralistes pour offrir leur direction &#224; la population du Qu&#233;bec. Nous faisons face &#224; une nouvelle man&#339;uvre des Lucides &#224; laquelle il faudra s'opposer avec vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du projet Legault Facal r&#233;pond aux besoins de la bourgeoisie&lt;br class='autobr' /&gt;
Facal, Legault et cie pr&#233;tendent r&#233;soudre les probl&#232;mes auxquels fait face le Qu&#233;bec, dans un cadre provincial, dans le cadre d'un syst&#232;me f&#233;d&#233;raliste maintenu. Les politiques de ces n&#233;o-lib&#233;raux visent &#224; r&#233;pondre aux objectifs de la classe dominante : privatiser les services publics et en finir avec le r&#244;le actuel du secteur public dans l'&#233;conomie, faire du paiement de la dette une priorit&#233; et parvenir &#224; marche forc&#233;e &#224; l'&#233;tablissement de l'&#233;quilibre budg&#233;taire par la r&#233;duction des d&#233;penses sociales et la g&#233;n&#233;ralisation de la tarification des services publics et de laminer les politiques environnementales qui nuisent &#224; l'exploitation sans restrictions des &#233;nergies fossiles et de l'uranium et d'&#233;craser les r&#233;sistances populaires &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il manque pour eux, sur la sc&#232;ne politique, c'est un leadership politique qui ne craint pas&lt;br class='autobr' /&gt;
a) de remettre en question les acquis (tarification des services sociaux)&lt;br class='autobr' /&gt;
b) d'affronter les &#034;corporatistes &#034; (s'attaquer aux droits syndicaux)&lt;br class='autobr' /&gt;
c) de discr&#233;diter les &#233;cologistes de tout acabit qui s'&#233;chinent &#224; dresser des obstacles au d&#233;veloppement du Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
d)de s'attaquer aux droits des jeunes et de d&#233;geler les frais de scolarit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
e) de refuser de lutter contre la pauvret&#233; des femmes et d'en finir avec la mauvaise conscience f&#233;ministe...&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel parti voudrait r&#233;unir tout le leadership politique qu&#233;b&#233;cois qui fait un tel constat des probl&#232;mes &#224; r&#233;gler au Qu&#233;bec. Pour r&#233;aliser une telle unit&#233;, autour des grands objectifs de la bourgeoisie, il faut r&#233;unir dans un seul parti des f&#233;d&#233;ralistes et des souverainistes, qui acceptent de remettre &#224; plus tard la r&#233;solution de cette question et de construire un parti de droite cons&#233;quent. Et cela est pour Fran&#231;ois Legault et Joseph Facal d'autant plus facile qu'ils sont convaincus comme Lucien Bouchard que la souverainet&#233; du Qu&#233;bec n'est pas r&#233;alisable dans un avenir pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont &#224; ces objectifs que veulent r&#233;pondre nos Lucides, version 2010. Et c'est bien ce m&#234;me personnel politique qui s'appr&#234;te &#224; faire un nouveau tour de piste qui se concr&#233;tisera &#224; court terme par la publication d'une s&#233;rie de manifestes qui d&#233;fendront une logique n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Pourquoi les partis existants ne sont-ils pas capables de r&#233;pondre &#224; ce projet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PLQ, le PQ et l'ADQ se situent au centre droit de l'&#233;chiquier politique, ces partis ne semblent pas capables de mener le projet de la classe dominante &#224; son terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PLQ est discr&#233;dit&#233; et ravag&#233; par les scandales. Les m&#233;dias peuvent difficilement le soutenir trop ouvertement sans se discr&#233;diter eux-m&#234;mes. De nouveaux scandales peuvent &#233;clater &#224; tout moment et le d&#233;consid&#233;rer encore davantage. D&#233;j&#224; plus de 50% de la population souhaite le d&#233;part de Jean Charest. Le principal parti f&#233;d&#233;raliste est crise ! C'est en jouant la carte de cette crise du PLQ que Legault et Facal pensent attirer des f&#233;d&#233;ralistes autour de leur projet d'un parti politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Legault et Facal, le PQ, &#224; cause de la faiblesse de la direction de Pauline Marois, ne peut parvenir &#224; tasser v&#233;ritablement la souverainet&#233; du d&#233;cor et &#224; r&#233;sister aux pressions diff&#233;rentes syndicales et &#233;cologistes. La d&#233;fense par le PQ de la demande d'un moratoire sur les gaz de schiste est r&#233;v&#233;latrice &#224; cet &#233;gard. Le PQ conserve des liens avec le mouvement syndical et des mouvements sociaux et ces liens pourraient constituer, pour la classe dominante, un obstacle &#224; sa d&#233;termination de mener jusqu'au bout la t&#226;che d'imposer l'ensemble de ces objectifs aux classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADQ s'est av&#233;r&#233; incapable d'attirer un personnel politique s&#233;rieux et il continuera de v&#233;g&#233;ter. D'ailleurs, il voit dans l'adh&#233;sion &#224; un tel projet sa planche de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Le r&#244;le des m&#233;dias pour mousser leur projet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mass media, aux mains des grands capitalistes, se sont empress&#233;s de soutenir l'initiative des Legault, Facal et cie. Les rumeurs de transformation du champ politique mouss&#233;es par les grands m&#233;dias illustrent bien les exigences actuelles de la classe dominante. Dans un r&#233;cent sondage, ils ont voulu d&#233;montrer qu'une minorit&#233; significative (environ 30 %) voterait pour un tel parti, alors que ce parti a une r&#233;alit&#233; tout &#224; fait hypoth&#233;tique et qu'ils ont tout fait pour l'identifier &#224; un changement positif. Mais, un sondage plus r&#233;cent r&#233;v&#233;lait qu'une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois et de Qu&#233;b&#233;coises s'opposent &#224; ce que la question nationale soit mise de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. L'impact sur le champ politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle op&#233;ration des lucides risque de se r&#233;duire, au moins dans les prochains mois, &#224; la mise sur pied d'un mouvement visant &#224; mousser le discours n&#233;olib&#233;ral et jeter les bases id&#233;ologiques d'une nouvelle offensive contre les classes ouvri&#232;res et populaires. C'est ainsi que Fran&#231;ois Legault parle plus volontiers de la mise sur pied d'un mouvement plut&#244;t que d'un parti politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PLQ, si discr&#233;dit&#233; soit-il, reste encore le parti des f&#233;d&#233;ralistes qu&#233;b&#233;cois ayant les bastions importants qui lui assurent une survie malgr&#233; des reculs. D'ailleurs, la plupart des f&#233;d&#233;ralistes qu&#233;b&#233;cois ne sont pas pr&#234;ts &#224; s'allier avec d'ex-ministres p&#233;quistes qui ne se sont pas ralli&#233;s &#224; la d&#233;fense du Canada. Ce n'est donc pas sur le PLQ que l'initiative Legault-Facal risque d'avoir un impact significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Un tel mouvement exercera une pression sur le PQ pour que ce dernier continue son glissement vers la droite sur le terrain social et vers la mise en parenth&#232;se de la question de la souverainet&#233; sur le terrain national afin de bloquer le retour de la question de la souverainet&#233; &#224; l'agenda. Il devrait pousser la direction Marois &#224; se blinder face aux pressions citoyennes et syndicales. Pour les Legault-Facal et cie, le travail de pression sur le PQ est d'autant plus important, que le PQ s'en va vers un congr&#232;s ayant pour th&#232;me, encore une fois, la red&#233;finition de la souverainet&#233;. Le PQ ne pourra faire face &#224; ces pressions le conduisant &#224; marginaliser la souverainet&#233; que par une exacerbation de son discours identitaire et un nationalisme &#233;troit. Sensible aux pressions de la droite, le PQ risque de continuer sa d&#233;rive vers le discours des nationalistes conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. La lutte de la gauche face &#224; ce projet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire un Qu&#233;bec solidaire et atteindre les objectifs de la gauche au Qu&#233;bec, on ne peut pas &#233;carter la perspective de la lutte pour l'ind&#233;pendance. Contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent Legault et ses amis, on ne peut pas s&#233;parer la lutte nationale et le projet social. Il faut d&#233;montrer que leurs objectifs vont &#224; l'encontre &#224; la fois des besoins de la majorit&#233; des classes ouvri&#232;res et populaires et des int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation sociale du Qu&#233;bec dans l'int&#233;r&#234;t de la majorit&#233; de sa population se fera en articulant la lutte pour l'ind&#233;pendance, la lutte pour la souverainet&#233; populaire et la lutte pour un projet social &#233;galitaire, f&#233;ministe et &#233;cologiste. La seule unit&#233; possible dans une optique d'ind&#233;pendance nationale et de transformation sociale, ce n'est surtout pas le rassemblement des f&#233;d&#233;ralistes et des nationalistes de la gauche et de la droite dans un m&#234;me parti, c'est l'unit&#233; de la majorit&#233; sociale, les classes ouvri&#232;res et populaires dans la d&#233;fense de leurs revendications. Et ces derni&#232;res se constitueront comme une majorit&#233; politique v&#233;ritable en construisant un parti de gauche de masse : Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. La r&#233;gion de la Capitale nationale a &#233;t&#233; le lieu de d&#233;veloppement d'une droite sociale populiste autour de th&#232;mes racistes, masculinistes, homophobes, antisyndicalistes et anti-pauvres. Le caract&#232;re populiste s'exprime d'abord par le rejet de la classe politique identifi&#233;e &#224; des profiteurs incomp&#233;tents. Les radios de droite ont syst&#233;matis&#233; ces discours haineux et la rage populiste de certains secteurs de la population. Ils se sont transform&#233;s en agences de mobilisation symbolique de ces secteurs (d&#233;fense de poste de radio, d&#233;nonciation de la classe politique - chemises rouges, retour d'une &#233;quipe de hockey de la Ligue nationale.) Le rejet d'une optique nationaliste qu&#233;b&#233;coise et l'impossibilit&#233; de s'appuyer sur cette dimension du discours de droite est une contradiction de cette droite populiste. L'absence d'une presse de gauche de masse ( syndicale et/ou politique) a laiss&#233; le terrain libre &#224; cette d&#233;magogie populiste et fait de Qu&#233;bec un terrain favorable pour tout discours de droite : le soutien au Parti conservateur ou &#224; l'ADQ est qualitativement plus important &#224; Qu&#233;bec que dans d'autres r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Dans la r&#233;gion de Montr&#233;al, mais &#233;galement dans l'ensemble du Qu&#233;bec, on a assist&#233; &#224; une mont&#233;e de la logique identitaire et au d&#233;veloppement des sentiments x&#233;nophobes et racistes. Les sentiments de menaces s&#233;curitaires face jeunes noirs se d&#233;veloppent. Un rapport de la ligue des droits et libert&#233;s du Qu&#233;bec montre que le profilage racial est g&#233;n&#233;ralis&#233; dans les pratiques de la polices de Montr&#233;al. Tout le d&#233;bat autour des accommodements raisonnables a laiss&#233; libre cours &#224; la mont&#233;e de l'islamophobie. Le d&#233;bat autour des accommodements raisonnables ont d&#233;montr&#233; qu'il y avait un danger de fusion entre le nationalisme qu&#233;b&#233;cois prenant une forme de plus en plus identitaire -ce que favorise l'&#233;volution actuelle du PQ - et la x&#233;nophobie antimusulmane. Cette x&#233;nophobie peut se faire autour de pr&#233;tendues valeurs qu&#233;b&#233;coises et m&#234;me des arguments progressistes peuvent &#234;tre instrumentalis&#233;s para ce discours. La r&#233;alit&#233; des personnes immigr&#233;es est ainsi profond&#233;ment masqu&#233;e, comme la surexploitation et l'exclusion de certaines cat&#233;gories de la population qu&#233;b&#233;coise (comme les femmes noires ou musulmanes par exemple) qui connaissent un taux de ch&#244;mage beaucoup plus important. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les r&#233;sistances syndicales, f&#233;ministes, populaires et citoyennes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Front commun du secteur public et ses cons&#233;quences&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Le front commun du secteur public a &#233;t&#233; b&#226;tie autour d' une strat&#233;gie minimaliste rejetant tout affrontement. L'intention explicite &#233;tait de pouvoir r&#233;gler avant m&#234;me que les syndiqu&#233;-e-s n'aient le droit d'employer des moyens d'action. Cette strat&#233;gie refusait la politisation et la construction d'un front social ; enfin, elle ne se donnait pas le temps de mobiliser les bases dans des actions gr&#233;vistes. Cette strat&#233;gie manifestait l'int&#233;riorisation de l'impossibilit&#233; d'une action gr&#233;viste compte tenu des lois. Il fallait signer une entente &#224; tout prix et la vendre aux membres comme la seule entente possible. Et voil&#224; bien ce qui s'est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Au del&#224; de gains mineurs, pour la plupart r&#233;alis&#233;s dans l'&#233;ducation, cette entente ne remet pas en question la logique du budget Bachand : - ralentissement des investissements dans le secteur public avec intensification du travail, particuli&#232;rement dans la sant&#233; ; coupures dans les CSSS), compressions et poursuite de la privatisation de secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et de la fonction publique ; recul du pouvoir d'achat des travailleuses et travailleurs. En bref, malgr&#233; une acceptation majoritaire, cette entente ne s'est pas appuy&#233;e sur une mobilisation sur laquelle, les travailleurs et les travailleuses auraient pu compter pour bloquer les attaques gouvernementales contre les services publics. S'il n'y a pas encore un sentiment de d&#233;faite ou de recul majeur parmi les syndiqu&#233;-e-s, la continuation de la d&#233;t&#233;rioration des services publics pourraient bien nourrir, &#224; termes de tels sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Dans le mouvement syndical, l'entente dans les n&#233;gociations du secteur public a un effet catastrophique sur la mobilisation pour la d&#233;fense des services publics. Cette entente a eu l'effet d'une douche froide qui a stopp&#233; la mobilisation m&#234;me chez les syndicats plus militants d'ordinaire. Mais la conscience que le PLQ pr&#233;pare de nouvelles offensives ne s'est pas estomp&#233;e. Et les n&#233;gociations syndicales n'ont pas remis en cause le cadre de ces offensives d&#233;fini par le budget Bachand et le futur budget du ministre. Ce qui n'emp&#234;che nullement des collaborations financi&#232;res entre le gouvernement et les fonds syndicaux (investissement avec la SAQ du Fonds de solidarit&#233; et du Fonds d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Les organisations syndicales ont refus&#233; de rejoindre la coalition contre la privatisation et la tarification. La CSN et la FTQ ont lanc&#233; leur propre coalition sans les syndicats ind&#233;pendants ni les organisations jug&#233;es trop militantes. M&#234;me s'il y a eu une rencontre entre la Coalition contre la tarification et la privatisation avec la coalition syndicale, la Coalition contre la tarification poursuit la mise en &#339;uvre de son plan d'action et le plan d'action de la coalition syndicale n'est pas encore connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Radicalisation dans le mouvement des femmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Dans le mouvement des femmes, c'est l'&#233;bullition autour de la Marche mondiale des femmes. Du 12 au 16 octobre : cela va &#234;tre un moment fort de la mobilisation. Les actions sont tr&#232;s d&#233;centralis&#233;es et la participation est petite et compos&#233;e des militantes d&#233;j&#224; actives dans d'autres mouvements sociaux (syndical, populaire...) Il y a eu des actions plus militantes - des occupations comme celle du bureau de la ministre responsable de la condition f&#233;minine. Ces manifestations porteront sur l'autonomie &#233;conomique des femmes et la lutte contre la pauvret&#233;, le bien commun et l'acc&#232;s au ressources, la violence envers les femmes, la paix et la d&#233;militarisation ; les droits des femmes autochtones. Ces manifestations culmineront avec le grand rassemblement des femmes &#224; Rimouskile 17 octobre. La MMF 2010 aurait pu &#234;tre un tremplin vers une rupture avec les politiques n&#233;olib&#233;rales. Mais cette rupture risque de demeurer assez mince et un d&#233;bat sur les perspectives apr&#232;s la Marche mondiale des femmes reste ouvert car ces derni&#232;res n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;finies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mouvement &#233;cologique et la lutte contre l'exploitation du gaz de schiste&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
18. La politique lib&#233;rale sur l'exploitation du gaz de schiste peut ais&#233;ment se r&#233;sumer. Les compagnies ont tout pouvoir. Et le gouvernement Charest veut favoriser le d&#233;veloppement d'une nouvelle industrie au Qu&#233;bec. Mais la col&#232;re citoyenne a oblig&#233; le gouvernement rajuster rapidement le tir. Il a du appeler &#224; la tenue d'une enqu&#234;te du BAPE dont il s'est empress&#233; de r&#233;duire la port&#233;e. La r&#233;sistance citoyenne ne s'est pas laiss&#233; tromper par la man&#339;uvre. Elle a aussit&#244;t exig&#233; l'instauration d'un moratoire pour qu'une v&#233;ritable &#233;tude d'impact soit men&#233;e. Le gouvernement suppos&#233;ment lib&#233;ral a bien fait comprendre qu'il n'&#233;tait pas question que soit remis en question l'exploitation du gaz de schiste, il voulait seulement que cela se fasse en toute s&#233;curit&#233;. Sa h&#226;te de proc&#233;der a sem&#233; le scepticisme sur les intentions proclam&#233;es du gouvernement. Si la demande d'un moratoire demeure essentielle, il faut d&#232;s maintenant d&#233;montrer qu'ouvrir une nouvelle fili&#232;re d'&#233;nergies fossiles va compl&#232;tement &#224; l'encontre des propositions du GIEC sur la diminution des gaz &#224; effet de serre sans parler que le projet gouvernemental de fili&#232;res fossiles s'inscrit dans une logique de suj&#233;tion nationale aux int&#233;r&#234;ts du capital am&#233;ricain. Tout en s'associant &#224; la lutte pour le moratoire, il faut d&#233;j&#224; pr&#233;senter l'alternative que nous voulons privil&#233;gier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le mouvement communautaire,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Les groupes communautaires sont la colonne vert&#233;brale de la coalition contre la privatisation et la tarification. Mais, ils sont rendus &#224; des endroits diff&#233;rents et font face &#224; une conjoncture particuli&#232;re : privatisation et communautarisation des services publics. Un courant cherche davantage a sauver leur financement public et &#224; se concentrer sur le seul service. D'autres sont pr&#234;ts &#224; une bataille plus frontale avec le gouvernement. Il faut donner du sens politique &#224; la dynamique du gouvernement (n&#233;olib&#233;ralisme) et &#224; notre mobilisation (justice sociale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le mouvement &#233;tudiant : divis&#233; sur ses perspectives&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Dans le mouvement &#233;tudiant, il est difficile de se situer. Un courant du mouvement est d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; n&#233;gocier les modalit&#233;s du d&#233;gel des frais de scolarit&#233; et &#224; participer aux consultations du gouvernement &#224; cet &#233;gard. Un autre secteur du mouvement &#233;tudiant maintien sa perspective de gratuit&#233; des &#233;tudes &#224; tous les niveaux et envisage la n&#233;cessit&#233; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Il y a donc d'importants d&#233;bats en perspective et la pr&#233;paration d'une gr&#232;ve possible devra d'abord faire face &#224; l'orientation de n&#233;gociation des modalit&#233;s du d&#233;gel. Les perspectives possibles demeurent complexes &#224; d&#233;finir. c&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Construction d'une presse alternative - un projet encore en jach&#232;re&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. La presse alternative (journaux, site web, blog, radios communautaires) reste dans un cadre artisanal, r&#233;gional et local. Il y a bien eu des tentatives visant &#224; f&#233;d&#233;rer les initiatives et r&#233;seauter les personnes impliqu&#233;es dans les diff&#233;rents m&#233;dias. Mais jusqu'&#224; maintenant, ces derni&#232;res n'ont pas g&#233;n&#233;r&#233;s de r&#233;sultats notables. PTAG marque une volont&#233; de d&#233;passement... d'une perspective locale ou r&#233;gionale. Il y a cette volont&#233; de r&#233;seauter pour &#233;largir l'impact du site et lui donner &#233;ventuellement des dimensions de radiodiffusion ou de t&#233;l&#233;vision. Mais le chemin est encore long. Un saut qualitatif impliquerait que Qu&#233;bec solidaire reprenne &#224; son compte un telle projet. Mais dans l'&#233;tat actuel de d&#233;sorganisation de QS, il nous reste &#224; jeter patiemment es conditions d'un r&#233;el d&#233;passement de la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Construire la coalition contre la privatisation et la tarification avec comme objectif, en lien avec les luttes men&#233;es par les mouvements sociaux, de faire reculer le gouvernement sur les compressions budg&#233;taires et l'ensemble des mesures r&#233;gressives contenues dans son dernier budget&lt;br class='autobr' /&gt;
dans toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec, participer &#224; ses actions comme la journ&#233;e de perturbation &#233;conomique nationale &#224; Montr&#233;al, avec action simultan&#233;e dans les r&#233;gions qui le souhaitent, le mardi 23 novembre 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
soutenir la construction de la Manifestation nationale au hiver printemps 2011 avant le d&#233;p&#244;t du prochain budget qu&#233;b&#233;cois, entre la mi-f&#233;vrier et la mi-mars.&lt;br class='autobr' /&gt;
proposer que Qu&#233;bec solidaire en fasse une campagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Construire le collectif intersyndical... pour aider QS &#224; s'inscrire dans les luttes sociales&lt;br class='autobr' /&gt;
soutien &#224; la lutte de la FIQ&lt;br class='autobr' /&gt;
soutien au travail de la coalition contre la privatisation particuli&#232;rement invitant les mouvements populaires, syndicaux, &#233;tudiants et f&#233;ministes &#224; participer et/ou &#224; s'impliquer dans les actions de la coalition &lt;br class='autobr' /&gt;
intervention dans le d&#233;bat programmatique au sein de QS : &lt;br class='autobr' /&gt;
participation &#224; la discussion sur la perspective de gr&#232;ve sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Suite &#224; donner &#224; la MMF... aider &#224; d&#233;velopper une dimension f&#233;ministe dans les travaux de la coalition et &#224; sugg&#233;rer des initiatives en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. S'inscrire QS dans la perspective du rejet de l'approche de n&#233;gociation du d&#233;gel et d&#233;finir ce que serait la pr&#233;paration de la gr&#232;ve &#233;tudiante.... et particuli&#232;rement avec les comit&#233;s de campus...de Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. La presse alternative soutenue par les mouvements sociaux...&lt;br class='autobr' /&gt;
continuer de soutenir et d&#233;velopper PTAG au niveau militant&lt;br class='autobr' /&gt;
poser &#224; l'int&#233;rieur de QS la n&#233;cessit&#233; d'une presse alternative, autonome et explorer comment&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fatigue du capitalisme et r&#233;sistances sociales </title>
		<link>https://www.lagauche.ca/Fatigue-du-capitalisme-et-resistances-sociales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lagauche.ca/Fatigue-du-capitalisme-et-resistances-sociales</guid>
		<dc:date>2010-09-22T01:18:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Conjoncture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise qui a &#233;clat&#233; en 2007-2008 est l'&#233;l&#233;ment central de la conjoncture actuelle. La premi&#232;re &#233;tape en a &#233;t&#233; le krach financier et la crise bancaire. La seconde fut la plus grave r&#233;cession qu'ait connue le monde depuis les ann&#233;es 1930 ; elle a enclench&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage ainsi que, dans de nombreux pays, une baisse des salaires r&#233;els. Nous sommes actuellement dans la troisi&#232;me phase, centr&#233;e sur le financement de la dette publique. &lt;br class='autobr' /&gt; ----------------------------- Tir&#233; du site (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/-Economie-50-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Economie-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lagauche.ca/+-Conjoncture-+" rel="tag"&gt;Conjoncture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise qui a &#233;clat&#233; en 2007-2008 est l'&#233;l&#233;ment central de la conjoncture actuelle. La premi&#232;re &#233;tape en a &#233;t&#233; le krach financier et la crise bancaire. La seconde fut la plus grave r&#233;cession qu'ait connue le monde depuis les ann&#233;es 1930 ; elle a enclench&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage ainsi que, dans de nombreux pays, une baisse des salaires r&#233;els. Nous sommes actuellement dans la troisi&#232;me phase, centr&#233;e sur le financement de la dette publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site Contretemps&lt;br&gt;
Par C&#233;dric Durand le Dimanche, 12 Septembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La crise qui a &#233;clat&#233; en 2007-2008 est l'&#233;l&#233;ment central de la conjoncture actuelle. La premi&#232;re &#233;tape en a &#233;t&#233; le krach financier et la crise bancaire. La seconde fut la plus grave r&#233;cession qu'ait connue le monde depuis les ann&#233;es 1930 ; elle a enclench&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage ainsi que, dans de nombreux pays, une baisse des salaires r&#233;els. Nous sommes actuellement dans la troisi&#232;me phase, centr&#233;e sur le financement de la dette publique. Celle-ci met &#224; rude &#233;preuve le carcan n&#233;olib&#233;ral de la zone euro. Il n'y a aucune perspective de reprise durable &#224; l'horizon : les capacit&#233;s de production exc&#233;dentaires persistent dans les entreprises ; la demande agr&#233;g&#233;e reste &#233;troitement d&#233;pendante des budgets publics ; le syst&#232;me financier n'a rebondi en 2009 que gr&#226;ce aux politiques extr&#234;mement accommodantes des autorit&#233;s mon&#233;taires. Mais ce dernier menace de nouveau de s'affaisser, alors que la g&#233;n&#233;ralisation des politiques d'aust&#233;rit&#233; en Europe contribue un peu plus &#224; nous installer dans &#171; la troisi&#232;me d&#233;pression &#187; (1) de l'histoire du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode qui s'ouvre est celle des ajustements politiques et institutionnels. Elle est marqu&#233;e par une grande ind&#233;termination, son issue d&#233;pendra des batailles sociales, id&#233;ologiques, politiques et g&#233;opolitiques qui s'engagent. Cette &#233;tape va conduire &#224; la cristallisation de nouveaux rapports de force qui, pour certains, s'esquissent d&#233;j&#224;, tandis que d'autres vont appara&#238;tre de mani&#232;re retard&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique international, la constitution du G20 refl&#232;te ainsi l'acc&#233;l&#233;ration de la red&#233;finition des &#233;quilibres mondiaux, refermant une longue parenth&#232;se de domination sans partage des puissances occidentales qui aura dur&#233; deux si&#232;cles. L'Union europ&#233;enne, qui sert pour l'instant de paravent aux fragilit&#233;s &#233;conomiques &#233;tasuniennes, n'en sortira pas indemne. Les discussions sur de nouveaux modes de gouvernance de la zone euro battent leur plein, mais elles sont min&#233;es par des oppositions id&#233;ologiques et des int&#233;r&#234;ts nationaux rivaux. L'incapacit&#233; des gouvernements &#224; opter pour des politiques coop&#233;ratives, permettant de faire converger les performances &#233;conomiques entre les pays de la zone, conduit &#224; moyen terme &#224; une probable dislocation partielle de l'Union mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place de la finance devrait aussi &#234;tre amen&#233;e &#224; changer. Pour l'heure, domine l'intol&#233;rable impudence des grandes institutions financi&#232;res, qui ont tr&#232;s vite retrouv&#233; voire surpass&#233; leurs profits exorbitants d'avant crise. Non seulement elles n'ont jamais cess&#233; leurs activit&#233;s sp&#233;culatives, mais elles ont utilis&#233; &#224; cette fin les dispositifs de soutien mis en place par les Etats, mordant la main qui les nourrit lors des attaques contre les dettes publiques. Pourtant des indices de changement de r&#233;gime sont l&#224;. D'abord, les march&#233;s de cr&#233;dits titris&#233;s, embl&#233;matiques de la bulle, ne sont plus que l'ombre d'eux-m&#234;mes (2). Certains segments ont quasiment disparu tel celui des CDOs (collaterized debt obligations), sorte de mille-feuilles financiers de titres sans aucun rapport entre eux : il ne p&#232;se plus en 2009 que 4 milliards de dollars, contre 520 milliards en 2006. Plus g&#233;n&#233;ralement, les cr&#233;dits titris&#233;s n'existent que gr&#226;ce aux Banques centrales : en Europe, seulement 5 % des montants &#233;coul&#233;s le sont aupr&#232;s d'acqu&#233;reurs priv&#233;s (contre 95 % avant 2007), le reste &#233;tant acquis par la BCE ! D&#232;s lors le dilemme pour les gouvernants est le suivant : soit assumer que les institutions publiques se substituent ind&#233;finiment au march&#233; des produits titris&#233;s, afin d'assumer de mani&#232;re continue le risque li&#233; au cr&#233;dit bancaire priv&#233; ; soit risquer d'enclencher une nouvelle phase r&#233;cessive en d&#233;clenchant une nouvelle vague de rationnement et de rench&#233;rissement du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les pressions sur la finance s'accentuent, bien qu'elles tardent &#224; se concr&#233;tiser tant sont puissants les int&#233;r&#234;ts qui s'y opposent. Pour la premi&#232;re fois depuis trois d&#233;cennies, la taxation (des banques et des transactions) et la r&#233;-r&#233;glementation sont inscrites &#224; l'agenda politique et l'on ne peut exclure que les d&#233;bats ne finissent par d&#233;boucher sur des mesures qui soient plus que symboliques. En revanche, apr&#232;s avoir fait une fulgurante apparition au plus fort de la temp&#234;te financi&#232;re, la question de la nationalisation/socialisation int&#233;grale du secteur bancaire a une nouvelle fois disparu du d&#233;bat public. A coup s&#251;r, cette option &#8211; qui est la seule coh&#233;rente compte tenu du caract&#232;re de bien public de l'activit&#233; de cr&#233;dit et ce par le biais d'incitation d&#233;coulant du too big too fail (&#171; trop gros pour &#234;tre mis en faillite &#187;) &#8211; reviendra avec plus de vigueur lors de la prochaine temp&#234;te financi&#232;re. Elle &#233;tablit d'ores et d&#233;j&#224; une claire ligne de d&#233;marcation &#224; gauche, selon qu'on s'affirme, ou non, pr&#234;t &#224; s'affronter aux int&#233;r&#234;ts capitalistes financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les politiques de rigueur en mati&#232;re budg&#233;taire et de protection sociale d&#233;cid&#233;es en Europe vont affecter durablement les populations des pays concern&#233;s, &#224; la fois directement &#8211; du fait des coupes claires d&#233;cid&#233;es dans les d&#233;penses publiques &#8211; et indirectement en raison de leur effet r&#233;cessif sur l'activit&#233; &#233;conomique. Ces mesures vont se traduire par une intensification des conflits sociaux, et leur synchronisation au niveau europ&#233;en renforce la possibilit&#233; de crises politiques majeures. Cette &#233;ventualit&#233; s'inscrit dans un contexte de d&#233;gradation de la situation sociale, en raison notamment d'une forte augmentation du ch&#244;mage, les entreprises ayant profit&#233; de la crise pour accro&#238;tre leur productivit&#233; et intensifier leur recours &#224; la sous-traitance internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une intervention politique efficace dans un tel contexte n'a rien d'ais&#233;. D'abord, les forces anticapitalistes doivent trouver les moyens de peser sur ces batailles dont les cons&#233;quences sur les rapports de force entre les classes vont &#234;tre consid&#233;rables et durables. Mais il importe de le faire en articulant des positionnements imm&#233;diats et une vision globale du syst&#232;me, c'est-&#224;-dire un diagnostic de l'&#233;tat de ses contradictions et des &#233;l&#233;ments qui structurent les rapports de forces entre les classes. Ce sont ces deux derniers aspects que le pr&#233;sent texte vise &#224; discuter en tant qu'ils constituent une conjoncture socio&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Un syst&#232;me &#224; bout de souffle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La grande crise que traverse le capitalisme mondial n'est pas un orage dans un ciel d'azur. Elle est la manifestation de l'intensification depuis les ann&#233;es 1970 des contradictions du capitalisme. L'int&#233;gration aux circuits mondialis&#233;s du capital des pays d'Europe centrale et orientale et des grands pays asiatiques (Chine et Inde), d'une part, et, d'autre part, l'essor des technologies de l'information et des communications et des biotechnologies, ont offert de nouvelles possibilit&#233;s &#224; l'accumulation du capital. Pourtant, d&#233;cennie apr&#232;s d&#233;cennie, le rythme de la croissance s'est ralenti dans les pays du centre &#8211; et aussi, mais dans une moindre mesure gr&#226;ce au dynamisme du rattrapage chinois, au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le de la finance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux difficult&#233;s de l'accumulation, la finance a jou&#233; un r&#244;le de d&#233;rivatif. La lib&#233;ralisation a conduit &#224; la constitution de march&#233;s financiers permanents et compl&#232;tement mondialis&#233;s. C'est une arme majeure au service du capital qui permet une mise en concurrence des travailleurs et, plus largement, des syst&#232;mes socioproductifs en temps r&#233;el et &#224; l'&#233;chelle mondiale. C'est aussi un des vecteurs essentiels de l'accroissement inou&#239; des in&#233;galit&#233;s et d'une relocalisation d'une part importante de la classe capitaliste dans la finance au d&#233;triment de la production. Foster et Holleman (3), analysant le pouvoir de l'&#233;lite financi&#232;re, montrent qu'aux Etats-Unis la part des profits financiers dans les profits totaux a explos&#233;. De plus, la finance est devenue la principale source de richesse pour 27 % des plus grandes fortunes en 2007, contre 9 % en 1982 ; dans le m&#234;me temps, les r&#233;mun&#233;rations des dirigeants des firmes financi&#232;res se sont envol&#233;es par rapport &#224; celles des autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'accumulation financi&#232;re a un caract&#232;re tr&#232;s largement fictif, au sens o&#249; la valeur adoss&#233;e aux titres financiers correspond &#224; des reconnaissances de dettes qui ne pourront jamais &#234;tre honor&#233;es (4). C'est ce que r&#233;v&#232;le la d&#233;connexion entre le rythme auquel la sph&#232;re financi&#232;re a cr&#251; dans la p&#233;riode r&#233;cente et celui auquel a progress&#233; la production de richesses. Et l&#224; encore les salari&#233;s sont tr&#232;s durement affect&#233;s. L'effondrement de la valeur des fonds de pensions pendant la crise et l'annonce &#8211; par exemple en Irlande et dans divers Etats des Etats-Unis &#8211; de la r&#233;duction des montants des retraites qui en d&#233;coule sont un avant-go&#251;t du douloureux effet de rappel de la production vis-&#224;-vis de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La restauration des profits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'une tendance de fond &#224; l'essoufflement, plusieurs raisons permettent d'expliquer que la rentabilit&#233; des firmes des pays riches s&#1077; soit r&#233;tablie par rapport &#224; la crise de profitabilit&#233; des ann&#233;es 1970, puis stabilis&#233;e &#224; un niveau &#233;lev&#233;. La d&#233;t&#233;rioration de la position de la majorit&#233; des salari&#233;s &#8211; sur laquelle on va revenir &#8211; a eu pour cons&#233;quence une mod&#233;ration salariale et, dans un certain nombre de pays, tel l'Allemagne apr&#232;s la r&#233;unification, la compl&#232;te atonie des salaires. L'emballement financier des derni&#232;res d&#233;cennies a parfois &#233;t&#233; une source de revenus directs pour les firmes. La dimension productive de la mondialisation a permis aux firmes transnationales de concentrer les profits r&#233;alis&#233;s, tout au long des cha&#238;nes de valeur, du fait de l'activit&#233; de leurs filiales et de leurs sous-traitants. Enfin, le capital dans son ensemble a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une forme contemporaine d'accumulation primitive, appel&#233;e par David Harvey &#171; l'accumulation par d&#233;possession &#187; (5), qui lui permet de valoriser des actifs obtenus &#224; vil prix : il s'agit notamment de l'acc&#232;s &#224; de nouveaux march&#233;s, de nouvelles r&#233;serves de main-d'&#339;uvre et de mati&#232;res premi&#232;res ; mais aussi une nouvelle logique de l'Etat pr&#233;dateur qui par son intervention subventionne de multiples mani&#232;res le capital : diminution de la fiscalit&#233; sur les entreprises et les riches, acc&#232;s aux paradis fiscaux, sauvetages financiers, aides multiples (comme en France le &#171; cr&#233;dit imp&#244;t recherche &#187;), privatisations, lib&#233;ralisation du march&#233; du travail, &#233;rosion des prestations sociales ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les entraves &#224; l'accumulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces diff&#233;rents facteurs ont soutenu la rentabilit&#233; des firmes, cette derni&#232;re ne refl&#232;te pas une dynamique interne du syst&#232;me. Une situation de suraccumulation latente &#224; l'&#233;chelle mondiale depuis la fin des ann&#233;es 1960 et l'intensification de la concurrence qui en d&#233;coule n'ont fait que s'aggraver et constituent les tendances de fond &#224; l'arri&#232;re plan de la crise actuelle. Il faut ajouter que, dans certains domaines li&#233;s &#224; l'&#233;conomie de la connaissance, la contradiction entre rapports de production et forces productives est criante : les barri&#232;res mises &#224; la circulation des biens immat&#233;riels (brevets, lutte contre le piratage...) sont des facteurs qui entravent la circulation de l'information et donc constituent des freins &#224; la cr&#233;ation et &#224; l'innovation (6). Enfin, la question de l'augmentation des co&#251;ts constitue un frein au dynamisme du syst&#232;me : on pense ici au vieillissement, &#224; l'accroissement des d&#233;penses de sant&#233; li&#233; notamment aux progr&#232;s m&#233;dicaux, aux tensions sur les mati&#232;res premi&#232;res, &#224; l'extension des normes environnementales, aux co&#251;ts des sauvetages financiers &#224; r&#233;p&#233;tition ou, de mani&#232;re plus prospective, &#224; l'ass&#232;chement progressif des r&#233;servoirs de main-d'&#339;uvre non-salari&#233;e dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;connexion entre production capitaliste et besoins sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces contradictions, d'autres facteurs rendent manifeste l'&#233;puisement de la dynamique du capitalisme. Un point crucial est le divorce de la production capitaliste par rapport aux besoins sociaux (7) : la sophistication des techniques marketing, visant &#224; permettre l'&#233;coulement de marchandises surabondantes, contraste vivement avec le fait que les besoins sociaux se concentrent de plus en plus dans des services tels que la sant&#233;, l'&#233;ducation/formation, les loisirs, la prise en charge du vieillissement, c'est-&#224;-dire des secteurs assurant la reproduction de &#171; l'&#234;tre humain par lui-m&#234;me &#187; et qui ont pour point commun de g&#233;n&#233;rer peu de gains de productivit&#233; (8). La prise de conscience de l'ampleur des destructions environnementales li&#233;es aux activit&#233;s productives repr&#233;sente une autre manifestation de ce divorce. Sur le fond, le d&#233;bat sur la mise en place de nouveaux indicateurs de richesse renvoie &#224; une tentative de traiter cette d&#233;connexion entre croissance &#8211; fruit de l'accumulation capitaliste &#8211; et satisfaction des besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s rencontr&#233;es par la poursuite du processus d'accumulation et le divorce entre production capitaliste et besoins sociaux &#8211; il faudrait ajouter d'autres &#233;l&#233;ments tels la crise du travail, la crise &#233;cologique... &#8211; s'additionnent pour saper la l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me. L'id&#233;ologie contemporaine du capital &#8211; le n&#233;olib&#233;ralisme &#8211; est en miettes. Les r&#233;formes &#233;taient cens&#233;es apporter davantage de croissance, et donc des retomb&#233;es positives pour tout un chacun. Il n'en a rien &#233;t&#233;. A ces promesses non tenues s'ajoute le fait que les soubresauts de plus en plus violents qu'a connus le syst&#232;me sont incompr&#233;hensibles dans le cadre conceptuel n&#233;olib&#233;ral. Les classes dominantes sont donc d&#233;boussol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande fatigue du capitalisme n'exclut cependant pas la possibilit&#233; d'un rebond syst&#233;mique. Trois options principales, isol&#233;ment ou de mani&#232;re combin&#233;e, pourraient conduire &#224; une nouvelle phase d'expansion. La premi&#232;re est l'&#233;mergence d'un nouveau centre d'accumulation &#224; l'&#233;chelle mondiale. La Chine est candidate au poste, mais rien ne garantit qu'elle puisse jouer ce r&#244;le : d'une part, son poids relatif dans l'&#233;conomie mondiale reste encore limit&#233; par rapport &#224; celui de l'Europe et des Etats-Unis ; de plus, extrapoler la trajectoire future du pays &#224; partir des trois d&#233;cennies de croissance extr&#234;mement rapide qu'elle vient de conna&#238;tre rel&#232;ve d'un raisonnement largement abusif. La seconde option est celle de l'&#233;mergence d'un nouveau paradigme socio-&#233;conomique autour d'une vague d'innovation (les technologies de l'information ? les biotechnologies ? les technologies vertes ?) dont la diffusion soit compatible avec l'accumulation intensive du capital. Si des possibilit&#233;s technologiques sont l&#224;, leur int&#233;gration &#224; une nouvelle phase d'accumulation n'a absolument rien d'automatique. Troisi&#232;me option : celle d'une destruction massive de capitaux, par exemple dans le cadre d'une guerre impliquant directement les grands pays. L'interp&#233;n&#233;tration des int&#233;r&#234;ts industriels, commerciaux et financiers des bourgeoisies nationales est un frein &#224; tout affrontement direct. D'autant plus que les arsenaux nucl&#233;aires rivaux tendent &#224; figer par la terreur les rapports de forces. Hors de ces options, et d'une rupture politique syst&#233;mique, l'avenir est celui d'une poursuite ralentie d'une accumulation toujours plus pr&#233;datrice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - La puissance des faibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi id&#233;ologique des classes dominantes et l'affaiblissement de la l&#233;gitimit&#233; substantielle du syst&#232;me &#8211; sa capacit&#233; &#224; d&#233;livrer ce qui est promis &#8211; constituent des &#233;l&#233;ments favorables pour les gauches anticapitalistes. En revanche, la configuration des relations sociales de production dans lesquelles se d&#233;roule l'affrontement de classe sur le lieu de travail sont tr&#232;s d&#233;favorables. Les statistiques internationales du BIT sur le nombre de journ&#233;es non travaill&#233;es pour cause de conflits sociaux indiquent une chute brutale, de l'ordre d'une division par un facteur dix entre les ann&#233;es 1970 et les ann&#233;es 2000 pour les pays du G7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet indicateur est tr&#232;s imparfait du fait de probl&#232;mes de fiabilit&#233; des donn&#233;es recueillies, des difficult&#233;s des comparaisons internationales et de son caract&#232;re r&#233;ducteur. Pour en rester seulement &#224; la France, ces probl&#232;mes sont bien document&#233;s et sugg&#232;rent de relativiser le recul enregistr&#233; (9). Il y aurait m&#234;me une amorce de retour de la conflictualit&#233; dans les ann&#233;es 2000 au sein du secteur priv&#233;, qui prendrait davantage la forme de gr&#232;ves courtes (d&#233;brayages ou gr&#232;ves limit&#233;es &#224; une journ&#233;e) ou de formes d'actions &#171; sans arr&#234;t de travail &#187; (gr&#232;ve perl&#233;e, consistant &#224; effectuer le travail au ralenti, manifestation, p&#233;tition, refus d'heures suppl&#233;mentaires), tandis que les gr&#232;ves renouvelables poursuivent leur recul. L'augmentation des sanctions et de l'absent&#233;isme est un autre indicateur de l'absence de pacification des relations au travail. Enfin, les grands mouvements nationaux comme en 1995 (retraites et S&#233;curit&#233; sociale), 2003 (retraites), 2006 (CPE), ou 2010 (de nouveau sur les retraites) attestent &#233;galement de capacit&#233;s de r&#233;sistance persistantes au sein du salariat. Nous sommes cependant tr&#232;s loin de la puissante vague internationale de gr&#232;ves des ann&#233;es 1960 et 1970 (10). Apr&#232;s l'effondrement de l'activit&#233; contestataire au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la situation n'a pas &#233;t&#233; invers&#233;e, et ce en raison d'un affaiblissement structurel du pouvoir de n&#233;gociation du travail par rapport au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;gradation du rapport de forces sur le lieu de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme de l'arm&#233;e de r&#233;serve et la ma&#238;trise de l'&#233;volution technico-organisationnelle du travail constituent, avec le principe &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;, les trois piliers de la domination du capital (11). La d&#233;gradation du rapport de forces au cours des derni&#232;res d&#233;cennies r&#233;sulte d'effets cumulatifs dans ces trois dimensions. Le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; disciplinent les travailleurs et mod&#232;rent les revendications salariales. Ils les conduisent &#224; tol&#233;rer de nouveaux m&#233;canismes de contr&#244;le et de mesure de la performance, notamment par le biais de l'informatisation des processus de production. Enfin, la d&#233;concentration productive, notamment avec le d&#233;veloppement de la sous-traitance internationale, affaiblit l'unit&#233; des travailleurs et permet leur mise en concurrence, sans pour autant diluer les profits ou le pouvoir de d&#233;cision. Par ailleurs, les transformations sectorielles des &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es conduisent &#224; un d&#233;clin de la part des emplois industriels et, en particulier, des emplois dans les industries m&#233;caniques dans lesquelles le dispositif technique &#233;tait tr&#232;s favorable aux salari&#233;s puisque, &#224; l'instar de l'automobile, d'une part, l'outil de production est tr&#232;s co&#251;teux &#8211; donc difficile &#224; d&#233;placer ou &#224; abandonner - et, d'autre part, peut &#234;tre totalement bloqu&#233; par une gr&#232;ve minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;gradation de la position des travailleurs n'est cependant pas unilat&#233;rale. D'abord, parce qu'au niveau international, au contraire, l'&#233;mergence de nouvelles grandes concentrations ouvri&#232;res, notamment en Inde et en Chine, cr&#233;e les conditions d'un renouveau du mouvement ouvrier, dont la s&#233;rie de gr&#232;ves observ&#233;e au printemps 2010 est peut &#234;tre un signe avant-coureur (12). Si une telle &#233;volution se confirmait elle ne manquerait pas d'am&#233;liorer le pouvoir de n&#233;gociation global des salari&#233;s. Ensuite, parce que si les dispositifs de travail contemporains conduisent &#224; un &#233;clatement des collectifs de travail, ils cr&#233;ent &#233;galement de nouvelles vuln&#233;rabilit&#233;s des firmes &#224; l'action collective, en particulier du fait de la g&#233;n&#233;ralisation du principe de &#171; juste &#224; temps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne principal reste que la capacit&#233; des travailleurs des pays riches &#224; mener des luttes de classe sur le lieu de travail est consid&#233;rablement et structurellement diminu&#233;e. Cela n'implique pas une incapacit&#233; &#224; mener des luttes victorieuses, mais en revanche sugg&#232;re un d&#233;placement du site central depuis les luttes au niveau de l'atelier (&#171; &#224; la Marx &#187;) vers des luttes ayant d'embl&#233;e une dimension sociale plus diffuse (&#171; &#224; la Polanyi &#187;) (13). Ainsi, davantage que lors des d&#233;cennies de l'apr&#232;s-guerre, les mobilisations se jouent aussi &#224; l'ext&#233;rieur des entreprises &#8211; importance des manifestations, des actions, des batailles m&#233;diatiques/id&#233;ologiques&#8230; &#8211; ou &#224; travers des alliances de divers acteurs : collectifs d'habitants et soutien des &#233;lus pour d&#233;fendre l'emploi ; campagnes coordonn&#233;es par des mouvements sociaux et des ONG, articulation &#171; diagonale &#187; entre mouvements et gouvernements lors du sommet de Cochabamba contre le changement climatique.... Ce d&#233;placement du site central de l'affrontement social renvoie &#233;galement &#224; l'importance prise par la figure des luttes d&#233;fensives contre le d&#233;mant&#232;lement des acquis sociaux (retraites, CPE, &#233;ducation..) ainsi qu'au d&#233;veloppement proportionnellement important des mobilisations sur des questions non directement connect&#233;es au travail (contre le libre-&#233;change, la finance, pour le logement, le climat, l'environnement..). En bref, si les luttes semblent moins &#224; m&#234;me de se r&#233;soudre dans le face-&#224;-face local entre capital et travail, elles tendent &#224; avoir d'embl&#233;e une port&#233;e politique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les luttes dans la respiration longue du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;ciation en dynamique de l'&#233;volution du rapport de forces capital/travail est ainsi difficile &#224; &#233;tablir. Si, en statique, dans les pays riches la situation est mauvaise, une interpr&#233;tation de la situation liant luttes de classes et ondes longues sugg&#232;re une lecture plus contrast&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des diff&#233;rentes phases de l'onde longue, la lutte des classes conna&#238;t des variations d'intensit&#233; qui contribuent &#224; dessiner la trajectoire du syst&#232;me (14). Les luttes de r&#233;sistance sont particuli&#232;rement aigu&#235;s &#224; la fin de la phase descendante, lorsque le processus de r&#233;organisation bat son plein. Il y a alors une forte inad&#233;quation entre les comp&#233;tences des travailleurs et les besoins des industries en gestation : les travailleurs des anciennes industries sont en surnombre tandis que les nouvelles comp&#233;tences ne sont le plus souvent acquises que par les nouveaux entrants, et le m&#233;canisme de l'arm&#233;e de r&#233;serve joue alors &#224; plein. C'est par exemple le cas lors de la vague r&#233;volutionnaire de 1848 qui se d&#233;roule sur fond de ch&#244;mage de masse et de mis&#232;re ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre moment de forte conflictualit&#233;, offensif cette fois, correspond au sommet de l'onde, lorsque le paradigme techno-&#233;conomique est h&#233;g&#233;monique mais arrive &#224; &#233;puisement. Un quasi plein emploi et des modes d'organisation des luttes de travailleurs adapt&#233;s au paradigme permettent d'obtenir des concessions importantes de la part du capital, qui acc&#233;l&#232;rent la diminution du taux de profit. La vague de luttes autour de 1968 s'inscrit dans un tel cadre. Ces deux moments paroxystiques des luttes r&#233;pondent &#224; des logiques distinctes en terme de r&#233;sistance ou d'offensive et l'on peut s'interroger sur leur potentiel transformateur respectif. En haut de l'onde longue, les mobilisations visent &#224; prolonger le paradigme dominant dans une version &#233;mancipatrice &#224; partir des positions conquises au cours de la phase ascendante. Tandis que la dimension la plus innovatrice des luttes va buter sur la r&#233;sistance d'un paradigme dont le processus de dislocation s'amorce tout juste. Ce potentiel innovateur se diffuse alors de mani&#232;re progressive tout au long de la phase descendante. En bas de l'onde longue, les confrontations se d&#233;roulent dans une situation a priori plus d&#233;favorable pour les mouvements sociaux. Cependant, leur potentiel innovateur peut davantage contribuer &#224; la transformation sociale effective. En effet, en l'absence de paradigme stabilis&#233;, la situation socio-institutionnelle est plus fluide et les innovations radicales ont davantage l'opportunit&#233; de s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouveau des mouvements sociaux depuis le milieu des ann&#233;es 1990, l'essor du mouvement altermondialiste et &#224; pr&#233;sent du mouvement pour la justice climatique, ou encore la vague actuelle de mobilisations contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; qui touchent l'Europe, peuvent ainsi &#234;tre interpr&#233;t&#233;s autour du triptyque : d&#233;localisation, durcissement et inventivit&#233;. D'abord, une tendance de la contestation &#224; s'&#233;chapper du face-&#224;-face localis&#233; avec le capital duquel le travail sort le plus souvent d&#233;fait. L'&#226;pret&#233; des luttes salariales pour l'obtention de primes de licenciements observ&#233;e en France ces derni&#232;res ann&#233;es peut &#224; cet &#233;gard &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une expression de d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis du capital local auxquelles elles se confrontent. Tandis que l'attention port&#233;e aux questions syst&#233;miques (services publics, r&#233;gulation internationale, environnement, droits sociaux...) renvoie &#224; une confrontation &#224; la fois globale et concr&#232;te avec le capitalisme en tant que logique sociale. En second lieu, cette confrontation tend &#224; se durcir puisque le conflit distributif s'aiguise d'autant plus que la dynamique d'accumulation s'&#233;puise. Enfin, la configuration originale du d&#233;ploiement de r&#233;pertoires d'action et de th&#232;mes d'intervention, renvoie &#224; la fois au peu d'emprise imm&#233;diate des mouvements sur la conjoncture, mais aussi &#224; une mobilit&#233; et une vivacit&#233; qui constituent un avantage dynamique certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture socio-&#233;conomique se caract&#233;rise par un essoufflement de la dynamique d'accumulation capitaliste, un affaiblissement de la l&#233;gitimit&#233; de ce syst&#232;me et un rapport de forces d&#233;grad&#233; pour les salari&#233;s sur le lieu de travail. Cependant, la vivacit&#233; de luttes polymorphes, et qui tendent &#224; s'attaquer &#224; des objectifs surtout d&#233;fensifs mais directement politiques, atteste d'une situation riche en potentialit&#233;s. Pour lib&#233;rer la puissance transformationnelle des mobilisations, la gauche radicale doit se mettre en position de d&#233;fendre un sc&#233;nario anticapitaliste qui dessine la possibilit&#233; d'une trajectoire alternative &#224; l'avenir de r&#233;gression sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e d&#233;sormais explicitement assum&#233; par la droite et les renoncements de la gauche de droite. Elle peut s'appuyer pour cela sur un renouveau des pens&#233;es critiques (15) qui participe d'un climat id&#233;ologique en partie favorable. En revanche, la faiblesse et l'&#233;clatement organisationnels des forces anticapitalistes ainsi que la pauvret&#233; de la r&#233;flexion strat&#233;gique plombent leur capacit&#233; &#224; peser sur la situation. Les d&#233;veloppements socio-&#233;conomiques acc&#233;l&#233;r&#233;s contemporains peuvent cependant faciliter un r&#233;agencement programmatique, une r&#233;flexion renouvel&#233;e sur le rapport aux institutions et, finalement, une recomposition politique et sociale. De telles avanc&#233;es permettraient d'esquisser les contours d'une transition anticapitaliste, c'est-&#224;-dire &#233;tablir quelle forme pourrait prendre une crise de pouvoir et ce que pourrait &#234;tre un gouvernement anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans le n&#176;7 (nouvelle s&#233;rie) de la revue ContreTemps, 3&#232; trimestre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.contretemps.eu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Selon l'expression de Paul Krugman, en r&#233;f&#233;rence &#224; la longue d&#233;pression du dernier quart du XIXe si&#232;cle et de la grande d&#233;pression des ann&#233;es 1930 : &#171; The third depression &#187;, The New York Times, 27 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Gillian Tellet, &#171; Collapsed debt market poses dilemma for G20 leaders &#187;, Financial Times, 24 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 John Bellamy Foster, Hannah Holleman, &#171; The financial power elite &#187;, Monthly Review, May 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Fran&#231;ois Chesnais, &#171; Crise de suraccumulation mondiale ouvrant sur une crise de civilisation &#187;, Inprecor, n&#176; 556-557, janvier 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 David Harvey, The New Imperialism, Oxford University Press, 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Entretien avec Benjamin Coriat, &#171; La crise de l'id&#233;ologie propri&#233;taire et le retour des Communs &#187;, juin 2010, (&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interviews&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/interviews&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Michel Husson souligne que ce divorce entre production et besoins s'accentue consid&#233;rablement dans la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale par rapport aux d&#233;cennies d'apr&#232;s-guerre. &#171; Socialisation interrompue et r&#233;sistance des besoins &#187;, communication au Congr&#232;s Marx international, septembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Entretien avec Robert Boyer, &#171; Capitalisme, crise et d&#233;veloppement &#187;, Contretemps, num&#233;ro 21, f&#233;vrier 2008 (&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/archives&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/archives&lt;/a&gt; [3])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Sophie B&#233;roud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud, J&#233;rome P&#233;lisse, &#171; Ce que r&#233;v&#232;lent les donn&#233;es officielles sur les conflits sociaux &#187;, Le Monde Diplomatique, octobre 2008. Baptiste Giraud, J&#233;r&#244;me P&#233;lisse, &#171; Le retour des conflits sociaux ? &#187;, La Vie des Id&#233;es, 6 janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Il faut cependant se garder d'exag&#233;rer la rupture. Lilian Mathieu montre ainsi comment une s&#233;rie de mouvements sociaux contemporains s'inscrivent dans la continuit&#233; des luttes des ann&#233;es 1970 in Les ann&#233;es 1970, un &#226;ge d'or des luttes ?, Textuel, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Pour une discussion de ces diff&#233;rentes dimensions de la d&#233;gradation de la position des travailleurs, voir C&#233;dric Durand, Le capitalisme est-il ind&#233;passable ?, Textuel, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 &#171; Signs of widespread worker action in China &#187;, Financial Times, 10 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 Sur la distinction &#171; lutte &#224; la Marx &#187; , &#171; lutte &#224; la Polanyi &#187;, voir Beverly J. Silver, Forces of Labor, Cambridge University Press, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 Voir Ernest Mandel [1980] Long Waves of Capitalist Development : a Marxist Interpretation, London, Verso, 1995 ; Pierre Dock&#232;s, Bernard Rosier, Rythmes &#233;conomiques, crise et changement social. Une perspective historique, Paris, La D&#233;couverte, 1983 ; Christopher Freeman, Francisco Lou&#231;a, As Time Goes By : From the Industrial Revolutions to the Information Revolution, Oxford, Oxford University Press, 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 Pour un panorama voir Razmig Keucheyan, H&#233;misph&#232;re gauche, Paris, Zones, 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
